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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 21:47

 

 11 personnes présentes


 
 Ordre du jour :


 - La caisse des indigné/e/s
 - Vide grenier du 5 août
 - Rencontre anti nucléaire en Avignon le 22 juillet
 - Réunion comité non au TSCG le 8 août
 - Marche de la vie (anti nucléaire) du 18 au 25 août
 - Caravane vélo (anti-nucléaire) du 5 août au 8 septembre
 - Alter forum "démocratie" à Strasbourg du 5 au 11 octobre
 - Changement d'endroit des assemblées
 - Journal des indigné/e/s

 

 
 1) Caisse : après consensus, a été donné pour aide à la dépense :
 10 € pour le déplacement à Marseille (14 juillet), 10 € pour déplacement en Avignon (22 juillet), 10 € pour le fioul (eau pour le jardin pour l'année)
 60 € pour la nourriture (pique nique des assemblées)
 Une somme non encore déterminée sera donnée à un indigné pour l'aider à financer son déménagement.


 
 2) Vide grenier boulevard Gambetta le 5 août
 6 à 7personnes seront présentes, au moins une partie de la journée.
 Tout le monde est le bienvenu pour donner un coup de main !!!
 Si vous avez des affaires à nous donner, venez nous voir mercredi prochain, ou, encore mieux, portez les au stand le dimanche 5.


 
 3) Compte rendu de l'évènement en Avignon le 22 juillet, 3 indignées y sont allées.
 Pique-nique citoyen antinucléaire pendant le festival d’Avignon.
 L’idée était de faire un immense rassemblement sur la place du Palais des Papes vers 11h ,petit discours et départ vers 11h30 pour les berges du Rhône en chaîne humaine pour partager un repas tiré du sac.
 Cet « alter-festival » était aussi ouvert aux alternatifs, décroissants, anti-gaz de schiste, anti OGM…. Le thème fédérateur

 

:
 « Pour un monde solidaire et durable ».
 "Il n'est plus temps de compter sur la chance ou les autres ! Maintenant on y va !"
 Sortons de notre dépendance au nucléaire et aux énergies fossiles : engageons la transition énergétique vers les énergies renouvelables et décentralisées !
 
 Jean Pierre Cervantes, organisateur, le lendemain :
 "Un très grand merci à tous les participants. Environ 400 participants à cette journée en bravant un mistral puissant.
 La chaine humaine a réuni environ 250 personnes, 50 personnes mobilisées pour les stands et une visite d'environ 100  personnes dans l'après midi.
 Les troupes de théâtre n'ont pas joué le jeu. Il est difficile d'établir des ponts entre des mondes différents.
 L'après-midi a permis des rencontres de qualités, beaucoup sont restés avec nous tard dans l'après-midi.
 Une rencontre de qualité mais la foule n'était pas au RDV.
 Des leçons à tirer pour l'avenir !
 Il nous reste beaucoup à parcourir pour être suffisamment forts et exiger la sortie du nucléaire.
 La balle est dans notre camp ! A nous d'agir !"


 
 4) Réunion comité non au TSCG le 8 août
 Le comité se réunit le 8 août à 18h dans le local de Solidaire,  6 rue porte d'Alès. Plusieurs indigné/e/s y seront.
 Nous avions fait de belles banderoles pour l'action de ce comité le 20 juillet :-)



 5)  Marche de la vie (anti nucléaire) du 18 au 25 août
 CADARACHE-MARCOULE-TRICASTIN
 Les organisateurs :
 "A l'appel du Collectif antinucléaire de Vaucluse (CAN84) une "Marche pour la Vie" aura lieu du 18 au 25 août 2012 sur les routes du Vaucluse, du Gard et de la Drôme, au coeur du triangle de la mort nucléaire Cadarache-Marcoule-Tricastin. Un seul mot d'ordre réunira les marcheurs à pied, à vélo, à cheval, en rollers, qui relieront les 3 sites nucléaires civils et militaires... : Oui à la Vie, arrêt immédiat du nucléaire!
 En finir sans attendre et une bonne fois pour toute avec le crime quotidien de la destruction atomique : tel est le sens et l'objectif de la "Marche pour la Vie" initiée par le CAN84.
 Les citoyennes et citoyennes relieront par étapes sur 8 jours les 3 sites emblématiques de l'obscurantisme scientiste et des atteintes à la santé et à la vie qu'ils imposent aux populations et aux territoires. Le trajet pourra s'accomplir en totalité ou par étape le matin ou l'après-midi et selon les modalités de chacun : à pieds, à cheval, à vélo, en rollers, à dos d'âne, ou par tout autre moyen.

 . A chaque étape une "escouade" de volontaires se rendra dans le village ou la ville-étape pour rencontrer la population locale, l'informer, la documenter et l'appeler à l'action contre le crime nucléaire. Des photos de victimes du nucléaire seront exposées.
 
 . A chaque étape les élu-e-s locaux seront interpellé-e-s pour prendre position, par une délibération du Conseil municipal, pour la mise à l'arrêt des installations nucléaires qui portent atteinte, au quotidien, par leur contaminations radioactives, à la santé et à la vie.
 
 . A chaque étape sur les lieux nucléaires une rencontre-discussion sera proposée aux salarié-e-s du nucléaire et à leurs organisations syndicales
 
 . A l'étape du soir sera organisée une rencontre favorisant les discussions, projets d'actions, concertations (les musiciens sont invités à apporter leur instrument de musiques à corde, à vent et percussions)

 L'auto-gestion est le principe de base de cette initiative, chacun-e étant invité-e à se "gérer" personnellement au niveau de la nourriture, de l'habillement, de sa pharmacie personnelle : un véhicule d'accompagnement permettant le transport des matériels et de soigner les petits "bobos" servira de voiture-ressource.

 Les personnes qui souhaitent participer à cette "Marche pour la vie" sont invité-e-s, au regard du programme ci-dessous, à préciser par courriel aux organisateurs les étapes auxquelles elles envisagent de participer:
 
 ICI: collectifantinucleaire84@hotmail.fr
 
 Le CAN84 met (ci-dessous) à la disposition des individuel-les et des groupes et collectifs une affichette (300dpi) à reproduire et apposer dans les localités et lieux-relais, un visuel à faire circuler par internet (72dpi) ainsi qu'un tract-parcours-programme reproductible.

 Pour toute information complémentaire:> http://coordination-antinucleaire-sudest./2012/index.php?post%2F2012%2F05%2F07%2FArr%C3%AAt-imm%C3%A9diat-du-nucl%C3%A9aire-%3A-Marche-pour-la-Vie-en-ao%C3%BBt-2012

 Pour l'organisation (co-voiturage, couchage...):
 http://irradiescollectifint.forum-actif.net/login?redirect=/f156-forum
 Nous allons ESSAYER d'obtenir un soutien alimentaire mais ce sera juste un petit plus de confort IL EST DONC IMPERATIF DE PREVOIR VOTRE NOURRITURE POUR TOUTE LA MARCHE (nous vous conseillons, entre autre, à cet effet une base fruits secs peu encombrants et énergétiques à compléter par des achats en épiceries lors des traversées des villes et villages, ne pas oublier que le dimanche nous pourrions ne pas trouver de magasins ouverts)"



 6)  Caravane vélo (anti-nucléaire) du 5 août au 8 septembre
 La caravane à vélo, de Plogoff à Fessenheim-Wyhl, des indignés du nucléaire de plus en plus inquiets.
 Elle partira de Plogoff dans le Finistère le dimanche 5 aout dans l’après-midi après un pique-nique
 musical festif, pour rejoindre Fessenheim-Wyhl le samedi 8 septembre, après avoir serpenté le long
 de la transversale est-ouest en passant d’un site nucléaire à l’autre. Une promenade à vélo qui se
 veut joyeuse, humoristique et colorée avançant à un rythme pépère, et chacun à son rythme : 40 km
 en moyenne par jour, soit 4 heures de flânerie vélocipédique quotidienne (en gros 2 heures le matin,
 2 heures l’après-midi).
 Voir pièces jointes pour plus d'info ... Pour le moment, aucun/e indigné/e n'est partant/e ...


 
 7) Alter forum "démocratie" à Strasbourg du 5 au 11 octobre
 L'appel :
 "Contre FORUM citoyen pour une VRAIE Démocratie"
 Logement, environnement, éducation, démocratie, ...
 Occupy, Indignés, 99%, Nous sommes en marche !
 "La démocratie, c'est toute l'année sur la place publique !  et pas juste une semaine, pour un forum."
 DU 5 AU 11 OCTOBRE 2012 A STRASBOURG SE DEROULERA LE 1er FORUM MONDIAL SUR LE THEME DE LA DEMOCRATIE. L'OCCASION POUR TOUS LES INDIGNES DE FRANCE ET DU MONDE DE PRENDRE LA PLACE PUBLIQUE ET DE METTRE EN LUMIERE OU BIEN LA DEMOCRATIE REELLE OU BIEN LA VIOLENCE POLICIERE. MAIS QU'ON ARRETE DE COPENHAGUE A RIO DE DEPENSER NOTRE ARGENT TOUT EN NOUS PRENANT POUR DES IDIOTS.
 L'appel à mobilisation est lancé par des électrons libres du mouvement en France. Par conséquent si ces électrons libres s'efforcent de mobiliser les réseaux, chaque AG et groupes autonomes sont invités à se fédérer selon leurs valeurs. Nous appelons simplement à répondre à l'appel pour une Réelle Démocratie Maintenant (démocratie directe) et à prévoir des initiatives éducatives, ou des actions coup de poing, sans jamais user de la violence et tout en mettant en lumière la démocratie et la solidarité entre les peuples du monde. Cette demande correspond aux valeurs déclarées ou tacites des mouvement Occupy/Dry/Sol/15M.
 ----------------------
 Nous pourrions penser à des actions en parallèle ou y aller  ....


 
 8) Changement d'endroit des assemblées
 Une discussion a été commencée : tenir les assemblées sur d'autres places de la ville à la rentrée (ou plus tôt si on arrive à s'organiser).
 On doit réfléchir sur un calendrier et le rendre public le plus rapidement possible. Maintien d'une assemblée (par mois, trimestre ?) à la Maison Carrée.


 
 9) Un journal
 L'idée d'un journal national des indigné/e/s (avec espace pour les infos locales) a été abordée à Marseille .... Qui voudrait s'impliquer à ce projet ?
 Il paraît qu'à Madrid un journal (local) est publié depuis un certain temps, avec succès. Nous cherchons une personne qui parle, lit et écrit l'Espagnol pour échanger avec eux afin de savoir comment ils ont fait.
 
 Voilà, j'espère que vous ne regrettez pas que j'ai pris mon ordinateur pour écrire ce compte rendu, avec mon smartphone, ça aurait été plus court bien sur !!!

 On ne lâche rien !

 Marleen

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 21:35

 

 

Christian Estrosi se démène pour « garder Nicolas Sarkozy au-dessus de la mêlée ». Convaincu que l’ancien président peut encore être « un recours » aux déchirements de l’UMP, le député et maire de Nice s’emploie à promouvoir le bilan de son mentor au travers de l’Association des amis de Nicolas Sarkozy, dont il est secrétaire général.

 

Réunion de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy © BFM-TV 
Réunion de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy © BFM-TV

En attendant les premières « rencontres » de l’association, qui se tiendront – naturellement – à Nice les 24 et 25 août, l’ancien ministre de l'industrie a profité de sa réélection au Palais Bourbon pour faire un petit peu de promotion. Il y a quelques jours, les électeurs de sa 5e circonscription des Alpes-Maritimes ont en effet découvert dans leur boîte aux lettres un courrier dans lequel l’élu les remercie « très sincèrement » de lui avoir « renouvelé leur confiance ».

Dans cette lettre révélée par un abonné de Mediapart, Christian Estrosi évoque pêle-mêle ses fonctions de député, de maire de Nice et de président de la Métropole Nice Côte d’Azur, sans opérer aucune distinction. Mais surtout, ce plus fidèle lieutenant de Nicolas Sarkozy a profité de l’occasion pour glisser dans l’enveloppe un petit bulletin à retourner à l’adresse de la permanence UMP de Nice, afin d’être « informé(e) (des) activités » de l’association ou de « recevoir le bulletin d’adhésion ».

 

 

Affranchie aux frais de l’Assemblée, comme en témoigne l’enveloppe ci-dessous, la lettre du député et maire de Nice a été préparée par ses équipes niçoises. « Je ne l’ai même pas eue entre les mains, assure l’un de ses collaborateurs parlementaires. Le courrier a été préparé à Nice, puis envoyé à l’Assemblée pour expédition. »


 

Du côté du bureau de poste du Palais Bourbon, nul ne peut indiquer à Mediapart combien d’exemplaires de cette lettre ont été envoyés. La 5e circonscription des Alpes-Maritimes comptant 85 420 inscrits, il y a de fortes chances que le nombre de destinataires corresponde à ce chiffre. A 0,38 euros l’affranchissement, le coût total de l’opération pourrait donc s’élever à plus 32 000 euros.

« Zéro centime de ressources »

Contacté par Mediapart, Christian Estrosi n’a pas souhaité réagir. Quant au président de l’Association des amis de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, il nous indique ne pas être au courant de cette initiative qu’il juge « bonne » : « Je trouve ça très bien qu’il fasse de la publicité pour l’association », dit-il avant d’opérer une étrange pirouette pour justifier l’envoi du courrier aux frais de l’Assemblée : « S’il est secrétaire général de cette association, c’est en grande partie parce qu’il est député, dont c’est lié à son mandat. »


© Reuters 
© Reuters

L’ancien ministre de l’intérieur le sait ou devrait le savoir : seules « les correspondances de nature parlementaire, c’est-à-dire écrites par un député pour l’accomplissement de son mandat législatif, sont affranchies aux frais de l’Assemblée nationale », comme l’explique le site du Palais Bourbon. « En revanche, les correspondances d’ordre privé ainsi que les correspondances présentant un caractère général ou collectif (invitations, faire-part, cartes de visites, imprimés, tracts, appels à des souscriptions, journaux) ne bénéficient pas de cet affranchissement », souligne la consigne.

Le courrier de Christian Estrosi répond clairement au deuxième cas de figure. L’Association des amis de Nicolas Sarkozy a-t-elle remboursé cet envoi ? Brice Hortefeux n’en sait rien mais précise que « de toute manière, l’association a aujourd’hui zéro centime de ressources ».

 

© Reuters 
© Reuters

 

Début 2011, la correspondance des parlementaires avait déjà fait l’objet d’une guerre intestine dans les couloirs de l'Assemblée. Le socialiste Hervé Féron avait en effet accusé ses collègues UMP Valérie Rosso-Debord et Laurent Hénart d'avoir abusé de la poste du Palais, à l'occasion des vœux de fin d'année, pour arroser « en très grand nombre » leur future circonscription, à coups de courriers relevant du tract électoral.

Le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer, avait balayé l’accusation en écrivant à Féron « que le principe du secret et de l'inviolabilité des correspondances interdit tout contrôle (du) contenu » des courriers. « Les correspondances des députés bénéficient traditionnellement de l’affranchissement parlementaire lorsqu’elles ont un lien avec l’accomplissement du mandat législatif, et, pour les envois en nombre, lorsqu’elles sont adressées à des élus locaux ou à des membres de catégories professionnelles ou encore lorsqu’il s’agit de vœux de fin d’année », avait-il également indiqué.


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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 21:20

 

 

 

C’est un rendez-vous à la fois attendu et redouté : le 26 juillet, le président de la Commission européenne est attendu à Athènes pour sa première visite en Grèce depuis 2009. Depuis mardi, la « troïka » (Banque centrale et Commission européenne, Fonds monétaire international) est déjà sur place. Objectif : analyser le programme économique du nouveau gouvernement et décider d’octroyer, ou non, un nouveau prêt de 31,5 milliards d’euros. En préalable à tout nouvel emprunt, la Grèce doit économiser 11,5 milliards d’euros en 2013 et 2014.

Mais la coalition au pouvoir, issue des élections du 17 juin, n’a pas trouvé d’accord sur un nouveau plan de rigueur. Selon le gouvernement, l’économie grecque pourrait reculer de 6,7 % en 2012. Le premier ministre grec Antonis Samaras (Nouvelle Démocratie) réclame plus de temps pour réduire les dépenses. Lors de son discours de politique générale, le 6 juillet, il a annoncé une vague de privatisations : les chemins de fer (OSE), des ports, des aéroports et des autoroutes, ainsi que la cession d'unités de production de l'entreprise publique d'électricité DEI (ou PPC).

Face aux mesures d’austérité qui se succèdent depuis deux ans, des économistes et des militants réclament un audit de la dette grecque, et l’annulation de tout ou partie de ces créances (voir ici et encore ici). Pour Ira Sinigalia, membre de la campagne pour l’audit de la dette grecque : « la dette n’a jamais baissé en deux ans malgré les mesures de rigueur. Elle ne peut qu’augmenter. Notre vie a été bouleversée, en vain. »

Quand la revendication de l’annulation de la dette est-elle née en Grèce ?

 

Ira Sinigalia : Il y a 2 ans, quand la crise économique a frappé la Grèce, le FMI, la Banque centrale européenne et la Commission, la troïka, sont venus. Ils ont décidé avec le gouvernement grec d’imposer des mesures d’austérité, de privatisation et une forte baisse des salaires et des retraites. La dette n’a jamais baissé en deux ans malgré ces mesures. Elle ne peut qu’augmenter. La vie, notre vie, a été bouleversée, en vain.

La campagne pour l’audit de la dette grecque a été introduite par des économistes et des chercheurs en mars 2011. En même temps, de nouvelles formes de mobilisation sociale apparaissaient, avec des actions directes et spontanées. L’occupation de la place Syntagma, à Athènes (qui aura lieu pendant deux mois, à l’été 2011 – ndlr) se préparait. Mais cette revendication était très minoritaire. Les militants essayaient de toucher les gens, et de mener du lobbying auprès des parlementaires : où est la dette ? Combien est son montant initial, hors intérêts ? Auprès de qui ? C’était un premier pas vers le proposition plus radicale de l’abandon du paiement de la dette. Aujourd’hui, nous avons recueilli 61 000 signatures de soutien. Pendant l’occupation de la place Syntagma, nous avons collecté 10 000 signatures.

Qu’avez-vous appris sur la dette grecque ?
La dette grecque représente plus de 150 % du PIB. Avec le mémorandum, elle a été réduite d’environ 50 milliards d’euros. Mais le pays a été obligé de contracter de nouveaux emprunts pour payer les intérêts de la dette. C’est un cercle vicieux. De nouveaux emprunts pour payer d’autres emprunts… C’est une impasse.

 

Aux États-Unis, le mouvement Occupy Wall Street demande le « pardon de la dette », c’est-à-dire l’annulation des dettes privées. Est-ce aussi votre revendication, ou limitez-vous votre demande à la dette publique ?

Dettes privées et publiques sont deux choses différentes. La Grèce ne connaît pas de crise de la dette privée. Mais beaucoup de gens ont contracté des emprunts pour payer leur maison, et comme ils perdent leur boulot, ils ne peuvent plus rembourser. Fin juin, un tribunal d’Athènes a effacé la dette d’un homme, d’à peu près 300 000 euros, parce qu’il était au chômage. Comme il avait déjà payé les intérêts, les juges l’ont autorisé à ne pas rembourser le reste. C’est le deuxième jugement de cet ordre. On dirait que la justice veut aider les victimes de la crise.

 

David Graeber : "Debt, the first 5000 years". 
David Graeber : "Debt, the first 5000 years".

 

Les suicides ont augmenté de 200 %. Peut-être qu’aujourd’hui, une nouvelle mort sera annoncée. Hier, un vieux a sauté du toit de sa maison. Récemment, un jeune homme s’est tué en sautant de l’Acropole, le symbole de notre civilisation. Il y a aussi eu un suicide politique : il y a 3 mois, un homme âgé s’est tué par balle au milieu de la place Syntagma. Il a laissé une note disant : « Je ne peux plus vivre comme ça, dans quelques mois je ne pourrais plus subvenir à mes besoins, je ne veux pas être un poids pour mes enfants, donc je pars. Ce sont les traîtres du gouvernement qui nous ont mis dans cette situation. » En deux ans, les Grecs ont perdu environ 50 % de leurs revenus à cause de la réduction des salaires et des retraites et de la hausse des impôts. En même temps, les prix des biens sont restés au niveau de 2009. J’ai regardé le prix de l’essence en France : elle est moins chère qu’en Grèce. Chez nous, le litre avoisine 1,95 euros, alors qu’ici j’ai vu affiché 1,5 € et 1,6 €. Nous avons le prix de l’essence le plus cher d’Europe. En même temps, certaines personnes ne peuvent pas payer leur traitement médical. Le système de santé est encore public, mais pour combien de temps ?  


Votre campagne parvient-elle à mobiliser ?

La campagne pour l’audit de la dette grecque était au départ très populaire. Pendant l’occupation de la place Syntagma, elle a suscité l’espoir de plus de justice. Ensuite, l’hiver dernier, nous avons cherché de nouvelles formes de mobilisation. Mais il était difficile de les médiatiser. Les médias grecs nous étaient hostiles, très pro-gouvernementaux, favorables aux mesures d’austérité (Ira Sinigalia est journaliste indépendante – ndlr). Ils ont dit que le secteur public était coupable, que les fonctionnaires étaient paresseux et trop chers. Ils ont manipulé l’opinion publique.

Nous avons dû répondre, en essayant d’éduquer les gens sur les alternatives, les autres dimensions de notre réalité. Par exemple, nous avons organisé des évènements dans un café, pour se retrouver entre Grecs, mais aussi avec des visiteurs étrangers, journalistes, militants, chercheurs. Il existe actuellement de nombreuses campagnes pour l’audit de la dette dans le monde, en Belgique, en Égypte, en Tunisie, en Irlande, en Espagne… Mais je crois que nous sommes les plus radicaux en demandant l’arrêt du remboursement. C’est facile à expliquer : la crise grecque est tellement énorme, plus qu’ailleurs.

Quels sont vos rapports avec les partis politiques ?
Syriza (gauche radicale – ndlr) nous soutient. Mais il adapte ses discours à la société. Alexis Tsipras ne parle pas d’arrêter de payer la dette mais d’annuler le mémorandum signé avec la troïka. Les déformations des médias et les affirmations du gouvernement ont créé une confusion entre la cessation de paiement et la sortie de l’euro. Or la Grèce est très attachée à l’Europe. Quand nous sommes entrés dans l’euro, ce fut décrit comme un grand succès, un accomplissement national. Comme les Grecs pensent que l’euro est un succès, l’idée d’en sortir leur semble synonyme de chaos. Et c’est ce qui a été dit : si vous votez Syriza, vous allez quitter l’euro et ce sera la catastrophe.

C’est pourquoi les Grecs ont encore une fois voté pour les politiques responsables de la crise. Il y avait un sentiment de peur. Syriza a dû s’adapter. Je crois que leur stratégie est d’avancer petit à petit. La gauche anti-capitaliste d’Antarsya demande, elle, l’annulation de la dette et la sortie de l’euro. Antarsya veut dire « révolte » en grec.

 

Signature de la pétition pour l'audit de la dette grecque (www.elegr.gr) 
Signature de la pétition pour l'audit de la dette grecque (www.elegr.gr)



Quelles sont les nouvelles formes de politiques que vous essayez d’expérimenter ?  

Par exemple, l’organisation de repas communs pour rassembler les gens contre l’Aube dorée (le parti d’extrême droite qui a recueilli 7 % des voix lors des législatives de mai ndlr). Ce n’est pas facile. Les problèmes qui ont conduit certains Grecs à rejoindre l’Aube dorée sont le chômage, la hausse de la criminalité, la propagande médiatique. Nous essayons de riposter avec les médias anti-propagande qui se créent. Nous organisons des séances de parole.

Mais vous ne pouvez pas faire ce travail-là dans les quartiers qui ont voté pour eux en tant que visiteurs extérieurs. C’est une erreur  que la gauche ne devrait pas commettre. Vous ne pouvez pas débarquer chez ces personnes en disant : « Bonjour, je suis Syriza, oh, ça n’a pas l’air de bien aller ici, quels sont vos problèmes ? » Ils vous répondront : « Mais l’Aube dorée nous protège contre les vols et les viols de nos filles. » Alors, nous essayons plutôt d’organiser des habitants de ces quartiers, pour les aider à se confronter à l’Aube dorée. On essaie de monter un « front ». Mais il y aura des affrontements physiques.

L’héritage le plus important de l’occupation de la place Syntagma, c’est l’auto-organisation. On ne remet plus notre sort entre les mains du Parlement et des responsables politiques. C’est notre plus grand succès. La société grecque était très dépendante de la classe politique. Les parlementaires, les ministres, étaient nos « patrons », les patrons de la société. Ils nous trouvaient nos emplois, agissaient pour nos enfants… Ce n’était pas un système représentatif classique. Il y avait une forme de clientélisme : je vote pour toi, mais tu fais quelque chose pour moi. C’est cela qui change aujourd’hui. Ce lien-là s’est cassé. C’est très bien.


Quels liens faites-vous entre l’audit de la dette financière et la dette écologique ?

La crise économique a plusieurs visages. Parmi eux, la vente de terres publiques pour rembourser la dette grecque. Nous avons ainsi le projet « hélios » (soleil, en grec ) : des terrains vont être vendus à des investisseurs qui vont y installer des panneaux photovoltaïques, pour y produire de l’électricité qui sera ensuite acheminée en Allemagne. L’argent retiré de cette opération sera affecté au remboursement de la dette. Mais cette énergie solaire ne pourra pas être utilisée par les Grecs.

Autre exemple : l’ancien aéroport d’Elliniko, sur la côte, près d’Athènes, devait être transformé en parc. Très polluée, la capitale a besoin de vert et d’espaces publics. Mais désormais, le gouvernement prévoit de vendre cette terre pour y construire des casinos, des malls géants, des marinas… Ils veulent construire une nouvelle ville dans la ville. Les recettes abonderont une caisse de remboursement de la dette. La Grèce est mise en vente, ou plutôt, elle est en solde.

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 20:51

 

 « Limiter la casse » 27/07/2012 à 17h04

 

Sur le site de PSA à Aulnay (Seine-Saint-Denis), le décor prête vraiment à confusion. Le parking désert, les cars alignés et le soleil de plomb rappellent étrangement l’entrée d’une école. Encore plus quand les ouvriers sortent à tour de rôle en se souhaitant :

  • « Passe de bonnes vacances. »
  • « Bonne bronzette. »
  • « Bon voyage. »

A les voir, on oublierait presque qu’il y a une semaine, le constructeur automobile officialisait la fermeture de l’usine d’Aulnay qui emploie 3 300 personnes.

De petits indices, futiles ou plus graves, indiquent tout de même « qu’il y aura un avant et un après le 12 juillet 2012 ». Des ouvriers qui débauchent, plaisantent avant d’être un peu plus sérieux :

« Alors, elles sont où les belles journalistes, qu’on ait au moins un petit bénéfice à tout ça. »

« Bonne route pour le Portugal, et tu penseras à mon reclassement. »

« Je suis stressé, je ne pense qu’à ça »

Trêve de plaisanterie, Momo qui s’occupe de conduire les voitures « finies », admet que le sourire de façade cache une vraie déprime :

« Moi, cette fermeture concerne ma femme qui est à la peinture et moi. Même s’ils disent qu’ils vont nous reclasser, personne n’y croit. La direction ne fait que mentir depuis le début. »

Malgré la colère de quelques-uns, c’est surtout la résignation qui a envahi le site. Momo ne se fait pas d’illusion :

« De toute façon, il n’y a rien à dire de plus. Ça fait seize ans que je travaille ici, j’ai 48 ans, alors qu’est-ce que je fais ? On n’a pas d’autre choix que d’attendre et de subir. Je vais soutenir les actions en septembre, même si je sais que ça ne sert à rien. »

Karim, monteur à la chaîne, qui part pour cinq semaines de vacances « au bled », en veut à la direction :

« C’est con, mais nos vacances c’est important, on se tue à la tâche et là on va même pas en profiter. Je voudrais oublier, mais je suis stressé, je ne pense qu’à ça. Ma seule possibilité à la rentrée, c’est Pôle emploi. Grâce au patron, on va juste tous passer de sales vacances. »

Certains, comme Jean-Pierre ont annulé leur vacances, « pour prévenir les soucis de la rentrée » :

« J’ai tout annulé, car il faut que je mette de côté pour la rentrée. J’ai un prêt sur le dos, des enfants qui font la gueule de ne pas pouvoir partir, mais je préfère limiter la casse. »

Eviter à tout prix une opération immobilière

Que va devenir le site PSA, cette usine bâtie en 1973 et qui est ancrée à la ville d’Aulnay ? Laurent Causentino, gérant de la brasserie de la ville, ne cache pas « le manque que ça va lui faire » :

« Depuis trois ou quatre ans, on parle tous de la fermeture de l’usine. Mais il y avait toujours un espoir. Et là quand j’étais sur le chemin du boulot et que j’ai reçu la petite alerte iPhone, ça m’a vraiment fait un choc. L’usine a le même âge que moi, ça me touche et ça fera tout drôle de voir tout le monde partir. »

Les habitants savent que l’aéroport et PSA sont les deux poumons économiques de la ville. Le bistrot perd des clients, la boulangerie « ne sait pas à qui elle va vendre ses lots de viennoiserie le matin » et d’autres pensent que la ville va « carrément mourir ».

 


L’entrée du site de PSA à Aulnay (Seine-Saint-Denis) (David Perrotin)

 

La mairie tente d’éviter ce scénario. Pour empêcher PSA de réaliser une opération immobilière avec le terrain qu’il occupe, le maire PS de la ville, Gérard Ségura, a lancé une procédure d’expropriation. Mais la démarche est longue et coûteuse, et PSA dit ne pas vouloir vendre le site pour l’instant.

Mais, Laurent Causentino, tient à parler des sous-traitants (qui comptent quatorze sociétés rien qu’à Aulnay) :

« L’autre jour, la télé m’a interrogé et j’ai voulu dire qu’il fallait penser aux sous-traitants mais ils m’ont coupé.

Or, si 1 500 ouvriers de PSA vont être reclassés, les petits sous-traitants, eux, font quoi ? J’ai souvent des gars de chez Valéo ou d’autres qui viennent boire le café et ils me disent qu’ils vont couler. »

 

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 20:43

 

euronews.com

26/07 23:34 CET

 

 

 

Près d’un millier de personnes se sont rassemblées jeudi dans le centre de Moscou pour demander la libération des manifestants arrêtés le 6 mai à la veille de l’investiture de Vladimir Poutine au Kremlin. Ce jour-là, des heurts avaient éclaté entre les manifestants et la police qui avait interpellé notamment des dirigeants de l’opposition.

“Nous devons montrer aux détenus, à leurs parents et à nous-mêmes que nous sommes solidaires, que nous ne les laisserons pas tomber. Nous serons toujours à leurs côtés”, souligne le blogueur Alexei Navalny. Le leader du Front de gauche Sergei Udaltsov était présent également le 6 mai. “Les autorités nous ont provoqués. J’ai presque été piétiné comme tous les autres. Et aujourd’hui, on nous accuse d‘être à l’origine de bagarres et de troubles”, explique-t-il.

Plusieurs centaines de manifestants avaient été arrêtés le 6 mai. Une dizaine d’entre eux ont été inculpés de trouble à l’ordre public et sont toujours en détention.

“Deux nouveaux opposants, ayant participé à la marche du 6 mai, viennent d‘être interpellés”, souligne Alexander Shashkov, le correspondant d’Euronews à Moscou. “Cela porte à douze désormais le nombre de personnes actuellement en détention. Le comité du 6 mai, qui est à l’origine de ce rassemblement, les a baptisées : les otages des autorités.”

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 20:35

 

 

Le Monde.fr | 27.07.2012 à 12h18 • Mis à jour le 27.07.2012 à 12h18

 
 
Des milliers de manifestants bloquaient, vendredi 27 juillet à Mexico, les studios de la télévision nationale Televisa.

Des milliers de manifestants bloquaient, vendredi 27 juillet à Mexico, les studios du groupe Televisa, géant mexicain de la télévision et plus grande chaîne de langue hispanique. Les contestataires accusent la chaîne d'une couverture biaisée de l'élection présidentielle du 8 juillet ayant permis à Enrique Peña Nieto, leader du Parti révolutionnaire institutionnel, d'obtenir la majorité des votes et de battre de six points le leader de la gauche, Andres Manuel Lopez Obrador.

"Dites la vérité", scandaient les manifestants, dont de nombreux étudiants et délégués syndicaux, tout en empêchant les employés de joindre les studios de télévision. Les manifestants ont promis de continuer le blocus pendant vingt-quatre heures.

Lire : Au Mexique, les manifestations hostiles au nouveau président se poursuivent

 RECOMPTE DES VOIX

La gauche accuse Enrique Peña Nieto d'avoir gagné avec l'appui des télévisions et l'achat de "millions de voix".

Televisa, qui continuait de diffuser ses programmes vendredi, a rétorqué que ses équipes avaient couvert l'élection de façon équitable, en donnant la parole indifféremment à l'ensemble des candidats, lors des émissions de prime-time.

Mais à l'annonce des résultats de l'élection, Andres Manuel Lopez Obrador avait accusé Enrique Peña Nieto d'avoir gagné avec l'appui des télévisions et l'achat de "millions de voix". "Ce qui ne fait aucun doute, c'est qu'il n'y a pas eu une élection propre et transparente", avait-il affirmé.

Lire : Obrador demande de recompter la totalité des bulletins

A sa demande, l'autorité électorale mexicaine a annoncé qu'elle recompterait près de 45 millions de bulletins de vote, soit 54,8 % des suffrages. Elle a jusqu'au 6 septembre pour se prononcer sur les accusations de fraudes.

Lire : Plus de la moitié des bulletins de vote seront recomptés

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 20:27

 

euronews.com

26/07 15:04 CET

 

 

 

Ils comptent parmi les victimes italiennes de la réforme des retraites du gouvernement.

Les “Esodati” comme on les appelle là-bas sont descendus dans les rues de Rome pour protester contre le nouveau système de pension.

Pris dans une sorte de no-man’s-land, ils se retrouvent sans revenus ni allocations pour avoir choisi de leur plein gré de partir en préretraite il y a quelques années.

On en compterait près de 200.000 selon les syndicats, et pas plus de 65.000 selon les chiffres du ministère du travail.

“Il n’y a pas de ressources financières, parce qu’on ne les cherche pas là où il faut. Ils ont privilégié la solution de facilité : taxer les travailleurs et les entreprises, au lieu d’introduire un impôt foncier. Alors, entendre le gouvernement dire qu’il n’y a pas de ressources, c’est tout inacceptable, déclare Susanna Camusso, de la Confédération générale italienne du travail.”

Mobilisation aussi des pharmaciens mais cette fois contre le nouveau décret du gouvernement sur la vente de médicaments. Une disposition qui prévoit de faire passer la taxe obligatoire de 1,82% à 3,6%. Inacceptable pour le syndicat majoritaire qui dénonce une mesure fatale pour l’emploi.

“Nous ne voulons pas être obligés de licencier des gens, parce que toutes ces personnes travaillent avec nous depuis longtemps et nous ne pensons pas que ruiner la vie de leurs familles est en soi raisonnable, déplore Franco Caprino, délégué régional de Federfarma.”

Autant de mesures qui interviennent dans un contexte de morosité économique sur la péninsule et laisse peu de marges de manoeuvre au gouvernement.

Dans le sillage de l’Espagne, l’italie croule toujours sous une dette sans précédent qui dépasse les 120% du PIB.

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 20:21

 

Trop

27 juillet 2012 - 11:07
Par Okeanos

Trop. La goutte d’eau de la misère a fait débordé mon vase de l’acceptable. Le hasard m’a -encore- fait tomber sur une répulsion. Une jambe gonflée. Des plaies ouvertes qui laissent entrevoir ici et là une musculature. Des plaies non soignées et un début de gangrène. Des plaies laissées à l’air libre, purulentes. Mais l’homme marche, boitillant, sans paraître se plaindre. Sa dose de drogue en poche, peut-être, lui fait oublier sa condition physique. Le risque prochain de perdre sa jambe gauche ne semble pas le perturber. Sa vie ne semble rien valoir pour la troïka.

Trop. En 2010 déjà, un autre mendiant était dans des conditions comparables. C’était son bras entaillé qui laissait entrevoir son triceps. Sans trucage. Analyse anatomique en pleine rue, en plein jour, dans le quartier de Kerameikos. Depuis, chaque jour à Athènes est un croisement de ces misères provoquées par les mordorandums. Déformations physiques volontairement présentées pour espérer quelques pièces de monnaie. Ou misères cachées par fierté mais bien trop visibles.

Trop. Un tour en voiture me fait revoir cette misère à chaque feu rouge. L’exemple de ce que propose le piège de l’austérité carabinée. Ici, un migrant amputé des 2 bras avec un gobelet en plastique autour du cou pour y déposer quelques pièces. Là un retraité -sans retraite- qui vend des mouchoirs. Là encore, un toxicomane en quête de quelque monnaie pour acheter sa dose.

Trop. J’ai atteint mon niveau de tolérance maximum. L’asymptote  de ma fonction personnelle de survie en milieu troikan est dépassée. Et tant pis pour le non respect des théories mathématiques. Trop de larmes quotidiennes lors des mois de février et mars dernier lorsque je rédigeais les « nouveautés » mordorandiennes. Trop de visites à Mr Lacrymal en relisant les articles et en les corrigeant. Trop d’épuisements, déjà. Trop de temps passé à brasser les infos véritables et des rumeurs scandaleuses. Trop d’incompétence chez nos gouvernants.

Trop.  La troïka revient. L’Allemagne ressort le Grexit du placard. Barroso a décidé de se pointer hier à Athènes pour une visite de courtoisie, « Je suis là en ami ». Qu’il aille au diable. Il n’ira pas voir les miséreux. Il n’ira pas voir les toxicomanes. Il n’ira pas voir les quartiers d’Athènes en perdition. Les petits commerçants en faillite. Les petits retraités en larme lors des manifestations des 2 dernières années. Il n’ira pas visiter les commerces fermés, les hôpitaux publics en souffrance où les grévistes héroiques de l’aciérie en grève depuis plus de 8 mois. J’aimerai qu’il se fasse enyaourter par ceux dont la vie est devenue intenable. Pire, j’ai parfois envie que tout se casse la gueule. Vite. Un reboot. Comme la fin de FightClub. Zou, tout pète et on repart à zéro. La théorie du chaos appliquée. Le théorème du boulanger à son paroxisme. Et on replantera des patates et des tomates. Retour à la case départ sans passer par la banque. Et tout le monde au même point.

Trop. Le gouvernement grec réfléchie à la manière de faire les 11 milliards d’économies gentillement demandées par la troïka. Même si rien n’est encore gravé dans le marbre, les mesures prévues font encore froid dans le dos : passage de la retraite de 65 à 67 ans, réductions des retraites, de certains avantages, des dépenses de santé. « Et eventuellement d’autres coupures dans les salaires des fonctionnaires ». Quelques réserves ont été apportées. Samaras ne semble pas vouloir réduire les « salaires spéciaux » dans la fonction publique. Forcément : ces salaires sont principalement versés aux forces de sécurité. Le ministre des finances a même évoqué la possibilité de mettre en place toutes ces mesures dès cette année pour « prendre de l’avance ». Le nouveau mordorandum. Un crime contre l’humanité. Une arme de destruction sociale massive. Bizarrement, j’ai cette image d’une guillotine en tête.

Trop. Après un an de congé sans solde, ma copine a retrouvé son emploi. Comme il était. Désorganisé, déstructuré, invraissemblable. Une nouvelle pression en plus. Celle du risque de perdre le poste. Le temps où on se disait qu’il faudrait virer tout le monde pour embaucher les bons profils est bien loin désormais.  C’est déjà trop tard. Aujourd’hui, ces emplois permettent de faire survivre des familles entières. Après 11 ans d’ancienneté, son salaire sera de 750.13€ par mois. Pas de quoi vivre à Athènes. Il était de ~1200€ avant la crise et de ~1060€ en 2011. Sa collègue qui travaille depuis 27 ans gagne maintenant 920€. Ces postes avaient d’autres avantages : moins d’argent, plus de temps libre. Mais… c’est de l’histoire ancienne. Exit, la semaine de vacances du mois d’août offerte par l’université. Exit les 3 jours de congé de la pâques orthodoxe. Et l’université semble réfléchir au moyen de faire travailler ses petites mains 1h de plus par jour. Sans doute exit la semaine de vacances de Noël. Trop de vacances de l’avis de la troïka, sans doute. Alors le temps libre restant servira … à chercher un 2ème boulot ?

Trop. Ces derniers jours, je prépare le nouveau design du site. Un reboot, un retour à la case départ. Je me demande parfois s’il verra le jour. Peut-être que tout s’écroulera avant. Le réseau wan avec. Peut-être que je jetterai l’éponge pour reprendre une vie « normale » et gagner ma vie en travaillant. En attendant, je mets en pratique mes belles études d’ingénieur. Celles qui m’ont permis de travailler quelques années dans des domaines « excitants » ou « sexy » comme on dit dans le métier. J’utilise mes compétences de « project manager » pour gérer tant bien que mal mon projet personnel : vivre en Grèce. Mais même pour un expatrié, pas -encore- dans la difficulté, c’est usant. « La Grèce est morte » me disait un ami l’été 2010. Je ne voulais pas le croire. Il avait pourtant raison. La Grèce est en train de mourir, sous les coups de la troïka et des différents gouvernements de la honte. Alors suivre la presse, les nouveaux suicidés, les nouvelles rumeurs, les nouvelles mesures, le théâtre politique, être le rapporteur de mauvaises nouvelles est trop usant. Et espérer que les donations permettent de se projetter un minimum vers ce futur incertain aussi. Car des donations, il n’y en a jamais trop.

Et puis trop de mépris. De ceux qui ne comprennent rien à la Grèce. De ceux qui ne comprennent rien à la population grecque. De ceux qui ne voient pas plus loin que l’ombre de leur propre condition. Les grecs ceci, les grecs cela. Le vote des grecs. Les impôts des grecs. La paresse des grecs. La fraude des grecs. La faute de grecs. Trop de ces conneries déblatérées à longueur de journée. Trop de travail pour lutter contre ces préjugés. Et puis trop de peine de voir mes amis accusés. De voir que même eux finissent par s’y habituer. A y croire parfois. 2 ans qu’ils se voient accusés pour le simple fait de leur nationalité. Ce mépris est méprisable. Et c’en est trop.

Trop de rèves brisés. Ces rêves s’évaporent dans mon pays d’accueil. Avec ce tumulte médiatique. Avec ces annonces incessantes. Euro, pas euro. DRAchmE et char d’assaut dans Athènes. Guerre civile et dettes souveraines. Taux en hausse et Espagne. PIGS et Allemagne. Schauble. Merkel. Juncker. Barroso. VanRumpoy. Hollande. Samaras. Ras le bol ! FUCK ! Je m’en cogne de leurs «avis» d’ « experts », de leur prévision de croissance pour 2014. La croissance est morte, et pas qu’en Grèce. Nous vivons dans un monde fini. Nos ressources sont limitées, il serait bon que nos magiciens de dirigeants incompétents sortent la tête de l’eau. Car en attendant, ils font crever des peuples. Et attisent la résurgence des néonazis qui n’en attendaient pas moins pour montrer le bout de leur face odieuse.

Trop. Quand j’ai commencé OkeaNews, je voulais juste témoigner sur mon pays d’accueil. Redonner un peu de vérité face aux mythes et préjugés, au racisme ambiant envers une population qui subit plus que toute autre en Europe le résultat de ces politiques criminelles. Je me rappelle ce jour de 2011 où mon beau père à la retraite est venu nous aider pour repeindre notre appartement. On parlait déjà beaucoup de la « paresse grecque ». Il me dit : « Demain, on se lève tôt, tu verras comment ca bosse un grec ». J’ai détourné le regard pour masquer les larmes de colère qui montaient en moi. Déjà c’était trop. Se justifier. Envers moi qui pourtant connaissait déjà bien ces travailleurs acharnés. Etre le témoin de la destruction d’un peuple est éprouvant. Surtout quand cette destruction passe en premier lieu par la remise en cause des fondements culturels d’une société. Pourtant, cette culture et cet art de vivre doivent survivre. Mais l’espoir est mince. Trop mince.

Alors trop. Ahènes a eu raison de mes dernières forces. Je ne peux plus voir un écran en peinture sans avoir des nausées. Je ne veux plus me balader dans cette Athènes transformée en champs de ruines sociales. Je n’y vois que misère, j’en oublie ses bons côtés. Je ne vois plus que la noirceur. J’ignore ses splendeurs. Je ne veux plus lire les annonces, l’arrivée de la troïka, les nouvelles mesures, le nouveau mordorandum. Je ne peux plus passer mes 12h quotidiennes minimales à suivre l’actu pour la partager ici. Je ne peux plus prendre le risque de passer à côté de la vraie vie. Ce n’est pas mon job. Je ne suis pas payé pour. Quelques soient les évènements à venir, je veux voir autre chose. Je veux revoir ma Grèce. Je veux reprendre une claque. Celle de sa beauté. De sa générosité. De son accueil. Je veux verser à nouveau ces larmes de joie. Des joies simples. Une vue. Une plage. Des sourires. Un baiser. Un câlin. Des câlins. De l’amour et de l’eau fraîche. De l’Ouzo.

Et oublier l’austérité dans une eau translucide.

Alors je pars en vacances. De vraies vacances en Grèce.

Elles ne seront pas de trop.

 

 

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 19:49

 

 

 

 

 

Un groupe de citoyens grecs ont adressé devant la Cour pénale internationale une plainte contre les dirigeants de la zone euro et les créanciers du Fonds monétaire International qu'ils accusent de génocide social et économique à l'encontre de leur pays. L'action est parrainée par un certain nombre de personnalités grecques, dont le producteur de la télévision populaire et journaliste de radio George Trangas, ancien parlementaire de la nouvelle démocratie, Dimitrios Konstantaras et les journalistes Panagiotis Tzenos et Antonios Prekas.

La plainte officielle nomme la directrice du Fonds monétaire International (FMI) Christine Lagarde, la chancelière allemande Angela Merkel, Wolfgang Schauble (ministre fédéral des finances allemand) et Jose Manuel Barroso, le président de la Commission européenne.

Selon un rapport publié sur le blog du Grec, Hellas Frappe, de lourdes charges pèsent sur l'élite financière dominante qui est accusée d'avoir utilisé  la Grèce comme un « cobaye » pour imposer des programmes brutaux et pour discipliner fiscalement l'Europe entière. Ce qui a entraîné le déclenchement d'une crise humanitaire qui menace aujourd'hui l'existence nationale de la Grèce.

L'accusation principale dont ils se plaignent est que les États membres de la zone euro, en coopération avec la Commission européenne et le FMI, se sont systématiquement livrés à l'imposition de conditions contraignantes sur les citoyens grecs, ce qui s'oppose à la légitimité constitutionnelle et internationale. Ce faisant, ils ont accompli leurs basses œuvres en appliquant une stratégie de terreur et de chantage, et menaçant de forcer la Grèce à sortir hors de l'Union européenne et la zone euro.

Par le biais de déclarations coordonnées de hauts fonctionnaires grecs et européens, avec la collaboration de grands groupes de médias internationaux, le pays et ses citoyens ont ete diabolisés, diffamés et représentés comme responsables d'un effondrement économique mondial, avec des méthodes ressemblant à celles des diffamations des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale.

Ils présentent le cas de la Grèce qui  a été la victime d'un plan de génocide social et économique à l'aide de méthodes qui violent la Convention des Nations Unies pour la prévention et la répression du Crime de génocide. Leurs États portent plainte donc aux motifs que : « les objectifs de ce plan seraient la désintégration des institutions politiques et sociales, de la culture, de la langue, des sentiments nationaux, de la religion et de l'existence économique de groupes nationaux par la destruction de la sécurité personnelle, de la liberté, de la santé, de la dignité et même de la vie des individus appartenant à ces groupes. »

Sources :

Griegos acusan a líderes de la zona del euro y al FMI de genocidio económico y social

http://espanol.larouchepac.com/node/17097

posté le 23 juillet 2012 par La Rouche (Indigné, Irlande)

 

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 18:36

 

Il y a ceux qui préfèrent attendre les arbitrages budgétaires. Et ceux qui montent au créneau « avant qu’il ne soit trop tard ». Le week-end dernier, l’association Droit au logement (DAL) a dénoncé dans un communiqué les « renoncements » du gouvernement en matière de logement social.

En se basant sur la feuille de route que la ministre de l’égalité des territoires et du logement, Cécile Duflot, a présentée en conseil des ministres le 18 juillet, le DAL « constate que plusieurs promesses de François Hollande sont remises en cause par le gouvernement au nom de la rigueur budgétaire ». « Cette feuille de route nous a peu désarçonnés, explique le porte-parole de l’association, Jean-Baptiste Eyraud. De lourdes menaces pèsent sur le financement du logement social et on a un peu le sentiment que le gouvernement va reléguer ces questions au second plan, comme toujours. »


© Reuters/Jean-Paul Pelissier 
© Reuters/Jean-Paul Pelissier

Atermoiements autour du doublement du Livret A, augmentation moindre des « aides à la pierre », éventuelle ponction de 1,8 milliard d’euros sur le budget d’Action logement (ex-1% logement)… Les premiers signes adressés au secteur social « ne sont pas bons », reconnaît le directeur général adjoint de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, qui espère que les arbitrages budgétaires lui donneront tort.

Malgré ces signes « qui ne prêtent guère à l'optimisme », l’ambition affichée de la majorité en matière de construction reste la même : faire sortir de terre 500 000 logements par an, dont 150 000 logements sociaux. Du jamais vu. Mais cette volonté politique pourrait bien souffrir de la rigueur budgétaire, comme ce fut déjà le cas pour l’hébergement d’urgence.

« L’économie budgétaire c’est pour tout le monde, argue-t-on dans l’entourage de Cécile Duflot. Tous les ministres ont reçu la consigne de faire 15% d’économies. Nous, ce qu’on porte, c’est +20% de dépenses. La feuille de route de réduction des dépenses est perpendiculaire à l’objectif de 150 000 logements sociaux. Notre boulot, c’est donc de faire converger les choses… »

Une tâche ardue dans un contexte de restriction, où la crise touche de plein fouet le secteur du bâtiment : « Le sujet est macro, poursuit le cabinet de la ministre du logement. Comment on relance un secteur qui prévoit de perdre 35 000 emplois d’ici la fin de l’année ? Comment on arrive à réamorcer la pente ? 150 000 logements sociaux par an, c’est un objectif difficile. Mais on peut arriver à s’en approcher si on parvient à mobiliser tout le monde. »

Pour ce faire, le gouvernement devra envoyer des signaux plus positifs aux acteurs du secteur social que ceux qui sont été émis ces derniers temps. « On est dans un moment d’entre deux, explique le directeur général de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars), Matthieu Angotti. D’un côté on a une ministre qui tente des choses, de l’autre, l’épée de Damoclès de Bercy qui menace de tout faire s’écrouler. »

La question devrait être réglée sous peu. « On boucle le projet de loi de finance dans les dix jours, indique l’entourage de la ministre du logement. La question sera tranchée cette semaine par une rencontre entre Jean-Marc Ayrault et Cécile Duflot. A partir de là, on sortira la semaine prochaine les lettres plafonds (qui définissent les arbitrages dans chaque secteur – ndlr). Il n’y aura plus qu’à juger sur pièces. »

Les « aides à la pierre »

Les subventions de l’État, plus communément appelées « aides à la pierre », se réduisent comme peau de chagrin au fil des ans. De 800 millions d’euros en 2008, elles sont passées à 450 millions d’euros en 2011. Depuis la réforme du financement du logement de 1977, ces subventions ont largement diminué au profit des aides à la personne, devenues le principal vecteur de l’intervention publique pour permettre aux ménages modestes d’accéder à un logement et de s’y maintenir.

Pourtant, les aides à la personne sont restées bien insuffisantes pour couvrir la hausse des coûts du logement. Dans un rapport publié mardi 24 juillet, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) souligne que l’efficacité de ces aides s'est « détériorée au cours de la dernière décennie », la revalorisation du barème de ces dernières n’ayant globalement pas suivi l'évolution des prix et des loyers.

 

Cécile Duflot © Reuters/Gonzalo Fuentes 
Cécile Duflot © Reuters/Gonzalo Fuentes

Conscient de la nécessité de redéployer les moyens alloués à la politique du logement, en redonnant une place plus importante aux aides à la pierre, François Hollande avait promis, durant la campagne, de doubler ces dernières. Aujourd’hui, il n’est plus question de « doublement », mais d’« augmentation », déplore le DAL. La feuille de route de Cécile Duflot évoque bien ces subventions, en expliquant qu’elles seront mobilisées dans le cadre du plan pluriannuel en faveur de la production de logements, sans pour autant s’attarder sur le détail des montants alloués.

Le ministère du logement le reconnaît : les aides à la pierre constituent, avec l’engagement des collectivités et l’apport d’Action Logement, l’un des piliers de financement du logement social. « Aujourd’hui, les collectivités mettent beaucoup d’argent et en face, l’État n’en met pas assez », admet l’entourage de Cécile Duflot qui estime qu’« il faut entre 680 et 720 millions d’aides à la pierre » pour remplir l’objectif de 150 000 logements sociaux. « Il n’y aura donc pas forcément un doublement, mais au moins une forte augmentation. »

Le 1% logement

Alimenté par une cotisation de 0,45 % de la masse salariale dans les entreprises de plus de 20 salariés, Action Logement (ex-1% logement), a pour vocation de construire des HLM et d’accorder des prêts aux salariés achetant leur logement. La ressource du 1% logement, déjà amputée pour financer l’Anah (Agence nationale de l’habitat) et l’Anru (Agence nationale de rénovation urbaine), est indispensable pour financer la construction de logements sociaux, notamment dans les zones les plus tendues.

 

Jérôme Cahuzac © Reuters/Charles Platiau 
Jérôme Cahuzac © Reuters/Charles Platiau

Or, le site du Figaro a révélé mi-juillet que le ministre du budget, Jérôme Cahuzac, envisageait de ponctionner l’année prochaine 1,8 milliard d’euros supplémentaires sur le budget d’Action Logement, lequel serait alors réduit à 2 milliards d’euros. Une somme bien insuffisante pour remplir les objectifs de construction du gouvernement, mais aussi ceux que l’accord national interprofessionnel du 18 avril, qui avait acté une participation  « au financement de la production de 100 000 logements/hébergements par an dont le tiers sera construit par les filiales des CIL (comités interprofessionnels du logement – ndlr). »

Nombreux sont ceux à s’être inquiétés de l’annonce d’un nouveau prélèvement sur le « trésor » d’Action Logement. L’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF) a ainsi assuré dans un communiqué défendre « le budget propre » du 1% logement, tout en demandant « au gouvernement de doubler le plafond du Livret A au service du logement social » (voir page 3).

Lors d’une réunion avec Cécile Duflot, les partenaires sociaux, patronat et syndicats qui gèrent ensemble le 1% logement ont proposé d’emprunter au cours des prochaines années 600 millions à 1 milliard d’euros par an pour augmenter leur part d’aides à la pierre, emprunt gagé sur leurs actifs (« fonds propres et patrimoine de 750 000 logements sociaux », précise-t-on au ministère). En contrepartie, le gouvernement renoncerait à la ponction de 1,8 milliard d’euros et se cantonnerait au prélèvement des sommes prévues par la majorité précédente pour financer l’Anru et l’Anah (1,1 milliard en 2013 et 950 millions en 2014).

La décision finale est désormais entre les mains du premier ministre. Dans un courrier adressé ce jeudi 26 juillet à Jean-Pierre Guillon et Hervé Capdevielle, respectivement président et vice-président du conseil de surveillance de l’Union des entreprises et des salariés pour le logement (UESL), qui chapeaute les organismes du 1 % logement, Jean-Marc Ayrault écrit « qu'il n'est pas dans les intentions du gouvernement de remettre en cause l'existence et les modes de fonctionnement du dispositif paritaire que constitue Action Logement, mais au contraire de demander à Action Logement de prendre toute sa part à l'effort de construction de logement sociaux ».

De son côté, le ministère du logement exprime un décaccord ferme sur le projet de Bercy. « Action Logement est nécessaire au bouclage des opérations, assure le cabinet de Cécile Duflot. Non seulement, cet argent est nécessaire, mais en plus, on ne peut pas brutaliser les partenaires sociaux. On a besoin de tous les acteurs et si on brusque Action Logement, on n’arrivera pas à les faire investir plus, ce qui est notre projet à nous. »

Le « doublement » du Livret A

Pour l’Union sociale pour l’habitat (USH), les choses sont claires : le secteur bancaire a opéré une véritable « offensive » pour mettre à mal l’engagement « très lisible et populaire » du doublement du Livret A. Une offensive qui semble avoir porté ses fruits au vu des dernières déclarations du gouvernement sur le sujet.

En relevant le plafond légal du livret A (qui est actuellement de 15 300 euros) à 30 600 euros, François Hollande souhaitait dégager 20 à 30 milliards d’euros pour la production de nouveaux logements sociaux. 65 % des fonds collectés sur le livret A sont transférés à la Caisse des dépôts, qui les oriente à 90 % (187 milliards d'euros en 2011) vers la construction et la rénovation de logement social, via des prêts de longue durée aux organismes de HLM.

Ce levier de financement s’avère indispensable pour remplir les objectifs de construction du gouvernement et pourtant, après un moment de flottement, le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, a donné corps aux rumeurs en expliquant que la réforme n’entrerait en vigueur que progressivement, « au rythme des besoins », avec notamment la préoccupation de ne pas « déstabiliser les acteurs concernés ». Jean-Marc Ayrault lui a emboité le pas en utilisant une formule voisine lors de son discours de politique générale : « Le plafond du Livret A, qui permet notamment de financer le logement social, sera relevé, en fonction des besoins. »

Dans la feuille de route de Cécile Duflot, le doublement du Livret A est d’ailleurs devenu une simple « augmentation ». De quoi « satisfaire les banques et leur appétit spéculatif qui nous a précipité dans la crise », dénonce le DAL. Inquiètes des effets sur leurs dépôts du relèvement du plafond, les banques n’ont cessé de rappeler que les ressources issues du Livret A dépassent déjà les besoins de financement du logement social.

Un argument qui ne tient pas aux yeux de l’USH qui rappelle que « la collecte supplémentaire qui serait ainsi centralisée par la Caisse des dépôts ne devrait pas dépasser 30 milliards d’euros,à comparer aux 3 500 milliards d’euros d’épargne financière des ménages déjà détenus par le secteur financier privé. Cette mesure ne saurait donc déstabiliser les banques, d’autant qu’elles en profiteraient par ailleurs, pour la part du Livret A qu’elles garderaient à leurs bilans. »

Le ministère du logement tient à distinguer la question épineuse du Livret A de celle des autres leviers de financement du logement social. « Ce n’est pas strictement un sujet logement, c’est un sujet éco, qui dépasse l’ensemble des choses », souligne l’entourage de Cécile Duflot, qui « continue à porter le doublement » pour « créer un effet d’entrainement » et financer notamment la construction de logements très sociaux (PLAI). « Mais les arguments de Bercy s’entendent aussi. Par exemple, si on double tel quel, on double aussi les marges que se feront les banques sur cet argent. Dans ce cas, nous on dit qu’il faudrait revenir à un taux de centralisation de 100 % (passé à 65 % en 2009 dans le cadre de la réforme sur le Livret A de Christine Lagarde – ndlr). C’est un objectif aussi important que le doublement. »

Mercredi 25 juillet, les syndicats réunis sous le collectif Pour un pôle public financier au service des droits ont rencontré Pierre Duquesne. Cet ancien conseiller économique de Lionel Jospin à Matignon a été chargé, par le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, de plancher sur une nouvelle réforme du Livret A. Il doit formuler ses propositions à la rentrée, mais « plaidera, lui aussi, en faveur d’une hausse progressive », regrette le DAL qui a rejoint le rassemblement organisé pour l’occasion devant Bercy.

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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