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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 21:02

 

Source : https://www.objectifgard.com

 

BESSÈGES L’ouverture d’une épicerie solidaire fait des heureux

Malik est à l'origine de l'ouverture de l'épicerie solidaire. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Malik est à l'origine de l'ouverture de l'épicerie solidaire. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

 

 

Depuis le 5 juillet, une épicerie pas comme les autres a ouvert ses portes à Bessèges. Elle propose des produits peu coûteux pour celles et ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts.

Cagettes de fruits et légumes à prix cassés, paquets de gâteaux à moins de un euro, maillot de bain à deux euros seulement… : la note n’est jamais salée lorsque les clients ressortent de l’épicerie solidaire de Bessèges. Installée au sein de la zone industrielle de Conroc, elle accueille depuis son ouverture de nombreux habitants du secteur qui n’ont pas toujours les moyens d’aller faire leurs courses dans les hypermarchés classiques.

« Il n’y a pas de travail ici. La zone est complètement sinistrée », déplore le Moliérois Malik Belazzoug, à l’origine du projet. Le quadragénaire, connu pour son engagement auprès de la jeunesse en difficulté, œuvre déjà au sein de l’entente sportive molièroise solidaire pour sortir certains de leur déchéance. Il a même réussi à faire signer des contrats aidés à deux d’entre eux. Et il n’a pas voulu en rester là. « J’avais envie de continuer à rendre service », confie-t-il pour expliquer l’ouverture de cette épicerie.

Aménagée dans un bâtiment de 150 m², les produits proposés sont issus du déstockage de certaines enseignes, sauf pour les fruits et légumes achetés chez un grossiste. « Rien n’est périmé », souligne t-il. En plus de l’alimentaire, des outils de bricolage en tous genres ou encore des accessoires sont aussi vendus à des coûts dérisoires. « Tout le monde peut venir s’approvisionner ici », insiste Malik. Au départ, ce sont d’abord les plus démunis qui ont poussé la porte du magasin avant d’être suivis par « des gens qui touchent le Smic et ne s’en sortent pas ».

Du mardi au dimanche, cinq bénévoles donnent de leur temps pour assurer le bon fonctionnement de l’épicerie. D’ici plusieurs mois, Malik espère embaucher un jeune en contrat d’avenir et faire ainsi un heureux de plus dans le bassin bességois.

Ouverture du mardi au samedi de 9h à 12h30 et de 16h à 19h30 et le dimanche de 9h à 13h.

 

Lire aussi :

MOLIÈRES-SUR-CÈZE Sortir les jeunes de leurs difficultés grâce au sport

 

 

Source : https://www.objectifgard.com

 

 

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 12:56

 

Source : http://alternatives.blog.lemonde.fr

 

 

Le Chef Raoni lance un mouvement mondial de défense de la planète

 
 
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Capture d'écran 2016-07-17 17.40.10

Leur appel au don rencontre un franc succès sur le web : depuis le 21 juin dernier, plus de 133 000 euros (sur un objectif de 150 000 euros) ont été collectés, et l’événement qu’ils préparent se veut unique dans l’histoire de l’Humanité. En rassemblant des centaines de représentants de peuples indigènes du monde entier et leurs principaux alliés, le Cacique Raoni, 86 ans, souhaite enfin concrétiser son aspiration à l’union mondiale des peuples.

 

Du cri d’alarme au cri de ralliement

« Il y a bien longtemps, un sage a dit « quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été pêché, alors on saura que l’argent ne se mange pas »… ce temps approche » déclare le chanteur Bernard Lavilliers, fraîchement revenu d’Amazonie, dans la vidéo ci-dessous :

Expliquant les raisons pour lesquelles les forêts sont saccagées (l’or, le minerais, le bétail, le soja, l’huile de palme, les grands barrages, etc.) et l’océan sur-pollué ou surexploité, il vient ainsi de rejoindre officiellement le rang des personnalités engagées auprès du Chef Raoni, représentant bien connu en France du peuple Kayapó, au Brésil. Avant lui, c’est l’acteur Pierre Richard, lui aussi face caméra, qui interpellait : « On ne peut pas continuer comme ça (…) investir pour les gardiens de mère nature, c’est investir pour nous-mêmes, nos enfants, nos petits enfants… »

 

Un soutien au mouvement des Gardiens de la Terre qui s’ajoute à celui de deux autres figures de l’écologie : Nicolas Hulot (président de la Fondation Nicolas Hulot) et Paul Watson (le défenseur de l’océan fondateur de Sea Sheperd) que l’on a plus souvent l’habitude d’entendre sur ces sujets

 

Tous s’unissent ainsi à la cause du Cacique Raoni et à la mission qu’il a confiée à l’ONG Planète Amazone. Objectif ? Réunir dans une dynamique encore inexistante les populations autochtones qui aujourd’hui représentent 370 millions d’individus regroupés dans plus de 70 pays, sur cinq continents. Si elles forment plus de 5.000 groupes différents et parlent plus de 4.000 langues, la plupart risquent de disparaître d’ici à la fin du XXIème siècle.

« L’alliance des gardiens de la nature vient d’un rêve du Grand Chef Raoni « , explique Gert-Peter Bruch, fondateur de Planète Amazone, « il veut générer une dynamique avec l’ensemble des peuples indigènes afin que leur cause soit plus efficace. Il ne s’agit pas pour eux de rester à l’âge de pierre, mais de s’intégrer à l’évolution sans subir les méfaits de la soit-disant ‘modernité’ des pays développés « . Raison, donc, de son appel au rassemblement véhiculé dans la vidéo suivante…

 

Sept autres chefs indiens tels que Davi Kopenawa Yanomami (rendu célèbre en France par le chef d’œuvre de l’anthropologue Bruce Albert « la chute du ciel »), les caciques Pirakuman et Aritana Yawalapiti ainsi que Afukaka et Tabata Kuikuro du parc du Xingu au Mato Grosso (qui ont fait face durant la dernière décennie à des déforestations records laissant peu à peu ce parc entièrement encerclé par les champs de monoculture de soja ou de coton ainsi que les pâturages) et Megaron Txucarramãe (le neveu de Raoni qui l’accompagne dans ces déplacements) se joignent à cette nouvelle dynamique.

 

Une alliance plus grande que nature

Lors du rassemblement organisé en septembre 2016 dans le village Kayapo de Piaraçu, des représentants indigènes et des personnalités engagées du monde entier seront invitées pour participer aux échanges (le tout sera filmé en caméra à 360°), mais aussi à l’ensemble des cérémonies et des présentations conçues pour faire aboutir la feuille de route et les propositions d’ores et déjà formulées par l’Alliance. « L’idée est que chaque année il y ait des rendez-vous en terres indigènes. C’est difficile d’allumer un calumet de la paix au sein de l’ONU, mais ça se fera au sein de l’alliance des gardiens de la nature. En s’organisant de la sorte nous serons en mesure de participer à la 22ième conférence internationale sur le climat (en novembre prochain à Marrakech, NDLR) et à tous les événements internationaux « , explique encore Gert-Peter Bruch.

De fait, les enjeux consistent aussi à jouer sur nos représentations de la Nature : les peuples indigènes en appellent à la diversité des cultures et des représentations pour répondre à l’urgence écologique. « Ces peuples entretiennent une relation ancestrale avec leur environnement, leur connaissance est basée sur d’autres approches que la science ou la technologie. Ils ne se sont pas déconnectés de la Nature et cherchent à préserver leurs savoirs, qui se perdent à une vitesse inégalée » note pour sa part Laurent Durieux, Conseiller Climat et Développement Durable de l’ambassade de France à Brasilia, membre organisateur. « Sans parler des jeunes indigènes qui ont honte de leurs origines et qui souhaite adopter sans concession le mode de vie occidental. C’est tout un système de réserves qui est en jeu. Il faut agir aujourd’hui car dans dix ans il sera bien trop tard « .

Pour Nicolas Bériot, ingénieur des ponts, des eaux et des forêts impliqué dans l’équipe organisatrice, « l’alliance va plus loin que les peuples indigènes, c’est un pont entre eux et ceux qui sont attachés à la défense de ces valeurs pour construire ensemble une nouvelle forme d’engagement. La maturité est venue pour une union sacrée d’hommes et de femmes conscients de leur dépendance à la terre « .

Si l’appel n’a à ce jour été lancé qu’en France, il va prochainement être lancé dans huit autres langues, avec un financement participatif spécifique pour le Brésil, afin que les fonds récoltés soient directement attribués à l’institut Raoni basé sur place. D’ici là, les organisateurs estiment que l’opération est déjà un succès : l’opération de financement participatif permet de faire connaître les combats menés par les peuples indigènes de façon inédite (les vidéos dépassent rarement les 100 000 vues, alors que le million a été dépassé sur cette opération). A moyen terme, la réussite s’évaluera sur la valorisation internationale du rassemblement (Gert-Peter Bruch est en train de réaliser un documentaire qui retrace la formation de l’alliance). Et à long terme, de fait, « ce sont la prise en compte et les retombées des propositions des peuples indigènes sur les solutions internationales apportées aux crises environnementales et climatiques que nous devrons évaluer » conclut Laurent Durieux.

Anne-Sophie Novel / @SoAnn sur twitter

 

 

 

Source : http://alternatives.blog.lemonde.fr

 

 

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 20:05

 

Source : http://positivr.fr

 

Eco cooler : un climatiseur gratuit, écolo et sans électricité !

 

Composé de matériaux de récupération, ce rafraîchisseur d'air peut être reproduit par n'importe qui pour trois fois rien. Et ça marche !

 

 

En matière d’économie d’énergie, les systèmes les plus rudimentaire sont parfois les plus surprenants. L’exemple qui va suivre en est la parfaite illustration : des ingénieurs du Bangladesh ont mis au point un climatiseur 100 % écolo… qui n’a besoin d’aucune électricité pour fonctionner ! Gros plan sur une invention exemplaire et pleine de bon sens.

L’Eco cooler (c’est le nom de ce drôle d’engin) a été créé par Grameen Intel Social Business, une entreprise qui oeuvre pour trouver des solutions technologiques accessibles à toute la population.

 

 

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Source : Grameen Intel

Pourquoi avoir travaillé sur une clim’ low cost ? Parce que le Bangladesh est très régulièrement soumis à de grandes chaleurs (jusqu’à 45°) et que la population en souffre énormément : la plupart des maisons sont en tôle et la température y atteint des sommets.

Le cahier des charges était donc simple, mais très ambitieux ! Il fallait mettre au point un rafraîchisseur d’air à la fois écologique, efficace… et bon marché ! Quelques mois plus tard, le défi est remporté haut la main : l’Eco cooler remplit toutes ces conditions…

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Source : Grameen Intel

A partir d’une simple planche et de quelques bouteilles en plastique, on peut désormais faire chuter la température de 5° en quelques minutes seulement !

Le principe est très simple. Pour le comprendre, faites ce test : si vous soufflez sur votre main avec votre bouche grande ouverte, vous sentirez un air chaud. En revanche, si vous vous pliez au même exercice avec la bouche ouverte à son minimum, vous sentirez un air froid. Pour baisser la température de l’air, l’Eco coller utilise tout simplement ce système de différence de pression !

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Source : Grameen Intel

Les bouteilles en plastique sont coupée sen deux puis fixées sur une planche. Cette planche est ensuite accrochée telle une fenêtre, côté goulots à l’intérieur de la maison. Ainsi, l’habitation est ventilée par un air naturellement refroidi !

C’est génial, mais ce n’est pas tout : Grameen Intel Social Business n’a aucune intention de se faire le moindre sou avec son climatiseur. L’entreprise a même mis les plans de son Eco cooler en ligne : ils sont libres de droit ! Ainsi, n’importe qui peut le reproduire chez soi.

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Source : Grameen Intel

Une manière intelligente de gagner en confort sans aggraver le réchauffement climatique, ni compromettre sa santé (contrairement aux clim traditionnelles). Et, en plus, ça encourage le recyclage des bouteilles en plastique !

 

 

 

Source : http://positivr.fr

 

 

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Source : http://www.feroce.co

 

 

 

 

 

Ils clouent des bouteilles en plastique à un morceau de carton et l’accroche à la fenêtre et l’air devient plus supportable.

 

Partout dans le monde, des personnes n'ont pas accès à certains luxes que les personnes dans les pays développés utilisent au quotidien : l'électricité, Internet, l'eau courante voire la nourriture et l'eau potable. Ajoutez à ça la chaleur étouffante de certains endroits tels qu'en Inde ou en Afrique et la moitié de la population est HS pour toute la journée. Mais leur cas n'est pas désespéré.

Au Bangladesh, plus de 28 000 personnes vivent à Daulatdia, un petit village du pays. Ils vivent dans de petites cabanes sans eau courante et où, à l'intérieur comme à l'extérieur, les températures peuvent monter jusqu'à 45°C.

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Il fallait vraiment faire quelque chose car la situation devenait insupportable. Ils ont alors inventé une climatisation sans électricité.

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Elle est créée à partir d'un carton sur lequel des bouteilles en plastique recyclées sont clouées. Le goulot et le fond des bouteilles est coupé et elles sont ensuite enfoncées dans les trous du carton (coupés au préalable).

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Une fois que toutes les bouteilles sont en place, le carton est fixé devant une porte ou une fenêtre. L'air est immédiatement plus frais.

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L'air chaud entre dans les bouteilles (de l'extérieur) et de l'air froid sort ensuite des trous. Les effets sont les mêmes lorsque vous soufflez de l'air en resserrant votre bouche. Essayez ! Avec la bouche grande ouverte, l'air ressort chaud, tandis que si vous soufflez en fermant légèrement la bouche, l'air est froid !

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Cette solution très simple, peut faire baisser la température d'une pièce d'environ 10°C. Un soulagement pour ces personnes qui vivent dans une chaleur extrême de jour comme de nuit.

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De nombreux villages dans le monde entier ont commencé à utiliser cette méthode simple et très efficace.

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Regardez la vidéo pour mieux comprendre comment ce système fonctionne :

 

 

 

Non seulement cette méthode permet d'apporter un peu de fraîcheur dans les cabanes étouffantes, mais en plus, cela encourage les gens à ramasser les bouteilles de la rue et à les recycler.

 

 

 

Source : http://www.feroce.co

 

 

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 19:55

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=gi3KMjSCzPw

 

 

Il fait pousser des plantes dans le désert - Folie Passagère 04/05/2016

 

Philippe Ouaki Di Giorno a la main verte : l’homme fait pousser des potagers dans le désert ! Cet ingénieur agronome a mis un point il y a 20 ans une technologie révolutionnaire : des granulés capables de nourrir des plantes sans avoir ou presque besoin de les arroser… Une découverte dont il fait profiter des pays où la terre est particulièrement pauvre et qu’il refuse de céder à des groupes industriels à la seule logique du profit.

 

Folie Passagère

 

Ajoutée le 5 mai 2016

"L'argent doit être une résultante, pas une finalité en soi". Philippe Ouaki Giorno a inventé une technologie révolutionnaire : des granulés capables de nourrir des plantes sans avoir besoin de les arroser. Depuis 20 ans, il partage son invention avec des pays où la terre est particulièrement pauvre et refuse de céder à des groupes industriels à la seule logique de profit.

 

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=gi3KMjSCzPw

 

 

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 20:50

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Le grand entretien

Tristan Harris : « Des millions d’heures sont juste volées à la vie des gens »

 

 

 

Cet ingénieur informatique a quitté Google après avoir été leur « philosophe produit ». Là-bas, il a réfléchi à des téléphones plus éthiques, qui ne nous feraient plus perdre de temps, en vain. Aujourd’hui, il veut déclencher une prise de conscience.

 

Tristan Harris a été le « philosophe produit » de Google pendant trois ans. Ça vous laisse perplexe ? Nous aussi, au début.

On a découvert cet ingénieur informatique américain formé à Stanford via un post de Medium passionnant titré « Comment la technologie pirate l’esprit des gens ». Il y explique (en anglais) comment les entreprises de la Silicon Valley nous manipulent pour nous faire perdre le plus de temps possible dans leurs interfaces.

Concrètement, Facebook a intérêt à ce qu’on scrolle son fil d’actu toute la journée, et pour ça, il nous détourne de notre intention initiale. Pour vérifier l’heure et le lieu du concert de ce soir par exemple, nous sommes obligés de passer par le newsfeed. C’est ce qu’il appelle des « stratégies de persuasion », et les ingénieurs de la Sillicon Valley l’apprennent à l’école.

Tristan Harris a créé un label, Time Well Spent, pour faire en sorte que les technologies nous redonnent du pouvoir au lieu de nous transformer en zombies boulimiques de notifications et de flux d’infos. Nous en avons discuté avec lui via Skype.

 

Tristan Harris à TedX Bruxelles

Tristan Harris à TedX Bruxelles - TedX
 

Rue89 : En tant que jeunes urbains connectés, on a parfois cette sensation d’étouffer de technologie, au point de vouloir parfois jeter nos smartphones par la fenêtre.

Mais est-ce que c’est si grave, pour toi ?

Ça nous rend vraiment fou, en fait (rire). Pour résumer, il faut penser ta vie comme une liste de choix. Là, maintenant, tu me parles sur Skype, et à cause des obligations sociales, ce serait grossier si tu commençais à regarder quelque chose d’autre.

Mais si d’un coup la conversation coupe, qu’est-ce qui détermine ce que tu fais ensuite ? Il y a une liste invisible de ce qui te semble le plus important ou le mieux à faire qui tourne dans ta tête.

Vivre, c’est choisir des choses dans cette liste invisible, ce menu. Et le problème est que notre téléphone met un nouveau choix au menu, qui sera toujours mieux en apparence, plus gratifiant, que la réalité. Ce n’est pas vrai, mais ça nous donne cette impression.

 

Economie de l'attention : que tu veux/ce que l'entreprise veux

Economie de l’attention : que tu veux/ce que l’entreprise veux - Blog de Tristan Harris

 

Sauf, sauf, si tu as une meilleure connexion aux autres : quand tu as une discussion vraiment passionnante pendant ton diner, tu ne vas pas te dire « c’est pas top, allons regarder s’il y a mieux sur Internet ».

Mais si tu t’ennuies, que tu fais la queue, ça aura l’air mieux, tu te dis que ce sera plus productif, que tu pourras apprendre quelque chose, que tu ne te sentiras plus seul, que tu pourras envoyer ce message en plus, etc.

Le téléphone sera cette chose qui rentre en compétition avec la réalité, et gagne. C’est une sorte de drogue. Un peu comme les écrans de télévision, mais disponibles tout le temps et plus puissants.

Le problème, c’est que ça nous change à l’intérieur, on devient de moins en moins patient avec la réalité, surtout quand c’est ennuyeux ou inconfortable. Et parce que la réalité ne correspond pas toujours à nos désirs, on en revient à nos écrans, c’est un cercle vicieux.

Ce qui est mauvais, c’est que nos écrans, en nous « remplissant », tout en nous donnant faussement l’impression de choisir, menacent notre liberté fondamentale de vivre notre vie comme on l’entend, de dépenser notre temps comme on le veut. Et remplacent les choix que l’on aurait fait par les choix que ces entreprises veulent que l’on fasse.

 

Ça ne risque pas de s’arranger, j’imagine…

C’est vrai. Parce qu’on est dans une économie de l’attention, avec une compétition entre les applications, ça va devenir de pire en pire.

Comme la réalité virtuelle ou immersive, qui va devenir plus persuasive que la réalité physique. Et qui voudrait rester dans le réel quand on lui propose de faire l’amour avec la personne de ses rêves ou d’aller cueillir des arcs-en-ciel ? Et je ne suis pas dans un truc futuriste là, Facebook a déjà sorti son Oculus Rift.

 

Mark Zuckerberg au Mobile World Congress de Barcelone, le 21 février 2016

Mark Zuckerberg au Mobile World Congress de Barcelone, le 21 février 2016 - Facebook

 

Ce serait quoi un design « éthique », du coup ?

Ce serait des technologies qui nous rendraient notre liberté de choix. Si ton téléphone fonctionnait pour toi, il ne te dirait pas, comme aujourd’hui « voici tout ce que tu es en train de manquer ». Il ne te ferait pas entrer dans cette matrice créée de toutes pièces.

En fait, il y a un phénomène d’addiction à ces sollicitations. La première chose que font 80% des gens le matin, c’est d’allumer leur téléphone. C’est quelque chose qui va exister de toutes façons, donc la réponse n’est pas : jetons la technologie par la fenêtre.

La réponse à l’addiction n’est pas l’abstinence parce que ça serait transféré ailleurs. La réponse à l’addiction est de connecter les gens entre eux. Il y a beaucoup de recherches en ce moment là dessus : si tu mets des gens addicts dans une communauté très forte, alors ils ne se sentent plus seuls, et ils ne sont plus accros.

Pour que les technologies nous aident à combler ces besoins humains fondamentaux au lieu de prendre leur place, il faut qu’elles changent. Ce ne sera pas quantitatif comme avoir moins de notifications. Tous ces écrans seraient radicalement différents, ils créeraient, par design, du lien social.

 

« Wall-e » (film de 2008), que Tristan Harris prend en exemple - Andrew Stanton
 

Par exemple, au lieu de se coucher le soir ou de se lever le matin en ouvrant Facebook et en se comparant à tous nos autres amis, notre téléphone nous ferait de la place pour nous connecter aux gens auxquels on tient. Si on fait du yoga le matin, ça n’ouvre pas une application de yoga, mais ça te propose de le faire avec tes amis, ceux qui en font en même temps que toi.

 

Mais Facebook et d’autres créent du lien social. Ça me permet de garder contact avec des amis à l’autre bout de la terre par exemple.

Il faut se garder de penser en noir et blanc. Oui, d’une certaine façon la technologie est fantastique, elle fait plein de trucs incroyables. Mais il y a aussi un tas de ratés, si on veut, qui ont pour conséquence que les gens se sentent très mal.

Par exemple, LinkedIn, occasionnellement, nous aide à trouver un boulot. Tous les jours des gens y vont pour travailler et cette entreprise, au lieu de se demander comment les aider à ça, se demande « comment je fais pour qu’ils passent le plus de temps possible dans mon application » ?

C’est un peu tendu de dire ça, mais bon, c’est comme réveiller des gens qui sont dans une secte, qui croient en un système qui est vraiment puissant et fait vraiment des choses pour eux. Et c’est très inconfortable pour eux de voir la vérité en face, que ce système n’est pas totalement bon.

 

Comment es-tu devenu conscient de ces problèmes ?

Ça a commencé quand j’étais magicien — je n’étais pas un magicien très sérieux, je n’ai donné qu’un spectacle en terminale (rire). Mais il y a une façon de penser que la magie t’enseigne. Au lieu de penser à ce que l’esprit peut faire, il faut trouver ces petites asymétries de perception. Ce qui veut dire qu’il y a des choses qu’un magicien fait et que le public ne verra pas. Même si, quelque part, c’est juste devant leur nez. Ça t’enseigne les limites de l’attention et du choix.

Plus tard, à l’université, j’étais un ingénieur traditionnel en informatique à Stanford, j’ai travaillé chez Apple dans les logiciels en tant que stagiaire, à 19 ans, et j’étais très enthousiaste à l’idée que la technologie nous donnerait du pouvoir — il y avait Steve Jobs qui disait que les ordinateurs pouvaient être des bicyclettes pour notre esprit, nous donner le pouvoir de penser et d’agir différemment.

Ma dernière année à Stanford j’ai choisi le cours pour devenir membre du laboratoire de persuasion technologique de Stanford. Qui était assez connu en fait pour enseigner aux étudiants comment entrer dans la psychologie des gens, et rendre les produits plus persuasifs et efficaces.

« Persuasifs », ça semble bizarre comme mot dans ce contexte, mais ça veut dire : comment tu conçois un formulaire pour que les gens le finissent ? Si tu veux que quelqu’un ouvre un mail, comment tu le fabriques pour que ça soit le cas ?

On a appris toutes ces techniques, qui ressemblent à celles des magiciens. Dans ce cours, un des fondateurs d’Instagram était mon partenaire projet, et aussi beaucoup de gens qui avaient rejoint Facebook, qui sont ensuite devenus des designers et des psychologues importants dans l’entreprise. Donc j’ai vu sous mes yeux cette connexion entre les étudiants qui s’entrainaient à toutes ces stratégies et ces entreprises, qui utilisent ces principes tout le temps. Parce que c’est la clé du succès économique, faire en sorte que les gens passent le plus de temps possible sur leurs services.

La question est : quelle est la morale derrière ? Comment tu définis le bien ? Parce que ces gens, qui n’ont pas de mauvaises intentions en soi, ne sont pas des philosophes de 90 ans, mais de jeunes designers vivant à San Francisco.

 

Tu étais l’éthicien de Google pendant trois ans ou le «  philosophe produit  », ça veut dire quoi ?

En fait, j’ai été embauché chez Google après le rachat d’une application que j’avais lancé, Apture, qui était une sorte d’interface pour souligner et commenter des pages web.

Là-bas, j’ai rencontré des gens qui concevaient la sonnerie du téléphone, j’allais à des réunions où les gens se disaient « envoyons une notification à chaque mail ». J’étais dans des équipes qui allaient façonner l’attention de milliards de personnes.

Parce que j’avais été magicien, que j’avais appris la persuasion technologique à Stanford, je voyais à quel point Google et d’autres compagnies dans la tech allaient affecter la vie des gens et ça me préoccupait. Surtout qu’il n’y avait pas du tout de réflexion là-dessus, on ne se demandait pas si ça allait être bon pour les gens. Et c’est normal, parce que c’est difficile de prendre ses responsabilités pour tout l’impact que tu as. C’est un travail difficile déjà de faire marcher ces objets, donc si en plus tu dois penser à l’impact sur les utilisateurs, ça fait beaucoup.

Après un an là-bas donc, je pensais déjà à partir, et je sentais qu’il y avait ce débat qui manquait à Google. Donc avant de quitter l’entreprise, j’ai décidé de faire une présentation, un manifeste.

J’y ai expliqué comment une poignée de personnes, des hommes pour la plupart, vivant à San Francisco, décidaient de la façon dont des milliards de personnes dans le monde utilisaient leur attention.

Ce ratio n’a jamais existé auparavant : qu’un si petit nombre de personnes deviennent les architectes en chef de ces sortes de villes invisibles qui connectent des milliards de gens entre eux, pas par des routes mais par le design d’un téléphone.

C’était un gros succès et on m’a offert de rester, ce qui était très généreux, pour penser et travailler sur ce problème qui pourrait être résumé par : « Si un petit groupe de gens décide pour une masse de personnes, quelle éthique devraient-ils utiliser ? »

C’est très difficile mais on doit résoudre ce cas d’école parce que c’est ce qui est en train de se passer. Pendant trois ans, j’ai appris et lu beaucoup, j’ai inventé de nouveaux concepts, de nouvelles distinctions, un vocabulaire pour aider à penser ça.

 

Mais ça a mal tourné ?

En réalité, c’est difficile pour ces problèmes de devenir une priorité, quand l’entreprise doit atteindre ses objectifs du trimestre. Il y a des milliers de personnes dans ces entreprises qui sont accaparées par le produit qu’on doit sortir prochainement. Quand Apple fait une montre, Google doit faire une montre, et que la montre capte l’attention des gens ou les rende fous, n’était qu’une arrière-pensée, et encore.

Je ne suis pas parti parce que j’étais en colère, mais parce qu’une conversation très très importante n’avait pas lieu dehors sur comment ces technologies affectent les gens.

 

En partant de Google, en 2014, tu as décidé de créer ce label, « Time well spent », pour distinguer les technologies qui nous aident à mieux utiliser notre temps et redonne du pouvoir aux utilisateurs. Ça marche ?

Il y a pas mal de gens de l’industrie dans ce label, qui ont eu cette prise de conscience. On a fait des ateliers pour apprendre aux designers comment faire différemment. Mais en fait on s’est rendu compte qu’il était trop tôt pour ça. Il faut d’abord les convaincre que ça a du sens.

Pense au label bio, par exemple. Ça ne s’est pas fait d’un coup : « Coucou, il y a le bio, on en a fait un label, et voilà. » Ça a pris bien quinze ans pour sortir. Avant le bio, les gens se disaient « la nourriture c’est de la nourriture, je l’achète, je la mange, et voilà ».

Ce qu’a fait le bio, c’est créer un débat. Le système agro-industriel, comme la technologie, on le subit, ça nous influence, on est dedans, et le bio était cette prise de distance, qui a fait qu’on s’est demandé : D’où vient ma nourriture ? Est-ce que c’est vraiment ce qu’on veut ? Est-ce qu’on peut construire le système différemment pour que ça nous redonne du pouvoir ?

Et là, c’est encore plus difficile à labelliser, ce n’est pas juste enlever des produits chimiques. Avec cet obstacle : il n’y a pas assez de place laissée aux développeurs pour qu’ils imaginent des alternatives. Par exemple Apple ne va pas te laisser faire ton propre écran d’accueil, ou Android, c’est plus ouvert mais ça reste compliqué. Donc comment les consommateurs peuvent faire pression publiquement sur ces entreprises s’ils ne savent pas à quoi ça ressemblerait ?

Maintenant, la meilleure chose qu’on peut faire, c’est de déclencher une prise de conscience massive. ll faut prendre la parole tous ensemble si on veut que ça devienne une priorité.

Ce n’est pas le principal problème de l’humanité, c’est vrai, mais par exemple, la question de la vie privée, on en parle énormément. Parce que c’est un concept intuitif en fait : « Ne prends pas mes données. » Mais il y a cette autre chose : des millions d’heures sont juste volées à la vie des gens, manipulés tous les jours de leur vie, et il n’y a pas un seul débat public là-dessus !

 

Est-ce que ce débat est porté par d’autres personnalités aux Etats-Unis ou ailleurs, à ta connaissance ?

Je ne dis pas ça pour passer pour un prophète, mais non. Je vais être téméraire et dire : c’est une vérité inconfortable à regarder. Les gens de l’industrie n’auront pas cette conversation.

Parce que disons que tu travailles à LinkedIn ou Twitter : ta possibilité de nourrir tes enfants, de leur payer une école, de vivre dans une ville aussi chère que San Francisco (qui est très chère), dépend de la possibilité de maximaliser le potentiel économique de ces technologies. Donc tu ne veux pas creuser vraiment à l’intérieur de cette vérité.

 

Justement, concevoir des technologies qui nous feraient perdre moins de temps et nous rendraient notre liberté de choix, c’est tellement opposé aux intérêts économiques de l’industrie actuellement que ça me rend pessimiste.

J’entends ça. Je me sens aussi, pas pessimiste, mais frustré, que notre système soit si éloigné de ce qui serait bien pour les gens. Mais je veux vraiment qu’on capte l’attention de deux entreprises :  Apple et Google. Non pas parce qu’elles sont bonnes ou mauvaises, mais parce que ce sont celles qui ne vivent pas du temps que tu passes sur Facebook ou sur n’importe quelle application, ce n’est pas leur métier.

Ce sont les « gatekeepers », les principaux acteurs du marché. Pour filer avec la métaphore du bio, qui décide s’il y a des étals bio ou pas ? Ce sont les gens qui fabriquent les passerelles, ce sont les supermarchés pour le bio et en technologie ce sont les téléphones.

Il y a un espoir si on met la pression sur ces entreprises, pour qu’elles fabriquent un nouveau portable. A la place de sortir un portable qui brille dans le noir par exemple, ça pourrait être un portable « Time well spent », qui t’aide à mieux utiliser ton temps.

 

Qu’est-ce qu’on peut faire en attendant que Google et Apple se réveillent, si on veut dépenser mieux notre temps  ?

Pour ceux qui se sentent concernés par le problème, et veulent le faire, j’ai quelques conseils. Pour résumer :

  • Réduire le nombre de perturbations. Il y a un tas de recherches qui montrent que ton horloge interne, et de pensée, est perturbée par des interruptions trop fréquentes. Donc il faut changer tes réglages pour ne plus avoir de notifications, sauf les messages les plus urgents de véritables personnes. Ne pas mettre de notifications pour les mails par exemple, beaucoup de gens le font — très mauvais selon moi.
  • Réorganiser ton écran d’accueil. Il faut qu’il y ait le nombre minimal d’icônes dessus et que les applis qui y sont soient des outils basiques dans lesquels tu rentres et tu sors : le calendrier, les GPS, etc. Ce ne sont pas des applis qui vont t’embarquer là où tu ne veux pas aller, contrairement aux mails par exemple.
  • Ces autres applis, qui fontionnent, en gros, comme des écrans de télé, il faut les mettre dans des dossiers, sur le second écran. Et pas besoin d’organiser parfaitement ces dossiers. C’est pour éviter de faire cliquer inconsciemment sur l’icône lumineuse de l’application, parce que c’est ce qu’on fait le plus souvent.

 

Ça marche, tu te sens devenir moins fou qu’avant ?

Un peu. C’est important pour moi d’incarner ce que je prêche et je fais ce que je peux mais je reste très connecté, évidemment, je suis dans la sphère publique, donc j’ai beaucoup de sollicitations. Je veux faire plus.

 

Pour contacter Tristan, on a dû passer par une interface spécifique, qui priorise les sollicitations pour lui

Pour contacter Tristan, on a dû passer par une interface spécifique, qui priorise les sollicitations pour lui - Tristan Harris
 
 
 
 
 
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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 19:53

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=rVStFHRfOnc&feature=youtu.be

 

 

Note perso : Bonne vidéo, mais y inclure la chasse comme argument, pas d'accord.

 

Zones humides, zones utiles : agissons !

 

 

 

Ajoutée le 23 mars 2016

La moitié des zones humides ont disparu au cours du siècle denier. pourtant, elles offrent de nombreux services gratuits. Mobilisons-nous d'urgence !
Protéger les zones humides, c'est bon pour l'économie et l'attractivité des territoires.

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=rVStFHRfOnc&feature=youtu.be

 

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 18:52

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Solidarités

Conjuguer accueil des migrants, écologie et émancipation sociale : l’étonnant exemple de Grande-Synthe

par

 

 

Grande-Synthe, dans le Nord, est l’une des rares villes qui accueillent des centaines de migrants dignement. Malgré 30% de sa population active au chômage et un tiers de foyers vivant en dessous du seuil de pauvreté, c’est aussi là que se mènent des politiques écologiques et sociales ambitieuses. Le maire Damien Carême et son équipe y soutiennent une université populaire au service des habitants, y ont créé le premier stade à énergie positive de France et bâtissent un éco-quartier accessible aux populations pauvres. Un volontarisme politique auquel s’ajoute la solidarité à l’égard des réfugiés de passage vers l’Angleterre, bien loin du sort réservé aux migrants des bidonvilles glauques de Calais. Reportage.

Jusqu’il y a peu, le nom de Damien Carême était bien moins connu que celui de Natacha Bouchart, son homologue calaisienne de la droite dure, proche de Nicolas Sarkozy. Comme elle pourtant, le maire écologiste de Grande-Synthe a dû gérer sur sa commune, et dans des proportions comparables, l’arrivée depuis près d’un an d’un nombre conséquent de migrants qui souhaitent se rendre en Angleterre. Ce sont pour l’essentiel des Kurdes d’Irak. Ils ont représenté jusqu’à dix pour cent de la population locale – 21 000 habitants – en décembre dernier. La réponse humaniste et déterminée de Damien Carême et de son équipe, face à une crise humanitaire sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale, fait que toute comparaison s’arrête là. La ville de Grande-Synthe a créé le premier camp français aux normes du HCR, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés. Cet épisode très médiatisé a révélé par ailleurs une ville pionnière dans l’aménagement du territoire, qui s’efforce de conjuguer écologie et lutte contre les inégalités sociales.

 

La ville qui inventa le « revenu social garanti »

La maison communale de Grande-Synthe est à l’image de la ville : un bâtiment de briques rouges, inauguré en 1978. Elle jouxte une cité HLM et son immense jardin partagé. On ne vient pas à Grande-Synthe, troisième localité de la communauté urbaine de « Dunkerque grand littoral », pour les richesses d’un patrimoine historique entièrement disparu. Malmené en 1940, le secteur a été détruit par l’armée allemande en septembre 1944. Après l’installation de l’usine sidérurgique d’Usinor en 1958, le modeste village de maraîchers a connu une explosion urbaine. C’est aujourd’hui une ville en grande difficulté, avec 28% de la population active au chômage, soit un taux près de trois fois supérieur à la moyenne nationale, un faible niveau de qualification et un tiers de foyers vivant en-dessous du seuil de pauvreté.

En 1971, une première équipe municipale, portée par René Carême, père du maire actuel, mène une politique volontariste pour doter la ville d’équipements sociaux et culturels. Électricien syndicaliste formé à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), membre du Parti socialiste, l’édile a pour devise « partage de l’avoir, du savoir et du pouvoir ». Il double la taxe professionnelle – elle représente aujourd’hui 90% des revenus de la ville – et ouvre ainsi la voie à une politique publique ambitieuse, notamment la création d’un « revenu social garanti », qui annonce le RMI mis en place en 1988 par Michel Rocard. René Carême quitte la mairie au cours de son quatrième mandat en 1992. Son fils Damien reprend le flambeau en 2001, trois ans avant que son père ne s’éteigne comme il a vécu, dans un modeste HLM.

 

Énergies renouvelables et transport gratuit le week-end

Socialiste passé à Europe Écologie - les Verts en 2014, Damien Carême multiplie les exploits environnementaux en milieu hostile, influencé par le « mouvement de transition » qui émerge de l’autre côté de la Manche [1]. Entourée de 14 sites classés Seveso, à quelques kilomètres de la plus grosse centrale nucléaire d’Europe de l’Ouest, Grande-Synthe est devenue la capitale mondiale de la biodiversité en 2010. Plus de la moitié de l’énergie consommée par la ville est renouvelable : panneaux solaires, éoliennes, « gaz vert » issu pour l’essentiel de la méthanisation des déchets ménagers. Les espaces verts représentent 127 mètres carrés par habitant – quatre fois plus que la moyenne nationale. Les transports en commun sont gratuits le week-end sur l’ensemble de la communauté urbaine, dont Damien Carême est le délégué à la transformation écologique et sociale, à l’environnement, à l’énergie et aux transports. En 2014, il est aussi devenu le président de l’association des maires ville et banlieue de France (AMVBF).

L’un des fleurons de cette politique novatrice est le « stadium du littoral », qui s’étend sur douze hectares avec trois terrains de rugby, deux de football, un pas de tir à l’arc, une piste de jogging et un anneau cycliste. Inauguré en 2011, il est aujourd’hui, grâce à l’acquisition d’une éolienne en 2013, le premier stade à énergie positive de France. L’autre exemple que l’élu aime citer, c’est l’écoquartier de Basroch, lancé en 2013, qui comptera une densité moyenne de 50 logements par hectare, 40% de logements locatifs sociaux et un îlot d’habitat participatif. Basroch est par ailleurs le siège de l’atelier université populaire et accueillait jusqu’en mars une population de migrants dont le nombre a littéralement explosé en 2015, amenant le maire à créer un nouveau camp.

 

Une université populaire au service des habitants

Le maire de Grande-Synthe a également soutenu la création d’une université populaire, financée par la mairie. Objectif : renouer avec l’éducation populaire et sa pédagogie de l’émancipation, délaissée par la gauche depuis trente ans. Ici comme ailleurs, le maire privilégie l’implication des futurs acteurs du lieu. « Je me fiche des diplômes, ce que je veux, ce sont des militants », explique-t-il sans détour. « La sociologie mène à tout », sourit Julian Mierzejewski, fonctionnaire municipal et animateur de l’université populaire, alors qu’il trie des graines sur la table de la « maison écologique », un prototype d’habitat à très haute performance énergétique perçu à la fois comme outil pédagogique et vitrine de l’architecture durable.

 

 

Julian Mierzejewski, militant dans l’âme, reste au fond toujours un peu étonné de pouvoir vivre pleinement son engagement comme fonctionnaire municipal. C’est lui qui anime l’Atelier université populaire. © Olivier Favier

Ce grand chalet de deux étages héberge une large part des activités de l’« Atelier », du nom de l’université populaire locale. C’est ici que, trois fois par semaine, des écrivains publics bénévoles aident des habitants à remplir un dossier, rédiger un courrier administratif, compléter un formulaire. « L’idée, confie Julian, c’est aussi que les classes moyennes s’allient avec les classes populaires. » À l’Atelier, les jardiniers viennent chercher conseils et semences. Derrière la baie vitrée, s’étend un jardin-pilote destiné entre autres à alimenter en graines les cinq jardins populaires de la ville, plantés en pied d’immeuble. Les parcelles sont accordées gratuitement à qui en fait la demande, en fonction des disponibilités. Si les clôtures qui ferment les jardins sont aisément franchissables, les dégradations constatées sont minimes.

L’atelier accueille aussi des actions autour de la « fabrique de l’autonomie » : on y apprend à concevoir ses produits ménagers, économiques et écologiques, ou encore à lire sa facture d’eau – en détectant, par exemple, les doubles facturations. Alliant savoir et savoir-faire, l’Atelier organise des projections et des conférences-débats bimensuelles destinées à apporter une information alternative à celle des médias traditionnels, mais aussi des cafés-citoyens basés sur l’échange des savoirs et des idées. Jusqu’à 400 personnes y participent. Enfin, pour donner accès à tous à des produits de qualité, un groupement d’achats a été constitué pour l’acquisition en gros, directement aux producteurs, de pain, de fruits et de légumes de qualité, bio si possible, et locaux.

 

Que faire face à l’arrivée de 3000 réfugiés ?

« Ces dix dernières années, explique Damien Carême, il n’y avait sur le territoire de Grande-Synthe qu’un groupe de trente à quatre-vingt-dix migrants. Ils ne restaient que quelques jours, le temps d’embarquer dans les camions en halte à la station-service sur l’autoroute qui mène à l’Angleterre. » Durant l’hiver 2008, où la température est descendue à -15°, l’installation de cabanes en bois a été testée pour la première fois à Basroch, dans la zone où se projette aujourd’hui le nouvel écoquartier. Mais après le blocage complet de la frontière à Calais, à l’été 2015, la situation devient préoccupante [2]. Fin septembre, on dénombre plus de 500 personnes, plus du triple fin novembre, puis 2800 fin décembre, dont 300 enfants. Les conditions sanitaires sont alors pires qu’à Calais, les maladies se répandent : rougeole, varicelle, gale ou tuberculose.

La nécessité d’un camp apparaît comme la seule solution envisageable, d’autant que Médecins sans frontières (MSF) s’engage à prendre en charge une très large partie des frais de création : 2,5 millions d’euros. La ville avancera les 700 000 euros restant, comptant sur un remboursement de l’Union européenne pour ne pas peser sur le budget des habitants. Le préfet ne s’y oppose pas mais émet un avis défavorable, prétextant des raisons de sécurité. L’expertise de MSF et la détermination du maire ont raison de ces atermoiements. Le camp est créé en mars à la Linière, une zone à l’écart de la ville, entre la gare de marchandises et l’autoroute, alors que la population de réfugiés est désormais de 1300 personnes. Une pétition lancée en opposition à la création du nouveau camp ne recueille que quelques dizaines de signatures. « Je crois que les gens sont plutôt fiers de l’image de leur ville », pense Damien Carême.

 

« Mon salaire ici, ce sont les sourires des enfants qui font du vélo »

Pour que le camp puisse fonctionner, il faut compter sur la présence simultanée de 120 personnes, dont une écrasante majorité de bénévoles. Ceux-ci sont dans un premier temps coordonnés par Utopia 56, une association de Lorient créée par Yann Manzi, gestionnaire de campings dans les festivals de musique – notamment Les Vieilles Charrues. « Je ne veux pas être payé, je gagne bien ma vie par ailleurs, répète cet intermittent du spectacle qui alterne des cycles de travail intense et des périodes de relâche, mon salaire ici, ce sont les sourires des enfants qui font du vélo. » Sa proposition de créer une équipe professionnalisée est refusée et une association locale entre en lice fin avril : l’Afeji, qui lutte contre l’exclusion. Elle a signé, ce 30 mai, un accord tripartite avec la ville de Grande-Synthe et l’État. Ce dernier prendra en charge « le nettoyage des sanitaires, le gardiennage 24 h sur 24, la médiation sociale et la sécurité ». Vêtements et nourriture seront toujours assurés par les bénévoles.

 

 

Les cabanons sont prévus pour accueillir 5 personnes. Lorsque les migrants rejoignent l’Angleterre, il n’est pas rare que le passeur conserve les clés du cadenas et cherche à louer l’accès du logement aux nouveaux venus. © Olivier Favier

Au cœur du camp, Fulgence s’est chargé de monter une école avec l’association Edlumino, qui réunit des enseignants français et britanniques venant en aide aux enfants dans les camps de réfugiés. Un bâtiment est destiné à accueillir les enfants de 3 à 7 ans, un second ceux de 7 à 17 ans. Parallèlement à l’enseignement de l’anglais, celui du français, encore sous-représenté, apparaît essentiel. Désormais 20% des migrants présents sur le camp font une demande d’asile en France. Le 12 mai, le préfet de région a annoncé son désir de scolariser les enfants « dans les écoles de la République », une préoccupation pour le moins surprenante quand on connaît le peu d’attention porté par les institutions aux mineurs de Calais, dont beaucoup sont sans famille.

 

L’État va-t-il fermer le seul camp de réfugiés à peu près digne

Les bénévoles qui sont sur le camp de Grande-Synthe viennent d’Angleterre, de Belgique, d’Allemagne, de toute la France. Ils y demeurent le week-end ou plusieurs semaines, parfois quelques mois. Tous ou presque sont logés pour cinq euros la nuit dans les bungalows d’un camping environnant. L’intérêt des tâches évolue bien sûr avec la durée du séjour. Les migrants vient sur le camp en moyenne plusieurs mois. Avant que l’État n’annonce son projet de reprise en main du camp, l’idée était d’évoluer vers une gestion mixte, de plus en plus autonome. L’organisation quotidienne n’est pas seulement logistique. De jour et surtout de nuit, il faut lutter contre l’influence des passeurs, souvent armés. De nombreux réseaux ont été récemment démantelés.

 

 

« Je laisse la police et la justice faire leur travail », répète Damien Carême, qui tient cependant à ce que la présence des forces de l’ordre aux abords du camp soit réduite et discrète. La sécurisation des abords, notamment les entrées et sorties des véhicules, est pour l’instant gérée par les bénévoles. Jusqu’à ce jour, il n’était pas question de contrôler les allers et venues des habitants, comme cela se fait à Calais dans le camp de containers. Ici, la priorité est d’apporter un minimum de confort et à faire, autant que possible, de ce lieu de passage un espace convivial et accueillant. La prochaine étape est l’érection d’un mur anti-bruit, pour protéger les migrants des nuisances sonores de l’autoroute et empêcher les incursions dangereuses sur la chaussée.

La gestion annuelle du camp a été estimée initialement à 4 millions d’euros. Très loin du budget de 18 millions d’euros du centre d’accueil Jules Ferry à Calais pour un nombre équivalent de migrants ! Ou des 54 millions d’euros dépensés pour la mobilisation de 18 unités de forces mobiles affectées à la surveillance du bidonville et de la zone portuaire. À la mi-mai, l’État semble faire de sa reprise en main du projet de Grande-Synthe la condition sine qua non pour le financement de son entretien. Parallèlement, les départs ont donné lieu au démontage des cabanons et non à l’accueil de nouveaux venus. La population du camp est désormais de 700 habitants. On peut craindre que n’ayant pu interdire sa construction, les autorités cherchent désormais à réduire le camp de la Linière au plus vite. Quelle que soit la pérennité du projet, il aura montré qu’un accueil digne est possible. Y renoncer par peur d’un « appel d’air » est non seulement indigne, mais parfaitement infondé.

Olivier Favier

Photo de une : Fulgence, les bénévoles et les enfants à l’entrée de l’école des petits. © Olivier Favier.

Notes

[1Ce mouvement entend d’une part inciter les citoyens d’un territoire (bourg, quartier, village…), à prendre conscience des profondes conséquences que vont avoir sur nos vies la convergence du pic du pétrole et du changement du climat et, d’autre part, de la nécessité de s’y préparer concrètement.

[2En juillet 2015, un « corridor sécurisé » est installé pour « protéger » le port de l’arrivée des migrants. D’autres stratégies se sont développées autour du site d’Eurotunnel, lesquelles ont été à l’origine de plusieurs décès. Cette année, 300 mètres de grillage seront ajoutés d’ici l’été. Des centaines d’hectares de végétation ont été rasés, des terres ont été inondées, des dunes aplanies. Les factures successives réglées par la Grande-Bretagne s’élèvent désormais à plusieurs dizaines de millions d’euros.

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 16:05

 

Source ;: http://reporterre.net

 

 

La Nef, une banque coopérative qui pratique la démocratie

23 mai 2016 / Michel Lulek (Silence)
 


 

 

Forte de 37.000 sociétaires — dont 250 actifs — et de 80 salariés, la Nef s’appuie sur la richesse de sa vie coopérative. En élargissant la marge d’action de ses sociétaires, la banque pratique la démocratie dans la gestion des finances.

Depuis novembre 2014, la Nef, banque sous statut de coopérative à capital variable, s’est dotée d’une coordinatrice nationale de vie coopérative. Marie Brandt a ainsi rejoint quatre autres salariés travaillant sur le même sujet, répartis dans les quatre délégations régionales de la société, à Nantes, Paris, Lyon et Toulouse.

À une époque pas si lointaine où la Nef n’était constituée que d’une vingtaine de salariés et d’autant de sociétaires bénévoles actifs, la question ne se posait pas de la même manière. Aujourd’hui, avec 85 salariés et 250 sociétaires bénévoles actifs, il a fallu repenser les choses. « Nous nous sommes beaucoup inspirés de ce que Banca Etica en Italie a mis en place en matière de démocratie, explique Marie Brandt, en particulier de leur organisation qui repose sur des groupes locaux. »

 

« Des gens très militants et très engagés »

En grossissant, la Nef a donc cherché à développer des échelons très locaux afin de donner aux sociétaires davantage de possibilités d’agir au sein de la banque. Il existe ainsi trente groupes locaux, animés par des sociétaires actifs, qui viennent en appui aux actions de la coopérative (tenir un stand dans un salon ou donner les informations de base sur ce qu’est la Nef aux personnes qui souhaitent la rejoindre), ou qui font remonter des suggestions et des propositions, voire des revendications, auprès du conseil de surveillance. Comme dit Marie Brandt, « la Nef est souvent titillée par ces sociétaires actifs, qui sont des gens très militants et très engagés ».

 

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Les sociétaires votent lors d’une assemblée générale de la Nef.

La Nef a cherché à développer le dynamisme de ces sociétaires actifs (« presque des salariés bis », résume Marie Brandt) en embauchant dans chacune de ses délégations un responsable de vie coopérative. Leur but : « recruter » de nouveaux sociétaires actifs, accompagner les groupes locaux, les former, organiser avec eux des animations en région. Pour rendre cette organisation plus effective, des assemblées de coordinateurs locaux sont régulièrement tenues (une à trois fois par an dans chaque délégation), ainsi que des « confluents » qui réunissent, là encore une à trois fois par an, des sociétaires actifs, et des représentants du conseil de surveillance et de la direction au sein d’une région. De plus, chaque délégation consacre un séminaire annuel à la vie coopérative, en complément du séminaire national.

Dans tous ces lieux, les questions du moment peuvent être débattues. Par exemple, cette année, du fait de l’élargissement de son offre bancaire (livrets pour les particuliers), la Nef se demande si tous ses clients doivent devenir sociétaires — ce n’est actuellement pas le cas. Le point n’est pas résolu et sera porté au vote des sociétaires à la prochaine assemblée générale : si elle débouche sur une masse de sociétaires passifs et inactifs, la décision est-elle pertinente ? Comment concilier les besoins des usagers de la banque à ceux des sociétaires ? De même, des groupes de travail transversaux peuvent se constituer, comme celui qui travaille sur la politique sociale de la Nef. Répondant à une préoccupation de certains sociétaires actifs, il s’est mis en place à leur initiative et rassemble uniquement des sociétaires préoccupés par cette question.

 

Ces outils participatifs contribuent à fonder la légitimité des décisions

L’assemblée générale annuelle, dont le lieu change chaque année pour essayer de toucher des gens différents à chaque fois, pourrait être un moment de pur formalisme. En mettant en place un processus de préparation qui s’étale sur environ deux mois, la Nef vise à associer aux débats et aux décisions un maximum de sociétaires. En mars et avril se tiennent ainsi des assemblées régionales (il y en a eu quatre en 2015, qui ont réuni 300 personnes), ainsi que des assemblées locales organisées par des sociétaires actifs ; celles-ci sont également ouvertes aux non-sociétaires qui voudraient mieux connaître la Nef, ainsi qu’à ses partenaires locaux. En 2015, il y en a eu 47, qui ont rassemblé plus de 700 personnes. Au total, plus de 1.000 personnes ont ainsi participé activement au processus de préparation de l’assemblée générale...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source ;: http://reporterre.net

Source et photos : Article transmis amicalement à Reporterre par Silence.

 

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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 13:27

 

Info reçue par mail

 

 

Bonjour à toutes et à tous,

 

"Rendre les villes nutritives, le pouvoir n'en veut pas car dès qu'un potager fut installé Place de la République, les CRS le détruisirent, et même jetèrent au ruisseau la soupe populaire. Le pouvoir sur l'espèce humaine s'appuie toujours sur la dépendance à l'eau et aux semences. S'en émanciper, voici le projet."

 

Le projet est simple, il suffit de quelques palettes redécoupées afin de végétaliser un lampadaire, une caméra de surveillance, c'est encore mieux on peut appeler directement lorsque les plantes manque d'eau.

 

- Fabriquer des caisses de 15, 20 cm triangulaires ou carrées et les agencer autour du poteau, en octogone, hexagone,  ou en carré, remplir de terre,  terreaux et déchets végétaux afin d'y planter des plantes nourricières,( tomates courgettes, haricots grimpeurs, ail...), décoratives ( fleurs, quelques unes en fleurs justement) et pharmaceutiques (thym, sariette, origan...).

 

C'est un début d'idée, à développer. Je pense que la mise en place peut être rapide, entre un quart d'heure et une demie heure.

 

Si cette idée vous plait...

 

Je vous joins également un lien de téléchargement d'un dossier intitulé:

 

Des moments des NUITS DEBOUT aux initiatives d'ARBRES DEBOUT
Plantons des arbres partout pour sauver la planète
Convergence des luttes et des alternatives: 

 

https://framadrop.org/r/Ha311A8nYx#SpFyXQSvzW3b1yW7DW91xPSsBacemX4Ka1efh/CgqBY=

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 14:19

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Bien commun

À Roquevaire, l’eau « vitale » est gratuite

par

 

 

 

Trente mètres cubes d’eau potable pour un euro ! C’est le prix dérisoire que payent chaque année les habitants de Roquevaire, dans les Bouches-du-Rhône, suite à une décision de la municipalité. Celle-ci considère que l’eau est un bien commun de l’humanité, et que chaque habitant de la commune doit pouvoir accéder gratuitement à l’eau « vitale ». Mais l’avènement, en 2020, de la métropole d’Aix-Marseille-Provence risque de bouleverser cet équilibre.

 

Cet article a initialement été publié dans le journal L’Âge de faire (voir sa présentation à la fin de l’article).

Le 19 décembre 2011, le conseil municipal de Roquevaire, une ville des Bouches-du-Rhône, approuvait à la quasi-unanimité une délibération instaurant une « tarification solidaire et responsable de l’eau ». Cette tarification progressive se compose de trois tranches : l’eau « vitale », qui correspond aux trente premiers mètres cubes, puis l’eau « utile », jusqu’à cent vingt mètres cubes, et, enfin, l’eau de confort. « Considérant que l’eau potable ne doit pas être une marchandise source de profits injustifiés, mais qu’elle est un bien commun de l’humanité », l’équipe municipale estime que ses administrés doivent pouvoir accéder gratuitement à l’eau vitale.

« Quand on a commencé à étudier ce projet, on s’est vu opposer tout un tas de réglementations, de décrets, de lois… On a compris que nous n’avions pas le droit de pratiquer la gratuité, explique Yves Mesnard, maire (PCF) de la commune depuis 2008. Plutôt que de partir dans un interminable combat devant le tribunal administratif, on a choisi de faire plus simple : fixer un prix dérisoire. » Ainsi, depuis le 1er janvier 2012, pour les trente premiers mètres cubes d’eau potable, les Roquevairois déboursent… un euro ! Cette quasi-gratuité, accompagnée de tarifs avantageux pour les volumes suivants, n’a pas entraîné de hausse de la consommation moyenne. Au contraire : alors que la population a augmenté entre janvier 2012 et décembre 2013, la consommation globale d’eau a légèrement baissé.

 

Une régie municipale créée en 1925

« Notre chance, c’est que nos ancêtres ont bien travaillé », glisse le maire. Roquevaire a toujours eu une relation un peu particulière à l’eau. Les habitants avaient en effet, dès le début du XXe siècle, réalisé un forage qui alimentait les fontaines du village. La commune a ensuite créé sa propre régie. Depuis 1925, c’est elle qui assure le captage, le traitement et la distribution d’eau potable à Roquevaire, puis dans trois autres villages de la commune, Lascours, Pont-de-l’Étoile et Pont-de-Joux. Soit un peu moins de 9000 habitants pour environ 4300 abonnés.


 

Dix agents et un ingénieur assurent le fonctionnement de la régie, qui gère notamment les 92 kilomètres du réseau de distribution. La gestion communale de l’eau a déjà montré, ici ou ailleurs, ses vertus : cela revient moins cher que de la confier à un groupe privé, et le réseau est souvent beaucoup mieux entretenu [1]. Lorsque la nouvelle équipe municipale arrive à l’hôtel de ville en 2008, elle s’aperçoit que cette régie est bénéficiaire. Dès lors, pourquoi ne pas en faire profiter les administrés ? « On ne paie pas la ressource. Or, en tant qu’élus, on n’est pas là pour faire du pognon, mais pour faire fonctionner une commune », rappelle Yves Mesnard.

Tout n’a pas été simple pour autant. Située à 28 km d’Aix-en-Provence, 25 km de Marseille et 8 km d’Aubagne, Roquevaire, autrefois agricole, accueille désormais principalement les travailleurs de ces différents pôles d’activité. Les cadres supérieurs y ayant construit récemment leurs villas côtoient une population plus ancienne, et plus précaire, l’activité économique sur place ayant quasiment disparu. Les ressources fiscales sont donc plutôt faibles. « Pour mettre ce système de facturation d’eau en place, on n’a pas fait appel à un cabinet d’audit. On a tous pris nos petites calculatrices, et on a fait nos propres calculs. Ça nous a pris deux ans ! »

 

La métropole mettra-t-elle fin à la régie ?

Plutôt que de partir dans les poches de quelques actionnaires, tous les bénéfices dégagés par la régie sont réinvestis dans l’entretien et l’aménagement du réseau. En moins de dix ans, le rendement du réseau est ainsi passé de 60 % à 76 %, se situant dans le haut du panier de la moyenne nationale. Cela a aussi permis à la commune de procéder, en 2013, à un forage d’exploration, afin de disposer d’une seconde ressource en eau pour mettre en sécurité l’approvisionnement des habitants. Les essais ont confirmé l’existence, par 125 mètres de profondeur, d’une rivière souterraine.

Mais la régie de l’eau de Roquevaire l’exploitera-t-elle un jour ? C’est la question que se pose actuellement, avec inquiétude, la commune. L’avènement, en 2020, de la métropole d’Aix-Marseille-Provence pourrait mettre fin à l’aventure, puisque la compétence de l’eau sera confiée à cette mégastructure. Ainsi, la régie, « qui a fêté ses 90 ans cette année, ne sera peut-être malheureusement jamais centenaire », regrette Yves Mesnard. Des rencontres doivent s’organiser avec d’autres maires de la région dont les communes sont également équipées de régies directes de l’eau, afin d’essayer d’obtenir des dérogations. Ou, pourquoi pas, convaincre la métropole de s’engager sur le chemin de la remunicipalisation du service ?

Nicolas Bérard (L’âge de faire)

 

Cet article a été publié dans le journal L’âge de faire, partenaire de Basta !

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