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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 14:42

 

 

Source :  https://www.bastamag.net

 

 

Dette

Comment l’assurance chômage a été transformée en machine à cash pour les marchés financiers

 

par

 

 

Le gouvernement présente ce 27 avril son projet de réforme de l’assurance chômage. Il prévoit notamment d’augmenter les contrôles aux dépens des demandeurs d’emploi. But affiché : réduire le chômage et améliorer la situation financière du système, qui accuse une dette dépassant les 33 milliards. Pourtant, les recettes de l’assurance-chômage sont suffisantes pour couvrir en l’état les indemnités versées aux chômeurs. Alors d’où vient cette dette, et qui la détient, empochant des centaines de millions d’euros d’intérêts ? Quel rôle jouent les marchés financiers ? Pour répondre à ces questions, un collectif de citoyens a réalisé un audit de la dette de l’Unédic. Explications.

Après le droit du travail, la SNCF, l’entrée à l’université, ou encore le droit d’asile, le gouvernement présente ce 27 avril en conseil des ministres son projet de réforme de l’assurance chômage. Celui-ci prévoit de donner la possibilité, sous certaines conditions, aux démissionnaires et aux travailleurs indépendants de recevoir des indemnités chômage. Il prépare aussi, et surtout, un renforcement des contrôles et des sanctions à l’encontre des demandeurs d’emploi, toujours soupçonnés de ne pas chercher assez activement du travail [1].

Le financement du système est aussi un enjeu central de la réforme. Aujourd’hui l’Unédic [2], la caisse de l’assurance chômage, accuse un déficit de plus de 3 milliards d’euros. En 2016, le Conseil européen, cité dans un rapport de la Cour des comptes, estimait qu’en France la « dégradation persistante de la situation sur le marché du travail » remettait en cause la viabilité du système, et appelait à des « mesures structurelles » visant « les conditions d’éligibilité, la dégressivité des allocations et les taux de remplacement pour les salaires les plus élevés ». Le Conseil européen, toujours d’après la Cour des comptes, invitait la France à « encourager davantage le retour au travail ».

Dans un renversement des responsabilités devenu un grand classique, le raisonnement sous-entend que le système actuel dissuade les individus de reprendre un emploi, au lieu de questionner les politiques économiques qui produisent des chômeurs par millions. Dans le projet du gouvernement actuel, « encourager le retour au travail » se traduit donc par le renforcement des contrôles sur les chômeurs.

 

Un recours accru aux marchés financiers

Pour le Groupe d’audit citoyen de l’assurance chômage (Gacdac), un collectif d’une quinzaine de personnes – chômeurs, syndicalistes, retraités… – qui examine de près la dette de l’Unédic, cette dernière ne relève pas non plus de la responsabilité des demandeurs d’emploi. Pour ces experts-citoyens, l’équilibre financier actuel de l’Unédic, comme c’est le cas pour la SNCF, « repose sur un endettement croissant sur les marchés financiers ». La dette accumulée par l’assurance chômage s’élevait en 2017 à plus de 33 milliards d’euros, et devrait dépasser les 36 milliards en 2018 [3].

« Nous voulons comprendre comment la dette de l’Unédic fonctionne, d’où elle vient, quelles en sont les risques, si elle est légitime ou pas, explique Pascal Franchet, membre du Gacdac, qui a publié un premier rapport le 16 avril [4]. Par exemple, est-ce que l’endettement de l’Unédic est lié à l’amélioration de la situation des chômeurs ? Non. La situation des chômeurs se dégrade. Avec plus de contrôles, plus de sanctions, une baisse du niveau d’indemnisation. »

 

« La dette et le déficit ne sont pas engendrés par les règles de l’assurance »

L’Unédic, créée en 1958, est un organisme paritaire, donc normalement géré par les représentants patronaux et salariés (syndicats), plus tard qualifiés de « partenaires sociaux ». En 2016, l’Unédic a versé 35,5 milliards d’euros pour indemniser les chômeurs. La même année, elle a reçu 35 milliards de recettes provenant essentiellement des cotisations patronales et salariales versées pour son financement. « Le système est équilibré depuis toujours. Il n’y a pas de déficit de l’assurance-chômage, même depuis le début de la crise. La dette et le déficit ne sont pas engendrés par les règles de l’assurance », nous rappelle l’économiste Bruno Coquet, spécialiste de l’assurance-chômage.

Le problème vient d’ailleurs. Depuis 2008, l’Unédic doit aussi participer au financement de Pôle emploi, l’organisme public qui accompagne (et contrôle) les chômeurs, à hauteur de 10% de ses recettes – soit 3,3 milliards d’euros en 2016. Alors que ce n’était pas son rôle initialement, la contribution de l’assurance-chômage au service public de l’emploi dépasse désormais largement celle de l’État.

 

Le système ébranlé par la baisse des cotisations

Entre 2008 et 2016, le nombre de personnes inscrites au chômage a plus que doublé, passant de 3,2 millions à 6,5 millions. Sur la même période, le nombre de chômeurs indemnisés a augmenté moins vite, de 1,6 à 2,7 millions. L’assurance-chômage a ainsi joué un rôle de filet social crucial pour des centaines de milliers de personnes licenciées après l’effondrement du système financier. Aujourd’hui, seules 43 % des personnes inscrites à Pôle emploi touchent des allocations. Un chômeur indemnisé touche en moyenne 900 euros par mois.

Avec l’augmentation du nombre de personnes sans emploi, les dépenses se cependant sont accrues. Mais pas le taux des cotisations, patronales et salariales, prélevées sur les salaires pour financer l’assurance chômage. Il est resté le même depuis 2003, à 6,4 % en tout – 4% pour les cotisations employeurs, 2,4% pour les cotisations salariales. L’actuel gouvernement a même décidé de baisser les cotisations : leur taux est passé à 0,95% depuis janvier 2018. Cette part des cotisations chômage sera complètement supprimée dès octobre prochain [5]. Le manque à gagner pour l’assurance chômage sera compensé par la CSG, donc par un impôt, payé par tous les contribuables, y compris le retraités. Derrière l’illusion d’une augmentation du salaire net des travailleurs, c’est tout l’équilibre du système d’indemnisation du chômage qui s’en trouve ébranlé.

 

2 milliards d’euros d’intérêts payés en six ans

Avec toujours plus de chômeurs mais sans recettes supplémentaires, l’Unédic doit emprunter. Ce qu’elle fait sur les marchés financiers. « Chaque année, rappelle l’audit citoyen, l’Unédic a recours à l’emprunt pour trois raisons : combler son déficit, rembourser le capital des titres de sa dette qui arrivent à échéance, payer les intérêts courus des emprunts. » « Le financement de l’assurance chomâge repose sur trois types de supports : billets de trésorerie, obligations à moyen terme et, depuis 2014, bons à moyen terme négociables », rappelait aussi la Cour des comptes en 2016. Il s’agit de différent type de titres négociés sur les marchés financiers.

Conséquence directe : une explosion de la dette de l’Unédic, qui devrait passer de 8,9 milliards d’euros en 2009 à plus de 36 milliards fin 2018. Elle aura donc quadruplé en neuf ans. Le montant des intérêts payés aux créditeurs a lui aussi explosé : de 223 millions d’intérêts en 2013 à 400 millions en 2018. Au final, 2 milliards d’euros d’intérêts ont été versés aux créanciers en six ans. Le taux d’endettement de l’Unédic – le montant de sa dette rapporté à ses recettes – est de 93 %. « Ce taux en lui-même n’est pas inquiétant, réagissent les membre du Gacdac. Par contre, les causes de ce recours systématique à l’emprunt – le chômage qui augmente, des dépenses qui ne lui incombent pas, le refus d’augmenter les cotisations malgré un faible pourcentage de chômeurs indemnisés – ainsi que la qualité des prêteurs (des banques privées pratiquant des taux élevés pour servir les intérêts de créanciers dont l’identité est cachée), sont inquiétants. »

L’identité exacte des créanciers de l’Unédic est en effet inconnue à la fois des chômeurs, des parlementaires, et même du directeur de l’Unédic. Ce dernier, Vincent Destival, déclarait en 2015 devant l’Assemblée nationale : « Nous n’avons pas de suivi précis sur la manière dont notre dette est renégociée sur les marchés entre les détenteurs primaires et des investisseurs intéressés. Nous savons à quel prix elle est renégociée, mais nous ignorons qui sont les vendeurs et les acheteurs. »

 

La spirale de la dette enclenchée après 2003

Comment en est-on arrivé à ce que l’assurance chômage affiche 36 milliards d’euros de dette au compteur, à rembourser à… on ne sait pas trop qui ? Pendant plus de vingt ans, de sa création en 1959 jusqu’à 1981, date de son premier déficit, l’Unédic n’a pas eu recours à l’emprunt. Mais la crise économique qui éclate au milieu des années 70 fait exploser le nombre de chômeurs, qui dépasse le million en 1980. Elle emprunte 6 milliards de francs en 1981, « auprès d’un groupe d’assurances, de mutuelles et d’instituts de prévoyance », précise le Gacdac.

En 1995, les comptes de l’Unédic sont à nouveau dans le rouge. Des placements sont effectués pour couvrir les remboursements des emprunts obligataires émis deux ans plus tôt. La dette s’envole quelques années plus tard : « Depuis 2003 jusqu’en 2014, les trois gouvernements successifs ont autorisé l’Unédic à recourir à l’emprunt auprès d’établissements bancaires privés dont la fonction principale n’est pas la bienveillance », souligne l’audit citoyen. Résultat : « Les taux d’intérêts des prêts qu’ils consentent chaque année accroissent la dette. »

 

Grandes banques, chambres de compensation et fonds d’investissement

Regardons un des derniers avis d’émission de titres de l’Unédic. En novembre dernier, l’assurance chômage émet des « titres négociables à moyen terme », au taux d’intérêt faible de 0,125%, pour un montant emprunté de 1,25 milliard d’euros. Que nous apprend l’avis d’émission ? Que l’Unédic passe, pour émettre ces titres, par des « agents placeurs », qui ne sont autres que des filiales du Crédit agricole, de BNP Paribas, de la banque allemande Deutsche Zentralgenossenschaftsbank, ainsi que de la banque d’investissement étasunienne Meryll Lynch.

Ces institutions jouent le rôle d’intermédiaires entre l’Unédic et les créanciers. « L’Unédic émet des obligations à long terme auprès des banques privées comme la Société Générale ou la BNP (c’est le marché primaire de la dette). Celles-ci achètent ces obligations pour le compte de leurs clients qui soit les conservent, soit les revendent (c’est le marché secondaire de la dette) », explique le Gacdac. Ensuite, d’autres intermédiaires entrent en jeu quand il s’agit du remboursement du capital et du paiement des intérêts. Dans ce cas, ce sont des dépositaires, comme Euroclear dans le cas de cette émission de novembre, ou même Clearstream pour des émissions antérieures [6].

Ces organismes, également appelés « chambres de compensation », sont chargés de faire exécuter les paiements, mais sont aussi sont connus pour leurs pratiques peu transparentes. « Pour payer les intérêts et rembourser le capital restant dû, l’Unédic s’en acquitte auprès d’un dépositaire central international de titres, Euroclear, qui, lui, connait les créanciers », écrit le Gacdac. Rien n’interdit aux titres de la dette de se retrouver sur des comptes dans les paradis fiscaux », résume l’audit. Les membres du groupe citoyen ont tout de même réussi à identifier quelques uns des détenteurs de la dette de l’Unedic : tous sont des fonds d’investissement étrangers, liés par exemple à de grandes entreprises allemandes ou suisses (E.ON, Bayer, Crédit Suisse)...

 

L’Unédic dépendante des méthodologies obscures des agences de notation

En empruntant sur les marchés financiers internationaux, l’Unédic doit aussi se soumettre aux agences de notation, chargées d’évaluer le risque des titres émis sur les marchés. Ces agences ont été pointées du doigt pour leur rôle dans la crise financière qui a ravagé l’économie mondiale à partir de 2008 : elles avaient, entres autres méfaits, attribué des notes excellentes à des produits financiers, les subprimes, qui se sont révélés « pourris ».

« Les titres à émettre devraient faire l’objet des notations suivantes par Moody’s et Fitch », notait l’Unédic dans son avis d’émission de titre de novembre dernier. Moody’s et Fitch sont deux des trois principales agences de notation des produits financiers. Ceux de la dette de l’Unédic sont bien notés : A2A et AA. Mais il n’en est pas toujours ainsi. En 2011, Fitch dégradait par exemple la note de l’assurance-chômage française : « L’Unédic s’interroge sur les méthodologies de notation », pouvait-on alors lire dans un communiqué de presse de l’organisme.

Entre agents de placements, dépositaires et agences de notations, l’Unédic se retrouve dans une situation de multi-dépendance vis-à-vis des acteurs des marchés pour financer sa mission, qui est, rappelons-le, d’indemniser les travailleurs qui se retrouvent sans emploi.

 

Le paiement de la dette, une fin en soi ?

L’Unédic peut aujourd’hui emprunter sur les marchés à des taux d’intérêt extrêmement bas. Que se passerait-il si les taux remontent, parce que la Banque centrale européenne aura décidé d’augmenter ses taux, ou parce que le placement serait soudainement considéré comme plus risqué ? Aujourd’hui, la dette de l’Unédic est garantie par l’État français. Les titres de dette de l’Unédic sont donc considérés comme des placements sûrs, d’où les notations favorables et les taux d’intérêt faibles. Mais le Medef demande la suppression de cette garantie de l’État [7]. En cas de nouvelle crise financière, qui aurait pour conséquence une nouvelle crise économique, et donc une augmentation du chômage, les taux d’intérêt risqueraient de s’envoler. L’Unédic se trouverait alors avec, d’un côté, plus de chômeurs à indemniser, et de l’autre des sommes plus importantes à rembourser. Les créanciers seraient gagnants, mais pas le système de protection sociale.

« Si la revendication du patronat de supprimer la garantie de l’État sur la dette de l’Unédic est satisfaite, on risque une envolée des taux d’intérêts, donc un surcoût de la dette, alerte Pascal Franchet, du Gacdac. Ce qui nous inquiète, c’est que la variable d’ajustement soit alors le niveau indemnisation des chômeurs »

Le groupe d’audit citoyen a fait parvenir une lettre ouverte à la direction de l’Unédic, à son conseil d’administration ainsi qu’au ministère du Travail. Il y demande à ce que l’Unédic rende public un état détaillé de sa dette depuis dix ans, « avec un historique du paiement des intérêts et du remboursement du capital ». Parce que la question de la santé financière de l’assurance chômage concerne l’ensemble des travailleurs du pays, pas seulement les créanciers qui ont placé de l’argent dans ses titres de dette.

Rachel Knaebel

 

- Consulter l’audit citoyen en cliquant ici

 

 

 

Source :  https://www.bastamag.net

 

 

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 17:17

 

 

 

Source : http://www.midilibre.fr

 

Trains, avion, supermarchés : des perturbations sur tous les fronts à Pâques

 

D 'Air France à la SNCF, en passant par Carrefour et le secteur du gaz et de l'électricité, les appels à la grève se multiplient à l'approche du week-end de Pâques. La région Occitanie sera touchée.

 

Les rails, les airs, le secteur du gaz et de l'électricité et même les rayons des supermarchés... La grogne sociale prend plusieurs visages et les menaces de perturbation se multiplient à l'approche du week-end et des vacances des Pâques. Tour d'horizon.

 
 

1 De nombreux vols air france annulés

Les syndicats de pilotes ont claqué jeudi la porte des négociations avec Air France, à la veille d'une troisième journée de grève qui clouera au sol un quart des avions, nouvel épisode d'un conflit salarial à rebondissements.

Onze syndicats de tous métiers appellent à la grève et au rassemblement, ce vendredi matin devant le siège d'Air France à Roissy, pour exiger une augmentation générale de 6 %.

 

Le groupe prévoit d'assurer “76 %” des vols, un chiffre quasi-identique à celui annoncé les 22 février et 23 mars. Seront maintenus, dans le détail, 80 % des vols long-courriers et autant de court-courriers, à Orly et en province, ainsi que 70 % des moyen-courriers au départ et vers Roissy.

Dans les régions, la situation varie d'un aéroport à l'autre. Si Nice Côte-d'Azur prévoit l'annulation de la moitié des vols Air France (filiale Hop ! comprise) au départ et à l'arrivée, la direction de la compagnie assure que 80 % des vols courts-courriers seront assurés vendredi à Toulouse-Blagnac et donc un vol sur cinq annulé. Les liaisons entre Toulouse et Paris Orly devraient être impactées.

 

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ALERTE INFO. Air France : les syndicats appellent à nouveau à la grève les 3 et 7 avril http://bit.ly/2I3YRC2 

À l'aéroport de Montpellier, des perturbations sont également à prévoir ce vendredi pour liaisons Air France avec Paris au départ (cinq annulations annoncées) et à l'arrivée (huit annulations annoncées) de la ville. Et au moins une suppression de vol à destination de la Capitale est d'ores et déjà prévue samedi matin (renseignements sur www.montpellier.aeroport.fr)

 

2 Week-end noir pour les trains en région

Côté SNCF, la présidente LR de la région Ile-de-France Valérie Pécresse “redoute” une grève “dure, volontairement longue et perlée”, a-t-elle dit jeudi, alors que les cheminots entament lundi prochain un mouvement, prévu pour durer jusque fin juin, pour protester contre la réforme ferroviaire du gouvernement.

Un premier préavis a été déposé par le trio CGT, Unsa, CFDT, courant du 2 avril à 19 h jusqu'au 5 avril à 8 h. Le préavis de grève illimitée de Sud-Rail démarre, lui, le 2 avril à 20 h.

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SNCF : la mobilisation des cadres, symptôme d'une grève qui s'annonce très suivie https://trib.al/zIPW0eT 

Alors que la direction de la SNCF a annoncé jeudi le lancement d'un "grand chantier de concertation" pour une "modernisation sociale" de l'entreprise, les tensions redoublent d'intensité avec les syndicats CGT, Unsa et CFDT de la SNCF qui menacent de saisir l'inspection du travail sur la décision de la direction de ne pas payer des jours de repos de grévistes.

Mais, pour les usagers, cela risque bien d'être la double peine. En plus de la grève nationale lancée dès lundi, plus aucun TGV et trains Intercités ne circuleront entre Nîmes et Narbonne de samedi 14 h à lundi, en raison de travaux de rénovation effectués par la SNCF durant tout le week-end de Pâques. Mais 32 TER seront assurés entre Montpellier et Béziers.

 

3 électricité et gaz : appel à la grève

La FNME-CGT, première organisation syndicale dans l'énergie, appelle, elle, à la grève à partir "du 3 avril jusqu'au 28 juin", soit sur la même période que la grève des cheminots, réclamant notamment "un nouveau service public de l'électricité et du gaz". "Un préavis est déposé du 1er avril au 30 avril, qui sera reconduit tous les mois", précise-t-on à la FNME-CGT.

Mais la plupart des salariés ne travaillent pas le dimanche et le lundi de Pâques. Parallèlement, on apprenait jeudi que les centrales à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) et du Havre (Seine-Maritime) étaient à l'arrêt dans le cadre d'une journée d'action à l'appel de la CGT pour réclamer au gouvernement un moratoire sur leur fermeture prévue en 2022.

 

4 Menaces de blocages chez Carrefour

Des supermarchés et hypermarchés bloqués ou fermés, des entrepôts à l'arrêt et des gondoles dégarnies. Dans un groupe en pleine restructuration, les syndicats de Carrefour entendent frapper fort face aux "attaques" de la direction, avec une "grève générale" samedi, en plein week-end de Pâques.

 

Force ouvrière (FO), à l'origine de cette mobilisation s'attend à un suivi en région, notamment dans l'Hérault selon Gilbert Fouilhé, secrétaire général FO34. "On attend, sur l'Hérault une mobilisation importante par exemple à Lattes ou à Saint-Clément-de-Rivière, parce que ce sont des établissements où il y a une forte présence syndicale", explique-t-il.

 

Conséquences, "des perturbations à l'entrée des magasins, avec des distributions de tracts, mais également des rayons mal approvisionnés, des files d'attente très longues à cause des caisses fermées, etc.", détaille le syndicat.

 

 

Source : http://www.midilibre.fr

 

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 17:01

 

 

Source : https://france3-regions.francetvinfo.fr

 

 

Manifestations des magistrats et des avocats à Montpellier et à Nîmes

 

Par Fabrice Dubault

 

 

Montpellier - manifestation des magistrats et avocats devant le palais de justice - 15 février 2018. / © F3 LR N.Chatail
Montpellier - manifestation des magistrats et avocats devant le palais de justice - 15 février 2018. / © F3 LR N.Chatail

Magistrats et avocats sont dans la rue, ce jeudi, contre le projet de réforme de la justice annoncé par le gouvernement. Il y avait des rassemblements à Béziers, où le tribunal est menacé, à Alès, à Montpellier et à Nîmes qui pourrait perdre sa cour d'appel.

 

Des magistrats, greffiers et avocats se sont mobilisés ce jeudi matin devant les tribunaux de Montpellier, Nîmes, Béziers et Alès, pour dénoncer le projet de réformes de la garde des Sceaux.

Les professionnels du monde judiciaire ont réclamé une "justice de qualité", "accessible", "avec des moyens", alors que Nicole Belloubet a présenté début octobre cinq grands "chantiers", en vue d'une réforme prévue au printemps.

 

Parmi les propositions :

  • la transformation numérique,
  • la simplification des procédures pénale et civile,
  • l'organisation territoriale et l'efficacité des peines.


Mais les personnels mobilisés ont dénoncé une "vision désolante", une "logique toujours gestionnaire".

Ils redoutent aussi une réforme de la carte judiciaire et une dématérialisation, qui risque d'éloigner le justiciable.

Manifestation à Nîmes

Nîmes - manifestation des magistrats et avocats devant le palais de justice - 15 février 2018. / © F3 LR
Nîmes - manifestation des magistrats et avocats devant le palais de justice - 15 février 2018. / © F3 LR

 

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 16:56

 

 

Source : https://www.francebleu.fr

 

 

Supermarchés fermés ou bloqués, rayons dégarnis : une grève exceptionnelle chez Carrefour ce samedi

 

vendredi 30 mars 2018 à 11:32 - Mis à jour le vendredi 30 mars 2018 à 15:54 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Les syndicats du groupe Carrefour appellent à une grève générale ce samedi, en plein week-end de Pâques, pour protester contre les "attaques" de la direction, qui prévoit de supprimer plusieurs milliers d'emplois.

Une manifestation des salariés de Carrefour à Aix-en-Provence, le 8 février.
Une manifestation des salariés de Carrefour à Aix-en-Provence, le 8 février. © Maxppp - CLEMENT MAHOUDEAU

Des supermarchés et hypermarchés bloqués ou fermés, des entrepôts à l'arrêt et des rayons dégarnis : les syndicats de Carrefour entendent frapper fort face aux "attaques" de la direction, avec une "grève générale" samedi, en plein week-end de Pâques. Au programme de cette journée de grève à l'appel de FO et la CFDT, relayé séparément par la CGT, la défense des emplois et du pouvoir d'achat.

 
 

Un mouvement d'une ampleur inédite 

"Exceptionnel" selon FO, voire inédit selon la CFDT, le mouvement qui s'annonce est à la mesure de la colère qui gronde parmi les salariés du géant de la grande distribution. De leur "inquiétude" aussi, dit la CGT. Il traduit également une très forte "dégradation" du dialogue social, dénoncée par tous les syndicats.   

A la suppression de milliers d'emplois annoncée en janvier, au projet de passage en location-gérance de plusieurs hypermarchés (cinq confirmés, une quarantaine potentiellement visés), aux craintes sur l'avenir à long terme d'autres milliers d'emplois (logistique, réduction de 100.000 m2 des surfaces des hypermarchés), s'est ajouté le "mépris" ressenti par les salariés face à une "aumône". 

 

Une participation annuelle de 57 euros, contre 610 euros l'an dernier

L'annonce d'une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l'an dernier, c'est "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", dit Sylvain Macé (CFDT). "L'ébullition" s'est manifestée bien avant samedi par des débrayages et manifestations spontanés dans des magasins et des entrepôts, souligne Michel Enguelz, représentant de FO, premier syndicat du groupe. "Consciente de l'impact de cette baisse sur le pouvoir d'achat", la direction a proposé de relever ce montant à 407 euros, via un complément forfaitaire d'intéressement de 350 euros. Sans désamorcer la fronde. Les actionnaires vont toucher, eux, 356 millions d'euros de dividendes, font valoir les syndicats qui anticipent aussi des négociations salariales au rabais.   

 

 
 
  - Visactu
© Visactu -

 

Source : https://www.francebleu.fr

 

 

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 16:52

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Carrefour : les syndicats lancent un appel à la grève pour la journée de samedi

 

Le Monde.fr avec AFP |

 

 

FO, la CFDT et la CGT dénoncent une dégradation du dialogue social, une baisse du pouvoir d’achat et la suppression de plusieurs milliers d’emplois.

 

 

Des supermarchés et hypermarchés bloqués ou fermés, des entrepôts à l’arrêt et des gondoles dégarnies : les syndicats de Carrefour entendent frapper fort face aux « attaques » de la direction. Ils ont lancé une « grève générale » samedi 31 mars, en plein week-end de Pâques.

 

« Exceptionnel » selon FO, voire inédit selon la CFDT, le mouvement qui s’annonce est à la mesure de la colère qui gronde parmi les salariés du géant de la grande distribution. De leur « inquiétude » aussi, dit la CGT. Il traduit également une très forte « dégradation » du dialogue social, dénoncée par tous les syndicats.

 

Une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l’an dernier

Appelée par FO et la CFDT, et relayée séparément par la CGT, cette journée de grève aura pour mot d’ordre la défense des emplois et du pouvoir d’achat. Les syndicats dénoncent la suppression de milliers d’emplois, annoncée en janvier, le projet de passage en location gérance de plusieurs hypermarchés, les craintes sur l’avenir à long terme d’autres milliers d’emplois, ainsi que le « mépris » ressenti par les salariés face à une « aumône ».

L’annonce d’une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l’an dernier, c’est « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », dit Sylvain Macé (CFDT). « L’ébullition » s’est manifestée bien avant samedi par des débrayages et manifestations spontanés dans des magasins et des plates-formes logistiques, souligne Michel Enguelz, représentant de FO, premier syndicat du groupe. « Consciente de l’impact de cette baisse sur le pouvoir d’achat », la direction a proposé de relever ce montant à 407 euros, via un complément forfaitaire d’intéressement de 350 euros. Sans désamorcer la fronde. Les actionnaires vont toucher, eux, 356 millions d’euros de dividendes, font valoir les syndicats qui anticipent aussi des négociations salariales au rabais.

Signe que le mécontentement touche aussi les cadres, considérés comme « la dernière roue du carrosse », leur syndicat, le SNEC CFE-CGC, s’il ne s’associe pas au mouvement de grève, les appelle à la « déconnexion totale » de 9 heures à 11 heures, vendredi, dans toutes les sociétés du groupe.

Lire aussi :   « Les difficultés de Carrefour ne datent pas d’hier »

 

Méthode contestée des négociations autour du plan de transformation

Annonces par voie de presse avant d’en informer les représentants du personnel, négociations « à marche forcée », pas de réponses aux revendications formulées : les syndicats sont unanimes à s’élever contre la « méthode » depuis qu’Alexandre Bompard, qui a pris les rênes du groupe l’été dernier, a dévoilé, le 23 janvier, son « plan de transformation ».

Menées dans un calendrier très resserré, les négociations sur le plan de départs volontaires (PDV) qui vise les sièges du groupe (2 400 suppressions de postes sur 10 500) se sont achevées mercredi. Celles sur le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) accompagnant la fermeture de 273 magasins de proximité (ex-Dia) avec quelque 2 300 emplois supprimés devraient l’être jeudi.

Sur le PSE, M. Enguelz évoque quelques « avancées », sur la durée du congé de reclassement ou le budget formation. Même son de cloche à la CFDT, qui reste toutefois, comme la CGT, « très sceptique sur les capacités » du groupe à reclasser les salariés.

Si le plan de transformation « s’accompagne de mesures difficiles sur le volet social », il « vise à pérenniser l’activité de l’entreprise », fait valoir, de son côté, la direction.


 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

 

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 16:43

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Universités: «Le mouvement est en train de prendre»

 

Par
 
 

Nantes, Bordeaux, Montpellier... Une douzaine de facultés sont bloquées pour protester contre la réforme d’accès à l’enseignement supérieur. Spécialiste des mobilisations étudiantes, la chercheuse Julie Le Mazier évoque un mouvement qui manque encore de coordination natio

Julie Le Mazier est docteure en science politique, auteure d’une thèse intitulée « Pas de mouvement sans AG : les conditions d’appropriation de l’assemblée générale dans les mobilisations étudiantes en France (2006-2010). Contribution à l’étude des répertoires contestataires » et chargée de cours à l’Université Paris XIII-Villetaneuse.

La spécialiste des mouvements étudiants, membre de Sud Éducation, revient pour Mediapart sur la mobilisation qui traverse les universités en France depuis quelques semaines. Les étudiants et lycéens protestent contre la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), définitivement adoptée le 8 mars dernier. Celle-ci prévoit notamment la mise en place d’attendus, soit une liste de compétences requises pour intégrer telle ou telle filière.

 

Les étudiants, et lycéens, se mobilisent contre Parcoursup et la loi ORE, il y a eu accélération avec plusieurs blocages de fac, est-ce le signe que le mouvement est en train de prendre ?

 

Julie Le Mazier © DR
Julie Le Mazier © DR
 

 

Julie Le Mazier : Quelques indicateurs démontrent que le mouvement est en train de prendre. C’est toujours difficile à diagnostiquer, car nous ne sommes pas des prophètes. Néanmoins, les chiffres de participation aux assemblées générales ces derniers jours sont importants. Ils étaient plus de 2 000 à Toulouse et Montpellier. Si on les compare avec ceux des mouvements étudiants de la fin des années 2000, on se rapproche des chiffres de la mobilisation contre le Contrat première embauche (le CPE) en 2006 avec des étudiants et professeurs qui débordaient des amphithéâtres. Les blocages qui commencent sont aussi un signe à prendre en compte.

 

La seule chose fragile en revanche, c’est que le mouvement est circonscrit à certaines villes. Toulouse s’est mobilisée d’abord en raison du projet de fusion. Les violences à Montpellier ont aussi motivé les étudiants. Cela va-t-il essaimer ? Impossible de le déterminer pour le moment, mais si elles restent isolées cela risque d’être compliqué de maintenir le mouvement. Il n’y a pas eu de grosse manifestation réunissant à la fois lycéens et étudiants. Même si celle du 1er février était relativement importante pour une première. La deuxième a stagné en raison de différents facteurs aussi différents que le choix de dates très rapprochées, à cinq jours d’intervalle, la neige et surtout le manque d’informations. Les lycéens étaient confrontés à Parcoursup avec tout le stress que cela génère. Il leur fallait avoir de bonnes notes pour leur dossier.

Si cela gagne les universités, c’est aussi parce qu’on connaît mieux les contours de la réforme de la licence avec la question de la compensation qui disparaîtrait ou la fin du rattrapage de la deuxième session. Les syndicats étudiants font aussi leur travail d’information.

 

Les ingrédients sont-ils réunis pour une forte mobilisation sachant que la nouvelle loi touche directement les lycéens et les futurs étudiants ? Qu’est-ce qui permet de pérenniser un mouvement ?

D’abord, il faudrait que les différentes universités se coordonnent avec des journées de manifestation communes qui auraient un retentissement médiatique plus fort. Cela peut s’inscrire dans le cadre d’une coordination nationale ou grâce à l’entremise des syndicats. Quelques-unes ont eu lieu mais cela n’a pas eu beaucoup d’écho.

Pendant la lutte contre le CPE, pendant les congés de février, 10 000 étudiants ont occupé la gare de Rennes. Il y avait eu une grande assemblée générale puis une manifestation. Les leaders de la grève étudiante ont profité des vacances scolaires pour faire la tournée des établissements parisiens et dans les alentours pour chauffer les troupes. Il fallait alors élargir le champ des possibles des étudiants et leur montrer que ça valait le coup de s’engager. Chaque AG débutait par une liste des facs en grève pour créer un effet d’entraînement. Cela n’aurait pas fonctionné s’ils avaient continué à mener des actions minoritaires avec des collectifs militants.

Aujourd’hui, il y a des lycéens et étudiants qui ne sont pas informés. Cela dépend aussi des universités et de l’inventivité des collectifs militants qui proposent plus ou moins de choses. Les cours alternatifs peuvent inciter les étudiants à venir quand même à l’université. La dimension conviviale entre aussi en ligne de compte. Les grévistes vont tisser des liens d’amitié et apprendre à vivre au rythme des ateliers de confection de banderoles ou d’affiches. Cela peut être anodin mais comme cela ne requiert pas de compétences particulières, cela peut permettre aux moins politisés de se sentir intégrés au sein d’un projet collectif. Il faut aussi qu’il y ait des cortèges pour aller en manifestation. Personne n’ira jamais seul.

 

Y a-t-il des formes d’action reproduites de mouvement en mouvement ?

Le milieu étudiant se renouvelle chaque année. Il est frappant d’observer qu’il y a une continuité dans les modes d’action que ce soit en 1968, 2006, 2010 ou 2016 avec des blocages, des occupations d’universités, des assemblées générales et des manifestations. Des traditions se perpétuent, car le début d’un mouvement est initié par des militants qui ont déjà l’habitude de le faire ou qui appartiennent à des organisations qui perpétuent cette mémoire de lutte. Ils expliquent par exemple l’importance des AG ou pourquoi les grèves des cours sont nécessaires pour éviter que seuls les grévistes ne soient pénalisés.

 

Pourquoi les jeunes mobilisés sont-ils les bêtes noires des dirigeants politiques ?

Ces mouvements font peur aux dirigeants, car ils sont moins contrôlables. Les syndicats étudiants sont moins reconnus par les politiques que ceux de salariés. Les jeunes réclament souvent tout ou rien, il n’y a pas de levier de négociation. Si vous mettez plein de jeunes dans la rue, ils courent, ils débordent. La peur de la jeunesse est structurelle dans les sociétés. Elle se radicalise aussi plus vite et facilement car elle a moins d’attaches, pas de famille, pas d’emploi. Elle peut ne pas avoir peur de finir en garde à vue par exemple.

Par ailleurs, quand une partie d’une classe d’âge vit une grève, elle se politise. Les soixante-huitards ne se contentent pas d’avoir fait Mai-68. Les anonymes ont poursuivi la contestation à différentes échelles. Cela produit des conséquences sur le long terme. Cette mémoire existe chez les gouvernants, car cela peut être dangereux de ne pas contenter la jeunesse. Alain Devaquet a été contraint de démissionner après la mort de Malik Oussekine en dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986. Vingt ans plus tard, Dominique de Villepin a vu sa carrière politique ruinée par le CPE.

 

En 2016, la contestation contre la loi sur le travail avec Nuit debout, où beaucoup de jeunes étaient présents a montré que désormais une nouvelle forme de mobilisation émerge. Est-ce vraiment le cas ?

Même si cela n’a pas pris l’ampleur des grèves de la jeunesse scolarisée, toute une génération de militants, les mêmes qu’aujourd’hui se sont rencontrés. Deux ans après ils ont acquis des réflexes et ont noué des contacts avec des syndicats de salariés par exemple. Ils ont plein de ressources désormais. Certains étaient au lycée à l’époque et sont désormais à l’université. Ils ont acquis un savoir...

 

Suite de l'article sur : https://www.mediapart.fr/journal/france/290318/universites-le-mouvement-est-en-train-de-prendre?onglet=full

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

 

 

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 16:36

 

Source : Reporterre

 

La mobilisation étudiante se renforce malgré la répression

27 mars 2018 / Baptiste Giraud et Maxime Lerolle (Reporterre)
 


 

Dans une ambiance de Nuit debout, les étudiants se mobilisent contre la sélection à l’université. Malgré la violence de la répression, ils cherchent la convergence des luttes. Reportage à Paris et analyse d’un mois de mouvement estudiantin.

  • Paris, reportage

L’amphi N est noir de monde. En principe, il peut accueillir jusqu’à 1.500 personnes. Jeudi 26 mars, depuis deux heures que l’assemblée générale de l’antenne de Paris 1 à Tolbiac bat son plein, près d’une cinquantaine de personnes restent debout sur les côtés ou assises au beau milieu des escaliers, tant les gradins fourmillent d’étudiants.

L’objet de leur attention ? Les intervenantes et intervenants qui, tour à tour, descendent devant l’estrade et soumettent à la salle une proposition quant à l’organisation de la lutte. La vigueur des débats jure avec l’atonie des chambres parlementaires — au hasard, l’Assemblée nationale. Ici, chaque proposition suscite salves d’applaudissements, roulements de tambour, ou bien huées et imprécations hostiles. Les passions sont déchaînées.

L’antenne de l’université Paris-1 à Tolbiac.

Depuis la mi-février, la lutte s’organise à Tolbiac, initialement contre la loi Vidal de réforme de l’entrée de l’université [Lire ci-dessous]. Ici, « le blocus, c’est du folklore », s’amuse Gaspard [*], rencontré sur une barricade — concrètement, un barrage de tables, de chaises et de banderoles coupant l’accès aux ascenseurs. Son camarade Théo [*] évoque la politisation renforcée des étudiants depuis la loi Travail en 2016 : « 2016 nous a radicalisé, au sens propre. Nous sommes revenus à l’essence de la gauche. »

Mais le mouvement déborde largement le cadre de la protestation contre la loi. Désormais, comme le clame une intervenante de l’AG, il s’agit de rien moins que de « se réapproprier notre espace ». Florian [*], un « autonome », va plus loin : « Ce matin, on a voté l’occupation de la fac. C’est-à-dire qu’on va la faire tourner, à notre manière. Les cours reprendront, mais cette fois coorganisés par les étudiants et les profs. »

« Le gouvernement mène une offensive globale. C’est pour ça que de notre côté, il ne faut plus penser les luttes séparément, mais ensemble » ...

 

Suite de l'article sur https://reporterre.net/La-mobilisation-etudiante-se-renforce-malgre-la-repression

 

Source : Reporterre

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 12:44

 

 

Source : http://www.zdnet.fr/actualites/firefox-contre-attaque-prends-garde-a-toi-google-chrome-39855812.htm

 

 

Firefox contre-attaque : prends garde à toi Google Chrome !

 

 

Technologie : Au sein de Mozilla, le PDG Chris Beard et son équipe se préparent à prendre d'assaut le navigateur Google Chrome. La bataille commence en novembre, avec la sortie de Firefox 57.

 

 

Des centaines d'employés de Mozilla ont découvert en juin une version très différente de la mascotte de Firefox alors qu'ils se retrouvaient dans une salle de conférence Hilton à San Francisco pour une réunion générale.

Disparu le panda roux et ardent sur un globe bleu, l'image qui représentait le combatif navigateur de Mozilla depuis 2003. A la place, le vice-président senior de Firefox, Mark Mayo, a ouvert l'événement par un dessin de renard dans une menaçante armure méca, nommée Mark 57 - de la même façon que sont nommées les améliorations des armures d'Iron Man.

 

Un "big bang" à venir

Le message ne fait pas dans la finesse : Firefox 57, une évolution en profondeur programmée pour le 14 novembre, est prêt pour la bataille. Son principal rival est Google Chrome, qui représente 54% des visites de pages Web sur PC, tablettes et smartphones. Safari d'Apple est à 14%, tandis que Firefox n'est qu'à 6% selon StatCounter. Depuis son apparition en 2008, nombre d'utilisateurs se sont détournés de Firefox au profit de Chrome.

Mais Firefox 57 pourrait être la version qui incitera les internautes à revenir sur leur choix - et permettra eut-être aussi sauvegarder le Web. Mozilla a commencé à tester Firefox 57 mercredi 2 août, l'aboutissement de plus d'un an de travaux d'ingénierie.

Au siège de la société, le patron de Mozilla, Chris Beard, annonce un "big bang". Plus optimiste encore, il se risque à des déclarations audacieuses : "Nous allons récupérer beaucoup de personnes". Ce sont des mots hardis compte tenu des défis auxquels est confronté Firefox. Chrome domine sur tous les terminaux. La navigation Web elle-même est menacée alors que les utilisateurs préfèrent de plus en plus les applications au surf.

Mais de Firefox 57 à la conquête des nouveaux internautes espérée par Beard, il y a plus qu'un pas. Même ceux qui ont investi des années chez Mozilla le reconnaissent.

"Certaines des choses qu'ils font du point de vue technologique sont incroyables" explique Andreas Gal, qui est devenu PDG de la startup Silk Labs après avoir quitté la direction de l'ingénierie de Mozilla en 2015. "Je ne pense pas que cela fait une différence."

 

Renaître de ses cendres

L'inspiration, les 1.200 employés de Mozilla peuvent la trouver dans les 15 ans d'histoire du navigateur. Firefox est né des cendres de Netscape, le pionnier de l'Internet que Microsoft a aidé à tuer en intégrant Internet Explorer gratuitement dans Windows. Mozilla a décapé la coque de Netscape Navigator en 2002 et lancé Firefox 1.0 en 2004.

Firefox n'a pas mis fin à la domination d'IE, qui équipait à l'époque 95% des internautes. Mais Firefox n'a cessé de triompher. Vous ne vous préoccupez peut-être pas du navigateur que vous utilisez, mais la popularité de Firefox a permis de maintenir la compétitivité parmi les navigateurs et de construire au cours de la dernière décennie un Web propice aux innovations. Êtes-vous fan de Google Maps, Facebook, Twitter ou YouTube ? C'est en partie grâce à Firefox.

La mission de Mozilla est de garder le web assez dynamique pour faire émerger la prochaine grande innovation, même si les entreprises proposent des applications mobiles au lieu de sites Web, balancent des publicités portant atteinte à la vie privée ou tentent de vous enfermer dans leurs écosystèmes.

Beard, Baker et d'autres cadres supérieurs de Mozilla nous ont donné un aperçu exclusif sur toutes les facettes du programme de reconquête de Mozilla : tout, depuis la reconnaissance sans ambigüité des échecs récents de Firefox jusqu'à la divulgation d'un éventuel plan d'adhésion pour gagner de l'argent, en passant par la lutte politique autour de problèmes comme le chiffrement et la neutralité du net.

Dans sa croisade pour récupérer l'intérêt perdu, l'organisation à but non lucratif compte également sur des logiciels au-delà du navigateur, une croissance financière qui devrait l'aider à survivre, et même des services en ligne qui remettent en question le pouvoir de Google dans la recherche.

Mais la mission la plus noble au monde est sans importance si votre logiciel est bancal.

 

Rencontre avec Mark 57

Les mises à jour de Firefox de l'année dernière ont aidé Mozilla à freiner la migration de ses utilisateurs vers Chrome, ce qui a permis de stabiliser le nombre d'utilisateurs actifs quotidiens à un peu plus de 100 millions. Avec des changements plus importants en magasin, Mozilla promet d'en remontrer à Chrome lors de la sortie de Firefox 57.

"Ce sera le jour et la nuit" assure Beard.

Les améliorations permises par le projet Quantum sont à l'origine de la majeure partie de cette évolution promise. Un volet, Stylo, accélère les opérations de mise en forme. Quantum Flow broie des dizaines de petits défauts de ralentissement. Quantum Compositor accélère l'affichage du site Web. Et Firefox 57 va également jeter les bases de WebRender, qui utilise la puce graphique d'un périphérique informatique pour afficher plus rapidement les pages Web à l'écran.

"Vous pouvez faire l'interface utilisateur et l'animation et du contenu interactif d'une manière tout simplement inenvisageable sur n'importe quel autre navigateur" explique Mayon, le patron de Firefox, parlant de son bureau à Toronto - par le biais d'une technologie de chat vidéo que Firefox a aidé à rendre possible.

Tout cela s'ajoute à un moteur très différent au cœur de Firefox. Ce type d'accélération peut véritablement enthousiasmer les développeurs web - une communauté influente clé dans le succès de Firefox face à IE en 2004.

La priorité absolue est la vitesse. Nous éprouvons un plaisir inconscient à disposer d'un navigateur rapide et fluide dans l'affichage des sites Web, l'ouverture et la fermeture d'onglets... Si votre navigateur bredouille lors que vous faites défiler une page ou vous fait attendre longtemps pour afficher un contenu, il est plus que probable que vous en changiez. Les améliorations sur la vitesse au cours des derniers mois ont déjà eu un effet, explique Mozilla, mettant fin à un flux continu de défections d'utilisateurs de Firefox au profit d'autres navigateurs.

Il est trop tôt pour estimer les progrès accomplis par Firefox 57 en termes de rapidité, mais selon un test de navigateur appelé Speedometer, les performances de Firefox ont bondi de manière significative. En comparant la version de juin 2016 de Firefox avec la version prévue en août, la performance du navigateur a augmenté de 38% sur MacOS et de 45% sur Windows, affirme Jeff Griffiths de Mozilla.

La vitesse est la clé de l'un des principaux volets de la mission de Mozilla : la construction d'un web en bonne santé. Dix ans plus tôt, l'innovation du navigateur signifiait que les programmes Web gagnaient en performance, ouvrant la voie à des sites Web beaucoup plus puissants. Quantum pourrait alimenter une nouvelle course de performance et conduire à une nouvelle révolution sur le web.

La vitesse ira de pair avec une nouvelle interface grâce à Photon. "Si Quantum est la façon dont nous rendons Firefox plus rapide, Photon est la manière dont les utilisateurs le sauront" déclare Nick Nguyen, vice-président de Mozilla. Il promet "une expérience utilisateur élégante et moderne, des animations douces et des éléments d'interface impeccables pour toutes les résolutions".

Les changements au niveau de l'interface sont multiples. La barre de titre sur le haut du navigateur deviendra sombre. Fini le temps des fonctionnalités exclusives à Firefox, comme une boîte spéciale, juste pour lancer des recherches sur Internet ou le menu avec une grille de petites icônes. Vous pourrez vous concentrer sur des paramètres particuliers avec un outil de recherche de préférences. Firefox basculera dans un mode tactile dès que vous appuyez sur l'écran de votre PC. Un nouveau menu "page action" dans la barre d'adresse gère les tâches comme les pages de favoris, le partage d'adresses de sites Web ou la sauvegarde de pages dans le service Pocket de Mozilla. Et préparez-vous-y - Photon remplace les onglets incurvés de Firefox par des onglets au style rectangulaire, comme dans le navigateur Edge de Microsoft.

Lorsqu'ils sont réussis, les changements cosmétiques comme la nouvelle interface Photon peuvent rendre le logiciel plus facile à comprendre et à utiliser. Mais même les meilleurs changements nous font souvent hurler.

 

Le changement est difficile

Un autre changement dans Firefox 57 cassera une partie estimable et ancienne de Firefox : la technologie des extensions qui permet de personnaliser le navigateur. Par exemple, avec des extensions, il est possible de bloquer les publicités, protéger sa vie privée, télécharger des vidéos YouTube, traduire des sites Web et gérer des mots de passe. Les extensions ont été un avantage majeur pour Mozilla dans sa bataille contre IE. Mais Mozilla passe à Web Extensions, une variante de la technologie de personnalisation de Chrome.

Le changement ouvre la voie à des améliorations réelles, comme une plus grande réactivité lorsque vous cliquez sur votre souris ou fermez un onglet. Mais des milliers d'extensions seront laissées sur le bas-côté, à moins que leurs créateurs ne développent de nouvelles versions pour la nouvelle fondation de Firefox.

Le changement est dur, mais nécessaire, dit Beard. "Si vous essayez de rendre tout le monde heureux, vous ne faites plaisir à personne" dit-il. "Les grandes organisations avec des centaines de millions d'utilisateurs se mettent sur la défensive et tentent de préserver le bonheur de chacun. En fin de compte, vous aboutissez à un produit et une expérience médiocres."

Article adapté et traduit par Christophe Auffray, ZDNet.fr. L'article complet "Firefox fights back against Google Chrome" de Stephen Shankland est en ligne sur CNet.com.

 

 

 

Source : http://www.zdnet.fr/actualites/firefox-contre-attaque-prends-garde-a-toi-google-chrome-39855812.htm

 

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 15:50

 

 

Source : https://www.leetchi.com/c/luxleaks-raphael-halet

 

 

Luxleaks Raphaël Halet

 

 

Rejoignez mon combat contre l'évasion fiscale des multinationales !

 

Je suis dans un combat juridique contre les multinationales et l'état du Luxembourg. Avec mes seules économies (deja englouties) je ne pourrai pas aller au bout de la bataille. Votre soutien financier me permettra de financer les frais jusqu'au terme de l'affaire.

 

En septembre 2006, je suis embauché chez PwC après avoir postulé à une annonce. J'y reste neuf ans, d’abord en tant que secrétaire (2006-2011), puis comme agent administratif au service « Tax process support ».  Au sein du géant de l’audit Pwc, je ne suis qu’une petite main anonyme. Un rouage que personne ne remarque, bien loin des auditeurs ou des associés, ces surdiplômés qui ne comptent pas leurs heures et détiennent le pouvoir.

 

Je suis l'un des lanceurs d’alerte français ayant dénoncé les multinationales (Ikea, Amazon, etc.) cherchant à échapper aux impôts avec des accords fiscaux secrets au Luxembourg. C’est l’affaire LuxLeaks, révélée en novembre 2014 par l'ICIJ. L'émission « Envoyé Spécial » explique comment PwC a tenté de m'empécher de parler. De me broyer.

80 000 000 000 d'euros par an d'évasion fiscale

Mes révélations ont permis de mesurer l'ampleur de l'évasion fiscale: 80 milliards d'euros par an pour la France, l'équivalent du budget de l'Education Nationale.

 

Je suis poursuivi pour vol, divulgation de secrets d’affaires, violation de secret professionnel, blanchiment et fraude informatique, pour avoir transmis des documents au journaliste Édouard Perrin à l’automne 2012. Certaines ont été utilisées au cours d’un reportage de Cash Investigation diffusé en 2013.

Condamné à 9 mois de prison avec sursis et 1 000 d'amende en 1ère instance, j'ai fait appel. Encore condamné à 1 000 euros d'amende après un 2ème procès en appel,  je vient de me pourvoir en Cassation au Luxembourg. Paradoxalement ces deux jugements me reconnaissent le statut de lanceur d'alerte et mon action pour l'intérêt général.

 

Mon silence avant ce 1er procès résulte de l’accord de confidentialité signé avec PwC, avec la contrainte de payer 10 millions EUR en cas de rupture, accord qui incluait également mon licenciement.

 

Je n'ai pas fait ça pour la gloire. Je n’ai jamais voulu être lanceur d’alerte, ça m’est tombé dessus. J’ai toujours eu une exigence d’excellence et d’exemplarité en tant que citoyen. Beaucoup de gens me disent qu’ils me comprennent pour avoir vécu la même chose.

 

Lancer une alerte à mes yeux est avant tout un acte éthique, délibérément tourné vers autrui. Ma démarche était et est toujours tournée vers nos enfants et petits-enfants.

 

Quand le pillage devient la norme pour une élite, celle-ci finit manifestement par ne plus s’accommoder de la Législation pourtant déjà fort à son avantage et à créer pour elle-même un système opaque, au-delà de la légalité, qui autorise ce pillage et un code moral interne qui le glorifie.

 


Ici vous pouvez participer directement et en un clic. Chacun participe du montant qu’il souhaite. Tous les paiements sont sécurisés. Pas d’inscription nécessaire, don anonyme.

 

Ou par Paypal: paypal.me/RHalet

  

Ou par chèque, (à l’ordre de HALET) à renvoyer à:  HelpRaph 28 rue du Gnl Nassoy 57590 DELME (FRANCE).

 

Ou par virement (mettez votre email en objet pour recevoir une confirmation):

IBAN FR76 3008 7333 0300 0201 9480 195                   BIC CMCIFRPP

 

Suivez-nous sur Facebook: Luxleaks Raphael

Sur Twitter: @LuxleaksRaphael

 

Pour signer la pétition: https://www.change.org/p/relaxez-raphaël-lanceur-d-alerte-luxleaks

 

 

Actualités

Le 18 juillet 2017 Raphaël Halet a écrit :

Le 12 mai 2017, Amnesty International Lorraine organisait à l'Hôtel de Ville de Metz une table ronde sur le thème des lanceurs d'alerte, notamment à travers l'affaire Luxleaks.

 

La vice-présidente d'Amnesty France, Cécile Coudriou a abordé l'affaire Wikileaks et l'affaire Snowden. 

 

J'ai expliqué ma démarche pour révéler le scandale Luxleaks, accompagnés de l'un de mes avocats, Bernard Colin et Fabien Grasser, journaliste spécialiste de ces questions au Luxembourg. Le débat était animé par Anne Rimlinger.

 

(Re)voir mon intervention en 2' ici: 

Le 11 juillet 2017 Raphaël Halet a écrit :

Vous voulez mieux comprendre ce que je combats ? Voici une petite vidéo explicite et précise par Eva Joly. Le Luxembourg, les multinationales et J-C Juncker: comment est-ce possible ?

 

Le 26 juin 2017 Raphaël Halet a écrit :

Un message... brut.

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:39

 

 

Source : https://lundi.am/Situation

 

 

Situation - Par Frédéric Lordon

 

paru dans lundimatin#108, le 13 juin 2017

 

 

 

Logiquement, tout avance de concert. Au moment où Macron est élu, nous découvrons que La Poste enrichit sa gamme de services d’une offre « Veiller sur mes parents » à partir de 19.90€ par mois (plusieurs formules : 1, 2, 4, 6 passages par semaine). Le missionné, qu’on n’appellera sans doute plus « l’agent » (tellement impersonnel-bureaucratique – old), mais dont on verra si la Poste va jusqu’à l’appeler l’« ami de la famille », passe en voisin, boit le café, fait un petit sms pour tenir au courant les descendants, bref – dixit le prospectus lui-même – « maintient le lien social ». Résumons : Pour maintenir le lien social tout court, c’est 19.90€. Et pour un lien social béton (6 visites par semaines), c’est 139.90€. Tout de même. Mais enfin il y va du vivre ensemble.

 

En 1999, des lignards d’EDF en vacances et même en retraite avaient spontanément repris du service pour rétablir le courant après la tempête. Ils l’avaient fait parce qu’ils estimaient que, dans cette circonstance exceptionnelle, il se jouait quelque chose entre eux, le service public dont ils étaient ou avaient été les agents, et la société dans son ensemble, quelque chose qui n’était pas de l’ordre d’un lien contractuel-marchand et procédait de mobiles autres que pécuniaires. Maintenant que nous en sommes à l’étape de la forfaitisation du lien social, nous percevons combien cette réaction qui fut la leur a été une tragique erreur. Puisqu’il est décidé que tout, absolument tout, est monnayable, la prochaine fois que les lignes sont à terre, on espère bien que toute demande de reprise de service obtiendra pour réponse, au mieux la renégociation en position de force du tarif des prestations extraordinaires, et plutôt d’aller se carrer les pylônes.

 

Le contresens anthropologique du lien social tarifé semble ne pas apercevoir que, précisément, la transaction contractuelle-marchande n’est au principe d’aucun lien, entendons autre que le lien temporaire stipulé dans ses clauses, dont l’échéance est fixée par le paiement qui, dit très justement l’expression, permet de s’acquitter – c’est-à-dire de quitter. Après quoi les co-contractants redeviennent parfaitement étrangers l’un à l’autre. C’est pourtant ce modèle « relationnel » que la société néolibérale, La Poste en tête, se propose de généraliser à tous les rapports humains, désastre civilisationnel dont le désastre électoral de ce printemps n’est que l’épiphénomène. Mais aussi l’accélérateur. Avec peut-être toutes les vertus des accélérations à contresens : déchirer les voiles résiduels, clarifier la situation, rapprocher des points critiques. Si l’on peut placer un espoir raisonnable dans la présidence Macron, c’est celui que tout va devenir très, très, voyant. C’est-à-dire odieux comme jamais.

 

Car il ne faut pas s’y tromper, la France n’est nullement macronisée. Les effets de levier composés du vote utile font à l’aise un président avec une base d’adhésion réelle de 10% des inscrits. Quant aux législatives, le réflexe légitimiste se joint à la pulvérisation des candidatures d’opposition pour assurer de rafler la mise. Par l’effet de cette combinaison fatale, le 19e arrondissement de Paris, par exemple, qui a donné Mélenchon en tête au premier tour avec plus de 30% est ainsi bien parti pour se donner un député macronien – on aurait tort d’en tirer des conclusions définitives. Mais en réalité, au point où nous en sommes, tout ça n’a plus aucune importance. La vérité, c’est que « la France de Macron » n’est qu’une petite chose racornie, quoique persuadée de porter beau : c’est la classe nuisible.

 

La classe nuisible est l’une des composantes de la classe éduquée, dont la croissance en longue période est sans doute l’un des phénomènes sociaux les plus puissamment structurants. Pas loin de 30% de la population disposent d’un niveau d’étude Bac+2 ou davantage. Beaucoup en tirent la conclusion que, affranchis des autorités, aptes à « penser par eux-mêmes », leur avis compte, et mérite d’être entendu. Ils sont la fortune des réseaux sociaux et des rubriques « commentaires » de la presse en ligne. La chance de l’Europe et de la mondialisation également. Car la classe éduquée n’est pas avare en demi-habiles qui sont les plus susceptibles de se laisser transporter par les abstractions vides de « l’ouverture » (à désirer), du « repli » (à fuir), de « l’Europe de la paix », de « la dette qu’on ne peut pas laisser à nos enfants » ou du monde-mondialisé-dans-lequel-il-va-bien-falloir-peser-face-à-la-Russie-et-aux-Etats-Unis. La classe demi-habile, c’est Madame de Guermantes à la portée d’un L3 : « la Chine m’inquiète ».

 

La propension à la griserie par les idées générales, qui donnent à leur auteur le sentiment de s’être élevé à hauteur du monde, c’est-à-dire à hauteur de gouvernant, a pour effet, ou pour corrélat, un solide égoïsme. Car la demi-habileté ne va pas plus loin que les abstractions creuses, et ignore tout des conséquences réelles de ses ostentations abstraites. En réalité, elle ne veut pas les connaître. Que le gros de la société en soit dévasté, ça lui est indifférent. Les inégalités ou la précarité ne lui arrachent dans le meilleur des cas que des bonnes paroles de chaisière, en tout cas aucune réaction politique. L’essentiel réside dans les bénéfices de la hauteur de vue, et par suite d’ailleurs la possibilité de faire la leçon universaliste aux récalcitrants. En son fond elle est un moralisme – comme souvent bercé de satisfactions matérielles. Sans surprise, elle résiste à la barbarie en continuant de boire des bières en terrasse – ou, plus crânement encore, en brassant elle-même sa propre bière.

 

Demi-habile et parfaitement égoïste, donc : c’est la classe nuisible, le cœur battant du macronisme. Elle est le fer de lance de la « vie Macron » – ou du vivre ensemble La Poste. Partagée entre les déjà parvenus et ceux qui continuent de nourrir le fantasme, parfois contre l’évidence, qu’ils parviendront, elle est la classe du capital humain : enfin un capital qui puisse être le leur, et leur permettre d’en être  ! Ceux-là sont habités par le jeu, ils y adhèrent de toute leur âme, en ont épousé avec délice la langue dégénérée, faite signe d’appartenance, bref : ils en vivent la vie. Ils sont tellement homogènes en pensée que c’est presque une classe-parti, le parti du « moderne », du « réalisme », de la « French Tech », du « projet personnel » – et l’on dresserait très facilement la liste des lieux communs d’époque qui organisent leur contact avec le monde. Ils parlent comme un journal télévisé. Leurs bouches sont pleines de mots qui ne sont pas les leurs, mais qui les ont imbibés si longtemps qu’ils ont fini par devenir les leurs – et c’est encore pire.

 

Cependant, l’égoïsme forcené joint à l’intensité des investissements existentiels a pour propriété paradoxale de faire de la classe de « l’ouverture » une classe séparée et claquemurée, sociologiquement minoritaire en dépit des expressions politiques majoritaires que lui donnent les institutions électorales – qui disent là comme jamais la confiance qu’elles méritent. La seule chose qui soit réellement majoritaire, c’est son pouvoir social – mais comme on sait, à ce moment, il convient de parler non plus de majorité mais d’hégémonie. Sans surprise, la sous-sous-classe journalistique en est le joyau, et le porte-voix naturel. L’élection de Macron a été pour elle l’occasion d’un flash orgasmique sans précédent, ses grandes eaux. Au moment où nous parlons d’ailleurs, on n’a toujours pas fini d’écoper. En tout cas la classe nuisible est capable de faire du bruit comme quinze. Elle sait ne faire entendre qu’elle et réduire tout le reste – ouvriers, employés, des masses elles bien réelles – à l’inexistence. Au prix, évidemment, de la sourde accumulation de quelques « malentendus », voués un de ces quatre à faire résurgence un peu bruyamment.

 

Il pourrait y avoir là de quoi désespérer absolument si le « progrès intellectuel » de la population ne fabriquait plus que des possédés, et se faisait le parfait verrou de l’ordre social capitaliste. Mais la classe nuisible n’est qu’une fraction de la classe éduquée. C’est qu’en principe, on peut aussi se servir de capacités intellectuelles étendues pour autre chose. Bien sûr on ne pense pas dans le vide, mais déterminé par toutes sortes d’intérêts, y compris matériels, à penser. De ce point de vue les effets du néolibéralisme sont des plus ambivalents. S’il fabrique de l’assujetti heureux et de l’entrepreneur de lui-même, il produit également, et à tour de bras, du diplômé débouté de l’emploi, de l’intellectuel précaire, du startuper revenu de son esclavage. La plateforme OnVautMieuxQueCa, qui a beaucoup plus fait que les directions confédérales dans le lancement du mouvement du printemps 2016 – qui a même fait contre elles… –, cette plateforme, véritable anthologie en ligne de la violence patronale, dit assez où en est, expérience à l’appui, une large partie de la jeunesse diplômée dans son rapport au salariat. Et, sous une détermination exactement inverse, dans ses propensions à penser. On peut donc ne pas tomber dans l’exaltation « générationnelle » sans manquer non plus de voir qu’il se passe quelque chose dans ces tranches d’âge. Si d’ailleurs, plutôt que de revoir pour la dixième fois The social network et de se rêver en Zuckerberg français, toute une fraction de cette génération commence à se dire « ingouvernable », c’est sans doute parce qu’elle a un peu réfléchi à propos de ce que veut dire être gouverné, suffisamment même pour apercevoir qu’il n’y va pas seulement de l’Etat mais de l’ensemble des manières de façonner les conduites, auxquelles les institutions formelles et informelles du capitalisme prennent toute leur part.

 

Sur ce versant-là de la classe éduquée, donc, ça ne macronise pas trop fort – sans compter d’ailleurs tous ceux à qui l’expérience prolongée a donné l’envie de changer de bord : les cadres écœurés de ce qu’on leur fait faire, les dégoûtés de la vie managériale, les maltraités, les mis au rebut, à qui la nécessité fait venir la vertu, mais pour de bon, qui ont décidé que « rebondir » était une affaire pour baballe exclusivement, ne veulent plus se battre pour revenir dans le jeu, et prennent maintenant la tangente. Or ce contingent de têtes raides ne cesse de croître, car voilà le paradoxe du macronisme : en même temps qu’il cristallise la classe nuisible, son effet de radicalisation, qui donne à l’époque une clarté inédite, ouvre d’intéressantes perspectives démographiques à la fraction rétive de la classe éduquée.

 

Cependant le privilège social de visibilité de la classe éduquée, toutes fractions confondues, n’ôte pas qu’on ne fait pas les grands nombres, spécialement dans la rue, sans la classe ouvrière mobilisée. En l’occurrence affranchie des directions confédérales, ou du moins décidée à ne plus les attendre. Mais ayant par suite à venir à bout seule de l’atomisation et de la peur. Pas le choix : il faut qu’elle s’organise – se -organise... Et puis s’organiser avec elle. Caisses de solidarité, points de rencontre : dans les cortèges, dans de nouveaux groupements où l’on pense l’action en commun, tout est bon. En tout cas, comme dans la jeunesse, il se passe quelque chose dans la classe ouvrière : de nombreux syndicalistes très combatifs, durcis au chaud de plans sociaux spécialement violents, virtuellement en rupture de centrale, font maintenant primer leurs solidarités de lutte sur leurs appartenances de boutique, laissent leurs étiquettes au vestiaire et ébauchent un front uni. Si quelque jonction de la jeunesse décidée à rompre le ban ne se fait pas avec eux, rien ne se fera. Mais la détestation de l’entreprise, promise par le macronisme à de gigantesques progrès, offre d’excellentes raisons d’espérer que ça se fera.

 

Il n’est pas certain que le macronisme triomphant réalise bien la victoire à la Pyrrhus qui lui est échue. C’est que jusqu’ici, l’indifférenciation patentée des partis de gouvernement censément de bords opposés parvenait encore vaille que vaille à s’abriter avec succès derrière l’illusion nominale des étiquettes de « l’alternance ». Evidemment, l’alternance n’alternait rien du tout, mais il restait suffisamment d’éditorialistes abrutis pour certifier que la « gauche » succédait à la « droite, ou l’inverse, et suffisamment de monde, à des degrés variés de cécité volontaire, pour y croire. Le problème du macronisme, c’est précisément… qu’il a réussi : sa disqualification des termes de l’alternance prive le système de son dernier degré de liberté, assurément factice mais encore doté de quelque efficacité résiduelle. Quand il aura bien mis en œuvre son programme, poussé tous les feux, par conséquent rendu folle de rage une fraction encore plus grande de la population, où trouvera-t-il son faux alternandum et vrai semblable, l’entité faussement opposée et parfaitement jumelle qui, dans le régime antérieur, avait pour double fonction de soulager momentanément la colère par un simulacre de changement tout en assurant la continuité, quoique sous une étiquette différente ?

 

Résumons-nous : bataille terminale au lieu du noyau dur – le rapport salarial, via le code du travail –, intégration ouverte de l’Etat et du capital, presse « en plateau », extase de la classe nuisible et radicalisation antagoniste des défecteurs, colère grondante des classes populaires promises à l’équarrissage, fin des possibilités théâtrales de l’alternance, disparition définitive de toute possibilité de régulation interne, de toute force de rappel institutionnalisée, de tout mécanisme de correction de trajectoire : à l’évidence il est en train de se former une situation. À quelque degré, ce gouvernement-du-barrage-contre-le-pire doit en avoir conscience puisqu’il approfondit le mouvement, déjà bien engagé, de proto-fascisation du régime : avec les ordonnances du code du travail, la normalisation de l’état d’urgence en droit ordinaire a été logiquement sa première préoccupation. Ultime moyen de contrôle de la situation, lui semble-t-il, mais qui contribue plutôt à l’enrichissement de la situation. Et confirme que la question de la police va se porter en tête d’agenda, comme il est d’usage dans tous les régimes où l’état d’illégitimité n’est plus remédiable et où ne reste que la force armée, la seule chose opposable à la seule opposition consistante : la rue. Car il est bien clair qu’il n’y a plus que la rue. Si « crise » désigne le moment résolutoire où les trajectoires bifurquent, nous y sommes. Quand tout est verrouillé et que la pression n’en finit pas de monter, il doit se passer quelque chose. Ce dont les forces instituées sont incapables, seul l’événement peut l’accomplir.

 

 

 

Source : https://lundi.am/Situation

 

 

 

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