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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 17:22

 

Source : http://www.bastamag.net/Artisans-artistes-createurs-et

 

Economie sociale

Artisans, artistes, créateurs et écologistes, réunis dans une « zone alternative » : la coopérative Scopa à Ajaccio

par Michel Bernard (Silence) 4 février 2015

 

 

 

 

 

Installée à Ajaccio, en Corse, la coopérative d’activités alternatives Scopa réunit des artistes, des artisans et des militants. On y découvre une association de réparation et de location de vélos, un artiste qui travaille le bois de récupération, un atelier de confection d’objets en carton, une costumière et confectionneuse de marionnettes, un groupement d’achat de produits bio... Un espace où l’on essaye de réinventer une autre vision du travail. Reportage auprès de ces passionnés, qui se sont lancés dans l’aventure, avec ses joies et ses difficultés.

Cet article a initialement été publié dans la revue Silence, partenaire de Basta !.

L’aventure de la coopérative d’activités alternatives d’Ajaccio a commencé par une rencontre. Celle de Simon Berner, le restaurateur de bateaux avec Alain Barrinet, le passionné de vélo.

Le long du port d’Ajaccio, deux grands axes de circulation encadrent la voie ferrée. Près de la gare, un bâtiment bien visible présente un aspect curieux. Devant se trouve un bateau d’une dizaine de mètres de long, aux couleurs bariolées. Simon Berner achève la restauration de cette embarcation. Simon, britannique, travaille depuis de nombreuses années dans le port. Il a repéré des bateaux à l’abandon et a négocié pour en récupérer deux. Le premier, coupé en deux, sert de scène de théâtre sur les flancs du bâtiment. Le deuxième, restauré, est destiné à un projet de promenades en mer pour des enfants corses qui n’ont jamais eu l’occasion de monter sur un bateau. Cette opération doit se concrétiser au printemps 2015.

 

Sur la photo : Simon Berner

 

Alain Barrinet est impliqué dans l’Altertour, une randonnée cycliste reliant des lieux alternatifs. Cet enseignant est passionné par le potentiel des vélos comme mode de déplacement. Avec un ami qui travaille à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), ils ont mis en place l’association Vélocita qui milite pour l’aménagement d’une première piste cyclable dans la commune.

En 2009, quand la ville lance un appel d’offres pour mettre en place un système de vélos en libre-service, l’association fait une contre-proposition : au lieu d’un dispositif qui profitera surtout aux touristes, elle propose de mettre en place un prêt de vélos aux Ajacciens. Cela coupe l’herbe sous le pied des publicitaires, qui négocient le plus souvent la gestion des vélos contre l’implantation de panneaux de propagande productiviste.

Vélocita a récupéré rapidement une trentaine de vélos qui ont été restaurés. Ils sont prêtés contre une adhésion annuelle de cinq euros puis une participation mensuelle de trois euros. Il n’y a ni vente ni location, seulement une "mise en selle". Il s’agit d’apprendre aux gens à apprécier le vélo, à l’entretenir, puis à trouver chacun le sien.

 

Un entrepôt qui fait le bonheur de beaucoup de gens

Vélocita a besoin de place pour stocker et entretenir les vélos. Simon Berner a besoin de place pour restaurer ses bateaux. La compagnie de chemin de fer met en location un bâtiment inutilisé à proximité de la gare [1]. En 2009, Alain, Simon et Esther s’associent pour en louer un quart [2]. Le loyer est assez modeste au vu du volume (800 euros par mois). Des travaux d’aménagement sont réalisés : pose d’un plancher pour créer un étage, escaliers, cloisonnement, étagères… 15 000 euros sont investis, surtout payés par les fondateurs.

 

En 2010, Alain, Simon et Esther décident de créer l’association Scopa pour animer le lieu. Scopa est un jeu de mot : c’est à la fois le nom d’un jeu de cartes, d’une plante et l’acronyme possible de Société coopérative de production associative, artisanale, artistique… Ses objectifs : « stimuler l’imagination et faire émerger les pratiques alternatives ; promouvoir des pratiques respectueuses de l’humain et de la nature ;
favoriser et organiser, dans un esprit de convivialité et de solidarité, l’entraide et l’échange ; expérimenter une organisation non hiérarchisée
». Très vite, l’espace disponible attire du monde.

 

Voici quelques-uns des habitués du lieu :

 

Operae : des projets artistiques pour penser le travail et ses mutations

L’association Operae est la première à rejoindre Scopa. Elle a pour objet d’aider le monde du travail à penser le travail et les mutations qui le transforment. Pour cela, l’association conçoit et développe des projets artistiques et d’études qui donnent la parole aux personnes concernées. Elle fait le lien entre l’entreprise et un intervenant artistique (metteur en scène, écrivain, cinéaste, photographe...). Le processus de création artistique, conjointement mûri entre les travailleurs et l’artiste, permet de décaler le regard et de s’interroger sur les représentations du travail. L’association travaille notamment avec Pôle emploi.

Dans le cadre de Scopa, elle a mis en scène Quand dois-je partir ?, une pièce de théâtre qui se déroulait dans le bâtiment, avec une trentaine d’acteurs amateurs membres de l’association Scopa et le public qui se déplaçait de pièces en pièces. Cela reste un moment fort pour le lieu car cette initiative a lancé l’une des rares démarches collectives impliquant l’ensemble des utilisateurs du lieu.

 

Art primitif

Jean-Claude Joulian dispose d’une pièce pour y mener ses recherches artistiques. Il est arrivé en 2011. Il travaille essentiellement à partir de bois de récupération (bois de chantier, bois flotté…) qu’il décore à la manière des aborigènes et des peuples premiers. Au moment de notre passage, il finissait la mise au point d’un petit théâtre portatif inspiré d’un kamishibaï, modèle utilisé par les moines japonais. Réalisé en noyer récupéré, il est destiné à être utilisé par sa compagne, qui travaille avec des enfants handicapés. Après avoir ouvert le kamishibaï, on raconte une histoire en faisant passer derrière le décor des feuilles dessinées.

 

Lolikraton

Depuis 2011, Laurence de Lolikraton a installé son atelier de confection de meubles et objets en carton à Scopa. Ancienne disquaire, elle s’est reconvertie dans cette activité après avoir été formée par Eric Guiomar, de la compagnie Bleuzen. Elle réalise des meubles à la demande et anime des stages de formation pour ceux qui veulent se lancer à leur tour dans cette activité. Pour compléter ses revenus, elle développe par ailleurs une activité de maroquinerie.

 

 

Fanfreluche et tout le tralala

Cécile Eliche, costumière et confectionneuse de marionnettes, est arrivée dès le début du projet. Elle a un statut d’intermittente du spectacle et ne manque pas de travail : elle est l’une des seules à exercer ce métier sur l’île, et travaille donc avec la plupart des compagnies de spectacle. Elle figure parmi ceux qui ont tout fait pour dynamiser une démarche collective au sein de Scopa. Pour cela, elle a mis en place des ateliers de couture nommés C’est moi qui l’ai fait, où ses outils sont mis à la disposition de ceux et celles qui veulent apprendre à confectionner leurs vêtements. Pour participer à cette activité, il fallait adhérer à Scopa (deux euros par an), ce qui a beaucoup aidé à élargir le nombre de personnes qui fréquentaient le lieu. Cécile vient de décider d’arrêter ces ateliers car elle se sent trop seule et regrette le manque d’échanges entre activités.

 

Artisans d’art et festival de documentaires

Saveria Geronimi a créé son activité Germe créateur bijoux en 2006 à Londres. Elle travaille surtout le métal et plus particulièrement l’argent. Elle est revenue dans son île natale et s’est installée dans les locaux collectifs de Scopa. Stéphanie Leger crée des objets de décoration originaux : lampes, encadrement de miroirs, étagères,... Elle propose, sous le nom de Lastena, des créations réalisées avec un mélange de bois flotté et de palettes. Emmanuelle Thomas créé des sacs, accessoires,... avec du cuir, de la voile et des matériaux de nautisme sous la marque Latitude 42. Barbara Cardone donne sur place des cours de musique et de chant. Outre cette activité professionnelle, elle anime bénévolement une chorale.

 

Sur la photo : Saveria Geronimi

 

Enfin, la Scopa regroupe également un festival international annuel du film documentaire, Corsica Doc. Chaque année, en novembre, une quarantaine de films sont présentés, accompagnés de plusieurs prix, d’expositions photographiques…

 

Faire vivre un groupement d’achat

Mais la Scopa n’est pas simplement une coopérative d’activités alternatives. Une vingtaine de personnes se retrouvent dans un groupement d’achat mis en place au niveau du bâtiment. Court-Circuit entend lutter contre la main-mise des supermarchés et organise deux activités : le regroupement de commandes de produits bios secs (farines, légumineuses, céréales…) directement à un grossiste, et le dépôt sur place de produits locaux (œufs, miel, fromages, charcuterie…) : chaque producteur gère son stock et sa caisse, les personnes qui se servent indiquant sur un cahier ce qu’elles ont pris. Plutôt que de grossir, le but est de favoriser l’émergence d’autres groupes du même genre à Ajaccio, quitte à se regrouper pour certaines commandes. A chaque commande, les personnes extérieures au groupe sont invitées à une réunion d’information puis participent à une commande pour y prendre goût. Un deuxième groupe a ainsi vu le jour, et un troisième est en cours de constitution.

 

Sur la photo : Alain Barinet

 

Les repas communs et des réunions mensuelles sont les seules activités régulières communes à l’ensemble des utilisateurs des lieux. Si Simon Berner ne semble pas préoccupé par cette juxtaposition d’activités, Alain Barinet a plus de regrets. Il note que le désir de départ de fonder une "zone alternative" n’est pas repris par l’ensemble des personnes présentes aujourd’hui. Lors de l’assemblée générale, une minorité a dû céder sur la question des subventions : seuls trois sur cinquante — deux ayant une activité non rémunérée, le troisième simple adhérent — voulaient rester autonomes vis-à-vis des institutions publiques.

Alain Barinet note d’autres limites, comme le non respect de la décision au consensus, décidé dans les statuts afin d’éviter les tensions, mais abandonnés dans la pratique. Le meilleur lieu de résolution des conflits est finalement le repas commun hebdomadaire, auquel participent régulièrement quelques personnes. Autre point négatif : l’engagement des membres de la coopérative. Le concept d’autogestion n’est porté que par quelques-uns, et ce sont souvent les mêmes qui s’investissent dans l’animation du lieu. Pour le moment, cela n’a pas eu de conséquences fâcheuses, mais il y a des inquiétudes. Maintenant que ce navire alternatif a été mis à l’eau et qu’il avance à son rythme, il s’agit de se prémunir contre de possibles tempêtes.

Michel Bernard (Silence)

Cet article a été publié dans le numéro de janvier de la revue Silence, média partenaire de Basta !. Vous retrouverez son sommaire sur cette page.

 

Sur la photo de Une : Cécile Eliche

Notes

[1] Ce grand hangar dit "de la petite vitesse" devait servir à l’entretien du matériel ferroviaire, mais n’est jamais entré en fonction du fait du ralentissement de l’usage du train sur l’île.

[2] Le reste du bâtiment est actuellement occupé par une école de cirque, un mur d’escalade Corsica-Roc et par la compagnie Points de suspension, créatrice de spectacles et animatrice dans le milieu scolaire. L’ensemble est géré par l’association de la Petite vitesse, seul interlocuteur pour le bailleur, qui mutualise les abonnements à l’eau, à l’électricité et à un service de reprographie. Elle organise deux réunions par an pour traiter les grandes orientations collectives.

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : http://www.bastamag.net/Artisans-artistes-createurs-et

 

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 17:28

 

 

Source : http://www.reporterre.net/Mais-si-on-peut-vivre-sans-Google

 

Alternatives

Mais si, on peut vivre sans Google !

Baptiste Giraud (Reporterre)

mardi 17 février 2015

 

 

 

L’initiative « Dégooglisons internet », lancée par Framasoft, promeut des applications web alternatives à celles des grosses entreprises que sont Google, Microsoft et consorts. Elle se développe grâce au travail de bénévoles et passionnés de la communauté du logiciel libre.

« Nous sommes en 2014 après Jésus-Christ, toute la toile est occupée par des services centralisés… Toute ? Non ! Une communauté peuplée d’irréductibles libristes résiste encore et toujours à l’envahisseur. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons des camps retranchés de Fermetum, Centralisum, Espionnum et Privatum... » On connaît l’air du refrain, mais qui sont dons ces libristes ? Et qui sont leurs ennemis ?

Le logiciel libre « désigne des logiciels qui respectent la liberté des utilisateurs. En gros, cela veut dire que les utilisateurs ont la liberté d’exécuter, copier, distribuer, étudier, modifier et améliorer ces logiciels » (selon GNU.org). Quant à Framasoft, c’est un réseau francophone dédié à la promotion et à la diffusion du logiciel libre, qui a lancé le projet Dégooglisons internet.

 

 


- Le manchot de Framasoft est inspiré de Tux, la mascotte de Linux -

 

« Se dégoogliser »

« C’est un nom de code, on en joue : nous, petite association francophone, on va s’attaquer à ce géant. Il est très puissant mais fragile : si tout le monde se déconnecte, ça tombe », explique Alexis Kauffmann, fondateur de l’association. Car Google, tout comme ses frères Facebook, Microsoft, etc., représente l’exact opposé de l’idéal libriste. Explications.

D’abord, les applications proposées par ces mastodontes du web sont propriétaires et fermées : « On ne connaît pas les logiciels. Et on signe des contrats dans lesquels certaines clauses disent que le contrat lui-même peut être changé sans prévenir », nous dit Alexis Kauffmann. Il est impossible d’avoir accès à l’intérieur des logiciels, à leur fonctionnement. C’est comme adopter un outil en n’en connaissant que l’apparence extérieur et sans savoir ce qu’il peut devenir.

Google est ensuite l’exemple typique du processus de centralisation d’internet. « Aujourd’hui, on ne navigue plus que sur quelques serveurs. Ça pose un vrai problème, on confie nos vies privées à des multinationales dont nous sommes complètement dépendants. »

Google est à la fois un moteur de recherche, un service de vidéo et de logiciels en ligne, une boîte mail, un système de lunette hi-tech et bientôt de voitures… Au contraire, pour Alexis Kauffmann, « la beauté d’internet ce sont les liens qui mènent d’un serveur à un autre ». Surtout, la centralisation rend possible les pires dérives en termes de liberté.

 


- Dessin FramaSoft de LL de Mars -

 

La vie privée est un autre point problématique. « Si une donnée seule, prise indépendamment, n’est pas forcément sensible, un ensemble de données peut le devenir (par exemple si vous avez fait des recherches sur le cancer avant de souscrire à une assurance-vie) », explique le site de cette initiative déjà cité. Or les grosses entreprises du web enregistrent nos données et les utilisent pour gagner de l’argent, à travers la publicité. « Il y a là quelque chose qui nous échappe », selon Alexis Kauffmann. Nous sommes dépossédés de ce qui fait notre singularité d’individus.

Enfin ces services centralisés qui enregistrent nos données sont un outil rêvé pour l’espionnage. « Les états sont capables aujourd’hui d’obtenir bien plus d’informations qu’un ’Big Brother’ ne l’aurait jamais rêvé », explique le site.

 

Décentralisation, solidarité, éthique et liberté

Face à ces quatre dangers, Framasoft déploie ses alternatives : la décentralisation, la solidarité, l’éthique et la liberté. À partir de ces valeurs, Framasoft veut proposer des logiciels libres remplaçant les applications propriétaires : à la place de Doodle, il existe Framadate, au lieu de GoogleDoc, Framapad, au lieu de Facebook, Framasphère, etc. (liste complète ici).

« On utilise souvent des logiciels existants. On repère les applications libres, on retouche les interfaces, et on les installe sur nos serveurs. Parfois on participe à améliorer les logiciels existants, parfois on les traduit juste », explique Alexis Kauffmann.

Dans tous les cas, les applications sont gratuites et sans publicité, assurent la plus grande interopérabilité (fait de pouvoir utiliser des données à partir de plusieurs applications) possible, leur code source est disponible, on peut participer à leur amélioration, et nos données restent sous notre contrôle.

 


- Capture d’écran de FramaDate -

 

Sortir des géants du web pour sortir de l’individualisme et des logiques financières

« On veut mettre en avant toutes ces solutions. Parce que ce qui est intéressant c’est que c’est possible de se dégoogliser, ça marche ! Souvent les gens disent : ’Vous imaginez si je me désinscris de Facebook demain, socialement c’est un véritable problème’. Effectivement, mais il faut déjà en prendre conscience. On veut d’abord faire réfléchir à l’état actuel d’internet et notre société, puis concrètement montrer qu’on peut se libérer de ces géants. Par exemple, il y a déjà 12 000 inscrits sur Framasphère, ce qui témoigne d’un réel intérêt », nous raconte Alexis.

« Ce qui nous unit, c’est la licence libre : les gens ont l’impression de participer à un truc ». L’esprit du logiciel libre est très lié à la licence libre qui permet aux auteurs de logiciels ou autres œuvres de concéder leurs droits d’auteur, en permettant l’usage, la modification ou la diffusion de leurs productions. Il ne s’agit donc plus pour chacun de faire son projet dans son coin, en faisant bien attention à ce que ses bonnes idées ne fuitent pas, mais au contraire de partager et de faire avancer des projets communs.

Pour fonctionner, ce beau projet mise à la fois sur du travail bénévole des membres de la communauté du libre...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net/Mais-si-on-peut-vivre-sans-Google

 

 

 

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 22:03

Source : https://www.youtube.com/watch?v=3yFocQYcpNg

TUTO, fabriquer un bac à jardiner en bois de palette (incroyables comestibles)

 

Ajoutée le 22 sept. 2013

Tutoriel à l'attention des petits bricoleurs qui veulent fabriquer leur bac à jardiner eux même à l'aide de deux palettes.
Voici le lien du Blog : http://pulso-concept.over-blog.com/

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=3yFocQYcpNg

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 17:46

 

Info reçue par mail

 

 

Citoyens en Transition : Lettre d’information du 15 février

 

 

Depuis la dernière lettre, les reporters de Citoyens en Transition ont été inspirés ! Nous vous proposons une sélection des articles qui ont fait l’actualité du site de ces deux mois.

léa-et-guillaumeLéa et Guillaume viennent de rejoindre la petite équipe des voyageurs. Pendant un an ils vont voyager à pied à la rencontre des alternatives. Lors de leur escale à la désormais connue Ferme des Bouillons, les habitants se sont entretenus avec eux et ont écrit un article parfait pour les présenter !

Le coup de foudre semble avoir été réciproque puisqu’ils ont à leur tour écrit sur la ferme. Ils ont ensuite continué leur chemin pour se rendre dans une SCOP de boulanger, les COpains. Leur témoignage est à lire ici.

SideWays camion fourgon van aménagéHélène et Benoit, c’est à bord d’un camion bleu qu’ils sont partis et ça fait déjà plus d’un an. On leur doit des reportages vidéo qui ont peuplé les grands sites d’actualité engagés comme BastaMag!. Un an dans un camion aménagé, c’est une aventure en soi. Hélène la raconte ici. Nombreuses sont les personnes qui ont eu des envies de camions après avoir lu ses mots !

Depuis, ils ont déjà tourné un nouveau mini-documentaire vidéo. Ils nous emmènent cette fois dans les coulisses d’une épicerie participative, à voir sur cette page.

Mettons maintenant les voiles pour voguer vers ceux qui ont passé les frontières françaises ou, comme Happy Realities, qui s’apprêtent à le faire. Tiens, à propos de bateau !  Savez vous qu’un autre équipage de nomades se lance dans une aventure à voiles avec le rêve de créer une communauté alternative marine ? Leur vidéo et appel aux financements par la même occasion est ici.

4ème épisode - La terre - AAu Brésil, Oriane et Marcio racontent en vidéo leurs préoccupations liées à l’accès à la terre. Ils construisent aussi ingénieusement sur le terrain qu’ils occupent et depuis leur cuisine de fortune, partagent leurs savoir pour concocter des merveilles.

SarayaPour finir ce tour du monde, Chloé et Olivier partagent leur expérience à Saraya. En sanskrit, « Saraya » signifie « le repos des voyageurs »… mais aussi «suivre le courant ». C’est aussi le nom de l’éco-lodge d’argile et de bambous qui vient d’ouvrir dans le sud de l’Inde.

allauchRetour en France où la grosse machine de la croissance continue de faire pousser des “ZAD partout”. La dernière en date a été ouverte le 14 février      2015 à Allauch, dans les Bouches-du-Rhône, contre un projet de rocade (quelques photos ici). La ZAD d’Agen continue elle de s’installer en proposant des chantiers collectifs et construisant des habitations en palettes et autres matériaux insolites. A Sivens, le dialogue s’installe doucement et un reportage de 45 minutes nous offre une vision de l’intérieure en toute franchise.

Et pour conclure, comme diraient les bénéloves de “Générations Futur” : “Mieux que gratuit, un livre offert !”

Le livre d’Emmanuel Daniel qui publie régulièrement sur le site et sur Reporterre a écrit le livre : “Le tour de France des alternatives” sorti en librairies le 9 octobre. Avant de signer le contrat avec l’éditeur, Emmanuel avait demandé à ce que le livre soit accessible gratuitement sur Internet. Avec un peu de retard, le voila (clique droit, enregistrer sous) ! À noter que le livre est toujours disponible en librairies pour 10 euros.

A la prochaine !

La rédaction

 

 

 

 

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 18:23

 

Source : reporterre.net

 

 

A Saint Denis, l’AMAP est anarchiste et ça marche très bien

Emmanuel Daniel (Reporterre)

vendredi 13 février 2015

 

 

 

Pas de déclaration en préfecture, pas de compte à rendre à la mairie, pas de président. L’amap de Saint-Denis est anarchiste. Malgré (ou grâce à ?) cette absence de responsables, elle a grandi jusqu’à devenir l’une des plus grosses de France et proposer des dizaines d’activités en plus des légumes.


- Saint-Denis (93), reportage

« Attention ! Si tu connais les Amap classiques, tu peux oublier », me lance Emmanuel, avec un air provocateur. Autour de moi, des caisses remplies de légumes et des gens qui s’affairent joyeusement. A première vue, rien ne distingue Court Circuit des centaines d’Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) qui existent en France.

Comme les autres, elle permet à des consommateurs d’accéder à des paniers de légumes de saison tout en payant à l’avance leur consommation auprès d’un producteur.

Sauf que cette Amap installée au cœur d’un quartier populaire de Saint-Denis (93) n’en est pas vraiment une. Elle n’est pas constituée en association et n’a pas de statuts déposés en préfecture. Et pour cause, elle est anarchiste ! A Court-circuit, pas de chefs, de président, de trésorier ou de secrétaire. Les initiateurs du projet ont fait le choix de ne pas constituer de bureau afin d’éviter toute hiérarchie.

« Généralement, les gens créent des Amap pour les légumes, lance Jean-Claude, un des initiateurs. Nous, on l’a fait pour créer une dynamique, du lien et expérimenter l’autogestion... Et au final on a des légumes ! Ce qui nous intéresse c’est comment les gens vont s’organiser sans espace de pouvoir », explique cet infatigable militant libertaire d’une soixantaine d’années camouflé dans un accoutrement de dandy.

Pas d’autogestion sans responsabilisation

« Tout le monde se prend en main, dit Sylvie, arrivée il y a six mois, tout en déplaçant des caisses de légumes. Dans l’Amap où j’étais avant, quelques personnes géraient pour les autres et nous on était juste des consommateurs classiques ».

Ici, pas question ! Lors de chacune des trois distributions hebdomadaires, cinq personnes s’engagent à être présentes pour décharger les légumes et préparer les paniers. Là non plus, pas de responsable des distributions. Chacun s’inscrit sur un cahier d’écolier posé sur une table et une personne se charge de récupérer la clé du local.

Ce jeudi, Serge, Sylvie et trois de leurs compères s’y collent. Pendant 45 minutes, les caisses de choux, endives, carottes, navets et pommes passent de mains en mains pour que les cent paniers soient prêts à 19h, heure de début de la distribution.

Dans toutes les Amap, chaque membre est censé donner un peu de son temps. Mais dans les faits, peu s’impliquent réellement et le gros du travail repose sur les initiateurs. Ici, une parade a été trouvée : l’autogestion en actes.

« Les gens savent que s’ils ne s’impliquent pas, il n’y aura pas de bureau pour le faire à leur place », me dit une working woman aux traits tirés qui en deux ans s’est rodée à ce type de fonctionnement. « Si plus personne ne prend en charge les contrats et et les distributions, eh bien ça s’arrêtera et c’est pas grave. C’est plus intelligent que les Amap qui perdurent jusqu’à ce que les quatre ou cinq personnes qui tiennent le truc à bout de bras pètent les plombs », pense Emmanuel.

Assis autour de la table, une bière dans une main et un contrat en cours de remplissage dans l’autre, Jean-Pierre se marre : « Beaucoup de gens, quand ils sont arrivés la première fois, ne comprenaient pas. Ils demandaient le responsable et ils se sont rendus compte qu’il n’y en avait pas ».

Néanmoins, pour les néophytes, pas facile d’apprendre à se prendre en main quand on a été toute sa vie un consommateur passif. Il est parfois nécessaire de rappeler qu’il n’y a pas d’autogestion sans responsabilisation.

Anarchie ne veut pas dire chaos

Pour les contrats passés avec les producteurs par exemple, il faut un référent qui tourne tous les six mois. Quand il manque des volontaires, Jean-Claude envoie un mail pour prévenir que si personne ne s’en charge, il n’y aura plus de légumes, de pain ou de poulets. « Et là, en à peine une semaine, neuf personnes répondent », s’amuse-t-il.

« Certains viennent pour chercher leur panier et repartent aussitôt comme s’ils allaient au supermarché », regrette une quarantenaire dynamique. « Il y en a qui font quand même beaucoup plus que d’autres. Une fois je me suis retrouvée seule inscrite pour la distribution, heureusement, des gens sont quand même venus m’aider », raconte Céline.

Pour Stan, un des deux maraîchers fournissant Court-Circuit, malgré l’absence de chefs et de bureau, « ils sont plus organisés que dans les autres Amap ou les gens viennent en tant que clients et non consomm’acteurs ». De quoi tordre le cou aux idées reçues. « Plus personne ici ne pense qu’anarchie est synonyme de chaos », s’amuse Jean-Claude.

Néanmoins, quelques couacs sont à déplorer : une femme s’énerve parce que quelqu’un dont elle n’a pas le nom est parti avec les contrats alors qu’elle en avait besoin. « Comment je fais pour la retrouver moi ? » « Eh bien tu envoies un mail sur la liste de discussion », lui répond calmement Djemiou, la soixantaine, avec sa voix douce qui apaise facilement les tensions.

Créée en 2010, l’Amap a commencé avec 70 paniers. Aujourd’hui, ils sont 250 familles à commander légumes, pains, œufs et poulet directement à des producteurs locaux. Jean-Claude assure que s’il n’y avait pas pénurie de locaux, ils seraient déjà 400 aujourd’hui.

Certains membres se vantent d’être la plus grande Amap de France, chose que je n’ai pas pu vérifier. Pour autant, les initiateurs ne sont pas surchargés de travail. « Je croise des gens qui en ont marre des responsabilités dans leurs assos. Je leur dis que moi ça va, je fous rien, enfin, pas plus que les autres quoi ! », rigole Jean-Claude. S’il reconnaît assumer un rôle informel de coordination, il ne se sent pas indispensable. D’ailleurs il compte « lâcher l’Amap » prochainement pour se consacrer à un autre projet.

Faire passer les idées par la pratique

Chaque nouvel arrivant se voit exposer le fonctionnement autogéré de l’Amap. Sur les murs, quelques tracts et affiches viennent rappeler l’engagement anarchiste des fondateurs. Mais le travail de diffusion de la pensée libertaire s’arrête là. « L’Amap est un moyen de faire passer des idées non par les discours mais par la pratique, explique Jean-Pierre, présent depuis le départ. On propose un truc qui fonctionne et on espère que ça fasse son chemin dans la tête des gens ». Néanmoins, une bibliothèque à coloration majoritairement libertaire, la Liberthèque, est à disposition de ceux qui souhaiteraient parfaire leur connaissance de ce courant politique.

Mais les membres sont loin d’être tous des anarchistes convaincus ! La plupart viennent pour les légumes de qualité, soutenir un producteur et créer du lien. Même si l’Amap a permis de gonfler les rangs du collectif libertaire de Saint-Denis, ce n’était pas son but initial. Dans mes discussions avec les Amapiens, le mot anarchie n’est presque pas évoqué. Ils préfèrent parler d’autogestion, « d’organisation qui marche bien », de « système sans chef ».

Il n’empêche que leur vision a évolué...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : reporterre.net

 

 

 

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 17:58

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Terra Eco 13/02/2015 à 11h54

Une idée pour éviter les accidents : planter des arbres le long des routes

Terra eco"

Amélie Mougey, journaliste

 

 

 


Les arbres le long d’une route vers le village de Grez-sur-Loing, en Seine-et-Marne (@lain G,/Flickr/CC)

 

Réduire la vitesse autorisée, baisser l’alcoolémie tolérée et pourquoi pas… planter des arbres. L’allée de platanes longtemps jugée coupable d’encastrements pourrait désormais rimer avec sécurité. Depuis une quinzaine d’années, des ingénieurs français planchent, au sein du Centre d’étude et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), sur l’utilisation du paysage pour modifier le comportement de l’automobiliste.

Au Royaume-Uni, le comté de Norfolk a mis cette idée en pratique avec succès dès 2010. Mais la mesure, vertueuse sur le plan de la biodiversité et de la préservation du patrimoine culturel que sont nos allées centenaires, n’a pas trouvé sa place dans le nouveau plan de sécurité routière annoncé par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, le 26 janvier. Pire, de nouveaux abattages pourraient être programmés. Dominique Guy, chargée d’études en paysage et aménagement au Cerema, voit dans cette approche une « solution de facilité ». Voici trois raisons de ne pas y céder.

 

1 L’arbre montre la voie

 

Disposés en file indienne, merisiers, bouleaux et platanes permettent de visualiser à distance la route qui serpente. Idéal pour anticiper. Ainsi, lorsqu’une petite départementale débouche sur une grande nationale, les arbres qui bordent la plus petite voie « permettent à l’automobiliste qui roule sur la voie principale d’identifier l’intersection », explique Matthieu Holland, au Cerema.

Dans le même temps, « ils réduisent la visibilité de l’automobiliste qui arrive par la voie secondaire, ce qui l’incite à aborder le croisement plus prudemment », poursuit le responsable de la division de la sécurité et de la conception.

En indiquant implicitement une intersection, une différence de dénivelé, une entrée d’agglomération, les arbres jouent donc un rôle crucial pour rendre le parcours lisible à l’automobiliste.

Ce faisant, ils améliorent sa sécurité. De fait, trois défaillances de conducteur sur quatre sont dues à « un mauvais prélèvement et traitement d’informations », indique le rapport « Paysage et lisibilité de la route » [PDF], publié en 2006 par le Service d’études techniques des routes et autoroutes (Sétra), aujourd’hui absorbé par le Cerema.

Dans ce même document, les chercheurs soulignent que « le paysage, souvent modifié pour des besoins de sécurité routière, peut aussi être créé, composé, conservé pour les besoins de la sécurité routière ».

 

 

2 L’arbre maintient l’attention

 

Rien de tel qu’un paysage monotone pour se laisser happer par ses pensées et faire une embardée. Pour maintenir la vigilance de l’automobiliste, le rapport du Sétra préconise donc d’alterner, tout au long du parcours, les zones où le conducteur ressent une impression de contrainte et celles où il ressent une impression de confort.

« Quand un automobiliste roule dans un milieu trop ouvert, il perd ses repères par rapport à la vitesse », détaille Matthieu Holland. On parle alors de séquences :

« Après une séquence où le paysage est très ouvert, une séquence avec un alignement d’arbres constitue un moyen efficace de lui faire reprendre une attitude plus attentive. »

A minima, la présence d’arbres empêche donc les accélérations inconscientes.

 

 

3 L’arbre incite à lever le pied

 

« Quand il roule au milieu des arbres en fleur, l’automobiliste ralentit », soutient Chantal Pradines [PDF], experte auprès du Conseil de l’Europe sur les questions de paysage.

Ce comportement d’esthète a été mis en lumière par plusieurs études. Dès 2002, des chercheurs suédois s’interrogent : « Les beaux environnements routiers sont-ils plus sûrs que les laids ? »

Au cours de leurs travaux, ils s’aperçoivent que les automobilistes roulent à une vitesse 5% inférieure quand ils sont en présence d’arbres. Ils concluent donc que le caractère esthétique de la route a un effet sur la conduite. Plus tard, des études sur simulateurs ou en situation, réalisées par des équipes américaines confirment cette conclusion [PDF].

Plus efficace encore, en jouant sur l’implantation des arbres, en peut accentuer leur effet sur la conduite. L’expérience a été menée dans le comté de Norfolk, dans l’ouest de l’Angleterre. Les autorités ont décidé de planter des allées d’arbres en réduisant progressivement leur espacement. Résultat : à vitesse constante, l’automobiliste a la sensation d’accélérer. Autre stratégie : planter les arbres en entonnoir à l’entrée du village.

En clair, plus on se rapproche, plus l’arbre est planté près de la route. Cette tactique donne l’impression d’un rétrécissement de la chaussée qui pousse le conducteur à adapter sa conduite. Dans le comté de Norfolk, les autorités se félicitent d’une « méthode bon marché » qui leur a permis de réduire de 20% la mortalité.

 

Impliqué dans 10,6% des accidents mortels

Depuis l’avènement de l’automobile, les arbres d’alignement font les frais du risque d’accident. Au cours du siècle passé, certaines régions en ont perdu jusqu’à 90%. Chantal Pradines parle d’une « hécatombe » et d’un « patrimoine en péril ».

Le mouvement s’est accéléré dans les années 90. « Rien que dans le Gers, entre 2 000 et 3 000 arbres ont alors été abattus », déplore Chantal Fauché, présidente de l’association Arbres et route.

A l’époque, ces abattages massifs répondent à la volonté de créer une « route qui pardonne ». En clair, puisque l’erreur humaine ne peut être totalement supprimée, les conséquences d’une sortie de route doivent être limitées via l’aménagement des bas-côtés. Or, « les arbres sont impliqués dans 10,6% des accidents mortels, on ne peut pas en faire abstraction », estime Matthieu Holland, qui préconise le « traitement » – suppression ou glissière de protection – des obstacles situés à moins de 4 m de la chaussée.

Cette approche, également préconisée par le président du Conseil national de la sécurité routière, déplaît profondément à Chantal Pradines : « Pourquoi, dans ce cas, ne pas détruire les maisons en bord de route, interdire les vélos et les piétons ? » demande l’ingénieure.

 

Abattre un arbre, une mesure « médiatisable »

Reste que le choc d’une voiture contre un arbre est violent. Trois fois plus qu’une collision avec un autre véhicule. Une bonne raison de faire passer la sécurité au-dessus des considérations de patrimoine et de biodiversité ?

Dans l’absolu, Chantal Pradines ne s’y oppose pas.

« Mais si chacun plaçait la sécurité au-dessus de tout, personne ne prendrait plus sa voiture, les transports en commun étant beaucoup plus sûrs. »

A la notion de « route qui protège », Chantal Fauché préfère celle de « route qui apaise », une logique de responsabilisation de l’automobiliste renforcée depuis 2006. Si l’approche est en train d’évoluer, les arbres d’alignement ne sont pas saufs pour autant. « Les audits de sécurité » mentionnés dans les mesures annoncées par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, peuvent déboucher sur des suppressions d’obstacles. « En cas d’accident, abattre un arbre, c’est une mesure visible, médiatisable, qui, en prime, évite les frais liés à leur entretien », lâche Chantal Fauché.

 

 

Publié initialement sur
Terra eco

 

 

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

 

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 19:13

 

 

Source : www.bastamag.net


 

Débattre Alternatives écologiques

Climat : « Notre pouvoir d’agir est plus important qu’on ne l’imagine »

par Maxime Combes 12 février 2015

 

 

 

 

Alors que le monde file vers une augmentation de la température de 4 à 5°C d’ici la fin du siècle, des négociations sur le changement climatique ont repris depuis le 8 février à Genève. Ces discussions, sous l’égide de l’Onu, sont destinées à préparer la conférence internationale de Paris fin 2015. Mais les blocages diplomatiques persistent. De nombreuses multinationales s’opposent, au nom de leurs chiffres d’affaires, à toute mesure contraignante. Alors que faire ? « C’est par l’intermédiaire des milliers d’innovations sociales et écologiques mises en œuvre dans nos quartiers et nos territoires, pour vivre mieux, que nous construisons le monde demain », réagit Maxime Combes de l’association Attac France.

Les négociations de l’Onu sur le changement climatique ont repris cette semaine à Genève. Objectif : nettoyer le texte de 38 pages élaboré en décembre dernier à Lima qui regroupe les différentes options soumises par les États dans la perspective d’un accord à Paris en décembre 2015 (lire l’analyse du texte de Lima). Au milieu de la semaine, le texte avait déjà doublé de volume. Sans grand espoir que les points durs qui n’ont pas été levés ces dernières années ne le soient, comme par miracle, en Suisse. En parallèle, collectivités publiques, médias de communication, multinationales, scientifiques, artistes et show-biz, ONG et militants, chacun à leur manière, se préparent pour ce qui est annoncé par François Hollande comme une conférence « historique ».

En 2009 déjà, Copenhague devait être « historique ». Intervenant juste après l’élection d’Obama et les engagements du G8 de l’Aquila, Copenhague est alors présenté comme « le sommet de la dernière chance », celui qui devait « sauver le climat ». Le retour de bâton a été terrible : Copenhague a substitué la sidération à l’espérance et la résignation à la mobilisation (nos articles). S’en souvenir devrait conduire à plus de modestie et de lucidité quant à la préparation de la conférence de Paris.

Pas d’accord contraignant en perspective

Faire preuve de lucidité nécessite de dire qu’il n’y aura pas d’accord contraignant, juste et à la hauteur des enjeux – rester en deçà des 2°C – à Paris. Si accord il y a, il ne sera pas contraignant. Les États-Unis, pas plus que la Chine, n’en veulent. Si accord il y a, tout le monde en convient, y compris l’équipe de négociation française, il ne satisfera pas aux objectifs de réduction drastiques et immédiats des émissions recommandés par le Giec. Enfin, si accord il y a, il ne sera pas juste : les financements et les transferts de technologie sont insatisfaisants.

Être lucide implique de constater que les négociations climat sont inextricablement mêlées aux recompositions géopolitiques entre les grandes puissances. Les États-Unis voudraient obtenir un nouvel ordre mondial qui détache la Chine, ainsi que d’autres puissances émergentes, de l’alliance des « pays en développement », le G77. Pour la Chine, il n’en est pas question. La Chine accepte volontiers d’être l’égale des États-Unis dans le G2 qui domine la planète mais elle n’abandonnera pas de sitôt ses alliances historiques avec les pays du Sud. Point dur des négociations, la différenciation des États ne se résoudra donc pas d’un claquement de doigt.

« L’avenir du climat ne dépend pas des seules négociations de l’Onu »

Être lucide, c’est aussi convenir de la faible influence des scientifiques, ONG, mouvements sociaux et écologistes, syndicats, collectivités locales ou journalistes sur le cours des négociations. Il est bien-entendu toujours possible de se battre sur la place des virgules – et pour bloquer les propositions les plus inacceptables – mais rien qui ne permette de changer la donne. Depuis qu’elle a perdu tout leadership climatique, l’Union européenne ne peut plus servir d’appui, pas plus que les pays du Sud qui manquent soit d’ambition, soit de pouvoir d’influence. Au contraire des multinationales et des lobbies qui sont désormais incontournables et dont la majorité est rétive à toute transformation profonde des modes de production et de consommation insoutenables.

Faire preuve de lucidité c’est également reconnaître que l’avenir du climat ne dépend pas des seules négociations de l’Onu. Au contraire, à force d’être dans leur bulle, les négociations ont perdu toute connexion avec la réalité. La réalité est celle d’une globalisation économique et financière qui facilite une exploitation sans limite des ressources naturelles. En négociant les accords Tafta (avec les États-Unis) et Ceta (avec le Canada), l’UE sacrifie les exigences climatiques – non mentionnées par les mandats de négociation – au nom de la compétitivité et de l’approvisionnement insoutenable de notre économie en énergies fossiles. Au moment où il faudrait laisser dans le sol une majorité des réserves prouvées d’énergies fossiles, l’UE encourage leur exploitation sans que les négociations climat ne l’en dissuade.

Miser sur les innovations locales, sociales et écologiques

Être lucide sur les négociations n’implique pas pour autant de se résigner. Bloquer Tafta et Ceta serait une grande victoire pour le climat. Prendre au mot les engagements d’« exemplarité » de François Hollande doit aider pour obtenir d’ici décembre 2015 la fin des subventions aux énergies fossiles, l’abandon des projets nocifs pour le climat (aéroports, autoroutes, etc) et l’annulation des permis de recherche d’hydrocarbures encore existants. Au nom de l’impératif climatique et avec un certain succès, la campagne mondiale pour le désinvestissement des combustibles fossiles pousse les universités, collectivités, institutions religieuses, banques à se retirer des énergies fossiles pour préférer le financement « de solutions axées sur les sources d’énergies propres et renouvelables ».

De plus, notre pouvoir d’agir ne se réduit pas à bloquer les projets climaticides. Il est plus important qu’on ne l’imagine. La Sécurité Sociale ne s’est pas faite d’un coup de baguette législative : elle est le fruit d’une riche histoire d’expériences alternatives et citoyennes inscrites dans la construction d’un rapport de force social et politique de longue haleine. La transition énergétique, et par extension la transition écologique et sociale, prendra le même chemin. C’est par l’intermédiaire des milliers d’innovations sociales et écologiques mises en œuvre dans nos quartiers et nos territoires, pour vivre mieux, que nous construisons le monde demain.

Enfin, être lucide impose d’être radical. Aller à la racine des choses et ne pas rester à la surface du clapotis médiatique, comme le propose Naomi Klein dans son dernier livre [1]. Le changement climatique s’inscrit dans une histoire. L’histoire d’un capitalisme prédateur, dominé par les populations riches des pays occidentaux – et désormais des pays émergents – qui soumet notre avenir à la poursuite indéfinie d’un business as usual insoutenable. Il n’y aura pas de grand soir ou de petit matin pour le climat. Pas plus à Paris qu’à Copenhague. Mais ce n’est pas pour autant la fin de l’Histoire. Détachons-nous de la technicité des négociations et servons-nous de Paris2015 comme d’une caisse de résonance pour écrire une nouvelle page, celle « de sociétés plus agréables à vivre, plus conviviales, plus solidaires, plus justes et plus humaines » comme nous y invite le processus Alternatiba.

Maxime Combes, économiste membre d’Attac France

Photo : CC FlickR / Garry Knight

 

Notes

[1Naomi KLEIN, Tout peut changer, Actes Sud, à paraître Mars 2015


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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 19:04

 

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Témoignages Economie collaborative

Sauver les fruits de la poubelle et créer des emplois : la démarche Fruimalin

par Francine Narbal 12 février 2015

 

 

 

A Dijon, depuis 2007, une association collecte, redistribue, transforme des fruits voués à l’abandon et au pourrissement, avec l’objectif de créer des emplois locaux. Une demi-tonne de fruits sont ainsi valorisés chaque mois par Relais-Planète-Solidaire, et plus d’une centaine d’interventions de sensibilisation ont déjà été distillées contre le gaspillage alimentaire dans les centres sociaux, les écoles et lors de fêtes de quartiers. Témoignages sur cette démarche « Fruimalin », une initiative riche de convivialité.

Cet article a initialement été publié dans la revue Campagnes solidaires.

C’est en regardant les voitures écraser des kilos de mirabelles tombées sur la chaussée, dans une rue de Dijon, que Thierry Deiller a eu cette idée simple et géniale. Un arbre fruitier adulte peut produire cent kilos de fruits. Mais seulement un cinquième est mangé par les propriétaires du jardin dans lequel il pousse. Pour ne plus laisser se perdre tous ces fruits, une solution : mettre en place un ramassage et une valorisation !

Après un CAP de menuisier puis un mastère à l’École nationale supérieure des Arts et Métiers, notre homme est habité par le désir de restaurer et de préserver l’existant – culturel ou naturel. D’où son envie de créer une association pour éviter la perte des savoirs-faire traditionnels, lutter contre l’individualisme, la solitude, le repli sur soi, la fracture entre ville et campagne.

500 kilos de fruits valorisés chaque mois

Le parcours reste à inventer, pour ne pas laisser perdre ces fruits. D’abord, lancer des appels aux propriétaires d’arbres et de terrains délaissés, en passant par les médias (radios, télévision, journaux locaux). Puis faire des tests de faisabilité, intéresser et trouver des soutiens – région, départements, municipalités – pour obtenir reconnaissance et subventions, s’entourer de bénévoles qui adhèrent au projet, être créatif, écouter, constater, concevoir, relier, prévoir et rendre possible… Bref, travailler comme des fous !

Mais les résultats sont là. Depuis sept ans, Fruimalin récolte, redistribue ou transforme près d’une demi-tonne de fruits par mois. L’association a organisé 62 « veillées Fruimalin » et plus d’une centaine d’interventions de sensibilisation. Elle a aujourd’hui une connaissance approfondie des ressources locales disponibles et non valorisées, une expertise des mécanismes du gaspillage alimentaire et une maîtrise particulière des techniques de collecte, de conservation et de transformation. La démarche a abouti à la création d’un premier emploi en mai 2012, à la mise au point d’une charte, d’une méthodologie.

Une initiative écologique et sociale

Ce soir d’automne, on entre dans la cour au milieu d’un petit jardin foisonnant. Dans l’allée, plein de cageots, surtout de tomates vertes. Sur la droite se trouve le magasin-bureau : des rayons de confitures, compotes, jus, sirops… C’est là que Thierry accueille les « clients », souvent adhérents de l’association, une cinquantaine actuellement. Tous les quinze jours, le mercredi soir, des veillées autour de la table sont organisées dans ce même local. Entre dix et vingt personnes trient, dénoyautent, épluchent, puis se restaurent en discutant chaleureusement. Les plus beaux fruits, mais aussi des légumes récupérés de la même manière, seront distribués aux bénévoles et associations, le reste est transformé, par exemple en confiture. De nouvelles recettes s’imaginent au cours des soirées et des adhérents proposent chez eux de conviviales séances de dégustations-tests.

Le local est aussi le laboratoire de fabrication des confitures et autres produits Fruimalin, ainsi que l’atelier de restauration de tableaux et de bois dorés de Claude Ducatel-Deiller, l’épouse de Thierry, qui anime depuis 2008 un groupe de consom’acteurs dijonnais. Pas de place ici pour le pressoir. Il a été installé à quelques minutes, à Varois-et-Chaignot, sur la ferme de Nicolas Bellet, un ami producteur bio. Fruimalin intervient volontiers dans les centres sociaux, les écoles, les fêtes de quartier, toujours avec le souci de montrer la richesse inépuisable que nous pouvons puiser dans ce patrimoine si nous le respectons.

La démarche a trouvé à Dijon sa vitesse de croisière. Ce modèle de consommation locale collaborative et de veille environnementale est prêt à essaimer, la démarche « Fruimalin » est prête à se diffuser. Seules conditions : que la charte, désormais aboutie, soit respectée, et que les initiateurs se forment en deux cycles de formation individualisée. Trois autres unités Fruimalin sont actuellement en gestation en Bourgogne.

Francine Narbal, Amis de la Confédération paysanne - Bourgogne

Plus d’infos sur Fruimalin en cliquant ici.
Contact : frui.malin(a)laposte.net - 03.80.74.01.27 - 17 rue Blériot, Dijon.

Photo : Une équipe Fruimalin lors d’une collecte dans un verger ancien près de Dijon. Au premier plan de G. à D. : Annie Duthu, chargée des veillées, Thierry Deiller, Chantal Jacquemin, chargée des opérations de sensibilisation.

Cet article est tiré du numéro de janvier 2015 de Campagnes Solidaires, média partenaire de Basta !. Au sommaire : le rêve chinois des laitiers bretons, la transition énergétique à hue et à dia en Alsace, un sommet des peuples au Pérou pour changer le système, pas le climat... Et également un dossier sur les Amis de la Confédération paysanne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 16:08

 

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Cinquante Alternatiba auront lieu cette année

Coordination européenne des Alternatiba

lundi 9 février 2015

 

 

Le mouvement des Alternatiba a fait le point ce week-end sur sa dynamique. L’année sera marquée par le tour en tandem et près de cinquante Alternatiba en France et à l’étranger, dans la perspective de la conférence sur le climat de décembre à Paris.


La 5e Coordination européenne des Alternatiba - Villages des alternatives au changement climatique - s’est tenue ces samedi 7 et dimanche 8 février 2015 à Saint-Quentin-en-Yvelines en présence de 52 délégués de 33 Alternatiba déjà réalisés ou en cours d’organisation. Les quatre premières réunions de Coordination s’étaient tenues à Nantes en février 2014, à Bayonne en juin, à Paris en août et à Lille en octobre.

L’assemblée a travaillé à la préparation du Tour Alternatiba, importante mobilisation citoyenne sur le climat qui touchera 186 territoires différents du 5 juin au 26 septembre 2015. Il s’agira de réaliser à vélo - derrière des quadruplettes et des triplettes, symboles de la transition écologique et de la solidarité, de la justice sociale - 5 000 km de Bayonne à Paris, en traversant six Etats européens.

Un certain nombre d’outils sont en train d’être travaillés, en collaboration avec le Collectif pour une transition citoyenne, pour en faire également une opération de promotion massive des alternatives sociales et écologiques au changement climatique : livret des alternatives, pacte de la transition destiné aux élus, et autre pacte de la transition destiné aux citoyens.

Cette Coordination a également fait l’état des lieux des Alternatiba en cours de préparation pour cette année 2015. De Marseille aux Abers en Bretagne, de Bilbao à Genève, du Limousin à Strasbourg, plus de cinquante Alternatiba se tiendront de juin à octobre 2015, mobilisant des centaines de milliers de citoyens face à l’urgence climatique.

Une force collective, joyeuse, déterminée et active est ainsi en train d’émerger. Elle entend contribuer à mettre en route la transition nécessaire pour limiter le dérèglement climatique en cours d’aggravation et d’accélération, sans plus attendre ce fameux accord contraignant, ambitieux, efficace et juste qui n’arrive jamais, malgré vingt années successives de conférences internationales de l’ONU sur le climat.

La Coordination s’est poursuivie le dimanche pour réfléchir à la participation d’Alternatiba à la COP21 qui se tiendra à Paris en décembre 2015. Il a été décidé d’organiser un Village mondial des alternatives à un moment et dans un lieu restant à déterminer. Il y aura d’autres initiatives Alternatiba sur Paris pendant la COP21...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 17:17

 

 

Source : www.bastamag.net


 

 

Quand des mal-logés rénovent immeubles et maisons abandonnés pour y recréer des espaces de solidarité

par Ana Luz Muñoz Maya, Marine Leduc 3 février 2015

 

 

 

 

 

 

A côté des squats, ou des hangars désaffectés occupés par des artistes, se développent de nouvelles manières d’investir des bâtiments vides ou des maisons laissées à l’abandon. Dans des villes situées aux extrémités de l’Europe, Bucarest et Malaga, deux initiatives récentes viennent questionner la notion de propriété et de communauté urbaine. En Roumanie, des jeunes sans emploi rénovent les vieilles bâtisses menacées de démolition, avec l’accord des propriétaires. En Espagne, face à la crise, des familles s’installent dans des bâtiments appartenant à des banques et assurances. Reportage à l’intérieur de ces alternatives au mal-logement, alors qu’en France des dizaines de milliers de personnes sont expulsées chaque année de leur habitation.

À première vue, la ville de Malaga semble profiter de ses atouts touristiques. L’été, des milliers d’Espagnols et d’étrangers viennent se délecter du climat méditerranéen et de la nourriture andalouse. Mais loin de la station balnéaire, la réalité est plus cruelle : du jour au lendemain, des familles victimes de la crise financière et d’hypothèques abusives se retrouvent à la rue. Comme dans d’autres villes en Espagne, certaines personnes se regroupent pour former des corralas, des communautés qui occupent des bâtiments vides. Malaga en compte environ cinq, situées aux alentours du centre-ville.

La « Corrala de Las Luchadoras », la corrala des combattantes, est l’une d’entre elles. Neuf mères célibataires ont décidé d’occuper cet immeuble récent qui détonne parmi les bâtiments dégradés du quartier de la Goleta. Au troisième étage, Angeles et Estefania nettoient le sol jonché de confettis, résultat d’une fête d’anniversaire. « L’immeuble a été construit en 2005 mais les constructeurs n’ont pas réussi à vendre les appartements et, après abandon, l’espace a été pris par des junkies, explique Angeles. Nous enchaînions les petits boulots et nous n’avions pas assez d’argent pour nous payer un loyer. Alors, on s’est installées ici en 2013 pour donner un toit à nos enfants. » Pour les deux jeunes femmes, l’entraide est le mode d’ordre dans la corrala : « On partage tout. Par exemple, si l’une d’entre nous fait un puchero [plat typique d’Andalousie], on le partage avec les autres. »

L’espace vide comme outil d’intégration

De l’autre côté de l’Europe, en Roumanie, la problématique est différente mais l’objectif est le même : utiliser un espace vide pour créer des opportunités et de la solidarité. Depuis la fin de la période communiste, durant laquelle les bâtiments étaient nationalisés, de nombreuses bâtisses historiques se sont dégradées petit à petit faute de propriétaire. Certains ont récupéré leur ancienne demeure, sans avoir les moyens de les restaurer. La plupart d’entre elles risquent d’être détruites ou tout simplement de s’effondrer, car Bucarest se situe sur une zone sismique. Dans un contexte social et économique qui offre peu de place aux jeunes – qui travaillent souvent comme des forcenés pour trois fois rien – ces derniers ont décidé de chercher de nouvelles ressources dans ces demeures inhabitées.

Depuis trois ans, les projets fleurissent de part et d’autre de la ville : au Carol 53, des étudiants en architecture ont décidé d’habiter une maison du début du XXème siècle pour la rénover et y créer des projets socio-culturels ouverts à tous. A Casa de Pe Chei (« La Maison sur le Quai »), une association utilise les pièces d’une vieille bâtisse et les loue à bas prix à des jeunes artistes ou associations. Un autre collectif d’architectes et d’artistes, nommé Calup, restaure une maison et l’utilise ensuite pour des évènements culturels temporaires. En 2013, en plus de celle où ils se sont installés, deux autres maisons connu une nouvelle jeunesse grâce à l’énergie de Calup.

Aider les jeunes et les propriétaires

Pour Cristiana, qui a quitté son job pour intégrer le projet, « le but de Calup est de réintégrer les maisons dans un circuit économique et culturel. Nous aidons les propriétaires, nous aidons les jeunes artistes, et on espère aider les maisons. » Chaque projet a survécu en partie grâce à l’aide bénévole d’amis qui ont participé à la rénovation des bâtiments ou à l’organisation d’évènements. Un élan solidaire que certains Roumains considèrent comme un nouveau souffle pour la ville et le pays, dont la jeunesse préfère souvent répondre à l’appel de l’Ouest.

En Espagne, avoir un logement signifie même plus : « Les parents qui sont à la rue peuvent être séparés de leurs enfants s’ils ne leur trouvent pas un toit », explique Isabel, bénévole pour la Plateforme des victimes d’hypothèques (PAH). Pour beaucoup de familles, les corralas leur ont non seulement donné un refuge mais aussi de l’espoir et de la dignité. C’est le cas de Rosario et de son ami José, qui ont trouvé une seconde vie en créant la corrala Bloque Malasaña. L’année dernière, le mari de Rosario est parti en lui laissant trois enfants sur les bras. « Ici je me suis toujours sentie protégée, déclare-telle. J’ai eu des problèmes avec mon ex-mari et ils m’ont trouvé un avocat et m’ont accompagnée devant le juge. Grâce à eux, je me sens mieux. »

Occupation légale, légitime, illégale ?

Selon la Plateforme des victimes d’hypothèques, près de 70 000 bâtiments sont vides à Malaga. Ce sont souvent des promoteurs qui ont fait faillite après le début de la crise. Les corralas occupent seulement des bâtiments qui appartiennent à des banques et des assurances. « Nous voulons que les institutions publiques exproprient les banques qui se sont dédiées à la spéculation immobilière depuis des années, et que ces habitations soient transformées en logements sociaux. Nous revendiquons un véritable logement social, ce qui signifie que chaque personne puisse payer ce qu’elle peut payer », explique José.

Malgré tout, les habitants des corralas risquent chaque jour d’être arrêtés ou expulsés. « Ils sont venus et nous ont détenues huit heures en prison », raconte Angeles. Deux ans auparavant, elle a été arrêtée devant ses enfants avec les autres femmes de Las Luchadoras. « Ils nous ont dit que nous devions nous déclarer devant le propriétaire mais c’était un mensonge, ils l’ont seulement fait pour nous arrêter et nous faire peur. » À Barcelone, signe d’espoir, des occupations d’immeubles vides ont été reconnues « légitimes » par la justice en 2012 (lire notre reportage, En Espagne, les Indignés « libèrent » des immeubles pour les familles à la rue).

À Bucarest, les initiatives reçoivent également leur lot de critiques mais les occupants ne risquent pas d’avoir affaire à la police. Chaque collectif ou association a un accord avec le propriétaire pour utiliser l’espace et empêcher la dégradation, tout en payant un loyer modeste. Au Carol 53, le collectif ne paient que les charges mais pas de loyer, en échange de la rénovation du bâtiment. En ressort un système original qui reste hors de la logique de marché. Ces lieux résistent à l’augmentation excessive des loyers que connaissent les centre-villes, et au remplacement des vieilles bâtisses par des immeubles en béton.

Inventorier et rénover les bâtiments

« Nous avons ces bâtiments, pas besoin de repartir à zéro. Ils ont été construits avec des matériaux de qualité, alors pourquoi ne pas les utiliser », affirme Loredana Bruma, une jeune architecte présidente de l’association Rhabillage. Depuis 8 ans, elle dirige le projet Case Care Plâng (« Les Maisons qui pleurent ») qui vise à réaliser un inventaire des vieilles bâtisses inhabitées et dégradées de Bucarest. Elle a également créé RePaD, un guide de la rénovation, qui cherche à sensibiliser les Roumains à leur patrimoine, mais aussi à démontrer que la rénovation est une solution durable et intéressante du point de vue écologique. Réutiliser une ancienne demeure permet d’éviter les coûts énergétiques de destruction et de reconstruction.

Le livre explique également que la plupart des maisons historiques sont déjà efficaces pour réduire la consommation énergétique, car elles ont été conçues pour favoriser un éclairage et une ventilation naturels [1]. D’un point de vue économique et social, la rénovation est un bon investissement, explique Loredana : « Cela a un impact social : plus de personnes sont employées dans la rénovation que lorsque l’on travaille avec du préfabriqué. On peut aussi trouver de l’aide de la part d’individus ou d’associations qui s’intéressent au patrimoine et à la rénovation. A la fin, on crée un système qui marche. »

Une démarche écologique et solidaire pour réinventer la ville

Certains effets positifs ne se calculent pas avec des chiffres : même si ces projets n’ont pas bonne presse parmi les autorités locales, tous ces lieux redonnent vie au quartier dans lequel ils se sont installés. Que ce soit à Bucarest ou à Malaga, le voisinage peut bénéficier des activités qui y sont proposées. « La corrala Bloque Malasaña se trouve dans le quartier de la Trinidad, le quartier avec le plus haut taux de chômage de la ville, explique José. Il y a aussi un grand nombre d’enfants déscolarisés. Le centre d’assistance sociale qui était ici a été fermé par manque d’argent. Nous nous sommes dit que si les institutions publiques ne faisaient pas leur travail, nous allions le faire nous même. Nous avons donc organisé des ateliers pour les enfants et les adultes. » Au Carol 53 également, à Bucarest, se mettent en place des projets sociaux, à destination notamment des enfants des rues. Ou comme cet atelier vélo pour des enfants du quartier, dont certains sont déscolarisés.

Les corralas permettent en quelque sorte de repenser la ville et le rôle des citadins. C’est ce pour quoi œuvrent Eduardo et Fernando de Malagalab, un collectif d’architectes et d’urbanistes. « Les corralas ne sont pas l’invention d’une ville ou d’un pays, elles existent partout, déclare Eduardo. Ce qui est particulier en Espagne, c’est qu’il y avait un espace, le patio, qui n’est ni la rue, ni la maison, mais quelque chose entre les deux où les gens se mêlent. Dans les habitations modernes, cet espace entre le public et le privé a été éliminé. Il faut recréer cet espace de transition, comme dans les corralas, pour que les gens partagent plus de choses. »

Dans toute l’Europe, des mouvements similaires se mettent en place. « Même si nous n’avons pas changé radicalement, la profondeur de la crise nous a obligés à réfléchir un peu, décrit Fernando. Les gens ont la capacité de créer leurs propres espaces. Si nous ne profitons pas de ces espaces, les autorités vont les changer selon leurs objectifs, qui ne sont pas forcément ceux des citoyens. » Pour Fernando, la transformation des lieux inhabités est une nécessité pour réinventer une ville.

Texte et photos : Marine Leduc et Ana Luz Muñoz Maya

Photo de Une : Carol 53

Notes

[1RePad Ghidul, Asociatia Rhabillage, 2013, page 125.

 

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Source : www.bastamag.net

 

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