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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 21:00

 

Source : https://www.objectifgard.com

 

 

NÎMES La ville s’ouvre à la transition citoyenne

La seule énergie solaire peut servir à cuire des aliments (Photo Anthony Maurin).

La seule énergie solaire peut suffire à cuire des aliments (Photo Anthony Maurin).

 

Toute la journée de samedi sur les allées Feuchères, Nîmes se mettait aux couleurs du changement pour célébrer la journée de la transition. Un rendez-vous incontournable pour les curieux qui désirent entrer dans la danse écolo-responsable.

"Le monde va mal et il faut qu'on change nos habitudes. Notre confort est au détriment de l'avenir de nos enfants et des autres habitants de la planète. Nos ressources sont déjà épuisées mais nous continuons notre vie comme si de rien n'était" lance Michèle, militante convaincue et venue en famille pour assister à quelques conférences.

 

Le partage des semences, la base du nouveau monde rêvé (Photo Anthony Maurin).

Le partage des semences, la base du nouveau monde rêvé (Photo Anthony Maurin).

 

Et le message est loin d'être erroné... Si l'écologie et ses défenseurs ont plutôt une bonne image, ils ne parviennent pas à faire éclater au grand jour des vérités qui dérangent. "Nous consommons trop et mal! On a oublié la valeur des choses et le bien-fondé de certaines idées. La décroissance n'est pas synonyme de privation mais de bienveillance. Dans les pays riches, nous cultivons mal, nous mangeons mal, nous achetons de la camelote en plastique, nous ne réparons rien..." avoue désespérément Jacques, 57 ans, marin de coeur mais vendeur de profession.

Plusieurs stands proposent toutes sortes de nouveautés vieilles comme le monde. Pour cette journée de la transition, le collectif "Nîmes en transition" a regroupé les Ptits Débrouillards, les Colibris, les Incroyables comestibles, NîmeSel, le Spot, Attac, ARBRES, Crocovélo, Greenouille, Enercoop... Tous engagent des transformations concrètes pour une société plus écologique.

 

Tout peut se réparer, il suffit de réapprendre les bonnes astuces et remettre les mains de le cambouis, cest tout! (Photo Anthony Maurin).

Tout peut se réparer, il suffit de réapprendre les bonnes astuces et remettre les mains de le cambouis, c'est tout! (Photo Anthony Maurin).

 

Sous une tente berbère, des ateliers et des tables-rondes concernant cette 3ème révolution. Pédibus, une opération Carapattes pour mener les enfants à pied à l'école; l'habitat participatif, la transition, la monnaie locale, l'énergie, les accords de libre-échange ou encore le changement climatique.

Fruits amochés mais encore aptes au service après retouches naturelles, vélos en piteux états mais bons pour rouler après quelques menues réparations, bouteilles en plastique non recyclées mais adoptées en tant que jardinières de balcon... Autant d'exemples faciles à mettre en pratique. Mais le top du top, certes un poil encombrants, restent le cuiseur solaire ou le petit four qui va avec! Une immense parabole argentée qui permet aux rayons de cuire votre repas en quelques instants!

 

En musique, le changement se fera en douceur et le sourire aux lèvres! (Photo Anthony Maurin).

En musique, le changement se fera en douceur et le sourire aux lèvres! (Photo Anthony Maurin).

 

 

Source : https://www.objectifgard.com

 

 

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 13:40

 

Source : http://www.bordeaux7.com

 

 

Un Bordelais invente un Airbnb pour les sans abris

Lundi, 26 Septembre 2016 07:00
 
 
 
 
 
 

 

PascalPistoneDL2Tous les voyageurs connaissent Airbnb. La plateforme met en relation des habitants d’une ville et ceux qui cherchent un toit pour dormir une ou plusieurs nuits. Sur le même principe, mais sans transaction financière, «  Besoin d’un toi » va être mis en service mi-octobre. Sous forme d’application mobile puis de site internet dans un deuxième temps, ce service mettra en relation les sans abris et des hébergeurs particuliers prêts à les accueillir chez eux pour une ou deux nuits.

«  Besoin d’un toi » est né à Bordeaux. Pascal Pistone, responsable de la filière musique à l’université Bordeaux Montaigne en est à l’initiative. « L’an dernier, après avoir discuté avec des SDF, j’avais poussé un coup de gueule sur Facebook pour dire qu’il n’y avait pas de différences à faire entre les migrants et les SDF. Ce tract ironique a été partagé plus de 40 000 fois et vu plus de deux millions de fois.» 

Suite à ce buzz involontaire, Pascal Pistone crée le collectif « Merci pour l’invit’ ». Une chorale « Au clair de la rue » voit le jour à Bordeaux, comme il en existe déjà à Nantes, Paris et Saint-Nazaire. Dans quelques jours, les différents groupes sont invités en audience chez le pape à Rome. Les membres du collectif  ne cessent aussi de dire qu’ils voudraient tous filer un coup de main aux sans abris, mais ils ne savent pas comment faire.

 

Une histoire de confiance

« En France, 30 000 SDF dorment chaque nuit dans la rue. Cela fait 10 millions de nuitées chaque année. Si chaque foyer jouait le jeu juste une nuit par an, plus personne ne dormirait dehors », raconte-t-il. «  Besoin d’un toi » a cette ambition. Les particuliers qui souhaitent héberger des sans abris, partager avec eux un repas, un café, les aider à remplir des papiers ou leur donner un cours de guitare ou tout autre chose, s’inscrivent gratuitement. Les sans abris aussi. Les intéressés doivent simplement fournir leur carte d’identité. « Ce n’est pas pour surveiller ou ficher, mais simplement pour rassurer tout le monde », précise Pascal Pistone. Chacun pourra regarder qui dans sa ville a besoin d’un toit ou qui peut proposer un hébergement ou tout autre service.

« Nous savons bien que tous les sans abris ne sont pas connectés, même si la plupart a un téléphone pour réserver sa place en centre d’hébergement », précise le chercheur. Il compte sur les professionnels dans les associations pour aider les SDF à utiliser l’application. « On ne manquera pas de bénévoles pour héberger les sans abris. Il faudra en revanche convaincre les SDF de ne pas être méfiants par rapport à notre service. » 

Le Bordelais a travaillé avec Sandrine Décembre pour la mise au point de l’application. Cette chercheuse qu’il a rencontrée grâce à la page Facebook du collectif a mobilisé trois anciens étudiants en informatique pour créer l’application. Depuis plusieurs mois, Antoine Mary, Vivien Wack et Jonathan Sobota, s’investissent bénévolement dans le projet.

« Nous n’avons pas l’ambition de gagner de l’argent avec notre application, relate Pascal Pistone. Et si quelqu’un veut la reprendre, on la donnera car si ça marche, il faudra des moyens pour en assurer son administration, l’améliorer, bref s’en occuper à temps plein.»

Le chercheur cite l’exemple de l’Italie qui, plutôt que d’entasser les migrants dans les hôtels, a payé les foyers italiens 30€ par nuit pour les héberger.  « Avec « Besoin d’un toi », on pourrait à terme faire la même chose en France.»• 

 

Laurie Bosdecher

Photo: Pascal Pistone, fondateur de "Besoin d'un toi", application mobile pour aider les sans abris ©Denis Lherm / Sud Ouest

 

Plus d’informations sur la page Facebook « Merci pour l’invit’ ou au 06 81 96 35 11

 

 

 

Source : http://www.bordeaux7.com

 

 

 

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 13:35

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Autonomie alimentaire

Agriculture urbaine : comment les jardins étudiants fleurissent aux abords des résidences universitaires

par , Sébastien Vagner

 

 

 

 

À proximité des campus, des « maisons de l’étudiant » ou des résidences du Crous, les projets de jardins partagés, basés sur des démarches solidaires et autogérées, attirent de plus en plus de jeunes gens à mesure qu’ils fleurissent sur le territoire. Inspirées des « Incroyables comestibles », ces initiatives visent l’autosuffisance alimentaire ou, à défaut, à apprendre à leurs usagers à cultiver leurs fruits et légumes bio, si possible en partageant le produit de la récolte. Pour eux, il ne s’agit pas seulement de se détourner des filières de l’agriculture industrielle, mais aussi et surtout de construire un début d’alternative, ici et maintenant.

C’est sûr, la ville de Metz, en Moselle, n’en est pas encore au niveau de Todmorden, qui affiche une autonomie alimentaire de plus de 80 %. Mais elle y travaille. Pour cela, elle s’inspire de ce qui s’est fait outre-Manche dès 2008, alors que la crise frappait de plein fouet cette ville de 15 000 habitants située au nord-ouest de l’Angleterre. C’est là qu’est né le mouvement, depuis devenu international, des Incroyables comestibles (en anglais Incredible edible), qui consiste à cultiver des potagers partout où cela est possible, pour mettre les légumes à disposition gratuite de la population. Les Incroyables comestibles visent « l’auto-suffisance alimentaire des territoires et la nourriture saine et partagée pour tous », précise la charte française du mouvement.

« Les objectifs sont multiples, complète Olivier Rudez, membre des Incroyables comestibles à Metz. Permettre à ceux qui n’ont pas d’argent de se nourrir, réapprendre les savoir-faire que les citadins ou les jeunes ne connaissent plus, effectuer une forme de retour à la terre, consommer local pour éviter les pollutions liées au transport des aliments, recréer du lien social à travers les rencontres, développer l’agriculture paysanne et sans produits chimiques... Et ça fonctionne ! »

 

 

Autosuffisance alimentaire

Le collectif messin, comme les autres groupes informels du mouvement, est connecté à l’association nationale des Incroyables comestibles, qui a fait de très nombreux émules : dans plus de 80 communes en France, on a sorti les bêches du placard pour se placer dans le sillage de cette petite révolution verte. À Albi, la municipalité s’est ainsi laissée convaincre d’atteindre l’autosuffisance alimentaire dans les années qui viennent ! « Nous n’en sommes pas encore là, mais la dynamique est lancée. Nous commençons petit, pour voir si les choses prennent. Si ça prend, alors nous développons », poursuit le Messin. Lequel, avec des dizaines de citoyens de tous les horizons et de tous les âges, a déjà aménagé treize jardins, dont certains atteignent les 80 m2.

Début 2015, l’un des deux grands pôles universitaires de la ville a été investi. De petites graines ont été semées autour de l’IUT de mesures physiques, installé sur un technopôle où les idées écolos ne sont pourtant pas légion : ici, on forme les ingénieurs du nucléaire ou des nouvelles technologies. « C’est parti de plusieurs enseignants, et les étudiants ont suivi. À chaque atelier — buttage des patates, récolte des courgettes... — les étudiants sont maintenant une quinzaine. Quand ils sont là, les passants s’arrêtent, discutent, s’informent. Ça donne clairement des envies. »

 


 

« Pédagogie de la gratuité et du bien commun »

Depuis quelques semaines, l’autre grand site universitaire de la ville a rejoint le mouvement. L’île du Saulcy, sorte de poumon vert de l’agglomération, accueille maintenant quatre buttes de permaculture ! « En une journée, nous avons monté tout ça, à vingt. Franchement, nous étions tous surpris », commente Yves, un étudiant en fac de lettres, qui est né et a grandi entouré de béton. Mais il s’est pris au jeu rapidement. « J’avais entendu parler de ce projet par une amie, et j’y suis allé sans trop savoir ce que j’allais y faire. Maintenant, je vais continuer. J’ai découvert que j’aimais bien jardiner ! »

À la maison de l’étudiant voisine, on se réjouit de cette action. Les zones vertes sont immenses sur cette île. Les tomates, radis et autres légumes ont toute leur place à côté des concerts et autres expositions proposées durant l’année. « Il y a une pédagogie de la gratuité et du bien commun qui est très intéressante dans tout ça. La terre appartient à tout le monde et avec un peu de travail, nous arrivons à produire les aliments qui nous nourrissent. Nous n’avons plus besoin d’aller au supermarché acheter des choses sur lesquelles des marges énormes sont prises, au détriment des paysans », explique Olivier Lallement, l’un des animateurs du lieu. Qui voit dans cette initiative les prémices d’une remise en cause d’un système à bout de souffle : « Il y a une prise de conscience chez les participants qu’un changement en profondeur est à opérer si on veut limiter les dégâts environnementaux et sociaux. À nous de jouer ! »

A Metz, les Incroyables comestibles pourraient bientôt essaimer dans d’autres lieux, notamment dans un foyer de jeunes travailleurs ou dans la court d’une école primaire.

 

 

Du potager des « bonnes sœurs » au jardin étudiant

À une cinquantaine de kilomètres de là, à Nancy, quelques étudiants de la résidence Boudonville, gérée par le Crous, cultivent leur propre potager. Ici encore, à l’origine, l’initiative émane des étudiants eux-mêmes. Plus modeste, leur terrain ne dépasse pas les 100 m2, et l’équipe d’apprentis jardiniers est relativement restreinte — jamais plus d’une douzaine — mais le projet a le mérite de perdurer depuis 2005, transmis d’année en année, d’une génération d’étudiants à l’autre. Voire, parfois, grâce aux habitants du quartier.

« La première année, j’ai vu arriver des étudiants pleins de bonne volonté, les filles avec des fleurs dans les cheveux, tout le monde y croyait. Ce sont eux qui ont proposé de reprendre le terrain pour le cultiver. Mais le public étudiant fluctue énormément d’une année sur l’autre », se souvient-on du côté de l’administration de la résidence, qui encourage l’initiative. « Et puis, les grandes vacances rendent la tâche compliquée. Un été, j’avais planté des échalotes et à mon retour, à la rentrée, tout était pourri », confirme un ex-étudiant de la fac de Lettres, située juste en face de Boudonville, qui est resté fidèle au potager.

 

 

D’après le récit local, avant les années soixante, Boudonville aurait été un immense potager et verger entretenu par des « bonnes sœurs », qui redistribuaient des légumes aux personnes nécessiteuses, aux hôpitaux ou aux maisons de retraite. Puis la résidence étudiante s’y est implantée, et après le départ de la première directrice du lieu, en 2000, le terrain épargné par les constructions est laissé à l’abandon. C’est donc par un travail de défrichage qu’ont commencé les jeunes à l’origine du jardin étudiant.

 

Non seulement s’opposer, mais aussi construire

« Le jardin potager de Boudonville, c’est la première approche que j’ai eue avec la culture de la terre. Après les cours, la tête bien remplie des théories accumulées durant la journée, ça nous faisait un bien fou de venir nous décharger sur notre parcelle de terrain », se rappelle William, 25 ans, qui compte retourner à la fac de lettres à la rentrée pour préparer le concours d’enseignement de l’histoire. C’est lorsqu’une association de culture libertaire s’intéresse au potager, en 2011, que le jeune homme va s’y impliquer.

« Je découvrais tout d’un coup, à ce moment-là, la politique, le militantisme... Dans cette association, nous apprenions à ne pas seulement nous opposer au système, mais aussi à construire de nos mains notre propre alternative, à proposer un projet autogéré. C’était une découverte essentielle pour moi. Militer en ville — en manifestant, par exemple — et parvenir à subsister de ses propres récoltes participe à une même façon de lutter. »

 

 

Une première expérience qui peut ouvrir la voie à d’autres possibles. Aujourd’hui, William veut construire sa propre maison, « une grosse cabane de 20 m2 », dans la Meuse, sur le terrain d’un ami qui fait pousser des plantes médicinales. En attendant, il vit chez un autre ami, maraîcher, et continue d’aller à Boudonville pour entretenir le potager.

Franck Dépretz et Sébastien Vagner

Cet article a été réalisé dans le cadre du projet Médias de proximité, soutenu par le Drac Île-de-France, en partenariat avec le Nouveau Jour J.

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 13:18

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

Permaculture

L’extraordinaire productivité d’un petit potager de 50 m2 : un exemple pour nourrir la ville de demain ?

par

 

 

 

Dans la banlieue de Rouen, un jardinier amateur arrive à produire 300 kg de fruits et légumes par an, avec son potager d’à peine 50 m2. Et ce, sans pesticides ni engrais chimiques. Optimiser l’espace, favoriser les échanges entre végétaux, bien choisir les endroits où pousseront tels types de plantes, voici ses conseils en cinq grandes leçons. De quoi inspirer celles et ceux qui souhaiteraient développer l’autonomie alimentaire de leur quartier sans forcément disposer de grands espaces.

Là, des tomates rouges et noires qui commencent à grossir. Ici, des pieds de courges qui grimpent au-dessus de l’abri à bois. En dessous, des fraisiers et un myrtillier. 200 variétés de fruits et légumes différents s’épanouissent dans ce jardin de Sotteville-lès-Rouen, à dix minutes du centre de Rouen, la capitale normande. Une extraordinaire densité de végétaux répartie dans un espace de 150 mètres carrés. En plus d’être productif, le jardin resplendit sous le soleil de la mi-juillet. Quand ils ne jardinent pas, Joseph Chauffrey et sa compagne, les propriétaires, aiment profiter d’un petit carré d’herbe, à côté de la mare, où s’asseoir, lire ou boire une bière, et profiter des rayons du soleil après la journée de travail.

Cet incroyable petit potager n’est pas celui d’un maraîcher, travaillant d’arrache-pied pour y cultiver des légumes. Joseph Chauffrey est animateur en environnement à la Métropole Rouen Normandie. Et c’est sur son temps libre, en six ans, que ce passionné de permaculture a petit à petit construit son jardin... et une quasi autonomie alimentaire en légumes de son foyer ! L’année dernière, il a récolté environ 300 kg de courges, tomates, haricots, choux ou salades ! « Nous avons simplement dû acheter des pommes de terre, de l’ail et des oignons pour compléter nos propres récoltes, raconte Joseph. D’ici quelques années, nous devrions aussi être presque autonomes en fruits. »

Pour le jardinier, l’autonomie individuelle n’est pas un objectif en soi : « Si ma voisine produit des abricots et moi des salades, on peut se les échanger. L’autonomie strictement individuelle me dérange, mais celle d’un quartier ou d’une ville est intéressante. » Si Joseph Chauffrey calcule tout ce qui entre et sort de son jardin, c’est dans un souci de sensibilisation et de transmission, « pour montrer aux gens que c’est possible ». Son but : « Tenter de voir jusqu’où la productivité peut aller avec 45 mètres carrés cultivés, sans engrais chimique, sans produits phytosanitaires autres que ceux autorisés en agriculture biologique. Mais avec des connaissances et des techniques qui permettent d’accroître les rendements. »

 

Voici quelques pistes, non exhaustives, pour comprendre l’extraordinaire productivité de ce petit potager.

 

Piste n°1 : Aménager l’espace

« Quand on se lance dans la permaculture, il faut d’abord concevoir un plan d’aménagement de son jardin, qui, forcément, évoluera au fil du temps. Il s’agit de décider, en fonction de ce qu’il y a déjà sur son terrain et de ses souhaits, de la place de chaque élément. Nous voulions que notre jardin ne soit pas qu’un potager. Nous avons gardé un coin d’herbe, un endroit pour aménager un local à vélo. Nous ne voulions pas faire de concessions sur le confort de notre vie, au quotidien.

Parmi les éléments à placer, par exemple, il y avait le composteur, quatre bacs en bois qui servent à transformer les déchets organiques en compost. Nous l’avons placé auprès de notre maison, pour que l’on puisse y accéder de la terrasse, sans besoin de se chausser pour l’atteindre. Par ailleurs, il est dans un endroit relativement ombragé, ce qui limite son dessèchement.

 

 

Aménager le jardin, c’est aussi placer les végétaux en fonction de leurs besoins en lumière et de leurs interactions avec les autres végétaux. Mais aussi en fonction de la surface dont on dispose. Puisque notre jardin est petit, on utilise la verticalité pour trouver plus de place. Ces courges prennent un mètre carré au sol, puis grimpent au dessus des abris en bois où elles occupent plusieurs mètres carrés. Nous tentons d’optimiser au maximum l’espace dont nous disposons. En dessous du pied de courge, il y a des fraisiers. Il faut juste vérifier qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre les espèces de végétaux. »

 

Piste n°2 : Favoriser les échanges entre végétaux

« Sous la serre, je plante d’abord des carottes, puis je repique des tomates au milieu. Une fois que les carottes sont récoltées, je vais repiquer des végétaux en dessous des tomates, par exemple de la verdure asiatique, une sorte de salade, que j’aurais au préalable fait germer dans des mini-mottes [de petites alvéoles], trois semaines avant de les mettre en terre. Au départ, en raison de l’ombre des tomates, les plantes vivotent mais elles reprennent leur aise une fois les pieds de tomate coupés. Cette rotation rapide, sur une même parcelle, permet de produire plus.

 

 

Mais l’intérêt de mélanger la culture des légumes est aussi de favoriser les interactions entre les végétaux, ce qui leur sera bénéfique. Si mes carottes sont trop serrées, dans un même rang, la mouche de la carotte va se répandre rapidement d’un légume à un autre, et mes carottes risquent d’être détruites. Au contraire, si je plante mes carottes avec d’autres légumes, la propagation va s’effectuer plus lentement.

Le principe général est que nous avons intérêt à bien positionner chaque élément pour qu’il remplisse plusieurs fonctions. Et que chaque fonction du jardin soit remplie de plusieurs manières. Par exemple, j’ai positionné ma jardinière avec les tomates devant la baie vitrée de ma maison. Non seulement elle est située en plein sud, mais elle est aussi agréable à regarder de mon salon, auquel elle apporte de l’ombre. Autre exemple : la mare que j’ai installée. Elle accueille des insectes et est un abreuvoir à oiseaux, ces derniers étant très importants pour combattre des nuisibles, par exemple les chenilles. Elle tempère aussi la température du lieu. En été, elle amène un peu de fraîcheur. En hiver, il fera plus chaud autour d’elle.

 

 

Grâce à l’abondante biodiversité et aux interactions entre tous les éléments de mon jardin, ce dernier gagne en résilience face aux événements climatiques (par exemple une sécheresse) ou à l’attaque d’une maladie ou d’un ravageur. Cette année, la saison est moins bonne que les années passées. Surtout pour les légumes d’été que le froid et la grêle ont impactés (tomates, courges...). En revanche, certains légumes ont profité de l’eau abondante du mois de juin. Je n’ai jamais eu des récoltes aussi bonnes de fèves et pois par exemple ! Mais les années trop chaudes ne sont pas bonnes non plus... c’est le quotidien du jardinier que de “faire avec” le temps. »

 

Piste n°3 : Protéger le sol

« Pour assurer la bonne santé des végétaux, il est nécessaire d’apporter du soin à la terre cultivée. En effet, la fertilité du sol dépend de chaque être vivant qui participe au processus de décomposition de la matière organique.

Pour soigner la terre, il faut d’abord éviter le tassement. Si l’on marche sur la terre, l’air et l’eau circulent moins bien. La plante peine à récupérer les éléments nutritifs nécessaires à son développement. Pour éviter ce phénomène, nous avons installé des planches fixes et des planches déplaçables, qui structurent notre potager et évitent que nous marchions directement sur la terre. Nous avons également créé une butte de culture (voir la première vidéo) : en plus des végétaux en décomposition que nous avons enfouis en dessous, et qui assurent une bonne fertilité de la terre, nous n’avons pas à marcher à sa surface pour la cultiver.

 

 

Plutôt qu’une bêche traditionnelle pour retourner la terre, je privilégie le décompactage à l’aide d’une grelinette. Je peux ensuite affiner la terre au râteau. Seuls les légumes racines exigeants, comme les carottes ou les panais, exigent de retourner complètement le sol avec une fourche bêche.

En milieu urbain, le sol peut souvent avoir été maltraité par des travaux de rénovation. Pour l’améliorer et le « réveiller », on peut utiliser des engrais verts, qui fabriqueront de l’humus pour le potager. Du seigle, de la vesce, de la phacélie, du trèfle... On les sème sur les parcelles à l’automne et au printemps. Certains engrais verts, de la famille des légumineuses, vont fixer l’azote de l’air grâce à des bactéries logées au niveau de leurs racines. Une fois les engrais verts fauchés, leurs racines se décomposent dans le sol, libérant de l’azote assimilable par les plantes.

 

 

J’utilise le compost comme un engrais, au moment des semis ou des repiquages, en l’épandant à la surface de la terre, par exemple pour les salades, carottes, betteraves, haricots. J’en incorpore aussi dans un trou de plantation pour les cultures d’été très exigeantes en azote, par exemple les tomates et les courges. Enfin, je mélange du compost avec de l’eau, que je filtre, pour arroser ensuite des cultures exigeantes et des plantes en pots. »

 

Piste n°4 : Soigner chaque centimètre carré du jardin

« Une des clés pour augmenter la productivité du jardin, c’est de réaliser un travail très soigné, sur tout le jardin. Pour cela, il faut passer beaucoup de temps (voir la piste suivante), et ce n’est possible que parce que mon jardin est petit.

Par exemple, je prépare mes semis sur des mini-mottes. Cela a plusieurs avantages. Je mets une graine dans chaque motte, que j’abrite de la pluie et des limaces. Tous mes semis sont regroupés au même endroit : c’est pratique pour arroser et prendre soin de chaque plantule. Quand les plantules sortent de terre, je vais sélectionner celles qui sont les plus belles, pour les repiquer dans le jardin. Je laisse de côté les plantules qui me semblent fragiles.

 

 

Ensuite, je plante de façon très serrée dans le jardin. Sur cette même parcelle, je vais mettre des haricots, des choux, des salades et des radis. Chaque espèce grandit en fonction de ses besoins, sans gêner les autres. Les radis seront récoltés avant que les haricots ne prennent trop de place et ne les gênent.

Il faut ainsi tout le temps observer ce qui se passe dans le jardin, pour pouvoir réagir. Le matin, je fais un petit tour rapide, pour voir ce qui ne va pas. Si une feuille d’un plant de tomates commence à avoir le mildiou, je vais m’en apercevoir et couper la feuille atteinte avant que la tige ne soit malade. Il est primordial d’agir vite : en trois jours, le mildiou sera répandu et le pied sera mort. Il en va de même pour les choux : les chenilles peuvent se répandre à tous les plants, si tu ne les vois pas à temps. »

 

 

Piste n°5 : Passer du temps et expérimenter

« Mon jardin demande peu d’investissement matériel : j’ai acheté une serre, du petit matériel pour cultiver la terre. Par contre, cela exige du temps : je passe en moyenne dix heures par semaine l’été, et deux heures l’hiver. J’ai appris les bases lors de stages à la ferme du Bec Hellouin (lire notre article). Je lis beaucoup d’ouvrages sur le sujet, qui donnent des connaissances et des techniques [1].

Depuis l’été 2015, je teste la culture sur bottes de paille. C’est une technique, qui, à première vue, facilite la création d’un potager, notamment en milieu urbain où les espaces sont réduits, les surfaces minéralisées, la terre de mauvaise qualité. J’ai fait plusieurs tests en ajoutant dans les bottes de paille de l’urine ou de l’engrais commercial organique, pour apporter de l’azote, et des cendres qui contiennent du phosphore. J’ai ensuite planté des tomates cerise et des courges. Puis j’ai observé les résultats, en fonction des quantités et de la nature d’engrais apporté.

 

Les tomates cerise ont été extrêmement productives sur l’ensemble des trois bottes. Les courges l’ont été beaucoup moins. Les résultats me paraissent encourageants mais l’expérience demande à être renouvelée dans de nombreuses situations pour gagner en précision. Les bottes de paille peuvent représenter une bonne alternative au transport de terre lorsqu’il s’agit de cultiver « hors sol ».

 

 

Je vais utiliser cette technique de culture sur bottes de paille, en les superposant, pour faire un test avec des pommes de terre. J’aimerais travailler sur cette culture pour limiter l’emprise au sol des pommes de terre. J’aimerais aussi réussir à implanter un grand arbre fruitier, dans le jardin, par exemple un cerisier. Pour le moment, je n’ai pas encore trouvé d’emplacement, car un tel arbre induit beaucoup d’ombre. Je continue également à chercher des légumes cultivables en hiver, pour augmenter la production pendant cette période. »

Propos recueillis par Simon Gouin

 

Pour en savoir plus :


Cet article a été réalisé dans le cadre du projet Médias de proximité, soutenu par la Drac Île-de-France.

Notes

[1Une étude a été menée par l’institut national de recherche agronomique (Inra) entre 2011 et 2015 à la ferme du Bec Hellouin, pour savoir si le modèle de production maraîchère sur de très petites surfaces était rentable. La réponse est plutôt positive : entre 1300 et 1500 euros de revenus mensuels pour les deux associés, à raison de 43 heures de travail hebdomadaire chacun. Mais pour atteindre une telle rentabilité, il faut attendre quelques années (la ferme a été lancée en 2006). Il faut ajouter que les 1000 m2 cultivés s’insèrent dans un environnement de 20 hectares qui apportent des bénéfices non négligeables (et en cours d’étude) sur la vie de la surface maraîchère (arbres et haies qui hébergent des auxiliaires de culture et séquestrent du carbone dans les sols, pâtures, ruisseau et mares qui contribuent à créer un microclimat favorable)

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 15:17

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Economie sociale

Cette petite coopérative fromagère qui paie ses agriculteurs bien mieux que les géants agroalimentaires

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Une petite coopérative fromagère de l’Aubrac paie ses éleveurs laitiers bien mieux que les géants agroalimentaires : ses adhérents reçoivent 80% de plus par litre de lait comparé aux prix pratiqués par Lactalis, Danone ou Bel. Quelle sont les clés du succès ? Ici, pas de multiples intermédiaires, ni d’actionnaires. Les coopérateurs misent sur des produits de qualité impliquant en amont de bonnes conditions d’élevage, et œuvrent à la maitrise des volumes. Une partie de l’argent sert également à rémunérer des remplacements pour améliorer le quotidien des adhérents, et aider des paysans à s’installer.

Les éleveurs laitiers ont dû se battre des mois pour que les « géants » du lait daignent leur accorder quatre petits centimes d’augmentation, soit 0,29 euros le litre garanti jusqu’à fin 2016. Un prix encore trop bas « pour couvrir les coûts de production et rémunérer le travail » (lire ici). Comment, dans ces conditions, trouver une coopérative laitière qui rémunère ses éleveurs correctement ? Il faut se rendre en Aveyron, dans les environs de Laguiole, village rendu célèbre par sa coutellerie.

La coopérative Jeune Montagne y fabrique des fromages de l’Aubrac ainsi que de l’aligot, cette purée de pommes de terre agrémentée d’une fondue de tome fraîche au lait cru et de crème. Elle fait aujourd’hui partie des coopératives qui rémunèrent le mieux ses éleveurs. Les 1000 litres de lait sont payés en moyenne 537 euros au paysan de la coopérative, quand le lait standard est actuellement payé moins de 300 euros. Une augmentation de 80% comparé aux prix pratiqués par les géants du secteur ! La clé ? « Il n’y a pas de caisse noire, ni d’intermédiaire, ni d’actionnaire. Les paysans sont responsables de la coopérative [1]. Une fois qu’on a payé les salariés et les différentes charges, ce qui reste c’est le prix du litre de lait. »

 

Le prix fixé en fonction de critères de qualité

Produire du lait en « appellation d’origine protégée » (AOP) joue aussi un rôle majeur. Les vaches de race Simmental ou Aubrac doivent passer 120 jours minimum en pâture, l’ensilage, l’enrubannage et les OGM sont interdits, l’aliment de base – foin, herbe – doit se faire sur l’aire d’appellation, le lait est crû et entier.... « Le respect de ce cahier de ressources nous fait déboucher sur des produits de qualité qui permettent de se positionner sur le marché », souligne Francis Sabrié, porte-parole de la Confédération paysanne de l’Aveyron.

La carotte plutôt que le bâton, c’est le fonctionnement adopté par la coopérative depuis sa naissance, en 1960, à l’initiative de quelques jeunes paysans, pour relancer la fabrication d’un fromage local, le laguiole. Jeune Montagne compte aujourd’hui 80 adhérents. En 2015, elle a collecté 17 millions de litres de lait, produit 1500 tonnes d’aligot et 650 tonnes de laguiole. « Le site de fabrication à Laguiole, c’est aussi 100 emplois, en comptant la direction, le secrétariat, les chauffeurs, les transformateurs, les fromagers... Soit un emploi pour un paysan », se réjouit Francis Sabrié.

 

Aide à l’installation de nouveaux paysans

« En fin d’année, une partie du résultat est mise en fonds propres pour les investissements et pour pouvoir infléchir la production en payant mieux le litre de lait sur tel ou tel critère. Quand on a arrêté l’ensilage pour passer au foin par exemple, la coopérative a mieux payé le lait qui était issu du foin. On l’a fait pour la qualité fromagère. » Plusieurs autres critères – rapport matière grasse / matière protéique, cellules, staphylocoque... – donnent également lieu à une prime fromagère. Jeune Montagne offre aussi une rémunération supérieure aux adhérents élevant des vaches de race Aubrac dans leur cheptel laitier. Car depuis les années 80, de nombreuses fermes se sont tournées vers la production de viande, et la race Aubrac a peu à peu perdu ses qualités laitières. Elle n’assure plus aujourd’hui qu’à peine 10 % de la production de lait de l’AOP Laguiole [2].

Préoccupée par l’amélioration de la qualité de vie des adhérents, la coopérative a décidé de monter un groupement d’employeurs sur ses fonds propres. Elle emploie quatre salariés pour permettre aux paysans de se faire remplacer, et réduire la charge de contrainte de la traite. Jeune Montagne propose également des aides à l’installation dont le montant varie entre 5 000 et 20 000 euros en fonction des situations. Elle a également mis en place un système de prêts à taux zéro plafonné à 30 000 euros – par associé et jusqu’à deux associés maximum – pour financer des équipements en cohérence avec le cahier des ressources AOP.

 

Se méfier de la surproduction

Malgré ces différentes initiatives, la coopérative va devoir baisser cette année le prix du litre de lait à 510 euros les 1000 litres. « Avec l’arrêt des quotas, des coopérateurs moins vertueux que la moyenne ont appuyé sur le champignon ce qui a conduit à une surproduction... On a en parallèle accueilli de nouveaux producteurs pour anticiper la suite, car certains éleveurs n’ont pas de successeurs. Ces différents facteurs ont amené à ce que trois millions de litres de lait non transformés soient vendus en 2015 sur le marché standard ce qui nous a plombé le résultat. »

Jeune Montagne a décidé de prendre les devants en 2016, en mettant en place trois prix pour le litre de lait afin de limiter la production, tout en cherchant de nouveaux marchés [3]. « Dès qu’on ne maitrise plus nos volumes, qu’on surproduit et qu’on n’a pas la capacité de vente en face, le prix du litre de lait baisse. Ça prouve que même si nous sommes dans une coopérative de proximité qui fonctionne, nous ne sommes pas étanches à la politique économique et agricole qui nous entoure. Reste que quand les paysans se prennent en charge, transforment et vendent leurs produits, ils s’en sortent mieux que quand ils sont simples pourvoyeurs de matières premières pour les industriels ».

Sophie Chapelle

 

Une autre version de cet article a initialement été publié dans le mensuel Campagnes Solidaires, en mai 2016.

Plus d’informations : www.jeune-montagne-aubrac.fr

Notes

[1Le conseil d’administration, élu par l’assemblée générale, est composé d’une vingtaine de paysans. Il est renouvelable par tiers tous les trois ans.

[2Afin d’assurer la production de lait nécessaire aux besoins de la coopérative, la race Simmental (originaire de Suisse) dont le lait est très riche en matière protéique et équilibré en matière grasse, a été introduite à partir des années 1980 sur le plateau.

[387 % de la production en 2016 sera payée au prix fort et 13 % sera payée avec une décote de 213 euros aux 1000 litres. Au-delà, la décote sera encore plus importante et dissuasive.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 15:03

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Transition

Le festival des utopies concrètes prépare l’avenir pendant que certains ressassent le passé

par

 

 

 

Comment tout savoir sur les actions « zéro déchets », sur les coopératives d’énergies renouvelables, sur les villes sans voitures, sur la manière de créer des emplois d’utilité sociale... ? Ces initiatives seront présentées et débattues lors de la quatrième édition du festival des utopies concrètes qui se tient du 24 au 30 septembre à Paris. Pendant que certains politiques délirent sur les Gaulois ou les dynasties royales, des citoyens engagés préparent l’avenir ! Basta ! relaie le programme.

 

Continuer à mettre en visibilité les alternatives locales et les résistances de Région Parisienne, telle est l’ambition de la quatrième édition du Festival Utopies Concrètes (24 au 30 septembre) qui débutera par une « avant première » le mercredi 21 septembre à 19h30 à la Générale, 14 avenue Parmentier, par une performance de Christophe Bonneuil (historien des sciences) et John Jordan (artiviste).

 

Le samedi 24 septembre, la ZUC (Zone d’Utopies Concrètes) organisée le long du Bassin de la Villette au niveau du 55 quai de Seine, regroupera de nombreuses associations, collectifs, coopératives pour présenter une large palette d’alternatives, d’expérimentations et de résistances en Ile-de-France.

 

Le dimanche 25 septembre, le Festival organisera plusieurs activités dans le cadre de la Journée sans Voiture.

 

Les jours suivants proposeront à Paris et en Ile-de-France, de multiples rendez-vous, des projections, des soirées conviviales et solidaires autour de la question des déchets, des projets d’énergie renouvelables en Ile de France, du lien entre travail et transition, etc....

 

Le Festival souhaite être un moment de réflexion, de rencontres et d’actions, autour d’échanges, de partages et de retours d’expériences à partir d’initiatives locales sur des thématiques aussi vastes que l’agriculture urbaine ou péri-urbaine, l’alimentation, le recyclage, l’énergie, les transports, les monnaies complémentaires, l’habitat collectif ou partagé, les systèmes d’échanges locaux…

 

Le Festival des Utopies Concrètes entend susciter l’émergence de nouvelles alternatives sur les territoires, à Paris et en Ile-de-France, mais aussi d’imaginer des formes d’utopies concrètes permettant une transformation de la société à travers des pratiques et des réflexions collectives. Avec pour objectif, d’encourager la construction de modes de vie résilients, pour résister aux secousses économiques, sociales et environnementales.

 

Le programme complet du Festival des Utopies Concrètes 2016 est à retrouver sur
http://festivaldesutopiesconcretes.org/au-programme-du-fuc-2016/

 

- L’occasion de redécouvrir notre carte des alternatives en Ile-de-France :

 

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 16:00

 

Source : http://positivr.fr/rennes-autosuffisance-alimentaire-incroyables-comestibles-agroecologie/

 

 

Rennes : 210 000 habitants vers l'autosuffisance alimentaire !

 

 

 

Le genre de décision qui ne fait pas de bruit... mais qui annonce pourtant un changement radical de notre manière de vivre et de consommer !

 

 

L’autosuffisance alimentaire n’est pas une utopie, c’est un objectif réaliste et nécessaire ! Après Albi, une deuxième grande ville française en a d’ailleurs pris conscience et s’est lancée dans un ambitieux programme de transition citoyenne et écologique. Gros plan sur une initiative exemplaire !

 

Cette ville qui emboite le pas à Albi, c’est Rennes. Pour ne jamais manquer de rien, soutenir la vie économique locale et garantir une nourriture saine et non polluante à ses enfants, la collectivité a voté le 27 juin dernier une délibération qui, mine de rien, pourrait changer la vie de ses 210 000 habitants !

 

Source : Wikipedia
Source : Wikipedia

Pour atteindre l’autonomie alimentaire, la municipalité dispose d’un espace de production agricole de proximité estimé à 30 000 hectares. Mais la surface ne fait pas tout.

Les élus ont en effet décidé de mettre le paquet sur le bio, sur l’agriculture urbaine, l’agro-écologie, la permaculture, les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), les circuits-courts, l’éducation à l’alimentation saine… et sur la collaboration de tous les habitants !

Source : Shutterstock
Source : Shutterstock

En effet, l’autosuffisance alimentaire n’est possible qu’avec une participation massive des citoyens. Ceux-ci seront donc invités et encouragés à être des consommateurs éclairés… mais aussi à devenir eux-mêmes des producteurs consciencieux !

Source : Les Incroyables comestibles

Source : Les Incroyables comestibles

 

Le programme est d’ailleurs soutenu par les Incroyables comestibles de Rennes dont l’ambition est la reconquête, par les habitants, des zones urbaines. Objectif : que chacun se mette à faire pousser des fruits et légumes bio partout où c’est possible pour une redistribution gratuite et collective de la production !

« Penser global, agir local » : la célèbre expression de Jacques Ellul prend ici tout son sens. Le changement viendra du bas, ou ne viendra pas. Albi et Rennes montrent l’exemple. On en parle à nos maires ?

Pour rappel : le projet d’Albi en vidéo :

 

 

Manger bien et ne jamais manquer de rien tout en respectant la planète… Certaines décisions simples et concrètes prises dans l’anonymat des conseils municipaux de Province valent bien certaines conférences internationales !

Voici, en vidéo, la délibération qui pourrait tout changer (le ton est très sérieux… mais c’est parce que le sujet l’est aussi !)

 

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 15:43

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Information indépendante

« mMiaou ! » : un quizz pour savoir quel média libre est fait pour vous

par

 

 

 

« Mon Média indépendant, alternatif ou utopiste » – mMiaou – est un site réalisé par un petit groupe d’amis bénévoles attachés à la pluralité et l’indépendance des médias. Si vous suivez l’actualité mais que vous saturez d’une certaine uniformisation éditoriale, si vous êtes en quête d’articles en accès libre ou payants visant à donner davantage de sens à l’information, alors mMiaou peut vous aider à trouver un média indépendant, alternatif ou utopiste qui colle à vos envies. Amusez-vous avec son quizz.

C’est un site ludique en forme de quizz lancé fin mai par trois amis qui vise à faire découvrir des médias indépendants, alternatifs ou utopistes, les « mMiaou ». Yacine, Julien et Clément travaillent dans le numérique. Mais dans leur temps libre, il lisent la presse, et sont attachés au pluralisme des médias. Dans leur entreprise, ils constatent que beaucoup de leurs collègues discutent plus volontiers de faits divers ou des petites phrases qui « font le buzz », tout en étant curieux des questions d’actualité et se disant insatisfaits de son traitement par les médias traditionnels.

Les trois ont donc eu l’idée d’un jeu permettant à chacun de trouver le média indépendant, alternatif ou utopiste qui lui correspond. Parce qu’il leur apparait d’utilité publique qu’un maximum de personnes puissent s’informer via des médias qui n’appartiennent pas à de grands groupes industriels ou financiers et qui ne recherchent pas à rentabiliser des articles, mais simplement à informer librement.

Le résultat ? Un site ludique qui fait découvrir une quarantaine de médias qui répondent aux critères d’indépendance, de traitement alternatif de l’information ou d’un parti-pris utopiste. La sélection des médias disponibles sur mMiaou n’est bien entendue pas exhaustive et a vocation à s’enrichir.

 

Le site : www.mmiaou.fr
Pour tout contact : mail, twitter ou facebook

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 16:51

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Face au pessimisme ambiant, ils agissent, font bouger la société à petite ou grande échelle.
Le Monde est allé à leur rencontre.

 

Jocelyne Fort

et sa terre de formation

Jocelyne Fort ne voulait pas vendre sa ferme. Elle voulait transmettre son savoir-faire. Elle a transformé son exploitation en espace de formation pour jeunes agriculteurs.

La salade du jardin trône sur la table, à côté des fraises fraîchement cueillies. « Un peu trop sucrées pour moi », commente Jocelyne Fort en en croquant une. « Je râle tout le temps ! », se justifie-t-elle dans un éclat de rire. Puis, plus sérieuse : « Mais je pense que c’est nécessaire. » C’est ce trait d’un caractère affirmé qui a permis à la maraîchère, sur le point de prendre sa retraite, d’inventer une seconde vie pour son exploitation de 18 hectares, en la transformant en un espace de formation pour jeunes agriculteurs.

Pourtant, ce ne fut pas aussi simple qu’elle l’espérait. Car Jocelyne ne voulait pas vendre. « Un gros exploitant, qui avait 400 hectares, là-bas derrière », raconte-t-elle en pointant l’horizon, était prêt à lui racheter son domaine,qu’elle a construit en 2000 avec son compagnon, Jean-François. Une proposition balayée d’un geste par la paysanne. « Pas question de vendre mes terres à n’importe qui. Je me suis battue pour en arriver là », dit-elle, catégorique.

 

« Comme une voleuse »

« Là », c’est la ferme La Roustide, à Jonquières-Saint-Vincent (Gard), dont l’intégralité des fruits et légumes biologiques sont vendus directement au consommateur. Ce circuit court des associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) fonctionne sur le principe du partenariat : le consommateur s’engage, plusieurs mois à l’avance, à acheter au producteur un panier chaque semaine. « Je ne voulais pas laisser tomber mes “amapiens”. S’ils n’avaient pas été là, je ne m’en serais pas sortie », explique avec pudeur Jocelyne.

 

Photo de Arnold Jerocki

Au début des années 2000, après des années à travailler pour des grossistes étrangers, qui vendaient l’essentiel de leur production en Suisse et en Allemagne, Jocelyne et Jean-François commencent à connaître des difficultés financières. La production bio est en plein essor, mais les consommateurs encore frileux. Ils ne peuvent pas lutter face à la concurrence de plus grosses exploitations. Seuls les légumes calibrés trouvent preneurs.« Un melon devait peser entre 750 et 900 grammes et une courgette mesurer entre 14 et 18 cm », se remémore Jocelyne. Les légumes qui ne rentrent pas dans les clous partent à la broyeuse, et avec, une partie du chiffre d’affaires. Une aberration : « A quoi ça sert de faire ce métier si c’est pour jeter ? »

« Je nourris les gens »

Le couple se déclare en cessation de paiement en août 2005 et demande un redressement judiciaire. Deux mois plus tard, Jocelyne se retrouve au tribunal de grande instance de Nîmes. « C’était un moment très difficile. J’avais 50 ans, j’avais travaillé toute ma vie et je me retrouvais comme une voleuse, devant une juge », se remémore-t-elle, encore émue. Son plan : se reconvertir en AMAP, une idée soufflée par un fournisseur quelques mois auparavant. « J’ai convaincu la juge sans savoir exactement ce que c’était », sourit-elle. Il ne lui a fallu que quelques mois pour savoir qu’elle avait fait le bon choix. Aujourd’hui, Jocelyne « nourrit » chaque semaine 250 familles, qui lui ont fait confiance et dont la plupart sont devenus des amies.

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Photo de Arnold Jerocki

 

Il y a quatre ans, la maraîchère a commencé à aspirer à une vie un peu plus tranquille. Elle qui intervenait déjà dans les écoles pour faire connaître son métier suit alors une formation sur la transmission. C’est le déclic. Jocelyne veut transmettre, s’assurer qu’une autre génération va prendre la relève et faire perdurerun métier qui, selon elle, se perd. Tout autour, dans la région, l’agricultrice a vu les exploitations de maraîchage se réduire comme peau de chagrin. Jocelyne se définit comme une « terrienne. Je nourris les gens. Et je me bats parce que, si on ne forme pas de nouveaux paysans, à part les industriels, qui les nourrira dans dix ans ? »

 

« A 3 ans, dans les champs »

Elle se met alors en quête d’un repreneur prêt à conserver la certification bio, mais aussi ses amapiens. En parallèle, elle achète dans les Cévennes une maison pour y créer des chambres d’étape et 2 hectares de terres qu’elle compte cultiver avec son compagnon. Mais pendant trois ans, elle ne trouve aucun candidat sérieux à la reprise de l’exploitation parmi les jeunes en reconversion professionnelle qui sortent de formation agricole. Selon elle, ils n’étaient pas prêts : « A l’école, on informe, c’est sur le terrain qu’on se forme. » Fille d’agriculteurs, Jocelyne a tout appris auprès de ses parents. « A 3 ans, on est dans les champs, à 15, on fait les marchés. Un enfant de paysan, il sait faire. »

Retrouvez le deuxième portrait de notre série #CeuxQuiFont : Ryad Boulanouar, le compte sans banque

Une nouvelle fois, la maraîchère doit rebondir. Elle prend conscience que si elle veut transmettre à un jeune agriculteur son exploitation, elle doit le former. A la fin de 2015, Jocelyne entrevoit la solution avec la couveuse agricole Coup d’pousses – dont elle est vice-présidente – qui lui propose de faire de La Roustide une terre de formation en y installant plusieurs apprentis paysans, sous la direction de Laurent, le chef des cultures… celui-là même à l’origine de l’idée de l’AMAP. L’objectif pour ces futurs maraîchers : apprendre un savoir-faire en un à trois ans et lancer leur propre affaire.

Mais pour mettre en œuvre ce projet, Coup d’pousses avait besoin d’argent, notamment pour lui racheter son matériel agricole. Ce sont ses amapiens qui ont une fois de plus répondu présent, sous forme de prêts et de dons à l’association, complétés par une collecte en ligne. Au début de juin, un premier « couvé » est arrivé à La Roustide. Il sera bientôt suivi par cinq autres. Quant à Jocelyne, elle prépare ses valises. Le départ pour les Cévennes est prévu la semaine prochaine.


 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 14:21

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Alternative

Grâce au recyclage, une association permet aux familles populaires d’acquérir un ordinateur pour 50 euros

par

 

 

 

A Montgeron en Essonne, mais aussi dans les communes voisines de Corbeil et de Ris-Orangis, un réseau de ressourceries récupère les objets en fin de vie pour leur offrir une seconde jeunesse et les remettre en circulation. Mais La fabrique à neuf va plus loin : elle répare les ordinateurs pour les revendre à tout petit prix, propose des ateliers de couture et des contrats-aidés, transforme le design des objets pour leur donner une nouvelle utilité. Un ensemble d’activités à la confluence de l’action sociale et de l’écologie pratique, sur un territoire où chômage et pauvreté entretiennent habituellement les barrières. Basta ! a rencontré ses animateurs.

 

Pour découvrir ce reportage en grand format, cliquez sur la photo ci-dessous.


La localisation semble parfaite. D’un côté, un monument quasi historique, l’hôtel-restaurant Le Réveil Matin, d’où partit le tout premier tour de France, le 1er juillet 1903. De l’autre, un centre commercial ainsi que la plus grande coopérative d’aliments bio d’Essonne. Au milieu trône crânement la ressourcerie de Montgeron, un établissement qui se donne pour mission de remettre en usage certains objets et matériaux habituellement considérés comme des déchets. L’établissement, qui comprend une boutique et un site de dépôt, est l’une des ressourceries lancées dans le département par l’association La fabrique à neuf, à Montgeron, Corbeil-Essonnes et Ris-Orangis.

La ressourcerie de Montgeron récupère ainsi les déchets de « monsieur et madame tout le monde », de même que ceux d’entreprises, d’associations ou de collectivités. Ce type d’établissement, parfois appelé « recyclerie », s’attèle à sortir du cycle de l’enfouissement la plus grande part possible des déchets que nous produisons. En 2012, les Franciliens ont jeté en moyenne 472 kg d’ordures ménagères par an et par personne. A la même période, la moyenne nationale était de 590 kg par habitant.

 

 

Récupérer et remettre en circulation les objets

« A la ressourcerie, nous récupérons tous ce dont les gens ne veulent plus : mobiliers, vaisselle, hi-fi… Des encombrants jusqu’aux objets des vide-grenier, présente fièrement Fabrice Boutard, dynamique trentenaire qui, lorsqu’il n’anime pas la tranche matinale d’une radio francilienne, est bénévole à La fabrique à neuf. Une partie des objets nécessitent un coup de chiffon ou un tour de vis pour leurs redonner une seconde vie, puis on les revend à un tarif solidaire. C’est une forme de recyclage. »

 

 

Tous les objets récupérés ne subissent pas le même traitement. D’abord, parce que tous ne sont pas usagés. « Nous récupérons ou recevons plein d’objets neufs. Certains sont encore dans leur emballage d’origine ! » Cyril Henry, un quarantenaire directeur de la boutique de Montgeron, en est sidéré. Inquiet de l’état de la planète qu’il léguera à ses enfants, il s’est reconverti ici après avoir été régisseur dans le cinéma. « J’étais déjà "maître compost", et je me suis dit que ce que l’on pouvait faire dans le compost, on devait pouvoir le faire avec les déchets non-organiques. »

 

L’upcycling : concevoir de nouveaux produits à partir des anciens

Cyril et l’équipe de La fabrique à neuf ne se contentent pas de valoriser la matière en donnant un coup de neuf à d’anciens produits. Ils repensent parfois totalement leur usage et leur design pour créer un nouvel objet, dont la qualité peut en être améliorée. C’est ce que l’on appelle l’upcycling ou, en français plus académique, le surcyclage. A Montgeron, on utilise des éclairages industriels pour concevoir des lampes de maison branchées. On fusionne des livres et des abats-jours ; on transforme une montagne d’ouvrages en comptoir avant-gardiste ; une ligne de joueurs de baby-foot devient un porte-manteaux.

 

 

La fabrique à neuf entend valoriser un autre modèle de consommation. « Nous voulons contribuer à changer le regard que la société porte sur les déchets, en suggérant qu’il s’agit d’une ressource plutôt que d’un rebut dont il faudrait se débarrasser », développe Fabrice. « Nous voulons aussi et surtout que les gens se rendent compte de la folie que représente la surconsommation dans laquelle nous baignons, complète Cyril. Exception faite des chineurs et les collectionneurs — qui sont les bienvenus ! — la plupart des gens ne viennent pas ici pour chercher un objet superflu, mais au contraire quelque chose dont ils ont besoin ».

 

A prix modique, donner une seconde vie aux ordinateurs

C’est de la volonté combinée de lutter contre la surconsommation et d’offrir une réponse à certains besoins, que Fabrice a lancé une initiative originale. Son constat : les ordinateurs dont les gens se débarrassent régulièrement ne sont souvent ni cassés ni irréparables. « Pour la plupart ils sont juste remplis de virus qui dégradent le fonctionnement du système. Dans d’autres cas, complète-t-il, ils sont victimes de l’obsolescence programmée », cette pratique des industriels qui consiste à réduire artificiellement la durée de vie d’un produit, en vue d’inciter son utilisateur à en acheter un nouveau.

 

 

« Nous pouvons donner une seconde vie aux ordinateurs », parie Fabrice, qui a montré la viabilité du projet aux autres ressourceries du réseau. En nettoyant tel ordinateur, en empruntant une pièce de celui-ci pour l’installer sur celui-là... c’est près d’une centaine de machines qui ont été vendues à des prix imbattables. 50 euros pour un ordinateur fixe complet — tour, clavier, souris, écran — 40 euros pour un portable, 30 euros pour une tour seule ! « Nous faisons passer le message qu’un ordinateur à 800 euros n’est pas indispensable, à moins de jouer à des jeux vidéos dernier cri. Si c’est pour aller sur internet, regarder des vidéos, rédiger du courrier, les ordinateurs que nous proposons sont parfaitement suffisants, martèle Fabrice avec passion. Ça fait du bien de voir les gens repartir avec des étoiles pleins les yeux ! »

 

 

Action sociale et conscience environnementale

La clientèle de La fabrique à neuf est souvent loin d’être aisée. En 2012 à Montgeron, le taux de chômage avoisinait 10%, et le taux de pauvreté 14%. A Corbeil-Essonnes non loin de là, le chômage était supérieur à 16%, le taux de pauvreté à 25%. A Ris-Orangis encore, 13% de chômage et 18% de pauvreté. Fabrice pense à Patricia, dont le vieil ordinateur « était tellement lent, tellement plein de virus » qu’il ne marchait plus. Une vraie catastrophe, car elle ne pouvait plus faire ses démarches auprès de la CAF, du Pôle emploi et des autres services publics. « Quand elle est partie avec son ordinateur à 30 euros, nous savions que nous avions modestement changé sa vie », se souvient Fabrice, encore ému.

La même émotion saisit Cyril lorsqu’il raconte une anecdote similaire : « Je me souviens d’un couple qui était dans une situation sociale difficile, qui ne pouvait plus faire de courses pour le plaisir. Lui a découvert la ressourcerie, qu’il a fait connaître à sa compagne. Ils sont venus y faire des courses et sont repartis avec bonheur et une forme de dignité retrouvée. Ce que nous offrons aux gens, c’est aussi une forme de pouvoir d’achat et nous en sommes très fiers. »

 


 

Les actions de la ressourcerie ne s’arrêtent pas là. A l’étage de la boutique de Ris-Orangis, Lætitia, 37 ans, directrice des magasins de Corbeil et de Ris-Orangis, assure un atelier couture pour Kani et Assa, deux jeunes adolescentes vivant dans un quartier mitoyen. Qu’il s’agisse de leur public ou des salariés sous contrats aidés, les animateurs de La fabrique, ancrés dans le secteur de l’économie solidaire, se pensent comme des bâtisseurs de lien social. Mieux, ils œuvrent à ce qu’ils qualifient volontiers d’écologie populaire. « L’association a été fondée sur l’idée de convergence entre motivations sociale et environnementale, rappelle Lætitia. Nous ne sommes pas intrinsèquement écolos, mais nous avons quand même une véritable sensibilité en la matière ».

Eros Sana (texte et photos)

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du projet Médias de proximité, soutenu par le Drac Île-de-France.

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