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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 15:39

 

Par Actuchomage - 26-01-2012

 

http://www.dailymotion.com/video/xo1sl0_made-in-france-ou-merde-in-france_fun

 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 15:31
| Par Mathieu Magnaudeix

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Quand elle est revenue de son congé maternité, Stéphanie Couzic (photo) a vécu un enfer. Son employeur, la succursale à Meaux (Seine-et-Marne) d'un célèbre opticien, lui a fait subir « toutes les humiliations possibles ». Remarques quotidiennes, horaires de travail avec des pauses à rallonge le midi, et enfin une « proposition » visant à baisser son salaire de 400 euros. « Si j'avais accepté, je me serais retrouvée à 1.100 euros net après dix ans d'ancienneté !», dit cette mère de trois enfants, âgée de 35 ans. Deux de ses collègues, elles aussi jeunes mamans, subissent les mêmes pressions. Elles démissionnent. Stéphanie, elle, tient bon.

Son employeur lui propose finalement une rupture conventionnelle. Elle accepte de guerre lasse et part début 2011 avec l'indemnité légale : 1/5e de mois de salaire par année d'ancienneté. Elle a dû attaquer son employeur aux prud'hommes pour récupérer 1.600 euros de congés payés. « La rupture conventionnelle, c'est un moindre mal, car ça m'a permis de passer à autre chose. Mais dans mon cas, ça a été une arnaque : je n'avais pas le choix. » Depuis un an, Stéphanie est au chômage.

 

Stéphanie Couzic, chez elle en Seine-et-Marne. Décembre 2011.  
Stéphanie Couzic, chez elle en Seine-et-Marne. Décembre 2011. © Mediapart

L'histoire de Stéphanie n'est pas une exception. Instaurée en 2008 par la volonté des partenaires sociaux (patronat et syndicats représentatifs, hormis la CGT), la rupture conventionnelle connaît depuis un succès fou. Environ 800.000 de ces “ruptures à l'amiable” ont été homologuées par les directions départementales du travail. Auparavant, les conflits personnels se réglaient bien souvent par des démissions, par des licenciements économiques (dont le motif devait pouvoir être prouvé par l'employeur devant les tribunaux) ou bien par de faux licenciements pour faute.

« L'idée était avant tout de sécuriser les salariés », plaide Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT, chargé de l'emploi. « C'est l'alternative à la démission et aux licenciements pour motif personnel, souvent traumatisants, ajoute Philippe Louis, président de la CFTC, également signataire en 2008 de l'accord interprofessionnel qui l'a instaurée. Elle peut apporter an salarié une porte de sortie quand il veut quitter son emploi, lorsqu'il est mal. »

Par rapport à la démission, cette rupture offre des avantages : elle ouvre droit au chômage et s'accompagne d'une indemnité légale équivalente à celle d'un licenciement. Elle permet surtout de tourner la page. « Il y a beaucoup de haine contre ce dispositif, mais il correspondait à une nécessité, plaide le directeur général du travail, Jean-Denis Combrexelle. En la matière, il ne faut évidemment pas être bisounours. Mais il ne faut pas être manichéen non plus. Les DRH vous disent qu'il y a aussi nombre de cas où c'est le salarié qui impose la rupture conventionnelle à son employeur. Par ailleurs, le but d'un DRH n'est pas de contourner le droit du travail. »

Pourtant, en marge de ces « bons usages », le dispositif semble ouvrir la voie à une multitude d'abus et de dérives, sans compter toutes ses situations où les salariés n'avaient pas vraiment le choix, comme le révèlent une série de témoignages recueillis ces dernières semaines par Mediapart (voir plus bas). « Il y a évidemment des cas ou telle ou telle entreprise a abusé », admet du reste Jean-Denis Combrexelle, qui affirme toutefois ne pas être en mesure d'évaluer l'ampleur des abus.

A ce jour, il n'existe aucune étude rendue publique permettant de savoir dans quelle mesure la rupture conventionnelle a été détournée de son but, et dans quelle mesure elle a aidé les entreprises à réduire leurs effectifs pendant la crise. La CFDT a diligenté une enquête, dont les résultats restent confidentiels. La Dares, le service statistique du ministère du travail, est en train de lancer sa propre enquête, basée sur un très large échantillon. Mais les résultats ne seront pas connus avant la mi-2012.

Dès octobre 2010, au plus fort de la crise, une note du Conseil d'analyse stratégique, un organisme dépendant du premier ministre, signalait pourtant la progression « spectaculaire » des ruptures conventionnelles, alors que dans le même temps les démissions et les licenciements pour motifs personnels reculaient. Il pointait déjà des « risques de dérive » et la nécessité d'améliorer « l'effectivité du contrôle ».

Selon Pierre Ferracci, président du groupe Alpha spécialisé dans le reclassement et le conseil aux comités d'entreprise, la situation s'est encore détériorée depuis. « La rupture conventionnelle est en train de se substituer aux plans de sauvegarde de l'emploi [PSE, les plans sociaux] qui offrent des garanties supplémentaires en termes de reclassement et de revitalisation des territoires, s'alarme-t-il. Et elle risque de se substituer bientôt aux licenciements économiques, où l'accompagnement des salariés est aussi plus important. Le gros problème, c'est qu'il est impossible, faute d'informations, de dire combien de ruptures conventionnelles ont un motif économique, car on ne se donne pas les moyens de contrôler les abus. On est dans le flou le plus complet. »

Directeur général d'Alixio, le cabinet de conseil aux entreprises créé par l'ancien conseiller social de l'Elysée, Raymond Soubie, Xavier Lacoste a vu ces derniers mois les ruptures conventionnelles se multiplier dans la finance et la banque d'affaires. « Tous les outils à disposition des entreprises sont utilisés en ce moment pour réduire la voilure », explique-t-il. La rupture conventionnelle vient dès lors s'ajouter à la palette disponible, des licenciements économiques aux plans sociaux en passant par les plans de départ volontaires, ces charrettes de plusieurs centaines, voire milliers de salariés décidées par nombre d'entreprises qui anticipent une année 2012 exécrable.

Avec une économie proche de la récession, le boom des ruptures conventionnelles va-t-il encore se confirmer au cours des prochains mois ? Nul ne le sait. « De janvier à novembre 2011, nous avons homologué sur la région 13.600 ruptures conventionnelles, relève Marie-Claude Quilès, responsable du service études, statistiques, évaluation de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) d'Aquitaine. C'est 17,5 % de plus qu'en 2010. On pensait être arrivé à un palier, mais la progression a continué en 2011. »

Le rythme de la montée en charge du dispositif depuis 2008, dans un contexte de crise, est impressionnant. Au total, 740.000 ruptures conventionnelles avaient été homologuées en novembre 2011. Chaque mois, la direction du travail avalise 25.000 ruptures. La part des ruptures conventionnelles dans les sorties de l'emploi est passée de 7 % en 2009 à 13 % en 2011, selon le ministère du travail.

D'après l'assurance-chômage, les ruptures conventionnelles représentaient en juin 2011 une fin de CDI sur 4 ! Les petites entreprises, où le dialogue social est souvent inexistant, en raffolent: les trois quarts des ruptures à l'amiable sont signées dans des établissements de moins de 50 salariés… alors qu'ils n'emploient que la moitié des salariés du privé.

Couteau suisse
Chaque année, toujours plus de ruptures conventionnelles© Dares

Dès le lancement du dispositif, les plus de 55 ans en ont été très “clients”. Selon le ministère du travail, les seniors ne se voient pas proposer davantage de ruptures conventionnelles que de licenciements pour motif personnel. Il n'en reste pas moins que la rupture conventionnelle est devenue un moyen parmi d'autres de faire partir les quinquas, alors que le gouvernement affiche sa volonté de promouvoir leur emploi – notamment via des accords seniors dans les grosses entreprises.  

« La rupture conventionnelle sert aussi à renouer avec les préretraites », confirme Evelyne Serverin, directrice de recherche au CNRS, qui travaille sur le sujet depuis trois ans et participe à l'enquête commandée par la CFDT.

Jean, représentant Unsa du personnel dans une caisse régionale d'une grande banque, voit depuis 2009 les ruptures conventionnelles s'accumuler. « On est désormais à un rythme de croisière de trois ou quatre par mois, raconte-t-il. Régulièrement, des collègues qui atteignent les 57-58 ans me demandent des renseignements. Beaucoup sont partis dans ce cadre-là : la direction les y encourage. C’est une façon de réduire de façon discrète les effectifs, de se débarrasser des plus anciens. Eux y trouvent un avantage puisqu'ils vont ensuite toucher le chômage jusqu'à leur retraite, et ne sont pas mécontents de partir, vu le niveau de stress auxquels ils sont confrontés. » Un deal entre employeurs et salariés qui se fait en l'occurrence aux dépens financiers de l'assurance-chômage.

Christian, 58 ans, employé dans une multinationale de services informatiques, s'est lui aussi vu proposer une rupture à l'amiable l'an dernier : « Pour eux j'étais trop vieux, trop payé, pas assez malléable. » « Cela m'a été présenté comme un choix. Le package octroyé par l'entreprise complétait les sommes versées pendant trois ans par les caisses de chômage. Devant mon étonnement à considérer les indemnités de chômage comme un revenu complétant celui accordé par l'entreprise, il m'a été répondu que tout le monde faisait de même et que c'était normal, écrit-il à Mediapart. J'ai décidé de partir, un peu comme on quitte un navire avec lequel on va couler, même si je n'avais aucune envie de m'arrêter de travailler. »

En théorie, la rupture à l'amiable était “bordée” par une série de garde-fous : la possibilité pour le salarié de se faire accompagner lors de l'entretien préalable ; un droit de rétractation pendant 15 jours après la signature; l'homologation par la direction du travail.

Mais les partenaires sociaux se sont aussi mis d'accord pour ne pas faire apparaître dans les formulaires transmis à l'administration le motif de la fin du contrat de travail. « Il y a une volonté de n'imputer juridiquement la rupture à aucune des deux parties, analyse Evelyne Serverin. En conséquence, les formulaires de demandes d'homologation sont insuffisants et les conditions de validité de la rupture sont en réalité très légères, malgré le formalisme apparent. Le motif de la rupture n'est pas stipulé. Les formulaires ne mentionnent pas non plus les dates, l'âge du salarié (seulement son ancienneté), les droits individuels à la formation, les congés payés dus… »

Les contrôles de l'administration se limitent donc bien souvent à quelques vérifications techniques (le délai légal est-il respecté ? Les dates sont-elles bonnes ? L'indemnité calculée est-elle juste ? etc.).  

« Le dispositif n'est absolument pas contrôlé, déplore Jean-Yves Kerbourc'h, chercheur et coauteur de la note du Conseil d'analyse stratégique de 2010. Les partenaires sociaux pensaient que la rupture à l'amiable allait améliorer le turnover sur le marché de l'emploi qui est très figé en France, notamment en augmentant les chances de ceux pour qui il est exclu d'y accéder. Ils pensaient que le recours à la rupture conventionnelle resterait marginal. Mais la machine s'est emballée et le dispositif a été contourné. On se retrouve dans cette situation étrange : un bon dispositif dans certains cas, mais sans garde-fous, qui est en train de se substituer à d'autres formes de rupture du contrat de travail. »

« La rupture conventionnelle, c'est comme un couteau suisse : il permet tout, il sert à tout, explique la juriste Evelyne Serverin. Rien n'est vraiment interdit, même pas de signer des ruptures conventionnelles en parallèle à un plan de sauvegarde de l'emploi. Et c'est parce qu'il autorise tout qu'il présente un problème, car cela change la façon de concevoir la rupture du contrat de travail. »

La chercheuse énumère les cas rencontrés au cours de ses enquêtes : « De vraies démissions pour convenance personnelle ; des insuffisances professionnelles ; des licenciements qui n'auraient pas eu de motif réel et sérieux le salarié coûte trop cher, on ne pourrait pas le licencier. Des prises d'acte – le salarié aurait de toute façon quitté son entreprise. Des motifs économiques. Des préretraités amiante… »

Bref, un joyeux bazar. « La rupture conventionnelle est venue s'insérer dans le paysage et elle s'est mise à concurrencer les autres modes de rupture. Ce n'est pas vraiment une substitution, c'est plus subtil encore : en fait, c'est comme un jeu d'échecs sur lequel, en déplaçant une pièce, on aurait changé toute la valeur du jeu. Avec ce dispositif, on a créé de l'anomie [absence de règles] dans le droit du travail. On incite les salariés à accepter la situation qui leur est faite. Si on leur pose la question, 99 % des personnes interrogées trouvent que c'est un bon dispositif... mais pas forcément pour elles ! »

Faux CDD

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S'ils restent sans doute minoritaires (mais comment en avoir la certitude, faute de chiffres ?), il existe bel et bien des cas avérés de fraude, consistant à utiliser la rupture conventionnelle à la place de licenciements économiques ou de plans de sauvegarde de l'emploi. Des dispositifs qui offrent plus de protections au salarié – et notamment la possibilité de se retourner contre l'employeur, très limitée dans le cas de la rupture conventionnelle.

Le géant de l'informatique IBM a ainsi vu dès 2009 une série de ruptures à l'amiable retoquées, parce qu'elles avaient en fait un motif économique. Plusieurs dizaines de ruptures signées par le géant du transport Norbert Dentressangle ont également été contestées par la chambre sociale de la Cour de cassation dans un arrêt du 9 mars 2011 : les salariés auraient en l'occurrence dû bénéficier d'un plan de sauvegarde de l'emploi.

La rupture conventionnelle peut aussi compléter un plan de départ – en l'occurrence, avec l'aval de l'administration. Délégué syndical CGT chez Faurecia à Mouzon (Ardennes), un sous-traitant de PSA, Philippe Guillaume a vu une centaine de ses collègues partir en quatorze mois. La plupart dans le cadre d'un plan de départs volontaires, mais aussi une vingtaine dans le cadre d'une rupture conventionnelle. « Pas mal avaient entre 55 et 57 ans, mais il y avait aussi des jeunes. La direction a pu proposer de 40.000 à 80.000 euros en fonction de l'ancienneté. C'est vrai que ça a évité un plan social. Nous les syndicats, nous n'étions pas d'accord, mais beaucoup avaient envie de partir de toute façon, donc dans ce cas c'est l'appât du gain qui prime. Les postes supprimés ont été remplacés par des intérimaires. »  

« Tous les inspecteurs du travail ont rencontré des entreprises qui contournaient l'obligation de plan social en faisant des ruptures conventionnelles éparpillées », affirme Pierre Mériaux, membre du bureau syndical du SNU-TEF, un syndicat d'inspecteurs du travail, par ailleurs conseiller régional Europe Ecologie-Les Verts en Rhône-Alpes.

Mais en pratique, les entreprises sont rarement inquiétées. Seules 3 % des ruptures conventionnelles sont refusées, et 6 % des ruptures ne passent pas le cap de l'homologation – essentiellement parce que les indemnités ont été mal calculées. Dans chaque région, deux ou trois agents administratifs (qui ne sont pas à temps plein) sont chargés d'homologuer des masses de formulaires. Auraient-ils d'ailleurs plus de temps que les vérifications resteraient sommaires, vu le peu d'informations à leur disposition.  

« Croyez bien que si on laissait faire les collègues, ils iraient chercher plus loin ! », explique un cadre de la direction du travail en Ile-de-France. En 2010, le directeur général du travail a bien transmis à ses services une circulaire rappelant que « la rupture conventionnelle ne peut être utilisée comme un moyen de contourner les règles du licenciement économique collectif ». La circulaire mentionne les cas qui doivent éveiller l'attention : plus de dix demandes sur un mois émanant de la même entreprise, une demande faisant suite à une dizaine de cas dans le trimestre précédent…

Les services ont peu de marges de manœuvre pour détecter les abus, raconte Julien Boeldieu, inspecteur du travail et délégué CGT au ministère du travail à Paris. « Les inspecteurs du travail mènent systématiquement une enquête quand les ruptures concernent des salariés protégés, raconte-t-il. Mais c'est une masse infime de cas. Pour les autres, la grande majorité, les services se contentent plus ou moins d'enregistrer et n'ont pas de pouvoir d'enquête. En théorie, ils devraient saisir les inspecteurs du travail s'ils repèrent quelque chose de bizarre. Après, tout dépend des liens entre les services, qui ne sont pas toujours très étroits. »

Le directeur général du travail affirme travailler à une « amélioration de la procédure, afin d'automatiser par informatique certaines opérations et économiser du temps pour le contrôle ».

Récemment, un inspecteur du travail nous a raconté avoir eu à débusquer un hôtelier malveillant à Paris. Cet employeur faisait signer des CDI à ses employés, puis les rompait en utilisant les ruptures conventionnelles (façon low-cost de faire des CDD en ne versant pas la prime de précarité, mais seulement une indemnité légale de quelques dizaines d'euros). Des cas similaires de ruptures conventionnelles utilisées comme des CDD (et dans ce cas, antidatées) ont été recensés chez un sous-traitant d'EDF, affirme-t-on au pôle juridique de la CGT, qui va bientôt saisir les prud'hommes.

Rien n'empêche en théorie les ruptures conventionnelles au fil de l'eau, surtout dans les petites entreprises. Là encore, les sanctions sont rares. « Il n'y a pas forcément de fraude, dans la mesure où les deux parties sont bien d'accord et si le salarié donne son consentement éclairé. Bien souvent, on est plutôt dans un dispositif similaire à l'optimisation fiscale, compare Evelyne Serverin, la chercheuse du CNRS. Sauf qu'à la fin, quand l'optimisation fiscale est trop utilisée, ça devient de la fraude… »

Chiffonniers

Mais le plus marquant dans les témoignages recueillis ces dernières semaines par Mediapart, ce sont ces nombreux cas où les salariés disent avoir subi des pressions pour accepter une rupture conventionnelle. « Ce dispositif, reprend Evelyne Serverin, c'est un peu comme dans Les Voyages en train, ce slam où Grand Corps Malade dit à propos de sa rupture sentimentale : « On a décidé de rompre d'un commun accord, mais elle était plus d'accord que moi ». On postule que malgré la relation de subordination entre l'employeur et le salarié, l'employeur et le salarié sont à même niveau dans la même volonté de rompre. On cherche à faire adhérer les salariés aux ruptures. C'est là le caractère le plus vicieux de la rupture conventionnelle : on convainc le salarié qu'il l'a voulu lui aussi. »

Parfois, la souffrance au travail est telle que « c'est bien souvent une solution », souligne un responsable d'une direction régionale de l'emploi. Surtout lorsque le salarié se retrouve dans cet « état marécageux, où se mélangent problèmes économiques et pressions de la part de l'employeur, relève Jean-Yves Kerbourc'h. Les salariés savent bien qu'un jour ou l'autre, ils vont partir, de gré ou de force. Alors quand on leur propose de partir à l'amiable, même si c'est frauduleux, ils acceptent ».

Julie, jeune conseillère commerciale dans une banque, a ainsi été forcée d'accepter une rupture conventionnelle en 2011. « Alors qu'elle avait fait de moi sa secrétaire personnelle, ce qui nuisait à mes résultats, ma nouvelle responsable n'a pas hésité à dire que j'étais démotivée et que je produisais trop peu. Courant 2011, la DRH m'a convoquée pour me dire qu'elle comptait se débarrasser de moi. Mon étiquette syndicale lui enlevait tout pouvoir. A l'issue du premier rendez-vous, la proposition de rupture conventionnelle m'a été faite. Je ne comptais pas démissionner. Mais la DRH n'a pas pris de pincettes pour me faire comprendre qu'en cas de refus de ma part, je subirais un harcèlement terrible : coup de fil deux fois par jour pour connaître mes ventes, mutations à 300 kilomètres de mon domicile. Nous avons fini par tomber d'accord. » Une collègue de retour de congé maternité s'est elle aussi vu proposer une rupture conventionnelle.

Chef de projet dans l'audiovisuel dans une PME de Seine-Saint-Denis, Philippe, 41 ans, a été convoqué un matin d'octobre 2011 dans le bureau de son patron. « Je veux me séparer de toi. Ou bien on se fâche, ou bien on tombe d'accord », lui dit-il. Un peu avant, il lui avait lancé : « Les chevaux sont fatigués, il va falloir les changer. » Philippe propose un licenciement économique. Refus. Après une négociation de « chiffonniers », il obtient finalement six mois de salaire pour douze ans d'ancienneté. « On a antidaté les papiers envoyés à l'administration pour éviter le délai légal de rétractation. »

Pierre, 56 ans, ancien salarié d'une PME de cosmétiques allemande qui fait fureur dans les magasins bio a vu son service décimé par le directeur financier, à coup de CDD non reconduits et de ruptures conventionnelles. « J’ai subi des pressions énormes jusqu'à ce que j'accepte, témoigne-t-il. Au dernier entretien, c’était limite agressif, il m'a dit "vous foutez le camp !" Ils savaient qu'ils ne pouvaient pas me licencier pour faute, et pas davantage pour licenciement économique car la société marche très fort… »

« La rupture conventionnelle, c’est la mise en place d’un système ou l’on fait participer l’employé à sa propre éjection en ne lui permettant pas trop de se retourner, analyse Pierre. Ça permet de casser le CDI, de virer avec une facilité absolument déconcertante les gens du jour au lendemain. Je me rappelle que le directeur financier m’a dit "je vire n’importe qui quand je veux". »

Monique, 60 ans et demi, ancienne assistante de direction dans une grande entreprise du CAC 40, a elle aussi signé « à l'usure », l'an dernier. Elle évoque des pressions, des remarques dépréciatives lancinantes. « Il fallait que ça s'arrête, tout ce que j'ai subi m'avait rendue malade. » Elle a même signé une clause de confidentialité en partant. « On a acheté mon silence. La même chose est en train d'arriver à d'anciens collègues. Les prix sont très variables, en fonction des postes. »

« La rupture conventionnelle, elle ne l'est que dans un sens, reprend-elle. On peut la refuser, ce que j'ai fait pendant deux ans. Mais vous arrivez à un tel état de fatigue et de perte de confiance en vous qu'à la fin, vous acceptez de rompre. »

Même si la loi prévoit la possibilité de se faire accompagner lors de l'entretien avec l'employeur, le dialogue se réduit souvent à un face-à-face. En outre, les salariés sont mal informés sur leurs droits. « Ils pensent souvent que c'est un dû, alors que l'employeur peut refuser », raconte Monique Langlois, couturière et déléguée syndicale CGT chez Givenchy, maison de haute couture qui utilise fréquemment des ruptures conventionnelles. Ils ne savent pas forcément que si leur indemnité de licenciement dépasse le montant prévu par la loi, ils ne toucheront pas immédiatement le chômage. Ceux qui ont pris des assurances sur leur crédit immobilier sont parfois amèrement surpris de constater que l'assurance ne les couvre pas dans le cas d'une rupture conventionnelle comme c'est le cas lors d'un licenciement.

Malgré tout, les cas de contestation en justice sont très rares. Evelyne Serverin a dénombré environ 80 arrêts de cours d'appel depuis 2008, autant dire « quasiment rien ». Selon Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT, c'est la preuve que « les salariés trouvent que ce n'est pas un mauvais système », même si le leader syndical admet la nécessité « d'accroître les contrôles ».

Une interprétation contestable, selon la chercheuse. « Quand vous avez consenti, quand vous avez adhéré, vous dédire est un geste très compliqué. Par ailleurs, les contentieux sont techniquement très difficiles, car c'est au salarié de faire la preuve qu'il a subi des menaces ou n'a pas eu l'information suffisante, qu'il a été trompé ou forcé. » Ce qui est loin d'être évident.

« Ce qui est grave avec la rupture conventionnelle, c'est qu'on a suscité chez les salariés avec ce dispositif une forme de fatalisme, poursuit-elle. Quand il est aussi facile de rompre la relation, à quoi bon se battre pour son emploi ? Ce dispositif n'a fait qu'accompagner une forme de découragement des salariés, et de cynisme à l'œuvre dans les entreprises depuis plusieurs décennies. »

Quand des amis lui demandent son avis sur la rupture conventionnelle, Evelyne Serverin leur conseille de refuser systématiquement et de tenir bon. Ils ne peuvent en effet pas être licenciés s'ils n'ont pas commis de faute ou si l'entreprise ne connaît pas de sérieux problèmes économique : rupture conventionnelle ou pas, le droit du travail est toujours en vigueur.

 

 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 14:55
| Par Jordan Pouille

Leshan (province du Sichuan), de notre envoyé spécial

C’était en 2011. Après trois années à subir la concurrence chinoise et victime collatérale de la chute de Lehman Brothers, qui était son principal actionnaire, le PDG du fabricant de gaufres de silicium Evergreen Solar, Michale El-Hillow, prenait une décision radicale : fermer sa toute nouvelle usine du Massachusetts, licencier ses 800 techniciens et délocaliser toute la production à Wuhan, en s’associant à Jiawei, une puissante entreprise chinoise qui lorgnait sa technologie innovante. En France, c'est une entreprise pionnière en matière de panneaux solaires, Photowatt, qui se retrouve devant le tribunal de commerce. En Allemagne, les industries de l'énergie renouvelable souffrent tout autant.

Tandis que les candidats à la présidentielle débattent abondamment de la réindustrialisation du pays et du “produire français”, l’Etat chinois déroule le tapis rouge à toutes les bonnes âmes susceptibles d’offrir la suprématie mondiale à sa filière bourgeonnante. En 2010, 41,8 milliards de dollars ont été investis dans l’industrie solaire au niveau mondial. 33,7 milliards sont venus du gouvernement chinois.

 

Le Bouddha géant de Leshan. 
Le Bouddha géant de Leshan.© Jordan Pouille

A 1.000 km de Wuhan, c’est Leshan, une coquette ville touristique de la province du Sichuan, à l’ouest du pays. Les touristes ont toujours afflué pour y admirer le Bouddha géant, sculpté à flanc de montagne. Mais c’est l’industrie photovoltaïque qui fait aujourd’hui sa renommée.

Depuis avril 2009, s’y développe une zone industrielle high-tech rognant sur les champs de cacahuètes. Sur 30 km2, des usines sophistiquées rassemblent toutes les étapes de l’industrie solaire : purification du silice, la matière première, découpe des gaufres de silicium en cellules, assemblage des cellules photovoltaïques poly-cristallines sur des structures de fer.

Dans le Sichuan, ce sont les mastodontes Sichuan Xinguang Polysilicon et Tianwei New Energy, entreprises étatiques, qui dominent l’industrie. Mais un autre géant, Topraycell, a promis d’y investir 3 milliards de yuans en cinq ans. La firme a déjà relocalisé son unité de production de Shenzhen (au sud) à Leshan pour économiser en main-d’œuvre et s’abreuver de matière première. Très énergivore, la zone industrielle profite aussi de nouvelles centrales à charbon, toutes proches.

 

Traitement du silice à Leshan 
Traitement du silice à Leshan© Jordan Pouille

Sur la route qu’empruntent les camions chargés de granulats de silice, des calicots de propagande font la promotion « des efforts continus du Parti pour le développement scientifique » de Leshan. Ils mènent jusqu’aux montagnes sacrées d’Emeishan, où les monastères bouddhistes avoisinent les gisements de silice, dont les petits exploitants essaiment la toile de leurs numéros de portables, à la recherche de clients potentiels ou de partenaires qui leur apporteront les engins nécessaires.

Résultat : cette nouvelle industrie apporte à Leshan une croissance inespérée (+13 % par an) associée à une urbanisation galopante. Depuis un an, des tours résidentielles multicolores font face aux cheminées d’usines photovoltaïques. Seul le fleuve agité de Dadu les sépare.

Le Parti, parrain de l’industrie solaire

Comme partout sur les terres chinoises en phase d’industrialisation, les entrepreneurs s’installant à Leshan ont bénéficié des largesses de l’Etat. Qu’elles soient privées ou publiques, leurs usines n'ont eu aucun problème pour accéder aux prêts bancaires. Avec des facilités de paiement : à Leshan, c’est le gouvernement local qui rembourse les intérêts.

 

La toute nouvelle usine Topraysolar 
La toute nouvelle usine Topraysolar© Jordan Pouille

Pour y construire leurs ateliers, des terrains sont accessibles à des prix dérisoires et en quantité illimitée, n’en déplaise aux milliers de paysans promptement expropriés. Quelques irréductibles bataillent encore pour ne pas rejoindre les dortoirs des ouvriers sans avoir obtenu une indemnité substantielle en échange de leurs champs si bien situés.

Enfin, la ville se montre peu regardante sur les rejets toxiques de ces nouvelles usines. « La nuit, il sort de l’air noir », dit une vieille dame dont la ferme délabrée fait face à une brochette de cheminées. « Vers deux heures du matin, Xinguang Silicon lâche sa fumée et je retrouve mes plantes toutes penchées, au réveil », ajoute un autre paysan devant ses tournesols fatigués. Difficile de leur donner raison. Le bureau de l’environnement de Leshan ne diffuse plus de relevé sur la qualité de l’eau ou de l’air dans le secteur…

Il ne faudrait pas que les habitants s’inspirent du cas « Jinko ». En septembre dernier, dans la province méridionale du Zhejiang, 500 personnes ont ferraillé trois jours durant contre les émissions polluantes de ce fabricant de panneaux solaires à la renommée mondiale. Le mouvement sera finalement réprimé par les forces anti-émeute.

Peut-on visiter les fières installations solaires de Leshan ? « Bu shi ! » (non), disent les gardiens. Depuis que la Chine porte le chapeau d’un prix du marché au rabais (la valeur marchande des produits des différentes étapes de la production solaire ont chuté de 60 % depuis février 2011), les critiques fusent et les usines solaires chinoises fuient les journalistes chinois comme étrangers. L’accord oral de Ding Qiang, le PDG de Tian Wei New Energy que nous avions obtenu à Pékin, pèse finalement bien peu face au refus de Zhao Baoli, le chef du bureau local du parti communiste.

Il met en garde contre toute « mauvaise information » susceptible d’influencer la valeur de la société cotée en bourse. « Ne vous formalisez pas, nous avons même refusé les journalistes du Quotidien du Peuple et de la CCTV (la télévision chinoise). » Tout juste nous a-t-on laissé apercevoir les banderoles géantes devant les ateliers, appelant au respect des règles de sécurité et rappelant le besoin impérieux d’atteindre les objectifs de production.

 

A Chengdu, dans les ateliers de la Tian Wei New Energy 
A Chengdu, dans les ateliers de la Tian Wei New Energy© Jordan Pouille

Qu’il semble loin le temps du développement nonchalant, quand le solaire chinois n’en était encore qu’à ses balbutiements. En avril 2010, non loin de Chengdu, nous visitions sans entrave le chantier d’une usine baptisée 739. Propriété d’une division de l’Armée populaire de libération, jusqu’alors focalisée sur les semi-conducteurs et les circuits imprimés, elle se lançait elle aussi dans la valse solaire.

A l’extérieur : de nombreux dortoirs, des terrains de basket, une belle route bitumée à quatre voies. A l’intérieur : des dizaines de machines italiennes, suisses, japonaises ou allemandes dernier cri, encore sous plastique. De très jeunes ingénieurs shanghaiens s’amusaient à les apprivoiser. Cette usine nouvelle de polysilicone jouxtait une autre unité de Tian Wei New Energy employant 1000 jeunes ouvriers dociles à 1000 yuans par mois (120 euros), et délestant ses déchets solides dans un terrain vague. L’armée et l’Etat s’apprêtaient donc à entrer en concurrence, sur le terrain du photovoltaïque.

 

A Chengdu, dans les ateliers de la Tian Wei New Energy 
A Chengdu, dans les ateliers de la Tian Wei New Energy© Jordan Pouille

Le temps des regrets ?

A l’époque du sommet de Copenhague contre le réchauffement climatique, fin 2009, certaines ONG financées par des industriels comme The Climate Group, de Tony Blair, ont poussé sans relâche les puissances occidentales à favoriser les transferts massifs de technologies vertes vers les pays en voie de développement prêts à les acheter, sous prétexte de réduire leurs propres émissions de carbone. Ce qui a permis aux industriels chinois d’atteindre très rapidement leurs objectifs de production et d'inonder le marché mondial, aujourd’hui ralenti par la suppression des subventions à l’installation comme en France ou en Grande-Bretagne. 

« Confrontée à la surproduction, l’industrie chinoise, forte de 35 producteurs, devrait n’en conserver que 4 d’ici trois ans », spéculent même des analystes du cabinet Macquarie. Mais c’est sans compter sur le marché domestique naissant du photovoltaïque, désormais officiellement fermé aux investisseurs étrangers. L’Administration chinoise de l’énergie a annoncé une hausse de 50 % des objectifs d’installations de panneaux solaires dans le pays, pour atteindre une capacité de 15 GW d’ici 2015.

Mais pour avoir chamboulé les hégémonies allemande et américaine, le pays peut tout de même se targuer d’avoir garanti l’accès à cette énergie verte au plus grand nombre. Comme en Inde, où l’usage du solaire chinois se généralise à mesure que son prix se rapproche de celui de l’essence.

Les Américains ne sont pas de cet avis. La très officielle Commission américaine pour le commerce international vient de reconnaître que l’industrie solaire chinoise, par ses subventions étatiques massives, avait sciemment violé les règles de l’Organisation mondiale du commerce et mis en péril sa propre industrie. Craignant des sanctions fiscales imminentes de la part de l’administration Obama, les bureaux de représentation aux Etats-Unis des fabricants solaires chinois tentent coûte que coûte d’importer une quantité optimale de leurs marchandises.

Le 21 décembre, le géant Suntech Power a déposé 77 containers de panneaux solaires sur le sol américain. Du jamais vu. Trina Solar, un autre fabricant chinois, lui aussi d’Etat, dopait ses livraisons de 209 % en décembre. Et tous deux s’apprêtent à louer des hangars de stockage supplémentaires, laissant présager de nouveaux arrivages.

 

Installation d'une éolienne à Tianjin 
Installation d'une éolienne à Tianjin© Jordan Pouille

Cette prise de conscience tardive de l’Occident, désemparé face à son industrie solaire sinistrée, pourrait bien s’élargir au secteur éolien, qui emprunte le même chemin.  Propriété de l’Etat chinois, Sinovel vient de vendre 23 éoliennes au Brésil et devra honorer des commandes en Australie, en Grèce, en Irlande ou dans le Massachusetts, avec pour objectif de dominer le marché mondial d’ici 2015.

Dans le même temps, l’espagnol Gomesa délocalise 70 % de sa production d’éoliennes vers la Chine, pour diminuer ses coûts de production. Le danois Vestas, leader historique de l’éolien, est passé de 180 millions d’euros de bénéfices en 2010 à 60 millions d’euros de pertes l’année suivante. Et il vient d’annoncer 2335 suppressions d’emplois…

 

 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 14:51
Laurent Pinsolle - Blogueur associé | Jeudi 26 Janvier 2012 à 15:01

 

Le protectionnisme est au coeur des débats de la campagne présidentielle. Certains le défendent corps et âmes tandis que d'autres restent sceptiques. Laurent Pinsolle, blogueur associé de Marianne2, propose une étude de cas : le protectionnisme au Brésil. Un des seuls pays qui monte encore la pente au lieu de la dégringoler à toute vitesse.




« The Economist » avocat du protectionnisme

C’est un des immenses paradoxes de l’hebdomadaire libéral britannique. Bien qu’il ait été fondé par opposition à des lois protectionnistes et qu’il soit un avocat infatigable et dogmatique du libre-échange, il donne sans cesse des exemples des bienfaits du protectionnisme. Dans un récent papier sur les pratiques protectionnistes du Brésil à l’égard de la Chine, il est à nouveau revenu sur les mesures prises par Dilma Rousseff vis-à-vis du marché automobile.

Dans un papier récent, j’avais évoqué, déjà grâce à The Economist, que, suite à une augmentation de la part des véhicules importés de 16 à 23 % du marché, le Brésil avait décidé d’imposer des droits de douane de 30 % pour tous les véhicules extérieurs au Mercosur. Dans ce nouveau papier, l’hebdomadaire libéral détaille davantage les mesures prises. Tout d’abord, ces taxes s’ajoutent, portant jusqu’à 55 % les droits de douane sur les véhicules importés !
 
Ensuite, le Brésil a l’intelligence d’imposer ce taux en fonction de la part de composants issus du pays (65 %) pour éviter que les constructeurs se contentent d’assembler des pièces venant de Chine. Mieux, depuis l’annonce de ces mesures, pas moins de trois constructeurs étrangers (BMW, Jaguar Land-Rover et JAC, un constructeur chinois) ont annoncé la construction d’une usine au Brésil pour contourner ces droits de douane, ce qui va apporter de la croissance au pays.

Leçons pour la France et l’Europe

Bref, loin de parvenir à démontrer que le libre-échange est la seule solution, l’ensemble du papier de The Economist est un plaidoyer involontaire pour le protectionnisme. Encore mieux, Brasilia parvient à restreindre les importations chinoises tout en ayant un excédent commercial avec ce pays, du fait des exportations de matières premières. En fait, comme un écho à notre campagne présidentielle, le gouvernement brésilien veut protéger son industrie.
 
C’est le déficit commercial sur les produits industriels et le fait que la croissance de la production industrielle soit plus basse que celle du PIB qui pousse les dirigeants brésiliens à vouloir rééquilibrer leurs échanges. Dilma Rousseff et son équipe ne considèrent pas normal que le pays dépende tant d’importations, facteur de déséquilibres économiques. C’est ainsi qu’elle a aussi pris des mesures pour pousser Foxconn à produire des Ipad localement en taxant ceux venant de Chine.
 
Sachant que le PIB de la France est encore supérieur au PIB du Brésil et bien plus que celui de l’Argentine, qui pratique largement le protectionnisme, il serait parfaitement possible pour Paris de prendre des mesures similaires, non seulement pour protéger nos industries encore présentes, mais aussi pour permettre une réindustrialisation dans des domaines où nous ne sommes plus présents. C’est aussi ce que continuent à faire les pays asiatiques, notamment dans l’automobile.
 
Naturellement, les tenants du libre-échange vont peindre ce débat en noir et blanc entre les méchants protectionnistes et les gentils libre-échangistes. Pourtant la réalité démontre chaque jour davantage qu’un protectionnisme intelligent est un préalable indispensable à la croissance.

Retrouvez Laurent Pinsolle sur son blog.

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 14:50
Lisa Vignoli - Marianne | Mercredi 25 Janvier 2012 à 21:10

 

S'il perdait l'élection présidentielle, on ne verrait plus jamais Nicolas Sarkozy devant un journaliste. Pour l'heure c'est plutôt l'indigestion qui nous guette. Dimanche soir, à l'heure du dîner, c'est sur six chaines de télévision que l'on pourra assister à une allocution du vrai-faux candidat Sarkozy pour annoncer des mesures. De quoi agacer l'opposition et poser la sempiternelle question : qui s'adresse aux Français, le président ou le candidat?



Abattu ? Donné perdant ? Quasi-retraité de la politique en début de semaine ? Que l’on se rassure ! Nicolas Sarkozy aura de quoi se sentir ragaillardi dès dimanche soir. Pas moins de six chaînes télévisées lui consacreront une heure d’interview de 20h15 à 21h15. Ou comment rendre le président inévitable, à 3 mois de la présidentielle, en retransmettant en direct son allocution sur TF1, France 2, I-Télé, BFM TV, LCI et les chaines parlementaires.
A croire que les deux chaines habituelles ne suffisaient pas. Aux Claire Chazal et Laurent Delahousse pour TF1 et France 2, sont ainsi venus s’ajouter les journalistes économiques François Lenglet et Jean-Marc Sylvestre de BFMTV et i>Télé pour interviewer Nicolas Sarkozy.

Reconnaissons-le, ce n’est pas la première fois que nous aurons l’occasion de dîner avec lui. En cinq ans de mandat les interventions télévisées de Nicolas Sarkozy sont devenues quasi-rituelles (pas moins de 14 émissions depuis le début de son mandat soit une tous les trois mois et demi selon Slate.fr. ).

Rien d’étonnant donc. Mais celle-ci laisse un goût amer chez les autres candidats à l’élection présidentielle. A moins de cent jours du scrutin, le président de la République monopolisera six chaines de télévision pour annoncer un « ultime paquet de réformes important » dont la création d’une TVA sociale. Une sorte de reprise en main de la campagne déguisée en allocution officielle qui a conduit le député PS Didier Mathus -pour qui « cette confiscation sans précédent des canaux de télévision, à l'heure de plus grande écoute, en période électorale, soulève un grave problème »- à réclamer une réunion d’urgence du CSA en réponse à cette «atteinte à l’équité de traitement entre candidats ».

Pour autant, et c’est là l’armure de protection du président surexposé, Nicolas Sarkozy ne s’est, comme chacun sait, pas encore déclaré candidat. Est-ce une condition suffisante pour justifier cette surexposition médiatique ? Le CSA, en tout cas, devra se prononcer.
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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 14:47
Greek crisis - Blogueur associé | Jeudi 26 Janvier 2012 à 12:01 |is

 

« Traîtres, votre heure arrive » : l'un des nombreux messages adressé par le peuple grec à son gouvernement reflète les tensions actuelles dans le pays — qui vont crescendo. Le blogueur Panagiotis Grigoriou compare les séismes actuels en Grèce au climat socio-économique, qui se détériore un peu plus chaque jour. Et si la terre tremble, sans doute cela est-il symptomatique d'une situation qui pourrait devenir explosive.



(Zone sismique en Grèce - Wikimedia - Alun Salt - cc)
(Zone sismique en Grèce - Wikimedia - Alun Salt - cc)
Ces derniers jours Santorin tremble. Une vingtaine de secousses de faible intensité certes, mais depuis hier les habitants se disent inquiets. On rapporte que par endroits, la mer devient rouge, signes que le volcan en face dans la baie, se réveille. Les scientifiques aux centres de recherche athéniens se disent rassurants, mais qui les écoute vraiment ?
 
Papandréou, Papadémos, et bien d'autres, nous rassurent depuis deux ans. Les tenants de la zone euro en font de même, sommet après sommet. Bruxelles, Paris, Cannes et Berlin. Qui peut encore croire ? Les dépêches incessantes sur les négociations sur la dette nous fatiguent de plus en plus. Et toutes les autres nouvelles annoncent des catastrophes. L'hypoglycémie du bonheur devient chronique, et nous rend alors nerveux ou amorphes. Même la plus forte éruption solaire depuis 2005 de ce mardi est commentée comme il se doit, dans le bus : « Qu'elle brûle tout sur terre, il y' en a marre... ».
 
Mais entre temps, certains travaillent encore, payés ou pas, se demandant s'ils arriveront au travail sains et saufs. Le système automatisé d'aiguillage, de notre seule ligne de RER, n'a pas attendu le soleil pour se désintégrer. Les derniers cheminots sur place, ont reçu l'ordre par leur direction d'évacuer les lieux.

Retour à l'ancien système, aiguillage manuel, crayons et petits bouts de papier. Trois incidents cette dernière semaine, ont fini par emporter notre dernier modernisme en la matière. Le déraillement d'une rame à la gare de Métamorphosis ne s'est pas transformé en accident seulement grâce au sang froid du machiniste. Manque de moyens, manque de personnel, vols à répétition sur le cuivre du réseau ferré, ... voilà comment, un investissement qui a coûté 20 millions d'euros au contribuable grec et euro-unionnais se perd, au détriment des tous.

Une économie en crise

Selon le reportage du journal To Vima , ce système automatisé d'aiguillage comportait également une autre faille, et ceci dès le départ. Lors de certains travaux effectués par Alstom, un câble — fibre de très haute technologie posé par Siemens et lié au télécommandent — a été percé par erreur, il y a un moment déjà.

La société Alstom a proposé sa réparation, mais Siemens a refusé catégoriquement toute intervention sur ses acquis technologiques, menaçant même de poursuites. La vraie réparation n'a jamais eu lieu, contribuant ainsi à la vulnérabilité du système. Tout vient de loin nous semble-t-il, car on vient d'apprendre que « Alstom figure mardi après-midi parmi les plus fortes baisses du CAC 40, chutant de 4,5% à 28,3 euros dans le sillage de son concurrent allemand Siemens, dont le titre cède plus de 3% à 75,9 euros à Francfort».

En France, avant que « la politique européenne de la France, fondée plus que jamais sur l'axe franco-allemand mais renégociée, à entendre François Hollande, [n']ouvrira une nouvelle page» (Philippe Bilger, 23/01/2012 ), il conviendrait de faire un petit tour du côté des câblages à l'automatisation du RER athénien, et de ses … désaxés franco-allemands
 
C'est bien connu. Tout système devient tôt ou tard vulnérable. Notre Acropole a en a vu tellement, sous ses remparts. Là justement, où un vieux monsieur handicapé fait la manche, recroquevillé dans son fauteuil roulant et dans l'indifférence. Cette dernière aussi en effet, tend à devenir systémique.

Au marché central de la ville, entre volaille, poisson et autres têtes d'agneau vendues cinq euros les quatre, il y a deux restaurants bon marché, ouverts 24h sur 24, et en plus, excellents.
« Non monsieur, notre chiffre d'affaires n'est pas en baisse car nous servons de la qualité populaire comme toujours, établissement existe ici depuis 1898. Seulement voilà … nous servons de plus en plus de repas gratuits à ceux qui viennent et qui ont faim. Ne pensez pas aux clochards, non, ce sont des gens comme vous et moi, dignes mais affamés … nous n'avons pas le droit de ne rien faire, nous vivons tous une catastrophe », explique le patron du restaurant.
 
Dans toute agglomération, nous voyons se multiplier ces ombres humaines, les pousse-caddies de l'après consommation, caddies pleins d'un amas hétéroclite dans la récupération. Chaque dimanche surtout : ce qui n'est pas vendu au recyclage est proposé, tantôt au centre ville, tantôt à la périphérie, voire sur le Pirée. Une économie de la crise émerge davantage, cohabitant encore avec le temps des soldes. Souvent, la marchandise est volée et de temps à autre, la police intervient comme dans un laboratoire. Un échantillon alors suffit.

Le retour des petits producteurs dans la rue

Sur la place de la Constitution sans indignés, les correspondants de la presse posent leurs cameras et laissent couler le temps. Tout comme ce nouveau mendiant, devant le passage piéton. À l'intérieur de la station centrale du métro, sous la même place, on a installé des stands temporaires où des producteurs locaux vendent comme ils peuvent, faisant la promotion directe de leur denrées de qualité. Parmi les passants, certains goûtent sans acheter, d'autres en achètent heureusement.
« La situation est difficile désormais pour nous, nous sommes présents ici, pour nous faire connaître durant ces quatre jours, mais pratiquement la moitié de notre gain ira à la location des stands», souligne une dame, représentant Gardiki et sa coopérative féminine, une localité montagnarde de la région de Trikala au centre du pays.

Préoccupé par la situation mais souriant, un poly-producteur de Leros, nous fait voyager sur son île, rien que par le goût, car nous ne pouvons plus lui rendre visite sur l'archipel si facilement. Il le sait. Les nouvelles normes euro-maritimes sur la teneur en souffre du gasoil des navires, risquent d'apporter le coup de grâce à nos lignes Égéennes. Pour une fois, tout le monde semble tomber d'accord avec les armateurs. D'autres encore, ironisent sur nos … pauvres armateurs, mais de toute façon, les soucis sont bien réels.

Les paquebots rapides, genre F/B Nissos Mykonos, ont été remplacés par des navires plus lents et vieux. En arrière toute. De surcroit, notre pétrole vient en bonne partie d'Iran, et l'embargo sur ce pays n'arrangera pas nos affaires économiques, bientôt le SP 95 sera à deux euros, préviennent les professionnels de la branche, pompistes en tête, ce matin à travers la presse.

Le gouvernement dénigré par tous

Simitis, le Premier ministre (P.S.) de l'euro, du banquier Papadémos, de The Goldman Sachs Group, Inc. et du scandale Siemens — ces millions d'euros, versés par la compagnie à ces ministres et autres serviteurs de la politique grecque —, eh bien, cet homme, vient de déclarer depuis Berlin que le Mémorandum fut … une « erreur politique fatale ». Invité lors d'un colloque à la fondation Heinrich Boll, tout comme Daniel Cohn-Bendit, Simitis s'est fait huer comme toujours désormais, à chaque déplacement de sa caste dirigeante. «Traîtres, votre heure arrive» peut-on lire sur la pancarte accompagnant une potence, apparue il y a quelques récemment à Gerakas, dans la banlieue d'Athènes.

En effet, la décomposition chez les politiques est en cours. Anna Diamantopoulou, depuis son ministère d'ex-Education Nationale, souhaite « la transformation du cabinet Papadémos en gouvernement de salut national, sans date de péremption». Au même moment presque, Maria Alifrangi, enseignante du Primaire titulaire, vient de déposer sa lettre de démission, la rendant publique à travers Internet. «Je ne veux plus servir un gouvernement et un régime de traîtres qui assassinent notre peuple. Mon mari a été ainsi assassiné par ces gouvernants, il est au chômage».
 
Chrysochoidis, ministre P.S. parmi les papandroïdes, déclare à la presse qu'il « n'a pas lu le Mémorandum … car il n'a pas eu le temps, mais il l'a tout de même approuvé au "Parlement" ».
Loverdos, autre ministre serviteur de la Troïka, se dit inquiet, car on commence à divulguer des informations sur la famille Papandréou, les tenants et les aboutissants, les entreprises du frère Nikos (frère de Georges Papandréou), de l'enrichissement présumé du clan Papandréou, supposé lié à sa haute trahison, c'est à dire surtout, la machination qui a emmené le FMI en Grèce. «Si on touche à Papandréou, je crains alors qu'il y aura un vrai massacre à travers la Grèce».
 
On prétend alors depuis deux heures que Georges Papandreou, depuis le Costa Rica — où il se trouve dans le cadre institutionnel de l'internationale «socialiste» (sorte d'ONG semble-t-il, bien financée) — se dit aussi ignorant du Mémorandum car «étant alors premier Ministre, [il n'a] pas eu le temps de lire le Mémorandum non plus». Un comble si c'est vrai.

Mais nous ne sommes plus à notre premier … comble. Nos jeunes comédiens exercent leurs talents dans la rue, et nos vieux politiciens à la Vouli, le « Parlement ». Seulement, quelqu'un a voulu rayer de notre topographie symbolique, la rue du Parlement, utilisant un spray rouge. Rouge, comme la mer à proximité du volcan de Santorin. Séismes précurseurs ?
 
Retrouvez Panagiotis Grigoriou sur son blog.

 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 13:48

 

Journal officieux 26/01/2012 à 15h01
François Krug | Journaliste Rue89

Des déclarations de patrimoine oubliées, des prêts difficiles à contrôler, une justice qui classe tous les dossiers : la Commission pour la transparence financière de la vie politique perd patience. Elle réclame que les élus concernés soient déclarés inéligibles, comme le prévoit la loi.
Qui contrôle quoi ?
  • Elus et dirigeants d'entreprises publiques : ils doivent déclarer leur patrimoine à la Commission pour la transparence financière de la vie politique.
  • Président de la République : il remet sa déclaration au Conseil constitutionnel.
  • Ministres : leurs déclarations de patrimoine et d'intérêts doivent être rendues publiques sur Internet.
  • Parlementaires : ils devront aussi déclarer les éventuels conflits d'intérêts aux déontologues de l'Assemblée nationale et du Sénat.

Cette sanction radicale aurait dû s'appliquer à pas moins de 13% des sénateurs, 9% des conseillers généraux et même 25% des conseillers régionaux, 199 élus au total. Ils étaient censés remettre à la Commission une déclaration de patrimoine au début puis à la fin de leur mandat, dans un délai de deux mois.

Une obligation destinée à repérer les enrichissements douteux, et prise à la légère par une partie des intéressés. La Commission, qui réunit des magistrats de la Cour de cassation, de la Cour des comptes et du Conseil d'Etat, est lassée de devoir réclamer ces documents.

Dans son dernier rapport, publié mercredi au Journal officiel, elle lance donc un avertissement : désormais, elle réclamera « systématiquement » l'application de la loi aux retardataires, c'est-à-dire leur inéligibilité, prévue depuis 1988, et une amende de 15 000 euros, prévue par une loi votée en 2011.

Le rapport, qui ne fournit aucun nom d'élu concerné, met en lumière d'autres pratiques douteuses... mais aussi les pouvoirs limités de la Commission. Celle-ci aimerait ainsi pouvoir se pencher sur les prêts dont bénéficient certains élus :

  • des prêts de l'Assemblée nationale ou du Sénat : chacune des deux assemblées peut accorder des prêts à ses membres, mais la Commission se juge démunie pour vérifier « [leur] objet ou [leurs] conditions d'attribution » ;
  • des prêts personnels  : certaines déclarations de patrimoine font état de prêts sans intérêts et jamais remboursés, et qui, faute d'explications de la part des bénéficiaires, seraient « susceptibles dans certains cas de révéler des infractions pénales, telles que des abus de confiance, des abus de biens sociaux ou des recels ».

La justice a classé tous les dossiers

Lorsque les explications fournies laissent encore planer le doute, la Commission le signale à la justice, pour obtenir l'ouverture d'une enquête. Elle l'a fait douze fois depuis sa création en 1988, sans aucun résultat :

« 100% des saisines du parquet ont donné lieu à de tels classements. S'il est vrai qu'un enrichissement inexpliqué ne constitue pas par lui-même un délit, un tel résultat n'en est pas moins clairement décevant. »

Les magistrats qui composent la Commission ne cachent pas un certain découragement. D'autant qu'ils aimeraient se pencher sur des zones grises jusqu'ici inexplorées :

  • le patrimoine des proches des élus : la Commission veut pouvoir examiner celui des conjoints et des enfants mineurs, pour éviter « les stratégies de contournement » ;
  • les indemnités des parlementaires : ceux-ci bénéficient d'une « indemnité représentative de frais de mandat » – 6 400 euros par mois pour les députés –, mais rien ne les oblige à reverser l'argent qu'il n'aurait pas utilisé ; selon la Commission, cela permet d'empocher, sur la durée d'un mandat, entre 1 400 euros et... 200 000 euros.

 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 13:42

 

Face aux riverains 25/01/2012 à 20h20

Rue89

Invitée de Rue89, la présidente du Front national décrit son monde idéal : une France sans regroupement familial et dans laquelle les flics seraient moins timides.

Marine Le Pen à Rue89 (Audrey Cerdan/Rue89)

 

Marine Le Pen est arrivée, ce mercredi matin, directement après une interview à la radio. Chauffée. « Un tour à France Inter, rien de mieux pour comprendre pourquoi on se bat », dit-elle dans les escaliers. On comprend qu'elle pense à la bien-pensance, au mépris des bobos de gauche qui peuplent selon elle les médias. Comme les autres personnalités reçues dans le cadre de nos « Face aux riverains », la candidate du FN a passé une bonne heure dans nos locaux.

Ces jours-ci, tout le monde l'interroge sur la crise de l'euro. Elle admet que cela impliquerait probablement la mise en place d'un contrôle des changes, « tant que cela sera nécessaire ». Pour éviter la fuite des capitaux. Elle affirme que le franc vaudra, après dévaluation, « comme le dollar ».

Ce « centre d'incitation à l'avortement »

Elle est moins catégorique sur ce qui n'est pas évoqué dans sa plateforme présidentielle : elle envisage toujours un déremboursement de l'IVG et de mettre au pas le Planning familial, ce « centre d'incitation à l'avortement », « en lui donnant des instructions ».

« Je dis, s'il y a un choix à faire, s'il y a vraiment des économies à faire, l'avortement est quelque chose qu'on peut éviter après tout, il y a des modes de contraception qui permettent d'éviter d'avoir une grossesse non désirée. Si j'ai un choix à faire, je vais l'assumer. »

« L'asile, c'est devenu n'importe quoi »

Elle compte réduire l'immigration légale à 10 000 personnes. Elle veut stopper toute immigration du travail (« aucun sens ») et renoncer au regroupement familial. Une majorité d'étudiants (ils étaient 66 000 à entrer en France en 2010) et un peu d'asile politique mais avec des critères plus fermes.

« Aujourd'hui, c'est devenu n'importe quoi. Les réclamations sortent totalement des critères du droit d'asile, qui existent depuis toujours.

Les dissidents soviétiques, les poètes ou écrivains maudits dans leur pays... Ce n'est plus du tout ça. Le droit d'asile est détourné par une immigration économique. »

Réarmer moralement les policiers

Dans le monde de Marine Le Pen, les policiers sont toujours malmenés par les délinquants. C'est d'un « réarmement moral » (« shoot » d'ego) dont ils ont besoin, avec la mise en place d'une présomption de légitime défense :

« On est dans une situation où, dès qu'il y a une arrestation, le policier est convoqué devant sa hiérarchie pour s'expliquer, pour se justifier, parce qu'il est accusé par le délinquant ou le criminel d'avoir dit ceci, d'avoir fait cela. Les policiers ont presque peur de faire leur métier maintenant, et on en arrive à des drames. »

Marine Le Pen nous a confirmé qu'elle interdirait les manifestations de soutien aux sans-papiers.

Pas le temps de télécharger illégalement

Plus anecdotique, nous avons appris que :

  • Marine Le Pen aimait vivre avec sa famille et « près de son père » à Saint-Cloud. Ses enfants sont au collège public, « pas à l'Ecole alsacienne » ;
  • elle n'a pas envie de payer des impôts quand elle sait que cela contribue au financement du salaire de Laurent Ruquier ;
  • elle ne sait pas quel est le montant de sa facture d'eau, parce que c'est une SCI qui la paye ;
  • Elle est une vraie libertaire du Web. Mais elle ne télécharge pas, parce qu'elle n'a « pas le temps ».
  1. La préférence nationale, « ce n'est pas du tout de la xénophobie »
  2. « Je me moque de savoir de quelles origines sont les Français »
  3. « La seule qui n'a pas la liberté de parole, c'est moi »
  4. « Les policiers ont presque peur de faire leur métier »
  5. « Je suis extrêmement chauvine »
  6. « Plutôt rembourser les médicaments pour les personnes âgées que l'IVG »
  7. « Il ne s'agit pas d'envoyer les femmes à la cuisine ! »
  8. Les jeunes et les « usines à fabriquer des mégots » du PS
  9. « Si je suis élue, le franc vaudra comme le dollar »
  10. « Je suis gaullienne, je suis le chef des non-alignés »
  11. « Se priver des écoutes judiciaires serait une absurdité »
  12. « Avec les menottes vers le tribunal de la pensée »
  13. « Arrêtons de traiter les internautes comme des criminels »
  14. « Personne ne m'influence ! Personne ! »
  15. « Nous avons quelques œufs pourris »
  16. « Je ne vis pas hors-sol »

Cosette : Vous qui êtes pour la préférence nationale, approuvez-vous la politique de Viktor Orban en Hongrie à l'égard des Roms ?

Marine Le Pen : Je ne vois pas le rapport entre les deux questions en l'occurrence. La préférence nationale est un concept, d'ailleurs appliqué dans d'autres pays, qui consiste à donner aux nationaux une priorité d'accès à l'emploi et au logement par rapport à celui qui n'a pas la nationalité. Cette mesure de patriotisme social est souvent présentée à tort, et volontairement à tort, comme une sorte de mesure ethnique, comme si c'était les Français de souche contre les Français d'origine étrangère. Il n'y a rien de plus faux que ça. C'est un mensonge, je dirais même que c'est une diffamation. Tous les Français, tous ceux qui ont une carte d'identité, ont le droit d'avoir une priorité de traitement dans leur pays par rapport aux autres.

Pour information : le Maroc applique ces mesures, la Suisse également. Même au sein de la France [sic] – ce qu'on sait moins –, la principauté de Monaco applique depuis de très nombreuses années la préférence monégasque. Quand vous êtes citoyen monégasque, vous avez une priorité d'accès à l'emploi et au logement. A compétences égales, évidemment. S'il n'y a personne de la nationalité pour remplir une fonction parce que [personne] n'en a les compétences, un autre peut être embauché. C'est une priorité, pas une exclusivité.

Rue89 : Et la politique de Viktor Orban ?

Une des raisons majeures de la montée en puissance de l'Union européenne contre monsieur Orban, ce ne sont pas du tout ces affaires-là. Ce qui inquiète l'UE, c'est la volonté de monsieur Orban d'avoir un lien direct avec sa banque centrale. Je pense qu'une banque centrale nationale est un élément de la souveraineté nationale. En cela, monsieur Orban a raison.

 


Marine Le Pen à Rue89 (Audrey Cerdan/Rue89)

 

Rue89 : Oui mais sur son traitement des Roms ?

C'est-à-dire ?

Rue89 : Il propose de créer des camps de travail pour les personnes qui touchent des prestations sociales mais ne travaillent pas. Les Roms seraient concernés.

C'est marrant, ça me rappelle une proposition UMP, qui voulait faire travailler ceux qui touchaient des allocations chômage. Monsieur Orban a dû partir chercher son inspiration dans le programme UMP. Ce n'est pas très étonnant puisque monsieur Orban appartient au groupe [Parti populaire européen, PPE] au Parlement européen, le même groupe politique que l'UMP. C'est assez normal qu'ils aient une vision commune.

Rue89 : Et sur le travail contre prestations sociales ?

Je me suis déjà exprimé sur le sujet. Je trouve que c'est malhonnête de proposer ça au moment où il y a 5 millions de chômeurs [selon les chiffres publiés ce mercredi, on dénombre 4,5 millions de demandeurs d'emploi, fin 2011, outre-Mer compris et toutes catégories confondues, ndlr], où il n'y a pas d'emploi. Le rôle de l'Etat, c'est de créer de l'emploi, de mettre en place les conditions de contexte économique pour atteindre le plein emploi. Dire que ceux qui sont au chômage sont des gens qui profiteraient des allocations chômage me semble profondément injuste. On sait qu'il y a des gens qui profitent du système mais l'immense majorité sont des victimes du chômage.

Pascal : Avec la préférence nationale, quelles prestations seraient supprimées pour les étrangers ?

D'abord, les allocations familiales, parce que c'est un effort fait par la collectivité dans le cadre d'un investissement pour la natalité. Donner des allocations familiales pour aider à faire des enfants qui peut-être partiront de France parce qu'ils n'ont pas la nationalité française apparaît absurde et contraire au sens des allocations familiales.

Deuxièmement, on va supprimer l'AME, l'aide médicale de l'Etat, qui bénéficie aux clandestins et commence à devenir une pression financière insupportable. Entre 700 et 800 millions d'euros servent à soigner des clandestins, pas uniquement dans des situations où ils risquent leur vie – évidemment, il faut soigner les gens quand ils sont en danger vital – mais aussi à prendre en charge les lunettes, les dents, etc [La prise en charge, dans la limite de la sécurité sociale, ne permet pas un remboursement effectif des frais de lunettes et des prothèses dentaires, ndlr].

Ce que nous ne pouvons même plus faire pour nos propres compatriotes, pour les Français qui ont cotisé toute leur vie. Un tiers des Français renoncent à se soigner parce qu'ils n'en ont plus les moyens.

J'assume cette priorité. En tant que candidate à la présidentielle et présidente de la République, on a un devoir à l'égard des siens et je veux, compte tenu de la situation difficile de nos finances, réserver l'effort national d'abord aux miens. Si après je peux être généreuse, je le ferais mais aujourd'hui, on ne peut plus être généreux.

Suppression de l'aide médicale de l'Etat

Salmuek : Vous voulez abroger l'aide médicale pour les étrangers sans-papiers. Sachant que nous partageons le même territoire et que les virus circulent, n'est-ce pas une absurdité médicale absolue ?

C'est l'argument qu'on nous sort en permanence. Ces problèmes viraux ne représentent peut-être que 0,1% des soins apportés aux clandestins. Ce qui est choquant, c'est la différence de traitement. Quelqu'un qui est clandestin, donc qui a déjà violé la loi décidée par le peuple français, a un accès aux soins beaucoup plus large que ceux qui devraient en être les premiers bénéficiaires.

Rue89 : AME et allocations familiales, donc ?

Et l'accès au logement également. Il doit être réservé aux Français. Ce n'est pas du tout de la xénophobie. L'idée, c'est de dire qu'avec 5 millions de chômeurs, 8 millions de pauvres, 1 700 milliards d'euros de dettes et des déficits autour de 150 milliards par an [en 2010, ndlr], on ne peut plus subvenir aux besoins de ceux qui entrent sur notre territoire. Vous êtes étranger, vous pouvez venir en France mais vous devrez subvenir à vos propres besoins.

C'est là toute l'ambiguïté de la politique de Nicolas Sarkozy. D'un côté, il dit lutter contre l'immigration et de l'autre, dans les faits, il laisse entrer 200 000 personnes légalement – je ne parle pas des clandestins – alors qu'on n'a pas les moyens de les loger, de les soigner et d'éduquer les enfants. On n'a pas d'emplois pour eux, on a déjà 5 millions de chômeurs.

Rue89 : Sur ces 200 000 personnes, il y a 100 000 personnes qui subviennent à leurs besoins, qui sont des étudiants étrangers ou viennent avec des visas économiques.

Personne ne subvient à ses besoins puisque le système de protection sociale français est purement égalitaire. Il n'y a aucune différence entre celui qui est étranger en situation légale et celui qui est français.

Rue89 : Oui mais il n'y a pas 200 000 personnes démunies.

Ce n'est pas le problème. Nous payons tous pour des services publics, qui creusent les déficits. C'est honnête de dire qu'on n'a plus les moyens de mener cette politique généreuse. Qui est d'ailleurs une générosité un peu contrainte puisqu'on aurait pu demander aux Français par referendum ce qu'ils pensent de ce sujet.

 

 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 13:37

LEMONDE.FR avec AFP | 25.01.12 | 15h25

 
 

 

Près de 2 500 postes d'enseignants Rased vont être supprimés à la rentrée 2012.

Près de 2 500 postes d'enseignants Rased vont être supprimés à la rentrée 2012. F.Béguin/LeMonde.fr


Près de 2 500 postes d'enseignants Rased vont être supprimés à la rentrée 2012, a déploré mercredi 25 janvier le SNUipp-FSU, principal syndicat des écoles. Les réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) rassemblent des psychologues scolaires et des professeurs des écoles spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire.

Il s'agira de 2 500 suppressions de postes sur les 5 700 prévus en primaire dans le budget 2012, pour un total de 14 000 dans l'éducation nationale. Ces suppressions vont s'ajouter "aux 2 500 emplois de Rased déjà effacés entre 2008 et 2011. En cinq ans, ce sera donc près d'un tiers de l'effectif total des Rased qui aura disparu des écoles", selon le syndicat.

 

"A la rentrée, ce sont plus de 125 000 élèves supplémentaires qui seront privés des aides spécialisées indispensables à leur réussite scolaire. Comment prétendre dans ces conditions lutter contre l'échec scolaire ?", interroge le syndicat.

Outre les Rased vont être supprimés des postes de remplaçants, d'assistants de langues vivantes, de conseillers pédagogiques et de maîtres formateurs, tandis que des fermetures ou des non-ouvertures de classes vont entraîner une hausse du nombre d'élèves dans les classes, selon le SNUipp, qui a appelé à "101 grèves et manifestations" au niveau des départements quand seront précisées les répartitions des postes supprimés.

 

 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 13:31

 

Le Monde - 25 janvier 2012

 

Posée sur la table basse du salon, une affichette annonce la couleur : "Vous avez le droit de vous indigner". Dans quelques heures, Mathieu, 34 ans, ira en coller des semblables sur les murs de Dunkerque avec ses deux frères, Romain, 32 ans,  et Stanislas, 29 ans. Ils ont tous trois l'âge où la vie devient généralement plus facile, plus confortable. Mais eux sont toujours à la recherche d'un emploi. "Je lutte contre cette culpabilité d'être au chômage et d'habiter encore chez mes parents à 29 ans, explique Stanislas. Parce que dans le fond, cette culpabilité n'a pas de sens."


Stanislas, Romain, Mathieu. © Elodie Ratsimbazafy

Stanislas, Romain, Mathieu. © Elodie Ratsimbazafy

 

Quelques jours plus tôt, mardi 17 janvier, au petit matin, un masque sur le visage, ils portaient tous trois un cercueil en carton pour enterrer symboliquement l'emploi lors de la première "marche funèbre" des indignés dunkerquois. Pour l'occasion, leur mère, Danielle, 67 ans, avait même défilé avec eux jusqu'à l'agence Pôle Emploi de Bazennes. C'est d'ailleurs elle qui les avait "un peu poussés" à rejoindre le mouvement en décembre, trois semaines après sa création, "parce qu'après nous avoir payé des études, elle trouvait incroyable qu'on se retrouve à galérer", rappelle Mathieu.

Romain et Mathieu sont titulaires d'un Deug de sociologie et d'un diplôme d'anthropologie sociale (licence pour l'un, maîtrise pour l'autre). "Mes parents disaient : 'fais des études, va loin, et avec ça, tu auras du boulot'. Au final, c'est l'inverse, raconte Romain. Ce qui est dommage, c'est qu'il n'y ait pas de débouchés dans les cursus trop intellectuels. Si on avait fait une licence pro, on aurait sans doute du boulot aujourd'hui". "C'était un diplôme un peu théorique, qui ne me sert pas à grand-chose, reconnaît de son côté Mathieu. Je pensais qu'un bac + 4 m'ouvrirait plus de portes."

Son contrat de surveillant dans un collège (25 heures par semaine pour 642 euros par mois) n'ayant pas été renouvelé, Mathieu sera au chômage fin février. Sans illusions car sans expérience dans ce secteur, il est déjà en train d'envoyer des CV et des lettres de motivation pour travailler dans des structures associatives d'aide aux plus démunis. Romain, après avoir été surveillant dans un lycée pendant trois ans, touche aujourd'hui 450 euros par mois des Assedic et s'occupe bénévolement d'une association qui organise des soirées électro. "Ça fonctionne bien, mais il manque 3000 euros pour me créer un poste à l'année."


Dans l'appartement de Mathieu. © Elodie Ratsimbazafy

Dans l'appartement de Mathieu. © Elodie Ratsimbazafy

 

Stanislas, le cadet, est lui aussi inscrit à Pôle Emploi et touche 500 euros d'allocation chômage par mois. Titulaire d'un DUT d'informatique, et malgré une formation web complémentaire, il n'a jamais trouvé un contrat pérenne dans la région. Il s'est donc lancé en free-lance dans la création de sites Internet mais les clients se font attendre. "On ne trouve pas de boulot, c'est pour ça qu'on crée nos propres jobs. On n'est pas d'accord avec la société dans laquelle on vit donc on essaye de faire ce qui nous paraît le plus utile et le plus juste."

Stanislas vit encore chez ses parents. "Et même si cela me plairait d'avoir mon indépendance, cette situation a aussi des avantages. Je me raisonne comme ça", dit-il.  Romain, lui, "se retrouve à manger chez eux pratiquement tous les jours." Quant à Mathieu, il ne se sent "pas vraiment indépendant" et avoue "avoir du mal à imaginer l'avenir". Mais tous trois reconnaissent que leurs "galères" de recherche d'emploi ont plutôt tendance "à souder" la cellule familiale.

"Du fait qu'ils sont un peu plus dans le besoin, ils viennent nous voir plus souvent, explique Danielle, leur mère, retraitée de la sécurité sociale. On les aide pour l'alimentation, la voiture, et même les vêtements.  On a diminué notre budget loisirs parce qu'on ne peut pas partir en vacances avec nos enfants dans une situation pareille." Mathieu est tout de même un peu amer  : "Avant, je m'imaginais que c'était moi qui allait gagner des sous pour pouvoir en donner à mes parents, pour les remercier."


Les trois frères se reconnaissent dans le mouvement des "indignés" qu'ils ont rejoint quelques jours après sa création à Dunkerque. © Elodie Ratsimbazafy

Les trois frères se reconnaissent dans le mouvement des "indignés" qu'ils ont rejoint quelques jours après sa création à Dunkerque. © Elodie Ratsimbazafy

 

Respectivement batteur, guitariste et bassiste, Mathieu, Romain et Stanislas jouent dans le même groupe de musique, "Moalika", du rock fusion, avec pour modèle le groupe Rage Against the Machine. Leur présence chez les "indignés", c'est la concrétisation de leur engagement politique "non partisan" après avoir été déçus par les partis politiques. "On trouve que la société ne va pas dans le bon sens, dit Romain. Nous, on veut placer l'humain au cœur du système. Avec le progrès technique, comment le chômage peut-il être un problème ?" Idéalement, il se satisferait bien d'un boulot à mi-temps. "Tout le monde devrait faire ça. Ce serait le partage du travail."

Cet engagement, ils le partagent avec leur mère. "Nos parents estiment que notre engagement est justifié, raconte Stanislas. Ils ont connu les Trente glorieuses et ils trouvent les jeunes d'aujourd'hui résignés." Danielle se dit effectivement "en colère depuis une dizaine d'années". Et pour 2012, elle a un "un grand espoir". "Si Mélenchon était président, il y a beaucoup de choses qui changeraient. J'espère mais j'ai un peu de mal à y croire." En attendant, "on encourage toujours nos fils dans ce qu'ils peuvent trouver. C'est leur vie qui est en jeu. Nous, notre carrière, elle est derrière nous."


Lors de la manifestation des "indignés" à Dunkerque, le 17 janvier 2012. © Elodie Ratsimbazafy

Lors de la manifestation des "indignés" à Dunkerque, le 17 janvier 2012. © Elodie Ratsimbazafy

 

 

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