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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 17:02

 

Source : New Internationalist Magazine

 

https://www.facebook.com/newint/videos/10153264895188461/?fref=nf

7 h ·
 

Yesterday undercover police cracked down on anyone questioning the sponsors of a corporate “Solutions 21” event in Paris.

The action was supported by Corporate Europe Observatory, Les Amis de la Terre France, Attac France (Officiel), Climate Justice Action, JEDIs, Solidaire and Friends of the Earth France. Kandi Mossett from the Indigenous Environmental Network spoke at the event.

For more grassroots coverage from Paris: www.newint.org/live/paris

Read the truth about corporate influence at COP21: www.goo.gl/8eAZF

 

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 16:03

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

« On accorde trop d’attention au climat par rapport aux autres questions environnementales »

25 novembre 2015 / Entretien avec Guillaume Sainteny
 


 

Et si la question climatique avait phagocyté les politiques environnementales ? C’est la thèse de Guillaume Sainteny, professeur à Polytechnique et qui a travaillé plusieurs années au ministère de l’Écologie. Il la développe dans son dernier ouvrage, Le Climat qui cache la forêt. Entretien pas vraiment orthodoxe.

 

Reporterre – Pourquoi opposer politique environnementale et politique climatique ?

Guillaume Sainteny – Je ne les oppose pas, je me demande juste si la question du climat est vraiment la plus importante. On peut le faire selon plusieurs critères. D’abord, est-ce le sujet considéré comme le plus important par les gens ? Les sondages depuis les années 1990 montrent que non.

Deuxièmement, on peut prendre le nombre de morts. La pollution de l’air, c’est 7 millions de décès prématurés par an dans le monde, à 90 % dans les pays en voie de développement. Le changement climatique, c’est moins de 10 % de cela. Et même en 2030, on comptera toujours plus de morts par pollution de l’air.

Troisièmement, on peut se référer aux recommandations des organisations internationales. Il n’y en a aucune qui vous dise que la priorité est le changement climatique. Elles vous disent qu’il y a aussi l’eau, l’air, l’utilisation non-rationnelle des ressources naturelles, etc.

Enfin, on peut lire les études sur les coûts des différentes atteintes à l’environnement. Le coût annuel des perturbateurs endocriniens ou celui de l’érosion de la biodiversité est du même ordre de grandeur, voire supérieur, à celui du changement climatique.

Je ne conclus pas que le changement climatique est un problème secondaire, mais dis simplement que, par rapport à ces indices, on lui accorde trop d’importance médiatiquement, politiquement, dans les politiques publiques, par rapport à d’autres questions d’environnement. Ce déséquilibre du climat par rapport aux sujets environnementaux est accentué en Europe par rapport au monde, et accentué en France par rapport à l’Europe.

 

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Guillaume Sainteny.

À Reporterre, on tente d’intéresser les lecteurs au changement climatique. Et on a plutôt l’impression qu’on ne parle jamais assez du climat !

C’est drôle, je n’ai pas du tout cette impression. Un exemple parmi d’autres est que la majorité actuelle, depuis 2012, a lancé deux grands projets de loi : l’un sur la transition énergétique, l’autre sur la biodiversité. Comparez la surface médiatique consacrée à ces deux projets, c’est sans commune mesure !

C’est pour cela que je n’étais pas favorable à ce que la France organise la COP 21. Cela contribue à ancrer l’idée dans l’opinion publique française que le seul sujet qui compte, c’est le climat. C’est un paravent extraordinaire pour focaliser l’attention des ONG et médias sur ce seul sujet. Or pendant ce temps-là, le gouvernement entérine des reculs extraordinaires dans le domaine de l’environnement – vous l’avez d’ailleurs relevé sur Reporterre – mais presque personne n’en parle.

 

Les militants du climat, en particulier le mouvement Alternatiba, répètent qu’on a seulement dix ans pour gagner la lutte contre le changement climatique. Le climat n’est-il pas le problème environnemental le plus urgent ?

Ce n’est pas faux, plus on tarde, plus il sera coûteux de lutter contre le changement climatique. Mais est-ce dix, vingt, trente ans ? Bien malin celui qui saurait le dire, car on disait déjà cela il y a dix ans. Et puis, on peut dire la même chose sur d’autres questions environnementales. À partir de quel moment l’érosion de la biodiversité devient-elle un problème pour la survie de l’homme sur Terre ? Idem pour l’eau : si la baisse des nappes phréatiques continue, à partir de quand cela déclenchera-t-il des migrations ? Pour la pollution atmosphérique, à partir de combien de millions de morts considère-t-on qu’on ne maîtrise plus la situation ? Donc, je suis d’accord avec ce que les militants d’Alternatiba disent, mais je ne suis pas sûr que cela ne s’applique qu’au climat.

 

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Sécheresse d’un étang près de Toucy, dans l’Yonne, en 2015.
 

Pourtant, si on perd la bataille du climat, ne perd-t-on pas toutes les autres batailles environnementales ?

La focalisation extrême sur le changement climatique a conduit à considérer qu’il était la cause des autres problèmes environnementaux – érosion de la biodiversité, désertification, sécheresse accrue, accès à l’eau, etc. – alors qu’en fait, il en est la conséquence. Par exemple, l’une des contributions majeures aux émissions de gaz à effet de serre, c’est la déforestation, à hauteur d’environ 25 %. L’une des mesures les moins chères à prendre en matière de lutte contre le changement climatique serait de la stopper. Il faut commencer par là.

 

Comment expliquer cette focalisation en France des politiques environnementales sur le climat ?

C’est un sujet que je n’ai volontairement pas abordé parce que c’est une recherche en soi. J’ai donc des hypothèses. Un, la France est un pays d’ingénieurs et de juristes, et par exemple, les ingénieurs des Ponts-et-Chaussées sont très à l’aise avec ça. Le changement climatique renvoie en gros à cinq ou six gaz qui ont chacun une unité de conversion en équivalent CO2. C’est très facile de raisonner avec ça pour un ingénieur.

Deuxièmement, cette affaire de climat ne remet pas fondamentalement en cause le système capitaliste. On peut en faire un marché. Vous pouvez développer des techniques anti-CO2, vous pouvez développer le marché des énergies renouvelables, et en fait quand vous regardez qui est sur ce marché en France, ce sont soit d’anciens promoteurs immobiliers reconvertis, soit des énergéticiens comme Total ou EDF, parce qu’il y a de très gros marchés. Quand vous arrivez sur des sujets comme le paysage, la biodiversité, cela devient beaucoup plus difficile à appréhender pour les fonctionnaires et les ingénieurs. Vous avez moins de critères quantitatifs, vous avez une opposition beaucoup plus forte à donner une valeur au vivant.

 

Quelle conséquence cette focalisation sur le climat a-t-elle sur les autres politiques environnementales ?

Quand vous faites une route, une autoroute, un lotissement, le barrage de Sivens ou l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il y a une étude d’impact. Ces études sont complètes sur certains sujets et faibles sur d’autres. L’impact environnemental se résume de plus en plus à l’impact CO2. Par exemple, vous décidez de construire une autoroute. On ajoute au bilan financier les coûts sociaux. En positif, il y a le gain de temps, les morts, les blessés, ou le CO2 évités. En France, la commission Boiteux a donné un coût pour tout ça. Et pour le reste, elle a dit : « Je ne sais pas chiffrer. » La biodiversité vaut zéro, le paysage zéro, etc.

 

Y a-t-il des politiques climatiques qui se sont révélées délétères pour l’environnement ?

Oui, par exemple le soutien aux agrocarburants. Ils supposaient des cultures intensives avec épandages de phytosanitaires, ils ont donc provoqué une pollution accrue de l’eau et de l’air, une réduction de la biodiversité, etc. Ils ont aussi provoqué la remise en culture de zones qui étaient anciennement des friches et qui stockaient du carbone. Donc, le résultat budgétaire est négatif, celui sur l’environnement aussi, et le résultat pour le climat contestable.

Deuxième exemple, il y a une loi en France extrêmement importante, c’est la loi Littoral. Or il y a eu des amendements à la loi Littoral, déposés presque tous par des députés écologistes, pour permettre la construction d’éoliennes de plus de 50 mètres de haut, jusqu’à 150 mètres, sur le littoral. Là, deux intérêts environnementaux s’affrontent : celui de développer les énergies renouvelables et celui de préserver le littoral. Il y a un arbitrage politique à avoir, mais ce débat n’a pas eu lieu.

 

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Le colza est cultivé pour la production d’huile alimentaire et d’agrocarburant. Le soutien aux agrocarburants est l’un des exemples où une politique climatique est préjudiciable à l’environnement.

 

Comment réconcilier les politiques climatique et environnementale ?

Il faut privilégier les mesures à double, triple, voire quadruple dividende. C’est-à-dire des mesures qui ont un effet bénéfique à la fois sur le changement climatique, sur la pollution de l’air, sur la biodiversité, etc. Il s’agit de presque toutes les mesures d’adaptation au changement climatique parce qu’elles vont presque toujours dans le sens de la nature : économies d’énergies, mesures pour diminuer la pollution atmosphérique, modes de déplacement doux, tous les transports collectifs, etc.

Et aussi, bien sûr, toutes les politiques qui prennent en compte le changement d’usage des terres : arrêter de retourner les prairies, d’urbaniser les sols agricoles, d’assécher les zones humides, etc.

 

Que pensez-vous de la façon dont la COP 21 aborde le climat ?

Nous n’avons pas les bons critères pour évaluer le succès environnemental et climatique de l’événement. Je critique d’abord cette focalisation sur les 100 milliards pour le Fonds vert. C’est compréhensible que les pays du Sud les réclament à ceux du Nord comme préalable aux négociations. Sauf que le problème des subventions publiques aux énergies fossiles est totalement absent des négociations. Cela représente 550 milliards de dollars par an...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net


*Guillaume Sainteny vient de publier Le climat qui cache la forêt, éd. Rue de l’échiquier, 18 €,

 

 

 

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 22:53

 

Source : https://mrmondialisation.org

 

 

COP21: une compilation des violences policières devient virale

 

 

 
3 décembre 2015

 

Bientôt 1 million de vues en quelques heures. Cette compilation de captures prises le 29 novembre dernier lors des manifestations en faveur du climat se répand comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux. On peut y voir les affrontements violents depuis l’intérieur, comme vont le vivre nombre de militants écologistes. Mais d’où vient la terreur ?

 

Son auteur n’est autre que « Boby », le jeune anonymous français condamné récemment à des peines de prison avec sursis (avec deux congénères) pour avoir « attaqué » des sites gouvernementaux. Le jeune homme a compilé une série de clips, vidéos et films tournés par différents observateurs tout au long de la journée du 29 novembre, où était organisée la marche citoyenne en marge de la COP21.

Cette Marche pour le Climat qui avait pourtant bien débuté s’est terminée dans le chaos le plus total. Avec quelques 316 manifestants en garde à vue, un mémorial dévasté et la violence de quelques personnes anonymes et encagoulées, nombre de médias nationaux ont offert une vision à sens unique des évènements. Une simple recherche des mots « violence COP21 » montre systématiquement les mêmes images de cette minorité violente en marge de la manifestation. Nombre de témoignages avaient alors offerts une version alternative des évènements, plus mesurée et en phase avec les nuances de la réalité.

Boby a donc tenté d’offrir cette version alternative en compilant d’innombrables séquences filmées par divers spectateurs présents. Bien qu’elles fassent volontairement l’impasse sur la minorité black-block présente à la manifestation, les images offrent un tout autre regard du point de vue des manifestants pacifistes : des policiers qui écrasent le mémorial à plusieurs reprises, des bousculades violentes de personnes assises, un vieillard matraqué sans véritable raison et des personnes âgées bousculées, des rafles totalement aléatoires, des manifestants souriants qui scandent des slogans de non-violence, à n’en pas douter, ces images tranchent avec l’idée qu’il est possible de se faire en lisant les informations traditionnelles.

Si ces violences policières furent dénoncées par les associations, dont la Ligue des Droits de l’Homme, personne ne nie la présence de quelques personnes encagoulées, provoquant les forces de police. Ces provocations semblent cependant servir de prétexte et de couverture et un déchainement de violence de la part des forces de police. Le jeune anonymous ne mâche pas ses mots : « Parce que les médias désinforment et stigmatisent, après 8 heures de travail, de recherches sur internet pour réaliser cette vidéo, et des larmes d’émotions face à ces souvenirs, voici des images de ce dimanche 29 novembre, « oubliées » des JT.« 

Quelques heures après avoir publié sa compilation sur facebook, plus de 800.000 personnes l’avaient déjà visionnées pour près de 30.000 partages. On vous invite à la découvrir par vous même afin d’émettre votre propre jugement. (NB : Erratum signifié par « Boby » : le CRS dit bien « Doucement les journalistes, là, hein ! »)

 

 

 

Source : https://mrmondialisation.org

 

 

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 22:43

 

Source : http://www.politis.fr

 

 

 

 

La société civile violemment expulsée du salon du « greenwashing »

 

Par Erwan Manac’h - Suivre sur twitter - 4 décembre 2015

 

 

Les militants de la cause climatique se sont invités au salon « solutions 21 » pour dénoncer le « greenwashing », donnant lieu à un nouvel épisode de la répression du mouvement écologiste.

 

Midi, dans les allées guindées du Grand Palais, l’atmosphère se crispe doucement. La mine austère et l’allure imposante des policiers en civil se font de plus en plus pressantes et de nombreuses personnes sont interdites d’entrée et écartées vers le métro.

Ce vendredi, jour d’ouverture du salon « Solutions 21 », plusieurs organisations de la coalition climat 21 avaient annoncé la tenue d’un « Lobby tour », pour décrypter ce que cachent les affichages « écoresponsables », « verts » et « durables » des grandes entreprises qui se sont offertes un stand, moyennant 250 000 euros, par exemple, par Engie (ex GDF).

« On aurait pu organiser ce salon si nous avions voulu faire une caricature du "greenwashing" », ironise Audrey Arjoune, de l’ONG Peuples solidaires.

Les nominés sont (notamment) :

  • Vinci, qui présente au salon son travail dans le cadre du « tink tank » Vivapolis qui préfigure l’Institut de la ville durable qui doit être lancé le 8 décembre, avec notamment la banque HSBC, Dassault et Suez. « L’emblème de cette entreprise, c’est Notre-Dame-des-Landes. Nous n’estimons pas qu’il fasse partie des solutions », note Floriant Copain, président des Amis de la Terre.
  • Engie, ex GDF, qui détient 30 centrales à charbon dans le monde. « Si on les additionne avec les 16 centrales détenues par EDF, dont l’État français est également actionnaire, cela représente la moitié des émissions de gaz à effet de serre de la France », dénonce Sylvain Angerand, coordinateur des actions pour les Amis de la terre France.

 

  • Avril-sofiprotéol, géant français de l’agro-industrie, qui fait la promotion de l’agrocarburant sur son stand du salon « solutions 21 ». « L’agrocarburant a provoqué l’accaparement de 17 millions d’hectares de terre et déstabilise fortement le marché de l’alimentaire », dénonce Laurence Marty, du collectif Toxic tour.

Stand d'Avril-sofiprotéol

Stand d’Avril-sofiprotéol

 

EM.

 

 

 


13 h, deux guides s’autodéclarent et commencent une visite guidée, l’un en français, l’autre en anglais. Le groupe, qui compte de nombreux journalistes, est immédiatement encerclé par les policiers en civil :

« Il faut savoir qu’un plein de voiture avec des agrocarburants représente l’équivalent de la nourriture d’une personne vivant sur le continent africain en un an. Voilà le modèle qu’on nous propose pour sauver le climat, alors que l’agriculture paysanne, en polyculture-élevage, existe », commence le guide francophone.

Toute tentative d’avancée dans les allées est stoppée par les forces de l’ordre qui finissent par bloquer un groupe d’une vingtaine de personnes. « Voilà un autre scandale, s’époumone Sylvain Angeraud, coordinateur des campagnes pour les Amis de la terre, qui a pris la suite de la visite guidée. L’huile de palme prétendument durable est cultivée avec un pesticide reconnu comme neurotoxique par l’OMS, le « paraquat ». Il aurait tué plus d’un million de personnes dans le monde. »

 

Tentative de visite à l'intérieur du Grand Salon, encadrée par la police.

Tentative de visite à l’intérieur du Grand Salon, encadrée par la police.

 

EM.

 

 

« La compensation carbone c’est aussi une grande arnaque, enchaîne-t-il dans la cohue. Ça permet à des entreprises de continuer à polluer. J’aurais aimé pouvoir aller discuter avec mes amis de Pur projet, qui se présentent comme une ONG alors qu’ils sont une entreprise qui a pour client Vinci, GDF Suez et un certain nombre d’autres entreprises qui achètent des crédits de compensations carbone. Je suis allé visiter leur projet au Pérou. Pur projet achète des forêts au Pérou et les autorités du pays interdisent aux communautés de couper un arbre, sous peine d’être poursuivies en justice. »

 

Sylvain Angeraud, des Amis de la terre, quelques secondes avant son expulsion.

Sylvain Angeraud, des Amis de la terre, quelques secondes avant son expulsion.

 

EM

 

 

Alors qu’il tente de poursuivre, il est tiré par le bras et violemment exfiltré par les forces de l’ordre. Le petit groupe subira le même sort, après une vaine tentative de s’asseoir en signe de résistance pacifique. C’est bientôt tout le salon qui sera fermé au public.

Devant le Grand Palais, les quelques 220 personnes triées au faciès, dont l’accès a été refusé, forment une manifestation improvisée. Une banderole est brièvement déployée devant les marches du monument, avant d’être repliée de force par les policiers en civil.

Deux sommations plus tard, la foule déjà émoussée par un jet de lacrymogène, ne demande pas son reste, préférant éviter les interpellations massives qui semblent se profiler.

« Tout ça pour une petite bande d’écolos », soupire une passante qui constate, dépitée, « qu’ils ont probablement coupé le réseau téléphonique ».

 

Selon le témoignage d’un exposant, le salon a été entièrement évacué vers 17 h pour faire entrer les chiens démineurs. Un pince-fesse avec VIP devait se tenir en soirée, uniquement sur invitation.

 

Document

 

 

Source : http://www.politis.fr

 

 

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 22:39

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

La police violente de nouveau des manifestants pour le climat

4 décembre 2015 / par Marie Astier (Reporterre)


 


 

Une manifestation pacifique était organisée ce matin dans le Grand Palais, à Paris, où les entreprises tiennent un salon des « Solutions » au changement climatique. Mais la police est violemment intervenue, évacuant ceux qui dénoncent ces « fausses solutions ». Reporterre était là, et s’est fait bousculer.

 

- Paris, reportage

Le rendez-vous était donné à midi à l’intérieur du Grand Palais, près des Champs-Élysées, par des associations (Attac, Amis de la terre, Peuples Solidaires,...). Enjeu : dénoncer ce qui, selon nombre d’associations écologistes, sont des "fausses solutions" au changement climatique.

Pour mettre en avant leurs projets auprès du grand public, de nombreuses entreprises y ont organisé « Solutions COP21 ». Avec des associations et des collectivités territoriales, elles y présentent leurs innovations en matière de lutte contre le changement climatique lors d’une immense exposition gratuite organisée au Grand Palais, à Paris, du 4 au 10 décembre. Cette initiative a coûté 4 millions d’euros.

 

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Le stand de Veolia.
 

En attendant le début de l’action, on fait le tour des stands. Chez Engie, le directeur environnement Hervé Casterman nous explique que « le gaz émet deux fois moins de gaz à effet de serre que les autres énergies fossiles, c’est donc un moyen d’accélérer la transition écologique. » Chez Evian, on nous explique fièrement que le recyclage d’une bouteille permet de fabriquer quatre stylos. Chez Cisco, entreprise californienne fournisseur de services pour l’internet, le directeur développement durable Philippe Dumont explique qu’on peut changer « la vie quotidienne et les comportements grâce à la technologie. » Au stand d’Avril, une magnifique voiture de tournesols symbolise les avantages environnementaux du Diester, qui «  émet 40 à 60 % moins de gaz à effet de serre que le diesel », nous détaille une des employées du service développement durable.

 

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Le stand d’Avril.
 

Un brouhaha de fond donne une ambiance calme, agrémentée d’un bruit de grenouilles fait par de petits véhicules vert à pédales.

Dans le public, on croise des visages connus, on comprend que les militants commencent à entrer dans le Grand Palais avec le public. Mais certains témoignent d’avoir été séparés de leurs amis : « À l’entrée ils font une sélection selon l’apparence, et ils écartent certaines personnes sans explications. Des dreadlocks ou un bonnet coloré ça ne passe pas ! » On constate que des gendarmes sont postés à l’entrée et semblent fouiller le public.

Vers 13h30, les organisateurs décident qu’il y a suffisamment de militants à l’intérieur. Une militante lève une feuille blanche marquée du signe « EN », « Toxic Tour in english », appelle-t-elle. Un amas de caméras s’amasse autour d’elle. Puis un second lance « Toxic Tour in French ! » On le suit.

 

 

Très vite, le groupe de journalistes et de militants est dirigé par des policiers en civil [1] dans un couloir, au bord des stands. « Vous ne voulez pas qu’on puisse voir les logos des entreprises, c’est cela ? » questionne Sylvain Angerand, chargé de campagne aux Amis de la Terre. C’est lui qui mène la visite. « Ce n’est pas grave, regardez derrière vous par exemple, il y a le stand d’Engie. Ils disent qu’ils ne construiront plus de centrales à charbon, mais ils en ont encore trente en fonctionnement ! »

 
 
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Sylvain Angerand.

 

Il cite également Intermarché, la lessive Le Chat, le groupe Avril, Renault, énumérant des exemples démontrant en quoi ces entreprises n’ont pas de solutions pour le changement climatique mais que leurs action l’accentuent.

Pendant ce temps là, les autres « lobbys tours » poursuivent eux aussi leur chemin. Le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, est en visite au salon. Un groupe de paysans se poste sur son passage, chantant « Si t’aimes bien le greenwashing frappe dans tes mains ! ». La police intervient pour les mettre dehors.

 

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Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture.
 

Dans le groupe mené par Sylvain Angerand, nous sommes cernés. D’un coup, une bousculade, les policiers le saisissent violemment pour l’évacuer du Grand Palais. Puis, les policiers entreprennent de sortir les militants qui l’entouraient et qui s’assoient, chantant à nouveau la chanson du greenwashing. Les policiers les prennent un à un, en les forçant à sortir par une des portes latérales du bâtiment. Une femme emmenée fait une crise d’asthme : « Donnez moi ma Ventoline ! » Les policiers n’écoutent pas et l’embarquent. Une autre dame, elle aussi d’une cinquantaine d’année, proteste. Elle est emmenée manu-militari.

 

 

L’ambiance semble se calmer. On se regroupe avec d’autres journalistes, un photographe, bousculé dans la cohue, a pris un coup sur l’arcade sourcilière. Le président des Amis de la Terre, Florent Compain, nous apprend que Sylvain Angerand a juste été mis dehors, il n’est pas interpellé.

 

« Les fausses solutions sentent mauvais ! »

On voit passer d’autres militants, un policier sous chaque bras, se faisant accompagner vers la sortie. C’est là que les policiers nous saisissent fermement. Malgré nos protestations en tant que journalistes, ils nous emmènent aussi dehors. Avec nous, deux journalistes étrangers également. À la sortie, un groupe de policiers relève les identités des personnes exfiltrées. On refuse de donner les nôtres. Finalement, un gendarme nous conduit à la bouche de métro.

- Écouter l’échange, enregistré au téléphone à 14 h 32 (le son n’est pas très bon) entre Marie Astier et des policiers : ceux-ci veulent l’interpeller, puis l’empêcher de travailler. Elle rappelle qu’elle exerce son métier de journaliste et empêche les policiers d’interpeller Maëlle Ausias, étudiante en journalisme et stagiaire à Reporterre :

 

 
 
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03:58
 
 
 
 

Une chaîne de militants se forme devant le Grand Palais. Pour la briser et repousser les militants, les gendarmes utilisent de petites bombes lacrymogènes. Une banderole est déployée devant les marches : « Fausses solutions 21 : pas de paix sans justice climatique ! » L’ambiance se calme. Les manifestants crient « liberté, liberté ! ».
Les gendarmes mobiles encerclent le regroupement, évacuent les manifestants. L’un d’eux, monté en haut d’un poteau d’éclairage public, est délogé par des gendarmes voltigeurs. Une journaliste états-unienne de Vice News pleure à chaudes larmes, choquée. « Certaines personnes qui essayaient de sortir de la nasse des gendarmes ont été poussées et ont reçu des coups de pieds des gendarmes », affirme un témoin. « Ils n’y sont pas allés de main morte, témoigne un des paysans présents, Emmanuel Aze. Je pense que les policiers en civil étaient de la BAC, qui n’a pas la même culture d’intervention que les CRS... »

 

 

Vers seize heures, le calme est revenu, les gendarmes retournent à leurs camions. Les militants se dispersent. L’un d’eux nous demande : « Vous n’avez rien senti dans le Grand Palais ? » Ses mains sentent le poisson. « On a répandu des extraits de poisson, car les fausses solutions sentent mauvais ! »

Alors que la police a annoncé qu’« une trentaine de manifestants ont été repoussés du Grand Palais, puis contrôlés », donc qu’aucune interpellation n’a eu lieu, les organisateurs évaluent qu’une petite centaine de militants ont pu entrer à l’intérieur et que cinq cents ont accompagné l’action depuis l’extérieur. Ils appellent à revenir sur les lieux pendant toute la Conférence climat, afin de maintenir la pression. Sous quelle forme ? « Les manifestations sont un des moyens d’expression mais il faut se montrer créatif », nous confient-ils.


MOIGNAGE DE PIERRE MOREL, PHOTOJOURNALISTE

« Aujourd’hui 4 décembre 2015, un peu avant 14 h. Je couvrais en tant que photojournaliste accrédité et en commande pour le site d’information Les Jours l’action non violente « Fausses Solutions 21 » organisée au sein du Grand Palais. Un des policiers en civil qui encerclaient des militants et des journalistes a asséné un violent coup de coude à mon appareil photo qui a ensuite heurté mon visage et ouvert une plaie au dessus de l’arcade. Je ne sais pas si son geste était volontaire ou non, mais la conséquence est là.

Rien de grave pour moi si ce n’est une prise en charge par la sécurité civile et quelques points de suture aux urgences de l’hôpital Saint-Louis. Et bien sûr, l’impossibilité de suivre le reste de l’action et le salon.

Lors de cette action, de nombreuses personnes ont été arbitrairement interdites d’entrer dans le Grand Palais. Celles qui sont entrées ont été rapidement et violemment évacuées après le début de l’action. Peu après 14 h, les policiers en civil (que je présume de la BAC, brigade anticriminalité) ont aussi procédé à l’évacuation manu militari des journalistes restants (dont une journaliste de l’Agence France Presse et une autre de Reporterre, évacuée sous mes yeux). Ces dernières ont été clairement visées.

Je tiens à souligner que je n’ai pas été la seule personne visée et de nombreux journalistes et militants ont aussi subi l’action violente de la police en civil. »


MOIGNAGE DE GILLES DEGUET, VICE-PRÉSIDENT EELV DE LAGION CENTRE

L’élu s’est retrouvé mis dehors, alors qu’il n’avait rien à voir avec les manifestations...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 22:38

 

Source : http://zad.nadir.org

 

 

bonjour à toutes et tous,
la fin avec un peu de retard de ce feuilleton haletant.
le convoi est fini mais la lutte continue et les procès s'enchainent: la Noé Verte attend des nouvelles pour le 3 décembre, de nombreux occupants historiques sont assignés au Tribunal de Grande Instance le 10 décembre... on ne laissera pas faire!

en attendant on vous rappelle que le Coordination des opposants organise une manifestation de la Vacherit au Bourget (44), départ samedi 5 décembre à 11h.





----- « On vous laisse le Bourget, on prend Versailles ! » –
Récit accéléré des 3 derniers jours de route et du banquet final des convois.

Version avec des photos ici :
http://marchesurlacop.noblogs.org/post/2015/12/02/on-vous-laisse-le-bourget-on-prend-versailles-recit-accelere-des-3-derniers-jours-de-route-et-du-banquet-final-des-convois/


// Jeudi 26 – Préaux sur Perche/Coulomb – Chaud à vélo !

Le jeudi est marqué par la traversé de l’Eure et Loir et la plus grosse étape de notre équipée : 80km de route pendant lesquels résonne régulièrement l’hymne du convoi sur l’air de « Chaud cacao » . « Chaaaaud à vélo!! Chaud, Chaud, Chaud sur Paris (sur Paris) Cap sur la COP 21 , Nous on recul’ devant rien!  ». Nous devons déjà nous arrêter ce soir à Coulombs à 10km de la frontière avec l’Ile de France et le département des Yvelines. Un groupe d’une dizaine de personnes a été missionné pendant la journée pour trouver des hypothèses et plans à proposer en assemblée pour le lendemain. Nous savons que Saclay est déjà bardé de policiers et la Préfecture des Yvelines nous a redit la veille qu’elle ne tolérerait pas l’arrivée de notre convoi sur son département (qui est situé en Ile de France où l’interdiction de manifester est totale). Nous envisageons de parvenir à avancer, mais aussi la possibilité d’être bloqué-e-s à Epernon sur la zone « frontalière ». Nous partons sur place en répérage pour, le cas échéant, pouvoir y déployer un camp sur un espace public et appeler alors publiquement à nous y rejoindre pour faire pression. Nous trouvons par ailleurs le contact d’un agriculteur qui a sa ferme juste 1km plus loin, mais à l’intérieur des Yvelines et qui se trouve tout disposé, au pied levé, à voir notre convoi se poser sur un de ses champs.

A la finde l’après-midi, tout le monde se retrouve sur un terrain boisé où le collectif qui nous accueille a dressé des barnums et guirlandes. S, personnage mythique qui venait, avec son camion-cuisine, nous offrir des crêpes au pied des barricades chaque dimanche pendant les expulsions a rejoint le convoi ce midi. Il s’est immédiatement remis à la tâche et distribue de nouveau ce soir frites et galettes. Ceux et celles de la marche D’Agen, partie à pied le 11 octobre sont déjà là. Face à l’incertitude de la situation, ils ont décidé de nous rejoindre prématurément, tout comme le convoi de l’est qui doit arriver le lendemain matin. Nous apprenons que 2 des personnes qui préparaient notre accueil à Saclay et sur Paris ont été perquisitionnées et assignées à résidence avec obligation de pointer 3 fois par jour au commissariat. D’autres perquisitions et assignations à résidence de militant-e-s et soutiens du mouvement ont eu lieu à Rennes, Lyon, Rouen ou dans une ferme en Dordogne.

Après la criée, les différents plans sont exposés. Il est tard et la décision sur les possibilité de passer en Ile de France est remise au lendemain matin. Quoi qu’il en soit les tracteurs et quasi tous les autres véhicules motorisés sont prêts à tenter de franchir la ligne rouge au moins jusqu’à Emancé. Nouveau coup de théâtre ! Juste après l’assemblée, à 10h du soir, une émissaire du ministère de l’Intérieur vient sur place, pour nous assurer que notre convoi ne sera pas bloqué dans sa traversée des Yvelines. Nous sommes dubitatifs. Elle nous met en lien direct avec la Préfecture qui confirme. Cogitations nocturnes…

// Vendredi 27 – Coulomb/Emancé – le manège enchanté

Le lendemain matin, lors de l’assemblée, les nouvelles arrivées pendant la nuit nous laissent 2 alternatives : pédaler le plus loin possible et monter un camp de fortune en route ou faire une première étape courte dans les Yvelines jusqu’à Emancé. La seconde option est privilégiée, pour être sûrs de compter sur une base stable, et avoir plus de temps pour cogiter, quitte à se lever à l’aube le lendemain. Des coups de klaxon sur la route nous annoncent l’arrivée du convoi de l’est. L’assemblée s’interrompt et tout le monde se regroupe à l’entrée du camp pour aller les saluer.

Le passage dans les Yvelines se fait sans encombre si ce n’est pour la voiture-balai. Ce camion 9 places et remorques, maillon indispensable du convoi, partait vide chaque matin et arrivait bien souvent plein, avec à son bord les vélos cassés du jours et leur malheureux propriétaires. Et ce même si certain acharnés, après une crevaison, prenaient leur pneu dans le camion, le rustinaient aussitôt en route et remontaient en selle à la première pause. A la sortie d’Epernon, un gendarme pris d’un osbscur coup de sang se jette sur le capot de la voiture-balai sans explications. Il lui intime l’ordre de s’arrêter en tapant sur le capot et sur les vitres. La voiture balai refuse d’obtempérer. Il tente d’ouvrir ses portières sans succès. Lui et ses collègues bloquent le tracteur qui la suit. La nouvelle court de talkies, en cris et téléphones jusqu’à la tête du convoi qui s’arrête net, solidaire. Après quelques minutes, le tracteur est libéré et le cortège repart.

Nous arrivons chez notre paysan providentiel d’Emancé. Il devait, à l’origine, nous proposer un terrain et nous ouvre finalement sa cour et ses bâtiments agricoles. Peu après, c’est l’heure de la vente à la ferme. Toute sorte de personnes arrivent et nous proposent des logements. D’autres vont voir la maire du village, qui, réticente tout d’abord, accepte de nous laisser les clés du foyer rural pour un dortoir improvisé, à condition qu’il soit nickel le lendemain matin pour un tournoi de belote. L’équipe cuisine se retrouve invitée à préparer les plats du banquet dans un gîte installé dans un château du coin. Nous sommes de plus en plus nombreuses.Le tenancier d’une école d’équitation, située un peu plus loin dans le village, nous invite à venir faire l’assemblée chez lui plutôt que de rester dans le froid et l’obscurité. Nous nous retrouvons à 400, concentré-e-s et stimulé-es, dans un fabuleux manège à chevaux assis sur le sable, debout ou plus haut sur les rambardes. Ce décor théâtral donne un souffle épique à l’assemblée et à l’élaboration de nos plans pour s’approcher de la capitale. La cantine expose ses craintes de ne pouvoir mener de front la préparation d’un repas pour le soir, celle d’un petit déjeuner quelques heures plus tard et celle du banquet du lendemain. Mais des cyclistes répondent qu’il n’y aura pas besoin de nouveaux repas ce soir, et qu’ils et elles sont même prêt-e-s à se passer aussi de petit dej’ le lendemain si il le faut. J., du groupe trajet, qui s’est prise pendant la semaine d’une passion obsessionnelle pour l’art de rouler en convoi, prévient l’assemblée : « Demain il y aura encore plus de véhicules et de cyclistes. Alors vous oubliez tout ce qu’on a fait jusqu’à maintenant et vous n’écoutez pas ce que diront les flics ! C’est nous qui décidons comment on s’organise et demain on va réinventer une autre manière de rouler en groupe. » Après avoir passé en revue diverses options, nous décidons de tout mettre en oeuvre pour aller jusqu’à…Versailles au portes de Paris et de déployer notre banquet sur la place d’armes. Tout le monde est plutôt excité par ce pied de nez à l’histoire, sans certitude d’y arriver, mais prêt à assumer que l’on nous fasse obstacle. Rendez-vous à l’aube.

// Samedi 28 – Le banquet des communes libres face à Versailles.

On pensait que le départ serait un casse-tête : sans que le soleil soit levé, après quelques heures de sommeil, avec toutes les nouvelles personnes qui nous avaient rejointes pendant la nuit et les voitures garées partout dans Emancé… Mais la détermination à aller jusqu’au bout nous tient et prend le pas sur l’inertie au démarrage qui menace tout grand groupe. Le convoi n’a jamais roulé aussi vite et bien ! A un moment donné, nous prenons la 4 voies, devancé-e-s et suivi-e-s par une escorte policière. Les gendarmes et leurs donneurs d’ordre semblent avoir pris acte du fait que nous ne nous laissions pas intimider. A un moment donné, le gouvernement a sans doute calculé que nous laisser continuer, en tout cas jusqu’à Versailles, était sans doute un moindre mal, plutôt que de se lancer dans un nouveau rapport de force, de risquer de nous faire plus de publicité et de susciter des élans de solidarité. Nous sommes détournés de Rambouillet vers la N10. Nous longeons Rambouillet puis passons dans Saint-Quentin en Yvelines. Ce sont des un fiefs plutôt conservateur, mais où le convoi se fait néanmoins encourager par de nombreux klaxons et saluts. Le 4 voies est à nous, vide de notre coté et pleine de l’autre. On s’arrête en plein au milieu pour une petite pause. On repart en passant devant Saint-Cyr et quelques autres bâtiments officiels copieusement gardés. Au fur et à mesure que nous approchons, la présence des forces de l’ordre est de plus en plus dense, celle des caméras des médias aussi.

A 2km de la place d’armes, nous sommes attendus par les personnes du bus parti de Nantes tôt dans la matinée, entre autres. Le convoi fait halte et tout le monde continue à avancer ensemble à pied derrière une grande banderole sur laquelle une phrase de Shakespeare a été peinte pendant la nuit : « Si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois ». A l’abord des édifices de la cour, un chant s’élève, repris en choeur, presque solennel : « fille de… » insolente complainte de gueux, paysan-n-e-s, aventurier-e-s, migrant-e-s, déserteurs-euses et de révolté-e-s de tous les temps. Nous faisons le tour de la place et entrons sur l’esplanade. Une dernière fois un rang de policiers cherche à nous contenir, en l’occurrence autour de la statue de Louis XIV. Mais nous continuons à avancer, et eux à reculer, jusque devant les grilles du château. Les tracteurs se mettent en rang entre nous et la police et des tables sont déployées en rond. De nombreux parisiens, à qui le rendez-vous de Versailles a été donné dans la matinée, arrivent avec une bouteille ou une tarte à partager. La place se remplit. Nous avons tenu notre pari. La cantine mobile du convoi, qui a cuisiné toute la nuit, a été rejoint par une autre cantine suisso-germano-néérlandaise. Ils et elles ont donné le meilleur d’eux-mêmes, multiplié les plats et il y a des montagnes de nourriture. Un ami nous raconte qu’au cours du 19e siècle, marqué par différents moments d’insurrection populaire et par une forte ébullition révolutionnaire, les réunions politiques publiques ont été régulièrement interdites. Afin de se retrouver malgré tout, et pour tromper la loi, les cercles subversifs organisaient alors de grands banquets. En ces temps d’Etat d’urgence, dont la prolongation pour 3 mois a justement été décidé dix jours plus tôt à Versailles, le banquet d’aujourd’hui leur fait écho.

Une déclaration finale de circontance a été discutée la veille, puis pendant la dernière étape du trajet, avec quelques échanges en cours de route ou aux pauses pour finir de s’accorder sur les mots. Au milieu du banquet, 5 personnes montent côte à cote sur un banc et se passent tour à tour à la parole pour revenir sur les forces multiples du mouvement qui ont rendu ce convoi possible. Elles parlent des raisons qui nous ont menées jusqu’ici, du chemin parcouru, de l’accueil inoubliable des comités. Puis la voix d’un paysan qui est venu en tracteur emplit la place et clôt notre prise de parole sous les hourras :

« C’est le 16 novembre 2015, depuis Versailles, que le sénat et le parlement réunis ont décidé de prolonger de 3 mois l’Etat d’urgence sous lequel nous vivons aujourd’hui. C’est au titre de l’Etat d’urgence qu’il a multiplié les interdictions de manifestation, les perquisitions ou les assignations à résidence de personnes qui préparaient notre accueil à Paris. Mais ces mesures liberticides ne pourront étouffer les voix de tous ceux qui considèrent que les logiques économiques et politiques actuelles nous mènent droit dans le mur.

En 1871, Les versaillais avaient écrasé la Commune de paris. Les zads sont aujourd’hui comme autant de nouvelles communes libres. Et nous affirmons ici que ces communes ne se laisseront plus expulser. Nous avons contenus les troupes policières à l’automne 2012, et avons mis en défaite les politiciens pro-aéroport. Nous les mettrons en défaite une nouvelle fois s’ils s’entêtaient à revenir dans le bocage de notre dame des landes. Il n’y aura pas d’aéroport, la zad continuera à fleurir.

C’est à l’été 1973 pendant le premier grand rassemblement de la lutte du larzac que Bernard Lambert, figure des paysans-travailleurs a déclaré « les paysans ne seront plus jamais des versaillais ». Avec les paysans venus de la zad nous sommes fiers aujourd’hui de faire résonner de nouveau ce message ici-même.

Ce banquet n’est que le point final des convois. Il se veux un appel à continuer les luttes de terrain, à Paris comme ailleurs, dans les semaines, mois et années à venir. »

D’autres voix se succèdent ensuite pour parler du Convoi de l’est, des forêts du Morvan, des terres de Bure, de Saclay ou des Lentillères….A l’issue du banquet, notre clown fait la dernière criée juché sur le toit de la remorque des toilettes sèches, avec la foule compacte d’un coté et la police de l’autre. Des dizaines de mots donnés par les participants sont lus et reflètent l’émotion euphorique qui nous a emporté sur la durée du trajet puis pendant cette dernière journée. Un mot sur deux finit par « je vous aime… ». Beaucoup plébiscitent toutes les équipes qui assuraient le fonctionnement et la cohésion du convoi : la logistique, la cantine, la com’, le groupe trajet et soirées. Des mots encore viennent défier les puissants de ce monde, leur troupes et l’état d’urgence. Et une petite inquiétude quand même : « Comment faire mieux que Versailles pour la poursuite de la lutte ? »

Parmi les participant-e-s au convoi, certaines retournent en bus à Nantes, d’autres repartent en tracteur, d’autres encore restent pour continuer les manifs, cantines et débats pendant la Cop 21, en dépit des interdits Tout le monde s’embrasse et chacun a le cœur gonflé à l’idée que le corps composite qui s’est agrégé pendant le convoi puisse se fragmenter. Des promesses sont faites : de repartir ensemble sur la route, de se retrouver pour une grande fête le 15 décembre, de se revoir outils en main fin janvier pour les chantiers de l’appel d’offres lancé par la Zad pour remplacer celui de la Préfecture…Les occasions ne manqueront pas et ce qui s’est vécu cette semaine a, à coup sûr, changé une nouvelle fois le visage du mouvement, ouvert de nouvelle possibilités, confiances et complicités.

// La gavotte finale

Il y a parmi nous deux compères qui ont fait la route ensemble en tandem, alors qu’ils se connaissaient à peine avant le départ, et qui ne se sont pas quitté d’une semelle. Dans la foulée de la criée, ils entonnent ensemble une gavotte :« c’est dans 10 ans les avions ne décolleront pas » le groupe reprend en chœur chaque fois un peu plus fort.. « Leur aéroport ils peuvent toujours l’rêver, chaque jour un peu plus on les fera cauchemarder » Tout le monde danse en cercle, corps à corps…Un ami nous interpelle : « Comment veux-tu que le pouvoir vienne à bout de personnes qui éprouvent une telle joie à lutter ensemble !».

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Pour finir en Bonus – La ritournelle du convoi « cap sur la cop », écrite chemin faisant (sur l’air de «chaud cacao »)

REFRAIN x2

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Chaaaaud à vélo!!

Chaud, Chaud, Chaud sur Paris (sur paris)

Cap sur la COP 21

Nous on recule devant rien!

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Partout où on pédale

Soutien phénoménal

Vélos, cabanes tracteurs

Y’a de quoi leur faire peur

Ils essayent d’nous bloquer

On s’laisse pas contrôler

On s’fout des arrêtés

On va manifester

REFRAIN x2

L’état d’urgence, la pluie

Et la gendarmerie

Galères et pneus crevés

On s’arrêtera jamais

“Patates et pois cassés”

Au moins jusqu’au banquet

Et malgré la flicaille

On marche sur Versailles

REFRAIN jusqu’à voix cassée

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Zone A defendre - http://zad.nadir.org/

 

 

Source : http://zad.nadir.org

 

 

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 20:45

 

Source : http://sciences.blogs.liberation.fr

 

 

 

Le Climat, les riches, les pauvres
 
2 décembre 2015  
 
 
 

Emissions par niveau de revenus

Emissions par niveau de revenus

 

Faut-il procéder à "l'éradication des hauts revenus et patrimoines" pour conduire une politique climatique sérieuse ? L'ONG Oxfam a publié hier un rapport allant en ce sens, rejoignant ainsi d'autres analyses.

Le rapport d'Oxfam  (ici en pdf) commence par souligner quelques évidences : les riches émettent beaucoup plus de gaz à effet de serre, singulièrement du CO2 issu du charbon, du gaz et du pétrole, que les pauvres. Si l'on additionne toutes les émissions des 3,5 milliards de personnes qui constituent la moitié la plus pauvre de la population mondiale, on atteint seulement «10% des émissions totales dues à la consommation individuelle» montre le rapport. A l'inverse «50% de ces émissions sont imputables à 10% des habitants de la planète les plus riches, dont l'empreinte carbone est en moyenne 11 fois plus élevée que celle de la moitié de la population la plus pauvre et 60 fois plus élevée que celle des 10% les plus pauvres. On estime que les 1% les plus riches du monde ont une empreinte carbone moyenne 175 fois supérieure à celle des 10% les plus pauvres», indique Oxfam.

 

Le vin de  Bordeaux et le mil du Sahel

Cette analyse sur les causes du changement climatique se double d'une autre sur ses conséquences. Les pauvres seront les plus victimes de ce changement dont ils ne sont pas

 

Emissions et vulnérabilité

Emissions et vulnérabilité

 

responsables. D'abord parce que nombre des pays les plus vulnérables au changement climatique font partie de ceux où vivent le plus grand nombres des pauvres de la planète, en particulier en Afrique. Le graphique ci-contre, tiré du rapport d'Oxfam, le montre.

Mais aussi parce que les parades aux conséquences du changement climatique nécessitent souvent de la technologie, de l'organisation sociale solide, dotée de compétences et capable d'anticiper l'avenir... bref ce dont les pauvres sont en général privés. Le rapport d'Oxfam souligne ainsi que si 91% des agriculteurs des Etats-Unis sont assurés contre les aléas de la météo, ils ne sont que 1% au Malawi.

Un exemple simple. Dans la région de Bordeaux, l'évolution prévue du climat et notamment des températures va affecter durement les productions de vin. Mais les viticulteurs sont compétents, organisés, et peuvent compter sur un Etat qui fonctionne. Donc, l'INRA - Institut national de recherche agronomique - et les viticulteurs sont déjà en train de tester sur des parcelles expérimentales des cépages venus du Sud, adaptés à des températures plus élevées. Mais où sont les études similaires pour le sorgho ou le mil qui nourrit les populations du Sahel ? Elles n'existent pas.

 

Publicité  et  consumérisme

Les chiffres du rapport d'Oxfam soulignent qu'aucune politique climatique sérieuse ne peut esquiver la question des inégalités sociales. Mais il faut le compléter. Tout d'abord en soulignant que si les pauvres des pays riches sont souvent plus émetteurs que les classes moyennes des pays pauvres ou émergents, c'est qu'ils bénéficient de conditions de vie meilleures. Or, la solution du problème climatique ne proviendra pas de la péjoration de ces conditions de vie. Ensuite en notant que ces conditions de vie meilleures s'accompagnent d'un gaspillage massif, et d'un consumérisme qui ne fait manifestement pas le bonheur. Il faut donc compléter l'éradication des grosses fortunes et patrimoines par celle de la publicité comme facteur de consommations inutiles, une des conditions pour mettre en oeuvre une politique de sobriété énergétique et de matières premières généralisée.

 

Cacophonie climatique

Cacophonie climatique

 

Ci-dessous un extrait du livre Les dessous de la cacophonie climatique qui traite de ces questions:

La première piste est une question dure. Dans quel monde voulons-nous vivre ? Cette question est dure non pas tant par la difficulté d'y répondre que par la multiplicité des réponses et souvent leurs incompatibilités à la fois entre elles et avec l'objectif d'une atténuation réussie du risque climatique. Voulons nous vivre dans un monde juste ou profondément inégalitaire ? Dans un monde où les plus riches pourront se payer un week-end dans un hôtel spatial, emportés par une fusée comme le Spaceshiptwo que propose la Virgin Galactic du milliardaire britannique Richard Branson – bonjour le bilan carbone de cette excursion. Or, qui veut d'un tel monde ? De très nombreux citoyens, responsables politiques et décideurs de l'économie qui prétendent qu'ils détiennent ainsi la meilleure solution pour tous.

Emmanuel Macron, par exemple, le ministre de l’Économie et des finances nommé par François Hollande. Un ministre qui, dans une interview au journal Les Echos le 7 janvier s'exclame : « il faut des jeunes français qui souhaitent devenir milliardaires ». Le ministre prétend qu'une telle ambition est nécessaire pour que l'économie numérique se développe. Chacun peut avoir sur ce sujet l'opinion qu'il veut. La mienne, le lecteur l'aura compris, est qu'un monde sans milliardaires, aux inégalités sociales et économiques limitées, serait probablement un monde plus heureux. Je ne vois guère en effet ce que les plus hauts revenus apportent à notre société, alors que je vérifie chaque jour à quel point de bons mécaniciens, plombiers, enseignants, ingénieurs, médecins ou juges – mais aussi de bons responsables administratifs et politiques - sont nécessaires à notre collectivité. Je ne demande à aucun de mes lecteurs de partager cette opinion. En revanche, je ne vois pas comment concilier une société où de telles inégalités persisteraient avec l'exigence de sobriété énergétique généralisée d'une politique de maîtrise du risque climatique efficace.

 

Une fausse piste

En l'absence d'une telle sobriété, il faudrait, pour parvenir aux objectifs climatiques de Copenhague, une sorte de miracle technologique. Un miracle permettant aux sept milliards actuels et aux huit à neuf milliards d'êtres humains de la moitié du siècle en cours de consommer autant d'énergie que, mettons, les Européens aujourd'hui, et ceci en n'émettant pas plus de gaz à effet de serre par tête de pipe que les habitants de l'Inde actuellement. Soyons franc : il existe une alternative à ce miracle technologique. Celui de sociétés où les inégalités actuelles persistent, et même s'aggravent, afin de comprimer les consommations d'énergie des pauvres et des classes moyennes. Une telle perspective est-elle réaliste ? Oui... si l'on croit qu'il sera toujours possible de convaincre ou de contraindre les dominés et les pauvres de ces sociétés d'accepter cette situation. Une option qui fait manifestement partie de nombreux programmes politiques à travers le monde. Et qui trouve des soutiens jusque chez les pauvres lorsque ces derniers sont persuadés qu'il leur suffit de travailler dur pour accéder aux niveaux plus élevés de consommation

Cet exemple est choisi afin de souligner une fausse piste : le risque climatique proviendrait d'une décision de quelques uns. De méchants responsables, inconscients ou futiles, avides de profits et de pouvoirs. Certes, notre démocratie n'est pas parfaite. Mais qui a fait d'Emmanuel Macron notre ministre de l’Économie ? Un Président élu par une majorité d'électeurs. Et son adversaire d'alors, Nicolas Sarkozy pour lequel une presque moitié de l'électorat s'est prononcé, n'est pas vraiment un ennemi des inégalités et des milliardaires, il a montré qu'il en était même encore plus proche que François Hollande

Certains prétendent que pour conduire au succès une politique de maîtrise du risque climatique, il faut abolir le capitalisme. Ou que les mesures nécessaires à cette politique, qu'on le veuille ou non, conduiront inéluctablement à cette abolition. C'est par exemple la thèse du livre de Naomi Klein Tout peut changer : capitalisme et changement climatique (Actes Sud). Je ne prétends pas savoir si cette thèse est vraie ou fausse, je crains que les classes dominantes des sociétés capitalistes aient plus d'un tour dans leur sac et soient capables de faire face à ce nouveau défi bien qu'il est vraiment redoutable. Mais quittons ce discours général sur les choix de société en « isme » et concentrons nous sur des éléments concrets et limités. Est-il possible de conduire une politique de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre dans une société profondément inégalitaire ? Où les classes sociales dominantes n'ont aucune limitation à leur consommation d'énergie ? Si la réponse est non, et si le risque climatique est pris au sérieux, alors il faut des politiques de réduction drastique des inégalités. C'est bien l'éradication des hauts revenus et patrimoines qu'il faut viser. Voici donc un bon « marqueur politique » pour jauger la sincérité et la validité d'un discours de gouvernant ou d'aspirant gouvernant sur le climat : mais que dit-il des inégalités sociales et économiques ? Un conseil au citoyen électeur : ne pas se contenter du discours, mais le confronter aux actes lorsque le pouvoir politique est exercé.

 

Sous la négociation de la COP-21 la science du GIEC.

Comment travaille le Giec ?, une interview de Philippe Ciais, l'un des co-auteurs principaux du rapport.

► Le texte en français de la Convention climat de l'ONU.

► Climat : et si la seule vraie controverse était l'économie ?

► Polémiques entre économistes sur le climat. Et une première note sur cette polémique.

 Contradictions entre experts sur les prévisions énergétiques.

► Quels sont les scientifiques les plus influents en climatologie ?   ► Le ridicule défi des climatosceptiques.

► Les intentions des États annoncées pour la COP-21 très loin de l'objectif des 2°C.

 

Par Sylvestre Huet, le 2 décembre 2015

 

 

Source : http://sciences.blogs.liberation.fr

 

 

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 19:22

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

Climat : EDF, BNP Paribas et Chevron « remportent » le prix Pinocchio

 

Le Monde.fr | | Par

 

 

 

BNP  a été distingué dans la catégorie « Impacts Locaux » par les organisateurs du prix Pinocchio du climat 2015 pour son soutien au secteur du charbon, notamment en Afrique du Sud.

EDF, BNP Paribas et Chevron sont les grands « vainqueurs » du prix Pinocchio du climat 2015. Ce prix est attribué chaque année aux entreprises qui se distinguent par leurs actions de « greenwashing », de lobbying ou par leur impact négatif sur les communautés locales. Il est organisé chaque année depuis 2008 par les Amis de la Terre, en partenariat avec le Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID), Corporate Europe Observatory et Peuples solidaires-ActionAid France. À l’occasion de la COP21, « la sélection des entreprises s’est effectuée autour du climat et à l’échelle internationale », explique Sylvain Angerand, coordinateur de campagne chez les Amis de la Terre.

 

Lire aussi : Total accusé de « crime contre l’humanité » par des militants écologistes

 

Parmi les nominés, neuf entreprises ont été sélectionnées par les organisateurs. Total, par exemple, concourait pour avoir « infiltré les associations professionnelles de promotion des énergies renouvelables », selon les ONG. Shell pour « son empreinte dévastatrice sur le plan social et environnemental laissée au Nigeria », et l’entreprise Engie, anciennement GDF Suez, pour ses investissements dans les énergies fossiles. Du 3 novembre au 2 décembre, près de 43 000 votes en ligne ont été comptabilisés pour déterminer les lauréats.

 

« Créer un dialogue avec les entreprises »

Dans la catégorie « impacts locaux », le prix Pinocchio du climat 2015 est accordé à BNP Paribas. Comme son nom l’indique, cette distinction est réservée aux entreprises dont les activités nuisent aux communautés locales. Ce sponsor officiel de la COP21 a été choisi pour son soutien financier au secteur du charbon et les conséquences des activités minières sur les communautés locales, en particulier en Afrique du Sud et en Inde.

Contactée par Le Monde, la banque met en avant ses nouveaux engagements en faveur des énergies renouvelables et des populations affectées par ses activités. Dans un communiqué, elle affirme « ne plus financer l’extraction de charbon que ce soit via les projets miniers ou via les sociétés minières spécialisées dans le charbon qui n’ont pas de stratégie de diversification. »

Lire aussi : Les énergéticiens français sur la sellette

Quant au financement des centrales, l’établissement bancaire indique que ces projets devront « faire l’objet d’une consultation des populations locales potentiellement impactées. Leur dédommagement devra être prévu si nécessaire et elles devront avoir accès à un mécanisme de recours ».

Ce nouvel engagement chez BNP Paribas est une preuve, pour Sylvain Angerand, de l’impact du Prix Pinocchio. « Il nous permet surtout de créer un dialogue avec les entreprises. C’est un moyen d’accroître la pression. »

 

Chevron, sélectionné dans la catégorie « lobbying »

Le pétrolier américain Chevron se voit décerner un prix dans la catégorie « lobbying ». Cette récompense est « remise à l’entreprise qui a déployé le plus d’actions de lobby pour saper les politiques climatiques », selon les critères du Prix. Pour les ONG, Chevron mène une politique « très agressive de lobbying » pro-gaz de schiste en Argentine, et plus particulièrement en Patagonie.

Pascoe Sabido, chercheur et chargé de campagne pour l’Observatoire de l’Europe industrielle, dénonce « l’exploitation des énergies polluantes par l’entreprise Chevron qui ne serait pas possible sans les relations privilégiées qu’elle entretient avec les mêmes gouvernements qui sont censés réguler ses activités ».

 

EDF, leader du « greenwashing »

EDF, autre sponsor officiel de la COP, se voit « récompensée » dans la catégorie « greenwashing ». Celle-ci distingue les entreprises qui se « blanchissent en employant un discours de développement durable ». Les ONG reprochent au Français sa campagne de publicité « visant à faire du nucléaire une énergie propre » et ses investissements dans les énergies fossiles.

 

EDF remporte le prix Pinocchio du climat 2015 dans la catégorie « Greenwashing » pour « sa campagne visant à faire du nucléaire une énergie propre» selon les ONG.

De son côté, le fournisseur d’électricité précise que cette campagne portait avant tout sur les émissions de dioxyde de carbone. « La campagne s’appuie sur des faits : l’électricité produite par EDF est peu chère et émet peu de CO2 ». L’entreprise affirme avoir plus que divisé par deux ses rejets de carbone depuis 1990. Elle spécifie également que « 98 % de l’électricité d’EDF est produite sans carbone, en France ».

Juliette Renaud, chargée de campagne sur les industries et la responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSEE) pour les Amis de la Terre, en est convaincue. « En votant massivement pour ces deux sponsors de la COP21, analyse-t-elle, les citoyens ont montré qu’ils ne sont pas dupes des mensonges qui polluent les négociations et sapent la possibilité de parvenir à un accord ambitieux et équitable sur le climat ».

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 18:34

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Les “Solutions COP 21” chahutées par des militants

4 décembre 2015 | Par christophe Gueugneau
 
 
 

En parallèle du sommet pour le climat au Bourget, le gouvernement inaugurait ce vendredi un salon “Solutions COP 21” à Paris, rassemblement d'entreprises et de collectivités censées présenter leurs actions contre le changement climatique. Du pur « greenwashing », pour les ONG qui ont tenté de perturber le lancement.

Ce vendredi était jour d’inauguration officielle des Solutions COP 21 au Grand Palais à Paris. Porté par le gouvernement – Ségolène Royal y est attendue ce soir, et même François Hollande est annoncé – cette manifestation consiste essentiellement à faire la publicité des solutions non étatiques proposées par les entreprises, les régions et autres collectivités aux défis du changement climatique. Elle s’inscrit plus généralement dans le LPAA, le « plan d’action Lima Paris », parallèle à l’accord négocié à la COP 21 et dont nous avons déjà parlé ici à propos de l’agriculture.

 

Très tôt dans la préparation de la COP, le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius, de manière générale très porté sur la diplomatie économique, avait poussé les feux pour un “agenda des solutions” parallèle au grand sommet mondial sur le climat lui-même. Sauf que cet activisme économique n’est pas du goût de la plupart des ONG impliquées dans la défense du climat. La présence d’Engie (ex-GDF-Suez) ou encore d’Avril (ex-Sofiproteol, géant de l’agro-alimentaire par ailleurs dirigé par le président de la FNSEA Xavier Belin), notamment, ont fait tiquer. 

Attac avait par ailleurs publié le montant des subventions versées par les grandes entreprises pour la COP. Parmi celles-ci, Engie a versé 436 000 euros ; Renault, 1,7 million ; EDF, 1,5 million (voir tous les montants ici)... Il était par ailleurs reproché aux organisateurs de l’événement du Grand Palais de n’avoir pas laissé de place à la société civile, essentiellement en raison du prix de la place – Engie aurait ainsi payé plus de 250 000 euros pour avoir son stand.

 

Le stand d'Avril (ex Sofiproteol) © Jean de Peña du Collectif À-vif(s) Le stand d'Avril (ex Sofiproteol) © Jean de Peña du Collectif À-vif(s)

 

Etat d’urgence oblige, toute manifestation à l’extérieur du bâtiment aurait été interdite. Des militants avaient donc appelé sur les réseaux sociaux – et notamment sur Facebook – à participer ce jour vers midi (heure de l’ouverture au public) à une action coup de poings sur les lieux – un appel relayé sur le site Paris-luttes.fr.

De fait, dès 10 heures du matin, la salle était littéralement quadrillée de policiers en civil, qui s’ajoutaient aux vigiles officiels et aux CRS qui gardaient les entrées. Munis d’oreillettes, dans l’éternelle tenue jean-basket-blouson-sac-à-dos, ils étaient en ce début de matinée quasiment plus nombreux que les hôtesses et autres démonstrateurs dans leurs stands.

Vers 13 h 45, alors que la foule de badauds de faisait de plus en plus nombreuses, quelques militants ont soudain sorti un écriteau « FR » ou « EN » selon la langue, afin d’attirer passants et médias. Le discours était le même quelque soit la langue : les « fausses solutions » présentées ici sont non seulement inutiles pour le climat mais même nuisibles. Ainsi Engie, pointée du doigt notamment parce qu'elle possède 30 centrales électriques à charbon ou fait du lobbying pour un marché global du carbone. Ou encore Avril (anciennement Sofiprotel) accusé de favoriser une agriculture hors-sol au détriment des petits paysans et producteurs, d'être le leader français des agrocarburants. (Lire ici le document publié par Corporate Europe Observatory sur le sujet.)

 

Le stand de Veolia © Jean de Peña du Collectif À-vif(s) Le stand de Veolia © Jean de Peña du Collectif À-vif(s)

 

Les policiers en civil commençaient par « encager », selon leur jargon, les fauteurs de trouble, les empêchant de se livrer à un tour commenté des stands. Puis, après environ 5 à 10 minutes de statu quo, finissaient par les conduire manu militari à l’extérieur du Grand Palais pour les remettre aux CRS. Les militants n’ont cependant pas été arrêté.

Impassible, le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll n’a pas paru plus troublé que ça, quand bien même des militants chantaient « Si tu fais du greenwashing, tape dans tes mains » pendant que celui-ci essayait de parler à la presse.

Du coup, la pseudo manifestation s’est poursuivie à l’extérieur du Grand Palais, devant des CRS de plus en plus nombreux, rejoints par les policiers en civil. Le face à face a duré une bonne heure, sans heurts ni violences, ni ce n’est parfois un peu de bousculade. Nicole Notat, l’ancienne secrétaire générale de la CFDT depuis reconvertie dans l’entreprenariat (elle est PDG d’une société spécialisée dans l’accompagnement des entreprises), passe s’en s’émouvoir, tentant de se frayer un chemin pour entrer dans le Grand Palais.

Les militants présents ont fini par pouvoir déployer une large banderole sur laquelle on pouvait lire : « Fausses solutions COP 21. Pas de paix sans justice climatique ».

 

Vidéo dans l'article Vidéo dans l'article

 

Une conférence de presse improvisée est organisée. Audrey Arjoune, chargée de mission Justice Climatique au sein de l'association Peuples Solidaires ActionAid, explique que la démarche vise à dénoncer les « faux discours des entreprises » présentes au Grand Palais. « Nous sommes pacifiquement venu devant le stand d’Engie, devant celui de Sofiproteol. Beaucoup d’entre nous ont été bloqués à l’extérieur, sur des critères plus que discutables. L’âge ? L’apparence ? Quant à ceux qui ont pu rentrer, ils ont à peine pu délivrer leur message. » Mais, conclut-elle, « nous reviendrons, nous ne nous tairons pas, nous serons là tous les jours ».

Comme place de la République à Paris dimanche dernier, le dernier carré de militants a eu bien de la peine à se disperser, cerné de toute part par les CRS. La manifestation improvisée a fini par s’éteindre d’elle-même peu avant 16 heures.

4 décembre au Grand Palais, Paris © Images : Christophe Gueugneau (Mediapart) et Jean-Paul Duarte et Jean de Peña du Collectif À-vif(s)

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 17:44

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Transition écologique et sociale

Un village mondial des alternatives pour agir face au changement climatique

par

 

Les samedi 5 et dimanche 6 décembre 2015 se déroule le Village mondial des alternatives à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Ce sera à la fois une grande fête populaire, un lieu de débats et un espace de découverte des alternatives au changement climatique et à la crise écologique. L’équipe de Basta ! sera présente dans l’espace des médias libres. On espère vous y retrouver !

 

11 espaces, 275 alternatives, 20 pays représentés : le programme du Village mondial des alternatives est énorme, divers et varié ! Pour ne rien rater les 5 et 6 décembre 2015 à Montreuil, consultez le programme en ligne détaillé. Concrètement, ce village rassemblera des alternatives couvrant tous les aspects de la vie quotidienne. Elles seront présentées dans chaque rue ou place. Les visiteurs pourront par exemple découvrir la rue de la relocalisation, la place de l’agriculture paysanne et durable, celle de l’alternative au tout voiture ou celle du recyclage et de la réparation.

 

De rues en rues, on pourra ainsi voir quelles sont les réalisations et alternatives concrètes du monde entier permettant dès aujourd’hui de diminuer concrètement ses émissions de gaz à effet de serre : AMAP, jardins partagés, agriculture paysanne et durable, éco-construction, habitat partagé, relocalisation de l’économie, circuits courts, commerce équitable, éducation à l’environnement, économies d’énergie, énergies renouvelables, politiques alternatives d’urbanisme et d’aménagement du territoire, alternatives au tout voiture, déplacements doux, auto-partage, banques éthiques, monnaies locales, systèmes d’épargne solidaire, recycleries, collecte zéro déchets, plans virages énergie climat, partage du travail et des richesses, démarches de reconversion écologique et sociale de la production, initiatives de transition, etc.

 

Voici une première sélection des immanquables du Village Mondial des Alternatives :

 

Samedi 5 décembre

- Ouverture du village de 12h à 17h
- 12h30-13h30 : Street parade d’ouverture dans le village (batucada, théâtre de rue…) et prises de paroles sous le chapiteau Jaurès
- 13h30-17h30 : Formation à l’action non-violente par le processus ANV-COP21
- 16h30-18h30 : Table ronde d’Alternatiba « Les alternatives et résistances au changement climatique du local au global, construire un mouvement pour la justice climatique », salle des fêtes de la mairie de Montreuil, avec Jon Palais, Margot Neyton et Khaled Gaiji d’Alternatiba, Geneviève Azam d’Attac France et Jihan Gearon de Grassroots Global Justice Alliance
- 17h-23h : Concerts sous le chapiteau Jaurès : Loca Tangata (musique du monde), Zissis the Beast (slam rock punk), Waykikki Boys (cumbia electro surf), Tournée Générale (chanson française) et Salim Jah Peter (roots reggae)

 

Dimanche 6 décembre 2015

- Ouverture du village de 10h à 17h
- 10h-12h : Table ronde « financer la transition sociale et écologique » à la Parole Errante
- 12h : Sommet des 196 Chaises réquisitionnées par le Collectif des Faucheurs de Chaises sur la place Jean Jaurès
- 15h : Concert de HK et les Saltimbanks (acoustique), chapiteau place Jaurès
- 16h-17h30 : Clôture du village avec des représentants de tous les continents et des performances artistiques, dont concert de Cumbia Feminista (percu latino)

Il est encore possible de rejoindre les 600 bénévoles participant à l’organisation en cliquant ici.

Plus d’informations sur le site du Village mondial des alternatives

 

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