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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 13:18

 

 

Source : https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression

 

 

 

France

le droit de manifester menacé

 

 

Depuis près d’un an, nous avons enquêté sur le respect du droit de manifestation pacifique en France. Le constat est sans appel : l’application de l’état d’urgence et un usage disproportionné de la force ont restreint ce droit fondamental de manière préoccupante.

Le droit de manifester est un droit fondamental, indispensable à la liberté d’expression, et à la possibilité de revendiquer ses opinions et ses droits. Il ne peut être restreint qu’à des conditions très strictes . Les autorités ont pour responsabilité de protéger tous nos droits fondamentaux, pourtant, ils sont de plus en plus présentés comme secondaires voire comme des menaces qu’il faudrait donc limiter.

L’état d’urgence détourné pour restreindre le droit de manifester

 

En France, sous l'état d'urgence, 155 manifestations interdites en 18 mois

 

Depuis novembre 2015 et les terribles attentats qui ont touché la France, l’état d’urgence a été instauré et renouvelé à cinq reprises. Alors que son objet est de prévenir de nouvelles attaques, les mesures de l’état d’urgence ont été utilisées pour interdire 155 manifestations. Tous les 3 jours environ, une manifestation est interdite en France sous ce prétexte. Par ailleurs, 595 interdictions individuelles de manifester ont été ordonnées par les préfectures en France, sous l’argument de prévenir les violences lors des manifestations, alors que le plus souvent il n’existait que peu ou pas d’éléments démontrant que ces personnes auraient participé à des violences.

 

Lire aussi : l'histoire de Joël, un militant écologiste constamment surveillé

 

L’Etat n’a pas été en mesure de prouver pour chacune de ces interdictions qu’elles visaient à prévenir une menace spécifique, qui ne pouvait être évitée qu’en limitant un droit pourtant fondamental. De telles mesures, sans lien démontré avec la lutte contre la menace terroriste, ont un impact démesuré sur le droit des personnes à exercer leur liberté d’expression pacifique.

Ainsi, de nombreuses personnes interdites de manifester avaient simplement été présentes lors de manifestations ayant donné lieu à des actes de violences par des manifestants, mais rien ne permettait de leur reprocher la participation aux dites violences.

 

 

639 mesures d’interdictions individuelles de manifester ont été prises contre des personnes dont 21 dans le cadre des manifestations liées à la COP21, et 574 dans le cadre des manifestations contre la loi travail

 

Les nasses, cette pratique qui vise à confiner des manifestants pour les empêcher de manifester ou de rejoindre une manifestation © Yann Lévy / Hans Lucas

Nous avons aussi pu constater un usage récurrent de certaines pratiques de maintien de l’ordre contraires au droit international.

Par exemple, la fouille systématique et la confiscation d’outils de premiers secours, tels que les sérums physiologiques, les lunettes qui ne peuvent pas être considérées comme des armes par destination, empêchent les personnes de se soigner. Le fait que du matériel de premier secours ait été confisqué aux street medics est aussi choquant, car ce matériel peut être indispensable pour prodiguer des soins de première urgence. :

 

À chaque fois on leur expliquait qu’on avait besoin de ce matériel pour prodiguer les premiers secours aux manifestants qui, par exemple, se sentaient mal à cause des lacrymogènes. Ils nous répondaient qu’on ne devait pas venir en manifestation si on avait peur que les lacrymogènes puissent être utilisés ».

Annaliese, une Street-Medic (secouriste) à Nantes

 

Des stratégies de maintien de l’ordre peuvent aussi mener à une hausse des tensions et limiter de manière disproportionnée le droit de manifester. Par exemple, l’usage fréquent et prolongé des nasses, cette pratique qui vise à confiner des manifestants pour les empêcher de manifester ou de rejoindre une manifestation, est une atteinte disproportionnée au droit de manifester, en particulier lorsque les personnes « nassées » sont des manifestants pacifiques. Pourtant, il existe des stratégies de maintien de l’ordre qui visent à diminuer les tensions plutôt qu’à les attiser.

 

Un usage disproportionné et arbitraire de la force

Notre recherche, confortée par l’observation de plusieurs manifestations, nous a permis de constater le recours par les forces de l’ordre à un usage disproportionné de la force. Selon des témoignages concordants recueillis auprès des streets medics, des bénévoles qui soignent les personnes blessées au cours de manifestations, plus de 1000 personnes auraient été blessées rien qu’à Paris lors des manifestations contre la loi travail. Bien sûr, les actes de violence de la part de certains manifestants à l’encontre des forces de l’ordre doivent aussi être condamnés. Toutefois, ils ne peuvent justifier une violence disproportionnée de la part des forces de l’ordre.

Ces pratiques d’usage de la force, outre qu’elles peuvent avoir des conséquences dramatiques pour les personnes touchées, peuvent également, selon de nombreux témoignages, avoir un impact sur le droit de manifester en lui-même, les personnes ayant peur de revendiquer leurs droits en participant à des manifestations.

Je manifeste depuis mon jeune âge et je n’ai jamais vu une telle agressivité des forces de police. Je suis une femme de 50 ans, cadre dans le secteur privé et pacifique.

Sandrine, manifestante à Rennes.

Elle rajoute « et je veux démentir les autorités qui disent que la police ne s’en est prix qu’aux casseurs lors des manifestations du printemps 2016 ».

Plus de 1000 personnes auraient été blessées rien qu’à Paris lors des manifestations contre la loi travail © Yann Levy / Hans Lucas

 

Des journalistes intimidés et violentés

Les violences à l’encontre de journalistes et autres travailleurs des médias lors des récentes manifestations ont fait le tour de la presse.

L’usage de la violence de la part des forces de l’ordre contre des personnes filmant ou documentant des manifestations est particulièrement inquiétant car il remet en cause le droit à une information libre. Même en cas de violence, il est du devoir des autorités de permettre aux journalistes de mener à bien leur travail.

 

Je n’ai pas d’autres explications que d’avoir été visé volontairement car je filmais l’interpellation violente d’un manifestant. Il n’y avait pas d’autres manifestants autour de moi, ils étaient à au moins 20/30 mètres à l’arrière et ils étaient en train de se disperser.

Joël, réalisateur indépendant

 

Manifester est un droit, pas une menace

Une manifestation doit toujours être considérée comme légale a priori, à moins que l’Etat puisse avancer des éléments précis justifiant son interdiction.

De plus, les actes de violences commis pendant une manifestation ne peuvent être imputés qu’à leurs auteurs et ne suffisent pas à qualifier une manifestation de violente.

Ainsi, toute intervention des forces de l’ordre ne doit viser que les individus responsables des violences. Il est du devoir de l’Etat de reconnaitre que les manifestations sont un usage légitime de l’espace public et il doit justifier d’une certaine tolérance envers les éventuelles perturbations non violentes qui pourraient avoir lieu. Pourtant, depuis l’instauration de l’état d’urgence, un glissement dangereux s’est opéré : des stratégies de maintien de l’ordre sont mises en place qui impactent fortement des droits fondamentaux dans l’objectif de prévenir des risques qui pourraient avoir lieu, sans aucune preuve concrète et solide que des événements dangereux pour la nation vont en effet arriver et que la seule solution pour y faire face est la restriction d’un ou de plusieurs droits fondamentaux. Cette logique dangereuse est celle de l’état d’urgence.

Il est temps de mettre un terme à cette dérive : manifester est un droit, pas une menace.

Manifester est un droit, pas une menace !

Sur Twitter, par mail ou par courrier, interpellez, Emmanuel Macron, le nouveau président de la République française

 
 
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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 13:04

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

Modèle allemand ?

Allemagne : La précarité atteint son point le plus haut depuis 13 ans : un avant-goût des réformes en France ?

 

 

 

 

Lilly Freytag, Klasse Gegen Klasse Alors que le taux de chômage officiel a baissé de façon record, les chiffres de ce qu’on appelle les emplois « atypiques » nous montrent sur quoi se base ce succès : une part de plus en plus importante d’employés précaires, avec des temps partiels, des mini-jobs, de l’intérim et des CDD.

Le taux de chômage en Allemagne était de moins de 6% en avril 2017, aussi bas qu’en avril 1991, il y a 26 ans. Cela ne correspond pas à l’ambiance qui existe lorsqu’on discute avec nos collègues ou nos amis. Notre peur face à la question de l’emploi est-elle seulement imaginaire ? Non, car la réduction du chômage dans les dernières années repose sur l’augmentation du nombre d’emplois précaires : depuis 2003, le nombre d’employés réguliers a baissé.

Selon les chiffres de l’Institut des Sciences sociales et économiques (WSI) de la fondation Hans-Böckler, le taux d’emplois atypiques a atteint sa plus haute part depuis 13 ans en 2016 : alors que le nombre de mini-jobs a légèrement diminué, le nombre de personnes travaillant à temps partiel ou en intérim a augmenté. En tout, 39,3 % des salariés ont un emploi principal sous une de ces formes, ce qui est donc tout sauf « atypique ». Les femmes représentent la plus grande partie de ce groupe : 70,4% des salariés occupant un emploi atypique (40% de l’ensemble des salariés) sont des femmes. Autrement dit, 2 emplois précaires sur 3 sont occupés par des femmes. Chez les femmes, la précarité s’exprime surtout au travers des temps partiels, tandis que pour les hommes, il s’agit surtout de mini-jobs (type d’emploi partiel et précaire associé au versement des allocations chômage).

A cela s’ajoute le nombre d’emplois en CDD, qui ne sont pas comptés par le WSI : ceux-ci ont presque doublé au cours des vingt dernières années, selon des chiffres de 2015. De plus, les femmes occupent plus d’emplois en CDD que les hommes (7,6% contre 6,5%). Les jeunes hommes sont particulièrement concernés, à savoir 20% des 15-25 ans. Un CDD veut aussi dire un salaire plus bas : 30,8% des salariés en CDD gagnent moins de 10,36 euros brut de l’heure. C’est trois fois plus que la part d’employés en CDI qui gagnent aussi peu.

Tout cela laisse supposer qu’il est difficile pour les employés précaires de trouver ensuite un emploi stable. Les situations de travail précaire se renforcent pour la plupart des personnes concernées. Le miracle de l’emploi allemand ne leur permet pas de s’en sortir. Mais au cours des dernières années, un secteur d’employés précaires, qui ne veut plus accepter ces conditions et qui se mobilise est apparu.

 

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 11:22

 

 

Source :  http://www.lemonde.fr/planete

 

 

« Monsanto papers » : la guerre du géant des pesticides contre la science

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

 

Pour sauver le glyphosate, la firme a entrepris de nuire par tous les moyens à l’agence des Nations unies contre le cancer. Premier volet de notre enquête.

 

 

Avia Terai, province du Chaco, Argentine : un technicien prépare les produits chimiques destinés à l’épandage par avion en mai 2014.

Avia Terai, province du Chaco, Argentine : un technicien prépare les produits chimiques destinés à l’épandage par avion en mai 2014. ALVARO YBARRA ZAVALA / REPORTAGE BY GETTY IMAGES

« Nous avons déjà été attaqués par le passé, nous avons déjà subi des campagnes de dénigrement, mais nous sommes cette fois la cible d’une campagne orchestrée, d’une ampleur et d’une durée inédites. » Christopher Wild a vite replié sa haute silhouette et son sourire. Les toits de Lyon se déroulent en contrebas de la tour où siège le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), derrière les épaules de son directeur.

Christopher Wild a pesé chaque mot avec une gravité à la mesure de la situation. Depuis deux ans, un feu roulant cible l’institution qu’il dirige : la crédibilité et l’intégrité de son travail sont défiées, ses experts dénigrés, harcelés par voie d’avocats, ses financements fragilisés. Chargée depuis près d’un demi-siècle, sous les auspices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de dresser l’inventaire des substances cancérogènes, la vénérable agence commence à vaciller sous l’assaut.

 

Les hostilités ont été ouvertes à une date bien précise : le 20 mars 2015. Ce jour-là, le CIRC annonce les conclusions de sa « monographie 112 ». Elles laissent le monde entier abasourdi. Au contraire de la majorité des agences réglementaires, le CIRC juge génotoxique – il endommage l’ADN –, cancérogène pour l’animal et « cancérogène probable » pour l’homme le pesticide le plus utilisé de la planète. Ce pesticide, c’est le glyphosate, principal composant du Roundup, le produit phare de l’une des entreprises les plus célèbres au monde : Monsanto.

C’est aussi le Léviathan de l’industrie agrochimique. Utilisé depuis plus de quarante ans, le glyphosate entre dans la composition de pas moins de 750 produits commercialisés par une centaine de sociétés dans plus de 130 pays.

Le glyphosate, clef de voûte de Monsanto

Entre 1974, date de sa mise sur le marché, et 2014, son usage est passé de 3 200 tonnes par an à 825 000 tonnes. Une augmentation spectaculaire qui est due à l’adoption massive des semences génétiquement...

 

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Source :  http://www.lemonde.fr/planete

 

 

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 11:11

 

 

Source : https://gard.demosphere.eu/rv/4003

 

 

samedi 3 et dimanche 4 juin 2017

Féria de l'Autonomie et de la Connexion : la FAC

 

 

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Le but de cette FAC est de relier les lieux étant dans une réelle démarche de développement durable à, et, autour de Nîmes le temps d'un week-end et beaucoup + si affinités : )

Pourquoi ?
- Donner une alternative constructive à la féria conventionnelle aux nîmois
- Faire découvrir une autre manière de vivre et d'aborder le quotidien
- Voyager en éco-transport
- Lier tous les Lieux dans un même temps pour avoir une vue d'ensemble pour les visiteurs ET les initiateurs
- Redonner la liberté et le pouvoir bienveillant à tout un chacun (accueillants comme accueillis) en échangeant et partageant son savoir-faire

Comment ?
- démonstrations/visites cadrées et/ou organiques des lieux
- sous forme d'ateliers gérés par les lieux accueillants
- sous forme d'ateliers gérés par les visiteurs

Quoi ?
- Alimentation
- Énergie
- Habitat
- Numérique/Électronique
- Spirituel
- Transport
+ de détails dans l'image ci-joint

Pour connaître les horaires des différents lieux rdv ici : https://annuel.framapad.org/p/Feria_de_l_auto…

Source : http://lautonomieauquotidien.fr/fac/
Source : message reçu le 26 avril 10h

 

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 18:04

 

 

Source : https://www.letemps.ch/sciences/2017/05/08/arbres-discutent-foret

 

 

Comment les arbres discutent dans la forêt

 

 

Lia Rosso
Publié lundi 8 mai 2017 à 19:00, modifié mercredi 10 mai 2017 à 09:46.

 

 

Que ce soit par les airs ou par le sol, pour se nourrir ou se défendre, les arbres échangent sans cesse les uns avec les autres. De nouvelles études documentent leurs étonnantes capacités

 

Vous appréciez le silence lors de vos promenades en forêt? Sachez qu’il masque en fait une intense activité! Car les arbres ressentent le monde extérieur, se défendent contre les agresseurs et échangent des messages entre eux par les sols ou par les airs, en particulier en cas de danger. L’univers de la communication végétale commence à peine à être défriché.

Le vent est un grand allié, car il peut transporter des signaux d’alarme d’une plante à l’autre, sous forme de substances volatiles comme l’éthylène. Le cas des acacias de la savane africaine est exemplaire. Dans les années 1980, en Afrique du Sud, des milliers d’antilopes koudous en captivité ont commencé à mourir mystérieusement. Le professeur Wouter Van Hoven de l’Université de Pretoria a démasqué les coupables: il s’agissait des acacias, qui, pour se défendre d’une agression trop importante, enrichissaient leurs feuilles en tanins, des substances amères et toxiques pour les herbivores, lorsqu’elles sont ingérées en trop grande quantité. Il s’est avéré que les acacias attaqués libéraient dans l’air de l’éthylène qui allait alerter les autres acacias de la menace!

 

Lire aussi: Face au réchauffement, la forêt suisse doit se diversifier

 

Cette découverte a ouvert la piste à une longue série d’études sur les composés organiques volatils émis pas les plantes. Dans son best-seller La Vie secrète des arbres, le forestier allemand Peter Wohlleben raconte que certaines substances volatiles libérées par les plantes leur permettent de réguler leur microclimat pour qu’il soit humide et frais.

 

«Wood Wide Web»

Les informations entre les arbres peuvent aussi circuler à travers le sol, grâce à une association symbiotique entre les racines des arbres et les mycorhizes, des champignons microscopiques. Une équipe suisse de l’Institut Paul Scherrer en collaboration avec des chercheurs de l’Université de Bâle a contribué en 2016 à éclaircir ces mécanismes d’échange de substances. Dans leur étude publiée dans Science, les chercheurs ont montré que des épicéas, mais aussi des hêtres, des pins et des mélèzes utilisent ces «routes» souterraines pour envoyer à d’autres arbres du dioxyde de carbone (CO2), essentiel pour la photosynthèse.

Dans le documentaire Intelligent Trees de Peter Wohlleben et Suzanne Simard, professeure en écologie forestière à l’Université de British Columbia, on découvre que d’autres substances, comme le phosphore, l’azote, l’eau et le sucre, peuvent aussi être transmises d’un arbre à l’autre à travers ce réseau de racines et de champignons. Suzanne Simard décrit ce complexe système racinaire, qu’elle appelle le «Wood Wide Web», comme une sorte de «cerveau» de la forêt.

D’après la chercheuse, les arbres peuvent ainsi rester connectés et certains vieux arbres, appelés «arbres mères», prennent soin des plus jeunes en leur envoyant des substances nourricières. Peter Wohlleben relate aussi l’histoire de certains couples qu’il a observés pendant des années: leurs branches grandissent comme celles d’un seul arbre, en se touchant sans se gêner. Leur lien racinaire est si fort que si l’un meurt, l’autre n’arrive pas à survivre.

Les arbres en bonne santé sont donc les garants de l’équilibre de la vie sur Terre

Ernst Zürcher, professeur en sciences du bois

L’ensemble de toutes ces découvertes ont poussé certains chercheurs à développer une nouvelle branche appelée «neurobiologie végétale». Toutefois, le sujet ne fait pas l’unanimité parmi la communauté scientifique. «Les capacités intellectuelles se développent à partir de la structure du cerveau animal», explique Ted Farmer, professeur en biologie végétale à l’Université de Lausanne, pour qui il est préférable de parler de haut degré de sophistication pour décrire le système racinaire qui unit les arbres. Mais cela n’enlève rien à la beauté du royaume végétal, estime le chercheur: «Un arbre doit se confronter à la vie de façon différente de nous, ce qui rend l’étude de biologie végétale très intéressante et variée.»

 

Comme des éléphants

Ces relations sociales se tissent surtout dans les forêts primaires ou naturelles, c’est-à-dire celles qui n’ont pas été altérées par l’intervention humaine. Ce type de forêt est devenu une rareté mondiale qu’il est crucial de protéger, d’après Ernst Zürcher, professeur en sciences du bois: «Les forêts constituent le moteur climatique de notre planète. Les arbres en bonne santé sont donc les garants de l’équilibre de la vie sur Terre.»

Face à cette prise de conscience, certains pays comme la Suisse réagissent. D’ici à 2030, la Confédération a comme objectif de mettre 10% de la surface forestière de la Suisse en réserves naturelles où la biodiversité est prioritaire sur les autres intérêts liés à la forêt, comme l’exploitation du bois ou la détente et le loisir.

«Il est temps de se tourner vers la nature avec un regard émerveillé», souhaite Peter Wohlleben, et d’apprendre à mieux connaître les arbres comme les hêtres qui peuplent nos forêts et qu’il n’hésite pas à comparer aux éléphants: «Eux aussi défendent chacun des membres du groupe, aident les malades et les moins vaillants et ne laissent qu’à regret leurs morts derrière eux.»

 

Lire aussi: Dans la peau de l’autre éléphant

 

 

 

Source : https://www.letemps.ch/sciences/2017/05/08/arbres-discutent-foret

 

 

 

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 17:21

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/la-baule-veolia-privatise-la-plage-et-provoque-la-colere-des-habitants_2186525.html#xtor=CS2-765-[facebook]-

 

 

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La Baule : Veolia privatise la plage et provoque la colère des habitants

 

 

La plus grande plage d'Europe est désormais privatisée. Veolia a obtenu la concession des cinq kilomètres de La Baule (Loire-Atlantique). Les commerçants comme la population s'interrogent sur les conséquences de cette gestion par une entreprise privée.

 

 

 

Avec ses restaurants au bord de l'eau prisés des stars, La Baule est une des stations balnéaires les plus réputées de France (Loire-Atlantique). Ces établissements posés sur la plus grande plage d'Europe seront pourtant détruits l'an prochain et remplacés par des bâtiments démontables. Des constructions standardisées et un loyer en hausse d'au moins 57%. "On espère bien pouvoir être reconduits et pouvoir y arriver, mais il y a beaucoup de petits établissements pour qui ça va être compliqué", explique Stéphane Malhaire, gérant d'un restaurant sur la plage de La Baule.
 
Une première en France
La raison ? La mairie vient de déléguer la gestion de sa plage pour douze ans à une entreprise privée. C'est désormais Veolia qui fixe les règles et les loyers. Une première en France. Se décharger d'une lourde tâche et s'éviter des négociations difficiles avec les gérants, c'est les raisons de ce choix fait par la mairie. Beaucoup d'habitants ont du mal à le comprendre. Si les redevances augmentent, c'est pour payer de futurs aménagements, se justifie Veolia. Mais le but reste bien de réaliser des bénéfices. Privatiser les plages pourrait-elle alors être une pratique qui s'impose en France ? 
 
 
 
 
 
 
 
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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 17:09

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=-qiNlCkiqII&feature=youtu.be

 

 

 

10.6 millions d'électeurs FN : Diaboliser ou entendre ? par Osons causer

 

 

 
Ajoutée le 10 mai 2017

10.6 millions d’électeurs FN au 2eme tour. Diaboliser ce vote ne le fait pas baisser.Osons Causer se propose dans cette chronique Mediapart de prendre du recul pour analyser et comprendre qui sont les électeurs derrière le vote FN. La carte du vote FN en recouvre une autre, dont on parle très peu, et qui n’est pas celle de l’immigration… Découvrez-là en 5 minutes.

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=-qiNlCkiqII&feature=youtu.be

 

 

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 15:55

 

 

Source : http://blog.mondediplo.net

 

 

De la prise d’otages

par Frédéric Lordon, 3 mai 201
 
 
 

 

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« Les fractures boulangères suivent les fractures banquières... tout le monde est pris en otage même le pain ! »
 

« Si ce personnage fameux qui riait de tout vivait dans notre siècle, il mourrait de rire assurément », écrit Spinoza à l’un de ses correspondants. Et sans doute de même en le nôtre. Car c’est vrai qu’il y a de quoi rire longtemps au spectacle de choix qui nous est offert – sous la condition tout de même d’avoir le cœur bien accroché, car en réalité ça n’est vraiment pas drôle. Dans le concert pour cymbales et sanibroyeurs qui tympanise le pays entier, il n’est, à quelques exceptions près, pas un instrumentiste qui n’ait une part de responsabilité, politique ou idéologique, dans la situation présente – contre laquelle il jure ses grands dieux être prêt à faire barrage de son corps (si seulement…).

La consolidation du face-à-face entre le néolibéralisme et son repoussoir fonctionnel d’une part, la détestation ouverte de la différence de gauche seule capable de briser cette splendide harmonie d’autre part, sont les deux propriétés caractéristiques de cet ensemble symphonique qui orchestre à intervalles réguliers la reconduction du même par exhibition de la différence monstrueuse – après avoir mis, entre temps, son énergie entière à empêcher tout surgissement de l’autre différence.

 

La morale des incendiaires

On n’en finirait pas de dresser la liste des éditorialistes, des experts, des économistes à gages, des intellectuels de service, des roitelets de matinales qui, pénétrés du sentiment de leur liberté, récitent à l’année le catéchisme de l’époque – « Mais enfin vous n’envisagez tout de même pas du protectionnisme ? Mais les entrepreneurs partiront ! Mais ce sont les entreprises qui créent l’emploi ! Mais sortir de l’Europe c’est la guerre ! Mais les charges détruisent la compétitivité ! » – pour découvrir un matin, stupides et interdits, les effets réels des politiques dont ils sont les desservants. Et surtout qu’une partie croissante de la population est prête à n’importe quelle solution, fut-ce la pire, pour donner une expression à sa rage.

Lire aussi Renaud Lambert, « Duplicité économique du Front national », Le Monde diplomatique, mai 2017. Ça tombe bien, on lui en propose une, toujours la même, bien faite pour être inacceptable, d’où résulte invariablement que, certes, « on a entendu la souffrance », « qu’on va enquêter sur la France de la colère », « qu’il faut une Europe plus sociale », mais que pour l’instant on va quand même repartir pour un tour – le monde est bien fait. Si, donc, le jugement de l’histoire était doté de ses moyens matériels, un simple panier à salade par exemple, il lui suffirait de faire le tour des réseaux sociaux et de ramasser l’un derrière l’autre les fulminants du « barrage » pour aligner ipso facto les responsables réels de la situation qui les fait fulminer – encore faut-il s’entendre sur les motifs véritables de la fulmination : non pas la situation elle-même, mais qu’on puisse trouver à y redire, et plus encore vouloir s’en extraire.

Et c’est assurément de cela que l’homme qui rit de tout se tiendrait les côtes : que ceux qui ont si continûment œuvré à installer ce monde ignoble, à en chanter la supériorité et, partant, à en armer deux fois le légitime dégoût, que ce soient ceux-là qui viennent l’index tremblant et la morale en bandoulière mettre en demeure les électeurs de ne pas accomplir tout à fait les conséquences de ce qu’eux-mêmes ont préparé, sauf à ce que les malheureux en portent l’entière responsabilité. C’est que dans cette morale particulière de l’incendie, la responsabilité va exclusivement aux brûlés et jamais aux incendiaires.

Et comme le tableau doit être complet, que pas un détail dans l’obscénité ne doit manquer, voilà que ces derniers nous appellent à faire barrage aux effets en nous enjoignant de voter pour les causes – insultant au passage ceux à qui il reste un peu de logique, et qu’on reconnaît précisément à ce fait qu’avant d’en arriver là, eux avaient entrepris de s’en prendre aux causes. On pourra dire ce qu’on veut du candidat Mélenchon, mais on aura du mal à éviter de voir que pour la première fois il a ramené du vote populaire vers la gauche, et contesté efficacement le vote « jeunes » au FN. C’est donc à cette performance, première du genre depuis vingt ans, que le pharisaïsme de l’antifascisme, dont tout ce qu’il soutient par ailleurs en fait l’auxiliaire objectif de la fascisation du pays, vient faire procès « d’absence de consignes » ou « d’insuffisante netteté » – mais l’antifascisme en mots se reconnaît précisément à ce qu’il n’a rien tant en horreur que l’antifascisme en actes. Il y a comme ça des arrière-pensées qui peuvent difficilement se dire : « le FN, c’est horrible, mais quand même, c’est épatant ».

En réalité, le dérèglement est partout. Car on finit par se demander si certains à gauche, pourtant très prompts à l’inflammation morale antifasciste et à l’invocation des enseignements de l’histoire, ont vraiment pris au sérieux, entendons autrement qu’en mots, l’événement de 2002, et la nécessité qu’il ne connaisse aucune réplique. N’étant pas feignants ni de l’appel grandiloquent ni du vote utile – on en connaît qui, avec une prescience remarquable, appelaient dès février à ce que Mélenchon se retire en faveur de Hamon et déjà bien sûr « pour faire barrage au fascisme » (1)… – on aurait logiquement attendu que, disons sur le coup de début avril, ils appuyassent de tout leur renfort la candidature de gauche manifestement en position de dégager le FN du second tour. Étrangement, les appels sont restés en carafe – quand ils n’ont pas insinué au contraire –, pour ne claironner à nouveau qu’à partir du 24 avril. Et l’on admire toutes les géométries variables dont sont capables les haines idéologiques caparaçonnées de vertu.

 

Voter pour les possibilités stratégiques d’une présidence Macron ?

On en est là, et il s’agit maintenant de savoir quoi faire, en tout cas pour tous ceux qui ne recouvrent pas leur macronisme foncier, ou rampant, de moralisme édifiant malaxé de comparaisons historiques approximatives – pour la première fois de sa vie Le Monde se met en devoir de lire le Trotsky des années trente pour en faire un usage anachronique sans vergogne, doublé d’un dégoûtant brevet de moralité politique (2). Le Monde ! Enveloppé dans Trotsky ! Admirable vertu révélatrice des crises, qui exposent au grand jour tout ce dont certains sont capables. Pour tous les autres, donc, et une fois rappelée l’évidence, toujours bonne à redire, qu’en aucun cas les deux candidats ne pourraient être mis en équivalence, il reste à tout prendre deux arguments rationnels en balance — car il y a une situation politique autour de cette inéquivalence, qui justifie que la discussion ne s’arrête pas aussitôt.

Le premier argument part de la question stratégique qui demande dans quel état du monde les luttes sociales à venir trouvent leurs meilleures conditions. Au moins, de ce point de vue, c’est vite tranché. D’un côté le FN est comme un iceberg de merde dont on aurait vaguement blanchi la seule partie émergée. Parmi ceux à gauche qui se posent sérieusement la question du second tour – sérieusement s’entendant : autrement que sur le mode de l’injonction hystérique mêlée d’hypocrisie –, il n’en est pas un qui ne sous-estime la dangerosité de la chose, ni ce qu’il en coûtera aux plus exposés, dans les quartiers – à eux-mêmes également qui auront, dans la rue, à en affronter concrètement le risque : policier et judiciaire (quand ils « résistent », BHL pétitionne depuis Saint-Germain et Quatremer tweete des selfies dans une péniche).

D’un côté, donc, le FN, de l’autre Macron, qui est comme le candidat optimal pour la phase finale de la décomposition, dont il ne faut alors pas méconnaître les bonnes propriétés stratégiques objectives. C’est sans doute un propre des situations de grande crise que la nécessité historique trouve toujours les agents individuels qui lui conviennent pour s’accomplir. Ici particulièrement. Car Macron s’annonce comme l’accélérateur de tous les processus. Fabriqué par l’oligarchie comme réponse à la crise, il est le meilleur agent de l’approfondissement de la crise.

Tout ce qu’opacifiaient les habitudes et les pratiques institutionnelles de ce qu’on peut déjà qualifier par anticipation d’ancien régime, va devenir soudain – est déjà devenu – clair comme un lac de montagne. Il fallait un peu d’acuité (pas beaucoup…) pour apercevoir dans le débonnaire conseiller régional premier secrétaire Hollande le fondé de pouvoir du capital – qu’il est réellement, et depuis très longtemps en fait (3). Mais l’oligarchie, sans doute exaspérée par l’urgence d’un début de dislocation, n’a plus la patience du long travail de la mise en forme, et porte maintenant au pouvoir directement l’un des siens, propulsé sans intermédiaire ou presque d’un emploi dans un autre. Mis sur orbite avec pareil lancement, et comme l’indique déjà sa campagne du second tour, il vaut mieux ne pas s’attendre à quelque reprise de contention et, au point où nous en sommes, c’est tant mieux : tout va maintenant se montrer à nu.

Lire aussi Pierre Rimbert, « Dans les cuisines du marché électoral », Le Monde diplomatique, mai 2017. La prise du pouvoir en direct par le capital, sans plus aucun effort de médiation, son programme outrancièrement de classe, l’inféodation des médias sous contrôle des puissances d’argent : tous les masques vont tomber. Même la crise civilisationnelle, dont le corps social est profondément travaillé mais sans en avoir l’idée claire, va apparaître en pleine lumière, devenir comme une évidence, annoncée par la start-up nation, la managérialisation de la politique depuis le sommet d’un gouvernement de co-workers jusqu’à la base d’un parti de helpers. Et toute à son ravissement infra-culturel, la secte macronienne égocentrique – elle croit être « la France » alors que, par adhésion, elle ne représente en réalité que 10% de l’électorat (4) ! –, cette classe nuisible assistée de tous ses porte-voix, va nous régaler de sa philosophie d’open space, de son impayable sabir, de ses visions de la vie et de sa pensée positive. L’écœurement général, au milieu d’un irrépressible sentiment de grotesque, va connaître de foudroyants progrès. Et avec lui, comme toujours dans les périodes de crise, la conscience politique.

On peut donc au moins accorder à Macron son slogan : pour sûr, on est en marche ! Et même à grands pas. Tout promet d’aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite. Au sein de cette mauvaise nouvelle – car certaines catégories sociales vont salement ramasser –, il y en a donc une bonne : la grande accélération politique arrive. Nous entrons dans une période de hautes énergies, et les vrais points critiques se rapprochent à grande vitesse. C’est bien.

Et puis il faut aussi considérer ceci : Macron, c’est le naufrage définitif de la presse ancillaire. Libé, L’Obs, L’Express, au minimum : morts. Cinq ans dans les carrioles de la modernité start-up, du monde ouvert contre le repli, et de l’agilité pour tous, c’est plus que ces rafiots déjà à l’état d’épaves n’en pourront supporter. Le Monde en première ligne, comme le navire-amiral du macronisme. BFM plus odieuse que jamais. Avec la connexion pouvoir-oligarques-médias jetée en pleine lumière, et l’intégration organique des trois composantes du système devenant monstrueusement visible, c’est le rejet général qui va croître.

Toutes ces excellentes perspectives médiatiques font assurément partie de l’équation stratégique d’ensemble – nonobstant les glapissements de la corporation, scandalisée de voir son trépas inclus dans les motifs d’espérance, et qui proteste qu’avec elle c’est la démocratie qu’on assassine. Mais c’est là un sophisme pour cruchons du système. On va donc expliquer à ces esprits embrumés l’idée fort simple qui se tient derrière tout ça : c’est la menace sur la presse affranchie des pouvoirs qui est une mauvaise nouvelle démocratique ; la presse du capital sub-claquante, c’en est assurément une bonne ! Et doublement au demeurant car, du même mouvement, la disparition de la seconde libère l’espace pour la première. Or il faut bien voir que, pour la presse du capital, Le Pen élue, c’est la providence, le rétablissement inespéré. Toutes les semaines un appel contre la haine, un dossier « résistance », une terrine de BHL, un pâté de Glucksmann junior, hauts les cœurs contre le fascisme pour faire oublier par quoi il est arrivé. Et surtout les lecteurs, légitimement horrifiés par le régime, qui reviennent en masse, prêts à avaler n’importe quelle bouillie pour se consoler du désastre.

 

S’abstenir pour en finir avec la prise d’otages

Au critère des vertus stratégiques objectives, la supériorité d’un président Macron n’est même pas discutable. Ça n’en fait pas pour autant la raison suffisante d’un vote. C’est que voter répétitivement sous le régime de la prise d’otages commence à devenir un problème, auquel se plier n’offre aucune autre perspective que son éternelle reconduction. Pour « l’homme qui rit » la période est décidément faste, car on lit de tout à ce sujet. Thomas Piketty explique que non seulement il faut voter Macron mais le porter au plus haut pour qu’il soit « bien clair que ce n’est pas son programme qui a gagné (5»

Après l’immense réussite des primaires, l’engagement clairvoyant auprès du candidat Hamon au moment historique où le PS s’apprêtait à mettre la clé sous la porte, ou encore le parlement de l’euro dont nos amis allemands admettront l’évidence pour peu qu’on en discute raisonnablement avec eux, l’intelligence politique des intellectuels social-démocrates est toujours aussi éblouissante. Piketty, à qui on demande quel souvenir il a gardé du 21 avril 2002, a visiblement oublié qu’« ensevelir Chirac sous les bulletins de vote », le porter à 80% « pour qu’il soit bien clair etc. » était déjà le mot d’ordre du moment, dont toute la suite a prouvé la formidable efficacité.

Dans une veine similaire d’autres adjurent Macron de « parler à la gauche » – sans doute pour adoucir leur propre tourment électoral. Se rendent-ils compte de ce que ce mot d’ordre secondaire est rigoureusement contradictoire au mot d’ordre principal ? En appeler à l’« ensevelissement » du candidat Macron sous les bulletins ne constitue pas exactement l’incitation optimale pour obtenir de lui quelque « écoute ». Mais quand bien même Macron « parlerait à la gauche », qu’en recueillerait-elle à part des mots ? Il faut croire aux elfes ou à la fée Marjolaine pour imaginer qu’il en tiendra le moindre compte. Les institutions de la Ve sont ainsi faites que, dès le 8 mai, et comme jadis Chirac l’« enseveli », Macron, du haut de sa base réelle de 10 % d’inscrits, fera bonjour, ou même autre chose, à tous les autres qui se seront ajoutés pour faire les 60 % (d’exprimés) du second tour.

Il faut alors avoir le goût du paradoxe hasardeux pour imaginer déjouer la prise d’otages en y collaborant, et en fait la passion de la servitude pour se proposer ainsi de lui donner son emprise maximale – en assurant n’importe quel forcené libéral de passer dans un fauteuil, du moment qu’on aura réussi à lui mettre une Le Pen en face. Si la chose était réalisable – mais on sait bien qu’elle ne l’est pas puisqu’elle échappe à tout contrôle –, il faudrait plutôt souhaiter l’exact inverse : que Macron passe mais avec la plus décevante des marges – par le seul effet de l’abstention bien sûr et, pour Le Pen, à nombre de voix constant, si possible même en baisse. Si ce résultat « idéal » est en pratique une fiction, au moins exprime-t-il un idéal stratégique : desserrer la capture électorale. Car c’est bien là le seul moyen de faire sentir à ceux qui depuis 2002 jouent sans vergogne la prise d’otages qu’elle est à efficacité dangereusement décroissante, que la fois d’après le « pari sur du velours » pourrait très mal tourner, et que maintenant il va vraiment falloir en finir avec ces ignobles petits calculs.

Au vrai, l’usure du procédé est déjà constatable, ne serait-ce qu’au vu des sondages de second tour. Mais pas seulement : un historien se pose à lui-même la grave question de savoir « pourquoi la rue est amorphe ? » (6). Mais c’est vrai ça : pourquoi n’y a-t-il pas un million de personnes dans la rue cette fois-ci ? Et l’historien d’envisager les explications les plus académiques, sauf une qui pas un instant ne lui traverse l’esprit : il se pourrait que, depuis le temps, une bonne partie de la population commence à en avoir soupé de sa condition d’otage électoral et renâcle à ce qu’on lui demande, en plus de voter comme il faut, de la célébrer selon les rituels appropriés.

 

L’économie de la responsabilité remise sur ses pieds

Ceux qui ont décidé de ne pas se rendre sans autre forme de procès à l’injonction des fulminants n’ont donc aucune raison de se laisser culpabiliser – et, s’ils choisissent de s’abstenir, certainement pas celle, tout à fait sophistique, de « laisser les autres faire le sale boulot » (voir annexe). Aucune faute, ni politique ni encore moins morale, ne peut leur être imputée d’hésiter, de résister comme ils peuvent à ce nouveau spasme fusionnel dont le pays fait maintenant répétitivement l’expérience, et de chercher leurs voies hors d’un chantage politique qui a atteint le stade organisé. C’est donc peu dire au total que tout légitime leurs interrogations.

Il est d’abord illogique d’instituer le vote comme pratique atomisante, condamnant les individus à l’insignifiance microscopique, pour leur faire porter ensuite, séparément, la responsabilité d’un résultat macroscopique. Il l’est identiquement de les appeler à raisonner moralement comme s’ils étaient des « agents représentatifs », capables à eux seuls de faire le vote et de porter tout le poids du vote, alors qu’ils n’en portent qu’une part infinitésimale, et que leur désir de dépasser cette condition par l’action coordonnée ne trouvera jamais aucune réponse dans l’isoloir (voir annexe).

Il est par contre légitime de poser stratégiquement le refus de la prise d’otages. Même à un esprit modérément sophistiqué, il doit apparaître que plier répétitivement au chantage, voire exprimer avec entrain son « devoir » d’y plier, n’est pas le meilleur moyen de le dissuader pour l’avenir. Mais peut-être s’agit-il d’une situation où certains ont de troubles raisons de se trouver bien.

Il est en tout cas politiquement honteux que ceux qui ont contribué de toutes leurs forces à structurer un choix de second tour aussi calamiteux se défaussent du résultat, s’il tournait mal, sur ceux qui auront été jetés dans cette situation désastreuse. Les vrais responsables, quoi qu’il arrive, ce seront les architectes du choix à une case, ceux-là mêmes qui après le 21 avril 2002 avaient prononcé de solennels « plus jamais ça », mais se sont parfaitement accommodés, quand ils n’y ont pas activement œuvré, de voir s’installer le chantage originaire en routine, c’est-à-dire comme l’hypothèse avantageuse de toute stratégie électorale future.

Au tribunal de l’histoire, ce ne sont pas les abstentionnistes qui comparaîtront : ce seront tous ceux qui, en position de peser sur le cours des choses, ont délibérément agencé le paysage des différences pour n’y admettre que l’innommable fonctionnel du FN, ceux à qui a été répétitivement expliqué, exhibé, démontré la causalité irréfragable, confirmée dans bien d’autres pays, entre politiques néolibérales, délabrement social et pathologies politiques, et qui n’auront rien voulu entendre. Et puis aussi les directeurs éditoriaux du Point, de L’Express ou de Marianne, dont les innombrables couvertures islamophobes déguisées (ou même pas) en combat pour la laïcité, se seront fait un devoir d’exciter la pulsion raciste dans tout le pays, assistés de leurs intellectuels répandus. Tous auront pris plus que leur part dans la fonctionnalité globale du dispositif : amener le FN à son niveau optimal, celui qui lui fait passer le premier tour, mais censément lui interdit de franchir le second – sauf si…

Sauf si l’électorat, condamné à l’archi-passivité, décide un matin de recouvrer brutalement sa capacité d’agir, mais alors dans des conditions où l’on est par construction certain qu’elle se manifestera pour le pire – puisque la seule alternative aménagée est celle du pire. C’est avec ce risque, dont elle est pourtant avertie depuis 2002, dont elle a vu à nouveau la matérialisation avec le TCE en 2005, avec le Brexit, et puis avec Trump, c’est avec ce risque qu’aura joué, entre folie et aveuglement, une classe élitaire qui s’est d’ores et déjà ménagé sa place dans l’histoire – mais pas exactement celle qu’elle croit. Admirables « élites » qui, s’efforçant de pousser le bouchon toujours plus loin, jouent à la roulette russe mais avec la tempe des autres.

Pendant ce temps, à stade égal de désespérance, abstentionnistes et malgré-nous du macronisme se sautent mutuellement à la gorge, sans jamais songer (enfin surtout les seconds) à se tourner vers ceux qui, au dessus d’eux, ont aménagé le terrain de leur empoignade, pour ensuite jeter tout ce qu’il faut d’huile sur le feu — exactement comme les pauvres s’en prennent aux encore-plus-pauvres, ce conflit engendré du néolibéralisme qui fait la joie du Front national. Passé ce scrutin pestilentiel, il faudra bien songer à s’interroger à propos des irresponsables « responsables » qui installent pareilles catastrophes, dont ils croient pouvoir ensuite se laver les mains. Quel que soit le résultat du 7 mai, celui-ci leur appartiendra et à eux seuls, comme le résultat d’une nécessité appartient à ceux qui ont armé la nécessité.


« Les abstentionnistes laissent les autres faire le sale boulot », ou l’anti-politique de l’isoloir

Assurément c’est l’argument qui tient la corde dans la chasse à l’abstentionniste : il se réjouira in petto que Le Pen ne passe pas mais pourra clamer post festum ne s’être « pas sali les mains ». Bref il se défausse du devoir de barrage sur les autres.

Un philosophe kantien qui passerait par-là ne manquerait pas d’évoquer l’impératif catégorique : une règle de comportement ne vaut comme maxime morale que si elle peut être universalisée. Or à l’évidence, l’abstentionniste escompte que les autres agiront différemment. Son choix individuel ne peut donc être converti en règle générale.

L’argument n’a pourtant rien d’irrésistible. D’abord parce qu’il s’agit ici de politique et non pas de morale. Or la politique n’est pas une affaire de maxime universalisable mais de conflits, donc de fragmentation et de rapports de force. Il est assez évident que l’argument de l’abstention ne s’adresse pas à tout le monde. Il ne fait sens (politique) que pour une fraction déterminée de l’électorat : de gauche, celle précisément qu’on tente de réduire à merci – au passage on observera que nul ne se met en peine d’obtenir des serments ou des abjurations de l’électorat filloniste, dont le taux probable de report sur le FN est pourtant le plus important et auquel on fout néanmoins une paix royale.

L’objection du free riding (« laisser les autres faire le sale boulot ») ne tiendrait que si la position abstentionniste se voulait universalisable. Mais, proposition politique adressée, elle n’y prétend en rien. C’est alors ici que s’éclaire du même coup une aporie fondamentale du vote.

Si Sartre déclarait l’élection « piège à cons », c’est parce qu’il voyait combien la politique, pratique fondamentalement collective, se trouve immanquablement dégradée quand elle se donne l’expression atomistique du vote. La politique se fait ensemble, le vote chacun par devers soi. Et l’on ne passe pas de l’un à l’autre sans solution de continuité. Mais la puissance de la politique comme activité collective est telle qu’elle cherche à toute force à réinvestir l’atomistique du vote : la pratique individuelle du « vote utile » ou les logiques spéculaires (c’est-à-dire le fait de stratégiser son propre vote en fonction du vote anticipé des autres) sont autant de tentatives de recréer de l’action coordonnée (donc du collectif) là où, par construction, n’existe aucune instance de coordination. De même, suggérer que l’abstentionniste « laisse les autres faire le sale boulot », c’est réintroduire subrepticement la grammaire de la coordination collective dans l’univers atomistique du vote, précisément agencé pour qu’elle en soit absente… c’est-à-dire objecter à un comportement individuel par un argument de logique collective dans un univers d’où cette logique est exclue et où, par le fait, les agents n’en ont aucun moyen. On peut le dire maintenant : c’est la même raison qui condamnait au statut de fiction l’idée de « faire élire Macron avec la plus décevante des marges ». Les deux idées sont d’ailleurs l’envers l’une de l’autre.

Le vote utile, comme symétriquement l’abstention stratégique, ce sont les tentatives désespérées d’un électeur de refaire de la politique (collective) dans l’univers anti-politique (atomistique) du vote – c’est-à-dire de faire face à l’absence d’instance coordinatrice… dans la situation où les aspirations individuelles à la coordination sont les plus impérieuses. Pas seulement parce que l’essence même de la politique, mutilée par le vote, c’est le collectif. Mais aussi parce que cette aspiration procède du désir de voir son vote accéder au seul moyen de peser : par inclusion dans une formation collective, quand, isolément, il n’est qu’une contribution infinitésimale, quasi-nulle, au résultat macroscopique. Chacun s’est dit au moins une fois que l’absence de son vote « n’aurait rien changé », et c’est vrai ! – quoique cet énoncé vrai au niveau individuel devienne faux par passage au niveau collectif, mais ça n’est là qu’un autre énoncé du problème même dont il est question ici.

Car en effet, pour peser vraiment, et contrebattre l’insignifiance qui frappe le vote individuel, il faudrait pouvoir trouver un lieu pré-électoral où se coordonner (à l’image, par exemple, des groupes à l’Assemblée nationale, qui coordonnent des votes collectifs, donc des votes qui pèsent). Mais précisément, pour l’électeur ordinaire, un tel lieu n’existe pas. A sa place, on a mis le fatal isoloir. Hors de toute possibilité d’action concertée ex ante, on ne sait qu’ex post si « on » a pesé et de combien – quoique en réalité ce « on » soit un pur artefact.

En tout cas, aussi bien le vote utile que l’abstention stratégique, comme également l’objection du free riding (« laisser faire le boulot… »), sont toutes rigoureusement équivalentes sous ce rapport : toutes expriment, sous des aspects différents, le même problème. Aussi celui qui veut dénigrer l’une depuis la position de l’autre est-il aussitôt frappé d’incohérence – et spécialement le moraliste : « laisser les autres faire le sale boulot », c’est l’injonction de se soumettre à une logique de la coordination que le vote exclut par construction.

Frédéric Lordon

 

 

 

Source : http://blog.mondediplo.net

 

 

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 15:11

 

Info reçue par mail

 

 

 

Les vrais pourcentages de la présidentielle 2017

 

 

Voici donc les vrais résultats, l'image réelle de l'élection avec des chiffres qui n'oublient aucun Français et aucune Française en âge de voter.

 

Ce sont les pourcentages que les élites dirigeantes et les grands aboyeurs des médias ne donnent pas, en refusant de compter les votes blancs, les nuls, les abstentions et les non-inscrits sur les listes électorales, soit pour cette élection 41 % de la population majeure en 2017.

 

 

 

D'après les données démographiques de l'INSEE.

 

 

France en 2017 - population de 18 ans et plus (en âge de voter) : 53,3 millions sur une population totale de 67,3 millions

 

 

Second tour de l'élection présidentielle 2017

 

Voix:                   Macron: 20,75 millions

 

Pourcentages:    39 %(= 20,75: 53,3)

 

 

                        Le Pen: 10,64 millions

 

                        20 %(= 10,64: 53,3)

 

    de la population française en âge de voter

 

 

N'ont pas donné leurs voix: 21,91 millions soit 41 %

 

 

 

Autres aspects de la réalité chiffrée de cette élection

 

 

1 - Ce sont 59 % des 18 ans et plus qui ont joué le jeu: élire un président (100 – 41).

 

Le sénat et d'autres sources annoncent que 43% des votes pour Macron sont des votes de barrage à Le Pen. Prenant en compte cela, les vrais électeurs de Macron sont: 39% x 0,57* = 22,23%. D'où:

 

 

2 - Ce sont 22,23 % qui ont vraiment choisi Macron (contre 20 % pour Le Pen).

 

 

3 - Au total, 22,23 + 20 = 42,23 % se sentent vraiment représentés par Macron ou Le Pen.

 

 

* 0,57 = 57% = 100% - 43%         1

 

 

Pour les grands partisans et conservateurs du système, on comprend qu'il n'est pas question de donner ces chiffres qui disent la réalité triviale des élections.

 

Notre démocratie exemplaire, son sommet électoral qu'est la présidentielle, la victoire «éblouissante» de Macron, le danger Le Pen.... tout cela serait-il aussi crédible avec ces autres %, plutôt qu'avec les chiffres dissimulateurs qui sont unanimement assénés ?

 

On en parle parfois entre nous: les chiffres officiels donnés par l'Etat et par tous les médias sont tronqués, depuis toujours. Tout le monde le sait, mais on l'oublie parce que tout ce qui contribue au quotidien à faire et à diffuser le discours dominant, n'en parle pas.

Pourquoi n'en parlent-ils pas ?

 

Parce que nos élites s'en fichent ou parce qu'il faut cacher le talon d'Achille du système?

 

Nous-mêmes, on s'évertue à répondre ce que l'on veut nous faire penser : qu'«ils» ne comptent pas toutes ces «non participations» aux élections parce ce que ça n'a aucune importance pour eux. Et qu'ils se contrefichent de ce que leur dit cette partie croissante de

la société. Pour cette présidentielle 2017, c'est 41 % des gens en âge de voter qui, malgré la pression de la propagande, ne participent pas à l'élection du président de la République et à celles d' autres «représentants» de l'Etat ou de l'UE.

 

Derrière le voile de l'apparence et son tissage, la réponse est tout autre:

 

ils ignorent cette population-là, non pas parce qu'ils s'en fichent. Mais parce que de toute évidence, reconnaître officiellement leur poids dans le résultat des élections pourrait déclencher une remise en cause. Avec le risque important que celle-ci soit profonde, au point de menacer les grands privilèges que les «grands» citoyens tirent de ce système.

 

Avec la croissance maintenant continue de la dissidence électorale, la crise s'annonce. Le mur du silence que les chiffres officiels ont érigé et entretiennent, se fissurera et laissera entendre le murmure des paroles demandant des comptes. Puis, assez rapidement, viendra le bruit de paroles plus nombreuses et plus audibles.

 

Quand? Qui peut le dire. Mais on va s'en approcher si la dissidence poursuit sa montée rapide. La politique unique, les dégradations qu'elle induit, l'éloignement du pouvoir, la mondialisation des marchés, les «affaires», etc... tout dit qu'elle continuera.

 

Ce que l'on appelle: la légitimité des élu-es, c'est-à-dire la force symbolique qu'ils ont auprès de nous, dans nos têtes en réalité, sera peu à peu remise en cause. Or, ils tirent cette légitimité des résultats supérieurs à 50%, la fameuse majorité qui leur donne la victoire et le droit de s'imposer à tous.

 

Alors, pouvez-vous imaginer que le mur du silence résistera toujours... tel un mur de Berlin immuable ! Imaginer qu'élection après élection, les abstentions, les votes blancs et les nuls atteignant durablement le seuil de 50%, cela ne changera rien parce que les

poignées de dominants pratiquent l'omerta ? Allons, hommes et femmes libres !

 

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 15:05

 

Réflexion d'un Indigné-NuitDeboutiste Nîmois

 

 

Uber ou Ûber alles, sortie des urnes..

Frère Emmanuel est élu. Sur un ton de jeune curé primo-shooté il a confirmé qu'il dirait rien. Il est grave disent les journalistes.

Il y a de quoi: 2° président le mieux élu de la courte histoire de la V°, l’abstention record et le score dit historique du vote blanc lui ont soufflé la victoire,  représentant plus du tiers des inscrits. Avec en vrai 1 inscrit sur 4, et à peine 20% de « vrais sympathisants » là d’dans, entouré d’ opportunistes volants (c’est bien le mot) au secours de la victoire, Macron est le président le moins légitime de la longue histoire de France. En même temps !

On pourrait en rire mais nous avons nous aussi toutes raisons d'être graves. Frère Emmanuel cache bien mal sous sa soutane son beau costard  (Arnys ?) de bon trader. Une O.P.A. inamicale sur la démocratie a bien eu lieu, quelques « délocalisations » sont à prévoir. En Marche sur l’eau vers on n’sait où (mais on devine), jamais tous ensemble les français n'ont eu autant envie d'y aller à reculons. Il est élu, Macron, c'est malgré nous, sans rien en croire... mais il est élu, c’est bien l’arnaque.

C’est à cacher et à empêcher d'émerger le "nous" du malgré que vont s’employer ardemment tous les « analystes politiques » dans les minutes qui suivront l’élection. C’est déjà dit, ce sera dit: si vous êtes contre Macron et son monde repeint façon Mickey, vous êtes soit rétrograde coincé catho d’Ancien Régime (Filloniste de surcroît), soit un allié objectif de la nazie potentielle. Vous avez voté pour elle ou pour Méluche, vous êtes les vieux, les petites gens, aigris, perdus,  déboussolés. Frère Macron vous aime et il comprend, dormez, dormez petits enfants. (sur l’air de « trust in me…just in me…close yours eyes...believe me», Susheela Raman).

Renouveau, ouverture, jeunesse, destin bonapartique que paradoxalement l'Europe appréciera, Lafayette…si, si cela s’est dit et là c’est nous qu’on apprécie, c’était un  traître, un royaliste. La future ligne éditoriale des « merdias » est claire. Elle n’a pas varié depuis des années, niveau « Plantu » pour l’analyse, niveau « Goebbels » pour la propagande. Tiens, ça pourrait juste être l’inverse et ça serait bien l’idée que je m’ fait d’Macron…çui du Macron=Le Pen.

L’Erdogan femelle et bonne française l'a bien montré, en live. Second pitre au Grand Barnum (mais on savait): son seul registre personnel est ricanement, tout le reste piqué ailleurs, elle n'en a rien compris mais elle répète. J'invente rien, parole présidentielle, lui l'a dit 20 fois : bête. Tellement « bête » qu'elle en est devenue humaine la dadame, un instant, devant l’algorithme-expert ni droite ni gauche tout comme elle mais juste "expert", lui…et bien fils de pépère, tout pareil. C'est une opposition en chocolat de cuisine (brun, dur…) et c'est la seule dont les « merdias » ont et vont parler, il n'y a plus qu'eux, les ahuris, qui se posent la question de savoir pourquoi ils nous font ça.

Cette opposition de pacotille d'un état déchu, Le Pen la définit déjà comme: les patriotes contre les mondialistes, formidable escamotage sur les problèmes et leurs solutions que beaucoup vont adopter adorer et répéter, Manu Premier aussi bien sûr. Quelle Patrie? Quel Monde? Nul n'en a cure, s'en fait des rêves à la place des autres.

Quand on dit qu'il faut, autant que possible, produire à proximité ce que nous consommons sommes nous des altermondialistes à la « conscience planétaire » ou des nostalgiques du "bien de chez nous" qui confondent un peu « Ordre » et « bien rangé » ? Nous disons il est vrai « sobriété »…et eux traduisent « misère » et ça, ils n’en veulent pas, on les comprend. Mais quand on dit « Nantis » ils voient pas que c’est eux, y n’en veulent pas des « Partageux ». Pourtant c’est vrai, y sont gavés et nous avec et ça c’est dur à avaler, non négociable pour eux. Leur liberté : je veux des fraises en plein hiver, petit exemple, multipliez puis levez l’ nez. Y’à des avions partout le ciel, cherchez pas, y vont aux fraises.  C’est bien un vol, dans tous les sens quand on y pense. Et là Le Pen=Macron.

Quand on dit « nous voulons décider ensemble, en peuple constitué et pas borné» est-on libertaire qui rêve démocratie concrète ou horrible Souverainiste qui rêve le patronat mais bleu, blanc, rouge. Et là, le moins possible, bien tout au bout du drapeau qui s’effiloche, même franco-française la chienlit c’est la chienlit, ça s’élimine.

Quand pour finir on dit « pas de démocratie sans démocratie au travail », on  est affamé de sang ou de justice ?

Ni droite ni gauche… après ni gauche ni gauche…vous y croyez ? Alors vous avez bien la Foi, celle qui rase les montagnes, remplit les mers et fait péter Fukushima. C’est alors ça l’ fameux Progrès ? Non bien sûr, l’insurrection tonne dans nos urnes. On est nombreux à l’avoir fait savoir en blanc, en marchant pas, çui là nous fait plus peur que le fascisme car il l’engendre.

 

A cette heure, p’tit frère Macron, cherche un bon Ministre de la Paix,

 

Restez Debout camarades.

 

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
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