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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 21:15

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Accaparement des terres: l’interminable bras de fer avec le groupe Bolloré

 

Par Dan Israel
 
 

Samedi, des opposants à la politique africaine de Bolloré se réunissent à Paris. Au Cameroun, en Côte d’Ivoire ou en Sierra Leone, les riverains des plantations d’hévéas et de palmiers à huile du groupe luttent toujours pour vivre mieux. Deux de leurs représentants étaient récemment en Europe.

Tous contre Bolloré. Ce samedi 8 avril, un collectif d’associations de la société civile française et africaine appelle à manifester « contre la nouvelle Françafrique », et notamment contre le groupe Bolloré, très actif sur le continent africain. Il sera largement question de l’accident, en octobre 2016, d’un train de la société camerounaise Camrail (dont Bolloré est l’actionnaire majoritaire), dû à « une accumulation de fautes graves et de négligences », selon un rapport d’expert. Mais pas seulement. Des villageois devraient aussi intervenir, par vidéo, pour raconter leur lutte contre les plantations de Socfin et l’accaparement de leurs terres.

Socfin est une holding luxembourgeoise dont le groupe Bolloré est le principal actionnaire (38,7 % des parts), qui détient des plantations industrielles de palmiers à huile et d'hévéas dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie. Depuis 2008, les expansions de ces plantations sont continues et les surfaces de ses plantations africaines ont augmenté d’un quart entre 2011 et 2014, selon l’Alliance des riverains desdites plantations, qui ont décidé en 2013 de se coordonner, avec l’aide active de l’ONG française ReAct.

« Ces expansions provoquent de graves conflits avec les populations riveraines qui sont privées de terres et voient leurs conditions de vie sans cesse se dégrader », résume l’association. Les militants dénoncent les conditions de vie et de travail au sein ou à proximité des immenses plantations et sont porteurs de revendications et d’accusations anciennes, que le groupe connaît bien. Elles étaient notamment énumérées dans une lettre ouverte qui avait été remise en mains propres, en juin 2013, à Vincent Bolloré.

Mediapart a déjà rendu compte de ces conflits, et des actions menées pour tenter de les résoudre, en 2013 et en 2015. Nous avons aussi raconté que des villageois cambodgiens ont décidé d’attaquer Bolloré en justice, directement en France. Mais sur place, près des diverses plantations, la situation évolue peu. Pour ReAct, les négociations et multiples tentatives de discussion depuis 2008 ont « trop souvent mené à une impasse ». En Sierra Leone et en Côte d’Ivoire, indique l’ONG, aucune discussion n’a pu être menée, tandis qu’au Cameroun, au Liberia ou au Cambodge, des rencontres ont bien eu lieu, mais sans aboutir à des mesures concrètes.

Lassée par ces tergiversations, l’Alliance des riverains a récemment mandaté deux de ses membres sierra-léonais, Shiaka Sama et Joseph Rahall, pour passer dix jours en Europe et tenter de faire avancer les choses. Les deux hommes sont des figures de la protestation contre les plantations de Socfin. Le premier, comme nous l’avions raconté, a fait de la prison en octobre 2014, accusé avec d’autres membres de Maloa, l’association dont il est le porte-parole, d’avoir détruit des plants de palmiers à huile, ce qu’ils ont toujours contesté. En février dernier, Shiaka Sama a été condamné à une forte amende (environ 13 000 euros), et les autres militants à la moitié de cette somme. Leur sort, ainsi que celui d’autres activistes locaux, a déclenché les protestations officielles de la Fédération internationale des droits de l’homme.

Shiaka Sama, à gauche, le 20 mars devant le siège de Socfin. © DR

Shiaka Sama, à gauche, le 20 mars devant le siège de Socfin. © DR

 

Joseph Rahall dirige quant à lui une autre association sierra-léonaise, Green Scenery. En mai 2011, il avait publié un rapport très critique sur l’implantation de Socfin dans son pays, qui lui avait valu une plainte en diffamation, retirée depuis. Début juin 2013, de nombreuses ONG internationales avaient protesté contre cette plainte, soulignant que « le rapport de Green Scenery est en cohérence avec les plaintes officielles déposées par les communautés locales, opposées à l’appropriation de leurs terres et à la destruction de leurs cultures et forêts ». Deux autres rapports partageant ces critiques ont été publiés. L’un, produit en avril 2012, est signé par The Oakland Institute, célèbre think tank américain qui observe de près les activités des grandes entreprises dans les pays en développement. Cette étude, très sévère, faisait suite à une tribune sans concession de son directeur politique, le Français Frédéric Mousseau, parue dans Le Monde en mai 2012. En octobre 2012, c’est l’association allemande Welthungerhilfe qui signait, elle aussi, un rapport assez négatif sur le même sujet.

Du 13 au 22 mars, Sama et Rahall se sont donc rendus en France et en Belgique, où ils ont rencontré des associatifs, des journalistes, mais aussi des responsables de l’OCDE et du ministère des affaires étrangères belge. Lundi 20 mars au matin, ils étaient à Bruxelles, devant le siège de Socfin, pour essayer de rencontrer des représentants de l’entreprise. Une petite mise en scène – une table, de nombreuses chaises – leur a servi à dénoncer la politique de la chaise vide menée par l’entreprise dans le conflit l’opposant aux communautés locales. Cinq jours plus tard, des activistes belges ont pris le relais...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 19:04

 

 

Source : http://www.cadtm.org

 

 

La clinique grecque autogérée d’Elliniko refuse un prix du Parlement européen

6 avril par Fátima Martín

 

 

La clinique communautaire métropolitaine autogérée d’Elliniko a rejeté le Prix du citoyen européen 2015 décerné par le Parlement européen. Le même Parlement dont le président, le social-démocrate allemand Martin Schulz, a menacé les Grecs de sortie de la zone euro s’ils votaient « non » au référendum, a offert cette reconnaissance au centre, qui prend en charge les patients qui ont perdu la couverture gratuite des soins. Un prix que ses membres ont rejeté en déclarant : « il serait totalement hypocrite de recevoir un tel prix alors que l’Europe fait semblant de ne pas voir les bébés souffrant de malnutrition, les malades de cancer non assurés qui meurent, les histoires de familles souffrant de la faim et de personnes qui vivent sans nourriture, sans eau ni électricité pour une année de plus ».

Les membres de la clinique ont indiqué qu’ils profiteraient de leur visite à Bruxelles pour tenter de faire campagne contre le mémorandum et la politique d’austérité imposée à la Grèce. Mais, après avoir été informée, la vice-présidente du Parlement européen, Sylvie Guillaume, du Parti socialiste français, a fait annuler les billets d’avion et l’hébergement prévus pour la participation des représentants du centre à la cérémonie, prévue le 15 octobre 2015 à Bruxelles, en disant qu’elle ne trouvait pas leur participation appropriée. « L’événement et la cérémonie sont une occasion spéciale pour reconnaître tous les gagnants et ne devraient pas être utilisés à d’autres fins, et cela n’a rien à voir avec la qualité de votre action », a-t-elle dit.

Les représentants du centre qualifient d’« hypocrite » le prix offert par les institutions européennes

Les membres du collectif ont déclaré que le prix symbolisait la reconnaissance de « quatre ans de lutte pour une société plus juste pour les chômeurs non assurés qui ont été abandonnés par l’État grec durant la crise », mais ils ont rappelé que « ce combat est pour les trois millions de personnes en Grèce qui sont sans sécurité sociale, sans travail et dans la pauvreté la plus absolue en raison des politiques d’austérité imposées par le FMI, la BCE et l’UE ».

Ils ont déclaré dans un communiqué, après avoir appris qu’ils recevraient le prix : « Pour nous et la plupart des Grecs, l’Europe est notre maison, une maison pleine de gens compréhensifs et solidaires, c’est l’Europe dans laquelle nous croyons et que nous voulons. Malheureusement, nous avons trouvé une Europe perdue dans les engrenages bureaucratiques et les intérêts financiers. À notre grande consternation, nous voyons que la première priorité pour l’Europe est de trouver des milliards d’euros pour les banques privées alors qu’en même temps, elle impose au budget de santé grec une coupe de 50 % par rapport à 2009 ».

Dans le texte, la clinique autogérée d’Elliniko cite les données de l’Institution Prolepsis sur l’appauvrissement de la société grecque : six élèves sur dix à Athènes (sur 64 écoles analysées) ont des besoins nutritionnels urgents, 11 % des élèves ne possèdent pas d’assurance-maladie, 7 % d’entre eux ont vécu pendant une semaine sans électricité en 2014, 1053 écoles ont bénéficié du programme d’aide alimentaire pour couvrir les besoins de base de 152 937 élèves. Le communiqué se fait aussi l’écho de l’étude du Bureau du budget du Parlement grec, selon laquelle 3,8 millions de Grecs vivent près du seuil de pauvreté (432 euros par personne) et 2,5 millions Ils sont en-dessous de ce seuil (233 euros par personne et par mois). « Cela signifie que 6,3 millions de Grecs, 58 % de la population, vit près ou en-dessous du seuil de pauvreté », soulignent-ils.

Pour toutes ces raisons, le collectif affirme qu’il ne rejette pas l’Europe ou son peuple, mais qu’il se sent obligé de « tourner le dos à toutes les institutions et à tous leurs politiciens, Parlement européen inclus, qui traitent les gens comme des chiffres dans des archives comptables », attitude qui, disent-ils, « est une honte pour la civilisation européenne ».


Traduction : Fausto Guidice pour Tlaxcala

 

 

Cet article est extrait du magazine du CADTM : Les Autres Voix de la Planète

 

 
 

Fátima Martín

est journaliste, membre du CADTM et de la PACD, la Plateforme d’Audit Citoyen de la Dette en Espagne (http://auditoriaciudadana.net/). Elle est l’auteure, avec Jérôme Duval, du livre Construcción europea al servicio de los mercados financieros, Icaria editorial 2016. Elle développe le journal en ligne FemeninoRural.com.

 

 

Autres articles en français de Fátima Martín (25)

 

 

 

Source : http://www.cadtm.org

 

 

 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 17:34

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Débattre Reconstruire

#imagineLaGauche : « En finir avec l’idée d’un homme providentiel : je préférerais voter pour une équipe »

 

par

 

 

Qu’est-ce qu’être de gauche selon vous ? Y a-t-il encore du sens à se dire de gauche ? Comment voit-on la gauche du futur ? Quelles sont ses valeurs, ses idées, ses projets, ses défis ? #imagineLaGauche, c’est la série lancée par Basta !, pour comprendre, reconstruire, rêver, renouveler, mettre en débat… Salariés, chômeurs, retraités, étudiants, paysans, militants associatifs, syndicalistes, artistes, chercheurs, jeunes et moins jeunes, témoignent. Aujourd’hui, Émilie, 32 ans, éducatrice spécialisée à Caen.

Pour moi, être de gauche, c’est donner la priorité à la sécurité sociale. Mais ce n’est pas seulement la santé. Cette sécurité sociale devrait concerner tous nos besoins primaires : se nourrir, se loger, se soigner. Une partie de la population n’a pas accès à cette sécurité. Aujourd’hui, quand tu es pauvre, tu ne peux pas complètement te soigner les dents, par exemple. Les soins de base sont remboursés, mais pas le reste. S’il te manque une dent, tu n’as pas l’argent pour la remplacer. Or, tout ne doit pas être une question d’argent.

Être pauvre, c’est hyper stigmatisant. Il y a une honte d’être pauvre. D’ailleurs, on n’emploie quasiment plus ce terme, « être pauvre », même si un français sur sept vit en dessous du seuil de pauvreté. A cause de cette honte, certains ne font pas les démarches nécessaires pour réclamer les aides auxquelles ils ont droit. Ils ne prennent pas la parole dans leur conseil de quartier, ne se présentent pas à l’école de leurs enfants. Pourtant, la pauvreté n’est que la résultante de notre système économique, qui ne marche pas toujours. C’est lui qu’il faut réussir à modifier.

Accès aux droits et égalité devant la justice

La gauche doit porter des valeurs humanistes et anticapitalistes. Être de gauche, c’est défendre davantage l’égalité des citoyens, l’accès aux droits, l’égalité devant la justice. Dans mon travail, où l’on accueille des adolescents en souffrance, les familles qui viennent nous voir sont de tous les milieux sociaux, même protégés. La maltraitance, la souffrance psychologique, ne sont pas l’apanage des pauvres. Cela rappelle que les problèmes adviennent dans n’importe quel milieu social.

Face à ces difficultés, des structures médico-sociales tentent de favoriser l’égalité de chacun en aidant ceux qui rencontrent des difficultés. Mais faute de moyens ou à cause d’une mauvaise organisation, elles ne remplissent parfois pas bien leur mission. Par exemple, le parcours d’un enfant handicapé peut être très long avant d’obtenir les aides nécessaires ou une place en institution : le temps que la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) notifie une orientation et que cette orientation se mette en place, il faut parfois un ou deux ans. En attendant, cet enfant souffre dans le système « ordinaire ». Il est donc nécessaire de redonner des moyens à ces structures.

Voter pour une équipe, des idées, pas pour l’homme providentiel

Il faut aussi aider les personnes défavorisées à porter leurs voix auprès du pouvoir. Il est beaucoup plus facile de se faire entendre dans les instances où l’on peut s’exprimer, quand on a de l’instruction ou l’expérience sociale de parler en public. C’est quelque chose que la gauche doit défendre : la démocratie participative, les groupes d’expression de citoyens. Le défi est de faire venir toutes les classes sociales dans ces espaces de partage, et ensuite permettre à chacun de s’exprimer. Les techniques de l’éducation populaire sont très efficaces pour cela.

Il est urgent d’être créatif, d’inventer autre chose. Les solutions n’appartiennent pas qu’aux élus. Elles peuvent émerger des travailleurs, des étudiants, des syndicats, des associations. Ce sont eux qui les portent tout autant, et les élus doivent les écouter. Je crois beaucoup dans le pouvoir que les députés ont pour faire évoluer les lois. Je pense aussi qu’il faut en finir avec l’idée d’un homme providentiel : il est nécessaire d’avoir un coordinateur, un animateur, mais pas un monarque. Je préférerais voter pour une équipe, des idées, plus que pour un homme providentiel à l’ego surdimensionné.

Émilie, 32 ans, éducatrice spécialisée à Caen

Propos recueillis par Simon Gouin

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 17:18

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Luttes sociales

1336 jours, des hauts, débats mais debout : le film sur la lutte victorieuse des Fralib

 

par

 

 

 

1336 jours de luttes contre Unilever, plus de trois ans et demi de conflit, qui aboutissent à une victoire ouvrière avec la reprise par les employés de l’usine et la création d’une société de thés et infusions coopérative et participative. Cette lutte longue et compliquée menée par les salariés de Fralib contre le géant de l’agroalimentaire est restituée dans un film documentaire de Claude Hirsch, en salles depuis le 22 mars 2017. Une histoire sur laquelle peuvent s’appuyer tous les salariés dont l’usine est aujourd’hui menacée de fermeture.

L’aventure a duré 1336 jours ! 1336 jours pendant lesquels un noyau d’irréductibles se sont battus sans relâche contre Unilever. La grosse multinationale avait en effet décidé en 2010 de fermer son usine de conditionnement de thé et infusion à côté d’Aubagne, estimant qu’elle n’était pas rentable. Mais voilà ! Ces 82 personnes vont non seulement se battre pour que le rideau de fer ne s’abaisse pas définitivement sur les portes de l’usine mais cette bande d’entêtés va utiliser toutes les voies possibles et imaginables pour maintenir leur activité, leur emploi et prouver à ce trust international que l’entreprise reste viable.

FA 1336 jours, des hauts, débats, mais debout from Les Films des Deux rives on Vimeo.

Ce deuxième film de Claude Hirsch [1] sur le combat des Fralib, 1336 jours, des hauts, débats mais debout, regroupe tous les moments-clés de cette lutte :
 L’annonce par Unilever en septembre 2010 de la fermeture de l’usine, jugée peu rentable alors que celle-ci génère quand même des bénéfices, pour délocaliser la production en Belgique en gagnant quelques centimes par boite, entrainant le licenciement de 182 salariés ;
 L’annulation du premier plan « social » le 4 février 2011 par le tribunal de grande instance de Marseille ;
 La première occupation de l’usine en septembre 2011 suite à l’acceptation en première instance du deuxième plan « social » (voir ce reportage de Basta !) ;
 La tentative d’Unilever de reprendre l’usine le 7 novembre 2011 à l’aide de vigiles ;
 L’annulation en appel du deuxième plan social le 17 novembre 2011 ;
 La nouvelle stratégie de la direction de faire signer des transactions individuelles, stratégie qui fonctionnera avec 78 salariés ;
 L’acceptation en avril 2012, en première instance, du troisième plan social pour 103 salariés ;
 La deuxième occupation de l’usine le 11 mai suite à une décision de la direction de déménager les machines ;
 La prise en compte de cette lutte dans le contexte de l’élection présidentielle et l’amorce d’une négociation avec Unilever ;
 L’annulation en appel du troisième plan « social » ;
 La remise à Benoit Hamon, ministre de l’économie sociale et solidaire, en novembre 2012, du projet de la future coopérative Scop-ti (Société Coopérative Ouvrière Provençale - Thés et Infusions) ;
 L’occupation du ministère de l’agriculture et la réception consécutive à l’Élysée le 17 mai 2013 ;
 Le blocage de la plate-forme logistique d’Unilever en juillet 2013 ;
 Les nombreuses rencontres et convergences avec d’autres luttes (Veninov, PSA Aulnay, Goodyear, Ford, et une vingtaine de boites de l’agroalimentaire : Pilpa, Bongrain, Maitre Coq...) ;
 Les dernières négociations avec Unilever aboutissant à l’accord de fin de conflit du 26 mai 2014.
 En août 2014, le dépôt des statuts de la coopérative Scop-ti.

Plus d’informations sur le film : www.asspolart.com/1336 pour le DVD, filmsdesdeuxrives.com pour découvrir les dates et lieux des projections prévues en France, ainsi que la page facebook. Et pour soutenir les coopérateurs de la Scop-Ti, c’est par ici.

Notes

[1En 2011, Claude Hirsch a réalisé Pot de thé / Pot de fer, un documentaire de 70 minutes sur la première année de la lutte des ouvriers d’Unilever.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 17:11

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

Internet, sache que Poutou est encore plus cool que ce que tu imagines

 

 

 

Internet, sache que Poutou est encore plus cool que ce que tu imagines

Pendant le débat, le candidat du NPA s’est retourné et c’est devenu un mème. On lui a demandé pourquoi. La réponse est mignonne.

 

Le téléphone de Philippe Poutou a dû beaucoup sonner ce mercredi. Mardi soir, pendant le débat, c'était lui le héros de la soirée.

D'abord parce qu'il a mis sur la table les affaires (impliquant François Fillon et Marine Le Pen) dont aucun des autres candidats n'avait parlé.

Ensuite parce qu'il a mouché les deux concernés plus d'une fois. Et bien.

S'il ne fallait retenir qu'une de ses sorties, on choisirait celle-là adressée à Marine Le Pen (qui a refusé d'être entendue par la police) :

 
"Quand nous on est convoqué par la police, nous ouvriers, par exemple, on n'a pas d'immunité ouvrière, désolé. On y va."

 

La charge de Philippe Poutou contre François Fillon et Marine Le Pen sur la morale en politique

Cela n'a pas plu aux analystes de BFM TV qui ont jugé son ton et sa façon de s'adresser aux autres candidats "indigne". Intéressant. A croire qu'il n'est pas tolérable de sortir de la langue de bois, de faire la politique en parlant comme un homme "normal".

On se demande pour notre part, et comme d'autres internautes, de quel côté se situe "l'indignité".

 

-Un candidat triplement mis en examen

-Une autre qui nargue la police et refuse les convocations de justice

Mais...

Du côté d'Internet, on a, au contraire, beaucoup savouré le feu d'artifice Philippe Poutou. Et une séquence d'apparence anecdotique s'est transformée en mème.

Comme le racontent nos confrères de Buzzfeed. Philippe Poutou s'est retourné pendant le débat pour poser des questions à son équipe.

Et ce moment a été détourné et partagé en masse. Globalement, les gens se demandaient ce qu'avait dit Philippe Poutou à ses camarades et se sont mis à tripper tranquilles, légendant le moment à leur guise.

 

C'est maintenant que je dis à Fillon "rends l'argent" ??

- comment on dit "rends l'argent" en langage de riche ?

- Mdr t'as vu la gueule de Fillon quand j'ai parlé de corruption
- Philippe t'es en direct putain

 

-Je parle des pizzas à l'ananas ou pas du coup ?

 

-on va a la rue de la soif apres ?

"- Et là, je lui dis : ta mère elle boit du sprite, elle était verte !
- On en parle après.
- Rraiiight "

-Yavait des exercices à faire en math ?

C'était bien ? Oui, nickel

C'était un de ces fabuleux moments de créativité collective d'Internet. Mais, forcément, on s'est demandé ce que Philippe Poutou avait vraiment dit à ses amis. Sur l'image, on reconnaît Julien Salingue, militant qui fait partie de son équipe de campagne.

Quand on lui demande d'élucider ce mystère, il répond :

"La réponse risque d'être décevante : je ne sais pas exactement à quel moment la "photo" a été prise, donc je ne suis pas certain de ce qu'on se disait à ce moment-là.
On a en réalité échangé à plusieurs reprises à base de :
  • "C'était bien ? - Oui, nickel" ;
  • "Vous pensez que je reprends la parole sur ce thème ? - Non, c'est bon" ;
  • "La Guyane, j'en parle plutôt en conclusion ? - Oui. "
  • "Philippe, essaie de parler moins vite. - Ouais je sais."

Bref, résume Julien Salingue :

"Des échanges qui se situent dans la continuité du travail collectif qui soutient la campagne de Philippe, et qu'on avait décidé de poursuivre si besoin sur le plateau, même si c'est "inhabituel" :)"

Tandis que Philippe Poutou nous a répondu un SMS qui nous a juste fait fondre sur place à l'heure du déjeuner.

"Je leur demandais conseils, si ce que je disais ça allait, je voulais être rassuré, manque de confiance, peur de mal faire, besoin du soutien et du regard des proches qui étaient derrière moi."

Bref, c'est encore plus cool que tout ce qu'Internet avait imaginé. Et chou mais pas que. Ce SMS et ce dos qui se retourne ne sont pas anecdotiques. Ils disent une envie de faire de la politique autrement. Humblement.

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 15:34

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Le préfet des Alpes-Maritimes condamné pour «atteinte grave au droit d’asile»

Par Louise Fessard
 
 
 
 

Saisi du cas d’une famille érythréenne empêchée de déposer sa demande d’asile, le tribunal administratif de Nice a enjoint le 31 mars 2017 au préfet des Alpes-Maritimes d’enregistrer sa demande dans les trois jours. La famille a été à nouveau interpellée lundi, alors qu’elle tentait de rejoindre Nice pour déposer son dossier.

 

 

La préfecture des Alpes-Maritimes, département de passage obligé pour des centaines de migrants fuyant le Soudan, l’Érythrée ou l’Afghanistan, bafoue le droit d’asile. C’est écrit noir sur blanc dans une décision du tribunal administratif de Nice, saisi en urgence du cas d’une famille érythréenne hébergée en vallée de la Roya et empêchée de déposer une demande d’asile en France. « En refusant de délivrer aux intéressés un dossier permettant l’enregistrement de leur demande d’asile, alors qu’ils se trouvent sur le territoire français et qu’ils ont pris contact avec les services de police et de gendarmerie pour y procéder, le préfet des Alpes-Maritimes a porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit d’asile », a estimé, le 31 mars 2017, le juge des référés niçois.

À la gare de Menton-Garavan, le 15 juin 2015, des CRS contrôlent un homme dans le train pour Nice. © LF

Salam, 27 ans, et son mari Daniel, 29 ans, sont arrivés le 26 janvier 2017 en France avec leur petit garçon de 5 ans. Salam est enceinte. Pour fuir, en septembre 2015, la dictature érythréenne, ils ont traversé l’Éthiopie, le Soudan, la Libye puis la Méditerranée. Ils sont passés par un centre de rétention en Sicile où les policiers italiens ont pris leurs empreintes digitales, puis par Milan d’où ils ont marché jusqu’à Vintimille, à la frontière franco-italienne. La famille a rejoint la vallée de la Roya en train. Des militants de l'association Roya citoyenne l’ont hébergée à Saorges.

Depuis le rétablissement des contrôles à la frontière franco-italienne en novembre 2015 à la suite des attentats de Paris, cette vallée est bouclée par les forces de l’ordre qui contrôlent toutes les gares, axes routiers et péages d'autoroute. Impossible pour les migrants hébergés par solidarité dans cette vallée d’atteindre la préfecture de Nice pour y déposer une demande d’asile, sans risquer d’être interpellés et reconduits en Italie.

Le 16 mars 2017, accompagnée de deux avocats niçois, la famille se rend donc à la gendarmerie de Breil-sur-Roya pour demander un laissez-passer afin de rejoindre la préfecture de Nice. Les policiers et gendarmes ont normalement l’obligation d’orienter les étrangers souhaitant demander l’asile « vers l’autorité compétente ».

« Nous avions prévenu la préfecture de notre démarche, mais un minibus de la police aux frontières nous attendait à la gendarmerie et nous nous sommes retrouvés à la PAF [police de l'air et des frontières – ndlr] de Menton, explique Me Mireille Damiano, avocate niçoise. Et derrière notre dos, après des auditions sans interprète, les policiers ont reconduit la famille érythréenne en Italie, avec des refus d’entrée illégaux, comportant de fausses mentions. » Depuis le rétablissement des frontières, lorsque des étrangers sont contrôlés sur un des treize points de passage autorisés (PPA) des Alpes-Maritimes, comme la gare de Breil-sur-Roya ou le péage de la Turbie près de Nice, ces étrangers sont considérés par les autorités comme “non entrés” en France et donc “non admis”, bien qu’ils se trouvent en fait sur le territoire français ! « Les policiers ont prétendu que le couple avait été contrôlé au PPA de Breil-sur-Roya, considéré par l’administration comme à la frontière, alors que nous les avions amenés à la gendarmerie, dit Me Zia Oloumi. Cette pratique courante, dénoncée depuis des mois par les associations, a été sanctionnée par le tribunal administratif. »

Le couple est bien sûr revenu en France et a trouvé refuge chez Cédric Herrou, l’agriculteur de Breil-sur-Roya condamné le 10 février 2017 à 3 000 euros d’amende avec sursis par le tribunal correctionnel de Nice pour avoir pris en charge des migrants sur le sol italien. Son habitation, visible de la voie ferrée, est la première que rencontrent les migrants, avant le village de Breil-sur-Roya. Le 31 mars, le tribunal administratif de Nice a donné raison au couple érythréen et a laissé « trois jours ouvrés » au préfet des Alpes-Maritimes pour enregistrer leur demande d’asile « compte tenu de la vulnérabilité des requérants ».

Le tribunal a sèchement écarté l’argumentation du préfet selon laquelle le couple avait fait l’objet d’un refus d’entrée et que leurs empreintes avaient déjà été enregistrées en Italie dans le fichier Eurodac. « Les intéressés se trouvent sur le territoire français à la date de la présente ordonnance » et « il ne ressort d’aucune des pièces du dossier que le préfet des Alpes-Maritimes a mis en œuvre une procédure de réadmission en Italie après la prise des empreintes des intéressés et la vérification de leur présence dans le fichier Eurodac, comme il aurait dû le faire s’il estimait que l’Italie était le pays responsable de l’examen de leur demande d’asile », souligne le juge des référés. Il rappelle que « le droit constitutionnel d’asile, qui a le caractère d’une liberté fondamentale, a pour corollaire le droit de solliciter le statut de réfugié »...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 13:35

 

 

Source : http://osonscauser.com/ca-ne-sert-a-rien-de-voter/

 

 

Ça ne sert à rien de voter si... par Osons Causer

 

 

Ajoutée le 5 avr. 2017

Ca ne sert à rien de voter si… on ne s’attaque pas au conseil constitutionnel ! Institution plutôt méconnue, il censure depuis des années quasiment toutes les lois qui luttent contre l’évasion fiscale ou cherchent à réguler et faire payer les multinationales, en prétextant qu’elles heurteraient « la liberté d’entreprendre ». Quels candidats proposent réellement de s’attaquer à ce verrou au service des puissants ? s'interrogent les vidéastes d'Osons causer.

►► La vidéo d’Osons Causer pour Mediapart sur le coût de l’évasion fiscale : https://www.youtube.com/watch?v=MDUfz...

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► Les sources : http://osonscauser.com/ca-ne-sert-a-r...

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SOURCES :

            [ LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL : KESAKO ? ]

http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2013/01/08/le-conseil-constitutionnel-une-institution-tres-politique_1813975_823448.html

                           Le Conseil Constitutionnel est composé de 9 juges nommés pour 9 ans. Le Président de la République en nomme un tiers, le Président de l’Assemblée Nationale un autre et le Président du Sénat nomme le dernier tiers. Son rôle est de contrôler la conformité des lois à la Constitution et de censurer les articles ou dispositions qui la contrarient. Les anciens présidents de la République peuvent y siéger de droit et à vie.

                           Depuis 2008 et l’introduction des « Questions prioritaires de constitutionnalité », le Conseil Constitutionnel peut être saisi par des citoyens (si une des deux plus haute Cour de Justice, le Conseil d’Etat ou la Cour de Cassation, juge la requête recevable), par 60 députés ou 60 sénateurs et par les plus hauts représentants de l’Etat.

                           Le Conseil doit statuer sur un loi dans un délai de 8 jours à un mois. Les juges, souvent sans compétence juridique particulière, sont assistés de 6 juristes de haut niveau et de 10 documentalistes. Beaucoup jugent ces effectifs dérisoires pour le nombre d’affaire que le Conseil doit traiter. En effet, depuis l’introduction des QPC, le nombre annuel d’affaire est passé d’autour de 35 à plus de 250.

L’avis de Pierre Joxe, ancien juge au CC, sur l’institution :

http://www.lopinion.fr/edition/politique/joxe-premiere-garantie-d-independance-c-est-nommer-juristes-confirmes-2915

 

            [ LES MULTIPLES CENSURES « POLITIQUES » POUR PROTEGER LES GRANDES ENTREPRISES OU LES GRANDES FORTUNES ]

L’article de synthèse sur le sujet :

https://www.mediapart.fr/journal/economie/301216/le-conseil-constitutionnel-en-censeur-de-la-lutte-contre-la-fraude-fiscale?onglet=full

 

 

                           [ 2012 ] La taxe à 75% :  http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2012/12/29/le-conseil-constitutionnel-censure-l-impot-de-75-sur-les-tres-hauts-revenus_1811406_823448.html

            Pour cet exemple, le motif invoqué n’a pas l’air si absurde. Ils ont censuré la taxe parce qu’au lieu de s’appliquer à des foyers fiscaux (comme toute notre imposition) elle touchait des individus. L’erreur a l’air tellement débile qu’il serait utile de voir l’avis que le Conseil d’Etat a donné sur cette mesure. Le Conseil d’Etat conseille le gouvernement sur la cohérence et la compatibilité juridiques des lois proposées.

 

                           [ 2013 ] Loi sur la fraude fiscale et la délinquance économique et financière :

http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2013/2013-679-dc/communique-de-presse.138861.html

            Encore du joli ici ! Là, le Conseil s’est dit que les leaks quand même, c’était dégueulasse ! Il est impératif que la Constitution protège les multinationales de ces traitres de lanceurs d’alerte. Du coup, ils ont censuré un article qui permettait aux douanes et au fisc de perquisitionner sur la base de ces leaks. C’est vrai, ça aurait été vraiment dégueulasse ! Au passage, les « Sages » se sont aussi permis d’empêcher d’alourdir les sanctions pour les entreprises en cas de fraude ou d’évasion fiscale.  

 

                           [ 2013 ] Loi de finances 2014 : http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2013/2013-685-dc/communique-de-presse.139025.html

            Là, le Conseil Constitutionnel s’est fait plaisir !

            Il a censuré plusieurs dispositions de fiscalité immobilière (pas toujours idiotement d’ailleurs) et a empêché d’augmenter les amendes en cas d’entraves aux enquêtes fiscales.

            Il a carrément supprimé une innovation légale importante : l’abus de droit pour les montages fiscaux. Cette extension de l’abus de droit aurait permis de poursuivre avec bien plus de facilité les entreprises qui usent et abusent de montages complexes pour éviter de payer leurs impôts.

Il a aussi supprimé l’inversion de la charge de la preuve pour les montages fiscaux. La loi prévoyait que, en cas de transfert suspect d’activité à l’étranger (pour échapper à l’impôt), c’était à la multinationale de fournir les preuves de son innocence, c’est-à-dire d’une activité dans le pays « d’exil »,  contrairement à l’habitude juridique qui demande que l’on prouve la culpabilité. Le Conseil Constitutionnel s’est dit que non, ça valait pas la peine que BNP ou Total fasse travailler leurs juristes pour pondre une note. Vaut beaucoup mieux laisser le parquet financer enquêter, sans moyens ni documents ! :)

            C’est surtout là que le Conseil a choisi de déclarer « inconstitutionnelle » pour entrave à la liberté d’entreprendre la communication des schémas d’optimisation fiscale au fisc. On ne résiste pas à vous reproduire l’intégralité du passage, c’est délicieux :

« L’article 96 instituait une obligation de déclaration à l’administration des « schémas d’optimisation fiscale » par toute personne les commercialisant, les élaborant ou les mettant en oeuvre. Le Conseil a relevé que ces dispositions retenaient une définition trop générale et imprécise, alors qu’elles apportaient des restrictions à la liberté d’entreprendre et étaient lourdement sanctionnées » . Voilà ! Le Conseil s’est bien fait plaisir avec la Loi de finance 2014 !

 

                           [2016 ] Le verrou de Bercy : http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2016/07/22/fraude-fiscale-le-conseil-constitutionnel-sauve-le-verrou-de-bercy_4973234_3224.html

            Le « Verrou de Bercy » désigne une pratique unique dans le monde qui permet à l’administration fiscale (à « Bercy ») de bloquer toute suite judiciaire aux affaires de fraude fiscale. Le juge ne pourra enquêter uniquement si l’administration fiscale le saisit. Ainsi, certains dossiers de fraude fiscale sont transmis à la justice et d’autres sont traités « en interne » sans que quiconque n’en ait connaissance. Le Conseil Constitutionnel a estimé que cette spécificité française était conforme à la Constitution. Il n’y a, selon lui, aucun problème à ce que les infractions fiscales soient les seules de tout le droit français que le ministère public ne puisse poursuivre.

 

                           [ 2016 ] Loi sur le renseignement : http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/10/21/surveillance-hertzienne-le-conseil-constitutionnel-censure-la-loi-renseignement_5017813_4408996.html

            Ici, le Conseil n’a censuré que des petits articles de la loi. Les associations se félicitent de cette victoire, surtout celle ayant payé pour des « portes étroites », mais la censure de la surveillance du Wi-Fi et des mobiles (dîtes « hertzienne ») ne suffit pas. Les données collectées et les facilités permises aux services par cette loi sont toujours si immenses que la CNIL a alerté l’opinion. Mais force est de constater que c’est la CNIL protège davantage nos libertés que la Constitution … à moins qu’elle ne soit simplement moins vulnérable aux lobbies.

 

                           [ 2016 ] Loi sur la transparence de la vie politique (Sapin 2): http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2016/2016-741-dc/communique-de-presse.148311.html

            REPORTING PAYS PAR PAYS : Voilà là où le Conseil a sévi ! Vous trouverez le tout à l’article 137 de notre lien. Voilà l’argumentation des « Sages », je vous laisse rigoler :

« Rendre publics des indicateurs économiques et fiscaux pays par pays est de nature à permettre à l’ensemble des opérateurs qui interviennent sur les marchés où s’exercent ces activités, et en particulier à leurs concurrents, d’identifier des éléments essentiels de leur stratégie industrielle et commerciale. Le Conseil constitutionnel a donc jugé que les dispositions de l’article 137 portent une atteinte disproportionnée à la liberté d’entreprendre et sont ainsi contraires à la Constitution. »

 

                      [ 2016 ] Loi de finance 2017 :

http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2016/2016-744-dc/communique-de-presse.148424.html

            Le Conseil, tout récemment, vient de décider de censurer une mesure prise pour lutter contre la fraude à la TVA, qui prive l’Etat de 30 milliards d’euros de recette chaque année. Il s’agissait d’obliger les entreprises à signaler à l’administration fiscale toute transaction supérieure à 863 000 euros et assujettie à la TVA. L’idée était de pouvoir contrôler si cette transaction a bien donné lieu à une collecte de taxe. Le Conseil s’est dit que, non, quand même, c’était dégueulasse d’obliger, sous peine de sanction, les entreprises à aider l’Etat à collecter les 30 milliards d’euros qui lui échappent !  Et puis, sérieusement, combien de transactions de plus de 863 000 € assujetties à la TVA sont passées chaque année ? Bref, ce Conseil est clairement garant de l’intérêt général ! :)

            En prime, et c’est cadeau, le Conseil a aussi censuré la taxe dite « Google » qui prévoyait de faire payer une majoration d’impôt sur les sociétés aux entreprises qui évadaient la thune.

 

                           [ 2017 ] Devoir de vigilance des multinationales :

http://abonnes.lemonde.fr/entreprises/article/2017/03/23/le-conseil-constitutionnel-censure-la-loi-obligeant-les-multinationales-a-controler-leurs-sous-traitants_5099798_1656994.html

            Bon, voilà le dernier exemple en date. En 2017, après avoir bataillé comme pas possible, des ONG ont arraché une loi sur le « devoir de vigilance » des multinationales. On vous en parlait dans la vidéo consacrée aux tribunaux d’arbitrage. Même si les amendes étaient modestes (30 millions max), c’était une victoire pour la responsabilisation des grandes boîtes. Depuis, le Conseil Constitutionnel est passé par là. Il a censuré l’amende prévue pour contraindre les multinationales à prendre de telles dispositions. Eh oui ! C’est plus simple d’avoir une loi faite de grands principes mais sans aucune sanction pour être contraint de les suivre !

 

            [ LES PORTES ETROITES, LES LOBBIES PARTOUT AU CONSEIL ]

Premier à lire :  http://multinationales.org/Quand-le-Conseil-constitutionnel-se-fait-le-gardien-des-interets-des-grandes#nh6

Un second : https://www.mediapart.fr/journal/france/121015/dans-les-coulisses-du-conseil-constitutionnel-cible-des-lobbies

                           Ces deux articles de Basta et Mediapart sont extrêmement sévères. Les lobbies ont un accès excessivement facile aux « Sages ». Ils peuvent les fréquenter quand ils veulent – aucune règle de transparence ne leur est appliquée. Ils peuvent envoyer autant d’argumentaires, dits « portes étroites », qu’ils veulent – aucune loi ne limite cet accès particulier à ces juges dotés d’un immense pouvoir. Enfin, la Loi Sapin de 2016 prévoit de rendre ces notes publiques. ATTENTION ! Vous enflammez pas :) Le contenu des notes est toujours secret, impossible pour la société civile de voir l’influence que les lobbies auront obtenu sur la loi. Par contre, à partir de 2017, le Conseil devra publier la liste des « portes étroites » reçues ainsi que leur expéditeur. Par exemple, lors de la récente censure des amendes sanctionnant la non vigilance des multinationales, le Conseil a publié qu’il a reçu des notes de plusieurs lobbies patronaux (MEDEF, AFEP etc.) mais on en saura jamais plus !

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Source : http://osonscauser.com/ca-ne-sert-a-rien-de-voter/

 

 

 

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 18:26

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Inégalités

Guyane et outre-mer : « Jamais il n’y aura d’égalité, de fraternité dans le cadre de la domination coloniale »

 

par

 

 

De la Guyane, agitée par un grand mouvement social, à la Nouvelle-Calédonie, de la Guadeloupe à La Réunion, comment expliquer que « les racines du mal soient les mêmes », que le chômage de masse pour les jeunes, la vie chère avec des prix plus élevés qu’en métropole, le manque d’infrastructures soient partagés ? Pour Elie Domota, ancien leader du LKP, collectif guadeloupéen contre l’exploitation outrancière, à l’origine d’une grève générale de 44 jours en 2009, la réponse est limpide : mépris de l’État français pour l’outre-mer et maintien d’une domination de type colonial, malgré les engagements pris et la loi pour l’égalité réelle. « Il y aura encore des éruptions » dans ces territoires, prévient-il.

Basta ! : Pourquoi faut-il en arriver à des grèves générales de plusieurs semaines, comme cela a été le cas en 2009 en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion, pour que les choses changent en outre-mer ?

Elie Domota [1] : Nous n’en savons rien. La seule chose que nous constatons c’est que l’État français ne respecte jamais ses engagements. Je vous donne un exemple très simple : il était prévu que 40 millions d’euros soient mis sur la table pour mettre en œuvre un plan d’urgence pour la formation et l’insertion des jeunes en Guadeloupe. Des engagements écrits avaient été pris. Le gouvernement Sarkozy ne les a pas respectés. Le gouvernement Hollande non plus. Il était aussi prévu que soit pris en Conseil d’État un décret encadrant les produits de première nécessité pour permettre aux Guadeloupéens les plus démunis d’accéder à un certain niveau de vie. Le gouvernement Sarkozy ne l’a jamais appliqué, le gouvernement Hollande non plus [2] L’objectif est de maintenir les gens dans l’assistanat, dans la mendicité.

Quels sont, selon vous, les points communs entre l’actuel mouvement social guyanais et celui qui avait embrasé la Guadeloupe il y a huit ans ?

Les racines du mal sont les mêmes dans toute l’outre-mer. Nous sommes à plusieurs milliers de kilomètres de distance les uns des autres et, pourtant, les indicateurs socio-économiques sont similaires : chômage de masse chez les jeunes, retard de développement… Le point commun, c’est la domination coloniale. L’exemple de la Guyane est criant : au cœur de Kourou, là où habitent les blancs – un endroit que les Guyanais appellent gentiment Pretoria (la capitale administrative de l’Afrique du Sud, ndlr) – il ne manque de rien. Il n’y a pas de problème de bus, d’hôpital ou d’école. À 20 kilomètres de là, c’est un autre monde où il n’y a ni électricité ni eau. Ce n’est pourtant pas une fatalité. C’est un choix politique de maintenir les populations dans l’ignorance, la mendicité et sous domination. Nous sommes dans la même logique que celle de la colonisation. Les Guyanais, les Martiniquais, les Guadeloupéens, les Réunionais, les Kanaks, les Mahorais n’ont jamais été Français et ne le seront jamais. La vocation de la colonie n’est pas de se développer car il ne faut surtout pas que le colonisé ait un jour le sentiment de pouvoir diriger sa vie lui-même. La vocation de la colonie est de servir les intérêts de la métropole.

En 2009, le LKP avait pourtant signé avec l’État un protocole d’accord historique visant à améliorer le pouvoir d’achat des Guadeloupéens : augmentation des bas salaires, revalorisation des minimas sociaux, baisse des prix des produits de première nécessité, baisse des tarifs bancaires, des prix du carburant, de l’eau et de l’électricité. N’y a-t-il eu aucun effet positif ?

Les choses sont simples : l’État français n’a pas respecté ses engagements. Dans la colonie, on ne respecte pas ses engagements et quand les gens se soulèvent on leur tire dessus.

Une loi pour « l’égalité réelle outre mer », qui vise à combler les inégalités entre la métropole et les territoires ultramarins, vient d’être promulguée ce 1er mars. Est-ce un progrès ?

Expliquez-moi ce qu’est l’égalité réelle. Est-ce que vous y comprenez quelque chose ? On est Français ou on ne l’est pas ! Aujourd’hui on nous dit que nous sommes citoyens français. Pourtant on fait une loi sur l’égalité réelle parce qu’en fin de compte nous ne sommes pas si égaux que ça. On se fout de nous ! Il y a un mois et demi, mon organisation a écrit à l’ensemble des parlementaires, aux services de l’État, au ministre de l’outre-mer, au ministre de la santé, pour leur dire de veiller à ce qu’on puisse insérer des clauses d’insertion sociale dans les appels d’offre pour les marchés publics. Cela doit permettre d’embaucher des Guadeloupéens sur les chantiers. Pas de réponse. Lorsque le chantier du CHU (prévu près de Pointe-à-Pitre, ndlr) va débuter, ce sont des Portugais, des Espagnols, des Italiens, des Français qui viendront travailler. Les Guadeloupéens seront là en train de fumer de l’herbe et de boire de l’alcool. Vous croyez que c’est sérieux ?

La dépendance – pour les produits alimentaires, le pétrole, les biens d’équipement… – vis-à-vis de l’Hexagone explique-t-elle la situation sociale de l’outre-mer ?

Cette dépendance est organisée. La France n’a pas de ressources ! Elle vole de l’uranium au Niger et du pétrole au Gabon. On nous interdit de tisser des relations commerciales avec la Caraïbe pour acheter du carburant à Trinidad-et-Tobago ou au Venezuela, alors qu’il est moins cher que celui qui vient d’Europe. Les compagnies pétrolières européennes qui nous vendent le carburant l’achètent au Venezuela et nous le revendent à un prix prohibitif !

Deuxième exemple : au lieu d’utiliser les terres pour mettre en place une vraie politique agricole basée sur la diversification et la satisfaction des besoins alimentaires de la Guadeloupe, on les bétonne et on construit un port en eau profonde pour faire venir plus de marchandises par bateaux cargo. Pour la France, nous sommes une colonie de consommation. Aujourd’hui, que produit le secteur agricole en Guadeloupe ? De la canne à sucre et de la banane, dont 90% de la production part en Europe. Dans un pays normal, on produit pour nourrir les habitants du pays.

Comment reconnecter économiquement les outre-mer à leurs voisins de la Caraïbe et de l’Amérique centrale et du Sud ?

Décolonisation, indépendance nationale et pleine souveraineté. C’est la seule voix possible pour les populations colonisées. Jamais il n’y aura d’égalité, de liberté, de fraternité dans le cadre de la domination coloniale. Le principe même de cette domination, c’est de considérer l’autre comme un être inférieur. Sa langue n’est pas une langue, sa musique n’est pas musique, sa culture n’est pas culture et on lui impose tout. Voilà la réalité. Il y aura donc encore des éruptions, comme aujourd’hui en Guyane, comme il y a un an et demi à Mayotte, comme régulièrement en Nouvelle Calédonie...

L’indépendance, comment on y arrive ?

C’est une bonne question. Personne n’a la réponse.

Existe-t-il encore un désir d’indépendance au sein de la population guadeloupéenne ?

99% de la population est contre l’indépendance car quand on leur parle d’indépendance, on ne leur parle que d’Haïti (l’un des pays les plus pauvres et inégalitaires du monde, avec 60% de la population qui vit sous le seuil de pauvreté et un quart dans l’extrême pauvreté, ndlr) alors que les neuf dixièmes des pays de la Caraïbe sont indépendants. À un moment, il faudra pourtant regarder la réalité en face : nous sommes Français mais 60% de nos jeunes sont au chômage. En 1848, la République a aboli l’esclavage, qui avait été rétabli par Napoléon, tout comme la déchéance de nationalité... En même temps, la République a indemnisé les propriétaires d’esclaves. Aux esclavagistes, on a accordé une rente sur 20 ans, des usines et des terres de façon à ce qu’ils puissent garder leur domination politique, économique et sociale sur la population. Et que donne la République aux anciens esclaves ? Un bulletin de vote.

Recueilli par Samy Archimède

Photo : manifestation du LKP en Guadeloupe en mai 2009 / CC Arcadiuš

Notes

[1Secrétaire général de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG, Unyon Général a Travayè Gwadloup en créole), ancien leader du LKP.

[2Entre 1998 et 2013, les prix ont évolué au même rythme à la Guadeloupe et en métropole, selon l’Insee. En 2014, selon la préfecture du département, ils ont baissé d’environ 15% sur une centaine de produits de grande consommation, suite à la mise en place d’un « bouclier qualité-prix. »

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 16:17

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

Philippe Poutou, l’irruption du réel

Par christophe Gueugneau
 
 

Le candidat du Nouveau parti anticapitaliste a bousculé le débat. Considéré comme « petit candidat », il s’est montré au naturel comme le représentant de la classe ouvrière, porteur de la voix des gens normaux pour s’en prendre aux politiques professionnels.

 

Il a ramé pour avoir ses parrainages, le web a été choqué ces derniers jours du traitement qui lui a été infligé sur France 2 par Laurent Ruquier et son équipe (voir la vidéo ci-dessous), et puis il y a eu le débat mardi soir sur BFM et CNews. Philippe Poutou, candidat du NPA, a déroulé quelques « punchlines » où son naturel a fait mouche. L’autre candidate de l’extrême gauche, Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière, ne fut pas en reste, mais Philippe Poutou s’est démarqué à plusieurs reprises. Dans un long débat compliqué, parfois cacophonique, il a réussi à se distinguer.

Au début du débat, le candidat du Nouveau parti anticapitaliste s’est contenté de coller au sens de sa candidature. Ouvrier à l’usine Ford de Blanquefort (Gironde), Philippe Poutou a affirmé « parler au nom de millions de gens », candidat pour « exprimer cette colère d’en bas », ce « ras-le-bol » ressenti par les Français devant une « politique réactionnaire et raciste »

« À part Nathalie Arthaud autour de ces pupitres, je suis le seul à avoir un travail normal, attaque Philippe Poutou d’emblée, et justement on nous met dans la peau du petit candidat, qui ne représente rien, qui n’a pas sa place ici, eh bien, je crois qu’on peut parler, nous, au nom de millions de gens qui souffrent de la crise, de cette société, qui en ont ras-le-bol de ce rouleau compresseur capitaliste qui détruit tout sur son passage [...] exprimer cette colère-là d’en bas contre les ultrariches, des richesses indécentes [...] contre ces politiciens corrompus, y en a qui se reconnaîtront ici autour des pupitres. »

Sur l’emploi, Poutou s’est exprimé au nom des chômeurs et des précaires. « On voit qu’il y a de l’argent »« il faut prendre là où il y a de l’argent », a-t-il fait valoir. Une occasion de rappeler la ligne économique de son parti, le NPA. « Nous, on pense qu’il faut des mesures autoritaires. »

Sans chemise, à la différence des huit autres candidats masculins en costume et cravate – il n’y a que deux femmes parmi les candidats, Marine Le Pen et Nathalie Arthaud –, Philippe Poutou est le seul à avoir refusé de figurer sur la photo de groupe au début du débat. Surtout, il a compté parmi les plus offensifs politiquement. Parfois en recadrant ses concurrents au détour d’une réponse. En introduction d’une réponse sur l’Europe, Philippe Poutou précise : « On parle de charges sociales, mais ce sont des cotisations sociales. C’est le financement de la Sécurité sociale dont il est question. » Le tic de langage patronal en est pour ses frais.

Mais c’est particulièrement sur la question de la moralisation de la vie politique que le candidat anticapitaliste s’est distingué. La question avait été rapidement évacuée lors du précédent débat sur France 2 – qui n’opposait que les cinq « grands » candidats : Hamon, Mélenchon, Fillon, Le Pen et Macron. Elle a cette fois-ci donné lieu à de vrais échanges. 

« Dassault ne fait pas de prison parce qu’il est trop vieux, c’est la clause humanitaire, tant mieux », estime le candidat, qui poursuit : « À côté de ça, on a Balkany, c’est toute une œuvre, le père, le fils, tout le monde triche… Et là, depuis janvier, c’est le régal Fillon. Il est en face de moi, plus on fouille et plus on sent la corruption et la triche. En plus, c’est des bonshommes qui nous expliquent qu’il faut la rigueur et l’austérité et eux-mêmes piquent dans les caisses publiques. »

François Fillon, candidat LR, tente une timide défense : « On n’accuse pas comme ça. »

Poutou poursuit : « On a aussi Le Pen, pareil, on pique dans les caisses publiques, c’est pas ici, c’est l’Europe. Pour quelqu’un qui est anti-européen, ça gêne pas de piquer de l’argent de l’Europe. Et le FN qui est antisystème ne s’emmerde pas du tout, il se protège grâce à l’immunité parlementaire et refuse d’aller aux convocations policières, donc peinard. Quand on est convoqué par la police par exemple, on n’a pas d’immunité ouvrière. »...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

Le coup du doux Poutou

 

 

 

Le coup du doux Poutou

Chaque matin du lundi au vendredi, si possible à 9 h 15 précises, Daniel Schneidermann publie cette chronique sur les dominantes médiatico-numériques du matin. Ou parfois de la veille au soir (n'abusons pas des contraintes). Cette chronique est publiée sur le site indépendant arrêt sur images (financé par les abonnements) puis sur Rue89.

J'ai beau tenter de prendre quelques vacances de matinaute, impossible de ne pas revenir sur le moment Poutou. Impossible de ne pas le savourer, s'en délecter comme d'un bonbon qui ne devrait jamais fondre.

Impossible de ne pas se repasser la video qui, ce matin, galope partout sur Twitter, de toute l'allégresse de ses petites jambes. Impossible de ne pas se repasser "la" réplique de la soirée, à une Le Pen scotchée

 

"Nous quand on est convoqués par la police, on n'a pas d'immunité ouvrière, on y va."

 

Le moment après lequel il n'est plus nécessaire de regarder.

Tout le reste, en comparaison, sera fade. Les "petits" à l'assaut des "grands" : l'étrange bastringue lilliputien de BFMTV et CNews, que TF1 s'était évertué à éviter en n'invitant que les "grands", a rempli sa fonction, mission accomplie, le travail est fait, les cartes sont redistribuées, et Le Pen marquée au front comme elle doit l'être.

Affaire classée.

Je ne sais trop pourquoi, j'attendais Lassalle. J'ai eu Poutou, et je n'ai pas perdu au change. Le berger n'est pas descendu de ses montagnes. Il repassera à la prochaine transhumance. Ils auraient dû s'en méfier, de Poutou.

Déjà avant le début, il s'était fait remarquer en refusant de participer à la "photo de famille". Poser avec Le Pen ? Poser avec Fillon ? Non merci. Sain réflexe, d'ailleurs. Au nom de quoi "poser avec Le Pen" ? C'est une fête ? Une kermesse ? Un barbecue des voisins ? Une équipe de foot ? C'est la classe 2017 ?

Macron peut bien aller le chercher, pour lui demander de poser, non, il n'est pas de cette famille. L'absence de cravate, ensuite, aurait pu alerter. Mais ils n'ont pas dû se méfier. Le doux Poutou. Le gentil Poutou, souffre-douleur préféré de la bande à Ruquier, qui se laisse tondre, et se venge à distance, sur les réseaux sociaux. Hé hé. Les naïfs.

Fillon d'abord : "plus on sent la corruption, plus on sent la triche".Et Le Pen dans la foulée. Strike.

"Votre vrai visage"

C'est Poutou qui a raflé la mise, et qui restera. Il y aura des gifs, des memes, des détournements. En parlant de Ruquier, Poutou avait dévoilé la vraie nature de l'amuseur, quelques jours plus tôt. Revenant après une précédente séance de tonte, il s'était aussitôt vu reprocher par la bande de s'en être plaint sur Facebook. Ruquier :

"Vous avez un double visage, Monsieur Poutou. Je tiens à vous le dire. Sympathique en coulisse, et beaucoup moins sympathique sur Twitter. C'est bien que votre vrai visage ressorte".

A cet instant, c'est le vrai visage de Ruquier, qui ressortait. Pas uniquement le mépris, non.

Quelque chose de plus complexe et de plus triste, comme une profonde, sincère incompréhension, que la France ne soit pas uniquement peuplée de gens qui rient des blagues de Ruquier, sont prêts à se laisser ruquieriser, et à poser pour des photos avec la bande à Ruquier. L'éternel "mais pourquoi ne nous aiment-ils pas ?" des dominants, quand un accident de la vie les place face aux dominés.

Pour lire la chronique sur ASI.

 

Daniel Schneidermann

 

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

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C’est LA séquence qui aura marqué ce débat à onze. Celle qui aura dynamité "les pudeurs de gazelle" de la première manche entre "gros" candidats. Quelques poignées de secondes durant lesquelles Philippe Poutou, le petit candidat anticapitaliste, l’ouvrier sans cravate, punching ball facile de la bande à Ruquier, a soudain dégainé l’arme fatale, le sujet qui fâche, au nez de François Fillon et de Marine Le Pen : les affaires judiciaires.

Fillon, empêtré dans les révélations à répétition : "Fillon, Il est en face de moi, que des histoires, plus on fouille, plus on sent la corruption, plus on sent la triche". Quant au cas Le Pen, rattrapée par les soupçons d’emplois fictifs d’assistants parlementaires, Poutou a aussi un mot pour elle : "Pour quelqu’un qui est anti européen, ça ne la gêne pas de piquer de l’argent de l’Europe. Et le pire c’est que le FN qui se dit anti-système ne s’emmerde pas du tout, se protège grâce aux lois du système, grâce à l’immunité parlementaire et donc refuse d’aller aux convocations policières". Et lorsque la présidente du FN tente d’esquiver d’un "Ce coup-là, vous êtes pour la police...", Poutou enchaîne du tac-o-tac : "Quand nous, ouvriers, on est convoqué par la police, on n’a pas d’immunité ouvrière, désolé, on y va. Le système vous protège tant mieux pour vous".

Ces quelques secondes de télévision, aussitôt devenues virales sur les réseaux sociaux, ont fait la joie de Twitter. Notre Matinaute, lui aussi, s’est délecté ce matin du coup du doux Poutou. En revanche, sur BFM, la sortie du candidat du NPA n’a pas plu aux commentateurs chargés de "débriefer" l'événement. Dès les premières minutes de l’après-débat, journalistes et éditorialistes de BFM n'ont pas manqué de dézinguer Poutou.

"il apostrophait les uns et les autres par leur nom de famille"

Hormis la journaliste Camille Langlade qui a vu Poutou comme "le seul à parler clairement des affaires", la brochette de journalistes-éditorialistes de BFM n’a pas de mots assez durs pour qualifier la prestation du candidat ouvrier. A l’instar de l’éditorialiste politique du Journal du Dimanche Anna Cabana qui s’étrangle: "Je ne trouve pas que Philippe Poutou mérite quelque honneur que ce soit, parce qu’il s’est conduit de façon très irrespectueuse".

Même avis de l’éditorialiste de la chaîne, Bruno Jeudy (reçu il y a quelques semaines sur notre plateau). "Evidemment, il met en difficulté François Fillon et Marine Le Pen", expédie d’un revers de main le rédacteur en chef de Paris Match qui a surtout retenu de Poutou "son comportement tout au long du débat : un candidat qui a, à la fois, un pied dedans, un pied dehors, qui va voir ses supporters pendant le débat, qui refuse d’être sur la photo, qui emploie des mots… quand il parle de la police «qui fait chier les jeunes», je le cite". Verdict de l’éditorialiste : Poutou est "un candidat qui, par moment n’a pas le respect qu’il faut pour être candidat à la présidentielle".

Et ce n’est pas Thierry Arnaud, le chef du service politique de BFM, qui va contredire son collègue, lui qui a trouvé Nathalie Arthaud, "plus construite, plus cohérente, plus solide dans son argumentation". Arthaud, une candidate qui, comparée à Poutou, trouve soudain grâce aux yeux des éditorialistes de BFM. Telle Anna Cabana : "Nathalie Arthaud elle avait de la dignité, une spontanéité, une éloquence". Car Artaud, elle, "elle était dans son couloir", alors que "Philippe Poutou en revanche il apostrophait les uns et les autres par leur nom de famille, sans même mettre ni madame, ni monsieur, ni un prénom". Horrifiée, l’éditorialiste continue de distribuer les mauvais points: "il s’asseyait derrière son pupitre, se retroussait les manches, se retournait pour parler avec son public, refusait de prendre place sur la photo collective". Et l’éditorialiste d’insister encore sur "l’irrespect dans sa posture" et "l’indignité" du candidat ouvrier "par rapport à la solennité d’un moment comme ce débat présidentiel".

 

 

 

Source : http://www.arretsurimages.net

 

 

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 19:00

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

via : http://www.ensemble-gard.fr

 

 

« Pour une nouvelle définition de l’entreprise, comme collectif humain créateur de richesses »

 

Un collectif de près de quarante économistes, juristes, syndicalistes et chefs d’entreprise, parmi lesquels Dominique Plihon, Claude Alphandery, Eva Joly, François Ruffin, signent dans « Le Monde » un appel à un changement radical du mode de gouvernance et du droit des entreprises.

 

LE MONDE ECONOMIE | | Par

 

« La captation des richesses créées se fait au détriment de l’investissement, mais aussi des salaires, provoquant ainsi une contraction de la consommation et de la demande intérieure. »

« La captation des richesses créées se fait au détriment de l’investissement, mais aussi des salaires, provoquant ainsi une contraction de la consommation et de la demande intérieure. » THOMAS SAMSON / AFP

TRIBUNE. Une distribution record de dividendes et 63 000 faillites d’entreprises en France en 2015, ces deux chiffres trop rarement rapprochés diagnostiquent l’asphyxie de notre économie par le coût du capital des multinationales. La captation des richesses créées se fait au détriment de l’investissement – empêchant la modernisation de notre appareil productif –, mais aussi des salaires, provoquant ainsi une contraction de la consommation et de la demande intérieure.

Il n’y a pas de définition légale de l’entreprise. Le droit commercial ne connaît que la société de capitaux, dont l’objet social est de maximiser la rentabilité du capital investi et le droit du travail limite la responsabilité envers les salariés à l’employeur en titre. Cette carence juridique déséquilibre le système de pouvoir au sein de l’entreprise. Elle permet d’assimiler les dirigeants à de simples mandataires des actionnaires et de les intéresser au rendement du capital par un système de rémunération via des stock-options.

Une nouvelle définition juridique de l’entreprise

Nous pouvons et devons mettre en place une nouvelle définition juridique de l’entreprise, comme collectif humain créateur de richesses, reconnaître un statut au chef d’entreprise, distinct du simple mandataire désigné par les actionnaires, et instituer une règle de solidarité avec modulation de la voix des actionnaires en fonction de la durée de leur engagement.

Il s’agit également de renforcer le rôle des salariés et de restaurer le rôle contributif de l’encadrement, de façon à faire primer l’avis de celles et ceux qui défendent les intérêts de l’entreprise à moyen et long terme. Limitée à un devoir de loyauté aux directives financières, la responsabilité professionnelle doit être réhabilitée et adossée à l’intérêt général, avec un droit de refus, d’alerte et de proposition alternative pour faire primer l’éthique professionnelle.

 

Les comités d’entreprise doivent disposer de droits d’informations renforcés et élargis, leur permettant de connaître la situation et la stratégie des investisseurs, les pactes d’actionnaires, et la situation de l’ensemble de la chaîne de production à laquelle ils sont intégrés. Il est indispensable ensuite de protéger nos entreprises des fonds prédateurs, renforcer les droits des salarié-es en cas de cession et réformer en profondeur les tribunaux de commerce pour empêcher le clientélisme.

 

Droits décisionnels sur la stratégie pour les CE

Les comités d’entreprises doivent disposer de droits décisionnels sur la stratégie d’entreprise, et notamment celui de suspendre les aides publiques et les licenciements. Pourquoi ne pas instaurer, comme en Allemagne, la parité entre les salariés et les actionnaires au sein des conseils d’administrations ?

Il s’agit enfin de mettre les banques et la finance au service de l’économie en réorientant les crédits bancaires vers l’activité durable et créatrice d’emploi et en adoptant une politique résolue de lutte contre l’optimisation et la fraude fiscale.

L’entreprise ne peut plus être gérée en fonction du seul critère de la rentabilité financière, aux dépens de nos besoins économiques, sociaux et environnementaux. Il est temps de réagir pour dessiner un autre avenir à nos entreprises et notre société.

Les signataires : Claude Alphandery, président d’honneur du Labo de l’Economie Sociale et Solidaire ; Sophie Binet et Marie José Kotlicki, secrétariat général de l’UGICT-CGT ; Daniel Bachet, professeur de sociologie à l’université d’Evry ; Frédéric Boccara, économiste, Université de paris 13, membre du Conseil économique social et environnemental (CESE) ; Eric Bocquet, sénateur du Nord ; Alain Bocquet, député du Nord ; Jean-François Bolzinger, président de l’institut LEA (L’Entreprise Alternative) ; Carlos Bowles, Economiste, vice-président du syndicat des salariés de la Banque Centrale Européenne (IPSO) ; Laurent Cordonnier, économiste au CLERSE (Lille 1) ; Thomas Dallery, Maître de conférences en économie, Université du Littoral Côte d’Opale ; Caroline De Haas, cheffe d’entreprise, pétition « Loi Travail non merci » ; Josepha Dirringer, juriste, maîtresse de conférence à Rennes 1, membre du GR PACT. ; Denis Durand, économiste à la banque de France, directeur de la revue Economie et Politique ; Emmanuel Druon, Président d’une entreprise de fabrication d’enveloppes ; Anthony Gratacos, Président de la SAS Gratacos Père et Fils ; Armand Hatchuel, Blanche Segrestin et Kevin Levillain, Professeurs à l’école des Mines ParisTech ; Patrick Henriot, président du Syndicat de la Magistrature ; Liem Hoang-Ngoc, économiste, maître de conférences à l’université Paris 1 ; Jean Gadrey, économiste, ancien professeur à l’université de Lille 1 ; Florence Jany-Catrice, économiste, Université Lille 1 ; Eva Joly, députée européenne ; Hubert Landier, expert en relations sociales du travail ; Dominique Méda, professeure de sociologie à l’Université Paris-Dauphine, ; Nicolas Mérigot, Délégué général du Centre des jeunes dirigeants de l’économie sociale (CJDES) ; Michel Meunier, PDG de Janus Groupe, Président de la fondation Condorcet ; Isabelle Meyrat, juriste, maîtresse de conférence à l’université Cergy Pontoise ; Jean-Paul Milesy, Délégué général de Rencontres sociales ; Dominique Plihon, économiste, porte-parole d’Attac ; Christophe Ramaux, économiste, maître de conférences à l’université Paris 1 ; François Ruffin, journaliste, réalisateur de « Merci Patron » ; Jean Sammut, mutualiste, président de Procial ; Hervé Serieyx, Président d’honneur de la Fédération française des groupements d’employeurs de France ; Daniel Sommer, PDG de Speed Rabbit Pizza ; Henri Sterdyniak, économiste, co-animateur des Economistes atterrés ; Quentin Urban, juriste, maître de conférences à l’université de Strasbourg ; Le collectif des Economistes atterrés.

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

via : http://www.ensemble-gard.fr

 

 

 

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