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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 16:09

 

rtbf.be

MONDE | Mis à jour le mercredi 18 juillet 2012 à 14h31

 

 

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Les Indignés se recrutent désormais dans toutes les catégories de la ppopulation, face aux divers plans d'austérité

Les Indignés se recrutent désormais dans toutes les catégories de la ppopulation, face aux divers plans d'austérité

 

Né au printemps 2011, alors que le sud de l'Europe sombrait dans la crise des dettes souveraines et que des gouvernements désemparés semblaient ne plus être en mesure de réagir, des jeunes se rassemblaient au cœur de Madrid et se donnaient le nom d' "Indignés". Davantage de démocratie, refus du détricotage des droits sociaux, ras-le-bol de la marchandisation de la société... Des thématiques qui ont vite gagné une grande partie de la planète, avec des succès divers. Mais comment ce mouvement spontané a-t-il passé l'épreuve du temps, et comment s'est-il structuré ? Tour d'horizon de la constellation des Indignés.

Au cœur de Madrid, sur la place Puerta Del Sol qui avait vu naître le mouvement des Indignés le 15 mai 2011, des mineurs venus de tout le pays ont établi leur campement. En lutte depuis plusieurs mois contre la réduction des subventions gouvernementales aux mines du nord du pays, les mineurs avaient entamé une marche de 400 kilomètres. Les premiers sont arrivés dans la capitale espagnole dans la nuit du mardi 10 juillet, sous les vivats de la population madrilène. Ils sont ainsi venus rejoindre les Indignés qui avaient "pris la rue" depuis de nombreux mois, en Espagne d’abord, en Grèce, en Italie, en France ou en Belgique ensuite, avant d’essaimer jusque sur le continent américain.

Des mineurs, donc, mêlés aux pompiers, aux fonctionnaires et aux retraités, pour poursuivre la lutte entamée par les jeunes de la Puerta del Sol. Mais les enfants de mai 2011, ces jeunes horripilés par les coups de boutoir donnés à la faveur de la crise au modèle social européen, aux droits et libertés, sont-il encore mobilisés ? Vont-ils encore, les bras levés, à la rencontre des forces de l’ordre en les appelant à baisser leurs armes ?

Deux grandes journées de mobilisation, mais ensuite ?

Le mouvement a véritablement culminé le 15 octobre 2011, à la faveur de la première journée mondiale des Indignés. Des manifestations ont eu lieu ce jour-là dans plus de 900 villes à travers le monde. Bruxelles était d’ailleurs l’un des points focaux de cette vaste journée de mobilisation : les Indignés de l’Europe entière s’y étaient fixé rendez-vous pour défiler sous les fenêtres des institutions européennes. Il y eut encore une nouvelle journée de mobilisation le 12 mai, à l’approche du premier anniversaire du mouvement. Mais depuis ?

Longtemps le mode d’action privilégié des Indignés, en Espagne comme en Grèce ou encore aux Etats-Unis (avec le mouvement Occupy Wall Street) a été l’occupation de places publiques symboliques.  "Toma la calle!" proclamait d’emblée Democracia Real Ya !. Puerta del Sol à Madrid, place Syntagma en Grèce, Wall Street à New York et aussi place Flagey à Bruxelles. Mais la résistance passive des occupants n’aura pas empêché les autorités de récupérer les lieux, finalement, et parfois par la force. Le mouvement s’est alors davantage décentralisé, tentant de s’enraciner plus localement et de se disséminer dans la société.

Et cela marche. Sporadiquement, des manifestations ou des actions ont lieu, un peu partout, au gré des événements ou des occasions. A Jerez par exemple, une centaine de manifestants s’en sont pris au siège local du Parti populaire du premier ministre Mariano Rajoy, dont le gouvernement vient d’adopter un plan d’économies drastiques susceptible de faire plonger l’Espagne en récession pour une à deux années supplémentaires.

Plus anecdotique, mais révélateur d’un état d’esprit "indigné" qui imprègne désormais toutes les couches de la population : à Berlin, dans le quartier de Pankow, 300 seniors squattent leur lieu de rencontre communautaire dans cette banlieue plutôt cossue. Motif de leur colère : ils n’acceptent pas que les activités qui les relient et les maintiennent en forme soient déplacées parce que la mairie entend profiter de l’excellente situation des lieux pour réaliser une bonne affaire. Dans le livre d’or des "occupants" de la villa Kunterbunt, un visiteur a écrit ces lignes du poète allemand Erich Fried: "Quand une multitude de petites gens dans une multitude de petits lieux changent une multitude de petites choses, ils peuvent changer la face du monde."

Gonfler les rang altermondialistes

Le mouvement des Indignés rejoint aussi, par sa structure et par ses objectifs, les courants déjà bien enracinés de l’altermondialisme et de la critique radicale du capitalisme. Ainsi, les agendas des Indignés renseignent des activités déjà rôdées depuis plusieurs années, comme le NoBorder camp, en Allemagne, où se réunit comme chaque année la constellation des organisations antiracistes et des  mouvements opposés aux politiques de restriction de l’exil et de l’immigration. Il renseigne également l’Alter-Village de Attac, l’organisation pionnière de l’altermondialisme, qui en est à sa cinquième édition.

Le mouvement reste bien sûr mobilisé sur les plans d’économie imposés dans les pays touchés de plein fouet par la crise de la dette. Ainsi en Espagne, les mesures d’austérité du gouvernement Rajoy cristallisent à nouveau les actions : des manifestations contre "la sauvagerie sociale" sont prévues un peu partout et même à Bruxelles où les expatriés espagnols sont conviés à manifester le 19 juillet. Et dans les mêmes heures, d’autres colonnes de mineurs en grève ont prévu de rallier Madrid, après celle du 10 juillet. L’été madrilène sera chaud.

Se garder du poison populiste

En Grèce, les grandes manifestations et l’occupation de la place Syntagma ont cessé au milieu de l’été 2011. Le mouvement des Indignés s’est là aussi disséminé dans le tissu social : permanences juridiques, soupes populaires, aide médicale gratuite aux gens qui n’ont plus les moyens de payer leurs soins… L’entraide passe également par des réseaux d’échange de services et la mise sur pied de circuits économiques alternatifs, à l’image du désormais emblématique "mouvement des patates", qui avait vu les producteurs grecs de pommes de terre venir vendre leur production en direct et à bas prix aux manifestants de Syntagma.

Pour la journaliste grecque Ira Sinigala, le souvenir de l’occupation de la place Syntagma est vif. Il ne s’est pas éteint, pense-t-elle. "Il y a en permanence des appels à de nouvelles mobilisations et actions. Ce volcan va se réveiller un jour, c’est certain, mais sous une nouvelle forme". Elle n’élude pourtant pas les dangers. "L’un des plus importants aujourd’hui, c’est Aube dorée, ce mouvement d’extrême droite qui puise dans les idées de Syntagma mais leur donne un contenu xénophobe, réactionnaire et souverainiste", explique-t-elle. 

Car si les élections législatives à répétition au printemps 2012 n’ont pas été propices aux manifestations de masse, les revendications des Indignés grecs ont irrigué la campagne électorale. Qu’une partie de la population, désorientée par les ravages de l’austérité, ait été portée à voter pour l’extrême-droite nazie est une réalité. Elle n’occulte toutefois pas le succès du parti de la gauche radicale Syriza qui, avec près de 27% des suffrages en juin, devance de très loin le parti socialiste historique, le Pasok.

"Occupy": le mouvement gagne le continent américain

Aux Etats-Unis, le mouvement Occupy Wall Street a tenu le haut du pavé pendant plusieurs mois, ne cédant le terrain à New York et dans d’autres grandes villes américaines qu’après des évacuations parfois musclées de la police. Se présentant comme le mouvement des 99% (de la population, dominée par 1% des plus riches), les "Occupy" ne font plus la Une. Mais des initiatives subsistent, ci et là : ainsi ce camp d’été pour les enfants organisé dans une école désaffectée de Brooklyn. Il n’a pas encore beaucoup de succès mais ses organisateurs, inspirés par les Freedom Schools de l’époque du mouvement des droits civiques, espèrent accueillir davantage de jeunes pousses militantes d’ici la fin des vacances d’été.

En Californie, des activistes d’Occupy battent le pavé devant Bohemian Grove, le lieu un peu mythique d’une réunion d’été des puissants du monde, en Californie, où les "1%" sont supposés conclure de nouveaux marchés et asseoir leur pouvoir sur le dos des "99%"…

Les voisins québécois ont eu aussi connu leur mouvement d'indignation: le "printemps érable", né dans la contestation d'une hausse des frais de scolarité, a réussi à rassembler bien au-delà des cercles étudiants. Armée de casseroles, c'est une grande partie de la population des grandes villes qui a accompagné le mouvement en dénonçant, par delà la question spécifique des frais d'étude, les restrictions au droit de manifester et la mauvaise gestion de la crise par les autorités.

Les réseaux sociaux sous contrôle ?

Mais aux Etats-Unis, le débat autour des Indignés risque de rebondir sur un autre terrain : celui de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux.

Une des caractéristiques principales du mouvement a justement été sa "viralité", sa capacité à répandre mot d’ordres et rendez-vous sur les réseaux sociaux et à utiliser toutes les ressources de la toile pour favoriser les débats, le partage d’informations et même la participation aux délibérations sur l’organisation du mouvement. En somme, en lutte contre l’hyper-marchandisation de la société, les Indignés n’en sont pas moins ultra-modernes dans leur fonctionnement. Il va sans dire que la liberté d’expression et le non-contrôle de l’internet sont pour eux des valeurs cardinales.

Or, un juge new yorkais a ordonné à Twitter de lui transmettre tous les tweets envoyés par un activiste du mouvement Occupy Wall Street, Malcolm Harris, suite à l’envahissement du pont de Brooklyn le 1er octobre dernier. "Ce que vous donnez au public, appartient au public. Les réflexions que vous gardez pour vous-même, n'appartiennent qu'à vous. Envoyer un tweet, c'est comme crier par la fenêtre", estime ce juge dans sa motivation. Même si Twitter dit vouloir préserver les droits de ses utilisateurs, l’affaire inquiète, car elle pourrait faire jurisprudence et permettre aux autorités de contrôler davantage l’action militante.

Une tendance que l'on retrouve de ce côté-ci de l'Atlantique aussi, et qui traduit finalement l'inquiétude des autorités face à un mouvement qui s'encombre assez peu des "règles du jeu". Preuve sans doute que si le mouvement n'a pas cessé d'exister et que s'il est devenu moins spectaculaire, il n'a pas pour autant abandonné la scène.

T.N.

 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 16:03

 


lexpress.fr - Par AFP, publié le 17/07/2012 à 21:07, mis à jour à 21:07

 

MADRID - Aux cris de "mains en l'air, c'est un hold-up", environ 1.500 fonctionnaires se sont rassemblés mardi soir devant le ministère du Budget à Madrid, pour dire "non" au plan de rigueur gouvernemental qui les prive de leur prime de Noël.

Espagne: les fonctionnaires crient leur colère dans les rues de Madrid

Des fonctionnaires manifestent à Madrid le 17 juillet 2012

afp.com/Pierre-Philippe Marcou

 

Levant les mains au ciel, dans le hurlement des sifflets, les fonctionnaires, répondant à l'appel des syndicats, manifestaient comme ils le font quotidiennement depuis l'annonce le 11 juillet du plan d'économies. 

"Nous manifestons parce qu'ils nous avaient déjà baissé puis gelé nos salaires, et maintenant, avec la prime de Noël, c'est la fin", explique Ines Cornide, une femme de 44 ans, fonctionnaire dans la justice depuis 14 ans. 

"Ces mesures ne vont pas relancer la consommation, ne vont pas créer d'emploi, et elles nous frappent nous, qui avons une situation un peu plus sûre, qui pourrions aider la consommation", ajoute cette manifestante, venue avec son mari, fonctionnaire lui aussi dans l'administration pénitentiaire. 

Teresa, 59 ans, fonctionnaire depuis 29 ans, employée au ministère du Budget, raconte qu'elle a aujourd'hui "le même salaire qu'en 2008", après la baisse de 5% décidée en 2010 par le gouvernement socialiste puis le gel des salaires des fonctionnaires. 

"Ce ne sont pas seulement les fonctionnaires qui sont touchés, c'est pire pour les chômeurs. Et aucune mesure n'a été prise contre les grandes fortunes", s'indigne-t-elle. "Je ne serais pas surprise que bientôt ce soit au tour des retraites". 

Quelques heures plus tôt, quelques centaines de fonctionnaires étaient déjà sortis des ministères et administrations du centre de Madrid, à l'heure de la pause-café de la fin de matinée. 

Dans une forêt de petites pancartes portant le mot "NO", accompagné d'une paire de ciseaux dessinés, symbole des coupes budgétaires, les manifestants ont bloqué pendant environ une demi-heure plusieurs avenues du centre de la capitale. 

"Démocratie, où es-tu", "Chômeurs, bougez-vous", clamaient d'autres pancartes. 

Sans attendre la journée de manifestations convoquée jeudi par les syndicats, les fonctionnaires manifestent quotidiennement contre les mesures gouvernementales. Parmi eux, des professions peu habituées à se faire entendre de cette manière, comme les pompiers et les policiers. 

Le plan adopté par le gouvernement de droite de Mariano Rajoy prévoit 65 milliards d'euros d'économies d'ici à la fin 2014, entre rentrées supplémentaires et coupes budgétaires, répondant aux exigences de Bruxelles qui a accordé en contrepartie à l'Espagne un assouplissement de ses objectifs de déficit public: 6,3% du PIB cette année, 4,5% en 2013 et 2,8% en 2014. 

Les principales mesures de ce plan sont une hausse de la TVA, dont le taux plein sera porté à 21% à partir du 1er septembre, une réduction des indemnités pour les nouveaux chômeurs, qui seront abaissées de 60% à 50% du salaire au bout de six mois, et la suppression de la prime de Noël pour les fonctionnaires, équivalente à un mois de salaire. 

Soit une baisse de salaire de 7% environ sur un an, les salariés espagnols étant payés sur 14 mois, après une baisse de 5% décidée en 2010 par le précédent gouvernement socialiste. 

Par
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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 15:55

 

 

 

Onze ans après le G8 de Gênes, la justice italienne vient de rendre ses derniers jugements, sévères avec les manifestants, mais pas avec les policiers accusés de violences. Salvatore Palidda, professeur de sociologie à l'université de Gênes, démêle l'écheveau des responsabilités et les stratégies mises en place dans le traitement judiciaire des événements.

 


 

 

Tout le monde se souvient des violences, abus de pouvoir et tortures de la part de nombreux agents de police contre des manifestants, lors du G8 de Gênes, ainsi que des violences de la part des soi-disant black bloc. Onze ans après ces 20 et 21 juillet 2001, la troisième instance de la justice italienne vient de rendre un verdict définitif contre des policiers accusés des passages à tabac envers les 93 manifestants qui dormaient dans l’école Diaz, puis, juste après, un second verdict contre dix manifestants inculpés de « destructions et pillages » et accusés d’être responsables des « dévastations » de la ville et de la mise en grave danger de l’ordre public.

 

Suivant le schéma adopté dès le début, le traitement judiciaire du G8 de Gênes a donc cherché à donner une image d’équilibre, condamnant à la fois les policiers et les manifestants.

 

Mais en réalité ces deux sentences (et même les autres) sont extrêmement déséquilibrées. Voici pourquoi:

 

1) Les plus hauts responsables de l’ordre public à Gênes n’ont pas du tout été touchés. Le chef de la police d’alors, Giovanni De Gennaro, a continué à progresser dans une carrière plus que brillante, jusqu'à devenir le chef de tous les services secrets du pays, et aujourd’hui sous-secrétaire d’Etat du gouvernement Monti chargé de ces services. Dans une position toujours très puissante, grâce aux soutiens de personnalités de poids à gauche comme à droite, il a même pu changer les règles des carrières dans la police, afin de favoriser les siens et de mettre en quarantaine ceux qui ne partageaient pas ses méthodes.

 

2) La quasi-totalité des policiers, et notamment les carabiniers, responsables des désordres de rue et même de destructions et dévastations considérables (faits largement documentés dans des centaines d’images, de vidéos et même par des témoignages lors des procès) n’a même pas été incriminée. En particulier, on trouve des preuves flagrantes de la provocation des désordres et destructions par l’attaque absolument illégitime, par les carabiniers, du cortège autorisé et pacifique des soit-disant «tute bianche» (noglobal) ainsi que d’autres manifestants, y compris enfants, personnes âgées, bonnes sœurs et religieux (1).

 

3) Les policiers condamnés pour les violences de la Diaz – à des peines relativement légères – ne passeront même pas un jour en prison et probablement trouveront comment ne pas payer les frais de justice ni les dommages aux victimes ; ils ne seront pas non plus contraints de rembourser les salaires des postes de très haut niveau auxquels ils ont été promus au cours de ces onze années, tout comme ne seront pas sanctionnées les autorités de police et les gouvernements qui les ont protégés et même aidés dans de surprenantes progressions de carrière, alors qu’ils étaient poursuivis pour des délits graves (mais en Italie la torture n’est pas encore prévue par le Code pénal, et donc elle est considéré comme de simples «coups et blessures», ce qui entraîne la prescription des peines très légères prévues pour ce genre de délit). En effet, la seule peine qui les frappe est l’interdiction d’exercer toute fonction publique pendant cinq ans, ce qui a entraîné leur démission de leurs fonctions – pour certains, la direction de secteurs des services secrets et d'unités spéciales de la police d’Etat.

 

4) En revanche, les dix manifestants, seuls inculpés de tous les « dévastations et pillages » (certains d’entre eux ont même avoué, mais ils ne faisaient pas partie du black bloc) ont été condamnés à des peines très lourdes (de 6 à 10 et même 13 ans de prison). Des condamnations rarement prononcées envers des personnes coupables d’homicide ou d’autres délits très graves, alors que les manifestants ne sont accusés que d’avoir brisé des vitrines, attaqué des distributeurs de billets (sans succès) et commis quelques autres actes dits de vandalisme, mais sans jamais avoir mis personne en danger, ni avoir attaqué des policiers.

 

Il est donc évident que le but de cette stratégie judiciaire a été d’arriver à des sentences exemplaires, souhaitées probablement par la quasi totalité des autorités de l’Etat et du Parlement (de droite à gauche) avec en tête ceux qui sont notamment assez proches des forces de police. Il apparaît évident qu’il y a là une volonté de confirmer la logique de la « tolérance zéro » qui domine depuis plus de vingt ans, d’autant plus que les autorités craignent une escalade des révoltes, à cause de l’appauvrissement provoqué par l’actuelle gestion de la crise financière.

 

Ce qui s’est passé au G8 de Gênes ne fut pas une banale succession d’erreurs et d’actes maladroits de la part des policiers et de violences programmées par le Black bloc ou les “no-global”. Ce fut la tentative (tenue en échec par des années de dénonciations venues des manifestants victimes) d’expérimenter une gestion militarisée de l’ordre public. C’est-à-dire un plan précis qui aurait voulu écraser, par le recours à la violence la plus brutale et les coups montés, une protestation qui était en train de devenir trop populaire et mondiale et que les grands pouvoirs du monde ne voulaient plus tolérer. C'est pour cette raison que les quelque trois cents personnes du Black bloc ont été laissées libre de casser, alors que les policiers disposaient des forces et des moyens de les arrêter tout de suite. Mais ainsi, les autorités ont pu utiliser les destructions (en tout cas assez symboliques) ainsi causées pour légitimer leurs violences. A noter qu'aucun manifestant n'était doté d'arme à feu ou tranchante, et que personne n'a cherché à attaquer ni à désarmer les policiers, alors que ceux-ci n'ont pas hésité à tirer sans soucis sur la foule ou lancer à toute vitesse leurs blindés dans sa direction. Voilà pourquoi tous les chefs de la police (sauf les rares qui montrèrent leur désaccord) ont été récompensés avec des promotions difficilement imaginables dans n’importe quel autre pays, même “ démocratique de façade ”. Mais en Italie, on peut se permettre de se foutre même des apparences (depuis le fascisme jusqu’à Berlusconi). Ainsi prévalent l’arrogance, le culot, et surtout la possibilité de faire et défaire ce que le plus fort veux; il suffit, basta, que quelques chefs des forces de police, des forces militaires et d’autres institutions accumulent les bonnes relations d’amitié-protection, même par le biais de dossiers secrets, avec nombre de personnalités de premier plan, y compris du Vatican et de la finance. En effet, depuis l’époque fasciste, ce pays n’a pas cessé de connaître des tentatives de coups d’Etat, de complots, de meurtres, alimentées aussi par des fractions des services secrets et des pouvoirs nationaux et transnationaux, y compris les mafias.

 

Ce n’est pas sur le terrain de la lutte contre les mafias, le terrorisme, la corruption, l’économie souterraine (qui en Italie atteint 35 % du PNB) ni pour la défense rigoureuse de la res publica, que les responsables policiers qui ont défendu l’honneur de leurs collègues responsables des violences les plus lâches et même de torture contre les manifestants anti G8 de Gênes ont appris leur métier. Ils l’ont appris pendant des décennies passées à pratiquer tout autrement que ce que prescrit depuis 2001 le Comité des Ministres du Conseil d’Europe  (le “Code Européen d’Ethique de la Police”, CEEP, pas encore adopté par l’Italie, qui n’a pas adopté non plus les normes contre la torture).

 

Or, si cela a été possible dans ce pays à la Constitution si démocratique, c’est parce que la majorité parlementaire et les gouvernements qui se sont succédé, du centre gauche à la droite, ont continué à cultiver des relations de complicité avec les hiérarchies policières et militaires pour couvrir toutes sortes d’affaires oscillant entre licite et illicite. Ce fut Giuliano Amato, jadis bras droit de Bettino Craxi, qui choisit De Gennaro comme chef de la police d’Etat alors qu’il n’était pas le candidat plus coté ; et ce fut Luciano Violante, alos sénateur, et Massimo D’Alema, qui soutinrent avec force ce choix (aujourd’hui, le député Marco Minniti, leur disciple, est aussi chef de la Fondation ICSA –études pour la sécurité et la défense– qui réunit dans son comité directeur toutes sortes de représentants de services secrets, policiers et militaires). Depuis l’arrivée au pouvoir de la police de M. De Gennaro, on a vu proliférer les promotions de fonctionnaires de police au rang de préfet du gouvernement, et on a assisté à une progressive militarisation de toutes les polices –et même des pompiers et des polices municipales, car le recrutement est réservé à ceux qui ont été volontaires pour trois ans dans les missions militaires en Somalie, Irak, Kosovo, Afghanistan etc.

 

Dernière remarque: il apparaît assez emblématique qu’au cours de ces vingt dernières années, les cas de corruption, abus, violences et autres délits concernant des policiers aient augmenté au point qu’on peut estimer leur taux à environ dix fois plus que parmi la population masculine âgée de 18 à 65 ans. De même, le taux de parlementaires incriminés pour les délits les plus divers atteint presque trente fois celui de la population masculine adulte. Le gouvernement Monti a promis rigueur, lutte sérieuse contre la corruption et la fraude fiscale. Mais les polices italiennes (publiques et privées, nationales et locales) sont-elles en mesure de satisfaire cet objectifs? Ou bien sont plus zélées avec les faibles, les manifestants, les roms, les immigrés, voire les victimes prises pour bourreaux ? Qui va engager un véritable plan d’assainissement et de rationalisation démocratiques de ces polices, tout comme des forces militaires et en général de l’administration publique, puisque le niveau de l'économie souterraine, de la corruption et de la fraude fiscale n’a pas d’égal dans les pays européens? Cependant, comme de nombreuses recherches comparatives l’ont montré, l’Italie est le pays où le coût de la sécurité –publique et privée– par habitant est le plus élevé.

 

Mais cela n’a servi qu’au business de certaines entreprises et aux carrières de certaines personnalités. Les vraies insécurités qui frappent la population la moins protégée ne sont pas combattues; c’est le cas du travail au noir et semi-noir, des accidents du travail, de la pollution, de l’élimination illicite des déchets toxiques et des dommages causés par les éco-mafias, avec pour conséquence la diffusion des cancers. La crise économique semble favoriser les économies souterraines, tandis que les abus de pouvoir se répandent à cause de l’érosion croissante des possibilités d’action politique de la majorité de la population. L’asymétrie du pouvoir qui s’est imposée au cours de ces vingt années de succès du néo-libéralisme (y compris dans les rangs de la gauche) a assuré l’impunité aux hiérarchies policières ainsi qu’à la plupart des acteurs dominants de tous les secteurs, alors que la possibilité de défense de la part de la population s’est affaiblie. Comme dit Boltanski, « il faudrait admettre que les institutions sont sans fondement et que le pouvoir qu'elles exercent repose sur un lieu vide. La cause de la critique, c'est la cause de la démocratie ».

 

(1) Voir la documentation et les vidéos sur le site http://www.processig8.org ainsi que dans le documentaire « OP Genova 2001 ».

 

 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 15:43

 

Lire aussi

 

Au lendemain du comité central d'entreprise (CCE) qui s'est tenu, le mardi 17 juillet, au siège du groupe de volaille Doux, à Châteaulin (Finistère), la CFDT lance un appel à la grève pour le lundi 23 juillet sur les sites Père Dodu de Quimper et de Kergonan.

« Ces deux sites font parti de ceux qui ne seraient pas repris par l'offre du consortium de Sofiprotéol, explique à Mediapart le délégué central syndical adjoint CFDT, Jean-Luc Guillart. Nous appelons donc à la mobilisation des salariés pour dire non à la fermeture de ces sites. Nous voulons un repreneur pour sauver nos emplois. »

Le syndicat entend mobiliser le maximum de personnes pour faire « une usine morte » et organiser un sitting devant l'usine Père Dodu de Quimper. « Les repreneurs nous ont présenté leur plan industriel, mais il n'y a rien sur le social, regrette M. Guillart. Il faut absolument qu'ils revoient leur copie car on se dirige vers un dépeçage en règle. »

« Ils proposent 40 millions pour racheter le groupe, ce qui n'est rien, poursuit-il. Si leur offre est acceptée et si les sites fermes, ils devraient au moins faire un geste social en finançant par exemple les PSE (plan de sauvegarde de l'emploi – ndlr) et en mettant en place une cellule de reclassement. Ils doivent mettre la main à la poche. » Selon la CFDT, 1 553 CDI (sur 3 484) et 525 CDD (sur 711) sont menacés à ce jour.

Le PDG du groupe, Charles Doux, qui prépare de son côté un plan de financement de la période d'observation et un plan de continuation, devrait annoncer les grandes lignes de son projet le 24 juillet, soit au lendemain du mouvement de grève. « Ce serait encore pire qu'un autre repreneur, conclut le délégué central syndical adjoint CFDT. Il se séparerait du frais, ce qui représente 1 800 personnes. Et puis, le passé, ça ne s'efface pas. Le climat social deviendrait intenable. »

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 15:29
Médiapart - Portfolio | 11 photos

 

 

Troisième volet du reportage d'Antonio Pagnotta dans la zone interdite autour de Fukushima. Dans un rayon de vingt kilomètres autour de la centrale, les populations ont été évacuées. Mais des animaux restent. (Voir les deux précendents portfolios ici et )

01

14 février 2012. Au temple Ooji, les cloisons en papier n'ont pas résisté au tremblement de terre. Elles sont fissurées.

02

14 février 2012. Le temple Ooji lentement détruit par les répliques du séisme. 

 

03

14 février 2012. L'entrée dans la zone interdite est limitée à quelques heures. Pour pouvoir travailler, Antonio Pagnotta a fait de multiples incursions clandestines.

04

16 février 2012. Tout est resté en l'état, depuis onze mois. Et restera ainsi sans doute des années.

 

05

14 février 2012. Les villes, les champs et les routes sont abandonnés à la nature. Et malgré les patrouilles de police, des pillages et cambriolages ont eu lieu.

06

14 février 2012. Le tsunami a charrié des tonnes de débris.

07

14 février 2012. Le séisme et le tsunami auront fait 20 000 morts et disparus.

08

14 février 2012. En fuyant, les habitants ont tout abandonné. Pourtant, certains viennent régulièrement récupérer leur appareils ménagers, même s'ils sont contaminés par la radioactivité. 

09

4 juin 2011. Dans la zone, les troupeaux de vaches enfermées dans leurs minuscules enclos ont lentement agonisé et les étables sont devenues des charniers de carcasses en putréfaction où des escadrons de corbeaux festoient. 

10

12 février 2012. Avant la catastrophe, il y avait ici quelque 3 400 vaches, 31 500 cochons et 630 000 poules. Ici, une vache survivante cherche de la nourriture dans un garage.

11

9 février 2012. Dans la ferme de Matsumura Naoto (voir portfolio 2), ce sanglier vient d'entrer et s'attaque au chien.

 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 15:09

 

L’information est passée un peu inaperçue pour cause de campagne présidentielle : en février, le Sénat a constitué une commission d’enquête « sur le coût réel de l’électricité afin d’en déterminer l’imputation aux différents agents économiques ». Créée à l’initiative des élus écologistes, elle a tenu une centaine d’auditions de responsables industriels, politiques, et associatifs, a commandé une enquête sur la contribution au service public de l’électricité (CSPE) à la Cour des comptes et a fait usage de ses « pouvoirs d’investigation » sur les tarifs d’achat de l’électricité d’origine photovoltaïque. Présidée par Ladislas Poniatowski, sénateur UMP de l’Eure, elle a rendu son rapport mercredi 18 juillet (à lire en cliquant ici).

Luc Oursel, président d'Areva, lors de son audition par la commission d'enquête du Sénat. 
Luc Oursel, président d'Areva, lors de son audition par la commission d'enquête du Sénat.

Les chiffres qu’elle publie sont inquiétants sur les perspectives de l’industrie nucléaire : en cas de prolongement de la vie des centrales à 60 ans, comme le préconise EDF, le coût réel du mégawattheure (MWh) pourrait atteindre jusqu'à 75 euros en coût courant économique, contre 49,5 euros aujourd’hui selon la Cour des comptes. À ce niveau-là, il commencerait à perdre son avantage compétitif sur les énergies renouvelables les plus matures, à commencer par l’éolien terrestre.

Ce chiffrage, d'une ampleur inédite, ne figure pas en tant que tel dans le rapport. Un « choix politique », explique Jean Desessard, parlementaire écologiste et rapporteur de la commission, car tous les élus ne sont pas d'accord. Mais ils ont réalisé un tableau énumérant les dépenses aujourd'hui non prises en compte dans le coût du nucléaire, alors qu'elles sont à la charge, ou pourraient le devenir, de la collectivité: démantèlement, gestion des combustibles usés et des déchets, recherche publique, assurance d'accident, révision du taux d'actualisation des investissements. Leur somme atteint 20,85 euros de surcoût au MWh.  En les ajoutant aux 54,2 euros dont la Cour des comptes estime qu'ils représentent le coût courant économique une fois pris en compte le programme de maintenance et les dépenses post Fukushima, on obtient 75 euros le MWh d'électricité nucléaire.

« Certains d'entre nous font ce calcul, d'autres non, estimant qu'ils cumulent trop d'incertitudes » précise le rapporteur. Alain Fauconnier (PS) «conteste» le chiffrage à 75 euros le MWh (pour lui, ni la recherche publique, ni les coûts d'assurance ne doivent forcément être pris en compte dans le coût) mais reconnaît que des dépenses importantes devront être faites et qu'elles vont renchérir la valeur du Mwh.

Par ailleurs, le rapport décrit une industrie énergétique européenne aujourd'hui beaucoup plus tournée vers les renouvelables que vers l’atome, avec 250 milliards d’euros d’investissement prévus dans l’éolien, le photovoltaïque et la biomasse d’ici 2020 contre seulement 16 milliards dans le nucléaire. Et il insiste sur la prime aux renouvelables qui structure désormais le réseau électrique européen. 

Pour préserver son équilibre politique – tous les partis y sont représentés – la commission a focalisé son travail sur le rapport d’enquête, voté à la quasi unanimité, à l’exception  de la sénatrice communiste de l’Allier, Mireille Schurch. Son groupe reproche au rapport de justifier l'augmentation du prix de l'électricité. Chaque courant propose ensuite ses propres conclusions, pas nécessairement au diapason les unes des autres.

Mediapart a interrogé l’un des membres de la commission, le sénateur écologiste de la Loire-Atlantique, Ronan Dantec, selon qui, au vu de l’enquête parlementaire, « dans la situation économique qui est la nôtre, il est totalement irresponsable » de fonder le système électrique français sur le nucléaire : « On est dans une logique de marginalisation économique. Aujourd’hui, même en mettant de côté ce qui pour nous, écologistes, est essentiel, la question du risque, ce n’est pas raisonnable de continuer. »

Lire ci-dessous sa contribution, au nom du groupe écologiste, et notre entretien dans les pages suivantes : ( *A voir sur le site de Médiapart )

 

Après le rapport de la Cour des comptes sur les coûts de la filière électro-nucléaire (voir ici), qu’apporte votre travail d’enquête ?

Ronan Dantec (DR) 
Ronan Dantec (DR)

Ronan Dantec : D’abord, qu’il est indispensable d’inscrire le projet électrique français dans le contexte européen. Or quand on discute avec la direction énergie de la Commission européenne et avec les grands industriels, à part EDF, on comprend qu’ils ont tourné la page du nucléaire, et développent massivement les énergies renouvelables. Philip Lowe, directeur de l’énergie à la Commission européenne, a une vision intégrée de ces enjeux et projette, par exemple, de relier l’éolien en mer du Nord aux barrages suisses, pour servir de stockage les jours de pic de production. Un pays comme la France est censé passer de 10 gigawatts (GW) à 20 GW d’interconnection. 

C’est extrêmement important. Car cela veut dire que le risque de rupture d’alimentation électrique, le black out, ne se posera plus dans quelques années. La question fondamentale aujourd’hui en Europe, c’est plutôt celle d’une surproduction d’électricité, en capacité installée, avec une priorité aux énergies renouvelables sur le réseau. En vertu du système de « merit order » (préseance économique – ndlr), l’électricité prioritaire dans les tuyaux européens est le renouvelable. Cela veut dire que demain, le taux de disponibilité des centrales électriques françaises sera questionné par ce mode de fonctionnement. Le système européen qui se met en place sous nos yeux, et auquel la France va être de plus en plus connectée, est fondé très clairement sur le renouvelable.

Selon Eurelectric, l’association européenne des grands producteurs d’électricité, pour la décennie 2010-2020, 250 milliards d’euros d’investissement sont prévus dans les renouvelables, et  seulement 16 milliards dans le nucléaire. Ce contexte européen impacte notre projet électrique.

Pourtant le coût des énergies renouvelables est aujourd’hui supérieur à celui du nucléaire, qui fournit une électricité moins chère en France qu’ailleurs en Europe.

Il faut bien distinguer le coût de production du megawatt (MW), et le prix, payé par tout un chacun. Dans le prix, il y a beaucoup plus de choses que le coût, qui n’en représente que 40 % à peu près. Le reste comprend le TURP pour le transport, la CSPE qui intègre des enjeux sociaux et la pondération sur le renouvelable, les taxes locales et la TVA. Nous avons aujourd’hui un problème en France avec le prix de l’électricité. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) demande une hausse de 30 % pour financer les importants besoins d’investissements dans le réseau. Cela nous replacerait dans la moyenne européenne.

 

Coûts et impôts dans le tarif réglementé de l'électricité (source : EDF, extrait du rapport de la Cour des comptes) 
Coûts et impôts dans le tarif réglementé de l'électricité (source : EDF, extrait du rapport de la Cour des comptes)

La centrale nucléaire de Fessenheim, qui doit fermer d'ici 2017 ©Aurélien Pic 
La centrale nucléaire de Fessenheim, qui doit fermer d'ici 2017 ©Aurélien Pic

Sur les coûts de production, on est partis du coût courant économique (CCE), à savoir ce qui permet de récupérer de quoi réinvestir à la fin de la période d’exploitation. Et nous l’avons calculé dans l’hypothèse où la vie des centrales se prolongerait jusqu’à 60 ans, durée défendue par EDF lors des auditions : 54 euros le MWh, en intégrant 55 milliards d’investissement supplémentaires – 10 pour la sécurité et 45 pour la prolongation, contre 49 euros aujourd’hui selon la Cour des comptes.

Mais, nous avons aussi pris en compte les autres coûts, qui ne figurent pas dans les comptes d’EDF, mais sont supportés par la collectivité : la recherche publique, le taux d’actualisation, le démantèlement, le retraitement… Cela aboutit à environ 75 euros le MWh en CCE pour le nucléaire prolongé. Et cela, sans même réviser le coût d’assurance, prévu pour un accident à 100 milliards d’euros (alors que l’IRSN parle de 600 milliards), ni prendre en charge les coûts de stockage des mines d’uranium et des produits de retraitement. Avec ces éléments supplémentaires, on serait probablement largement au-dessus des 75 euros.

Or 75 euros le MWh, c’est aujourd’hui à peu près le prix garanti auquel se négocie l’éolien terrestre en filière mature. Il n’y a donc pas d’intérêt économique net à prendre le risque du nucléaire sur une prolongation de centrales à 60 ans.

 

Pourtant la Cour des comptes explique que les investissements initiaux dans le nucléaire sont aujourd’hui globalement amortis, alors qu’ils ne font que commencer pour les renouvelables.

Ce n’est pas si net que cela au final. Demain il est possible que du photovoltaïque descende en-dessous de 60 euros le MWh. L’argument d’un intérêt économique fort du nucléaire s’écroule.

Quant au dossier de l’EPR, c’est extrêmement simple : à aucun moment les défenseurs de cette filière n’ont été capables de nous expliquer comment ils feraient pour sortir un prix compétitif. La Cour des comptes estime que le MWh de l’EPR français pourrait sortir entre 90 et 110 euros, estimation optimiste, car sur la base d’une disponibilité de 90 % sur 60 ans. Les exploitants, eux, nous disent à terme, que c’est 60 euros le MWh. Mais à aucun moment ils ne sont capables de nous expliquer comment.

Nous sommes allés voir le gain de la filière PWR (réacteur à eau pressurisée, le plus répandu dans le monde) : entre la première génération et les suivantes, ils n’ont perdu que 20 % de coût de production. Si on retire 20 % du 110 euros, déjà très optimiste, on arrive à 90 euros. Prix qui ne comprend pas la recherche publique, le taux d’actualisation… Dans aucun cas cela ne passe. Ils ne seront jamais une filière mature. Personne ne va y investir. On est en lisière d’un krach industriel.

Or encore aujourd’hui, contrairement à ce que Nicolas Sarkozy avait dit, on met chaque année à peu près 400 millions de recherche publique sur le nucléaire. Et seulement 100 millions sur les renouvelables, soit quatre fois moins. Dans la situation économique qui est la nôtre, c’est totalement irresponsable. On est dans une logique de marginalisation économique. Aujourd’hui, même en mettant de côté ce qui pour nous, écologistes, est essentiel, la question du risque, ce n’est pas raisonnable de continuer.

 

Banderole à Fessenheim, février 2012 ©Aurélien Pic 
Banderole à Fessenheim, février 2012 ©Aurélien Pic

Les politiques énergétiques qu’appellent ce constat, pour vous, sont-elles compatibles avec le programme de François Hollande : réduire à 50 % la part du nucéaire dans la production d’électricité en 2025 ?

Cela n’est pas contradictoire avec la proposition de François Hollande. Les fermetures des 23 tranches que prévoit l’accord PS-EELV de l’automne dernier, correspondent à l’objectif de réduction de 25 % de la part du nucléaire dans le mix électrique, qui correspond aussi au non prolongement des centrales. La première priorité, c’est lever les obstacles administratifs inutiles sur le développement des énergies renouveables matures – autour de 60, 70 euros le MWh. Il faut le faire le plus rapidement possible pour avoir une alternative au prolongement des centrales.

 

Mais si la filière nucléaire est condamnée selon vous, quel sens a le projet de garder 50 % de nucléaire ?

On est aujourd’hui à 75 %-80 % de nucléaire. Si on descend à 50 % en 2025, pourquoi s’arrêter ? Aucune raison. Une fois qu’on a commencé à baisser, on continue. La logique serait d’avoir le courage d’arrêter l’EPR et le projet de réacteur Astrid, et de monter la part des renouvelables pour qu’au bout d’un moment le nucléaire tombe. C’est ce scénario-là qui est aujoud’hui sur la table.

Il y a un autre aspect essentiel : c’est la question des réseaux. Toute cette logique européenne de montée des renouvelables conduit à remettre en cause l’organisation d’EDF, car elle distingue les distributeurs, des producteurs et des transporteurs réseaux. En France, le distributeur, en situation de monopole, est une filiale du producteur, avec une obligation de résultat. Henri Proglio nous l’a dit : « Je veux du 5 % de résultat sur ERDF. » Aujourd’hui, ce producteur impose à la totalité de la filière son système énergétique.

Il faut remettre le système dans le bon sens, avec un service public de distribution et de transport qui s’adresse à des producteurs, qui peuvent être publics, ce n’est pas la peine de privatiser, mais aussi des producteurs locaux en régie… Dans ce cadre, il faut donner une place forte aux collectivités locales. Construire un réseau qui corresponde à la nouvelle donne électrique, avec des productions de plus en plus décentralisées.

 

Un compteur "intelligent" Linky (DR) 
Un compteur "intelligent" Linky (DR)

Le rapport prend aussi assez fortement position contre le compteur Linky, qui pour un appareil intelligent a quand même des capacités cognitives très limitées : il ne dit pas aux consommateurs combien ils consomment en temps réel, il ne permet pas les effacements de crête (suspension de la consommation d’électricité pendant quelques minutes aux heures de pointe), il ne mesure pas l’auto-consommation…

Il faut changer de paradigme électrique. Sinon, les Français vont consacrer une part de plus en plus importante de leurs revenus à l’électricité, en s’isolant économiquement et industriellement dans l’espace européen.

 

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 21:01

http://www.youtube.com/watch?v=2PdX-2rGBSc

 

 

 

Ajoutée par MrTransmutation le 20 janv. 2012

L'obsolescence programmée (aussi appelée « désuétude planifiée ») regroupe l'ensemble des techniques visant à réduire la durée de vie ou d'utilisation d'un produit afin d'en augmenter le taux de remplacement.

La demande ainsi induite profitera au producteur, ou à ses concurrents — ce qui explique certains cas de cartels. Le secteur bénéficie alors d'une production plus importante, stimulant les gains de productivité (économies d'échelle) et le progrès technique (qui accélère l'obsolescence des produits antérieurs).

Cette stratégie n'est pas sans risques : elle implique un effort de recherche et développement, n'allant pas toujours dans le sens d'une amélioration du produit. De plus, elle fait courir un risque à la réputation du fabricant (son image de marque) ; enfin, elle implique un pari sur les parts de marché futures de la firme (sur les produits de remplacement).

Cette stratégie a également un impact écologique direct. L'obsolescence programmée visant la surconsommation, elle est la cause d'un surplus de déchets, indépendamment de l'état de fonctionnement effectif des produits techniques mis au rebut ou de l'état d'usure des objets d'usage. Les circuits de recyclage ou de conditionnement des matières plastiques et des métaux, en particulier, ne prennent pas en charge le stockage des déchets informatiques, malgré l'abondance de matières premières de valeur qu'ils peuvent contenir (fer, aluminium, mais aussi tantale pour les condensateurs et métaux rares, etc.). L'exportation en masse de déchets des pays de grande consommation vers des zones géographiques où le stockage est négociable à moindre coût est d'autant plus problématique et expose classiquement les pays receveurs à des pollutions spécifiques sur les sites de décharge de grande envergure.

 

 

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 20:43

 

 

 

 

 

http://www.slate.fr/lien/59411/occupy-wall-street-installe-camp-ete-enfants

 

Publié le 17/07/2012
Mis à jour le 17/07/2012 à 10h57

 

 

Occupy Wall Street/DavidShankbone Via FlickrCC Licence by

 

Occupy Wall Street devient un camp de vacances pour l’été. A Brooklyn à New York, deux membres du mouvement Occupy ont décidé d’installer un camp pour les enfants rapporte le New York Times.

 

Deux enfants seulement ont pour l’instant rejoint le camp, établi jusqu’au 24 août dans une école désaffectée.

Un manque de popularité qui s’explique par un très faible budget (sur 300 dollars au total, rien n’a été dédié à la publicité) et un manque de visibilité au sein de la communauté.

«Pour l’instant, on a un nouveau membre par jour. A ce rythme, on aura peut-être un véritable camp dans quelques semaines», positive l’un des fondateurs du camp, Justin Wedes.

Ce projet s’inspire des «Freedom Schools» apparues dans le Mississipi à partir de 1964 en même temps que le mouvement des droits civiques. A mi-chemin entre cours d’été et camp de scouts, le «Paul Robeson Freedom School Summer Day Camp» divise ses journées en deux types d’activités.

Les matinées sont consacrées à des cours de lecture, histoire et maths pendant que des excursions sont organisées l’après-midi au Zoo du Bronx ou au cimetière africain par exemple, un peu comme les camps scouts. L’inscription coûte quand même 80 dollars.

Occupy Wall Street avait débuté en septembre 2011 à New York avant de s’étendre à un certain nombre de grandes villes américaines. Inspiré des «Indignés» espagnols, ces manifestants protestaient contre le système financier et politique des Etats-Unis où les 1% les plus riches dominent les 99%. Installés à Zucotti Park, ils en ont été expulsés en novembre.

Les revendications anticapitalistes du mouvement ne sont pas oubliées dans le camp d’été. David Dobosz, enseignant à la retraite, donne un cours sur le mouvement des droits civiques à ses deux élèves.

Quand un de ses élèves explique qu’Occupy, c’est «la bataille des 99% contre les 1%», son professeur le félicite en critiquant «les efforts des grands médias qui essaient de vous troubler et de compliquer les choses quand elles ne le sont pas».

L’initiative du camp d’été a lieu alors que le mouvement s’est réinstallé dans son camp d’origine à Zucotti Park le 10 juillet. Quelques centaines de personnes s’étaient rassemblées, rapporte Business Insider, et quatre personnes ont été arrêtées.

Ce rassemblement a eu lieu après une marche organisée pour célébrer les cent ans de la naissance du chanteur de folk Woody Guthrie. Une personne a été blessée lors d’échauffourées avec la police selon le Huffington Post.

Photo: Occupy Wall Street/DavidShankbone Via FlickrCC Licence b
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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 20:36

 

LE MONDE | 16.07.2012 à 13h35 • Mis à jour le 16.07.2012 à 14h13

Par Paulo A. Paranagua (Le livre du jour)

 

 

 

La chute du mur de Berlin et l'implosion de l'Union soviétique ont précipité la crise du socialisme cubain. La faillite du modèle économique s'est doublée d'un marasme idéologique, qui favorise l'émergence d'attitudes hétérodoxes, voire de nouvelles utopies.

La jeunesse cubaine ne partage plus les idées des générations précédentes. La pensée unique du castrisme a débouché sur un dédoublement langagier. A côté de la double monnaie en circulation et de la double morale destinée à tromper le régime, il y a désormais deux langues différentes dans l'île. Bien sûr, tous parlent l'espagnol aux accents caribéens, mais jeunes et vieux n'emploient pas les mêmes mots ni les mêmes concepts. La nouvelle génération n'a que faire des précautions oratoires et de la langue de bois. Et quand il lui arrive de reprendre la notion de révolution, c'est pour procéder à une resignification.

Contester à Cuba, la passionnante thèse de doctorat de Marie-Laure Geoffray, s'attache à analyser la trajectoire de trois collectifs indépendants de jeunes artistes et intellectuels : les rappeurs, Omni Zona Franca et la Chaire Haydée Santamaria. Par leurs paroles, spectacles, performances, expositions, happenings, colloques, écrits, manifestations et insertion dans des quartiers populaires, ils sont parvenus à élargir les espaces de liberté, négociant ou biaisant avec les institutions et la répression.

Dans un premier moment, ils se situaient aux marges des activités culturelles ou universitaires, tout en cherchant un impact social. Ensuite, l'apparition des nouvelles technologies de communication et le surgissement d'une blogosphère critique, distincte de la dissidence traditionnelle, ont modifié la donne. Malgré le blocage d'Internet par La Havane, cela a provoqué une politisation des collectifs.

Ainsi, la Chaire Haydée Santamaria (sans lien avec l'université) a suscité la constitution du réseau Observatoire critique, qui fédère des activistes libertaires, écologistes, autogestionnaires, féministes, gays, dont les positions radicales n'empêchent pas le dialogue avec les catholiques, qui sont au coeur du débat sur l'avenir de la société cubaine.

 

Contestation minoritaire

Cuba. Révolution dans la révolution est justement une anthologie de textes de la mouvance Observatoire critique. Le large spectre idéologique de ces jeunes intellectuels s'oppose à la permanence des dogmes et tabous officiels. Leur ancrage dans la culture contribue à une réinvention de l'action et de la politique, face au champ de ruines laissé par le castrisme.

La redécouverte de traditions oubliées, telles que l'anarchisme, coexiste avec la soif de renouer avec la réflexion contemporaine, sans négliger les croyances lointaines. Au-delà du nationalisme insulaire, les influences du mouvement noir américain font bon ménage avec la spiritualité hindoue et l'attrait du mouvement des "indignés". Plutôt qu'un observatoire, il s'agit d'un laboratoire de la pensée et de l'action critiques.

Cette contestation est sans doute très minoritaire, à l'instar de la dissidence et de la blogosphère. La société civile reste embryonnaire, malgré les difficultés de l'Etat cubain. La jonction avec un public plus large dépend des initiatives et du mode d'expression. Les rappeurs ont prouvé qu'ils étaient en phase avec la jeunesse et ont participé à la visibilité de la problématique raciale, dans un contexte d'inégalités croissantes.

Paulo A. Paranagua (Le livre du jour)

 

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 20:23

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Menacés d'expulsion pour faire place à la spéculation immobilière, des retraités de Pankow, un quartier de l'est de Berlin, occupent depuis le début du mois la villa qui leur sert de club de loisirs. Reportage.

17.07.2012 | Thorsten Schmitz | Süddeutsche Zeitung

 

Ingrid Pilz, l'une des indignées de Pankow, dans la villa occupée.

Ingrid Pilz, l'une des indignées de Pankow, dans la villa occupée.

 

Jamais auparavant Renate Kelling n'avait squatté quoi que ce soit. Cette première semaine de juillet était pour elle une première. Elle a 77 ans. Comment a-t-elle dormi ? "J'ai eu un sommeil très agité, j'ai dû prendre un somnifère." Le bruit, une nouvelle chambre, les autres occupants, tout cela était très inhabituel pour elle. "J'ai vraiment dû prendre sur moi."

 

A ses heures perdues, Renate Kelling fait du sport avec les autres seniors. Au temps de la République démocratique allemande (RDA), elle était professeur de mathématiques et de dessin technique, une matière qui a disparu des programmes scolaires après la chute du Mur. Le sport lui réussit. Elle fait dix ans de moins que son âge, arbore un teint hâlé. A dire vrai, elle est plus heureuse aujourd'hui. Même si là, tout de suite, elle a "la rage au ventre, pour être franche". Elle confie : "Après tout, nous venons de RDA, et en RDA, tout ne tournait pas autour de l'argent."

 

Pankow, Stille Straße 10. A une époque, cette villa a hébergé la famille d'Erich Mielke [ancien ministre est-allemand de la Sécurité d'Etat, la Stasi], avant d'accueillir un service de la Stasi. Sur le ring (boulevard circulaire) Maïakovski, à deux pas, résidaient les autres dignitaires du régime. Aujourd'hui, ce petit coin de Pankow accueille surtout des familles qui peuvent s'offrir des villas cossues avec jardins, courts de tennis et limousines aux vitres teintées.

 

Au milieu de ce quartier de nouveaux riches, la maison se cache derrière deux immenses sapins, comme si elle avait honte de son crépi couleur terre datant de la RDA. La villa défie ces temps modernes où les agences immobilières guignent le terrain, comme le reconnaît un agent de Pankow : "Ce terrain est une pépite."

 

Trois cents seniors se réunissent depuis quatorze ans à la Villa Kunterbunt, devenue leur éden. Trente-neuf groupes y sont domiciliés : on y apprend l'espagnol, on y joue à la canasta ou au bridge, on y chante. On peut aussi s'y former à l'informatique et suivre les cours de gymnastique de Mme Killing au sous-sol. Sous-sol qui n'est toutefois plus accessible depuis quelques jours, le gardien ayant fait changer les serrures. Désormais, Mme Killing prodigue donc ses cours dans une salle à l'étage.

 

La mairie du quartier de Pankow ne veut plus payer les 60 000 euros annuels nécessaires au fonctionnement de ce lieu de rencontre pour retraités actifs. Lucratif, le bien doit être vendu ou donné à bail. On a proposé aux seniors de délocaliser leurs activités dans d'autres structures. Mais l'adjoint au maire Jens-Holger Kirchner (Verts) n'avait pas compté avec le tollé suscité chez les retraités : "Voir des personnes âgées squatter une maison, c'est nouveau pour nous."

 

Beaucoup de Berlinois passent proposer un coup de main. Une jeune femme qui promène son chien demande ainsi : "Vous avez besoin de nourriture ?" Une mère de 47 ans a envoyé un mail : "Je comprends votre colère, moi aussi je serai retraitée un jour, et je serai bien contente alors d'avoir un foyer pour faire des activités. Vous avez toute mon estime." Tel autre cite un poème d'Erich Fried [1921-1988] dans le livre d'or : "Quand une multitude de petites gens dans une multitude de petits lieux changent une multitude de petites choses, ils peuvent changer la face du monde."

 

Nous avons ici affaire à des squatteurs d'un genre inédit. Des fleurs fraîches ornent la salle commune et la cuisine, laquelle étincelle de propreté. Aucun sac-poubelle qui traîne. Dans le hall de la villa, un planning hebdomadaire recense qui est responsable de quoi, quelles sont les visites attendues et quand. Et l'on est prévenant les uns envers les autres, c'est la règle. Les squatteuses se pomponnent et les hommes portent des pantalons à pinces bien repassés. Si certains dorment ici depuis déjà plus d'une semaine, d'autres n'ont pas encore franchi le pas. L'expérience, une première, viendra. Quand ce sera leur tour de squatter la villa Kunterbunt.

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