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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 14:03

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Espagne: Juan Carlos Monedero plaide pour un retour aux sources de Podemos

25 novembre 2015 | Par Ludovic Lamant
 
 

Juan Carlos Monedero est le plus âgé, le plus libre et le plus controversé des cinq cofondateurs de Podemos. Ancien prof de Pablo Iglesias à la fac, passé par l’Amérique latine et le parti communiste, il est l’invité ce mercredi de « En direct de Mediapart » pour s'expliquer à l'approche des législatives du 20 décembre en Espagne.

Au moment d’annoncer sa démission de la direction de Podemos en avril 2015, Juan Carlos Monedero avait eu cette formule assassine – et un peu méprisante – à l’adresse de Pablo Iglesias : « Je préfère Galeano à Game of Thrones. » Traduction, pour les non-initiés : l’universitaire médiatique fait référence à l’Uruguayen Eduardo Galeano (1940-2015), l’auteur des Veines ouvertes de l’Amérique latine (1971), qui continue d’incarner une certaine idée de la gauche en Amérique latine.

Ce jour-là, Monedero avait pris ses distances, sacrilège pour un fondateur de Podemos, avec la série télé Game of Thrones dont Pablo Iglesias, leader du mouvement anti-austérité, est un fan de la première heure : il a coordonné un essai politique sur cette fiction, et en a offert un coffret DVD au roi d’Espagne en début d’année. En creux, la critique était lourde : il reprochait à son ami « Pablo » d’être obsédé par la stratégie politique, et d’oublier au passage ses convictions d’homme de gauche. À trop jouer la transversalité droite-gauche pour séduire le plus d'électeurs possible, Iglesias serait en train de perdre son âme, le mettait en garde son ami Monedero.

 

En Clave Tuerka, émission hommage à Eduardo Galeano animée par Juan Carlos Monedero en avril 2015.

Né en 1963, professeur de sciences politiques à l’université Complutense de Madrid (la « Fakul », berceau de la quasi-totalité des cadres de Podemos), Monedero est l’un des cinq fondateurs, en janvier 2014, du mouvement qui a redonné des couleurs à la gauche partisane en Espagne (aux côtés de Pablo Iglesias, Luis Alegre, Carolina Bescansa et Iñigo Errejon). Quelques mois plus tôt, il a publié en Espagne un essai devenu un best-seller, Curso urgente de politica para gente decente (éditions Seix Barral, 2013). Dans ce texte assez inégal, mais qui constitue une étape théorique dans la formation de Podemos, il théorise une nouvelle fois ce qu’il a diagnostiqué très tôt dans sa carrière d’universitaire : la « crise de régime » qui étouffe l’Espagne.

 

Aux crises de la monarchie et de la structure territoriale de l’État (voir les tensions en Catalogne) s’ajoute, depuis l’éclatement de la bulle immobilière à partir de 2007, un appauvrissement généralisé de la classe moyenne, qui prépare le terreau au surgissement du « 15-M ». Ce mouvement indigné déclenché le 15 mai 2011 (d’où son sigle, 15-M) ouvre, d’après Monedero, un « processus constituant », qu’il s’agit d’approfondir pour réussir la « rupture » avec les institutions nées de la transition post-franquiste (cette période qui court, en Espagne, de la mort de Franco en 1975 à la victoire du socialiste Felipe Gonzalez en 1982).

Toute la question posée dans cet essai de 2013 est de savoir quels instruments politiques peuvent parachever la dynamique ouverte par le 15-M. La réponse qu’il a apportée à cette question est aujourd’hui connue de tous : ce sera Podemos, incarné aux yeux du grand public par son ex-étudiant Pablo Iglesias. Monedero est de loin le plus âgé des cofondateurs de Podemos. Si Podemos se présente d’entrée de jeu comme un parti « neuf » contre la « caste » du PP (la droite au pouvoir) et du PSOE (la gauche socialiste), lui fut proche, pendant deux décennies environ, des communistes d’Izquierda Unida (IU). Il fut même le conseiller de Gaspar Llamazares, ex-patron d’IU (Iglesias est aussi passé un temps par les jeunesses communistes, avant de s’en écarter).

Au milieu des années 2000, il prend le large et part travailler en Amérique latine, afin de refonder, espère-t-il alors, « ce lieu que l’on appelait autrefois la gauche ». Monedero a conseillé, de 2005 à 2010, le président Chavez à Caracas. Il a également dirigé, toujours depuis le Venezuela, une école de formation des cadres latino-américains au bolivarisme, le centre international Miranda. Il revient en Espagne quelques mois avant de lancer Podemos.

Son expérience en Amérique latine constitue, de loin, la partie la plus sulfureuse de son CV. Non seulement parce qu’une certaine presse conservatrice, en Espagne, s’est déchaînée à partir de la fin 2014 contre Podemos, caricaturé en « parti chaviste », en raison surtout de la présence de Monedero dans la direction (même s’il n’est pas le seul, loin de là, à avoir arpenté l’Amérique latine et travaillé là-bas).

Surtout, il se trouve pris dans un scandale plus compromettant début 2015, accusé d'avoir sous-déclaré au fisc espagnol quelque 425 000 euros versés par le Venezuela, l’Équateur, la Bolivie et le Nicaragua. Monedero avait été contraint en février de verser 200 000 euros au fisc pour éviter une sanction, et de diffuser des extraits de ses comptes bancaires lors d'une conférence de presse plutôt humiliante. Iglesias et ses collègues le soutiennent et hurlent au lynchage. Peine perdue : Monedero, au printemps 2015, est politiquement carbonisé. De cette période délicate, Monedero dit aujourd’hui : « Ils ne s’attaquaient pas à moi, mais à ce que je représentais comme fondateur de Podemos. »

Tout le monde s’attendait à ce qu’il soit exfiltré discrètement de la direction après les élections régionales et municipales de mai 2015. Il choisit de partir de lui-même fin avril, avec fracas, prenant tout le monde de court. Il règle donc tout haut ses comptes avec Iglesias, en amont de la campagne électorale : « Une minute de télévision est plus importante que les circulos [pour luindlr] », lâche-t-il, en référence à ces assemblées de citoyens, les « cercles », qui ont constitué l’originalité du mouvement à son lancement en 2014, mais qui ont été progressivement marginalisés.

Dans un billet de blog « à son ami Pablo », il explique aussi avoir « mauvaise conscience » à ne plus épauler Iglesias « dans un lieu aussi ingrat que la direction d’un parti ». La réconciliation du couple Iglesias-Monedero est mise en scène début mai dans un entretien long format (ci-dessous) mené par Iglesias, sur le parcours intellectuel de Monedero (un grand moment de communication politique, pour tenter de corriger l’image d’un parti archi divisé...).

 

Entretien Iglesias- Monedero


Aujourd’hui, Monedero défend un retour aux sources du premier Podemos, celui marqué par une plus grande participation des « cercles », à la fois dans la gestion du parti, mais aussi dans l’écriture des programmes. Il critique, en creux, la stratégie du numéro deux, le très influent Iñigo Errejon, disciple du politologue argentin Ernesto Laclau, et qui se refuse à « salir la marque » Podemos avec des sigles de l’ancienne gauche (au hasard, IU).

 

Mais si la voix de Monedero continue de porter dans les médias, elle n’est plus aussi écoutée qu’avant dans l’entourage de Pablo Iglesias. Certains sceptiques ne manqueront pas de se souvenir que le professeur de sciences politiques, lors du congrès fondateur de Vistalegre, à Madrid fin octobre 2014, avait défendu la ligne d’Iglesias et participé, justement, à la banalisation d’un parti qui décidait de se couper de ses « cercles », expliquant à l’époque que les « compromis » du 15-M avaient leur limite dans la pratique…

Quoi qu’il en soit, l’universitaire libéré de ses contraintes reste un soutien vibrant de Podemos, et continue de faire entendre sa petite musique, en particulier lors de l’émission qu’il anime sur la Tuerka le jeudi soir (Otra vuelta de Tuerka). Au lendemain des régionales en Catalogne, fin septembre, il s’est moqué de l’échec de Catalunya Sí que es Pot, la plateforme soutenue par Podemos, qualifiée de « soupe de sigles ». Sur la Grèce, alors qu’Iglesias continue de soutenir la stratégie d’Alexis Tsipras, lui prend davantage ses distances : « Tsipras a fait l’erreur de partir à la chasse aux dragons avec un filet à papillons. Les dragons, c’est le système, et le filet à papillons, c’est de ne pas avoir de plan B. » (Voir la vidéo ci-dessous.)

 

Otra vuelta de Tuerka / 29 octobre 2015.

Dans un entretien à El País en mai, Monedero disait espérer que « son départ de la direction provoque une réaction ». Pendant l’été, Podemos n’est pas parvenu à s’entendre avec d’autres partis – sauf le petit parti écolo Equo – pour une candidature d’« unité populaire » autour d’Iglesias. À l’exception de quelques régions, Podemos se présente donc seul avec sa « marque » aux législatives du 20 décembre. Les sondages donnent le parti en quatrième position, derrière le PP et le PSOE, mais aussi derrière le nouveau parti de centre-droit Ciudadanos. Invité de Mediapart ce mercredi 25 novembre, Monedero aura l’occasion de dire, entre autres choses, si son départ a servi à quelque chose et fait bouger un peu la stratégie de Podemos. Il est permis d’en douter.

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 14:03

 

Source : http://cadtm.org

 

Lettre ouverte au Président du parlement grec à propos de la dissolution de la Commission pour la Vérité sur la Dette grecque

24 novembre par Sofia Sakorafa

 

 

Sofia Sakorafa, Zoe Konstantopoulou, Eric Toussaint lors de la conférence de presse d’annonce de la création de la commission pour la vérité sur la dette (au parlement grec le 17 mars 2015)

 

Nous publions la lettre ouverte adressée par la députée européenne, Sofia Sakorafa, au nouveau Président du Parlement grec, Nikos Voutsis, qui a annoncé la fin des travaux de la Commission pour la Vérité sur la Dette grecque. Dès 2011, alors qu’elle était députée, Sofia Sakorafa a participé à la commission d’audit citoyen de la dette grecque. En mars 2015, elle a accepté de faire partie de la commission d’audit créée par la Présidente du Parlement grec et de se charger des relations avec le Parlement européen et les autres parlements. Suite à la capitulation du gouvernement d’Alexis Tsipras, Sofia Sakorafa a quitté Syriza et siège comme eurodéputée indépendante depuis septembre 2015.

Monsieur le Président,

Par lettre recommandée signée par vous le 12 novembre, reçue le 17 novembre 2015, vous m’avez annoncé la suppression de la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque.

Dans votre lettre, vous n’osez même pas mentionner le nom de la Commission. Cela se comprend. Lorsque l’on cherche à faire en sorte que le peuple grec « oublie » la question de la légitimité de la dette et que l’on veut lui faire croire que le troisième mémorandum, le plus dur, est la seule solution envisageable, il est vrai que la vérité peut faire peur, quand bien même il ne s’agit que de ce seul mot de « vérité ».

Monsieur le Président,

Il est inconcevable que le Président du Parlement hellénique, et encore moins quelqu’un qui a été de gauche, supprime la Commission pour la Vérité sur la Dette publique.

Il est offensant que le Parlement redevienne le lieu de blanchiment des scandales, des irrégularités, des choix politiques barbares, des accords de soumission, des contrats léonins, et que tout cela soit accepté et ratifié par le Président de la Chambre.

Monsieur le Président, je pense qu’il n’y a plus rien à ajouter. Vous n’avez fait qu’exécuter les ordres. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle vous avez été choisi comme Président de la Chambre en cette période cruciale.

La responsabilité politique de cette décision appartient entièrement au Premier ministre, Alexis Tsipras.

M. Tsipras qui, en compagnie du Président de la République, a assisté à l’ouverture des travaux de la Commission le 4 avril 2015.

M. Tsipras qui m’a personnellement assuré avec fermeté que la Commission fonctionnerait sans entraves jusqu’à la conclusion de ses travaux.

M. Tsipras porte l’entière responsabilité politique du refus de faire la lumière sur les politiques imposées à l’aide de la corruption et de contrats léonins qui nous ont menés dans une impasse.

M. Tsipras porte l’entière responsabilité politique de la renonciation à utiliser un outil de renégociation de la dette qui est pourtant accepté, approuvé et légitimé par un règlement de l’Union européenne.

Il est certain que votre décision de supprimer la Commission pour la Vérité sur la dette n’affectera en rien la détermination et l’efficacité de nous tous qui continuons à lutter et restons convaincus que la vérité sera le catalyseur de changements politiques profonds.

Sofia Sakorafa

 

 

 

Auteur

 
 

Autres articles en français de Sofia Sakorafa (1)

Conférence de presse de clôture au Parlement grec

23 juin, par Zoe Konstantopoulou , Eric Toussaint , Georges Kassimatis , Maria Lucia Fattorelli , Sofia Sakorafa , Ozlem Onaran , Renaud Vivien

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 16:38

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

L’autre état d’urgence

23 novembre 2015 / Bruno Latour
 


 

 

Si les fanatiques armés doivent être combattus comme des criminels, leurs actes nous menacent moins que le changement climatique, affirme le sociologue Bruno Latour. Le bouleversement possible du climat « menace nos valeurs dans ce qu’elles ont de plus profond ». Et face à ce défi, c’est aux citoyens qu’il faut donner la liberté d’agir, et pas au seul Etat.

Bruno Latour est sociologue, anthropologue et philosophe des sciences. Son dernier ouvrage, Face à Gaïa, a été publié en octobre 2015, aux éditions La Découverte.

 

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Bruno Latour.

Ce qui décourage aussi dans l’action des terroristes, c’est qu’on est tenté de ramener la discussion sur leurs motifs à un niveau aussi insensé que leurs actions. À chaque attentat, on se rejoue le grand jeu de la guerre, de la nation en péril, de l’État protecteur en prétendant se dresser contre la barbarie. Ce qui est vrai, bien sûr, mais terriblement régressif. La sécurité doit être assurée et qu’on donne à l’État les moyens. Point.

 

Ce qui rend encore plus décourageant la situation présente, c’est que les crimes du 13 novembre ont lieu quelque jours avant une autre échéance, concernant d’autres tragédies, qui obligent, elles, contrairement aux assassinats de Daech, à inventer de tout autre réponses à de tout autres menaces. Je veux parler bien sûr de la Conférence climat de Paris, la COP 21, qui risque de paraître moins grave, en tous cas moins urgente, que la réponse policière aux sanglantes équipées de ces branquignoles surarmés.

 

Ce serait là commettre une grave erreur d’appréciation dans l’ordre et l’ampleur des menaces qui pèsent sur les États modernes. Les fanatiques armés sont criminels mais ils ne mettent pas en péril comment nous devons vivre, penser, produire, apprendre, habiter. Il faut se défendre contre eux. Mais il n’y a rien dans leur idéologie qui mette en péril la manière dont nous tenons à nos valeurs — pas plus que les pirates ne menacent les valeurs du commerce international. Il faut les combattre, c’est tout. Aucun message politique n’en sort, pas même une originalité tactique, et bien sûr aucune sorte de leçon religieuse. Quelle scientifique, quel citoyen, quelle artiste, quelle commerçante, quelle juge, quelle mère, quel musicien, quel sportif aspire à être dirigé par Daech ? J’ajouterai même : quel croyant ? Rien à voir de ce point de vue avec les anciennes guerres civiles qui divisaient de l’intérieur. Contre ce banditisme criminel, malgré les coups de clairon et l’agitation des drapeaux tricolores, c’est une question de police, pas de guerre.

 

Il en est tout autrement du nouveau régime climatique. Il menace tous les États dans toutes leur dimensions de production, de culture, d’habitation, d’art et de commerce. Il menace nos valeurs dans ce qu’elles ont de plus profond. Et là, les États sont vraiment en guerre les uns contre les autres pour l’occupation de territoires et le développement de l’économie comme de la culture. Et chacun d’entre nous est divisé contre lui-même. S’il y a « une guerre de civilisation », c’en est probablement une — et elle nous concerne tous. Or, contre ces nouvelles menaces, on le sait, les anciens États sont démunis et aussi désemparés que devant la menace terroriste. La police ne suffit pas. C’est toute la société civile qui doit prendre en main son destin pour forcer les institutions politiques à d’autres réponses.

 

On voit le danger si les mesures à prendre contre le terrorisme, mesures nécessaires, obligeaient l’État français à limiter la COP 21 à une discussion diplomatique entre fonctionnaires et spécialistes, dans le camp fortifié du Bourget devenue une sorte de Zone verte, comme à Bagdad. Et cela, au moment même où la question climatique prenait enfin la dimension civilisationnelle qui lui a manqué jusqu’ici.

 

C’est pourquoi il semble important de multiplier les pressions pour que, malgré les exigences de sécurité, la société civile puisse s’exprimer pacifiquement sur ce qui la concerne au premier chef. L’éradication de Daech sera longue, mais sa condamnation est déjà prononcée. Cette terreur peut se prolonger, mais elle est tirée vers le passé, sans autre innovation que l’ajout d’une ceinture d’explosifs à une autre ceinture d’explosifs. La menace résumée par le terme de Climat, elle, appartient à l’avenir et dépend de ce que nous tous, et pas simplement la police, nous serons capable d’inventer. Il est donc vain de vouloir régler l’une en délaissant l’autre.

 

D’autant que, par un lien qui n’a rien de mystérieux, elles sont intimement liées. Je ne veux pas parler de la connexion incertaine, en tous cas trop indirecte, entre les transformations climatiques au Moyen-Orient et la crise en Syrie. Je ne veux pas non plus parler de l’horreur des réfugiés chassés par les terroristes, par la destruction de leur pays et par notre propre réaction. Je veux parler de cette terrible attirance qui fait préférer au destin terrestre la mort dans l’au-delà. Bien sûr le nihilisme des candidats au suicide paraît simpliste, mais, comme dans un inepte et atroce modèle réduit, il offre l’image de ce suicide collectif auquel nous entraîne le développement du front de modernisation. Le 13 novembre est une préfiguration gore de la catastrophe qui suivra l’échec de la conférence de Paris et des suivantes. Si vous utilisez avec raison le terme de nihilisme pour décrire les militants fous, il me semble que le terme s’applique aussi, mais à une échelle démultipliée, à ceux qui ont aussi, à leur façon, le goût pervers de l’au-delà. Tout comme ceux qui se tuent en tuant, ceux qui prétendent ne pas aborder de front la grande mutation climatique, s’écrient au fond, selon deux registres différents mais qui résonnent avec la même stridence : « Vive la mort ! »

 

Il serait vraiment tragique qu’en s’occupant avec raison de détruire ceux qui ne peuvent que tuer pour un temps limité des innocents, on retarde une fois encore de s’occuper de ceux qui peuvent tuer massivement, longtemps, progressivement en entraînant dans leur délire bien d’autres êtres que les humains...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 16:21

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

BNP-Paribas obstinée sur les paradis fiscaux, les faucheurs de chaises vont agir

24 novembre 2015 / par Lorène Lavocat (Reporterre)
 

 

 

Les représentants des « faucheurs de chaises » ont été reçus hier par la direction de BNP-Paribas, qui a refusé toute fermeture de ses filiales aux Îles Caïmans. Les militants pour le climat ont donc annoncé la poursuite des « réquisitions citoyennes » pour combattre l’évasion fiscale.

 

« Une réunion pour rien. » Thomas Coutrot, d’Attac, Pauline Boyer et Txetx Etcheverry d’Action non-violente COP 21, et Florent Compain des Amis de la Terre, ne cachent pas leur déception ni leur colère. Ils sortent d’une rencontre avec des dirigeants de la BNP-Paribas, entrevue obtenue après de longs mois de pression citoyenne à travers une opération de « fauchage de chaises ».

« Nous espérions l’annonce de la fermeture des sept filiales que le groupe possède aux Îles Caïmans, explique Txetx Etcheverry. À la place, nous avons assisté à une séance de justification. » Philippe Bordenave, Michel Konczaty et Laurence Pessez, tous membres de la Direction générale du premier établissement financer français, leur ont rappelé que les Îles Caïman ne figuraient plus sur la liste noire des paradis fiscaux de l’OCDE. En 2009, l’archipel a en effet signé des accords de coopération avec l’organisation internationale, s’engageant ainsi à plus de transparence. Mais pour de nombreux observateurs comme le Tax Justice Network, c’est loin d’être suffisant. En 2015, les Îles ont ainsi été classées au cinquième rang des pays les plus opaques.

 

Trophées de chasse

La BNP justifie sa présence dans les Caraïbes par l’absence de normes contraignantes. « Pour eux, il s’agit d’un paradis réglementaire et non pas fiscal », résume Thomas Coutrot. Pas de changement de politique en vue, malgré l’annonce de la fermeture de trois des sept filiales, « pour des raisons d’ordre économique et stratégique ». Les associations ont donc décidé de poursuivre leurs actions, et même de les intensifier pendant la COP 21.

 

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Le siège parisien de la BNP-Paribas.

Car depuis février dernier, elles réclament la fin de l"évasion fiscale, au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Leur leitmotiv est « l’argent pour sauver le climat existe : il est dans les paradis fiscaux ». Leur moyen d’action : la « réquisition citoyenne de chaises ». Dans les faits, des militants non-violents se sont introduits dans 35 établissements bancaires pour y prendre des sièges. Le mobilier est ensuite entreposé chez des particuliers, dont Edgar Morin et Patrick Viveret, ou dans les locaux d’organisations. Greenpeace affiche ainsi dans sa vitrine quelques-uns de ces trophées de chasse. Le but : réunir 196 chaises – une pour chaque État représenté lors des négociations sur le climat – lors du Sommet citoyen pour le financement de la transition sociale et écologique, qui se tiendra à Montreuil le 6 décembre prochain. Ils en ont actuellement près de 200.

 

« Toute intrusion dans nos agences pouvant avoir des conséquences très graves »

Quid de l’état d’urgence et de la menace terroriste ?...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 15:39

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

Perquisitions musclées, arrestations injustifiées : les abus de l’état d’urgence

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

 

 

 

Des policiers à Strasbourg, le 16 novembre 2015.

Mickaël, 27 ans, regardait un film d’action dans le TGV Marseille-Rennes, vendredi 20 novembre, en compagnie d’un autre homme. Mal lui en a pris, selon Sud-Ouest : en gare de Massy (Essonne), la police évacue le train et lui saute dessus pour l’arrêter. Des passagers auraient trouvé suspects son comportement et son aspect : le jeune homme est barbu et il portait des gants. Choqué, il a été libéré au bout de quatre heures.

 

Cette histoire n’est qu’un exemple des nombreux cas relevés cette semaine par la presse locale : la France est en état d’urgence. Un état administratif qui donne aux forces de l’ordre de larges moyens d’action. Mais aussi un état collectif prompt à l’emballement.

 

Lire aussi le post de blog : Observons l’état d’urgence

 

Une fillette de 6 ans blessée

Autre histoire édifiante, celle que raconte La Voix du Nord sur ce jeune homme, dont le père de 67 ans a été interpellé manu militari, mardi 17 novembre, à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Sophiane avait accompagné son père à la préfecture la veille pour une démarche administrative. Les forces de l’ordre l’auraient alors repéré prenant des photos, ce qu’il dément. Résultat : la police enfonce la porte du domicile familial, fouille l’appartement de fond en comble, et arrête son père, qui passe la nuit en garde à vue.

A Quévrechain, dans le Nord, Fatima et sa fille ont subi une brusque perquisition de nuit au motif qu’un homme, que les autorités suspectaient de détenir des armes de guerre, avait habité dans la maison par le passé. La jeune fille raconte les lasers dans l’appartement, la porte qui vole en éclats, sa mère de 43 ans menottée… pour une perquisition qui n’a rien donné.

 

Les victimes des bavures sont parfois très jeunes et impressionnables : à Nice (Alpes-Maritimes), une petite fille de 6 ans a été blessée par des éclats au cou, lors d’une perquisition jeudi. A 4 h 30 du matin, les policiers d’élite du RAID enfoncent la porte de l’appartement familial, plaquent le père au sol. Les voisins évoquent des tirs dans les serrures, que la police dément, mais c’est bien par des éclats de bois qu’a été blessée la fillette, touchée alors qu’elle dormait dans la chambre d’à côté. Et le tout pour rien : la police s’est trompée de porte, elle visait en fait le voisin. Hospitalisée, la petite fille n’a rien de grave et la police a reconnu une « erreur rare ».

Lire aussi : Récit d’une perquisition musclée dans le Val-d’Oise

 

Le musicien Ibrahim Maalouf retenu sans motif

Ibrahim Maalouf, trompettiste français renommé, qui a rendu un hommage aux victimes des attentats sur le plateau du « Grand Journal » de Canal+ le 16 novembre, a raconté au site spécialisé Clique avoir été retenu plusieurs heures par des policiers, gare du Nord à Paris, avant de monter dans un train Eurostar pour Londres.

Le natif de Beyrouth (Liban) aurait alors appris que son passeport avait fait l’objet d’un signalement auprès de l’organisme de coopération policière Interpol. Papiers confisqués, interrogatoire… Une fois relâché, il raconte sur son compte Facebook sa mésaventure relayée aussitôt sur Le Parisien, qui impute la responsabilité à la douane au lieu de la police. Le musicien prend ensuite son train, avant d’être invité à en descendre par « trois agents de la douane », fâchés d’avoir été associés à l’épisode. S’il dit comprendre l’attitude de la police face au signalement d’Interpol (dont il ne saisit pas la raison), Ibrahim Maalouf reproche aux douaniers d’avoir « dépassé les limites en [le] traitant comme un terroriste potentiel devant tout un wagon juste parce qu’un journaliste a écrit par erreur qu’ils [l]’avaient arrêté ».

Lire aussi : Que va changer l’état d’urgence pour les citoyens ?

 

« Acharnement contre un lieu sacré »

Les riverains de la mosquée d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), eux, sont scandalisés par l’état du bâtiment laissé par la police après sa perquisition musclée, dans la nuit du 16 au 17 novembre. Un des responsables de la mosquée a assuré avoir proposé les clés à la police, qui a refusé, « préférant forcer la porte ». Un adjoint au maire d’Aubervilliers, Sofienne Karroumi, a posté sur sa page Facebook des photos des dégradations subies par le lieu de culte, qu’il qualifie d’« acharnement contre un lieu sacré ».

Ces personnes pourront-elles obtenir réparation ? En théorie, elles peuvent porter plainte pour violation de domicile et voie de fait, sans garantie, bien entendu, d’obtenir réparation. Il est même possible, si les dommages causés ont été reconnus par la police, d’invoquer la responsabilité de l’Etat, et d’adresser les factures au ministère. Dans certains cas, les forces de police ou les préfectures ont déjà indiqué qu’elles indemniseraient les personnes concernées.

Lire aussi : Que contient la loi sur l’état d’urgence ?

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 15:24

 

Source : http://piketty.blog.lemonde.fr

 

 

Le tout-sécuritaire ne suffira pas

A Paris, le 21 novembre. REUTERS/Charles Platiau

A Paris, le 21 novembre. REUTERS/Charles Platiau

 

Face au terrorisme, la réponse doit être en partie sécuritaire. Il faut frapper Daech, arrêter ceux qui en sont issus. Mais il faut aussi s’interroger sur les conditions politiques de ces violences, sur les humiliations et les injustices qui font que ce mouvement bénéficie de soutiens importants au Moyen-Orient, et suscite aujourd’hui des vocations sanguinaires en Europe. A terme, le véritable enjeu est la mise en place d’un modèle de développement social et équitable, là-bas et ici.

C’est une évidence   : le terrorisme se nourrit de la poudrière inégalitaire moyen-orientale, que nous avons largement contribuée à créer. Daech, «  Etat islamique en Irak et au Levant  », est directement issu de la décomposition du régime irakien, et plus généralement de l’effondrement du système de frontières établi dans la région en 1920.

Après l’annexion du Koweït par l’Irak, en 1990-1991, les puissances coalisées avaient envoyé leurs troupes pour restituer le pétrole aux émirs – et aux compagnies occidentales. On inaugura au passage un nouveau cycle de guerres technologiques et asymétriques – quelques centaines de morts dans la coalition pour «  libérer  » le Koweït, contre plusieurs dizaines de milliers côté irakien. Cette lo­gique a été poussée à son paroxysme lors de la seconde guerre d’Irak, entre 2003 et 2011   : environ 500  000 morts irakiens pour plus de 4  000 soldats américains tués, tout cela pour venger les 3  000 morts du 11-Septembre, qui pourtant n’avaient rien à voir avec l’Irak. Cette réalité, amplifiée par l’asymétrie extrême des pertes humaines et l’absence d’issue politique dans le conflit israélo-palestinien, sert aujourd’hui à justifier toutes les exactions perpétrées par les djihadistes. Espérons que la France et la Russie, à la manœuvre après le fiasco américain, fassent moins de dégâts et suscitent moins de vocations.

 

Concentration des ressources

Au-delà des affrontements religieux, il est clair que l’ensemble du système politique et social de la région est surdéterminé et fragilisé par la concentration des ressources pétrolières sur de petits territoires sans population. Si l’on examine la zone allant de l’Egypte à l’Iran, en passant par la Syrie, l’Irak et la péninsule Arabique, soit environ 300 millions d’habitants, on constate que les monarchies pétrolières regroupent entre 60  % et 70  % du PIB régional, pour à peine 10  % de la population, ce qui en fait la région la plus inégalitaire de la planète.

Encore faut-il préciser qu’une minorité des habitants des pétromonarchies s’approprient une part disproportionnée de cette manne, alors que de larges groupes (femmes et travailleurs immigrés notamment) sont maintenus dans un semi-esclavage. Et ce sont ces régimes qui sont soutenus militairement et politiquement par les puissances occidentales, trop heureuses de récupérer quelques miettes pour financer leurs clubs de football, ou bien pour leur vendre des armes. Pas étonnant que nos leçons de démocratie et de justice sociale portent peu au sein de la jeunesse moyen-orientale.

Pour gagner en crédibilité, il faudrait démontrer aux populations qu’on se soucie davantage du développement social et de l’intégration politique de la région que de nos intérêts financiers et de nos relations avec les familles régnantes.

 

Déni de démocratie

Concrètement, l’argent du pétrole doit aller en priorité au développement régional. En 2015, le budget total dont disposent les autorités égyptiennes pour financer l’ensemble du système éducatif de ce pays de près de 90 millions d’habitants est inférieur à 10 milliards de dollars (9,4 milliards d’euros). Quelques centaines de kilomètres plus loin, les revenus pétroliers atteignent les 300 milliards de dollars pour l’Arabie saoudite et ses 30  millions d’habitants, et dépassent les 100 milliards de dollars pour le Qatar et ses 300  000 Qataris. Un modèle de développement aussi inégal ne peut conduire qu’à la catastrophe. Le cautionner est criminel.

Quant aux grands discours sur la démocratie et les élections, il faudrait cesser de les tenir uniquement quand les résultats nous arrangent. En 2012, en Egypte, Mohamed Morsi avait été élu président dans une élection à la régulière, ce qui n’est pas banal dans l’histoire électorale arabe. Dès 2013, il était expulsé du pouvoir par les militaires, qui ont aussitôt exécuté des milliers de Frères musulmans, dont l’action sociale a pourtant souvent permis de pallier les ­carences de l’Etat égyptien. Quelques mois plus tard, la France passe l’éponge afin de vendre ses frégates et de s’accaparer une partie des maigres ressources publiques du pays. Espérons que ce déni de démocratie n’aura pas les mêmes conséquences morbides que l’interruption du processus électoral en Algérie en 1992.

Reste la question  : comment des jeunes qui ont grandi en France peuvent-ils confondre Bagdad et la banlieue parisienne, et chercher à importer ici des conflits qui ont lieu là-bas  ? Rien ne peut excuser cette dérive sanguinaire, machiste et pathétique. Tout juste peut-on noter que le chômage et la discrimination professionnelle à l’embauche (particulièrement massive pour les personnes qui ont coché toutes les bonnes cases en termes de diplôme, expérience, etc., comme l’ont montré des travaux récents) ne doivent pas aider. L’Europe, qui avant la crise financière parvenait à accueillir un flux migratoire net de 1 million de personnes par an, avec un chômage en baisse, doit relancer son modèle d’intégration et de création d’emplois. C’est l’austérité qui a conduit à la montée des égoïsmes nationaux et des tensions identitaires. C’est par le développement social et équitable que la haine sera vaincue.

Chronique publiée dans Le Monde du dimanche 22 et lundi 23 novembre 2015

 

 

Source : http://piketty.blog.lemonde.fr

 

 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 22:12

 

Source : http://anv-cop21.org

 

 

Les Faucheurs de chaises reçus par la direction de la BNP ce lundi 23 novembre !

 

 

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Les faucheurs de chaises reçus par la direction de BNP Paribas : vers la fermeture des filiales dans les paradis fiscaux  ?
#FaucheursDeChaises

Lundi 23 novembre à 16h, des représentants des faucheurs de chaises seront reçus par la direction générale au siège du Groupe BNP Paribas pour discuter de la fermeture de ses filiales dans les paradis fiscaux. Alors que ces derniers sont à nouveau sur la sellette pour leur contribution au financement des réseaux terroristes internationaux, la principale banque française va-t-elle enfin se décider à rompre ses liens avec ces trous noirs de la finance ?

Dès le lendemain des attentats du 13 novembre, par un e-mail émanant de Madame Pessez, sa déléguée à la responsabilité sociale et environnementale, le Groupe BNP Paribas a demandé aux faucheurs de chaises « de cesser vos actions de vols de chaise, toute intrusion dans nos agences pouvant avoir des conséquences très graves »étant donné « l’état d’urgence désormais en vigueur ».

Dans leur réponse (lire la lettre ici), Thomas Coutrot (porte-parole d’Attac), Florent Compain (président des Amis de la Terre) et Txetx Etcheverry (membre de la Coordination d’Action Non-Violente COP21) proposent à BNP Paribas une armistice: « nous sommes prêts à appeler à la suspension des réquisitions de chaises dans les agences de la BNP si vous annoncez la fermeture de vos 7 filiales dans les îles Caimans ».

Depuis début octobre 35 actions de réquisitions citoyennes ont eu lieu, dans de nombreuses villes en France, et même à l’étranger, dans des banques impliquées dans l’évasion fiscale. Le Groupe BNP Paribas a été particulièrement visé (27 fauchages) car il est en pointe dans l’organisation de l’évasion fiscale via ses 171 filiales dans les paradis fiscaux, dont 7 dans les Îles Caïmans.

 

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Ces actions ont répondu à l’« Appel à réquisitionner 196 chaises » qui a été lancé le 30 septembre par des dizaines de personnalités, dont le philosophe et ancien résistant Edgar Morin, le sociologue Alain Caillé, l’essayiste Susan George, le philosophe et ancien Haut référendaire à la Cour des Comptes Patrick Viveret, ou l’ancien résistant Claude Alphandéry.

Suite aux terribles attentats du 13 novembre, les faucheurs de chaises ont suspendu leurs actions pour quelques jours pour respecter la période de deuil. Mais l ‘évasion fiscale, elle, continue à réduire les fonds disponibles pour la transition écologique et sociale, à commencer par le Fonds vert pour le climat.

​Et les paradis fiscaux continuent à héberger l’argent des mafias criminelles et terroristes.

Si la réunion du 23 novembre ​débouchait sur un échec, les faucheurs de chaises repartiront à l’action pour obliger BNP Paribas à cesser ses pratiques scandaleuses.

 

 

Source : http://anv-cop21.org

 

 

 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 18:31

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

#NousSommesUnis

Face à la tentation de la haine et aux rumeurs, cette France qui résiste aux amalgames

par

 

 

 

Depuis les attentats du 13 novembre à Paris, plusieurs actes racistes, islamophobes et antisémites, ont été recensés en France. Sur la toile circulent des intox à connotation xénophobe. Face aux fausses informations et aux actes de malveillance, des citoyens résistent. Guirlande de cœurs déposée à l’entrée d’une mosquée, messages de paix massivement relayés sur les réseaux sociaux, slams appelant à plus de fraternité, discussion animée mais pacifique avec un imam dans la rue…

 

Les attentats à Charlie Hebdo et au supermarché Hyper Cacher en janvier dernier ont été suivis par une forte hausse des actes islamophobes. 222 actes anti-musulmans ont été dénombrés au premier trimestre 2015 en France, soit six fois plus que l’année précédente, à la même période [1]. Faut-il redouter les mêmes amalgames et représailles après les attentats de Paris le 13 novembre, dans un contexte où la récupération politique va bon train ? Or, c’est bien la division que recherchent les djihadistes comme l’analyse Nicolas Hénin, journaliste et ancien otage de l’Organisation État islamique, dans The Guardian : « Ils seront encouragés par tous les signes de réaction excessive, de division, de peur, de racisme, de xénophobie. »

 

Depuis les massacres perpétrés à Paris et revendiqués par l’organisation salafiste État islamique, plusieurs actes racistes et islamophobes sont à déplorer sur l’ensemble du territoire national. La communauté juive se sent également visée après l’agression, le 19 novembre au soir à Marseille, d’un enseignant blessé à coups de couteau à la sortie du centre communautaire Yavné, qui comprend une école juive et une synagogue. L’un des agresseurs aurait exhibé un tee-shirt « à l’effigie de Daech ».

 

Blessé par balle et roué de coups à cause de leur couleur

A Pontivy (Morbihan), un homme d’origine maghrébine a été roué de coups le 14 novembre lors d’un rassemblement « contre les migrants et les étrangers » initié par Adsav, un groupe d’extrême-droite identitaire bretonne. « Non loin de notre magasin, un monsieur d’origine maghrébine a été pris par le col, relate une commerçante. Six personnes l’ont mis à terre. C’était un défoulement sur lui. C’était déchirant, on ne pouvait pas lui porter assistance. (…) Ils disaient à la police et à la gendarmerie "on va les tuer, ils n’ont rien à faire ici ". » Quatre plaintes pour violences ont été déposées.

Dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 novembre, un homme d’origine turque est également blessé par balle à Cambrai (Nord). Alors qu’il se trouve sur un trottoir, un coup de feu est tiré d’une voiture arborant un drapeau tricolore, rapporte le procureur de Cambrai. Le tireur s’est donné la mort la même nuit. Selon les premières auditions des deux autres occupants de la voiture, la cible a été choisie « en raison de son apparence civile ». « La victime semble avoir été choisie au hasard, parce qu’elle avait une couleur de peau qui ne convenait pas au tireur », a précisé le procureur. « Apparemment, ils étaient susceptibles de chercher d’autres victimes », a t-il ajouté. L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Lille.

 

Ces hoax qui favorisent l’islamophobie

Comme le décrypte le site d’informations Contre-Attaque(s), de nombreux hoax, c’est à dire de fausses informations, circulent ces derniers jours contribuant à alimenter « l’islamophobie galopante » sur les réseaux sociaux [2]. Un tweet faisant état de cris de joie dans des banlieues parisiennes de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, et des « arabes à la fenêtre avec des drapeaux algériens », a ainsi été partagé par plus d’un millier de personnes. Il s’agissait d’une intox. Un autre tweet a fait mention de scènes de liesse à Gaza, suite à l’annonce des attentats, avec une photo censée l’illustrer. « Or, la photo utilisée datait en réalité de 2012, avait été prise par l’agence Reuters, et montrait des gazaouis célébrant la signature d’un cessez-le-feu entre le Hamas et Israël », précise Contre-Attaque(s).

Les haines attisées par ces hoax ne se limitent pas à des propos racistes sur la toile mais se traduisent aussi par des agressions physiques. A Marseille, une jeune fille voilée de 18 ans a été blessée le 17 novembre vers 20h à la sortie du métro Castellane, dans le 6e arrondissement. « C’est à cause de vous ce qui est arrivé ! », lui aurait lancé l’individu, rapporte le journal La Provence faisant référence aux attentats de Paris. L’agresseur lui a asséné un coup de poing et l’a blessée légèrement au thorax avec un objet pouvant être un cutter, précise la Direction départementale de la sécurité publique.

 

Face aux actes racistes, des guirlandes de cœurs

Plusieurs lieux de culte musulmans ont par ailleurs été la cible de dégradations le week-end qui a suivi les attentats. Des croix réalisées à la peinture rouge ont été taguées sur la mosquée Sahaba, à Créteil en région parisienne, dans la nuit du 13 au 14 novembre. Ouverte il y a sept ans, c’est la première fois que ce lieu de culte est visé. A Pontarlier, en Franche-Comté, une croix gammée et des inscriptions – « la France aux Français » et « Libéré la Gaule » (sic) – ont été peintes sur la façade d’une mosquée. Du jambon et du lard ont aussi été déposés devant l’entrée du lieu de culte. « Ce qui s’est passé à Pontarlier, ce n’est pas grave comparé à ce qui s’est passé à Paris, a réagi le président de l’association cultuelle. Il ne faut pas ajouter de l’huile sur le feu comme le font certains politiques et faciliter la division ». Une plainte a été déposée.

A Oloron, dans les Pyrénées-Atlantiques, des tags d’extrême droite faisant référence à la LVF (Légion des volontaires français contre le bolchevisme, créée en 1941 par des partis collaborationnistes), ont été écrits sur une boucherie halal et la mosquée de la ville. Des pierres ont aussi été jetées contre la vitrine d’un kebab à Barentin, en Seine-Maritime, au soir du 13 novembre. La même nuit, dans l’Eure, la façade de la mairie d’Évreux a été recouverte de phrases racistes. À Louviers, en Normandie, de nombreux tags ont été découverts le samedi matin dans plusieurs rues de la ville. A l’étranger, plusieurs mosquées ont également été la cible d’actes de malveillance, selon le journal Le Monde. En revanche, les musulmans de Brest ont eu la surprise de découvrir une guirlande de cœurs déposée sur les grilles du lieu de culte. « Partage ton cœur » et « pas d’amalgame », pouvait-on lire. Un geste de fraternité qui fait écho au mouvement lancé en janvier, après les attentats contre Charlie Hebdo et un supermarché casher (notre article).

 

Messages de soutiens et vidéos pour prévenir tout amalgame

L’enseigne de prêt-à-porter espagnole Zara a annoncé, le 15 novembre, la mise à pied d’un vigile et d’une responsable de magasin dans les Yvelines qui ont refusé, la veille, l’accès d’un magasin à une cliente portant un voile [3]. La vidéo de la scène, publiée sur les réseaux sociaux, avait généré des appels au boycott de la marque. Par ailleurs, plusieurs témoignages de personnes musulmanes directement touchées ou ayant perdu un proche se sont fait entendre. C’est le cas d’Abdallah qui a perdu deux sœurs et cinq amis :« Ceux qui ont fait ça ne peuvent pas se revendiquer de la religion », soupire-t-il.

Le message de paix d’une septuagénaire, interviewée près du Bataclan, a également fait le tour de la toile : « Nous fraterniserons avec cinq millions de musulmans qui exercent leur religion librement et gentiment, et nous nous battrons contre les 10 000 barbares qui tuent, soi-disant au nom d’Allah ». Dès le lendemain des attentats, des réfugiés de Calais et Dunkerque, dont de nombreux Syriens et Kurdes irakiens se sont rassemblés en solidarité à Dunkerque. « Les attaques d’hier à Paris sont horribles… Ce n’est bien dans aucune religion. Ce n’est pas humain et les réfugiés de Calais sont particulièrement contre ces attentats parce que nous avons fait l’expérience de ce genre d’attaque dans notre pays, c’est la raison pour laquelle nous sommes ici. Ce dont nous avons besoin, c’est la paix, et nous pleurons pour les victimes, nous sommes avec elles », a écrit un réfugié afghan.

Les jeunes de l’association des Étudiants musulmans de France (EMF) ont également publié une vidéo le 15 novembre. Des plans fixes s’attardent sur ces jeunes tenant une pancarte noire marquée du hashtag #NousSommesUnis, avec un slam en fond sonore : « Et moi ? Je reste sans voix. (...) Verser le sang des innocents ne répond à aucune loi. Si eux ne l’ont pas compris, moi je ne les comprends pas. (...) Ils voulaient affaiblir la France, ils ont renforcé le cœur des Français, un cri se fera plus fort c’est celui de la fraternité, un pour tous et tous pour l’humanité, nous sommes et resterons unis à jamais ». Ce hashtag, initialement proposé par l’association inter-religieuse Coexister, a été largement repris, notamment par des universités. Dans les rues aussi, le débat s’instaure entre croyants et non-croyants pour sortir des incompréhensions, comme en témoigne cette vidéo où les échanges, courtois mais fermes, avec un imam sont bien plus instructifs que de nombreux débats télévisés. Face aux divisions et suspicions, des citoyens tentent, à leur échelle, de résister et de se parler.

 

@Sophie_Chapelle

Photo de Une : CC Bianca Dagheti

 

 

 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 18:23

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

La non-violence est « la meilleure réponse au terrorisme »

21 novembre 2015 / Lorène Lavocat (Reporterre)
 

 

 

Aux attentats de Paris, la classe politique et médiatique a répondu, presque à l’unisson, par des propos martiaux. Une autre voix propose de voir au-delà de l’émotion et de sortir de « l’idéologie de la violence ». Cela suppose du temps, de la réflexion, un retour sur soi, une attention à l’autre.

 

Des bombardements en Syrie, des manifestations interdites et des militaires qui patrouillent dans les rues. Vous l’aurez compris, « la France est en guerre ». Médias et politiques ont salué le discours martial du président de la République, lundi 16 novembre, à Versailles. Députés et sénateurs ont largement approuvé la prolongation et le renforcement de l’état d’urgence. À l’intensification des frappes aériennes en Syrie s’ajoute la possibilité d’une intervention au sol. Pour répondre aux actes terroristes qui ont fait 129 morts, le gouvernement joue la carte guerrière.

Une décision plébiscitée par les Français, du moins si l’on en croit les sondages. D’après l’Ifop, « 84% des personnes interrogées sont prêtes à accepter davantage de contrôles et une certaine limitation de leurs libertés pour mieux garantir la sécurité, et 85 % approuvent l’intervention militaire en Syrie » [1].

 

« Il y a des moments bien sûr où il faut contraindre »

Pourtant, dans les rues de la capitale meurtrie, les citoyens ont préféré les bougies et les fleurs aux armes, les messages d’amour et d’humour à ceux de haine. « Il y a beaucoup de sagesse au sein de la population, les gens se tournent spontanément vers des actions non-violentes », observe Jean-Marie Muller, philosophe et penseur de la non-violence. Symbole de ce refus populaire de la vengeance, Antoine Leiris, un jeune papa qui a perdu sa femme dans les attentats. Son message adressé aux djihadistes a fait le buzz sur la toile : « Je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Je suis avec mon fils, qui va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie, ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. »

 

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L’humour, une des réponses aux attentats.

Alors, la non-violence peut-elle être une réponse au terrorisme ? Oui, répondent sans hésiter ses défenseurs : « Seule la non-violence peut répondre à la violence. Vaincre le terrorisme, c’est refuser d’entrer dans sa logique de violence », explique Jean-Marie Muller.

Certes, face à une personne armée d’une kalachnikov et déterminée à tuer, la non-violence est un bouclier dérisoire. En 2009, le dalaï-lama affirmait : « Il est difficile de lutter contre le terrorisme par la non-violence. Les terroristes cultivent des mauvais sentiments, leur esprit est fermé. » En août dernier, un attentat a d’ailleurs été évité de justesse dans un train Thalys grâce à l’intervention musclée de trois jeunes états-uniens, militaires ou rompus aux arts martiaux. Ils se sont jetés sur un homme lourdement armé, lui ont porté plusieurs coups de cutter, avant de l’étrangler pour le rendre inconscient. Pas vraiment pacifiste comme action, mais elle a permis d’empêcher un drame.



« Il y a des moments bien sûr où il faut contraindre, reconnaît Serge Perrin, membre du Mouvement pour une alternative non-violente (le Man). Mais il faut absolument rester dans un cadre légal. Et la loi ne se construit pas dans l’urgence, mais dans le débat démocratique. » L’avis est partagé par Jean-Marie Muller, qui met en avant l’initiation à des pratiques de défense comme l’aïkido, qui retourne la violence contre celui qui en use. « Enseigner aux jeunes à se défendre sans violence, c’est aussi important que leur apprendre les maths ! », conclut-il.

 

La guerre ne résout rien

Former les jeunes à être « des artisans de la paix », c’est justement la raison d’être dIntercordia, une association qui accompagne des 20-30 ans dans une mission de solidarité internationale. « Quand survient l’attentat, il est trop tard, admet Baptiste Anguis, chargé de projet au sein de l’ONG. C’est en amont qu’il faut agir, en construisant une culture de paix. » Prendre du recul et de la hauteur, c’est une des invitations de la non-violence : « La culture qui domine nos sociétés est structurée par l’idéologie de la violence nécessaire, légitime et honorable. Désarmer le terrorisme, c’est d’abord désarmer cette idéologie », estime Jean-Marie Muller.

Refuser la violence ne signifie pas nier le conflit, ou ne rien faire, mais proposer d’autres voies pour y répondre. « Pour vaincre le terrorisme, ce n’est pas la guerre qu’il faut faire mais la justice qu’il faut construire », insiste le philosophe. D’ailleurs, la guerre ne résout rien. C’est le constat fondamental de tous les mouvements pacifistes, de Gandhi à Martin Luther King. Dans un dossier consacré à la question du terrorisme, la revue Alternatives non-violentes rappelle ainsi que « l’histoire récente n’enregistre aucun cas dans lequel une lutte armée aurait su transformer un régime », et pointe au contraire – chiffres à l’appui – l’efficacité de la lutte non-violente, « qui est deux fois plus susceptible de mener ses auteurs à leur but que l’action armée ».

 

De l’Irak à l’Afghanistan, de la Libye au Nord-Mali, les faits semblent leur donner raison : comme l’ont rappelé nombre d’analystes, l’État islamique est né de la chute de Saddam Hussein, en conséquence à l’invasion états-unienne.

 

Contre la logique de guerre, les non-violents prônent l’intervention civile de paix. Jean-Marie Muller la définit comme « une intervention non-armée, sur le terrain d’un conflit, de missions extérieures venant accomplir des actions d’observation, d’information, d’interposition, de médiation et de coopération en vue de prévenir ou de faire cesser la violence, de créer les conditions d’une solution politique du conflit qui reconnaisse et garantisse les droits fondamentaux ». Missions d’observation, témoignages et plaidoyer sur la situation, création de zones démilitarisées, éducation populaire à la paix... Au Mexique, des observateurs internationaux se rendent ainsi tous les jours dans des zones de conflit afin d’éviter des massacres de populations civiles.

 

Prendre conscience de « la part de violence qui est en nous-mêmes »

« La paix se gagne au quotidien », insiste Baptiste Anguis. La logique de guerre, très court-termiste, suppose de désigner des coupables à punir. En fait, il vaudrait mieux « faire le constat de l’échec collectif ». « S’interroger sur notre responsabilité, c’est comprendre que notre mode de vie occidental, industrialisé, est un des moteurs de la violence. » Travailler sur les causes de la violence, certes, mais aussi construire au jour le jour « des relations positives, humaines », explique Serge Perrin. « Notre réponse aux actes terroristes passe par une résistance civile collective, par la cohésion sociale, par le vivre ensemble ». Fête des voisins, jardins familiaux, ateliers participatifs. « C’est pour cette raison que les manifestations prévues pendant la COP sont essentielles », pointe le militant.

 

Surtout, la non-violence n’est possible que si chacun d’entre nous prend conscience de « la part de violence qui est en nous-mêmes, explique Baptiste Anguis. Il faut commencer par faire la paix avec soi »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 18:07

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Suite aux attentats, le nouveau visage de la mobilisation citoyenne

21 novembre 2015 / par Emilie Massemin (Reporterre)
 

 

 

La Marche mondiale pour le climat du 29 novembre et les rassemblement citoyens du 12 décembre ont été annulés par le gouvernement, suite aux attentats du vendredi 13 novembre. La Coalition Climat 21 n’a que très peu de temps pour se retourner. Quels sont les plans B envisagés ? Reporterre fait le point.

 

Comment faire pression sur les négociateurs de la COP 21 sans manifester physiquement ? C’est ce casse-tête qu’affronte la Coalition Climat 21, depuis l’annonce mercredi soir 17 novembre de l’interdiction de la Marche mondiale pour le climat du 29 novembre et des rassemblements citoyens du 12 décembre. Une décision gouvernementale communiquée par le ministère des Affaires étrangères, suite aux attentats du vendredi 13 novembre à Paris et à Saint-Denis.

La Coalition n’entend pas baisser les bras. « On nous demande parfois si l’on peut toujours parler de climat dans un tel contexte, rapporte vendredi matin Juliette Rousseau, coordinatrice de la Coalition Climat 21, lors d’une conférence de presse. Oui, plus que jamais, pour deux raisons. D’une part, la crise climatique est liée à des enjeux énergétiques, sources de conflits. Elle va entraîner des guerres, des déplacements de population, et une aggravation de la situation dans laquelle nous nous trouvons. D’autre part, les attentats de vendredi ont attaqué un ’nous’, un collectif. Pour y faire face, il faut une résilience collective. »

 

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La conférence de presse de la Coalition Climat 21

Si la Coalition Climat 21 accepte la décision gouvernementale d’interdire ces deux grandes manifestations, ce n’est pas sans amertume. « Mardi matin, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius nous a laissé entendre que des alternatives nous seraient suggérées. Mais le lendemain, la préfecture de police a renouvelé l’interdiction sans rien nous proposer, alors que d’autres événements comme le marché de Noël des Champs-Élysées ont été maintenus, regrette Juliette Rousseau. Manuel Valls a déclaré que la négociation serait réduite à l’essentiel. Visiblement, nous ne faisons pas partie de cet essentiel. »

Reste alors à reformuler les mobilisations des 29 novembre et 12 décembre, une lourde tâche à laquelle les organisations de la société civile s’attellent depuis jeudi matin.

 

→ La Marche mondiale pour le climat du 29 décembre

Plusieurs pistes sont envisagées pour que la problématique du climat soit présente dans l’espace public le dimanche 29 novembre à Paris. L’ONG Avaaz envisage de « faire exister le parcours de la marche grâce aux créations réalisées par les artistes depuis des mois, utilisées ingénieusement entre République et Nation », décrit Marie Yared, responsable des campagnes France de l’organisation. Ces installations visuelles pourraient se doubler d’un « parcours sonore ».

Un « signe de ralliement dans tout Paris » pourrait être adopté, comme le slogan « ça marche toujours pour le climat ». « En terrasses de café, dans les boulangeries, les coins de rue, les balcons et les fenêtres, et même sur les vêtements, un symbole sera proposé pour exprimer son engagement pour le climat », complète un communiqué de la Coalition Climat 21.

 

Avaaz travaille également à un « appel aux chaussures » pour recouvrir la place de la République et les rues avoisinantes, et ainsi symboliser les pas des marcheurs. « La négociatrice en chef de la délégation française Laurence Tubiana a même prévu d’envoyer ses Converse », sourit Marie Yared.

 

Un site internet baptisé March 4 Me sera mis en ligne mercredi 25 novembre, pour « faire que ceux qui ne peuvent pas marcher puissent marcher symboliquement », explique Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement. Il sera complété sur Twitter du hashtag #March4Me. L’objectif est de mettre en relation les Franciliens privés de manifestation, avec des marcheurs d’autres villes voire d’autres pays, qui pourraient arborer leurs photos et prénoms sur leurs défilés. En effet, « 57 très grandes marches sont prévues dans des grandes villes du monde les 28 et 29 novembre, et 2 176 mobilisations dans le monde entier », selon Marie Yared.

Le collectif Les Désobéissants a pour sa part appelé à manifester malgré l’interdiction du gouvernement, dans un communiqué. « Nous refusons la stratégie du choc qui consiste à utiliser les attentats tragiques de ce vendredi 13 novembre pour restreindre les libertés », écrivent-ils. Vendredi soir, 2 900 personnes s’étaient déjà inscrites à cette marche sur la page Facebook de l’événement.

 

→ Les rassemblements citoyens du 12 décembre

Avant les attentats, deux temps forts étaient prévus : un encerclement du Bourget avec des structures gonflables rouges symbolisant les « lignes rouges » franchies par les négociateurs, et des chaînes humaines place de la République.

Pour l’instant, les organisateurs restent énigmatiques sur les plans B envisagés. « On réfléchit à des mobilisations ingénieuses pour que des dizaines de milliers de personnes soient dans la rue, mais sans rassemblements », indique seulement Malika Peyraut, des Amis de la Terre. « Certains pensent que la désobéissance civile est un devoir. Nous lançons un appel à la désobéissance civile, tout en tenant compte du contexte », complète Eros Sana, du mouvement de désinvestissement des énergies fossiles 350.org.

 

« Il ne faut pas céder à la peur »...

 

Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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