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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 15:36

 

 

Source : https://www.bastamag.net

 

 

Révolution agricole

Comment une coopérative laitière émancipe les agriculteurs de leur soumission aux multinationales et au marché

 

par

 

 

 

 

 

En Mayenne, le succès de la fromagerie coopérative d’Entrammes montre que produire du lait n’est pas forcément synonyme de misère et de soumission aux multinationales, que relocaliser la production alimentaire est possible. Réunissant une quarantaine de fermes laitières bio, cette coopérative produit autant de lait que l’usine des 1000 vaches dans la Somme, tout en créant cinq fois plus d’emplois. Motivées davantage par un projet de territoire que par la recherche de plus-value, ces fermes portent des valeurs sociales et écologiques à contre-courant du système industriel dominant, le tout sur la base d’un cahier des charges encore plus strict que celui de l’agriculture biologique. Une voie alternative, qui redonne du sens au travail quotidien des agriculteurs.

A quelques encablures de Laval, en Mayenne, dans l’ombre du numéro un mondial du lait Lactalis, une quarantaine de fermes laitières bio se sont regroupées au sein d’une fromagerie collective. Elles y inventent l’agro-alimentaire relocalisé de demain. Juste en face de la fromagerie, un grand bâtiment recouvert de tôles semble à l’abandon. C’est l’ancien lieu de fabrication du Port Salut, le fromage emblématique de l’abbaye d’Entrammes. Un fromage dont l’histoire reflète l’évolution du secteur agro-alimentaire depuis cinquante ans : en 1959, les moines de l’abbaye, qui fabriquaient artisanalement le Port-Salut depuis 150 ans, cèdent la marque à la Société anonyme des fermiers réunis (la SAFR). Dans les années 60, celle-ci agrandit le site de production, et se met à pasteuriser le lait. Elle assurera, à son maximum, la collecte de 1200 fermes dans la région !

En 2012, la marque est rachetée par la multinationale Bel, qui utilise l’image de marque du Port Salut pour fabriquer et vendre des fromages dans toute l’Europe, à partir de n’importe quel lait. La production est rapidement rapatriée à Sablé-sur-Sarthe, où le groupe possède l’essentiel de ses usines, coupant ainsi les derniers liens qui la rattachaient au territoire d’Entrammes. Au même moment, d’autres producteurs, les membres de la fromagerie bio du Maine, cherchent un lieu pour installer une coopérative. Ils sont accueillis à bras ouverts par les moines et les élus locaux. Le hasard faisant bien les choses, la fromagerie s’installe dans le prolongement de l’abbaye et de l’ancien site de fabrication. Comme pour montrer que l’évolution de l’alimentation peut prendre une toute autre voie que celle de l’agro-alimentaire ces cinquante dernières années.

 

Quarante fermes valent mieux qu’une usine à lait

Au début des années 90, souhaitant plus de pouvoir de négociation dans la vente de leur lait, ces huit fermes laitières bio se sont organisées pour collecter elles-mêmes leur lait et négocier directement avec les industriels. Certaines souhaitent aller plus loin et transformer leur propre lait. Les fermiers cherchent à garder un maximum d’autonomie face aux industriels et au marché laitier, qui laissent toujours plus d’éleveurs sur le carreau. Il leur faudra attendre le milieu des années 2000 et une petite frayeur économique, pour que le collectif soit mûr et passe à l’acte.

Plus d’une quarantaine de fermes sont aujourd’hui adhérentes, pour environ 9 millions de litres de lait collectés chaque année. Autant que l’usine des 1000 vaches, avec cinq fois plus d’emplois ! Aujourd’hui, 10 % du lait est transformé en fromages, le reste étant vendu à divers transformateurs. Les quelques 100 tonnes de fromages produites sont commercialisées le plus localement possible, dont 75 % dans un rayon de 100 km, à moins d’une heure de livraison. Là encore, on est loin du modèle économique des 1000 vaches, de Bel ou Lactalis. A terme, le but est de transformer l’ensemble du lait collecté, mais la coopérative a, pour cela, besoin d’agrandir ses capacités de production. « On commence à pousser un peu les murs depuis quelques mois !, explique Emmanuel, membre du bureau de la coopérative. C’est une vraie satisfaction d’en arriver là, mais il reste une étape importante à franchir avant d’arriver en vitesse de croisière. »

 

L’apprentissage par l’erreur

C’est qu’ils ont connu des déboires, avant de mettre un outil de production sur les rails. Au départ, ils ont voulu se démarquer en proposant un fromage à base de lait cru. Mais le premier hiver, quand la ration des vaches est devenue essentiellement composée d’ensilage (de l’herbe fermentée), les taux de « butyriques » du lait sont montés en flèche. Ces petites bactéries dégagent du gaz lors de l’affinage, qui donne un goût rance au fromage et peut provoquer l’éclatement des meules. Dans l’urgence, ils modifient le cahier des charges, désormais sans recours à l’ensilage – une petite révolution dans les fermes. Thibaut, installé au lancement de la fromagerie, se rappelle : « Aujourd’hui tout le monde est fier de l’avoir fait, et personne ne songerait à revenir en arrière. Mais à l’époque, ça n’a pas été aussi simple que ça ! »

Sur le plan commercial aussi, les fermiers ont tâtonné. Emmanuel témoigne : « Au début, on livrait les petites épiceries, les restaurants... On passait un temps fou à arpenter la campagne pour livrer quelques meules par-ci par-là ». Depuis, ils livrent les grossistes et demandent aux commerces de s’y approvisionner directement, ce qui est plus pratique pour tout le monde. « Nous sommes partis tous azimuts pour vendre notre fromage. Nous ne réalisions pas que chaque canal de vente a ses propres codes. Nous avons pris quelques gamelles, mais depuis nous peaufinons notre stratégie commerciale. Et ça paye. »

 

 

L’esprit coopératif plus puissant que la recherche de la plus-value

Mais la vrai clé du succès reste la forte implication des membres autour d’un projet de territoire porteur de sens. « Ça a été pour nous un ressort plus puissant que la recherche de la plus-value », confie Charles Laurent, le président de la coopérative. Il avoue aussi que le projet les a transformés profondément, humainement comme professionnellement. « Quand je travaille, je ne pense plus "produire du lait", je pense "fabriquer et vendre un fromage". Et ça n’a pas les mêmes implications au quotidien sur ma ferme ! Nous avons énormément appris au travers des problèmes que nous avons eu à gérer, des rencontres que nous avons faites. Les épreuves que nous avons traversé ont soudé le groupe. C’est une aventure humaine que nous vivons au quotidien », confie-t-il, ému du chemin parcouru.

L’implication des membres de la coopérative est incontestable. Lors de la dernière assemblée générale, l’intégralité des fermes participantes au projet étaient représentées. Chacun en est reparti remotivé, nourri de cette énergie collective qui rappelle pourquoi chacun s’investit si fortement. En prenant du recul, ils reconnaissent avoir été un peu « fous » de s’embarquer dans une telle aventure, qu’ils se sont un peu laissés emporter par leurs idéaux. Mais aucun ne le regrette, comme si cela avait apporté une vrai plus à leur quotidien, un sens à leur vie, une bonne raison de se lever tous les jours pour aller faire la traite.

 

Une démarche bien plus ambitieuse que le label AB

Depuis plus de vingt ans, ces fermiers écrivent une histoire opposée à celle que les multinationales de l’agroalimentaire imposent aux territoires ruraux, animés par des valeurs à contre-courant du système industriel. Alors que le monde agricole se plaint des normes et des contraintes, ils ont adopté un cahier des charges encore plus strict que la norme AB (agriculture biologique) : pas d’ensilage, moins d’antibiotiques... Colette raconte que la charpente de la fromagerie a été construite en bois naturel par des artisans locaux. Les eaux souillées (lavage, chauffage du lait, etc.) sont retraitées sur place grâce à une mini-station d’épuration 100 % écologique. Des haies bocagères ont été plantées tout autour du bâtiment pour produire du bois-énergie. Et la chaleur nécessaire pour faire monter le lait en température est produite à partir d’une chaudière à bois déchiqueté.

Les coopérateurs ont également le souci de ne pas concurrencer les autres producteurs fermiers du coin. Ils prennent en priorité les marchés où ils ne gênent personne (grossistes, grande distribution, Biocoops...). Ils sont par ailleurs membres fondateurs de la Coopérative d’installation en agriculture paysanne du département (CIAP 53), pour favoriser l’installation de nouveaux paysans sur le territoire. C’est tout un écosystème qu’ils contribuent à mettre en place. Plus ce dernier grandit, plus ils se mettent à l’abri des grandes tempêtes économiques des marchés européen et mondial, et plus ils se dotent des moyens au service d’un modèle respectueux de l’humain et de l’environnement.

 

« Bio Power »

Charles Laurent va plus loin. Il parle d’une bataille culturelle, que l’agriculture bio est en train de gagner. Pendant longtemps, les fermes alentours regardaient les agriculteurs « bio » de travers, persuadés qu’ils ne tiendraient pas le coup économiquement. Le mythe productiviste était tellement ancré dans les mentalités, que toute ferme avec des rendements fourragers et laitiers en dessous de la moyenne était, théoriquement, condamnée à disparaître. Aujourd’hui, les fermes bio traversent la crise laitière avec de bons revenus, alors que la filière conventionnelle continue de se fracasser sur le marché dérégulé.

Désormais, tout le monde réfléchit à deux fois avant de critiquer les producteurs bio. Ils sont même de plus en plus nombreux à passer le pas. Le nombre de conversions vers l’agriculture biologique a ainsi atteint un record en 2016. La fromagerie bio du Maine est le prolongement de cette révolution culturelle à l’œuvre dans les fermes, au niveau agro-alimentaire et territorial. Une étape supplémentaire vers la nécessaire relocalisation de l’agriculture et de l’alimentation.

Pierre-Alain Prévost

 

 

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Source : https://www.bastamag.net

 

 

 

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 11:11

 

 

Source : https://gard.demosphere.eu/rv/4003

 

 

samedi 3 et dimanche 4 juin 2017

Féria de l'Autonomie et de la Connexion : la FAC

 

 

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Le but de cette FAC est de relier les lieux étant dans une réelle démarche de développement durable à, et, autour de Nîmes le temps d'un week-end et beaucoup + si affinités : )

Pourquoi ?
- Donner une alternative constructive à la féria conventionnelle aux nîmois
- Faire découvrir une autre manière de vivre et d'aborder le quotidien
- Voyager en éco-transport
- Lier tous les Lieux dans un même temps pour avoir une vue d'ensemble pour les visiteurs ET les initiateurs
- Redonner la liberté et le pouvoir bienveillant à tout un chacun (accueillants comme accueillis) en échangeant et partageant son savoir-faire

Comment ?
- démonstrations/visites cadrées et/ou organiques des lieux
- sous forme d'ateliers gérés par les lieux accueillants
- sous forme d'ateliers gérés par les visiteurs

Quoi ?
- Alimentation
- Énergie
- Habitat
- Numérique/Électronique
- Spirituel
- Transport
+ de détails dans l'image ci-joint

Pour connaître les horaires des différents lieux rdv ici : https://annuel.framapad.org/p/Feria_de_l_auto…

Source : http://lautonomieauquotidien.fr/fac/
Source : message reçu le 26 avril 10h

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 13:30

 

 

Source : https://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Documentaire

L’urgence de ralentir, c’est maintenant !

par

 

 

Le documentaire L’urgence de ralentir sort en DVD, trois ans après sa diffusion sur Arte. Il décrypte cette accélération du temps qui a envahi notre société et ses conséquences sur l’environnement. Mais il donne surtout la parole à ces personnes qui ont décidé d’agir pour construire d’autres possibles, en réapprenant à faire et à vivre ensemble. Philippe Borrel, son réalisateur, souligne combien ces mouvements populaires, « d’en bas », se sont amplifiés au cours des dernières années. Et si l’élection présidentielle donnait une nouvelle impulsion à ces initiatives, en empruntant le chemin de la transition écologique et sociale ?

L’urgence de ralentir, c’est maintenant ! Ralentir, c’est à dire repenser notre rapport à la consommation, au travail, aux loisirs, pour retrouver une autonomie en réapprenant à faire et à vivre ensemble. Face à la fuite en avant d’un capitalisme financiarisé, déconnecté du réel, qui dans sa course s’accapare toujours plus de richesses au détriment du commun, le moment est venu de sortir de la sidération.

Le changement ne viendra pas d’en haut, de ces élites - de plus en plus hors sol - qui nous dirigent vers une catastrophe pourtant annoncée ; mais bien d’en bas, de chacun d’entre nous, à condition d’entendre enfin l’évidence. Les preuves scientifiques du réchauffement climatique planétaire sont incontestables alors que l’intensification de l’activité humaine depuis l’entrée dans l’ère industrielle en est responsable, contrairement à ce que certains, comme Donald Trump et ses soutiens climato-sceptiques, voudraient bien nous faire croire. Il y a quelques jours, la NASA, l’agence spatiale américaine, publiait encore des chiffres alarmants sur une hausse moyenne des températures, inédite sur notre globe terrestre depuis le début des mesures météorologiques. Notre mode de vie contribue à ravager toujours plus la planète et son écosystème. Combien de temps encore allons nous continuer à rester passifs ?

Quatre années ont passé déjà depuis le tournage de « L’urgence de ralentir ». Alors que je filmais quelques unes de ces dizaines de milliers d’alternatives qui se multiplient aux quatre coins du monde pour (re)construire d’autres modes de vie, désirables et soutenables, jamais je n’aurais imaginé que ces initiatives concrètes locales puissent susciter un tel engouement chez un public particulièrement jeune et curieux. Depuis sa première diffusion sur Arte en 2014, le film a beaucoup tourné dans les festivals et surtout dans des projection-débats, en France, un peu partout en Europe et jusqu’au Québec, au Brésil ou en Inde.

Ce film que j’ai réalisé, co-écrit avec Noël Mamère, était loin d’être le seul à mettre en lumière ce nouveau monde en genèse. En 2015, « Demain » de Mélanie Laurent et Cyril Dion venait de sortir en salles, précédé par « En quête de sens » de Nathanaël Coste et Marc de la Ménardière ou encore « Sacrée croissance » de Marie-Monique Robin. Chacun de ces films a pu contribuer avec une approche singulière à une large prise de conscience. Si depuis la fin de la COP21 la vague - médiatique - semble être retombée, c’est pour mieux resurgir, hors-champ cette fois, avec la multiplication de mouvements citoyens, d’Alternatiba aux Colibris, en passant par la mouvement de la Transition et tant d’autres encore. Ces mouvements populaires mobilisent des dizaines de milliers de personnes en France et bien au-delà. C’est une première bonne nouvelle, alors que les illusions d’une société du « plein emploi » appartiennent définitivement au passé.

Aujourd’hui l’écologie politique n’a plus son propre candidat à la Présidentielle, mais la volonté de changer radicalement de modèle de société s’incarne pour la première fois au cœur du programme de deux des onze candidats : celui de Jean-Luc Mélenchon et celui de Benoît Hamon, qui souhaitent tous deux, chacun à sa manière, faire basculer notre pays vers une transition à la fois sociale et écologique, avec pour la première fois une vision à long terme qui nous projette vers un avenir souhaitable, loin d’un court-termisme déprimant et paralysant. À quelques jours du vote, le candidat de la France insoumise semble le plus audible et capable de mobiliser largement, au point de pouvoir peut-être parvenir au second tour de l’élection. À nous maintenant d’y contribuer pour que le soir du 7 mai, le travail - notre travail - pour faire naître un monde plus juste et plus écologique, puisse enfin commencer.

Philippe Borrel

Pour se procurer le DVD, c’est ici.

A lire sur Basta ! :

 

 

 

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Source : https://www.bastamag.net

 

 

 

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 20:52

 

 

Source : http://alternatives.blog.lemonde.fr/2017/05/01/la-regenbox-outil-original-et-open-source-pour-prolonger-la-vie-des-piles-jetables/

 

 

La RegenBox, outil original (et open source !) pour prolonger la vie des piles jetables

 

 

Regen Box, le projet du collectif Paléo-énergétique, permet de régénérer les piles alcalines pourtant réputées non rechargeables

Si la période politique actuelle suggère que l’on peut faire du neuf avec du vieux, comme opter pour une énergie soi disant nouvelle, mais portée par un système à bout de souffle, eh bien allons y gaiement pour présenter ce projet original qui permet de prolonger la durée des piles jetables : la RegenBox.

 

« Chaque année en France, nous consommons pas moins 27­ 000 tonnes de piles, dont 80% sont des piles alcalines jetables. En fin de vie, seules 30% de ces piles sont recyclées. Alors forcément, quand on a découvert le brevet de régénérateur, on a eu envie d’aller plus loin », confie Cédric Carles, fondateur de l’Atelier 21 à l’origine de la plate-forme de recherche collaborative Paléo-énergétique. Pour ce designer passionné par les questions de transition énergétique, ainsi que l’explique la vidéo suivante, il y a beaucoup à apprendre des inventions du passé qui n’ont pu s’imposer et se développer largement.

D’où vient l’idée de mettre du courant en sens inverse dans la pile pour lui redonner de la puissance ? De Karl Kordesch, un scientifique autrichien très reconnu aux Etats-Unis qui a travaillé, entre autres, sur la mission Apollo. Dans les années 1980, il travaille sur le stockage des piles alcalines et découvre un moyen d’augmenter pleinement le nombre de cycles que celles-ci peuvent fournir. Quelques brevets et une usine de production plus tard (la société Battery Technologies Inc.), il négocie avec la société Rayovac, qui fabriqua les premières piles alcalines rechargeables sous la marque Renewal, ainsi qu’en atteste la publicité suivante.

Malins, les membres de l’Atelier 21 se sont procurés un de ces boîtiers d’occasion dans son emballage d’époque, car si l’idée est géniale, l’usage d’un appareil aussi lourd alors que l’usage des baladeurs prend de l’essor ne suscite pas l’adhésion des consommateurs; les régénérateurs ne se vendent pas.

L’objectif est donc de « redonner vie à une ancienne idée, et la rendre accessible à tous », affirment les membres d’Atelier 21 fin 2016 dans la page de présentation du projet sur la plate-forme de financement participatif Ulule. Pour cela, la démarche s’appuie sur un aspect pédagogique ayant pour ambition de réduire la quantité de déchets électroniques présents dans notre quotidien. « A plus long terme, nous souhaiterions propager ce projet à l’international, notamment sur le continent africain, où l’utilisation des piles alcalines est importante et le pouvoir d’achat moins élevé », indiquent également les responsables du projet, qui détaillent leur idée dans la présentation suivante :

L’originalité de leur démarche consiste aussi à partager et co-construire la RegenBox idéale : pour cela, Atelier 21 a créé une communauté de bêta-testeurs en charge de tester le système. « Cela va nous permettre de recueillir des données afin d’identifier les piles les plus performantes pour la régénération puis d’éditer une notice d’utilisation pour les futurs utilisateurs » affirment encore l’équipe de motivés dont la preuve de concept sera d’autant plus solide que ce laboratoire citoyen décentralisé est étendu.

Une recherche d’autant plus nécessaire qu’« aujourd’hui, sur le marché, on trouve des piles rechargeables NiMH, moins toxiques que les Alcalines et rechargeables une centaine de fois », explique Cédric Carles, regrettant que l’on continue à vendre de l’alcaline jetable – qui reste moins chère que la rechargeable.

A terme, les tests d’usage ainsi effectués permettront de commercialiser des RegenBox à prix raisonnable… et sans doute inciter l’industrie à proposer des piles uniquement rechargeables ?

En attendant, si vous souhaitez en savoir plus sur l’histoire du projet et sur les aspects techniques de la régénération, ne manquez pas la vidéo suivante de la présentation donnée par le collectif en mars dernier aux Grands Voisins, à Paris :

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 19:42

 

 

Source : https://www.franceinter.fr/emissions/l-esprit-d-initiative/l-esprit-d-initiative-10-avril-2017

 

 

L’Esprit d’initiative

lundi 10 avril 2017

par Emmanuel Moreau

 

Géolocalisation des objets abandonnés pour désencombrer nos rues et nos placards

 

 

Une application gratuite permet d’éviter de jeter les objets dont on souhaite se séparer en organisant toute une chaîne antigaspi.

 

 

 

Piano... non connecté

Piano... non connecté © Radio France / Emmanuel Moreau

Smart Cycle est une application de recyclage participatif. Se séparer d’un téléviseur, d’un canapé… rien de plus simple. En géolocalisant l’objet il est proposé d’abord aux personnes inscrites.

S’il ne trouve pas preneur, il est ensuite présenté aux associations comme Emmaüs ou la Croix Rouge et enfin aux entreprises de recyclage avant de finir à la déchetterie. Une plateforme qui évite le gaspillage et pourrait permettre des économies consequentes aux collectivités.

 

Mathilde Golla du Figaro demain au micro d'Emmanuel Moreau

 

 

 

 

Source : https://www.franceinter.fr/emissions/l-esprit-d-initiative/l-esprit-d-initiative-10-avril-2017

 

 

 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 17:18

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Luttes sociales

1336 jours, des hauts, débats mais debout : le film sur la lutte victorieuse des Fralib

 

par

 

 

 

1336 jours de luttes contre Unilever, plus de trois ans et demi de conflit, qui aboutissent à une victoire ouvrière avec la reprise par les employés de l’usine et la création d’une société de thés et infusions coopérative et participative. Cette lutte longue et compliquée menée par les salariés de Fralib contre le géant de l’agroalimentaire est restituée dans un film documentaire de Claude Hirsch, en salles depuis le 22 mars 2017. Une histoire sur laquelle peuvent s’appuyer tous les salariés dont l’usine est aujourd’hui menacée de fermeture.

L’aventure a duré 1336 jours ! 1336 jours pendant lesquels un noyau d’irréductibles se sont battus sans relâche contre Unilever. La grosse multinationale avait en effet décidé en 2010 de fermer son usine de conditionnement de thé et infusion à côté d’Aubagne, estimant qu’elle n’était pas rentable. Mais voilà ! Ces 82 personnes vont non seulement se battre pour que le rideau de fer ne s’abaisse pas définitivement sur les portes de l’usine mais cette bande d’entêtés va utiliser toutes les voies possibles et imaginables pour maintenir leur activité, leur emploi et prouver à ce trust international que l’entreprise reste viable.

FA 1336 jours, des hauts, débats, mais debout from Les Films des Deux rives on Vimeo.

Ce deuxième film de Claude Hirsch [1] sur le combat des Fralib, 1336 jours, des hauts, débats mais debout, regroupe tous les moments-clés de cette lutte :
 L’annonce par Unilever en septembre 2010 de la fermeture de l’usine, jugée peu rentable alors que celle-ci génère quand même des bénéfices, pour délocaliser la production en Belgique en gagnant quelques centimes par boite, entrainant le licenciement de 182 salariés ;
 L’annulation du premier plan « social » le 4 février 2011 par le tribunal de grande instance de Marseille ;
 La première occupation de l’usine en septembre 2011 suite à l’acceptation en première instance du deuxième plan « social » (voir ce reportage de Basta !) ;
 La tentative d’Unilever de reprendre l’usine le 7 novembre 2011 à l’aide de vigiles ;
 L’annulation en appel du deuxième plan social le 17 novembre 2011 ;
 La nouvelle stratégie de la direction de faire signer des transactions individuelles, stratégie qui fonctionnera avec 78 salariés ;
 L’acceptation en avril 2012, en première instance, du troisième plan social pour 103 salariés ;
 La deuxième occupation de l’usine le 11 mai suite à une décision de la direction de déménager les machines ;
 La prise en compte de cette lutte dans le contexte de l’élection présidentielle et l’amorce d’une négociation avec Unilever ;
 L’annulation en appel du troisième plan « social » ;
 La remise à Benoit Hamon, ministre de l’économie sociale et solidaire, en novembre 2012, du projet de la future coopérative Scop-ti (Société Coopérative Ouvrière Provençale - Thés et Infusions) ;
 L’occupation du ministère de l’agriculture et la réception consécutive à l’Élysée le 17 mai 2013 ;
 Le blocage de la plate-forme logistique d’Unilever en juillet 2013 ;
 Les nombreuses rencontres et convergences avec d’autres luttes (Veninov, PSA Aulnay, Goodyear, Ford, et une vingtaine de boites de l’agroalimentaire : Pilpa, Bongrain, Maitre Coq...) ;
 Les dernières négociations avec Unilever aboutissant à l’accord de fin de conflit du 26 mai 2014.
 En août 2014, le dépôt des statuts de la coopérative Scop-ti.

Plus d’informations sur le film : www.asspolart.com/1336 pour le DVD, filmsdesdeuxrives.com pour découvrir les dates et lieux des projections prévues en France, ainsi que la page facebook. Et pour soutenir les coopérateurs de la Scop-Ti, c’est par ici.

Notes

[1En 2011, Claude Hirsch a réalisé Pot de thé / Pot de fer, un documentaire de 70 minutes sur la première année de la lutte des ouvriers d’Unilever.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 21:41

 

 

Grenoble : un cabinet dentaire pour les sans-abris et les sans-papiers

 

Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère et France Bleu mercredi 29 mars 2017 à 19:23

 

 

 

 

Alexandre Sage, dentiste et créateur de "Solident".

Alexandre Sage, dentiste et créateur de "Solident". - Solident

Solident, c'est un cabinet dentaire pour les plus démunis, ceux qui n'ont aucune couverture sociale et pas d'argent pour payer des soins bucco-dentaires, même pas la CMU. Il a ouvert en novembre dernier en plein centre ville, à Grenoble. Le Docteur Sage recherche des dentistes bénévoles.

C'est le docteur Alexandre Sage, dentiste "altruiste" à Meylan, qui a eu l'idée voici un an d'ouvrir un cabinet solidaire, baptisé Solident. Il a obtenu une aide financière de l'Agence régionale de santé (ARS), des dons de deux associations, une subvention de la député socialiste Geneviève Fioraso, financée grâce à sa réserve parlementaire. Il est soutenu par le conseil de l'Ordre des dentistes. Il a récupéré du matériel chez des confrères partant à la retraite. Deux salariés ont été embauchés, une assistante dentaire et un médiateur sanitaire.

 

Solident lance un appel aux dentistes pour qu'ils donnent un peu de leur temps

Le médiateur dentaire, c'est Boris Roche. C'est lui qui reçoit les patients avant qu'ils ne passent sur le fauteuil du dentiste. Ce sont des demandeurs d'asile, des SDF, des clandestins. Boris dédramatise ce moment, explique comment ça va se passer, que tout est fait pour qu'ils n'aient pas mal. "Beaucoup de ces personnes ont eu de mauvaises expériences. Souvent, dans leur pays d'origine, ils n'ont connu que des "arracheurs de dents" ! Il faut qu'ils aient confiance, pour qu'ils reviennent et qu'on les soigne complètement."

Sandrine et Boris, l'assistante et le médiateur dentaires de Solident-Grenoble. - Radio France

Sandrine et Boris, l'assistante et le médiateur dentaires de Solident-Grenoble. © Radio France - Véronique Pueyo

Il y a déjà trois semaines d'attente pour les rendez-vous. Les patients sont envoyés chez Solident par des prescripteurs, c'est-à-dire des associations qui s'en occupent et qui sont garantes que ces personnes n'ont aucun revenu.

"Pour faire de l'humanitaire, pas de besoin d'aller à l'autre bout du monde. c'est au coin de la rue, ici, à Grenoble."

— Alexandre Sage, dentiste.

Le problème aujourd'hui pour Solident, victime de son succès, c'est de trouver des dentistes bénévoles, prêts à donner un peu de leur temps. Pour l'instant, ils ne sont que deux, le docteur Sage et un confrère, jeune retraité, à tourner sur le planning. Mais d'autres se sont dits prêts à rejoindre l'équipe. Car si certains sont intéressés par l'humanitaire : " Pas besoin de partir à l’étranger" explique le Docteur Sage. "La grande précarité est au coin de la rue. On voit des bouches dans des états déplorables mais on peut soigner les gens. On ne va pas leur poser des prothèses mais déjà faire les soins de base, dans des conditions optimales, comme dans un vrai cabinet. On n'offre pas de soins au rabais !"

"Le sourire d'un patient à la fin de ses soins, c'est notre plus beau cadeau!"

— Sandrine Pourcelot, assistante-dentaire

Sandrine Pourcelot est l'assistante dentaire. "C'est très enrichissant, très humain. Mon travail prend tout son sens auprès de ces patients, laissés pour compte. Je me souviens de cette femme, frappée par son mari, qui avait les dents cassées... Quand on ne comprend pas la langue, on trouve des traducteurs. Quand le patient repart avec le sourire et nous montre son cœur pour nous dire merci, c'est le plus beau cadeau qu'il peut nous faire !"

Le cabinet est ouvert les lundis, mercredis et jeudis matin.

 

 
 

Dans le cabinet de Solident, à Grenoble

 

Grenoble, France

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 20:59

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Ce bar est alternatif, bienvenue à l’Alternatibar, à Lyon

28 mars 2017 / Revue Silence

 

 

L’Alternatibar, à Lyon, est l’une des émanations des centaines de Villages des alternatives climatiques organisés depuis 2013 par le réseau Alternatiba. Le réseau publie par ailleurs un guide méthodologique pour multiplier le nombre de ces endroits destinés à dynamiser le mouvement climatique.

 

Comment transformer l’énergie des centaines de Villages des alternatives climatiques organisés depuis 2013 sur tout le territoire, en alternatives durables ? C’est le pari qu’a fait le réseau Alternatiba en élaborant le Guide méthodologique pour créer des lieux alternatifs, qui va paraître au printemps 2017.

Les Villages des alternatives et le tour à vélo Alternatiba durant l’été 2015 ont réussi à toucher et à fédérer un public élargi autour des enjeux climatiques, au-delà des réseaux écologistes classiques. « Après les Villages des alternatives, plusieurs personnes se sont dit ’C’est génial ce qu’on a fait, il faudrait continuer à montrer cette diversité des alternatives tout le temps.’ Comment pérenniser cette expérience ? » demande Adrien Kempf, l’un des membres de l’équipe du guide.

« De tels lieux ont pour vocation à poursuivre l’action des Villages : toucher un public large et montrer des alternatives concrètes », poursuit Adrien, qui aime les voir comme des « outils pour renforcer et dynamiser le mouvement climatique ».

Ces lieux alternatifs sont donc des vitrines des alternatives, mais également des lieux d’organisation collective, d’événements, de luttes, d’opposition etc. « Un lieu, c’est quelque chose de solide », renchérit Lydie Tamarelle, autre membre de l’équipe éditoriale. Elle précise : « Le guide sera un outil au service de tous les collectifs qui souhaitent se lancer dans la création de lieux alternatifs, il donnera des exemples, des outils, des contacts… »

La revue Silence a publié dans son numéro de mars plusieurs « fiches d’identité » présentant certains de ces lieux, à l’image de celle qui suit, sur l’Alternatibar, à Lyon.

 


 

A LA FOIS UN BAR ET UNE MAISON DES ALTERNATIVES

 

Fiche d’identité

Localité : Lyon • Création : 2016 • Superficie du local : 80 m2Bénévoles : 30 • Salarié : 0 • Adhérent-es : 1.500 • Statut : association • Budget : investissement de départ de 7.000 € • Ouverture : trois soirées publiques par semaine, plus ateliers et formations • Milieu urbain

 

Présentation de la structure

L’Alternatibar est à la fois une Maison des alternatives et un bar. Son but est de favoriser la transition citoyenne, sociale et écologique et de contribuer à tisser des liens entre les nombreux acteurs, qui agissent déjà quotidiennement sur son territoire et développent des solutions concrètes pour accélérer la transition.

Il organise chaque mois une soirée « Focus sur un porteur de solutions », et des ateliers « Solutions concrètes » autour de la récup’, du bricolage, de la cuisine, de la démocratie, de la désobéissance civile non violente, du bien-être…, des ateliers « Faites-le vous-même », des projections-débats, des journées thématiques, des conférences, concerts, soirées contes, expositions, etc.

C’est un lieu où l’on rencontre les personnes impliquées dans la dynamique Alternatiba, mouvement pour la justice climatique et sociale qui allie la promotion des alternatives concrètes et la résistance pour relever le défi climatique.

L’Alternatibar sert également de lieu de travail et de réunion aux membres du collectif Alternatiba Rhône, ainsi qu’à ses divers partenaires (collectifs, associations, citoyen-ne-s…).

 

Comment a été trouvé le lieu ?

Une équipe de bénévoles a travaillé conjointement avec un stagiaire en école de commerce pour étudier la faisabilité et le développement du projet et identifier un lieu (à partir de mai 2016, pour une ouverture le 1er septembre). L’occasion s’est présentée de reprendre un lieu associatif à l’empreinte forte dans le quartier. Alternatiba Rhône a donc repris la Mouche m’agace l’oreille gauche (Maog), salon de thé afghan qui avait une programmation multiculturelle, notamment musicale, extrêmement riche. On n’a pas fait appel aux collectivités territoriales pour des mises à disposition de locaux, afin de garantir la pérennité du projet et son indépendance.

 

Qui finance ?...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 16:13

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  1er anniversaire  de

NUIT   DEBOUT 

 

 

 

 Le   32   mars   2017 

           (samedi  1er avril)

GRATIFERIA

    de  14  à  19 heures

  au  Square  Antonin

           ( près  de la Maison Carrée )

 

« NUIT – DEBOUT »

se   réunit   tous  les  lundis  et  jeudis  soir

à partir de 19  heures

au  Square  Antonin   à Nîmes

NUIT   DEBOUT 

           Un  an  déjà ! 

Le 31 mars 2016,  naissait NUIT –DEBOUT  :  Sur  toutes  les  places publiques  des  villes  de France,  des  dizaines de milliers de personnes se  réunissaient  pour  manifester leur  ras le bol.

Une  goutte d’eau  venait  de  faire  déborder  le  vase.  Et  quelle  goutte !   Le  gouvernement  VALLS-HOLLANDE    voulait   imposer  une  loi  scélérate :   « La  Loi  Travail ».

Cette loi écrite  par  Emmanuel  Macron,  remettait  en  cause 150 ans  de  droits  sociaux.  Elle avait  pour  but  de  transformer  les  salariés  en tâcherons  comme  au  19ème  siècle.   

Le  MEDEF,  organisation  des patrons,   et  son  président  GATTAZ  applaudissait  des  quatre mains  cette  « Ubérisation »  de  la  société.

Les  travailleurs  quant à eux,  rejetaient  massivement  ce  recul du  Droit,  cette  amputation du Code du Travail.  Deux  mondes  s’opposaient.

NUIT-DEBOUT  fut  au  centre  de  la  gigantesque  mobilisation  (grèves  et manifestations)  que  déclencha  cette  loi anti-sociale.  Ce  fut  une  mobilisation sans précédent qui  dura  six  mois,  pour  contraindre  le  gouvernement  d’abandonner un  tel projet.  Et celui-ci dut   utiliser le 49-3 !

NUIT-DEBOUT a surtout  été  un  lieu  de  réflexion  sur les   formes  nouvelles  d’organisation  et  de  démocratie.  Son  originalité pour  aborder  tous  problèmes,  a  marqué  pour  longtemps  une  grande partie  de la  population.

 

NUIT-DEBOUT  existe  toujours  un  an  après,   et  se  réunit   deux    fois  par  semaine.

 

 

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 15:21

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Commerce

Ces « zones libres » en Europe qui privilégient les alternatives locales face au néolibéralisme global

 

par

 

 

 

 

Des élus volontaristes pourront-ils, demain, soutenir la relocalisation de l’économie, favoriser les aliments bios et locaux dans les cantines scolaires ou reprendre la main sur la gestion de l’eau ou de l’énergie ? L’accord de libre-échange signé entre l’Union européenne et le Canada – le Ceta – va leur compliquer la tâche en multipliant les contraintes légales. Face à cette menace, des centaines de collectivités locales, communes ou régions dans toute l’Europe, se sont déclarées « zones libres ». Leur résistance s’organise avec l’appui de citoyens et de mouvements.

De nouvelles règles de libre-échange entreront en vigueur dans les prochains jours, suite à la ratification le 15 février dernier de l’accord Ceta entre l’Union européenne et le Canada [1]. Les collectivités locales et leurs habitants sont en première ligne. Celles qui favorisent une relocalisation de l’économie, développent l’approvisionnement de leurs cantines avec des aliments biologiques et locaux ou remunicipalisent des biens communs comme l’eau ou l’énergie, redoutent que cet accord vienne entraver leurs choix politiques, en accélérant la libéralisation des services, l’industrialisation de l’agriculture et la déstructuration des filières locales. « L’essentiel des compétences concernant la transition écologique et sociale relèvent du niveau local, souligne Amélie Canonne de l’association Aitec et membre du collectif Stop Tafta-Ceta. Quand il s’agit de soutenir l’économie locale, d’assurer la restauration collective, d’organiser les transports, ce sont les collectivités locales qui le gèrent. »

Le Ceta vient ajouter une nouvelle couche de contraintes juridiques et pourrait compliquer davantage la mise en œuvre de politiques favorisant l’économie locale des deux côtés de l’Atlantique. Le chapitre 19 du Ceta prévoit notamment de nouvelles obligations et procédures dans la passation des marchés publics [2]. . « Dans les faits, celles-ci conduiront à un accroissement des publications légales et des dossiers techniques à produire, ce qui freinera l’accès des PME locales », craint Amélie Canonne. Les principes de non-discrimination et de transparence pourraient encourager encore un peu plus qu’aujourd’hui les acteurs publics à retenir le prix comme critère essentiel de sélection des offres, et à reléguer au second plan la plus-value sociale et environnementale. Face à ces menaces, de quelles manières les communes peuvent-elles résister ?

 

1er acte : se déclarer « communes libres »

Environ 2100 collectivités territoriales – de la commune rurale à des régions entières – en Europe se sont déjà déclarées « hors-Tafta », « hors-Ceta » ou « hors-Tisa » [3]. Une partie de ces collectivités, soucieuses de ne pas en rester à de simples déclarations, se sont réunies les 17 et 18 février à Grenoble, dans le cadre des deuxième rencontres paneuropéennes des villes contre les nouveaux traités de libre échange et pour des alternatives locales [4]. Une dynamique qui se révèle relativement forte en Allemagne, en Autriche, en Belgique et en France.

 

Tiles © Esri — Sources: GEBCO, NOAA, CHS, OSU, UNH, CSUMB, National Geographic, DeLorme, NAVTEQ, and Esri

 

Pour visualiser la carte, cliquer ici

 

 

En France, des régions, des conseils généraux, et des centaines de communes se sont déclarées « libres » de ces accord commerciaux contraignants [5]. C’est le cas du 14e arrondissement de Paris où la maire, Carine Petit, « socialiste frondeuse », assume cette position, même si le Ceta divise le PS (notre article). « Nous avons toujours ouvert les portes de la mairie pour que les rencontres et les débats puissent se tenir. Nous devons réaffirmer dans chacune des collectivités locales ce droit à l’accès à l’information des citoyens », précise Carine Petit.

 

2e acte : continuer à favoriser les produits biologiques et locaux

Olivier Deleuze est maire écologiste de la commune bruxelloise de Watermael-Boitsfort en Belgique. « Les gens nous demandent avant tout que leurs enfants mangent bien à l’école, qu’il n’y ait pas de pesticides dans les espaces publics ou que des peintures sans métaux lourds soient appliquées sur les bâtiments publics », énonce t-il. Mais il constate la difficulté d’établir le lien entre ces politiques locales et les accords de libre-échange. « En déclarant notre municipalité « hors-Ceta », on tente de sensibiliser les citoyens sur le fait que ce type de traité peut empêcher nos communes de se fournir en produits bio et locaux dans les prix moyens », souligne t-il [6]. Comment un accord global de libre-échange peut-il remettre en cause un approvisionnement biologique et local ? Par les systèmes d’appels d’offre qui devront désormais s’ouvrir aux entreprises canadiennes au-dessus d’un certain montant. « Les règles de cette libéralisation ne s’appliquent pas en-dessous d’un plancher de 252 000 euros et ne devraient donc pas concerner les petites communes françaises. C’est surtout un changement majeur pour les petites collectivités du côté canadien où le plancher était plus haut », explique Amélie Canonne. Le nouvel accord pourrait cependant inciter les petites communes à constituer des appels d’offre communs afin d’atteindre ce plancher. 

La directive européenne sur les marchés publics excluait déjà la mention de circuits courts dans les appels d’offres en raison de leur caractère jugé discriminatoire. Avec le Ceta, l’introduction dans l’appel d’offres d’un critère « issu de l’agriculture biologique » demeurera possible mais sans préciser la provenance, ce qui peut favoriser une agriculture industrielle éloignée des lieux de consommation. De nombreux élus ont trouvé des solutions pour contourner ces contraintes en fractionnant, par exemple, leurs commandes pour permettre aux petits producteurs de candidater à l’appel d’offre. Ou en utilisant le critère de « performance en matière d’approvisionnement direct des produits de l’agriculture » (lire notre enquête sur les cantines scolaires avec des repas 100% bio et locaux). L’État lui-même pousse les maires à développer les circuits courts en jouant avec les règles européennes [7].

 

3e acte : relocaliser l’économie

Le principe du « traitement national » prévu par le Ceta implique que les investisseurs étrangers doivent bénéficier au minimum des mêmes droits que les investisseurs locaux. « Les règles qui incitent à la discrimination positive au bénéfice d’entreprises locales sont interdites à tous les niveaux », précise Amélie Canonne. « Il en est de même pour les taxes à l’importation ou les subventions. » Certaines communes ont donc décidé d’agir en amont des appels d’offres en réalisant des consultations préalables afin de connaître les entreprises locales. Le 19 janvier dernier, Grenoble a ainsi organisé la première action de « sourçage » [8]. La municipalité a identifié les fournisseurs potentiels de la ville sur les travaux de maintenance des bâtiments municipaux – 665 biens soit environ 750 000 m2 nécessitant 8 millions d’euros de travaux par an. 49 entreprises ont été identifiées, autant de filières locales à structurer en ajustant la commande publique pour leur permettre d’y répondre. « Le premier levier est de relocaliser l’économie. Nous y parvenons grâce à la commande publique », assure Anne-Sophie Olmos, conseillère municipale de Grenoble et déléguée au contrôle de gestion externe.

A une vingtaine de kilomètres de Grenoble, la commune de La Buisse (3200 habitants) s’est aussi déclarée « zone hors-Tafta et hors-Ceta ». Le maire, Patrick Cholat, reconnaît volontiers que les débats sur les traités de libre-échange ne sont pas prioritaires dans les campagnes. Avec les autres élus municipaux, tous issus de la société civile, ils ont donc décidé d’être plus concrets en développant deux axes : l’autonomie énergétique et l’autonomie alimentaire. Pour impulser la dynamique en termes de production électrique, le conseil municipal a mis à disposition le toit d’un bâtiment public pour l’installation de panneaux photovoltaïques. « Suite à une réunion sur ce sujet, un groupe de citoyens a monté une société par actions simplifiée. Deux centrales citoyennes photovoltaïques fonctionnent aujourd’hui sur la commune », se réjouit le maire qui voit le projet essaimer dans les villes voisines. Sur le volet alimentaire, La Buisse est en train d’acquérir des terrains pour les allouer à des habitants ou des associations souhaitant développer la production locale et biologique.

 

4e acte : les services publics locaux sous « contrôle populaire direct »

Une clause du Ceta prévoit qu’en cas de litiges commerciaux, les différends entre les parties signataires soient jugés par la Cour internationale d’investissement, une sorte de tribunal d’arbitrage permanent qui risque de compliquer davantage la remunicipalisation des services publics [9]. Des villes envisageant par exemple de remunicipaliser leur gestion d’eau pourraient être poursuivies par les prestataires privés, comme ce fut le cas en Argentine [10].

En dépit des risques de lourdes indemnités à payer, de plus en plus de villes et de territoires s’engagent dans un processus de remunicipalisation de l’eau, de l’énergie, des cantines ou bien encore des transports en commun, pour résister à la dérégulation du commerce et de l’investissement. Lavinia Steinfort de l’organisation néerlandaise Transnational Institute a recensé plus de 800 cas dans le monde. En France, une centaine de communes, dont Paris, Rennes, Montpellier et Grenoble, ont lancé un processus de remunicipalisation de l’eau. Bastion de la multinationale Suez, Barcelone tente depuis quelques mois de reprendre la main sur son eau. Les élus de la coalition citoyenne Barcelona En Comú (« Barcelone en commun »), emmenée par Ada Colau élue maire en 2015, estiment que la remunicipalisation permettra de réduire le prix de l’eau, d’accroître les investissements et de lutter plus efficacement contre les fuites (notre article).

« Quatre mairies ont réussi pour le moment à remunicipaliser le service de l’eau, confirme Isabel Vallet Sanchez, députée au Parlement de Barcelone du parti indépendantiste catalan Candidature d’unité populaire. Mais notre bataille porte aussi sur la remunicipalisation des écoles, des crèches, des déchets et des centres de santé. Face au Ceta, il ne faut pas simplement lutter contre la privatisation en remunicipalisant, mais créer des espaces de contrôle populaire direct des services. Il faut que les citoyens aient conscience de leurs droits sur les services publics. » C’est aussi la conviction de la grenobloise Anne-Sophie Olmos qui aspire à « démocratiser les biens communs ». « Les habitants pourraient par exemple rentrer dans la gestion des services publics via des Scic (sociétés coopératives d’intérêt collectif) », illustre t-elle. (Lire à ce sujet l’entretien avec le chercheur David Bollier, militant infatigable des biens communs).

 

5e acte : créer des lieux de contre-pouvoirs citoyens

Nathalie Perrin-Gilbert est maire du 1er arrondissement de Lyon. Réélue en 2014 sur une liste citoyenne, clairement revendiquée à gauche, elle considère que « pour être fort, il faut partager le pouvoir et la responsabilité avec les citoyens et associations ». Bien que son arrondissement dépende des services de Lyon et de la métropole, elle dispose de marges de manœuvre via les équipements de proximité. « Nous avons dédié une maison à des associations travaillant sur l’économie circulaire, en clair à un autre modèle économique : développement de monnaie locale, repair café, conseils de quartier, paniers bio... On veut en faire un lieu de contre pouvoir citoyen et permettre à des associations de se regrouper pour être plus fortes et agir. »

Une dynamique similaire est à l’œuvre dans la commune de Parla au sud de Madrid. Beatriz Arceredillo est élue municipale pour le mouvement citoyen Mover Parla. Bien que la ville se soit déclarée « hors Tafta » en août 2015, l’élue constate deux difficultés majeures. D’un côté, le gouvernement dirigé par le Parti Populaire (droite conservatrice) tend à la centralisation et à nier toutes voix dissidentes issues de l’administration locale. De l’autre, une grande partie de la population, très préoccupée par la crise économique et sociale du pays, peine à se mobiliser sur le front des traités de libre-échange. « Notre stratégie est de se centrer sur les plus jeunes et les femmes, souligne Beatriz Arceredillo. Nous tentons d’établir un centre autogéré, avec l’idée que ce soit un centre de culture, d’éducation, de formation où l’on puisse voir les effets négatifs des traités internationaux. »

 

6e acte : se regrouper et développer des échanges entre « zones libres »

Résister aux traités de libre-échange implique d’affronter l’influence de lobbies et de grandes entreprises privées. « L’enjeu, c’est de se grouper pour renverser la donne », affirme Carine Petit, la maire socialiste du 14e arrondissement. Elle propose de s’inspirer du Cities Climate Leadership Group (C40), un réseau mondial de 90 grandes villes – présidé depuis 2016 par Anne Hidalgo, la maire de Paris – qui vise à accélérer la mutation écologique de leur territoire. Se réunissant plusieurs fois dans l’année, ces élus des grandes métropoles mettent en commun leurs expériences pour résoudre des problèmes relatifs au trafic automobile, à l’efficience énergétique des bâtiments ou à la gestion des déchets. « Réaliser des groupements d’achat avec plusieurs métropoles pour des véhicules propres, cela fait partie des marges de manœuvre que les collectivités se redonnent de manière concrète », souligne Carine Petit.

En parallèle, Barcelone est en train de constituer un réseau mondial des villes « municipalistes » [11]. Un accord de collaboration a d’ores et déjà été signé entre Barcelone et Paris sur la question du tourisme, de la gestion de l’eau et de la mémoire historique. « Il s’agit maintenant de développer des échanges d’expériences et des projets en commun entre zones libres », appuie Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement de Lyon. Elle invite à réfléchir à plusieurs sur les questions foncières, sur l’eau mais aussi sur la culture comme bien commun. L’élue propose notamment d’ « adopter des clauses de réciprocité, en prêtant par exemple de l’ingénierie sur quelques jours, et réciproquement ».

« Le 14e arrondissement de Paris a fait le choix d’aider financièrement les coopératives d’agriculteurs bio d’Ile-de-France pour qu’elles puissent s’équiper en légumerie et répondre ainsi aux marchés publics », renchérit Carine Petit. Cette démarche volontariste aboutit aujourd’hui à 50 % de produits bio dans les cantines de l’arrondissement qui fournissent 7500 repas par jour. « Depuis les cuisines, on peut aussi changer les choses petit à petit. Échanger nos idées et bonnes pratiques est essentiel face aux risques de régressions spectaculaires pour l’environnement, la justice sociale et la citoyenneté que font peser le Ceta. Nous sommes dans une démarche où l’on montre que c’est possible. »

Sophie Chapelle

Photo : © Caroline Peyronel / Collectif Stop Tafta

 

Notes

[1La Commission européenne avait prévu de faire entrer une large partie des dispositions prévues par le traité dès le 1er mars 2017. Des sources internes indiquent que la Commission s’accorde un délai d’application d’un à deux mois suite à la ratification du traité par le Parlement européen.

[2L’organisation des marchés publics était déjà régie par une directive européenne et un accord de l’Organisation mondiale du commerce : la directive européenne 2014/24 et l’Accord multilatéral sur les marchés publics de l’OMC.

[3Le Tafta fait référence au projet d’accord de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne, et le Tisa à l’accord sur le commerce des services.

[4Les premières rencontres se sont tenues à Barcelone le 21 avril 2016. Quarante collectivités locales ont fait une déclaration commune. La rencontre de Grenoble a donné lieu à une nouvelle déclaration intitulée « la réplique de Grenoble ».

[5Voir la carte des collectivités françaises hors-tafta, Ceta ou Tisa

[6Télécharger la motion type des collectivitésse déclarant hors-Tafta ou hors-Ceta. Plus d’informations ici

[7Un « guide d’achat pour favoriser l’approvisionnement local et de qualité en restauration collective » a ainsi été édité par le ministère de l’Agriculture.

[8L’action de sourçage est autorisée depuis un an en vertu du nouveau code des marchés (article N° 2016-360 du 25 mars 2016 relatif aux marchés publics).

[9Voir les articles 8.18 à 8.45 du Ceta

[11Voir ce texte de membres de Barcelona En Comú

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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