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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 16:13
Vendredi 9 Mars 2012 à 15:00

 

Tefy Andriamanana
Journaliste à Marianne, j'écris sur le numérique ainsi que sur les questions de police/justice...

 

Nicolas Sarkozy, à la suite de Marine Le Pen, vient de proposer la création d’une carte vitale biométrique. Hasard du calendrier, une loi vient d’être votée pour mettre en place une carte d’identité biométrique. Une aubaine pour les entreprises de ce secteur en pleine expansion.

 

Dans l’échelle du hochet sarkozyste, il y a le sans-papier qui égorge un mouton dans sa baignoire puis le musulman qui veut rendre le halal obligatoire à la cantine et enfin le fraudeur à l'assurance maladie, plus exactement l'assuré fraudeur et évidemment pas le médecin, électeur potentiel. Jeudi sur RMC, Nicolas Sarkozy a trouvé l’idée majeure pour lutter contre le fléau : créer une Carte Vitale biométrique. « Il nous impose de lutter contre la fraude, il nous impose de demander un effort aux Français comme aux étrangers qui en bénéficient », s’est-il justifié. 
 
En 2004, la réforme de l’assurance maladie prévoyait déjà la mise en place d’une Carte vitale biométrique avec les empreintes de l’assuré pour 2006. Raté. La mesure a fait son retour dans un rapport de la Mission d'évaluation et de contrôle de la Sécurité sociale (Mecss) de l'Assemblée nationale en juin 2011. Elle n’a jamais vu le jour en raison du coût du dispositif. Et cette idée a été récemment reprise par Marine Le Pen.
 
La candidate FN brandit d’ailleurs souvent le chiffre de « 10 millions de fausses Cartes Vitale ». Mais ce chiffre qui vient d’un rapport de l’Igas datant de 2004 fait référence aux cartes en surnombre et non aux cartes falsifiées. En effet, une personne qui a du refaire une nouvelle carte n’est pas obligée de rendre l'ancienne. De plus, l’Igas a souligné dans son rapport qu’en matière de fraude, « les risques réels sont limités. Dans les faits, les cartes Vitale non récupérées sont rarement utilisées ». Et les montants de la fraude à l'assurance maladie des assurés sont minimes par rapport à celle des professionnels de santé : 2,5 millions d'euros en 2010, sur un niveau total de fraude de... 156 millions.

Un marché de 9,4 milliards de dollars en 2014

Peu importe, la biométrie, c’est le nouveau dada de Sarkozy. Hier, la proposition de loi créant la carte d’identité biométrique a été adoptée. La nouvelle carte contiendra notamment les empreintes de son détenteur. Un fichier national est aussi mis en place avec les empreintes de tous les propriétaires d’une carte biométrique, les services de police auront accès à ce fichier dans le cadre de leurs enquêtes. Mais l’argument sécuritaire est mis à mal par le fait que si la carte est censée être sécurisée, les documents permettant de l’obtenir ne le sont pas comme l’explique le journaliste Jean-Marc Manach.
 
La justification se trouve donc ailleurs. Dans son rapport sur le texte, le député UMP Philippe Goujon, a été clair : « Les principales entreprises mondiales du secteur sont françaises, dont 3 des 5 leaders mondiaux des technologies de la carte à puce, emploient plusieurs dizaines de milliers de salariés très qualifiés et réalisent 90 % de leur chiffre d’affaires à l’exportation. Dans ce contexte, le choix de la France d’une carte nationale d’identité électronique serait un signal fort en faveur de notre industrie ». Le député Goujon avait également défendu plusieurs amendements favorables aux entreprises privées de sécurité dans le cadre de la Loppsi 2.
 
Derrière la carte biométrique, il y a donc d’importants intérêts économiques en jeu. D’ailleurs, selon Owni, 14 représentants du Gixel, le lobby du secteur, ont été auditionnés au Sénat dans le cadre de cette proposition de loi. Le marché de la biométrie est en pleine expansion. Selon l'International Biometric Group, le marché mondial devrait passer de 3,4 milliards de dollars en 2009 à 9,4 milliards en 2014.

Safran n°1 mondial

Parmi les principaux leaders français, il y a d'abord Morpho, filiale du groupe Safran et n°1 mondial. L’entreprise a remporté en 2010 un marché de 1,5 milliards de dollars pour collecter les empreintes digitales et scans de l’iris de l’œil de la population indienne. Manque de chance, le projet a été arrêté en décembre dernier. 
 
Il y a aussi Thalès qui revendique avoir délivré plus de 250 millions de titres d’identité dans plus de 25 pays. En 2008, l’entreprise a remporté le marché anglais pour la mise en place d’une carte d’identité biométrique. Re-manque de chance, en 2010, le nouveau gouvernement conservateur a annulé le projet au nom de la défense des libertés publiques. On peut aussi citer Gemalto, fabricant de la Carte vitale, ou ST Microelectronics.
 
Le lancement de la carte d’identité biométrique devrait donc ravir le secteur. Un appel d’offres devrait être lancé fin mars. Un nouveau marché d'autant plus salutaire que l’industrie de la biométrie a déjà un contentieux avec la France. En octobre 2005, le ministère de l’Intérieur, dirigé par un certain Nicolas Sarkozy, décide d’attribuer la fabrication des nouveaux passeports électroniques à Oberthur, à l’époque poids lourd français du secteur. Le groupe a vendu en novembre dernier son activité cartes à puce au fonds américain Advent international pour 1,15 milliards d’euros.

Lobbys

Le problème est qu’en France, c’est l’Imprimerie nationale, entreprise publique, qui a le monopole de la fabrication des pièces d’identité, elle peut en sous-traiter la conception de la puce au privé mais elle doit garder la mainmise sur le processus. Un principe fixé par une loi de 1993 signée par … Nicolas Sarkozy alors ministre du Budget.
 
En avril 2006, le Conseil d’Etat annule le marché et Oberthur s'est retrouvé floué. Le ministère de l’Intérieur lui aurait alors versé 3,2 millions d’euros en guise de dédommagement (l’entreprise en demandait 11). Comme par hasard, en juillet de la même année, plusieurs députés UMP ont signé une proposition de loi mettant fin au monopole de l’Imprimerie nationale. Parmi ces députés, Pierre Méhaignerie, maire de Vitré… où se trouvait une usine de cartes à puces Oberthur, avant son rachat par Advent. La droite sait donc se soucier de sécurité. Enfin, de celle des actionnaires surtout.
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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 16:04
| Par La rédaction de Mediapart
Un article de Claire Le Nestour

« Je n'autoriserai pas l'exploitation du gaz de schiste par fragmentation hydraulique », rappelait Nicolas Sarkozy, en marge d’un déplacement en Ardèche, le 20 décembre 2011. Le dossier était censé être définitivement clos depuis juillet, avec l’adoption de la loi interdisant la fracturation hydraulique. Cette technique, qui consiste à extraire en profondeur les huiles et gaz prisonniers de la roche mère au moyen d’eau sous pression et de produits chimiques, est très critiquée car elle est gourmande en ressources aquifères et accusée de polluer les sous-sols.

Après la loi Jacob de juillet, le gouvernement avait confirmé, début octobre, l’abrogation de trois permis de recherche visant exclusivement le gaz de schiste, à la grande « surprise » du groupe Total qui avait annoncé son intention de déposer un recours contre l’Etat. « Je sais que Total a déposé un recours mais de toute façon, pour nous, ce sera non », ajoutait alors le président de la République, pour rassurer les militants écologistes.

Mais début janvier 2012, une publication a ravivé les craintes : le ministère de l’écologie a mis en ligne une liste de permis de recherche en fin d’instruction. Officiellement, ces demandes concernent des hydrocarbures conventionnels. Mais les anti-gaz de schiste sont persuadés qu'il s'agit, pour les compagnies pétrolières, de poser des jalons à une future exploitation des sous-sols en attendant d'être autorisés à fracturer la roche mère.

« Préalablement à la décision du gouvernement et conformément aux engagements pris en 2011, les demandes de permis exclusifs de recherche font désormais l’objet d’une mise à disposition du public pendant une durée de 30 jours », est-il écrit en préambule. Après la polémique sur l’opacité entourant la signature, en mars 2010, des premiers permis d’exploration de ressources « non conventionnelles », Nathalie Kosciusko-Morizet, ex-ministre de l'écologie devenue porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy, s’était engagée à associer les citoyens aux autorisations d’exploration.

Mais le décret paru fin 2011 pour modifier le code d’urbanisme n’entrera en application que le 1er juin 2012. Par conséquent, les quatorze demandes actuelles de permis ne sont pas soumises à enquête publique mais à une simple consultation. En voici la liste:

 

Liste des permis de recherche publiée sur le site du ministère 
Liste des permis de recherche publiée sur le site du ministère© Capture écran, 1er mars 2012

La liste fait état de quatorze permis « arrivés au terme de leur instruction » et « envisagés pour octroi ». Contacté, le ministère n’a pas communiqué d’échéancier. « Les dossiers sont à différents stades d'instruction, aux niveau “central” et régional. Un certain nombre devraient aboutir prochainement », précise-t-on.

Pour chaque permis, les compagnies ont fourni un rapport sur « les techniques employées ou envisagées » dans lequel elles s’engagent à ne pas recourir à la fracturation hydraulique. Sont également publiés une carte pour localiser la zone concernée, un projet d’arrêté autorisant la recherche et une note explicative justifiant la demande. Les quatorze notes se terminent par ce paragraphe :

 « Compte tenu des progrès technologiques accomplis dans le domaine de l’exploration cette dernière décennie, en matière de mesures comme en matière de retraitement informatique des données, une découverte de pétrole conventionnel dans cette zone apparaît encore possible, sur le plan géologique. »

Jusqu’ici rien d’illégal. Mais douze des quatorze permis concernent l’Ile-de-France et l’intérêt des compagnies pour une zone où le pétrole n’a pas coulé depuis une décennie sème le doute chez les militants écologistes. « Beaucoup de recherches ont déjà été faites dans les années 1990 et elles n'ont rien donné. Quand bien même il resterait des petites poches de pétrole conventionnel, leur faible productivité ne justifierait pas une telle ruée sur les permis. »  Pour Philippe Le Corneur, porte-parole du collectif Stop au pétrole de Schiste 77, les pétroliers savent que le Bassin parisien est riche en hydrocarbures de schiste et leurs intentions sont évidentes : « Ils attendent que la loi change ou que la mobilisation s’essouffle. »

Du conventionnel, jusqu'à la dernière goutte

Au Bureau de recherches géologiques et minières ou à l’Institut français du pétrole et des énergies nouvelles, les gaz de schiste ont été oubliés. Depuis la loi du 13 juillet 2011, ces deux établissements publics sont tenus de ne plus prendre position sur le sujet. Certains géologues s’avouent tout de même sceptiques sur la probabilité de trouver, en Ile-de-France, des puits de pétrole exploitables de manière conventionnelle.

Il suffit de consulter les cartes du portail d’accès aux données pétrolifères nationales pour s’en rendre compte : la région est un gruyère dans lequel les compagnies ont déjà largement exploré les possibles ressources conventionnelles.

 

Carte des données pétrolifères : en rouge, les forages existants 
Carte des données pétrolifères : en rouge, les forages existants© BEPH, capture écran 1er mars 2012

Attribués pour cinq ans renouvelables deux fois, les permis de recherche demandés pour des forages « conventionnels » seraient un moyen, pour les compagnies pétrolières, d'obtenir des droits exclusifs sur les sous-sols en attendant une évolution de la législation. Car la flambée du prix du pétrole et l'absence de consensus politique rendent l'interdiction française très fragile.

Deux articles ont fait grand bruit la dernière semaine de février. Le titre de l’éditorial paru dans l’édition du Monde daté du 29 février 2012 annonçait la couleur : « Le pétrole flambe, le gaz de schiste attend ». L’auteur y fustige l’attitude des politiciens. « Le prix des carburants à la pompe flambe et les candidats à l'élection présidentielle – Nicolas Sarkozy et François Hollande en tête regardent ailleurs. Ou, à tout le moins, dans la mauvaise direction », soutient-il avant d’ajouter : « Les gaz de schiste dessinent un scénario économique moins sombre que certaines prédictions écologistes. »

Le deuxième article est paru dans Les Échos le mardi 28 février. « Nous avons sous nos pieds de quoi changer la donne économique à venir », écrit Nicolas Barré, journaliste, avant de nuancer son propos en faisant état de conséquences sur l’environnement qui pourraient être « dramatiques, irréversibles ». La publication, la même semaine, de ces deux points de vue, prouve que les huiles et gaz de schiste sont une richesse que certains, à commencer par les pétroliers comptent bien exploiter.

L'eldorado parisien

Les grandes firmes de l’énergie estiment à 173 000 milliards de m3 les ressources européennes en hydrocarbures de schiste. Une quantité comparable aux ressources des États-Unis, premier producteur mondial. Entre 2000 et 2010, la production américaine a été multipliée par douze. Le gaz y est désormais trois fois moins cher que sur le vieux continent. De quoi faire rêver les Français qui auraient près de 5 000 milliards de m3 de gaz et huile de schiste sous les pieds, l’Hexagone se plaçant à la deuxième place européenne après la Pologne. Les estimations de l’Institut français des relations internationales sont plus mesurées. En ne prenant en compte que les « ressources techniquement récupérables », le centre de recherche évalue entre 2 000 et 4 000 milliards de m3 les ressources de toute l’Europe.

Régulièrement, la compagnie Toreador présente le Bassin parisien comme son nouvel eldorado, un moyen de faire grimper sa cotation en bourse en faisant miroiter des milliards de m3 d’huile récupérables. Dans les diapositives de la société, l’Ile-de-France est comparée au bassin de Williston et à Bakken, le plus grand champ pétrolifère découvert aux États-Unis ces quarante dernières années. Mais l’exploitation de cette richesse en Amérique du Nord se fait au prix d’un désastre écologique, comme l’a montré Josh Fox dans Gasland, le documentaire à la base du mouvement de mobilisation contre les gaz de schiste.

 

Toreador compare Bakken au bassin parisien 
Toreador compare Bakken au bassin parisien

Attirée par les bénéfices potentiels en France, Toreador a renoncé à ses activités en Hongrie, Turquie et Roumanie pour établir son siège à Paris et faire son entrée en bourse en décembre 2010. Julien Balkany, demi-frère de Patrick Balkany, député UMP et maire de Levallois-Perret et proche de Nicolas Sarkozy, était chargé de l’implantation de l’entreprise en France. Mais le pétrolier n’aura même pas eu le temps de souffler sa première bougie sur Euronext. La France a été le premier pays au monde à interdire la fracturation hydraulique, précipitant le rachat de Toreador par la société Zaza energy. Cette opération a signé la fin du développement de Toreador en France, du moins pour le moment.

« L'interdiction française, comment en sortir ? »

Car le 17 janvier 2012, Emmanuel Mousset, directeur général de Toreador Energy France, était invité à la Maison de la Chimie par le club Énergie et développement pour un colloque sur « Le bouquet énergétique dans tous ses états ». Il est intervenu lors de la troisième table ronde : « La France peut-elle se passer d’une ressource, les hydrocarbures de schiste ? » avec, parmi les points sous-tendus, une question des plus explicites : « L’interdiction française, comment en sortir ? ».

 

Extrait du programme du colloque du 17 janvier 2012 
Extrait du programme du colloque du 17 janvier 2012© Capture écran, 1er mars 2012

À ses côtés, il y avait Mark Katrosh de Hess Oil France, la compagnie associée à Toreador en 2010 pour exploiter les gaz de schiste du Bassin parisien, Bruno Courme de Total, l’entreprise qui conteste l’abrogation de son permis par l’Etat, et Peter Sider, vice-président des opérations de Vermilion en Europe. On retrouve le nom de certaines de ces compagnies sur la liste des quatorze permis de recherche en fin d’instruction, mis en ligne pour consultation. Vermilion sollicite un droit exclusif de recherche à Champfolie. Quant à Toreador, elle s'est positionnée sur six demandes : Valence-en-Brie, Nangis, Coulommiers, Mary-sur-Marne, Ourcq et Nanteuil.

 « Le secteur pétrolier n’a pas désarmé et prépare, à l’évidence, l’après-présidentielle. Il s’est engagé dans une stratégie qui allie bataille judiciaire et attente de jours meilleurs, preuve manifeste de la faiblesse de la loi Jacob. » Le 26 janvier 2012, Nicole Bricq, sénatrice socialiste de la Seine-et-Marne, a rouvert le débat sur les gaz des schiste. « Pourquoi seuls trois des soixante-quatre permis accordés ont été abrogés ? », a-t-elle demandé au Sénat, lors d'une séance de questions d'actualité au gouvernement. Soixante et une compagnies ont indiqué qu’elles n’auraient pas recours à la fracturation hydraulique. Dès lors, elles n’enfreignaient pas la loi Jacob.

Dans l’hémicycle, les lignes de divisions de juin 2011 sont réapparues entre l’opposition qui plaide en faveur d’une interdiction totale d’exploiter les gaz de schiste et ceux qui estiment qu’il est suffisant d’interdire la fracturation hydraulique. Pour le moment, aucune autre technique ne permet d’extraire les huiles et gaz de la roche-mère. Mais la définition floue de la fracturation hydraulique laisse aux pétroliers une fenêtre d’opportunité pour expérimenter des techniques analogues.

Réunis en coordination nationale dans le Lot le samedi 3 et dimanche 4 mars 2012, les délégués de 211 collectifs locaux contre les hydrocarbures de schiste ont notamment dénoncé le pas en arrière de François Hollande.

Au printemps 2011, les socialistes soutenaient une loi plus restrictive que celle finalement adoptée, visant l'interdiction stricte de l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels. Le 29 février, interrogé sur RTL, leur candidat a tenu un autre discours. Il a admis que les enjeux économiques pourraient entrer en considération. « S’il était démontré par des recherches qu’il puisse y avoir des exploitations sans conséquences sur l’environnement (...) Si c’était démontré, bien sûr, j’ai le sens des responsabilités », a-t-il dit. 

Face aux sénateurs, le 7 février, Thierry Mariani, ministre des transports, s’est contenté de rappeler la mise en place d’une commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures, comme prévu par l’article 2 de loi du 13 juillet 2011. « Le projet de décret est en cours d’examen au Conseil d’Etat. Il pourrait être signé à la fin du mois de février ou au début du mois de mars », a-t-il ajouté.

Seulement voilà, le projet de décret que les militants anti-gaz de schiste ont pu se procurer n’est, pour eux, pas satisfaisant. Les partisans de l’exploitation des hydrocarbures de schiste seraient effectivement en majorité au sein de cette commission à même d’ouvrir la voie à une exploitation des ressources prisonnières de la roche-mère.

« La composition est complètement partiale. Sur les vingt-quatre membres, seuls six représenteraient les opposants aux gaz de schiste. Avec une commission comme celle-ci, les avis seront toujours en faveur des pétroliers », déplore Philippe Le Corneur. Dans cette hypothèse, les pétroliers auraient toutes les raisons d’anticiper un changement législatif.

 


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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 15:59
| Par Martine Orange

Le soulagement est à la hauteur des craintes passées : 85,5 % des créanciers privés ont accepté jeudi soir de participer à la restructuration de la dette grecque. Dès vendredi matin, le ministre des finances, François Baroin, s’est félicité de ce « grand succès pour la Grèce, pour l’Europe ».

Les dirigeants européens, qui vivaient depuis des mois dans la hantise de cette opération, respirent. Le défaut de la Grèce, qu’ils ont tenté de repousser jusqu’à l’extrême limite, n’a pas précipité la zone euro dans la tourmente, comme ils le redoutaient. Les sombres prédictions du lobby bancaire annonçant une catastrophe de 1 000 milliards d’euros pour la zone euro, et l’effondrement à venir du Portugal et de l’Irlande si la Grèce ne parvenait pas à restructurer sa dette de façon ordonnée, ont été évitées. L’incendie a été circonscrit à Athènes, pensent-ils.

Car c’est bien cette préoccupation majeure qui a dominé les débats européens autour de la Grèce depuis des mois. Il fallait à tout prix donner les gages voulus au monde financier pour ne pas décrédibiliser la zone euro, éviter l’implosion. Pour preuve de leur bonne volonté, les dirigeants européens ont confié la conduite de l’opération à l’Institut de la finance internationale, le lobby de la puissance bancaire.

Au terme de palabres techniques interminables, celui-ci a fixé les modalités de ce qui est présenté comme son sacrifice. Les créanciers privés, détenteurs de 206 milliards d’euros d’obligations grecques, acceptent d’effacer une centaine de milliards de dettes. Ils recevront en échange de leurs anciens titres de nouvelles obligations d’une valeur faciale de 53,5 % inférieure à l’ancienne.

L’effort semble conséquent mais il n’est qu’apparent. Car les créanciers troquent des titres qui n’avaient plus aucune valeur pour des titres plus sûrs. Dès l’échange, ils recevront une somme d’argent frais, correspondant à 15 % de leurs avoirs. Par la suite, les nouveaux titres qu’ils recevront, d’une valeur équivalente à 31,5 % des anciens, seront entourés de multiples sécurités. Ils seront émis sous la loi britannique, afin d’éviter à quelque gouvernement grec futur la tentation de vouloir toucher cette dette. Et ils bénéficieront de la garantie du Fonds européen de stabilité financière et des États européens.

Un dédommagement supplémentaire pourrait arriver dans les prochains jours. Le gouvernement grec a annoncé en effet qu’au vu des résultats obtenus jeudi, il allait mettre en œuvre une procédure imposant un échange forcé à l’ensemble des créanciers privés, même les plus récalcitrants. Ce mécanisme ne pourrait alors qu’être interprété comme une restructuration forcée et non plus volontaire.

Dès lors, les fameux CDS (Credit Default Swaps), les assurances crédit censées couvrir les risques de faillite, devraient entrer en jeu. Les banques émettrices de ces titres seraient obligées alors de rembourser les risques qu’elles ont accepté de couvrir. L’association internationale  des swaps et dérivés, le comité secret financier qui a la haute main sur ce dossier (lire « Ceci n’est pas un défaut »), doit se réunir dès vendredi après-midi pour étudier ce dossier qui met en transe la communauté financière.

Un plan de sauvetage pour le secteur financier

Les prochains jours risquent donc d’être encore dominés par des palabres techniques, des considérations financières de tout ordre, chacun se relayant pour prendre le pouls de ce monde financier, qui vient « d’encaisser un mauvais  coup ». L’économiste américain Nouriel Roubini  ne s’est pas privé de dire ce qu’il pensait de cette mise en scène, dans une tribune du Financial Times datée de mercredi :

« Un mythe est en train de se développer, selon lequel les créanciers privés accepteraient des pertes significatives dans le cadre de la restructuration de la dette de la Grèce, tandis que les créanciers officiels ( BCE, FMI… ) seraient dédouanés de tout effort. (…) La réalité est que les créanciers privés ont obtenu un accord très avantageux, tandis que l’essentiel des pertes actuelles et futures a été transféré vers les créanciers officiels. »

C’est bien de cela dont il s’agit : la restructuration de la dette grecque n’aboutit pas à une mise à contribution du secteur privé, qui serait prié ainsi de prendre sa part du risque, mais à un nouveau transfert du privé vers le public, comme depuis le début de la crise financière.

Mais cet effort demandé aux États, à la Banque centrale européenne, et, pour finir, à l’ensemble des Européens, va-t-il au moins profiter à la Grèce ? Après l’effacement partiel de la dette grecque, les États européens se sont engagés à apporter 130 milliards d’euros à Athènes, dans le cadre d’un second plan de sauvetage. Mais ils ont déjà donné la destination de cet argent. Sur les 130 milliards, 30 milliards doivent être immédiatement reversés aux créanciers qui ont accepté l’échange volontaire de leurs titres. Ce sont les 15 % que les créanciers doivent percevoir sous forme d’argent frais.

Le gouvernement grec doit utiliser environ 35 autres milliards d’euros pour racheter une autre partie de sa dette, avant de l’annuler. Enfin 25 milliards d’euros environ seront consacrés à la recapitalisation du secteur bancaire grec, mis à mal par la restructuration de la dette, et auquel on veut éviter l’opprobre d’une nationalisation.

Ainsi, sur les 130 milliards d'euros du plan de sauvetage, 94 milliards sont affectés à l’usage exclusif du monde financier. Autant dire qu’il reste peu pour soutenir une reprise de l’économie grecque, en pleine dépression. Il faudra de plus qu'Athènes voie effectivement la couleur de cet argent, puisque les Européens ont prévu de verser l’aide sur un compte bloqué et de ne la libérer qu’au vu des résultats du programme d’austérité imposé à la Grèce.

La partie de bonneteau ne s’arrête pas là. Par une communication habile, les financiers et l’Europe ont présenté la restructuration de la dette grecque comme un allégement substantiel. Cent milliards d’euros de dettes effacés sur un total de 300 milliards, cela représente normalement une diminution d’un tiers de l’endettement public. Le service de la dette, premier poste dans le déficit public grec, doit donc diminuer notablement, d’autant que les taux d’intérêts ont été abaissés et certaines charges d’intérêt reportées jusqu’en 2014.

Mais c’est oublier les 130 milliards d’euros du second plan de sauvetage, versés par l’Europe et le FMI. Et ceux-ci n’ont pas du tout l’intention d’en faire don. Les prêts vont venir s’inscrire à leur tour sur le grand livre de la dette publique grecque. Selon les calculs d’analystes bancaires, au terme de cette vaste opération de réaménagement financier, l’endettement public grec qui est de 161 % du PIB, tomberait à 159 %. Tout ce remue-ménage financier pour alléger dans l'immédiat de seulement 2 % la dette grecque ! Les  prévisions du FMI tablent au mieux sur un retour à un endettement de 120 % du PIB à l’horizon 2020. Comme le dit le ministre allemand  des finances, Wolfgang Schäuble, ce vendredi matin, « un grand pas en avant sur la voie de la stabilisation et de la consolidation d'une dette gérable, qui donne à la Grèce une chance historique ».

Et la Grèce dans tout cela ? L’Europe lui a imposé ses conditions : réformes et austérité. En moins de quinze jours, le parlement grec a adopté une kyrielle de textes, souvent sans débat et sans vote, portant sur la réforme du salaire minimum, des retraites, de la santé,  du marché du travail, de la fonction publique, des professions réglementées, les privatisations, la levée de nouveaux impôts destinés à réaliser dès cette année plus de 3 milliards d'euros d'économies supplémentaires . 

L’Europe a déjà prévenu que quel que soit le résultat des élections législatives d'avril, le programme imposé ne pourrait pas être remis en cause. Des membres de la Troïka (Union européenne, FMI, BCE) se sont installés à demeure à Athènes pour superviser son exécution. Le ministre allemand de l'économie, Philipp Rösler, est allé encore plus loin vendredi. Il voudrait voir l'un des 27 commissaires européens se charger spécialement de la remise sur pied de l'économie grecque et la diriger. Il déclare « ne pas comprendre que la Grèce s'oppose à cette proposition ».

Après cinq années de récession, l’économie grecque continue de sombrer. La production industrielle a chuté de plus de 7 % en décembre, le chômage atteint les 20 %  et il dépasse la barre des 50 % chez les jeunes. Déjà, le FMI a laissé entendre qu’un troisième plan de sauvetage serait sans doute nécessaire dès 2015.

Les marchés financiers, qui devraient être rassurés par ce grand Meccano financier fait à leur intention, spéculent déjà sur la suite. Sur le marché gris, (non officiel), les nouvelles obligations grecques à 30 ans, non encore émises, cotaient entre 15 et 17 centimes d’euro pour une valeur faciale d’un euro, et entre 20 et 22 centimes les titres à onze ans. Autant dire que les financiers ne croient déjà plus au sauvetage de la Grèce. Les dirigeants européens se congratulent, persuadés qu’entre leur dernier plan grec, leur règle d’or et les distributions massives de liquidité de la BCE, ils en ont fini avec la crise de la dette dans la zone euro. Les financiers, eux, sont à nouveau sur le pied de guerre, ne se demandant pas si mais quand la crise de l’euro va repartir.

 

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 15:52

LEMONDE.FR avec AFP | 08.03.12 | 20h35

 
 

La Cour européenne des droits de l'homme a donné raison jeudi 8 mars à deux automobilistes français qui se plaignaient de l'impossibilité pour eux de contester une amende, estimant que l'Etat avait violé leur droit d'accès à un tribunal.

La voiture de Jean Cadène avait été flashée en août 2007, celle de Damien Célice en juin 2008. Après avoir réglé le montant de l'amende de 68 euros à titre de consignation, M. Cadène avait adressé une requête en exonération à l'administration, estimant ne pas pouvoir se reconnaître en l'absence du cliché photographique. M. Célice avait fait de même, en expliquant ne pas avoir été le conducteur du véhicule lors de l'infraction.

Leurs demandes avaient été déclarées irrecevables par l'officier du ministère public, et la consignation avait été automatiquement considérée comme un paiement de l'amende. M. Cadène s'était en outre vu retirer un point sur son permis de conduire.

 

LE MINISTÈRE PUBLIC A "EXCÉDÉ SES POUVOIRS"

Selon la cour de Strasbourg, l'officier du ministère public a rejeté ces requêtes "pour des raisons erronées" et a "excédé ses pouvoirs", qui se limitaient à l'examen de la recevabilité de la demande. Les juges se sont également référés à une décision du Conseil constitutionnel en 2010. Les Sages avaient jugé qu'après la conversion du paiement de la consignation en paiement de l'amende, "l'impossibilité de saisir la juridiction de proximité d'un recours contre cette décision est incompatible avec le 'droit à un recours juridictionnel effectif'".

Les requérants, qui demandaient le remboursement de leur amende, n'ont en revanche pas eu gain de cause. La Cour a estimé qu'elle ne pouvait "spéculer sur l'issue de la procédure si le requérant avait eu accès à un tribunal". Elle a également rejeté la demande de M. Cadène de report du point retiré sur son permis de conduire, s'affirmant incompétente sur ce fait.
 

"La décision rendue par la CEDH a tranché un point essentiel, à savoir l'affectation d'une consignation au paiement d'une amende, ce qui privait par la suite le justiciable de tout recours contentieux", a déclaré Me Frédéric Bonnet, l'avocat de Jean Cadène.

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 14:47

Le Monde - il y a 5 heures

 

Philippe Poutou, candidat NPA à l'Elysée, a vu vendredi 9 mars un côté "mauvais joueur" dans l'annonce par Nicolas Sarkozy de son retrait de la vie politique s'il est battu, ajoutant que lui-même, dans cette hypothèse, retournera en usine.

Interrogé par France Info sur les propos du président candidat la veille, le candidat trotskiste a commenté: "On est habitué, c'est un menteur professionnel. C'est du pipeau. En plus, il y a le côté mauvais joueur: 'Si je perds, je m'en vais'. On n'y croit pas du tout." "Moi, si je perds les élections, je reviens dans mon usine et je continuerai la politique en tant que militant au quotidien", a dit l'ouvrier de l'usine Ford de Blanquefort (Gironde).

 


"Les déclarations de Sarkozy, ça montre que la droite est en train de prendre l'eau", a-t-il assuré. Le successeur d'Olivier Besancenot pour porter les couleurs du Nouveau parti anticapitaliste a indiqué par ailleurs en être à 440 parrainages et "des dizaines de promesses encore à reconvertir". (AFP)

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 14:43

Le Monde - Minute par minute

il y a 1 heure

   

En déplacement à Nice pour y rencontrer des rapatriés d'Algérie, Nicolas Sarkozy s'est réjoui du succès de l'offre d'échange de titres soumise aux créanciers privés d'Athènes.

"Je veux dire combien aujourd'hui je suis heureux de trouver une solution a la crise grecque qui empoisonne la situation économique et financière de l'Europe et du monde

Depuis des mois avec [la chancelière allemande] Angela Merkel, nous avons travaillé jour et nuit pour trouver cette solution. Aujourd'hui le problème est réglé, je veux dire aux Français que tous ces efforts ont été couronnés de succès, que la page de la crise financière est en train de se tourner, que nous pouvons nous attaquer aujourd'hui à la crise économique".

Quelques minutes après que le président-candidat a tenu ces propos, le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a assuré que c'était une erreur d'affirmer que l'Union européenne avait résolu la crise de la dette souveraine.

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 14:37

LEMONDE.FR | 09.03.12 | 11h21   •  Mis à jour le 09.03.12 | 15h39

 
 

 

 diminueraient leur risque d'attaque cardiaque et cérébrale de 24 % et de 13 % respectivement, comparativement à des personnes qui n'ont jamais reçu ces soins dentaires.

diminueraient leur risque d'attaque cardiaque et cérébrale de 24 % et de 13 % respectivement, comparativement à des personnes qui n'ont jamais reçu ces soins dentaires.AFP/DIDIER PALLAGES

Report des soins, aller-retour en Hongrie ou en Roumanie…, face à un devis élevé, voire inabordable, présenté pour une prothèse dentaire, chacun a sa façon de faire. Mais les prix pratiqués par les chirurgiens-dentistes et les faibles remboursements de l'Assurance-maladie et des complémentaires de santé irritent fortement. Tous ces parcours font suite à un appel à témoignages sur le renoncement aux soins lancé sur LeMonde.fr à l'automne 2011. La question des frais dentaires avait clairement émergé des nombreuses réponses alors reçues.

  • Plutôt rien qu'un dentier

Cela fait quatre ans qu'Eric (prénom d'emprunt), professeur des écoles dans le sud de la France, doit se faire poser cinq dents sur pivot. "A gauche, j'ai ma prémolaire, et plus rien après, je risque un déchaussement", détaille-t-il. Il a vite compris que c'était "un luxe". La facture est inabordable : 12 500 euros... dont 10 500 à sa charge. Il est divorcé, a deux enfants à charge, et une maison à payer. "Cela faisait 2 500 euros par dents, bien plus que ce que je gagne par mois." Il a fait faire plusieurs devis, croyant à une plaisanterie en découvrant le premier. C'était toujours les mêmes prix. Il a voulu se faire poser une seule dent, on lui a dit que cela ne tiendrait pas, qu'il fallait faire la rangée.

Une autre solution a été présentée : un dentier. Mais Eric n'a pas pu se résoudre poser chaque soir un appareil dans un verre". "J'ai préféré un trou que la honte. Un dentier, ça passe à 90 ans, pas à moins de 40." La décision a donc été prise : "Renoncer à ces soins et continuer avec ma bouche édentée"... , du moins "tant que cela n'est pas trop grave". Pour lui, "les tarifs des chirurgiens-dentistes, c'est du délire complet. Quelle belle société ! Quelqu'un qui a fait des études et toujours travaillé n'a même plus les moyens de se faire soigner". Autour de chez lui, il n'y a plus d'ophtalmo en secteur 1, cela fait plus de dix ans qu'il n'a pas fait contrôler sa vue.

  • D'accord pour jouer le cobaye

L'addition est lourde pour la famille G., qui habite dans le sud-est de la France. Bertrand, 34 ans, technicien, a besoin de se faire poser deux couronnes et deux implants depuis trois ans. Sa femme, trois couronnes depuis deux ans (elle vient d'en faire poser une). Sur le devis, les prix qui se sont affichés ont été jugés trop élevés : 3 500 euros pour les implants, et 465 par couronne. Ils ont trois enfants, et à eux deux, gagnent 2 300 euros : "juste assez et pas trop", commente le jeune homme. Après s'être renseigné sur les remboursements de la Sécu et de sa mutuelle, il a vite vu qu'il ne pourrait pas engager de tels frais. Mais son dentiste, qui lui-même ne pose pas de prothèses, lui a dit : "à ce jour, seuls les implants sont envisageables"... "Et bien, je reste édenté, en attendant des jours meilleurs", résume-t-il, précisant que ce n'est pas gênant d'un point de vue esthétique, puisque qu'il s'agit de molaires. Finalement, Bertrand s'est dit qu'il fallait bien que les étudiants chirurgiens-dentistes "s'entraînent sur des cobayes". Pourquoi pas sur lui ? Il a envoyé son dossier à la faculté de Lyon, ne sait pas encore combien cela va lui coûter, mais son dentiste lui a dit que ce serait moins cher.

  • Un vieil appareil rafistolé

Véronique F. (le prénom a été changé) s'est cassée une dent de devant en mangeant. C'était il y a deux ans. Cette dent était déjà abîmée, mais elle n'avait – déjà– pas eu les moyens de poser une couronne. Cette fois, avec un trou si mal placé, il a bien fallu trouver une solution. Il y en avait pour "pratiquement 3 000 euros". Inenvisageable. Mais inenvisageable pour elle aussi d'aller travailler ainsi. En attendant, son dentiste lui a "rafistolé un vieil appareil dentaire pour être présentable". Elle l'avait depuis quinze ans, et ne le portait pas – elle n'en voyait pas l'utilité puisque c'était pour des molaires. C'était ça ou un emprunt auprès de sa banque.

Il y a an, elle a fait faire un autre devis "chez un dentiste mutualiste". La facture était moins chère, 1 400 euros, dont 1 000 de sa poche. Mais sa voiture est tombée en panne. Véronique en a besoin pour aller travailler. Elle est aide à domicile à temps partiel, fait aussi quelques heures de ménage dans des entreprises et du soutien scolaire. Elle touche un peu plus de 600 euros par mois. Si on ajoute les allocations qu'elle touche, sa fille et elle vivent avec 800 euros. L'appareil bricolé lui a coûté "dans les 100 euros". "C'est comme un outil de travail", résume-t-elle. Elle vit dans l'angoisse qu'il casse. "Je ne le mets que pour aller à l'extérieur, pour être présentable, et je l'enlève toujours pour manger."

  Avec toutes ses dents en moins, à 49 ans, elle s'est habituée à manger des purées et du steak haché. Son dentiste l'a prévenue qu'elle risquait d'avoir des problèmes de digestion. Véronique espère pouvoir rajouter peu à peu de nouvelles dents à l'appareil. Si elle a tenu à témoigner, ce n'est pas pour "jouer les victimes", tient-elle à préciser, mais parce qu'elle a discuté du sujet avec bien des personnes : "Elles ont les mêmes soucis, je sais que mon cas n'est pas unique." Elle n'a pas demandé la CMU-C – "une question d'honneur" selon elle –, et paye 65 euros de mutuelles par mois pour "un contrat de base qui prend en charge l'hôpital, le médecin et les médicaments, mais qui n'est pas terrible pour les dents". "Faudrait payer beaucoup plus pour être bien remboursée", dit-elle. Elle ne peut pas. "Je ne comprends pas pourquoi de tels prix sont pratiqués ", finit-elle par lâcher.

  • Deux aller-retour en Roumanie

Avec plus de 4 000 euros nets par mois, Christian Prado a de quoi vivre. Mais il a aussi beaucoup de dents à remplacer... Il y a d'abord "un bridge en fin de vie", avec trois dents concernées par la pose d'un implant (1 400 euros) et d'une couronne (600 euros). Et puis deux autres, voire trois, de l'autre côté, à force d'avoir laissé traîner et mangé toujours du même côté, ont été fragilisés. Il fallait arracher. L'informaticien a examiné le devis, qui s'élevait à 12 000 euros, a calculé ce qui resterait à sa charge – 7200 euros– et s'est dit qu'il avait certes les moyens financiers pour éviter de se faire poser un dentier, mais pas le budget à ce moment-là pour suivre le parcours classique. Il a donc cherché une alternative. Il a questionné un autre praticien que le sien, s'est tourné vers sa mutuelle aussi, mais n'a pas trouvé de solution moins chère.

"C'est l'omerta en France ", juge-t-il. Il s'est ensuite tourné vers Internet. Il avait entendu parler de la Hongrie, avait des liens en Tunisie, mais il craignait d'avoir un problème post-opératoire une fois rentré. Finalement, il a trouvé un dentiste français qui opère en Roumanie, et exerce en France. Une première opération a eu lieu fin 2011. Une deuxième est prévue en juin. A sa charge, voyages compris, il restera 3 750 euros. "Cela reste un montant, mais la différence de prix a accéléré ma décision", explique-t-il.

  • Plus qu'un mois de salaire

Dans le couple, tout deux auraient besoin d'engager de gros frais dentaires. Lui risque une infection s'il ne change pas un bridge abîmé par le retrait des dents de sagesse, suite à deux gingivectomies. Elle a un appareil à refaire et des dents "qui s'en vont". Mais rien ne sera entrepris, explique Mireille Allaigre. Les calculs sont vite faits, il y en a pour 3 500 euros pour son mari, dont 1 500 euros à sa charge, soit "un mois de salaire". Pour elle, 2 500 euros, dont 1 200 de sa poche. Soit 2 700 euros pour les deux.

Ils gagnent environ 2 100 euros par mois à deux, et ont un enfant à charge. Après une longue période de chômage, Mireille a retrouvé du travail en juin 2011 pour un an à mi-temps, et devra bientôt à nouveau chercher. Mais à 54 ans, elle sait que ce sera difficile. Comment mettre autant de côté dans cette situation ? Il faudra donc encore attendre. Mais "la pilule est un peu dure à avaler" : "On cotise, on paye une mutuelle, mais on ne peut pas se soigner", s'énerve-t-elle. Le montant de la cotisation à leur complémentaire s'élève à 122,56 euros par mois. "On paye des assurances pour rien, ça sert à ceux qui ont du fric", résume-t-elle.

 

>>> Lire l'article "Les soins dentaires sont devenus inaccessibles" et "A Lyon, l'ouverture de cabinets low cost dérange".


Laetitia Clavreul

 


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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 14:32

 

LEMONDE | 09.03.12 | 11h22   •  Mis à jour le 09.03.12 | 15h39

 

 

 

Face à la hausse des dépassements des frais dentaires, l'assurance-maladie entame, vendredi, des négociations avec les dentistes.

Face à la hausse des dépassements des frais dentaires, l'assurance-maladie entame, vendredi, des négociations avec les dentistes.AFP


Quand il a vu le devis, cet instituteur a compris qu'il ne ferait pas poser les cinq dents sur pivot que son dentiste jugeait nécessaires : la facture s'élevait à 12 500 euros, dont 10 500 à sa charge, après remboursements de la Sécu et de sa mutuelle. "J'y ai renoncé, et ai continué avec ma bouche édentée", lâche-t-il. C'était il y a quatre ans. Il en est toujours là. Une situation courante. Qui n'a pas, en effet, devant un devis pas forcément aussi élevé, pesé le pour et le contre? Pour décider d'engager les frais plus tard. Voire jamais.

 

>>> Lire l'intégralité des témoignages, "Des dents en moins, et pas les moyens".


Vendredi 9 mars commencent des négociations conventionnelles entre chirurgiens-dentistes, assurance-maladie et complémentaires de santé. Personne n'en attend beaucoup. Pourtant, tous ces acteurs et les associations s'accordent sur un point : les prix des prothèses sont devenus un frein à l'accès aux soins.

Le dentaire représente les deux tiers des renoncements aux soins (ou reports) pour raison financière. Face à l'incapacité de payer, chacun a sa façon de faire. Véronique (le prénom a été changé) s'est cassé une dent de devant il y a deux ans. Elle est aide à domicile. Il lui était inenvisageable d'aller travailler avec "un trou" si mal placé, et tout autant inenvisageable de payer une prothèse. Son dentiste a rafistolé un vieil appareil fabriqué pour des molaires. Elle le porte "à l'extérieur", et ne mange surtout pas avec, de peur qu'il ne se casse.

 

"PROBLÈME DE LAISSER-FAIRE"

D'autres passent par les écoles dentaires, ou retardent le passage chez le dentiste – aux urgences de la Pitié-Salpêtrière à Paris, le nombre de consultations est passé de 13 412 en 2010 à 21 308 en 2011. D'autres encore optent pour l'étranger. C'est ce qu'a fait Christian Prado, informaticien, qui vient d'être opéré en Roumanie par un chirurgien français. Il avait six dents à remplacer. Ce qu'il devait mettre de sa poche est passé de 7 200 à 3 750euros. "Cela reste un montant, mais cette différence a accéléré ma décision", dit-il.

Il y avait déjà les réseaux mutualistes, il y a désormais des centres dentaires low cost. La profession s'en émeut, arguant qu'ils délaissent les soins mal rémunérés par la Sécu et se concentrent sur les prothèses, plus lucratives. Mais leur apparition en dit long: "Ils sont la vitrine de l'incapacité de l'Etat à gérer ce problème des soins dentaires", juge Roland L'Herron, président de la Confédération nationale des syndicats dentaires.

A l'Union nationale des associations familiales (UNAF), la dérive du système inquiète. "Le décalage entre les tarifs des chirurgiens et les remboursements, c'était déjà un problème il y a cinq ans", affirme Nathalie Tellier, chargée de mission. Elle pointe "davantage un problème de laisser-faire que d'envolée des prix".

 

 

Des frais très variés selon les contrats des complémentaires.

 

Des frais très variés selon les contrats des complémentaires. JALMA, DRESS : COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE

"Les prix des soins dentaires sont stables ou en faible augmentation", explique Mathias Matallah, pour le cabinet d'études Jalma. Mais c'est sur les prothèses que la hausse est la plus dynamique. Surtout, la part des ménages est élevée. Selon Jalma, pour un prix médian de 516 euros la couronne, 244 euros restent à leur charge en moyenne. Et 409 euros s'ils ont une complémentaire "entrée de gamme".

 

SYSTÈME À BOUT DE SOUFFLE

C'est en 1986 que les tarifs des prothèses ont été libérés – certains produits sont un peu pris en charge, comme les couronnes, d'autres pas, comme les implants. C'était là le moyen de permettre une hausse de revenus des dentistes, sans impact pour la Sécu. Les soins de base (caries…) et les soins chirurgicaux (extractions…), eux, sont pris en charge à 70 %. Mais, tout le monde le reconnaît, les tarifs payés par la Sécu aux dentistes sont éloignés des coûts réels. C'est donc avec les dépassements qu'ils compensent.

"Les tarifs ne bougent pas, on tire pourtant la sonnette d'alarme depuis des années", s'énerve M. L'Herron, au nom d'une profession qui "refuse de porter le chapeau". En septembre 2010, cependant, la Cour des comptes avait relevé qu'une hausse de tarifs octroyée en 2006 n'avait pas permis une maîtrise des dépassements, ce qui était pourtant l'effet escompté. Elle dénonçait une absence de politique globale sur ce secteur, dont l'assurance-maladie s'est peu à peu désengagée. Certes, elle n'y a jamais été aussi présente que sur les soins médicaux (75 %), mais, en 1980, elle prenait en charge 50 % des soins dentaires, contre 34 % aujourd'hui (et 18 % pour les prothèses). Les mutuelles ont compensé, et s'agacent de voir les dentistes remplir leurs devis selon la mutuelle du patient.

Aujourd'hui, les chirurgiens se disent prêts à faire un effort sur les dépassements si les tarifs sont revalorisés. Une décision que tout le monde juge utile. Mais, vu le déficit de l'assurance-maladie, un geste conséquent est peu probable, et encore moins une vraie réforme d'un système à bout de souffle.

L'UNAF réclame au moins un encadrement des dépassements. L'assurance-maladie y est favorable, et veut commencer par l'orthodontie, où le problème est tout aussi criant, voire plus. Les dentistes accepteront-ils s'il y a peu dans la balance? Les dépassements représentent 4 milliards d'euros par an, plus de la moitié du total des honoraires. Un montant en hausse chaque année.

 

>>> Lire notre article, "A Lyon, l'ouverture de cabinets low cost dérange".


Laetitia Clavreul

 


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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 14:26

LEMONDE.FR avec AFP | 09.03.12 | 11h11   •  Mis à jour le 09.03.12 | 14h50

 
 

 

Vue de la carcasse de la mairie de Minamisanriku, dans la province de Miyagi , le 11 février 2012.

Vue de la carcasse de la mairie de Minamisanriku, dans la province de Miyagi , le 11 février 2012.AFP/KAZUHIRO NOGI


Le nombre de suicides a nettement augmenté l'an dernier au Japon après le séisme et le tsunami qui ont dévasté le 11 mars les côtes nord-est de l'archipel, annonce le gouvernement japonais.

Cette hausse de plus de 20 % du nombre de suicides enregistré en un mois est probablement due au moins en partie à l'anxiété qui s'est emparée de la société japonaise dans les semaines suivant cette catastrophe, estime un responsable.

En mai 2011, 3 375 personnes se sont donné la mort, soit plus d'un dixième du total annuel et plus de 20 % par rapport au même mois de l'année précédente. Selon les statistiques de la police et du gouvernement, le nombre de suicides a atteint 30 651 en 2011. "Un sentiment d'anxiété s'est diffusé au sein de toute la société japonaise après la catastrophe et nous soupçonnons cela d'avoir été un facteur aggravant", a déclaré un responsable du gouvernement. Il a ajouté que le nombre de suicides a été particulièrement élevé parmi les hommes de 30 ans.

Le séisme et le tsunami, qui ont fait 19 000 morts et provoqué la plus grave catastrophe nucléaire depuis 1986, ont eu des conséquences majeures sur l'économie japonaise avec notamment une flambée de faillites. Le Japon a l'un des taux de suicide les plus élevés du monde, selon l'OCDE.

 

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 14:21

LEMONDE.FR avec AFP | 09.03.12 | 15h11

 
 

 

Manifestations contre Bachar Al Assad, à Amman (capitale de la Jordanie) le 9 mars 2012.

Manifestations contre Bachar Al Assad, à Amman (capitale de la Jordanie) le 9 mars 2012. REUTERS/ALI JAREKJI


Des dizaines de milliers de personnes manifestaient, vendredi 9 mars, dans plusieurs villes syriennes, notamment à Alep qui connaît sa plus grande mobilisation depuis un an, ont rapporté des militants et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser la foule à Alep, la deuxième ville du pays, dont la mobilisation croît ces dernières semaines, a indiqué Mohammad Halabi, un militant local. "Il s'agit de la plus grande mobilisation à Alep [dans le nord du pays] , il y a 15 points de rassemblements dans la ville et 40 en province", a-t-il précisé.

Dans une manifestation qui a eu lieu dans la province de la ville, à Jarablos, un manifestant a été tué par l'armée et cinq autres blessés. La foule a appelé à la "mise à mort" du président Bachar Al-Assad et à l'armement des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL).

Des manifestations ont également eu lieu après la prière, comme chaque vendredi depuis le début de la révolte il y a un an, un peu partout dans le pays : à Damas et dans sa province, à Deraa, le berceau de la contestation dans le sud du pays, à Homs et Hama, villes du centre du pays, à Idleb dans l'ouest, dans la ville côtière de Lattaquié, à Deir Ezzor et à Hassaka, dans l'est, d'après l'OSDH.

 

 

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