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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 17:02

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Impôts

« Rendez l’argent ! » : Apple épinglé pour ses pratiques d’évasion fiscale

 

par

 

 

 

Le 13 mars à 8h30, une trentaine de militants de l’association Attac ont recouvert en blanc la vitrine d’une boutique Apple Store, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris [1]. Cette action symbolique visait à opacifier les vitrines de la marque à la pomme pour dénoncer son opacité financière et ses pratiques d’évasion fiscale.

En septembre 2016, la Commission européenne a condamné Apple à reverser plus de 13 milliards d’euros à l’Irlande, pour compenser des impôts dûs et non versés entre 2003 et 2013. Elle pointait notamment le caractère « illégal » de deux rescrits fiscaux (ou rulings) accordés à Apple par l’Irlande en 1991 et en 2007. Ces accords secrets conclus entre administrations fiscales et multinationales – au centre du scandale Luxleaks dont la décision du procès en appel sera rendue le 15 mars – fixent à l’avance les conditions d’imposition de ces dernières, conditions généralement extrêmement avantageuses. En l’occurrence, les deux rescrits incriminés ont permis à Apple de faire baisser son taux réel d’imposition en Irlande à seulement 0,005 % de ses bénéfices en 2014 ! La Commission les a assimilés à des aides d’État déguisées (lire à ce sujet notre précédent article).

Pour Annick Coupé, secrétaire générale d’Attac, « cette amende de 13 milliards d’euros n’est que la partie visible de l’iceberg. En 2016, Apple détenait 215 milliards de dollars sur des comptes offshore. Des sommes colossales qui échappent à la fiscalité des pays dans lesquels la multinationale exerce réellement ses activités. » Pour lutter contre l’opacité financière, de nombreux organisations de la société civile réclament la mise en place d’un « reporting pays par pays » public, soit l’obligation pour des multinationales comme Apple de rendre publics la liste de leurs filiales dans tous les pays où elles sont implantées, avec le chiffre d’affaires, les profits et le nombre d’employés de chacune. Attac appelle à multiplier les actions « pour que les multinationales rendent l’argent qu’elles ont détourné depuis des années et qu’elles payent enfin leur juste part d’impôts dans les pays ou elles exercent réellement leurs activités ». Le manque à gagner pour l’État français du fait de l’évasion fiscale est évalué entre 60 à 80 milliards d’euros par an.

Photo : Twitter / Attac

 

Notes

[1Ils ont utilisé du blanc de Meudon, une poudre blanche à base de craie, lavable à l’eau.

 

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 17:18

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Souveraineté alimentaire

Après le départ de Monsanto, les paysans burkinabè veulent reconquérir leur autonomie semencière

 

 

par , Mien De Graeve, Wouter Elsen

 

 

 

 

Si Monsanto a décidé de quitter le Burkina Faso, les sociétés cotonnières maintiennent leur main-mise sur les semences de coton. Des milliers de producteurs de coton burkinabè entrent aujourd’hui en résistance pour reconquérir leur autonomie. Troisième et dernier volet de notre enquête.

Épisode 3, suite de notre série sur la filière du coton OGM au Burkina Faso (voir l’épisode précédent : De la Françafrique à la corruption : les dessous de la filière coton au Burkina Faso).

Les paysans burkinabè ne parlent pas tous négativement de Monsanto et du coton transgénique, mais tous regrettent le monopole des sociétés cotonnières et de l’Union des producteurs sur le business des semences. Les premiers résultats de la thèse du burkinabè Edouard Sanou concernant l’impact socio-économique du coton OGM sur la population agricole, confirme nos impressions [1] : la quasi-totalité des paysans disent n’avoir jamais été consultés ni informés sur l’introduction des OGM tout en déclarant avoir des expériences positives avec ces variétés. Le coton transgénique requiert moins de traitements de pesticides – deux aspersions sur les six nécessaires en conventionnel – et son rendement n’est pas inférieur au coton conventionnel (à lire également, le reportage de Basta ! en 2013 au Burkina Faso).

Pourtant, si rien ne change, les paysans devront continuer à travailler jour après jour sous un soleil de plomb, sans aucune emprise sur la semence. Même une fois Monsanto parti. Avec le maïs, le coton est en effet la seule culture de rente au Burkina Faso : elle permet aux paysans d’épargner pour payer l’école et les soins de santé. Un « luxe » auquel n’ont pas accès ceux qui pratiquent la seule agriculture dite « de subsistance ». « Avec l’argent du coton, je peux envoyer les seize enfants à ma charge à l’école », illustre Bazabo Bognana.

 

Les paysans obligés de racheter leurs propres graines

Face à des paysans « condamnés » à produire du coton, les entreprises cotonnières se sont appropriées tout un système de multiplication des semences. Traditionnellement, les paysans au Burkina Faso produisent et améliorent eux-mêmes leurs graines pour des cultures comme le maïs, les haricots, le sésame et le sorgho. Mais pour le coton c’est impossible. Les semences ne sont pourtant pas « terminator », c’est à dire impossibles à resemer. Mais les entreprises cotonnières abusent de l’impossibilité à séparer manuellement les graines de la fibre – toutes contenues dans la capsule de la plante – pour le faire elles-mêmes dans leurs usines d’égrenage. Elles commercialisent ensuite le coton sur le marché, et expédient une partie des graines vers des usines d’huile. Le reste est revendu aux agriculteurs comme semences.

« Ils reçoivent les meilleures semences issues de leur production, assure Georges Yameogo de la société burkinabè des fibres textiles (Sofitex). Le processus de la multiplication des semences est sûr et correct, garanti par l’Institut national d’expérimentation et de recherche agricole (INERA). » Mais la séparation industrielle de la fibre et de la graine donne lieu à beaucoup de corruption et d’abus. Certains paysans travaillant dans les usines de la Sofitex concluent un accord avec les chefs de l’usine et reçoivent gratuitement, à la fin de leur période de travail, des semences de bonne qualité.

De plus, contrairement à ce que dit Georges Yameogo, le cycle de reproduction de la semence ne recommence pas chaque année. « Si je reçois des semences de 1ère ou 2ème génération, j’ai de la chance : il y aura beaucoup de graines dans mon coton et le poids par hectare sera bon, détaille Mohamed Traore. Mais souvent je reçois des semences de 3ème, 4ème voire même 5ème génération. Ces semences produisent toujours de la fibre, mais presque plus de graines. Vu que la Sofitex paie mon coton au poids, je suis perdant puisque j’ai travaillé et investi autant que si j’avais eu des bonnes semences. »

Pour Mohamed Traore le coton est devenu le symbole de la lutte paysanne. Avec ses collègues et compagnons, il sensibilise les paysans aux abus de l’union des cotonculteurs et des sociétés cotonnières. © Wouter Elsen

Un paysan de Dédougou, qui souhaite rester anonyme, ajoute : « J’achète un sac de semences OGM à la Sofitex. Une fois les cultures prêtes, l’entreprise vient chercher mon coton et récupère jusqu’à 15 fois le nombre de graines que j’ai semées ! Il est faux de dire que la plupart des semences partent à l’huilerie après la deuxième multiplication. Je connais des gens à l’usine. Ils m’ont dit que les graines sont simplement revendues. » Les paysans se retrouvent obligés de racheter leurs propres semences à des prix excessifs !

La multiplication des semences est un business florissant pour les sociétés cotonnières. En principe, 28 % des recettes des semences OGM vont à Monsanto mais il n’y a pas beaucoup de contrôle. « C’est une question de confiance, souligne Georges Yameogo de Sofitex. On envoie des rapports à Monsanto. Ils peuvent venir faire des prélèvements dans les champs. » Ce que confirme l’ancien employé de Monsanto : « C’est une simple déclaration de leur part. La Sofitex fait ce qu’elle veut, il n’y a aucun contrôle. Des montants énormes partent dans les poches des responsables. »

 

« La réponse ne se trouve pas chez les bio-ingénieurs mais chez les paysans »

Pour que les paysans se réapproprient cette étape cruciale de la culture du coton, s’attaquer aux seules multinationales ou aux OGM ne suffit pas. Le débat sur les semences transgéniques ne relève pas tant d’une discussion technique ou scientifique que politique. « Pour l’instant, il y a peu de consensus entre agronomes sur la définition des "bonnes semences" , constate Lodewijk van Dycke, doctorant au centre des communications, nouvelles technologies et propriété intellectuelle à Leuven en Belgique. Les bonnes semences dépendent de beaucoup de facteurs : le sol, le climat, l’accès à d’autres technologies, la culture locale, l’enseignement, l’information. »

« Cela dépend également de quel objectif on souhaite atteindre avec ces semences. Voulons-nous produire davantage ? Voulons-nous plutôt des récoltes sûres ? Voulons-nous des cultures qui nourrissent davantage ? Voilà des questions politiques porteuses de valeurs. La réponse à ces questions ne se trouve pas chez les bio-ingénieurs. Elle ne se trouve pas non plus chez Monsanto ou d’autres entreprises parce qu’ils ne recherchent que leur propre intérêt commercial. La réponse se trouve chez les paysans. Nous devons aspirer vers une démocratie plus participative qui accorde de plein droit la parole aux paysans. Ce n’est que par la suite que l’on peut juger le rôle positif ou négatif de Monsanto et de Sofitex, des OGM et d’autres formes de biotechnologie. »

Seul un dialogue démocratique accru avec les paysans permettra de découvrir quelles semences conviennent dans quelles circonstances. Afin de susciter ce dialogue, ce ne sont pas seulement les entreprises et les politiques, mais aussi les chercheurs et ONG qui doivent être associés au débat sur les biotechnologies agricoles. Il est indispensable d’investir dans la formation des paysans, et de pouvoir renforcer leur prises de participations dans les entreprises qui gèrent les semences. L’expérience négative avec les OGM au Burkina Faso a également fait réfléchir l’ancien employé de Monsanto, qui s’oppose à la ligne officielle de l’entreprise : « Ce n’est pas la biotechnologie qui va résoudre la faim dans le monde, c’est le fait de mettre cette technologie à la disposition des agriculteurs, le fait d’avoir un système agricole qui puisse absorber cette technologie. »

 

Le début d’une lutte paysanne pour se réapproprier leur filière

Les cultivateurs de coton, en réflexion depuis plusieurs mois, sont désormais prêts à se lancer dans la lutte. Soutenus par des structures telles que l’organisation pour la démocratie et la jeunesse (ODJ) ou la coalition contre la vie chère (CCVC), ils arpentent le pays à la rencontre des paysans : « On se réunit tôt le matin, chacun cotise pour le carburant des motos et on visite cinq à six villages par jour, témoigne Mohamed Traore. On parle et on écoute les paysans. »

Les carnets de revendication adressés à l’Union des producteurs et à la Sofitex les aident à élargir la mobilisation : ils exigent que le prix du coton couvre au moins leurs investissements. Ils réclament également des audits des entreprises cotonnières et de l’Union, et veulent l’implication des paysans dans le cycle du coton depuis la semence jusqu’au produit commercial. La combativité de Mohamed et de ses compagnons est contagieuse. Le groupe grandit rapidement et l’indignation est forte. Ce qui est important est que leur vision dépasse leur propre champ de coton. « La meilleure solution, dit Mohamed Traore, c’est de produire notre coton ici, d’égrainer ici et de tisser notre coton ici. Le combat a commencé partout. »

Mien De Graeve, Wouter Elsen, Abdul Razac Napon

Traduction du néerlandais : Jos Mestdagh

Photo de Une : Afin de préserver la qualité et la couleur du coton, celui-ci doit être bien sec. Les femmes qui font la récolte secouent régulièrement le coton afin qu’il puisse bien sécher. © Wouter Elsen

 

- Premier épisode : Comment le coton OGM de Monsanto s’est transformé en fléau pour les paysans du Burkina Faso

 

 

- Deuxième épisode : De la Françafrique à la corruption : les dessous de la filière coton au Burkina Faso

 

 

Cette enquête a pu être réalisée grâce au soutien de Journalismfund (Flanders Connecting Continents). Les auteurs remercient chaleureusement les deux jeunes chercheurs, Edouard Idrissa Sanou et Lodewijk van Dycke, pour leurs points de vue précieux et innovants ainsi que pour leurs conseils scientifiques. L’article a été publié initialement en néerlandais sur le site www.mo.be.

 

Notes

[1Thèse réalisée à l’International Plant Biotechnology Outreach/Université de Gand, Belgique

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:19

 

 

Source : http://www.amisdelaterre.org

 

 

BNP Paribas mise sur le banc des accusés à Paris

 

Paris, le 9 mars 2017 – Ce matin, 33 Faucheurs de Chaises des Amis de la Terre et d’ANV-COP21 ont organisé une action dans une agence BNP Paribas du 19e arrondissement de Paris. Les militants dénoncent le rôle de la banque dans l’évasion fiscale, le financement des énergies fossiles et d’entreprises responsables de violation des droits humains. Ils se mobilisent en vue du procès du Président des Amis de la Terre Florent Compain le 11 avril.

A 9 heures, 33 militants ont mené une action non-violente sous forme d’un « Mannequin challenge » [1] dans une agence BNP Paribas du 19e arrondissement de Paris. C’est sous les yeux des clients et du personnel de la banque que les militants se sont figés tout en portant des panneaux symbolisant les différents chefs d’accusation à l’encontre de BNP Paribas : « évasion fiscale », « crimes climatiques », « atteinte aux droits des peuples », tandis qu’un personnage représentant le Directeur général de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé, était mis sur le banc des accusés.

Cette action s’ancre dans la reprise de la mobilisation annoncée le 27 février 2017 par les Faucheurs de Chaises [2]. Plus de 200 lettres informant BNP Paribas ont été envoyées aux agences régionales, en précisant que ces actions ne visaient pas le personnel mais bien les dirigeants de la banque. Cette nouvelle vague de mobilisation intervient après l’annonce du second procès d’un Faucheur de Chaises [3], Florent Compain, président des Amis de la Terre, suite à une plainte de la BNP Paribas. Bien que la banque a renoncé à de se porter partie civile, Florent Compain sera bien jugé à Bar-le-Duc. Les Faucheurs de Chaises appellent donc à une mobilisation le 11 avril devant le siège de BNP Paribas au 16 boulevard des Italiens.

Les militants des Amis de la Terre et d’ANV-COP21 portaient ce matin plusieurs chefs d’accusation à l’encontre de BNP Paribas : responsabilité dans l’organisation du système de l’évasion fiscale, financement des énergies fossiles via le soutien à des projets comme le terminal de gaz de schiste Texas LNG aux Etats-Unis ou à des entreprises comme Kepco qui prévoit plus de 14GW de nouvelle capacité charbon, mais également complicité dans des violations des droits humains lorsque BNP Paribas soutient des projets comme l’oléoduc Dakota Access Pipeline où les cas de traitements inhumains contre les Sioux de Standing Rock ont été reconnus par des représentants des Nations-Unies [4].

«  Evasion fiscale et financements massifs aux énergies fossiles : les activités actuelles de BNP Paribas font obstruction à une transition sociale et écologique et nous condamnent à un monde à plus de 2°C et à l’augmentation des inégalités et des violences. Nous lui demandons d’y mettre un terme immédiatement et de respecter enfin son engagement pris à la COP21 de tout faire pour que l’objectif de l’Accord de Paris de rester sous la barre de +2 °C voire + 1,5 °C de réchauffement global soit atteint. » affirme Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée des Amis de la Terre.

« Chaque année ce sont 60 à 80 milliards d’euros qui sont perdus par les finances publiques à cause de l’évasion et de la fraude fiscale. Il est temps qu’une volonté politique mette un terme à ces pratiques qui nous pénalisent tous, et que l’argent soit investi dans la transition sociale et écologique. Plusieurs milliers de personnes se sont mobilisées dans des actions de désobéissance civile non-violentes avec les Faucheurs de Chaises et notre détermination ne s’arrêtera pas. » conclut Alma Dufour d’ANV-COP21.

 

En savoir +

[1] Les « mannequin challenge » sont des actions où les participants figurent immobiles

[2] Le collectif des Faucheurs de Chaises est composé des Amis de la Terre, d’ANV-COP21, d’Attac, de Bizi et de Solidaires Finances Publiques. Il est actif depuis 2015, et a organisé notamment les réquisitions de chaises en vue du Sommet de la transition sociale et écologique lors de la COP21 à Montreuil.

[3] Le premier procès était celui de Jon Palais, jugé le 9 janvier 2017 à Dax. Il avait obtenu la relaxe totale pour tous les chefs d’accusation. http://www.amisdelaterre.org/Le-11-avril-mettons-BNP-Paribas-sur-le-banc-des-accuses.html

[4] Sur Texas LNG : http://www.amisdelaterre.org/BNP-Paribas-annonce-reflechir-a-ses-financements-sur-les-energies-non.html Sur le Dakota Access Pipeline : http://www.amisdelaterre.org/Trump-Dakota-Access-Pipeline-et-les-banques-francaises.html

Crédits photo : Claire Dietrich https://www.facebook.com/zelda.zonk.12

 

 

 

Source : http://www.amisdelaterre.org

 

 

 

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 16:54

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89

 

 

L'enfer des start-up : "J'avais l'impression que tout le monde portait des lunettes roses"

 

 

 

 

 

Quand Mathilde Ramadier commence à travailler dans le secteur dynamique des start-up, l'expérience tourne au cauchemar. Dans son dernier livre, elle dénonce un "excès d'optimisme" face à "de nouvelles formes de manipulation".

L'enfer des start-up : "J'avais l'impression que tout le monde portait des lunettes roses"
Mathilde Ramadier (DR)

Si l'expérience start-up vous tentait, réfléchissez-y à deux fois. Dans un pamphlet, la jeune auteure met en lumière les absurdités de la "startupshère" et du management du bonheur (et plus largement du monde du travail et de notre société toute entière). 

Avec sur son CV un BTS graphisme, un master Normal Sup' de philosophie, et déjà plusieurs expériences professionnelles, Mathilde Ramadier arrive dans la Silicon Allee berlinoise en 2011.

C'est là qu'elle commence à travailler au sein de la start-up The Base [tous les noms ont été modifiés dans le livre, ndlr]. 

Passée l'excitation des débuts et le "welcome kit" (e-mail de bienvenue plein de smileys et de promesses), la désillusion est rapide.

"On imagine les start-up comme des entreprises "révolutionnaires", financées par des "business angels", dirigées par des "rockstars", et alimentées par des "treasure hunters". Hou hou ! On redescend sur terre deux minutes ?"

Derrière la mise en scène millimétrée et la success story que l'on nous vend sur Instagram, il y a un monde brutal pour les individus, raconte-t-elle. La révolution (ou plutôt "disruption") annoncée n'en est pas une.

Le bon vieux modèle de l'exploitation du travail par le capital est toujours là, où le rabaissement des individus est la norme et le sexisme rien de très grave. Les tâches sont abrutissantes, l'urgence est la règle, l'encadrement omniprésent, les sourires artificiels... et les psychanalystes riches !

Par cette description acerbe de la "startupshpère", Mathilde Ramadier nous illustre a fortiori un ultralibéralisme cynique, et une modernité désenchantée. En 2013, elle témoignait déjà chez Rue89. On la retrouve aujourd'hui avec son livre « Bienvenue dans le nouveau monde, comment j'ai survécu à la coolitude des start-ups » (éd. Premier Parallèle, 2017). Entretien.

http://referentiel.nouvelobs.com/file/15940906.jpg

Rue89. A quel moment avez-vous compris que travailler au sein d'une start-up n'était pas fait pour vous ?

Mathilde Ramadier. Très très vite. En fait, je suis arrivée à Berlin en 2011 après mon master de philosophie. Je voulais faire un doctorat mais vous connaissez la situation, c'est difficile d'avoir un financement, je ne voulais pas me lancer dans une vie précaire pendant cinq ans.

En arrivant à Berlin, je ne m'inscris pas à la fac, donc il me faut un travail assez vite. Et là je me rends compte que le secteur qui embauche le plus, le plus dynamique, c'est celui des start-up. J'ai mon premier entretien chez les concurrents de Airbnb, pour un job de « responsable référencement site français ». Ça ne nécessite pas un Bac+8, mais c'est quand même un poste un peu sérieux, avec des responsabilités.

Là-bas, on me proposait un salaire de 650 euros brut. J'ai explosé de rire et refusé. Et en fait c'est comme ça, sur le tas, que j'ai compris qu'il n'y avait pas de salaire minimum en Allemagne [un salaire minimum a été introduit en Allemagne en 2015, ndlr]. Au fur et à mesure, j'ai été confrontée à des désillusions et j'ai compris que l'univers des start-up abusait vraiment de cette précarité.

Du coup, très vite, je me suis méfiée, mais je me disais "essaie encore". Il y a peut-être eu une part de naïveté de ma part, ou en tout cas peut-être un excès d'optimisme. Pourtant je suis quand même d'un naturel assez méfiant et sceptique à la base, mais bon, une fois qu'on est pris dans le tourbillon.

 

Lorsque vous travailliez, vous aviez déjà un regard attentif sur votre environnement de travail, avec l'idée d'un livre en tête ?

Honnêtement non. Mon expérience dans les start-up débute en septembre 2011, pour finir en juin 2015. La dernière, que je raconte dans le livre, c'était à Vesta [une start-up dans le domaine de l'art, ndlr], pendant 6 mois. Depuis, je vis complètement de mes activités d'auteure. 

L'idée du livre m'est venue juste après cette dernière expérience, à l'été 2015. J'ai d'abord écris un premier jet, un peu comme pour écrire des mémoires, pour ne rien oublier.

Quand je travaillais chez Vesta, je ne prenais pas de notes, je n'y réfléchissais pas, mais je pense que j'étais déjà un peu dans la posture de l'espionne. Je regardais déjà ça avec beaucoup d'amusement, j'étais à l’affût de tout ce qui pouvait être ridicule.

 

Beaucoup de personnes sont tournées en ridicule dans votre livre. Vous êtes très virulente, par exemple lorsque vous évoquez les DRH, ou plutôt la "talent recruiter" en novlangue. En fait, pour vous la start-up est une énorme mise en scène ?

Oui. En fait c'est une comédie, particulièrement dans ces deux expériences que je relate le plus : Vesta, parce que c'était la dernière et la plus longue ; et The Base, où je suis restée à peine 20 jours mais qui était la plus absurde. C'était vraiment absurde, une vraie comédie.

Si j'avais été un peu parano, j'aurai pu me demander s'il n'y avait pas de caméra cachée... Javais l'impression que tout le monde était enfermé dans un rôle, il y avait tellement peu d'humilité, de recul sur soi, de clairvoyance. J'avais comme l'impression que tout le monde portait des lunettes roses.

 

D'ailleurs lorsqu'on vous lit, on comprend que vous n'aimez pas trop les petits chiens, les petits cœurs, les manies healthy, et tout ce qui en général incarne cette culture de la start-up.

Ce n'est pas que je ne les aime pas par snobisme, mais parce que ça participe de tout ce mirage : c'est du papier cadeau qu'on nous vend, mais qui contient finalement du vide.

Je n'ai rien contre un petit chien en soi, même si c'est un caniche et qu'en général, les caniches c'est plutôt le symbole du pouvoir que le chien du prolétaire. J'utilise aussi des smileys (je ne suis pas une vieille réac'), mais je n'en mets pas non plus à la fin de chaque phrase quand je m'adresse à mes collègues. Et évidemment j'aime manger des choses qui sont bonnes pour la santé, j'achète du bio, etc.

Mais tout ça était tellement poussé à l'excès, comme pour servir une idéologie. Le frigo était plein de choses bonnes pour la santé, bio et à la mode (on y trouvait par exemple toutes les sortes de limonade :  au maté, aux fruits rouges...) : c'est un peu comme si on voulait donner le sentiment qu'on était les pionniers de quelque chose et que jusqu'à la moindre chose ingurgitée devait forcément être le symbole du changement.

C'est ça qui m'agace : c'est l'enveloppe. Pareil pour le team-bonding, les apéros after-work. J'adore faire la fête moi, j'aime bien boire des coups, mais avec des vrais amis. Je ne veux pas être obligée de le faire toutes les semaines avec mes collègues, juste pour faire un selfie avec mes patrons et dire après sur Instagram que j'étais là.

 

Vous parlez aussi beaucoup des nouvelles techniques de RH, avec des logiciels comme 7Geese, ou ce que vous appelez la « carotte 2.0 ». On se dit que les méthodes managériales n'ont pas vraiment changé, on a juste mis un coup de vernis, et la compétition qui en découle est d'autant plus insidieuse ?

Exactement. C'est une nouvelle forme de manipulation, une prise de pouvoir qui ne dit pas son nom. Elle est donc d'autant plus perverse et difficile à contourner pour un jeune ou quelqu'un qui n'a pas beaucoup d'expérience professionnelle.

Vu qu'on matraque l'idée que « c'est le nouveau monde », qu'ici on est en train d'inventer la nouvelle manière de travailler, les gens ne se méfient plus.

J'ai vu ça autour de moi : des gens loin d'être bêtes, mais qui pourtant gobaient un peu tout ça sans prendre aucun recul. Je pense que c'est à relier au fait qu'on est convaincus qu'il n'y a plus besoin de se méfier, puisque ici tout va bien, on est loin du vieux monde, de l'entreprise à hiérarchie pyramidale.

Dans le livre, je raconte par exemple l'anecdote de cette très jeune DRH de Vesta, que j'avais été voir pour lui demander s'il n'y avait pas une faute de frappe dans mon contrat : j'avais un CDD de 6 mois, et ma période d'essai durait 6 mois. Donc je vais la voir et elle me dit que c'est normal et qu'elle a le même contrat : elle ne voyait pas où était le problème.

C'est dangereux. Même si c'était permis par la loi du travail allemand, ce que je dénonce fondamentalement, c'est le fait qu'elle ne voyait pas ce qu'il y avait de dérangeant.

 

Vous nous parlez de danger. Dans le livre, vous faites même référence à Orwell, et à l'idée qu'il s'agit d'un modèle qui incarnerait une nouvelle forme de totalitarisme : encadrement, novlangue et propagande, culte de la personnalité, etc.

Oui. Par exemple, pour le culte de la personnalité... Pour certains patrons, encore une fois chez Vesta et The Base que j'ai le plus approchés, c'était une vraie figure emblématique du chef, et je dirais même du messie. C'était le gars intouchable : quand il rentrait dans le bureau le matin c'était comme s'il marchait sur les eaux.

Bien sûr, il ne connaissait pas nos prénoms, il nous regardait tous de haut, et disait bonjour très fort, de manière outrancière. On ne savait évidemment pas combien il gagnait ni même à quoi il occupait ses journées. Par contre, on avait tout à fait confiance en son niveau de vie qu'il étalait.

C'est anecdotique mais il venait toujours avec son caniche, il postait beaucoup de photos sur Instagram qu'il nous envoyait même parfois directement par mail. Il s'y montrait à droite à gauche, dans tel aéroport, soit-disant pour négocier des deals pour la boîte. Mais bon, il était très souvent en vacances sur des plages paradisiaques. Son trip, c'était surtout les palmiers : on était vraiment dans le cliché du grand patron qui va se détendre sur une plage des tropiques.

Encore une fois, sous couvert de ce papier cadeau, des idées d'un monde nouveau, on retrouve finalement les même codes qu'avant. Ça m'a souvent fait pensé au "Loup de Wall Street" [le film de Martin Scorsese, ndlr], ou alors à ce qu'on pouvait reprocher à la pub dans les années 80-90.

 

Vous utilisez des termes relatifs à la psychanalyse en décrivant des employés infantilisés par des maniaques, hystériques, phobiques, obsédés par le court-termisme... Qu'est ce que Freud aurait pensé de tout ça ?

Je pense qu'il aurait adoré ! Moi aussi d'ailleurs. Comme je n'ai pas abandonné l'idée d'être psychanalyste un jour, j'avoue que je me frottais un peu les mains quand je voyais ces cas-là.

Freud a écrit un livre sur la religion, qui s'appelle « L'Avenir d'une Illusion ». Même s'il est un peu dépassé – il a 100 ans ou presque – je trouve le titre très beau. En fait, je pense qu'il aurait pu écrire quelque chose avec le même titre pour parler de tout ça. Ça aurait collé. Parce qu'on peut se demander quel est l'avenir de cette illusion-là ? En a-t-elle même un ?

Est-ce que ces types sont réellement convaincus de tout ce qu'ils font et tout ce qu'ils disent, ou est-ce que alors c'est un pur excès de mégalomanie ? Je ne sais pas. Parce que c'est vrai qu'ils ont tellement le vent en poupe, ce n'est plus comme les patrons de grands groupes d'il y a 20 ans, qui avaient quand même un peu mauvaise presse.

Là, vraiment, tout le monde les encense. La gauche comme la droite, les jeunes comme les vieux.

 

C'est vrai que les témoignages comme le vôtre, qui s'érigent contre cette culture de la start-up, restent rares. Pourquoi ?

C'est vrai, et pourtant je suis convaincue de ne pas être la seule. Par exemple il y a Dan Lyons, un ancien journaliste reconverti dans le milieu de la start-up alors qu'il était quinquagénaire : il a écrit le livre « Disrupted, My Misadventure in the Start-Up Bubble Audible » (éd. Hachette Books, 2016).

C'est un récit très bien écrit, très drôle. Finalement, il raconte un peu la même chose que moi, mais du point de vue d'un senior. Il raconte le jeunisme exagéré qui l'a particulièrement marqué, le manque de maturité. Nos propos se rejoignent en beaucoup de point.

Et puis il y a l'écrivain Eric Sadin avec qui j'ai pu échanger un peu sur le sujet, qui a publié « La Siliconisation du Monde. L'irrésistible expansion du libéralisme numérique » (éd. L'échappée, 2016). Lui qui n'a jamais travaillé pour une start-up va plus loin : il s'attaque à la Silicon Valley pas seulement en tant qu'employeur mais véritablement comme producteur de valeur. Mais oui, nous sommes peu nombreux.

 

Pourtant, beaucoup en souffrent. Vous décrivez une génération Y, les millenials, ces jeunes précaires qui jonglent entre périodes d'essai, CDD, et salaires de misère. Vous évoquez d'ailleurs des vague de démissions. Donc les gens se rendent bien compte que ce n'est pas normal ?

Comme je le dis dans le livre, pour majorité, les employés des start-up ne sont pas bêtes, ils se doutent bien qu'il y a des choses qui ne sont pas normales, mais ils se disent que c'est peut-être juste cette boîte-là, ou que c'est parce que c'est une jeune start-up, donc qu'elle peut faire quelques erreurs. Et puis ceux qui en souffrent comme moi n'en parlent pas forcément. Il faut puiser l'énergie, trouver la force d'en parler.

 

Vous avez parlé de Dan Lyons, qui s'intéresse beaucoup à la question des seniors dans les start-up. Vous épinglez aussi des discriminations portant sur les nationalités ou le genre, et décrivez parfois la « startupsphère » comme un milieu sexiste. Les discriminations sont monnaies courantes ?

Ça, ça n'a pas été le cas dans toutes les start-up, mais les exemples que je cite dans le livre sont quand même suffisamment forts. Moi personnellement, je n'ai pas été victime de sexisme directement, à part une fois quand le CEO [Chief Executive Officer, ndlr] m'a dit que je devrais faire hôtesse si je manquais de volonté, de "faim". Si j'avais été un homme il ne m'aurait pas dit ça. Mais voilà.

Dans le sous chapitre consacré au sujet, j'analyse aussi le fait que certaines start-up développent des modèles qui enferment, séparent les deux genre avec pleins de clichés.

 

Vous racontez qu'on vous a décrit la garde-robe comme le « problème féminin universel »  ?

Voilà, ce genre de conneries. Et j'ai remarqué aussi, je n'ai jamais vu un seul CEO femme, lorsque j'étais freelance ou employée pour cette douzaine de start-up pendant quatre années. Sans compter les autres, que j'ai juste approchées en entretiens, et d'où je suis partie en courant.

Il y avait bien d'autres postes par contre, qui eux étaient toujours occupés par des femmes : les "talent recruiter" (DRH), les "offices manager" (secrétaires). Il y a toujours des différences de salaire aussi. Donc finalement il y a toujours une différence de schéma, toujours pas d'égalité.

 

Vous ne prévoyez pas un retour dans le milieu ?

Non, c'est vrai que là je me suis un peu grillée ! Mais c'est le prix à payer, je n'ai pas de soucis avec ça. 

 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 18:44

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Un policier d’Aulnay-sous-Bois dénonce les dérives de ses collègues

 

Par Matthieu Suc
 
 
 

Mediapart publie le témoignage exclusif d'un policier du commissariat d’Aulnay-sous-Bois. Selon lui, certains de ses collègues étaient habitués aux dérapages qui ont conduit à « l’affaire Théo ». Notamment les quatre agents mis en examen pour les violences et le viol subis par le jeune homme. Des anciens leur avaient recommandé à plusieurs reprises « d'y aller moins fort ». 

 

La voix est claire, ne tremble pas. Les mots n’hésitent pas lorsqu’il s’agit de porter des accusations sur ses collègues. « Si le viol est avéré, il faut qu’ils prennent 20 ans ferme ! Que les jeunes n’aient pas l’impression que les policiers bénéficient de passe-droit. Qu’on puisse repartir dans la rue faire notre métier sereinement. » Serge est un vieux poulet. Son prénom est d’emprunt. On ne donnera pas son grade, ni son ancienneté dans la police, ni même celle au sein du commissariat d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Il fait partie de la centaine de policiers qui composent l’effectif dans l’œil du cyclone depuis que « l’affaire Théo » a éclaté. Du nom de ce jeune homme de 22 ans grièvement blessé lors d’un contrôle d’identité ayant dégénéré, le jeudi 2 février, à proximité d’un point de vente de stupéfiants dans le quartier de la Rose-des-Vents, également appelé « la cité des 3 000 ».

Les quatre membres de la brigade spécialisée de terrain (BST) ayant procédé à son interpellation ont été mis en examen pour violences volontaires entraînant une incapacité totale de travail supérieure à huit jours, avec la circonstance aggravante qu’ils sont dépositaires de l’autorité publique, ont agi avec arme, et en réunion. L’un d’eux est également mis en examen pour viol. Il est l’auteur des coups de matraque télescopique à l’origine de la grave blessure à l’anus dont souffre Théo.

Au-delà de ce fait divers dramatique, les pratiques des policiers d’Aulnay sont depuis passées au crible par l’IGPN qui a entendu des dizaines d’entre eux. Mediapart (ici et ) et Les Jours (ici et ) ont exhumé des antécédents fâcheux.

 

Capture d'écran d'une vidéo amateur de l'arrestation violente de Théo © DR

Capture d'écran d'une vidéo amateur de l'arrestation violente de Théo © DR

 

« J’ai honte de travailler à Aulnay », attaque d’emblée Serge. On se rencontre tard le soir, dans un bâtiment ouvert aux quatre vents à quelques kilomètres d’Aulnay. De loin, on pourrait nous prendre pour des clients du point de deal de la cité des 3 000 en train de fumer leur premier joint. On ne fume pas, on ne boit pas, on parle police.

Par des connaissances communes, Serge a fait savoir à un collègue de Mediapart qu’il avait envie de se confier. Qu’il avait besoin de s’épancher. « On est tous écœurés, dégoûtés par ce qui s’est passé, poursuit-il. Même si, entre nous, on n’en parle pas. Il règne un silence de mort dans les couloirs du commissariat. »

Une semaine plus tôt, un membre d’une brigade anticriminalité (BAC) d’une autre ville de Seine-Saint-Denis nous avait confié : « Dans la rue, on se fait insulter. On nous traite de “violeurs”, c’est dur... » L’affaire Théo rejaillit sur tous les policiers et distille son poison. « L’image de la police est durablement ternie », regrette un officier ayant passé sa carrière à enquêter sur les trafics de drogue dans les cités.

À Aulnay-sous-Bois, Serge décrit des effectifs qui tournent en rond, une activité policière à l’arrêt. « On a eu l’interdiction de faire des rondes dans la cité des 3 000 ainsi que dans les autres secteurs les plus sensibles de la commune. » Au lendemain des faits, spontanément, des policiers avaient écourté leurs congés. « Il fallait contrôler la ville, éviter qu’elle ne s’embrase, se souvient l’agent témoignant sous pseudo. Ceux qui travaillent dans les bureaux ont aussi renfilé la tenue [réglementaire pour patrouiller] le soir. Ils ont fait double journée. Au final, on était plus de volontaires qu’il n’y avait de besoin. La ville est restée assez calme… » Le premier week-end, une voiture a été brûlée, des abribus dégradés et l’éclairage public saboté. Puis la violence s’est déportée sur d’autres villes du département, laissant les policiers d’Aulnay désœuvrés. À ressasser.

« Nos collègues avaient le droit d’interpeller Théo, ils avaient un motif légitime, croit savoir Serge. Mais pas le reste… » L’agent raconte la mare de sang – découverte une fois la housse enlevée – qui avait imprégné la mousse de la banquette arrière du véhicule de la BST. Sans émotion apparente, Serge évoque les auteurs présumés du viol et des violences. Des propos pourtant lourds de conséquences. « L’équipe qui est mise en cause dans cette histoire, cela fait des années qu’elle fait ça… J’ai vu et entendu des officiers de police judiciaire passer leur temps à leur dire d’y aller moins fort. C’étaient vraiment des habitués. Dès qu’ils sortaient du commissariat et qu’il n’y avait plus d’autorité derrière eux, ils s’imaginaient être les maîtres dans la rue. Ils faisaient ce qu’ils voulaient, quoi ! Le plus vieux, il n’avait que sept ans de police. On les a un peu lâchés dans la nature…»...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 15:00

 

 

Source : http://www.midilibre.fr

 

 

Nîmes : concert de casseroles pour le meeting de Fillon

 

 

 

Nîmes : concert de casseroles pour le meeting de Fillon

 

L e candidat Fillon a été accueilli par un concert de casseroles avant son meeting nîmois qui a rassemblé 3500 personnes, ce jeudi 1er mars. 

 

Le candidat de la droite et du centre a été accueilli à Nîmes, jeudi 1er mars au soir au Parnasse, par un concert de casseroles, accompagné de "Fillon en prison", "Fillon rends le pognon", "Enfermez Fillon". Une cinquantaine d'anti qui ont aussi donné de la voix, et parfois eu des échanges musclés avec des fillonistes. 

 
 

A l'intérieur, l'équipe du candidat avait mobilisé les élus de la région, comme Stephan Rossignol, le maire de la Grande-Motte, soutien de la première heure, mais aussi Jean-Paul Fournier, qui a fait siffler le public contre les journalistes, Yvan Lachaud et Thierry Procida dont le parti centriste a pourtant suspendu son soutien au candidat sarthois, hier. 

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 16:02

 

Source : https://france.attac.org

 

 

 

 

Les Faucheurs de chaises ouverts au dialogue avec BNP Paribas et déterminés à poursuivre les actions

 

 

Communiqué 1er mars 2017

 

 

Les Faucheurs de chaises maintiennent l’appel aux actions et à la mobilisation pour le procès de Florent Compain le 11 avril à Bar-le-Duc. La déclaration de BNP Paribas de ne pas se porter partie civile n’annule pas le procès, et n’apporte pas de réponse aux activités de la banque favorisant l’évasion fiscale et aggravant le dérèglement climatique. Les Faucheurs de chaises se déclarent disponibles pour un dialogue constructif avec BNP Paribas sur ces différents sujets.

 

Hier mardi 28 février, BNP Paribas a annoncé ne pas se constituer partie civile et renoncer à demander des dédommagements à Florent Compain, président des Amis de la Terre France. Ce Faucheur de chaises [1] est poursuivi en justice par BNP Paribas pour avoir participé à une réquisition citoyenne de chaises à Nancy en novembre 2015, et doit comparaître au tribunal de Bar-le-Duc le 11 avril.

Cette déclaration de BNP Paribas est faite au lendemain de lettres envoyées par les Faucheurs de chaises aux directrices et directeurs de plus de 200 agences BNP Paribas dans les régions de Paris, Nancy, Bayonne, Rouen, Besançon, Angers, Tarbes, Tours, Côte d’Or, lundi 27 février. Ces lettres annonçaient directement aux agences la reprise prochaine des actions dans la perspective du procès du 11 avril et précisaient : «  Nous vous prions d’en avertir votre personnel, sachant que comme par le passé, nos actions sont absolument pacifiques et non-violentes, et nos militant·e·s profondément respectueux·ses des salariés de la BNP. »

Les Faucheurs de chaises rappellent qu’ils n’ont jamais procédé à des « intrusions violentes » comme l’évoque BNP Paribas. Les actions de réquisitions citoyennes de chaises ont toujours été menées dans des agences ouvertes au public, dans le plus grand calme, et en prenant toujours soin d’expliquer aux personnels présents l’action qui était menée. Ces actions sont menées en toute transparence et photographiées et filmées par les Faucheurs eux-mêmes et par les médias, invités aux actions [2]. Les plaintes déposées par BNP Paribas concernent d’ailleurs l’emport de chaises et non de supposées violences. Comme Jon Palais, le premier faucheur de chaises poursuivi par la BNP, Florent Compain est ainsi poursuivi pour « vol en réunion » et non pour violences.

Les Faucheurs de chaises prennent acte de la volonté de BNP Paribas de ne pas demander réparation pour les chaises emportées — et depuis remises à la justice le 8 février 2016 à Paris à l’occasion de l’ouverture du procès de Jérôme Cahuzac. Cette absence de constitution de partie civile de BNP Paribas n’a pas d’effet sur les poursuites engagées qui suivent leur cours, et n’annule pas la convocation en justice de Florent Compain à Bar-le-Duc le 11 avril, toujours poursuivi pour « vol en réunion ».

Nous appelons à l’arrêt des poursuites contre les Faucheurs de chaises et maintenons notre appel aux actions dans les agences BNP, toujours de manière non-violente, jusqu’au 11 avril, et notamment lors de la Semaine mondiale d’actions #StopParadisFiscaux qui se tiendra du 1er au 7 avril. Le 11 avril, une mobilisation aura lieu à la fois à Bar-le-Duc où se tiendra le procès, et à Paris devant le siège de BNP Paribas, au 16 boulevard des Italiens.

Nous rappelons que BNP Paribas est la banque française qui a le plus de filiales dans les paradis fiscaux et celle qui y réalise le plus gros volume de bénéfices. Elle participe ainsi au système de l’évasion fiscale en bande organisée qui prive les pouvoirs publics de moyens pour répondre aux besoins des populations les plus vulnérables, ainsi que pour répondre aux défis de la transition écologique et énergétique. BNP Paribas contribue en outre à aggraver la crise climatique en finançant des projets d’énergies fossiles dévastateurs et leurs promoteurs irresponsables, alors qu’elle s’est engagée à tout faire pour respecter les objectifs de l’Accord de Paris de limiter l’augmentation de la température globale de la planète bien en dessous du seuil de +2 °C, voire à +1,5 °C. Son soutien au terminal d’exportation de gaz de schiste situé dans la vallée du Rio Grande aux États Unis, dévastateur pour le climat, est d’ailleurs dénoncé dans un rapport rendu public aujourd’hui même [3].

Les Faucheurs de chaises ont toujours été ouverts au dialogue et en faveur d’un débat public, et sont disponibles pour une rencontre avec la direction de BNP Paribas, en espérant un dialogue constructif et des engagements sur l’ensemble de ces sujets extrêmement préoccupants.

 

 

Notes de bas de page

[1Plateforme de mobilisation citoyenne contre l’évasion fiscale et pour la transition écologique, lancée notamment par les Amis de la Terre, ANV-COP 21, Attac, Bizi, et Solidaires Finances Publiques, ainsi que diverses personnalités comme Claude Alphandery, Alain Caillé, Susan George, Edgar Morin ou Patrick Viveret

[2Vidéo de la réquisition de chaises du 19 octobre 2015 pour laquelle Jon Palais avait été poursuivi par BNP Paribas : https://vimeo.com/145867842

[3Rapport « BNP Paribas exporte le chaos climatique » des Amis de la Terre France, Rainforest Action Network, et Save RGV from LNG : http://www.amisdelaterre.org/Gaz-de-schiste-un-nouveau-rapport-accuse-BNP-Paribas-d-exporter-le-chaos.html

 

Attac France — 2017
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Source : https://france.attac.org

 

 

 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 16:38

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

Macron reçoit un oeuf en pleine tête au Salon de l'agriculture

 

 

Ambiance tendue au Salon de l'agriculture mercredi. Emmanuel Macron, en plein bain de foule, a reçu un jet d’œuf en plein visage vers 15h40. Le candidat d'En Marche ! devait y tenir quelques minutes plus tard une conférence de presse. Elle a dû être retardée en raison de l'incident. En juin 2016 déjà, alors ministre de l'Économie, Emmanuel Macron avait été victime d'un jet d’œuf lors d'une visite à la Poste de Montreuil (Seine-Saint-Denis).

 par NouvelObs Montage

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

 

                                                                           ********************

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

VIDEO - Emmanuel Macron se prend un oeuf en pleine tête au Salon de l'agriculture

 

Le candidat d'En Marche avait déjà été la cible de jets d'oeufs en juin dernier, lorsqu'il était encore ministre.

 

Alors que François Fillon a dû se protéger d'un cordon de sécurité pour éviter tout débordement et mouvement de foule au Salon de l'agriculture, Emmanuel Macron s'est montré moins précautionneux... et l'a payé d'un projectile volailler. Comme l'a repéré le Lab, le candidat d'En Marche a reçu un oeuf en pleine tête ce 1er mars dans l'après-midi. Un internaute a filmé et publié la scène. Attention, cela va très vite :

Déjà en juin dernier, alors qu'il était encore ministre de l'Economie, Emmanuel Macron avait été visé par un jet d'oeufs lors d'un déplacement à la poste de Montreuil. Dans le but de dévoiler le timbre émis pour les 80 ans du Front Populaire, il avait été accueilli par des manifestants anti-loi Travail, très hostiles, jetant des boulettes de papiers et des oeufs dans sa direction. Très encadré par son service d'ordre, Macron avait échappé au projectile. Pas l'homme qui l'accompagnait.

 

 

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 17:59

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

A Paris, des tailleurs de pierre solidaires des migrants

Par Carine Fouteau
 
 
 

Des tailleurs de pierre organisent samedi 25 février à Paris une action symbolique à la porte de la Chapelle, pour dénoncer la présence de blocs de pierre empêchant l'installation de migrants à proximité du centre d'hébergement aujourd'hui saturé. 

Une action symbolique contre une violence symbolique. Des tailleurs de pierre se sont donné rendez-vous samedi 25 février sous le pont porte de la Chapelle à Paris, pour « bouger » la quarantaine de blocs de pierre que la mairie de Paris a installés le 10 février 2017, alors qu’il ventait et pleuvait, empêchant les migrants de se mettre à l’abri. Au cours des dernières semaines, beaucoup d’exilés avaient investi cet espace public, l’un des seuls susceptibles de les protéger des intempéries à proximité du centre de premier accueil de 400 places, aujourd’hui saturé. Ouvert en novembre 2016, ce lieu d’hébergement censé les accueillir est plein, si bien que les nouveaux arrivants n’ont d’autre choix que de dormir à la rue.

Le projet des tailleurs de pierre est né de la lecture d’un billet de blog publié sur Mediapart le 12 février, intitulé La cruauté qui vient et signé de Marie Cosnay. L’enseignante et écrivaine y décrivait l’horreur qu’avait suscitée en elle la découverte de ces pierres. « Ainsi les personnes sans refuge ne pourront plus s’allonger, s’allonger les uns contre les autres, pour se tenir un peu chaud, sous ce pauvre abri qu’est le pont. Même pas un pont. Même pas les corps contre les corps. Des pierres au lieu des corps », écrivait-elle. Dans les jours qui ont suivi, plusieurs personnes se sont rassemblées sur place de manière spontanée pour dénoncer cette installation dont la mairie conteste qu’elle ait pour but d’empêcher l’apparition d’un campement.

Sculpteur sur pierre depuis vingt ans, Frédéric a lui aussi écrit et diffusé sur les réseaux sociaux plusieurs textes pour exprimer son indignation. « Quand j’ai vu ces blocs, j’ai pensé à un cimetière de pierres. J’ai vu des gens essayer de les déplacer, mais ils n’y arrivaient pas tellement c’était lourd. L’idée a commencé à circuler que, nous, les pierreux, ne pouvions pas ne rien faire. Les cailloux, c’est notre métier. Nous savons comment leur donner du sens, comment transformer l’hostilité en accueil », explique-t-il. Ses écrits ont rencontré un certain écho auprès de ses confrères qui, comme lui, travaillent dans la restauration du patrimoine.

https://static.mediapart.fr/etmagine/default/files/2017/02/24/capture-d-ecran-2017-02-24-a-16-52-09.png?width=236&height=235&width_format=pixel&height_format=pixel

Un groupe Facebook, Cœurs de Pierre et Solidaires, a été créé. Après avoir rencontré des migrants, dont certains occupent les interstices laissés vacants entre les pierres, et les collectifs de soutien qui interviennent dans les alentours en distribuant des couvertures et des repas, certains d’entre eux ont décidé d’organiser une action symbolique. Munis de leurs outils, une dizaine de tailleurs de pierre ont prévu d’être présents. Leur projet est d’intervenir samedi toute la journée, à l’aide de barres de fer et de morceaux de bois, afin de « bouger » ces blocs de 500 kilos à une tonne chacun pour « faire de la place ». « Nous verrons avec les migrants comment les disposer pour qu’ils puissent se mettre à l’abri. De fait, les pierres ont une certaine utilité : elles coupent le vent », indique-t-il. Puis, avec leurs massettes et leurs ciseaux, ils ont l’intention de graver les pierres afin d’y sculpter des messages d’hospitalité. « Nous avons pensé aux paroles de la chanson des Bérurier noir, "Salut à toi le Somalien, salut à toi le Soudanais" », indique-t-il.

 

« Ces pierres en calcaire d’un coût de 100 euros la pièce proviennent des carrières de Saint-Maximin dans l’Oise, elles servent habituellement à rénover les façades des immeubles et des grands monuments de la capitale. Nous devons leur redonner leur fonction première, qui est celle d’abriter, de protéger », insiste-t-i...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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Source : http://www.lexpress.fr

 

 

Paris: des tailleurs de pierres s'attaquent aux "blocs anti-migrants"

 

Par Amandine Seguin avec AFP, publié le , mis à jour à

 

 

De grosses pierres sont posées sous le pont de la Chapelle, boulevard Ney, dans le 18e arrondissement de Paris a deux pas du centre d'hébergement pour migrants pour empêcher l'installation d'un campement.

 

 

 

De grosses pierres sont posées sous le pont de la Chapelle, boulevard Ney, dans le 18e arrondissement de Paris a deux pas du centre d'hébergement pour migrants pour empêcher l'installation d'un campement.

Nguyen Van Hai-Barbi / MAXPP/MAX

 

Une dizaine de tailleurs de pierres ont déplacé des blocs mis en place par la mairie de Paris, ce samedi matin sous un pont situé à côté de la porte de la Chapelle, dans le nord de Paris.

 

Ils sont venus de toute la France. Ce samedi matin, une dizaine de tailleurs de pierres se sont donnés rendez-vous à la porte de la Chapelle, dans le nord de Paris. Depuis deux semaines, la mairie a placé des blocs de pierre, sous un pont. Un lieu où des réfugiés avaient l'habitude de passer la nuit aux abords du centre humanitaire pour les migrants

Paris: des tailleurs de pierres s'attaquent aux "blocs anti-migrants"

Jane Sautière

"Nous étions douze à quinze tailleurs de pierres, venus de Paris et de province. Nous sommes arrivés vers 9 heures", explique Fred Thibault, à L'Express. En deux heures, ces professionnels ont eu le temps de faire du "bardage", une technique qui consiste à déplacer les pierres pour "faire de la place" aux migrants, explique le tailleur de pierres. 

 
 

"Donner du sens à ce tas de cailloux"

L'objectif? "Nous souhaitions intervenir sur ces blocs afin de laisser de l'espace aux personnes sur place mais aussi de les sculpter pour le symbole", précise-t-il. "L'idée était de graver les pierres pour donner du sens à ce tas de cailloux en inscrivant par exemple des noms de personnes décédées en mer ou des citations", poursuit Fred Thibault. 

Paris: des tailleurs de pierres s'attaquent aux "blocs anti-migrants"

Jane Sautière

 

Ces blocs ont été mis en place début février. La mairie de Paris a mis en avant l'imminence de travaux de voirie pour justifier l'installation, dénoncée par les associations comme un harcèlement des migrants. Le 15 février dernier, Anne Hidalgo s'est défendue de d'avoir dressé un "dispositif anti-migrants". 

Une nouvelle opération?

Reste que ces blocs empêchent les personnes de s'installer pour passer la nuit. Une situation qui a révolté les tailleurs de pierres. "Notre objectif était d'alerter et de pointer du doigt la situation", assure Fred Thibault. L'arrivée des forces de l'ordre a stoppé leur action. "Nous avons préféré partir avant que la police n'intervienne pour éviter de nuire aux migrants", témoigne le tailleur de pierres. Cependant il n'est pas impossible qu'ils renouvellent l'expérience. "Nous allons contacter la mairie de paris pour leur demander une autorisation de sculpter ces blocs. Si la réponse est négative, on y retournera peut-être en mode pirate", assure-t-il. 

Plus de 5000 personnes ont été prises en charge dans le centre humanitaire pour les migrants en trois mois de fonctionnement, dont 3740 hommes, essentiellement afghans et soudanais. Le climat s'est toutefois tendu depuis plusieurs semaines en raison d'un afflux de migrants: selon plusieurs sources, 400 d'entre eux dorment autour du centre, le long des grilles ou sur le terre-plein du boulevard Ney. 

 

 

Source : http://www.lexpress.fr

 

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 16:38

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

Blocus lycéens : « Je préfère recevoir du gaz lacrymogène plutôt que de me taire »

 

Seize lycées ont été bloqués par des élèves à Paris et un millier de lycéens ont manifesté pour protester contre les violences policières.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

Devant le lycée Voltaire, le 23 février à Paris.

Devant le lycée Voltaire, le 23 février à Paris. GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

« On peut tous être victime des violences policières, et aujourd’hui, on aimerait soutenir Théo et dénoncer les bavures de la police », explique Antoine (le prénom a été changé), 16 ans, en première au lycée Maurice-Ravel, dans le 20e arrondissement de Paris. Lui est arrivé tôt ce matin pour aider les autres jeunes de son établissement à entasser des poubelles pour bloquer toutes les entrées. « Notre établissement se mobilise régulièrement. On était actifs contre la loi travail, on l’est encore plus aujourd’hui car c’est une cause sérieuse qui nous tient tous à cœur. »

A Paris, 16 lycées ont fait l’objet de blocus, jeudi 23 février, de la part d’élèves qui protestaient contre le viol présumé de Théo L. par un policier à Aulnay-sous-Bois, le 2 février. Une manifestation place de la Nation a ensuite réuni près d’un millier de jeunes à l’appel de mouvements antifascistes, aux cris de « Justice pour Théo ! », « C’est l’impunité et l’injustice, alors désarmons la police », « Police, violeurs, assassins » ou « Tout le monde déteste la police ».

 

« Il ne faut pas généraliser »

Antoine a déjà vu certains de ses amis être victimes de violences policières et raconte avoir reçu « quatre coups de matraques injustifiés pendant les mobilisations contre la loi travail ». « Je crains que l’on retombe dans une situation aussi tendue qu’en 2005 », avance-t-il.

 

Lire aussi :   Manifestation interdite ou non déclarée : que dit la loi ?

 

Son ami Mattéo, 16 ans, le coupe. « Il faut évidemment dénoncer les bavures policières et les abus, mais il ne faut pas pour autant généraliser. Certains policiers font bien leur travail et sont là quand on a besoin d’eux », tient-il à préciser. Antoine acquiesce. Très dubitatif quant à l’efficacité des blocus, Mattéo estime que « beaucoup font ça pour louper les cours ». Pour lui, « une manifestation est plus efficace qu’un blocus car les gens font l’effort d’y aller, et cela montre que la cause leur importe vraiment ».

Alors que des camarades leur apprennent que la situation est plus tendue au lycée Henri-Bergson, dans le 19e arrondissement, les deux amis décident de s’y rendre. Les lycéens de cet établissement bloquent eux aussi l’entrée avec des poubelles. Les sapeurs pompiers sont dépêchés sur place pour éteindre les poubelles incendiées, les CRS tentent de disperser les élèves, l’ambiance est tendue. Léa, lycéenne de 18 ans en première ES, observe la scène. Pour elle, la seule façon de faire entendre sa voix est de manifester pacifiquement. « Ce serait contradictoire et contre-productif de protester contre les violences policières en étant nous-mêmes violents. » Elle ne veut pas aller à la manifestation de peur que « la situation dégénère » mais tient à être présente au blocus pour dénoncer « l’injustice ».

« Nous sommes très mobilisés dans ce lycée car nous avons nous-mêmes, l’année dernière, assisté à des violences policières », précise-t-elle. En mars 2016, Adan, un lycéen de Bergson, avait reçu un coup de poing d’un policier en marge d’un blocus de son établissement contre la loi travail. Les faits avaient été filmés et largement relayés sur les réseaux sociaux. Le policier a été condamné en novembre 2016 à huit mois de prison avec sursis.

Adan est d’ailleurs présent jeudi matin. « Je regrette qu’après ce qu’il m’est arrivé, rien n’ait changé. Les violences policières, mêmes médiatisées, sont encore présentes », déplore l’élève, qui a redoublé sa seconde. Un peu avant 11 heures, Antoine, Matteo, Adan et leurs amis quittent le lycée Bergson et se rendent place de la Nation pour manifester.

 

« Justice à deux vitesses »

Siam, 17 ans, étudiante en première au lycée Jean-Moulins à Vincennes, est, elle, venue avec deux amies. Alors qu’il n’y avait pas de blocus dans son lycée, la jeune fille a tenu à manifester, même si elle est pessimiste sur les effets du mouvement. « Je pense que cette manifestation n’aboutira à rien, mais au moins, on montre que l’on se sent concernés, que la situation nous préoccupe », indique-t-elle.

 

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Alors que certains manifestants s’en prennent à des voitures, son amie Yasmina, 17 ans, ajoute : « On ne devrait pas montrer notre colère comme ça, en s’en prenant aux biens de personnes qui n’ont rien demandé et qui n’ont rien à voir avec tout ça. » Si elle regrette les échauffourées entre manifestants et forces de l’ordre, elle affirme qu’elle continuera malgré tout de manifester : « Je préfère recevoir du gaz lacrymogène dans la figure plutôt que de me taire. »

Avec sa pancarte « Il y a des indulgences qui sont un déni de justice », citation du moraliste et essayiste Joseph Joubert, Rudy est venue tout droit de son lycée Elisa-Lemonnier, dans le 12arrondissement de Paris, lui aussi bloqué. La jeune fille de 20 ans, présente avec quatre amies, dénonce « une justice à deux vitesses ». « Cette manifestation est d’autant plus nécessaire à l’approche de la présidentielle. Avec la montée du FN, on ne peut que flipper », confie la lycéenne.

Sur la place, les lycéens tentent de forcer les barrages des policiers avec des jets de projectiles. Les forces de l’ordre répondent par des tirs de gaz lacrymogènes. La mobilisation se disperse dans la confusion, notamment avenue Saint-Mandé, où les heurts avec la police continuent. Rudy conclut : « Ces mobilisations ne seront efficaces que lorsqu’elles seront mieux organisées et qu’elles rassembleront plus de monde. »

 
 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

 

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