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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 00:05

 

Source : http://ecologie.blog.lemonde.fr

 

 

Dans les cirques chinois, des méthodes de dressage cruelles et violentes

 

 

 

Bear cubs were chained to a brick wall and forced to stand upright, putting them at risk of choking or hanging.

 

Des animaux terrorisés frappés, fouettés, enchaînés aux murs ou enfermés dans des cages. Dans une vidéo diffusée lundi 18 juillet, que Le Monde a pu consulter, l’association PETA révèle des méthodes de dressage des bêtes cruelles et violentes, ainsi que des conditions de vie « insupportables », dans les cirques de la ville de Suzhou, dans l’est de la Chine. Cette métropole proche de Shanghai, surnommée la « capitale mondiale du cirque », accueille 300 chapiteaux à l’année et des milliers d’animaux entraînés pour la piste. Une activité qui se fait, selon l’enquête de l’association, aux dépens de leur bien-être et de leurs besoins physiologiques.

Les images, les premières du genre, ont été tournées l’an dernier en caméra cachée par PETA Asie, dans 10 cirques et établissements de dressage. Elles montrent des oursons avec des chaînes autour du cou, forcés de rester debout sur leurs pattes arrière pendant des heures sous peine de s’étrangler. D’autres doivent tenir en équilibre sur une planche-balançoire ou marcher avec les pattes avant sur des barres parallèles. Tous crient, grognent et gémissent. Les grands félins tournent en rond dans des cages bien trop petites pour eux ou, lors de l’entraînement, sont contraints de se tenir en équilibre sur des ballons ou sauter à travers des cerceaux. Les dresseurs les traînent, les frappent, les fouettent et donnent des coups de pied aux animaux pour les faire obéir.

« Les animaux sauvages ne comprennent pas et ne veulent pas exécuter ces numéros qui n’ont pour eux aucun sens, ne sont pas naturels et sont souvent douloureux, mais ils sont obligés de les répéter encore et encore, sinon ils risquent d’être battus ou pire, déclare Isabelle Goetz, porte-parole de PETA en France. Mais ce genre de cruauté n’est pas inhérente à la Chine. Partout, les zoos emploient l’intimidation et la punition pour contrôler les animaux et les enferment dans des cages minuscules, des caravanes ou des wagons. »

Tigers were confined to barren cages.

Interdictions dans plusieurs pays

Des pratiques que certains pays refusent. En 2014, la Belgique a interdit les animaux sauvages dans les cirques. « Ces établissements ne respectent pas les normes en matière de détention des animaux, que ce soit l’hébergement ou le transport, expliquait alors au Monde Bruno Cardinal, conseiller scientifique pour le Conseil du bien-être animal, qui dépend du ministère belge de la santé publique. Les animaux sauvages doivent également pouvoir exprimer une série de comportements propres, tels que la fuite ou encore la recherche d’alimentation, ce qui n’est pas non plus possible dans l’enceinte d’un cirque. »

En Europe, l’Autriche et la Grèce (et la Catalogne en Espagne) ont également banni les animaux sauvages des chapiteaux tandis qu’une interdiction partielle – pour certaines espèces – existe en Allemagne, Hongrie, Danemark et Suède. La France, pays de grande tradition circassienne qui compte une centaine de troupes itinérantes, va-t-elle à son tour légiférer sur ce sujet ? La question divise. De nombreuses municipalités ont déjà pris des interdictions en ce sens, que ce soit Ajaccio (Corse-du-Sud), tout récemment, ou, bien avant, Montreuil et Bagnolet (Seine-Saint-Denis) ou Tourcoing (Nord). L’association PETA appelle d’ailleurs les citoyens à demander à leur maire d’interdire de tels spectacles dans leur ville.

« Ces villes restent minoritaires, rétorque Gilbert Edelstein, le PDG du cirque Pinder et président du syndicat national du cirque. Les lois en France sont strictes et on les respecte. Nos animaux sont bien traités et ne sont pas malheureux. Sans compter que toutes nos bêtes sont nées en captivité : elles ne tiendraient pas longtemps dans la nature. » Et d’asséner : « Un cirque sans animaux, ça n’est pas vraiment un cirque. »

This monkey, named Xiaohua by the investigator, was dragged and yanked around by a rope around her neck.

Quelques efforts ont certes été réalisés : depuis le 18 mars 2011, un arrêté durcit la réglementation française datant de 1978. Parmi les mesures prises, les cages intérieures abritant des tigres doivent mesurer un minimum de 7 m2 par animal, les éléphants doivent être attachés par des chaînes matelassées ou avoir accès au minimum une heure par jour aux installations extérieures (minimum de 250 m² pour trois animaux maximum) et les otaries et lions de mer doivent bénéficier de piscines intérieures et extérieures.

« C’est clairement insuffisant et personne ne peut vérifier que cette réglementation est appliquée, surtout dans les cirques itinérants, réagit Isabelle Goetz. On reste dans une optique d’exploitation des animaux en dépit de leurs besoins fondamentaux. » Des conditions de détention également dénoncées par l’ONG Code animal, spécialisée sur ce sujet, et la fondation 30 Millions d’amis, dont la pétition pour des cirques sans animaux sauvages a récolté plus de 160 000 signatures.

This tiger was forced to balance and walk on a ball while a trainer stood close by with a pole to hit and jab her if she failed to perform.

Ce débat autour du bien-être animal dans les cirques n’a jamais été véritablement tranché par les éthologues. « Une relation de complicité et d’amour peut se créer entre le dresseur et l’animal, estime la philosophe Vinciane Despret, professeur à l’université de Liège et spécialiste des relations homme-animal. Tout dépend du mode de dressage : certains s’opèrent selon un système de récompenses, de négociation et de douceur, tandis que d’autres fonctionnent avec des punitions et peuvent s’avérer violents. » Quant aux conditions de transport et d’hébergement « très difficiles pour les animaux dans les cirques itinérants », elles pourraient être « améliorées si toutes les troupes avaient des cirques d’hiver, disposant d’un espace suffisant », juge-t-elle.

« Il peut effectivement y avoir une relation qui se noue entre l’humain et le cheval par exemple, mais ce n’est pas la réalité du dressage et de la captivité dans les cirques. Les animaux sauvages ne veulent pas être en contact avec les humains », rétorque Isabelle Goetz. Les cirques n’ont effectivement pas toujours accueilli des animaux exotiques : avant le XIXe siècle, les numéros faisaient intervenir des chevaux et des chiens, rappelle Vinciane Despret. Et le succès actuel des spectacles sans animaux, comme ceux du Cirque du soleil, prouve que l’option reste ouverte.

Audrey Garric

Photos : captures écran de l’enquête de PETA

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Source : http://ecologie.blog.lemonde.fr

 

 

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 13:27

 

Source : http://www.radio-monaco.com

 

 

Un activiste américain sauve 1000 chiens du festival de Yulin

 

 

Un activiste américain sauve 1000 chiens du festival de Yulin

 
Camille Chappuis
Par Camille Chappuis
vendredi 24 juin 2016

C’est la belle histoire du jour. Mardi a commencé le très controversé et dénoncé festival de Yulin, dans le sud de la Chine. Une fête qui dure dix jours et durant laquelle, chaque année, des dizaines de milliers de chiens et de chats sont tués pour être mangés. Les défenseurs des animaux ne cessent de s’insurger pour réclamer la fin de ce festival. Cette année l’un d’eux a réussi à sauver mille chiens destinés à finir dans les assiettes des Chinois.

Les mots ne suffisent pas à couper l’appétit des Chinois. C’est le constat qu’a fait Marc Ching, activiste américain qui a mené cette opération de sauvetage en Chine. Marc Ching, c’est un nom qui ne vous dit peut-être rien, mais il est déjà bien connu des autorités chinoises. Il a même déjà été tabassé et emprisonné pour avoir dénoncé le festival de Yulin. Il en a fallu plus pour l’arrêter puisque cette année ses efforts ont payé.

Pour la septième fois, l’Américain s’est rendu en Asie et mardi, il a réussi à libérer mille chiens emprisonnés dans six abattoirs. Marc Ching marchande pendant un long moment avant d’acheter les animaux aux trafiquants de viande canine. Il envoie ensuite les toutous aux États-Unis pour qu’ils commencent leur vraie vie de chien. 

Marc Ching a également réussi à faire fermer de nombreux abattoirs en Asie notamment au Cambodge. De belles victoires pour cet Américain ami des bêtes, mais il reste du travail. Chaque année, entre dix et vingt millions de chiens sont abattus pour être mangés en Chine. La plupart sont des animaux de compagnie volés.

 

 

Source : http://www.radio-monaco.com

 

 

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Source : http://actualites.nouvelobs.com

 

 

CHINE. A Yulin, on achève bien les chiens

 

Publié le 23 août 2015 à 06h55

 

 

CHINE. A Yulin, on achève bien les chiens

Des chiens sur un étalage, le 22 juin 2015 à Yulin. ((JOHANNES EISELE / AFP))

 

A Yulin, une ville du sud de la Chine, on abat des milliers d’animaux de compagnie pour consommer leur viande au cours d'un festival... Une pratique de plus en plus critiquée.

 

Clope au bec pour couvrir la puanteur, trois bouchers achèvent l’abattage du matin : une cinquantaine de bêtes, prélevées une à une dans les cages, soulevées avec des pinces métalliques enserrant leur cou, tuées à coups de barre de fer, vidées, jetées dans une centrifugeuse pour les dépoiler, et, pour finir, "dorées" au chalumeau. Le tout à un mètre de leurs congénères terrorisés, entassés dans deux grandes cages. Dans la première, une grappe tremblante de chats hagards et dépenaillés ; dans la seconde, une trentaine de chiens sales aux yeux fous massés contre le mur.

Pendant que les bouchers balaient l’épaisse couche de tripes et de sang qui recouvre le sol, un étranger s’approche des cages et parle avec douceur aux bêtes épouvantées. Peter Li, professeur à l’université de Houston, est un militant fervent de la cause animale, membre de l’ONG américaine Humane Society International (HSI). Il remarque le collier au cou de nombreuses bêtes, signe qu’il s’agit d’animaux de compagnie volés :

J’ai vu des labradors, des golden retrievers, des huskys, des samoyèdes, des caniches, etc. La présence de bêtes de prix comme les dalmatiens et les mastiffs du Tibet prouve qu’il s’agit d’un trafic criminel."

Des litchis aux chiens

Il raconte leur état pitoyable, les signes de déshydratation, les maladies de peau, les fractures ouvertes, les blessures infectées et l’espèce de sidération engendrée par une succession effroyable de souffrances… Quelques grands chiens osent s’approcher de l’inconnu à la voix douce. Ils le dévisagent un instant avant de se détourner. Non, ce n’est pas leur maître subitement apparu pour les libérer. Personne ne viendra les sauver.

Seule note claire dans cet océan de désespoir, un frétillant petit cabot s’accroche à l’étranger, flairant ses doigts avec insistance, cherchant à saisir son regard. Peter Li raconte :

Tant d’espoir et de foi malgré l’horreur… Je n’ai pas pu résister. J’ai demandé au boucher de me le vendre. Et je l’ai emporté très vite, de peur que le type ne change d’avis."

Le petit rescapé a beaucoup de chance. Grâce à cette rencontre inespérée, il vient d’échapper à l’hécatombe qui marque chaque année le fameux et controversé Festival de la viande canine et des litchis de Yulin (province du Guangxi).

 

Des carcasses de chiens sur le marché de Yulin, juin 2015. (Johannes Eisele / AFP)

 

Les délicieux litchis, mûris au soleil subtropical d’une région parsemée de belles collines rocheuses, étaient le titre de gloire de Yulin. Croyant renforcer son image touristique, la ville décide en 2008 de créer sur deux jours un festival annuel associant aux litchis… la viande canine. Avec ses dix mille à quinze mille chiens et chats abattus chaque année, elle décrochera en réalité un titre d’indignité planétaire. Pour la terre entière, Yulin est devenu synonyme de barbarie.

 

Des dizaines de militants

Andrea Gung, fondatrice d’une petite ONG, passe chaque année quelques semaines éprouvantes à Yulin. Elle explique :

Il n’y a pas en Chine de loi spécifique contre la barbarie à l’égard des animaux. Mais la législation existante – sécurité alimentaire, transport du bétail – suffirait, si elle était appliquée, à arrêter ce scandale."

Cette année, elle est venue avec un réalisateur français chargé de tourner un documentaire. "Nous voulons contribuer au mouvement d’opinion international dans l’espoir de faire bouger les autorités", explique-t-elle. Avec un million de tweets sur le hashtag #StopYulin2015 et cinq millions de signatures recueillies par deux pétitions, la campagne a déjà porté ses fruits.

De là à contraindre les pouvoirs publics à sévir, la route est longue : les dirigeants chinois, chacun le sait, résistent à toute pression extérieure. Mais ils doivent désormais affronter la colère, bien plus redoutable, de leur propre opinion publique : celle des citadins jeunes, éduqués, élevés dans l’amour des animaux de compagnie, qui ne supportent pas la cruauté des trafiquants et grondent contre le laxisme du pouvoir.

Ces militants-là sont parmi les plus déterminés, les plus audacieux et les plus organisés de tout l’éventail associatif chinois. Yulin est leur cible. Chaque année, ils y convergent par dizaines. Direction : le grand marché, où l’on vend des animaux vivants – en général aux restaurateurs qui se chargeront de l’abattage –, et le marché Dongkou, où trois rangées de vendeurs débitent des carcasses.

 

Des chats vivants sur le marché. (AP / Humane Society International)

 

L'abattage public interdit

Cette année, l’atmosphère y est tendue, et l’accueil d’emblée hostile : "Foutez le camp, bande de voyous ! Il n’y a rien d’illégal ici !" jette une matrone assise devant une cage où quatre chiens sont entassés. Quand elle aperçoit la journaliste de "L'Obs" parmi les visiteurs, elle se met à hurler :

Vous êtes des vendus, payés par les ennemis de la Chine pour venir nous intimider. On est chez nous, on fait ce qu’on veut !"

Attirés par les cris, des individus menaçants nous bousculent et tentent d’arracher les appareils et téléphones portables qui filmaient la scène. Face à l’escalade, les militants battent en retraite. Visitant le même marché un peu plus tard, un autre groupe est reçu à coups de bâton, le cameraman de CNN qui les accompagne est pris à partie, et sa caméra endommagée.

Afin de calmer les esprits, la municipalité a interdit cette année l’abattage public des chiens. On ne voit donc plus les cuistots égorger à même le trottoir les toutous destinés à leurs marmites. Mais, dans les restaurants qui bordent la rivière, des tablées entières festoient sans états d’âme. "Vous voulez goûter ? lance un convive hilare. Ils sont cuits à l’étouffée avec du gingembre, un zeste d’orange et du fenouil, c’est fameux ! Et puis manger du chien protège contre les fantômes méchants." 

Son voisin, égrillard :

Et contre toutes sortes de maladies, y compris l’impuissance… Vous mangez bien des vaches, cochons, poules, non ? Pourquoi pas des chiens ? L’élevage n’en est pas interdit, qu’on sache…"

Les militants réfutent avec indignation : "Non, il n’existe pas d’élevage de chiens destinés à l’abattage. Le kilo reviendrait à 200 yuans [30 euros], or vous l’achetez à 36 yuans [5 euros]. Vous savez bien que ces bêtes ont été volées !" tente d’argumenter une jeune Cantonaise exaspérée.

 

Des animaux volés aux familles urbaines

C’est en effet un trafic de grande ampleur qui alimente la filière de viande canine et féline. Après avoir écumé les campagnes pour y dérober les chiens de garde, ces réseaux se sont récemment tournés vers les villes, où les animaux de compagnie se multiplient. Ils capturent leurs proies au lasso ou grâce à des flèches empoisonnées.

Puis ils les transportent sur des milliers de kilomètres dans des conditions effarantes : souvent entassées à plusieurs dans des cages à poules hautes de 40 centimètres superposées à l’arrière de camions ouverts, sans protection contre le soleil de plomb, sans nourriture ni eau.

C’est donc aux familles urbaines qu’ont été arrachés les dix millions de chiens et quatre millions de chats que la Chine dévore annuellement. Xing Hai, un militant, est venu de Dalian, à 3.000 kilomètres. Il explique :

Le festival de Yulin n’en représente qu’une infime fraction. Mais Yulin a voulu honorer des pratiques immorales et illégales. Or nous sommes au moins cinquante millions d’amis des chiens en Chine : on se battra jusqu’à ce que cette fête honteuse disparaisse."

Dans un éditorial publié en juin, "Le Quotidien du Peuple", organe officiel du Parti, appelle bizarrement à "la compréhension mutuelle entre les amoureux des chiens et les amoureux de la viande de chien". De quoi susciter l’ire des défenseurs des animaux : "Ils accréditent le stéréotype selon lequel les Chinois seraient indifférents à la souffrance animale, s’énerve un militant. Or toutes nos grandes traditions, taoïsme, bouddhisme, confucianisme, exigent au contraire de les respecter."

 

Un militant prend en photo des chiens en cage. (AP / Humane Society International)

 

Droits des chiens et droits de l'homme

La plupart des jeunes engagés sont d’ailleurs des bouddhistes fervents et ont un lama tibétain comme guide spirituel. Aux yeux des adeptes de la compassion bouddhique, la cruauté actuelle est un reliquat de l’époque maoïste et de sa haine pour tout ce qui était étiqueté "bourgeois", y compris l’amour des chiens. Une militante insiste :

Nous nous battons pour que la Chine évolue moralement, qu’elle devienne moins inhumaine. Il n’y a pas de différence entre les droits des chiens et les droits de l’homme."

A Yulin, deux Chine s’affrontent. L’ancienne, marquée par la pauvreté et les violences de l’histoire ; la nouvelle, riche, moderne, empathique voire sentimentale. Or la paysannerie, base de l’ancien système, a baissé en trente ans : de 80% de la population, elle est passée à moins de la moitié, et elle continuera de s’effacer.

Bonne nouvelle pour les meilleurs amis de l’homme, promis à l’affection de plus en plus de Chinois. Mauvaise nouvelle pour la filière de viande canine – et plus encore pour le régime : avec leur nouvelle sensibilité humaniste, les couches urbaines ont de moins en moins d’affinités avec la brutalité foncière du système dictatorial.

 

Ursula Gauthier, envoyée spéciale

 

PHOTOS. Chine : les images chocs des chiens sacrifiés de Yulin

Attention certaines images peuvent choquer. Jour funeste pour les chiens que ce 21 juin à Yulin, dans le sud de la Chine, qui organise chaque année son festival annuel de la viande canine lors du solstice d'été. Malgré le tollé suscité par cette hécatombe, on estime que près de 10.000 canidés sont tués pendant le festival chinois. Ici, un vendeur attend le chaland. 

 

PHOTOS. Chine : les images chocs des chiens sacrifiés de Yulin

Une pétition lancée par l'ONG américaine Humane Society International (HSI) et signée par 11 millions de personnes a été remise au président Xi Jinping. Mais les protestations internationales auraient un effet contraire à celui désiré en poussant les habitants à défendre leurs traditions culinaires. 

 

PHOTOS. Chine : les images chocs des chiens sacrifiés de Yulin

Les militants des ONG dénoncent les traitements infligés aux chiens qui sont souvent battus, voire bouillis vivants.

 

PHOTOS. Chine : les images chocs des chiens sacrifiés de Yulin

Un défenseur des animaux (casquette bleue) est pris à partie par des vendeurs de chiens et la population locale. En mai, des militants chinois avaient intercepté une camionnette roulant en direction du Guangxi (la province où est située la ville de Yulin), chargée de 400 chiens et chats entassés. 

 

PHOTOS. Chine : les images chocs des chiens sacrifiés de Yulin

"La plupart de ces animaux sont des animaux de compagnie volés, et la plupart des camions qui acheminent jusqu'ici la viande de chien le font en violation des lois très explicites de la Chine sur les animaux destinés à la consommation humaine", déclarait un membre de l'ONG HSI (Humane Society International) en 2015. 

 

PHOTOS. Chine : les images chocs des chiens sacrifiés de Yulin

Une défenseuse des chiens vient d'en acheter un pour le sauver de l'abattage. L'an dernier, une Chinoise de 65 ans avait fait de même en achetant une centaine de chiens. 

 

PHOTOS. Chine : les images chocs des chiens sacrifiés de Yulin

La consommation de la viande de canidés pratiquée toute l'année dans certains endroits du sud du pays et réputée stimuler la virilité, est une pratique qui reste marginale à l'échelle nationale. 

 

PHOTOS. Chine : les images chocs des chiens sacrifiés de Yulin

Un autre chien sauvé par un militant de la cause animale. D'après des militants, le nombre des vendeurs de viande canine à Yulin est inférieur à celui des années passées. 

 

PHOTOS. Chine : les images chocs des chiens sacrifiés de Yulin

Des chiens rôtis sont présentés sur l'étal d'un vendeur. Cette tradition culinaire du sud pourrait progressivement perdre de son attrait alors que les foyers chinois sont de plus en plus nombreux à posséder un animal de compagnie, et que 30 millions d'entre eux posséderaient un chien. LIRE AUSSI NOTRE REPORTAGE : A Yulin, on achève bien les chiens 

 

Ursula Gauthier

Journaliste

 

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Source : http://actualites.nouvelobs.com

 

 

 

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Source : http://www.consoglobe.com

 

Yulin : quand arrêtera-t-on ce festival dédié à la viande canine ?

 

Tandis qu’en France la saison des festivals de musique va bientôt commencer, en Chine c’est un tout autre type de festival qui se tient à partir du 22 : le Festival de Yulin, une fête dédiée à la viande canine. La mobilisation est plus forte que jamais, avec une pétition signée par des millions de Chinois et de personnalités étrangères, et une manifestation en France devant l’ambassade de Chine le 14 juin.

Yulin : quand arrêtera-t-on ce festival dédié à la viande canine ?
Rédigé par Elodie

 

Le principe du festival de Yulin, ville du sud-est de la région autonome du Guangxi en Chine : maltraiter, tuer et vendre des chiens et chats à la vue de tous. Nous vous en parlions l’an passé.

 

Le festival de Yulin, un massacre qui révolte le Web

Un festival récent qui fait beaucoup parler de lui

 

Officiellement présenté comme étant une coutume de l’ethnie Zhuang, peuple de la région autonome de Guangxi, qui voudrait que la viande mangée au solstice d’été apporte chance et santé pour le reste de l’année, ce festival serait surtout une manne financière pour les vendeurs de viande canine.

 

En effet, créé à la fin des années 90, ce festival est récent mais n’a de cesse de révolter toujours plus de personnes, à l’étranger comme en Chine.

 

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Des milliers de chiens et chats massacrés

Chaque année, selon les autorités chinoises, depuis la création du festival, plus de 10.000 chiens et 4.000 chats, parfois volés, sont transportés jusqu’à la ville de Yulin qui compte 7 millions d’habitants afin d’y être battus à mort à coups de bâton, puis ébouillantés dans les marchés de rue et les abattoirs clandestins devant les spectateurs venus pour assister au « spectacle ». Mais, selon les associations, le chiffre d’animaux tués est dix fois plus élevé que celui annoncé(1).

Certains animaux décéderont durant leur transport de traumatismes, de déshydratation ou bien étouffés dans leurs cages dans lesquelles ils sont entassés.

 

Un festival officiellement non-autorisé

Face à ce massacre, la mobilisation contre ce festival se fait de plus en plus forte chaque année. Déjà en 2013, 2014 et 2015 des défenseurs de la cause animale étaient venus perturber le festival. Certains militants n’hésitent pas à acheter certaines bêtes afin de les élever et de leur éviter une mort certaine. Les défenseurs de la cause animal sont chaque année de plus en plus nombreux et ont pu cette année compter sur l’aide du web et des réseaux sociaux.

Le hashtag #StopYulin2016 a été relayé plus d’1,2 million de fois en un mois, un hashtag popularisé par des célébrités comme le comédien britannique Ricky Gervais qui a conclu un partenariat avec la Humane Society International pour faire campagne contre le festival devenant ainsi un porte-parole de la cause animale.

 

Quant aux autorités locales, elles affirment que le festival n’a rien d’officiel et se sont engagées à interdire à leurs fonctionnaires d’y aller ainsi que de conseiller aux restaurateurs de masquer la mention « viande de chien » sur leurs menus… aggravant d’autant le risque sanitaire déjà encouru lors de ce festival.

 

Risques sanitaires dénoncés pour arrêter la tuerie ?

Car, non content d’autoriser la pratique, aucune norme n’est mise en place par les autorités et le suivi vétérinaire des animaux n’est pas connu. Le regroupement de plusieurs animaux dans une même cage ne fait qu’augmenter la propagation de maladies entre eux et la plupart sont ensuite tués dans des abattoirs clandestins. Plusieurs lettres ont été envoyées en vain aux autorités pour pointer les risques encourus pour les consommateurs de telles viandes, connues au départ pour leurs « vertus médicinales » dans certaines régions de Chine.

 

Agissez contre le festival de Yulin

Plusieurs pétitions ont été mises en place contre le Festival de Yulin dont celle de la Fondation Brigitte Bardot et une pétition internationale sur la plateforme Change.org.

Vous pouvez suivre l’actualité du sujet sur Twitter avec le hashtag #StopYulin2016 et le compte @2016Yulin.

 

 

Source : http://www.consoglobe.com

 

 

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 17:51

 

Source : http://cadtm.org

 

 

La crise du capitalisme chinois

1er février par Mylène Gaulard

 
 
 

 

Avec la fermeture anticipée/précipitée des bourses de Shanghai et Shenzhen pour cause de chute brutale des indices, la situation financière chinoise a récemment fait l’actualité, ravivant le spectre d’une panique bancaire, voire d’une déstabilisation économique mondiale. Depuis plusieurs mois, il est régulièrement question d’une « crise » de l’économie chinoise. Quel est le sens de cette « crise » ? L’économiste Mylène Gaulard propose ici une interprétation attentive aux spécificités chinoises, tout en les réinscrivant dans les contradictions génériques du développement capitaliste.

En 2014, la croissance économique chinoise atteignait son plus bas niveau depuis vingt-cinq ans, le pays étant confronté à un ralentissement indéniable depuis 2011 (Figure 1). Certes, un taux de croissance du PIB de 7,4% n’en est pas moins un excellent résultat relativement à ce qui est observé en Europe et aux États-Unis depuis la crise de 2008, avec par exemple une croissance française qui n’a pas dépassé les 2% depuis 2007. Mais la situation est sans doute bien plus grave, les données chinoises étant sans doute surévaluées, avec une croissance réelle de 2% en 2014 estimée par l’économiste Patrick Artus à partir de l’évolution des importations, de la production d’électricité et du fret |1|. Plus profondément, cette conjoncture reflète les difficultés structurelles de l’économie chinoise, qui pourraient remettre durablement en question le rattrapage économique de ce pays, et l’entraîner dans une profonde récession impliquant une sérieuse dégradation des conditions de vie de la majorité du peuple chinois.

 

Figure 1 : Taux de croissance du PIB en Chine, en %

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Source : Banque mondiale, World Development Indicators

 

Il est incontestable qu’une crise majeure se produit en Chine. L’éclatement des bulles financières et immobilières, entraînant avec lui une grande partie du secteur bancaire, remet en question les analyses très optimistes que de nombreux économistes faisaient jusqu’à présent de l’économie chinoise. Après avoir rappelé dans cet article les faits marquants de ces deux dernières années, nous expliquerons les difficultés rencontrées, qui pourraient encore apparaître à certains comme purement conjoncturelles, par des faiblesses structurelles majeures très similaires à celles étudiées et théorisées au 19e siècle par Karl Marx pour les économies capitalistes.


L’éclatement des bulles spéculatives

Depuis le mois de juin 2015, les bourses de Shanghai et Shenzhen sont confrontées à une chute des cours atteignant près de 40% en six mois malgré les soutiens apportés par le gouvernement chinois. Il existe bien évidemment une bulle spéculative avec des cours multipliés entre mai 2014 et juin 2015 par 2,5 à la bourse de Shanghai et par 2,7 à Shenzhen. Malgré la baisse amorcée en juin dernier, ces derniers sont cependant toujours deux fois plus élevés qu’au printemps 2014, et on peut supposer que grâce à la réactivité du gouvernement chinois, ayant imposé durant quelques jours en juillet des contraintes extrêmement strictes sur ces marchés, mais aussi grâce à la présence d’une centaine de millions de petits spéculateurs, les cours continuent d’être artificiellement gonflés. L’activité de ces spéculateurs continue d’ailleurs d’être encouragée par des opérations dites « sur marge », leur permettant d’emprunter une partie des capitaux placés en bourse ; si le gouvernement cherchait à limiter ces activités au début de l’année 2015, il s’est décidé à supprimer le contrôle des opérations sur marge durant l’été afin de tenter de contenir la baisse des cours.

Cette évolution des marchés financiers chinois et l’appui apporté par les autorités au gonflement de la bulle spéculative sont des conséquences immédiates de la chute des prix de l’immobilier subie depuis l’été 2014 par la majorité des grandes villes chinoises (Figure 2). Depuis le début de la décennie 2000, les prix de l’immobilier avaient été multipliés par trois dans des villes comme Shanghai ou Pékin, poussés à la hausse à la fois par l’endettement des ménages souhaitant se procurer un logement et par l’activité essentiellement spéculative des collectivités locales, entreprises et promoteurs immobiliers. Or, depuis un an et demi, la baisse des prix de l’immobilier pousse les agents économiques à se tourner vers un secteur plus rémunérateur, la finance, afin de dégager des revenus suffisants pour faire face à des situations proches du surendettement.

 

Figure 2 : Évolution des prix de l’immobilier dans les 70 plus grandes villes chinoises

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Source : National Bureau of Statistics, “Sale Price Indices of Residential Buildings in 70 Large and Medium-Sized Cities”, 2015.

 

Gonflés par l’euphorie suscitée par le marché de l’immobilier puis par la finance, les crédits offerts par le système bancaire chinois sont passés de moins de 100% du PIB en 1996 à 170% en 2014, alors même que ce chiffre ne prend pas en compte les prêts accordés par la finance informelle, le fameux « shadow-banking », représentant au moins 50% des emprunts chinois effectués depuis le début de la décennie 2000. L’essor de la finance informelle fut causée aussi bien par les difficultés d’accès au crédit des ménages et des entreprises privées, les trois quarts des prêts des grandes banques publiques chinoises étant accordés à des entreprises publiques, que par le besoin des collectivités locales de contourner l’interdiction pour elles de s’endetter dans un contexte où 70% des dépenses publiques sont assurées par elles alors qu’elles ne reçoivent que 50% des recettes (ce qui explique que le gouvernement central présente un excédent budgétaire alors que ces collectivités sont largement déficitaires). Pour cette dernière raison, les collectivités furent également incitées durant la décennie 2000 à participer au gonflement de la bulle immobilière afin, d’une part, de profiter de prix de plus en plus élevés et de la vente des droits d’utilisation du sol permise par l’expulsion de nombreux paysans de leurs terres (les revenus fonciers et immobiliers représentant aujourd’hui 40% des revenus des collectivités), et d’autre part d’attirer des entreprises et des catégories aisées sur leur territoire.

L’éclatement de la bulle immobilière chinoise est donc extrêmement néfaste pour tous ces agents économiques qui avaient profité jusque-là de la hausse des prix, et qui se retrouvent actuellement dans des situations de surendettement inextricables. Christine Peltier |2|, économiste chez BNP Paribas, relevait ainsi l’année dernière une hausse des créances douteuses, accompagnant l’essor des crédits bancaires accordés, mais surtout une sous-évaluation des risques liée à la montée spectaculaire du financement informel qui se poursuit aujourd’hui pour pousser à la hausse les cours boursiers. Le surendettement des collectivités, le développement du shadow-banking et la multiplication des créances douteuses au sein du secteur bancaire traditionnel sont des signes aujourd’hui indéniables de l’imminence d’une crise financière sans précédent sur le sol chinois.


La perte de compétitivité internationale

À côté de ces difficultés internes, la position économique de la Chine pourrait aussi être rapidement remise en question sur le plan international. Malgré une exploitation encore très forte des travailleurs, la hausse des coûts salariaux est depuis la fin de la décennie 1990 supérieure à celle de la productivité, ce qui relève le coût unitaire du travail (CUT), atteignant dans le secteur manufacturier 54% du coût américain en 2014 contre 20% au milieu de la décennie 1990 (Gaulard, 2015). Cette évolution pénalise la compétitivité de l’industrie chinoise alors même que le pays était devenu en 2009 le premier exportateur mondial. Accompagnant la baisse de l’excédent commercial, passé de 9% du PIB en 2007 à 3% en 2014, les investissements directs étrangers prennent une part de moins en moins importante dans l’économie chinoise, de nombreuses entreprises ayant choisi de relocaliser leur production aux États-Unis et en Europe de l’Ouest (le Boston Consulting Group évaluait en 2014 à 54% la part des managers américains souhaitant relocaliser leur production industrielle aux États-Unis), ou de déplacer leurs unités de production dans des pays offrant une main d’œuvre moins coûteuse (c’est le cas des firmes Nokia et Samsung qui se sont récemment implantées au Vietnam).

Cette perte de compétitivité fait craindre à de nombreux économistes (Cai, 2012 ; Eichengreen, 2013 ; Gaulard, 2015 ; etc.) que le pays ne soit entré récemment dans le « piège des revenus intermédiaires », expliquant l’impossibilité pour des pays en développement d’atteindre des revenus les plaçant dans la catégorie des pays développés (supérieurs à 12615 dollars par habitant) en raison de la perte progressive de leur principal avantage comparatif, le coût de leur main-d’œuvre, notamment lorsque des efforts suffisants ne sont pas effectués pour amorcer un vif rattrapage technologique.

Surtout, l’éclatement des bulles spéculatives et l’incapacité de la Chine d’effectuer une remontée en gamme suffisamment rapide de son appareil productif sont à l’origine d’une fuite des capitaux observée depuis 2011. Alors que le pays se trouvait au cœur de la stratégie de carry-trade des investisseurs étrangers, consistant notamment après la crise de 2008 à emprunter des capitaux en Europe, aux États-Unis et au Japon pour les placer dans les pays « émergents » proposant des taux d’intérêt plus rémunérateurs ainsi qu’une appréciation de leur monnaie, le débouclage de ce carry-trade amorcé en 2011 et accentué en 2013 par le changement de politique monétaire aux États-Unis est à l’origine d’une balance financière négative depuis le quatrième trimestre 2014. Outre leur impact sur la balance financière, les flux de « hot money » sortants peuvent aussi être détectés « indirectement » par une baisse des réserves de change inexpliquée par les seules interventions de la banque centrale, les flux d’IDE ou l’évolution de la balance des transactions courantes (Figure 3).

 

Figure 3 : Estimation des entrées et sorties de capitaux volatiles en Chine

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Source : Fonds monétaire international, Balance of Payments Statistics Yearbook

 

Si le pays est l’un des rares émergents à ne pas faire face actuellement à une dépréciation brutale de sa monnaie, malgré quelques dépréciations temporaires telle que celle de février/mars 2014 ou celle de juillet/août 2015, c’est essentiellement grâce aux interventions de la banque centrale et à la vente de devises. En mars 2015, la banque centrale annonçait dans ce sens une vente de 25,3 milliards de dollars afin de maintenir le cours du yuan. En juillet, les ventes atteignaient 39 milliards, et en août, 112 milliards de dollars |3|…

La baisse des réserves de change chinoises, passées de 4000 milliards de dollars en avril 2014 à 3500 milliards en novembre 2015, ne pourrait durablement se poursuivre sans créer un mouvement de panique chez les investisseurs étrangers. La dépréciation de juillet 2015 visait ainsi à soutenir la compétitivité des exportations chinoises, mais surtout à rassurer ces derniers ainsi que les grandes institutions internationales comme le Fonds monétaire international sur la volonté de la Chine de poursuivre l’internationalisation de sa monnaie en la rendant notamment plus flexible.


Une explication marxiste de ces difficultés

Tous ces signes assez récents de la présence de sérieuses difficultés financières et économiques en Chine, actuellement observées et analysées par tout un chacun, ne sont que les épiphénomènes de blocages plus structurels de l’économie chinoise. Comme je le montrais en 2014 dans mon ouvrage Karl Marx à Pékin, les analyses faites au 19e siècle par Marx sur le ralentissement inéluctable des économies capitalistes s’appliquent actuellement parfaitement au cas chinois.

 

Figure 4 : Évolution du taux de profit en Chine

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Source : China Statistical Yearbook
Taux de profit : (PIB – Masse salariale)/Stock de capital fixe

 

La baisse du taux de profit observée dans l’appareil productif depuis la fin de la décennie 1990 (Figure 4) et analysée par de nombreux économistes (Felipe et Xiaoqin Fan, 2008 ; Piovani et Li, 2011 ; Gaulard, 2015), est parfaitement appréhendée par la théorie de Marx, pourtant longtemps caricaturée et rejetée, sur la baisse tendancielle du taux de profit. Malgré la légère contre-tendance observée depuis 2009, expliquée par une remontée purement temporaire et artificielle de la valeur ajoutée dégagée par des secteurs spéculatifs comme l’immobilier et la finance, l’augmentation de la composition organique du capital, correspondant grossièrement à une utilisation plus forte de biens d’équipement, à des dépenses en capital fixe et en matières premières employées par l’appareil productif de plus en plus élevées relativement à la masse salariale, provoque effectivement une valeur ajoutée de plus en plus faible relativement aux investissements effectués.

Cette baisse de la productivité du capital s’expliquerait selon Marx par le fait que seul le travail est en mesure de créer de la valeur. Qu’on accepte ou non la théorie de la valeur travail, la baisse de la productivité du capital non compensée par une hausse équivalente de la productivité du travail est un phénomène observé dans toutes les économies capitalistes, et étudié y compris par un économiste néoclassique comme Solow dans son fameux modèle de croissance accordant une place majeure au progrès technique pour empêcher l’arrivée d’un état stationnaire.

La Chine n’est donc pas un cas de figure exceptionnel, et la baisse du taux de profit dans son appareil productif est simplement le signe annonciateur d’un ralentissement économique rencontré inéluctablement par toutes les économies capitalistes. En raison d’une rentabilité de plus en plus faible de l’industrie manufacturière, les investisseurs, étrangers et nationaux, publics et privés, ont été rapidement contraints, suivant en cela le même cheminement que l’Europe de l’Ouest, le Japon et les États-Unis depuis la décennie 1980, de trouver de nouvelles sphères de valorisation du capital, comme l’immobilier ou la finance, permettant de créer au moins une « plus-value fictive » liée à l’ampleur des mouvements spéculatifs et disparaissant lors de l’éclatement des bulles spéculatives. Cette évolution explique la légère remontée du taux de profit observée depuis le milieu de la décennie 2000 (Figure 4), qui n’en reste pas moins purement artificielle.

Les gonflements des bulles financières et immobilières chinoises sont ainsi directement liés aux difficultés de l’appareil productif, ce qui explique que de nombreuses entreprises publiques aient préféré depuis la fin de la décennie 2000 se détourner de leur métier de base pour s’orienter vers ces secteurs malgré les fréquents rappels à l’ordre du gouvernement chinois (Gaulard, 2014).


Une « réorientation » impossible de la croissance économique

Conscient des problèmes rencontrés par l’appareil productif, à l’origine d’une perte de compétitivité internationale et d’une volonté des investisseurs d’orienter leurs capitaux vers des secteurs essentiellement spéculatifs, le gouvernement central prône une « réorientation de la croissance » depuis le début de la décennie 2000 pour diriger le pays vers une « société harmonieuse » dans laquelle la classe moyenne en plein essor rendrait l’économie chinoise moins dépendante des exportations. Pour cette raison, le système de sécurité sociale a subi une profonde rénovation ces dernières années, avec l’objectif de couvrir l’intégralité de la population sur le plan de la santé et des retraites d’ici 2025. De même, les salaires minimums des différentes provinces ont augmenté en moyenne de 30% depuis 2009, alors que le salaire moyen des travailleurs chinois s’élevait annuellement de 15% sur la même période. Enfin, le plan de relance de 400 milliards de dollars lancé en 2008 cherchait également à soutenir la demande et l’investissement national dans un contexte de crise internationale ; notons que ce plan pourtant massif fut encore complété en 2015 par le déblocage de 1100 milliards de dollars visant à financer des projets d’infrastructures routières, ferroviaires et aéroportuaires et surtout à donner de l’emploi à des travailleurs risquant de subir de plein fouet le ralentissement de la croissance.

Cependant, si cette « réorientation de la croissance » permet surtout de rassurer les investisseurs nationaux et étrangers, on peut douter de son efficacité et de sa pertinence quant à l’objectif affiché de stimuler la demande intérieure. Concernant son efficacité, rappelons effectivement que 80% des dépenses sociales sont aujourd’hui assurées par les collectivités locales, et la contrepartie de la mise en place d’une véritable couverture sociale impliquerait forcément un accroissement insoutenable de leurs dépenses alors même que leur niveau d’endettement atteint déjà les limites du raisonnable : d’après un audit effectué par le National Audit Office (NAO) dans 18 provinces, 16 villes et 36 cantons, la majorité des entités territoriales étudiées présentaient déjà un taux d’endettement supérieur à 400% de leurs revenus en 2013... Cette incapacité financière à faire face à une réforme profonde du système de sécurité sociale et à stimuler ainsi la consommation nationale, en encourageant notamment les Chinois à réduire leur épargne de précaution, explique que les résultats ne soient pas forcément au rendez-vous. Notamment, alors que le taux promis de remboursement des dépenses d’hospitalisation est officiellement de 70 %, le taux constaté est de seulement 23 %. De même, bien que seulement 45 % de la population totale (25 % des ruraux) soit couverte par le régime des retraites, le taux de remplacement moyen est proche de 33 % (contre 77 % en 1990)…

Quant à la hausse des salaires, expliquée surtout par le besoin de répondre à des tensions sociales croissantes dans un contexte où la population active a par ailleurs commencé à diminuer, on peut douter aussi de sa pertinence lorsque la baisse de la productivité du capital pèse déjà sur les profits et que l’appareil productif national voit chuter sa compétitivité internationale. Phénomène souvent oublié, rappelons que la hausse des salaires observée en Corée du Sud lors de la décennie 1980 fut à l’origine d’une accentuation de la baisse du taux de profit au sein de son appareil productif (Bell et Rosenfeld, 1990), débouchant sur la crise de 1997 expérimentée par tous les pays de la région confrontés à des difficultés similaires. Selon Marx :

« Il suffit de remarquer que les crises sont chaque fois préparées précisément par une phase au cours de laquelle la hausse des salaires est générale, où la classe ouvrière obtient effectivement une part plus large du produit annuel destiné à la consommation. Si l’on écoutait ces chevaliers du sain et « simple » bon sens humain, il faudrait admettre que cette phase éloigne au contraire les crises. En somme, il apparaît que la production capitaliste renferme des conditions tout à fait indépendantes de la bonne ou la mauvaise volonté des capitalistes, et que ces conditions n’admettent que momentanément cette relative prospérité de la classe ouvrière, et ce, toujours comme le prélude d’une crise » (Marx, Le Capital, Livre II, 1968, p. 781).


Conclusion

La réorientation de la croissance chinoise n’est visiblement pas une solution pour éviter le piège des revenus intermédiaires dans lequel finissent inévitablement par tomber tous les « pays en développement ». La crise actuelle de l’économie chinoise fait craindre un sévère ralentissement dont ce pays aura sûrement beaucoup de mal à se remettre.

Alors qu’il était d’usage suite à la crise de 2008 d’évoquer un « découplage » entre la croissance des pays développés et celle de pays dits émergents comme la Chine ou le Brésil, très peu d’économistes maintiennent aujourd’hui leur optimisme face à la dégradation des fondamentaux observée dans ces pays. Cependant, alors que le ralentissement chinois est présenté comme un phénomène purement conjoncturel marquant l’établissement d’une « nouvelle normalité » selon l’expression du président Xi Jinping, avec des taux de croissance plus faibles, l’éclatement des bulles spéculatives précédemment formées, et une consommation intérieure qui se substituerait à la demande externe, nous persistons à affirmer que l’économie chinoise se confronte actuellement à des blocages beaucoup plus sérieux que ce que de nombreuses analyses laissent transparaître.

Le capitalisme, qui connaît pourtant des adaptations majeures en Chine, n’en est pas moins fragile dans ce pays qu’en Europe de l’Ouest, en Amérique du Nord ou au Japon. Mais malgré ses faiblesses, à l’origine d’une dégradation toujours plus forte des conditions de vie, il ne disparaîtra pas de lui-même. Plutôt que de s’affronter sur l’efficacité supposée des politiques à adopter pour sortir de l’impasse ici ou là-bas, il serait donc sans doute plus pertinent de remettre directement en question ce mode de production dans lequel nous vivons tous et de proposer enfin de nouvelles façons de produire et de consommer dans une société alternative qui en finirait avec les fondements du capitalisme, qu’il s’agisse du besoin de dégager des profits pour accumuler toujours plus, mais aussi du salariat ou de la présence d’un État central chargé d’assurer le bon fonctionnement de cette accumulation.

 

Bibliographie :

- Bello Walden, Rosenfeld Stephany, 1990, Dragons in Distress, Asia’s Miracle Economies in Crisis, a food first book, San Francisco.

- Cai Fang, 2012, « Is There a Middle Income Trap ? Theories, Experiences and Relevances to China”, China and World Economy, vol. 20, n°1.

- Eichengreen Barry, Park Donghyun, Shin Kwanho, 2013, « Growth Slowdowns Redux : New Evidence on the Middle Income Trap », NBER Working Paper, n° 18673.

- Felipe Jesus, Xiaoqin Fan Emma, 2008, « The Diverging Patterns of Profitability, Investment and Growth of China and India during 1980-2003 », World Development, vol. 36, n° 5, p. 741-774.

- Gaulard Mylène, 2014, Karl Marx à Pékin, Les racines de la crise en Chine capitaliste, Demopolis, Paris.

- Gaulard Mylène, 2015, « Le “piège des revenus intermédiaires” : un danger pour la Chine ? », Economie Appliquée, Tome LXVIII, n°2, pp. 89-120.

- Marx Karl, 1968, Le Capital, Livre II et III, in Œuvres II, Gallimard, Paris, pp. 499-1488.

- Piovani Chiara, LiMinqi, 2011, « One Hundred Million Jobs for the Chinese Workers ! Why China’s Current Model of Development is Unsustainable and How a Progressive Economic Program Can Help the Chinese Workers, the Chinese Economy, and China’s Environment », Review of Radical Political Economics, vol. 43, n°1, p. 77-94.

 

Source : Contretemps

Notes

|1| Artus Patrick, « Peut-on estimer la vraie croissance de la Chine ? », Flash Economie, Natixis, n°589, 20 juillet 2015.

|2| Peltier Christine, « La Chine rattrapée par sa dette », Conjoncture, BNP Paribas, février 2014.

|3| Le Figaro, « La Chine accélère ses ventes de devises », 14 septembre 2015.

Auteur.e

 
 

Mylène Gaulard

économiste.

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Chine
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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 13:52

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

La Chine avant la COP21 (2). La société se mobilise face à la crise environnementale

 

24 novembre 2015 | Par Gilles Taine
 
 

Face à la multiplication des catastrophes environnementales et à l'impossibilité de s'organiser au niveau national, les citoyens chinois manifestent de plus en plus ouvertement leur mécontentement. Des oppositions parfois violentes aux projets industriels se multiplient, en ville mais aussi dans les zones rurales.

Dès 2005, l'Agence nationale chargée de la protection de l'environnement (devenue ministère de l'environnement en 2008) fait officiellement état de 5 000 « incidents de masse liés aux questions environnementales ». Cet euphémisme, qui désigne les manifestations publiques liées à la pollution qui regroupent plus de cent personnes, souligne que, dès le départ, les autorités abordent le problème environnemental sous un angle politique, comme enjeu de la stabilité sociale. L'écologie entre dans le radar du gouvernement à partir du moment où elle est considérée comme remettant en cause la stabilité sociale et donc potentiellement le monopole du pouvoir du Parti. La réponse apportée aux griefs des manifestants, qu'elle prenne la forme de concessions ou de répressions, a pour but principal d'éviter de prolonger une situation d'instabilité sociale. C'est d'ailleurs pour cela que, très souvent, les industriels se contentent de fermer une usine quelque part pour la rouvrir ailleurs, en général dans une zone plus éloignée et moins développée.

C'est ce qui se passe en 2007, lorsqu'un projet d'ouverture d'une usine de paraxylène (produit chimique utilisé dans la fabrication du polyester et de bouteilles en plastique) à Xiamen, approuvé par le gouvernement central malgré le fait qu'il soit situé dans une zone densément peuplée, provoque des manifestations pacifiques regroupant des dizaines de milliers de citadins. Ce mouvement bénéficie d'une telle couverture médiatique aux niveaux national et international, que le vice-directeur de l'Agence nationale chargée de la protection de l'environnement enjoint les autorités de la ville à « revenir sur leur décision de développer le projet », alors même que celui-ci est inscrit dans le 11e plan quinquennal. Après les manifestations, des consultations publiques sont organisées et le projet annulé. L'usine est déplacée dans une autre ville, plus petite et plus pauvre (en l'occurrence, la ville de Zhangzhou, toujours dans la province du Fujian) où les mouvements d'opposition qui se tiennent début 2008 sont sévèrement réprimés et la couverture médiatique rendue impossible par la censure.

 

Manifestation contre un projet d'usine chimique fabriquant du paraxylène dans la pronvince de Guandong en avril 2014 © Reuters Manifestation contre un projet d'usine chimique fabriquant du paraxylène dans la pronvince de Guandong en avril 2014 © Reuters

 

Les autorités apportent donc une réponse différente à ce type de mouvement d'opposition selon l'endroit où il se développe, grand centre urbain ou bourg rural. Ironie du sort, la nouvelle usine a déjà subi deux explosions, en 2013 et en avril dernier, donnant raison aux opposants au projet. Les événements de Xiamen marquent le début de la prise de conscience des atteintes portées à l'environnement par les populations urbaines et conduisent à la multiplication de mouvements analogues dans les villes chinoises, notamment à Dalian en 2011, ou encore à Ningbo dans la région de Shanghai, plus récemment. Comme dans le cas de Xiamen, ces manifestations de citadins obtiennent des gouvernements locaux qu'ils déplacent les projets industriels prévus ailleurs.

Ce sont donc les zones rurales qui sont les premières victimes de la pollution. Ne bénéficiant ni d'un accès privilégié à des experts juridiques ou aux médias, ni de la visibilité des citadins, les ruraux ont plus de mal à faire valoir leurs droits contre les pollueurs. Le cas de Dongyang, dans la province du Zhejiang, où de violentes manifestations se sont déroulées en 2005 est de ce fait emblématique. En 1999, le gouvernement local de Dongyang décide de favoriser l'implantation de l'industrie chimique dans la région pour accélérer le développement économique. Dès 2001, le secrétaire du Parti d'un des villages de la zone refuse de signer un accord de mise à disposition des terres à l'une des usines chimiques. Après avoir écrit un article démontrant que la compagnie en charge d'établir l'usine pollue les eaux des villages où elle développe ses activités de façon systématique, il est arrêté et jeté en prison pour trois ans. En juillet 2003, les villageois détruisent toute leur récolte de riz à cause de la pollution provoquée par les déchets des usines chimiques rejetés dans l'eau du fleuve qui irrigue leurs rizières. Ils tentent en vain d'obtenir réparation en utilisant la seule voie « légitime » de présentation des griefs, la pétition.

Après avoir pétitionné sans succès les gouvernements local, municipal, provincial et même central pendant deux ans, ils décident en 2005 de bloquer l'accès au parc industriel. La situation dégénère quand le gouvernement local envoie plusieurs milliers d'agents de police pour forcer la levée du blocage. En réponse, trente à quarante mille villageois se révoltent et saccagent le parc industriel et des bâtiments officiels. Ce n'est qu'à partir de ce moment-là que les autorités centrales et provinciales ainsi que les médias commencent à s'intéresser à la situation. Une délégation de l'Agence nationale chargée de la protection de l'environnement mène une enquête dans la zone industrielle et ordonne la fermeture des usines ; le maire et le secrétaire du Parti de Dongyang sont limogés et huit villageois sont arrêtés pour « troubles à l'ordre public ». Par ailleurs, des militants écologistes se voient interdire le droit d'établir une ONG pour surveiller la fermeture des usines et l'initiateur du projet est arrêté. À la suite de cet incident, la province du Zhejiang, dont le secrétaire du Parti de l'époque n'est autre que l'actuel président Xi Jinping, met en place plusieurs politiques publiques dont une qui s'attaque au fond du problème : l'obligation pour les banques de cesser d'accorder des prêts aux industries polluantes.

 

Les plus grands succès d'interpellation sur les questions environnementales sont l'effet d'individus

Cette approche de la résolution des conflits environnementaux est caractéristique de la politique de maintien de la stabilité. Dans le cas où l'opposition villageoise ne parvient pas à attirer l'attention des médias ou du gouvernement central, on se contente de la réprimer et de continuer à agir comme avant. En revanche, si la contestation s'amplifie et obtient un écho national, alors on fait quelques concessions, tout en arrêtant les agitateurs et en empêchant la constitution d'organisations indépendantes qui puissent vérifier que les engagements sont tenus.

Les ONG agissent en parallèle et parfois en appui à ces mouvements. Profitant du degré de sensibilité politique plus faible de la question environnementale par rapport à d'autres sujets et de sa grande technicité, elles se placent au départ dans l'optique de « conseiller du prince », et tentent de sensibiliser les fonctionnaires. Ces dernières années, certaines d'entre elles, telles que l'Institute of Public and Environmental Affairs, se concentrent sur la question de la transparence et de l'information du public. Elles développent des plateformes sur Internet qui répertorient les conflits environnementaux ou recensent les entreprises les plus polluantes, dans le but de faire pression sur le gouvernement ou les multinationales étrangères qui s'appuient sur des sous-traitants ne respectant pas la législation chinoise.

L'IPE et deux autres ONG chinoises, Friends of Nature et Green Beagle, ont par exemple été à l'origine d'une campagne contre Apple. Celle-ci a duré plusieurs années et visait à dénoncer le fait que les sous-traitants chinois de la marque à la pomme étaient coupables de pollution. Après la publication de plusieurs rapports et de nombreuses séances de négociations avec les dirigeants américains, les ONG ont obtenu de la firme qu'elle oblige ses sous-traitants à respecter la législation environnementale chinoise. Cette campagne a été la base d'une autre portant sur l'ensemble de l'industrie high-tech, qui a permis de dénoncer des problèmes analogues dans les chaînes de production d'autres marques. En s'attaquant à des multinationales étrangères célèbres, les ONG chinoises ont pu bénéficier à la fois d'une très bonne couverture médiatique et du soutien du gouvernement. Cette stratégie leur a permis d'éviter de s'attirer les foudres des autorités et de s'assurer le soutien d'organisations et de consommateurs étrangers.

D'autres organisations, telles que le Centre de défense des victimes de pollutions de l'université de droit et de sciences politiques de Chine, se concentrent sur les questions juridiques et occupent la double fonction d'expert pour améliorer la législation environnementale chinoise et de soutien légal aux victimes de pollution en les aidant à porter leur affaire devant les tribunaux chinois.

Il apparaît toutefois que les plus grands succès d'interpellation sur les questions environnementales sont l'effet d'individus et plus particulièrement de journalistes. Le cas le plus récent et le plus spectaculaire est celui du documentaire Under the Dome de l'ancienne présentatrice et journaliste d'investigation de CCTV, Chai Jing, qui a été visionné plusieurs millions de fois et ouvertement soutenu par le ministre de l'environnement avant d'être censuré et retiré des portails vidéo chinois. De nombreux cas d'exposition de scandales environnementaux sont le fait de journalistes d'investigation, en partie parce que les médias, bien plus que les ONG, sont perçus par les victimes comme le moyen le plus efficace d'attirer l'attention sur leur situation et d'y apporter une solution rapide.

Ainsi, même si elle fait face à de nombreux obstacles, la population chinoise s'organise de plus en plus pour protéger l'environnement. Lorsqu'elles incluent les élites ou ont pour cible des entités étrangères, ces mobilisations ont de fortes chances de succès. À l'inverse, lorsqu'elles sont le fait de villageois, elles risquent davantage d'être réprimées. Quoi qu'il en soit, la protection de l'environnement est aujourd'hui le seul sujet qui mobilise l'ensemble de la population chinoise, riches Pékinois comme pauvres riziculteurs, et appelle de ce fait une réponse approfondie des autorités, qui aille au-delà d'une répression ponctuelle dont le but est de protéger les intérêts étatiques et de rétablir une stabilité sociale éphémère.

 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 17:23

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com


 

 

Explicateur 30/11/2014 à 14h32

Taiwan, Hong Kong, Tibet... Révolte aux marches de l’empire chinois

Pierre Haski | Cofondateur  Rue89
 

 

 

 

La Chine a du mal avec les « marches » de l’empire. Hong Kong, Taiwan, Xinjiang, Tibet... Ces quatre territoires ont des statuts différents, sont tous les quatre perçus par Pékin comme parties inaliénables de la nation chinoise, mais tous les quatre ont des rapports tendus avec le pouvoir chinois.

Dernier signe de ces tensions, la victoire du parti indépendantiste aux élections locales à Taiwan, qui plonge le parti au pouvoir, le Kuomintang, favorable au rapprochement avec Pékin, dans la crise. Un vote-sanction qui fait aussi écho à la « révolution des parapluies » qui se poursuit à Hong Kong pour obtenir des droits démocratiques.

Passage en revue de ces quatre territoires aux histoires et aux destins différents, mais opposés, chacun à sa manière, à l’autoritarisme du pouvoir central.

1 Taiwan, promise mais toujours rebelle

 

 


Le président taiwanais Ma Ying-jeou samedi 29 novembre devant le portrait de Sun Yat-sen : le visage de la défaite (kyodowc123859.JPG k/NEWSCOM/SIPA)

 

Pendant longtemps, le pouvoir chinois a joué de la menace d’une action militaire pour amener la « province rebelle » de Taiwan et ses 23 millions d’habitants à la réunification avec la « mère patrie » chinoise.

Ces dernières années, Pékin a plutôt usé de son puissant pouvoir économique, et s’est réjoui de la victoire sur l’île du parti Kuomintang (KMT), favorable à un rapprochement par étapes avec Pékin.

 


Le candidat indépendant soutenu par le DPP, Ko Wen-je, élu maire de Taipei samedi (kyodowc123857.JPG k/NEWSCOM/SIPA)

 

Samedi, pourtant, le Kuomintang a subi une défaite retentissante aux élections locales, au profit du Parti démocratique progressiste (DPP), considéré comme favorable aux idées indépendantistes. Le KMT a notamment perdu la capitale, Taipei, qui a élu un candidat indépendant soutenu par le DPP. Taipei, un tremplin national dont l’ancien maire n’est nul autre que l’actuel Président, Ma Ying-jeou.

C’est un sévère revers pour le Kuomintang (le Premier ministre Jiang Yi-huah a aussitôt présenté sa démission et Ma Ying-jeou devrait abandonner la tête du parti), mais c’est aussi une mauvaise nouvelle pour Pékin, puisque l’opinion taiwanaise se détourne une nouvelle fois du courant pro-réunification. Le DPP avait pourtant été durablement discrédité par la condamnation à la prison de l’ancien Président Chen Shui-bian, le premier indépendantiste élu à la tête de l’île.

 


La carte électorale de Taiwan 2010-2014 : en bleu le Kuomintang, en vert le DPP (Via Taiwan Mag sur Twitter)

 

Les raisons de ce come-back ? En mars dernier, les étudiants taiwanais avaient pris d’assaut le Parlement, qu’ils avaient occupé pendant plusieurs semaines, pour protester contre l’adoption en catimini d’un accord commercial avec Pékin, en dépit des promesses de transparence du gouvernement. Ils s’opposaient à ce qu’ils considéraient comme une « réunification rampante ».

Quelques mois après cette poussée de fièvre, les événements de Hong Kong ont surgi, avec #OccupyCentral (voir le point 2), mouvement de la jeunesse hongkongaise en faveur de la démocratie dans le territoire, qui se heurte à une fin de non-recevoir à Pékin.

Ce climat a poussé les électeurs taiwanais, dans cette seule démocratie parlementaire du monde chinois, dans les bras du DPP qui retrouve des couleurs.

Si l’intérêt économique dicte à Taiwan d’avoir des bonnes relations avec Pékin, l’instinct de survie des acquis démocratiques d’une île qui fut, elle aussi, sous un régime dictatorial, a visiblement pénalisé le Kuomintang, héritier d’un courant toujours marqué par un « rêve chinois ».

2 Hong Kong, chinois, mais démocrates

 

 


La police hongkongaise tente de regagner du terrain face aux manifestants de la « révolution des papapluies », samedi 29 novembre (kyodowc123834.JPG k/NEWSCOM/SIPA)

 


L’ancienne colonie britannique de Hong Kong, au sud de la Chine (China_Hong_Kong.svg /Pethrus/WikimediaCommons)

 

Cela fait plus de deux mois que la jeunesse hongkongaise occupe une partie du centre de ce territoire autonome au sein de la République populaire de Chine, une « révolution des parapluies » largement pacifique malgré quelques débordements.

Leur revendication : le droit d’élire librement le chef de l’exécutif hongkongais, aujourd’hui nommé par un collège électoral contrôlé par Pékin. La Chine accepte le suffrage universel, mais seulement pour choisir parmi des candidats ayant l’imprimatur de Pékin, ce qui limite la portée démocratique de l’exercice.

Le gouvernement central chinois s’agace de cette situation qui dure depuis des semaines, mais ne peut faire un usage trop voyant de la force comme en 1989 sur la place Tiananmen à Pékin. Il tente un mélange de pressions policières qui regagne peu à peu le terrain occupé par les manifestants et leurs campements, et joue de la provocation pour discréditer le mouvement auprès des Hongkongais légitimistes.

La Chine a « perdu » cette génération

Mais quelle que soit la suite du mouvement, qui montre des signes de fatigue et même de division sur la suite des événements, une victoire de Pékin ne serait qu’un répit : la Chine a « perdu » cette génération hyperconnectée qui était pourtant la première à n’avoir connu que la présence chinoise après le départ de la puissance coloniale britannique en 1997.

Hong Kong et ses six millions d’habitants ne laisseront pas faire une « normalisation » rampante comme certains le redoutaient : ils entendent bien conserver un mode de vie, un climat de liberté et de tolérance exceptionnels, tout en restant citoyens chinois.

En 1997, certains se demandaient si c’est le modèle chinois de Pékin qui s’imposerait à Hong Kong, avec le pouvoir du Parti et un contrôle des médias et de la parole, ou si c’est au contraire le modèle hongkongais, de société ouverte et efficace, qui s’immiscerait dans le reste de l’« empire ». La question reste posée dix-sept ans plus tard.

Hymne cantopop de la révolution des parapluies

3 Xinjiang, pris entre djihad et répression

 

 


Patrouille militaire chinoise sur les lieux d’un attentat à Urumqi, la capitale du Xinjiang, en mai 2014 (Ng Han Guan/AP/SIPA)

 


Le Xinjiang, à l’extrême ouest de la Chine, aux confins de l’Asie centrale (TUBS/WikimediaCommons)

 

Nouvel attentat, samedi au Xinjiang, cette province de l’ouest de la Chine, où la population ouïgour vit de plus en plus mal le peuplement croissant venu du reste de la Chine et de sa majorité Han. Selon les médias officiels, il y a eu quinze morts, dont onze assaillants, dans le district de Shache, dans l’ouest de la province.

Depuis le début de l’année, il y eu au moins 200 morts dans cette montée en puissance de la violence qui a commencé à faible intensité l’an dernier, avant de se développer, avec des incursions hors du Xinjiang, sur la place Tiananmen il y a un an, et, de manière sanglante, à Kunming, la capitale du Yunnan, en mars dernier.

L’équation du Xinjiang est simple : les Ouïgours, peuple d’Asie centrale, musulman, dont la langue et la culture se rattachent à l’héritage ottoman, vivent de plus en plus mal l’arrivée de migrants Han venus du reste de la Chine, et qui, vraisemblablement, constituent déjà la majorité de la population de la région.

Les frictions autour de la terre, de la religion (les restrictions à la pratique de l’Islam ont repris avec la montée de violence), de l’emploi ou du logement, ont creusé un profond fossé entre les deux communautés, Ouïgour et Han.

La radicalisation d’une frange du mouvement ouïgour favorable à un Turkestan oriental indépendant, s’est faite au travers des contacts avec la nébuleuse djihadiste d’Asie centrale, que ce soit en Afghanistan avec les talibans, ou dans la vallée de la Ferghana, dans l’Ouzbekistan voisin.

Plusieurs Ouïgour séjournant dans des camps d’Al Qaeda s’étaient d’ailleurs retrouvés à Guantanamo après l’invasion de l’Afghanistan par l’armée américaine en 2001.

Mais cette radicalisation est aussi générée par l’absence d’autre perspective politique, comme l’a montrée la sévère condamnation à la prison à vie de l’intellectuel ouïgour Ilham Tohti, en septembre dernier, sans la moindre preuve d’un quelconque soutien de ce professeur d’université à l’action violente.

Cette lourde peine a été confirmée en appel la semaine dernière, sans que les nombreux appels à la révision du jugement n’aient été entendus.

 


Guzel Nur Ali, épouse de l’intellectuel ouïgour Ilham Tohti dont la condamnation à la prison à vie vient d’être confirmée en appel (Ng Han Guan/AP/SIPA)

 

En choisissant la voie dure pour répondre à la montée d’une violence prévisible, le gouvernement central prend le risque de se retrouver avec un foyer d’hostilité et de résistance plus déterminé encore, et pour longtemps.

Comme d’autres pouvoirs, avant lui, placés dans des situations similaires de type colonial (même si Pékin récuse ce mot s’agissant du Xinjiang).

4 Tibet, résistance spirituelle

 

 


Le Potala, palais des dalaï lama à Lhassa, la capitale tibétaine, lieu symbolique pour tous les Tibétains (SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA)

 


La région autonome du Tibet, en jaune, fait plus de deux fois la superficie de la France pour 2,5 millions d’habitants (via Wikipédia)

 

Au cours des deux dernières années, 132 Tibétains se sont immolés, dont 113 sont morts. Les autres ont gardé des séquelles, comme cet homme de 31 ans qui vient de rentrer chez lui amputé des deux jambes après une tentative d’immolation près d’un monastère.

Ces immolations ont certes montré le niveau de désespoir d’une partie de la population tibétaine face au sort de leur région sous domination absolue de la Chine, mais ont aussi créé un malaise.

Les autorités de Pékin ont accusé le dalaï lama et le gouvernement tibétain en exil d’avoir poussé les Tibétains à ce suicide de masse, ce que les exilés démentent ; mais la passivité de ceux qui assistent à ces suicides par immolation, comme le montrent les photos et vidéos qui circulent, pose question.

Cette vague d’imolations, qui se poursuit épisodiquement, est là aussi le signe d’une absence d’alternative politique.

Sus aux « séparatistes »

Le gouvernement chinois maintient une main de fer sur le Tibet, combattant énergiquement toute velléité « séparatiste », comme il les nomme, tout en encourageant le peuplement Han. Et les quelques séances de négociation qui ont eu lieu ces dernières années entre Pékin et l’entourage du dalaï lama n’ont jamais permis la moindre avancée.

 


Que se passera-t-il après la disparition du dalai lama, ici à Francfort en mai 2014 ? (Topphotos/Unimedia Images/SIPA)

 

Tout se passe comme si le gouvernement chinois attendait patiemment la disparition de l’actuel dalaï lama, Tenzin Gyatso, XIVe du nom, qui est âgé de 79 ans.

Le dalaï lama a renoncé à toute responsabilité politique, laissant un gouvernement en exil à Dharamsala, en Inde, jouer ce rôle. Mais il reste une figure centrale du monde tibétain, tant religieux que politique au sens le plus large du terme. Et il est un atout de relations publiques exceptionnel pour la cause tibétaine, en raison de son aura, notamment en Occident.

Sa disparition risque d’entraîner une période de grande confusion, car sa succession répond à des règles très précises liées à la réincarnation à laquelle croient les bouddhistes tibétains. Et Pékin entend bien se mêler de ce processus et l’influencer, comme cela fut fait pour le panchen lama, le second personnage du bouddhisme tibétain, mort en 1989 : l’enfant désigné comme réincarnation du défunt par les autorités religieuses a disparu depuis près de vingt ans, remplacé par un autre, choix de Pékin et des religieux qui jouent le jeu du pouvoir chinois.

Deux dalaï lama ?

Le risque est grand de voir deux dalaï lama dans l’avenir, l’un au Tibet avec l’aval de Pékin, et l’autre en exil en Inde. Cette confusion permettrait à la Chine d’affaiblir la résistance spirituelle des Tibétains au rouleau compresseur chinois qui s’appuie sur la figure tutélaire du dalaï lama.

 


Orgyèn Trinley Dorjé, XVIIe Karmapa à New Delhi en juin 2013 (Tsering Topgyal/AP/SIPA)

 

Un troisième personnage fait son chemin pour incarner cette résistance, le karmapa lama, XVIIe du nom, aujourd’hui âgé de 28 ans, et qui s’est enfui du Tibet il y a quatorze ans dans des conditions épiques, traversant l’Himalaya à pied en plein hiver pour passer en Inde.

Ce troisième personnage du bouddhisme tibétain, qui vit lui aussi à Dharramsala, en Inde, pourrait assurer la continuité et incarner à son tour le « front du refus spirituel » à Pékin (voir sa tribune sur Rue89 en juin dernier).

Résistance multiple

Les voies de la révolte face à l’autoritarisme du pouvoir central chinois sont multiples et contradictoires.

  • A Taïwan et à Hong Kong, c’est l’option démocratique d’une génération hyperconnectée et informée qui offre un défi insurmontable à un pouvoir chinois peu habitué à faire des compromis ;
  • Au Xinjiang et au Tibet, la dimension religieuse est forte, musulmane d’un côté, bouddhiste de l’autre, avec un élément de violence croissant dans le premier qui ne se retrouve dans le second que sous la forme du suicide par immolation.

Le point commun est effectivement le refus d’un pouvoir central autoritaire, « jacobin » dirait-on dans le contexte français, qui, au nom d’une puissance économique retrouvée, et d’une ambition stratégique croissante, n’entend pas permettre l’expression des particularismes au sein de l’« empire ». Au risque de générer conflits et révoltes, et donc cette instabilité que Pékin redoute par-dessus tout.

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 17:12

 

Source : www.mediapart.fr

 

Hong Kong : durcissement des manifestations

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

Des milliers de manifestants pro-démocrates ont affronté la police le 1er décembre dans le quartier Admiralty de Hong Kong, où se trouvent le siège du gouvernement et le parlement, qui ont été provisoirement fermés, ainsi que de nombreuses boutiques.

Des milliers de manifestants pro-démocrates ont affronté la police le 1er décembre dans le quartier Admiralty de Hong Kong, où se trouvent le siège du gouvernement et le parlement, qui ont été provisoirement fermés, ainsi que de nombreuses boutiques. Les manifestants ont encerclé Admiralty, et ont refusé de se retirer, alors que la police les chargeait à coups de matraques et de pulvérisateurs à poivre. Quarante personnes ont été arrêtées et il y a eu des blessés graves, dont certains sont restés inconscients sur le sol, indique Reuters.

Cette escalade du mouvement de désobéissance civile survient après deux mois d’un mouvement qui a mobilisé, les premiers jours, plus de 100 000  personnes. Même si les manifestants sont beaucoup moins nombreux, ils poursuivent leur mouvement pour obtenir une réforme électorale et des élections libres en 2017, au lieu d’un vote entre des candidats présélectionnés par Pékin. Une participante interrogée par Reuters affirme que l’atmosphère à Admiralty est redevenue aussi tendue qu’aux premiers premiers jours du mouvement. La tension est également montée dans le district de Mong Kok, théâtre de violent affrontements visant à faire partir un campement de manifestants. Ce mouvement constitue l’un des plus importants défis politiques auquel se trouve confronté le Parti communiste chinois depuis les manifestations de Tienanmen en 1989.

 

 

Source : www.mediapart.fr

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 17:28

 

Source : www.mediapart.fr

 

Chine : la censure d’internet déborde les frontières nationales

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Les censeurs chinois du web ne se limitent pas à des interventions à l’intérieur du pays.

Les censeurs chinois du web ne se limitent pas à des interventions à l’intérieur du pays. Un chercheur d’Amnesty International, Patrick Poon, en a fait l’expérience après avoir posté une vidéo destinée à commémorer l’anniversaire des manifestations de la place Tian’anmen sur sa page Linkedin, raconte l’agence Bloomberg. Il a reçu un message l’informant que le contenu était interdit en Chine et avait de ce fait été bloqué pour les utilisateurs du monde entier, et pas seulement chinois. Depuis, Linkedin a changé de politique, et laisse visibles dans les autres pays les contenus qui sont interdits en Chine. Mais les autorités chinoises maintiennent une pression sur les grandes compagnies du web pour filtrer les contenus selon leurs critères.

Lire ici le récit de Bloomberg

 

 

Source : www.mediapart.fr

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 13:57

 

Source : www.leparisien.fr

 

 

Hong Kong: sur Facebook, des fonctionnaires disent leur soutien aux manifestants

Publié le 23.10.2014, 08h36

 

 

Des manifestants prodémocratie protègent une barricade dans le quartier de Mongkok, le 22 octobre 2014 à Hong Kong

Des manifestants prodémocratie protègent une barricade dans le quartier de Mongkok, le 22 octobre 2014 à Hong Kong | Philippe Lopez

Des de Hong Kong ont exprimé en nombre sur leur soutien aux manifestants prodémocratie, vent debout contre le refus de Pékin d'accorder des libres à l'ancienne colonie britannique.
Des agents de plusieurs administrations -- dont les services de communication du gouvernement local, la police et la justice -- ont publié des photos de leur carte d'identité professionnelle en prenant soin de dissimuler leur nom.

Un petit texte écrit par un policier en chinois a recueilli près de 6.000 "J'aime" et a été partagé 600 fois. Il indique: "Mon corps est dans l'estomac de la bête mais mon coeur est avec le peuple".
Pas moins de 1.300 fonctionnaires ont par ailleurs fait paraître une tribune dans le journal Ming Pao pour désavouer leurs syndicats qui avait critiqué les manifestants en début de semaine.
Installés depuis près d'un mois en plusieurs points de la ville, et en particulier autour du siège du gouvernement, les manifestants, défendent-t-ils, ont respecté "le principe (d'expression) pacifique et non-violente".
Un sondage de l'Université chinoise de Hong Kong a montré mercredi que malgré l'irritation de nombreux habitants affectés par les blocages et la perturbation des transports depuis le 28 septembre, le soutien de l'opinion publique aux manifestants est plus marqué qu'il y a un mois, avec un taux d'approbation de 38% contre 31%.
Elu par un comité pro-Pékin, le chef de l'exécutif hongkongais, Leung Chun-ying, concentre sur son nom une grande partie de la colère des manifestants. Ces derniers exigent l'instauration du suffrage lors de la prochaine élection générale en 2017. La Chine a accepté le principe du vote pour tous tout en gardant le contrôle des candidatures.

 

Source : www.leparisien.fr

 

 

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 16:23

 


Source : ici.radio-canada.ca

 

 

Les manifestants regagnent du terrain à Hong Kong

Mise à jour le samedi 18 octobre 2014 à 5 h 39 HAE
Radio-Canada avec Agence France-Presse
Des manifestants pro-démocrates utilisent des parapluies pour affronter la police  
Des manifestants pro-démocrates utilisent des parapluies pour affronter la police  Photo :  Carlos Barria / Reuters

Après une autre nuit d'affrontements avec la police à Hong Kong, les manifestants pro-démocrates ont repris leur position dans le quartier de Mong Kok, samedi matin. Ils ont installé de nouvelles barricades là où leur campement avait été démantelé à l'aube, vendredi.

Environ un millier de manifestants ont tenu tête aux forces de l'ordre, vendredi soir, et sont parvenus à regagner le terrain perdu la veille. Armés de parapluies, de lunettes de protection et de casques pour certains, ils scandaient « Occupez Mong Kok! » et « Nous voulons un véritable suffrage universel! ».

Les policiers ont été contraints de reculer devant l'ampleur de la contestation. Les autorités font état de 26 arrestations et de 15 policiers blessés. Le nombre de manifestants ayant subi des blessures n'a pas été divulgué.

En début d'après-midi, samedi, le calme semblait revenu dans le quartier. Les protestataires de la « révolte des parapluies » s'attendaient toutefois à ce que la nuit de samedi à dimanche soit encore mouvementée.

 

Des manifestants installent de nouvelles barricades sur une route du quartier Mong Kok après le retrait de la police (18/10/2014) Des manifestants installent de nouvelles barricades sur une route du quartier Mong Kok après le retrait de la police (18/10/2014)  Photo :  STRINGER Hong Kong / Reuters

Des gestes qui « sapent l'ordre public », dit la police

Après trois semaines de silence, le chef de la police de Hong Kong a finalement fait une déclaration, samedi, affirmant que ses troupes avaient été « extrêmement tolérantes », mais qu'elles n'étaient pas parvenues à empêcher les manifestants de devenir plus « radicaux ou violents ».

« Ces actes illégaux sapent l'État de droit, sapent [ce sur quoi] Hong Kong se base pour réussir. » — Le chef de la police de Hong Kong

Selon lui, la réoccupation du quartier Mong Kok « sape gravement l'ordre public et met gravement en péril la sécurité publique ».

Jeudi, le chef de l'exécutif régional, Leung Chun-ying, avait laissé entendre qu'un dialogue pourrait reprendre avec les étudiants, qui réclament à la fois sa démission et l'instauration d'un véritable suffrage universel.

Cependant, les affrontements avec la police et l'improbabilité que Pékin accepte de ne plus avoir le contrôle des candidatures pour l'élection du prochain chef de l'exécutif de Hong Kong, en 2017, ont alimenté les tensions.

 

Source : ici.radio-canada.ca

 

 

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 17:20

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Hong Kong : des violences policières provoquent de nouvelles manifestations

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

La diffusion d’une vidéo montrant des policiers qui passent à tabac un manifestant à Hong Kong a provoqué mercredi soir de nouveaux rassemblements dans l’ancienne colonie britannique.

La diffusion d’une vidéo montrant des policiers en train de rouer de coups un manifestant à Hong Kong a provoqué mercredi soir de nouveaux rassemblements dans l’ancienne colonie britannique, qui connaît sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Déterminée à réduire la marge de manœuvre des manifestants, la police a entrepris de déloger ces derniers de plusieurs sites occupés. Les heurts de mardi soir et mercredi matin figurent parmi les plus violents depuis le début de la campagne prodémocratie le 28 septembre.

Des images diffusées par la télévision locale TVB montrent six policiers en civil en train de traîner un manifestant menotté dans le quartier d’Admiralty, l’un des sites occupés. L’homme est contraint de s’allonger par terre puis il est frappé à coups de poing et de pied par des policiers. L’agression dure quatre minutes, selon la télévision.

 

 

 

 

Les frondeurs hongkongais exigent de pouvoir librement élire le prochain chef de l’exécutif de Hong Kong en 2017, alors que le Parti communiste chinois (PCC) entend garder la haute main sur le processus électoral en contrôlant les candidatures. Le ministre de la sécurité de l’ancienne colonie britannique, Lai Tung-kwok, a annoncé que les policiers en cause avaient été suspendus de leurs fonctions après l’incident. Il a aussi annoncé l’ouverture d’une « enquête impartiale ».

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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