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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 17:21

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Creuser jusqu’où ?

3 décembre par Ecosociété , Nicolas Sersiron

 

 

 

 

Nicolas Sersiron, membre du CADTM France, auteur du livre « Dette et extractivisme », spécialiste des questions relatives à la dette écologique, revient avec un nouvel ouvrage.

Dans l’ouvrage collectif« Creuser jusqu’où ? Extractivisme et limites à la croissance », Nicolas Sersiron revient sur les risques que l’extractvisme, c’est-à-dire la trop grande exploitation des ressources naturelles, fait peser.

 

Creuser jusqu’où ?
Extractivisme et limites à la croissance

SOUS LA DIRECTION DE YVES-MARIE ABRAHAM, DAVID MURRAY, 384 pages,

 

Avec des textes de collectif ALDEAH, Charles Beaudoin-Jobin, Philippe Bihouix, Laura Handal Carvantes, Denis Delestrac, Jonathan Durand-Folco, Ariane Gobeil, Alain Gras, Martin Hébert, Normand Mousseau, Manuela Lavinas Picq, Éric Pineault, Bertrand Schepper-Valiquette, Nicolas Sersiron

 

Partout, l’heure est à l’intensification de l’exploitation industrielle des « ressources naturelles ». Forêts, eau douce, minerais, sable, rivières, faune sauvage, gaz de schiste, pétrole, terres fertiles, paysages grandioses : tout y passe ! La justification de ces efforts est partout la même : cette exploitation est un facteur de croissance essentiel dont il serait fou de ne pas profiter alors que les emplois manquent et que les États sont endettés. C’est le choix de l’extractivisme. Si ce phénomène suscite des débats, ceux-ci ne portent généralement que sur les conditions de l’exploitation de ces richesses : qui va vraiment profiter de ces ressources ? Comment ne pas faire trop de dégâts en les mettant à profit ? Est-ce le bon moment de les exploiter ?

 

Et si, au lieu de se préoccuper de la bonne façon de partager ce « gâteau » (sans trop salir la nappe), on s’interrogeait plutôt sur la pertinence même de le consommer ? Avons-nous vraiment besoin d’arnacher de nouvelles rivières, d’exploiter toujours plus de gisements de pétrole et de minerais, d’ouvrir de nouveaux territoires aux touristes, d’intensifier les cultures et l’élevage animal ? Ne s’agit-il pas d’une fuite en avant, sur un chemin qui ne mène nulle part, sinon à la destruction pure et simple de notre habitat terrestre et de nos sociétés ? Ne pourrions-nous pas vivre aussi bien, voire mieux, sans pratiquer ce type d’exploitation ? Si oui, à quelles conditions ?

 

Les auteur.e.s s’attaquent à ces questions difficiles en dénonçant la logique de l’extractivisme avant d’en souligner les principales limites physiques. Les effets destructeurs et irréversibles du processus économique sur les ressources naturelles dites « non renouvelables » (énergies fossiles, minerais, etc.) étant déjà à l’œuvre, les auteur.e.s s’attellent à décrire les alternatives possibles à ce « modèle de développement » : low-tech, transition énergétique, résistance autochtone et philosophie du buen vivir… Ils nous invitent à changer de paradigme pour penser les pistes d’actions nécessaires dans un futur post-extractiviste. Car à force de creuser, nous arrivons bel et bien aux limites de notre unique planète.

 

Pour comprendre pourquoi l’extractivisme des ressources naturelles constitue une menace pour le climat, Nicolas Sersiron nous répond ici.

 

Source : Ecosociété

 

 

Auteur

Nicolas Sersiron

Ex-président du CADTM France, auteur du livre « Dette et extractivisme »
Après des études de droit et de sciences politiques, il a été agriculteur-éleveur de montagne pendant dix ans. Dans les années 1990, il s’est investi dans l’association Survie aux côtés de François-Xavier Verschave (Françafrique) puis a créé Échanges non marchands avec Madagascar au début des années 2000. Il a écrit pour ’Le Sarkophage, Les Z’indignés, les Amis de la Terre, CQFD.
Il donne régulièrement des conférences sur la dette.

 

Autres articles en français de Nicolas Sersiron (49)

 

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 14:37

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Naomi Klein: «Pas besoin d’un miracle, nous voulons une vraie démocratie»

29 novembre 2015 | Par Jade Lindgaard
 
 
 

L'essayiste canadienne détaille le Leap Manifesto, large mouvement de la société civile lancé pendant la campagne canadienne qui milite pour un Canada écologique et égalitaire. Deuxième épisode de notre vidéo-blog COP21, en partenariat avec The Nation.

Essayiste, activiste : Naomi Klein est l'une des critiques les plus populaires et les plus écoutées de la mondialisation néolibérale et des régressions autoritaires qui l'accompagnent. Après La Stratégie du choc sur le capitalisme du désastre, qui prospère sur les violences infligées aux sociétés (cataclysme, putschs, effondrements politiques…), elle a publié en 2014 Tout peut changer, qui décrit à quel point le dérèglement climatique impose une épreuve vitale au  système capitaliste. Pendant toute la COP21, elle tient un blog vidéo sur Mediapart.

 

Deuxième épisode : Naomi Klein revient sur le Leap Manifesto (« Un grand bond vers l'avant »), large mouvement politique lancé au Canada pendant la dernière campagne électorale. Son but : militer pour un Canada alimenté à 100 % par les énergies renouvelables, où les emplois offerts par une telle transition sont aussi conçus pour éliminer les inégalités. L’appel du Leap Manifesto est visible iciTourné et réalisé par À-vifs. Propos recueillis par Jade Lindgaard. En partenariat avec l'hebdomadaire américain de gauche The Nation

 

Deuxième vidéo-blog de Naomi Klein

 

29 novembre. «Cette manifestation est un geste de défi»

 

Premier épisode : les manifestations interdites du 29 novembre. Tourné et réalisé par À-vifs. Propos recueillis par Jade Lindgaard. En partenariat avec l'hebdomadaire américain de gauche The Nation

 

 

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 15:51

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

La liste des comptes Twitter à suivre pendant la COP21

 

 

 

Des officiels aux militants, en passant par les journalistes sur place : voici les comptes incontournables pour ne rien louper des coulisses de la grande conférence sur le climat qui se tient jusqu’au 11 décembre.

 

Ça y est, les chefs d’Etat ont quitté la COP21, les négociations peuvent commencer pour de vrai. On peut arrêter de filmer les grosses voitures officielles et les poignées de main protocolaires, et discuter du fond. Pour tout savoir de ce qui va se passer pendant les deux semaines qui suivent, on vous conseille ces comptes Twitter.

 
 

1 Les officiels

 

C’est rarement drôle, et mieux vaut souvent parler anglais ET avoir lu un ou deux dictionnaires de la COP pour les comprendre. Mais les suivre vous permettra de connaître toutes les grandes lignes de la négociation.

On vous conseille notamment le compte officiel @COP21, celui de Laurence Tubiana, ambassadrice française chargée des négociations, Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la convention cadre des Nations unies pour les Changements climatiques (UNFCCC) ou encore Ségolène Royal, la ministre française de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie.

 

 

Good morning, world. At entrance welcoming heads of state. We must, we can, we will

 

Sans les femmes, composantes de la société civile, il n'y a pas de mobilisation

 

2 Les militants

 

Beaucoup moins lisses, leurs tweets sont les poils à gratter de la COP21. Plus les négociations vont avancer, plus leur avis sera indispensable pour éviter la langue de bois.

Dans cette famille, on range l’auteure altermondialiste américaine Naomi Klein et l’économiste français d’Attac Maxime Combes.

 

A la , les réunions de négociation ne seront pas ouvertes aux ONG ! ça commence bien !

 

 

Only at the UN does it take 21 years to get to the "starting point"... https://twitter.com/ericholthaus/status/671301744144486400 

 

Du côté des ONG plus au cœur des négociations, on vous conseille les excellents Réseau action climat et Greenpeace.

 

Pendant ce temps-là, la pollution envahit les capitales chinoises et indiennes http://uk.reuters.com/article/2015/11/30/us-climatechange-summit-china-smog-idUKKBN0TJ0DG20151130 

 

 

 

Sans oublier 350.org , Alternatiba, et Avaaz et le compte du site alternatif pour la société civile, PlaceToB.
 

 
 

3 Les journalistes

 

Ils sont plus de 3 500 accrédités. On a choisi ceux qui connaissent bien les dossiers et tweetent en français. Dans l’ordre alphabétique, Aline Brachet de l’AEF, Audrey Garric, Remi Barroux et Stéphane Foucart du Monde, Isabelle Hanne et Coralie Schaub de Libération, Julie Rasplus de FranceTVInfo, toute l’équipe de l’excellent Terra eco et enfin Tristan Vey, du Figaro.

 

Poutine: "les forêts sont un element tres important de l'equilibre climatique."

 

 

 

Evo Morales : « Pour sauver le climat, c’est le capitalisme qu’il faut éradiquer » http://www.terraeco.net/Evo-Morales-Pour-sauver-le-climat,62733.html 

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 15:18

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

échauffement climatique

Une majorité de grandes entreprises françaises ne respecteront pas leurs engagements en matière d’émissions de CO2

par , Olivier Petitjean

 

 

 

Parmi les dix plus grosses entreprises sponsors de la COP21, une seule est en mesure de respecter les objectifs de réduction de CO2 fixés par l’Europe. C’est ce que révèle notre investigation, fruit d’un partenariat entre notre Observatoire des multinationales et le Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne. Cette étude s’appuie sur les émissions réelles de dix grandes entreprises françaises et de leurs chaînes d’approvisionnement. Seule EDF est sur le bon chemin pour véritablement diminuer son empreinte carbone d’ici 2050. Renault obtient une note mitigée. Les plus mauvais élèves sont Engie (ex GDF Suez) et l’industrie du luxe (LVMH et Kering). La plupart des grands groupes préfèrent délocaliser leur pollution dans les pays émergents.

« L’économie française est déjà l’une des plus performantes au monde en matière d’émissions de gaz à effet de serre grâce à un mix électrique à très faible intensité carbone et grâce à la performance de ses entreprises », s’autocongratulent trente-neuf PDG de grandes entreprises françaises. Ils viennent de publier un « manifeste pour le climat » qui récapitule les engagements pris par chacune d’entre elles en matière de lutte contre le dérèglement climatique [1].

Les grandes entreprises font-elles mieux que les États en matière de réduction des émissions de CO2 ? Se conforment-elles à la feuille de route fixée par l’Union européenne ? Le respect des objectifs européens est nécessaire pour que le réchauffement global de la planète ne dépasse pas les 2°C à la fin du siècle. Ils sont progressifs dans le temps, jusqu’à atteindre 80% de carbone émis en moins en 2050 (par rapport aux émissions de 1990) [2]. Les entreprises jouent-elles réellement le jeu ? C’est à cette question qu’une étude exclusive, menée par notre Observatoire des multinationales en partenariat avec le Basic (Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne), tente de répondre.

Dix des plus grandes entreprises françaises ont été passées au crible : Accor, BNP Paribas, Carrefour, EDF, Engie, Kering, L’Oréal, LVMH, Michelin et Renault. Nous les avons sélectionnées parce qu’elles figurent parmi les sponsors officiels de la COP21 et se doivent donc d’être exemplaires en matière en matière d’effort de réduction de CO2. Le rapport Gaz à effet de serre : doit-on faire confiance aux entreprises pour sauver le climat ? est l’une des rares études qui évaluent ce que font concrètement les entreprises pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et, plus généralement, leur rôle en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Un rôle que nombre de gouvernements estiment « essentiel », mais dont notre étude offre une évaluation pour le moins nuancée...

 

- Voir notre étude Gaz à effet de serre : doit-on faire confiance aux entreprises pour sauver le climat ?

 

Les entreprises examinées sont toutes cotées au CAC40 et affichent sans complexes leurs engagements pour le climat. Elles incarnent des secteurs économiques très divers : de la banque à l’automobile, de l’énergie au luxe, en passant par la grande distribution et l’hôtellerie. Leur profil d’émissions de gaz à effet de serre varie donc énormément. Pour certaines, c’est le cœur même de leur activité qui émet le plus de CO2, comme c’est le cas d’EDF et d’Engie pour produire de l’électricité en brûlant, entre autres, des énergies fossiles. Pour d’autres, ce sont les conséquences de leur activité bien davantage que leur activité elle-même : si le CO2 émis par le « travail de bureau » des 190 000 employés de BNP Paribas est relativement faible (déplacement des salariés et consommation d’énergie des agences et locaux), celui généré par les choix de la banque en matière d’investissement – financer de nouveaux gisements pétroliers par exemple – est très élevé. Idem pour Michelin, dont les principales émissions de CO2 sont liées à l’usage qui est fait de ses pneus. À l’inverse, les émissions de la grande distribution (Carrefour) ou des grandes marques de luxe (Kering, LVMH) dépendent d’abord de leurs chaînes d’approvisionnement en amont : agriculture, élevage, textile…

L’ensemble de ces périmètres est pris en compte dans notre investigation. Des notes ont été attribuées selon trois critères : la transparence des données fournies par chaque entreprise, sa prise en compte des émissions de l’ensemble de sa filière, et l’évolution de ces émissions au regard des objectifs définis par l’Union européenne. Les notes vont de un à quatre, du zéro pointé (en noir) au respect des principes affichés et objectifs fixés (en vert).

 

Seule EDF est sur le bon chemin pour l’échéance de 2050

Résultat : Parmi ces dix entreprises, une seule est aujourd’hui en mesure de respecter les objectifs officiels en matière de réduction de CO2. Et – surprise ! – il s’agit d’EDF. « Seule une entreprise, EDF, parvient à réduire son empreinte carbone globale conformément aux objectifs fixés par l’Union européenne. Le groupe a en effet la particularité de pouvoir agir sur une source prépondérante d’émissions de gaz à effet de serre, à savoir les énergies nucléaire, fossiles et renouvelables (alors que l’énergie nucléaire soulève toute une série d’autres questions). Elle a de plus bénéficié d’une conjoncture favorable (douceur accentuée des hivers) ces dernières années », pointe l’étude. Malgré un manque de transparence dans les données fournies, l’entreprise en partie publique est donc sur le bon chemin pour l’échéance de 2050, « à condition que le modèle de production d’électricité de l’entreprise se base à l’avenir sur des énergies renouvelables ayant fait la preuve d’un impact carbone largement réduit et présentant les risques et les coûts les plus faibles ».

 

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Les émissions d’EDF

Une autre entreprise obtient une note mitigée : Renault. Sur l’ensemble du cycle de vie de ses voitures, de l’extraction des métaux nécessaires jusqu’au recyclage d’un véhicule en fin de vie, Renault a réussi à baisser « significativement » – de l’ordre de 12% – ses émissions de carbone entre 2010 et 2014. Mais le scandale Volkswagen étant passé par là, et les émissions réelles des moteurs fabriqués par Renault étant très supérieures aux données officielles, « nous avons considéré ne pas pouvoir vérifier l’empreinte carbone chiffrée par Renault en l’état ».

Toutes les autres respectent « insuffisamment » la cible à atteindre pour réduire leur impact sur le climat, voire ne la respectent pas du tout, en émettant davantage de CO2 d’année en année. C’est le cas de trois entreprises : Engie, Kering et LVMH. Côté transparence, LVMH est bien noté : le leader mondial des produits de luxe « publie des déclarations d’émissions de gaz à effet de serre cohérentes et comparables sur une dizaine d’années » et affiche l’objectif de réduire les émissions de ses marques de champagne de 25% d’ici 2017. Mais l’entreprise dirigée par la plus grosse fortune française, Bernard Arnault, ne semble pas avoir entrepris d’actions sérieuses en amont de son activité : fibres naturelles et synthétiques dans le secteur textile, intrants chimiques dans la viticulture, élevage pour la production du cuir ou ingrédients naturels et artificiels entrant dans la composition des cosmétiques et des parfums. Les émissions de CO2 ont ainsi considérablement progressé sur toute la « chaîne de valeur » de LVMH, de la maroquinerie ou du textile jusqu’au recyclage des produits, bien loin des objectifs fixés par l’Union européenne.

 

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Les émissions de LVMH

Le constat est similaire pour les deux autres groupes de luxe, Kering et L’Oréal. Ce dernier fait partie des « bons élèves » pour ses activités de fabrication, mais n’a pas produit suffisamment d’efforts pour le transport et le recyclage. Quant à Engie (ancien GDF Suez), dont le profil est similaire à EDF, ses émissions de CO2 ont augmenté entre 2010 et 2014. « Sur cette période, le groupe ne parvient donc pas à se conformer à l’objectif de réduction défini par l’Union européenne », alors même que ses dirigeants n’ont procédé à aucune évaluation des activités amont et aval.

 

« Les résultats ne semblent pas à la hauteur des enjeux »

« Les grands groupes que nous avons analysés se sont clairement positionnés sur l’enjeu climatique, analyse Sylvain Ly du Basic. Ils communiquent depuis plusieurs années sur l’évolution de leurs émissions carbone et leurs engagements pour les réduire. Mais les résultats ne semblent ni à la hauteur des enjeux, ni à la mesure du pouvoir économique qu’ils ont acquis dans leurs secteurs respectifs. Ce dernier leur confère pourtant une responsabilité particulière, celle d’être à la pointe de la lutte contre le dérèglement climatique, comme ils ont su l’être pour certains produits et services auprès des consommateurs. »

Le groupe hôtelier Accor ne s’est pas privé, par exemple, d’afficher des objectifs ambitieux : réduire de 10% sa consommation d’énergie et ses émissions de CO2 en 2015, tout en augmentant la part des hôtels recourant aux énergies renouvelables. Il « a été précurseur dans le secteur de l’hôtellerie pour l’évaluation de son empreinte environnementale globale », souligne le Basic. Problème : la transparence des données fait défaut et près de la moitié des hôtels de l’enseigne ont été « oubliés ». Sur les 3717 hôtels du groupe, moins de la moitié – 1708 établissements – ont été évalués. Les autres ne sont donc pas pris en compte dans l’empreinte carbone du groupe, en particulier les hôtels sous franchises, bien qu’ils arborent la marque Accor et génèrent des revenus. La consommation énergétique des hôtels représentent pourtant les deux tiers des émissions de CO2 de l’entreprise. Le groupe peut donc agir très directement pour les réduire. Mais si l’on prend en compte la restauration hôtelière – les produits agricoles nécessaires à cette activité – ainsi que la gestion des déchets générés par les hôtels, les émissions du groupe ont progressé de 28% entre 2011 et 2014. Bien loin de ses ambitions.

 

Agriculture bio et commerce équitable : des exemples à suivre

Pourquoi cette difficulté – ou cette absence de volonté – des grands groupes à réellement estimer leurs émissions réelles de CO2 et à identifier là où il serait le plus efficace d’agir ? D’autres filières arrivent pourtant à maîtriser l’ensemble de leur chaîne de production : dans l’agriculture biologique ou le commerce équitable, la nécessité de prendre en compte les fournisseurs est bien ancrée. Il est impossible pour une entreprise de bénéficier d’un label bio ou équitable si l’environnement ou les droits des travailleurs ne sont pas respectés sur tous les maillons de la chaîne. Dans la grande distribution, Carrefour, dont plus des trois quarts des émissions de CO2 se situent en amont de la vente en supermarché, pourrait mettre en place de telles procédures. Mais ses « filières qualités » ne s’appuient sur aucune quantification précise en matière d’émissions de carbone. Chez BNP Paribas, qui finance allègrement les énergies les plus polluantes (lire notre article), la seule initiative mise en avant par la direction est d’agir sur les « modes de déplacement » de ses salariés, une composante très marginale de ses émissions.

 

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Les émissions de BNP Paribas

 

Délocaliser plutôt que réduire ses émissions de CO2

Autre grave carence : glisser discrètement sous le tapis ses émissions de CO2 en les externalisant en dehors des frontières de l’Union européenne. Une récente note du Commissariat général au développement durable attire l’attention sur les émissions « cachées » des Français, celles qui ne sont pas comptabilisées dans les émissions nationales mais qui sont générées par tous les produits et services importés. Ces émissions indirectes – en constante augmentation depuis 1990 – représenteraient l’équivalent de la moitié des émissions domestiques de la France. Même constat au niveau européen : si l’Union semble bien partie pour dépasser ses objectifs de réduction pour 2020 (-25% environ au lieu de -20%), c’est au prix d’une délocalisation de ses émissions vers la Chine ou le Brésil. Leur prise en compte effacerait les deux tiers des progrès réalisés ! « En réalité, nos émissions ont très peu diminué car nous importons toujours plus de produits qui génèrent des émissions croissantes et non comptabilisées, souligne Christophe Alliot du Basic. De même, à l’échelle d’une entreprise, suivre ses émissions de gaz à effet de serre isolément de ce qu’elle génère en amont, mais aussi en aval, revient à se concentrer sur l’arbre qui cache la forêt. »

Avec leur capacité à internationaliser tout ou partie de leur chaîne de production, les grands groupes sont les moteurs de la dissimulation de ces émissions dans les pays pauvres et émergents. Ce faisant, ils se défaussent de leur contribution au réchauffement climatique sur leurs fournisseurs ou sous-traitants, tout en prétendant la réduire. Le même type de délocalisation est ainsi à l’œuvre dans le domaine environnemental qu’en matière sociale (salaires, droits des travailleurs) ou fiscale (optimisation).

Dans leur communication publique, ces grandes entreprises rivalisent d’optimisme. L’absence de standards communs leur permet de moduler leurs déclarations pour ne rendre visible que les chiffres les plus flatteurs et cacher ceux qui fâchent. Certaines firmes mettent en avant la réduction relative de leurs émissions – comme Michelin, par tonne de pneus produits – sans mentionner le fait que leur production globale continue dans le même temps à augmenter, annulant les gains environnementaux éventuels. D’autres, comme EDF et Renault, n’hésitent pas à communiquer sur leurs produits « sans CO2 » ou « zéro émission », en contradiction avec leurs propres déclarations d’émissions (lire notre article sur le cas d’EDF).

 

L’enjeu climatique dépasse-t-il les entreprises ?

Comme le montre malheureusement notre investigation, cet optimisme ne résiste pas à l’épreuve des faits, encore moins si l’on considère le long terme. Plusieurs entreprises seraient en mesure d’atteindre les objectifs de réduction d’émissions fixés par l’Union européenne sur le court terme (pour 2020, voire 2030), en améliorant leur efficacité et en mettant en place les mesures les plus accessibles. Il n’en est plus de même à l’horizon 2050. Pour atteindre les objectifs de long terme (-80% d’émissions), la plupart des entreprises comptent sur de futurs « sauts technologiques », très hypothétiques et soulevant de nouveaux problèmes. Dans le cas de Renault, ce sera la voiture électrique. Les études disponibles suggèrent cependant qu’elle ne permettra, dans le scénario le plus optimiste, que de réduire de moitié l’empreinte carbone globale du groupe automobile. D’autres « sauts technologiques » paraissent encore plus incertains, à l’image de la capture et de la séquestration du carbone [3] ou du nucléaire, qui pose d’évidents problèmes de sûreté et de coûts.

Lutter efficacement contre le dérèglement climatique requiert une transformation structurelle de nos économies sur le long terme. Concevoir des véhicules de plus en plus écologiques si l’on n’agit pas en parallèle sur la place de la voiture dans nos sociétés risque d’être vain. Difficile d’attendre des entreprises qu’elles se saisissent d’enjeux qui pourraient les amener à remettre en cause leurs modèles économiques et les profits qu’il génèrent, voire leur existence même. On finit par se demander si le gouvernement français et les Nations unies, en insistant autant sur les « solutions » apportées par le secteur privé, ne cherchent pas à se défausser à bon compte de leur propre responsabilité. Face à l’enjeu climatique, l’action publique reste incontournable.

Olivier Petitjean et Ivan du Roy

Infographies : Basic
Photo : CC Gilbert Rodriguez


- Lire le rapport du Basic et de l’Observatoire des multinationales : Gaz à effet de serre : doit-on faire confiance aux grands groupes pour sauver le climat ?
- Un résumé de l’étude est disponible ici

Notes

[1À lire ici.

[2Plus précisément, ces objectifs sont de -20% en 2020 (ce qui sera largement atteint), de -30% en 2030, -50% en 2040 et -80% en 2050. Ils ne s’appliquent pour l’instant de manière contraignante qu’aux États, mais chaque acteur de la société – collectivités, simples citoyens et entreprises – sont appelés à jouer leur rôle pour atteindre cet objectif.

[3Le rapport note que « l’industrie européenne du ciment, par exemple, met en avant une série de mesures pour satisfaire aux exigences européennes qui lui permettront, selon elle, de réduire ses émissions nettes de 32% à l’horizon 2050. Pour atteindre l’objectif de -80%, elle déclare donc compter sur des « technologies de rupture », en l’occurrence la capture-séquestration du carbone. »

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 14:49

 

Reçu par mail

 

 

Une cinquantaine de marcheurs et environ 200 personnes au pique-nique
 
Voici les liens qui vous permettront de visionner les deux reportages qu’ont consacré TVSud et France 3 Pays Gardois à notre mobilisation qui , malgré les embûches « sécuritaires », a été une  réussite. Entre 100 et 150 personnes ont participé au pique-nique sur St Hilaire qu’un tiers d’entre elles ont rejoint à pieds. 
 
http://www.tvsud.fr/  (sur le site, il faut afficher "Alès" dans l'onglet ville/code postal pour trouver la vidéo)
>

 

( cliquer sur le JT du 30/11/2015)

 

Midi Libre, Radio escapades, France Bleue Gard Lozère….  ont également fait des articles ou reportages .
 
En prime, ci-dessous, un aperçu d’une partie du cortège qui a effectué la marche d’Alès à St Hilaire.
 
 
Un commentaire également à propos de l’interdiction préfectorale; rappelons que celle-ci a été prise pour deux raisons:
 
- la cible potentielle pour des actes de nature terroriste que pourraient constituer les rassemblements et cortèges
 
- la mobilisation des forces de l’ordre sur les missions prioritaires et la sécurisation du territoire dans le cadre du plan Vigipirate, les effectifs des forces publiques de sécurité n’étant pas en mesure de garantir la sécurité des manifestations.
 
Le déroulement des faits:
 
Le rassemblement et la marche programmés avaient fait l’objet d’une déclaration de manifestation auprès de la sous-préfecture. Le déroulement de la marche avait été cadré lors d’une rencontre avec un membre de la police nationale à Alès, le mardi 22. Aucun obstacle n’avait été évoqué et deux véhicules de police devaient assurer la sécurité du cortège sur la voie publique, en tête et queue de celui-ci.
 
Dimanche matin, lorsque les personnes rassemblées sur la place de la mairie d’Alès se sont mises en route, elles ont pu observer le ballet incessant des véhicules de police, puis de gendarmerie, depuis le départ d’Alès jusqu’à St Hilaire où la gendarmerie est venue au moins 2 fois, au début et à la fin du rassemblement. (Un membre des R.G. qui avait “accueilli’ les marcheurs, place de la mairie, s’est lui aussi rendu à St Hilaire.) Dans le même temps, des centaines de personnes étaient réunies sans protection particulière sur le bord du gardon d’Alès pour les puces, ou aux Près St Jean pour le grand marché dominical...
 
Preuve est donc faite, si besoin est, que:
 
- les forces de l’ordre étaient parfaitement disponibles ce jour-là, et qu’elles n’avaient de surcroît rien d’autre à fiche que de se consacrer, avec un zèle évident, à la surveillance d’une cinquantaine de marcheurs, parfaitement disciplinés.
 
- que l’interdiction préfectorale n’avait d’autre but que de museler l’expression citoyenne avant l’ouverture de la COP21.
 
(P.S: en anglais, cop = flic et c’est bien le flicage généralisé, avec son cortège de perquisitions, arrestations, gardes à vue, assignations à résidence pour des militants sans lien aucun avec le terrorisme qui marque l’ouverture de cette conférence)
 
A notre prochaine rencontre,
 
Le bureau de l’association
 
 
 
 
Cet album comporte 2 photos et restera disponible sur SkyDrive jusqu'au 29/02/2016.

 

 

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 16:01

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

L'activité citoyenne tout au long de la Cop 21

Lundi, 30 Novembre, 2015
Humanite.fr

 

 

 

 
Retrouvez notre infographie sur tous les événements de la société civile qui vont se dérouler pendant la Cop 21.
 

Rassemblements, sommet citoyen, concert... Toutes les mobilisations citoyennes organisées autour de la COP21

 

Retrouvez également notre agenda de la COP 21

 

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 15:47

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Comprendre le fonctionnement de la COP21 en patates

 

Le Monde.fr | • Mis à jour le
 

Durée : 04:18

 

Eclairage

 

Les pays du monde entier vont vivre au rythme des négociations climatiques du 29 novembre au 11 décembre 2015. Un accord entre 195 pays doit être trouvé pour maintenir le réchauffement climatique en dessous des 2 degrés, d’ici à 2050. Mais comment se déroulent les négociations derrière les portes du Bourget, où 150 chefs d’états et plus de 40 000 personnes sont attendus? Nous suivons Caroline Tubercule, membre de l’équipe française de négociation dans son marathon pour sauver la planète.

Le Monde.fr
 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

                                                            ******************************

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

Infographie : qui fait quoi lors de la COP21 ?

Le Monde.fr | | Par


 

 

 

 

Organigramme de la COP 21

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 14:45

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Multinationales

Le « Lobby planet Paris » : une cartographie de l’influence des gros pollueurs pendant la COP21

par

 

 

 

L’Observatoire des multinationales publie conjointement avec plusieurs partenaires français et européens Lobby Planet Paris COP21, un guide des lobbies économiques qui tentent d’influencer la Conférence climat. Objectif : permettre aux citoyens, aux journalistes et aux militants de mieux s’y retrouver dans la grande foire d’influence et de défense des intérêts économiques des gros pollueurs qui se déroule à l’occasion de la conférence sur le climat. Des visites guidées sont également organisées.

 

Le gouvernement français a décidé d’entraver la mobilisation de la société civile en vue de la Conférence climat en interdisant les manifestations sur la voie publique. Les multinationales et les lobbies économiques, elles, pourront peser de tout leur poids sur les négociations. Sans entraves. Leur influence n’a cessé de s’accroître dans les discussions internationales sur le climat. La COP21 ne fera pas exception à la règle. Le secteur privé y sera omniprésent, aussi bien au Bourget, lieu officiel du sommet climatique, qu’à Paris. Dans le contexte sécuritaire créé par les attentats qui ont frappé Paris, cette influence pourra s’exercer sans véritable contrepoids de la société civile.

 

Pour permettre aux citoyens, aux journalistes et aux militants de mieux s’y retrouver dans cette grande foire d’influence et de défense des intérêts économiques établis, lObservatoire des multinationales animé par l’équipe de Basta !, conjointement avec l’Aitec, Attac France, le Corporate Europe Observatory et le Transnational Institute, publie un « Lobby Planet Paris » (téléchargeable ici : un petit guide de l’influence des « criminels du climat » et de leurs lobbies dans le cadre de la COP. Organisé par thème, assorti de cartes pointant les principaux lieux d’influence autour de la Conférence, cet ouvrage présente les grandes entreprises, les institutions financières, les organisations internationales et les associations professionnelles mobilisés pour promouvoir le point de vue des milieux économiques sur le climat.

 

 

Qu’attendent les entreprises et que redoutent-elles de la COP ? Pourquoi le gaz, de plus en plus promu par les géants des énergies fossiles comme une « solution », n’est pas moins problématique que de brûler du charbon ? Pourquoi la société civile dénonce-t-elle les « fausses solutions » promues par les entreprises ? En quoi un « prix mondial du carbone », basé sur les fonctionnements du marché, et revendiqué par les milieux économiques, ne suffira-t-il pas à répondre à la crise climatique ? Pourquoi les sponsors de la COP21 sont-ils problématiques ? Quels sont les liens entre l’enjeu climatique et les projets actuels d’accords de libre-échange ? Comment les lobbies essaient-ils concrètement de peser sur la Conférence ? Telles sont quelques-unes des questions abordées dans ce petit ouvrage de 36 pages.

 

La COP des multinationales

Le gouvernement français affiche depuis plusieurs mois son intention de faire de la COP21 la « COP des solutions ». Elle sera surtout la « COP » des multinationales. Cette année, la plupart des grandes entreprises, y compris dans le secteur de l’énergie, affiche une attitude plus positive à l’égard de l’enjeu climatique, loin de leur image passée de réticence – voire de résistance – face à l’urgence de réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre.

Ces firmes ont-elles réellement changé, ou continuent-elles au fond à défendre les mêmes positions, sous un léger vernis vert ? Une autre publication du Corporate Europe Observatory détaille les ingrédients de la « mauvaise cuisine climatique » que les multinationales concoctent pour la COP : une recette cuisinée à base de croissance économique et de compétitivité à tout prix, d’une bonne dose de gaz présenté comme une « énergie propre », d’un zeste de marché avec le « prix mondial du carbone » comme solution miracle, et servie en compagnie de « fausses solutions » technologiques plus ou moins hypothétiques. Un plat finalement très allégé en véritable transition énergétique, repoussé aux calendes grecques.

 

 

Le gouvernement français et les organisations internationales sont prêts à y goûter. Cela se vérifie dans le choix de leurs convives : faire appel aux entreprises pour sponsoriser la COP21, y compris des firmes impliquées dans des activités très polluantes comme le charbon. Cela se vérifie dans le choix d’accueillir au Bourget, à côté du lieu des négociations, un espace commercial destiné à permettre aux entreprises de présenter leurs « solutions ». Cela se vérifie aussi dans le nombre d’événements dédiés aux entreprises ou aux « collaborations » entre public et privé organisés en marge de la COP, comme le salon Solutions COP21 (lire notre enquête).

Les multinationales occuperont aussi une place de choix dans l’« agenda des solutions » que le gouvernement français propose d’annexer à un futur accord international conclu à Paris. Or cet agenda n’inclut aucun garde-fou ni aucun critère sur ce qui constitue véritablement une « solution » pour le climat : toutes les entreprises, y compris les plus polluantes, peuvent y inscrire leurs initiatives, même les plus modestes ou les plus controversée. Après y avoir découvert avec effarement la présence de Total et d’autres majors pétrolières, ainsi que des projets d’« agriculture climato-intelligente », les ONG ont écrit à François Hollande pour lui demander leur exclusion de l’« agenda des solutions » [1]. Sans succès.

 

Lobby tours

Parallèlement à la publication du « lobby planet », des « lobby tours » seront également organisés : promenades commentées à La Défense ou dans le VIIIe arrondissement sur les traces des entreprises, des discrets cabinets de lobbying, des associations professionnelles et organisations internationales qui placent leurs intérêts privés au dessus de l’avenir climatique.

Deux lobby tours sont proposés le 30 novembre et le 7 décembre à 11h30. Le jeudi 3 décembre à 11h30 aura lieu un « lobby tour » spécialement dédié aux entreprises nominées au « prix Pinocchio du climat », dont les résultats seront annoncés le même soir.

Les inscriptions pour ces lobby tours (durée : environ une heure et demie) se font par courriel à l’adresse cop.lobbytours@corporateeurope.org.

- À lire : Lobby Planet Paris COP21 (pdf).

 

 

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 21:58

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Agroécologie

Quand Pierre Rabhi explique comment sauver le monde

 
La première mission de l'agriculture n'est pas de produire mais de nourrir, ce qui est très différent. Célèbre pour son engagement en faveur d'une éthique de consommation respectueuse de l'homme et de la planète, l'agronome prédit le chaos rapide si persiste cette forme de croissance. Un cri d'alarme d'une lucidité glaçante.
 
Pierre Rabhi chez lui en Ardèche, en septembre 2013. ZEPPELIN/SIPA
 

La Terre. Il est des mots qui se suffisent à eux-mêmes pour décrire le réel. Tiens ! Le sol cultivable et la planète, à une majuscule d'écart, portent le même nom. Nous devrions être plus attentifs à ce genre de symboles. Or la terre, elle, se meurt. Malgré la suspicion que suscite l'évidence, qu'elle soit rétro, rance ou réac, notre monde est parvenu à une étape charnière où, faute de se soumettre, les puissances qui régissent nos destins devront disparaître. Ni Dieu, ni César, ni tribun, figure emblématique d'une conscience humaine gravée dans les valeurs de la biodiversité, Pierre Rabhi résume au travers d'un message simple et clair, comme cela n'a jamais été dit jusqu'à présent, une situation qui ne souffre, hélas, aucune controverse : si nous ne préservons pas ce qu'il reste de la mince couche de terre arable d'une quarantaine de centimètres à laquelle nous devons la vie, le genre humain disparaîtra. Une couche de terre non seulement nourricière, mais qui, depuis les temps préhistoriques, conditionne l'évolution sociale, politique et culturelle de l'humanité. «C'est à cette Terre Mère que nous devons les oiseaux du ciel, la beauté des fleurs, la majesté des arbres, les aurores, les crépuscules que nous pouvons admirer et tout ce qui nourrit notre univers intérieur en ces temps de sécheresse des esprits et des âmes», annonce Pierre Rabhi en avant-propos de l'Agroécologie, une éthique de vie, qu'il publie sous forme d'un entretien avec cet autre éminent agronome qu'est Jacques Caplat. Et de préciser : «Avec l'ère de la technoscience, de l'industrie lourde, de la productivité et de la machandisation sans limites de tout ce qui peut avoir une valeur, on ne voit plus dans la terre, les végétaux, les animaux, qu'une source de profit financier. Avec les semences standardisées, dégénérescentes, non reproductibles, les organismes génétiquement modifiés, brevetés, les engrais chimiques, les pesticides de synthèse, la monoculture, l'irrigation à outrance, le machinisme intensif, un processus meurtrier est déjà bien engagé.»

« L’agriculture moderne a porté gravement atteinte à l'intégrité physique, biologique, énergétique de la terre nourricière. »Mais Pierre Rabhi appuie là où ça fait mal, en ciblant le véritable coupable de cette calamité, la pugnacité du système néolibéral à se dépasser sans cesse : «L'agriculture n'a pas échappé à l'idéologie du productivisme qui caractérise l'obsession de la croissance et qui n'est rien d'autre que l'avidité humaine érigée en principe d'existence sur la planète entière. Suivant les processus et les mécanismes inspirés par la loi du marché et du profit illimité, l'agriculture moderne a porté gravement atteinte à l'intégrité physique, biologique, énergétique de la terre nourricière.»

Enumérant les fléaux consécutifs à cette financiarisation de la ressource, le philosophe pointe les effets dévastateurs de cette logique : «Le bilan économique, écologique et social, loin d'être positif, est dramatique : destruction de l'humus, des sols et de la vie, pollution des eaux, perte de la biodiversité domestique animale et végétale, disparition des vrais paysans, de leurs savoir-faire et de leur culture, dévitalisation de l'espace rural, avancée de la désertification, manipulation et brevetage des semences... Par ailleurs ce mode de production agricole se révèle être le plus onéreux, vulnérable et dépendant de toute l'histoire de l'agriculture. Avec les pratiques inspirées de l'industrie, plus de 15 000 l d'eau potable sont nécessaires pour produire 1 kg de viande. Il faut près 2 t de pétrole pour fabriquer 1 t d'engrais et jusqu'à 10 calories d'énergie pour obtenir une seule calorie alimentaire. Voilà où mène cette opération obstinée qui consiste à transférer le maximum d'énergie humaine vers l'industrie en produisant avec le minimum d'agriculteurs. La terre est vivante et ne peut donc subir toutes les exactions violentes sans de graves conséquences pour les générations à venir.»

 

Optimisation des ressources

A ce rythme de ravages, ce n'est ni une météorite qui sonnera le glas de la civilisation ni un gigantesque chaos climatique par elle provoqué, mais le déclin des ressources nourricières par la surproduction surconsommée. Les instances mondiales peuvent toujours s'affoler en convoquant des sommets de la bonne conscience où chacun s'engage à verser son obole, le processus enclenché est à la limite de l'irréversible si une main décidée n'appuie pas sans délai sur l'interrupteur. Sur cet enjeu Pierre Rabhi est formel : «L'impasse actuelle, qui dépasse largement la question agricole, est confirmée par tous les indicateurs possibles et peut susciter un sentiment d'impuissance. La perspective de notre extinction entre de plus en plus clairement dans la liste des probabilités. Le genre humain pourrait détruire la planète, mais le plus probable est que la nature nous survivra car elle n'a pas besoin de nous.» Une fois cette prédiction acquise, l'agronome humaniste lance un formidable défi en proposant un remède à ce sinistre diagnostic : l'agroécologie. Ce concept associe l'agronomie à l'écologie, c'est-à-dire le travail de la terre dans le respect de l'environnement. Plus qu'un programme et une méthode, plus qu'un processus et une vision, l'agroécologie est une éthique de vie. Sans entrer dans les arcanes de cette éthique, et en résumant à l'extrême, elle prétend nourrir l'humanité en évitant l'industrialisation de la terre par une optimisation des ressources à partir des atouts d'une agronomie durable aujourd'hui oubliés. Initié, engagé, impliqué dans cette expérience, maître en dialectique, concepteur de pratiques, Rabhi décrypte les grandes lignes de l'agroécologie dans son entretien avec Jacques Caplat.

Un petit ouvrage magistral et fondateur qu'il faudrait distribuer dans les facs et les écoles.En voici quelques éléments : «S'appuyant sur un ensemble de techniques inspirées des processus naturels comme le compostage, le non-retournement du sol, l'utilisation de purins végétaux, les associations de végétaux, l'usage des semences libres, reproductibles et transmissibles de génération en génération [aujourd'hui encadrées par une réglementation totalitaire et antilibérale], etc., elle permet aux populations de reconquérir autonomie, sécurité et salubrité tout en régénérant et en préservant leurs patrimoines nourriciers pour les transmettre vivants, et même améliorés, aux générations suivantes.» Et l'humble paysan ardéchois de poursuivre en légitimant le phénomène : «Même les grandes institutions internationales, après l'avoir négligée, handicapée ou récupérée, en reconnaissent aujourd'hui la puissance et la pertinence.» Preuve en est que, en septembre 2014, le Parlement français a adopté le programme d'agroécologie intégré par Stéphane Le Foll dans sa loi d'avenir de l'agriculture. Voilà, succinctement explicité, ce que raconte ce petit ouvrage magistral et fondateur qu'il faudrait distribuer dans les facs et les écoles. Pierre Rabhi porte en lui quelque chose de messianique. Il en a même un peu la gueule.

>> L'Agroécologie, une éthique de vie, de Pierre Rabhi, 80 p., 8 €.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 21:34

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

En images

Ils piratent les pubs parisiennes pour dénoncer les sponsors de la COP21

 

L’œil ne s’arrête pas. Il glisse, habitué, blasé, fatigué, sur l’affiche publicitaire dont émane une douce lumière blanche bien connue des citadins. C’est celle des abribus de JC Decaux, l’entreprise qui domine le marché de la pub sur mobilier urbain. Et puis, un drôle de sentiment invite à y revenir.

 
 
 

Et le nouveau slogan de Volkswagen, récemment épinglé pour une fraude au contrôle de pollution, semble soudain bien étrange :

« Roulez plus propre. Du moins en apparence. »

On lit alors les fines écritures du bas de l’affiche :

« Nous avons omis de lever le voile sur nos émissions de CO2 parce que le réchauffement climatique ne fait pas partie de nos thématiques. »

 

« Pas besoin de savoir »

Plus loin, le logo du pétrolier Total s’étale à côté de la punchline :

« Notre philosophie : vous n’avez pas besoin de savoir. »

Capture d'écran d'une photo de la fausse pub Total

Capture d’écran d’une photo de la fausse pub Total - Brandalism.org.uk
 

Le collectif Brandalism – un mot-valise formé à partir de « brand » (marque, en anglais) et de « vandalisme » – revendique la pose, en région parisienne, de 600 affiches détournées.

 

« Mainmise des multinationales »

L’opération a eu lieu entre vendredi et samedi, pour marquer le coup à la veille de la COP21 et dénoncer « la mainmise des multinationales sur
les négociations climatiques ».

L’initiative est d’autant plus percutante que les entreprises citées font souvent parties des « généreux » mécènes qui ont financé ce grand raout international.

 

Capture d'écran de la photo d'une fausse pub :

Capture d’écran de la photo d’une fausse pub : « Ils profitent, nous nous noyons » - Brandalism.org.uk
 

Joint par Rue89, un membre du collectif, qui se fait appeler « Bill Posters » (pas mal comme vanne) explique que les clefs nécessaires à l’ouverture des panneaux JC Decaux sont plutôt « faciles à trouver dans le commerce ».

 

Capture d'écran de la photo d'une fausse pub

Capture d’écran de la photo d’une fausse pub - Brandalism.org.uk
 

Il assure que malgré les efforts de l’entreprise, il reste encore quelques affiches dans Paris qui n’ont pas été repérées depuis leur pose. Près de 80 artistes auraient participé à l’opération.

 

Capture d'écran de la photo d'une fausse pub

Capture d’écran de la photo d’une fausse pub - Brandalism.org.uk
 

Sur son site, le collectif, qui a commencé ses activités en Angleterre en 2012, se revendique d’une tradition de « guérilla artistique » qui prend son inspiration dans l’Agitprop, dans le situationnisme et bien sûr dans le « street art » :

« Le brandalisme se fonde sur la conviction, démocratique, que la rue est un espace de communication qui appartient aux citoyens et aux habitants du quartier. C’est une révolte contre l’assaut visuel des géants médiatiques et commerciaux qui ont mis la main sur les messages et les significations portés par l’espace public. »

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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