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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 15:22

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

Détruire des données, ce n'est pas si simple

 

 

 

"Il est plus facile de créer des données que de les détruire", telle pourrait être la morale...

L’arrivée de Donald Trump au pouvoir pose des questions inédites. Par exemple : faut-il effacer certaines bases de données ? C’est le cas d’une base de données créée en 2014 par la mairie de New York dans le but de faciliter les procédures de légalisation des migrants sans papier. Le projet de Donald Trump étant de renvoyer chez eux 3 millions de migrants sans papier, beaucoup craignent que cette base de données soit utilisée afin de les identifier plus facilement. Sa destruction est donc envisagée. Problème : est-ce si facile que cela de détruire une base de données ? Voici comment le site FiveThirtyEight répondait à la question il y a quelques jours.

Toute donnée - d’un like Facebook à vos photos - est stockée dans un lieu physique. Par exemple un disque dur ou serveur. Le premier cas est celui où vous êtes en possession de ce disque dur. Se pose alors la question : comment faire pour être certain d’effacer toutes les données d’un disque dur ?

 

Méthodes bourrine ou plus fine

La méthode bourrine consiste à détruire le disque dur, tout simplement. Ce n’est pas très respectueux de l’environnement (le disque n’est plus réutilisable ensuite), mais c’est faisable, il y a des machines pour ça : le disque est percé, fragmenté, démagnétisé, il ressort en tous petits morceaux dispersables dans une poubelle. Impossible de récupérer une quelconque donnée sur ces fragments.

Mais il y a une méthode moins bourrine, on peut s’y prendre avec plus de finesse et de souci environnemental : effacer les données, tout en préservant le disque dur. Des entreprises sont spécialisées dans cette tâche. L’une, du nom de Greenship, utilise un algorithme qui accède à chaque bit du disque (chaque 0 ou 1) et le réécrit. Et le processus est répété au moins trois fois. La donnée initiale est effacée, vraiment. A priori, tout cela est rassurant, on peut détruire des données. Définitivement.

 

Sauf que non. On peut effacer des données dont on sait où elles sont. Mais on ne peut pas effacer des données au sens où l’on serait certain qu’elles n’existent plus nulle part, sous aucune forme. Car il est impossible de s’assurer que des données n’existent pas ailleurs. Mat Mitchell, expert en sécurité informatique, le dit très bien : “Il n’y pas de fonction “effacer” dans le monde de la donnée. On peut détruire physiquement un disque dur de telle sorte que personne ne puisse en ressortir aucune donnée. Mais cela suppose qu’on a tous les disques.”

 

Il reste des copies

Les gens qui ont pour métier de collecter et conserver les données le savent pertinemment. Une donnée écrasée est perdue à jamais, c’est pourquoi des copies sont effectuées en permanence. Par exemple les fichiers que vous créez ou stockez dans un Google Drive (un exemple de services qu’on appelle le “cloud”) sont dupliqués des centaines de fois, pour être tout le temps et rapidement accessibles de quelque lieu que vous vous connectiez.

Eh bien, quand vous supprimez votre fichier, vous n’en supprimez pas toutes les copies, c’est impossible. Il continue d’exister quelque part (sans compter des actes de malveillance qui font que vos données peuvent avoir été copiées pour des raisons frauduleuses).

Bref tout ça nous fournit une leçon aux nombreuses implications politiques : il est plus facile de créer des données que de les effacer. C’est tout le problème qui se pose à la mairie de New York avec son fichier des migrants, et une question que l’on ferait bien de se poser en France, où règne la folie des grands fichiers. Le meilleur moyen de ne pas avoir à détruire de fichiers un jour, c’est de ne pas les créer.

 

Trop-plein

Au-delà de la question politique, il me semble que cette question de l’impossible effacement des données pose un problème quasi métaphysique, qui est le trop-plein mémoriel de l’informatique. Et si, malgré les progrès constant qui sont faits en terme d’augmentation des capacités de stockage, les ordinateurs venaient à souffrir un jour ne pas pouvoir oublier, et donc n’arrivaient plus à se souvenir.

Très beau problème abordé par Borges dans sa nouvelle “Funes ou la mémoire”, où un jeune homme, doté d’une mémoire surpuissante, se trouve progressivement envahi par les souvenirs et meurt de ne faire que se remémorer tous les détails de sa courte vie. On y repensera peut-être un jour.

 

Retrouvez les podcasts de l’émission via iTunes ou en RSS.

 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 18:50

 

 

Source : http://www.lexpress.fr

 

Violences policières: "Les citoyens doivent avoir le réflexe de filmer"

Par , publié le , mis à jour à

 

 

 

A Aulnay-sous-Bois, l'interpellation de Théo -ayant abouti à la mise en examen d'un policier pour viol et de trois autres pour violences- a été filmée par un témoin de la scène à l'aide d'un smartphone.

afp.com/Martin BERTRAND

 

L'interpellation violente de Théo s'est en partie jouée sous l'oeil de la vidéosurveillance et d'une caméra amateur. De plus en plus, les images jouent un rôle clé dans les affaires de violences policières.

 

Pas moins de 2600 caméras embarquées. Jeudi, Bruno Le Roux a annoncé la mise en place de ces "caméras-piétons", déjà expérimentées, auprès des policiers et gendarmes. Le ministre de l'Intérieur voit dans ce dispositif un moyen de rapprocher policiers et citoyens et "d'apaiser les tensions", quelques jours après la mise en examen, dimanche, d'un policier pour viol et de trois autres pour violences volontaires à l'issue de l'arrestation de Théo, Aulnaysien de 22 ans. Une interpellation filmée en partie par des caméras de surveillance et un témoin éloigné de la scène.  

 

  • Filmer, être filmé pour se protéger

Certes, dans le cas de l'affaire Théo, la vidéo n'est pas l'élément le plus intangible pour prouver le viol présumé. A l'hôpital, les médecins ont en effet prescrit 60 jours d'incapacité totale de travail au jeune homme de 22 ans après avoir constaté qu'il souffrait d'une "plaie longitudinale du canal anal" et d'une "section du muscle sphinctérien". 

 
 

LIRE AUSSI >> Violences policières: "Pour des pans de la population, la police n'est pas légitime" 

Néanmoins, le jeune homme a raconté s'être déplacé volontairement sous l'oeil des caméras lors de son interpellation pour tenter de se protéger. "Je savais très bien que dans le coin où on était, il n'y avait pas de caméras. Je me suis dit 'faut que je me débatte du mieux que je peux' pour que j'aille devant les caméras. J'ai réussi à y aller", a-t-il témoigné auprès de BFMTV

 

  • Une pratique venue des Etats-Unis
 

D'où vient ce réflexe, à présent adopté par de nombreux jeunes issus des quartiers dits "sensibles"? Il trouve son origine dans l'"affaire Rodney King", qui a secoué les Etats-Unis. Le 3 mars 1991 à Los Angeles, quatre policiers interpellent un automobiliste noir, avant de le passer à tabac face à son comportement quelque peu erratique. Testant son caméscope tout neuf depuis son balcon, un riverain décide de filmer la scène. 

 

LIRE AUSSI >> Copwatch, site anti-police, renaît de la censure 

 

A l'ère des smartphones le geste paraît banal, "mais à l'époque, c'était la première fois qu'une brutalité policière était filmée et diffusée sur toutes les télévisions américaines et mondiales", souligne Mathieu Zagrodzki, chercheur associé au Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales. "C'est le début du mouvement Copwatch" ["cop" pour "flic" et "watch" pour surveiller, avoir à l'oeil], qui consiste à lutter contre les violences policières en filmant les actions des forces de l'ordre. 

 

  • Donner du crédit à la parole de la victime

Aujourd'hui le fait de filmer les altercations avec les forces de l'ordre fait partie des consignes données par les associations luttant contre les violences policières. D'autant plus que les réseaux sociaux offrent aux images une caisse de résonance considérable. "Le cas du lycéen frappé devant l'établissement Henri-Bergson, en mars dernier est l'exemple même d'une affaire qui n'en aurait pas été une s'il n'y avait pas eu de vidéo des faits", indique à L'Express Aline Daillère, responsable des programmes France de l'Association chrétienne contre la torture (ACAT). 

Ces images, filmées en marge d'une manifestation contre la loi Travail, avaient fait le tour des réseaux sociaux et déclenché une intense polémique. Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Bernard Cazeneuve, s'était dit "choqué" et avait saisi immédiatement l'IGPN, la police des polices.  

 

LIRE AUSSI >> Violences policières au lycée Bergson: le fonctionnaire face à la justice 

 

"Sans cette vidéo, le lycéen n'aurait jamais été entendu", analyse Aline Daillère. Interrogé au moment des faits par L'Obs, un parent d'élève élu au conseil d'administration du lycée Bergson avait d'ailleurs déclaré: "Personnellement, s'il n'y avait pas eu les vidéos, je les aurais crus à moitié".  

L'image permet en effet de s'extraire du "parole contre parole". Dans l'imaginaire collectif, "la parole d'un citoyen interpellé ou contrôlé vaut moins que celle d'un policier, qui est assermenté", explique la membre de l'ACAT. "Si on ajoute en plus les éléments 'jeune de cité avec un casier judiciaire', alors là, la balance de la crédibilité penche encore plus vers la police". 

 

  • Un réflexe pour "prévenir les risques"

"Les vidéos tournées par les victimes elles-mêmes ou les témoins sont les seuls éléments de preuve intangibles permettant de renverser la version de la police", insiste Aline Daillère.  

Violences policières : si vous êtes témoin, please, filmez. Le seul espoir pour une victime de voir sa plainte aboutir

"Pour nous, il est important que les citoyens aient le réflexe de filmer, par exemple lors des contrôles, de façon à prévenir les risques", abonde auprès de L'Express Amal Bentounsi, dont le frère Amine a été tué d'une balle dans le dos par un policier en 2012. 

 

LIRE AUSSI >> "Légitime défense ou bavure: un policier jugé pour la mort d'un braqueur" 

 

Cette grande soeur endeuillée, qui a fondé l'Observatoire national des violences policières, rappelle aussi que la vidéo peut permettre de réaliser l'inconcevable: "Quand on voit celle de l'interpellation de Théo, on ne peut pas y croire, cela dépasse l'entendement: comment des policiers peuvent se comporter comme des voyous?" 

 

Caméras-piétons dissuasives?

Côté policier, la vidéo est aussi en train de prendre. "Les caméras-piétons peuvent permettre de constituer des éléments de preuve", affirme Mathieu Zagrodzki. "Car face aux jeunes qui racontent être surcontrôlés, faire l'objet de violences, les forces de l'ordre, elles, se plaignent de ne pas être respectées, de faire l'objet d'attaques ou d'insultes. Les deux ont une part de vérité", poursuit le chercheur spécialiste des questions de sécurité publique.  

Avec la généralisation des caméras embarquées, le ministère de l'Intérieur entend créer "une garantie pour les uns comme pour les autres". Même s'il ne faut pas oublier que "les images elles-mêmes, par le jeu du montage ou d'angles différents, peuvent faire l'objet d'un conflit de récits entre la victime et le policier", précise Mathieu Zagrodzki. 

 

LIRE AUSSI >> Les policiers bientôt tous équipés de "caméras-piétons"? La Cnil dit stop 

 

Ce nouveau dispositif pourra-t-il jouer un rôle dissuasif dans les violences policières? Après un an d'expérimentation en Californie, en 2012, une étude a constaté que l'usage de la force par les policiers avaient diminué de 60% et qu'il y avait 88% de plaintes en moins pour des brutalités policières, indique le chercheur.  

Avec toutefois deux bémols: la caméra ne tourne pas en boucle, c'est le policier qui décide de la déclencher lors d'un contrôle. "Et celle-ci, fixée sur l'épaule ou le thorax n'offre pas un angle de vue total", ajoute Mathieu Zagrodzki. Si Amal Bentounsi juge la proposition "plutôt bonne", elle estime que celle-ci ne vaut qu'à la condition d'aller "jusqu'au bout". Autrement dit, que "la caméra soit activée 24h/24, dès que le policier commence son service et jusqu'à la fin". 

 

 

Source : http://www.lexpress.fr

 

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 16:19

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

Le Décodex, un outil de vérification de l’information

 

« Le Monde » propose à ses lecteurs un moteur de recherche permettant de vérifier la fiabilité des sites d’information.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

« Vous n’avez pas peur de ne plus rien avoir à vérifier un jour ? » La question nous est parfois posée au détour de discussions avec des confrères, étudiants ou internautes. Mais les deux années écoulées ont montré que le problème se posait plutôt dans les termes inverses : attentats, Brexit, présidentielle américaine et maintenant française… Le flux d’information est aujourd’hui tel qu’on se demande surtout comment aider nos lecteurs à se repérer face à une vague toujours plus forte de fausses informations.

Notre travail quotidien, depuis la naissance des Décodeurs en 2009, est artisanal. Nous repérons et traitons une à une les informations qui nous semblent mériter un éclairage. Avec, parfois, l’impression d’être en train de vider un océan à l’aide d’une petite cuillère. D’où cette question qui nous préoccupe depuis plusieurs années : est-il possible d’automatiser la vérification ou la contextualisation de l’information ? Et si oui, comment ?

 

Notre réponse : le Décodex

Le Décodex est l’un des fruits de ce long travail, sur lequel il reste encore beaucoup à faire. Il a pour objectif de fournir au plus grand nombre des outils simples pour faciliter la vérification des informations. Nous avons conscience qu’il ne permettra pas de vérifier toutes les informations qui circulent en ligne, mais nous pensons qu’il offrira à chacun les moyens de discerner les plus évidentes d’entre elles, et d’être averti lors de la consultation d’un site connu pour diffuser de fausses informations.

 

Le Décodex du « Monde ».

L’un des exemples les plus simples est celui des sites satiriques ou parodiques. Ces derniers diffusent de fausses informations principalement pour faire rire et réfléchir. Par exemple, quand Le Gorafi écrit qu’Henri Guaino « propose de stopper la vague de froid avec un lance-roquettes », il ne souhaite pas tromper ses lecteurs, plutôt les faire sourire. Mais nous sommes régulièrement interpellés par des internautes qui ne savent pas toujours faire la différence entre ces sites décalés et les sites qui se veulent informatifs.

Nous ne pouvons, aux Décodeurs, faire un article à chaque fois que Le Gorafi, son grand frère américain The Onion ou ses cousins qui fourmillent un peu partout dans le monde publient un canular. Mais grâce à l’annuaire des sources du Décodex, ceux qui s’interrogent peuvent désormais savoir en un coup d’œil s’ils consultent un site à lire au premier ou au second degré.

Même chose pour un site comme ivg.net, partie d’un réseau de vrais-faux site d’information sur l’avortement, en réalité tenu par des militants anti-IVG, ou pour ces faux portails d’information locale en réalité tenus par des militants d’extrême droite : notre outil permettra de savoir que l’on ne se trouve pas sur un site « neutre », mais bien sûr un organe militant.

 

Lire aussi :   Ivg.net, sosbebe.org, ecouteivg.org... Les sites « faux nez » des anti-IVG

 

Eviter la confusion sur les sources

Ce projet a évidemment soulevé de nombreuses questions. Aux débuts, nous réfléchissions surtout à recenser les canulars et les sites spécialisés dans les fausses informations les plus grossières. Mais nous nous sommes très vite confrontés à des cas qui peuvent s’avérer beaucoup plus trompeurs. Par exemple, le site abcnews.go est un site parodique qui reprend le nom du réseau de télévision ABC. Mais on trouve aussi un autre site, abcnews.co, qui reprend lui aussi le nom « ABC ». Ce dernier a diffusé de fausses informations à plusieurs reprises, mais il n’a rien d’humoristique.

Pire, nous nous sommes aperçus que cette situation a créé un réel désarroi chez de nombreux internautes, qui finissent par ne plus savoir s’ils consultent un site d’information, un site parodique, ou un faux nez alimenté par un groupuscule d’extrême droite. Il nous a donc semblé nécessaire d’indexer également les grands sites de médias, les blogs, et même les pages Facebook, les comptes Twitter et les chaînes YouTube. Cela permet de certifier au lecteur qu’il se trouve bien sûr le site lemonde.fr et pas, par exemple, sur un faux site qui utiliserait notre nom.

Il s’agit d’un travail de longue haleine et qui se veut également collaboratif : à chaque fois que vous vous trouverez confronté à une source inconnue, vous pourrez, à terme, nous solliciter pour obtenir des réponses et pour que nous l’ajoutions à notre base.

 

Donner les bons outils au bon moment

Autre exemple : nous voyons régulièrement circuler de nombreuses fausses informations que nous avons déjà traitées par le passé. L’exemple le plus flagrant étant les messages appelant à « protéger » son profil Facebook via un message à publier sur le réseau social, qui reviennent régulièrement, tout en restant complètement erronés. Avec le Décodex, nous tentons d’améliorer notre réponse à ce problème en facilitant la recherche d’informations déjà démenties, à travers un annuaire des fausses infos.

De même, il existe aujourd’hui de nombreux guides pour aider les internautes à vérifier les informations auxquelles ils sont confrontés. Là aussi, nous avons tenté de rassembler le maximum d’informations pratiques au même endroit, pour que ces outils soient disponibles au bon moment. Nous avons par exemple conçu un un « bot Facebook » : lorsque vous irez parler avec Les Décodeurs dans la fenêtre de chat Facebook ou sur l’application Messenger, notre robot vous aidera à vérifier l’information.

Là encore, il ne s’agit pas à proprement parler d’automatisation de la vérification. Mais en construisant et en proposant gratuitement le Décodex, nous espérons donner des moyens accessibles à tous pour prendre du recul sur les informations qui circulent en ligne.

 

Une première réponse et un travail en cours

Nous sommes conscients des nombreuses limites de cette initiative, et des critiques qu’elle soulèvera : les sites classés comme peu fiables parleront peut-être de « censure » et nous rappelleront nos propres erreurs ; d’autres nous demanderont quelle légitimité nous avons pour faire ce travail, ou nous reprocheront de ne pas inclure d’autres sources. Notre index est critiquable, perfectible, et nous allons nous y employer.

Il est fondé sur une grille de lecture simple, qui vise avant tout à établir si les informations présentées sont fiables, quelle que soit l’orientation politique de l’émetteur. Il vise aussi à préciser, le cas échéant, qui dirige, écrit, possède le site ou canal sur un réseau social en question. Il ne vise pas à « censurer » quoi que ce soit : d’une part son utilisation est totalement libre ; ensuite, même une fois installé, il n’empêche en rien de consulter un site ou un compte sur un réseau social.

Nous n’allons évidemment pas en rester là. Nous souhaitons améliorer et compléter cet outil, en fonction de vos remarques et de vos critiques, et lui adjoindre d’autres fonctionnalités. Nous voulons aussi mobiliser une communauté d’internautes volontaires pour nous épauler. Nous travaillons également avec des chercheurs autour de la question de l’automatisation des vérifications, ce qui contribuera à enrichir notre outil.

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 18:07

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

L’incroyable longévité des salades de fruits « sans conservateurs » de Fructofresh

 

Pour gagner des parts de marché, l’entreprise polonaise utiliserait du dicarbonate de diméthyle, interdit en Europe pour ce genre de préparations.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

L’usine Fructofresh de Czarnowice (Pologne).

A la lisière de Czarnowice, paisible village de l’ouest de la Pologne, les hautes palissades de l’entreprise Fructofresh détonnent dans le paysage. Entre champs en friches et corps de fermes isolées, le fabricant polonais de salades de fruits et jus de fruits frais, qui exporte la majeure partie de sa production en Allemagne et en France, n’a pas grand-chose à craindre du voisinage. Mais elle veille jalousement sur les secrets industriels qui ont construit le succès de sa marque. Les consommateurs l’ignorent : les concurrents français de Fructofresh entretiennent de lourds soupçons sur ses procédés de fabrication. Pour écraser le marché, l’entreprise, qui emploie des travailleuses nord-coréennes dans des conditions proches du travail forcé, joue également d’une autre arme redoutable. Elle propose une salade de fruits frais d’une date limite de consommation (DLC) de quatorze jours « sans ajout de conservateurs ». Aucun concurrent européen ne parvient à rivaliser.

 

« Fructofresh est le seul industriel qui ­affiche sur ses salades de fruits une DLC de quatorze jours sans conservateurs. En France, on ne sait pas faire mieux que sept à neuf jours sans conservateurs, et en ­utilisant des antioxydants naturels [acide ascorbique, acide citrique], constate Jean-Martin François, le directeur de Frugi Services, un petit acteur du marché face à Fructofresh et aux français Délifruits, Bharlev, Stalaven ou Florette. On a fait des milliers de tests pour freiner le vieillissement de nos salades, et pourtant on n’a jamais trouvé la technique. »

La...

 

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L’usine Fructofresh de Czarnowice (Pologne).

L’incroyable longévité des salades de fruits « sans conservateurs » de Fructofresh

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Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 18:27

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

La liste noire des 91 médicaments à éviter

 

 

 

La liste noire des 91 médicaments à éviter

 

La revue "Prescrire" révèle sa liste des médicaments à retirer de nos armoires pour mieux nous soigner, mise à jour pour 2017.

 

Chaque année, elle tire la sonnette d'alarme. La revue "Prescrire" dévoile ce jeudi 26 janvier sa liste de près d'une centaine de médicaments "plus dangereux qu'utiles" à éviter en raison des risques sanitaires "disproportionnés" qu'ils font courir aux patients.

Cette liste noire, qui recense 91 médicaments, dont 82 vendus en France, à ne pas utiliser, à défaut de les voir retirer du marché, a été établie sur la base d'analyses publiées dans la revue au cours des années 2010 à 2016, soit sept années.

Pour 2017, la revue a décidé d'inclure les médicaments autorisés dans l'Union européenne, et analysés au cours de cette même période, qu'ils soit commercialisés ou non en France.

 

Tous les maux concernés 

Le registre des traitements critiqués - cancer, diabète, arthrose, allergies, maladie d'Alzheimer, nausées et vomissements - est vaste, que les médicaments en cause soient nouveaux ou anciens et les maux visés graves ou bénins.

"La persistance des firmes à les commercialiser et l'inertie des agences du médicament qui tardent à les interdire totalement exposent les patients à des risques injustifiés", s'indigne la revue.
  • A titre d'exemple, des médicaments contre le rhume, des décongestionnants, comme la pseudoéphédrine - une molécule présente dans un médicament anti-rhume sur deux (Humex, Dolirhume...), exposent à un risque de troubles cardiovasculaires graves voire mortels (poussées d'hypertension, AVC, troubles du rythme cardiaque).
  • D'autres, utilisés pour soulager des maux de gorge ou des toux, comme le Muxol ou le Bisolvon, sans efficacité prouvée au-delà de celle d'un placebo, peuvent entraîner des réactions allergiques et des réactions cutanées graves, parfois fatales.
  • Des médicaments utilisés dans le traitement hormonal substitutif de la ménopause comme le Livial, qui contient un stéroïde de synthèse (la tibolone), exposent à des troubles cardiovasculaires, des cancers du sein ou de l’ovaire.

 

Seulement une dizaine de médicaments retirés 

Sur la centaine de médicaments recensés par l'inventaire de la période 2013 - 2016, seulement une dizaine ont fait l'objet d'une suspension ou d'un retrait d'AMM (autorisation de mise sur le marché).

"Des décisions prises beaucoup plus souvent par l'Agence française du médicament ANSM que par l'Agence européenne du médicament (EMA)", constate "Prescrire". Quant au déremboursement, c'est "un pis-aller" et "une parade" quand l'agence française se heurte à l'impossibilité de retirer un médicament autorisé au niveau européen.

Cette liste fait l'objet d'un dossier spécial dans son numéro de février, mise en accès libre sur son site.

 

>> Voir la liste complète des 91 médicaments à éviter :

 

 

 

G. S. avec AFP

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 17:04

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

Sur les réseaux

Enquête sur l’algo le plus flippant de Facebook

 

 

 

 

Si la section « Vous connaissez peut-être » vous faisait parfois flipper en vous proposant des profils précis et éloignés de vos réseaux habituels, vous n’avez encore rien vu.

 

La section « Vous connaissez peut-être » (« People you may know ») de Facebook est une source inépuisable de spéculations. Cette fonction, en apparence sympathique puisqu’elle nous propose d’ajouter de nouveaux amis, semble détenir des informations très personnelles sur chacun d’entre nous.

  • Une journaliste de la rédaction s’est ainsi vu proposer un flirt dont elle n’avait pas noté le téléphone dans son portable ;
  • un autre collègue s’est vu proposer un pote qu’il n’a pas revu depuis 10 ans et qui venait de lui envoyer un mail ;
  • une autre enfin, sa femme de ménage, dont elle a le numéro de téléphone dans son portable, mais avec laquelle elle n’a jamais eu aucune interaction en ligne.

Beaucoup ont aussi vu apparaître des gens rencontrés sur des applis de rencontre comme Tinder ou Grindr. Plutôt embarrassant, non ?

 

Folles rumeurs

Entre nous, les mots de « magie noire » et « espionnage » sont prononcés. Sur Internet, les rumeurs les plus folles circulent sur la façon dont cet algorithme plutôt intrusif fonctionnerait.

  • Il existerait un « profil fantôme » de chacun d’entre nous, pré-rempli et automatiquement activé dès notre inscription.

C’est la théorie d’un utilisateur de Reddit. Il raconte avoir créé un profil anonyme avec un mail jamais utilisé et s’être vu proposer plein de contacts connus.

  • A Rue89, on en formule une autre pour se faire peur : Facebook nous proposerait aussi les personnes qui nous « stalkent » (espionnent en ligne) ou que nous avons récemment « stalkées ».

Je découvre que cette rumeur existe déjà, et que beaucoup d’utilisateurs y croient dur comme fer. Facebook l’a toujours démentie.

  • Dans le même genre, la sérieuse BBC affirmait, via des témoignages concordant et une société de sécurité informatique, que Facebook se connectait à des applications type Tinder ou Grindr pour vous faire des suggestions d’amis.

Un journaliste du Huffington Post a fait la même hypothèse. Ce que le réseau social a nié avec force.

Fabrice Epelboin, spécialiste des médias sociaux et entrepreneur du Web, croit les dires de Facebook, comme Vincent Glad :

« Ce serait très dangereux économiquement. Facebook n’est pas une société idiote, elle prend des risques calculés. »

Pour lui, l’explication est beaucoup plus simple :

« Quand on “date” quelqu’un sur Tinder, on lui donne bien son numéro avant, non ? Facebook se connecte en fait à votre répertoire. »

Ah bon ?

 

Un aspirateur à données, via votre téléphone

On résume. Il faut imaginer l’algorithme de Facebook comme un aspirateur à données géant.

 Visages et Facebook

Visages et Facebook - Pixabay/CC0

Dans un article du Washington Post, qui fait référence en la matière, il est expliqué que l’algorithme de « Vous connaissez peut-être » est basé sur la « science des réseaux ».

En définissant les réseaux auxquels on appartient, Facebook calcule nos chances de connaître telle ou telle personne. Et il peut même prédire nos futures amitiés. Un peu de probabilités et c’est dans la boîte.

« Ce n’est pas de la magie, mais juste des mathématiques très pointues », apprend-on.

Avertissement de Messenger, dont la

Avertissement de Messenger, dont la « synchronisation » permet au contact de « se connecter sur Facebook »

Couverture

 

En fonction des amis que l’on a, de nos interactions plus ou moins fortes et fréquentes avec eux, de l’endroit où on vit, des lieux où on a étudié et travaillé, l’algorithme fait ses calculs. Il tente aussi de définir les personnes « clés » de votre réseau, celles qui vous présentent aux autres. Enfin, il utilise votre géolocalisation, ce qui a probablement mené ce lundi à l’arrestation du voleur de la voiture d’un internaute, qui est apparu dans ses suggestions d’amis.

Surtout, depuis qu’il est arrivé sur votre mobile, via les applis Facebook et Messenger, le réseau social a un tas d’autres informations à mettre sous la dent de leur algo :  vos contacts téléphoniques et vos mails.

Vous l’avez autorisé, probablement sans en avoir conscience, au moment de l’installation de l’une et/ou l’autre application.

 

Le test ultime : le Nokia de Xavier de La Porte

Comme c’était un jour de pluie, j’ai voulu tester la puissance de cet algorithme qui marche donc sur deux pieds :

  • La « science des réseaux » ;
  • des tonnes de données « scrapées » de notre mobile notamment.

Je décide de créer un compte avec un numéro de téléphone et avec un faux nom. Le mien est déjà lié à un compte, donc Facebook le refuse.

En effet, il est interdit, en théorie, de créer un faux compte ou de doublonner, selon sa politique de « l’identité réelle » – les personnes transgenres en savent malheureusement quelque chose.

Il y a une personne dans ces bureaux qui n’a pas lié son compte Facebook à son numéro. J’ai nommé : Xavier de La Porte. Il possède un charmant Nokia cassé sur le dessus.

Le téléphone de Xavier, bolide de la protection des données

Le téléphone de Xavier, bolide de la protection des données

« J’ai 20 contacts dessus, seulement ma famille et mes amis proches », jure-t-il.

Il n’est évidemment pas question d’applications quelconques. Avec le numéro de Xavier, Facebook accepte la création du compte de « Mathilde Machin », 21 ans.

 

« Mathilde Machin », couverture très discrète

Et là, un truc vraiment effrayant arrive : des dizaines de contacts sont proposés, amis, famille, collègues de bureau, sources de Xavier. Ils ne sont pas dans son répertoire. Et ne sont pas non plus tous amis avec lui sur Facebook. A partir de là, deux hypothèses s’offrent à moi :

  • Son compte a été lié un jour à ce numéro de téléphone, et Facebook se rend compte qu’il s’agit de la même personne. Il lui propose logiquement d’ajouter les amis du compte de Xavier.

Mais, Facebook refuse d’ouvrir deux comptes avec le même mail ou le même numéro. Il s’agirait d’une sorte de faille de sécurité, puisque le téléphone sert justement à sécuriser votre compte. Et cela n’expliquerait pas pourquoi Mathilde Machin se voit proposer des personnes qui ne sont pas dans les amis Facebook de Xavier.

  • Les contacts proposés sont ceux qui possèdent le numéro de Xavier dans leur répertoire. Et qui ont donné à Facebook l’autorisation de scraper leurs données. Ce qui veut dire que l’algorithme de suggestion est tellement puissant qu’il réussit, en quelques secondes, à « inverser » la recherche.

Facebook, après s’être creusé les méninges un moment – c’est un peu technique –, me confirme la dernière hypothèse.

C’est vertigineux. Mais inscrit noir sur blanc dans les flippantes « Confidentialités et conditions » de Facebook. Qui autorisent l’application à utiliser les « données que vous importez ou synchronisez de votre appareil », type répertoire, mais aussi : 

« Les contenus et informations que les autres personnes fournissent lorsqu’elles ont recours à nos services notamment des informations vous concernant, par exemple lorsqu’elles partagent une photo de vous, vous envoient un message ou encore lorsqu’elles téléchargent, synchronisent ou importent vos coordonnées. »

Un algo gourmand

Facebook m’explique donc que l’algorithme se nourrit aussi des données que les autres ont sur vous (votre mail, votre numéro). Pour le dire autrement, quelqu’un qui a votre contact et l’importe dans son appli Facebook va probablement apparaître dans vos suggestions d’amis. C’est aussi fou que les rumeurs. Facebook insiste sur le fait que :

  • Le processus est transparent ;
  • l’algorithme, gentil, ne cherche qu’à vous faire retrouver vos amis et échanger avec eux ;
  • « Facebook ne possède pas et n’utilise pas » votre numéro de téléphone, il s’en sert pour mettre en relation des profils ;
  • et les paramètres de votre compte sont personnalisables.

Un samedi soir, vous êtes tombée amoureuse d’un ami d’ami. Le lendemain, vous demandez à l’ami commun son numéro. Vous hésitez à envoyer un message, vous bloquez plusieurs jours. Sachez donc que ce mec, à qui vous n’avez rien envoyé, vous a peut-être déjà vu apparaître dans « Vous connaissez peut-être ». Et qu’il a déjà peur de vous.

Article initialement publié le 2 juin 2016.

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 15:51

 

 

Source : https://www.franceinter.fr/emissions/les-savanturiers/les-savanturiers-08-janvier-2017

 

Les Savanturiers

Par Fabienne Chauvière

 

dimanche 8 janvier 2017

 

Barbara Demeneix, spécialiste mondiale des perturbateurs endocriniens

 

Aujourd'hui dans Les Savanturiers, les effets de la pollution sur notre santé mentale et les effets de la pollution sur la santé des abeilles.

 

 

Pesticides, insecticides, fongicides au premier rang des perturbateurs endocriniens

Pesticides, insecticides, fongicides au premier rang des perturbateurs endocriniens © Getty / The Washington Post

 

Vous allez faire connaissance avec, Barbara Demeneix une spécialiste mondiale des perturbateurs endocriniens, Professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle. Ce que raconte cette grande biologiste est sidérant : les pesticides, les plastiques ou les résidus de médicaments qui sont rejetés dans notre environnement affectent le développement du cerveau des enfants alors qu’il sont encore dans le ventre de leur mère. Pour Barbara Demeineix, l’intelligence des nouvelles générations est en péril, et de nombreuses études mettent en évidence une augmentation vertigineuse des cas d’autisme et des troubles de l’attention. En cause toujours, les perturbateurs endocriniens. Lorsque Barbara Demeneix a commencé à s’intéresser au sujet il y a 25 ans, peu de chercheurs la prenaient vraiment au sérieux. Aujourd’hui, tous lui emboitent le pas.

Barbara demeneix est l’auteur d’un livre très documenté aux éditions Odile Jacob : Le cerveau endommagé.

 

Dans la deuxième partie de l'émission, nous serons avec Gilles Salvat, Directeur de la santé animale, spécialiste de la santé des abeilles.

Les pesticides, les herbicides et les fongicides ont aussi des effets ravageurs sur… la santé des abeilles.

Depuis plusieurs années, un phénomène d’affaiblissement et de mortalité des colonies d’abeilles est constaté dans de nombreux pays. Les apiculteurs sont inquiets, le miel se fait rare, mais les agriculteurs aussi s’affolent, car de nombreuses cultures dépendent de la pollinisation des abeilles.

C’est en France à Sophia Antipolis que se situe le laboratoire de l'Anses pour la santé des abeilles en Europe, et il a fait le point en toute fin d’année sur les dernières connaissances.

livre

Le Cerveau endommagé - auteur Barbara Demeneix - paru aux éditions Odile Jacob

Pesticides, plastiques, résidus de médicaments et beaucoup d’autres choses encore : chaque jour, des centaines de milliers de produits chimiques sont rejetés dans l’environnement.

Ces perturbateurs endocriniens affectent le développement du cerveau, le métabolisme, la reproduction, et ont une incidence sur les cancers.

Des études scientifiques récentes montrent que le nombre d’enfants atteints de dérèglements hormonaux, de désordres de type autistique ou de troubles de l’attention avec hyperactivité est en augmentation constante.

Barbara Demeneix parvient même à une conclusion inquiétante : les capacités intellectuelles des générations futures seront sérieusement compromises.

Quelles solutions pouvons-nous mettre en œuvre pour protéger les enfants, mais aussi les adultes, à titre individuel et surtout collectif ?

Si nous refusons d’agir, les générations futures pourraient bien se retrouver impuissantes face à ces problèmes de santé publique. Il leur manquera l’intelligence – à tout jamais.

 

 

Source : https://www.franceinter.fr/emissions/les-savanturiers/les-savanturiers-08-janvier-2017

 

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 15:37

 

 

Source : https://www.franceinter.fr/societe/jacqueline-warner-je-ne-crois-qu-on-ne-savait-qu-on-etait-10-humain-et-90-bacterien

 

 

Jacqueline Warner : “Je crois qu’on ne savait pas qu’on était 10% humain et 90% bactérien”

 

 

 

Longtemps, nous avons réduit l’intestin à ses fonctions digestives avant de découvrir d'autres fonctions fondamentales : il prédomine nos comportements, nos actes, nos pensées.

 

Schéma de l'appareil digestif

Schéma de l'appareil digestif © Getty / De Agostini Picture Library

 

Au micro d'Ali Rebeihi dans Grand bien vous fasse, Thomas Uhl (naturopathe), Jacqueline Warnet (hépato-gastroentérologue spécialisée en micro nutrition) et Louis Berthelot (acupuncteur spécialisé en médecine traditionnelle chinoise et en micro nutrition) expliquent l'importance de notre microbiote.

Jacqueline Warnet remarque : “Je ne crois qu’on ne savait pas qu’on était 10% humain et 90% bactérien”. Et pour l'essentiel, ces bactéries se trouvent dans les intestins... Il est donc grand temps de s'y intéresser !

 

Le charme discret de l'intestin

 

Elle n'était pas la première à s'"intéresser au sujet... Mais elle est assurément celle qui l'a popularisé : Giulia Enders est une jeune étudiante en médecine, allemande ; en 2014 elle publie sa thèse sur les bactéries qui peuplent nos intestins... et cela fait un tabac : "Le charme discret de l'intestin", sous-titré "Tout sur un organe mal-aimé".

 

Elle était invitée de Mathieu Vidard, réécoutez-la : lien

 

 

 

Le microbiote, c'est quoi ?

Le microbiote est ce qu'on appelait la flore intestinale ; cela représente 100 000 milliards de bactéries. Parmi elles, des bactéries dominantes, des sous dominantes, et d'autres enfin qui ne sont que de passage. C'est cet équilibre qui est important et qui détermine notre immunité (et donc notre santé). Pour Louis Berthelot :

Le microbiote est le pilier de la santé.

Louis Berthelot explique : "Dès qu’il est en déséquilibre,vous aurez en cascade un ensemble de problématiques qui peuvent apparaître." Parmi eux, des manifestations "classiques" (gaz, diarrhées, vomissements...) mais aussi des troubles de l'humeur, de la fatigue, des problèmes dermatologiques...

Pour Jacqueline Warner :

Le microbiote intestinal est l’un des chefs d’orchestre du corps.

► LIRE AUSSI | les conseils alimentaires de Louis Berthelot, Jacquline Warner et Thomas Uhl pour être en forme

 

Vivre en symbiose avec nos bactéries

Dès notre naissance, nous vivons en symbiose avec nos bactéries. Cela nécessite un équilibre, une harmonie. Quand cela n'est pas le cas, les manifestations peuvent être très variées : troubles de l'humeur, de la concentration, de la respiration…

Jacqueline Warnet cite l'exemple du candida albican, un champignon qui vit dans notre corps et qui, en règle générale, lui est bénéfique. Du moins il l'est s’il vit dans ses bonnes mesures. Mais s'il y a du stress, un traitement antibiotique, une mauvaise alimentation, il peut être amené à se développer. Il provoque une addiction au sucre très forte donc une soif très forte de sucre... et de ce fait il amène des comportement comme l'irritabilité, des tensions, un épuisement général.

Le docteur Jacqueline Warnet note que "de nombreuses personnes ont des candida albican sans le savoir".

"Deux types de cellules ont besoin de beaucoup de sucre : les candida albican et les cellules cancéreuses. Donc, à chaque fois que vous mangez du sucre, réfléchissez, parce qu’il va y avoir des conséquences. Vous n'allez pas nourrir ce que vous voulez et vous allez faire dysfonctionner votre cerveau".

 

Le chemin de la nourriture

  1. La bouche. Déjà, quand on met un aliment en bouche, on le met en petit morceaux (ce qui permettra à l'estomac de faire son boulot) et on l’imprègne de salive (la digestion commence dès ce niveau avec les amylases).
  2. L'estomac. L'acide gastrique, antibactérien, sépare les protéines et les met en petits morceaux
  3. Le petit intestin. Ici se fait l'assimilation (les nutriments passe dans la circulation) : le glucose, les acides aminés, les acides gras à courte chaîne et le glycérol passent dans les vaisseaux sanguins ; les acides gras à longue chaîne et les triglycérides passent dans les vaisseaux lymphatiques ; l'eau, les sels minéraux et les vitamines quant à eux peuvent passer dans les deux types de vaisseaux.
  4. Le gros intestin (ou colon). Il récupère ce qui reste - là, 100 000 milliards de bactéries attendent à manger.
  5. ... Et dans les selles, on trouve : ⅓ de fibres ; ⅓ de cellules mortes ; ⅓ de bactéries.
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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 16:46

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Spoliation de nos données : ce que la gauche pourrait proposer

 

 

Le chercheur biélorusse Evgeny Morozov propose une alternative de gauche à l’exploitation des données numériques.

 

Initialement publié sur 

 

 

 

Mi-décembre, le chercheur biélorusse Evgueny Morozov publiait sur son blog hébergé par le Monde diplomatique un article qui a le grand mérite d’enjoindre la gauche à réfléchir.

Morozov part d’un constat partagé. Cinq entreprises américaines ont aujourd’hui « extrait, traité et digéré une grande partie des données mondiales » (Amazon, Google, Microsoft, Facebook et IBM).

 

Evgeny Morozov, en septembre 2016, en Italie

Evgeny Morozov, en septembre 2016, en Italie - Leonardo Cendamo/Leemage

Grâce à nos données, ces entreprises ont développé un savoir hors du commun en Intelligence artificielle et une quasi mainmise sur le monde numérique. Et Morozov de faire l’analogie suivante :

« Imaginez que la surface de la terre soit soudain devenue la propriété [...] de cinq gros bonnets du BTP, et que nous autres humains soyons obligés de payer un droit d’utilisation chaque fois que nous posons un pied au sol. »

Ce serait insupportable, c’est pourtant la condition de notre vie numérique. La question est donc : comment réagir ? Comment trouver une réponse équivalent à ce que fut la taxe foncière, dont l’invention vint contrecarrer l’accaparement des terres par une élite aristocratique et financière ?

Morozov distingue deux stratégies.

 

Limiter la taille de ces entreprises

La première, c’est la création d’un modèle alternatif. Par exemple, les chauffeurs d’une ville qui vont s’organiser en coopérative pour contrer Uber. C’est sans doute beaucoup mieux pour les conditions de travail, mais ça ne peut être qu’une solution locale et à court terme.

Aucune coopérative de chauffeurs n’aura les fonds suffisants, et la quantité de données suffisante, pour développer des voitures autonomes par exemple.

L’autre solution est celle prônée par les populistes de gauche du type Bernie Sanders. Elle consiste à limiter la taille de ces géants économiques, pour éviter qu’ils étendent leur mainmise sur trop de secteurs. Mais, au dire de Morozov - et on ne saurait lui donner tort sur ce point -, c’est ne pas comprendre la particularité de cette ressource qu’est la donnée. Et il fait encore une analogie signifiante : à l’inverse du pétrole, qui ne prend pas de valeur quand on augmente les stocks, plus on a de données, plus on peut les analyser finement, plus on est à même de développer des services performants et bon marché.

Limiter la taille des entreprises, garantir la concurrence ne sont plus les conditions d’une politique plus juste.

 

Les données dans le domaine public

Morozov propose donc une autre voie. Ce qu’il faut, dit-il, c’est faire des données un bien qui relève du domaine public. Il faudrait donc inverser le paradigme. Au lieu que ce soit nous qui devions payer pour utiliser des services qui fonctionnent grâce aux données que nous avons fournies gratuitement, nous devrions faire payer les entreprises qui utilisent ces données qui sont notre bien commun (libre ensuite à ces entreprises de nous vendre leurs services si elles le veulent).

Morozov considère cette voie comme le ferment d’un nouveau populisme de gauche, un populisme qui ne prône plus le retour illusoire au plein emploi, un populisme qui n’ait plus la nostalgie d’un « Etat providence hautement interventionniste ».

Un populisme qui ne promette pas seulement ce que nous avons aujourd’hui en un peu amélioré, mais un populisme qui ose affirmer que les données appartiennent au peuple. Il invite donc le camp progressiste à se saisir de cette question, dont il estime qu’elle est un boulevard pour la gauche, la droite n’ayant de rien de nouveau à proposer sur ces questions (du simple fait que l’on vit dans un régime de la donnée de droite).

 

Populisme

Je sais bien que cette question des données peut sembler secondaire par rapport à bien des questions qu’affrontent nos sociétés, et qui divisent la gauche aujourd’hui. Néanmoins, je trouve l’idée de Morozov à creuser (tout comme il faudrait sans doute déterrer le rapport Colin et Collin sur la fiscalité numérique qui contenait des aspects intéressants au sujet de l’exploitation des données).

Parce que les mutations que le numérique fait subir à l’économie apparaissent soudain plus seulement comme des fatalités qui ne font que creuser inéluctablement les inégalités, mais comme l’occasion de penser des politiques économiques qui soient vraiment de gauche.

Reste l’emploi que fait Morozov du mot « populisme », qui peut paraître un peu étrange dans ce contexte. Mon hypothèse est que Morozov l’emploie pour ne pas employer le mot « communisme », un peu trop marqué historiquement, et que ce « populisme » auquel il se réfère n’est pas celui qui flatte le peuple, mais celui qui voit d’abord les intérêts du peuple.

Et il n’est pas faux de considérer aujourd’hui que toutes ces données que nous fournissons aux géants de l’économie numérique par le moindre de nos actes numériques (tout simplement, par exemple en nous déplaçant avec un téléphone géolocalisé), et qui nous sont revendues ensuite sous la forme de services divers, constitue une des spoliations du bien du peuple la plus spectaculaire de l’Histoire.

Retrouvez les podcasts de l’émission via iTunes ou en RSS.

 

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 17:43

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

GOLEM

L’homme le plus connecté du monde s’est fait dévorer par ses données

 

 

Chris Dancy a été l’homme le plus connecté du monde et a livré tellement de pans de sa vie aux données qu’il s’est vu disparaître. Son histoire dit quelque chose de notre rapport problématique aux données.

 

 

A 40 ans, Chris Dancy a décidé de mesurer toute sa vie. Il est devenu « l’homme le plus connecté du monde », un bon filon marketing et une façon pour lui d’atteindre un niveau de contrôle sans précédent sur son existence.

Quelques années plus tard, il s’est retrouvé psychiquement en miettes, perdu dans la réalité automatisée qu’il s’était pourtant construite sur mesure.

Aujourd’hui, il prône un rapport mesuré et « doux » à la technologie et essaie d’atteindre la paix intérieure. Son histoire est extrême mais elle en dit long sur le fantasme de contrôle des données.

 

Crise d’obsolescence

L’histoire que raconte Chris Dancy commence en 2008. Sur les années qui précèdent, il reste évasif. Enfance modeste, vie compliquée, « beaucoup de drogues, de prostitution... des choses terribles, vraiment » : on n’en saura pas plus. Mais cela importe peu  : la vraie vie de Chris Dancy, telle qu’il l’a reconstruite, commence à 40 ans.

Directeur du service informatique d’une grande société, il vit une crise de panique. Au rythme où la technologie évolue et avec l’arrivée des téléphones portables, il est convaincu qu’il sera inutile dans dix ans.

Pour échapper à l’obsolescence, il décide de prendre la technologie de vitesse et de la maîtriser avant de se faire envoyer au tapis. En cherchant quel secteur le sauvera le mieux, il découvre le champ naissant du « quantified self », la mesure de soi, lancé en 2007 par des éditeurs du magazine américain Wired. Chris Dancy s’y lance corps et âme.

 

Musique, odeur, luminosité...

le rythme cardiaque de Chris Dancy

L’idée du quantifief self est de mesurer ses données pour connaître précisément ses comportements et pouvoir les optimiser en conséquence. Chris Dancy va pousser cette logique très loin.

Il installe chez lui et sur lui une batterie de capteurs, pour collecter toutes les données possibles sur ses comportements, de ses heures de sommeil à ses rythmes urinaires.

Il écrit des programmes pour garder des traces de tout ce qu’il fait et de tous les paramètres de son environnement : ses communications, ses activités, mais aussi le temps qu’il fait, l’environnement sonore (quelle musique de fond ? A quel volume ?), l’odeur, la luminosité... Il classe tout ça en grandes catégories, «  environnement  », «  social  », «  financier  », «  santé  », «  opinion  », «  spiritualité  », et intègre tout dans son agenda Google.

 

Apprenti sorcier

Au bout d’un an, il se penche sur ce qu’il a recueilli pour voir ce qu’il peut apprendre. Devant son agenda Google où des cases de toutes les couleurs matérialisent les données, il réfléchit. Il est comme un ingénieur devant un tableau de contrôle :

« Je prenais ces petites unités de comportement et je les changeais de place pour voir ce qui se produisait  : une même conversation avec un ami prend-elle un tour différent s’il fait chaud ou s’il fait froid, si on marche ou si on est assis ? »

Il découvre des corrélations insoupçonnées entre ses comportements et ses émotions.

A l’époque, il mange trop, fume deux paquets par jour, a des conduites excessives et addictives, dort mal et a régulièrement des crises de rage. Les données, se dit-il, recèlent peut-être le secret du changement.

 

Des changements visibles

Comme on bougerait un potentiomètre, il commence à modifier ses comportements, sans rien dire à personne. Il commence simplement : il déplace l’heure de ses repas pour voir comment son sommeil est affecté. Progressivement il touche à d’autres variables, règle différemment les paramètres :

Avant - Après

« Je parlais différemment, je me comportais différemment, un peu comme un robot. Les gens me trouvaient bizarre – mais je savais, moi, que j’étais en train de me changer, délibérément. »

Au bout d’un an et demi, les changements sont visibles. Il perd du poids, arrête de fumer, cesse de crier, décroche de la drogue.

 

Nouveau pouvoir

Il étend l’expérience au monde social  : en produisant tel ou tel signal, il a l’impression de pouvoir manipuler le comportement des gens, de pouvoir les subjuguer à demande.

« Il m’était très facile de dominer les situations sociales. Comme si mon intuition avait été démultipliée par l’optimisation. »

Ce nouveau pouvoir l’isole et il dit aujourd’hui qu’il creusait pour lui une immense solitude :

« C’était trop facile de pousser les gens à faire ce que je voulais. C’était terrifiant. »

Chris Dancy à Tokyo, au Japon, en 2013

Chris Dancy à Tokyo, au Japon, en 2013 - Kyle Thompson
 

Mais il lui donne le sentiment d’être devenu un surhomme, presque un prophète. En 2013, un journaliste du magazine Wired lui consacre un portrait. Chris Dancy confie  :

« Ça pourrait briser quelqu’un. Nous ne sommes pas censés avoir accès à tout ce savoir, encore moins pouvoir l’emmagasiner et y avoir accès tout le temps. »

Mais ça ne l’effraie pas  :

« D’une certaine façon, ça me déshumanise un peu, mais ça m’aide aussi à me détacher et à gérer des personnes difficiles. »

 

L’homme le plus connecté du monde

L’article de Wired met le feu aux poudres. Très vite, d’autres médias s’intéressent à lui. Il se trouve soudain invité partout, dans des conférences, des rencontres avec des chefs d’entreprise, des personnalités. Soudain, il devient riche – gagnant environ un demi-million de dollars par an.

Sa vie est passée à la vitesse supérieure. Il n’a plus à se cacher puisque le monde le célèbre pour ses expériences. Il accélère encore le processus, s’équipe et crée de plus en plus de programmes pour non seulement surveiller son comportement mais le modifier, par des processus de feedback.

« J’ai créé un GPS pour ma vie. »

Ainsi, s’il va dans un fast-food, son téléphone est programmé pour lui envoyer une notification disant « Chris, n’y va pas  ! » S’il y va quand même, ses amis reçoivent des notifications disant  : « Chris s’apprête à faire une bêtise. Arrêtez-le  ! »

 

« Vous vivez dans un film »

Sa maison « intelligente », bourrée de capteurs, devient une extension technologique de lui-même, un orgue à sensations programmé pour réagir à ses émotions et les influencer en modifiant l’environnement  :

« Si je parlais trop fort, le capteur le remarquait et baissait les lumières. Si je n’avais pas fait de sport de la journée et que la météo disait qu’il allait pleuvoir dans deux heures, la lumière se mettait à clignoter. »

Un jour, devant une journaliste, il évoque sa mère, morte peu de temps auparavant. Automatiquement, la lumière baisse, la chanson préférée de sa mère s’élève et ses photos apparaissent sur l’économiseur d’écran de son ordinateur. « Vous vivez dans un film », lui lance la journaliste. Aujourd’hui, il dit lui-même  : « C’était un peu glauque. »

 

Chris Dancy fait visiter sa maison à une journaliste de Mashable
 

De plus en plus, il délègue à des machines une part du rapport que notre conscience établit normalement avec le monde – la volonté, l’autodétermination, le souvenir.

Mais lui est en plein ego trip. Le loser de 2008 est devenu un héros de la tech mondiale, un homme qui croit se contrôler de bout en bout. Dans cette vidéo de promo surréaliste, il apparaît comme un homme tenant, littéralement, le monde entre ses mains :

 

« Christory, the rise of the innernet »
 

« Tout ça monte à la tête. On commence à se dire  : peut-être que je suis un héros, un Superman... Mon compagnon ne comprenait pas. Vers 2014, je ne pouvais plus me mentir plus longtemps : peut-être que les choses étaient différentes, mais pour qui  ? »

 

« Je changeais si vite »

Le golem qu’il a créé commence à lui échapper. La réalité qu’il a façonnée autour de lui commence à le dévorer.

Lui qui a programmé ses e-mails pour recevoir chaque jour ce qu’il a écrit dans son journal intime pile un an auparavant, qui a programmé sa maison pour qu’elle lui montre des souvenirs, vit en permanence dans un mélange de passé, de présent et de futur.

« Je ne savais plus quelle version de moi j’étais. Celle d’aujourd’hui  ? De la veille  ? D’il y a un an  ? Puisque je gardais tout, je pouvais actualiser n’importe quelle version de moi, elles étaient toutes accessibles. »

Son unité psychique se fissure. Il est de plus en plus angoissé. Il fait des batteries de tests mais les médecins ne trouvent rien. Les vitesses à laquelle les programmes qu’il a créés le font changer commencent à produire des effets étranges.

« Je changeais si vite que je ne pouvais plus suivre la vitesse de transformation de mon corps et de mon esprit. »

 

« J’avais l’impression de disparaître »

Il découvre chez lui des zones nouvelles qui le terrifient  :

« Je commençais à manger des plats que je n’avais jamais aimés, à m’entendre avec des gens avec qui normalement le courant ne passait pas, à écouter de la musique que je n’avais jamais écoutée... Tout devenait différent. Je ne savais pas pourquoi, ni d’où ça venait. »

Chris Dancy à Kyoto, au Japon, en 2015

Chris Dancy à Kyoto, au Japon, en 2015 - Kyle Thompson
 

Il se demande s’il n’a pas franchi une barrière invisible, si à vouloir s’optimiser il ne s’est pas perdu :

« J’avais le sentiment d’être en train de disparaître. L’impression qu’un beau matin, je me réveillerais sans plus savoir qui j’étais. »

Autour de lui, sa vie s’effondre. Il se sépare de l’homme avec qui il vit depuis quinze ans. Il change de travail. Lui qui voulait tout contrôler se trouve complètement perdu – sans même plus pouvoir compter sur « lui-même » :

« Tout avait disparu  : mon compagnon, ma maison, mon chien, mes cigarettes, ma musique, mes amis, mes fêtes... Il ne restait que cette personne que je ne reconnaissais pas et qui occupait une place de plus en plus grande de ma vie. »

 

« Je ne pouvais plus m’arrêter »

Mais cette désintégration psychique ne suffit pas à arrêter la machine folle qu’il a lancé :

« Je préférais mourir plutôt que de continuer à changer. Mais je ne pouvais plus m’arrêter. Même si j’arrêtais les capteurs, les machines... je restais programmé pour faire attention aux variations dans mon comportement. »

Il se tourne vers ce qu’il sait faire  : chercher les stimuli qui vont changer ses comportements. Il découvre par hasard qu’il peut faire disparaître ses crises de panique ou sa colère s’il regarde une vidéo de quelqu’un en train d’éprouver précisément ces sentiments. Il construit un programme qui lui envoie des vidéos adaptées s’il sent monter des signaux de malaise, tristesse, colère...

Les mêmes techniques qu’il utilisait pour s’optimiser lui servent maintenant à chercher le calme. Il devient peu à peu « étonnamment zen ».

 

Le cyborg pleine conscience

De cette période il parle encore avec angoisse.

« Je crois que je suis devenu une singularité. Que, d’une certaine façon, j’ai activé quelque chose qui n’est pas moi. »

 

Les heures de sommeil de Chris Dancy

Il fait référence au moment mythique des transhumanistes, celui où les machines prendront soi-disant le pouvoir sur l’homme. Maintenant, il veut apprendre aux gens à ne pas être dévorés par la machine. Car il est convaincu que son histoire préfigure la nôtre.

« Aujourd’hui vous êtes tous comme moi il y a quelques années, en crise à cause de la vitesse. Les gens qui commencent à utiliser ces outils vont être complètement partis vers 2020. Psychologiquement je crois qu’on va voir beaucoup de gens devenir très très anxieux, suicidaires... et c’est à cause de la technologie. »

Chris Dancy se présente désormais comme un « mindful cyborg », un cyborg attentif. C’est sous ce nom qu’il fait aujourd’hui le tour des scènes, comme en juin au festival Futur en Seine à Paris. Il se fait l’apôtre non pas de la déconnexion («  aujourd’hui c’est impossible  ») mais d’un rapport plus conscient aux technologies. Puisqu’elles sont là et qu’il existe des « résidus de données » – tout ce dont votre téléphone se souvient et que vous voudriez qu’il oublie  : les messages d’ex amants ou de proches perdus, les raccourcis qui témoignent de passions honteuses – il faut juste apprendre à vivre avec.

 

« Digital Jesus »

C’est ce qu’il enseigne avec sa « méditation avec le smartphone » : il demande aux gens de monter à fond le volume de leur téléphone et d’observer leur réaction quand il sonne, vibre, etc.

Il lit aussi « les lignes du smartphone » : il examine le téléphone, extérieur et écrans intérieurs compris, pour savoir ce que cela révèle des gens. C’est un peu gadget, reconnaît-il, mais c’est, dit-il, surtout une façon d’utiliser les téléphones pour parler de l’intime.

Son idée, aujourd’hui, est d’utiliser la technologie pour des usages doux, pour créer du lien et de l’empathie. Lui qui a pris tant de plaisir à manipuler les gens y voit sa rédemption :

« Je paie pour mes fautes. Mais je ne suis pas le premier à avoir abusé de son pouvoir. »

Mais l’ivresse du pouvoir n’a pas disparu dans cette nouvelle version de lui-même. Elle s’est seulement déplacée. Il aime raconter comment il subjugue son public, fait remarquer que d’aucuns l’appellent « digital Jesus », Jésus numérique.

 

Chris Dancy à Futur en Seine à Paris, début juin 2016

Chris Dancy à Futur en Seine à Paris, début juin 2016 - Dan Taylor/Heisenberg Media
 

Le cyborg s’est réinventé prophète ou mage : ses dernières recherches visent à utiliser les données qu’il collecte sur sa perception de la mémoire et de la nostalgie pour modifier, non plus le réel, mais le temps :

« Si on doit se souvenir de moi après ma mort, je pense que ce sera comme un premier magicien tech. Ou du premier “cyber-mage”. »

 

« L’atmosphère, soudain, change »

Aujourd’hui, il aimerait retomber amoureux. Pas simple quand on a pris l’habitude de vivre en contrôlant tous les paramètres de son être.

« Quand je rencontre des gens ils pensent que je suis l’homme le plus magique qu’ils aient jamais rencontré. Mais tout est automatisé  ! »

Il rit. Il plaisante. Un peu. Et raconte comment se passent ses premiers rendez-vous amoureux  :

« Le premier rendez-vous est toujours magique. Le deuxième rendez-vous, ils viennent chez moi. Et là, le temps s’arrête, comme lors de toutes les premières rencontres. C’est “l’amour numérique”.

Je module plein de paramètres dans la maison – la lumière, la musique, etc – ce qui m’aide à être complètement synchrone avec eux, et eux aussi. Pendant la première demi-heure, on parle de choses intimes, d’ouverture, de vulnérabilité... Puis on s’embrasse doucement, on parle, la musique se baisse, de 72 db à 51 db... Ils sont sous le charme de la maison... Mais quand un événement imprévu se produit (un chien aboie dans la rue, ou alors je dois aller au toilettes)... l’atmosphère, soudain, change. »

Il est conscient que cet arsenal le poursuit, l’empêche de se livrer. Mais il ne sait plus réellement faire sans.

« Quand j’essaie de rencontrer les gens dans des bars, normalement, je n’y arrive pas. Ils me semblent tellement... tellement simples. »

 

Grande vulnérabilité

A l’entendre, on se dit que derrière cette quête effrénée du pouvoir des données se cache surtout une grande vulnérabilité. Que sa cuirasse technologique, comme celle des transhumanistes, est peut-être le signe d’un rapport écorché au monde, d’une incapacité à l’accueillir et à s’y livrer sans peur.

 

La nourriture consommée par Chris Dancy

« J’ai toujours été vulnérable. Bien avant que je ne manipule les gens avec ma vulnérabilité, j’essayais de la cacher de toutes les façons possibles. Je parlais avec une grosse voix, je portais certains vêtements... J’ai mis beaucoup de temps à révéler que j’étais gay. Aujourd’hui, j’accepte enfin que ce n’est pas grave si tout ne va pas. »

Mais sa quête est loin d’être terminée. Et le sujet qu’il a perdu dans sa course aux données n’est pas encore recomposé.

« J’essaie de ne pas réapparaître. Car je ne sais pas ce qui ressurgirait. J’essaie d’exister entre ces deux états : la nouvelle instance, et l’ancienne. »

 

Initialement publié le 17 juin 2016.

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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