Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 13:59

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com/blog/rural-rules

 

 

Et d’un coup, j’ai pu me libérer d’Apple, Google et Microsoft

 

 

 

« Tu vois, un couteau : c’est pareil. Imagine que tu donnes pour la première fois un couteau à quelqu’un qui ne s’en est jamais servi. »

Le gars qui parle, c’est David. A genoux devant mon ordinateur. Cheveux bruns. Mi-longs. Un gars de mon âge. Il boîte. C’est à ça qu’on le distingue. Il boîte même salement. En tout cas suffisamment pour qu’on le remarque dans un village de quelques poignées d’âmes.

La France des solutions
Et si on démultipliait la visibilité des citoyens qui prennent l’initiative ? Pour répondre aux défis économiques, sociaux, environnementaux, Rue89 s’engage aux côtés de Reporters d’Espoirs pour diffuser la connaissance de la « France des solutions ».

Il serait resté plus longtemps, on lui aurait peut être donné un surnom définitif. Un truc qui te colle au derche et finit par te constituer. Mais il était de passage.

« Le gars, il est pas censé savoir qu’avec un couteau, tu peux peler des carottes ou couper du pain. Il sait rien. Il met le doigt dessus : il se coupe. Il se tranche un doigt. Il le plante dans la table : il l’abîme et il abîme la table. Il le confie à un enfant. Pareil une faux. Une fourche. Un vélo. Une bagnole. Un tracteur. Que sais-je. Tous ces trucs réclament un apprentissage. Une familiarité. »

 

Un gros bazar de chez Carrefour

Devant lui, le BIOS de mon ordinateur.

« T’es sûr que tu n’as rien à garder ? »

Je lui confirme. Il clique.

« Eh ben tu vois : les ordinateurs, qui sont mille milliards de fois plus complexes que les couteaux, les faux, les fourches, les vélos, les bagnoles et tout ça… C’est le seul outil que tout le monde possède et que quasiment personne ne sait utiliser. Et ça, je trouve ça révoltant. »

C’est l’hiver. Je ne sais plus lequel. Celui d’avant ? Ou d’encore avant. En tout cas, il y avait eu de neige en automne. Et ça faisait jaser au village. Quand il neige sur les feuilles, vieux… C’est pas bon. Pas bon du tout.

Une amie était venue me voir toute excitée avec son ordinateur portable. Un gros bazar de chez Carrefour avec lequel elle souffrait trop, et pour lequel elle me demandait régulièrement des conseils ou des services.

Parce que quand t’habites au trou-du-cul du monde, et que tu galères avec du matériel informatique, tu ne sais tellement plus à quel saint te vouer, que n’importe quel trentenaire à lunette est très vite intronisé expert informatique.

 

« Je crois que c’est depuis l’orage »

Avant, il y avait bien Jan, l’éleveur hollandais qui réparait les ordis en rentrant de la traite. C’était son kif, à Jan. Il adorait débrouiller les nœuds dans les pelotes. Démonter patiemment. Remonter patiemment. Avec du bon sens, de l’empirisme et un rien de documentation, il avait finit par acquérir un sacré savoir-faire.

Et tous les soirs, dans sa ferme, c’était le défilé des mines déconfites et des laptops fatigués. Des « ça mouline ». Des « il a planté ». Des « je crois que c’est depuis l’orage ». Et lui s’y attelait, sans rien dire, avec l’air de ne pas vraiment s’en occuper. Des airs de paysan. « On verra ce qu’on peut y faire ». Puis il est mort, Jan. Un matin. Jeune comme tout. On l’a trouvé couché. Le cœur. Une tragédie.

 

Forêt de Tronçais

Forêt de Tronçais - Bichon59/Flickr/CC
 

Il y avait bien eu Jean, aussi, dans le village, qui faisait des merveilles. Tu lui portait n’importe quoi, la plus saturée des tablettes, le plus esquinté des bolides, et lui t’accueillait calmement, avec bienveillance et compassion. Pas comme ces experts de Montluçon, avec leurs soupirs et leur jargon. Il t’expliquait gentiment les choses avec des mots simples. Et te trouvait toujours la panne.

C’était une bénédiction de l’avoir dans le village. Mais il est mort, aussi, Jean. Jeune comme tout. Le cœur… Malédiction...

 

David est un sorcier

Alors pendant un temps tout le monde s’est mis à errer à la recherche de solutions. Les plus riches – au grand bonheur des vendeurs de chez Darty – réglaient drastiquement leurs problèmes en rachetant du matériel. Les autres cherchaient conseil auprès de tous ceux qui portent des lunettes. Prenant tout ce qui passe. Accumulant le plus souvent les grands n’importe quoi. Jusqu’à l’arrivée de David.

« Il m’a réglé tous mes problèmes. Il m’a installé un truc, là, et depuis, mon portable, il s’allume comme ça : paf ! »

Mon amie s’exécute. Et effectivement : paf. Une minute après l’avoir mis en route, son gros bazar affiche un bureau. J’ai eu à peine le temps de voir scintiller le nom du système d’exploitation. Lubuntu. Connais pas. Qu’est-ce que c’est que ce truc ?

« Il m’a tout expliqué, David. Il m’a demandé ce que j’utilisais comme logiciels. Je lui ai dit que j’aillais sur internet, que je regardais des films et que je faisais Word et Excel. Il m’a dit que pour faire ça, j’avais pas besoin de Windows. Que Windows, ça coûtait cher, que ça prenait 80 % de la place sur mon portable. Que ça installait des trucs sans te le dire, qui ralentissaient tout. Il m’a mis ce truc. Et là, je te jure : ça marche tout seul. J’ai même deux fois plus de batterie qu’avant. Et en plus c’est gratuit. »

Sifflement d’admiration. Dans le café, je croise les sourcils circonflexes de ceux qui font mine de ne pas s’intéresser à nous. Je parcours un peu l’interface, simple et brute, et constate qu’effectivement, mon amie n’a rien besoin de plus, et que tout fonctionne à merveille. David est un sorcier. D’un seul élixir, il a fait un remède pour tous les maux de mon amie.

 

Pianiste

Deux jours plus tard, il est chez moi. Je veux le voir faire. De ce que je connaissais de lui jusqu’à présent, David était un gars de mon âge, en formation dans le bled à côté, et pouvait faire danser deux cent personnes d’un coup en jouant du piano. Je l’avais vu faire plusieurs fois, au bistrot, ou l’été, quand il y a la guinguette sur le bord de la rivière.

C’était son métier, d’ailleurs, pianiste, avant qu’il décide d’envoyer d’un seul coup tous les musiciens de France se faire foutre. Sur ce sujet, je n’en ai jamais su plus. Tu sentais la débâcle. La faillite. La colère. Ou la déception monumentale. En tout cas, une de ces failles de vie qui, caractéristiquement, te font prendre la décision de vivre au fond de la campagne. Et dont tu ne parles jamais.

« On confie donc des outils d’une sophistication totale, à des gens qui ignorent jusqu’à la première syllabe du premier composant, ou du premier procédé. C’est inouï. Et le pire, dans tout ça, c’est qu’on te pousse à l’achat en te faisant miroiter tout un tas de mensonges, comme quoi ça va te faciliter la vie. Alors qu’un ordi, si tu ne sais pas t’en servir, mon gars… À part te pourrir la vie et le compte en banque, ça ne t’apporte pas grand-chose. »

 

« Tous les trucs qui pensent à ta place »

Je le regarde ouvrir un terminal. Entrer des lignes de commandes.

« Alors après, le boulot des Google, Microsoft ou d’Apple, c’est d’inventer des machines qui réfléchissent à ta place. Qui rendent inutile la compréhension de la machine. C’est la machine qui utilise, assemble, et organise tes données. Tandis que toi, tu laisse à la machine le soin de te dire quoi faire. Donc tu n’as pas besoin de progresser dans ta connaissance de la machine. Cercle vicieux, tu vois.

Et in fine, tu te retrouve dépendant d’une machine que tu ne contrôles absolument pas. À qui tu obéis aveuglement. Et qui peut donc tranquillement collecter toutes tes données et faire du beurre avec. »

Il ouvre la logithèque et suit, sur un bout de papier, la liste des logiciels que je lui ai demandé de m’installer.

« Et moi, tout ça, c’est terminé. Tous les trucs qui pensent à ta place : exclus ! Je me suis formé. Longtemps. Et je peux dire que je n’installe plus jamais rien dont je maîtrise tous les tenants et tous les aboutissants. »

 

« Bordel, c’est gratuit ! Gratuit ! »

Reboot. Sur mon vieux portable cacochyme, le même logo apparaît : Lubuntu. Une distribution complète, mais hyper légère, conçue pour donner une seconde vie aux terminaux lents ou fatigués.

« Maintenant, quand je rencontre des gens qui me racontent qu’ils ont des problèmes, et que je me rends compte que leur vrai problème c’est la méconnaissance de l’outil, je leur mets d’office la distribution la plus basique que je connaisse.

Dans 99 % des cas, ils n’ont rien besoin de plus. Bureautique. Internet. Musique. Vidéo. Point barre. Et pour moi, ça, c’est la base. Ne pas suréquiper les gens. Leur donner ce dont ils ont besoin. Pas plus. Ne pas les mettre dans un putain de cockpit d’Airbus A320 en leur disant “ vous inquiétez pas les gars, y’a un pilote automatique ”.

Tu vois, par exemple, les gars avec Windows, ils passent leur temps à se débattre avec les antivirus. Mais ils ne comprennent même pas la base du truc ! Ils ne savent pas ce qu’est un virus, comment ça se propage, comment sa s’élabore, qui les crée. Or, sur toutes les distributions linux – et y’en a un paquet – pas une où t’ai besoin d’un antivirus. Et surtout, bordel, c’est gratuit ! Gratuit ! »

 

Désappelisé. Dégooglisé. Démicrosoftisé

C’était fait. Dans mon bled minuscule, enclavé par l’automne et le froid, au milieu d’absolument nulle part, le dénommé David venait de m’initier – en même temps qu’une demi douzaine d’autres – au monde illimité et rassérénant de l’open source.

« Bon, si t’as le même problème, je t’en supplie, ne m’appelle pas. D’une, je me casse bientôt, de deux je ne suis pas expert, et de trois tu apprendras bien mieux en te démerdant tout seul. De toutes façon : des problèmes, tu n’en auras pas. Je te le garantis. Ou alors si tu en as, rappelle-toi seulement de l’époque où tu passais dix minutes avant que ton ordi soit seulement opérationnel. »

Depuis, j’ai fait mon chemin. Désappelisé. Dégooglisé. Démicrosoftisé. David m’a montré le moyen de passer le cap. Moi qui avais l’intégralité de mes données, de mes contacts, de mes agendas et des tous mes souvenirs sur des clouds bien propriétaires, et bien limites au niveau de la protection des données, j’ai petit à petit réussi à tout extraire. Et tout protéger. À prendre le contrôle de ma machine.

Le coup de pied au cul. C’est tout ce qu’il me manquait. Il a fallu qu’il me vienne à deux pas de la forêt de Tronçais.

 

Petits militants volontaires

Le problème, c’est que depuis, il s’est cassé, David. Avec sa patte folle, sa bonhomie et ses interminables session de piano. Il a fini par terminer sa formation, et quitter pour de bon le bocage.

Jan mort. Jean mort. David parti. Tout le village s’est alors rabattu sur ses stratégies premières : Darty. Et les trentenaires à lunettes.

Les déserts numériques, il n’y en a plus beaucoup. À force de programmes publics d’équipements à l’obsolescence chronique, les campagnes ont fini, bon-an mal-an, par se raccrocher au grand train.

Mais loin de le résorber, ces programmes ont contribué à creuser davantage le fossé entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Parce que rien n’a jamais été mis en place pour enseigner, dans ces zones où l’immense majorité de la population n’a découvert l’ordinateur dans le dernier quart de son existence, les rudiments des accès informatiques. On compte sur l’empirisme. Sur l’inéluctable marche du progrès. Sur le développement des technologies intuitives. Automatiques.

Moi, désormais, je compte sur les Davids de tous poils. Petits militants volontaires. Qui prônent la reprise en main de l’homme sur ses outils. Et rappellent qu’un progrès n’en est un que quand il s’est offert à tous.

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com/blog/rural-rules

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement Se protéger
commenter cet article
10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 13:48

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Le grand retour de l’herboristerie

8 octobre 2016 / Émilie Massemin (Reporterre)
 


 

 

Conseiller de l’huile de millepertuis contre les brûlures ou de la tisane de bruyère contre les cystites est interdit par la loi française. Pourtant, le savoir-faire des herboristes rencontre une demande grandissante. Depuis quelques années, ils se battent pour une réhabilitation de leur profession et la mise en place de règles, notamment de récolte des plantes sauvages.

Drôle d’endroit pour chercher des plantes médicinales. Les herbes folles bataillent contre les graviers, s’emmêlent aux anciens rails de la petite couronne parisienne. Elles achèvent d’ensauvager les murs couverts de graffitis, d’aspect misérable sous le ciel gris de cette après-midi de juin. Pourtant, le regard de Thierry Thévenin, paysan-herboriste à Mérinchal (Creuse) et porte-parole du Syndicat des simples, fouille attentivement les touffes végétales. « Une mercuriale annuelle, s’exclame-t-il devant une plante d’une taille modeste, aux minuscules pétales verts. Elle est beaucoup utilisée en médecine pour ses vertus purgatives. À l’époque, les gens la consommaient pour leurs problèmes de scrofule. » Un peu plus loin, c’est Christophe de Hody, naturopathe et animateur de sorties sur les plantes sauvages, qui repère une herbe au chantre à la longue tige raide ramifiée et aux petites fleurs jaunes, « très efficace contre les maux de gorge ».

 

JPEG - 285.6 ko
Jean-Christophe de Hody (à gauche) et Thierry Thévenin.

Mais la vedette de la sortie reste le millepertuis perforé : « Il est souverain pour les plaies, les brûlures et les contusions, explique Thierry Thévenin. L’huile est très facile à préparer : quand les fleurs sont ouvertes, on les cueille, on les met dans un pot à confiture qu’on remplit d’huile d’olive et on met au soleil près de la fenêtre. Quand la préparation est rouge, c’est prêt ! » L’auteur d’un Plaidoyer pour l’herboristerie en profite pour rappeler les différentes façons de se soigner grâce aux plantes — la « galénique traditionnelle » de l’herboriste : « Le plus simple, c’est de mâchonner et de recracher. Sinon, on peut faire sécher les plantes et les consommer en tisane ou en décoction, ou les préparer en sirop ou en teinture mère. »

Ces recettes, on peut les retrouver sur les étagères de lherboristerie du Palais-Royal, dans le 1er arrondissement de Paris. Marie-Josée y pioche des soins contre le cholestérol. « C’est une démarche globale, j’ai d’ailleurs une alimentation très stricte, confie la retraitée. J’évite ainsi de prendre des médicaments, dont je redoute les effets secondaires. » Marine, enceinte, est venue chercher une huile contre les vergetures. Débutante, elle est conseillée par Mina. « À la toute fin de votre grossesse, la tisane de feuilles de framboisier peut faciliter l’accouchement, indique la vendeuse, forte de ses trente ans d’expérience dans la boutique. Pour l’allaitement, commencez par laisser faire la nature. Mais si ça ne marche pas trop, la tisane spéciale lactation, un mélange autour du fenouil, peut donner un coup de pouce. » La jeune femme, ravie, sort de la boutique son cabas dans la main : « Je reviendrai ! »

 

« Nous faisons ce métier parce que nous aimons les plantes »

Du sous-bois à la boutique, l’herboristerie demande une grande polyvalence. « L’herboriste va reconnaître, traiter et conseiller les plantes ; il va être à la fois botaniste, cueilleur, producteur, conseiller et vendeur », énumère Patrice de Bonneval, fondateur de lÉcole lyonnaise des plantes médicinales. Ses remèdes sont destinés à soulager toutes sortes de troubles communs — problèmes digestifs, rhume, ménopause, stress, etc. Impossible néanmoins de réduire ce savoir-faire à une série de connaissances et de gestes techniques. « Nous faisons ce métier parce que nous aimons les plantes, la nature, que nous aimons les gens et que nous souhaitons les soigner », poursuit ce passionné, formé à la faculté de pharmacie de Nantes, conquis par l’herboristerie « après avoir rencontré un petit pépé en Vendée, avec son âne, son chariot rempli de plantes et ses livres. Je me suis dit que c’était trop joli, que j’avais envie de faire ça moi aussi ».

 

JPEG - 300.3 ko
L’herboristerie du Palais-Royal.

Ce savoir-faire ancestral suscite un intérêt grandissant. Mina l’observe depuis son comptoir de l’herboristerie du Palais-Royal : « Il y a trente ans, nous recevions surtout des personnes d’un certain âge. Mais, depuis quelques années, il y a de plus en plus de clients ; des jeunes qui viennent pour des petits bobos comme de l’acné, des problèmes de mémoire, des troubles du sommeil… et qui ne veulent plus prendre de médicaments. » Pour Michel Pierre, gérant de l’herboristerie depuis quarante-cinq ans, « les gens veulent se soigner avec des remèdes simples, qui rendent possible l’automédication. Ils ont été échaudés par les derniers scandales dans l’industrie pharmaceutique. En parallèle, les préoccupations écologiques augmentent. » La démarche est citoyenne, quasi politique, confirme Thierry Thévenin : « À chaque chaos social, les gens reviennent aux plantes sauvages. »

Plus étonnant, les formations en herboristerie ne désemplissent pas. Ferny Crouvisier, présidente de l’Association pour le renouveau de l’herboristerie, le constate année après année : « Quand j’ai appris le métier il y a vingt ans, nous étions sept dans mon école. C’étaient surtout des femmes âgées de 40 à 50 ans, qui se souvenaient que leurs grands-mères allaient cueillir des plantes pour les tisanes et voulaient retrouver ce savoir-faire pour soigner leur famille. » Depuis, les profils se sont diversifiés : plus jeunes, de plus en plus d’hommes, des projets professionnels liés aux plantes. Et de plus en plus de monde. « À l’École lyonnaise des plantes médicinales, nous comptons actuellement 1.200 élèves, dont 600 font de l’herboristerie pure », calcule Patrice de Bonneval.

 

« Le problème est d’ordre plus économique que sanitaire »

Pourtant… la profession d’herboriste n’existe plus, en tout cas dans les textes. Ida Bost a réalisé une thèse d’ethnologie sur les herboristes en France de 1803 à nos jours. « L’herboristerie a été reconnue comme métier entre 1803 et 1941, rappelle la chercheuse. Au XIXe siècle, c’était un métier de personnes modestes, en particulier de femmes ; puis, les herboristes se sont structurés en syndicats qui contrôlaient des écoles. Ils ont fourni un travail énorme pour changer l’image de ce métier, lui donner une apparence plus scientifique. » Las, les coups de boutoir de l’Association générale des pharmaciens de France, qui souhaitait obtenir le monopole de la vente de plantes médicinales, ont fini par atteindre leur but : la loi du 11 septembre 1941 relative à l’exercice de la pharmacie a supprimé le diplôme d’herboriste. Une spécificité française, puisque la profession est reconnue au Royaume-Uni, en Belgique, en Allemagne, en Suisse et en Italie....

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 13:38

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Auto-construction

Comment construire sa maison écologique en une semaine et à petit prix grâce à l’ « open source »

par

 

 

 

Les géants du BTP ont-ils du souci à se faire ? Après les logiciels libres et la fabrication de machines ou d’objets, la communauté mondiale des fab labs se tourne désormais vers la construction de véritables maisons en « open source ». Mise à disposition de plans et de techniques accessibles à tous, construction et assemblage collaboratif des éléments... Des États-Unis à la France en passant par la Grande-Bretagne, c’est une véritable communauté de la « maison libre » qui émerge et se structure, pour révolutionner la construction, son financement et permettre l’accès de tous à un logement plus décent.

« Ma femme et moi avons vécu trois mois dans une “micro-maison” [« Tiny house » en version originale, ndlr]. Nous n’avons pas trouvé cela viable sur le long terme ! C’est trop petit. En hiver, surtout. Il nous fallait quelque chose de plus grand. » Marcin Jakubowski et Catarina Mota ont donc pris la décision de se construire une grande maison, avec plusieurs pièces. Une vraie maison, construite par eux-mêmes, sans payer un promoteur pour le faire, grâce à des plans et des tutoriels distribués en open source. C’est-à-dire sans brevets et libres de droit, donc utilisables, reproductibles et modifiables par tous ceux qui le souhaitent. Issu, à l’origine, du monde de l’informatique, l’open source fait ainsi son apparition dans le domaine de la construction !

Marcin Jakubowski n’en est pas à son premier essai en matière d’auto-construction en open source. L’homme installé dans le Missouri, aux États-Unis, a déjà initié un projet de construction artisanale de dizaines de machines industrielles : tracteur, bulldozer, four, éolienne, moteur hydraulique,... Des machines à très bas coût et reproductibles à volonté, grâce à la diffusion libre de documentation, de plans et de techniques de fabrication (lire notre précédent article). Après avoir vécu dans une maison de quelques mètres carrés, il a décidé d’appliquer la même méthode à la construction de logements. Et espère que le modèle va essaimer jusqu’à former une communauté mondiale d’auto-constructeurs de maisons. « Un tracteur, on ne voit pas tout de suite à quoi ça peut servir. Mais une maison, les gens en voient tout de suite l’utilité », relève Marcin.

 

JPEG - 3.4 Mo

« Quand on fait construire par une entreprise, c’est presque impossible d’imposer des techniques écologiques »

Au cœur de ce projet « d’Open building institute » – c’est à dire d’institut d’auto-construction en open source –, il y a une librairie de modules à construire : murs, fenêtres, toits… et des techniques. Le tout en accès libre, améliorable par tous. Toute cette documentation est accessible en ligne, libre de droit, et dans des formats compatibles avec des logiciels de conception assistée par ordinateur, eux-mêmes en open source. Ensuite, les différents modules, comme des plans de bois pour les murs, peuvent être découpés grâce à des machines à commande numérique, qui sont disponibles dans les fabs labs – laboratoires de fabrication d’objets en open source – dans le monde entier.

 

JPEG - 549 ko

« Nous mettons aussi à disposition toutes les informations dont les gens ont besoin pour obtenir les permis de construire », précise Marcin. Et pour transmettre les savoir-faire techniques, l’Open building institute organise des ateliers de construction de maison grandeur nature. Le prochain a lieu en novembre dans le Missouri. Objectif : construire une maison modulaire écologique en cinq jours, avec toit photovoltaïque, récupérateur d’eau de pluie, bio-digesteur pour produire du biogaz… Le tout pour 25 000 dollars seulement ! « Aujourd’hui, de nombreuses techniques de construction écologique sont encore difficiles à faire passer auprès des promoteurs. Par exemple, faire construire un bio-digesteur par une entreprise, c’est presque impossible aux États-Unis », souligne Marcin Jakubowski. La solution : construire soi-même !

JPEG - 67.5 ko

Une maison aussi simple à construire qu’un meuble en kit ?

« J’ai vu des maisons se construire en une semaine avec seulement une vingtaine de personnes pour l’assemblage », témoigne Clément Flipo, co-fondateur de Wikifab.org, une plateforme de documentation pour la construction open source d’objets, de machines, et aujourd’hui aussi de maisons. Un premier tutoriel de fabrication d’une « micro-maison » vient d’être mis en ligne sur la plateforme. On y trouve les matériaux et outils nécessaires, les plans, et les instructions à suivre. Un peu comme pour construire un meuble en kit vendu par une grande enseigne... Sauf qu’il s’agit ici d’un logement dans lequel il doit être possible d’habiter. « À partir du tutoriel, vous téléchargez les fichiers, puis vous faites couper les éléments par une machine dans un fab lab. Il y a des pans de murs à assembler, des pans pour l’isolement, pour les toits, la couverture extérieure… C’est vraiment accessible », détaille Clément Flipo.

PNG - 182.7 ko

Du Missouri, où vit Marcin Jakubowski, à la France, où est basé Wikifab, la communauté des fabricants de maisons en open source essaime à travers le monde. Au Royaume Uni, Alistair Parvin, architecte de formation, a lancé il y a cinq ans Wikihouse, un projet collaboratif pour explorer ce que la révolution numérique peut changer à l’économie du logement. « La digitalisation permet de partager des solutions de construction durable de la même manière qu’on partage du code informatique, résume Alastair Parvin. Il ne s’agit pas seulement de diffuser les savoirs sur les systèmes de construction écologiques et à basse énergie, mais aussi de voir comment on met les outils et les compétences entre les mains de tout le monde, pour passer d’un modèle de construction de logement extrêmement centralisé à un système de projets de petite échelle et décentralisés. »

 

JPEG - 629.4 ko

« Déployer un secteur citoyen de la construction »

Pour Alistair Parvin, l’objectif est de développer une véritable alternative à la construction immobilière classique. « C’est encore difficile de convaincre les banques d’accorder des prêts pour construire de cette manière. Mais on commence à voir apparaître des formes commerciales de maisons en open source. C’est la prochaine étape pour développer le modèle. » L’open source est-il compatible avec un modèle commercial ? Oui, répond Alistair Parvin. « Nous ne voulons pas faire comme les grandes sociétés immobilières. Nous visons une économie distributive et soutenable. Au Royaume-Uni, il existe déjà des collectifs qui s’intéressent au modèle des "Wikihouses", pour construire eux-mêmes, sans être dépendants de promoteurs immobiliers. C’est ce secteur citoyen de la construction qu’il faut déployer. »

 

 

Marcin Jakubowski vise aussi, à terme, un développement commercial de l’auto-construction. Mais en monnayant des services d’aide à l’assemblage et la participation à des ateliers de formation. Les plans et la diffusion des savoir-faire resteront en open source. « C’est un business model basé sur le partage », précise Marcin. A bas bruit, pour l’instant, une révolution du secteur de la construction et du logement est-elle déjà en marche ?

Rachel Knaebel

 

Photos : Open source Ecology
Plans : tutoriel de fabrication d’une micro-maison par Wikihouse

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 21:08

 

Source : http://e-rse.net

 

 

La Suède Veut Baisser les Impôts de ceux qui Réparent au lieu de Jeter

 

Rédacteur en chef
e-RSE.net
30 September 2016
 
 
reparation loi suede impots
 

La Suède est sur le point de faire passer une loi permettant aux consommateurs qui choisissent de réparer plutôt que de jeter, de gagner de l’argent et de bénéficier de réductions d’impôts. Une manière d’encourager une consommation plus responsable et écologique ?

On le sait désormais avec certitude, notre mode de consommation nous conduit dans une impasse écologique. Nous achetons trop, nous consommons trop, et de ce fait, nous polluons trop. Fort de ce constat, de plus en plus de consommateurs adoptent des pratiques nouvelles : minimalisme, lutte contre l’obsolescence programmée, troc, récup’, réparation. Mais il faut bien avouer qu’aujourd’hui,tout nous encourage à ne pas adopter un mode de vie plus sobre et plus responsable.

 

Rendre plus attractive la réparation et la réutilisation des objets que nous consommons

Même les industriels l’admettent : pour un consommateur, il est souvent plus rentable de racheter un objet neuf que de faire réparer celui que l’on a déjà. Entre les frais de réparation, le temps que cela prend, les contraintes que cela demande (envoyer l’objet à réparer ou le porter au réparateur, attendre la pièce, etc), il est parfois compliqué de vouloir être un consommateur responsable, surtout quand on sait qu’en quelques clics sur Internet, il est possible de se faire livrer pour un prix relativement faible un nouvel objet.

Heureusement, certains gouvernements sont en avance sur cette question. C’est le cas de la Suède. La semaine dernière, le Parti Social Démocrate et le Parti Vert suédois ont proposé au parlement une nouvelle loi qui rendrait la réparation beaucoup plus rentable. L’idée ? Permettre aux consommateurs qui choisissent de réparer plutôt que de jeter et de racheter, de faire des économies sur leurs impôts. Aujourd’hui en Suède, la réparation d’un objet est assujettie à la TVA à hauteur de 25%. L’objectif de cette proposition de loi innovante est donc de réduire ce taux à 12% pour toute réparation sur un vélo, une paire de chaussure ou un produit d’habillement.

 

reparation loi suede impots

 

De plus, le consommateur qui choisit de réparer pourra aussi déduire de ses impôts 50% du coût en main d’oeuvre des réparations effectuées sur ces objets. Et pour aller encore plus loin dans cette logique, la proposition de loi inclut aussi de nouvelles taxes sur les produits contenant des matériaux non recyclables ou difficilement recyclables et réparables. Mises bout à bout, toutes ces mesures veulent dire deux choses : d’une part, il devient plus économique de faire réparer ses produits, et d’autre part, il devient plus cher d’acheter des nouveaux objets difficiles à réparer et recycler.

 

Vers un modèle de société qui sorte de la consommation de masse ?

Au total, tout cela va coûter cher au gouvernement : près de 190 millions de couronnes suédoises (près de 20 millions d’euros) pour les réductions d’impôts, et 270 millions de couronnes pour la baisse de la TVA (près de 28 millions d’euros). Mais cela peut également rapporter beaucoup à long terme. En effet, cela devrait continuer à réduire la pollution et le gaspillage (qui coûtent très cher aux pouvoirs publics) mais surtout à relancer tout un pan de l’économie basé sur la réparation, le recyclage et l’économie circulaire.

Encore une fois, les pays du Nord montrent donc qu’ils sont en avance sur les politiques environnementales. Après avoir ouvert la voie à l’écologie industrielle, après avoir remporté les premières places dans tous les classements de protection de la nature, voilà qu’ils sont encore une fois les pionniers en ce qui concerne l’économie circulaire et qu’ils prônent une consommation plus responsable.

La Suède sera-t-elle le premier pays à encourager une sortie de la consommation de masse ?

 

 

 

Source : http://e-rse.net

 

 

Repost 0
4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 20:30

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

Up le Mag

10 écogestes numériques à adopter absolument

 

 

Jour après jour, nous tentons de consommer plus responsable, d’éteindre nos lumières, de trier nos déchets... Mais qu’en est-il de nos comportements face aux technologies numériques ?

 

 

 

Initialement publié sur

 

Nos pratiques sur le web ont un coût en termes de ressources minières, d’énergie, d’eau et d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Voici 10 pratiques à adopter pour diminuer votre empreinte écologique. On commence par celles qui ont le plus fort impact.

 
 

1 On reste fidèle jusqu’au bout à son vieux PC

 

Finalement, le meilleur moyen de réduire son empreinte numérique, c’est de ne pas changer d’ordinateur tous les 2 ou 3 ans. L’extraction des ressources minières, la fabrication industrielle et le transport de nos futurs objets connectés concentrerait 80 % des impacts sur l’environnement, selon ecoinfo.cnrs.fr. En conservant son ordinateur 7 ans au lieu de 4, l’impact de chacune de vos requêtes web se trouvera largement diminué !

On peut aussi se tourner vers des appareils modulables comme le Fairphone 2 et soutenir les associations qui luttent contre l’obsolescence programmée.

 
 

2 On recycle ses e-dechets

 

La France est le huitième producteur d’e-déchets du monde mais la majorité de ces déchets électroniques, qui contiennent pourtant des métaux précieux et des polluants dangereux, ne sont pas recyclés.

Pour réduire votre empreinte numérique, ne jetez surtout pas vos ordinateurs et autres smartphones à la poubelle  ! Le site eco-systemes.fr vous propose de trouver le point de collecte le plus proche de chez vous en 3 clics, soit pour recycler l’appareil, soit pour le donner à une association.

 
 

3 On regarde ses émissions préférées en live

 

C’est la mort dans l’âme qu’on vous annonce cette nouvelle  : le streaming est à bannir (ou du moins à restreindre). Regarder des vidéos en ligne ou utiliser les services de replay est aussi polluant que de fabriquer de A à Z un DVD  ! Et si l’on a tendance à écouter de nombreuses fois les mêmes chansons, il serait plus écologique d’en acheter le CD.

 
 

4 On diminue son utilisation du cloud

 

Le cloud est tout sauf écolo  ! Le stockage en ligne de ses documents est plus énergivore que celui sur son ordinateur (clef USB ou disque dur externe). Selon le blog Green IT, transporter une donnée sur le web consomme deux fois plus d’énergie que de la stocker pendant un an.

Utiliser une messagerie responsable telle que Newmanity Mail, qui stocke ses données dans un data center à bilan carbone neutre, pourra légèrement atténuer son impact.

 
 

5 On débranche tout

 

Lorsque l’on n’utilise plus son matériel, on pense à éteindre son ordinateur ; mais qu’en est-t-il des chargeurs  ? Un ordinateur en veille ou un chargeur, même s’il n’est branché à aucun équipement, continue de consommer de l’électricité.

Idem pour les box ADSL, qui souvent restent allumées 24h/24. En prenant l’habitude de l’éteindre chaque soir, on réduit considérablement son empreinte écologique… et sa facture !

 

Pexels

Pexels
 
 

6 On privilégie les data centers 100% green

 

Pas facile de connaître le type d’hébergement des sites et des services que nous consultons. Parmi ceux qui mettent un point d’honneur à respecter l’environnement, la messagerie éthique Newmanity Mail s’associe à Greenshif, seul opérateur en Europe à proposer des data centers à bilan carbone neutre, comme celui d’Evo Switch aux Pays-Bas, qui héberge une partie des données de la Wikimedia Foundation.

 
 

7 On vide sa boîte mail

 

Le stockage des courriels use aussi de l’énergie. Conserver 30 mails inutiles durant 1 an consommerait 222Wh, soit l’équivalent d’une ampoule laissée allumée toute la journée  ! Il est donc temps de s’occuper de ses 572 courriels en attente, de supprimer ses spams plus régulièrement et de se désabonner des newsletters qui ne nous intéressent pas.

Pour gagner du temps, un tout nouveau service, Cleanfox, permettrait de nettoyer sa boîte mail en se désabonnant et supprimant toutes les newsletters indésirables en moins d’une minute.

 
 

8 On surveille son poids

 

Selon le cabinet de consulting Excelacom, 150 millions de mails seraient envoyés chaque minute dans le monde. L’envoi d’un courriel représenterait environ 20 grammes de CO², mais différerait en fonction du poids et du nombre de destinataires du courriel, selon l’Ademe. En étant vigilant sur ces points et en privilégiant par exemple les liens plutôt que les pièces jointes, l’impact en termes de GES serait moindre.

 
 

9 On s’engage pour l’éco-conception des sites Web

 

Vous ou une personne de votre entourage devez créer un site web  ? Faites comme LinkedIn, IBM ou encore La Poste et pensez à éco-concevoir votre site en vous focalisant sur les fonctionnalités essentielles et en éliminant le superflus.

Le blog Green IT estime que le poids des pages web a été multiplié par 115 en 20 ans, passant de 14 Ko à 1 600 Ko, sans pour autant apporter de nouveaux services extraordinaires à l’utilisateur.

 
 

10 On évite les moteurs de recherche

 

3,3 milliards. C’est le nombre de requêtes effectuées chaque jour sur Google. Pourtant, selon l’Ademe, aller directement sur un site, soit en tapant son adresse, soit en l’ayant enregistré comme « favori » divise par 4 les émissions de GES  !

Et quand on a besoin d’un moteur de recherche, pourquoi ne pas opter pour Ecosia  ? La startup berlinoise reverse 80 % de ses bénéfices publicitaires à la plantation d’arbres au Burkina Faso.

 

 

Initialement publié sur UP Le Mag
 
http://www.up-inspirer.fr/
 
 
 
Source : http://rue89.nouvelobs.com
 
 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 21:00

 

Source : https://www.objectifgard.com

 

 

NÎMES La ville s’ouvre à la transition citoyenne

La seule énergie solaire peut servir à cuire des aliments (Photo Anthony Maurin).

La seule énergie solaire peut suffire à cuire des aliments (Photo Anthony Maurin).

 

Toute la journée de samedi sur les allées Feuchères, Nîmes se mettait aux couleurs du changement pour célébrer la journée de la transition. Un rendez-vous incontournable pour les curieux qui désirent entrer dans la danse écolo-responsable.

"Le monde va mal et il faut qu'on change nos habitudes. Notre confort est au détriment de l'avenir de nos enfants et des autres habitants de la planète. Nos ressources sont déjà épuisées mais nous continuons notre vie comme si de rien n'était" lance Michèle, militante convaincue et venue en famille pour assister à quelques conférences.

 

Le partage des semences, la base du nouveau monde rêvé (Photo Anthony Maurin).

Le partage des semences, la base du nouveau monde rêvé (Photo Anthony Maurin).

 

Et le message est loin d'être erroné... Si l'écologie et ses défenseurs ont plutôt une bonne image, ils ne parviennent pas à faire éclater au grand jour des vérités qui dérangent. "Nous consommons trop et mal! On a oublié la valeur des choses et le bien-fondé de certaines idées. La décroissance n'est pas synonyme de privation mais de bienveillance. Dans les pays riches, nous cultivons mal, nous mangeons mal, nous achetons de la camelote en plastique, nous ne réparons rien..." avoue désespérément Jacques, 57 ans, marin de coeur mais vendeur de profession.

Plusieurs stands proposent toutes sortes de nouveautés vieilles comme le monde. Pour cette journée de la transition, le collectif "Nîmes en transition" a regroupé les Ptits Débrouillards, les Colibris, les Incroyables comestibles, NîmeSel, le Spot, Attac, ARBRES, Crocovélo, Greenouille, Enercoop... Tous engagent des transformations concrètes pour une société plus écologique.

 

Tout peut se réparer, il suffit de réapprendre les bonnes astuces et remettre les mains de le cambouis, cest tout! (Photo Anthony Maurin).

Tout peut se réparer, il suffit de réapprendre les bonnes astuces et remettre les mains de le cambouis, c'est tout! (Photo Anthony Maurin).

 

Sous une tente berbère, des ateliers et des tables-rondes concernant cette 3ème révolution. Pédibus, une opération Carapattes pour mener les enfants à pied à l'école; l'habitat participatif, la transition, la monnaie locale, l'énergie, les accords de libre-échange ou encore le changement climatique.

Fruits amochés mais encore aptes au service après retouches naturelles, vélos en piteux états mais bons pour rouler après quelques menues réparations, bouteilles en plastique non recyclées mais adoptées en tant que jardinières de balcon... Autant d'exemples faciles à mettre en pratique. Mais le top du top, certes un poil encombrants, restent le cuiseur solaire ou le petit four qui va avec! Une immense parabole argentée qui permet aux rayons de cuire votre repas en quelques instants!

 

En musique, le changement se fera en douceur et le sourire aux lèvres! (Photo Anthony Maurin).

En musique, le changement se fera en douceur et le sourire aux lèvres! (Photo Anthony Maurin).

 

 

Source : https://www.objectifgard.com

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 13:40

 

Source : http://www.bordeaux7.com

 

 

Un Bordelais invente un Airbnb pour les sans abris

Lundi, 26 Septembre 2016 07:00
 
 
 
 
 
 

 

PascalPistoneDL2Tous les voyageurs connaissent Airbnb. La plateforme met en relation des habitants d’une ville et ceux qui cherchent un toit pour dormir une ou plusieurs nuits. Sur le même principe, mais sans transaction financière, «  Besoin d’un toi » va être mis en service mi-octobre. Sous forme d’application mobile puis de site internet dans un deuxième temps, ce service mettra en relation les sans abris et des hébergeurs particuliers prêts à les accueillir chez eux pour une ou deux nuits.

«  Besoin d’un toi » est né à Bordeaux. Pascal Pistone, responsable de la filière musique à l’université Bordeaux Montaigne en est à l’initiative. « L’an dernier, après avoir discuté avec des SDF, j’avais poussé un coup de gueule sur Facebook pour dire qu’il n’y avait pas de différences à faire entre les migrants et les SDF. Ce tract ironique a été partagé plus de 40 000 fois et vu plus de deux millions de fois.» 

Suite à ce buzz involontaire, Pascal Pistone crée le collectif « Merci pour l’invit’ ». Une chorale « Au clair de la rue » voit le jour à Bordeaux, comme il en existe déjà à Nantes, Paris et Saint-Nazaire. Dans quelques jours, les différents groupes sont invités en audience chez le pape à Rome. Les membres du collectif  ne cessent aussi de dire qu’ils voudraient tous filer un coup de main aux sans abris, mais ils ne savent pas comment faire.

 

Une histoire de confiance

« En France, 30 000 SDF dorment chaque nuit dans la rue. Cela fait 10 millions de nuitées chaque année. Si chaque foyer jouait le jeu juste une nuit par an, plus personne ne dormirait dehors », raconte-t-il. «  Besoin d’un toi » a cette ambition. Les particuliers qui souhaitent héberger des sans abris, partager avec eux un repas, un café, les aider à remplir des papiers ou leur donner un cours de guitare ou tout autre chose, s’inscrivent gratuitement. Les sans abris aussi. Les intéressés doivent simplement fournir leur carte d’identité. « Ce n’est pas pour surveiller ou ficher, mais simplement pour rassurer tout le monde », précise Pascal Pistone. Chacun pourra regarder qui dans sa ville a besoin d’un toit ou qui peut proposer un hébergement ou tout autre service.

« Nous savons bien que tous les sans abris ne sont pas connectés, même si la plupart a un téléphone pour réserver sa place en centre d’hébergement », précise le chercheur. Il compte sur les professionnels dans les associations pour aider les SDF à utiliser l’application. « On ne manquera pas de bénévoles pour héberger les sans abris. Il faudra en revanche convaincre les SDF de ne pas être méfiants par rapport à notre service. » 

Le Bordelais a travaillé avec Sandrine Décembre pour la mise au point de l’application. Cette chercheuse qu’il a rencontrée grâce à la page Facebook du collectif a mobilisé trois anciens étudiants en informatique pour créer l’application. Depuis plusieurs mois, Antoine Mary, Vivien Wack et Jonathan Sobota, s’investissent bénévolement dans le projet.

« Nous n’avons pas l’ambition de gagner de l’argent avec notre application, relate Pascal Pistone. Et si quelqu’un veut la reprendre, on la donnera car si ça marche, il faudra des moyens pour en assurer son administration, l’améliorer, bref s’en occuper à temps plein.»

Le chercheur cite l’exemple de l’Italie qui, plutôt que d’entasser les migrants dans les hôtels, a payé les foyers italiens 30€ par nuit pour les héberger.  « Avec « Besoin d’un toi », on pourrait à terme faire la même chose en France.»• 

 

Laurie Bosdecher

Photo: Pascal Pistone, fondateur de "Besoin d'un toi", application mobile pour aider les sans abris ©Denis Lherm / Sud Ouest

 

Plus d’informations sur la page Facebook « Merci pour l’invit’ ou au 06 81 96 35 11

 

 

 

Source : http://www.bordeaux7.com

 

 

 

Repost 0
26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 13:35

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Autonomie alimentaire

Agriculture urbaine : comment les jardins étudiants fleurissent aux abords des résidences universitaires

par , Sébastien Vagner

 

 

 

 

À proximité des campus, des « maisons de l’étudiant » ou des résidences du Crous, les projets de jardins partagés, basés sur des démarches solidaires et autogérées, attirent de plus en plus de jeunes gens à mesure qu’ils fleurissent sur le territoire. Inspirées des « Incroyables comestibles », ces initiatives visent l’autosuffisance alimentaire ou, à défaut, à apprendre à leurs usagers à cultiver leurs fruits et légumes bio, si possible en partageant le produit de la récolte. Pour eux, il ne s’agit pas seulement de se détourner des filières de l’agriculture industrielle, mais aussi et surtout de construire un début d’alternative, ici et maintenant.

C’est sûr, la ville de Metz, en Moselle, n’en est pas encore au niveau de Todmorden, qui affiche une autonomie alimentaire de plus de 80 %. Mais elle y travaille. Pour cela, elle s’inspire de ce qui s’est fait outre-Manche dès 2008, alors que la crise frappait de plein fouet cette ville de 15 000 habitants située au nord-ouest de l’Angleterre. C’est là qu’est né le mouvement, depuis devenu international, des Incroyables comestibles (en anglais Incredible edible), qui consiste à cultiver des potagers partout où cela est possible, pour mettre les légumes à disposition gratuite de la population. Les Incroyables comestibles visent « l’auto-suffisance alimentaire des territoires et la nourriture saine et partagée pour tous », précise la charte française du mouvement.

« Les objectifs sont multiples, complète Olivier Rudez, membre des Incroyables comestibles à Metz. Permettre à ceux qui n’ont pas d’argent de se nourrir, réapprendre les savoir-faire que les citadins ou les jeunes ne connaissent plus, effectuer une forme de retour à la terre, consommer local pour éviter les pollutions liées au transport des aliments, recréer du lien social à travers les rencontres, développer l’agriculture paysanne et sans produits chimiques... Et ça fonctionne ! »

 

 

Autosuffisance alimentaire

Le collectif messin, comme les autres groupes informels du mouvement, est connecté à l’association nationale des Incroyables comestibles, qui a fait de très nombreux émules : dans plus de 80 communes en France, on a sorti les bêches du placard pour se placer dans le sillage de cette petite révolution verte. À Albi, la municipalité s’est ainsi laissée convaincre d’atteindre l’autosuffisance alimentaire dans les années qui viennent ! « Nous n’en sommes pas encore là, mais la dynamique est lancée. Nous commençons petit, pour voir si les choses prennent. Si ça prend, alors nous développons », poursuit le Messin. Lequel, avec des dizaines de citoyens de tous les horizons et de tous les âges, a déjà aménagé treize jardins, dont certains atteignent les 80 m2.

Début 2015, l’un des deux grands pôles universitaires de la ville a été investi. De petites graines ont été semées autour de l’IUT de mesures physiques, installé sur un technopôle où les idées écolos ne sont pourtant pas légion : ici, on forme les ingénieurs du nucléaire ou des nouvelles technologies. « C’est parti de plusieurs enseignants, et les étudiants ont suivi. À chaque atelier — buttage des patates, récolte des courgettes... — les étudiants sont maintenant une quinzaine. Quand ils sont là, les passants s’arrêtent, discutent, s’informent. Ça donne clairement des envies. »

 


 

« Pédagogie de la gratuité et du bien commun »

Depuis quelques semaines, l’autre grand site universitaire de la ville a rejoint le mouvement. L’île du Saulcy, sorte de poumon vert de l’agglomération, accueille maintenant quatre buttes de permaculture ! « En une journée, nous avons monté tout ça, à vingt. Franchement, nous étions tous surpris », commente Yves, un étudiant en fac de lettres, qui est né et a grandi entouré de béton. Mais il s’est pris au jeu rapidement. « J’avais entendu parler de ce projet par une amie, et j’y suis allé sans trop savoir ce que j’allais y faire. Maintenant, je vais continuer. J’ai découvert que j’aimais bien jardiner ! »

À la maison de l’étudiant voisine, on se réjouit de cette action. Les zones vertes sont immenses sur cette île. Les tomates, radis et autres légumes ont toute leur place à côté des concerts et autres expositions proposées durant l’année. « Il y a une pédagogie de la gratuité et du bien commun qui est très intéressante dans tout ça. La terre appartient à tout le monde et avec un peu de travail, nous arrivons à produire les aliments qui nous nourrissent. Nous n’avons plus besoin d’aller au supermarché acheter des choses sur lesquelles des marges énormes sont prises, au détriment des paysans », explique Olivier Lallement, l’un des animateurs du lieu. Qui voit dans cette initiative les prémices d’une remise en cause d’un système à bout de souffle : « Il y a une prise de conscience chez les participants qu’un changement en profondeur est à opérer si on veut limiter les dégâts environnementaux et sociaux. À nous de jouer ! »

A Metz, les Incroyables comestibles pourraient bientôt essaimer dans d’autres lieux, notamment dans un foyer de jeunes travailleurs ou dans la court d’une école primaire.

 

 

Du potager des « bonnes sœurs » au jardin étudiant

À une cinquantaine de kilomètres de là, à Nancy, quelques étudiants de la résidence Boudonville, gérée par le Crous, cultivent leur propre potager. Ici encore, à l’origine, l’initiative émane des étudiants eux-mêmes. Plus modeste, leur terrain ne dépasse pas les 100 m2, et l’équipe d’apprentis jardiniers est relativement restreinte — jamais plus d’une douzaine — mais le projet a le mérite de perdurer depuis 2005, transmis d’année en année, d’une génération d’étudiants à l’autre. Voire, parfois, grâce aux habitants du quartier.

« La première année, j’ai vu arriver des étudiants pleins de bonne volonté, les filles avec des fleurs dans les cheveux, tout le monde y croyait. Ce sont eux qui ont proposé de reprendre le terrain pour le cultiver. Mais le public étudiant fluctue énormément d’une année sur l’autre », se souvient-on du côté de l’administration de la résidence, qui encourage l’initiative. « Et puis, les grandes vacances rendent la tâche compliquée. Un été, j’avais planté des échalotes et à mon retour, à la rentrée, tout était pourri », confirme un ex-étudiant de la fac de Lettres, située juste en face de Boudonville, qui est resté fidèle au potager.

 

 

D’après le récit local, avant les années soixante, Boudonville aurait été un immense potager et verger entretenu par des « bonnes sœurs », qui redistribuaient des légumes aux personnes nécessiteuses, aux hôpitaux ou aux maisons de retraite. Puis la résidence étudiante s’y est implantée, et après le départ de la première directrice du lieu, en 2000, le terrain épargné par les constructions est laissé à l’abandon. C’est donc par un travail de défrichage qu’ont commencé les jeunes à l’origine du jardin étudiant.

 

Non seulement s’opposer, mais aussi construire

« Le jardin potager de Boudonville, c’est la première approche que j’ai eue avec la culture de la terre. Après les cours, la tête bien remplie des théories accumulées durant la journée, ça nous faisait un bien fou de venir nous décharger sur notre parcelle de terrain », se rappelle William, 25 ans, qui compte retourner à la fac de lettres à la rentrée pour préparer le concours d’enseignement de l’histoire. C’est lorsqu’une association de culture libertaire s’intéresse au potager, en 2011, que le jeune homme va s’y impliquer.

« Je découvrais tout d’un coup, à ce moment-là, la politique, le militantisme... Dans cette association, nous apprenions à ne pas seulement nous opposer au système, mais aussi à construire de nos mains notre propre alternative, à proposer un projet autogéré. C’était une découverte essentielle pour moi. Militer en ville — en manifestant, par exemple — et parvenir à subsister de ses propres récoltes participe à une même façon de lutter. »

 

 

Une première expérience qui peut ouvrir la voie à d’autres possibles. Aujourd’hui, William veut construire sa propre maison, « une grosse cabane de 20 m2 », dans la Meuse, sur le terrain d’un ami qui fait pousser des plantes médicinales. En attendant, il vit chez un autre ami, maraîcher, et continue d’aller à Boudonville pour entretenir le potager.

Franck Dépretz et Sébastien Vagner

Cet article a été réalisé dans le cadre du projet Médias de proximité, soutenu par le Drac Île-de-France, en partenariat avec le Nouveau Jour J.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 13:18

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

Permaculture

L’extraordinaire productivité d’un petit potager de 50 m2 : un exemple pour nourrir la ville de demain ?

par

 

 

 

Dans la banlieue de Rouen, un jardinier amateur arrive à produire 300 kg de fruits et légumes par an, avec son potager d’à peine 50 m2. Et ce, sans pesticides ni engrais chimiques. Optimiser l’espace, favoriser les échanges entre végétaux, bien choisir les endroits où pousseront tels types de plantes, voici ses conseils en cinq grandes leçons. De quoi inspirer celles et ceux qui souhaiteraient développer l’autonomie alimentaire de leur quartier sans forcément disposer de grands espaces.

Là, des tomates rouges et noires qui commencent à grossir. Ici, des pieds de courges qui grimpent au-dessus de l’abri à bois. En dessous, des fraisiers et un myrtillier. 200 variétés de fruits et légumes différents s’épanouissent dans ce jardin de Sotteville-lès-Rouen, à dix minutes du centre de Rouen, la capitale normande. Une extraordinaire densité de végétaux répartie dans un espace de 150 mètres carrés. En plus d’être productif, le jardin resplendit sous le soleil de la mi-juillet. Quand ils ne jardinent pas, Joseph Chauffrey et sa compagne, les propriétaires, aiment profiter d’un petit carré d’herbe, à côté de la mare, où s’asseoir, lire ou boire une bière, et profiter des rayons du soleil après la journée de travail.

Cet incroyable petit potager n’est pas celui d’un maraîcher, travaillant d’arrache-pied pour y cultiver des légumes. Joseph Chauffrey est animateur en environnement à la Métropole Rouen Normandie. Et c’est sur son temps libre, en six ans, que ce passionné de permaculture a petit à petit construit son jardin... et une quasi autonomie alimentaire en légumes de son foyer ! L’année dernière, il a récolté environ 300 kg de courges, tomates, haricots, choux ou salades ! « Nous avons simplement dû acheter des pommes de terre, de l’ail et des oignons pour compléter nos propres récoltes, raconte Joseph. D’ici quelques années, nous devrions aussi être presque autonomes en fruits. »

Pour le jardinier, l’autonomie individuelle n’est pas un objectif en soi : « Si ma voisine produit des abricots et moi des salades, on peut se les échanger. L’autonomie strictement individuelle me dérange, mais celle d’un quartier ou d’une ville est intéressante. » Si Joseph Chauffrey calcule tout ce qui entre et sort de son jardin, c’est dans un souci de sensibilisation et de transmission, « pour montrer aux gens que c’est possible ». Son but : « Tenter de voir jusqu’où la productivité peut aller avec 45 mètres carrés cultivés, sans engrais chimique, sans produits phytosanitaires autres que ceux autorisés en agriculture biologique. Mais avec des connaissances et des techniques qui permettent d’accroître les rendements. »

 

Voici quelques pistes, non exhaustives, pour comprendre l’extraordinaire productivité de ce petit potager.

 

Piste n°1 : Aménager l’espace

« Quand on se lance dans la permaculture, il faut d’abord concevoir un plan d’aménagement de son jardin, qui, forcément, évoluera au fil du temps. Il s’agit de décider, en fonction de ce qu’il y a déjà sur son terrain et de ses souhaits, de la place de chaque élément. Nous voulions que notre jardin ne soit pas qu’un potager. Nous avons gardé un coin d’herbe, un endroit pour aménager un local à vélo. Nous ne voulions pas faire de concessions sur le confort de notre vie, au quotidien.

Parmi les éléments à placer, par exemple, il y avait le composteur, quatre bacs en bois qui servent à transformer les déchets organiques en compost. Nous l’avons placé auprès de notre maison, pour que l’on puisse y accéder de la terrasse, sans besoin de se chausser pour l’atteindre. Par ailleurs, il est dans un endroit relativement ombragé, ce qui limite son dessèchement.

 

 

Aménager le jardin, c’est aussi placer les végétaux en fonction de leurs besoins en lumière et de leurs interactions avec les autres végétaux. Mais aussi en fonction de la surface dont on dispose. Puisque notre jardin est petit, on utilise la verticalité pour trouver plus de place. Ces courges prennent un mètre carré au sol, puis grimpent au dessus des abris en bois où elles occupent plusieurs mètres carrés. Nous tentons d’optimiser au maximum l’espace dont nous disposons. En dessous du pied de courge, il y a des fraisiers. Il faut juste vérifier qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre les espèces de végétaux. »

 

Piste n°2 : Favoriser les échanges entre végétaux

« Sous la serre, je plante d’abord des carottes, puis je repique des tomates au milieu. Une fois que les carottes sont récoltées, je vais repiquer des végétaux en dessous des tomates, par exemple de la verdure asiatique, une sorte de salade, que j’aurais au préalable fait germer dans des mini-mottes [de petites alvéoles], trois semaines avant de les mettre en terre. Au départ, en raison de l’ombre des tomates, les plantes vivotent mais elles reprennent leur aise une fois les pieds de tomate coupés. Cette rotation rapide, sur une même parcelle, permet de produire plus.

 

 

Mais l’intérêt de mélanger la culture des légumes est aussi de favoriser les interactions entre les végétaux, ce qui leur sera bénéfique. Si mes carottes sont trop serrées, dans un même rang, la mouche de la carotte va se répandre rapidement d’un légume à un autre, et mes carottes risquent d’être détruites. Au contraire, si je plante mes carottes avec d’autres légumes, la propagation va s’effectuer plus lentement.

Le principe général est que nous avons intérêt à bien positionner chaque élément pour qu’il remplisse plusieurs fonctions. Et que chaque fonction du jardin soit remplie de plusieurs manières. Par exemple, j’ai positionné ma jardinière avec les tomates devant la baie vitrée de ma maison. Non seulement elle est située en plein sud, mais elle est aussi agréable à regarder de mon salon, auquel elle apporte de l’ombre. Autre exemple : la mare que j’ai installée. Elle accueille des insectes et est un abreuvoir à oiseaux, ces derniers étant très importants pour combattre des nuisibles, par exemple les chenilles. Elle tempère aussi la température du lieu. En été, elle amène un peu de fraîcheur. En hiver, il fera plus chaud autour d’elle.

 

 

Grâce à l’abondante biodiversité et aux interactions entre tous les éléments de mon jardin, ce dernier gagne en résilience face aux événements climatiques (par exemple une sécheresse) ou à l’attaque d’une maladie ou d’un ravageur. Cette année, la saison est moins bonne que les années passées. Surtout pour les légumes d’été que le froid et la grêle ont impactés (tomates, courges...). En revanche, certains légumes ont profité de l’eau abondante du mois de juin. Je n’ai jamais eu des récoltes aussi bonnes de fèves et pois par exemple ! Mais les années trop chaudes ne sont pas bonnes non plus... c’est le quotidien du jardinier que de “faire avec” le temps. »

 

Piste n°3 : Protéger le sol

« Pour assurer la bonne santé des végétaux, il est nécessaire d’apporter du soin à la terre cultivée. En effet, la fertilité du sol dépend de chaque être vivant qui participe au processus de décomposition de la matière organique.

Pour soigner la terre, il faut d’abord éviter le tassement. Si l’on marche sur la terre, l’air et l’eau circulent moins bien. La plante peine à récupérer les éléments nutritifs nécessaires à son développement. Pour éviter ce phénomène, nous avons installé des planches fixes et des planches déplaçables, qui structurent notre potager et évitent que nous marchions directement sur la terre. Nous avons également créé une butte de culture (voir la première vidéo) : en plus des végétaux en décomposition que nous avons enfouis en dessous, et qui assurent une bonne fertilité de la terre, nous n’avons pas à marcher à sa surface pour la cultiver.

 

 

Plutôt qu’une bêche traditionnelle pour retourner la terre, je privilégie le décompactage à l’aide d’une grelinette. Je peux ensuite affiner la terre au râteau. Seuls les légumes racines exigeants, comme les carottes ou les panais, exigent de retourner complètement le sol avec une fourche bêche.

En milieu urbain, le sol peut souvent avoir été maltraité par des travaux de rénovation. Pour l’améliorer et le « réveiller », on peut utiliser des engrais verts, qui fabriqueront de l’humus pour le potager. Du seigle, de la vesce, de la phacélie, du trèfle... On les sème sur les parcelles à l’automne et au printemps. Certains engrais verts, de la famille des légumineuses, vont fixer l’azote de l’air grâce à des bactéries logées au niveau de leurs racines. Une fois les engrais verts fauchés, leurs racines se décomposent dans le sol, libérant de l’azote assimilable par les plantes.

 

 

J’utilise le compost comme un engrais, au moment des semis ou des repiquages, en l’épandant à la surface de la terre, par exemple pour les salades, carottes, betteraves, haricots. J’en incorpore aussi dans un trou de plantation pour les cultures d’été très exigeantes en azote, par exemple les tomates et les courges. Enfin, je mélange du compost avec de l’eau, que je filtre, pour arroser ensuite des cultures exigeantes et des plantes en pots. »

 

Piste n°4 : Soigner chaque centimètre carré du jardin

« Une des clés pour augmenter la productivité du jardin, c’est de réaliser un travail très soigné, sur tout le jardin. Pour cela, il faut passer beaucoup de temps (voir la piste suivante), et ce n’est possible que parce que mon jardin est petit.

Par exemple, je prépare mes semis sur des mini-mottes. Cela a plusieurs avantages. Je mets une graine dans chaque motte, que j’abrite de la pluie et des limaces. Tous mes semis sont regroupés au même endroit : c’est pratique pour arroser et prendre soin de chaque plantule. Quand les plantules sortent de terre, je vais sélectionner celles qui sont les plus belles, pour les repiquer dans le jardin. Je laisse de côté les plantules qui me semblent fragiles.

 

 

Ensuite, je plante de façon très serrée dans le jardin. Sur cette même parcelle, je vais mettre des haricots, des choux, des salades et des radis. Chaque espèce grandit en fonction de ses besoins, sans gêner les autres. Les radis seront récoltés avant que les haricots ne prennent trop de place et ne les gênent.

Il faut ainsi tout le temps observer ce qui se passe dans le jardin, pour pouvoir réagir. Le matin, je fais un petit tour rapide, pour voir ce qui ne va pas. Si une feuille d’un plant de tomates commence à avoir le mildiou, je vais m’en apercevoir et couper la feuille atteinte avant que la tige ne soit malade. Il est primordial d’agir vite : en trois jours, le mildiou sera répandu et le pied sera mort. Il en va de même pour les choux : les chenilles peuvent se répandre à tous les plants, si tu ne les vois pas à temps. »

 

 

Piste n°5 : Passer du temps et expérimenter

« Mon jardin demande peu d’investissement matériel : j’ai acheté une serre, du petit matériel pour cultiver la terre. Par contre, cela exige du temps : je passe en moyenne dix heures par semaine l’été, et deux heures l’hiver. J’ai appris les bases lors de stages à la ferme du Bec Hellouin (lire notre article). Je lis beaucoup d’ouvrages sur le sujet, qui donnent des connaissances et des techniques [1].

Depuis l’été 2015, je teste la culture sur bottes de paille. C’est une technique, qui, à première vue, facilite la création d’un potager, notamment en milieu urbain où les espaces sont réduits, les surfaces minéralisées, la terre de mauvaise qualité. J’ai fait plusieurs tests en ajoutant dans les bottes de paille de l’urine ou de l’engrais commercial organique, pour apporter de l’azote, et des cendres qui contiennent du phosphore. J’ai ensuite planté des tomates cerise et des courges. Puis j’ai observé les résultats, en fonction des quantités et de la nature d’engrais apporté.

 

Les tomates cerise ont été extrêmement productives sur l’ensemble des trois bottes. Les courges l’ont été beaucoup moins. Les résultats me paraissent encourageants mais l’expérience demande à être renouvelée dans de nombreuses situations pour gagner en précision. Les bottes de paille peuvent représenter une bonne alternative au transport de terre lorsqu’il s’agit de cultiver « hors sol ».

 

 

Je vais utiliser cette technique de culture sur bottes de paille, en les superposant, pour faire un test avec des pommes de terre. J’aimerais travailler sur cette culture pour limiter l’emprise au sol des pommes de terre. J’aimerais aussi réussir à implanter un grand arbre fruitier, dans le jardin, par exemple un cerisier. Pour le moment, je n’ai pas encore trouvé d’emplacement, car un tel arbre induit beaucoup d’ombre. Je continue également à chercher des légumes cultivables en hiver, pour augmenter la production pendant cette période. »

Propos recueillis par Simon Gouin

 

Pour en savoir plus :


Cet article a été réalisé dans le cadre du projet Médias de proximité, soutenu par la Drac Île-de-France.

Notes

[1Une étude a été menée par l’institut national de recherche agronomique (Inra) entre 2011 et 2015 à la ferme du Bec Hellouin, pour savoir si le modèle de production maraîchère sur de très petites surfaces était rentable. La réponse est plutôt positive : entre 1300 et 1500 euros de revenus mensuels pour les deux associés, à raison de 43 heures de travail hebdomadaire chacun. Mais pour atteindre une telle rentabilité, il faut attendre quelques années (la ferme a été lancée en 2006). Il faut ajouter que les 1000 m2 cultivés s’insèrent dans un environnement de 20 hectares qui apportent des bénéfices non négligeables (et en cours d’étude) sur la vie de la surface maraîchère (arbres et haies qui hébergent des auxiliaires de culture et séquestrent du carbone dans les sols, pâtures, ruisseau et mares qui contribuent à créer un microclimat favorable)

 

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 15:17

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Economie sociale

Cette petite coopérative fromagère qui paie ses agriculteurs bien mieux que les géants agroalimentaires

par

 

 

 

Une petite coopérative fromagère de l’Aubrac paie ses éleveurs laitiers bien mieux que les géants agroalimentaires : ses adhérents reçoivent 80% de plus par litre de lait comparé aux prix pratiqués par Lactalis, Danone ou Bel. Quelle sont les clés du succès ? Ici, pas de multiples intermédiaires, ni d’actionnaires. Les coopérateurs misent sur des produits de qualité impliquant en amont de bonnes conditions d’élevage, et œuvrent à la maitrise des volumes. Une partie de l’argent sert également à rémunérer des remplacements pour améliorer le quotidien des adhérents, et aider des paysans à s’installer.

Les éleveurs laitiers ont dû se battre des mois pour que les « géants » du lait daignent leur accorder quatre petits centimes d’augmentation, soit 0,29 euros le litre garanti jusqu’à fin 2016. Un prix encore trop bas « pour couvrir les coûts de production et rémunérer le travail » (lire ici). Comment, dans ces conditions, trouver une coopérative laitière qui rémunère ses éleveurs correctement ? Il faut se rendre en Aveyron, dans les environs de Laguiole, village rendu célèbre par sa coutellerie.

La coopérative Jeune Montagne y fabrique des fromages de l’Aubrac ainsi que de l’aligot, cette purée de pommes de terre agrémentée d’une fondue de tome fraîche au lait cru et de crème. Elle fait aujourd’hui partie des coopératives qui rémunèrent le mieux ses éleveurs. Les 1000 litres de lait sont payés en moyenne 537 euros au paysan de la coopérative, quand le lait standard est actuellement payé moins de 300 euros. Une augmentation de 80% comparé aux prix pratiqués par les géants du secteur ! La clé ? « Il n’y a pas de caisse noire, ni d’intermédiaire, ni d’actionnaire. Les paysans sont responsables de la coopérative [1]. Une fois qu’on a payé les salariés et les différentes charges, ce qui reste c’est le prix du litre de lait. »

 

Le prix fixé en fonction de critères de qualité

Produire du lait en « appellation d’origine protégée » (AOP) joue aussi un rôle majeur. Les vaches de race Simmental ou Aubrac doivent passer 120 jours minimum en pâture, l’ensilage, l’enrubannage et les OGM sont interdits, l’aliment de base – foin, herbe – doit se faire sur l’aire d’appellation, le lait est crû et entier.... « Le respect de ce cahier de ressources nous fait déboucher sur des produits de qualité qui permettent de se positionner sur le marché », souligne Francis Sabrié, porte-parole de la Confédération paysanne de l’Aveyron.

La carotte plutôt que le bâton, c’est le fonctionnement adopté par la coopérative depuis sa naissance, en 1960, à l’initiative de quelques jeunes paysans, pour relancer la fabrication d’un fromage local, le laguiole. Jeune Montagne compte aujourd’hui 80 adhérents. En 2015, elle a collecté 17 millions de litres de lait, produit 1500 tonnes d’aligot et 650 tonnes de laguiole. « Le site de fabrication à Laguiole, c’est aussi 100 emplois, en comptant la direction, le secrétariat, les chauffeurs, les transformateurs, les fromagers... Soit un emploi pour un paysan », se réjouit Francis Sabrié.

 

Aide à l’installation de nouveaux paysans

« En fin d’année, une partie du résultat est mise en fonds propres pour les investissements et pour pouvoir infléchir la production en payant mieux le litre de lait sur tel ou tel critère. Quand on a arrêté l’ensilage pour passer au foin par exemple, la coopérative a mieux payé le lait qui était issu du foin. On l’a fait pour la qualité fromagère. » Plusieurs autres critères – rapport matière grasse / matière protéique, cellules, staphylocoque... – donnent également lieu à une prime fromagère. Jeune Montagne offre aussi une rémunération supérieure aux adhérents élevant des vaches de race Aubrac dans leur cheptel laitier. Car depuis les années 80, de nombreuses fermes se sont tournées vers la production de viande, et la race Aubrac a peu à peu perdu ses qualités laitières. Elle n’assure plus aujourd’hui qu’à peine 10 % de la production de lait de l’AOP Laguiole [2].

Préoccupée par l’amélioration de la qualité de vie des adhérents, la coopérative a décidé de monter un groupement d’employeurs sur ses fonds propres. Elle emploie quatre salariés pour permettre aux paysans de se faire remplacer, et réduire la charge de contrainte de la traite. Jeune Montagne propose également des aides à l’installation dont le montant varie entre 5 000 et 20 000 euros en fonction des situations. Elle a également mis en place un système de prêts à taux zéro plafonné à 30 000 euros – par associé et jusqu’à deux associés maximum – pour financer des équipements en cohérence avec le cahier des ressources AOP.

 

Se méfier de la surproduction

Malgré ces différentes initiatives, la coopérative va devoir baisser cette année le prix du litre de lait à 510 euros les 1000 litres. « Avec l’arrêt des quotas, des coopérateurs moins vertueux que la moyenne ont appuyé sur le champignon ce qui a conduit à une surproduction... On a en parallèle accueilli de nouveaux producteurs pour anticiper la suite, car certains éleveurs n’ont pas de successeurs. Ces différents facteurs ont amené à ce que trois millions de litres de lait non transformés soient vendus en 2015 sur le marché standard ce qui nous a plombé le résultat. »

Jeune Montagne a décidé de prendre les devants en 2016, en mettant en place trois prix pour le litre de lait afin de limiter la production, tout en cherchant de nouveaux marchés [3]. « Dès qu’on ne maitrise plus nos volumes, qu’on surproduit et qu’on n’a pas la capacité de vente en face, le prix du litre de lait baisse. Ça prouve que même si nous sommes dans une coopérative de proximité qui fonctionne, nous ne sommes pas étanches à la politique économique et agricole qui nous entoure. Reste que quand les paysans se prennent en charge, transforment et vendent leurs produits, ils s’en sortent mieux que quand ils sont simples pourvoyeurs de matières premières pour les industriels ».

Sophie Chapelle

 

Une autre version de cet article a initialement été publié dans le mensuel Campagnes Solidaires, en mai 2016.

Plus d’informations : www.jeune-montagne-aubrac.fr

Notes

[1Le conseil d’administration, élu par l’assemblée générale, est composé d’une vingtaine de paysans. Il est renouvelable par tiers tous les trois ans.

[2Afin d’assurer la production de lait nécessaire aux besoins de la coopérative, la race Simmental (originaire de Suisse) dont le lait est très riche en matière protéique et équilibré en matière grasse, a été introduite à partir des années 1980 sur le plateau.

[387 % de la production en 2016 sera payée au prix fort et 13 % sera payée avec une décote de 213 euros aux 1000 litres. Au-delà, la décote sera encore plus importante et dissuasive.

 

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Repost 0

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22