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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 14:20

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Grèves

Chez McDo, la lutte contre l’évasion fiscale rejoint celle pour de meilleures conditions de travail

par

 

 

 

Six restaurants McDonald’s étaient en grève le 13 janvier au soir, dans le nord de Paris. Aux côtés des salariés du syndicat CGT McDonald’s, une centaine de militants et d’étudiants se sont mobilisées contre la dégradation des conditions de travail chez le géant du fast-food et sa politique d’évasion fiscale. « Ces dernières années, des bornes automatiques ont été installées dans tous les restaurants, illustre Gilles Bombard, de la CGT McDonald’s. Les clients commandent et paient avant d’être servis. Résultat : il faut servir dix personnes en même temps. Nous sommes obligé de préparer les commandes très vite, sous le regard des clients qui s’impatientent, ce qui est très stressant. Nous sommes à flux très tendu. Nous n’avons même plus le temps de boire un verre d’eau. Pour McDo, c’est tout bénef, bien sûr. Ils maintiennent leur chiffre d’affaire en diminuant le nombre de salariés. »

Les salariés s’insurgent aussi contre la très forte proportion de restaurants franchisés. Selon les gréviste, 80% des enseignes McDo sont gérées par un employeur indépendant qui paie la multinationale pour l’utilisation de sa marque, de ses produits et de ses fournisseurs. « Les salariés n’y ont pas de comité d’entreprise (CE), ni de 13ème mois contrairement à ceux qui sont embauchés directement par McDo France », explique Gilles Bompard. Certains franchisés trichent, car ils possèdent plusieurs restaurants, et comptent donc suffisamment de salariés pour être dans l’obligation de mettre en place un comité d’entreprise. « La CGT a lancé des actions en justice pour que ces tricheurs soient punis et obligés de respecter les droits des salariés. Mais c’est long, soupire le syndicaliste. Il y en a au moins pour deux ans, à chaque fois. C’est toujours ça de gagné pour eux. »

 

Lutte commune contre l’évasion fiscale

« D’un côté, ils maltraitent les salariés ; de l’autre, ils trichent en ne payant pas leurs impôts », ajoute Julie Mandelbaum, de l’association ReAct, qui appuie l’organisation collective de salariés pour défendre leurs droits face et abus des entreprises multinationales. Pour les grévistes, maltraitance des employés et évasion fiscale sont les deux faces d’une même médaille. « Depuis 2009, McDonald’s a bénéficié de mécanismes de réductions fiscales en domiciliant ses activités financières au Luxembourg. L’Union européenne devenant trop regardante sur la perception d’impôts sur les bénéfices, ces activités ont été rapatriées à Londres, dénoncent le ReAct et la CGT. À cela, s’ajoute les aides fiscales du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) – l’équivalent de 0,7% de son chiffre d’affaires en 2013 pour « création d’emploi » alors même que le groupe connaît un turn-over de près de 60%. »

Les échanges entre étudiants émargeant chez Mc Do et militants en guerre contre l’évasion fiscale ont commencé pendant le mouvement social contre la Loi Travail, explique Julie Mandelbaum. La mobilisation contre Mc Do traverse également les frontières. Aux États-unis, le collectif « Fight For 15 », créé en 2012, se bat pour l’augmentation du salaire minimum– à 15 dollars de l’heure – et pour les libertés syndicales. Le mouvement a déjà obtenu l’augmentation du salaire minimum dans certains États du pays. Le 29 novembre dernier, ils se sont mobilisés dans 340 villes différentes.

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 21:43

 

 

Source : http://leplus.nouvelobs.com

 

 

Handicapé moteur, le train est un enfer pour moi : j'attaque la SNCF pour discrimination

 

Par 
Étudiant

LE PLUS. Kevin Fermine, étudiant en droit, est handicapé moteur. Avec le temps, ce Toulousain atteint du syndrome de Little a appris à accepter sa maladie. Mais lorsqu’il prend un train, on lui rappelle systématiquement sa différence. Toilettes inaccessibles ou wagon restaurant inatteignable en fauteuil roulant, il ne dispose pas des mêmes possibilités que les autres usagers. Il a donc décidé d’assigner la SNCF pour discrimination.

 

Édité et parrainé par Louise Auvitu

 

Depuis ma naissance, je suis atteint du syndrome de Little, une affection neurologique, qui m’empêche de conserver mon équilibre. Je suis handicapé moteur : je ne peux me déplacer qu’en fauteuil roulant.

 

J’ai appris à vivre avec ma maladie et mon infirmité et a accepté ma différence.

 

Quand je dois me déplacer, je suis contraint de me renseigner pour savoir si le lieu est accessible aux handicapés. Je n’obtiens pas toujours de réponse et il m’arrive d’être confronté à des marches et de devoir faire demi-tour. Bien que cela m’attriste de réaliser que je ne suis pas considéré par la société, je sais qu’on ne peut pas espérer des changements du jour au lendemain, à coup de baguette magique.

 

En revanche, ce que j’ai beaucoup plus de mal à accepter, c’est qu’une entreprise comme SNCF ne daigne pas faire le moindre effort. Aujourd’hui, ni les gares, ni les trains ne sont adaptés pour les gens comme moi.

 

Des obstacles insurmontables

 

L’année dernière, j’avais fait le choix de faire mes études à Montpellier, mais tous les week-ends, je rentrais à Toulouse pour retrouver ma petite amie et mes parents. Systématiquement, j’ai été confronté à des obstacles insurmontables.

 

Mes problèmes débutent dès la réservation des billets de train. Comme je suis handicapé moteur, je dois faire appel au service "accès plus" de la SNCF, en particulier lorsque je voyage seul. Il s’agit d’un service gratuit d’accueil en gare et d’accompagnement au train.

 

C’est bien que la SNCF propose une telle prise en charge. Le problème, c’est que je suis obligé de les prévenir 48 heures plus tôt et que si je souhaite changer de train, je n’ai aucune garantie d’avoir quelqu’un pour m’aider une fois sur place. Il m’est arrivé de louper mon train et d’attendre le prochain parce qu’il n’y avait personne pour m’aider.

 

Les autres passagers sont priés de m’enjamber

 

Je suis totalement dépendant du modèle de train dans lequel j’embarque. Il faut savoir que la majorité d’entre eux sont tout bonnement inaccessibles. Le pire étant les TGV en duplex.

 

Pour me hisser de plateforme au train, j’ai besoin de l’aide d’une personne du service "accès plus". Avec mon fauteuil, je passe la porte de quelques centimètres, mais après les choses se compliquent. Rouler, tourner, faire demi-tour, je ne peux en aucun cas me déplacer à l’intérieur de la rame.

 

Une fois à l’intérieur, un nouvel obstacle surgit : il n’existe quasiment pas d’emplacement réservé aux handicapés et quand il y en a, il n’y en a qu’un. Alors si je me retrouve avec une autre personne dans la même situation que moi, on nous parque tous les deux dans un mini espace.

 

En règle générale, on m’installe en plein milieu d’une allée. Les autres passagers sont priés de m’enjamber pour circuler dans le train. C’est particulièrement dégradant de voyager dans ces conditions.

 

Les contrôleurs n’acceptent pas toujours de m’aider

 

Une fois en place, je ne peux plus bouger. Si je souhaite me rendre quelque part, je dois appuyer des boutons d’assistance qui sont rarement activés. Et lorsque je demande à un contrôleur, ces derniers n’acceptent pas toujours de m’aider. Il y a aussi un service d’urgence "accès plus", mais il est payant.

 

L’un d’entre eux m’a d’ailleurs rétorqué :

 

"Estimez-vous heureux, vous avez la climatisation."

 

Imaginez-vous faire un trajet de six heures, sans pouvoir vous rendre au wagon restaurant ou aux toilettes ? C’est simple, il m’est arrivé de me pisser dessus.

 

Quand quelqu’un daigne m’aider, je suis dans l’incapacité de faire rentrer mon fauteuil dans l’habitacle, soit je ne peux pas fermer la porte.

 

J’ai porté plainte contre la SNCF pour discrimination

 

Très vite, mes allers-retours en train se sont transformés en enfer. J’en ai eu marre de cette situation. J’ai alors décidé en août dernier d’adresser plusieurs courriers de mise en demeure à la SNCF qui m’a envoyé des réponses types écrite avec un jargon purement juridique.

 

En octobre, j’ai porté plainte contre la SNCF pour discrimination, pour finalement saisir le tribunal administratif il y a un mois.

 

Je ne cherche absolument pas à obtenir des dommages et intérêts. Non, tout ce que je veux, c’est que la SNCF reconnaisse ses torts et qu’elle fasse les aménagements nécessaires pour que je sois enfin considéré comme tous les autres citoyens français.

 

 

Propos recueillis par Louise Auvitu

 

 

 

Source : http://leplus.nouvelobs.com

 

 

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 18:27

 

Source : http://www.lavoixdunord.fr

 

 

EMPLOI

Les caisses automatiques vont-elles tuer le métier d’hôtesse ?

 

Jean-Marc Petit |

 

 

Caisse-minute, scanner libre-service ou par smartphone, les formes d’encaissement automatique se multiplient. Photo Pierre Le Masson

Caisse-minute, scanner libre-service ou par smartphone, les formes d’encaissement automatique se multiplient. Photo Pierre Le Masson

La première est apparue à l’hypermarché d’Auchan V2 en juin 2004. Pour la première fois, la « caisse minute » permettait au client de scanner des articles en libre-service et de payer directement à la machine sans autre intervention humaine.

 

 

Depuis, les caisses automatiques (ou « caisses alternatives ») ont proliféré dans toute la grande distribution. On en compterait aujourd’hui plus de 10 000 implantées dans le commerce alimentaire (source LSA), même si aucune statistique officielle n’existe. Il faut dire que le débat est délicat au sein de la grande distribution et perdure depuis quinze ans. Les caisses automatiques, comme toutes les nouvelles formes de paiements automatisés (via scanner, chariots connectés ou smartphone) tuent-elles le métier d’hôtesse de caisse ?

C’est la crainte de la CFDT d’Auchan France qui manifeste ce vendredi à Englos à ce sujet. «  Une nouvelle vague d’automatisation se prépare  », estime Guy Laplatine, délégué central CFDT du groupe. «  La fuite en avant de la guerre des prix, les marges qui se réduisent font que les enseignes recherchent à tout prix des gains de productivité. Plus de 1 500 postes équivalents temps plein sont visés sur trois ans, soit au bas mot plus de 2 000 emplois d’hôtesses de caisses qui seront remplacées par des automates.  »

 

Gains de productivité

Des chiffres «  sans aucun fondement  » selon un porte-parole d’Auchan qui assure «  qu’il n’y a jamais eu et qu’il n’y a pas de plan prévu de suppressions d’emplois en caisse  ». Le développement des « caisses alternatives » répond à l’intérêt du client pour gagner du temps. Sans remettre en cause le nombre d’hôtesses de caisses. Et de fait, selon Auchan, les effectifs d’hôtesses de caisse seraient même en augmentation autour de 14 000.

Des chiffres contestés par la CFDT pour qui le poste « relation client » est resté stable depuis dix ans. «  Sauf que pendant ce temps, on a ouvert cinq hypermarchés et quatre-vingt-dix-sept drives  », constate Guy Laplatine pour qui l’arrivée des caisses automatiques a fait perdre (ou gagner selon le point de vue où l’on se place) près de 2 millions d’heures de travail entre 2008 et 2010, soit 1 800 équivalents temps plein. Le débat n’est pas clos.

La voix de Jean-Marc Petit : « Des robots ou des salariés ? »

La polémique autour de l’automatisation des caisses est un aspect du débat plus global sur les mutations actuelles du travail liées aux nouvelles technologies et à la révolution numérique. Serons-nous tous demain remplacés par des robots ? Non, rassure le Conseil d’orientation de l’emploi (COE), qui vient justement de publier une étude évaluant l’impact des nouvelles technologies sur l’emploi.

Selon le COE, seul un emploi sur dix serait très exposé aux mutations technologiques, au risque d’être supprimé. Les métiers les plus concernés sont souvent manuels et peu qualifiés. À eux seuls, les agents d’entretien représentent 21 % de l’ensemble des emplois à risque, suivis par les ouvriers qualifiés des industries de process et les ouvriers non qualifiés de la manutention.

Pour autant, un emploi sur deux est aujourd’hui transformé par la robotisation et la numérisation. D’autres métiers apparaissent, générés par les bouleversements technologiques. Nos métiers « mutent », préparons-nous…

« Moins pénible physiquement, mais plus stressant »
 

Les hôtesses de caisse veulent pouvoir alterner.  Photo Ludovic Maillard

Sociologue du travail à l’université Paris-Dauphine, Sophie Bernard s’est intéressée dans plusieurs ouvrages aux mutations du travail. «  L’obsession de la grande distribution, c’est l’adéquation parfaite entre le nombre de caissières et le flux de clients. Les caisses automatiques sont un outil, dans ce processus de rationalisation, pour gérer les pics d’affluence.  »

Mais l’impact sur l’emploi reste difficile à déterminer. «  Quand une hôtesse gère quatre à six caisses automatiques, on peut penser que cela supprime des postes de caisses classiques. En fait, on vient souvent rajouter des caisses automatiques aux lignes classiques au moment de la rénovation d’un magasin. Et l’effet sur l’emploi se fait insidieusement par le non-renouvellement de CDD ou le non-remplacement de départs en retraite.  »

 

« Un travail en simultané »

L’effet des caisses automatiques se fait surtout ressentir dans les nouveaux modes de travail des hôtesses de caisse. «  D’un travail très séquentiel, où les choses s’enchaînent avec de petits temps morts, on passe à un travail en simultané où l’on supervise plusieurs caisses en même temps. C’est certes moins pénible physiquement mais beaucoup plus stressant car nécessitant une attention permanente, ininterrompue, avec plusieurs clients à gérer simultanément. La relation avec celui-ci est purement de contrôle, donc parfois source de conflit. Les caissières ne remettent pas en cause les caisses automatiques. Elles apprécient la polyvalence qui évite l’ennui. Mais les hôtesses refusent de vouloir travailler exclusivement sur automates, elles veulent pouvoir alterner avec les caisses classiques.  »

La plupart des enseignes ont d’ailleurs choisi de limiter le travail posté aux caisses automatiques à quatre heures. Quant au client, qui croit gagner du temps, une étude a montré qu’il scanne deux fois plus lentement qu’une caissière. Comme il est occupé, seule la perception du temps d’attente diminue…

 

J.-M. P.

 

 

 

Source : http://www.lavoixdunord.fr

 

 

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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 21:05

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

Tribune

Grippe et hôpitaux : comment un virus saisonnier peut-il produire une telle situation ?

 

Professeur de médecine en pédiatrie et néphrologie, Université Aix-Marseille

L’épidémie en cours met en lumière l’exaspération de toute une profession.
 

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a déjà averti que « le bilan de la grippe cette année sera probablement lourd ». - NICOLAS MESSYASZ - JACQUE/SIPA

L’épidémie de grippe devrait , selon Santé publique France. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a déjà averti que . Le 11 janvier, elle a appelé à reporter les opérations non urgentes pour « désengorger » les . Et la difficulté à garantir la disponibilité des lits dans les hôpitaux a pris la première place dans la communication ministérielle.

Que se passe-t-il, pour qu’un événement aussi récurrent qu’une épidémie de grippe hivernale engendre de telles tensions ? Comment un virus de saison a-t-il pu « gripper » à ce point la mécanique ? La réponse n’est pas simple, mais cette crise montre à quel point notre système de santé est malmené par des choix politiques radicaux qui ne datent pas d’hier. Ceux-ci se révèlent avec le temps bien plus dangereux pour la santé des citoyens que le virus grippal lui-même.

Car voici ce que j’entends, en tant que médecin de l’hôpital, quand j’écoute la ministre de la Santé : « Chers praticiens hospitaliers, il faut déprogrammer les hospitalisations prévues pour faire de la place à la grippe. Votre charge de travail, déjà lourde, va encore augmenter. Les blocs opératoires seront vides mais les services, pleins de patients en attente d’intervention. Les absences ne seront pas remplacées, vous savez que l’hôpital doit être à l’équilibre. J’en conviens, le bilan de cette épidémie risque de ne pas être bon, mais c’est de la faute du virus. »

Une profession exaspérée

L’épidémie en cours met en lumière l’. Parmi les contraintes qui ont conduit à l’hôpital « grippé » d’aujourd’hui, il y a d’abord la dictature des indicateurs chiffrés imposée par la , la T2A.

Instituée en 2004, la T2A remplit les caisses de l’hôpital en fonction du nombre et du type de séjours de patients. Au début, la T2A a été perçue comme un levier de la performance, stimulant à la fois l’activité et la maîtrise des coûts. Mais l’hôpital est finalement devenu une entreprise sans en avoir la culture, entrant dans une qui a conduit à la dégradation de sa situation financière. Cette contradiction est responsable d’une , à l’instar de ce qui se passe dans d’autres services publics privatisés ou en voie de l’être, comme France Telecom devenu Orange, ou La Poste.

L’apologie de l’ambulatoire

Avec la T2A est venue l’apologie du « virage ambulatoire », visant à opérer les malades sans les garder pour la nuit. Cette généralisation des interventions en ambulatoire se traduit par une capacité moindre d’hospitalisation. L’évolution sur les trois dernières années du nombre de lits disponibles en France fait actuellement l’. Par contre, il est établi que ces chiffres ont décru de façon significative sur une période plus longue. Les hôpitaux publics sont passés de 392 644 lits en 1981 à 256 051 lits en 2011, et les hôpitaux privés à but non lucratif de 70 479 en 2000 à 57 717 en 2011, (Irdes).

Ces restructurations n’ont pas démontré, à ce jour, leur efficacité en termes de santé publique. L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a rendu en 2012 un rapport sur les effets de la tarification à l’activité sur le management des établissements de santé, et ses conclusions n’étaient pas tendres. La T2A a eu, au mieux, un impact limité sur la définition d’une stratégie d’offre de soins, tant à l’échelle des établissements de santé qu’au niveau régional. Et le tout récent , dernier acte d’une planification arbitraire du système de santé, n’est pas de nature à changer la donne.

Allez aux urgences, c’est toujours ouvert

Pour en revenir à l’épidémie de grippe, la ministre de la Santé ne rend pas service à l’hôpital en appelant à décaler les opérations chirurgicales programmées. Car elle fait passer, du même coup, un message implicite : « Que votre médecin traitant réponde ou pas au téléphone, allez aux urgences, c’est toujours ouvert ! »

Dans les périodes où les virus de la grippe et de la gastro-entérite circulent intensément, les médecins généralistes se retrouvent en effet en première ligne. Ils ne sont pas assez nombreux pour répondre aux demandes de consultations et , ce qui se traduit par un report d’activité sur les services d’urgences des hôpitaux. Aujourd’hui, le problème des « déserts médicaux » est bel et bien reconnu, et la crise actuelle en fournit une illustration.

On ne peut attendre de l’hôpital public qu’il reste performant dans les situations extrêmes, alors que les ressources allouées sont en baisse constante. Pour éviter qu’un mécanisme se grippe, il faut mettre régulièrement de l’huile dans les rouages. Un sondage réalisé en 2016 montre que . Ils ne peuvent rester accueillants sans une vision claire proposée par leurs dirigeants, qui manque aujourd’hui. Car un hôpital qui tourne bien, c’est d’abord une affaire d’état d’esprit.

The Conversation

, Professeur de médecine en pédiatrie et néphrologie,

La de cet article a été publiée sur .

 

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 21:27

 

 

Source : http://www.streetpress.com

 

 

Je suis SDF, voici comment j’arrive à survivre à la rue

 

10 Janvier 2017

 

par Christian Page, Malgré une demande de logement social et un dossier de droit au logement opposable, Christian Page, 44 ans, dort à la rue depuis qu’il a divorcé, perdu son emploi puis son logement. Cela fait deux ans.

 

411 personnes sont mortes dans la rue en 2016 selon le Collectif des Morts de la Rue. Christian Page, SDF, raconte comment il y survit.

Là, c’est ma chambre à coucher avec mes quatre couvertures, mon duvet [Christian montre la grande poche de son sac à dos kaki, puis ouvre une petite poche intérieure]. Là c’est mon bureau avec mes papiers, mes stylos. Tout en bas, j’ai la salle de bain avec le déo, le gel douche, les cotons-tiges. Et puis ici [il sort une gourde de la pochette du dessus], c’est le bar : elle est vide, mais c’est dans celle-ci que je mets de l’eau et je précise bien, que de l’eau ! Sinon la bière, elle perd son gaz.

J’ai toujours tout sur moi. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Comme ça, si je me retrouve à l’autre bout de Paris, je peux dormir sur place. Car le vrai problème, c’est le logement. J’ai un petit endroit où je dors avec Ervé et les copains. Si t’es tout seul, tu peux te faire dépouiller. On a trouvé un coin à l’abri du vent, au bord du canal Saint-Martin, quai de Jemmapes. C’est l’entrée d’un centre de loisirs de la ville de Paris [Espace Jemmapes]. Parfois le personnel apporte du café au réveil. Pas tout le temps… Mais on ne peut pas demander aux gens de remplacer l’Etat ! J’aimerais bien qu’Emmanuelle Cosse m’apporte mon petit café le matin, en admettant : « Excuse-moi, je suis ministre du logement et je n’ai rien pour toi ! ».

 

 

 

Couverture

 

« J’aimerais bien qu’Emmanuelle Cosse m’apporte mon petit café le matin, en admettant : “Excuse-moi, je suis ministre du logement et je n’ai rien pour toi !”. »

Christian Page, sans-abri

 

 

Si j’ai choisi ce quartier c’est parce que c’est un vrai quartier populaire, où les gens veillent encore les uns sur les autres. Quand ça a commencé à faire frisquet, une dame est descendue et m’a donné une couverture. Il y a l’épicier de la rue Bichat qui nous file toujours un truc en plus quand on va faire nos courses et le gars qui nous ramène les pizzas qui lui restent après la fermeture du restaurant. Ils ont peur de devenir comme nous. Ils se disent : « Si je l’aide à s’en sortir, si un jour je me retrouve à sa place, quelqu’un m’aidera. »

 

Droit au logement opposable et hébergement d’urgence

Il y a bien l’hébergement d’urgence. T’appelles le Samu social à 6h du mat’. Tu tapes le 115… Une fois que tu auras passé le quart d’heure de disque – « You’re phoning le 115… » – ils répondent : « Rappelez à partir de 19h parce qu’on n’a plus de place. » A 19h, ils te disent rappelez à partir de 21h. A 21h : « Écoutez, allez vous mettre à Nation, quai du RER A, direction Boissy-St-Léger. » A cet endroit, alors que le dernier bus est passé, les mecs du Samu arrivent et annoncent : « Bon, les gars, il y a neuf places… » Voilà. Ce que les gens ne savent pas, c’est qu’il y a aussi le DAHO, le droit à l’hébergement opposable. Si au bout de six mois, on ne t’a pas trouvé un hébergement, alors t’as le droit de porter plainte contre l’Etat. T’es seul, t’es à la rue, tu déposes plainte contre l’Etat… C’est bien, mais en gros t’as aucune chance. J’en suis là.

 

 

 

Couverture

 

« Le DAHO ? T’es seul, t’es à la rue, tu déposes plainte contre l’Etat… C’est bien, mais en gros t’as aucune chance. J’en suis là ».

Christian Page, sans-abri

 

 

Tous les matins, je vais rue Bichat, dans un accueil de jour de la fondation Abbé Pierre. On peut tout faire : prendre une douche, faire une machine à laver, petit-déjeuner. L’hiver, il faut manger beaucoup plus parce que le froid te fait dépenser plus de calories. Je mange que des choses fraîches. Donc je vais dans des associations qui cuisinent. Sinon ce sont des barquettes Sodexo et c’est de la merde. Il n’y a aucune valeur nutritive. On a besoin de vitamines, de sels minéraux. Donc je prends toujours un bon petit-dèj, histoire de remettre le corps à température, puis je fais ce que j’ai à faire. Malheureusement, j’ai souvent rien à faire.

 

Rendez-vous et petits jobs au black

J’ai parfois des rendez-vous quand même, et pas que avec ma bière ! Je vais voir des assos qui donnent des bons pour des soins ou pour aller voir un ophtalmo – j’ai des lunettes [avec un verre cassé]. Dans ce cas-là, j’y vais à pieds. Je pars une heure en avance. Je ne prends pas le métro. C’est très con : quand je travaillais, je payais les transports. Depuis que j’ai les transports gratuits [avec le RSA], je marche.

Il m’arrive aussi de filer un coup de main à une mamie parce que faut ramener un pack de lait chez elle ou l’aider pour un déménagement. Un jour une personne âgée m’a juste demandé de décrocher ses rideaux et de les emmener au pressing puis de les raccrocher. Un petit débarrassage de câbles de temps en temps… Ouais c’est du black, que je ne déclare pas, mais bon qu’ils viennent me faire un procès et moi je leur apprends ce que c’est que l’article 345 2-2 du code de l’action sociale qui dit que toute personne devrait avoir accès à un hébergement.

 

Mon fils m’aide à tenir

Ce qui me fait tenir ? [Il sort son portable. Un ado en photo d’arrière-plan] C’est la seule photo que j’ai. C’est mon fils. Il s’appelle Pierrick, il a 13 ans. Il vit avec sa mère à Perpignan. Je ne l’ai pas vu depuis deux ans et je ne peux pas communiquer avec lui. Tout doit passer par sa mère. Elle a intenté une procédure pour m’enlever tous les droits parentaux du fait que je suis SDF. C’est dégueulasse. Mais au mois d’août, j’étais au bord du canal, un peu dépressif en pensant à tout ça et puis un gars costard-cravate débarque et me demande s’il peut faire quelque chose pour moi. Je le regarde et lui dis : « A moins que vous soyez ministre de la justice, vous pouvez rien faire. » Et là, le mec me répond : « Ben écoutez je suis avocat, on peut peut-être s’y mettre… » Je lui ai montré la procédure. Il m’a donné rendez-vous le lendemain à 11h à son cabinet, juste à côté dans le quartier. Je suis tombé sur un très très bon avocat qui est en train de remettre tout ça dans l’ordre.

 

 

 

Couverture

 

« Le problème dans la rue c’est que tu meurs quand tu as accepté ta condition. »

Christian Page, sans-abri

 

 

Le problème dans la rue c’est que tu meurs quand tu as accepté ta condition. Alors là, le compteur se met en route, tu t’isoles, tu ne prends plus soin de ta santé, plus soin de ton apparence et tu crèves au bout d’un moment. Si tu renonces à tout ça, et que tu te dis « non, non je suis quelqu’un, je vais me battre, je prends soin de moi ». Là tu survis.

Edité par Sarah Lefèvre
 

 

 

 

Source : http://www.streetpress.com

 

 

 

 

 

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 20:37

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Europe : une pétition pour la démission de Juncker recueille déjà 75.000 signatures

 

 

 

Lancée il y a quelques jours sur change.org, une pétition demandant le départ pur et simple de l'actuel président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, empêtré dans le scandale LuxLeaks, a déjà recueilli plus de 75.000 signatures.

 

 

La pétition demandant le départ de Jean-Claude Juncker a recueilli plus de 75.000 signatures en quelques jours. - Degiorgio/Shutterstock/SIPA

"Jean-Claude Juncker doit partir !" C’est en ces termes, limpides, que commence la pétition lancée il y a quelques jours contre le président de la Commission européenne sur la plateforme par Jacques Nikonoff, professeur d’économie à Paris VIII et 2017 sous la bannière du Parti de la démondialisation (Pardem), créé en février 2016. Ouvrier, énarque, issu d’une famille communiste et partisan de la restitution de la souveraineté aux peuples (notamment monétaire), Jacques Nikonoff, 65 ans, dénonce en effet l’attitude des responsables européens et en particulier de Jean-Claude Juncker et ses collègues luxembourgeois qui acceptent d’appliquer, écrit-il, "une austérité dramatique pour les peuples" tout en agissant afin d'"empêcher la lutte contre le dumping fiscal." 

 

Et pour cause. Dans la tourmente depuis les révélations, en 2014, du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) autour du gigantesque scandale financier LuxLeaks, le Luxembourg ne cesse d’affirmer que sa haute administration n’était pas au courant des accords secrets conclus avec les cabinets d'audit travaillant pour le compte de multinationales dans le but de faire baisser les impôts de ces dernières sur le sol luxembourgeois. Or, explique Jacques Nikonoff dans la pétition, le quotidien britannique a publié début janvier allemands qui montrent que les dirigeants du Grand-Duché n’ignoraient rien de ces pratiques.

Pis, Jean-Claude Juncker, ancien ministre des Finances puis Premier ministre du Luxembourg entre 1995 et 2013 aurait, toujours d’après le Guardian, posé son veto au nom de son pays à une proposition visant à accroître le partage d’informations entre les États au sujet des accords confidentiels avec les multinationales, ou encore à une enquête sur les stratégies d’évitement fiscal des grands groupes, dans le cadre des travaux du comité "Code de conduite (fiscalités des entreprises)", créé en 1998 par le Conseil européen afin de lutter contre l’évasion fiscale.

"Monsieur Juncker doit quitter son poste"

"Par conséquent Monsieur Juncker doit quitter son poste de président de la Commission européenne", conclut Jacques Nikonoff. "Soit il démissionne de lui-même s’il lui reste un peu de décence, soit les commissaires européens nomment un autre président. C’est d’ailleurs ce qu’avait fait, rappelle-t-il, la Commission européenne en 1999 qui avait démissionné le président de l’époque, Jacques Santer accusé d’avoir couvert des fraudes et du népotisme."

La pétition a déjà recueilli plus de 75.000 signatures. "Ce monsieur (Juncker) représente exactement ce qui a amené tant de gens à se détourner d’une grande idée, l’Europe", déplore l’un des signataires. "Encore un qui a confondu intérêt général et intérêt particulier", regrette un autre. "La corruption et la collusion ça suffit ! Donnez nous une Europe sociale et démocratique si elle doit vivre... sinon tuons-la !!!!" propose un troisième.

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 20:33

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

« C’était même pas : dans quelles conditions elle est décédée… c’est : mon Dieu la famille va arriver »

Marseille. Deux aides-soignantes virées pour avoir dénoncé pressions et maltraitance !

Publié le 11 janvier 2017

 

 

Deux aides-soignantes d’un établissement pour personnes âgées du groupe KORIAN, à Marseille, ont été licenciées après avoir dénoncé des cas de maltraitance et des pressions subies au travail par le groupe KORIAN situé à Marseille. Déjà licenciées à l’heure du reportage sur France Culture, les deux aides soignantes avaient témoignées de nouveau à la radio de leurs conditions de travail en décrivant les pressions que subissaient les employé-e-s, ainsi que les maltraitances que subissent les résidents. L’inspection du travail va mener une enquête sur les risques psycho-sociaux que représente l’établissement. La CGT Santé et Actions sociale a lancé une pétition demandant leurs réintégrations.

Les situations et citations sont basées sur leurs témoignages sur France Culture.

 

Un manque cruel d’effectif : « Si on veut respecter la personne, on ne peut pas respecter le planning »

 
Les aides-soignants, qui s’occupent intégralement de personnes très âgées souffrant de démence, ne sont qu’au nombre de deux par étage, parfois même seuls, et peuvent avoir en charge jusqu’à 24 résidents. À deux, ils doivent faire prendre leur douche aux résidents, leur faire prendre leur repas et gérer les crises de démence et les décès. Mais, avec le peu de temps qu’ils ont, impossible pour eux de s’occuper convenablement des patients, notamment à cause du temps perdu à s’occuper des patients les plus difficiles, ce qui les amène à bâcler leur travail pour pouvoir s’occuper de tous les résidents.

Malgré leur demande à la direction pour avoir plus de personnel, leur effectif reste inchangé. Les employés se sont plaints que la direction cherche à les culpabiliser pour les mauvais traitements qu’ils infligent aux patients faute de temps et que tout est fait pour les responsabiliser dans des situations parfois insoutenables.
 

 

« Ils ont travaillé toute leur vie pour se payer une retraite… ils payent leur maltraitance et leurs morts »

 
Les résidents payent environ 6000 € par mois et leurs repas pour la journée (petit-déjeuner et goûter inclus) coûtent… 4 €. Et ce prix n’est sûrement pas dû à des salaires mirobolants pour les aides-soignants ! Par exemple, les deux évoquées en début d’article sont chacune payées 1230 € et 1290 € par mois. Une belle usine à fric… subventionnée par l’État.

Une des aides-soignantes s’occupait d’une vieille dame de 87 ans, qui posait peu de problèmes en dehors de crises d’angoisse qui arrivaient notamment si on fermait sa porte. Mais, une nuit, des intérimaires peu formés et ne connaissant pas les patients, s’occupaient de l’étage et ont fermé la porte, ont mis leurs bipeurs (qui prévient l’aide-soignant quand un patient a besoin d’aide) dans leur chariot pour pouvoir dormir pendant leur pause. Les aides-soignantes ont retrouvé la vieille femme le lendemain matin, face contre terre, baignant dans son sang. Elles n’avaient aucune idée de ce qui lui était arrivée, et, sous le choc, ont appelé un infirmier qui s’est occupé de la remettre dans son lit et de nettoyer la chambre. « C’était même pas : dans quelles conditions elle est décédée… c’est : mon Dieu la famille va arriver ». « Il fallait faire toute une mise en scène pour que quand la famille arrive on s’imagine une mort naturelle ». Elles racontent avoir fait part de cet accident à la direction, qui a nié en bloc et remis en cause leurs témoignages. « On ne peut pas le marquer sur l’ordinateur, sur le DRI, parce que sinon on va se faire massacrer par la direction ».
 

 

« Il faut que je dénonce ces monstres »

 
En décembre, deux d’entre elles se sont faites licencier et demandent leur réintégration au sein de l’établissement ! Elles espèrent que l’enquête de l’inspection du travail va permettre à d’autres employés de témoigner des cas de maltraitance et des pressions subies au travail, la direction niant en bloc toutes ces accusations.

Il est indispensable de soutenir les deux aides-soignantes qui ont eu le courage de porter sur la place publique la réalité qui se cache derrière les murs de l’établissement. En effet, le traitement inhumain infligé aux personnes âgées et les pressions physiques et morales infligées au personnel sont la résultante d’une volonté, pour la direction, d’une maximisation du profit. C’est pour cela qu’il s’agit non seulement d’exiger la réintégration des deux aides-soignantes, car leur licenciement est avant tout un avertissement envers tous les employés, mais aussi l’embauche de personnel et des équipements adaptés pour qu’une telle tragédie ne puisse plus avoir lieu.

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 17:55

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

A Dax, le procès du faucheur de chaises devient celui de la BNP

Par Dan Israel
 
 
 
 

Jon Palais était jugé pour avoir « réquisitionné » 14 chaises dans une agence parisienne de BNP-Paribas en 2015, afin de dénoncer l'évasion fiscale à laquelle participe la banque. Des centaines de personnes étaient présentes toute la journée pour le soutenir, et les juges ont semblé très compréhensifs envers son geste.

 

 

 

De notre envoyé spécial à Dax (Landes). - Il y a fort à parier que si BNP-Paribas avait su la tournure que prendraient les événements, elle n’aurait pas porté plainte contre les « faucheurs de chaises ». Le premier procès de l’un des militants, auteurs de « réquisitions citoyennes » de sièges dans les agences bancaires pour dénoncer l’évasion fiscale, s’est déroulé à Dax ce lundi 9 janvier. Il a non seulement été l’occasion d’une démonstration de force de la société civile, avec plusieurs centaines de personnes mobilisées pour soutenir le prévenu, Jon Palais. Mais la justice s’est aussi montrée particulièrement bienveillante avec le militant qui se revendique de la désobéissance civile et de la non-violence, le procureur réclamant sa relaxe pure et simple.

La banque avait peut-être senti le vent tourner quelque temps avant l’audience : bien qu’elle se soit constituée partie civile et réclame un euro symbolique de dommages et intérêts, aucun de ses représentants, ni de ses avocats, n’était présent à Dax.

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Les faits sont simples. Le 19 octobre 2015, vingt-cinq militants vêtus de gilets fluo entrent dans une agence de la BNP, rue de Rivoli à Paris, et emportent quatorze chaises. Ils expliquent leur action aux employés, puis plus tard sur une vidéo internet, où Jon Palais la revendique officiellement. L’homme est un militant hyperactif, au sein des associations basques Bizi ! ou Alternatiba et d’Action non violente-COP21(ANV-COP21), qu’il a fondée. Lui et ses amis répondent en fait à un appel lancé le 29 septembre dans Libération par des dizaines de personnalités et d’associations, Amis de la Terre, Attac ou Bizi, Jean-Luc Mélenchon, Edgar Morin ou Christophe Alévêque.

 

L’idée est d’« emprunter » 196 chaises avant la COP21 dans les agences des banques les plus implantées dans les paradis fiscaux. Elles serviront de support à un sommet citoyen, où elles représenteront les 196 pays rassemblés lors de la COP21, pour souligner l’urgence climatique et la difficulté de financer les actions en faveur de la transition écologique, alors que des centaines de milliards d’euros sont cachés dans les paradis fiscaux. Le sommet citoyen aura bien lieu, et une quarantaine d’actions dans des agences bancaires fournira les chaises, en plus grand nombre que prévu. 196 sièges ont été symboliquement rendus à la police, le 8 février dernier, jour de l’ouverture du procès de Jérôme Cahuzac à Paris (voir ci-dessous la vidéo de cette action). Les chaises restantes ont été publiquement confiées à de prestigieux parrains soutenant le mouvement, de l’ex-banquier Claude Alphandéry à l’ancien premier ministre Lionel Jospin.

La directrice de l’agence visitée le 19 octobre 2015 a porté plainte au nom de sa banque, et la procédure s’est engagée. Palais a été identifié sur sa vidéo de revendication, et poursuivi. Ces faits valaient-ils procès ? « La justice se centre sur l’histoire des chaises, mais bien sûr ces emprunts n’ont pas le moindre effet sur la santé financière de la banque, soulignait Jon Palais auprès de Mediapart quelques heures avant le procès. Mon action n’a aucun sens si on ne la lie pas avec la dimension politique et citoyenne de cette action civique : notre problème, ce n’est pas qu’il y ait des chaises dans les agences bancaires, mais que les banques jouent un rôle majeur dans l’évasion fiscale. » Autrement dit, « ce n’est pas mon procès qu’il faut faire, mais celui de l’évasion fiscale ». Et Palais et ses amis se sont employés à organiser l’événement, avec une efficacité redoutable.

Pendant toute la journée à Dax, des centaines et des centaines de personnes (2 000 selon les organisateurs, sans doute un peu optimistes) étaient réunies dans les Halles de la ville, prêtées par la mairie en échange de la promesse qu’il n’y aurait aucune dégradation dans la cité. Tous les âges se mélangent sous les chasubles fluo siglées ANV-COP21, les t-shirts verts Bizi ! ou les K-way blancs Greenpeace. À l’intérieur, une grande scène est prête pour un concert d’Alexis HK et côtoie une brasserie artisanale et des stands de nourriture solidaire. Des panneaux portant des petites annonces de covoiturage renseignent sur l’origine des participants : Paris, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Perpignan, Grenoble… Alertés par une mobilisation tous azimuts, de nombreux journalistes étaient sur place, pour France Inter, BFM TV, Quotidien sur TMC, ainsi que Xavier Harel, journaliste auteur d’un excellent documentaire sur l’évasion fiscale qui prépare un nouveau film sur les banques pour France Télévisions.

Aux Halles de Dax, le 9 janvier 2017. © D.

Aux Halles de Dax, le 9 janvier 2017. © D.

Dans la matinée, dans une salle pleine à craquer, une table ronde était organisée sous les auspices d’Attac, des Amis de la terre et de la Plateforme française de lutte contre les paradis fiscaux (CCFD-Terre solidaire, Oxfam, One…). Elle a réuni les candidats à la présidentielle Yannick Jadot (EELV-Les Verts), Philippe Poutou (NPA), des représentantes de Benoît Hamon (PS) et de Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), ainsi que Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne) ou la candidate issue de la primaire citoyenne, Charlotte Marchandise. L’eurodéputé José Bové sera de la partie dans l’après-midi. Et sa collègue Eva Joly, ancienne magistrate et avocate, s’est chargée d’assurer la défense de Jon Palais au tribunal, avec sa fille Caroline Joly, elle aussi avocate.

 

Pour planter le décor, le co-président d’Attac Thomas Coutrot rappelle que tous les ans, 60 à 80 milliards manquent à la France en raison de l’évasion fiscale, auxquels il faut ajouter 40 à 60 milliards dus à l’optimisation fiscale des multinationales (dont certaines sont françaises, comme le cas Engie l’a démontré tout récemment). « L’argent pour financer la transition sociale et écologique existe, il faut aller le chercher », résume Coutrot. Des termes qui seront repris sur tous les tons durant toute la journée.

Il reconnaît que des avancées ont été obtenues ces dernières années, dont « il faut se féliciter » : l’échange automatique d’informations fiscales entre gouvernement est désormais une réalité pour une centaine de pays (la Suisse et le Luxembourg l’ont déclenché le 1er janvier), ainsi que l’obligation faite aux banques européennes de détailler toutes leurs filiales dans le monde, avec leur activité, leur bénéfice et les impôts qu’elles payent. Et l’ancien ministre du budget Jérôme Cahuzac a été condamné en première instance pour fraude fiscale. « Les États n’ont fait que réagir sous la pression de l’opinion publique face à des scandales inacceptables, révélés par les médias ou par des lanceurs d’alerte », souligne Coutrot...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 17:21

 

 

Source : https://www.objectifgard.com

 

 

FAIT DU JOUR Les “Faucheurs de chaises” au pays des banques

9 janvier 2017 à 7:00

 

 

Lors de ce faux procès, la banque est jugée coupable par le tribunal citoyen Photo Anthony Maurin).

Lors de ce faux procès, la banque est jugée coupable par le tribunal citoyen (Photo Anthony Maurin).

A Nîmes, le boulevard Victor Hugo est celui des banques. Sur la Place Questel ou à moins de 50m à la ronde, on trouve la BNP Paribas, le CIC, la Société Générale ou encore la Banque Populaire. Le collectif des "Faucheurs de chaises" se rassemblait samedi matin pour une action très visuelle.

Tout démarre l'année dernière lors de la campagne de réquisition de chaises pour lutter contre l'évasion fiscale et pour la transition énergétique lors de la COP21. Cette année, avec le concours d'Attac, de Nuit debout et de CCFD, les "Faucheurs de chaises" organisaient une action militante devant la BNP Paribas pour dénoncer l'évasion et l'impunité fiscales.

"Nous souhaitons faire écho au procès qui a lieu lundi (NDLR aujourd'hui) à Dax, c'est le symbole de l'évasion fiscale et la BNP y joue un rôle prépondérant. Nous estimons entre 60 et 80 milliards d'euros d'évasion fiscale chaque année en France" expliquent les membres du collectif citoyen. "Nous sommes ici pour une action symbolique de désobéissance civique non violente devant la BNP qui en 2014 avait plus de 200 filiales dans des paradis fiscaux. Nous voulons rencontrer le directeur de l'agence et dans le cadre de la galette des rois, nous voulons lui remettre la couronne du roi de l'évasion fiscale!" poursuivent, enjoués mais frigorifiés, les "Faucheurs de chaises".

Peu à peu le parvis de la BNP devient hermétique à la manière d'une scène de crime pour l'instauration d'une saynète théâtrale. On voit quelques pancartes grinçantes, les logo et slogan de la banque sont allègrement détournés avec des requins en lieu et place des étoiles et "Une banque d'un monde qui triche" était préféré à "d'un monde qui change" . On voit aussi une grande machine à laver, symbole de l'argent blanchi, un palmier rappelant les paradis fiscaux, une mère Noël distribuant des billets de 60 milliards d'euros, des galettes des rois et des banderoles mais surtout tout un tas de chiffres éloquents...

Photo Anthony Maurin).

Devant la BNP Paribas, le collectif se met en action (Photo Anthony Maurin)

"Il ne faut pas qu'on juge les faucheurs de chaises ou les lanceurs d'alerte! Nous voulons simplement montrer ce qu'on pourrait faire avec tout cet argent! Avec 60 milliards d'euros, on pourrait réaliser de belles choses pour l'emploi, le social ou encore l'écologie et la transition énergétique. 60 milliards, c'est aussi le déficit du budget de l'Etat français chaque année ou encore l'équivalent de la collecte de l'impôt sur le revenu! Ce chiffre, revient à dire que chaque Français, même ceux qui ne paient pas d'impôt, paie en réalité et à cause de l'évasion fiscale 131 euros par mois pour combler ces pertes!" continuent les "Faucheurs de chaises".

Mais c'est bel et bien le procès de l'évasion fiscale qui se joue aujourd'hui dans le sud-ouest, à Dax. "C'est un grand moment pour nous et notre lutte. Il y aura des personnalités et beaucoup de monde pour soutenir notre collègue lanceur d'alerte John Palais". Anticipant le procès, une saynète était organisée sur le parvis de la banque nîmoise. Un faux juge perché sur une chaise prend la parole et évoque la tenue d'un tribunal populaire pour juger les banques. Il liste les chefs d'accusations mais n'en retiendra finalement qu'un seul examiné en cette fraîcheur matinale. Un faux allocataire du RSA prend à son tour la parole et explique son humble vie avant d'entendre celle, moins humble, d'un exportateur (toujours faux) de pâté de requin installé aux îles caïmans et qui explique la facilité avec laquelle il parvient à s'évader et à faire voyager son argent...

Le juge liste les chefs daccusations Photo Anthony Maurin).

Le faux juge liste les chefs d'accusations (Photo Anthony Maurin).

Panneaux explicatifs et très visuels agrémentés de quelques chiffres relativement ahurissants... Sur le boulevard vidé de nombreux automobilistes et exsangue de piétons et d'animations, quelques coups de klaxons bien amicaux retentissent et viennent réchauffer le coeur des manifestants. "C'est une justice à deux vitesses... Si on arrivait à augmenter de 10000 personnes les effectifs du Ministère des Finances, on arriverait à récupérer une grosse partie de ces 60 à 80 milliards d'euros. Il en va de même avec les magistrats spécialisés, ils étaient 27 en 2007 mais en 2012, ils n'étaient plus que 8!". De là à dire que la crise financière et ses troubles économiques sont passés par là...

Certainement effrayée par tout ce joli ramdam, l'équipe de direction de la banque refusait même l'entrée à ses clients. Bloquées à la porte du sas, une femme et sa mère handicapée ne comprenaient pas et tentaient de s'expliquer, "Nous avons rendez-vous, ma mère ne peut pas rester debout..." Aucune réponse de l'intérieur, les clientes abandonnent leur rencard économique et reviendront un autre jour!

 

 

Source : https://www.objectifgard.com

 

 

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 15:31

 

 

Source : https://france.attac.org

 

 

À J-2 du procès de l’évasion fiscale à Dax : quatre nouvelles actions ciblent BNP-Paribas

 

samedi 7 janvier 2017, par Attac France

 

 

 

Après avoir mis en prison les fraudeurs fiscaux et leurs complices à Paris hier, 4 nouvelles actions ont été menées ce matin à Amiens, Fontenay sous Bois, Nîmes et Orléans.

 

 

À Fontenay sous Bois, les militant·e·s d’Attac 94, rejoints par des élèves et parents d’élèves, se sont rassemblés devant l’agence BNP Paribas et ont mis en scène une salle de classe pour dénoncer les suppressions de classes dans le Val-de-Marne. Ils ont expliqué que ce sont les paradis fiscaux qu’il faut supprimer, pas les classes d’école !

À Orléans, les militant·e·s d’Attac 45, soutenus par le MAN d’Orléans, ont manifesté contre l’impunité fiscale en offrant le vin chaud aux passant·e·s. Ils ont apporté leur soutien au Faucheur de chaises Jon Palais et aux lanceurs d’alerte du « LuxLeaks » (Antoine Deltour, Raphaël Halet et Édouard Perrin).

À Amiens, les Faucheurs de chaises se sont réunis devant la BNP Paribas, rue des Trois-Cailloux, fermée pour l’occasion. À l’aide de divers jeux et animations, ils ont présenté leurs vœux, à leur manière, aux dirigeants de la banque.

A Nîmes, 30 militant·e·s d’Attac Nîmes, du CCFD, de Nuit debout et Nîmes en transition ont confectionné une couronne des rois avec de faux billets de 60 milliards d’euros devant l’agence BNP, fermée pour l’occasion.

Ces actions se déroulent à deux jours du procès de l’évasion fiscale qui se tiendra à Dax lundi 9 janvier, en soutien au Faucheur de chaises Jon Palais, jugé pour vol en réunion.

À cette occasion, des centaines de personnes feront le procès de l’évasion fiscale. De nombreuses personnalités associatives, syndicales et politiques sont attendues. Attac France sera représentée par Annick Coupé (secrétaire générale d’Attac France), Thomas Coutrot et Geneviève Azam (ex porte-paroles d’Attac France).

 

 

Source : https://france.attac.org

 

 

Affiche proces du 9 janvier

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