Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 14:22

 

 

mediapart.fr

Axa : menacés de licenciement pour avoir parlé à Mediapart

|  Par Martine Orange

 

 

 

Depuis quatre ans, deux membres d’Axa, syndicalistes en Haute-Savoie, interrogent le groupe d’assurances sur la légalité de ses contrats. Pour avoir dénoncé les pratiques publiquement et nous avoir parlé, une procédure de licenciement a été engagée à leur encontre.

 

Il ne fait pas bon être lanceurs d’alerte chez Axa et d’en parler à Mediapart. Deux salariés du groupe d’assurances, travaillant en Haute-Savoie, sont sur le point de payer chèrement le fait d’avoir dénoncé les pratiques de leur maison. Jeudi dernier, Alain Arnaud et Stéphane Legros, respectivement délégué du personnel et représentant de la CFDT, ont été convoqués pour un entretien préliminaire en vue de leur licenciement  disciplinaire. Ils sont convoqués lundi à un entretien avec un inspecteur du travail, qui doit se prononcer sur la légalité de leurs licenciements, puisque leur mandat leur donne un statut de salariés protégés.

Leur faute ? Axa les accuse d’avoir « un comportement déloyal allant à l’encontre des obligations les plus essentielles qui découlent de leur contrat de travail, et ce, dans l’intention, non dissimulée, de nuire à l’entreprise et ses dirigeants ». Il leur est reproché d’avoir dénoncé publiquement l’illégalité du contrat phare d’assurance-vie du groupe, Euractiel.

« Le contentieux qui oppose mes clients à Axa dure depuis plusieurs années. Un recours aux prud’hommes a été déposé pour discrimination syndicale et harcèlement moral contre Alain Arnaud. Une action a été engagée devant la justice pour non-respect de la loi sur le contrat Euractiel, les heures supplémentaires, usage de domicile pour fins professionnelles et discrimination syndicale. La chambre sociale de la Cour de cassation doit se prononcer en octobre sur le dossier. Mais incontestablement, c’est l’article de Mediapart qui a déclenché la procédure de licenciement », dit Thierry Billet, avocat des deux syndicalistes.

« Nous dénonçons les pratiques d’Axa depuis longtemps. Il y a eu un tract syndical dans lequel il était dénoncé l’illégalité du contrat Euractiel, auquel le groupe n’a pas répondu. Ce que le groupe ne supporte pas aujourd’hui, c’est que tout ce que nous dénoncions à l’intérieur soit désormais connu du grand public », renchérit Stéphane Legros.

« Mediapart n’est en rien responsable de la mise en cause de ces personnes. Les faits sont antérieurs et n’ont rien à voir à l’exercice de leurs mandats syndicaux. Axa est très attaché au dialogue social et au respect des mandats syndicaux. À l’origine du dossier, il y a une lettre ouverte publiée à la mi-juillet où il est porté des dénigrements à l’égard du groupe et de ses dirigeants », dit Sybille Queré-Becker, responsable des relations sociales dans le groupe.

À lire le dossier constitué par Axa pour enclencher la procédure de licenciement contre les deux syndicalistes, si la lettre publique est mentionnée, le fait d’avoir parlé à Mediapart, d’avoir commenté l’article, d’avoir créé un blog sur notre site, d’avoir diffusé l’information sur d’autres sites paraît être ce qui pèse le plus lourd.  

Parmi les preuves citées de ce que le groupe considère comme un « comportement déloyal », AXA cite des commentaires qu’Alain Arnaud avait fait sous l’article en empruntant un pseudo. Celui-ci notamment :

 

 

« M. Arnaud a pu être identifié comme étant l’auteur de ces écrits », est-il insisté dans le dossier transmis à l’inspecteur du travail. « Ces commentaires démontrent que M. Arnaud a donné certaines informations à ce média », est-il noté. Le groupe lui reproche aussi d’avoir créé un blog sur Mediapart. Il est notamment accusé d’avoir écrit que « le pdg d’Axa a (fait) un don de 7 500 euros à l’association Répondre à gauche avec François Hollande ». Il se voit mis en cause pour avoir posté des commentaires sur d’autres sites, parlant « de l’énorme fraude mise en place par l’assureur français. (…) L’assureur n’ayant pas satisfait à ses obligations légales engrange ainsi près de 20 millions d’euros par an de cotisations en toute illégalité ».

Ces nouveaux cas illustrent une nouvelle fois le rapport de forces totalement déséquilibré entre les salariés lanceurs d’alerte et leur entreprise. Dénoncer des pratiques illégales revient à un acte de déloyauté. En parler publiquement s’assimile à une rupture de contrat. Quant à créer un blog, c’est tout simplement de la haute trahison. 

Si les syndicalistes en sont arrivés à recourir aux médias et aux réseaux sociaux, la faute en revient à Axa qui, depuis des années, élude la question de la légalité de ses pratiques, soulevée par les salariés eux-mêmes.

Stéphane Legros et Alain Arnaud reconnaissent qu’ils ont découvert le sujet par hasard. Jusqu’en 2009, ces salariés d’Axa chargés de commercialiser les contrats du groupe travaillaient sans se poser de questions et étaient bien vus de leur hiérarchie. Puis arriva l’incident fatal. En juin 2009, Stéphane Legros, qui travaille chez AXA depuis trois ans, démarche un couple et leur fait signer un contrat Euractiel. Ses supérieurs le félicitent en découvrant le nom du souscripteur : il s’agit du sénateur UMP de Haute-Savoie, Jean-Claude Carle, aujourd’hui vice-président du Sénat. Ce dernier n’a pas retourné nos appels alors que nous cherchions à avoir sa version des faits.

« Ce parlementaire pourrait nous causer des ennuis »

Ce qui aurait dû être un succès se transforme pourtant en enfer : les services centraux qui doivent homologuer le contrat refusent de le faire. Motif avancé : « Il m’a été expliqué que le parlementaire pouvait nous causer des ennuis, en raison de ses nombreuses relations », raconte-t-il. Non seulement le contrat est annulé, mais Axa, en plus, lui reproche auprès de ses clients comme à l’intérieur, d’avoir fait une faute.

Indigné par ce traitement, Stéphane Legros cherche à comprendre. Après maintes recherches et questions, il finit par découvrir le pot aux roses : le contrat Euractiel ne devrait plus être commercialisé depuis 2007 ! La loi de 2005 ne permet plus la pratique des frais précomptés, base du contrat Euractiel, qui consiste à prélever en une seule fois les frais de gestion d’un contrat censé durer au moins dix ans. D’un seul coup, les souscripteurs voient diminuer leur apport de près de moitié. S'ils cassent leur contrat avant la fin, ils ont toutes les chances de ne pas retrouver l’intégralité de leur apport de départ. Même s’ils restent jusqu’au terme prévu, leur épargne leur rapportera moins puisque les intérêts sont calculés sur la somme investie, amputée de la totalité des frais de gestion prélevés au départ.

Cette technique a été jugée tellement désavantageuse pour les épargnants que les législateurs ont décidé d’y mettre fin, en spécifiant que les frais de gestion ne pouvaient plus dépasser 5 % des sommes investies. Les élus donnent alors deux ans aux assurances pour se mettre en conformité avec la loi et revoir leurs conventions collectives, puisqu’une partie de leurs commerciaux étaient rémunérés sur des commissions prélevées sur ces frais de gestion.

L’ennui est que le texte ne prévoit aucune sanction au cas où un groupe d’assurances ne se mettrait pas en conformité avec la loi. Tout est laissé à la charge des souscripteurs, s’ils sont mécontents. Mais qui prendra le risque d’engager une procédure longue et coûteuse pour rentrer dans ses droits ?

Stéphane Legros réalise qu’Axa n’a fait ni l’un et que partiellement l’autre, les conventions collectives n’ayant pas été totalement revues. Avec quelques autres salariés, il commence à se mobiliser. Ils alertent leur syndicat, la CFDT, puis les autres, posent des questions à la hiérarchie, puis montent plus haut. À chaque fois, ils se heurtent au même mur du silence. En 2012, ils décident d’alerter les pouvoirs publics, écrivent au président du Sénat, de l’Assemblée nationale, de la présidence de la République. Hormis un simple accusé de réception, leurs lettres restent sans réponse. Axa continue à l’intérieur à envoyer le même message aux salariés : le groupe d’assurances ne saurait avoir des pratiques illégales. Il a consulté des juristes qui lui ont confirmé la parfaite validité de leur contrat Euractiel.

Auteur de la réforme du Code des assurances de 2005, Philippe Marini, aujourd’hui président de la commission des finances du Sénat, ne laisse pourtant planer aucune ambiguïté sur le sens de son amendement : « Il s’agissait bien d’en finir avec les mécanismes des frais pré-comptés dans les contrats d’assurance-vie », a-t-il déclaré à Mediapart . « L’amendement, qui a été adopté à mon initiative, plafonne à 5 % la diminution des valeurs de rachat par imputation sur celles­-çi des frais d’acquisition du contrat. Cela revient à interdire de facto les contrats dits “à frais précomptés” (…) », répète-t-il dans Le Dauphiné Libéré, qui s’est également saisi du dossier.

En dépit de la loi, des déclarations du rapporteur du texte législatif, des multiples propos tenus lors des débats à l’Assemblée nationale et du Sénat lors de la discussion sur la réforme du Code des assurances, qui toutes parlent d’en finir avec les frais précomptés, malgré un arrêt de la Cour de cassation qui mentionne leur interdiction, Axa assure qu’il agit en parfaite légalité et que la loi ne concerne pas son contrat d’assurance-vie. « Imaginez-vous qu’Axa pourrait commercialiser des produits non-conformes à la réglementation ? Nous avons fait vérifier par plusieurs juristes : tous nous disent que nos contrats sont parfaitement légaux. Nos contrats d’ailleurs n’ont jamais été retoqués. En six ans, nous aurions dû avoir un jugement. Cela n’a jamais été le cas »,soutient Oliver Mariée, directeur épargne-vie d’Axa France.

Au dossier de licenciement contre les deux syndicalistes, adressé à l’inspection du travail, le groupe d’assurances a joint un nouvel avis d’expert, le professeur de droit Luc Mayaux, qui souligne la parfaite conformité de son contrat d’assurance-vie avec la loi. Un avis tout à fait indépendant : M. Luc Mayaux est directeur de l’institut des assurances à Lyon. Il a animé notamment en 2010 une table ronde avec le directeur des ressources humaines d’Axa Sud et un responsable de la fédération française des assurances sur le thème : “L'assurance, des métiers d’avenir pour les jeunes.”

Si Axa est si sûr de son interprétation, pourquoi ne fait-il pas appel à la justice pour trancher définitivement le différend ? Le groupe d’assurances en avait l’occasion : le recours devant la Cour de cassation soulevait précisément le problème de la légalité de son contrat Euractiel. Le rapporteur devant la Cour a estimé opportunément que les magistrats de la Cour de cassation n’avaient pas à étudier ce problème pour se concentrer sur le seul problème social.  Le flou va donc perdurer.

« Les commerciaux d’AXA doivent savoir. La loi prévoit que leur responsabilité peut être engagée en même temps que celle du groupe s’ils ont vendu des produits non-conformes », insiste Alain Arnaud. Les deux syndicalistes sont décidés à défendre leur cause jusqu’au bout. Le parti socialiste de Haute-Savoie leur a apporté son soutien et a décidé de saisir le gouvernement de leur cas.

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 13:44

 

rue89.com

 

Killah P 28/09/2013 à 10h06

Coup d’arrêt aux néonazis d’Aube dorée en Grèce

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

 


Nikos Michaloliakos, leader du parti néonazi, au Parlement grec en janvier 2013 (Petros Giannakouris/AP/SIPA)

Dix jours après l’assassinat du rappeur grec Pavlos Fyssas, connu sous le nom de scène Killah P, tué par un militant néonazi affilié à Aube dorée, la police grecque a porté samedi matin un coup d’arrêt à ce mouvement.

Le dirigeant d’Aube dorée, Nikos Michaloliakos, 56 ans, a été arrêté par la police antiterroriste grecque, alors qu’une opération plus vaste était en cours : trois élus et dix responsables ont déjà été interpelés, et 30 autres mandats d’arrêt ont été lancés contre des membres de ce parti néonazi par la Cour suprême grecque. Aube dorée est accusé d’être une « organisation criminelle ».

Il y a trois jours, la presse grecque rapportait que la Cour suprême grecque avait décidé de lancer une enquête sur les liens entre les réservistes de l’armée et le parti Aube dorée, et de procéder à l’examen d’écoutes téléphoniques effectuées par l’EYP, les services secrets grecs.

Le quotidien Eleftherotypia, cité par le site Presseurop, expliquait que l’EYP surveillait Aube dorée depuis plusieurs mois lorsque le rappeur de gauche a été assassiné. Selon le quotidien, le relevé des écoutes pourrait démontrer que le meurtrier a reçu l’ordre d’assassiner Pavlos Fyssas, et que l’auteur du coup de téléphone pourrait être un député d’Aube dorée.


La rappeur Killah P. (via Wikipédia)

Le quotidien grec Ekathimerini fait observer que c’est la première fois depuis 1974, c’est-à-dire depuis le retour de la Grèce à la démocratie, qu’un chef de parti et des membres du Parlement sont arrêtés.

Le parti néonazi a réagi en appelant par SMS ses partisans à se retrouver devant les locaux du parti :

« Nous demandons à tout le monde de soutenir notre lutte morale et juste contre le système corrompu. Tout le monde devant nos bureaux » !

Un rassemblement de quelque 200 partisans d’Aube dorée était signalé en fin de matinée devant le siège de la police où sont détenus les dirigeants du mouvement.

 

Voir l'image sur Twitter

200 Golden Dawn supporters outside Athens police HQs now. More coming. v @dromografos pic.twitter.com/2ffFYQ2Tdp

 

Les autorités accusées de complaisance

Ce réveil tardif du gouvernement et de la justice grecs répond à l’émotion suscitée par le meurtre de Killah P. Les Grecs ont vivement réagi à cet assassinat, dès l’annonce de sa mort le 18 septembre, et quelque 10 000 personnes ont manifesté cette semaine à Athènes.


Dix mille personnes ont manifesté le 25 septembre contre les nazis d’Aube dorée à Athènes (31251228_1_kyodowc0/NEWSCOM/SIPA)


Manif contre les néonazis d’Aube dorée le 25 septembre à Athènes (Thanassis Stavrakis/AP/SIPA)

Une partie de l’opinion grecque estime que le gouvernement, la justice et les forces de l’ordre ont fait preuve d’une grande complaisance vis-à-vis de ce mouvement néonazi qui a fait son entrée au Parlement grec, mais est considéré comme responsable de nombreux actes de violence, notamment contre des migrants.

Le cinquième parti de Grèce

Répondant à ces critiques, le premier ministre grec, Antonis Samaras, avait promis de défendre la « démocratie » et de réagir vigoureusement à ces actes de violence.

Le porte parole du parti de gauche Syriza a souligné samedi matin que l’arsenal juridique grec était suffisant pour s’attaquer à Aube dorée, mais qu’il était « crucial » de bien étayer les accusations portées contre le parti néo-nazi.

L’impunité dont bénéficiait Aube dorée a inspiré cette réaction sur Twitter au correspondant de Libération à Bruxelles, Jean Quatremer, observateur critique de la Grèce :

« Enfin, les autorités grecques passent à l’action contre Aube dorée. Comme quoi, c’était possible ! “

 

Jean Quatremer @quatremer

Enfin, les autorités grecques passent à l'action contre Aube dorée. Comme quoi, c'était possible!

 

Dans un commentaire, le quotidien Khatimerini souligne qu’après avoir tardé, le gouvernement Samaras a réagi avec vigueur ce samedi :

‘Cela montre un certain courage politique, car il y avait des opinions fortes à l’intérieur du Parti Nouvelle Démocratie de Samaras en faveur d’une certaine tolérance vis-à-vis de l’extrême droite afin d’en tirer profit en termes de recrutement.

Cette confrontation va loin également pour rétablir confiance dans les institutions du pays et dans l’Etat’.

‘La Grèce aux Grecs’

Fondé en 1992, longtemps relégué au rang de groupuscule, Aube dorée a fait son entrée au Parlement lors des élections de mai 2012, confirmant sa percée lors de celles de juin 2012, avec 7% des voix, devenant ainsi le cinquième parti de Grèce avec 18 députés sur 300.

Le parti d’extrême droite a attisé la poussée nationaliste à la faveur de la crise économique et sociale, contre l’Europe et contre les étrangers. Son slogan : ‘La Grèce aux Grecs’ !

En février dernier, Nikos Michaloliakos n’avait pas hésité à faire le salut nazi lors d’un débat houleux au Conseil municipal d’Athènes.

 

 

Nikos Michaloliakos fait le salut nazi, février 2013 au Conseil municipal d’Athènes

Cette confrontation se déroule évidemment dans le contexte de la violente crise financière, économique et sociale que traverse la Grèce, et dont elle ne voit pas encore le bout.

‘Les Grecs ne peuvent pas se permettre d’attendre la prochaine crise’

Selon certaines informations non confirmées, la Grèce pourrait avoir besoin d’une nouvelle ‘rallonge’ de ses créditeurs européens et du FMI, des prêts qui s’accompagnent généralement de nouvelles conditions d’économie draconiennes.

Le premier ministre Samaras devait d’ailleurs quitter Athènes ce samedi pour Washington, pour rencontrer Christine Lagarde, la Directrice Générale du Fonds monétaire international, un des membres de la ‘troïka’ qui a imposé l’austérité à la Grèce depuis deux ans.

Dans un éditorial alarmiste sur la montée de la violence d’Aube dorée, il y a deux jours, le quotidien britannique The Guardian évoquait cette crise en des termes inquiétants :

‘Le défi d’Aube dorée ne s’adresse pas seulement au pouvoir de l’Etat grec. S’il continue à croître, il concernera son essence démocratique. Les Grecs ne peuvent pas se permettre d’attendre la prochaine crise.

Le temps que se brise l’indifférence de leurs créditeurs d’Europe du nord face aux conséquences humaines et sociales de leurs actes, il sera trop tard. La prochaine crise risque fort d’être d’une toute autre nature’.

Rap antifasciste

Notre partenaire Global Voices a mis en ligne une vidéo sous-titrée en anglais réalisée en Grèce en hommage à Killah P., le rappeur assassiné.

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
commenter cet article
28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 13:18

 

 

 

Antischiste GV - S'ORGANISER POUR ALLER À MONTÉLIMAR LE 19 OCTOBRE

Bonjour à vous,

Voici une info du collectif anti GdS garrigue Vaunage sur la journée internationale "Global frackdown" à Montélimar.
Nous nous organisons en co-voiturage pour y aller et vous proposons de vous y associer.
Voir ci-dessous le lien vers le sondage

2ème Journée internationale contre la fracturation hydro-chimique - 19 octobre 2013
En France : Montélimar, Drôme, 26 ; Saint-Claude, Haut-Jura, 39 ; Toulouse, Haute-Garonne, 31 ; Lille, Nord, 59 ; Seine & Marne, 77.

Nous ne pouvons que nous inquiéter du forage d'Hess Oil France prêt à fracturer à Jouarre (Seine-et-Marne), des subventions promises à l'extraction, toute aussi polluante, du gaz de couche dans le Nord/Pas-de-Calais et la Lorraine, ou d'octrois de permis d'exploration de minerais métalliques dans la Sarthe, la Mayenne et la Creuse.

Mesurant la puissance lobbyiste des pétroliers auprès de nos responsables politiques, une vigilance de tous les jours est nécessaire :

- CONTRE toute exploration et exploitation de gaz et pétrole de schiste ainsi que de gaz de couche,

- POUR un code minier respectant les légitimes droits des citoyens et prévenant les risques avérés futurs,

- POUR une transition énergétique basée sur la réduction des consommations et la relocalisation des productions renouvelables au plus près des besoins essentiels,

- POUR le respect des engagements pris pour réduire les impacts des activités humaines sur le dérèglement climatique.
EN FRANCE, EN EUROPE et SUR TOUTE LA PLANETE
Programme du rassemblement de Montélimar
- Conférence de presse le matin

- 14h00 défilé militant du rond-point St-James/abbé Pierre (au sud de Montélimar ) jusqu'à la caserne St-Martin en passant par les Allées Provençales avec prises de parole au Théatre.

- Musique et stands à l'intérieur de la caserne St-Martin pour la fête, ainsi que d'autres prises de parole de militants polonais, britaniques, catalans, etc.

Qui va à Montélimar le 19 octobre ?
Quel sont les besoins en covoiturage ?

Voici un sondage pour s'organiser -  intitulé : "19 octobre co-voiturage".
Merci de bien vouloir le remplir à l'adresse suivante : http://framadate.org/studs.php?sondage=k73ssx6s2gsdhhb5

A bientôt j'espère
Astrid
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Gaz de Schiste
commenter cet article
28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 12:34

 

 

Réunion-conférence sur la réforme des retraites, compte rendu.

 

Organisée par SUD-Solidaires, avec intervention de Gerard Gourguechon (Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires, membre du directoire d’ATTAC, vieux militant indécrottable).

 

En premier lieu, intervention d’un des délégués syndicaux  (Damien, SUD-TCN) de TCN (Transports Agglomération de Nîmes), en grève depuis quelques temps. Il explique les raisons de la grève qui porte surtout sur les conditions de travail. TCN est une filiale de Keolis, entreprise de transport qui a obtenu une DSP avec Nîmes Agglo et donc gère les transports, Tango, si je comprends bien.

Une DSP ? Quésaco ? Apprenez donc, petit-e-s curieux-ses que cela doit se dire ‘Délégation de Service Public ». Autrement dit, une collectivité payée grâce à l’impôt une entreprise privée pour rendre un service public. Simple comme bonjour et soi-disant nettement moins onéreux.

Sauf que…

-les profits nécessaires (et toujours insuffisants) à toute entreprise capitaliste vont dans la poche des actionnaires.

-les usagers deviennent des clients.

-les salariés, sommés de faire de la ‘productivité’ (sinon comment faire du profit ?) sont, avec les usagers et les contribuables (c’est les mêmes), les dindons de la farce. La bonne blague c’est que les travailleurs voient leurs conditions de salaire et de travail se dégrader sans cesse et que les gains de productivité faits grâce à leur travail (TCN fait du profit : 200 000 € l’année dernière mais 1 200 000 € pour cette année…ça grimpe sec !) ils n’en voient pas la couleur. La Mairie …ça lui en gratte une sans faire bouger l’autre, probable…elle a délégué.

 

En plus, ces benêts d’ouvriers persistent à penser ‘service public’ et dire ‘usagers’ au lieu de ‘clients’  et les mots ont un sens, quiconque a connu le téléphone du temps des PTT  et essaie de trouver de nos jours un contrat télécom honnête peut saisir la nuance….(on pourrait aussi causer de ‘mutuelle-santé’). D’où leur gêne à faire grève car pas (ou moins) de transports cela veut surtout dire que les gens (les usagers, nos camarades) qui vont au boulot vont voir leur temps de transport multiplié, arriver en retard, ne plus pouvoir aller au boulot, ne plus avoir de boulot…Quand à ceux qui n’ont pas de bagnoles ou ont écouté les sirènes vertes (utiliser les transports en commun pour réduire l’empreinte carbone) y zont plus que leurs pieds pour marcher, loin.

 

Et, selon le patronat, la Mairie et la presse, ces nantis (on parle ici des travailleurs !) au salaire mirifique de 2000 € (pas de fiche de paye à montrer pour étayer ce chiffre aussi faux qu’une statistique du chômage) et qui travaillent 33 heures par semaine viennent rouspéter ? Sauf que les 33h sont les heures payées et qu’elles font le plus souvent 35, 37, 40, productivité oblige. Et que vu les réductions d’effectifs (toujours la productivité), les congés dûs ne peuvent être pris…cadeau !

Je vous passe tout ce genre de ‘détails de l’histoire’, qui concernent l’ensemble du monde du travail (y compris la fonction publique) soumis à l’impératif de la productivité pour payer les rentiers (Bettencourt, Bébéar et autres Cahuzac évadés fiscaux), mais la grève est suivie à 100%, en intersyndicale (l’union des syndicats qui fait la force se fait à la base, par delà les hiérarchies qui la ‘représentent’, voilà la leçon à suivre) et le public est peu impacté les grévistes informent et veillent à gêner le moins possible au point qu’on peut se demander si cette grève à réellement un impact. Perso je ne m’étais aperçu de rien mais étant banlieusard (hors agglo) et furieux adepte du véhicule diesel polluant usé jusqu’à la corde je suis mal placé pour ça. Les vrais Nîmois pris en otage doivent savoir.

Ah, « prendre les usagers en otage » est un si joli refrain tellement entendu…Mais alors… comment qualifier ce qu’ont fait les Chebabs au Kenya ? Non, ces fous dangereux se sont attaqués à un centre commercial, il faut bien être un obscurantiste acharné pour envisager une telle abjection. Voilà d’ailleurs leur vrai crime, les grévistes eux font de la ‘prise d’otage’…

 

Sur les retraites…

D’abord désunion syndicale. Triste constat, personne ne veut vraiment ‘y aller’, Ayrault et Hollande nous l’ont dit c’est mieux que si c’était pire…alors la CFDT, ravie, ne veut rien faire pour compromettre un si joli résultat. FO fait cavalier seul (c’est un toc), la CGT veut bien mais pas toute seule, la mer est si grande…résultat, niente !

Un gouvernement de droite en rajoute une couche sur l’injustice après une réforme dégueulasse de droite et les ‘partenaires sociaux’ sont bloqués, tétanisés probablement par l’adjectif ‘socialiste’ qui colle encore aux basques de Hollande comme une vieille merde de clebs et, sans doute pour  d’obscures raisons électorales et trop grande dépendance des ‘instances supérieures’ aux partis politiques rien ne bouge (il est notoire que la CFDT roule pour le PS et la CGT pour le PC, il est notoire que le PC cherche à s’allier au PS pour garder quelques postes en Mairie et rechigne même à suivre Mélenchon, ce si furieux populiste extrémiste). Ne parlons pas des Verts, ils ne contrôlent que leurs langues de bois ministérielles.  Donc, pas de vague en ce moment, élections municipales en cours…en attendant les européennes, puis les présidentielles, puis les législatives, puis…

 

L’exposé de Gérard est pourtant clair : tout pour la finance, petites touches par petites touches l’ensemble des ‘réformes’ vise à rendre inopérant les mécanismes de solidarité et rendre donc attractifs les mécanismes financiers avec notamment les fonds de pensions, les mutuelles et tutti quanti.

Et tout cela vise bien sûr à collecter un maximum pour reverser un minimum, pourquoi croyez vous que l’on allonge la durée de cotisation ? La retraite c’est pour les morts…

Et on favorise la lutte des générations : en touchant une retraite par répartition votre intérêt est qu’il y ait un maximum de cotisants (de travailleurs) et qu’ils soit payés le mieux possible (plus de cotisations). Si vous avez une retraite par capitalisation (fond de pension) votre intérêt objectif est que les salariés soient payés juste ce qu’il faut pour pouvoir continuer à travailler sans crever (les Britanniques ont testé en Inde, bien avant Mengele, en dessous de 1200 calories un travailleur meurt, c’est scientifiquement établi, voilà potentiellement la limite) pour que les profits soient au maximum et  de même virer le plus de monde possible fait monter les cours des actions, augmenter les dividendes…. Donc créer du chômage chez les jeunes pour que les vieux aient des retraites. Et on est censé croire que ça va durer tant que l’herbe poussera !

Et c’est pour ça (en partie) qu’on n’a pas de travail depuis lurette et que le problème des retraites nous paraît venir tout droit du Jurassique (le temps des dinosaures).

Et pendant qu’on finance le CAC40 (20 milliards cash d’entrée de jeu+crédit recherche-compétitivité-emploi, plusieurs milliards aussi+ compensation sur ce qu’on va prendre au patronat pour les retraites, +, +, +…) sans aucune contre partie (et l’aveu qu’il n’y aura pas de contrôle fiscal),  qui paye pour le chômage et autres ‘dégâts collatéraux’ au lieu d’investir dans les écoles, la justice, la santé, la ‘dépollution’ ? Sans compter les sommes colossales mises à rembourser la dette (selon le mécanisme : baisse de l’impôt des riches=manque à gagner fiscal= dette=emprunt=les riches prêtent (puisqu’on leur a pas pris leur fric)=on les rembourse pour qu’ils soient plus riches et la boucle est bouclée jusqu’au tour suivant, nouvelle niche fiscale, nouvelle dette…).

 

Puisque personne ne bouge (on espère la goutte d’eau qui mettra le feu…milles excuses, Gérard, mais c’est bien ce que t’as dit) y’à plus qu’à attendre tranquillement que la bourse s’effondre, ce qui va arriver incessamment sous peu, nous sommes assis sur une montagne de dettes…. Hop, en 7 millisecondes (voir sur le blog des Indignés), évaporés les fonds de pensions…On l’aura pourtant dit. Et ça s’est vu pas plus tard qu’hier (2008)…mais les Roms et les pédés, c’est si inquiétant…

Peut-être que le bon peuple frémira quand on lui demandera pour la x° fois de payer encore plus pour sauver les banques avec de l’argent qu’il n’a plus. Mais alors, trop tard, bonjour les dégâts,  qui veut aller habiter et travailler en Grèce ? Ou au Bengladesh ? 1200 calories /jour en disant merci  en plus ça vous tente ?

 

Alors pourquoi attendre ?

Honnêtement on a l’impression que personne n’y croit, battus d’avance, retraite toute, retraite avec certes des escarmouches pour retarder l’ennemi, parfois de rudes batailles qui laissent pleins camarades à terre et tout cela ressemble furieusement à une campagne de Russie (y’en a eu deux, choisissez...).

On recule mais pourtant le bilan est mitigé : tout comme l’oligarchie a dû recycler le discours écolo pour finalement promouvoir le capitalisme vert et l’administration du désastre, autant même Sarkozy a bien du lâcher qu’il allait détruire les paradis fiscaux (le dire, c’est comme si c’était fait...) Preuve qu’il y a bien quelque chose à ‘déminer’ dans l’opinion publique qui commence à additionner deux et deux là aussi.  Le référendum (‘grande institution démocratique’) de 1995 n’est pas très bien passé non plus…

 

Donc, c’est à la société civile de se mobiliser et ça c’est nous, les gens, les individus communs. On a rien à perdre, nous ne sommes rien…

Il y a quand même des solutions qui se dessinent pour abolir le salariat, dynamiter la Finance (allumons la mèche en débutant par l’Europe des lobbies,un World Trade Center qui s’effondre ça fait du bruit…), construire une société sobre et partageuse, imaginer une réelle démocratie. Ce n’est pas de l’utopie, l’utopie c’est de croire que ce système prédateur et assassin va continuer impunément pour la planète et l’humanité. Une ‘Aube Dorée’ se lève, on la voit arriver aussi gros qu’un Costa Concorda (nouveau nom du Titanic). C’est un spectacle qui a toujours ravit les riches, ces esthètes raffinés…En fait ils n’attendent que ça, c’est si beau le monde vu d’un drone…

 

Tous les combats se ramènent au même. Ce soir c’était ‘la retraite’, demain c’est Monsanto, paradigme du capitalisme corrupteur, voleur, hégémonique et assassin. Après demain la Hollande (autre patrie de l’enfumage) va capituler sous couvert de ‘Conseil Constitutionnel’ devant les lobbies gaziers. Et on nous promet, parole de ministre de l’écologie (en v’là enfin un ‘droit dans ses bottes’), un bel aéroport tout neuf à Notre Dame…et une contribution climat énergie en sus…qui servira en fait à rembourser ‘Goldman Sachs’, c’est ça la pure vérité. Ce n’est pas qu’ils n’y comprennent rien, la démonstration a été faite grandeur nature en 2008, l’arnaque est colossale. Ce ne sont pas des cons -des bites- qui nous gouvernent, ce sont des bouffons bouffis.

 

Alors, gardons les Roms, nos frères, virons les voleurs et les maffieux, nos parasites…La goutte y’à longtemps qu’elle a été versée, ça déborde pareil qu’à Fukushima et ça n’éteindra pas le corium de notre rage.

 

Terrorisés, endettés, médiatisés, représentés… de tous les pays, unissez vous !  

 

Debout !

 

 

 

Repost 0
27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 17:04

 

zad.nadir.org

 

Flash Info du 23 au 29 septembre

mercredi 25 septembre 2013, par zadist

 


Jeudi 26 septembre

- 10h30 : Ce matin, la personne qui a ouvert une maison aux domaines était delogé vers la comissariat de Blain. Il avait 4 fourgon pour réaliser cette manouvre. De suit, les fourgons sont partis vers le carrefour des Ardillières, pour ptoteger la bas les travaux de fermeture de la maison. Plusieurs personnes sont aller la-bas pour voir et manifester contre la fermeture d’une maison habitable. Jusqu’au dernière information, ca se passé calmement ! Le nom de la societé qui ont fait le boulot de fermeture et installation de moyen de surveillance est "SITEX", 8 bis rue de Garenne, ZAC de la Pentecôte, 44700 Orvault

Mercredi 25 septembre

- Un incendie a détruit entièrement la maison de la Sècherie hier dans la soirée. Il n’y a pas de blessé.e.s graves mais une chienne a périt dans l’incendie et ce n’est facile à encaisser pour personne. La solidarité s’organise pour aider les camarades qui ont perdu toutes leurs affaires dans l’incendie.

- Des nouvelles plus joyeuses : un groupe d’une quarantaine de glaneuses et glaneurs ont un petit perturbé la séance d’auto-lançage de fleurs de Patrick Rimbert ce soir au banquet des 5000, un dîner-recup’-spectacle géant, événement médiatique pour Nantes capitale verte. Une prise de parole a été faite sur scène, des tracts ont étés largement distribués et des banderoles ont été déployés sur scène lors du discours de notre cher maire de nantes. Plus de détails et le tract publiés plus tard.

- Et voici ici un petit compte rendu de la manif’ contre le projet de stade de foot à Décines, près de Lyon.

- Un article sur une lutte naissante, peut-être, contre la construction d’une ferme d’élévage géante dans la somme. Le chantier vient d’être saboté par des membres de la confédération paysanne, selon cet article.

- Les marcheurs des bords de l’Erdre en lutte contre les gros propriétaires dont les propriétés clôturées empêche de longer l’erdre et contre leur meilleur allié, le préfet de région, Christian de Lavergnée, en appelent à la solidarité des anti-aéroport, pour leur marche militante, ce dimanche 29 septembre à 09h30 (rdv départ : terrain municipal de la Poterie (quartier de la Chesnaie) à La Chapelle-sur-Erdre.). Je leur adresse tous mes encouragements dans leur lutte mais je suis sceptique sur le fait que le mot ait eu le temps de tourner parmi nous.

- Des articles qui parlent d’aéroport :

Le premier sur le schmilblick juridique européen, si vous n’y comprenez pas tout, je crois que cela peut aider.

Le secondqui se fait l’écho des critiques des assos de défense de l’environnement.

 

 

Rassemblement de rentrée pour préparer une nouvelle année de luttes

 


Sam. 28 septembre à 15h, place Royale à Nantes.

Dans la continuité des manifs mensuelles depuis plus d’un an : rassemblement de rentrée pour préparer une nouvelle année de luttes !

Contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes et la métropolisation.


 

Le CNCA est un collectif Nantais présent sur la lutte de l’aéroport depuis maintenant plusieurs années. Nous nous sommes rencontréEs autour de la lutte contre le projet d’aéroport. Nous souhaitions porter cette lutte au coeur de la métropole Nantaise.

Assez vite lors de nos discussions, nous nous somme rendu compte que la question de l’aéroport n’était qu’un maillon de projets bien plus larges. Ils touchent tous les territoires et leurs habitants entre Nantes et St Nazaire.

Dans un premier temps, nous avons écrit et diffusé un journal, Nantes Nécropole (http://nantes.indymedia.org/article/23652), qui nous a permis de définir plus précisément nos positions politiques et mieux cerner les enjeux que représente cette organisation du territoire, voulue par quelques élites. Un 2e numéro est paru au printemps 2013 avec notamment un focus sur la propagande autour de Nantes Capitale Verte (https://nantes.indymedia.org/zines/27901). Vous pouvez les trouver sur les tables de presse lors des manifs/actions/concerts contre le projet d’aéroport.

Nous organisons aussi des manifestations mensuelles dans le centre ville de Nantes, le dernier samedi en développant dans le tract qui accompagne l’affiche une thématique autour de la métropole en relation avec le projet d’aéroport. Vous êtes cordialement invités à nous rejoindre pour continuer cette mobilisation.

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 16:53

 

 

Les Verts De Rage


 

Il est temps de passer à l'action, soyons nombreux à y participer !
Voici (ci-dessous) la liste des événements de toutes les manifestations prévues...
Partageons sans modération !
Pour plus d'informations contacter la page du Collectif Citoyen les Engraineurs => https://www.facebook.com/ CollectifCitoyenParis?fref=ts

Paris: https://www.facebook.com/ events/399117380197537/
Strasbourg: https://www.facebook.com/ events/376235485831488/?fref=ts
Brest: https://www.facebook.com/ events/390806834374236/
Marseille: https://www.facebook.com/ events/1410030789208915/
Montpellier: https://www.facebook.com/ events/157073887815196/ ?ref_newsfeed_story_type=regula r
Clermont-Ferrand: https://www.facebook.com/ events/332708230207551/
Brussels:
https://www.facebook.com/ events/1411093459104208
Québec (Montréal): https://www.facebook.com/ events/154951524712503/

Le 12 octobre 2013, pour la seconde fois de l’année, des citoyens du monde entier marcheront contre Monsanto (&co) - la multinationale de l’agrobusiness, des organismes génétiquement modifiés et de leurs pesticides associés. Déjà le 25 mai dernier dans 52 pays, plus de 2 millions de personnes manifestaient leur volonté d’une agriculture plus saine, respectueuse des paysans, garantissant notre santé et celle de nos enfants.

Alors que partout dans le monde l’indignation fait trembler les gouvernements, mobilisons-nous pour montrer que les peuples refusent le diktat de quelques multinationales qui marchandisent nos vies et la nature. Nous, citoyens, réclamons la fin des monopoles sur nos aliments, refusons les OGM, et plus encore désirons apporter notre soutien aux porteurs d’alternatives, à la fois solidaires, responsables et écologiques.

Ce samedi 12 octobre, le collectif citoyen les Engraineurs invite tous ceux qui souhaitent entrer dans cet esprit de résistance mondiale à se joindre à un pique-nique convivial et généreux auquel chacun est appelé à venir partager ses plats. Une prise de parole sur les alternatives à l’agrobusiness sera suivie de multiples ateliers, foire aux initiatives, auxquels tous serons conviés à participer et à partager leurs expériences. De nombreux artistes interviendront tout au long de l’après midi et des stands seront organisés pour les enfants !

Le 12 octobre 2013 de 12h30 à 17h
Venez manifester, venez participer, venez partager !

Place de la Bataille de Stalingrad, 75019 Paris - Métro : Jaurés / Stalingrad : Lieu prévu, à confirmer ici et sur notre site internet www.collectif-lesengraineurs.com

Tract à télécharger ici : http://files.gandi.ws/gandi20925/file/tract_mam.pdf

Note : comme le 25 mai dernier, il s'agira d'une manifestation non partisane. Cela signifie : pas de drapeaux ni de tractage de partis politiques, quels qu'ils soient. Et aussi, les banderoles et autres pancartes devront être en rapport avec le sujet OGM, pesticides, abeilles, agent orange : les messages ne répondant pas à cette consigne seront systématiquement écartés, les organisateurs seront extrêmement vigilants à ce que cela soit respecté. Merci.

LA pétition à signer svp : https://www.facebook.com/pages/Consommateurs-pas-cobayes/403949949711056

Page pour le covoiturage : https://www.facebook.com/groups/475721502496077

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans OGM
commenter cet article
27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 16:43

 

monde-diplomatique.fr

 

Réglementer la finance, une forfanterie sans suite

Une réforme bancaire qui enchante les banquiers

 

 

 

Le problème identifié, la solution coulait de source : les acrobaties financières d’une poignée de banquiers appelaient une réglementation vigoureuse de leur activité. Pourtant, alors qu’en France le gouvernement se félicite de ce que ses projets dans ce domaine ne « gênent » pas trop les banques, la réforme proposée par Bruxelles en décembre dernier s’emploie à les choyer.

par Dominique Plihon, mars 2013

« Cette année a été extrêmement difficile, en particulier pour les plus vulnérables de nos concitoyens. Mais nous nous attaquons en réalité aux causes profondes du problème : la santé des finances publiques s’améliore. Les économies les moins compétitives obtiennent de meilleurs résultats. Le secteur financier est en cours d’assainissement. Notre structure de gouvernance s’améliore. Nous ne crions pas victoire, mais il existe des raisons d’être optimiste et je pense que les investisseurs et les partenaires le reconnaissent. » Ainsi le président de la Commission européenne José Manuel Barroso se réjouissait-il, le 14 décembre 2012, de l’accord sur l’union bancaire conclu au Conseil européen de Bruxelles.

Débordées par une crise financière qu’elles n’ont pas su maîtriser, les autorités européennes s’agitaient depuis des mois pour tenter de réformer leur système de supervision bancaire. Lors du sommet européen de juin 2012, les gouvernements avaient chargé la Commission de formuler des propositions précises. Dès septembre, celle-ci avait rendu public son projet, d’inspiration résolument fédéraliste, qu’elle qualifiait de « saut quantique » pour l’Union. In fine, le programme de mesures adopté au sommet de décembre 2012 par les Vingt-Sept comporte trois volets principaux : une supervision centralisée des établissements financiers par la Banque centrale européenne (BCE) ; un fonds européen de garantie des dépôts ; un dispositif commun de résolution des faillites bancaires.

Quand le politique remplace l’administratif

Pour la plupart, les économistes médiatiques et les dirigeants politiques ont réservé un accueil favorable à ce qui est présenté comme une avancée dans le processus d’intégration. « Un pas de plus pour l’Europe », estime ainsi Mme Laurence Boone, directrice de la recherche économique de Bank of America - Merrill Lynch (1). Un succès « historique », s’exclame de son côté M. Michel Barnier, commissaire chargé du marché intérieur, à l’issue du sommet.

Certes, la crise a montré la contradiction entre le caractère de plus en plus internationalisé des banques européennes, d’une part, et les systèmes de supervision et de garantie des dépôts qui restent au niveau national, d’autre part. De même, le régime de faillite des banques relève de procédures nationales, alors que, du fait de la dimension internationale de leur activité, leurs défaillances entraînent un risque systémique, les crises se propageant au-delà des frontières.

Cependant, la régulation unifiée des établissements bancaires, telle que l’envisagent les dirigeants européens, ne s’attaque pas aux questions fondamentales posées par la crise. Le projet est centré sur la zone euro et ses dix-sept pays membres, comme le montre la volonté d’attribuer à la BCE le rôle de superviseur en chef, alors même qu’a été créée en 2010 une Autorité bancaire européenne (ABE) ayant vocation à superviser les banques des Vingt-Sept. Quels seront les rôles respectifs de ces deux organes ? Peut-on vraiment reprocher aux Britanniques de ne pas souhaiter relever de la BCE, puisque leur pays n’a pas adopté la monnaie unique ? C’est néanmoins à la City de Londres que se traitent 40 % des opérations en euros…

La création d’un fonds paneuropéen de garantie des dépôts — destiné à rembourser jusqu’à un certain seuil les épargnants en cas de faillite de leur établissement — soulève également de redoutables interrogations. Même si une harmonisation est en cours, il existe quarante régimes de garantie des dépôts dans l’Union européenne. Les autorités françaises et celles de l’ensemble des pays de l’Union se sont ainsi engagées à rembourser les clients des banques à concurrence de 100 000 euros. Mais qu’adviendra-t-il face aux difficultés de l’Espagne, de la Grèce et du Portugal ?

L’Allemagne ou la Finlande pourraient en effet refuser de cotiser au fonds, au motif que cela risquerait d’augmenter les transferts de revenus entre le nord et le sud de l’Europe. Ce que refusent la plupart des pays du Nord… Ce n’est pas un hasard si la chancelière allemande Angela Merkel a tout fait pour limiter le champ d’application de l’union bancaire, et obtenu que seules les deux cents plus grandes banques, sur les six mille que compte la zone euro, relèvent d’une régulation centralisée.

On trouve ici une nouvelle expression des choix politiques et idéologiques des Vingt-Sept : ceux d’une Europe dominée par les marchés, la concurrence et le pouvoir de la finance. Dans ce contexte, deux options se présentaient aux gouvernants : européaniser la garantie des dépôts pour faire face à la faillite éventuelle des grandes banques, ou imposer des limites à la taille des banques et des secteurs bancaires. C’est la première solution qui a été adoptée, permettant aux dirigeants européens de ne pas s’attaquer au poids exorbitant de la finance.

La désignation de la BCE comme superviseur unique et « indépendant » relève de la même logique. Pour les économistes libéraux, il s’agit en effet de limiter le rôle des facteurs politiques, afin de renforcer la « crédibilité » des décisions vis-à-vis des marchés financiers. Mais ces nouvelles prérogatives accroîtront considérablement le pouvoir d’une institution non élue. L’union bancaire fait ainsi un pas supplémentaire dans le sens d’une dépolitisation — les décisions sont prises de manière administrative — et d’une régression démocratique de la construction européenne.

Pour faire bonne mesure, les promoteurs de la réforme prétendent que la BCE sera soumise à des exigences accrues en matière de transparence. S’il est vrai que son président se rend régulièrement devant le Parlement européen pour répondre aux questions des parlementaires, on sait que cette intervention est purement formelle. Il en sera de même en matière bancaire. Ancien responsable de Goldman Sachs Europe, l’actuel président de la BCE, M. Mario Draghi, pourra en toute « indépendance » continuer de privilégier la haute finance par rapport à l’intérêt général…

Des conflits pourraient d’ailleurs surgir avec les gouvernements élus. Ainsi, comment concilier la supervision de la BCE, fondée sur la logique du marché, avec la création de banques publiques d’investissement — comme le gouvernement de M. Jean-Marc Ayrault en a le projet —, et plus largement d’un pôle bancaire public européen régi par des critères de décision non financiers ? Pour être cohérente et efficace, la réforme aurait nécessité une modification des statuts de la BCE afin de placer l’institution sous contrôle démocratique, à commencer par celui du Parlement européen.

Les réformes en cours ne remettent pas en cause la régulation et le fonctionnement des banques, dominés par la logique des marchés financiers européens et internationaux. La solvabilité des établissements dépend avant tout de leurs fonds propres — c’est-à-dire principalement du capital versé par les actionnaires —, et donc de l’appréciation des marchés, ce qui renforce le modèle de la banque actionnariale ayant pour objectif le rendement. Dans ce cadre, les liens entre les banques d’un pays et ses besoins de financement (entreprises, ménages, Etat) se distendent.

Les dirigeants européens auraient pu, là aussi, effectuer d’autres choix. Isoler, par exemple, un vaste secteur de banques de détail, qui se concentrent sur leur cœur de métier (la collecte de dépôts, le crédit de proximité, le financement des acteurs locaux et nationaux), et dont la solvabilité est assurée par des règles contraignantes, telles que l’interdiction d’opérations spéculatives et à hauts risques. L’objectif aurait été de séparer les activités de détail et d’investissement, à l’opposé du fonctionnement actuel qui mêle tous les métiers.

Toujours à la merci des spéculateurs

Aprement défendu par le monde de la finance, le modèle de la banque dite universelle prend la forme de groupes d’une taille considérable, appelés « grandes entités systémiques ». La crise de 2008 a montré les risques qu’il fait courir à la société et aux entreprises : les fonds propres et les dépôts des banques de détail ont été siphonnés par les pertes des activités spéculatives. La banque d’investissement Natixis a ainsi mis en danger le groupe Banque populaire Caisse d’épargne (BPCE), auquel elle appartient, en accumulant entre 5 et 8 milliards d’euros de pertes à la suite d’investissements sur les produits toxiques américains. Ces liaisons dangereuses ont réduit la capacité à financer le secteur productif. La récession économique durable dont souffre la zone euro trouve là l’une de ses causes.

Pourtant, comme s’il ne s’était rien passé, les autorités européennes s’apprêtent à conforter le modèle des banques universelles. Le rapport Liikanen (2) (octobre 2012), commandé par la Commission, se contente de préconiser la création de filiales spécialisées pour les opérations de trading pour compte propre et à haut risque, c’est-à-dire les opérations spéculatives effectuées par les banques avec leurs capitaux propres. Cette mesure minimale ne conduira pas à la séparation entre banque de détail et banque d’investissement, imposée aux Etats-Unis par le président Franklin D.Roosevelt avec le Glass-Steagall Act, en 1933, et en France par le programme du Conseil national de la Résistance, en 1944. Ces politiques avaient permis pendant plusieurs décennies d’éviter les crises bancaires, jusqu’à ce qu’elles soient remises en cause (en 1984 en France, en 1999 aux Etats-Unis). Apparemment, ceux qui nous gouvernent aujourd’hui ne souhaitent pas tirer les leçons de l’histoire.

Le gouvernement français a décidé à la fin 2012 d’élaborer sa propre réforme bancaire, se mettant ainsi en porte-à-faux avec l’objectif d’unifier les changements à l’échelle de l’Union européenne. Dans son discours électoral du Bourget, le 22 janvier 2012, M. François Hollande avait promis de « maîtriser la finance (…) par le vote d’une loi sur les banques qui les obligera à séparer leurs activités de crédit de leurs opérations spéculatives ». Or, sous la pression des lobbies concernés, le gouvernement français a concocté un projet de loi qui va encore moins loin que les recommandations du rapport Liikanen.

En effet, le document présenté au conseil des ministres le 19 décembre 2012 opère une distinction floue entre activités bancaires « utiles » et activités « spéculatives » (titre I, article 1). Le glissement sémantique d’« activités de crédit » à « activités utiles », notion pour le moins subjective, « mène inéluctablement à une non-réforme, car le débat sur l’utilité d’une activité bancaire ne réunira jamais le consensus des différentes parties prenantes », remarque l’association Finance Watch (3). Les opérations de « fourniture de services d’investissement » (c’est-à-dire les opérations de marché), ainsi que celles de « tenue de marché sur instruments financiers » (en particulier la spéculation sur les produits dérivés), pourront rester au sein de la banque de détail, car elles peuvent être « utiles » (sic !) à la clientèle et au financement de l’économie.

Certes, le projet de loi prévoit d’interdire aux banques le commerce des produits dérivés de matières premières agricoles, ainsi que le trading à haute fréquence (4), qui correspond aux ordres de Bourse passés automatiquement par des ordinateurs pour profiter à chaque fraction de seconde d’un écart de taux favorable. Si elles vont dans le bon sens, ces dernières mesures ne concernent qu’une faible partie des activités spéculatives. Au total, d’après les estimations présentées par les banquiers eux-mêmes, la réforme n’aura un effet contraignant que sur 2 à 4 % de l’activité bancaire en France (5)…

Les défenseurs de la nouvelle loi font valoir que le texte, dans son titre II, renforcera le pouvoir des autorités bancaires (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, ACPR) et le contrôle des marchés (Autorité des marchés financiers). Mais de quels pouvoirs disposeront ces instances face à de tels mastodontes ? Le bilan cumulé des trois grandes banques françaises représente deux fois et demie le produit intérieur brut (PIB) du pays ! Seule une séparation complète des banques de détail et des banques d’investissement permettrait de sécuriser un peu l’économie et la société.

Le projet de loi a été attaqué de toutes parts pour ses insuffisances. Pour répondre à ces critiques, le groupe socialiste a proposé des amendements pour muscler la réforme bancaire. Ceux-ci visent à mieux définir et à limiter les opérations de « tenue de marché » jugées utiles pour assurer la liquidité des produits financiers, c’est-à-dire la capacité des acteurs à négocier aisément ces derniers. Mais ces amendements ne conduiront pas à une véritable séparation des activités de banque de détail et de banque d’investissement.

Les réformes en cours, à l’échelle de l’Union européenne, de la zone euro et de la France présentent toutes un point commun : aucune ne remet en cause ni le pouvoir ni la capacité de nuisance des grandes banques universelles qui dominent la finance globale.

 

Dominique Plihon


Professeur d’économie financière à l’université Paris-XIII, membre du conseil scientifique de l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac).

(1) Les Echos, Paris, 19 décembre 2012.

(2) «  Rapport de la commission d’experts européens sur la réforme bancaire  » (PDF). M. Erkki Liikanen préside la banque centrale finlandaise.

(3) Lettre de Finance Watch à M. Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, 11 décembre 2012.

(4) Lire Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, «  Une directive européenne pour doper la spéculation  », Le Monde diplomatique, septembre 2011.

(5) «  Réforme bancaire : une loi pour rien  », L’Express, Paris, 19 décembre 2012.

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 16:28

 

marianne.net

Qatar : des « esclaves modernes » morts sur les chantiers de la Coupe du monde

Vendredi 27 Septembre 2013 à 16:35

 

Arthur Berdah

 

 

VIGUIER SERVANE/SIPA
VIGUIER SERVANE/SIPA

Selon des documents révélés par le quotidien britannique The Guardian, plusieurs dizaines d’ouvriers népalais seraient morts cet été sur des chantiers affectés à l’organisation de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Les faits seraient survenus entre le 4 juin et le 8 août dernier. Et ce sont au moins 44 ouvriers népalais qui seraient effectivement décédés. Employés dans des conditions d’exploitation qui relèvent de l’esclavage moderne, la plupart d’entre eux étaient extrêmement précaires. Précaires, et très jeunes. Assez, d’ailleurs, pour se « tuer au travail », comme le veut la formule. Beaucoup trop, en revanche, pour en mourir réellement.

Et pourtant. La plupart de ces ouvriers, étrangers selon le Guardian, ont subi des violations multiples de normes internationales en matière de droit des travailleurs. Ils ont notamment été les cibles d’un travail forcé, parfois par 50°C, et se sont heurtés à un refus d'accès à l'eau potable, qui y est pourtant gratuite. Enfin, au terme de journées aussi longues qu’insoutenables, les ouvriers affrontent des nuits presque aussi terribles, à douze dans une seule et même chambre d’hôtel, la plupart du temps insalubre. 
 
Au Qatar,si de telles conditions peuvent être imposées aux travailleurs, c’est que les immigrés –et donc le travail à bas prix, source d’une concurrence malsaine- constituent plus de 90% de la main-d'œuvre. Le taux le plus élevé du monde. « 1,5 million d'ouvriers supplémentaires doivent être recrutés pour construire les stades, les routes, les ports et les hôtels nécessaires au bon déroulement du tournoi » rapporte par ailleurs le quotidien d’outre-Manche. 

Ce sont les Népalais qui constituent la main-d'œuvre principalement employée pour l'organisation du Mondial. Ils comptent pour 40 % des étrangers employés dans l’Émirat, et plus de 100 000 se sont encore rendus au Qatar l'an passé. Obligés de s'endetter pour s’y rendre, ces travailleurs font face à des taux d'intérêt, pour rembourser leurs emprunts, surréalistes : 36%, selon le journal. D’autant que leurs salaires sont bien souvent retenus, et payés avec plusieurs mois de retard. Un moyen de les forcer à rester sur place.
 
Ainsi, la Confédération internationale des syndicats a assuré dans les colonnes du Guardian ce jeudi que si le rythme actuel des décès venait à se poursuivre, ce sont 4000 ouvriers qui pourraient perdre la vie au travail dans l'Émirat, et ce avant même le coup d'envoi du Mondial 2022. Une situation aussi alarmante qu’inacceptable, pour la Confédération qui a aussitôt appelé à une réaction du Comité suprême Qatar 2022. « Profondément préoccupée par ces allégations visant certains prestataires et sous-traitants du site de construction de Lusail City, la structure chargée de préparer la Coupe du monde a assuré qu’elle considère la question avec le plus grand sérieux ».

Une sortie qui en a de fait entraîné d’autres, dont celle du Comité organisateur de la compétition, pour qui « la santé, la sécurité et le bien-être de tous ceux qui travaillent à la préparation de la Coupe du monde 2022 sont de la plus haute importance ». Des paroles qui, on l’espère, seront suivies d’actes.
 
Ainsi le Qatar, cette destination de rêve pour les joueurs de football en fin de carrière, où ils côtoient relaxation et opulence pendant quelques mois, s’est-elle dans le même temps transformée en une destination cauchemardesque pour ces jeunes ouvriers. De quoi se demander comment sont répartis les 200 Mds de dollars investis par la péninsule pour l’organisation du Mondial…

Vendredi 27 Septembre 2013 à 16:35

 

Arthur Berdah

 

 

VIGUIER SERVANE/SIPA
VIGUIER SERVANE/SIPA

Selon des documents révélés par le quotidien britannique The Guardian, plusieurs dizaines d’ouvriers népalais seraient morts cet été sur des chantiers affectés à l’organisation de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Les faits seraient survenus entre le 4 juin et le 8 août dernier. Et ce sont au moins 44 ouvriers népalais qui seraient effectivement décédés. Employés dans des conditions d’exploitation qui relèvent de l’esclavage moderne, la plupart d’entre eux étaient extrêmement précaires. Précaires, et très jeunes. Assez, d’ailleurs, pour se « tuer au travail », comme le veut la formule. Beaucoup trop, en revanche, pour en mourir réellement.

Et pourtant. La plupart de ces ouvriers, étrangers selon le Guardian, ont subi des violations multiples de normes internationales en matière de droit des travailleurs. Ils ont notamment été les cibles d’un travail forcé, parfois par 50°C, et se sont heurtés à un refus d'accès à l'eau potable, qui y est pourtant gratuite. Enfin, au terme de journées aussi longues qu’insoutenables, les ouvriers affrontent des nuits presque aussi terribles, à douze dans une seule et même chambre d’hôtel, la plupart du temps insalubre. 
 
Au Qatar,si de telles conditions peuvent être imposées aux travailleurs, c’est que les immigrés –et donc le travail à bas prix, source d’une concurrence malsaine- constituent plus de 90% de la main-d'œuvre. Le taux le plus élevé du monde. « 1,5 million d'ouvriers supplémentaires doivent être recrutés pour construire les stades, les routes, les ports et les hôtels nécessaires au bon déroulement du tournoi » rapporte par ailleurs le quotidien d’outre-Manche. 

Ce sont les Népalais qui constituent la main-d'œuvre principalement employée pour l'organisation du Mondial. Ils comptent pour 40 % des étrangers employés dans l’Émirat, et plus de 100 000 se sont encore rendus au Qatar l'an passé. Obligés de s'endetter pour s’y rendre, ces travailleurs font face à des taux d'intérêt, pour rembourser leurs emprunts, surréalistes : 36%, selon le journal. D’autant que leurs salaires sont bien souvent retenus, et payés avec plusieurs mois de retard. Un moyen de les forcer à rester sur place.
 
Ainsi, la Confédération internationale des syndicats a assuré dans les colonnes du Guardian ce jeudi que si le rythme actuel des décès venait à se poursuivre, ce sont 4000 ouvriers qui pourraient perdre la vie au travail dans l'Émirat, et ce avant même le coup d'envoi du Mondial 2022. Une situation aussi alarmante qu’inacceptable, pour la Confédération qui a aussitôt appelé à une réaction du Comité suprême Qatar 2022. « Profondément préoccupée par ces allégations visant certains prestataires et sous-traitants du site de construction de Lusail City, la structure chargée de préparer la Coupe du monde a assuré qu’elle considère la question avec le plus grand sérieux ».

Une sortie qui en a de fait entraîné d’autres, dont celle du Comité organisateur de la compétition, pour qui « la santé, la sécurité et le bien-être de tous ceux qui travaillent à la préparation de la Coupe du monde 2022 sont de la plus haute importance ». Des paroles qui, on l’espère, seront suivies d’actes.
 
Ainsi le Qatar, cette destination de rêve pour les joueurs de football en fin de carrière, où ils côtoient relaxation et opulence pendant quelques mois, s’est-elle dans le même temps transformée en une destination cauchemardesque pour ces jeunes ouvriers. De quoi se demander comment sont répartis les 200 Mds de dollars investis par la péninsule pour l’organisation du Mondial…

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 16:20

 

 

blogs.mediapart.fr

Dassault veut censurer Mediapart

Mediapart est assigné à comparaître, mardi 8 octobre, devant la dix-septième chambre du tribunal de Paris par Serge Dassault. Cette assignation en référé d’heure en heure entend obtenir l’interdiction « de toute publication », qu’elle soit « écrite ou audiovisuelle », « de tout ou partie des enregistrements » révélés par Mediapart dans lesquels le sénateur milliardaire reconnaît la corruption électorale à Corbeil-Essonnes.

Décidément, informer sur les infractions qui pourraient être commises par les puissants est, en France, une bataille sans fin. Trois ans après ses révélations sur l’affaire Bettencourt dont l’intérêt public a encore été illustré cette semaine avec la validation de la procédure judiciaire (lire ici), Mediapart a dû censurer cet été plus de soixante-dix articles après que la justice ait – provisoirement, nous l’espérons – donné raison au gestionnaire de fortune de l’héritière milliardaire, Patrice de Maistre (lire ici et ). Alors que nous nous sommes pourvus en cassation contre un arrêt qui marque une grave régression du droit à l’information, nous sommes de plus renvoyés par les juges de Bordeaux devant un tribunal correctionnel, à l’instar de l'ex-majordome de Mme Bettencourt – lequel assume et revendique ses actes –, pour n’avoir effectué que notre métier, à savoir informer le public dans le strict respect de la déontologie journalistique (lire ici).

Et maintenant voici venir la censure Dassault, contre laquelle nous allons évidemment nous battre pied à pied avec nos avocats, Mes Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman, au nom du droit de savoir des citoyens, cette liberté fondamentale qui protège l’information d’intérêt public. Les faits que nous avons révélés, le 15 septembre sous les signatures de Fabrice Arfi, Michaël Hajdenberg et Pascale Pascariello (lire ici et ), n’ont évidemment rien à voir avec la vie privée de Serge Dassault. Ils sont la pièce manquante, depuis saisie par la police sur réquisition judiciaire (lire ici), d’un puzzle en cours d’assemblage par pas moins de trois enquêtes de justice, lequel puzzle met en évidence des pratiques attestées de corruption électorale, d’achat de votes, de liens avec des milieux criminels, etc.

C’est néanmoins la vie privée du sénateur et milliardaire, par ailleurs patron de presse, qu’invoquent ses avocats, Mes Jean Veil et Pierre Haïk. S’appuyant sur les décisions que nous contestons devant la Cour de cassation sur l’affaire Bettencourt, il estiment que « le droit à l’information du public ne peut en aucun cas justifier la diffusion d’enregistrements clandestins » et qualifient celle-ci de « grave atteinte à la vie privée, constitutive d’un trouble manifestement illicite ». Si elle entrait définitivement dans notre jurisprudence, cette interprétation signifierait une immense régression du droit à l’information car elle ruinerait le droit du public à être immédiatement informé des éléments de preuves fondant nos révélations. Jusqu’alors, une jurisprudence libérale, confirmée par la Cour européenne des droits de l’homme, protégeait le droit de la presse en estimant que l’intérêt public manifeste d’une information, et notamment la révélation de délits ou de crimes, l’emportait sur l’origine éventuellement illicite des preuves sur lesquels elle s’appuyait.

Tel est le débat fondamental qui se tiendra devant le tribunal de Paris, le 8 octobre à partir de 10 h 30. Son enjeu immédiat est la sauvegarde des informations révélées par Mediapart qui sont, aujourd’hui, au cœur des investigations policières et judiciaires, comme ce fut le cas, en 2010, pour les enregistrements Bettencourt, devenus d’évidentes preuves pour la justice. Serge Dassault demande en effet leur suppression totale, sous astreinte de 10.000 euros par jour de retard. Il demande de surcroît l’interdiction de les publier « sur toute publication papier, électronique ou autre », de nouveau sous astreinte de 10 000 euros par extrait publié. Il demande enfin notre condamnation à lui payer 1 000 euros pour « réparation de son préjudice ».

S’il fallait une raison supplémentaire pour soutenir notre appel (il est ici), lancé avec Reporters sans Frontières (RSF), en défense du droit de savoir, Serge Dassault vient de la fournir. Face à la révolution numérique, à ses potentialités libératrices, à ses informations partagées, à ses citoyens lanceurs d’alertes, à ses réseaux horizontaux échappant aux pouvoirs établis, une contre-offensive prend forme, à l’échelle nationale et internationale. Elle entend non seulement empêcher la conquête et l’exercice de nouvelles libertés démocratiques, mais aussi, à cette occasion, faire reculer les droits existants, et notamment le droit de la presse tel qu’il fut conquis et construit.

C’est pourquoi nous vous invitons à vous mobiliser en défense de la liberté de l’information, du secret des sources et des lanceurs d’alertes. C’est le thème de la réunion publique, reprenant l’intitulé de notre appel commun, que nous organisons dimanche 29 septembre avec Reporters sans Frontières : « Nous avons le droit de savoir ». Elle se tient à partir de 19 h 30 au Théâtre de la Ville, place du Châtelet à Paris, et sera retransmise en direct sur Mediapart. Parmi les nombreux intervenants (le programme est ici), vous pourrez notamment entendre, outre les intellectuels Pierre Rosanvallon et Edgar Morin ainsi que MeJean-Pierre Mignard, le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, qui interviendra en duplex depuis l’ambassade de l’Équateur à Londres où il est reclus depuis plus d’un an.

Signez et faites signer l’appel si ce n’est déjà fait, et rendez-vous dimanche soir. En attendant, merci de votre soutien et de votre fidélité, tant nous ne sommes rien sans vous.

 

   
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 16:08

 

mediapart.fr

 

Pussy Riot. Lettre du camp 14 de Mordovie

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

« Il faut lire ce texte », dit André Markowicz, qui présente pour Mediapart, dans sa version intégrale, la lettre de Nadedja Tolokonnikova, cette jeune femme des Pussy Riot emprisonnée en Mordovie, lettre écrite juste avant d'entamer une grève de la faim le 23 septembre.

 

Le 23 septembre, Nadedja Tolokonnikova, l’une des jeunes femmes du groupe Pussy Riot, a entamé une grève de la faim pour protester contre les terribles conditions de détention dans le camp de Mordovie où elle a été envoyée pour deux ans. Juste avant, via son avocat, elle a fait passer un texte.

J'ai lu ce texte en russe – et j'ai été saisi. Saisi par les conditions de vie des prisonnières. Saisi par la description du système de répression en tant que tel. Saisi aussi par la grandeur de la personne qui écrit cela. La langue de Nadejda Tolokonnikova est une langue russe d'une pureté, d'une force, d'une précision qui s'illuminent de la grande tradition humaniste de la Russie – de cette tradition qui fait que la Russie, quelles que soient les horreurs de son histoire, est source de lumière – la tradition de la « Maison morte » de Dostoïevski, celle de Herzen, celle de Tchekhov, et celle de tous les écrivains du Goulag. Un souci de la précision, une précision impitoyable, et le sentiment constant d'être non pas « responsable » pour les autres, mais lié aux autres, d'une façon indissociable. C'est cette tradition qui fait dire à Anna Akhmatova, dans son exergue de Requiem :
« J'étais alors avec mon peuple
Là où mon peuple, par malheur, était. »

Nadejda Tolokonnikova parle pour elle-même, et parlant pour elle-même, elle parle avec les autres – elle parle pour nous, et nous donne confiance. Il faut lire ce texte. Il faut le lire.

André Markowicz


(lire également la boîte noire de cet article à propos d'André Markowicz)


 

Nadedja Tolokonnikova dans le camp de Mordovie, il y a quelques mois. 

 ----------------------------------------------

Ce lundi 23 septembre, j’entame une grève de la faim. C’est une méthode extrême, mais je suis absolument certaine que, dans la situation où je me trouve, c’est la seule solution.

La direction de la colonie pénitentiaire refuse de m’entendre. Mais je ne renoncerai pas à mes revendications, je n’ai pas l’intention de rester sans rien dire et de regarder sans protester les gens tomber d’épuisement, réduits en esclavage par les conditions de vie qui règnent dans la colonie. J’exige le respect des droits de l’homme dans la colonie, j’exige le respect des lois dans ce camp de Mordovie. J’exige que nous soyons traitées comme des êtres humains et non comme des esclaves.

Voici un an que je suis arrivée à la colonie pénitentiaire n°14 du village de Parts. Les détenues le disent bien « Qui n’a pas connu les camps de Mordovie n’a pas connu les camps tout court». Les camps de Mordovie, j’en avais entendu parler alors que j’étais encore en préventive à la prison n°6 de Moscou. C’est là que le règlement est le plus sévère, les journées de travail les plus longues, et l’arbitraire le plus criant. Quand vous partez pour la Mordovie, on vous fait des adieux comme si vous partiez au supplice. Jusqu’au dernier moment chacune espère – « peut-être, quand même, ce ne sera pas la Mordovie ? Peut-être que j’y échapperai ? »  Je n’y ai pas échappé, et à l’automne 2012 je suis arrivée dans cette région de camps sur les bords du fleuve Parts.

La Mordovie m’a accueillie par la voix du vice-directeur en chef du camp, le lieutenant-colonel Kouprianov, qui exerce de fait le commandement dans la colonie n°14 : « Et sachez que sur le plan politique, je suis un staliniste.» L’autre chef (ils dirigent la colonie en tandem), le colonel Koulaguine, m’a convoquée le premier jour pour un entretien dont le but était de me contraindre à reconnaître ma faute. « Il vous est arrivé un malheur. C’est vrai, non? On vous a donné deux ans de camp. D’habitude, quand il leur arrive un malheur, les gens changent leur point de vue sur la vie. Vous devez vous reconnaître coupable pour avoir droit à une libération anticipée. Si vous ne le faites pas, il n’y aura pas de remise de peine. »

J’ai tout de suite déclaré au directeur que je n’avais l’intention d’effectuer que les huit heures de travail quotidiennes prévues par le Code du Travail. « Le Code du Travail, c’est une chose, mais l’essentiel, c’est de remplir les quotas de production. Si vous ne les remplissez pas, vous faites des heures supplémentaires. Et puis, on en a maté des plus coriaces que vous, ici ! », m’a répondu le colonel Koulaguine.

Toute ma brigade à l’atelier de couture travaille entre 16 et 17 heures par jour. De 7.30 à minuit et demie. Dans le meilleur des cas, il reste quatre heures de sommeil. Nous avons un jour de congé toutes les six semaines. Presque tous les dimanches sont travaillés. Les détenues déposent des demandes de dérogation pour travailler les jours fériés, « de leur propre initiative », selon la formule employée. En réalité, bien entendu, c’est tout sauf leur initiative, ces demandes de dérogation sont écrites sur l’ordre de la direction du camp et sous la pression des détenues qui relaient la volonté de l’administration.

Personne n’ose désobéir (refuser d’écrire une demande d’autorisation à travailler le dimanche, ne pas travailler jusqu’à une heure du matin). Une femme de 50 ans avait demandé à rejoindre les bâtiments d’habitation à 20 heures au lieu de minuit, pour pouvoir se coucher à 22h et dormir huit heures ne serait-ce qu’une fois par semaine. Elle se sentait mal, elle avait des problèmes de tension. En réponse, il y a eu une réunion de notre unité où on lui a fait la leçon, on l’a insultée et humiliée, on l’a traitée de parasite. « Tu crois que tu es la seule à avoir sommeil? Il faudrait t’atteler à une charrue, grosse jument ! » Quand le médecin dispense de travail une des femmes de la brigade, là encore, les autres lui tombent dessus : « Moi je suis bien allée coudre avec 40 degrés de température ! Tu y as pensé, à qui allait devoir faire le travail à ta place ? »

A mon arrivée, j’ai été accueillie dans ma brigade  par une détenue qui touchait à la fin de ses neuf ans de camp. Elle m’a dit : « Les matons ne vont pas oser te mettre la pression. C’est les taulardes qui le feront pour eux.» Et en effet, le règlement est pensé de telle façon que ce sont les détenues qui occupent les fonctions de chef d’équipe ou de responsable d’unité qui sont chargées de briser la volonté des filles, de les terroriser et de les transformer en esclaves muettes.

Pour maintenir la discipline et l’obéissance dans le camp, il existe tout un système de punitions informelles: « rester dans la cour jusqu’à l’extinction des feux » (interdiction d’entrer dans les baraquements, que ce soit l’automne ou même l’hiver – dans l’unité n°2, celle des handicapées et des retraitées, il y a une femme à qui on a amputé un pied et tous les doigts des mains : on l’avait forcée à passer une journée entière dans la cour — ses pieds et ses mains avaient gelés), « barrer l’accès à l’hygiène » (interdiction de se laver et d’aller aux toilettes), « barrer l’accès au cellier et à la cafétéria » (interdiction de manger sa propre nourriture, de boire des boissons chaudes). C’est à rire et à pleurer quand une femme de 40 ans déclare « Allons bon, on est punies aujourd’hui ! Est-ce qu’ils vont nous punir demain aussi, je me demande ? » Elle ne peut pas sortir de l’atelier pour faire pipi, elle ne peut pas prendre un bonbon dans son sac. Interdit.

******

Obsédée par le sommeil, rêvant juste d’une gorgée de thé, la prisonnière exténuée, harcelée, sale devient un matériau docile à la merci de l’administration, qui ne voit en nous qu’une main-d’œuvre gratuite. En juin 2013, mon salaire était de 29 roubles (moins d’un euro !). Alors que la brigade produisait 150 uniformes de policier par jour. Où passe le produit de la vente de ces uniformes?

"Non mais tu te crois où ? C'est la Russie, ici, non ?"

A plusieurs reprises, le camp a touché des subsides pour changer complètement les équipements. Mais la direction s’est contentée de faire repeindre les machines à coudre par les détenues elles-mêmes. Nous devons coudre sur des machines obsolètes et délabrées. D’après le Code du Travail, si l’état des équipements ne correspond pas aux normes industrielles contemporaines, les quotas de production doivent être revus à la baisse par rapport aux quotas-type du secteur. Mais les quotas de production ne font qu’augmenter. Par à-coup et sans prévenir.

« Si on leur montre qu’on peut faire 100 uniformes, ils vont placer la barre à 120 ! », disent les ouvrières expérimentées. Or, on ne peut pas ne pas les faire – sinon toute l’équipe sera punie, toute la brigade. Elle sera obligée, par exemple, de rester plusieurs heures debout sur la place d’armes. Avec interdiction d’aller aux toilettes. Avec interdiction de boire une gorgée d’eau.

 

La colonie pénitentiaire no 14 où est détenue Nadedja Tolokonnikova 
La colonie pénitentiaire no 14 où est détenue Nadedja Tolokonnikova© DR

Voici deux semaines, le quota de production pour toutes les brigades de la colonie pénitentiaire a été arbitrairement augmenté de 50 unités. Si avant la norme était de 100 uniformes par jour, maintenant elle est de 150. D’après le Code du Travail, les travailleurs doivent être prévenus des changements de quotas de production au moins deux mois à l’avance. Dans la colonie n°14, nous nous réveillons un beau jour avec un nouveau quota, parce que c’est venu à l’idée de nos « marchands de sueur », c’est comme ça que les détenues ont surnommé la colonie. L’effectif de la brigade baisse (certaines sont libérées ou changent de camp), mais les quotas de production augmentent, et celles qui restent travaillent de plus en plus dur.

******

Les mécaniciens nous disent qu’ils n’ont pas les pièces détachées nécessaires aux réparations, et qu’il ne faut pas compter dessus : « Quand est-ce qu’on va les recevoir ? Non mais tu te crois où pour poser des questions pareilles ? C’est la Russie, ici, non ?! »

En quelques mois à la fabrique de la colonie, j’ai pratiquement appris le métier de mécanicien. Par force et sur le tas. Je me jetais sur les machines le tournevis à la main, dans une tentative désespérée de les réparer. Tes mains ont beau être couvertes de piqûres d’aiguilles, d’égratignures, il y a du sang partout sur la table, mais tu essaies quand même de coudre. Parce que tu es un rouage de cette chaîne de production, et, ta part de travail, il est indispensable que tu la fasses aussi vite que les couturières expérimentées. Et cette fichue machine qui tombe tout le temps en panne !

Comme tu es la nouvelle, et vu le manque d’équipements de qualité au camp, c’est toi, bien sûr, qui te retrouves avec le pire moteur de la chaîne. Et voilà que le moteur tombe de nouveau en panne, tu te précipites à la recherche du mécanicien (qui est introuvable), les autres te crient dessus, t’accusent de faire capoter le plan, etc. Aucun apprentissage du métier de couturière n’est prévu dans la colonie. On installe la nouvelle à son poste de travail et on lui donne une tâche.

« Tu ne serais pas Tolokonnikova, ça fait longtemps qu’on t’aurait réglé ton compte » - disent les détenues qui sont en bons termes avec l’administration. Et en effet, les autres prennent des coups. Quand elles sont en retard dans leur travail. Les reins, le visage. Ce sont les détenues elles-mêmes qui frappent, mais pas de passage à tabac dans la colonie qui ne se produise sans l’aval de l’administration. Il y a un an, avant mon arrivée, on a battu à mort une tsigane dans l’unité n°3 (l’unité n°3 est l’unité punitive, c’est là que l’administration envoie celles qui doivent subir des passages à tabac quotidiens). Elle est morte à l’infirmerie de la colonie n°14. Qu’elle soit morte sous les coups, l’administration a réussi à le cacher : ils ont inscrit comme cause du décès une attaque cérébrale.

Dans une autre unité, les nouvelles couturières, qui n’arrivaient pas à remplir la norme, ont été forcées de se déshabiller et de travailler nues. Personne n’ose porter plainte auprès de l’administration, parce que l’administration te répondra par un sourire et te renverra dans ton unité, où, pour avoir « mouchardé », tu seras rouée de coups sur ordre de cette même administration. Ce bizutage contrôlé est un moyen pratique pour la direction de la colonie de soumettre complètement les détenues à un régime de non-droit.

Il règne dans l’atelier une atmosphère de nervosité toujours lourde de menaces. Les filles, en manque constant de sommeil et perpétuellement stressées par cette course inhumaine à la production, sont prêtes à exploser, à hurler, à se battre sous le moindre prétexte. Il n’y a pas longtemps, une jeune fille a reçu un coup de ciseaux à la tempe parce qu’elle n’avait pas fait passer un pantalon assez vite. Une autre fois, une détenue a tenté de s’ouvrir le ventre avec une scie. On a réussi à l’en empêcher.

Celles qui étaient à la colonie n°14 en 2010, l’année des incendies (de forêt) et de la fumée, racontent qu’alors que l’incendie se rapprochait des murs d’enceinte les détenues continuaient de se rendre au travail et de remplir leur norme. On ne voyait pas à deux mètres à cause de la fumée, mais les filles avaient attaché des foulards humides autour de leur visage et continuaient de coudre. L’état d’urgence faisait qu’on ne les conduisait plus au réfectoire. Certaines femmes m’ont raconté qu’elles avaient atrocement faim, et qu’elles tenaient un journal pour noter toute l’horreur de ces journées. Une fois les incendies éteints, les services de sécurité ont fouillé les baraquements de fond en comble et confisqué tous ces journaux, afin que rien ne transparaisse à l’extérieur.

Les conditions sanitaires à la colonie sont pensées pour que le détenu se sente comme un animal sale et impuissant. Et bien qu’il y ait des sanitaires dans chaque unité, l’administration a imaginé, dans un but punitif et pédagogique, un « local sanitaire commun » : c’est à dire une pièce prévue pour 5 personnes, où toute la colonie (800 personnes) doit venir se laver. Nous n’avons pas le droit de nous laver dans les sanitaires de nos baraquements, ce serait trop pratique !

Dans le « local sanitaire commun », c’est la bousculade permanente, et les filles, armées de bassines, essaient de laver au plus vite « leur nounou » (c’est comme ça qu’on dit en Mordovie), quitte à se grimper les unes sur les autres. Nous avons le droit de nous laver les cheveux une fois par semaine. Mais même cette « journée de bain » est parfois annulée. La raison – une pompe qui a lâché, une canalisation qui est bouchée. Il est arrivé qu’une unité ne puisse pas se laver pendant deux ou trois semaines.

Quand un tuyau est bouché, l’urine reflue depuis les sanitaires vers les dortoirs et les excréments remontent par grappes. Nous avons appris à déboucher nous-mêmes les canalisations, mais la réparation ne tient pas longtemps, elles se bouchent encore et encore. Il n’y a pas de furet pour déboucher les tuyaux dans la colonie. La lessive a lieu une fois par semaine. La buanderie, c’est une petite pièce avec trois robinets d’où coule un mince filet d’eau froide.

Toujours dans un but éducatif, il faut croire, on ne donne aux détenues que du pain dur, du lait généreusement coupé d’eau, des céréales toujours rances et des pommes de terres pourries. Cet été la colonie a reçu une grosse livraison de tubercules noirâtres et gluants. Qu’on nous a fait manger.

"On peut tout supporter. Tout ce qui ne concerne que soi"

On parlerait sans fin des conditions de vie et de travail dans la colonie n°14. Mais le reproche principal que je fais à cette colonie est d’un autre ordre. C’est que l’administration emploie tout son possible pour empêcher que la moindre plainte, la moindre déclaration concernant la colonie n°14 ne sorte de ses murs. Le plus grave, c’est que la direction nous contraint au silence. Sans reculer devant les moyens les plus bas et les plus vicieux. De ce problème découlent tous les autres – les quotas de travail excessifs, la journée de travail de 16 heures etc.

La direction se sent invulnérable et n’hésite pas à opprimer toujours plus les détenues. Je n’arrivais pas à comprendre les raisons pour lesquelles tout le monde se taisait avant d’avoir à affronter moi-même la montagne d’obstacles qui se dresse en face du détenu qui a décidé d’agir. Les plaintes ne peuvent pas sortir du territoire de la colonie. La seule chance, c’est de faire passer sa plainte par son avocat ou sa famille. L’administration, mesquine et rancunière, emploie tous les moyens de pression pour que le détenu comprenne que sa plainte n’arrangera rien pour personne. Elle ne fera que rendre les choses pires. La direction a recours aux punitions collectives : tu te plains qu’il n’y ait pas d’eau chaude ? On coupe l’eau complètement.

 ******

En mai 2013, mon avocat Dmitri Dinze a déposé devant le Parquet Général une plainte visant les conditions de vie dans la colonie n°14. Le lieutenant-colonel Kouprianov, directeur-adjoint du camp, a aussitôt instauré des conditions intenables dans le camp : fouilles et perquisitions à répétition, rapports sur toutes les personnes en relation avec moi, confiscation des vêtements chauds et menace de confisquer aussi les chaussures chaudes. Au travail, ils se sont vengés en donnant des tâches de couture particulièrement complexes, en augmentant les quotas de production et en créant artificiellement des défauts. La chef de la brigade voisine de la mienne, qui est le bras droit du lieutenant-colonel Kouprianov, incitait ouvertement les détenues à lacérer la production dont je suis responsable à l’atelier, afin qu’on m’envoie au cachot pour « dégradation de biens publics. » La même femme a ordonné à des détenues de son unité de me provoquer à une rixe.

On peut tout supporter. Tout ce qui ne concerne que soi-même. Mais la méthode de responsabilité collective en vigueur dans la colonie a des conséquences plus graves. Ce que tu fais, c’est toute ton unité, tout le camp qui en souffre. Et le plus pervers –  souffrent toutes celles qui te sont devenues chères. Une de mes amies a été privée de sa libération anticipée, libération qu’elle essayait depuis sept ans de mériter par son travail, remplissant et dépassant même son quota de production : elle a reçu un blâme parce que, elle et moi, nous avons pris ensemble un verre de thé. Le jour même, le lieutenant-colonel Kouprianov l’a transférée dans une autre unité.

Une autre de mes connaissances, une femme très cultivée, a été envoyée dans l’unité punitive, où elle est battue tous les jours, parce qu’elle a lu et commenté avec moi le document intitulé « Règlement intérieur des centres pénitentiaires ». Des rapports ont été constitués sur toutes les personnes qui sont en contact avec moi. Ce qui me faisait mal, c’était de voir persécuter des femmes qui me sont proches. Le lieutenant-colonel Kouprianov m’a dit alors en ricanant – « Il ne doit plus te rester beaucoup d’amies ! ». Et il a expliqué que, tout cela, c’était à cause de la plainte de mon avocat.

A présent je comprends que j’aurais déjà dû déclarer ma grève de la faim dès le mois de mai, dans la situation d’alors. Mais devant la pression terrible que l’administration mettait sur les autres détenues, j’avais suspendu mes plaintes contre la colonie.

Il y a trois semaines, le 30 août, j’ai adressé au lieutenant-colonel Kouprianov une requête pour qu’il accorde à toutes les détenues de ma brigade 8 heures de sommeil. Il s’agissait de réduire la journée de travail de 16 à 12 heures. « Très bien, à partir de lundi la brigade ne va travailler que huit heures », a-t-il répondu. Je sais que c’est un piège parce qu’en huit heures, il est physiquement impossible de remplir notre quota de couture. Et du coup la brigade n’y arrivera pas et sera punie.

« Et si elles apprennent que tout ça, c’est de ta faute, a continué le lieutenant-colonel, plus jamais tu ne te sentiras mal, parce que, dans l’autre monde, on se sent toujours bien.» Le lieutenant-colonel a fait une pause et a ajouté: « Dernière chose : ne demande jamais pour les autres. Demande seulement pour toi. Ca fait des années que je travaille dans les camps, et tous ceux qui viennent me demander quelque chose pour quelqu’un d’autre - ils vont directement au cachot en sortant de mon bureau. Toi, tu seras la première à qui ça n’arrivera pas. »

Les semaines qui ont suivi, dans l’unité et à l’atelier, les conditions ont été insupportables pour moi. Les détenues proches de l’administration ont commencé à inciter les autres à la vengeance : « Voilà, vous êtes punies pour une semaine : interdiction de prendre le thé et de manger en dehors du réfectoire, suppression des pauses toilettes et cigarettes. A partir de maintenant, vous serez punies tout le temps si vous ne changez pas de comportement envers les nouvelles et Tolokonnikova en particulier — faites leur ce qu’on vous a fait, à vous. On vous a bien cognées, non ? On vous a bien cassé la gueule ? Eh bien, défoncez-les, elles aussi. Pour ça, personne ne vous dira rien. »

Plus d’une fois on a essayé de provoquer des conflits et des rixes avec moi, mais quel sens ça aurait d’entrer en conflit avec des femmes qui ne sont pas libres de leurs actes et agissent sur ordre de l’administration ?

Les détenues de Mordovie ont peur de leur ombre. Elles sont terrorisées. Et si hier encore elles étaient bien disposées à mon égard et imploraient « Fais quelque chose pour les 16 heures de travail ! », après la pression que la direction a fait peser sur moi, elles ont peur même de m’adresser la parole.

J’ai proposé à l’administration d’apaiser ce conflit, de mettre fin à la tension artificiellement entretenue contre moi par les détenues soumises à l’administration, ainsi qu’à l’esclavage de la colonie toute entière en réduisant la journée de travail, et en ramenant le quota de production à la norme prévue par la loi. Mais en réponse la pression est encore montée d’un cran. C’est pourquoi, à partir de ce lundi 23 septembre, j’entame une grève de la faim et je refuse de participer au travail d’esclave dans le camp, tant que la direction ne respectera pas les lois et ne traitera pas les détenues non plus comme du bétail offert à tous les arbitraires pour les besoins de la production textile, mais comme des personnes humaines.

Remerciements à Marie N. Pane pour sa traduction du russe.

André Markowicz, qui nous présente cette lettre dans sa version intégrale, est l'un des plus grands traducteurs et spécialistes de la littérature russe. Il y a deux ans, Dominique Conil rendait compte dans Mediapart de son dernier livre : Le Soleil d'Alexandre, une extraordinaire anthologie de la poésie romantique russe et le roman d'une génération brisée par la répression. « André Markowicz, auteur de traductions, illumine la littérature russe », écrivait Dominique Conil. « Il faut lire » la lettre de Nadedja Tolokonnikova, nous dit aujourd'hui André Markowicz. Nous le remercions vivement, ainsi que Marie N. Pane, de nous avoir transmis ce texte dans sa version intégrale et une traduction révisée par rapport à d'autres versions françaises dont des extraits ont pu être publiés.

Par ailleurs, ce récit de la jeune femme des Pussy Riot correspond de manière sinistre à celui fait par une autre jeune femme, elle aussi détenue durant des années dans les camps de Mordovie. Il s'agit de Zara Mourtazalieva, étudiante tchétchène qui fut arrêtée à Moscou, accusée de préparer un attentat et condamnée au terme d'un procès inique à neuf années de camp en Mordovie. Libérée il y a un an du camp n°13, un lager directement hérité du goulag, construit en 1931 dans la République de Mordovie, à cinq heures de train au sud de Moscou, nous avions rencontré Zara Mourtazalieva qui nous décrivait le fonctionnement de la justice et les conditions de détention dans le Doubrovlag de Mordovie (article à lire ici).

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22