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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 19:42

 

 

Source : https://www.franceinter.fr/emissions/l-esprit-d-initiative/l-esprit-d-initiative-10-avril-2017

 

 

L’Esprit d’initiative

lundi 10 avril 2017

par Emmanuel Moreau

 

Géolocalisation des objets abandonnés pour désencombrer nos rues et nos placards

 

 

Une application gratuite permet d’éviter de jeter les objets dont on souhaite se séparer en organisant toute une chaîne antigaspi.

 

 

 

Piano... non connecté

Piano... non connecté © Radio France / Emmanuel Moreau

Smart Cycle est une application de recyclage participatif. Se séparer d’un téléviseur, d’un canapé… rien de plus simple. En géolocalisant l’objet il est proposé d’abord aux personnes inscrites.

S’il ne trouve pas preneur, il est ensuite présenté aux associations comme Emmaüs ou la Croix Rouge et enfin aux entreprises de recyclage avant de finir à la déchetterie. Une plateforme qui évite le gaspillage et pourrait permettre des économies consequentes aux collectivités.

 

Mathilde Golla du Figaro demain au micro d'Emmanuel Moreau

 

 

 

 

Source : https://www.franceinter.fr/emissions/l-esprit-d-initiative/l-esprit-d-initiative-10-avril-2017

 

 

 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 17:18

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Luttes sociales

1336 jours, des hauts, débats mais debout : le film sur la lutte victorieuse des Fralib

 

par

 

 

 

1336 jours de luttes contre Unilever, plus de trois ans et demi de conflit, qui aboutissent à une victoire ouvrière avec la reprise par les employés de l’usine et la création d’une société de thés et infusions coopérative et participative. Cette lutte longue et compliquée menée par les salariés de Fralib contre le géant de l’agroalimentaire est restituée dans un film documentaire de Claude Hirsch, en salles depuis le 22 mars 2017. Une histoire sur laquelle peuvent s’appuyer tous les salariés dont l’usine est aujourd’hui menacée de fermeture.

L’aventure a duré 1336 jours ! 1336 jours pendant lesquels un noyau d’irréductibles se sont battus sans relâche contre Unilever. La grosse multinationale avait en effet décidé en 2010 de fermer son usine de conditionnement de thé et infusion à côté d’Aubagne, estimant qu’elle n’était pas rentable. Mais voilà ! Ces 82 personnes vont non seulement se battre pour que le rideau de fer ne s’abaisse pas définitivement sur les portes de l’usine mais cette bande d’entêtés va utiliser toutes les voies possibles et imaginables pour maintenir leur activité, leur emploi et prouver à ce trust international que l’entreprise reste viable.

FA 1336 jours, des hauts, débats, mais debout from Les Films des Deux rives on Vimeo.

Ce deuxième film de Claude Hirsch [1] sur le combat des Fralib, 1336 jours, des hauts, débats mais debout, regroupe tous les moments-clés de cette lutte :
 L’annonce par Unilever en septembre 2010 de la fermeture de l’usine, jugée peu rentable alors que celle-ci génère quand même des bénéfices, pour délocaliser la production en Belgique en gagnant quelques centimes par boite, entrainant le licenciement de 182 salariés ;
 L’annulation du premier plan « social » le 4 février 2011 par le tribunal de grande instance de Marseille ;
 La première occupation de l’usine en septembre 2011 suite à l’acceptation en première instance du deuxième plan « social » (voir ce reportage de Basta !) ;
 La tentative d’Unilever de reprendre l’usine le 7 novembre 2011 à l’aide de vigiles ;
 L’annulation en appel du deuxième plan social le 17 novembre 2011 ;
 La nouvelle stratégie de la direction de faire signer des transactions individuelles, stratégie qui fonctionnera avec 78 salariés ;
 L’acceptation en avril 2012, en première instance, du troisième plan social pour 103 salariés ;
 La deuxième occupation de l’usine le 11 mai suite à une décision de la direction de déménager les machines ;
 La prise en compte de cette lutte dans le contexte de l’élection présidentielle et l’amorce d’une négociation avec Unilever ;
 L’annulation en appel du troisième plan « social » ;
 La remise à Benoit Hamon, ministre de l’économie sociale et solidaire, en novembre 2012, du projet de la future coopérative Scop-ti (Société Coopérative Ouvrière Provençale - Thés et Infusions) ;
 L’occupation du ministère de l’agriculture et la réception consécutive à l’Élysée le 17 mai 2013 ;
 Le blocage de la plate-forme logistique d’Unilever en juillet 2013 ;
 Les nombreuses rencontres et convergences avec d’autres luttes (Veninov, PSA Aulnay, Goodyear, Ford, et une vingtaine de boites de l’agroalimentaire : Pilpa, Bongrain, Maitre Coq...) ;
 Les dernières négociations avec Unilever aboutissant à l’accord de fin de conflit du 26 mai 2014.
 En août 2014, le dépôt des statuts de la coopérative Scop-ti.

Plus d’informations sur le film : www.asspolart.com/1336 pour le DVD, filmsdesdeuxrives.com pour découvrir les dates et lieux des projections prévues en France, ainsi que la page facebook. Et pour soutenir les coopérateurs de la Scop-Ti, c’est par ici.

Notes

[1En 2011, Claude Hirsch a réalisé Pot de thé / Pot de fer, un documentaire de 70 minutes sur la première année de la lutte des ouvriers d’Unilever.

 

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 21:41

 

 

Grenoble : un cabinet dentaire pour les sans-abris et les sans-papiers

 

Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère et France Bleu mercredi 29 mars 2017 à 19:23

 

 

 

 

Alexandre Sage, dentiste et créateur de "Solident".

Alexandre Sage, dentiste et créateur de "Solident". - Solident

Solident, c'est un cabinet dentaire pour les plus démunis, ceux qui n'ont aucune couverture sociale et pas d'argent pour payer des soins bucco-dentaires, même pas la CMU. Il a ouvert en novembre dernier en plein centre ville, à Grenoble. Le Docteur Sage recherche des dentistes bénévoles.

C'est le docteur Alexandre Sage, dentiste "altruiste" à Meylan, qui a eu l'idée voici un an d'ouvrir un cabinet solidaire, baptisé Solident. Il a obtenu une aide financière de l'Agence régionale de santé (ARS), des dons de deux associations, une subvention de la député socialiste Geneviève Fioraso, financée grâce à sa réserve parlementaire. Il est soutenu par le conseil de l'Ordre des dentistes. Il a récupéré du matériel chez des confrères partant à la retraite. Deux salariés ont été embauchés, une assistante dentaire et un médiateur sanitaire.

 

Solident lance un appel aux dentistes pour qu'ils donnent un peu de leur temps

Le médiateur dentaire, c'est Boris Roche. C'est lui qui reçoit les patients avant qu'ils ne passent sur le fauteuil du dentiste. Ce sont des demandeurs d'asile, des SDF, des clandestins. Boris dédramatise ce moment, explique comment ça va se passer, que tout est fait pour qu'ils n'aient pas mal. "Beaucoup de ces personnes ont eu de mauvaises expériences. Souvent, dans leur pays d'origine, ils n'ont connu que des "arracheurs de dents" ! Il faut qu'ils aient confiance, pour qu'ils reviennent et qu'on les soigne complètement."

Sandrine et Boris, l'assistante et le médiateur dentaires de Solident-Grenoble. - Radio France

Sandrine et Boris, l'assistante et le médiateur dentaires de Solident-Grenoble. © Radio France - Véronique Pueyo

Il y a déjà trois semaines d'attente pour les rendez-vous. Les patients sont envoyés chez Solident par des prescripteurs, c'est-à-dire des associations qui s'en occupent et qui sont garantes que ces personnes n'ont aucun revenu.

"Pour faire de l'humanitaire, pas de besoin d'aller à l'autre bout du monde. c'est au coin de la rue, ici, à Grenoble."

— Alexandre Sage, dentiste.

Le problème aujourd'hui pour Solident, victime de son succès, c'est de trouver des dentistes bénévoles, prêts à donner un peu de leur temps. Pour l'instant, ils ne sont que deux, le docteur Sage et un confrère, jeune retraité, à tourner sur le planning. Mais d'autres se sont dits prêts à rejoindre l'équipe. Car si certains sont intéressés par l'humanitaire : " Pas besoin de partir à l’étranger" explique le Docteur Sage. "La grande précarité est au coin de la rue. On voit des bouches dans des états déplorables mais on peut soigner les gens. On ne va pas leur poser des prothèses mais déjà faire les soins de base, dans des conditions optimales, comme dans un vrai cabinet. On n'offre pas de soins au rabais !"

"Le sourire d'un patient à la fin de ses soins, c'est notre plus beau cadeau!"

— Sandrine Pourcelot, assistante-dentaire

Sandrine Pourcelot est l'assistante dentaire. "C'est très enrichissant, très humain. Mon travail prend tout son sens auprès de ces patients, laissés pour compte. Je me souviens de cette femme, frappée par son mari, qui avait les dents cassées... Quand on ne comprend pas la langue, on trouve des traducteurs. Quand le patient repart avec le sourire et nous montre son cœur pour nous dire merci, c'est le plus beau cadeau qu'il peut nous faire !"

Le cabinet est ouvert les lundis, mercredis et jeudis matin.

 

 
 

Dans le cabinet de Solident, à Grenoble

 

Grenoble, France

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 20:59

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Ce bar est alternatif, bienvenue à l’Alternatibar, à Lyon

28 mars 2017 / Revue Silence

 

 

L’Alternatibar, à Lyon, est l’une des émanations des centaines de Villages des alternatives climatiques organisés depuis 2013 par le réseau Alternatiba. Le réseau publie par ailleurs un guide méthodologique pour multiplier le nombre de ces endroits destinés à dynamiser le mouvement climatique.

 

Comment transformer l’énergie des centaines de Villages des alternatives climatiques organisés depuis 2013 sur tout le territoire, en alternatives durables ? C’est le pari qu’a fait le réseau Alternatiba en élaborant le Guide méthodologique pour créer des lieux alternatifs, qui va paraître au printemps 2017.

Les Villages des alternatives et le tour à vélo Alternatiba durant l’été 2015 ont réussi à toucher et à fédérer un public élargi autour des enjeux climatiques, au-delà des réseaux écologistes classiques. « Après les Villages des alternatives, plusieurs personnes se sont dit ’C’est génial ce qu’on a fait, il faudrait continuer à montrer cette diversité des alternatives tout le temps.’ Comment pérenniser cette expérience ? » demande Adrien Kempf, l’un des membres de l’équipe du guide.

« De tels lieux ont pour vocation à poursuivre l’action des Villages : toucher un public large et montrer des alternatives concrètes », poursuit Adrien, qui aime les voir comme des « outils pour renforcer et dynamiser le mouvement climatique ».

Ces lieux alternatifs sont donc des vitrines des alternatives, mais également des lieux d’organisation collective, d’événements, de luttes, d’opposition etc. « Un lieu, c’est quelque chose de solide », renchérit Lydie Tamarelle, autre membre de l’équipe éditoriale. Elle précise : « Le guide sera un outil au service de tous les collectifs qui souhaitent se lancer dans la création de lieux alternatifs, il donnera des exemples, des outils, des contacts… »

La revue Silence a publié dans son numéro de mars plusieurs « fiches d’identité » présentant certains de ces lieux, à l’image de celle qui suit, sur l’Alternatibar, à Lyon.

 


 

A LA FOIS UN BAR ET UNE MAISON DES ALTERNATIVES

 

Fiche d’identité

Localité : Lyon • Création : 2016 • Superficie du local : 80 m2Bénévoles : 30 • Salarié : 0 • Adhérent-es : 1.500 • Statut : association • Budget : investissement de départ de 7.000 € • Ouverture : trois soirées publiques par semaine, plus ateliers et formations • Milieu urbain

 

Présentation de la structure

L’Alternatibar est à la fois une Maison des alternatives et un bar. Son but est de favoriser la transition citoyenne, sociale et écologique et de contribuer à tisser des liens entre les nombreux acteurs, qui agissent déjà quotidiennement sur son territoire et développent des solutions concrètes pour accélérer la transition.

Il organise chaque mois une soirée « Focus sur un porteur de solutions », et des ateliers « Solutions concrètes » autour de la récup’, du bricolage, de la cuisine, de la démocratie, de la désobéissance civile non violente, du bien-être…, des ateliers « Faites-le vous-même », des projections-débats, des journées thématiques, des conférences, concerts, soirées contes, expositions, etc.

C’est un lieu où l’on rencontre les personnes impliquées dans la dynamique Alternatiba, mouvement pour la justice climatique et sociale qui allie la promotion des alternatives concrètes et la résistance pour relever le défi climatique.

L’Alternatibar sert également de lieu de travail et de réunion aux membres du collectif Alternatiba Rhône, ainsi qu’à ses divers partenaires (collectifs, associations, citoyen-ne-s…).

 

Comment a été trouvé le lieu ?

Une équipe de bénévoles a travaillé conjointement avec un stagiaire en école de commerce pour étudier la faisabilité et le développement du projet et identifier un lieu (à partir de mai 2016, pour une ouverture le 1er septembre). L’occasion s’est présentée de reprendre un lieu associatif à l’empreinte forte dans le quartier. Alternatiba Rhône a donc repris la Mouche m’agace l’oreille gauche (Maog), salon de thé afghan qui avait une programmation multiculturelle, notamment musicale, extrêmement riche. On n’a pas fait appel aux collectivités territoriales pour des mises à disposition de locaux, afin de garantir la pérennité du projet et son indépendance.

 

Qui finance ?...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 16:13

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  1er anniversaire  de

NUIT   DEBOUT 

 

 

 

 Le   32   mars   2017 

           (samedi  1er avril)

GRATIFERIA

    de  14  à  19 heures

  au  Square  Antonin

           ( près  de la Maison Carrée )

 

« NUIT – DEBOUT »

se   réunit   tous  les  lundis  et  jeudis  soir

à partir de 19  heures

au  Square  Antonin   à Nîmes

NUIT   DEBOUT 

           Un  an  déjà ! 

Le 31 mars 2016,  naissait NUIT –DEBOUT  :  Sur  toutes  les  places publiques  des  villes  de France,  des  dizaines de milliers de personnes se  réunissaient  pour  manifester leur  ras le bol.

Une  goutte d’eau  venait  de  faire  déborder  le  vase.  Et  quelle  goutte !   Le  gouvernement  VALLS-HOLLANDE    voulait   imposer  une  loi  scélérate :   « La  Loi  Travail ».

Cette loi écrite  par  Emmanuel  Macron,  remettait  en  cause 150 ans  de  droits  sociaux.  Elle avait  pour  but  de  transformer  les  salariés  en tâcherons  comme  au  19ème  siècle.   

Le  MEDEF,  organisation  des patrons,   et  son  président  GATTAZ  applaudissait  des  quatre mains  cette  « Ubérisation »  de  la  société.

Les  travailleurs  quant à eux,  rejetaient  massivement  ce  recul du  Droit,  cette  amputation du Code du Travail.  Deux  mondes  s’opposaient.

NUIT-DEBOUT  fut  au  centre  de  la  gigantesque  mobilisation  (grèves  et manifestations)  que  déclencha  cette  loi anti-sociale.  Ce  fut  une  mobilisation sans précédent qui  dura  six  mois,  pour  contraindre  le  gouvernement  d’abandonner un  tel projet.  Et celui-ci dut   utiliser le 49-3 !

NUIT-DEBOUT a surtout  été  un  lieu  de  réflexion  sur les   formes  nouvelles  d’organisation  et  de  démocratie.  Son  originalité pour  aborder  tous  problèmes,  a  marqué  pour  longtemps  une  grande partie  de la  population.

 

NUIT-DEBOUT  existe  toujours  un  an  après,   et  se  réunit   deux    fois  par  semaine.

 

 

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 15:21

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Commerce

Ces « zones libres » en Europe qui privilégient les alternatives locales face au néolibéralisme global

 

par

 

 

 

 

Des élus volontaristes pourront-ils, demain, soutenir la relocalisation de l’économie, favoriser les aliments bios et locaux dans les cantines scolaires ou reprendre la main sur la gestion de l’eau ou de l’énergie ? L’accord de libre-échange signé entre l’Union européenne et le Canada – le Ceta – va leur compliquer la tâche en multipliant les contraintes légales. Face à cette menace, des centaines de collectivités locales, communes ou régions dans toute l’Europe, se sont déclarées « zones libres ». Leur résistance s’organise avec l’appui de citoyens et de mouvements.

De nouvelles règles de libre-échange entreront en vigueur dans les prochains jours, suite à la ratification le 15 février dernier de l’accord Ceta entre l’Union européenne et le Canada [1]. Les collectivités locales et leurs habitants sont en première ligne. Celles qui favorisent une relocalisation de l’économie, développent l’approvisionnement de leurs cantines avec des aliments biologiques et locaux ou remunicipalisent des biens communs comme l’eau ou l’énergie, redoutent que cet accord vienne entraver leurs choix politiques, en accélérant la libéralisation des services, l’industrialisation de l’agriculture et la déstructuration des filières locales. « L’essentiel des compétences concernant la transition écologique et sociale relèvent du niveau local, souligne Amélie Canonne de l’association Aitec et membre du collectif Stop Tafta-Ceta. Quand il s’agit de soutenir l’économie locale, d’assurer la restauration collective, d’organiser les transports, ce sont les collectivités locales qui le gèrent. »

Le Ceta vient ajouter une nouvelle couche de contraintes juridiques et pourrait compliquer davantage la mise en œuvre de politiques favorisant l’économie locale des deux côtés de l’Atlantique. Le chapitre 19 du Ceta prévoit notamment de nouvelles obligations et procédures dans la passation des marchés publics [2]. . « Dans les faits, celles-ci conduiront à un accroissement des publications légales et des dossiers techniques à produire, ce qui freinera l’accès des PME locales », craint Amélie Canonne. Les principes de non-discrimination et de transparence pourraient encourager encore un peu plus qu’aujourd’hui les acteurs publics à retenir le prix comme critère essentiel de sélection des offres, et à reléguer au second plan la plus-value sociale et environnementale. Face à ces menaces, de quelles manières les communes peuvent-elles résister ?

 

1er acte : se déclarer « communes libres »

Environ 2100 collectivités territoriales – de la commune rurale à des régions entières – en Europe se sont déjà déclarées « hors-Tafta », « hors-Ceta » ou « hors-Tisa » [3]. Une partie de ces collectivités, soucieuses de ne pas en rester à de simples déclarations, se sont réunies les 17 et 18 février à Grenoble, dans le cadre des deuxième rencontres paneuropéennes des villes contre les nouveaux traités de libre échange et pour des alternatives locales [4]. Une dynamique qui se révèle relativement forte en Allemagne, en Autriche, en Belgique et en France.

 

Tiles © Esri — Sources: GEBCO, NOAA, CHS, OSU, UNH, CSUMB, National Geographic, DeLorme, NAVTEQ, and Esri

 

Pour visualiser la carte, cliquer ici

 

 

En France, des régions, des conseils généraux, et des centaines de communes se sont déclarées « libres » de ces accord commerciaux contraignants [5]. C’est le cas du 14e arrondissement de Paris où la maire, Carine Petit, « socialiste frondeuse », assume cette position, même si le Ceta divise le PS (notre article). « Nous avons toujours ouvert les portes de la mairie pour que les rencontres et les débats puissent se tenir. Nous devons réaffirmer dans chacune des collectivités locales ce droit à l’accès à l’information des citoyens », précise Carine Petit.

 

2e acte : continuer à favoriser les produits biologiques et locaux

Olivier Deleuze est maire écologiste de la commune bruxelloise de Watermael-Boitsfort en Belgique. « Les gens nous demandent avant tout que leurs enfants mangent bien à l’école, qu’il n’y ait pas de pesticides dans les espaces publics ou que des peintures sans métaux lourds soient appliquées sur les bâtiments publics », énonce t-il. Mais il constate la difficulté d’établir le lien entre ces politiques locales et les accords de libre-échange. « En déclarant notre municipalité « hors-Ceta », on tente de sensibiliser les citoyens sur le fait que ce type de traité peut empêcher nos communes de se fournir en produits bio et locaux dans les prix moyens », souligne t-il [6]. Comment un accord global de libre-échange peut-il remettre en cause un approvisionnement biologique et local ? Par les systèmes d’appels d’offre qui devront désormais s’ouvrir aux entreprises canadiennes au-dessus d’un certain montant. « Les règles de cette libéralisation ne s’appliquent pas en-dessous d’un plancher de 252 000 euros et ne devraient donc pas concerner les petites communes françaises. C’est surtout un changement majeur pour les petites collectivités du côté canadien où le plancher était plus haut », explique Amélie Canonne. Le nouvel accord pourrait cependant inciter les petites communes à constituer des appels d’offre communs afin d’atteindre ce plancher. 

La directive européenne sur les marchés publics excluait déjà la mention de circuits courts dans les appels d’offres en raison de leur caractère jugé discriminatoire. Avec le Ceta, l’introduction dans l’appel d’offres d’un critère « issu de l’agriculture biologique » demeurera possible mais sans préciser la provenance, ce qui peut favoriser une agriculture industrielle éloignée des lieux de consommation. De nombreux élus ont trouvé des solutions pour contourner ces contraintes en fractionnant, par exemple, leurs commandes pour permettre aux petits producteurs de candidater à l’appel d’offre. Ou en utilisant le critère de « performance en matière d’approvisionnement direct des produits de l’agriculture » (lire notre enquête sur les cantines scolaires avec des repas 100% bio et locaux). L’État lui-même pousse les maires à développer les circuits courts en jouant avec les règles européennes [7].

 

3e acte : relocaliser l’économie

Le principe du « traitement national » prévu par le Ceta implique que les investisseurs étrangers doivent bénéficier au minimum des mêmes droits que les investisseurs locaux. « Les règles qui incitent à la discrimination positive au bénéfice d’entreprises locales sont interdites à tous les niveaux », précise Amélie Canonne. « Il en est de même pour les taxes à l’importation ou les subventions. » Certaines communes ont donc décidé d’agir en amont des appels d’offres en réalisant des consultations préalables afin de connaître les entreprises locales. Le 19 janvier dernier, Grenoble a ainsi organisé la première action de « sourçage » [8]. La municipalité a identifié les fournisseurs potentiels de la ville sur les travaux de maintenance des bâtiments municipaux – 665 biens soit environ 750 000 m2 nécessitant 8 millions d’euros de travaux par an. 49 entreprises ont été identifiées, autant de filières locales à structurer en ajustant la commande publique pour leur permettre d’y répondre. « Le premier levier est de relocaliser l’économie. Nous y parvenons grâce à la commande publique », assure Anne-Sophie Olmos, conseillère municipale de Grenoble et déléguée au contrôle de gestion externe.

A une vingtaine de kilomètres de Grenoble, la commune de La Buisse (3200 habitants) s’est aussi déclarée « zone hors-Tafta et hors-Ceta ». Le maire, Patrick Cholat, reconnaît volontiers que les débats sur les traités de libre-échange ne sont pas prioritaires dans les campagnes. Avec les autres élus municipaux, tous issus de la société civile, ils ont donc décidé d’être plus concrets en développant deux axes : l’autonomie énergétique et l’autonomie alimentaire. Pour impulser la dynamique en termes de production électrique, le conseil municipal a mis à disposition le toit d’un bâtiment public pour l’installation de panneaux photovoltaïques. « Suite à une réunion sur ce sujet, un groupe de citoyens a monté une société par actions simplifiée. Deux centrales citoyennes photovoltaïques fonctionnent aujourd’hui sur la commune », se réjouit le maire qui voit le projet essaimer dans les villes voisines. Sur le volet alimentaire, La Buisse est en train d’acquérir des terrains pour les allouer à des habitants ou des associations souhaitant développer la production locale et biologique.

 

4e acte : les services publics locaux sous « contrôle populaire direct »

Une clause du Ceta prévoit qu’en cas de litiges commerciaux, les différends entre les parties signataires soient jugés par la Cour internationale d’investissement, une sorte de tribunal d’arbitrage permanent qui risque de compliquer davantage la remunicipalisation des services publics [9]. Des villes envisageant par exemple de remunicipaliser leur gestion d’eau pourraient être poursuivies par les prestataires privés, comme ce fut le cas en Argentine [10].

En dépit des risques de lourdes indemnités à payer, de plus en plus de villes et de territoires s’engagent dans un processus de remunicipalisation de l’eau, de l’énergie, des cantines ou bien encore des transports en commun, pour résister à la dérégulation du commerce et de l’investissement. Lavinia Steinfort de l’organisation néerlandaise Transnational Institute a recensé plus de 800 cas dans le monde. En France, une centaine de communes, dont Paris, Rennes, Montpellier et Grenoble, ont lancé un processus de remunicipalisation de l’eau. Bastion de la multinationale Suez, Barcelone tente depuis quelques mois de reprendre la main sur son eau. Les élus de la coalition citoyenne Barcelona En Comú (« Barcelone en commun »), emmenée par Ada Colau élue maire en 2015, estiment que la remunicipalisation permettra de réduire le prix de l’eau, d’accroître les investissements et de lutter plus efficacement contre les fuites (notre article).

« Quatre mairies ont réussi pour le moment à remunicipaliser le service de l’eau, confirme Isabel Vallet Sanchez, députée au Parlement de Barcelone du parti indépendantiste catalan Candidature d’unité populaire. Mais notre bataille porte aussi sur la remunicipalisation des écoles, des crèches, des déchets et des centres de santé. Face au Ceta, il ne faut pas simplement lutter contre la privatisation en remunicipalisant, mais créer des espaces de contrôle populaire direct des services. Il faut que les citoyens aient conscience de leurs droits sur les services publics. » C’est aussi la conviction de la grenobloise Anne-Sophie Olmos qui aspire à « démocratiser les biens communs ». « Les habitants pourraient par exemple rentrer dans la gestion des services publics via des Scic (sociétés coopératives d’intérêt collectif) », illustre t-elle. (Lire à ce sujet l’entretien avec le chercheur David Bollier, militant infatigable des biens communs).

 

5e acte : créer des lieux de contre-pouvoirs citoyens

Nathalie Perrin-Gilbert est maire du 1er arrondissement de Lyon. Réélue en 2014 sur une liste citoyenne, clairement revendiquée à gauche, elle considère que « pour être fort, il faut partager le pouvoir et la responsabilité avec les citoyens et associations ». Bien que son arrondissement dépende des services de Lyon et de la métropole, elle dispose de marges de manœuvre via les équipements de proximité. « Nous avons dédié une maison à des associations travaillant sur l’économie circulaire, en clair à un autre modèle économique : développement de monnaie locale, repair café, conseils de quartier, paniers bio... On veut en faire un lieu de contre pouvoir citoyen et permettre à des associations de se regrouper pour être plus fortes et agir. »

Une dynamique similaire est à l’œuvre dans la commune de Parla au sud de Madrid. Beatriz Arceredillo est élue municipale pour le mouvement citoyen Mover Parla. Bien que la ville se soit déclarée « hors Tafta » en août 2015, l’élue constate deux difficultés majeures. D’un côté, le gouvernement dirigé par le Parti Populaire (droite conservatrice) tend à la centralisation et à nier toutes voix dissidentes issues de l’administration locale. De l’autre, une grande partie de la population, très préoccupée par la crise économique et sociale du pays, peine à se mobiliser sur le front des traités de libre-échange. « Notre stratégie est de se centrer sur les plus jeunes et les femmes, souligne Beatriz Arceredillo. Nous tentons d’établir un centre autogéré, avec l’idée que ce soit un centre de culture, d’éducation, de formation où l’on puisse voir les effets négatifs des traités internationaux. »

 

6e acte : se regrouper et développer des échanges entre « zones libres »

Résister aux traités de libre-échange implique d’affronter l’influence de lobbies et de grandes entreprises privées. « L’enjeu, c’est de se grouper pour renverser la donne », affirme Carine Petit, la maire socialiste du 14e arrondissement. Elle propose de s’inspirer du Cities Climate Leadership Group (C40), un réseau mondial de 90 grandes villes – présidé depuis 2016 par Anne Hidalgo, la maire de Paris – qui vise à accélérer la mutation écologique de leur territoire. Se réunissant plusieurs fois dans l’année, ces élus des grandes métropoles mettent en commun leurs expériences pour résoudre des problèmes relatifs au trafic automobile, à l’efficience énergétique des bâtiments ou à la gestion des déchets. « Réaliser des groupements d’achat avec plusieurs métropoles pour des véhicules propres, cela fait partie des marges de manœuvre que les collectivités se redonnent de manière concrète », souligne Carine Petit.

En parallèle, Barcelone est en train de constituer un réseau mondial des villes « municipalistes » [11]. Un accord de collaboration a d’ores et déjà été signé entre Barcelone et Paris sur la question du tourisme, de la gestion de l’eau et de la mémoire historique. « Il s’agit maintenant de développer des échanges d’expériences et des projets en commun entre zones libres », appuie Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement de Lyon. Elle invite à réfléchir à plusieurs sur les questions foncières, sur l’eau mais aussi sur la culture comme bien commun. L’élue propose notamment d’ « adopter des clauses de réciprocité, en prêtant par exemple de l’ingénierie sur quelques jours, et réciproquement ».

« Le 14e arrondissement de Paris a fait le choix d’aider financièrement les coopératives d’agriculteurs bio d’Ile-de-France pour qu’elles puissent s’équiper en légumerie et répondre ainsi aux marchés publics », renchérit Carine Petit. Cette démarche volontariste aboutit aujourd’hui à 50 % de produits bio dans les cantines de l’arrondissement qui fournissent 7500 repas par jour. « Depuis les cuisines, on peut aussi changer les choses petit à petit. Échanger nos idées et bonnes pratiques est essentiel face aux risques de régressions spectaculaires pour l’environnement, la justice sociale et la citoyenneté que font peser le Ceta. Nous sommes dans une démarche où l’on montre que c’est possible. »

Sophie Chapelle

Photo : © Caroline Peyronel / Collectif Stop Tafta

 

Notes

[1La Commission européenne avait prévu de faire entrer une large partie des dispositions prévues par le traité dès le 1er mars 2017. Des sources internes indiquent que la Commission s’accorde un délai d’application d’un à deux mois suite à la ratification du traité par le Parlement européen.

[2L’organisation des marchés publics était déjà régie par une directive européenne et un accord de l’Organisation mondiale du commerce : la directive européenne 2014/24 et l’Accord multilatéral sur les marchés publics de l’OMC.

[3Le Tafta fait référence au projet d’accord de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne, et le Tisa à l’accord sur le commerce des services.

[4Les premières rencontres se sont tenues à Barcelone le 21 avril 2016. Quarante collectivités locales ont fait une déclaration commune. La rencontre de Grenoble a donné lieu à une nouvelle déclaration intitulée « la réplique de Grenoble ».

[5Voir la carte des collectivités françaises hors-tafta, Ceta ou Tisa

[6Télécharger la motion type des collectivitésse déclarant hors-Tafta ou hors-Ceta. Plus d’informations ici

[7Un « guide d’achat pour favoriser l’approvisionnement local et de qualité en restauration collective » a ainsi été édité par le ministère de l’Agriculture.

[8L’action de sourçage est autorisée depuis un an en vertu du nouveau code des marchés (article N° 2016-360 du 25 mars 2016 relatif aux marchés publics).

[9Voir les articles 8.18 à 8.45 du Ceta

[11Voir ce texte de membres de Barcelona En Comú

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 18:03

 

 

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À Nanterre, une usine en friche transformée en temple de l’alimentation collaborative et solidaire

 

 
A propos de l’auteur Come Bastin

Guetteur d'innovations sociales, technologiques et environnementales, j'écris pour Ouishare, Socialter, WeDemain et parle sur Nova. Suis de près l'économie collaborative et les mutations du capitalisme. Prix Reporters d'Espoirs 2015.

 

 

 

http://consocollaborative.com/content/uploads/CHATEAU-Nanterre-exterieur.jpg

Cuisine partagées, incubateur de startup, espace de dégustation et jardins dédiés à l’expérimentation agricole : le « Château de Nanterre » ouvrira en juin et veut catalyser les nombreuses initiatives autour de l’alimentation durable.

Inscrit aux monuments historiques, le « château de Nanterre » (Hauts-de-Seine) était en friche depuis une vingtaine d’années. Mais les 2000 m2 de cette ancienne usine de pâte à dentifrice s’apprêtent aujourd’hui à accueillir de nouveaux hôtes. D’ici juin, le château sera transformé en tiers-lieux dédié à l’alimentation durable, la foodtech et la cuisine solidaire. Une première en son genre, alors que les français font de plus en plus attention à leur alimentation.

« Ces derniers temps, on a vu bon nombre de startups, d’associations et de citoyens lancer des initiatives géniales dans le domaine du bio, des circuits-courts, de l’agriculture urbaine », juge Baptiste Garmy, membre de Etic. Cette entreprise solidaire imagine des des espaces de travail partagés dédiés au développement durable. « On a aujourd’hui besoin d’un lieu pour fédérer la dynamique autour de la transition alimentaire. »

 

Incubateur culinaire

Pour cela le Château de Nanterre proposera d’abord un « incubateur culinaire » de 450 m2 géré par United Kitchens, au sein duquel les entrepreneurs pourront louer un espace de cuisine partagé. Laboratoire de pâtisserie, matériel pour cuisine expérimentale, espace grand public… Il s’agira d’« accompagner les entrepreneurs, du sourcing de leurs matières premières à la distribution, dans un écosystème bienveillant constitué de grands chefs, de mentors, d’écoles de cuisines », explique Armelle Delaage, fondatrice de United Kitchens.

 

Maquette des lieux © Agence Py architecte

 

Le lieu disposera également d’un espace de coworking « classique » accueillant plusieures startup dans le domaine de l’alimentation : mamie foodie (traiteur qui met à l’honneur la cuisine des plus âgés), la fumerie du coin (nourriture maison en circuit court), Péligourmet (plateforme collaborative de produits dénichés par la communauté). Ces résidents pourront être connectés avec une centaine d’autres organisations du secteur tels que Terre de liens ou ou Les Marmites volantes.

 

Jardin expérimental

Pour compléter le menu, un espace événementiel et une épicerie permettront au public de se restaurer et de tester de nouveaux concepts culinaires. Enfin aux pieds du Château, 6 000 m2 de jardins accueilleront des activités de maraîchage, des ruches, poulaillers ou du compost ou des techniques de culture innovantes. « L’idée n’est pas de viser l’autosuffisance alimentaire mais d’en faire une vitrine d’expérimentation et de démonstration », précise Baptiste Garmy.

En attendant la fin des travaux, les murs sont laissés au collectif Soukmachines qui y organise des évènements artistiques alternatifs. Les artistes laisseront derrière eux fresques et sculptures pour l’ouverture du lieu. Un bel hors-d’oeuvre.

 

 

Source : http://consocollaborative.com

 

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 17:29

 

 

Source : http://www.rtbf.be

 

Les frigos solidaires aident les démunis et chassent le "gaspi"

 

 
 

Ils sont de plus en plus nombreux en Wallonie; les "frigos" solidaires ou publics fonctionnent un peu comme les boîtes à livres. On peut y déposer ses denrées excédentaires, avant un départ en voyage par exemple, au bénéfice d'une personne dans le besoin. Tout se passe anonymement et les frigos sont généralement installés dans un lieu public par un privé, souvent une ASBL.

 

Un réfrigérateur pour tous

L'ASBL "Alimen Terre" est située à Louvain-la-Neuve. Elle a pour but de permettre l'accès à l'alimentation de qualité et saine au plus grand nombre. Elle dispose d'un petit magasin d'alimentation dans le quartier bien typique de la "Baraque". Il y a un an, l'ASBL a décidé de placer un frigo solidaire attenant au magasin. Tout qui veut y déposer un produit alimentaire peut le faire. Et celui qui aurait des difficultés à boucler le mois peut aussi disposer de son contenu.

Mais attention, il ne s'agit pas d'un endroit où déposer ses ordures. L'AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaine Alimentaire) a d'ailleurs demandé aux gestionnaires de veiller à ce que le réfrigérateur soit en ordre, propre et que la chaine du froid soit respectée. L'agence leur a par ailleurs demandé d'éditer et d'afficher une charte qui stipule les conditions d'utilisation. 

 

Que peut-on y placer et surtout ne pas y déposer?

Alors que contient cette charte? En gros, l'idée est de protéger au maximum le futur consommateur. On peut y déposer des produits alimentaires non périmés avec une date limite de consommation non dépassée, emballés hermétiquement, ou encore des produits alimentaires préparés "maison", dans un emballage fermé avec une étiquette présentant son contenu et la date de préparation. Autrement dit, interdiction d'y placer des produits non alimentaires ou des produits alimentaires avec une date de consommation dépassée ou encore des produits dans des emballages ouverts.

 

Qui est responsable?

Mais la question se pose: qui serait responsable en cas de problème d'intoxication ou d'allergie par exemple. L'AFSCA rend bien un avis mais comme les dons et les retraits sont anonymes et se passent entre personnes privées, son action se limite à cet avis. Alors qui porte la responsabilité finale par rapport à ce qui transite dans les frigos solidaires? Selon l'AFSCA, ce sont les gestionnaires comme l'ASBL "Alimen Terre" à Louvain-la-Neuve. Mais pour la responsable de l'ASBL tous les utilisateurs sont responsables et si, juridiquement, aucun cas ne s'est jamais présenté devant un juge, il en va du bon sens autant des fournisseurs que des consommateurs. 

 

 

 

Source : http://www.rtbf.be

 

 

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 18:38

 

 

Source : http://positivr.fr

 

 

Cette carte localise la nourriture gratuite partout dans le monde

 

 

Créée en 2013, Falling Fruit a déjà recensé plus d'un million de spots de glanage sur les cinq continents... dont plus de 9 000 rien qu'en France !

 

 

Quand les nouvelles technologies se mettent au service du partage et de la convivialité, ça donne naissance à des outils absolument géniaux. C’est le cas de Falling Fruit, une carte collaborative qui recense, partout dans le monde, les endroits où l’on peut trouver de la nourriture locale et gratuite ! Lumière sur une initiative précieuse, enthousiasmante, et pile poil dans l’air du temps !

On ne s’en aperçoit pas forcément, mais nos villes regorgent de fruits, de légumes et de feuilles comestibles poussant aux coins des rues. La preuve : en juin 2016, après trois ans d’existence, Falling Fruit avait déjà repéré 1 191 056 spots dans le monde entier, pour 1 714 différents types d’aliments recensés !

Pour savoir où se servir et comment profiter de ce que la nature nous offre, il n’y a qu’à aller sur la carte de Falling Fruit, zoomer sur sa ville, voir ce qu’elle nous propose, et se rendre sur place avec son panier pour une petite séance de glanage… Génial, non ? La carte recense déjà plus de 9 000 sites rien qu’en France !

L’idée de Falling fruit (littéralement, le fruit qui tombe), est né en 2013 au Coloradao quand Ethan Welty a fabriqué son premier cidre à partir de pommes récoltées en ville. Il s’est aperçu que nous étions des milliards à passer chaque jour à côté d’une nourriture locale et gratuite, que c’était bien dommage et qu’il fallait un outil pour remédier à ça !

Source : Shutterstock

D’où le concept de carte collaborative. Chacun est libre d’y ajouter une bonne adresse, histoire d’en faire profiter toute la communauté. Aujourd’hui, Falling Fruit a essaimé sur tous les continents, est traduite en sept langues et occupe 12 bénévoles !

Le concept vous plaît ? Alors rendez-vous sur Falling Fruit pour y faire de belles découvertes et/ou pour y ajouter vos bons plans !

 

Lire aussi : De la nourriture gratuite à chaque coin de rue : le phénomène génial qui contamine la France !

 

 

Source : http://positivr.fr

 

 

 

 

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 18:28

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Transition énergétique

Des petits barrages hydroélectriques, écolos et rentables, pour produire une électricité de proximité

 

par

 

 

Deux-mille petits barrages hydroélectriques sont abandonnés en France, depuis la domination de l’électricité nucléaire. Ercisol, une société à statuts coopératifs, a décidé d’investir dans ces énergies renouvelables de proximité et de réhabiliter plusieurs barrages dans les Vosges, tout en limitant au maximum les contraintes pesant sur l’environnement des rivières. Un seul de ces barrages peut alimenter en électricité un village de quelques centaines d’habitants.

 

Cet article a initialement été publié dans le journal Lutopik.

 

À Raon-l’Etape, cité vosgienne au milieu des forêts, coule la Meurthe. Une situation géographique propice au développement de l’industrie du papier. Dans cette petite ville de 6400 habitants, il a existé jusqu’à trois papeteries, dont une a cessé son activité il y a peu. Il y a encore une trentaine d’années, ces industries utilisaient l’eau de la Meurthe pour s’alimenter en énergie. Puis le nucléaire est arrivé, et les petits barrages hydroélectriques ont été abandonnés. « Hyper subventionnée, l’électricité nucléaire était beaucoup moins chère. L’État a volontairement tué les petites centrales hydroélectriques », déplore Jean-Paul François. Farouchement opposé au nucléaire et mû par l’envie de laisser un environnement sain à ses petits-enfants, ce professeur d’électro-technique fraîchement retraité s’est lancé dans la reconquête des petits barrages.

 

Pour cela, il rejoint en 2014 Ercisol, une société fondée en 2010 par 35 associés qui se sont donnés pour objectif de développer des projets citoyens d’énergie renouvelable. Seuls deux d’entre eux ont travaillé ou travaillent directement dans le secteur de l’énergie renouvelable, mais chacun a quelque chose à apporter : des compétences en comptabilité, en maçonnerie, en relationnel. « Pour vivre, il faut de l’énergie. Mais il existe d’autres moyens de production qu’en polluant ou en passant par des grandes sociétés qui ponctionnent l’argent des contribuables », explique Jean-Paul François.

 

« Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse faire autant si rapidement »

Chaque projet est soigneusement sélectionné : il doit être rentable, concourir au développement des énergies renouvelables décentralisées, sa mise en œuvre doit limiter au maximum les impacts négatifs sur l’environnement et favoriser les emplois locaux non délocalisables. Pour chaque projet, Ercisol crée une filiale afin de rassurer les banques qui lui prêtent de l’argent, d’offrir une transparence sur les financements, et encourage ses actionnaires locaux à investir dans le projet.

 

Ercisol compte aujourd’hui 161 associés et gère deux petites centrales photovoltaïques dans le Territoire de Belfort et dans le Bas-Rhin, ainsi qu’un barrage hydroélectrique dans les Vosges. Trois autres projets de barrages sont en cours de réalisation, dont celui de Raon-l’Etape. Ercisol prévoit également de participer au financement de petites fermes éoliennes. La maison-mère a la forme d’une SAS à statuts coopératifs, dans laquelle tous les dirigeants sont bénévoles, y compris son président Louis Massias. « Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse faire autant si rapidement, se réjouit-il. Nous avons atteint le plafond de capital de 800 000 € qu’on s’était fixé au départ et qui nous permettait des investissements à hauteur de 6 millions d’euros grâce aux emprunts. Aujourd’hui, on ne peut plus accepter de nouveaux actionnaires et nous allons devoir modifier les statuts pour inscrire un nouveau plafond à 2 millions d’euros. »

 

Un barrage qui laisse passer poissons et canoës

La filiale qui s’occupe du barrage vosgien s’appelle HydroRaon. Elle a acquis le site en 2014 pour 450 000 € auprès de la papeterie des Chatelles qui venait de faire faillite, et engagé 1,35 million d’euros afin de reconstruire le barrage et d’installer la turbine. Les travaux sont importants : le site est abandonné depuis une quinzaine d’années, et il faut entièrement créer les infrastructures permettant d’injecter l’énergie produite sur le réseau. Conformément à leurs aspirations environnementales, les membres d’Ercisol tiennent à limiter au maximum les impacts sur la nature : le barrage est doté d’une passe à poissons, d’un passage pour canoës et d’un système laissant circuler les sédiments afin de ne pas perturber le milieu aquatique en aval. Après une année de travaux, l’édifice est prêt : avec une puissance de 400 kW, il présente la même puissance que son aïeul, mais il est doté de toutes les technologies modernes pour la télégestion et s’intègre mieux dans son environnement.

 

Du côté du local technique, à environ 1 km du barrage, les choses sont un peu plus compliquées. Afin d’optimiser au maximum la production, HydroRaon a investi dans une turbine qui peut atteindre 90 % de rendement dans des conditions de débit idéales. Mais une erreur du maître d’œuvre a décalé d’un an le lancement de la production : l’alternateur a dû être démonté et il ne sera remis en place que début 2017. Une fois opérationnel, le système produira 1847 MWh par an, ce qui devrait permettre d’alimenter environ 700 foyers hors chauffage et eau chaude. Comme sur son autre barrage de Moyenmoutier, à quelques kilomètres de là, un emploi à temps partiel (dix heures hebdomadaires) sera créé afin d’assurer la surveillance du site.

 

Pour ce projet, la société HydroRaon et ses associés ont apporté un peu plus de 20 % du budget, avec le soutien d’Énergie Partagée Investissement (une association pour la promotion et le financement des projets d’énergie citoyenne). Pour le reste un emprunt a été contracté. En vertu de l’obligation d’achat, EDF s’est engagée par contrat à racheter l’électricité produite par HydroRaon à un tarif préférentiel : 10 centimes le Kwh au lieu de 5 centimes [1]. Chaque filiale est rentable dès la première année. Comme elles n’ont pas vocation à se développer, les bénéfices sont distribués chaque année aux associés. Les gains d’Ercisol avec HydroRaon seront réinvestis dans des projets de sensibilisation à la réduction des consommations énergétiques et dans de nouveaux projets d’énergies renouvelables (hydroélectricité, biogaz, éoliennes). Les centaines de petits actionnaires d’Ercisol devraient quant à eux recevoir des dividendes d’ici une dizaine d’années, de l’ordre de 4 %.

 

2000 petits barrages hydroélectriques à l’abandon

Environ 2000 petits barrages hydroélectriques sont aujourd’hui à l’abandon en France. Avec l’augmentation inévitable du prix de l’électricité nucléaire et les objectifs d’énergies renouvelables pour les années à venir, il y a un regain d’intérêt pour ces infrastructures. Cependant, la plupart de ces barrages présentent des hauteurs d’eau insuffisantes pour être rentables. « À Raon-l’Etape, on a 4,20 m de hauteur, ce qui n’est pas mal. Dès qu’on est en dessous de 1,5 m, ça n’intéresse plus personne », explique Jean-Paul François.

 

Pour résoudre ce problème, Ercisol s’est lancé dans une recherche en partenariat avec l’Université de Lorraine. L’objectif est de mettre au point un prototype de turbine afin de diminuer les coûts du kilowattheure pour les petites chutes d’eau. Un espace est en cours d’aménagement à côté des locaux techniques d’HydroRaon pour expérimenter ces innovations. « Le nucléaire, avec ses coûts qui ne font qu’augmenter alors qu’ils baissent pour les énergies renouvelables, est un non-sens économique », dénonce Jean-Paul François. « Il existe déjà des sites où les coûts de production des énergies renouvelables sont beaucoup moins chers, comme par exemple au Nevada où le kWh photovoltaïque est à 3 centimes contre 6 pour le nucléaire. Développer les énergies renouvelables relève donc du bon sens écologique, mais aussi économique », martèle-t-il.

 

Sonia Pignet (Lutopik)

 

 

Notes

[1Depuis le 20 septembre 2016, Enercoop est autorisée à offrir les tarifs d’achat de l’électricité renouvelable comme EDF. Cependant, elle est pour le moment limitée à 75 contrats et à une puissance installée correspondante maximale de 100 MW.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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