Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 14:19

LEMONDE.FR avec Reuters | 17.02.12 | 08h44

 
 

Les autorités chinoises ont arrêté plusieurs centaines de Tibétains qui revenaient d'Inde, où ils avaient assisté à des séances d'enseignement dirigées par le dalaï lama, et les oblige à suivre une rééducation politique, a annoncé vendredi 17 février Human Rights Watch. Selon l'ONG, il s'agirait de la première fois depuis la fin des années 1970 que les autorités chinoises arrêtent un aussi grand nombre de laïcs tibétains. Cette action survient au moment où la Chine est particulièrement inquiète des troubles au Tibet et dans les autres provinces à population tibétaine.

Pékin avait initialement autorisé sept mille Tibétains à assister aux séances dirigées par leur chef spirituel en exil, à Bihar en Inde, entre le 31 décembre et le 10 janvier. Human Rights Watch y avait initialement vu un signe de détente vis-à-vis de cette ethnie. "Toutefois, la situation a changé, sur fond de troubles dans les régions tibétaines orientales et de craintes qu'ils ne s'étendent à Lhassa", la capitale provinciale du Tibet, indique l'ONG dans un communiqué envoyé par courriel.

Depuis mars 2011, au moins quinze Tibétains ont trouvé la mort en s'immolant par le feu afin de protester contre la domination chinoise. Les faits se sont en général produits plutôt dans les provinces du Sichuan et du Gansu qu'au Tibet lui-même. La Chine affirme respecter la liberté de culte au Tibet et défend son occupation depuis 1950 en affirmant qu'elle a permis le développement de cette région.

Selon Human Rights Watch, les Tibétains arrêtés possédaient des passeports chinois valides leur permettant d'entrer et sortir du territoire. "Aucun règlement connu n'interdit aux Tibétains d'assister à ces séances d'enseignement, et ceux qui subissent une rééducation à leur retour n'ont été accusés d'aucun crime, comme la possession de documents illicites ou l'entrée clandestine sur le territoire chinois. (...) Rien n'indique pour l'instant que les quelque sept cents Chinois ethniques ayant assisté aux enseignements du dalaï lama à Bihar aient été arrêtés à leur retour en Chine, ce qui laisse penser que ceux qui l'ont été ont été sélectionnés en raison de leur ethnie."

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Chine
commenter cet article
17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 14:13

 

Le Monde - Vendredi 17 février 2012

 

Plus d'un cinquième de l'eau consommée sur la planète est englouti par des produits destinés à l'exportation. Et en important de la sorte des biens intensifs en eau, les pays développés augmentent les pressions sur des zones fragiles souvent dépourvues de politiques de conservation de cette ressource rare. Voilà les conclusions d'une étude, publiée lundi 13 février dans les Proceedings of the national academy of sciences, qui modélise les flux d'eau autour du globe et met en évidence les disparités dans son utilisation.

 

A partir d'indicateurs commerciaux, de données démographiques et de statistiques sur l'usage de l'eau, souterraine, de surface mais aussi de pluie et celle recyclée, l'équipe de recherche de l'université de Twente aux Pays-Bas a quantifié et cartographié l'empreinte mondiale sur l'eau à une échelle géographique très fine.

Résultat : entre 1996 et 2005, 9 087 milliards de mètres cubes d'eau ont été consommés chaque année à travers la planète. L'agriculture en a englouti 92 %, notamment du fait de l'irrigation intensive des céréales telles que le maïs, le blé ou le riz  (27 % de l'utilisation d'eau douce), ainsi que de la production de viande (22 %) et de produits laitiers (7 %).

Les Etats-Unis, qui ne représentent que 5 % de la population mondiale, constituent le troisième consommateur d'eau douce (1 053 milliards de m3 par an), après les beaucoup plus peuplées Chine (1 207 milliards de m3) et Inde (1 182 milliards de m3). Ramenée par habitant, la consommation américaine d'eau s'élève à 2 842 m3 annuels, contre 1 089 m3 pour la Chine, 1 071 m3 en Inde et 1 385 m3 en moyenne mondiale, comme le montre la carte de la consommation d'eau de chaque pays, par an et par habitant :

 

 

Au-delà de la consommation directe d'eau, pour un usage domestique ou agricole, le cœur de la problématique tourne autour du concept d'eau virtuelle, c'est-à-dire de la quantité d'eau utilisée pour fabriquer un bien de consommation. Environ un cinquième de l'eau consommée dans le monde est ainsi de l'eau virtuelle, échangée entre les pays sous forme de produits agricoles ou industriels.

C'est notamment le cas des produits alimentaires. Un kilo de bœuf nécessite ainsi 15 500 litres d'eau, un kilo de porc, 4 900 litres, le poulet, 4 000 litres, le fromage, 4 900 litres et le riz, 3 000 litres. En les important, les pays consommateurs sous-traitent à la fois la production alimentaire mais aussi les risques environnementaux et économiques qui peuvent découler de la surexploitation de réserves limitées en eau.

Cette carte montre les importations nettes en eau virtuelle et la direction des flux les plus importants (supérieurs à 15 milliards de m3 par an), liés au commerce de produits agricoles et industriels, entre 1996 et 2005 :

 

 

Les pays les plus dépendants de ces ressources sont, comme on pouvait s'y attendre, les îles et les régions désertiques : Malte, qui dépend à 92 % de l'eau virtuelle, le Koweït (90 %), la Jordanie (86 %) et Israël (82 %). Mais certains des pays qui possèdent les plus vastes ressources en eau au monde importent aussi de larges quantités d'or bleu. Le champion de la consommation est les Etats-Unis, qui importe 234 milliards de m3 chaque année. Suivent le Japon, qui importe 127 milliards de m3, l'Allemagne (125), la Chine (121), l'Italie (101), le Mexique (92) et la France (78).

De l'autre côté de la balance, les pays qui exportent le plus d'eau virtuelle sont les Etats-Unis qui, avec 314 milliards de m3 par an compense plus que largement ses importations, la Chine (143 milliards de m3 par an), l'Inde (125) et le Brésil (112).

Au final, les auteurs de l'étude, Arjen Hoekstra et Mesfin Mekonnen, ne proposent pas de solutions directes pour limiter la consommation d'eau, virtuelle ou pas. Ils font surtout valoir que cartographier de manière précise l'empreinte eau de l'humanité permet aux Etats de connaître les risques de dépendances qu'ils encourent alors que la diminution des ressources devient une préoccupation internationale.

Audrey Garric

Suivez mon blog sur Facebook et sur Twitter : @audreygarric.

AFP PHOTO / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 14:07

The Ever Changing March

In March to Athens on 16 February 2012 at 20:17


March to Athens

Day 101-XXVII, Salerno.

Salerno, February 16

Dear people,

Some people joined us in Naples. By now only one of them is left. And we still keep losing pieces. The camper and the five comrades travelling on board had been briefly back in Naples. They stayed behind, together with four other marchers.

Now, the news coming in from Greece has had an electrifying effect on others. Comrade Getafe, who walked all but one of the legs of the march on Brussels, has departed this evening. With him comrade Laurentina, who has lately been trying to reconcile the different factions in our march.

Tomorrow we go inland, towards the snowy peaks. It will once again be a different march, and it will be hard.

I have been tempted to go to Athens as well, but for the moment I will stay. Of course I want to be there when the Greek people finally reclaim their sovereignty from the stranglehold of international finance, but I don’t think we’re there yet. I hope the Greeks will wait for spring.

On the way to Salerno, comrade Max told me about the history of the march from Nice to Rome. He is one of the veterans from the start, together with Marianne, and many of the rebels.

Comrade Pazzo

Camping on the boulevard of Salerno

I’ll briefly pinpoint the highlights of his account.

The march started under good auspices. In Cannes at the beginning of november, international and financial authorities decided on Greek and Italian matters. In Nice, the indignados staged a protest, and shortly after they set course to those very countries. Within weeks after departure, regime change was peacefully performed in Greece and Italy, and technocrat bankers were nominated as heads of government.

Up to Genoa, the march camped out on the beach and did little political activity. They were about fifteen to twenty persons, almost all of them French. In Genoa they held their first big assembly on the stage of Piazza dei Ferrari. After that, the march split.

Some people went on a litoral march, to carry on camping on the beach, and the rest crossed the Apennines into red Emilia, the traditional land of the partisans.

From Parma through Reggio and Modena to Bologna, they were received in social centres by left wing activists. But mostly this time is remembered as the days of Mimo.

Mimo was a schizophrenic. During the day he was an amiable and gentle person, but during the night he could turn into a screaming madman with a special love for knives. Especially when he drank, and especially in closed places.

He caused a stir by menacing people. He got thrown out more than once. In the end, the march declined to camp inside a social centre for fear of Mimo making trouble. Mimo took it personal, and he left.

In Bologna, the marchers were fined for camping on public soil. They burned the fines in front of camera’s and police.

During the second crossing of the Apennines, from Bologna to Florence the march temporarily decided to split again. Many went to the ‘Valley of the Elves’ above Pistoia, where tribes of agro-anarchical hippies are living in comunes.

In Florence the march arrived when three Senegalese were killed out of racist motives. Marchers participated in a demonstration, and camped on the squares where the murders had taken place.

In Siena, they camped outside of one of the oldest still active banks in the world, Monte dei Paschi di Siena. While the police was notifying people that they couldn’t camp there and that the two tents should be removed, other tents sprouted up, and more, and more. In the end, the police officers found themselves in the midst of a complete camp, and they left.

Christmas was celebrated in Cortona, in a desacrated church with lots of old musical instruments and wine. From the sound of it, it must have been a fabulous party.

In Perugia the camp was built in the middle of Corso Vannucci, one of the most beautiful streets of Italy. It was there that Timon the flamboyant Finn inspired the marchers to stop showing documents to the police.

Spoleto was a dark page in the history of the march. By now, it had been joined by a substantial Spanish contingent. From some of them I had already heard accounts of ‘the facts of Spoleto’.

It was the day before New Year, there had been party in the square. There had been a drunk person molesting the campers. At a certain point, the tribe reacted. Fired on by alcohol, the warriors went to the defense. They knocked out the molester, and they did so with excessive use of force.

The day after was one of collective shame. As pacifists, people had failed. Yet again they turned out to be humans after all.

A week later, the march arrived in Rome and got a great welcome on Piazza del Popolo.

From the eight persons who started the litoral march, only two reached Rome. They had lived such incredibly scarry adventures that none of them ever dared to talk about it. Most of the time, they just sat silent in the square.

So when I ask comrade Max his opinion on the current troubles of the march, he lifts up his shoulders and smiles. He has already seen a lot. Today is nothing special.

Scenes from an assembly in Salerno

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Marche des indignés vers Athènes
commenter cet article
17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 14:03

Civil Disobedience

In March to Athens on 15 February 2012 at 22:56


March to Athens

Day 99-XXV, from Santa Maria la Bruna to Pagani, 18 km.
Day 100-XXVI, from Pagani to Salerno, 19 km.

On the Boulevard of Salerno

Salerno, February 15

Dear people,

Three days marching are not enough to leave the metropolitan area of Naples. Yesterday we turned away from the Gulf and cut through the valley that divides the coastal range from the inland mountains. This way we bypass the peninsula of Sorrento, the lemon coast, and the famous marittime republic of Amalfi.

No tourist routes then. We go from town to town, and all along the way we get stopped by the curious. “Who are you? Where are you from? Where are you going? Come have a coffee!” Many times we leave them flabbergasted. “All the way on foot?!”

“That’s right, all the way on foot.”

They lift their hats and propel us forward.

The internal conflict in the group is lighting up almost daily by now, especially with things happening in Athens. As I mentioned, there are the people who want to pick a date and push on, like comrade Marianne and comrade Max, and there are the people who want to go day by day, without a hurry. This last group is mostly French, and many of them have been walking since the very start, a hundred days ago. They are the soul of the march.

Pagani, feb14. The bifg assembly and the little assembly.

In Pagani we organised a successful popular assembly. Many young locals attended, and stayed until the end even though it was freezing cold.

Just after local tv had arrived it suddenly all exploded in front of the cameras. We had been avoiding the main problem carefully in the internal assembly, but now, with the help of alcohol, it came out.

The Flute Player got violent and accused the tv of distorting information, and us all because we preferred to sleep inside instead of camping out. Then comrade Bob accused Max and Marianne of manipulating the march, deciding on the itinerary, on the dates and everything, with tacit support of the Spanish. Finally, the rebels didn’t come with us to the elderly recreation centre to sleep, but they camped out on the square in the cold.

The rebels.

The rebels blowing the war horns in the morning.

I understand and respect them. But I can also understand the excitement of comrade Marianne. She is a full blood revolutionary, fresh from high school. She has been marching and protesting all over Europe since last spring, and now she’s on her way home while Athens is burning. She wants to pull the cart by herself, and if it’s too heavy, cut herself loose and fly away to Greece.

This also angers some of the French. “You want to fix a date for us, when you won’t be marching yourself?”

Me, I don’t know what to think about it anymore. I try to keep my distance and observe. Things will be worse, things will be better, but I don’t think the march is in real danger. It goes on, ‘whatever the cost’.

Port of Salerno.

Today, after cutting the peninsula, we descended on Salerno. Upon arrival we sat down on the boulevard in front of town hall. Police arrived. They said we couldn’t sit here, and then they asked for papers.

We didn’t like their intimidatory tone. So we ignored them. We were already planning to leave, but when they ordered us to do so we staid. More police arrived. They insisted on identification. We said no.

Here in the south, respect is very important. They thought they could exercise their authority on us, and they found out that they were wrong. Slowly their attitude started to change. They offered a compromise. Three IDs for the whole group. We said no, again. It was a question of principle.

Up until now, police have always desisted out of impatience with our lengthy assemblies. But here in Salerno they pushed through. So in the end, the van arrived. For the first time in Italy the marchers were about to be arrested.

The divisions within the group immediately vanished in the face of police repression. Resistance was transversal. And I’m content we did resist. We sat down and locked arms and legs while one of us started reading out loud the declaration of human rights, among which ‘the liberty to express your own opinion through any means necessary,’ and ‘the right to not being arrested and persecuted without a just cause’ etc.

Bracing up and reading the declaration of human rights.

Finally they dragged us off and took us away. The bastards almost ripped my legs up. ‘Careful with those! They have to take me to Athens still!’ Fortunately, tomorrow we will have a day off to recover.

The Salerno police was nothing like the robocops of Paris. We had a good chat in the police station, about the concepts of ‘legality’ and ‘legitimacy’. About a better world and peaceful resistance, about human nature. Still, many of the police officers didn’t understand why we resisted for three lousy IDs, which would have taken five minutes to check. It’s simple, we are not numbers, nor papers. If refusing to show identification is a crime, then the law is wrong, and we will not obey. What are principles worth if you trade them in for five minutes of compliance?

Royal Imperial Republic of Italy, or: the Law

The final compromise in the police station was that some of us showed ID and vouched for the rest, to avoid us being photographed and fingerprinted. After that we were free to go. I’m sure we left a mark on them. And at the very least, we taught them to respect us.

 

Human rights

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Marche des indignés vers Athènes
commenter cet article
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 16:47

 

radio-canada.ca

  Mise à jour le jeudi 16 février 2012 à 11 h 01 HNE
Les travaux de prolongement de l'autoroute 5 à Chelsea se poursuivent.
Les travaux de prolongement de l'autoroute 5 à Chelsea se poursuivent.

Le ministère des Transports du Québec a envoyé une mise en demeure aux indignés du Parc de la Gatineau afin de signifier son intention de démanteler leur camp dès jeudi. Le camp d'occupation a été érigé au début du mois de janvier pour protester contre le prolongement de l'autoroute 5 qui empièterait une partie de l'espace vert.

Les indignés ont répondu en invitant les citoyens de la région à se rassembler sur le site afin d'exercer leurs droits démocratiques et d'exprimer leur désaccord. Environ 75 acres de forêts matures, y compris des arbres tricentenaires, seront abattus dans le cadre des travaux.

Selon les manifestants, l'impact écologique des travaux sera dévastateur. Ils estiment que la région qui a un très faible bassin de population n'a pas besoin d'une telle autoroute.

Une décision irrévocable

Il y a un mois, la députée de Gatineau à l'Assemblée nationale, Stéphanie Vallée, a affirmé qu'il « n'était pas question de faire marche arrière ».

Elle estime que le prolongement de l'autoroute 5 améliorera la sécurité des automobilistes et aidera au développement économique de ce secteur.

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Les indignés d'ici et d'ailleurs
commenter cet article
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 16:39
Marianne - Claude Nicolet - Tribune | Jeudi 16 Février 2012 à 15:01 |

 

Pour Claude Nicolet, « ce qui se déroule aujourd'hui (en Grèce) est tout simplement historique. On voit un peuple d'Europe se révolter contre la promesse européenne qui devait apporter au continent la paix, la prospérité, l'emploi, la croissance... »



« La rue flambe, la Grèce s'embrase, des scènes de guérilla urbaine, les casseurs triomphent... » Les commentaires vont bon train quant aux scènes de violence qui émaillent l'actualité grecque et européenne.
 
Il faut le dire, aujourd'hui, le remède proposé n'est pas seulement économique ou financier, il est consubstantiellement antidémocratique. Le peuple grec refuse que son pays soit « vendu » aux « européens ». Il refuse que sa dignité de peuple libre soit foulée aux pieds par le FMI et la Commission européenne.
 
Le lien entre l'Europe et la liberté se déchire sous nos yeux et ce qui apparaît ce n'est que la loi terrible du marché. Ce qui se déroule aujourd'hui est tout simplement historique. On voit un peuple d'Europe se révolter contre la promesse  européenne qui devait apporter au continent la paix, la prospérité, l'emploi, la croissance...

La faute à l’Etat ou à l’Union ?

Certes, le modèle économique de la péninsule n'est probablement pas exempt de reproche, ses dirigeants politiques sont loin d'être irréprochables, mais est-ce là le fond du problème ? Est-ce là la réalité ? Bien sûr que non et nous le savons tous si nous regardons les choses avec un tant soit peu d'honnêteté intellectuelle et de rigueur dans le raisonnement.

Tout d'abord l'euro ne peut plus fonctionner comme il fonctionne. Encore une fois sur la question monétaire nous nous sommes aveuglés. En faisant Maastricht ses partisans ont tenté de faire passer l'incantation pour une perspective inéluctable : la monnaie unique entraînerait la convergence économique. Mais non.

Une monnaie est un marqueur identitaire

Les grands prêtres du franc fort accroché au Deutsch Mark ont oublié une chose : une monnaie n'est rien si ce n'est un outil et un marqueur identitaire. Un outil  au service de l'économie d'un pays et d'un peuple qui est ce pays et s'identifie à lui. C'est aussi la photographie de la réalité d'une économie, de son reflet.
 
Nous avons l'économie de notre monnaie et la monnaie de notre économie. Elle est aussi l’illustration d’une identité voire d’un tempérament national. Or l'euro qui n'est aujourd'hui qu'un Mark bis, peut-il être la monnaie de la Grèce et de son économie ? Non. Peut-il être la monnaie de l'Espagne, de l'Italie, du Portugal ? Non. De la France ? Non.

L’Europe n’est pas allemande et ne le sera jamais. Pas plus qu’elle n’est française et ne le sera jamais. Or les monnaies ont besoin de ces marqueurs identitaires. Ce ne sont pas seulement des statistiques, des algorithmes, des valeurs boursières, des équations mathématiques.

Désillusions

Mais les grands prêtres de la monnaie unique ne peuvent pas, ne doivent pas abjurer. Ils sont les gardiens du dogme, donc du système. Peuvent-ils annoncer Urbi et Orbi que les Saintes Ecritures des traités de Maastricht, de Lisbonne, du pacte de stabilité, d'Amsterdam...ne nous ont pas conduit à la Terre promise du bonheur économique éternel. Ce paradis promis nous ne l'avons pas encore suffisamment mérité. Il faudra alors passer par une vallée de larmes et c'est aux Grecs d'ouvrir la voie.

Nouvelles baisses des pensions. Suppression de 15 000 fonctionnaires supplémentaires, baisse de 22 % du salaire minimum, baisse de 32 % du salaire minimum pour les moins de 25 ans, nouvelles privatisations...

Alors plutôt jouer avec le feu, prendre le risque de briser un pays, un peuple, une nation, une démocratie que de remettre en cause les raisons de la crise. L’euro est un carcan pour des pays, des économies qui ne peuvent s’aligner sur les critères allemands de productivité, de compétitivité, de déflation salariale, de tissu industriel très serré. Quel point commun entre l’économie allemande et grecque ?

Aveuglement

Alors qui est le plus violent ? Ceux qui refusent de voir leur pays mis à l'encan aux profits d'intérêts étrangers ? Ceux qui voient leur démocratie être mise « sous tutelle » du FMI et de l'Union européenne ? Ceux qui voient leur société voler en éclat au nom de la compétitivité, du libre échange, de la concurrence ? Ceux qui se suicident comme jamais la Grèce n'a connu une telle épidémie qui touche celles et ceux qui retournent contre eux la violence faite à leur pays et à leur société ?
 
La situation grecque doit nous servir d’exemple et d’avertissement et il faut appeler un chat un chat : les mêmes causes entraîneront les mêmes effets. L’euro dans son fonctionnement actuel est en train de détruire l’Europe comme idée de coopération possible entre Etats Nations. Il s’attaque donc aux fondements même de la démocratie. La fuite dans je ne sais quel mirage fédéraliste ne fera que nous précipiter dans des impasses politiques et intellectuelles d’où sortiront le pire.
 
Les peuples n’accepteront pas d’être asservis et de voir leur histoire, leurs combats pour le progrès social, détruits sur l’autel d’intérêts particuliers. Il faut donc de façon urgente proposer un « Plan B » pour une monnaie qui nous fait désormais courir un risque majeur. Il ne faut pas chercher plus loin d’où vient la fameuse montée des « populismes ». Les souverainetés nationales existent, elles sont inséparables de la question sociale. Nous en avons encore une démonstration flagrante aujourd’hui. Mais il n’y a pas de pire aveugle que celui, ou celle, qui ne veut pas voir.

 

Claude Nicolet
Premier secrétaire de la fédération du Nord du MRC
Secrétaire national du MRC
Conseiller régional Nord Pas de Calais
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 16:35

Gérard Filoche sur Marianne2

La crise grecque est loin d’être terminée. Il est néanmoins possible de tirer un bilan provisoire sous forme de 6 leçons. La troïka s’est acharnée à extorquer encore 385 millions aux Grecs avant de donner 130 milliards aux banques… au nom des Grecs. C’est une honte à vomir.



  1. La troïka (FMI, Union européenne, Banque centrale européenne) n’hésite pas à plonger la population grecque dans le chaos social pour tenter de sauver la finance
 
Sonia Mitralia, membre du comité grec contre la dette a prononcé le 24 janvier un discours devant le Conseil de l’Europe à Strasbourg.

Elle déclarait notamment :

« Les salaires et les retraites sont amputés de 50 % et même dans certains cas, de 70 %.

La malnutrition fait des ravages parmi les enfants de l’école primaire, la faim fait son apparition surtout dans les grandes villes du pays dont le centre est désormais occupé par des dizaines, de milliers de SDF misérables, affamés et en haillons.

Le chômage atteint désormais 20 % de la population et 45 % des jeunes (49,5 % pour les jeunes femmes).

Les services publics sont liquidés ou privatisés avec comme conséquence que les lits d’hôpitaux sont réduits (par décision gouvernementale de 40 %, qu’il faut payer très cher même pour accoucher, qu’il n’y a plus dans les hôpitaux publics de pansements ou de médicaments de base comme des aspirines.

L’Etat grec n’est toujours pas capable, en janvier 2012, de fournir aux élèves les livres de l’année scolaire commencée en septembre passé.


Des dizaines de milliers de citoyens grecs handicapés, infirmes ou souffrants de maladies rares se voient condamnés à une mort certaine et à brève échéance après que l’Etat grec leur a coupé les subsides et les médicaments.

Le nombre de tentatives de suicide s’accroît à une vitesse hallucinante, comme d’ailleurs des séropositifs et des toxicomanes abandonnés désormais à leur sort par les autorités… »
 
Cela ne suffit pas à la Troïka qui exige une nouvelle saignée de la population grecque : baisse du salaire minimum, baisse des retraites, nouveaux licenciements dans le secteur public. Sarkozy, affirmait à l’issue du dernier Conseil des ministres franco-allemand : « Les Grecs ont pris des engagements, ils doivent les respecter scrupuleusement, il n’y a pas le choix, le temps presse, c’est une affaire de jours, maintenant il faut conclure ». Cet homme-là est décidément d’une grande humanité.
 
Les termes de « plans d’austérité » ou de « plans de rigueur » sont inadéquats. Ils suggèrent une forme d’ascèse librement acceptée, un passage qui serait difficile mais nécessaire. Cela n’a rien à voir avec la réalité. Ces plans sont des plans de destruction sociale.
 
Nous sommes ramenés plus d’un siècle en arrière lorsque les libéraux ne cachaient pas qu’ils croyaient que seule la faim pouvait pousser les salariés à travailler. Aujourd’hui, c’est le peuple grec qui subit la loi de la finance dans toute sa barbarie. Demain, ce sera le tour du Portugal, de l’Irlande, de l’Espagne, de l’Italie, de la Belgique, de la France…

 

  1. Les plans de destruction sociale de la troïka enfoncent la Grèce et l’Union européenne dans la récession
 
La Grèce subira en 2012 sa cinquième année de récession consécutive. En 2011, son PIB a diminué de près de 6 %. L’année 2012 sera encore pire.
 
Cette récession n’est pas due à la fatalité mais aux plans de destruction sociale successifs imposés à la Grèce. Ces plans massacrent la consommation intérieure. Le chômage dépasse les 22 % de la population et atteint 45 % chez les jeunes. La récession entraîne une baisse des recettes publiques (impôts, cotisations sociales) et donc une augmentation du déficit public malgré les coupes opérées dans les dépenses. Pire, le ratio dette/PIBB utilisé par l’Union européenne comme par les marchés financier augmente encore plus rapidement puisque la dette publique augmente et que le PIB diminue.
 
La combinaison des plans de destruction sociale imposés à la Grèce à des plans, moins barbares, mais de même nature, imposés aux autres pays européens généralise la récession à toute l’Union européenne et aggrave la récession subie par chaque pays qui voit, ainsi, sa demande extérieure diminuer. Même l’Allemagne est maintenant touchée par la récession.
 
C’est le cas, en particulier, des pays les plus fragiles de la zone euro.

Le Portugal subira en 2012 la pire récession (de l’ordre de 5 %) depuis la sinistre récession de 1975. Dès juin 2011, le nouveau Premier ministre de droite, Pedro Coelho, annonçait deux « années terribles » de récession et de chômage alors que le chômage (officiel) dépasse déjà les 13 % de la population active.

C’est aussi le cas de l’Espagne. « Le premier trimestre va être très dur, très dur » affirmait, le jeudi 2 février, le ministre de l’Economie à la radio Onda Cero. Le FMI prévoit une contraction du PIB espagnol de 1,7 % en 2012. Le déficit public de 2011 devrait s’élever à 8 % au lieu des 6 % prévus. L’Institut nations de statistiques (INE) souligne la situation des familles au bord de la dérive sociale. Dans 1,6 millions de foyers espagnols, tous les membres sont au chômage. 1/3 des 5,27 millions de chômeurs ne bénéficie d’aucune aide sociale de l’Etat. 22,85 % de la population (chiffre officiel) est au chômage et 51,4 % des moins de 25 ans.
 
Les économies des pays de l’Union européenne entrent en récession, les unes après les autres. Avec à chaque fois, la même origine : les plans de destruction sociale mis en œuvre dans l’ensemble de l’Union européenne.
 
Le ministre allemand des Finances, Wolfgang manque de s’étouffer en évoquant le « puits sans fond » de la dette publique grecque. Il oublie toutefois de préciser que ce sont les « remèdes » de l’UE et du FMI qui ont creusé ce trou depuis 2010.
 
Il suffit d’ailleurs de constater l’évolution des dettes publiques des pays européens les plus fragiles pour constater l’effet désastreux des plans de destruction sociale imposés par la troïka.

En 2010, la dette publique de la Grèce s’élevait à 140 % de son PIB, celle du Portugal à 91 % de son PIB, celle de l’Irlande à 96 % et celle de l’Espagne à 60 %.

Aujourd’hui, la dette publique de la Grèce atteint 162 % de son PIB, celle du Portugal 110 %, celle de l’Irlande 105 % et celle de l’Espagne 66 %.
 
Christine Lagarde, elle-même, prend conscience du danger et prévient que « les 17 pays de le l’euro ne doivent pas entreprendre des réductions drastiques de dépenses au même rythme et de même ampleur ». Ce qui n’empêche pas la Troïka, dont le FMI est l’un des participants de poids, d’exiger une nouvelle saignée de la Grèce.

 

  1. Les banques se gavent aux dépens des populations européennes
 
Le nouveau plan d’aide à la Grèce, prévu par la troïka, doit renforcer le capital des banques grecques d’un montant de 40 milliards d’euros pour compenser les pertes de 50 à 70 % de la valeur des titres grecs qu’elles possèdent. Ce sera à l’ensemble du peuple grec de payer rembourser ses 40 milliards d’euros et à subir le nouveau plan de destruction sociale, en contrepartie du prêt consenti par l’UE et le FMI.

La Banque centrale européenne (BCE) a, en décembre 2001, fourni 489 milliards de liquidité aux banques européennes sous forme de crédit à 3 ans au taux très bas de 1 %. Elle s’apprête à recommencer la même opération (pour un montant sans doute plus important encore) en janvier 2012. Ces banques ont utilisé une partie de ces fonds pour acheter des titres italiens ou espagnols lors des dernières émissions de dette publique de l’Italie et de l’Espagne. Ces titres leur permettront d’empocher, chaque année, des taux d’intérêt de 5 à 7 %.
 
Pendant combien de temps les peuples européens accepteront-ils d’être saignés à blanc pour enrichir les banques qui empruntent à 1 % à la BCE pour prêter à 5 à 7 % aux Etats européens ?
 
Ce n’est pas supportable plus longtemps : la BCE doit acquérir directement les titres des dettes publiques nouvellement émis à un taux de 1 % ou de 0,75 % comme elle prévoit de le faire pour les banques européennes.

 

  1. Les plans d’aide à la Grèce sont des plans d’aide aux créanciers de la Grèce : les banques, les assurances et les fonds spéculatifs
 
Les Grecs ne voient pas un centime d’euro des « plans d’aide » appelés par antiphrase « plans d’aide à la Grèce ». Les sommes versées par le FMI et l’UE vont directement dans les poches des créanciers de la Grèce, en particulier les banques et les assurances grecques mais surtout allemandes françaises, britanniques.
 
Les plans d’aide à la Grèce sont donc des plans d’aide aux créanciers de la Grèce : les banques, les assurances et les fonds spéculatifs. On comprend aisément pourquoi ils ne portent pas leur véritable nom.
 
Pour ceux qui douteraient de cette réalité, ils n’auraient qu’à se référer aux dernières déclarations de Sarkozy et Merkel. Ils ont souhaité que les sommes versées par l’UE et le FMI (par tranches successives) soient bloquées sur un compte séquestre « pour être sûr que cet argent sera durablement disponible pour assurer les paiements du service de la dette du pays ». Et éviter, sans doute, que quelques dizaines de milliers d’euros ne s’égarent pour aller financer des cantines ou des médicaments pour les hôpitaux grecs.

 

  1. L’article 63 du traité de l’Union européenne permet aux « hedge funds » de spéculer sur la dette grecque
 
 
Article 63 du Traité européen qui est une reprise de l’Acte unique de 1986 interdit que soit instauré le moindre contrôle des capitaux à l’entrée ou à la sortie de l’Union européenne.
 
C’est cet article qui permet, aujourd’hui, aux « hedge funds » anglo-saxons de spéculer sur les dettes publiques des pays de l’Union européenne en se souciant comme d’une guigne des conséquences de leur spéculation pour la population de ces pays et sur l’avenir de la zone euro.

 

  1. Rien n’empêche la Grèce de faire défaut, au contraire
 
Il est stupéfiant de constater l’arrogance des dirigeants européens qui affirment « perdre patience » face aux « atermoiements » des Grecs qui n’acceptent pas sans quelques réticences la ruine de leur pays.
 
C’est le monde à l’envers. Il suffirait que la Grèce affirme qu’elle va faire défaut de sa dette publique pour que l’on assiste aussitôt au spectacle des dirigeants européens et des banques européennes perdant brutalement leur superbe et acceptant, en toute humilité, de négocier la restructuration de la dette publique grecque, oubliant au passage toutes leurs prétentions à imposer leurs ignobles plans de destruction sociale.

Qui aurait, en effet, le plus à perdre à un défaut de la dette publique grecque ?

La Grèce ? Certainement pas.

Que pourrait-il, en effet, lui arriver de pire que ce qu’elle subit en se refusant à faire défaut ?
 
La Grèce ne pourrait pas faire face à l’échéance de 14,5 milliards d’euros en mars 2012 ?

Menace dérisoire. Si la Grèce faisait défaut de sa dette, c’est-à-dire annulait sa dette publique, elle n’aurait pas à se préoccuper de ces 14,5 milliards d’euros qui n’ont qu’une fonction, rembourser les créanciers de la dette publique grecque du montant des titres de cette dette qui arriveront à échéance en mars. En faisant défaut de sa dette, la Grèce effacerait toutes ses dettes dont celles qui arrivent à échéance en mars.
 
La Grèce risquerait de faire faillite ?

Cest une supercherie. Un épouvantail agité par les dirigeants européens et la quasi-totalité des médias.

Un Etat relève du droit international et a le droit souverain de faire défaut de sa dette c’est-à-dire de ne plus la rembourser et de ne plus payer les intérêts qui lui sont liés.

La faillite relève du droit privé et ne s’applique pas à un Etat. Nul n’a le droit de vendre un Etat par appartement pour l’obliger à rembourser sa dette s’il décide de faire défaut.

C’est justement parce que la Grèce ne fait pas défaut qu’elle est traitée comme une entreprise privée, que ses services publics sont vendus à l’encan et que ses créanciers peuvent lui imposer des plans de destruction sociale à répétition.

Si la Grèce faisait faillite, elle serait cent fois mieux traitée et pourrait chasser de son sol les hommes et les femmes en noir de la troïka avec, dans leurs attaché-case, leurs plans de destruction sociale de la Grèce.
 
La Grèce risquerait de ne plus avoir accès aux marchés financiers ?

C’est une menace ridicule. Aujourd’hui, la Grèce ne pourrait pas se refinancer sur ses marchés à moins de 35 %. Les marchés financiers lui sont donc interdits.

Mais si elle dénonçait une dette de 390 milliards d’euros, elle aurait tout le temps de relancer son économie, comme l’ont fait la Russie après 1998 et l’Argentine après 2001, puis de revenir sur les marchés financiers, si tel était son choix, mais avec des taux de 1 ou 2 %. Pour la finance, en effet, l’argent n’a pas d’odeur et elle sera toujours prête à faire crédit à un pays en plein développement et avec une dette publique considérablement allégée.
 
La Grèce serait obligée de quitter la zone euro si elle annulait sa dette publique ?

Mais où Sarkozy a-t-il lu cela, lui qui le premier a brandi cette menace ?

Il n’y a rien qui permette de le faire dans les traités européens où ce cas de figure avait été résolument écarté par les pays signataires.

Comment, lui toujours si prompt à réclamer le respect des traités quand cela l’arrange, pourrait-il s’asseoir aussi délibérément sur le traité européen ?

Un défaut de la Grèce aurait, au contraire, des répercussions désastreuses pour les banques et les oligarques européens

Les taux des dettes publiques italiennes et espagnoles augmenteraient brutalement.

L’Italie et l’Espagne serait dans l’obligation, soit à faire défaut, soit à faire appel au FMI et à l’UE. Mais le FMI et l’UE n’ont pas les moyens de faire face à une crise des dettes publiques espagnole et italienne. La dette publique grecque s’élève à 390 milliards d’euros, les dettes espagnoles et italiennes cumulées à 2 850 milliards d’euros !
 
La crise grecque ferait tâche d’huile et la plupart des pays européens se verraient dans l’obligation d’annuler une bonne partie de leurs dettes.
 
Il suffit de se rappeler de la panique qui avait saisi Sarkozy et Merkel lorsque Papandréou avait brandi la menace (hélas passagère) d’un référendum grec pour comprendre à quel point ces Tartarins sont vulnérables.
 
Le milliardaire américain Paul Getty l’avait compris il y a déjà quelques temps : « Si vous devez mille dollars à votre banquier, il vous tient. Si vous lui devez un million de dollars, c’est vous qui le tenez ». Et c’est des centaines de milliards d’euros que la Grèce doit à ses créanciers.
 
Si Papandréou avait eu le courage de défendre les intérêts du peuple grec plutôt que ceux des banques et de la finance, il aurait pu obliger l’Union européenne et le FMI à régler très rapidement, dès 2010, le problème de la dette grecque en négociant l’annulation de la plus grande partie de la dette. Il aurait pour cela suffi qu’ils menacent les Merkel et autre Sarkozy d’une annulation unilatérale de la dette grecque. Il aurait alors inversé le rapport de forces et obligé la Finance à négocier, le dos au mur. Il aurait, par la même occasion, évité qu’une égratignure (la Grèce représente 3 % du PIB de la zone euro) ne se transforme en danger de gangrène pour l’ensemble de la zone euro.
 
Il est urgent pour le Parti socialiste grec (le Pasok) de changer de politique et de défendre les intérêts du salariat grec plutôt que ceux de la Finance. Cette Finance que François désignait, à juste titre, dans son discours du Bourget comme notre ennemi.

Les 22 députés socialistes qui se sont opposés au vote du nouveau plan de destruction sociale de la Grèce montrent la voie du redressement pour le Parti socialiste grec.
 
Jean-Jacques Chavigné

 

Jeudi 16 Février 2012
Gérard Filoche
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 16:28

 

Emmanuel Lévy - Marianne | Mercredi 15 Février 2012 à 18:01

 

Marianne s’est procurée la lettre envoyée par les partenaires sociaux grecs à leur gouvernement, ainsi qu’aux membres de la Troïka. Organisations patronales unanimes (commerces, industries, professions libérales) et syndicats s’accordent dans cette missive datée du 4 février pour dénoncer ce n-iéme plan de rigueur visant cette fois à réduire le niveau des salaires.



Dans leur plaidoyer, les partenaires sociaux dressent un constat catastrophique des politiques restrictives menées depuis la crise : non seulement les efforts demandés ont été importants mais ils ont été contreproductifs. Le pouvoir d’achat des salaires a été attaqué à la hache. Outre le recul du salaire moyen de 14,3% entre 2010 et 2011, il leur a fallu supporter une progression de la fiscalité sans précédent. L’œcuménisme étant de sortie, la hausse importante de la fiscalité des entreprises est, elle aussi, pointée du doigt. Au contraire, les partenaires sociaux s’étonnent de la faiblesse de l’action anticorruption. Et plus généralement s’inquiètent d’une politique vantant la compétitivité et qui ignore la lutte contre les rentes comme celle contre une bureaucratie pléthorique….Entre les lignes, on voit bien que la question taboue de la fiscalisation de l’Eglise orthodoxe, jusque là sanctuarisée, est interrogée…

Bref, entre une rue à feu et à sang et une unité des partenaires sociaux, on voit mal comment le gouvernement de Lucas Papademos trouvera le soutien populaire au plan imposé par la troïka.


(Traduction assurée par Melpomeni Konstantinidi.)

 

Confédération Générale des Travailleurs de Grèce (GSEE) Fédération des Professionnels, des Entreprises et des Industries (SEV)

Confédération Générale des Industriels et Commerçants de Grèce (GSEVEE)

Confédération Nationale du Commerce Hellénique (ESEE)

 

 

Athènes, le 3 février 2012

 

A l’adresse du 

Premier Ministre

M. L. PAPADEMOS

 

Monsieur le Premier Ministre,

 

Le gouvernement grec – se faisant l’écho de la position de la Troïka – a demandé aux partenaires sociaux - principaux négociateurs sociaux – de débattre et de se prononcer sur des questions relatives au coût salarial (13ème et 14ème mois, salaire minimum défini par la Convention Collective Nationale du Travail, gel des augmentations et bonus), ainsi qu’au coût non-salarial (cotisations sociales et autres, intervention de l’Etat et ses conséquences sur la compétitivité structurelle).

 Le principal argument justifiant les demandes de baisse des rémunérations du secteur privé de l’économie était le renforcement de la compétitivité, des entreprises et de l’économie, ainsi que de l’emploi qui s’est littéralement effondré (selon les données d’EUROSTAT, le taux de chômage au mois d’octobre 2011 était de 19,2%).

 Le dialogue social est une institution en matière de communication ; il est ancré dans le Traité de l’Union Européenne et devra constituer, dans notre pays également, le principal « outil » des accords et ses résultats devront être respectés.

 Si l’on tient compte du fait que :

 

  • - les rémunérations du secteur privé ont été réduites en moyenne de 14,3% en 2010 et en 2011 outre les baisses découlant de la fiscalité et des contributions spéciales,
  • - le pays traverse depuis 4 ans une situation de récession sans précédent sans que se dessine la moindre perspective relance – même anémique – pour 2012 ni pour 2013,
  • - la compétitivité au niveau national est davantage fonction (si l’on la compare au coût salarial) de paramètres tels que la bureaucratie nourrie par la multiplication des lois, l’interventionnisme étatique, le régime fiscal, la corruption et la mentalité rétive à la création d’entreprises,
  • - la révision à la baisse des salaires a une influence directe et proportionnelle sur les ressources des Caisses de Sécurité Sociale,
  • - le débat ne portera pas sur d’autres ressources au-delà de la cohésion sociale ; cela a une incidence directe sur l’économie, provoquant une récession qui pourrait éventuellement se solder par des tensions et des heurts sociaux,
  • - l’on constate des pressions accrues sur les entreprises qui ont un impact sur leur viabilité en raison des charges fiscales exceptionnelles, de l’augmentation des coûts des matières premières et du travail, du manque de liquidités, etc…

 

 

Les organisations patronales (SEV, GSEVEE, ESEE) et des travailleurs (GSEE) s’accordent sur la nécessité:

 

  • - de maintenir ce qui est prévu dans le Convention Collective Nationale pour les salaires les plus faibles, ainsi que pour les 13ème et 14ème mois.
  • - de lancer, dès à présent , pour les questions des charges non-salariales et de la compétitivité structurelle, un dialogue tripartite (gouvernement, Employeurs et Représentants des Travailleurs), puis d’ancrer ses résultats dans la législation. Ce dialogue doit passer par la baisse des cotisations de Sécurité Sociale et contribuer à rechercher des solutions équivalentes acceptées par les partenaires sociaux pour les questions cruciales suivantes : compétitivité, régime fiscal simple et stable, simplification des procédures de création et de fonctionnement des entreprises, utilisation des terrains, règles de concurrence loyale, base électronique pour allier offre et demande sur le marché du travail, etc…

 

 

Le maintien du cadre de fonctionnement ultérieur des conventions collectives demeure une question essentielle dans le domaine de l’autonomie collective et des négociations.

 

La composante des travailleurs (GSEE) n’a pas marqué son accord à la proposition des organisations patronales selon laquelle il n’y aurait aucune révision à la hausse des rémunérations du secteur privé en 2012 et 2013.

 

Durant la période à venir et dans le cadre du Dialogue Permanent prévu par la EGSEE 2008-2010, les partenaires sociaux seront appelés à négocier des questions plus vastes en tenant compte de la proposition-invitation du Bureau International du Travail, de sorte à affronter de la manière la meilleure possible les problèmes qui se feront jour dans cette nouvelle conjoncture.

 

Le présent courrier est également envoyé aux Présidents des Partis Politiques du Parlement Hellénique.

 

Pour la Confédération Générale des Travailleurs de Grèce

Le Président, G. Panagopoulos, le Secrétaire Général, N. Kioutsoukis

 

Pour l'Union des Industriels

Le Président, D. Daskalopoulos, le vice-président, Ch. Kyriazis

 

Pour la Confédération Générale – Professions Libérales – Petite Industrie – Commerce

Le Président, D. Asimakopoulos, le Secrétaire Général, N. Skorinis

 

Pour la Confédération Nationale du Commerce grec

Le Président, V. Korkidis, le Secrétaire Général, G. Karanikas

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
commenter cet article
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 16:23

 

Le Monde - 16 février 2012

 

C’est carnaval depuis déjà deux semaines, à Patras, mais le cœur n’y est pas. "D’habitude, les rues sont remplies de gens costumés et masqués. Cette année, impossible d’arracher un sourire", soupire un vendeur ambulant. Les joyeux personnages en carton-pâte installés par la mairie ne font pas illusion : la grisaille de l’hiver est seulement dissipée par les affichettes jaunes "A louer" et "A vendre" qui ornent les vitrines des commerces en faillite.

La bijouterie de Georges Roros a survécu mais l’homme est inquiet. Président de l’un des deux syndicats de commerçants de la ville, il est aux premières loges pour assister à l’effondrement de la capitale du Péloponnèse (250 000 habitants). Patras a enregistré 1 630 fermetures d’entreprises en 2010 et 1 730 en 2011.

Georges Roros

Assis entre une icône dela Vierge et un buste d’Hermès, M. Roros accuse : les banques, qui ont "trop vite coupé le robinet du crédit" ; Bruxelles et Angela Merkel, qui voudraient "tuer les entreprises grecques pour ensuite investir à moindre frais" ; Athènes et ses hommes politiques "illégitimes", qui ont "signé l’arrêt de mort du pays".

"A vendre"

Nikos Sifados, du journal local Peloponnisos, possède un autre indicateur imparable pour mesurer la chute de la troisième ville de Grèce : la vitesse à laquelle s’écoule son édition du jeudi, celle où sont répertoriées les offres d’emploi. "Semaine après semaine, il y a de moins en moins d’annonces, mais le journal s’arrache de plus en plus tôt dans la journée", explique M. Sifados, qui en rigolerait presque : "Ca ne résout même pas la crise de la presse, on est passé de sept journaux locaux a quatre !"

Les statistiques officielles confirment la tendance : la ville compte 25 % de chômeurs, contre 10 % en 2009. De l’aveu même de l’adjoint au maire à la politique sociale, Teoharis Massaras, le chiffre réel, une fois pris en compte les travailleurs les plus précaires, pourrait être bien supérieur. Parallèlement, les prix ont grimpé : en trois ans, le fioul de chauffage est passé de 5 centimes le litre à un euro. "Cette augmentation, ce sont les taxes que les Européens nous accusent de ne pas payer", commente, amer, M. Massaras.

"A louer"

Face à l’ampleur du choc, les services sociaux sont dépassés. Il y a encore un an, la mairie distribuait des repas à 400 familles. Elles sont aujourd’hui mille à recevoir nourriture et médicaments, et 500 demandes sont en souffrance. Il a fallu "faire des choix", reconnaît M. Massaras : l’aide sociale qui allait aux milliers de migrants bloqués en ville en attendant d’embarquer dans un ferry pour l’Italie est désormais accordée en priorité "aux gens d’ici".

 

Ioannis Souvaliotis

Pour les anciens, comme Ioannis Souvaliotis, dirigeant local dela Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE), la crise actuelle rappelle la mauvaise passe des années 1980, quand les grandes usines – de textile principalement – avaient quitté la ville. "Au lieu de chercher à recréer un tissu industriel, Patras s’est spécialisée dans les services", regrette M. Souvaliotis. Car les cohortes de nouveaux chômeurs se recrutent aujourd’hui quasi exclusivement chez les petits employés du tertiaire et les commerçants, qui n’ont pas résisté à la baisse de la consommation provoquée par les plans d’austérité imposés par la troïka.

Rescapé de cette chute vertigineuse, seul le port offre encore un filet de sécurité à la ville. Porte d’entrée pour les touristes motorisés de l’Europe entière et porte de sortie des exportations de la région, il est la dernière valeur sûre de Patras, malgré son trafic – passagers et camions – en diminution de près de 30 % en quatre ans. Mais là aussi l’inquiétude règne, exprimée par Nikos Papaleksis, président du syndicat des hôteliers de la région Achaïe : "Nous n’avons pas très bonne presse en Allemagne, en ce moment, il ne faudrait pas que ça décourage les touristes."

Benoît Vitkine


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 16:18

 

Le Monde - 16 février 2012

 

Un appel à manifester le 14 février avait été lancé par un collectif de sympathisants du mouvement vert, le Conseil vert de l’espoir, pour l’anniversaire de la manifestation organisée par l’opposition l’an dernier en solidarité avec les soulèvements dans les pays arabes.

Tracts et actions visant à mobiliser l’opinion ont été diffusés sur la blogosphère iranienne les dernières semaines, mais très peu d’informations sur cette journée sont parvenues.

Les forces de police ont été massivement mobilisées dans la capitale et en province ce 14 février. A Téhéran, elles étaient présentes sur les principaux axes de la ville dès le début de l'après-midi. Le film ci-dessous montre l’importante mobilisation policière sur la place Enghelab (“révolution”), l’un des principaux lieux de rassemblement pour les manifestations, en plein coeur de la ville.

Malgré tout, des rassemblements sporadiques seraient parvenus à se former à Téhéran et dans les villes de Masshad, Ispahan et Shiraz, selon des sites de l’opposition. Plusieurs arrestations ont également été rapportées.

A Téhéran, la BBC Persian rapporte l’affluence exceptionnelle de passants, l’après-midi, sur l’axe central qui traverse la ville d’Est en Ouest, à plusieurs grands carrefours comme les places Ferdowsi, Enghelab, Vali-Asr ou Azadi (“liberté”), données comme points de ralliement. Selon le site d’information Kalameh, rattaché au mouvement vert, des forces de sécurité en civil étaient aussi présentes en nombre et, après 19h, les SMS étaient coupés dans la plus grande partie de la ville.

Avec la tombée de la nuit, des petits rassemblements d’une dizaine de personnes se seraient formés en différents lieux, des slogans auraient été criés, avant que la police ne commence les arrestations. Plusieurs personnes auraient été arrêtées à proximité de la place de la Liberté, certaines libérées rapidement. Selon le site d'activistes Rahsa News, six personnes dont trois femmes ont également été arrêtées à proximité de Vali-Asr.

Forces de police spéciales et agents en civil étaient aussi présents dans la ville de Mashhad, au nord-est de l’Iran, selon le site Kalameh qui précise : "sur l'avenue Ahmadabad [indiqué comme lieu de rassemblement], les magasins ont été contraints de fermer, la police n'autorisait pas les gens à s'arrêter leur intimant de circuler, elle demandait également aux voitures avec des jeunes à l’intérieur de quitter l’avenue". Une dizaine d’arrestations ont été rapportée à Mashhad.

La dissuasion ne s’est pas faite uniquement dans les rues. Le site d’informations Global Voices rapporte que de nombreux journalistes et activistes ont reçu des mails les menaçant  de condamnations s’ils continuaient leurs activités.

Kati Doustan

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ailleurs dans le monde
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22