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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 14:57

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

Jetlag

Une appli dénonce les commissariats adeptes de la culture du viol au Brésil

Pour soutenir les victimes d’agressions sexuelles, une application note la qualité de l’accueil des victimes dans les hôpitaux et les commissariats.

 
 

(De Rio de Janeiro) La jeune femme est seule dans la pièce avec l’inspecteur. Il la juge, il doute, il pense qu’elle ment. Pour lui, elle n’a pas été violée par 30 personnes, c’est une ado paumée, une droguée qui traîne avec des bandits. Il appelle trois collègues et ils lui posent des questions sur ses goûts sexuels :

« Tu as l’habitude de faire des partouzes non ? Tu aimes ça ? »

L’attitude de l’inspecteur est courante dans les commissariats brésiliens. La parole des victimes est souvent mise en doute sans détour. C’est ce type d’histoire qui a poussé Maria Wotzik et ses collègues à mettre en place la mapa do acolhimento (carte de l’accueil) pour les victimes d’agressions sexuelles.

« L’horreur de ce viol collectif m’a choquée. L’attitude de la police aussi. C’est à partir de là que le projet est né. »

 

90% des victimes ne portent pas plainte

Maria travaille à l’ONG « Nossas Cidades » (Nos Villes) qui vise à créer des réseaux de mobilisation citoyens en mettant l’expérience et les connaissances des activistes au service des causes les plus variées. Avec les membres du collectif féministe #agora é que são elas, elle se penche donc sur ce projet, finalement lancé fin juin.

 

La carte de l'accueil pour les victimes d'agressions sexuelles

La carte de l’accueil pour les victimes d’agressions sexuelles - Capture d’écran
 

La carte veut recenser et noter l’ensemble des établissements publics du Brésil censés accueillir les victimes de violences sexuelles. Depuis 2013, un décret présidentiel oblige les professionnels des hôpitaux et les policiers à adopter une attitude « plus humaine, en respectant la dignité de la personne » et interdit « toute forme de discrimination ».

Mais les habitudes ont la vie dure et beaucoup de femmes craignent de se rendre dans un commissariat. Plus de 90 % des victimes d’agressions sexuelles ne portent pas plainte selon une étude publiée par l’INSEE local.

 

« Ils n’allaient pas me croire »

Olivia, jeune habitante de Rio de Janeiro violée par deux hommes il y a deux ans, a préféré se taire plutôt que d’affronter le regard inquisiteur des policiers :

« Ça aurait été une nouvelle épreuve. J’étais traumatisée et j’étais sûre qu’ils n’allaient pas me croire. »

Carol Sosô, psychologue qui a adhéré au projet assure que ce type de cas n’est pas du tout isolé :

« J’ai plusieurs patientes qui ont été reçues par des policiers, souvent des hommes, totalement insensibles. Ils parlent vulgairement, sans aucune empathie, demandent ce qu’elle portait pour “ provoquer ” le viol... »

 

« On veut les faire évoluer ! »

Même dans les commissariats réservés aux femmes, les victimes ne sont pas encouragées à dénoncer leur(s) agresseur(s). A Fortaleza, dans le nord-est du Brésil, une jeune femme a posté une critique dans l’application : « A l’accueil, une fonctionnaire demande aux personnes si elles sont sûres de vouloir porter plainte parce qu’après cela, elles devront élever leurs enfants toutes seules. » Dans la majorité des cas, les agresseurs sont des proches.

Maria détaille le fonctionnement du projet :

« Nous nous sommes basés sur le décret présidentiel pour mettre en place une grille de critères afin que nos volontaires, qui ne sont pas nécessairement des victimes d’abus sexuels, puissent se rendre sur place et évaluer la qualité de l’accueil. »

L’idée est de guider les femmes agressées afin qu’elles bénéficient du meilleur service possible. Mais Maria veut aller plus loin. « Dans un deuxième temps, nous allons mettre en place des outils pour que nos utilisateurs mettent la pression sur les lieux qui ont reçu de mauvaises critiques. On veut les faire évoluer ! »

 

« La victime est souvent culpabilisée »

Au Brésil, un viol a lieu toutes les onze minutes, soit 527 000 par an et autant de traumatisme. Évaluer simplement l’accueil des victimes semblait donc insuffisant pour Maria.

« Les hôpitaux publics ou les commissariats sont un premier pas, mais les conséquences psychologiques d’une agression sont incommensurables. D’autant que la société brésilienne est très machiste et la victime est souvent culpabilisée. »

 

Manifestation à Sao Paulo contre les violences faites au femmes au Brésil

Manifestation à Sao Paulo contre les violences faites au femmes au Brésil - Fabio Vieira/FotoRua/SIPA
 

58,5 % des Brésiliens sont d’accord avec la phrase « si les femmes savaient se comporter, il y aurait moins de viols » [PDF]. Pour elle, l’aide psychologique est indispensable pour pouvoir se reconstruire.

« Devant l’inefficacité de certains établissements publics, on a décidé d’intégrer le secteur privé. Or, on a vite constaté que beaucoup de psychologues étaient prêts à accueillir gratuitement des femmes qui ont subi des abus sexuels. »

Les psychologues intéressés s’inscrivent sur l’application qui incite les victimes à entrer en contact avec l’un d’eux. Quelques conseils pour choisir son thérapeute sont publiés sur l’application.

 

Thérapie

Carol Sosô assure que proposer un grand choix de psychologues aide les victimes à suivre une thérapie jusqu’au bout.

« Pour une bonne thérapie, il faut que la patiente se sente à l’aise avec son psy. Beaucoup abandonnent après une première tentative frustrante. Mais en proposant un large panel gratuit, on leur permet de pouvoir choisir plus sereinement. Elles peuvent essayer plus facilement différentes personnes. »

Pour le moment, 2 578 volontaires et 457 thérapeutes se sont inscrits dans plus de 18 Etats du Brésil, principalement dans le sud du pays où le réseau des activistes de « Nossas Cidades » est plus développé. Mais l’idée est de toucher l’ensemble du Brésil, et à terme, d’autres pays.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 16:56

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Catastrophe écologique au Brésil : le littoral frappé par la coulée de boue toxique

24 novembre 2015 / Mathilde Dorcadie (Reporterre)
 


 

 

Après avoir dévasté un des plus importants fleuves du pays, le mélange de boue et de résidus d’exploitation minière se déverse désormais dans la mer, menaçant la vie marine et le tourisme dans la région.

 

- Sao Paulo (Brésil), correspondance

Depuis samedi 21 novembre, les habitants de la commune de Regência, où se situe l’estuaire du Rio Doce, assistent impuissants au spectacle d’une mer qui se teinte d’un rouge-brun de mauvais augure. Située à 600 km au nord de Rio de Janeiro, dans l’Etat d’Espírito Santo, l’embouchure du fleuve est connue pour ses plages prisées par les surfeurs, son offre d’éco-tourisme et pour être la zone de reproduction d’une espèce de tortue marine géante déjà menacée d’extinction.

 

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La coulée énorme de pollution a parcouru plus de 650 km
 

Durant les 16 jours qui se sont écoulés entre la rupture du barrage, à 650 km en amont, et l’arrivée de la boue contaminée, la population a tenté de se préparer. Pour éviter la concentration dans l’embouchure du fleuve, les autorités ont entrepris de dégager son ouverture en creusant dans une bande de sable afin que les eaux troubles se diluent plus rapidement dans l’océan.

 

Selon les prévisions du ministère de l’Environnement, basées sur l’étude des capacités de dispersion et d’assimilation de l’océan, la pollution ne devrait affecter que 9 kilomètres de côtes. L’étude a été menée par les chercheurs de l’Université de Rio de Janeiro (Coppe-UFRJ), mais d’autres experts estiment que cette prévision est sous-évaluée.

 

Ainsi Andres Ruchi, le directeur de l’Ecole de Biologie Marine, située à Santa Cruz dans l’Etat d’Espírito Santo, évoque le rôle nourricier pour les espèces marines de toute la zone de l’estuaire. « Elle fournit des nutriments à toute la chaîne alimentaire de la région sud-est du Brésil et la moitié de l’Atlantique Sud », a-t-il expliqué à la BBC. Pour le biologiste, les conséquences pourraient se ressentir sur l’écosystème pendant des dizaines d’années.

 

Sur la plage de la réserve naturelle de Comboios, les volontaires du projet Tamar, qui luttent depuis 35 ans pour préserver les tortues marines, continuent de recueillir quotidiennement les œufs de tortues luths afin de leur éviter toute perturbation. Car malheureusement, le mois novembre correspond à la période de reproduction de l’espèce Dermochelys coriacea. Malgré sa taille (1,80 mètre de long pour 400 kilogrammes à l’âge adulte), l’animal est très sensible aux changements de son environnement. L’augmentation de la température des océans affectait déjà sa reproduction depuis plusieurs années. Cette catastrophe arrive au plus mal, selon les membres de l’ONG.

 

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Les tortues protégées par le projet Tamar : la pollution complique encore leur protection

Ce weekend, les biologistes de l’Institut Chico Mendes de préservation de la biodiversité (ICMbio) ont repêché un grand nombre de poissons morts aux branchies obstruées par la boue. La présence inhabituelle de silures a été observée dans l’estuaire du fleuve. En effet, ces poissons d’eau douce semblent avoir fui devant l’arrivée de l’eau polluée pour se retrouver coincés par l’eau de mer. Pour protéger la végétation de l’estuaire, des bouées de contention ont été disposées par les pêcheurs de la région engagés par Samarco, l’entreprise responsable de la catastrophe. Cependant ce système n’est pas efficace à 100%. La boue est en effet constituée de diverses particules plus ou moins fines qui flottent à des vitesses et des profondeurs différentes.

 

Inquiétude des populations riveraines

 

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Les habitants de Regencia observent l’avancée de la coulée
 

Samedi 21 novembre, la population locale a protesté contre la destruction irrémédiable de son environnement et de ses ressources. A Regência, les 1.200 habitants ont exprimé aux médias leurs inquiétudes pour l’avenir de leur région lors d’une manifestation. Un homme, tout de noir vêtu, déguisé en « grande faucheuse » arborait une faux sur laquelle était écrit « Samarco ». Les manifestants ont porté des cercueils et des banderoles demandant « Combien vaut le Rio Doce ? ». La région littorale vit en effet essentiellement de la pêche et du tourisme, grâce à la proximité de spots de surf et de réserves naturelles où les visiteurs viennent observer les tortues, les baleines et les dauphins. Depuis lundi, les plages sont interdites à la baignade pour une durée indéterminée.

 

Outre les préoccupations envers l’environnement et l’économie, le million et demi de riverains du fleuve s’inquiètent des conséquences sur la santé publique. Plusieurs municipalités ont décidé de couper l’approvisionnement en eau...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 18:16

 

Publié le 15 mars 2015 à 12h13 | Mis à jour le 15 mars 2015 à 19h57

 

Brésil: 1,5 million de manifestants contre Dilma Rousseff

 

 

 

Un manifestant déguisé en Batman tient une pancarte... (PHOTO Ricardo Moraes, REUTERS)

Un manifestant déguisé en Batman tient une pancarte sur laquelle on peut lire: «Dehors Dilma».

PHOTO Ricardo Moraes, REUTERS

 

 

Agence France-Presse

 

Près d'un million de Brésiliens ont manifesté dimanche contre la présidente de gauche Dilma Rousseff, dans 74 villes du pays, dont plus de la moitié à Sao Paulo (sud-est), selon des estimations de la police militaire.

À Sao Paulo, capitale économique du géant d'Amérique latine et fief de l'opposition, un immense cortège rassemblait vers 15H20 (18H20 GMT) quelque 580 000 personnes dans le centre-ville, a indiqué la police militaire locale sur son compte twitter.

Une foule gigantesque, en jaune et vert, envahissait l'avenue Paulista à perte de vue, entonnant l'hymne national brésilien ou scandant des appels à la destitution de Dilma Rousseff, réélue de justesse fin 2014 pour un second mandat de quatre ans.

«Nous voulons maintenant la destitution de Dilma Rousseff», a déclaré à une journaliste de l'AFP Rubens Nunes, un avocat de 26 ans, conseiller juridique du mouvement citoyen Brésil Libre, à l'origine de cette manifestation officiellement apolitique.

 

«Il existe des fondements juridiques solides suffisants (...) Il est absurde qu'elle continue d'affirmer qu'elle ne savait rien» du vaste système de corruption au sein du groupe étatique pétrolier Petrobras qui éclabousse sa majorité parlementaire, a estimé M. Nunes. «C'est au minimum une grave erreur de gestion», a-t-il ajouté.

La manifestation monstre de Sao Paulo, à laquelle se sont joints des camionneurs en colère contre la récente augmentation du prix du gasoil, se déroulait pacifiquement, comme les autres manifestations qui se sont déroulées depuis le matin sur toute l'étendue de ce pays continent de 202 millions d'habitants.

Les manifestations de dimanche, qui ont notamment rassemblé quelque 50 000 personnes à Brasilia, 24 000 à Belo Horizonte et 12 000 à Rio de Janeiro, selon des estimations de la police militaire ville par ville, sont les plus importantes enregistrées dans le pays depuis la fronde sociale historique de juin 2013.

Les plus importantes manifestations de juin 2013 avaient rassemblé jusqu'à 1,5 million de personnes en une journée pour protester contre la facture publique du Mondial de football, la corruption et l'indigence des services publics.

Trois mois à peine après avoir entamé son second mandat, la présidente Rousseff est confrontée au mécontentement croissant des pans de la population proches de l'opposition conservatrice en raison de la crise économique qui frappe le pays et du scandale Petrobras qui ébranle la coalition au pouvoir.

 

 

 

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 16:30

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart

 

 

Près de 8000 familles menacées d'expulsion imminente à Belo Horizonte

Le collectif de journalisme indépendant Vira Lata relaie l'appel international à la solidarité, au nom des droits de l'homme, avec les 8 000 familles menacées d'expulsion d'un terrain proche de la capitale de l'Etat du Minas Gerais, au Brésil. Le propriétaire du terrain et la mairie de Belo Horizonte envisagent d'y réaliser une grosse opération immobilière.


Depuis le 8 août, les milliers de familles qui occupent près de 200 hectares de terrain dans la région de l'Isidoro, en périphérie de Belo Horizonte, sont menacées d'expulsion imminente. Selon le collectif d'avocats Margarida Alves, qui se charge de la défense des occupants, il y aurait près de 8 000 familles vivant sur le terrain, réparties en trois communautés : Rosa Leão, Esperança et Vitória. 1 500 hommes de la police militaire ont été mobilisés pour l'occasion. Il pourrait s'agir de la plus grande opération d'expulsion de l'histoire de l'Etat du Minas Gerais, et de l'une des plus grandes de ces dernières années au Brésil. 

Étant à l'origine de la procédure juridique, l'entreprise Granja Werneck, propriétaire d'une partie du terrain, ainsi que la mairie de Belo Horizonte envisagent d'y réaliser conjointement une opération immobilière représentant un investissement d'environ 1 milliard de reais (332 millions d'euros).

Dès l'annonce du risque d'expulsion, les familles ont déclaré qu'elles n'avaient aucun autre endroit où aller et qu'elles résisteraient jusqu'au bout. Des barricades ont été montées sur toutes les voies d'accès menant aux terrains. À côté des principales entrées, des groupes font le guet en permanence tandis que des hélicoptères de la police militaire effectuent des rondes incessantes au dessus des terrains. Un vaste mouvement de solidarité s'est articulé autour des communautés menacées et plusieurs groupes de soutien s'y relaient jour et nuit. Plusieurs personnalités telles que le recteur de l'Université PUC Minas ou encore l'évêque Dom Wilson, de l'archidiocèse de Belo Horizonte, se sont rendus sur place en solidarité aux familles ces derniers jours.

Le dimanche 10 août, en début d'après-midi, des affrontements ont eu lieu tandis que la police intervenait pour démonter une barricade installée sur un carrefour près des terrains occupés. Les policiers auraient été la cible de jets de pierre, suite à quoi l'un d'eux aurait sorti son arme et tiré quelques coups de feu en l'air avant de la pointer en direction des occupants. 

Le mardi, au matin, les hélicoptères de la police militaire survolant les terrains ont lâché – depuis les airs – des tracts annonçant l'imminence de l'opération d'expulsion : « L'opération d'expulsion va bientôt avoir lieu. Nous conseillons aux femmes enceintes, personnes âgées et enfants de quitter les lieux dans l'intérêt de leur intégrité physique et psychologique. » La tension est montée de plusieurs crans dans la journée. En fin d'après-midi, un autre hélicoptère qui survolait de très près les terrains a été accueilli par des tirs de feu d'artifices et jets de pétards. Des occupants ont alors mis le feu à quelques barricades en signe de résistance. « S'ils survolent le terrain comme ça, ce n'est pas seulement pour nous intimider, ils doivent être en train de préparer stratégiquement l'opération d'expulsion », craignait alors l'un d'eux. Le soir même, d'importants effectifs de police ont commencé à encercler le terrain. Tout indiquait que l'opération d'expulsion aurait lieu dans la nuit. Peu avant minuit, un juge spécialisé dans le droit des enfants et des mineurs a fait annuler l'opération en raison des nombreux jeunes et très jeunes enfants vivant sur les terrains. Le lendemain, la juge Selma Maria Marques de Souza a rejeté l'annulation, rendant la procédure d'expulsion à nouveau valable. 

Les groupes de soutien aux occupants ont récemment lancé un appel international à la solidarité, au nom de la défense des droits de l'homme. Ils disent craindre le pire pour les familles vivant sur les terrains, notamment pour les nombreux enfants en bas âge et personnes âgées présents. Au regard de la violence dont a souvent fait preuve la police militaire brésilienne dans ce type d'opération, ils redoutent qu'un « nouveau Pinheirinho ait lieu », faisant référence à la violente expulsion, en janvier 2012, d'une communauté comptant près de 1 700 familles près de São José dos Campos, dans l'État de São Paulo. La violence commise par la police brésilienne à l'égard des familles, qui aurait eu pour conséquence au moins deux morts et plusieurs dizaines de blessés – dont des enfants –, avait alors provoqué une vague d'indignation dans le pays. 

Les trois terrains de la région de l'Isidoro avaient été occupés l'année dernière, en pleine effervescence des mouvements sociaux de juin 2013 – époque à laquelle des dizaines d'autres terrains avaient été occupés spontanément dans plusieurs endroits du pays.

Selon une étude réalisée par la Fondation João Pinheiro, l'État du Minas Gerais possèderait le second plus grand déficit en logements du pays. Sa capitale, Belo Horizonte, comptabilise à elle seule un déficit de 150 000 logements (IPEA, 2010) et plus de 15 000 familles y vivent sur des terrains occupés en situation d'illégalité foncière. 

Collectif de journalisme indépendant Vira Lata

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart

 

 


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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 17:09

 

 

 

Source : www.youtube.com

 

 

 

 

 

S.O.S. AMAZÔNIA / STOP BELO MONTE (fr): une main verte, une main rouge, peuples levez vous !

Ajoutée le 27 mai 2014

http://raoni.com/actualites-786.php : Coupe du monde (Brésil 12 juin - 13 juillet 2014), refaites le match et rejoignez symboliquement une équipe de soutien à la sauvegarde de l'Amazonie, poumon de la planète.

REJOIGNEZ LES ÉQUIPES 'S.O.S. AMAZÔNIA' (main verte) et 'STOP BELO MONTE!' (main rouge).

Portez, utilisez et diffusez ces deux emblèmes pour briser le mur du silence.

Main verte : http://raoni.com/mao-verde.jpg
Main rouge : http://raoni.com/mao-vermelha.jpg

 

 

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 17:26

 

 

Source : www.reporterre.net


 

 

Accueil > Ecologie > Au Brésil, la décroissance fait son chemin

Ecologie

 

Au Brésil, la décroissance fait son chemin

Anthony Laurent (Reporterre)

jeudi 12 juin 2014

 

 

 

Au Brésil, alors que la Coupe du monde débute ce soir, les mouvements sociaux exigeant de meilleurs services de santé, d’éducation et de transport ne désarment pas. En marge de ceux-ci, des revendications pour un changement radical de société, basé sur la « décroissance soutenable », se font de plus en plus entendre.


« L’un des faits marquants de Rio+20 [la Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable qui s’est tenue dans la capitale brésilienne du 20 au 22 juin 2012, NDLR], et peut-être le plus prometteur, a été la création du Réseau Brésilien pour une Décroissance Soutenable (RBDS). »

Pour Philippe Léna, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), cet « ovni » peut contribuer à remettre en cause un certain nombre de croyances – à commencer par les prétendus bienfaits de la croissance économique – dans un pays obnubilé par l’« idéologie du rattrapage » et « croyant fermement dans sa vocation de future grande puissance ».

« La croissance fait partie des tabous de la société brésilienne, observe-t-il. Pourtant, le Brésil dispose des ressources matérielles, techniques et financières pour mettre en place un autre modèle de société avant qu’il ne soit complètement prisonnier du système, comme c’est le cas pour l’Europe, les États-Unis et le Japon. »

Un pays profondément inégalitaire

Devenu en 2011 la sixième puissance économique mondiale – avec un PIB atteignant 2 469 milliards de dollars –, le Brésil reste un pays profondément inégalitaire, gangrené par une corruption endémique. « La concentration du revenu y est d’une injustice flagrante », commente Alan Ainer Boccato-Franco, l’un des fondateurs du RBDS (Rede Brasileira pelo Decrescimento Sustentavèl, en portugais [1]).

En 2011, le quintile des plus riches détenait 57,7 % du revenu national, tandis que le quintile des plus pauvres, à peine 3,5 %. En outre, la fortune des 49 Brésiliens les plus riches atteint 300 milliards d’euros, l’équivalent du revenu annuel de près de 90 % des ménages brésiliens (environ 57 millions de ménages) [2].

« Cette minorité richissime ne s’approprie pas seulement le revenu, mais aussi la propriété de la terre, le contrôle des médias, du marché de détail et du système politico-institutionnel », s’insurge le décroissant brésilien. Pour lui, « parler de décroissance, c’est remettre en cause cette concentration de la richesse et du pouvoir, et s’attaquer aux structures et à l’idéologie qui soutiennent le consumérisme et le productivisme irresponsables et générateurs d’exclusion. »

Comme le rappelle Philippe Léna, « la décroissance vise, entre autres objectifs, la réduction radicale des inégalités entre pays, et au sein de chaque pays, en préconisant des mesures comme le revenu maximum et la disparition du chômage par la réduction du temps de travail et un revenu pour tous. »

La décroissance : un frein à la frénésie extractiviste

Outre le contexte socio-économique, la situation environnementale du Brésil offre également un terrain favorable aux idées de la décroissance. A l’instar du Bolivien Evo Morales, de l’Équatorien Rafael Correa et du Vénézuelien Nicolas Maduro – réputés « de gauche » –, le gouvernement de Dilma Rousseff poursuit sa frénésie extractiviste et continue d’exporter massivement des ressources minières et agricoles à destination des pays du Nord.

« Or, avec l’exploitation minière, pétrolière, gazière et forestière, la construction des barrages hydroélectriques, l’expansion de l’agro-business, etc., la pression sur les aires protégées et les terres indigènes s’accentue et les Brésiliens commencent à associer cela à la croissance. Ils acceptent de moins en moins que ce soit "la rançon du progrès". Il y a donc un créneau pour discuter de la décroissance », relève Philippe Léna.


- Le site de Belo Monte -

Avec une croissance annuelle s’effondrant de 7,5 % en 2010 à 2,3 % en 2013 – 2014 devrait être à l’avenant –, le modèle de développement brésilien, élaboré pour des taux de croissance d’au moins 3,5 %, commence à montrer ses limites.

En outre, via des baisses d’impôts consenties aux constructeurs, des taux d’intérêts favorables et le maintien artificiellement bas du prix de l’essence, Brasilia favorise l’industrie automobile. Entre 2008 et 2011, le pays a produit environ 10 millions de véhicules.

« Les villes brésiliennes, déjà conçues pour la voiture, sont paralysées par l’augmentation exponentielle du nombre de véhicules. De plus en plus de citoyens en voient les inconvénients », note le chercheur.

Les classes moyennes cultivées, davantage que les classes populaires – qui bénéficient directement des politiques de redistribution sociale du gouvernement fédéral –, s’avèrent être les plus sensibles à la dégradation de l’environnement et au sort des populations indigènes. « La décroissance est un thème qui commence à émerger dans cette catégorie de la population », précise Philippe Léna.

Un mouvement en construction pour initier une société post-croissance

C’est dans ce contexte que le RBDS a pris racine. D’abord officieux, le réseau a été lancé officiellement – sans faire l’unanimité toutefois – à la veille de Rio+20 [3]. Même s’il a gagné en visibilité, « le mouvement en soi n’est pas structuré ni organisé, explique Mildred Gustack Delambre, cofondatrice du RBDS et permacultrice au sein du projet Nova Oikos. Nous nous retrouvons surtout pour écrire des articles, traduire des livres [4], nous entraider lors de travaux ponctuels et participer à des rencontres locales. Les distances entre nous sont trop grandes pour mener des actions collectives plus fortes. Néanmoins, nous souhaitons consolider notre groupe et organiser une grande rencontre nationale dès 2015. »

Selon elle, la décroissance redéfinit les besoins réels des Brésiliens face à ceux créés artificiellement par le marché. « La redéfinition de la notion de besoin devrait être au centre des stratégies pour résoudre les problèmes auxquels font face les pays du Sud, affirme Alan Ainer Boccato-Franco. Contrairement à la croissance, qui sert les besoins du système économique, la décroissance se préoccupe des besoins humains. Et dans les pays du Sud, ceux-ci sont énormes. »

Dans le même temps, cette dernière ouvre la voie aux « alternatives concrètes de transition vers une société post-croissance », avance Mildred Gustack Delambre, qui rejoint en cela Serge Latouche, pour qui la décroissance, « matrice autorisant un foisonnement d’alternatives […], rouvre les espaces de l’inventivité et de la créativité bloqués par le totalitarisme économiciste, développementiste et progressiste » [5].

Des échos académiques et politiques...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 


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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 16:14

 

Source : www.mediapart.fr

 

Pendant le Mondial, le Brésil déploie l'armée pour tenir la rue

|  Par Lamia Oualalou

 

 

 

Il y a d'abord une criminalité galopante. Il y a aussi une multiplication des mouvements sociaux qui menace de déborder le pouvoir. Pour renforcer une police mal formée et accusée de violences, les autorités brésiliennes ont décidé de recourir à l'armée. En tout, près de 200 000 hommes vont être mobilisés durant la Coupe du monde de football.

Rio de Janeiro, de notre correspondante.  C’est un petit fascicule de trois pages élaboré par la police civile de São Paulo. Destiné aux touristes étrangers en partance pour le Brésil, il est distribué depuis quelques jours dans leurs aéroports d’origine et dans les principaux consulats. Ne pas se balader dans la rue avec des objets précieux ; faire attention à ne pas être suivi ; en cas de tentative de larcin, « ne pas réagir, ne pas crier, ne pas discuter ». L’angoisse des autorités, c’est le vol suivi de meurtre, provoqué par une réaction « inadaptée » de la victime.

En 2012, le Brésil a enregistré 56 337 assassinats, un record historique. Pour une population de 100 000 habitants, 29 personnes sont victimes d’homicides, un taux digne d’un pays en guerre. « Les vols à main armée sont la principale préoccupation du gouvernement, d’où toutes les recommandations et le déploiement de ressources humaines considérables dans les zones touristiques et autour des stades », explique Laurence Allan, qui dirige la branche latino-américaine du cabinet de conseil IHS Country Risk.

La police compte sur la traditionnelle trêve des factions criminelles, à l’image de celle qui a été constatée à Rio de Janeiro, en 2007, pendant les Jeux panaméricains. À São Paulo, une source au sein du gouvernement local explique que le temps de la Coupe du monde, la police cessera les opérations antidrogue pour que le gang tout puissant Primeiro Comando da Capital, le PCC, évite les agressions et les hold-up qu’il ordonne généralement pour compenser la perte d’un chargement de stupéfiants.

Le fait que les touristes brésiliens et étrangers vont beaucoup se déplacer – les uns comme les autres devraient visiter en moyenne trois régions – inquiète les autorités, tant la géographie de la violence a changé ces dernières années. En diminution dans les grandes capitales du sud-est, comme Rio et São Paulo, le nombre d’assassinats s’est envolé dans les métropoles du Nordeste et, de façon générale, dans les villes moyennes de l’intérieur. Si Rio de Janeiro a démontré à plusieurs reprises sa capacité à organiser des méga-événements sans incidents majeurs – comme le sommet sur la terre Rio + 20 en 2012 ou les Journées mondiales de la jeunesse qui ont attiré 600 000 visiteurs l’année dernière –, des villes comme Recife, Salvador ou Fortaleza sont loin d’avoir ce savoir-faire.

 

Manifestation des employés du métro en grève, fin mai.Manifestation des employés du métro en grève, fin mai. © Midia Ninja
 Professeurs en grève à Rio de Janeiro, le 30 mai 2014. Professeurs en grève à Rio de Janeiro, le 30 mai 2014. © Midia Ninja
Professeur interpellée lors de la manifestation de Rio. 
Professeur interpellée lors de la manifestation de Rio. © Midia Ninja

Bien que moins visitées par la presse étrangère et locale, concentrées sur Rio et São Paulo, ces villes sont également le théâtre, depuis plusieurs semaines, de grèves et de manifestations. Alors que 55 % de la population juge que la Coupe du monde sera plus nuisible que positive au pays, l’insatisfaction s’exprime moins dans la rue que l’année dernière. Les mouvements anti-coupe n’attirent plus que quelques centaines de personnes. Ce sont désormais les syndicats plus organisés qui prennent le relais, pour des revendications de hausse de salaires et d’améliorations des conditions de travail.

Professeurs, conducteurs de bus, agents du métro, policiers fédéraux : ces rassemblements corporatistes s’expliquent surtout par la proximité des élections générales, en octobre prochain, mais ils tablent sur la surexposition médiatique de la Coupe pour faire pression sur les gouvernants.

Répression disproportionnée

« Le véritable risque pour la sécurité viendrait d’un incident provoqué par une répression disproportionnée de la part des forces de l’ordre, qui pourrait rameuter la société civile, surtout si parallèlement, l’équipe nationale n’est pas à la hauteur des attentes », analyse Ignacio Cano, spécialiste de la violence urbaine à l’Université d’État de l’État de São Paulo. L’année dernière, alors que les principaux médias locaux minimisaient l’impact des premières manifestations en faveur d’une amélioration des services publics, c’est l’agression des journalistes par la police qui les a fait changer de ton, mobilisant des pans entiers de la classe moyenne.

 

Manifestation des populations indiennes devant les stades, fin mai.Manifestation des populations indiennes devant les stades, fin mai. © Midia Ninja
La police à cheval charge les manifestants indiens. 
La police à cheval charge les manifestants indiens. © Midia Ninja

Les autorités ont beau multiplier les avertissements et les appels à la collaboration de collègues étrangers – des CRS français et des équipes du FBI américain sont notamment venus assister la police militaire de Rio –, à chaque rassemblement, des informations concernant des blessés ou des interpellations abusives font le tour des réseaux sociaux. Les images, il y a deux semaines, de policiers lançant des bombes lacrymogènes sur 500 Indiens en peintures de guerre lors d’une manifestation anti-Mondial à Brasilia ont choqué. Une récente étude de la Fondation Getulio Vargas, citée par le quotidien carioca O Globo, révèle que 64 % des policiers de Rio de Janeiro confessaient n’avoir reçu aucune formation pour faire face aux manifestations et qu’ils étaient contraints à l’improvisation.

Pour éviter tout dérapage, le gouvernement joue sur le nombre. Il va déployer un contingent de 157 000 personnes, entre agents municipaux, policiers et militaires dans les douze villes hôtes de la compétition. En outre, 20 000 vigiles privés officieront dans les stades, soit 1 800 par match. Le recours à l’armée de terre a été décidé à la mi-mai par la présidente Dilma Rousseff quand, après avoir promis que « personne ne toucherait un cheveu des sélections », elle a vu le bus de l’équipe nationale cerné par des professeurs en grève. Le renfort militaire va plus loin, jusqu’à l’occupation de territoires entiers. C’est le cas à Rio de Janeiro, où 2 700 militaires sont installés dans le Complexe de la Maré, un ensemble de seize favelas proche de l'aéroport international.

« Le gouvernement fait le choix de la militarisation de la sécurité, qui est déjà un gros problème au Brésil », dénonce Christopher Gaffney, géographe spécialiste des méga-événements à l’Université fédérale. « On renforce ce modèle qui consiste à faire des masses populaires l’ennemi, il faudrait au contraire repenser toute la politique de sécurité publique », poursuit-il.

C’est en effet ce que suggère le regain de violence dans les favelas de Rio de Janeiro, dont une partie a enregistré un certain apaisement depuis la fin de 2008, quand elles ont accueilli des « unités de police pacificatrices », les UPP. Ces commissariats de proximité installés au cœur de la communauté n’avaient pas pour vocation d’expulser le narcotrafic, mais au moins d’en finir avec le contrôle du territoire par des gangs surarmés, avec succès : les assassinats ont chuté de 26,5 % l’année dernière dans les UPP.

Les critiques persistent, à l’égard d’un projet qui privilégie les quartiers riches et touristiques, et contre l’attitude autoritaire de la police, qui interdit notamment les « bals funk », principal loisir dans les favelas. Reste que pour la première fois depuis vingt ans, Rio de Janeiro semblait avoir trouvé une nouvelle politique de sécurité, avec la participation des trois niveaux de pouvoir – État fédéral, État régional et municipalités –, un fait rarissime dans l’histoire de la « Ville merveilleuse ».

« On s’est trop rapidement reposés sur nos lauriers, comme si ces premières expériences allaient résoudre tous nos problèmes », regrette le colonel Robson Rodrigues, qui a dirigé les UPP entre 2010 et 2011. Ces dernières semaines, les narcotrafiquants ont profité de la pression provoquée par l’arrivée de la Coupe du monde, la proximité des élections et la multiplication des manifestations pour récupérer les territoires dont ils ont perdu le contrôle depuis 2008. Leurs attaques de plusieurs postes de police implantés dans ces favelas ont provoqué la mort de six agents.

Accusations de torture et d'assassinats

Les gangs ont également profité de la mauvaise humeur de la population à l’égard d’une police accusée de brutalité, voire de torture et d'assassinats. En juillet 2013, la disparition du maçon Amarildo Dias de Souza après son interpellation par des policiers de l’UPP de Rocinha, la principale favela de la ville, a fait scandale. Dans tous le pays, des manifestants ont arboré des banderoles « Où est Amarildo ? » pour dénoncer une police qui tue en moyenne cinq personnes par jour.

En avril, Douglas Rafael da Silva Pereira, un jeune danseur, est mort d'un coup de feu qu'on présume tiré par un policier, à Cantagalo, une favela de Copacabana, le quartier le plus touristique de Rio de Janeiro. Son décès avait déclenché une violente émeute. « Entre 2002 et 2011, plus de 10 000 personnes ont été tuées par la police dans l’État de Rio, au nom de la légitime défense », dénonce Alexandre Ciconello, responsable des droits de l’homme à l’antenne locale d’Amnesty International.

 

Un journaliste attaqué par une patrouille militaire lors d'une manifestation fin mai. 
Un journaliste attaqué par une patrouille militaire lors d'une manifestation fin mai. © Midia Ninja
Patrouille dans les rues de Rio de Janeiro.Patrouille dans les rues de Rio de Janeiro. 
Patrouille dans les rues de Rio de Janeiro.Patrouille dans les rues de Rio de Janeiro. © Lamia Oualalou

« Ces épisodes de violence policière sont lamentables, parce qu’ils mettent en péril la politique de proximité qu’il faudrait bâtir », regrette le colonel Robson Rodrigues. Alors qu’elles semblaient faire partie du paysage, les UPP sont désormais menacées. Même si la sécurité des touristes n’est pas en jeu, c’est celle de la population, en particulier dans les quartiers défavorisés, qui inquiète. La police a d’autant plus de mal à gagner la confiance de la population et à être plus efficace, que les expériences dans les commissariats, positives ou négatives, ne sont recensées nulle part, poursuit Robson Rodrigues : « Tout fonctionne à l’intuition, ça marche dans certaines favelas parce que les chefs des UPP favorisent le dialogue, mais ce n’est pas une politique de proximité. »

En tablant sur la militarisation à l’échelle nationale, le gouvernement fédéral devrait obtenir une certaine tranquillité mais sans garantie pour l’avenir. En termes d’images, les dégâts risquent en revanche d’être considérables : il n’est pas sûr que des patrouilles surarmées et des policiers avançant sous des carapaces à la Robocop constituent la meilleure publicité pour le Brésil.

 

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Source : www.mediapart.fr

 

 

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 01:49

 

Source : www.reporterre.net

 

Ecologie

Au Brésil, la Coupe du monde du football se jouera dans des éléphants blancs

Andrea Barolini (Reporterre)

vendredi 25 avril 2014

 

 

 

 

Des émeutes ont eu lieu mardi soir au Brésil, à Copacabana. A six semaines de la Coupe du monde de football, le pays est tout sauf calme. Une des raisons en est la débauche d’argent dépensé pour des stades démesurés, quand pauvreté et inégalité sont toujours immenses. Voici un tour guidé de ces grands projets footballistiques inutiles.

 


 

Mardi 22 avril, de violentes émeutes à Copacabana, au Brésil, ont opposé des jeunes des favelas et des policiers. Un homme serait mort au cours des manifestations, qui témoignent que, moins d’un an après l’agitation sociale de juin 2013, la société reste toujours en colère. En cause, notamment : les investissements colossaux réalisés pour la Coupe du monde de football, alors que des besoins sociaux urgents ne sont toujours pas satisfaits. Le gouvernement a essayé de présenter sa démarche comme "environnementale". Mais ça ne suffit pas...

Les efforts que l’Afrique du Sud a fournis en 2010 pour rendre la Coupe du monde de football écologique « ne sont pas suffisants. Cela mérite d’être pris en compte sérieusement par la Fédération Internationale de Football (la Fifa, ndlr) ». C’était en octobre 2012 : le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) soulignait que l’organisation du Mondial africain n’avait pas été à la hauteur en matière environnementale.

Officiellement, les indications du PNUE ont été entendues par les autorités brésiliennes, qui pour la vingtième édition de la Coupe du monde vont présenter douze stades « écologiques », flambant neufs ou rénovés, à Rio de Janeiro, Brasilia, Fortaleza, Belo Horizonte, Sao Paulo, Porto Alegre, Salvador de Bahia, Recife, Cuiaba, Manaus, Natal et Curitiba.

Les organisateurs de l’événement – qui se déroulera du 12 juin au 13 juillet - se sont engagés à réduire l’impact sur l’environnement, en utilisant des technologies durables allant des systèmes d’éclairage efficaces à la réduction de la consommation d’eau, en passant par l’accessibilité pour les personnes handicapées et par les transports écologiques.

Ainsi, le stade Maracanà de Rio de Janeiro - le temple du foot planétaire, édifié pour la Coupe du monde 1950 - a été rénové et présenté comme un exemple de développement durable. Son toit est garni de mille cinq cents panneaux photovoltaïques qui assurent son autonomie énergétique (le projet a été mené par un partenariat entre les sociétés Yingli, Light Esco, la française EDF et l’État de Rio de Janeiro).

De même, le stade de Belo Horizonte, a été le premier à recevoir le label Leadership in Energy and Environmental Design (LEED), une certification américaine octroyée aux bâtiments à haute qualité environnementale.

Mais la cerise sur le gâteau est le stade de Brasilia. Entièrement rénové, il a été conçu comme le premier stade 100% écologique au monde. Il produit autant d’énergie qu’il en consomme, utilise des lumières LED pour l’éclairage et sa pelouse est arrosée grâce à un système de stockage et d’utilisation de la pluie.

Le toit est complètement recouvert de panneaux solaires fournissant autant d’électricité quotidiennement que ce qu’en consomment mille maisons. De plus, la structure est dotée d’une membrane photo-catalytique pour capter les particules polluantes et améliorer la qualité de l’air.

 


- A Manaus -

 

Des stades très coûteux, et qui ne serviront plus

Un seul inconvénient : ces stades risquent fort de se transformer en « élephants blancs », une fois éteints les feux de la fête. L’exemple le plus évident est le stade de Manaus, l’Arena da Amazônia. Il pourra accueillir 40.000 personnes pendant la Coupe, et selon la FIFA fera partie d’un « complexe qui offrira de nombreux services comme des restaurants, un parking souterrain et un accès par bus et monorail ».

Mais nombreux sont ceux qui sont révoltés par ce projet pharaonique qui a coûté 205 millions d’euros. Pour une raison de bon sens : après le Mondial le stade ne sera plus utilisé, car la meilleure équipe locale, le Nacional, évolue en Série D, la quatrième division brésilienne. Habituellement, moins de deux mille personnes suivent les matches de cette modeste équipe : le stade sera un monument inutile au milieu de la forêt amazonienne.

A Cuiaba, la situation est la même. Le stade de 43.000 spectateurs trônera dans une ville où les équipes végètent en Série C et D. Tandis qu’à Natal, l’Arena des Dunas, qui a coûté 125 millions d’euros, après avoir accueilli quatre matches durant la Coupe du Monde, servira de costume bien trop grand à deux clubs de Série B : l’ABC et l’America RN.

 


- A Natal -

 

« En plus du football, l’Arena das Dunas sera utilisée pour des concerts, des salons commerciaux, des ateliers, des événements majeurs et des expositions », a déclaré la présidente Dilma Rousseff lors de l’inauguration du stade, tentant d’enrayer la polémique. Mais même avec ces activités, une infrastructure sportive de 42.000 places reste démesurée.

Et quand les activités alternatives ne se déroulent pas, il faudra payer l’entretien de l’Arena, qui a été évaluée par un dirigeant du stade en 376.000 euros par mois.

Et puis, il y a le stade de la capitale Brasilia, le Mané Garrincha : 71.000 places en plein centre ville. Un monstre qui a coûté 380 millions d’euros, et qui sera le théâtre des matches du Gama et de la Brasiliense, deux équipes mineures suivies jusque-là par… quelques centaines de personnes.

D’ailleurs, l’attention à l’environnement proclamée par les autorités risque de cacher la stratégie énergétique et environnementale du gouvernement sud-américain. Depuis plusieurs années, en effet, des Ong écologistes ont critiqué le double discours des autorités brésiliennes.

« Compte tenu de notre expérience du Brésil, on peut dire que le gouvernement n’a qu’une stratégie de marketing », dit à Reporterre Gert-Peter Bruch, président de l’association Planète Amazone, qui soutient les peuples autochtones d’Amazonie dans leur combat contre la déforestation.

« L’actuelle présidente Dilma Rousseff était ministre de l’Energie du gouvernement de Lula. Elle a développé le plan d’accélération économique du pays, y compris les projets de grands barrages qui posent d’énormes problèmes environnementaux et de droits de l’homme », poursuit-il.

Le plus connu de ces projets est sans doute celui de Belo Monte, en Amazonie : un immense barrage qui menace de détruire des équilibres sociaux et environnementaux fragiles juste au milieu du poumon vert de la planète, dans l’Etat du Para.

« Nous sommes convaincus, accuse Valérie Cabanès, juriste spécialisée dans les droits de l’homme, que la Coupe du Monde et les Jeux olympiques seront le prétexte pour accélérer le calendrier de travaux comme celui de Belo Monte, dont le chantier est désormais ouvert 24 heures sur 24. Le Brésil veut rivaliser avec les grandes puissances du monde en magnifiant son développement ».

Dans ce contexte, Amnesty International a dénoncé le fait que certains travaux pour le Mondial se sont soldés par des expulsions forcées.

 

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 15:28

 

 

Source : www.facebook.com/raoni.com.fr

 

 

 

 


Suite aux crues historiques du Rio Madeira dans l'état de Rondônia au Brésil, les dégâts ont été tels que la justice brésilienne s'est retournée contre les instigateurs des barrages de Jirau et Santo Antônio, qui reçoivent tous deux la participation d'entreprises françaises (GDF-Suez, Alstom). Les barrages sont bloqués jusqu'à ce que soient effectuées de nouvelles études sous contrôle.
GRANDS BARRAGES en Amazonie: LA NATURE CONTRE-ATTAQUE!
Photo : GRANDS BARRAGES en Amazonie: LA NATURE CONTRE-ATTAQUE! Suite aux crues historiques du Rio Madeira dans l'état de Rondônia au Brésil, les dégâts ont été tels que la justice brésilienne s'est retournée contre les instigateurs des barrages de Jirau et Santo Antônio, qui reçoivent tous deux la participation d'entreprises françaises (GDF-Suez, Alstom). Les barrages sont bloqués jusqu'à ce que soient effectuées de nouvelles études sous contrôle...
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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 21:33

 

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BELO MONTE : AMAZONIE SOUS HAUTE TENSION

Publiée le 23 janv. 2014

Un film réalisé par Alexandre Bouchet.
Equipe de tournage : François Cardona, Basile Dell, Rodolphe Darblay.
Édifié en pleine Amazonie, sur le Rio Xingu, le barrage de Belo Monte sera en 2015 le troisième plus grand barrage du monde, censé approvisionner en énergie la croissance du Brésil. Ce chantier pharaonique se trouve à la frontière du plus grand territoire indigène au monde. Plus de 20 000 indiens, une cinquantaine d'ethnies vivent autour du fleuve Xingu ; ils n'ont jamais été aussi près de l'extinction. Une armada de bulldozer creuse la terre et fait table rase de la forêt. Les indiens en colère sont récemment passés à l'attaque, ils ont pris d'assaut le chantier. Les ouvriers se sont aussi révoltés contre les conditions de travail, détruisant les machines et une partie des locaux. L'arrivée massive de 30 000 hommes a bouleversé la petite ville d'Altamira où la prostitution et le trafic de drogue ont explosé. Des bataillons de militaires ont été appelés en renfort pour lutter contre le chaos qui s'installe. Au cœur du Far West brésilien, chronique d'un cauchemar écologique sur fond de choc des civilisations.

 

 

 

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