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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 16:31

 

Le Nouvel Obs - Créé le 29-08-2012 à 14h31 - Mis à jour à 15h03

Le président de l'association de victimes "Familles Endeuillées", Gérard Ratier, n'est "pas surpris du tout" par la révélation de cette expertise." Interview.

 

D'anciens employés à l'ouverture du procès en appel d'AZF le 3 novembre 2011 à Toulouse. (AFP/ Eric Cabanis)

D'anciens employés à l'ouverture du procès en appel d'AZF le 3 novembre 2011 à Toulouse. (AFP/ Eric Cabanis)
Sur le même sujet

Selon un article publié mercredi 29 août dans "Sud Ouest" et les révélations de la revue "Préventique sécurité" spécialisée dans le droit du danger et le management du risque, une fuite de carburant de fusée Ergol survenue sur le site voisin d'AZF, celui de la Société nationale des poudres et explosifs (SNPE), pourrait être à l'origine de l'explosion de l'usine chimique toulousaine lors de laquelle 31 personnes sont décédées en septembre 2001.

L'avocate des familles, Stella Bisseuil, est sceptique : "Ce n'est pas un fait nouveau. Un fait nouveau, c'est un fait sérieux", et l'actuel PDG de Total Christophe de Magnerie est prudent : "Nous n'avons aucune preuve, donc (...) soyons prudents."

Alors que la cour d'appel de Toulouse doit rendre son arrêt le 24 septembre, "Le Nouvel Observateur" a questionné le président d'une association de victimes, "Familles Endeuillées", Gérard Ratier. Il a perdu son fils lors de l'explosion.

Comment accueillez-vous ces éléments ?

- Je ne suis pas surpris du tout. Cette expertise est pour moi secondaire, superflue, et sans grande importance. Je m'attends à ce qu'il y en ait d'autres du même type d'ici le jugement. C'est dans la stratégie de Total, nous l'avons constaté à longueur d'années. Nous devons en être à présent à plus d'une centaine d'hypothèses, plus ou moins fantaisistes, et de tous bords. Nous les avons souvent dénoncées, mais ça n'a pas empêché qu'elles continuent de surgir. Je pense que même si la justice prononce une condamnation de Grande Paroisse (groupe Total), cela ne cessera pas. Mais le problème c'est que parmi toutes ces hypothèses, après vérification, aucune n'a été étayée.

Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer que Total soit nécessairement derrière ces éléments ?

- Parce que je travaille depuis dix ans sur ce dossier extrêmement complexe et que je connais sa défense. Ça l'arrange bien que cette revue soutienne cette expertise. La défense du groupe a pris la précaution de structurer tout ce qui peut, à l'extérieur, soutenir ses intérêts : sociétés, particuliers, entreprises chimiques,... Une infinité de gens les aident à faire passer le message. C'est une énorme machine. Je n'imaginais pas, d'ailleurs, au début, qu'une multinationale puisse être si puissante. Son objectif est de faire douter l'opinion. S'ils y parviennent, ils ont gagné.

"La Dépêche" note que le groupe Préventique éditant la revue fait aussi du conseil en management du risque et indique qu'on peut lire, sur son site : "Approché récemment par les sociétés du groupe Total exploitant le complexe de Lacq, le groupe Préventique va désormais s'engager dans le projet de développement d'une importante activité de formation sur ce site." Qu'en pensez-vous ?

- Je n'en sais pas plus, mais ça ne m'étonnerait pas non plus que ce groupe soit lié d'une façon ou d'une autre à Total.

Que pensez-vous de l'hypothèse en elle-même ?

- Je n'ai pas encore lu l'expertise en intégralité, mais j'ai lu la presse, et je comprends qu'il y aurait eu une fuite au niveau du carburant de fusées, et qu'ensuite, comme toujours, on nous laisse le choix de la suite. Un attentat ? Mais alors par qui et comment ? Ou alors le fait que cette fuite ait provoqué l'explosion de deux bombes situées sous le hangar 221. Des suppositions, mais pas d'arguments.

Avez-vous pu vous entretenir avec d'autres membres de votre association ?

- Mon téléphone sonne beaucoup depuis ce matin. Ils sont outrés, et tendus du fait de la proximité du jugement. J'essaie de les rassurer. Mais ils sont perturbés et c'est normal. C'est difficile à supporter, dans la mesure où la vérité est clairement établie : c'est un accident chimique qui provient d'un apport, dans le hangar 221, d'une benne contenant du chlore, un produit incompatible avec le nitrate d'ammonium. Mais la justice a des difficultés à faire condamner, car des éléments palpables ont disparu. Au vu du dossier, il y a véritablement matière à faire condamner Grande Paroisse.

Dans quel état d'esprit êtes-vous à un mois du jugement ?

- Je m'attends à tout. Je suis préparé à tout. Je me confronte à la justice depuis dix ans. Sa position sur cette affaire n'a pas toujours été claire, parfois ambigüe. Je garde espoir mais je ne suis pas serein et suis loin de l'être. La justice avait matière, à une époque, de mettre en difficulté Total, elle ne l'a pas fait. On aurait pu montrer que la Commission d'Enquête Interne menée par Total a entravé l'enquête judiciaire. Mais on ne va pas refaire toute l'histoire. J'espère juste que la justice va condamner Total, même de façon minime. L'essentiel est de montrer qu'il s'agit bien d'un accident chimique, en vue de lever le doute. Certains croient à un attentat. Une condamnation n'empêchera pas certains de camper sur leurs positions, mais ils seront peut-être un peu moins nombreux.

 

 

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 16:15

 

Libération - 29 août 2012 à 17:54
Vue aérienne de l'hippodrome de Compiègne, en Picardie, en mars 2009
Vue aérienne de l'hippodrome de Compiègne, en Picardie, en mars 2009 (Photo Julien Barbare. AFP)

Cette vente contestée a été réalisée en 2010 par l'ex-ministre UMP Eric Woerth, également député-maire de Chantilly.

Un syndicat de l’Office national des forêts (ONF) a saisi le tribunal administratif de Paris pour forcer Bercy à annuler la vente controversée en 2010 de l’Hippodrome de Compiègne (Oise), entachée selon lui de nombreux motifs de nullité.

Le Snupfen (Syndicat national unifié des personnels des forêts et de l’espace naturel) a adressé le 19 août à cette juridiction compétente pour juger les décisions de l’Etat une requête en excès de pouvoir.

Cette procédure, distincte des enquêtes judiciaires en cours, vise l’arrêté du 16 mars 2010 par lequel le député-maire UMP de Chantilly, Eric Woerth, alors ministre du Budget, avait validé la cession de ces parcelles forestières à la Société des courses de Compiègne (SCC), ont précisé Me Edmond-Claude Frety et Frédéric Mengès.

La vente de l’Hippodrome de Compiègne est d’ores et déjà l’objet de deux instructions. La première ouverte pour «prise illégale d’intérêt» par la Cour de justice de la République (CJR) s’intéresse spécifiquement au rôle d'Eric Woerth. La seconde couvre le volet non-ministériel de l’affaire.

A lire aussi : l'analyse d'un rapport d'expertise favorable à Eric Woerth, parue le 24 juillet dernier dans Libération

Dans sa requête de 36 pages, que l’AFP a pu consulter, le Snupfen dresse la liste des vices de procédure qui ont selon lui entaché la cession de gré à gré de l’hippodrome, citant notamment l’absence de loi préalable à la vente, l’absence de publicité et de mise en concurrence, le «prix dérisoire» ou encore la «violation de dispositions réglementaires, législatives et constitutionnelles en vigueur».

«Il apparaît clairement que l’autorité administrative n’a pas utilisé ses pouvoirs dans le but de sauvegarder l’intérêt général», estime le syndicat, par ailleurs partie civile dans l’instruction au pôle financier.

«Puisque l’administration a mis en oeuvre une procédure illégale afin d'éviter les contraintes de la procédure classique, le détournement de procédure est caractérisé», estime-t-il.

(AFP)

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 16:06

 

Par Okeanos, le 29 août 2012 - 14:51


 

Le gouvernement grec discute actuellement de la « nécessaire » nouvelle (nouvelle nouvelle nouvelle) baisse des retraites et des salaires (entre autre nouvelles mesures) pour le « bien » de la santé financière du pays. Pour le bien des créanciers, pour la « réduction » de la dette et un « retour » à la croissance. Clap Clap.

Ces négociations de la coalition semblent ne pas se passer si bien que prévu, puisque que Fotis Kouvelis, le leader de la gauche démocratique qui a obtenus 17 sièges au parlement lors des dernières élections, a annoncé son refus de baisser les faibles revenus et retraites. Pas de risque pour que le vote parlementaire échoue tant que le PASOK reste sur la ligne de sa politique précédente relayée à son ennemie de toujours, la Nouvelle Démocratie de Samaras : la ND et le PASOK ont déjà la majorité et Venizelos a déclaré aujourd’hui :

- « Il y aura de nouvelles coupes et sacrificies, bien sûr, mais ils seront justes. »

Clap clap (encore). Il semble que rien ne change dans le parlement et je vous invite a revoir la vidéo d’Anna Vagena au parlement (sur la partie droite du site).

Pour autant, ces pourparlers sont une bonne occasion de revenir sur l’histoire des réductions des retraites depuis l’arrivée de la troïka en 2010 et la mise en place des lois mordorandiennes : une folie complète.

 

 

Début des hostilités en 2010 avec la suppression des 13èmes et 14èmes pensions de retraite, transformées en un versement de 400€ à Noël et deux de 200€ pour Pâques et l’été.

En août 2010, six mois plus tard, les retraites de plus de 1400€ ont été réduites de 3% à 14%. Notez que la décision s’est prise pendant les vacances.

Le troisième tour de réductions est arrivé en septembre 2011. Les retraités qui touchaient plus de 1700€ se sont vus imposer des réductions de 6% à 10%.

Deux mois plus tard, ce fut encore pire : ceux de moins de 55 ans ont perdu 40% de leur pension pour la partie supérieure à 1000€. Les plus âgés (plus de 55 ans) ont perdu 20% du montant correspondant.

Et puis vint la cinquième réduction en début d’année 2012 : amputation de toutes les retraites  de 30% à l’exception de celles des marins (NAT) avec une baisse de 7% et les agriculteurs.

Les prochaines mesures s’annoncent sauvages (merci à Mehdi pour sa contribution) :

  • Réduction de 10 à 30% du pécule (somme cotisée comme la retraite mais versée en une seule fois au moment de la cessation d’activité) de 23 caisses de retraites. La réduction atteindrait 40% pour certaines caisses ;
  • Contribution d’1% du montant de la retraite pour tous ceux qui ont déjà perçu leur pécule. Contribution évidemment établie indépendamment du niveau des retraites et des autres coupes. Cette mesure concernerait à peu près 800 000 travailleurs ;
  • Le projet étudié par le gouvernement réduirait toutes les pensions de retraites supérieures à 600 ou 700 euros. Pour les retraites les plus faibles la réduction serait de 1 à 2%. Pour une retraite proche de 1000€ la coupe serait de 5% tandis que pour une pension de 2000€ la réduction atteindrait 20%. Pour les pensions supérieures à 2000€ le taux augmenterait, et un plafond pourrait être institué (on parle de 2500€) ;
  • Les retraites de l’OGA, les assurances agricoles, pourraient également être réduites.
  • Un prélèvement supplémentaire sera institué sur les retraites complémentaires supérieures à 400€. On parle d’une réduction de 8 à 12% si la retraite ne dépasse pas 1000€, et de 15 à 20% au-delà.
  • La grille unique de salaires sera étendues aux entreprises d’utilité publique (DEKO), ce qui implique des réductions de salaires allant jusqu’à 35% (!)
  • L’allocation sociale ainsi que les pensions versées aux femmes célibataires seront réduites.

Sans oublier bien évidemment la fusion et la privatisation d’une cinquantaine d’organismes publics, le licenciement de 150 000 agents d’ici 2015 etc etc etc etc etc (voir le dernier papier de Mehdi sur les mesures en cours de négociation sur son blog).

La dernière liste des mesures votées au parlement, que vous pouvez lire ou relire dans l’article « Mordorandum : vers une Grèce du tiers monde » daté du 13 février 2012 risque donc fort de voir arrivée sa petite (grande?) soeur 6 mois plus tard. Le rythme des nouvelles mesures est assez récurrent : nouvelles mesures chaque semestre pour le résultat que l’on connait.

La farce des promesses électorales (« Nous renégocierons avec l’Europe », « Nous avons compris que la population souhaite moins d’austérité » et blablaba) risque d’avoir un arrière goût de trahison pour la population.

Les vacanciers reviennent, Athènes se re-rempli à nouveaux et la première grève a commencé : celle des travailleurs de la municipalité d’Athènes. Les éboueurs ont bien tenté de manifester ce matin mais sans résultat : la MAT attendait tranquillement pour annihiler toute idée de manifestation.

Après la canicule incroyable de cet été à Athènes, la désertification du tissu social, elle, poursuit sa marche funèbre. Et les appels à manifestations reviennent également (voir la page évènements d’OkeaNews).

 Okeanos

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 15:44

 

 

La justice russe est en train d'achever de se déconsidérer, montrant combien sa dépendance totale aux autorités et l'incompétence de bon nombre de ses magistrats représentent un réel danger pour la société. Le jugement rendu en appel, ce mardi, par le tribunal de Smolensk (à 400 kilomètres à l'ouest de Moscou), est venu surprendre par sa virulence jusqu'aux soutiens fidèles du régime Poutine. Excès de zèle d'un juge obtus ? Peut-être. Mais le fait est que la Russie a aujourd'hui une prisonnière politique de plus…

Elle s'appelle Taisiya Osipova. Cette jeune femme de 28 ans, mère d'une fille de 5 ans et malade du diabète, a été condamnée en appel à huit ans de prison pour détention et trafic de drogue. Vendredi, le procureur avait demandé une peine de quatre ans de prison au terme d'une audience qui avait mis en pièces les divers éléments de l'accusation. Taisiya Osipova avait été condamnée en première instance, en décembre 2011, à dix ans de prison. L'affaire avait alors fait tellement de bruit que le président russe de l'époque, Dmitri Medvedev, avait qualifié la sentence de « particulièrement dure ». En février, la justice avait alors décidé de rejuger l'affaire, tandis qu'une plainte d'Osipova était jugée recevable devant la Cour européenne des droits de l'homme…

 

Taisiya Osipova. 
Taisiya Osipova.© (dr)

 

Taisiya Osipova avait été arrêtée à son domicile de Smolensk en décembre 2010. Les policiers y avaient trouvé quatre grammes d'héroïne, preuve évidente, devait ensuite soutenir le procureur, d'un trafic savamment organisé. La jeune femme a toujours expliqué qu'il s'agissait là d'un règlement de comptes politique, les policiers ayant eux-mêmes placé la drogue dans son logement. Les autorités se vengeaient ainsi de son refus de collaborer et de donner des informations sur ses engagements politiques et ceux de son compagnon.

Car depuis le début des années 2000, Taisiya Osipova a milité au parti national-bolchevique, ce mouvement créé par l'écrivain Edouard Limonov et qui a évolué d'un ultra-nationalisme radical à une critique déchaînée du régime Poutine. Emprisonné durant trois ans au début des années 2000, Edouard Limonov est depuis 2006 l'un des dirigeants de l'Autre Russie, une coalition de plusieurs mouvements (nationalistes, libéraux, démocrates, etcle site en anglais peut être consulté ici).

L'écrivain ne voit dans cette condamnation que la logique implacable d'un régime tenant par la répression. Se déclarant « pas surpris par cette condamnation », Limonov regrette juste qu'un autre procès, celui des chanteuses du groupe Pussy Riot, finalement condamnées voilà quelques jours à deux ans de prison, ait éclipsé le procès de Smolensk (lire également sous l'onglet “Prolonger”).

« Osipova a elle aussi un jeune enfant. Et qui plus est, elle est malade. Mais nous ne sommes pas le parti des bourgeois, nous sommes par nature socialistes. C'est pour cela que les médias occidentaux ont ignoré l'affaire Osipova. Sa condamnation n'est pas seulement politique, c'est aussi une horrible vengeance », a ajouté l'écrivain. De son côté, une autre figure de l'opposition, Sergueï Udaltsov, a dénoncé « un triomphe du cynisme et de l'illégalité », tandis que Mikhaïl Fedotov, président d'un organisme du Kremlin intitulé “Conseil présidentiel des droits de l'homme”, ne trouvait que cette étrange formule pour caractériser la sentence : « Une erreur légale. »

 

Après Pussy Riot

Le mari de Taisiya Osipova, Serguei Fomchenkov, est l'un des responsables les plus actifs de l'opposition au Kremlin. Membre du comité exécutif de l'Autre Russie, qui a organisé depuis 2007 de nombreuses “marches du désaccord” dans tout le pays, il est décrit comme la véritable cible du pouvoir. Tous les groupes et associations de défense des droits de l'homme, qui ont pris la défense de la jeune femme, ont expliqué combien, en montant cette affaire, les autorités ont voulu peser, voire neutraliser Fomchenkov.

 

Cracovie, Pologne, juin 2012. Le groupe Voina organise une manifestation de soutien aux prisonniers politiques russes.  
Cracovie, Pologne, juin 2012. Le groupe Voina organise une manifestation de soutien aux prisonniers politiques russes. © (Voina)

 

La condamnation de mardi risque ainsi d'avoir, en Russie même, un impact encore plus fort que celle des chanteuses de Pussy Riot. Car le procès a mis en évidence l'absence de preuves, voire les falsifications policières. Ainsi, des témoins convoqués par les policiers à la perquisition du domicile ont reconnu avoir subi des pressions. Plus exceptionnel encore : le tribunal a accepté de recevoir le récit d'un témoin qui, après s'être soumis au détecteur de mensonge, a expliqué comment il avait vu les policiers placer la drogue dans le logement d'Osipova.

Cette condamnation définitive alourdit encore l'atmosphère en Russie, où deux autres membres du groupe Pussy Riot sont activement recherchées (elles auraient fui à l'étranger pour échapper à leur condamnation). Dès mardi, le site internet d'information Gazeta.ru se lançait dans une critique du pouvoir, inhabituelle par sa virulence : « En punissant cette femme, les autorités ne font pas que détruire sa vie, elles veulent faire savoir à la société qu'il n'est pas question de défendre ceux qui sont accusés. Et plus ils auront de supporters, plus les condamnations seront lourdes. Poutine montre qu'il n'est pas Medvedev et que les autorités continueront à utiliser la justice pour combattre tout ce qui n'est pas conforme. »

Pour le journaliste russe Alexander Golts, par ailleurs spécialiste renommé des questions de défense, « nous assistons actuellement à une radicalisation brutale du Kremlin. L'affaire Pussy Riot suggère que Poutine est prêt à faire absolument n'importe quoi pour rester au pouvoir ».

Cette radicalisation tient bien sûr à l'émergence, depuis l'hiver 2011 et l'élection présidentielle de mars, d'une opposition multiforme, certes inorganisée mais largement soutenue par les classes moyennes des grands centres urbains et les jeunes. Depuis sa réélection, Vladimir Poutine a fait prendre toute une série de mesures visant à contenir ou interdire ces oppositions. Mais cette nouvelle virulence n'est pas étrangère non plus à ce que l'on appelle aux États-Unis le “Magnitski Act”, du nom de cet avocat russe massacré dans une cellule de police, meurtre commandité par des milieux d'affaires avec la complicité de la justice et de la police, les autorités ayant ensuite pris grand soin d'étouffer l'affaire.

Or le Congrès américain pourrait adopter dans les mois qui viennent (la Chambre des représentants l'a déjà fait) une résolution visant à interdire de séjour et à sanctionner financièrement une cinquantaine de hauts responsables russes liés à cette affaire, dont de nombreux proches de Vladimir Poutine« Signé par Barack Obama, ce Magnitski Act reviendrait à faire de Poutine et de ses élites régnantes une bande de criminels », note Alexander Golts…

De plus en plus isolé sur la scène internationale, Vladimir Poutine a pris soin de rapidement reprendre en main tous les leviers du pouvoir pour ne pas laisser le doute grandir dans les sommets de l'État. Ainsi, en quelques semaines, plusieurs dirigeants de l'opposition (dont l'ancien champion d'échecs Garry Kasparov) ont été arrêtés et inculpés pour des motifs divers ; leurs appartements et bureaux perquisitionnés. Mesures renforçant le contrôle d'Internet ; loi renforçant les contrôles sur les ONG bénéficiant de financements étrangers ; loi criminalisant certains slogans hostiles au pouvoir et alourdissant les amendes pouvant frapper les organisateurs de manifestations…

Mais, à ce jour, cette répression semble d'abord desservir le pouvoir, dont elle achève de ruiner l'image. La société russe n'a sans doute jamais été aussi mobilisée, dans les villes à tout le moins, depuis la chute de l'URSS. De nouvelles manifestations sont programmées cet automne. Sur les réseaux sociaux et Internet, les paroles se libèrent, les projets émergent et des centaines de collectifs citoyens prennent forme dans le plus grand désordre mais avec un objectif commun : tourner la page Poutine.

Lire également sous l'onglet “Prolonger”


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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 15:30

 

Le Monde.fr | 28.08.2012 à 19h14 • Mis à jour le 28.08.2012 à 20h15

Par Hélène Sallon

 

 

Rachel Corrie.

 

"Je suis en Palestine depuis deux semaines et une heure, et les mots me manquent encore pour décrire ce que je vois", raconte Rachel Corrie dans un courriel envoyé le 7 février 2003 à sa famille, qui vit à Olympia, dans l'Etat de Washington, aux Etats-Unis. "Je ne sais pas si beaucoup d'enfants ici ont jamais vécu sans voir des trous d'obus dans leurs murs et les miradors d'une armée d'occupation les surveillant constamment depuis les proches alentours", déplore-t-elle, prenant pour la première fois conscience de l'enfance privilégiée qu'a été la sienne. 

Les courriels de Rachel Corrie ont été publiés en anglais par le Guardian ( 1 et 2) et réunis dans un petit livre en PDF par l'organisation If America knew.

Alors âgée de 23 ans, Rachel Corrie est partie fin janvier 2003 s'installer à Rafah, une ville de 140 000 habitants dans la bande de Gaza, avec sept autres volontaires américains et britanniques du Mouvement de solidarité internationale (ISM), pour jouer les boucliers humains entre la population palestinienne et l'armée israélienne. Depuis le début de la seconde intifada en septembre 2000, les habitants de ce petit territoire palestinien vivent au rythme des incursions de l'armée, qui procède à des arrestations, des bombardements et des destructions de maisons en représailles aux attentats-suicides perpétrés sur le sol israélien.

Prônant l'action directe et non-violente, les volontaires internationaux de l'ISM sont conscients des risques qu'ils prennent, mais ils se croient protégés par leur passeport étranger et entendent faire bénéficier les Palestiniens de cette protection. "Personne ne peut imaginer ce qu'il se passe avant de l'avoir vu – et même alors, on a toujours conscience que notre expérience ne reflète pas la réalité : du fait des difficultés auxquelles l'armée israélienne serait confrontée si elle tuait un citoyen américain non-armé ; du fait que j'ai, moi, les moyens d'acheter de l'eau quand l'armée détruit des puits et surtout parce que j'ai la possibilité de partir", raconte ainsi Rachel Corrie dans le courriel envoyé le 7 février.

 Pourtant, le 16 mars 2003, Rachel Corrie va mourir sous les chenilles d'un bulldozer de l'armée israélienne alors qu'elle tentait d'empêcher la destruction de maisons. Première volontaire étrangère tuée par l'armée israélienne dans la bande de Gaza, Rachel Corrie est devenue un symbole de la mobilisation internationale en faveur des Palestiniens. Une pièce de théâtre basée sur ses écrits personnels a été jouée dans plus de dix pays ; l'un des bateaux engagés dans la flottille Free Gaza, le MV Rachel Corrie, porte son nom.

 D'OLYMPIA À RAFAH

Rien ne prédestinait Rachel Corrie à devenir un symbole. Née le 10 avril 1979 à Olympia, une petite ville de la côte Ouest des Etats-Unis, la jeune femme grandit dans une famille peu militante. Dans ses écrits personnels, que Katharine Viner a utilisés pour la pièce de théâtre Mon nom est Rachel Corrie, l'Américaine raconte avoir commencé à militer pour la paix après le 11-Septembre, avec peu à peu l'envie d'aller voir sur le terrain à quoi ses impôts servaient. Après un stage avec l'ISM, elle part fin janvier 2003 dans la bande de Gaza.

 

Rachel Corrie à Rafah dans la bande de Gaza en 2003.

 

Cachant la blondeur de ses cheveux sous un foulard, Rachel Corrie va vivre pendant plusieurs semaines le quotidien des habitants de Rafah, qui l'hébergent et la choient en signe de gratitude. "J'ai très peur pour les gens ici. Hier, j'ai vu un père emmener ses deux petits enfants, qui lui tenaient la main, hors de portée des tanks, des snipers, des bulldozers et des jeeps parce qu'il pensait que sa maison allait exploser. Jenny et moi sommes restées dans la maison avec plusieurs autres femmes et deux petits bébés. (...) J'étais terrifiée à l'idée de penser que cet homme trouvait moins risqué de marcher à portée des viseurs des tanks avec ses enfants que de rester chez lui. J'ai vraiment eu peur qu'ils soient tous abattus et j'ai essayé de rester postée entre eux et le tank", raconte-t-elle dans un courriel adressé à sa mère, le 27 février.

Chaque jour, Rachel et les autres volontaires s'interposent ainsi entre la population palestinienne et les tanks, les bulldozers ou les tireurs d'élite de l'armée israélienne. Des images qui la poursuivent la nuit, raconte-t-elle, dans ses cauchemars mais l'adrénaline a toujours raison de sa peur. Dans son dernier courriel, adressé le 28 février 2003 à son père, elle lui dit : "Ne t'inquiète pas trop pour moi, pour le moment je suis plus inquiète par le fait que nous ne soyons pas très efficaces. Je ne me sens pas particulièrement en danger."

 ÉCRASÉE PAR UN BULLDOZER ( "link")

 

"When killing is easy" : dans ce documentaire sur Rachel Corrie, la BBC soutient la version selon laquelle le conducteur a délibérément tué la militante américaine.

 Le 16 mars 2003, Rachel Corrie essaie avec les autres membres de son organisation d'arrêter pacifiquement la démolition de la maison d'un médecin palestinien par deux bulldozers D9 dans le quartier de Hi Es Salam, à Rafah. "Rachel se tenait devant la maison d'une famille dont elle était très proche. Depuis trois mois un Européen ou un Américain y dormait chaque nuit, et Rachel y avait elle-même passé plusieurs nuits", raconte Dreg Sha, un autre volontaire présent sur les lieux.

Habillée d'un gilet orange fluo et armée d'un haut-parleur, Rachel Corrie bataille pendant deux heures avec les autres volontaires pour tenter d'empêcher l'avancée d'un bulldozer. "Rachel a tenu tête au bulldozer seule parce qu'elle connaissait cette famille et parce qu'elle pensait que son action était juste. S'approchant de plus en plus de Rachel, le bulldozer a commencé à pousser la terre sous ses pieds. A quatre pattes, elle essayait de rester au sommet de la pile qui ne cessait de monter. A un moment elle s'est retrouvée assez haut, presque sur la pelle. Suffisamment près pour que le conducteur puisse la regarder dans les yeux. Puis elle a commencé à s'enfoncer, avalée dans la terre sous la pelle du bulldozer. Le bulldozer n'a pas ralenti, ne s'est pas arrêté. Il a continué à avancer, pelle au niveau du sol, jusqu'à lui passer sur tout le corps. Alors il s'est mis en marche arrière, la pelle toujours au sol, et lui est repassé dessus", poursuit Dreg Sha

"Rachel gisait sur le sol, tordue de douleur et à moitié enterrée. Sa lèvre supérieure déchirée saignait abondamment. Elle ne put que dire 'je me suis cassé le dos'. Après ça elle n'arriva plus à dire son nom ni même à parler. (...) Mais on pouvait voir son état se détériorer rapidement. Des signes indiquant une hémorragie interne à la tête apparurent bientôt. Après environ un quart d'heure des brancardiers sont arrivés et l'ont emmenée à l'hôpital", raconte Dreg Sha. Rachel Corrie est morte des suites de ses blessures à l'hôpital.

 UNE VERSION CONTESTÉE PAR L'ARMÉE ISRAÉLIENNE

 

Craig, Sarah et Cindy Corrie au tribunal de district de Haïfa, le 28 août 2012.

 

Quatre autres volontaires, présents sur les lieux, ont confirmé cette version des faits au journal en ligne Electronic Intifada, le 19 mars 2003. Des photographies qu'ils ont prises ce jour-là, diffusées également par le site, semblent confirmer leur version. Pourtant, cette thèse a toujours été contestée par l'armée israélienne. Selon son porte-parole, le conducteur de l'engin ne l'aurait pas vue, car elle était dans un angle mort.

Aux termes de son enquête, l'armée a conclu que Rachel Corrie a été tuée "alors qu'elle perturbait les opérations menées sur le terrain par des bulldozers" militaires. "Corrie n'a pas été tuée parce que le bulldozer l'a écrasée ou du fait de l'action de cet engin, mais parce que des amas de terre et des matériaux de construction poussés par le bulldozer l'ont ensevelie", avait affirmé le rapport d'enquête de l'armée, dont le Guardian avait obtenu copie . L'armée a aussi accusé Rachel Corrie et les autres militants d'ISM d'avoir contribué à cette mort "par leur comportement illégal et irresponsable". Le procureur général militaire a fermé le dossier dès 2003 et aucune mesure disciplinaire n'a été prise.

Contestant cette décision, la famille avait déposé, en mars 2010, une plainte au civil contre l'Etat d'Israël et le ministère de la défense en demandant un dédommagement symbolique d'un dollar. Au cours du procès, un officier israélien présent le 16 mars 2003 a pour la première fois témoigné en public de l'"accident". L'officier, dont le quotidien israélien Haaretz rapporte le témoignage (en anglais), a indiqué que les militants avaient été sommés de quitter les lieux, notamment avec des gaz lacrymogènes et que l'armée s'est déplacée à de multiples reprises. "A mon grand regret, après la huitième fois, (Corrie) s'est cachée derrière un talus. Le conducteur du D9 ne l'a pas vue. Elle a pensé qu'il l'avait vue", a-t-il dit au tribunal, confirmant le témoignage du conducteur. Le juge Oded Gershon, du tribunal du district de Haïfa, a donné raison à l'armée, en rejetant le 28 août 2012, la plainte de Craig et Cindy Corrie. Ces derniers ont décidé de faire appel. 

Lire : L'Etat israélien exonéré de la mort d'une pacifiste américaine

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 15:20

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 29.08.2012 à 08h35

 
Des manifestants au Chili, mardi 28 août.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont à nouveau manifesté, mardi 28 août, à Santiago, pour demander une réforme de l'éducation. Selon la police et les organisateurs, entre 50 000 et 130 000 personnes ont participé au rassemblement, l'un des plus importants de ces dernières semaines. Les étudiants bénéficiaient en effet de l'appui des professeurs et de la Centrale unitaire des travailleurs (CUT), principale confédération syndicale du pays, qui avait appelé ses membres à se joindre au défilé.

Alors que certains dansaient au rythme de percussions, des milliers d'autres, le visage masqué ou portant des capuches, ont dressé en fin de cortège des barricades et affronté à coups de pierre et de bâton les forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes et avec des canons à eau.

 

 UN MOUVEMENT ÉTUDIANT "CRIMINALISÉ"

Depuis plus d'un an, le monde étudiant chilien est dans les rues pour demander une réforme du système éducatif, jugé cher, inégalitaire et inefficace. Pour les dirigeants des organisations étudiantes, les violences qui accompagnent parfois les manifestations donnent des arguments aux autorités pour "criminaliser" le mouvement et détourner l'attention de leurs demandes.

A ce jour, seule une poignée de manifestants ont été jugés à l'issue de plus d'une quarantaine de manifestations organisées depuis 2011, au cours desquelles la police a procédé à des arrestations massives, critiquées par plusieurs organisations de défense des droits humains. A la fin de 2011, le mouvement étudiant a obtenu une hausse de 10 % du budget de l'éducation pour 2012, de timides aides à l'endettement étudiant et un début de réforme sur la gestion des collèges et lycées publics.

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 15:10

 

Le Monde.fr avec AFP | 29.08.2012 à 16h04

 
 

 

En soustrayant le forfait pause, les salariés étaient rémunérés en-dessous du salaire minimum. Le groupe Carrefour a été condamné à payer 211 amendes de 1 500 euros.

 

Carrefour devra verser 316 500 euros d'amende pour avoir payé en-dessous du smic 211 salariés de l'hypermarché de Quimper selon un jugement de la cour d'appel de Rennes datant de mardi 28 août. Le groupe Carrefour a été condamné à payer 211 amendes de 1 500 euros (soit 316 500 euros) et l'ancien directeur de l'établissement, Guy Le Goec, à 211 amendes de 50 euros.

Carrefour devra également s'acquitter de dommages et intérêts à l'égard des 23 salariés qui se sont portés partie civile et de la CFDT. En première instance, en septembre 2011, le groupe Carrefour et le directeur de l'établissement avaient été condamnés à 400 000 euros d'amende par le tribunal de police de Quimper.

 TEMPS DE PAUSE PAS INCLUS

"C'est un soulagement pour nous car on se bat depuis 2008", a déclaré à l'AFP Patrick Mayeur, délégué syndical CFDT de Carrefour Quimper. Le syndicat faisait valoir que le temps de pause ne devait pas être inclus dans le calcul de la rémunération mensuelle. En soustrayant le forfait pause, les salariés étaient rémunérés en dessous du salaire minimum. "Aujourd'hui, la situation a été rétablie", indique le syndicaliste.

Le groupe Carrefour n'avait pas fait part de son intention de faire appel mercredi à la mi-journée. Une vingtaine de salariés de l'hypermarché attendent par ailleurs la décision du tribunal des prud'hommes. Ils exigent le versement de cinq années d'arriérés de salaire. La Cour de cassation avait confirmé en mars la condamnation de Carrefour pour non-respect du smic dans un établissement de l'Allier.

Lire : Carrefour inquiète le gouvernement

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 15:01

 

Marianne - Mardi 28 Août 2012 à 05:00

 

Greek Crisis
Historien et ethnologue, ancien correspondant en France pour la revue grecque Nemecis, Panagiotis... En savoir plus sur cet auteur

En Grèce, les petits évènements – un meurtre, des violences – rejoignent les grands – la crise, l'euro, la marginalisation avancée du pays. Panagiotis Grigoriou poursuit son tableau désabusé mais illustré d'un pays plus que jamais meurtri par la crise.

 

(Barrage d'Achéloos, Thessalie Août 2012 - Photo publié sur le blog Greek Crisis)
(Barrage d'Achéloos, Thessalie Août 2012 - Photo publié sur le blog Greek Crisis)
La séquentialité dense en faits critiques et forcement de crise, dépasse cet été les « communes mesures » de jadis. Entre les mesures annoncées de la bancocratie troïkane par Samaras et ses autres His Master's Voice, l'effondrement du système de santé, et la stratégie holistique des faits devenus trop divers, les habitants d'ici, sur ce champ de tir de l'Union Européenne des Banques, subissent et véhiculent à la fois leurs propres mutations.

Les stratèges du choc nous ont d'abord obligés dans l'adoption d'un vocabulaire, d'une sémantique et d'une grammaire dites « de crise et d'urgence », puis, une fois notre appréhension et construction du temps détruites, le champ, et le « champ de tir » devient enfin aussi « libre » pour nous voir imposer la seule cadence possible, celle du choc et de l'avenir... authentiquement hétéronome.

Nous subissons la violence « d'en haut et d'en bas » dans toute sa sémiologie, puis nous fabriquons nos propres violences politiquement agissantes et surtout orchestrées et/ou récupérées par les tenants des faits du médiatiquement réel. Heureusement que tout le monde n'est pas rémunéré ou contraint d'adhérer à la construction du temps dominant (y compris journalistique), autrement-dit, du calendrier imposé par nos « gérants ». Ainsi, la presse locale de Paros et d'Antiparos, revient sur les faits et gestes dans l'orchestration de l'après-événement de l'agression sur l'adolescente à proximité... de sa Côte d'or.

« Monstre Pakistanais »

L'hebdomadaire Ta Nea Parou Antiparou, daté du 11 Août, souligne l'ampleur de l'orchestration, faits à l'appui, c'est à dire la volonté politique de faire « coïncider » l'arrestation du Pakistanais présumé coupable, et le déclenchement de l'opération policière d'envergure à l'échelle du pays, conduisant à plus de 8 000 d'interpellation d'immigrés et à de milliers d'arrestations. Comme par hasard, c'était un 4 Août (jour « anniversaire » de l'instauration de la dictature du Général Metaxas en 1936), lorsque la police locale aussi sur l'île de Syros, chef lieu des Cyclades, opérait le transfert de « l'ogre de Paros », du « bourreau des Cyclades » ou du « monstre Pakistanais », selon les reportages de la presse nationale et des chaines de télévision, « après les aveux et les résultats des tests ADN, sur Ali M. et sur sa victime, [une jeune grecque âgée de 15 ans], violentée et sauvagement frappée par le présumé agresseur en plein jour et à proximité de la plage célèbre au sable doré ».

J'étais à Syros ce 4 Août et j'avais noté sur ce blog la réaction de certains habitants comme Takis, qui pensait que cette affaire serait plutôt montée. Évidement, cet événement « cluster » est à la fois fort significatif et de plus, un catalyseur des opinions. Moins conspirationnistes que Takis, deux autres habitants d'Hermoupolis rencontrés dimanche matin (05/08) sur le port, partageaient néanmoins le même avis que lui pour ce qui est d'un autre aspect de l'affaire : « on en fait un très gros plat, on médiatise à l'extrême un drame et un crime, et on mobilise une escorte policière comme pour un tueur en série. En plus, en interne depuis la Police on aurait bien délibérément informé les types de l'Aube dorée ». Les rédacteurs de hebdomadaire Ta Nea Parou Antiparou partagent cette analyse et soulignent également « que l'usage du qualificatif "ogre" à l'encontre de l'auteur présumé du crime, est au moins erroné, car à Paros, il n'y a pas eu de tels crimes en série, qui plus est, perpétués par la même personne ».

Ce terme et ses symboliques, c'est un lègue issu de l'holographie sombre des années 1950, lorsque à Salonique, un célèbre criminel fut le protagoniste dans une affaire d'ailleurs assez controversée. Après une série d'agressions et de meurtres de couples dans les environs de Saloniques à la fin des années 1950, tous attribués à « l'ogre du parc boisé de Seich Sou », c'est en 1963 qu'Aristide Pangradidis alors âgé de 23 ans fut arrêté. Pangratidis est un enfant de la misère ayant connu les « Maisons de redressement » et dont le père, a été fusillé par les partisans de gauche durant l'Occupation. L'affaire tombait au meilleur moment pour le pouvoir de l'époque, car l'opinion publique était aussi politiquement... inquiète, après l'attentat perpétué les figures d'hombre du para-État de la droite, du député EDA (Gauche Unitaire) Grigoris Lambrakis. C'était à Salonique, le mercredi 22 mai 1963 (veille de l'Ascension), à la sortie d'un meeting du mouvement pour la paix tenu à Thessalonique, que Lambrakis est renversé par une motocyclette triporteur sur lequel se trouvent deux hommes, Emannouil Emannouilidis et Spyro Gotzamanis.

Satellisation du pays

Grièvement blessé à la tête, Lambrakis est dans le coma et hospitalisé. EDA envoie auprès de lui une délégation formée par le poète Yannis Ritsos, membre du Comité directeur, Mikis Théodorakis et Manolis Glezos. C'est à ce moment que naît l'idée d'un mouvement spécifique autour de Lambrakis qui regroupa toute la jeunesse de gauche de l'époque après le décès du député le lundi 27 mai 1963. C'est aussi cette montée de la gauche qui inquiéta ses adversaires politiques, jusqu'au point culminant de l'instauration de la dictature des Colonels en avril 1967.

Aristide Pangratidis a été exécuté à Seich Sou même, le 17 février 1968, malgré les réticences du procureur qui exprima des doutes sur l'implication de Pangratidis aux quatre meurtres qui lui ont été attribués. L'histoire ne se répète pas mais certaines de ses symboliques ainsi que sa sémiologie peuvent être récupérées, surtout lorsqu'elles demeurent opérationnelles. Les canalisateurs d'opinion le savent bien, ainsi, le qualificatif (« l'ogre »), si facilement adopté par l'ensemble de la presse, n'est pas du tout fortuit. De même, l'arrestation du « braqueur-activiste anti-État » Tasos Theofilou, et assassin présumé du chauffeur de taxi qui avait tenté d'empêcher la fuite des braqueurs de Paros (le 10/08), a aussi été mise à profit par un « aménagement chronologique », cadrant avec le calendrier politique du moment. Par la même occasion, des personnes se réclamant du mouvement activiste anarchiste, expriment leur désaccord avec les prises de positions de Theofilou, par une lettre publiée par l'hebdomadaire satyrique et d'investigation To Pontiki, daté du 23/08.

On dirait que la spirale des événements « étouffants par le bas » rejoignent tout en les masquant, ces autres grands faits venus d'en haut... hautement plus étouffants. Car c'est en ce moment que certaines décisions sont sans doute en cours de précision entre Paris, Bruxelles et Berlin sur la Grèce, et sur la zone euro, même si les positions de François Hollande et d'Angela Merkel semblent quelque peu différentes. Les Grecs n'y prêtent plus tellement d'attention et nos conspirationnistes sur la toile hellénophone, trouvent à dire que toute cette orchestration de la violence interne en Grèce, entre les immigrés, l'Aube dorée et les autres, prépare le terrain à une intervention armée de type « maintient de l'ordre » venue de l'étranger, par les forces « Euro-unionnaises » ou par celles de l'ONU, ce qui dans les deux cas en revient à l'intervention des grandes puissances, sous prétexte de défendre l'ordre, la « démocratie » et les citoyens.

Si ce scenario se confirme, il s'agira sans doute de la dernière phase de la satellisation du pays, après avoir provoqué une crise alimentaire, sanitaire, sociale, politique et finalement ethnique, « on » intervient alors militairement, en y apportant en plus pour complémenter le dessert... les sacs de riz. On pourra alors appeler ce dessert de la méta-Europa « riz au lait » toute comme l'opération future, pour faire dans l'onomatopée créative mais ce n'est pas dit que tout le monde en rigolera.

Du pain mâché pour Aube dorée

Ce qui semble déjà réconforter nos conspirationnistes par contre, tient par une étrange coïncidence de la « Une » du Monde dans sa version électronique datée du 24/08, où, sous le titre : « L'aggravation des violences racistes en Grèce inquiète l'ONU », on apprend que « le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR) s'est dit, jeudi 23 août, préoccupé par "l'aggravation" des attaques racistes en Grèce, et a demandé au gouvernement d'agir pour lutter contre ce fléau. Laurens Jolles, représentant de l'Europe du Sud-Est au UNHCR, a exprimé "sa préoccupation face à ce phénomène qui a pris des dimensions inquiétantes et semble être coordonné par des groupes et individus se prévalant d'agir au nom de la sécurité publique, alors qu'en réalité, ils menacent les institutions démocratiques".

Lors d'une rencontre avec Nikos Dendias, ministre grec de la protection du citoyen, M. Jolles "a demandé de prendre des mesures pour lutter contre la hausse du nombre d'attaques racistes, protéger les victimes et poursuivre en justice les auteurs et les instigateurs à la violence" […] Nikos Dendias a récemment qualifié l'immigration illégale "d'un des grands problèmes du pays" et s'est engagé à mettre fin à "l'invasion sans précédent" d'immigrants. Selon l'UNHCR, il a promis la mise en place d'une "force spéciale pour lutter contre la violence raciale". Soulignant le manque d'une procédure adéquate d'octroi d'asile en Grèce, M. Jolles a aussi évoqué le risque d'avoir, parmi les sans-papiers arrêtés, "des personnes qui ont besoin de protection", et appelé le gouvernement à renforcer le mécanisme d'asile. »


Du pain complet, encore bénit et mâché pour l'Aube dorée. Déjà depuis deux jours, les Aubedoriens soutenus par le maire et une partie de la population de la ville de Corinthe, s'opposent violemment à l'utilisation de la caserne de la ville pour y loger des immigrés clandestins en détention. Les... « légionnaires » des « unités » Aubedoriennes sont ainsi « fatalement » entrés en contact avec les unités de MAT (CRS) jeudi et vendredi. Le maire a privé d'eau le bâtiment, et un député Nouvelle Démocratie a été molesté par les Aubedoriens. Au même moment, les échanges au Parlement entre le député Kasidiaris (Aube dorée) et le Ministre de l'Intérieur ont été très vifs. Au moins, on ne pourra plus dire qu'il ne se passe rien en Grèce, y compris au niveau interpersonnel.

Mariages

Mes amis d'Athènes, luttant contre l'installation illégale d'une antenne téléphonique, se sont adressés au comité de quartier. Ils ont découvert que le responsable habite un des immeubles à l'autre bout de la rue. Il n'était pas au courant de l'affaire car la construction n'est pas visible de partout et de toute manière « on » joue le camouflage. « C'est une forme de guerre urbaine que nous subissons, donc nous devons réagir, se connaître d'abord et rester solidaires » précisa un voisin. Des habitants d'un même immeuble et d'un même quartier qui s'ignorèrent depuis toujours, apprennent à se connaître dans l'adversité. « Madame B., avocate prendra en charge le dossier dès lundi, elle est d'ici en plus », a annoncé le responsable du quartier, heureusement que la seule sociabilité de crise ne se résume pas à la surmédiatisation des commandos de l'Aube dorée.

Ailleurs, et en Thessalie (Grèce centrale), les habitants des villages autour de Trikala ne ratent plus un mariage, histoire de s'y retrouver et de sortir maintenant que les tavernes et autres bistrots deviennent progressivement inaccessibles : « Nous y allons dès jeudi chez la future mariée en glissant évidement l'enveloppe contenant le cadeau, c'est à dire un billet de vingt euros. Plus personne presque n'apporte de cadeaux sous forme d'objets et même concernant la somme, les règles ont changé. Avant il était très mal vu que de laisser moins de cinquante euros, car tout se dit au village, mais depuis la crise il y eu... baisse des tarifs » (témoignage d'un habitant de la région de Trikala – Août 2012). D'ailleurs, vingt euros c'est également le tarif actuel pour le « blanchiment » d'un enfant nouveau né, selon les usages adaptés à la nouvelle situation. Il s'agit d'une forme de cadeau que les proches et amis de la famille posent sur le lit du bébé lors de leur première visite chez ses parents à partir du quarantième jour après la naissance.

La baisse des... tarifs est aussi analogue et il semblerait que vingt euros soit pour l'instant une somme socialement, économiquement acceptable sans y perdre la face, autrement-dit, en préservant une certaine dignité plus une obligation mieux acceptable dans l'éventualité toujours possible d'un futur contre-don. « Au mariage de ma fille, Alexandra avait donné à l'époque 80 euros, c'était en 2004. Sa fille se marie samedi mais je ne peux pas lui offrir autant, pourtant c'est la règle mais elle comprend. Je ne suis pas la seule dans cette situation, vingt euros c'est honorable et on fera la fête tous ensemble » (témoignage d'une habitante de la région de Trikala – Août 2012).

Les pratiques changent avec l'effondrement du modèle d'avant et surtout, par la conviction désormais acquise que le retour à la prospérité ne sera pas pour demain. Une économie de crise accompagnée par une réappropriation de la pluralité est en train de s'opérer en Thessalie occidentale :

« Mes parents sont des agriculteurs ils cultivent depuis des décennies le maïs et le tabac mais pour le reste, leur mode de vie était devenu citadin. Tout comme des autres villageois dans le sens où l'auto-consommation avait disparue, les habitants n'y avaient plus de poules, des lapins et plus tellement de cultures disons « vivrières » au village, pour tout approvisionnement nous nous rendions au supermarché de la ville dépenser l'argent des récoltes et des subventions. Depuis six mois, on se met à replanter des lentilles et des haricots, à part les tomates et autres légumes d'été. Le but c'est l'autoconsommation et on échange le surplus avec les voisins. On revalorise ainsi nos arbres fruitiers et nos compétences. L'épouse du coiffeur propose ses confitures aux clients de son époux, c'est le moment de la figue et sa confiture est excellente. Des éleveurs offrent ou vendent à tout petit prix à d'autres villageois, les jeunes agneaux qu'ils ne veulent pas garder pour ne pas diminuer la production laitière des brebis.
(Chez la mariée, Thessalie août 2012 - Photo publiée sur le blog Greek Crisis)
(Chez la mariée, Thessalie août 2012 - Photo publiée sur le blog Greek Crisis)

Pêche aux marcassins

Ces agneaux, trois au grand maximum, seront nourris par leurs propriétaires pour être consommés au Printemps 2013, à Pâques notamment, encore une vieille pratique qui revient en force. D'autres villageois ou même citadins de la ville voisine, Trikala, achèteraient même auprès des éleveurs de la région, un petit nombre de bêtes, dix à douze moutons ou chèvres et qui restent au sein du troupeau. En échange, l'éleveur qui assure toujours le quotidien des bêtes, garde la moitié des nouveau-nés et les deux tiers du lait transformé en fromage pour ce qui est de la production des animaux vendus, plus l'argent de la vente bien entendu. De toute manière, l'élevage n'est plus rentable, à moins de diversifier certaines pratiques et surtout de produire soi-même le fourrage nécessaire à la prairie familiale, avoine et parfois maïs notamment. Mais il y a aussi du tragicomique dans nos pâturages.

La semaine dernière, un éleveur m'a fait venir pour soigner une de ses bêtes. Il prétendait qu'il avait abandonné le pot trayeur et le lactoduc et préfère désormais traire ses chèvres à la main « car c'est mieux ». En réalité, comme il n'a pas d'électricité à l'étable, il utilisait un générateur mais vu le prix des carburants il a fait marche arrière. En passant par chez lui ensuite, il a réglé ma visite en sortant de son congélateur cinq kilos de viande, cela m'arrive de plus en plus souvent, on me paye totalement ou partiellement à l'ancienne, viande, œufs, poules, on me propose même des animaux mais chez nous le jardin est petit »
(témoignage de D., vétérinaire exerçant dans la région de Trikala, 24/08).

Dans les montagnes du département et à sa frontière administrative avec l'Épire, on peut rencontrer enfin des gens visiblement heureux de vivre. Certes, le barrage controversé sur le fleuve Achéloos est tout proche, on sait que des années de lutte acharnée ont ainsi opposé les habitants et les promoteurs du projet co-financé par les fonds structurels de l'U.E., un non sens écologique et économique selon la majorité des habitants, à Mesohora par exemple. Au café de Mesohora (400 habitants) à plus de 800 mètres d'altitude on peut encore prendre l'air, lorsqu'en bas en plaine, le thermomètre a frôlé les 40° C. Des habitants, des hommes plus précisément, boivent leur ouzo et leur bière en marquant une pose dans leurs occupations du jour. Il est question de météo, d'élevage et de... pratiques de pêche en mer car parmi les convives, T. avait vécu un moment en mer Égée : « Je pêchais la dorade et à présent... je pêche le marcassin. On ne parle plus tellement de la crise ici, la montagne a toujours survécu à toutes les guerres laissant les désordres en plaine et en ville. Nous ne manquons plus de grand chose ici, ni de travail, les médicaments et les soins par contre deviennent désormais une préoccupation des gens mais on s'y ferra comme nos ancêtres ».

Préhistoire de la crise

C'est vrai que le système de santé est mourant, les pharmaciens de la moitié des départements ne délivrent plus de médicaments via le tiers-payant, chez les retraités de la plaine Thessalienne c'est déjà la peur : « Toute notre retraite passera dans les médicaments, pour que nos retraites soient versées en Août, l'organisme a dû emprunter pratiquement deux cent millions d'euros, l'État ne lui verse plus sa contribution, l'hiver sera dur, mais on ira au mariage samedi et on oubliera la crise » (24/08).

Je viens de relire un de mes carnets de notes manuscrits, datant de 1989, lors d'une enquête de terrain au sein d'une communauté villageoise en mer Égée. La préhistoire de la crise est déjà visible, mais pas la crise. Histoires entre pécheurs, plongeurs, « exploitants » de la mer et qui finirent souvent devant les tribunaux. Du profit faisant dans le peu importe comment, le népotisme local et le PASOK, déjà considéré comme étant une « peste » pour une partie des habitants. Loin de l'euro et de ses multiples sémantiques et symboliques de crise, loin aussi de Corinthe et de ses... nouveaux raisins de la colère. D'ailleurs le mot « crise » n'apparait pas une seule fois dans mon carnet. À l'époque, il était toujours question de pêche, des tempêtes, de foot et des mariages. De la tramontane et de la mer, tout simplement.

 

En Grèce, une violence sans cesse plus éclectique
Retrouvez Greek Crisis sur son blog.

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 14:53

 

coup de pompe 28/08/2012 à 14h10
Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

                                                                                                                                                                                                                 Destinée à soulager les ménages, cette mesure va coûter 300 millions d’euros à l’Etat et envenime les relations entre le PS et les écolos.

 

Ce dossier a tout du ratage annoncé, et pourtant le gouvernement en a fait une de ses priorités de rentrée.

 

Le candidat François Hollande avait promis dès le début de son mandat, et par décret, « le blocage des prix de l’essence pendant trois mois ». A la place, en attendant un mécanisme pérenne de régulation, le ministre des Finances, Pierre Moscovici, a annoncé, au sortir d’une réunion avec les professionnels du secteur et les représentants des consommateurs à Bercy, une baisse du prix à la pompe allant jusqu’à 6 centimes d’euros par litre, soit environ 4%.

Un montant qu’il a qualifié d’« extrêmement substantiel » (alors que le Premier ministre parlait la veille d’un effort « modeste » de 2 à 4 centimes). Pensez donc, a insisté Pierre Moscovici : 1,5 euro pour 25 litres dans le réservoir !

 

  Conférence de presse de Pierre Moscovici à Bercy Le 28/08/2012

 

L’Etat en financera la moitié, les pétroliers et distributeurs doivent mettre la main à la poche pour les trois centimes restants. Mais « ce sera à chaque opérateur d’annoncer jusqu’où il pourra aller », a précisé le président de l’Union française des industries pétrolières, Jean-Louis Schilansky.

Une baisse pas vraiment « substantielle » pour Peggy et Vincent, qui nous avaient raconté qu’avec un budget essence en hausse de 10% depuis 2010, ils consacraient 1 200 euros par an au carburant. Comme eux, nombre de Français modestes et habitant en province subissent lourdement cette dépense fortement inégalitaire.

L’économiste Thomas Porcher rappelle sur Le Plus qu’« à Paris, seuls 15% des gens utilisent leur voiture pour aller au travail contre 85% dans certaines régions ».

Pour l’Etat, en revanche, le coût de la mesure sera « substantiel » : 300 millions d’euros en moins dans le budget sur trois mois, qu’il faudra bien compenser en ces temps de déficit.

 

Quel gain politique espère le gouvernement ?

Cette mesure ne va pas arranger les relations avec les partenaires écologistes, déjà bien envenimées. Dans Libération de ce mardi, l’eurodéputé EELV Yves Cochet, ancien ministre de l’Environnement, pointait une « contradiction au moment où le gouvernement est censé nous préparer à la sobriété énergétique », et s’étonnait :

« Les socialistes semblent ignorer l’existence du “peak oil”. »

Le président du groupe EELV au Sénat, Jean-Vincent Placé, cité par Le Monde, a dit sa « perplexité » face à cette mesure, et suggéré :

« Nous aurions pu nous tourner vers une aide directe aux ménages les plus défavorisés et qui ont besoin d’une aide publique pour compenser cette baisse dramatique du pouvoir d’achat. »

Selon un communiqué commun de cinq ONG de défense de l’environnement, le gouvernement serait plus inspiré de soutenir le règlement européen sur les émissions de CO2 qui devrait contraindre les constructeurs à limiter les celles-ci à 95g de CO2/km en 2020 [sachant que les émissions moyennes se situant autour de 140g en Europe aujourd’hui], ce qui permettrait à chaque automobiliste français d’économiser près de 350 euros (plus de 20% de son budget essence) à la pompe chaque année.

 


Dessin de Baudry

Les distributeurs font leur pub

Le gouvernement s’est fait doubler habilement ces derniers jours par les distributeurs. Toujours prompte à se faire de la pub en baissant ses prix, la chaîne Leclerc, qui compte 555 stations-services, ainsi que les magasins U ont annoncé qu’ils allaient « vendre l’essence à prix coûtant ».

Bel effort quand on sait que l’essence fonctionne pour eux comme un produit d’appel destiné à drainer des consommateurs dans les supermarchés ! « Ce n’est pas là-dessus qu’ils gagnent de l’argent », affirme ainsi
Alain Bazot, le président de l’UFC-Que Choisir, interrogé par Europe1.fr.

Le même Alain Bazot estime que « l’Etat se trompe de cible » :

« On est aujourd’hui revenu aux sommets de 2008 sur le raffinage, avec des marges de l’ordre de 15 centimes par litre. C’est dément. Entre 2009 et 2012, le prix de l’essence TTC a connu une hausse de 40%, alors que celui hors-taxes a bondi de 117%. On voit bien que les taxes ont un effet amortisseur, et que c’est le hors taxe qui est facteur d’inflation. »

Si l’Etat a réussi à obtenir un geste de la part des pétroliers, il ne se mettra pas les pompistes dans la poche. Le président de leur syndicat, Christian Roux, livre un témoignage à charge sur Le Plus :

« La moyenne des revenus pour un couple d’exploitants et propriétaires de station-service qui travaille six jours sur sept, soit 70 heures par semaine, est de seulement 37 000 euros par an, soit moins d’un smic pour chacun ! Et c’est à eux que l’on demande de faire un effort aujourd’hui ? »

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 14:45
Rue89 - Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 28/08/2012 à 11h32

 

 

Il y eut ce chat entre un trader et les riverains de Rue89 : « Je suis trader dans une banque française, posez-moi vos questions ! » Bon, rien à redire sur les questions. Mais les réponses du trader, oulala ! Un summum dans le registre de la citoyenneté à responsabilité limitée.

Aux innocents les mains pleines

Vous vous rappelez tous cette excuse définitive du criminel de guerre :

« J’ai agi sur ordre. Je faisais mon métier. »

Bon d’accord, un trader n’est pas un criminel de guerre. Celui-ci nie d’ailleurs d’avance toute responsabilité pour ses actes. Il fait son boulot, voilà tout. Tout juste admet-il qu’il ne se lève pas le matin en se disant qu’il va « agir pour le bien de l’humanité ».

Ceux qui agonissent aujourd’hui son métier, au prétexte qu’il est « contre-productif pour l’humanité », ne sont (clame-t-il) que des « populistes » en chasse de « boucs-émissaires », abondamment relayés « par une grande partie de la presse ».

Qu’on le pousse dans ses derniers retranchements en insistant sur la nocivité et l’inutilité sociale de sa tâche, le voilà qui prend la mouche et déclare – un classique – qu’il est très fier de l’exercer.

« Les gens avec qui je travaille sont des personnes intègres et de valeur, qui sont fières de payer leurs impôts en France, impliquées socialement et politiquement (et pas toujours du côté auquel on s’attend). »

Une grande SARL mondialisée

A croire que notre monde est régi par une vaste SARL (Société anonyme à responsabilité limitée). Personne n’est responsable de rien, encore moins coupable. Chacun se planque dans la grille hiérarchique préétablie, à la place qui lui est allouée. Et renvoie aux échelons supérieurs ou en appelle à son devoir quand il passe dans le collimateur.

Le préfet qui envoie, selon son époque, des juifs ou des Roms se faire pendre ailleurs. Le policier du Vel’ d’Hiv’ ou celui des sinistres évènements du 17 octobre 1961. Le syndicat qui défend l’industrie de l’armement pour les emplois qu’elle procure. La région, son usine de retraitement nucléaire. L’employé qui coupe l’électricité, le gaz ou l’eau d’une famille dans la dèche.

C’est marrant, j’ai la naïveté de penser que tout citoyen est un adulte. Que tout adulte est responsable de ses actes par définition. Du commanditaire à l’exécutant. Des dirigeants à la masse des électeurs qui les ont élus pour les représenter. Le coup du « peuple » abusé ou manipulé me hérisse le poil, tant celui-ci met de zèle à se laisser avoir.

A une question sur les conséquences de la spéculation sur les matières premières, notre fier trader répond que les producteurs de matières premières agricoles ne furent guère à plaindre, que les principaux perdants dans l’affaire furent « les actionnaires des banques ».

Mais rien, absolument rien sur les consommateurs. Et encore moins sur les moins que consommateurs. Ceux qui, pour rafraîchir les idées à œillères de notre saint-innocent, menèrent les émeutes de la faim en 2008.

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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