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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 18:03

 

 

Source : http://consocollaborative.com

 

 

À Nanterre, une usine en friche transformée en temple de l’alimentation collaborative et solidaire

 

 
A propos de l’auteur Come Bastin

Guetteur d'innovations sociales, technologiques et environnementales, j'écris pour Ouishare, Socialter, WeDemain et parle sur Nova. Suis de près l'économie collaborative et les mutations du capitalisme. Prix Reporters d'Espoirs 2015.

 

 

 

http://consocollaborative.com/content/uploads/CHATEAU-Nanterre-exterieur.jpg

Cuisine partagées, incubateur de startup, espace de dégustation et jardins dédiés à l’expérimentation agricole : le « Château de Nanterre » ouvrira en juin et veut catalyser les nombreuses initiatives autour de l’alimentation durable.

Inscrit aux monuments historiques, le « château de Nanterre » (Hauts-de-Seine) était en friche depuis une vingtaine d’années. Mais les 2000 m2 de cette ancienne usine de pâte à dentifrice s’apprêtent aujourd’hui à accueillir de nouveaux hôtes. D’ici juin, le château sera transformé en tiers-lieux dédié à l’alimentation durable, la foodtech et la cuisine solidaire. Une première en son genre, alors que les français font de plus en plus attention à leur alimentation.

« Ces derniers temps, on a vu bon nombre de startups, d’associations et de citoyens lancer des initiatives géniales dans le domaine du bio, des circuits-courts, de l’agriculture urbaine », juge Baptiste Garmy, membre de Etic. Cette entreprise solidaire imagine des des espaces de travail partagés dédiés au développement durable. « On a aujourd’hui besoin d’un lieu pour fédérer la dynamique autour de la transition alimentaire. »

 

Incubateur culinaire

Pour cela le Château de Nanterre proposera d’abord un « incubateur culinaire » de 450 m2 géré par United Kitchens, au sein duquel les entrepreneurs pourront louer un espace de cuisine partagé. Laboratoire de pâtisserie, matériel pour cuisine expérimentale, espace grand public… Il s’agira d’« accompagner les entrepreneurs, du sourcing de leurs matières premières à la distribution, dans un écosystème bienveillant constitué de grands chefs, de mentors, d’écoles de cuisines », explique Armelle Delaage, fondatrice de United Kitchens.

 

Maquette des lieux © Agence Py architecte

 

Le lieu disposera également d’un espace de coworking « classique » accueillant plusieures startup dans le domaine de l’alimentation : mamie foodie (traiteur qui met à l’honneur la cuisine des plus âgés), la fumerie du coin (nourriture maison en circuit court), Péligourmet (plateforme collaborative de produits dénichés par la communauté). Ces résidents pourront être connectés avec une centaine d’autres organisations du secteur tels que Terre de liens ou ou Les Marmites volantes.

 

Jardin expérimental

Pour compléter le menu, un espace événementiel et une épicerie permettront au public de se restaurer et de tester de nouveaux concepts culinaires. Enfin aux pieds du Château, 6 000 m2 de jardins accueilleront des activités de maraîchage, des ruches, poulaillers ou du compost ou des techniques de culture innovantes. « L’idée n’est pas de viser l’autosuffisance alimentaire mais d’en faire une vitrine d’expérimentation et de démonstration », précise Baptiste Garmy.

En attendant la fin des travaux, les murs sont laissés au collectif Soukmachines qui y organise des évènements artistiques alternatifs. Les artistes laisseront derrière eux fresques et sculptures pour l’ouverture du lieu. Un bel hors-d’oeuvre.

 

 

Source : http://consocollaborative.com

 

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 17:29

 

 

Source : http://www.rtbf.be

 

Les frigos solidaires aident les démunis et chassent le "gaspi"

 

 
 

Ils sont de plus en plus nombreux en Wallonie; les "frigos" solidaires ou publics fonctionnent un peu comme les boîtes à livres. On peut y déposer ses denrées excédentaires, avant un départ en voyage par exemple, au bénéfice d'une personne dans le besoin. Tout se passe anonymement et les frigos sont généralement installés dans un lieu public par un privé, souvent une ASBL.

 

Un réfrigérateur pour tous

L'ASBL "Alimen Terre" est située à Louvain-la-Neuve. Elle a pour but de permettre l'accès à l'alimentation de qualité et saine au plus grand nombre. Elle dispose d'un petit magasin d'alimentation dans le quartier bien typique de la "Baraque". Il y a un an, l'ASBL a décidé de placer un frigo solidaire attenant au magasin. Tout qui veut y déposer un produit alimentaire peut le faire. Et celui qui aurait des difficultés à boucler le mois peut aussi disposer de son contenu.

Mais attention, il ne s'agit pas d'un endroit où déposer ses ordures. L'AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaine Alimentaire) a d'ailleurs demandé aux gestionnaires de veiller à ce que le réfrigérateur soit en ordre, propre et que la chaine du froid soit respectée. L'agence leur a par ailleurs demandé d'éditer et d'afficher une charte qui stipule les conditions d'utilisation. 

 

Que peut-on y placer et surtout ne pas y déposer?

Alors que contient cette charte? En gros, l'idée est de protéger au maximum le futur consommateur. On peut y déposer des produits alimentaires non périmés avec une date limite de consommation non dépassée, emballés hermétiquement, ou encore des produits alimentaires préparés "maison", dans un emballage fermé avec une étiquette présentant son contenu et la date de préparation. Autrement dit, interdiction d'y placer des produits non alimentaires ou des produits alimentaires avec une date de consommation dépassée ou encore des produits dans des emballages ouverts.

 

Qui est responsable?

Mais la question se pose: qui serait responsable en cas de problème d'intoxication ou d'allergie par exemple. L'AFSCA rend bien un avis mais comme les dons et les retraits sont anonymes et se passent entre personnes privées, son action se limite à cet avis. Alors qui porte la responsabilité finale par rapport à ce qui transite dans les frigos solidaires? Selon l'AFSCA, ce sont les gestionnaires comme l'ASBL "Alimen Terre" à Louvain-la-Neuve. Mais pour la responsable de l'ASBL tous les utilisateurs sont responsables et si, juridiquement, aucun cas ne s'est jamais présenté devant un juge, il en va du bon sens autant des fournisseurs que des consommateurs. 

 

 

 

Source : http://www.rtbf.be

 

 

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 18:38

 

 

Source : http://positivr.fr

 

 

Cette carte localise la nourriture gratuite partout dans le monde

 

 

Créée en 2013, Falling Fruit a déjà recensé plus d'un million de spots de glanage sur les cinq continents... dont plus de 9 000 rien qu'en France !

 

 

Quand les nouvelles technologies se mettent au service du partage et de la convivialité, ça donne naissance à des outils absolument géniaux. C’est le cas de Falling Fruit, une carte collaborative qui recense, partout dans le monde, les endroits où l’on peut trouver de la nourriture locale et gratuite ! Lumière sur une initiative précieuse, enthousiasmante, et pile poil dans l’air du temps !

On ne s’en aperçoit pas forcément, mais nos villes regorgent de fruits, de légumes et de feuilles comestibles poussant aux coins des rues. La preuve : en juin 2016, après trois ans d’existence, Falling Fruit avait déjà repéré 1 191 056 spots dans le monde entier, pour 1 714 différents types d’aliments recensés !

Pour savoir où se servir et comment profiter de ce que la nature nous offre, il n’y a qu’à aller sur la carte de Falling Fruit, zoomer sur sa ville, voir ce qu’elle nous propose, et se rendre sur place avec son panier pour une petite séance de glanage… Génial, non ? La carte recense déjà plus de 9 000 sites rien qu’en France !

L’idée de Falling fruit (littéralement, le fruit qui tombe), est né en 2013 au Coloradao quand Ethan Welty a fabriqué son premier cidre à partir de pommes récoltées en ville. Il s’est aperçu que nous étions des milliards à passer chaque jour à côté d’une nourriture locale et gratuite, que c’était bien dommage et qu’il fallait un outil pour remédier à ça !

Source : Shutterstock

D’où le concept de carte collaborative. Chacun est libre d’y ajouter une bonne adresse, histoire d’en faire profiter toute la communauté. Aujourd’hui, Falling Fruit a essaimé sur tous les continents, est traduite en sept langues et occupe 12 bénévoles !

Le concept vous plaît ? Alors rendez-vous sur Falling Fruit pour y faire de belles découvertes et/ou pour y ajouter vos bons plans !

 

Lire aussi : De la nourriture gratuite à chaque coin de rue : le phénomène génial qui contamine la France !

 

 

Source : http://positivr.fr

 

 

 

 

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 18:28

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Transition énergétique

Des petits barrages hydroélectriques, écolos et rentables, pour produire une électricité de proximité

 

par

 

 

Deux-mille petits barrages hydroélectriques sont abandonnés en France, depuis la domination de l’électricité nucléaire. Ercisol, une société à statuts coopératifs, a décidé d’investir dans ces énergies renouvelables de proximité et de réhabiliter plusieurs barrages dans les Vosges, tout en limitant au maximum les contraintes pesant sur l’environnement des rivières. Un seul de ces barrages peut alimenter en électricité un village de quelques centaines d’habitants.

 

Cet article a initialement été publié dans le journal Lutopik.

 

À Raon-l’Etape, cité vosgienne au milieu des forêts, coule la Meurthe. Une situation géographique propice au développement de l’industrie du papier. Dans cette petite ville de 6400 habitants, il a existé jusqu’à trois papeteries, dont une a cessé son activité il y a peu. Il y a encore une trentaine d’années, ces industries utilisaient l’eau de la Meurthe pour s’alimenter en énergie. Puis le nucléaire est arrivé, et les petits barrages hydroélectriques ont été abandonnés. « Hyper subventionnée, l’électricité nucléaire était beaucoup moins chère. L’État a volontairement tué les petites centrales hydroélectriques », déplore Jean-Paul François. Farouchement opposé au nucléaire et mû par l’envie de laisser un environnement sain à ses petits-enfants, ce professeur d’électro-technique fraîchement retraité s’est lancé dans la reconquête des petits barrages.

 

Pour cela, il rejoint en 2014 Ercisol, une société fondée en 2010 par 35 associés qui se sont donnés pour objectif de développer des projets citoyens d’énergie renouvelable. Seuls deux d’entre eux ont travaillé ou travaillent directement dans le secteur de l’énergie renouvelable, mais chacun a quelque chose à apporter : des compétences en comptabilité, en maçonnerie, en relationnel. « Pour vivre, il faut de l’énergie. Mais il existe d’autres moyens de production qu’en polluant ou en passant par des grandes sociétés qui ponctionnent l’argent des contribuables », explique Jean-Paul François.

 

« Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse faire autant si rapidement »

Chaque projet est soigneusement sélectionné : il doit être rentable, concourir au développement des énergies renouvelables décentralisées, sa mise en œuvre doit limiter au maximum les impacts négatifs sur l’environnement et favoriser les emplois locaux non délocalisables. Pour chaque projet, Ercisol crée une filiale afin de rassurer les banques qui lui prêtent de l’argent, d’offrir une transparence sur les financements, et encourage ses actionnaires locaux à investir dans le projet.

 

Ercisol compte aujourd’hui 161 associés et gère deux petites centrales photovoltaïques dans le Territoire de Belfort et dans le Bas-Rhin, ainsi qu’un barrage hydroélectrique dans les Vosges. Trois autres projets de barrages sont en cours de réalisation, dont celui de Raon-l’Etape. Ercisol prévoit également de participer au financement de petites fermes éoliennes. La maison-mère a la forme d’une SAS à statuts coopératifs, dans laquelle tous les dirigeants sont bénévoles, y compris son président Louis Massias. « Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse faire autant si rapidement, se réjouit-il. Nous avons atteint le plafond de capital de 800 000 € qu’on s’était fixé au départ et qui nous permettait des investissements à hauteur de 6 millions d’euros grâce aux emprunts. Aujourd’hui, on ne peut plus accepter de nouveaux actionnaires et nous allons devoir modifier les statuts pour inscrire un nouveau plafond à 2 millions d’euros. »

 

Un barrage qui laisse passer poissons et canoës

La filiale qui s’occupe du barrage vosgien s’appelle HydroRaon. Elle a acquis le site en 2014 pour 450 000 € auprès de la papeterie des Chatelles qui venait de faire faillite, et engagé 1,35 million d’euros afin de reconstruire le barrage et d’installer la turbine. Les travaux sont importants : le site est abandonné depuis une quinzaine d’années, et il faut entièrement créer les infrastructures permettant d’injecter l’énergie produite sur le réseau. Conformément à leurs aspirations environnementales, les membres d’Ercisol tiennent à limiter au maximum les impacts sur la nature : le barrage est doté d’une passe à poissons, d’un passage pour canoës et d’un système laissant circuler les sédiments afin de ne pas perturber le milieu aquatique en aval. Après une année de travaux, l’édifice est prêt : avec une puissance de 400 kW, il présente la même puissance que son aïeul, mais il est doté de toutes les technologies modernes pour la télégestion et s’intègre mieux dans son environnement.

 

Du côté du local technique, à environ 1 km du barrage, les choses sont un peu plus compliquées. Afin d’optimiser au maximum la production, HydroRaon a investi dans une turbine qui peut atteindre 90 % de rendement dans des conditions de débit idéales. Mais une erreur du maître d’œuvre a décalé d’un an le lancement de la production : l’alternateur a dû être démonté et il ne sera remis en place que début 2017. Une fois opérationnel, le système produira 1847 MWh par an, ce qui devrait permettre d’alimenter environ 700 foyers hors chauffage et eau chaude. Comme sur son autre barrage de Moyenmoutier, à quelques kilomètres de là, un emploi à temps partiel (dix heures hebdomadaires) sera créé afin d’assurer la surveillance du site.

 

Pour ce projet, la société HydroRaon et ses associés ont apporté un peu plus de 20 % du budget, avec le soutien d’Énergie Partagée Investissement (une association pour la promotion et le financement des projets d’énergie citoyenne). Pour le reste un emprunt a été contracté. En vertu de l’obligation d’achat, EDF s’est engagée par contrat à racheter l’électricité produite par HydroRaon à un tarif préférentiel : 10 centimes le Kwh au lieu de 5 centimes [1]. Chaque filiale est rentable dès la première année. Comme elles n’ont pas vocation à se développer, les bénéfices sont distribués chaque année aux associés. Les gains d’Ercisol avec HydroRaon seront réinvestis dans des projets de sensibilisation à la réduction des consommations énergétiques et dans de nouveaux projets d’énergies renouvelables (hydroélectricité, biogaz, éoliennes). Les centaines de petits actionnaires d’Ercisol devraient quant à eux recevoir des dividendes d’ici une dizaine d’années, de l’ordre de 4 %.

 

2000 petits barrages hydroélectriques à l’abandon

Environ 2000 petits barrages hydroélectriques sont aujourd’hui à l’abandon en France. Avec l’augmentation inévitable du prix de l’électricité nucléaire et les objectifs d’énergies renouvelables pour les années à venir, il y a un regain d’intérêt pour ces infrastructures. Cependant, la plupart de ces barrages présentent des hauteurs d’eau insuffisantes pour être rentables. « À Raon-l’Etape, on a 4,20 m de hauteur, ce qui n’est pas mal. Dès qu’on est en dessous de 1,5 m, ça n’intéresse plus personne », explique Jean-Paul François.

 

Pour résoudre ce problème, Ercisol s’est lancé dans une recherche en partenariat avec l’Université de Lorraine. L’objectif est de mettre au point un prototype de turbine afin de diminuer les coûts du kilowattheure pour les petites chutes d’eau. Un espace est en cours d’aménagement à côté des locaux techniques d’HydroRaon pour expérimenter ces innovations. « Le nucléaire, avec ses coûts qui ne font qu’augmenter alors qu’ils baissent pour les énergies renouvelables, est un non-sens économique », dénonce Jean-Paul François. « Il existe déjà des sites où les coûts de production des énergies renouvelables sont beaucoup moins chers, comme par exemple au Nevada où le kWh photovoltaïque est à 3 centimes contre 6 pour le nucléaire. Développer les énergies renouvelables relève donc du bon sens écologique, mais aussi économique », martèle-t-il.

 

Sonia Pignet (Lutopik)

 

 

Notes

[1Depuis le 20 septembre 2016, Enercoop est autorisée à offrir les tarifs d’achat de l’électricité renouvelable comme EDF. Cependant, elle est pour le moment limitée à 75 contrats et à une puissance installée correspondante maximale de 100 MW.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 22:18

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Alternative ?

« Territoires zéro chômeurs » : l’initiative qui souhaite partir des envies des gens pour créer leurs emplois

 

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Un taux de chômage qui stagne à plus de 10%, avec 2,5 millions de chômeurs de longue durée. Face à l’inefficacité des politiques, l’association ATD Quart Monde propose une autre voie : partir réellement des compétences des demandeurs d’emplois, pour créer des activités d’intérêt général, et non des listes de postes à pourvoir affichées par Pôle emploi. Le tout, sans coût supplémentaire pour la collectivité. Comment cette belle idée se met-elle concrètement en place ? Quelles sont ses limites ? Pendant les prochains mois, Basta ! suit son expérimentation dans la ville de Colombelles, à côté de Caen. Là, une dynamique s’est enclenchée, qui bouleverse les façons de faire et suscite de nombreuses attentes.

Il y a quelques mois, Isabelle a reçu un texto de Pôle emploi : l’agence l’invite à assister à une réunion, à la mairie, sur un nouveau projet pour lutter contre le chômage. Cette ancienne assistante de direction, au chômage depuis plus d’un an, pense d’abord ne pas y aller. Un peu lasse face à une nouvelle sollicitation. « J’avais participé à une formation de Pôle Emploi, mais j’avais refusé les autres : elles ne correspondaient pas à mon projet et servaient plutôt à nous exclure temporairement des chiffres du chômage. » La quinquagénaire décide quand même de se rendre à la réunion, qui va bouleverser sa recherche d’emploi...

Ce nouveau projet, c’est celui des « Territoires zéro chômeur de longue durée », lancé par l’association ATD Quart monde. Une nouvelle méthode pour lutter contre le chômage, un peu révolutionnaire. « Disons qu’elle prend les choses à l’envers », suggère Patrick Valentin, l’initiateur de cette idée. Plutôt que de partir des offres d’emplois existantes et de trouver la main d’œuvre qui y correspond, le projet propose d’identifier les besoins et des manques, ainsi que les compétences et les envies des personnes sans emploi. Et tente d’apporter de nouveaux services à la population, grâce au développement de nouvelles activités.

 

Partir des envies des personnes, des besoins des territoires

Voilà pour l’idée. En pratique, dix territoires ont été sélectionnés pour expérimenter la méthode. Colombelles, dans la banlieue de Caen (Normandie) fait partie des heureux élus. La ville de 6280 habitants affiche le plus fort taux de chômage de l’agglomération caennaise (environ 18 % de sa population active). Jusqu’en 1993, la Société métallurgique de Normandie, installée sur son territoire, était un véritable poumon d’activité. Mais les fourneaux ont fermé et les startups de haute-technologie les ont remplacés, au pied de l’ancienne usine. Ces emplois qualifiés n’empêchent pas que Colombelles compte environ 700 demandeurs d’emplois, dont 250 de longue durée. Peu de diplômes, peu de mobilité. Des personnes qui perdent confiance en eux, et en l’avenir.

Tout doit partir d’eux. Première étape du projet : inviter les personnes sans emploi à réfléchir aux besoins de leur territoire de vie. « Non seulement les personnes doivent nous expliquer dans quel travail elles se verraient le mieux, mais aussi quelles activités seraient bonnes pour la collectivité », explique Pascal Gourdeau, de l’Ardes, engagée dans la maîtrise d’ouvrage du projet. L’un se voit aménager le bois de la ville, y créer un parcours pédagogique, de l’accrobranche. Une autre pourrait créer un point info-santé, afin d’orienter les personnes vers les bonnes structures. Une troisième envisage de conduire un taxi solidaire, ce qui accroîtrait la mobilité des habitants pour un prix modique. Une dernière visiterait les personnes âgées dépendantes, pour passer du temps avec elles, discuter, jouer aux cartes, et lutter ainsi contre la solitude.

 

« Pas question de laisser une personne sur le carreau »

Ludovic Provost en connaît un certain nombre. Il les accueille régulièrement à la Cellule emploi de Colombelles, les accompagne dans leurs démarches, les aide à rédiger leurs CV ou leurs lettres de motivation. Il travaille aussi sur la confiance en soi. A côté de la porte d’entrée de son bureau, sont affichées des cartes postales sur les métiers d’autrefois qui peuplaient les campagnes normandes. Charbonnier, filetière, chiffonnier. Quels sont ceux de demain ? « Dans les entretiens, nous partons de leurs envies et de leur motivation. Nous explorons avec eux leurs idées et nous les confrontons à la réalité », explique le conseiller en insertion qui a pris part depuis quelques mois au projet Territoires zéro chômeurs.

La réalité, c’est d’abord de savoir si le travail ou le service existe déjà sur le territoire. Si une entreprise le propose, l’idée est abandonnée. Pas question de concurrencer une activité déjà existante. Les emplois doivent ensuite être principalement non marchands, ou peu solvables : si une compensation financière est demandée au public bénéficiaire de cette activité, elle doit être très faible.

Mais la réalité à laquelle les demandeurs d’emploi doivent se confronter, c’est aussi de s’assurer que les différents projets sont cohérents, et d’entrevoir des formations adéquates. « Une des personnes souhaite aménager le bois de la ville, raconte Ludovic Provost. Elle a les compétences pour le faire, mais une fois l’aménagement effectué, il faudra animer ce parcours. Et là, il est nécessaire de se former en animation, d’avoir un Bafa. » Pour autant, il n’est pas question de laisser une personne sur le carreau. « Concrètement, les personnes volontaires sont recrutées de droit, précise Patrick Valentin, l’initiateur du projet chez ATD Quart Monde. Elles ne subissent pas une sélection. Mais nous voyons avec elles, dans un emploi, ce qu’elles désirent faire, ce qu’elles savent faire. » Une petite révolution.

 

Tous salariés, et en CDI

Tous ces chômeurs de longue durée seront salariés, en CDI, dans une « entreprise à but d’emploi ». Celle-ci regroupera toutes les micro-activités identifiées en amont, s’assurera des démarches administratives et de la comptabilité. La structure fournira également des prestations à des entreprises extérieures. C’est la deuxième source d’activités du projet : aller convaincre les entreprises du territoire de tester de nouvelles activités. A Colombelles, une entreprise agro-alimentaire créerait un poste de cultivateur de bouillon de culture. Une start-up aurait besoin de testeurs d’applications pour les terminaux mobiles. « Les demandeurs d’emplois et les porteurs du projet rencontrent directement les entreprises pour imaginer ces postes, précise Pascal Gourdeau, qui mène le projet. Ce n’est pas toujours confortable de se retrouver en face d’un patron. Cela remue les tripes du demandeur d’emploi. Mais c’est formateur et cela aide à retrouver confiance en eux. »

Pour les entreprises partenaires, rentrer dans le projet constitue un avantage financier. Les postes sont financés à 70 % par l’entreprise à but d’emploi, créée par le projet Territoires zéro chômeur de longue durée. Sur un poste qui coûte entre 26 et 27 000 euros par an, l’entreprise partenaire n’a plus qu’à trouver 8 à 10 000 euros. Un petit effort financier pour créer une opportunité de travail. Un comité de vigilance (composé de syndicats, de collectivités, de volontaires) épluche les possibilités de postes établis avec les entreprises du coin. Lorsque le supermarché de la ville a proposé un travail pour décharger les camions, le comité a mis son veto : l’activité aurait très bien pu être développée sans l’aide du projet. Et l’enseigne de la grande distribution n’a pas forcément besoin de cette aide pour assurer cet emploi. « Nous continuons à chercher des idées avec le supermarché, relate Ludovic Provost. A l’inverse, les associations peuvent manquer de financement pour développer telle ou telle activité. Le dispositif peut les aider. »

 

Des emplois sans surcoût pour la collectivité

On récapitule : des activités développées qui ne sont pas forcément solvables ; des prestations à bas prix pour des entreprises partenaires ; mais des CDI pour tous les volontaires ! Comment financer le dispositif ? Là aussi, ATD Quart Monde a choisi de « prendre les choses à l’envers ». Le coût de la privation d’emploi est estimé à 36 milliards d’euros par l’association (voir le schéma ci-dessous). En réaffectant les coûts et les manques à gagner de cette privation d’emploi, environ 70 % du coût d’un poste à temps plein, au Smic, peut être payé. Pour financer la phase expérimentale, un fonds a été créé par l’État à l’été 2016. Le principe est que l’État et les collectivités territoriales volontaires transfèrent les prestations sociales telles que le RSA pour financer de nouveaux emplois, plutôt que pour pallier la pénurie d’emploi.

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Document extrait du manuel d’expérimentation d’ATD Quart Monde

Il reste donc 30 % du poste à financer. C’est là qu’interviennent les prestations vendues aux entreprises (tests d’application ou cultivateur de bouillon de culture, par exemple) et les activités solvables proposées sur le territoire. Le taxi solidaire de Colombelle pourra par exemple appliquer des tarifs très modestes et progressifs, en fonction des clients : particuliers, associations, entreprises. « Au fond, les gens ont des capacités, le travail ne manque pas, et il y a de l’argent qui est utilisé pour aider ces personnes qui n’ont pas d’emploi. On ferait mieux d’utiliser cet argent pour créer de l’emploi, résume Patrick Valentin. Nous voulons démontrer qu’une fois que cette pénurie d’emplois est supprimée, non seulement elle ne coûte pas plus à la collectivité, mais elle est favorable économiquement. »

 

« Dans la tête des gens, cela change tout ! »

Le défi est de taille, le projet en plein déploiement. A Colombelles, la démarche provoque de l’enthousiasme chez certains participants, qui deviennent acteurs de la construction de l’« entreprise à but d’emploi ». « Avec ce projet, j’ai rencontré de nombreuses de personnes dans différents domaines, explique Gwladys, 24 ans et en recherche d’emplois depuis bientôt un an. Nous avons assisté aux réunions, mené l’enquête sur les besoins du territoire, rencontré les entreprises… Avant de savoir si ça allait être financé, voir le jour ! Mais cela ouvre des perspectives. » Ludovic Provost, de la cellule emploi, perçoit une nouvelle dynamique : « Pour les personnes qui s’engagent, il y a un CDI à la clé. Ce n’est pas : si vous faites cette formation, vous allez peut-être trouver un emploi. Non, le poste sera créé. Dans la tête des gens, cela change tout ! »

« Cela en est où, le projet ? », lui demande un homme qui entre dans son bureau, pendant notre entretien. « Beaucoup me demandent régulièrement des nouvelles », m’explique le conseiller en insertion. D’autres ont disparu depuis la première rencontre : certains n’y croient pas, une quinzaine ont trouvé un emploi. « Est-ce un effet positif du projet ?, s’interroge Ludovic Provost. Quand il y a un accompagnement comme celui que nous proposons, cela aide les gens à croire qu’ils peuvent trouver un emploi. Je pense qu’ils ne se présentent plus de la même façon, ensuite, lors d’un entretien d’embauche par exemple. »

 

La confiance remplace le contrôle

Au total, c’est 2 000 emplois qui pourraient être créés, en cinq ans, sur les dix territoires qui mènent l’expérimentation. « Ce sera un succès si on parvient à supprimer la pénurie d’emplois, et à observer le mieux être de la population », répète Patrick Valentin. Pour cet homme qui a vécu auprès des « plus pauvres », « les personnes qui demandent de l’emploi ont beaucoup plus de compétences pour dire ce qu’elles savent faire, que ce que l’on croit. Si on les sélectionne, on les exclut ». Mais le changement de logique n’est pas forcément évident : « On est contaminés par la logique ordinaire, celle de la sélection, de la méfiance, du contrôle. Nous, nous proposons d’être dans une logique de confiance. Faisons les choses utiles, et s’il y a un problème, on le traitera à ce moment là. »

Qu’en sera-t-il à Colombelles ? L’entreprise à but d’emploi devrait être créée en avril prochain. Les premiers salariés lanceront leurs activités dans la foulée. Gwladys pourrait devenir la standardiste secrétaire de la nouvelle structure. Et Isabelle, assistante de direction. « C’est difficile d’être demandeur d’emploi de longue durée, souligne-t-elle. Tu es coupée du monde du travail, tu as peu de vie sociale, ton budget est restreint. Quand on vous propose un projet super innovant comme celui-ci, cela permet d’abord de cotoyer de nouveau des gens, de sortir de chez soi, et puis à terme d’avoir un emploi. En quelque sorte, c’est retrouver une forme de dignité. Et cela n’a pas prix. Si j’ai un emploi, je fais partie de la société. »

Simon Gouin

En photo : un « mur du chômage », à Saragosse en Espagne

Pendant les mois qui viennent, Basta ! vous donnera des nouvelles sur le déploiement de ce projet.

 

Quelques liens sur l’initiative d’ATD Quart Monde :

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 22:49

 

 

Source : http://www.streetpress.com

 

 

Verbalisée pour avoir donné un livre

 

 

 

16 Février 2017

 
 

par Gwenaelle, professeure des écoles région parisienne et « semeuse de livres », une défenseure de la libre circulation des livres.

 

 

Le 31 janvier Gwenaelle a voulu, comme souvent, déposer un livre dans la rue. Une manière de partager la culture encouragée par les bibliothèques. Sauf que des policiers ont décidé de lui coller une amende au nom de la lutte contre les incivilités.

Je donne beaucoup de livres. La dernière fois, c’était un mardi, le 31 janvier. Un bel ouvrage de photos, tout neuf, que j’avais seulement feuilleté. Je ne pouvais pas le garder, ça déborde chez moi et je n’avais personne de précis en tête.

Alors, je l’ai déposé contre la vitrine du Gibert Joseph entre Barbès et Château Rouge, bien en évidence, vertical, à l’abri de la pluie.

 

J’ai voulu partager un livre. J’ai reçu 68 € d’amende !

Je m’apprêtais à m’éloigner pour observer cinq minutes, comme souvent, qui viendrait le récupérer. Et là, j’ai croisé une dizaine de policiers. C’était la fin d’une « opération zéro tolérance contre les incivilités », leur chef était en train de féliciter ses gars, je pense avoir été leur dernière prise.

Ils m’ont collé 68 euros d’amende, même tarif que pour une crotte de chien.

Pour moi, déposer un livre dans la rue, c’est une pratique régulière. Les recommandations des bibliothèques (link is external) de la ville de Paris, elles-mêmes, suggèrent de le faire.

Je le fais parce que je crois en la circulation des livres, j’ai même constitué petit réseau d’amis pour envoyer des livres d’occasion en Haïti quand ils ne sont pas trop franco-français.

Et laisser un livre de portraits de personnalités politiques à la Goutte d’Or, c’est un moyen de le mettre en relation avec un nouveau public. Je fais tout cela comme acte citoyen.

 

 

« Pour moi, déposer un livre dans la rue, c’est une pratique régulière […] Je fais tout cela comme acte citoyen » Gwenaelle, dealeuse de livres

 

Je suis une « trafiquante de livres »

Je suis une « trafiquante de livres », mon hall est toujours rempli d’ouvrages à envoyer à l’étranger ou à transmettre à mes amis. Les librairies et les bibliothèques me donnent leur pilon [les volumes destinés à être détruits], j’en ai collecté 2.000 à la fin de la foire aux livres de mon quartier l’année dernière.

J’en récupère même plusieurs dizaines par an entre les sacs poubelles des Parisiens.

En toute bonne foi, j’ai expliqué ma démarche à l’agent qui consultait ma carte d’identité et dictait le procès-verbal à son appareil. Il m’a écouté assez surpris, avant d’être rejoint par un autre agent : « Alors, la dame elle a jeté une cigarette ? ».

Puis un troisième… et ainsi de suite. Tous tenaient le même discours : « On comprend ce que vous dites, mais on ne peut pas déroger aux ordres ».

Cet excès de zèle rend la situation absurde, ubuesque même. Dans le procès verbal, dont je n’ai pas eu copie, le premier agent a accepté d’inscrire les mots clés « livres » et « Culture », en me disant que la Mairie s’arrangerait peut-être avec ça.

Je suis resté calme jusqu’au bout. Sur l’amende que j’ai reçu chez moi, il est marqué « Dépôt d’ordures ». Je vais la contester, avec des liens vers tous les mouvements militants qui font circuler des livres de cette façon.

 

Mon acte est avant tout citoyen

Ce n’est pas tellement la somme de 68 euros qui m’embête le plus. J’ai peur que chaque acte citoyen ne devienne un délit. Le zèle risque toujours d’amener des dérives. Pour l’instant, ça ne va pas m’empêcher de recommencer.

Parmi les personnes qui m’ont contacté pour me soutenir, il y a ceux qui prétendent que les policiers sont tous des illettrés. Et ceux, beaucoup plus intéressants, qui proposent d’abandonner des livres dans les salles d’attente des commissariats. Pourquoi pas ? C’est une idée d’action militante intéressante.

Propos recueillis par Maxime Grimbert
 

 

 

 

Source : http://www.streetpress.com

 

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 14:58

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Innovation politique

Le tirage au sort de citoyens, vrai progrès démocratique ou hasardeuse réforme ?

 

par

 

 

http://www.bastamag.net/local/adapt-img/740/10x/IMG/arton6008.jpg?1487221220

Utilisé dans la Grèce antique, le tirage au sort pour désigner les responsables politiques a quasiment été abandonné dans les démocraties modernes. L’idée refait cependant surface pour lutter contre la concentration oligarchique des pouvoirs et impliquer les citoyens dans la vie politique. En France, une loi instaure des conseils de citoyens tirés au sort dans les communes. Des mouvements politiques, comme La France insoumise, y recourt pour élaborer leurs programmes. En Islande, un projet de Constitution a été élaboré par des personnes tirées au sort. S’en remettre au hasard pour refonder nos démocraties est-elle une bonne idée ? Quels en sont les avantages et les inconvénients ? Enquête.

 

« Je propose l’entrée des citoyens, par tirage au sort de cent sénateurs, dans le contrôle politique du gouvernement et de l’exécutif français. » C’était l’une des propositions d’Arnaud Montebourg dans sa campagne pour la primaire socialiste. Introduire une dose de tirage au sort dans les rouages de nos institutions, afin d’ouvrir la représentation à de plus larges parties de la population : le débat revient régulièrement. La France insoumise, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, l’a utilisé dans le processus d’élaboration de son programme. Lorsqu’elle était candidate en 2007, Ségolène Royal avait également avancé l’idée de jurys citoyens tirés au sort, pour évaluer l’action des élus.

 

En France, l’un des fervents défenseurs du tirage au sort, suivi en particulier sur Internet, est l’idéologue blogueur et conférencier Étienne Chouard. L’homme s’était fait connaître pour son opposition au traité constitutionnel européen en 2005. Il ne cesse depuis de promouvoir la nomination d’une assemblée constituante par tirage au sort. Mais aussi pour la désignation d’une partie des élus du Parlement. Pour Étienne Chouard, le tirage au sort constituerait un remède décisif pour lutter contre les dérives oligarchiques – autrement dit, contre l’accaparement du pouvoir par une minorité de la population.

 

Venant d’un homme qui anime son réseau de partisans de manière très verticale et quasi évangélique, avec des relais fidèles baptisés « gentils virus », cette idée fixe peut susciter la méfiance. D’autant plus qu’Étienne Chouard affiche régulièrement sa proximité avec des personnages de la mouvance conspirationniste d’extrême droite, tel Alain Soral, qu’il a défendu avant de découvrir tardivement – en 2014 – les positions racistes, antisémites, sexistes et violentes du fondateur d’Égalité et réconciliation [1].

 

De la Grèce antique aux Jurés d’assises

Au-delà des positionnements sulfureux de ce défenseur parmi les plus visibles du tirage au sort, l’idée de remplacer l’élection par une sélection aléatoire de citoyens est-elle pertinente ? D’où vient-elle ? Est-elle déjà mise en pratique ? En France, le tirage au sort est utilisé pour désigner les jurés des tribunaux d’assises qui jugent les accusés de crimes. Le tirage se fait alors parmi les personnes inscrites sur les listes électorales et âgées de plus de 23 ans [2]. Ce principe du tirage au sort des jurés d’assises a été adopté dès 1791, juste après la Révolution. A l’époque, seuls les citoyens masculins qui payaient suffisamment d’impôts pour obtenir le statut de grands électeurs pouvaient être sélectionnés [3].

 

Dans l’Athènes antique, la plus grande partie – 86 % – des postes de magistrats étaient tenus par des citoyens tirés au sort. Les femmes, les esclaves, les enfants, et les hommes de moins de 30 ans en étaient exclus. Par ailleurs, seuls les noms de ceux qui le souhaitaient étaient introduits dans l’urne de tirage au sort, rappelle le professeur de sciences politiques Bernard Manin. Ensuite, les sélectionnés « étaient soumis à la surveillance constante de l’Assemblée et des tribunaux ». « Pendant la durée de leur mandat, n’importe quel citoyen pouvait à tout moment déposer une accusation contre eux et demander leur suspension » [4]. Cette combinaison de deux critères, « du volontariat et de l’anticipation des risques encourus devait (…) entraîner une sélection spontanée des magistrats potentiels ». Le tirage au sort n’excluait donc pas toute forme de sélection sur la compétence.

 

En France, des conseils citoyens désignés par tirage

La désignation des gouvernants par tirage au sort a aussi été pratiquée au Moyen-Âge dans plusieurs cités italiennes et dans des villes d’Espagne [5]. Plus près de nous, le tirage au sort a été réintroduit en Europe et aux États-Unis dans les années 1970 via des jurys citoyens. Ils étaient choisis de manière aléatoire pour émettre un avis sur les politiques publiques, ou pour contribuer à gérer un budget participatif, comme très récemment en Allemagne ou en Espagne. Il est désormais utilisé en France pour désigner les membres des nouveaux « conseils citoyens », mis en place dans les quartiers prioritaires avec la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine de 2014.

 

Une partie des membres de ces nouveaux conseils citoyens sont choisis parmi les acteurs de la vie du quartier : associations, commerçants, médecins... Les autres participants sont tirés au sort, avec autant de femmes que d’hommes. À la charge des villes de définir les modalités de cette sélection aléatoire. « Les municipalités peuvent choisir de tirer au sort sur les listes électorales, ce qui pose le problème des étrangers extra-européens et des non-inscrits, qui sont éliminés d’office, explique Bénédicte Madelin, de la coordination citoyenne Pas sans nous, qui a accompagné la mise en place de ces conseils. Nous savons pourtant que la mal-inscription sur les listes électorales est un phénomène important dans les quartiers populaires. D’autres villes ont opté pour un tirage au sort à partir de listes croisées, en mélangeant listes électorales, celles des organismes HLM, des abonnés EDF ou à l’eau. »

 

Quand les tirés au sort s’auto-éliminent

Reste que les habitants sélectionnés ne savent pas forcément qu’un tel conseil citoyen existe, à quoi il sert, quel y serait leur rôle ou l’utilité de s’y rendre. « Certaines villes tirent au sort sur des listes de volontaires. Dans ce cas, les gens savent mieux de quoi il s’agit. Mais en tirant au sort seulement sur des listes de volontaires, le risque est de retrouver encore les militants associatifs. » Dans certaines municipalités, des élus ont fait du porte à porte pour informer sur la mise en place du conseil citoyen et les procédures de tirage. « Ce sont les endroits où la mobilisation a le mieux fonctionné, signale Bénédicte Madelin. Sinon, les gens ne viennent pas. À Marseille, sur 4 000 tirés au sort, seules 80 personnes ont répondu positivement. En général, sur les listes totalement aléatoires, 10% des gens répondent positivement. »

 

Il est aussi plus difficile de demander à des habitants choisis au hasard de s’impliquer dans des assemblées n’ayant qu’un rôle consultatif. « Normalement, les conseils citoyens ont la compétence de copiloter la politique de la ville et d’évaluer ce qui est fait dans le quartier, précise la responsable associative. Mais il n’y a pas de codécision. Majoritairement, les conseils citoyens sont encore cantonnés à des questions de convivialité. Pour nous, ils ont cependant entrouvert la porte à une nouvelle participation des habitants. Cela peut créer un mouvement. Certains tirés au sort sur listes aléatoires s’impliquent vraiment. » L’engagement serait aussi facilité si la participation était indemnisée. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. « Nous avons réfléchi à une indemnisation des membres, sur un système similaire aux journées de délégation syndicale par exemple. Aujourd’hui, si un membre de conseil citoyen doit faire garder ses enfants, il doit le payer de sa poche. »

 

En Islande, un Forum pour une nouvelle constitution

L’Islande – qui ne compte toutefois qu’un peu plus de 300 000 habitants – s’est aussi tournée vers le tirage au sort lors d’une grande réforme politique engagée après la crise de 2008. Dès l’année suivante, une assemblée citoyenne de 1 500 personnes, dont 1 200 tirées au sort, s’est mise en place à l’initiative d’associations pour travailler à une réforme de la constitution. L’expérience est renouvelée un an plus tard, avec le soutien de l’État : 950 personnes sont tirées au sort au sein d’un Forum national. Ensuite, les 25 citoyens qui ont réécrit la constitution ont, eux, été élus, mais en tant qu’individus, sans lien à aucun parti ou institution. Leur mission était de finaliser un texte dans le respect des travaux de l’assemblée préalablement tirée au sort.

 

Résultat : la nouvelle constitution a été approuvée par deux tiers des votants lors d’un référendum consultatif. « Mais elle n’a toujours pas été adoptée à ce jour », regrette Katrín Oddsdóttir, l’un des 25 membres élus du conseil chargé de réécrire la constitution islandaise. De tels processus démocratiques seraient-ils voués à l’échec, faute d’une volonté des partis politiques traditionnels de s’y conformer, même dans un pays à population restreinte ?

 

Des expérimentations au sein des partis

La méthode est pourtant utilisée au sein même de certains partis. En France, en 2010 pour les cantonales, puis en 2011 pour les législatives, la section messine d’Europe écologie - Les Verts choisit de tirer au sort ses candidats parmi ses listes de militants. La pratique a toutefois créé des tensions avec les instances nationales du parti et ne devrait pas être renouvelée cette année.

 

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise, a lui aussi misé sur le tirage au sort pour enrichir son programme. « Nous ne pouvions pas nous permettre d’organiser un processus arithmétique de représentation par l’intermédiaire de délégués. Ce n’était pas la vocation des gens qui s’étaient engagés dans le mouvement, rapporte Charlotte Girard, coordinatrice du programme. Nous ne voulions pas d’un système rigide, ni nous retrouver dans une captation des groupes d’appui locaux par une orientation politique. »

 

Une technique pour rebattre les cartes

La convention de la France insoumise s’est déroulée sur deux jours, en octobre dernier. Le tirage au sort s’est déroulé trois semaines avant, en deux étapes, pour faire face aux éventuels désistements. Finalement, 600 militants du mouvement ont été choisis au hasard, soit les deux tiers des membres de la convention, avec une obligation de parité. Le dernier tiers était constitué de représentants des luttes et des organisations membres.

 

Plus de jeunes, plus de diversité sociale, la pratique du tirage au sort aurait eu un effet radical sur la composition de la convention, assure Charlotte Girard. « Beaucoup de jeunes, à partir de 16 ans, étaient présents. Avec un système classique de délégués, nous ne les aurions pas vus. Nous nous sommes rendu compte que cela permettait à des gens d’être là, qui autrement ne se seraient jamais retrouvés au sein d’une convention de parti. Et les participants étaient très engagés. »

 

Le tirage au sort contre la délibération politique ?

La France insoumise compte maintenir la pratique du tirage au sort dans son fonctionnement. Le comité national censé étudier les candidatures aux élections législatives sera en partie composé selon cette technique. La France insoumise voit-elle dans le hasard un outil à utiliser à grande échelle ? « Nous ne sommes pas pour le tirage au sort tout le temps, répond Charlotte Girard. Les offres politiques construites sont aussi nécessaires. Mais pour l’assemblée constituante, nous avons imaginé un système de panachage, avec une partie des membres tiré au sort, et une partie élue. Tout en laissant aux électeurs la responsabilité d’un recours plus ou moins important au tirage au sort, en donnant leur voix soit à une orientation politique affirmée, soit à la catégorie des "tirés au sort". »

 

Mais le tirage au sort suscite aussi des critiques. Pour le philosophe Daniel Bensaïd, celui-ci ne peut remplacer l’élaboration d’un véritable projet politique [6] : « Le remplacement pur et simple de la représentation par le tirage au sort signifie non seulement l’abolition de l’État, mais de la politique en tant que délibération d’où peuvent surgir des propositions et des projets à accomplir » [7]. Pour lui, « la délégation et la représentation sont inévitables. C’est vrai dans une cité, c’est vrai dans une grève, c’est vrai dans un parti. Plutôt que de nier le problème, mieux vaut donc le prendre à bras-le-corps et chercher les modes de représentation garantissant le meilleur contrôle des mandants sur les mandataires et limitant la professionnalisation du pouvoir. »

 

S’attaquer aux causes de la non-représentation

Le dispositif du tirage au sort n’est d’ailleurs pas forcément apprécié par ceux qui auraient peut-être le plus à y gagner, telles les populations – femmes, personnes victimes du racisme, milieux populaires – sous-représentées dans les instances politiques élues. « Nous réfléchissons à la représentation des femmes dans les assemblées politiques. À ce titre, le tirage au sort peut être perçu comme un dispositif plus juste et moins discriminant que l’élection. Mais cela ne constitue pas une solution au problème culturel de fond qui fait qu’il y a si peu de femmes élues aux postes de pouvoir, estime Marie Allibert, porte-parole d’Osez le féminisme. Pourquoi le paysage politique est-il presque sans femmes ? Le tirage au sort ne s’attaque pas aux causes de la non-représentation des femmes. »

 

« Il existe de meilleures solutions que le tirage au sort pour une meilleure représentation de la population », estime pour sa part Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires. Il milite pour l’instauration de statistiques ethniques afin, notamment, de mieux mesurer les discriminations. « Mettre en place, par exemple, des règles de parité pour la population dans toute sa diversité, c’est à dire des quotas dans les listes et dans les postes politiques », propose-t-il. « Le vote obligatoire, avec une reconnaissance du vote blanc, serait aussi un autre outil. Quantités de gens qui ne votent pas iraient alors voter, et pour des gens qui les représentent mieux. Cela permettrait de faire évoluer le corps électoral. » Et par conséquent le corps des élus ? Le débat est ouvert.

 

Notes

[1Voir par exemple ici et sur Reflets.

[2Voir ici.

[3Voir Yves Sintomer, Petite histoire de l’expérimentation démocratique, La découverte, 2011, pages 104-110.

[4Bernard Manin, Principes du Gouvernement Représentatif, Calmann-Lévy, 1995, p 25.

[5Voir Yves Sintomer, Petite histoire de l’expérimentation démocratique, chapitre 2.

[6Membre historique et théoricien de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) puis du NPA, Daniel Bensaïd est décédé le 12 janvier 2010.

[7Citation tirée de l’ouvrage Démocratie, dans quel état ?, La Fabrique, 2009.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 14:05

 

 

ILS ONT COUPE LES ARBRES

     Ils vont  continuer !

             …empêchons les !

 

PROTESTATION :

  

  GRATIFERIA  

   (Marché   Gratuit)

 

    Samedi 18 février   

 

Chacun apporte ce dont il n’a plus besoin,

                                                 …et repart avec ce qui lui est nécessaire.

     Avec, soupe bio, boissons chaudes,   et animations pour les enfants.

 

 

    Place Saint Charles    

    (à côté de la poste Gambetta)

    de 14 à 19 h.

 

 ------------------------------------------------

      COUPE DES ARBRES  :          

La politique du béton

            …et des gros sous !

 

La Mairie de Nîmes n’arrête pas couper les magnifiques arbres

centenaires de nos places   publiques.

 

                    Aucune raison ne justifie ce choix.

 

Certes, nous dit-on : « Ils sont malades, il faut en replanter de nouveaux,  

car ces gros arbres sont un danger ».

Cet argument est fallacieux, car même malade, un arbre se soigne.

Mais surtout , pour qu’il ne soit pas malade

ou dangereux, il faut d’abord entretenir ce patrimoine vert, par des soins réguliers.

Non, le choix de la Mairie est politique : Comme dans beaucoup de villes,

on préfère le béton aux espaces verts,

car le béton rapporte beaucoup de profits, alors que la verdure engendre des dépenses.

Ainsi les milliardaires du Bâtiment et Travaux Publics (Bouygues et consorts amassent

de gigantesques sommes d’argent,

au dépend de la nature …avec la complicité  des hommes politiques locaux.

 

 

Site : www.nuitdeboutnimes.fr

 

Mail : nuitdeboutnimes@gmail.com

 

Facebook : Nuit   Debout – Nîmes

 

Instagram : nuitdeboutnimes

 

Tél : 06 11 41 34 40

 

 
 
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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 22:17

 

 

Source : http://www.neozone.org/ecologie-planete

 

 

Pour le prix d’un smartphone, cette éolienne alimente toute une maison en électricité

 

 

 

Cette innovation très prometteuse est annoncée comme une petite révolution dans le monde de l’éolien.

Abordable et surtout très efficace, elle pourrait démocratiser dans le monde entier cette source d’énergie durable et respectueuse de l’environnement.

Arun et Anoop George, deux jeunes frères indiens ont en effet développé une micro éolienne révolutionnaire.

Pas plus grande qu’un ventilateur de plafond et pas plus chère que le prix d’un smartphone, cette éolienne serait capable de produire à vie entre 3 et 5 Kwh par jour. Une puissance largement suffisante pour les besoins d’une petite maison.

eolienne-001

Les deux frères envisagent de commercialiser leur invention pour seulement 50.000 roupies indiennes, soit l’équivalent de 680€. Une somme ridicule quand on compare avec le prix de l’électricité en France (0.15€ par Kw/h en moyenne). Le calcul est rapide, il faudrait moins de 3 ans pour rentabiliser cette source d’énergie dans l’hexagone.

Notre but est de faire disparaître la pauvreté énergétique, réduire la dépendance des citoyens vis-à-vis d’un État qui manque de moyens et créer de l’énergie qui permette à chacun de s’autosuffire

eolienne-003

Cette invention est destinée à l’Inde dans un premier temps, pays précurseur dans l’énergie éolienne  derrière la chine, les États-Unis et l’Allemagne. Leur objectif à terme est de couvrir tous les pays du monde en écoulant plus d’1 milliard de leur micro éolienne.

eolienne-002

Et on peut dire qu’ils sont plutôt bien partis. En effet, leur startup a été invitée au Kazakhstan pour l’expo “Global start-up fest : New Energy” qui vise à définir la ville et la vie de demain.

« Avant Garde Innovations »  espère ainsi figurer dans la liste des 30 lauréats qui seront ensuite conviés à l’exposition universelle, qui aura lieu à Astana en 2017. Le thème sera ” Les Énergies durables, environnement. L’avenir de la planète”.

 

 

Source : http://www.neozone.org/ecologie-planete

 

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 15:53

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Petit manuel des bonnes pratiques écolos sur Internet

 

13 février 2017 / Diane Routex (Kaizen)

 

 

 

Derrière Internet se cache une industrie polluante qui représente entre 2 % et 10 % des émissions de gaz à effet de serre, soit plus que l’aviation. Certains usages permettent cependant de limiter ces émissions.

 

1. Faire le vide dans sa messagerie

Les centaines — voire milliers pour certain-es — de courriels dont regorgent nos messageries mobilisent l’énergie des serveurs en permanence, rien que pour être stockés. Le premier réflexe consiste donc à se retrousser les manches et à supprimer tous les messages superflus, surtout ceux avec de grosses pièces jointes. Imposez-vous une routine qui vous convient : par exemple, le 1er de chaque mois, sauvegardez sur votre disque dur les pièces jointes et les messages dont vous avez besoin, et supprimez les autres.

Les data centers sont de gigantesques lieux qui hébergent des milliers de serveurs par lesquels transitent toutes les données Internet : chaque envoi de courriel, chaque visionnage de vidéos, chaque requête tapée dans un moteur de recherche sollicite les serveurs. Du fait de leur activité constante, les data centers consomment énormément d’électricité. Ils demandent notamment à avoir une température maintenue à 20 °C en permanence.

 

2. Se désabonner des lettres d’information

Prenez le réflexe de vous désabonner des lettres d’information qui ne vous intéressent pas. Si vous vous sentez submergé, vous pouvez utiliser le service gratuit Unroll.me, qui repère en un instant toutes les lettres d’information auxquelles vous êtes abonné-e (elles sont souvent bien plus nombreuses qu’on ne le pense !) et vous permet de vous désabonner de tout ou partie en un clic.

 

3. Utiliser un service de messagerie durable

Comme Newmanity, qui respecte votre vie privée (vos données ne sont ni analysées ni collectées à des fins commerciales, contrairement à la plupart des messageries classiques) et l’environnement, en passant par des data centers alimentés en électricité produite avec des énergies renouvelables.

 

4. Limiter l’utilisation des champs CC et CCI

Avant de mettre toute l’équipe en copie, demandez-vous si cela est vraiment nécessaire et si certaines informations ne peuvent pas être données oralement, car chaque destinataire ajouté représente du CO2 supplémentaire émis.

 

5. Opter pour une signature sobre

Évitez d’utiliser une signature de courriel qui comporte une image ou une pièce jointe.

 

6. Privilégier un moteur de recherche responsable

Il existe plusieurs moteurs de recherche qui utilisent les revenus générés par la publicité pour rendre le monde plus vert. En choisissant par exemple d’installer l’extension du métamoteur Lilo sur votre navigateur, vous transformez chaque recherche en microdon destiné à des associations ou des entreprises solidaires. Quant à Écosia, il reverse 80 % de ses revenus à un programme de plantation d’arbres au Brésil.

 

7. Choisir la couleur noire

Pour réduire la consommation d’électricité de votre écran, vous pouvez utiliser une page de recherche noire comme Blackle...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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