Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 21:48

 

Source : www.politis.fr

 

 

Par Emmanuel Riondé - 30 janvier 2015

La Zad urbaine de Marseille évacuée

 

 

Ce vendredi matin, la police a délogé les riverains, militants écolos et « zadistes » qui occupaient depuis une semaine le parc Michel-Lévy dans le VIe arrondissement de Marseille.

 

 

 

 

Ils étaient aux aguets ou renseignés en temps réel. Lorsque David Escalier, militant de Greenpeace, est descendu de son perchoir installé sur la fourche d’un micocoulier pour s’entretenir avec une journaliste de la Provence, une vingtaine de policiers en civil et plusieurs dizaines de CRS ont débarqué. « Ils sont arrivés par surprise, vite, et nous ont aussitôt sorti du parc. On a essayé d’escalader pour y revenir mais il y avait des flics en civil à l’intérieur et des CRS dehors qui ont chargé. C’était la sur-armada », témoigne Gérald, un militant du collectif Laisse béton « choqué de voir autant de moyens publics pour protéger un programme immobilier privé dans un ancien parc public. » Selon les personnes y ayant assisté, l’assaut a été brutal mais n’a donné lieu à aucune violence caractérisée et personne n’a été arrêté.

Le parc Michel-Lévy, situé à quelques minutes de la place Castellane, a longtemps constitué le seul petit poumon vert du quartier, accueillant des jeux d’enfants, un terrain de boule, un centre d’animation et une dizaine de grands arbres. Le 21 février 2008, la mairie de Marseille attribuait un permis de construire à la Phocéenne d’habitation (filiale d’Unicil, groupe immobilier intervenant dans l’habitat social) pour y construire un immeuble d’habitation (7 étages et 47 logements) et un parking (sur trois niveaux en sous-sol). Marquant le début d’une lutte des riverains pour sauver leur parc.
Six années de démêlés judiciaires, ponctuées par la fermeture du parc au public en juin 2013. La mobilisation s’était par la suite mise en veilleuse. Jusqu’à l’arrivée sur le site, les 21 et 22 janvier derniers, d’engins et de personnels procédant aux premiers abattages d’arbres, un peu plus d’un mois après la vente définitive du terrain (authentifiée le 8 décembre 2014). Dès le jeudi 22 au soir, riverains et militants ont occupé le parc, le déclarant dans la foulée Zone à défendre (ZAD) et inscrivant ainsi explicitement leur lutte dans le sillage des mobilisations de Sivens et de Notre-Dame-des-Landes.

Ce matin, deux heures avant l’assaut final, l’huissier était venu leur présenter une ordonnance d’expulsion. Accompagné de policiers en civil qui n’ont pas pu faire descendre David de sa plateforme malgré la promesse de croissants chauds... « J’étais déterminé à rester », assure-t-il avec une pointe d’amertume. Cela n’aura pas suffit, le second voyage a été le bon pour la maréchaussée. Avec des dizaines de cars de CRS garés sur les rues entourant le parc, le dispositif policier déployé dans le quartier apparaissait un brin démésuré au regard des forces militantes présentes sur la ZAD : une douzaine de femmes et d’hommes non-violents et fatigués par leurs nuits successives sous la tente. A peine débarrassé de ses protecteurs, le parc a vu les pelleteuses et tronçonneuses entrer en action. A 10h30, le micocoulier centenaire était à terre.
Par delà les cordons de CRS barrant l’accès au site, quelques yeux rougis, quelques cris « Honte à Gaudin ! », et la promesse de ne pas en rester là : « La Phocéenne d’habitation et Eiffage, on va leur faire la misère toute l’année... », assurait un militant. Dans l’après-midi, des habitants du quartier se sont rendus au siège d’Unicil pour faire entendre leur colère. «  Ils nous ont juste répondu que tout était légal », rapporte Valeria, dont les enfants ont appris à faire du vélo dans le parc.

Nota Bene :

Photo : CITIZENSIDE/GEORGES ROBERT / CITIZENSIDE.COM

 

 

Source : www.politis.fr

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 22:20

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Une nouvelle « zone à défendre » aux pieds des Alpes pour sauver une forêt d’un projet immobilier touristique

par Sophie Chapelle 29 janvier 2015

 

Voilà bientôt deux mois qu’une nouvelle zone à défendre se développe entre Grenoble et Lyon. Son objectif : empêcher l’édification d’un village artificiel, un Center Parcs, au cœur d’une zone humide. La justice a pour l’instant suspendu les travaux de construction. Une autre bataille se mène dans les bois et les champs alentour malgré le froid et la neige : installer des cabanes et des barricades pour entraver une éventuelle reprise du chantier. Et convaincre de l’inutilité du projet celles et ceux qui y sont favorables, séduits par les promesses de création d’emplois. Les premières idées de projets alternatifs commencent même à fleurir. Reportage.

Des barricades de branches jalonnent le chemin forestier. Le bruit des tronçonneuses et des pelleteuses a pris fin depuis le 4 décembre dernier, suite au barrage mis en place par les opposants au Center Parcs [1]. Les machines ont laissé derrière elles de larges ornières, des troncs d’arbres abattus et des souches de châtaigniers, sur une quarantaine d’hectares. Les préfabriqués qui servaient de base de vie aux ouvriers du groupe Pierre et Vacances témoignent d’un départ précipité. Le vrombissement des tronçonneuses s’est tu, remplacé par de plus discrets coups de marteaux. Là, nichées dans la forêt des Chambaran en Isère, des cabanes se construisent. « Sauvetage de forêt en cours » indique un panneau de chantier à l’entrée de la zone. Bienvenue dans la « Zone à défendre » de Roybon, troisième du nom après celle s’opposant à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes en Loire Atlantique et celle empêchant l’édification du barrage de Sivens dans le Tarn. La Zad de Roybon se situe à mi-chemin entre Lyon, Grenoble et Valence.

« Un ptit café ? » Avec le froid matinal qui fait greloter les occupants, Maé, équipée de son thermos, est accueillie chaleureusement. Elle assure la tournée quotidienne de la zone. « C’est un moment pour aller voir chaque occupant, créer du lien, vérifier avec eux le matériel qui leur manque », explique l’étudiante. Venue de Grenoble, Maé avait juste prévu de déposer une amie sur la « Zad », quelques jours avant noël. Originaire d’un village voisin de Roybon, elle a finalement décidé de rester « pour une durée indéterminée ». Comme des dizaines de personnes.

Des cabanes contre les bulldozers

Muni d’un talkie-walkie, Léo lance un appel à clous et à charnières. Il est arrivé le 30 novembre, jour de la manif qui a vu un millier de personnes patauger dans la boue du chantier. C’est ce jour là qu’a débuté l’occupation d’une maison forestière en lisière de la zone – « la MaquiZAD » – considérée comme « la base arrière de la lutte ». Rapidement, Léo s’est attelé à la construction d’une cabane qu’il a baptisée « maison caméléon ». Un autocollant d’opposition à l’aéroport de Notre-Dame-des Landes orne la façade. Tout juste équipé d’un poêle à bois, le jeune homme se dit fier de ce que lui et l’ensemble des occupants réalisent dans ces bois. « L’objectif est de créer un maillage de cabanes au sol et dans les arbres », décrit-il. « Je me bats pour la forêt, contre ce modèle de vacances ». Avant d’ajouter, après un court silence : « Je me bats aussi pour les habitants de Roybon, même s’ils n’y croient pas. »

Les tensions avec une partie de la population locale sont persistantes et les discussions difficiles. Dans le village, panneaux et banderoles favorables au Center Parcs sont visibles au coin des fenêtres ou dans les jardins. Hors des bois, on croit aux emplois promis et on espère une revitalisation économique de la région (lire notre enquête qui nuance les données sur ce sujet). « J’aimerais proposer quelque chose de plus aux habitants, souligne Léo. On commence à discuter entre nous de projets comme des aires d’accrobranches ou un village d’artistes. » « On peut envisager une vie économique pour Roybon sans toucher à cette forêt », appuie Rémi, apiculteur à quelques kilomètres venu en soutien. « Mais en attendant, nous allons continuer à occuper le terrain pour s’assurer que la loi va être respectée. » La décision du tribunal administratif de Grenoble le 23 décembre, s’appuyant sur la Loi sur l’eau, a conduit de facto à la suspension des travaux.

Protéger la forêt, l’eau et les espèces

En dehors de la Zad, la bataille judiciaire se poursuit. Le jugement sur le fond des différents recours devrait avoir lieu d’ici l’été. Bertrand, qui visite régulièrement les « zadistes », fait partie de l’association « Pour les Chambaran Sans Center Parcs » (PCSCP). Gaspillage d’argent public, « orientation manifeste » du débat public, manipulation des chiffres en matière de création d’emplois ou d’hectares de forêts impactés... La liste de ses griefs à l’encontre du projet est longue. D’un tempérament résolument jovial, Bertrand a le visage qui s’assombrit à la vue des ornières laissées par les machines d’abattage. « Regardez ce paysage, il est complètement dévasté, déplore t-il. Comment le groupe Pierre et Vacances peut-il prétendre qu’il pourra compenser jusqu’à 240 hectares de zones humides ? » Son association PCSCP a déposé le 7 janvier un recours en cassation devant le Conseil d’État. L’enjeu : faire reconnaître par le juge des référés l’urgence de stopper l’autorisation préfectorale de destruction des espèces protégées.

Les nappes phréatiques constituent également un aspect fondamental de la bataille. C’est d’ailleurs la question de l’eau qui a conduit Jean-Luc, agriculteur en Isère, à se mobiliser. « Les bras m’en tombent quand je vois le mépris des élus pour l’enquête publique », confie-t-il, après avoir déposé des stocks de haricots pour les provisions de la MaquiZAD. Le futur Center Parcs se situe en tête de bassin versant de deux rivières, l’Herbasse et la Galaure. Jean-Luc redoute en particulier l’aggravation des inondations, conséquences de l’urbanisation d’une trentaine d’hectares. La consommation en eau potable devrait aussi grimper lors des périodes estivales, quand le village vacance sera le plus peuplé. Malgré plusieurs récentes périodes de sécheresse, un nouvel arrêté préfectoral autorise des prélèvements annuels trois fois supérieurs à aujourd’hui, pour une durée illimitée... « Un prélèvement insoutenable » aux yeux de Jean-Luc et de Claire, son épouse.

« Un élan de solidarité »

Au quotidien, la solidarité qui émane de la zad est saisissante. Chaque jour, que la météo soit clémente ou non, des personnes arrivent avec des sacs à dos chargés de victuailles, de matériel de construction, de bricolage... Colette, militante écologiste, a fait deux heures de routes pour leur apporter des vivres. Après s’être réchauffée autour d’une tasse de thé dans la MaquiZAD, elle promet de revenir avec du matériel. D’autres personnes traversent la zad chargés de matelas ou de bombonnes d’eau potable, en vue de les apporter à l’autre bout de la forêt. «  Il faut compter une bonne demie-heure pour traverser la zone, alors on évite de le faire les mains vides », explique un couple croisé sur le chemin.

« C’est tous les jours noël ici », s’enthousiasme Anouchka me montrant un vieux poêle à l’arrière d’une voiture offert par « un gars du coin ». « Nous sommes organisés pour tenir le coup longtemps. » Anouchka a participé à la lutte contre la construction d’un nouveau stade dans la périphérie lyonnaise (notre reportage). « Là bas il n’y avait pas de soutien local. Ici, il y a un élan de solidarité de tous les âges, de tous les horizons ». La détermination à occuper la zone est intacte, bien que les routes d’accès à la MaquiZAD soient bloquées en journée depuis le 27 décembre par la maréchaussée [2]. « Malgré les deux kilomètres à pieds dans le froid, des papis, mamies, parents, enfants arrivent avec le sourire. Comme cette vieille dame qui a franchi le barrage pour nous apporter de la soupe et qui s’est retrouvée avec ses chaussures en toile pleines de boue. On lui a dégoté des chaussures dans notre freeshop et elle est repartie toute émue ». Si la plupart distingue les zadistes « de l’intérieur » (ceux qui vivent sur la zone) et « de l’extérieur » (les gens du coin venant apporter un soutien ponctuel), tous s’accordent sur la complémentarité de ces deux formes de luttes.

Un week-end de construction de barricades

Au sein de la Zad, l’autogestion est le fil conducteur. « Notre projet alternatif ? Nous sommes dedans depuis début décembre, sourit Nils. Certains bossent dans l’associatif, d’autres dans la construction bois, il y a des artistes en tout genre, des gars de la permaculture, des connaisseurs en plantes... Ensemble on crée un mode de vie avec des savoirs faire multiples que l’on rend accessibles ». Il en est convaincu : « Un gamin apprendrait beaucoup plus ici en une semaine qu’en une année à l’école ! », pense-t-il.

« C’est une culture de la vie », renchérit un jeune homme se présentant sous le nom de Camille. Ce qui le motive, « c’est la construction et mettre les copains au chaud ». Ce n’est pas la première fois qu’il participe à une zone à défendre. « J’atterris dans les endroits qui me correspondent et l’endroit où je me sens le plus en sécurité, c’est la Zad. Il n’y a jamais de violence entre nous. » A demi-mots, certains confient que la violence est bien présente mais surgit de l’extérieur.

Début janvier, Anouchka relate l’irruption d’individus, dans une cabane à l’entrée de la zad, armés de lacrymos et de bâtons. Ils n’ont pu être identifiés. « Il y a trois jours, la cabane a été sabotée et les câbles coupés », confie un autre occupant. Sur les réseaux sociaux, un groupe Facebook de soutien au projet de Center Parcs à Roybon multiplie les appels à violence à l’encontre des zadistes. Dans la zone à défendre, les occupants restent soudés et appellent du 7 au 9 février prochain à venir construire des cabanes et des barricades.

Texte et photos : Sophie Chapelle
@Sophie_Chapelle sur twitter

Notes

[1Voir ici

[2Sur arrêté du Conseil général de l’Isère datant du 24 décembre : « considérant que le Département ne peut actuellement entretenir et assurer l’exploitation, notamment la viabilité hivernale d’une section de la RD 20F, en raison des évènements liés à la réalisation du Center Parcs, il y a lieu de réglementer la circulation selon les dispositions indiquées dans les articles suivants. »

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 21:42

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/stephane-borras

 

 

Privatisation de l'aéroport de Toulouse: manifestons!

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 19:15

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Droits fondamentaux

Un prêtre au tribunal pour apologie du droit d’asile

par Sophie Chapelle 27 janvier 2015

 

 

 

 

 

Prêter assistance à des personnes sans-abri est-il un délit ? La Cour d’appel de Lyon doit rendre ce 27 janvier sa décision concernant le prêtre Gérard Riffard. Ce dernier est poursuivi pour avoir hébergé des dizaines de demandeurs d’asile dans son église de Montreynaud, à Saint-Étienne. En première instance, le juge a reconnu l’« état de nécessité » : « Il est paradoxal que l’État poursuive aujourd’hui le père Riffard pour avoir fait ce qu’il aurait dû faire lui-même », détaille le jugement. Alors que le parquet a fait appel, Gérard Riffard persiste : il n’a fait que son devoir. Rencontre.

Saint-Étienne, quartier de Montreynaud, terminus de la ligne de bus. « C’est là que vous trouverez le Père Riffard », m’indique le chauffeur, en me montrant l’église Sainte Claire. Sur la porte en bois, une affiche précise les horaires de permanence de l’association Anticyclone. Sa mission : l’accompagnement des demandeurs d’asile. Dans le bureau de Gérard Riffard, président de l’association, des centaines de dossiers s’empilent. « Il y a de la souffrance dans chacun de ces dossiers », lâche-t-il en feuilletant les pages. « À peine 20 % de ceux qui viennent demander l’asile en France obtiennent le statut de réfugié. Les autres sont rejetés. Il n’y a pourtant pas 80 % de menteurs ni 80 % de gens qui viennent pour "profiter" de la société française ! Beaucoup n’ont pas été entendus, simplement parce que l’on a peur de trop accueillir en France. »

Le 27 janvier, le père Riffard sera jugé en appel. Le délit ? Avoir enfreint un arrêté municipal lui interdisant d’héberger des demandeurs d’asile dans la salle paroissiale de l’église de Montreynaud (notre précédent article). Ces locaux ne sont pas des lieux d’hébergement, reconnaît Gérard Riffard. Qui interroge cependant : « Pourquoi ces gens sont-ils là ? Peut-on faire vivre des gens dehors ? L’hébergement n’est-il pas une liberté fondamentale ? » En première instance, le juge a reconnu « l’état de nécessité », en se fondant sur une décision du Conseil d’État, qui érige le droit à l’hébergement d’urgence au rang de liberté fondamentale. Le parquet a immédiatement fait appel. La peine encourue est symbolique – une amende de 1195 euros – mais l’enjeu est de taille.

Des histoires, des rêves, des attentes

Le combat de Gérard Riffard en faveur des migrants a commencé il y a une quinzaine d’années, peu après sa nomination à Montreynaud, situé en zone d’urbanisation prioritaire. « Montreynaud est un quartier comme les autres mais qui traine une mauvaise réputation, explique-t-il. Beaucoup de monde en parle sans être jamais venu. On ne passe pas par Montreynaud, il faut venir exprès. » Peu à peu, des demandeurs d’asile vivant en centres d’accueil dans le quartier viennent le voir, parfois pour un baptême ou pour des conseils administratifs. « C’est d’abord la communauté chrétienne de Montreynaud qui les a accueillis », souligne le prêtre. Les gestes de solidarité dans le quartier viennent aussi de la communauté musulmane. « Beaucoup de demandeurs d’asile arrivent de Guinée, du Mali, de Côte d’Ivoire... Qu’ils soient chrétiens ou pas, on les accueille. Les religions, ce n’est pas fait pour séparer, mais pour unir les gens. »

La venue de ces migrants aux célébrations du dimanche ont d’abord suscité l’étonnement, voire la méfiance. Mais au fil des rencontres et des échanges, les demandeurs d’asile révèlent des noms, des histoires, des rêves, des attentes. « La communauté chrétienne du coin a finalement été très accueillante à l’égard de cette population, et on travaille toujours aujourd’hui pour qu’elle ait pleinement sa place ». Soutenu par le diocèse de Saint-Étienne, Gérard Riffard crée l’association Anticyclone, pour accompagner ces demandeurs d’asile. « Notre association a aussi un souci d’accompagnement spirituel. On dit toujours : ce n’est pas parce que vous êtes en difficultés que vous devez renoncer à votre dignité humaine et à vous battre. »

« Ce que fait l’État ne suffit pas »

L’hébergement d’urgence n’a jamais fait partie des objectifs de l’association, qui ne dispose pas des équipements nécessaires. Mais il y a environ huit ans, des mineurs étrangers isolés viennent frapper à la porte de l’église. « Trois Angolais devaient être accueillis par le Conseil général mais ils avaient été mis dehors sous prétexte qu’ils n’étaient pas mineurs », se souvient Gérard Riffard. « On s’est débrouillés pour mettre des matelas dans la salle attenante à l’église. » Six mois sont nécessaires pour les faire reconnaître comme mineurs par le tribunal. Dans les semaines qui suivent, des familles, qui n’ont pas de place en centre d’accueil, arrivent avec de jeunes enfants. « À mesure que l’hébergement a été plus difficile à obtenir, de plus en plus de gens sont venus frapper ici ». En cette fin janvier 2014, l’église accueille une cinquantaine d’adultes et une douzaine d’enfants.

Gérard Riffard pointe le terrible manque de places en Cada, les centres d’accueil pour les demandeurs d’asile. « Il y a deux ans, tous ces gens étaient accueillis par l’État en hôtel au titre de l’hébergement d’urgence, ils ont été mis dehors parce que ça coûtait trop cher. L’État est pourtant contraint par la loi à les accueillir », observe t-il. « La préfecture a peut-être réglé en partie ses problèmes financiers mais n’a pas réglé la question de ces personnes. Chacun essaie de faire avec ce qu’il a, mais ce que fait l’État ne suffit pas. » (lire notre reportage sur la saturation de l’accueil d’urgence dans la Loire)

Dans l’église ou à la rue ?

Si des aménagements ont été réalisés dans les locaux de la paroisse, les conditions de vie restent très précaires. Gérard Riffard ne cesse de rappeler que cette église n’est pas un lieu d’hébergement, mais un abri, le temps de trouver un toit aux personnes en difficultés. « Lors de la visite de la commission municipale de sécurité en 2012, ils ont découvert notre grande salle avec des matelas partout. Ils ont dit qu’en cas de panique ou d’incendie, nous mettions les gens en danger », se souvient-il. « On a été sommés de mettre dehors tous ces gens qui dormaient ici. Mais les faire sortir d’ici pour les mettre où ? C’était automatiquement le trottoir... Nous avons essayé d’expliquer, de négocier, fait des recours qui n’ont jamais abouti, jusqu’au premier décret de fermeture, puis du deuxième... » Avant que ne tombe la convocation au Tribunal de police pour Gérard Riffard.

Le prêtre a bataillé contre le représentant du parquet, qui l’accuse de « cré(er) un appel d’air en faveur du puits sans fond qu’est l’immigration ». Gérard Riffard redoute que les attentats des 7 et 9 janvier à Paris ne soient l’occasion de nouveaux amalgames, défavorables aux immigrés. Parmi les mineurs qui sont accueillis dans l’église Sainte Claire, quatre jeunes, venant de pays différents, s’appellent Coulibaly. « Aujourd’hui, c’est un nom lourd à porter mais je leur dis qu’ils doivent garder la tête haute, qu’ils n’y sont pour rien. Il ne faut pas que ces événements soient encore une occasion de nous enfermer davantage, pour soi-disant nous protéger. » Quelle que soit la décision du tribunal ce 27 janvier, Gérard Riffard l’assure : « Tant qu’une solution humaine et digne ne sera pas proposée à ces gens, je ne vois pas comment on peut les mettre dehors. »

[Mise à jour le 27 janvier à 10h30] La cour d’appel de Lyon se déclare incompétente. Selon le juge, Gérard Riffard aurait du être poursuivi pour un délit, donc en correctionnelle, et non pour une contravention. Le dossier doit désormais revenir au parquet de Saint-Etienne, qui pourra décider soit d’arrêter les poursuites, soit de reciter le père Riffard devant le tribunal correctionnel [1]. « Il faut tout recommencer à zéro. On m’a toujours dit que je n’étais pas un délinquant mais un contrevenant, et là il (le juge, ndlr) a plutôt l’air de dire que je suis plus un délinquant, donc c’est très agréable... Je m’attendais à un jugement sur le fond, alors que la cour s’est basée sur un argument juridique », a déploré Gérard Riffard à l’issue de la brève audience.

Sophie Chapelle
@Sophie_Chapelle sur twitter

Photo : ©DR et Sophie Chapelle

Pour aller plus loin, notre dossier : Garantir l’accès au logement

 

Notes

[1Source.


Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 22:43

 


Source : www.bastamag.net

 

ça bouge ! Cinéma

Antifascisme : « Un documentaire qui parle de nos luttes »

par Collectif 23 janvier 2015

 

 

Un documentaire racontant l’histoire des luttes antifascistes en France et en Europe est projeté au cinéma La Clef, à Paris, le 31 janvier. « En réponse aux stéréotypes et aux fausses représentations que certains donnent de l’antifascisme, j’espère que ce documentaire, fait par des militants, permettra aux spectateurs de mieux comprendre nos raisons d’être, nos espoirs », explique son réalisateur.

 

 

 


« Il n’est pas facile d’expliquer pourquoi et comment j’ai mener ce projet de documentaire, et j’ai longtemps hésité sur la manière de le faire. Au départ, Acta non verba est né de plusieurs constats : celui de la montée des extrêmes droites en Europe, de leur renouvellement théorique et de leurs nouveaux visages ; celui aussi du désarroi de la gauche, de notre immobilisme et de tout ce qui nous coupe des réalités du monde qui nous entoure.

La mort de Clément Méric fut un vrai choc pour moi, tout comme son traitement médiatique. Je me suis rendu compte à cette occasion à quel point nous étions mal compris et mal organisés… Aussi, pour moi, faire Acta non verba répondait à un besoin : dans un monde où le support visuel s’impose, j’ai voulu réaliser un documentaire qui parle de nos luttes, de ceux qui ne baissent pas les bras et qui continuent à expérimenter.

En présentant différents collectifs, en France et à l’étranger, j’ai voulu montrer nos projets et nos contradictions, mais surtout faire un état des lieux, donner la parole à ceux qui sont présents sur le terrain. En réponse aux stéréotypes et aux fausses représentations que certains donnent de l’antifascisme, j’espère que ce documentaire, fait par des militants, permettra aux spectateurs de mieux comprendre nos raisons d’être, nos espoirs, nos aspirations ainsi que la logique de nos actes. »

Hazem, réalisateur d’Acta non verba

-  Acta non verba  : Projection le 31 janvier 2015 à partir de 14h
au cinéma La Clef, 34, rue Daubenton, Paris Ve (entrée libre)

- Voir l’annonce sur le site antifasciste La Horde

 

 


Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 18:18

 

Info reçue par mail

 

Pour info !
Bande-annonce à voir ici: http://jeluttedoncjesuis.net/

 

 

Bande-annonce longue du film :
Comme pour la première bande-annonce du film précédent, nous vous proposons une version longue d’une durée similaire (10 minutes) pour vous présenter le film en cours de préparation, ses idées fortes, ses lieux et ses personnages de Grèce et d’Espagne, sur quelques unes des musiques... en attendant quelques belles et grandes surprises ! Merci de soutenir et partager !
Résumé du film :
« De Grèce et d’Espagne, un vent du sud contre la résignation souffle sur l’Europe. Dans les villes et les campagnes, dans les îles et les montagnes, au cœur des luttes et des alternatives en actes, des femmes, des hommes, mais aussi des enfants refusent de baisser les bras. Une même devise résume leur courage de résister, leur joie de créer et leur persévérance à toute épreuve : "JE LUTTE DONC JE SUIS" (prononcer "AGONIZOMAI ARA IPARKO" en grec et "LUCHO LUEGO EXISTO" en espagnol). Quelques mots pour vivre debout, parce que rester assis, c’est se mettre à genoux. Une brise marine, souriante et solidaire, de Barcelone à Athènes et d’Andalousie en Crète, qui repousse les nuages du pessimisme. Un voyage palpitant en musique, d’un bout à l’autre de la Méditerranée, en terres de luttes et d’utopie. »


Titre : « JE LUTTE DONC JE SUIS »
Sous-titre : « De Grèce et d’Espagne, un vent du sud contre la résignation souffle sur l’Europe. »
Durée : 1h20. VF-VOSTF. Sortie : juin 2015 (sous réserve : date de sortie et moyens techniques selon financement, cf. souscription de soutien ici).

 

Ante-scriptum : nous avons subi le vol d'une grande partie de notre matériel, dont notre ordinateur (mais heureusement pas les sauvegardes du film en cours). Si vous nous avez adressé un courriel important sans réponse, mieux vaut nous le renvoyer.

Salut à tou-te-s,

Un petit bonjour depuis les montagnes de Crète, entre Chania et Réthymnon, où la population résiste magnifiquement contre plusieurs firmes, notamment françaises (en particulier EDF), qui dictent leurs lois et dévastent la nature ainsi que la vie des paysans (début de la bande-annonce ci-dessous). A partir de dimanche, je serai bien sûr à Athènes, puis à Thessalonique pour suivre de près les événements, caméra au poing et bloc-notes dans l'autre, pour déchiffrer leur signification et leur portée.

En attendant, j'ai le plaisir de vous proposer de découvrir la première bande-annonce de mon prochain film, après NE VIVONS PLUS COMME DES ESCLAVES, qui se déroule encore en Grèce, mais aussi en Espagne :

JE LUTTE DONC JE SUIS
De Grèce et d'Espagne, souffle un vent du sud
contre la résignation


La bande-annonce est à la une du nouveau site :
http://jeluttedoncjesuis.net

Lien direct pour la partager et la bloguer :
https://www.youtube.com/watch?v=v3Vc5aWkORY

Comme pour le film précédent, cette première bande-annonce dure 10 minutes. C'est un survol donnant la température, le rythme et les idées principales. Vous remarquerez qu'à la différence de Ne vivons plus comme des esclaves, nous vous emmenerons aussi dans les campagnes et les îles, ainsi que dans l'éducation alternative et d'autres formes d'apprentissage de la lutte et de la solidarité. Vous traverserez aussi des ZAD en Grèce et en Espagne, d'Athènes en Crète et de Barcelone en Andalousie, et aurez des nouvelles du dispensaire médical d'Exarcheia (que le film précédent a soutenu). Les autres musiques du film seront révélées ultérieurement : nous vous préparons de grandes et belles surprises !

A la fin de la bande-annonce, nous avons également inclu la présentation des (formidables) personnages, avec quelques clins d'œil et allusions, notamment à destination de celles et ceux qui voudront soutenir ce projet (souscription sur le site) et diffuser cette parole contre la résignation.

Dès sa sortie, JE LUTTE DONC JE SUIS sera mis en ligne GRATUITEMENT, en plusieurs langues, à la disposition de tou-te-s !

N'hésitez pas à faire circuler l'info et la bande-annonce ! Merci de votre soutien !

Autre façon de fêter les luttes : chanter ! Quand on nous a demandé, il y a quelques temps, le karaoke de la chanson éponyme du film Ne vivons plus comme des esclaves, on a d'abord cru à une blague ! Mais finalement, on a vu que c'était sympa, drôle et même émouvant d'écouter certain-e-s d'entre vous CHANTER LA RÉSISTANCE EN GREC. Alors voilà :
https://www.youtube.com/watch?v=2PZQncCsa3A
Serez-vous capables de chanter en grec, avec notre sous-titrage phonétique ?

NA MIN ZISOUMÉ SAN DOULI ! AGONIZOMÉ ARA IPARKO !

A suivre, en Grèce, en Espagne et partout ! Tenez bon !

Yannis

PS : certains dont Maud ont choisi d'utiliser les « réseaux sociaux » pour améliorer la circulation de l'info, notamment auprès des jeunes, et souhaitent vous signaler cette page :
https://www.facebook.com/pages/J

 

 


 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 22:56

 

Info reçue par mail

 

 

Aprés la liberté de penser , la liberté de RENDRE VISIBLE LE REEL

 

 

Je crois qu'il va falloir porter plainte pour harcélement et torture morale pour n'avoir plus à subir toutes ces analyses et ces élucubrations qui ne font qu'empêcher de rendre le VISIBLE  REEL.
Ce n'est pas en s'attaquant au capitalisme avec un bulletin de vote que nous réduirons les inégalités.
Commençons à réclamer la liberté de penser et d'agir pour nous-même comme pour CHARLIE (pacifiquement et loin des partis poltiques qui nous aménent la guerre ).
 Afin  de ne plus étre des assistés nous devons ensemble réécrire une nouvelle Constitution et nous allouer à nous même le DROIT FONDAMENTAL à un REVENU INCONDITIONNEL D EXISTENCE .
Ce serait le premier "Pas de Côté" pour lutter contre les inégalités, source de tous nos maux, afin d'assurer le gîte et le couvert qui serait garanti aux incroyants comme aux croyants  de toutes religions. 
Ce serait aussi protéger notre environnement dans une véritable politique de "Désaccoutumance a la croissance" ILLICH
C'est ce que je pense que l'on devrait enseigner dans les écoles  en même temps que l'histoire des réligions
Voilà la vision d'une société laîque de l'athé que je suis.
 
Bernard Bruyat
OPDLM MRIE

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 18:35

 

 

Source : www.reporterre.net


 

Contre le pesticide Roundup, ils ont choisi d’agir dans un hypermarché

Lorène Lavocat (Reporterre)

jeudi 22 janvier 2015

 

 

 

Face à l’inaction politicienne, ils ont choisi d’agir. Peu nombreux mais déterminés, de façon non-violente, ces désobéissants en combinaisons blanches grimpent sur les caisses de supermarché en brandissant des banderoles. Leur exigence : le retrait de la vente du dangereux Round Up. Le but : attirer l’attention sur le problème de santé publique que sont les pesticides.


- Bagnolet (Seine-Saint-Denis), reportage

Rendez-vous devant les portes vitrées géantes du centre commercial Bel-Est, à Bagnolet. Un petit groupe s’avance, les regards aux aguets. Ils sont une dizaine à peine, âgés de vingt à trente ans. Des sacs à dos remplis de tracts et de déguisements, masques à gaz en plastique, combinaisons blanches. Dans la "vraie" vie, ils travaillent avec des enfants, dans des associations ou comme artistes. Mais aujourd’hui, ils sont désobéissants. Ils viennent mener une action contre les pesticides, en bloquant les caisses d’un supermarché Auchan.

Créé en 2006, le Collectif Roundup Non Merci combat le produit-phare de Monsanto par des actes de désobéissance civile. « Notre objectif, c’est de faire pression sur la grande distribution pour qu’elle retire les produits phytosanitaires de ses rayons », explique Rémi, qui coordonne l’action du jour. Après Castorama et Carrefour, c’est donc à Auchan de subir ce lobbying citoyen.

Il est 15h quand la petite bande pénètre dans les rayons du supermarché. Chacun se disperse. L’un observe innocemment la liste des ingrédients d’un pot de crème fraîche, quand l’autre se penche pour vérifier avec minutie l’état d’une orange. Certains sont partis remplir un chariot de produits contenant du glyphosate, la substance active et toxique de nombreux pesticides. Quelques minutes d’attente plus tard, tout le monde se retrouve l’air de rien aux caisses. Et là, commence le bazar....

- DIAPORAMA En son et en images (3’05’’) :

 


Son-diaporama Action Round-Up Bagnolet Janvier 2015 from Reporterre on Vimeo.

 

Une heure plus tard, les Désobéissants ont obtenu ce qu’ils cherchaient : pas mal de bruit, une entrevue avec le directeur du magasin, et une interpellation de la direction nationale d’Auchan. Pour autant, rien n’est acté. Aucun engagement de la part du supermarché, aucun rendez-vous pris avec les dirigeants de l’entreprise.

Alors, tout ça pour ça ? « C’est une première étape », précise Rémi, qui n’exclut pas de revenir "visiter" le centre commercial si les promesses ne sont pas tenues. Pour Gaëtan, « l’action permet aussi de sensibiliser les consommateurs, même si le but premier, c’est d’obtenir des résultats concrets ».

Le Collectif Roundup Non Merci compte déjà sur son tableau de chasse une antenne parisienne de Castorama, qui a accepté de retirer les pesticides incriminés de ses rayons l’année dernière. (Lire à ce propos : Les vigiles de Castorama molestent des militants opposés au Roundup)

« Leclerc en Bretagne ou l’enseigne de jardinage Botanic ne vendent plus de Roundup depuis plusieurs années », indique Rémi. Il espère désormais pousser les géants de la grande distribution à se mettre autour de la table pour décider d’un retrait unilatéral des produits contenant du glyphosate. Car pour lui, les entreprises doivent prendre les devants sur la loi...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 15:21

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Berlin : des milliers de manifestants défilent contre les « usines à animaux » et les OGM

par Sophie Chapelle 19 janvier 2015

 

 

25 000 personnes selon la police – deux fois plus selon les organisateurs – ont défilé à Berlin le 17 janvier contre les « usines à animaux », la nourriture génétiquement modifiée et le projet de traité de libre échange entre les Etats-Unis et l’Europe (Tafta). Plus de 120 organisations ont participé à la cinquième édition de la manifestation « Wir haben es satt ! » (Nous en avons assez !), qui se tient chaque année à l’occasion du salon agricole européen [1].

Les multinationales qui minent la diversité des semences et promeuvent les OGM étaient dans le viseur des organisateurs. Sur le passage des manifestants, un immense pulvérisateur de Round Up, herbicide produit par la compagnie Monsanto, a décimé symboliquement les abeilles et insectes, tandis que les personnes déguisées en maïs génétiquement modifié sont restées debout. « Manger est politique, a déclaré Jochen Fritz, un des organisateurs de la marche. La moindre décision prise au moment d’acheter doit être déterminée par la façon dont les animaux sont élevés ou par ce qui est cultivé dans les champs ».

Les panneaux du cortège relayaient aussi les craintes relatives au projet d’accord commercial Tafta. Le mandat donné à la Commission européenne pour négocier cet accord inclut une possible réduction des tarifs douaniers, ce qui fait redouter une exportation massive de viande bovine américaine vers les marchés européens. De quoi créer une situation de concurrence déloyale insoutenable pour les petites fermes. Les normes sanitaires, environnementales et de bien-être animal pourraient aussi être harmonisées vers le bas. « Les agriculteurs qui traitent respectueusement leurs animaux et l’environnement doivent pouvoir bien vivre de leur métier », ont déclaré les organisateurs. « Les politiques doivent soutenir ces pratiques-là, plutôt que les intérêt de quelques multinationales. »


Pour aller plus loin, nos dossiers :
- Traités de libre-échange : les multinationales contre la démocratie ?
- Quelle agriculture pour demain ?

 

Notes

[1Voir ici

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : www.bastamag.net

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 16:26

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Mobilisation pour le héros de la Porte de Vincennes

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Cet employé du supermarché casher de la Porte de Vincennes a caché six personnes dans la chambre froide du magasin au début de la prise d'otages. De nationalité malienne, ce jeune musulman de 24 ans avait failli être expulsé en 2009

Le drame de la prise d'otages de l'Hyper Cacher porte de Vincennes a révélé un héros. Lassana Bathily, un employé du magasin, a permis à six personnes, dont un père et son enfant, de se cacher dans la chambre froide au sous-sol du magasin lorsque Amedy Coulibaly fait irruption dans le magasin et tue quatre personnes. « J'ai entendu des coups de feu », raconte-t-il. Au fond du supermarché, un groupe de personnes, dont un père et son nourrisson, dévalent des escaliers et se retrouvent devant les chambres froides. « Je leur ai dit : venez, venez ! » explique le jeune homme de 24 ans. « Je les ai fait rentrer dans les congélateurs. »

Lassana Bathily referme la porte et éteint le système de réfrigération. Il leur propose ensuite de le suivre par les passages de service pour s'enfuir par le monte-charge. Mais le groupe refuse, estimant l'opération trop risquée. Il s'échappera seul. Le groupe caché dans la chambre froide sera découvert peu de temps après. Une fois dehors, Lassana Bathily détaille par un croquis la configuration du magasin aux forces de l'ordre qui s'apprêtent à intervenir.

Lorsque la prise d'otages prend fin à 17 heures, il est porté aux nues. Dans la soirée, François Hollande l'appelle personnellement pour le féliciter. Malien, musulman pratiquant, il a risqué sa vie pour sauver six personnes. Mais lui relativise : « On est des frères. Ce n'est pas une question de juifs, de chrétiens ou de musulmans. On est tous dans le même bateau, il faut qu'on s'aide pour sortir de cette crise », explique-t-il sur BFMTV. Son acte a pourtant marqué les esprits. Plusieurs pages sont créées sur Facebook pour demander qu'il obtienne la Légion d'honneur, et la nationalité française. Car le jeune homme n'est pas naturalisé, après neuf ans passés en France. Il est tout de même régularisé depuis 2011, après avoir manqué d'être expulsé en 2009, selon L'Humanité.

Né le 27 juin 1990, Lassana Bathily est originaire du Mali. Sa mère vit toujours dans le village de Samba Dramané, dans la province de Kayes. Il suit une scolarité au lycée Jean Jaurès dans le XIXe arrondissement de Paris, où il obtient un CAP de carreleur-mosaïste. Interrogé par L'Humanité, sa professeure d'arts appliqués, Zimba Benguigui, le décrit comme un garçon « toujours souriant, discipliné, participatif ». Avant d'être pris dans ce tourbillon médiatique, le jeune homme avait fait une demande de naturalisation. À ce jour, il attend toujours la réponse.

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22