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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 11:56

Point de vue | LEMONDE.FR | 29.02.12 | 09h03

par Philippe Corcuff et Lilian Mathieu, sociologues

 
 

Quand les médecins sont atteints, sans s'en apercevoir, des maux qu'ils sont censés diagnostiquer et guérir chez les autres, un espace plus large est laissé aux illusionnistes et aux charlatans.

En politique, c'est aujourd'hui un peu pareil : des professionnels de la politique imbus d'un mépris social non contrôlé causent abondamment dans le poste de "l'abandon des classes populaires" et de "l'autarcie des élites", en prétendant "redonner la parole au peuple". Pendant ce temps, une professionnelle de la politique issue des classes aisées, Marine Le Pen, a engrangé des points dans les sondages, en se faisant passer indûment pour "hors-système".

Dans ce contexte, la candidature non professionnelle d'un ouvrier d'usine, Philippe Poutou, nous fait l'effet réjouissant d'un Jacques Tati dans un jeu de quilles si bien encadré, jusqu'à l'impeccabilité de la rhétorique IIIe République du politicien estampillé "critique" de la bande, Jean-Luc Mélenchon. Ainsi le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), malgré une crise autodestructrice de ses cercles dirigeants (comme s'ils avaient voulu imiter avec persévérance les premières minutes culte des épisodes de Mission impossible !), est à l'origine de la principale innovation de cette morne présidentielle.

Combien parmi les prétendants à la magistrature suprême ont-ils animé une bataille syndicale qui a sauvé mille emplois, comme cela a été le cas de Philippe Poutou à l'usine Ford de Blanquefort ? Cela n'empêche pas les milieux politiques professionnels de droite et de gauche de l'ignorer superbement, de moquer son "incompétence" et/ou d'ironiser sur "la maladresse" de ses prises de parole médiatiques. La condescendance de classe, des riches et des énarques, est souvent cumulée avec une arrogance de caste, celle du petit monde des professionnels de la politique issus de cette classe dirigeante ou des couches moyennes scolairement dotées. Et cela peut être tout au plus amorti par une fausse compréhension paternaliste : "Il est gentil ce Poutou, mais quand même…" Deux logiques de domination se trouvent ici emboîtées : des rapports hiérarchiques entre les classes et une tutelle des représentants professionnels sur les citoyens représentés.

Le sort réservé à Philippe Poutou nous introduit au cœur de nos problèmes politiques : ce qui fait que nous ne vivons pas réellement dans des démocraties, ni même dans des démocraties représentatives, mais dans ce que le philosophe Jacques Rancière nomme des "Etats de droit oligarchiques" ou ce que nous pourrions appeler des régimes représentatifs professionnalisés. Dans ce cadre, "le peuple", sous sa double forme sociologique (les "classes populaires") et politique (les citoyens), est à la fois porté au pinacle rhétoriquement et méprisé pratiquement.

Dans cette restriction de classe et de caste de l'aire du politiquement bien-pensant, la gauche de la gauche n'est malheureusement pas en reste. Certes, les quelques critiques publiques les plus vives de la campagne de Philippe Poutou sont seulement issues, dans une logique kamikaze, des rangs du NPA lui-même. Toutefois la dévalorisation sociale de cette candidature atypique gangrène, bien au-delà, les cadres dirigeants de la plupart des secteurs de la gauche radicale. Mais cela se produit plus insidieusement, dans des échanges "off" et sur Internet, où s'exprime alors sans complexes une ironie acerbe à l'égard du "prolo", voire du "plouc qui ne sait pas bien parler". Même ceux qui n'hésitent pas à se la jouer "chefs de la lutte des classes" peuvent se retrouver du mauvais côté : celui des stéréotypes dominants ! On voit ainsi des adeptes de la "révolution citoyenne" fétichiser jour après jour un nouvel "homme providentiel" et des militants proclamant leur attachement à la cause d'un "prolétariat" abstrait se retourner contre un ouvrier concret qui ose être candidat…

La plupart de ces Importants des gauches "critiques" nous expliquent d'ailleurs que, pour se lancer dans la course présidentielle, il faudrait avoir effectué un long parcours de dirigeant politique. Saisissent-ils qu'ils reprennent ainsi à leur compte les arguments de ceux qui font de la politique une affaire de spécialistes, contre les aspirations des Indignés de la planète ? Pas sûr. Et le mépris social sous-jacent est euphémisé à travers l'accusation floue et supposée infamante d'"ouvriérisme". Ils nous parlent depuis des années d'"émancipation des opprimés" et n'ont toujours pas compris qu'ils font pleinement partie des obstacles auxquels ils prétendent s'opposer. Pour ces chevaliers Jedi de l'anti-libéralisme et de l'anti-capitalisme aussi, comme George Lucas en a eu l'intuition géniale pour les personnages de Star Wars"le côté obscur de la force" est bien une possibilité qui les travaille de l'intérieur !

Malgré cette schizophrénie et les embûches de toutes sortes, on peut continuer à espérer qu'il se trouvera suffisamment d'élus attachés aux idéaux démocratiques et pluralistes pour permettre à Philippe Poutou de bénéficier des cinq cent parrainages requis. La sagesse populaire d'un Peter Falk dans Columbo, finissant toujours par damer le pion aux riches arrogants, pourrait alors utilement épauler la critique du capitalisme d'un Karl Marx. Nous avons besoin d'une telle candidature, hérétique parce que paradoxalement celle d'un homme ordinaire, en rupture avec la creuse agitation politicienne (stimulée par le non-événement de la deuxième campagne de Nicolas Sarkozy) et avec l'insipide conformisme (alimenté par l'absence débordante d'imagination de François Hollande) propres à cette présidentielle 2012.


Philippe Corcuff et Lilian Mathieu sont directeurs de la collection "Petite Encyclopédie Critique" des éditions Textuel qui publie le 7 mars 2012 Un ouvrier, c'est là pour fermer sa gueule ! de Philippe Poutou.

 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 20:51

 

Marianne - Rédigé par J-C Slovar le Mardi 28 Février 2012 à 19:28

 

« Trop, c'est trop », c'est le cri de ralliement des syndicats de salariés adhérents à la Confédération européenne des syndicats face aux possibles futures mesures d'austérité qui se profilent les 1 et 2 mars lors du prochain sommet européen.

 

Trop c'est trop ! : Manifestations des syndicats européens contre l'austérité !

 

Lorsqu'on évoque l'Europe, on pense plus à la lourde mécanique libérale que représente la Commission et aux lobbies économiques qui imposent leurs règles à des millions de consommateurs, qu'aux syndicats de salariés. Et pourtant, ceux-ci sont représentés au niveau de l'union par la Confédération européenne des syndicats (CES )

Assez peu médiatisée, elle a été fondée en 1973, et représente 84 organisations syndicales dans 36 pays européens. En sont membres les syndicats français : CFDT, CFTC, CGT, FO et UNSA. Son objectif majeur est : « de promouvoir le modèle social européen et d’œuvrer au développement d’une Europe unifiée de paix et de stabilité au sein de laquelle les travailleurs et leur famille peuvent pleinement profiter des droits humains et civils et de hauts niveaux de vie (...) »

C'est au titre de cet objectif que la Confédération européenne des syndicats a lancé pour demain une journée d'action européenne pour l'emploi et la justice sociale. En effet, ses membres craignent à juste titre que le prochain sommet européen qui se tiendra les 1er et 2 mars prochains n'aboutissent à des mesures d'austérité encore plus dures que celles déja en place et qui toucheraient une fois de plus les salariés.

 

 

 

Ils appellent donc à des manifestations, des prises de parole et des débrayages le 29 février dans les 27 pays de l'Union.

Quelles sont leurs arguments ?

« Les effets de la crise financière, économique et sociale ont atteint des niveaux insoutenables dans plusieurs pays. Face à l’extrême gravité de la situation, les dirigeants européens placent la course à l’austérité comme la réponse prioritaire. La crise sert de prétexte tout trouvé pour attaquer le modèle social européen, justifier les coupes sur les salaires et dans les services publics, affaiblir la protection sociale, hyperflexibiliser le marché du travail et porter atteinte aux droits syndicaux. Ainsi, au moment où le sommet européen doit adopter un traité enfonçant durablement l’Europe dans la récession et la précarité, les syndicats européens affirment que « trop c’est trop » et replacent les priorités de l’emploi, de la relance, de la justice sociale et de la solidarité au cœur des débats. Tous les pays de l’UE (et au-delà) participeront à la journée d’action européenne de la CES au travers de manifestations, de rassemblements, d’arrêts de travail ou encore d’informations aux travailleurs dans les entreprises et les administrations. Ces actions, couvertes par des campagnes médiatiques, seront décentralisées et menées aux niveaux national, régional et transfrontalier (...) »

Que se passera t-il en France ?

L'intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires) prévoit environ 160 rassemblements et manifestations interprofessionnelles à travers le pays

Cette journée de mobilisation ne se limitera pas à la fonction publique comme certains aimeraient le faire croire, puisque des salariés des entreprises privées comme la SNECMA, Alsthom, Renault, PSA, Dassault, BIGARD, PERRIER, VITTEL CONTREX, VOLVIC, HARIBO, KRAFT LU, NESTLE GRAND FROID, TROPICANA, YOPLAIT, BEL, HOLDER, LESAFFRE, ... se joindront aux défilés.

A noter qu'en Lorraine : « (...) un rassemblement sera organisé avec les syndicats belges de la CSC et du FGTB avec le syndicat luxembourgeois OGBL et une délégation CGT et CFDT (...) une conférence de presse unitaire à la « Brème d’Or » à Sarrebruck, à la frontière franco-allemande, sera organisée par le DGB, la CGT et la CFDT (...) »

A Strasbourg : « la CGT et le syndicat allemand DGB distribueront des tracts aux automobilistes sur le pont de l’Europe (...) Le DGB participera à la manifestation (...) »

En Rhône-Alpes : « (...) Les syndicats italiens CGIL, CISL, UIL du Piémont et du Val d’Aoste et une délégation CGT et CFDT Rhône-Alpes organiseront lors de ce rassemblement, une prise de parole, une distribution de tract, une conférence de presse (...) »

En Languedoc-Roussillon : « une délégation CGT de l’UD 66 participera à la manifestation européenne de Barcelone. En retour, une délégation des syndicats espagnols UGT et CCOO participeront à la manifestation unitaire de Montpellier »

Ces manifestations nationales et communes sont-elles un prélude à des actions ciblant des entreprises multinationales utilisant le dumping social et réclamant aux gouvernements des pays de l'Union toujours plus : de déréglementation du travail, de diminution des droits des privés d’emploi et de remise en cause des règles d’indemnisation du chômage ?

L'avenir ... proche nous le dira !

 

*Note perso : A NIMES CE 29 FEVRIER  A 14H30 DEVANT LA MAISON CARREE

 

Carte des lieux de rassemblement en France*

(pour y accéder, appuyer sur la touche "Ctrl" de votre clavier + cliquer gauche sur le lien de la carte ci-dessus*)

 

 

Crédit photo
FlickR CC - Saigneur

 




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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 20:43

Marches populaires Paris 2012

 

http://www.marche-paris-2012.com/

Départ: lundi 5 mars 2012, 10h, Place des Basques

En cette année électorale le peuple français est appelé aux urnes pour choisir son futur président.
Face à la crise économique, sociale, démocratique et écologique sans précédent que traverse notre société, il est vital pour l’épanouissement de sa population de la réformer radicalement.
Enfermée et corrompue par ses privilèges, soumise à l’inf luence des intérêts de l’argent, la classe politique qui se présente devant les électeurs est incapable d’entreprendre  ces changements.
Nous citoyens, révoltés et engagés, ne nous sentons plus représentés par ces dirigeants et n’acceptons plus les décisions qui nous sont imposés.
Nous appelons à l’insurrection pacifique et à la convergence de toutes les luttes afin de nous réinventer un destin commun.
Nous sommes tous collectivement responsable de l’état de notre société et c’est collectivement que nous devons y répondre. Pour cela nous entendons ouvrir un grand débat et lancer un processus Constituant qui définira le modèle d’une nouvelle société que nous espérons.
C’est dans l’union et le rassemblement de toutes les luttes qu e nous construirons et trouverons ensemble les moyens de réaliser ce projet.
Dans ce but nous participerons aux marches qui partiront des quatre coins de France afin de se réunir à Paris avant les élections. Elles seront l’occasion de réunir, rassembler, communiquer autour d’assemblées populaires thématiques sur les problématiques et alternatives locales et globales, d’appuyer des actions de désobéissance civile au moment du passage de la marche.La marche qui partira de Bayonne défendra la souveraineté populaire et proposera une liste de propositions concrètes appuyée par des rapports et des mesures faites par la société civile.
Enfin nous serons tous présents le 1 mai pour la fête de la lutte des travailleurs qui devra marquer le départ d un grand soulèvement populaire du peuple français.
Nous appelons toutes les associations, mouvements, syndicats et individus à venir nous rencontrer sur ces marches, à mettre en commun nos espérances, nos exigences et à participer à ce nouveau printemps des peuples qui arrive…Marche Baiona
Marches populaires Paris 2012
www.marche-paris-2012.com

Contact: marchebaiona2012@gmail.com

-    Adrien : 07 61 62 17 44
-    Yannick : 06 43 34 90 03

Itinéraire *

1. Lundi  5 mars: Bayonne – Communauté Emmaüs Tarnos 7 km
10h : départ de la marche, Place des Basques.
2. Mardi 6: Communauté Emmaüs Tarnos – Saint Vincent de Tyrosse 22km
3. Mercredi 7: Tyrosse – Magescq 18km
4. Jeudi 8: Magescq – Castets 14km
5. Vendredi 9: Castets – Saint-Julien-en- Born ou Mezos ??? 24km
6. Samedi 10: Saint-Julien-en-Born – Pontenx-Les-Forges 20km
7. Dimanche 11: Pontenx-Les-Forges – Parentis 15km
Co-voiturage pour Bordeaux pour participer à l’action « Tchernobyl, Fukushima, ça suffit : nucléaire dégage»
8. Lundi 12: Parentis – Sanguinet/Sillac 15 km (+8 jusqu’à Sillac)
9. Mardi 13: Sillac – Salles 13km
10. Mercredi 14: Salles – Le Barp 12km
11. Jeudi 15: Le Barp – Cestas 17km
12. Vendredi 16: Cestas – Talence Université Bordeaux 3 – 11km
13. Samedi 17: Talence Université Bordeaux 3 – Bordeaux 6km

19. Vendredi 23: Arrivée Saintes 20km
20. Samedi 24: Saintes

Vendredi 30 mars: Arrivée Poitiers
Samedi 31 mars: Poitiers

Jeudi 5 avril: Arrivée Tours
Vendredi 6: Tours

Jeudi 12 avril: Orléans
Vendredi 13 : Orléans

Samedi 21 avril: Arrivée Paris

(*) sous réserve de modification.

Rappel agenda international:

- 1er mai: participation massive aux manifestations, dont celle de Paris.

- 12 mai: global day = rassemblements, campements et occupations partout dans le monde.

- 15 mai: Appel à la grève générale: grève des salariés, des consommateurs, des chômeurs, etc…

 

http://acampadabaiona.com/

 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 20:37
| Par La rédaction de Mediapart

Lire aussi

Par Claire Le Nestour.


« Les malades des pesticides existent, j'en suis la preuve », était-il écrit sur leur T-shirt. Une quinzaine d'exploitants agricoles et leurs familles ont fait irruption au salon de l'agriculture, lundi 27 février. Sur le stand de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP), considéré comme le lobby des pesticides, Paul François, président de l'association phyto-victimes s'est exprimé au nom de tous. « Nous voulons montrer au monde de l'agriculture que les pesticides ont fait et font encore des ravages dans la population agricole. » Le céréalier charentais est devenu l'emblème d'un combat.



Paul François 
Paul François© Olivier Picard - Générations Futures

Lundi 13 février, tous les journaux ont loué sa victoire face au géant américain des produits phytosanitaires. Le 27 avril 2004, l’agriculteur avait reçu au visage des vapeurs de Lasso, un puissant désherbant de Monsanto, en ouvrant la cuve d'un pulvérisateur. Maux de tête tenaces et fatigues chroniques, l'agriculteur est aujourd’hui invalide à 50 %. Monsanto a été condamné. Mais pour un Paul François médiatisé, combien de victimes silencieuses ?

La France est championne d'Europe d'utilisation de pesticides et troisième consommateur mondial après l'Inde et les Etats-Unis. Selon une étude de juin 2007, les agriculteurs exposés aux pesticides auraient deux fois plus de chance de développer une tumeur cérébrale. Au centre d’immunologie de Marseille Luminy, Bertrand Nadel et Sandrine Roulland ont découvert que les agriculteurs exposés aux phytosanitaires développent 100 à 1 000 fois plus de cellules anormales, qui peuvent se transformer en cancer du sang. Les expositions professionnelles peuvent également être impliquées dans plusieurs hémopathies malignes, d’après les recherches de l’équipe de Jacqueline Clavel.

Pourtant, entre 2002 et 2010, seuls 38 agriculteurs ont été reconnus professionnellement malades à cause des produits phytosanitaires. D'autres sont parvenus à faire reconnaître leur pathologie sans établir de lien direct avec les pesticides. Ils figurent parmi les 1 363 “maladies professionnelles de nature allergique” reconnues sur la même période par la Mutualité sociale agricole. Pourquoi si peu de malades des pesticides sont reconnus par l’organisme de protection sociale des salariés et exploitants agricoles ? Il y a d’une part la rigidité de la procédure et de l’autre l’omerta des agriculteurs dans un milieu où lier santé et pesticides est un péché.

« La MSA n'a rien voulu entendre »

« Je mettais des protections pour manipuler les produits mais pas pour traiter. Dans une cabine de tracteur, on ne peut pas travailler toute une journée avec un masque. » Gilbert Vendée a fait « au mieux ». Mais en 1998, ce salarié agricole a inhalé du Gaucho, un insecticide partiellement interdit depuis 2004. « J'ai vomi toute la soirée. Le médecin a établi un certificat et m'a dit : "Si un jour vous avez des complications, il faudra présenter cette attestation." »

Les complications sont arrivées en 2002 : Gilbert Vendée a été diagnostiqué atteint de la maladie de Parkinson. Quand il a frappé à la porte de sa Mutualité sociale agricole, « ils n'ont rien voulu entendre parce que la maladie de Parkinson n'était pas inscrite dans le tableau des maladies professionnelles ». Ce tableau synthétise les critères à remplir pour qu'une pathologie soit reconnue au titre de la maladie professionnelle.

Il ne restait que deux solutions : le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) dont la mission est de démontrer le lien de causalité entre la pathologie et l'activité professionnelle ou le tribunal des affaires de sécurité sociale. « Le CRRMP a refusé ma demande alors j'ai été en justice. » La maladie de Gilbert a été reconnue professionnelle en octobre 2005. « Les institutions savaient que la première qui reconnaîtrait la maladie de Parkinson allait ouvrir la voie à d’autres plaintes d'agriculteurs. J’ai été le premier parkinsonien reconnu malade professionnel à cause des pesticides. »

 

 Gilbert Vendée témoigne.© Générations Futures

Depuis, des années ont passé : selon des experts médicaux, la maladie de Parkinson devrait être intégrée au tableau des maladies professionnelles avant l’été. Pris à parti au salon de l'agriculture, le ministre Bruno Le Maire s'est engagé à demander sa révision.

Prévention et « effets d'annonce »

« Les tableaux ne sont pas décidés par la MSA. Ils sont fixés par décrets », explique le docteur Christine Hermouet, médecin conseil à la Mutualité sociale agricole. « Notre axe de travail aujourd'hui, c'est la prévention », ajoute-elle. En 1991, la MSA a lancé le dispositif Phyt'attitude, un réseau de toxicovigilance qui incite les agriculteurs à signaler leurs intoxications aux phytosanitaires.

« Je ne sais pas quels moyens ils mettent pour ce programme, mais personne ne le connaît »soutient Nadine Lauverjat du mouvement Générations futures. L'association se bat depuis 1996 pour dénoncer les conséquences négatives de l'agriculture intensive. Dans sa ligne de mire : l'étude AGRICAN – pour AGRIculture et CANcer – en partie financée par la MSA. Elle suit une cohorte de 180 000 assurés agricoles de 2005 à 2020. Ses premiers résultats, présentés le 16 septembre dernier à Tours, ont surpris « La santé des salariés et des exploitants agricoles est meilleure que celle du reste de la population française. » Ainsi, selon les chercheurs d’AGRICAN, la mortalité par cancer dans le milieu agricole est 27 % inférieure chez les hommes et 19 % chez les femmes par rapport à la population générale.

« Un effet d'annonce »pour François Veillerette, de Générations futures. « Les experts essaient d'embrouiller l'opinion publique avant de donner leur conclusion générale. Ils n'ont révélé que les chiffres de la mortalité, pas ceux de la morbidité. Dans la cohorte, 52 % des agriculteurs ne sont pas en contact avec les phytosanitaires, ce qui n'est pas représentatif de la situation française. » Pour lui, cette étude participe de la désinformation sur les risques sanitaires des pesticides, y compris au sein du corps médical.

« Je connais beaucoup de médecins qui n'admettent pas que les produits phytosanitaires causent des maladies », se souvient Dominique Marchal. Agriculteur en Meurthe-et-Moselle, il avait 45 ans quand on lui a diagnostiqué une leucémie. Il en avait 49 quand le tribunal des affaires de sécurité sociale a reconnu sa maladie professionnelle. « J'ai demandé à la MSA de réexaminer mon dossier plusieurs fois. Ils ont toujours refusé, car ma pathologie ne pouvait être causée que par le benzène. Le benzène n’apparaissait pas sur les étiquettes des produits que j'utilisais. » La femme de Dominique Marchal a fait expertiser une quinzaine de phytosanitaires achetés par son mari : la moitié d'entre eux contenaient effectivement du benzène. Le tribunal a reconnu la maladie de Dominique.

Fatigué mais « pas suffisamment pour justifier un arrêt maladie », Dominique Marchal travaille encore mais ne manipule plus les pesticides. « Régulièrement, des agriculteurs m'appellent pour me demander des conseils. L'un d'eux a juste eu le temps de m'annoncer que sa maladie avait été reconnue. Et il est mort. » Il milite avec Gilbert Vendée pour lever le tabou au sein de la profession. « Si on parle peu des conséquences sanitaires des pesticides, ce n'est pas uniquement de la faute de la MSA et des médecins. Les agriculteurs aussi sont responsables. »

Entre solitude et culpabilité

Quand le téléphone sonne à la permanence de Phyto-victimes, ce sont souvent des proches d’agriculteurs qui appellent. « Je parle avec des épouses, des enfants ou des amis d’exploitants. Il est assez rare que les agriculteurs fassent le premier pas », explique Guillaume Petit, chargé de mission. Dominique Marchal l’admet : sans la persévérance de sa femme, il n’aurait jamais été jusqu’au tribunal. 

Dominique Marchal témoigne.© Générations Futures

Même avec la création de Phyto-victimes, en mars 2011, le mouvement peine à se structurer. Contrairement à l'amiante, les lieux de contamination ne sont pas définis : les victimes sont dispersées sur le territoire. Il est également difficile d'incriminer les firmes vu le nombre de pesticides utilisés conjointement sur les exploitations.

Dominique Marchal et Gilbert Vendée ont accepté de temoigner dans des films diffusés sur internet. « J’ai passé des nuits à faire mon dossier pour le tribunal, se souvient Gilbert. Moi ou un autre, il fallait que quelqu’un le fasse pour les parkinsoniens. J’ai un devoir de prévenir. » Mais prendre la parole à visage découvert n’est pas facile. La culpabilité s’ajoute à la solitude. « Admettre qu’on s’est rendu malade en polluant, c’est aussi sous-entendre qu’on a pu contaminer des proches », selon Nadine Lauverjat.

« Un agriculteur, ça ne se plaint pas de sa santé »

Gilbert et Dominique appartiennent à la même génération, « une génération qui a traité ses champs sans faire attention », disent-ils. « Il y avait bien des étiquettes sur les produits mais elles étaient incompréhensibles. » Depuis, il y a eu une évolution. Les avancées scientifiques ont souligné la dangerosité des pesticides, les chambres d’agriculture et la MSA se sont saisies du problème. Le plan Ecophyto adopté au Grenelle de l’environnement vise à réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici à 2018. Enfin, des films comme Notre poison quotidien de Marie-Monique Robin ou Nos enfants nous accuseront de Jean-Paul Jaud ont contribué à médiatiser l’issue. 

Pourtant, lundi, c’était la première fois que des agriculteurs malades des pesticides prenaient la parole au salon de l’agriculture. Ils y sont restés la journée pour « briser l’omerta de la profession »

« Quand je suis allé au tribunal, on était regardés avec de gros yeux, se souvient Dominique Marchal. Les agriculteurs sont dans un système, on ne peut pas revirer de bord du jour au lendemain et se mettre à faire du bio. » Gilbert aussi a ressenti la gêne de ses confrères lorsqu’il a décidé de parler de ses problèmes de santé. « On ne me l’a pas reproché clairement mais on m’a fait sentir que j’allais détruire le système. Sans pesticide, les agriculteurs perdent leur gagne-pain. Tant qu’ils sont en bonne santé, ils préfèrent rester dans l’indifférence parce qu’ils ont besoin de ces produits. » Trop malade pour continuer à travailler, Gilbert s’est éloigné du milieu agricole.

Malgré sa chimiothérapie, Dominique Marchal continue à travailler. « Physiquement, ce n’est pas toujours facile. » Moralement non plus, notamment au sein de la FNSEA, le syndicat qu’il n’a pas souhaité quitter. « Les mentalités évolueront »soupire-t-il. Alors que la victoire de Paul François face à Monsanto faisait grand bruit, le syndicat majoritaire dans la profession est resté silencieux, outré que les agriculteurs soient encore associés aux pollueurs. « Je n’ai pas reçu de soutien de mes confrères, soutient Dominique Marchal. L’agriculture est un métier physique. On ne s’apitoie pas sur notre sort, c’est dans notre mentalité. Pour être soutenu, il faudrait peut-être que je sois plus malade. »

 


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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 20:32
Marianne - Mardi 28 Février 2012 à 15:00

 

Greek Crisis
Historien et ethnologue, ancien correspondant en France pour la revue grecque Nemecis, Panagiotis... En savoir plus sur cet auteur

 

En ce « lundi pur », jour férié en Grèce, on ne sait plus si on assiste à un carnaval festif ou à un carnaval politique. Les Grecs ont les poches vides, alors les célébrations traditionnelles laissent place aux revendications politiques. Drôle de façon de fêter l'entrée dans le carême, mais le jeûne a peut-être déjà commencé...

 

Au fil des mois, le Mémorandum impose sa nouvelle temporalité. Implacable. Sa main, désormais si visible, transforme nos habitudes et nos gestes à jamais. Ce n'est pas seulement notre vie dite encore active qui se transforme. C’est aussi le temps libre révolu, et ses coupures supposées festives. On avait déjà pu voir ça à Noël. Une période si lointaine maintenant ; car nous avons aussi le sentiment que notre existence événementielle s'accélère souvent sans nous prévenir. D'où l'impression d'une exclusion supplémentaire. Car perdre ses repères dans le temps n'aide pas à s'organiser paraît-il.

Purification

Le week-end dernier fut également long et significatif de la nouvelle temporalité. Hier lundi, appelé aussi « lundi pur » [Kathari deftera], jour férié en Grèce, on marque le début du grand carême orthodoxe. Autrement dit, la préparation à une période de jeûne qui durera 40 jours et se prolongera le temps de la Semaine sainte.
 
Comme son nom l'indique, il s'agissait traditionnellement d'un moment de purification. Ainsi, à cette date, les femmes lavaient les maisons pour les purifier de toute souillure. Dans les villages, les églises et les habitations étaient repeintes à la chaux. Une purification en somme des corps et des esprits, après avoir festoyé pendant toute la période du carnaval.
 
Ce lundi pur était l'occasion d'un déjeuner composé de plats traditionnels, excluant toute viande. Partout dans le pays s'organisaient alors des banquets et des pique-niques au cours desquels on dégustait une sorte de pain traditionnel sans levain. Tandis que parents et enfants faisaient voler des cerfs-volants multicolores. Voilà pour le vieux cadre désuet.
 
Depuis des années déjà, comme pour le reste des coupures calendaires, le « lundi pur » s'est transformé en l’opportunité d’avoir un long week-end. Le premier du beau temps, bien qu’encore précaire. Nos couches moyennes avaient alors acquis l'habitude de prendre d'assaut les hôtels et les tavernes et de purifier ainsi leur porte monnaie, finalement pas si résistant qu'il n'y paraît !
 
De la tradition, nous avions gardé la partie la mieux arrangeante avec la modernité de l'ostentatoire ; à savoir les banquets, mais en taverne, le carnaval du dimanche et les cerfs-volants, si appréciés des enfants.

Précarité du temps

Et nous voilà en 2012 rattrapés par la nouvelle précarité du temps. Me rendant dans une partie du Péloponnèse chez des alliés - comme on dit en terminologie de la parenté, j'ai remarqué qu’il y avait moins de monde sur les routes. Et surtout, toujours la même proportion grandissante de grosses cylindrés, et pas seulement sur la file de gauche. La classe encore aisée voyage, certes, mais moins loin, moins cher et moins vite.
 
Au même moment, certaines municipalités ou associations offraient des repas festifs. Le succès fut énorme, comme à Salonique, pendant la distribution d'une chaude assiette de soupe aux haricots blancs.

Festivités politiques

Sans oublier l'hostilité rencontrée par les politiciens mémorandistes à chaque fois qu'ils se montrent publiquement. La toute dernière tonalité de notre Zeitgeist fut l'agression commise par un retraité sur le député PASOK (P.S. grec) Giorgos Dolios durant le carnaval à Feres, en Thrace. Pour la force des symbolismes, le reportage retiendra que le vieillard a frappé le député usant... ses béquilles et devant les cameras. Plus au sud, au légendaire carnaval de Patras, déjà moins fréquenté, les indignés ont pris la tête du cortège derrière une grande banderole : « Résistance  du peuple ».
 
Également à Patras et selon une autre banderole : « les porteurs de cloches de la ville martyre de Distomo, ainsi que de toutes les villes d'Europe qui ont connu le massacre par les Allemands nazis, nous faisons sonner nos cloches sur le sang de leurs victimes pour ainsi réveiller ceux qui parmi leurs descendants demeurent encore non repentants ». Du jamais vu jusque à présent à travers nos festivités carnavalesques.
 
Notre dérision devient grave. Et ce n'est pas parce que la presse populaire ou populiste caricature - supposons avec exagération - le personnel politique de l'Allemagne actuelle que les représentations collectives deviennent alors suivistes. Non, le sentiment anti-allemand semble de plus en plus radical en Grèce.

Du carnaval au carême

Pour le reste aussi l'expression festive se transforme. Ainsi, les discussions, entre ceux qui peuvent encore se permettre une escapade, sont prisonnières d’un économisme d'urgence, encore plus néfaste et tout aussi triste que le reste.
 
« - Je ne comprends plus ; ma collègue Niki, enceinte, sera licenciée, si son patron le souhaite, aussitôt qu’elle sera de retour au travail. Il n'y a plus de période protectrice. Ce n'est pas possible, ce n'est pas juste. Bien que mauvais, le Mémorendum II comporte tout de même certaines limites... 
- Non ma chère, effectivement il faut que tu le comprennes, les limites c'est au mieux la Bulgarie et au pire la Chine, en plus en payant le café plus cher à Nauplie qu'à Berlin ».
 
Les deux amies, autour d'une table voisine, ont discuté plus d'une heure. Leurs compagnons sont alors intervenus dans la discussion pour rappeler que la souveraineté est dissoute : ainsi, il devient désormais inutile de se lamenter ou de s'illusionner sur telle ou telle « injustice ». La collègue de Niki ne voulait plus croire mais elle en était déjà à ses derniers retranchements.
 
« Nous avons trente ans et c'est fichu alors que faire ? Quitter le pays... Je travaille déjà pour six cent euros par mois, vous le savez bien, mes parents ont donné de l'argent pour que je parte durant ce week-end, car nous en avions tous si besoin... J'en ai assez... Levons-nous faire un tour avant la pluie ».
 
Aussitôt les deux couples partis, trois femmes âgées ont pris la table et la relève.
 
« - Je n'accepte pas que mon fils, diplômé d’un master, travaille pour sept cent euros par mois lui aussi… On tourne en rond non ? 
- Tu l’accepteras Lina. Notre temps est mort. T'as pris ta retraite à 55 ans, mille six cent euros et tu ne touches que mille deux cent actuellement, c'était bien le carnaval avant et depuis... c'est le carême permanent qui nous attend.
- Laisse tomber, j'assure aussi mon fils et sa copine, ils sont au chômage comme tu sais ».
 
Les visages crispés d'incertitude. Comme à Nauplie, où les cafés étaient pleins mais les boutiques restaient sans clients. Ville historique, seconde capitale de l'État grec libre (1828-1834) après Égine, dont le port est gardé par une forteresse. La nuit, les lumières ont disparu. Manque de moyens ?
 
En tous cas, le carnaval rappelait les années de l'avant Mémorandum car les autorités locales ont certainement gratté les fonds de tiroir pour un feu d'artifice relativement bref mais correct. Avant d’à nouveau subir la pluie et la neige, il a fait beau et chaud, permettant la baignade aux connaisseurs qui savouraient comme si de rien n'était : « Tiens vas-y Antonis tu peux entrer, elle est superbe » Et elle l'était effectivement notre mer à douze degrés Celsius. Sur la plage, des touristes venus d'Asie photographiaient les galets avec insistance tandis que les chats errants attendaient comme ils pouvaient l'ouverture des guinguettes. Mais cette saison 2012 tardera, je le sens.

Mascarade

De retour et sur l'autoroute il neigeait ou sinon c'était de la pluie fondue, mais toujours sans bouchons. Comme la circulation était pourtant assez dense, certains automobilistes inconscients roulaient sur la bande d'arrêt d'urgence. Voilà que la Troïka a pratiquement tout supprimé sauf une certaine inconscience. « Lundi pur » fut aussi un temps de tempête en mer Égée, le Super Ferry 2 en provenance d'Andros a mis plus de trois heures avant de pouvoir amarrer dans le port de Rafina à l'Est de l'agglomération athénienne par un vent de force 9.
 
En attendant, c'est durant le carnaval que la police a découvert une sorte de colis piégé dans le métro athénien. La charge était puissante « mais un mauvais branchement a empêché son explosion » selon les autorités. Une mystérieuse organisation a revendiqué l'acte, mais il n'y a jamais eu d'attentat dans les transports en commun en Grèce, alors carnaval ou encore une redoutable mascarade mémorandienne ?
 
Sur la ligne du métro, ce mardi matin tôt, les usagers visiblement moins nombreux commentaient cette nouveauté à leur manière : « C'est pour nous faire peur. Quel terrorisme ? Je n'y crois pas, ils veulent nous terroriser. Mais encore eux, les mêmes, les banquiers » dit un homme d’une cinquantaine d’années. « C'est possible... nous ne savons plus qui croire » répond une autre personne assise en face. Puis le silence. Temps de carême ?

Retrouvez Panagiotis Grigoriou sur son blog.

 

 

 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 20:24

 

Rue89 - Malbouffe 27/02/2012 à 18h02

Sophie Verney-Caillat | Journaliste

L'amendement sur la transparence dans la restauration, qui lève un tabou, est en train d'être torpillé par les syndicats de restaurateurs avec l'appui du gouvernement.

 

 


Un carpaccio de bœuf (A.Guzman/Flickr/CC)

 

Sur le papier, tout le monde est d'accord : « Les consommateurs ont droit à une information transparente », répète Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat en charge à la fois de l'Artisanat, du Commerce… et de la Consommation.

Aujourd'hui, seule la provenance des viandes est obligatoire : le client d'un restaurant n'a qu'à se fier à son petit doigt pour savoir si le hachis parmentier a été fabriqué dans les usines Davigel et simplement passé au micro-ondes ou si le restaurateur a acheté des pommes de terre, du bœuf, des oignons… et cuisiné la recette sur place.

Un amendement « tout simple »

Aucune loi n'interdit de se dire restaurateur sans rien connaître à la cuisine. Ce n'est plus le cas pour les boulangers : depuis 1998, celui qui ne pétrit pas sur place n'a droit qu'à l'appellation « dépôt de pain ». Aucune loi n'interdit non plus d'indiquer sur sa carte que la tarte aux pommes est «  maison  » alors qu'elle a été achetée chez Metro et fabriquée dans les usines Pasquier.

Le consommateur a droit à une foultitude d'infos sur les étiquettes des boîtes de conserve et de tout ce qu'il achète au supermarché, mais toutes ces étiquettes finissent dans la poubelle du restaurateur, qui n'a plus qu'à ajouter un brin de persil ou un filet de caramel pour donner l'impression que les plats sortent de ses fourneaux. C'est cette gigantesque «  arnaque  » que le restaurateur Xavier Denamur traque depuis des années.

Fernand Siré, député UMP et médecin, est issu d'une famille de restaurateurs. Le 4 octobre 2011, il a déposé un amendement dans le cadre d'une loi sur la consommation. L'élu nous raconte avoir voulu faire un « texte tout simple », le bon sens même :

« Que le consommateur sache si les plats sont élaborés sur place et si les produits sont frais. »

Il s'est ensuite rendu compte qu'« il ne faut pas rendre la carte trop complexe. Une avalanche d'infos pourraient dégoûter le consommateur ».

Pour Xavier Denamur, il y a moyen de faire simple :

« Les restaurateurs réalisant entièrement leurs plats dans leurs cuisines à base de produits bruts et frais pourraient revendiquer la mention “cuisine maison”. Les fromages, charcuteries, poissons fumés, pains, viennoiseries, les condiments, les glaces et les pâtes sortiraient du champ d'application. Une dérogation permettrait l'utilisation de poissons, viandes, crustacés congelés à condition que cela soit signalé. »

Il imagine un pictogramme pour le « fait maison » et un autre pour la « nourriture industrielle », ce qui veut dire que le plat peut contenir des additifs chimiques, des épaississants, des stabilisants, des colorants, des agents de sapidité. La liste de tous les ingrédients et ajouts devrait être à disposition des clients. Des précisions sur la provenance des produits (local, AOC, bio, poisson sauvage ou d'élevage) pourraient aussi être apposées.

L'attractivité de la France en jeu

Le consommateur aura-t-il encore envie de payer une douzaine d'euros un plat acheté 2 euros sous vide, congelé, ou en boîte  ? La réponse est dans la question.

Réalisant le cataclysme potentiel, le lobby de la profession s'est mis en marche, faisant valoir l'« attractivité de la France, la réputation de notre table », qu'il ne faudrait pas mettre en danger.

Quand l'amendement est arrivé à la Chambre haute, le sénateur PS ­Martial Bourquin a vu Frédéric Lefebvre prétexter un débat technique compliqué sur la liste des produits à exclure pour demander le retrait de l'amendement… qui a été malgré tout adopté au Sénat le 22 décembre. Avec une modification de taille : la transparence ne s'applique pas à tous, mais uniquement aux restaurateurs vertueux.

Les négociations sont en cours pour la deuxième lecture (qui n'a plus de chance d'intervenir d'ici l'élection présidentielle, vu l'encombrement au Parlement), et déjà, les restaurateurs tentent de bloquer le texte avec un nouvel argument : le label indiquant que la cuisine est faite sur place à partir de produits bruts existe déjà, il s'appelle « maître restaurateur ». Alors, pourquoi ajouter une loi  ?

Ils oublient de dire que seuls 1 700 restaurants ont ce label… sur 120 000 points de vente alimentaires. Le label, payant et autocontrôlé, n'a évidemment rien à voir avec une loi dont la répression des fraudes contrôlerait l'application. Les restaurateurs ont beau jurer qu'il y aura 7 500 labellisés en 2015, cela ne convainc qu'eux-mêmes.

« Un sushi ou un carpaccio, c'est forcément du congelé »

Roland Héguy, le président du principal syndicat patronal, l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), a tenté de nous expliquer comment il pouvait à la fois défendre la transparence et souhaiter qu'elle ne s'applique pas à tous. Cela donne, dans un grand bafouillage :

« Celui qui travaille bien doit être mis en avant et, par déduction, si rien n'est écrit et que les médias font leur travail, le client comprendra… Les gens qui déjeunent en vingt minutes, ça ne les dérange pas que la nourriture soit réchauffée. Et, quand c'est surgelé, ça doit se voir et être moins cher… »

A cours d'arguments, il me demande de ne pas écrire pour autant qu'il défend la restauration industrielle. Et Didier Chenet, son homologue du syndicat minoritaire Synhorcat, de préciser :

« Si on dit ça, c'est frais, ça sous-entend que le reste ne l'est pas, et donc n'est pas de qualité. Or, un sushi ou un carpaccio, en raison des normes d'hygiène, c'est forcément du congelé. »

 

 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 20:18

 

Polémique 28/02/2012 à 12h11

Marie Kostrz | Journaliste Rue89

Les organisateurs crient à la « censure », le président de l'université à la « manipulation d'opinion » : depuis une semaine, l'université Paris-VIII s'étripe autour de l'organisation d'un colloque intitulé « Israël, Etat d'apartheid ? »

La rencontre, qui devait se dérouler les 27 et 28 février au sein de l'établissement, a finalement lieu à la Bourse du travail de Saint-Denis. Et pour cause : Pascal Binczak, président de l'université, a fermé l'établissement jusqu'au 29 février. Sur le site de Paris-VIII, les étudiants peuvent prendre connaissance de la raison qui l'a amené à prendre une telle décision :

« Le collectif Palestine a annoncé sa décision de maintenir à Paris-VIII le “colloque” des 27 et 28 février et appelle à un rassemblement massif au sein de l'université ce lundi 27 février, en violation de la décision prise le 17 février par le président de l'université et en violation de la décision de justice rendue par le tribunal administratif de Montreuil, le 24 février. »

Un colloque annulé à la dernière minute

La semaine précédente, Pascal Binczak était revenu sur sa décision d'autoriser la tenue de la rencontre universitaire. Pour la première fois, elle avait été programmée dans le cadre du Printemps Palestine, un cycle de conférences et d'expositions culturelles organisé depuis quatre ans au sein de l'établissement.

Céline Lebrun est membre du Collectif Palestine de Paris-VIII, association organisatrice. Vivement opposée à la décision du président, elle explique que le but était de « se placer sur le terrain universitaire afin d'aborder posément les questions sensibles du conflit israélo-palestinien ». Sans nier pour autant la dimension militante de l'événement.

L'interdiction du colloque a déclenché le courroux de son association :

« Pourquoi nous interdire cette rencontre alors que dès le début du mois, une autorisation et une subvention nous ont été accordées ? »

Une nouvelle victime de la pression du Crif ?

Une pétition contre l'interdiction du colloque a circulé au sein du monde universitaire, plus de 500 signatures ont été récoltées. Jean-Guy Greilsamer, vice-président de l'Union juive française pour la paix (UJFP), organisation participante de la rencontre, dénonce :

« Si le président se rétracte, c'est qu'il a cédé aux pressions du Crif et du Bureau national de vigilance contre antisémitisme (BNVCA) qui a menacé de porter plainte si le colloque n'était pas annulé. Encore une fois, il y a eu confusion entre antisionisme et antisémitisme, ce qui est regrettable. »

L'accusation fait bondir Pascal Binczak. Il assure avoir pris la décision d'interdire la rencontre puis de fermer la faculté car les conditions d'un vrai colloque universitaire n'étaient pas remplies. Joint par Rue89, il rappelle :

« L'intitulé original du colloque devait être “Apartheid, un concept pertinent pour l'analyse de la question palestinienne ? ”. Je me suis rendu compte une semaine avant le colloque qu'il avait été sensiblement modifié. Stéphane Hessel et Elias Sanbar, qui avaient été annoncés, ne sont pas présents non plus. Il n'est pas mené par une équipe de chercheurs, il n'y a que deux doctorants. »

L'absence d'un débat contradictoire ?

Pour lui, il ne fait aucun doute que la pluralité des points de vue, condition première d'un colloque universitaire, n'est pas respectée. Sur le programme [PDF], il est vrai que la plupart des invités annoncés défendent la campagne BDS de boycott des produits israéliens ou des échanges universitaires avec l'Etat hébreu.

Il n'est pas le seul à être sceptique quant à la nature de l'événement. Valérie Pouzol délivre à Paris-VIII un cours sur l'histoire du conflit israélo-palestinien. Elle regrette aussi la tonalité militante de la rencontre :

« Aborder la question du boycott et celle de l'apartheid pour Israël est important car c'est un mot employé aujourd'hui par certains chercheurs dans les études post-coloniales, mais il faut dans ce cas un débat contradictoire. Or, ce n'est pas vraiment le cas pour cette rencontre. »

Dans un courrier envoyé au Collectif Palestine le 17 février et où il explique sa décision, le président précise cependant :

« Je propose toutefois que nous puissions envisager ensemble la mise à disposition ultérieure de locaux au sein de l'université en vue de la tenue d`une journée d'études permettant un débat public et contradictoire, dans une perspective de pluralisme des opinions. »

Une « surréaction » de la direction...

Pour beaucoup d'universitaires, l'incident donne la désagréable sensation qu'il est impossible d'aborder certains aspects du conflit israélo-palestinien en toute liberté. Faux, d'après Valérie Pouzol. Des précautions doivent cependant être prises :

« On est en pleine “Israël Apartheid Week”, une semaine militante qui appelle clairement au boycott des produits israéliens. Il faut faire attention, lorsqu'on organise un colloque sur cette question, à ne pas s'inscrire dans une temporalité qui soit celle du militantisme car de la passion s'introduit forcément. »

Pierre Gervais, maître de conférence en histoire à Paris-VIII, est lui très opposé à la fermeture de l'établissement. Il est « intimement persuadé que l'interdiction du colloque est un coup donné à la liberté d'expression de la communauté universitaire » :

« Même si c'est une rencontre engagée, elle n'est pas non plus antisémite, il y a eu surréaction de la part de la direction. »

... en fin de mandat

Il regrette qu'un plus grand dialogue n'ait pas été engagé avec les étudiants. Selon lui, d'autres éléments sont aussi importants à prendre en compte :

« La direction est en fin de mandat, l'élection du nouveau président aura lieu en mai. Ce n'est pas une période très propice à l'ouverture car la direction actuelle n'a plus grand-chose à perdre. »

Résultat, depuis ce week-end, professeurs, doctorants et direction se livrent un duel pimenté par tribunes interposées sur Le Monde.fr. Avec deux autres collègues, Michèle Riot-Sarcey, professeure d'histoire contemporaine à Paris-VIII, a rédigé la dernière publiée : « Pourquoi nous refusons de signer la pétition [en soutien aux organisateurs] ».

Contactée par Rue89, l'historienne se décrit comme « engagée, antisionniste mais extrêmement vigilante contre l'antisémitisme ». Elle n'aurait pas interdit le colloque mais elle appelle tout de même à la prudence :

« Je connais les dérives, c'est ce qui a modifié mon attitude, par vigilance : en France, la dérive antisémite et les glissements entre antisionisme et antisémitisme sont réels. »

Dans le passé, des événements antisémites

Nombreux sont les professeurs qui évoquent le passé de Paris-VIII. En 1997, le révisionniste notoire Roger Garaudy avait été invité dans la faculté et en 2004, une exposition antisémite et qui faisait un parallèle entre Israël et les nazis avait dû être retirée d'un hall de l'université.

Sans faire de Paris-VIII, fac plutôt à gauche et ouverte, un établissement antisémite ni d'amalgame avec le Collectif Palestine, ils pensent que c'est une raison qui peut expliquer la fermeté du président.

La menace de troubles à l'ordre public est en effet bien réelle pour lui :

« N'oublions pas que nous sommes en Seine-Saint-Denis, dans une fac où il existe un corps militant qui a des liens très forts avec le monde arabe, mais aussi en présence d'étudiants très sourcilleux sur la question israélienne. »

Par peur d'un face-à-face et d'une déferlante de manifestants, il a préféré fermer l'établissement. Pour le moment, « tout s'est déroulé dans le calme », réplique le collectif.

 

 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 20:11

LEMONDE.FR avec AFP | 28.02.12 | 16h09   •  Mis à jour le 28.02.12 | 20h39

 
 

 

Image extraite d'une vidéo diffusée sur YouTube le 28 février, montrant la fumée s'élevant d'un quartier bombardé de Homs.

Image extraite d'une vidéo diffusée sur YouTube le 28 février, montrant la fumée s'élevant d'un quartier bombardé de Homs.AFP/-


Alors que le Conseil des droits de l'homme de l'ONU débat sur un projet de résolution pour la crise en Syrie, les violences se poursuivent mardi 28 février. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, quatorze personnes ont été tuées dans ce pays meurtri par une crise qui a fait "aux alentours de 8 000 morts" en onze mois, a confirmé le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, sur RTL. "On a franchi toutes les limites de la barbarie", a-t-il estimé.

Le bilan des victimes de la répression est "certainement bien supérieur à 7 500 morts", a déclaré de son côté Lynn Pascoe, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires politiques, qui a cependant admis que l'ONU ne pouvait "pas donner de chiffres précis".

Dans le centre du pays, Homs, bastion de la contestation, est toujours sous les bombes, pour le vingt-cinquième jour consécutif. "Les obus tombent et le monde regarde", a commenté un militant sur une vidéo montrant des bâtiments pilonnés d'où s'échappaient des colonnes de fumée noire.

  • Toujours pas d'accord sur l'évacuation des blessés de Homs

Le journaliste britannique Paul Conroy  a été évacué au Liban mardi, mais les informations contradictoires se multiplient sur le sort de la journaliste française Edith Bouvier. L'équipe du Croissant-Rouge arabe syrien (CRAS), en discussion avec les autorités et les rebelles, a en tout cas quitté la ville en début d'après-midi, faute d'accord.

Toutefois, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a pu acheminer des vivres et du matériel humanitaire à Homs et à Idlib mardi. Mais le manque de sécurité empêche toujours la distribution aux civils.

 

 

  • Les Frères musulmans dénoncent un "massacre"

Lundi, soixante-huit civils ont été tués par des hommes armés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, qui dénonce un "massacre" commis par les milices du régime de Bachar Al-Assad. Les corps, qui n'ont pas été identifiés, "portent des traces de balles et de coups portés à l'arme blanche." Il s'agirait de familles fuyant le quartier de Baba Amro à Homs.

 

Funérailles de Mohamed Ammar, le 28 février, tué par l'armée syrienne.

Funérailles de Mohamed Ammar, le 28 février, tué par l'armée syrienne. REUTERS/GORAN TOMASEVIC


Les Frères musulmans de Syrie ont également dénoncé ce "massacre" mardi, accusant le régime d'"avoir fait monter des familles entières dans des cars sous prétexte de les transporter en lieu sûr, avant d'en faire descendre les hommes et de tuer soixante-cinq d'entre eux de sang froid à coups de couteau, comme on égorge les moutons". "Ce massacre commis contre les jeunes hommes de Baba Amro est un crime de guerre, un crime de nettoyage ethnique et un crime contre l'humanité", ont-ils dénoncé.

  • La capitale gagnée par la contestation

Des milliers de personnes sont descendues mardi dans les rues de Damas, relativement peu touchée encore par les manifestations antirégime, pour célébrer les funérailles de deux victimes des tirs des forces de sécurité. "Les protestataires ont été encerclés par les agents de sécurité qui ont lancé des grenades lacrymogènes", selon le porte-parole des comités locaux de coordination de Damas.

Des manifestations se sont également déroulées dans les localités de la périphérie de Damas, comme Irbine et Zamalka, ainsi qu'à Barzé, en présence de nombreux agents de sécurité, selon les mêmes sources. Selon l'OSDH, plus de 30 étudiants ont été interpellés à l'université de Damas.

  • Un référendum qui risque d'être instrumentalisé

Le président Bachar Al-Assad a ratifié mardi la nouvelle Constitution, approuvée dimanche par près de 90 % des votants selon le gouvernement syrien, et qui instaure notamment un "pluralisme politique". Un vote qui pourrait être instrumentalisé par le régime, estiment des analystes.

"Le régime va utiliser le référendum pour dire qu'il a [le soutien de] la majorité du peuple, qu'il fait des réformes et qu'il se bat contre les groupes salafistes et terroristes", a affirmé Hilal Khachan, professeur de sciences politiques à l'Université américaine de Beyrouth (AUB). Une analyse qui fait écho à la version du quotidien gouvernemental syrien Techrine, mardi, selon qui ce vote "est un succès pour les Syriens qui ont foi dans les réformes et un échec pour les régimes arabes et occidentaux qui veulent déstabiliser notre pays".

La porte-parole du département d'Etat américain, Victoria Nuland, a qualifié ce référendum de risible, et les Nations unies ont mis en doute sa crédibilité "dans le contexte de violence généralisée et de violations massives des droits de l'homme" qui prévaut en Syrie.

 

 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 20:03

 

Barbouzerie en kit 28/02/2012 à 19h38
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Des chariots Ikea ((Tcp909/Flickr/CC))

 

Le géant suédois de l'ameublement Ikea n'hésitait pas à piocher, via Sûreté International, une société de sécurité française, dans plusieurs fichiers de police, dont le Stic (le Système de traitement des infractions constatées), une base de données de plusieurs dizaines de millions de noms critiquée pour ses nombreuses inexactitudes.

Une série d'e-mails internes à la société que s'est procurés Le Canard enchaîné montre qu'à partir de 2003, la direction du risque de la branche française de l'enseigne suédoise a régulièrement demandé à vérifier l'appartenance de numéros de téléphone, si tel salarié ou client était « connu des services », ou si la voiture qu'il utilisait était bien « immatriculée à [son] nom ».

« Risque de menace écoterroriste ? »

Petit florilège des demandes – concernant parfois plus de 200 personnes à la fois – formulées par Ikea, relevé par Le Canard [les fautes et abréviations sont d'origine, ndlr] :

« Personne en embauche sur le magasin de Paris Nord. Merci de me donner son casier. »

« Possible de savoir qui est le proprietaire de ce véhicule svp ? »

« Son discours est antimondialiste, ses méthodes “vieille garde CGT” (se bouche les oreilles et repetent sans cesse la meme chose concernant ses acquis). Syndicalisme ? correspond pas trop au profil de sa dame. Prosélytisme divers ? ATAC ou autres ? Risque de menace ecoterroriste ? »

Le Stic regroupe des informations relatives à tous les individus impliqués dans une infraction (auteurs présumés et victimes) et interpellés par la police. C'est aussi un fichier très critiqué. Lors d'une inspection en 2008 par la Cnil, il est apparu que seules 17% des fiches concernant les individus mis en cause étaient exactes.

L'ancien PDG dément

Comment l'entreprise Sûreté International a-t-elle eu accès à ce fichier ? Contacté par Rue89, l'ancien PDG de l'entreprise (il a souhaité garder l'anonymat) – qui a « modifié son activité » en 2005 – « dément formellement » toute implication et soupçonne certains de ses anciens salariés d'avoir travaillé derrière son dos :

« C'est impossible, ce n'est pas ce qu'on fait, c'est illégal ! On travaille pour Ikea – nous fournissons de la formation et nous créons des procédures de sécurité. Certains de mes salariés ont monté un cabinet parallèle, en profitant des connexions qu'on avait avec la direction. Ils ont été licenciés pour faute en 2004 [notamment Yann Messian, mentionné par le Canard, ndlr], et il y a eu un procès pour concurrence déloyale. »

L'accès non autorisé à ce fichier est en tout cas sévèrement réprimé : un commandant de police qui avait exhumé les fichiers de Johnny Hallyday et de Jamel Debbouze pour dénoncer le manque de fiabilité du fichier a été mis en examen pour « détournement de données confidentielles » et violation du secret professionnel. 100 000 personnes sont habilitées à accéder à ce fichier, qui est consulté 20 millions de fois par an.

Ikea, loin du modèle suédois

Début 2010, un mouvement de grève avait touché certains magasins Ikea en France, afin de demander une augmentation des salaires. Un salarié, interrogé par Rue89, expliquait que Ikea France « ne suit pas le vrai concept de rémunération comme le fait la Suède ».

L'été dernier, les employés d'un magasin Ikea de Virginie, aux Etats-Unis, se fédérait en un syndicat pour dénoncer « un management digne des plantations », pointant du doigt les rythmes de travail, les discriminations et les heures supplémentaires obligatoires. Une affaire qui avait fait grand bruit en Suède, où les salariés du groupe sont bien mieux traités et où l'entreprise est souvent citée en modèle.

Un modèle qui avait déjà été sérieusement ébranlé par la parution en 2010 de « Sanningen om Ikea » (« La Vérité sur Ikea »), un livre choc dans lequel un ancien haut dirigeant accusait la firme de racisme et de népotisme. Et dénonçait, déjà, l'utilisation de méthodes de surveillance de ses employés dignes « de la Stasi »

 

 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 19:57

LEMONDE.FR avec AFP | 28.02.12 | 06h41   •  Mis à jour le 28.02.12 | 07h12

 
 

 

Il s'agit de la quatrième opération "coup de poing" des ArcelorMittal en une semaine.

Il s'agit de la quatrième opération "coup de poing" des ArcelorMittal en une semaine.AFP/JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN


"Plus personne ne sort, plus personne ne rentre, au moins jusqu'à ce soir", a déclaré le responsable de la CFDT, Edouard Martin. Une trentaine de métallurgistes de l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle) bloquent depuis 5 h 30 les entrées aux locaux administratifs du site, comme a pu le constater un journaliste de l'AFP.

Des pneumatiques, des ballots de paille et des palettes de bois amenés sur place sont brûlés devant les grilles par les ouvriers, qui craignent une fermeture prochaine de l'aciérie, qui emploie environ cinq mille personnes, dont la moitié en contrat à durée indéterminée (CDI). Les premiers cadres embauchant vers 6 heures ont été contraints à faire demi-tour par les protestataires.

Il s'agit de la quatrième opération "coup de poing" des employés d'ArcelorMittal en une semaine. Lundi, ils avaient vidé le bureau du responsable de la sécurité après avoir bloqué vendredi pendant vingt-quatre heures les expéditions du site. La semaine dernière, deux cents à trois cents d'entre eux avaient occupé, aux cris de "Mittal, on veut du travail", l'étage de la direction des "grands bureaux". Le blocage des locaux administratifs vise à "perturber la production du site", qui est en partie pilotée des "grands bureaux" de l'aciérie, a expliqué un syndicaliste.

 

"CAUCHEMAR DU GOUVERNEMENT"

D'autres "actions" ont été annoncées par l'intersyndicale CFDT-CGT-FO-CFE/CGC, notamment pour mercredi, journée de mobilisation nationale pour l'emploi et "la justice sociale" dans le cadre d'un appel de la Confédération européenne des syndicats contre les mesures d'austérité face à la crise. L'intersyndicale avait promis récemment de faire de Florange "le cauchemar du gouvernement" si les deux hauts-fourneaux de l'aciérie, en sommeil depuis plusieurs mois, n'étaient pas remis rapidement en route.

ArcelorMittal, qui a décidé récemment la fermeture définitive de hauts-fourneaux à Liège, en Belgique, et à Madrid, en Espagne, assure qu'en Lorraine, il ne s'agit que d'une mise en veille temporaire rendue nécessaire par une demande insuffisante.

 

 

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DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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