Ce lundi matin, ce sont retrouvés à la place des Basques à Bayonne, citoyennes et citoyens voulant marcher ensemble pour une réelle démocratie jusqu'à la capitale. Mardi, ils seront à St Vincent de Tyrosse pour une rencontre et débat avec les syndicats de travailleurs, et mercredi soir seront à Magesq pour un échange autour de l'environnement avec les Amis de la terre, section Landes.

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Le départ a eu lieu ce lundi matin, vers 11h, marcheurs et sympathisants se sont retrouvés derrière la banderole « marche pour la souveraineté populaire » et ont donné de la voix pour saluer Bayonne avant de partir.

Le cortège a circulé de-ci, de-là, voulant disséminer sa belle énergie à tous et toutes ! Des terrasses de café au devant des grilles du Lycée Paul Bert où ils ont interpellés la jeunesse bayonnaise en ces termes : « Bayonne, Bayonne, réveille-toi !! ». Puis ils ont, à leur façon, salué le maire de Bayonne lui spécifiant sous forme de slogan, que ses excuses, nous n'en voulions pas (cf venue de Mr Sarkozy) et que « On l'appelle démocratie mais ce n'est pas vrai, c'est une oligarchie et tu le sais ! ». Les portes de la mairie se sont alors verrouillées, et les marcheurs ont continués leur route jusqu'à leur 1ère étape, Emmaus tarnos.

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La suite de la journée s'est ouverte sur l'apprentissage approfondi de l'univers carcéral grâce à un documentaire et surtout un temps de discussion avec Gabi Mouesca. Cet ancien prisonnier a partagé ses 17 années passées en prison, détaillant l'envers des coulisses, et l'utilisation même de l'enfermement au sein de nos sociétés contemporaines.

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«On peut mesurer la santé d'une société à ses prisons, tant qu'il y aura des prisons, nous pourrons dire que notre société est malade »

Gabi Mouesca explique comment les prisonniers, sans distinction, deviennent des hommes n'ayant plus aucun droits mais juste des devoirs. On y punit toute forme de solidarité ou d'esprit de groupe, et l'on nourrit l'individualisme. 80% des prisonniers, coupables de larcins et non de crimes, ont tout à perdre dans cet univers déshumanisé. D'ailleurs, les gardiens carcéraux pratiquent une profession où il y a 47% de suicides en plus que les autres. Il a été mis en évidence aussi qu'une journée en prison coûte à l'état environ 80e, une en structure de soin psychologique coûte plus de 700e, notre société enferme sur le long terme plutôt que de soigner sur du court terme, des économies donc, somme toute, relatives…

Alors qu'aujourd'hui on prévoit encore plusieurs milliers de suppressions de postes dans l'éducation nationale, et que parallèlement on crée plus de 24.000 places de prisons, on peut dire que nos gouvernants croient plus en la répression aveugle qu'en l'éducation.

Est ce vraiment là, la direction sociétale vers laquelle on veut voir évoluer la France ?

« Nous nous sommes sûrs que non, et nous devons entendre ceux qui pensent comme nous, qu'ils se lèvent avec nous ! »