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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 20:13

 

Publié par Poetes Indignes le 31/05/2012

Indignés de tous les pays…

 

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, C’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » Sénèque

 

« Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve. » Hölderlin

 

La liste des pays où fleurissent des mouvements susceptibles de se réclamer plus ou moins ouvertement de l’Indignation va devenir interminable. Bientôt, on comptera aisément les pays totalement étrangers à ce phénomène qu’il serait politiquement vain et intellectuellement malhonnête de mettre au rang des évènements passagers ou purement circonstanciels. Par un raccourci audacieux, ces mouvements aux formes mouvantes et aux discours diversifiés ont été associés à la publication de l’opuscule revigorant de Stéphane Hessel. « Indignez-vous ! » nous a-t-il enjoint du haut de son intacte lucidité que tant d’individus semblent avoir perdue en nos démocraties formelles. Pourtant, la lucidité commande de reconnaître également que la plupart des mouvements pouvant relever de l’indignation auraient éclos en l’absence même de l’injonction de notre alerte compatriote. On lui ferait un honneur qu’il ne revendique pas un instant en lui attribuant une abusive paternité. Autrefois ambassadeur de profession, il est cependant devenu en son grand âge ambassadeur symbolique de luttes nombreuses contre l’outrancière et grandissante injustice nourrie par la mondialisation capitaliste. Le paysage de l’indignation dépasse évidemment de beaucoup le sympathique parrainage de celui qui ne peut se résoudre au sacrifice si souvent réitéré de la dignité humaine sur l’autel du Profit dévorant. Tout citoyen un tant soit peu curieux ne peut qu’être attiré par ce paysage aux méandres profonds et arcanes changeants. Parsemons-le de quelques modestes jalons.

Une idée reçue à étouffer

Les indignés ne feraient que prolonger la longue histoire de la contestation de l’ordre établi par les maîtres – et leurs valets – de l’économie dominante. Au contraire, ils marquent une rupture historique dans le sens où ils entendent inscrire leurs mouvements dans un contexte nouveau, celui de l’effondrement annoncé du capitalisme et de ses tentatives de sauvetage de plus en plus violentes. C’est bien pour préserver le ressort majeur du capitalisme, à savoir la génération du profit maximal par l’engagement d’un coût direct minimal, que l’économie désormais globalisée détruit le lien social, endommage gravement les écosystèmes, épuise les ressources les plus rares. Un autre aspect de la nouveauté de la revendication pour le changement tient précisément au fait que le capitalisme est aujourd’hui planétaire et qu’une telle configuration a été construite par la volonté et l’action d’acteurs économiques puissants – les firmes transnationales – et des instances politiques non démocratiquement mandatées – FMI, OMC, BCE, Commission européenne – en étroite collusion les uns avec les autres. Si les mouvements d’indignés ne sont pas unifiés – et ne le seront probablement jamais – ils font partout le même terrible constat de la morbidité de l’économie de la prédation générale et revendiquent l’instauration d’une économie de la restitution. C’est à ce dernier titre – de noblesse ! – qu’ils doivent être pris pour une avant-garde offensive en marche contre les résistants défensifs d’un système condamné par sa logique suicidaire. En attendant « l’extension du domaine de la lutte », l’essentiel ne réside pas dans le nombre des combattants mais dans la qualité de leurs prises de parole.

L’ampleur de l’Indignation est sous-estimée

Au temps de l’information marchandisée et de la communication envahissante, les mouvements d’indignés ont un droit de cité pour le moins comprimé. Il est patent que les médias « grand public » de plus en plus soumis à des logiques mercantiles et financières ne sont pas enclins à s’intéresser à des mouvements citoyens ne se mobilisant pas autour d’intérêts particuliers mais préférant réclamer des comptes à ceux qui gouvernent si mal le monde. Ainsi, on a tourné en dérision l’affirmation des indignés espagnols consistant à ne pas vouloir du pouvoir et à exiger des représentants du peuple qu’ils agissent enfin dans le sens de l’intérêt général. Cela est tout sauf dérisoire. C’est même fondamental. Les indignés n’ont aucune envie de créer un parti politique supplémentaire qui n’aurait tout au plus que quelques élus au sein d’un système inchangé pour l’essentiel. Comme l’on disait jadis : il faut penser le changement et non changer le pansement ! La nécessité du changement est une affaire trop sérieuse pour être confiée aux seuls partis politiques. La société civile dans son entier devrait s’en emparer. Quand les médias dominants n’envisagent la vie politique qu’au travers des déclarations lénifiantes des représentants du peuple méprisé dans ses aspirations profondes soigneusement dissimulées derrière les sondages d’opinion, ils en arrivent à ne plus comprendre la réalité sociale ni à définir les enjeux fondamentaux d’une construction intelligente du monde. C’est ainsi que dans « la crise grecque » tant de journalistes croient que majoritairement les Grecs font confiance à leurs dirigeants actuels pour sortir leur pays du gouffre vers lequel leurs prédécesseurs l’ont précipité. Pourtant, là-bas, l’indignation fait rage depuis des mois pour qui veut la voir en dehors des canaux habituels de la contestation encadrée.

Des Révolutions indignes ?

Il paraît que « le Printemps arabe » 2011 a fait pousser des ailes à divers mouvements contestataires ailleurs dans le monde. Nous nous permettons d’espérer que leurs mobiles n’avaient guère besoin de cet opportun catalyseur. S’il est vrai que le courage certain affiché par les populations de plusieurs pays arabes, trop longtemps maintenues sous la férule de dictateurs corrompus et parfois sanguinaires, avait de quoi réveiller les citoyens endormis par la tiédeur de nos vieilles démocraties, l’exemplarité a tourné court pour le moment. Nous ne pouvons parler à ce propos de Révolution ou alors de révolutions conservatrices. Partout dans le monde arabe qui bouge, les franges « progressistes » des rebellions sont très minoritaires. Il est bien trop tôt pour dire si la revendication légitime de ces peuples pour un autre partage des richesses se doublera d’une volonté de construire une alternative au capitalisme dont le caractère éminemment prédateur est dénoncé ailleurs par les mouvements d’indignés. Si les courants politiques conservateurs l’emportent dans les processus de transformation en cours, les « pays du Nord » n’auront qu’à se féliciter de trouver là des aubaines leur permettant de surseoir à l’entrée du capitalisme en phase terminale. La Tunisie va-t-elle se vendre davantage au tourisme international comme le Niger brade son uranium à Areva au mépris de la santé de ses habitants ou comme le Sénégal qui a ruiné la pêche artisanale, ressource vitale de nombre de Sénégalais, en signant avec l’Europe des accords de pêche intensive organisant le pillage de ses fonds marins autrefois très poissonneux ? Samir Amin augure que le Printemps des peuples du Sud sera l’automne du capitalisme. Il y faudra le soutien des mouvements contestataires du Nord. Les indignés des nations riches trouveront-ils leurs homologues au sein des sociétés fraîchement libérées du joug de leurs anciens dirigeants longtemps soutenus indéfectiblement par les gouvernements occidentaux ? On veut y croire !

La riche mosaïque de l’Indignation

Le recensement exhaustif des mouvements d’indignés est certainement impossible. Nous avons connaissance de ceux que les médias de masse montent en épingle comme pour mieux passer sous silence la plupart d’entre eux. Du reste, beaucoup de ces mouvements nous sont inconnus en raison de leur situation en des pays où la liberté d’informer est fort mesurée. Ainsi, le climat social de la Chine est tout sauf calme. La sauvagerie de son capitalisme suscite des révoltes durement réprimées et nous n’en savons trois fois rien. La moindre énumération des mouvements d’indignés nous révèle, en filigrane de leur apparente disparité, un rejet de la domination capitaliste du monde. Chaque mouvement choisit sa manière originale de dénoncer le même monstre. Aux États-Unis, le mouvement « Occupy Wall Street » met d’abord l’accent sur l’énormité des inégalités de revenus et de patrimoines au sein de la première puissance économique de la planète. Son slogan « 99 contre 1 » illustre à la fois le fait que la multitude ne possède pas grand-chose quand le centième accapare presque tout et le fait que c’est pourtant ce centième-là qui décide de tout. Au Japon, ce sont les conséquences de la catastrophe de Fukushima qui mobilisent des citoyens trop souvent présentés chez nous comme viscéralement fatalistes. Le 23 décembre dernier était « vendredi jaune ». Des manifestations ont eu lieu partout dans le pays, surtout dans l’est où la majorité des denrées alimentaires sont contaminées au césium 137. Dans certaines villes la manifestation regroupait majoritairement des personnels de centres hospitaliers très préoccupés notamment par la grande vulnérabilité des enfants en ce qui concerne la « contamination interne ». L’incurie des autorités politiques est dénoncée, entre autres, par une association de jeunes, la DYLJ (Ligue Démocratique de la Jeunesse du Japon). Ces mobilisations ne sont sûrement pas étrangères au fait qu’un an après la catastrophe la majorité des centrales nucléaires japonaises est à l’arrêt. En Sicile, depuis le début de cette année, souffle un vent de révolte. Le plongeon de l’Italie dans la crise, les plans de rigueur successifs, les appels à de nouveaux sacrifices ont fini par exaspérer une population touchée par un chômage record de 25%. Des agriculteurs et des artisans ont fondé le mouvement des Forconi, ceux de la Fourche, appelant à la révolte et au refus de cette situation intenable. Dans la vaste Russie, des mouvements d’une ampleur surprenant le pouvoir central s’organisent pour la défense de forêts menacées par des projets industriels ou routiers. On ne peut clore ce trop bref florilège sans faire allusion à une lutte transnationale qui pourrait préfigurer le combat écologique planétaire des vingt prochaines années : la forte résistance à l’exploitation – on ne peut plus dévastatrice – des gaz et pétrole de schiste. Aux États-Unis, au Québec, en Suisse, en Suède, en France ou en Afrique du Sud de tels projets capotent ou sont mis en sommeil sous l’influence de mouvements d’opposition déterminés qui ont pertinemment montré à quel point la fracturation hydraulique, seule technique « efficace » pour cette exploitation, est la marque d’un système capable de s’autodétruire par nature interposée. Une « Internationale écologique » est en train de naître que l’on retrouvera en contrepoint de tous les futurs Sommets officiels sur l’environnement ou le climat. Elle nous donne rendez-vous dès le mois de juin prochain au Brésil pour le « Rio + 20 ».

…Unissez-vous !

L’Indignation a pour elle les techniques de communication d’aujourd’hui, particulièrement précieuses pour la diffusion massive et rapide des idées neuves, des rapports officiels à analyser, des manifestations à annoncer ou organiser dans l’urgence, des débats à alimenter. Ils sont là les vrais réseaux sociaux… et environnementaux. Ils sont prometteurs d’unification de mouvements épars géographiquement mais proches philosophiquement. Ils pourraient damer le pion aux réseaux des technocraties froides et des oligarchies étriquées. Ils sont faits d’hommes et de femmes vivants. Qui vivent pour être demain contre ceux qui ne protègent que l’avoir d’aujourd’hui.

Par Yann Fiévet

www .yanninfo.fr

Source: http://www.blogs.attac.org

 


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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 20:07
Image Temporaire
AFP Photo/Prakash Tathema

lexpress.fr - Les indignés du Népal - 31/05/2012

Mardi, des Népalais manifestaient à Katmandou pour obtenir la démission du Premier ministre Babarum Bhattarai. Un mouvement sévèrement réprimé.

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 20:03

 

journalismes.info - Audrey Vuétaz
Jeudi 31 Mai 2012

 

Un prix franco-allemand du journalisme pour le webdoc «Les Indignés»
Joseph Gordillo et Lætitia Giroux ont obtenu le prix franco-allemand du journalisme 2012, dans la catégorie multimédia, pour leur webdocumentaire « Les Indignés » publié par Arte.
Le web-reportage, disponible sur Arte.tv, propose une immersion au sein de mouvements européens de contestation. À travers une série de reportages vidéos, photographiques et sonores, il nous présente « les Indignés » portugais, espagnols, grecs, français, italiens, allemands et israéliens.
D’après un communiqué des organisateurs du prix, « Ce webdocumentaire bilingue utilise de manière convaincante les différentes possibilités d’Internet. Il fait émerger une image vivante des formes multiples de ce mouvement protestataire dans différents pays européens. »

Rappelons que le prix franco-allemand du journalisme, récompense des contributions qui visent une meilleure compréhension entre la France et l’Allemagne. La remise du Prix se fera le 28 juin prochain, dans les locaux de l’ARD à Berlin.

Sources : Le Républicain Lorrain, PFAJ, Arte
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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 19:45
| Par La rédaction de Mediapart

Trois commissions parlementaires européennes ont rendu un avis défavorable à l'accord commercial anti-contrefaçon (ACTA) jeudi 31 mai, avant le vote décisif de la commission du commerce international – compétente sur le sujet – le 21 juin et le vote en session plénière du parlement européen, début juillet. En cas de rejet, l'accord ne s'appliquera pas dans l'Union européen; en cas d'adoption, les parlements nationaux pourront le transposer dans leur législation nationale.

La commission des libertés civiles, par 36 voix contre une et 21 abstentions a recommandé le rejet de l'accord en affirmant que le texte  ne respecte pas les droits reconnus par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Le respect de la vie privée ou la protection des informations personnelles sensibles ne sont pas garantis par le texte, ont souligné les députés, qui ont déclaré que les fournisseurs d'accès à Internet ne devraient pas être tenus de surveiller la Toile.

La commission de l'industrie a rejeté le texte par 31 voix contre 25 en raison du déséquilibre constaté entre les droits de propriété intellectuelle, la liberté des entreprises, la protection des données personnelles, et la liberté de recevoir ou de fournir des informations dans le texte final et de l'incertitude juridique créé pour les entreprises européennes par le manque de définitions dans l'accord. 

Le scrutin au sein de la commission des affaires juridiques a été plus serré puis l'avis de l'eurodéputée française (PPE, droite), favorable à l'ACTA, a été rejeté par 12 voix contre 10 et 2 abstentions. Sa consœur socialiste Evelyn Regner est chargée de préparer le nouvel avis de la commission.

Ce « accord commercial anti-contrefaçon » – négocié en secret jusqu'en 2010 et signé le 26 janvier à Tokyo par 22 des 27 gouvernements de l'Union européenne ainsi que les Etats-Unis, le Japon, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, Singapour, la Corée du Sud, la Suisse, le Mexique et le Maroc – n'est plus désormais amendable sauf par un futur « comité ACTA » dont la composition n'est pas précisée. Il couvre le domaine des médicaments génériques, des semences, de la culture, des brevets et des marques. Le contrôleur européen des données a jugé que son application constituait une menace pour la vie privée et la liberté d'expression.

Ecouter également l'interview de Sandrine Bélier

 

 

 

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Sévère revers pour le traité Acta dans les commissions du Parlement européen

Le Monde.fr | 31.05.2012 à 15h27 • Mis à jour le 31.05.2012 à 15h27

 
Manifestation contre le traité ACTA à Sofia, en Bulgarie, le 11 février 2012.

 

 

Les commissions des libertés, de l'industrie et des affaires juridiques du Parlement européen ont émis, jeudi 31 mai, des avis négatifs sur le traité ACTA (accord de commerce anticontrefaçon), un texte de lutte contre la contrefaçon dénoncé par de nombreuses organisations comme attentatoire aux droits fondamentaux des citoyens européens.

Négocié en secret entre plusieurs pays, dont l'UE, les Etats-Unis ou le Japon, le texte prévoit notamment un renforcement et une harmonisation des moyens de lutte contre la contrefaçon "physique" (médicaments, vêtements...), mais aussi numérique (téléchargement illégal). Il faciliterait par exemple les demandes d'identification de téléchargeurs présumés auprès des fournisseurs d'accès à Internet.

"HÉRITAGE DÉMOCRATIQUE"

Dans son rapport, la commission des libertés note que "notre tâche, en tant que législateurs, est (...) de trouver un équilibre acceptable entre les possibilités offertes par la technologie et le maintien de la création artistique". Le rapporteur de la commission estime que "l'adoption d'ACTA gèlerait toute possibilité d'avoir un débat public conforme à notre héritage démocratique", souligne l'organisation de défense des libertés numériques la Quadrature du Net.

Le texte a déjà été signé par huit pays, mais face à un important mouvement de contestation, plusieurs pays, notamment en Europe de l'Est, ont gelé la ratification du traité. Le texte a été signé par l'UE, mais ne pourra être ratifié qu'après un vote du Parlement européen en séance plénière, qui devrait intervenir début juillet.

Les votes négatifs des trois commissions, et notamment celui de la commission des affaires juridiques, réputée conservatrice, laisse espérer, pour les adversaires du traité, un rejet pur et simple en séance. "Ces votes sont de bon augure dans la perspective du vote en plénière (...). C'est la preuve, encore une fois, que plus on connaît ACTA, plus on est contre !", s'est félicitée l'eurodéputée Françoise Castex, l'une des adversaires du texte au Parlement européen.

 

 

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 19:37
| Par Jade Lindgaard


Des rencontres consacrées aux énergies et aux bâtiments sous l’angle des « nouveaux enjeux citoyens ». Une association organisatrice qui s’intitule « Équilibre des énergies ». Un discours qui prône la réduction des émissions de gaz à effet de serre. À première vue, les rencontres organisées à Lyon, vendredi 1er juin, doivent renforcer la culture écologique du BTP et du logement, enjeu majeur de la lutte contre le changement climatique.


Pourtant, à y regarder de plus près, apparaissent des signaux contradictoires. Les prises de position, la composition et l’histoire de la toute jeune association, créée il y a un an, apparaissent au diapason des demandes des industriels de l’électricité, très inquiets des premiers effets de la nouvelle régulation thermique 2012 issue du Grenelle de l’environnement. Selon de premières estimations, la part du chauffage électrique dans les nouveaux logements se met en effet à baisser, en rupture avec la préférence historique des constructeurs pour les électrons.


Dans ce contexte très agité – des milliards d’euros de chiffres d’affaires sont en jeu –, une drôle d’association a donc vu le jour. Créée en 2011, l’association Équilibre des énergies regroupe des industriels : EDF, Atlantic (chauffage électrique, air conditionné…), Muller (chauffage électrique, pompes à chaleur…), Danfoss (chauffage, réfrigération), Hora (chauffage par plancher et plafond rayonnant), auxquels s’ajoutent des associations professionnelles (association française pour les pompes à chaleur, groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils ménagers, fédération des grossistes en matériel électrique) et la banque Neuflize OBC. Plus récemment, les ont rejoints des associations de consommateurs comme Familles de France et l’association Léo Lagrange (éducation populaire et économie sociale), ainsi que l’Union sociale pour l’habitat, qui représente les organismes HLM. Équilibre des énergies est présidée par Jean Bergougnoux, ancien directeur-général d’EDF (de 1987 à 1994), et membre du comité d’analyse stratégique.


C’est donc cette structure qui organise vendredi 1er juin au centre des congrès, à Lyon, des rencontres autour du bâtiment (voir ici). Y participent des responsables politiques de premier plan : l’ancienne ministre de l’écologie Chantal Jouanno, la secrétaire nationale du PS à l’environnement Laurence Rossignol, la vice-présidente de la région Rhône-Alpes au logement Marie-Odile Novelli. Dans le monde de l’efficacité énergétique et de la rénovation thermique, chantier prioritaire de la transition écologique annoncée pendant sa campagne par François Hollande, c’est un petit événement.

 

« Lobbying commando »

La lecture des divers textes mis en ligne sur le site de l’association réserve pourtant des surprises. D’abord, ils ne sont pas avares de critique contre la régulation thermique 2012 (dite « RT 2012 »). Issue du Grenelle de l’environnement, ce nouveau cadre réglementaire veut limiter les consommations énergétiques des bâtiments neufs au seuil de 50 Kwh par mètre carré et par an – ce fut l’une des grandes batailles du vote de la loi Grenelle.

 

Principales critiques d’Équilibre des énergies : elle ne prend pas en compte les émissions de CO2 et elle se calcule en usage primaire (qui comptabilise l’énergie à l’état « naturel », avant transformation) et non en usage final (la quantité effectivement consommée par l’utilisateur). Cette distinction est au cœur de la controverse française sur l’énergie car le lobby du nucléaire ne veut pas entendre parler de décompte en énergie primaire, défavorable à l’atome, dont seulement 30 % de la puissance initiale peut être utilisée, compte-tenu de son faible rendement.


« La consommation d’énergie primaire est un critère insuffisant pour apprécier l’intérêt d’une solution », insiste l’association, graphique à l’appui. C’est le même argument que met aujourd’hui en avant la France pour tenter de rogner sur la directive européenne portant sur l'efficacité énergétique (voir ici notre article sur le sujet). Enfin, alors que la réduction de la consommation est au cœur de tous les objectifs de lutte contre le changement climatique depuis presque dix ans, l’association préfère mettre en avant l’innovation, le « meilleur moyen de sortir de l’impasse ». En bref, en grattant un peu derrière l’habillage écologiste, on tombe très vite sur des arguments pro-industriels et pro-nucléaires.

 

Et ce n’est pas fini. Car Mediapart s’est procuré un document interne de l’association, datant de l’année dernière. Intitulé « plan d’action détaillé », il décrit les stratégies de lobbying de l’association pour l’année 2011-2012 afin « d’investir progressivement le champ médiatique » (à lire ci-dessous).

 

Première étape : « une action de lobbying commando », avec pour objectif principal, la « neutralisation et/ou la modulation de certaines dispositions de la RT 2012 ». Puis, à plus long terme, « peser sur l’élaboration de la RT 2020 ». Les « cibles » des « rendez-vous one to one prioritaires » sont énumérées : les ministres et leurs cabinets. Pour parvenir à ses fins, l’association espère s’imposer comme « acteur de référence » vis-à-vis des pouvoirs publics concernant la RT 2012, la 2020 et « tous les sujets relatifs au consommateur vis-à-vis du logement et des énergies/environnement ». Et prévoit de créer une « task force 2,58 ». Sibyllin pour les profanes, ce chiffre fut l’objet d’âpres échanges en 2011. Il désigne le coefficient choisi par l’arrêté de la RT 2012 pour transformer l’énergie finale en énergie primaire concernant l’électricité. Pour toutes les autres énergies, le coefficient n’est que de 1, beaucoup moins pénalisant, donc.


« Mauve, symbole de sagesse, de réflexion »

Pour faire passer la pilule de ce vocabulaire très guerrier, un élégant habillage thématique est proposé, sous la forme de « chevaux de bataille », sur le mix énergétique optimal, la mobilité, les consommateurs-citoyens, et la politique du logement. Ces deux derniers thèmes correspondent exactement à la réunion du 1er juin. 


Aucun détail ne semble devoir être négligé, pas même le code couleur de l’organisation : « des couleurs empruntées au Grenelle de l’environnement mais adoucies, en demi-teinte, pour une vision plus sage (mauve, symbole de sagesse, de réflexion) et plus humaine (orange, symbole du bonheur, du confort, du bien-être). »


« Nous ne sommes pas le faux nez d’EDF ! » répond Jean Bergougnoux, président d’Équilibre des énergies« nous défendons l’électricité mais pas EDF et nous ne sommes pas des lobbyistes ». Son association est, selon lui, dotée d’un budget de 800 000 euros, auquel la contribution d’EDF est “limitée” à 15 %, soit environ 120 000 euros. Une somme non négligeable dans le paysage précarisé du monde associatif depuis la fonte des subventions. 


Au départ, l’association a pu apparaître comme « une tentative de fabricants de matériels électrique qui dénonçaient ce qu’ils ressentaient comme une injustice », ajoute-t-il. Mais il assure que le discours de son organisation a changé et que « nous nous recentrons sur les utilisateurs des bâtiments. Mon seul critère, c’est l’intérêt des consommateurs et la vérité des prix ». Quant à la RT 2012« nous n’y sommes pas opposés », affirme-t-il, « c’est une très bonne chose d’améliorer l’isolation des bâtiments ». Tout en reconnaissant « avoir des interrogations par rapport au mode de calcul et à la reconnaissance des mérites des différentes énergies en présence ». Bref, en apparence plus si opposée à son ennemi d’hier, l’association y reste quand même bien réticente. 


Au-delà de l’espace d’influence de cette association, la bataille contre la régulation thermique 2012 se poursuit. Déposé l’année dernière par le groupement interprofessionnel de fabricants d’appareils d’équipement ménager (GIFAM), un recours anti-RT 2012 est toujours en cours d’instruction par le Conseil d’État.



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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 19:23

 

Marianne - Rédigé par J-C Slovar le Jeudi 31 Mai 2012 à 19:38

 

La Commission européenne tient sa solution pour réduire le chômage : Faire disparaître les contrats de travail de type CDI afin de fluidifier le marché du travail. Ce qui reviendrait à transformer tous les salariés en précaires. Génial !

 

Les bonnes idées de l'Europe : Pour diminuer le chômage précarisons tous les salariés !

 

A défaut d'avoir évité la transformation de l'Europe en une passoire pour tous les produits en provenance d'Asie, ce qui a détruit des millions d'emplois sur le continent, la Commission Européenne a décidé de se pencher sur le nombre alarmant de chômeurs. Il faut dire que  leur nombre en Europe est d'environ 24 millions.
 
A la question : Qui est responsable du chômage ? La Commission a trouvé le coupable : « (...) les lourdeurs juridiques du contrat de travail qui entravent, selon elles, la reprise de l’emploi (...) »
 
Et d'où sort ce « brillant » raisonnement ?
 
Le journal La Marseillaise nous donne quelques explications : « (...) Au niveau européen, la grande bataille d’une commission rompue aux méthodes libérales est d’améliorer la compétitivité des entreprises. Celle-ci passerait d’abord par une baisse du coût du travail. Or, le droit du travail est là, un obstacle. Définir la durée légale du travail et dans la foulée les heures sup’ qui en découlent, le type de contrat à respecter, cadrer les licenciements et les indemnités chômage .. seraient autant de frein à la productivité (...) Estonie, Slovaquie ou République Tchèque ont assoupli leur marché spontanément. Pour les récalcitrants, la crise a été un opportun « bâton » : Grèce, Espagne, Portugal et Italie se sont ainsi vu imposer une baisse des salaires, une chute du nombre de jours indemnisés, une facilité à licencier (...) »
 
Or, la France n'ayant pas élu Nicolas Sarkozy qui proposait de mettre en place des accords compétitivité-emploi dont l'objectif était de remettre en cause le contrat de travail, la Commission a décidé de mettre en demeure le nouveau Président et son gouvernement de : (...) revoir « le haut niveau de protection » du CDI (...) pour favoriser l'emploi durable (...) » Défense de rire !
 
Où on voit ressurgir le concept de contrat de travail unique à droits progressifs !
 
Très curieusement, l'idée serait de généraliser un seul et même : « (...) contrat de travail pour tous, sans limitation de durée, dans lequel le salarié accumule des droits en fonction de son ancienneté (...) »
 
A noter que cette idée fait le bonheur de Jean-Christophe Sciberras le Président l'Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH). Qui le justifie de la façon suivante : « Lorsqu'il y a des tensions, les entreprises commencent leurs ajustements sur les intérimaires et les CDD. Il nous semble plus juste d'offrir à tous les salariés le même contrat indéterminé, tout en garantissant à l'employeur la possibilité de s'en séparer plus simplement »
 
Beau comme du Laurence Parisot non ?
 
Il l'expliquait beaucoup plus clairement au Figaro en Juin 2011 en y ajoutant une finesse : « simplifier le Code du travail » sans oublier de se féliciter du succès de la rupture conventionnelle qui a l'avantage d'éviter ... certains plans sociaux et ... leurs obligations.
 
En résumé, la Commission européenne qui subit les assauts répétés des lobbies patronaux européens, comme Business Europe, dont le Medef est le correspondant français,  n'a fait que réclamer ce que tous les patrons d'Europe souhaitent voir se mettre en place.
 
Mais finissons plutôt sur ce décryptage de Maryse Dumas Secrétaire confédérale de la CGT qui vous donnera un avant goût de « bonne idée »
 
« (...) A priori, le principe d'un contrat de travail unique pour tous les salariés nous paraît très séduisant (...) Or, ce nouveau contrat de travail unique rend caduque toute la législation sur les licenciements: pas de contestation possible du motif du licenciement, pas de consultation des représentants du personnel, pas de plan social ni d'obligation de reclassement pour les employeurs. Les licenciements seraient facilités et les entreprises, dédouanées de leurs responsabilités vis-à-vis des salariés et des bassins d'emploi (...) L'utilisation des CDD est juridiquement encadrée. L'entreprise n'a pas le droit d'utiliser la précarité comme une forme d'emploi permanent (...) »
 
A vous de choisir votre version !


Crédit photo
FlickR CC - Tiseb
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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 17:20

 

Le Monde.fr | 31.05.2012 à 18h02 • Mis à jour le 31.05.2012 à 18h02

Par Robert N. Proctor, professeur d'histoire des sciences à l'université Stanford (Californie)

 

Les statistiques sont consternantes : six mille milliards de cigarettes sont consommées chaque année dans le monde. Bout à bout, cela équivaut à 510 millions de kilomètres, soit un aller-retour de la Terre au Soleil et quelques voyages vers Mars. Avec ses 510 millions de kilomètres de cigarettes fumées par an, soit 16 km par seconde, la vitesse de la consommation mondiale de tabac dépasse celle de la rotation d'un satellite autour de la Terre.

Nous connaissons tous cet objet si familier, la cigarette. Mais combien de fumeurs savent que la fumée de cigarette contient des isotopes radioactifs, dont du polonium 210, substance qui aurait servi à empoisonner un espion russe Alexandre Litvinenko à Londres en novembre 2006 ? Combien savent que quelques gouttes de nicotine pure sur la langue suffisent à provoquer la mort et que les fabricants de cigarettes dosent cet alcaloïde à deux décimales près ?

Que des légions de scientifiques, dont certains Prix Nobel, ont collaboré clandestinement avec l'industrie du tabac pour lui apporter leur expertise, témoigner devant les tribunaux et produire des études qui minimisent les risques liés au tabagisme ?

Les fumeurs savent-ils vraiment ce qu'ils fument ? Savent-ils que la fumée de cigarette contient du cyanure, du formaldéhyde et de l'arsenic ? Ou que, pour maximiser la dépendance à la nicotine, les fabricants de cigarettes y ajoutent de l'ammoniaque et des bronchodilatateurs comme la théobromine ?

Savent-ils qu'aux Etats-Unis seulement, l'industrie du tabac recense pas moins de 630 additifs, depuis le sucre et la glycérine jusqu'au castoréum, sécrétion des glandes anales du castor de Sibérie ?

Combien de fumeurs ont entendu parler des accélérateurs de combustion ou des produits de blanchiment des cendres ? Combien savent que le déni des méfaits du tabac a servi de modèle au déni du réchauffement climatique et que les plus virulents de ces négationnistes ont emprunté leur funeste rhétorique aux cigarettiers ?

Les fumeurs sont-ils au courant que les prétendus "filtres" ne servent à rien ? Ils ne filtrent pas davantage les substances toxiques qu'une feuille de tabac. De fait, aucun filtrage n'est possible (les fabricants parlent d'"impossibilité thermodynamique") pour la simple raison qu'il n'existe pas de "fumée propre". D'ailleurs, si le filtre est efficace, comment expliquer que les cigares en soient dépourvus ?

Au fond, qu'importe ce que savent les fumeurs ? Ne leur suffit-il pas de savoir que fumer tue ? Pour la plupart, ils fument leur première cigarette à l'adolescence, voire dès l'enfance, comme c'est le cas d'Ardi Rizal, ce petit Indonésien âgé de 2 ans : comment un enfant pourrait-il "savoir" que fumer nuit à la santé ? On commence généralement à fumer pour faire comme les grands. Personne n'a jamais fumé pour se donner l'air plus jeune.

La mystification la plus honteuse, cependant, consiste à prétendre que l'industrie a fait amende honorable. Aujourd'hui, les fabricants de cigarettes se veulent "responsables", ils plantent des forêts et nourrissent les affamés. En Grande-Bretagne, Big Tobacco a même sponsorisé des conférences sur la responsabilité sociale des entreprises cigarettières.

Mais les fabricants ont-ils vraiment reconnu leurs erreurs ? Ils refusent obstinément de regarder la vérité en face.

Ils n'ont jamais voulu admettre que le tabagisme avait fait des millions de morts, ni que les cigarettes commercialisées à l'heure actuelle étaient tout aussi mortelles que par le passé.

Ils n'ont jamais voulu admettre que les filtres ne servaient à rien, ni que les cigarettes estampillées "light" ou à faible teneur en goudron étaient tout aussi nocives que les autres.

Ils n'ont jamais voulu admettre que leurs cigarettes étaient conçues pour créer et entretenir une dépendance aussi forte que l'héroïne ou la cocaïne.

Ils n'ont jamais reconnu avoir menti au public, ciblé les jeunes et comploté pour dissimuler les méfaits du tabac.

Ils n'ont jamais voulu admettre que le tabagisme passif avait fait des centaines de milliers de victimes et que la cigarette était la principale cause de mortalité dans le monde.

On comprend que les fabricants de cigarettes refusent d'admettre les faits, encore plus de s'excuser : ils ont peur que le public ne mesure l'ampleur du désastre ou que les pouvoirs publics ne sonnent l'alarme. Les champignons se plaisent dans l'obscurité.

Pour prospérer, l'industrie du tabac doit rester incognito. Elle a tout intérêt à entretenir l'illusion que fumer nous donne l'allure de James Dean ou de Jean-Paul Belmondo. En réalité, les cigarettes sont une machine à créer de la dépendance.

Comme Oscar Wilde l'avait bien compris, "la cigarette, c'est l'archétype du plaisir parfait : c'est exquis et cela laisse toujours insatisfait".

Lors d'une réunion confidentielle en 1984, un représentant de British American Tobacco a repris cette citation d'Oscar Wilde en émettant le souhait que sa clientèle "reste dans l'insatisfaction. La sacoche que nous déposerons à la banque n'en sera que plus lourde".

 

(Traduit de l'anglais par Myriam Dennehy)

Robert N. Proctor, professeur d'histoire des sciences à l'université Stanford (Californie)

 

 

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 17:12

CADTM

31 mai par Nick Dearden

 

Les « investisseurs » financiers ont déjà fait un malheur sur la dette grecque, mais leur intervention n’est pas inéluctable : ces vautours peuvent être combattus.

 

La situation désespérée de l’économie grecque ne fait pas que le malheur des uns, elle fait également le bonheur d’autres. Un groupe « d’investisseurs » financiers a fait des affaires en or sur la dette grecque mardi, simplement en se montrant les plus dénués de scrupules du marché.

Dart Management est un fonds d’investissement basé aux îles Caïmans, territoire britannique connu pour son statut de paradis fiscal. Son modus operandi lui a valu le nom de « fonds vautour ».

Les vautours « investissent » dans les dettes souveraines des pays victimes d’une crise, c’est-à-dire qu’ils rachètent cette dette à vil prix. Puis ils résistent à toute forme d’allègement de cette dette, espérant ainsi se la faire rembourser en totalité. Comme ils n’ont payé qu’une fraction de sa valeur, le remboursement total représente un profit gigantesque.

Les fonds vautours ont fait leurs armes contre les pays en développement. Elliott Associates, un fonds d’investissement spéculatif étasunien a ouvert la voie dans les années 1990 en gagnant un procès qu’il avait intenté au Pérou, ce qui lui a permis d’empocher le quadruple de ce qu’il avait « investi » en rachetant la dette de ce pays. Elliott est également soupçonné de détenir une partie de la dette grecque. Dart, quant à lui, a gagné 600 millions de dollars avec le Brésil après la crise de 1993.

Au cours de ces dernières années, les fonds vautours ont fait main basse sur les pays les plus pauvres. Le Liberia et la Zambie ont tous deux été traînés devant les tribunaux britanniques et ont été condamnés à rembourser des fonds spéculatifs qui avaient racheté des dettes très anciennes à des régimes dictatoriaux pour des prix dérisoires.

Lorsque les pays refusent de payer, les vautours les chassent à travers le monde, tentant de saisir leurs actifs situés à l’étranger. Un fonds vautour particulièrement coriace a même tenté de saisir une aide publique à destination de la République du Congo. À ce jour, la République démocratique du Congo est poursuivie par un autre fond du nom de FG Hemisphere et est engagée dans un litige portant sur des actifs basés à Jersey. L’appel en dernière instance se déroulera le 28 mai prochain à Londres, mais aux termes de la législation de Jersey.
Une loi adoptée dans les derniers jours de l’ancienne législature empêche désormais les fonds vautours de faire des profits sur d’anciennes dettes de pays à faible revenus en portant leur litige devant des tribunaux britanniques, ce qui représente un progrès considérable. Mais cette loi ne s’applique pas aux autres pays (du Nigeria à la Grèce), ni aux dettes récentes.

Le cas de l’Argentine est emblématique de ce qui attend la Grèce dans les années à venir. Depuis que le pays s’est déclaré en cessation de paiement en 2001, après des années à ployer sous le poids d’une dette injuste, il a été assailli de poursuites par des fonds vautours qui ont refusé l’allègement de sa dette. Parmi ces fonds, on retrouve Dart et Elliott, ainsi qu’un groupement connu sous le nom d’American Task Force Argentina, qui a tenté d’utiliser les affaires étrangères des États-Unis pour forcer l’Argentine à payer ses dettes.

Pour ces entreprises, une crise comme celle de la Grèce a de quoi faire saliver. Depuis des mois, les fonds vautours travaillent à la meilleure manière de poursuivre leurs manœuvres prédatrices contre la Grèce. Les vautours ont racheté les obligations grecques soumises à des lois étrangères car les obligations relevant du droit grec ont subi une décote importante.

L’allègement grec a cependant été une aubaine pour les détenteurs d’obligations, qui ont reçu 50 % de leur valeur d’origine à un moment où ces obligations n’en valaient plus que 35 %, en plus d’empocher pour cela une incitation sonnante et trébuchante. Mais ce n’était pas assez pour les vautours. Un cabinet de conseil juridique américain, Bingham McCutchen a été signalé comme essayant de fédérer de tels fonds pour réclamer devant la justice le paiement de la valeur totale de ces obligations.

Pour certains de ces fonds, c’était jour de paye, mardi. Plutôt que de risquer des poursuites, la Grèce a décidé de rembourser 436 millions d’euros de ses dettes soumises au droit étranger. Dart Management aurait reçu près de 90 % de ce total. Alors que l’état providence grec s’effondre et que la société subit une hausse des taux de suicide, de meurtre et une recrudescence du VIH, Kenneth Dart peut se prélasser dans son yacht de 70 mètres au large des îles Caïmans et compter ses sous.

Les détenteurs d’obligations à hauteur de plus de 6 milliards d’euros ont refusé d’échanger la dette grecque : de nouveaux scandales sont donc à prévoir. Mais nous ne sommes pas voués à l’impuissance. Un dirigeant d’un fonds vautour a confié au Financial Times : « Nous prospérons sur le manque d’informations de la population. » La première étape est de rendre transparent le commerce d’obligations. Il est choquant que le peuple grec ne sache même pas qui détient sa dette, quand elle a été rachetée et pour quelle somme.

David Cameron et George Osborne ont clairement affirmé que l’UE devait régler ce problème, mais ils n’ont rien fait pour arrêter les fonds vautours dont la dette relève du droit britannique. Le gouvernement peut forcer les créanciers dépendant de la législation britannique à accepter l’allègement convenu. Il pourrait également aller plus loin et empêcher les gains exorbitants tirés de dettes achetées sur le marché secondaire : une telle loi a déjà été proposée devant le Congrès des États-Unis.

La Grèce est aux avant-postes d’une bataille opposant des investisseurs peu scrupuleux et un peuple qui veut que son économie fonctionne dans l’intérêt général. Il ne suffit pas aux gouvernements de hausser les épaules et de dire « C’est comme ça ».

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 16:59
rfi.fr -  La Revue de Presse des Amériques - 
Article publié le : jeudi 31 mai 2012 - Dernière modification le : jeudi 31 mai 2012

A la Une : Québec, le printemps d’érable ne faiblit pas

Par Anne Corpet

Manifestation des étudiants dans les rues de Montréal contre les hausses des frais de scolarité, le 24 mai 2012.
REUTERS/Olivier Jean

Au Québec, les négociations en cours entre le gouvernement et les associations étudiantes - qui protestent contre la hausse annoncée des frais de scolarité - n’ont toujours pas abouti. Les deux parties doivent se retrouver ce jeudi à la table des négociations. La pression de la rue reste forte : mercredi soir, comme chaque soir depuis près de deux semaines, les Québécois sont sortis dans les rues et ont tapé sur des casseroles pour exprimer leur ras-le-bol face à un gouvernement qui a accumulé les maladresses dans sa gestion de la crise. Des concerts de casseroles ont même eu lieu pour la première fois dans les provinces anglophones du Canada. Le mouvement initialement étudiant s’est transformé en crise de grande ampleur.

Il a fallu plus de trois mois de grève dans les universités et des manifestations monstres dans les rues de Montréal et de Québec pour qu’en début de semaine, le gouvernement de Jean Charest consente finalement à négocier avec les associations étudiantes.

 

Charest face à une jeunesse solidaire et mobilisée

Fort de sa majorité, le gouvernement québécois souhaitait initialement passer en force et avait refusé toute discussion avec les étudiants lorsque la hausse de 75 % des frais de scolarité avait été annoncée. Première erreur : Jean Charest a totalement sous-estimé la capacité de mobilisation d'une jeunesse jusque-là considérée comme apolitique et individualiste. « Le gouvernement ne comprend pas du tout les étudiants d’aujourd’hui » constate Jacques Hamel, professeur de sociologie à l’université de Montréal. « Leur solidarité se forme par le truchement des réseaux sociaux, de manière redoutablement efficace. Leur capacité de mobilisation et leur ténacité ont pris par surprise les pouvoirs en place ». Madeleine Gauthier, qui travaille depuis plus de trente ans sur les jeunes au Québec confirme : « J’appelle cette génération celle des négociateurs-nés. Depuis leur plus tendre enfance, ils ont appris à discuter avec leurs parents. Le gouvernement a fait une erreur de taille en qualifiant d’entêtement leur volonté de faire simplement entendre leur point de vue ».

Le vote d'une loi spéciale a mis le feu aux poudres

Pour mettre un terme aux manifestations étudiantes, dont certaines aboutissaient à quelques débordements, le gouvernement a fait voter une loi spéciale il y a deux semaines. Cette loi 78, appelée « loi matraque » par ses détracteurs, restreint le droit à manifester et a été perçue comme une atteinte à leurs droits fondamentaux par de nombreux québécois. Au lieu d'apaiser la situation, elle a considérablement élargi le flot des manifestants, amenant dans la rue aux côtés des étudiants des Québécois de toutes les générations. Déclarées illégales du fait de la loi 78, ces manifestations ont abouti à de nombreuses arrestations, ce qui n’a fait que décupler la mobilisation contre le texte. La loi 78 est aujourd'hui contestée devant la justice. « Ce texte est contraire aux chartes des droits fondamentaux du Québec et du Canada qui garantissent la liberté d’expression et d’association. Il a suscité la colère de toute la population », assure l'avocat Félix-Antoine Michaud qui a déposé deux recours devant la cour supérieure du Québec. Et il développe : « Les syndicats, les associations de défense des droits civiques, de défense de l’environnement se sont jointes aux associations étudiantes pour demander l’abrogation de la loi. En tout, 140 organisations se sont jointes aux requêtes en annulation. C’est du jamais vu au Québec ! ».

 

Derrière la question des frais de scolarité, la dénonciation du modèle néo libéral

A l’élément déclencheur du conflit, la hausse des frais de scolarité, se sont rapidement greffés d’autres enjeux. Les accusations de mauvaise gestion des universités se sont étendues au gouvernement Charest, soupçonné de corruption. «Les manifestations ont plus largement donné lieu à une dénonciation du modèle néo libéral », constate le sociologue Jacques Hamel, « Au-delà de la marchandisation du savoir, les manifestants ont dénoncé la montée des inégalités et les ravages créés par la dernière crise économique ». Pour beaucoup de manifestants, c’est la spécificité du modèle québécois qu’il convient de défendre. Michel Huot, professeur au Cegep (année après le baccalauréat ndlr) de Beauce-Appalaches explique : « Au Québec, l’Etat intervient beaucoup plus que dans les autres provinces canadiennes. C’est un modèle où il y a des politiques sociales démocrates. Mais depuis une quinzaine d’années, il s’est essoufflé pour des raisons budgétaires. Le concept d’utilisateur payeur est désormais appliqué dans plusieurs domaines, ce qui a été dénoncé en arrière-plan des manifestations étudiantes ». Lors de la plus grande manifestation, plus de 250 000 personnes se sont rassemblées dans les rues de Montréal. Dans l’histoire récente du Québec, seules les manifestations en faveur de l’indépendance ou contre la guerre en Irak avaient atteint une telle ampleur. Mais les étudiants ne se sont pas sentis dépossédés par l'élargissement de leur mouvement. « Nous sommes très fiers d’avoir été à l’origine de ce combat », déclare Jeanne Reynolds, porte parole de LA CLASSE, une organisation étudiante en pointe du mouvement, « nous sentons un ras-le-bol collectif contre les mesures régressives qui attaquent les plus pauvres et les classes moyennes au profit des plus riches ». Et la jeune fille conclut : « L’erreur de Jean Charest a été de ne pas nous prendre au sérieux et de nous laisser tout ce temps pour entraîner la collectivité dans la lutte, et créer cette contestation massive. C’était une erreur colossale du gouvernement, elle a tourné à notre avantage ».

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 16:50

 

Le Monde.fr | 31.05.12 | 12h28   •  Mis à jour le 31.05.12 | 18h13

 

 
   Un masque caricatural du premier ministre Jean Charest, dans les rues de Quebec City le 29 mai.

Anne Pélouas, correspondante du "Monde" au Canada, raconte les origines du mouvement étudiant et les concessions que devra immanquablement faire le gouvernement.

 

Manifestation des étudiants québecois contre l'augmentation des frais de scolarité, le 30 mai, à Montréal.

Manifestation des étudiants québecois contre l'augmentation des frais de scolarité, le 30 mai, à Montréal.AFP/ROGERIO BARBOSA


L'intégralité du débat avec Anne Pélouas, correspondante du "Monde" au Canada, jeudi 31 mai 2012


bob : Quel a été le déclencheur du mouvement étudiant au Québec ?

C'est la décision du gouvernement québécois d'augmenter les droits de scolarité pour les étudiants à l'université et dans les collèges du Québec qui a provoqué le conflit. On parle d'une hausse de 75 % des frais d'inscription. Au départ, le projet du gouvernement était sur cinq ans, et maintenant, ils ont reculé un peu, c'est sur sept ans qu'il prévoit cette hausse. C'est la décision qui a mis le feu aux poudres au mois de février.

umiboozu : Quelles sont les raisons qui ont amené le gouvernement à augmenter les frais de scolarité ?

Le gouvernement est accusé par les étudiants et par d'autres indignés québécois de vouloir appliquer le principe "utilisateur-payeur", y compris à l'université, contrairement à d'autres pays où on considère que le budget de l'éducation doit être supporté par la voie de l'impôt. C'est une tendance qui n'est pas propre au Québec, c'est tout le Canada, toute l'Amérique du Nord qui pratiquent de cette façon, avec des frais de scolarité qui sont parfois assez élevés. Pour des raisons de sous-financement des universités, le gouvernement a cherché le moyen de trouver de l'argent ailleurs que dans la poche du contribuable, en puisant dans celles des étudiants et de leurs parents directement.

 

Biloutte : Où en sont les négociations entre le gouvernement et les étudiants ?

On entre, ce jeudi 31 mai, dans la 4e journée de négociations. Mercredi, les organisations étudiantes n'étaient pas très optimistes, parlant de pas en arrière plutôt que d'avancées. Ils disaient avoir heurté un mur du côté gouvernemental. A minuit hier [mercredi], l'ambiance n'était pas très optimiste. Même la coalition considérée comme la plus radicale, la "Classe", a menacé de claquer la porte. Mais les négociations ne sont pas rompues ce matin. On s'attendait à des développements majeurs plus rapides, mais les discussions semblent assez lentes.

Ce qu'on comprend, c'est que le sujet principal – que le gouvernement n'a pas voulu aborder pendant les trois derniers mois –, qui porte vraiment sur ce gel des frais de scolarité, est vraiment sur la table. Mais le gouvernement semble maintenir sa position, rester dans les limites de son budget, et donc il faut trouver les moyens d'économiser pour pouvoir accorder quelque chose aux étudiants. Et cela ne semble pas facile à faire.

Et du côté des étudiants, je crois qu'il y a une ouverture à renoncer à la gratuité scolaire pour certains, voire au refus de l'absence totale de hausse. Mais il reste que sur le fond du problème, la raison de cette grève, les associations doivent obtenir une concession majeure du gouvernement sur son projet initial des hausses des frais.

 

>> Lire le décryptage : Qui sont les acteurs du conflit ?


Visiteur : Le mouvement n'est-il qu'étudiant ? Les récentes manifestations semblent plus larges et rassembler un plus grand bassin de citoyens ? Est-ce réellement le cas ?

Absolument. Il faut rappeler que dès le départ, il n'y a pas eu que des étudiants dans la rue, loin de là. Dès la grande manifestation du mois de mars, on a vu aux côtés des étudiants des gens de gauche, des syndicalistes, des parents.

Mais le mouvement, qu'on pourrait placer dans la lignée de ceux des indignés dans tout le monde, a pris de l'ampleur après que le gouvernement québécois a adopté cette "loi 78", qui a galvanisé les troupes, et pas seulement celle des étudiants. C'est une loi d'exception qui prévoyait la suspension des sessions universitaires et aussi une limitation du droit de manifester.

Donc on a pu voir à ce moment-là une amplification du mouvement étudiant, qui est vraiment passé d'un conflit étudiant à un conflit beaucoup plus social sur la défense des libertés individuelles, du droit de manifester. Par exemple, cette semaine, des juristes sont descendus en toge dans la rue à Montréal pour défendre ce droit à la liberté. Cela montre à quel point le mouvement étudiant est sorti du cadre.

Cela fait une semaine aussi que les "peuples citoyens" sortent devant chez eux avec leurs casseroles, et c'est fait de façon très spontanée, cela dépasse la raison de départ da la grève étudiante.

 

Samuel : Bonjour, le fait que le gouvernement ait fait voter une loi pour réduire le droit de manifestation n'est il pas antidémocratique ?

Il y a de nombreux pays qui encadrent le droit de manifester, y compris la France. Cela dit, on n'avait jamais eu besoin de ce type d'encadrement au Canada, et particulièrement au Québec, où les manifestations sont toujours très pacifiques.

Cette fois-ci, certains pensent qu'on a dépassé les bornes. C'était en tout cas certainement maladroit ; en pensant casser le mouvement, le gouvernement n'a fait qu'attiser le brasier. Mais le débat sur l'anticonstitutionnalité de la loi est ouvert, la loi qui limite le droit de manifester est contestée devant les tribunaux.

 

>> Lire le reportage : Nuits blanches à Montréal


nO : Bonjour. Pouvons-nous croire que ce mouvement est aussi un mouvement de contestation d'un glissement progressif vers une société plus libérale à l'américaine, proche voisin contesté ?

Je crois qu'il faut se garder de généraliser. Il y a au Québec des gens qui défendent le modèle néolibéral à l'image de Jean Charest, le premier ministre. Mais il est certain que le mouvement qu'on voit grossir depuis le mois de février à partir du conflit étudiant est une contestation des politiques néolibérales.

Dans ces politiques néolibérales, on peut évidemment parler de cette application du principe de l'utilisateur payeur, la poussée des partenariats public-privé, la hausse des frais de santé. Donc une bonne partie des gens qui descendent dans la rue en ce moment au Québec sont contre cette tendance néolibérale. On peut dire qu'ils ont de fait profité de l'indignation étudiante pour se rallier au mouvement et contester le gouvernement dans la rue.

 

mike : Pensez-vous que l'éjection du chef de cabinet de Charest suffira ou ce dernier pourrait-il tomber avec son gouvernement ?

Je ne pense pas que le gouvernement de Jean Charest va tomber. Je pense qu'il est normal de respecter l'institution démocratique qu'est un gouvernement qui a été élu de façon démocratique. Le mandat de Jean Charest arrive à son terme, des élections sont prévues pour l'automne prochain, donc il n'y a aucune raison que le gouvernement tombe avant.

De toute façon, il y a d'autres moyens certainement meilleurs que de faire tomber un gouvernement pour régler le conflit. Et il faut se rappeler que M. Charest a déjà eu à essuyer plusieurs revers ou à faire marche arrière sur des projets importants auxquels il tenait, sous la pression populaire.

Il y a plusieurs exemples au cours des dernières années, depuis les divergences sur l'aménagement d'une station de ski dans la région d'élection du premier ministre – où les gens se sont battus contre des promoteurs immobiliers, appuyés par le gouvernement, pour conserver le statut de parc –, jusqu'à la bataille contre les gaz de schiste, une exploitation que le gouvernement favorise alors que de nombreux villages se sont mobilisés pour empêcher le développement anarchique de cette exploitation sur leur territoire.

On sait M. Charest têtu au niveau politique, mais tout de même capable de faire machine arrière. Et je crois qu'il va devoir une fois de plus reculer, même modestement, pour éviter que le conflit ne dégénère encore.

 

>> Voir les images : "Printemps érable" : cent jours de grève étudiante au Québec


bingo : Jusqu'où le gouvernement peut-il reculer ?

Je ne crois pas qu'il va annuler complètement la hausse des frais de scolarité, mais je crois qu'une majorité d'étudiants et d'associations étudiantes accepteraient de renoncer à la gratuité ou au gel des frais de scolarité si le Québec faisait un geste significatif et s'il renonçait à l'application de la partie de la loi 78 qui restreint le droit de manifester.

 

Aude : A combien s'élèvent les frais de scolarité moyens au Québec ?

Avec la hausse décrétée par le gouvernement, on serait à environ 3 000 euros par an. Je crois qu'actuellement, on est à un peu plus de 2 000 euros. C'est une hausse qui rapprocherait le Québec de ce qui se pratique ailleurs au Canada et aux Etats-Unis. Ce qui justifie, d'après le gouvernement québécois, cette mesure de rattrapage, alors que les étudiants québécois revendiquent en quelque sorte le droit à la différence, en rappelant qu'on n'est jamais obligé de faire comme tout le monde.

Il faut se souvenir que si le Québec a eu une bonne part de sa population qui a pu accéder et réussir des études universitaires depuis les années 1950-1960, c'est certainement dû à cette ouverture massive des universités sans avoir à payer des frais faramineux.

 

Marion : Avez-vous pu prendre le pouls du côté des grévistes ? Après quatre mois de grève, qu'en est-il de leur moral sur le terrain ?

Sur le terrain des manifestations, on peut dire qu'il y a une certaine radicalisation. Les slogans, les gens sont plus engagés qu'au début. Il y a une certaine galvanisation des foules, avec la loi spéciale adoptée par le gouvernement, l'absence de règlement et de discussions pendant presque trois mois, les gens qui sortent avec leurs casseroles, les enfants qui tapent sur les casseroles... On sent qu'il y a un mouvement populaire plus large qui soutient les étudiants.

Du côté des étudiants eux-mêmes, ma crainte, c'est que les plus radicaux sont ceux qui sont encore là. On est en début d'été, beaucoup d'étudiants ont du travail dans des camps de vacances, des piscines municipales, ou sont déjà partis dans leur famille concernant les étrangers. Je crains qu'il ne reste que les plus radicaux dans les jours qui viennent, ce qui pourrait entraîner des affrontements plus violents avec la police. Pour l'instant, cela reste assez pacifique, y compris dans les marches nocturnes dans les rue de Montréal et à Québec.

 

Alex : Y-a-t-il un risque que le mouvement se radicalise dans la violence ?

Il y a toujours un risque qu'une poignée – et même un peu plus – de gens plus radicaux commettent des actes violents. Il y en eu quelques-uns, passablement montés en épingle par les médias. Il y a toujours dans les manifestations des gens habillés en noir, cagoulés, même si les masques ont été interdits par la loi spéciale.

Pour l'instant, la police fait plutôt preuve de modération dans l'application de la loi, mais il y a tout de même eu, certains soirs, plusieurs dizaines, voire centaines, d'arrestations. Donc, il y a quand même un risque de dérapage, surtout si les négociations échouaient.

>> Lire le point de vue Un "printemps érable" venu de loin


Aline : Y a-t-il des manifestations dans d'autres villes que Montréal et Québec ?

Absolument. Il y a dans beaucoup de petites villes, et même de villages, du Québec, des concerts de casseroles tous les soirs. Les gens sortent de chez eux, se regroupent dans une rue. Il y a eu hier des manifestations similaires dans plusieurs villes canadiennes. Il y avait un article ce matin "Le Canada aux casseroles", avec une centaine de villes canadiennes où des sympathisants du mouvement québécois sont descendus dans la rue : Toronto (300 personnes), St. John's, Halifax, Winnipeg, Vancouver...

 

Kat : Le problème ne concerne pourtant que le Québec...

Dans les autres provinces, les frais de scolarité sont déjà plus élevés qu'au Québec.

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