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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 13:46

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Transition écologique

Ces centaines de milliers d’emplois qui n’attendent qu’une véritable volonté politique pour être créés

 

par

 

 

Les candidats à l’élection présidentielle débattront ce 4 avril de la manière de lutter contre le chômage. Ils feraient bien d’écouter la société civile, syndicats et associations écologistes, qui sont d’accord sur le fond : la transition énergétique au profit d’une société plus sobre et plus durable pourrait créer 100 000 emplois en quelques années et près d’un million d’ici trente ans. Les transports sans pétrole, les bâtiments écolos ou la production d’énergies renouvelables incarnent l’avenir du travail. Les économies d’énergie libèreront du pouvoir d’achat. Mais ces scénarios optimistes ne se concrétiseront que si le futur gouvernement investit massivement dans la formation et la reconversion, et qu’il cesse de maltraiter le monde du travail.

Et si la France décidait enfin de prendre résolument le virage de la transition énergétique, abaissant réellement ses émissions de gaz à effet de serre, que se passerait-il pour l’emploi ? Si l’on en croit les scénarios très précis modélisés par les experts en énergie de l’association négaWatt, ou par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), des centaines de milliers d’emplois pourraient être créés [1].

La rénovation des bâtiments, le développement des modes de transports peu gourmands en énergie et l’accroissement des énergies renouvelables constituent, selon ces scénarios, les principaux pourvoyeurs de nouveaux emplois. Leurs besoins permettraient d’absorber la disparition de centaines de milliers de postes dans le transports par route (industrie automobile, infrastructures routières, fret routier), le transport aérien, le bâtiment neuf et la production d’énergie. Dès 2020, 100 000 emplois supplémentaire pourraient être générés. La progression serait ensuite continue : l’économie compterait 400 000 emplois supplémentaires en 2030, puis 500 000, voire 850 000 en 2050.

 

Un potentiel de création d’emploi considérable

Une analyse réalisée en 2007 pour l’Institut syndical européen (Etui) concluait elle aussi à un gain net d’emplois en cas de réduction des émissions de CO2 de l’Union européenne. L’institut de recherche lié à la Confédération européenne des syndicats a examiné les conséquences de cette réduction sur les secteurs de la production d’énergie, de la sidérurgie et de la cimenterie, des transports et du bâtiment-construction. « Les activités économiques qu’il faudrait développer (isolation, énergies renouvelables, transports en commun...) ont un contenu en emploi beaucoup plus fort que celles dont il faudrait réduire le volume, c’est-à-dire avant tout la production d’énergies non renouvelables et les transports individuels. De tels emplois, en outre, sont difficilement délocalisables et sont créés surtout dans des petites entreprises de dimension locale », précise l’étude.

« La sobriété détruit des emplois dans les branches qui fournissent l’énergie, mais réduit la facture énergétique, libérant du pouvoir d’achat qui sera dépensé dans d’autres branches, où des emplois supplémentaires pourront être créés », ajoute Philippe Quirion, directeur de recherche au CNRS et auteur de l’analyse « emploi » du scénario négawatts. Selon la plate-forme française Un million d’emplois pour le climat, qui réunit des syndicats et des associations environnementales, sociales et d’éducation populaire, au moins 50 000 emplois pourraient également être créés dans l’agriculture, compensant largement les 30 000 pertes dans le secteur agro-industriel. D’autres secteurs bénéficieraient également d’une dynamique positive : l’éducation à l’environnement, la formation, et l’accompagnement des foyers en difficulté. Les auteurs d’« Un million d’emplois pour le climat » prévoient plus de 200 000 postes dans le domaine de l’action sociale.

 

La lutte contre la fraude fiscale, levier de financement décisif

Pour autant, ces rêves décarbonés sont-ils viables financièrement ? « En agrégeant les principaux secteurs concernés par la transition – soit l’énergie, le bâtiment et les transports – on peut mesurer l’impact économique du scénario, annoncent les experts de négaWatt. Les premières années, les investissements seraient compensés par les économies d’énergie. Puis, en 2030, le bilan deviendrait excédentaire, avec une économie annuelle de 26 milliards d’euros dès 2040. Mais ces calculs n’intègrent pas d’éventuelles hausses du prix des énergies classiques, qui augmenteraient encore les bénéfices de la transition. Le rapport de la société civile imagine encore d’autres pistes : « La longue liste des niches fiscales défavorables à la transition écologique et la perte de recettes due à la fraude et à l’évasion fiscale sont les gisements qu’il faut exploiter pour financer la transition énergétique en complément de la nécessaire reprise en main du crédit ».

Parmi ces niches fiscales : l’exemption totale de taxe sur le carburant accordée au transport aérien (2,8 milliards d’euros en 2015), l’écart de taxation entre l’essence et le diesel (3,6 milliards d’euros en 2017), le taux réduit de la taxe intérieure de consommation sur le gazole – notamment pour les agriculteurs et le BTP (1,8 milliards d’euros en 2016). « Une stricte application des règles de fiscalité permettrait de lever chaque année de 30 à 160 milliards d’euros supplémentaires pour le budget de l’État selon les catégories de fraude qui sont prises en compte », ajoutent les auteurs du rapport. De quoi couvrir les dépenses et investissements publics et privés nécessaires à la transition que la plate-forme chiffre à 105 milliards d’euros par an.

 

Lire aussi : Comment récupérer 200 milliards d’euros sans imposer aux Français une cure d’austérité

 

 

Des scénarios « trop éloignés de la réalité » ?

Comment les salariés des secteurs condamnés à disparaître considèrent-ils ces scénarios ? « Ils sont intéressants, parce qu’ils nous obligent à avoir une démarche vertueuse, juge Gwénaël Plagne, délégué syndical CGT de la centrale électrique thermique de Cordemais, à proximité de Saint-Nazaire. Mais ils sont trop éloignés de la réalité. Nous ne pouvons pas entendre parler de la fermeture d’une centrale comme la nôtre, qui mettrait le pays en situation de précarité électrique, et qui mettrait en péril la qualité du service public. À moins que les gens ne soient prêts à consommer beaucoup moins d’électricité qu’ils ne le font actuellement. » Diminuer drastiquement les consommations d’énergie, en la divisant par deux d’ici 2050, est l’un des points clés du scénario négaWatt, dont le triptyque est « sobriété, efficacité, renouvelables ». Du côté des salariés, l’enthousiasme des écologistes est nuancé. Selon Marie-Claire Cailletaud, en charge de l’énergie et de l’industrie à la Commission exécutive confédérale de la CGT, ce scénario « fait des paris technologiques trop risqués, sur la méthanisation, ou l’éolien off-shore par exemple ».

« La priorité est de limiter le réchauffement climatique, qui touche essentiellement les plus pauvres, ajoute-elle. C’est pourquoi il ne nous semble pas pertinent, dans l’immédiat, de nous concentrer sur la production d’énergie, ni de nous passer du nucléaire. Ce qu’il faut, c’est isoler les bâtiments et changer nos modes de transports, qui sont les principaux émetteurs des gaz à effet de serre en France. Il faut travailler très sérieusement sur ces deux secteurs. Mais heureusement, les salariés n’attendent pas les décisions gouvernementales pour se préoccuper de ces questions fondamentales. »

Certaines entreprises de transports réfléchissent au déplacement de marchandises par bateau plutôt que par camion, en mettant en place des formations pour que les chauffeurs routiers apprennent à conduire des péniches. À Chalon-sur-Saône par exemple, des dizaines de camions transportent chaque jour du calcin – du verre cassé – alors que la zone industrielle dispose d’infrastructures fluviales, en la Saône qui mène au Rhône et le canal du Centre qui la relie à la Loire. Les 1 200 camions qui circulent chaque mois pourraient ainsi être remplacés par 120 péniches. La pollution serait moindre, les routes moins abîmées. Ailleurs, des travailleurs du bâtiment se forment pour apprendre les techniques ardues de l’isolation par l’extérieur. « Tout se fait en lien avec des élus locaux, qui ont tout intérêt à ce qu’un maximum d’emplois demeure sur leur territoire », précise Marie-Claire Cailletaud.

 

« Une crise n’est pas le bon moment pour repenser l’activité »

La reconversion de centaines de milliers de travailleurs reste un défi de taille. « On parle en général de reconversion aux salariés quand il y a une crise, constate Didier Aubé, membre du syndicat Solidaires et de la plate-forme Un million d’emplois pour le climat. Mais ce n’est pas le bon moment pour repenser l’activité. Il faut réfléchir avant la crise. Comment prendre en compte les conditions de travail des salariés de la chimie, du nucléaire, ou d’autres secteurs, et se projeter dans une perspective de transformation ? Tout reste à faire. Un engagement fort des régions, dont la formation est l’une des compétences principales, pourrait faire la différence. »

Pour les auteurs d’Un million d’emplois, l’enjeu est de faire la jonction entre les ONG écologistes et les syndicats de salariés. Pour le moment, les seules organisations syndicales impliquées dans la plate-forme sont Solidaires, la Fédération syndicale unitaire (FSU), et la Confédération paysanne. « L’intersyndicale a bien fonctionné pendant la lutte contre la loi travail, tempère Didier Aubé. Cela crée des liens, établit une relation de confiance. On pourrait s’en servir comme point de départ pour évoquer d’autres sujets. »

« Le problème, c’est qu’il n’y a aucune volonté des industriels d’investir vers des innovations permettant de limiter le réchauffement climatique, regrette de son côté Gwénaël Plagne, le délégué syndical de la centrale de Cordemais. Côté salariés, ça bouge. À Cordemais, nous travaillons à des scénarios alternatifs, avec par exemple la diversification des combustibles, et l’introduction de biomasse, qui pourrait se faire sans changer nos installations. Mais la direction d’EDF reste sourde à nos propositions. » Plusieurs études et experts confirment que les industriels n’intègrent que trop rarement les problèmes liés au changement climatique et les enjeux de la transition écologique dans leurs plans stratégiques. C’est cette absence d’anticipation, et d’investissement dans la recherche, qui met en péril l’emploi.

 

« Le seul espoir d’avenir dans une fonction publique menacée »

« Le calendrier industriel n’est pas le même que celui des politiques, reprend Gwénaël Plagne. Pour nous, cinq ans, c’est demain. Si on reste sur ces très courts termes, la seule solution qui se dessine, c’est la fermeture de nos industries et la délocalisation de la pollution. C’est pour ça que la transition nous inquiète. Telle qu’elle est envisagée, elle amène vers la casse de l’emploi. »

Pourtant, les représentants des personnels de l’industrie assurent qu’ils sont prêts à s’engager pour la transition, conscients que le réchauffement climatique est une question « sérieuse et inquiétante ». « Nous avons démontré que le personnel technique est en capacité d’acquérir les savoirs, complète Jean Hedou, secrétaire général de la fédération de l’environnement et des transports du syndicat Force ouvrière (FEETS-FO), et représentant des salariés du ministère de l’Environnement (environ 80 000 personnes) [2]. Ils ont un bon niveau de connaissance. Ils sont prêts à s’engager. La transition reste même leur seul espoir d’avoir un avenir dans une fonction publique menacée de toutes parts. »

 

Des salariés sous pression imagineront difficilement d’autres façons de produire

« Pour s’engager sur cette voie, il faut une vision industrielle sur plusieurs décennies, reprend Marie-Claire Cailletaud. La planification ne doit pas être un gros mot. Elle doit être faite en lien étroit avec les organisations syndicales. C’est la seule façon de définir clairement des objectifs réalistes et d’ajuster les besoins de formation très importants qu’implique une transformation profonde de l’outil de production. Les salariés doivent être au cœur de la transition ; il faut partir de leur expertise. Qui mieux que ceux qui le font peuvent questionner le travail ? » Les syndicats et organisations de la société civile engagées pour la transition énergétique demandent aussi une diminution du temps de travail, et un nouveau statut du travail salarié avec une sécurité sociale professionnelle permettant d’alterner les périodes de formation et d’emploi.

La revalorisation des salaires dans les secteurs « gagnants » – bâtiment, énergies renouvelables, logistique, transport inter-modal... – semble également nécessaire. Las, le dernier quinquennat, qui devait pourtant de faire de la France « le pays de l’excellence environnementale », n’a pas pris le chemin de ces diverses révolutions. Avec la loi travail, qui poursuit dans une logique considérant le travail trop cher, elle a même plutôt pris le chemin inverse. Or, des salariés sous pression et privés de leurs droits fondamentaux pourront difficilement se projeter sur le long terme, pour imaginer d’autres façons de travailler et de produire.

Nolwenn Weiler

En photo : construction d’une crèche avec une architecture bioclimatique à Commune de Hédé-Bazouges, en Bretagne / CC Michèle Turbin

 

Notes

[1Pour l’étude de l’Ademe, voir ici

[2Le ministère de l’Environnement recouvre de nombreux domaines : élaboration et entretien des routes, affaires maritimes, aviation civile, etc.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 18:28

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Transition énergétique

Des petits barrages hydroélectriques, écolos et rentables, pour produire une électricité de proximité

 

par

 

 

Deux-mille petits barrages hydroélectriques sont abandonnés en France, depuis la domination de l’électricité nucléaire. Ercisol, une société à statuts coopératifs, a décidé d’investir dans ces énergies renouvelables de proximité et de réhabiliter plusieurs barrages dans les Vosges, tout en limitant au maximum les contraintes pesant sur l’environnement des rivières. Un seul de ces barrages peut alimenter en électricité un village de quelques centaines d’habitants.

 

Cet article a initialement été publié dans le journal Lutopik.

 

À Raon-l’Etape, cité vosgienne au milieu des forêts, coule la Meurthe. Une situation géographique propice au développement de l’industrie du papier. Dans cette petite ville de 6400 habitants, il a existé jusqu’à trois papeteries, dont une a cessé son activité il y a peu. Il y a encore une trentaine d’années, ces industries utilisaient l’eau de la Meurthe pour s’alimenter en énergie. Puis le nucléaire est arrivé, et les petits barrages hydroélectriques ont été abandonnés. « Hyper subventionnée, l’électricité nucléaire était beaucoup moins chère. L’État a volontairement tué les petites centrales hydroélectriques », déplore Jean-Paul François. Farouchement opposé au nucléaire et mû par l’envie de laisser un environnement sain à ses petits-enfants, ce professeur d’électro-technique fraîchement retraité s’est lancé dans la reconquête des petits barrages.

 

Pour cela, il rejoint en 2014 Ercisol, une société fondée en 2010 par 35 associés qui se sont donnés pour objectif de développer des projets citoyens d’énergie renouvelable. Seuls deux d’entre eux ont travaillé ou travaillent directement dans le secteur de l’énergie renouvelable, mais chacun a quelque chose à apporter : des compétences en comptabilité, en maçonnerie, en relationnel. « Pour vivre, il faut de l’énergie. Mais il existe d’autres moyens de production qu’en polluant ou en passant par des grandes sociétés qui ponctionnent l’argent des contribuables », explique Jean-Paul François.

 

« Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse faire autant si rapidement »

Chaque projet est soigneusement sélectionné : il doit être rentable, concourir au développement des énergies renouvelables décentralisées, sa mise en œuvre doit limiter au maximum les impacts négatifs sur l’environnement et favoriser les emplois locaux non délocalisables. Pour chaque projet, Ercisol crée une filiale afin de rassurer les banques qui lui prêtent de l’argent, d’offrir une transparence sur les financements, et encourage ses actionnaires locaux à investir dans le projet.

 

Ercisol compte aujourd’hui 161 associés et gère deux petites centrales photovoltaïques dans le Territoire de Belfort et dans le Bas-Rhin, ainsi qu’un barrage hydroélectrique dans les Vosges. Trois autres projets de barrages sont en cours de réalisation, dont celui de Raon-l’Etape. Ercisol prévoit également de participer au financement de petites fermes éoliennes. La maison-mère a la forme d’une SAS à statuts coopératifs, dans laquelle tous les dirigeants sont bénévoles, y compris son président Louis Massias. « Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse faire autant si rapidement, se réjouit-il. Nous avons atteint le plafond de capital de 800 000 € qu’on s’était fixé au départ et qui nous permettait des investissements à hauteur de 6 millions d’euros grâce aux emprunts. Aujourd’hui, on ne peut plus accepter de nouveaux actionnaires et nous allons devoir modifier les statuts pour inscrire un nouveau plafond à 2 millions d’euros. »

 

Un barrage qui laisse passer poissons et canoës

La filiale qui s’occupe du barrage vosgien s’appelle HydroRaon. Elle a acquis le site en 2014 pour 450 000 € auprès de la papeterie des Chatelles qui venait de faire faillite, et engagé 1,35 million d’euros afin de reconstruire le barrage et d’installer la turbine. Les travaux sont importants : le site est abandonné depuis une quinzaine d’années, et il faut entièrement créer les infrastructures permettant d’injecter l’énergie produite sur le réseau. Conformément à leurs aspirations environnementales, les membres d’Ercisol tiennent à limiter au maximum les impacts sur la nature : le barrage est doté d’une passe à poissons, d’un passage pour canoës et d’un système laissant circuler les sédiments afin de ne pas perturber le milieu aquatique en aval. Après une année de travaux, l’édifice est prêt : avec une puissance de 400 kW, il présente la même puissance que son aïeul, mais il est doté de toutes les technologies modernes pour la télégestion et s’intègre mieux dans son environnement.

 

Du côté du local technique, à environ 1 km du barrage, les choses sont un peu plus compliquées. Afin d’optimiser au maximum la production, HydroRaon a investi dans une turbine qui peut atteindre 90 % de rendement dans des conditions de débit idéales. Mais une erreur du maître d’œuvre a décalé d’un an le lancement de la production : l’alternateur a dû être démonté et il ne sera remis en place que début 2017. Une fois opérationnel, le système produira 1847 MWh par an, ce qui devrait permettre d’alimenter environ 700 foyers hors chauffage et eau chaude. Comme sur son autre barrage de Moyenmoutier, à quelques kilomètres de là, un emploi à temps partiel (dix heures hebdomadaires) sera créé afin d’assurer la surveillance du site.

 

Pour ce projet, la société HydroRaon et ses associés ont apporté un peu plus de 20 % du budget, avec le soutien d’Énergie Partagée Investissement (une association pour la promotion et le financement des projets d’énergie citoyenne). Pour le reste un emprunt a été contracté. En vertu de l’obligation d’achat, EDF s’est engagée par contrat à racheter l’électricité produite par HydroRaon à un tarif préférentiel : 10 centimes le Kwh au lieu de 5 centimes [1]. Chaque filiale est rentable dès la première année. Comme elles n’ont pas vocation à se développer, les bénéfices sont distribués chaque année aux associés. Les gains d’Ercisol avec HydroRaon seront réinvestis dans des projets de sensibilisation à la réduction des consommations énergétiques et dans de nouveaux projets d’énergies renouvelables (hydroélectricité, biogaz, éoliennes). Les centaines de petits actionnaires d’Ercisol devraient quant à eux recevoir des dividendes d’ici une dizaine d’années, de l’ordre de 4 %.

 

2000 petits barrages hydroélectriques à l’abandon

Environ 2000 petits barrages hydroélectriques sont aujourd’hui à l’abandon en France. Avec l’augmentation inévitable du prix de l’électricité nucléaire et les objectifs d’énergies renouvelables pour les années à venir, il y a un regain d’intérêt pour ces infrastructures. Cependant, la plupart de ces barrages présentent des hauteurs d’eau insuffisantes pour être rentables. « À Raon-l’Etape, on a 4,20 m de hauteur, ce qui n’est pas mal. Dès qu’on est en dessous de 1,5 m, ça n’intéresse plus personne », explique Jean-Paul François.

 

Pour résoudre ce problème, Ercisol s’est lancé dans une recherche en partenariat avec l’Université de Lorraine. L’objectif est de mettre au point un prototype de turbine afin de diminuer les coûts du kilowattheure pour les petites chutes d’eau. Un espace est en cours d’aménagement à côté des locaux techniques d’HydroRaon pour expérimenter ces innovations. « Le nucléaire, avec ses coûts qui ne font qu’augmenter alors qu’ils baissent pour les énergies renouvelables, est un non-sens économique », dénonce Jean-Paul François. « Il existe déjà des sites où les coûts de production des énergies renouvelables sont beaucoup moins chers, comme par exemple au Nevada où le kWh photovoltaïque est à 3 centimes contre 6 pour le nucléaire. Développer les énergies renouvelables relève donc du bon sens écologique, mais aussi économique », martèle-t-il.

 

Sonia Pignet (Lutopik)

 

 

Notes

[1Depuis le 20 septembre 2016, Enercoop est autorisée à offrir les tarifs d’achat de l’électricité renouvelable comme EDF. Cependant, elle est pour le moment limitée à 75 contrats et à une puissance installée correspondante maximale de 100 MW.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 15:18

 

 

Source : https://france.attac.org

 

 

Lettre à Ségolène Royal : il est temps de geler l’extraction des énergies fossiles en mer

 

jeudi 23 février 2017, par Attac France, Collectif
 
 

 

Avec plusieurs autres associations et ONG, Attac France interpelle Ségolène Royal par une lettre ouverte – que chacun·e peut signer – pour exiger qu’elle gèle définitivement l’exploitation des énergies fossiles dans les eaux territoriales françaises, et de s’assurer que cet engagement perdure au-delà des élections présidentielle et législatives du printemps prochain. Pour qui prétend faire de la France la nation de « l’excellence environnementale » et se présente comme la garante de l’Accord de Paris sur le climat, ce serait bien le minimum.

 

Geler l’extraction fossile en mer, c’est maintenant !}

Il y a un peu moins d’un an, nous lancions un appel à bloquer le Sommet de Pau sur l’exploitation d’hydrocarbures en haute-mer. Un mois plus tard, nous étions près d’un millier à perturber la bonne tenue de cette « contre COP 21 » en multipliant les actions non-violentes autour du centre de congrès. Quelques jours après, Ségolène Royal donnait suite à notre appel et annonçait un moratoire sur les forages en mer Méditerranée, puis annonçait sa volonté de l’étendre à l’ensemble des eaux territoriales françaises.

Il est aujourd’hui nécessaire de passer à l’étape suivante, autrement dit de geler définitivement l’exploitation des fossiles dans les eaux territoriales françaises, et de s’assurer que cet engagement perdure au-delà des élections présidentielle et législatives du printemps prochain. C’est le sens d’une lettre ouverte à la Madame la Ministre de l’environnement, de la mer et de l’énergie, que nous vous invitons à signer et à faire signer.

 

Signez la pétition en ligne

 

Madame la Ministre,

En avril dernier, vous avez décidé d’un « moratoire immédiat sur la recherche d’hydrocarbures en Méditerranée française ».

Cette annonce précurseuse représente une étape décisive de la transcription concrète de l’Accord de Paris dans les politiques françaises. Geler le développement des projets d’extraction de combustibles fossiles est en effet indispensable pour respecter les objectifs adoptés à l’issue de la COP 21.

Les gisements de gaz et de pétrole actuellement exploités sont suffisamment grands pour nous faire sortir de la trajectoire des 1,5 °C de réchauffement climatique - et si nous exploitons de surcroît tout le charbon des mines actuellement en production, nous dépasserons les 2 °C.

Il est désormais indispensable de passer à l’étape suivante et de geler définitivement l’accord de nouveaux permis d’exploration comme d’exploitation dans l’ensemble des eaux françaises. Pour débuter ce processus il faut élargir le moratoire sur les permis d’hydrocarbures en Méditerranée à la côte Atlantique et abroger Parentis Maritime, Parentis Maritime Sud et Marges du Finistère.

L’élection de Donald Trump s’annonce catastrophique sur le plan de la lutte contre le réchauffement climatique, à un moment où nous ne pouvons pourtant plus nous permettre d’attendre. Comme il l’avait annoncé, ses toutes premières décisions constituent un retour en arrière brutal - qu’il s’agisse d’autoriser le développement d’oléoducs ou de remettre en cause les engagements de la COP 21.

Le rôle des dirigeants du monde entier les plus attachés à la lutte contre le réchauffement climatique est donc désormais de « compenser politiquement » l’absence de volontarisme des dirigeants les plus rétrogrades.

La France n’est malheureusement pas à l’abri de la victoire de dirigeants politiques aussi rétrogrades que Trump, y compris en matière climatique. Il est donc indispensable de mettre à profit les mois qui restent pour s’assurer que, quel que soit le résultat des élections présidentielle puis législatives, la France reste un pays moteur de la lutte contre le réchauffement climatique.

(les trois permis mentionnés sont détenus respectivement par HUNT OVERSEAS ; RED RIO PETROLEUM et SATURN PETROLEUM ; G.T.O. LIMITED)

Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de nos sentiments les plus distingués,

– Jacques Beall, Surfrider Foundation Europe ; Maxime Combes, Attac ; Florent Compain, les Amis de la Terre ; Olivier Dubuquoy, Nation Océan ; Fanny Delahalle, Alternatiba ; Nicolas Haeringer, 350.org ; Txetx Etcheverry, Bizi ! ; Jean-François Julliard, Greenpeace France ; Cécile Marchand, ANV-COP 21 ; Laura Morosini, Chrétiens Unis pour la Terre ; Pierre Perbos, Réseau Action Climat.

 

Signez la pétition en ligne

 

 

 

 

 

Source : https://france.attac.org

 

 

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 18:46

 

Source : https://france.attac.org

 

Réforme du marché carbone : 200 milliards d’euros supplémentaires pour les pollueurs

 

 
 
 

Mercredi 15 février, le Parlement européen a voté en faveur d’un projet de réforme du marché carbone européen (ETS) qui délivre de nouvelles aides substantielles aux industries polluantes et conduit l’UE à se doter d’un objectif de réduction d’émission de gaz à effet de serre (GES) bien en-deçà de ce qui devrait être sa juste part. Attac France s’associe à Corporate Europe Observatory et Food & Water Watch pour rappeler que la réforme votée ne permet en rien de résoudre les défaillances structurelles du marché carbone européen, qui reste inefficace et inadapté aux défis climatiques.

Le Parlement de l’UE a adopté des mesures qui représentent environ 200 milliards d’euros en faveur des industries polluantes, sous forme de permis de polluer délivrés gratuitement et de fonds additionnels. Un montant qui pourrait être réévalué à la hausse une fois que les règles sur les subventions actuelles pour les secteurs à forte intensité énergétique, tels que le ciment, seront clarifiées.

Pour Oscar Reyes, du Corporate Europe Observatory, 
« Il semble que le Parlement européen soit très heureux de prolonger ce qui apparaît comme programme de protection sociale pour les grands pollueurs qui pourtant, et depuis trop longtemps maintenant, n’a pas permis de réduire les émissions de GES. Les contribuables européens seront ceux sur lesquels vont reposer ces lourdes subventions versées aux industries polluantes. »

Le vote confirme également l’absence d’ambition au cœur même du système d’échange de quotas d’émissions, qui est l’instrument phare de l’UE en matière de politique climatique.

Pour Frida Kieninger de Food & Water Europe,

« L’objectif annuel de réduction des quotas disponibles de 2,2 pour cent est une capitulation honteuse qui est encore loin de la juste part que l’UE doit mener en matière de lutte contre les dérèglements climatiques prévue par l’Accord de Paris. Il est grand temps que les institutions de l’UE se rendent compte que le marché carbone européen n’est pas adapté aux objectifs poursuivis et qu’il faudrait substituer à ce dispositif une réglementation climatique plus efficace. »

 

Notes 

  • La proposition et les amendements sur lesquels le Parlement européen s’est exprimé.
  • La valeur des permis de polluer délivrés gratuitement et des fonds liés au marché carbone s’élèvera à environ 198 milliards d’euros entre 2021 et 2030. Ce chiffre s’appuie sur une évaluation fixant un prix moyen du carbone de 25 €, réparti comme suit : 135 milliards pour les permis gratuits ; 15 milliards pour le fonds pour l’innovation ; 11 milliards pour le fonds pour les coûts indirects ; 8 milliards pour le fonds de modernisation ; 19 milliards pour la part flexible et 10 milliards pour le fonds de réserve destiné aux nouveaux participants ;

P.-S.

Organisations signataires :

  • Attac France,
  • Corporate Europe Observatory,
  • Food & Water Europe.

 

 

 

Source : https://france.attac.org

 

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 22:17

 

 

Source : http://www.neozone.org/ecologie-planete

 

 

Pour le prix d’un smartphone, cette éolienne alimente toute une maison en électricité

 

 

 

Cette innovation très prometteuse est annoncée comme une petite révolution dans le monde de l’éolien.

Abordable et surtout très efficace, elle pourrait démocratiser dans le monde entier cette source d’énergie durable et respectueuse de l’environnement.

Arun et Anoop George, deux jeunes frères indiens ont en effet développé une micro éolienne révolutionnaire.

Pas plus grande qu’un ventilateur de plafond et pas plus chère que le prix d’un smartphone, cette éolienne serait capable de produire à vie entre 3 et 5 Kwh par jour. Une puissance largement suffisante pour les besoins d’une petite maison.

eolienne-001

Les deux frères envisagent de commercialiser leur invention pour seulement 50.000 roupies indiennes, soit l’équivalent de 680€. Une somme ridicule quand on compare avec le prix de l’électricité en France (0.15€ par Kw/h en moyenne). Le calcul est rapide, il faudrait moins de 3 ans pour rentabiliser cette source d’énergie dans l’hexagone.

Notre but est de faire disparaître la pauvreté énergétique, réduire la dépendance des citoyens vis-à-vis d’un État qui manque de moyens et créer de l’énergie qui permette à chacun de s’autosuffire

eolienne-003

Cette invention est destinée à l’Inde dans un premier temps, pays précurseur dans l’énergie éolienne  derrière la chine, les États-Unis et l’Allemagne. Leur objectif à terme est de couvrir tous les pays du monde en écoulant plus d’1 milliard de leur micro éolienne.

eolienne-002

Et on peut dire qu’ils sont plutôt bien partis. En effet, leur startup a été invitée au Kazakhstan pour l’expo “Global start-up fest : New Energy” qui vise à définir la ville et la vie de demain.

« Avant Garde Innovations »  espère ainsi figurer dans la liste des 30 lauréats qui seront ensuite conviés à l’exposition universelle, qui aura lieu à Astana en 2017. Le thème sera ” Les Énergies durables, environnement. L’avenir de la planète”.

 

 

Source : http://www.neozone.org/ecologie-planete

 

 

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 18:08

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Mobilisation

Projets d’oléoducs : Trump repart en guerre contre les Sioux

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Donald Trump a signé le 24 janvier, quatre jours après son investiture, des décrets présidentiels visant à relancer deux projets d’oléoducs. Très controversés, les deux oléoducs Keystone XL et le Dakota Access ont fait l’objet d’une intense bataille politique entre les défenseurs du climat et les industriels des énergies fossiles. Tous deux avaient été suspendus par l’administration Obama.

C’est le 6 novembre 2015, après des mois d’actions non violentes et de batailles juridiques et administratives, que Barack Obama annonce l’abandon de la construction de l’oléoduc Keystone XL au nom, notamment, de la lutte contre les changements climatiques. « Transporter du pétrole brut plus sale jusque dans notre pays ne renforce pas la sécurité énergétique des États-Unis », fait alors valoir le président sortant. Porté par le consortium TransCanada, cet oléoduc doit transporter sur 1900 kilomètres le pétrole issu des champs de sables bitumineux de l’Alberta jusque dans le Golfe du Mexique.

« Nous allons renégocier certaines conditions et, s’ils les acceptent, nous verrons si nous pouvons le faire construire », a précisé Donald Trump à propos du projet Keystone XL. « Ce sont beaucoup d’emplois, 28 000 emplois, de super emplois dans la construction. » Ce décret « invite TransCanada à soumettre à nouveau sa proposition et ordonne aux agences [fédérales] de l’approuver sans délai ». L’objectif est « d’assurer une approbation rapide » du projet.

 

Une décision « irresponsable »

Le même processus est à l’œuvre dans le cadre du projet Dakota Access Pipeline. D’une longueur de 1800 kilomètres, ce pipeline, dont la construction est évaluée à 3,8 milliards de dollars abondés en partie par des banques françaises, menace des sites culturels ancestraux des Sioux et leurs sources d’eau. Depuis le 1er avril 2016, des tribus amérindiennes et des militants écologistes occupent un terrain privé, acheté 18 millions de dollars par la société exploitante. Au terme de neuf mois de résistance, ils ont obtenu le 4 décembre dernier le rejet du tracé initial, le gouvernement s’engageant à « entreprendre une étude d’impact environnementale complète » et à « étudier des tracés alternatifs » (voir ici). La construction du pipeline a donc été stoppée. Là encore, le décret signé par Donald Trump « ordonne aux agences d’accélérer leurs analyses et leur approbation de la portion restante de l’oléoduc, que la précédente administration a bloquée pour des raisons politiques ».

Les Sioux de Standing Rock ont immédiatement dénoncé les nouveaux décrets signés par le président Trump. Dans un communiqué, ils réitèrent que leurs sources d’eau potable risquent d’être contaminées par le projet. Leur avocat a également déploré une décision « irresponsable », prise avec « trop d’empressement ». « Nous ne sommes pas opposés à l’indépendance énergétique. Nous sommes opposés à des projets de développement imprudents et motivés par des raisons politiques, qui ignorent nos droits issus de traités et menacent notre eau. Créer un deuxième Flint ne rendra pas l’Amérique plus grande. » Une référence au slogan de campagne de Trump – Make America Great Again – et à Flint, une ville de l’État du Michigan de 100 000 habitants, où l’eau potable a été contaminée au plomb après des coupes budgétaires.

Mardi soir, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés en signe de protestation, à New York et devant les grilles de la Maison Blanche. « Donald Trump n’est en fonction que depuis quatre jours et il se révèle déjà être une dangereuse menace pour le climat, comme nous le redoutions », réagit le directeur exécutif de l’ONG Sierra Club. « C’est un jour sombre pour la raison mais nous allons continuer le combat », souligne 350.org, fer de lance du mouvement contre les énergies fossiles. L’American Civil Liberties Union (ACLU), la puissante association de défense des droits civils, estime que la décision concernant le pipeline Dakota Access s’apparente à une « gifle » donnée par le président. Les Sioux de Standing Rock annoncent d’ores et déjà qu’ils engageront une bataille juridique contre ces décrets.

À lire également : Aux États-Unis, les Républicains légifèrent déjà pour réprimer durement les manifestations pacifiques

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 18:07

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Transition

NégaWatt présente son scénario révolutionnaire pour une autre politique énergétique

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Un air débarrassé de particules fines, un risque nucléaire qui diminue, des logements chauds pour tout le monde, des émissions de CO2 divisées par quatre, et des centaines de milliers d’emplois créés... Ce sont quelques-uns des séduisants objectifs du nouveau scénario de l’association négaWatt, qui réunit une vingtaine d’experts et de praticiens en énergie [1]. Le document très fouillé, et très précis, qu’ils publient ce 25 janvier livrent les détails de la transition énergétique que la France devrait, selon eux, engager pour qu’en 2050 le pays ne dépende plus des énergies fossiles et nucléaire.

 

Une mobilité sans pétrole

Dominé par le trafic routier et une hyper-dépendant au pétrole, le secteur des transports représente aujourd’hui la première source d’émissions de gaz à effet de serre. Les deux tiers des kilomètres parcourus par les Français sont réalisés en voiture. Mais celle-ci est le plus souvent utilisée par une personne seule qui roule à 30km/h en ville alors que la majorité des véhicules particuliers est conçue pour transporter cinq personnes avec leurs bagages, et capable de rouler à 130 km/h sur autoroute. Un grand gaspillage.

Maîtrise des distances grâce à un urbanisme repensé, laissant une place de choix au vélo et à la marche à pieds, transfert des déplacements journaliers vers le ferroviaire et les transports en commun, et amélioration des taux de remplissage des véhicules grâce à la banalisation du covoiturage, constituent les principaux leviers vers une baisse de la consommation d’énergie. Selon NégaWatt, elle serait spectaculaire, avec quasiment deux tiers d’énergie en moins. La réduction de la vitesse autorisée sur route (80 km/h) et sur autoroute (110 km/h) permet également un gain immédiat et substantiel sur les consommations de carburant, sans pour autant augmenter les temps de parcours grâce à la décongestion du trafic qui l’accompagne.

Avec le recours au gaz comme carburant, qui devient progressivement renouvelable, et la mobilité électrique croissante, la part des énergies renouvelables dans les transports passerait de 6 % aujourd’hui à presque 100 % en 2050. Le point noir demeure l’avion, avec un nombre de voyageurs par kilomètre parcouru qui a augmenté de 50 % ces quinze dernières années (contre 5 % pour la voiture). Le kérosène est bien plus difficile à remplacer par des carburants renouvelables. La question d’inciter à la sobriété sur cette mobilité grande distance se pose.

 

Un avenir 100% renouvelable

Côté électricité, il serait possible de couvrir la totalité des besoins énergétiques de la France par des sources renouvelables à l’horizon 2050. L’éolien, appelé à devenir la première source d’énergie, et la biomasse solide fournissent chacun près d’un quart de la production. Ils sont suivis par le photovoltaïque et le biogaz issu de méthanisation ou de gazéification, qui contribuent à hauteur d’un peu plus d’un huitième chacun – le reste étant apporté par un mélange d’hydraulique, de biocarburants liquides, de solaire thermique, de géothermie, d’énergies marines et de valorisation des déchets.

Selon le scénario, les énergies renouvelables devraient fournir 1 000 TWh d’électricité, soit une multiplication par trois de leur contribution actuelle. Première source d’électricité en 2050, la production éolienne terrestre et marine croît de façon soutenue. Les éoliennes terrestres de nouvelle génération pourront également produire de l’électricité par vents faibles. La France en comptera alors trois fois plus qu’aujourd’hui, soit 18 000, à comparer aux 26 800 éoliennes déjà implantées en Allemagne fin 2015 !

 

Des centaines de milliers d’emplois créés

Cette nouvelle politique énergétique devrait créer environ 400 000 emplois nets d’ici 2030. « Certains secteurs subissent une diminution du nombre d’emploi. Une reconversion de ces métiers, qui doit impérativement s’anticiper et se préparer, sera nécessaire. C’est le cas par exemple de la construction automobile, du fret routier et du transport aérien, » préviennent les auteurs du scénario. Mais la rénovation de 780 000 logements par an, contre 200 000 aujourd’hui, le boom des énergies renouvelables, ou le développement d’activités de réparation et de recyclage, permettront au final l’apparition de nouveaux métiers.

« Au-delà de l’enjeu de mettre en oeuvre au niveau national, avec toute la force et l’ampleur nécessaires, des actions conformes à nos engagements nationaux et internationaux, l’application résolue de la démarche de sobriété, d’efficacité et de substitution par les énergies renouvelables rendrait la France porteuse d’un message fort sur la scène internationale », conclut NégaWatt. « Outre la responsabilité, ce message serait d’abord celui de l’exemplarité. Il ne s’agit pas seulement d’apporter la démonstration que la transition vers les 100 % renouvelables et vers un monde décarboné est possible, mais aussi de montrer comme le monde occidental peut et doit rompre avec le modèle de surconsommation qui est aujourd’hui le sien. »

 

Notes

[1C’est le quatrième scénario négaWatt (les premiers ont été publiés en 2003, 2006 et 2011)

 

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 21:16

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Justin Trudeau veut mettre un terme à l’exploitation des sables bitumineux d’Alberta

 

Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le

 

 

Cherchant à concilier climat et croissance économique, le premier ministre canadien veut que la transition énergétique se fasse progressivement.

 

Justin Trudeau lors d’une conférence à La Havane à Cuba, en novembre 2016.

 

Le Canada, sixième producteur mondial de pétrole, doit « mettre un terme progressivement » à l’exploitation des sables bitumineux d’Alberta et cesser sa « dépendance » aux hydrocarbures, a plaidé vendredi 13 janvier son premier ministre, Justin Trudeau.

 

« On ne peut pas fermer [les mines] de sables bitumineux demain. On doit y mettre un terme progressivement », a déclaré le dirigeant libéral lors d’une rencontre en Ontario, la province la plus peuplée du Canada, avec des citoyens. « Nous devons préparer la transition pour rompre notre dépendance aux énergies fossiles », a-t-il ajouté, tout en reconnaissant que « cela prendra[it] du temps ».

 

Lire aussi :   L’Alberta souhaite réduire sa dépendance au pétrole

 

Il répondait à une question portant sur sa décision, à la fin de novembre, d’autoriser l’augmentation de la capacité de deux oléoducs dans l’ouest du pays. Leur modernisation va accroître de près d’un million de barils par jour la capacité à l’export du pays.

« On ne peut pas choisir entre l’environnement et l’économie », a affirmé en outre M. Trudeau, convaincu de pouvoir concilier la lutte contre le réchauffement climatique et la croissance économique.

 

Des propos condamnés par l’opposition conservatrice

Engagé à réduire les émissions canadiennes de gaz à effet de serre conformément à l’Accord de Paris, ratifié par le Canada, M. Trudeau a ainsi annoncé cet automne une taxe nationale sur le carbone effective (« carbone réel ») en 2018, avec l’appui de l’Alberta, province de l’ouest du pays) où est concentrée l’industrie pétrolière.

 

Lire aussi :   Le Canada ratifie l’accord de Paris et propose une taxe carbone polémique

 

L’opposition conservatrice a immédiatement condamné les propos du premier ministre. « Si M. Trudeau veut fermer les sables bitumineux d’Alberta, et de ma ville d’origine, qu’il soit averti : il devra d’abord me passer dessus et sur les quatre millions d’habitants de l’Alberta », a lancé dans un communiqué Brian Jean, député conservateur de Fort McMurray, capitale pétrolière du pays.

Les sables bitumineux sont décriés pour le coût économique et environnemental de leur extraction. Présent sous forme sablonneuse dans le sous-sol de la forêt boréale, le pétrole est produit au terme d’un long processus polluant et énergivore.

Ce pétrole n’est rentable que si le cours mondial du baril est élevé. En octobre et en décembre, deux grands groupes des hydrocarbures, Shell puis Statoil, ont d’ailleurs décidé de se désengager des sables bitumineux canadiens.

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 20:12

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

Forages : Obama sanctuarise des millions d’hectares maritimes

 

Le président des Etats-Unis a annoncé mardi la mise en place d’une interdiction permanente de nouveaux forages gaziers et pétroliers dans les eaux américaines de l’Atlantique et de l’Arctique.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

Un site de forage pétrolier aux Etats-Unis.

C’est une sorte de décision testament qu’a prise, mardi 20 décembre, Barack Obama, en décrétant une interdiction de forage d’hydrocarbures dans de vastes zones de l’océan Arctique et l’océan Atlantique. À un mois de son départ de la Maison Blanche, le président américain a en effet voulu parachever son bilan en faveur de l’environnement en sanctuarisant ces espaces naturels, qui abritent une flore et une faune en voie de disparition. Il s’agit d’une sorte de pied de nez à son successeur, Donald Trump, qui a, au contraire, promis de déréguler au maximum l’extraction pétrolière pendant son mandat.

 

M.Obama avait déjà annoncé, il y a quelques mois, des mesures pour protéger ces zones pour une durée de cinq ans. La nouveauté, c’est qu’en s’appuyant sur une loi de 1953, l’Outer Continental Shelf Lands Act (la Loi sur les terres du plateau continental), qui donne au président américain le pouvoir de protéger les eaux fédérales de toute exploration de gaz ou de pétrole, il rend la protection permanente dans le temps. Ce n’est pas la première fois qu’un président recourt à cette disposition. Dwight Eisenhower et Bill Clinton l’avaient fait en leur temps.

 

Coraux, ours et poissons rares

Cette fois, il s’agit de protéger toute la côte Atlantique de Norfolk en Virginie jusqu’au Maine, à la frontière canadienne, soit 1,5 million d’hectares, qui abritent notamment des coraux d’eau profonde uniques et des espèces de poissons rares. La mesure concerne également la quasi-totalité des eaux arctiques appartenant au gouvernement fédéral américain, soit plus de 46 millions d’hectares où l’on trouve encore des ours polaires et des baleines boréales, deux espèces en voie de disparition. Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a également annoncé mardi l’interdiction de nouveaux forages dans les eaux arctiques canadiennes.

« Ces mesures protègent un écosystème sensible et unique que l’on ne retrouve dans aucune autre région du globe, souligne M. Obama dans un communiqué, ajoutant que le dispositif vise à sécuriser ces zones en cas de marée noire. Une catastrophe qui serait très compliquée à endiguer compte tenu de la difficulté d’intervention, notamment dans l’Arctique. « En partenariat avec nos voisins et alliés du Canada, les États-Unis franchissent une étape historique pour (…) préserver les écosystèmes de l’Arctique », souligne-t-il.

La question qui se pose désormais consiste à savoir si la nouvelle administration sera capable de détricoter ces nouvelles dispositions. Il ne fait guère de doute que la majorité républicaine au Congrès et le gouvernement de M. Trump, qui compte nombre de climatosceptiques feront tout pour revenir sur la décision.

 

Climatosceptique

Tout au long de sa campagne électorale, le milliardaire n’a cessé de remettre en question la réalité du changement climatique et la responsabilité de l’homme dans ce phénomène. Par ailleurs, il vient de nommer à la tête de l’Agence américaine de protection environnementale (EPA) Scott Pruitt, ministre de la justice de l’Oklahoma. Ce dernier est devenu en quelques années le bras armé des compagnies pétrolières pour tenter d’infléchir la politique de l’actuelle administration visant à réguler l’extraction énergétique. M. Pruitt a ainsi réussi à lancer des procédures judiciaires contre le plan climat de la Maison Blanche dans vingt-huit États.

Toutefois, Michael Brune, directeur exécutif de l’association de protection de l’environnement, Sierra Club, se dit convaincu que la disposition prise par M. Obama doit « empêcher les futures administrations de détruire nos eaux et nos côtes. » Mais la réalité s’annonce sans doute plus compliquée et la question de la réversibilité de la loi de 1953 risque de se régler devant la justice fédérale. À noter que sur les 120 millions d’hectares d’océan qui avaient été sanctuarisés par Bill Clinton, son successeur, George W. Bush avait réussi à faire annuler l’interdiction d’exploitation pétrolière sur une vingtaine de millions d’hectares.

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 19:25

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

France Culture

Data : l’énergie solaire est aussi performante que le pétrole ou le gaz

 

 

 

Initialement publié sur 

http://api.rue89.nouvelobs.com/sites/news/files/styles/mobile2-tablette-article-retina/public/article/tablette_article/2016/12/castellet_phoenix_solar_ag_1.jpg

 

Le point de départ, c’est une étude dont je vais vous donner le titre pour vous faire flipper : « Energie photovoltaïque : méta-évaluation de la qualité des études, de leur reproductibilité et de l’harmonisation des résultats ».

Cette étude a été publiée en novembre dernier par des chercheurs du Center for Environnemental Policy de l’Imperial College de Londres, et elle a consisté à examiner près de 29 études qui comparent l’énergie produite par les panneaux photovoltaïques à l’énergie nécessaire pour les construire (l’idée de ces études, c’est de voir si l’énergie solaire est si intéressante que ça du point de vue environnemental).

Or, en analysant de manière très précise ces 29 études, en examinant les données qu’elles utilisaient, les technologies auxquelles elles se réfèrent, les chercheurs de l’Imperial College de Londres ont fait un constat assez stupéfiant : ces études utilisent des données en moyenne vieilles de 7 ans, se réfèrent à des technologies qui ont été largement améliorées depuis.

Résultat, elles sous-estiment largement les performances de l’énergie solaire.

Car, selon les chercheurs, ce qui s’est passé entre 2009 et aujourd’hui, c’est que les performances de l’énergie solaire ont doublé. Et si l’on fait les mêmes calculs en actualisant les données, en tenant compte des progrès réalisés par les technologies d’aujourd’hui, on s’aperçoit que l’énergie solaire est aussi performante que le pétrole ou le gaz.

Aujourd’hui, le pétrole et le gaz produisent 15 fois l’énergie nécessaire à leur production, un chiffre en baisse régulière du fait des efforts à fournir pour trouver de nouvelles ressources et la qualité de plus en plus médiocre de ces ressources. Le rendement de l’énergie solaire est aujourd’hui entre 14 et 16, et ne cesse d’augmenter avec l’amélioration des technologies.

Bref, on est dans une situation assez incroyable où des données obsolètes produisent des résultats qui ne correspondent pas à la réalité. Mais ce sont ces résultats qui servent aux décideurs politiques à définir leur politique énergétique pour les décennies à venir.

Ce cas particulier illustre une question fondamentale : l’importance des données en matière environnementale.

L’écologie est affaire de mentalité, elle est aussi affaire de chiffres et de calcul. On raisonne à partir de modèles.

Le chercheur américain Paul. N. Edwards, du département d’histoire de l’Université de Michigan, mène un travail passionnant autour de données climatiques et des controverses qu’elles suscitent. Il explique que le rassemblement de données provenant du monde entier est un rêve de la météorologie depuis 1830.

Mais ça pose plein de problèmes :

  • Comment s’assurer qu’elles sont correctement calibrées les unes par rapport aux autres ?
  • Comment s’assurer que les indications des instruments sont les mêmes à Paris, à Dakar et à Johannesburg ?
  • Ça c’est le problème géographique, mais il y a le problème temporel tout aussi essentiel en matière climatique : comment comparer les observations de 1880, quand il n’y avait que quelques stations, avec celles d’aujourd’hui ?
  • Comment être certain qu’un thermomètre du début du 20ème siècle donne les mêmes mesures qu’un thermomètre d’aujourd’hui ?

Et Paul. N Edwards fait l’histoire de ces données climatiques, en lien avec les technologies qui – depuis le télégraphe jusqu’à l’ordinateur – permettent non seulement de les recueillir, mais aussi de les rassembler et de les travailler.

Les capteurs se sont multipliés, les ordinateurs peuvent produire des modèles, des simulations. Mais ça ajoute des degrés de complexité. Parce que les données fournies par un satellite, par exemple, sont très difficiles à interpréter : ils enregistrent le rayonnement d’un vaste volume d’atmosphère, mais sans contact avec l’air comme les thermomètres traditionnels, donc il faut transformer ces données par des calculs algorithmiques pour obtenir des données climatiques utilisables...

Ce travail sur le données est nécessaire, mais il peut donner l’impression, de l’extérieur (et en particulier pour les plus sceptiques), qu’il y a manipulation. Ainsi, paradoxalement, l’informatique et les technologiques augmentent-ils l’intensité de qu’Edwards appelle la « guerre des données ».

Mais Internet pourrait jouer un rôle positif dans cette guerre : en rendant publiques les données, en montrant comment elles sont obtenues, travaillées par les algorithmes, comment les modèles sont construits, il peut aussi dissiper des doutes quant à d’éventuelles manipulations, et participer à l’apparition d’un consensus. Encore faut-il tirer les conséquences de ce consensus. Mais là, c’est une autre question…

Retrouvez les podcasts de l’émission via iTunes ou en RSS.

 

 

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