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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 15:21

 

Rue89 - Témoignage 06/06/2012 à 14h18
A girl called Georges | Observatrice et blogueuse

 

Une agrafeuse sur un bureau (Sterlic/Flickr/CC)

 

Commencer tes études par un contrat d’insertion, c’est un peu comme faire la vaisselle à ton propre mariage. OK, j’abuse, mais pas tant que ça.

Avant d’obtenir mon diplôme, je postule tranquillement pour des petits boulots, gardes d’enfants, etc. C’est comme ça que j’ai été EVS, employée de vie scolaire pour l’Education nationale.

Mais attends.

Je vais à un entretien d’embauche et là, une DRH assez âgée et une chef de division m’accueillent et essaient de me faire passer pour la reine du
bal. Sur l’air de : vous êtes trop qualifiée donc voilà ce qu’on vous propose, intégrer l’Education nationale administrative (et attendre une
superbe création de vrai poste qui, bien sûr, me reviendra).

Mon profil est parfait pour ce petit plongeon de six mois avant la création de 80 postes et blablabla. Là, je ne sais pas trop si je dois me réjouir ou pas.

Bon, je me réjouis, on verra bien s’il faut chialer plus tard. J’avoue que je fais même alors un peu la fête (après coup, je me sens ridicule de crédulité).

Adultes, Stabilo et agrafeuses

Je vais signer mon contrat. Ma fiche de poste, celle d’une EVS, parle d’enfants, de rangement de CDI (centre de documentation et d’information), de prise en
charge d’handicapés, etc.

En fait, je n’aurai de contact qu’avec des adultes, des Stabilo et des agrafeuses… Mon employeur ? Un lycée de la région que je ne pourrais même pas situer sur une carte…

V’la l’embrouille !

Mon premier jour de taf, je le sens mal d’emblée. C’est l’administration, c’est le 3 janvier, donc galettes des rois, cidres, blagues à la con et bises de bonne année. Bienvenue à bord, Georges.

Je vois que mes missions sont floues, voire inexistantes. On peut les résumer comme ça : tu fais tout ce qu’on te demande y compris de la manutention et servir des cafés lors des réunions. Ouaaaah la chance !

Le principe d’un CUI (contrat unique d’insertion), c’est que tu ne coûtes pas cher à l’Etat : le CUI est exonéré de plus de 80% des charges patronales (ça fait 93 euros sur ma fiche de paye, je suis abordable comme fille).

Comme tu n’es plus au chômage, tu touches ta paye (657,58 euros net par mois) pour tes vingt heures par semaine, sans aide au logement. Peu importe si t’avais une aide quand tu étais mieux indemnisée par Pôle emploi (829,80 euros + 58,24 euros d’APL). La logique, c’est pour les nazes, toi, tu es EVS, et tu as été triée sur le volet pour être le cul sur une chaise devant un PC toute la journée.

Comment on parle aux EVS

Lors d’une petite sauterie entre EVS, je m’aperçois que sur l’académie, nous sommes presque 500, des jeunes, des personnes en bout de course et, surtout, des présumés « cas sociaux ». En effet, lors de formations destinées aux EVS, on s’adresse à nous comme si on l’avait bien cherchée, notre situation de merde.

En gros : si vous aviez travaillé à l’école, si vous n’aviez pas déconné avec des parcours chaotiques et chelous, vous ne seriez pas là.

Merci. Je me sens mieux.

T’entendre dire des conneries pareilles à l’issue de tes études, ça incite à mettre tout en œuvre pour :

  • te casser ;
  • faire un attentat Coca-Mentos au rectorat ;
  • te sentir comme une sous-merde et le devenir petit à petit, à force de renouvellement de contrat cas soc’.

Pas mal de personnes croisées dans le cadre de mon contrat ont coché la case 3 : c’est révoltant de voir ce que l’on peut faire croire à des personnes pourtant adultes, structurées et sûrement dignes au départ. C’est le plus triste dans cette histoire.

Ma vexation d’avoir cru à un truc qui s’est avéré pourri de A à Z (d’ailleurs, je ne pense pas aller jusqu’au « Z » mais bel et bien trouver un truc en dur avant la fin de mes six mois), ça passera…

Postes en carton

Des centaines de personnes, qui ont bossé trois ans, en coûtant que dalle, se font vider comme ça, sans même pouvoir prétendre à une validation d’acquis d’expérience étant donné la polyvalence de leur fiche de poste en carton.

Des gens qui ont pris pour acquis que les merdes, c’étaient eux, donc pas la peine d’essayer de s’en sortir… Tout ça, c’est de la misère-massue que tu te prends en pleine figure et c’est balaise.

Je fais partie du truc, je suis en voie de « merdisation », on achève ma confiance professionnelle en insultant mon parcours de vie au passage.

T’as beau être sûre d’avoir fait les bons choix, t’es pas mal désœuvrée quand tu deviens le cas soc’ de service de ton administration.

Comme j’aurais préféré travailler avec des mômes ! C’est comme si j’avais pioché une carte chance qui se transforme en piège au fil des jours.

EVS avec option « t’es trop maline pour t’occuper de gosses alors tu vas être dans un bureau, nous passer nos fax, coller des étiquettes et surtout faire relire à ta tutrice la moindre ligne de mail pour qu’elle te dise : oh là là, c’est bien (ben ouais, c’est prévu que tu sois débile donc si tu sais écrire deux lignes sans faute, tu deviens, débile mais lettrée, clââââsse) ».

Ah oui, la tutrice en question, c’est une de tes supérieures qui t’oriente, qui t’insère... tu sais, dans la vie pro, qui te propose des formations, qui te « responsabilise » en te laissant passer un coup de fil.

Une fois par mois, tu dois la voir. J’ai vu la mienne une fois, le jour où elle a laissé sous mes yeux un papier indiquant qu’elle recevrait 150 balles pour être tutrice, cool. 150 euros pour m’avoir dit : je ne vous vois pas dans l’administration, ça manque de fantaisie, vous devriez écrire…

Ouais, et toi, tu devrais faire gaffe à ce que tu fous avec l’argent public, et si tu veux que j’écrive, n’hésite pas à me verser une pension alimentaire. En attendant, arrête de t’essuyer les pieds sur ma dignité. Merci.

Voilà, tu la connais l’histoire des gens qui perdent toute leur confiance à force de se faire chier sur la gueule.

La sensation de valoir 93 euros

Pour moi, « everything is gonna be alright ». Je suis jeune et, j’ose le dire, diplômée. Mon contrat se termine, je vais bouger, oublier cette mauvaise passe. Mais je me demande quel avenir est possible, professionnellement, pour les centaines d’autres personnes qui ont fait leur taf dans des écoles et qui retournent à la case départ sans rien. Avec des fausses formations aux intitulés foireux qui ne vont rien apporter à leur CV. Et cette sensation de valoir 93 euros…

L’Education nationale marche sur la tête, et c’est choquant pour un ministère aussi important, aussi structurant pour notre société.

Mépriser ceux qui font tourner toute cette machine, c’est mépriser l’enfance, la jeunesse, tirer une croix sur le mot « avenir ».

C’est organiser une lutte des classes interne au ministère de tutelle. Personne ne se connaît, personne ne se comprend. Mais certains sont payés 150 euros pour avoir l’amabilité de t’écouter pendant une heure dire ce que tu voudrais faire de ta vie.

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 15:13
Marianne - Mercredi 6 Juin 2012 à 05:00
Pierre-Alian Sohier - Tribune

 

Nous publions un document de réflexion d'un intellectuel syrien qui analyse en profondeur les soubassements de la révolte des jeunes en Syrie. Derrière le mouvement contre le régime et la répression, s'exprime, selon le sociologue, une profonde transformation de la société syrienne.

 

(Révolution en Syrie - HONS/AP/SIPA)
(Révolution en Syrie - HONS/AP/SIPA)
Ce qui se passe aujourd’hui en Syrie après les massacres de Homs et de Houla ne peut se réduire à une simple guerre civile ou à une simple guerre de religion. Derrière les affrontements, face à la confusion régnante, les hésitations de Poutine, il s’invente au jour le jour en Syrie de nouvelles solidarités et de nouveaux liens entre les femmes et les hommes, les jeunes et les adultes, les confessions entre elles, voire entre la ville et les campagnes.

A quoi ressemblera le régime syrien ?

La révolution syrienne dure depuis près de quinze mois et emporte chaque jour son lot de victimes civiles et militaires. Les interrogations sur la capacité de la population syrienne à préserver son vivre-ensemble à l’issue de ce conflit se multiplient légitimement, de même que celles sur la forme que pourrait prendre une future république démocratique syrienne : quel degré de fédéralisme politique ? Quels droits pour les minorités ethniques et confessionnelles ? Quelle place pour l’islam politique dans un pays à la fois multiconfessionnel et marqué par une profonde tradition laïque – la laïcité ayant longtemps été l’un des étendards du parti Baath avant que celui-ci ne sombre dans une dérive clanique, mafieuse et meurtrière ?

Le parallèle avec l’issue des révolutions tunisienne et égyptienne est naturellement séduisant et il est probable qu’en cas de chute du régime de Bashar Al Assad, les mouvements islamo-conservateurs, dont les représentants sont aujourd’hui très présents dans les comités locaux de coordination, joueront un rôle-clé dans le futur équilibre politique syrien. Mais il serait regrettable de ne pas se pencher sur les dynamiques propres de la société syrienne : à la fois ses dynamiques sociodémographiques de moyen/long terme et les mutations familiales que la révolution est en train de provoquer de manière accélérée, notamment au sein des populations urbaines en Syrie.

Des évolutions sociodémographiques convergentes

La tendance de long terme est bien connue ; elle a été documentée par de nombreux démographes dans la foulée des travaux d’Emmanuel Todd. La Syrie est un pays très avancé en termes de transition démographique (le taux de fécondité syrien a ainsi franchi à la baisse le seuil de 3 enfants par femme en 2010), d’alphabétisation des populations (90% d’alphabétisation chez les hommes et 77% d’alphabétisation chez les femmes) et, plus particulièrement, de convergence croissante entre les taux d’alphabétisation des populations masculine et féminine (taux de 96% chez les hommes de 15-24 ans et de 93% chez les femmes de 15-24 ans). L’endogamie est également en fort recul depuis quelques décennies.

Ces tendances sociodémographiques sont considérées comme les indicateurs avancées des mutations sociétales et politiques, en ce qu’elles traduisent progressivement une remise en cause de la prééminence du père sur la cellule familiale (puisque la jeune génération est plus éduquée que l’ancienne), de celle de l’ainé sur les cadets et un rôle croissant des femmes dans la famille et dans la société puisque celles-ci ont repris le contrôle de leurs décisions procréatrices. A cet égard, l’ensemble des évolutions sociodémographiques observées en Syrie depuis une dizaine d’années va dans le même sens : celui de l’atteinte de véritables points d’inflexion susceptibles de constituer les soubassements d’une remise en cause du primat patriarcal.

Ces évolutions sociodémographiques (dont beaucoup considèrent qu’elles ont contribué à faire le lit de la révolution syrienne et, à des degrés divers d’autres révolutions arabes, notamment en Tunisie) connaissent aujourd’hui une forme de cristallisation qui résulte à la fois de la durée du conflit, de l’ampleur de la mobilisation populaire et de la répression violente et méthodique orchestrée par la garde prétorienne du clan Al-Assad.

Ainsi, dans plusieurs grandes villes, et notamment à Damas, la mobilisation massive des jeunes et des femmes dans la révolution tend à déstabiliser les principes d’organisation de la structure familiale que les évolutions démographiques et sociologiques faisaient déjà vaciller depuis plusieurs années. Plusieurs facteurs s’agrègent et contribuent à accélérer cette mutation.

Un renversement de légitimité

La mobilisation, les manifestations, la participation aux actions des comités locaux de coordination sont majoritairement le fait de jeunes adultes (18-34 ans) et d’adolescents. Dans de nombreux cas, ces jeunes hommes et ces jeunes femmes ont pris l’initiative de participer à la contestation sans l’aval de leurs parents ; souvent ils ont même transgressé l’interdit familial pour aller manifester. Et c’est en allant chercher leur fils ou leur fille à l’issue d’un interrogatoire policier, c’est en découvrant leur visage ou leur corps tuméfié que de nombreux parents ont compris que leurs enfants avaient participé à des manifestations contre le régime et parfois joué un rôle actif dans l’organisation de la contestation.

Dans de nombreuses familles, les parents ont alors tenté de faire montre d’un surcroît d’autorité pour remettre dans le « droit chemin » leur progéniture et les dissuader de réitérer ces actes de désobéissance à la fois civile et familiale. Mais cette tentative de reprise en main s’est heurtée à la « dé-légitimation » politique de la génération précédente. Au nom de quoi leurs parents auraient-ils le droit de leur dicter un comportement politique adéquat alors même que la passivité dont ils avaient fait preuve pendant quarante ans les conduisait à léguer à ces mêmes enfants une Syrie bâillonnée, opprimée et livrée aux prébendes d’un clan ultra-minoritaire ? Comment justifier une telle apathie alors même que les révolutions tunisienne et égyptienne semblaient démontrer que la mobilisation massive et organisée de tout un peuple pouvait faire tomber les despotes ? La Syrie, berceau du califat et fer de lance du panarabisme allait-elle par lâcheté manquer le tournant historique du « printemps arabe » ?

L’intensification de la répression, le caractère ouvertement criminel des actes commis contre des manifestants pacifiques ont rendu la position défendue par les parents de plus en plus insoutenable sur le plan moral et ont conduit à des formes d’acceptation (souvent plus tacite qu’avouée) des démarches contestataires initiées par les jeunes.

La violence répressive comme rite de passage à l’âge adulte

La montée en puissance au fil des semaines et des mois de la mécanique répressive a également conduit à changer le statut de nombreux jeunes dans les familles syriennes. Leur capacité à se mobiliser et à organiser une action politique a altéré le regard que leurs parents portaient sur eux. Mais plus encore que leur audace, c’est leur arrestation, leur incarcération, la violence qu’ils ont subi dans leur chair qui ont été constitutifs d’une sorte de rite initiatique accélérant aux yeux de la famille leur passage à l’âge adulte.

Leurs parents ont peu subi la guerre, ils n’ont pas développé de conscience politique, alors que, à l’issue de quelques mois de répression, la jeune génération avait connu l’épreuve du feu : elle en savait désormais bien plus sur la noirceur de l’âme humaine après avoir été violentés par les shabiha, entassés dans des cellules surpeuplés et torturés par des bourreaux pendant des heures entières. Ils avaient découvert la trahison des uns, l’inexpugnable solidarité des autres et acquis ainsi une conscience aigüe de leur capacité d’action. Bien involontairement, l’horreur de la répression a conduit à une forme de rééquilibrage, voire de basculement du rapport de force au sein de la cellule familiale.

Des phénomènes de décohabitation inédits

De surcroît, à Damas, beaucoup de jeunes adultes ont souhaité que leur engagement dans la révolution n’entraîne pas une mise en cause directe de leur famille ; une telle mise en cause étant a minima susceptible d’une sanction sociale mais pire encore dans de nombreuses circonstances de représailles violentes et souvent meurtrières de la part des milices liés au clan Assad. Pour ne pas surexposer leurs familles, de nombreux jeunes (garçons et filles) ont donc décidé de quitter le domicile familial pour s’installer seul ou à plusieurs dans de nouveaux appartements éloignés de leurs cercles familiaux. Ce phénomène de décohabitation est totalement inédit en Syrie où traditionnellement, il était imaginable pour les jeunes damascènes (et tout particulièrement pour les jeunes filles damascènes de quitter le domicile familial avant le mariage). Si cette tendance était appelée à se confirmer, elle porterait en elle les germes de nombreuses évolutions. S’il est trop tôt pour parler d’une libération sexuelle induite par cette décohabitation, on constate néanmoins dans certains milieux contestataires une moindre prégnance du référentiel moral et sexuel qui prévalait jusqu’à présent.

Les femmes syriennes à l’avant-garde de la contestation politique

Enfin, les femmes syriennes jouent un rôle-clé dans la révolution : l’action de certaines d’entre-elles est très médiatisée à l’instar de Souheir Al-Atassi qui est devenue l’une des pasionarias des révolutionnaires, mais on pourrait citer d’autres personnalités emblématiques comme l’écrivain Samar Yazbek ou la comédienne Fadwa Suleiman. Au-delà de ces symboles connus du grand public, ce sont des dizaines de femmes de toutes confessions qui, à travers le pays, contribuent à l’animation et à la direction des Comités locaux de coordination. Cette mobilisation ne se limite pas aux femmes issues de milieux laïques et éduqués : ainsi, lors des grandes manifestations qui se sont déroulées dans le quartier populaire du Mezzhe à Damas, les femmes ont joué un rôle-clé dans la coordination des manifestations, le support logistique et l’efficacité des manœuvres de dispersion.

De nombreuses femmes syriennes – laïques ou voilées – font chaque jour la preuve d’un courage et d’une détermination exceptionnels qui a valeur d’exemplarité pour leurs filles, leurs sœurs, parfois même leurs mères. Il est fort probable qu’une fois la démocratie instaurée en Syrie, elles auront à cœur de rappeler l’ampleur de leur contribution à la révolution et la légitimité qu’elles y ont acquises au péril de leur vie. Nul ne pourra leur ôter ce droit à la parole, à la représentation et l’action politique si durement acquis.

En conclusion, il apparait que la longueur et la violence meurtrière de la révolution syrienne sont susceptibles de bouleverser non seulement les équilibres politiques mais aussi les schémas d’organisation familiaux au sein de la société syrienne. Au travers de la déstabilisation du schéma patriarcal, c’est toute une nouvelle éthique de responsabilité individuelle qui se fait jour et qui autorise chaque citoyen quelque soit son âge, son sexe ou sa confession à devenir un acteur politique légitime dès lors qu’il est en mesure de mener une action concrète, immédiate et dont les effets sont tangibles pour ses pairs et ses concitoyens. A cet égard, la révolution a fait imploser le rapport au temps qui prévalait dans la société syrienne ; le fatalisme et la tendance à la procrastination n’ont plus droit de cité : « malech boukhra » n’est plus une réponse acceptable. L’action immédiate est devenue un impératif vital : il faut agir tout de suite, réagir dès maintenant, changer de locaux avant que les moukhabarat n’interviennent, prévenir tel activiste car il est en danger de mort, organiser une chaîne de solidarité pour approvisionner en vivres, en argent ou en médicaments telle brigade de l’ASL ou tel hôpital de fortune …

Par-delà les crimes commis quotidiennement par un régime aux abois, par-delà les calculs cyniques de la géopolitique et les tentatives de récupération de la révolution par certains fondamentalistes, les mutations que connaît la société syrienne, et l’exigence de responsabilité qui caractérise l’esprit de la jeune génération syrienne, constituent des sources d’espoir pour l’avènement d’une future démocratie laïque et pluraliste en Syrie.
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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 15:03

 

Rue89 - Rémi Noyon

06/06/2012 à 12h43

 

C’est la plus longue grève de la faim du conflit israélo-palestinien. Mahmoud Sarsak, footballeur de l’équipe nationale palestinienne de 25 ans, entame ce mercredi son 79e jour de grève. Arrêté en 2009 au check-point d’Erez, alors qu’il tentait de rejoindre son équipe, il est depuis détenu « sans procès ni accusation précise », selon Europalestine.

Pour demander sa libération, une trentaine de militants pro-palestiniens se sont enchaînés ce mardi à l’intérieur des locaux de la Fédération française de football (FFF). Ils ont ensuite été délogés par les gendarmes

Xavier Renou, du mouvement Les Désobéissants :

« Nous espérons que la FFE demande à son ministère de tutelle de prendre position. Michel Platini pourrait aussi faire pression sur Israël en menaçant de lui retirer l’accueil du Championnat d’Europe de football espoirs en 2013. »

 

Des militants des droits de l’Homme demande la libération de Mahmoud Sarsak

 

Un mouvement de grève entamé le 17 avril

Les grèves de la faim ont commencé le 17 avril dernier dans les prisons israéliennes. Entre un tiers et la moitié des 4 700 prisonniers palestiniens se sont joints au mouvement pour demander :

  • la cessation de la détention administrative. Cette disposition, qui remonte au temps troubles du Mandat britannique, permet de retenir sans jugement un prisonnier derrière les barreaux pendant six mois renouvelables ;
  • la fin de l’isolement carcéral – une punition consistant à empêcher tout contact avec d’autres détenus – ;
  • l’autorisation de visite pour les prisonniers originaires de Gaza.

Devant l’ampleur de la protestation et inquiètes des conséquences médiatiques, les autorités israéliennes signent le 14 mai un accord avec les représentants des prisonniers palestiniens.

En échange d’une promesse des détenus de ne mener aucune action de soutien au terrorisme :

  • les 308 prisonniers sous le régime de la « détention administrative » seront libérés à l’issue de leur détention ;
  • les 19 personnes placées en isolement pourront rejoindre les autres détenus.
  • les visites depuis Gaza sont autorisées ;
  • des dispositions telles que la possibilité d’étudier en prison seront rétablies.

Accords non respectés par Israël ?

Au moment des accords, l’association Addamer – appui des prisonniers palestiniens – mettait en garde :

« Israël a constamment failli au respect de ses engagements. »

Deux semaines plus tard, les représentants des prisonniers ne sont pas plus confiants. Selon L’Humanité, deux prisonniers seraient toujours placés en isolement total.

Contacté par Rue89, l’ambassade d’Israël souligne que Mahmoud Sarkas est un « combattant illégal » et que son statut diffère de celui des détenus administratifs.

« Ce prisonnier a pris part à des actes terroristes contre Israël. Israël n’est pas tenu de le juger. Par ailleurs, nous respectons les accords du 14 mai. Ce détenu a choisi individuellement de ne pas suivre la décision collective des prisonniers de cesser la grève. Il est actuellement traité dans l’hôpital du service pénitentiaire. »

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 14:49

 

LE MONDE | 06.06.2012 à 16h41 • Mis à jour le 06.06.2012 à 16h41

Par Benoît Floc'h

Le dossier d'Eliza, qui allait être recrutée, est toujours en cours d'examen à la préfecture.

Ses ancêtres, dit-elle, ont quitté la France pour l'Amérique en 1642. Et la circulaire Guéant a bien failli, quatre siècles plus tard, pousser Eliza Struthers-Jobin sur le même chemin d'exil... L'abrogation par le nouveau gouvernement de ce texte, signé le 31 mai 2011 par le précédent, permettra peut-être à la jeune Québécoise d'y échapper.

 

Lire : Etudiants étrangers : une nouvelle circulaire plus souple


Arrivée en France en 2010, diplômée en 2011 d'un master "Industries créatives, média, Web et arts" à l'université Paris-VIII, Eliza Struthers-Jobin avait trouvé un employeur qui l'avait déjà prise en stage et était prêt à lui signer un contrat à durée déterminée d'un an en tant qu'assistante de chargée de production. Mais, le 23 janvier, elle reçoit un courrier de la Préfecture de police de Paris. C'est la douche froide. Le changement de statut (d'étudiante à salariée) qu'elle demande est refusé.

"C'est l'expérience la plus surréaliste de ma vie !, raconte-t-elle. Je m'étais installée dans une ville à laquelle j'avais l'impression d'appartenir. Tout d'un coup, je me suis sentie rejetée. Je suis sortie pour me changer les idées. Les gens marchaient dans la rue ; ils donnaient l'impression d'être libres. Moi, je ne me sentais plus du tout pareille... En tant que Canadienne, Québécoise, c'est-à-dire Française il y a 500 ans, cela paraissait totalement impensable. Et c'était très frustrant."


Le titre de séjour d'Eliza.

 

La jeune femme blonde de 27 ans voulait retrouver ses racines, améliorer son français et obtenir une première expérience professionnelle. Mais ce pays qu'elle "adore" lui oppose la situation de l'emploi pour lui faire comprendre que le retour aux sources n'aura qu'un temps. Eliza Struthers-Jobin cite le courrier qu'elle a reçu : "Sur la période du 1er octobre 2010 au 30 septembre 2011, Pôle emploi dispose pour cette profession de 4 993 demandes d'emploi pour 556 offres."

Elle cherche de l'aide, surfe sur Internet et découvre, grâce à Twitter, que d'autres étudiants se sont regroupés au sein du Collectif du 31 mai. "Ils m'ont envoyé un kit de survie avec tous les numéros de téléphone utiles", précise-t-elle. La société de production qui voulait la recruter la soutient. "Allons voir un avocat !", lui dit le patron.

Le 3 avril, un recours hiérarchique est envoyé au ministère de l'intérieur. Deux mois plus tard, aucune réponse n'est venue. "Normalement, explique Eliza, cela correspond à un refus implicite."

Sauf que... François Hollande a été élu président de la République entre-temps et que, parmi ses promesses de campagne, figurait notamment l'abrogation de la circulaire Guéant. De fait, un nouveau texte, daté du 31 mai 2012, a été signé par les ministres de l'intérieur, du travail et de l'enseignement supérieur. Les restrictions imposées aux étudiants étrangers désirant travailler en France disparaissent.

Alors ? Eliza Struthers-Jobin, se précipite à la préfecture. "La personne qui m'a reçue, raconte-t-elle, m'a assuré qu'il n'y avait rien d'indiqué dans mon dossier. Cela signifie que c'est toujours en cours et que je vais recevoir quelque chose. Donc, ce n'est pas perdu, mais ce n'est pas gagné... Je suis toujours dans le purgatoire du visa."

En attendant, la jeune femme vit d'expédients. Légalement, elle ne peut pas travailler mais rend quelques services, participe à quelques projets. Des amis l'hébergent ; lui offrent le couvert quand c'est nécessaire.

 

"FRUSTRANT"

Elle s'adonne au "fixie freestyle", un sport qui consiste à utiliser un vélo à pignon fixe pour réaliser des figures acrobatiques. Activité qui lui a permis de se faire repérer par Le Coq sportif pour sa dernière campagne de publicité. A l'instar du basketteur Joakim Noah - excusez du peu...

"Je fais plein de choses, ici, assure-t-elle. C'est pour ça que c'est frustrant cette histoire..." Pour autant, Eliza assure ne nourrir "aucune rancune vis-à-vis de la France" : "J'adore être en France. Ce qui s'est passé est le fait d'un gouvernement, et les gouvernements ne représentent pas toujours les peuples... Regardez ce qui se passe en ce moment au Québec avec les étudiants ! J'ai été très bien accueillie par les Français. On m'a hébergée, nourrie. Il y a toujours quelqu'un pour me remonter le moral quand il le faut."

Benoît Floc'h

 

La France, quatrième pays d'accueil des étudiants étrangers

 

La France a accueilli 285 000 étudiants étrangers en 2010-2011. Ceux-ci représentent 12 % des effectifs et 41 % du total des doctorants. C'est ce qu'indique la dernière étude de CampusFrance, l'organisme public chargé de promouvoir l'enseignement supérieur français et d'accueillir les étudiants étrangers. Le nombre de ceux qui suivent leurs études dans un autre pays que le leur est toujours en très forte augmentation : ils étaient plus de 3 300 000 dans le monde en 2009 (+ 31 % depuis 2005). Les Etats-Unis sont les plus attractifs. La France est 4e : le premier contingent y est marocain (11 % du total, - 9,4 % entre 2005 et 2009), le second est chinois (9,5 %, + 64,8 %). Les trois quarts des étudiants accueillis sont inscrits à l'université.

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 14:45

 

Le Monde.fr | 06.06.2012 à 16h17 • Mis à jour le 06.06.2012 à 16h17

Par Franck Johannès

 
Dans le cadre de l'affaire Viveo, la chambre sociale la Cour de cassation a décidé que le juge ne peut pas annuler un plan social en raison de l'absence de motif économique.

 

Il n'est plus possible de placer en garde à vue un étranger pour la seule raison qu'il est sans papiers : mardi 5 juin, la Cour de cassation a mis un terme au flou qui entourait jusqu'ici la loi. La France incarcère en effet les sans-papiers depuis 1938, et la loi prévoit un an de prison et 3 750 euros d'amende pour séjour irrégulier.

Mais la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), saisie du cas d'un Algérien entré illégalement en Italie, avait estimé le 28 avril 2011, au regard de la "directive retour" européenne, qu'il n'était pas possible de l'écrouer au seul motif qu'il était en séjour irrégulier, même en violation d'un ordre de quitter le territoire. C'est l'arrêt El-Dridi, qui a provoqué une série de remises en liberté de sans-papiers.

L'affaire s'est compliquée avec un nouvel arrêt de la Cour de justice, le 6 décembre 2011, appliqué à la France mais si byzantin que la Cimade, une association de soutien aux étrangers, s'était félicitée que le gouvernement ait été "encore une fois désavoué par la justice européenne", alors que les ministres de l'intérieur et de la justice de l'époque avait "pris connaissance avec satisfaction de l'arrêt".

La chambre criminelle de la Cour de cassation, sollicitée pour avis, a tranché : depuis la loi du 14 avril 2011, une garde à vue ne peut être décidée "que s'il existe des raisons plausibles de soupçonner" que le suspect a commis une infraction "punie d'emprisonnement". Or, la directive européenne du 16 décembre 2008, "telle qu'interprétée par la Cour de justice de l'Union européenne" impose qu'un étranger mis en cause pour une infraction au séjour "n'encourt pas l'emprisonnement" : "Il ne peut donc être placé en garde à vue à l'occasion d'une procédure diligentée de ce seul chef."

La chambre civile de la Cour, qui avait sollicité l'avis de la chambre criminelle, n'est pas tenue de le suivre, mais elle devrait désormais logiquement appliquer ce raisonnement aux pourvois en cassation qui lui ont été soumis.

 Près de 500 personnes sont condamnées en France tous les ans pour séjour irrégulier, dont 200 à de la prison ferme.

Franck Johannès

 

 

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 14:38

leparisien.fr - Publié le 06.06.2012, 12h01

Le marché des médicaments en Grèce est frappé de plein fouet par la fragilisation des circuits économiques et financiers engendrée par la crise, ce qui se traduit par une sévère pénurie faute d'une rentabilité suffisante pour les laboratoires pharmaceutiques.

Le marché des médicaments en Grèce est frappé de plein fouet par la fragilisation des circuits économiques et financiers engendrée par la crise, ce qui se traduit par une sévère pénurie faute d'une rentabilité suffisante pour les laboratoires pharmaceutiques. | Aris Messinis


Le marché des médicaments en Grèce est frappé de plein fouet par la fragilisation des circuits économiques et financiers engendrée par la crise, ce qui se traduit par une sévère pénurie faute d'une rentabilité suffisante pour les laboratoires pharmaceutiques.
"Les compagnies pharmaceutiques n'ont plus intérêt à vendre en Grèce où hôpitaux et pharmacies sont endettés", affirme à l'AFP Kostas Lourantos, président de l'union des pharmacies d'Attique, dont Athènes, où vivent 40 % des Grecs.

Pour lui, la pénurie frappe quelque 160 types de médicaments -des antibiotiques aux antidépresseurs- sur les étagères des pharmacies de Grèce où le prix des médicaments étaient déjà notoirement bas par rapport à d'autres pays européens.
Aussi, avec le crédit en berne et une faible rentabilité, des multinationales pharmaceutiques seraient désormais rétives à vendre sur le marché grec. "C'est le cas de Roche, Bayer, Novartis ou Sanofi", estime M. Lourantos.
"Des patients de maladies graves, comme le cancer ou la sclérose en plaque peinent à trouver des médicaments devenus trop chers que les hôpitaux ou les pharmacies ne peuvent acheter", note Vassiliki Kalyva, une pharmacienne du centre d'Athènes.
L'incertitude politique, née de l'absence de majorité à l'issue du scrutin du 6 mai n'a fait que renforcer l'essouflement du commerce généré par la crise de la dette et l'austérité persistante, alors qu'en attendant le nouveau vote du 17 juin, le gouvernement intérimaire se contente de gérer les affaires courantes.
"Tout le monde est dans l'attente du nouveau gouvernement, l'incertitude politique rajoute au climat déjà détérioré sur le marché et les crédits frisent le niveau zéro", affirme à l'AFP Elefthérios Kourtalis, président de l'union des industriels du textile.
Car outre la baisse du pouvoir d'achat, après deux ans d'austérité, les entreprises font face au quasi-tarissement des crédits de la part des fournisseurs et des banques, fragilisées par la restructuration de la dette souveraine.
Les importations se font au compte-goutte. Les sociétés étrangères demandent de plus en plus à être payées à l'avance, craignant de ne pouvoir recouvrer des créances.
C'est ce qui a conduit par exemple, l'assureur-crédit Euler Hermes, filiale de l'allemand Allianz, à annoncer fin mai, qu'il allait "très probablement adopter une approche plus prudente" sur la couverture des exportations vers la Grèce.
Ce genre de décision "sont comme une bombe placée sous les fondements de l'économie, minant les bases de la production et du commerce", dénonce Christina Sakellaridi, présidente de l'union des exportateurs grecs qui craint "la réduction des importations des matières premières nécessaires pour la production aux entreprises grecques".
Avec les réformes et les mesures de rigueur prises dans le cadre des négociations avec l'Union européenne et le FMI, c'est un cycle périlleux qui menace tous les circuits marchands, et dont le marché des médicaments fait particulièrement les frais.
Car en plus des difficultés d'approvisionnement liées aux crédits, les pharmacies n'arrivent pas à obtenir le remboursement des créances accordées à l'organisme national de la santé, Eopyy, en pleine tourmente financière.
"L'Eoppy nous doit 750 millions d'euros depuis janvier 2012 tandis que les dettes des années précédentes s'élèvent à 250 millions", M. Lourantos.
Les pharmaciens ont alors répliqué en faisant une grève de délivrance des médicaments via des prescriptions de l'Eopyy.
En urgence, le gouvernement intérimaire vient de prendre la décision de débloquer 70 millions d'euros pour que l'Eopyy honore une partie de ses dettes afin de ne plus pénaliser les patients souffrant de maladies graves.
Parallèlement, le ministère de la Santé a assuré que des médicaments pour les maladies graves étaient d'urgence délivrés aux pharmacies.

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 14:27
6 juin 2012 - Par Okeanos
Bareme Fiscal Grece 2012

Bareme Fiscal Grece 2012 (source UbiFrance)

 

Les grecs ne payent pas d’impôts. Les fourbes ne font rien qu’à embêter l’Europe avec leur volonté de rester dans la zone euro sans en vouloir en payer le prix de l’austérité issue des différents mordorandum.

Ces grecs qui se la coulent douce en empochant les aides de l’Europe, en refusant de payer la dose, en ne payant pas d’impôts, en brûlant leur capitale, en étant les seuls à se plaindre sans cesse de leur condition de vie, en choisissant la voie néo-nazie, en plus, devraient 1000€ à chaque citoyen français si on en croit le Figaro.

Ces grecs qui se sont gavés sur le dos des autres européens souhaitent donc continuer à profiter du système et regarder l’Europe tomber.

STOP !

Savez vous comment fonctionne le système d’imposition en Grèce ? C’est assez … complexe. Surtout depuis les plans d’austérités issus des différents mordorandum. Je rappelle au passage à nos lecteurs que mordorandum n’est pas une faute de frappe mais un choix éditorial assumé qui remet le terme mémorandum à sa juste place : cette politique de la troika est digne du Mordor (clin d’oeil à Tolkien) tant elle supprime les droits les plus fondamentaux et dirige un pays vers sa chute et les conséquences que l’on voit.

Les impôts en Grèce donc. Pour avoir une bonne idée du taux d’imposition des salaires, je vous invite à consulter cette première étude d’OkeaNews sur la comparaison entre l’impôt sur le revenu français et grec. Sauf que cette étude est très incomplète. Car les grecs sont imposés même s’ils n’ont pas eu de salaire. Non ? Si si, et cela fonctionne de la manière suivante :

Chaque véhicule immatriculé a une valeur fiscale. Chaque bien immobilier a aussi une valeur fiscale. Par exemple, une voiture de 1200 cc est « cotée » à 4000€. Donc, vous avez une -petite- auto, c’est comme si vous aviez déjà eu 4000€ de salaire annuel. Vous êtes propriétaire d’un 50 m2 ? Hop, 2000€ de plus en « revenu » imposable. Et bien sûr, vous devez aussi payer la nouvelle taxe foncière. Avec la crise, de nombreux grecs ont donc décidé de rendre leur plaque d’immatriculation pour éviter de devoir « augmenter leur revenu » et les impôts déduits. Et de nombreux biens immobiliers sont à la vente. Car en Grèce avec la crise, l’imposition commence pour 5000€ de revenu annuel. Rappel : le seuil de pauvreté est établit pour 6000€ de revenu annuel. No comment.

Boîte à chaussure

Dans l’idée de « lutter contre la fraude », l’Etat grec, bien aidé par la troïka, a eut l’idée brillante de demander aux citoyens de prouver des dépenses en fournissant les preuves d’achat (tickets de caisse).  Chaque citoyen doit donc prouver des dépenses de 25% des revenus pour éviter de payer une amende de 10% des 25%. Oui, c’est assez tordu. Mais surtout, ces preuves d’achats seront envoyées au service fiscal lors de la déclaration d’impôt. Dans une administration déjà exsangue par les coupes budgétaires,  les fonctionnaires vont donc passer leur temps à contrôler les reçus. Vraiment intelligent.

J’ai encore le souvenir d’un ami me montrant sa boite a chaussures pleine de tickets de caisse et me disant « Tu te rends compte jusqu’où on en arrive ? C’est n’importe quoi, ça me rend fou ! ».

SDF : il faut -aussi- passer à la caisse

Plus pernicieux, l’Etat grec considérant qu’un célibataire a besoin de 3000€ minimum pour vivre par an, il considère donc que chaque citoyen a au moins 3000€ de revenu annuel (j’invite chacun à se représenter ce postulat). L’Etat table donc sur des preuves d’achat minimum de 25% de 3000€, soit  750€ de tickets de caisse à produire au minimum. Et si vous ne pouvez pas produire ces preuves (sans revenu, sans domicile, comme plus de 20 000 Athéniens depuis le début de la crise) mais que vous voulez déclarer vos impôts, vous devez payer l’amende de 10% des 750€, soit 75€, avec une avance de 55%, soit 41.25€. Sdf sans revenu, vous devez passer à la caisse.

Le cas des sans abris est sans doute extrême. Mais appliquons le même calcul à un célibataire de la classe moyenne. Je rappelle au passage que désormais, le salaire de la classe moyenne est autour de 800€ mensuel (témoignages d’amis ayant vu leur salaire réduits de 40% cette année – pour ceux qui sont payés). Avec 9600€ de revenu annuel et une petite voiture. On arrive à 9600 + 4000 =  13600€ de revenus déclarés. Il faut donc produire 3400€ de tickets de caisse pour éviter de payer l’amende des 10% de 3400€ (les fameux 25%), soit 340€. L’impôt total pour 13600€ de revenu annuel est 688€, pour un revenu de 800€ net par mois : pour arriver à ce chiffre en France, il faut gagner… 14 579€ par an soit un salaire net mensuel de 1206€.

Alors chers amis, quand j’entends Mme Lagarde et d’autres oser encore dire que les grecs, en plus d’être de paresseux fraudeurs, ne payent pas d’impôt, je n’ai franchement plus envie d’être courtois. Mais la décence veut que je ne pipe mot.

Seule réponse, des grapĥiques :

 

En attendant, TINA !

Voilà la Grèce à l’heure du FMI, de la troïka et d’une Europe en pleine crise : les très pauvres, les pauvres et les classes moyennes payent pour les riches qui ont depuis longtemps mis leur « économies » en sécurité. Et TINA poursuit son oeuvre de pression sur la population grecque. Ce matin encore, Kathimerini publiait un appel « dramatique » de 11 économistes alarmant sur les risques d’une sortie de l’euro : « SOS dramatiques de 11 économistes » (en grec).

Et Merkel de préciser hier : « Si la Grèce ne tient pas ses engagements après les élections elle serait renvoyée devant la Cour de Justice Européenne« . Très bonne idée Mme Merkel, cela donnera l’occasion à la Grèce de pouvoir -enfin- remettre en cause la totalité des plans de sauvetage ! Ralala, la panique fait dire des choses parfois…

Il est temps que cela change non ?

Et si la lumière venait de Tsipras et du Syriza ?

J – 11. Croisons les doigts

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 14:19

 

liberation.fr - Monde - 6 juin 2012 à 07:43


Manifestation à Montréal, le 2 juin 2012.
Manifestation à Montréal, le 2 juin 2012. (Photo Christinne Muschi. Reuters)

 

 

Un député du parti d'opposition Québec Solidaire, Amir Khadir, a été interpellé et menotté lors de la manifestation de mardi soir à Québec avec une cinquantaine d’autres manifestants, selon des images diffusées par la chaîne publique RDI.

Il a ensuite été emmené, toujours menotté, à bord d’un autobus de la police de Québec, avec les autres manifestants interpellés, avant d'être relâché peu de temps après.

«Il m’a dit être très étonné de l’arrestation, puisque la manifestation était pacifique» a déclaré Christian Dubois, le responsable de la communication de Québec Solidaire au journal La Presse.

«Ce n’est pas la première fois qu’il participait à une manifestation étudiante dans ce conflit, mais c’est la première fois qu’il se fait arrêter» a précisé Christian Dubois.

De son côté, la porte-parole de la police de la ville de Québec, Marie-Ève Painchaud, a expliqué que les manifestants avaient été arrêtés parce qu’ils avaient «entravé la circulation en n’empruntant pas les trottoirs, en marchant sur la voie publique» malgré de «nombreux avertissements et de nombreuses demandes de dispersion» a-t-elle affirmé au quotidien.

La manifestation avait été déclarée illégale par les forces de l’ordre parce que les manifestants n’avaient pas fourni leur itinéraire à l’avance.

À Montréal, une centaine de personnes ont défilé, dans le calme, pour la 43ème soirée consécutive dans les rues du centre-ville.

Solidarité à Toronto

Au même moment, quelques centaines d'étudiants et de syndicalistes  manifestaient dans le centre de Toronto pour exprimer leur soutien aux étudiants québécois.

Entre 250 et 300 personnes se sont retrouvées devant le collège universitaire George-Brown avant d’entamer une brève marche vers l’université Ryerson ou' ils ont tenu un rassemblement.

«Nous avons tous été fortement inspirés par l’exemple du mouvement étudiant québécois et nous pensons : pourquoi pas ici ?», a dit l’un des organisateurs, Hugh Goldring.

Fred Hahn, président du syndicat des fonctionnaires CUPE de l’Ontario, a marché avec les étudiants et a encouragé d’autres syndicalistes à les rejoindre.

«Nous avons ici non seulement des employés universitaires, mais quelques personnes de Toronto Hydro (compagnie d'électricité), de jardins d’enfants, d’autres services sociaux, de toutes les branches de notre syndicat», a-t-il dit.

«Ce qui se passe au Québec concerne la justice sociale, ce sont des gens qui défendent le genre de communauté que nous méritons d’avoir», a encore affirmé le leader syndical.

Son organisation a offert récemment 10 000 dollars aux associations étudiantes québécoises pour soutenir leurs actions en justice.

Plusieurs manifestants portaient des carrés rouges, symbole du mouvement québécois. Certains arboraient des chemises ou des bandeaux de la même couleur.

«En ce moment précis, les étudiants sont en colère, ils sont conscients de ce qui se passe et veulent trouver le moyen de passer à l’action pour qu’il n’y ait pas chez nous la même politique rétrograde qu’au Québec», a dit Sarah Jayne King, présidente ontarienne de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants.

La manifestation était pacifique, avec moins de participants que ce qu’avait prévu la police.

Elle s’est terminée sur un appel des organisateurs aux dons de soutien à la Classe, un syndicat étudiant québécois considéré comme le plus radical.

Une autre manifestation est programmée le 22 juin, pour coincider avec une action similaire au Québec.

(AFP)

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 14:13

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 06.06.2012 à 08h06 • Mis à jour le 06.06.2012 à 08h06

 
A Montréal, mardi 5 juin, une centaine de personnes ont défilé, pour la 43e soirée consécutive dans les rues du centre-ville.

Le député du parti Québec solidaire (opposition) Amir Khadir a été interpellé et menotté lors de la manifestation du mardi 5 juin au soir dans la ville de Québec avec une soixantaine d'autres manifestants, selon les images diffusées par la chaîne publique RDI.

M. Khadir a ensuite été emmené, toujours menotté, à bord d'un autobus de la police de Québec, avec les autres manifestants interpellés, avant d'être relâché peu de temps après. "Il m'a dit être très étonné de l'arrestation, puisque la manifestation était pacifique", a déclaré Christian Dubois, le responsable de la communication de Québec solidaire au journal La Presse. "Ce n'est pas la première fois qu'il participait à une manifestation étudiante dans ce conflit, mais c'est la première fois qu'il se fait arrêter", a précisé M. Dubois.

 

 

 De son côté, la porte-parole de la police de la ville de Québec a expliqué que les manifestants avaient été arrêtés parce qu'ils avaient "entravé la circulation en n'empruntant pas les trottoirs, en marchant sur la voie publique" malgré de "nombreux avertissements et de nombreuses demandes de dispersion", a-t-elle affirmé au quotidien. La manifestation avait été déclarée illégale par les forces de l'ordre parce que les manifestants n'avaient pas fourni leur itinéraire à l'avance. A Montréal, une centaine de personnes ont défilé, dans le calme, pour la 43e soirée consécutive dans les rues du centre-ville.

En Ontario, 250 à 300 personnes issues des mouvements étudiants et syndicaux ont manifesté mardi soir dans le centre de Toronto pour exprimer leur soutien aux étudiants québécois.

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 14:07

 

Le Monde.fr | 06.06.2012 à 14h01 • Mis à jour le 06.06.2012 à 14h01

Par Delphine Roucaute

 
Dès les années 1990, l'Allemagne a livré des sous-marins "Dolphin" à Israël. Cette photo a été prise en 1999 au port militaire de Haifa.

Dans son dernier numéro paru lundi 4 juin, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel accuse le gouvernement allemand d'avoir toujours su qu'Israël voulait équiper les sous-marins fournis par l'Allemagne avec des missiles à tête nucléaire, et d'avoir fermé les yeux. Depuis dimanche, le journal multiplie les articles pour dénoncer ces accointances entre les Allemands et les Israéliens, dissimulant la mauvaise conscience allemande sous couvert de développement de son industrie.

En une du journal allemand, Angela Merkel et Benyamin Nétanyahou surplombent un sous-marin allemand sur fond de drapeau israélien. En titre : "L'opération secrète 'Samson' : comment l'Allemagne réarme la puissance nucléaire d'Israël". Der Spiegel révèle que, selon d'anciens hauts fonctionnaires du ministère de la défense allemand, Lothar Rühl, ancien secrétaire d'Etat, et Hans Rühle, ancien chef d'état-major, le gouvernement allemand serait au courant du programme nucléaire israélien depuis 1961. Malgré cela, il a accepté de fournir des sous-marins à Israël dès les années 1990. Trois ont déjà été livrés, financés au tiers par l'Allemagne, et trois autres sont attendus pour 2017. Du côté du gouvernement allemand, on nie en bloc.

"MAUVAISE CONSCIENCE ET BONNE AFFAIRE"

Pour le journaliste Jakob Augstein, cette affaire s'explique par la relation étrange qu'entretiennent Israël et l'Allemagne depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Dans un article intitulé "Les mensonges de l'Allemagne sur le nucléaire", il écrit : "Mauvaise conscience et bonne affaire : voilà les deux aspects de l'armement d'Israël. Il s'agit d'une conséquence absurde de l'histoire germano-juive : l'Allemagne veut compenser ses crimes contre le peuple juif en faisant d'Israël le plus grand danger contemporain."

Il ajoute : "Quand il s'agit d'Israël, il n'y a plus de règles : politique, droit, économie - quand Jérusalem appelle, Berlin se plie à ses désirs." Pour lui, ce sera la faute de l'Allemagne si un jour l'Iran et Israël rentrent dans un affrontement nucléaire, car "chaque bombe israélienne, chaque sous-marin allemand, augmente la pression sur l'Iran et ses voisins".

Le journal critique également le fait que, dans son interview donnée au journal Das Bild, Benyamin Nétanyahou ne soit pas interrogé sur les têtes nucléaires qui, d'après les informations du Spiegel, seraient déjà installées sur les sous-marins. Dans cette interview, le premier ministre israélien se contente de déclarer que les sous-marins représentent "un complément très important pour [leur] sécurité nationale". Pour le Spiegel, il y a de quoi s'inquiéter car, selon les officiers pakistanais qu'ils ont interrogés, ces sous-marins, des submersibles d'attaque de classe Dolphin, sont les plus légers au monde, "un sous-marin si élaboré et si robuste [qu'il] ne donne pas de seconde chance".

UN RESSENTIMENT AUTODESTRUCTEUR
 

 En Israël, cette livraison de sous-marins est commentée depuis mars 2012. Il est alors déjà fait mention de la possibilité de les équiper de têtes nucléaires, notamment sur le site du quotidien en anglais Haaretz.com. Les capacités des Dolphin sont mises également en avant : meilleure autonomie sous l'eau, avec des qualités aussi bien "visibles qu'invisibles".

Le journal The Jerusalem Post essaie, de son côté, de minimiser les attaques du Spiegel, en diffusant les propos de Melody Sucharewicz, un commentateur germano-israélien familier des médias allemands. Pour lui, "cet article est l'expression d'un nouveau genre, subtile mais efficace, d'incitation à critiquer Israël". Il déclare : "Stylistiquement et sémantiquement cachés sous des faux airs de journalisme neutre, ils fabriquent une image de la relation politique et diplomatique d'Israël et de l'Allemagne qui n'a rien à voir avec la réalité, mais qui est promise à un grand succès, étant donné le ressentiment grandissant vis-à-vis d'Israël au sein du public allemand."

 Pour lui, cette tendance est dangereuse, pas seulement pour les futures relations entre l'Allemagne et Israël, mais aussi pour le peuple allemand, qui minimise la menace iranienne et oublie en même temps le socle de valeurs de liberté et de démocratie sur lequel se fonde leur relation, ce qui pourrait être autodestructeur.

De son côté, Tom Gross, un commentateur israélien influent, a déclaré au Post dimanche : "Nous avons déjà vu ce genre de rapports il y a déjà plusieurs décennies. (...) On doit se demander pourquoi le Spiegel a décidé de recycler ces informations aujourd'hui, et de manière aussi importante."

Delphine Roucaute

 

 

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