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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 22:54

 

 

Source : http://www.liberation.fr/planete

 

 

Japon

Fukushima, puits sans fond

Par Arnaud Vaulerin, correspondant au Japon
 
 

 

Vidéo prise à l’intérieur du réacteur 2 de Fukushima-Daiichi, le 30 janvier.

Vidéo prise à l’intérieur du réacteur 2 de Fukushima-Daiichi, le 30 janvier. Photo Tepco. AFP

Six ans après le 11 Mars, le confinement de la centrale sinistrée s’avère plus long et coûteux que prévu. Plus élevés qu’on le pensait, les niveaux de radioactivité restent alarmants.

Tout reste à faire. Six ans après le tsunami du 11 mars 2011 et la catastrophe nucléaire, la centrale de Fukushima-Daiichi n’est plus vraiment la bombe à retardement qui donnait des sueurs froides aux ingénieurs japonais. Mais certains experts et politiques, comme l’ex-Premier ministre Naoto Kan, continuent de dire que l’accident n’est pas terminé puisqu’il faut toujours refroidir les trois réacteurs qui sont entrés en fusion, faute de quoi ceux-ci reprendraient leurs rejets dans l’atmosphère.

 

A leurs yeux, parler de démantèlement n’a pas encore de sens car une grande partie des travaux relève d’abord de la sécurisation des installations et de la décontamination des lieux, qui a bien progressé. «Les réacteurs 1, 2 et 3 sont toujours menaçants. En cas de fort séisme ou de tsunami, nous ne savons pas ce qui peut se passer», redoute David Boilley, de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro) qui suit de près la situation au Japon. De nombreuses inconnues demeurent. Des incertitudes doivent être levées sur la localisation et l’état du cœur des réacteurs. Pis, des techniques sont encore à inventer pour lancer le démantèlement qui «prendra entre trente et quarante ans», assure Tokyo Electric Power Company (Tepco) qui gère la centrale, située à 250 kilomètres au nord de la capitale.

 

1/Les réacteurs endommagés

Plongée dans les entrailles de la centrale : les derniers relevés et clichés pris par un robot sous la cuve du réacteur 2 de Fukushima-Daiichi rappellent combien les travaux seront compliqués et risquent de prendre plus longtemps que prévu. Le 10 février, la compagnie a observé un niveau record de radiation de 650 sieverts par heure dans le bas de l’enceinte de confinement du réacteur. Ce débit de dose, susceptible de provoquer la mort d’un être humain en une poignée de secondes, est largement au-delà des 530 sieverts relevés quelques jours plus tôt. En rappelant qu’une marge d’erreur de 30 % doit être prise en compte, Tepco indique qu’il «n’y a aucune raison de croire que le niveau lui-même a augmenté».

 

Début février, le professeur émérite à l’université Hosei de Tokyo Miyano Hiroshi expliquait à la NHK que ce taux astronomique était probablement dû au fait qu’une partie du combustible fondu n’était pas immergée dans les eaux de refroidissement et dégageait des radiations. Dans cet univers hautement radioactif, seul les robots peuvent intervenir, mais pour une durée limitée. L’engin envoyé le 10 février n’est resté que deux heures car il ne peut pas résister à une dose cumulée de 1 000 sieverts. Comme l’indique Tepco, le robot nettoyeur n’a pu parcourir que le cinquième de la zone prévue avant de faire demi-tour. L’électronique aussi a ses limites. Ce jeudi, l’appareil Scorpion, élaboré par Toshiba et l’Institut international de recherche pour le démantèlement nucléaire (Irid), s’est arrêté bien avant d’avoir achevé sa mission de mesures. Par le passé, deux autres machines ont été ainsi perdues. Mais les différentes images ont mis en évidence de la matière déposée sur le sol, très incrustée, qui risque de retarder encore plus l’exploration dans l’unité 2. C’est d’autant plus incertain que plusieurs trous ont été découverts dans la grille métallique de la plateforme située sous la cuve du réacteur. Ils pourraient avoir été causés par la chute de structures, de barres de combustible fondu.

 

2/Le corium bloqué

Là encore, Tepco n’a aucune certitude sur l’état et la localisation précise du cœur des réacteurs qui ont fondu en mars 2011 et se sont mêlés à des débris, formant un magma extrêmement radioactif appelé le corium. La compagnie électrique concentre ses efforts sur cette mission cruciale et assure qu’elle sera en mesure d’extraire cette substance à partir de 2021. Selon des estimations de l’Irid à Tokyo, environ 880 tonnes de corium se trouveraient au pied des réacteurs 1,2 et 3. Dans le même temps, la compagnie travaille à l’extraction des barres de combustibles usagées et entreposées dans les piscines de stockage. Mais la feuille de route établie par l’Autorité japonaise de régulation du nucléaire (ARN) ne sera pas tenue. Dans le réacteur 3, en travaux pour être recouvert d’une imposante structure, le retrait était déjà prévu en 2015. Puis il a été programmé pour cette année et vient d’être repoussé «au plus tôt à 2018». L’environnement est encore trop radioactif.

 

3/Les eaux contaminées

C’est l’autre casse-tête de Tepco. Les vues aériennes de la centrale donnent le vertige. Sur le site devenu une véritable ruche dans une campagne désertée, plus de 1 100 énormes réservoirs contenant plus de 961 000 m3 d’eau contaminée (soit un volume dépassant la capacité de 380 piscines olympiques) ont avalé des hectares d’espaces boisés. Tepco a remplacé ceux qui fuyaient par des conteneurs soudés et plus seulement vissés. En effet, chaque jour, entre 200 et 400 m3 d’eau souterraine et de pluie s’infiltrent dans les bâtiments de Fukushima-Daiichi : Tepco pompe quotidiennement environ 300 m3 dans le sous-sol de la centrale qui enfermerait près de 60 000 m3de liquide très radioactif. Et pour le refroidissement du corium, 286 m3 d’eau fraîche sont injectés quotidiennement dans les trois réacteurs. Mais une partie du liquide contaminé s’échappe dans le Pacifique malgré la barrière d’acier construite dans le port. Aucune décision n’a été prise au sujet de cette énorme quantité d’eau stockée dont une partie a été débarrassée de certains radioéléments. Mais les déchets produits par cette purification sont hautement radioactifs et potentiellement explosifs selon des experts cités par le quotidien Mainichi. Surtout, on ne sait absolument pas quelle sera la destination finale de ces déchets. Sur sa feuille de route pour 2017, l’ARN dit vouloir améliorer le traitement des eaux avant une vidange en mer. Mais ce projet fait bondir les pêcheurs et les associations de défense de l’environnement.

 

4/Un mur de glace aux effets limités

Face au débit de l’eau sur le site, Tepco a dégainé en 2014 son colossal projet de mur de glace. Sur le papier, tout allait bien : 1 568 tubes d’acier étaient plongées sur 30 mètres de profondeur dans le sous-sol de la centrale et sur un périmètre de 1,4 kilomètre. Alimenté par un liquide réfrigérant à - 30°C, le mur devait former à terme une banquise sous le «Titanic» de Fukushima-Daiichi. L’idée étant de piéger le fluide radioactif et d’empêcher les eaux d’infiltration de gagner le sous-sol des réacteurs. La congélation a démarré en retard en mars 2016, et elle n’est pas encore effective en raison de courants d’eau importants et d’un sous-sol parcouru de canalisations. Fin décembre, l’ARN a évoqué les «effets limités, sinon nuls» du mur de glace.

 

En octobre, Toyoshi Fuketa, un commissaire de l’agence, avait déjà alerté Tepco sur les limites de cette technique : «Le pompage des eaux souterraines à travers les puits devrait être la principale action, car il peut contrôler de façon fiable le niveau [de ce liquide]. […] Le mur de glace ne jouera qu’un rôle de soutien.» En attendant, des Japonais s’amusent en le comparantà un sudare, un store composé de baguettes de bambou qui laisse passer autant de lumière qu’il en arrête. Il a coûté la bagatelle d’environ 284 millions d’euros et ne devrait pas fonctionner au-delà de 2021. A cette date, il faudra avoir trouvé une solution au casse-tête des eaux contaminées.

 

5/L’ardoise salée

En décembre, le coût de la catastrophe a été revu à la hausse d’une manière vertigineuse : 21 500 milliards de yens, soit plus de 177 milliards d’euros. Autrement dit, un peu moins de la moitié du budget de la France. C’est surtout le double du total estimé par le ministère japonais de l’Economie trois ans plus tôt. Dans cette enveloppe, les travaux à la centrale représentent 66 milliards d’euros. Presque autant sont consacrés aux indemnisations des déplacés des communes autour environnantes. En 2011, près de 160 000 personnes ont fui leur domicile pour échapper à la menace radioactive. Le gouvernement entend limiter les sommes versées et inciter au retour dans les zones contaminées en levant les ordres d’évacuation d’ici à mars. Quitte à tolérer des niveaux moyens d’exposition aux radiations 20 fois plus élevés qu’ailleurs. Mais dans les cinq communes où l’interdiction de séjour a été levée, le taux des retours ne dépasse pas les 13 %. Et comme Libération l’a constaté l’année dernière à Naraha, ils sont surtout le fait de personnes âgées et d’hommes.

 

La décontamination autour de la centrale Fukushima-Daiichi est un autre chantier dont le coût s’annonce colossal. L’opération devrait coûter environ 33 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent 13 milliards d’euros pour la gestion problématique des dizaines de millions de mètres cubes de déchets radioactifs. Le contribuable, le consommateur et les producteurs d’électricité vont devoir payer la note. Le gouvernement va continuer à verser de l’argent à Tepco qui a été en partie nationalisé. Sans savoir quand la compagnie électrique remboursera.

 

Arnaud Vaulerin correspondant au Japon

 

 

 

Source : http://www.liberation.fr/planete

 

 

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 15:45

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

Nucléaire

Japon : pic de radiation et trou béant dans les entrailles de Fukushima

 

Par Arnaud Vaulerin, correspondant au Japon

 

 

 

Vue de la centrale de Fukushima, le 11 mars 2016.

Vue de la centrale de Fukushima, le 11 mars 2016. Photo AFP

La compagnie électrique Tepco dit avoir relevé des taux mortels de plus de 500 sieverts au niveau du réacteur 2 de la centrale nucléaire ravagée par le tsunami du 11 mars 2011.

 

Dans son grand chantier de démantèlement de la centrale de Fukushima-daiichi, Tepco vient de faire des découvertes qui risquent de compliquer sa mission. Jeudi, la compagnie électrique qui gère le site endommagé par le tsunami et l’accident du nucléaire de mars 2011, a dit avoir relevé des taux de radiations records : 530 sieverts par heure dans la partie basse de l’enceinte de confinement du réacteur 2, l’un des plus endommagés sur les six unités du site installé en bordure du Pacifique. Il est possible que ce taux astronomique soit dû au fait qu'une partie du combustible fondu ne soit pas immergé dans les eaux de refroidissement, comme l'avance Miyano Hiroshi, professeur émérite de l’université Hôsei, à la NHK

Même si, comme l’a précisé Tepco à la presse japonaise, il faut tenir compte d’une marge d’erreur de 30%, le chiffre constaté reste très au-delà du précédent record de 73 sieverts établi en 2012 sur ce même réacteur. Avec de tels niveaux de rayonnement, «inimaginables» selon des experts japonais cités par l’agence Kyodo, la mort est quasi instantanée pour l’être humain.

Selon les recommandations de la Commission internationale de protection radiologique (CIPR), les ouvriers du nucléaire en milieu radioactif ne doivent pas être exposés à des doses efficaces et supérieures à 20 millisieverts (mSv) par an, «moyennées sur des périodes définies de cinq ans», indique la CPIR, soit 100 mSv. On s’est rendu compte qu’au-delà de ce seuil, le risque de leucémie s’accroît significativement.

 

Un magma très radioactif

Depuis la fin décembre, Tokyo Electric company a percé une petite ouverture dans l’enceinte de confinement du réacteur 2. La compagnie cherche à déterminer quel est l’état du cœur des réacteurs, ce magma extrêmement radioactif constitué de débris et de barres de combustibles qui ont fondu dans les heures qui ont suivi le 11 mars 2011. Selon des calculs de l’Institut international de recherche sur le démantèlement nucléaire, ce corium représenterait une masse globale de 880 tonnes réparties entre les unités 1,2 et 3 de Fukushima. Tepco cherche également à localiser où se situe précisément ce magma.

Fin janvier, elle a donc envoyé une petite caméra fixée sur un bras télescopique de guidage qui doit parcourir une dizaine de mètres. Avant d’expédier un robot d’ici à la fin du mois, la compagnie électrique a ainsi réalisé une petite vidéo (visible ici) qui permet d’apercevoir une petite partie des entrailles de réacteur.

Dans le flot d’images filmées, Tepco a publié des clichés où l’on voit nettement qu’un piédestal en forme de plateforme grillagée est nettement enfoncé sur une surface carrée d’un mètre sur un mètre environ. Ce trou pourrait être causé par la chute de structures, de barres de combustibles fondus. Si cette hypothèse devait se confirmer, ce serait la première fois que Tepco localise le corium au sein de l’un de ses réacteurs.

En début de semaine, la compagnie avait déjà publié des images - difficiles à lire pour des novices - tendant à montrer l’existence de ce combustible fondu. On y voyait des sortes de pâtés noirs éparpillés sur une structure métallique grillagée dans la partie inférieure de l’enceinte de confinement. Cela pourrait indiquer que le carburant a fondu et s’est répandu sur le plancher de cette enceinte.

 

Robots en rade

Le robot que Tepco prévoit d’envoyer dans les prochains jours dans cette partie de l’unité 2 permettra peut-être d’en apprendre plus. Censé supporter des radiations de l’ordre de 1000 sieverts, l’engin pourra fonctionner environ deux heures si l’on se fie au niveau de 530 sieverts relevés ces derniers jours. Ces derniers mois, deux robots expédiés en mission au sein des réacteurs sont déjà tombés en panne à cause de trop fortes radiations.

Celles-ci risquent de faire ralentir les travaux de démantèlement. Tepco ambitionne de commencer à retirer les combustibles fondus à partir de 2021. Mais elle doit encore finaliser la méthode pour y parvenir. Selon une étude du ministère de l’Economie, du commerce et de l’industrie (Meti) publiée en décembre, le seul démantèlement des réacteurs devrait coûter au minimum 8 trillions de yens (autour de 65,9 milliards d’euros), soit quatre fois ce qui était initialement envisagé. Au final, la facture atteindrait les 177 milliards d’euros pour démanteler, indemniser les riverains et décontaminer l'environnement. Ce retrait des combustibles reste la plus risquée de toutes les opérations de ce grand nettoyage de Fukushima-daiichi, prévu pour durer au moins quarante ans. 

Arnaud Vaulerin correspondant au Japon

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 18:03

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

Atome

Fukushima : la facture explose

Par Arnaud Vaulerin, Correspondant à Kyoto
 
 
 

Le 8 avril 2011, à 20 kilomètres de la centrale de Fukushima.

Le 8 avril 2011, à 20 kilomètres de la centrale de Fukushima. Photo David Guttenfelder. AP

 

 

Les coûts du démantèlement de la centrale nucléaire et les indemnisations dépasseront les 20 trillions de yens, soit plus de 167,8 milliards d’euros.

Un dérapage dans les grandes largeurs. La situation à Fukushima a beau être «sous-contrôle», à en croire le Premier ministre Shinzo Abe, la facture ne cesse d’exploser. Et rien n’interdit de penser qu’elle risque d’être encore plus salée dans les prochaines années. Selon les dernières estimations du ministère japonais de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (Meti) révélées dimanche par le quotidien Nikkei, les coûts du démantèlement de la centrale de Fukushima-daiichi et les indemnisations dépasseront les 20 trillions de yens, soit plus de 167,8 milliards d’euros. C’est presque le double des sommes envisagées il y a trois ans. Fin 2013, le gouvernement japonais tablait sur 11 trillions de yens (92,2 milliards d’euros) de dépenses.

Autrement dit, les Japonais vont devoir à nouveau mettre la main au portefeuille avec des factures électriques en hausse. Si l’on regarde dans le détail des calculs du Meti, le versement des indemnités doit culminer à 67 milliards d’euros au lieu des 45,3 milliards annoncés en 2013. Les coûts de la décontamination dans les zones touchées par les retombées radioactives doubleront pour avoisiner les 42 milliards auxquels il faut ajouter les frais pour le démantèlement des six réacteurs de Fukushima-daiichi qui devrait s’étaler sur quarante ans au minimum et coûter «plusieurs centaines de milliards de yens (millions d’euros) par an», écrivait dimanche le Nikkei. Si l’on intègre le coût des travaux pour le stockage des déchets contaminés, on arrive donc à l’ardoise des 167,8 milliards de yens.

 

Les indemnités des habitants ayant fui la zone

Professeur d’économie et de politique environnementale à l’université Ritsumeikan de Kyoto, Kenichi Oshima avait évalué en 2014 à «plus de 11 trillions de yens au minimum» (92 milliards d’euros) la facture de l’accident nucléaire et de ses conséquences. Depuis, cet expert japonais indépendant a souvent rappelé que le coût de ces travaux colossaux et des indemnisations avait régulièrement tendance à augmenter au fil du temps. Il est en effet souvent délicat de prévoir une enveloppe globale dès le départ.

«Les estimations préliminaires de l’IRSN [l’Institut de radioprotection et de sureté du nucléaire, ndlr] montrent un coût moyen compris entre 70 milliards d’euros pour un accident modéré sur un réacteur électronucléaire comme celui qui s’est produit à Three Mile Island en 1979, et 600 milliards à 1 000 milliards pour un accident très grave comme ceux de Tchernobyl ou de Fukushima», écrivait en 2012 la Cour des comptes en France dans un rapport sur les coûts de la filière électronucléaire. Si ce chiffre avancé quelques mois après la catastrophe de mars 2011 mériterait aujourd’hui d’être affiné, il donne en tout cas une indication sur l’ampleur des dépenses générées par une catastrophe nucléaire.

Dans le cas de Fukushima, ce sont d’abord les indemnités qui plombent la facture. Depuis le début de la crise et le déplacement de plusieurs milliers de Japonais dans un rayon de 50 kilomètres, Tokyo Electric Power Company (Tepco) indemnise les habitants qui ont dû fuir les retombées radioactives.

Mais en fait, c’est l’Etat japonais qui est aux manettes. En partie nationalisé depuis 2011, après avoir affiché des pertes abyssales, Tepco ne survit que grâce aux injections de capitaux des contribuables japonais. Le 24 novembre, l’entreprise a d’ailleurs reçu un nouveau versement de 334,7 millions d’euros, le 58du genre, ajoutant avoir déjà perçu plus de 53 milliards. Avant de préciser que cela ne sera pas suffisant. Le mois prochain, le fonds de compensation japonais devra donc procéder à un nouveau versement.

 

Magma extrêmement radioactif

L’autre grosse enveloppe concerne la décontamination et les travaux sur le site. La première a pris plus de temps que prévu et le nettoyage a dû être parfois refait car les radioéléments bougent à la faveur des intempéries et du vent sur une zone en partie seulement décontaminée : les forêts et les collines ne sont pas comprises dans ce chantier colossal de dépollution. S’agissant des travaux, ils sont prévus pour durer et évoluent dans le flou. Car Tepco ne sait toujours pas ce qu’elle doit faire avec le corium. Ce magma extrêmement radioactif d'environ 880 tonnes est constitué de débris et des barres de combustibles qui ont fondu au cœur des réacteurs. Les tentatives pour obtenir des informations sur l’état réel de ces cœurs et leur localisation précise au sein des unités 1,2 et 3 se sont conclues par des échecs, notamment en raison de niveaux de radiation très élevés.

Autre grosse incertitude, la congélation du sous-sol de la centrale. Chantier aussi colossal que coûteux, il n’a pas permis d’empêcher les infiltrations dans le soubassement du site et les fuites d’eau contaminée vers l’océan. Tepco est face à un casse-tête de l’eau à la centrale. Depuis bientôt six ans après la catastrophe, l'opérateur ne sait pas comment gérer les centaines de milliers de m3 d’eau contaminée. Et voit dans le même temps le stockage des déchets radioactifs prendre de plus en plus de retard. A mesure que la facture s’allonge.

Arnaud Vaulerin Correspondant à Kyoto

 

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 17:03

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

A Fukushima, l’eau radioactive continue de s'accumuler

1 janvier 2016 | Par La rédaction de Mediapart
 
 

Selon le quotidien japonais The Mainichi, les tentatives de réduire la quantité d’eau contaminée par la radioactivité à la centrale accidentée de Fukushima ont échoué jusqu’ici, et la quantité totale d’eau contaminée a augmenté.

 

Selon le quotidien japonais The Mainichi, les tentatives de réduire la quantité d’eau contaminée par la radioactivité à la centrale accidentée de Fukushima ont échoué jusqu’ici, et la quantité totale d’eau contaminée a augmenté.

Tepco (Tokyo Electric Power), la société qui gère la centrale, avait prévu de diviser par deux la quantité quotidienne d’eau souterraine contaminée s’infiltrant par le sous-sol. Cette quantité était de 150 tonnes par jour et devait être diminuée par pompage et évacuée dans l’océan, explique The Mainichi. Mais cela n’a pas été possible parce que l’eau pompée s’est révélée trop radioactive, et a dû être stockée près des bâtiments de la centrale, à raison de 400 tonnes par jour. Un mur étanche de 780 mètres a été construit pour empêcher l’eau contaminée de s’écouler dans l’océan, mais il a été courbé sous la pression, et Tepco a dû le renforcer tout en construisant de nouveaux réservoirs de stockage. Tepco continue de lutter contre l’accumulation d’eau contaminée, avec grande difficulté.

Lire dans The Mainichi

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 22:07

 

Source : http://www.politis.fr

 

Par Claude-Marie Vadrot - 20 décembre 2015

Fukushima : glaçants aveux du responsable de la centrale

 

 

 

 

Dans un entretien accordé le 20 décembre à l’Agence Associated Press, le responsable de la réparation de la centrale de Fukushima a avoué qu’il était dans l’incapacité de prévoir quel serait le coût de la mise en sécurité des installations, et de fixer une date pour que les réacteurs fondus cessent de menacer la santé des salariés de l’entreprise et les habitants de la région alors que les bâtiments accidentés continuent à polluer les sous sols et l’atmosphère.

 

Masuda Naohiro a même ajouté qu’il ignorait si, quand et comment les nouveaux robots pourraient réussir à explorer les débris des réacteurs fondus pour faire le point sur la réaction qui se poursuit en dégageant une chaleur d’environ 100° et des émanations radioactives. Il a également reconnu qu’il devait faire face à une véritable « zone de guerre ». Toutes déclarations qui contrastent avec les affirmations du gouvernement japonais répétant régulièrement que la situation est entièrement sous contrôle.

 

Le responsable de la Tepco, la société propriétaire de la centrale, a précisé que les ingénieurs ne savaient même pas où se trouvaient les débris des réacteurs ni comment il serait possible de les extraire. Il ignore également si les travaux nécessaires pourront être commencés avant une dizaine d’années. Avec cette précision :

« Une nouvelle science devra être inventée pour commencer le nettoyage et il faudra pour cela prendre en compte les risques courus par les salariés et l’environnement. »

D’autant plus que des éléments radioactifs continueront à fuir dans les nappes souterraines, dans la mer et dans l’air.

 

 L'un des bâtiments réacteur en septembre 2015 toujours inaccessible aux techniciens (Photo : Claude-Marie Vadrot)

L’un des bâtiments réacteur en septembre 2015 toujours inaccessible aux techniciens (Photo : Claude-Marie Vadrot)
 

 

Des aveux qui contredisent radicalement les propos rassurants et les mensonges proférés par des responsables de la centrale lors de la visite des installations et de la région par Politis à la fin du mois de septembre dernier. Des propos de « propagande » que démentaient d’ailleurs la plupart des analyseurs automatiques de radioactivité mis en place sur le chantier, les combinaisons spéciales portées par de nombreux techniciens et l’abandon sur place de centaines de voitures et d’engins de chantiers fortement contaminés.

En conclusion Masuda Naohiro, qui travaille depuis 30 ans pour la Tepco, a assuré que, désormais, il annoncerait aussi bien les bonnes que les mauvaises nouvelles. Mais, pourtant, il n’a rien dit sur la bonne vingtaine de millions de tonnes de déchets radioactifs entassés sous de simples bâches dans la campagne environnantes…

 

Une faible partie des 20 millions de tonnes de terre et de déchets radioactifs entassés dans la zone évacuée (Photo Claude-Marie Vadrot)

Une faible partie des 20 millions de tonnes de terre et de déchets radioactifs entassés dans la zone évacuée (Photo Claude-Marie Vadrot)

 

 

Nota Bene :

Photo : Masuda Naohiro (à gauche), lors de la visite à Fukushima de l’ambassadrice des USA au Japon, Caroline Kennedy accompagnée de son fils Jack Kennedy Schlossberg, le 14 mai 2014 (AFP PHOTO/POOL/Toru YAMANAKA).

 

 

Source : http://www.politis.fr

 

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 17:21

 

Source : https://blogs.mediapart.fr

 

 

Fukushima «noyé» sous les déchets nucléaires !

 

 

Depuis bientôt 5 ans, Fukushima et ses environs vivent à l'heure de la décontamination radioactive : partout où l'on en détecte, des milliers d'ouvriers remplissent des sacs. Ces sacs de terre contaminée sont entreposés « là où l'on peut » !

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Dans la récente vidéo proposée par le journal The Mainichi, cliquer ici, vous pouvez voir, d'hélicoptère et à perte de vue, ces immenses alignements de sacs (chaque sac contient 1 m3 de déchets), stockés sur 4 épaisseurs. Il y aurait actuellement au environ de 9.000.000 (9 millions) de ces sacs...et l'on en attend encore au moins autant dans les mois à venir !

Que vont-ils devenir ? Combien de temps ces sacs de plastiques seront-ils hermétiques ? Que faire de toute cette radioactivité ? Apparemment, nul ne le sait !

 

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr

 

 

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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 21:08

 

 

Fukushima, l'endroit où le temps s'est arrêté

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

Quatre ans après l'accident nucléaire qui a provoqué l'évacuation de 160 000 personnes, le photographe polonais Arkadiusz Podniesinski s’est promené dans la zone d'exclusion de Fukushima.

Une rangée de voitures à l'arrêt depuis des années, envahie par les herbes folles... et qui ne peut pas être déplacée tant que les autorités n’ont pas obtenu l’accord des propriétaires. Ceci n'est pas une image de la série Walking Dead, mais une photo prise en septembre 2015 par Arkadiusz Podniesinski qui a exploré les villes de Futaba, Namie et Tomioka. Parmi les 21 clichés : un supermarché envahi par les toiles d’araignées ; des écrans d’ordinateur maculés de poussière ; un site à perte de vue de stockage de déchets contaminés ; un amas de téléviseurs radioactifs.

À voir sur le site de l’Obs

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 21:36

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Fukushima, 4 ans après : les réfugiés de l’atome forcés au retour en zone contaminée

|  Par Frederic Ojardias

 

 

 

Les 120 000 déplacés nucléaires de Fukushima font face à des pressions gouvernementales croissantes pour retourner vivre dans les zones pourtant fortement contaminées. Alors que la centrale ravagée continue de déverser sa radioactivité, le gouvernement japonais, farouchement pro-nucléaire, veut donner l’illusion d’un retour à la normale.

 

De notre envoyé spécial au Japon. - « Ma maison est inhabitable. Elle est beaucoup trop radioactive. » Assis en tailleur sur son tatami, M. Nakano, 67 ans, ouvre son quotidien local à la page qui donne chaque jour, comme si c’était la météo, les taux de radioactivité de chaque hameau situé autour de la centrale dévastée de Fukushima Daiichi. Au feutre rouge, il a dessiné un point devant le taux de son village : 14,11 μSv/h. « C’est très élevé et très dangereux. En plus, c’est une mesure officielle, à laquelle je ne fais pas confiance. Je pense que la radioactivité y est en réalité encore plus forte. »

Dans les zones évacuées, les courtes visites sont tout de même autorisées la journée. M. Nakano s’est ainsi rendu avec sa femme, en décembre dernier, dans leur maison désertée, située dans la commune d’Okuma, pour une cérémonie et des prières à la mémoire de son père défunt. Sur des photos prises lors de la visite, le couple apparaît couvert de protections de la tête aux pieds : blouse, masque, sac plastique autour des chaussures. « Nous n’aimons pas trop y aller. La maison est abîmée, les animaux sauvages y entrent, nous avons été cambriolés. Il n’y a rien à faire, à part prier, laisser des fleurs et regarder. La dernière fois, on est restés 20 minutes, et on est repartis. »

M. et Mme Nagano vivent depuis 4 ans dans un petit deux-pièces, situé dans une barre de logements provisoires et préfabriqués, construits en urgence après l’explosion de la centrale. Au lendemain de la tragédie du 11 mars 2011, toute la commune d’Okuma, sa mairie, son administration et ses 11 500 habitants ont déménagé dans la ville d’Aizu-Wakamatsu, à 120 km du lieu de l’accident. Autour de cette cité d’accueil se sont multipliées ces barres de logements temporaires gris, sans étage et impeccablement entretenus.

 

Un réfugié nucléaire prie devant la tombe de sa famille morte durant le tsunami.
Un réfugié nucléaire prie devant la tombe de sa famille morte durant le tsunami. © Toru Hanai/Reuters
 

Dans le salon minuscule des Nakano, une table basse, un tatami et deux télés. Sur les murs beiges où les vis sont apparentes, ils n’ont accroché que deux photos : des clichés aériens de leur grande maison abandonnée, avec la centrale en arrière-plan. De leur unique fenêtre, la vue donne sur les autres préfabriqués. « Au début, tous ces logements étaient remplis. Mais ils sont à moitié vides maintenant, soupire M. Nakano. Seuls les plus âgés, 70 ans en moyenne, sont restés. Les jeunes partent s’installer ailleurs et refont leur vie. »

Comme Yoshida Kuniyoshi, 34 ans. Cheveux long, petite barbiche, voix posée et déterminée, ce diplômé d’une université de Tokyo s’exprime en anglais. Originaire lui aussi d’Okuma, il vit dans une maison vacante d’Aizu-Wakamatsu, dont le loyer lui est payé par le gouvernement. Éditeur d’une petite revue locale, il gagne sa vie en donnant des cours de soutien scolaire dans une salle de classe improvisée, au premier étage de son domicile. « Le lendemain du tsunami, les haut-parleurs de la commune nous ont donné l’ordre d’évacuer à cause des radiations, se souvient-il. Avec mes parents, nous nous sommes enfuis à bord de camions de l’arméeJe suis très reconnaissant envers les habitants d’Aizu-Wakamatsu qui nous ont accueillis. »

Yoshida Kuniyoshi sort d’un placard son compteur Geiger, soigneusement enveloppé dans une pochette en plastique. « Quand je retourne chez moi, ça bipe comme un fou, c’est flippant. » Sur son tableau noir, à la craie, il indique les doses maximales de radioactivité, bien trop élevées selon lui, autorisées par le gouvernement dans les zones où l’ordre d’évacuation sera bientôt levé. « Je ne leur fais pas confiance. Quand ils nous disent “c’est sûr”, je les soupçonne surtout de servir les desseins de l’industrie nucléaire. »

Jeune marié, il n’a aucune envie de retourner s’installer dans sa maison irradiée, malgré la probable fin, d’ici deux ans, des indemnités et des aides financières. « Les journaux proches du gouvernement écrivent que les évacués coûtent trop cher. Il y a une pression pour mettre fin aux compensations données aux réfugiés nucléaires. Je pense que dans mon cas, elles cesseront dès 2017, comme c’est déjà prévu dans certaines zones. 2017 sera une année de combat », prévient-il, dans un petit rire amer.

Ces indemnités sont pourtant modestes : 100 000 yens par mois (725 euros), une somme qui permet à peine de survivre dans un Japon où le coût de la vie est très élevé. Leur fin programmée est l’une des mesures les plus coercitives mises en place par le gouvernement du premier ministre Shinzo Abe, arc-bouté sur sa politique pro-nucléaire, pour contraindre les populations à retourner vivre dans les zones contaminées. Un grand nombre des 120 000 réfugiés nucléaires (officiellement enregistrés comme tels) étaient propriétaires de leur maison ou de leur ferme ; or la région n’est pas riche, et beaucoup n’auront pas les moyens financiers de s’installer ailleurs.

Pour rassurer les populations déplacées sur leur retour, le gouvernement a lancé des travaux gigantesques de « décontamination » : pendant des mois, dans les zones évacuées parmi les moins irradiées, des milliers de travailleurs grattent les sols, enlèvent 5 cm de terre autour des habitations et dans les rizières, reconstruisent les routes, tentent de retirer le césium radioactif qui s’accroche aux surfaces. Ces travaux sont très onéreux, produisent des milliers de tonnes de déchets radioactifs qu’il faudra entreposer quelque part… et leur efficacité est remise en doute.

« Ce que nous observons en pratique, c’est que dans ces soi-disant “zones décontaminées”, 90 % du territoire reste contaminé. La région possède beaucoup de forêts, qui sont impossibles à nettoyer. Les gens vont donc revenir dans des zones constituées d’îlots et de couloirs décontaminés, alors que le reste est toujours irradié, accuse Jan van de Putte, expert nucléaire de Greenpeace, interviewé dans le petit bureau de l’ONG à Tokyo. Ce n’est pas un endroit où vous voulez laisser vos enfants jouer dans la nature. Nous pensons que les populations évacuées devraient au minimum avoir le droit de choisir de rentrer, ou pas. Mais le gouvernement leur impose son opinion, ce qui est totalement irresponsable. »

 

L’administration Abe veut à tout prix relancer une partie des 48 réacteurs à l'arrêt

Dans la plupart des pays, la dose maximale de radioactivité admissible (en dehors de la radioactivité naturelle et des doses reçues lors de traitements médicaux comme les scanners) est fixée à 1 milliSievert (mSv) par an. C’est notamment le cas en France. Pour les travailleurs du secteur nucléaire, cette dose maximale passe à 20mSv/an. Or, à Fukushima, le gouvernement entend bientôt lever l’ordre d’évacuation dans des zones fortement irradiées, où même après « décontamination », les populations seront exposées à des doses proches de 20 mSv/an, « et jusqu’à 50 mSv/ an dans les endroits non-nettoyés », avertit Jan van de Putte.

« C’est considérable. Je rappelle que c’est la norme pour les employés français du nucléaire, une norme qui sera appliquée à des enfants, à des nouveau-nés, à tout le monde ! Et il est évident que cela aura des conséquences sanitaires énormes », dénonce Cécile Asanuma-Brice, directrice adjointe du bureau du CNRS à Tokyo et chercheuse associée à la maison franco-japonaise de la capitale.

Cette sociologue considère que la politique d’incitation au retour va au-delà de la fin des subventions et des travaux d’une décontamination illusoire : elle relève de la manipulation psychologique. « Le gouvernement cherche à créer un sentiment de nostalgie par rapport au territoire d’origine. C’est extrêmement vicieux. Par exemple, alors que les enfants commençaient enfin à s’établir et à se réintégrer sur leur lieu de refuge, on a organisé des ateliers avec leurs anciens camarades de classe de Fukushima. On les replonge avec leurs anciens amis, on les fait cuisiner, en leur expliquant que les légumes viennent du jardin du grand-père, de la tante. On leur raconte des légendes fabuleuses. Et quand le gamin revient chez lui, il demande : “Maman, on rentre quand à la maison ?” Cela génère une plaie ouverte. Les gens ne peuvent jamais s’établir. Psychologiquement, c’est invivable. »

Cécile Asanuma-Brice pointe du doigt la complicité des organisations internationales du nucléaire dans cette politique de retour et dans les efforts sémantiques déployés pour dédramatiser la situation. « Par exemple, on ne parle plus de victimes, mais de “personnes affectées”. L’affect, cela renvoie à une attitude qui n’est pas rationnelle, c’est contraire à l’intellect. »

 

Le premier ministre Shinzo Abe participe à une récolte de riz dans la province de Fukushima, en septembre 2014.
Le premier ministre Shinzo Abe participe à une récolte de riz dans la province de Fukushima, en septembre 2014.
 

Ces efforts considérables déployés par le gouvernement de Shinzo Abe s’expliquent par une stratégie de normalisation : les autorités veulent faire croire qu’un retour à la normale est possible et qu’elles sont capables de gérer le désastre. L’administration Abe, soutenue par un puissant lobby nucléaire, veut à tout prix relancer une partie des 48 réacteurs nippons, tous à l’arrêt depuis plus d’un an. Avant l’explosion de Fukushima, le Japon était la 3e puissance nucléaire civile mondiale. La réticence face à l’atome d’une majorité de la population – la seule à avoir été victime d’attaques nucléaires, à Hiroshima et Nagasaki, en 1945 – n’entame pas la résolution des autorités.

Or, pour donner l’impression d’un retour à la normale, il faut que le plus grand nombre de réfugiés nucléaires acceptent de rentrer chez eux. Pas seulement les personnes âgées (moins préoccupées que les jeunes générations par les effets à long terme de la radioactivité), mais aussi les jeunes, les médecins, les commerçants… D’où ces opérations massives de « décontamination » dans les zones évacuées, alors que d’autres zones toujours habitées et contaminées (comme par exemple la ville de Fukushima) ne font l’objet d’aucune opération de nettoyage. La contamination n’est en effet pas uniforme : elle se présente plutôt sous la forme d’un patchwork, avec des « points chauds » disséminés un peu partout, certains jusque dans la banlieue de Tokyo.

Ces points chauds ne sont pourtant pas nettoyés. « Ces zones ne sont pas la priorité du gouvernement, regrette Jan van de Putte, de Greenpeace. On assiste à une concentration de moyens basée sur un agenda purement politique, et non pas sur la protection des populations. C’est une approche très cynique et scandaleuse. » Un même sentiment de colère exprimé par Cécile Asanuma-Brice : « On fait prendre le risque d’un investissement nucléaire à des populations qui ne bénéficient pas des risques pris. D’un point de vue des droits de l’homme, on marche sur la tête. »

Face à ces pressions croissantes, les 120 000 évacués nucléaires sont divisés, entre partisans au retour et les autres. Des tensions ressenties jusqu’au sein des familles : « Je vois autour de moi de nombreux cas de divorces ou de séparations, observe Mme Furukawa, 51 ans, assistante maternelle, qui vit dans l’une des barres de logements provisoires d’Aizu-Wakamatsu. Dans mon village évacué, la radioactivité est retombée à 1 μSv/h (soit 8,8 mSv/an). Je sens que nous sommes forcés d’y retourner, mais je refuse. Pas pour moi, mais pour mes trois enfants. » Et son mari ? Elle rigole : « Mon mari, il m’obéit ! »

Au début, les opposants au retour étaient très critiqués. Comme Mme Kowata, 59 ans, originaire d’Okuma, rencontrée dans la salle communale d’un lotissement provisoire. Cette toute petite dame alerte, aux yeux pétillants et au sourire communicatif, arbore une belle paire de chaussettes colorées à orteils séparés… et a fondé un réseau de femmes qui refusent de rentrer. Elle a entamé un long combat contre son maire pour que les sommes immenses perdues dans une décontamination jugée inutile soient utilisées pour construire, ailleurs, une nouvelle ville d’Okuma. « J’ai été très critiquée pour cela. Mais maintenant, quand les réfugiés voient la radioactivité toujours présente chez eux, ils refusent d’y retourner. »

« Chez moi, les tatamis et le toit sont pourris. Je pense que quelqu’un y vit : j’ai retrouvé des baguettes utilisées et des bols de nouilles instantanées. Je lui ai laissé un message : “Cette maison est dangereuse, vous allez tomber malade…” » Mme Kowata a intenté un procès contre sa mairie et accuse son maire de contraindre ses administrés au retour alors que lui-même s’est construit une maison dans une zone sûre. « Le maire nous promet de l’emploi, il dit qu’il construira des usines et une ferme d’aquaculture… »

 

C’est le contribuable japonais qui paie la facture de la gestion de la catastrophe

« Fin mai, une enquête, menée auprès de 16 000 réfugiés nucléaires par un professeur de l’université de Waseda à Tokyo, a révélé que 40 % d’entre eux souffraient de stress post-traumatique et “d’angoisse de mort face au nucléaire”, souligne Cécile Asanuma-Brice. Comment peut-on contraindre ces personnes à retourner vivre sur le lieu de leur traumatisme, alors que la centrale en déliquescence n’est pas stable et que les tremblements de terre sont nombreux ? »

Contrairement à une idée reçue, la crise dans la centrale de Fukushima-Daiichi est loin d’être terminée. Chaque jour, la Tokyo Electric Power Company (TEPCO), l'exploitant, y déverse 300 tonnes d’eau pour refroidir les barres de combustible. Cette eau radioactive est stockée dans d’immenses cuves à l’étanchéité remise en doute. Les cœurs de trois réacteurs – inaccessibles – ont fondu et ont traversé la première enceinte de confinement ; on ne sait pas jusqu’à quel point ces masses à très haute température ont traversé la deuxième enceinte pour atteindre le sol en béton de la centrale.

Problème : la centrale fuit de partout et sa radioactivité contamine les nappes phréatiques et l’eau qui passe dessous pour rejoindre l’océan Pacifique. Ces fuites sont appelées à s’aggraver au fur et à mesure que les fissures s’élargissent avec le temps. C’est pour empêcher cette contamination souterraine que TEPCO a entamé la construction d’un « mur de glace » profond de 30 mètres et long de 1,5 km, une technologie incertaine qui n’a jamais été mise en œuvre à cette échelle. Autre sujet d’inquiétude : la structure de la centrale, en particulier le 4e réacteur, est très endommagée. En cas de nouveau séisme, d’autres dégagements d’intense radioactivité ne sont pas à exclure, s’alarme Jan van de Putte : « Je m’inquiète notamment de l’impact, impossible à évaluer, d’un éventuel dégagement de strontium radioactif. »

Le gouvernement et TEPCO visent 2045 pour le démantèlement complet de la centrale. « Personne n’y croit ! s’emporte Shaun Burnie, autre expert de Greenpeace, en visite au Japon. Un dirigeant de TEPCO a reconnu qu’on ne disposait pas encore des technologies nécessaires pour retirer le combustible fondu. Il a même spéculé sur un démantèlement qui prendrait 200 ans. Personne n’en sait rien. »

Entre 6 000 et 7 000 travailleurs sont employés chaque jour sur ce chantier cauchemardesque. Parmi eux, se trouve le fils de M. et Mme Nagano, le couple réfugié à Aizu-Wakamatsu. « Notre fils a besoin de gagner sa vie pour nourrir ses enfants », expliquent-ils. Sont-ils inquiets ? Haussement d’épaules : « La famille sait bien qu’il n’a pas d’autre choix. » TEPCO fait d’ailleurs face à une pénurie d’ouvriers : les plus expérimentés ne peuvent plus travailler car ils ont atteint la dose radioactive accumulée maximale.

« La majorité de ces travailleurs ne sont pas des salariés de TEPCO, rappelle Shaun Burnie. Ce sont des sous-traitants, des sous-traitants de sous-traitants. Certains ouvriers sont des sans-abri, recrutés dans la rue. Leurs conditions de travail sont terribles, leurs salaires misérables, leur retraite inexistante. Nous avons le respect le plus total pour ces hommes qui font de leur mieux dans une situation impossible. » La situation fait en tout cas le bonheur des yakuzas : les gangsters japonais sont spécialisés dans le business du recrutement de travailleurs temporaires dans des conditions douteuses. TEPCO aussi s’en sort très bien : c’est le contribuable japonais qui paie la facture de la gestion de la catastrophe. En 2014, l’entreprise a même fait des bénéfices.

 

Le premier ministre Shinzo Abe encourage les décontaminateurs de TEPCO, en septembre 2013.
Le premier ministre Shinzo Abe encourage les décontaminateurs de TEPCO, en septembre 2013.
 

Il est encore trop tôt pour mesurer les conséquences de la catastrophe nucléaire en termes de santé publique : après l’explosion de la centrale ukrainienne de Tchernobyl, la hausse notable du nombre de cancers de la thyroïde, en particulier chez les enfants, a commencé à être observée 5 ans après la catastrophe. Au Japon, 4 ans seulement après les premières retombées radioactives, selon l’université médicale de Fukushima, sur 385 000 Japonais de moins de 18 ans, 127 ont été opérés ou sont en phase de l’être pour un cancer de la thyroïde. Soit un taux d’incidence de 330 cancers pour 1 million d’enfants, à comparer au taux de 1,8 pour 1 million observé en France (entre 1997 et 2001).

Cette augmentation déjà visible des maladies liées à l’irradiation s’explique en partie « par le fait que le gouvernement n’a pas toujours dévoilé les informations les plus importantes après le début de la crise », regrette le Dr Hasegawa Hiroshi. Cet agronome spécialiste de la culture bio a démissionné de son poste de fonctionnaire après l’explosion de la centrale : il s’était disputé avec son patron, qui refusait de publier des informations liées à la radioactivité.

« Les gens ne savaient pas quoi faire après l’accident : rester, ou partir ? Ils devaient prendre une décision, et je me suis dit que je pouvais les aider avec mes connaissances scientifiques. » Le Dr Hasegawa dirige désormais un « laboratoire citoyen » de mesure de la radioactivité dans la ville de Fukushima. Son labo fournit des mesures indépendantes du sol, de la nourriture et des doses accumulées par les individus. « Avec ces informations, nous donnons aux citoyens de Fukushima les moyens de prendre une décision. » Pour les enfants, les examens de mesure de la radioactivité du corps sont gratuits. Le laboratoire est financé grâce à des donations.

Certains savent qu’ils ne retourneront jamais chez eux. Comme M. et Mme Watanabe, 65 et 62 ans, agriculteurs : leur ferme, située à 3 km de la centrale, se trouve sur un futur site de stockage des déchets issus de la « décontamination ». Un site « temporaire », prévu pour durer au moins 30 ans. Ce qui ne les empêche pas de retourner chez eux tous les mois, pour nettoyer, désherber, et prendre soin des tombes. « C’est plus fort que nous. Nous ne pouvons pas nous empêcher d’y retourner pour l’entretenir. » Mme Watanabe, le visage expressif et vif, retient ses larmes en parlant de leur maison et de leur ferme, dont une grande photo encadrée orne le mur de leur chambre à coucher.

Mais les Watanabe refusent de s’apitoyer sur leur sort. Ils ont préféré éviter les logements préfabriqués et vivent dans un petit appartement d’Aizu-Wakamatsu. Lui fait du jardinage, elle travaille dans la cuisine d’un onsen, une source thermale locale. Sur le mur du salon, chacun a son calendrier, couvert d’activités et de rendez-vous. Ils sont fiers de montrer qu’ils ne restent pas inactifs, qu’ils ne sont pas des assistés. Ils demandent au gouvernement des indemnités qui leur permettraient d’acheter une ferme et de recommencer leur vie ailleurs. « Nous sommes les victimes. Pourtant, les bureaucrates nous disent : “Vos terres sont contaminées” et ce qu’ils nous offrent en échange ne nous permettra pas de nous installer ailleurs. Le Japon est-il toujours un État de droit ? »

« Avant la catastrophe, nous nous inquiétions un peu de la possibilité d’un accident nucléaire, mais jamais nous n’aurions pensé que cela puisse être si grave. Quand nous avons été évacués, nous pensions être de retour trois jours plus tard. Tous ces experts de l’industrie nucléaire nous assuraient : c’est une énergie sûre. Sûr, sûr, sûr, on entendait ce mot tout le temps. »

Yoshida Kuniyoshi, l’éditeur de revue, lance un avertissement similaire, en nous raccompagnant hors de sa petite salle de classe : « Vous, les Français, vous devriez réfléchir aux conséquences d’un accident nucléaire chez vous. Les villes que vous aimez, les souvenirs que vous chérissez… Un accident nucléaire peut tout détruire. Ici, l’industrie nucléaire a tué nos vies, et tout ce que nous ont légué nos ancêtres. »

Même écho chez les activistes de Greenpeace : « Contrairement à une idée reçue, les campagnes japonaises ne sont pas densément peuplées. À Fukushima, 230 000 personnes vivaient dans un rayon de 30 km. En Europe, la plupart des centrales nucléaires sont situées dans des régions plus peuplées. Un accident similaire en Europe aurait un impact beaucoup plus grave », remarque Jan van de Putte. Avec 73 % de son électricité produite par le nucléaire (au Japon : 28 % avant la crise, 0 % aujourd’hui), l’économie française est beaucoup plus dépendante de l’atome. Donc beaucoup plus vulnérable en cas d’accident. 

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 20:46

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 
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Fukushima : un « robot-serpent » porté disparu au cœur d’un réacteur

Benoît Le Corre | Journaliste Rue89

 

 

Le corium, c’est un sacré bazar. Ça ressemble au « dissolvant universel » inventé par Géo Trouvetou dans un vieux Picsou : au même titre que le « Dissoutou » dissout tout, le corium fait fondre quasiment tous les matériaux.

En ce moment, sur la planète Terre, on trouve du corium dans le nord-est de l’île de Honshu, l’île principale du Japon. Sa conception n’est pas naturelle mais accidentelle. Durant les premières heures de l’accident nucléaire de Fukushima, en mars 2011, le cœur du réacteur n°1 a fondu. L’uranium qu’il contenait a fondu, absorbant ce qu’il y avait autour, les tuyauteries, les barres... Ça a donné naissance à une sorte de « magma métallique » : le fameux corium.

En termes de radioactivité, le corium, c’est le top du top. Ça tue un homme ou un éléphant à proximité. Dans les réacteurs n°1, n°2 et n°3 de la centrale de Fukushima Daiichi, le corium est le déchet radioactif le plus préoccupant. On ne sait jusqu’où il a pénétré (on sait qu’il a percé la cuve censée l’isoler du monde extérieur mais on ne croit pas qu’il soit allé jusqu’aux nappes souterraines). Autre inconnue à l’équation : quel est son niveau de radioactivité aujourd’hui ?

Pour planifier le chantier de décontamination, il faudrait avoir des yeux dans le réacteur n°1. Or, il n’est pas question d’y envoyer un humain. D’après un article du Japan Time, les derniers relevés de rayonnement à l’intérieur du cœur, datant de 2012, s’élevaient à 11 sieverts par heure. Trop dangereux pour tout ce qui vit.

 

Robot casse-pipe

L’accident nucléaire de Fukushima a eu lieu il y a quatre ans. Le chantier de décontamination des quatre réacteurs devrait prendre quarante années, selon le PDG de Tepco (l’exploitant de la centrale), Naomi Hirose. Face à l’impossibilité d’envoyer des humains sur place, Tepco investit dans les robots. Sur son site internet, on trouve un éventail plutôt impressionnant de robots pouvant intervenir dans des environnements hostiles.

 

Capture d’écran du site de Tepco (Tepco)

 

Il y a ceux avec des roues, ceux avec des chenilles, ceux avec des jambes, ceux avec des bras articulés et ceux avec rien de tout ça. Ce bestiaire distingue les robots « d’investigation » des robots « d’opération ». « On y trouve même des machines utilisées par l’armée américaine », explique Michel Chevallier. Il fait référence à Warrior, un robot plus habitué aux champs de mines qu’aux terrains radioactifs.

 

Un robot à la recherche du corium

Michel Chevallier est le président de l’Intra, le groupe d’intervention robotique sur accidents. Créé en 1988 par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), Areva et EDF, son rôle est d’intervenir en cas d’accident nucléaire majeur. On aimerait ne jamais avoir affaire à lui.

Pour ça, il dispose d’un parc de robots spécialisés. Michel Chevallier emploie le terme de « télé-opération » :

« Les humains pilotent les robots. Protégés et à l’écart, ils disposent d’un joystick et d’un retour vidéo. »

C’est aussi le cas des robots dépêchés par Tepco. Ils n’évoluent pas de manière autonome dans l’environnement mais sont pilotés à distance (la méthode « aspirateur de déchets radioactifs », c’est pas aussi simple que l’aspirateur ménager). Le pilotage à distance, c’est le point commun des robots de Tepco. En revanche, leurs formes et leurs fonctions diffèrent. Michel Chevallier :

« Tepco développe des robots selon ses besoins réels sur le terrain. »

L’un des besoins urgents, en vue de décontaminer le réacteur n°1, c’est la découverte du corium. Si l’on se fie à la gravité, le combustible fondu devait se situer au fond de la cuve de confinement. Raté. Au début du mois d’avril, Tepco a annoncé que le corium ne se trouvait pas là où il devait se trouver.

Un « serpent-robot » multiforme

Partir à la conquête des combustibles perdus, c’était la mission d’un petit robot appelé « shape-changing robot ». En français, on emploiera l’expression « robot multiforme ».

Capture d’écran du « robot multiforme » sur le site de Tepco (Tepco)

 

Développé par Tepco et la société japonaise Hitachi, ce petit robot ressemble à un serpent ou à un ver de terre. Pourquoi cet animal ? Il peut se mouvoir sur des terrains accidentés et franchir des obstacles contre lesquels un appareil équipé de roues buterait. Créer une telle machine relève de ce qu’on appelle le biomimétisme : on copie ce qui marche bien chez le vivant et on lui trouve une application en robotique. Des animaux-robots, il en existe plein d’autres.

Long de 60 cm, équipé de mini-chenilles, le « shape-changing robot » (on va l’appeler SCR) possède une caméra, des détecteurs de température et de radioactivité. Ce petit « Transformer » peut, comme son nom l’indique, changer de forme, ressemblant soit à une sorte de lettre I, soit au chiffre 3.

 

Dans le cœur du réacteur n°1

Vendredi, c’était le jour-J pour SCR. Le plan avait été établi : remonter un tuyau large de 10 cm de diamètre, jusqu’à la cuve de confinement. Accéder au premier étage du réacteur et en étudier au moins la moitié. Trouver des traces des combustibles, voire du corium. En dehors du réacteur, 40 personnes exposées à une dose « raisonnable » (c’est Tepco qui le dit) de rayonnement participent à l’opération. Parmi elles, le pilote du robot.

SCR est lancé. C’est une grande première. Jamais les humains, par l’intermédiaire d’un robot, n’avaient été aussi proches du cœur du réacteur n°1. Les données renvoyées par le robot montrent que le taux de radioactivité y est encore mortel pour l’homme. Sa caméra frontale nous fait rentrer dans le cœur d’un réacteur hostile. C’est méga-glauque.

 

Vidéo diffusée par Tepco de l’intérieur du réacteur n°1

 

 

Robot, petite chose fragile

Problème : après trois heures de déambulation dans le réacteur, SCR s’est arrêté. Tout le week-end, le personnel sur place n’a pas réussi à reprendre contact avec la machine. Comment cela est-il possible ?

Les robots ont beau être composés d’éléments non organiques, ils demeurent fragiles. Les rayonnements radioactifs, ça leur bousille aussi les circuits. Selon Cybernetix, une entreprise spécialisée dans la conception de robots résistants :

« Certains composants des robots possèdent des liaisons C-H, c’est-à-dire des liaisons carbone-hydrogène. »

Les rayonnements ont un effet néfaste sur ces liaisons, ils les vieillissent plus rapidement. Bien sûr, on pourrait développer un robot insensible, mais il faudrait l’enfermer dans une boîte de métal qui n’est pas constituée de liaisons C-H. Il aurait alors l’agilité d’un chevalier en armure interprétant une chorégraphie en patins à glace.

 

Plusieurs hypothèses

Le petit robot SCR a ainsi pu être dégradé par l’importance des rayonnements. Mais ce n’est pas la seule hypothèse. La liaison entre le robot et le pilote a aussi pu être interrompue à cause des rayonnements, ou le robot s’est retrouvé bloqué par des obstacles.

De toute manière, SCR était à usage unique. S’il était sorti en un seul morceau du réacteur n°1, il aurait été décontaminé puis recyclé à cause de son haut degré de radioactivité.Tepco aurait alors poursuivi ses recherches dans le réacteur n°1 à l’aide d’un autre SCR.

Mais aujourd’hui, ce n’est plus possible. La carcasse du robot serpent bloque le passage. Encore un obstacle jusqu’au corium. Pour Tepco, un nouveau besoin robotique s’est créé. Il faudrait créer un automate télé-pilotable de petite taille capable de dégager le chemin. Ou bien développer un nouveau robot... pour récupérer l’ancien.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 21:36

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

Des experts de l'AIEA vont revenir à Fukushima en raison des problèmes d'eau contaminée

Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le

 

 

 

 

Des experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) vont revenir à la centrale accidentée de Fukushima en avril, à la demande des autorités nippones, en raison de nouveaux problèmes d'eau contaminée survenus après leur passage en février.

Les spécialistes de l'organisation devaient prochainement compiler un rapport final à la suite de leur précédente mission, mais les avaries récentes constatées nécessitent des explications complémentaires, a jugé le ministère de l'industrie japonais.

 

Lire : A Fukushima, l’interminable décontamination

 

Les experts seront au Japon du 17 au 21 avril pour rencontrer des responsables nippons de l'Agence de l'énergie ainsi que de la compagnie géante du site, Tokyo Electric Power (Tepco).

 

Des quantités importantes d'eau contaminée

Ils se rendront aussi directement dans le complexe atomique Fukushima Daiichi ravagé par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011. Bien que des progrès aient été accomplis en vue du démantèlement, de très gros problèmes de gestion des quantités importantes d'eau contaminée sur le site demeurent.

Depuis le dernier passage sur place des équipes de l'AIEA, qui avaient salué le travail réalisé cette dernière année, de nouveaux pépins ont eu lieu, comme des débordements importants d'eau de pluie, la découverte d'une mare d'eau dans un des bâtiments du site ou encore la contamination, certes temporaire mais importante, de l'eau d'un canal traversant le site et descendant vers l'océan Pacifique voisin.

Le problème de l'eau est un des plus épineux qu'ait à traiter Tepco à Fukushima Daiichi. S'y mêlent des eaux d'arrosage, des eaux souterraines, des eaux de pluie, alors que toute cette masse liquide plus ou moins radioactive doit être gérée avec des moyens qui peinent à suivre.

 

Rejet dans la mer ?

Plus de 1 100 réservoirs ont certes déjà été construits dans l'enceinte de la centrale, mais les quantités d'eau continuent quotidiennement d'augmenter. L'AIEA s'était déjà inquiétée du volume croissant stocké dans des citernes dont la fiabilité n'est pas assurée, jugeant que cette situation ne pourrait s'éterniser.

Toutefois, à l'instar d'autres voix, l'agence internationale tend à penser qu'il n'y aura à terme pas d'autre solution que de rejeter en mer toute cette eau, après l'avoir expurgée autant que faire se peut des éléments radioactifs qu'elle contient. Les pêcheurs locaux, les pays voisins et les groupes environnementaux s'opposent d'ores et déjà tous à cette éventualité.

Voir le reportage en grand format : Fukushima an III : sur la côte dévastée, la peur et la colère

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

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