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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 19:03
A Fessenheim (© Aurélien Pic).  
A Fessenheim (© Aurélien Pic).

Fukushima à Fessenheim, est-ce possible ? Il n’y a pas de tsunamis en Alsace. La centrale nucléaire alsacienne ne compte que deux réacteurs, contre six pour la centrale japonaise. Leurs technologies sont différentes. Les autorités de sûreté ne fonctionnent pas de la même manière. Et pourtant... Ce « et pourtant » est l'objet, à partir du 11 mars, d'un grand feuilleton à découvrir sur Mediapart.

Faut-il s’interdire d’imaginer un accident nucléaire très grave à Fessenheim ? Les statistiques nous y incitent. Selon les calculs de probabilité, la survenue d’une catastrophe atomique en Alsace est très faible. Pourtant, pendant une semaine, sur Mediapart, nous allons vous raconter en détail un accident nucléaire gravissime à Fessenheim. C’est notre premier reportage fiction.

Pourquoi ce détour par la fiction, alors que Mediapart pratique un journalisme d’enquête sur des faits réels ? Parce que précisément, en matière d’enquête sur les différents débats autour de la sûreté du nucléaire, apparaît cette donnée nouvelle : la logique probabiliste et statistique est de plus en plus critiquée. Une grave catastrophe nucléaire est certes improbable en France, et peut être plus improbable que dans d’autres pays (c’est aussi ce qui se disait au Japon avant le tsunami du 11 mars 2011). Mais elle ne peut être totalement exclue.

Notre société est-elle prête à accepter ce danger nucléaire ? Et quelle échelle de danger ? L’Allemagne a décidé de le refuser, à la suite de longues années de débat national – et pas seulement à cause de l’accident de Fukushima. Par ce choix, elle est sortie d’une pure approche de gestion statistique du risque pour choisir une position de principe de refus du danger atomique.

Quel rapport collectif souhaitons-nous établir avec le danger nucléaire ? Une menace est-elle plus acceptable parce qu’improbable ? C’est pour soulever cette question que nous avons voulu écrire ce reportage-fiction, un an après le désastre de Fukushima.

À partir de dimanche 11 mars, nous vous invitons donc  à lire le récit d’une catastrophe nucléaire à Fessenheim. Nous nous sommes basés sur des études, des plans et analyses existants. Tous les problèmes techniques que nous faisons vivre dans ce feuilleton peuvent survenir. Ils ont tous été analysés dans des documents officiels que nous publions en accompagnement de cette série. Nous ne les inventons pas. Dans chaque cas, nous avons simplement choisi de faire advenir l’hypothèse la plus défavorable. C’est un choix narratif. Il est forcément partial. Mais c’est la force de la fiction de nous permettre ce genre d’exercice.

Et nous conclurons cette fiction avec une longue interview de l’expert indépendant Mycle Schneider. En espérant que ce récit d’un Fukushima à Fessenheim alimentera le débat public nécessaire sur l’avenir du nucléaire.

 

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 18:54

 

Rue89 - 10/03/2012 à 09h04

 

 

 

Une websérie poétique et émouvante nous mène à la rencontre de ces Japonais vivant dans l'enfer de la radioactivité, ce poison invisible. Angoissés, ils commencent tout juste à se révolter contre un gouvernement qui continue de leur jurer que tout va bien.

Un an après l'accident à la centrale de Fukushima, la catastrophe « n'est pas finie, elle vient de commencer ». C'est le constat dressé par Alain de Halleux, réalisateur de la série de huit petits films qu'Arte nous autorise exceptionnellement à publier.

A la fin du premier épisode, les larmes d'Eiko nous font comprendre ce qui est dit explicitement dans le dernier des huit films :

« Nous avons perdu le Japon que nous connaissons. »

Rien ne sera plus jamais comme avant pour ceux qui refusent de croire le discours trop rassurant du gouvernement.

Eiko vit à Tokyo, elle tient une crêperie avec son mari français et c'est pour ne pas jouer l'avenir de petite fille de quatre ans à la roulette russe qu'ils ont décidé de partir :

« Dans vingt ans elle tombe amoureuse de quelqu'un, et si elle hésite à faire un enfant avec lui, c'est malheureux, et je ne veux pas de ça. »

Elle n'habite pas dans la zone concernée par la radioactivité, mais refuse de prendre le risque d'avaler une nourriture contaminée, car la traçabilité totale est impossible.

« Je ne viens pas pour les aider, c'est eux qui vont nous aider »

Alain de Halleux est parti à l'automne pour un repérage en vue d'un documentaire pour la RTBF. Mais le réalisateur, à qui on devait le très remarqué documentaire sur les travailleurs du nucléaire (en France cette fois), a fait des rencontres si fortes qu'il a monté in extremis cette série. Il a trouvé un pays en mouvement :

« Une minorité de citoyens se réveillent et se demandent comment ça se fait qu'ils ont suivi le gouvernement depuis la deuxième Guerre Mondiale.

Comme personne n'avait voulu prendre la responsabilité de la défaite, il s'est développé une culture de l'irresponsabilité : il n'est pas possible d'émettre une idée qui va à l'encontre de l'opinion générale. »

Pour obtenir des témoignages aussi poignants, Alain de Halleux a fait très attention à ne pas être dans la démarche classique du journaliste qui vient prendre de l'information et retourne chez lui (d'ailleurs en général il devient ami avec les personnes qu'il interviewe) :

« Je ne viens pas pour les aider, c'est eux qui vont nous aider : ils doivent témoigner pour qu'on ouvre les yeux. Je veux que cette catastrophe serve à ce que la France sorte du nucléaire. »

« Les médecins : la radioactivité n'est pas dangereuse »

A Minami Soma, ville située juste au-delà de la zone d'exclusion de 20 km autour de la centrale, de plus en plus de citoyens font leurs valises. Maki, maman dont la petite fille est confinée à l'intérieur depuis un an, raconte :

« Ne plus promener son chien, ne plus laisser son enfant jouer dehors... si encore c'était pour le court terme. »

« Quand on est en prison, au moins, on sait quand se termine la peine », compare Alain de Halleux. Il a rencontré les bénévoles du Citizen's Radioactivity Measuring Station (CRMS), association qui a ouvert des laboratoires à Fukushima City, à 65 km de la centrale. Son récit ressemblerait à de la fiction s'il n'était recoupé par les informations livrées par nos contacts sur place depuis des mois :

« Les médecins des hôpitaux sont tenus d'avoir le même discours que le gouvernement, c'est-à-dire que la radioactivité n'est pas dangereuse, et qu'il ne faut pas paniquer. Quand les citoyens évoquent les mesures du CRMS, on leur répond qu'il ne faut pas écouter ces gens qui sont des activistes, des musiciens... »

Derrière ce discours rassurant se cache aussi une affaire de gros sous, explique-t-il, car :

« Au-delà de la zone des 20 km, les gens sont libres de partir ou pas. Rappelons que les victimes du tsunami sont fortement aidés, ceux de la centrale n'ont rien. »

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 18:41

LEMONDE.FR avec AFP | 09.03.12 | 21h36   •  Mis à jour le 09.03.12 | 22h26

 
 

 

Les avocats généraux ont requis une peine plus clémente qu'en première instance contre Serge Biechlin (au centre), directeur d'AZF à l'époque des faits.

Les avocats généraux ont requis une peine plus clémente qu'en première instance contre Serge Biechlin (au centre), directeur d'AZF à l'époque des faits.REUTERS/Jean-Philippe Arles


Au procès en appel de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse, les avocats généraux ont requis, vendredi 9 mars, l'amende maximale, soit 225 000 euros, contre le propriétaire de l'usine Grande Paroisse, propriété du groupe Total. Ils ont cependant réduit leur réquisition contre l'ex-directeur de l'usine à dix-huit mois de prison avec sursis et 15 000 euros d'amende.

En première instance, ils avaient requis la même somme contre la société, mais avaient demandé trois ans de prison avec sursis et 45 000 euros contre l'ancien directeur Serge Biechlin. Relaxés en première instance faute de preuve matérielle, la société et l'ancien directeur sont poursuivis pour homicides involontaires. L'accusation attribue la catastrophe de septembre 2001, à un accident chimique dû au mélange de deux produits.

L'avocat général Lionel Chassin a estimé que l'amende contre la société devait avoir une "connotation symbolique forte". Cette "sévérité" est liée aux "conséquences d'une exceptionnelle gravité" de cette "catastrophe industrielle particulièrement douloureuse", a-t-il déclaré. Il a estimé que dans le cas de M. Biechlin, on ne pouvait "prononcer le maximum de la peine, car, en poste depuis trois ans, il n'avait pu tout réformer, mais avait toujours inscrit la sécurité comme élément important de la bonne marche de l'entreprise".

 

 

 PAS DE RÉQUISITOIRE CONTRE TOTAL

A l'issue d'un réquisitoire fleuve de neuf heures entamé par Pierre Bernard, l'autre avocat général, Lionel Chassin, a notamment mis en cause des "fautes dans la gestion et le traitement des déchets" et l'absence de "consignes précises écrites" aux sous-traitants chargés de ces tâches. Il a estimé que M. Biechlin n'avait pas commis de "violation délibérée des règles de sécurité", mais s'était rendu coupable de "fautes caractérisées" en s'abstenant de faire respecter certaines réglementations.

L'accusation estime, avec les experts judiciaires, que des négligences ont permis la rencontre de deux produits incompatibles, du DCCNa (dichloroisocyanurate de sodium, un désinfectant) apporté par erreur dans une benne sur un tas de nitrate d'ammonium (engrais ou explosif minier) stocké dans le hangar 221, dont l'explosion a fait trente et un morts et des milliers de blessés, le 21 septembre 2001.

Le ministère n'a pas requis contre la maison mère, Total, et son ex-PDG Thierry Desmarest, que plusieurs parties civiles veulent voir jugés au même titre que les "lampistes".

 

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 18:34

LEMONDE.FR | 10.03.12 | 08h28   •  Mis à jour le 10.03.12 | 09h20

 
 

 

La semaine dernière, le diesel, qui représente 80 % de la consommation en France, s'établissait à 1,44 euros le litre en moyenne, approchant le record de mai 2008 avec 1,45 le litre

La semaine dernière, le diesel, qui représente 80 % de la consommation en France, s'établissait à 1,44 euros le litre en moyenne, approchant le record de mai 2008 avec 1,45 le litreAFP/MYCHELE DANIAU


Ils le découvrent généralement au retour d'une pause déjeuner, après une sieste ou une courte nuit de sommeil. Après avoir laissé leur véhicule sans surveillance, de plus en plus de routiers se retrouvent face à un réservoir vide. Alors que les prix à la pompe atteignent de nouveau des sommets, les vols de carburant se multiplient.

La semaine dernière, le diesel, qui représente 80 % de la consommation en France, s'établissait à 1,44 euros le litre en moyenne, approchant le record de mai 2008, avec 1,45 euros le litre. Tiré par le prix du baril, le coût de l'essence est en effet dopé depuis la fin de l'année 2011 et le début 2012 par la tendance haussière sur le marché pétrolier.

"Chaque fois que le prix du carburant est en hausse, le vol de carburants augmente de façon considérable", confirme Frédéric Plan, délégué général de la Fédération des combustibles, carburants et chauffage (FF3C). Depuis le début de l'année, ces délits animent les colonnes faits divers de la presse régionale : dans le Loir-et-Cher, des bidons d'essence d'une grande surface ont été dérobés, rapporte La Nouvelle République. Dans le Morbihan, la gendarmerie a été alertée sur un vol de carburant par le gérant d'une station service, raconte Le Télégramme. Dans le Rhône, c'est le réservoir d'un routier qui a été vidé, relate Le Progrès.

 

"SIPHONNAGE" ET BANDES ORGANISÉES

Il est difficile pour les fédérations de routiers de quantifier avec précision les cas de vols de carburants. Les organisations notent cependant, à l'appui des témoignages de professionnels, une réelle recrudescence de ce type de délits. A la FF3C, Frédéric Plan remarque une nette augmentation des vols "depuis novembre 2011". Même constat de Nicolas Paulissen, adjoint au délégué général de la Fédération nationale des transports routiers : "Les vols augmentent depuis l'automne dernier, et cela s'est encore amplifié ces deux derniers mois."

En matière de vol de carburants, il existe deux types de scénarios très distincts : la "grivèlerie", c'est à dire un départ sans paiement en station service, et le siphonnage. "Le vol du contenu des réservoirs de camions est prémédité, organisé : ce sont des bandes qui ont du matériel pour siphonner, et qui revendent ensuite aux particuliers", explique le commandant Dominique Ramat, CRS-autoroute sur le secteur Lyon Rhône-Alpes Auvergne.

A la fin du mois de février, son service a démantelé "une bande de Roumains", rapporte le CRS. Le vol est généralement commis la nuit, sur un véhicule isolé. "Ils viennent munis de jerricanes, à deux ou trois pour siphonner les réservoirs qui peuvent atteindre jusqu'à 1 000 litres", relate Nicolas Paulissen. Celui-ci relève empiriquement une augmentation de ces cas de l'ordre de 25 % depuis l'automne 2011. Pour les entreprises, l'augmentation des vols de carburant entraîne une perte importante, souligne Nicolas Paulissen : "Le gazole représente 5 % de leur coût de revient pour les véhicules longue distance, 17% à 18% pour ceux à distance régionale."


GRIVÈLERIES ET FINS DE MOIS DIFFICILES

Les grivèleries affichent également une nette augmentation, et sont quant à elles le fait de particuliers. Sur le secteur autouroutier lyonnais, les cas ont augmenté de 44 % entre périodes équivalentes du début 2011 et 2012, selon le commandant Dominique Ramat. "Sur six stations Total des autoroutes lyonnaises, le préjudice subi sur l'année 2011 s'élève à 110 000 euros", révèle-t-il. Les auteurs sont "des petits voyous habituels, selon le commandant. Ils vont très rarement au même endroit, et installent souvent de fausses plaques d'immatriculation."

L'Union française des industries pétrolières (UFIP), qui dispose d'une évaluation nationale des vols en général en station service, rapporte une augmentation de 20 % des délits entre 2010 et 2011. Le Conseil national des professions de l'automobile se veut  plus nuancé : il existe une "petite recrudescence" des vols liée à l'augmenation du prix de l'essence, admet Christian Roux, président de la branche représentant les professionnels de la distribution de carburants, qui assure que ce sont essentiellement "les banlieues des grandes villes" qui sont concernées.

Les stations contactées en banlieue parisienne, à Aubervilliers, Aulnay-sous-Bois ou encore à Créteil, affirment en effet que les tentatives de départ sans paiement sont "fréquentes". "Il y en a tout le temps, s'exclame une employée d'une station service du Val-de-Marne sous couvert d'anonymat. Une à deux fois par semaine." "Je les appelle avant qu'ils ne partent, je bloque les fonctionnement des pompes", raconte l'employée. Mais ces tentatives ne sont pas nouvelles ni toujours liées au prix de l'essence, soulignent les professionnels.

 

 

Les stations services développent le pré-paiement pour se prémunir des cas de vols.

Les stations services développent le pré-paiement pour se prémunir des cas de vols. AFP/ERIC CABANIS


"On peut en revanche clairement faire le lien avec le prix de l'essence quand on observe la part des particuliers que l'on retrouve et qui sont en situation de pauvreté", estime le commandant Ramat. Son service évalue entre 30 % et 40 % la part les conducteurs retrouvés qui ne relève pas de la petite délinquance et "commettent ces vols pour stricte raison économique". "Ce sont des gens qui n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois, des chômeurs, des gens dans la galère. Ils camouflent une partie de leur plaque avec du ruban adhésif, et on finit par les retrouver", rapporte le CRS. Les affaires ne sont généralement pas portées au pénal, les conducteurs interpellés retournant payer l'essence qu'ils viennent de voler.

Avec la recrudescence de ces vols, stations sevices et routiers modifient leurs habitudes. Les camionneurs privilégient le stationnement systématique sur des avenues passantes ou des parkings éclairés. Surtout, "ils mettent le moins d'essence possible pour que le stationnement se fasse à vide", explique Frédéric Plan. En station service, ce sont les systèmes de pré-paiement et d'automates qui se développent, note Yves-Marie Dalibard de l'UFIP.

Face à la montée du prix de l'essence, les particuliers changent leurs usages : des internautes du Monde.fr expliquaient en mai 2011 déjà comment ils réduisaient leurs déplacements, leur vitesse ou privilégiaient d'autres modes de transport.

Flora Genoux

 


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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 18:27

 

Le Monde - l y a 7 heures

 

Un an après le tremblement de terre, le tsunami puis la catastrophe de Fukushima, l'équipe d'Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui prône une sortie du nucléaire, a diffusé vendredi 9 mars une vidéo commémorant à sa façon cet accident. Obscurité, un son angoissant, un homme portant un masque à gaz devant un gâteau "Happy Birthday Fukushima"... Le clip conclut : "Il y a des anniversaires qu'on aimerait ne pas souhaiter. Sortons du nucléaire", avant d'afficher un lien vers le site de campagne d'Eva Joly.

 

 

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 18:20

LEMONDE.FR avec AFP | 10.03.12 | 18h55

 
 

L'armée syrienne a pris d'assaut samedi soir Idleb, après avoir violemment bombardé cette ville rebelle où 14 civils ont péri, a rapporté une ONG syrienne. "Les transports de troupes sont entrés dans la ville d'Idleb alors que les bombardements et les combats" entre armée et rebelles se poursuivaient, a indiqué à l'AFP le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. Il a fait état d'au moins 14 civils tués, de dizaines de blessés et de 150 arrestations dans la ville située dans le nord-ouest du pays.

Depuis l'aube, Idleb était visée par les "bombardements les plus violents depuis l'envoi de renforts de troupes cette semaine", avait auparavant indiqué le président de l'OSDH. "Les forces du régime bombardent de l'extérieur de la ville, à partir de plusieurs axes", a précisé Milad Fadl, militant local de la Commission générale de la révolution syrienne (opposition), qualifiant les bombardements de "très, très violents" et estimant que l'opération visait à "faire plier la ville".

Depuis plusieurs jours, des troupes se massaient dans cette province montagneuse et frontalière de la Turquie, faisant craindre aux militants une réédition de l'offensive contre Baba Amr, le quartier rebelle de Homs (centre) repris le 1er mars par l'armée après près d'un mois de siège et de pilonnage.

Cet assaut est intervenu alors que le dirigeant syrien Bachar El-Assad a rencontré, ce samedi à Damas, Kofi Annan, l'envoyé spécial de l'ONU, toujours présent dans la capitale syrienne ce samedi soir. Sur le plan diplomatique, la pression s'est accentuée contre la Chine et la Russie, toujours opposés à toute intervention dans les "affaires intérieures" syriennes de la part de la communauté internationale. L'Arabie saoudite et le Qatar ont violemment critiqué ce samedi la position de la Chine et de la Russie, qui ont déjà fait usage de leur droit de veto aux Nations Unies pour bloquer des résolutions contraignantes pour le régime syrien. "Il y a un génocide systématique de la part du gouvernement syrien pendant que nous parlons en ce moment de cessez-le-feu", a notamment déclaré le ministre qatari des affaires étrangères cheikh Hamad ben Jassem al Thani, lors d'une réunion de la Ligue arabe au Caire.

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 18:14

LEMONDE.FR | 10.03.12 | 15h24   •  Mis à jour le 10.03.12 | 15h27

 

Une cérémonie à la mémoire des moines tibétains qui se sont immolés par le feu à Dharmsala (Inde), le 8 octobre 2011.

Une cérémonie à la mémoire des moines tibétains qui se sont immolés par le feu à Dharmsala (Inde), le 8 octobre 2011.AP/ASHWINI BHATIA


De notre correspondant à Pékin - Désigné comme le Jour du soulèvement national (National Uprising Day) à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où siège le gouvernement tibétain en exil, le 10 mars a chaque année un écho très fort parmi les 6 millions de Tibétains de la Région autonome tibétaine (sous contrôle chinois) et des zones tibétaines des quatre provinces chinoises qui la bordent.

Cette année, l'anniversaire du soulèvement de 1959, bien sûr tabou en Chine, intervient alors que la crise au Tibet a atteint un nouveau paroxysme. Non seulement les nouveaux médias ont favorisé une diffusion sans précédent d'informations en provenance du "Tibet libre" vers les hauts plateaux tibétains, mais, aux yeux des Tibétains de Chine, le temps presse.

La première revendication qui ressort des multiples manifestations ou actes récents de vis-à-vis de Pékin est le retour au Tibet du dalaï-lama, et la fin de sa diabolisation par le régime communiste. Le Monde a pu constater, en 2010 et 2011, combien celle-ci est ressentie comme une atteinte à la dignité des Tibétains et à leur identité culturelle et religieuse dans les zones tibétaines du Sichuan et du Qinghai.

SOULÈVEMENT GÉNÉRALISÉ

En 2008, c'est le Jour du soulèvement national que les moines du monastère de Drepung, l'un des trois plus grands de Lhassa, ont organisé une marche de protestation en réaction aux mesures de "rééducation patriotique" qui leur avaient été imposées. S'en suivra un soulèvement généralisé à tout le Tibet historique, qui durera plusieurs mois.

La répression sera féroce : les arrestations et les peines de prison toucheront le clergé comme la population laïque, et une grande partie de l'intelligentsia tibétaine. Elle s'accompagnera d'une double stratégie de reprise en main systématique des monastères et de la population, mais aussi de "subventions" ciblées. Le résultat a été désastreux : les autorités chinoises se sont aujourd'hui aliénés une plus grande partie encore de la population tibétaine, toutes catégories confondues.

RENFORCEMENT DE LA FIERTÉ D'ÊTRE TIBÉTAIN

La fierté et la conscience d'être tibétain n'auront cessé de se renforcer ces quatre dernières années : "Les manifestations de 2008 ont renforcé le sentiment d'identité des Tibétains et depuis ils expriment régulièrement leur fierté nationale, explique la tibétologue française Katia Buffetrille qui a fait un long séjour en Amdo fin 2011. Ainsi, on peut voir dans divers lieux en Amdo [actuelle province chinoise du Qinghai] de petits papiers collés aux vitrines des boutiques et appelant à parler une langue pure [au lieu d'être mélangée avec du chinois]."

"Des manifestations pacifiques ont eu lieu en 2010 à Rebkong [Amdo] contre le projet de supprimer l'enseignement en tibétain dans le secondaire, poursuit-elle. Des initiatives de la société civile sont apparues comme le "mercredi blanc" qui a débuté dans le Tibet oriental et qui est une journée durant laquelle les Tibétains mangent tibétain, s'habillent tibétain, parlent uniquement tibétain. Ce mouvement s'est répandu maintenant parmi les exilés."

ACCROISSEMENT DES IMMOLATIONS PAR LE FEU

Cette année, le Jour du Soulèvement National se tient à Dharamsala au milieu de témoignages quotidiens d'actes de résistance et de répression en provenance du Tibet. Pour la première fois, le dalaï-lama n'a pas prononcé d'allocution – il avait annoncé en 2011, pour son dernier discours officiel du 10 mars, qu'il transférait son pouvoir politique à un chef de gouvernement élu.

En Chine, au Sichuan, mais aussi au Qinghai et au Tibet, la cadence des manifestations et immolations par le feu s'est accélérée depuis le début de l'année 2012, tandis que l'intensification des représailles policières – au moins trois manifestations ont conduit à des morts par balles – ou de mauvais traitements des immolés qui survivent à leurs blessures, comme le moine Lobsang Kunchog, amputé des quatre membres et soumis aux brimades du personnel chinois de l'hôpital où il est traité - alimentent en retour la colère des Tibétains.

Tout dernièrement, à Rebkong, dans le Qinghai, des collégiens tibétains ont protesté le 7 mars quand ils ont découvert que les manuels scolaires de la rentrée n'étaient qu'en chinois – plusieurs manifestations d'écoliers avaient déjà eu lieu dans la même région en octobre 2010.

Un jeune homme a été tué par balles le 6 mars dans la préfecture autonome tibétaine de Golog (province du Qinghai), parce qu'il s'est interposé lors de l'arrestation d'un autre Tibétain recherché par la police et accusé d'avoir décroché le drapeau chinois d'un bâtiment officiel le 26 janvier dernier. Le 5 mars, un Tibétain de 18 ans s'est immolé dans la préfecture de Ngaba (Sichuan), soit la 26e immolation par le feu depuis 2009. La veille, une femme de 32 ans, mère de quatre enfants, s'immolait à Ngaba, le lendemain de l'immolation par le feu d'une lycéenne de 19 ans, cette fois à Machu dans le Qinghai.

 SURVIVRE À L'OPPRESSION

Liées au départ à la persécution du monastère de Kirti, à Ngaba, où les forces armées avaient massacré une dizaine de civils en mars 2008, les immolations de moines (et souvent de moines expulsés des monastères en raison des nouvelles mesures de discipline imposés par le parti), sont devenues un mouvement collectif de protestation : désignées comme des "martyrs" à Dharamsala, les immolés sont des "terroristes" pour le gouvernement chinois.

A Pékin, la dissidente tibétaine Woeser, placée sous résidence surveillée à l'approche de la date sensible du 10 mars, a pris l'initiative dans une lettre ouverte cosignée par la poétesse tibétaine Gade Tsering et le bouddha vivant Arjia Lobsang, en exil aux Etats-Unis, d'en appeler à cesser les immolations par le feu. Woeser avait été l'une des premières à qualifier les immolations d'actes de résistance. Il est temps, écrit-elle le 7 mars après avoir rendu hommage "au dévouement rare" qui a poussé 26 Tibétains à recourir à cette forme extrême de protestation depuis février 2009, de "chérir sa vie au temps de l'oppression".

Ces 26 immolations ont clairement exprimé la volonté des Tibétains, dit-elle, or l'expression ne peut être un but en soi : il est temps de "mettre cette volonté en pratique", de rester vivant et de survivre à l'oppression. L'intégralité de la traduction en anglais de son texte est sur son blog.

SURENCHÈRE RÉPRESSIVE

Côté chinois, la désignation des immolés comme des "terroristes" s'inscrit dans la continuité d'une surenchère répressive que rien n'incite à freiner. La politique de la "stabilité à tout prix", qui commence à être modulée ailleurs en Chine en raison de ses excès, ne souffre aucun aménagement au Tibet.

Les participants à des manifestations ou des actes de résistance sont souvent laissés libres le temps que les choses se calment, puis les meneurs présumés sont traqués et arrêtés. Les procès sont expéditifs et les condamnations pour "séparatisme" ou "subversion" sont le plus souvent très lourdes. C'est le cas récemment des participants à un rassemblement pacifique à Nangcheng, dans la préfecture de Yushul au Qinghai. Ainsi qu'à Drango (Luhuo en chinois) dans le Sichuan, où une centaine d'arrestations ont eu lieu récemment selon Free Tibet.

Les familles, les employeurs, et les monastères sont "punis" pour les crimes de leurs employés ou membres. De fait, si, ailleurs en Chine, des contrepouvoirs balbutiants se mettent en place, grâce à la presse, aux réseaux sociaux, aux avocats et aux ONG, les régions tibétaines sont livrées aux formes les plus brutales de gouvernance.

INDIFFÉRENCE DE L'OPINION PUBLIQUE CHINOISE

L'opinion publique chinoise est indifférente et hostile aux revendications des Tibétains : les immolations ou autres manifestations, quand elles sont rapportées dans les médias chinois, le sont sous la forme d'entrefilets ou de brèves. Enfin, la perception que la question tibétaine est "intouchable" en raison de l'agressivité des autorités n'incite aucun des intellectuels ou des bloggeurs chinois, pourtant prompts à se mobiliser sur d'autres sujets touchant à la dignité humaine, à s'en mêler de trop près, par peur des représailles.

Du reste, au sein de l'appareil de sécurité qui continue de baigner dans une vision maoïste des rapports de force, le pire cynisme règne en maître : "Plus la situation est chaotique au Tibet, mieux c'est. Cela servira à entraîner nos troupes et à endurcir les masses. En outre, cela nous procurera une raison suffisante pour écraser la rébellion et mener des réformes dans l'avenir", confiait Mao Zedong en février 1959, il y a 53 ans, alors que la révolte battait son plein dans le Kham.

Brice Pedroletti


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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 18:09

Lettre du Proche-Orient | LEMONDE | 10.03.12 | 14h48   •  Mis à jour le 10.03.12 | 14h49

 
 

Le raid s'est déroulé mercredi 29 février, à 2 heures du matin, en toute discrétion et impunité. Les Jeep et véhicules blindés israéliens, avec à leur bord une quarantaine de soldats, techniciens du ministère des télécommunications et agents du Shin Beth (le service de sécurité intérieure) ont foncé dans les rues désertes de la capitale du non-Etat palestinien. La ville dormait, ils n'ont pas rencontré âme qui vive et, de toute façon, les Ramallahwis s'écartent au passage d'une troupe de soldats israéliens.

Cette prudence est d'abord celle des forces de sécurité palestiniennes. Cela ne fait pas plaisir au général Adnan Damiri, leur porte-parole, de l'admettre, mais c'est un principe de réalité : "Mes hommes ont pour consigne de s'éloigner, nous confirme-t-il. Nous ne voulons, ni ne pouvons, entrer en confrontation avec l'armée israélienne. Alors, nous laissons faire." Les soldats israéliens se sont arrêtés devant l'immeuble de Watan-TV, dans le quartier de Qaddoura, l'ont cerné, puis ont mené tambour battant leur razzia.

En un peu plus d'une heure, les deux émetteurs, 25 ordinateurs, les archives, des vidéos, les contrats, les factures, une foule de dossiers, ont été confisqués. Peu de mots ont été échangés : les soldats avaient "des ordres", notamment de se saisir des émetteurs. Puis, le convoi s'est ébranlé, pour se rendre à peu de distance, à Al-Bireh, au siège de Al-Quds Educational TV. Il était 3 h 30 du matin. Le même scénario s'est déroulé, mais le butin a été plus maigre : l'émetteur de la station et quelques équipements.

Le lendemain, les réactions des Palestiniens ont été empreintes de stupeur, avant de laisser place au fatalisme : l'armée israélienne est chez elle à Ramallah. Les Etats-Unis, l'Union européenne, la France, ont protesté, enfin plus exactement "déploré". Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a dénoncé "un assaut flagrant contre la liberté d'expression" et le premier ministre, Salam Fayyad, a estimé que le but d'Israël est "d'affaiblir ce qui reste de la stature de l'Autorité nationale palestinienne".

Ramallah est située en zone "A" de la Cisjordanie, laquelle, aux termes des accords de paix d'Oslo II (1995), est sous contrôle exclusif de l'Autorité palestinienne. Rien à voir, en principe, avec la zone "B", où Israël conserve la responsabilité de la sécurité, et encore moins avec la zone "C", entièrement sous l'emprise de la puissance occupante. Le siège de l'Autorité palestinienne, c'est la Mouqata'a, au centre de cette ville bourgeonnante de 200 000 habitants (durant le jour), où Mahmoud Abbas a sa résidence officielle.

Mais le roi est nu : le raid de l'armée israélienne a rappelé que l'Etat palestinien, dont M. Fayyad s'efforce avec ténacité de poser les fondations, et dont M. Abbas demande qu'il soit reconnu par les Nations unies, est un Etat croupion, dont la souveraineté est virtuelle, tout comme l'autorité de son président. Huit jours après la descente des soldats israéliens, les directeurs de Watan-TV et Al-Quds TV, Mouammar Orabi et Haroun Abuarrah, ne se perdent pas en conjectures sur les raisons de cette opération coup- de-poing : "Il s'agissait de nous réduire au silence", dit le premier. Leur but était double, précise le second : "Ils veulent récupérer nos fréquences, pour des raisons politiques tout autant que commerciales. Ils voulaient aussi rappeler aux médias palestiniens un message simple : "Nous sommes là, chez vous ; quand nous voulons, nous pouvons tout contrôler." " L'explication des autorités israéliennes est autre : les soldats sont intervenus pour fermer "deux télévisions pirates à Ramallah", Watan-TV et Al-Quds TV, qui "interrompent significativement d'autres chaînes légales et perturbent les communications aériennes" de l'aéroport Ben-Gourion, à Tel-Aviv.

Suleiman Zuhairi, ministre adjoint des télécommunications palestiniennes, s'en étranglerait presque de rage : il montre, documents à l'appui, que les deux chaînes émettent sur les mêmes hautes fréquences UHF depuis quinze ans et sont enregistrées comme telles depuis 2004 à l'Union internationale des télécommunications (UIT). Il souligne que Watan TV et Al-Quds TV diffusent respectivement sur 615,2 MHz (mégahertz) et 607,2 MHz, alors que la bande de fréquence des aéroports et des avions est comprise entre 108 et 137 MHz.

"Techniquement, martèle-t-il, les interférences sont impossibles. La vérité est que les Israéliens veulent faire taire toutes les voix qui luttent contre l'occupation et la colonisation. Ils veulent récupérer les fréquences des Palestiniens sur la bande UHF et, par-dessus tout, ils veulent tuer la solution de deux Etats." Suleiman Zuhairi rappelle que les accords d'Oslo ont créé une commission conjointe des télécommunications (JTC), et que celle-ci n'a été saisie d'aucune plainte israélienne. Il est vrai que ladite commission est une feuille de vigne : "Depuis dix ans, aucune fréquence ne nous a été accordée, et nous n'avons pas le droit d'importer des émetteurs", souligne-t-il.

Dans leur malheur, Mouammar Orabi et Haroun Abuarrah ont presque de la chance : en 2002, au début de la deuxième Intifada, les soldats israéliens avaient occupé les locaux de Watan-TV et Al-Quds TV pendant 40 et 19 jours, et tout avait été détruit. S'agit-il du signe avant-coureur d'un nouveau tour de vis sécuritaire en Cisjordanie ? Les deux hommes ont une certitude : "Ils vont revenir." Ce n'est pas le général Damiri qui les démentira : "L'armée israélienne fait des incursions deux ou trois fois par semaine à Ramallah ; et la nuit, je ne le sais pas toujours..."


lzecchini@lemonde.fr

Laurent Zecchini

 


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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 18:04

Edito du Monde | LEMONDE | 10.03.12 | 14h58

 
 

Fukushima est désormais l'un de ces noms de sinistre mémoire qui hantent l'histoire. Celui d'une catastrophe nucléaire qui frappa l'une des plus grandes puissances planétaires. En 1986, quand la centrale de Tchernobyl explose, le monde découvre des "liquidateurs" et des populations civiles sacrifiées au pays des soviets.

Vingt-cinq ans plus tard, c'est le pays de l'innovation et des robots qui est meurtri. Cette fois-ci, l'Occident tétanisé se voit dans le miroir. Et prend peur.

Pourtant, aujourd'hui, les industriels en seraient presque à tourner la page. La plupart des programmes nucléaires ont été maintenus. Une cinquantaine de pays ne dévient pas de leur route vers l'atome. La Chine, l'Inde, le Vietnam, la Turquie, l'Arabie saoudite, le Bangladesh vont continuer de développer cette source d'énergie.

Par inertie ou par choix politique, le nombre de centrales en chantier dépasse aujourd'hui celui de celles qui ont été arrêtées, indique-t-on chez Areva, le champion français du nucléaire.

Mais faire le total des plus ou des moins ne suffit pas. Car la terre du nucléaire tremble. Elle tremble depuis que l'Allemagne, la Suisse et l'Italie ont annoncé vouloir définitivement renoncer à l'atome. Berlin arrêtera son dernier réacteur en 2022 et veut promouvoir un nouveau modèle énergétique.

En France, où le nucléaire faisait, depuis le début des années 1970, l'objet d'un large consensus entre droite et gauche, le débat s'anime. Si, le 6 mai, François Hollande sort vainqueur de l'élection présidentielle, le candidat socialiste s'est engagé à réduire la part du nucléaire dans la production française d'électricité, de 74 % à 50 % d'ici à 2025.

Le nucléaire est une énergie "politique" qui a besoin du soutien des gouvernements et des populations. Sans cette double adhésion, l'avenir peut vite s'assombrir.

Depuis Fukushima, les langues aussi se délient. Longtemps la parole fut confisquée par "ceux qui savent", la grande famille du corps des Mines, en l'occurrence. En France, grâce au rapport de la Cour des comptes rendu public le 31 janvier, on connaît mieux le coût réel de la filière, même s'il reste "de nombreuses incertitudes".

Fukushima est l'artisan de cette transparence recouvrée, qui permet aussi que la sûreté des centrales soit renforcée. Les audits se multiplient. Des travaux sont exigés par les autorités de contrôle. Début décembre 2011, le coup de force de Greenpeace, qui s'est introduit dans deux centrales, a également mis en évidence que l'infaillibilité n'existait pas. Tout cela conduit à s'interroger aussi sur le prix de l'électricité issue de l'atome. Qui va augmenter, aucun expert n'en doute plus.

Mais ces questionnements en appellent d'autres : vers quel modèle se diriger, puisqu'il faut à tout prix réduire la part des énergies fossiles, qui chaque jour réchauffent un peu plus notre planète qui n'en peut plus ?

Le nucléaire n'est plus un rêve devenu réalité. Depuis Fukushima, le rêve s'est dissipé dans le réel.

 

 

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 18:00

LEMONDE.FR | 10.03.12 | 17h24

 
 

 

Dans la ville désertée de Futaba, située à l'intérieur du rayon d'évacuation de vingt kilomètres mis en place autour de la centrale nucléaire de Fukushima.

Dans la ville désertée de Futaba, située à l'intérieur du rayon d'évacuation de vingt kilomètres mis en place autour de la centrale nucléaire de Fukushima.AP/Sergey Ponomarev


Kazo, envoyé spécial - Dans la cour du lycée balayée par le vent de l'hiver, en complet noir et chemise blanche, tiré à quatre épingles comme pour une cérémonie, un porte-voix à la main, Katsukata Idogawa s'adresse à une quarantaine de personnes. Assez âgées, graves et silencieuses, elles écoutent les encouragements de leur maire.

"Nous sommes toujours dans le tunnel, mais ne perdez pas espoir". Comme ses administrés, Katsukata Idogawa n'a plus de ville : la commune de Futaba machi (sept mille habitants), à quelques kilomètres de la centrale accidentée de Fukushima Daichi, a été évacuée dans les premiers jours après la catastrophe du 11 mars.

UN LIEU DE STOCKAGE DES DÉCHETS RADIOACTIFS

Elle se trouve désormais dans la zone des vingt kilomètres interdits d'accès en raison d'un taux élevé de radioactivité. C'est une de ces villes fantômes appelées à devenir un lieu de stockage de déchets radioactifs. En d'autres termes, une poubelle nucléaire.

M. Idogawa, 65 ans, a été élu en 2005. Il vit avec 576 de ses administrés dans le lycée désaffecté de Kisei dans la ville de Kazo (département de Saitama) à deux cents kilomètres au sud-ouest de la centrale. Le 11 de chaque mois, il tient à honorer les disparus et à rappeler aux survivants qu'ils forment encore une communauté.

Derrière les fenêtres du bâtiment, sèche du linge. Les salles de classes ont été équipées de tatamis (nattes) et de légères cloisons. En fin de journée, les habitants vont chercher un casse-croûte à la cantine. Une grande salle a été transformée en mairie provisoire où s'affairent quelques employés. Sur les murs du couloir sont affichées des offres d'emploi. "Nous sommes une population en exil, abandonnée à son sort", confie M. Idogawa. "Un 'modèle' de communauté dans la précarité : des réfugiés de l'intérieur emportés dans un voyage sans fin."


"NULLE PART OÙ ALLER"

Le lycée de Kisei a accueilli jusqu'à mille quatre cents personnes. Une autre partie de la population de Futaba vit dans des appartements loués à Kazo ; une autre a immigré dans le département de Fukushima. "Pour combien de temps encore vivrons-nous ainsi ? Personne ne nous répond", dit M. Idogawa, qui demande la création d'une ville provisoire pour ses administrés. Mais la cohésion de la population se craquelle : les jeunes sont partis et ne reviendront pas. Les plus âgés veulent retourner à Futaba pour y mourir. "Nous n'avons nulle part où aller", lance une femme entre deux âges, un tablier autour des reins.

M. Idogawa a envoyé le mois dernier une lettre au premier ministre Noda pour lui poser une question : "Les habitants de Futaba sont-ils encore des citoyens japonais ?" La réponse a été affirmative… Mais rien n'a changé. Le maire a les larmes aux yeux lorsqu'un journaliste local lui demande ce qu'il pense de l'asile que lui a offert le département de Saitama : "Je ne dirai jamais assez merci."

Avec ses administrés, M. Idogawa a pris la route de l'exode, sans savoir exactement où il pourrait trouver asile. "Dans les jours qui suivirent la catastrophe, nous n'avons reçu aucune instruction ni information de Tokyo. On savait seulement ce qui se passait par la télévision. On a ainsi appris qu'il fallait évacuer dans un rayon de trois kilomètres", avait-il raconté lors d'une grande manifestation antinucléaire à Yokohama, au milieu de janvier.

Et, chacun pour soi, les habitants ont commencé à partir en voiture. Près de deux mille d'entre eux ont d'abord bivouaqué dans un gymnase dans la ville de Kawamata. "Au moment de l'explosion (le 14 mars dans le bâtiment du réacteur n° 3), j'étais en train d'organiser l'évacuation des personnes âgées sur leurs fauteuils roulants. On a vu des déchets flotter dans l'air. Je pensais que c'était la fin. Les gens fuyaient dans le désordre. On n'avait toujours aucune instruction", avait-il poursuivi.

 

AVEUGLEMENT

Lorsque Futaba était encore habitée, un large panneau en arc de cercle surplombait la route à l'entrée de l'agglomération : "L'énergie nucléaire nous assure un avenir radieux."

Pendant des décennies, Futaba, qui se trouve à proximité des réacteurs 5 et 6 (arrêtés pour la maintenance au moment de la catastrophe), a vécu des subventions versées par l'opérateur Tokyo Electric Power (Tepco). Certains critiquent vivement M. Idogawa pour son aveuglement. "Je ne nie pas ma responsabilité d'avoir collaboré avec Tepco. Mais ses dirigeants nous avaient assurés qu'il n'y avait aucun danger. Notre tort, c'est de les avoir crus. Nous avons été trompés, trahis. Aujourd'hui, nous sommes privés de nos maisons, de nos écoles, de notre vie, et ceux qui nous ont menti continuent à mentir et se permettent de dire aux victimes que leur ville sera désormais une poubelle. Avant de penser à décontaminer, il faut faire la lumière sur les responsabilités."

Assis sur un banc dans la cour du lycée, un homme âgé tire sur sa cigarette, penché en avant, regardant le sol. Il lève la tête, visage fermé : "Je n'ai rien à dire. Tout le monde a menti", dit-il d'une voix presque inaudible avant de s'absorber à nouveau dans la contemplation du sol.

 

Philippe Pons

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