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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 14:44

 

Source : http://www.europe1.fr

 

 

Grève massive vendredi sur les RER B et D desservant le Stade de France

 
 
 
Grève massive vendredi sur les RER B et D desservant le Stade de France
100% des conducteurs de la zone Paris-Sud-Est (RER D) et plus de 90% sur la zone Paris-Nord (B et D) seront en grève, selon les syndicats.@ FRANCK FIFE / AFP
 

Sur les lignes B et D du RER qui desservent le Stade de France, les cheminots seront massivement en grève vendredi, jour de l'ouverture de l'Euro.

 

Les conducteurs SNCF des RER B et D, qui desservent le Stade de France, seront massivement en grève vendredi, jour du match d'ouverture de l'Euro de football, selon SUD-rail et la CGT-cheminots.

 

La quasi-totalité des conducteurs déclarés grévistes. 100% des conducteurs de la zone SNCF Paris-Sud-Est (RER D) sont déclarés grévistes pour vendredi, et plus de 90% sur la zone Paris-Nord (B et D), ont indiqué Emmanuel Grondein (SUD-rail) et Kevin Quehen (CGT). Interrogée, la SNCF a répondu "disposer de chiffres inférieurs", "certifiés par huissier de justice". Mais elle n'a pas souhaité les communiquer. Selon Emmanuel Grondein, le taux de grévistes "va remonter car un certain nombre de nos collègues attendaient l'Euro pour rentrer en grève". Il était selon lui de 78% jeudi à Paris-Nord.

 

Dixième journée de grève consécutive. Le trafic sur ces deux lignes était déjà fortement perturbé jeudi avec un train sur trois sur le RER B et quatre sur 10 sur le RER D, selon les prévisions qui avaient été communiquées par la SNCF. Dans la matinée, le directeur de SNCF Transilien avait invité les spectateurs du match d'ouverture de l'Euro à se rendre vendredi "le plus tôt possible" au Stade de France pour le match d'ouverture France-Roumanie en raison de la grève des cheminots. Le mouvement a été reconduit à vendredi, pour une dixième journée consécutive, dans la plupart des départements.

 

50 trains vers et depuis le stade. Sur ces deux lignes RER desservant le stade, la SNCF a prévu de faire circuler 50 trains "vers et depuis le stade" pour acheminer "entre 20.000 et 30.000 voyageurs". "La SNCF va mettre les moyens pour transporter les supporteurs, ce sont les banlieusards qui vont être affectés", selon Emmanuel Grondein.

 

Revendications. Personnellement, "j'aime le foot mais ce qui se passe dans le rail, c'est énorme. Je ne veux pas me gâcher la vie pour ne pas gâcher l'Euro", a commenté le syndicaliste de Sud-rail en ajoutant que les cheminots "veulent juste que la réglementation qu'ils ont aujourd'hui s'applique à toutes les entreprises de chemin de fer roulant en France". Pour son collègue de la CGT Kevin Quehen, "il est encore temps de remettre tout le monde autour de la table pour aboutir à une véritable négociation" sur les règles d'organisation du travail, "c'est un combat convergent avec les usagers, pour garantir un haut niveau de sécurité ferroviaire".

 

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 14:38

 

Source : http://www.frontsyndical-classe.org

 

 

 

 

 

La CGT de Toulouse annonce un renforcement des actions con

tre la loi Travail pendant l’Euro de football

 

Publié le par FSC

 

 

 La CGT de Toulouse annonce un renforcement des actions contre la loi Travail pendant l’Euro de football

 

Voilà!

ils instrumentalisent le sport pour peser sur le mouvement social.

Ils font du sport (en plus d'une activité pervertie par l'argent), Hollande en tête un simple spectacle et un outil de diversion disons de la question sociale.

Oui mais voilà la réalité est têtue et les travailleurs qui ont engagé le combat cotre la loi travail ne sont pas dupes et ne se laissent pas "divertir" de leur objectif qui est le retrait et sa renégociation!

ce qui est prévu à Toulouse : un exemple à suivre

_________________

Source : le site de Jean Lévy et France Info

Pas question de relâcher la pression sur le gouvernement au moment de l’Euro. Au contraire. C’est en substance ce qu’ont expliqué les syndicats CGT et SUD de Midi-Pyrénées. Grève, locage, manifestation, meetings internationaux, pas question de faire la trêve du ballon rond.

Les syndicats CGT et Solidaires de Midi-Pyrénées annoncent qu’ils comptent bien profiter des 4 matchs de l’Euro à Toulouse pour amplifier la contestation contre la loi Travail. ​

Une manifestation régionale aura lieu le 20 juin, le jour du match Pays-de-Galles-Russie.

Le 13 juin, jour du match Espagne-République tchèque, un meeting en plein-air sera organisé avec d'autres syndicats européens près de la fan zone toulousaine.

Ces matchs auront lieu les 13,17,20 et 26 juin ... mais lors d'une conférence de presse, les deux syndicats ont annoncé qu'il n'y aura pas de trève, les manifestations auront bel et bien lieu. Des négociations ont eu lieu avec l’UEFA pour des distributions de tracts en plusieurs langues près du Stadium de Toulouse lors des matchs.

 

 

 

Source : http://www.frontsyndical-classe.org

 

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 14:34

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

Les ordures sont à Matignon

À la violence policière, les éboueurs de Paris répondent par la démocratie ouvrière

Publié le 8 juin 2016

 

 

 

Mercredi matin, les CRS ont tenté de déloger les éboueurs de la propreté de la ville de Paris, sans succès. En effet, en assemblée générale, les grévistes ont reconduit la grève à 95%, rendant inutile l’intervention des briseurs de grève.

Arthur Nicola

 

C’est l’occasion de faire le point sur la grève des territoriaux de la ville de Paris alors que les poubelles commencent à s’entasser dans certains quartiers. Après 10 jours de blocage, l’incinérateur d’Ivry est maintenant à l’arrêt total : il faudra 900 tonnes de bois et un jour et demi pour le redémarrer. C’est contre la loi travail, mais aussi plus généralement pour la reconnaissance de la pénibilité de leur métier que les ouvriers sont en grève. L’ambiance sur le piquet était très bonne : pour beaucoup de salariés, c’est aussi l’occasion de rencontrer les collègues dans un cadre autre que celui imposé par les chefs.

A Paris, le dépôt de déchets de Romainville était bloqué par les territoriaux de ce matin. D’autre part, l’incinérateur de la TIRU de Saint Ouen sera en grève demain. Les garages des camions sont eux aussi bloqués : ceux d’Ivry Victor Hugo, et de Romainville sont en grève majoritaire, tandis que ceux de Saint Ouen, Issy les Moulineaux, Aubervilliers et Porte de Clichy sont en grève minoritaire. Quoiqu’il en soit, une grande solidarité s’installe, les grévistes d’un site n’hésitant pas à se déplacer pour bloquer d’autres dépôts.

La stratégie de division des salariés et de libéralisation des services publics marche en partie. Sur Paris, les déchets de près de la moitié des arrondissements (1er, 3ème, 4ème, 7ème, 10ème, 11ème, 13ème, 15ème, 18ème, 19ème) sont collectés par des entreprises privées comme Derichebourg ou Veolia : ce sont les camions de ces entreprises qui acheminent difficilement les déchets jusqu’à Chartres. Souvent en situation précaire, il est difficile pour les salariés du privé de se mettre en grève : beaucoup sont en intérim et ne peuvent risquer de ne pas se faire réengager.

Crédits photo : Gueules de Parisiens

 

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 21:22

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Le ministère du Travail a été coloré par des participants de Nuit Debout

7 juin 2016
 


 
 

Dimanche 5 juin, des activistes se référant à Nuit debout ont orné de couleur le ministère du Travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social qu’ils considèrent comme « l’incarnation du déni de démocratie ». Cette action pigmentée symbolise le désaccord du mouvement pour le projet de loi travail et l’utilisation du 49.3.

- Source : Communiqué de presse signé Action #ColoRevolution des Nuit Debout internationale

 

 

Source : https://reporterre.net

 

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 20:05

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=tabXdsGxMvE

 

 

Serge Halimi devant l'intersyndicale du Havre

 

Fakirpresse

 

Ajoutée le 3 juin 2016

Serge Halimi, du Monde Diplomatique, est venu soutenir les grévistes du Havre, lors de notre meeting avec l'intersyndicale.

 

Fakir a ajouté une vidéo : Serge Halimi devant l'intersyndicale du Havre.

"Nous ne sommes pas venus au Havre pour vous faire la leçon.
Nous sommes venus pour apprendre de vous, de votre combativité.
Et surtout, nous sommes venus vous dire notre solidarité : car vous vous battez pour tous les autres." Serge Halimi, directeur du Le Monde diplomatique

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=tabXdsGxMvE

 

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 19:58

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

Lutte des intermittents

Occupation du siège du Medef : les intermittents reprennent la lutte après l’annulation de l’accord du 28 avril

Publié le 7 juin 2016

 

 

 

 

A 14h cet après-midi, au siège du Medef, un comité d’accueil attendait les participants au colloque sur le contrôle fiscal. Alors que le Medef refuse d’entériner l’accord du 28 avril sur l’assurance-chômage, obtenu après plusieurs semaines de lutte et d’un mouvement d’occupation des théâtres, les intermittents reprennent leurs luttes.

C’est très remontés contre le refus du Medef de ratifier l’accord sur l’assurance-chômage du 28 avril dernier, qu’une centaine d’intermittents ont décidé d’occuper le siège du Medef cet après-midi. A la suite du mouvement d’occupation des théâtres au mois d’avril, le gouvernement avait renoncé à faire passer les propositions du Medef concernant les annexes 8 et 10 de l’UNEDIC : les syndicats de la branche et les employeurs du spectacle avaient alors trouvé un accord marquant un retour à la situation de 2003 et contrariant les propositions du Medef en terme de cadrage financier.

Mais c’était sans compter le jeu trouble et du gouvernement. Ce dernier ayant lâché du lest pour éteindre l’incendie social en pleine contestation contre la loi travail ; une fois les intermittents apaisés, le Medef essaye d’imposer son projet en refusant de ratifier le présent accord,.

L’occupation du siège du Medef marque ainsi une reprise de la grogne et de la mobilisation des intermittents. Dans un communiqué publié par la Fédération CGT du Spectacle, ces derniers réclament « la pleine application de l’accord ’’intermittents’’ du 28 avril », une « juste indemnisation de tous les privés d’emplois » étendant leurs revendications aux chômeurs et aux précaires, mais également le « retrait du projet de loi Travail que soutient le Medef ».

Expulsés et embarqués violemment par la police, ils dénoncent également la violente répression qu’a subie un militant Synptac-CGT, frappé aux testicules par l’agent de la Direction de la Sécurité et des Moyens Généraux, Philippe Salmont.

Actuellement 90 personnes mobilisées sont retenues au commissariat de la rue de l’Evangile dans le 18ème arrondissement.

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 19:28


Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

Interview de Christophe Hiou, CGT TOTAL

TOTAL et Valls mentent. « A la raffinerie de Donges, tout est à l’arrêt »

Publié le 5 juin

 

 

 

Plus c’est gros, plus ça passe. C’était du moins l’intention de TOTAL et du gouvernement à la suite du « référendum » réalisé sur la raffinerie de Donges. « Le résultat est sans ambiguïté puisque 94% des votants souhaitent reprendre l’activité », a indiqué dans un communiqué largement repris par les médias la direction du groupe. « Le problème pour TOTAL, c’est que s’il n’y avait que 6% des personnels pour la poursuite du mouvement, on ne comprend pas comment le site serait toujours à l’arrêt complet », dit Christophe Hiou, secrétaire CGT du CE de la raffinerie.

« Le mensonge est trop gros. TOTAL a rameuté les cadres et les non-grévistes pour les faire voter. Et même sur cet échantillon-là, 6% n’était pas pour la reprise des activités ! En interne, d’ailleurs, la direction de TOTAL donne 70 à 80% de grévistes chez les équipes de quart, souligne Hiou. Du côté des personnels de production, notre dernière AG était à 200, et certains gars étaient de quart, parce qu’on continue à assurer la sécurité des installations. Le message était très clair : reconduction jusqu’au retrait. ».

Du côté du dépôt de carburant voisin, propriété du groupe Bolloré, il y a douze grévistes sur quatorze. « Ils ne sont que deux à charger, donc la cadence est réduite. Pour ce qui est de la raffinerie, en revanche, tout est bloqué. Il n’y a ni expédition, ni chargement, ni déchargement ».

« Le moral est bon et serein, mais ça ne peut pas non plus devenir une grève par procuration, prévient Hiou. Financièrement, cela fait des semaines qu’on est en grève et les gars commencent à tirer la langue. Il y a un moment où il va falloir qu’il y ait de vrais appels à reconduire, tous les jours, au niveau interprofessionnel. Pour les raffineurs, la date du 14, ça ne rime pas à grand-chose, s’il n’y a rien entre-temps. On ne va pas attendre que d’autres se décident après. Le gouvernement, d’ailleurs, est attentif à l’ensemble des mobilisationset les scrute à la loupe ».

Un appel à une rencontre de l’ensemble des secteurs en lutte et en reconductible, depuis les raffineurs jusqu’aux cheminots, en passant par les travailleurs du nettoiement de plusieurs grandes villes, ceux de l’énergie et les havrais, pour que toutes et tous puissent faire entendre leur voix et porter aux directions syndicales l’exigence de la bagarre jusqu’au retrait de la loi Travail ? « La réponse est dans la question, conclut Hiou. Quand on se met en grève, c’est jusqu’au bout. Nous c’est 24hsur 24 et sept jours sur sept ».

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

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Source : http://www.lesechos.fr


 

 

Loi Travail : la grève reconduite à la raffinerie de Donges

Les Echos Le 07/06 à 16:08


 

 

 

 
Le 27 mai, la police avait fait évacuer la raffinerie de Donges, bloquée par des salariés. - SIPA
 
 
Total comptait sur un redémarrage progressif de sa raffinerie, en arrêt complet depuis le 26 mai. Mais les 180 salariés ont décidé de reconduire la grève.
 
La raffinerie Total de Donges, en Loire-Atlantique, n'est pas prêt de redémarrer. Les 180 salariés (sur 650 au total) qui assistaient à une assemblée générale ont décidé de reconduire la grève ce mardi.
 

Les salariés ont décidé de poursuivre le mouvement de grève illimitée "jusqu'au retrait de la loi travail ou d'au moins deux points de la loi, l'inversion des normes et la facilitation des licenciements économiques", indique Fabien Privé Saint-Lanne, secrétaire CGT de l'établissement.

 

La grève déjà reconduite vendredi dernier

Alors que la grève a été levée lundi après-midi à la raffinerie de Grandpuits , Total espérait aussi un redémarrage du site de Donges, à l'arrêt complet depuis le 26 mai. Jeudi dernier, une majorité des 650 salariés s'étaient exprimée en faveur d'une reprise de l'activité. Mais la grève avait été reconduite le lendemain par 200 salariés.

Ce maintien des blocages est la réponse de la CGT à Hollande. Alors que le chef de l'Etat a déclaré lundi qu'il fallait "savoir arrêter une grève", la CGT lui a répondu ce mardi qu'il fallait savoir l'arrêter "quand on a obtenu satisfaction'. Après trois mois de mobilisation contre la loi Travail, le syndicat affirme que les grèves, de l'énergie au traitement des ordures, sont loin de s'essouffler, dans l'attente d'une journée de manifestation nationale à Paris le 14 juin.

Le syndicat affirme que six raffineries sur huit ont entamé leur 15e jour de grève, dont justement celle de Donges, en Loire-Atlantique, et que les annonces de Total sur la reprise de la production dans plusieurs unités sont fausses, le redémarrage des installations étant selon lui impossible sans ses troupes.

 


Source : http://www.lesechos.fr

 

 

 

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 18:00

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

 

SNCF : SUD-rail fait capoter l'accord et reconduit la grève

 

 

 

SNCF : SUD-rail fait capoter l'accord et reconduit la grève

La grève se poursuit finalement à la SNCF. (JEFF PACHOUD/AFP)

 

Le troisième syndicat de la SNCF estime que le projet d'accord mis au point dans la nuit ne comporte que "quelques mesurettes".

 

  • La perspective d'une sortie de crise à la SNCF s'éloigne finalement. Alors que la direction de l'entreprise et ses quatre syndicats représentatifs avaient fini par trouver un compromis sur un projet d'accord sur l'organisation du temps de travail après sept jours de grève consécutifs, SUD-rail a finalement rejeté ce texte. SUD et FO-cheminots ont appelé à poursuivre le mouvement et annoncé que la grève était reconduite ce mercredi 8 juin.

"La Direction de l’entreprise SNCF déclare que les conditions de travail des cheminot(e)s sont maintenues. Après une journée et une nuit de négociation, SUD-Rail peut l’affirmer, on en est loin…", se désole le troisième syndicat de la SNCF (17 %).

"Avec sa lecture bien particulière des textes, la direction, avec le soutien de l’UNSA et de la CFDT, a coécrit un accord d’entreprise qui va intégrer certaines dispositions de l’accord de branche et sur certains points dégrader le quotidien des cheminot(e)s."
"La Direction est allée jusqu’à transcrire l’article 2 de loi EL Khomri dans l’article 49 de l’accord qui permet de déroger à toutes règles de l’accord d’entreprise. Les cheminots ont donc raison de s’inscrire dans une convergence de lutte avec la 'loi travail.'"

"Bilan : un accord d’entreprise précaire, un accord de branche régressif et un décret à minima !"

 

SUD-rail réclame la reprise des négociations au niveau de la branche ferroviaire, rejetant catégoriquement le projet de convention collective arrêté par le patronat. A défaut, il invite le gouvernement à améliorer le projet de décret fixant les règles d'ordre public dans le rail.

"En rédigeant un décret socle reprenant l'essentiel des dispositions du RH0077, il pourrait d'ici demain mettre fin à la grève et stopper le dumping" entre les entreprises ferroviaires, affirme le syndicat.

Selon lui, "la direction se lance maintenant dans le chantage à la signature" en soutenant que si les syndicats "ne signent pas l'accord, c'est la convention collective", moins disante, qui s'appliquera aux agents de la SNCF.

En cas de signature, poursuit SUD-rail, "malheur" à l'organisation non-signataire qui "se trouverait de fait exclue du suivi de l'accord sur l'organisation du travail, laissant les seuls signataires interpréter le texte et en définir les dérogations !".

Le projet consacre globalement le maintien des règles internes actuelles (RTT, repos), voire les améliore (travail de nuit). Mais il prévoit la possibilité, pour les seuls syndicats signataires, de négocier des accords dérogatoires pour répondre à des spécificités locales ou sectorielles.

 

La CFDT signe sans surprise

La CFDT-Cheminots a elle annoncé sans surprise qu'elle signerait le projet d'accord sur l'organisation du travail à la SNCF, ainsi que la convention collective du secteur ferroviaire.

"Le conseil national CFDT-Cheminots décide de signer à l'unanimité accord SNCF et CCN ferroviaire ce jour", indique Rémi Aufrère, secrétaire adjoint du quatrième syndicat de la SNCF. L'Unsa-ferroviaire (deuxième syndicat) qui avait salué des "avancées" ces derniers jours, se prononcera mercredi.

 

L'issue du conflit repose sur la CGT

De son côté, la CGT-cheminots s'en remet aux assemblées générales à qui "il appartient" de "déterminer les suites", sans donner de mot d'ordre. Le premier syndicat, sans donner de position définitive sur le texte, souligne néanmoins qu'il est "au niveau" de la règlementation actuelle.

"Il n'en demeure pas moins que des points négatifs subsistent", ajoute-t-il et "rien n'est épargné à la CGT et aux cheminots en grève (réunions secrètes, culpabilisation des grévistes, acharnement médiatique, etc.)", estime le syndicat.

L'issue du conflit, qui perturbait encore mardi significativement le trafic en Ile-de-France et en régions, repose essentiellement sur la CGT, qui a le pouvoir - avec SUD-rail - de mettre un veto au texte.

Avec AFP

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 17:37

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Témoignages École en souffrance

Quand l’Éducation Nationale étouffe les vocations : témoignage d’une enseignante effondrée

par

 

 

 

Elle y croyait. Elle s’est investie à fond dans son métier, a monté des projets originaux, a accompagné les élèves en difficulté, a aidé des enseignants fragilisés, a assumé des responsabilités en dehors de son temps de travail... Pour rien. Absence de moyens, mépris de la hiérarchie, mutations absurdes, surcharge de travail... Une jeune enseignante raconte son combat et sa souffrance croissante dans l’enseignement secondaire, où la gestion bureaucratique et les coups de com’ ont pris le pas sur la pédagogie, l’engagement des enseignants et les réalités sociales. Et ce, malgré les grands principes affichés par la réforme des collèges.

« Ce qu’on ne peut pas dire, il ne faut surtout pas le taire, mais l’écrire. »
J. Derrida, La carte postale, 2004.

 

Être et vouloir

Encore enfant, à l’âge de onze ans, je décidai que je deviendrais professeure de français. C’était une décision profonde et arrêtée qui ne changea plus, sauf pour choisir d’enseigner aussi le latin et le grec. En première, je rencontrai le professeur qui marqua ma vie : Monsieur D. C’était un homme d’une cinquantaine d’années, originaire du Togo, agrégé de lettres classiques et ancien attaquant du PSG. Il était très exigeant, drôle, cultivé. Il possédait un goût réel pour la littérature française, latine et grecque. Je fus tellement passionnée par ses cours, tellement subjuguée par son travail que mon désir s’habilla d’un rêve : arriver à faire, un peu, aussi bien que lui...

Je suis devenue enseignante de lettres classiques, j’ai atteint la destination que je m’étais fixée treize ans auparavant. J’ai enseigné pendant cinq ans dans le Nord de la France. Aujourd’hui, je doute encore parfois, mais une chose est certaine : je n’enseignerai plus jamais dans l’Éducation nationale.

Monsieur D. et l’institution qu’il représentait m’ont trahie.

 

Année 0 : vocation

Étudiante appliquée, fraîchement sortie du concours et revenue de vacances, je fus assignée à un lycée de Lille, de bonne réputation. La réforme de l’enseignement impliquait qu’on ne me formât pas avant de m’envoyer en classe, mais plutôt au cours de l’année, le mercredi, en plus d’un temps plein ordinaire. Je reçus l’aide d’une enseignante formidable, mais qui était affectée en collège quand je devais enseigner à des lycéens, et uniquement formée en lettres modernes, ce qui fit de mon cours de latin aux classes de premières un mystère à percer de mon côté.

Étudiante appliquée, fraîchement sortie du concours et revenue de vacances, je dus préparer, enseigner et corriger le résultat de dix-huit heures de cours par semaine en lycée, et ce sans aucun outil pédagogique ou didactique. Le travail que me demanda mon année de stage fut énorme, j’y consacrai des morceaux de nuits, mes week-ends et mes temps libres.

Malgré tous ces obstacles, je garde ancré en moi ce souvenir de certitude : j’avais trouvé ma voie. Malgré mes pleurs, ma fatigue, le surmenage et la forte impression d’indifférence de mon entourage professionnel à ce qui me pesait, j’avais en moi ce bastion de force, ce secret impérissable d’avoir confirmé ma vocation. J’aimais mes élèves, j’aimais leur envie d’apprendre, leurs remarques, leurs blagues, leur scepticisme parfois, leur enthousiasme pour nos projets. Ils me rendaient mon investissement au-delà de toute espérance. Je me sentais faite pour ce que je faisais, dans mon élément. Ma tutrice et l’inspectrice qui me visita en fin d’année furent unanimes : c’était ma vocation !

La vocation, de la même famille que vocal, est un appel : quelle joie de se sentir appartenir si fortement, être et vouloir profondément, quel terrible bonheur ! Une chance incommensurable, qui vaut bien des débuts difficiles, pensais-je.

 

Année 1 : désenchantement

Rentrée de septembre. Je suis mutée en collège. Aucun de mes cours de lycée n’aura d’utilité. Tout est à refaire, les programmes à découvrir, les cours à fabriquer, la pédagogie à adapter. Le collège est à 80 kilomètres de Lille, je dois prendre un métro, un train et un bus pour l’atteindre. C’est un collège en périphérie, classé sensible et violent. J’apprends que l’année précédente, une jeune fille de 6ème s’est suicidée avec le fusil de chasse de son père. Je découvre à 23 ans la misère du bassin minier, son désespoir, ses impasses culturelles et sociales. Ici, les familles ne croient plus en l’école, les élèves encore moins. Ici, des parents demandent à payer en deux fois un carnet de correspondance à 4 euros. Je prends conscience de la bulle de sécurité dans laquelle j’ai été élevée, je déchante. Mes élèves de 6ème ne savent pas ce qu’est un verbe, ils déchiffrent à peine lorsque je les fais lire.

Quelle solitude. Au gré d’un algorithme automatique, je passe d’un lycée de centre ville de Lille à un collège sensible de Lens. Je m’agrippe à la très bonne ambiance entre collègues, à la solidarité, au travail intellectuel que je peux faire, non plus sur le contenu des cours mais sur leur forme, l’aspect purement pédagogique. Comment accrocher la classe, comment mettre les élèves au travail, comment les aider à apprendre, eux qui n’ont jamais appris ?

C’est intéressant et complexe, mais ce n’est pas ce que j’aime. Les cours sont essentiellement de la grammaire, de l’orthographe, de la lecture laborieuse. Il faut faire la police, gérer les perturbateurs, cibler les grandes difficultés pour essayer de les combattre. Je revois très vite mes exigences à la baisse. Je repense à mes anciens lycéens écrivant le réquisitoire de l’Étranger, créant le procès de Médée, s’amusant à l’écriture automatique ou récitant des phrases de Cicéron en toge.

Je n’ai jamais eu d’élèves en collège, je n’ai jamais fait de cours de ce niveau, mais personne ne sera là pour m’aider ou pour me guider : ça y est, je suis « validée », je suis « à l’abri », je suis « titulaire »... Je suis seule.

 

Année 2 : apnée

L’avantage de connaître mon établissement, c’est que la rentrée est moins impressionnante. Cette année nous changeons de principal adjoint. Le précédent était humain, drôle et très investi dans son travail. Il est un des éléments qui a contribué à ce que l’année se passe sans que j’abandonne le combat. La nouvelle principale adjointe est une stagiaire : après 20 ans dans la grande distribution et un an d’enseignement à des BTS vente, elle a passé le concours de chef. Elle nous accueille tous le jour de la rentrée avec un diaporama : Justin Bieber, les anges de la télé-réalité, Miley Cyrus, un extrait vidéo de LOL, un film sur des adolescents. Son but : nous faire comprendre les élèves de notre collège (qu’elle n’a encore jamais vus). J’ai l’impression de rêver.

Nous lui laissons une chance, puis deux, puis dix… Rien n’y fait. L’organisation est catastrophique, la communication avec les parents est un fiasco. Elle dit être « au taquet » ou avoir « fait une couille », elle est à la mode, elle est « dans le coup » mais elle est tout sauf compétente pour gérer notre établissement, qui cumule des problématiques humaines très complexes. Néanmoins, cette principale adjointe sera titularisée sans problème car elle aura fait un travail formidable d’organisation de projets pour faire « rayonner » l’établissement : faire venir des entreprises auprès des élèves, proposer une journée portes ouvertes. Les compétences en ressources humaines passent bien après celles en communication quand il s’agit de valider un chef d’établissement…

Pour aider une de mes collègues revenant de dépression et qui ne se sent plus capable de le faire le jour de la rentrée, j’ai accepté une nouvelle mission : professeur principal. C’est une mission bien peu valorisée et très complexe. Je passe des récréations à surveiller la classe pour la punir de son comportement en arts-plastiques — et moi avec, puisque je n’ai par conséquent pas de pause. Je convoque les parents des élèves difficiles, je reçois ces mêmes élèves avec la CPE (conseillère principale d’éducation) ou l’assistante sociale, je décide avec elle entre deux bouchées à la cantine d’un plan pour essayer une énième fois de remettre H. sur la voie du travail, pour aider L. qui dort avec son beau-père, pour punir G. et que cela fasse enfin effet. Je reste tard au collège, ma semaine est une apnée de 5 jours.

Le climat en salle des profs se dégrade. Les élèves perturbateurs ou violents ont une immunité dangereuse car rien n’est fait par les chefs pour les punir lorsqu’ils vont trop loin. Deux petites de 6ème rentrent pleines de bleus d’une récréation car elles révisaient sur un banc. Un élève donne une claque derrière la tête à l’une de mes collègues, pour rire.

Je me lève à 5h15 tous les matins pour arriver à l’heure avec le métro, le train, le bus. Je rentre épuisée. Je pleure sans arrêt. Je rêve du travail toutes les nuits. Je n’ai plus goût à rien. Je ne respire plus. Je prends l’avion et me surprends à espérer de toutes mes forces qu’il s’écrase. Je décide de demander ma mutation avant de sombrer complètement. J’obtiens un établissement tout aussi difficile mais bien plus proche, l’espoir se rallume au fond de moi : peut-être n’est-il pas trop tard pour faire mon travail dans de bonnes conditions...

 

Année 3 : pas de responsable

La rentrée et son lot de nouveautés. J’arrive pleine d’entrain, revigorée par le changement. Je suis à presque une heure de chez moi, mais l’essentiel du trajet est en tramway : c’est le luxe ! Mon nouvel établissement est « mixte », il est composé d’élèves de milieu très modeste et très aisé à la fois. La plupart de mes latinistes sont de classe bourgeoise, inscrits au conservatoire où ils vont deux après-midi par semaine suivre des cours d’instrument et de solfège au lieu de faire arts-plastiques ou technologie. Ce sont des jeunes polis, curieux, intéressés. Ils participent, posent des questions, argumentent, s’enthousiasment. À 13 ans, ils ne se voient pas ailleurs qu’à l’école : on leur a transmis l’importance de l’instruction. Leurs parents ont le temps de s’intéresser à eux, de les suivre dans leurs résultats, d’assister aux conseils de classe et aux réunions parents-professeurs. C’est un réel bonheur de les avoir en cours. Je respire enfin.

En tant que représentante élue du personnel, je participe à de nombreuses réunions, au conseil d’administration et au conseil de discipline notamment. J’y vois dans l’un les incohérences d’une institution qui vacille, dans l’autre l’impuissance de l’école à vaincre le déterminisme social. Car, au-delà de mes cours de latin, groupe privilégié, c’est la même cour de récréation qu’à Lens, la même violence physique et verbale omniprésente, les mêmes hurlements, humiliations, bagarres. Dans les conseils de discipline où je siège, les parents semblent tristes, dépassés par leurs enfants, épuisés par leur travail quand ils en ont un, désespérés par leur quotidien quand ils n’en ont pas. Parfois, une cousine ou une sœur est là pour traduire, parfois, une cousine ou une soeur est là, à défaut d’autre chose.

Le Département crée à cette époque un programme pour financer des projets visant à combattre les difficultés scolaires. On nous propose de penser « hors des cases », on nous donne une grande liberté de budget : enfin quelque chose de possible, je me sens pousser des ailes !

Je crée un projet dans lequel je m’investis énormément : sortir les élèves les plus perturbateurs de classe une fois par semaine et les mettre tous ensemble dans un groupe dont j’aurais la charge le vendredi après-midi sur mon temps libre. Le profil de ces élèves a souvent quelques similitudes : ils ont de la répartie, ils cherchent à se distinguer, à être reconnus d’une façon ou d’une autre, ils aiment, ou prétendent aimer, le rap. Je voudrais leur faire découvrir des chansons de rap de qualité, les analyser avec eux et les aider à en écrire. Je voudrais changer un peu leur rapport au savoir, leur dégoût du savoir. Leur montrer que la langue ne sert pas qu’à faire des dictées, mais aussi à s’exprimer pour se faire entendre. Que le langage permet de maîtriser le monde dans lequel ils vont évoluer. Je rêve qu’ils apprennent à penser, qu’ils apprennent à dire plutôt qu’à parler. Je remplis des tas de papiers et j’attends, impatiente. Je me projette et cela m’aide à tenir, à dépasser la colère, la frustration quotidienne, les rappels à l’ordre constants dans la cour de récréation, les insultes, les incivilités, les bousculades auxquelles j’assiste sans cesse. Les mois passent : à chaque fois que je demande, on me dit que la sélection des dossiers prend du temps.

Conseil d’administration du mois de juin : au détour d’une phrase et devant les vingt-cinq personnes réunies, la principale déclare que tous les projets présentés sont annulés, que le Département n’a finalement pas les fonds. Assise à la table, entourée de vingt-cinq personnes qui ne savent pas ce qui se brise alors en moi, je ravale mes larmes pour pouvoir affronter les deux heures de réunion qui nous attendent.

Une phrase.

Elles m’ont vue aux réunions préparatoires, plus enthousiaste que le reste de mes collègues, investie, motivée, en pleine ébullition. Elles m’ont vu accepter de ne pas être payée les vendredis après-midi pour que le projet ne coûte pas trop cher. Elles ont vu mon espoir, elles ont vu mon attente. Mais je ne mérite pas plus que ça, une phrase au détour de l’ordre du jour de la réunion. Je ne mérite pas deux minutes en tête à tête pour reconnaître mon investissement et regretter avec moi le projet qui n’aboutira pas. La faute est au Département qui n’a pas les fonds. Mes chefs refusent de prendre la responsabilité de cet échec, et je me retrouve sans personne à blâmer, sans personne à qui exprimer ma déception, mon regret, ma frustration. La faute à personne... tant pis pour moi.

Réunion de l’équipe de lettres, début juillet. Chaque matière a besoin d’un coordinateur de discipline, tâche aussi contraignante que bénévole. En fin d’année, N. nous annonce qu’après 15 ans de coordination, elle a besoin de souffler et que quelqu’un prenne la relève. Quelqu’un accepterait-il de la remplacer ? Je vois le silence répondre à N., je vois tous mes collègues plus âgés que moi baisser les yeux, sans rien dire. Je vois tout le monde attendre, gêné, que quelqu’un d’autre réponde. Et je sens la colère monter. La colère face à tous ces responsables qui ne veulent pas accepter de l’être, qui n’osent même pas dire non à voix haute. Par provocation, par colère, par dépit, j’accepte de reprendre le poste. Grossière erreur, car je le fais pour les mauvaises raisons. Par besoin de reconnaissance, mais surtout pour leur faire honte, à eux qui ne font rien, à eux qui n’assument rien. Quelle naïveté ! Sitôt que le problème a trouvé sa solution, tout le monde s’en fout...

 

Année 4 : effondrement

La réforme des collèges est annoncée depuis l’année précédente mais elle se concrétise en début d’année. Changement radical du collège vendu sur tous les médias par la ministre. Aussi douée en communication qu’incompétente en pédagogie, cette jeune femme explique à qui veut l’entendre que le modèle du collège est dépassé, que les élèves s’ennuient, que les enseignants restent affiliés à d’anciennes méthodes, que les options élitistes empêchent l’apprentissage pour tous. Le latin, le grec, les classes européennes et bilangues sont supprimées. Les classes de musiciens déchargés deux après-midi par semaine pour aller au conservatoire sont maintenues, ne semblant pas faire partie de l’élitisme visé...

J’entends partout combien les disciplines que j’ai choisies, qui me passionnent, qui je le crois sincèrement sont porteuses d’émancipation pour les élèves d’origine populaire, sont ennuyeuses et dépassées. J’entends partout que nos cours sont pleins de grammaire aride et de déclinaisons obscures. Je vois mon métier voué aux gémonies, ridiculisé, méprisé.

Moi qui n’ai jamais fait de cours magistral, qui ai traduit du rap et Pharell Williams en latin, qui ai monté une pièce de théâtre en toge avec surtitrage powerpoint, je m’entends dire que je suis élitiste, ennuyeuse et dépassée. Il faut changer, faire des projets, du concret, du ludique... Ah bon ? Quelle nouveauté ! Je m’engage syndicalement pour combattre ces mensonges éhontés, pour organiser la résistance au sein du collège et auprès des parents. Je sens un nouveau souffle s’emparer de moi, je me dis que je trouverai peut-être mon épanouissement dans le travail par ce biais là, à défaut de le trouver dans l’enseignement de la littérature.

Je décide de préparer un voyage cette année : devant le danger de disparition de ma matière, devant l’envie et la gentillesse de mes élèves, je me lance dans ce projet chronophage et compliqué d’une visite de la Provence romaine.

Exposée en tant que syndicaliste, je me retrouve convoquée chez la principale pour différents motifs, je reçois des remarques déplacées et des regards désapprobateurs. J’organise une réunion syndicale qui se déroule tant bien que mal : je fais de mon mieux pour qu’on laisse parler les collègues qui défendent cette réforme que j’abhorre, afin qu’ils ne se sentent pas acculés. Le lendemain, une collègue m’agresse devant mes élèves, dans la cour, me reprochant ce que d’autres ont dit à la réunion. Elle m’impose l’entière responsabilité de tout ce qui s’y est dit.

Au bout de quelques mois, tous les voyages prévus sont annulés faute de moyens. La principale ne souhaite pas financer les voyages sur les fonds du collège, assumant sa gestion « en bon père de famille » nous dira-t-elle. Les élèves et les parents sont déçus, quant à moi...

Trop de choses s’accumulent.

J’ai trop donné, pour rien.

J’ai trop espéré, pour rien.

J’ai trop combattu, pour rien.

Je m’effondre.

Je prends rendez-vous chez la psychologue du travail pour lui exprimer mon mal-être. Pendant une heure, elle prend des notes en me demandant ce qui ne va pas. À chaque réponse que je lui donne, elle me dit ne pas comprendre. « Qu’est-ce qui ne va pas ? En quoi est-ce si grave tout ça ? Pourquoi ne pas voir le verre à moitié plein ? » Je me sens illégitime dans ma souffrance, j’ai l’impression d’être une enfant qui fait des manières. Je suis choquée par son manque de bienveillance, je pars encore plus déboussolée qu’à mon arrivée.

Il n’y a pas de réponse, il n’y a pas de solution, il n’y a pas d’écoute.

Je suis entrée dans ce métier pour faire des choses concrètes, prise d’une passion vraie, d’un désir profond. Je me suis fait abattre, année après année, jusqu’à ce qu’il ne reste en moi ni confiance, ni espoir, ni désir. Je ne sais plus qui je suis, je ne sais plus ce que je veux. C’est fini.

Nous sommes en avril et je ne retournerai plus au collège.

Comment se reconstruire, comment être et vouloir à nouveau ?

Carmen Angor

Photo : CC Nicolas Vigier

 

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 15:27

 

 

 

Loi Sapin 2 : pour lutter contre l'évasion fiscale, la transparence fiscale partout et maintenant

Vendredi, 3 Juin, 2016
Humanite.fr

 

 

Photo Pedro Armestre/AFP
 

ATTAC, le CCFD-Terre Solidaire, la CFDT, la CGT, le Collectif Roosevelt, ONE, Oxfam, Peuples solidaires-ActionAid, Solidaires Finances Publiques, Survie et le Syndicat de la magistrature, appellent les député-e-s à faire preuve d'une réelle volonté politique dans la lutte contre l'évasion fiscale.

Ce lundi 6 juin, les débats s'ouvrent à l'Assemblée nationale autour du projet de loi "Sapin 2" sur la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique. Cette loi porte des avancées sur la protection des lanceurs d'alerte, l'encadrement des lobbies mais aussi la lutte contre l'évasion fiscale. A ce sujet, un amendement sur le reporting public a été adopté par les député-e-s en Commission des lois le 26 mai dernier, mais son périmètre d'application limité aux pays de l'UE et à une liste non définie de paradis fiscaux le rend inefficace pour lutter contre l'évasion fiscale [1].
 
ATTAC, le CCFD-Terre Solidaire, la CFDT, la CGT, le Collectif Roosevelt, ONE, Oxfam, Peuples solidaires-ActionAid, Solidaires Finances Publiques, Survie, Syndicat de la magistrature et les autres organisations membres de la plateforme Paradis fiscaux et judiciaires se mobilisent donc cette semaine et jusqu'à la fin de l'examen du projet de loi Sapin 2 pour que les député-e-s corrigent le tir en plénière : pas de transparence sans reporting TOUS pays.
 
Pour les organisations: « Les député-e-s ont l'occasion de traduire dans la loi leur ambition pour lutter contre l'évasion fiscale en votant pour un reporting public complet, couvrant l'ensemble des pays dans lesquels les multinationales sont présentes. Seule une photographie complète des activités et impôts payés par les multinationales dans tous les territoires où elles sont implantées permettra de repérer d'éventuels transferts de bénéfices et de savoir si elles paient bien leur juste part d'impôts. Les député-e-s ne peuvent répondre à la multiplication des scandales d'évasion fiscale par un simulacre de transparence. Seul un tel reporting obligera les multinationales à rendre publiques des informations sur leurs chiffres d'affaires, leurs effectifs, leurs profits et les impôts, partout où elles sont présentes, dans l'UE mais aussi dans les pays en développement et les paradis fiscaux. »
 
Le reporting actuellement proposé dans le texte de loi n'est pas un reporting pays par pays puisqu'il n'inclut pas l'ensemble des pays où les multinationales ont des activités, leur laissant l'opportunité de cacher leurs bénéfices dans certains territoires comme la Suisse ou le Delaware (Etats-Unis), qui pour des raisons politiques n'ont aucune chance de se retrouver sur une liste de paradis fiscaux. En l'état, cette mesure ne permet en aucun cas de lutter contre l'évasion fiscale des multinationales prive chaque année la France, mais aussi les pays les plus pauvres, de centaines de milliards d'euros.
 
Par ailleurs ces informations sont déjà disponibles pour les banques françaises depuis la loi bancaire adoptée en juin 2013 [2]. Il s'agit là d'exiger la même chose des multinationales.
 
ATTAC, le CCFD-Terre Solidaire, la CFDT, la CGT, le Collectif Roosevelt, ONE, Oxfam, Peuples solidaires-ActionAid, Solidaires Finances Publiques, Survie et le Syndicat de la magistrature, appellent les député-e-s à faire preuve d'une réelle volonté politique dans la lutte contre l'évasion fiscale et à voter en plénière pour un reporting public complet, couvrant l'ensemble des pays dans lesquels les multinationales sont présentes. Alors qu'en décembre dernier, une proposition similaire avait été écartée par le Gouvernement malgré deux votes positifs des député-e-s [3], les organisations appellent également le Gouvernement à passer des paroles aux actes dans la lutte contre l'évasion fiscale.
 
Les organisations lancent une mobilisation massive sur les réseaux sociaux demandant aux internautes d'interpeller leurs député-e-s afin que ces derniers votent pour un reporting public tous pays et démontrent ainsi leur engagement pour la justice fiscale :
 
 
 
 
 
 
 
 

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