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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 16:16

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

 

Violences policières : un comité de l'ONU "préoccupé" par la situation en France

 

Mis à jour le , publié le

 

Dans une série d'observations publiée vendredi, le Comité contre la torture fait part de ses préoccupations après les manifestations de ces derniers mois.

 

Un CRS pointe son arme sur des manifestants, le 12 mai 2016 à Paris.

Un CRS pointe son arme sur des manifestants, le 12 mai 2016 à Paris. (CITIZENSIDE / LUCAS ARLAND / AFP)

 

 

Les forces de l'ordre françaises dans le viseur des Nations unies. Dans une série d'observations mises en ligne vendredi 13 mai, le Comité de l'ONU contre la torture fait part de sa préoccupation face aux violences policières en France. "Le Comité est préoccupé par les allégations d'usage excessif de la force par les fonctionnaires de polices et de gendarmerie ayant, dans certains cas, entraîné des blessures graves ou des décès", écrit-il, sans plus de précision. Il fait probablement référence aux manifestations de ces derniers mois, ainsi qu'au décès de Rémi Fraisse en octobre 2014 à Sivens.

Composé de dix experts indépendants, le Comité contre la torture contrôle l'application de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, ratifiée par la France en 1986. Tous les quatre ans, chaque Etat signataire doit soumettre un rapport au Comité, qui lui fait suivre ensuite ses observations. C'est à cette occasion qu'il s'est dit préoccupé des violences policières.

 

L'Etat d'urgence, un autre motif d'inquiétude

Le comité onusien s'inquiète également des "obstacles rencontrés par les victimes pour porter plainte", de "l'absence de données statistiques", du "manque d'informations détaillées sur les condamnations judiciaires" des policiers, des violences contre les migrants de Calais, ainsi que de la faiblesse des sanctions administratives et des nombreux non-lieux. Par conséquent, "le Comité recommande à l'Etat de renforcer la lutte contre tout usage excessif de la force par la police et la gendarmerie", indique le texte.

Ces violences policières ne sont pas les seuls motifs d'inquiétude du comité. Le texte évoque également les perquisitions menées dans le cadre de l'état d'urgence, "ayant dans certains cas, entraînées des séquelles psychologiques""Le Comité s'inquiète de ce que l'application de certaines mesures dans le cadre de l'état d'urgence puisse constituer une atteinte aux droits", indique le rapport.

Le Comité contre la Torture demande enfin à la France de mieux protéger les populations visées par des actes haineux, comme les Roms, les musulmans, les juifs et les migrants. D'autres dossiers, comme les soupçons de viols contre des soldats français en Centrafrique et les conditions de vie dans les prisons françaises, figurent aussi dans ce rapport. La France a jusqu'au 13 mai 2017 pour faire part des suites qu'elle a données aux recommandations du Comité.

 

 

image il y a 7 minutes

INFO FRANCETV INFO. Loi Travail : 29 enquêtes sur de possibles violences policières ont été ouvertes par l'IGPN

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

 

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 16:05

 

Source : http://reporterre.net

 

Qui vient à Nuit debout ? Des sociologues répondent

17 mai 2016 / Stéphane Baciocchi, Alexandra Bidet, Pierre Blavier, Manuel Boutet, Lucie Champenois, Carole Gayet-Viaud et Erwan Le Méner

 

 

 

 

Une trentaine de sociologues ont parcouru la place de la République en interrogeant les participants à Nuit debout. Ils partagent, dans cette tribune, les premiers enseignements tirés de ces centaines d’entretiens.

 

Stéphane Baciocchi (EHESS), Alexandra Bidet (CNRS), Pierre Blavier (EHESS), Manuel Boutet (université de Nice), Lucie Champenois (ENS Cachan), Carole Gayet-Viaud (CNRS), Erwan Le Méner (EHESS) sont chercheurs en sciences sociales.


Sur Nuit debout, on a tout entendu : “la moyenne d’âge est de 25 ans”, c’est “un entre-soi de bobos parisiens”, on n’y trouve “aucun vrai prolétaire”, mais “une bourgeoisie blanche urbaine”, “des SDF et des punks à chien qui boivent de la bière”, “un rassemblement d’étudiants déclassés, de militants de l’ultra-gauche et de semi-professionnels de l’agitprop”… Ces énoncés, souvent tranchants, mobilisent des catégories toutes faites, disent quoi penser, clament ce que le mouvement est, doit ou ne doit pas devenir, négligent les ordres de grandeur, hiérarchisent les endroits ou les moments de la place, le « vrai » et le « faux » Nuit debout. On plaide ici pour une autre approche : commencer par établir les faits, en enquêtant collectivement.

Depuis les premiers jours de Nuit debout, une trentaine de chercheurs en sciences sociales se sont relayés à Paris, place de la République. Nous y avons travaillé durant six soirées, entre le 8 avril et le 13 mai, de 17 h à 22 h 30. À ce jour, près de 600 personnes ont répondu à notre questionnaire, passé en face-à-face sur la place. Contrairement à nos craintes, les refus de participer à l’enquête ont été rares : les personnes rencontrées, même de culture anarchiste ou libertaire, ont plutôt perçu l’enquête comme un prolongement de leur propre questionnement, et l’occasion de contribuer à une description mieux fondée que celles des observateurs pressés qui saturent les médias.

L’analyse de ces données, produites parallèlement à une ethnographie, commence à peine. Mais les 328 premiers questionnaires exploités dissipent déjà bien des idées reçues sur les gens « debout » au cours des premières semaines du mouvement.

 

Des jeunes ?

Des jeunes ? Non : les personnes présentes n’ont pas principalement la vingtaine. La palette des âges est en réalité très large et varie suivant les heures. Entre 18 h et 18 h 30, par exemple, la moitié de la population a plus de 33 ans. Et une personne sur cinq a plus de cinquante ans.

 

Des hommes ?

Des hommes ? La population sur la place est bien aux deux tiers masculine. Cela peut s’expliquer en partie par le lieu – un espace public urbain – et les horaires tardifs, qui ne favorisent pas la présence des femmes, du fait de possibles engagements familiaux et de l’exposition au harcèlement de rue. Cette distribution inégale est l’objet de réflexions et d’actions au sein du mouvement, en commissions féministes comme en Assemblée générale.

 

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La bibliothèque debout, fin avril.

 

Des Parisiens ?

Des Parisiens ? Le Figaro écrivait que les gens viennent « d’abord des quartiers centraux de Paris ». Or les quartiers les plus représentés sont plutôt ceux de l’Est parisien, comme le montre la carte des lieux de résidence, et 37 % des participants habitant en Ile-de-France viennent en fait de banlieue. Un participant sur dix n’habite pas même en région parisienne.

 

 

Des diplômés ?

Un entre-soi de diplômés, sans catégories populaires ? En première approximation, oui : la majorité des participants est diplômée du supérieur long (61 %), alors que ce n’est le cas que du quart de la population française. Mais l’image se brouille à y regarder de plus près : non seulement le taux de chômage est de 20 % parmi les participants, soit le double de la moyenne nationale ; mais on compte 16 % d’ouvriers parmi les actifs - trois fois plus qu’à Paris, et autant que dans l’Ile-de-France prise dans son ensemble.

 

Apolitiques ?

Une fête a-politique ? Plus d’un tiers des personnes a participé à une manifestation contre le projet de loi El Khomri. La proportion des enquêtés déclarant avoir déjà été membre d’un parti politique est même remarquable dans un contexte de désaffection militante : 17 %. Et 22 % ont déjà cotisé à un syndicat. Les engagements citoyens, associatifs ou caritatifs sont également très représentés : plus de la moitié en ont eu un ou plusieurs (aide aux réfugiés, aux sans-papiers, maraudes, associations de parents, de quartier, défense de l’environnement, soutien scolaire, festivals, cafés associatifs, etc.).

 

Egocentriques ?

Une foule amoureuse d’elle-même ? L’émotion vive, le frisson dans le dos de « l’être ensemble », sont loin de primer : la palette des engagements et des ambiances est plus large. Prendre au sérieux le fait que ce mouvement est un rassemblement de place, c’est admettre que la présence, aussi discrète, distraite ou ponctuelle soit-elle, vaut participation : flâner le long des stands, diffuser auprès d’amis ou de collègues des mails, photos ou vidéos.

Certains viennent pour la première fois, parfois de loin, « pour regarder », se tenir au courant, ou pouvoir dire qu’ils y ont été ; d’autres viennent observer, explorer, voir s’ils peuvent être saisis par le mouvement, être utiles. Deux enquêtés sur trois ont apporté du matériel ou des denrées, donné de l’argent, pris la parole en Assemblée générale ou participé à une commission. La participation active et assidue aux commissions (prise de note, statut de “référent”) peut aussi devenir un engagement à temps plein. Près de 10 % des enquêtés sont même devenus des quasi permanents, qui se rendent à la République tous les jours. En leur sein, les mondes professionnels associés au numérique et les ouvriers sont sur-représentés.

 

Sans lendemain ?

Un phénomène sans lendemain ? Il est étonnant que, pour être jugée utile, l’ouverture d’espaces de débats citoyens sur les affaires communes doive promettre de déboucher sur autre chose qu’elle-même. Comme si la politique ne valait qu’à l’horizon d’un but, l’accès au pouvoir et ses échéances électorales. C’est d’autant plus étonnant que le goût du politique et la participation à la gestion des affaires communes sont ce dont on déplore souvent le supposé reflux. S’agissant du devenir de Nuit debout, seules 20 % des personnes enquêtées les 28 avril et 11 mai ont déclaré souhaiter la transformation en parti politique. Beaucoup hésitent, tiraillés entre le désir “que cela prenne forme”, le refus des formes partisanes déjà connues, et le sentiment que l’exploration doit encore se poursuivre....

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 13:22

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

Loi sur le travail: le mouvement se durcit

 
 
 

La manifestation parisienne, qui a vu s'affronter manifestants et forces de l'ordre, mais aussi manifestants et services d'ordre syndicaux, a donné la tonalité de la semaine sociale, certainement plus radicale que les précédentes. Partout en France, des blocages et des actions ont eu lieu, alors que plusieurs secteurs inaugurent la grève reconductible.

Derrière Sophie, les ballons syndicaux masquent le dôme doré des Invalides, à Paris. Il est 15 heures. La jeune fille a terminé ses examens universitaires, et pris pour la première fois le chemin de la lutte contre la loi sur le travail, avec sa copine Fabienne, dans le joyeux cortège Interfac. Une bonne heure plus tard, sur la place Denfert-Rochereau, les yeux clairs de la jeune fille sont noyés de larmes, les gaz lacrymogènes formant un épais brouillard sur la place.

La manifestation du 17 mai n’a pas failli à la règle de trois établie depuis le mois de mars : une présence policière importante, un cortège sans cesse interrompu par des affrontements entre les plus radicaux et les CRS, et pour finir, un gazage massif de tous les manifestants en guise de dispersion.

 

A Raspail dans le cortège parisien © Mathilde Goanec A Raspail dans le cortège parisien © Mathilde Goanec

 

Seul fait nouveau, préfiguré en réalité par la manifestation de jeudi dernier, une tension renouvelée entre les services d’ordre syndicaux et les manifestants. « Le SO de Force ouvrière veut jouer le match retour », glisse un représentant syndical en début de manifestation, en référence aux affrontements ayant opposé les jeunes et les services d’ordre CGT et FO lors de la manifestation de la semaine dernière (lire notre article ici). Après un défilé encadré au plus près par les forces de police, empêchant les plus jeunes de passer devant le carré de tête, les services d’ordre syndicaux se sont retrouvés « à découvert » sur les Invalides, en confrontation directe avec des manifestants excédés, la situation provoquant plusieurs blessés de part et d’autre. 

Mardi, les CRS ont à nouveau fermement bloqué la tête de cortège. Les plus radicaux ont donc investi le cœur du défilé, assemblage hétéroclite tout près du ballon Force ouvrière. Autonomes, membres du Mili, mais aussi jeunes gens tenant une banderole Nuit debout rouge pétard, militants syndicaux casqués et masqués, comme une bonne partie des manifestants du reste. Des jeunes et des moins jeunes : « Moi, pas question de marcher au pas derrière les flics », lance un militant CGT, fluet sous sa casquette.

À partir du boulevard du Montparnasse, presque chaque rue est barrée par une rangée de CRS. Les jets de pierre et les bouteilles fusent, et la réponse arrive sans tarder : sommations tonitruantes, puis gaz lacrymogène. Le scénario se répétera à grande échelle à l’angle du boulevard Raspail, la scène étant survolée par un hélicoptère.

Rue Campagne-Première, rebelote, le cortège tente une diversion, avant de se faire repousser dans les clous du trajet bordé par la préfecture. « Allez vous faire foutre ! », hurle une jeune fille, jupe à fleurs, juchée sur son vélo et cigarette au bec. Bravache, un homme passe près d’elle, fait un doigt d’honneur éloquent aux forces de l’ordre. Certains manifestants se plaignent des « provocations » des plus jeunes. « C’est eux qui lancent des trucs, franchement ça rime à quoi », soupire l’un d’entre eux. 

 

Dans la manifestation parisienne © Christophe Gueugneau Dans la manifestation parisienne © Christophe Gueugneau

 

Cahin-caha, la manifestation débouche enfin sur la place Denfert-Rochereau, cernée par la police. Une voiture FO avance au pas, plusieurs dizaines de membres du service d’ordre sortent du coffre une volée de bâtons sanglés de tissu rouge. Le service d’ordre CGT fait de même, alors que les CRS laissent entrer du boulevard Arago un autre groupe FO armé de manches de pioche. Immédiatement, la tension monte d’un cran. « SO, collabo », crient ceux qui plus tôt hurlaient « Tout le monde déteste la police », alors que les pierres volent au-dessus des têtes.

 

 © MG © MG

 

Un militant CGT pointe d’un doigt menaçant l’un de ses camarades du service d’ordre, qui tente d’expliquer qu’il est là pour « la sécurité ». « Pourquoi tu fais ça ? La manif n’est pas la propriété de la CGT, elle est à tout le monde ! En 68, déjà, les syndicats ont déconné, c’est une honte ! » Un jeune homme ne décolère pas non plus. « Nous, on n’a pas le droit de manifester avec des lunettes de piscine mais vous, vous rentrez avec des battes, à l’aise ! » Plusieurs personnes ont témoigné de fouilles des sacs à dos par les forces de l'ordre à la sortie des métros en début d'après-midi, avec tentative de confiscation des masques et des casques. Sa voisine renchérit : « Ça fait deux mois que je me bats avec la CGT, et là, je me fais insulter par vos potes ? »

Sous un abribus, les « médics » soignent un manifestant. « Je suis un mec qui fait du média citoyen, et je filmais le SO à son arrivée, j’ai reçu un coup de coude dans le nez », raconte le blessé. « Il faut suturer, passe aux urgences après », lui conseille l’un des secouristes improvisés. Sur le camion de FO, qui traverse finalement la place, le harangueur de foule continue de chanter « tous ensemble, tous ensemble », avant de s’étrangler et de laisser s’échapper un juron au micro, incommodé comme toute le monde par les gaz lacrymogènes.

« C’est la guerre, prophétisait plus tôt un instituteur, dans le petit cortège de Nuit debout-Malakoff, à la vue des gendarmes mobiles installés aux quatre coins du cortège. On expérimente de nouvelles formes de maintien de l’ordre, de nouveaux outils, de nouvelles méthodes. Du coup, il y a chez les jeunes une vraie envie d’affrontement, que je peux comprendre. » Cette radicalité s’entend aussi dans les discours syndicaux plus classiques, quel que soit le syndicat : « Les manifestations perlées, depuis deux mois, ça a quel sens ? interroge Rémi Scoppa, de la fédération Énergie de FO. Peut-être que seule une grève générale dure peut changer la donne, puisque le gouvernement ne nous écoute pas. »

 

 © MG © MG

 

Marie-Laëtitia, enseignante à Paris également syndiquée FO, explique la position de la confédération dirigée par Jean-Claude Mailly, plutôt timide sur l’appel à la grève reconductible jusqu’ici : « On n’est pas une organisation où quelqu’un va décréter d’en haut “grève générale”, et décider qui va perdre ou pas une journée de salaire. Mais ça ne veut pas dire que rien ne se passe. Plusieurs lycées dans Paris ont voté aujourd’hui en AG la grève reconductible. » 

Antoine est pour une « grève dure, totale, reconductible, pour le retrait de la loi Travail, et même pour renverser plus largement la table ». Cet administratif dans une université parisienne concède cependant la difficulté de l’exercice : « Mes collègues sont moins politisés, ont perdu la tradition des luttes. Mais il va falloir sortir des manifestations gentillettes. »

 

Partout en France, manifestations et blocages

De fait, au-delà du cortège parisien, qui a rassemblé à peu près autant de monde que jeudi dernier (12 000 personnes selon la police, et 50 000 selon les syndicats), c'est un paysage un peu nouveau qui s'est dessiné ce mardi. Des manifestations au bord des routes, dans les centres commerciaux, à l'extérieur des villes ainsi qu'une série d'actions coup de poing, mêlant parfois des étudiants ou des participants de Nuit debout. 

 

 

La CGT, notamment, mise sur les grèves à répétition pour inverser le rapport de force. « On est au-delà du bras de fer. On n'a aucune raison d'arrêter le mouvement, ce projet de loi n'est ni amendable, ni négociable. La posture de François Hollande ne nous surprend pas, il ne fait que montrer au grand jour le visage antisocial de ce gouvernement », a réagi Olivier Mateu, secrétaire général de la CGT dans les Bouches-du-Rhône, après la déclaration de François Hollande – « Je ne céderai pas » – en début de journée sur Europe 1.

Les chauffeurs routiers, mobilisés notamment contre l'inversion de la hiérarchie des normes, c'est-à-dire le fait que les accords d'entreprise puissent primer sur le code du travail ou les conventions collectives, et la baisse de la rémunération des heures supplémentaires (qui pourrait passer de + 25 % à + 10 %), ont donné le coup d'envoi des mobilisations dans la nuit de lundi à mardi. Les fédérations FO, CGT et Sud-Solidaires ont appelé à une grève reconductible avec le blocage de zones logistiques et de sites dits sensibles, ainsi que la tenue de barrages filtrants et d'opérations escargot. 

• Dans le Nord-Pas-de-Calais, les routiers se sont mobilisés dès lundi soir, sur plusieurs sites stratégiques ou symboliques comme le péage de Saint-Omer. Ils ont aussi mené d’autres actions mardi matin au Centre régional de transport et de distribution (CFTD) de Lesquin, autour de la plateforme multimodale de Dourges ou de la zone industrielle et du centre-ville de Boulogne-sur-Mer, et bloqué l’entrée de Béthune. Les différentes opérations étaient prévues pour durer jusqu’en début d’après-midi, au départ des manifestations.

À Calais, près de 150 personnes se sont rassemblées dans la matinée devant la sous-préfecture. Dans la foule, des drapeaux des syndicats Sud, Force ouvrière, FSU et CGT, ainsi que des lycéens et des membres du mouvement Nuit debout. Un lycéen a été interpellé dans l'après-midi alors que des actions se poursuivaient au rond-point de la sortie d’autoroute Calais/Saint-Pierre, a rapporté la Voix du Nord

Une centaine de manifestants se sont rassemblés à Arras, 200 à Cambrai, 400 à Valenciennes et autant à Douai. À Maubeuge, c'est l'entrée de la ville qui a d'abord été bloquée par les manifestants, qui ont ensuite bloqué les accès au magasin Auchan.

• En Seine-Maritime, une quinzaine de points de blocage, aux entrées majeures du Havre, notamment au niveau de l'autoroute, du pont de Normandie et devant le dépôt de la raffinerie Total de Gonfreville-L'Orcher, ont regroupé 3 000 personnes, selon l'intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaire et Unef. Réunis en assemblée générale sur chacun des seize points de blocage au Havre, sur les zones portuaire et industrielle, les manifestants ont décidé, unanimement, de reconduire le mouvement demain mercredi dès 5 h 30, au moins jusqu'à 14 heures. 

 

Premiers feux allumés par la CGT près du Zénith de Rouen pour accueillir @fhollande . Les CRS ne sont pas loin.

 

À Grand-Quevilly, François Hollande, en visite au laboratoire pharmaceutique Ethypharm – protégé par plusieurs cars de CRS, les manifestants tenus à bonne distance – a estimé qu’il fallait « trouver les bons compromis, l'équilibre entre protection et libéralisme ». 

 

Les CRS bloquent l'accès aux manifestants à Ethypharm, lieu de visite de @fhollande à Grand-Quevilly.

 

À Rouen, les locaux du Parti socialiste ont de nouveau été visés. Bilan : la vitrine cassée.

Attaque bureau parti socialiste

 
 

 

 

• En Loire-Atlantique, « le port de Saint-Nazaire a complètement cessé ses activités depuis hier [lundi] soir, comme tous les ports français », a précisé au Télégramme Pascal Pontac, secrétaire général CGT du port de Nantes/Saint-Nazaire. Quasiment tous les accès à la zone portuaire de Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire, mais aussi au terminal portuaire de Bouguenais, près de Nantes, ont été bloqués mardi matin.

Le blocage s’est étendu à la raffinerie Total de Donges, où un mouvement de grève de 24 heures avait été voté lors d'une assemblée générale par « 92 % » des salariés, a indiqué Fabien Privé Saint-Lanne, secrétaire général CGT de la raffinerie. « Plus aucune goutte de pétrole ne rentre ni ne sort », a assuré Christophe Hiou, responsable CGT.

Du côté de Nantes, les chauffeurs routiers de la CGT transports et FO transports ont bloqué de grandes centrales de distribution de marchandises dès lundi soir et empêché le départ de plus de 300 camions et camionnettes. Dans la ville, la manifestation s'est une nouvelle fois tendue.

 • En Bretagne

À Rennes, 2 500 à 3 000 manifestants ont défilé sans incidents, puis quelques centaines se sont dirigés vers la rocade entourant la ville pour converger avec les barrages routiers, où les forces de police ont fait usage de grenades lacrymogènes. Plusieurs centaines de manifestants ont en effet convergé dans une zone comprise entre le centre commercial Alma et l'entrée de la rocade. Le centre commercial a été fermé près d'une heure par mesure de sécurité.

Environ 800 personnes ont défilé à Brest, 300 à 500 à Saint-Brieuc, le trafic des trains a été perturbé à Quimper et près de Morlaix tandis qu'à Lanester, la RN 165 a été complètement bloquée une partie de la matinée. 

• À Toulouse, la journée de mobilisation a débuté par une action de la CGT qui a muré la permanence du député PS Christophe Borgel, lequel n’a pas apprécié : « Je veux condamner fermement la dégradation contre ma permanence parlementaire. À ce jour, plus de trente parlementaires ont été victimes de ce type d’agissements. Ces actes n’ont rien à voir avec le débat démocratique », a-t-il déclaré dans un communiqué. La manifestation a rassemblé 2 300 manifestants selon la police et 8 000 selon la CGT.

En Gironde, des chauffeurs-routiers, accompagnés de membres de Nuit debout et d'intermittents du spectacle, ont quitté dans la nuit leur point de blocage à Cestas (Gironde), pour installer un nouveau blocus devant les transports Perguilhem à Ambès, près de Bordeaux.

À Bordeaux, la manifestation, qui a rassemblé environ 2 000 personnes selon Sud-Ouest, a démarré sous tension avec une bagarre entre CNT et CGT puis a été émaillée de quelques affrontements. 

 • À Lyon, 2 000 personnes selon la police, 7 000 selon la CGT, sont parties en fin de matinée de l’ancienne gare des Brotteaux pour rejoindre la place Bellecour. Surtout, « il n’y a plus une seule goutte d’essence qui sort de la raffinerie Total de Feyzin », affirme Rue89Lyon« En fonction de la mobilisation, dans 72 heures, on pourrait arrêter l’exploitation », précise Frédéric Seguin, le secrétaire FO (majoritaire) du comité d’entreprise de la raffinerie.

• À Marseille, entre 6 200 (selon la police) et 80 000 (selon les syndicats) personnes ont défilé du Vieux-Port à la place Castellane. « Aujourd'hui le mouvement s'intensifie, comme au port où un arrêt de travail de 72 heures a été voté. La réaction de François Hollande n'arrange rien. Il joue le tout pour le tout, c'est dangereux pour le pays », estime Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du port de Marseille. En fin de manifestation, « deux cents jeunes casseurs ont été à l’origine de jets de projectiles sur les forces de l’ordre et ont envahi les voies ferrées entre les gares de la Blancarde et de Saint-Charles, occasionnant une interruption du trafic ferroviaire durant une heure », a indiqué la préfecture de police dans un communiqué. Cinquante personnes ont été contrôlées et huit interpellées.

Des barrages routiers ont eu lieu à Fos-sur-Mer et Vitrolles.

 

Manifestation barrage filtrant à un rond-point à Fos/Mer. Une centaine de véhicules bloqués

• À Grenoble, le cortège est parti de la gare à 10 heures. La préfecture évoque 1 600 manifestants contre 7 000 selon les syndicats. Après la manifestation, des jeunes se sont dirigés vers le lycée Champollion, relate France 3, puis jusqu'au boulevard Joseph-Vallier où les manifestants comptaient bloquer les accès à l'A480 à hauteur du pont de Catane. Là, un cordon de CRS les a arrêtés et, pendant une petite heure, les deux camps se sont regardés en chiens de faïence. 

• Un millier de manifestants se sont réunis à Bayonne.

 

 

À la SNCF, la CGT-cheminots et SUD-rail appellent à la grève reconductible à la fois pour peser dans les négociations sur les conditions de travail des cheminots et protester contre le projet de loi. Les organisations ont opté pour des modalités différentes de grève, chaque mercredi et jeudi pour la CGT-Cheminots et tous les jours pour Sud-Rail.

Le trafic aérien devrait être perturbé jeudi avec l'appel à la grève lancé par l'Usac-CGT, premier syndicat de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). L'impact sur la navigation aérienne devrait être connu mardi. Mercredi 18 mai, une manifestation à l'appel des syndicats policiers à Paris ainsi qu'une série d'actions contre les violences policières risquent d'occuper l'agenda dans la capitale.

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 12:48

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Les «interdits de manifester» emportent une victoire de circonstance

17 mai 2016 | Par Michaël Hajdenberg
 
 

Neuf des dix personnes interdites de manifester ont obtenu gain de cause devant le tribunal administratif. Les notes blanches produites étaient quasiment vides, comme le montre l'une d'entre elles, publiée par Mediapart. Mais le fait que l'un des militants n'ait pas obtenu gain de cause prouve qu'il est possible d'interdire a priori de manifester. 

Il s’en est fallu de très peu pour que la préfecture de police de Paris soit complètement ridiculisée. Neuf opposants à la loi sur le travail ont obtenu gain de cause devant le tribunal administratif, dans le cadre d’une procédure de référé-liberté. Fort de l’état d’urgence lié au terrorisme, le préfet de Paris leur avait interdit de rejoindre les rangs du cortège au motif « qu’il y a tout lieu de penser que leur présence aux rassemblements organisés contre le projet de loi vise à participer à des actions violentes ». La juge a considéré qu’il s’agissait d’une « atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’aller et venir et à la liberté de manifestation », le préfet de police ne produisant « aucun élément permettant de retenir qu'ils ont personnellement participé à ces dégradations et violences » (voir une des ordonnances en intégralité – elles sont presque toutes similaires). Le tribunal a cependant considéré que pour un dixième opposant, l’interdiction était justifiée.

Sur quoi se fondait concrètement la préfecture ? Rien de bien précis, comme le montre une des notes blanches (a priori rédigées par les services de renseignement) que Mediapart publie ci-dessous.

 

Note blanche produite par la préfecture pour justifier une interdiction de séjour Note blanche produite par la préfecture pour justifier une interdiction de séjour

 

 

Dans les jours précédents, la préfecture était même allée plus loin. Elle avait adressé une interdiction de séjour à NnoMan (un pseudonyme), photographe de son état. L’État allait-il bafouer la liberté de la presse ? Lundi soir, devant le tollé suscité, la préfecture a préféré reculer en plaidant l’ignorance : elle ne savait pas que l’homme était membre du collectif OEIL (Our Eye is Life) et qu’il était journaliste. Ce qui en dit long sur la profondeur des enquêtes menées.

Fin de l’histoire ? Même pas. Mardi après-midi, et alors que l’arrêté le concernant avait été levé depuis plusieurs heures, le photographe a été interpellé par les forces de l’ordre au seul motif qu’il portait un casque et un masque. « Incompréhensible », a réagi son avocat, Me Hosni Maati. Avant que NnoMan soit de nouveau autorisé à faire son travail…

Ce même flou, peu artistique, était perceptible mardi matin devant le tribunal. Dans le cadre d’une procédure d’urgence rendue nécessaire par l’imminence de la manifestation, les avocats des militants y ont vigoureusement contesté l’« interdiction de séjour » ordonnée par la préfecture et rendue possible par l’état d’urgence.

Dix des quelque trente individus concernés par les arrêtés du préfet de Paris avaient en effet décidé de contester les arrêtés. Seulement un quart d’heure avant l’audience, leurs avocats, Me Raphaël Kempf et Me Aïnoha Pascual, avaient eu connaissance de notes blanches les concernant. Jusque-là, ils n’étaient accusés que d’avoir pris part à des manifestations dans lesquelles des violences étaient survenues (voir notre précédent article). Or les manifestants ne nient pas avoir participé à des rassemblements contre la loi sur le travail. Ils expliquent seulement n’avoir jamais commis le moindre acte violent. Ils n’ont jamais été déférés devant la justice, encore moins condamnés.

Surprise à l’audience : dans les notes blanches, les affirmations sont à peine plus étayées. Le représentant du préfet de police, Jean-Paul Lambin, fait valoir que deux d’entre eux ont été interpellés au cours d’une manifestation, munis d’une arme (sans qu'on en connaisse la catégorie). Et finalement, c’est à l’un d’entre eux, résidant dans les Yvelines, que le tribunal donnera tort. Selon la note, le 30 janvier, au cours d’une manifestation contre la déchéance de nationalité et contre l’état d’urgence, il a « été identifié comme l’auteur de violences volontaires sur deux militaires ». Rien d’autre n’est évoqué : ni certificat médical, ni témoignage. « Mon client aurait été identifié pour ces faits graves, et cela n’aurait donné lieu à aucune procédure judiciaire ? », s’étonne Me Kempf.

Pour le cas de cet homme de 26 ans, militant antifasciste, le tribunal a suivi les services de renseignement les yeux fermés. Ce qu’il n’a pas fait pour les neuf autres mis en cause, sans qu’on comprenne pourquoi il opérait ce distinguo. Le représentant du préfet s’est en effet plusieurs fois senti bien nu à la barre. À tel point que depuis son pupitre, il a tenté d’appeler on ne sait qui, afin qu’on lui transmette de supposés procès-verbaux d’interpellation, qu’il ne produira finalement pas. 

 

« La préfecture de police engage sa responsabilité sur ces notes »

Si les notes blanches mentionnent l’interpellation de certains militants, parfois munis d’une arme, ceux-ci nient farouchement. Et là encore, la cohérence semble faire défaut : certains auraient été contrôlés casqués avec une arme, ce qui est une infraction pénale. Mais cela n’aurait donné lieu à aucun déferrement en justice ?

Et les autres ? Certains sont accusés d’avoir participé à des rassemblement non autorisés, voire d’avoir été violents, sans plus de détails. « Évidemment, s’ils avaient été interpellés en flagrant délit, on ne serait pas ici, explique le représentant du préfet. Là, on est dans le cadre de la prévention. »

Un autre manifestant est « fortement soupçonné d’avoir agressé un militaire » lors d’un rassemblement en février en hommage à Ilan Halimi. Le préfet parle d’une enquête préliminaire en cours, plaide qu’il faut du temps pour aboutir dans ce type d’affaires où les « groupes sont casqués, organisés, masqués ». En attendant, il n’a aucun élément à apporter. Le jeune homme, présent, explique qu’il n’a jamais entendu parler de cette affaire. « En face non plus, ils n’ont pas d’éléments pour contester », argumente la préfecture, qui, faute de preuves, tente l’argument d’autorité : « La préfecture de police engage sa responsabilité sur ces notes. »

Tout juste le représentant du préfet consent-il à lâcher un peu de lest sur une situation incongrue : si l'arrêté est confirmé, six des mis en cause ne pourront rester chez eux alors qu'ils habitent un des arrondissements dans lesquels il leur est interdit de se rendre. « On n’ira pas les chercher chez eux », explique la préfecture. Et s’ils doivent acheter du pain ou des cigarettes ?

La préfecture évoque pêle-mêle un lycéen interpellé ce week-end pour tentative d’homicide sur un policier, les casseurs qu’on voit témoigner à la télévision et qui discréditent les bons manifestants, la lutte antiterroriste qui fait que les policiers ont autre chose à faire que de gérer des violences au sein des manifestations, le service d’ordre de la CGT qui a été agressé. Certes. Mais en quoi cela concerne-t-il les mis en cause ?, ont beau jeu de plaider leurs avocats.

« Le préfet aurait pu interdire la manifestation. Il fait le contraire. Il tente de l’encadrer », tente encore Jean-Paul Lambin, qui s’appuie par ailleurs sur une décision du 11 décembre 2015 du Conseil d’État. À l’époque, il s’agissait de savoir s’il pouvait être légitime d’assigner à résidence des militants écologistes n’ayant rien à voir avec le terrorisme, fait générateur de l’état d’urgence. Le Conseil d’État avait répondu par l’affirmative dès lors que pesait une « menace pour la sécurité et l'ordre publics ».

Une interprétation contestée par les mis en cause, qui s’attardent cependant davantage sur un autre point : en droit, il n’existe pas de possibilité d’interdire préventivement de manifester. Ce type d’interdiction ne peut survenir que dans le cadre d’une peine complémentaire, quand une personne a été reconnue pénalement coupable d’une infraction.

À ces militants anti-loi sur le travail, âgés d’une vingtaine d’années, il est reproché d’« entraver l’action des pouvoirs publics ». Mais n’est-ce pas là l’objectif de chacun des manifestants ? Faire que la loi ne passe pas ? « Avec cette logique, toute personne devrait être interdite de manifester », explique Me Kempf.

Dans les notes blanches qui comportent juste une date, mais pas de signature, il est aussi reproché à ces proches du collectif Action antifasciste (AFA) Paris-Banlieue ou du Mouvement interluttes indépendant (Mili) d’être des « membres actifs de l’ultragauche ». « Mais qu’est-ce que c’est, l’ultragauche ? Et quelles difficultés cela pose ? Le but est seulement d’arrêter des opposants politiques ? », demande Me Kempf.

Me Aïnoha Pascual enchaîne : « On vous parle de violence, mais le Mili a été créé après l’expulsion de Leonarda, pour apporter un soutien aux sans-papiers, pour le droit au logement. Son dernier combat portait sur l’avortement en Espagne. Cela n’a rien de violent. Quant à l'AFA, son but est de lutter contre les discriminations, et il affiche sa solidarité avec les sans-papiers. Il suffit de lire leur site internet pour voir qu’ils récusent toute violence, même en réponse à l’extrême droite. »

Les avocats peuvent être satisfaits : le tribunal leur a donné raison 9 fois sur 10. Mais derrière ce quasi raz-de-marée, la condamnation d’un militant montre que la plupart des arguments de principe (« détournement de pouvoir », impossibilité d’interdire a priori de manifester, état d’urgence pour terrorisme instrumentalisé) n’ont pas été entendus. Dans ces conditions, il n’est pas impossible que la préfecture tente de nouveau sa chance dans les semaines qui viennent. 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 14:37

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

Coca-Cola, McDonald's... Nuit debout lance sa liste noire des marques

 

L'ObsPublié le 16 mai 2016 à 11h35

 

 

Coca-Cola, McDonald's... Nuit debout lance sa liste noire des marques

Le mouvement souhaite dénoncer le comportement peu éthique de certaines multinationales. Une liste collaborative sera complétée au fur et à mesure par les internautes sur la plateforme "The NOlist".

 

 

Nuit debout entre en guerre contre les multinationales. Le mouvement a lancé dimanche 15 mai sa liste noire des marques "qui se comportent le plus mal", alors que 1.500 personnes s'étaient rassemblées dans la soirée place de la République.

Dans un communiqué, le mouvement explique que cette action "vise à promouvoir des alternatives aux produits des entreprises multinationales les plus contestées par les internautes participants". Baptisée "NOlist", cette campagne devrait pointer une nouvelle marque toutes les deux ou trois semaines. La première entreprise clouée au pilori est Coca-Cola.

"La liste est collaborative et condense toutes les critiques du comportement des multinationales, qu'il s'agisse de non respect des droits humains, du droit du travail, de l'environnement, de la santé, etc.", explique Marion, membre de la commission internationale de Nuit Debout Paris, contactée par "l'Obs".

Chacun est libre de proposer une marque sur la plateforme du mouvement, pour peu que ce choix soit argumenté et qu'une contre-proposition soit formulée. "On peut, par exemple, dénoncer la politique alimentaire de McDonald's, qui bourre ses hamburgers d'anti-vomitifs, et promouvoir les AMAP [Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne, NDLR]", avance Marion.

La société qui réunit ensuite le plus de suffrages contre son action fait l'objet d'un boycott. En plus de la campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux, Nuit debout entend entreprendre des actions concrètes visant les magasins et les sites physiques de l'enseigne (occupation d'usine, sit-in...) mais aussi des piratages de sites web. Pour l'instant, sur la plateforme française "The NOlist", deux enseignes sont visées : Coca-Cola et McDonald's.

"Ce sont les Indignés espagnols qui ont apporté cette campagne dans leurs valises et qui l'ont exposée, sur la place de la République, le week-end des 7 et 8 mai lors de la réunion internationale. Il s'agit d'une nouvelle forme d'action qui allie dénonciation et proposition d'alternative", souligne Marion.

Cette campagne a été lancée dans la foulée d'un appel à l'internationalisation du mouvement, qui a choisi la date du cinquième anniversaire du mouvement espagnol du 15 mai pour se donner un nouveau souffle. Dimanche, des rassemblements estampillés "Global debout" ont eu lieu dans 300 villes, dont 130 villes étrangères de 28 pays.

 

Pour Marion, le mouvement doit tendre à l'unité au-delà des frontières : "Nous sommes en train de mettre en place une plateforme internationale : 'The NOlist'. Nous visons un modèle de société qui lutte contre le dérèglement climatique, les dérives de la finance, les problèmes migratoires. L'avenir de Nuit debout est global."

 

Maïté Hellio

L'Obs

Journaliste

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 13:17

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Allemagne: 120 militants écologistes interpellés

15 mai 2016 | Par La rédaction de Mediapart
 
 

La police allemande a annoncé, dimanche 15 mai, l'arrestation de 120 militants écologistes à la suite de violents affrontements avec les forces de l'ordre au cours d'une manifestation dans l'est du pays, visant à dénoncer le recours aux énergies fossiles.

La police allemande a annoncé, dimanche 15 mai, l'arrestation de 120 militants écologistes à la suite de violents affrontements avec les forces de l'ordre au cours d'une manifestation dans l'est du pays, visant à dénoncer le recours aux énergies fossiles. Les affrontements ont eu lieu samedi quand près de 300 manifestants ont tenté de pénétrer dans l'enceinte de la centrale thermique Schwarze Pumpe appartenant au groupe public suédois Vattenfall, à Lausitz, a précisé la porte-parole de la police. Un groupe de militants a attaqué les gardes de sécurité de Vattenfall, détruit les grillages puis pénétré sur les lieux, a-t-elle détaillé, précisant que des pétards ont également été lancés. Deux manifestants ont été blessés lors des interpellations et emmenés à l'hôpital, a ajouté la police.

La manifestation, à laquelle participaient plus de 2 000 personnes selon les organisateurs, s'inscrivait dans le cadre de la campagne internationale « Break Free », initiée par des ONG telles que Greenpeace ou 350.org, pour exiger une réduction drastique des énergies fossiles. Une porte-parole de la coalition anti-nucléaire et anti-charbon, à l'origine de la manifestation, a accusé pour sa part la police d'être à l'origine des violences, affirmant que les forces de l'ordre étaient intervenues alors que les manifestants s'apprêtaient à quitter le site.

Depuis vendredi, les militants anti-charbon bloquent une mine alimentant la centrale thermique de Schwarze Pumpe. Samedi 14 mai, ils ont réussi à intercepter certains chargements de charbon, contraignant la centrale à réduire sa production.

L'Allemagne, qui va fermer toutes ses centrales nucléaires d'ici à 2022, dépend encore à 42 % du charbon pour sa production d'électricité. Le débat sur la fermeture des centrales au charbon, trop polluantes, a duré toute l'année dernière, les craintes pour l'emploi pesant lourd dans la balance. Seules une douzaine de centrales doivent fermer à moyen terme.

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 16:53

 

Contester sans modération : « la trace d’un rêve n’est pas moins réelle que celle d’un pas » http://www.monde-diplomatique.fr/55467

 

« La trace d’un rêve n’est pas moins réelle que celle d’un pas »

 

Contester sans modération

 

En France, l’opposition à la réforme du code du travail et l’occupation des places par le mouvement Nuit debout ont convergé dans le refus d’une vision étriquée de la politique : évanouissement des espérances collectives dans le trou noir électoral, aménagement à la marge de l’ordre social. Assiste-t-on à la fin d’un cycle marqué par des revendications toujours plus limitées et jamais satisfaites ?

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Poids de quartz et balance en cuivre, Mohenjo-Daro (Pakistan), 2300-1500 av. J.-C.
Bridgeman Images
 

Demander peu et attendre beaucoup : dix-huit ans après la création de l’association Action pour une taxe Tobin d’aide aux citoyens (Attac), en juin 1998, le prélèvement de 0,01 % à 0,1 % sur les transactions financières inspiré par l’économiste James Tobin pour « jeter du sable dans les rouages » des marchés tarde à voir le jour (lire « En attendant la taxe Tobin »). La forme édulcorée que négocient sans enthousiasme les cénacles européens rapporterait une fraction du montant (plus de 100 milliards d’euros) initialement escompté.

Mais, au fait, pourquoi avoir placé la barre si bas ? Pourquoi avoir tant bataillé pour l’introduction d’une si légère friction dans la mécanique spéculative ? Le confort du regard rétrospectif et les enseignements de la grande crise de 2008 suggèrent que l’interdiction pure et simple de certains mouvements de capitaux parasitaires se justifiait tout autant.

Cette prudence revendicative reflète l’état d’esprit d’une époque où le crédit d’une organisation militante auprès d’un public urbain et cultivé se mesurait à sa modération. Avec l’effondrement de l’Union soviétique, la fin de la guerre froide et la proclamation par les néoconservateurs américains de la « fin de l’histoire », toute opposition frontale au capitalisme de marché se trouvait frappée d’illégitimité, non seulement aux yeux de la classe dirigeante, mais aussi auprès des classes moyennes désormais placées au centre du jeu politique. Pour convaincre, pensait-on, il fallait se montrer « raisonnable ».

Certes, la fameuse taxe infradécimale — 0,1 % — présente dans son inaboutissement même une vertu pédagogique incontestable : si l’ordre économique s’obstine à refuser un aménagement aussi modique, c’est qu’il est irréformable — et donc à révolutionner. Mais pour provoquer cet effet de révélation, il fallait jouer le jeu et se placer sur le terrain de l’adversaire, celui de la « raison économique ». L’idée d’un ordre à contester avec modération s’imposait en France avec d’autant plus d’évidence que l’initiative politique (...)

Taille de l’article complet : 2 586 mots.

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Source : https://www.facebook.com/Monde.diplomatique

 

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Source : https://la-bas.org/les-emissions-258/les-emissions/2015-16/contester-sans-moderation-entretien-avec-pierre-rimbert

 

Dans le Monde Diplo de Mai [RADIO : 20’33]

 

CONTESTER SANS MODÉRATION ! Entretien avec Pierre RIMBERT

Le

 

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illustration : Helios GÓMEZ

Du drapeau rouge au nez rouge du clown, la contestation est devenue gentillette. On demande pas grand-chose, on obtient encore moins, mais c’est mieux que rien. En France aujourd’hui, le mouvement contre la Loi Travail a déjà le mérite de secouer ce long renoncement.

Dire ce que nous voulons, redessiner un futur, faire des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue quand nous courons derrière, CONTESTER SANS MODÉRATION !

CONTESTER SANS MODÉRATION ! Entretien avec Pierre RIMBERT
 

Un entretien de Daniel MERMET avec Pierre RIMBERT, journaliste au Monde diplomatique.


Merci à Pierre RIMBERT.

Programmation musicale :
- ROCÉ : Changer le monde
- IAM : La Fin de leur monde

Marie GALL attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

entretien : Daniel MERMET
réalisation : Grégory SALOMONOVITCH et Guillaume GIRAULT
technique : Alain GADAN
préparation : Jonathan DUONG

(Vous pouvez podcaster cette émission en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)

 

 

 

Source : https://la-bas.org/les-emissions-258/les-emissions/2015-16/contester-sans-moderation-entretien-avec-pierre-rimbert

 

 

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 16:24

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/joboussion

 

 

Lettre ouverte aux #NuitDebout depuis les quartiers d'Internet des Indignados.

 

Contre la manipulation des "nouveaux" partis. Soyons radical, demandons le possible.

 

nuit debout © stef burlot nuit debout © stef burlot

 

 

Très cher(e)s citoyen(ne)s des #NuitDebout,

 

Mon français est un peu rouillé, vous m'excuserez les fautes d'orthographe et les mots inventés, mais en voyant comment on essaye de vous manipuler et les inexactitudes que la presse raconte par rapport à notre expérience en Espagne, je me suis décidée à vous écrire. 

 

Ce que vous faites nous arrive déformé par les médias, exactement comme cela nous arrivait pendant le 15M des Indignados et comme ça arrive à toute r-évolution.

 

Je vous écris pour vous faire parvenir des notes que j'ai recueilli  le long de mon expérience, dans l'espoir qu'elles puissent vous être utiles pour esquiver les pièges dans lesquels nous sommes tombés et que vous puissiez aller plus loin que nous : 

 

- Tôt ou tard, il est inévitable qu’un bon nombre de vous arrive à la conclusion que nous devons conquérir les institutions, non pas dans le sens de nous y intégrer, sinon dans l'idée de pouvoir nous, les citoyen(ne)s, nous gouverner.

 

Nous ne pouvons pas nous gouverner réellement depuis les places et nous ne pouvons pas laisser dans les mains du système les structures et l'argent qui nous permettent de gérer nos vies (travail, logement…) et les ressources communes (écoles, hôpitaux, énergie, sécurité, infrastructures…).

 

Donc tôt ou tard, il faudra inévitablement parler de quel dispositif on organise pour conquérir les postes de contrôle et qui doit les gérer.

 

- Pour cela, je veux vous parler de ce que vous pouvez percevoir de notre expérience en Espagne. L'image que vous en avez est sûrement très contaminée par l'image omniprésente de Podemos. Très clairement Podemos ne doit être ni un but ni un exemple à suivre. Podemos ne représente pas la transformation du 15M espagnol, même si il s'en est nourri. Non seulement ce n'est pas un exemple à suivre, sinon que c'est le pire qui pouvait nous passer au 15M des Indignados.

 

C'est normal que ce ne soit pas un exemple : dans sa grande majorité, ses fondateurs n'étaient pas sur les places au moment où le 15M s’est déroulé et ils n'ont rien compris aux places.

 

IMAGE DE BIGDATA QUI MONTRE QUE PODEMOS N'ETAIT PAS LA IMAGE DE BIGDATA QUI MONTRE QUE PODEMOS N'ETAIT PAS LA

 

 

- La force des r-évolutions comme #NuitDebout ou le 15M des Indignados est :

 

(1) la décentralisation et la forme distribuée des prises des décisions et du leadership qui est selon nos compétences et non selon notre visibilité médiatique ; les nouvelles formes dépasseront les faiblesses de l'horizontalité assembléaire et se transformeront en réseaux ;

 

(2) notre capacité - bien supérieure aux institutions et aux partis politiques - de résoudre les problèmes concrets avec des solutions concrètes que viennent des expériences et capacités spécifiques de chacun(e) d’entre nous, et non pas des idéologies. C'est une collaboration égalitaire dans la différence, et non une fusion sous un même drapeau, une marque unificatrice. C'est la force de la fédération dans la diversité ; 

 

(3) la responsabilité partagée : nous voulons des sociétés adultes qui n'ont plus besoin d'un papa que l'on suit fanatiquement quoi qu'il dise. Ou encore - et cela revient au même - un leader qui serait là pour que l'on représente son courant critique « interne » au système et qu’on le légitime "démocratiquement" par notre dissensus. Cela nous l’avons déjà, nous sommes déjà le courant critique d'un système qui ne marche pas. 

 

Nous, les citoyen(ne)s, regroupé(e)s par groupes de capacités, intérêts et compétences, nous pouvons mener la gouvernance de notre vie commune.

 

Je résume:

 

- décentralisation

- fédération - non unification

- diversité - non uniformité

- responsabilité

 

Que certain(e)s veulent des structures comme Podemos n'a rien de nouveau : ils veulent coopter nos efforts collectifs pour gérer le pouvoir eux-mêmes et nous renvoyer à la maison.

 

La gauche dogmatique a toujours fait cela, ce n’est en rien nouveau. En Espagne le parti socialiste l'a fait après la dictature ; puis Izquierda Unida et maintenant ceux qui veulent envoyer à la maison les Indignados ce ne sont pas que les CRS, c'est aussi Podemos. 

 

C'est une bonne chose d'abandonner les places pour aller ailleurs : dans les quartiers, dans les lieux de travail, sur internet, dans les tribunaux, en Europe, là où l’on doit être pour lutter (on ne peut pas rester éternellement sur les places). Mais c'est l'organisation de nos luttes qui ne peut « rentrer à la maison ». Dans ce sens, les Podemos peuvent faire plus de dégâts que les CRS.

 

Par contre ce que nous pouvons construire ce sont des réseaux de leadership par compétence (groupes/nœuds sur des sujets comme la justice au travail, le logement, l’éducation, l’économie…) dans lesquels un des nœuds se charge de la gestion des institutions. C'est la forme du non-parti, le contraire d'une structure qui veut tout embrasser.

 

Cela veut dire qu'un parti politique n'est qu'un nœud parmi les autres, pas plus important que les autres et surtout pas responsable des sujets dont il n'a pas d’attribution. Les "partis" ne doivent être que les employés de l’accès aux institutions des solutions que les groupes de compétences gèrent.

 

Ces formes en Espagne existent. La première et ma préférée  - car j'ai contribué à sa création :) - est le Parti X (http://partidoX.org). Mais dans un chemin similaire vous trouverez EnComu, qui gouverne Barcelone, la Marea en Galice; la CUP en Catalogne et bien d’autres.

 

Ce sont des formes qui proposent d’occuper les institutions au service d'une société active, organisée et mobilisée, qui ne perd pas ses identités et qui met en place directement ses solutions au sein d’une gouvernance. 

 

Pas de fausse participation digitale (opium du peuple), mais une vraie participation des organisations citoyennes par voie de terre, de mer, dans les airs, et aussi, bien sûr, sur les réseaux. Le tout sans médiation du parti.

 

Les structures comme Podemos représentent exactement le contraire, mais elles surgissent plus facilement parce que le système les adore. Quand on le bouleverse radicalement, il a besoin de ces structures pour que tout retourne à sa place. 

 

Podemos ne reconnait aucun groupe de la société civile qui n'ai pas accepté s'affilier. Il les efface du discours et s'approprie leur travail. Le résultat serait la même situation d'avant :

 

Un procès r-évolutionnaire qui retourne au système en forme de parti -> un parti qui fait semblant d’être un mouvement, mais qui est centralisé, uniforme et basé sur le manque d’esprit critique d'une large majorité passive et dépendante. Rien de nouveau.

 

Pour cela, je crois que la seule échelle possible des luttes des nouvelles r-évolutions est la combinaison égalitaire de groupes qui se chargent d'entrer dans les institutions - et qui ne s'occupent que de ça, avec des groupes de la société civile organisée autour des différentes solutions.

 

Malgré que Podemos essaye de tout étouffer à travers une présence médiatique constante et monolithique (Podemos est principalement un produit télé), le 15M continue en Espagne dans des villes comme Barcelone, La Coruña, Madrid et beaucoup d'autres, où plusieurs camarades que nous avons placé dans des institutions conquises permettent à la société civile de mettre en place des solutions aux problèmes collectifs à travers de groupes comme la PAH (Plateforme des affectés par l'hypothèque sur le sujet du logement) ou 15MpaRato (sur le sujet de la corruption).

 

L'effort est grand parce que Podemos et l'image que la presse en fait, empêche notre propre opinion publique de voir tout ce qui avance vraiment grâce au 15M. Nous avons de nouvelles politiques de logement, de transparence, de dette publique, on avance sur les thèmes de la santé, on a fait sauter des réseaux de corruption institutionnelle...

 

Mon désir est que vous ne laissiez pas un Podemos voler votre imaginaire et vos actions pour les enfermer à nouveau dans les corsages du leader magnifique et du peuple adolescent. C’est pour cette raison que je me suis permise de m’adresser à vous. 

 

Force à toutes et à tous pour la lutte : on a pas fini et on y arrivera.

 

Simona

 

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/joboussion

 

 

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 14:07

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

A Rennes, la mécanique de la répression policière

13 mai 2016 | Par Karl Laske
 
 
 

À Rennes, la Maison du peuple occupée depuis dix jours a été évacuée vendredi matin par le RAID, après deux mois de violences et de nombreux blessés, dont un jeune étudiant qui a perdu un œil. L’ancien préfet de région Patrick Strzoda, propulsé directeur de cabinet de Bernard Cazeneuve, est l’homme qui a orchestré dans cette ville la militarisation des forces de l’ordre face à la mobilisation contre la loi El Khomri.

Rennes, de notre envoyé spécial.– « On a compris que l’évacuation commençait quand on a vu la nacelle apparaître », explique un militant. À Rennes, sur le toit de la salle de la cité, ancienne Maison du peuple occupée depuis le 1er mai, une vingtaine de militants ont vu vendredi, vers six heures du matin, médusés, une cage faire son apparition dans l’air, portée par la grue du chantier voisin de la place Sainte-Anne. Dans la nacelle, six policiers du RAID armés de Flash-Ball. Nathalie Appéré, la maire socialiste de Rennes, signataire il y a peu d’une convention autorisant l’occupation provisoire du lieu, et le nouveau préfet Patrick Dallennes ont donc choisi la confrontation face au mouvement social. À la veille de la manifestation de samedi contre la répression policière, interdite par la préfecture, il n’y avait pas pire signal.

L’expulsion des lieux a été soutenue dès le premier jour par l’ancien préfet de région Patrick Strzoda, propulsé fin avril directeur de cabinet de Bernard Cazeneuve. Nouveau numéro 2 du ministère de l’intérieur, dont la promotion a été saluée par Jean-Yves Le Drian dans les locaux du conseil régional de Bretagne, Patrick Strzoda est l’homme qui a orchestré la militarisation progressive des forces de l’ordre face aux manifestations contre la loi El Khomri à Rennes. Le 28 avril, jour où un étudiant de Rennes 2 a été grièvement blessé à l’œil par un tir, l’ancien préfet – déjà directeur de cabinet du ministre – a assuré au Télégramme « qu’aucun Flash-Ball » n’avait été utilisé contre les manifestants, suggérant à la presse qu'un « choc dû à une grenade lacrymogène » ou « un projectile émanant des manifestants » pouvait être responsable des blessures de l’étudiant. Alors qu’il a perdu son œil, la préfecture a, depuis, reconnu l'usage par les forces de l'ordre de lanceurs de balles de défense 40 (LBD40) ce jour-là. Une enquête de l’IGPN est en cours, mais il n’y a aucun doute sur le tir policier qui a occasionné cette mutilation.

 

Jeudi, les manifestants repoussent les policiers de la place Sainte-Anne, à Rennes © Kl Jeudi, les manifestants repoussent les policiers de la place Sainte-Anne, à Rennes © Kl

 

 

Vendredi matin, les hommes du RAID suspendus dans leur nacelle mettent encore en joue les occupants avec des Flash-Ball, tandis que des policiers grimpent par l’échelle de pompiers. « Il n’y a eu aucun jet de projectile, poursuit le militant présent sur le toit. On était tous assis par terre en se tenant bras dessus bras dessous. Ils nous ont délogés un par un, en nous faisant des clés de bras, et des pressions sur le visage. » Les occupants croyaient pouvoir tenir trois jours en cas de siège, ou d’assaut, mais les meuleuses et les coups de bélier ont eu raison des barricades qui bloquaient les entrées de la salle principale. « On vous donne 7 sur 10 pour la barricade », a ironisé un CRS aux manifestants.

La Maison du peuple et des syndicats, fondée en 1925, devenue une salle de spectacle appartenant à la ville, avait été investie le soir du 1er mai alors que les intermittents, l’AG interpro et les étudiants de Rennes 2 étaient venus rejoindre une réunion de l’intersyndicale sur place. Sous la pression des écologistes et du Front de gauche, la maire socialiste offre une convention de « mise à disposition » de six jours, avec des horaires de fermeture la nuit. Un état des lieux est fait en présence du commandant des pompiers. « Une occupation reconductible et l’occupation de nuit ont été votées », résume Stéphane Gefflot de Sud PTT, signataire de l’accord avec la mairie. « La mairie a dénoncé la convention mercredi, sous prétexte qu’une manif sauvage avait eu lieu mardi dans l’hypercentre », poursuit le syndicaliste. L’interdiction de l’hypercentre et le bouclage des pâtés de maison voisins du parlement de Bretagne et de la mairie ont été imposés, fin mars, aux manifestants par le préfet Strzoda.

 

La nacelle de chantier utilisée par le RAID lors de l'évacuation de la Maison du peuple © DR La nacelle de chantier utilisée par le RAID lors de l'évacuation de la Maison du peuple © DR

 

Jusqu’à jeudi soir pourtant, la convergence des luttes s’était trouvé un lieu à Rennes, agglomérant des étudiants autonomes, proches du Mili (lire notre entretien avec des membres de ce mouvement), ou des communistes, et des membres du Front de gauche, des syndicalistes de Sud ou, plus rares, de la CGT. L’intersyndicale soutenait l’occupation, mais ni la CGT ni FO n’y intervenaient directement. Plus de 800 personnes s’étaient entassées, jeudi, pour l’assemblée générale quotidienne dans la salle de la cité, après une manifestation sans incident. Le blocage du centre de tri des colis de la Poste du Rheu a été décidé en lien avec des personnels sur place, et effectué le soir même pendant quatre heures. « Très vite, le préfet Strzoda nous a demandé de nous désolidariser des mouvements de jeunesse mais il n’en était pas question, explique le syndicaliste de Sud. Selon lui, il y avait “600 profils louches”, alors qu’il s’agissait de l’AG de Rennes 2… Les neuf inculpés des manifs des 31 mars et 9 avril n’avaient rien de louche : il y avait un infirmier, un serveur, un gars de PSA… Par contre, le procès a montré qu’il n’y avait aucune preuve contre eux. » Réputé ultra sarkozyste depuis son passage à la préfecture des Hauts-de-Seine entre 2009 et 2011, Patrick Strzoda demande aux syndicats d’isoler les casseurs pour « leur régler leur compte ». En septembre, il avait déjà menacé les syndicats paysans (Confédération paysanne, Coordination rurale et Apli) qui voulaient bloquer l’entrée du Salon des productions animales (SPACE) en leur promettant « la guerre » s’ils n’acceptaient pas ses conditions.

Jeudi, l’assemblée générale n’a fait qu’un bond lorsqu’une jeune femme a annoncé qu’un copain était en train « de se faire embarquer par la BAC place Sainte-Anne ». L’AG a grondé, rugit, avant de se vider en quelques minutes et de fondre sur les quinze policiers anti-émeutes venus en appui de la BAC. La police s’est retirée, non sans braquer encore ses Flash-Ball sur la foule.

« C’est l’État qui organise l’escalade, juge un syndicaliste de Sud Santé, et ce par l’usage général et immodéré de la force. Sans raison, sur des gens tombés à terre. À l’hôpital de Rennes, on a eu un afflux de personnes blessées au visage. Et il y a une masse de gens qui ne veulent pas déposer plainte contre la police. » « On a franchi un seuil, et très vite, juge Xavier de l’AG interpro, il y a eu une banalisation du Flash-Ball. Dans les manifs, on les entend, pan, pan, pan, ça canarde ! » Les cortèges se sont dotés, comme dans d’autres villes en France, d’équipes “médic”, qui prennent en charge et mettent à l’abri les blessés. « Aujourd’hui, on comptabilise sur Rennes 259 blessés, dont 43 graves par fractures, plaies ouvertes, traumatismes, et un œil perdu, c’est la seule devenue irréversible », détaille Hugo Poidevin, étudiant communiste, membre des Médic.

 

«Les tirs de Flash-Ball sont toujours à moins de vingt mètres. Le canon est pointé sur nos têtes !»

Les premiers blessés sont relevés le 17 mars, jour de la venue de Jean-Yves Le Drian à la préfecture de région. « J’ai reçu une grenade lacrymogène en tir tendu, elle m’a explosé entre le bras et le flanc. La seule chose qui était lancée sur les CRS, c’étaient des gobelets de peinture : on est très loin des pavés ! » témoigne-t-il. « Avant, on nous tenait à distance avec les gaz, explique Anna, “médic” elle aussi. Mais le 17, il y a eu des traumas crâniens : ils sont passés directement aux coups sur la tête. La BAC est venue matraquer dans la foule, et en visant la tête. Le 31 mars, un médic qui était en train de soigner a pris une lacrymo en tir tendu sur la tête. »

Le 31 mars, la confrontation s’engage. « On nous avait interdit le centre-ville, poursuit Poidevin, et l’objectif était de faire Nuit debout devant le parlement de Bretagne. On a fait une banderole renforcée, une bâche avec un matelas, pour aller quand même en centre-ville. On a subi six heures de lacrymos. On a eu plus de cent blessés. Des membres de l’équipe médicale qui ont abandonné, face à la violence, aux plaies ouvertes… Quand vous devez éponger le pénis d’un jeune qui pisse le sang… »

Pour Camille, jeune prof de fac, la manif du 31 mars a été aussi « un tournant ». « On a tenu assez longtemps la rue Jean-Jaurès, explique-t-il. Les flics ont tiré près de 700 lacrymos. On balançait les palets au fur et à mesure dans la Vilaine… La semaine suivante, c’est monté d’un cran. Les flics étaient sur un mode offensif. Dès qu’on prenait une direction, ils nous prenaient à revers. Du coup, tout le monde est monté en équipement, et en pression. Le mode émeute, c’est plus de 200 personnes qui manifestent, quand un parcours illégal commence, tu as encore 1 500 à 2 000 personnes. Les gens restent, les gens sont solidaires. Le fait que 1 500 personnes restent malgré le danger, les tirs et la peur, je n’avais jamais vu ça. »

 

Départ de la manifestation contre la loi Travail jeudi, à Rennes © Kl Départ de la manifestation contre la loi Travail jeudi, à Rennes © Kl

 

 

L’usage par les policiers de Fash-Ball et LBD40 à tir tendu est si répandu que le syndicat Sud lance « l’opération “sortez casqués” lors des manifestations à venir », notamment celle du 28 avril. « Nous appelons donc à manifester casqués : casques de vélo, casques de moto, de scooter, casques de rollers, casques de chantier, etc. Bref, tout ce qui peut protéger la tête et le reste (…) pour protester contre les violences policières. » Jeudi, les militants Sud avaient pour certains des casques de moto à la main ou sur la tête. Le 28 avril suivant, les policiers tirent justement sur les manifestants qui traversent une passerelle au-dessus de la Vilaine, et ils atteignent à l’œil Jean-François, étudiant en géographie. « Une charge est venue de République, se souvient Camille, ça nous a bloqués sur les quais et ça a provoqué un mouvement de foule et de panique. Il n’y avait plus de solidarité possible… Tout le monde a pris la petite passerelle et les baqueux ont commencé à shooter au Flash-Ball. Ils nous tiraient dessus au hasard, les balles fusaient. »

Camille ne voit pas la chute de Jean-François, et s’engouffre dans une rue adjacente avec des centaines d’autres. Alors qu’il s’est baissé pour éviter les tirs, Hugo Poitevin entend crier « médic! ». « Quand j’ai vu Jean-François, il était encore debout, on l’a mis à l’écart, on l’a fait s’asseoir, en lui parlant, témoigne le militant. Il saignait beaucoup, c’était affreux. On avait mis neuf ou dix compresses sur son œil, et ça saignait encore. Les flics n’ont pas traversé la passerelle. Ils sont repartis. » « Quand Jean-François a perdu son œil, on était assez désemparés, explique Anna, et la seule chose qu’on a essayé de faire c’est de le garder conscient. Moi, j’étais dans la charge initiale, et il y a eu énormément de coups de matraque et de gens à terre, qu’on a essayé de porter. »

Des photos montrant les policiers en position de tir face à la passerelle ont été communiquées à l’IGPN. En contestant officiellement l’usage de Flash-Ball le 28 avril, le préfet Strzoda a attiré l’attention. Il n’a pas rectifié depuis. Il sait bien sûr quelles armes, et combien de munitions ont été utilisées… sous ses ordres. « Les pratiques illégales ici, il y en a un florilège, poursuit Hugo Poidevin. Les tirs de Flash-Ball sont toujours à moins de vingt mètres. Le canon est pointé sur nos têtes ! Les tirs à moins de 10 mètres, j’en ai vu plein. J’ai vu trois arcades sourcilières explosées – deux par des grenades lacrymogènes, une par un Flash-Ball, heureusement les gens portaient des masques de plongée. Quand la grenade arrive sur le masque, ça enfonce l’arcade, mais ça protège l’œil. Les lunettes de plongée protègent beaucoup moins parce qu’elles s’enfoncent dans l'arcade sous le choc. » « Le 31 mars, ils ont visé les parties génitales des manifestants hommes, un certain nombre ont été touchés à hauteur de l’entrejambe », se souvient Anna.

Le 2 mai, Hugo Poidevin a interrompu le conseil municipal de Rennes avec un groupe de militants en exigeant de la maire Nathalie Appéré qu’elle dénonce les violences policières et qu’elle se prononce pour l’interdiction des Flash-Ball et des grenades de désencerclement. Le 28 avril, elle avait félicité les forces de l’ordre… Il a lancé une balle de défense dans la direction de son bureau. « Je vous fais un cadeau, ce sont des balles comme celle-ci qui sont tirées sur les manifestants », a-t-il lancé. L’élue s’est levée, et la balle a atterri sur son fauteuil.

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 13:53

 

Source : http://reporterre.net

 

 

En Allemagne, la bataille pour la fin du charbon est lancée

13 mai 2016 / Violette Bonnebas (Reporterre)
 


 

Depuis ce vendredi 13 mai, 2.000 personnes venues de toute l’Europe participent au week-end d’action contre le charbon organisé en Allemagne orientale. Cet événement s’inscrit dans un mouvement mondial de désobéissance civile en faveur de l’environnement et du climat.

 

- Berlin, correspondance

Le rendez-vous est fixé depuis plusieurs mois et certains ne l’auraient manqué pour rien au monde. Ils sont venus de toute l’Allemagne bien sûr, mais aussi de Suède, du Royaume-Uni, de Slovaquie ou encore de France. Ce vendredi matin 13 mai, dans le village de Proschim, aux confins de l’Allemagne orientale, deux milliers de militants sont attendus pour quatre jours de mobilisation contre l’exploitation du charbon.

Ils ont répondu à l’appel du collectif Ende Gelände (expression signifiant « la limite est atteinte »), composé d’une cinquantaine d’organisations prônant la désobéissance civile afin de « faire passer le climat avant le profit ». Le week-end devrait être marqué par une opération de blocage de tout ou partie de la mine à ciel ouvert de Welzow. En août dernier, une action de ce type avait eu lieu dans l’ouest du pays, à Garzweiler.

 

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La mine à ciel ouvert de Welzow.

« L’accord de Paris sur le climat a été présenté comme un succès, mais il signifie en réalité que le changement climatique va se poursuivre de manière catastrophique, déplore Hannah Eichberger, porte-parole du collectif. L’échec de la COP21 nous conforte dans l’idée que nous devons nous-mêmes prendre en main la protection du climat et agir contre les énergies fossiles, à l’endroit même où elles sont exploitées. »

Pour donner plus de force au mouvement, les organisateurs misent sur la convergence avec les militants du 6e Lausitzer Klima- und Energiecamp (le camp pour le climat et l’énergie de Lusace), événement annuel de lutte contre le charbon, qui a débuté lundi 9 mai, lui aussi à Proschim.

 

« En achetant le charbon, ils achètent également le mouvement de résistance au charbon » 

Ce village est un haut lieu de la contestation du très polluant lignite. Le bassin minier auquel il appartient, la Lusace, est le deuxième plus grand d’Allemagne. Son sous-sol alimente trois centrales électriques parmi les plus polluantes d’Europe, selon le WWF (lien en anglais).

 

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La centrale à charbon de Jänschwalde, en Lusace, est la quatrième plus polluante d’Europe, avec plus de 23 millions de tonnes de CO2 émis annuellement, selon le WWF.

Dans ce territoire déshérité d’ex-République démocratique d’Allemagne, l’extraction du charbon brun est une passion dévoreuse de paysages. En moins d’un siècle, 136 villages ont été rayés de la carte pour laisser la place aux excavatrices des grandes sociétés minières. 30.000 personnes ont été déplacées. « Notre village est devenu un trou, témoigne Bernd Siegert, l’ancien maire de la commune de Horno, rasée en 2004. Notre histoire, nos paysages, nos forêts, tout a disparu. »

Douze ans plus tard, Proschim se mobilise, inquiet de connaître le même sort. La mine voisine de Welzow Süd II doit être agrandie, entraînant l’expropriation de quelques 800 habitants. Le projet de la compagnie publique suédoise Vattenfall a été validé en 2014 par le gouvernement régional du Brandebourg. Mais il est aujourd’hui en suspens, Vattenfall ayant subitement décidé l’an dernier de mettre en vente tous ses actifs liés au lignite en Allemagne, pour cause de rentabilité incertaine… et d’image désastreuse.

Le gouvernement suédois étudie en ce moment une offre de reprise de ces actifs par l’énergéticien tchèque EPH et annoncera sa décision cet été. Si le rachat est entériné, les projets d’extension seront menés à leur terme. Mais les militants réunis ce week-end entendent faire capoter la vente : « Nous voulons dire à ceux qui investissent dans les mines qu’en achetant le charbon, ils achètent également le mouvement de résistance au charbon », a affirmé le coorganisateur du camp pour le climat, Marvin Kracheel, au magazine en ligne klimaretter.info.

 

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À partir de 2025, la mine de Welzow Süd II devra extraire 200 millions de tonnes de lignite par an.

Pour Mona Bricke, du collectif Ende Gelände, l’actuel propriétaire doit rester pour rendre des comptes : « Vattenfall a fait des profits pendant des années au détriment des hommes et de la nature. Cette entreprise multinationale n’a pas le droit de se désengager comme cela maintenant. Elle doit assumer ses responsabilités, à la fois en ce qui concerne ses employés et les dommages écologiques causés à la région. »

Un acteur essentiel pourrait encore changer la donne : le ministère fédéral de l’Environnement doit présenter dans les semaines à venir son plan de protection du climat (le « Klimaschutzplan 2050 »), incluant un grand projet de décarbonisation. Jusqu’où ira la ministre social-démocrate Barbara Hendricks, elle qui souhaite en finir avec le charbon « bien avant 2050 » ? Alors que le texte est en train de prendre forme, quelque part entre un comité d’experts et le bureau de la ministre, Ende Gelände espère que la mobilisation de ce week-end pèsera lourd au moment des derniers arbitrages.


LAFERLANTE « LIBÉRONS-NOUS DES ÉNERGIES FOSSILES »

L’action en Allemagne est une pièce d’un mouvement mondial. Depuis le 3 mai et pendant 12 jours, une vague d’actions pacifiques ciblant les projets de combustibles fossiles les plus dangereux du monde déferle sur les six continents sous le nom de Libérons-nous des énergies fossiles (« Break Free »).

Les actions à venir jusqu’au 15 mai sont les suivantes :

- Etats-Unis : du vendredi 13 mai, au dimanche 16, des milliers de personnes dans le nord-ouest du Pacifique , venues de l’ Oregon, Washington, Montana et Idaho, vont converger en kayak à Mars Point, sur la péninsule d’Anacortes où sont situées les raffineries de Shell et de Tesoro , les deux plus grandes raffineries de pétrole dans l’État de Washington.

. Source : Seattle Weekly

- Brésil : des actions seront organisées dans trois régions du pays. Une foire rurale se tiendra à Maringa du 5 au 15 mai. Le 14, une marche et une action de désobéissance civile de masse cibleront une centrale à charbon située à Pecém, dans l’État de Ceará.

- Canada : les 13 et 14 mai, des centaines de personnes passeront à l’action sur terre et sur l’eau à Vancouver. Elles s’opposeront au projet de pipeline provenant des sables bitumineux de Kinder Morgan Transmountain en encerclant le terminal de Westridge Marine.

- Équateur : une action est organisée le 14 mai par Yasunidos. Elle rassemblera des citoyens venus de tout le pays pour demander l’arrêt de l’exploitation du pétrole et protéger le parc national de Yasuni.

- Nouvelle-Zélande : du 4 au 15 mai, des centaines de personnes venues de tout le pays passeront à l’action pour paralyser les opérations de l’une des principales sources de financement (sous forme d’investissements et de prêts) de l’industrie fossile du pays, la banque ANZ. Des blocus, des actions de perturbation des activités et des détournements culturels seront organisés du nord au sud du pays.

- Nigeria : dans le delta du Niger, les actions se dérouleront dans trois sites pour mettre en évidence ce qui se passe une fois que les gisements...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

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