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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 21:31

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Écologie politique

« Les jardins partagés et les initiatives locales rendent possible un renouveau démocratique »

 

par

 

 

 

Et si les jardins partagés, les potagers urbains et la nouvelle vigueur de l’agriculture familiale représentaient bien plus qu’une alternative écolo – et perçue comme un peu « bobo » – à la malbouffe et à l’agriculture industrielle ? C’est la position de la philosophe Joëlle Zask. Dans son livre La démocratie aux champs, elle souligne le potentiel individuel et collectif de pratiques agricoles. Généralement ignorées ou déconsidérées par les politique, ces pratiques s’inscrivent dans une longue histoire d’expérimentations démocratiques, porteuses d’autonomie et génératrices de solidarités.

 

Basta !  : Votre dernier ouvrage, La démocratie aux champs, étudie ce qui favorise l’essor démocratique dans l’action de cultiver la terre. Pourquoi l’agriculture et les agriculteurs ont-ils été laissés de côté par la pensée politique et la construction des démocraties modernes ?

Joëlle Zask [1] : Pendant longtemps, les paysans n’ont pas été considérés comme des sujets politiques. Le mot “citoyen” désigne à l’origine littéralement l’habitant de la cité. Le terme politique désigne la “polis”, la ville. Le vocabulaire politique même de la démocratie écarte le paysan. Longtemps, ils ont été exclus de cette capacité de discuter des conditions de la vie en commun, parce qu’ils sont réputés isolés. C’est la rhétorique de Marx, selon lequel le paysan est penché sur son sillon ; il ne va donc pas arriver à une conscience politique. En fait, l’agriculture repose sur des formes de solidarité anciennes, complexes, et absolument nécessaires. L’agro-industrie, qui dissocie les gens, se passe au contraire de ces formes de sociabilités et de solidarités qui sont le propre des productions à petite échelle.

Ce livre veut inciter à une correction des défauts de nos démocraties modernes. Au moment où elles se sont constituées, elles se sont construites sans une immense majorité de la population, que constituaient alors les paysans. En Europe, la méfiance envers les paysans est très forte. Ils sont tantôt humiliés et disqualifiés, tantôt considérés par les calculateurs politiques comme des forces très conservatrices et tournées vers le passé, quand ce n’est pas fascistes. Ils ne sont pas reconnus dans leur capacité démocratique. Ce n’est pas tout à fait le cas des États-Unis.

 

 

 

En quoi est-ce différent aux États-Unis ?

Aux États-Unis, il y a quelques courants politiques, comme le courant jeffersonnien (de Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis, ndlr), qui ont considéré la possibilité d’une démocratie agraire. Jefferson a porté une voix très minoritaire dans la construction des États-Unis. Mais il a tout de même fait passer un certain nombre d’idées profondément démocratiques. Même si cela n’a pas abouti dans les faits. Les institutions représentatives mises en place à la fin du 18e siècle ont finalement bridé le pouvoir du peuple, y compris du peuple agraire. Les choix constitutionnels ont été les mêmes qu’en Europe. De nombreuses expériences de démocratie agricole ont cependant existé en Amérique du Nord. En Europe aussi, des assemblées villageoises pré-démocratiques ont vu le jour dès le Moyen âge.

 

Le regain d’intérêt actuel pour les jardins partagés où une forme collaborative de retour à la terre s’inscrit-il dans la continuité de ces formes de démocratie agricole très anciennes ?

Il n’y a pas une continuité au sens où un héritage historique serait assumé. Je pense que c’est une sorte de grammaire universelle : cultiver la terre, c’est aussi se cultiver soi, et cultiver la communauté. Cette culture à trois étages forme un tout cohérent, satisfaisant humainement, à la portée de tout le monde, resocialisant, cicatrisant, très intégrateur, qui permet aussi à tous ceux qui ne maitrisent pas le langage de dialoguer avec leur environnement. Les mouvements actuels de permaculture sont animés par des considérations écologiques, mais ils s’inscrivent aussi dans ce paradigme de cultiver la terre en se cultivant soi-même et en formant une communauté. C’est une expérience que l’on retrouve un peu peu partout sur la planète. C’est intéressant de découvrir cette humanité commune du jardinage.

 

Les jardins partagés ne seraient donc pas seulement un passe-temps pour classes moyennes urbaines en quête de sens, mais un véritable phénomène politique global ?

Ce qui m’intéresse, c’est de rendre visible un système qui fonctionne et qui est déployé sur toute la planète. L’agriculture familiale ou partagée produit 80 % des ressources alimentaires mondiales. Il faut la prendre en considération [2]. Ce n’est pas un phénomène de bobos, une activité qui serait réservée à des urbains désabusés en mal de passe-temps et de sens de leurs existence. Si la possibilité d’un renouveau démocratique existe, c’est en direction des initiatives locales à la portée de tous, comme les jardins partagés, que nous devons regarder.

 

Pour vous, le jardinage partagé doit être différencié des utopies agraires ?

Des utopies, il en a existé de toutes sortes : des utopies agraires productivistes, comme le kolkhoze en Union soviétique, ou la grande ferme collective chinoise. Ces « utopies » étaient d’ailleurs en compétition. Une rationalisation de la production agricole, avec une prolétarisation des paysans, peut aussi s’accompagner d’une mythologie du retour à la terre : l’homme, par son travail, renouerait avec son authentique nature, son terroir... Au 19ème siècle en Allemagne, les stations agricoles expérimentales et le mythe d’un retour à la nature ont fusionné. Là, l’idéal productiviste et l’idéal naturaliste ont marché main dans la main. En revanche, le jardin partagé est clairement une expérience et pas une utopie. Ce n’est pas un modèle. C’est un processus par lequel on construit un pouvoir d’agir. L’expérience, ce n’est pas forcer la nature, ni la contempler. C’est agir.

 

 

 

N’y aurait-il pas néanmoins une dimension très individualiste dans cette volonté de retour à la terre incarnée par les mouvements d’agriculture urbaine ?

Je ne pense pas, parce que recréer des conditions d’indépendance alimentaires dépend avant tout d’une gouvernance partagée. Si chacun fait cela dans son coin, ça ne va pas fonctionner. Le jardin partagé n’est pas un phénomène gauchiste. Il réunit aussi des personnes qui peuvent avoir une tendance plus conservatrice. C’est une manière de valoriser la capacité d’innovation, indépendamment des origines sociales ou professionnelles. Si tant est qu’un “mouvement” du jardinage partagé existerait aujourd’hui, il traverse les catégories sociales, ethniques, politiques. C’est pour cela qu’il constitue un outil puissant. D’autant plus que, grâce à des techniques agricoles comme la permaculture, presque tous les espaces peuvent être mis en culture : un coin de cour, un bas-côté, des interstices urbains suffisants pour nourrir les habitants, comme le montre l’expérience des incroyables comestibles en Grande-Bretagne. Cela crée une dynamique dans la ville, qui n’est pas fusionnelle ou identitaire dans la mesure où, à partir des jardins, on démultiplie les initiatives et les activités.

 

Longtemps, les paysans n’ont pas été perçus comme des citoyens par le politique. Estimez-vous que le phénomène de l’agriculture urbaine, des jardins partagés, est aujourd’hui encore déconsidéré par les responsables politiques ?

De plus en plus de responsables voient bien que le jardinage est une source de socialisation et d’intégration, qu’il génère des revenus. Déjà dans les années 1870 en France, les pouvoirs publics ont soutenu les jardins ouvriers, et ce jusqu’à la Première guerre mondiale. Les jardins potagers aident à passer les crises, ils constituent un enjeu de survie, de subsistance. Aujourd’hui comme hier, il s’agit d’une source d’indépendance alimentaire fondamentale. Cela n’apporte jamais la richesse, mais comme avec les jardins communautaires de New York dans les années 1970, c’est une source de nourriture gratuite. Le jardinage urbain est aussi un loisir, mais ce n’est pas seulement ça.

De la même manière, l’opposition entre les savoir-faire paysans et la science des ingénieurs agronomes est très idéologique. Cultiver la terre suppose des connaissances très complexes, transmises, accumulées, et sans lesquelles il est impossible de faire pousser un haricot. Dans les jardins partagés, des formations sont mises en œuvre, dans le but de rendre chacun autonome. Nous retrouvons là les fondamentaux de la démocratie. Qu’est-elle sinon le fait qu’un groupe mette à la disposition de chacun les moyens communs d’acquérir leur propre autonomie ? La démocratie, c’est fabriquer l’indépendance des individus. Pour cela, le jardin partagé est un outil très puissant.

Propos recueillis par Rachel Knaebel

 

 

 

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Joëlle Zask, La démocratie aux champs. Du jardin d’Éden aux jardins partagés, comment l’agriculture cultive les valeurs démocratiques, éditions La Découverte, 2016.

Photo de une : Jardin partagé à Marseille. Nathalie Crubézy / Collectif à-vif(s).

- Lire aussi : Quand l’écologie populaire permet de lutter contre la désespérance sociale et la criminalité.

- Voir tous nos articles sur les alternatives agricoles et partagées.

 

 

Notes

[1Professeure au département de philosophie de l’université Aix-Marseille, Joëlle Zask est l’auteure, entre autres, de Participer. Essais sur les formes démocratiques de la participation (Le Bord de l’eau, 2011) et Outdoor Art. La sculpture et ses lieux (La Découverte, « Les Empêcheurs de penser en rond », 2013).

[2Voir le rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 22:42

 

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr

 

Cabannes : un terrain solidaire pour ceux qui ont du mal à se loger

 

David Collard a lui-même connu des problèmes pour se loger. Un jour, en 2014, il a donc l'idée de louer des parcelles de son terrain. Le prix est raisonnable, une annonce est passée sur le Bon Coin, et des familles arrivent de toute la France pour se poser dans ce verger, en pleine nature. *

 

  • Par Nathalie Deumier
  • Publié le

© Astrid Garaude / France 3 Provence-Alpes

© Astrid Garaude / France 3 Provence-Alpes

 

Ici les règles sont simples : pas de contrat, pas de caution, pas de bail. Mais le premier qui pose problème s'en va !

David Collard est artisan plaquiste, il était auparavant éducateur spécialisé. Il a connu les galères de logement et loue depuis deux ans des parcelles de terrain. En pleine campagne, à Cabanes, dans les Bouches-du-Rhône, près d'Avignon, ses locataires paient 200 euros par mois (s'ils en ont les moyens). Ils posent leur caravane, leur camion ou même un autocar et vivent tous ensemble, comme dans un petit camping.


Une organisation utopiste

Les Grandes Terres ne sont pas une vraie communauté, même si de quelques petites organisations permettent de se relayer, pour emmener les enfants à l'école, par exemple. Beaucoup viennent souffler ici, après des années de vie en cité, dans le béton, et une ambiance pas toujours paisible. D'autres sont plutôt "routards". Ils ont choisi cette vie depuis des années, ils vivent dans un camion et se déplacent, au gré du travail ou de l'envie.


Oui mais... le réglement 

Nous avons découvert un lieu accueillant, propre, organisé et verdoyant, où vivent une quarantaine de personnes. Un lieu où les enfants grandissent à l'air libre pendant que leurs parents semblent souffler enfin. Mais ce "paradis solidaire" ne réponds pas aux normes. Le terrain est agricole, en zone inondable. Et si l'eau devenait impropre à la consommation, par exemple, c'est le maire qui en serait responsable. Nous avons donc rencontré le premier magistrat, Christian Chasson (LR). Comme il le dit lui-même, "cette initiative part d'une bonne intention". Mais sa responsabilité est engagée et il a dressé deux procès-verbaux. 

La présence ici est provisoire, considérée comme un tremplin.

Cette organisation utopique n'entre pas exactement dans les lois qui nous régissent, à Cabannes, comme ailleurs. 

 

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 15:53

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Alternatives agricoles

Zéro pesticide, travail collaboratif, permaculture : le pari réussi d’un collectif de vignerons anonymes

par

 

 

Que cache ce « collectif anonyme » de vignerons ? Une joyeuse bande qui opère, depuis quelques années dans les Pyrénées-Orientales, une petite révolution dans le monde viticole français. Vignerons et vigneronnes adeptes du bio y expérimentent un mode de production alternatif, depuis la taille de la vigne jusqu’à la mise en bouteille. La philosophie de ce « collectif anonyme », soucieux de ne pas attirer l’attention sur le travail d’une seule et unique personne : utiliser le savoir-faire traditionnel, la permaculture, et leurs propres essais afin de produire des vins de qualité.

Au fond d’une impasse de Port-Vendres, dans les Pyrénées-Orientales, deux portes bleues marines. Aucun signe distinctif si ce n’est un gros van noir sur lequel est apposé le logo du collectif anonyme, un tire-bouchon limonadier semi-ouvert qui vient rappeler le « A » de « anarchie ». Tout est calme. Loin de l’agitation de la veille, quand Kris et ses deux partenaires, Julia et Jackie, ont mis en bouteille les 650 hectolitres de leur millésime 2015 de grenache gris et blanc, soit plus de 800 bouteilles. A l’intérieur de l’ancien garage dont les murs ont été repeints à la chaux et les poutres à l’huile de lin, on est indéniablement dans un chai. Et plutôt atypique.

Dans une des pièces, on trouve une machine pour le triage des grappes à la main, un pressoir à grains activé par une bicyclette fixée au sol, des barriques en chêne, et quelques-unes en plastique. Dans une autre, encore des cuves et des barriques, ainsi qu’un petit bureau. Le matériel a été acquis sur des sites d’occasion. Dans la chambre froide, les cartons de commandes sont prêts à l’envoi, partout « où les gens ont de l’argent et ont soif » plaisante Kris, un des membres du collectif. Nul besoin de négocier avec une grande surface ou une enseigne de cavistes : leur production s’écoule entièrement grâce au bouche à oreille et aux réseaux sociaux.

 

Entretien sans pesticides, récolte et pressage à la main

Le collectif anonyme est un groupement d’intérêt économique (GIE) qui produit du vin naturel (ou vin nature) depuis 2012. Il est propriétaire d’une partie des 10,5 hectares de vignes qu’il cultive, certains en métayage, d’autres en fermage [1]. En 2014, ils ont bénéficié d’une aide à l’installation. Kris a le statut d’exploitant agricole, Julia et Jackie sont cotisants solidaires. Les vignobles, achetés grâce à l’argent qu’ils ont gagné en travaillant pour d’autres vignerons, sont tous en coteaux. Dispersés autour de Banyuls, surplombant la Méditerranée, ils sont naturellement protégés du vent local, la tramontane. Ils ont aussi été choisis méticuleusement, car le relief qui empêche toute mécanisation sied à la philosophie du groupe : vendanges manuelles, transport en hottes, pressage à la main.

 

Le sol schisteux, caractéristique de la région, plutôt riche bien que légèrement acide, et les ceps de vieilles vignes sont protégés de l’érosion par le « gazon », des herbacées que le collectif laisse volontairement pousser. Ils désherbent une à deux fois par an afin de maintenir cet humus protecteur. « Nous avons semé du trèfle souterrain pour en faire un couvre-sol, mais nous avons finalement décidé de travailler avec des herbes graminées naturelles et locales. Elles meurent en été, ne sont pas très hautes et concurrencent efficacement l’espace aux plantes invasives », explique Kris. En yourte ou en caravane, c’est au milieu de leurs vignes qu’ils habitent, afin de limiter les coûts et leur consommation énergétique.

 

« Trouver la meilleure manière d’exprimer les raisins »

Il fait 16°C en ce jour d’automne. La brise maritime caresse les pieds de grenache noir, gris et blanc, de carignan, de syrah et mourvèdre. Pour cultiver ces cépages, le collectif s’est lancé dans le « bio-scientifique ». « Nous utilisons un bricolage de permaculture, de biodynamie et de pratiques traditionnelles pour trouver la meilleure façon d’exprimer nos raisins. Mieux vaut ne pas être trop spécifique et beaucoup expérimenter. » Ils ont essayé de faire pousser des cultures vivrières – pois chiches, pommes de terre et carottes – entre les vignes afin d’étudier les relations que différentes plantes établissent entre elles, de manière à s’entraider. « C’était une belle expérience » nous dit Kris, mais cela « représentait trop de travail à réaliser sérieusement et à grande échelle. On a dû laisser tomber ».

En conversion depuis cinq ans, leurs vignobles n’ont depuis connu aucun pesticide. Contre les prédateurs naturels de la vigne, tel que l’oïdium, le collectif utilise du soufre, du Fenugrec, de la Prêle des champs – qui pousse naturellement près d’une source sur une des parcelles – en bouillie, du limonène contre les termites, du bicarbonate de potassium et parfois, juste sur les pieds de carignan, un peu de bouillie bordelaise. L’équipe s’attache à marcher très régulièrement dans les vignes afin d’observer la bonne croissance des plants. Ils contrôlent aussi la canopée. La pré-taille a commencé le 1er décembre, la taille débutera en début d’année 2017. Entretemps, les vignerons en profitent pour aller dans des salons de vin nature, comme la « Raw Wine Fair » de Berlin.

 

« Apprendre en faisant »

Le collectif propose des vins tranquilles [2] de qualité. Un « vin de niche », une micro-cuvée « 100 % manuelle, artisanale, bio et collaborative » précise Kris. Contrairement à la plupart des producteurs de vin nature, le collectif s’autorise une infime quantité de sulfites : « Nous n’aimons pas les vins aériens, trop homogènes. Nous aimons qu’il y ait du corps et de la diversité. Nous sommes doublement des moutons noirs ! » ajoute-il en souriant – « Mouton noir » étant le nom donné à l’un de leurs millésimes de rouge. « Par rapport aux vignerons conventionnels, pour des raisons évidentes, mais aussi pour ceux qui produisent du vin nature, car lorsque cela nous semble nécessaire pour des raisons gustatives, nous ajoutons une petite dose de sulfites et nous ne faisons pas de macération carbonique. Cela demande du travail, de surveiller le vin, mais un petit peu d’oxydation leur donne de la structure. » Le collectif travaille sans œnologue : « Nous ne voulons pas imiter, mais suivre nos envies. »

Anarchistes revendiqués, de par leur formation militante et leurs parcours entre l’Australie, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France, ils ont « appris en faisant ». Les membres du collectif précisent qu’ils sont « anonymes » parce que leurs vins et leurs pratiques les représentent tous et toutes et que leur « structure collaborative » les protège « contre les hiérarchies et le patriarcat ». Devenus vignerons par « accident », ils ont préféré l’autogestion plutôt « que de continuer à travailler pour quelqu’un d’autre ». Les noms de leurs vins – « Beau Oui comme Bowie », un Collioure rouge, 90% syrah-10% grenache, ou « Redrum », 80% grenache-20% carignan – inspirés par leurs goûts cinématographiques ou musicaux, ont été choisis collectivement. Ils dessinent aussi leurs étiquettes. « Le vin pour nous, c’est un produit complet, comme un objet d’art. Pour une bouteille entre 18 et 22 euros, celui ou celle qui boit notre vin mérite quelque chose de beau ! », s’enthousiasme Kris au moment de la dégustation. Pour le Collectif anonyme, fabriquer du vin, dans ces conditions, c’est « le meilleur métier du monde ! »

Texte et photos : Julie Chansel

 

 

 

Notes

[1Le métayage est un type de bail rural dans lequel un propriétaire, le bailleur, confie à un métayer le soin de cultiver une terre en échange d’une partie de la récolte. Le fermage est un type de bail rural dans lequel un propriétaire, le bailleur, confie à un preneur, le fermier, le soin de cultiver une terre pendant une période longue de neuf à trente ans, en échange d’un loyer annuel fixe (source : Wikipédia).

[2Les vins tranquilles sont les vins qui ne forment pas de bulles lors de l’ouverture de la bouteille. Ils sont l’inverse de ce que sont les vins effervescents. La plupart des vins sont tranquilles (source : Wikipédia).

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 17:05

 

 

Source : http://sites.arte.tv/futuremag/fr/lutter-contre-la-deforestation-grace-des-smartphones-recycles-futuremag

 

 

Énergie

Lutter contre la déforestation grâce à des smartphones recyclés

Émission du 16 mai 2015

 

 

Depuis 2011, l’ingénieur Topher White lutte contre le déboisement illégal en dotant les forêts tropicales d’oreilles artificielles… Grâce à des smartphones recyclés, il créé des détecteurs capables de repérer le son des tronçonneuses, partout où elles sévissent ! Rencontre avec ce véritable gardien de la forêt, fondateur de la start-up Rainforest Connection

 

Comment avez-vous eu l'idée d'utiliser des smartphones recyclés pour protéger la forêt du déboisement ?

Topher White : En 2011, je faisais de l'éco-tourisme à Borneo dans une ONG chargée de préserver les gibbons et leur habitat naturel en Indonésie. Un jour, au cours d'une visite dans une réserve, nous avons entendu des braconniers qui abattaient des arbres. J'ai alors pensé qu'il serait utile de mettre en place système de détection pour aider les membres de l'ONG à lutter contre ce phénomène. A Borneo, il y a peu d'infrastructure, pas d'électricité, mais il y a des réseaux téléphoniques ! J'ai donc eu l'idée d'utiliser des smartphones recyclés pour détecter les abattages illégaux grâce au son qu'ils produisent. A l'origine je voulais seulement aider un ami, mais je me suis vite rendu compte que cette technologie pourrait servir à beaucoup d'autres ! De retour en Californie, j’ai décidé de fonder une start-up, Rainforest Connection.

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Pouvez-vous nous décrire ce système de détection ? Quel est son avantage ?

Jusqu'à présent, il n'existait pas de système de collecte de données en temps réel pour surveiller la forêt tropicale. Certes, il y a des satellites et des drones qui parcourent certaines zones, mais les images récoltées manquent de précision. Ce n'est qu'au bout de quelques mois que l'on constate qu'une zone a été déboisée. Un système de détection en temps réel était le seul moyen de prendre les braconniers sur le fait. Et quand l'image a ses limites, le son est beaucoup plus fiable !

Le dispositif est constitué de smartphones, auxquels j'ai intégré des microphones très puissants capables de capter les sons environnants. Une fois placés sous la canopée de l'arbre (la partie supérieure de l'arbre), les téléphones peuvent détecter le son des tronçonneuses à 1 km à la ronde !

Comment parvenez-vous à alimenter ce dispositif en énergie ?

L'autonomie du dispositif était une question centrale. Le panneau solaire était une solution, mais dans un milieu naturel très ombragé, la lumière n'aurait pas été suffisante. Nous avons donc développé une technologie solaire avec un partenaire local qui ne nécessite que quelques rayons de lumière pour fonctionner. Ces panneaux solaires uniques sont eux-même constitués de matériaux recyclés.

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Comment les sons de la forêt sont-ils analysés ?

Nous avons d'abord collecté les sons spécifiques lorsqu'il il y a un abattage : les tronçonneuses, les motos, les camions etc... Le téléphone compare ensuite la fréquence de ces archives sonores aux sons détectés sur place, grâce à un logiciel intégré. Il les transmet à un système dans le Cloud qui complète l'analyse. S'il s'avère qu'un abattage est détecté, le téléphone envoie automatiquement une alerte aux autorités locales grâce à des textos ou des messages push. Actuellement nous nous trouvons au Brésil, et nous mettons en place un système d'appel direct afin que les gardes-forestiers ne manquent aucune alerte !

 

Êtes-vous capable de détecter d’autres types de data qui puissent protéger la forêt ?

En effet ! À terme, notre projet est de répertorier tous les sons naturels de la forêt afin de les analyser. Selon nous, l'abattage affecte la biodiversité dans son ensemble, ce qui n'est pas immédiatement mesurable. En documentant l'empreinte sonore de la forêt et de sa faune (singes, oiseaux, insectes etc...) nous voulons rendre compte des changements causés par l'action humaine sur la biodiversité. Nous voulons ainsi attirer l'attention du public sur la nécessité de préserver cet équilibre naturel.

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Topher White en compagnie de gardes-forestiers à Mbang, au Cameroun.

 

L'Amazonie est une région décimée par la déforestation illégale. Comment opérez-vous dans une zone aussi vaste ?

Après l'Indonésie et le Cameroun, l’Amazonie est un nouveau challenge pour nous. Depuis peu, nous travaillons avec un peuple autochtone, les Tembé, qui vivent sur un territoire de 6 000 km2 dans l'Etat brésilien du Pará. Depuis de nombreuses années, les Tembé tentent de protéger leur territoire du déboisement forcené à l'aide de patrouilles organisées. Mais c'est une bataille perdue pour eux. Les villages du Nord et du Sud s'étendent vers l'intérieur des terres, et le gouvernement ne leur apporte aucune assistance. Nous allons donc tenter de les aider en balisant les zones les plus sensibles de détecteurs.

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Des jeunes Tembé exécutent une danse traditionnelle à l'occasion d'un conseil de village. Parmi eux, des Rangers spécialement entraînés pour protéger les frontières du territoire.

 

Dans chaque pays, nos partenaires locaux sont différents. Notre technologie est évolutive et accessible à tous en open source. À terme, nous voulons permettre au plus grand nombre de construire ce dispositif afin de préserver les forêts du monde entier !

 

 

Plus d'informations sur rfcx.org et sur la page Kickstarter dédiée.

 
Par Miléna Salci
Crédits Photos : Rainforest Connection (CC by SA-2.0)

 

 
 

 

 

 

Source : http://sites.arte.tv/futuremag/fr/lutter-contre-la-deforestation-grace-des-smartphones-recycles-futuremag

 

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 16:13

 

 

 

 

 

Gratiferia - marché gratuit


(report si intempéries)

 

NUIT DEBOUT NIMES VOUS INVITE


Samedi 10 déc. à partir de 14h


au square ANTONIN (angle Gambetta, canal de La Fontaine)

 

à

* la GRATIFERIA de NOEL : vous amenez vétements et objets que vous avez envie de donner,

vous prenez ce qui peut vous intéresser.


* JEUX, DESSINS et GOUTER pour les ENFANTS et aussi... pour les ADULTES !

(en libre participation)

 

* et.......... pour toutes et tous LA SOUPE DE L'AMITIE !

 

 

 

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 18:47

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

courrierinternational.com

Le site qui vous aide à disparaître d’Internet

 

 

Si vous souhaitez vous retirer de Facebook, quitter Twitter, abandonner vos contacts Linkedin ou vos abonnés Instagram, ce site devrait vous faciliter la tâche. Créé par deux développeurs Suédois, Deseat.me permet aux internautes de disparaître ou plutôt de réduire leurs traces en ligne.

Il suffit pour cela d’entrer son compte Google, à partir duquel Deseat.me va trouver tous les comptes en ligne associés à cette adresse (l’utilisation d’un protocole OAuth garantit à l’utilisateur que Deseat.me n’a pas accès aux données de connexion). L’internaute peut enfin supprimer chaque compte en quelques clics.

 

 

Adieu pinboards, images et macramés ; adieu Pinterest. cc @Tristan_Brtloot pic.twitter.com/kcZWC4ACuR

 

 

Avec deseat.me, le travail est plus simple. Il fouille et trouve vos comptes à supprimer et vous fait une petite liste. /v @LucieRonfaut pic.twitter.com/Dnt0wPwUfA

 

Dans la continuité du grand ménage numérique, des sites du type Unroll.me permet aux internautes de se débarrasser rapidement des newsletters (ou de les condenser en un seul envoi).

 

« Marie Kondo du numérique »

Disparaître d’Internet ? Mi-octobre, un journaliste racontait comment il s’était transformé en Marie Kondo du numérique (Marie Kondo est l’auteure d’un best-seller sur le rangement). Sur Twitter, puis sur Libération, il décrivait son « retrait progressif du Web ».

«  Sans surprise, les comptes des grandes boîtes américaines sont les plus faciles à fermer. On trouve rapidement un lien pour télécharger ses données. En trois clics on est débarrassé  », retraçait-il. «  Sur d’autres plateformes plus confidentielles, c’est plus artisanal. Mail à envoyer à une adresse contact. Ou pire, courrier en papier, avec photocopie de pièce d’identité.  »

Le journaliste rappelait que les entreprises derrière ces comptes en ligne utilisent et monnayent en quelque sorte nos données : «  En m’ôtant de tous ces sites que j’utilise peu ou pas, j’aide à redonner la juste valeur aux entreprises qui les exploitent.  »

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Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 16:19

 

Info reçue par mail

 

 

SLVIE COSTIERES –CMCAS LANGUEDOC

INFORMATIQUE LIBRE ET NON ESPIONNE

Lutter contre la discrimination informatique

 

Sujet vaste s’il en est, mais sujet principal de la section informatique de la SLVie Costières

Nous vivons une période de bouleversement liées à l’informatique, avec des avancées merveilleusespour l’être humain tel l’évolution de l’imagerie médicale face au diagnostic, mais aussi de plus douloureuse Uberisation des emplois et remise en cause des droits. Aujourd’hui mais plus encore demain, fini l’humain au guichet pour vous renseigner, seule les informations informatiques sur site seront accessibles, l’état donne le ton avec les impôts.

La discrimination  informatique est en cours, notre section tous les 15 jours salle Verdier vient au secours de tous ceux qui veulent accéder à ce monde.

Mais dans cette course effrénée, nous sommes violés chaque jours, avec notre consentement… puisque l’ensemble de nos données sont pillées à des fin commerciales, connaitre notre profil de consommateur pour nous démarcher, les assurances semblent vouloir aller plus loin en nous imposant des modes de vie sinon malus sur la facture.

Il est donc grand temps de se tourner vers les logiciels libres, protégés par une communauté de bénévoles telle Framasoft « Il suffit de vouloir promouvoir le Libre et de placer sa participation sous licence libre, garantissant qu’elle sera mise dans le pot des biens communs sans risque d’appropriation »

-une rencontre débat, avec des spécialistes associatifs de Monpl Libre le jeudi 1 décembre de 18h30 à 20h30salle verdier 222 rue de Maupassant Nîmes

-une démonstration, d’implantation des logiciels libres sur vos ordi et la possibilité de récupérer ces logiciels pour toutes vos activités informatique le vendredi 2 décembre a partir de 15h, même adresse

 

 

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 22:31

 

Source : https://gard.demosphere.eu/rv/3647

 

 

lundi 28 novembre 2016 à 19h30

 

 

CaféSel : Mieux comprendre et maîtriser notre environnement technologique

 

La technologie, sous diverses formes, a envahi nos vies. Ça a commencé au cours des «30 glorieuses» avec l'électroménager, les voitures, l'outillage… puis l'informatique est arrivée suivie des robots, de l'internet, des réseaux sociaux, des objets connectés… Mieux comprendre et maîtriser notre environnement technologique ferait de nous des consommateurs éclairés… Savoir «comment ça marche» et pouvoir réparer… Et comment ne pas confier tous nos petits secrets à Google, Facebook, Microsoft et autres adeptes de big data et d'algorithmes ? Des solutions existent !

Avec :
Geoffrey Undereiner et Cyril Poudevigne,
animateurs du RéparCafé et des Petits Débrouillards
Valère Dunant, informaticien, spécialiste des logiciels libres

 

 

Source : https://gard.demosphere.eu/rv/3647

 

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 20:31

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=jG3GAlE3dgM&t=2s

 

 

Maraîchage bio sous les arbres - Denis Flores (Hérault)

 

AFAF agroforesterie

 

Ajoutée le 31 oct. 2012

Denis Flores, maraîcher bio à Vézénobres, a acheté des terres que personne ne voulait parce qu'il y avait des arbres ! Moins d'arrosage, plus de protection, plus de confort, plus de fertilité, de bons rendements : après deux années, il constate avec satisfaction que "tout ou presque pousse très bien sous les arbres." Etape suivante : le non-travail du sol !

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=jG3GAlE3dgM&t=2s

 

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 20:06

 

 

GRATIFERIA (marché gratuit) de Nuit Debout

Samedi 12 novembre
de 14 h. à 19 h.
Square Antonin à Nîmes
(à proximité de La Maison Carrée)

 


GRATIFERIA
(marché GRATUIT)
…on apporte ce dont on a plus besoin,
…on prend ce qui nous est nécessaire,
…on échange, on discute de tout.

avec Animations et Goûter pour les enfants

 

NUIT DEBOUT Nîmes (30 - Gard)
SITE : www.nuitdeboutnimes.fr
tel : 06 11 41 34 4O
mail : nuitdeboutnimes@gmail.com
Facebook : Nuit Debout - Nîmes

 

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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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