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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 22:49

 

 

Source : http://www.streetpress.com

 

 

Verbalisée pour avoir donné un livre

 

 

 

16 Février 2017

 
 

par Gwenaelle, professeure des écoles région parisienne et « semeuse de livres », une défenseure de la libre circulation des livres.

 

 

Le 31 janvier Gwenaelle a voulu, comme souvent, déposer un livre dans la rue. Une manière de partager la culture encouragée par les bibliothèques. Sauf que des policiers ont décidé de lui coller une amende au nom de la lutte contre les incivilités.

Je donne beaucoup de livres. La dernière fois, c’était un mardi, le 31 janvier. Un bel ouvrage de photos, tout neuf, que j’avais seulement feuilleté. Je ne pouvais pas le garder, ça déborde chez moi et je n’avais personne de précis en tête.

Alors, je l’ai déposé contre la vitrine du Gibert Joseph entre Barbès et Château Rouge, bien en évidence, vertical, à l’abri de la pluie.

 

J’ai voulu partager un livre. J’ai reçu 68 € d’amende !

Je m’apprêtais à m’éloigner pour observer cinq minutes, comme souvent, qui viendrait le récupérer. Et là, j’ai croisé une dizaine de policiers. C’était la fin d’une « opération zéro tolérance contre les incivilités », leur chef était en train de féliciter ses gars, je pense avoir été leur dernière prise.

Ils m’ont collé 68 euros d’amende, même tarif que pour une crotte de chien.

Pour moi, déposer un livre dans la rue, c’est une pratique régulière. Les recommandations des bibliothèques (link is external) de la ville de Paris, elles-mêmes, suggèrent de le faire.

Je le fais parce que je crois en la circulation des livres, j’ai même constitué petit réseau d’amis pour envoyer des livres d’occasion en Haïti quand ils ne sont pas trop franco-français.

Et laisser un livre de portraits de personnalités politiques à la Goutte d’Or, c’est un moyen de le mettre en relation avec un nouveau public. Je fais tout cela comme acte citoyen.

 

 

« Pour moi, déposer un livre dans la rue, c’est une pratique régulière […] Je fais tout cela comme acte citoyen » Gwenaelle, dealeuse de livres

 

Je suis une « trafiquante de livres »

Je suis une « trafiquante de livres », mon hall est toujours rempli d’ouvrages à envoyer à l’étranger ou à transmettre à mes amis. Les librairies et les bibliothèques me donnent leur pilon [les volumes destinés à être détruits], j’en ai collecté 2.000 à la fin de la foire aux livres de mon quartier l’année dernière.

J’en récupère même plusieurs dizaines par an entre les sacs poubelles des Parisiens.

En toute bonne foi, j’ai expliqué ma démarche à l’agent qui consultait ma carte d’identité et dictait le procès-verbal à son appareil. Il m’a écouté assez surpris, avant d’être rejoint par un autre agent : « Alors, la dame elle a jeté une cigarette ? ».

Puis un troisième… et ainsi de suite. Tous tenaient le même discours : « On comprend ce que vous dites, mais on ne peut pas déroger aux ordres ».

Cet excès de zèle rend la situation absurde, ubuesque même. Dans le procès verbal, dont je n’ai pas eu copie, le premier agent a accepté d’inscrire les mots clés « livres » et « Culture », en me disant que la Mairie s’arrangerait peut-être avec ça.

Je suis resté calme jusqu’au bout. Sur l’amende que j’ai reçu chez moi, il est marqué « Dépôt d’ordures ». Je vais la contester, avec des liens vers tous les mouvements militants qui font circuler des livres de cette façon.

 

Mon acte est avant tout citoyen

Ce n’est pas tellement la somme de 68 euros qui m’embête le plus. J’ai peur que chaque acte citoyen ne devienne un délit. Le zèle risque toujours d’amener des dérives. Pour l’instant, ça ne va pas m’empêcher de recommencer.

Parmi les personnes qui m’ont contacté pour me soutenir, il y a ceux qui prétendent que les policiers sont tous des illettrés. Et ceux, beaucoup plus intéressants, qui proposent d’abandonner des livres dans les salles d’attente des commissariats. Pourquoi pas ? C’est une idée d’action militante intéressante.

Propos recueillis par Maxime Grimbert
 

 

 

 

Source : http://www.streetpress.com

 

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 14:58

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Innovation politique

Le tirage au sort de citoyens, vrai progrès démocratique ou hasardeuse réforme ?

 

par

 

 

http://www.bastamag.net/local/adapt-img/740/10x/IMG/arton6008.jpg?1487221220

Utilisé dans la Grèce antique, le tirage au sort pour désigner les responsables politiques a quasiment été abandonné dans les démocraties modernes. L’idée refait cependant surface pour lutter contre la concentration oligarchique des pouvoirs et impliquer les citoyens dans la vie politique. En France, une loi instaure des conseils de citoyens tirés au sort dans les communes. Des mouvements politiques, comme La France insoumise, y recourt pour élaborer leurs programmes. En Islande, un projet de Constitution a été élaboré par des personnes tirées au sort. S’en remettre au hasard pour refonder nos démocraties est-elle une bonne idée ? Quels en sont les avantages et les inconvénients ? Enquête.

 

« Je propose l’entrée des citoyens, par tirage au sort de cent sénateurs, dans le contrôle politique du gouvernement et de l’exécutif français. » C’était l’une des propositions d’Arnaud Montebourg dans sa campagne pour la primaire socialiste. Introduire une dose de tirage au sort dans les rouages de nos institutions, afin d’ouvrir la représentation à de plus larges parties de la population : le débat revient régulièrement. La France insoumise, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, l’a utilisé dans le processus d’élaboration de son programme. Lorsqu’elle était candidate en 2007, Ségolène Royal avait également avancé l’idée de jurys citoyens tirés au sort, pour évaluer l’action des élus.

 

En France, l’un des fervents défenseurs du tirage au sort, suivi en particulier sur Internet, est l’idéologue blogueur et conférencier Étienne Chouard. L’homme s’était fait connaître pour son opposition au traité constitutionnel européen en 2005. Il ne cesse depuis de promouvoir la nomination d’une assemblée constituante par tirage au sort. Mais aussi pour la désignation d’une partie des élus du Parlement. Pour Étienne Chouard, le tirage au sort constituerait un remède décisif pour lutter contre les dérives oligarchiques – autrement dit, contre l’accaparement du pouvoir par une minorité de la population.

 

Venant d’un homme qui anime son réseau de partisans de manière très verticale et quasi évangélique, avec des relais fidèles baptisés « gentils virus », cette idée fixe peut susciter la méfiance. D’autant plus qu’Étienne Chouard affiche régulièrement sa proximité avec des personnages de la mouvance conspirationniste d’extrême droite, tel Alain Soral, qu’il a défendu avant de découvrir tardivement – en 2014 – les positions racistes, antisémites, sexistes et violentes du fondateur d’Égalité et réconciliation [1].

 

De la Grèce antique aux Jurés d’assises

Au-delà des positionnements sulfureux de ce défenseur parmi les plus visibles du tirage au sort, l’idée de remplacer l’élection par une sélection aléatoire de citoyens est-elle pertinente ? D’où vient-elle ? Est-elle déjà mise en pratique ? En France, le tirage au sort est utilisé pour désigner les jurés des tribunaux d’assises qui jugent les accusés de crimes. Le tirage se fait alors parmi les personnes inscrites sur les listes électorales et âgées de plus de 23 ans [2]. Ce principe du tirage au sort des jurés d’assises a été adopté dès 1791, juste après la Révolution. A l’époque, seuls les citoyens masculins qui payaient suffisamment d’impôts pour obtenir le statut de grands électeurs pouvaient être sélectionnés [3].

 

Dans l’Athènes antique, la plus grande partie – 86 % – des postes de magistrats étaient tenus par des citoyens tirés au sort. Les femmes, les esclaves, les enfants, et les hommes de moins de 30 ans en étaient exclus. Par ailleurs, seuls les noms de ceux qui le souhaitaient étaient introduits dans l’urne de tirage au sort, rappelle le professeur de sciences politiques Bernard Manin. Ensuite, les sélectionnés « étaient soumis à la surveillance constante de l’Assemblée et des tribunaux ». « Pendant la durée de leur mandat, n’importe quel citoyen pouvait à tout moment déposer une accusation contre eux et demander leur suspension » [4]. Cette combinaison de deux critères, « du volontariat et de l’anticipation des risques encourus devait (…) entraîner une sélection spontanée des magistrats potentiels ». Le tirage au sort n’excluait donc pas toute forme de sélection sur la compétence.

 

En France, des conseils citoyens désignés par tirage

La désignation des gouvernants par tirage au sort a aussi été pratiquée au Moyen-Âge dans plusieurs cités italiennes et dans des villes d’Espagne [5]. Plus près de nous, le tirage au sort a été réintroduit en Europe et aux États-Unis dans les années 1970 via des jurys citoyens. Ils étaient choisis de manière aléatoire pour émettre un avis sur les politiques publiques, ou pour contribuer à gérer un budget participatif, comme très récemment en Allemagne ou en Espagne. Il est désormais utilisé en France pour désigner les membres des nouveaux « conseils citoyens », mis en place dans les quartiers prioritaires avec la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine de 2014.

 

Une partie des membres de ces nouveaux conseils citoyens sont choisis parmi les acteurs de la vie du quartier : associations, commerçants, médecins... Les autres participants sont tirés au sort, avec autant de femmes que d’hommes. À la charge des villes de définir les modalités de cette sélection aléatoire. « Les municipalités peuvent choisir de tirer au sort sur les listes électorales, ce qui pose le problème des étrangers extra-européens et des non-inscrits, qui sont éliminés d’office, explique Bénédicte Madelin, de la coordination citoyenne Pas sans nous, qui a accompagné la mise en place de ces conseils. Nous savons pourtant que la mal-inscription sur les listes électorales est un phénomène important dans les quartiers populaires. D’autres villes ont opté pour un tirage au sort à partir de listes croisées, en mélangeant listes électorales, celles des organismes HLM, des abonnés EDF ou à l’eau. »

 

Quand les tirés au sort s’auto-éliminent

Reste que les habitants sélectionnés ne savent pas forcément qu’un tel conseil citoyen existe, à quoi il sert, quel y serait leur rôle ou l’utilité de s’y rendre. « Certaines villes tirent au sort sur des listes de volontaires. Dans ce cas, les gens savent mieux de quoi il s’agit. Mais en tirant au sort seulement sur des listes de volontaires, le risque est de retrouver encore les militants associatifs. » Dans certaines municipalités, des élus ont fait du porte à porte pour informer sur la mise en place du conseil citoyen et les procédures de tirage. « Ce sont les endroits où la mobilisation a le mieux fonctionné, signale Bénédicte Madelin. Sinon, les gens ne viennent pas. À Marseille, sur 4 000 tirés au sort, seules 80 personnes ont répondu positivement. En général, sur les listes totalement aléatoires, 10% des gens répondent positivement. »

 

Il est aussi plus difficile de demander à des habitants choisis au hasard de s’impliquer dans des assemblées n’ayant qu’un rôle consultatif. « Normalement, les conseils citoyens ont la compétence de copiloter la politique de la ville et d’évaluer ce qui est fait dans le quartier, précise la responsable associative. Mais il n’y a pas de codécision. Majoritairement, les conseils citoyens sont encore cantonnés à des questions de convivialité. Pour nous, ils ont cependant entrouvert la porte à une nouvelle participation des habitants. Cela peut créer un mouvement. Certains tirés au sort sur listes aléatoires s’impliquent vraiment. » L’engagement serait aussi facilité si la participation était indemnisée. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. « Nous avons réfléchi à une indemnisation des membres, sur un système similaire aux journées de délégation syndicale par exemple. Aujourd’hui, si un membre de conseil citoyen doit faire garder ses enfants, il doit le payer de sa poche. »

 

En Islande, un Forum pour une nouvelle constitution

L’Islande – qui ne compte toutefois qu’un peu plus de 300 000 habitants – s’est aussi tournée vers le tirage au sort lors d’une grande réforme politique engagée après la crise de 2008. Dès l’année suivante, une assemblée citoyenne de 1 500 personnes, dont 1 200 tirées au sort, s’est mise en place à l’initiative d’associations pour travailler à une réforme de la constitution. L’expérience est renouvelée un an plus tard, avec le soutien de l’État : 950 personnes sont tirées au sort au sein d’un Forum national. Ensuite, les 25 citoyens qui ont réécrit la constitution ont, eux, été élus, mais en tant qu’individus, sans lien à aucun parti ou institution. Leur mission était de finaliser un texte dans le respect des travaux de l’assemblée préalablement tirée au sort.

 

Résultat : la nouvelle constitution a été approuvée par deux tiers des votants lors d’un référendum consultatif. « Mais elle n’a toujours pas été adoptée à ce jour », regrette Katrín Oddsdóttir, l’un des 25 membres élus du conseil chargé de réécrire la constitution islandaise. De tels processus démocratiques seraient-ils voués à l’échec, faute d’une volonté des partis politiques traditionnels de s’y conformer, même dans un pays à population restreinte ?

 

Des expérimentations au sein des partis

La méthode est pourtant utilisée au sein même de certains partis. En France, en 2010 pour les cantonales, puis en 2011 pour les législatives, la section messine d’Europe écologie - Les Verts choisit de tirer au sort ses candidats parmi ses listes de militants. La pratique a toutefois créé des tensions avec les instances nationales du parti et ne devrait pas être renouvelée cette année.

 

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise, a lui aussi misé sur le tirage au sort pour enrichir son programme. « Nous ne pouvions pas nous permettre d’organiser un processus arithmétique de représentation par l’intermédiaire de délégués. Ce n’était pas la vocation des gens qui s’étaient engagés dans le mouvement, rapporte Charlotte Girard, coordinatrice du programme. Nous ne voulions pas d’un système rigide, ni nous retrouver dans une captation des groupes d’appui locaux par une orientation politique. »

 

Une technique pour rebattre les cartes

La convention de la France insoumise s’est déroulée sur deux jours, en octobre dernier. Le tirage au sort s’est déroulé trois semaines avant, en deux étapes, pour faire face aux éventuels désistements. Finalement, 600 militants du mouvement ont été choisis au hasard, soit les deux tiers des membres de la convention, avec une obligation de parité. Le dernier tiers était constitué de représentants des luttes et des organisations membres.

 

Plus de jeunes, plus de diversité sociale, la pratique du tirage au sort aurait eu un effet radical sur la composition de la convention, assure Charlotte Girard. « Beaucoup de jeunes, à partir de 16 ans, étaient présents. Avec un système classique de délégués, nous ne les aurions pas vus. Nous nous sommes rendu compte que cela permettait à des gens d’être là, qui autrement ne se seraient jamais retrouvés au sein d’une convention de parti. Et les participants étaient très engagés. »

 

Le tirage au sort contre la délibération politique ?

La France insoumise compte maintenir la pratique du tirage au sort dans son fonctionnement. Le comité national censé étudier les candidatures aux élections législatives sera en partie composé selon cette technique. La France insoumise voit-elle dans le hasard un outil à utiliser à grande échelle ? « Nous ne sommes pas pour le tirage au sort tout le temps, répond Charlotte Girard. Les offres politiques construites sont aussi nécessaires. Mais pour l’assemblée constituante, nous avons imaginé un système de panachage, avec une partie des membres tiré au sort, et une partie élue. Tout en laissant aux électeurs la responsabilité d’un recours plus ou moins important au tirage au sort, en donnant leur voix soit à une orientation politique affirmée, soit à la catégorie des "tirés au sort". »

 

Mais le tirage au sort suscite aussi des critiques. Pour le philosophe Daniel Bensaïd, celui-ci ne peut remplacer l’élaboration d’un véritable projet politique [6] : « Le remplacement pur et simple de la représentation par le tirage au sort signifie non seulement l’abolition de l’État, mais de la politique en tant que délibération d’où peuvent surgir des propositions et des projets à accomplir » [7]. Pour lui, « la délégation et la représentation sont inévitables. C’est vrai dans une cité, c’est vrai dans une grève, c’est vrai dans un parti. Plutôt que de nier le problème, mieux vaut donc le prendre à bras-le-corps et chercher les modes de représentation garantissant le meilleur contrôle des mandants sur les mandataires et limitant la professionnalisation du pouvoir. »

 

S’attaquer aux causes de la non-représentation

Le dispositif du tirage au sort n’est d’ailleurs pas forcément apprécié par ceux qui auraient peut-être le plus à y gagner, telles les populations – femmes, personnes victimes du racisme, milieux populaires – sous-représentées dans les instances politiques élues. « Nous réfléchissons à la représentation des femmes dans les assemblées politiques. À ce titre, le tirage au sort peut être perçu comme un dispositif plus juste et moins discriminant que l’élection. Mais cela ne constitue pas une solution au problème culturel de fond qui fait qu’il y a si peu de femmes élues aux postes de pouvoir, estime Marie Allibert, porte-parole d’Osez le féminisme. Pourquoi le paysage politique est-il presque sans femmes ? Le tirage au sort ne s’attaque pas aux causes de la non-représentation des femmes. »

 

« Il existe de meilleures solutions que le tirage au sort pour une meilleure représentation de la population », estime pour sa part Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires. Il milite pour l’instauration de statistiques ethniques afin, notamment, de mieux mesurer les discriminations. « Mettre en place, par exemple, des règles de parité pour la population dans toute sa diversité, c’est à dire des quotas dans les listes et dans les postes politiques », propose-t-il. « Le vote obligatoire, avec une reconnaissance du vote blanc, serait aussi un autre outil. Quantités de gens qui ne votent pas iraient alors voter, et pour des gens qui les représentent mieux. Cela permettrait de faire évoluer le corps électoral. » Et par conséquent le corps des élus ? Le débat est ouvert.

 

Notes

[1Voir par exemple ici et sur Reflets.

[2Voir ici.

[3Voir Yves Sintomer, Petite histoire de l’expérimentation démocratique, La découverte, 2011, pages 104-110.

[4Bernard Manin, Principes du Gouvernement Représentatif, Calmann-Lévy, 1995, p 25.

[5Voir Yves Sintomer, Petite histoire de l’expérimentation démocratique, chapitre 2.

[6Membre historique et théoricien de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) puis du NPA, Daniel Bensaïd est décédé le 12 janvier 2010.

[7Citation tirée de l’ouvrage Démocratie, dans quel état ?, La Fabrique, 2009.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 14:05

 

 

ILS ONT COUPE LES ARBRES

     Ils vont  continuer !

             …empêchons les !

 

PROTESTATION :

  

  GRATIFERIA  

   (Marché   Gratuit)

 

    Samedi 18 février   

 

Chacun apporte ce dont il n’a plus besoin,

                                                 …et repart avec ce qui lui est nécessaire.

     Avec, soupe bio, boissons chaudes,   et animations pour les enfants.

 

 

    Place Saint Charles    

    (à côté de la poste Gambetta)

    de 14 à 19 h.

 

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      COUPE DES ARBRES  :          

La politique du béton

            …et des gros sous !

 

La Mairie de Nîmes n’arrête pas couper les magnifiques arbres

centenaires de nos places   publiques.

 

                    Aucune raison ne justifie ce choix.

 

Certes, nous dit-on : « Ils sont malades, il faut en replanter de nouveaux,  

car ces gros arbres sont un danger ».

Cet argument est fallacieux, car même malade, un arbre se soigne.

Mais surtout , pour qu’il ne soit pas malade

ou dangereux, il faut d’abord entretenir ce patrimoine vert, par des soins réguliers.

Non, le choix de la Mairie est politique : Comme dans beaucoup de villes,

on préfère le béton aux espaces verts,

car le béton rapporte beaucoup de profits, alors que la verdure engendre des dépenses.

Ainsi les milliardaires du Bâtiment et Travaux Publics (Bouygues et consorts amassent

de gigantesques sommes d’argent,

au dépend de la nature …avec la complicité  des hommes politiques locaux.

 

 

Site : www.nuitdeboutnimes.fr

 

Mail : nuitdeboutnimes@gmail.com

 

Facebook : Nuit   Debout – Nîmes

 

Instagram : nuitdeboutnimes

 

Tél : 06 11 41 34 40

 

 
 
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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 22:17

 

 

Source : http://www.neozone.org/ecologie-planete

 

 

Pour le prix d’un smartphone, cette éolienne alimente toute une maison en électricité

 

 

 

Cette innovation très prometteuse est annoncée comme une petite révolution dans le monde de l’éolien.

Abordable et surtout très efficace, elle pourrait démocratiser dans le monde entier cette source d’énergie durable et respectueuse de l’environnement.

Arun et Anoop George, deux jeunes frères indiens ont en effet développé une micro éolienne révolutionnaire.

Pas plus grande qu’un ventilateur de plafond et pas plus chère que le prix d’un smartphone, cette éolienne serait capable de produire à vie entre 3 et 5 Kwh par jour. Une puissance largement suffisante pour les besoins d’une petite maison.

eolienne-001

Les deux frères envisagent de commercialiser leur invention pour seulement 50.000 roupies indiennes, soit l’équivalent de 680€. Une somme ridicule quand on compare avec le prix de l’électricité en France (0.15€ par Kw/h en moyenne). Le calcul est rapide, il faudrait moins de 3 ans pour rentabiliser cette source d’énergie dans l’hexagone.

Notre but est de faire disparaître la pauvreté énergétique, réduire la dépendance des citoyens vis-à-vis d’un État qui manque de moyens et créer de l’énergie qui permette à chacun de s’autosuffire

eolienne-003

Cette invention est destinée à l’Inde dans un premier temps, pays précurseur dans l’énergie éolienne  derrière la chine, les États-Unis et l’Allemagne. Leur objectif à terme est de couvrir tous les pays du monde en écoulant plus d’1 milliard de leur micro éolienne.

eolienne-002

Et on peut dire qu’ils sont plutôt bien partis. En effet, leur startup a été invitée au Kazakhstan pour l’expo “Global start-up fest : New Energy” qui vise à définir la ville et la vie de demain.

« Avant Garde Innovations »  espère ainsi figurer dans la liste des 30 lauréats qui seront ensuite conviés à l’exposition universelle, qui aura lieu à Astana en 2017. Le thème sera ” Les Énergies durables, environnement. L’avenir de la planète”.

 

 

Source : http://www.neozone.org/ecologie-planete

 

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 15:53

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Petit manuel des bonnes pratiques écolos sur Internet

 

13 février 2017 / Diane Routex (Kaizen)

 

 

 

Derrière Internet se cache une industrie polluante qui représente entre 2 % et 10 % des émissions de gaz à effet de serre, soit plus que l’aviation. Certains usages permettent cependant de limiter ces émissions.

 

1. Faire le vide dans sa messagerie

Les centaines — voire milliers pour certain-es — de courriels dont regorgent nos messageries mobilisent l’énergie des serveurs en permanence, rien que pour être stockés. Le premier réflexe consiste donc à se retrousser les manches et à supprimer tous les messages superflus, surtout ceux avec de grosses pièces jointes. Imposez-vous une routine qui vous convient : par exemple, le 1er de chaque mois, sauvegardez sur votre disque dur les pièces jointes et les messages dont vous avez besoin, et supprimez les autres.

Les data centers sont de gigantesques lieux qui hébergent des milliers de serveurs par lesquels transitent toutes les données Internet : chaque envoi de courriel, chaque visionnage de vidéos, chaque requête tapée dans un moteur de recherche sollicite les serveurs. Du fait de leur activité constante, les data centers consomment énormément d’électricité. Ils demandent notamment à avoir une température maintenue à 20 °C en permanence.

 

2. Se désabonner des lettres d’information

Prenez le réflexe de vous désabonner des lettres d’information qui ne vous intéressent pas. Si vous vous sentez submergé, vous pouvez utiliser le service gratuit Unroll.me, qui repère en un instant toutes les lettres d’information auxquelles vous êtes abonné-e (elles sont souvent bien plus nombreuses qu’on ne le pense !) et vous permet de vous désabonner de tout ou partie en un clic.

 

3. Utiliser un service de messagerie durable

Comme Newmanity, qui respecte votre vie privée (vos données ne sont ni analysées ni collectées à des fins commerciales, contrairement à la plupart des messageries classiques) et l’environnement, en passant par des data centers alimentés en électricité produite avec des énergies renouvelables.

 

4. Limiter l’utilisation des champs CC et CCI

Avant de mettre toute l’équipe en copie, demandez-vous si cela est vraiment nécessaire et si certaines informations ne peuvent pas être données oralement, car chaque destinataire ajouté représente du CO2 supplémentaire émis.

 

5. Opter pour une signature sobre

Évitez d’utiliser une signature de courriel qui comporte une image ou une pièce jointe.

 

6. Privilégier un moteur de recherche responsable

Il existe plusieurs moteurs de recherche qui utilisent les revenus générés par la publicité pour rendre le monde plus vert. En choisissant par exemple d’installer l’extension du métamoteur Lilo sur votre navigateur, vous transformez chaque recherche en microdon destiné à des associations ou des entreprises solidaires. Quant à Écosia, il reverse 80 % de ses revenus à un programme de plantation d’arbres au Brésil.

 

7. Choisir la couleur noire

Pour réduire la consommation d’électricité de votre écran, vous pouvez utiliser une page de recherche noire comme Blackle...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 21:42

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

 

La Belle Aude : trois ans après sa création, la coopérative est rentable

 

C'est une belle histoire comme on les aime. Celle de salariés qui ont pris leur destin en main et son désormais leur propre patron.

 

France 2France Télévisions

Mis à jour le
publié le

 

Les salariés du fabricant de glace La Belle Aude qui ont repris leur entreprise dans l'espoir de sauvegarder leurs emplois peuvent être fiers d'eux aujourd'hui. Ils sont désormais associés. Aujourd'hui, plus de 1 000 pots de glace par heure sont produits grâce à cette nouvelle machine de mise en pots automatique. C'est six fois plus qu'au démarrage de la coopérative en 2014.

 

Pari réussi

L'histoire des Pilpa c'est celle d'un fabricant de glace installé depuis 40 ans à Carcassonne (Aude). En 2012, un an après le rachat par un groupe anglais, la fermeture est annoncée. 124 emplois doivent être supprimés. Mais les salariés vont se battre et 19 d'entre eux vont créer une coopérative. Trois ans plus tard, cinq commerciaux ont été embauchés, 300 000 euros investis dans des machines, le pari est réussi. La coopérative est aujourd'hui rentable.

 

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 21:41

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Politique autrement

Saillans, laboratoire de la démocratie rurale, cherche à amplifier sa révolution participative

 

par

 

 

 

Dans ce village de Drôme, un quart des adultes participe à la politique locale et à la gestion municipale à travers des commissions et des groupes de travail. La municipalité, remportée en 2014 par une liste citoyenne, veut continuer à élargir le cercle des personnes concernées et, malgré les réticences, associer les habitants aux dossiers les plus ardus, comme le budget ou le Plan local d’urbanisme. Un difficile travail d’éducation populaire. Un reportage de L’Âge de Faire.

 

Cet article a initialement été publié dans le journal L’âge de faire (voir en dessous de l’article)

 

À Saillans, le Café des sports est incontournable : c’est le seul établissement ouvert chaque jour, à toute heure et en toute saison, dans ce village coincé entre les montagnes et la Drôme qui lui mouille les pieds. Les journalistes y sont envoyés lorsqu’ils veulent des avis critiques sur la gestion municipale de ce laboratoire d’une démocratie plus participative. Parmi les clients, il y aura toujours quelqu’un pour se plaindre des nombreuses réunions « faites pour ceux qui ne travaillent pas », des places de parking supprimées ou du fait « qu’on ne sait pas qui commande »... L’affluence des médias, intrigués par le fonctionnement atypique de la liste qui a remporté les élections municipales de 2014, a suscité de l’agacement dans ce bourg de 1 200 habitants, en donnant l’impression que les élus étaient plus efficaces pour communiquer que pour agir, et en confrontant presque systématiquement « les pour » et « les contre ».

 

« Le politique, c’est l’habitant, pas l’élu »

Quand je lui demande ce qu’il pense de tout ça, Laurent Bernard, l’un des deux patrons du bar, évite soigneusement le piège du manichéisme. Certes, il regrette que le conseil municipal soit « devenu politique ». Est-ce mal de faire de la politique ? « Oui. La politique, ce sont les pourris qui nous gouvernent », dit-il en levant le menton en direction du ciel… ou du sommet de l’État, là-bas, très loin. Cette définition est à mille lieux de celle de Tristan Rechid, qui a formé les élus de Saillans aux méthodes de l’éducation populaire : « Le politique, c’est l’habitant, pas l’élu. L’élu est un représentant qui anime le processus. » N’empêche. Le conseil des sages, auquel appartient Tristan et qui accompagne l’action municipale, ira bientôt à la rencontre des habitants dans différents lieux publics, dont le Café des sports. Laurent Bernard en est plutôt content. « Ici, c’est ouvert à tous. »

De fait, en terrasse et dans la salle, à peu près tout le monde se côtoie dans un va-et-vient permanent : des grand-mères qui se retrouvent autour de leur café quotidien, des jeunes parents avec bébé en écharpe, des chasseurs, des écolos, des gens « du cru », des néo-ruraux, des travailleurs saisonniers… Toute la diversité de la Drôme, dont les composantes ont parfois du mal à se comprendre, est là.

Sébastien Dragan est arrivé de la Marne il y a près de vingt ans. Il a longtemps tenu la pizzeria à deux pas du café. Il raconte qu’aux élections, « je n’étais pas spécialement pour cette liste. Je suis un peu de l’ancienne école, à penser qu’on est élu pour décider ». Son parcours professionnel l’a finalement poussé à rejoindre la commission Économie. En septembre, pour la Semaine de l’économie locale, « nous avons fait une expo photo sur les acteurs économiques : commerçants, artisans, artistes... La plupart ont joué le jeu, et ont organisé en tout une quarantaine d’ateliers. Ce genre de choses donne de la fierté à des gens qui ont besoin de reconnaissance. Ça les amène à s’ouvrir à la démarche ».

 

« Pas de système pyramidal avec le maire tout en haut »

C’est l’un des grands questionnements du moment à Saillans : comment élargir le cercle des 230 personnes (24 % de la population majeure) qui participent aux commissions et aux Groupes action-projet ? « Ce sont surtout des peurs qui bloquent les gens, estime Sébastien. Peur de ne pas trouver leur place, d’être dépossédés de leurs droits sur le village. Et puis, il faudra quelques générations pour que les gens redeviennent acteurs de leur propre vie ! »

Le fonctionnement de la municipalité de Saillans repose sur deux grands principes : la collégialité et la participation. La collégialité concerne le conseil municipal proprement dit. Ici, pas de système pyramidal avec le maire tout en haut, puis ses adjoints, et enfin les simples conseillers. Les élus se partagent les responsabilités et travaillent en binômes. La participation des habitants, quant à elle, peut se faire dans les commissions thématiques (finances, aménagement, jeunesse, transparence…) et les Groupes action-projet (jardin public, stationnement-circulation, entraide-bénévolat, rythmes scolaires…). Les citoyens peuvent aussi se porter volontaires pour être membres du conseil des sages, animer des réunions, rédiger la lettre d’information municipale...

 

« Ce qu’on veut savoir, c’est pourquoi ils ne viennent pas ! »

Deux à trois fois par mois, les citoyens sont également conviés au comité de pilotage, l’un des principaux lieux de décision, où ils peuvent prendre la parole. Les travaux des commissions et des groupes Action-projet y sont présentés et validés ; les questions qui feront l’objet d’un vote officiel en conseil municipal y sont débattues. Sébastien ne va pas souvent au comité de pilotage, mais son père s’y rend régulièrement. « Il a 70 ans, et il se sent honoré qu’on lui demande son avis ! »

J’avais assisté à un comité de pilotage en juin 2014, quand la liste encore toute fraîche et enthousiaste se lançait dans de multiples groupes de travail (lire l’article sur Basta !). Deux ans et demi plus tard, les élus doivent gérer leur fatigue. Ce jeudi soir de novembre, ça grince parfois un peu dans les échanges, ça frotte entre les tempéraments. Fanny Larroque, qui prend des notes et surveille l’horloge, met de l’huile dans les rouages depuis le mois de septembre. Une subvention de la Fondation de France a permis à la mairie de financer son poste pour un an, soulageant les élus surmenés.

En début de réunion, des membres du conseil des sages annoncent qu’ils iront discuter à bâtons rompus avec les habitants, sur le marché et dans différents quartiers. Un élu les interpelle : « Nous, ce qu’on veut surtout savoir, c’est pourquoi ils ne viennent pas ! » Une créatrice de vêtements et deux artisans présentent leur projet de recyclerie, pour lequel ils sollicitent un local municipal. Ils proposent aussi de fabriquer de petites remorques qui seraient proposées en libre service dans le centre du bourg, pour transporter les courses sans utiliser de voiture.

Après un débat autour de la vente d’un terrain communal, le comité aborde une question épineuse : l’analyse du budget. Agnès Hatton, élue responsable des finances, dit son désarroi : difficile de travailler de façon cohérente quand le coût des projets ne cesse de grossir, gonflé par les imprévus et l’application des normes ! On sent planer sur la salle tout le poids des réglementations et des normes techniques, qui réduisent la liberté politique des communes. Pour y voir plus clair, le comité décide de recourir à un expert qui réalisera une étude globale sur le budget.

 

Les débuts du tirage au sort

L’équipe municipale est aujourd’hui à un tournant. Après avoir organisé plus de 200 réunions participatives et fait émerger des dizaines de projets d’habitants, elle se concentre sur les réalisations. Compostage collectif, réduction de l’éclairage public, installation de panneaux solaires à l’école, aménagement du jardin public… De nombreux projets se sont déjà concrétisés. Les élus ont aussi eu le temps de digérer certaines réalités qui mettent des bâtons dans les roues de leur utopie. Peu à peu, des solutions se dessinent pour surmonter les obstacles.

Première réalité, qui revient en boucle : tout le monde ne participe pas. « Aux élections, 43 % des votants n’étaient pas d’accord avec nous, et sur les 57 % qui nous ont élus, beaucoup en avaient juste marre du maire », rappelle Joachim Hirschler, élu référent en Environnement, énergie et mobilité. Fanny a été recrutée pour aller à la rencontre des « abstentionnistes » qui ignorent les réunions publiques. « Mon boulot, c’est de travailler avec ceux qui ne viennent pas, ou ne viennent plus, les déçus, ceux qui ne se sentent pas capables ou qui ont du mal à s’engager sur la durée », explique-t-elle.

Les outils numériques et l’organisation de chantiers collectifs bénévoles sont les premières pistes envisagées pour diversifier les formes de participation. Sans oublier le tirage au sort, que le conseil des sages utilise pour recruter ses nouveaux membres et qu’il souhaite expérimenter à une échelle plus large. Des citoyens tirés au sort sur les listes électorales devraient ainsi participer, aux côtés des élus, aux travaux concernant la révision du Plan local d’urbanisme (PLU).

 

Discuter du budget municipal sur le marché

Seconde réalité : la lourdeur du fonctionnement d’une commune laisse les habitants à l’écart des plus gros budgets et des projets de fond. Emmanuel Cappelin, membre du conseil des sages, relève le paradoxe. « On met beaucoup d’énergie dans les Groupes action-projet, mais 60 % des finances vont dans le train-train de la mairie... C’est ainsi qu’on évacue le politique du budget, avec le risque de se contenter d’une petite ligne avec laquelle la population fait joujou. » Un débat d’orientation budgétaire est programmé pour le printemps. Des membres du conseil des sages verraient bien des discussions sur le sujet au marché, par exemple. Mais les élus ont encore eux-mêmes un gros travail à fournir, avant de pouvoir en débattre avec les habitants.

Une autre piste consiste à inviter la population à travailler sur les « projets structurants », imposés par la réglementation ou par la nécessité de rénover certains équipements. Le conseil municipal a ainsi fait appel à l’association d’éducation populaire « La turbine à graines » pour s’attaquer à un gros morceau : le PLU. Avant la rédaction des objectifs de révision du PLU, les habitants ont été invités à travailler sur une carte géante de la commune et autour de tables thématiques ; à décortiquer ensemble des textes réglementaires ; à participer à des promenades de repérage… « Tout le travail qu’on a fait se retrouve dans les objectifs, se réjouit Sébastien, qui a été formé pour aller à la rencontre des habitants et accompagner une promenade. C’est super gratifiant ! » Pour mener l’ensemble de la révision selon cette démarche, la commune devra se mettre en quête de financements.

À mi-mandat, la liste cherche donc à la fois à élargir et à approfondir la participation. Un travail de longue haleine, dont les succès prennent parfois des chemins inattendus. Fernand Karagiannis, élu référent pour l’Économie, se réjouit presque de voir des habitants signer une pétition contre l’installation de bacs à déchets. « Quelque part, ils ont intégré notre fonctionnement. Ils nous disent : “Vous êtes participatifs et vous ne nous informez pas !” Ça va devenir quelque chose de naturel, qui devrait continuer après nous. » Tristan, lui, attend beaucoup du tirage au sort de citoyens qui travailleront avec les élus et les experts. « Ils vont être formés en urbanisme, en gestion… En fin de mandat, on aura plein de gens compétents. C’est un rêve d’éducation populaire ! »

Lisa Giachino (L’âge de faire)

Cet article est tiré du numéro de janvier du magazine L’âge de faire, partenaire de Basta !. Son dossier est consacré à la reconstruction de la démocratie. Pour en savoir plus, rendez-vous ici.

 

 

A lire sur Basta ! :

 

 

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 21:56

 

 

Source : http://positivr.fr/detroit-agriculture-ferme-urbaine-renaissance/

 

 

Ravagée par le chômage, Détroit mise sur une alimentation collaborative… et gratuite !

 

Des quartiers entiers transformés en zone cultivables, vous y croyez ? Tel est le pari génial et audacieux d'une ville en pleine reconversion !

 

Longtemps dénigrée et synonyme de ruralité, l’agriculture tient enfin sa revanche. Aujourd’hui, c’est même elle qui vient au secours des grandes villes ravagées par la désindustrialisation. Exemple à Détroit où, après des années de dépression, l’espoir renaît enfin grâce aux fruits et aux légumes !

Source : The Michigan urban farming initiative

 

En 1950, Détroit, sorte d’Eldorado de la construction automobile, était une ville prospère et comptait alors 1 850 000 habitants. Aujourd’hui, ravagée par la délocalisation et le chômage (jusqu’à 50% de sans-emploi !), elle n’abrite plus que 680 250 personnes ! En 2011, accablée par 18,5 milliards de dollars de dette, elle s’est même déclarée en état de faillite… Mais, heureusement, le bout du tunnel n’est peut-être plus très loin !

Source : The Michigan urban farming initiative

 

Symbole de cette renaissance : la multiplication du nombre de fermes urbaines. Détroit en compterait aujourd’hui 1 600 ! Un chiffre parfaitement inouï…

Récemment, en partenariat avec une association locale (Michigan urban farming initiative), la ville et ses habitants ont par exemple lancé la conversion totale de l’un de ses quartiers en territoire cultivable. Nom de code du projet : Agrihood.

Source : The Michigan urban farming initiative

 

L’idée ? Avec l’aide de tous, transformer une zone désertée en jardin extraordinaire, 100% bio, 100% durable… et 100% gratuit !

 

Fonctionnant uniquement sur la base du volontariat, Agrihood accueille déjà 200 arbres fruitiers et un jardin sensoriel pour les enfants. Et ce n’est pas fini : on attend aussi l’arrivée prochaine d’un café communautaire ainsi qu’un centre éducatif.

Source : The Michigan urban farming initiative

 

Sur le modèle des Incroyables comestibles, non seulement le système recrée du lien entre les habitants autour d’un beau projet mais, en plus, il permet à la ville de viser l’autosuffisance alimentaire.

22 tonnes de fruits et de légumes bios seraient déjà sortis de la terre de Agrihood. Une quantité impressionnante de nourriture distribuée gratuitement à 2 000 familles. Ça compte, surtout dans un pays où l’insécurité alimentaire touche 13% de la population…

Source : The Michigan urban farming initiative

 

Fruit d’un travail collectif et solidaire, ces performances exemplaires redonnent espoir à toute une ville. Ça n’est d’ailleurs pas un hasard si le nombre de fermes urbaines explose à Détroit !

Source : The Michigan urban farming initiative

 

Est-ce que ça inspirera d’autres territoires ? C’est à souhaiter. 

 

Lire aussi : En misant sur le bio et le gratuit, Albi est en route vers l’autosuffisance alimentaire !

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 20:13

 

 

Source : http://www.bondyblog.fr/201701060800/bernard-friot-il-faut-que-nous-ayons-un-salaire-qui-ne-depend-pas-du-lieu-ou-nous-travaillons/#.WJjot0fhTrs

 

 

Bernard Friot : "Il faut que nous ayons un salaire qui ne dépend pas du lieu où nous travaillons"

 

 

AMBIANCE vendredi 6 janvier 2017

 

Par Jonathan Baudoin @JoBaudoin

 

 

 

 

Pour la première fois, la question du revenu universel agite la campagne présidentielle. Certains prétendants de la primaire de la gauche, comme Benoît Hamon, portent cette mesure. Le sociologue et économiste Bernard Friot prône un projet plus radical, le salaire à vie, pensé comme une alternative au capitalisme. Interview.

 

Le Bondy Blog : Quel regard portez-vous sur l’importance donnée au revenu universel, ou revenu de base, dans le débat public, à droite comme à gauche ?

Bernard Friot : C’est un débat désastreux qui, une fois de plus, montre combien, du point de vue idéologique, la classe dirigeante aujourd’hui a un véritable boulevard. C’est l’effondrement idéologique à gauche. Et je précise tout de suite, contre ceux qui, parce qu’ils proposent un revenu de base à 800 ou 1 000 euros, parce qu’ils utilisent un vocabulaire de gauche, prétendent que c’est un projet de gauche, qu’il n’y a pas de proposition de gauche d’un revenu de base. Ça n’existe pas parce que le revenu de base est une proposition capitaliste.

 

Le Bondy Blog : En quoi le revenu universel sert de “roue de secours du capitalisme” tel que vous le dénoncez ?

Bernard Friot : Le capitalisme repose sur la propriété lucrative de l’outil de travail, qui permet à ces propriétaires de s’approprier une partie de la valeur produite par le travail des salariés ou des travailleurs indépendants dont ils sont les clients, les donneurs d’ordre ou les prêteurs. Et en même temps que le cœur de la logique capitaliste, c’est la propriété lucrative de l’outil de travail, les travailleurs sont niés comme travailleurs. Ils sont reconnus non pas comme titulaires d’une qualification et du salaire qui y est attaché, mais comme des êtres de besoins qui ont droit à du pouvoir d’achat cherché sur le marché du travail ou sur celui des biens et services. À partir du moment où la forme classique de reconnaissance des besoins des personnes, à savoir le marché du travail, n’est plus une institution performante pour cela, à la fois parce que les capitalistes ne souhaitent plus être employeurs ; et puis parce qu’une partie de la jeunesse en particulier ne souhaite pas être employée, ne souhaite pas se soumettre à un employeur ; à partir de ce moment-là, l’allocation des ressources ne va pas passer par le salaire. Elle va passer par un forfait distribué à tout le monde.

S’il est faible, c’est simplement de la lutte contre la pauvreté. Mais s’il est élevé, toute proportion gardée, s’il est au niveau du seuil de pauvreté, à 900 ou 1 000 euros, alors il va être particulièrement utile pour le capital car les détenteurs du revenu de base vont produire avec leurs 900 ou 1 000 euros. Ils vont faire des vidéos qu’ils vont poster sur YouTube, ils vont faire des jardins bio, des éoliennes, etc. Ils vont faire de la production alternative mais celle-ci va alimenter le capital, bien sûr. C’est-à-dire que ces 900 ou 1 000 euros, le capital va les récupérer à travers la ponction qu’il va faire sur la valeur que vont produire ces personnes. Sans avoir à être employeur, à respecter un code du travail, à cotiser, etc. Rien de tout cela. Comme prêteur, comme client, comme fournisseur de données sur la plateforme collaborative, il empoche une partie de la valeur. Ou tout simplement, il utilise le logiciel libre, par exemple, pour construire ses logiciels propriétaires. Donc, c’est tout bénéfice pour le capital de distribuer 1 000 euros par mois à des gens qu’il va pouvoir exploiter sans avoir à respecter les règles de l’emploi conquises par le syndicalisme au 20ème siècle.

 

Le Bondy Blog : En quoi le salaire à vie, que vous défendez, a-t-il une portée révolutionnaire ?

Bernard Friot : Le salaire à vie, c’est la poursuite de ce que le Parti communiste et la CGT ont mis en place à la période offensive, de 1930 à 1970 à peu près. Cette offensive ouvrière a permis de mettre en place ce sur quoi repose toute révolution, c’est-à-dire des institutions d’un autre mode de production. Faire la révolution, c’est changer le mode de production. La bourgeoisie, c’est une classe révolutionnaire qui a réussi. Elle a changé le mode de production, en passant du mode de production féodal au mode de production capitaliste, en changeant les institutions du travail. Le Parti communiste et la CGT ont commencé à changer les institutions du travail, qu’il s’agisse du statut du producteur ou du régime de propriété. Le marché du travail a commencé à être remplacé non pas par le revenu de base et la fausse indépendance, mais par le salaire à vie, à la qualification personnelle, des fonctionnaires, des retraités, des salariés des branches ou entreprises reconnaissant un droit à carrière sans passage par le marché du travail, etc.

Quant au changement du régime de propriété, absolument décisif pour changer le mode de production, nous produisons de la santé (et aussi de l’éducation) sans alimenter le capital puisqu’il n’y a pas d’actionnaire capitaliste dans la santé, sinon à la marge, du côté des cliniques, mais c’est peu de chose. Sauf pour le médicament : il faut absolument supprimer la production capitaliste du médicament. Mais, jusqu’à ces dernières années où il n’y a hélas plus de hausse du taux de cotisations maladie, l’investissement hospitalier était subventionné par la caisse de sécurité sociale grâce à une hausse du taux de cotisation. Donc, on a inventé un mode de production qui repose sur un autre statut du producteur. Non pas un individu qui se rend sur le marché du travail pour se soumettre à un propriétaire de l’outil ; ou un individu travailleur indépendant, exploité tout en pensant ne pas l’être lorsqu’il est sur le marché des biens et services. Mais un salarié bénéficiaire de droits collectifs, qui est reconnu comme qualifié, au titre de sa personne, donc avec un salaire indépendant de son emploi, et qui est copropriétaire d’usage de son outil de travail.

 

Le Bondy Blog : En quoi le salaire à vie permet-il d’“émanciper le travail” ?

Bernard Friot : Émanciper le travail, c’est-à-dire le libérer des institutions capitalistes, suppose que nous décidions au travail. Et pour décider au travail, il y a deux conditions. Il faut que nous soyons propriétaires. Si nous ne sommes pas propriétaires de l’outil, nous ne pourrons jamais décider. Et deuxièmement, il faut que nous ayons un salaire qui ne dépend pas du lieu où nous travaillons. Parce que si le salaire, c’est notre entreprise qui nous le verse, nous hésiterons à contester ses pratiques. Ces deux conditions sont remplies, d’une part si chaque producteur a un salaire lié à sa qualification versé par une caisse des salaires gérée par les travailleurs et alimentée par une cotisation sur la valeur ajoutée marchande des entreprises ; d’autre part s’il est propriétaire d’usage de l’outil de travail parce que cet outil est subventionné par une caisse qui, elle aussi, est gérée par les travailleurs et qui reçoit les cotisations économiques des entreprises. Dans une telle situation, les entreprises ne paient pas leurs salariés et ne remboursent pas d’emprunts pour l’investissement : elles affectent leur valeur ajoutée à une cotisation salaires et à une cotisation économique.

 

Le Bondy Blog : Quelles sont les conditions pour qu’un citoyen accède à ce salaire à vie et y a-t-il des évolutions salariales possibles ?

Bernard Friot : Les conditions, c’est un enrichissement de la citoyenneté. C’est-à-dire qu’à 18 ans, tout le monde, quel que soit son passé scolaire, son éventuel handicap, accède au statut politique du producteur, avec le salaire à vie et le droit de propriété d’usage des outils de travail. Quelle que soit aussi la nationalité. Comme le droit du travail ou les droits à la santé et à l’éducation aujourd’hui, c’est un droit accessible à tous ceux qui résident sur le territoire. Aucun droit d’ailleurs ne devrait être lié à la nationalité. Les droits doivent être liés au territoire de résidence, là où on contribue au bien commun. Donc toute personne de plus de 18 ans accède automatiquement à ce statut politique.

Ensuite, est-ce qu’il va progresser, aussi bien en capacité de direction d’entreprise qu’en salaire ? Pour moi, oui : je suis contre le salaire unique pour tous, et donc pour qu’on établisse ensemble une échelle des salaires. De 1 à 2, de 1 à 3, de 1 à 4, de 1 à 5 ? C’est à définir collectivement, au niveau national. C’est là que les instances politiques de la nation sont nécessaires, à côté des instances économiques. Mais à partir du moment où il y a décision d’inscrire les salaires dans un rapport de 1 à 4, par exemple, chacun va pouvoir passer des épreuves de qualification fondées sur son expérience professionnelle et monter en salaire, à côté de l’autre façon de progresser qui sera automatique, à l’ancienneté. Le salaire reconnaît une capacité à contribuer à la production de valeur, plus on s’est longtemps mis en situation de contribuer à cette production, plus on a droit à un salaire élevé. Et donc, il y a une progression à l’ancienneté.

 

Le Bondy Blog : Selon vous, est-ce que Nuit Debout a permis de mieux faire comprendre cette idée de salaire à vie auprès des citoyens, notamment les plus jeunes ?

Bernard Friot : Bien sûr, mais moins Nuit Debout que le vidéaste Usul par exemple. Il faut saluer ces vidéastes de gauche qui luttent contre l’omniprésence de l’extrême-droite et des fascistes sur Internet, en direction de la jeunesse. Et qui, s’agissant de Usul en particulier, avec sa vidéo sur le salaire à vie, ont notablement fait progresser la connaissance du salaire à vie dans la jeunesse. Nuit Debout a également joué. J’ai pu remarquer que la proposition de salaire à vie y était connue.

 

Le Bondy Blog : A l’approche de l’élection présidentielle, le salaire à vie a-t-il désormais un écho au sein de la gauche radicale ?

Bernard Friot : En termes de programme, non. Mais en termes de débat interne chez les militants, oui. Beaucoup plus qu’il y a cinq ou six ans. Grâce au travail que fait Réseau salariat, qui regroupe aussi bien des militants “classiques” que des militants alternatifs qui souhaitent plutôt changer ici et maintenant dans le local. Nous regroupons des militants de ces deux types de pratiques. Et le travail qu’ils font depuis maintenant quatre ans que l’association existe se diffuse auprès de leurs organisations respectives, de leurs amis, dans les conversations, dans les lieux de débat. Il y a un progrès mais qui ne se traduit pas en termes d’intégration dans les programmes politiques alternatifs de propositions de statut politique du producteur, en ce double sens de salaire à vie et de propriété d’usage de l’entreprise. Il faut être patient et continuer à semer.

 

Le Bondy Blog : Vous avez fait partie des 58 signataires ayant appelé à continuer à manifester durant l’état d’urgence, fin novembre 2015. Plus d’un an après, que pensez-vous de la situation face à cet état d’urgence ?

Bernard Friot : J’ai des liens avec la vallée de la Roya, à la frontière italienne, qui est un des lieux à la fois de passage des migrants, de maltraitance des migrants, et de criminalisation des nombreuses actions de solidarité avec les migrants par le préfet, les élus de droite et d’extrême-droite. C’est à ça que sert l’état d’urgence. C’est vieux comme le capitalisme : le pouvoir invoque l’état de guerre pour faire la guerre sociale. L’état d’urgence, c’est la classe dirigeante qui se donne les outils policiers et judiciaires de la guerre sociale qu’elle mène contre les migrants, les militants syndicaux, la jeunesse des banlieues.

 

Le Bondy Blog : Estimez-vous qu’un racisme institutionnel s’applique en France ?

Bernard Friot : Les institutions de classe ont forcément une connotation raciste. Prenons le cas Cahuzac. Un ouvrier condamné à la prison et qui ne va pas en prison, c’est rare. Cahuzac, lui, est condamné à de la prison mais il n’ira jamais en prison. Il a fait appel, il y en a pour plusieurs années. Dans cinq ans, un nouveau procès le condamnera non plus à quatre ans de prison ferme mais à deux ans de prison avec sursis, et ce sera fini. Donc, il y a une justice de classe. Compte tenu que la classe populaire contient beaucoup plus de représentants des pays ex-colonisés que la classe dirigeante, évidemment que cette justice de classe va avoir aussi une connotation raciste. Mais d’abord, parce qu’elle est de classe. Je ne suis pas sûr que le racisme soit le moteur de cette discrimination.

L’utilisation raciste de la laïcité par le Front national ou par la droite aujourd’hui, est-ce qu’elle est d’abord raciste ou de classe ? Là aussi, il faut se poser la question. La droite et l’extrême-droite ont toujours été contre la laïcité. Qu’aujourd’hui, elles utilisent la laïcité contre l’islam, est-ce que c’est pour une raison raciste ou une raison de classe ? J’ai peut-être une grosse tendance à amplifier la dimension de classe des phénomènes et à lire leur dimension évidemment raciste comme incluse dans une dimension de classe. Mais je pense qu’une dimension décisive du racisme est économique. Si les travailleurs étaient propriétaires de leur outil de travail, décidaient eux-mêmes de ce qu’ils produisent et comment, ils assumeraient les difficultés de la production, ils seraient insensibles à la propagande qui veut que ce soit les minorités diverses et variées qui sont à l’origine de leurs maux. Ils ne chercheraient pas un bouc-émissaire du côté d’autres victimes du capitalisme, comme certains le font. C’est pour ça que j’ai toujours des difficultés à analyser le racisme indépendamment des questions de classe. Mais en même temps que j’insiste sur la dimension de classe du racisme, je suis convaincu que la lutte des classes n’épuise pas la domination raciste ou la domination de genre et qu’il y a un combat spécifique à mener.

Propos recueillis par Jonathan BAUDOIN

Crédit photo : Julian AUTIER

 

 

 

 

Source : http://www.bondyblog.fr/201701060800/bernard-friot-il-faut-que-nous-ayons-un-salaire-qui-ne-depend-pas-du-lieu-ou-nous-travaillons/#.WJjot0fhTrs

 

 

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 18:01

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Économie soutenable

La belle réussite d’une industrie qui prend soin de ses salariés et de l’environnement tout en créant des emplois

 

par

 

 

A l’heure où le « coût du travail » devrait être réduit, la santé des salariés négligée et les « contraintes » écologiques combattues, Pocheco, une PME industrielle du Nord, prend le chemin inverse : celui d’une économie qui place l’écologie, l’humain et les investissements avant les profits et les dividendes. L’usine de production d’enveloppes est devenue un modèle de transition. Les produits chimiques nocifs ont disparu des ateliers, la hiérarchie s’est allégée, les bâtiments on fait peau neuve. Résultat : l’entreprise se porte bien et diversifie ses activités, pour faire face à l’avenir et préserver ses emplois. Ici, pas de managers aux techniques oppressives, pas de délocalisation ni de course à la rentabilité sans fin. Reportage.

À l’entrée des ateliers de Pocheco, le bruit des machines résonne comme dans n’importe quelle usine. Mais il n’y a pas d’odeur. Dans cette usine de production d’enveloppes, dans le village de Forest-sur-Marque, à une quinzaine de kilomètres de Lille, aucune odeur chimique n’agresse l’odorat. Dans les allées de stockage des encres non plus. « Avant, cette zone sentait tellement fort les solvants que nous étions obligés de la fermer », raconte Kévin Franco, salarié de Pocheco. Aujourd’hui, les encres utilisées sur les enveloppes produites ici ne contiennent pas de produits chimiques. « Ce sont des encres à l’eau, avec des pigments naturels. »

Quand, à la fin des années 1990, l’actuel patron de Pocheco, Emmanuel Druon, en a pris les rênes, c’est par les encres que la transition de cette entreprise spécialisée dans la production d’enveloppes a commencé. « En 1997, l’entreprise avait des difficultés financières, écologiques et sociales. Les travailleurs étaient exposés à des produits nocifs, des fûts de produits chimiques étaient même enterrés autour de l’usine. L’intégration au village était mauvaise, comme l’ambiance à l’intérieur de l’entreprise. Les liens entre les services étaient peu nombreux », décrit Kévin Franco.

 

L’écologie, à long terme, « c’est moins cher »

Kévin Franco est arrivé 2010 dans l’entreprise, comme stagiaire, pour mener une étude d’impact des produits utilisés sur l’environnement. Puis il travaille au service de la logistique, à la maintenance, et à la production. « Quand quelqu’un arrive dans l’entreprise, quel que soit son métier, il passe en général par la production », précise le salarié. Ensuite, le jeune homme a pris en main l’une des nouvelles activités développées par l’entreprise : un bureau de conseil en transformation environnementale. « Nous essayons de partager ce qu’on a fait, notre méthode de transformation, de réflexion. »

Cette entreprise de 130 employés, logée sur le site d’une ancienne usine textile au sein de bâtiments du 19e siècle, est devenue un modèle de transition industrielle soutenable. Tout en créant une trentaine d’emplois depuis 2008 ! Pocheco a même fait l’objet d’une séquence du documentaire Demain, qui a dépassé le million de spectateurs. « Quand nous faisions appel à des bureaux de conseil pour nos projets de transformation, on nous répondait toujours “ce n’est pas possible, ce sera trop cher”, souligne Kévin Franco. Ce qu’on leur expliquait, c’est que nous raisonnions sur cinq à dix ans et qu’à long terme, ce serait moins cher. De toute façon, pour nous, l’environnement était aussi important que le coût. Aujourd’hui, le rôle du bureau d’étude, c’est de montrer que ça fonctionne. »

Quelle est cette recette Pocheco ? Comment une usine du nord de la France, sinistré par la désindustrilaisation, sur un marché, celui de l’enveloppe et du courrier, qui sembler appartenir au passé, est-elle devenue une référence sur le plan écologique et humain ? « Quand Emmanuel Druon est arrivé, il a constitué une équipe autour de lui, qui a décidé qu’il fallait prendre systématiquement en compte l’environnement et le bien-être des salariés dans les développements futurs de l’entreprise. Qu’à chaque étape d’investissement, ces critères devraient être respectés », raconte Kévin Franco.

 

« Nous ne voulons plus de plastique à l’horizon 2020 »

Conséquence directe de ce choix, alors radical : Pocheco transforme ses filières de production. « Nous avons associé nos fournisseurs, pour adopter des produits plus écologiques, puis nos clients, pour leur faire accepter cette transformation. » Le pari environnemental marche aussi auprès des clients. « Au moment de la transition, ce qui m’a aidé à vendre nos produits, c’est notre différence. Sur le plan environnemental, nous donnions du sens. Nous avons débanalisé le produit de l’enveloppe et inversé la tendance », témoigne Aline Assimacopoulos. Commerciale, cette dernière travaille à Pocheco depuis dix-huit ans. Elle a suivi le processus de transformation et fait aujourd’hui partie du comité de pilotage de l’entreprise. Celui-ci, composé de trois femmes et trois hommes, a remplacé l’ancienne hiérarchie de l’entreprise. Il a pour rôle à la fois d’impulser le développement de l’entreprise, et de repérer les talents et les projets à faire émerger au sein de l’équipe.

« Avant, le fond des enveloppes était complètement encré, et sa fenêtre était en plastique, raconte la commerciale. Nous avons développé une nouvelle norme, avec un fond partiellement encré et une fenêtre en papier. » L’enveloppe est ainsi plus économe en encre et plus écologique. « Nous avons réussi à faire changer les habitudes auprès de nos clients, parce qu’à terme, c’est aussi moins cher pour eux. Maintenant, à 95 %, nos clients ont des enveloppes comme celles-ci, se réjouit la commerciale. J’ai aujourd’hui deux collègues chargés de développer ce type d’enveloppes en Allemagne et en Espagne. » Une entreprise peut ainsi être moteur dans la mise en place de normes plus écologiques, plutôt que de les considérer comme de coûteuses et bureaucratiques contraintes. « À Pocheco, nous ne voulons plus de plastique dans les enveloppes à l’horizon 2020 », annonce Aline Assimacopoulos.

Même le système de conditionnement des enveloppes a changé. L’entreprise a abandonné les cartons à charger et décharger, qui étaient ensuite jetés, pour adopter un dispositif de cylindres sur lesquels les enveloppes sont enroulées. Les clients déroulent ces cylindres et les renvoient à Pocheco. L’entreprise livre ainsi ses produits sans générer de déchets. « Cela rend aussi le déchargement moins difficile physiquement, et ce système apporte 15% à 20% de gains de productivité », précise Kévin Franco.

 

Toitures végétalisée, panneaux solaires et pompes à chaleur

Une fois les premières économies engrangées grâce aux nouvelles procédures industrielles, Pocheco s’est attelé à ses bâtiments. Aujourd’hui, les bureaux comme les ateliers ont une toiture végétalisée. La cuve de réserve d’eau – obligatoire pour faire face au risque d’incendie – est elle aussi entièrement recouverte de végétation. 1 500 m2 de panneaux solaires couvrent les ateliers. Quant à l’ancien système de chauffage, il a été remplacé par un dispositif de pompage de la chaleur produite par les machines et par une chaudière à bois, sans gaz. Dans un bâtiment mitoyen, tout juste rénové, le chauffage est intégralement assuré par la chaleur des machines. Et même en janvier, il y fait chaud ! « Il reste encore un bâtiment à rénover, qui date de 1848 », signale Kévin Franco. Les travaux sont imminents.

Pour assurer les emplois et continuer à se développer, Pocheco mise sur la diversification de ses activités. Les visites du site en font partie. Lycéens, ou salariés d’une grande entreprise énergétique : l’entreprise accueille deux à trois groupes par semaine. « Nous ne pouvions plus nous permettre de le faire gratuitement », précise le salarié. Ouvert, le bureau d’étude que dirige Kévin Franco, est lui aussi devenu une activité à part entière. Lancé il y a cinq ans, il a depuis suivi 400 missions de conseils. Avec ses huit salariés, il accompagne les collectivités dans leurs programmes de rénovation énergétique et écologique du bâti, et les entreprises dans l’éco-conception des produits et la gestion énergétique de leur site.

 

Pérennité de l’emploi

« La stratégie ici, c’est avant tout la pérennité de l’emploi. Il faut donc réfléchir au maintien de l’activité si le marché de l’enveloppe disparaît. Le bureau de conseil est une voie. Mais c’est sûr que ce ne sera pas pour tout le monde, reconnait Kévin Franco. Nous essaierons peut-être de créer une équipe de travaux intégrée avec le bureau. » « Il y a beaucoup de personnes qui travaillent ici qui n’ont pas fait d’études, qui ont appris les métiers sur le tas », souligne Aline Assimacopoulos. Pocheco souhaite aussi diversifier ses activités industrielles. L’entreprise propose un service de massification du courrier à ses clients : elle récupère leurs courriers, les regroupe, les met sous pli, les affranchit et les livre en gros à la poste, ce qui permet aux clients de bénéficier d’un tarif du timbre plus avantageux. Quinze personnes travaillent déjà à cette activité. La PME a investi pour cela dans de nouvelles machines de tri et d’affranchissement.

 

« Nous avons des fonds propres solides, donc un accès facile aux prêts bancaires, explique Aline Assimacopoulos. Grâce à cela, nous pouvons investir à moyen et long terme sur de tels projets. Nous nous donnons du temps. Que nous pouvons prendre parce qu’on ne nous demande pas une rentabilité exponentielle. » « Chez nous, l’argent est un moyen d’entreprendre, pas de faire des profits », insiste la commerciale. En 2008, Emmanuel Druon a racheté Pocheco au groupe Le Particulier, fondé par son grand-père. L’ancien manager qui travaillait dans une grande entreprise de cosmétiques est alors devenu le seul actionnaire de cette société par actions simplifiées (SAS). Pocheco n’a donc pas l’obligation de distribuer des dividendes, et reste libre d’orienter ses investissements vers n’importe quel horizon.

 

Diversification... dans la culture des pommes et des pleurotes

Plusieurs innovations sont des plus inattendues. La société a acheté un terrain agricole de 2 000 m2 pour y développer une activité de permaculture, lancée il y a un an. Deux personnes ont été embauchées, avec comme objectifs de produire et de devenir un centre de formation. « En parallèle, nous avons le projet d’installer une cantine bon marché sur le site, où l’on cuisinerait les produits de nos propres terrains », rapporte Antoine Bocquet, qui gère le projet de permaculture. Avant, il travaillait pour un producteur de plantes aromatiques. « C’était un agriculteur qui faisait tout en chimique. Je ne trouvais pas ça satisfaisant. Alors, j’ai commencé à regarder du côté de la permaculture, et j’ai rencontré Emmanuel qui m’a parlé de ce projet. » Comme dans le reste de l’entreprise, la hiérarchie est réduite au minimum : « Je travaille en autonomie. Je suis comme mon propre patron, c’est comme si je m’étais installé à mon compte, mais avec un salaire à la fin du mois ! »

Un verger conservatoire d’espèces locales a déjà produit ses premières pommes, « excellentes » selon Kévin Franco. Et à l’intérieur de la cuve de réserve d’eau, Antoine Bocquet a commencé il y a quelques mois à faire pousser des pleurotes. Évidemment, comme pour les encres des enveloppes, sans aucun produit chimique.

Rachel Knaebel

Photo de l’équipe : Pocheco.
Autres photos : Laurent Mayeux Photographies.

 Le site de Pocheco

Les livres d’Emmanuel Druon, le patron de Pocheco :
 Écolonomie, entreprendre sans détruire.
 Le Syndrome du poisson lune.

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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