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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 12:44

 

 

Source : http://www.zdnet.fr/actualites/firefox-contre-attaque-prends-garde-a-toi-google-chrome-39855812.htm

 

 

Firefox contre-attaque : prends garde à toi Google Chrome !

 

 

Technologie : Au sein de Mozilla, le PDG Chris Beard et son équipe se préparent à prendre d'assaut le navigateur Google Chrome. La bataille commence en novembre, avec la sortie de Firefox 57.

 

 

Des centaines d'employés de Mozilla ont découvert en juin une version très différente de la mascotte de Firefox alors qu'ils se retrouvaient dans une salle de conférence Hilton à San Francisco pour une réunion générale.

Disparu le panda roux et ardent sur un globe bleu, l'image qui représentait le combatif navigateur de Mozilla depuis 2003. A la place, le vice-président senior de Firefox, Mark Mayo, a ouvert l'événement par un dessin de renard dans une menaçante armure méca, nommée Mark 57 - de la même façon que sont nommées les améliorations des armures d'Iron Man.

 

Un "big bang" à venir

Le message ne fait pas dans la finesse : Firefox 57, une évolution en profondeur programmée pour le 14 novembre, est prêt pour la bataille. Son principal rival est Google Chrome, qui représente 54% des visites de pages Web sur PC, tablettes et smartphones. Safari d'Apple est à 14%, tandis que Firefox n'est qu'à 6% selon StatCounter. Depuis son apparition en 2008, nombre d'utilisateurs se sont détournés de Firefox au profit de Chrome.

Mais Firefox 57 pourrait être la version qui incitera les internautes à revenir sur leur choix - et permettra eut-être aussi sauvegarder le Web. Mozilla a commencé à tester Firefox 57 mercredi 2 août, l'aboutissement de plus d'un an de travaux d'ingénierie.

Au siège de la société, le patron de Mozilla, Chris Beard, annonce un "big bang". Plus optimiste encore, il se risque à des déclarations audacieuses : "Nous allons récupérer beaucoup de personnes". Ce sont des mots hardis compte tenu des défis auxquels est confronté Firefox. Chrome domine sur tous les terminaux. La navigation Web elle-même est menacée alors que les utilisateurs préfèrent de plus en plus les applications au surf.

Mais de Firefox 57 à la conquête des nouveaux internautes espérée par Beard, il y a plus qu'un pas. Même ceux qui ont investi des années chez Mozilla le reconnaissent.

"Certaines des choses qu'ils font du point de vue technologique sont incroyables" explique Andreas Gal, qui est devenu PDG de la startup Silk Labs après avoir quitté la direction de l'ingénierie de Mozilla en 2015. "Je ne pense pas que cela fait une différence."

 

Renaître de ses cendres

L'inspiration, les 1.200 employés de Mozilla peuvent la trouver dans les 15 ans d'histoire du navigateur. Firefox est né des cendres de Netscape, le pionnier de l'Internet que Microsoft a aidé à tuer en intégrant Internet Explorer gratuitement dans Windows. Mozilla a décapé la coque de Netscape Navigator en 2002 et lancé Firefox 1.0 en 2004.

Firefox n'a pas mis fin à la domination d'IE, qui équipait à l'époque 95% des internautes. Mais Firefox n'a cessé de triompher. Vous ne vous préoccupez peut-être pas du navigateur que vous utilisez, mais la popularité de Firefox a permis de maintenir la compétitivité parmi les navigateurs et de construire au cours de la dernière décennie un Web propice aux innovations. Êtes-vous fan de Google Maps, Facebook, Twitter ou YouTube ? C'est en partie grâce à Firefox.

La mission de Mozilla est de garder le web assez dynamique pour faire émerger la prochaine grande innovation, même si les entreprises proposent des applications mobiles au lieu de sites Web, balancent des publicités portant atteinte à la vie privée ou tentent de vous enfermer dans leurs écosystèmes.

Beard, Baker et d'autres cadres supérieurs de Mozilla nous ont donné un aperçu exclusif sur toutes les facettes du programme de reconquête de Mozilla : tout, depuis la reconnaissance sans ambigüité des échecs récents de Firefox jusqu'à la divulgation d'un éventuel plan d'adhésion pour gagner de l'argent, en passant par la lutte politique autour de problèmes comme le chiffrement et la neutralité du net.

Dans sa croisade pour récupérer l'intérêt perdu, l'organisation à but non lucratif compte également sur des logiciels au-delà du navigateur, une croissance financière qui devrait l'aider à survivre, et même des services en ligne qui remettent en question le pouvoir de Google dans la recherche.

Mais la mission la plus noble au monde est sans importance si votre logiciel est bancal.

 

Rencontre avec Mark 57

Les mises à jour de Firefox de l'année dernière ont aidé Mozilla à freiner la migration de ses utilisateurs vers Chrome, ce qui a permis de stabiliser le nombre d'utilisateurs actifs quotidiens à un peu plus de 100 millions. Avec des changements plus importants en magasin, Mozilla promet d'en remontrer à Chrome lors de la sortie de Firefox 57.

"Ce sera le jour et la nuit" assure Beard.

Les améliorations permises par le projet Quantum sont à l'origine de la majeure partie de cette évolution promise. Un volet, Stylo, accélère les opérations de mise en forme. Quantum Flow broie des dizaines de petits défauts de ralentissement. Quantum Compositor accélère l'affichage du site Web. Et Firefox 57 va également jeter les bases de WebRender, qui utilise la puce graphique d'un périphérique informatique pour afficher plus rapidement les pages Web à l'écran.

"Vous pouvez faire l'interface utilisateur et l'animation et du contenu interactif d'une manière tout simplement inenvisageable sur n'importe quel autre navigateur" explique Mayon, le patron de Firefox, parlant de son bureau à Toronto - par le biais d'une technologie de chat vidéo que Firefox a aidé à rendre possible.

Tout cela s'ajoute à un moteur très différent au cœur de Firefox. Ce type d'accélération peut véritablement enthousiasmer les développeurs web - une communauté influente clé dans le succès de Firefox face à IE en 2004.

La priorité absolue est la vitesse. Nous éprouvons un plaisir inconscient à disposer d'un navigateur rapide et fluide dans l'affichage des sites Web, l'ouverture et la fermeture d'onglets... Si votre navigateur bredouille lors que vous faites défiler une page ou vous fait attendre longtemps pour afficher un contenu, il est plus que probable que vous en changiez. Les améliorations sur la vitesse au cours des derniers mois ont déjà eu un effet, explique Mozilla, mettant fin à un flux continu de défections d'utilisateurs de Firefox au profit d'autres navigateurs.

Il est trop tôt pour estimer les progrès accomplis par Firefox 57 en termes de rapidité, mais selon un test de navigateur appelé Speedometer, les performances de Firefox ont bondi de manière significative. En comparant la version de juin 2016 de Firefox avec la version prévue en août, la performance du navigateur a augmenté de 38% sur MacOS et de 45% sur Windows, affirme Jeff Griffiths de Mozilla.

La vitesse est la clé de l'un des principaux volets de la mission de Mozilla : la construction d'un web en bonne santé. Dix ans plus tôt, l'innovation du navigateur signifiait que les programmes Web gagnaient en performance, ouvrant la voie à des sites Web beaucoup plus puissants. Quantum pourrait alimenter une nouvelle course de performance et conduire à une nouvelle révolution sur le web.

La vitesse ira de pair avec une nouvelle interface grâce à Photon. "Si Quantum est la façon dont nous rendons Firefox plus rapide, Photon est la manière dont les utilisateurs le sauront" déclare Nick Nguyen, vice-président de Mozilla. Il promet "une expérience utilisateur élégante et moderne, des animations douces et des éléments d'interface impeccables pour toutes les résolutions".

Les changements au niveau de l'interface sont multiples. La barre de titre sur le haut du navigateur deviendra sombre. Fini le temps des fonctionnalités exclusives à Firefox, comme une boîte spéciale, juste pour lancer des recherches sur Internet ou le menu avec une grille de petites icônes. Vous pourrez vous concentrer sur des paramètres particuliers avec un outil de recherche de préférences. Firefox basculera dans un mode tactile dès que vous appuyez sur l'écran de votre PC. Un nouveau menu "page action" dans la barre d'adresse gère les tâches comme les pages de favoris, le partage d'adresses de sites Web ou la sauvegarde de pages dans le service Pocket de Mozilla. Et préparez-vous-y - Photon remplace les onglets incurvés de Firefox par des onglets au style rectangulaire, comme dans le navigateur Edge de Microsoft.

Lorsqu'ils sont réussis, les changements cosmétiques comme la nouvelle interface Photon peuvent rendre le logiciel plus facile à comprendre et à utiliser. Mais même les meilleurs changements nous font souvent hurler.

 

Le changement est difficile

Un autre changement dans Firefox 57 cassera une partie estimable et ancienne de Firefox : la technologie des extensions qui permet de personnaliser le navigateur. Par exemple, avec des extensions, il est possible de bloquer les publicités, protéger sa vie privée, télécharger des vidéos YouTube, traduire des sites Web et gérer des mots de passe. Les extensions ont été un avantage majeur pour Mozilla dans sa bataille contre IE. Mais Mozilla passe à Web Extensions, une variante de la technologie de personnalisation de Chrome.

Le changement ouvre la voie à des améliorations réelles, comme une plus grande réactivité lorsque vous cliquez sur votre souris ou fermez un onglet. Mais des milliers d'extensions seront laissées sur le bas-côté, à moins que leurs créateurs ne développent de nouvelles versions pour la nouvelle fondation de Firefox.

Le changement est dur, mais nécessaire, dit Beard. "Si vous essayez de rendre tout le monde heureux, vous ne faites plaisir à personne" dit-il. "Les grandes organisations avec des centaines de millions d'utilisateurs se mettent sur la défensive et tentent de préserver le bonheur de chacun. En fin de compte, vous aboutissez à un produit et une expérience médiocres."

Article adapté et traduit par Christophe Auffray, ZDNet.fr. L'article complet "Firefox fights back against Google Chrome" de Stephen Shankland est en ligne sur CNet.com.

 

 

 

Source : http://www.zdnet.fr/actualites/firefox-contre-attaque-prends-garde-a-toi-google-chrome-39855812.htm

 

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 15:50

 

 

Source : https://www.leetchi.com/c/luxleaks-raphael-halet

 

 

Luxleaks Raphaël Halet

 

 

Rejoignez mon combat contre l'évasion fiscale des multinationales !

 

Je suis dans un combat juridique contre les multinationales et l'état du Luxembourg. Avec mes seules économies (deja englouties) je ne pourrai pas aller au bout de la bataille. Votre soutien financier me permettra de financer les frais jusqu'au terme de l'affaire.

 

En septembre 2006, je suis embauché chez PwC après avoir postulé à une annonce. J'y reste neuf ans, d’abord en tant que secrétaire (2006-2011), puis comme agent administratif au service « Tax process support ».  Au sein du géant de l’audit Pwc, je ne suis qu’une petite main anonyme. Un rouage que personne ne remarque, bien loin des auditeurs ou des associés, ces surdiplômés qui ne comptent pas leurs heures et détiennent le pouvoir.

 

Je suis l'un des lanceurs d’alerte français ayant dénoncé les multinationales (Ikea, Amazon, etc.) cherchant à échapper aux impôts avec des accords fiscaux secrets au Luxembourg. C’est l’affaire LuxLeaks, révélée en novembre 2014 par l'ICIJ. L'émission « Envoyé Spécial » explique comment PwC a tenté de m'empécher de parler. De me broyer.

80 000 000 000 d'euros par an d'évasion fiscale

Mes révélations ont permis de mesurer l'ampleur de l'évasion fiscale: 80 milliards d'euros par an pour la France, l'équivalent du budget de l'Education Nationale.

 

Je suis poursuivi pour vol, divulgation de secrets d’affaires, violation de secret professionnel, blanchiment et fraude informatique, pour avoir transmis des documents au journaliste Édouard Perrin à l’automne 2012. Certaines ont été utilisées au cours d’un reportage de Cash Investigation diffusé en 2013.

Condamné à 9 mois de prison avec sursis et 1 000 d'amende en 1ère instance, j'ai fait appel. Encore condamné à 1 000 euros d'amende après un 2ème procès en appel,  je vient de me pourvoir en Cassation au Luxembourg. Paradoxalement ces deux jugements me reconnaissent le statut de lanceur d'alerte et mon action pour l'intérêt général.

 

Mon silence avant ce 1er procès résulte de l’accord de confidentialité signé avec PwC, avec la contrainte de payer 10 millions EUR en cas de rupture, accord qui incluait également mon licenciement.

 

Je n'ai pas fait ça pour la gloire. Je n’ai jamais voulu être lanceur d’alerte, ça m’est tombé dessus. J’ai toujours eu une exigence d’excellence et d’exemplarité en tant que citoyen. Beaucoup de gens me disent qu’ils me comprennent pour avoir vécu la même chose.

 

Lancer une alerte à mes yeux est avant tout un acte éthique, délibérément tourné vers autrui. Ma démarche était et est toujours tournée vers nos enfants et petits-enfants.

 

Quand le pillage devient la norme pour une élite, celle-ci finit manifestement par ne plus s’accommoder de la Législation pourtant déjà fort à son avantage et à créer pour elle-même un système opaque, au-delà de la légalité, qui autorise ce pillage et un code moral interne qui le glorifie.

 


Ici vous pouvez participer directement et en un clic. Chacun participe du montant qu’il souhaite. Tous les paiements sont sécurisés. Pas d’inscription nécessaire, don anonyme.

 

Ou par Paypal: paypal.me/RHalet

  

Ou par chèque, (à l’ordre de HALET) à renvoyer à:  HelpRaph 28 rue du Gnl Nassoy 57590 DELME (FRANCE).

 

Ou par virement (mettez votre email en objet pour recevoir une confirmation):

IBAN FR76 3008 7333 0300 0201 9480 195                   BIC CMCIFRPP

 

Suivez-nous sur Facebook: Luxleaks Raphael

Sur Twitter: @LuxleaksRaphael

 

Pour signer la pétition: https://www.change.org/p/relaxez-raphaël-lanceur-d-alerte-luxleaks

 

 

Actualités

Le 18 juillet 2017 Raphaël Halet a écrit :

Le 12 mai 2017, Amnesty International Lorraine organisait à l'Hôtel de Ville de Metz une table ronde sur le thème des lanceurs d'alerte, notamment à travers l'affaire Luxleaks.

 

La vice-présidente d'Amnesty France, Cécile Coudriou a abordé l'affaire Wikileaks et l'affaire Snowden. 

 

J'ai expliqué ma démarche pour révéler le scandale Luxleaks, accompagnés de l'un de mes avocats, Bernard Colin et Fabien Grasser, journaliste spécialiste de ces questions au Luxembourg. Le débat était animé par Anne Rimlinger.

 

(Re)voir mon intervention en 2' ici: 

Le 11 juillet 2017 Raphaël Halet a écrit :

Vous voulez mieux comprendre ce que je combats ? Voici une petite vidéo explicite et précise par Eva Joly. Le Luxembourg, les multinationales et J-C Juncker: comment est-ce possible ?

 

Le 26 juin 2017 Raphaël Halet a écrit :

Un message... brut.

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:39

 

 

Source : https://lundi.am/Situation

 

 

Situation - Par Frédéric Lordon

 

paru dans lundimatin#108, le 13 juin 2017

 

 

 

Logiquement, tout avance de concert. Au moment où Macron est élu, nous découvrons que La Poste enrichit sa gamme de services d’une offre « Veiller sur mes parents » à partir de 19.90€ par mois (plusieurs formules : 1, 2, 4, 6 passages par semaine). Le missionné, qu’on n’appellera sans doute plus « l’agent » (tellement impersonnel-bureaucratique – old), mais dont on verra si la Poste va jusqu’à l’appeler l’« ami de la famille », passe en voisin, boit le café, fait un petit sms pour tenir au courant les descendants, bref – dixit le prospectus lui-même – « maintient le lien social ». Résumons : Pour maintenir le lien social tout court, c’est 19.90€. Et pour un lien social béton (6 visites par semaines), c’est 139.90€. Tout de même. Mais enfin il y va du vivre ensemble.

 

En 1999, des lignards d’EDF en vacances et même en retraite avaient spontanément repris du service pour rétablir le courant après la tempête. Ils l’avaient fait parce qu’ils estimaient que, dans cette circonstance exceptionnelle, il se jouait quelque chose entre eux, le service public dont ils étaient ou avaient été les agents, et la société dans son ensemble, quelque chose qui n’était pas de l’ordre d’un lien contractuel-marchand et procédait de mobiles autres que pécuniaires. Maintenant que nous en sommes à l’étape de la forfaitisation du lien social, nous percevons combien cette réaction qui fut la leur a été une tragique erreur. Puisqu’il est décidé que tout, absolument tout, est monnayable, la prochaine fois que les lignes sont à terre, on espère bien que toute demande de reprise de service obtiendra pour réponse, au mieux la renégociation en position de force du tarif des prestations extraordinaires, et plutôt d’aller se carrer les pylônes.

 

Le contresens anthropologique du lien social tarifé semble ne pas apercevoir que, précisément, la transaction contractuelle-marchande n’est au principe d’aucun lien, entendons autre que le lien temporaire stipulé dans ses clauses, dont l’échéance est fixée par le paiement qui, dit très justement l’expression, permet de s’acquitter – c’est-à-dire de quitter. Après quoi les co-contractants redeviennent parfaitement étrangers l’un à l’autre. C’est pourtant ce modèle « relationnel » que la société néolibérale, La Poste en tête, se propose de généraliser à tous les rapports humains, désastre civilisationnel dont le désastre électoral de ce printemps n’est que l’épiphénomène. Mais aussi l’accélérateur. Avec peut-être toutes les vertus des accélérations à contresens : déchirer les voiles résiduels, clarifier la situation, rapprocher des points critiques. Si l’on peut placer un espoir raisonnable dans la présidence Macron, c’est celui que tout va devenir très, très, voyant. C’est-à-dire odieux comme jamais.

 

Car il ne faut pas s’y tromper, la France n’est nullement macronisée. Les effets de levier composés du vote utile font à l’aise un président avec une base d’adhésion réelle de 10% des inscrits. Quant aux législatives, le réflexe légitimiste se joint à la pulvérisation des candidatures d’opposition pour assurer de rafler la mise. Par l’effet de cette combinaison fatale, le 19e arrondissement de Paris, par exemple, qui a donné Mélenchon en tête au premier tour avec plus de 30% est ainsi bien parti pour se donner un député macronien – on aurait tort d’en tirer des conclusions définitives. Mais en réalité, au point où nous en sommes, tout ça n’a plus aucune importance. La vérité, c’est que « la France de Macron » n’est qu’une petite chose racornie, quoique persuadée de porter beau : c’est la classe nuisible.

 

La classe nuisible est l’une des composantes de la classe éduquée, dont la croissance en longue période est sans doute l’un des phénomènes sociaux les plus puissamment structurants. Pas loin de 30% de la population disposent d’un niveau d’étude Bac+2 ou davantage. Beaucoup en tirent la conclusion que, affranchis des autorités, aptes à « penser par eux-mêmes », leur avis compte, et mérite d’être entendu. Ils sont la fortune des réseaux sociaux et des rubriques « commentaires » de la presse en ligne. La chance de l’Europe et de la mondialisation également. Car la classe éduquée n’est pas avare en demi-habiles qui sont les plus susceptibles de se laisser transporter par les abstractions vides de « l’ouverture » (à désirer), du « repli » (à fuir), de « l’Europe de la paix », de « la dette qu’on ne peut pas laisser à nos enfants » ou du monde-mondialisé-dans-lequel-il-va-bien-falloir-peser-face-à-la-Russie-et-aux-Etats-Unis. La classe demi-habile, c’est Madame de Guermantes à la portée d’un L3 : « la Chine m’inquiète ».

 

La propension à la griserie par les idées générales, qui donnent à leur auteur le sentiment de s’être élevé à hauteur du monde, c’est-à-dire à hauteur de gouvernant, a pour effet, ou pour corrélat, un solide égoïsme. Car la demi-habileté ne va pas plus loin que les abstractions creuses, et ignore tout des conséquences réelles de ses ostentations abstraites. En réalité, elle ne veut pas les connaître. Que le gros de la société en soit dévasté, ça lui est indifférent. Les inégalités ou la précarité ne lui arrachent dans le meilleur des cas que des bonnes paroles de chaisière, en tout cas aucune réaction politique. L’essentiel réside dans les bénéfices de la hauteur de vue, et par suite d’ailleurs la possibilité de faire la leçon universaliste aux récalcitrants. En son fond elle est un moralisme – comme souvent bercé de satisfactions matérielles. Sans surprise, elle résiste à la barbarie en continuant de boire des bières en terrasse – ou, plus crânement encore, en brassant elle-même sa propre bière.

 

Demi-habile et parfaitement égoïste, donc : c’est la classe nuisible, le cœur battant du macronisme. Elle est le fer de lance de la « vie Macron » – ou du vivre ensemble La Poste. Partagée entre les déjà parvenus et ceux qui continuent de nourrir le fantasme, parfois contre l’évidence, qu’ils parviendront, elle est la classe du capital humain : enfin un capital qui puisse être le leur, et leur permettre d’en être  ! Ceux-là sont habités par le jeu, ils y adhèrent de toute leur âme, en ont épousé avec délice la langue dégénérée, faite signe d’appartenance, bref : ils en vivent la vie. Ils sont tellement homogènes en pensée que c’est presque une classe-parti, le parti du « moderne », du « réalisme », de la « French Tech », du « projet personnel » – et l’on dresserait très facilement la liste des lieux communs d’époque qui organisent leur contact avec le monde. Ils parlent comme un journal télévisé. Leurs bouches sont pleines de mots qui ne sont pas les leurs, mais qui les ont imbibés si longtemps qu’ils ont fini par devenir les leurs – et c’est encore pire.

 

Cependant, l’égoïsme forcené joint à l’intensité des investissements existentiels a pour propriété paradoxale de faire de la classe de « l’ouverture » une classe séparée et claquemurée, sociologiquement minoritaire en dépit des expressions politiques majoritaires que lui donnent les institutions électorales – qui disent là comme jamais la confiance qu’elles méritent. La seule chose qui soit réellement majoritaire, c’est son pouvoir social – mais comme on sait, à ce moment, il convient de parler non plus de majorité mais d’hégémonie. Sans surprise, la sous-sous-classe journalistique en est le joyau, et le porte-voix naturel. L’élection de Macron a été pour elle l’occasion d’un flash orgasmique sans précédent, ses grandes eaux. Au moment où nous parlons d’ailleurs, on n’a toujours pas fini d’écoper. En tout cas la classe nuisible est capable de faire du bruit comme quinze. Elle sait ne faire entendre qu’elle et réduire tout le reste – ouvriers, employés, des masses elles bien réelles – à l’inexistence. Au prix, évidemment, de la sourde accumulation de quelques « malentendus », voués un de ces quatre à faire résurgence un peu bruyamment.

 

Il pourrait y avoir là de quoi désespérer absolument si le « progrès intellectuel » de la population ne fabriquait plus que des possédés, et se faisait le parfait verrou de l’ordre social capitaliste. Mais la classe nuisible n’est qu’une fraction de la classe éduquée. C’est qu’en principe, on peut aussi se servir de capacités intellectuelles étendues pour autre chose. Bien sûr on ne pense pas dans le vide, mais déterminé par toutes sortes d’intérêts, y compris matériels, à penser. De ce point de vue les effets du néolibéralisme sont des plus ambivalents. S’il fabrique de l’assujetti heureux et de l’entrepreneur de lui-même, il produit également, et à tour de bras, du diplômé débouté de l’emploi, de l’intellectuel précaire, du startuper revenu de son esclavage. La plateforme OnVautMieuxQueCa, qui a beaucoup plus fait que les directions confédérales dans le lancement du mouvement du printemps 2016 – qui a même fait contre elles… –, cette plateforme, véritable anthologie en ligne de la violence patronale, dit assez où en est, expérience à l’appui, une large partie de la jeunesse diplômée dans son rapport au salariat. Et, sous une détermination exactement inverse, dans ses propensions à penser. On peut donc ne pas tomber dans l’exaltation « générationnelle » sans manquer non plus de voir qu’il se passe quelque chose dans ces tranches d’âge. Si d’ailleurs, plutôt que de revoir pour la dixième fois The social network et de se rêver en Zuckerberg français, toute une fraction de cette génération commence à se dire « ingouvernable », c’est sans doute parce qu’elle a un peu réfléchi à propos de ce que veut dire être gouverné, suffisamment même pour apercevoir qu’il n’y va pas seulement de l’Etat mais de l’ensemble des manières de façonner les conduites, auxquelles les institutions formelles et informelles du capitalisme prennent toute leur part.

 

Sur ce versant-là de la classe éduquée, donc, ça ne macronise pas trop fort – sans compter d’ailleurs tous ceux à qui l’expérience prolongée a donné l’envie de changer de bord : les cadres écœurés de ce qu’on leur fait faire, les dégoûtés de la vie managériale, les maltraités, les mis au rebut, à qui la nécessité fait venir la vertu, mais pour de bon, qui ont décidé que « rebondir » était une affaire pour baballe exclusivement, ne veulent plus se battre pour revenir dans le jeu, et prennent maintenant la tangente. Or ce contingent de têtes raides ne cesse de croître, car voilà le paradoxe du macronisme : en même temps qu’il cristallise la classe nuisible, son effet de radicalisation, qui donne à l’époque une clarté inédite, ouvre d’intéressantes perspectives démographiques à la fraction rétive de la classe éduquée.

 

Cependant le privilège social de visibilité de la classe éduquée, toutes fractions confondues, n’ôte pas qu’on ne fait pas les grands nombres, spécialement dans la rue, sans la classe ouvrière mobilisée. En l’occurrence affranchie des directions confédérales, ou du moins décidée à ne plus les attendre. Mais ayant par suite à venir à bout seule de l’atomisation et de la peur. Pas le choix : il faut qu’elle s’organise – se -organise... Et puis s’organiser avec elle. Caisses de solidarité, points de rencontre : dans les cortèges, dans de nouveaux groupements où l’on pense l’action en commun, tout est bon. En tout cas, comme dans la jeunesse, il se passe quelque chose dans la classe ouvrière : de nombreux syndicalistes très combatifs, durcis au chaud de plans sociaux spécialement violents, virtuellement en rupture de centrale, font maintenant primer leurs solidarités de lutte sur leurs appartenances de boutique, laissent leurs étiquettes au vestiaire et ébauchent un front uni. Si quelque jonction de la jeunesse décidée à rompre le ban ne se fait pas avec eux, rien ne se fera. Mais la détestation de l’entreprise, promise par le macronisme à de gigantesques progrès, offre d’excellentes raisons d’espérer que ça se fera.

 

Il n’est pas certain que le macronisme triomphant réalise bien la victoire à la Pyrrhus qui lui est échue. C’est que jusqu’ici, l’indifférenciation patentée des partis de gouvernement censément de bords opposés parvenait encore vaille que vaille à s’abriter avec succès derrière l’illusion nominale des étiquettes de « l’alternance ». Evidemment, l’alternance n’alternait rien du tout, mais il restait suffisamment d’éditorialistes abrutis pour certifier que la « gauche » succédait à la « droite, ou l’inverse, et suffisamment de monde, à des degrés variés de cécité volontaire, pour y croire. Le problème du macronisme, c’est précisément… qu’il a réussi : sa disqualification des termes de l’alternance prive le système de son dernier degré de liberté, assurément factice mais encore doté de quelque efficacité résiduelle. Quand il aura bien mis en œuvre son programme, poussé tous les feux, par conséquent rendu folle de rage une fraction encore plus grande de la population, où trouvera-t-il son faux alternandum et vrai semblable, l’entité faussement opposée et parfaitement jumelle qui, dans le régime antérieur, avait pour double fonction de soulager momentanément la colère par un simulacre de changement tout en assurant la continuité, quoique sous une étiquette différente ?

 

Résumons-nous : bataille terminale au lieu du noyau dur – le rapport salarial, via le code du travail –, intégration ouverte de l’Etat et du capital, presse « en plateau », extase de la classe nuisible et radicalisation antagoniste des défecteurs, colère grondante des classes populaires promises à l’équarrissage, fin des possibilités théâtrales de l’alternance, disparition définitive de toute possibilité de régulation interne, de toute force de rappel institutionnalisée, de tout mécanisme de correction de trajectoire : à l’évidence il est en train de se former une situation. À quelque degré, ce gouvernement-du-barrage-contre-le-pire doit en avoir conscience puisqu’il approfondit le mouvement, déjà bien engagé, de proto-fascisation du régime : avec les ordonnances du code du travail, la normalisation de l’état d’urgence en droit ordinaire a été logiquement sa première préoccupation. Ultime moyen de contrôle de la situation, lui semble-t-il, mais qui contribue plutôt à l’enrichissement de la situation. Et confirme que la question de la police va se porter en tête d’agenda, comme il est d’usage dans tous les régimes où l’état d’illégitimité n’est plus remédiable et où ne reste que la force armée, la seule chose opposable à la seule opposition consistante : la rue. Car il est bien clair qu’il n’y a plus que la rue. Si « crise » désigne le moment résolutoire où les trajectoires bifurquent, nous y sommes. Quand tout est verrouillé et que la pression n’en finit pas de monter, il doit se passer quelque chose. Ce dont les forces instituées sont incapables, seul l’événement peut l’accomplir.

 

 

 

Source : https://lundi.am/Situation

 

 

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:10

 

 

Info reçue par mail

 

 
soutien Jean Jacques M'U


AREVA-esques suite (s)
 
 
Bonjour.

Les mois passent et rien n'a vraiment évolué dans ma situation (les procès sont comme les guerres, la grande tension réside dans l'attente continuelle et sans repos d'une déflagration qui peut survenir de n'importe où n'importe quand).

Nous vivons en situation de guerre et ce n'est pas une vue d'un esprit dérangé que de l'admettre.

Chacun fait en conséquence depuis sa place, avec ce qu'il est et ce qu'il a, sa nature, dans la mesure de ses possibilités, ses marges de manœuvre, la limite à son audace et à son endurance...

Bref.

Le procès se tiendra donc le 12 septembre.

Bref rappel historique :

1. J'avais relayé sur mon blog Mediapart les 27 et 31 juillet 2014 (il y a trois ans) un billet de la CAN-SE (Coordination antinucléaire du Sud-ESt), encore en ligne.

2. AREVA a d'abord porté plainte avec constitution de partie civile contre moi, avant de considérer l'auteur du billet d'origine. Pour les quatre mentions (que je n'ai jamais écrites) que vous pourrez lire dans cet extrait d'acte judiciaire :

3. Après intervention d'AREVA au cours de l'instruction, nous nous trouvons deux personnes mises en examen : moi et « Jean Revest », administrateur du blog de la CAN-SE d'où est parti le billet incriminé. La CAN souhaite un procès du nucléaire. Moi, je ne suis pas un spécialiste, je ne me risque pas à plaider autre chose que mes intuitions et mon sentiment d'injustice. Ma liberté d'expression, mon droit à l'erreur, même !

43 Lors de l'audience de fixation du 30 août 2016, l'année dernière, avec l'appui d'une quinzaine d'entre vous présents sur place, j'aurais voulu faire valoir qu'il n'y avait pas lieu de poursuivre. Je n'ai pas été entendu.

Voici le compte rendu fait le lendemain de cette audience, par Juliette Keating, qui est de toutes les luttes justes :
https://blogs.mediapart.fr/juliette-keating/blog/310816/areva-contre-le-blogueur-jjmu-le-proces-aura-lieu-le-12-septembre-2017
 

5. Une défense efficace ?... Dans les jours qui ont suivi, j'ai donc cédé aux conseils de ceux et celles d'entre vous qui me proposaient un avocat, que j'ai choisi spécialiste du droit de la presse (droit qui déroge en plusieurs points au droit commun).

L'avocat pressenti est Antoine Comte, du barreau de Paris, à qui je verse 500 € par mois pendant 10 mois suite à une collecte qui a rapporté 1 750 € (cagnotte + chèques personnels)

6. Vous et moi. De fait, même si j'ai besoin de soutien financier (ce serait mentir de dire le contraire), j'ai également besoin de paix.
Et surtout, surtout, surtout ! que la presse relaie mon affaire, et ni BastaMag ni ReporTerre et encore moins Mediapart (sa rédaction, pas les blogueurs) n'ont daigné se préoccuper d'une personne qui n'est pas de la profession.

De fait, même la CAN-SE dont j'avais relayé le billet à l'origine, dédaigne mon cas et me (dis)qualifie sous le terme d'« un imprudent blogueur » (sic !).
http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2016/06/22/Plainte-d-Areva-contre-la-Coordination-antinucl%C3%A9aire-du-Sud-est-%3A-Proc%C3%A8s-fix%C3%A9-au-30-ao%C3%BBt-%C3%A0-Paris

Voili voilou voilà.

Pas vraiment le moral. Il y aura deux témoins à mes frais (transports et hébergement sur Paris pour deux nuits : à ce sujet, si vous avez des places chez vous, ça réduirait mes frais).
Deux témoins pour prouver ma bonne foi (ma volonté d'informer les citoyens) et l'absence de volonté de nuire (aucun préjudice réel n'a été signalé dans les résultats des politiques d'AREVA et de la ville d'Avignon à la suite de mon relai de l'article de la CAN-SE). On le voit (hélas) avec Bure, Fessenheim, Bugey, Golfech, etc. où je n'ai d'ailleurs jamais pu me rendre pour aller soutenir les copains en lutte sur place.

La période électorale a montré toutes les facettes de la médiocratie sous laquelle nos contemporains acceptent de vivre, bon an mal an.

Je ne crois pas aux miracles, pas plus électoraux que révolutionnaires en armes. Et pas davantage en notre police qu'en nos tribunaux dont on a fait l'expérience ces derniers mois des odieux et illégitimes doubles jeux (deux poids deux mesures) entre les apparatchiks corrompus d'un côté et, de l'autre, les étrangers, les roms, les pauvres, les sans abris, les travailleurs, les retraités, les prisonniers.

Conclusions ?

Tous vos soutiens seront les bienvenus :
– recours auprès des rédactions des journaux,
– alertes auprès de vos organismes syndicaux,
– organisation de conférence de presse,
– articles de blogs référencés sur les grands moteurs de recherche,
– ampliation sur les réseaux sociaux...

– hébergements pour témoins de passage à Paris les 11, 12 et 13 septembre.

Des conseils ?... Euh, là, franchement, je n'en peux plus (je deviens fou à essayer de répondre à toutes les questions que je me suis déjà posées et tous les recours que j'ai déjà tentés). Alors, merci de bien vouloir m'en épargner. Je sature pour de bon.

Pour les dons en chèques (que je suis incapable de rembourser) vous pouvez les faire à Jean-Jacques Masot-Urpi 6, rue du Majou 46300 Gourdon.

Merci et pardon de vous déranger.

Bonnes vacances, je suis déterminé à en prendre, pour ma part, malgré tout, et bien qu'avec le cœur très serré pour nos amis « migrants » (sic) persécutés, et nos compatriotes Grecs, Turcs et Kurdes soumis à des tortures et des pressions quotidiennes autrement plus terribles et que je serais incapable de supporter sans en perdre la raison, pour ma part, et la vie.

Ah ! indice des temps qui courent : le 12 septembre est jour d'actions de protestations contre les directives gouvernementales. Nous serons alors plongéEs dans l'ambiance de notre temps. Gravé dans la mémoire d'une histoire qui sera, j'en suis sûr, aussi mythifiée que l'ont été celle de mai 68 et d'autres, comme l'histoire de juillet 1789. Bah !...

Bonne continuation, les amiEs. Et au plaisir de vous revoir dans de meilleures conditions. Je veux y croire. (grâce à vous ?...)

 

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/juliette-keating/blog

 

 

Areva contre le blogueur JJMU: Le procès aura lieu le 12 septembre 2017

 
 
L'audience est publique. Nous sommes une quinzaine autour de JJMU qui porte un lourd dossier tout plein de documents et d'arguments. Ambiance de rentrée. Les avocats en robe pénètrent dans la salle et toupillent comme chez eux, tandis que nous parlons à mi-voix, jetant des regards vaguement inquiets sur les lambris et le plafond décoré.

 

Animal sympathique trop souvent victime de propos diffamatoires Animal sympathique trop souvent victime de propos diffamatoires

Rappel des faits

 

Le blogueur JJMU est accusé par la multinationale AREVA d'avoir publié des propos diffamatoires sur son ancien blog hébergé par Mediapart. JJMU n'est pas l'auteur des propos qui lui sont reprochés, il n'a fait que copier-coller un article de la Coordination antinucléaire du sud-est (CAN-SE). Mais, selon la loi sur la presse de 1881, en cas de diffamation, si l'auteur des propos diffamatoires n'est pas identifié, le diffamé se retourne contre le diffuseur (qui est ici le blogueur). Or, l'article litigieux n'est pas signé. Après enquête d'Areva, un quidam de la CAN-SE est désigné comme auteur de l'article, ce qu'il nie (soit il n'est pas l'auteur, soit il l'est mais n'a aucun intérêt à le reconnaître). Face à Areva, il y a donc deux prévenus dans cette affaire, le quidam de la CAN-SE défendu par un avocat et JJMU défendu par lui-même selon son propre choix. Pour JJMU, l'enjeu de l'audience est celui-ci : le non-lieu pour nullité de la procédure ou la fixation de la date de son procès.

30 août 2016. TGI de Paris, 17eme chambre.

L'audience est publique. Nous sommes une quinzaine autour de JJMU qui porte un lourd dossier tout plein de documents et d'arguments. Ambiance de rentrée. Les avocats en robe pénètrent dans la salle et toupillent comme chez eux, tandis que nous parlons à mi-voix, jetant des regards vaguement inquiets sur les lambris et le plafond décoré. Nous attendons la cour. L'avocat du quidam de la CAN-SE (absent), quitte son banc et s'approche de JJMU tel un gros matou au poil luisant et à l’œil vif. Il lui flatte l'épaule d'une patte aux griffes rentrées et feint de s'étonner de le voir seul, sans avocat. Non, JJMU n'est pas la souris avec laquelle s'amuse cruellement le chat, mais plutôt le baudet dont le bavard tâte l'échine car il espère bien que l'animal va tout prendre sur son dos à la place de son client comme dans la fable au célèbre « haro ! »

La cour entre. La Présidente se réjouit de je ne sais plus quoi mais déplore le manque de personnel et l'encombrement de la 17ème chambre qui occasionne un retard des procès. Ça commence. Passent les affaires et l'on entend résonner les doux noms de bienfaiteurs de l'humanité tels Bolloré, ou de people ayant tous de petits problèmes de méchantes diffamations.

Vient le tour de JJMU. Il s'approche de la Présidente, son épais dossier sous le bras, puis il recule car il ne doit pas dépasser la barre : il n'est pas avocat mais prévenu. Confirmation de l'identité et de l'adresse. L'avocat du quidam de la CAN-SE n'a pas de pouvoir mais tant pis il l'enverra demain, promis. La présidente consulte ses documents et lit à haute voix les phrases considérées comme diffamatoires par Areva. On entend la frêle voix chantante de JJMU glisser qu'il n'est pas l'auteur de ces propos, remarque que la Présidente balaie d'un revers de main. Apparemment, ce n'est pas le sujet du jour. Elle lui demande s'il aura des témoins : JJMU en annonce trois, on lui rappelle que ce sera à ses frais. Il ne sait pas bien évaluer la longueur de son explication, suggère une heure alors qu'il n'en est surtout pas question (encombrement de la chambre). L'avocat du quidam de la CAN-SE annonce une plaidoirie d'une longueur raisonnable et aucun témoin. On entend la frêle voix chantante de JJMU demander la nullité pour vice de procédure. La présidente reconsulte le dossier. Nullité pourquoi ? JJMU évoque la prescription. La Présidente demande son avis à la Procureure aux autres magistrats et à l'avocat du quidam de la CAN-SE qui trouve que non vraiment non, l'argument de la prescription de tient pas (le matou est très attaché à garder à la fois son client et son baudet). Pas d'autres arguments ? JJMU ne sait plus, il a tout oublié des beaux raisonnements que contient son dossier, il ne sait plus quoi dire. La Présidente ne semble soudain ne plus se rappeler de l'encombrement de la 17ème chambre qu'un procès en moins aurait un peu soulagé. L'avocate d'Areva ne dit rien : pourvu qu'il y ait condamnation on la sent peu regardante sur l'identité du futur déclaré coupable, le baudet fera aussi bien l'affaire..

Passez muscade ! JJMU plaidera sa bonne foi. Le procès aura lieu le 12 septembre 2017. Le temps pour Jean-Jacques MU de se trouver un ou une très très bon(ne) avocat(e) spécialisé(e) en droit de la presse.

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 21:50

 

 

Source : https://www.bastamag.net

 

 

Vieillissement

« Veiller sur mes parents » : faire payer la relation humaine rend les facteurs mal à l’aise

 

par

 

 

 

La Poste a lancé le service « Veiller sur mes parents » le 22 mai 2017 à grand renfort de publicité. Elle propose un ou plusieurs passages par semaine du facteur au domicile de personnes âgées, suivi d’un compte rendu de la visite par le biais d’une application sur smartphone. Un service payant pour se positionner sur le marché du vieillissement de la population, alors que les politiques publiques tardent à répondre à cet enjeu démographique.

« Tu te rends compte qu’avant ils gardaient les parents à la maison... on ne fait pas des enfants pour qu’ils s’occupent de nous. » Le clip publicitaire de Veiller sur mes parents commence ainsi. Une dame âgée, seule dans un appartement où le temps semble s’être arrêté. Après des considérations sur la vieillesse, le besoin d’autonomie et le maintien à domicile, la septuagénaire prépare et offre une tasse de café à un jeune facteur. La publicité chute sur l’offre de lancement de la prestation. Un forfait mensuel incluant une visite hebdomadaire du facteur et une télé-assistance fournie par Europ Assistance pour 19,90 € par mois pendant un an. Tel est le nouveau service que vend La Poste.

 

Un service ne relevant pas du médical ou du soin

Avec la télé-assistance et la visite du facteur, l’entreprise – encore – publique se propose de favoriser le maintien à domicile le plus longtemps possible d’un parent vieillissant et de rompre son isolement. Le souscripteur de l’offre reçoit un compte rendu à chaque visite à domicile grâce à une application mobile. Une réponse au vieillissement de la population et à la crainte d’un remake de l’hécatombe de la canicule de 2003, pour cette offre proposée juste avant l’été ?

Les mots utilisés par La Poste pour promouvoir son service peuvent le laisser imaginer. Veiller, maintien à domicile, visites, rompre l’isolement, rassurer, bien-être... tout le vocabulaire utilisé renvoie à la notion de prendre soin. La prise en charge de ce service par une entreprise publique renforce cette perception pour les usagers. Le groupe La Poste se défend cependant de toute ambiguïté : « Le facteur est là pour passer un moment de convivialité, de discussion et d’échange. On n’est pas du tout dans le domaine médical. »

 

Marchandisation de la relation sociale

En plus de la télé-assistance, ce qui est vendu, c’est une courte présence humaine lors du passage du postier. L’offre d’entrée de gamme est à 39,90 € par mois (19,90 €, jusqu’au 31 décembre 2017) pour une visite par semaine. « Le prix du service correspond aux prix du marché de la téléassistance », assure le service de communication de La Poste. Les entreprises fournissant des boîtiers d’alarme et une assistance téléphonique 24 h/7j proposent effectivement des offres autour de 30 €. Les passages supplémentaires du préposé des postes, au-delà de la relation hebdomadaire, sont cependant grassement facturés. Un second passage coûte 59,90 € (29,90 avec l’offre de lancement). Pour quatre ou six visites par semaine l’offre promotionnelle disparaît et la facture grimpe à 99,90 € et 139,90 €.

Le facteur ne reçoit pas de rémunération supplémentaire pour une prestation intégrée à sa tournée, sans compensation de temps. Le prix semble élevé pour quelques minutes par visite. « Est-ce que la personne qui en a besoin sera la personne qui va s’abonner ? », s’interroge de son côté Gilles Berrut, membre du bureau de la Société française de gériatrie et gérontologie. C’est l’inconvénient « du modèle payant individuel ». Pour le médecin, « l’installation d’un boîtier ne permet pas le maintien à domicile, même associé à la visite du facteur ». Cependant, le service a la vertu à ces yeux de créer une dynamique.

Pour lui, le maillage territorial de soutien aux personnes âgées est insuffisant. D’ici une décennie, la France subira un choc démographique. À ce moment-là, en 2027, « un tiers de la population aura plus de 65 ans ». Les politiques publiques n’ont pas suivi, laissant le champ libre au secteur privé. Gilles Berrut voit La Poste comme un acteur important pour l’avenir et analyse le service proposé aujourd’hui par l’opérateur public comme une première phase présentant de nombreuses imperfections. Une bienveillance qui n’est pas partagée par les internautes sur les réseaux sociaux, où le Poste-bashing fait rage depuis le lancement de « Veiller sur mes parents ». Peut-être une des raisons de la faible réussite du nouveau service. La Poste n’avait enregistré qu’un millier de contrats au 11 juillet, dont les deux tiers pour une visite unique par semaine.

 

Des facteurs peu convaincus

Qu’en pensent les facteurs chargés de fournir ce service ? Un contrat Veiller sur mes parents a été signé sur les tournées de Mathieu, Alice et Marion (les prénoms ont été modifiés) au début de l’été. « La publicité est totalement fausse », s’exclame Marion. L’image, dans la campagne promotionnelle, du facteur assis, buvant le café et prenant le temps de discuter ne correspond pas à sa réalité.

« Je lui demande comment cela va. Si elle me dit qu’elle va bien, je coche rien à signaler sur l’application, je la fais signer et je continue la tournée ». Pas de café, pas de temps pris pour discuter. L’opération dure moins de cinq minutes. Les nombreuses suppressions de tournée et réorganisations dans les bureaux de distribution ont fait la chasse aux temps morts. Après quatre ou cinq coups de rabot en 10 ans, les agents n’ont plus de marge de manœuvre. Alice, factrice depuis cinq ans, ne se destinait pas à ce métier. Elle a débuté en CDD, et ne s’imaginait pas rester. La découverte du contact avec le public sur sa tournée, associé au sentiment d’être utile, lui ont plu. Elle est restée. Aujourd’hui, faire payer la relation humaine la rend mal à l’aise. Ses collègues rappellent qu’ils faisaient cela gratuitement auparavant.

 

Une mise en route qui tient du bricolage

Pour Marion, ce service « sert surtout à rassurer les gens ». La personne âgée chez qui elle se rend a récemment fait une chute. Sa fille inquiète a signé un contrat pour un passage quotidien. « S’il se passe quelque chose, je n’ai pas envie d’être responsable », s’inquiète la factrice. La direction de La Poste affirme de son côté que l’entreprise est seule responsable. Mais cet élément n’a pas été communiqué à Marion. Malgré une formation, de nombreuses questions pratiques restent sans réponse.

Alice ne fait sa visite qu’une fois par semaine. Une formation, établie en collaboration avec le Gérontopôle des Pays de la Loire, lui a été dispensée durant l’hiver, sous forme d’e-learning. Elle a passé trente minutes après sa tournée seule devant un ordinateur pour apprendre les bons comportements avec les personnes âgées. Les agents reçoivent ainsi quelques conseils numériques : parler en face de la personne, garder de la distance si elle est trop en demande, ne pas crier... Le tout sous forme de saynètes. Une feuille de route jugée un peu mince par les agents de la distribution du courrier, pour faire face à toutes les situations pouvant se présenter avec une population vieillissante. L’habilitation lui a été donnée au dernier moment par La Poste fin juin. Elle a duré cinq minutes et a porté essentiellement sur la maîtrise technique de l’application mobile.

Le premier problème rencontré est celui d’avoir un service rendu régulier et réalisé par le même agent pour ne pas déstabiliser les personnes âgées. Surtout en période estivale avec les départs en congé. Pour effectuer la prestation sur la tournée de Mathieu, ses chefs ont prévu deux suppléants au maximum, définis nominalement. Il a déjà été remplacé à deux reprises en 15 jours lorsqu’il était en RTT, mais, par deux facteurs différents et non prévus à cet effet. Même problème sur la tournée de Marion. « Quand j’ai dit à la dame que je partais en congé, elle n’était pas contente. Ma remplaçante n’a pas été bien accueillie. » L’organisation concrète du service risque d’être compliquée alors que le personnel du bureau de distribution de Marion, Alice et Mathieu est composé d’environ 40 % de facteurs en CDD et d’intérimaires.

Stéphane Ortega

 

 

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Source : https://www.bastamag.net

 

 

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 17:42

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

Finances publiques

Baisse des APL : la première mesure anti-pauvres de Macron

 
 
 
En diminuant de façon uniforme l’allocation personnalisée au logement (APL), le gouvernement choisit de frapper les classes populaires au portefeuille. Les économies réalisées, loin de permettre l'équilibre budgétaire, permettront de baisser les impôts des plus riches, comme l’ISF.

Cette fois-ci, le gouvernement tape dans la poche des pauvres, et sans fard ou presque. En annonçant la réduction de 5 euros par mois du montant de l’aide personnalisée au logement (APL), Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, a désigné une cible très concrète à sa politique d’austérité comptable. L’APL (qui représente une charge de 18 milliards d’euros par an au budget de l’Etat) est la principale mesure d’aide au logement de quelque 6,5 millions de foyers, dont 800.000 étudiants. 99% de son montant va à des foyers qui gagnent jusqu’au revenu médian (environ 20.000 euros par an, 1.700 euros par mois). Parmi eux, 48% du montant est versé à des ménages appartenant aux 10% du bas de l’échelle des revenus (revenu annuel de 6.500 euros). C’est donc une aide aux catégories populaires. Rogner uniformément son montant, même de 5 euros par mois, n‘est jamais indolore.

Gérald Darmanin, qui prétend faire ainsi face à une impasse de 4,5 milliards d’euros, compte économiser 100 millions d’ici la fin de l’année. Ce qui laisse entrevoir qu’en 2018, la mesure pourrait rapporter 400 millions d’euros. Toujours bon à prendre…

On sent bien néanmoins le ministre (qui auparavant broutait au râtelier de Sarkozy) mal assuré, puisque pour défendre un dispositif qui semble tout droit sorti des classeurs de la direction du Budget et de la Cour des comptes, il se réfugie derrière… la gauche. «La baisse des APL a été votée par la précédente majorité, mais n'a jamais été mise en place. Nous prendrons les mesures votées par le Parlement», argue-t-il.

Faux, rétorquent, outrés, Christian Eckert et Emmanuelle Cosse, respectivement ex-ministres du Budget et du Logement. Et effectivement, les deux mesures n’ont quasiment rien à voir entre elles. Emmanuelle Cosse avait tenté en 2015 (dans la loi de finances 2016) une petite réforme des APL consistant à les supprimer pour les foyers (et les étudiants rattachés) qui payaient l’ISF, ou au-delà d’un revenu de 30.000 euros par an, ou payant un loyer excessif… Darmanin, en instituant une « flat tax » sur les APL, touche au contraire de la même manière, les personnes en situation hyper-fragile comme les plus aisées des allocataires. Par ailleurs, le décret d'application permettant de supprimer l'APL pour les foyers payant l'iSF n'est toujours pas publié. Un levier fourni par le précédent gouvernement qui pourrait être actionné, comme le préconise un rapport d'information déposé très récemment à la commission des finances.

 

Pendant ce temps, 4,5 milliards pour les plus riches

L’iniquité du procédé provoque d’ailleurs quelques remous dans la majorité LREM. Mathieu Orphelin, député proche de Nicolas Hulot, s’émeut du sort des étudiants : « Cinq euros par mois, pour les étudiants les plus précaires, ce n'est pas neutre. Trouvons d'autres moyens pour les aider spécifiquement », a tweeté l’élu du Maine-et-Loire. On attend le député qui osera dire : "Allo l’Elysée ? Cinq euros pour les pauvres, c’est beaucoup, taxons plutôt les riches pour qui c’est peu". Mais est-ce dans l’ADN d’En Marche qui s’apprête à voter une déduction d’impôts de 4,5 milliards pour quelques centaines de milliers de foyers les plus aisés de France ? Ce sera en octobre, lors du vote de la loi de finances. Le même mois qui verra l’APL réduite de 5 euros…

Ce même mois sera dévoilé le projet de loi de finances de la sécurité sociale qui, lui aussi, devrait être plein de surprises. On sait qu’en 2018, le gouvernement cherche 20 milliards d’euros d’économies dans la sphère publique, dans le but de satisfaire « en même temps » deux objectifs : rester sous la barre des 3% de déficit et financer 11 milliards de réductions d’impôts pour les riches, les ménages et les entreprises. Il a dévoilé ses intentions pour l’Etat : gel ou diminution de toutes les dépenses sauf les Armées, ainsi que pour les collectivités locales (13 milliards en moins sur le quinquennat). Il n’a rien dévoilé sur la protection sociale : maladie, retraites, familles, chômage. Or c’est là que réside le plus gros des dépenses publiques. Et le plus gros des dangers pour les catégories populaires pour lesquelles ces dispositifs sont vitaux.

A la tribune de l’Assemblée le 20 juillet, Gérald Darmanin résumait sa philosophie en matière de finances publiques : « Trop de dépenses, donc trop d’impôts, trop de déficit et trop de dette ». Il avait manifestement oublié un autre des maux dont souffre la France: « trop de pauvres… »

 

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 17:29

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Face à Macron, les syndicats ont perdu confiance

Par et
 
 
 

La méthode du gouvernement, consulter les partenaires sociaux en même temps qu'il élabore la réforme du code du travail, se fissure. Après avoir été plutôt bienveillantes, à l'exception de la CGT, les syndicats font preuve d'amertume, voire de colère, face à la volonté de dérégulation qui s'affirme.

Comme un changement de tonalité. Ce vendredi 21 juillet, le gouvernement a achevé les réunions de concertation avec les syndicats sur sa réforme en cours du droit du travail. Toutes les organisations représentatives ont rencontré six fois les membres du cabinet de la ministre du travail Muriel Pénicaud (sauf la CFE-CGC, dont le dernier rendez-vous a été décalé à mercredi prochain). Et le bilan que tirent les représentants des salariés de ce cycle de « concertation intense », comme l’avait désigné la ministre en le lançant il y a un mois et demi, est pour le moins mitigé.

Au fond, seuls les syndicats CFTC et FO s’affirment plutôt satisfaits du processus. Pour Philippe Louis, le président du syndicat chrétien, « il reste des interrogations, mais beaucoup de choses ont été éclaircies ». FO n’a pas souhaité répondre à Mediapart, car l’organisation doit accorder ses violons avant une prise de parole officielle en début de semaine. Mais dans sa dernière interview, au Parisien, Jean-Claude Mailly a maintenu son satisfecit global en direction du gouvernement, qui tranche avec l’opposition de son syndicat à la loi sur le travail, version 2016 : « Par rapport à l'an dernier, le contexte politique a changé. Et sur la méthode, c'est le jour et la nuit, dit-il. J'ai réclamé une concertation et un allongement du calendrier initial de la réforme, le président de la République l'a accepté. Ce serait irresponsable de tout rejeter. » Un soutien appuyé à la réforme qui commence à créer des vagues en interne, une partie de la base de FO ne le comprenant pas et ne s’y reconnaissant pas.

Sans grande surprise, la CGT campe de son côté sur une position très critique. À l’issue des six réunions d’une heure, son négociateur en chef, Fabrice Angeï, souligne que « six heures de discussion, c’est beaucoup et peu à la fois : les thèmes sont nombreux et précis, et les ordonnances qui seront publiées fin août par le gouvernement devraient représenter plus de 200 pages ».

« Il y a plus une volonté d’habillage que de dialogue réel, estime le cégétiste. Nous n’avons pas vraiment discuté : chacun a seulement présenté ses intentions et ses positions. Là où la ministre parle de changement de paradigme, nous pensons que le projet gouvernemental va créer un bouleversement, une véritable destruction du droit du travail. » La CFE-CGC, le syndicat des cadres, n’est pas plus rassurée, dans la droite ligne de ses déclarations précédentes : « Nous avons de moins en moins confiance. Nous sommes inquiets car nous sommes aujourd'hui persuadés que nous sommes face à un projet de régression sociale pour les salariés », déclare le négociateur Gilles Lecuelle.

La CFDT rejoint le camp des opposants

La position de la CFDT est en revanche bien plus inhabituelle, au vu de ses prises de position sur la réforme du droit du travail dans les 18 derniers mois. Quand on l’interroge sur son ressenti à l’issue des concertations auxquelles elle a participé, la numéro 2 du syndicat Véronique Descacq se dit elle aussi « angoissée et pas confiante ».

Ce son de cloche global tranche avec les déclarations officielles de toutes les organisations depuis le début des concertations. Jusqu’à présent, elles avaient paru plutôt hésitantes à critiquer la méthode choisie par l’exécutif, partagées entre la reconnaissance de pouvoir donner officiellement leur avis sur la réforme, et la crainte d’être exclues des négociations si elles se montraient trop virulentes. Aujourd’hui, les désaccords, plus ou moins grands selon les thèmes, sont affichés. « Au fil du temps, il y a effectivement eu un changement de position des organisations syndicales, constate Fabrice Angeï. Face à certaines mesures défendues par le gouvernement, la contestation est générale. Tout le monde est obligé de constater que le bilan, c’est qu’on ne va pas vers des droits en plus pour les salariés, mais vers de la précarité en plus. »

 Les trois « blocs » de concertation avec les syndicats. © ministère du travail

Pour sa part, Gilles Lecuelle trouve que « le projet de loi s'est fortement éloigné de l'objectif de départ ». L’objectif de départ ? Renforcer le dialogue social, affirmaient en chœur Muriel Pénicaud et le premier ministre Édouard Philippe. En vérité, il est assez vite apparu qu’Emmanuel Macron et son gouvernement entendaient bouleverser la philosophie générale du code du travail, le faisant passer d’un texte pensé pour défendre les salariés à un outil de « sécurisation » des pratiques des employeurs...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 16:20

 

 

Source : http://osonscauser.com/reformes-impots-macron-president-des-ultra-riches/

 

 

Réforme des impôts : Macron le président des ultra-riches

 

 

 

 

Pour nous soutenir, merci :) http://bit.ly/tipeeeosonscauser

 

SOURCES :

  

  [ COMPRENDRE LA REFORME FISCALE DE MACRON ]

http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Emmanuel-Macron-precise-le-calendrier-des-reformes-fiscales-et-economiques-1306889

 

        Cet article fait le point sur le calendrier des réformes fiscales annoncées par Macron. Ces réformes sont nombreuses. Nous allons en détailler les principales qui concernent les ménages.
Commençons par les baisses d’impôts.  Macron annonce d’abord qu’il supprimera la taxe d’habitation pour 80% des ménages les plus pauvres. Il y a ensuite la transformation de l’ISF en un impôt sur la fortune immobilière (IFI) qui exclura dividendes, plus-values et autres revenus mobiliers, pour un coût de 3 milliards d’euros chaque année. Enfin, la flat tax sur le capital – imposer tous les revenus du capital à 30% – est à compter au titre des baisses d’impôts. Edouard Philippe la chiffre à 1.5 milliards annuels alors que beaucoup d’observateurs (dont le précédent ministre du budget Christian Eckert) pensent qu’elle coûtera 4 milliards d’euros chaque année.
Au titre des hausses d’impôts, il y a d’abord l’alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence. Vient ensuite la hausse du prix du tabac à 10 € le paquet. Et enfin, la hausse de 1.7 points de la CSG qui viendra compenser une baisse des cotisations sociales.

 
    [ L’ETUDE DE LA REFORME PAR L’OFCE ]

        L’Observatoire français des conjonctures économiques ,un laboratoire d’économie de Science Po Paris, a livré le 12 juillet son évaluation de la réforme des impôts proposée par Macron. Leur étude se base sur des modèle de simulation fiscale standards et intègre l’ensemble des mesures fiscales proposées, aussi bien la hausse du paquet de tabac que la baisse de l’ISF, pour en évaluer les effets sur la population. Le but est de montrer qui seront les grands gagnants et les grands perdants de ces réformes.
        La réponse est sans appel. Cette réforme bénéficiera surtout aux 10 % plus hauts revenus de France. Ils concentrent près de 43% des 9 milliards d’euros de baisse d’impôts. Parmi ces 10% aux plus hauts revenus, la réforme fiscale, nous disent les auteurs, profitera surtout aux 1 % et même au 0.1 % les plus riches. L’effet sur les classes moyennes est populaire est faible – elles gagneront autour de 25 € par mois. Les classes populaires elles, risquent d’être les grandes perdantes car elles concentrent beaucoup de fumeurs en leur sein. Avec l’augmentation du prix du tabac, les ménages populaires et fumeurs verront leur pouvoir d’achat diminuer fortement.  

        Ce graphique montrant les hausses et baisses d’impôts (autour de l’axe horizontal) selon la répartition des revenus est éloquent. Seul le dixième décile (D10),  c’est-à-dire les 10% des Français touchant les plus hauts revenus (D1 correspond aux 10% les plus pauvres), gagnera à la réforme de Macron.

tableau

Le lien vers l’étude de l’OFCE : http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2017/pbrief25.pdf
Deux articles clairs en faisant la synthèse :

http://www.capital.fr/economie-politique/les-10-de-francais-les-plus-riches-capteront-46-des-baisses-d-impots-1236831

https://www.mediapart.fr/journal/economie/120717/emmanuel-macron-president-des-1-les-plus-riches

 
    [ COMPRENDRE POURQUOI LA REFORME DE L’ISF EST UN IMMENSE CADEAU POUR LES 0.1% LES PLUS RICHES ]

        La réforme de l’ISF que propose Macron vise à exclure du calcul de l’ISF tous les biens mobiliers, c’est-à-dire principalement les actions détenues. L’impôt sur la fortune deviendra donc un impôt sur la fortune immobilière (IFI). Ce changement va immensément avantager les grandes fortunes. En effet, l’étude de l’OFCE nous apprend que, parmi les personnes payant l’ISF, plus on est riches, moins on possède d’immobilier. Ainsi, pour les 0.1% les plus fortunés (28 000 foyers) qui possèdent en moyenne plus de 15 millions d’euros, c’est plus 14.2 millions qui disparaîtront du calcul de leur impôt sur la fortune en 2018. Merci Macron ! :)  

L’étude détaillée de l’OFCE sur cette mesure : http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2017/OFCE-Fiche5-ISF-IFI-12-07.pdf

En savoir plus sur l’ISF :

http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2017/03/20/capital-l-impot-impossible_5097278_3234.html#cIUbQACbX0aXq2tt.99

 
    [ POURQUOI LA TAXE DE 30 % SUR LE CAPITAL EST UN CADEAU AUX 1% LES PLUS RICHES ]

        Macron propose de simplifier la taxation des revenus du capital – loyers, dividendes, plus-values, assurances vies. Pour cela, il remplacera tous les barèmes d’imposition existants par une taxe unique annoncée autour de 30%. Cette taxe se verra compensée par une hausse de 1.7 % de la CSG. Voilà la théorie.
        Sauf que derrière cette mesure de “simplification” se cache en réalité un autre formidable cadeau aux plus fortunés de notre pays. En effet, malgré les nombreuses niches fiscales, les revenus du capital étaient taxés de manière progressive. C’est à dire que les plus riches pouvaient payer jusqu’à 62% sur les dividendes qu’ils touchaient. Grâce à Macron, ils viennent d’obtenir une ristourne de 32 points ! Avouez que, parfois, la vie est belle !
Un article complet de Mediapart sur cette mesure et son inefficacité :

https://www.mediapart.fr/journal/economie/280517/quoi-servira-la-flat-tax-de-macron-sur-les-revenus-du-capital?onglet=full

La note de l’OFCE sur la flat tax : http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2017/pbrief19.pdf

 
    [ POURQUOI CES CADEAUX AUX PLUS FORTUNES VONT PLOMBER LA CROISSANCE – L’ETUDE DU FMI ]

http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2015/06/15/les-inegalites-de-revenus-nuisent-a-la-croissance_4654546_3234.html
        Dans une étude de juin 2015, les économistes du FMI se sont pencher sur les effets des inégalités sur la croissance. Ils ont montré que plus les inégalités s’accroissent, plus la croissance ralentit. Leurs résultats sont limpides. Une hausse de 1% du revenu des 20% les plus riches d’une économie a un effet négatif sur la croissance. La réforme que Macron nous concotte, par les nombreux cadeaux qu’elle offre aux plus fortunés, a donc toutes les chances de plomber notre croissance. A l’inverse, la même étude montre qu’augmenter de 1% le revenu des 20% les plus pauvres augmente la croissance de 0.4 % ! On en aurait bien besoin ! :)

 
    [ LE FINANCEMENT DE LA CAMPAGNE DE MACRON ]

https://www.mediapart.fr/journal/france/210517/macron-leaks-les-secrets-dune-levee-de-fonds-hors-norme?onglet=full

 
[ BONUS  COMPRENDRE A QUEL POINT LES ULTRA-RICHES N’ONT PAS BESOIN DE SCADEAU ]

    Ce tableau amalgame des études de l’INSEE de différentes périodes et les travaux de Piketty et Landais, deux économistes de renom ayant travaillé sur les très hauts revenus. Il n’est pas de la plus grande rigueur – des chiffres me manquent, des années se chevauchent – mais donnent un aperçu on ne peut plus clair de la situation.

TABLEAU SYNTHETIQUE INDIQUANT A QUEL POINT LE REVENU DES MEGA RICHES S’EST ACCRU CES DERNIERES ANNEES

Augmentation de la richesse des…90 % les moins riches 1% les plus riches0.1% les plus riches 0.01% les plus riches
1998-2005+4%+19%+32%+40%
2004-2007+9%+11%+20%+39%
2007-2011+7%+23%+42.8%

Sources :
1998 – 2005 :

http://piketty.pse.ens.fr/files/Landais2007.pdf

http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2007/07/10/les-hauts-revenus-ont-explose-en-france-entre-1998-et-2005_933814_3224.html

2004 – 2007 :  https://www.insee.fr/fr/statistiques/1373531?sommaire=1373536

2007 – 2011 : http://www.humanite.fr/les-tres-hauts-revenus-ne-connaissent-pas-la-crise-546442

https://www.insee.fr/fr/statistiques/1374587?sommaire=1374593

 
    [ BONUS 2 : LE DETAIL QUI TUE ]

https://www.insee.fr/fr/statistiques/1373531?sommaire=1373536  

        L’INSEE a consacré une étude détaillée sur les très hauts revenus. Au milieu de plein d’informations intéressantes sur la hausse et la composition des revenus des plus fortunés se glisse un détail qui tue.
        La page 8 indique que un millionnaire sur quatre paie moins de 15% d’impôts au total ! :) OKLM ! :) Je sais pas quoi dire d’autre !

 

 

 

Source : http://osonscauser.com/reformes-impots-macron-president-des-ultra-riches/

 

 

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 21:33

 

 

Source : http://osonscauser.com/reformes-impots-macron-president-des-ultra-riches/

 

 

Réforme des impôts : Macron le président des ultra-riches

 

 

Pour nous soutenir, merci :)

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SOURCES :

 

    [ COMPRENDRE LA REFORME FISCALE DE MACRON ]

http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Emmanuel-Macron-precise-le-calendrier-des-reformes-fiscales-et-economiques-1306889

      

  Cet article fait le point sur le calendrier des réformes fiscales annoncées par Macron. Ces réformes sont nombreuses. Nous allons en détailler les principales qui concernent les ménages.
Commençons par les baisses d’impôts.  Macron annonce d’abord qu’il supprimera la taxe d’habitation pour 80% des ménages les plus pauvres. Il y a ensuite la transformation de l’ISF en un impôt sur la fortune immobilière (IFI) qui exclura dividendes, plus-values et autres revenus mobiliers, pour un coût de 3 milliards d’euros chaque année. Enfin, la flat tax sur le capital – imposer tous les revenus du capital à 30% – est à compter au titre des baisses d’impôts. Edouard Philippe la chiffre à 1.5 milliards annuels alors que beaucoup d’observateurs (dont le précédent ministre du budget Christian Eckert) pensent qu’elle coûtera 4 milliards d’euros chaque année.
Au titre des hausses d’impôts, il y a d’abord l’alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence. Vient ensuite la hausse du prix du tabac à 10 € le paquet. Et enfin, la hausse de 1.7 points de la CSG qui viendra compenser une baisse des cotisations sociales.

 
    [ L’ETUDE DE LA REFORME PAR L’OFCE ]

        L’Observatoire français des conjonctures économiques ,un laboratoire d’économie de Science Po Paris, a livré le 12 juillet son évaluation de la réforme des impôts proposée par Macron. Leur étude se base sur des modèle de simulation fiscale standards et intègre l’ensemble des mesures fiscales proposées, aussi bien la hausse du paquet de tabac que la baisse de l’ISF, pour en évaluer les effets sur la population. Le but est de montrer qui seront les grands gagnants et les grands perdants de ces réformes.
        La réponse est sans appel. Cette réforme bénéficiera surtout aux 10 % plus hauts revenus de France. Ils concentrent près de 43% des 9 milliards d’euros de baisse d’impôts. Parmi ces 10% aux plus hauts revenus, la réforme fiscale, nous disent les auteurs, profitera surtout aux 1 % et même au 0.1 % les plus riches. L’effet sur les classes moyennes est populaire est faible – elles gagneront autour de 25 € par mois. Les classes populaires elles, risquent d’être les grandes perdantes car elles concentrent beaucoup de fumeurs en leur sein. Avec l’augmentation du prix du tabac, les ménages populaires et fumeurs verront leur pouvoir d’achat diminuer fortement.  

        Ce graphique montrant les hausses et baisses d’impôts (autour de l’axe horizontal) selon la répartition des revenus est éloquent. Seul le dixième décile (D10),  c’est-à-dire les 10% des Français touchant les plus hauts revenus (D1 correspond aux 10% les plus pauvres), gagnera à la réforme de Macron.

tableau

Le lien vers l’étude de l’OFCE : http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2017/pbrief25.pdf
Deux articles clairs en faisant la synthèse :

http://www.capital.fr/economie-politique/les-10-de-francais-les-plus-riches-capteront-46-des-baisses-d-impots-1236831

https://www.mediapart.fr/journal/economie/120717/emmanuel-macron-president-des-1-les-plus-riches

 
    [ COMPRENDRE POURQUOI LA REFORME DE L’ISF EST UN IMMENSE CADEAU POUR LES 0.1% LES PLUS RICHES ]

        La réforme de l’ISF que propose Macron vise à exclure du calcul de l’ISF tous les biens mobiliers, c’est-à-dire principalement les actions détenues. L’impôt sur la fortune deviendra donc un impôt sur la fortune immobilière (IFI). Ce changement va immensément avantager les grandes fortunes. En effet, l’étude de l’OFCE nous apprend que, parmi les personnes payant l’ISF, plus on est riches, moins on possède d’immobilier. Ainsi, pour les 0.1% les plus fortunés (28 000 foyers) qui possèdent en moyenne plus de 15 millions d’euros, c’est plus 14.2 millions qui disparaîtront du calcul de leur impôt sur la fortune en 2018. Merci Macron ! :)  

L’étude détaillée de l’OFCE sur cette mesure : http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2017/OFCE-Fiche5-ISF-IFI-12-07.pdf

En savoir plus sur l’ISF :

http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2017/03/20/capital-l-impot-impossible_5097278_3234.html#cIUbQACbX0aXq2tt.99

 
    [ POURQUOI LA TAXE DE 30 % SUR LE CAPITAL EST UN CADEAU AUX 1% LES PLUS RICHES ]

        Macron propose de simplifier la taxation des revenus du capital – loyers, dividendes, plus-values, assurances vies. Pour cela, il remplacera tous les barèmes d’imposition existants par une taxe unique annoncée autour de 30%. Cette taxe se verra compensée par une hausse de 1.7 % de la CSG. Voilà la théorie.
        Sauf que derrière cette mesure de “simplification” se cache en réalité un autre formidable cadeau aux plus fortunés de notre pays. En effet, malgré les nombreuses niches fiscales, les revenus du capital étaient taxés de manière progressive. C’est à dire que les plus riches pouvaient payer jusqu’à 62% sur les dividendes qu’ils touchaient. Grâce à Macron, ils viennent d’obtenir une ristourne de 32 points ! Avouez que, parfois, la vie est belle !
Un article complet de Mediapart sur cette mesure et son inefficacité :

https://www.mediapart.fr/journal/economie/280517/quoi-servira-la-flat-tax-de-macron-sur-les-revenus-du-capital?onglet=full

La note de l’OFCE sur la flat tax : http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2017/pbrief19.pdf

 
    [ POURQUOI CES CADEAUX AUX PLUS FORTUNES VONT PLOMBER LA CROISSANCE – L’ETUDE DU FMI ]

http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2015/06/15/les-inegalites-de-revenus-nuisent-a-la-croissance_4654546_3234.html
        Dans une étude de juin 2015, les économistes du FMI se sont pencher sur les effets des inégalités sur la croissance. Ils ont montré que plus les inégalités s’accroissent, plus la croissance ralentit. Leurs résultats sont limpides. Une hausse de 1% du revenu des 20% les plus riches d’une économie a un effet négatif sur la croissance. La réforme que Macron nous concotte, par les nombreux cadeaux qu’elle offre aux plus fortunés, a donc toutes les chances de plomber notre croissance. A l’inverse, la même étude montre qu’augmenter de 1% le revenu des 20% les plus pauvres augmente la croissance de 0.4 % ! On en aurait bien besoin ! :)

 
    [ LE FINANCEMENT DE LA CAMPAGNE DE MACRON ]

https://www.mediapart.fr/journal/france/210517/macron-leaks-les-secrets-dune-levee-de-fonds-hors-norme?onglet=full

 
[ BONUS  COMPRENDRE A QUEL POINT LES ULTRA-RICHES N’ONT PAS BESOIN DE SCADEAU ]

    Ce tableau amalgame des études de l’INSEE de différentes périodes et les travaux de Piketty et Landais, deux économistes de renom ayant travaillé sur les très hauts revenus. Il n’est pas de la plus grande rigueur – des chiffres me manquent, des années se chevauchent – mais donnent un aperçu on ne peut plus clair de la situation.

TABLEAU SYNTHETIQUE INDIQUANT A QUEL POINT LE REVENU DES MEGA RICHES S’EST ACCRU CES DERNIERES ANNEES

Augmentation de la richesse des…90 % les moins riches 1% les plus riches0.1% les plus riches 0.01% les plus riches
1998-2005+4%+19%+32%+40%
2004-2007+9%+11%+20%+39%
2007-2011+7%+23%+42.8%

Sources :
1998 – 2005 :

http://piketty.pse.ens.fr/files/Landais2007.pdf

http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2007/07/10/les-hauts-revenus-ont-explose-en-france-entre-1998-et-2005_933814_3224.html

2004 – 2007 :  https://www.insee.fr/fr/statistiques/1373531?sommaire=1373536

2007 – 2011 : http://www.humanite.fr/les-tres-hauts-revenus-ne-connaissent-pas-la-crise-546442

https://www.insee.fr/fr/statistiques/1374587?sommaire=1374593

 
    [ BONUS 2 : LE DETAIL QUI TUE ]

https://www.insee.fr/fr/statistiques/1373531?sommaire=1373536  

        L’INSEE a consacré une étude détaillée sur les très hauts revenus. Au milieu de plein d’informations intéressantes sur la hausse et la composition des revenus des plus fortunés se glisse un détail qui tue.
        La page 8 indique que un millionnaire sur quatre paie moins de 15% d’impôts au total ! :) OKLM ! :) Je sais pas quoi dire d’autre !

 

 

 

Source : http://osonscauser.com/reformes-impots-macron-president-des-ultra-riches/

 

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 21:27

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Comment Dunkerque teste le transport public gratuit pour tous

 

Pour le maire, la gratuité doit agir comme un « choc psychologique et social » dans sa ville, « une des plus “bagnolardes” de France ».

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par


 

image: http://img.lemde.fr/2017/07/17/0/0/960/614/534/0/60/0/46e5bc3_4353-1tjzw3k.9v6v6xbt9.jpg

Depuis septembre 2015, les bus sont gratuits dans la communauté de communes du dunkerquois.

La grosse pastille jaune citron est collée sur des vitres latérales du bus. « Même pour moi qui ai une vue de taupe, c’est dur à rater », reconnaît Yvette, une baguette sous le bras et une opération de la cataracte repoussée « depuis au moins bien six ans ». C’est à peu près à cette date aussi que cette veuve de 74 ans qui vit dans le quartier du Jeu de Mail, à Dunkerque, a arrêté de conduire, après « quelques grosses frayeurs », et « un peu de casse sur les rétros ». Mais c’est depuis un an et demi seulement qu’elle a commencé à guetter les pastilles : « Bus gratuit les samedis et dimanches », peut-on lire sur les flancs du véhicule, qui repart déjà vers Malo-les-Bains.

Depuis septembre 2015, les bus de l’agglomération dunkerquoise sont gratuits le week-end. En septembre 2018, ils le seront tout le temps, et pour tout le monde. C’était l’une des promesses qui a permis, contre toute attente, à Patrice Vergriete (divers gauche) de l’emporter aux élections municipales, en 2014, avec trente points d’avance sur le maire socialiste sortant. Pour cet ancien directeur d’agence d’urbanisme, la gratuité des transports publics « ne devait plus être un tabou », mais une manière « de faire de la politique autrement, concrètement ».

 

Créer un « choc psychologique et social »

Cet élu de 48 ans a conçu la mesure comme un « choc psychologique et social », dans une agglomération où les bus n’étaient utilisés que pour 4,7 % des déplacements. Une « misère dans une des villes les plus “bagnolardes” de France », reconnaît l’édile, également président de cette communauté urbaine de dix-sept communes et 200 000 habitants. « Il fallait changer l’image d’une ville marquée par la pauvreté et incapable de se projeter dans l’avenir », dit-il encore, à l’heure où Nicolas Hulot a annoncé la fin des ventes de voiture à essence et diesel pour 2040 en France.

 

Lire aussi :   Transports publics : une trentaine de villes ont fait le choix de la gratuité

 

Une étude, menée pendant sept mois par le cabinet indépendant VIGS, montre que la fréquentation a bondi de 78 % les week-ends, soit cinq mille voyageurs supplémentaires par jour en moyenne. A qui profite cette gratuité ? Familles, jeunes et personnes âgées en sont les premiers bénéficiaires, selon ce rapport. « Il s’agit de rendre du pouvoir d’achat par autre chose que la logique fiscale, qui ne s’adresse souvent qu’à une partie de la population, et pas forcément à celle qu’on veut », commente le maire de Dunkerque.

 

« Juste voir la mer sans compter mes centimes »

Pour Yvette, dont les trois enfants et sept petits-enfants vivent en région parisienne, la mesure lui a redonné le goût « de flâner sans culpabiliser de ne pas pouvoir [se] le permettre ». Avec 283 euros de réversion depuis la mort de son mari, en 2008, et 520 euros d’allocation de solidarité aux personnes âgées, la vie est un « calcul mental permanent ». Alors c’est « une sorte de révolution » pour la vieille dame d’aller « juste voir la mer sans compter mes centimes, ou même me balader au marché ». « Seulement pour voir les étals », dit-elle timidement, ou « toucher des tissus fort jolis ». Elle s’est promis de mettre un peu d’argent de côté pour « se faire une nouvelle robe, un de ces jours ».

« La gratuité des transports cristallise énormément de problématiques urbaines et sociales, analyse Henri Briche, doctorant en science politique, et auteur du rapport sur les effets de la gratuité partielle à Dunkerque, qu’il qualifie de “laboratoire social”. Elle n’est pas la solution miracle mais est l’une des premières étapes pour commencer à résoudre les problèmes de mobilité et d’accès à l’emploi. » Combien sont-ils à avoir refusé une offre de travail faute de moyen d’accès ? Dans la commune de Saint-Pol-sur-Mer (associée à Dunkerque), où 40 % des ménages sont sous le taux de pauvreté, « entre 35 % et 45 % des foyers n’ont pas de voiture », rappelle M. Briche.

 

« Il n’y a jamais rien de gratuit »

A Dunkerque, l’enjeu du bus gratuit est aussi de lutter contre une désertification du centre-ville, difficile à contrer à l’heure où tout se vit dans les zones commerciales de périphérie. Autour de la place Jean-Bart, on ne compte plus les locaux commerciaux vides et les panneaux « à louer ». Le retour des jeunes vers ce centre déserté est une aubaine le week-end. Au cours d’une de ses enquêtes dans un magasin de vêtements de sport, Henri Briche a constaté que la moitié des clients ne seraient pas venus sans le bus gratuit.

Difficile toutefois de lutter contre une certaine défiance grandissante à l’égard du politique. « Sur le papier, c’est génial, on est fier d’être dans une ville où ça bouge. Mais forcément, ça va nous retomber dessus à un moment, résume Thierry, 24 ans, serveur dans un restaurant du centre-ville. C’est comme ça que ça marche, la politique, il n’y a jamais rien de gratuit. » « C’est toujours nous qui payons », complète un de ses collègues, deux fois plus âgé.

La communauté urbaine assure qu’il n’y aura pas de hausse d’impôt pour compenser cette mesure. La part de la billettique en 2016 représentait 9,2 % des revenus de DK’bus, la régie des transports dunkerquois. Un manque à gagner de 4,5 millions d’euros. « C’est un choix politique, explique Patrice Vergriete. Dans le même temps, on a annulé le projet d’une nouvelle arena défendue par l’ancien maire » – un projet chiffré à plus de 180 millions d’euros.

 

« Parce que c’est gratuit, j’ai peur qu’ils s’en foutent »

En France, peu de municipalités ont pourtant fait ce choix du transport gratuit. Des critiques récurrentes pointent notamment le risque de voir le réseau se détériorer faute de financement suffisant. Les demandes des associations d’usagers portent d’ailleurs plus sur la qualité du réseau que sur une baisse du prix du billet. Pour répondre à ces attaques, l’agglomération dunkerquoise a décidé d’une vaste réorganisation de son réseau, jugé « injuste, vétuste et pas fiable » par le maire de Dunkerque. Le budget a été adapté en conséquence.

Tous les chauffeurs ne sont pourtant pas convaincus par ces bouleversements profonds à venir. Philippe (le prénom a été modifié à sa demande), qui travaille à DK’Bus depuis sept ans, dit craindre « un changement dans la relation avec les clients » : « Parce que c’est gratuit, j’ai peur qu’ils s’en foutent, qu’il n’y ait plus de respect », résume-t-il, pourtant convaincu que « dans le fond, c’est bien pour les gens ».

Selon le rapport du cabinet VIGS, les actes d’incivilité ont pourtant baissé de 59 % depuis septembre 2015, grâce notamment à une plus grande mixité sociale et une féminisation de la clientèle. Pour le maire, Patrice Vergriete, cette méfiance des chauffeurs est due au « préjugé terrible que le gratuit n’a pas de valeur ». S’il comprend « le changement mental que cette révolution implique », l’édile affirme qu’il s’agit d’accepter une « conception différente de la société et des services publics », rappelant que « les meilleures choses de la vie sont gratuites ».

 

Le bus, marqueur social

A deux pas de la gare, derrière le guichet de l’espace DK’bus, pointe aussi un certain scepticisme. Les sept temps plein qui accueillent là les usagers se verront bientôt réduits à deux. « Reclassement, pour les autres », dit l’une d’elle, en masquant mal son agacement. Elle qui « vient tous les jours au travail en bus » en est persuadée : « On en fait tout un pataquès, mais ce seront toujours les mêmes qu’on croisera à bord ». Surtout en ces temps de canicule, où « il faut être motivé pour aller se coltiner autant de proximité humaine », plaisante-t-elle

A la terrasse du Tchin tchin, dans la station balnéaire de Malo-les-Bains, Odette retire ses lunettes de soleil pour mieux s’exclamer : « Le bus, c’est quand même pas pour tout le monde ». A 64 ans, elle est installée depuis quinze ans et n’a « jamais pris les transports en commun ». Elle ne conduit pourtant plus beaucoup, mais son mari, René, oui. « Une BMW bleue nuit, une beauté », sourit celui qui revendique son « droit au volant ».

Dans cette ville détruite pendant la seconde guerre mondiale, la reconstruction au pas de charge s’est faite suivant cette « culture de la voiture ». De grands boulevards transpercent l’agglomération, s’étirent comme pour mieux profiter de la vue sur la mer grise du Nord, derrière le pare-brise. « A Dunkerque, on a toujours une bonne excuse pour pas prendre les transports en commun », résume Henri Briche. Jamais d’embouteillages, des places libres un peu partout.

« Changer cette logique reste un des plus gros défis », reprend le chercheur, qui veut croire que « le gratuit va attirer dans un premier temps, et le côté pratique fidélisera ensuite ces nouveaux usagers ». « Si la gratuité incite des gens à ne pas acheter une deuxième voiture, ce sera déjà une victoire », conclut-il.

« Ma bagnole, ça reste mon dernier espace de liberté », rétorque, pour sa part, René, retraité du bâtiment, où il officiait comme chef de chantier. Une liberté qui a un coût : on estime à 4 000 euros par an le budget d’une voiture pour un ménage.

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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    sur le terrain de Caveirac

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et venez partager ce lieu avec nous !



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