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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 14:03

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/monica-m

 

 

Yanis Varoufakis à propos des élections du 20 septembre

 

Les créanciers  sont les vrais gagnants en Grèce

Alexis Tsipras a été mis en position d'échouer

 par Yanis Varoufakis

(ma traduction d'un article du Gardian)

 Alexis Tsipras a arraché une  victoire retentissante après la défaite humiliante de Juillet devant la Troïka des créanciers de la Grèce. Défiant les partis d'opposition, les sondeurs d'opinion et les critiques dans ses rangs (y compris de moi-même), il a obtenu une majorité réduite mais réelle.  La question est de savoir s'il peut à la fois rester à son poste et exercer le  pouvoir.

 Les plus grands perdants ont été  les petits partis représentant les extrêmes du débat après le référendum. Unité Populaire n’est pas parvenu à exploiter la souffrance ressentie par une majorité des électeurs du « Non » après que Tsipras  eut adopté un accord qui réduit la souveraineté nationale et accroît le niveau déjà terrible  de l'austérité. Potami, un  parti réformiste chéri de la Troïka, a également échoué à rallier le plus petit vote «Oui». Avec Tsipras conquérant d'un nouveau genre, maintenant fermement la barre du programme de la Troïka, les partis pro-Troïka n'avaient rien à offrir.

Le plus grand gagnant est la Troïka elle-même. Au cours des cinq dernières années, les projets de loi de la  Troïka sont passés par le parlement avec des majorités ultra-minces,  procurant des nuits blanches à leurs auteurs. Maintenant, les projets de loi nécessaires au troisième Mémorandum passent avec de confortables majorités, car Syriza s’y est engagé. Presque tous les députés de l'opposition (à l'exception des communistes du KKE et les nazis de l'Aube dorée) votent pour eux.

Bien sûr, pour en arriver là,  il a fallu meurtrir profondément la démocratie grecque. Un million 600.000 Grecs qui avaient voté lors du référendum de Juillet n'ont pas pris la peine de se présenter aux bureaux de vote dimanche -  ce n'est pas une grande perte pour les bureaucrates de Bruxelles, Francfort et Washington,  qui semblent concevoir  la démocratie comme une nuisance.

Tsipras doit maintenant mettre en œuvre un programme de consolidation et de réforme fiscale qui a été conçu pour échouer. Les petites entreprises, sans accès aux marchés de capitaux, doivent désormais prépayer l'impôt de l'année à venir  sur leurs bénéfices prévisionnels 2016. Les ménages devront débourser des impôts fonciers scandaleux sur des appartements et des magasins qui ne fonctionnent pas bien et  ne peuvent même pas être vendus. Des hausses du taux de la TVA risquent d’augmenter les fraudes à la TVA. Semaine après semaine, la Troïka exigera plus de récession, des politiques antisociales: coupes dans les retraites, baisse des allocations familiales, augmentation  du nombre de saisies.

Le plan du premier ministre pour braver cette tempête est fondé sur trois engagements.

D'abord, la poursuite des négociations avec la Troïka pour régler des détails importants.

Ensuite, la question de l'allégement de la dette.

Enfin, la question de l'oligarchie.

Les électeurs ont appuyé Tsipras parce qu'il leur a semblé  le candidat le mieux à même  de remplir ces objectifs. Le problème est que sa capacité à le faire est sévèrement limitée par l'accord qu'il a déjà signé.

Son pouvoir de négocier est négligeable, compte tenu du fait que, selon les termes du Mémorandum, le gouvernement grec doit "obtenir l'accord de la [troïka] sur toutes les actions pertinentes pour la mise en œuvre  des objectifs du Mémorandum" (Notez l'absence de tout engagement de la part de la Troïka avec le gouvernement grec.)

L'allègement de la dette viendra sans doute, sous une certaine forme, mais pas de façon thérapeutique. L’allègement de la dette est important car il permet de réduire l'austérité (c’est-à-dire baisser les objectifs d'excédent primaire) pour stimuler la demande et attirer les investisseurs. Mais une austérité dure a déjà été acceptée (excédents primaires absurdes de 3,5% du PIB à partir de 2018), dissuadant les investisseurs.

La troisième promesse est la clé du succès de Tsipras. La seule raison d'être d'un gouvernement de gauche qui a accepté un nouveau prêt limitant sa capacité à réduire l'austérité et à prendre soin des plus faibles, est d'attaquer les avantages acquis et les privilèges. Cependant, la Troïka est la meilleure amie des oligarques, et vice versa. Au cours des six premiers mois de 2015, lorsque nous  avons contesté le monopole de la Troïka sur l’élaboration des politiques en Grèce, ses plus grands supporters nationaux ont été les médias appartenant aux oligarques et leurs agents politiques. Ces mêmes personnes et intérêts ont maintenant embrassé Tsipras. Peut-il se retourner contre eux? Je pense qu'il le veut. Mais la Troïka a déjà désactivé ses principales armes (par exemple en forçant la dissolution de l'unité de lutte contre la criminalité économique, SDOE).

En 2014, le Premier ministre conservateur Antonis Samaras s'est trouvé face à un dilemme similaire, celui d'avoir à mettre en œuvre un programme en échec de la Troïka. Il a feint une  allégeance à la Troïka sur un mode évasif et laxiste, de peur que Syriza ne gagne.

Tsipras aura-t-il plus de succès en s’engageant dans un autre programme en échec de la Troïka? Les perspectives ne sont pas brillantes, mais nous ne devons pas les nier. Le sort du nouveau gouvernement dépend des liens qu’il va nouer avec les victimes du Mémorandum, de la mise en œuvre de véritables réformes pour donner aux entreprises la confiance d’investir. Il dépend aussi de sa capacité à utiliser l'intensification de la crise pour exiger de réelles concessions de Bruxelles. C'est un défi de taille. La victoire, même douce, ne compte pas: l’objectif  est de faire la différence.

À propos de différence, les conservateurs ont fait de leur mieux pour donner une image plus douce lors de la campagne. Hélas, pour eux, la crise des réfugiés a forcé leur misanthropie à remonter à la surface. Le contraste entre l'accueil réservé à des milliers de réfugiés au cours des dernières semaines et les camps construits par le gouvernement Samaras explique pourquoi les progressistes déçus se sont tournés vers Syriza dans les bureaux de vote.

 Dans mes  rares moments d'inexplicable optimisme, je me plais à imaginer que la bonté envers les étrangers en détresse est, peut être, le signe avant-coureur d'une campagne du gouvernement grec  contre la vision dystopique de la Troïka européenne.

http://www.theguardian.com/commentisfree/2015/sep/21/alexis-tsipras-greece-greek-leader-troika-yanis-varoufakis

 

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/monica-m

 

 

 

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 18:36

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Pour un plan B en Europe

20 septembre par Jean-Luc Mélenchon , Oskar Lafontaine , Stefano Fassina , Yanis Varoufakis , Zoe Konstantopoulou

 

 

 

Le Français Jean-Luc Mélenchon, l’Italien Stefano Fassina, les Grecs Zoe Konstantopoulou et Yanis Varoufakis, et l’Allemand Oskar Lafontaine s’associent et proposent « la tenue d’un sommet international pour un plan B en Europe, ouvert aux citoyens volontaires, organisations et intellectuels. Cette conférence pourrait avoir lieu dès Novembre 2015.

Le 13 juillet, le gouvernement grec démocratiquement élu d’Alexis Tsipras a été mis à genoux par l’Union européenne. « L’accord » du 13 juillet est en réalité un coup d’Etat. Il a été obtenu par la fermeture des banques grecques par la Banque centrale européenne (BCE) et la menace de ne pas les autoriser à rouvrir tant que le gouvernement grec n’accepterait pas une nouvelle version d’un programme qui a échoué. Pourquoi ? Parce que l’Europe officielle ne pouvait pas supporter l’idée qu’un peuple souffrant de son programme d’austérité autodestructrice ait osé élire un gouvernement déterminé à dire « Non ! ».

Désormais, avec davantage d’austérité, davantage de privatisations au rabais d’actifs publics, une politique économique plus irrationnelle que jamais, et la misanthropie en guise de politique sociale, le nouveau mémorandum ne sert qu’à aggraver la Grande Dépression grecque et le pillage de la Grèce par des intérêts particuliers, grecs ou non.

Tirons les leçons de ce coup d’Etat financier. Cet euro est devenu l’instrument de la domination économique et politique de l’oligarchie européenne, cachée derrière le gouvernement allemand et qui se réjouit de voir Mme Merkel faire tout le « sale boulot » que les autres gouvernements sont incapables de faire. Cette Europe ne produit que des violences dans les nations et entre elles : chômage de masse, dumping social féroce, insultes attribuées aux dirigeants allemands contre l’Europe du Sud et répétées par toutes les « élites » y compris celles de ces pays. L’Union européenne alimente la montée de l’extrême-droite et est devenue un moyen d’annuler le contrôle démocratique sur la production et la distribution des richesses dans toute l’Europe.

Affirmer que l’euro et l’Union européenne servent les Européens et les protègent contre la crise est un mensonge dangereux. C’est une illusion de croire que les intérêts de l’Europe peuvent être protégés dans le cadre de la prison des règles de la zone euro et des traités actuels. La méthode Hollande-Renzi du « bon élève », en réalité du prisonnier modèle, est une forme de capitulation qui n’obtiendra même pas la clémence. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker l’a dit clairement : « il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens ». C’est l’adaptation néolibérale de la « souveraineté limitée » inventée par le dirigeant soviétique Brejnev en 1968. A l’époque, les soviétiques écrasaient le Printemps de Prague par les tanks. Cet été, l’Union européenne a écrasé le Printemps d’Athènes par les banques.

Nous sommes déterminés à rompre avec cette Europe. C’est la condition pour reconstruire des coopérations entre nos peuples et nos pays sur une base nouvelle. Comment mener une politique de partage des richesses et de création d’emplois notamment pour les jeunes, de transition écologique et de refondation démocratique face à cette Union européenne ?Nous devons échapper à l’inanité et l’inhumanité des traités européens et les refonder afin d’enlever la camisole de force du néolibéralisme, abroger le traité budgétaire, refuser le traité de libre-échange avec les Etats-Unis (TTIP).

La période est extraordinaire. Nous faisons face à une urgence. Les Etats-membres doivent avoir l’espace politique qui permet à leurs démocraties de respirer et d’instaurer des politiques adaptées au niveau national, sans craindre d’être empêchés par un Eurogroupe autoritaire dominé par les intérêts du plus fort des Etats-membres et du monde des affaires, ni par une BCE utilisée comme un rouleau compresseur menaçant d’écraser tout « pays non coopératif » comme ce fut le cas avec Chypre ou la Grèce.

C’est notre plan A : travailler dans chacun de nos pays, et ensemble à travers l’Europe, à une renégociation complète des traités européens. Nous nous engageons à collaborer avec la lutte des Européens partout, dans une campagne de désobéissance aux pratiques européennes arbitraires et aux règles irrationnelles jusqu’à ce que la renégociation aboutisse.

Notre première tâche est de mettre fin à l’irresponsabilité de l’Eurogroupe. La seconde tâche est d’en finir avec le caractère prétendument « indépendant » et « apolitique » de la Banque centrale alors qu’elle est hautement politisée (de la façon la plus toxique), totalement dépendante de banquiers en faillite et de leurs agents politiques, et prête à mettre fin à la démocratie sur une simple pression de bouton.

La majorité des gouvernements représentant l’oligarchie européenne et se cachant derrière Berlin et Francfort, ont aussi un plan A : ne pas céder à la demande de démocratie des citoyens européens et utiliser la brutalité pour mettre fin à leur résistance. Nous l’avons vu en Grèce en juillet. Pourquoi ont-ils réussi à étrangler le gouvernement démocratiquement élu de la Grèce ? Parce qu’ils avaient aussi un plan B : éjecter la Grèce de la zone euro dans les pires conditions possibles en détruisant son système bancaire et en achevant son économie.

Face à ce chantage, nous avons besoin de notre propre plan B pour dissuader le plan B des forces les plus réactionnaires et anti-démocratiques de l’Europe. Pour renforcer notre position face à leur engagement brutal pour des politiques qui sacrifient la majorité au profit des intérêts d’une infime minorité. Mais aussi pour réaffirmer le principe simple que l’Europe n’est rien d’autre que les Européens et que les monnaies sont des outils pour soutenir une prospérité partagée, et non des instruments de torture ou des armes pour assassiner la démocratie. Si l’euro ne peut pas être démocratisé, s’ils persistent à l’utiliser pour étrangler les peuples, nous nous lèverons, nous les regarderons dans les yeux et nous leur dirons : « Essayez un peu, pour voir ! Vos menaces ne nous effraient pas. Nous trouverons un moyen d’assurer aux Européens un système monétaire qui fonctionne avec eux, et non à leurs dépens ».

Notre plan A pour une Europe démocratique, soutenu par un plan B qui montre que les pouvoirs en place ne peuvent pas nous terroriser dans la soumission, vise à faire appel à la majorité des Européens. Cela exige un haut niveau de préparation. Les éléments techniques seront enrichis par le débat. Beaucoup d’idées sont déjà sur la table : l’introduction de systèmes parallèles de paiement, les monnaies parallèles, la numérisation des transactions en euros pour contourner le manque de liquidités, les systèmes d’échange complémentaires autour d’une communauté, la sortie de l’euro et la transformation de l’euro en monnaie commune.

Aucune nation européenne ne peut avancer vers sa libération dans l’isolement. Notre vision est internationaliste. En prévision de ce qui peut se passer en Espagne, en Irlande, pourquoi pas de nouveau en Grèce selon l’évolution de la situation politique, et en France en 2017, il faut travailler concrètement ensemble à un plan B tenant compte des caractéristiques de chaque pays.

Nous proposons donc la tenue d’un sommet international pour un plan B en Europe, ouvert aux citoyens volontaires, organisations et intellectuels. Cette conférence pourrait avoir lieu dès novembre 2015. Nous lancerons ce processus samedi 12 septembre lors de la Fête de l’Humanité. Rejoignez-nous !

Les signataires :

Jean-Luc Mélenchon, député européen, co-fondateur du Parti de Gauche (France)

Stefano Fassina, député, ancien vice-ministre de l’Economie et des Finances (Italie)

Zoe Konstantopoulou, présidente du Parlement hellénique (Grèce)

Oskar Lafontaine, ancien ministre des Finances, co-fondateur de Die Linke (Allemagne)

Yanis Varoufakis, député, ancien ministre des Finances (Grèce)

 


 

 

Auteur

 

Zoe Konstantopoulou

avocate et femme politique grecque. Députée du parti de la gauche radicale Syriza, qui a gagné les élections législatives du 25 janvier 2015 en Grèce, a été élue le 6 février 2015 présidente du parlement. Elle est, à trente-huit ans, la plus jeune présidente de la Vouli et la deuxième femme seulement à exercer cette fonction.

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Auteur

 
 

Stefano Fassina

député, ancien vice-ministre de l’Economie et des Finances (Italie)

Auteur

 
 

Yanis Varoufakis

député, ancien ministre des Finances (Grèce)

 

 

Auteurs

 
 

Oskar Lafontaine

ancien ministre des Finances, co-fondateur de Die Linke (Allemagne)

 

Jean-Luc Mélenchon

député européen, co-fondateur du Parti de Gauche (France)

 

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 16:26

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

En Allemagne, un vent de révolte souffle contre les fermes-usines géantes

17 septembre 2015 / Violette Bonnebas (Reporterre)
 

 

 

Dans l’Est de l’Allemagne, de nombreuses associations se mobilisent pour contrer les projets de fermes géantes, dans une région marquée par les dérives de la production de masse sous l’ancien régime communiste.

 

- Berlin, correspondance

Imaginez que les habitants de la Somme aient à se prononcer par référendum sur le maintien ou la fermeture de la ferme-usine des Mille vaches. Impossible ? C’est pourtant ce qui pourrait se passer dans l’Est de l’Allemagne. Quarante associations se sont regroupées pour faire barrage à l’élevage intensif dans le Land du Brandebourg, près de Berlin. Si elles rassemblent au moins 80 000 signatures auprès des habitants de la région d’ici le mois de janvier, un référendum d’initiative populaire devra être organisé, et son résultat inscrit dans la loi. En deux mois, plus de 13 000 personnes ont déjà été convaincues (lien en allemand).

« Interdire complètement l’élevage intensif, ce serait bien, mais on est conscient que c’est impossible, explique le coordinateur de la campagne, Jens Martin Rode. Nous, ce qu’on veut, c’est que, dans le Brandebourg, les éleveurs ne coupent plus la queue des cochons et le bec des volailles ; que le gouvernement régional ne finance plus les nouvelles implantations d’élevage intensif, mais seulement de plus petites exploitations qui respectent des critères exigeants de protection animale et environnementale. »

 

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Affiche de campagne pour le referendum

Jens Martin Rode et ses compagnons n’en sont pas à leur coup d’essai : au début de l’année, près de 35 000 personnes avaient signé une première pétition (Volksinitiative) pour mettre la question à l’ordre du jour du parlement régional. Mission accomplie, mais malgré le coup de force, les députés s’étaient majoritairement rangés derrière les lobbies de l’industrie agricole. Pour Udo Folgart, l’un des députés (SPD, social-démocrate) ayant rejeté la proposition citoyenne, « le nombre d’animaux dans une exploitation ne dit rien de leur bien-être. Tout dépend de la manière dont ils sont traités. Cela peut être fait de façon très responsable dans une grande exploitation ».

 

De plus en plus de fermes géantes

L’homme qui tient ce discours est lui-même éleveur près de Berlin, à la tête d’un troupeau de 550 bovins, et vice-président de la Landesbauernverband, le syndicat agricole majoritaire en Allemagne. Attablé à un café de sa circonscription, à Paaren in Glien, il ajoute à sa démonstration, graphiques à l’appui, que le nombre d’animaux d’élevage dans le Brandebourg, et plus largement dans l’Est de l’Allemagne, est par ailleurs deux fois moins élevé que la moyenne nationale.

Le chiffre est juste, mais il ne dit pas toute la vérité. Lorsqu’on regarde le nombre de bêtes par exploitation, les cinq Länder d’ex-RDA (République démocratique allemande) se retrouvent cette fois systématiquement en tête de troupeau. Par exemple, un élevage moyen de volailles dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et la Saxe-Anhalt dépasse les 12 000 têtes. C’est six fois plus que la moyenne nationale. Les chiffres sont tout aussi éloquents pour les bovins et les porcins (lien en allemand).

La tendance n’est pas prête de s’inverser, les projets de nouvelles fermes géantes ou d’agrandissement se multiplient : trente-deux, rien que dans le Brandebourg. Certains investisseurs voient les choses en grand, en très grand même : pas moins de 400 000 poulets pour l’un, 67 000 porcs pour l’autre, 2500 vaches pour un troisième. Et si une partie de la population s’y oppose, c’est parce qu’elle a déjà connu l’élevage de masse, à une échelle bien plus grande - et en a été traumatisée.

 

L’ombre des fermes de la RDA

Des hangars sans fenêtres de plusieurs centaines de mètres de long, vaches entravées, poules et porcs entassés, au sol du béton. Autour, d’immenses monocultures de plantes fourragères survolées d’avions épandeurs de pesticides. Des silos à perte de vue, alimentés par des employés présents 24h/24, selon la règle des trois-huit, comme à l’usine. C’est à cela qu’ont ressemblé les fermes de RDA, des années 1960 à la fin de l’ère soviétique.

 

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Porcherie Markkleeberg, 1960

« L’idéologie socialiste porte en elle dès le départ, chez Marx et Engels, l’idée de produire en masse, explique Jens Schöne, historien spécialiste de l’agriculture en RDA. Les outils de production agricole ont d’abord été collectivisés, puis progressivement industrialisés. Ce sont ces gigantesques exploitations, de plusieurs milliers d’hectares, qui devaient mener à la prospérité, à l’abondance de nourriture, et donc au ’’bonheur commun’’. » Un bonheur commun qui ne concernait visiblement pas les animaux, soumis à la promiscuité, aux castrations à vif, exposés au cannibalisme. Sans compter les tests d’antibiotiques ou les expérimentations alimentaires à base d’urée et d’excréments.

Inspirées du modèle américain de ferme géante, les LPG (pour Landwirtschaftliche Produktionsgenossenschaft, coopérative de production agricole) ont connu un essor très rapide en Allemagne de l’Est, bien plus qu’en Europe occidentale. Pour exporter la viande et ainsi faire entrer des liquidités dans ses caisses vides, l’Etat exigeait, plan après plan, toujours plus de productivité, poussant à la démesure. Pour ne citer que quelques exemples, la LPG de Neustadt sur l’Orla en Thuringe comptait pas moins de 175 000 porcs en 1989. A quelques encablures, celle de Wandersleben accueillait 720 000 poules pondeuses. Plus au nord, non loin des rives de la Baltique, 24 000 bovins étaient élevés, abattus et transformés dans le Kombinat de Ferdinandshof, devenu un emblème de cet élevage ultra-intensif est-allemand.

 

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Ferdinandshof 1974

Mais un tel modèle n’était pas compatible avec les structures économiques du pays, incapables par exemple de remplacer les pièces défectueuses dans les bâtiments agricoles. Et les conséquences pour l’environnement ne tardèrent pas à se faire sentir, au sens propre. L’air se chargeait de l’ammoniac rejeté par les étables mal ventilées ; le lisier, en quantité astronomique, était déversé au moyen de pipelines dans les cours d’eau. « Je me souviens que l’hiver, j’allais patiner sur des lacs de lisier gelés, c’était épouvantable », raconte Jens Schöne, qui a lui-même grandi en Saxe-Anhalt.

Autour des fermes, les forêts mouraient, les poissons disparaissaient. Malgré le discours apaisant des autorités, la colère montait dans les villages, comme en attestent les rapports de la Stasi...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 16:02

 

Source : http://la-bas.org

 

LÀ-BAS avec Joseph STIGLITZ

85 MILLIARDAIRES DANS UN AUTOBUS

Le

 

 

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(Dessin : Daniel Mermet)

85 milliardaires dans un autobus représenteraient une fortune équivalente à celle de la moitié la plus pauvre de l’humanité, c’est-à-dire 3 milliards d’êtres humains. Aujourd’hui, 1% de la population de la planète détient près de la moitié de la fortune mondiale. Sous peu, les 1% vont détenir autant que les 99% restant. Ces 1% sont les maitres du monde. Le monde politique est entièrement à leur service et les médias sont leurs pom-pom girls. Qui parle ainsi ? Un gauchiste rabâcheur ? Un alternatif isolé ? Un anticapitaliste entêté ?

Joseph STIGLITZ : « La Grande fracture » par Là-bas si j'y suis

 

Augmenter les impôts sur les entreprises qui n’investissent pas en France et utiliser ces revenus supplémentaires pour investir dans la jeunesse et les technologies, voilà les conseils que l’économiste Joseph Stiglitz donnerait à François Hollande si seulement François Hollande lui demandait comment infléchir la courbe du chômage

 

Écoutez l’entretien intégral avec Joseph Stiglitz.

Entretien : Daniel MERMET
Traduction : Laura RAIM
Image : Caroline POTHIER
Montage : Grégory SALOMONOVITCH
Réalisation : Jonathan DUONG

 

 

Programmation musicale
- B.K Anderson : The minimum wage
- The Chi-lites : (For God’s sake) Give more power to the people

N’oubliez pas que le répondeur attend vos messages au 01 85 08 37 37.

 

(Vous pouvez podcaster cette émission en vous rendant dans la rubrique "Mon compte", en haut à droite de cette page)


 

 

Source : http://la-bas.org

 

 

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 17:51

 

Source : http://www.marianne.net

 

Enquête préliminaire sur les 18 millions d’euros perdus par Areva

 
 
D'après nos informations, la justice va se pencher sur des mouvements d'argent suspects entre une filiale du groupe nucléaire et plusieurs intermédiaires situés en Russie, au Liban et au Niger...
 
Remy de la Mauviniere/AP/SIPA
 

Areva va devoir faire face à un nouveau front judiciaire. Selon nos informations, une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet national financier (PNF) sur des mouvements financiers suspects entre une filiale du groupe nucléaire, Areva UG, spécialisée dans le trading d’uranium, et plusieurs intermédiaires situés en Russie, au Liban et au Niger. Contacté, le PNF n’a pas souhaité faire de commentaires.

En juillet, Notre enquête nous avait permis de mettre à jour un montage financier occulte, qui a fait perdre 18 millions d’euros à Areva en 2011, selon les aveux même du groupe nucléaire. Si Areva reconnaît cette perte, le groupe soutient que c’était dans le cadre d’une « opération de trading sur le marché de l’uranium ». Or, selon les documents en notre possession, et notamment plusieurs contrats commerciaux signés en juillet 2011, il est établi qu’Areva UG a couvert un système circulaire de vente de 5,5 millions de livres d’uranium. L’argent en question aurait ensuite trouvé refuge dans des zones franches aux Emirats arabes unis et à Hong Kong. 

Dès lors, plusieurs questions se posent : qui a décidé ces opérations et qui en a été informé au niveau non seulement de la division minière, mais aussi de la direction générale du groupe Areva ? Pourquoi les transactions d’uranium ont-elles été décidées dans la précipitation, dès le mois de juillet 2011, quelques jours après le débarquement d’Anne Lauvergeon de la présidence d’Areva par Nicolas Sarkozy ? Quel rôle ont joué les mandataires sociaux d’Areva UG, Sébastien de Montessus et Jean-Michel Guiheux, qui ont refusé de nous répondre ? Enfin, et là est sans doute l’essentiel : quels ont été les véritables destinataires des 18 millions d’euros versés par Areva ?

Un homme devrait plus particulièrement intéressé la justice : Jean-Claude Meyer, dont la société Optima-Energy Off-Shore SAL, située au Liban, aurait empoché dans un premier temps l’essentiel de ces commissions. Sollicité par Marianne en juillet, il n’avait pas souhaité répondre... Charge désormais à la justice de faire la lumière sur cette nouvelle affaire Areva.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 17:39

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Jetlag 14/09/2015 à 08h00

#Right2Water : les Irlandais refusent de payer l’eau courante

 

 

(De Cork) C’est un interminable bras de fer. Depuis un an, les Irlandais manifestent régulièrement contre la mise en place, début 2015, de la facturation de l’eau courante, contrepartie de l’acceptation du plan de sauvetage européen en 2010. Loin de s’essouffler, le mouvement est devenu un symbole dans le pays de la contestation anti-austérité, qui secoue actuellement toute l’Europe.

 

« We won’t pay »

En 1997, le Parti républicain irlandais avait déjà essayé de taxer l’eau courante avant d’abandonner l’idée, face à un boycott massif du paiement de ces charges dans les grandes villes du pays.

Aujourd’hui, la situation est quasiment identique. Les Irlandais refusent en bloc de payer. « We won’t pay » (nous ne paierons pas) est l’un des slogans les plus repris dans les manifs.

 

Appel à manifester samedi prochain à Cork (Solène Le Mée/Rue89)

 

Les différents collectifs qui mènent la lutte, qu’ils soient politisés ou non, continuent à encourager les Irlandais à refuser de s’équiper de compteurs et à ne pas payer leurs factures. Ils s’appuient sur une idée simple : l’accès à l’eau est un droit, un droit de l’homme même.

 

Un robinet sur la tête pour défiler, le 21 mars 2015 à Dublin (PAUL FAITH/AFP)

 

Une idée soutenue par une initiative citoyenne européenne, Right2Water, et partagée par de nombreux Irlandais, à en croire les chiffres.

Selon Irish Water, l’entreprise publique créée spécialement à l’instauration de la nouvelle loi, seuls 675 000 ménages sur 1,7 million auraient payé leur toute première facture d’eau pour le premier trimestre 2015, donc moins de la moitié, et 30% des ménages ne seraient même pas encore enregistrés auprès d’Irish Water. Les récalcitrants s’exposent à des amendes, dont le montant (autour de 40 euros) est toutefois trop bas pour être dissuasif.

Pendant ce temps, Irish Water invite gentiment les Irlandais à aller payer leur facture en ligne...

 
Irish Water @IrishWater

Bills can be paid online with your bank using the Irish Water IBAN & BIC, available at http://wtr.ie/Howtopay 

 

A Cork, deuxième ville du pays, de nombreux habitants affichent clairement leur hostilité à la mesure aux fenêtres de leur maison. Sur les tracts, on peut lire :

« No consent, no contract, no to water privatisation, no water meters here [Pas de consentement, pas de contrat, non à la privatisation, non aux compteurs d’eau ici, ndlr]. »

 

Premiers pas sur Facebook pour la cause

La contestation et la mobilisation passent aussi par Internet. Sur le site de Right2Water Irlande, une pétition nationale a recueilli plus de 61 000 signatures.

Comme c’est souvent le cas, les différentes pages Facebook locales du collectif (la nationale a recueilli 27 000 « likes ») sont alimentées chaque jour et servent à relayer les informations relatives à la mobilisation. Pour Noreen Murphy, l’une des administratrices de la page Right2Water Cork, la présence sur les réseaux sociaux est une nécessité.

« On se doit d’être présent sur Facebook et Twitter. Ça fonctionne vraiment et ce sont des outils très utiles pour se faire entendre. Ça permet de rassembler les gens, de diffuser les infos que l’on a. On utilise aussi beaucoup WhatsApp pour communiquer entre nous. »

 

Capture d’écran de la page Right2Water/Right2Change-Cork (Facebook)

 

A 50 ans, sans emploi, elle s’est mise à Facebook lorsqu’elle a rejoint le mouvement.

« Et je ne suis pas la seule. Je connais beaucoup de gens de plus de 60 ans qui s’y sont mis pour se tenir informés. »

 

« Un droit que je n’abandonnerai jamais »

Beaucoup d’Irlandais semblent aujourd’hui convaincus que le gouvernement va finir par céder et abolir la loi. A Cork, certains agents immobiliers conseillent même aux nouveaux locataires de ne pas souscrire de contrat auprès d’Irish Water, persuadés que la mesure vit ses dernières heures. Noreen Murphy est déterminée :

« Moi, je ne paierai jamais pour l’eau. C’est un droit que je n’abandonnerai jamais. Les Irlandais aussi ont compris qu’ils doivent protéger leur accès à l’eau courante, ce qui n’était pas forcément le cas avant cette loi.

Nous ne sommes pas comme les Français, nous ne manifestons pas souvent, mais dans ce cas, c’est instinctif. On ne peut pas imaginer qu’un jour, certaines personnes ne puissent plus tirer leur chasse d’eau parce qu’ils n’auront pas payé leur facture et qu’on leur aura coupé l’eau. Ça n’a pas de sens. »

Un collectif contre la mesure, People’s Convention, appelle encore une fois les habitants à se mobiliser, le 19 septembre, à Cork. Inlassablement, ils demanderont à nouveau ce qu’ils réclament depuis un an : l’abrogation pure et simple de la loi. Le 29 août, une manif nationale avait rassemblé 80 000 personnes, malgré un temps pluvieux.

Le collectif national Right2Water a prévu une série de meetings courant septembre dans tout le pays et espère se faire entendre à l’échelle européenne.

 

Right2Water/Right2Change-CORK
Communauté · 1367 J’aime
· 1 septembre, 19:31 ·

Another gem of a reminder from last Saturday's historic gathering.
Filmed and edited by Marcus Howard. Speeches from the biggest movement in the history of the country. Over 80,000 people braved the weather and came out in defiance of the Irish Government to protest against water charges as well as homelessness, evictions, the health service and a number of other austerity issues. A movement called Right2Change has evolved from it. There appears to be a broad consensus that this is about more than the water. This video has interesting highlights of speeches from Saturday.
https://www.youtube.com/watch?v=OPR6HffswJA

 
Filmed and edited by Marcus Howard. Speeches from the...
youtube.com
 
 
 
 
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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 17:14

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Face à la dette en Europe, l’exigence de vérité s’amplifie

15 septembre par Eric Toussaint , Leonidas Vatikiotis , Marga Ferré , Nicolas Sansu

 

 

 

Dénonçant une dette illégitime et illégale, quatre personnalités européennes exigent des mesures de transparence pour lever le chantage à l’austérité qui pèse sur les peuples.


Éric Toussaint

Coordinateur scientifique de la Commission pour la vérité sur la dette grecque

« La dette est un instrument historique de domination et d’extorsion massive des richesses. On peut presque parler de “système dette”. Les sociétés, devant l’esclavagisation par les dettes illégitimes, ont riposté  : de la tradition biblique du jubilé pour effacer les créances tous les sept ans aux grandes lois démocratiques de la Grèce antique, dans lesquelles Solon s’attaque à l’asservissement par la dette. Aujourd’hui, il y a un travail de pédagogie très important à réaliser afin d’identifier les causes réelles de la dette.

Le mythe en vogue d’une dette publique creusée par des dépenses sociales exagérées est à combattre absolument. La dette a considérablement augmenté du fait de la crise bancaire et du sauvetage des banques. Plus largement, ces vingt dernières années, l’élément clé de sa progression réside dans les politiques néolibérales de gouvernements qui ont sacrifié leurs recettes en attribuant massivement des cadeaux fiscaux aux plus fortunés et aux entreprises, sans oublier les taux d’intérêt élevés fixés par des banques privées qui ont le monopole du crédit. Nous sommes face à une dette de la culpabilité défendue par les gouvernements et les médias privés dominants qui sert à la fois de méthode de privatisation des richesses et d’argument pour empêcher la solidarité entre les peuples. Cet usage, désastreux pour les pays et les populations, est illégal et illégitime, aussi bien en Grèce qu’en France. Nous devons recourir à des audits citoyens et prôner le droit à la suppression de ces dettes illégitimes, tout en soutenant le droit à l’emprunt public légitime, nécessaire par exemple pour financer la transition énergétique, dans des conditions décentes et créatrices d’emplois qui servent l’intérêt général. »



Marga Ferré, secrétaire 
aux programmes d’Izquierda Unida

«  Le débat sur la dette grecque est un faux débat. En Espagne, il existe un certain consensus social autour de cette idée. Sur le plan politique, nous avons démontré que la politique d’austérité en Europe, et singulièrement en Grèce, relève du chantage. Même le secteur conservateur du Parti populaire (droite au pouvoir) se garde de toute offensive sur ce thème.

À Izquierda Unida (IU), nous proposons un audit de la dette comme a pu le faire la Grèce. La ville de Madrid (à gauche depuis les dernières élections municipales de mai – NDLR) et son conseiller économique, membre d’IU, ont annoncé la création d’un tel audit. Cela a provoqué de très forts remous.

Le fait même de pouvoir démontrer qu’une partie de la dette peut être illégale, illégitime et odieuse est un outil puissant pour faire tomber les masques quant à la nature même des politiques qui ont été menées jusqu’à présent. Et quant aux mensonges liés au chantage même de la dette.

En Espagne, ce chantage s’est traduit par la modification de l’article 135 de la Constitution qui stipule que la priorité absolue est le remboursement de la dette avant même les dépenses publiques. La gauche et les mouvements sociaux espagnols sont ceux qui parlent le plus de la dette, car nous voulons savoir à qui nous la devons et pourquoi.

Pour rappel, 60 % de la dette madrilène repose sur cinq entreprises dont certaines sont liées aux réseaux de corruption. C’est pourquoi les villes où nous gouvernons vont être à l’origine d’audits.  »



Nicolas Sansu, député (PCF)

Aujourd’hui, la dette est un super-instrument de domination. C’est ce qui fait que l’on détruit le service public, que l’on met la pression sur les salariés, les retraités et les chômeurs parce que soi-disant il n’y aurait pas d’argent.

À l’origine, il y a les taux d’intérêt extrêmement importants servis dans les années 1985-1990, bien au-delà des taux d’intérêt réels. On estime de 300 à 400 milliards cet excès d’intérêts. En clair, certains se sont enrichis grâce à la dette. Ensuite, dans les années 2000 on a assisté au désarmement fiscal. C’est le rapport Carrez, la loi Tepa de Sarkozy, le bouclier fiscal, etc. On a retiré près de 100 milliards d’euros à l’État. Pour maintenir le niveau de service, il a fallu recourir à la dette. Enfin, il y a la question fondamentale de la crise des dettes privées avec un report massif sur les dettes d’État quand ce dernier à dû refinancer les banques exposées.

Certes, les États ne peuvent pas être en faillite, mais ils peuvent être en défaut de paiement. Et comme les banques ne le veulent pas et que les pouvoirs sont tenus par l’oligarchie financière, la question de la dette a été mise en avant. On a sommé les États de cesser d’emprunter et en même temps, on les empêche de retrouver des ressources qui existent dans les paradis fiscaux, la fraude. Ce n’est pas une question de complot, c’est une question de rapport de forces. Un mouvement avait commencé à prendre corps en Grèce, il a été largement contrecarré. L’idée que la dette est illégitime est loin d’être majoritaire aujourd’hui. Il faut une grande conférence européenne sur la dette. Le problème ne se réglera pas sans une nouvelle architecture fiscale et, dans l’idéal, un moratoire, comme cela a existé en Uruguay.



Leonidas Vatikiotis, économiste grec de gauche et scénariste du film Debtocracy

« Le 18 juin dernier, un comité indépendant sur la dette grecque a été formé par la présidente du Parlement, Zoe Konstantopoulou. Ce document historique a prouvé que cette dette était non seulement illégitime mais aussi illégale et absolument non remboursable. Un comité de la vérité connu sous le nom de commission d’audit a donc prévenu que la dette ne pouvait et ne devait pas être remboursée.

Malheureusement, le gouvernement grec, sous la pression de la troïka, n’a pas su entendre les conclusions de cet audit et s’est résolu à signer un nouveau mémorandum annonçant une nouvelle vague de privatisation des biens publics grecs, dont beaucoup vont d’ores et déjà profiter au capital allemand.

Une cessation de paiement unilatérale à l’endroit des créditeurs internationaux (FMI, BCE, États européens, etc.), comme l’avait demandé ce comité, aurait dû être suivie. Les montants des sommes prêtées à la Grèce depuis 2010 ne sont jamais allés dans le budget grec, ni aux retraites ni aux hôpitaux. Au contraire, cet argent est allé aux structures fermées comme précondition à leur octroi. En vérité, cet argent soi-disant prêté est allé directement dans les coffres des banques grecques et étrangères. Il a été prouvé par le calcul que 92 % de cette aide est retournée aux créditeurs ou est perdue dans le secteur bancaire. Autrement dit, le sauvetage de la Grèce a servi de prête-nom au sauvetage des banques qui avaient émis des bons du Trésor tout au long des décennies précédentes et des emprunts à taux très élevés. Aujourd’hui, la totalité du montant de la nouvelle dette sert à payer les anciens emprunts ou à recapitaliser les banques grecques en faillite. »


Source : L’Humanité du 10 septembre 2015

 

 

 

Auteur

Eric Toussaint

est maître de conférence à l’université de Liège, est le porte-parole du CADTM International et est membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège Dernier livre : Bancocratie ADEN, Brussels, 2014. Il est coordonnateur de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015.

Auteurs

 
Nicolas Sansu
Marga Ferré

Leonidas Vatikiotis

 

 

Source : http://cadtm.org

 

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 17:17

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Luttes sociales

« Oxi ! Basta ! Enough ! » : des marches européennes pour une Europe sans austérité

par

 

 

 

Des marches européennes contre l’austérité vont converger sur Bruxelles entre le 1er et le 15 octobre. Les participants ont pour objectif d’encercler le sommet des chefs de l’Etat de l’Union européenne afin de dénoncer les politiques d’austérité et les projets de traités de libre-échange. Des rencontres sur les différentes luttes sociales en cours et sur les alternatives politiques en Europe sont également au programme. « Les élites européennes, au nom du profit et de la compétitivité, s’attaquent à la justice sociale, à la démocratie, au climat et font de l’Europe un terrain de jeu pour leurs propres intérêts », dénonce l’appel européen à ces marches que relaie Basta !.

En Grèce, la population a dit Oxi ! Non ! Un « Non ! » aux exigences cruelles et irraisonnables pour plus d’austérité et d’appauvrissement. Dans toute l’Europe, des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour soutenir le peuple grec – en ayant conscience que soutenir leur lutte c’est défendre nos droits partout en Europe.

Les élites européennes, au nom du profit et de la compétitivité, s’attaquent à la justice sociale, à la démocratie, au climat et font de l’Europe un terrain de jeu pour leurs propres intérêts. Ils usent du chantage et humilient toutes celles et ceux qui résistent, ils utilisent la peur, le nationalisme et la division raciste pour gouverner, et prétendent qu’il n’y a pas d’alternatives.

Pourtant, nous construisons des alternatives au travers de nos luttes nombreuses et variées.

Développons la solidarité sans frontières, notre force réside dans un OXI ! Basta ! Enough ! européen. Construisons une autre Europe maintenant !

Parce que l’austérité et la dette nous appauvrissent et détruisent nos droits sociaux, économiques et démocratiques ;
Parce que nous refusons la pauvreté et la précarité ;
Parce que les accords de libre-échange (TTIP, CETA, TISA, ACP, APE, TTP et autres) renforcent le pouvoir des multinationales et détruisent la planète et la démocratie ;
Parce que nous nous engageons contre le racisme et contre le sexisme ;
Parce que nous dénonçons la corruption et les paradis fiscaux ;
Notre OXI ! NON ! est un OUI ! à l’égalité, aux droits économiques et sociaux et à une réelle démocratie ;
Un OUI ! Pour une réduction des dettes ;
Un OUI ! Pour la justice climatique et l’agriculture paysanne.

En octobre, nous marcherons des quatre coins de l’Europe vers Bruxelles, nous encerclerons les puissants et leurs négociations secrètes durant le Sommet du Conseil européen, nous débattrons et manifesterons – Rejoignez-nous !

 

Télécharger l’appel.

 

Organisations signataires :
- Belgique : Acteurs des Temps Présents, Alliance D19-20, Mouvement Agriculture Paysanne, Belgian Anti-Poverty Network, Climate Express, CADTM, Hard boven Hart, Tout Autre Chose, No Transat, MOC, Réseau Wallon de lutte contre la Pauvreté, Peuple d’Europe MPEVH, Attac Wallonie Bruxelles

- Europe : EuroMarchas 2015 ; Alter Summit, ATTAC-Europe, Via Campesina, Blockupy, Corporate Europe Observatory, Transform Europe

- France : Comité français d’organisation des Marches : AC !, APEIS, Attac, CADTM, Des ponts pas des murs, Espaces Marx, Les efFRONTé-e-s, Fondation Copernic, IPAM, Marches européennes, MNCP, CNT-Solidarité ouvrière, FSU, Union syndicale Solidaires
. Avec le soutien de : Ensemble, NPA, PCF

- Allemagne : ATTAC-Deutschland, FrauenLandesarbeitsgemeinschaft in der Partei Die Linke

- Espagne : Intersindical Valenciana

 

Informations et contacts :
- Marches : marches(a)attac.org (pour la partie Française des marches) et euromarchas2015(a)gmail.com (pour la coordination européenne des marches)
- Encerclement du Sommet : info(a)d19-20.be

 

Pour en savoir plus :
- sur twitter : #OX15
- http://www.ox15.eu/ (site en construction)
- OX15.eu (événement Facebook, avec la liste des premiers signataires)

Photo de Une : CC Des Byrne / FlickR

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 16:41

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

A Bure, le camp estival a élargi la lutte contre les déchets nucléaires

10 septembre 2015 / Isabelle Rimbert (Reporterre)
 


 

En août, entre 250 et 800 personnes chaque jour ont participé à un camp anti-capitaliste et anti-autoritaire à quelques kilomètres du méga projet d’enfouissement de déchets radioactifs. Objectif : renforcer le combat local, et favoriser l’émulation entre différentes composantes des luttes anti-capitalistes. Récit au cœur du camp, par 35°C dans la campagne meusienne.


- Bure (Meuse), reportage

Il faut voir un poids lourd de légumes déchargé collectivement en trois minutes par une chenille humaine spontanée pour avoir une idée de l’organisation du camp. Rien d’étonnant alors à voir sortir de terre en quelques jours : quatre cantines opérationnelles, des points d’eau potable, deux chapiteaux, des yourtes et structures légères, des toilettes sèches et douches solaires faites maison, un point accueil, un atelier vélos, des panneaux solaires et une éolienne, une boulangerie mobile, un atelier de bricolage, un lieu dédié à l’automédia avec une radio (active), une infirmerie, des bibliothèques, etc. La transformation d’un no man’s land de 7,5 hectares au cœur de la campagne meusienne en une zone autonome temporaire ne doit cependant rien au hasard. Du 1 au 10 août, s’est tenu à Bure ce camp pas comme les autres

 

 

Jess*, la cinquantaine pétillante, a longtemps travaillé sur la question de la surveillance généralisée avant de s’investir dans l’organisation en amont du camp d’été. Une organisation montée par le collectif VMC, comme Vladimir, Martine and co, qui doit son nom à Vladimir Martinenko, le conducteur de la déneigeuse qui a percuté, le 20 octobre 2014, l’avion qui transportait Christophe de Margerie, patron du groupe Total.

Jess raconte : « VMC a démarré sur une ligne entre Nancy, Bure, Paris et la Bretagne, croisant une résistance historique contre le nucléaire à celle des comités de soutien à Notre-Dame-des-Landes réunis autour d’idées anti-capitalistes et anti-autoritaires. VMC se veut un trait d’union entre différentes luttes de territoire comme Notre-Dame-des-Landes, No Tav (TGV Lyon-Turin), Roybon, Sivens, Hambach et bien d’autres. Depuis 2014, il y a eu des réunions inter-régionales et inter-comités puis des rencontres régulières à Bure à partir de janvier."

 

S’inscrire dans une lutte déjà ancrée

Forte de l’expérience de Sivens où l’Etat a pu, avec l’aide de milices pro-barrages, monter la population contre les opposants au projet imposé, la stratégie de VMC était de s’inscrire dans l’histoire d’une lutte déjà ancienne, avec les personnes concernées directement par l’annexion nucléaire du territoire. Et c’est en faisant du porte à porte que se sont faites les présentations.

Fernande*, 26 ans, est venue de Paris armée de son énergie et de ses bombes de peinture. La graffeuse a redécoré l’extérieur de l’ancienne gare de Luméville-en-Barrois, un bâtiment en cours de rénovation en plein cœur du campement. "J’avais entendu parler de Bure par le biais de mes activités militantes auprès des migrants à Paris. Grâce à des rencontres, j’ai eu envie de participer aux chantiers collectifs de préparation de camp. On est allé à la rencontre des habitants des villages alentours. Ils étaient plutôt ouverts à la discussion, souvent heureux de pouvoir parler d’un sujet qui divise." Et si les nouveaux venus ont été globalement bien reçus et souvent aidés, John, cheville ouvrière du mouvement, reconnait avoir rencontré "pas mal de résignation et de fatalisme".

 

 

Mais pour les opposants déclarés à Cigéo, le projet d’enfouissement des déchets nucléaires, cet apport de sang neuf est vu comme un espoir. Claude Kaiser, de l’association La Graine, est un "historique" de la lutte à Bure. "Ça fait vingt ans qu’on se bat contre ce projet. Pour les vieux militants que nous sommes, ce renouveau représente un grand bol d’air frais et beaucoup d’émotion. Toutes les horreurs du capitalisme sont concentrées dans ce méga projet d’enfouissement. Le seul moyen de s’en sortir est d’instaurer un réel rapport de force, et il recommence à se structurer, aussi grâce à ce camp qui mobilise bien au-delà de notre territoire."

Pour Corinne, de l’association Bure Stop 55 : "Depuis le boycott du débat public en 2013, la mobilisation locale se réveille, avec l’action de dizaines d’associations qui travaillent ensemble. Les paysans sont mécontents, et les opposants comme VMC sont bien acceptés."

Et la prise du ciment des liens se fait dans les deux sens : "On se sent d’autant plus impliqués dans une lutte et ses enjeux qu’on a la possibilité de les découvrir sur place", souligne John. Un préalable qui lui semble "nécessaire afin d’ancrer un fort soutien à la lutte, ici, dans les mois et les années à venir". Car les graines semées à Bure ont vocation à faire naitre des racines, même s’il n’y a pas lieu de parler de ZAD, n’en déplaise aux médias locaux et nationaux qui ont focalisé à l’unisson sur cette question.

Lors de l’AG (assemblée générale) d’ouverture, une personne présentant les objectifs du camp le soulignait : "Chaque lutte est singulière. Il ne s’agit pas d’une stratégie d’occupation [le camp est d’ailleurs sur un terrain privé, Ndlr], car si c’était le cas il faudrait occuper l’ensemble des départements de Meuse et de Haute-Marne où les installations nucléaires se multiplient. Il s’agit de réfléchir autrement, et c’est là un des enjeux de ces dix jours."

 

 

Questionner et enrichir les pratiques

Une réflexion menée à travers un intense programme autour de Cigéo : la présentation du contexte et des enjeux a ainsi réuni plus de 200 personnes sous chapiteau, et les ballades quotidiennes dans les environs de l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), à pied ou à vélo, par 36°C quelquefois, ont permis à chacun de découvrir le territoire et une partie de l’ampleur du projet nucléaire.

Le camp s’est délocalisé à plusieurs reprises, avec la tenue de picnics dans les communes alentours, ainsi qu’une discussion organisée à Bonnet, un village voisin, sur la question du foncier, avec des agriculteurs du collectif COPAIN 44 (Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d’aéroport) de NDDL. Et l’assemblée antinucléaire en fin de semaine a permis de rappeler, par la voix d’un militant excédé, que "les malfaiteurs en bande organisée sont bien les lobbies qui créent ces projets mortifères. Il faut remettre les choses à leur juste place, porter haut et fort notre message et notre action."

 

 

Agir sur le transport des matières radioactives, les flux ou encore les sous-traitants dont dépendent des structures comme l’ANDRA ? Si ces idées émises semblaient faire consensus, elles n’ont cependant pas suffi à dépasser les éternelles dissensions autour des différences de mode d’action. Ni de parer à un "manque de stratégie générale et collective sur le nucléaire", déploré lors de cette même AG.

Ces dix jours avaient également pour but de permettre aux activistes de questionner leurs pratiques et de les enrichir, à travers une grande diversité d’ateliers, comme cette initiation à l’escalade militante, proposée par Cécile. Si la pétulante jeune femme est experte en blocages de convois de matières radioactives, elle aime aussi se suspendre à 80 mètres du sol pour poser une banderole revendicative comme à Francfort lors de l’inauguration de la BCE : "J’habite à Luneburg en Allemagne. Je pratique la grimpe depuis quinze ans, et c’est un moyen simple mais très efficace pour des blocages de routes, de rails, d’entrées d’entreprises, de lieux de pouvoir. Ces formes d’actions directes permettent facilement de faire passer un message politique, avec un certain aspect ludique. Dans ce camp comme dans d’autres, j’essaie de transmettre mon savoir et le virus de l’escalade." Une démonstration a ainsi pu être faite lors de l’installation d’une banderole devant un bâtiment de l’Andra ou de drapeaux antinucléaires posés au sommet de lampadaires rutilants dans le village de Bonnet.

 

 

Mais l’enjeu des débats et discussions était aussi de dépasser les lisières des luttes locales, pour s’ouvrir sur les mobilisations internationales, comme sur la question des frontières et des réfugiés, ou sur la très prochaine Cop 21, "au cours de laquelle on vise à réintroduire une dimension sociale qui a été complètement éludée au profit de la dimension environnementale", se désole John.

Ces questions, et bien d’autres, développées lors d’assemblées quotidiennes, ont permis de faire émerger certaines thématiques transversales comme notamment la pratique de l’occupation ou les violences policières. Une présence des force de l’ordre somme toute assez discrète lors de ce camp, malgré quelques coups de pression et une surveillance aérienne assidue nourrissant des banques de données sensibles à usage répressif. Le paradoxe et le danger de cette répression façon "miroir sans tain", qui voit mais n’est pas vue : une prise de pouvoir via des projections mentales qui ne sont que des suppositions mais peuvent conduire à une forme d’autocensure collective, comme on a pu le voir lors de certaines actions menées à Bure.

 

"Ni côte de bœuf, ni bottes de keufs"

Créer du commun aux croisements de luttes anti-capitalistes ? Un défi ambitieux, en partie relevé grâce la gestion collective du quotidien. L’autogestion à l’épreuve de la réalité, c’est une sorte de grouillement ordonné par une organisation drastique qui se veut horizontale. Chaque matin, tous les participants, invités à se rassembler en groupes tournants ("l’assemblée des barrios"), se répartissaient les tâches...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 16:27

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Une marche est lancée contre « la mascarade » de la COP 21

10 septembre 2015
 


 

François Hollande annonce à grands sons de trompe ce jeudi 10 septembre la tenue de la COP 21. Mais faut-il vraiment participer à la COP ? C’est la question que posent des dissidents, qui dénoncent l’hypocrisie des gouvernements et lancent une marche sur Paris. « Il faut parfois aller interpeller ceux qui s’obstinent à pourrir la planète précisément là où ils espèrent donner l’illusion de la sauver. »


 

Appel depuis les zads et autres espaces en résistance. Pour que des convois convergent jusqu’à la COP 21

Nous appelons à former des convois, marches, tracto-vélos… et à nous rendre aux manifestations contre la COP 21, sommet intergouvernemental sur le réchauffement climatique début décembre à Paris. Nous cheminerons depuis des territoires en lutte jusqu’à la capitale, avec toute l’énergie composite de nos mouvements, en créant en route des espaces de rencontres et de mobilisation.

Nous convergerons à Paris parce nous ne concevons pas de laisser le gouvernement se refaire une verte image de pourfendeur providentiel des gaz à effet de serre, alors qu’il ne veut officiellement renoncer ni à l’aéroport de Notre-dame-des-Landes, ni à mille autres projets destructeurs de vies, forêts, et prairies, de territoires habités et cultivés. Il faut parfois aller interpeller ceux qui s’obstinent à pourrir la planète précisément là où ils espèrent donner l’illusion de la sauver.

Si l’on souhaite s’attaquer réellement aux causes du réchauffement climatique, on ne peut s’en remettre un seul instant à la mascarade répétée des négociations perdues d’avance et des échanges de marchés carbone entre lobbies industriels et gouvernements, encore moins au capitalisme vert. Ce que nous affirmerons à Paris suit un tout autre tracé.

 

La seule réponse possible

La seule réponse cohérente possible est de sortir enfin du productivisme industriel, de la privatisation des biens communs, de la destruction des terres nourricières et de la marchandisation du vivant. Mais si l’on espère encore enrayer réellement le saccage accéléré des bases même de l’existence, on ne peut imaginer non plus construire tranquillement des alternatives et autres « processus de transition ».

Pour qu’émergent des possibles, il s’agit de bloquer concrètement dès maintenant l’avancée de leurs projets d’aéroports et de lignes à grande vitesse, l’extraction des minerais et gaz de schiste, l’enfouissement vénéneux des déchets nucléaires, la poussée de l’agro-industrie et l’éclosion incessante des center parcs et des hypermarchés…

Il faut en libérer des espaces où puissent s’inventer, ici et maintenant, d’autres formes de vie commune et d’organisation, de liens et d’échanges matériels, de cultures et d’habitats, émancipées du diktat économique...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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