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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 18:03

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Le Grand Entretien

« Changer les choses autrement que par le vote »

 

 

Au ras-le-bol de la politique traditionnelle exprimé dans l’abstention, Hélène Balazard, auteure de l’étude « Agir en démocratie », répond en exposant une alternative : le modèle du « community organizing ».

 

« Je revendique le fait de pouvoir faire changer les choses autrement que par le vote », témoignait récemment sur Rue89 un riverain abstentionniste.

Dans les nombreux messages que vous nous avez adressés pendant les régionales, on a lu du ras-le-bol et de la résignation. Certains d’entre vous votent sans y croire et d’autres, nombreux, ne votent pas ou plus.

Rappelons qu’en matière d’action politique, il n’y a heureusement pas que les élections : il existe des lieux et des groupes où l’on pratique la politique autrement.

 

A Chicago, en 1940...

 

« Agir en démocratie » de Hélène Balazard (Les Editions de l’atelier, 2015)
 

Hélène Balazard, docteure en sciences politiques, a étudié deux expériences construites sur le modèle du « community organizing ». Elle a consacré à ces alternatives un ouvrage, « Agir en démocratie » (Les Editions de l’atelier, 2015).

Le « community organizing », que l’on pourrait traduire par organisation communautaire, est un mode d’action locale né aux Etats-Unis. Saul Alinsky, un sociologue américain, a expérimenté ce mode d’organisation dans un quartier de Chicago, à partir de 1940, avant de le développer dans d’autres villes.

Un de ses disciples a plus tard essaimé à Londres. London Citizens, qui a remporté plusieurs combats depuis sa création, a été le sujet de thèse d’Hélène Balazard. Cette dernière a aussi fait partie du petit collectif qui a initié en 2010, sur le modèle londonien, une Alliance citoyenne à Grenoble. Un autre collectif s’est depuis formé à Rennes.

 

« Créativité citoyenne »

Le « community organizing » est fondé sur l’action de terrain et le pragmatisme anglo-saxon. « Une de ses caractéristiques, c’est de fonctionner en parallèle du système politique partisan, électoral, et de faire de la politique autrement », résume Hélène Balazard.

« Ce n’est pas la panacée, simplement une organisation qui permet de faire avancer les choses, tant du point de vue de la justice sociale qu’en termes de développement du pouvoir politique et de l’engagement. Mais il y a plein d’autres choses qui se font ou qui restent à imaginer. Il ne faut surtout pas se limiter dans sa créativité citoyenne. »

 

Entretien.

Rue89 : Pendant les régionales, on a lu ou entendu du ras-le-bol, de la résignation. Comment agir là-dessus ?

Hélène Balazard : Face au problème du Front national, il y a un travail d’éducation populaire de longue haleine à faire. Le FN joue sur le fait qu’il y a une défiance croissante envers la classe politique mais il en fait lui-même partie. Dans leurs discours, ils disent que le pouvoir est entre les mains des élites politico-économiques mais au lieu d’allier les gens pour créer un contre-pouvoir, ils divisent les classes populaires. Les électeurs sont trompés.

 

Hélène Balazard

Hélène Balazard - DR
 

Il y a pas mal de choses à faire en dehors de la politique partisane et des élections. On peut par exemple s’organiser au niveau local pour créer une force citoyenne capable de faire rendre des comptes à ses élus et aux dirigeants économiques.

Concrètement, ça veut dire dans un premier temps réunir des gens du quartier, essayer de faire le tour de tous les problèmes qu’ils rencontrent et qu’ils aimeraient voir changer. Il faut ensuite s’attaquer à un ou deux problèmes qui sont le plus partagés et qui pourraient être résolus assez facilement afin de sortir du fatalisme « de toute façon, on n’a pas de pouvoir, on ne peut rien faire ».

S’il y a des intérêts divergents, on laisse le problème de côté : on travaillera dessus plus tard et peut-être qu’il va se résoudre naturellement, quand on aura appris à se connaître. Le but, c’est de recréer du lien entre les gens pour redonner du sens à la politique. Faire de la politique, c’est organiser la vie en société et pour cela, il faut qu’on la vive cette société, il faut en être conscient.

La démocratie n’est pas un modèle figé. A l’école, dans les cours d’éducation civique, on a l’impression qu’on est des citoyens passifs, qu’on attend que des gens prennent des décisions à notre place. Sauf qu’on peut s’organiser en fonction d’intérêts communs pour faire pression sur les personnes qui prennent des décisions. C’est du pragmatisme.

Il y a quelque chose à tirer d’Alinsky et de l’expérience de Londres : le pragmatisme, l’action. En France, on a tendance à être un peu trop dans la théorie, à réfléchir à un modèle qui serait idéal, à être dans la critique permanente et du coup à rester plutôt inactifs. On reste fixés dans l’idéal républicain issu des Lumières – un idéal assez parfait mais qui, dans la pratique, ne marche pas.

 

Vous dites qu’il faut redonner du sens à la politique. Qu’entendez-vous par là ?

On a perdu le sens de pourquoi on s’organise. La politique, ce n’est pas une affaire de professionnels : cela devrait concerner tout le monde. 

On a l’impression que de toute façon, on ne peut rien faire, que la politique est cette machine opaque que l’on voit à la télé, que d’autres la font à notre place... Si tout le monde remettait la main à la pâte, y compris au niveau local, cela permettrait que des gens différents se rencontrent et se rendent compte de la complexité d’organiser la vie en société : il y a des aspirations différentes, il faut ménager la chèvre et le chou et les décisions sont parfois dures à prendre.

En étant intégrés à ce processus, on serait aussi plus enclins à être dans un esprit coopératif plutôt que dans la compétition. Avec les logiques de partis, on a parfois du mal à voir en quoi ces derniers s’opposent, on est perdus. La politique devient un truc qui n’a plus de sens pour les citoyens qui ne sont pas engagés dans ces rouages-là.

 

Attente des résultats du second tour des régionales, au QG du PS, le 13 décembre 2015 à Lyon

Attente des résultats du second tour des régionales, au QG du PS, le 13 décembre 2015 à Lyon - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP
 

Le premier pas, c’est agir. Il y a déjà plein de gens qui agissent dans des associations, qui s’impliquent dans les écoles de leurs enfants, dans un syndicat ou un CE d’entreprise, dans un parti politique... L’idée aussi, c’est de rencontrer des gens qu’on n’a pas l’habitude de rencontrer, de sortir de sa zone de confort, de parler à des gens sur lesquels on a des préjugés. Il faut peut-être aussi changer la manière dont la citoyenneté est enseignée à l’école. En Angleterre, ils ont un enseignement de la citoyenneté plus actif – des écoles sont notamment membres de la London Citizens. 

 

Qu’est-ce que le « community organizing » et comment ses participants agissent-ils ?

Le principe du « community organizing », c’est d’organiser des communautés de citoyens qui se réunissent autour de problèmes communs, d’intérêts partagés.

Le mot communauté a parfois un sens péjoratif en France, les Anglais en ont une utilisation beaucoup plus large : ils diraient par exemple que créer une association, c’est créer une communauté de gens qui partagent des intérêts, des opinions ou des valeurs.

Dans le modèle du « community organizing », on crée d’abord sa communauté d’intérêts, on identifie les sujets sur lesquels on veut agir et on se lance dans une enquête (quel est le problème ? D’où vient-il ? comment apporter une solution ?).

L’idée, c’est d’être dans la critique constructive : ne pas dire « on est contre ça » mais « on n’est pas contents et on pense que ça serait mieux ainsi, on est ouverts à la discussion ». Il faut pour cela dialoguer avec les personnes qu’on a identifiées comme responsables et qui ont le pouvoir de changer cette situation problématique.

Parfois, ces responsables ne vont pas vouloir nous rencontrer. C’est là qu’on va organiser des petites actions pour les interpeller, les forcer à nous recevoir. Comme l’idée est de susciter constamment des occasions pour que les gens se rencontrent, les actions sont conviviales, sympathiques, plutôt positives.

A Grenoble par exemple, pour un problème de poubelles non ramassées, ils ont apporté des sacs-poubelle dans le bureau du bailleur qui a fini par les écouter. En 2012, toujours à Grenoble, un autre combat a concerné des femmes de ménage dont on avait augmenté les cadences. Comme les demandes de rendez-vous restaient sans réponse, ils ont ramené du monde dans l’hôtel des impôts où les femmes étaient employées. Les gens sont arrivés avec des sceaux, des balais, des serpillères : « On va faire le ménage avec elles : elles ne peuvent plus le faire seules car les cadences ont été augmentées. » C’était une action visuelle pour les médias, qui décrit bien la situation problématique, qui mobilise du monde, qui est sympathique à faire. A Grenoble encore, les élèves sont allés faire classe dans la mairie pendant un conseil municipal. Leur école, qui avait brûlé en 2012, a fini par être reconstruite.

 

Un homme regarde le panneau électoral, au sortir d'un bureau de vote lyonnais, le 13 décembre 2015

Un homme regarde le panneau électoral, au sortir d’un bureau de vote lyonnais, le 13 décembre 2015 - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP
 

Par rapport à ce que je décris, vous pourriez vous dire qu’une communauté d’intérêts pourrait très bien porter sur quelque chose qui s’oppose à l’intérêt général. Dans le « community organizing », il y a une volonté de réunir des personnes différentes pour ne pas créer des groupes qui vont s’opposer à d’autres groupes dans la société. Les organisateurs sont là pour éloigner tous les sujets qui pourraient ne pas être progressistes. Pour cela, ils essaient toujours de remonter aux causes d’un problème plutôt qu’à ses conséquences qui pourraient diviser. L’idée, c’est de retisser la société civile dans son ensemble et ne pas monter des personnes les unes contre les autres. Il y a une visée humaniste derrière, l’idée de justice sociale, d’égalité...

Le fait de retisser des liens entre des personnes va recréer des liens de confiance pas officiels. Ce n’est pas comme voter tous les cinq ans pour une personne qu’on connaît à peine et à qui on fait moyennement confiance. On peut faire davantage confiance à quelqu’un qu’on voit régulièrement. Cela permet de redonner du sens à la représentation : mis à part certains élus qui font un travail de terrain, on ne connaît plus nos représentants et il n’y a pas de rendu compte du lien de confiance...

Petit à petit, les citoyens qui participent à des expériences de « community organizing » construisent un pouvoir et s’attaquent à des sujets sur lesquels ils ne pensaient pas avoir d’emprise. Ils vont plus loin dans les changements qu’ils proposent tout en continuant de mener des actions sur des sujets plus anecdotiques pour ne pas s’éloigner de la base et continuer à mobiliser du monde.

 

Ils utilisent aussi des moyens d’action classique (pétitions, manifs...) ?

Ils essaient d’utiliser ce qui va faire avancer les choses le plus rapidement possible. A Grenoble, ils n’ont jamais organisé de manifestations ; à Londres, si. Disons qu’ils ont globalement un répertoire d’actions plus larges. Sur les pétitions, ils vont souvent dire que ce n’est pas une action qui regroupe, qui va être conviviale. Dans leur manière d’agir, ils pensent toujours à développer l’exercice du pouvoir ainsi que les relations interpersonnelles entre les personnes qui d’habitude ne se rencontrent pas.

 

Le numérique fait-il partie des outils utilisés par ces groupes ?

Il l’est, forcément, mais ce n’est pas un outil principal. Ils ne se sont pas construits sur le numérique. Quand les réseaux sociaux sont apparus, ils ont même mis du temps à s’y mettre. En fait, le numérique seconde les moyens de mobilisation classique : quand ils organisent un événement, ils créent aussi un évènement Facebook par exemple.

C’est comme si les réseaux sociaux venaient seconder les vraies relations qu’ils ont construites. Ce n’est pas en créant un évènement Facebook que les gens vont venir en réunion. Eux disent que le meilleur moyen d’organiser une réunion, ce n’est pas d’envoyer un courrier, un e-mail ou distribuer des flyers, mais cela doit passer par la construction de liens – une personne vient en réunion parce qu’elle sait qu’elle va retrouver des personnes qu’elle connaît.

 

Quelles sont les relations entre les membres des « community organizing » et les élus ?

Ça dépend. London Citizens, par exemple, organise depuis 2000, avant chaque élection municipale, une assemblée qu’ils appellent « Accountability Assembly » [assemblée des responsabilités, ndlr]. Ce sont des grandes réunions qu’ils organisent eux-mêmes pour ainsi maîtriser toutes les règles du jeu (c’est un moyen d’action).

Avant chaque assemblée, ils font une campagne d’écoute auprès de tous leurs membres pour définir quels sujets vont être prioritaires. Ils vont ensuite travailler sur quatre propositions correspondant à des revendications. Ils demandent à chaque candidat politique : « Est-ce que, oui ou non, vous êtes prêt à agir, à mettre en place cette solution et si oui, êtes-vous prêt à nous rendre compte de la mise en place de cette action ? »

Ken Livingstone, maire de Londres de 2000 à 2008, avait bien joué le jeu en étant quand même critique. En tant que travailliste, il était plus proche d’eux idéologiquement que Boris Johnson, élu en 2008.

London Citizens n’est pas partisan : ils ne donnent pas de consigne de vote à la fin des assemblées. Ils essaient de rester très indépendants du pouvoir.

 

A Grenoble, quelles actions de l’Alliance ont abouti ?

Les femmes de ménage ont obtenu le retour à des cadences normales et certaines ont même été titularisées alors qu’elles enchaînaient les CDD, l’école des Buttes a été reconstruite, les étudiants étrangers de la fac ont obtenu l’ouverture d’un nouveau guichet d’accueil pour faciliter les démarches administratives... Il y a eu d’autres victoires.

 

Quels effets la participation a sur les gens ?

Il y a d’abord une prise de conscience de leur pouvoir. En impliquant les personnes dans une petite action qui aura de l’effet, elles vont prendre conscience qu’elles peuvent changer les choses. Il y a aussi une forme de reconnaissance : « C’est la première fois qu’on me demande mon avis, je ne pensais pas qu’il comptait. »

A travers toutes ces actions, l’idée, c’est aussi de développer des compétences politiques. Organiser des réunions, les animer, développer des compétences d’expression et de négociation... : ce sont des choses que les organisateurs essaient d’apprendre aux participants. Il y a des cours d’éducation au leadership. Ceux qui participent vont par ailleurs devenir plus engagés dans leurs activités, ça renforce leur engagement de citoyen.

 

L’engagement, l’action politique, ça s’apprend ?

Ça s’apprend notamment en se vivant, pas forcément en lisant des livres. Il faut pour cela que des gens nous entraînent à le faire – dans les deux sens du terme.

L’engagement, d’une certaine manière, ça s’apprend aussi. La motivation à s’engager se développe. Certaines personnes l’acquiert de par leur éducation ou leur parcours de vie, d’autres non. L’engagement peut se développer par des récits d’expérience, des rencontres, la prise de conscience d’injustices qu’on subies ou la prise de conscience qu’on a un moyen d’action dessus.

Après, ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que les gens ont leur emploi du temps, leur vie personnelle... Les engagements, ça va et ça vient en fonction de ses envies, de son emploi du temps et d’autres contraintes de la vie.

Il faudrait peut-être changer la manière dont on peut participer à l’organisation de la vie en société : avoir plus de temps libre, des congés de citoyenneté payés, un revenu de base universel, etc.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 17:11

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Dans le nord de l’Espagne, la permaculture contre le chômage

14 décembre 2015 | Par Ludovic Lamant
 
 

À l’approche des législatives du 20 décembre, Mariano Rajoy, le candidat sortant, martèle qu’il est en train de venir à bout de la crise. Mais les chiffres du chômage restent vertigineux. Mediapart a suivi les pas d’un Galicien de 30 ans qui, après des années sans emploi, s’est lancé à son compte dans l’agro-écologie. « Un acte révolutionnaire » encore loin d'avoir trouvé l'équilibre financier.

De notre envoyé spécial à Ferrol (Galice, Espagne). La route sinueuse s’enfonce dans une forêt d’eucalyptus. Duarte Artabe, au volant de sa camionnette blanche, sourit : « On s’est lancés dans une guerre contre ces foutus eucalyptus. Ils menacent la diversité. Nous voulons replanter des arbustes authentiques, comme des ajoncs. Notre idée, c’est de recréer un écosystème autour de la forêt, pour que les renards ne soient pas tentés de descendre jusqu’à nos poulaillers, en contrebas. »

Depuis 2012, Duarte, 30 ans, vit et travaille à la campagne, sans connexion internet. À neuf kilomètres du port de Ferrol, où il est né, dans l’extrême nord de la Galice, il a retapé la vieille maison secondaire de sa grand-mère, qui s’effondrait. Dans les environs, à une vingtaine de minutes à pied de l’océan, il s’est mis à cultiver, en pirate, trois lopins de terre, un hectare en tout, selon les préceptes de l’agro-écologie. Pour Duarte, ce retour à la nature est une manière de survivre, après des années de chômage, dans un pays incapable d’offrir des emplois à sa jeunesse. Malgré les discours officiels sur la reprise de son économie, l’Espagne affiche toujours l’un des taux de chômage les plus élevés d’Europe (tout près des 50 % pour les moins de 25 ans).

« Le secteur tertiaire espagnol, il faut fuir à toute vitesse. Le secondaire, il faut peut-être y passer rapidement, pour l’expérience, mais vu la crise énergétique qui arrive, ça n’a plus de sens. Le primaire, c’est ce qu’il y a de plus sûr », avance Duarte de manière catégorique. « Et la Galice, grâce à son climat, mais aussi grâce à un système de toutes petites parcelles d’exploitation, ces minifundios qui ont empêché les ravages de l’agriculture extensive, fait partie des terres les plus fertiles d’Europe », assure-t-il.

 

La serre de l'exploitation. ©LL. La serre de l'exploitation. ©LL.



À la fin de l’année 2015, cet agriculteur lecteur de Thoreau, dont la mère enseigne le galicien, est encore loin d’avoir trouvé le modèle économique qui lui permette de vivre de la culture de la terre. Mais les choses, espère-t-il, se mettent en place. « On a choisi d’emprunter un chemin vers l’autosuffisance, qui est très long, forcément. L’agriculture, il faut une vie entière pour l’apprendre. C’est un projet de vie », prévient-il, au moment de commencer la visite des lieux.

À l’arrière de la bâtisse, sous les châtaigniers, un poulailler jouxte un enclos pour les cochons. Un entrepôt pour stocker les céréales, dont les planches de bois ont été peintes en grenat, trône sur cinq mètres de long. De l’autre côté de la route en contrebas, se déploient des terrains plus vastes, zone d’expérimentation pour la permaculture, au croisement de pratiques écologiques et d’un retour aux traditions.

Sous la serre, de l'épurge et des brocolis poussent de manière désordonnée, dans une zone dédiée à la Hügelkultur (à partir de débris de bois usagés, censés doper la fertilité des sols). Plus loin, un jardin circulaire, qui permet de profiter au mieux des inclinaisons du soleil en fonction du terrain, a été abandonné un temps, faute de résultats concluants. « On y fait maintenant pousser les plantes médicinales et aromatiques, qui n’ont pas besoin de beaucoup de soins », précise-t-il.

Duarte n’a pas toujours imaginé devenir un agriculteur bio à son compte. Après des études de développement durable dans la région de Madrid, il décroche en 2009 un master dans les énergies renouvelables. « Produire ta propre énergie, c’est un sujet qui m’a toujours intéressé. Et à l’époque, les énergies renouvelables, en Espagne, c’était la fête », se souvient-il. Mais cette « bulle verte » ne tarde pas à éclater. Des milliers de petits producteurs, trop vite subventionnés par l’État espagnol au début des années 2000, se sont trouvés ruinés quelques années plus tard. Au moment, exactement, où Duarte débarque sur le marché de l’emploi.

 

Duarte Artabe (à gauche) et son collègue Ivan. Duarte Artabe (à gauche) et son collègue Ivan.

 

Après le diplôme, il revient donc à Ferrol. La ville est exsangue. Connue dans toute l’Espagne pour une raison lugubre – c’est le lieu de naissance de Franco –, Ferrol s’est développée lors des décennies passées grâce à son industrie navale, aujourd’hui frappée par la crise. « Nos chantiers navals attendent des commandes, mais il manque la volonté politique du gouvernement de Madrid », regrette Jorge Suárez, le maire de Ferrol, arrivé en mai dernier grâce au succès d’une plateforme « indignée » (lire notre enquête sur les « marées indignées »).

Dans un entretien à Mediapart, le maire ne cache pas l’étendue des dégâts : « La ville affiche le taux de chômage le plus élevé de Galice, à plus de 30 %. Ici, on perd environ 800 habitants par an ces temps-ci. On en avait 90 000 il y a vingt ans, ils sont moins de 70 000 aujourd’hui. La situation d’urgence sociale est critique. Certaines rues de la vieille ville ressemblent à la Bosnie-Herzégovine, avec ces maisons en ruines. » Duarte, lui, a sa propre explication de la panne des chantiers navals : « La crise dure depuis 20 ans ! C’est la conséquence de l’entrée de l’Espagne dans l’UE [en 1986 – ndlr], de l’ouverture des marchés à l’international, et de la concurrence de pays comme la Corée du Sud, qui produit des bateaux de moins bonne qualité, mais aussi moins chers. »

 

Le déclic catalan

 

L'exploitation. L'exploitation.

 

En mai 2011, Duarte fait partie de ces milliers d’Espagnols qui décident, spontanément, d’occuper les places du pays pour dire leur ras-le-bol de la corruption et de l’austérité. Il campe devant la mairie de Ferrol jusqu’à fin juin, et participe chaque jour aux assemblées. À l’automne, changement d’air, cap vers Barcelone. « J’ai envoyé 50 000 CV par jour. En vain. Mais surtout, j’ai découvert là-bas le concept de potager urbain. Ce fut un déclic », raconte-t-il. Dans la vieille ville catalane, au Forat de la Vergonya (un haut lieu des luttes citoyennes ces dernières années), il découvre les pratiques d’autogestion, mais aussi les relations de voisinage qui se nouent et s’enrichissent, autour des cultures bio.

« Cultiver un jardin aujourd’hui, c’est un acte révolutionnaire, à une époque où tout le monde mange de la merde, dans les restaurants et les supermarchés », juge-t-il. De retour à Ferrol fin 2012, Duarte décide d’importer l’esprit du potager urbain catalan en Galice. Il se souvient des terres de sa grand-mère, laissées à l’abandon. Il lui demande l’autorisation de les cultiver, et l’intéressée laisse faire, sans grand enthousiasme. Il s’associe à deux collègues de son âge, et élabore ce projet total d’une vie au champ. Il reprend certains codes du mouvement « indigné », les trois agriculteurs prenant par exemple leurs décisions chaque début de mois lors d’une assemblée.

Le pari du Pumido Ao Natural, le nom galicien de leur exploitation, ne s’arrête pas là : les trois agriculteurs ont décidé de se passer des labels bio (et des subventions de l’UE qui vont souvent avec). « Les certificats servent à donner aux consommateurs une garantie. Mais nous, nous défendons une agriculture locale, sans intermédiaires, et l’on veut connaître toutes les familles qui achètent nos produits. La confiance se génère ainsi : ils viennent nous voir travailler sur nos terres », explique Duarte. En tout, ils travaillent avec une trentaine de familles à Ferrol qui leur demandent, à la semaine, des « paniers ». Jusqu'à présent, c'est trop peu pour compenser les coûts fixes (l'essence jusqu'à Ferrol, l'achat des semences, etc.). D'autant que les prix de vente sont très bas.

 

L'entrepôt pour stocker les grains. ©LL. L'entrepôt pour stocker les grains. ©LL.

 

Dans la grande cuisine, qui fait aussi office de salon, des calendriers sont scotchés sur tous les murs, pour la répartition des tâches sur le mois – en partie décidée selon le calendrier lunaire (« Si tu plantes un chou pendant la lune montante, ses feuilles seront un peu trop ouvertes, alors que pendant la lune descendante, il formera une belle boule »). À trois, à leur toute petite échelle, malgré la dureté du travail, ils semblent ravis de mener ce « projet politique ».

Ces anciens chômeurs bousculent aussi certains clichés sur la jeunesse espagnole, trop souvent réduite au drame des « ni-ni » (les déscolarisés et sans emploi, dont le nombre a explosé sous la crise). Ont-ils, avant de se lancer, pensé à quitter le pays, comme des centaines de milliers d’Espagnols depuis 2007 (ils étaient par exemple près de 90 000 à partir, en 2013) ? « Nous y avons tous pensé. Nous avons hésité. Mais nous avons choisi de rester, de nous ouvrir aux gens qui vivent ici, de tisser des liens avec eux. On essaie. Ça prend du temps », explique Ivan, l'un des collègues de Duarte.

Dans sa vie d’électeur, Duarte n’a voté qu’une seule fois : c’était aux législatives de 2004, « pour sortir Aznar » (en fait pour sanctionner le Parti populaire, déjà représenté à l’époque par Mariano Rajoy, l’actuel chef du gouvernement). Il avait alors voté pour José Luis Rodriguez Zapatero et les socialistes du PSOE. Depuis, s’il avait été présent à Ferrol le 25 mai dernier, il aurait sans doute voté, dit-il, pour la plateforme indignée qui a remporté la mairie. Donnera-t-il sa voix aux législatives du 20 décembre à Podemos, qui se présente en Galice associé aux communistes d'IU ? « Non, je n’irai pas voter. Je préfère faire de la politique à mon échelle, je crois davantage aux réseaux de proximité, c’est mon côté anarchiste », répond-il sans hésiter.

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 20:17

 

Source : https://www.mediapart.fr/portfolios

 

Dans Paris, des milliers de militants du climat pas d'accord avec l'accord

 
 
 

Alors que les 195 pays réunis au Bourget mettaient la dernière main à l'accord de la COP21, adopté samedi dans la soirée, entre 15 et 20 000 personnes se sont retrouvées à Paris dans deux rassemblements successifs. Le premier, avenue de la Grande-Armée entre l'Arc de Triomphe et la porte Maillot, a consisté à faire valoir les « lignes rouges » des citoyens sur le climat ; le second, sur le Champ-de-Mars, a offert concert et prises de parole.

  1. Alors que les 195 pays réunis au Bourget mettaient la dernière main à l'accord adopté samedi dans la soirée à l'occasion de la COP21, plus de 10 000 personnes se sont retrouvées avenue de la Grande-Armée à Paris pour fixer leurs propres « lignes rouges » sur le climat.

  2. Deux rassemblements étaient organisés par de nombreuses ONG, dont 350.org et Alternatiba notamment, l'un avenue de la Grande-Armée, entre l'Arc de Triomphe et l'Arche de la Défense, et l'autre au Champ-de-Mars. Tout a été préparé à la Zone Action Climat (ZAC), qui siégait pendant la COP au 104 dans le 19e arrondissement. Des milliers de personnes ont assisté aux AG (comme sur cette photo), aux ateliers, etc.

  3. Toute la semaine précédant l'opération « Lignes rouges », des formations se sont tenues à la ZAC. Vendredi matin, par exemple, plus de 200 personnes étaient présentes. Au menu : informations légales, informations médicales aussi, notamment en cas d'utilisation par la police de gaz lacrymogènes, mais aussi préparation à l'événement en question sous la thématique du commando. En effet, toutes ces formations ont eu lieu alors que le rassemblement n'était pas autorisé.

  4. Un tour de chauffe avait eu lieu dès vendredi au sein même du Sommet sur le climat au Bourget. Une « ligne rouge » avait été déployée dans l'allée centrale.

  5. La préfecture a fini par autoriser le rassemblement vendredi vers 18 heures… Ce qui n'a pas empêché la forte mobilisation du lendemain. Dès 11 h 30, soit une demi-heure avant le début du déploiement des fameuses « lignes rouges », l'avenue était déjà bien remplie. La police, nombreuse sur place, avait arrêté la circulation. Les riverains sortaient la tête de leurs fenêtres, tout étonnés de ce soudain silence.

  6. À midi pile samedi, une immense banderole a été déployée sur plus de 800 mètres par des milliers de personnes qui portaient toutes du rouge.

  7. La foule a fait – plus ou moins – une minute de silence en hommage aux victimes du réchauffement. Outre les « Lignes rouges », deux slogans de 100 mètres chacun ont aussi été déployés : « It’s up to us to keep it on the ground » et « climate crime stop ».

  8. Le rassemblement était très festif, avec plusieurs fanfares tout au long. 

  9. Les « Anges gardiens pour le climat » étaient bien représentés.

  10. Les énormes ballons argentés avec une ligne rouge ont été fabriqués pendant les deux semaines de la Zone action climat au 104.

  11. Les cyclistes de Vélorution ont fait un passage applaudi entre les deux longues lignes rouges.

  12. De nombreux groupes affinitaires étaient représentés.

  13. Des représentants des peuples indigènes ont rejoint l'avenue de la Grande-Armée après une autre action dans Paris. « Ici, à la COP21, ils proposent de fausses solutions pour la crise climatique », selon Kandi Mossett (Mandan, Hidatsa, Arikara, North Dakota).

  14. Le rassemblement avenue de la Grande-Armée s'est dispersé sans heurts à partir de 13 h 30. La plupart des participants se sont ensuite dirigés vers le Champ-de-Mars, où se trouvait un autre rassemblement.

  15. À l'arrivée au Champ-de-Mars, les entrées étaient filtrées, avec fouille des sacs et autres cabats.

  16. Au Champ-de-Mars, entre 15 et 20 000 personnes ont été décomptées par les organisateurs. Des concerts et des prises de parole ont eu lieu.

  17. Les participants aux « lignes rouges » ont rejoint le Champ-de-Mars par la place du Trocadéro, déployant à nouveau une ligne rouge.

  18. Les ballons argentés des artistes de la Zac dessinent une ligne rouge sous la Tour Eiffel.

     

     

    Source : https://www.mediapart.fr/portfolios

     

     

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 19:10

 

Source : http://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/andre-gorz-leur-ecologie-et-la-notre

 

 

CONTRE L’ÉCOLOGIE DE MARCHÉ (RADIO 50’51)

ANDRÉ GORZ, LEUR ÉCOLOGIE ET LA NÔTRE

Le

 

 

Il y a quarante ans André Gorz écrivait : « Quand l’impasse écologique sera devenue inéluctable, le capitalisme intégrera cette contrainte comme il a intégré toutes les autres. »

Sauf que le climat n’est pas une impasse, c’est une catastrophe. D’abord pour les pauvres et les damnés de la terre mais aussi pour les guerres que le dérèglement climatique engendre. Penseur de l’écologie politique, André Gorz n’a eu de cesse de poser les fondamentaux de la place du travail et de l’individu dans le monde capitaliste. Le productivisme même repeint en vert s’oppose au développement humain. La COP 21 montre que la question du climat ne peut être séparée des questions politiques et sociales fondamentales. L’environnement est aujourd’hui la priorité politique mondiale Et si, bien sûr, Gorz n’a pas inventé l’écologie, il lui a donné sa dimension politique dés le début des années 70 notamment dans « Ecologie et politique »en 1975.

Comme aujourd’hui, sur les questions du nucléaire, du gaz de schiste, de l’industrie automobile et chimique, André Gorz pose la question de « leur écologie et la nôtre ». En clair, le philosophe se positionne contre l’écologie de marché et en opposition frontale à cette sphère aussi restreinte que néfaste, celle qu’il nomme « l’expertocratie verte ».

André Gorz où comment comprendre et mettre en œuvre une écologie émancipatrice et clairement anti-capitaliste.

(Première diffusion : juin 2011)

 
 
 
 
André GORZ, leur écologie et la notre

Écouter l'émission

 
 
 
 
 
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08:56   lien ici

 

 
  • 01. André Gorz, un penseur pour le 21e siècle

  • 02. La critique du syndicalisme

  • 03. La destruction de la culture

  • 04. Une socialisation violente

  •  

    05. L’écologie politique


Les différentes séquences de l’émission :


01. André Gorz, un penseur pour le XXIe siècle (8’56)

 
 
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01. André Gorz, un penseur pour le 21e siècle

02. La critique du syndicalisme (9’55)

 
 
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02. La critique du syndicalisme

03. La destruction de la culture (5’23)

 
 
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03. La destruction de la culture

04. Une socialisation violente (5’00)

 
 
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04. Une socialisation violente

05. L’écologie politique (21’38)

 
 
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05. L’écologie politique

Nouvelle version d’une émission de Là-bas si j’y suis diffusée pour la première fois en juin 2011.

N’oubliez pas que le répondeur attend vos messages au 01 85 08 37 37.

Entretien : Daniel MERMET
Réalisaiton : Jérôme CHELIUS
Montage : Grégory SALOMONOVITCH

(Vous pouvez podcaster ce reportage en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)

 

 

 

Source : http://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/andre-gorz-leur-ecologie-et-la-notre

 

 

 

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 18:28

 

Source : http://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/alain-badiou-penser-les-meurtres-de-masse

 

 

ÉDITION SPÉCIALE ALAIN BADIOU [VIDÉO 1h46]

 

ALAIN BADIOU, PENSER LES MEURTRES DE MASSE

 

 

Le

Le boomerang est revenu mais pas dans la tête de ceux qui l’avaient lancé. Devant les victimes, devant tout un pays en état de choc, le pouvoir politique répond par la guerre et l’état d’urgence. L’urgence est de mettre en cause ce virage sécuritaire. Lundi 23 novembre, au théâtre de la Commune d’Aubervilliers, sans publicité et devant une salle comble, le philosophe Alain BADIOU donnait une conférence « POUR PENSER LES MEURTRES DE MASSE ».

Le 19 novembre à l’Assemblée nationale, Manuel Valls déclarait : « Le terrorisme frappe la France non pas pour ce qu’elle fait en Irak, en Syrie ou au Sahel, mais pour ce qu’elle est ». Malgré le choc – ou à cause du choc – nombreux sont celles et ceux qui cherchent à comprendre. Ce choc pourrait être aussi un réveil après des temps de somnolence résignée. Cette conférence dure près de deux heures. Prenez votre temps. À côté des penseurs à la sauvette et des médias consensuels (et sans suite), nous vous en proposons une version intégrale.

 

(cliquez sur "HD" pour afficher la vidéo en meilleure qualité)
Cliquez ici pour télécharger la version audio :
MP3 - 93.6 Mo
                                                                                                             

Alain Badiou, penser les meurtres de masse

 

*Version papier de la vidéo dispo ici

 

 

Voici les intentions de cette conférence :

 

POUR aider à ce que les meurtres de masse du vendredi 13 novembre, à Paris et à St Denis, soient pensés au-delà des indispensables affects : horreur, barbarie, stupéfaction.

 

Pour qu’aucune propagande ne puisse s’y opposer fictivement pour s’en servir réellement.

 

Pour évaluer l’imposture et le péril de ceux qui visiblement se réjouissent, en France ou ailleurs, qu’on puisse enfin crier : « La guerre ! C’est la guerre ! Tous en guerre ».

 

Pour que d’abjects meurtres de masse ne puissent se glorifier d’avoir à eux seuls plus d’importance et de valeur médiatique et étatique que toutes les recherches rationnelles d’une politique neuve, toutes les expériences de la pensée et de la pratique en direction des vérités à venir.

 

Pour que les peuples du monde, et singulièrement leur jeunesse, ne soient pas acculés au choix accablant entre un fascisme racialo-religieux et le vide agressif de la domination occidentale, du capitalisme mondialisé et des Etats qui en sont les serviteurs.

 

Pour en somme que soit surmontée la fausse et meurtrière contradiction apparente du monde qui est le nôtre : entre la modernité monétaire et marchande d’une part et les différentes variantes du gangstérisme traditionaliste de l’autre.

 

Pour que soit sortie de l’ombre et changée en force la vraie contradiction, qui oppose deux termes dont l’identification est l’entrée obligée pour toute pensée qui s’applique à changer le monde :

1 : le couple guerrier des Etats dominants et des Bandits fascisants, qui ont un intérêt commun à diffuser dans le monde entier une subjectivité de guerre.

2 : les porteurs, par leur alliance à construire, du communisme qui vient : prolétariat international et nomade, intellectuels libres, jeunesse à la recherche d’une vie qui soit grande et vraie.


Badiou : penser les meurtres de masses.
Théâtre de la Commune. 23/11/2015


Réalisation : Jonathan DUONG
Image : Jeanne LORRAIN
Mixage : Jérôme CHELIUS
 
 
 
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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 18:21

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Le Conseil d'Etat entérine les assignations à résidence de militants du climat

11 décembre 2015 | Par Michel Deléan
 
 

La haute juridiction a annulé des décisions et transmis une QPC ce vendredi, mais sur le fond, elle rejette les demandes d'annulation des assignations à résidence qui lui étaient soumises, estimant ces mesures justifiées.

« Ce sont des activistes et des militants qui ne menacent aucunement la démocratie. Vous êtes le gardien des libertés fondamentales. Ne mettez pas en danger la démocratie, soyez le premier et le dernier rempart contre les dérives de l’état d’urgence. » C’est ainsi que l’avocat Patrice Spinosi conclut sa plaidoirie devant la section du contentieux du Conseil d’État, qui examine ce vendredi 11 décembre plusieurs demandes de citoyens, des militants du climat, assignés à résidence pendant toute la durée de la COP21 (lire notre article ici).

La Ligue des droits de l’homme (LDH) s’est jointe à ces requêtes, et annonce par ailleurs pour bientôt des QPC sur les perquisitions administratives et les interdictions de manifester. Pendant les débats, un petit rassemblement pacifique, place du Palais-Royal, est surveillé (et filmé) par un important dispositif policier. Ainsi va la France placée sous un régime d’exception.

 

Le rassemblement devant le Conseil d'Etat © M.D. Le rassemblement devant le Conseil d'Etat © M.D.

 

Les requêtes du jour (car d’autres sont annoncées dès lundi) émanent de sept personnes. Il s’agit de militants ou d’activistes censés appartenir à une mouvance anarchiste ou écologiste aux contours assez flous, selon les fiches S que les services de l’État ont fournies pour justifier leur assignation à résidence. Dans l’exposé du rapporteur public, on apprend que certains d’entre eux ont été interpellés après des manifestations plus ou moins violentes, à Rennes ou à Gênes. Quelques-uns auraient participé à des « préparatifs » pour se rendre à Paris pendant la COP21. Bigre… Il n’en fallait pas plus pour que les préfectures concernées les assignent à résidence, dès fin novembre ou début décembre, sans intervention d’un juge. Ce qui oblige ces citoyens sans casier judiciaire à pointer trois fois par jour au commissariat ou à la gendarmerie, et à rester chez eux la nuit (lire ici le récit de l’un d’eux à Télérama, et là à Arrêt sur images).

Les sept ont aussitôt contesté leur assignation à résidence devant le tribunal administratif, dans des procédures en référé. En vain. Six d’entre eux, à qui l'on a dénié le caractère urgent de leur demande pour ne pas avoir à l’examiner, forment donc un pourvoi devant le Conseil d'État. Le septième, dont la demande a été rejetée après examen, dépose pour sa part une requête qui vise à transmettre au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur l'assignation à résidence.

En substance, leurs avocats expliquent que les nouvelles dispositions de l’état d’urgence ont été dévoyées pour enfermer chez eux des militants qui ne représentent aucune menace pour l’ordre public, cela sans preuve concrète de leur radicalité supposée, sinon des notes blanches (non datées ni signées) dont l’exactitude est sujette à caution, insiste Catherine Bauer-Violas. « Il s’agit d’une atteinte grave et manifeste aux libertés fondamentales », plaide son confrère Denis Garreau.

Ardues sur le plan technique, les questions posées au Conseil d’État reviennent à lui demander d’arbitrer entre la conception extensive de l’état d’urgence par les pouvoirs publics, qui consiste à éloigner de Paris des militants qui auraient pu venir manifester pendant la COP21, et une conception plus restrictive ne touchant que ceux qui peuvent avoir un lien avec le terrorisme. L’audience du jour ne regroupe d’ailleurs que de supposés activistes écologistes ou anarchistes, alors que le cas d’un imam de Montpellier, lui aussi assigné à résidence (lire nos articles ici et ) doit être examiné lundi.

Dans des conclusions orales très savantes, le rapporteur public, Xavier Domino, fait un distinguo entre « privation de liberté » et « restriction de liberté » pour une « durée limitée ». Selon lui, alors que les forces de sécurité sont entièrement mobilisées après les attentats de novembre, et que se déroule en outre la COP21, ces sept assignations à résidence sont des mesures « nécessaires, adaptées et proportionnées », compte tenu des éléments avancés par le ministère de l’intérieur sur les personnes concernées, et du fait que des « sauf-conduits » peuvent au besoin leur être accordés par la préfecture. Le « principe de proportionnalité » serait, selon lui, respecté. Certes, le rapporteur considère que le caractère d'urgence des six premières demandes aurait dû être reconnu par les tribunaux administratifs concernés, mais sur le fond, il se prononce pour leur rejet. Pour ce qui est de la septième demande, le rapporteur se prononce pour la transmission de la QPC, afin que la question constitutionnelle soit tranchée et les contours de l’état d’urgence mieux définis, mais cela sans effet suspensif sur l’assignation à résidence prononcée.

Dans la soirée, peu après 20 heures, la section du contentieux rend sa décision. Sans surprise, elle se range à l'avis du rapporteur public. Le Conseil d’État estime donc, « en l’état de l’instruction, que chacune des sept mesures d’assignation à résidence dont il était saisi traduisait, compte tenu du comportement de la personne concernée et de la mobilisation particulière des forces de l’ordre, une conciliation entre le respect des libertés et la sauvegarde de l’ordre public qui ne portait pas une atteinte manifestement illégale à la liberté d’aller et venir ». Il juge donc « qu’il n’y avait pas lieu de prononcer de mesures de sauvegarde ». Les avocats sont déçus.

Consulter la décision au sujet de Joël Domenjoud, membre de la legal team de la Coalition climat et assigné à résidence depuis le 26 novembre 2015, 16h30:

Décision du Conseil d'Etat concernant Joël Domenjoud © Mediapart

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 18:14

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

A Paris, la police interdit de rire - c’est vrai !

11 décembre 2015 / par Lorène Lavocat (Reporterre)
 


 

Une opération de « thérapie par le rire », moquant le décalage entre les discours écolos des entreprises et leurs actes, a été interrompue par la police, jeudi, à Paris. Des clowns et des comédiens ont été parqués pendant plus d’une heure. Un reportage à écouter - et qui prête à rire, ou à pleurer.

 

- Paris, reportage

Sur le fronton de l’édifice, avenue George V, l’inscription « Chambre d’agriculture » met la puce à l’oreille. À quel nouvel événement va-t-on assister ? Bientôt, une jeune dame s’avance, tailleur bleu marine et grand sourire. Sur sa veste, une étiquette indique « Monsanto » . Le présentateur, cheveux soigneusement peignés, l’interroge : « Que faites-vous pour le développement durable ? » La dame énumère les bonnes pratiques de l’entreprise, mais, très vite, des rires tonitruants couvrent ses propos.

 

 
 
 
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Intervention Monsanto.

L’opération « Thérapie par le rire », lancée par une poignée d’activistes écolos, vise à mettre en lumière le décalage entre les discours et les actes des entreprises. L’idée est simple : « Nous lisons les vrais discours, trouvés sur le site officiel des compagnies, explique Manu, puis on en rit, et ça permet de montrer l’absurdité de leurs dires ! »

 
 
 
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Manu.

Ils sont une trentaine, ce jeudi 10 décembre, à parcourir les rues des quartiers chics de la capitale. Dans leur collimateur impertinent, Monsanto, Carrefour, BNP-Paribas, Vinci. La petite troupe traverse les Champs-Élysées, sous l’œil attentif de l’Armée du Clownistan, venue prêter main forte.

 
 
 
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Un clown.

Deuxième arrêt devant l’entrée d’un magasin Carrefour. Mais le discours du porte-parole improvisé est très vite interrompu par des sirènes. Dix, vingt et bientôt une quarantaine de policiers encerclent les militants. « Vous n’avez pas le droit de manifester sur la voie publique dans ce secteur », leur intime l’un des officiers suréquipés. « Nous faisons du théâtre de rue ! » rétorquent les autres.

 

 
 
 
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Intervention devant le magasin Carrefour.

Contrôles d’identité et arrestations à ciel ouvert commencent et vont se dérouler pendant près d’une heure. Des passants observent, sceptiques : « Autant de policiers pour si peu de contestataires, des joyeux drilles en plus, c’est un peu disproportionné, non ?

 

*Suite del'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 18:03

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

À Calais, Banksy rappelle que Steve Jobs est le fils d'un migrant syrien

12 décembre 2015 | Par La rédaction de Mediapart
 
 

Banksy continue son œuvre en soutien aux migrants de Calais. Après avoir utilisé les matériaux de son parc Dismaland pour construire des abris pour les populations de la "Jungle", l'artiste britannique a réalisé quatre pochoirs dans la ville, notamment un autour de Steve Jobs.

Au milieu des tentes de réfugiés, Banksy a signé un pochoir représentant Steve Jobs, un Mac à la main, un baluchon sur l'épaule. Une façon de rappeler que Steve Jobs est né d'un père d'origine syrienne avant d'être adopté.

« Apple paie plus de 7 milliards de dollars d'impôts chaque année, et existe seulement car on a accueilli un jeune homme venu de Homs », aurait déclaré Banksy selon un reporter de Channel 4 sur place à Calais.

Outre sa représentation de Steve Jobs en migrant, Banksy a réalisé trois autres œuvres à Calais et dans le camp où environ 4 500 migrants vivent actuellement. Toutes ont été publiées sur le site officiel de l'artiste.

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

steve jobs banksy

 

Source de la photo : http://www.huffingtonpost.fr

 

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 17:48

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart

 

 

Le renouvellement, c'est maintenant

 

 

En trois heures, 370 personnes, en majorité des jeunes atterrés issus de tous les horizons, ont signé une tribune, via un Google doc., initié par Antoine Dulin, Emmanuelle Duez, Olivier Saby, Ismaël Le Mouël et Samuel Grzybowski. Et dire : «Nous ne nous reconnaissons pas dans l'offre politique actuelle. Nous sommes exaspérés».

Encore dimanche, le même spectacle désolant ! Réactions à chaud, tractations en coulisses, invectives entre les camps et ... aucune volonté de prendre de la hauteur.

Nous ne nous reconnaissons pas dans l'offre politique actuelle.

Nous sommes exaspérés.

Il suffit de regarder la sociologie du Parlement pour voir que vous excluez tous ceux qui ne sont pas de votre milieu de toute participation à la vie de la collectivité publique. Vous êtes incapables de vous adapter aux nouveaux usages, notamment numériques et participatifs, incapables de répondre aux attentes des générations suivantes et de donner l'envie d'espérer.

Pourtant, quoi qu'on en dise, nous avons, plus que jamais, envie de nous engager. Nous sommes prêts à relever les défis que posent les multiples crises économique, écologique, sociale mais aussi de valeurs et de sens. Nous avons envie de participer à la transition vers un nouveau modèle de développement ! Chaque jour, en France, des milliers de personnes innovent, expérimentent, cherchent des solutions.

Mais le temps presse. Nous n'en pouvons plus de devoir quotidiennement nous battre pour apporter les preuves de nos compétences, de nos expériences, de notre engagement... Nous n'en pouvons plus de voir les mêmes personnes depuis 20 ans dans les médias prononcer des paroles qui ne les engagent pas. D'ailleurs, nous ne vous regardons plus. Nous ne vous écoutons plus. Nous ne votons plus : près de 3 jeunes (18-35 ans) sur 4 ne sont pas allés voter.

Monsieur le Président, vous engagez une réforme de la Constitution ? Chiche. Nous attendons un changement majeur dans le fonctionnement de notre vie politique. Non cumul des mandats dans le nombre et dans la durée, invalidation des candidats si le vote blanc est majoritaire, plafonnement et transparence des indemnités des élus... Voilà quelques clefs pour en finir avec ces sombres soirées électorales. La politique ne peut plus être conçue comme un métier où l'on fait carrière !

«  Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » disait Gramsci. Nous en sommes précisément là. Le FN est un de ces monstres.

Hommes et femmes politiques du vieux monde, ne les laissez pas s'installer en vous agrippant à un monde qui n'est plus.

Ayez l'audace de redonner du sens et de la valeur à la parole politique, ayez le courage de changer vos manières de faire et de penser en reconnaissant vos erreurs. Faites-vous violence si nécessaire, mais ayez la lucidité de céder votre place !

 

370 jeunes signataires de cette tribune spontanée

Nastassia Abbassi, Acheteur; Gafour Abdoul, Informaticien; Marie-Elie Aboul-Nasr, chef de projet dans l’entrepreneuriat social; Marie Abrassart, responsable RH; François Albrecht, Étudiant en ostéopathie; Ihsen Alouani, militant associatif; Laetitia Amati, Surveillante pénitentiaire; Jérémy Apert, responsable associatif; Alain Artado, Retraité; Samir Asghar, Chef de projet; Christophe Aubry, travailleur indépendant; Stéphane Audry, chargé d'études marketing; Yann-Mickaël Aury, commercial; Laïla Ayache, conservatrice de musée; Mikhael Ayache, cadre dans le secteur financier; Mitra Aziz, Cadre marketing alternatif;

Gilles Babinet, Entrepreneur; Jean Babkine, directeur commercial; Philippe Bachevillier, sans profession; Salim Badache, Indépendant; Radia Bakkouch, militante associative; Christophe Baldeweck, Pilote de ligne; Muriel Bapst, entrepreneur dans la formation; Hugo Barthalay, responsable associatif; Nicolas Barthelemy, skipper; Elsa Bast, Journaliste; Bérengère Baucher, lexicographe; Lou de Bausset, Réalisatrice; Béatrice Beaudot, Enseignante; Félix Beaulieu, entrepreneur; Rémy Beccat, Etudiant en classe preparatoire; Thibault Bechet, chargé de communication numérique et digitale; Raphaël Bengio, intérimaire; Charlotte Berger, Ingénieur aéronautique; Matthieu Bernard, producteur artistique - directeur littéraire; Nicolas Berthery, comédien; Simon Besnard, Responsable associatif; Lucile Bichet, responsable communication; Benjamin Bitane, militant associatif; Brice Blanloeil, réalisateur; Ludovic Blecher, Directeur Fonds; Sarah Bloch, Sage-femme; Jonathan Blum, Consultant; Clément Boccardi, Directeur de projets web; Noemie Boccardi, Consultante en assurances; Guillaume Bonnet, banquier d’affaires; Pierre-Yves Bossé, architecte; Joséphine Bouchez, Entrepreneuse social; Valerie Bouchon, En projet reconversion agriculture; Fahd Boukrouche, Doctorant; Elsa Bouneau, responsable associative; Jules Bourgine, Entrepreneur; Maud Boyer, directrice artistique; Héloïse Brahier, animatrice; Marie Breda, Responsable associatif; Thomas Brichart, chercheur; Samuel Brisac, ingénieur en environnement; Nicolas Broutin, consultant; Lucie Brunet, Ergonome;

Etienne Cacheux, Chevrier-fromager; Philippe Cacheux, Educateur spécialisé; Christophe Cadiou, Directeur administratif; Sarah Caget, Analyste banque d'investissement; Denise Cahen, retraitée; Philippe Carminati, Directeur d'association d'action sociale en retraite; Marie-Pierre Cattet, responsable associative; Pierre Causejuste, Cadre; Fabien Cervera, Responsable Pôle de Gestion; Thomas Cesbron, Responsable associatif; Laetitia Chabannes, entrepreneur; Melchior Chabannes, interne en médecine; Stéphane Charbit, Banquier d'affaire; Yannick Charbonnier, Archiviste; Guillaume Charnay, Cadre bancaire; Bénédicte Charrier, militante associative; Marion Chatard, Ingénieur études énergies; Marc Chayer, business consultant; Charlotte Chiartano, Avocat; Eloi Choplin, entrepreneur; Fabien Clier, Consultant en Systèmes d’Information; Camille Cobb, étudiante en communication; Jérôme Cohen, Entrepreneur social; Hélène Colnot-Breune, responsable associative; Bertrand Coly, militant du milieu rural; Jacques Combaz, retraité; Alexandra Conilh de Beyssac, Monteuse video; Denis Coquelle, Dessinateur projeteur; Adèle Coquerelle, Etudiante; Guillaume Coqueret, enseignant chercheur; Lucile Cornet-Vernet, Orthodontiste engagée; Olivier Cortier, doctorant; Fabian Costet, Chargé de développement marketing; Marie-Charlotte Coulo, Chef de projet web; Solène Coulomb, interne en médecine; Olivier Courbier, enseignant; Nicolas Couturier, Designer et enseignant; Edouard Crémer, Entrepreneur; Benoit Crumeyrolle, Ingénieur aéronautique

Nicolas Dabard, Boulanger bio; Sara Danès, conseillère web; Matthieu Dardaillon, entrepreneur; Nicolas Debarbouille, Concepteur fonctionnel; Julia Debonnaire, Monitrice éducatrice; Nicolas Deburge, Réalisateur; Julien Defer, doctorant en droit; Philippe Dejou, Auto Entrepreneur; David Dekeyser, architecte; Emmanuel Delannoy, Artisan du futur; Julien Delestre, militant associatif; Nicola Delon, architecte; Cyril Dennery, Fabien Desbois, Responsable de maintenance; Lena Deschamps - Peugeot, Etudiante; Céramiste; Florence Devic, Etudiante ingénieure; Frédéric Devic, consultant affaires publiques; Aurelie Dolbeau, photographe; Maxime Donot, Chargé des relations publiques; Isée Douay, Ingénieur environnement; Elise Drouet, responsable associative; Laurent Drouet, chercheur; Elodie Druez, doctorante; Emmanuelle Duez, entrepreneuse; Antoine Dulin, responsable associatif; Leslie Dupin-Mustapha, Entrepreneure; Soléane Duplan, responsable prévention;  Justine Duquennoy, militante associatif; Jérémy Durand, entrepreneur; Jonathan Durand, entrepreneur; Julie Durouchoux, Année sabbatique voyage; Nicolas Dutour, Architecte paysagiste;

Alexandre Etienbe, Etudiant;

Robin Fabre, jeune diplômé; Pierre Ferrand, chef de projet; Anne Feruglio, coordinatrice de rédaction TV; Germain Filoche, professeur en lycée professionnel; Frédéric Fourcade, Ingénieur; Pierre Fournier, entrepreneur social; Line Fournier, entrepreneuse du changement; Amaury Fromenty, chef de projet

Olivier Gaget, Interne en médecine; Guillaume Garczynski, responsable associatif; Valentin Gaudicheau, Responsable associatif; Camille Gelpi, journaliste; Bernard Georges, innovation prospective systémique; Sophie Gesbert, Scénariste; Clara Gindre, Ergothérapeute; Jérémie Godet, directeur d’une structure d’insertion; Frédéric Goetz, Responsable associatif; Marine Goulet, médecin; Kévin Guégan, fonctionnaire - webmestre; Florian Guérin, développeur d’applications; Juliette Guignard, Documentariste; Thibault Guilluy, entrepreneur social; Cyrielle Granja, apprentie ingénieur agronome; Simon Grass, réalisateur; Sydney Grekoff, militant; François Gremillet, retraité; Flora Gruau, élue locale, chargée d’études; Samuel Grzybowsky, entrepreneur social; Mathilde Gsell, Consultante stratégie et innovation; Olivier Guerniou, responsable d'équipe;

Cecile Halley des Fontaines, Directrice artistique; Matthieu Hamard, Chef de projet RH; Agathe Hamel, militante associative; Camille Hamet, auteure et réalisatrice; Saïd Hammouche, entrepreneur social; Mathieu Harlé, Travailleur indépendant; Emeline Hautecoeur, militante associatif; Clément Hennequin, Asset manager immobilier; Matthieu Hennion, jeune agriculteur; Elise Hermant, consultante; Laurent Hippolyte, Tailleur de Pierre; Pierre Huaulme, Directeur de Programmes immobiliers; Florian Hug-Fouche, Chef de projet IFWC; Jean-Baptiste Hugeux, Resp équipe informatique; Thomas Hurel, étudiant; Marie Husquin, Graphiste;

Cécile Jacob, jeune agricultrice; Julie Jamet, Collaboratrice Expertise Comptable; Sophie Janinet, journaliste free-lance; Hervé Jouffroy, informaticien; Garance Journet, étudiante; Benoit Jousseaume, Etudiant;

Sandie Kadikoff, technicienne contrôle qualité; Martin Khannouz, Étudiant; Vincent Kientz, entrepreneur;

Thibaut Labey, Chef de projet; Mathilde Lairet, Étudiante en commerce international; Timothée Lairet, entrepreneur; Martin de Lalaubie, Journaliste; Benoît Lalire, responsable associatif; Paul Lalire, Conseiller technique; Charlotte Lambertini, rédactrice, iconographe et thérapeute; Blanche Lancrey-Javal, militante associatif; Christelle Launois, Innovation, Stratégie et Prospective; Lucie Laurent, auditrice interne; Clément Lavault, directeur MJC; Maël Lebastard, militant associatif; Antoine Lebreton, Consultant en recrutement; Sarah Lefèvre, journaliste; Delphine Le Garles, Chargée de communication digitale; Anne-Caroline Legleye, Avocat; Marie-Noëlle Legros, éducatrice spécialisée; Jonathan Lhoest, Responsable financier; Sylvain Lhuissier, Entrepreneur social; Cynthia Leboucher, Étudiante en ostéopathie; Ismaël Le Mouël, entrepreneur social; Gael Levavasseur, Entrepreneur; Sebastien Luce, inspecteur du travail;

Karim-Pierre Maalej, chef d'entreprise; Bertrand Maguet, Consultant; Juliette Maillot, Responsable communication; Farah Maiza, responsable associative; Julien Malherbe, responsable associatif; Juliette Mallet-Krier, Chargée de diffusion et de communication; Jérémie Manguin, architecte; Alexis Marcadet, startuper; Sophie Marcel, Responsable Marketing; Alexandra Marie, journaliste; Gregory Martin, éditeur; Clément Martino, Informaticien; Sylvie Martino, spectatrice dégoûtée des politiques; Charline Martin-Ramelli, Chargée du mécénat; Léonie Martin-Ramelli, Fonctionnaire territorial; Benjamin Masdoua, chef de projet transport; Sophie Massin, Enseignante-chercheuse; Thomas Massin, chercheur; Alix Masson, responsable plaidoyer jeunesse; Belsame Matoussi, militant associative; Emmanuel Matt, entrepreneur salarié dans une CAE; Guillaume Maufroy, Responsable offres; Jean-Baptiste Menard, Cinéaste; Julie Merrien, Professeur des écoles; Nina Meurisse, comédienne; Emmanuel Michel, responsable associatif; Hervé Misserey, technicien/cinéma; Malo Mofakhami, Étudiant doctorant; Fabien Mohr, Responsable technique; Antony Moine, responsable associatif; Florent Monnier, Technicien horticole; Julia Montaigne, Graphiste; Amélie de Montchalin, économiste; Clyde Morgan-Desouches, dirigeant; Janie Morice, responsable associative; Emilie Morin, Chef d'entreprise; Martial Mosconi, Commercial; Jeanne-Leïla Mounaud, responsable culturelle; Mayeul Mounaud, gérant bureau d'étude bâtiment; Justine Mourtadhoi, Entrepreneur; Pierre Msika, avocat; Thibault Muller, travailleur indépendant;

Minetou Ndiaye, Consultante en assurance; Annabelle Nevoux, Entrepreneur coopérative; Isabelle Nguyen, Mère au foyer; Quentin Noire, Entrepreneur; Stéphane Normand, responsable associatif; Marion Not, Ingénieur en informatique; Olivier Nouveau, Citoyen; Anne-Sophie Novel, journaliste;

Guillaume Ollier, militant associatif; Nicolas Oppenot, veilleur, community manager; Xavier Ortolland, juriste; Sarah Ouanhnon, Ingénieur; Cédric Ouvrard, chef de projets Informatique;

Cecile Pages, Responsable associative; Thibault Parmentier, Informaticien; David Peltier, technicien; Jean-Baptiste Perot, Étudiant; Vincent Perraud, étudiant en finance; Stephanie Pfeiffer, Entrepreneur du changement; Thierry Peschet, Retraité; Stef Petibon, entrepreneur citoyen; Aline de Pétigny, écrivaine; Albert de Pétigny, conteur; Emmanuelle de Pétigny, entrepreneure; Olivier Petit, Consultant en stratégie digitale; Maylis Philip, responsable associative; C. Piat, étudiante; Guillaume Piaton, militant associatif; Justine Pic, Artisan; Aline Pichereau-Quentin, Etudiante vétérinaire; Mathieu Pigache, Dirigeant startup; Alexandra Pineau, Chef de projet; Thomas Plessis, Commercial; Clément Poinas, Pilote de ligne; Jean Ponchon, Chargé de recherche; Corinne Ponthier, entrepreneur; Marielle Porée, Fonctionnaire; Nicolas Postic, ingénieur dans l’ESS; Heremoana Puhetini, Entrepreneur Social;

Sixtine Quinchon, responsable associatif; Arnaud Quintart, Ingénieur

Aurélie Radisson, responsable associative; Sébastien Radisson, responsable associatif; Céline Ramirez Quirama, Mère au foyer; Guénolé Raymond, Étudiant infirmier; Isabelle Reix Di Biase, Directrice d'agence; Elise Renaudin, responsable associative; Thibault Renaudin, responsable associatif; Benoit Renoul, Entrepreneur;  Marylène Ricci, Project manager; Josephine Ringuet, Assistante de direction; Baptiste Rio, chef d’entreprise BTP; Sandrine Ripoll, graphiste; Florence Rochat, scénariste; Roland Roger, Retraité; Lucie de Rostolan, Étudiante; Maxime de Rostolan, permaculteur territorial; Patrick Rousset, Gérant de société; Vincent Royer, photographe et militant associatif; Manon Ruinart, responsable associative;

Olivier Saby, magistrat; Guillaume Sanchez, entrepreneur; Jean Santonja, médecin psychiatre; Clémentine Sassolas, chef de projet et Business Developer; Marie Schneegans, Entrepreneur; Olivier Schnell, gérant de société; Ilan Scialom, consultant; Frederic Selves, Informaticien; Marine Sorato, Auto Entrepreneur; Emilie Souquet, Etudiante en agronomie; Amandine de Souza, Directeur général; Lorène Spielewoy, militante associatif; Elisabeth Stehly-Touré, responsable associative; Aurélie Stephan, Coordinatrice de projets de développement; Marine Suzon, Community Manager; Aurelie Sykes-Darmon, Responsable Commercial;

Fabrice Tabar, autoentrepreneur; Axelle Tessandier, Consultante; Nicolas Teuma, conseiller développement rural; Charlotte Texier, étudiante; Ophélie Thévenot, Doctorante en Météorologie; Benoit Thiboult, Étudiant en ostéopathie; Camille Thirion, Entrepreneur; Corine Thoiron , formatrice insertion; Alexandre Thomas, Ingénieur; Lea Thomassin, Entrepreneur; Rozenn Thoraval, Enseignante; Stéphane Thoré, ingénieur; Anne-Marie Torres, Recherche d'emploi; Gregoire Toussaint, Consultant;

Dominique Valck, Ingénieur de recherches; Daniel Valéry, Agent Edf; Gilles Vanderpooten, auteur, entrepreneur social; Pierre Varnier, Responsable commercial; Antoine De Vaubernier, Intrapreneur; Zelie Verdeau, Chargée de projet communication; Corentin Verdier, étudiant en relations internationales et développement; Laetitia Verdier, étudiante en médecine; Mélanie Verdier, chargée de mission ESS; Delphine Vernos, Etudiante en biotechnologies; Anthony Vialle, Contrôleur de gestion; Martin Viennot, chargé de production; Nicolas Viguier, Militant associatif; Francois Vilars, Chargé de développement et d'innovation; Victor Vuarnet, commercial;

Emelyn Weber, étudiante et responsable associative; Matthias Wystrach, chômeur;

Regina Xhomaqi, Étudiante en sociologie;

Hicham Zahouani, Militant Associatif; Nora Zelnik, responsable commerciale; Coralie Zwald, étudiante en droit

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Source : https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart

 

 

 

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 22:31

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=7nfwR4wJX9A

 

 

Le manque de respect des dirigeants envers le peuple

 

Ajoutée le 13 oct. 2015

 

 

 

Ajoutée le 13 oct. 2015

PichonFabien

 

Court-métrage documentaire sur le thème "Sauf votre respect" de Infracourt.
Pour essayer de faire changer les choses, n'hésitez pas à signer la pétition pour le référendum d'initiative citoyenne :
http://www.article3.fr/actions/petiti...

 

 

                                                   ******************************************

 

Source : http://www.maxmilo.com/product_info.php?products_id=354

 

Pilleurs d'Etat

Philippe Pascot
Pilleurs d'Etat

19,90 €
 

 

 

« On ne le dira jamais assez, tous les parlementaires ne sont pas pourris. C’est même une minorité d’entre eux, mais force est de constater qu’ils profitent d’une mansuétude complice de la majorité de leurs collègues. »

Philippe Pascot a côtoyé les élus de tout bord pendant près de 25 ans. Il recense dans cet ouvrage les abus légaux dans lesquels tombe la classe politique française : salaire exorbitant, exonération d’impôts, retraite douillette, cumuls, emplois fictifs, déclarations d’intérêts et d’activités bidons et tant d’autres petits arrangements entre amis.
Derrière une volonté affichée de transparence et de « moralisation » de la sphère politique, nos élus entretiennent leurs propres intérêts au travers de lois de plus en plus incompréhensibles, quand nous, simples citoyens, devons nous serrer la ceinture.
Sans parti pris, l’auteur rend compte de ce pillage d’État et du système qui le permet.

 Adjoint au maire d’Évry Manuel Valls, ancien conseiller régional, chevalier des Arts et des Lettres, Philippe Pascot milite pour une réelle transparence de l’exercice politique.
Il est l’auteur avec Graziella Riou Harchaoui de Délits D’élus, tome 1, 400 politiques aux prises avec la justice (Max Milo, 2014).

 

 

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            et pendant l'été

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       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

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