Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 13:49

 

 

Source : https://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Municipalisme

Contre le néolibéralisme et l’extrême-droite, les « villes sans peur » se donnent rendez-vous à Barcelone

 

par

 

 

 

 

Barcelona en Comú, la coalition au pouvoir dans la ville de Barcelone, organise du 9 au 11 juin un grand sommet des « villes sans peur » - ces villes et ces citoyens qui résistent aussi bien à la haine et à l’extrême-droite qu’aux multinationales et à la régression sociale. « La démocratie est née au niveau local, et c’est au niveau local que nous pouvons la reconquérir. » Des maires et des collectifs locaux de toute l’Europe, des Etats-Unis, d’Amérique latine ou de Syrie. Basta ! organise, en partenariat avec Barcelona en Comú et OpenDemocracy, un événement parallèle « Médias sans peur » sur le rôle des médias indépendants et alternatifs.

« Dans un monde où la peur et l’insécurité sont instrumentalisées par la haine, et où les inégalités, la xénophobie et l’autoritarisme sont en hausse, villes et villages se mobilisent pour défendre les droits de l’homme, la démocratie et le bien commun.

En Europe, les villes refuge accueillent les réfugiés qui fuient la guerre et la terreur, et poussent les gouvernements nationaux et l’Union européenne à faire davantage pour mettre fin à l’hécatombe aux frontières du continent.

Aux États-Unis, les villes sont en première ligne de la résistance à Trump, en défendant la diversité, les droits des femmes et des LGBTI [Lesbiennes, gays, bisexuels, trans et intersexués, ndlr] et en luttant contre le changement climatique. Les « villes sanctuaires » ont gagné l’admiration du monde entier en reconnaissant les contributions et les droits des résidents sans papiers et en les protégeant contre les expulsions.

En Turquie et en Syrie, les villes kurdes sont un bastion de la démocratie participative, du féminisme et des droits de l’homme dans un océan de violences et de discriminations.

En Amérique latine, de nouveaux mouvements municipalistes émergent et combattent la pauvreté et les inégalités en créant des alternatives économiques depuis la base.

À Hong Kong, de jeunes militants de la démocratie ont été élus au parlement de la ville, où ils dénoncent la répression et la censure de l’État chinois.

La démocratie est née au niveau local, et c’est au niveau local que nous pouvons la reconquérir.

Il est temps de démontrer le pouvoir des villes et des villages pour résister à la haine et stimuler une transformation démocratique à travers le monde. Face à la haine, aux murs et aux frontières, nous construirons des réseaux mondiaux de solidarité et d’espoir regroupant mairies et citoyens.

Rendez-vous à Barcelone du 9 au 11 juin pour « Fearless Cities », le sommet international municipaliste des villes sans peur organisé par Barcelona en Comú. »

 

La soirée d’ouverture réunira les maires de Barcelone, Madrid, Naples, Grenoble, Valparaíso (Chili), Berkeley (Californie), Derik (Kurdistan syrien), Saragosse, Cadix et La Corogne, ainsi que la gouverneure de la région Attique en Grèce et des conseillers municipaux de Rosario (Argentine), Vancouver (Canada), Philadelphie (États-Unis) et Belo Horizonte (Brésil).

Site web et inscriptions : http://fearlesscities.com/

À noter que Basta ! organise, en partenariat avec Barcelona en Comú et OpenDemocracy, un événement parallèle « Médias sans peur » sur le rôle des médias indépendants et alternatifs.

 Page Facebook de l’événement : https://www.facebook.com/events/293750187746228/

 

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : https://www.bastamag.net

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
commenter cet article
12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 17:09

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=-qiNlCkiqII&feature=youtu.be

 

 

 

10.6 millions d'électeurs FN : Diaboliser ou entendre ? par Osons causer

 

 

 
Ajoutée le 10 mai 2017

10.6 millions d’électeurs FN au 2eme tour. Diaboliser ce vote ne le fait pas baisser.Osons Causer se propose dans cette chronique Mediapart de prendre du recul pour analyser et comprendre qui sont les électeurs derrière le vote FN. La carte du vote FN en recouvre une autre, dont on parle très peu, et qui n’est pas celle de l’immigration… Découvrez-là en 5 minutes.

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=-qiNlCkiqII&feature=youtu.be

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
commenter cet article
12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 15:55

 

 

Source : http://blog.mondediplo.net

 

 

De la prise d’otages

par Frédéric Lordon, 3 mai 201
 
 
 

 

JPEG - 392.6 ko

« Les fractures boulangères suivent les fractures banquières... tout le monde est pris en otage même le pain ! »
 

« Si ce personnage fameux qui riait de tout vivait dans notre siècle, il mourrait de rire assurément », écrit Spinoza à l’un de ses correspondants. Et sans doute de même en le nôtre. Car c’est vrai qu’il y a de quoi rire longtemps au spectacle de choix qui nous est offert – sous la condition tout de même d’avoir le cœur bien accroché, car en réalité ça n’est vraiment pas drôle. Dans le concert pour cymbales et sanibroyeurs qui tympanise le pays entier, il n’est, à quelques exceptions près, pas un instrumentiste qui n’ait une part de responsabilité, politique ou idéologique, dans la situation présente – contre laquelle il jure ses grands dieux être prêt à faire barrage de son corps (si seulement…).

La consolidation du face-à-face entre le néolibéralisme et son repoussoir fonctionnel d’une part, la détestation ouverte de la différence de gauche seule capable de briser cette splendide harmonie d’autre part, sont les deux propriétés caractéristiques de cet ensemble symphonique qui orchestre à intervalles réguliers la reconduction du même par exhibition de la différence monstrueuse – après avoir mis, entre temps, son énergie entière à empêcher tout surgissement de l’autre différence.

 

La morale des incendiaires

On n’en finirait pas de dresser la liste des éditorialistes, des experts, des économistes à gages, des intellectuels de service, des roitelets de matinales qui, pénétrés du sentiment de leur liberté, récitent à l’année le catéchisme de l’époque – « Mais enfin vous n’envisagez tout de même pas du protectionnisme ? Mais les entrepreneurs partiront ! Mais ce sont les entreprises qui créent l’emploi ! Mais sortir de l’Europe c’est la guerre ! Mais les charges détruisent la compétitivité ! » – pour découvrir un matin, stupides et interdits, les effets réels des politiques dont ils sont les desservants. Et surtout qu’une partie croissante de la population est prête à n’importe quelle solution, fut-ce la pire, pour donner une expression à sa rage.

Lire aussi Renaud Lambert, « Duplicité économique du Front national », Le Monde diplomatique, mai 2017. Ça tombe bien, on lui en propose une, toujours la même, bien faite pour être inacceptable, d’où résulte invariablement que, certes, « on a entendu la souffrance », « qu’on va enquêter sur la France de la colère », « qu’il faut une Europe plus sociale », mais que pour l’instant on va quand même repartir pour un tour – le monde est bien fait. Si, donc, le jugement de l’histoire était doté de ses moyens matériels, un simple panier à salade par exemple, il lui suffirait de faire le tour des réseaux sociaux et de ramasser l’un derrière l’autre les fulminants du « barrage » pour aligner ipso facto les responsables réels de la situation qui les fait fulminer – encore faut-il s’entendre sur les motifs véritables de la fulmination : non pas la situation elle-même, mais qu’on puisse trouver à y redire, et plus encore vouloir s’en extraire.

Et c’est assurément de cela que l’homme qui rit de tout se tiendrait les côtes : que ceux qui ont si continûment œuvré à installer ce monde ignoble, à en chanter la supériorité et, partant, à en armer deux fois le légitime dégoût, que ce soient ceux-là qui viennent l’index tremblant et la morale en bandoulière mettre en demeure les électeurs de ne pas accomplir tout à fait les conséquences de ce qu’eux-mêmes ont préparé, sauf à ce que les malheureux en portent l’entière responsabilité. C’est que dans cette morale particulière de l’incendie, la responsabilité va exclusivement aux brûlés et jamais aux incendiaires.

Et comme le tableau doit être complet, que pas un détail dans l’obscénité ne doit manquer, voilà que ces derniers nous appellent à faire barrage aux effets en nous enjoignant de voter pour les causes – insultant au passage ceux à qui il reste un peu de logique, et qu’on reconnaît précisément à ce fait qu’avant d’en arriver là, eux avaient entrepris de s’en prendre aux causes. On pourra dire ce qu’on veut du candidat Mélenchon, mais on aura du mal à éviter de voir que pour la première fois il a ramené du vote populaire vers la gauche, et contesté efficacement le vote « jeunes » au FN. C’est donc à cette performance, première du genre depuis vingt ans, que le pharisaïsme de l’antifascisme, dont tout ce qu’il soutient par ailleurs en fait l’auxiliaire objectif de la fascisation du pays, vient faire procès « d’absence de consignes » ou « d’insuffisante netteté » – mais l’antifascisme en mots se reconnaît précisément à ce qu’il n’a rien tant en horreur que l’antifascisme en actes. Il y a comme ça des arrière-pensées qui peuvent difficilement se dire : « le FN, c’est horrible, mais quand même, c’est épatant ».

En réalité, le dérèglement est partout. Car on finit par se demander si certains à gauche, pourtant très prompts à l’inflammation morale antifasciste et à l’invocation des enseignements de l’histoire, ont vraiment pris au sérieux, entendons autrement qu’en mots, l’événement de 2002, et la nécessité qu’il ne connaisse aucune réplique. N’étant pas feignants ni de l’appel grandiloquent ni du vote utile – on en connaît qui, avec une prescience remarquable, appelaient dès février à ce que Mélenchon se retire en faveur de Hamon et déjà bien sûr « pour faire barrage au fascisme » (1)… – on aurait logiquement attendu que, disons sur le coup de début avril, ils appuyassent de tout leur renfort la candidature de gauche manifestement en position de dégager le FN du second tour. Étrangement, les appels sont restés en carafe – quand ils n’ont pas insinué au contraire –, pour ne claironner à nouveau qu’à partir du 24 avril. Et l’on admire toutes les géométries variables dont sont capables les haines idéologiques caparaçonnées de vertu.

 

Voter pour les possibilités stratégiques d’une présidence Macron ?

On en est là, et il s’agit maintenant de savoir quoi faire, en tout cas pour tous ceux qui ne recouvrent pas leur macronisme foncier, ou rampant, de moralisme édifiant malaxé de comparaisons historiques approximatives – pour la première fois de sa vie Le Monde se met en devoir de lire le Trotsky des années trente pour en faire un usage anachronique sans vergogne, doublé d’un dégoûtant brevet de moralité politique (2). Le Monde ! Enveloppé dans Trotsky ! Admirable vertu révélatrice des crises, qui exposent au grand jour tout ce dont certains sont capables. Pour tous les autres, donc, et une fois rappelée l’évidence, toujours bonne à redire, qu’en aucun cas les deux candidats ne pourraient être mis en équivalence, il reste à tout prendre deux arguments rationnels en balance — car il y a une situation politique autour de cette inéquivalence, qui justifie que la discussion ne s’arrête pas aussitôt.

Le premier argument part de la question stratégique qui demande dans quel état du monde les luttes sociales à venir trouvent leurs meilleures conditions. Au moins, de ce point de vue, c’est vite tranché. D’un côté le FN est comme un iceberg de merde dont on aurait vaguement blanchi la seule partie émergée. Parmi ceux à gauche qui se posent sérieusement la question du second tour – sérieusement s’entendant : autrement que sur le mode de l’injonction hystérique mêlée d’hypocrisie –, il n’en est pas un qui ne sous-estime la dangerosité de la chose, ni ce qu’il en coûtera aux plus exposés, dans les quartiers – à eux-mêmes également qui auront, dans la rue, à en affronter concrètement le risque : policier et judiciaire (quand ils « résistent », BHL pétitionne depuis Saint-Germain et Quatremer tweete des selfies dans une péniche).

D’un côté, donc, le FN, de l’autre Macron, qui est comme le candidat optimal pour la phase finale de la décomposition, dont il ne faut alors pas méconnaître les bonnes propriétés stratégiques objectives. C’est sans doute un propre des situations de grande crise que la nécessité historique trouve toujours les agents individuels qui lui conviennent pour s’accomplir. Ici particulièrement. Car Macron s’annonce comme l’accélérateur de tous les processus. Fabriqué par l’oligarchie comme réponse à la crise, il est le meilleur agent de l’approfondissement de la crise.

Tout ce qu’opacifiaient les habitudes et les pratiques institutionnelles de ce qu’on peut déjà qualifier par anticipation d’ancien régime, va devenir soudain – est déjà devenu – clair comme un lac de montagne. Il fallait un peu d’acuité (pas beaucoup…) pour apercevoir dans le débonnaire conseiller régional premier secrétaire Hollande le fondé de pouvoir du capital – qu’il est réellement, et depuis très longtemps en fait (3). Mais l’oligarchie, sans doute exaspérée par l’urgence d’un début de dislocation, n’a plus la patience du long travail de la mise en forme, et porte maintenant au pouvoir directement l’un des siens, propulsé sans intermédiaire ou presque d’un emploi dans un autre. Mis sur orbite avec pareil lancement, et comme l’indique déjà sa campagne du second tour, il vaut mieux ne pas s’attendre à quelque reprise de contention et, au point où nous en sommes, c’est tant mieux : tout va maintenant se montrer à nu.

Lire aussi Pierre Rimbert, « Dans les cuisines du marché électoral », Le Monde diplomatique, mai 2017. La prise du pouvoir en direct par le capital, sans plus aucun effort de médiation, son programme outrancièrement de classe, l’inféodation des médias sous contrôle des puissances d’argent : tous les masques vont tomber. Même la crise civilisationnelle, dont le corps social est profondément travaillé mais sans en avoir l’idée claire, va apparaître en pleine lumière, devenir comme une évidence, annoncée par la start-up nation, la managérialisation de la politique depuis le sommet d’un gouvernement de co-workers jusqu’à la base d’un parti de helpers. Et toute à son ravissement infra-culturel, la secte macronienne égocentrique – elle croit être « la France » alors que, par adhésion, elle ne représente en réalité que 10% de l’électorat (4) ! –, cette classe nuisible assistée de tous ses porte-voix, va nous régaler de sa philosophie d’open space, de son impayable sabir, de ses visions de la vie et de sa pensée positive. L’écœurement général, au milieu d’un irrépressible sentiment de grotesque, va connaître de foudroyants progrès. Et avec lui, comme toujours dans les périodes de crise, la conscience politique.

On peut donc au moins accorder à Macron son slogan : pour sûr, on est en marche ! Et même à grands pas. Tout promet d’aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite. Au sein de cette mauvaise nouvelle – car certaines catégories sociales vont salement ramasser –, il y en a donc une bonne : la grande accélération politique arrive. Nous entrons dans une période de hautes énergies, et les vrais points critiques se rapprochent à grande vitesse. C’est bien.

Et puis il faut aussi considérer ceci : Macron, c’est le naufrage définitif de la presse ancillaire. Libé, L’Obs, L’Express, au minimum : morts. Cinq ans dans les carrioles de la modernité start-up, du monde ouvert contre le repli, et de l’agilité pour tous, c’est plus que ces rafiots déjà à l’état d’épaves n’en pourront supporter. Le Monde en première ligne, comme le navire-amiral du macronisme. BFM plus odieuse que jamais. Avec la connexion pouvoir-oligarques-médias jetée en pleine lumière, et l’intégration organique des trois composantes du système devenant monstrueusement visible, c’est le rejet général qui va croître.

Toutes ces excellentes perspectives médiatiques font assurément partie de l’équation stratégique d’ensemble – nonobstant les glapissements de la corporation, scandalisée de voir son trépas inclus dans les motifs d’espérance, et qui proteste qu’avec elle c’est la démocratie qu’on assassine. Mais c’est là un sophisme pour cruchons du système. On va donc expliquer à ces esprits embrumés l’idée fort simple qui se tient derrière tout ça : c’est la menace sur la presse affranchie des pouvoirs qui est une mauvaise nouvelle démocratique ; la presse du capital sub-claquante, c’en est assurément une bonne ! Et doublement au demeurant car, du même mouvement, la disparition de la seconde libère l’espace pour la première. Or il faut bien voir que, pour la presse du capital, Le Pen élue, c’est la providence, le rétablissement inespéré. Toutes les semaines un appel contre la haine, un dossier « résistance », une terrine de BHL, un pâté de Glucksmann junior, hauts les cœurs contre le fascisme pour faire oublier par quoi il est arrivé. Et surtout les lecteurs, légitimement horrifiés par le régime, qui reviennent en masse, prêts à avaler n’importe quelle bouillie pour se consoler du désastre.

 

S’abstenir pour en finir avec la prise d’otages

Au critère des vertus stratégiques objectives, la supériorité d’un président Macron n’est même pas discutable. Ça n’en fait pas pour autant la raison suffisante d’un vote. C’est que voter répétitivement sous le régime de la prise d’otages commence à devenir un problème, auquel se plier n’offre aucune autre perspective que son éternelle reconduction. Pour « l’homme qui rit » la période est décidément faste, car on lit de tout à ce sujet. Thomas Piketty explique que non seulement il faut voter Macron mais le porter au plus haut pour qu’il soit « bien clair que ce n’est pas son programme qui a gagné (5»

Après l’immense réussite des primaires, l’engagement clairvoyant auprès du candidat Hamon au moment historique où le PS s’apprêtait à mettre la clé sous la porte, ou encore le parlement de l’euro dont nos amis allemands admettront l’évidence pour peu qu’on en discute raisonnablement avec eux, l’intelligence politique des intellectuels social-démocrates est toujours aussi éblouissante. Piketty, à qui on demande quel souvenir il a gardé du 21 avril 2002, a visiblement oublié qu’« ensevelir Chirac sous les bulletins de vote », le porter à 80% « pour qu’il soit bien clair etc. » était déjà le mot d’ordre du moment, dont toute la suite a prouvé la formidable efficacité.

Dans une veine similaire d’autres adjurent Macron de « parler à la gauche » – sans doute pour adoucir leur propre tourment électoral. Se rendent-ils compte de ce que ce mot d’ordre secondaire est rigoureusement contradictoire au mot d’ordre principal ? En appeler à l’« ensevelissement » du candidat Macron sous les bulletins ne constitue pas exactement l’incitation optimale pour obtenir de lui quelque « écoute ». Mais quand bien même Macron « parlerait à la gauche », qu’en recueillerait-elle à part des mots ? Il faut croire aux elfes ou à la fée Marjolaine pour imaginer qu’il en tiendra le moindre compte. Les institutions de la Ve sont ainsi faites que, dès le 8 mai, et comme jadis Chirac l’« enseveli », Macron, du haut de sa base réelle de 10 % d’inscrits, fera bonjour, ou même autre chose, à tous les autres qui se seront ajoutés pour faire les 60 % (d’exprimés) du second tour.

Il faut alors avoir le goût du paradoxe hasardeux pour imaginer déjouer la prise d’otages en y collaborant, et en fait la passion de la servitude pour se proposer ainsi de lui donner son emprise maximale – en assurant n’importe quel forcené libéral de passer dans un fauteuil, du moment qu’on aura réussi à lui mettre une Le Pen en face. Si la chose était réalisable – mais on sait bien qu’elle ne l’est pas puisqu’elle échappe à tout contrôle –, il faudrait plutôt souhaiter l’exact inverse : que Macron passe mais avec la plus décevante des marges – par le seul effet de l’abstention bien sûr et, pour Le Pen, à nombre de voix constant, si possible même en baisse. Si ce résultat « idéal » est en pratique une fiction, au moins exprime-t-il un idéal stratégique : desserrer la capture électorale. Car c’est bien là le seul moyen de faire sentir à ceux qui depuis 2002 jouent sans vergogne la prise d’otages qu’elle est à efficacité dangereusement décroissante, que la fois d’après le « pari sur du velours » pourrait très mal tourner, et que maintenant il va vraiment falloir en finir avec ces ignobles petits calculs.

Au vrai, l’usure du procédé est déjà constatable, ne serait-ce qu’au vu des sondages de second tour. Mais pas seulement : un historien se pose à lui-même la grave question de savoir « pourquoi la rue est amorphe ? » (6). Mais c’est vrai ça : pourquoi n’y a-t-il pas un million de personnes dans la rue cette fois-ci ? Et l’historien d’envisager les explications les plus académiques, sauf une qui pas un instant ne lui traverse l’esprit : il se pourrait que, depuis le temps, une bonne partie de la population commence à en avoir soupé de sa condition d’otage électoral et renâcle à ce qu’on lui demande, en plus de voter comme il faut, de la célébrer selon les rituels appropriés.

 

L’économie de la responsabilité remise sur ses pieds

Ceux qui ont décidé de ne pas se rendre sans autre forme de procès à l’injonction des fulminants n’ont donc aucune raison de se laisser culpabiliser – et, s’ils choisissent de s’abstenir, certainement pas celle, tout à fait sophistique, de « laisser les autres faire le sale boulot » (voir annexe). Aucune faute, ni politique ni encore moins morale, ne peut leur être imputée d’hésiter, de résister comme ils peuvent à ce nouveau spasme fusionnel dont le pays fait maintenant répétitivement l’expérience, et de chercher leurs voies hors d’un chantage politique qui a atteint le stade organisé. C’est donc peu dire au total que tout légitime leurs interrogations.

Il est d’abord illogique d’instituer le vote comme pratique atomisante, condamnant les individus à l’insignifiance microscopique, pour leur faire porter ensuite, séparément, la responsabilité d’un résultat macroscopique. Il l’est identiquement de les appeler à raisonner moralement comme s’ils étaient des « agents représentatifs », capables à eux seuls de faire le vote et de porter tout le poids du vote, alors qu’ils n’en portent qu’une part infinitésimale, et que leur désir de dépasser cette condition par l’action coordonnée ne trouvera jamais aucune réponse dans l’isoloir (voir annexe).

Il est par contre légitime de poser stratégiquement le refus de la prise d’otages. Même à un esprit modérément sophistiqué, il doit apparaître que plier répétitivement au chantage, voire exprimer avec entrain son « devoir » d’y plier, n’est pas le meilleur moyen de le dissuader pour l’avenir. Mais peut-être s’agit-il d’une situation où certains ont de troubles raisons de se trouver bien.

Il est en tout cas politiquement honteux que ceux qui ont contribué de toutes leurs forces à structurer un choix de second tour aussi calamiteux se défaussent du résultat, s’il tournait mal, sur ceux qui auront été jetés dans cette situation désastreuse. Les vrais responsables, quoi qu’il arrive, ce seront les architectes du choix à une case, ceux-là mêmes qui après le 21 avril 2002 avaient prononcé de solennels « plus jamais ça », mais se sont parfaitement accommodés, quand ils n’y ont pas activement œuvré, de voir s’installer le chantage originaire en routine, c’est-à-dire comme l’hypothèse avantageuse de toute stratégie électorale future.

Au tribunal de l’histoire, ce ne sont pas les abstentionnistes qui comparaîtront : ce seront tous ceux qui, en position de peser sur le cours des choses, ont délibérément agencé le paysage des différences pour n’y admettre que l’innommable fonctionnel du FN, ceux à qui a été répétitivement expliqué, exhibé, démontré la causalité irréfragable, confirmée dans bien d’autres pays, entre politiques néolibérales, délabrement social et pathologies politiques, et qui n’auront rien voulu entendre. Et puis aussi les directeurs éditoriaux du Point, de L’Express ou de Marianne, dont les innombrables couvertures islamophobes déguisées (ou même pas) en combat pour la laïcité, se seront fait un devoir d’exciter la pulsion raciste dans tout le pays, assistés de leurs intellectuels répandus. Tous auront pris plus que leur part dans la fonctionnalité globale du dispositif : amener le FN à son niveau optimal, celui qui lui fait passer le premier tour, mais censément lui interdit de franchir le second – sauf si…

Sauf si l’électorat, condamné à l’archi-passivité, décide un matin de recouvrer brutalement sa capacité d’agir, mais alors dans des conditions où l’on est par construction certain qu’elle se manifestera pour le pire – puisque la seule alternative aménagée est celle du pire. C’est avec ce risque, dont elle est pourtant avertie depuis 2002, dont elle a vu à nouveau la matérialisation avec le TCE en 2005, avec le Brexit, et puis avec Trump, c’est avec ce risque qu’aura joué, entre folie et aveuglement, une classe élitaire qui s’est d’ores et déjà ménagé sa place dans l’histoire – mais pas exactement celle qu’elle croit. Admirables « élites » qui, s’efforçant de pousser le bouchon toujours plus loin, jouent à la roulette russe mais avec la tempe des autres.

Pendant ce temps, à stade égal de désespérance, abstentionnistes et malgré-nous du macronisme se sautent mutuellement à la gorge, sans jamais songer (enfin surtout les seconds) à se tourner vers ceux qui, au dessus d’eux, ont aménagé le terrain de leur empoignade, pour ensuite jeter tout ce qu’il faut d’huile sur le feu — exactement comme les pauvres s’en prennent aux encore-plus-pauvres, ce conflit engendré du néolibéralisme qui fait la joie du Front national. Passé ce scrutin pestilentiel, il faudra bien songer à s’interroger à propos des irresponsables « responsables » qui installent pareilles catastrophes, dont ils croient pouvoir ensuite se laver les mains. Quel que soit le résultat du 7 mai, celui-ci leur appartiendra et à eux seuls, comme le résultat d’une nécessité appartient à ceux qui ont armé la nécessité.


« Les abstentionnistes laissent les autres faire le sale boulot », ou l’anti-politique de l’isoloir

Assurément c’est l’argument qui tient la corde dans la chasse à l’abstentionniste : il se réjouira in petto que Le Pen ne passe pas mais pourra clamer post festum ne s’être « pas sali les mains ». Bref il se défausse du devoir de barrage sur les autres.

Un philosophe kantien qui passerait par-là ne manquerait pas d’évoquer l’impératif catégorique : une règle de comportement ne vaut comme maxime morale que si elle peut être universalisée. Or à l’évidence, l’abstentionniste escompte que les autres agiront différemment. Son choix individuel ne peut donc être converti en règle générale.

L’argument n’a pourtant rien d’irrésistible. D’abord parce qu’il s’agit ici de politique et non pas de morale. Or la politique n’est pas une affaire de maxime universalisable mais de conflits, donc de fragmentation et de rapports de force. Il est assez évident que l’argument de l’abstention ne s’adresse pas à tout le monde. Il ne fait sens (politique) que pour une fraction déterminée de l’électorat : de gauche, celle précisément qu’on tente de réduire à merci – au passage on observera que nul ne se met en peine d’obtenir des serments ou des abjurations de l’électorat filloniste, dont le taux probable de report sur le FN est pourtant le plus important et auquel on fout néanmoins une paix royale.

L’objection du free riding (« laisser les autres faire le sale boulot ») ne tiendrait que si la position abstentionniste se voulait universalisable. Mais, proposition politique adressée, elle n’y prétend en rien. C’est alors ici que s’éclaire du même coup une aporie fondamentale du vote.

Si Sartre déclarait l’élection « piège à cons », c’est parce qu’il voyait combien la politique, pratique fondamentalement collective, se trouve immanquablement dégradée quand elle se donne l’expression atomistique du vote. La politique se fait ensemble, le vote chacun par devers soi. Et l’on ne passe pas de l’un à l’autre sans solution de continuité. Mais la puissance de la politique comme activité collective est telle qu’elle cherche à toute force à réinvestir l’atomistique du vote : la pratique individuelle du « vote utile » ou les logiques spéculaires (c’est-à-dire le fait de stratégiser son propre vote en fonction du vote anticipé des autres) sont autant de tentatives de recréer de l’action coordonnée (donc du collectif) là où, par construction, n’existe aucune instance de coordination. De même, suggérer que l’abstentionniste « laisse les autres faire le sale boulot », c’est réintroduire subrepticement la grammaire de la coordination collective dans l’univers atomistique du vote, précisément agencé pour qu’elle en soit absente… c’est-à-dire objecter à un comportement individuel par un argument de logique collective dans un univers d’où cette logique est exclue et où, par le fait, les agents n’en ont aucun moyen. On peut le dire maintenant : c’est la même raison qui condamnait au statut de fiction l’idée de « faire élire Macron avec la plus décevante des marges ». Les deux idées sont d’ailleurs l’envers l’une de l’autre.

Le vote utile, comme symétriquement l’abstention stratégique, ce sont les tentatives désespérées d’un électeur de refaire de la politique (collective) dans l’univers anti-politique (atomistique) du vote – c’est-à-dire de faire face à l’absence d’instance coordinatrice… dans la situation où les aspirations individuelles à la coordination sont les plus impérieuses. Pas seulement parce que l’essence même de la politique, mutilée par le vote, c’est le collectif. Mais aussi parce que cette aspiration procède du désir de voir son vote accéder au seul moyen de peser : par inclusion dans une formation collective, quand, isolément, il n’est qu’une contribution infinitésimale, quasi-nulle, au résultat macroscopique. Chacun s’est dit au moins une fois que l’absence de son vote « n’aurait rien changé », et c’est vrai ! – quoique cet énoncé vrai au niveau individuel devienne faux par passage au niveau collectif, mais ça n’est là qu’un autre énoncé du problème même dont il est question ici.

Car en effet, pour peser vraiment, et contrebattre l’insignifiance qui frappe le vote individuel, il faudrait pouvoir trouver un lieu pré-électoral où se coordonner (à l’image, par exemple, des groupes à l’Assemblée nationale, qui coordonnent des votes collectifs, donc des votes qui pèsent). Mais précisément, pour l’électeur ordinaire, un tel lieu n’existe pas. A sa place, on a mis le fatal isoloir. Hors de toute possibilité d’action concertée ex ante, on ne sait qu’ex post si « on » a pesé et de combien – quoique en réalité ce « on » soit un pur artefact.

En tout cas, aussi bien le vote utile que l’abstention stratégique, comme également l’objection du free riding (« laisser faire le boulot… »), sont toutes rigoureusement équivalentes sous ce rapport : toutes expriment, sous des aspects différents, le même problème. Aussi celui qui veut dénigrer l’une depuis la position de l’autre est-il aussitôt frappé d’incohérence – et spécialement le moraliste : « laisser les autres faire le sale boulot », c’est l’injonction de se soumettre à une logique de la coordination que le vote exclut par construction.

Frédéric Lordon

 

 

 

Source : http://blog.mondediplo.net

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
commenter cet article
12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 15:05

 

Réflexion d'un Indigné-NuitDeboutiste Nîmois

 

 

Uber ou Ûber alles, sortie des urnes..

Frère Emmanuel est élu. Sur un ton de jeune curé primo-shooté il a confirmé qu'il dirait rien. Il est grave disent les journalistes.

Il y a de quoi: 2° président le mieux élu de la courte histoire de la V°, l’abstention record et le score dit historique du vote blanc lui ont soufflé la victoire,  représentant plus du tiers des inscrits. Avec en vrai 1 inscrit sur 4, et à peine 20% de « vrais sympathisants » là d’dans, entouré d’ opportunistes volants (c’est bien le mot) au secours de la victoire, Macron est le président le moins légitime de la longue histoire de France. En même temps !

On pourrait en rire mais nous avons nous aussi toutes raisons d'être graves. Frère Emmanuel cache bien mal sous sa soutane son beau costard  (Arnys ?) de bon trader. Une O.P.A. inamicale sur la démocratie a bien eu lieu, quelques « délocalisations » sont à prévoir. En Marche sur l’eau vers on n’sait où (mais on devine), jamais tous ensemble les français n'ont eu autant envie d'y aller à reculons. Il est élu, Macron, c'est malgré nous, sans rien en croire... mais il est élu, c’est bien l’arnaque.

C’est à cacher et à empêcher d'émerger le "nous" du malgré que vont s’employer ardemment tous les « analystes politiques » dans les minutes qui suivront l’élection. C’est déjà dit, ce sera dit: si vous êtes contre Macron et son monde repeint façon Mickey, vous êtes soit rétrograde coincé catho d’Ancien Régime (Filloniste de surcroît), soit un allié objectif de la nazie potentielle. Vous avez voté pour elle ou pour Méluche, vous êtes les vieux, les petites gens, aigris, perdus,  déboussolés. Frère Macron vous aime et il comprend, dormez, dormez petits enfants. (sur l’air de « trust in me…just in me…close yours eyes...believe me», Susheela Raman).

Renouveau, ouverture, jeunesse, destin bonapartique que paradoxalement l'Europe appréciera, Lafayette…si, si cela s’est dit et là c’est nous qu’on apprécie, c’était un  traître, un royaliste. La future ligne éditoriale des « merdias » est claire. Elle n’a pas varié depuis des années, niveau « Plantu » pour l’analyse, niveau « Goebbels » pour la propagande. Tiens, ça pourrait juste être l’inverse et ça serait bien l’idée que je m’ fait d’Macron…çui du Macron=Le Pen.

L’Erdogan femelle et bonne française l'a bien montré, en live. Second pitre au Grand Barnum (mais on savait): son seul registre personnel est ricanement, tout le reste piqué ailleurs, elle n'en a rien compris mais elle répète. J'invente rien, parole présidentielle, lui l'a dit 20 fois : bête. Tellement « bête » qu'elle en est devenue humaine la dadame, un instant, devant l’algorithme-expert ni droite ni gauche tout comme elle mais juste "expert", lui…et bien fils de pépère, tout pareil. C'est une opposition en chocolat de cuisine (brun, dur…) et c'est la seule dont les « merdias » ont et vont parler, il n'y a plus qu'eux, les ahuris, qui se posent la question de savoir pourquoi ils nous font ça.

Cette opposition de pacotille d'un état déchu, Le Pen la définit déjà comme: les patriotes contre les mondialistes, formidable escamotage sur les problèmes et leurs solutions que beaucoup vont adopter adorer et répéter, Manu Premier aussi bien sûr. Quelle Patrie? Quel Monde? Nul n'en a cure, s'en fait des rêves à la place des autres.

Quand on dit qu'il faut, autant que possible, produire à proximité ce que nous consommons sommes nous des altermondialistes à la « conscience planétaire » ou des nostalgiques du "bien de chez nous" qui confondent un peu « Ordre » et « bien rangé » ? Nous disons il est vrai « sobriété »…et eux traduisent « misère » et ça, ils n’en veulent pas, on les comprend. Mais quand on dit « Nantis » ils voient pas que c’est eux, y n’en veulent pas des « Partageux ». Pourtant c’est vrai, y sont gavés et nous avec et ça c’est dur à avaler, non négociable pour eux. Leur liberté : je veux des fraises en plein hiver, petit exemple, multipliez puis levez l’ nez. Y’à des avions partout le ciel, cherchez pas, y vont aux fraises.  C’est bien un vol, dans tous les sens quand on y pense. Et là Le Pen=Macron.

Quand on dit « nous voulons décider ensemble, en peuple constitué et pas borné» est-on libertaire qui rêve démocratie concrète ou horrible Souverainiste qui rêve le patronat mais bleu, blanc, rouge. Et là, le moins possible, bien tout au bout du drapeau qui s’effiloche, même franco-française la chienlit c’est la chienlit, ça s’élimine.

Quand pour finir on dit « pas de démocratie sans démocratie au travail », on  est affamé de sang ou de justice ?

Ni droite ni gauche… après ni gauche ni gauche…vous y croyez ? Alors vous avez bien la Foi, celle qui rase les montagnes, remplit les mers et fait péter Fukushima. C’est alors ça l’ fameux Progrès ? Non bien sûr, l’insurrection tonne dans nos urnes. On est nombreux à l’avoir fait savoir en blanc, en marchant pas, çui là nous fait plus peur que le fascisme car il l’engendre.

 

A cette heure, p’tit frère Macron, cherche un bon Ministre de la Paix,

 

Restez Debout camarades.

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
commenter cet article
5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 16:30

 

 

 

Source : https://www.franceinter.fr

 

 

Contre le Front National, Greenpeace accroche une banderole à la tour Eiffel

 

 

 

Des militants de Greenpeace se sont suspendus depuis le premier étage de la Tour Eiffel, à Paris, vendredi matin, afin d'y déployer une grande banderole contre le Front National.

Banderole de Greenpeace sur le premier étage de la Tour Eiffel, à Paris, vendredi matin, avec les mots "Liberté, Égalité, Fraternité #Resist"

Banderole de Greenpeace sur le premier étage de la Tour Eiffel, à Paris, vendredi matin, avec les mots "Liberté, Égalité, Fraternité #Resist" © Radio France / Eric Damaggio

 

Six militants de Greenpeace se sont suspendus depuis le premier étage de la Tour Eiffel, à Paris, vendredi matin, afin d'y déployer une grande banderole reprenant, en lettres noires sur fond jaune, "Liberté, Égalité, Fraternité #Resist".

La banderole de Greenpeace sur la Tour Eiffel

La banderole de Greenpeace sur la Tour Eiffel © Radio France / Eric Damaggio

 

Plusieurs camions de police étaient sur place. La banderole fait 300 mètres carrés de superficie. Elle est suspendue à environ 50 mètres de haut.

 

Contre la montée des nationalismes

 

Selon le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, il s'agit pour l'ONG de mettre en garde les Français "contre la montée des nationalismes et des autoritarismes" et de souligner que ces valeurs, la devise de la République française, sont "menacées par le projet du Front national."

Plusieurs membres de Greenpeace suspendus en ce moment à la Tour Eiffel pour installer une banderole anti FN

"Ces valeurs, elles sont menacées par le projet du Front national, elles sont menacées d'exploser si demain Marine Le Pen arrive au pouvoir, a dit Jean-François Julliard :

On voulait dire qu'on est contre la montée des nationalismes, des autoritarismes, en France aujourd'hui mais dans d'autres pays aussi

"Ils vont rester le temps nécessaire pour que ce message passe", a ajouté Jean-François Julliard à propos des six militants de Greenpeace toujours suspendus à la Tour Eiffel. Trois militants ont ensuite été placés en garde à vue. Selon le préfet de police, cette action révèle des "dysfonctionnements dans le dispositif de sécurité de la Tour Eiffel".

 

La banderole est en place à 50 mètres de haut

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
commenter cet article
4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 13:41

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

Nucléaire : des militants de Greenpeace « coupables » mais dispensés de peine face à EDF

 

Le TGI de Paris a jugé qu’« aucune dégradation » n’avait été commise lors d’une opération de tagage du siège parisien de l’énergéticien, en décembre 2016.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

A Paris, devant le siège d’EDF, le 14 décembre 2016.

A Paris, devant le siège d’EDF, le 14 décembre 2016. MARTIN BUREAU / AFP

Quatre militants de Greenpeace ont été déclarés coupables mais ont été dispensés de peine par la 28e chambre correctionnelle du TGI de Paris, jeudi 4 mai, dans un dossier de « dégradation grave commise en réunion » les opposant à l’énergéticien EDF.

« Aucune dégradation n’a été commise », a jugé le tribunal, qui a requalifié la prévention en contravention de « dégradation légère par inscription », déboutant EDF de toutes ses demandes en réparation des préjudices matériel ou moral allégués.

A l’aide d’une bombe aérosol à craie de couleur jaune, les prévenus – trois Français âgés de 25 à 50 ans et un Belge de 64 ans – avaient apposé plusieurs fois la mention « EDF coule » sur la façade vitrée du siège du groupe énergétique, dans le 8e arrondissement de Paris. Leur action s’inscrivait dans le cadre de la campagne menée par Greenpeace France pour dénoncer la politique et l’état des finances d’EDF.

Fin novembre 2016, l’ONG avait déposé une plainte contre EDF au Parquet national financier pour « bilan inexact » et « diffusion d’informations trompeuses ». Selon l’organisation, qui s’appuie sur les résultats d’une étude commandée à un cabinet d’analyse financière, l’entreprise sous-provisionne une partie du coût de démantèlement des centrales et de la gestion des déchets nucléaires.

Bombe à craie

A l’audience, le 23 mars, les quatre militants avaient reconnu avoir « tagué la vitre du siège d’EDF » le 15 décembre 2016. Soulignant le caractère facilement effaçable de la bombe aérosol à craie utilisée, ils avaient, en revanche, contesté la qualification pénale de « dégradation grave » qui les exposait une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement puisque les faits avaient été commis en réunion.

Lors d’une simulation à l’audience, leur conseil, Me Alexandre Faro, avait démontré, à l’aide d’une bombe aérosol identique à celle utilisée le jour des faits, que les inscriptions étaient effaçables d’un simple coup de chiffon. Il avait plaidé la relaxe, mais le parquet avait requis 800 euros d’amende à l’encontre de chacun des prévenus.

De son côté, EDF avait réclamé un total de 7 194 euros pour les préjudices subis : 6 194 euros pour couvrir les frais de services d’une société de nettoyage spécialisée, sur la seule foi d’un devis établi cinq jours après les faits, un montant d’heures supplémentaires versé à des salariés d’EDF ayant supposément prêté main-forte à ladite société, et des frais de déblayage d’objets abandonnés sur les lieux par Greenpeace… lors d’une autre action menée la veille des faits. Au titre du préjudice moral, l’entreprise demandait également 1 000 euros pour l’atteinte à sa réputation pouvant résulter des inscriptions. Le tribunal a rejeté ces demandes.

Lire aussi :   Fessenheim : colère des antinucléaires, satisfaction localement

La dispense de peine permet de ne pas infliger de sanction à un prévenu tout en le déclarant coupable des faits qui lui sont reprochés lorsque celui-ci a pris conscience de la gravité de son acte, que le dommage a été réparé et que le trouble a cessé.

Dans un communiqué consécutif au prononcé du jugement, Greenpeace France s’est réjoui de cette décision. « S’il y a des dégradations graves, elles sont sur les réacteurs du parc nucléaire français qui sont vérolés par des centaines d’anomalies, a déclaré l’ONG. EDF ainsi qu’Areva sont en effet empêtrés dans un scandale d’anomalies et de falsifications depuis plus de dix ans, selon les récentes révélations de la presse. »

L’organisation a fustigé l’énergéticien pour sa propension à « poursuivre systématiquement toute action militante, en tentant de lancer des procédures bâillons ». Ce type de poursuites est de plus en plus utilisé par les entreprises pour « museler » militants et opposants, autant que pour les épuiser psychologiquement et financièrement.

 
 

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes Ils réagissent
commenter cet article
10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 21:15

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Accaparement des terres: l’interminable bras de fer avec le groupe Bolloré

 

Par Dan Israel
 
 

Samedi, des opposants à la politique africaine de Bolloré se réunissent à Paris. Au Cameroun, en Côte d’Ivoire ou en Sierra Leone, les riverains des plantations d’hévéas et de palmiers à huile du groupe luttent toujours pour vivre mieux. Deux de leurs représentants étaient récemment en Europe.

Tous contre Bolloré. Ce samedi 8 avril, un collectif d’associations de la société civile française et africaine appelle à manifester « contre la nouvelle Françafrique », et notamment contre le groupe Bolloré, très actif sur le continent africain. Il sera largement question de l’accident, en octobre 2016, d’un train de la société camerounaise Camrail (dont Bolloré est l’actionnaire majoritaire), dû à « une accumulation de fautes graves et de négligences », selon un rapport d’expert. Mais pas seulement. Des villageois devraient aussi intervenir, par vidéo, pour raconter leur lutte contre les plantations de Socfin et l’accaparement de leurs terres.

Socfin est une holding luxembourgeoise dont le groupe Bolloré est le principal actionnaire (38,7 % des parts), qui détient des plantations industrielles de palmiers à huile et d'hévéas dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie. Depuis 2008, les expansions de ces plantations sont continues et les surfaces de ses plantations africaines ont augmenté d’un quart entre 2011 et 2014, selon l’Alliance des riverains desdites plantations, qui ont décidé en 2013 de se coordonner, avec l’aide active de l’ONG française ReAct.

« Ces expansions provoquent de graves conflits avec les populations riveraines qui sont privées de terres et voient leurs conditions de vie sans cesse se dégrader », résume l’association. Les militants dénoncent les conditions de vie et de travail au sein ou à proximité des immenses plantations et sont porteurs de revendications et d’accusations anciennes, que le groupe connaît bien. Elles étaient notamment énumérées dans une lettre ouverte qui avait été remise en mains propres, en juin 2013, à Vincent Bolloré.

Mediapart a déjà rendu compte de ces conflits, et des actions menées pour tenter de les résoudre, en 2013 et en 2015. Nous avons aussi raconté que des villageois cambodgiens ont décidé d’attaquer Bolloré en justice, directement en France. Mais sur place, près des diverses plantations, la situation évolue peu. Pour ReAct, les négociations et multiples tentatives de discussion depuis 2008 ont « trop souvent mené à une impasse ». En Sierra Leone et en Côte d’Ivoire, indique l’ONG, aucune discussion n’a pu être menée, tandis qu’au Cameroun, au Liberia ou au Cambodge, des rencontres ont bien eu lieu, mais sans aboutir à des mesures concrètes.

Lassée par ces tergiversations, l’Alliance des riverains a récemment mandaté deux de ses membres sierra-léonais, Shiaka Sama et Joseph Rahall, pour passer dix jours en Europe et tenter de faire avancer les choses. Les deux hommes sont des figures de la protestation contre les plantations de Socfin. Le premier, comme nous l’avions raconté, a fait de la prison en octobre 2014, accusé avec d’autres membres de Maloa, l’association dont il est le porte-parole, d’avoir détruit des plants de palmiers à huile, ce qu’ils ont toujours contesté. En février dernier, Shiaka Sama a été condamné à une forte amende (environ 13 000 euros), et les autres militants à la moitié de cette somme. Leur sort, ainsi que celui d’autres activistes locaux, a déclenché les protestations officielles de la Fédération internationale des droits de l’homme.

Shiaka Sama, à gauche, le 20 mars devant le siège de Socfin. © DR

Shiaka Sama, à gauche, le 20 mars devant le siège de Socfin. © DR

 

Joseph Rahall dirige quant à lui une autre association sierra-léonaise, Green Scenery. En mai 2011, il avait publié un rapport très critique sur l’implantation de Socfin dans son pays, qui lui avait valu une plainte en diffamation, retirée depuis. Début juin 2013, de nombreuses ONG internationales avaient protesté contre cette plainte, soulignant que « le rapport de Green Scenery est en cohérence avec les plaintes officielles déposées par les communautés locales, opposées à l’appropriation de leurs terres et à la destruction de leurs cultures et forêts ». Deux autres rapports partageant ces critiques ont été publiés. L’un, produit en avril 2012, est signé par The Oakland Institute, célèbre think tank américain qui observe de près les activités des grandes entreprises dans les pays en développement. Cette étude, très sévère, faisait suite à une tribune sans concession de son directeur politique, le Français Frédéric Mousseau, parue dans Le Monde en mai 2012. En octobre 2012, c’est l’association allemande Welthungerhilfe qui signait, elle aussi, un rapport assez négatif sur le même sujet.

Du 13 au 22 mars, Sama et Rahall se sont donc rendus en France et en Belgique, où ils ont rencontré des associatifs, des journalistes, mais aussi des responsables de l’OCDE et du ministère des affaires étrangères belge. Lundi 20 mars au matin, ils étaient à Bruxelles, devant le siège de Socfin, pour essayer de rencontrer des représentants de l’entreprise. Une petite mise en scène – une table, de nombreuses chaises – leur a servi à dénoncer la politique de la chaise vide menée par l’entreprise dans le conflit l’opposant aux communautés locales. Cinq jours plus tard, des activistes belges ont pris le relais...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
commenter cet article
7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 19:04

 

 

Source : http://www.cadtm.org

 

 

La clinique grecque autogérée d’Elliniko refuse un prix du Parlement européen

6 avril par Fátima Martín

 

 

La clinique communautaire métropolitaine autogérée d’Elliniko a rejeté le Prix du citoyen européen 2015 décerné par le Parlement européen. Le même Parlement dont le président, le social-démocrate allemand Martin Schulz, a menacé les Grecs de sortie de la zone euro s’ils votaient « non » au référendum, a offert cette reconnaissance au centre, qui prend en charge les patients qui ont perdu la couverture gratuite des soins. Un prix que ses membres ont rejeté en déclarant : « il serait totalement hypocrite de recevoir un tel prix alors que l’Europe fait semblant de ne pas voir les bébés souffrant de malnutrition, les malades de cancer non assurés qui meurent, les histoires de familles souffrant de la faim et de personnes qui vivent sans nourriture, sans eau ni électricité pour une année de plus ».

Les membres de la clinique ont indiqué qu’ils profiteraient de leur visite à Bruxelles pour tenter de faire campagne contre le mémorandum et la politique d’austérité imposée à la Grèce. Mais, après avoir été informée, la vice-présidente du Parlement européen, Sylvie Guillaume, du Parti socialiste français, a fait annuler les billets d’avion et l’hébergement prévus pour la participation des représentants du centre à la cérémonie, prévue le 15 octobre 2015 à Bruxelles, en disant qu’elle ne trouvait pas leur participation appropriée. « L’événement et la cérémonie sont une occasion spéciale pour reconnaître tous les gagnants et ne devraient pas être utilisés à d’autres fins, et cela n’a rien à voir avec la qualité de votre action », a-t-elle dit.

Les représentants du centre qualifient d’« hypocrite » le prix offert par les institutions européennes

Les membres du collectif ont déclaré que le prix symbolisait la reconnaissance de « quatre ans de lutte pour une société plus juste pour les chômeurs non assurés qui ont été abandonnés par l’État grec durant la crise », mais ils ont rappelé que « ce combat est pour les trois millions de personnes en Grèce qui sont sans sécurité sociale, sans travail et dans la pauvreté la plus absolue en raison des politiques d’austérité imposées par le FMI, la BCE et l’UE ».

Ils ont déclaré dans un communiqué, après avoir appris qu’ils recevraient le prix : « Pour nous et la plupart des Grecs, l’Europe est notre maison, une maison pleine de gens compréhensifs et solidaires, c’est l’Europe dans laquelle nous croyons et que nous voulons. Malheureusement, nous avons trouvé une Europe perdue dans les engrenages bureaucratiques et les intérêts financiers. À notre grande consternation, nous voyons que la première priorité pour l’Europe est de trouver des milliards d’euros pour les banques privées alors qu’en même temps, elle impose au budget de santé grec une coupe de 50 % par rapport à 2009 ».

Dans le texte, la clinique autogérée d’Elliniko cite les données de l’Institution Prolepsis sur l’appauvrissement de la société grecque : six élèves sur dix à Athènes (sur 64 écoles analysées) ont des besoins nutritionnels urgents, 11 % des élèves ne possèdent pas d’assurance-maladie, 7 % d’entre eux ont vécu pendant une semaine sans électricité en 2014, 1053 écoles ont bénéficié du programme d’aide alimentaire pour couvrir les besoins de base de 152 937 élèves. Le communiqué se fait aussi l’écho de l’étude du Bureau du budget du Parlement grec, selon laquelle 3,8 millions de Grecs vivent près du seuil de pauvreté (432 euros par personne) et 2,5 millions Ils sont en-dessous de ce seuil (233 euros par personne et par mois). « Cela signifie que 6,3 millions de Grecs, 58 % de la population, vit près ou en-dessous du seuil de pauvreté », soulignent-ils.

Pour toutes ces raisons, le collectif affirme qu’il ne rejette pas l’Europe ou son peuple, mais qu’il se sent obligé de « tourner le dos à toutes les institutions et à tous leurs politiciens, Parlement européen inclus, qui traitent les gens comme des chiffres dans des archives comptables », attitude qui, disent-ils, « est une honte pour la civilisation européenne ».


Traduction : Fausto Guidice pour Tlaxcala

 

 

Cet article est extrait du magazine du CADTM : Les Autres Voix de la Planète

 

 
 

Fátima Martín

est journaliste, membre du CADTM et de la PACD, la Plateforme d’Audit Citoyen de la Dette en Espagne (http://auditoriaciudadana.net/). Elle est l’auteure, avec Jérôme Duval, du livre Construcción europea al servicio de los mercados financieros, Icaria editorial 2016. Elle développe le journal en ligne FemeninoRural.com.

 

 

Autres articles en français de Fátima Martín (25)

 

 

 

Source : http://www.cadtm.org

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce Ils réagissent Economie et social
commenter cet article
7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 17:34

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Débattre Reconstruire

#imagineLaGauche : « En finir avec l’idée d’un homme providentiel : je préférerais voter pour une équipe »

 

par

 

 

Qu’est-ce qu’être de gauche selon vous ? Y a-t-il encore du sens à se dire de gauche ? Comment voit-on la gauche du futur ? Quelles sont ses valeurs, ses idées, ses projets, ses défis ? #imagineLaGauche, c’est la série lancée par Basta !, pour comprendre, reconstruire, rêver, renouveler, mettre en débat… Salariés, chômeurs, retraités, étudiants, paysans, militants associatifs, syndicalistes, artistes, chercheurs, jeunes et moins jeunes, témoignent. Aujourd’hui, Émilie, 32 ans, éducatrice spécialisée à Caen.

Pour moi, être de gauche, c’est donner la priorité à la sécurité sociale. Mais ce n’est pas seulement la santé. Cette sécurité sociale devrait concerner tous nos besoins primaires : se nourrir, se loger, se soigner. Une partie de la population n’a pas accès à cette sécurité. Aujourd’hui, quand tu es pauvre, tu ne peux pas complètement te soigner les dents, par exemple. Les soins de base sont remboursés, mais pas le reste. S’il te manque une dent, tu n’as pas l’argent pour la remplacer. Or, tout ne doit pas être une question d’argent.

Être pauvre, c’est hyper stigmatisant. Il y a une honte d’être pauvre. D’ailleurs, on n’emploie quasiment plus ce terme, « être pauvre », même si un français sur sept vit en dessous du seuil de pauvreté. A cause de cette honte, certains ne font pas les démarches nécessaires pour réclamer les aides auxquelles ils ont droit. Ils ne prennent pas la parole dans leur conseil de quartier, ne se présentent pas à l’école de leurs enfants. Pourtant, la pauvreté n’est que la résultante de notre système économique, qui ne marche pas toujours. C’est lui qu’il faut réussir à modifier.

Accès aux droits et égalité devant la justice

La gauche doit porter des valeurs humanistes et anticapitalistes. Être de gauche, c’est défendre davantage l’égalité des citoyens, l’accès aux droits, l’égalité devant la justice. Dans mon travail, où l’on accueille des adolescents en souffrance, les familles qui viennent nous voir sont de tous les milieux sociaux, même protégés. La maltraitance, la souffrance psychologique, ne sont pas l’apanage des pauvres. Cela rappelle que les problèmes adviennent dans n’importe quel milieu social.

Face à ces difficultés, des structures médico-sociales tentent de favoriser l’égalité de chacun en aidant ceux qui rencontrent des difficultés. Mais faute de moyens ou à cause d’une mauvaise organisation, elles ne remplissent parfois pas bien leur mission. Par exemple, le parcours d’un enfant handicapé peut être très long avant d’obtenir les aides nécessaires ou une place en institution : le temps que la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) notifie une orientation et que cette orientation se mette en place, il faut parfois un ou deux ans. En attendant, cet enfant souffre dans le système « ordinaire ». Il est donc nécessaire de redonner des moyens à ces structures.

Voter pour une équipe, des idées, pas pour l’homme providentiel

Il faut aussi aider les personnes défavorisées à porter leurs voix auprès du pouvoir. Il est beaucoup plus facile de se faire entendre dans les instances où l’on peut s’exprimer, quand on a de l’instruction ou l’expérience sociale de parler en public. C’est quelque chose que la gauche doit défendre : la démocratie participative, les groupes d’expression de citoyens. Le défi est de faire venir toutes les classes sociales dans ces espaces de partage, et ensuite permettre à chacun de s’exprimer. Les techniques de l’éducation populaire sont très efficaces pour cela.

Il est urgent d’être créatif, d’inventer autre chose. Les solutions n’appartiennent pas qu’aux élus. Elles peuvent émerger des travailleurs, des étudiants, des syndicats, des associations. Ce sont eux qui les portent tout autant, et les élus doivent les écouter. Je crois beaucoup dans le pouvoir que les députés ont pour faire évoluer les lois. Je pense aussi qu’il faut en finir avec l’idée d’un homme providentiel : il est nécessaire d’avoir un coordinateur, un animateur, mais pas un monarque. Je préférerais voter pour une équipe, des idées, plus que pour un homme providentiel à l’ego surdimensionné.

Émilie, 32 ans, éducatrice spécialisée à Caen

Propos recueillis par Simon Gouin

 

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
commenter cet article
7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 17:18

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Luttes sociales

1336 jours, des hauts, débats mais debout : le film sur la lutte victorieuse des Fralib

 

par

 

 

 

1336 jours de luttes contre Unilever, plus de trois ans et demi de conflit, qui aboutissent à une victoire ouvrière avec la reprise par les employés de l’usine et la création d’une société de thés et infusions coopérative et participative. Cette lutte longue et compliquée menée par les salariés de Fralib contre le géant de l’agroalimentaire est restituée dans un film documentaire de Claude Hirsch, en salles depuis le 22 mars 2017. Une histoire sur laquelle peuvent s’appuyer tous les salariés dont l’usine est aujourd’hui menacée de fermeture.

L’aventure a duré 1336 jours ! 1336 jours pendant lesquels un noyau d’irréductibles se sont battus sans relâche contre Unilever. La grosse multinationale avait en effet décidé en 2010 de fermer son usine de conditionnement de thé et infusion à côté d’Aubagne, estimant qu’elle n’était pas rentable. Mais voilà ! Ces 82 personnes vont non seulement se battre pour que le rideau de fer ne s’abaisse pas définitivement sur les portes de l’usine mais cette bande d’entêtés va utiliser toutes les voies possibles et imaginables pour maintenir leur activité, leur emploi et prouver à ce trust international que l’entreprise reste viable.

FA 1336 jours, des hauts, débats, mais debout from Les Films des Deux rives on Vimeo.

Ce deuxième film de Claude Hirsch [1] sur le combat des Fralib, 1336 jours, des hauts, débats mais debout, regroupe tous les moments-clés de cette lutte :
 L’annonce par Unilever en septembre 2010 de la fermeture de l’usine, jugée peu rentable alors que celle-ci génère quand même des bénéfices, pour délocaliser la production en Belgique en gagnant quelques centimes par boite, entrainant le licenciement de 182 salariés ;
 L’annulation du premier plan « social » le 4 février 2011 par le tribunal de grande instance de Marseille ;
 La première occupation de l’usine en septembre 2011 suite à l’acceptation en première instance du deuxième plan « social » (voir ce reportage de Basta !) ;
 La tentative d’Unilever de reprendre l’usine le 7 novembre 2011 à l’aide de vigiles ;
 L’annulation en appel du deuxième plan social le 17 novembre 2011 ;
 La nouvelle stratégie de la direction de faire signer des transactions individuelles, stratégie qui fonctionnera avec 78 salariés ;
 L’acceptation en avril 2012, en première instance, du troisième plan social pour 103 salariés ;
 La deuxième occupation de l’usine le 11 mai suite à une décision de la direction de déménager les machines ;
 La prise en compte de cette lutte dans le contexte de l’élection présidentielle et l’amorce d’une négociation avec Unilever ;
 L’annulation en appel du troisième plan « social » ;
 La remise à Benoit Hamon, ministre de l’économie sociale et solidaire, en novembre 2012, du projet de la future coopérative Scop-ti (Société Coopérative Ouvrière Provençale - Thés et Infusions) ;
 L’occupation du ministère de l’agriculture et la réception consécutive à l’Élysée le 17 mai 2013 ;
 Le blocage de la plate-forme logistique d’Unilever en juillet 2013 ;
 Les nombreuses rencontres et convergences avec d’autres luttes (Veninov, PSA Aulnay, Goodyear, Ford, et une vingtaine de boites de l’agroalimentaire : Pilpa, Bongrain, Maitre Coq...) ;
 Les dernières négociations avec Unilever aboutissant à l’accord de fin de conflit du 26 mai 2014.
 En août 2014, le dépôt des statuts de la coopérative Scop-ti.

Plus d’informations sur le film : www.asspolart.com/1336 pour le DVD, filmsdesdeuxrives.com pour découvrir les dates et lieux des projections prévues en France, ainsi que la page facebook. Et pour soutenir les coopérateurs de la Scop-Ti, c’est par ici.

Notes

[1En 2011, Claude Hirsch a réalisé Pot de thé / Pot de fer, un documentaire de 70 minutes sur la première année de la lutte des ouvriers d’Unilever.

 

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

Repost 0

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22