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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 16:29

 

 

blogs.mediapart.fr

Ce qui nous attend ?

Jacques Bompard, fondateur du Front National et actuel président de la Ligue du Sud, est le maire d'extrême-droite de la ville d'Orange, depuis 1995. Il est également député de la 4e circonscription du Vaucluse depuis juin 2012. Lundi 16 septembre, il a donné un aperçu de ce que serait une accession au pouvoir de l'extrême-droite, par le langage (qui apparaît à travers les sous-titres) et la manière utilisés à l'endroit d'Anne-Marie Hautant, élue d'opposition d'OC, Partit Occitan. La vidéo de cette session du conseil municipal a déjà beaucoup circulé sur le net.

A l'heure où bon nombre de présumés éditorialistes de media complaisants dissertent élégamment sur la montée de ceux et celles qui sont désormais catalogués comme présentables, les abonnés de Mediapart pourront juger par eux-mêmes de ce qu'est une municipalité aux mains de l'extrême-droite. Plus effrayante que l'attitude du maire celle de plusieurs conseillers fait froid dans le dos et l'on pense aux paroles de la chanson de Jean Ferrat, Le bruit des bottes :

 

On a beau me dire qu'en France

On peut dormir à l'abri

Des pinochets en puissance

Travaillent aussi du képi

On sait comment ils opèrent

Pour transformer les esprits

Les citoyens bien pépères

En citoyens verts-de-gris...

 

 


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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 16:17

 

marianne.net

 

Le couteau de Cameron sous la gorge des chômeurs anglais

Lundi 30 Septembre 2013 à 20:00

 

Lucille Fonteny

 

Les Conservateurs au pouvoir en Grande Bretagne annoncent une mesure qui force les chômeurs de plus de deux ans à effectuer 30 heures de travaux d’intérêt général, sous peine de se voir retirer leurs allocations.

 

David Cameron - REX/Steve Back/REX/SIPA
David Cameron - REX/Steve Back/REX/SIPA
C’est le dernier né du gouvernement Cameron pour lutter contre un assistanat clairement dénoncé et une économie qui peine à se relancer. Le ministre des Finances, George Osborne, a annoncé lundi en marge de la conférence annuelle du parti conservateur que les 200 000 bénéficiaires des allocations chômage, sans emploi depuis deux ans, seraient contraints à effectuer des travaux d’intérêt général.

Les chômeurs de longue durée devront effectuer 30 heures de travaux d’intérêt général hebdomadaires (ramasser les poubelles dans les rues, cuisiner pour les personnes âgées, ou travailler dans une organisation caritative…), pour gagner leur indemnité ou se rendre tous les jours dans leur Agence pour l’emploi. Des stages supervisés par ces agences seront obligatoirement suivis par ceux qui souffrent de problèmes tels que l’alcoolisme ou l’analphabétisme. Baptisé « Help to work », ce dispositif coûtera à l’Etat 300 millions de livres, et devrait entrer en vigueur en avril prochain. La punition pour une première infraction est de quatre semaines d’indemnités en moins, et de trois mois pour la seconde infraction.

Insistant sur un chemin de la croissance « loin d’être retrouvé », M. Osborne a affirmé que « personne ne recevrait quelque chose sans contrepartie»«Pour la première fois, tous les chômeurs de longue durée qui sont capables de travailler devront faire quelque chose en échange de leurs allocations et afin qu’on les aide à trouver un emploi», a-t-il dit.

Rattraper les Travaillistes dans les sondages

Selon le quotidien The Guardian, les sondages révèlent que la population britannique évolue en faveur d’une politique moins généreuse en ce qui concerne les aides octroyées par l’Etat. Cette radicalisation peut être interprétée comme une tentative du Parti Conservateur de réduire l’écart avec le Parti Travailliste en tête dans les sondages d’opinion, après un discours plutôt populiste de la part d’Ed Miliband, leader du principal parti de gauche. Lors d’une conférence la semaine dernière, il avait notamment proposé de geler le coût de l’électricité s’il était au pouvoir en 2015. 
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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 16:12

 

marianne.net

Le capital plus cher que le travail?

Mardi 1 Octobre 2013 à 05:00

 

Magazine Marianne

 

Les Economistes Atterrés organisent un débat autour d’une étude sur la coût faramineux -évalué entre 97 milliards et 132 milliards d’euros- qu’impose le système financier sur les entreprises. Novateur et iconoclaste.

 

Illustration, ouvriers Michelin - SOUVANT GUILLAUME/SIPA
Illustration, ouvriers Michelin - SOUVANT GUILLAUME/SIPA
L’Europe tout entière s’enferre dans des politiques non-coopératives d’austérité et de compétitivité. Qu’il s’agisse de redresser les finances publiques ou de réduire les déséquilibres du commerce extérieur, la pression est mise essentiellement sur les salariés et les ménages. En France, cette « stratégie » d’austérité-compétitivité s’est traduite par le crédit d’impôt de 20 milliards d’euros  par an accordé aux entreprises, le paiement de ce cadeau par les nouveaux prélèvements opérés sur les ménages (10 milliards en plus en 2014), la promesse faite aux entreprises de compenser l’augmentation des cotisations patronales prévue dans le projet de loi sur les retraites… Comme si notre problème essentiel était le sempiternel coût du travail. 
 
Or un grand nombre de nos difficultés actuelles, et parmi les plus importantes, proviennent en réalité d’un coût du capital trop élevé. C’est ce que les économistes atterrés souhaitent présenter et mettre en discussion dans cette conférence débat. Il s’agit de faire voir, d’une manière actualisée, les conséquences néfastes de l’élévation du coût du capital dans l’ère du capitalisme financiarisé, tant sur les plans microéconomique que macroéconomique. Conséquences sur l’emploi, les inégalités de revenus, la pauvreté, le développement des entreprises…  
 
Le capital a certes toujours un coût. Ce coût, c’est l’effort collectif qu’il faut fournir pour fabriquer les biens d’équipement neufs destinés à renouveler ou augmenter le stock de capital productif (les moyens de production des entreprises). A ce coût, il est permis d’ajouter le risque entrepreneurial ou marchand, ainsi que le coût de fonctionnement des canaux de financement. Mais au-delà de ce coût économique ou coût réel, l’acquisition des biens capitaux par les entreprises se « surcharge » d’un coût financier déterminé par les modalités d’approvisionnement des entreprises en capitaux liquides nécessaires au financement de ces acquisitions. Ce coût est formé des revenus prélevés sur l’entreprise – intérêts et dividendes – qui n’ont, en dehors du risque entrepreneurial et du coût d’administration des placements, aucune justification économique. Il s’agit donc plutôt d’un surcoût. 
 
Or, ce surcoût a fortement augmenté depuis le tournant des années 80, pour atteindre des niveaux sans doute insoupçonnés : le coût réel du capital est majoré, selon les hypothèses retenues dans une étude réalisée par le Clersé, de 50 à 70 %. Pour l’année 2011, le surcoût du capital se serait ainsi établi entre 94,7 et 132,7 milliards d’euros… 
 
Les effets de cette élévation du surcoût du capital sont aujourd’hui bien connus. On observe, évidemment, une augmentation du prélèvement financier (intérêts et dividendes) sur la richesse produite par les entreprises. Cette ponction vient diminuer à due concurrence les revenus perçus par les autres parties prenantes, au premier rang desquelles les salariés. Mais l’effet le plus massif de l’élévation de la rente financière va sans doute bien au-delà de son impact sur la répartition fonctionnelle des revenus. Il réside dans l’élévation de la norme de rendement financier imposée aux entreprises, laquelle réduit de manière directe les opportunités d’investissement (les projets d’entreprise) susceptibles de souscrire à cette norme. L’élévation des exigences actionnariales, en élevant le coût du capital, corsette l’accumulation du capital et contraint les économies anciennement industrialisées, en manque de nouveaux Eldorados, à un régime dépressionnaire.

 

Les Économistes atterrés, organisent une conférence-débat sur  
 
Le  coût du capital 
entre :  
Laurent CORDONNIER, chercheur au CLERSÉ (Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques), maître de conférences à l’université Lille1 et chargé de cours à Sciences Po Lille (voir sa présentation sur atterres.org.).  
Xavier RAGOT, chercheur au CNRS-PSE, ancien conseiller économique du Ministre du redressement productif.  
Elle sera animée par Philippe ASKENAZY, directeur de recherche au CNRS, chercheur à l’Ecole d’économie de Paris. 
 
Jeudi 3 octobre 2013,  
de 19h30 à 21h45, 
 
à la Maison des Sciences Economiques  
Salle 114   
 
106-112, boulevard de l’Hôpital, 75014 Paris  
Métro Campo Formio.  
(entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles)  
 
Cette initiative est soutenue par Marianne.net 
D’ici là, retrouvez nos analyses et positions sur le sujet dans les chroniques et articles de notre site http://atterres.org
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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 16:04

 

 

marianne.net

Ce soir on ne parle pas d’argent

Mardi 1 Octobre 2013 à 13:00

 

Bertrand Rothé

 

Ce soir, deux sociologues et un réalisateur Antoine Roux nous permettent de suivre quatre « riches ». Ce type d’enquête est la spécialité des Pinçon-Charlot. Le couple a consacré sa vie à les étudier.

 

Ce soir on ne parle pas d’argent

« Sans les riches une nation n’existe pas vraiment » nous dit Paul Dubrule. Plus cynique Warren Buffet disait il y a quelques années « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner ».


Ce soir, deux sociologues et un réalisateur Antoine Roux nous permettent de suivre quatre « riches ». Ce type d’enquête est la spécialité des Pinçon-Charlot. Le couple a consacré sa vie à les étudier. Grâce à leur entregent les ponts-levis s’ouvrent ainsi que les portes des chaix et ceux des vestiaires d’Agen. Quatre portrais : deux héritiers, l’un des fondateurs d’Accord et un nouveau notable dopé par la bulle technologique…


Quatre histoires bien différentes. Les deux premiers sont des héritiers, ils sont propriétaires de leurs châteaux et se débâtent pour les entretenir. Ceux là sont touchants, coincés entre les pierres ils sentent un peu le sapin.


Fortunes faites les deux autres ont encore envie d’en croquer. Alain Tingaud gère son club de rugby d’Agen comme une entreprise. Faire des coups en se faisant plaisir ! Rien n’arrête l’ogre. Paul Dubrule, le dernier de la bande, l’un des deux fondateurs d’Accor fait preuve d’une morgue extraordinaire. Cet ancien sénateur est un évadé fiscal et fier de l’être. C’est sûrement le plus légitime de la série. Multimillionnaire, il roule en Rolls et se promène dans son ancienne entreprise comme un aristocrate.  Son âge et avec son statut lui permettent de faire preuve d’un cynisme patelin…


Conscients de l’intention des auteurs, les quatre personnages posent, certains avec une certaine maladresse. Les nouveaux riches cultivent leurs vignes comme les héritiers entretiennent le château. Chacun essayant de dépasser son statut pour celui d’aristocrate ou de mécène. Le réalisateur n’est pas dupe. Il respecte leur volonté, sûr que son savoir faire de monteur permettra de souligner le comique de certaines mises en scènes. Sûr enfin que le dernier mot appartient à la voix off.


Dans ce petit milieu les non dits sont aussi importants. Ici on ne parle pas d’argent ou très peu. Du reste on ne sait pas très bien d’où vient leur fortune. Travail ou capital ? Ce n’est qu’un détail. Un des châtelains ne sait même plus combien a coûté la réparation de sa toiture. « Quelques dizaines de milliers d’euros. Mais ce n’est pas ça le plus important. Ce qui l’est, c’est que cela permet de conserver des savoir-faire qui sans cela disparaîtraient ».


S’il le dit.


Au Bonheur des riches, documentaire d'Antoine Roux, ce soir sur France 2, 22h35

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 15:56

 

mediapart.fr

Prothèses PIP : un rapport interne met en cause l'agence du médicament

|  Par Michel de Pracontal

 

 

Un document confidentiel montre que l'agence du médicament a réagi à l'affaire PIP avec au moins deux ans de retard, n'a pas utilisé les informations dont elle disposait et a ensuite cherché à dissimuler sa propre incurie, notamment dans un autre rapport, officiel celui-là.

 

Un rapport interne à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM, ex-Afssaps), resté confidentiel mais que Mediapart a pu se procurer, critique très sévèrement l’attitude de l’agence dans l’affaire des prothèses PIP. Il fait apparaître que l’Afssaps a réagi avec au moins deux ans de retard aux signaux d’alerte qu’elle a reçus, alors qu’elle aurait pu éviter des milliers d’implantations de prothèses PIP dans cet intervalle de temps. La direction de l’agence n’a pas divulgué ce document interne dont elle avait connaissance, mais a diffusé un rapport officiel, remis à Xavier Bertrand en février 2012, expurgé des informations les plus gênantes pour l’Afssaps.

Les prothèses PIP ont été retirées du marché en mars 2010 après une inspection de l’Afssaps qui a montré qu’elles contenaient un gel non autorisé pour l’usage médical. Mais cette décision aurait dû être prise bien avant, selon le document confidentiel qui démontre que l’agence aurait pu suspendre la commercialisation dès 2007 ou 2008. Et a, du même coup, laissé inutilement 6 000 à 10 000 femmes se faire implanter des prothèses PIP. De plus, l’Afssaps a tardé à conseiller l’explantation préventive des prothèses, alors que le risque de toxicité du gel PIP n’a toujours pas été évalué de manière rigoureuse.

 

Le site de PIP à La Seyne-sur-Mer 
Le site de PIP à La Seyne-sur-Mer© Reuters

D’après nos informations, ce rapport non publié a été rédigé pendant le premier trimestre 2012 et transmis à la direction de l’agence début avril 2012. Il a été saisi, également en avril 2012, lors d’une perquisition effectuée à l’ANSM à la demande de la juge d’instruction Annaïck Le Goff, en charge du volet homicide et blessures involontaires de l’affaire. Rappelons qu’un premier procès pour tromperie aggravée et escroquerie – sans instruction – s’est tenu en mai dernier à Marseille (voir ici). En revanche, l’instruction du juge Le Goff n’est pas close, et l’on ignore quelles suites la justice donnera aux révélations contenues dans le document de l’Afssaps, si elle en donne. 

Un certain nombre d’informations montraient déjà que l’Afssaps avait été lente à répondre aux alertes sur les prothèses PIP. En particulier, elle n’a pas réagi aux avertissements lancés fin 2008 par un chirurgien de Marseille, le docteur Christian Marinetti, qui signalait un nombre anormal d’incidents dus à un « matériel défectueux » et s'inquiétait de la toxicité du gel (voir notre article ici). Mais c’est la première fois que la critique émane de l’intérieur de l’agence. Le rapport confidentiel s’appuie uniquement sur les données de matériovigilance dont disposait l’Afssaps avant l’éclatement de l’affaire pour conclure que « l’augmentation des ruptures pour les prothèses PIP est amorcée dès 2006 » ; selon le document, même en tenant compte d’un délai de latence, « l’Afssaps aurait dû réagir dès 2007 et au plus tard en 2008 ». Ce qui aurait permis d’éviter d’implanter « entre 12 891 et 20 933 unités (au minimum entre 6 445 et 10 466 femmes), soit un tiers des porteuses des implants PIP ».

Le document confidentiel reproche aussi à l’Afssaps d’avoir cherché à rassurer les porteuses de prothèses PIP alors qu’elle ne disposait que de données toxicologiques incomplètes : « Il est incompréhensible, lit-on dans le rapport, qu’une agence sanitaire compétente, en se fondant sur des données de génotoxicité et d’irritation locale à court terme, puisse rendre des conclusions rassurantes sur des gels dont le processus de fabrication, la caractérisation physico-chimique, l’évaluation du danger… sont inconnus. » Et cela, alors que la durée d’exposition à ces gels peut dépasser dix ans pour certaines patientes.

Selon le document, l’Afssaps aurait dû recommander l’explantation préventive des prothèses immédiatement après avoir suspendu leur commercialisation, en mars 2010. Pourtant, en avril 2011, l’Afssaps conseillait encore un « examen clinique et une échographie tous les six mois », mais pas d’explantation si la prothèse n’était pas rompue (voir sur le site de l’ANSM ici). Il a fallu attendre décembre 2011 pour qu’une recommandation du ministère de la santé préconise une explantation préventive « même sans signe de détérioration de l’implant ». Cette recommandation ne résultait pas d’une meilleure évaluation du risque ; elle faisait suite à l’annonce du décès dû à un lymphome d’une patiente porteuse d’une prothèse PIP (mais on n’a pas établi de lien entre ce lymphome et la prothèse).

Selon le rapport confidentiel, « la décision de retarder l’explantation des femmes porteuses d’implants PIP (d’une durée) estimée à un ou deux ans a comme conséquence une exposition supplémentaire qui aurait pu être évitée, car compte tenu de l’absence de données toxicologiques, le doute aurait dû profiter aux patientes ».

Le document ne conclut pas sur le risque de cancer, car les données dont on dispose ne permettent pas de se prononcer, ni dans un sens ni dans l’autre. Après la découverte de la fraude, l’agence a fait réaliser un certain nombre de tests sur des échantillons de gel PIP. Ces tests ont montré que le gel pouvait être irritant mais ils n’ont pas mis en évidence de génotoxicité (laquelle peut entraîner un risque de cancer). Cependant, les données recueillies par l’Afssaps ne sont pas suffisantes pour établir un profil toxicologique des gels. Qui plus est, les résultats sur la génotoxicité obtenus en 2010 sont douteux, et ont dû être confirmés par de nouveaux tests en 2011.

Quoi qu’il en soit, aucun de ces éléments ne permet d’écarter définitivement un risque de cancer. Pourtant, sur le site de l’ANSM, on peut lire une « information importante concernant le suivi des femmes porteuses d’implants PIP » selon laquelle « il n’y a pas de données permettant de conclure à un sur-risque de cancer ». Le site de l’Agence cite en référence un avis de l’Inca (Institut national du cancer) daté du 22 décembre 2011, avis qui conclut « à l’absence de sur-risque d’adénocarcinome mammaire (cancer du sein) chez les femmes porteuses d’implants en comparaison avec la population générale ». Seul problème : fin 2011, on avait relevé moins d’une quinzaine de cas de cancers du sein chez les porteuses de prothèses PIP. Depuis, ce nombre a plus que quadruplé : 70 cas en mai 2013.

« Pas d'alerte significative avant 2009 »

Le seul moyen de vérifier l’absence de risque de cancer du sein pour les porteuses d’implants PIP serait de mener une étude épidémiologique rigoureuse, ce qui n’a pas été fait. Ajoutons que même sans rupture de la prothèse, le gel peut suinter de manière « silencieuse », et donc entraîner un risque potentiel. Le message selon lequel le gel PIP, malgré son caractère irritant, n’est pas cancérigène a été largement diffusé par les autorités sanitaires dans les médias, alors qu’il ne repose pas sur des preuves suffisantes.

 

Prothèse PIP défectueuse 
Prothèse PIP défectueuse© Reuters

Indépendamment du risque de cancer, les gels PIP contiennent un composé appelé siloxane D4, lequel est classé comme reprotoxique (c’est-à-dire qu’il peut affecter la fonction reproductrice). Dans le gel médical homologué (en l’occurrence, le gel Nusil), la concentration de D4 est limitée à une valeur très basse (50 ppm) de manière à éviter ce risque. L’Afssaps a fait réaliser, en septembre 2010, dans son laboratoire de Montpellier, une série d’analyses qui ont montré que les gels PIP contenaient jusqu’à 400 ou 500 ppm de D4, tandis que les enveloppes des prothèses en contenaient plus de 1 %. Cela implique que le gel PIP peut avoir des propriétés reprotoxiques.

Le problème se complique du fait que la composition des gels PIP a varié dans le temps et n’a pas été étudiée systématiquement en fonction des lots de prothèses, de sorte qu’on ne sait pas exactement ce que contient le gel de la prothèse d’une patiente donnée. Mais en tout état de cause, l’Afssaps avait assez d’éléments, en 2010, pour recommander à toutes les porteuses de prothèses PIP de se les faire retirer, à titre de précaution.

Selon le document confidentiel, la question primordiale, toujours sans réponse, est de savoir « pourquoi l’Afssaps a décidé de retarder la décision d’explantation des porteuses des implants PIP alors que les données toxicologiques disponibles ne permettaient pas, même en absence de potentiel génotoxique, de conduire une évaluation du risque selon l’état de l’art ».

Cette question a été soigneusement évacuée d’un autre rapport, tout à fait officiel celui-là, remis en février 2012 à Xavier Bertrand, alors ministre de la santé. Son objet était de faire le point sur l’ensemble des contrôles effectués par les autorités sanitaires sur la société PIP. Ce rapport, qui retrace la chronologie des rapports entre PIP et l’administration depuis 1995, ne contient guère de révélation (voir notre article ici). Mais il démontre implicitement l’inefficacité du système de vigilance français, dont l’attention avait été attirée sur la société PIP dès 1996.

Le rapport de février 2012 est cosigné par la DGS, la direction générale de la santé, mais d’après nos informations l’essentiel de son contenu a été rédigé par des experts de l’agence. Ce rapport confirme que les tests effectués par l’Afssaps ne suffisent pas à écarter les risques de toxicité des gels PIP et que les éléments dont on dispose justifient « à titre de précaution, l’explantation des prothèses et la surveillance des femmes implantées ». Mais alors, pourquoi l’agence n’a-t-elle pas recommandé cette précaution dès qu'elle a été informée de la présence de D4 ?

À titre de comparaison, l’Agence des produits médicaux suédoise (équivalent de l’ANSM) a recommandé en 2013 de retirer préventivement toutes les prothèses PIP, précisément à cause des « risques d’inflammation grave » dus à la teneur élevée de D4 dans les gels de ces prothèses. Aujourd'hui encore, sur son site, l’agence française conseille simplement que les chirurgiens proposent à leurs patientes une explantation « à titre préventif et sans urgence ».

Le rapport officiel ne s'attarde pas sur ce point. Pas plus qu’il n'évoque le retard avec lequel l’agence a réagi. L’analyse des données de matériovigilance, telle qu’elle est présentée dans le rapport de février 2012, accrédite la position soutenue par l’agence : il n’y avait pas d’alerte significative avant 2009. En revanche, l’étude statistique qui montre une augmentation des taux de rupture des prothèses PIP en 2006, justifiant une action de l’Afssaps dès 2007, ne figure pas dans ce rapport officiel.

Cela aurait pourtant dû être le cas. L’expert qui a rédigé le document confidentiel cité plus haut faisait partie du groupe de travail qui a établi le rapport de février 2012. Pour pouvoir réaliser une évaluation correcte du risque, il a demandé à la direction de l’agence d’accéder à l’ensemble des données disponibles sur les ruptures des prothèses PIP, les effets indésirables, etc. Cet accès lui a été refusé, explique-t-il dans le document. Mais on lui a tout de même transmis un tableau partiel ou figuraient les données recueillies de 2001 à 2009 sur les ruptures de prothèses (donc avant le début du scandale sanitaire en 2010). C’est à partir de ces données qu’il a réalisé son analyse statistique montrant une augmentation des taux de rupture des prothèses PIP dès 2006.

Pourquoi cette analyse ne figure-t-elle pas dans le rapport officiel de février 2012 ? Selon un courriel que Mediapart a pu consulter, daté du 16 janvier, l’auteur du document confidentiel a demandé à modifier le sommaire du rapport pour y inclure l’analyse statistique des données de rupture. En vain.

Le rapport officiel de 2012 a été expurgé

Le rapport officiel présente certes une analyse statistique, mais partielle : elle ne prend en compte que les déclarations des professionnels de santé, autrement dit celles des chirurgiens qui ont constaté des incidents après avoir implanté des prothèses PIP. Par contre, les données de matériovigilance fournies par le fabricant sont écartées du rapport officiel. Le document confidentiel, lui, analyse les données globales, donc à la fois celles fournies par le fabricant et celles émanant des chirurgiens.

Or, il est bien connu que, d’une manière générale, les médecins et les professionnels de santé ont tendance à sous-notifier les effets indésirables, qu’il s’agisse de médicaments ou de dispositifs médicaux tels que des prothèses. Cela a été souvent observé, notamment dans le cas du Mediator. En ce qui concerne les prothèses PIP, on a constaté après coup que les chirurgiens n’avaient notifié qu’une petite partie des cas de rupture, du moins avant que le scandale éclate en 2010. Lorsque les prothèses PIP ont été interdites, les déclarations des chirurgiens se sont soudain multipliées, et encore plus après la révélation du cas de lymphome fin 2011.

Le rapport officiel note bien qu’« une augmentation du taux de rupture provenant du fabricant a été constatée » entre 2007 et 2009, mais explique, sans rire, que cette augmentation a été « considérée comme un artefact lié à la sur-déclaration de PIP ». Autrement dit, l’agence n’aurait pas pris en compte les incidents signalés par PIP parce qu’elle aurait jugé que le fabricant en déclarait trop…

 

Fût de produit non conforme livré à PIP 

Le rapport officiel de février 2012 ne contient pas non plus l’exposé complet des données de toxicologie recueillies par l’agence, notamment des analyses qui montrent la présence d’une teneur élevée de D4 dans les gels PIP. Un expert du groupe de travail (différent de l’auteur du document confidentiel présenté ici) avait pourtant demandé que ces éléments figurent de manière détaillée dans le rapport. Une note de bas de page elliptique fait allusion au fait que le D4 est susceptible de nuire à la fertilité, sans autre précision. Et un autre passage mentionne des « teneurs élevées en siloxanes D4 à D13 », mais ne donne pas les résultats chiffrés et n’en tire pas de conclusion pour les porteuses de prothèses PIP.

Au total, le rapport officiel a été expurgé des éléments qui pointaient les manquements importants de la gestion par l'Afssaps de l'affaire PIP. Manquements mis en évidence par notre document confidentiel. La direction actuelle de l'agence s'est abstenue de divulguer ce document et a cautionné la version des faits édulcorée que présente le rapport officiel. Et cela, en désaccord avec certains de ses propres experts. La nouvelle direction de la nouvellement nommée ANSM, mise en place en 2011 après l’affaire Mediator, avec à sa tête Dominique Maraninchi, successeur de Jean Marimbert, devait éviter les errements antérieurs. Si l’agence a changé de sigle, elle n’a pas rompu avec les pratiques opaques et l’inertie reprochées à l’ancienne Afssaps.

 

 

 

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 15:47

 

marianne.net

 

La récup : entre acte politique et urgence sociale

Mardi 1 Octobre 2013 à 17:34

 

Bruno Rieth

 

Alors que les Français sont de plus en plus nombreux à pâtir de la crise, le gaspillage reste roi dans notre société de surconsommation. Pour dénoncer cette absurdité, consommer moins chère ou tout simplement pour se nourrir sans se ruiner, des citoyens s’organisent autour d’un maitre mot : la récupération.


Collectif Comida Basura, qui sert des repas gratuits élaborés à partir d'invendus - CLAVIERES VIRGINIE/SIPA
Collectif Comida Basura, qui sert des repas gratuits élaborés à partir d'invendus - CLAVIERES VIRGINIE/SIPA
Nos poubelles recèleraient-elles des trésors ? Sans espérer y trouver des lingots d’or, il y a dans la masse de nos ordures un tas de choses encore utilisables. A l’image de notre société, nous achetons beaucoup et nous gaspillons beaucoup. Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), la France a produit 770 millions de tonnes de déchets pour l’année de référence 2009. Sur ces millions de tonnes, les ordures ménagères représentent 4 % de la production des déchets, les secteurs du BTP et de l’agriculture étant les plus gourmands. Si de plus en plus de Français tentent de revaloriser leurs déchets, la France continue de jeter allégrement : vieilles chaussures, vêtements usagers, électroménagers ou nourriture. Immondices pour les uns, matières premières pour les autres qui n’hésitent plus à fouiller nos poubelles pour en tirer le meilleur. 
 
Le Carré des Biffins 
 
« Avant 2008, il y avait une cinquantaine de biffins qui vendaient régulièrement, mais avec le phénomène de paupérisation, on est arrivé à des pics de mille vendeurs à la sauvette le weekend. Ça devenait ingérable pour les riverains, les vendeurs des puces et les biffins eux-mêmes » se souvient  Gérald Briant, adjoint au Maire du 18ème arrondissements de Paris, chargé des Affaires sociales. Ce nouvel afflux de population entraine de nombreuses nuisances mais surtout, ne permet plus aux biffins de vendre paisiblement le fruit de leur récup, noyé sous le flot des vendeurs d’objets volés, de contrefaçon et des trafiques illégaux. La mairie du 18ème décide de réagir : « Avec l’association Aurore, on s’est mis à réfléchir conjointement pour imaginer un dispositif qui permettrait aux vrais biffins de travailler en toute tranquillité ». 
 
De cette réflexion va naître en octobre 2009 le Carré des biffins. La Mairie aménage un espace de vente de 100 places sous le pont de l’avenue Montmartre mis à disposition le week-end et le lundi. Pour en obtenir une, le biffin doit satisfaire trois conditions : habiter dans le 17ème, le 18ème arrondissement ou à Saint-Ouen, bénéficier des minimums sociaux et ne vendre que des objets de seconde main issus de la récupération. Depuis la création du carré, le calme est revenu dans le quartier.

« Cette espace a aussi permis de créer un contact avec ces populations pour leur proposer une aide sociale et permettre à ces personnes de pouvoir vendre dans une atmosphère apaisée sans la peur du gendarme ou de se faire voler » nous explique Gérald Briant. L’association Aurore qui chapeaute le projet, a installé un bus « café social »à proximité du carré qui permet aux biffins de bénéficier d’entretiens avec un travailleur social. Pour l’élu, le projet a aussi pris une autre dimension : «Un autre élément s’est rajouté au projet qui avait d’abord un caractère purement social, c’est le recyclage. Car les biffins sont par leur activité des « agents-recycleur. On réfléchit donc à faire évoluer le concept en créant par exemple de vrais stands démontables pour que les biffins n’aient plus à vendre à même le sol sur une bâche. On souhaiterait aussi créer une ressourcerie qui travaillerait exclusivement avec les biffins ». 
    
De l’aveu même de l’adjoint au Maire chargé des affaires sociales, le carré des biffins reste une solution d’urgence : «  La situation des biffins n’est évidemment pas enviable, socialement c’est très dur, mais face à une situation qui a toujours existé, on permet d’améliorer les conditions de vie des biffins qui ne vivent que de la récup ». La Mairie du 14ème s’est lancée à son tour en créant un espace pour les biffins porte de Vanves. 
 
Une seconde vie pour nos voitures 
 
Si le secteur de la récup est largement représenté par le monde associatif à l’image d’Emmaüs, les entreprises commencent à s’y intéresser elles aussi. C’est le cas de la Maif. Dans le domaine de la réparation d’automobiles endommagées, l’Assurance se demandait comment faire baisser le coût de la facture pour ses assurés. En moyenne, 40 % du prix va pour la main d’ouvre, 40% pour la pièces et 20 % pour la peinture. Seul le coût de la pièce pouvait évoluer.

Un arrêté du 29 avril 2009 est venu aiguiller la réflexion de la Mutuelle en ouvrant la voie de l’utilisation de pièces d’occasion pour les véhicules accidentés « Dans l'hypothèse où il sera utilisé des pièces de réemploi après accord du propriétaire et de l'expert, ce dernier définit la méthodologie de la remise en conformité et évalue le montant des travaux à effectuer sur le véhicule contradictoirement avec le réparateur ». La Maif décide de lancer en octobre 2010 un test sur quatre départements de la région Poitou-Charentes. L’expérience vise les véhicules âgés de plus de six ans. Les pièces de réemploi proposées aux sociétaires concernent les capots, les pare-chocs, optiques, les portières ou les ailes de voitures.

Selon l’assureur, les résultats sont très satisfaisants. Alors à quand une généralisation au plan national ? Pas pour tout de suite selon la Maif. Contacté par Marianne, la Mutuelle explique que si le pilote mené en Poitou-Charentes a donné satisfaction sur le plan économique et écologique, il reste encore des problèmes à surmonter comme par exemple celui du flux des stocks de pièces.  Au niveau européen, une mutuelle d’assurance suédoise qui favorise l’utilisation de la pièce de remploi a permis en 2009 de réduire la production de déchet de 9000 tonnes et d’économiser 9 millions d’euros sur la réparation automobile. Affaire à suivre donc. 
 
Des trésors pour les glaneurs 
 
Se nourrir sans dépenser un seul centime est-ce possible ? Oui, si on en croit l’expérience des Gars Pilleurs. L’un des co-animateurs nous résume leur projet : « Nous sommes un mouvement de citoyen Lyonnais qui récupère dans les poubelles tous les aliments encore consommables qui sont jetés par les supermarchés, les supérettes ou les boulangeries. Ensuite  on redistribue la nourriture en trop sur la voie publique. » Tout commence il y a deux ans lorsqu’Emmanuel* arrive à Lyon pour ses études. Jeune étudiant sans le sous, il cherche un moyen pour manger tout en préservant ses quelques revenus. Il se lance dans la récup des fins de marché.

Les récoltes sont bonnes certes, mais pas encore suffisante. Il va alors repérer une source bien plus abondante : les poubelles de supermarchés. « J’ai commencé à le faire régulièrement avec un pote. Les supermarchés ne s’embarrassent pas avec le gaspillage. On trouvait de quoi manger pour plusieurs jours » se souvient-il. Vient le jour où il récupère plus de 70 kg de nourriture consommable : « C’était en mars 2013. On ne voulait pas à notre tour  jeter cette nourriture. On a donc décidé de donner le surplus de denrée alimentaire. On a imprimé des tracts pour expliquer notre démarche et annoncer les lieux de redistribution. C’est comme ça qu’a commencé la redistribution sauvage sur la voie publique des Gars Pilleurs ». 

Voilà deux ans qu’Emmanuel n’a pas dépensé un seul euro pour se nourrir. Au-delà des considérations financières, le combat des Gars Pilleurs est un combat contre le gaspillage : « Pour nous, ce gâchis est un vrai problème sociétale et une absurdité totale. Sur Lyon, il n’y  aurait pas assez de gens pour manger le fruit de nos récoltes. La motivation est surtout politique. Ce gâchis est une aberration écologique, économique et sociétale. Il y a des gens qui ont besoin de cette nourriture alors pourquoi s’en priver ». Les récups de ces derniers mois semblent leur donner raison puisqu’ils ont retrouvé pas moins de 230 kg de produits alimentaires dans la poubelle d’un seul supermarché et 97 litres d’alcools dans une autre. De quoi se faire une petite sauterie digne de ce nom. 
 
A Tours, Daniel Boyer, président de la Banque alimentaire de Touraine, l’a bien compris. Depuis le mois de juin, une camionnette réfrigérée passe quatre fois par semaine dans une dizaine de supérette de la ville pour récupérer des produits alimentaires frais. Interrogé par le journal La Croix, Daniel Boyer ne cache pas son enthousiasme : « Nous avons reçu quatre tonnes de produits laitiers, de viande et surtout de fruits et légumes ». Cette initiative s’inscrit dans le Pacte nationale contre le gaspillage alimentaire lancé par le ministre de l’Agroalimentaire Guillaume Garot. A terme, la banque alimentaire espère récupérer 40 tonnes de denrées par an.  
 
Le potager de Marianne 
 
Sur le Marché de Rungis, de nouvelles têtes sont apparues depuis quelques années. L’Association Nationale de Développement des épiceries Solidaires (ANDES) a inauguré en 2008 le potager de Marianne, un atelier chantier d’insertion (ACI) qui emploie 24 salariés en insertion. Ils ont pour mission de valoriser les invendus du Marché de Rungis c’est à dire récupérer, trier, préparer les commandes et livrer les différentes associations soit 670 tonnes de fruits et légumes en 2012. 

Pour Guillaume Bapst, directeur de l’ANDES, tout part d’un constat accablant : « En 2005 on se rend compte que les personnes socialement fragile qui bénéficient d’une aide ont de graves carences alimentaires. En gros seul 1,2 % des personnes concernées mangent de manière équilibrée. En 2007 l’Etat nous demande de réfléchir à un dispositif pour atteindre trois objectifs : Récupérer des fruits et légumes pour lutter contre le gaspillage, ramener vers le travail des personnes qui en sont éloignées et faire bénéficier à un maximum d’associations la redistribution de la récup »

C’est ainsi qu’en 2008, le potager de Marianne est lancé. Pour le directeur de l’ANDES, cinq ans après, l’expérience est très positive : « Economiquement parlant, ce dispositif a permis de faire des économies à l’Etat et au contribuable. En moyenne 70 % des travailleurs passés dans nos ACI retrouvent le chemin de l’emploi au bout de 9 mois. Au Pôle emploi on considère qu’ils mettent deux ans. Ce sont autant d’allocations chômage qu’ils n’auront pas besoin de toucher. Ecologiquement, on a su revaloriser des aliments qui étaient destinés à l’incinération. 39 % des aliments qu’on livre proviennent de la récup. On lutte contre l’absurdité du gaspillage tout en aidant des personnes à retrouver le chemin de l’emploi. » Depuis, d’autres chantiers d’insertion calqués sur le modèle du potager de Marianne ont été ouverts. 
 
Du côté de nos voisins belges 
 
En Belgique, la ville de Herstal située dans la province de Liège a lancé une initiative innovante pour lutter contre le gaspillage alimentaire des grandes surfaces. « Les associations types restos du cœurs et Fédérations des banques alimentaires nous faisaient part de leurs problèmes pour récupérer de la nourriture » se souvient Frédéric Daerden, Bourgmestre d’Herstal et député européen. 
Revenant d’un débat sur la question du gaspillage alimentaire, l’idée d’associer cette lutte à l’aide alimentaire a fait son chemin comme il nous le raconte : « On s’est dit, que lors du renouvellement du permis d’environnement, l’équivalent du permis d’exploitation français, on pouvait inclure une nouvelle obligation pour que les supermarchés proposent aux associations d’aide alimentaire leurs invendus avant de les détruire. On a donc modifié le règlement et testé cette nouvelle idée. La première phase s’est faite durant l’été 2012 avec une grande surface qui avait déjà l’habitude de travailler avec des associations d’aide alimentaire. L’expérience s’est très bien passée et nous avons décidé de généraliser à toute la ville, c’est à dire douze établissements».  
 
Un an après la mise en place de ce système, les associations ont toutes exprimé leurs gratitudes à la mairie et du côté des industriels, malgré quelques réticences au début, cette nouvelle réglementation s’est mise en place sans heurts et fracas. Si selon le Bourgmestre, ce système ne remplacera pas une politique européenne de lutte contre le gaspillage et la montée de la pauvreté « il permet de pallier des solutions d’urgence de manière plutôt simple, guidé par le bon sens. » « On réduit ainsi notre impact sur l’environnement en diminuant le gâchis alimentaire provoqué par la surconsommation et on permet d’aider des associations qui en ont besoin ». Cette idée innovante est en train de faire des petits puisque d’autres élus wallons se renseignent auprès de la ville d’Herstal pour bénéficier de son expérience. Reste à savoir maintenant si les bonnes idées savent aussi traverser les frontières. 
 
*le nom a été changé
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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 15:40

 

rue89.com

En images 01/10/2013 à 10h54

Pour sortir du nucléaire, mettez un chien sur vous

Laure Beaulieu | Rue89

 

Le 18 septembre 2013, nous publiions un article sur les propos du directeur du site Areva-Tricastin, M. Frédéric De Agostini. Dans un e-mail, celui-ci demandait au responsable de la sécurité du site de :

« Prendre les mesures les plus strictes en cas de tentative d’intrusion sur le site et comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, je souhaite une photo d’un militant au sol, un chien sur lui, si cela devait arriver. »

Les militants de Sortir du nucléaire, directement visés par ces propos, ont réagi et diffusent sur leur site et sur les réseaux sociaux (via une page Facebook et un « hashtag » #UnChienSurMoi sur Twitter) des photos de militants « un chien sur eux ».


« Les bergers allemands sortent du nucléaire... Pourquoi pas nous ? » Un militant de Sortir du nucléaire, avec une peluche de chien (SortirDuNucleaire.org)

 

Sur les photos, les militants, cachés le plus souvent par un masque, portent un message du type :

« Les bergers allemands sortent du nucléaire... Pourquoi pas nous ? »

Ou encore :

« Les chiens aboient, le nucléaire ne passera pas ! »

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 15:30

 

 

marianne.net

Affaire Bettencourt : pourquoi Sarkozy joue son va-tout !

Mardi 1 Octobre 2013 à 12:58

 

 

 

Nicolas Sarkozy - BEBERT BRUNO/SIPA
Nicolas Sarkozy - BEBERT BRUNO/SIPA

Mis en examen pour abus de faiblesse dans le cadre de l'affaire Bettencourt, l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, s'est donc pourvu en cassation contre l'arrêt de la cour d’appel de Bordeaux du 24 septembre dernier validant la quasi-totalité de l'instruction des magistrats bordelais.

Huit des douze mis en examen dans ce dossier, dont Nicolas Sarkozy, donc, mais aussi son ancien ministre du Budget Eric Woerth, ont en effet contesté cet arrêt qui validait notamment une expertise médicale clef du dossier selon laquelle la vieille dame était en état de vulnérabilité depuis 2006 et pouvait donc être victime d'abus de faiblesse. Une décision qui confirmait aussi que la mise en examen de l'ancien chef de l'État n'était pas entachée de nullité et qui rendait même hommage aux juges d'instruction pour la "rigueur" et la "fermeté" dont ils ont "su faire preuve". 

Ce pourvoi en cassation en dit long sur un bobard savamment distillé ces dernières semaines par le clan Sarkozy. Selon ce bobard, le juge d’instruction, Jean-Michel Gentil, aurait eu l’intention de rendre une ordonnance de non-lieu en faveur de Nicolas Sarkozy – comme le lui a d’ailleurs suggéré le parquet. A entendre les amis de l’ancien Président, le magistrat aurait fini par prendre conscience de la fragilité des charges pesant sur le justiciable Sarkozy. D’où l’idée qu’au fond, Nicolas Sarkozy n’avait aucun intérêt à se pourvoir en cassation. Ce scénario bidon a été écrit, décrit, raconté avec force détails dans tous les médias depuis des semaines. Patatras ! Nicolas Sarkozy se pourvoit en cassation. Pourquoi ? Parce que, contrairement à ce qu’il a fait dire, il craint bel et bien d’être renvoyé en correctionnelle. 

Entre deux maux, choisissons le moindre ! Nicolas Sarkozy prend le risque de perdre un an de plus, quitte à devoir ensuite jongler avec un calendrier judiciaire et un calendrier politique fort peu compatibles. Preuve que les avocats de Nicolas Sarkozy, ne sachant rien des intentions réelles du magistrat instructeur, préfèrent explorer toutes les voies de droit pour éviter l’humiliation d’un renvoi en correctionnelle. 

Le président de la chambre criminelle de la Cour de cassation va désormais décider si l'affaire doit être examinée en urgence. Si ce pourvoi est jugé recevable, cette nouvelle étape judiciaire pourrait prendre plusieurs mois. Ce n’est donc qu’en 2014 qu’on saura définitivement si l’instruction de l’affaire Bettencourt est ou non validée. Ce qui signifie, au mieux, que le procès Bettencourt en première instance n’aura lieu qu’au premier semestre 2015. En cas d’appel, le second procès n’interviendrait qu’en 2016. C’est-à-dire au plus mauvais moment pour un éventuel futur candidat à l’élection présidentielle de 2017. 

En vérité, ce pourvoi en cassation ressemble à s’y méprendre à un va-tout politique autant que judiciaire.

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 15:22

Droit de Semer

 

Pendant des siècles, et des siècles, et des siècles, nos ancêtres on produit leur propre semence pour leurs récoltes. Chaque année ils l’ont semé. Les semences donnent des plantes et les plantes donnent des semences. Chaque année, les agriculteurs sélectionnent les meilleures semences adaptées à leur climat, terroir et besoins,prenant part à notre héritage commun. Puis, au 20e siècle , la politique agricole encouragea les agriculteurs à acheter de la semence certifiée de producteurs spécialisés. La plupart des agriculteurs ont arrêté de faire leur semence.

Aujourd’hui, quelles options restent-il aux agriculteurs ? Rencontrons Olivia pour comprendre…

 

 

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 15:11

 

blogapares.com

septembre 29th, 2013

 

Selon le PDG de Nestlé, l’accès à l’eau ne devrait pas être un droit, les aliments bio vont nous tuer, et la Nature est naze

 

 

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Peter Brabeck, le PDG de Nestlé a été enregistré dans une vidéo au début du mois alors qu’il tape assez rudement sur les aliments bio, l’équilibre de l’Homme et de la Nature, et le droit d’une personne à avoir accès à l’eau.

Dans la vidéo, Brabeck parle de la nourriture bio et affirme que les OGM sont meilleurs car ils ne rendent pas malades.

 


*Pour voir la vidéo, cliquer ici


« Un bon exemple est le mouvement bio. Le bio est ce qu’il y aurait de mieux maintenant. Mais le bio n’est pas le meilleur.

 Après 15 ans de consommation de produits génétiquement modifiés aux Etats-Unis, pas un seul cas de maladie n’a été déclarée jusqu’à présent pour en avoir mangé. Et malgré cela, nous sommes tous si inquiets à ce sujet en Europe à propos de ce qui pourrait nous arriver. »

Le PDG de Nestlé poursuit son attaque contre les produits naturels en affirmant que la Nature est là pour nous tuer et finira par nous nuire:

« Aujourd’hui les gens croient que tout ce qui provient de la Nature est bon. Cela représente un changement énorme car jusqu’à récemment nous avons toujours appris que la nature pouvait être simpitoyable. L’homme est maintenant en position de fournir un équilibre à la nature. Mais en dépit de cela, nous préjugeons que tout ce qui provient de la nature est bon. »

La déclaration la plus troublante et absurde de Peter Brabeck, cependant, porte sur les réserves d’eau dans le monde. Le PDG de Nestlé déclare:

« L’eau est bien sûr la ressource de base le plus important que nous avons dans le Monde aujourd’hui. On peut se poser la question de savoir  si nous devrions privatiser l’approvisionnement normal de l’eau pour la population.

Il y a deux opinions différentes à ce sujet. La première opinion, qui est je pense extrême, est représentée par les ONG, qui stipulent que l’eau est un droit public. Cela veut dire qu’en tant qu’être humain vous devriez avoir accès à l’eau. C’est une solution extrême. Et l’autre opinion dit que l’eau est un aliment comme n’importe quel autre. Et comme n’importe quel produit alimentaire, elle devrait pouvoir être sur le marché. Personnellement je pense que c’est mieux de donner à toute denrée alimentaire une valeur marchande… »

Source: Inquisitr

 

 

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