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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 21:32

 

 

Souce : www.latelierpaysan.org 

 

 

 

Quelques liens, des médias généralistes et des associations, qui portent notamment les pratiques de l’autoproduction et de la réappropriation des savoirs.

Le développement des pratiques d’autoproduction nécessite des vecteurs de diffusion de ces démarches. Vecteurs d’autant plus importants qu’ils participent aux échanges indispensables à l’enrichissement de savoirs et savoir-faire. Nous ne citerons ici que les principaux contributeurs dans le domaine de l’écologie.

 

Veille agrobiologique

- Le blog de Jean Marie Morin, animation du réseau Formabio, site d’annonces du réseau agrobiologique
- Le blog ami de Pascal Pigneret, maraîcher biologique et autoconstructeur de Saône et Loire.
- Les photos d’un agriculteur très actif travaillant sans labour, avec les outils de Ecodyn-Wenz
- Ecodyn, des outils de travail du sol sans labour
- Video d’une technique de couvert végétal aux Etats-Unis (en anglais)
- Powerpoint d’une technique de "maraîchage sous mulch" en Allemagne
- Vidéo d’une technique paillage avec des résidus végétaux aux Etats-Unis (en anglais)
- Le Rodale institute aux Etats-Unis, qui fournit des plans pour le roller-crop (en anglais)
- Video de mise en pratique sur la culture des patates et ici des courges (en anglais)
- Et maintenant la vidéo des outils adaptés pour cette technique (en anglais)
- Le blog de la ferme école du Cégep de Victoriaville au Québec
- Des vidéos d’outils de semi-direct à l’Université de Virginie ici et ici
- Des outils adaptés à la pratique du maraîchage sur sol vivant en traction animale (en anglais)

 

Associations de promotion de l’autoconstruction et de l’écoconstruction (bâti, énergie, bricolage...)

- Le Pades, association de développement de l’autoproduction accompagnée
- Les Pact-Arim et le réseau IGLOO, associations qui promeuvent l’auto-réhabilitation des logements
- Bâtir sain, annuaire écoconstruction
- Mouvement des auto-constructeurs “Castors”
- Castors Rhône-Alpes
- Les Compaillons, diffusion des techniques de construction en paille.
- Craterre, construction en terre
- Réseau des écocentres
- Réseau FECORA
- La Frenaie, atelier d’autoconstruction de yourte,
- Association Tripalium, autoconstruction de petit éolien
- Association Entropie, conscientisation du public par des ateliers et un festival baptisé "Vivre l’Utopie" sur la nécessité de concevoir des objets sous design libre. L’association porte des réflexions sur "l’abstraction des objets dans les sociétés industrielles" qui nous ont beaucoup inspiré pour mettre en mot notre démarche.
- Usinette, est un Hacklab parisien qui produit une réflexion importante sur l’autoproduction. Un Hacklab est un atelier de bidouille, essentiellement informatique qui permet de détourner les usages attendus des objets.
- L’Ardheia est une fabrique d’utopies pour l’habitat. Cette association donne une large part aux savoir-faire manuels. Vous les trouverez souvent dans la Creuse.
- Associations de Vélorution : On s’est renseigné sur les parisiens et on va à Un p’tit vélo dans la tête, des ateliers grenoblois d’autoconstruction et d’autoréparation de vélo.
- Foire aux savoir-faire : site belge d’aide au faire par soi-même au quotidien.

 

La construction mécanique

Sites internet possédant des articles intéressants sur la soudure, le perçage.

- Rocdacier
- Le nid de Castors

 

Le matériel libre

- Farm Hack, un projet cousin aux Etats-Unis de valorisation des savoir-faire paysans, de développement de technologies appropriées sous licence libre, pour sortir du développement centralisé, descendant, inadéquate de l’industrie. Un projet porté avant tout par de jeunes agriculteurs biologiques, motivés pour être à l’avant-garde d’une ruralité soutenable.
- PNG - 91.9 koOpen Source Ecology, un projet très abouti de développement participatif (avec une communauté de développeurs tout autour du globe réunis par un forum et des wiki) de technologies jugées nécessaires au démarrage d’une civilisation. Un partenaire envisageable dans le futur pour ADABio Autoconstruction. Un entretien très fouillé avec son fondateur : Rebootons la civilisation avec Marcin Jakubowski d’Open Source Ecology
- Listes non exhaustives de matériels en Open Source
- Recensement de projets d’Open Source Hardware

 

Diffusion de technologies appropriées

- JPEG - 46.6 koMayal Pedal, une ONG canadienne développe avec des communautés du Guatemala des machines actionnées par des vélos, de quoi augmenter la productivité du travail à un niveau jugé acceptable par ces communautés. On sort ici de la course en avant vers l’innovation technologique dernier cri. La Technique est mise au service de la communauté qui s’en investi, et la soumet à un processus de négociation.
- JPEG - 12.5 koAssociation grenobloise Feeda, qui développe des technologies de travail des aliments, avec des communautés en Afrique.
- Ébauche de définition sur Ekopédia des "technologies appropriées"

 

Notre énergie

PNG - 7.5 ko- Pour nos locaux, nous passons par Enercoop, un fournisseur d’électricité coopératif.

 

L’économie sociale et solidaire

- Placer son épargne pour préserver les terres agricoles par Terre de Lien
- Le réseau des jardins de cocagne
- Le regroupement des AMAPs de Haute-Savoie
- La Mesure, une monnaie locale qui a une âme, à Romans sur Isère (26)
- L’épargne solidaire et participative par les Cigales
- Une coopérative qui a presque tout d’une banque, La NEF
- Le réseau Rhône-Alpes Solidaires de l’ESS, et sa déclinaison iséroise Alpes Solidaires
- L’URSCOP Rhône-Alpes

 

Des Médias curieux

JPEG - 193.1 ko Les éditions Terre Vivante sont pionnier en la matière. En s’appuyant sur leur célèbre revue « les 4 saisons du jardinage », devenue depuis « les 4 saisons du jardin bio », ils ont développé une activité d’édition d‘ouvrage et un centre pédagogique, et contribuent ainsi depuis plus de 30 ans à la réappropriation des savoirs et à l’autonomie à l’échelle individuelle, ou collective. La richesse de leur librairie est impressionnante : alimentation, jardinage, cosmétiques, habitat, écologie, société, bien être. Une somme considérable de pistes à explorer et à mettre en pratique quotidiennement, chacun à sa mesure, chacun à sa vitesse. Nous ne pouvons que vous encourager à parcourir leur catalogue.

 

JPEG - 386.9 ko La Maison Ecologique, magazine spécialisé qui porte bien son nom, participe également de la diffusion des expériences pratiques facilement reproductibles. Une mine d’informations pour tous ceux qui ont en gestation des projets de construction, d’aménagement, de rénovation écologique.

 

JPEG - 28.4 koS !lence La revue S !lence est publiée depuis 1982. Elle se veut un lien entre toutes celles et ceux qui pensent qu’aujourd’hui il est possible de vivre autrement sans accepter ce que les médias et le pouvoir nous présentent comme une fatalité.

 

PNG - 91.2 ko L’écologiste est l’édition française de The Ecologist. Que faire ? Que faut-il faire ? Le contraire de ce que nous faisons aujourd’hui, et dans tous les domaines…

 

JPEG - 11.3 koL’âge de faire est un mensuel dédié aux expériences alternatives en matière de réappropriation de l’économie, de création de lien social, d’écologie et d’engagement citoyen.

 

JPEG - 11.4 koKaizen, un magazine pour construire une société écologique et humaine. L’humanité vit ses heures les plus décisives : dérèglements climatiques et pic pétrolier, épuisement de l’eau potable et des terres arables, disparition en masse des espèces et pollutions généralisées, crises économiques, sociales, financières. Et plus grave encore : abandon de l’être humain. Face à cet implacable constat nous aurions toutes les raisons de désespérer et pourtant, silencieusement, un nouveau monde est en marche : intelligent, sobre, mettant au premier rang de ses priorités l’épanouissement de la Vie sur notre planète.

 

JPEG - 243.9 koLa Revue Durable est une revue de vulgarisation francophone sur tout ce qui touche à l’écologie et au développement durable.
- La Revue Durable, Dossier « Des technologies appropriées pour la construction, l’eau et la santé », article « des maisons chaudes et bon marché en paille », Rencontre Bernadette BENSAUDE-VINCENT « les citoyens ont leur mot à dire sur la recherche scientifique », n°19, Février-Mars 2006.
- La Revue Durable, n°33, Dossier « Économie solidaire et écologie », Article « Devenir acteur de pratiques agricoles et énergétiques durables » et « autoconstruire grâce aux autres », Portrait « André Gorz : l’écologie comme politique », Mars-Avril-Mai 2009.

 

JPEG - 14.6 ko Rezo, le portail des copains qui recense des articles du net à ne pas louper !

… sans oublier une parution pionnière et aujourd’hui disparue : La gueule ouverte

 

Cultures urbaines du "Faire soi-même"

JPEG - 19.6 koLe "Do it Yourself" sur InternetActu :
- Répondre à l’injonction d’innover
- C’est la recherche de l’efficacité qui tue la coopération
- Makers (1/2) : Faire société
- Makers (2/2) : Refabriquer la société
- Makers, pro-amateurs, consom’acteurs… de qui parle-t-on ?
- FabLabs : refabriquer le monde
- La prochaine révolution ? Faites-la vous même !
- L’impression 3D est-elle le moteur de la fabrication de demain ?
- Von Hippel : le paradigme de l’innovation par l’utilisateur

JPEG - 11.7 koLes licences libres, le libre, l’impression 3D sur Framablog :
- Complexité de la clause Non Commerciale des Creative Commons : preuve par l’exemple
- Ce que pense Eric Raymond de la clause NC des Creative Commons (pas du bien)
- Regarde le capitalisme tomber à l’ère de la production Open Source
- L’impression 3D, ce sera formidable... s’ils ne foutent pas tout en l’air !
- Polémique : la nouvelle imprimante 3D de MakerBot a-t-elle trahi l’open hardware ?

JPEG - 29.1 koLe Faire soi-même sur OWNI :
- Le non commercial, avenir de la culture libre
- Les licences libres aux portes de la révolution
- Naissance d’un mythe de la bidouille
- Le “Do it yourself” se boboïse
- Les fab labs, incubateurs de futur
- La prochaine révolution ? Faites-la vous même !
- Quelles différences entre les biens communs et le communisme
- Entretien avec Bernard Stiegler, philosophe critique de la Technique : Vers une économie de la contribution

 

Les "biens communs"

- VECAM, association de réflexion sur les « biens communs ».
Ouvrage coordonné par l’association Vecam, Libres savoirs, les biens communs de la connaissance - produire collectivement, partager et diffuser les connaissances au XXIe siècle, livre publié sous Licence Creative Commons By-Nc.

- Framablog, Article de Aka, « Les biens communs ou le nouvel espoir politique du XXIe siècle ? » (04/10)

 

Sur André Gorz, philosophe critique des sociétés industrielles

JPEG - 10.7 koEcoRev, revue critique d’écologie politique.
- Le travail dans la sortie du capitalisme, alias “La sortie du capitalisme a déjà commencé”, lundi 7 janvier 2008, par André Gorz : « La tendance à l’autoproduction regagne du terrain en raison du poids croissant qu’ont les contenus immatériels dans la nature des marchandises. Le monopole de l’offre échappe petit à petit au capital »
- Penser la question des outils avec André Gorz, vendredi 20 novembre 2009, par Françoise Gollain : « Les moyens d’autoproduction high-tech rendraient “virtuellement obsolète” la mégamachine que constituaient les moyens de production du complexe industriel, et l’ordinateur, devenu outil universellement accessible, permettrait d’accroître le potentiel de relocalisation des cercles de coopération et l’autoproduction hors marché. Cette réunification du producteur et du consommateur au moyen des outils high-tech actuels ou futurs dépasserait l’échelle individuelle pour s’étendre à des populations entières par le biais de réseaux de sociabilité, d’échange et d’assistance mutuelle, de diffusion d’innovations et d’idées, et impliqués dans la réalisation de grandes installations complexes qui produiraient le nécessaire comme le désirable avec une dépense de travail largement inférieure, une productivité très supérieure à celle de leur production industrielle »

Perspectives Gorziennes, site dédié à l’oeuvre d’André Gorz
- Daniel Paul, samedi 26 novembre 2011, André Gorz : l’écologie politique entre expertocratie et autolimitation : « Créer des espaces d’autonomie dans lesquels le temps libéré du travail puisse être employé par les individus à des activités de leur choix, y compris des autoproductions de biens et de services qui réduiront leur dépendance du marché et des prises en charge professionnelles ou administratives, et leur permettront de reconstituer un tissu de solidarités et de socialité vécues, fait de réseaux d’aide mutuelle, d’échange de services, de coopératives informelles »
- Daniel Paul, jeudi 14 juillet 2011, André Gorz : Changer la ville : « Il faut que chacun, dès l’enfance, soit entrainé dans et sollicité par le foisonnement tout autour de lui de groupes, groupements, équipes, ateliers, clubs, coopératives, associations, réseaux cherchant à le gagner à leurs activités et projets. Activités artistiques, politiques, scientifiques, écosophiques, sportives, artisanales, relationnelles ; travaux d’autoproduction, de réparation, de restauration du patrimoine naturel et culturel, d’aménagement du cadre de vie, d’économie d’énergie ; “boutiques d’enfants”, “boutiques de santé”, réseaux d’échanges de services, d’entraide et d’assistance mutuelle, etc  »

 


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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 21:24

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

 

Révolution « open source »

Ces agriculteurs et ingénieurs qui veulent libérer les machines

par Agnès Rousseaux 12 novembre 2013

 

 

 

     

     

    Ils fabriquent des machines libres de droits, sans brevet. Des engins à construire soi-même, sorte de meccano géant, écologique et à moindre coût. Pour bâtir des maisons, produire de l’énergie, faire cuire des aliments, extraire des matériaux ou cultiver la terre. De quoi construire un village. Ou une civilisation. Leur objectif : éditer plans et modes d’emploi, construire des prototypes, expérimenter, partager et diffuser à tous, pour faire vivre cette révolution industrielle d’un nouveau genre. Des États-Unis à l’Isère, bienvenue dans l’univers des pionniers de « l’écologie open source ».

    Et si on créait une civilisation en « open source » ? Un monde sans brevets. Des objets, des appareils, des machines, reproductibles à l’infini par tous ceux qui le souhaitent, grâce à la diffusion « libre » de leurs plans. C’est ce que propose Marcin Jakubowski : ce jeune diplômé de physique nucléaire, habitant du Missouri (États-Unis), devenu agriculteur-bricoleur, cherche à constituer et diffuser un kit de 50 machines industrielles – tracteur, bulldozer, moissonneuse-batteuse, four, éolienne, moteur hydraulique, bétonnière ou machine à compacter des briques de terre – pour bâtir, en toute autonomie, l’infrastructure d’un village. Ou les bases d’une civilisation !

    Le principe est simple : il s’agit de fabriquer artisanalement des machines industrielles, à très bas coût (en moyenne 8 fois moins que celles fabriquées industriellement), et d’expliquer à ceux qui le souhaitent comment les reproduire eux-mêmes. Un guide de construction, le « Global Village Construction Set » offre le mode d’emploi de ces innovations. Sur une ferme de 12 hectares dans le Missouri, Marcin Jakubowski et son équipe travaillent à la construction de prototypes, et sur la documentation pour diffuser ces innovations. Avec un mode de fabrication assisté par ordinateur et des imprimantes 3D, « les produits peuvent être conçus comme des Legos », explique Marcin Jakubowski. L’objectif est de penser des outils modulables et adaptables, les plus simples possibles pour pouvoir être reproduits facilement. Une sorte de meccano à taille humaine, permettant de construire des maisons (grâce aux machines fabriquant des briques de terre), de créer un système économique et agricole diversifié, des machines pour répondre aux besoins de base, et même offrir tout le confort moderne possible.

    Recensement et adaptation des outils, réalisation et diffusion des plans

    La démarche s’inscrit dans le courant de l’Open source ecology. Une utopie et des pratiques que veut faire vivre l’association Adabio autoconstruction, en Rhône-Alpes. En se basant cette fois davantage sur les savoir-faire issus d’un métier, celui d’agriculteur, que sur la co-construction d’outils ex nihilo par des ingénieurs et bricoleurs. Objectif de ce projet : la création d’outils agricoles, à construire soi-même, à partir de plans libres de droits. L’idée est née du constat que des agriculteurs font de nombreuses trouvailles en bricolant, en adaptant des outils pour leur travail quotidien, de manière intuitive. L’association s’est donc donnée pour mission de recenser ces inventions, d’en tracer les plans et de les diffuser. En 2009-2010, une quinzaine d’outils sont répertoriés : outils de planches permanentes pour décompacter la terre dans la culture de légumes bio, cadre de vélo utilisé pour désherber, dispositif de traction animale, poulaillers mobiles... Une seule exigence : que ces outils soient reproductibles. Et qu’on puisse les construire avec peu de matériel.

    Le projet est porté par des maraichers bio et des techniciens d’ADABio Autoconstruction (association des producteurs biologiques). « On part d’une recherche empirique, qui valorise le savoir-faire des paysans, explique Julien Reynier, chargé de développement de l’association. On va à l’inverse du modèle des chambres d’agriculture qui veulent diffuser des savoirs dans une démarche descendante ». L’enjeu est de mutualiser et co-produire des outils, pour renforcer l’autonomie des exploitations agricoles. « Car l’agriculture bio, ce n’est pas celle de nos grands-pères, c’est au contraire quelque chose de très technique », poursuit Julien Reynier. Il faut notamment réussir à s’affranchir des intrants chimiques, engrais, pesticides.

    Créer des farm-labs, ateliers ouverts et coopératifs

    Après le recensement, vient l’étape de la « recherche et développement » par les salariés d’Adabio Autoconstruction [1]. Du « toilettage », pour rendre diffusables les outils bricolés sur le terrain. Ces outils créés sont souvent le fruit de la récup’, il faut donc voir comment les fabriquer avec un matériel accessible à tous, notamment des barres de métal « standard ». A partir de là est rédigé un guide avec les recettes de construction, les côtes, références, plans 3D, plans éclatés... « Comme les modes d’emploi d’Ikea ! », sourit Julien Reynier. 600 exemplaires de ce guide sont vendus. Une centaine de paysans participent à des formations, pour apprendre à construire ces outils « open source ».

    Pour les agriculteurs, le jeu en vaut la chandelle. Avec ce système, les outils de planches permanentes, utilisés pour éviter le compactage de la terre, coûtent environ 2000 euros en matières premières, plus une semaine de travail. Dans le commerce, c’est trois fois plus cher. Les commandes groupées de barres de métal de 6 mètres permettent aussi de réduire les coûts. Reste à trouver un lieu pour que chacun puisse venir créer ses outils. « Pour les formations, on loue des ateliers dans des lycées agricoles, on vient avec notre camion plein de matériel pédagogique », explique le chargé de développement. L’association s’est installée dans une ancienne papeterie près de Grenoble et recherche des financements pour y aménager 600 m2 d’ateliers. « Dans l’idéal, il faudrait des ateliers communaux, où chacun peut venir travailler le métal. Des farmlabs, sur le modèle des fablabs qui se développent en ville surtout ».

    Une manufacture open source

    Les outils créés, les plans et modes d’emploi, sont sous licence Creative Commons By-NC (pas d’utilisation commerciale), pour éviter une « récupération » par le secteur marchand. « Mais le débat est ouvert, précise Julien Reynier. Avons-nous quelque chose à craindre ? Nous souhaitons une diffusion large des pratiques d’auto-construction » [2]. L’association est en lien avec le réseau états-unien FarmHack, qui développe, documente et construit des outils pour une « agriculture résiliente ». Au sein de ce collectif, agriculteurs, ingénieurs, architectes ou designers s’allient pour créer des outils libres de droits, dont les modes d’emplois sont répertoriés dans un annuaire sur le site web. Il est possible de prendre conseil ou de suivre les tests effectués avec les prototypes, via un forum (voir la présentation vidéo ci-dessous).

    Ce type de projet essaime, notamment aux États-Unis. Près de Denver, d’anciens associés de Marcin Jakubowski ont créé Open Tech Forever, sur un site agricole en permaculture. Leur objectif est de créer une « fabrique open source », sorte de manufacture pour ceux qui veulent créer des outils. Ce qui les anime ? Relocaliser la production. Car c’est « l’une des étapes les plus importantes pour préparer aux effets déstabilisateurs du changement climatique, et pour rendre les communautés locales capables de construire des systèmes économiques résilients et autonomes », expliquent les fondateurs.

    Appropriation technologique et révolution du travail

    En développant la capacité des communautés locales à créer des machines avec lesquelles il sera possible de fabriquer des produits, la démarche favorise également le recyclage. « Pour le moment, nous achetons les matériaux en magasin. Mais dans le kit de construction, il y a un four à induction et les procédures de roulage à chaud du métal. Donc vous pouvez prendre de l’acier de récupération, le fondre et en sortir de l’acier neuf, explique Marcin Jakubowski. Ce qui fait que chaque décharge de métal est par essence un endroit où l’on peut reconstruire une civilisation. »

    Ces démarches s’inscrivent dans l’histoire du « mouvement des technologies appropriées », né dans les années 1960, lié à la contre-culture américaine, et conceptualisé par l’économiste britannique Ernst Friedrich Schumacher [3]. Ce mouvement revendique une technologie soucieuse de l’environnement, mieux adaptée aux ressources locales, moins coûteuse. Et surtout facilitant l’appropriation : les outils créés, quel que soit leur degré de complexité, devraient pouvoir être compris, contrôlés et entretenus facilement par les populations locales. Une technologie issue de la demande sociale, en quelque sorte, que l’usager peut contribuer à améliorer, et qui permet aux communautés, notamment dans les pays les moins développés économiquement, d’accroître leur autonomie. Dans cette tradition vient aussi s’inscrire le mouvement de l’open source hardware (« matériel open source »), parallèle du mouvement des logiciels libres (« software ») en ce qui concerne les matériaux « en dur ». Comme avec les logiciels, la conception de l’objet, ses plans, son mode d’emploi sont libres, pour que chaque utilisateur puisse étudier, modifier, diffuser, fabriquer, et vendre la conception de cet objet ou le matériel basé sur cette conception.

    Derrière ces nouvelles façons de produire et d’échanger, se dessine aussi pour les promoteurs de l’Open source ecology une révolution du travail et des sociétés. « Pour le moment, nous commençons avec des infrastructures simples. Viendra ensuite l’éducation, la santé, un système financier, une gouvernance. Le matériel médical sera probablement le plus dur à obtenir, s’enthousiasme Marcin Jakubowski. Notre but est de montrer qu’avec 12 hectares et 30 personnes, on peut créer ou recréer un standard de vie moderne saine, jusqu’à avoir des semi-conducteurs (utilisés pour les transistors et micro-processeurs) et du métal, le tout à partir des ressources du site. » Et qu’il est possible de créer une société relativement abondante, avec les bases du confort moderne, dans laquelle les gens travailleraient moins de deux heures par jour... Utopie ? Quoi qu’il en soit, la révolution de l’open source ecology est en marche.

    Agnès Rousseaux

    (@AgnesRousseaux)

    Pour aller plus loin :
    - Adabio autoconstruction, la coopérative des savoirs paysans (Rhône-Alpes)
    - Farmhack (Denver, États-Unis)
    - Open source ecology, le site de Marcin Jakubowski, et le Global Village Construction Set (Missouri, États-Unis). A lire sur Framablog, une interview de Marcin Jakubowski à propos du projet Open source ecology / Factor e Farm.
    - Projet OS, OpenStructures (États-Unis).

    - Présentation du projet Open source ecology de Marcin Jakubowski (en anglais) :

     


    - Présentation du réseau Farmhack (en anglais) :

     

     

     

    - Présentation d’un projet mené par Open source ecology en 2013 (en anglais) :

     


    Photos :
    - Open tech forever
    - Open source ecology
    - Sean Church/ Flickr/ CC 2.0 by

     

     

     

     

     

    Notes

    [1L’association emploie trois salariés (2 équivalent temps-plein), assistés par deux personnes en service civique. Les ressources financières proviennent des fonds de la formation agricole, ainsi que d’une aide de la région Rhône-Alpes.

    [2Une réflexion est en cours autour d’une nouvelle licence, par la Peer to peer Fundation, qui permettrait l’ouverture commerciale des projets sous licence entre structures de l’économie sociale et solidaire, et mais leur fermeture aux structures lucratives.

    [3Économiste britannique d’origine allemande, né en 1911 (et décédé en 1977), inspiré par le bouddhisme, et auteur de Small is beautiful. Une société à la mesure de l’homme, Seuil, 1973.


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    Source : www.bastamag.net

     

     

     

     

     

     

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    20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 21:41

     

    Source : www.bastamag.net

     

     

     

     

    Neutralité du net

    Jetez votre box, connectez-vous à l’internet associatif !

    par Mathieu Lapprand 4 septembre 2013

     

     

     

     

     

    Alors que les attaques contre la neutralité du net se font de plus en plus pressantes, que les révélations sur la surveillance du réseau se succèdent, il est temps de redécouvrir une autre manière de se connecter à Internet. Passer de consommateur chez Orange ou Free à adhérent d’un Fournisseur d’accès à internet (FAI) associatif, c’est possible. Mode d’emploi.

    Si vous lisez ces lignes, c’est que vous disposez certainement d’une connexion internet. Qui vous connecte ? Orange, Free ou SFR probablement. Mais savez-vous que rien ne vous oblige à passer par ces structures marchandes ? Il existe aussi des Fournisseurs d’accès à internet (FAI) associatifs. De simples associations regroupant quelques dizaines ou centaines d’abonnés, qui permettent de se connecter en Adsl ou en Wifi. Pour un tarif à peine plus élevé ou équivalent à celui d’une box classique, accédez à internet via un réseau qui ne fouille pas dans vos connections, et devenez acteur de votre propre réseau.

    La plus ancienne de ces associations, French Data Network a été créée en 1992, bien avant les offres des géants actuels. A cette époque, seules quelques associations rassemblant des précurseurs offrent ce type de connexion et permettent l’accès à internet. Premiers arrivés sur le réseau, les acteurs associatifs en ont été totalement marginalisés avec la massification d’internet (deux ménages sur trois disposent d’une connexion à domicile, selon l’Insee). Aujourd’hui, 21 d’entre eux, tous gérés par des bénévoles, sont rassemblés au sein de la Fédération FDN. Dont les principes fondateurs sont le bénévolat, la solidarité, le fonctionnement démocratique et à but non lucratif, la défense et la promotion de la neutralité du Net.

    Du très local au national

    « Parmi les membres de la Fédération, tous ont des modèles et des modes de fonctionnement différents, du très local au national », décrit son président Benjamin Bayart. Le très local, c’est par exemple Sameswireless : une association qui depuis 2009 fournit internet à la commune de Sames (Pyrénées-Atlantiques). Elle compte aujourd’hui 150 abonnés sur 200 foyers de la commune. Pendant longtemps celle-ci n’a pas été desservie car jugée peu rentable. Jusqu’à ce qu’Orange s’y aventure. « L’opérateur s’est décidé à couvrir la zone avec l’Adsl depuis 2 ans, explique Benjamin Bayart. Mais leur offre est plus chère, et de moins bonne qualité. Sameswireless a conservé ses abonnés ! »

    L’accès à internet fourni par Sameswireless provient d’un réseau wifi envoyé par une antenne relais depuis la commune voisine. L’association, qui a mis en place les antennes relais et assure leur entretien, offre à ses adhérents une connexion de 8Mb/s pour 15 euros par mois. Lors de leur adhésion et de l’ouverture de leur connexion, les usagers doivent également payer un « ticket d’entrée » initial de 100 euros. Les tarifs des FAI associatifs ne sont pas très cher comparés aux offres des géants de l’internet : 29 euros par mois chez FDN.fr ou 32 euros par mois chez Franciliens.net, par exemple.

    Outre le wifi, d’autre réseaux fonctionnent avec la fibre ou une connexion Adsl, comme Aquilenet en Aquitaine ou Illyse en Rhône-Alpes : avec ces fournisseurs, il suffit de demander un abonnement au service d’accès Internet pour votre ligne, remplacer la box classique par un modem à brancher sur cette ligne pour être ainsi connecté au réseau associatif concerné. Des "tunnels" ou réseaux privés virtuels (VPN) permettent de connecter in fine votre ligne téléphonique au réseau du FAI de votre choix. Certes, vous ne bénéficierez plus de la télévision numérique, dont les contenus sont cependant accessibles via Internet. Vous pourrez continuer à téléphoner gratuitement grâce au protocole SIP (« Session Initiation Protocol ») qui offre un service équivalent à Skype, mais totalement libre.

    Les FAI dont vous êtes les héros

    La Fédération FDN s’est donnée pour mission d’accompagner les personnes qui souhaitent créer leur propre Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI). La démarche n’a rien d’infranchissable : il suffit de créer une association, de la déclarer à l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), faire quelques configurations techniques et évidemment disposer d’un peu de temps. Un wiki-mode d’emploi est disponible sur le site de la Fédération. Celle-ci propose également un soutien pour les formalités administratives. L’association French Data Network peut aussi donner un coup de main en hébergeant le nouveau FAI sur son réseau le temps qu’il dispose de suffisamment d’abonnés pour devenir autonome. « L’idéal est de disposer au départ de quelques milliers d’euros et d’une cinquantaine à une centaine d’abonnés potentiels », précise Benjamin Bayart.

    Durant des années, ces associations n’ont rassemblé que quelques militants convaincus de la pertinence d’un accès internet non lucratif. Le mouvement connait aujourd’hui un nouvel engouement : une quarantaine de projets se développent actuellement avec le soutien de la Fédération (voir la carte des projets). En cause : les attaques de plus en plus visibles et explicites de la part de nombreux lobbys contre la « neutralité du net ». Cette neutralité est censée garantir un accès égal à l’Internet, quel que soit votre opérateur, votre abonnement ou les sites web que vous visitez. Depuis les lois Hadopi pour enrayer le téléchargement jugé illégal jusqu’aux révélations d’Edward Snowden sur les méthodes de surveillance des États-Unis, ou les pratiques de certains FAI visant à faciliter ou à rendre plus difficile l’accès à tel contenu, cette neutralité est mise à mal.

    Maîtriser les informations et les flux

    « Les Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI) classiques ont des problèmes de rentabilité et cherchent à produire suffisamment pour le moins cher possible, explique Benjamin Bayart. Ils sont prêts à sacrifier la qualité de service, la hotline, brider les débits pour optimiser leurs coûts. Alors que nous, nous produisons le réseau que veulent les adhérents ». Fournisseur d’accès n’est pas une activité très rentable, car elle peut nécessiter d’importants travaux d’infrastructure : creuser des trottoirs, tirer des câbles... Mais la valeur des informations qui passent par les tuyaux est, elle, immense, comme le prouve la capitalisation actuelle des Google, Facebook ou Apple. La tentation est donc grande pour celui qui possède ces tuyaux de jeter un coup d’œil sur ce qu’il y passe. Voire de prioriser tel ou tel contenu, contre rémunération.

    Quand certains abonnés d’Orange ont constaté des lenteurs sur Youtube au printemps dernier, l’opérateur leur a répondu : « Nous sommes en discussion avec YouTube pour améliorer la lecture des vidéos proposées par cette plate-forme ». Étrangement, la qualité de lecture des vidéos proposées par Dailymotion (une plate-forme de vidéos concurrente de Youtube) sur le réseau d’Orange ne souffre pas des mêmes maux. Rien à voir évidemment avec le fait que Dailymotion soit la propriété à 100%... d’Orange ! Bien évidemment tout le monde se défend de filtrer quoique ce soit.

    La prise de conscience des abus pratiqués par certains acteurs du net ne peut que redonner du souffle aux FAI alternatifs. « Après les FAI locaux, les futurs fournisseurs d’accès associatifs s’organiseront autour de centres d’intérêts communs », estime Benjamin Bayart. L’appropriation collective des moyens de communication est en route.

    Mathieu Lapprand

    Photo : CC quelquepartsurlaterre via Owni

    A lire :
    - Le site de la fédération FDN
    - La liste des fournisseurs d’accès associatifs
    - Description des démarches pour créer un FAI
    - L’organisation détaillée du réseau Sameswireless
    - La conférence « Internet, enjeux politiques et sociétaux » de Benjamin Bayart.

     

    La neutralité du net en une image

     

     

     

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    18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 16:43

     

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    ça bouge ! Conversion écologique

    Alternatiba : la dynamique prometteuse des villages des alternatives

    par Collectif 18 juillet 2014

     

     

     

    Le mouvement altermondialiste basque Bizi ! a initié en octobre 2013 un grand village des alternatives dénommé Alternatiba, en plein cœur de Bayonne. Depuis cet événement, des dizaines de villes et territoires ont vu éclore des initiatives pour préparer des Alternatiba. De Lille à Bastia, en passant par Nantes et Bordeaux, ces villages visent à mettre en valeur les alternatives au changement climatique et à la crise sociale et écologique. Basta ! relaie les dates des prochains Alternatiba.

    Le 6 octobre 2013 à Bayonne, quelques jours après la publication du cinquième rapport du GIEC [1] sur le dérèglement climatique en cours, 12 000 personnes ont investi les rues et les places de tout le centre-ville pour une journée consacrée aux multiples alternatives concrètes qui existent déjà à la crise économique, sociale, écologique et climatique.

    Un millier de bénévoles, d’exposants et d’associations sont venus faire découvrir ce que l’on peut faire dès aujourd’hui dans tous les domaines de la vie quotidienne : agriculture et alimentation, énergie, habitat, transports, consommation, finance, travail, éducation, etc. En transformant le temps d’une journée tout un centre-ville en « village des alternatives », ces milliers de citoyens ont montré non seulement que les solutions existent, mais aussi qu’elles construisent une société plus agréable à vivre, plus conviviale, plus solidaire, plus juste et plus humaine.

    Cette journée, nommée « Alternatiba », s’est clôturée par une déclaration traduite en une vingtaine de langues européennes pour appeler à organiser 10, 100, 1000 autres « Alternatiba » en Europe d’ici 2015, date de la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui aura lieu en France (voir l’appel ici).

    Vous pouvez d’ores et déjà inscrire plusieurs dates dans vos agendas :
    - Agen (Lot-et-Garonne), le 13 septembre 2014
    - Gonesse (Val d’Oise), les 20 et 21 septembre 2014
    - Nantes (Loire-Atlantique), 28 septembre 2014
    - Lille (Nord), les 4 et 5 octobre 2014
    - Socoa (Pyrénées-Atlantiques), 5 octobre 2014
    - Gironde, les 11 et 12 octobre 2014
    - Tahiti, les 29 et 30 novembre 2014
    - Bastia (Corse), les 6 et 7 juin 2015
    - Joigny (Yonne), le 4 juillet 2015
    - Ile de France, les 26 et 27 septembre 2015
    - Caen (Calvados), les 3 et 4 octobre 2015

    Cliquez sur l’image ci-dessus pour accéder à la carte des Alternatiba.

    Plus d’infos sur http://alternatiba.eu/

    Tous nos articles sur « Alternatiba ».

     

     

    Notes

    [1Groupement intergouvernemental des experts sur le climat

     

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    10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 18:55

     

    Source : www.reporterre.net

     

    Alternatives

    A Bagnaia, on partage tout, la propriété a disparu, et ça marche

    Les Chemins de terre

    jeudi 10 juillet 2014

     

     

    Depuis trente-cinq ans, la communauté de Bagnaia, en Italie, vit selon des principes de collectivisation des terres et des richesses, d’autonomie alimentaire et de partage du travail. Une expérimentation sociale et agricole qui bouscule les fondements de notre société de consommation.


    Sur la terre rouge de Sienne, la Comune di Bagnaia est un projet hors du commun, et presque utopique. En trente ans, un réel exemple d’expérience de vie sociale basée essentiellement sur l’autonomie, la collectivisation de la richesse, l’égalité et la solidarité, a été mis en place.

    Bagnaia, c’est aussi une ferme, menée selon les principes de l’agriculture biologique, atypique de par ses objectifs de production et son fonctionnement. Fortement imbriquée dans le projet de la Comune, son premier objectif est de produire non pas pour générer un revenu mais pour nourrir les habitants du lieu.

    La Comune ou le « Vivere assieme » (Vivre ensemble)

    La Comune di Bagnaia est née de l’émergence des idées des années post 68, dans l’objectif de créer un lieu collectif le plus autonome possible permettant de se libérer des contraintes du libéralisme et de la consommation de masse.

    Aujourd’hui, elle regroupe vingt-cinq personnes (enfants et adultes), et chacun des adultes a fait le choix d’« investir » dans la vie communautaire en se libérant de la propriété individuelle. Pour rejoindre la Comune di Bagnaia, on ne peut posséder ni propriétés ni argent ; tout est légué à la communauté.

    Ainsi, ils ont réussi à mettre en place un système économique, poussé à l’extrême, au sein duquel l’ensemble des richesses sont mises en commun et sont ensuite redistribuées. Les richesses proviennent essentiellement des ventes des produits de la ferme, des revenus des habitants travaillant à l’extérieur et des dons et legs.

    Les richesses mises en commun sont ensuite redistribuées aux habitants sous la forme d’« argent de poche » : environ 200 euros par mois et 900 euros par an par habitant pour un mois de vacances. La quasi-totalité des autres besoins étant déjà pris en charge par la communauté : la nourriture, un logement dans la grande ferme rénovée, les dépenses d’essence, les visites médicales et frais de santé, la facture téléphonique, l’université pour les enfants…

    Ainsi, grâce au système de collectivisation, chaque habitant dispose d’un habitat, d’un cadre de vie, d’un confort et d’infrastructures qu’il serait difficile d’acquérir dans un cadre strictement individuel.


    - L’ancienne ferme rénovée -

    Décisions par concensus

    Les décisions sont prises selon les principes du consensus, c’est-à-dire qu’il est nécessaire que l’ensemble des membres se soient mis d’accord avant qu’une décision soit validée. Plus précisément, il faut que personne ne s’oppose à la décision, sachant qu’il est possible de ne pas être d’accord mais d’accepter tout de même la décision vis-à-vis de l’intérêt collectif.

    Dans le cas d’une opposition, la proposition est repensée afin que chacun des membres y trouve son compte. Ce système semble donc plus abouti qu’un simple vote à la majorité, car par défaut, ce système laisse toujours une minorité insatisfaite.

    A Bagnaia, une réunion est organisée chaque semaine et rassemble l’ensemble des habitants autours des sujets du moment. Une réunion extraordinaire annuelle est tenue afin de discuter des grandes orientations comptables et des dépenses à prévoir le long de l’année à venir.

    Les repas du midi et du soir, pris collectivement, favorisent l’échange et le dialogue au quotidien. Chaque individu a un rôle à jouer dans la Comune, en tant que cuisinier, femme ou homme de ménage, gestionnaire… Les tâches s’effectuent à tour de rôle et selon les dispositions de chacun ; ainsi l’ensemble des habitants participe à la vie de la communauté.

    Outre cette vie collective, la Comune di Bagnaia, c’est aussi un projet de recherche d’autonomie. Des panneaux solaires produisent tout au long de l’année plus d’énergie que ce que la ferme ne consomme. L’hiver, le bois coupé et récolté permet de chauffer la bâtisse.

    L’eau de pluie est recueillie dans un petit lac artificiel et utilisée pour irriguer les cultures. Une source offre aux habitants une eau potable. Outre la problématique énergétique, cette recherche d’autonomie tend aussi à satisfaire les besoins alimentaires de la communauté grâce à sa production agricole.


    - La ferme de Bagnaia -

    Agriculture et autonomie alimentaire

    Dans un contexte italien où l’auto-suffisance alimentaire ne semble pas une priorité, sachant que les supermarchés regorgent de nourriture bon marché, le projet de Bagnaia consiste à produire au maximum la nourriture qui est consommée sur place par les habitants.

    De ce fait, ce système de production agricole s’inscrit dans le projet social de la Comune et la recherche d’autonomie. Ici, l’agriculture n’a pas pour objectif premier de générer un revenu, mais de produire un produit sain et de qualité tout au long de l’année.

    Cela bien évidemment afin de diminuer les dépenses alimentaires, mais surtout de rester au plus proche des valeurs de la communauté : respect de l’environnement et de l’homme ; cela leur permet notament de s’affranchir autant que possible du système de consommation de masse.

    La Cooperative della Comune di Bagnaia est la structure officialisant l’existence de la ferme auprès des institutions. La ferme est une partie indépendante de la Comune di Bagnaia, sa comptabilité est gérée de telle sorte qu’elle soit toujours excédentaire.

    Le résultat économique provient de la vente des produits, essentiellement au voisinage et aux amis, mais aussi de la somme qu’attribue la Comune di Bagnaia à la coopérative correspondant à la valeur de l’autoconsommation. De ce fait, le fonctionnement de la structure agricole est similaire à une ferme dite classique...

     

    *Suite de l'article sur reporterre

     

     

     

    Source : www.reporterre.net

     

     

     

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    8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 17:55

     

    Source : www.reporterre.net

     

    La première épicerie sans emballages jetables ouvre ses portes à Bordeaux

    Sarah (Ecolo Info)

    mardi 8 juillet 2014

     

     

     

    A Bordeaux, La Recharge ouvre ses portes aujourd’hui ! Cette épicerie pas comme les autres vous proposer tout les produits du quotidien, en travaillant exclusivement avec des producteurs locaux et en minimisant au maximum les conditionnements.


     

    Rendez-vous mensuel des Bordelais, les Apéros Ecolos organisés par Ecolo Info sont l’occasion de se retrouver « in real life » autour d’une thématique qui nous pousse à voir plus loin.

    Et le mercredi 25 juin 2014, une centaine de Bordelais se sont retrouvés, à l’heure de l’apéro donc, pour découvrir une épicerie pas comme les autres : La Recharge.

    L’info est officielle, elle ouvre enfin ses portes aujourd’hui (mardi 8 juillet 2014). Mais, chez Ecolo Info, on a joué les enquêteurs et nous avons eu le privilège d’inaugurer les lieux avant même leur ouverture.

     

     

    Du papier toilette de Dordogne

    Souvenez-vous, je vous en parlais déjà en mars. La Recharge est une épicerie SANS EMBALLAGES !

    Jules et Guillaume ont travaillé pendant des mois pour trouver des producteurs locaux, bio si possible, qui ont accepté de jouer le jeu de la vente en gros, en minimisant et réutilisant le plus possible les conditionnements.

    Car l’emballage a deux usages : le transport et la conservation. Ainsi, l’objectif a été de trouver au plus près des producteurs prêts à livrer régulièrement pour assurer des produits de qualité !

     

    *Suite de l'article sur reporterre

     

     

    Source : www.reporterre.net

     

     

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    4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 16:08

     

    Source   www.mediapart.fr


     

    Do it yourself, le webdocumentaire

    |  Par La rédaction de Mediapart

     

     

    Garages à vélos associatif, jardins partagés, logements communautaires, égalité numérique... Bien au-delà d'une réponse à la crise économique, le "Do It Yourself" peut se voir comme une nouvelle manière de vivre ensemble et de penser la communauté. Écrit par Nora Mandray et Hélène Bienvenu, avec les rédactions de Terra Eco, Usbek & Rica et Urbania, ce webdocumentaire présentera, durant un mois, des initiatives en France et dans le monde.

     

     

    lien ici

     

     

     

    Film 1

    Un hectare à Détroit

    Un fermier urbain combat les injustices du système alimentaire
    en transformant une maison abandonnée en serre.

     

    Un webdocumentaire écrit par Nora Mandray et Hélène Bienvenu, produit par Fabienne Servan Schreiber et David Bigiaoui (Cinétévé). Co-édition : Terra Eco, Usbek & Rica et Urbania. Codiffusion : Mediapart, Terra Eco, Usbek & Rica, Urbania, Les Inrockuptibles et Radio Nova. Avec le soutien du CNC, de la Fabrique de la Cité et Paris Jeunes Aventures et la participation du NUMA, Futur en Seine, La Fonderie, La Recyclerie et les Ateliers d’été d’agriculture urbaine.

     

     

    Film 2

    Réseau 48217

    Un quartier entier, menacé de disparition par l'expansion de l'usine adj​​acente,
    édifie son réseau Internet gratuit afin de lancer ses propres alertes.

     

     

     

    Film 3

    Roue Libre

    Un collectif féminin, trans & queer fabrique la première vélothèque de Détroit ​
    à base de vélos de récup.

     

     

     

    Défis

    Mobilité

    Customiser son vélo

    Votre vélo fait pâle figure ? Améliorez-le ! Construisez un panier arrière, des clignotants, et même une remorque pour vos courses.

    Fabriquez en temps réel avec Terra Eco

     

     

     

    Journal

    04/07/2014 - Reportage

    Disco Soupe

    par Nora Mandray, DIY Manifesto

    L'antidote au gaspillage alimentaire


    L'idée des Disco Soupe vient d'Allemagne (Schnippeldisko) : combattre le gaspillage alimentaire en cuisinant des invendus récupérés sur les marchés et supermarchés, à plusieurs et en musique.

    La première « Disco Soupe » a lieu à Paris en 2012, le mouvement s'est vite répandu. Depuis, 50 tonnes de rebuts ont été récupérés, et le réseau compte 600 sympathisants à travers toute la France. Plusieurs Disco Soupes y sont organisées chaque semaine.

    « N'importe qui peut démarrer une Disco Soupe » raconte Alice, membre de l'association depuis sa création. « Il suffit de respecter nos 'discommandements'. » Comme la gratuité et l'indépendance : Disco Soupe n'affiche jamais les marques des supermarchés partenaires ; et tout le monde est invité au festin.

     

     

    Source   www.mediapart.fr

     

     

     

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    1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 18:05

     

    Source : www.reporterre.net

     

    Alternatives

    Et la friche urbaine devint jardin partagé...

    Quartiers en Transition

    mardi 1er juillet 2014

     

     

    Dans le 18e arrondissement de Paris, une friche coincée entre deux immeubles sert de dépotoir depuis vingt-cinq ans. Une action a été menée pour l’investir, avec le rêve d’en faire un lieu par et pour les habitants du quartier.


    Un dentier, une guitare, des compteurs électriques, des pièces de monnaies de Nouvelle-Calédonie, des bouteilles aux contenus de toutes sortes, deux matelas…. Reflet de notre société de consommation et du tout jetable, la biodiversité de la friche urbaine du 71 rue Philippe de Girard dans le 18e était assez loin de celle que l’on pouvait imaginer dans pareil lieu…

    Depuis plus de 25 ans, cet interstice aux belles proportions – un peu moins de 200m² – fait partie de la vie quotidienne du quartier et des riverains. Transformé en mini dépotoir par certains ou rêvé en futur jardin partagé par d’autres, il semble surtout aujourd’hui dans le viseur de la Ville de Paris pour laisser sa place à un… immeuble !


    - La friche avant... -

    Paris, une des villes les plus denses du monde et qui compte moins de 5 m² d’espaces verts par habitants contre 26 m² pour Berlin par exemple (l’OMS elle, situe le besoin d’espaces verts en milieu urbain à 12 m²/habitants) continue ainsi à marche forcée, à imposer la minéralisation de son territoire.

    « Vous faites quoi Monsieur ? Un parc ? »

    Voilà qui ne va pas de soi pour le collectif de citoyens qui a investi dimanche 22 juin la petite friche. En quelques heures, et après avoir sorti trois gros sacs de chantier remplis d’ordures, cet espace a changé de visage. Sous l’effet des sécateurs et autres scies maniés par les guérilleros jardiniers pour se frayer un passage entre les ailantes et les buddleia, le fameux « arbre à papillons », un petit jardin à pris vie, ouvrant une fenêtre de nature sur le quartier...

     

    *Suite de l'article sur reporterre

     

     

    Source : www.reporterre.net

     

     

     

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    24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 21:20

     

    Source : www.bastamag.net

     

     

    Coopérative d’habitants

    Le Village Vertical, une alternative écologique et solidaire face à la crise du logement

    par Hélène Bienvenu 24 juin 2014

     

     

     

     

     

    Et si l’on reprenait en main son habitat ? C’est le pari lancé par le Village Vertical, une coopérative d’habitants située à Villeurbanne, dans la banlieue lyonnaise. Dépassant les conceptions classiques de propriétaire et de locataire, la coopérative invite les habitants à mutualiser leurs ressources pour concevoir, construire et gérer collectivement leurs futurs logements. Un reportage en partenariat avec DIY Manifesto, webdocumentaire présentant des initiatives en France et dans le monde pour répondre à la crise économique.

    En pleine crise du logement, le co-habitat ou habitat partagé a la côte. Partager avec ses voisins des espaces communs (chambres d’amis, laverie, garage, jardin…) pour maximaliser la surface disponible, tout en mutualisant les coûts et l’impact environnemental, le concept séduit les Norvégiens, les Suisses, les Allemands, depuis des années. C’est au tour des Français de reprendre en main tout ou partie de la construction, de la gestion ainsi que les droits de propriété de leur logement. Et de se frotter aux décisions prises au consensus. Une manière de faire barrage à la spéculation immobilière et de renouer avec la convivialité.

    Si les formes juridiques du co-habitat sont diverses (co-location, société civile immobilière...), l’habitat en coopérative est désormais encadré en France par la loi ALUR, adoptée en 2014 [1]. A Villeurbanne dans la proche banlieue lyonnaise, les résidents du Village Vertical ont fait le choix d’une coopérative pour gérer un immeuble qu’ils ont aidé à faire sortir de terre il y a un an et qu’ils partagent avec la société HLM Rhône Saône Habitat. Une première en France.

    Inventer un habitat solidaire et non spéculatif

    Dans leur immeuble fringant et coloré à quinze minutes de la gare de Lyon Part Dieu, les « Villageois » savourent leur récente installation dans quatorze logements au sein d’un immeuble qui en compte trente-huit. La rue fraîchement dessinée est encore en graviers mais les 30 coopérateurs (20 adultes et 10 enfants) ont déjà pris leurs marques. Il faut dire qu’en huit ans de préparation, ils ont appris à se connaître. « On a dû composer avec la réalité, on a vu plein de groupes non pragmatiques se défaire pour moins que ça », annonce Antoine.

     

     

    Ce père de famille, moteur du projet, a été rejoint par d’autres aspirants résidents au fil de l’aventure villageoise. En 2005, à l’heure de fonder une famille, Antoine ne trouvait pas logement à sa convenance. « Tout ce qu’on me proposait, c’était le pavillon de banlieue couplé à la voiture. Pour moi c’était hors de question. Comme je ne trouvais aucun logement qui répondait à mes critères de solidarité et de non-spéculation, on a décidé de l’inventer à plusieurs ! ». Le résultat est probant malgré quelques concessions. « Nous avons dû abandonner les toilettes sèches, en collectivité cela coûte trop cher. De même, la laine de chanvre n’est pas encore certifiée en France… Et puis, on a dû se plier à la réglementation qui oblige à la création de places de parking. On en a construit 10 places à 15 000 euros / pièce. Seuls quatre box sont effectivement occupées par des voitures… ».

    Allier écologie et social

    Le Village Vertical comprend un jardin, quatre chambres d’amis, une laverie commune, une salle mixte (où sont distribués les paniers d’Arbralégumes le jeudi, une AMAP fonctionnant avec des petits producteurs locaux), une terrasse mais aussi une citerne de 7000 litres d’eau de pluie, un toit photovoltaïque et un système de pompe à chaleur qui récupère la chaleur de l’air, extrait des logements, pour préchauffer l’eau chaude sanitaire, soulageant ainsi la chaudière à granulés de bois.

    Le Village Vertical innove aussi sur la question de la propriété. « Tout le monde est à la fois locataire et collectivement propriétaire de l’immeuble », se réjouit Antoine. Pour Philippe, également père de famille et résidant du village, le pari écologique, humain et social est réussi. « L’isolation est excellente, nous ne sommes pas loin d’un bâtiment passif (ne consommant pas d’énergie, ndlr), tout en disposant de quatre logements très sociaux pour des jeunes en insertion », conclut ce praticien en massages bien-être dont le cabinet se trouve au rez-de-chaussée. Cerise sur le gâteau, « nous avons réussi à négocier un parquet en bois d’essence locale, et du bois au lieu du PVC pour les fenêtres ». Autre détail, le Village a eu recours à de la peinture « ultra écolo », ajoute Philippe, en installant son fils de deux ans devant l’ordinateur.

    Démocratie directe au quotidien

    L’appartement de 86 m2, occupé à trois au dernier étage, est cossu, lumineux et bien pensé : une cuisine « américaine » donnant sur le séjour, un balcon attenant à la cuisine, une mezzanine et trois chambres en enfilade. « Tous les logements se ressemblent à peu de choses près. La cuisine et les peintures ont souvent été posées en auto-finition », souligne son occupant, qui s’acquitte d’une « redevance » de 1 000 euros par mois (soit l’équivalent de son loyer précédent pour une surface plus grande), et a divisé ses charges par 4 depuis qu’il a déménagé au Village. « Le quartier ne me branchait pas trop, mais j’ai trouvé chez les Villageois une vraie maîtrise de la conduite de réunions, un respect de la communication non violente, une volonté de monter un projet durable. J’étais dans une autre initiative similaire, où l’affectif avait pris le dessus. Au Village ça n’a pas été le cas ».

     

     

    Philippe estime son implication dans le chantier à un quasi mi-temps pendant presque deux ans. Pour ce qui est du suivi de la gestion, le Village impose une réunion obligatoire par trimestre (ce soir-là, deux nounous sont mutualisées) et des réunions facultatives presque toutes les semaines où l’on discute notamment des espaces communs. « On débat parfois sur : faut-il des rideaux de douche en plastique ? », s’amuse Philippe. Pas de doute, au Village Vertical, la démocratie directe ça se vit ! Et les relations avec les voisins (qui partagent le même immeuble, disposent de logements identiques aux Villageois mais ne prennent pas part à l’autogestion, pouvant par ailleurs devenir propriétaires de leur logement), c’est une école au quotidien. « Il y a eu des opposants au compost dans le jardin. Mais c’était le but du jeu : les Villageois ont fait le choix de vivre en milieu urbain sans verser dans l’entre-soi militant ».

    Une démarche politique

    Et Philippe de montrer du doigt la « trappe » à chaleur incrustée dans le plafond de la cuisine. « Se loger est devenu très compliqué pour la classe moyenne, pas de doute la crise a fait pousser des velléités d’habitat collectif. En France, nous avons 30 ans de retard sur nos voisins allemands pour ce qui est du logement coopératif. En ayant fait le choix d’habiter ici, je n’ai pas une démarche patrimoniale mais bien politique. Mes héritiers auront grandi avec des valeurs de partage et d’écologie, ils ne récupèreront qu’assez peu de biens matériels », affirme-t-il. Un modèle qui en somme troque le droit de propriété classique pour des liens de voisinage renforcés. « Tout le monde aspire à disposer d’un vrai entourage solidaire. Nous, on sait qu’on a tapé juste ».

    Le Village Vertical, projet pilote de Habicoop a déjà fait des émules. Au point que la structure, qui dispense des formations à l’habitat coopératif, se voit obligée de refuser du monde. « Le mode de production de notre immeuble pourrait s’appliquer à 70% du parc immobilier neuf. Quant au modèle du Village, il est à la portée de tous, il suffit d’un peu de détermination », conclut simplement Philippe.

    Texte et photos : Hélène Bienvenu (DIY Manifesto)

    Cet article est extrait du webdocumentaire DIY Manifesto. Garages à vélos associatifs, jardins partagés, logements communautaires, égalité numérique... Bien au-delà d’une réponse à la crise économique, le « Do It Yourself » peut se voir comme une nouvelle manière de vivre ensemble et de penser la communauté. Écrit par Nora Mandray et Hélène Bienvenu, avec la collaboration des rédactions de Terra Eco, Usbek & Rica et Urbania, co diffusé par Mediapart, les Inrocks, Radio Nova, ce webdocumentaire présentera, jusqu’au 3 juillet 2014, des initiatives en France et dans le monde. Pour en savoir plus : @diymanifesto sur Twitter et http://facebook.com/detroitjetaime sur Facebook. Cliquez sur l’image ci-dessous pour accéder au webdoc.

     

     

    Notes

    [1Le statut avait été dissout en 1971.


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    22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 17:52

     

     

    Source : www.reporterre.net

     

     

    A Saint-Gobain, l’anarchique assemblée réunit les villageois « pour vivre bien »

    Lorène Lavocat (Reporterre)

    samedi 21 juin 2014

     

     

     

    Depuis un an à Saint-Gobain (Aisne), un groupe de citoyens se réunit chaque mois pour proposer, débattre et mettre en place des « idées pour vivre bien ». Ce bel exercice de démocratie directe peine pourtant à s’étendre. L’assemblée villageoise doit composer avec les réticences de la mairie, mal à l’aise devant ce mouvement spontané.


    - Saint-Gobain (Aisne), reportage

    Un faible soleil de fin de journée filtre à travers les nuages. Les participants arrivent peu à peu sur la petite place, leur chaise pliable à la main. Entre deux arbres, une banderole colorée indique « Assemblée villageoise ». Les riverains sortent sur le perron, observent l’étrange affluence, mais ils n’osent pas avancer. Pourtant le rendez-vous est ouvert à tous, et des tracts ont été déposés dans les boîtes aux lettres des 2500 habitants du village.

    Les habitués sont tous présents. Denis, avec sa queue de cheval grisonnante, Sandrine, enroulée dans un poncho, Jean-Marie, assis confortablement dans un siège de camping, Béatrix et sa longue jupe à fleurs, Fabien, allongé dans l’herbe...

    Ils sont une vingtaine à s’installer en cercle autour du tableau paperboard. Regards alentour pour guetter de nouveaux arrivants. Mais personne ne s’approche. Denis est chargé ce soir de distribuer la parole. « De quoi on parle ? », demande-t-il.

    Un conseil municipal alternatif ?

    « Samedi, on a voulu aller défricher la place Saint-Laurent comme prévu, commence Arnaud. Mais la mairie nous a interdit de le faire et nous a demandé d’arrêter. » Murmures dans l’assistance. Depuis quelques mois, le sujet revient régulièrement sur la table. Les relations avec les élus (majoritairement de gauche) se tendent. Et cet accrochage n’est que le dernier d’une série d’incompréhensions et de malentendus.

    « C’est vrai qu’on n’avait pas demandé l’autorisation », tempère Camille. « Ils ne veulent pas que d’autres se mêlent et participent à la vie politique », grogne Denis. « Ils aimeraient qu’on soit une association, pour avoir un cadre, analyse Charlotte, la vingtaine. Mais on n’entre pas dans les cases. » La mairie, contactée par Reporterre, répond « n’avoir aucun commentaire à faire sur cette assemblée. »

    Comme les Indignés d’Espagne ou les mouvements citoyens d’occupation, l’Assemblée villageoise refuse en effet de s’organiser selon un cadre juridique, pour ne pas « s’enfermer ». Mais cette volonté anarchique déconcerte les élus, qui ne savent pas comment considérer le mouvement : comité de quartier, groupe d’opposition, réunion informelle d’habitants ou conseil municipal alternatif ?

    « Vous avez une image négative de cette municipalité, tempère Jean-Marie. Elle n’est pas contre nous, elle souhaite surtout avoir des interlocuteurs. » Car l’Assemblée ne dispose ni de bureau, ni de porte-parole.

    Parfois, Assemblée villageoise et conseil municipal avancent main dans la main, comme lors de la journée des Gobageosies de printemps, ou de la fête de la musique. Alors que faire ? « On pourrait organiser une rencontre avec eux, ou désigner des interlocuteurs », propose un participant.

    Et surtout, « on ne doit pas perdre de vue notre objectif principal, rappelle Juliette, emmitouflée dans un pull en laine trop grand pour elle. Nous ne sommes pas là pour concurrencer la mairie dans son rôle de gestion, nous sommes là pour réaliser des idées concrètes pour améliorer la vie des villageois. »

    « Comment vivre bien à Saint-Gobain »

    Tout commence début 2013. Gaël et Charline participent à des débats citoyens. Ils se retrouvent avec d’autres pour échanger autour de thèmes de société. Emballés par l’expérience, ils ont l’idée d’appliquer ce modèle à l’échelle du village.

    2 500 habitants, une épicerie bio, un bar PMU, et une quarantaine d’associations. Malgré les 36 % de votes en faveur de Marine Le Pen lors des élections européennes de 2014, la commune vote traditionnellement plutôt à gauche.

    Surtout, depuis une dizaine d’années, Saint-Gobain bruisse d’initiatives sociales ou écologiques : festival de solidarité avec l’Afrique, Amap, Système d’échange local... Le terrain paraît donc propice. Avec un groupe d’amis, ils décident donc de lancer un rendez-vous régulier entre habitants.

    La première réunion a lieu en avril 2013, au PMU du coin. « Nous étions une trentaine, tous très enthousiastes », se rappelle Béatrix. L’Assemblée villageoise prend forme, avec un leitmotiv : « Comment vivre bien à Saint-Gobain ».

    Depuis, le groupe se rassemble une fois par mois, sur les places ou à l’abri du stade. Défrichement des sentiers, organisation de fêtes, verger pédagogique... Au fil des projets qui éclosent, la magie de la démocratie directe semble opérer. Des retraités et des familles rejoignent le premier cercle. Et ce qui aurait pu paraître comme la lubie anarchiste d’un groupe d’amis alternatifs se transforme peu à peu en rassemblement régulier et organisé.

    Certains viennent parce qu’ils voient dans cette Assemblée le système politique de demain. « On sent bien qu’on arrive au bout d’un truc, estime Charlotte. Ici, on essaye de trouver autre chose. » D’autres apprécient surtout la rencontre et l’échange avec d’autres habitants. « Ca crée du lien social, explique Béatrix. Il y a des jeunes, des vieux, avec des opinions différentes, c’est riche. »

    Des jeux pour enfants et des ateliers sur le tri

    Retour sur la pelouse humide de la place de la Terrière. Sur le paperboard, Gaël tente de résumer en quelques mots les idées qui fusent. « J’aimerais bien qu’on fasse des jeux pour enfants », lance un participant. « Et pourquoi pas un jardin partagé ? », renchérit un autre. « Il faudrait planter des arbres fruitiers et des fleurs », propose-t-on aussi.

    Aucune proposition n’est a priori rejetée. L’Assemblée fonctionne suivant le principe du consensus. « S’il n’y a pas d’opposition forte et argumentée, c’est adopté, explique Gaël. Car qui ne dit mot consent. » Pas de vote, sauf en cas de clivage évident.

    « Nous n’avons pas vraiment réfléchi à la théorie sur la manière de faire, on expérimente, précise Fabien. On n’a pas lu de bouquins sur la démocratie directe, on s’est plutôt inspiré de nos expériences à chacun dans les associations ou dans les mouvement citoyens. »

    Une fois les idées émises, place à la pratique. « Il faut partir de ce qu’on veut faire, puis seulement après, on voit comment on peut faire pour y parvenir », observe Charlotte. Ainsi, la construction de jeux d’enfants peut paraître a priori infaisable. Mais la créativité citoyenne semble avoir réponse à tout. Les normes ? « Je propose d’aller en discuter avec le bureau local de l’ONF (Office national des forêts) pour voir si on pourrait faire des jeux en bois. Un cercle de rondins, ça doit pas être compliqué », propose Fabien. Le financement ? « On n’a qu’à vendre des confitures, j’ai plein de pots chez moi ! », lance Bernard.

    Pour mener à bien ces projets, des commissions se constituent. Leurs membres impriment les centaines de tracts à leur bureau, puis se retrouvent le soir en petit groupe dans un salon.

    Un risque d’enfermement ?...

     

    *Suite de l'article sur reporterre

     


    Source : www.reporterre.net

     

     


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