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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 17:33

With a Little Help from the Dogs

In March to Athens on 13 March 2012 at 13:03


March to Athens

 

Day 126-LII, Bari

Day 127-LIII, Bari

 

Bari, March 13

 

Dear people,

We have reached the sea, but we still haven’t decided which Greek port we want to sail to. It was the first point on yesterday’s internal assembly. Patras or Igoumenitsa.

One thing that we did decide upon was that we don’t want to split up the march. After that we took a vote to get a general idea of people’s preferences.

It was deadlocked ten to ten. And the interesting thing was that our group was rigourously divided along national lines. All the French but one voted for Igoumenitsa. And except for three abstentions, all the Spanish but one voted for Patras. The Italians were divided, and one of them honoured local custom by switching sides.

As you all know, I myself am very much in favour of Igoumenitsa.

Here in Bari we have also been joined by an American blogger from Occupy San Diego. He abstained, but in the end he made a very simple observation.

“I think the solution is already in the name. March to Athens. If there weren’t a sea to cross, we would have kept on marching. The boat trip should serve to cross the sea, not to shortcut the march.”

To unblock the situation, the moderator asked people if anyone had radical objections against one of the two ports. Three of us were ready to block Patras, but in order to avoid conflict no-one did.

If the assembly would have decided to go to Patras, I wouldn’t have blocked it either. I would probably have left the march instead.

The assembly decided to send a large transversal delegation to the navigation companies.

 At the port terminal, neither of the two companies made any trouble with regard to our shopping carts, but if we went to Patras, the dogs would need to have some kind of passport.

The dogs are with us since we crossed the Apeninnes. They are shepherd dogs decided, and they probably considered us to be a herd that needed to be guided. For some, this implied a form of ‘verticality’, and they denounced it. But one of the few principles of our movement is that we are inclusive, so everyone can come along.

The Greek company serving Igoumenitsa would close an eye on it. And apart from that, Patras is twice as expensive.

So that more or less sealed it. The dogs broke the deadlock, but at the moment the assembly still has to confirm the final decision.

Latest news, this right in. It’s just passed one o’clock. The assembly has confirmed. We are going to Igoumenitsa. We will depart tomorrow evening at seven. We will arrive thursday morning March 15 in Greece at seven o’clock in the morning.

Scenes from Acampada Bari

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 17:26
http://www.angersmag.info/Les-indignes-angevins-vont-marcher-vers-Paris_a4482.html
Rédigé par Yannick SOURISSEAU - le 15 Mars 2012 à 07:29



Les indignés angevins vont marcher vers Paris
Convergence des luttes pour une reprise en main de la politique par le peuple et pour l’exigence d’un changement profond et immédiat de notre société, partout en France des marches vers Paris s’organisent (Sud-Est, Sud-Ouest, Nord, et banlieues parisiennes).

L’objectif est que toutes les marches se rejoignent à Paris le 21 avril, veille du premier tour de la présidentielle.

Différents thèmes y sont portés et discutés, en assemblée populaire, à chaque étape : création d’une assemblée constituante, réappropriation des places publiques, démocratie réelle, alternatives concernant nos manières de vivre, de s’organiser et de consommer…

Pour Angers le départ est prévu place du Ralliement le samedi 7 avril à 10h.

Itinéraire de la marche : g.co/maps/6y2a7

Ceux qui souhaitent participer à la marche (en totalité ou pour un jour) ou apporter une aide à l’organisation, peuvent contacter : [indignesangevins@mailoo.org]mail: indignesangevins@mailoo.org

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 17:20

Agoravox

par Jonathan Moadab (son site) jeudi 15 mars 2012

 

Alors que ce sont mis en marche les Indignés des quatre coins de France pour rallier Paris le 21 avril et demander une nouvelle constitution par et pour le peuple, un film documentaire collectif sur la marche à Bruxelles s'apprête à sortir.

En voici la bande-annonce :

 

 

 

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 17:13

 

| Par La rédaction de Mediapart

Lire aussi

Environ 200 métallurgistes de l'aciérie ArcelorMittal de Florange (Moselle) se sont heurtés à des forces de l'ordre remontées ce jeudi vers midi à proximité du QG de campagne de Nicolas Sarkozy. La gendarmerie mobile les a aspergés de gaz lacrymogène afin de les repousser vers le pont Mirabeau. Nicolas Sarkozy avait quitté son QG vers 11 h 30, non sans avoir souligné devant la presse que les métallos censés arriver quelques minutes plus tard n'étaient pas «représentatifs». Le responsable de la CFDT, Edouard Martin, qui a reçu plusieurs jets de gaz lacrymogène, se trouvaient pourtant parmi les 200 salariés.

 

 

 


 

 

Choqués par les échauffourées, la CFDT et la CGT ont fait savoir en début d'après-midi qu'elles ne se rendraient pas à l'invitation du chef de l'Etat. «On n'a jamais dérapé, on est reçu avec des gaz lacrymogènes. On n'ira pas à l'Elysée lundi», a expliqué à l'AFP Edouard Martin, responsable CFDT, la CGT confirmant de son côté une décision similaire. 

Les salariés se sont par la suite rendus au pied de la tour Eiffel, dont l'acier provient de Moselle. N'ayant pas obtenu l'autorisation de déployer une banderole sur l'édifice, ils l'ont posée à même le sol.

Venue «apporter le soutien du PS» aux salariés d'ArcelorMittal, la députée PS de Moselle Aurélie Filippetti a déclaré à l'AFP que «les heurts de la rue de la Convention étaient des violences inacceptables et scandaleuses». «On ne peut pas gazer les sidérurgistes le jeudi et les inviter à l'Elysée le lundi suivant», a-t-elle dit, dénonçant «un double langage»

Sarkozy était donc dans la Marne pendant ces événements. Interrogé par un journaliste, le chef de l'Etat a visiblement dérapé. Voici la vidéo, l'échange est repris en texte au dessous.

 

 

Le journaliste : Les gaz lacrymogènes vous vous en seriez bien passé non ? L'image est quand même assez...

Nicolas Sarkozy : Qu'est-ce que vous voulez que j'ai à foutre de ce que vous me dites ?

Le journaliste : J'en sais rien.

Nicolas Sarkozy : Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Et vous, vous vous seriez pas bien passé, au lieu d'être sur le câble, sur le numérique ? Hé couillon va. Pardon... non parce qu'il est sympa, il est jeune.

 

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 17:05

 

Marianne - Rédigé par Gérard Filoche le Jeudi 15 Mars 2012 à 12:38

 

La réalité est très loin des images d’Epinal qui nous présentent le « plan de sauvetage de la Grèce » comme un exercice d’équilibre entre les sacrifices « consentis » par le peuple grec et les « sacrifices » des banques. Les sacrifices ne sont nullement « consentis » par le peuple grec qui multiplie grèves et manifestations. Les « sacrifices » des banques ne sont en rien des sacrifices. La Grèce est loin d’être sortie d’affaire, au contraire. Quant à la crise de la dette publique européenne elle resurgit maintenant sous d’autres formes, tout aussi dangereuses.


Le « sacrifice » des banques

(Merkel et Sarkozy - Remy de la Mauviniere/AP/SIPA)
(Merkel et Sarkozy - Remy de la Mauviniere/AP/SIPA)
Les créanciers privés et les banques qui sont les principales créancières privées de la Grèce se sont-ils « sacrifiés », comme le proclament à grands renforts de violons plaintifs la quasi-totalité des médias, en « effaçant » 53,5 % de leurs créances, c’est-à-dire 107 milliards d’euros ?

Il suffit pour répondre à cette question d’imaginer ce qui serait advenu en cas d’impossibilité pour la Grèce de rembourser ses créanciers. La Grèce n’aurait pas obtenu les 130 milliards d’euros versés par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le FMI. Elle n’aurait donc pas pu faire face au remboursement de ses obligations arrivées à échéance (14,5 milliards d’euros à la fin du mois de mars). La panique aurait gagné les marchés financiers et se serait immédiatement étendue aux titres des dettes publiques italiennes et espagnoles qui représentent un total de près de 3 000 euros en grande partie détenus par les banques et les assurances de l’Union européenne.

C’est donc pour sauver leurs créances de près de 3 000 milliards d’euros et leur propre peau (une crise bancaire aurait immédiatement suivi ce défaut grec), que les banques et les assurances européennes ont accepté de « perdre » 106 milliards d’euros.

Ensuite, sur les 130 milliards soi-disant versés par le FESF et le FMI pour « aider la Grèce », 25 milliards d’euros seront aussitôt utilisés à recapitaliser les banques grecques et retourneront donc aux banques.  

Ensuite, la valeur des obligations grecques n’avaient plus rien à voir avec leur valeur d’émission. Une obligation de 100 euros lors de son émission (sa valeur faciale) ne valait plus sur le marché secondaire (la bourse) que 10 euros dans le meilleur des cas. Les nouvelles obligations reçues par les banques et les assurances en contrepartie de leurs anciennes obligations auront une valeur de 46,5 % de la valeur faciale des anciennes obligations. Soit une valeur de 46,5 euros pour une obligation de 100 euros qui ne valait plus que 10 euros sur le marché boursier. Un cadeau, donc, de 36,5 euros par obligation de 100 euros pour les banques !

Ensuite, les banques pourront faire jouer les assurances, les fameux CDS (Credit Default Swap) qu’elles avaient prises sur la dette publique grecque. Certes, d’autres banques devront cracher au bassinet les 3,2 milliards d’euros concernés mais se sont essentiellement des banques anglo-saxonnes, Morgan Stanley notamment.

Les banques et les assurances européennes s’étaient de toute façon déjà défaussées d’une bonne partie des titres de la dette publique grecque qu’elles avaient acquises aux dépens de la Banque centrale européenne (BCE) et du FESF. Un nouveau transfert, d’une rare discrétion, des dettes privées vers les dettes publiques, après celui de 2008-2009.

Les banques européennes avaient investi en titre de la dette publique grecque une partie des centaines de milliards d’euros que la Réserve fédérale américaine et la BCE leur avait fourni à taux zéro lors de la crise bancaire de 2008. Grâce à ce plan de sauvetage, elles auront sauvé l’essentiel de leurs fonds malgré l’échec de leur spéculation. Ce sera aux peuples européens de payer la facture puisque les dettes de la BCE et du FESF sont garanties par les Etats de l’Union européenne.

Les Grecs ne bénéficieront pas de l’ « aide » de l’UE et du FMI

L’argent sera versé sur un compte bloqué comme l’avait exigé Merkozy. Les sommes ne seront débloquées que pour recapitaliser les banques ou payer les créanciers de la dette grecque au fur et à mesure de leur arrivée à échéance.

Les Grecs ne verront donc pas la couleur d’un seul euro des 130 milliards d’euros de l’UE et du FMI, comme cela avait déjà été le cas pour le précédent prêt de 110 milliards. Ce plan de sauvetage n’est pas un plan de sauvetage de la Grèce, bien au contraire puisqu’il l’enfonce encore plus dans la récession et la misère sociale. C’est uniquement un plan de sauvetage des banques.

La dette publique grecque ne diminuera pas

La dette grecque s’élève à 365 milliards d’euro, c’est-à-dire à 160 % d’un PIB de 328 milliards d’euros fin 2011.

Merkozy et la finance annoncent qu’avec les « sacrifices » des banques et le prêt de 130 milliard d’euros, la dette grecque ne devrait plus s’élever qu’à 120 % du PIB de la Grèce en 2020. Pourquoi en 2020 ? Tout simplement parce que le prêt de 130 milliards du FESF et du FMI viendra s’ajouter à la dette publique actuelle de la Grèce. 106 milliards en moins et 130 milliards en plus, cela signifie à court terme une dette accrue de 24 milliards d’euros !

La Troïka (BCE, UE, FMI) prévoit pour arriver à une dette grecque de 120 % du PIB en 2020 une croissance de 1,1 % en 2012 et de 4 % par an ensuite. Ce scénario illustre parfaitement l’incroyable aveuglement de la Troïka. En 2011, le PIB de la Grèce a diminué de 6 %. Cela devrait être encore pire en 2012 et on ne voit pas comment la situation pourrait s’améliorer entre 2013 et 2020. Ce que la Troïka est incapable de comprendre c’est que les plans de destruction sociale imposée à la Grèce ont massacré sa consommation intérieure et que la généralisation de l’ « austérité » à l’ensemble de l’Europe détruisent ses débouchés extérieurs.

Il faudra bien, tôt ou tard, se rendre à l’évidence, la Grèce est insolvable, elle ne pourra jamais rembourser sa dette. La seule solution pour elle est d’annuler sa dette publique et d’éjecter de son sol les hommes en noir de la Troïka avec leurs plans de destruction sociale.

La démocratie grecque pulvérisée

La formule employée par le ministre de l’économie grec, Evángelos Venizélos, illustre parfaitement ce qu’il en est, aujourd’hui, de la démocratie grecque. Ce triste personnage s’est félicité d’une participation « massive » des créanciers grecs qui constitue « un vote de confiance » de ces créanciers. Voilà le seul « vote » qui compte pour le gouvernement grec actuel. Il faut dire que Venizélos, venus dans les bagages de Papademos doit son poste actuel de ministre aux marchés financiers qui avaient imposé ce nouveau gouvernement dit d’ « union nationale » après que Papandréou ait osé (pas longtemps, hélas) s’opposer à Merkozy en annonçant un référendum.  

Les sommes versées par le FESF et le FMI le seront sur un compte bloqué, contrôlé par la Troïka. Les nouvelles obligations émises par la Grèce seront soumises au droit anglais pour rendre plus difficile une restructuration ou une annulation de la dette grecque.

La Troïka siège en permanence à Athènes et se substitue de plus en plus au gouvernement et à l’Etat grec. Cela ne suffit pas à Merkel qui veut, de nouveau, imposer à la Grèce la présence d’un commissaire européen chargé d’administrer la Grèce.

La Troïka a exigé, avant les élections législatives, que les dirigeants des « partis de gouvernement » signe un document les obligeant à ne rien changer aux engagements pris par le gouvernement de Papadémos. Une façon évidente d’annoncer que ses élections ne serviront à rien, que le suffrage universel n’a plus aucune valeur.

Les élections législatives sont sans cesse repoussées. Elles devaient avoir lieu en février, le gouvernement parle maintenant de mai ou de juin. Il faut dire que les sondages donnent 40 % des suffrages aux partis de gauche qui refusent les plans de destruction sociale. Le PASOK, déjà affaibli par le refus courageux de 22 de ses députés de voter la dernier plan de destruction sociale, n’obtiendrait plus que 10 % des voix alors qu’il avait recueilli 44 % des suffrages en 2009.

La politique des oligarques européens est une quadruple catastrophe

Une catastrophe démocratique comme nous  venons de le voir. Une catastrophe sociale avec les plans de destruction sociale à répétition imposés au peuple grec. Une catastrophe économique puisque ces plans plongent la Grèce dans une récession de plus en plus profonde.

Une catastrophe financière, enfin, puisque le déficit public de la Grèce s’accroît chaque année de 6 ou 7 %, contrairement aux objectifs des oligarques européens. Selon le dernier rapport de la Troïka, la Grèce pourrait revenir sur les marchés financiers en 2015. C’est complètement farfelu. Il faudrait pour cela que les marchés financiers exigent de la Grèce des taux de l’ordre de 5 % pour acquérir les obligations qu’elle émettrait afin de rembourser les titres de sa dette publique arrivés à échéance. Cela n’a aucun rapport avec la réalité : le taux de rendement des obligations grecques exigé par la finance est aujourd’hui supérieur à  34 % sur le marché secondaire (la bourse). L’hebdomadaire allemand « Der Spiegel » du 4 mars affirmait que la Troïka, dans une première version de son rapport, avait écrit que ce retour de la Grèce sur les marchés financiers était loin d’être évident et que les besoins en financement de ce pays pourraient alors atteindre 50 milliards d’euros entre 2013 et 2020. Ce passage, selon « Der Spiegel », avait été retiré à la demande du gouvernement allemand.

La crise de la dette publique européenne est, hélas, loin d’être terminée

Sarkozy, à l’issue du sommet européen de Bruxelles, le vendredi 2 mars proclamait : « nous ne sommes pas sortis de la crise économique mais nous sommes en train de tourner la page de la crise financière ». Il n’avait toujours pas compris qu’il y avait un rapport étroit entre crise financière et crise économique. Sous prétexte de répondre à la crise financière en réduisant les déficits à marche forcée, les « plans de rigueur » imposés aux pays européens plongent leurs économies dans la récession. La récession, à son tour, empêche toute réduction des déficits publics et accroît la crise financière.

Pour sortir de ce cercle vicieux, les oligarques européens veulent imposer des « réformes de structure ». Ainsi, en Espagne, au nom de la lutte contre le chômage, le chef du gouvernement, Mariano Rajoy entend-il imposer une réforme du marché du travail qui passe par une suppression de toute entrave aux licenciements, une durée de stage avant titularisation passant de six mois à un an. La meilleure recette pour encore augmenter le chômage et accentuer la récession de l’avis des syndicats espagnols (UGT et CCOO) qui appellent à une nouvelle grève générale le 29 mars prochain. En attendant, la Commission européenne « attend des explication » et envoie ses « inspecteurs » à Madrid.

Sarkozy veut nous faire croire que le répit relatif que connaissent aujourd’hui les taux d’intérêts de l’Espagne et de l’Italie (5 à 6 % au lieu de 6 à 7 %) serait dû au pacte Merkozy. C’est entièrement faux, ce pacte aboutit exactement à l’effet inverse en enfonçant encore plus l’Europe dans la récession.

Le répit donné à ces deux pays a une seule origine, les 1 018 milliards d’euros prêtés aux banques européennes par la BCE au taux de 1 % : 489 milliards en décembre 2011et 539 milliards en mars 2012. Les banques (en particulier italiennes et espagnoles) utilisent les fonds qu’elles ont obtenus aux guichets de la BCE pour acheter des titres des dettes publiques espagnoles et grecques et faire baisser leurs taux de rendement. Mais la BCE aura du mal à renouveler ce type de crédit car les marchés financiers commencent (à juste titre) à s’inquiéter de l’addiction des banques à ce type de crédit. Et peut-être aussi les peuples espagnols et italiens commenceront-ils à se poser la question de savoir pourquoi les banques prêtent à l’Espagne et à l’Italie à des taux supérieurs à 5 % alors qu’elles obtiennent cet argent au taux de 1 % auprès de la BCE ?

A peine signé, le traité Merkozy ne peut déjà plus s’appliquer

A peine le pacte budgétaire était-il signé (et non ratifié), le 2 mars, par 25 pays européens,  que les Pays-Bas et l’Espagne annonçaient qu’ils ne pourraient pas l’appliquer.

Le pays le plus acharné à imposer la « règle d’or » du pacte budgétaire de Merkozy, les Pays-Bas, annonçait que son déficit public atteindrait 4,5 % du PIB en 2012 et 4,1 % en 2013. Très loin des 3 % auxquels le gouvernement des Pays-Bas s’était engagé.

Le chef du gouvernement conservateur de l’Espagne annonçait, lui aussi, qu’il ne pourrait tenir les objectifs fixés par le traité Merkozy. Le  déficit public s’élevait à 8,51 % du PIB espagnol en 2001 et Mariano Rajoy ne voyait pas comment il pourrait atteindre les objectifs de 4,4 % en 2012 et de 3 % en 2013.

Les malheurs des oligarques européens ne s’arrêtent pas là. Les marchés financiers semblent maintenant comprendre (à la différence de Sarkozy) que, sans croissance économique, la détention des titres de la dette publique portugaise sera de plus en plus risquée. Et comme les prévisions de croissance négative au Portugal dépassent les 5 % en 2012, le taux de rendement des obligations portugaises à 10 ans atteignent maintenant 12,45 %. Ce qui rend illusoire la possibilité d’un retour du Portugal sur les marchés financiers en 2014. Il ne restera plus alors au Portugal que deux solutions : faire défaut de sa dette ou demander un nouveau prêt à la Troïka. Le Portugal apparaît donc maintenant comme le nouveau maillon faible de l’Union européenne.

Pire que tout, pour les oligarques européens, la démocratie qu’ils veulent à tout prix mettre au pas leur fait obstacle dans trois pays européens.

L’Irlande où l’annonce d’un référendum sur le traité Merkzoy leur à fait l’effet d’une douche glacée.

 La France où l’élection présidentielle pose un gros problème à Merkozy dans la mesure où l’élection de François Hollande signifierait la disparition de la moitié de ce duo de droite et la volonté du nouveau gouvernement français de renégocier le traité.

L’Allemagne elle-même, enfin, puisque sa constitution exige une majorité des 2/3 pour ratifier le traité européen alors qu’une partie de la coalition de droite refuse le traité (pour ne pas « aider » ces horribles Grecs) et que le SPD et les Verts posent leurs conditions à ce vote : l’adjonction d’un volet destiné à assurer la croissance économique.  

Gérard Filoche
Jean-Jacques Chavigné

Le plan de Merkozy et de la finance

Ce plan comprend trois volets :

Premier volet : un prêt de 130 milliards d’euros à la Grèce financé par le FESF (112 milliards d’euros) et le FMI (18 milliards d’euros). L’octroi de ce prêt est conditionné à la réalisation des deux autres volets.

Deuxième volet : un abandon de créances de 107 milliards d’euros par les créanciers privés de la Grèce (banques, assurances, fonds spéculatifs…)
Les créanciers privés de la dette publique grecque détiennent des titres de cette dette pour un montant de 206 milliards.

Les créanciers privés qui détiennent 83, 5 % du montant total de ces titres (172 milliards d’euros) ont « volontairement » accepté de diminuer leurs créances de 53,5 %. Un titre qui valait 100 euros lors de son émission (sa valeur faciale) ne vaudra plus que 46,5 euros.

Le parlement grec a ensuite décidé d’actionner la « clause d’action collective » et tous les créanciers privés des obligations grecques régies par le droit grec verront la valeur faciale des obligations de l’Etat grec qu’ils détiennent diminuée de 53,5 %. Cela concerne au total 95,7 % des 206 milliards d’euros, soit 107 milliards d’euros.

En contrepartie de leurs anciennes obligations, les créanciers privés recevront des obligations émises par le FESF pour 15 % de la valeur initiale de leurs obligations et de nouvelles obligations grecques pour 31,5 %. Les 53,5 % restant seront « perdus ».

Troisième volet : un nouveau plan de destruction sociale infligé au peuple Grec. Ce plan (voir D&S de janvier 2012), la pire agression qu’un peuple européen ait eu à subir en temps de paix depuis des siècles, a été voté, en février 2012, par un Parlement grec assiégé par le peuple grec.
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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 16:58
Jeudi 15 Mars 2012 à 15:00

Régis Soubrouillard - Marianne

Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

 

Créé en avril 2011, le Déontologue de l'Assemblée Nationale a rendu son premier rapport à la fin du mois de février pointant certaines dérives du petit milieu parlementaire : conflits d'intérêts, clubs, lobbying. Pas de gros scandale à l'horizon mais le constat de pratiques d'assemblée installées d'un entre-soi confortable dans lequel il était grand temps d'aller jeter un oeil.

 

CHESNOT / SIPA
CHESNOT / SIPA
C’est dans l’indifférence quasi-générale que le déontologue de l’assemblée nationale a rendu son premier rapport. Professeur de droit et ancien membre du conseil supérieur de la magistrature, Jean Gicquel s’est contenté, pour ne pas effrayer les « heureux élus », de vérifier les déclarations d’intérêts et d’activité des parlementaires.

Le rapport s’attarde sur trois sujets les colloques organisés par les entreprise privées à l’invitation, « le lobbying » à la française, les clubs parlementaires et la présence des députés dans les organismes extra-parlementaires. 

Malgré les limites de son champ d’action et le manque de temps, le déontologue s’est tenu à la feuille de route que lui avait dressée le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer. Il lève néanmoins un coin du voile sur les conflits d’intérêts  et l’absence de transparence qui règne au Palais-Bourbon.

Si vue de l’extérieur, l’organisation de colloques « paraît somme toute bien peu susceptible de poser un quelconque problème de déontologie », Jean Gicquel estime que « l’approfondissement de cette question fait toutefois apparaître de sérieuses failles qui exigent des réponses appropriées. D’un  sujet qui peut apparaître purement
logistique – l’organisation de colloques parrainés par des parlementaires – on découvre alors toute une problématique susceptible de mettre en situation délicate les parlementaires se prêtant à cet exercice ». 
Notamment ceux organisés par des sociétés de relations publiques, souvent rompues à l’exercice du lobbying.

Des clubs parlementaires financés par des labos pharmaceutiques

Le montant de l’organisation de ces colloques a été évalué pour certains d’entre eux à 50.000 euros. Pour les financer les sociétés de relations publiques se mettent en quête d’intervenants issus du monde de l’entreprise susceptibles d’être intéressés par le sujet. Seul le payeur, issu souvent des entreprises les plus importantes aura droit de citer.

Et on frise le conflit d’intérêts lorsque les entreprises monnayent en quelque sorte la présence des parlementaires à leurs colloques : « ceux qui payent le plus sont ceux qui disposent du temps de parole le plus long, si bien qu’en
réalité la présence des parlementaires dans ces colloques est monnayée par l’entité organisatrice auprès des acteurs d’un secteur (ce qui s’apparente, dans certains cas, à un véritable « racket »). Le parlementaire apporte sa visibilité au sujet et gagne en crédibilité sur des sujets précis. Une « relation triangulaire – député, société de relations publiques, contributeurs privés – dont dépend la réussite d’un colloque ».


Lobbying toujours avec les clubs parlementaires. Si la presse aime à se délecter de l’actualité de ces clubs inoffensifs et fantaisistes des fumeurs de Havane ou des tintinophiles, le sujet est moins anecdotique qu’il n’y paraît. Là aussi nombre de clubs, moins connus du grand public,  sont « à l’origine initiés par des sociétés de relations publiques » au profit d’intérêts corporatistes : « les sujets d’études de ces clubs peuvent porter aussi bien sur l’industrie aérospatiale (groupe parlementaire de l’espace), la santé publique (Club Hippocrate), l’industrie de la défense (Club Athéna), que sur l’agronomie et l’agriculture (Club Céres)… ».

Plus de transparence !

Jean Gicquel ne met pas en cause le travail « de grande qualité » de ces clubs, en revanche leur financement parfois directement par des grands groupes privés du secteur pose problème. Ainsi du club Hippocrate financé par l’un des leaders du secteur, GlaxoSmithKline, le numéro 7 de l’industrie pharmaceutique mondiale: « l’objectivité revendiquée dans les travaux de ces clubs parait dès lors sérieusement sujette à caution ». Prudent, le déontologue ne pointe pas de conflits d’intérêts mais relève que l’actuelle règlementation n’est pas satisfaisante : « Il en va donc de la responsabilité du parlementaire de faire en sorte de ne pas être en contradiction avec les principes énoncés dans le code de déontologie ».

Le Déontologue réclame plus de transparence et la mise en place d’une charte déontologique concernant les sociétés de relations qui animent ces clubs.
Déjà des mesures ont été prises pour la prochaine législature, puisque toute invitation, voyage où tout présent de plus de 150 euros que pourraient proposer des contributeurs privés devra être déclaré au Déontologue.

Car le lobbying n’est pas toujours là où l’attend. Pas seulement privé, il peut aussi provenir d’organismes publics, d'origine gouvernementale, juridique (conseil constitutionnel, Conseil supérieur de la Magistrature), économique (Conseil général de la Banque de France). Des organismes extra-parlementaires dont le nombre ne cesse de croître qui consitutent « un ensemble disparate autant qu’étrange » et dont la gestion « proche du maquis » mérite réflexion.  « Le principe de la séparation des pouvoirs s'en trouve objectivement affecté » s’inquiète le Jean Gicquel.

Voué à servir la représentation en la protégeant contre elle-même et ses propres abus, mais aussi « de l’anti-parlementarisme diffus », le Déontologue doit s’installer dans le paysage institutionnel lors de la prochaine législature bien qu’il préconise déjà que son « existence fasse l’objet d’une reconnaissance plus formelle ». Une conclusion en forme d’appel à l’extension des pouvoirs de contrôle du déontologue pour l’installer durablement dans le paysage institutionnel et  qu’à l’instar de celui de la Cour des comptes pour les journalistes économiques, le rapport du Déontologue de l’Assemblée Nationale s’impose, à terme, comme la Bible des journalistes politiques. Histoire de mettre fin à l'entre-soi parlementaire. On peut toujours rêver...
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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 16:51

 

Rue89 - Tribune 15/03/2012 à 17h06
Jean-François Corty | Médecins du monde
Olivier_Bernard | Médecins du monde
Peut-on encore qualifier le système de santé français de meilleur au monde alors qu'il répond de moins en moins aux besoins des personnes précaires ? Médecins du monde (MDM) pose la question aux candidats aux élections présidentielles et législatives.

Si l'accès aux soins est un droit reconnu à tous, il n'est pas effectif pour tout le monde, même en France où le plateau technique médical est l'un des plus perfectionnés.

Voir le document

(Fichier PDF)

Désormais, bénéficier de soins curatifs et préventifs semble relever de plus en plus du parcours du combattant dès lors que l'on a des moyens financiers limités, que l'on soit Français ou pas.

Les centres de MDM ne désemplissent pas. Les équipes mobiles multiplient les interventions auprès des publics qui ne se rendent pas dans les lieux de soins et dont les besoins vitaux les plus élémentaires – avoir un toit, à manger et un accès à l'eau potable – ne sont pas satisfaits.

Ces personnes accèdent de plus en plus difficilement au système de soins. Ou elles n'arrivent pas à faire valoir leurs droits à la couverture maladie sans une aide préalable – alors que les dispositifs de lutte contre les exclusions sont censée les protéger. Conséquence : près d'un quart de nos patients ont consulté de façon tardive, phénomène en nette hausse par rapport aux années précédentes.

Rougeole et tuberculose font leur retour

Les enfants, dont la fréquentation dans ces centres reste importante (12%) n'ont toujours pas accès, pour bon nombre d'entre eux, à la vaccination. Ni même à une simple couverture maladie alors que des épidémies à potentiel létal (rougeole, tuberculose) font leur retour en métropole et en Europe.

Il est certain que la crise économique mondiale contribue à l'aggravation des inégalités sociales de santé – avec la recrudescence du chômage, des emplois précaires et du surendettement. Mais c'est surtout la remise en cause de notre système de santé solidaire ainsi que les effets collatéraux de politiques sécuritaires sur les enjeux de santé publique qui concourent à la dégradation de l'accès aux soins des personnes précaires.

Les filets de protection sociale s'amenuisent au rythme des réformes restrictives de la Sécurité sociale. Elles mettent à mal, au nom d'une idéologie néolibérale affirmée, le principe de solidarité qui fondait pourtant le projet issu du Conseil national de la Résistance.

De fait, on assiste à une baisse des remboursements de l'assurance maladie, une augmentation des franchises, du forfait hospitalier et donc du reste à charge.

Des réponses publiques sécuritaires

Par ailleurs, 6% des assurés – soit quatre millions de personnes – n'ont pas de complémentaire santé. Parmi eux, certains ont des situations paradoxales : en raison d'un effet seuil, une partie se retrouve « trop pauvre » pour payer une mutuelle mais « trop riche » pour bénéficier de la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C). C'est le cas des personnes allocataires de certains minima sociaux comme l'allocation aux adultes handicapés ou le minimum vieillesse.

Ces éléments permettent de comprendre entre autre qu'en 2011, 30% des Français ont déclaré retarder ou renoncer aux soins faute de moyen.

Dans ce contexte s'ajoutent des réponses publiques souvent plus sécuritaires que sociales, notamment envers des populations à la marge que sont les personnes se prostituant, les usagers de drogue, les personnes à la rue et les migrants, qu'ils soient citoyens européens ou pas.

En effet, le délit de racolage passif (réintroduit dans la loi pour la sécurité intérieure en 2003) a eu pour effet de relayer les personnes se prostituant vers de lieux plus isolés, plus exposés aux violences et aux pratiques à risque. Dans ces conditions, les programmes de prévention contre le VIH sont moins efficaces.

Autre exemple : l'épidémie d'hépatite C qui frappe près de 60% des usagers de drogue par voie intraveineuse, sans réponse adaptée du droit commun alors que l'Inserm recommande la mise en place de dispositifs innovants tels les salles de consommation supervisées qui ont fait leurs preuves à l'étranger.

Lutter contre l'instrumentalisation de la médecine

Par ailleurs, la fréquence accrue des expulsions des lieux de vie sans proposition de relogement, la remise en question de dispositif tels que l'aide médicale d'état (AME) et le droit au séjour pour les étrangers gravement malades (DASEM), empire les conditions de vie et d'accès aux soins des patients d'origine étrangère – une logique de nuisance délibérée pour les dissuader de rester sur le territoire français.

Cette mise en danger physique à court et moyen termes traduit donc une tension entre des enjeux sécuritaires et de santé publique, le plus souvent au dépend de ces derniers.

On l'aura compris, défendre un système de santé solidaire équitable et lutter contre l'instrumentalisation de la médecine dans des stratégies sécuritaires, c'est contribuer à un accès aux soins de meilleure qualité à moindre coût pour tous.

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 16:45

 

Rue89 - Bonnes feuilles 15/03/2012 à 15h37

Jean-Marc Manach | journaliste

 

Visuel de l'e-book « Au pays de Candy » (Loguy/Owni)

On savait qu'Amesys, une filiale du groupe français Bull, avait vendu des moyens de surveillance d'Internet à la Libye de Kadhafi. Mediapart avait également révélé que Ziad Takieddine, connu par ailleurs pour son rôle dans l'affaire Karachi, avait servi d'intermédiaire pour divers contrats entre la France et la Libye, notamment concernant la fourniture de moyens de surveillance d'Internet.


« Au pays de Candy » de Jean Marc Manach (Loguy/Owni)

 

Jean Marc Manach – journaliste pour le site d'information Owni – publie ce jeudi un livre numérique, « Au pays de Candy », avec de nouveaux documents qui détaillent l'implication de Ziad Takieddine et le niveau de collaboration de Claude Guéant et des autorités françaises, notamment dans la signature de contrats liés à la surveillance informatique en Libye. Nous en publions les bonnes feuilles. [Les intertitres sont de Rue89, ndlr.]

Les notes de Takieddine que nous avons décidé de rendre publiques montrent à quel point, tant du côté libyen que français, l'objectif était de sceller un pacte entre les deux gouvernements, et leurs ministères de l'Intérieur respectifs.

Un contrat avec Sagem

Le 6 septembre 2005, Takieddine évoque ainsi un projet de contrat de coopération dans le domaine de formation des gardes-frontières, négocié pour le compte de Sagem depuis 2003.

L'intermédiaire y souligne « la volonté exprimée à plusieurs reprises par les responsables libyens de voir ce contrat traité de “gouvernement à gouvernement” » :

« Les autorités libyennes, qui par ailleurs “ne voient aucun inconvénient à traiter avec l'un ou les industriels choisis par le ministère de l'Intérieur français”, “à condition que ça se passe sous la surveillance du ministère”. »

Ce même 6 septembre, Takieddine rédige une autre note, estampillée « confidentiel », au sujet de la « visite du ministre le 6 octobre 2005 » :

« Il est important de noter que la visite préparatoire du directeur de cabinet [à l'époque, Claude Guéant, ndlr] revêt une extrême importance. Par ailleurs, il est indispensable que le directeur de cabinet effectue cette visite de préparation, et lui laisser le soins de préparer le coté “officiel” de la visite. »

Ziad Takieddine tient à ce titre à préciser que « la visite préparatoire est inhabituelle. Elle doit revêtir un caractère secret » :

« Pour cette raison, il sera préférable que CG [Claude Guéant, ndlr.] se déplace seul, et que le déplacement s'effectue “sans fanfare” L'autre avantage : plus d'aise pour évoquer l'autre sujet important, de la manière la plus directe... »

Une étroite collaboration entre ministères

La note ne détaille pas la nature de cet « autre sujet important », mais Takieddine tient à préciser qu'« il est indispensable que le volet “commercial” de la visite ne soit pas mis en avant par les préparatifs officiels. Seulement comme un point important dans le cadre des “échanges” entre les deux pays dans le domaine de la lutte contre le terrorisme » :

« La visite aura lieu malgré le manque d'enthousiasme et le peu d'intérêt manifestés par la France. Il serait souhaitable, pour la réussite de celle-ci, d'éviter de provoquer une quelconque réaction qui risque de conduire à l'annulation de la visite pour des raisons diverses. Un “secret défense” absolu devra donc accompagner les préparations parallèles. »

Un autre document, daté du 7 septembre 2005 et lui aussi estampillé « confidentiel », précise à ce titre que, pour refléter « la volonté des autorités des deux pays (France et Libye) de traiter le contrat de gouvernement à gouvernement », le ministre de l'Intérieur et son cabinet doivent s'impliquer personnellement :

« Il est bien évident que l'implication du cabinet du ministre et si le besoin se fait sentir, du ministre lui-même, est requise pour l'obtention des conditions les plus intéressantes, ceci en étroite collaboration avec les services du ministère. »

Sarkozy vient discuter « sécurité et défense »

A la manière d'un chef du protocole, Ziadd Takieddine ira même jusqu'à préparer l'emploi du temps de la « visite de CG » à Tripoli, du 30 septembre au 2 octobre 2005, suivie de celle de Nicolas Sarkozy (NS) et Brice Hortefeux (BH), le 6 octobre suivant :

« Points à aborder :

1. Lettre (copie) + fax à envoyer au ministre de l'Intérieur concernant la visite de CG. (Arrivée et départ).

2. Livres de NS + signature à emmener avec lui pour le Leader.

3. Cadeaux livres de valeur : histoire/Révolution française, etc.

4. Le CV de NS et BH à remettre pour avis avant de les remettre au Leader. »

Y sont prévus un « tête à tête avec le Leader », un rendez-vous avec « le ministre de l'Intérieur : jusqu'où ? » suivi d'un « dîner avec le numéro deux (patron de la Sécurité et de la Défense) et le ministre libyen de l'Intérieur », Takieddine prenant la peine de préciser qu'il serait préférable qu'il se tienne « sans l'ambassadeur », mais avec « ZT ».

Objectif : discuter de « tous les dérivés du domaine de la sécurité, défense et surtout protection des frontières effectué par le pôle de sécurité française dirigé par Sagem », et de « la volonté française dans le cadre de la surveillance et la sécurité et surtout une volonté d'aide (sans commune mesure avec celle proposée par les US) ».

Les discussions à propos des contrats

Les termes de la « volonté française d'aide » en terme de « surveillance et de sécurité » ayant été entérinés, restait donc à discuter concrètement des contrats, ce qui fut fait dans la foulée. Les documents que nous publions ci-après montrent comment les marchands d'armes français ont moins cherché à vendre à Kadhafi des solutions de sécurité que des systèmes d'espionnage.

Fin janvier 2006, Ziad Takieddine rencontre Philippe Vannier, alors PDG d'i2e [l'ancien nom d'Amesys, ndlr], et le décrit comme « le principal fournisseur du ministère de la Défense pour ce qui est de l'interception des télécommunications », que « les autorités françaises recommandent d'impliquer dans toutes les questions liées aux transmissions et à la sécurité en Libye ». Les termes du débat sont posés. [...]

Le 5 avril 2006, Ziad Takieddine écrit à Omer A. Salem, responsable du système de sécurité publique libyen, pour le remercier de l'accueil qui lui avait été fait, la veille, lorsqu'il était venu lui présenter ses « propositions en matière de sécurité des systèmes d'information ». Il en profite pour l'inviter au siège d'i2e, à Aix-en-Provence, le 17 avril suivant, et signe sa lettre au nom de « Philippe Vannier ».

Devenir « des professionnels de l'interception »

Le 24, Ziad Takieddine consigne la synthèse du programme « Homeland Security » (sécurité intérieure, en VF) qu'i2e se propose de vendre à la Libye, en trois lots distincts.

1. « Protéger » (c'est Ziad qui souligne) la Libye via un extranet sécurisé afin de pouvoir chiffrer toutes les communications (échange de fichiers, téléphonie mobile ou par IP).

2. « Intercepter » en envoyant cinq-six experts d'i2e en Libye afin d'aider les Libyens à apprendre à « tracer, intercepter et enregistrer » e-mails et voix sur IP, avec comme « objectif : devenir des professionnels de l'interception ».

Ziad Takieddine note à ce titre qu'il serait également opportun de pouvoir « activer l'écoute du GSM », afin de pouvoir identifier les numéros et identifiants des titulaires de téléphones portables à partir de leurs noms, mais également de pouvoir géolocaliser, intercepter et écouter toutes les communications large bande, HF/VHF/UHF, ainsi que les systèmes radio, CB ou talkies-walkies utilisés par les « taxis, ambulances, bus, etc. »

3. « Brouilleurs pour la proctection [sic] des VIP », ce que fera également i2e en proposant à Kadhafi d'acheter deux 4x4 sécurisés dotés de son système Shadow de brouillage électronique. [...]


Une document commercial d'Amesys

 

On ne saura probablement jamais qui, des sbires de Kadhafi ou des employés ou responsables d'i2e, a été le premier à évoquer la pertinence de doter la Libye d'un système de surveillance de l'Internet, « à l'échelle d'une nation ».

Ce document atteste en tout cas qu'à l'époque, le système n'existait pas « sur étagère », qu'il a peu à peu été élaboré par les Français, en fonction des besoins (réels ou supposés) des Libyens, et qu'il a donc été développé tout spécialement pour Kadhafi.

 

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 16:37
Rue89 -Témoignage 15/03/2012 à 15h53

Coralie D. | Salariée de La Poste



Des timbres dans un bureau de poste de Margaux, en novembre 2008 (Regis Duvignau/Reuters)

 

 

Coralie (son prénom a été modifié), 32 ans, est cadre à La Poste en région parisienne depuis quatre ans. Aujourd'hui, elle n'a qu'une hâte : en partir. Une journaliste a recueilli son témoignage.

En quelques années, mon métier s'est transformé : au lieu de me demander de « faire du chiffre », ce qui est la base de mon activité de commerciale, ma hiérarchie attend maintenant de moi que je contribue à rendre La Poste désirable pour les futurs investisseurs privés.

Je ne dois pas seulement vendre de plus en plus, avec de moins en moins de collègues, puisque beaucoup ont été licenciés ou recasés dans d'autres services. Je dois surtout le montrer.

Des objectifs irréalistes

Je m'occupe d'un portefeuille d'entreprises, qui réalisent des envois massifs par courrier, et je dois leur vendre de nouveaux produits. J'ai l'obligation d'obtenir au moins vingt rendez-vous par semaine, soit quatre par jour. Or, en une journée, je passe en moyenne :

  • une heure en formation,
  • deux heures au téléphone,
  • deux heures à faire du service après-vente.

Et quand bien même j'aurais le temps, les objectifs imposés ne sont pas réalistes : quand un client vous répète qu'il n'a besoin d'envoyer « que » 100 plis par mois, il ne sert à rien d'insister en lui en proposant davantage. J'ai bien essayé. Avec la crise, c'est encore plus difficile : le budget courrier est l'un des premiers à être réduit.

Je suis contrainte de téléphoner à des clients pour justifier de mes vingt rendez-vous, parfois sans aucune raison, juste leur demander comment ils vont et si tout se passe bien.

Parce que c'est ce qui compte maintenant à La Poste : montrer ma productivité aux supérieurs et, par ricochet, aux potentiels acheteurs, pour le jour où La Poste sera privatisée. Du coup, je passe au moins deux heures par jour à retranscrire mes tâches sur un agenda interne. En guise de preuve.

Aucune visibilité

Je pars au travail tous les matins avec un nœud au ventre, me demandant ce qui m'attend encore. Pendant des semaines, on nous demande de vendre du « timbre prioritaire » aux clients, et un beau jour, on nous impose d'axer nos ventes sur le « timbre vert ».

Notre manière de travailler elle aussi est modifiée. Il y a quelques semaines, dans les documents à remplir, les prospectus étaient des PNA (des « plis non adressés ») et, soudainement, ils deviennent des IP, pour « imprimés publicitaires ».

Dans sa volonté de tout transformer pour se moderniser, La Poste ne change rien sur le fond, mais bouscule tous nos repères. Cette incertitude sur notre travail, ce manque de visibilité créent un climat d'instabilité pour moi : je suis suspendue aux nouvelles consignes de mes supérieurs et je perds en autonomie.

En même temps, je deviens anxieuse, je me mets à douter des mes compétences, en me demandant chaque jour si je vais réussir à vendre les nouveaux produits.

Une épuisante polyvalence

D'autant plus que ces nouvelles contraintes entraînent leur lot de travail périphérique. Les formations pour découvrir les subtilités des nouveaux plis, timbres et services de La Poste. La mise à jour des compte-rendus de rendez-vous, les conventions de La Poste, et tout un tas de réunions qui peuvent durer jusqu'à trois heures pour que nos supérieurs nous répètent où nous en sommes, et nous mettent un peu plus de pression : « Attention à tes ventes, Coralie ! », « Ton nombre de rendez-vous est en baisse ! ».

Au final, je passe mes journées à gérer des actions qui s'éloignent de l'emploi pour lequel je suis payée, et cette exigence de polyvalence m'épuise au quotidien. D'autant plus que je dois souvent prendre mon ordinateur en week-end et lors de mes RTT malgré mes 42 heures de travail hebdomadaires.

Rien de mieux que La Poste ?

L'idée demeure pourtant au sein du personnel de l'entreprise, largement alimentée par les supérieurs, que « rien ne vaut La Poste ». On nous le dit sans arrêt : nous avons de la chance d'être là, nous bénéficions de plus de RTT qu'ailleurs, d'une aide au logement, etc.

Un jour, alors qu'un collègue évoquait l'idée de partir de La Poste à cause de toute cette pression, mon manager lui a répondu : « Tu rigoles, si tu pars d'ici, tu es fini.

Propos recueillis par Lisa Beaulieu


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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 16:30

Le Monde.fr avec AFP | 15.03.12 | 12h36

 
 

 

Un bureau de Pôle emploi au Mans.

Un bureau de Pôle emploi au Mans.AFP/JEAN-FRANCOIS MONIER


La Cour de cassation a jugé dans un arrêt que l'assurance-chômage avait manqué à son obligation de livrer une "information complète" à une femme sans emploi au sujet des allocations auxquelles elle avait droit.

La chambre sociale de la Cour a rendu un arrêt le 8 février qui "pose un principe", qui met "à la charge de Pôle emploi un devoir général d'information de tous les demandeurs d'emploi", a expliqué à l'AFP Me Christelle Mathieu, confirmant une information de France Bleu Nord.

"Désormais, la charge de la preuve incombera à Pôle emploi", tandis que jusqu'à présent un demandeur d'emploi qui s'estimait floué devait rapporter la preuve de ses allégations, a-t-elle poursuivi. "Ce sera à Pôle emploi de prouver qu'il a bien informé le demandeur d'emploi", a-t-elle ajouté. Par ailleurs, "la Cour de cassation vient dire que Pôle emploi a une obligation d'assurer une information complète", a expliqué l'avocate.

 

 PRÈS DE 15 000 EUROS DE DOMMAGES ET INTÉRÊTS

"On peut imaginer que (...) ce sera des entretiens individuels avec les demandeurs d'emploi, mais entretiens poussés puisqu'il va falloir définir quels sont les droits précisément du demandeur d'emploi", qui peut prétendre à plusieurs allocations, a expliqué Me Mathieu. "Quand on aura deux allocations possibles, Pôle emploi devra orienter le demandeur d'emploi vers celle qui est pour lui la plus avantageuse", a-t-elle affirmé.

Sa cliente avait sollicité une allocation de solidarité spécifique (ASS) qui lui a été versée à partir de 2004. Mais courant 2005, elle avait appris "de manière fortuite", qu'elle pourrait bénéficier de l'allocation équivalent retraite (AER), plus avantageuse, selon son avocate.

Elle avait demandé que l'AER, dont elle pouvait en fait bénéficier depuis 2003, lui soit versée rétroactivement, ce que l'assurance-chômage lui refusait. Elle avait alors saisi la justice et obtenu du tribunal de grande instance de Valenciennes, le 27 avril 2009, 14 774 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice subi, selon Me Mathieu. Ce jugement avait été confirmé par la cour d'appel de Douai le 16 juin 2010.

 

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