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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 18:12
Marianne - François Cocq et Magali Escot - Tribune | Jeudi 9 Février 2012 à 18:01

 

François Cocq et Magalie Escot du Parti de gauche, respectivement secrétaire national à l'éducation et membre du bureau national, reviennent sur le bilan Sarkozy en matière d'enseignement professionnel...



L’UMP à défaut de candidat est en campagne. Des colonnes du Figaro aux ondes de France-Inter, on voit Natacha Polony ou Morgan Marietti de l’Association nationale des apprentis s’escrimer à convaincre que Nicolas Sarkozy s’intéresse aux travailleurs et à l’éducation des enfants alors même que son bilan prouve le contraire. Leur cible pour cela : Jean-Luc Mélenchon, le porte-voix de la classe ouvrière, celui qui refuse l’hégémonie de l’apprentissage au détriment de toutes les autres voies d’accès à la qualification.

Selon eux, Jean-Luc Mélenchon et le programme du Front de gauche mépriseraient la voie de l’enseignement professionnel. Diantre ! En prenant la petite lorgnette de l’apprentissage, voie parmi d’autres, ils omettent volontairement le désastre causé par la politique du gouvernement dans les voies d’excellence des jeunes ouvriers. Car ce sont 71 lycées professionnels qui ont été fermés sous le règne Sarkozy. Ce sont des dizaines de filières qui ont disparu de territoires entiers, poussant les familles dans les bras des marchands et des établissements privés. C’est la voie technologique qui a été sacrifiée sous couvert de restructuration. Ce sont des savoirs faire qui disparaissent totalement de l’enseignement public. N’en déplaise à Mme Polony,  c’est la politique de Nicolas Sarkozy qui entraîne la « déperdition des savoirs professionnels » dont nous sommes accusés.

Les rôles ne sauraient être renversés. Mme Polony trouve « choquant qu’un enfant d’ouvriers ait presque deux fois moins de chances qu’un enfant de cadres d’obtenir son baccalauréat ». Faut-il lui rappeler que c’est la réforme du bac professionnel, le passant de 4 ans à 3 ans, qui a causé l’augmentation du taux d’échec ? Non Mme Polony, 4 ans est le temps qu’il faut pour assimiler le haut niveau de savoir qui est enseigné dans nos établissements justement parce que nous revendiquons un haut niveau de qualification pour la classe ouvrière de notre pays. L’exigence de 80 % d’une classe d’âge au bac ne doit pas s’arrêter aux portes du bac général !

Le projet que nous portons d’un pilotage unique des enseignements professionnels entraîne la fluidité nécessaire qui permettra à un jeune de pousser le plus loin possible son niveau de qualification : à chaque obtention de diplôme on lui propose la qualification supérieure et on lui offre la possibilité d’y accéder. N’en déplaise aux tenants du libéralisme, pour nous, le diplôme délivré par l’Etat reste l’unique qualification permettant au travailleur de passer d’un poste à un autre. Il est le moyen, par la reconnaissance dans les conventions collectives, de fixer les grilles de salaire. Nous ne sommes pas l’Allemagne, la République française n’est pas la « République contractuelle » : la loi sociale est la même pour tous et l’ouvrier n’est pas celui d’une entreprise mais celui de la Nation.

Pour le Front de gauche, le diplôme et le haut niveau de qualification sont ce dont le pays a besoin pour maintenir son niveau de performance économique et répondre aux nouveaux défis du futur et aux objectifs de la planification écologique. Voilà une ambition autrement plus élevée que celle de copier l’Allemagne pour faire bon genre. Souvenons-nous que lors des changements technologiques de l’appareil de production, ce sont les travailleurs français qui se sont adaptés plus facilement et rapidement grâce à leur niveau de qualification et de culture et suscitaient l’admiration outre-Rhin.

Alors bien sûr nous ne sommes pas dupes. Ce n’est pas le bien-être des jeunes et les droits des salariés qui sont au cœur de ce débat. Les libéraux cherchent par contre à envoyer le plus de jeunes possible en apprentissage car ils visent à une déscolarisation d’une partie de la jeunesse, une marchandisation et un transfert vers les régions des « coûts ». Il n’a pas échappé au président de la République et à ses porte-plumes que l’apprentissage sort les jeunes du statut scolaire. Ils n’entrent dès lors plus la première année dans les chiffres du chômage, alors même que 25 % des contrats sont rompus les premiers mois. De quoi ravir les agences de notation !

Surtout, ce sont bien Sarkozy et ses sbires qui méprisent la voie de l’apprentissage ! Ce sont eux qui souhaitent lui faire porter la totalité de la voie professionnelle. Ils nient ainsi sa spécificité et son apport. Ils occultent le fait que ce n’est pas une méthode de masse généralisable à tous les jeunes et à toutes les professions. Nombre de métiers sont incompatibles avec l’apprentissage « sur le tas », à moins de demander à chaque patron d’ouvrir une école dans chaque entreprise, d’y mettre un maître et de laisser les jeunes s’exercer sur les machines… Mais pour cela, les patrons eux-mêmes nous sont gréés de nous en occuper dans l’Education nationale !

L’argument de mauvaise foi le plus incongru revient une fois encore à Mme Polony : « Jean-Luc Mélenchon insulte les classes populaires ». Or que propose le Front de gauche pour les classes populaires, c'est-à-dire les travailleurs de notre pays ? Des diplômes qualifiants reconnus dans les conventions collectives (et non des certifications) et donc la possibilité d’avoir des contrats de travail. Des salaires augmentés (avec la revendication de l’augmentation du SMIC à 1.700 euros qui entraînent toutes les grilles de salaire vers le haut). La retraite à 60 ans pour tous. Des droits pour les salariés dans les entreprises. La décriminalisation de l’action syndicale…

Tous les efforts des bien-pensants pour faire croire que Sarkozy serait aux côtés des salariés seront vains. Les travailleurs, eux, ne se tromperont pas. Leur haut niveau de qualification et de culture commune leur donne la possibilité de lire des programmes et de choisir lors de ces élections ! Place au peuple.
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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 18:00
Marianne - Panagiotis Grigoriou - Blogueur associé | Jeudi 9 Février 2012 à 15:01

 

La Grèce entre neige et feu. Aussi bien le climat atmosphérique que politique. Pendant que la Troïka cherche un avenir au pays, les Grecs ont déjà les yeux rivés vers le futur car le temps presse. Misère, précarité, affrontements entre policiers et manifestants, le drapeau allemand brûlé... Panagiotis Grigoriou revient sur les grands événements de ces derniers jours.



Hier déjà à Athènes, c'était le déluge. Les cieux se sont ouverts en attendant la clôture du Mémorandum II, entre la Troïka et les « nôtres ». Et la clôture se fait encore officiellement attendre. Mais il y a eu des… acquis sur lesquels nous allons pouvoir nous reposer, comme le salaire minimum à 592 euros brut et le dérèglement de ce qui reste des conventions collectives. Alors, il faut… désespérer… un accord mercredi soir. Entre temps, nos manifestants ont bravé la pluie, la Troïka et les CRS grecs devant le « Parlement ». Lundi soir, puis le lendemain.
 
Vers 13h, et après avoir couvert le monument du soldat inconnu d'un drapeau grec, certains manifestants ont aussitôt brûlé le drapeau de la Bundesrepublik Deutschland et celui du Reich nazi. Les deux ensemble. Action spontanée ? Provocation comme diraient certains ? De toute façon, le symbole à lui seul suffit, il passe si facilement. Ensuite, il y a eu les lacrymogènes, la bastonnade. Et pour en finir, de nouveau la pluie, sur ce pétard mouillé qu'est devenu notre vie politique. Pour l'instant. Une heure après, la photo d'un CRS grec piétinant (volontairement ?) un morceau du drapeau allemand brûlé ou alors d'un autre drapeau allemand, a aussitôt fait le tour de l'Internet grec, accompagné par l'instantané d'un autre CRS, venu ramasser ce qui restait de ce pauvre drapeau, « pour ne pas créer d'incident diplomatique avec l'Allemagn e», selon les commentaires. Donc déluge et feu ensemble. Comme ces dernières déclarations du couple Merkozien, sous forme d'ultimatum à la Grèce. Comme de l'empressement chez eux, pour aller vite, nous les comprenons. Plus longtemps nous résisterons ici, au petit coin du continent, meilleures alors seront les chances pour que les opinions publiques en Europe puissent enfin suivre du regard… le futur.
 
Donc nous sentons que nous allons quelque part. Personne ne sait où à vrai dire. Ni même la Troïka et encore moins les économistes. Sauf que les plans bancocrates existent, seulement, et indépendamment du protocole. Comme pour toute expérience, l'ensemble des effets disons pervers n'est peut pas être prévu. Les Papadémiens, n'en parlons plus. Une fois le carnaval terminé, ils seront rangés dans le placard de l'histoire, tout comme les masques. Ainsi les Troïkans s'apprêtent à administrer directement leur baronnie. Et qui sait, quoi d'autre encore ?

La situation ne sera pas prévisible je crois, car tout simplement, l'histoire ne l'a jamais été. De surcroit, dans une situation inédite : la faillite financière d'un État se trouvant, à l'intérieur d'un système monétaire certes d'occupation étrangère, mais dont certaines élites, bien locales, en profitent autant. Une monnaie qui ne tiendra pas apparemment, ou sinon comme offrande funéraire, dans le rituel de la mise à mort lente des peuples d'Europe.

Des citoyens contre des citoyens ?

Donc entre temps, chez nous tout peut se jouer… à la grecque. Dans un rapport récent de la police, alors présumé connu de la presse, les officiers se déclarent très inquiets car ils se disent incapables de contenir la foule, durant les émeutes à venir, soulevant même désormais le manque de volontarisme de leurs subordonnés dans leur besogne. Les hauts gradés de la police se disent persuadés que le temps des révoltes est proche. Ils notent avec désarroi qu'il n'y a plus « en face » un mouvement organisé, syndicaliste, ou alors politiquement connu et balisé - celui de la gauche communiste par exemple. Ni même celui des indignés, comme durant l'été dernier. Donc il peut y avoir autre chose. Les policiers font également partie de la société. Ils ont des amis, des parents, alors ils sentent ce qui pourrait se passer. Ils se disent très préoccupés des éventuelles réactions brusques de ces citoyens ayant perdu tout revenu, tout repère et tout espoir, finalement en moins de deux ans.
 
Ces gens qui en 2010 encore, promenaient leurs enfants au jardin botanique, s'occupaient de leurs courses et de leurs loisirs, sans être les habitués des manifestations ou des grèves. Mardi soir à la télévision, au journal du soir (chaîne Ant1), le représentant syndicaliste des policiers s'est dit également préoccupé par autre chose : « Si on touche encore une fois à nos salaires, [pour] nous enlever par exemple encore cent euros, alors pour nous c'est la guerre ». Décidément la guerre est d'actualité partout. Ce mardi, en réunion d'urgence entre les représentants des ordres d'avocats, de ceux des médecins et également des architectes, il a été décidé « la mise en place de mesures d'urgence ». La première étant le boycottage des produits allemands : « un minimum afin de protester par les actes, du manque de solidarité de la part de l'Allemagne. La deuxième mesure, se résume en l'élaboration d'un plan de sortie de crise mais de manière réaliste, par une croissance retrouvée, seulement sur d'autres bases. » Mon ami Sakis l'instituteur a aussitôt ironisé : « Il fallait y penser bien avant espèce de bougres, maintenant que les médecins ont tous acheté des Mercedes, les avocats des BMW et les architectes ces deux marques à fois, le pays ne produit plus rien, ils n'ont plus de clientèle et ainsi ils souffrent aussi …. qu'ils aillent crever dans leurs bagnoles …. ! »
 
Mais il y a d'autres sujets d’actualité qui ne se prêtent pas à l'ironie. Lundi dans la journée, Panagiotis Lafazanis, député Syriza - formation de gauche, un parlementaire très apprécié pour son sérieux, a déclaré au micro d'une radio locale qu'au Nord du pays [« des réservistes viennent d'être mobilisés pour former des unités de la Garde nationale [appellation des formations par ce type de recrutement]. Ce qui étonne c'est que ces hommes reçoivent, selon nos informations, à la fois des instructions sur la gestion des intempéries, ce qui est normal puisque nous savons que cette région comme d'autres en Grèce en subissent trop en ce moment, mais ils reçoivent aussi des instructions sur la gestion des foules et des manifestations qui peuvent dégénérer. Je souligne que des fusils viennent d'être distribués à ces réservistes, alors va-t-on utiliser ces citoyens contre d'autres citoyens ? De quoi ont-ils alors peur, nos gouvernants ? »]urlblank:http://soundcloud.com/user3214926/e-volos-gr-marconi-radio-96-12

« Nous n’avons plus de vie sociale »

Sinon, pluie et encore pluie sur de la neige fondue. De nos campagnes, le regard porte bien sur Athènes. D'autres, le regard épuisé, n’ont finalement que leurs yeux pour pleurer. Certaines régions au Nord et dans le Péloponnèse subissent des inondations sans précédent. La mer Égée est déchainée, les ferrys amarrés, aussi parce que les marins sont en grève. Puis, lundi encore, deux Cyclades, Tinos et Andros, ont été privées d'électricité.
 
« Nous retournons aux années 1950 » disait Vangelis, mon cousin agriculteur, ce matin. Il vient de s'acheter d'occasion, un semoir en ligne, conventionnel, et il m'a demandé de lui traduire la notice. « Je l'ai acheté pour presque rien, si on compare son prix avec il y a peu de temps. Tout le monde brade tout... Je ne sais par contre même pas si je m'en servirais car il faut mettre du gasoil dans le tracteur... Nous ne sortons plus. Oublié le café du village, nous n'avons plus de vie sociale. Comme du temps des nos grands parents, nous attendons les mariages, les baptêmes et les enterrements pour se retrouver. Enfin… des mariages et des baptêmes, il n'y en a plus tellement, mais pour les enterrements ça y va ! Déjà que nous nous sommes retrouvés ainsi la semaine dernière, pauvre Aristide, emporté d'une crise cardiaque… Il a laissé une femme touchant la retraite agricole, et deux enfants au chômage… Donc lui au moins... ». Ensuite, nous avons fait le tour de la machine dans le hangar. De la mécanique en somme robuste, origine France, constructeur… 77130 Montereau. Allons-nous semer au moins un autre avenir pour nous et pour les autres peuples d’Europe ?

L’Europe n’a jamais été une affaire simple

En attendant, la Troïka durcit encore plus ses positions. A Berlin, les journalistes grecs questionnent les responsables allemands sur la consistance de cette fameuse caisse « grecque », transférée en Allemagne ou à Bruxelles : « Vous y placerez le prêt et les autres aides pour la Grèce, en mettant en réalité l'ensemble de ces sommes à destination des marchés, autrement dit des banques. Mais est ce que vous y placerez également de l'argent en provenance de l'assiette fiscale du pays ? ». Eh bien, silence. Donc nous imaginons le prochain cauchemar. Les officiels du pays de Goethe se sont empressés de préciser que la « cagnotte grecque » était une idée de Nicolas Sarkozy, bien appréciée par Madame Merkel. Nous remercions donc Nicolas Sarkozy, lui demandant d'aller jusqu'au bout de son idée, nous envoyant pour bientôt Bernard Kouchner et ses sacs de riz, plus l'Eurocorps afin de nous tenir calmes.
 
Pendant que la Troïka menace prétendument de quitter Athènes, une deuxième bonne nouvelle nous vient enfin depuis l'Allemagne. Les syndicalistes de IG Metall, demandent au patronat des augmentations de 6,5 %, « pour que les travailleurs puissent en recevoir leur part dans la croissance économique, seulement Angela Merkel fait de la stagnation des salaires un principe de base de son orientation politique ». Mais mon cousin ne comprend pas trop bien pourquoi nous devons nous réjouir des revendications des mettalos Allemands. « Après tout, ils n'ont même pas fabriqué ma machine, t'as bien vu elle est française », a-t-il ajouté. Finalement l'Europe n'a jamais été une affaire simple. Sauf pour les bancocrates.

Retrouvez Panagiotis Grigoriou sur son blog.

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 17:47

LEMONDE.FR | 09.02.12 | 08h35

 
 

 

Dans le réfectoire de l'association la Mie de pain, à Paris, le plus grand centre d'hébergement d'urgence de France.

Dans le réfectoire de l'association la Mie de pain, à Paris, le plus grand centre d'hébergement d'urgence de France.AFP/OLIVIER LABAN-MATTEI


La préfecture du Rhône l'avait pourtant assuré : "personne ne reste à la rue". Mais en réalité, dans la nuit du 6 au 7 février à Lyon, cent treize personnes ont composé le 115, le numéro d'urgence sociale, sans recevoir de solution d'hébergement. La nuit suivante, ce chiffre s'est stabilisé à cent cinq personnes, affirme Baptiste Meneghin, administrateur dans le Réseau des professionnels de l'urgence sociale. "Dans l'impossibilité, faute de solutions d'hébergement, de prendre en charge toutes les personnes à la rue à Lyon, inquiets pour la survie des hommes, femmes et enfants demeurant à la rue, nous, professionnels de l'urgence sociale, lançons un cri d'alarme. Va-t-on attendre le premier mort de froid à Lyon pour daigner s'émouvoir de cette situation ?", s'inquiète l'association. 

Pour Baptiste Meneghin, depuis que Benoist Apparu a prié les préfectures de satisfaire 100 % des demandes d'hébergement d'urgence le 3 février, "les préfets sont entrés dans un déni de la réalité". A Lyon, la préfecture a finalement confirmé cette centaine de demandes non pourvues, alors que la chute des températures justifiait le déclenchement du niveau 2 du plan grand froid. Elle a expliqué à l'Agence France Presse que ces personnes "avaient une solution, même précaire, en logeant dans de la famille ou chez des amis, par exemple". Impossible, réagit le travailleur social : elles n'auraient pu être comptabilisées comme "sans solution" si elles avaient signalé, justement, une solution alternative. "A moins qu'une cage d'escalier ou une voiture soient considérées comme des solutions alternatives...", raille-t-il.

La préfecture du Rhône a également argué que "certaines personnes sont orientées vers les places disponibles et ne s'y présentent pas, ou alors elles visitent les lieux et repartent". Là encore, Baptiste Meneghin tique. Selon lui, si des places sont parfois laissées vacantes dans les lieux d'accueil ouverts en urgence, c'est, sauf cas marginaux, à cause de problèmes d'organisation : un gymnase qui ouvre dans un quartier difficile à trouver, le signalement trop tardif de personnes qui ne se sont pas présentées...

 

 

TRÈS PEU DE REFUS À PARIS 

S'il est difficile de vérifier le nombre réel de demandes d'hébergement non pourvues dans le reste de la France, la situation semble avoir été mieux anticipée à Paris. Car la capitale dispose d'un grand réservoir de places qu'elle ouvre uniquement en situation d'urgence, note Baptiste Meneghin. Selon ses informations, une dizaine de personnes sont toutefois restées sans solution d'hébergement malgré leur appel à l'aide, chaque nuit depuis le début du plan grand froid. La préfecture affirme elle que toutes les demandes ont pu être pourvues, depuis que 1 512 places ont été ouvertes spécialement pour ce volet 2 du plan grand froid. 

"Nous n'avons aucune remontée de personnes qui voudraient être logées et qui ne le peuvent pas, affirme Didier Piard, directeur de l'action sociale à la Croix-Rouge. Le seul souci c'est, au contraire, notre capacité à aller vers les gens qui ne demandent rien, et même qui ne veulent pas quitter leur abri dans des campings, des endroits isolés, ou par exemple les tentes au bois de Vincennes."


DES MISES À L'ABRI TRÈS PRÉCAIRES ET TEMPORAIRES

Comment expliquer, alors, que chacun – ou presque – trouve un toit en ces nuits glaciales quand le manque criant de places d'hébergement d'urgence a été récemment relevé par divers rapports ? Pour mémoire, après un dossier de la Cour des comptes qui préconisait, mi-décembre, d'augmenter les moyens dans l'hébergement d'urgence, un rapport du député UMP Arnaud Richard avançait, fin janvier, le chiffre d'un déficit de 70 000 places. En janvier aussi, le baromètre sur le 115 (PDF) de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale montrait que cet hiver "près de la moitié des appels [au 115] se sont soldés par une réponse négative". Dans certains départements, les non-attributions de places en foyers d'hébergement peuvent même atteindre 65 %, jusqu'à 88 % dans le Rhône et 91 % dans la Loire, selon la Fnars. Le premier motif de ces refus est l'absence de places disponibles.

Car il ne faut pas confondre les places d'hébergement d'urgence et les "mises à l'abri", qui entrent en jeu dans le cadre du plan grand froid. Ici, il s'agit de lits dans des gymnases, des salles municipales, des locaux d'association... Bref, un dispositif précaire et temporaire, souvent improvisé, et qui disparaîtra dès la fin du dispositif d'urgence. A Toulouse, Pierre Cabanne, infirmier de rue dans l'équipe mobile sociale et de santé, note que le plan a permis de "caser 122 personnes" – même si c'est "plusieurs familles dans un bungalow, sans intimité, ou des lits de camp dans un gymnase qu'il a fallu quitter car il y faisait 10 °C". Mais il n'oublie pas la suite : "ce sont 122 personnes qui seront à la rue dès que la température remontera au-dessus de zéro, et qui correspondent à peu près au taux de refus du 115 en temps normal".

>> Lire le reportage : "L'hébergement d'urgence, une affaire de saison"

Angela Bolis

 


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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 17:42

 

 

Le Monde - 09 février 2012

 

 

 

Le ministère de l'Intérieur a dénombré moins de 1000 fausses cartes d'identité l'an passé. Ce pour quoi, et au motif de lutter contre l'usurpation d'identité, il a décidé de créer une nouvelle carte d'identité biométrique adossée à un fichier de 60 millions de "gens honnêtes".

Le caractère quelque peu disproportionné de ce projet n'a pas particulièrement choqué le philosophe Raphaël Enthoven et l'écrivain et journaliste Brice Couturier pour qui le problème, c'est l'Internet, cette "idéologie dominante" dont je serais l'incarnation...
 

Ce mardi 7 février, Marc Voinchet avait intitulé ses Matins de France Culture "Tous fichés ! Y sommes-nous ?", et invité Pierre Piazza, maître de conférence en science politique, et chercheur au CNRS, à venir causer de ce fichier des "gens honnêtes" au sujet duquel j'enquête depuis des mois, tant sur ce blog que sur OWNI, et qui va bientôt être adopté par le Parlement. D'ailleurs, j'étais moi aussi invité à m'exprimer.

Auteur d'une Histoire de la carte nationale d’identité, d'une magistrale anthologie sur L’identification biométrique que je ne saurais que trop vous inciter de lire, Pierre Piazza est un spécialiste des fichiers policiers et administratifs. Interrogé par Marc Voinchet, il a lui aussi souligné les nombreux problèmes et dangers que posait ce fichier des "gens honnêtes". A contrario, Brice Couturier et Raphaël Enthoven, visiblement peu au fait de ce qu'est l'Internet, de ses usages et de ce qui s'y passe vraiment, ont préféré botter en touche, et relativiser le problème au motif qu'Internet incarnerait le "rêve" des RG...

Et bronzer les seins nus, c'est une incitation au viol ?

 

 

Dans sa chronique, Brice Couturier avait d'abord rappelé, comme Piazza et moi l'avions fait, que "la Convention européenne des droits de l’homme a jugé illégale le fait, pour la police, de détenir les identifiants biométriques de personnes innocentes"...

Quelques minutes plus tard, il m'accusait d'incarner cette "idéologie dominante" qui prônerait la transparence parce que c'est "moderne et qu'il ne faut pas d'interdit", et qui permettrait à des personnes mal-intentionnées "d'utiliser des réseaux WiFi non sécurisés (pour) s'emparer de vos données les plus précieuses comme votre carte bancaire"...

Raphael Enthoven, lui, a fustigé "la surveillance de chacun par chacun, sur les réseaux sociaux", en mode "Les RG l'ont rêvé, Facebook l'a fait", avant de tenter d'expliquer aux "cuistres" adeptes d'Internet que la "rumeur" était comparable, sinon pire, aux fichiers policiers, et de disserter sur ces types qui se la jouent "Little Brother (et) qui pose son portable à côté de vous et qui vous enregistre et qui met ça en ligne"...

Je ne me permettrai jamais de faire la leçon, en matière de philosophie, à Raphaël Enthoven. Je ne sais quel est le domaine d'expertise de Brice Couturier, mais ce que je sais, c'est que leurs propos, pour le coup, ne sont pas dignes d'un philosophe, non plus que d'un journaliste : ce genre de propos est du niveau de la brève de comptoir, de ceux qui parlent sans savoir, se bornant à répéter des lieux communs, sans être drôle. Pire : ils valident, de façon démagogique, l'aveuglement de ceux qui sont censés nous gouverner. Sans chercher à comprendre, ni vérifier, la pertinence des mesures de surveillance qu'ils cherchent à nous imposer.

M'accuser de faire le lit de ceux qui pourraient espionner vos propos et communications est d'autant plus ridicule que, non content d'être à l'origine du scandale Amesys, et d'avoir contribué aux SpyFiles de WikiLeaks, qui visaient précisément à dénoncer les marchands d'armes de surveillance des télécommunications, cela fait 10 ans maintenant que j'explique aux journalistes comment protéger leurs sources, internautes comment sécuriser leurs ordinateurs, et protéger leur vie privée.

M'accuser d'aider ceux qui pourraient pirater des n° de carte bancaire via des réseaux WiFi non sécurisés est encore plus ridicule : les internautes ne confient leurs n° de CB qu'en mode https, protocole conçu, précisément, pour sécuriser les transactions électroniques et, donc, éviter que quiconque ne vienne "s'emparer de vos données les plus précieuses".

 

 

Comparer Facebook au fichier des RG témoigne, par ailleurs, d'une conception particulièrement biaisée, borgne, et élitiste, de la démocratie : la liberté d'expression n'est pas réservée aux journalistes, non plus qu'à ceux qui ont le privilège de pouvoir s'exprimer dans les médias dit "grand public", et c'est précisément ce que l'Internet révolutionne, comme l'avait très bien expliqué Daniel Kaplan.

Les fichiers de police et de renseignement ont pour objet de surveiller des "suspects". L'Internet a pour objet, tout comme la démocratie, de permettre à tout un chacun de s'exprimer. Ce qui n'a strictement rien à voir, comme j'avais tenté de l'expliquer dans "Les internautes sont la nouvelle chienlit" :

"De même que le port d’une mini-jupe ou le fait de bronzer les seins nus ne sont pas des incitations au viol, l’exposition ou l’affirmation de soi sur les réseaux ne saurait justifier l’espionnage ni les atteintes à la vie privée."

Avant, les gens avaient le droit de voter. Aujourd'hui, ils ont aussi la possibilité de s'en expliquer. Et ça change tout. Et apparemment, ça fait peur à certains, aussi.

Pour le coup, Brice Couturier et Raphaël Enthoven ont aussi et surtout démontré qu'ils ne connaissent rien de ce dont ils ont été amené à discuter. J'y suis habitué, et je l'ai déjà écrit : le problème de l'Internet, c'est ceux qui n'y sont pas, mais qui n'en cherchent pas moins à vouloir régenter ce que l'on y fait, #oupas.

 

 

Interrogé par Marc Voinchet qui voulait savoir pourquoi, à mes yeux, le débat ne prenait pas, j'ai répondu que c'était probablement parce que les gens ne savent pas que plus de la moitié des Français apparaissent dans les fichiers de police et que le STIC, a lui tout seul, fiche 44,5 millions d'individus, que les gens ne savent pas que 75% des gens dont l'ADN a été fiché ont certes été un jour suspectés, mais jamais condamnés, certains ayant même été blanchis depuis, qu'ils ne savent pas que 45% des fichiers de police utilisés sont hors la loi, ni qu'ils sont truffés d'erreurs, ni qu'un million de personnes, blanchies par la Justice, y figurent toujours comme "suspects" (les fameux "défavorablement connus des services de police")...

Ou alors ils s'en foutent. Mais ils auraient tort : le vrai danger, dans cette société de surveillance, ce n’est pas Orwell, c’est Kafka, c'est ce renversement de la charge de la preuve qui fait de tout citoyen un présumé suspect, au mépris de la présomption d'innocence, et à qui l'on demande de prouver qu'il est innocent... ou comment, et pourquoi, ficher les "gens honnêtes" pour les protéger des malhonnêtes. On marche sur la tête.


Les matins - Pierre Piazza par franceculture

Extraits/verbatim de ce Tous fichés ! Y sommes-nous ?, à partir de la 26' (sachant que les propos tenus par Pierre Piazza, précédemment, sont des plus intéressants, validant ce que j'ai pu écrire par ailleurs, mais que je ne cherche donc pas à me répéter, mais à faire débat) :

Raphael Enthoven : Le droit à l'oubli n'existe pas sur Internet. La moindre chose que vous mettez sur Internet y demeure, et je voulais avoir votre sentiment sur la surveillance de chacun par chacun, sur les réseaux sociaux, on n'a pas besoin de ficher les gens ils le font eux-mêmes, une forme de servitude volontaire où les gens s'exposent eux-mêmes. Les RG l'ont rêvé, Facebook l'a fait.

Pierre Piazza : les gens se fichent d'eux-mêmes... Le danger viendra peut-être des acteurs commerciaux et privés, mais l'histoire nous montre que les problèmes viennent quand même bien plus souvent des états et administrations. C'est vraiq ue c'est pas forcément plaisant d'être fiché en tant que client, mais c'est quand même moins embêtant que d'être fiché comme délinquant.

Raphael Enthoven : mais est-ce qu'avec internet pardon, amis cuistres, on assiste pas à un changement de paradigme : on passe du panoptique transcendant qui sait tout à Little Brother, le panoptique immanent du type qui ne vous connaît pas et qui pose son portable à côté de vous et qui vous enregistre et qui met ça en ligne.

Jean Marc Manach : Je ne suis pas d'accord parce que dans une société de surveillance type panoptique, il y a des forts qui surveillent des faibles, et qui jettent donc de la suspicion sur ceux qui sont surveillés, alors que sur les réseaux sociaux, c'est de la souveillance : tout le monde regarde tout le monde, ça relève de la transparence; si les réseaux sociaux étaient l'équivalent des fichiers des RG, les dealers y partageraient la liste de leurs clients, ce qui n'est pas le cas : quand quelqu'un est dans l'illégalité il ne s'en vante pas; ou alors il faudrait considérer que les médias, parce qu'ils informent, feraient comme les RG...

Brice Couturier : je vois une belle contradiction interne de l'idéologie dominante, à savoir la vôtre. Ca ne vous gêne pas d'utiliser des réseaux WiFi non sécurisés qui permettent de s'emparer de vos données les plus précieuses comme votre carte bancaire parce que c'est moderne, c'est la transparence et qu'il ne faut pas d'interdit; par contre, si la police cherche à savoir comment être votre iris ça vous dérange beaucoup, ce qui me parait contradictoire.

Jean Marc Manach : ça fait 10 ans que j'explique aux internautes comment sécuriser leurs ordinateurs, et comment protéger leur vie privée sur les réseaux sociaux; je ne suis pas pour la transparence absolue, mais je suis contre le détournement d'usages ou de finalité des fichiers policiers, et je ne comprends toujours pas pourquoi on devrait ficher 60 millions de "gens honnêtes", ce qui est contraire à la Cour européenne des droits de l'homme.

Marc Voinchet : comment expliquez-vous que le débat ne prenne pas vraiment ? Vous vous effrayez peut-être pour rien : la France en rêve, l'Inde l'a fait.

Jean Marc Manach : combien de personnes ont entendu parlé du rapport de Delphine Batho et Jacques-Alain Bénisti qui révèle qu'on dénombre, en France, 80 fichiers policiers, dont 45% n'ont aucune base légale ? Combien de personnes savent que 83% des fichiers STIC (qui fiche 6,5 millions de "mis en cause" et 38 millions de "victimes", soit 44,5M de gens) vérifiés par la CNIL sont truffés d'erreurs ? Combien de personnes savent que sur les 5 millions de personnes fichées comme "suspectes" dans le STIC, 1 million ont été blanchies par la Justice, mais sont toujours fichées comme "suspectes" ? Combien de personnes savent qu'1 million de personnes en France risquent de perdre leur travail s'il est avéré, à l'occasion de l'"enquête administrative de moralité" (sic) dont ils font l'objet, qu'ils apparaissent dans les fichiers policiers, et que nombreux sont ceux qui, à cause de cela, ne peuvent pas faire le métier dont ils avaient rêvés ? Et je pense que le débat ne prend pas parce que les gens ne savent pas que plus de la moitié des Français figurent dans les fichiers de police, et qu'ils ne savent pas que ces fichiers sont truffés d'erreurs. Les gens pensent que la CNIL les protège or, depuis 10 ans, la CNIL répète que les fichiers policiers posent problème. Il faut encadrer ces fichiers de police, or, pour l'instant, ce n'est pas le cas.

Pierre Piazza : Jean Marc Manach a tout à fait raison : ces fichiers servent à faire des "enquêtes administratives de moralité", et donc de la discrimination à l'emploi, et on est clairement dans le détournement de finalité qui risque de concerner tout un chacun.


Illustrations CC California Cthulhu (Will Hart)

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 17:34

LEMONDE.FR avec AFP | 09.02.12 | 16h07

 
 

Les cinq confédérations (CGT, CFDT, FSU, UNSA et Solidaires) ont appelé les salariés à une mobilisation nationale le 29 février pour "la justice sociale", mais la CFDT ne déterminera les modalités de son engagement qu'à la mi-février, ont annoncé les syndicats dans une déclaration commune, à l'issue de leur rencontre jeudi 9 février.

La CGT, la FSU, l'UNSA et Solidaires "appellent à faire du 29 février une puissante journée d'actions passant notamment par des rassemblements et des manifestations interprofessionnelles", selon le texte rédigé à l'issue de quatre heures de réunion. "Pour une Europe sociale fondée sur la solidarité, la justice et la cohésion sociale, les organisations syndicales CGT, FSU, Solidaires, UNSA s'engagent dans cette mobilisation en y impliquant largement tous les salariés, partout dans les entreprises et les administrations", ajoute la déclaration commune.

 

"LES MESURES D'AUSTÉRITÉ NE SONT PAS LA RÉPONSE"

Les cinq syndicats français soulignent qu'"en France, la situation de l'emploi continue de se dégrader et que l'augmentation de la TVA ne fera qu'aggraver les inégalités". Selon eux, "les mesures d'austérité ne sont pas la réponse à la crise, au contraire, elles produisent d'énormes dégâts sociaux. On ne peut pas continuer à imposer des mesures qui ne marchent pas, qui enfoncent les pays dans la crise et appauvrissent de plus en plus de salariés, chômeurs et retraités".

Or, "le projet de traité (...) qui sera à l'ordre du jour du sommet européen de mars 2012 renforcerait l'austérité", "son principal objectif étant de réduire au maximum [sic] les déficits publics quels qu'en soient les impacts sociaux", affirme la déclaration commune. La Confédération européenne des syndicats (CES) organise le 29 février une journée d'action européenne, à la veille du Conseil européen.

La CFDT, qui a signé elle aussi le texte final, précise toutefois qu'elle "décidera lors de son conseil national des 14 et 15 février les modalités de son engagement dans cette mobilisation". Plus tôt dans la journée, le numéro un de la CFDT, François Chérèque, avait indiqué ne pas souhaiter que la journée d'action du 29 février ait "un caractère politique ou électoraliste", à quelques semaines de la présidentielle.

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 17:29

LEMONDE.FR avec AFP | 09.02.12 | 09h29

 
 

 

Des policiers dispersent une manifestation de partisans de Mohamed Nasheed, le 8 février à Male.

Des policiers dispersent une manifestation de partisans de Mohamed Nasheed, le 8 février à Male.REUTERS/DINUKA LIYANAWATTE


Le nouveau président des Maldives, Mohamed Waheed, qui est accusé par son prédécesseur d'avoir pris part à un coup d'Etat, voulait lutter jeudi contre "l'anarchie" sur cet archipel de l'océan Indien où la violence s'est propagée dans plusieurs atolls.

M. Waheed, qui planche sur la formation d'un gouvernement d'"unité nationale", a déjà attribué deux portefeuilles ministériels. Il a nommé le ministre de l'intérieur et celui de la défense après la mise à sac de plusieurs postes de police et l'incendie de bâtiments gouvernementaux sur des atolls.
"Même si la nomination d'un gouvernement d'unité nationale prend du temps, le président a annoncé ces deux nominations urgentes pour contrôler la violence qui se répand", a annoncé un conseiller présidentiel, Mohamed Shareef. "Ce que l'on voit sur les routes, c'est de l'anarchie", a-t-il ajouté.

Dans la capitale, Malé, des heurts se sont produits mercredi entre la police et des milliers de partisans de l'ancien président Mohamed Nasheed, rassemblées sur une place pour dénoncer la "prise de pouvoir" de son successeur. Des informations de presse, non confirmées, ont fait état de trois morts.

Des mandats d'arrêt ont été émis par un tribunal pénal contre l'ancien président Mohamed Nasheed, évincé du pouvoir, et son ancien ministre de la défense, a déclaré mercredi un haut responsable de la formation de l'ancien chef d'Etat. "Nous n'avons aucune idée [des charges qui pèsent contre eux]", a déclaré Adam Manik, du Parti démocratique des Maldives (MDP). La police et l'armée seraient sur le point d'arrêter l'ancien président qui vient de rencontrer une délégation du Commonwealth pour trouver une issue à la crise qui a éclaté mardi lorsqu'il a été contraint de quitter le pouvoir après une mutinerie de policiers et trois semaines de manifestations d'opposants.

 

 

Un barrage de la police à Male, le 9 février.

Un barrage de la police à Male, le 9 février.AFP/Ishara S.KODIKARA


Un responsable de la police a confirmé que la violence s'était propagée à des atolls éloignés mais il a assuré que les établissements hôteliers n'étaient pas affectés. Selon lui, la police a l'intention de mener "une opération conjointe avec les forces armées pour contrôler la situation". La deuxième plus grande ville de l'archipel des Maldives, Addu (32 000 habitant), était jeudi en proie au chaos après une nuit de violences au cours de laquelle des postes de police ont été attaqués et incendiés, a déclaré le maire d'Addu City. Selon lui, la police était invisible tandis que des troupes d'une base militaire proche étaient occupées à protéger l'aéroport de Gan, où de nombreux touristes étrangers atterrissent depuis la capitale avant d'être acheminés vers de luxueux hôtels répartis sur les îles. L'aéroport de Gan est situé sur l'île de Gan, dans l'atoll d'Addu.

Les Maldives, un archipel constitué de près de 1 200 îles où vivent 330 000 musulmans sunnites, ont attiré l'an dernier plus de 850 000 touristes.

 

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 17:24

LEMONDE.FR | 09.02.12 | 09h38   •  Mis à jour le 09.02.12 | 09h56

 
 

 

Une capture d'écran de vidéo, réalisée par un étudiant, montre un moine tibétain en train de s'immoler le 21 novembre 2011 dans la province du Sichuan.

Une capture d'écran de vidéo, réalisée par un étudiant, montre un moine tibétain en train de s'immoler le 21 novembre 2011 dans la province du Sichuan.AFP/Students for a Free Tibet


Pékin, correspondant - Plusieurs manifestations ont eu lieu mercredi 8 février dans les régions tibétaines du Sichuan, mais aussi du Qinghai.

Un homme, possiblement un moine ou un ancien moine, se serait immolé par le feu à Aba (Ngaba en tibétain), préfecture de Ganzi (Sichuan), le même jour, portant à 21 le nombre de personnes qui ont recouru à cette forme de protestation depuis le début de l'année 2011, selon les médias et ONG liés à la communauté tibétaine en exil. Trois personnes auraient tenté de s'immoler par le feu la semaine dernière dans le comté de Serthar, siège de plusieurs manifestations réprimées ces dernières semaines.

 

Près d'un millier de manifestants demandant le retour du dalai lama se seraient ainsi rassemblées hier à Nangcheng, un comté de la préfecture de Yushu connu pour les dizaines de monastères qu'il abrite, ainsi que dans une autre région de cette préfecture. Comme Ganzi dans le Sichuan, Yushu fait partie de l'ancien Kham tibétain, une terre de guerriers extrêmement attachés à la culture tibétaine. Radio Free Asia a publié sur son site des photos des manifestations.

Brice Pedroletti


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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 17:18

LEMONDE.FR avec AFP | 09.02.12 | 13h20

 

 

Vue de la centrale de Qinshan, première centrale nucléaire conçue entièrement par la Chine.

Vue de la centrale de Qinshan, première centrale nucléaire conçue entièrement par la Chine.AP/EUGENE HOSHIKO


Les autorités locales d'un district de l'est de la Chine, situé le long du Yangzi Jiang, a demandé l'arrêt de la construction d'une centrale nucléaire dans un district voisin, estimant que ce projet met sa population en danger, a rapporté, jeudi 9 février, la presse chinoise. S'il est rare que les projets de centrale nucléaire soient contestés en Chine, il l'est encore plus que des autorités locales se mobilisent contre un projet qui a obtenu l'aval du gouvernement central.

Dans un document officiel, le gouvernement du district de Wangjiang, dans la province de l'Anhui, affirme que des données du rapport d'impact environnemental pour la construction de la centrale de Pengze, de l'autre côté du Yangzi Jiang, sont fausses. La population résidant à moins de dix kilomètres a ainsi été très nettement sous-estimée. Une enquête d'opinion a été réalisée sans que les habitants soient mis au courant de son enjeu, ajoute le texte. Or, les autorités de Wangjiang estiment que "des gaz et des liquides nocifs émis par la centrale vont gravement affecter les habitants en aval" du fleuve. Par ailleurs, un grand nombre d'entreprises industrielles se trouvent à proximité de la future centrale. Enfin, un séisme de magnitude 5,7 s'est produit dans la région en 2006, et un autre de magnitude 4,6 en septembre 2011, selon ce document.

 

La Chine veut augmenter la part du nucléaire dans son mix énergétique. Elle possède actuellement quatorze réacteurs en activité et a entrepris la construction de vingt-cinq autres, avec l'objectif de multiplier par cinq ou six sa production d'électricité d'origine nucléaire d'ici à 2020, selon la World Nuclear Association. A la suite de l'accident de Fukushima, Pékin avait annoncé une révision des normes de sûreté et des procédures d'urgence des centrales nucléaires chinoises.

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 17:15

LEMONDE.FR | 09.02.12 | 15h38   •  Mis à jour le 09.02.12 | 15h45

 
 

 

En Israël, une grève général a bloqué l'aéroport Ben Gourion pendant une heure et demie, mercredi 8 février.

En Israël, une grève général a bloqué l'aéroport Ben Gourion pendant une heure et demie, mercredi 8 février.AFP/JACK GUEZ


Pour le deuxième jour consécutif, Israël doit faire face, jeudi 9 février, à une grève générale organisée à l'initiative du syndicat de travailleurs Histadrout, qui regroupe des centaines de milliers de salariés du secteur public. Ces derniers dénoncent le recours systématique à des employés intérimaires dans le service public, et réclament l'intégration de ces 250 000 salariés précaires ou l'obtention, par eux, de droits équivalents à ceux de leurs collègues titulaires. En moyenne, leurs salaires seraient de 30 % inférieurs à ceux de titulaires.

Le conflit affecte avait déjà paralysé – très brièvement – le pays en novembre 2011. Cette fois, ce sont en particulier les administrations, les banques, la Bourse, les ports, les réseaux ferrés et aériens qui sont affectés.

D'après le site du quotidien Haaretz, le gouvernement pourrait céder dans les prochaines heures sur une partie des revendications du syndicat, et accepter une augmentation des salaires et avantages sociaux des intérimaires, ainsi que l'embauche de quelques milliers d'entre eux.

 

SERVICES PUBLICS PARALYSÉS

Mardi encore pourtant, Youval Steinitz, le ministre des finances, avait fait preuve de fermeté, reprochant aux syndicats de "jouer avec le feu" en lançant une telle grève "en pleine bataille économique". Sur le fond, il avait aussi insisté sur le fait que l'embauche immédiate de ces intérimaires était économiquement ingérable, tout en admettant la nécessité d'améliorer leurs conditions de travail.

Un juge du tribunal du travail a donné jusqu'au jeudi 8 février aux deux parties pour arriver à un accord. Mais ce conflit dure depuis déjà quelques mois. Le 7 novembre, une grève de quatre heures avait été décidée, paralysant brièvement l'aéroport Ben Gourion. Le conflit avait vite cessé, grâce à l'intervention du premier ministre Benyamin Nétanyahou, qui craignait que l'ensemble du pays ne soit bloqué.

Delphine Roucaute

 


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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 17:10

Point de vue | LEMONDE | 08.02.12 | 13h38   •  Mis à jour le 09.02.12 | 15h08

par Haris Pamboukis, professeur de droit à l'université d'Athènes et avocat

 
 

Aujourd'hui la Grèce et les Grecs vivent une tragédie grecque ; une Némésis sans catharsis. L'histoire en soi est simple : une énorme dette extérieure, un déficit public croissant surtout depuis 2007 et une situation économique encore aggravée depuis l'éclatement de la crise en 2008.

 

Tout cela pourtant n'aurait pas attiré l'intérêt des marchés si la Grèce ne faisait pas partie de la zone euro. Car, à travers la Grèce, c'est l'euro qui est visé dans les paris des credit default swaps (CDS). (Les CDS étaient à l'origine des contrats d'assurance mais sont devenus un outil de spéculation.) La constatation est évidente. Il ne s'agit pas que d'un problème grec, de dette grecque mais d'un problème européen, de dette européenne.

 

La Grèce a en effet servi de bouc émissaire pour cacher derrière elle un problème européen. Elle s'est vu imposer des plans de redressement budgétaire condamnés dès le départ parce que mal conçus, mal préparés et, bien sûr, mal exécutés.

 

La Grèce doit faire des efforts. Soit ! Mais subir un électrochoc à la fois économique, social et politique, cela est injuste. On a imposé une contrainte de liquidité à l'économie grecque alors qu'à l'évidence il s'agissait d'un problème de solvabilité européenne. Faire de la Grèce un cas à part permettait à l'Europe de contenir le problème dans un périmètre limité et ainsi de gagner du temps, alors qu'elle était dépourvue des armes institutionnelles pour faire face à la crise.

 

Mettre un pays en avant dans un geste collectif de solidarité peut se comprendre. Mais se laisser emporter par une telle rhétorique est indigne. Dans ces circonstances, l'exceptionnalisme grec exalte. La rhétorique de "la Grèce un cas à part" - et la traiter en lépreuse - est inacceptable, car cela est erroné, injuste et dangereux.

 

Erroné tout d'abord. Il est faux d'affirmer que les Grecs ne travaillent pas. La Grèce a consenti un effort sans précédent en 2010, en réduisant son déficit public de 5 points en une année. Certes, le pays a besoin de réformes structurelles du système politique, de l'administration publique et fiscale, etc. Mais de quels délais dispose-t-on pour laisser le temps aux réformes de faire sentir leur effet ? Peut-on transformer en deux ans un pays marqué par trente ans d'errance ? La formule choisie nous remet-elle sur le chemin de la croissance ou à la dépression profonde, à l'instabilité sociale, au chaos politique ? Dans ces circonstances, de quoi au juste accuse-t-on la Grèce ?

 

Injuste ensuite. La formule choisie et imposée est-elle la bonne ? Y avait-il un mécanisme européen institutionnel de gestion de la crise de la dette européenne ? On affirme que les contribuables des autres pays ne doivent pas financer les déficits grecs. Certes. Mais les déficits des uns ne sont-ils pas aussi les excédents des autres ? En outre, pour arrêter ce cercle vicieux, ne doit-on pas appliquer une politique propre à relancer la croissance en Grèce et, par là même, à libérer nos partenaires du fardeau de la solidarité ?

 

Dangereux enfin, car c'est signer l'arrêt de mort moral, voire politique, de l'Union européenne. L'Histoire nous enseigne en effet que de tels discours ont toujours mal fini. Et c'est même une conquête de la civilisation européenne de les avoir abandonnés. Il est dangereux de traiter en paria un groupe quand on évolue dans une collectivité animée, en principe, par la solidarité. C'est une défaite morale. Aujourd'hui, la Grèce. Demain, à qui le tour ? La Grèce est un pays avec une histoire unique qui porte l'Europe congénitalement. Il n'est point besoin de souligner la contribution grecque à la philosophie, à la démocratie et au rayonnement de l'Europe dans le monde.

 

Au cours de sa longue histoire, la Grèce s'est trouvée au carrefour de diverses batailles critiques et s'est toujours rangée du côté du juste : Byzance fut le rempart pour l'Europe du danger venant de l'Est, la résistance grecque aux nazis a contribué à la défaite allemande, pour ne citer que ces exemples.

 

Le premier conflit de l'ère de la mondialisation oppose aujourd'hui la régulation aux marchés et la Grèce se trouve à nouveau aux avant-postes de cette guerre. Si l'Europe doit traiter dignement la Grèce, ce n'est pas simplement dans l'intérêts de la Grèce, mais aussi dans celui de l'Europe. Il faut cesser d'en faire un paria européen.

 

 

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