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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 17:22

 

 

Source : https://www.lesechos.fr

 

 

Législatives : le jackpot d’En Marche et les 90 millions perdus du PS

 

Raphael BlochGabriel Nedelec Le 19/06 à 16:31

 

 

Les résultats aux élections déterminent le montant des aides publiques aux partis. - SIPA

 

 

Les résultats des législatives déterminent le montant des dotations publiques aux partis. Tour d'horizon des gagnants et des perdants du second tour.

Qui va gagner des millions ? Alors que les élections législatives viennent de donner la majorité absolue à Emmanuel Macron, l'heure des comptes a sonné pour les partis politiques. Et comme dans le célèbre jeu télévisé de Jean-Pierre Foucault, tous n'ont pas touché le gros lot.

>> Les résultats des législatives 2017

Les dotations publiques aux partis, régies par la loi du 11 mars 1988, comportent deux volets. Le premier dépend du nombre de voix obtenues au premier tour des législatives. Pour y avoir droit, il faut qu'au moins cinquante candidats d'une formation politique dépassent 1% des suffrages. Chaque voix leur rapporte 1,42 euro par an.

Le deuxième volet dépend du nombre de députés et sénateurs élus qui se déclarent tous les ans rattachés à un parti. Chaque parlementaire rapporte actuellement 37.700 euros. Une retenue est imposée en cas de non-respect de la parité hommes-femmes. Selon les premiers calculs effectués par "Les Echos", la répartition de la dotation publique 2017-2022 se fera comme suit :

Le jackpot pour En Marche

C'est ce qu'on appelle une entrée fracassante. A peine fêtée la date anniversaire de sa création, le parti lancé par Emmanuel Macron en 2016 est déjà multimillionnaire. La formation qui compte désormais 308 sièges au Palais Bourbon va bénéficier de 9,1 millions d'euros au titre de ses résultats du premier tour (6,4 millions de voix). Sur le quinquennat, cela correspond à 45,4 millions d'euros.

 

 

Une somme à laquelle il faut ajouter les 11,6 millions d'euros annuels que le parti va obtenir grâce au nombre de ses députés, soit 58 millions d'euros sur le quinquennat. Avec ces résultats, LREM fait coup double, puisqu'en plus de devenir le premier parti de France à l'Assemblée, il en devient le plus riche avec près de 100 millions de dotations publiques (99,5 millions) d'ici à 2022.

 

Le Modem ressuscité

Personne n'imaginait un tel come back pour le parti de François Bayrou, dépourvu de députés sur la fin du quinquennat Hollande. Jean Lassalle, dernier député Modem, a en effet quitté le parti en 2016. Grâce à son alliance avec LREM, le parti centriste a obtenu 932.227 voix au premier tour, soit 1,32 million d'euros par an jusqu'en 2022.

Parallèlement, à la faveur de ses 42 députés, le parti héritier de l'UDF devrait pouvoir former un groupe parlementaire, indispensable pour exister au Palais Bourbon, et obtenir 1,58 million euros de financements supplémentaires par an, soit 7,92 millions sur cinq ans. Cumulés, le parti qui dispose de deux ministres au gouvernement, va donc obtenir une dotation publique de 14,5 millions d'euros sur tout le quinquennat.

 

Les Républicains perdent gros

Même s'ils ont limité la casse en conservant 113 députés, Les Républicains ont perdu très gros au soir du second tour. Criblé de dettes malgré une tentative de redressement financier, le parti n'a récolté que 3,6 millions de voix au premier tour (5,11 millions d'euros), contre un peu plus de 7 millions en 2012 (10 millions d'euros). Sur le quinquennat cela représente un manque à gagner de 24,45 millions d'euros par rapport à la législature précédente.

 

A ces chiffres, il faut ajouter les dotations publiques liées au nombre d'élus (113) qui vont rapporter 4,26 millions d'euros par an au parti de la droite, alors que les députés de la mandature précédente avaient rapporté 7,31 millions d'euros par an. Sur cinq ans, ce recul va représenter un manque à gagner de 15,3 millions d'euros. Au total, le parti de la droite va donc perdre près de la moitié de ses financements publics, soit 39,75 millions d'euros sur la durée du quinquennat.

 

L'UDI également pénalisée

Alliée au parti LR, l'UDI a plutôt limité la casse. Le parti de centre droit, à l'époque constitué du Parti radical valoisien et du Nouveau centre, est passé de 18 sièges obtenus en 2012 à 17 pour la mandature de 2017. Au premier tour, l'UDI a obtenu le suffrage de 687.225 personnes, ce qui lui donne droit à 975.859 euros par an, soit 4,9 millions sur cinq ans.

Les 17 députés rapportent pour leur part 640.900 euros, soit 3,2 millions sur le quinquennat . Au total, le parti peut donc compter sur 8,1 millions d'euros pour cette nouvelle législature. Soit une perte de près de deux millions d'euros par rapport à 2012 (9,74 millions d'euros au total sur le quinquennat).

 

Le Parti socialiste perd près de 100 millions d'euros

C'est le crash financier de ces législatives. Alors que le PS disposait de 280 députés en 2012, les résultats du second tour constituent un tremblement de terre. Même s'il n'est pas endetté et qu'il est propriétaire de son QG rue de Solférino, le parti va perdre pas loin de 100 millions d'euros sur les cinq années à venir !

 

 

Au premier tour des législatives, le PS n'a obtenu que 1.685.773 voix qui ne lui rapporteront que 2,39 millions euros par an, à comparer aux 10,82 millions d'euros annuels (7,6 millions de voix au premier tour) du quinquennat précédent, soit une perte de 42,15 millions d'euros d'ici à 2022.

Mais ce n'est pas tout. Les 29 députés PS ne rapporteront au parti que 5,47 millions d'euros sur cinq ans, quand leurs prédécesseurs représentaient une manne de 53,7 millions d'euros. Au total, le PS va donc perdre 90,38 millions d'euros. Pour éviter la faillite, certains envisagent déjà de... déménager le siège .

 

EELV, espèce menacée

Partenaire privilégié du Parti socialiste, le parti écologiste n'a pas réussi à reproduire ses bons scores de 2012. Affaibli par les divisions, le parti dirigé par David Cormand n'a réuni que 773.767 des voix au premier tour, soit 1,1 million d'euros par an et 5,5 millions d'euros sur le quinquennat.

 

 

Avec seulement un député élu pour la nouvelle mandature, EELV qui disposait de 18 députés en 2012, ne va récolter que 188.500 euros supplémentaires sur le quinquennat. Entre 2017 et 2022, le parti ne va donc engranger que 5,7 millions d'euros.

 

La gauche radicale progresse

Le mouvement a réussi en partie à capitaliser sur la bonne dynamique de Jean-Luc Mélenchon à la Présidentielle. Même si la progression en terme de sièges n'est pas spectaculaire, la gauche radicale, qui réunit La France insoumise et le PCF, a presque doublé ses dotations.

Avec ses 2,5 millions de voix au premier tour, la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon va bénéficier de 3,55 millions d'euros par an. Auxquels il faut ajouter 6,4 millions d'euros par an à la faveur de ses 17 députés nouvellement élus. Le parti peut donc compter sur 9,96 millions d'euros sur cinq ans.

Régulièrement concurrencé localement par des candidats investis par La France insoumise, le PCF a pour sa part réussi à obtenir 10 députés soit 1,89 million par an. Ses 615.503 voix du premier tour lui rapportent 4,37 millions sur les cinq années à venir, pour un total de 6,26 millions sur la mandature.

 

Sur le papier la potentielle alliance du parti de Jean-Luc Mélenchon avec le PCF peut donc compter au total sur 27,2 millions d'euros sur le quinquennat. Par comparaison, le Front de gauche avait récolté 14,59 millions d'euros sur cinq ans en 2012.

 

Le FN, l'ascenseur émotionnel

Ce devait être une année de victoires pour le FN. C'est finalement plus compliqué que prévu. Le parti n'est pas parvenu à mobiliser tous ses électeurs et n'a obtenu que 8 députés alors que le parti en espérait au moins 15 afin de former un groupe à l'Assemblée nationale. Maigre consolation, Marine Le Pen siégera au Palais Bourbon .

Pis, avec pourtant plus de députés élus à l'Assemblée, le parti de Marine Le Pen se retrouve moins bien doté en terme de financement public qu'en 2012. Ainsi, avec un peu moins de 3 millions de voix au premier tour et 8 députés, le parti ne peut revendiquer que 22,7 millions d'euros sur cinq ans. Alors que pour seulement 2 députés, mais 3,5 millions de voix au premier tour, le parti avait obtenu en tout 25,37 millions d'euros entre 2012 et 2017.

Sans compter que le FN, contraint de vendre son siège de Saint-Cloud pour surmonter la crise provoquée par les législatives de 2007, a au moins à son passif une dette de 9 millions d'euros, contractée en septembre 2014.

 

VIDEO. Législatives : un rude coup financier pour le PS, LR et le FN

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 17:08

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

Edouard Philippe, discret directeur d’Areva

 

Par

 

 

Entre 2007 et 2010, Édouard Philippe a été directeur des affaires publiques chez Areva. Entre les déboires de l’EPR, le gouffre d’Uramin et le scandale des mines au Niger, c’est la période noire pour le groupe nucléaire, celle qui le mènera à la faillite. Le moment est crucial pour un responsable chargé d’entretenir les relations avec le monde politique. Pourtant, Édouard Philippe semble s’être tenu à l’écart de tout. Il s’est fait si discret que rares sont ceux qui se souviennent de lui.

 

Édouard Philippe a toujours été d’une grande discrétion sur ses activités à Areva. La question, pourtant, ne pouvait pas ne pas lui être posée quand le nouveau premier ministre a nommé Nicolas Hulot au ministère de l’écologie. Comment lui, ancien directeur d’Areva, désigné comme « lobbyiste du nucléaire » par des organisations antinucléaires, allait-il cohabiter avec un des chefs de file de la fin du nucléaire et de la transition écologique ?

« Vous avez raison de faire cette remarque, a répliqué Édouard Philippe au micro de France Inter le 18 mai. Moi, j’ai travaillé chez Areva entre 2007 et 2010. Je ne compte pas m’en excuser. J’en ai été assez fier, assez fier de travailler dans une grande entreprise publique française avec des ingénieurs, des techniciens, des gens assez formidables. Comme, je crois, sont fiers tous ceux qui travaillent chez Areva ou chez EDF et qui font vivre la production énergétique française et notamment à base de nucléaire. Je ne m’en excuse pas. Je l’assume et j’en suis fier. » Voir ci-dessous entre 8 min 10 s et 8 min 53 s.

D’octobre 2007 à octobre 2010, Édouard Philippe a été directeur des affaires publiques d’Areva. Depuis le début du nucléaire, EDF et Areva – mais cela vaut aussi pour des groupes comme Veolia, Suez environnement, Engie dans d’autres domaines – ont toujours veillé à développer ces postes d’influence, pratiqués dans la plus grande discrétion, afin d’entretenir des relations étroites avec le gouvernement, les parlementaires, les élus locaux, la haute administration. Il s’agit pour ces grands groupes d’assurer une veille permanente pour conserver le soutien politique au nucléaire, de promouvoir des propositions législatives et réglementaires qui ne soient pas contre leurs intérêts. Il s’agit aussi de travailler au corps les élus locaux qui peuvent être partagés entre, d’une part, les risques potentiels et, d’autre part, les emplois et la manne que peuvent représenter des installations nucléaires sur leur territoire.

 

À la tête d’Areva, Anne Lauvergeon a toujours assumé elle-même une grande partie de ces tâches de relations publiques et politiques, où elle excelle. Depuis son passage à l’Élysée à la fin de l’ère Mitterrand, elle connaît tous les responsables politiques et de gouvernement. Issue du corps des Mines, elle a accès en direct à toute la haute administration. Elle bénéficie du soutien aveugle de Bruno Bézard, alors directeur de l’Agence des participations de l’État (APE). Et quand il le faut, elle n’hésite pas à forcer les portes.

Mais en 2007, Anne Lauvergeon, qui se voit des ennemis réels ou supposés partout, a un problème : Nicolas Sarkozy vient d’être élu à la présidence de la République. Elle n’ignore rien des cercles de pouvoir qui entourent le nouveau chef de l’État, lequel conteste sa vision et son rôle dans le nucléaire français, à commencer par le cercle formé autour de François Roussely (ancien PDG d’EDF) et Henri Proglio (nommé à la présidence d’EDF en 2009).

Nicolas Sarkozy ne cache pas sa volonté d’intervenir directement sur le sujet, se transformant en VRP pour aller vendre des EPR partout dans le monde, y compris en Libye, ou de réorganiser la filière nucléaire et de modifier le rôle d’Areva. Martin Bouygues, un proche du président, a déjà fait une déclaration d’intérêt pour entrer au capital d’Areva. Il est désormais le principal actionnaire d’Alstom, dont le sauvetage est considéré comme un des hauts faits d’armes industriels de Nicolas Sarkozy.

Le projet de rapprochement entre Areva et Alstom, qu’Anne Lauvergeon a réussi à faire capoter par deux fois, pourrait revenir sur la table. Elle a de puissants soutiens, dans toute la classe politique. À gauche, elle bénéficie de nombreux appuis socialistes. À droite, elle est notamment très proche du nouveau premier ministre, François Fillon, son voisin dans la Sarthe, qui la soutiendra tout au long de son mandat. Mais il faut compléter le dispositif. Édouard Philippe est un proche de Juppé – il l’a aidé à former l’UMP en 2002 – et il est disponible.

C’est bien pour assumer cette fonction de messager entre le groupe et le monde politique qu’Édouard Philippe est embauché chez Areva, comme le rapporte aujourd’hui Jacques-Emmanuel Saulnier, alors directeur de la communication du groupe. « C’est moi qui l’ai recruté pour devenir directeur des affaires publiques du groupe, raconte l’ancien bras droit d’Anne Lauvergeon, alors PDG d’Areva. Il avait été au cabinet de Juppé, alors ministre de l’écologie. Après l’échec de Juppé aux législatives de 2007, il était disponible. Il avait le profil pour ce poste, qui est souvent occupé par des énarques ou d’anciens membres de la préfectorale. Il nous fallait un directeur des affaires publiques qui ait un bon réseau, qui connaisse bien le système UMP », explique-t-il.

 

2007-2010, c’est l’époque noire pour Areva. C’est celle où toutes les fautes sont commises, où toutes les difficultés s’accumulent, qui conduiront à la faillite du groupe nucléaire en 2012. Lorsque Édouard Philippe arrive chez Areva en octobre 2007, l’OPA sur Uramin vient juste d’être achevée. Le scandale n’est pas encore étalé sur la place publique – il mettra plus de trois ans à remonter –, mais l’affaire fait déjà de gros remous à l’intérieur du groupe (voir notre dossier). Des géologues et des ingénieurs multiplient les notes d’alerte sur cette aventure minière payée à des prix exorbitants, qui se poursuit par une fuite en avant à travers des investissements ruineux – plus d’un milliard d’euros – pour prouver que ces mines, malgré tout, valent quelque chose.

 

C’est le moment aussi où Areva ne peut plus cacher les déboires de l’EPR. Les retards accumulés sur le chantier du réacteur finlandais d’Olkiluoto sont sur la table, mais il y a aussi les premières difficultés sur le chantier de l’EPR de Flamanville. Dès lors, il ne s’agit plus de l’accident d’un prototype, mais de la capacité même du groupe à pouvoir mener à bien la réalisation de son réacteur nucléaire.

À cela s’ajoutent le scandale de l’exploitation des mines au Niger, les rapports houleux avec le gouvernement nigérien, la prise en otage de sept salariés d’Areva à Arlit le 16 septembre 2010 (voir nos enquêtes ici, ici ou ). Sans parler des projets d’introduction en bourse au début de la période, qui se termineront par une demande de recapitalisation de l’État de plusieurs milliards, par la suite doublée d’une crise au conseil.

C’est plus qu’un travail à temps plein pour un directeur des affaires publiques. Cela n’empêche pas Édouard Philippe de poursuivre en parallèle sa carrière politique....

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Lire aussi

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 16:46

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89

 

 

Comment Apple, Samsung et Microsoft organisent l'obsolescence forcée

 

Une étude de Greenpeace sur les appareils nomades – smartphones, tablettes et ordinateurs portables – pointe les tactiques des fabricants pour gêner ou interdire la réparation.

 

Greenpeace, associé au site de tutoriels de réparation iFixit ("je le répare"), publie un classement de 44 smartphones, tablettes et ordinateurs portables, des modèles les plus vendus ces deux dernières années. Ils sont analysés en fonction de quatre critères : la possibilité de remplacer la batterie, de remplacer l'écran, l'usage d'outils spécifiques, la disponibilité de pièces détachées.

Parmi les smartphones, seul le téléphone "équitable" Fairphone (réalisé par une entreprise néerlandaise) obtient 10 sur 10, tandis que les Galaxy 7 et Galaxy 7 Edge de Samsung sont en fin de liste avec 3/10.

Dans les tablettes, c'est le Surface Pro 5 de Microsoft qui obtient la pire note, 1/10 – seul l'Elite X2 1012 G1 de HP réussit quant à lui un 10/10 –, tandis que parmi les ordinateurs, Apple décroche le bonnet d'âne avec son Retina Macbook 2017 (le Latitude E5270 de Dell et l'Elitebook 840 G3 Notebook de HP ont 10/10).

Comment ces fabricants vedettes compliquent-ils la vie de leurs acheteurs – ou les obligent-ils à changer de produits plus souvent que nécessaire ? Greenpeace et iFixit relèvent cinq tactiques aussi fructueuses pour les ventes de ces marques que destructrices pour la planète.

1 Maintenance ou réparation délibérément difficile

Pourquoi simplifier la vie à l'utilisateur qui voudrait changer la mémoire ou mettre à niveau le disque dur ? En soudant des pièces, les réparations deviennent difficiles voire impossibles. "Certains des derniers smartphones de LG et Samsung, ainsi que les ordinateurs portables d'Apple, sont des exemples de ce genre de conception."

Hors de ce classement, le dernier Surface de Microsoft a même été noté 0 sur 10 par iFixit : impossible de l'ouvrir sans le casser, avec ses soudures en plastique.

 

2 Des petites choses fragiles

Un smartphone est en bonne partie constitué de verre, et bien que les fabricants aient introduit des types de verre plus résistants au fil des ans, les écrans fissurés restent fréquents. La plupart des téléphones dernier cri sont construits avec une large façade en verre, relève l'étude, ce qui les rend plus vulnérables. Le tout récent S8 de Samsung, avec un écran étendu, a été appelé "le téléphone le plus fragile jamais créé", note Greenpeace.

 

3 Des batteries plus difficiles à remplacer

Le remplacement de millions de Galaxy Note 7 par Samsung aurait pu être évité si la conception du smartphone avait permis d'enlever facilement la batterie à problèmes, relève l'ONG.

 Les smartphones qui prennent feu en avion, parabole contemporaine

Mais près de 70% des appareils qu'elle a évalués ont des batteries impossibles ou difficiles à remplacer, à cause de leur installation et souvent d'adhésifs forts pour les fixer au boîtier. Le Galaxy S8 de Samsung et le MacBook Retina d'Apple ont ainsi des batteries fermement collées aux panneaux de l'appareil.

 

4 Des outils pour réparer difficiles à obtenir

Il est fréquent, lorsque la réparation est possible, qu'elle soit particulièrement laborieuse, notamment parce qu'il faut des outils spéciaux et non standardisés, pour utiliser des vis propriétaires (d'un format spécifique à la marque) ou d'autres éléments.
 

10 règles (simples) pour ne pas tuer des bébés phoques avec votre ordi

C'est le cas notamment de l'iPhone d'Apple, du R9m d'Apple et du P9 de Huawei, qui nécessitent des outils spéciaux. Dans le film "Steve Jobs" de Danny Boyle (2016), on voit le fondateur d'Apple soutenir mordicus que le matériel de son entreprise doit être verrouillé de A à Z, rigoureusement incompatible avec quoi que ce soit d’extérieur.

A un moment du film, alors qu'une présentation publique de nouveau modèle doit avoir lieu, il faut bricoler un appareil... et personne n’a d’outil pour cela, parce que pour empêcher l’ouverture de l’appareil, ses vis et autres éléments ne sont pas standards, et même les ingénieurs maison n’ont pas les tournevis adaptés, exceptés quelques accrédités.

 

5 Manuels et pièces de rechange peu disponibles

Très peu de fabricants donnent à leurs clients des informations sur la façon de réparer leurs produits. Sur les 17 marques dont les produits ont été étudiés, trois seulement – Dell, Fairphone et HP – fournissent toutes les pièces de rechange et les manuels de réparation.

La sanction de l'"obsolescence programmée", un signal aux industrielsComme le relève "le Monde", l'obsolescence programmée ne pèse pas seulement sur les dépenses du consommateur, mais aussi par la quantité de déchets électroniques qu'elle entraîne :

"Selon un rapport publié en 2015 par l’Université des Nations unies [en ligne là], le poids de ceux-ci avait atteint le record de 41,8 millions de tonnes (dont 3 millions pour les seuls appareils high-tech) en 2014 et devrait se situer à 47,8 millions en 2017. 'Tous ces appareils fabriqués par milliards ont un impact énorme sur la planète parce que leur production nécessite énormément d’énergie, de ressources naturelles et de produits chimiques', estime Robin Perkins qui a coordonné l’étude pour Greenpeace."

De quoi stimuler les eurodéputés, qui le 3 juillet examineront une résolution "sur une durée de vie plus longue des produits", qui "invite la Commission [européenne] à promouvoir la réparabilité des produits" ?

 

Thierry Noisette

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 16:26

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

 

Reportage

Tati : "C'est comme si la direction avait tout fait pour couler la boîte"

 

 

 

Les salariés de l'enseigne Tati, placée en redressement judiciaire début mai, ont appris ce lundi 26 juin le nom de leur nouveau repreneur. Reportage à Barbès lorsque les salariés attendaient de savoir à "quelle sauce ils [allaient] être mangés".
Article mis à jourLe 26.06.2017 à 15h19

Le tribunal de commerce de Bobigny a désigné ce 26 juin Gifi comme repreneur de Tati et des trois autres enseignes en difficulté d'Agora Distribution. L'offre doit permettre de sauver 1.428 des 1.700 menacés, et conserver 109 des 140 magasins (voir ci-dessous).

Parasol, frites en mousse et flamand rose gonflable. A l'entrée de l'enseigne à bas prix Tati, au pied du métro Barbès, les rayons colorés annoncent déjà les vacances. Sur les emballages des produits de plage empilés dans un joyeux bazar, des jolies filles en maillot de bain et des jolis garçons au torse musclé s'amusent au bord d'une piscine. Mais en cette matinée ensoleillée de juin, rares sont les clients qui se pressent dans le rayon. Les allées de Tati Barbès, une institution de ce quartier populaire de la capitale, se succèdent, quasi vides, comme si la boutique qui occupe des immeubles entiers du boulevard Rochechouart, avait déjà fermé.

Placée en redressement judiciaire début mai, Agora Distribution - propriété du groupe Eram qui comprend plusieurs marques, dont Tati, et emploie plus de 1700 personnes -, attend depuis plusieurs semaines, dans l'inquiétude, que le tribunal de commerce de Bobigny annonce, ce lundi 26 juin, le nom du repreneur qui aura dorénavant la mission de relancer l'activité du groupe. Parmi les différentes offres retenues, celle du fondateur des magasins Gifi, Philippe Ginestet, vraisemblablement privilégiée, prévoit le maintien de 1.428 emplois (sur plus de 1.700 au total) et le passage à 109 magasins (contre les 140 existants aujourd'hui).

En face, un consortium d'enseignes à bas prix, prévoit quant à lui de garantir 1.298 postes dans 98 magasins. Dans les deux cas, des centaines d'emplois s'apprêtent à être supprimés. Les salariés attendent donc de savoir "à quelle sauce ils vont être mangés", résume, le regard éteint, un employé de Tati Barbès. Bravant les consignes de la direction, il raconte, sous couvert d'anonymat, le "mal être" d'une équipe qui vient désormais travailler, après de longs mois de conflit social, "à reculons".

"Tati est devenu trop cher"

"Les gens ont peur", confie de fait le salarié, noyé sous les marchandises bientôt soldées. "Les gens en congé maternité, en arrêt maladie" et les autres. Ceux qui ont échappé au précédent dégraissage qui a d'ores et déjà considérablement réduit les effectifs. A son poste, l'employé doit d'ailleurs superviser à lui seul plusieurs dizaines de mètres carrés de rayons. "On tire au maximum sur le personnel", explique-t-il, au risque de le faire craquer, comme cette collègue, France Javelle, 53 ans, qui s'est donnée la mort en 2012 après 24 ans de service. En cause, le harcèlement dont elle aurait été victime sur son lieu de travail, le Tati Barbès.

Là, moins nombreux, sous pression, les Tati ont découvert les nouvelles techniques de management adoptées au fur et à mesure que la situation du groupe se dégradait. "Maintenant, on n’a même plus le droit de parler, déplore l'employé du magasin, y compris avec nos collègues, ils ne veulent pas qu’on parle. C'est les consignes de la direction. Ça devient un peu du fascisme, ce n’est plus du travail. Alors on attend la décision de lundi, on espère que ça va repartir et on ferme les yeux sur ce qui se passe, la hausse des prix, les vols, parce que notre propre direction a fermé les yeux".

 

Et l'employé de s'interroger sur des choix stratégiques qui ont pu, selon lui, délibérément conduire au démantèlement du groupe. "Ils ont augmenté les prix d'une telle manière... Tati est devenu trop cher. Les gens nous disent : on va ailleurs." Le parasol croisé à l'entrée à 39,99 euros, trop cher. Le flamand rose gonflable - 15,99 euros - aussi. "Je fais tout le temps la comparaison avec un billet de 100 francs, ajoute le salarié. 100 francs = 15 euros. Avant avec 100 francs, on achetait plein de choses chez Tati..." Quant aux vols, ils auraient explosé. A Barbès, "le magasin se fait dévaliser" au quotidien, sous les yeux du personnel, impuissant.

 

Eram dit toujours qu’il a perdu beaucoup d’argent avec Tati mais il ne dit jamais ce qu’il a gagné.

Un délégué Tati CGT

"Heureusement qu'on a des délégués syndicaux qui se battent, il y a eu plus d’emplois sauvés que prévu", se rassure l'employé qui déplore toutefois les divisions apparues entre les syndicats, en désaccord sur le choix du repreneur. La musique diffusée dans le magasin s'interrompt. "Vous n’avez pas encore votre carte Tati ? Demandez-la", fait entendre un spot publicitaire. Dans les rayons, l'employé se demande, lui, si Tati Barbès fera partie des magasins qui devront prochainement fermer. "Le tribunal va rendre sa décision, ça va aller vite", estime à ce sujet un délégué CGT du groupe contacté par téléphone.

Un million d'euros de perte à cause des vols

En colère, ce dernier s'interroge à son tour, presque dans les mêmes termes, sur la stratégie de la direction : les prix trop chers face à la concurrence et notamment face au géant irlandais Primark. Le recours à des prestataires extérieurs et les coupes dans les effectifs - à Barbès ils seraient passés de 500 à 90 employés. Les magasins "dévalisés" : selon la CGT, il y aurait eu autour d'1 million d'euros de manque à gagner l'année dernière suite aux vols rien qu'à Barbès, la marchandise se retrouvant ensuite, non loin, en vente sur le marché noir...

"Un million d'euros, vous imaginez, on est chez Tati, pas chez Dior. C'est comme si la direction avait tout fait pour couler la boîte", s'insurge le délégué, "écœuré", d'autant plus qu'Eram qui détient le groupe Tati - dont les ventes atteignent près de 1,6 milliard d’euros - a dans un premier temps refusé de financer le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) des salariés. L'esquive est désormais autorisée par la loi Macron.

"Quand on voit qu’Eram a du mal à donner 1 million d’euros pour le PSE mais qu’il laisse dévaliser ses magasins, c’est honteux !", poursuit par conséquent le représentant syndical. "Eram dit toujours qu’il a perdu beaucoup d’argent avec Tati - 97 millions d'euros depuis 2015 - mais il ne dit jamais ce qu’il a gagné", renchérit-il. Les gains ne sont pourtant pas négligeables, précise la CGT, dans la mesure où Eram a pu racheter une partie des gigantesques locaux qu'occupe Tati à Barbès, de beaux immeubles haussmanniens, situés entre le numéro 38 et le numéro 4 du boulevard Rochechouart.

"Une fortune" qu'Eram* s'apprêterait précisément à faire fructifier en louant les locaux de Tati au futur repreneur de l'enseigne. "Alors qu’ils ne viennent pas dire qu’ils n’ont pas gagné d’argent", tonne le délégué CGT, qui attend lui aussi la décision du tribunal de Bobigny. "On attend, on reste sur nos gardes." A Barbès, deux devantures du magasin Tati dont les baux n'ont pas été renouvelés ont déjà baissé le rideau...

*Contacté, le bureau de presse d'Eram, Image Sept, n'a pas donné suite à notre demande d'interview à l'heure où nous publions.

 

Journaliste société - justice

 

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 16:13

 

 

Source : http://www.sudouest.fr

 

Prélèvement d’ADN : un paysan basque fait condamner l’Etat français

 

Publié le . Mis à jour par Emmanuelle Fère.
 
 
 

Jean-Michel Ayçaguer avait refusé de se soumettre à un prélèvement génétique, suite à la participation à une manifestation. La Cour européenne des droits de l’homme lui donne raison

Ce jeudi 22 juin, la Cour européenne des droits de l’homme a rendu son arrêt dans l’affaire opposant Jean-Michel Ayçaguer, paysan d’Ossès (Pays basque), à l’Etat français sur la question de la conservation des empreintes génétiques.

 

La Cour européenne dit qu’être condamné pour avoir refusé d’être inscrit au fichier national automatisé des empreintes génétiques est contraire au respect de la vie privée. L’affaire concerne le refus de Jean-Michel Ayçaguer de se soumettre à un prélèvement biologique, destiné à un enregistrement dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG).

 

Placé en garde à vue après une manifestation

Ce paysan de 58 ans, avait participé, à Ainharp (64), à un rassemblement organisé par le syndicat agricole Euskal Erriko Laborarien Batasuna et le Groupement foncier agricole mutuel Lurra. A l’issue, une bousculade était intervenue entre gendarmes et manifestants. Jean-Michel Ayçaguer avait été placé en garde à vue, et condamné par le tribunal correctionnel de Bayonne à deux mois de prison avec sursis pour violences. A la demande du parquet, il avait été convoqué pour se soumettre à un prélèvement biologique, ce qu’il avait refusé.

 

 

 

Le 27 octobre 2009, il était condamné à une amende de 500 euros par le tribunal de grande instance de Bayonne pour ce refus. Jugement confirmé par la cour d’appel de Pau et par la Cour de cassation qui avait rejeté le pourvoi du paysan basque.

 

"On est arrivé au bout"

Ce jeudi, la Cour européenne des droits de l’homme estime que le régime de conservation des profils génétiques constitue une violation de l’article 8 (droit au respect de la vie privée) de la Convention européenne des droits de l’homme.

En effet, ce régime n’offre pas de protection suffisante aux intéressés, en raison de sa durée (20 ans pour les personnes soupçonnées et 40 ans pour les personnes condamnées) et de l’absence de possibilité d’effacement. Elle estime qu’il y a déséquilibre entre les intérêts publics et privés en jeu.

Cette décision favorable intervient au terme de six ans de procédure, menée par Me Anne-Marie Mendiboure. ''On est arrivé au bout’', s’est-elle félicitée. ''Je n’ai pas encore pu annoncer la nouvelle à M. Ayçaguer. Il est dans la montagne avec ses brebis.''

 

L’Etat français est condamné à verser 3000 euros au paysan basque pour dommage moral et 3000 euros pour ses frais de justice. L’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme devrait contraindre l’Etat français à modifier sa législation en matière de conservation des empreintes génétiques (articles 706–55 et suivants du Code de procédure pénal).

 

 

Source : http://www.sudouest.fr

 

 

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 16:03

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Un paysan a été tué par les gendarmes

 

24 juin 2017 / Marie Astier (Reporterre)

 

 

Jérôme Laronze a été abattu il y a un mois de trois balles tirées par un gendarme. Cet agriculteur de 36 ans était en fuite après un contrôle de l’administration dans sa ferme de Trivy, en Saône-et-Loire. Ses proches se battent pour que justice soit faite dans cette affaire où erreurs de la gendarmerie et de l’administration pourraient se cumuler.

  • Trivy (Saône-et-Loire), reportage

Six coups de feu, dont trois qui l’ont atteint. Jérôme Laronze, agriculteur de 36 ans, est mort le samedi 20 mai 2017, sur un chemin de Sailly, en Saône-et-Loire, tué par les balles d’un gendarme. Il était au volant de sa voiture, aurait foncé sur les deux agents qui s’approchaient, et qui ont tiré. L’auteur des coups de feu mortels est mis en cause dans une information judiciaire pour « violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner », suivie au tribunal de Chalon-sur-Saône.

Une issue dramatique, après une traque de neuf jours dans les collines bocagères de la campagne charolaise. Le paysan était recherché depuis le jeudi 11 mai, date à laquelle des agents de l’administration étaient venus contrôler sa ferme, accompagnés de plusieurs gendarmes. Jérôme Laronze les aurait alors menacé avec son tracteur, avant de s’enfuir.

La Direction départementale de la protection des populations (DDPP), qui menait les contrôles, et les gendarmes le considéraient donc comme dangereux. La famille et les proches de Jérôme Laronze, eux, le décrivent comme quelqu’un d’engagé, de brillant, qui défendait ses idées, mais par les mots. Jamais par la violence.

 

« Un grand gaillard jovial, gentil, disponible »

« Aucune situation d’irrégularité administrative en agriculture ne peut justifier qu’un paysan soit abattu comme un criminel », s’indignait l’appel pour la veillée qui a eu lieu le mardi 20 juin, un mois après la mort de Jérôme. Le mot d’ordre, ce soir-là : « Mémoire et justice pour Jérôme », inscrit en larges lettres sur une banderole autour de laquelle environ 300 personnes se sont rassemblées. Le lieu de rendez-vous était symbolique, fixé au square de la Paix, à Mâcon, non loin du palais de justice...

 

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 14:55

 

 

Source : https://www.bastamag.net

 

 

Pantouflage [1/3]

Ces énarques chargés de piloter la politique économique de la France qui préfèrent « pantoufler » dans les banques

 

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Ils forment « l’élite » de la haute fonction publique : les Inspecteurs des finances, sortis parmi les premiers de l’ENA, se destinent à une carrière au sein du ministère des Finances, à piloter la politique économique de la France. Sauf que… plus d’un tiers d’entre eux travaillent ou ont travaillé pour le secteur bancaire ! Leur plan de carrière préféré : des allers-retours entre Bercy et le secteur financier, en passant par les cabinets ministériels. Avec à la clé, de nombreux conflits d’intérêts potentiels. Pour mieux cerner cette réalité, nous avons retracé les parcours des 333 inspecteurs des finances des 40 dernières promotions. Petite plongée interactive dans ce corps d’État dont est issu Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron a promis dans sa croisade pour la « moralisation de la vie publique » de lutter contre les conflits d’intérêts. Au sein de la haute fonction publique, un groupe incarne la difficulté à dresser des barrières étanches entre secteur public et privé : l’Inspection générale des finances (IGF). Ce grand corps de l’État recrute les énarques les mieux classés à leur sortie de l’école – comme Emmanuel Macron –, promis aux plus hauts postes de l’administration, notamment au sein du ministère des Finances, à la direction du Budget ou à celle du Trésor. Ils sont plusieurs centaines en activité, mais tous ne travaillent pas pour l’État. Car une fois effectuées les quatre années obligatoires de la « tournée », ils quittent en masse le navire de Bercy, pour aller « pantoufler » dans le secteur privé. Leur destination de prédilection : le secteur bancaire. Celui-ci fait un pont d’or à ces brillants fonctionnaires au carnet d’adresses bien rempli. Difficile pour eux de résister à l’appel de la finance et à ses salaires mirobolants. Une situation qui peut créer de nombreux conflits d’intérêts.

Visualiser précisément ces allers-retours est pourtant très difficile, l’administration étant réticente à communiquer sur les parcours des inspecteurs des finances ou sur les postes actuellement occupés. Pour pallier ce manque, nous avons retracé le parcours des 333 inspecteurs et inspectrices issus des 40 dernières promotions (1976 à 2016), à partir de sources publiques – dictionnaires, annuaires, articles de presse, Journal officiel. Seuls 45 inspecteurs des finances et 38 inspecteurs généraux des finances (le grade supérieur) travaillent à l’heure actuelle à l’IGF. Les autres sont « détachés » dans des administrations publiques, « en mobilité » dans d’autres secteurs professionnels, ou démissionnaires, quand ils ont choisi de couper les ponts avec leur corps d’origine ou quand toutes les autres possibilités ont été épuisées.

Le résultat de nos recherches est édifiant : sur les 333 inspecteurs recensés, plus de 55% travaillent ou ont travaillé dans le secteur privé. Et 34% (soit 115 d’entre eux) sont passés par le secteur bancaire à un moment donné de leur carrière [1] ! Autre chiffre révélateur : pour beaucoup d’entre eux, le départ vers le secteur privé n’est pas définitif, puisque près de la moitié reviennent dans le secteur public après avoir travaillé dans le secteur privé. Nombreux sont ceux qui multiplient les allers-retours. Ils sont également plus de 130 à avoir fait un passage dans un cabinet ministériel ou à exercer un mandat politique [2].

L’infographie ci-dessous permet de visualiser l’ensemble de ces parcours (Cliquez sur l’image pour y accéder).
Chaque trait vertical correspond au parcours d’un inspecteur, à partir de son entrée à l’IGF. Chaque couleur correspond à un type d’activité. Par exemple, en rouge, le passage par le secteur « banques et assurances », en vert, une carrière dans l’administration ou les entreprises publiques. En survolant ces segments, on peut lire le nom de l’inspecteur et celui de son employeur sur la période concernée. Il est possible d’opérer un tri par type d’activité en cliquant sur la légende [3].

En quoi cette situation est-elle problématique ? On ne mord pas la main qui nous donnera à manger demain ! Est-il possible de participer sereinement, au sein de la direction du Budget ou du Trésor, à la rédaction des futures régulations du secteur financier, quand on sait que l’on ira ensuite travailler pour celui-ci ? Est-il possible de conseiller un ministre des Finances en toute impartialité quand on a travaillé juste avant pour le secteur bancaire ? Peut-on émettre un avis désintéressé sur un secteur où travaille une partie de ses anciens « camarades » ? La proximité – certains parlent de « consanguinité » ou de « capture intellectuelle » – engendrée par ces « revolving doors », ces allers-retours entre secteurs public et privé, est source de conflits d’intérêts. Ces inspecteurs se retrouvent en situation de pouvoir abuser de leur position pour leur intérêt propre et pour l’intérêt d’un ancien ou futur employeur. Une situation qui engendre des suspicions et contribue à miner le fonctionnement démocratique.

 

Hauts fonctionnaires devenus conseillers politiques et banquiers

Qui sont ces « pantouflards » de l’IGF ? On peut citer le cas emblématique de François Pérol : après un passage par des cabinets ministériels, cet inspecteur des finances devient associé-gérant de la banque Rothschild en 2005, avant d’être nommé secrétaire général adjoint de l’Élysée, en 2007. Sans transition, ce conseiller de Nicolas Sarkozy, en charge des affaires économiques, est promu en 2009 patron du groupe Banque populaire - Caisses d’épargne (BPCE). Si cette affaire a fait grand bruit, et a entrainé la démission de deux membres de la commission de déontologie ainsi qu’une plainte à l’encontre de François Pérol, d’autres parcours de pantouflage se font plus discrets. Comme ceux de Frédéric Oudéa, directeur de la Société générale, et de Pierre Mariani, ex-patron de Dexia, deux inspecteurs des finances devenus banquiers après avoir été conseillers de Nicolas Sarkozy. Parmi les inspecteurs des finances ayant exercé des responsabilités dans les banques ou assurances, on peut aussi citer Henri de Castries, ancien PDG d’Axa, Baudouin Prot et Michel Pébereau, anciens patrons de BNP, ou Xavier Musca, directeur du Trésor puis secrétaire général de l’Élysée, nommé quelques mois plus tard directeur général délégué du Crédit Agricole ! Et, bien entendu, l’inspecteur des finances Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires chez Rothschild devenu ministre puis élu Président de la République...

Autre cas flagrant de pantouflage problématique : l’inspectrice des finances Marie-Anne Barbat-Layani. Après avoir travaillé à la direction du Trésor (2002-2007), elle devient directrice générale adjointe du Crédit Agricole (2007-2010), puis sans transition encore, directrice adjointe au cabinet du Premier ministre François Fillon (2010-2012), pour lequel elle coordonne notamment les dossiers financiers et fiscaux ! Nommée Inspectrice générale des finances, elle revient ensuite dans le secteur bancaire, comme directrice générale de la Fédération bancaire française, le lobby des banques, et membre du conseil exécutif du Medef, à partir de 2014. Ils sont actuellement quatre inspecteurs des finances dans les cabinets ministériels de l’actuel gouvernement ou à l’Élysée [4], dont Gilles de Margerie, directeur de cabinet au ministère des Solidarités et de la Santé. Celui-ci était juste avant directeur général adjoint de la mutuelle Humanis, troisième groupe de protection sociale français (assurance santé, prévoyance et retraite complémentaire). Ce qui n’est pas sans poser question sur de potentiels conflits d’intérêts...

 

Des banquiers dans les instances de contrôle et de régulation de la finance

Plus grave encore : on retrouve certains de ces inspecteurs devenus banquiers à la tête des organismes de régulation financière. François Villeroy de Galhau, ex-directeur général délégué de BNP Paribas, est ainsi nommé en 2015 président de la Banque de France par François Hollande. Jean-Pierre Jouyet, directeur du Trésor de 2000 à 2004, prend la présidence de la banque Barclays-France en 2005, avant d’être nommé en 2008 président de l’Autorité des marchés financiers, le gendarme de la bourse ! Hubert Reynier, ancien dirigeant de BNP-Paribas de 1992 à 2000, occupe un poste à responsabilité au sein de l’Autorité des marchés financiers (AMF) jusqu’en 2009 [5], avant de partir travailler au Crédit agricole. Benoît de Juvigny, secrétaire général de l’AMF à partir de 2012, a longtemps travaillé au Crédit Lyonnais puis à la banque Hervet et pour le groupe HSBC.

Dans le sens inverse, des gendarmes de la finance qui deviennent banquiers, on peut noter le cas de François Mongin : conseiller du Premier ministre Alain Juppé (1995-1997), puis responsables des Douanes, il est secrétaire général de Tracfin – organisme de lutte contre le blanchiment et la fraude fiscale – de 2002 à 2007, date à laquelle il devient membre du comité exécutif d’HSBC France... banque impliquée dans l’affaire des Swissleaks et bien connue pour sa conduite exemplaire en matière d’évasion fiscale ! Il y prend la succession d’Alain Cadiou, lui aussi inspecteur des finances, ancien responsable de cellule fiscale du cabinet du ministre de l’Economie, qui, après onze années passées à la banque Hervet, était lui aussi devenu secrétaire général de Tracfin (2000-2002), avant de finir sa carrière deux ans plus tard à HSBC. Rien que pour l’IGF, la liste est longue... Et pose une question très simple : cette porosité entre haute administration, banques et instances chargées de leur contrôle est-elle saine ? Ou est-ce plutôt un signe de plus de ce « capitalisme de connivence » qui ronge notre démocratie ?

 

Le palmarès des banques championnes du pantouflage

Quelles sont les banques qui attirent ces inspecteurs des finances ? La palme d’or du pantouflage est détenue par BNP-Paribas. Viennent ensuite HSBC, la Société générale, le Crédit agricole et le groupe Banque Populaire - Caisse d’épargne (BPCE). Selon nos calculs, sur les 115 inspecteurs passés par le secteur bancaire, ils sont plus d’une quinzaine à avoir fait un petit (ou grand) tour à BNP. Les quatre plus grandes banques françaises – BNP, Société générale, Crédit agricole et BPCE – ont débauché au total une cinquantaine d’inspecteurs des finances. Les banques d’affaires ne sont pas en reste : ils sont plus d’une dizaine à avoir été recrutés par les banques Lazard et Rothschild [6].

Agnès Rousseaux

Lire la suite de notre enquête :

- Inspecteurs des finances : une caste « d’élite » qui a pour mission principale de réduire les dépenses publiques
- Être banquier et haut-fonctionnaire : peut-on éviter les conflits d’intérêts au sommet de l’État ?

Collecte des données : Thomas Clerget, Hélène Février, Bénédicte Weiss
Coordination : Agnès Rousseaux
Visualisation et traitement statistique : Philippe Rivière / Visionscarto

Dessin : ©Rodho
Photo : « Banquiers », Zurich (Suisse) / CC Thomas8047

- Cette enquête a été réalisée en collaboration avec la rédaction du mensuel Alternatives économiques dans le cadre d’un projet commun de développement du journalisme d’investigation économique et social, soutenu par la Fondation Charles Leopold Mayer.

 

 

Notes

[1Ce chiffre prend en compte les passages par le secteur bancaire postérieurs à leur intégration dans le corps de l’IGF. Il ne prend pas en compte le fait que certains inspecteurs recrutés en milieu de carrière par le « tour extérieur » peuvent avoir fait un passage par le secteur bancaire avant leur intégration au sein de l’IGF – ce qui est plus rare car ce mode de recrutement privilégie les fonctionnaires ayant une carrière administrative significative.

[2130 sont passés par un cabinet ministériel ou un cabinet politique (mairie de Paris, secrétariat de l’Élysée,...), 16 ont exercé des mandats politiques, certains ont cumulé ces deux types d’expériences.

[3Méthodologie  : pour chaque inspecteur des finances, nous avons renseigné la date d’entrée dans le corps de l’inspection générale des finances, et pour chaque période de leur carrière professionnelle, le secteur d’activité, l’employeur, le poste occupé, la date d’entrée et de sortie dans chaque poste, ainsi que les sources de ces données, pour pouvoir extraire des données significatives. Seules une partie de ces données figurent sur notre infographie.
Figurent sur cette infographie les inspecteurs entrés à l’Inspection générale des Finances entre 1976 et 2016, à l’issue de leur scolarité à l’ENA, ceux recrutés par le « Tour extérieur » et ceux arrivés en « Service extraordinaire », quel que soit leur statut actuel – membres de l’IGF, en mobilité, détachés, démissionnaires. Ne figurent pas ici les fonctionnaires accueillis au sein de l’IGF pour une durée provisoire – deux ans en moyenne – et qui retournent dans leur corps d’origine à l’issue de cette période. Ces derniers ne sont pas considérés comme faisant partie du corps de l’IGF.
Quelques erreurs ou coquilles peuvent être présentes, cet outil a vocation à être amélioré et complété au fil du temps.

[4Gilles de Margerie, directeur de cabinet du ministère des solidarités et de la santé, Jérôme Fournel, directeur de cabinet du ministère de l’action et des comptes publics, Justine Coutard, directrice adjointe du cabinet du ministère de l’action et des comptes publics, Claudia Ferrazzi, conseillère culture d’Emmanuel Macron.

[5Secrétaire général adjoint en charge de la Direction de la Régulation et des Affaires Internationales

[6Sur les 115 inspecteurs recensés qui travaillent ou ont travaillé dans le secteurs bancaire, sont passés par ces banques ou leurs filiales, au minimum le nombre suivant : BNP-Paribas (16), HSBC (12), Société générale (11), Banque Populaire - Caisse d’épargne (11), Crédit agricole (11), Banque Lazard (6), Banque Rothschild (4). Il est parfois difficile de repérer ces passages, notamment lorsqu’ils se font dans des filiales lointaines ou exotiques. Les quatre grandes banques françaises ont recruté plus d’une cinquantaine de fois des inspecteurs des finances de ces promotions. Le résultat total est à prendre avec précaution car il est possible que quelques uns d’entre eux aient travaillé pour plusieurs de ces banques et soient donc comptabilisés plusieurs fois

 

 

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 14:38

 

 

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Souffrance au travail

L’Union syndicale Solidaires publie une carte des suicides

 

 

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« Rendre visible les suicides liés au travail » : c’est l’objectif de la carte réalisée par l’union syndicale Solidaires. Après les suicides le 7 mars d’une infirmière à l’hôpital Cochin et d’un cheminot le 10 mars à la gare St Lazare, Solidaires a décidé de recenser les suicides au travail et de les rendre publics. Et malheureusement, la liste s’allonge : en mars, à Tarbes, un technicien et un ingénieur travaillant pour Daher Socata, une ancienne filiale d’EADS qui construit des avions légers, ont mis fin à leur jour ; en avril, à Amiens, trois salariés de l’équipementier Valeo se suicidaient ; en mai, l’InterSyndicat national des internes (ISNI) de Bordeaux déplorait le cinquième suicide d’un interne hospitalier depuis la rentrée universitaire.

Partout les directions d’entreprises cherchent à rendre invisibles ces drames qui, pourtant, pourraient être en partie liés aux conditions de travail : à la SNCF, dans les hôpitaux, à la Poste, dans de trop nombreuses entreprises, petites et grandes, qui n’ont parfois aucune équipe syndicale pour alerter sur ces situations.

 

- A relire : Les suicides au travail sont-ils statistiquement admissibles ?

 

Solidaires invite les équipes syndicales, les salariés et militants qui ont connaissance d’un suicide probablement lié au travail à les informer en remplissant un court formulaire. Seules informations nécessaires : le lieu et la date du suicide, avec un lien vers la source l’ayant rendu public (communiqué tract syndical, article de presse...).

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 15:49

 

 

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Loi travail bis

La France va-t-elle suivre le modèle allemand et transformer ses chômeurs en travailleurs pauvres ?

 

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Après les lois Macron, Rebsamen et El-Khomri sous le précédent quinquennat, le gouvernement d’Edouard Philippe prépare une réforme encore plus profonde du droit du travail, précédant une remise à plat de l’assurance chômage. Ce big bang annoncé a un modèle : les réformes « Hartz », engagées en Allemagne au début des années 2000, aujourd’hui parées de toutes les vertus par de nombreux commentateurs avec, en apparence, l’un des taux de chômage les plus bas d’Europe. La réalité des chiffres montre au contraire que ces réformes du marché du travail n’ont pas radicalement réduit le chômage et la sous-activité et, surtout, ont provoqué une explosion des travailleurs pauvres, dont le nombre est l’un des plus élevés d’Europe.

Emmanuel Macron et son gouvernement vont désormais entrer dans le vif du sujet : s’atteler à des « réformes structurelles », notamment celle du « marché du travail », qui serait une condition indispensable à la baisse du chômage. Le gouvernement français emboîte ainsi le pas à son voisin allemand. Le taux de chômage en Allemagne s’élevait, il y a quinze ans, à 10,5 % selon l’agence allemande pour l’emploi. La première réforme du marché du travail allemand – la loi dite Hartz, du nom de Peter Hartz, ancien DRH de Volkswagen qui a dirigé la commission qui a concocté ces réformes sous le gouvernement du social-démocrate Gerhard Schröder – entre alors en vigueur. Trois autres réformes ont suivi : elles se sont attaquées à l’assurance chômage, en réduisant la durée d’allocation et en renforçant les contrôles et la surveillance des chômeurs, et ont ouvert grand la porte au développement des emplois à bas-salaire.

Après avoir atteint un record, plus de 11,5 % et 4,9 millions de chômeurs en 2005, le chômage allemand commence finalement à diminuer. Il passe sous des 10 % deux ans plus tard. Depuis, les chiffres sont en baisse continue. Et l’Allemagne fait figure de modèle de ce côté-ci du Rhin pour tous les politiques, chefs d’entreprise et économistes orthodoxes qui vantent les mérites de la dérégulation du droit du travail pour relancer l’emploi. Mais l’un a-t-il vraiment permis l’autre ? Les chiffres du travail et du chômage allemand sont-ils si bons que ça ?

 

3,9 % de chômage pour Eurostat, 5,8 % pour l’administration allemande

Selon Eurostat, l’institut de statistiques européen, le taux de chômage allemand est de seulement 3,9 % depuis le début de l’année 2017. Le chiffre fait évidemment rêver chômeurs et politiques en France où le chômage est deux fois plus élevé, à 9,5 % en avril 2017. Premier hic : le taux de chômage allemand donné par Eurostat est largement inférieur à celui établi par... l’Agence allemande pour l’emploi. Selon les chiffres de l’administration allemande, ce taux de chômage s’élevait à 5,8% en avril 2017. C’est près de deux points de pourcentage de différence avec le taux d’Eurotsat !

« Les chiffres du chômage de l’Agence allemande pour l’emploi et ceux d’Eurostat sont différents parce que leur définition du chômage est différente, explique Alexander Herzog-Stein, économiste à l’institut d’analyses économiques IMK de la fondation allemande Hans-Böckler. La définition utilisée par Eurotsat est celle de l’Organisation internationale du travail (OIT), pour qui un emploi commence à partir d’une heure de travail par semaine. »

Pour le Pôle emploi allemand, au contraire, sont considérées comme chômeuses les personnes inscrites au chômage, qui sont disponibles sur le marché du travail, et qui cherchent un emploi d’au moins 15 heures par semaine. « De plus, les chiffres d’Eurostat sont basés sur un sondage réalisé auprès des travailleurs. Ceux de l’agence allemande pour l’emploi s’appuient sur l’enregistrement des chômeurs auprès de l’administration. » Le taux de 5,8 % de chômage de l’agence allemande semble donc plus crédible que les 3,9 % d’Eurostat. Et nuance le modèle allemand : il y a 2,5 millions de personnes au chômage. « Je pense que la statistique du chômage allemande est fiable. D’autant que l’agence pour l’emploi comptabilise aussi la “sous-activité” », ajoute l’économiste.

 

Un chômage réel à 8%

En Allemagne, cette dernière sous-catégorie des chiffres englobe une série de profils, non comptabilisés comme chômeurs mais qui, pour autant, n’ont pas d’emploi. En regardant les chiffres de la « sous-activité », l’image d’un pays presque sans chômeurs en prend encore pour son grade. Le nombre total de personnes considérées comme “sous-occupées”, chômeurs compris, s’élève en Allemagne à plus de 3,5 millions (en mai 2017), ce qui fait 7,8 % de la population active. On se rapproche du taux de chômage français. Qui sont ces travailleurs sous-occupés non comptabilisés comme chômeurs ?

Il s’agit par exemple des chômeurs de longue durée de plus de 58 ans. En Allemagne, l’âge légal de départ à la retraite est de 67 ans (avec des possibilités de départ à partir de 63 ans). Mais un chômeur de longue durée de plus de 58 ans est effacé des chiffres officiels du chômage. En mai, ils étaient plus de 160 000 dans ce cas. Ne sont pas comptabilisés, non plus, ceux qui suivent une formation – plus de 170 000 personnes –, de même que les chômeurs qui ont un “job à un euro” : 85 000 personnes occupent ces emplois à temps très partiel et à durée limitée dans les collectivités ou le secteur associatif, payés un euro de l’heure en plus de l’allocation sociale.

 

Partage du travail mal-rémunéré

« Ils enlèvent tout ce qu’ils peuvent des chiffres du chômage, critique la députée Die Linke (La Gauche) au Bundestag Sabine Zimmermann. Sont aussi éliminés les chômeurs suivis par des firmes privées dans leur recherche d’emploi. On ne peut pas lutter contre le chômage de longue durée avec des faux chiffres ! » Le parti de gauche Die Linke établit chaque mois, et ce depuis bientôt dix ans, ce qu’il appelle « les vrais chiffres du chômage », en recalculant, à partir des tableaux complexes fournis par l’agence pour l’emploi, le nombre de tous ceux qui en Allemagne, seraient réellement sans emploi.

Au-delà de ce travail de comptabilité, Die Linke critique aussi la rhétorique du « miracle » allemand. « Die Linke est née de l’opposition aux réformes Hartz du marché du travail. Le gouvernement dit aujourd’hui que ces réformes ont permis de lutter contre le chômage, mais cela s’est fait sur le dos des travailleurs, estime Sabine Zimmermann. Un des objectifs de la politique de Schröder était d’ouvrir le secteur des bas salaires, et il y est parvenu. Le boom prétendu de l’emploi consiste essentiellement en des empois précaires et des temps partiels. Et le prix payé par les travailleurs est extrêmement élevé. Nous avons aujourd’hui 1,2 million de travailleurs qui doivent en plus faire appel à l’aide sociale, sept millions de travailleurs à bas-salaire, un million de travailleurs intérimaires, et 2,6 millions de personnes qui ont un deuxième emploi. Le volume de travail n’a pas augmenté depuis dix ans. Il a juste été partagé entre plus de personnes. » [1]

Résultat : l’Allemagne affiche l’un des taux de travailleurs pauvres, ceux qui gagnent bien moins qu’un salaire médian, les plus élevés d’Europe, avec 22,5 % contre 8,8% en France. [2]. La moyenne européenne est de 17,4 %.

Le seuil de bas salaire selon Eurostat est inférieur à 10 € bruts/h en France (soit environ 1510 € bruts pour un équivalent temps plein, sachant que près de la moitié des personnes au Smic travaillent à temps partiel) et à 10,5 € bruts/h en Allemagne (soit 1575 €/bruts pour un ETP)

La mise en place d’un salaire minimum national depuis le 1er janvier 2015, devait contribuer à lutter contre la prolifération des bas-salaire. Son niveau reste très bas, à 8,84 euros bruts de l’heure depuis début 2017, alors que le Smic français s’élève à 9,76 euros bruts. Selon une réponse du gouvernement allemand à une question des députés Die Linke, il faut par exemple gagner aujourd’hui en Allemagne un salaire de 11,85 euros bruts de l’heure pour espérer une retraite minimum de… 804 euros par mois.

 

L’impact très relatif des réformes Hartz sur le chômage

L’économiste Alexander Herzog-Stein est moins pessimiste. « Dans les dix dernières années, le marché du travail allemand s’est beaucoup amélioré. Le chômage a beaucoup diminué, plaide-t-il. Mais le phénomène reste néanmoins un problème, car nous avons toujours un chômage de longue durée important, et un gros problème de travail précaire et de bas-salaires. Reste qu’avec un taux de chômage bas, il y a plus de marges de manœuvre politiques pour s’attaquer à ces problèmes. »

Le chercheur est en revanche peu convaincu des bienfaits des réformes allemandes du marché du travail. « Je ne pense pas qu’elles aient joué un si grand rôle dans la baisse du chômage. En 2005-2006, le marché du travail allemand a de fait connu un élan. Celui-ci n’a pas été interrompu par la crise de 2008 grâce à la politique menée en Allemagne. Ce n’était pas une politique d’austérité, mais de relance. L’Allemagne a aussi profité économiquement de la crise de la zone euro, c’est certain. En même temps, l’évolution démographique allemande, avec une population en recul, est aussi une raison du taux de chômage plus bas. Ce n’est pas la seule, mais c’est à prendre en compte. »

À quelques mois des élections législatives de septembre 2017, le candidat social-démocrate (SPD) Martin Schulz a tenté de se distancier, dans ses discours, des réformes du marché du travail lancées par le chancelier Schröder et son parti il y a quinze ans. S’il arrive au pouvoir, prendra-t-il de réelles mesures pour lutter contre la précarité dans laquelle se trouvent plongés des millions d’Allemand ? En attendant, la France se prépare à subir des réformes similaires avec l’objectif de réduire le chômage. La proportion de travailleurs pauvres augmentera-t-elle en parallèle ?

Rachel Knaebel

Infographie : Guillaume Seyral / Basta !

 

 

Notes

[1Le nombre de travailleurs intérimaires en Allemagne n’a jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui.

[2Est considéré comme travailleurs pauvres par Eurostat, ceux qui gagnent moins de 66% du salaire médian, soit moins de 10,5 euros bruts/heure en Allemagne et moins de 10 euros bruts/heure en France, soit moins de 1180 euros nets par mois pour un temps plein voir ici

 

 

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Source : https://www.bastamag.net

 

 

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 15:37

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

 

Premières mobilisations post Assemblée et anti-Macron

Kareen Janselme
Mardi, 20 Juin, 2017
Humanite.fr

 

 

 

Tous les intervenants ont conclu à la nécessité d’un mouvement plus ample, mais aussi plus unitaire. Photo : Zakaria Abdelkafi/AFP

Tous les intervenants ont conclu à la nécessité d’un mouvement plus ample, mais aussi plus unitaire. Photo : Zakaria Abdelkafi/AFP

35 manifestations ont eu lieu lundi en France, au lendemain des élections législatives, à l’appel du Front social, rassemblant des milliers de syndicalistes, militants associatifs et politiques contre les ordonnances prévues par Emmanuel Macron et la « destruction sociale » du pays.

« Ce soir est le premier épisode d’une occupation des lieux. C’est très important d’être là dès les premiers jours qui suivent les élections législatives. La situation de ce rassemblement est très symbolique : l’Assemblée nationale d’un côté, et l’Automobile club de l’autre où se rencontrent les oligarques qui décident et les lobbyistes qui font valoir leurs intérêts. » Comme la sociologue Monique Pinçon-Charlot, beaucoup ce lundi soir, lendemain de vote, n’estime pas légitime la majorité parlementaire obtenue par la République en marche à l’Assemblée avec un taux d’abstention record de 57 %. Et ils sont venus le crier place de la Concorde à Paris et dans trente-quatre autres villes (Nantes, Lyon, Strasbourg, Toulouse, Le Havre, Bordeaux, Lille…)

« Plus de 27 millions d’inscrits ne sont pas aller voter, rappelle Mickael Wamen l’ex-délégué CGT de Goodyear à Amiens, figure de proue de ce Front social appelant au rassemblement. Ils ne se reconnaissent pas dans une démocratie où les politiques ne respectent pas leurs engagements comme nous l’a montré François Hollande. Nous avons besoin de gagner dans la rue en créant un outil, une courroie de transmission pour se faire entendre. » Le Front social veut représenter cet outil en agrégeant pour l’instant des syndicats (Sud PTT, CGT info’com, Sud santé sociaux…) peu suivis par leurs confédérations, même si Solidaires à l’issue de son congrès en Bretagne la semaine dernière, appelait dans sa motion générale à manifester dès le 19 juin avec le front social, tout en poussant à de nouvelles initiatives « dans le cadre le plus unitaire possible », à l’image de l’intersyndicale opposée en 2016 à la loi Travail.

A la tribune, un camion sono en lieu et place de la grande roue qui accueille d’habitude les touristes place de la Concorde, les syndicalistes en lutte ou discriminés décryptent le projet délétère de la loi travail XXL en préparation que veut imposer par ordonnances Emmanuel Macron. Mais les revendications sont plus larges : l’intention annoncée d’inscrire l’Etat d’urgence dans le droit commun épouvantent les militants dont nombreux ont vu leurs actions revendicatives interdites sous couvert de ces lois abusives. Les interdictions préventives de manifester ont d’ailleurs été condamnées le 9 juin par le Conseil constitutionnel. Sur 683 personnes, 574 en avaient fait les frais pendant le mouvement contre la loi El Khomri. 

Prochain rendez-vous de mobilisation le 27 juin

La soeur de Lamine Dieng (mort par étouffement dans un fourgon de police en 2007) a également pris la parole contre les violences policières, Jean-Baptiste Eyraud de Droit au logement a blâmé la violence faite aux précaires, accompagné par des familles venues manifester devant l’ambassade de Grande-Bretagne suite à l’incendie d’un HLM tuant 79 Londoniens. L’immeuble avait subi des travaux pour camoufler la misère, ignorant la sécurité des habitants, qui ont favorisé la propagation de l’incendie. 

Tous les intervenants ont conclu à la nécessité d’un mouvement plus ample, mais aussi plus unitaire, sans fermer la portes aux associations et autres syndicats. Certains comme l’Union départementale CGT de Paris, non adhérent au mouvement, sont venus soutenir l’initiative demandant eux aussi à ouvrir le mouvement. Dans la foule, des drapeaux NPA, France insoumise et Ensemble ont flotté, en réponse au discours. Quelques militants antifascistes ont tenté de gagner l’Assemblée, bien gardée par des camions et voitures de police bloquant l’accès au pont. La fanfare invisible a entamé l’hymne à la liberté chilien El pueblo unido jamas sera vencido. Prochain rendez-vous de mobilisation contre la casse sociale et la loi travail le 27 juin, à quelques pas, place des Invalides, à l’appel cette fois-ci de l’union régionale CGT.

Journaliste, rubrique social

 

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

 

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Source : http://www.europe1.fr

 

 

Rassemblements anti-Macron au lendemain des élections législatives

 

 
 
 

Rassemblements anti-Macron au lendemain des élections législatives

Des rassemblements ont eu lieu dans plus d'une trentaine de villes, de Toulouse à Nantes en passant par Lyon, Paris et Strasbourg. 

 

Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées lundi soir non loin de l'Assemblée nationale, à l'appel du collectif "Front social", pour protester contre le "plan de destruction sociale massive" prévu selon eux par Emmanuel Macron. "Y en a assez de la loi des patrons, c'est nous qui travaillons, c'est nous qui décidons" ou "c'est pas les salariés, c'est pas les immigrés, c'est Emmanuel Macron qu'il faut virer", scandaient les manifestants sous une chaleur étouffante et au rythme d'une fanfare, place de la Concorde à Paris.

"Flic, violeurs, assassins", scandent des militants antifas. Ils sont jeunes (lycéens/étudiants), avec des foulards pour certn. pic.twitter.com/9HBsu4x2LD

Fin de manif, le groupe du vient de terminer son morceau, il annonce 20.000 personnes dans les 34 rassemblement en France. pic.twitter.com/s9ob6rX8NT

Des rassemblements dans une trentaine de villes. Des rassemblements étaient également organisés dans une trentaine d'autres villes, dont Toulouse où la police a recensé une centaine de manifestants, mais aussi Nantes (200), Rouen (200). A Lyon, ils étaient plus de 300 à scander "Macron démission". Derrière la banderole de tête sur laquelle était écrit : "Face aux ordonnances, défendons nos conquêtes sociales !", le cortège s'est ébranlé vers 18H30 dans le centre ville, certains manifestants portant à bout de bras des pancartes indiquant "Contre la loi Travail, la rue répond lutte sociale" ou encore "Auto-défense contre les ordonnances".

A Strasbourg aussi une centaine de personnes ont manifesté pour appeler à la "résistance". "On est tous les bons petits précaires à Macron", avait inscrit une manifestante sur sa pancarte. Un premier rassemblement du Front social avait déjà eu lieu à Paris le 22 avril, à la veille du premier tour de l'élection présidentielle, suivi d'un défilé le 8 mai, au lendemain de la victoire d'Emmanuel Macron.

 
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