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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 15:51

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Ces « ramasseurs de l’ombre » nettoient la nature sans s’en vanter

 

Près de Boulogne-sur-Mer, nous avons rencontré les anonymes qui ramassent les déchets ramenés par la mer. On a parlé politique, générosité et sensibilité à l’environnement.

 

(De la Pointe aux oies) Nous sommes en novembre et le soleil fait doucement tomber les manteaux sur la plage de la Pointe aux oies, près de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

Sur le sable, des kitesurfeurs, des promeneurs mais aussi une soixantaine de motivés, sacs-poubelle à la main. Ils ne sont membres d’aucune organisation, beaucoup ne se connaissent pas. Ensemble, ils vont passer un bout de leur dimanche après-midi à ramasser les déchets de la plage, bénévolement, le sourire aux lèvres.

 

Le groupe des ramasseurs de déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015

Le groupe des ramasseurs de déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015 - Thibaut Schepman/Rue89
 

Leur venue est le fruit d’un bouche-à-oreille qui marche bien, depuis des années. Moi-même, j’ai été alerté par l’e-mail d’un lecteur de Rue89 qui vit dans le coin  :

«  J’connais un gars qui ramasse des déchets depuis plus de huit ans sur la Côte d’Opale. Ce gars-là ne fait pas ça pour être une star, ni pour le buzz, ni pour faire le beau à la COP21. Il n’a pas non plus décidé de sauver la planète : avec ses potes, il invite “les gens” à se joindre à lui, tous les mois, toute l’année, pour ramasser les déchets que l’on trouve sur les plages sensibles du coin. »

 

Un « groupe de potes »

Thomas Hemberger explique comment ramasser les déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015

Thomas Hemberger explique comment ramasser les déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015 - Thibaut Schepman/Rue89

Nous avons contacté ce fameux gars, qui s’appelle Thomas Hemberger.

Il nous a raconté comment l’aventure a démarré  :

« Au début, on était trois ou quatre à vouloir faire quelque chose et à se balader avec un grand sac-poubelle.

On s’est structurés et on a créé une association, Nature libre. On a commencé à être plus nombreux, des gens croyaient même qu’on faisait des travaux d’intérêt général !

En 2010, on a reçu des premières subventions, on a mis en place un vrai programme de ramassage, suivant les saisons et les marées. Depuis, on est entre 50 et 70 à chaque ramassage mais ça ressemble toujours à un groupe de potes, c’est super horizontal. »

Cette drôle d’organisation fonctionne très bien. En 2014, 6 tonnes de déchets ont été ramassées. La journée record : 180 participants, 1 760 kg de déchets.

 

Des ramasseurs de déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015

Des ramasseurs de déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015 - Thibaut Schepman/Rue89
 

On a interrogé les présents, dont beaucoup viennent pour la première fois : qu’est-ce qui les motive à renoncer à tout ce que peut offrir un dimanche pour ramasser des déchets ?

Elisabeth, 67 ans, a entendu parler de l’opération en faisant ses courses dans un magasin bio  :

 

Elisabeth ramasse les déchets à la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015

Elisabeth ramasse les déchets à la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015 - Thibaut Schepman/Rue89
 

« Je n’avais rien à faire, je suis venue. Je ne pense pas être écolo pour la politique, par contre j’aime l’école pratique, dans mon quotidien. »

Plus loin, une famille m’explique  :

« On a vu ça dans le journal gratuit, on s’est dit que c’était une bonne idée pour les enfants, on devait aller à une brocante mais finalement on est venus là. »

 

« On se sent comme un petit héros »

Denis Blot est sociologue à l’université de Picardie. Il a commencé à venir aux collectes de déchets dans le cadre d’une étude sur les déchets sauvages pour l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).

Maintenant, il vient parce qu’il aime ça.

Je lui demande : mais pourquoi diable tant de gens consacrent leur dimanche à mettre les mains dans les rebuts ?

« Ce n’est pas facile de vivre avec la sensation que ce qu’on aime autour de nous se dégrade. Donc certaines personnes sautent sur l’occasion de faire quelque chose dès qu’elle se présente. Le nettoyage n’est pas extrêmement utile en soi, mais vivre sans serait difficile.

Nos meilleurs souvenirs de collecte, c’est quand il fait un temps pourri. L’an dernier, le 21 décembre, on était une petite dizaine, dont la moitié habillés en père Noël. C’était dur, il neigeait, mais c’est un super souvenir.

Dans nos vies, on n’a pas souvent l’impression de faire quelque chose de bien ; là, on se sent comme un petit héros. »

En discutant avec certains participants, on comprend petit à petit que ces sessions dominicales sont aussi un exercice de réflexion intense.

 

« Prisonniers de ce qu’on fabrique »

Jonathan – celui qui qui m’avait envoyé un mail – aime beaucoup ramasser les petits tubes que l’on trouve par centaines sur la plage. Il demande aux gens : « A votre avis, c’est quoi ? »

 

Des tubes de Coton-Tige dans la main de Jonathan sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015

Des tubes de Coton-Tige dans la main de Jonathan sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015 - Thibaut Schepman/Rue89
 

Réponse : des tubes de Coton-Tige. On les jette dans les toilettes, comme si l’eau était une poubelle. Ceux-ci sont trop fins pour être filtrés par les stations d’épuration, ils finissent dans les rivières puis dans la mer, qui en ramène inlassablement une petite partie sur la plage.

C’est l’occasion d’expliquer où part l’eau quand on tire la chasse, mais aussi de lancer de longues réflexions sur notre rapport aux déchets.

Et ça ne laisse pas indemne, comme me l’explique Jonathan  :

« Pour moi, ça a changé plein de choses. Je me dis que l’être humain est un génie pour fabriquer des choses mais qu’il ne sait pas du tout ce qu’elles deviennent. On est un peu prisonniers de tout ce qu’on fabrique en fait. Je n’achète plus rien d’emballé, grâce à ça je ne jette presque plus rien à la poubelle. J’ai débranché mon frigo aussi. »

 

« Décider de ce qui est naturel ou non »

J’accompagne Denis pendant quelques mètres. Je l’observe et ça me confirme que se baisser pour ramasser les détritus fait travailler les méninges  :

 

Laisse de mer à Audresselle

Laisse de mer à Audresselle - F. Lamiot/Wikimedia Commons/CC
 

« On essaye de ne pas toucher à ce qui est naturel pour ne pas l’abîmer. Par exemple, il y a souvent des filets de pêche coincés dans des algues dans la laisse de mer.

On n’y touche pas, parce que c’est un véritable écosystème, de nombreuses espèces en dépendent. Si on les retire, on aura un site propre mais ce serait un site mort.

C’est paradoxal, quand même. Ça veut dire que l’homme qui veut préserver la nature doit décider de ce qui est naturel ou non. »

Il m’emmène un peu plus loin :

« Ça, par exemple, c’est quoi  ? C’est un mélange de roches et de métaux sur lequel sont accrochés des filets en plastique et des algues. On ne va pas le jeter ! Je crois qu’on va devoir se résoudre à laisser une bonne partie de notre environnement devenir une hybridation entre du naturel et du manufacturé. »

 

Denis Blot s'interroge sur la nature des déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015

Denis Blot s’interroge sur la nature des déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015 - Thibaut Schepman/Rue89
 

Collecteurs de déchets anonymes

Thomas confirme que les participants réguliers se posent beaucoup de questions, et que ces sessions l’ont transformé :

« Quand tu te balades sur la plage avec un sac, tu comprends que la majorité des déchets vient de la terre, arrive dans la mer par les fleuves et les rivières, et est en partie ramenée sur la plage par la mer.

Tu ne peux pas chercher les coupables, tu es obligé de te dire que la solution, c’est de produire moins de déchets, tu comprends que c’est la société de consommation le problème.

On ramasse six tonnes de déchets par an. C’est pas ça qui va sauver le monde. Par contre, ça nous permet de construire une vraie relation avec notre environnement, on l’observe, on le défend un peu, on développe une vraie sensibilité, c’est très fort et très beau. »

Pour moi, le plus fort et le plus beau, ce n’est pas que tant de gens dévouent leur jour de repos à ce ramassage, ni même que mettre les mains dans la merde permette à certains de révéler un peu de la fraîche beauté du monde.

 

Capture d'écran d'évènements et groupes locaux consacrés au ramassage des déchets sur Facebook

Capture d’écran d’évènements et groupes locaux consacrés au ramassage des déchets sur Facebook
 

Non, le plus fort et le plus beau, c’est que des gens comme ça, on en trouve partout. Denis tente de faire un inventaire de ces collecteurs anonymes en France. C’est très difficile :

« Il y a des gens qu’on ne repérera jamais. Je pense à une personne dont on m’a parlé qui ramasse seule les déchets sur 3 km de plage.

Des gens comme ça, il y en a des centaines en France. Ils pourraient aller voir leur maire, pour dire “c’est sale là-bas”, mais ils préfèrent s’en charger eux-mêmes.

Ils se réapproprient ces espaces, c’est une forme de démarche politique. »

 

« Je me vois comme un sportif »

J’ai ainsi rencontré Ronald, qui ramasse des déchets dans la nature du côté dHesdin (Pas-de-Calais). Il a tenté de rameuter du monde via Facebook, mais pour l’instant, il est le plus souvent tout seul.

Frédéric Vincent, lui, nettoie seul les bords des routes près de Calais depuis quinze ans. Il m’a expliqué sa démarche :

« On me parle souvent de gens qui ont été vus sac-poubelle à la main en sortant d’un champ ou d’un chemin. Je pense que même si la majorité ne fait rien, il y a beaucoup de ramasseurs de l’ombre.

Moi, j’ai commencé parce que ça me dégoûtait de voir les merdes des gens un peu partout. J’étais en colère, je m’habillais même en tenue militaire.

En parlant avec les gens, j’ai compris que ça ne servait à rien de faire la guerre. Je fais maintenant de la sensibilisation dans les écoles, j’ai installé des panneaux sur les bords de routes.

Je ramasse toujours tout seul, c’est vrai que physiquement, je dérouille, mais je me vois comme un sportif qui travaille dur pour atteindre un jour une performance exceptionnelle, c’est-à-dire que les enfants du coin aient un monde meilleur. »

En l’écoutant, je repense aux mots de Jean Giono, vantant le travail solitaire d’Elzéard Bouffier, ce personnage de la fiction « L’Homme qui plantait des arbres » (Revue forestière française, 1973), qui, pendant toute sa vie, a tenté dans l’anonymat de restaurer la nature, en « reforestant » un bout de Provence désertique :

« En même temps que l’eau réapparut réapparaissaient les saules, les osiers, les prés, les jardins, les fleurs et une certaine raison de vivre. Mais la transformation s’opérait si lentement qu’elle entrait dans l’habitude sans provoquer d’étonnement. [...]

Qui aurait pu imaginer, dans les villages et dans les administrations, une telle obstination dans la générosité la plus magnifique ? [...]

Quand je réfléchis qu’un homme seul, réduit à ses simples ressources physiques et morales, a suffi pour faire surgir du désert ce pays de Canaan, je trouve que, malgré tout, la condition humaine est admirable. Mais, quand je fais le compte de tout ce qu’il a fallu de constance dans la grandeur d’âme et d’acharnement dans la générosité pour obtenir ce résultat, je suis pris d’un immense respect pour ce vieux paysan sans culture qui a su mener à bien cette œuvre digne de Dieu. »

 

Thomas Hemberger rit en posant un casque déposé par la mer sur plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015

Thomas Hemberger rit en posant un casque déposé par la mer sur plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015 - Thibaut Schepman/Rue89
 
 
 
 
 
 
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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 18:23

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

La non-violence est « la meilleure réponse au terrorisme »

21 novembre 2015 / Lorène Lavocat (Reporterre)
 

 

 

Aux attentats de Paris, la classe politique et médiatique a répondu, presque à l’unisson, par des propos martiaux. Une autre voix propose de voir au-delà de l’émotion et de sortir de « l’idéologie de la violence ». Cela suppose du temps, de la réflexion, un retour sur soi, une attention à l’autre.

 

Des bombardements en Syrie, des manifestations interdites et des militaires qui patrouillent dans les rues. Vous l’aurez compris, « la France est en guerre ». Médias et politiques ont salué le discours martial du président de la République, lundi 16 novembre, à Versailles. Députés et sénateurs ont largement approuvé la prolongation et le renforcement de l’état d’urgence. À l’intensification des frappes aériennes en Syrie s’ajoute la possibilité d’une intervention au sol. Pour répondre aux actes terroristes qui ont fait 129 morts, le gouvernement joue la carte guerrière.

Une décision plébiscitée par les Français, du moins si l’on en croit les sondages. D’après l’Ifop, « 84% des personnes interrogées sont prêtes à accepter davantage de contrôles et une certaine limitation de leurs libertés pour mieux garantir la sécurité, et 85 % approuvent l’intervention militaire en Syrie » [1].

 

« Il y a des moments bien sûr où il faut contraindre »

Pourtant, dans les rues de la capitale meurtrie, les citoyens ont préféré les bougies et les fleurs aux armes, les messages d’amour et d’humour à ceux de haine. « Il y a beaucoup de sagesse au sein de la population, les gens se tournent spontanément vers des actions non-violentes », observe Jean-Marie Muller, philosophe et penseur de la non-violence. Symbole de ce refus populaire de la vengeance, Antoine Leiris, un jeune papa qui a perdu sa femme dans les attentats. Son message adressé aux djihadistes a fait le buzz sur la toile : « Je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Je suis avec mon fils, qui va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie, ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. »

 

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L’humour, une des réponses aux attentats.

Alors, la non-violence peut-elle être une réponse au terrorisme ? Oui, répondent sans hésiter ses défenseurs : « Seule la non-violence peut répondre à la violence. Vaincre le terrorisme, c’est refuser d’entrer dans sa logique de violence », explique Jean-Marie Muller.

Certes, face à une personne armée d’une kalachnikov et déterminée à tuer, la non-violence est un bouclier dérisoire. En 2009, le dalaï-lama affirmait : « Il est difficile de lutter contre le terrorisme par la non-violence. Les terroristes cultivent des mauvais sentiments, leur esprit est fermé. » En août dernier, un attentat a d’ailleurs été évité de justesse dans un train Thalys grâce à l’intervention musclée de trois jeunes états-uniens, militaires ou rompus aux arts martiaux. Ils se sont jetés sur un homme lourdement armé, lui ont porté plusieurs coups de cutter, avant de l’étrangler pour le rendre inconscient. Pas vraiment pacifiste comme action, mais elle a permis d’empêcher un drame.



« Il y a des moments bien sûr où il faut contraindre, reconnaît Serge Perrin, membre du Mouvement pour une alternative non-violente (le Man). Mais il faut absolument rester dans un cadre légal. Et la loi ne se construit pas dans l’urgence, mais dans le débat démocratique. » L’avis est partagé par Jean-Marie Muller, qui met en avant l’initiation à des pratiques de défense comme l’aïkido, qui retourne la violence contre celui qui en use. « Enseigner aux jeunes à se défendre sans violence, c’est aussi important que leur apprendre les maths ! », conclut-il.

 

La guerre ne résout rien

Former les jeunes à être « des artisans de la paix », c’est justement la raison d’être dIntercordia, une association qui accompagne des 20-30 ans dans une mission de solidarité internationale. « Quand survient l’attentat, il est trop tard, admet Baptiste Anguis, chargé de projet au sein de l’ONG. C’est en amont qu’il faut agir, en construisant une culture de paix. » Prendre du recul et de la hauteur, c’est une des invitations de la non-violence : « La culture qui domine nos sociétés est structurée par l’idéologie de la violence nécessaire, légitime et honorable. Désarmer le terrorisme, c’est d’abord désarmer cette idéologie », estime Jean-Marie Muller.

Refuser la violence ne signifie pas nier le conflit, ou ne rien faire, mais proposer d’autres voies pour y répondre. « Pour vaincre le terrorisme, ce n’est pas la guerre qu’il faut faire mais la justice qu’il faut construire », insiste le philosophe. D’ailleurs, la guerre ne résout rien. C’est le constat fondamental de tous les mouvements pacifistes, de Gandhi à Martin Luther King. Dans un dossier consacré à la question du terrorisme, la revue Alternatives non-violentes rappelle ainsi que « l’histoire récente n’enregistre aucun cas dans lequel une lutte armée aurait su transformer un régime », et pointe au contraire – chiffres à l’appui – l’efficacité de la lutte non-violente, « qui est deux fois plus susceptible de mener ses auteurs à leur but que l’action armée ».

 

De l’Irak à l’Afghanistan, de la Libye au Nord-Mali, les faits semblent leur donner raison : comme l’ont rappelé nombre d’analystes, l’État islamique est né de la chute de Saddam Hussein, en conséquence à l’invasion états-unienne.

 

Contre la logique de guerre, les non-violents prônent l’intervention civile de paix. Jean-Marie Muller la définit comme « une intervention non-armée, sur le terrain d’un conflit, de missions extérieures venant accomplir des actions d’observation, d’information, d’interposition, de médiation et de coopération en vue de prévenir ou de faire cesser la violence, de créer les conditions d’une solution politique du conflit qui reconnaisse et garantisse les droits fondamentaux ». Missions d’observation, témoignages et plaidoyer sur la situation, création de zones démilitarisées, éducation populaire à la paix... Au Mexique, des observateurs internationaux se rendent ainsi tous les jours dans des zones de conflit afin d’éviter des massacres de populations civiles.

 

Prendre conscience de « la part de violence qui est en nous-mêmes »

« La paix se gagne au quotidien », insiste Baptiste Anguis. La logique de guerre, très court-termiste, suppose de désigner des coupables à punir. En fait, il vaudrait mieux « faire le constat de l’échec collectif ». « S’interroger sur notre responsabilité, c’est comprendre que notre mode de vie occidental, industrialisé, est un des moteurs de la violence. » Travailler sur les causes de la violence, certes, mais aussi construire au jour le jour « des relations positives, humaines », explique Serge Perrin. « Notre réponse aux actes terroristes passe par une résistance civile collective, par la cohésion sociale, par le vivre ensemble ». Fête des voisins, jardins familiaux, ateliers participatifs. « C’est pour cette raison que les manifestations prévues pendant la COP sont essentielles », pointe le militant.

 

Surtout, la non-violence n’est possible que si chacun d’entre nous prend conscience de « la part de violence qui est en nous-mêmes, explique Baptiste Anguis. Il faut commencer par faire la paix avec soi »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 00:39
 

 

 

Brest Réparez au lieu de jeter

La recyclerie Un peu d’R organise le premier Repair café brestois samedi 21 novembre. On vous y aidera à réparer vous-même votre matériel informatique.

19/11/2015 à 15:20 par juliensaliou

 

© Fotolia.com
Les bénévoles vous donneront des clés pour vous dépanner vous-même.(© Fotolia.com)

M.S.J.

 

Auréolée de son trophée breton du développement durable, la recyclerie Un peu d’R poursuit ses actions pour limiter les déchets. Avec l’organisation du tout premier Repair café brestois, samedi 21 novembre. L’idée : vous aider à réparer pour ne pas jeter. Ce premier rendez-vous sera consacré au matériel informatique.

Nouvelle vie

De 14 h à 18 h, plusieurs réparateurs bénévoles assureront une présence à la salle Tessier pour aider les visiteurs à diagnostiquer et réparer. Ils ne répareront pas pour vous mais avec vous et vous donneront des clés pour vous dépanner vous-même la prochaine fois. Apportez votre ordinateur s’il ne s’allume plus, s’il a besoin d’un nettoyage ou est trop vieux pour la dernière mise à jour Windows… Il bénéficiera peut-être d’une nouvelle vie.

« Si la réparation ne peut se faire sur place, vous serez conseillé sur la meilleure manière de la faire vous-même. Et si jamais votre matériel n’est pas réparable, vous pourrez nous le laisser car la recyclerie est point de collecte Eco-systèmes pour les déchets d’équipements électriques et électroniques », ajoute Matthieu Harel, membre de l’équipe d’Un peu d’R.

> Samedi 21 novembre, de 14 h à 18 h à la salle Tessier, rue Colonel-Fonferrier à Brest. http ://repaircafe.unpeudr.fr ; c’est gratuit.

00000 Brest
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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 16:37

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Dans les Vosges, l’économie circulaire fait revivre un village

18 novembre 2015 / Baptiste Giraud et Lucas Mascarello (Reporterre)
 


 

Dans un village vosgien situé en pleine campagne, l’association Minos crée une dynamique sociale autour de l’économie circulaire et de sa recyclerie. L’objectif : permettre aux gens de travailler, pour faire vivre ce territoire rural.

 

- À Monthureux-sur-Saône (Vosges), reportage

Samedi matin, 8 h, la longue rue centrale et la place du marché sont couvertes de brume. Derrière son petit stand de légumes bio, et malgré les 5 °C qu’affiche la croix verte de la pharmacie, Jean tresse un panier en osier. S’il connaît la recyclerie Minos ? « Bien sûr, j’y ai travaillé un an en contrat d’insertion, en tant qu’agent de collecte. J’ai trouvé ça super, et puis ça m’a permis de rebondir et de me lancer dans le maraîchage. » Une dame vient lui acheter quelques noix et de la salade. « C’est formidable, ce qu’ils font à Minos. C’est dynamique. Vous vous rendez compte, dans un village comme Monthureux… »

 

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En milieu de matinée, le magasin de la recyclerie fait le plein de visiteurs.

Justement, c’est aujourd’hui que se tient la vente mensuelle de la recyclerie. Nous prenons la direction de l’ancienne fabrique de fil, qui sert pour quelques mois encore de stockage et de magasin. Difficile de la rater : parking complet, des voitures stationnent au bord de la route départementale. À l’intérieur, ça fourmille. Comme si tous les habitants des alentours s’étaient donnés rendez-vous. Meubles, livres, vaisselle, électroménager, outils, fripes, jeux, et même ordinateurs : « On trouve de tout ici. Franchement, chapeau ! » s’exclame Thérèse, occupée à choisir des revues. « Vu la vie actuelle, on est content de trouver moins cher, et j’ai pas honte. » À côté d’elle, Dominique a déniché des livres sur les loisirs créatifs, un coussin à « relooker » pour offrir à Noël, et des jeux pour ses petits-enfants.

 

« Enrayer ces cercles vicieux »

Devant les trois caisses, tenues par des bénévoles, une trentaine de personnes font déjà la queue. Jacques, président de l’association et « le nez dans le guidon », tient l’une d’elles. Ce ne sont pas n’importe quelles caisses, explique-t-il : grâce à un logiciel de gestion de données, développé par l’association Cap 3C, tous les flux sont enregistrés. « J’ai voulu qu’on identifie et qu’on pèse ce qui rentre et sort. Comme ça on peut dire à ceux qui nous aident : ’’Voilà le tonnage qui n’est pas passé dans le système d’élimination des déchets’’ », explique Jacques. Ce jour-ci, la vente s’avère fructueuse : plus de 4.400 € de recette, soit 3,158 tonnes d’objets partis vers une nouvelle vie. En 2014, 80 tonnes ont été collectées, 78 % des objets ont été valorisés, et un peu plus de 40 % vendus.

C’est Raynald Magnien-Coeurdacier qui a créé l’association en 2006. Malgré sa consonance sidérurgique, la famille Coeurdacier est ancrée dans le village depuis des siècles. Né ici, Raynald est d’abord parti travailler dans le théâtre et l’audiovisuel. Avant de se reconvertir dans l’économie sociale et solidaire et de revenir habiter sa maison de famille. Puis de lancer Minos, pour « moyen d’insertion novateur pour l’organisation sociale ». Dans ans plus tard, il se fait même élire maire du village. « Mais Minos est plus utile que la mairie », confie-t-il. « Les gens s’en vont d’ici parce qu’il n’y a pas de boulot », constate Raynald. Aux confins de la Lorraine, la Champagne-Ardenne et la Franche-Comté, 960 âmes entourées d’une forêt de chênes et de quelques pâturages, à 30 km de Vittel et à 50 d’Épinal : Monthureux fait partie de ce que certains appellent l’ « hyperruralité ». Desservi par trois bus par jour seulement, le village possède le minimum de commerces nécessaires pour assurer le quotidien des 3.000 personnes qui vivent aux alentours.

 

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Raynald Magnien-Coeurdacier, maire de Monthureux-sur-Saône et fondateur de l’association Minos.

Aurélie Dupuy-Lanterne est responsable administrative et des ressources humaines à Minos. En 2014, 45 personnes ont été accompagnées. Elle connaît bien les profils des gens qui se retrouvent ici, les problèmes d’addictions, de femmes divorcées ayant peu, voire jamais, travaillé, les licenciements économiques. « Les gens se retrouvent ici parce que c’est pas cher et qu’il y a des logements sociaux. Puis, ils commencent à avoir des problèmes de voiture, de mobilité, pas d’argent pour se soigner, etc. On cherche à enrayer ces cercles vicieux. »

 

Éviter l’effet ghetto et la stigmatisation

Comment ? L’action de Minos se déploie sur trois niveaux : remobilisation sociale, chantier d’insertion et entreprise d’insertion. Le premier s’adresse aux personnes les plus en difficulté. Des ateliers (couture, cuisine, écriture) leur sont proposés afin de les faire sortir de chez eux et de retrouver un contact social. En veillant à éviter l’effet ghetto et la stigmatisation.

Certains jeudis, l’atelier cuisine prépare un repas auquel sont invités les gens du village. Parfois, un atelier d’écriture s’y mêle, raconte Raynald : le médecin ou l’artisan du coin se retrouvent à devoir faire les mêmes exercices d’écriture que les autres, se font aider, et lisent à leur tour leur production. « Les gens se demandent parfois pourquoi on y met tout cet argent public. Mais quand ils viennent voir, ils comprennent enfin l’intérêt de nos actions. »

 

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Des centaines de livres sont collectés et revendus.

Deuxième étape, les « remobilisés » peuvent postuler au chantier d’insertion que constitue la recyclerie. « En contrat d’insertion, ils travaillent 24 h par semaine. Ça laisse du temps à côté pour faire les démarches administratives. Et leur salaire est juste au-dessus du seuil de pauvreté, c’est important », explique Aurélie.

Le travail à la recyclerie se décompose en trois parties : la collecte des objets, chez des gens ou en déchetterie, mais à moins de 30 km à la ronde pour ne pas émettre trop de CO2 ; le tri et la valorisation de ce qui a été récupéré ; la mise en rayon dans le magasin et la vente. Pour Jacques, le président, « c’est quasiment l’outil idéal, car il n’y a pas besoin de techniciens. Ça les oblige à se lever le matin, et ça leur permet de répondre quelque chose quand on leur demande ce qu’ils font ». Les contrats durent un an maximum, le temps de construire un projet professionnel. Aurélie travaille avec une psychologue : « On les aide à trouver des formations, à comprendre comment ça marche. Et puis on cherche surtout à les rendre autonomes. »

Objectif particulièrement réussi pour Hervé. Après une année en insertion à la recyclerie, sa connaissance du travail et son investissement étaient tels que la direction lui proposa un CDI de responsable. Depuis, c’est lui qui encadre la petite dizaine d’ouvriers. « Je ne suis pas éducateur, mais j’essaie de faire en sorte qu’il y ait une vie de groupe », confirme l’intéressé. Son envie s’entend quand il évoque les possibilités d’évolution de l’activité : « Avec le gisement qu’on a, vous imaginez tout ce qu’on pourrait faire… »

 

Jouer le rôle d’« incubateur »

Dernier niveau, en place depuis cet été : une entreprise d’insertion qui produit des petits cubes en bois. Ils servent à faire vieillir le vin dans des cuves en -Inox. Cette fois, les salariés travaillent 35 h par semaine, ont des tâches plus techniques et des objectifs de production. Sans oublier l’importance de la quarantaine de bénévoles actifs, « force d’amorçage » de l’association, indispensables au bon déroulement de chaque vente et des ateliers. Récup’art, l’un de ces ateliers, donne un exemple de réutilisation des rebuts. « Ça marche très, très bien. Surtout avec les gamins, ils ont une créativité terrible », s’enthousiasme Hervé.

 

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Julien Beme (à gauche), en contrat d’insertion, et Françis Malagié, bénévole trésorier de l’association, trient les cubes de bois destinés aux cuves de vinification.

« On ne veut pas juste être une forêt et un lieu où les gens viennent fleurir la tombe et se balader à la Toussaint. On veut redonner de l’espoir aux habitants. Notre coin a un avenir ! soutient le maire, aujourd’hui directeur de Minos. Et si on veut que des endroits ruraux comme les nôtres existent, il faut que l’économie et les emplois marchent. Donc il faut inventer un système économique. » Tout en veillant à prendre soin de l’ « écosystème social », comme il l’appelle. « Des petites vieilles qui n’ont pas de bagnole, leurs enfants viennent pour la vente et passent les prendre en passant », raconte Jacques. « Et même les services sociaux donnent des bons d’achat pour Minos aux gens dans le besoin. Avec 200€, ils récupèrent tout ce qu’il faut pour aménager leur maison », ajoute Raynald...

 

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 18:59

 

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Jardin partagé, ressourcerie et insertion : quand l’écologie aide aussi à mieux vivre

 

16 novembre 2015 / Christelle, Évelyne, Francis, Laurent, Marie-France, Marina et Nathalie
 


 

Comment concilier lutte contre le changement climatique et faibles revenus ? Sept journalistes citoyens de la Maison de l’emploi du Vermandois, dans l’Aisne, ont mené l’enquête, dans le cadre du projet Climat et quartiers populaires.

Cet article a été réalisé par Christelle, Évelyne, Francis, Laurent, Marie-France, Marina et Nathalie, habitants de Bohain (Aisne), dans le cadre d’un atelier média Climat et quartiers populaires organisé avec le Plan local pluriannuel pour l’insertion et l’emploi (Plie) du Vermandois.


-  À Bohain (Aisne) et à Péronne (Somme), reportage

Acheter bio ? Pas possible quand on arrive tout juste à survivre. Et pourtant… Écologie et social peuvent se confondre. La lutte contre le changement climatique n’est pas réservée à une élite. Chacun est concerné, quelles que soient ses ressources. Certaines associations agissent pour l’environnement tout en favorisant le bien-être et l’insertion des habitants des quartiers populaires.

La Maison bleue est une association créée en 2010 dans le quartier défavorisé de la Barburesse, à Bohain-en-Vermandois (Aisne). Son but est d’aider les habitants à vivre mieux tout en faisant des économies. « On s’est rendus compte que certaines mamans du quartier regardaient manger leurs enfants et restaient le ventre vide, faute de pouvoir acheter suffisamment de nourriture », raconte Joëlle Dupont, coordinatrice de l’association.

 

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Joëlle Dupont, coordinatrice de l’association la Maison bleue.

Pour résoudre ces difficultés, un jardin solidaire a été planté en 2011. Des légumes de saison y sont semés, cultivés et récoltés sans produits chimiques. Ils sont arrosés de l’eau de pluie récupérée dans un « arbre de pluie », fabriqué avec des bouteilles en plastique. La décoration du jardin est faite à base d’objets de récupération, transformés en hérissons et autres animaux. De jolies fleurs embaument le quartier.

Des paniers de légumes du jardin sont vendus à petits prix en favorisant les personnes en difficulté, bénéficiaires du RSA et personnes âgées. L’association a écrit un livre de recettes économiques des quatre saisons. « Les légumes de saison sont moins chers, souligne Mme Dupont. On a des rythmes, la nature aussi. Il n’y a pas de logique à faire pousser des courgettes en hiver. À la Maison bleue, on est attentifs à être bien avec soi, avec les autres et avec la nature. » La coordinatrice de l’association fait la chasse au gaspillage : « On a appris à cuisiner les restes. On ne jette rien. » Les déchets sont compostés et servent d’engrais aux cultures.

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Le jardin solidaire de la Maison bleue.

La Maison bleue propose aussi des ateliers de fabrication de produits ménagers économiques et écologiques avec du savon noir, du savon de Marseille, du vinaigre blanc et du bicarbonate de soude, qui ne polluent pas la planète ni les nappes phréatiques. L’association travaille à la création d’un éphéméride perpétuel, avec, chaque jour, des gestes simples pour faire des économies d’eau et d’électricité : couvrir la casserole pour faire bouillir l’eau plus vite, utiliser des réducteurs d’eau ou encore éteindre les lumières inutiles. « Tout cela, parce que les habitants nous ont confié que leur principal problème était les factures difficiles à régler », rapporte Mme Dupont.

Pour les habitants rencontrés, la Maison bleue a vraiment son utilité. « Nous sommes tous impliqués dans l’association, confie Jessica, croisée en bas des HLMMes enfants sont au Centre et mon mari est au jardin. Cette maison pas comme les autres a fait renaître le quartier, tout en invitant les habitants à adopter des gestes écologiques dans leur vie quotidienne. D’autres associations se servent de la protection de l’environnement comme tremplin vers l’emploi.

« Rendre leur dignité aux gens »

Au milieu de nulle part, dans la campagne picarde, se trouve un hangar renfermant de nombreuses richesses : jouets, tondeuses à gazon, livres, écrans plats, ordinateurs, meubles réparés et vendus dans le magasin. Cette caverne d’Ali Baba, c’est la Ressourcerie de Péronne (Somme). Elle est gérée par l’association Artois insertion ressourcerie (AIR) qui a deux autres magasins, à Bapaume et à Ervillers (Pas-de-Calais).

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La Ressourcerie de Péronne.

Créée en 1992, cette association a pour but le recyclage de nombreux objets récoltés soit en porte-à-porte, soit en apport volontaire grâce à des partenariats avec les collectivités territoriales et des entreprises locales. Le tri, les réparations et la revalorisation sont effectués par une cinquantaine de salariés en parcours d’insertion. « L’objectif est de rendre leur dignité aux gens qui travaillent en insertion, de permettre aux gens de s’équiper à moindre coût, tout en ayant un réel impact sur l’environnement en favorisant le recyclage plutôt que l’enfouissement », explique Vincent Baralle, directeur de l’association. En 2014, l’association a valorisé 93 % des 594 tonnes de déchets récoltés en Picardie .

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Vincent Baralle, directeur de l’association Artois insertion ressourcerie.

Chose surprenante, ni Mme Dupont ni M. Baralle ne mettent en avant les bienfaits de leurs activités sur le climat et l’environnement. Pour eux, c’est l’humain qui prime. Parce que les publics auxquels ils s’adressent polluent peu : peu d’entre eux ont un véhicule, ils surveillent de près leurs dépenses énergétiques et n’ont pas les moyens de gaspiller. Ces rencontres témoignent de l’injustice climatique que subissent les habitants des quartiers populaires : ils sont les premières victimes du changement climatique, sans en être les principaux responsables...

 

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 18:35

 

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Industrie textile

Au Bangladesh, des ouvrières rescapées du Rana Plaza créent leur propre coopérative textile

par , Elsa Fayner

 

 

 

Il y a eu les 1 135 morts et les milliers de blessés de l’effondrement du Rana Plaza, au Bangladesh. Puis les engagements des multinationales de l’habillement, leurs codes de conduite et leurs chartes éthiques. Enfin, des centaines d’inspections aboutissant à la fermeture de nombreux ateliers textiles aux conditions de travail indignes. Une quarantaine d’ouvrières et d’ouvriers, traumatisés par le drame, ont décidé de ne pas en rester là et de créer leur propre coopérative textile : Oporajeo, les invincibles, en bengali. Mais les clients européens en quête de fournisseurs alternatifs sont rares, et la coopérative peine à remplir son carnet de commandes. Reportage à Dacca.

Shirin pensait ne plus jamais pouvoir retravailler après l’effondrement du Rana Plaza. Non pas à cause de sa blessure au thorax, qui l’étreint toujours, mais parce qu’elle avait peur. Peur de tout : du simple bruit des machines à coudre, de la seule évocation des termes « travail », « immeuble », raconte la fine jeune femme au regard franc dans son sari bleu. À 18 ans, elle aurait pu rester prostrée chez elle, dans ce quartier de Savar où vivent la plupart des rescapés, tous ces voisins qui, autrefois, se rendaient au matin dans cette grande usine qui bordait la route, ce haut bâtiment dans lequel œuvraient cinq sous-traitants pour des dizaines de marques occidentales. Sur les 3 000 ouvriers qui travaillaient là, en majorité des femmes, plus de 1 000 sont morts, et 2 000 ont été blessés (voir le dossier qu’y consacre notre Observatoire des multinationales).

En juin 2015, le Comité de coordination du Rana Plaza (CCRP), présidé par l’Organisation internationale du travail (OIT), a annoncé avoir levé les fonds nécessaires pour verser l’intégralité des indemnités dues aux victimes. Des actions de formation et de reclassement ont été entamées. Mais tous les survivants n’en ont pas profité, trop atteints dans leur corps ou trop déprimés. D’ailleurs, quand Shirin a entendu parler d’Oporajeo, elle a d’abord écarté la possibilité avec lassitude. Plus de force. Puis, en se laissant le temps d’y réfléchir, elle a décidé de s’y rendre « une journée, pour voir ». Un détail la rassurait : le bâtiment ne comportait que un étage, il risquait moins de s’écrouler. Elle y est finalement restée pour la « bonne ambiance » et pour « l’administration sympathique ».

 

Le pays revient de loin en matière de conditions de travail

Shirin parle d’administration, et non pas de direction, parce qu’Oporajeo est une coopérative. En plus de leur salaire régulier, les ouvriers se partagent – à parts égales – 50 % des bénéfices. Les 50 % restants sont utilisés pour des prêts à court terme et pour faire vivre une école primaire gratuite destinée aux enfants du quartier. Le dispositif constitue une première au Bangladesh. Un parcours semé d’embûches, aussi.

 

 

Il faut dire que le pays revient de loin en matière de conditions de travail. La veille de l’effondrement du Rana Plaza, le 23 avril 2013, les ouvriers avaient constaté l’existence de fissures dans lesquelles « on pouvait passer la main », se souviennent les ouvrières de la coopérative, timidement dispersées dans la salle ensoleillée des machines à coudre. Ce jour-là, les travailleurs, paniqués, étaient sortis de l’immeuble. Ils avaient été autorisés à rentrer chez eux mais, le lendemain matin, ils avaient dû revenir travailler. Devant les craintes réitérées, seuls quelques managers avaient accepté que les ateliers soient évacués. Les autres avaient ignoré les alertes et, quand une panne d’électricité est survenue, comme cela arrive plusieurs fois par jour dans le pays, les générateurs placés sur le toit avaient pris le relais, et fait vaciller le bâtiment branlant.

Trois des neuf étages avaient été construits dans l’illégalité par le propriétaire, Sohel Rana, un homme politique local qui, le jour de la catastrophe, avait pris la fuite. Le 1er juin 2015, le Bangladesh a annoncé avoir engagé des poursuites contre 41 personnes impliquées. Le procès devrait mettre à jour un vaste réseau de corruption dans lequel des fonctionnaires acceptaient les pots-de-vin d’industriels pour fermer les yeux.

 

« Les fournisseurs confondent responsabilité sociale et bienfaisance »

En attendant, les bâtiments comme celui-là se sont raréfiés à Dacca. Suite à la pression exercée par des syndicats et par le collectif Clean Clothes Campaign, dont font partie en France les associations Sherpa et Éthique sur l’étiquette, 175 donneurs d’ordre européens ont signé avec les fédérations internationales des syndicats du textile et des services un accord quinquennal sur la prévention des incendies et la sécurité des bâtiments. De leur côté, les États-Unis ont mené leur initiative, Alliance. Et au Bangladesh, un plan national d’action a fait passer le nombre d’inspecteurs du travail de 100 à 300 en deux ans. Fin juin 2015, suite à toutes ces interventions, 3 000 usines ont été visitées, selon l’Organisation internationale du travail (OIT). Plus de 600 ont fermé, la plupart ayant perdu leurs clients.

Bien que les bâtiments de la plupart des usines inspectées aient été consolidés, des détecteurs de fumée, installés, des armoires à pharmacie, placardées, les mentalités n’ont cependant guère évolué du côté des employeurs de ce pays dans lequel les écarts de richesses sont spectaculaires, et où 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. « Les fournisseurs confondent souvent responsabilité sociale [RSE] et bienfaisance », constate un consultant en RSE – un métier encore rare au Bangladesh. « Ils créent des fondations, ils donnent de l’argent aux Bangladais pauvres », mais vérifier que les ouvriers travaillent à des cadences qui préservent leur santé, qu’ils portent des équipements de sécurité, ou que leurs salaires sont versés à l’heure fait rarement partie de leur culture. « D’où la nécessité de créer une structure qui permette de travailler autrement », raconte Leeza, qui coordonne les projets de la coopérative depuis son petit bureau décrépi. « C’est dans ce but qu’Oporajeo a été fondée. Une telle manière de voir les choses n’existait pas dans notre pays. »

À l’origine du projet, un groupe hétéroclite s’est constitué pour participer aux opérations de secours dans les décombres du Rana Plaza. Deux responsables d’associations, un homme d’affaires, une ouvrière du textile et d’autres volontaires ont décidé de créer un fonds pour aider les victimes. Une fois les sauvetages terminés, ils se sont demandé ce qu’ils pourraient faire avec l’argent restant. « On voyait les survivants dévastés, hagards, faisant la queue pour manger, comme des mendiants », confie Hossain, qui fait partie de l’équipe.

 

La coopérative Oporajeo : « un havre de paix »

C’est là qu’a germé l’idée de créer « un havre de paix qui favorise un environnement de travail sain et sécurisant ». Un endroit où les ouvriers ne seront ni frappés ni menacés – comme cela se pratique parfois dans les usines locales –, où ils pourront se reposer quand un coup de fatigue se fera sentir. Un endroit où ils seront aussi accompagnés par des psychologues, et où ils seront embauchés pour une longue durée. Oporajeo, qui signifie « les invincibles », était née.

 

 

Un an plus tard, la coopérative comptait 23 travailleurs permanents et 15 travailleurs temporaires. Près de 40 ouvriers travaillaient également chez eux, à domicile, avec des machines à coudre prêtées. Sacs en toile de jute, tee-shirts puis polos en coton : peu à peu les productions se sont diversifiées. Au marché local ont succédé les débouchés internationaux. Pas facile cependant de se faire remarquer sur un circuit, vieux de trente ans, sur lequel les prix bas demeurent le principal argument. Dès le début, Oporajeo a décidé de viser un autre public et de parier sur la transparence, prenant le contre-pied de la plupart des usines, qui communiquent peu et privilégient la discrétion, voire l’opacité, tandis que les grandes marques multiplient chartes éthiques et codes de bonne conduite.

« Avec autant de revendications “éthiques” déployées par les entreprises d’aujourd’hui, il est difficile de savoir où vous vous situez en tant que client », interpelle la coopérative sur sa page Facebook. « Derrière ces grandes déclarations, il n’est pas facile de savoir quel est l’impact de vos achats sur la vie des autres, à l’autre bout de la planète. Chez Oporajeo, nous cherchons à faire différemment. Nous croyons qu’il est essentiel que le commerce soit équitable et nous voulons que les travailleurs soient propriétaires de leur outil de travail. » Le discours plaît. Journalistes et ONG défilent. Les marques aussi. Même H&M se lance dans l’expérience [1]. Pas longtemps pourtant.

 

Pas assez de commandes pour que toutes travaillent

Le 14 mars 2015, un incendie ravage la coopérative. Quelques temps auparavant, une mafia locale avait demandé de l’argent, raconte l’équipe. Le feu détruit la plupart des machines et 19 000 sacs qui venaient d’être fabriqués pour une entreprise suisse. Les exportations sont annulées. La coopérative doit déménager. Finalement, deux salles de classe sont libérées dans l’école primaire qui avait été créée pour les enfants du quartier, avec une partie des bénéfices. Dix ouvrières continuent à venir tous les jours, mais le travail vient à manquer.

 

 

Une entreprise berlinoise a récemment commandé 500 tee-shirts à fabriquer en une semaine, mais ce n’est pas assez pour que toutes les ouvrières travaillent, encore moins pour qu’elles aient des heures supplémentaires à effectuer afin de gagner un peu plus que leur salaire de base, 80 euros par mois pour les plus qualifiées. Les bénéfices à partager ne sont pas au rendez-vous. Même l’école, qui accueille aujourd’hui 225 enfants, doit revoir ses ambitions à la baisse : le matériel scolaire ne peut plus être fourni. Aux élèves de s’arranger pour se le procurer.

Shirin, Mily, Rupali, Komela, Beauty, Nasima ont beau être déçues, pour elles, le plus important n’est pas là. « Ici, nous sommes psychologiquement heureuses, explique Shirin en souriant, voir des enfants jouer toute la journée, c’est bon pour guérir ». Les collègues qui s’étaient, jusque-là, tenues à distance s’approchent, forment un petit groupe compact. « Enfin, il ne faut pas qu’ils crient trop fort non plus ! » précise Rupali. Les autres jeunes femmes rient en silence. « On est toutes pareilles, dès qu’ils font trop de bruit dans leur classe, au-dessus de nos têtes, on sort en courant ! On a trop peur ! » « Au moins, ici nous sommes ensemble », tempère Mily. « On ne peut pas rester seules, en fait. Sinon, le problème recommence dans notre tête ».

Elsa Fayner

 

 

En photos : Des ouvrières et ouvriers de la coopérative Oporajeo et des enfants de l’école qui a été créée / © Axelle de Russé

 

 

Pour aller plus loin :

- La page Facebook et le site web de la coopérative.

- Oporajo - Les invincibles, bande-annonce du film de Bruno Lajara.

- Notre dossier sur les pratiques sociales et environnementales de l’industrie textile.

- Le dossier consacré par le magazine Santé et Travail d’octobre 2015 : Derrière l’étiquette : enquête dans les usines textiles au Bangladesh.

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 16:37

 

Source : https://www.objectifgard.com

 

 

NÎMES C’KDO, cette boutique où tout est gratuit !

Les membres de la boutique C'KDO. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Les membres de la boutique C'KDO. Photo Tony Duret / Objectif Gard

 

Il y a deux semaines, la boutique C’KDO a ouvert ses portes au 10, rue Richelieu à Nîmes. Tous les produits du magasin sont gratuits et tout le monde peut venir se servir !

L’association C’Faire sait incontestablement y faire. Son président, Thierry Charvet, et la fondatrice Christine Tomé, ont eu une idée toute simple qui devrait faire le bonheur de beaucoup de Gardois et même plus. Reposant sur la solidarité, l’entraide, le partage, le vivre-ensemble (…), ce nouveau commerce propose de multiples objets : vaisselle, livres, sacs à main, plantes, jouets pour enfants, objets déco… « Tout repose sur l’économie du don, explique Christine Tomé. Une personne qui entre ici aura peut-être un sentiment de reconnaissance vis-à-vis du donneur. Il a été observé que cette reconnaissance conduit souvent les personnes qui ont reçu à faire un don elles-mêmes ». La méthode fonctionne : ce jeudi après-midi, deux clientes, une mère et sa fille venues de Sommières, ont emporté quelques objets en promettant de venir en déposer à la boutique dans les jours à venir. C’est sur cette solidarité que s’appuie C’KDO pour offrir à ses clients la possibilité de trouver toutes sortes d’objets pratiques.

Une solution écologique

Pour ne pas « stigmatiser la pauvreté », comme le dit Christine Tomé, les clients n’ont pas à justifier de leur situation, de montrer une carte quelconque. Ici, tout le monde est le bienvenu. Pour ce qui est des dons, ce petit commerce de proximité ouvert trois après-midi par semaine (mercredi, jeudi et vendredi de 14h à 17h) accepte tout hormis les vêtements et chaussures. « C’est aussi une manière de lutter contre le gaspillage, ajoute la fondatrice de C’Faire. C’est écologique : plutôt que de stocker ou jeter, c’est mieux de donner, ça limite la pollution ».

 

Les étagères se remplissent petit à petit. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Les étagères se remplissent petit à petit. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Des expériences réussies ailleurs

 

Le principe de C’KDO a déjà été essayé ailleurs : à Mulhouse, par exemple, où « Le magasin pour rien » fait le bonheur de la population depuis six ans. A Paris, dans le XIIème arrondissement, c’est à « La boutique sans argent » qu’il faut se rendre. Ces expériences réussies incitent Thierry Charvet et Christine Tomé à y croire encore plus : « A terme, si tout marche comme on l’espère, on aimerait ouvrir d’autres boutiques dans le Gard et aussi proposer des services comme du dépannage en électricité par exemple ». Pour cela, Thierry et Christine peuvent compter sur l’appui de Mickaël Ethève et Kévin Dominguez, deux bénévoles et d’Alexandre Inglebert, en mission de service civique. La solidarité est en marche.

C'KDO - 10, rue Richelieu à Nîmes. Plus d'infos au 04 66 36 23 19 ou par mail contact@cfaire.fr

Tony Duret

 

 

Source : https://www.objectifgard.com

 

 

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 16:23

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Alternatives

7000 événements pour sensibiliser à la solidarité internationale et inventer le monde de demain

par

 

 

 

Plus de 7000 initiatives se dérouleront, partout en France, du 14 au 22 novembre 2015, dans le cadre de la Semaine de la solidarité internationale, quelques jours avant le lancement de la Conférence sur le climat. « Consommer responsable, voyager autrement, épargner différemment, respecter l’environnement… Ces alternatives proposent aux citoyennes et citoyens de reprendre la main sur les choix de société possibles », explique Pascale Quivy, déléguée générale du Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid).

Aujourd’hui, il est possible de s’engager dans des manières de vivre et d’agir qui inventent le monde de demain : consommer responsable, voyager autrement, épargner différemment, respecter l’environnement… Ces alternatives proposent aux citoyennes et citoyens de reprendre la main sur les choix de société possibles. Nos initiatives locales, loin d’encourager le repli sur soi ou la construction de barrières, proposent des solutions cohérentes et adaptées à la complexité des relations internationales : la solidarité internationale.

 

 

La solidarité internationale, c’est prendre acte des interdépendances entre les pays et les peuples. Il n’est plus possible d’ignorer les impacts globaux des décisions locales ou nationales, et donc leur responsabilité. La solidarité internationale est un moyen qui fédère et renforce les citoyennes et citoyens pour s’affirmer comme les véritables leviers du changement politique. La solidarité internationale c’est, enfin, en valorisant les relations égalitaires, directes et réciproques entre les femmes et les hommes, un objectif, une ambition, une conviction.

Les acteurs de la solidarité internationale portent à la connaissance des citoyennes et citoyens les inégalités entre les peuples et au sein des peuples et les sensibilisent à un exercice actif de la citoyenneté. Ils valorisent le partenariat réciproque comme base des relations internationales et comme moyen pour partager des compétences et des engagements, voire atteindre des objectifs communs. Ils contribuent ainsi à la prise de conscience de sociétés plurielles et dynamiques.

Les Nations-Unies ont placé l’année 2015 sous le signe du développement et de la solidarité internationale. En septembre, 17 Objectifs de Développement Durable ont été adoptés, visant à éradiquer la pauvreté, réduire les inégalités et préserver les ressources de la planète. En décembre, un accord devrait être trouvé pour lutter contre le changement climatique. Nous pouvons nous réjouir de cette première étape, mais nous savons aussi que, des objectifs à la réalisation, le chemin peut être long et les moyens insuffisants.

 

Un monde plus juste et plus durable

De plus, rien ne sera possible sans la sensibilisation et la mobilisation des citoyens, sans la promotion des multiples initiatives qui se développent partout sur notre territoire. Qu’il s’agisse d’alternatives aux causes du changement climatique, d’actions de solidarité avec les migrants ou du développement du commerce équitable (parmi bien d’autres exemples), elles contribuent à un monde plus juste et plus durable.

La Semaine de la solidarité internationale (SSI), qui chaque année mobilise davantage d’acteurs, constitue un temps fort indispensable pour multiplier et faire connaitre ces initiatives auprès du plus grand nombre. Cette année encore, du 14 au 22 novembre 2015, pour cette 18ème édition de la SSI, partout en France, bénévoles et salariés, vont se retrouver, partager et échanger autour des clés de compréhension des enjeux globaux.

C’est grâce à cette dynamique collective et festive, que cet événement national participe à la mise en œuvre d’un monde plus durable, juste et solidaire ! Les Nations-Unies ont placé l’année 2015 sous le signe du développement et de la solidarité internationale. En septembre, 17 Objectifs de Développement Durable ont été adoptés, visant à éradiquer la pauvreté, réduire les inégalités et préserver les ressources de la planète.

Pascale Quivy, déléguée générale du Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid)

Toutes les informations et le programme, sur cette page.

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 19:19

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Internet, le royaume où les biens communs prospèrent

9 novembre 2015 / Émilie Massemin (Reporterre)

 

 

 

 

Aux antipodes des logiciels dits « propriétaires », les « libristes » défendent des ressources informatiques développées collectivement et utilisables par tous. Loin de se contenter d’enchaîner les lignes de codes, ces passionnés sont devenus des acteurs incontournables des combats citoyens.

« FBLB a un problème, il n’arrive pas à afficher l’agenda du libre sur son site web ! » Une tasse de potage aux cèpes agrémenté de croûtons à la main, les yeux rivés à son écran d’ordinateur, Manu suit avec attention la conversation qui se déroule sur IRC (Internet Chat Relay, un protocole de communication textuelle instantanée). À côté de lui, Magali analyse la scène : « L’agenda du libre recense tous les événements, réunions, conférences, festivals, en lien avec les logiciels libres. Pour l’améliorer, nous organisons des discussions sur IRC afin que les utilisateurs nous fassent remonter les bugs et nous proposent de nouvelles fonctionnalités. »

 

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Magali, administratrice à l’April, à Parinux et à Liberté 0, et Manu.

Comme tous les jeudis soirs, les deux « libristes » retrouvent d’autres compères du groupe francilien d’utilisateurs de logiciels libres Parinux au 38 de la rue Saint-Sabin, dans le XIe arrondissement de Paris. Lors de ces « soirée de contribution au libre », ils participent à l’enrichissement de ces ressources logicielles développées collectivement et utilisables par tous. Le réseau d’éducation populaire Framasoft dénombre plus de 1.600 logiciels libres, parmi lesquels le navigateur web Firefox développé par Mozilla, le lecteur multimédia VLC, la suite bureautique OpenOffice et le système d’exploitation Linux, pour ne citer que les plus connus. Sans oublier SPIP, le système de publication sur Internet qu’utilise Reporterre.

 

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Une soirée de contribution au libre organisée par Parinux.

L’organisateur de ces soirées, Emmanuel Seyman, a découvert Linux pendant ses études d’informatique à la fin des années 1990. « Ce qui m’a frappé, c’est la quantité de logiciels disponibles et cette communauté qui passait son temps à améliorer les outils et à aider des autres à s’en servir, se souvient-il. Après quinze ans à utiliser des logiciels libres, résultants de travaux faits par d’autres, il est normal que je contribue. »

 

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Emmanuel Seyman, ex-président de Parinux et organisateur des soirées de contribution au libre.

Les quatre libertés du logiciel libre

Mais au fait, qu’est-ce qu’exactement un logiciel libre ? « C’est un logiciel qui donne quatre libertés : la liberté d’exécuter le programme, de le copier, de le modifier et de le redistribuer », répond Sébastien Broca, sociologue et auteur de l’Utopie du logiciel libre, dont la version intégrale est disponible en téléchargement.. Cette définition implique que le code source du logiciel, sa « recette de cuisine » comme l’appelle le chercheur, soit accessible – ce qui n’est pas le cas dans les logiciels dits « propriétaires », développés par de grandes firmes comme Microsoft.

 

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Sébastien Broca, auteur de l’Utopie du logiciel libre.

Lorsque les premiers ordinateurs sont apparus, leurs utilisateurs s’échangaient librement leurs programmes. Mais à partir des années 1970, les premiers éditeurs de logiciels se sont orientés vers la vente de licences d’utilisation. Le mouvement du logiciel libre est né au début des années 1980, en réaction à ce processus de privatisation. Sa figure de proue est Richard Stallman, développeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Il a lancé en 1984 le projet GNU, un système d’exploitation entièrement libre, et créé en 1989 la licence publique générale (GPL). « Elle protège les quatre libertés du logiciel libre avec une clause supplémentaire : elle oblige tous les utilisateurs à utiliser les mêmes libertés dans les versions ultérieures. C’est le copyleft, en opposition au copyright », explique Sébastien Broca.

 

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Richard Stallman lors de la fête de l’Humanité en 2014.

« Logiciel libre » versus « open source »

Aujourd’hui, dur de s’y retrouver entre « libre » et « open source ». L’expression « open source » apparaît à la fin des années 1990. Elle désigne les mêmes logiciels respectant les quatre libertés, mais la philosophie qu’elle véhicule est différente. « Les partisans de l’open source mettent en avant les avantages techniques et économiques de ces logiciels, plus performants et permettant une mutualisation des moyens, analyse le sociologue. Alors que pour Richard Stallman, le plus important est le respect des libertés et le mouvement social qui entoure le logiciel libre. » C’est peu de dire que cette nouvelle manière de voir a fait des petits. Apple par exemple, a bâti son système d’exploitation sur la Berkeley Software Distribution (BSD), une famille de systèmes d’exploitation libres.

 

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Eric (ESR) Raymond, promoteur de l’idéologie « open source », développée dans son essai La Cathédrale et le Bazar.

Pour Sébastien Broca, le logiciel libre s’apparente aux « biens communs du savoir » décrits par l’économiste états-unienne Elinor Ostrom : « Le logiciel libre est un bien commun parce qu’il présente trois caractéristiques : l’existence d’une ressource, le logiciel ; un système de droits et d’obligations régissant l’utilisation de cette ressource, déterminé par des licences spécifiques comme la GPL ; et un mode de gouvernance, avec des communautés qui s’organisent pour prendre en charge et améliorer la ressource. »

Ces modes de gouvernance sont multiples. « L’association qui gère le logiciel de production de sites web SPIP par exemple, est restée dans une démarche très militante, observe Sébastien Broca. A l’inverse, les personnes qui développent Linux sont souvent des salariés de grandes entreprises comme Samsung. »

 

Modalités de participation multiples

Par exemple, n’importe quel internaute peut contribuer à OpenStreetMap, base de données cartographique libre lancée en 2004 par l’ingénieur britannique Steve Coast. Les modalités de participation sont multiples : le contributeur peut compléter la carte à partir d’une photo aérienne, enregistrer ses trajets à pied, en vélo ou en voiture grâce à un GPS, ou préciser des points d’intérêt (nom de rue, passage piéton, toilettes publiques, magasin accessible au personnes handicapées, etc.). « Comme ça, la sensibilité de chacun peut s’exprimer, souligne Gaël Musquet, porte-parole et ex-président de l’association OpenStreetMap France. On voit émerger ce que j’appelle des “troubles obsessionnels cartographiques”. Certains naturalistes vont jusqu’à préciser l’essence des arbres plantés le long des routes. Moi, ce sont les défibrillateurs ! Le résultat est une carte d’une très grande richesse, mise à jour de manière quasi instantanée si le paysage change. » Autre avantage, la communauté, bénévole, cartographie volontiers des lieux jugés inintéressants ou « peu rentables » par Google Maps, par exemple. Aujourd’hui, OpenStreetMap compte 2,2 millions de contributeurs enregistrés. « En France, 150 à 200 personnes cartographient quelque mille kilomètres chaque jour », précise Gaël Musquet.

 

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Gaël Musquet, porte-parole et ex-président d’OpenStreetMap.

Mais pour éviter la pagaille, cette communauté s’est fixée des règles précises. Elle communique grâce à une mailing-list et sur IRC. Un wiki, document collaboratif, décrit les règles de contribution préalablement votée (comment on cartographie une voie de bus, une route, un point de recyclage). Quand les contributeurs n’arrivent pas à se mettre d’accord – la cartographie est un exercice éminemment politique - un vote est organisé. « Ça arrive en cas de conflit, explique Gaël Musquet. Par exemple, on s’est rendus compte que le nom de Jérusalem n’arrêtait pas d’être changé – une fois en arabe, une fois en hébreu, et ainsi de suite. Du coup, on a demandé à tout le monde de voter, puis l’association a figé le nom de la ville. » Idem pour le conflit entre la Russie et l’Ukraine, la frontière entre l’Algérie et le Maroc, etc.

Une ONG, Humanitarian OpenStreetMap Team (HOT), a même été créée après le séisme de janvier 2010 à Haïti. Elle permet de mobiliser les contributeurs pour qu’ils recartographient au plus vite les lieux d’une catastrophe, de sorte que les humanitaires aient des cartes mises à jour des réseaux routiers, des hôpitaux et des pharmacies. « Nous avons renouvelé ces actions pour l’épidémie d’Ebola et le séisme au Népal », sourit le porte-parole.

 

« Défendre nos libertés numériques

Car le mouvement du libre, loin de se cantonner à des lignes de code, est un acteur incontournable de combats citoyens. Ses valeurs de coopération et de partage des connaissances amènent les libristes à faire cause commune avec des associations de domaines très différents...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent Consommer et agir autrement
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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 18:15

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

Les 32 heures, la meilleure arme contre le chômage

Michel Husson, économiste, membre du conseil scientifique d'Attac
 
Vendredi, 6 Novembre, 2015
Humanité Dimanche

 

DR
 
 
 
La pensée dominante impose l'idée que le chômage de masse est la conséquence inéluctable de gains de productivité effrénés. Et qu'il ne resterait donc plus qu'à se partager des petits boulots précaires. Et si on réfléchissait plutôt à la baisse du temps de travail ?

Le chômage de masse s'incruste et la timide reprise ne suffira pas à le faire reculer significativement. Selon l'OFCE, le taux de chômage ne commencerait à baisser qu'en 2016, pour « descendre » à 9,4 % fin 2017. Sans les politiques d'austérité, on aurait pu éviter de casser la reprise qui s'amorçait en 2011 et recommencer plus tôt à créer des emplois. Mais cela aurait été de toute manière hors de propor tion avec un « stock » de chômeurs de plus de 5 millions de personnes. La croissance aide, mais à la marge. C'est pourquoi il faut remettre sur le tapis l'idée de réduction de la durée du travail, comme le fait la CGT en avançant la perspective des 32 heures. Certes, cela ne s'est pas très bien passé la dernière fois, avec l'intensification et l'annualisation du travail, mais le passage aux 35 heures a quand même entraîné la plus grande création d'emplois depuis le début du XXe siècle. Et quand on voit à quel point les 35 heures ont provoqué la fureur de la droite et du patronat (sans même parler de Macron), on se dit qu'après tout, ce n'était pas une si mauvaise idée.

 

FAIRE CROIRE QUE LE PLEIN EMPLOI EST ILLUSOIRE

Plus sérieusement, il faut se demander quelles sont les causes profondes du chômage et commencer par balayer cette idée simple, présentée comme une évidence : les gains de productivité seraient tellement énormes que la perspective d'un retour au plein-emploi serait une illusion. Dès lors, il ne resterait plus qu'à « faire avec ». Dans la version néolibérale, la conclusion est claire : mieux vaut un petit boulot, précaire et mal payé, que pas d'emploi du tout. Donc soyez employables (rentables) et on vous donnera les emplois que vous méritez. Dans l'autre camp, les adieux au plein-emploi conduisent à dire : puisqu'il n'y aura plus d'emplois, exigeons un revenu, universel, garanti, citoyen, etc. Et pourtant cette idée selon laquelle le chômage est causé par les gains de productivité est fausse. Il suffit de regarder le graphique cidessous : depuis 60 ans, les gains de productivité ralentissent, alors que le taux de chômage monte presque tout le temps.

Il y a aujourd'hui plus de chômage que pendant les Trente Glorieuses (avant 1975) et beaucoup moins de gains de productivité. Il faut donc remplacer cette idée fausse par une autre, qui peut paraître iconoclaste : seule la baisse du temps de travail permet vraiment de créer des emplois. Démonstration : de 1950 à aujourd'hui, le nombre total d'heures de travail dans l'ensemble de l'économie a évolué dans une plage étroite, de plus ou moins 5 %. Bref ce « volume de travail » est à peu près constant. Dans le même temps, les effectifs employés ont augmenté de 40 %, et la durée du travail a baissé de 27 %.
Autrement dit, l'emploi dépend de la manière dont le volume global de travail se répartit entre créations d'emplois et baisse de la durée du travail. À volume de travail à peu près constant, une réduction insuffisante de la durée du travail conduit à des créations d'emplois insuffisantes et donc au chômage. L'envers du décor de la montée du chômage, c'est la répartition des revenus. On peut démontrer rigoureusement que chômage et dividendes sont les deux faces d'une triste médaille. Pour résumer : ce que les patrons économisent en ne créant pas suffisamment d'emplois, ils le reversent aux actionnaires plutôt que d'investir. La création d'emplois par la baisse de la durée du travail implique donc une autre baisse : celle des dividendes. Même si on est convaincu par cette démonstration (trop) rapide, on peut considérer que le rapport de forces n'est pas favorable pour un tel projet, mais une chose est sûre : pour dépasser l'horizon du chômage, il faut renouer avec un projet de réduction générale du temps de travail.

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

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