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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 19:53

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

Egalité hommes - femmes : ce que les Islandaises ont à nous apprendre

 

 

Egalité hommes - femmes : ce que les Islandaises ont à nous apprendre

Des supportrices islandaises au Stade de France le 22 juin 2016, pour le match Islande-Autriche. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

 

Le pays est un leader mondial en matière d'égalité entre les sexes. Mais des inégalités subsistent, que les féministes islandaises s'emploient à réduire par tous les moyens.

 

 

 

Lundi dernier, les femmes islandaises ont cessé de travailler à 14h38 tapantes. Elles ont lâché leur ordinateur, leur réunion, leur rayon, leur maison pour se rassembler dans la rue. Objectif : compenser en temps les sous qu'elles gagnent en moins. Et le faire savoir. 

Une illustration concrète des inégalités salariales qu'elles subissent dans leur pays, où elles gagnent en moyenne 17% de moins que les hommes. Ce qui signifie que chaque jour, à partir de 14h38, elles travaillent... gratuitement.

Les Islandaises n'en sont pas à leur coup d'essai. De telles grèves ont régulièrement lieu depuis les années 1970. Et d'autres happening viennent compléter la bataille, comme ce hashtag #FreeTheNipple ("libérez le téton") lancé en 2015, qui invitait les femmes à partager des photos d'elle seins nus pour protester contre la censure du corps féminin par les réseaux sociaux. 

A chaque fois, les médias étrangers ont été scotchés par le mode et l'ampleur de la mobilisation.

 

Tout n'est pas rose pour les femmes d'Islande, mais là-bas plus que partout ailleurs, elles bataillent haut et fort pour faire changer les choses. Et ça marche. 

"Une discrimination cachée"

La terre de glace, un paradis pour les femmes ? Pourtant pas vraiment. Et la manifestation de lundi est venue le rappeler. "Nos problèmes sont les mêmes qu'en France", résume Brynhildur Heiðar-og Ómarsdóttir, à la tête de l'Association islandaise des droits des femmes, co-organisatrice de la grève des femmes de 2016. 

Comme en France, les associations féministes islandaises dénoncent les écarts de salaires, la faible représentation des femmes dans les médias, le plafond de verre dans les entreprises, alors qu'elles sont plus nombreuses que les hommes à l'université : 25% seulement des postes de manager étaient occupés par des femmes en 2012, moins que la moyenne de l'UE.

Sans compter les violences qu'elles subissent. Un rapport publié cette année par l'Association islandaise des droits des femmes pointe par exemple l'écart entre le nombre d'agressions sexuelles et de cas de violences domestiques signalés à la police, et le nombre – bien moindre – de condamnations. Irma Erlingsdóttir, directrice du Centre islandais de recherches sur le genre, résume :

"L'égalité formelle et légale des femmes avec les hommes est acquise, mais les femmes en Islande se heurtent à une discrimination qu'on peut dire indirecte, dissimulée ou cachée. Le patriarcat a la vie dure partout."

Sauf que les Islandaises, et nombre d'Islandais aussi, sont bien déterminés à en venir à bout. 

Des féministes en politique

Brynhildur Heiðar-og Ómarsdóttir, "de nature optimiste", a des raisons de l'être. "Tous les partis politiques ont compris que l'intégration des femmes était une question vitale", dit-elle. La question mobilise aussi toute la société, selon la chercheuse Irma Erlingsdóttir :

"Toutes les générations d'Islandaises et les femmes étrangères vivant en Islande se sentent concernées par cette lutte, et les hommes sont très nombreux à y participer activement."

Intégrées très tôt à l'économie et à la société islandaise, restée longtemps agricole – elles occupaient alors les mêmes emplois que les hommes – les Islandaises ont su se mobiliser pour faire avancer leurs droits lorsque l'industrialisation et le développement de la finance ont creusé l'écart avec les hommes. 

Les exemples les plus spectaculaires sont ces "grèves des femmes", qui existent depuis 1975. Le 24 octobre de cette année-là, les femmes avaient quitté leurs tâches et plus de 30.000 personnes avaient défilé dans Reykjavik. Près du tiers de la population métropolitaine de l'époque !  Avec le même objectif lors des marches suivantes, 1985, 2005, 2008 et 2016, nous explique Irma Erlingsdóttir  : 

"Mettre en lumière l’énorme contribution des femmes à la société et à l'économie, et souligner l'absence de reconnaissance de cette contribution comme injustice fondamentale."

Pour batailler contre l'injustice, les féministes ont aussi fait en sorte d'intégrer elles-mêmes le jeu politique pour peser. En 1983, elles ont ainsi créé leur propre parti, l'Alliance des femmes, afin d'entrer au Parlement (avec succès). Thorunn Sveinbjarnardóttir, ministre de l'Environnement entre 2007 et 2009 et ancienne membre de l'Alliance des femmes racontait au "Guardian" avoir "passé les années 1980 à parler de tous les tabous – viol, inceste, violence conjugale [...], des questions désormais grand public".

Le krach, une aubaine

La modernisation de l'économie sur l'île a laissé les femmes de côté et elles ont été durement frappées par son effondrement. Mais le krach de 2008 marque aussi un tournant pour la société islandaise. Brynhildur Heiðar-og Ómarsdóttir, de l'Association des droits des femmes, rappelle que cette crise "a signifié la banqueroute d'une idéologie en même temps que celle de l'économie".

Plus question alors de continuer de confier les responsabilités politiques et économiques au même groupe (d'hommes) qui avaient mené le pays à la faillite : la crise politique qui a suivi l'effondrement du système financier a conduit à la démission du gouvernement conservateur, et des femmes ont pris les choses en main. Amenant l'une d'elles, Jóhanna Sigurdardóttir, au poste de Première ministre d'un gouvernement paritaire.

Jóhanna Sigurdardóttir était aussi la première Première ministre ouvertement homosexuelle. (OLIVIER MORIN / AFP)

L'occasion était trop belle. Lors de son court passage au pouvoir (jusqu'en 2013), l'Alliance, coalition de centre gauche, a beaucoup œuvré en faveur d'une égalité formelle entre les hommes et les femmes. Elle a notamment interdit les clubs de strip-tease, pénalisé l'achat d'actes sexuels et instauré une politique de quotas pour les postes de direction dans les entreprises de plus de 50 salariés.

Aujourd'hui, "la question de l'égalité fait partie du débat national", assure Brynhildur Heiðar-og ÓmarsdóttirPour leur rappeler leurs engagements, les politiques peuvent compter sur l'impressionnant mouvement féministe islandais et sa capacité à mobiliser, qui n'a pas faibli. Plus de 30 associations féministes ont ainsi participé à l'organisation de la grève et de la marche de lundi. 

Mieux : des femmes de tous les âges participent à ces manifestations. "Le féminisme est de plus en plus populaire, notamment chez les jeunes", assure Brynhildur Heiðar-og Ómarsdóttir. "La jeune génération est encore plus radicale et prête à se mobiliser."

Le pays le plus paritaire du monde

Il y a quelques jours, ITV consacrait un reportage à une école maternelle qui mettait un point d'honneur à apprendre aux petites filles à être courageuses, et à faire entendre leur voix. Elles seront-peut être les premières à profiter des effets de la mobilisation des citoyens et des politiques en faveur de l'égalité : une société 100% paritaire. La bataille paie. Trois infos pour s'en convaincre :

  • Sur cette île de 320.000 habitants, 80% des femmes travaillent, notamment grâce à un système de congé parental très performant, partagé entre les deux parents, et dont 90% des pères profitent.
  • 43% des députés islandais sont des députées, et le gouvernement est paritaire.
  • La première femme élue présidente de la République au suffrage universel au monde était évidemment islandaise : Vigdis Finnbogadottir, en 1980.

Pour toutes ces raisons, l'Islande est considéré comme le pays le plus paritaire du monde. C'est la conclusion du classement du Forum économique mondial sur l'égalité hommes-femmes, dont l'édition 2016 a été publiée ce mercredi et dont l'Islande arrive en tête... pour la huitième année consécutive. La France est 17e. Une donnée à ajouter à la liste des raisons qui en font le meilleur pays du monde (avec les elfes, Björk et le clapping) !

Agathe Ranc

 

 

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 15:51

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Combats écologistes

Sivens, Europacity, Roybon… Les opposants aux grands projets jugés inutiles ont-ils fait plier les bétonneurs ?

par , Simon Gouin, Sophie Chapelle

 

 

 

 

Le quinquennat de François Hollande a été marqué par l’émergence et la multiplication de mouvements contestant la pertinence de certains grands projets d’infrastructures : l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes bien sûr, mais aussi le barrage de Sivens (Tarn), le village artificiel de Roybon (Isère), le méga centre commercial Europacity en région parisienne, la décharge industrielle de Nonant-le-Pin en Normandie, ou encore la ligne grande vitesse entre Lyon et Turin. Où en sont ces projets ? Les occupations et les recours en justice ont-ils réussi à les remettre en cause, à susciter un véritable débat sur leurs pertinences, ou non, au vu de leurs coûts et des pollutions et destructions qu’ils induisent ?

Ce 26 octobre, les mouvements opposés aux grands projets jugés inutiles et polluants, commémoreront la mort de Rémi Fraisse, 21 ans, tué il y a deux ans par une grenade offensive sur le chantier du barrage de Sivens, dans le Tarn. Parallèlement, ces mêmes mouvements se préparent à une éventuelle évacuation de la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, qui fait obstacle à la construction d’un nouvel aéroport international. L’occasion de faire le point sur les grands projets contestés qui ont défrayé la chronique pendant le quinquennat de François Hollande.

 

Notre-Dame-des-Landes : vers le bras de fer sur la« zad » ?

 Pays-de-la-Loire
 Lieu : Notre-Dame-des-Landes (44)
 Coût : 600 millions d’euros
 Bénéficiaire : Vinci

 

 

 

Situé à 17 km au nord-ouest de Nantes et à 80 km de Rennes, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes défraie la chronique depuis plusieurs années. Initié en 1968, le projet est ensuite rangé dans un carton pour cause de crise pétrolière... pour être relancé trente ans plus tard, afin de remplacer l’aéroport de Nantes, jugé trop étroit. En février 2008, le projet est déclaré « d’utilité publique » et l’État confie au groupe de BTP Vinci la construction et la gestion – pour 55 ans – de ce futur aéroport. La mobilisation locale se relance et une association, lAcipa, fédère agriculteurs, élus locaux et citoyens opposés au projet [1]. Des militants écologistes ou libertaires décident de venir vivre sur la « zone d’aménagement différée » – périmètre sur lequel doit être bâti l’aéroport – qu’ils rebaptisent « zone à défendre » (zad).

À l’automne 2012, l’État tente de faire évacuer la « zad » pour lancer les travaux. Les forces de l’ordre se heurtent à une très forte résistance. Elles sont obligées de renoncer à reprendre la « zad » après plusieurs semaines de violences. Sur place, les liens se resserrent entre opposants et de nombreux projets alternatifs voient le jour sur ses 1200 hectares de champs, de bocages et de bois : boulangeries, semailles, constructions, occupations des fermes abandonnées, friperie, ateliers de réparation agricoles.... le tout géré collectivement, au sein de diverses assemblées qui vivent et expérimentent une démocratie directe. De 100 à 300 personnes occupent désormais la zad en permanence, dont huit agriculteurs qui refusent leur expropriation.

Début 2016, quelques semaines après la conférence sur le climat, les agriculteurs demeurant sur la zad sont sommés d’évacuer leurs fermes. Un mois plus tard, des dizaines de milliers de personnes, venues de tout le pays se retrouvent à Notre-Dame-des-Landes, là où les travaux sont censés commencer deux semaines plus tard. Pour tenter de sortir de l’ornière, François Hollande lance une consultation, qui se déroule fin juin. Le « oui » l’emporte à 55% avec une participation de 51%. Mais les opposants dénoncent le périmètre restreint du référendum : seuls les habitants de Loire-Atlantique ont voté alors que deux autres départements – Ile-et-Vilaine et Morbihan – sont directement concernés. Ils annoncent la poursuite de l’occupation.

Alors que les travaux sont promis pour l’automne, et que les menaces d’expulsion planent à nouveau sur la zad, une nouvelle manifestation d’envergure s’est déroulée les 8 et 9 octobre dans le bocage nantais. 40 000 personnes ont défilé au « chant du bâton ». « Celles et ceux qui habitent et cultivent la Zad ne la quitteront pas ! Il n’y aura jamais d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ! » préviennent les opposants. En cas d’évacuation par la force, les comités de soutien créés dans toute la France annoncent des blocages, avec des centaines de tracteurs en renfort. Les syndicalistes CGT du groupe Vinci et ceux de l’aéroport de Nantes Atlantique ont également annoncé qu’ils se mobiliseraient en cas d’intervention policière.

Voir tous nos articles sur Notre-Dame-des-Landes.

 

L’utilité publique du barrage de Sivens finalement infondée

 Occitanie
 Lieu : Sivens, près de Gaillac (Tarn)
 Coût : 20 millions d’euros pour la collectivité
 Bénéficiaire : la CACG, une société d’économie mixte

 

 

C’est un vieux projet de retenue d’eau, envisagé depuis 1989. Il est porté par le Conseil général et la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG). Le 2 octobre 2013, la préfecture du Tarn prend un arrêté de déclaration publique. Les 1,5 millions de m3 d’eau retenus, sur deux kilomètres de long pour 250 mètres de large, permettraient d’irriguer plus de 300 hectares de cultures alentour. Pour les opposants, ce projet, qui va submerger 30 hectares de zones humides, est un « réservoir d’eau à 25 maïsiculteurs pour leur arrosage ». Alors que l’ouvrage, dont le coût est estimé à 20 millions d’euros sur 29 ans, est intégralement financé sur fonds publics, il bénéficiera principalement à des exploitants privés.

Devant le démarrage imminent des travaux, une zone à défendre est établie le 23 octobre 2013 par le Collectif « Tant qu’il y aura des bouilles ». L’occupation permet de repousser les opérations de défrichement pendant plus d’un an. Les travaux démarrent finalement le 1er septembre 2014 sous présence policière, malgré les manifestations. Rémi Fraisse, militant écologiste, est tué dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 par une grenade offensive lancée par un gendarme. La mort de ce jeune manifestant marque l’arrêt du chantier. Elle est concomitante de la publication du rapport des experts nommés par le ministère de l’Écologie qui étrillent un projet « médiocre » (projet surdimensionné, bénéficiant à peu d’agriculteurs, faiblesse de l’étude environnementale…). Des arguments développés depuis des mois par les opposants à la construction du barrage. Le 6 mars 2015, alors que le Conseil général du Tarn vote le redimensionnement du projet, la Zad est évacuée.

Finalement, la justice donne raison aux opposants le 1er juillet 2016. Le tribunal administratif de Toulouse annule trois arrêtés fondateurs du premier projet de barrage de Sivens – relatifs à la déclaration d’utilité publique, à la destruction des espèces protégées et à l’autorisation de défrichement. En clair, les travaux entrepris étaient juridiquement illégaux, les occupants avaient donc toute la légitimité pour protéger la zone humide. Saluant ces décisions, la famille de Rémi Fraisse dit constater « avec douleur que si les recours administratifs et le dialogue environnemental avaient été respectés, les travaux n’auraient pas démarré et cette tragédie ne serait jamais arrivée ». Ces annulations compliquent par ailleurs le projet de nouveau barrage redimensionné car il doit se fonder sur une nouvelle déclaration d’utilité publique et une nouvelle enquête publique. Les opposants continuent de faire valoir d’autres voies alternatives pour alimenter en eau les terres agricoles alentour.

 

Un projet de méga-décharge quasi bloqué

 Normandie
 Lieu : Nonant-le-Pin, près d’Argentan (Orne)
 Coût : 6,5 millions d’euros [2]
 Bénéficiaire : Guy Dauphin Environnement (GDE)

 

 

« Virer une multinationale est un sacré défi ! », lançait à Basta !, en juin 2014, un opposant au projet de méga-décharge de Nonant-le-Pin, dans l’Orne. Un défi en passe d’être réalisé ? En mai dernier, la Cour d’appel de Nantes a donné raison aux opposants de ce projet de décharge mené par Guy Dauphin Environnement (GDE), une filiale d’un groupe lié à la société de courtage pétrolier Trafigura. Cette dernière est tristement connue pour avoir déversé des produits toxiques dans le port d’Abidjan, il y a 10 ans, provoquant la mort de 17 personnes et l’intoxication de milliers d’autres (lire notre article).

Depuis 2006, GDE tente d’installer une nouvelle décharge en plein cœur d’un territoire réputé mondialement pour son élevage de chevaux. Au total, le site recueillerait 2,5 millions de tonnes de déchets, notamment de l’industrie automobile, sur l’équivalent de 50 terrains de football, pendant 17 ans. L’entreprise affirme que ce projet créerait 12 emplois directs, puis 90 autres grâce à une nouvelle usine de retraitement des déchets à quelques kilomètres de Nonant-le-Pin. Les riverains, eux, voient rouge : l’ouverture d’une décharge provoquerait des pertes économiques considérables pour le monde du cheval et la région, ainsi que la pollution de l’environnement et des eaux de surface.

A partir d’octobre 2013 et pendant un an, l’entrée du site est bloquée par les opposants afin d’empêcher GDE de déposer des déchets. Les procédures judiciaires se multiplient, notamment grâce à la solidarité financière du monde du cheval. La lutte est marquée par une forte mixité sociale des opposants : du propriétaire de haras jusqu’au boulanger retraité du coin, le projet de décharge rassemble des mondes sociaux qui, d’ordinaire, ne se croisent que rarement. Quand certains tiennent un barrage, distribuent des tracts ou proposent un plan alternatif de développement économique de la région, d’autres assurent un travail de lobbying au sommet de l’État, notamment auprès de Ségolène Royal.

C’est d’ailleurs la ministre de l’Environnement qui s’est rendue sur place, le 20 mai dernier, après l’annonce de la Cour d’appel de Nantes. La juridiction, qui estime que l’exploitation de cette décharge entraîne en effet des « risques pour la santé, la sécurité, la salubrité publique, et pour l’environnement », annule l’autorisation d’exploitation de la décharge. GDE affirme « ne pas comprendre un tel revirement de la part de la justice et des pouvoirs publics, qui crée une insécurité juridique défavorable à tout investissement industriel dans notre pays ». L’entreprise a déposé un recours devant le Conseil d’État, tandis que d’autres procédures, civiles, pénales et administratives, déposées par les associations d’opposants ou GDE, sont toujours en cours. « Notre mobilisation sera active tant que ces terres n’auront pas été rendues à des activités respectueuses de l’environnement », préviennent les opposants qui espèrent que la jurisprudence de cette mobilisation servira à d’autres combats.

 

Le Center Parcs de Roybon en suspens

 Auvergne-Rhône-Alpes
 Lieu : Roybon, en Isère
 Coût : 113 millions d’euros de subventions publiques
 Bénéficiaire : Pierre & Vacances

 

 

 

C’est à mi-chemin entre Lyon, Grenoble et Valence qu’un autre projet d’envergure suscite une forte opposition, jusqu’à entraîner la création d’une nouvelle « zad » depuis fin 2014. En cause ? Le groupe Pierre & Vacances, 1,18 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel, veut y implanter un Center Parcs : 1 021 cottages sur 200 hectares, au cœur du bois des Avenières, en pleine zone humide (lire notre article). Largement soutenu par la collectivité, à hauteur de 113 millions d’euros d’après les calculs de l’association Pour Chambaran sans Center Parcs (PCSCP), le projet doit entraîner l’embauche de 700 personnes pour faire tourner les installations, dont une bulle tropicale de 9 000 mètres cubes « à 29 degrés toute l’année ». Sauf qu’une grande partie des emplois s’annoncent précaires et très mal payés (notre enquête).

Décidé en 2007, ce projet a été retardé par les nombreux recours déposés par l’association PCSCP. De nombreux avis négatifs ont été rendus [3]. Mais ceux-ci n’étant que « consultatifs », le Préfet de l’Isère a décidé d’autoriser les travaux. Alors que le groupe entame le défrichement en octobre 2014, la mobilisation sur place croît rapidement (notre reportage dans la Zad). Depuis le 16 juillet 2015, les travaux sont bloqués : le tribunal administratif de Grenoble a invalidé l’arrêté préfectoral autorisant la destruction de la zone humide (voir ici). 40 hectares de forêt sur les 80 prévus ont pourtant déjà été défrichés. Pierre & Vacances a fait appel de la décision.

Alors que la Cour d’appel n’a toujours pas rendu sa décision, le Conseil régional d’Auvergne Rhône-Alpes a adopté le 14 avril, une subvention de 4,7 millions d’euros en faveur de ce Center Parcs. Une décision étonnante alors même que Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne - Rhône-Alpes, a promis de serrer la ceinture du budget régional, avec 75 millions d’euros d’économies annoncées. Dans l’éventualité d’une reprise des travaux, l’association PCSCP mène d’autres recours, notamment à l’échelle européenne. Les occupants de la Zad de Roybon organisent régulièrement des chantiers de construction participatifs. Une première réunion de coordination des opposants aux Center Parcs s’est par ailleurs tenue au printemps 2016 en Saône-et-Loire pour « partager expériences et idées pour la suite »

 

Le coût de la ligne grande vitesse Lyon-Turin fortement contesté

 Auvergne-Rhône-Alpes
 Lieu : Vallées de Suse, Alpes (France, Italie)
 Coût : 26 milliards d’euros
 Bénéficiaires : Réseau ferré de France, Réseau ferré d’Italie et un futur partenaire privé pour la gestion des équipements

 

 

 

Initié au début des années 90, le projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin est confirmé par un accord franco-italien signé le 30 janvier 2012. La société franco-italienne Tunnel Euralpin Lyon Turin (TELT [4]), dont l’État français est actionnaire à 50 %, est en charge de la construction du tunnel transfrontalier sous les Alpes de 57,5 kilomètres. Côté italien, le projet suscite une vaste opposition de la part des « No Tav » (pour Treno a alta velocità, train à haute vitesse). Entre occupations de chantier, batailles rangées contre les forces de l’ordre et manifestations de milliers de personnes, ils sont parvenus à retarder de plusieurs années le lancement des travaux.

Les critiques portent notamment sur le coût pharamineux de l’ouvrage qui ne cesse d’augmenter. En 2012, la direction du Trésor estime le coût du Lyon - Turin à plus de 26 milliards d’euros, dont 11,3 milliards d’euros pour les aménagements côté français ! [5] « Pour le seul tunnel de base de 57 km, le kilomètre coûterait plus de 200 millions d’euros ! », s’insurge Daniel Ibanez, fervent opposant au projet. « Comment expliquer que ce projet sera équilibré économiquement, quand on sait que l’axe Perpignan-Figueras, dont le coût était de 25 millions d’euros par kilomètre, a fait faillite en juillet 2015 au bout de cinq ans ? » Un nouveau référé de la Cour des comptes publié le 29 août 2016 confirme que le financement du Lyon-Turin est « largement hors de portée budgétaire ». Des soupçons de corruption massive, au profit de la mafia italienne, plane également sur le chantier (lire ici).

Selon les opposants, ce projet à 26 milliards permettrait de gagner une heure seulement de trajet entre Paris et Milan (voir ici)... Les associations mobilisées regrettent l’absence de véritable débat public sur l’utilité de ce projet pharaonique, et préfèrent la modernisation de la ligne « historique » qui relie déjà les deux métropoles. Le 18 avril 2016, la majorité écologiste et citoyenne de la ville de Grenoble a voté le désengagement du protocole de financement signé par la majorité socialiste précédente. Un vote qui pourrait être suivi par d’autres collectivités.

 

Le méga complexe Europacity : une consultation publique ignorée

 Île-de-France
 Lieu : Gonesse, Val d’Oise
 Coût : 3,1 milliards d’euros (privé), 686 millions d’euros (public)
 Bénéficiaire : Alliages & Territoires – filiale d’Immochan, appartenant au groupe Auchan

 

 

 

Annoncé en 2011, ce projet qui pourrait engloutir les dernières terres agricoles de la Plaine de France, au nord de Paris. Le géant de la distribution Auchan envisage d’ouvrir en 2024 un méga-centre commercial de 80 hectares, dont 23 hectares de commerces – l’équivalent de 33 terrains de football ! –, 2 700 chambres d’hôtels, des restaurants, et même des pistes de ski et de luge (notre enquête). Le chantier du complexe EuropaCity s’inscrit dans une zone d’aménagement concertée (Zac) qui projette de bétonner 280 hectares au total.

L’investissement de 3,1 milliard d’euros est entièrement privé, assure Alliages & Territoires [6]. Mais selon le Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG [7]), les aménagements préalables de la Zac – routes et bretelles, ligne 17 du métro, gare, murs anti-bruits... – sont estimés à 686 millions d’euros par l’autorité environnementale [8]. Pour justifier l’utilité publique, les promoteurs avancent la création de 11 500 emplois directs et de 6 000 emplois indirects [9]. De quoi appâter de nombreux élus locaux malgré le manque de fiabilité de ce type d’estimations.

Une consultation publique s’est déroulée du 15 mars au 30 juin au cours de laquelle les opposants au projet ont pointé le risque de destruction du tissu économique existant. Mais la commission nationale du débat public avait à peine présenté les résultats des débats, que Alliages & Territoires annonçait la poursuite du projet [10] Cette annonce « montre que l’utilité de ce débat n’a été qu’une mascarade » ont réagi les opposants. Une initiative est prévue à Paris le 8 novembre pour « régionaliser l’opposition à Europacity » et élaborer des alternatives au projet, précise Bernard Loup du CPTG, à Basta !. Des procédures juridiques sont en cours à l’échelle nationale et européenne.

Sophie Chapelle, Simon Gouin et Nolwenn Weiler

Photos : Basta !, Laurent Guizard, Yann Guillotin

Notes

[1Au collectif d’agriculteurs et à l’Acipa, s’ajoutent des élus, des naturalistes et des occupants.

[2Coût de construction du site établi dans la demande d’autorisation d’exploitation déposée par GDE, avant le début du projet.

[3L’impact environnemental du complexe touristique a fait l’objet d’avis négatifs de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, de la Direction régionale de l’environnement et du Conseil national de protection de la nature. En juillet 2014, le projet a aussi été retoqué par la commission d’enquête publique au titre de la « loi sur l’eau ».

[4TELT a succédé en 2015 à la société Lyon-Turin ferroviaire (LTF) – filiale commune de Réseau Ferré de France (RFF) qui gère le réseau ferré national et de son homologue italien Rete Ferroviaria Italian

[5Source : dossier d’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique 2012 (page 19)

[6Ce montant intègre le coût des études et des travaux, ainsi que l’acquisition du foncier à l’aménageur public et les frais financiers. 80 % de l’investissement, soit 2,6 milliards d’euros, seraient portés par le maître d’ouvrage, en capital et par emprunt. Les opérateurs exploitants, spécialisés dans les loisirs, le commerce et la restauration, prendraient en charge des aménagements intérieurs, contribuant à hauteur de 500 millions d’euros au financement de l’opération. Voir le dossier du maitre d’ouvrage d’Europacity (page 73)

[7Le CPTG regroupe une quinzaine d’associations, dont quatre structures départementales – Les Amis de la Terre Val-d’Oise, Environnement 93, MNLE 93, Val d’Oise Environnement — et a reçu le soutien du FNE Île-de-France. Voir ici leur site internet.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 14:05

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

« Coucou Jean-François Copé ! Ça se gave bien, en haut lieu, ça se gave bien »

 

 

 

Ce matin, sur Facebook, un post de Baptiste Beaulieu, médecin généraliste et romancier, tourne beaucoup.

C’est un court récit écrit l’été dernier et passé inaperçu à l’époque. Le compte-rendu d’une consultation difficile – le patient a 80 ans et n’a pas d’argent pour soigner dignement sa femme malade.

Après avoir entendu Jean-François Copé, ce lundi matin, sur Europe 1, Baptiste Beaulieu a « trouvé qu’il y avait un contraste terrible entre la précarité de cette consultation et ce que j’ai entendu à la radio. Cela m’a mis en colère et j’ai eu envie de remanier ce texte. »

 

« Je me sens indigne »

Ce matin, avant de nous parler au téléphone, le médecin regardait une vidéo de Jean-François Copé parlant ainsi des manifestants de Nuit debout  :

« Ils sont complètement déconnectés de la réalité. »

Posté il y a 15 heures, le post a été partagé plus de 20 400 fois au moment où nous publions. Le voici, en intégralité, reproduit avec l’accord de Baptiste Beaulieu.

« Coucou Jean-François Copé, l’homme qui pensait qu’un pain au chocolat coûte 15 centimes ! Coucou ! Je m’appelle Baptiste, je suis médecin généraliste et, l’été dernier, j’ai vu en consultation un vieil homme. Il ne payait pas de mine. 80 ans bien tassés. Il vient pour un renouvellement, trois fois rien. On parle un peu lui et moi. HAD, FNASS, SSID, bla-bla-bla, on se perd dans les acronymes.

En gros, il s’occupe de son épouse en fin de vie. 40 ans de vie commune. Ils touchent une petite retraite, tous les deux. C’est trop pour la CMU, pas assez pour offrir un cadeau à leur petit-fils à Noël. Il me dit ça en triturant un trou dans sa veste. Il touchait une aide spéciale pour les changes de son épouse, mais le gouvernement l’a supprimée. Alors il se débrouille : il met des chiffons dans la culotte, qu’il nettoie ensuite.<< Mais ce n’est pas efficace comme des vraies couches. C’est ma femme, et lui faire “ ça ” avec “ ça ”, c’est pas bien, non, c’est pas bien. >> qu’il dit en secouant la tête.

Cela dure un 1/4 de seconde, mais je le vois, moi : le regard du vieux se trouble. IL SE TROUBLE. Je l’entends murmurer :

<< Je me sens indigne. >>

[…]

Finalement, ce patient s’en va. Le suivant me pose un lapin. 15 minutes de rab’. Je surfe sur le Net en attendant. Tombe sur des articles qui parlent voyage ministériel à 14 000 euros pour un “ match de foot à Berlin ” (coucou Manuel Valls), note de taxi à 400 000 euros pour une responsable culturelle (coucou Agnès Saal). Ça se gave bien, en haut lieu, ça se gave bien. Et la voix du vieux revient, elle résonne entre les quatre murs du cabinet, elle chevrote.

<< Je me sens indigne. >>

J’ai comme un haut le cœur tout à coup et je m’entends penser : “ Putain de merde, Baptiste, on vit quand même dans un monde sacrément violent. ”

Chaque jour passe et, chaque jour, je vieillis dans ma tête. Si vous saviez comme je suis en colère et comme je suis vieux… Parfois, j’ai comme des envies de casser le monde. J’espère que j’arriverai à toujours vous raconter des histoires drôles. Des histoires sans violence, des histoires sans colère.

Et sans “ vieillards indignes ”.

Baptiste »

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 13:51

                                                    

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Tweet du jour

Photo virale du jour : des mini-pains au chocolat pour Copé

 

 

 

Ce tweet s’est mis à tourner ce mercredi matin. On y voit le « petit pain au chocolat de monsieur Copé ». Des viennoiseries minuscules. C’est vraiment trop mignon, en plus d’être drôle. La recette gagnante pour la viralité, le tweet a été partagé plus de 2 000 fois.

L'humour de mon amie Virginie, directrice de La boulangerie à Boulogne.

 

On n’est pas surpris. La bourde du pain au chocolat – Jean-François Copé a estimé, lundi matin, qu’un pain au chocolat coûtait 10 à 15 centimes d’euro – inspire les réseaux sociaux. Ce mardi, on vous a parlé de Baptiste Beaulieu et de son récit de consultation devenu viral.

La boulangerie des petits pains au chocolat se trouve à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Joint au téléphone, Stéphane Moa, son propriétaire assure qu’il ne voulait pas faire le buzz. Ça lui est tombé dessus. Il raconte aussi avoir passé sa matinée au téléphone :

« J’ai été interviewé par une vingtaine de journalistes. »

(Là, c’est le moment où se sent bien cons de l’avoir appelé.)

C’est l’une de ses salariées, Virginie Allan Gaurin, responsable du magasin, qui a eu l’idée de cette petite farce.

 

Divisé par 7,33

Les clients n’arrêtaient pas de lui demander où était le petit pain au chocolat de Jean-François Copé.

« Pour arriver à ce résultat, on a fait un coefficient. Il fallait diviser un pain au chocolat en 7,33 pour arriver au tarif dont parle M. Copé.

Bon, on a divisé par huit hein. Mais si on devait avoir un pain au chocolat à 15 centimes, voilà ce qu’on aurait. Ça m’a fait rire. »

Stéphane Moa se défend d’être un gauchiste. Il dit même avoir du respect pour Copé. Un homme politique qui « a sûrement des choses à [m]’apprendre ».

« Mais je me suis juste dit “tiens encore un homme politique déconnecté de la réalité !” »

Pour info : les petites bouchées d’humour n’ont pas été vendues mais données. Il en reste encore un tout petit peu. Pas le choix, un photographe du Parisien vient prendre une photo cet après-midi

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 12:56

 

Source : https://www.dailymotion.com/video/x4z4mqq_valls-dans-l-arene-le-billet-de-nicole-ferroni_fun

 

 

Valls dans l'arène - Le billet de Nicole Ferroni

France Inter

Date de publication : 26/10/2016

 

Dans le cas d'une année 2017 qui tournerait au vinaigre pour Manuel Valls une reconversion dans la tauromachie. Elle trouve en effet que le premier ministre maîtrise l'art de planter les banderilles.

Le billet d'humeur de Nicole Ferroni dans le 7/9, l’invité était Manuel Valls (8h55 - 26 Octobre 2016)
Retrouvez tous les billets de Nicole Ferroni sur www.franceinter.fr

 

 

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 15:33

 

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr

 

 

Haute-Loire: une ascension pour soutenir l'accueil de réfugiés en Auvergne

 

Plus de 1 500 personnes ont défilé au sommet du mont Mézenc (Haute-Loire) pour soutenir l'accueil de réfugiés dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. L'opération est une réponse au président de région Laurent Wauquiez, qui souhaite mener une fronde contre cet accueil imposé par Beauvau.

 

  • Par Valentin Pasquier
  • Publié le , mis à jour le

 

Un message pour le président de la région

Une fois au sommet, les militants ont déployé une banderole. Un pied de nez au président de la région Laurent Wauquiez, qui depuis plusieurs années inaugure sa rentrée politique par cette ascension, avec ses partisans.

Une fois au sommet, les militants ont déployé une banderole. Un pied de nez au président de la région Laurent Wauquiez, qui depuis plusieurs années inaugure sa rentrée politique par cette ascension, avec ses partisans. © Virginie Cooke

Entre 1500 et 2 000 personnes ont gravi le Mont Mézenc pour soutenir l&amp;#039;accueil de réfugiés en Auvergne-Rhône-Alpes. © Virginie Cooke Familles, personnes âgées, religieuses, de tous bords politiques... Malgré la pluie et le brouillard, ils étaient plus de 1 500 à répondre à l&amp;#039;appel du collectif Nuit debout de Haute-Loire, contre 500 personnes attendues. © Virginie Cooke

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils ont bravé le vent, la pluie et le brouillard. Entre 1 500 et 2 000 personnes ont réalisé l'ascension du Mont Mézenc, à la limite de la Haute-Loire et de l'Ardèche. Ces randonneurs partagent une conviction: la région Auvergne-Rhône-Alpes est capable d'accueillir les réfugiés. Ils s'accordent avec le ministère de l'Intérieur, qui a pris la décision de répartir, par régions, les migrants de la Jungle de Calais qui est actuellement en cours de démantèlement.

 

Marche de soutien aux réfugiés au Mont Mézenc

 

Ils étaient près de 2000 manifestants à grimper aujourd'hui le mont Mézenc afin d'exprimer leur soutien aux migrants. Cet appel de bienvenu aux réfugiés a été lancé par les collectifs Nuit de bout de la région Auvergne-Rhône-Alpes suite aux propos tenus par Laurent Wauquiez qui a dit reguser d'accueilllir des réfugiés en provenance de calais dans la région. Un appel très suivi.  -  France 3 Auvergne  -  Reportage: Virginie Cooke et Héléne Goutany



Cette décision de Beauvau, le président de la nouvelle région Laurent Wauquiez y est fermement opposé. « Le gouvernement n’est pas en train de démanteler Calais, a-t-il déclaré au micro de RTL le 14 septembre 2016. On ne résout pas Calais, on va multiplier des Calais partout en France ». Des propos réitérés devant les caméras de France 3 Rhône-Alpes, auxquels il ajoute qu'il apportera une aide aux maires frondeurs de sa région qui ne désirent pas accueillir de réfugiés sur leur commune.

 

S'approprier le mont Mézenc

Pour les militants pro-accueil, le lieu de la manifestation était tout trouvé. S'approprier le mont Mézenc est un pied de nez en direction du président par intérim des Républicains. Car Laurent Wauquiez a pour habitude, depuis ces dernières années, de débuter sa rentrée politique par une ascension symbolique du relief, en compagnie de ses partisans.

La marche était organisée à l'initiative des collectifs Nuit debout de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui envisageaient réunir 500 personnes. Finalement, trois fois plus de militants se sont retrouvés en altitude. Parmi eux, familles, personnes âgées, religieuses et militants politiques.

L'honneur de la Région était au Mezenc malgré la pluie

 

Partis à 11h des Estables, les manifestants ont déployé une banderole à leur arrivée au sommet. Ils souhaitent rétablir l'honneur de la région, dans une zone, le plateau Vivaret-Lignon, qui fut une terre de salut pour de nombreux réfugiés juifs et non-juifs persécutés pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour cet acte de solidarité, les habitants des communes voisines, comme Ie Chambon-sur-Lignon, avaient reçu le titre de « Justes parmi les nations ».

 

 

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr

 

 

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 20:45

 

Source : http://www.lalibre.be

 

CETA: 8.000 manifestants à Amsterdam déclarent leur soutien à la Wallonie (VIDEO)

 

AFP Publié le - Mis à jour le

 

 

 

International

Quelque 6.000 manifestants à Amsterdam ont déclaré leur soutien samedi à la Wallonie, qui est pour l'instant opposée au Ceta et bloque la signature de ce traité de libre-échange entre l'UE et le Canada, ont indiqué les organisateurs.

Cette manifestation a lieu alors que le Canada a exhorté samedi l'UE "à finir son job" sur le Ceta, au lendemain de l'échec des négociations entre la région belge de Wallonie, hostile à l'accord en l'état, et Ottawa, "très déçu" des atermoiements européens.

"Les Wallons ont mené un bon débat de fond et ont, tout comme nous, décidé que cet accord n'était pas encore assez bon. Nous sommes reconnaissants envers les Wallons. Via leur résistance, nous pouvons continuer à plaider aussi aux Pays-Bas pour un commerce véritablement honnête et durable", a déclaré Jurjen van den Bergh, coordinateur de la coalition TTIPAlarm, cité dans un communiqué.

Rassemblés sur la Museumplein, vaste place où se trouve le célèbre Rijksmuseum, "des agriculteurs, entrepreneurs, membres de syndicats, jeunes, consommateurs, scientifiques, juristes et militants pour le climat et les animaux de tout le pays" ont dénoncé le Ceta, le TTIP, traité transatlantique entre les Etats-Unis et l'UE, et l'Accord sur le commerce des services (ACS ou TiSA en anglais), a précisé le communiqué.

Organisateur de l'événement, TTIPAlarm rassemble notamment la centrale syndicale néerlandaise FNV, l'ONG Greenpeace, le centre de recherches Transnational Institute ainsi que l'association de défense des droits des consommateurs néerlandais Consumentenbond.

Après les discours de ces organisations, les manifestants ont défilé dans la ville, arborant les slogans "Notre monde n'est pas à vendre", "Notre avenir n'est pas une marchandise" et "Arrêtez les mauvais traités commerciaux", d'après les images diffusées sur les réseaux sociaux.

"Le gouvernement néerlandais et la Commission européenne placent les intérêts des multinationales au-dessus de ceux des citoyens et de la société et c'est inacceptable! Ces accords sont une menace pour notre Etat de droit, notre santé publique et notre environnement", a expliqué M. Van den Bergh.

"S'ils sont signés une fois, nous en sortirons difficilement. Nous pouvons encore les arrêter, mais cela doit être maintenant", a-t-il ajouté.

 

 

Source : http://www.lalibre.be

 

 

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 19:36

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

Procès des Goodyear à Amiens : « la relaxe est possible » et la lutte paie

 

Publié le 20 octobre 2016

 

 

 

Plusieurs milliers de personnes avaient fait le déplacement ce mercredi 19 octobre pour soutenir les 8 ex-salariés de Goodyear lors de leur audience en appel au tribunal d’Amiens. La peine encourue, jusqu’à 9 mois fermes et 24 mois au total. Sa signification en termes de criminalisation de la lutte pour la défense des emplois et contre les licenciements, a fait écho auprès de milliers de travailleurs qui vivent sous le joug d’une répression patronale qui n’a fait que s’accentuer ces dernières années. Premier signe de recul : le parquet a requis une peine de 24 mois de sursis, un curseur qui se situe au-dessous des peines encourues actuellement. Mais le chemin pour la relaxe est encore long. Le compte-rendu du jugement est prévu pour le 11 janvier 2017 prochain, une nouvelle manière pour la justice de laisser en suspens l’épée de Damoclès et d’attendre que la colère remontée aujourd’hui à Amiens passe son tour.

Yano Lesage

C’est toute l’avant-garde ouvrière qui a occupé le devant de la scène lors des luttes des dernières années (Xavier Mathieu des Contis), mais aussi celle qui a émergé lors des derniers mois de mobilisation contre la loi Travail (des dockers du Havre aux raffineurs de Total) et celle des luttes actuelles (les employés en grève depuis 3 semaines de Babou Bagnolet, les hospitaliers de Rouen, les travailleurs de PSA-Mulhouse), qui se sont données un véritable rendez-vous de lutte à Amiens. Après un court rassemblement dans le parc de Saint-Pierre et un cortège accompagnant les Goodyear jusqu’au tribunal d’Amiens, la journée s’est déroulée au rythme des interventions politiques et syndicales et des concerts (Jolie Môme), le tout animé par le célèbre journaliste Daniel Mermet, bien connu pour son émission Là-bas si j’y suis, dernièrement éjectée de l’antenne du service public France Inter.

Mickaël Wamen, lors de la suspension de séance de midi, l’a rappelé : « organiser ce rassemblement n’a pas été une chose facile ». De Marseille à Lille, les Goodyear ont, depuis plus d’un an maintenant, monté avec détermination et ténacité des collectifs de soutien, appelés à la base un peu partout en France et qui ont permis de faire de cette journée un succès.

Il n’a pas non plus manqué d’interpeller les directions syndicales, et en premier lieu la sienne, la CGT, en appelant à « bousculer les structures », à faire bouger les lignes qui ont voulu enfermer la mobilisation contre la loi travail dans un baroud d’honneur final le 15 septembre dernier et à se remettre dans la rue pour inverser la tendance face à un gouvernement et un patronat qui souhaitent, plus que jamais, prendre des mesures exemplaires pour faire plier la contestation sociale. « Il ne faut rien attendre des élections de 2017 », a-t-il conclu.

« Pour les politiques, il y aurait deux problèmes : les immigrés et les réfugiés ; et la CGT », a rappelé Philippe Martinez, secrétaire générale de la CGT, qui a fortement dénoncé la criminalisation à laquelle a fait face sa Confédération et le mouvement social. Même si toutes les forces de la Confédération n’ont pas été mises au profit du succès de l’événement, largement porté par le militantisme des fractions les plus combatives, Martinez a apporté son soutien à la lutte des Goodyear et dénoncé le fait que ce soit, dans cette affaire, non plus la direction de Goodyear qui porte plainte, mais bien le ministère public. Ce dernier n’a pas pour autant relayé l’appel de Mickaël Wamen à une nouvelle date de mobilisation qui aille au-delà des deux jours prévus à Amiens et qui pose les perspectives concrètes de luttes contre la répression syndicale dans les mois à venir.

Pour la première fois, dans ce type de rassemblement essentiellement composé des secteurs salariés, la parole a été donnée à des collectifs dénonçant les violences policières. Et pourtant, « comment ne pas voir que les violences racistes de la police complètent les violences à l’intérieur des entreprises et servent à nous faire baisser la tête et à nous empêcher de résister ensemble ?! », a questionné Guillaume Vadot, enseignant agressé à Saint-Denis le mois dernier. Ni, comme l’a souligné Amal Bentounsi, que « le processus est le même dans la criminalisation des victimes » qu’il s’agisse des salariés d’Air France, des Goodyear ou « d’Amine Bentounsi, [son] frère, tué d’une balle dans le dos, […] de Wissam El-Yamni, tabassé à mort par 26 policiers, […] d’Abdoulaye Camara, tué par balles par des policiers [et plus récemment] d’Adama Traoré… ». « Les quartiers ont servi de laboratoire » à la répression policière avant la loi travail.

La lutte paie et la mobilisation peut faire reculer la justice et le gouvernement. La preuve, alors que la peine encourue au dernier procès était la prison ferme, le parquet a requis ce 19 octobre 24 mois de sursis. Un recul, certes, mais qui reste limité. D’autant que le rendu du jugement est reporté pour le 11 janvier prochain, une manière de jouer la montre pour étouffer la mobilisation naissante. Une manière également de nous faire comprendre que, jusqu’à la victoire, il ne faut rien lâcher et continuer la mobilisation pour les Goodyear et contre la loi Travail en posant dès maintenant une prochaine échéance de mobilisation qui puisse faire advenir la convergence entre les luttes contre les violences policières envers les populations les plus précarisées, et son pendant, celles commises contre les salariés qui refusent d’y succomber.

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 21:39

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=eACvMGVfe9w&feature=youtu.be

 

 

Messages de solidarité d'Argentine pour les 8 de Goodyear

 

 

Messages de solidarité d'Argentine pour les 8 de Goodyear par Révolution Permanente

 

 

Ajoutée le 19 oct. 2016

-Raul Godoy, ouvrier de Zanon sous contrôle ouvrier et député du FIT sur la province de Neuquen
-Travailleurs du syndicat du pneumatique de la province de Buenos Aires, Argentine
-Juan Gonzalez, travailleur de Printpack, industrie graphique, Buenos Aires, Argentine

 

 

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Source : https://www.youtube.com/watch?v=MfhiwjFxGr0&feature=youtu.be

 

 

A Amiens par milliers pour la relaxe des Goodyear

 

 

 

 

Ajoutée le 19 oct. 2016

La France qui se lève tôt s’était donné rendez vous à Amiens ce mercredi 19 octobre pour manifester son soutien aux huit anciens salariés de Goodyear, rejugés en appel, après leur condamnation en janvier de cette année, à 24 mois de prison dont neuf ferme. Dès 8h, au parc Saint Pierre, l'ancien représentant CGT de Goodyear Mickaël Wamen, a pris la parole ainsi que son avocat avant de se rendre escorté par la foule au palais de justice. Venus de toutes les régions et même des pays voisins, syndicalistes, représentants politiques, artistes ou simples citoyens, tous avaient voulu faire de cet évènement un temps fort de la lutte contre la répression anti syndicale, la justice de classe et la violence du capitalisme financier. Même avant l'énoncé du jugement, l’ampleur de la mobilisation avait un gout de victoire.

 

 

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Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Deux ans de prison avec sursis requis contre les anciens salariés de Goodyear

 

Huit anciens salariés de Goodyear, dont cinq délégués CGT, ont comparu en appel mercredi pour « séquestration et violences en réunion ». Le délibéré sera rendu le 11 janvier.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 


Six des huit prévenus, mercredi 19 octobre, devant la cour d’appel d’Amiens.Couverture

 

Condamnés pour séquestration à deux ans de prison, dont neuf mois ferme, en première instance en janvier, huit anciens salariés de Goodyear Amiens-Nord ont comparu mercredi 19 octobre devant la cour d’appel d’Amiens (Somme). A l’issue de la journée d’audience, l’avocat général, Dominique Tailhardat, a requis deux ans de prison avec sursis pour les anciens ouvriers. L’avocat de la défense, Fiodor Rilov, a demandé de son côté « la relaxe », après deux heures de plaidoirie, pour les huit ex-Goodyear.

Les prévenus, dont cinq sont des délégués de la CGT, étaient poursuivis pour « séquestration et violences en réunion » après avoir retenu pendant plus de trente heures deux cadres de l’entreprise, les 6 et 7 janvier 2014. Une ultime action intervenue à l’époque après sept années de lutte contre la fermeture de l’usine, actée deux semaines plus tard.

La condamnation des protagonistes, deux ans plus tard, à de la prison ferme avait été perçue comme un coup de tonnerre dans le milieu syndical et politique. C’était en effet une première en France contre des syndicalistes. D’autant plus que les deux cadres séquestrés – Bernard Glesser, directeur des ressources humaines, et Michel Dheilly, directeur de production – ainsi que Goodyear avaient retiré leur plainte dans le cadre de l’accord de fin de conflit signé le 21 janvier 2014. Mais le parquet a décidé de poursuivre l’affaire.

 

Lire aussi :   L’entretien de décryptage avec un avocat en droit social après la condamnation en première instance

 

Les prévenus se sont donc retrouvés devant la cour d’appel d’Amiens, mercredi matin, soutenus par plusieurs milliers de personnes (10 000 selon la CGT et 5 000 selon la préfecture), parmi lesquelles de nombreuses personnalités politiques, dont les candidats à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon et Nathalie Arthaud, ou encore Olivier Besancenot. Ils dénoncent un procès de la « répression syndicale ».

 

« Les pires heures de ma vie »

Mercredi, les anciens salariés ont été interrogés à nouveau sur le déroulement de la journée du 6 janvier 2014. Ce matin-là, deux délégués syndicaux, Reynald Jurek et Mickaël Wamen, le chef de file médiatique des salariés, devaient retrouver à 10 heures M. Dheilly pour connaître la réponse du groupe à leur demande de rouvrir les négociations sur les conditions de départ dans le cadre de la fermeture de l’usine.

« Mais quand on est montés, la secrétaire nous a dit que MM. Dheilly et Glesser étaient en bas, dans la salle de réunion avec les salariés, affirme M. Jurek. Mais ce n’est pas ce qui était prévu, c’est étonnant… »

« Comment une direction, qui est la seule à pouvoir ouvrir la salle, permet aux salariés d’y entrer ?, questionne Michaël Wamen, qui ne comprend pas que la direction n’ait pas été plus prudente. Près de cent personnes étaient présentes dans cette salle. L’ambiance était déjà très tendue. »

 

Entre 5 000 et 10 000 personnes se sont rassemblées à Amiens pour soutenir les anciens salariés de Goodyear.

Couverture

Rapidement, une des portes de sortie est bloquée par un pneu. La tension monte. « Quand les cadres ont annoncé qu’il n’y aurait pas de réouverture des négociations, les gens étaient en colère. Ils étaient en train de perdre leur emploi quand même », poursuit M. Jurek, tandis qu’au même moment les militants CGT continuent à chanter leur slogan, devant le tribunal. « Le climat était anxiogène », rappelle un autre prévenu, Mickaël Mallet, à la barre.

« On peut être en colère, mais il y a la manière de la manifester », rétorque alors le président de la cour d’appel, René Grouman. Mais la plupart des prévenus l’assurent, ils n’étaient pas forcément d’accord avec cette action. Selon eux, ils auraient alors tenté d’apaiser la situation. « Mon intégrité physique aurait été mise à mal si j’avais tenté de m’y opposer, fait savoir M. Mallet, également délégué CGT. Il y aurait eu du grabuge. »

« J’ai passé les pires heures de ma vie, se souvient de son côté Mickaël Wamen. J’ai dit aux salariés : Vous êtes cinglés, vous allez finir en taule.” Je ne pensais pas que c’est moi qui y finirais. »

 

« Je n’ai rien entravé du tout »

Tous contestent ainsi avoir joué un rôle actif dans cette séquestration de plus d’une trentaine d’heures. Leur seul tort selon eux : ne pas avoir réussi à arrêter les autres salariés avant que ça dégénère. « Qu’ils se soient sentis retenus, peut-être… Je suis ici, mais à aucun moment je n’ai entravé leur liberté de se lever ou de partir. Pour moi, je n’ai rien entravé du tout », assure M. Jurek. Un autre prévenu, Jean-François Quandalle, est ensuite revenu sur une scène qui s’est déroulée ce 6 janvier.

«  M. Dheilly était en train de fumer dehors. Je le rejoins. Et là, trois ou quatre personnes sont arrivées, l’ont attrapé par le col. Je me suis interposé, je l’ai ramené à l’intérieur. Je ne sais pas ce qu’ils lui auraient fait. Mais je n’ai pas pris le risque de les laisser tout seuls avec lui. Et selon moi, M. Dheilly pouvait identifier ces personnes. »

Mais l’avocat général, Dominique Tailhardat, est revenu dans son réquisitoire sur les arguments des anciens de Goodyear : « Dire : “Je ne comprends pas pourquoi je suis là” n’a aucun sens. Tous ceux qui ont adhéré et qui ont participé activement doivent être poursuivis chaque fois qu’ils ont été identifiés. »

Mais pour les prévenus, la raison de leur présence dans cette salle d’audience est simple : leur appartenance à la CGT. Ils soulignent que peu de personnes ont été poursuivies dans cette affaire. Un des prévenus, Hassan Boukri, s’exprime : « Je n’ai rien fait de mal. Et puis les deux cadres connaissaient tout le monde dans la salle. Pourquoi les responsables de cette action ne sont pas ici ? Et pourquoi je suis là ? Moi j’ai l’étiquette de la CGT… »

 

« Cette séquestration a été programmée »

M. Mallet affirme même ensuite qu’un salarié, dont il ne veut pas donner le nom, s’est présenté « avec un couteau dans la salle. Les huissiers, les forces de l’ordre l’ont vu, mais pourquoi il n’est pas ici ? Tout le monde n’est pas au courant de tout, j’ai l’impression ».

Mais pour l’avocat général, M. Tailhardat :

« Cette séquestration a été programmée, ce n’est pas un mouvement qui arrive d’un seul coup. Dès le départ on sait que la décision de retenir ces personnes, de séquestrer ces gens-là avait été prise. Cette séquestration a même été revendiquée devant les chaînes de télévision qui ont été appelées pour l’occasion. Et si on accepte les séquestrations, on tue le dialogue social. »

« Mais je préfère oublier les peines de prison ferme car ils ont quasiment tous un casier vierge », a-t-il affirmé pour justifier ses réquisitions. Délibéré rendu le 11 janvier.

Suivez les tweets de notre journaliste Jérémie Lamothe sur place :

 

Jérémie Lamothe ((envoyé spécial à Amiens))
Journaliste au Monde
 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 15:42

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

A La Haye, la société civile juge Monsanto pour «écocide»

17 octobre 2016 | Par Ludovic Lamant
 
 
 

Trente témoins venus d’Argentine, du Sri Lanka ou de France ont défilé pendant deux jours à La Haye devant des juges professionnels chargés d’une mission inédite : juger les « crimes » de Monsanto, le champion des OGM. Aucun verdict à attendre. Mais les promoteurs de l’initiative espèrent imposer un concept juridique, celui d’« écocide ». Reportage dans l’ébullition de ce vrai-faux tribunal, en l’absence de l’accusé.

La Haye (Pays-Bas), envoyé spécial.- Deux mères en colère ont pris la parole en premier. L’une est française, l’autre argentine. Elles ne se connaissaient pas avant de se trouver réunies pour témoigner. « C’est un honneur pour moi d’ouvrir la longue liste des victimes de Monsanto », prévient Sabine Grataloup. Elle distribue aux juges, assis face à elle, des photographies de son fils, né il y a neuf ans avec plusieurs malformations. Il souffre d’une atrésie de l’œsophage. Il respire aujourd’hui grâce à une trachéotomie. Il subira sa cinquante et unième opération jeudi prochain. « C’est une somme énorme de souffrances et de risques vitaux pour lui, parce qu’une trachéotomie peut toujours se boucher à n’importe quel instant », explique-t-elle.

Sabine Grataloup est propriétaire d’une carrière d’équitation. Chaque été à la même époque, elle y passait un désherbant à base de glyphosate, commercialisé par Monsanto. Elle l’a fait aussi l’année où elle était enceinte, de trois ou quatre semaines à peine, sans prendre de précautions particulières. Elle ne savait pas encore, à l’époque, qu’elle attendait un enfant. Or, assure-t-elle, « c’est à ce moment-là que l’œsophage et la trachée se forment chez le fœtus ». Elle parle vite, de manière précise. Il est à peine 9 heures du matin, ce samedi 15 octobre à La Haye, et les 250 personnes assises dans le public l’écoutent scrupuleusement. « Ce faisceau de coïncidences m’a troublée. (…) Nous sommes en face d’une épidémie de malformations, induites par l’homme », conclut-elle.

 

Ouverture du procès samedi 15 octobre 2016 à La Haye. © Tribunal Monsanto. G. De Crop.
 
 
 
 
 
Ouverture du procès samedi 15 octobre 2016 à La Haye. © Tribunal Monsanto. G. De Crop.
 

Au tour de María Liz Robledo de prendre la parole. Cette trentenaire a fait un long voyage depuis la localité de Baigorria (1 900 habitants), dans le nord-ouest populaire de la province du Grand Buenos Aires, pour venir témoigner. Sa fille a été opérée, pendant six heures, dès le jour de sa naissance, en avril 2013. La situation s’améliore, mais elle continue de souffrir de maladies respiratoires qui l’empêchent de mener une vie normale. María Liz Robledo a vécu l’essentiel de sa vie dans une maison voisine d’un terrain vague, où l’on stockait des bidons de pesticides. Elle se souvient aussi des passages du « mosquito » (le moustique), surnom donné par les habitants du coin à l’avion qui arrose les champs de pesticides. « Dans mon village, un autre enfant est né avec la même malformation », assure l’Argentine. Elle dénonce « la manipulation de l’information sur Monsanto, qui fait que tout le monde regarde ailleurs ». Elle veut « capitaliser sur sa souffrance, pour faire que d’autres gens prennent conscience de l’ampleur du problème ».

Cinq juges écoutent, casques de traduction vissés sur les oreilles, les récits poignants de ces deux femmes. La présidente du tribunal, la Belge Françoise Tulkens, a été juge à la Cour européenne des droits de l’homme pendant plus de dix ans. À ses côtés siègent une Argentine, une Sénégalaise, un Mexicain et un Canadien. Ces magistrats ont accepté de se prêter à un exercice inédit, qui pourrait marquer l’histoire du droit international : juger une multinationale, l’américaine Monsanto, championne des OGM à travers le monde. Le chimiste de Saint-Louis, dans le Missouri, dont le rachat par le groupe pharmaceutique allemand Bayer vient d’être annoncé, a-t-il violé les droits à la santé, à l’alimentation, ou à un environnement durable ? Et si oui, comment l’établir ?

A l'entrée du tribunal dimanche : « Monsanto - Bayer, coupables d'écocide » © LL. A l'entrée du tribunal dimanche : « Monsanto - Bayer, coupables d'écocide » © LL.
 
 
 

Les magistrats sont censés s’appuyer sur deux corpus juridiques : les principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, adoptés en 2011, et le statut de Rome, sur lequel se fonde la Cour pénale internationale (CPI). Pendant deux jours, jusqu’au dimanche soir, trente témoins et experts (avocats, médecins, scientifiques) ont défilé, venus des cinq continents et brossant un portrait glaçant des dégâts causés par Monsanto sur les hommes, les sols, les animaux et la biodiversité. Ces récits de vie ont aussi dressé l’inventaire des méthodes employées par Monsanto pour « contrôler et maintenir son hégémonie mondiale », selon l’expression de l’ingénieur agronome paraguayen Miguel Lovera, jusqu’à contrôler une partie de la production scientifique sur le sujet.

L’agricultrice américaine Christine Sheppard est venue raconter son calvaire. Elle a utilisé du Round Up, le pesticide de Monsanto, dans sa ferme de Hawaï, à partir de 1995. Un cancer particulièrement dangereux – un lymphome non hodgkinien – lui a été diagnostiqué en 2003. Elle est aujourd’hui en rémission, après de nombreuses séances de chimiothérapie et une greffe de moelle osseuse. Elle devrait être l’une des premières, aux États-Unis, à attaquer Monsanto en justice, persuadée du lien entre sa santé et son exposition à cet herbicide. « Monsanto sait bien que de nombreux procès l’attendent, ils ont déjà fait des provisions pour indemniser de futurs cas, en mettant quelque 250 millions d’euros de côté », a précisé son avocat, Timothy Litzenburg, dont le cabinet s'attend à voir surgir des milliers d'autres cas dans les années à venir.

Le médecin argentin Damian Verzeñassi, de son côté, a expliqué observer, dans les études quantitatives qu'il mène en Argentine, « un changement dans la manière dont les gens meurent dans certaines provinces du pays, parallèlement à la mise en place d’un modèle d’agrobusiness à base d’OGM ». C’est en 1996 que commencent à surgir de manière plus régulière des problèmes de santé jusqu’alors assez rares – certains types de cancer, des malformations de nouveau-nés, des fausses couches. « Monsanto a inondé la planète de ses produits, et le groupe l’a fait en sachant très bien ce qu’il était en train de faire », a-t-il lancé, faisant référence à une étude de l’EPA, l’agence américaine chargée d’enregistrer les pesticides, qui s’inquiétait dès 1985 des risques cancérigènes liés au glyphosate.

 

Paul François © LL. Paul François © LL.
 
 
 

L’agriculteur français Paul François a quant à lui rendu compte de son parcours du combattant, depuis qu’il a tenté d’attaquer Monsanto en justice. En nettoyant une cuve en 2004, il a inhalé les vapeurs du Lasso, un herbicide autrefois commercialisé par Monsanto (il a été interdit par la Commission européenne à partir de 2007). Il dut être hospitalisé sur-le-champ, après avoir perdu connaissance. C’est le début d’une longue série de pépins de santé, qui sont allés jusqu’à des « comas profonds ». Paul François a attaqué Monsanto en justice en 2006. Il a déjà englouti plus de 40 000 euros de frais pour financer cette procédure. Même s’il a remporté plusieurs batailles juridiques, Monsanto a toujours fait appel, sans jamais lui verser d’indemnisation jusqu’à présent. Le parcours judiciaire pourrait encore durer quelques années. « Ils espèrent qu’à un moment donné, je vais être épuisé, et que je ne pourrai plus me permettre ces sacrifices financiers », a expliqué Paul François, qui a fini par conclure à la barre : « Si vous osez vous mettre en travers de Monsanto, c’est une machine à broyer. »

 

« Donner corps au concept d’écocide »

Le paysan colombien Pedro Pablo Mutumbajoy, lui, s’est présenté aux juges comme une victime des épandages aériens du Round Up de Monsanto. Cette technique n’a été utilisée qu’en Colombie, à partir de l’an 2000 : elle devait permettre de détruire les cultures illicites de coca, dans le cadre d’un vaste plan de lutte contre la drogue, le « plan Colombie ». Ces opérations, voulues par Bogotá, et entièrement financées par les États-Unis, ont dopé le chiffre d'affaires de Monsanto et détruit de nombreux hectares de terres cultivées par la même occasion (ces épandages sont, depuis 2015, interdits). Plus de 17 000 plaintes ont été déposées par des paysans à travers le pays, espérant obtenir des indemnités. Mais très peu ont abouti. D’où la présence de Mutumbajoy à La Haye, avec l’espoir de faire avancer le dossier...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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