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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 14:58

 

Info reçue par mail

 

 

LANGLADE (30) "Les rencontres du pas de côté " Le samedi 14 Novembre 2015

 

ALTER ANAGIA vous invite à la ferme haricot pour rencontrer et partager l'expérience de personnes qui ont osé faire un pas à côté du chemin tracé par notre société, afin d'ouvrir des portes vers un monde plus respectueux du vivant, plus solidaire, plus simple et plus heureux.
Faire un pas de côté, c'est le début de l'alternative. Se rencontrer, s'informer, s'organiser et agir collectivement, c'est un début prometteur.

 

Votre aide, votre sensibilité, votre créativité, vos compétences, vos idées, votre solidarité et vos envies sont les bienvenues pour cette journée de partage.

 

Programme :
-10h à 11h30 : Faire un pas de Côté : Où, quand et comment ?
Convergences dans l'action par Lester Guevara Braun

 

-11h30 à 12h30 : La ferme haricot. Eric , Les incroyables comestibles et Greenouille .

-12h30 : Repas partage végétarien chacun apporte un petit quelque chose pour la table commune

-14 h à 15h30 : Les universités du pas de côté mode d'emploi par Bernard Bruyas OPDLM : OBSERVATOIRE DES PRATIQUES DE DEVELOPPEMENT LOCAL ET MONDIAL

15h30 à 16h30 : La parole est à vous ! Infos contacts - propositions - groupes -alternatives (Intervenants locaux)

-16h30 à 17h30 : Le revenu de base, qu'est-ce que c'est ? Groupe Gard en formation par Gilles Quiniou

-18h30 Projection du documentaire : modes de consommation, pollutions, esclavagisme planétaire. 51minutes.

- 20h Vin de l'amitié, moment de convivialité. Une soupe du potager à prix libre sera proposée par "Tipik Local" association pour promouvoir une alimentation saine.

Entrée Libre, paf libre.

Télécharger le programme : http://vaunage.net/aa-pasdecote02.pdf

 

 

 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 14:47
 
Info reçue par mail
 
 
Chantier participatif d'agro-foresterie : samedi 28 novembre
 
Alter'éco 30 lance le projet "Agro-forest - Les jardins de la Vallée Verte".
Un projet expérimental qui vise à prouver que l'auto-fertilité d'un lieu, d'une ferme est possible gràce à l'agro-foresterie. Ce projet à reçu le soutient de la Fondation "Léa Nature".
 
Le lieu : au siège social d'Alter'éco 30, 1617 chemin des canaux à Vauvert (à l'éolienne + panneaux "EchoVert")
 
Au programme : 
9h30 : présentation du projet 
10h00 : plantation
* plantation de 260 plants d'arbres à forte croissance (6 variétés) sous forme de bandes intercalées de zones de cultures.
* pose irrigation (pour les deux premières saisons)
* pose paillage biodégradable
 
12h00 : repas partagé sur place (chacun amène un plat salé ou sucré)
 
14h00 : fin des plantations
16h00 : projection et échanges autour du film documentaire sur Zepp Holzer "Cultiver avec la nature".
 
Afin de gérer le nombre de participants, merci de nous indiquer si vous souhaitez venir.
En cas de pluie : annulation de la journée.
 
à bientôt
Bruno
 
 
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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 19:03

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Je t’aide, tu m’aides, on rénove nos maisons

30 octobre 2015 / Lorène Lavocat et Isabelle Rimbert (Reporterre)
 


 

En Normandie, le programme Enerterre associe les habitants à la rénovation de leur maison en mettant à l’honneur la terre crue, aux atouts autant écologiques que patrimoniaux. Destiné aux ménages précarisés, ce dispositif se glisse dans un Système d’échange local, où le don contre don est la règle.

 

- Neuilly-la-Forêt (Calvados), reportage

Des croûtes de terre accrochées à son pull en laine, les yeux pétillants derrière ses lunettes, Claudine n’en revient toujours pas : « Je ne reconnais plus ma maison ! » Depuis trois jours, son foyer a des allures de fourmilière. Truelles en main, une petite équipe nettoie, enduit, taloche, lisse. Les murs arborent désormais une belle couleur brune.

Pourtant, il y a quelques semaines à peine, le logis avait des allures de camping. Quand Claudine et Jean-Pierre arrivent à Neuilly-la-Forêt, en 2009, la vieille maison en terre crue mérite quelques coups de pinceau... et de marteau. « Nous pensions avoir le temps de faire des travaux, mais les ennuis se sont enchaînés », raconte-t-elle. Problèmes de santé, chômage, feux de cheminée. Le couple peine à joindre les deux bouts, renonce au chantier et s’enlise dans l’inconfort. Jusqu’à ce que Claudine entende parler d’Enerterre, un programme mis en place par le Parc naturel régional du Cotentin qui permet de rénover les maisons à moindre coût en impliquant les habitants. Pour elle, ce sera « la bouffée d’oxygène ».

 

Maçonne en écoconstruction

« C’est ce qu’on appelle l’autoréhabilitation partagée, explique Laurent Bouyer, coordinateur du dispositif, lancé il y a trois ans. On réhabilite soi-même sa maison, accompagné d’un spécialiste et avec l’aide d’autres personnes bénévoles, sous forme de chantier participatif. » Ce jour-là, chez Claudine et Jean-Pierre, ils sont six à donner un coup de main. Tandis que la maîtresse de logis cuisine une échine de porc fumée, son fils encourage les travailleurs avec un morceau de cornemuse. « Ce sont les chantiers que je préfère », sourit Sarah Martin, l’une des deux professionnelles encadrantes. Rémunérée, elle intervient ici comme chef des travaux et formatrice. « Ici, on échange, on rit, et on transmet nos savoir-faire. »


Sarah se présente comme maçonne en écoconstruction. Paille, chaux, chanvre, terre crue. « Nous utilisons des matériaux locaux, recyclables et sains », explique-t-elle, en appliquant une couche d’enduit sur une paroi. Aussitôt, un lombric pointe sa tête hors de la masse terreuse. « C’est une matière vivante, qui assainit l’air et absorbe l’humidité. » D’après l’Agence de l’environnement et de l’énergie (Ademe), « la qualité de l’air intérieur est souvent moins bonne qu’à l’extérieur ». En cause : le manque d’aération, l’utilisation de peintures et de produits contenants des composés volatiles dangereux ou l’humidité ambiante.

Le dispositif Enerterre met donc à l’honneur la terre crue pour ses atouts écologiques autant que patrimoniaux. « La bâtisse traditionnelle cotentinaise est en bauge, c’est-à-dire un mélange de terre, de fibres et d’eau, explique Laurent Huet, élu d’une commune du Parc. Malheureusement, une grande partie de ces maisons est aujourd’hui recouverte de ciment, et les savoir-faire se sont perdus. » L’opération vise donc aussi à valoriser le patrimoine. À Saint-Germain-sur-Sèves, Valérie élève avec son mari un troupeau de vaches laitières. L’imposante ferme, vieille de plusieurs siècles, a déjà fait l’objet de plusieurs chantiers participatifs. « Avec les travaux, c’est comme si on s’inscrivait à notre tour dans cette longue histoire, on apporte notre couche de terre à l’édifice », observe l’éleveuse.

 

Accusations de concurrence déloyale

Des travaux que ni elle, avec ses quatre enfants et ses emprunts, ni Claudine, avec son salaire à temps partiel, n’auraient pu réaliser seules. « Ceux qui passent par l’autoréhabilitation partagée font souvent plus de 80 % d’économies », souligne Laurent Bouyer. En plus des aides pour les plus démunis, c’est surtout le recours à des bénévoles qui permet de diminuer le prix des chantiers.

Joues rosies par le grand air et sourire jusqu’aux oreilles, Mouna, éleveuse de chevaux, se rappelle sa rencontre avec Laurent Bouyer. « Il m’a dit : “Tu as une maison en terre et tu es pauvre, on peut sans doute faire quelque chose ensemble !” » Deux chantiers estivaux d’une semaine transforment bientôt sa maison froide et humide en un lieu accueillant. Coût estimé : 28.000 €. Mouna n’aura pourtant à débourser que 500 € pour les matériaux, ainsi que la nourriture pour la quinzaine de participants, qui ont effectué l’équivalent de 1.100 heures de maçonnerie.


Du travail au noir ? « Il s’agit d’une logique de don contre don, explique Laurent Bouyer. Chaque bénéficiaire qui reçoit un coup de main doit ensuite aider à son tour. » Claudine a ainsi participé à une quinzaine de chantiers avant d’accueillir des maçons bénévoles chez elle. Le tout se concrétise sous la forme d’un Système d’échange local (SEL), qui permet à chacun d’échanger des services ou des biens sans utiliser d’argent. Heure de main d’œuvre, repas, prêt de matériel, don de sable ou de terre. Même ceux qui ne peuvent pas mettre la main à la pelle y trouvent leur compte.

Pour autant, les membres d’Enerterre peinent à recruter des foyers. Depuis 2012, une petite trentaine de chantiers ont été réalisés. « Les gens ont du mal à se lancer, analyse Laurent Bouyer. Ils pensent que c’est trop cher, trop compliqué ou que ce sera mal fait. » Autre problème : le dispositif, censé toucher les personnes les plus précaires, ne parvient pas toujours à atteindre sa cible. « Il ne s’agit pas pour nous d’intervenir chez des gens qui pourraient payer des artisans », rappelle-t-il, conscient des accusations de concurrence déloyale lancées par certains professionnels du bâtiment.

 

Une épaisse couche de ballots de paille et de chanvre

Car Enerterre s’est construit comme une réponse à l’épineuse question de la précarité énergétique. « L’idée, c’était de créer un outil pour toucher les laissés-pour-compte des programmes de rénovation de l’habitat, raconte Denis Letan, chargé de mission Énergie-climat pour le Parc. Mais dans les faits, il y a peu de chantiers où l’on constate de réelles économies d’énergie. » En cause : les travaux à engager sont souvent trop importants et inabordables...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 16:55

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Prenez le temps d’écouter ce discours de campagne turc

 

 

 

 

Pour la seconde fois en cinq mois, les Turcs sont appelés ce dimanche à voter pour désigner un nouveau Parlement.

Dans un contexte politique et sécuritaire très tendu – notamment après l’attentat du 10 octobre dernier et la reprise en main des médias d’opposition par le président Erdogan –, ces élections marquent la volonté du Président très conservateur de récupérer la majorité absolue qu’il avait perdue en juin dernier.

Pour mesurer les enjeux de ce scrutin et la gravité de la situation – mais aussi parce qu’il a été sous-titré en français et qu’il est d’une grande dignité –, nous vous proposons de prendre dix minutes pour écouter le discours de Mustafa Sarisuluk, candidat du HDP.

Le HDP – Parti démocratique des peuples – est un parti politique issu de l’indépendantisme kurde et situé à gauche. Qualifié parfois de « Syriza turc », il défend l’autogestion, le bien-vivre entre les différents peuples turcs et s’inscrit dans la continuité des mouvements protestataires de 2013 autour du parc Gezi. En France, il est soutenu par Europe-écologie-Les Verts, le Parti de gauche et le Parti communiste.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 22:45

 

Source : https://www.dailymotion.com/video/x1vwspa_documentaire-etre-sans-avoir_tv

 

 

Documentaire : Être sans avoir

 

Documentaire : Être sans avoir

http://bit.ly/1gvDIlt

Être sans avoir : un documentaire rediffusé mardi 20 mai à 8h50 sur France 3 Bourgogne.

Comment peut-on vivre heureux aujourd'hui ? Comment peut-on vivre pauvre et heureux aujourd'hui ? A 57 ans, Jean-Paul n'a qu'un seul regret, c'est d'avoir travaillé 2 ans dans sa vie, « 2 ans de trop, depuis je n'y suis jamais retourné » !

Ce qui sonne comme une provocation n'est pas une ode à la paresse mais plutôt la profession de foi d'un homme qui pratique « sa décroissance » depuis 35 ans.

Le mode de vie autarcique choisi par Jean-Paul a néanmoins un coût que la plupart d'entre nous ne pourrait supporter : celui de cultiver 600 mètres carrés de potager, celui d'être un cueilleur, un glaneur, un menuisier, un boulanger, un mécanicien, un maçon, quand six mois d'hiver vous déposent parfois deux mètres de neige devant la porte.

Car l'eldorado de Jean-Paul se situe dans le Haut-Jura à 1200 mètres d'altitude. La ferme sans eau, sans électricité et sans loyer qui abrite ses utopies depuis le début va être vendue. Pauvre mais jamais démuni « l'homme qui sait tout faire » a décidé de construire sa propre maison, en pierres de taille récupérées sur les ruines alentours avec un budget total de... 7500 euros. Depuis sept ans, Jean-Paul n'est plus seul. Anne est venue partager sa vie avec Ayla et Lila, ses filles de 13 et 12 ans, formant ainsi une famille atypique, pauvre, riche et impatiente de rentrer bientôt dans de nouveaux murs...

ÊTRE SANS AVOIR
Un film documentaire de Christophe Ferrux
Une production VIE DES HAUTS PRODUCTION
Diffusion samedi 17 mai à 15h20 sur France 3 Bourgogne et Franche-Comté
Rediffusion mardi 20 mai à 8h50 sur France 3 Bourgogne, Franche-Comté, Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne et Nord Pas-de-Calais
 
 
 
 
 
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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 15:47

 

Source : http://www.sudouest.fr

 

 

Le Sen (40) : plutôt que de jeter, ce restaurateur propose ses invendus du midi à 3 euros

 

A l’Auberge du Prieuré, les plats du jour qui ne trouvent pas preneur le midi sont reconditionnés en barquette, et vendus 3 euros

Le Sen (40) : plutôt que de jeter, ce restaurateur propose ses invendus du midi à 3 euros

À l’Auberge du Prieuré, Fabien Reniche et sa serveuse Aline présentent les plats du midi, servis le soir en barquette. ©

Nicolas Le Lievre

 

 

 

En cuisine, voir un peu trop gros peut avoir du bon... Le chef de cuisine, Fabien Reniche, l'a vérifié « par hasard », en juillet dernier, dans son Auberge du Prieuré, au Sen, en Haute Lande. Ressorti d'un service du midi avec une vingtaine de parts de lasagnes maisons sur les bras, ce Parisien de 43 ans, qui venait de reprendre le restaurant, a eu l'idée de les proposer en barquettes, à 3 euros.

L'opportunité annoncée sur une pancarte, devant la porte, a immédiatement séduit le voisinage. Et tout est parti dans l'après-midi. L'opération est désormais reconduite dès que besoin, avec le même succès. « L'autre grand avantage c'est que je ne jette plus rien », savoure le cuisinier expérimenté.

 

"J'ai vu des conteneurs entiers partir à la poubelle "

 

Passé par les cuisines collectives de la Ville de Paris, Fabien Reniche a vu le " gaspillage à très grande échelle ". " Le pire, c'était sans doute lorsque j'ai travaillé à Disneyland. C'était au début des années 1990. J'ai été dégoûté par tout ce qu'on devait jeter chaque jour. J'ai vu des conteneurs entiers partir à la poubelle ", déplore encore l'entrepreneur arrivé de Seine-et-Marne.

Cette formule de revente a été pensée pour des raisons économiques autant que morales. Et au final elle lui plait bien. « À partir de 14 h 30 c'est le standard, s'amuse-t-il. Les voisins appellent pour savoir s'il y reste quelque chose. Certains travaillent à Mont-de-Marsan et sont contents de trouver ce qu'il faut pour le dîner. J'ai aussi beaucoup d'ouvriers du coin qui s'en servent pour la gamelle du lendemain. "

"De plus en plus de sollicitations"

Si la barquette ne s'adapte pas à chaque plat, lasagnes, bourguignon, blanquettes, couscous, paella ou tête de veau logent parfaitement. " Il y a de plus en plus de sollicitations et de plus en plus lointaines mais je n'envoie pas encore en Colissimo ! " sourit-il. Ses spécialités sont plus généralement servies le week-end, sur réservation, sans reste ni barquettes cette fois.

« J'ai beau chercher, je ne vois pas d'inconvénient à ces barquettes. À 3 euros, c'est moins cher qu'un sandwich et tout le monde s'y retrouve ", remarque Fabien Reniche. Et de poursuivre : " Si les restaurateurs des grandes villes en faisaient de même, plein de familles pourraient bien manger à moindre coût et je suis sûr que bien moins d'établissements mettraient la clé sous la porte… »

L'Auberge du Prieuré propose chaque midi de la semaine des formules ouvrières à 12 euros TTC avec buffet d'entrées froides et de desserts, un choix entre deux plats de résistance, du fromage, un quart de vin et un café. Le soir, le cuisinier a opté pour des pizzas à emporter. Il ouvre sa quarantaine de couverts le week-end sur réservation, avec une proposition tout compris à 15 euros. Contact : 05 58 52 20 61.

 

 

Source : http://www.sudouest.fr

 

 

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 15:32

 

 

Source : http://www.telerama.fr

 

 

Contre l'obsolescence programmée, des objets nés pour durer

© Julien Phedyaeff I Puzzlephone I Rowenta I Douze cycles

 

 

Associations et citoyens sont de plus en plus nombreux à imaginer un monde peuplé d'objets durables. Que l'on répare, que l'on recycle, que l'on partage. Mais les industriels sont-ils prêts à franchir le pas ?

La scène se passe en septembre dernier, à Paris, place de la République, à Alternatiba, le village des alternatives au changement climatique. Dans la « zone zéro déchet », sous un toit en toile, une quinzaine de personnes s'affairent devant des carcasses de grille-pain, des lecteurs de CD démontés, des ordinateurs. C'est le stand du Repair Café Paris, fondé par une bande d'amis en 2013 pour redonner vie aux appareils en panne. « Souvent, les gens font appel à nous car c'est leur dernière chance de réanimer un objet qui leur tient à cœur, raconte Lucile Colin, l'une des bénévoles. Parfois, quand nous y parvenons, ils nous envoient des messages d'amour. C'est impressionnant ! »

Nés à Amsterdam en 2009, les Repair Cafés sont aujourd'hui plus de sept cents dans le monde. Ils appliquent les principes de l'économie circulaire : réparer, réduire, réutiliser, recycler. Formulé aux Etats-Unis dans les années 2000, ce concept tente de remédier aux trois impasses menaçant notre société industrielle : réchauffement climatique, pollution, épuisement des ressources naturelles.

Dans les "repair cafés", on apprend à réparer pour moins consommer.

Tout avait pourtant si bien commencé. Le progrès matériel semblait infini. Depuis la fin du XVIIIe siècle, les inventions se succèdent : machine à coudre, automobile, avion, réfrigérateur, télévision, robot mixeur, téléphone portable... Produites en série, elles fondent notre société de consommation et d'abondance. Dès les années 1920, pour stimuler les ventes, le cartel américain des ampoules électriques imagine de limiter la durée des produits. Dans les années 1930, les constructeurs d'automobiles de Detroit font mieux : ils décident de redessiner sans cesse les carrosseries, pour que les conducteurs achètent la Chevrolet dernier modèle. Tout devient jetable. La pollution, on y pense à peine.

Certains dénoncent pourtant cette « obsolescence programmée », comme l'économiste américain Vance Packard, auteur dès 1961 de L'Art du gaspillage, mais rien n'y fait. Aujourd'hui encore, l'industrie a du mal à prendre le virage de l'écologie. Pourquoi une telle inertie ? Il faut attendre 1996 pour que le designer Philippe Starck conçoive l'un des premiers produits de grande consommation estampillé écolo : le téléviseur Jim Nature, avec sa coque en bois aggloméré. Un échec commercial. « Il a pourtant contribué à une première prise de conscience », estime le designer Antoine Fenoglio, de l'agence Les Sismo.

Au cours de la décennie suivante, les industriels se mettent à parler voiture électrique, plastique recyclé, éolienne pour tous... Mais « les entreprises se sont aperçues que produire écologique au même coût était presque impossible, poursuit Antoine Fenoglio. Et entraînait des conséquences imprévues ». C'est le fabricant de sols en lino qui passe au 100 % pur lin sans colorant et constate que la teinte du produit change d'une année de récolte à l'autre, ou la marque d'eau minérale qui s'aperçoit que les clients ne veulent pas d'une bouteille en plastique plus fin, car « ça fait bas de gamme ».

 

Le développement durable fusillé par le numérique

Tous ces tracas alors que « seulement 20 % de la population se sentent concernés par l'environnement. Les médias ont beau en parler, cette ­proportion augmente très lentement », constate Antoine Fenoglio. A la fin des années 2000, pour couronner le tout, le numérique « devient l'objectif prioritaire : il faut construire des sites Internet, développer des applis, se lancer dans la vente en ligne... Dans les entreprises, cette urgence a complètement fusillé la volonté de se mettre au développement durable. » D'autant qu'avec la mondialisation, la concurrence des pays à bas salaires entraîne au même moment une guerre des prix qui fait chuter la qualité de nombreux produits.

Voilà pourquoi l'écologie se limite souvent à un discours. « On organise de beaux colloques sur l'économie circulaire, mais peu d'industriels la font vivre. Depuis dix ans, on parle toujours des mêmes projets : les pneus rechapés Michelin, les vélos en libre-service », remarque Joël Tronchon, directeur du développement durable du groupe Seb. Ce spécialiste du petit électroménager est l'un des rares à revendiquer une approche environnementale. Il a par exemple conçu un logiciel de modélisation permettant de diminuer de quelques centimètres la taille des produits et des emballages. « C'est tout bête, mais nous en empilons 50 % de plus sur les palettes, ce qui diminue de 30 % le nombre de camions de livraison et ­réduit les émissions de gaz à effet de serre de 20 %. » Très bien, mais quid des grille-pain qui rendent parfois l'âme un peu trop vite ? « Dans notre secteur d'activité, il n'y a pas d'obsolescence programmée », assure Joël Tronchon. Pas de petite puce cachée qui bloque la machine, comme sur certaines imprimantes.

 

Panne rapide, réparation difficile

Reste que, pour certains, il est facile d'« instiller des fragilités », conduisant « à la dégradation progressive des caractéristiques de l'appareil », observe M., un spécialiste du secteur, qui préfère rester anonyme. Ce résultat n'est pas expressément demandé aux designers, mais il suffit de les faire travailler sur un projet dans l'urgence en lésinant sur les moyens. Le filtre à air de l'aspirateur ne protège plus le moteur car il est placé derrière lui et non devant ; un modèle de cafetière répandu, détecté par Lucile Colin au Repair ­Café, tombe souvent en panne et se répare difficilement...

Pour pousser à racheter du neuf, certains fabricants organisent la pénurie des pièces détachées et les vendent à un ­tarif prohibitif. « Si une pièce atteint 80 % du prix du produit, non seulement le client ne va pas réparer, mais en plus vous vous moquez de lui, estime Joël Tronchon. Nous, nous avons fait baisser leur coût de 30 % depuis 2012, et nous commençons à les vendre à prix coûtant. » Encore faut-il que l'appareil puisse se démonter. Or beaucoup sont conçus en dépit du bon sens, avec des éléments collés, et non vissés. Pourtant, « un produit démontable ne coûte pas forcément plus cher, argumente Joël Tronchon. A condition de le concevoir différemment et d'organiser les lignes de production en conséquence. Pour cela, nous avons la chance d'avoir encore nos propres usines. » Pour les marques qui font tout sous-traiter, c'est plus compliqué.

 

Friteuse à louer

L'enjeu est de taille pour le monde industriel. S'il tarde trop à réagir, il court le risque d'être rendu responsable de tous les malheurs de la planète. Il vient d'ailleurs d'écoper d'une loi punissant de deux ans de prison l'obsolescence programmée. « J'ai l'impression que la résolution des problèmes d'environnement va passer par cet appétit des jeunes générations pour la non-propriété, dit Antoine Fenoglio. Il est beaucoup plus vertueux de créer un service de location de voitures électriques en ville que d'essayer de fabriquer une bagnole avec du plastique recyclé. »

Le groupe Seb l'a bien senti, qui expérimente à Dijon depuis un mois un service de location d'appareils ménagers baptisé Eurêcook. Au supermarché en bas de chez soi, on peut louer une friteuse ou un gril à raclette, au lieu de l'acheter pour ne s'en servir que quatre fois par an. Une entreprise locale d'insertion lave le matériel, le contrôle, gère le stock. « Nous y croyons beaucoup, dit Joël Tronchon. Dix pour cent des consommateurs affirment être attirés par la location. »

Cette initiative est aussi une manière pour Seb de devancer une possible « blablacarisation » ou « uberisation » de son secteur : imaginons qu'un service en ligne de partage d'autocuiseurs ou d'aspirateurs se généralise, comme cela existe pour l'automobile avec Uber ou BlaBlaCar. Ecologiquement, cela serait parfait, mais les industriels se retrouveraient en mauvaise posture. Et des milliers d'emplois salariés seraient menacés.

C'est le paradoxe de la situation actuelle : l'industrie pollue, mais elle a contribué à la prospérité générale sur laquelle est assise notre protection sociale. Aujourd'hui, elle a peur de disparaître. Or, « si demain la perspective, c'est de construire sa voiture sur le mode collaboratif dans un fab lab pour faire du BlaBlaCar en gagnant quelques euros par trajet, pendant que quelqu'un me livrera à vélo un mixeur qu'on m'aura prêté, on risque d'aller vers une paupérisation générale », s'alarme Antoine Fenoglio.

On a donc sans doute encore besoin de l'industrie. A elle de s'engager dans l'économie circulaire en retrouvant au passage la confiance du grand public. Ce n'est pas hors de portée. Les exemples ci-dessous le montrent.

À lire

L'Age des low tech. Vers une civilisation techniquement soutenable, de Philippe Bihouix, éd. du Seuil, 336 p., 19,50 €. ­

Bon pour la casse. Les déraisons de l'obsolescence programmée, de Serge Latouche, éd. Les Liens qui libèrent, 100 p., 13 €.

 

 

Source : http://www.telerama.fr

 

 

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 22:14

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Post-croissance

Low tech : comment entrer dans l’ère de la sobriété énergétique pour vivre sans polluer

par

 

 

 

Les innovations high-tech, fortement consommatrices de ressources, conduisent les sociétés dans l’impasse. Et si nous prenions le contre-pied de la course en avant technologique en nous tournant vers les low tech, les « basses technologies » ? C’est ce à quoi invite Philippe Bihouix, ingénieur spécialiste de la finitude des ressources minières, auteur de L’âge des low tech. À quoi ressemblerait la vie quotidienne dans cette société durable, où la sobriété ne serait pas subie mais choisie ? Entretien.

 

Basta ! : Face à la pénurie de ressources, les réponses techniques sont souvent mises en avant. Pourquoi la troisième révolution industrielle, avec ses produits high-tech et ses technologies « vertes », nous conduit-elle dans l’impasse, selon vous ?

Philippe Bihouix [1] : Les high-tech sont encore en mesure de répondre, en partie, aux risques de pénurie. On le voit dans le cas des énergies fossiles : nous sommes capables d’aller chercher des ressources moins accessibles, comme les gaz de schiste, les pétroles de roche-mère, voire même des carburants à base de charbon ou de gaz. Mais avec une logique de rendement décroissant, il va falloir injecter de plus en plus de technologies et de matières premières pour récupérer une énergie de moins en moins accessible, et dépenser de plus en plus d’énergie pour aller chercher des métaux qui eux aussi se raréfient. Cela se fait au prix d’une fuite en avant. Les nouvelles solutions technologiques entraînent de nouveaux besoins et pénuries, avec leur lot de pollutions et de destructions sociales. Cet extractivisme forcené va continuer à abîmer de manière irréversible, et à un rythme accéléré, notre planète.

Nous sommes toujours rattrapés par les limites physiques de la planète. Les scénarios de déploiement massif d’énergies renouvelables à l’échelle planétaire ne sont pas compatibles avec les quantités de ressources accessibles, notamment métalliques. Et les agrocarburants de première génération ont montré une compétition dans l’usage des sols, comme avec les fermes solaires, qui illustrent les prochains conflits d’usage. Il y a enfin la pollution que tout cela générera : ces panneaux photovoltaïques que l’on fabrique, ces éoliennes que l’on ne sait pas recycler correctement ni à 100 % sont générateurs de déchets ou d’épuisement des ressources.

Il est difficile de prédire si nous atteindrons ces limites dans deux ou cinq décennies, mais la responsabilité morale vis-à-vis des générations futures est à peu près la même. Tout cela est un pari technologique. Nous sommes dans une nouvelle religion, celle de la technique.

 

À contre-courant, vous appelez à nous tourner vers les low tech, les basses technologies. Qu’englobent-elles ? Comment les définir ?

Je pars du principe que l’économie circulaire est un doux rêve. Il n’est pas possible de recycler à 100 % les objets que nous utilisons [2]. Tout ce qui est en train d’envahir notre quotidien – l’électronique grand public, les puces RFID ou les nanotechnologies – est consommateur de ressources. Moins de 1 % des petits métaux utilisés par les high-tech sont recyclés ! Il faut inverser la réflexion et aller vers des objets low tech, des basses technologies. Low tech, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de technologie, de progrès, de savoir, de science, ou même de techniques assez évoluées pour fabriquer les objets. Mais simplement que ces objets doivent être réparables, modulaires, récupérés au maximum sans perdre de ressources au moment de leur recyclage.

Un exemple : le vélo. On voit apparaître des vélos couchés, des vélos qui permettent de transporter des enfants, de déménager... Le vélo est très compliqué à fabriquer, comme la voiture, il demande beaucoup de technologies (métallurgie, chimie, usinage, etc.). Mais il devient simple à l’usage : il est robuste, on comprend immédiatement d’où vient une panne, il est facile à réparer avec quelques pièces détachées, il est presque inusable s’il est bien entretenu. Les low tech posent la question suivante : est-ce que j’arrive à satisfaire mes besoins quotidiens avec des objets plus maîtrisables, à durée de vie beaucoup plus longue, sans y perdre en termes de confort, au lieu d’aller vers des objets de plus en plus compliqués, jetables et qui nous rendent de plus en plus dépendants des multinationales ?

 

Se tourner vers les low tech est-il suffisant pour faire face aux dérèglements climatiques ?

Il n’y a pas de solution technologique, et encore moins de solution low tech, qui permet de continuer notre gabegie énergétique actuelle et notre consommation hallucinante de matières premières ! Se tourner vers la sobriété est évident. Et mieux vaut une sobriété choisie qu’une sobriété subie. Elle peut prendre différentes formes. Il y a des sobriétés simples et faciles qui pourraient presque passer inaperçues, comme l’interdiction des imprimés publicitaires, des chaussures de sport qui clignotent lorsqu’on marche ou des sacs plastiques. Nous pourrions décider d’avoir moins de formats de bouteilles, un peu plus de différenciation sur l’étiquette, afin d’embouteiller au plus près des marchés et de rendre la consigne à nouveau intéressante économiquement et écologiquement. On pourrait économiser au moins 160 000 tonnes de pneus usés par an, en généralisant le rechapage des pneus pour les véhicules des particuliers (c’est-à-dire changer la bande de roulement des pneus, comme c’est le cas systématiquement pour les poids lourds qui font jusqu’à un million de kilomètres après plusieurs rechapages, ndlr). Les solutions pour réduire notre consommation matérielle sont illimitées.

Il y aussi des formes de sobriétés qui feront, a priori, un peu plus mal. Il faudra, par exemple, se tourner vers des voitures ultralégères qui iront moins vite, ce qui implique de brider le moteur, de réduire les équipements et le confort acoustique... en attendant de passer complètement au vélo et aux transports en commun. Tout cela est sans doute liberticide, mais, si l’on s’y met tous, avec des réglementations intelligentes, on pourrait aussi y trouver beaucoup de qualité de vie et de plaisir. Et il en faut ! Le système de croissance actuel est devenu mortifère et n’apporte plus de bonheur. J’habite de plus en plus loin de mon travail, j’ai de plus en plus de temps contraint, je suis pris dans les embouteillages...

Prendre le contre-pied, c’est envisager une sortie progressive de la civilisation de la voiture, au profit d’un retour de la nature dans la ville, d’espaces publics moins bruyants et moins dangereux pour les enfants... Et n’oublions pas que la société est par essence liberticide : après tout, on n’a pas le droit d’immatriculer un char d’assaut, il y a une limite de poids et de vitesse pour les véhicules. Pourquoi cette limite ne pourrait-elle pas évoluer, si cela présente de grands avantages ?

 

N’y a t-il pas un risque de laisser des salariés sur le carreau ?

La sobriété – le fait de consommer moins – va être destructrice d’emplois dans l’automobile, l’industrie chimique, les pesticides... Mais la transition peut créer plus d’emplois qu’elle n’en détruit. La croissance des dernières décennies a aussi été destructrice d’emplois : nous avons créé des emplois dans la grande distribution et les usines, mais combien en a-t-on détruit dans le petit commerce et l’artisanat ? Dans les métiers de services, la grande mutation ne fait que commencer, des centaines de milliers d’emplois vont sans doute être perdus : pensons par exemple aux agences bancaires qui deviennent des agences en ligne, au phénomène d’« uberisation », etc. On remplace d’anciens métiers peu qualifiés par d’autres, avec par exemple des gens chargés d’approvisionner les distributeurs de boissons et de friandises dans les stations de métro, ou de changer les bonbonnes d’eau dans les entreprises.

Je fais le pari que l’on peut recréer énormément d’emplois et revenir à des productions de plus petite échelle – tout en conservant les machines là où elles sont utiles, là où elles rendent le travail moins pénible. À commencer, peut-être, par l’agriculture, en la rendant plus intensive en main-d’œuvre, plus créatrice de sens, moins hyperspécialisée, pour mieux maîtriser la qualité de la production. On pourra aussi mieux partager le temps de travail : le fait d’être moins spécialisé permet de mieux partager. Tout cela sera plus enthousiasmant que le scénario de statu quo, avec un nivellement par le bas du coût du travail et donc des salaires, poussé par une concurrence internationale exacerbée et un système de transport mondial diablement efficace.

Il s’agit aussi de faire évoluer notre système de valeurs. Le métier de plombier est l’un des plus utiles : il devrait être rémunéré quasiment comme un pilote d’avion. Ce dernier est bien payé car il est responsable de nombreuses vies. Mais c’est aussi le cas du plombier qui répare les colonnes de gaz. Les paysans, chiffonniers, mécaniciens, menuisiers, réparateurs d’électroménager ou d’informatique sont les héros de demain !

 

Comment convaincre le plus grand nombre de l’intérêt et de la nécessité de changer ? N’est-il pas trop tard pour agir ?

Nous avons besoin d’utopie, d’espoir, de projet de vie. Les jeunes générations vivent, au rythme des annonces catastrophiques, dans ce monde délirant où l’on nous explique à la fois que la planète va de plus en plus mal, et qu’il y a de plus en plus de technologies formidables pour nous sauver. Or, les faits montrent pour le moment que nous avons plutôt du mal à sauver la planète. Peut-on donner un nouveau souffle ? Ou reste-t-on avec cet horrible « there is no alternative » thatchérien ?

Il n’est jamais trop tard pour bouger. Les moyens financiers existent dans l’agriculture. On pourrait décider d’allouer les milliards d’euros de subventions de manière différente, en privilégiant les exploitations de plus petite taille et de polyculture, en gérant les questions des intrants et des effluents de manière plus intelligente qu’aujourd’hui avec la Beauce désertique d’un côté, et les usines à cochons de l’autre. Passer à ce cercle vertueux implique de changer un certain nombre de règles du jeu fiscales et réglementaires.

Face à la déferlante mortifère de consommation des ressources et de production de déchets, il y a un espace politique autour de la création d’emplois. Aujourd’hui, plus personne ne croit vraiment en la reprise de la croissance pour recréer de l’emploi. Est-elle seulement souhaitable d’un point de vue environnemental ? Bien sûr que non, puisqu’on ne sait pas découpler croissance économique et croissance de la consommation énergétique et de la production de déchets – il n’y a aucun exemple, aucune étude, aucune expérience, aucun chiffre pour étayer le contraire. Le pape, dans son encyclique, dit que « la terre où nous vivons devient moins riche et moins belle, toujours plus limitée et plus grise, tandis qu’en même temps le développement de la technologie et des offres de consommation continue de progresser sans limite ». C’est exactement cela. Chaque jour qui passe, on artificialise des centaines d’hectares qu’on transforme en parkings ou en lotissements, on perd des tonnes de terres arables par érosion et épuisement des sols, on éloigne un peu plus les citadins de la nature... Je pense qu’il y a une voie pour aller vers des sociétés plus soutenables, une voie certes étroite et compliquée, mais pas davantage que la voie technologique.

Propos recueillis par Sophie Chapelle

 

A lire : Philippe Bihouix, L’âge des low tech, ed. Seuil, coll. Anthropocène, 330 pages, avril 2014. 19,50 euros. Vous pouvez commander le livre dans la librairie la plus proche de chez vous, à partir du site Lalibrairie.com.

Photos : CC Steve Jurvetson / Portrait Institut Momentum
- Vélo familial : CC grrsh / FlickR

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 16:03

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Concerto de sèche-cheveux contre l’obsolescence programmée

 

Transformer de vieux objets d’électroménager en instruments de musique : voilà la recette secrète du « circuit bending ». Reportage dans un atelier organisé au centre Pompidou, à Paris.

 

 

 

Sur la grande table rouge, un fer à repasser, des sèche-cheveux, un presse-agrumes et des mixeurs un peu vieillots. On se croirait dans une fin de brocante ou près des containers pour électroménager d’une déchèterie.

Pendant trois heures, ces breloques vont être malmenées par une douzaine de jeunes gens, bidouilleurs ou amateurs, qui vont insérer de nouveaux circuits électroniques dans leur ventre et les transformer en instruments de musique.

 

« Circuit bending »

Le chef d’orchestre de l’atelier, organisé à la bibliothèque du centre Pompidou, à Paris, c’est Sylvain Buffet, alias Bitcrusher. A la place de la baguette, il guidera ses élèves d’un soir avec un fer à souder. Un peu plus d’étain à gauche, faites vibrer les fils électriques, musique !

 

Bon, avant d’entendre réellement un son sortir du presse-agrumes, quelques travaux pratiques s’imposent. Les participants, studieux, lisent les fiches d’explications conçues par l’association Dataglitch qui promeut la pratique du circuit bending – cette musique conçue à partir de court-circuits d’objets électroniques – et dont Sylvain Buffet fait partie, passionné depuis dix ans.

Les premières gouttes d’étain tombent sur les circuits imprimés, qui entreront dans la composition du fer à repasser musical de Nicolas, 31 ans :

« On va le sacrifier ! »

Un participant de l'atelier au centre Pompidou avec un circuit imprimé

Un participant de l’atelier au centre Pompidou avec un circuit imprimé - Robin Prudent/Rue89
 

Ce dernier semble manier avec dextérité le soudage des fils. Les regards se tournent vers lui :

« Tu as déjà soudé, toi ?
– Oui, j’ai fait option S électronique au lycée, mais j’ai eu 5 au bac. »

L’atelier ressemble à un cours de techno avec des élèves un peu plus vieux et beaucoup plus motivés. Quelques précautions sont prises pour éviter tout accident. Les câbles d’alimentation des objets sont coupés et on éloigne les prises qui pourraient faire sauter les plombs de tout le centre Pompidou.

 

Déjouer les fabricants

L’étape suivante, c’est de désosser l’électroménager pour récupérer seulement son enveloppe, ses boutons et changer son cœur : le circuit électronique.

Mais la partie n’est pas aisée. Malgré la grande mallette d’outils sur la table et les différents tournevis, les fabricants ont réservé quelques surprises à ceux qui tenteraient de réparer un objet.

 

Un mixeur qui passe un sale quart d'heure

Un mixeur qui passe un sale quart d’heure - Robin Prudent/Rue89
 

Partout, des « vis de constructeurs » : conçues pour empêcher d’ouvrir les objets, elles ne correspondent pas aux standards. Dans ces cas, il faut sortir la perceuse.

A l’intérieur de ces objets, les circuits imprimés sont de plus en plus petits, soudés par des machines. C’est pour cela que Sylvain Buffet, sound designer pour jeux vidéo dans la vie professionnelle, privilégie les jouets des années 80 :

« On ne peut plus rien faire avec les composants d’aujourd’hui ! »

 

Réanimer les objets cassés

Cette obsolescence programmée est d’ailleurs un délit puni de deux ans de prison et 300 000 euros d’amende par la loi de transition énergétique, définitivement adoptée en juillet 2015.

Mais le cadre juridique restera toujours moins efficace que les mises en application citoyennes comme celles-ci.

 

Une douzaine de participants à l'atelier de circuit bending à Paris

Une douzaine de participants à l’atelier de circuit bending à Paris - Robin Prudent/Rue89
 

La discipline, créée aux Etats-Unis dans les années 70, a déjà pris de l’ampleur en France avec plusieurs disques et des dizaines de concerts depuis quelques années.

Entre deux coup de ciseaux pour adapter les fils électriques à la taille des objets rapportés par les participants, Sylvain Buffet parle de cette passion, qui a envahi son corps – sous forme de tatouages de circuits électroniques :

« Ce sont des sons qui n’existent pas dans le commerce, qui sont uniques, c’est ça l’intérêt. Ma spécialité, c’est de court-circuiter des anciens jouets qui produisaient déjà du son. »

 

Trois heures de soudure

Sur son site personnel, il présente avec beaucoup de détails tous ses instruments : un pistolet laser, une vieille console Nintendo Nes, un sèche-cheveux. Pour chacun d’entre eux, on peut connaître le son qu’il produit et ses caractéristiques, parfois étonnantes.

Ce jeudi soir, il a apporté avec lui un vieil aspirateur orange. Le top, avec une douzaine de boutons à activer, un vrai synthétiseur-aspirateur qui peut même faire stroboscope pour mettre l’ambiance sur scène. Les participants de l’atelier vont tenter de l’amadouer, sans grand succès. Car il faut de la dextérité, comme si vous mettiez un violon dans des mains novices.

 

Des participants à l'atelier de circuit bending à Paris

Des participants à l’atelier de circuit bending à Paris - Robin Prudent/Rue89
 

21h30, les haut-parleurs du centre Pompidou annoncent la fermeture imminente du musée. Rares sont les participants à avoir fini d’assembler tous les morceaux de leur nouvel instrument. Quelques tests sur l’ampli, des branchements à refaire et... un son.

Et même plusieurs, avec trois interrupteurs qui permettent de le moduler. Un vieux téléphone fixe et un mixeur plongeur sont les premiers produits d’électroménager à prendre vie ce soir.

Il ne reste plus qu’à réviser son solfège et faire vibrer toute la cuisine.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 14:37

 

Source: http://www.lemonde.fr

 

 

 

D’une ZAD à l’autre, tour d’horizon des conflits environnementaux

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

 
 

 

Des opposants à l'aéroport Notre-Dame-des-landes, le 22 septembre.

L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la « ferme des mille vaches », le centre d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure… La lutte contre des projets d’infrastructure jugés inutiles ou destructeurs pour l’environnement reste très vive. Des groupes de contestation, souvent composés d’écologistes, de militants hostiles au système capitaliste, de riverains ou d’élus locaux, se structurent sur le terrain et s’entraident pour défendre parfois vigoureusement des espaces qu’ils considèrent en danger.

Un an après la mort de Rémi Fraisse, tué par un gendarme dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 lors d’une manifestation d’opposants à la construction d’un barrage à Sivens (Tarn), où en est-on des « zones à défendre » (ZAD) et des procédures juridiques dans les conflits environnementaux ? Tour d’horizon de huit projets emblématiques.

  1. L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes
  2. Le barrage de Sivens
  3. Le Center Parcs de Roybon
  4. Le centre d’enfouissement de Bure
  5. La « ferme des mille vaches »
  6. La ligne ferroviaire Lyon-Turin
  7. La décharge de Nonant-le-Pin
  8. La ferme des Bouillons

Lire aussi : Mort de Rémi Fraisse : l’enquête bâclée de la gendarmerie

  • L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

 

Dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en 2014.

C’est le plus ancien des « grands projets inutiles imposés » contestés en France, puisque le dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) est ouvert dès 1963. La « zone à défendre »  — dérivée de la « zone d’aménagement différé », décrétée en 1974 — est, depuis ses débuts, en 2009, la mère de toutes les ZAD apparues depuis en France. La zone de 1 650 hectares doit abriter la nouvelle aérogare, les deux pistes et les parkings de l’aéroport du Grand-Ouest, filiale de Vinci-Airports. Un projet qui entraînerait la disparition de terres agricoles et de zones humides. Regroupés notamment dans l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport, les opposants proposent une alternative : le réaménagement de l’actuel aéroport Nantes-Atlantique, une solution moins onéreuse, selon eux, pour l’Etat, pour les collectivités locales et pour les contribuables.

A la suite de l’échec de l’opération « César », en octobre et novembre 2012, qui devait permettre aux gendarmes mobiles d’évacuer la ZAD, le gouvernement a nommé une commission du dialogue et des experts, notamment sur les dossiers sensibles que sont les compensations pour la destruction de zones humides et le déménagement d’espèces protégées. En 2012, le gouvernement s’était aussi engagé à ne pas commencer le chantier tant que tous les recours ne seraient pas épuisés.

Lire aussi : Notre-Dame-des-Landes : la justice rejette tous les recours contre l’aéroport

Alors que le premier ministre a, à de nombreuses reprises, rappelé « l’engagement de l’Etat pour ce projet », annonçant que les travaux allaient débuter incessamment, plusieurs procédures restent en cours. Depuis avril 2014, la France est sous le coup d’une mise en demeure de l’Europe sur « l’absence de certaines évaluations d’impact environnemental ». La préfecture doit encore publier un arrêté dérogatoire pour une espèce protégée, le campagnol amphibie, que les opposants prévoient de contester. Les expropriations et les expulsions, nécessaires pour commencer les travaux, seront aussi difficiles en raison de la trêve hivernale (du 1er novembre au 31 mars). Et quand le gouvernement décidera d’évacuer la ZAD, il restera alors à « convaincre » des centaines de zadistes et des milliers de soutiens de quitter les lieux.

Lire aussi : A Notre-Dame-des-Landes, les « zadistes » bien campés dans le bocage

  • Le barrage de Sivens

 

Sculpture érigée en mémoire de Rémi Fraisse, à Lisle-sur-Tarn.

Ce projet de barrage de 8,5 millions d’euros dans la vallée du Tescou, non loin de Gaillac, dans le Tarn, n’aurait sûrement pas autant retenu l’attention nationale si un militant écologiste, Rémi Fraisse, n’avait trouvé la mort sur le site, tué par une grenade lancée par un gendarme mobile dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014.

Dénonçant le projet initial — une retenue d’eau de 1,5 million de m3 essentiellement destinée à irriguer des cultures de maïs —, les opposants se sont manifestés en occupant la forêt de Sivens durant seize mois. Les tensions sont apparues dès que les travaux de défrichement ont débuté, le 1er septembre 2014. Plusieurs dizaines de zadistes ont alors pris possession des lieux, installant chapiteau et caravanes. De leur côté, des agriculteurs emmenés en particulier par les Fédérations des syndicats d’exploitants agricoles du Tarn et de Tarn-et-Garonne, ont aussi fait monter la pression, encerclant la ZAD durant plusieurs jours, menaçant ses occupants et leurs sympathisants et faisant craindre de sévères affrontements.

En janvier 2015, des experts mandatés par la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, ont préconisé notamment de réduire l’emprise du barrage à 750 000 m³, une solution retenue par le conseil départemental du Tarn, maître d’ouvrage. Mais avant d’envisager le retour des engins de chantier dans la vallée du Tescou, le conseil départemental doit définir un « projet de territoire » et réunir les protagonistes du dossier autour d’une table. Il attend aussi d’être remboursé des sommes dépensées « en pure perte » pour les travaux déjà réalisés ou encore pour le nettoyage du site, un engagement de Ségolène Royal pour inciter le conseil départemental à abandonner le projet initial.

Lire aussi : La construction du barrage de Sivens est toujours en suspens

  • Le Center Parcs de Roybon

 

La ZAD contre le Center Parcs de Roybon, en décembre 2014.

En décembre 2007, le conseil municipal de Roybon — un village de 1 300 habitants dans l’Isère — approuve le choix du promoteur immobilier Pierre et Vacances d’implanter un grand Center Parcs dans la forêt voisine. Le spécialiste de limmobilier de tourisme veut pouvoir recevoir jusqu’à 5 620 personnes dans près de 1 000 cottages répartis autour d’une infrastructure aquatique et de commerces, ainsi que 2 000 places de parking, le tout sur 202 hectares, dont une centaine d’hectares de zones humides. Mais l’opposition de pêcheurs, de riverains et d’écologistes va progressivement monter et s’exprimer. Certains prennent la défense des espèces protégées de la forêt, d’autres dénoncent l’artificialisation d’une aire d’infiltration d’eau de bonne qualité qui alimente des villes de la Drôme.

Les premiers arbres commencent néanmoins à tomber en octobre 2014, dans le chantier placé sous bonne garde. Le 30 novembre, des zadistes occupent la maison forestière proche du site.

Lire aussi : A Roybon, la guerre d'usure entre les partisans et les opposants au projet de Center Parcs

C’est la justice qui va stopper les travaux de défrichement. Le 26 novembre, la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature et l’association Pour les Chambaran sans Center Parcs déposent des recours au tribunal administratif de Grenoble. En vain. La Fédération de la Drôme pour la pêche et la protection du milieu aquatique obtient, elle, gain de cause en arguant qu’un projet de cette ampleur aurait dû être soumis à la commission nationale du débat public. Le 16 juillet 2015, après plusieurs appels jusque devant le Conseil d’Etat, le même tribunal a annulé un arrêté préfectoral autorisant la destruction de zones humides, considérant que les mesures compensatoires prévues étaient insuffisantes. Mais la bataille juridique n’est pas terminée.

Lire aussi : L’avenir du Center Parcs de Roybon à nouveau suspendu à une décision de justice

  • Le centre de stockage de Bure

 

Le laboratoire souterrain de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) à Bure, en 2013.

Le projet du Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) vise à enfouir dans le sous-sol de la commune de Bure (Meuse), les 80 000 m3 de déchets hautement radioactifs et à vie longue (des centaines, voire des millions d’années) produits par le parc électronucléaire français. Un réseau de 15 km2 de galeries doit être creusé dans l’argile, à 500 mètres de profondeur, pour abriter 240 000 « colis » radioactifs. Le coût final de l’installation, chiffré en 2005 à 16,5 milliards d’euros et réévalué en 2009 à 36 milliards d’euros, n’est toujours pas connu.

Les riverains, de nombreuses associations locales, ainsi que les mouvements antinucléaires, sont mobilisés depuis que l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a été chargée, par une loi de 1991, d’étudier « la faisabilité » d’un stockage profond et de rechercher un site d’enfouissement. Ils refusent de voir s’installer, en pleine campagne, une « poubelle nucléaire », ou encore un « cimetière radioactif ». Durant l’été 2015, les opposants ont installé à Bure un « camp anti-autoritaire et anticapitaliste ».

Lire aussi : A Bure, un campement contre « la poubelle nucléaire »

Après avoir construit un laboratoire souterrain, l’Andra veut désormais passer à la phase industrielle. Elle prévoit de déposer une demande d’autorisation de création du Cigéo en 2017, suivie d’une enquête publique, pour une mise en service en 2025. Une « phase pilote » est prévue avant le début de l’exploitation du site, qui s’étalerait sur cent ans.

Lire aussi : Les déchets radioactifs tentent de refaire surface dans la loi Macron, en vain

  • La « ferme des mille vaches »

 

La ferme des 1 000 vaches située à Drucat, à côté d'Abbeville (Somme).

Le projet de la ferme dite « des mille vaches » remonte à 2009. A cette date, un entrepreneur du Nord qui a fait fortune dans le BTP, Michel Ramery, décide de créer une exploitation laitière en rupture totale avec le modèle français d’élevage familial. Il s’associe à cinq producteurs de lait au sein de la société civile Lait Pis Carde pour constituer son cheptel. Il obtient en mars 2013 le permis de construire pour sa ferme, sise à Drucat, dans la Somme. Elle doit comprendre une étable de 1 000 vaches associée à un bâtiment pouvant abriter 750 génisses et un méthaniseur de 1,3 mégawatt. Mais la société d’exploitation de la ferme, la SCEA Côte de la justice, n’obtient une autorisation que pour un cheptel de 500 vaches.

Les riverains du projet se sont interrogés sur son impact. Ils se sont regroupés progressivement, à partir de 2011, au sein d’une association baptisée « Novissen » (Nos villages se soucient de leur environnement), créée par Michel Kfoury. Depuis plus de quatre ans, elle multiplie les démarches et les manifestations pour ouvrir le débat et faire appliquer la loi. Elle a été rejointe par la Confédération paysanne, un syndicat agricole qui a fait de la « ferme des mille vaches » le symbole d’une industrialisation de l’agriculture qu’elle dénonce.

Lire aussi : Ferme des 1 000 vaches  : la polémique continue

Le débat a été relancé par la Confédération paysanne vendredi 23 octobre. Le syndicat a publié une lettre ouverte au ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll. Il s’étonne de la décision prise par la préfecture de la Somme d’ouvrir le 2 novembre une enquête publique en vue d’autoriser l’extension du cheptel à un troupeau de 880 vaches. Car les autorités publiques ont constaté, le 9 juin, que l’exploitation de M. Ramery comptait 796 vaches, soit 296 de plus que le seuil fixé, de 500. Depuis, le cheptel n’a pas été réduit malgré la mise en demeure prononcée le 1er juillet et la décision de condamner M. Ramery à verser une amende. Neuf militants de la Confédération paysanne, jugés en appel pour avoir démonté des installations sur le site, ont vu leur condamnation confirmée mais leur peine allégée le 16 septembre.

Lire aussi : « Ferme des mille vaches » : peines allégées pour les militants de la Confédération paysanne

  • La ligne ferroviaire Lyon-Turin

 

Des policiers gardent l'entrée du tunnel à Chiomonte, en mars 2013.

Né dans les années 1990, ce projet vise à relier Lyon (Rhône) à Turin, en Italie, par une nouvelle liaison ferroviaire, destinée en particulier à réduire de 40 % le fret routier en le reportant vers le rail. La partie dite transfrontalière entre Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) et le val de Suse, dans le Piémont italien, fait 65 km, dont 57 km de tunnel.

Autant dire que c’est un projet très cher. Le tronçon international est estimé par l’accord intergouvernemental franco-italien du 30 janvier 2012 à 8,5 milliards d’euros. Il doit être financé par l’Europe à hauteur de 40 %, par l’Italie (35 %) et par la France (25 %, soit 2,1 milliards d’euros). Au total, la Cour des comptes estimait le coût global du chantier, y compris les accès, à 26,1 milliards d’euros en août 2012.

Lire aussi : Pour financer le Lyon-Turin, deux parlementaires proposent une taxe régionale pour les poids lourds

L’opposition à ce mégaprojet s’est manifestée avec force du côté italien, en particulier par le mouvement No TAV (No al treno ad alta velocita, « non au train à grande vitesse »), et notamment avec la mobilisation de plusieurs dizaines de milliers de personnes en 2005. Versant français, l’opposition, plus calme et plus modeste, est emmenée par des associations écologistes et par certains élus locaux. Elle dénonce les coûts jugés exorbitants, une phase d’enquête publique altérée par les conflits d’intérêts, la présence de la mafia du côté des constructeurs italiens, la baisse du trafic de marchandises sur l’axe Est-Ouest et elle propose d’aménager la voie déjà existante. Le président de la République, François Hollande, a annoncé le début effectif des travaux « à partir de 2016 ».

Lire aussi : Lyon-Turin : un tunnel alpin « inutile »

  • A Nonant-le-Pin, la décharge qui dérange

 

Graffiti à l'entrée de la décharge contestée de Nonant-le-Pin, le 26 août.

Au pays des haras, pur-sang et déchets automobiles ne font pas bon ménage. A Nonant-le-Pin, dans l’Orne, la vie des 500 habitants a vu sa quiétude troublée par la construction d’un centre de stockage de résidus de broyage automobiles et de déchets industriels non dangereux de l’entreprise Guy Dauphin Environnement (GDE), spécialisée dans le recyclage.

Le site, qui devait être le plus grand centre de déchets automobiles en Europe, avec une capacité de 2,3 millions de tonnes, n’a ouvert que deux jours, du 22 au 24 octobre 2013. Il s’est vu bloqué par des opposants au projet : des riverains, des élus locaux et des représentants de prestigieux haras, inquiets d’une possible pollution des eaux souterraines et des terres, qui font la réputation de l’élevage. L’ouverture de ce site a fait l’objet de multiples recours juridiques.

Dernier épisode en date : après la visite de la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, à la fin d’août, le préfet de l’Orne a pris le 25 septembre 2015 en urgence un arrêté interdisant à la société d’apporter des déchets sur le site, qui présente des « malfaçons ». GDE a alors déposé un recours devant le tribunal administratif de Caen. Le 22 octobre, la justice a suspendu l’arrêté préfectoral, autorisant de fait GDE à exploiter sa décharge. Les défaillances du site, estime le juge, « ne concernent pas [le] centre de tri ». Etant donné les promesses du directeur général de GDE, Hugues Moutouh, de n’ouvrir dans l’immédiat « que le seul centre de tri », il n’y a « pas de danger grave et imminent » pour la santé publique. La société promet de ne stocker les déchets qu’à partir de janvier, après des travaux qui doivent commencer « la semaine prochaine ». La cour administrative d’appel de Nantes doit se prononcer, peut-être avant la fin de l’année, sur l’autorisation d’ouverture du site.

  • La ferme des Bouillons

 

La zone à défendre (ZAD) de la ferme des Bouillons, le 6 août, à Mont-Saint-Aignan, au nord de Rouen, le 6 août.

A Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime), la vieille ferme des Bouillons a failli disparaître pour laisser la place à une grande surface de plus sur les hauteurs de Rouen. En 2012, Immochan, la filière immobilière du groupe Auchan, l’avait achetée aux héritiers d’un exploitant mort. Ses projets ont été contrecarrés par Philippe Vue, un ancien permanent des Verts, rapidement rejoint par des irréductibles décidés à ne pas une nouvelle fois laisser disparaître des terres agricoles au profit de zones commerciales, qui ne manquent pas dans l’agglomération.

L’Association de protection de la ferme des Bouillons s’est rapidement installée dans les lieux. Elle y a organisé de nombreux festivals, des débats et des ateliers d’éducation à l’environnement, s’attirant de la sympathie chez les Rouennais et un soutien de la Confédération paysanne et de la Fondation terre de liens.

En 2015, l’association cherchait à installer sur ces quatre hectares de terres un agriculteur bio professionnel. C’est alors qu’Immochan a vendu la ferme à un concurrent. Les occupants de la ferme ont été évacués manu militari le 19 août. Dans les jours qui ont suivi, les forces de l’ordre ont aussi expulsé le campement que les protestataires avaient installé à deux pas de la ferme. Depuis son assemblée générale du 17 octobre, l’association s’est mise en quête d’une autre terre agricole près de la capitale de la Haute-Normandie.

 

Lire aussi : Ferme des Bouillons : après l’expulsion des militants écologistes, un nouveau propriétaire

 

 Audrey Garric

 

 Pierre Le Hir
Journaliste au Monde
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 Laurence Girard
Journaliste au Monde
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Source: http://www.lemonde.fr

 

 

 

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