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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 14:44

LEMONDE.FR avec AFP | 31.01.12 | 06h23   •  Mis à jour le 31.01.12 | 15h44

 
 

 

Manifestation de stagiaires et formateurs de l'IUFM d'Aquitaine, le 13 février 2009, devant le rectorat de Bordeaux, contre la réforme de la formation des maîtres.

Manifestation de stagiaires et formateurs de l'IUFM d'Aquitaine, le 13 février 2009, devant le rectorat de Bordeaux, contre la réforme de la formation des maîtres.AFP/PIERRE ANDRIEU


Les enseignants sont de nouveau appelés à faire grève et à participer à une "manifestation nationale à Paris", mardi 31 janvier, pour réclamer le retrait du projet de réforme de leur évaluation et dénoncer les 14 000 suppressions de poste de la rentrée 2012. Peu avant 14 h 30, plusieurs milliers d'enseignants commençaient à défiler à Paris, derrière une banderole exigeant le "retrait du projet d'évaluation et l'arrêt des suppressions de postes".

Selon une estimation du ministère de l'éducation nationale, les enseignants du primaire sont 15,55 % à faire grève et ceux des collèges et lycées 12,41 %. Par type d'établissement du secondaire, il y a 15,43 % d'enseignants en grève dans les collèges, 8,72 % dans les lycées professionnels et 9,61 % dans les lycées généraux et technologiques, précise le ministère.

Le projet de réforme de l'évaluation et de l'avancement des enseignants, que le ministère souhaite mettre en œuvre à la rentrée, avait déjà donné lieu à une grève et des défilés le 15 décembre 2011. Sur les 14 000 postes qui doivent être supprimés à la rentrée, 6 550 le sont dans les collèges et lycées et 5 700 dans le primaire.

 

 LE CHEF D'ÉTABLISSEMENT, SEUL ÉVALUATEUR

La mobilisation contre le projet ministériel d'évaluation est appelée par le SNES-FSU (principal syndicat du secondaire), Force ouvrière et le Snalc, et la fronde contre les suppressions de poste par les mêmes syndicats auxquels, le Snuipp-FSU – premier syndicat dans le primaire – s'est rallié.

A Paris, la manifestation est partie à 14 heures de la Sorbonne, en direction de Bastille, mais des défilés sont aussi prévus en province selon le Snuipp. La mobilisation va surtout toucher les collèges et les lycées, le projet de réforme de l'évaluation est en effet ressenti avec davantage d'acuité dans le secondaire, où le chef d'établissement deviendrait le seul évaluateur. Jusqu'alors, les professeurs avaient une double notation : administrative, par le chef d'établissement, et pédagogique, la plus importante, par l'inspecteur régional, formé dans la discipline des collègues qu'il inspecte.

Selon le Snuipp, l'appel à la grève sera suivi dans les écoles primaires de cinquante-deux départements, avec des taux de grévistes s'échelonnant de 10 % (Haute-Corse, Lot) à 65 % dans le Cher. A Paris, il devrait être de 40 %. Les suppressions dans le primaire cristallisent les inquiétudes. Pour le Snuipp, la journée de mardi constitue un "temps fort" et s'inscrit dans le cadre d'un "appel à cent une grèves et manifestations dans toute la France".

 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 14:39

LEMONDE.FR | 31.01.12 | 10h07

 
 

 

Pour construire une maison de 100 mètres carrés de surface habitable, il faut désormais obtenir un permis de construire de 110, 120 voire 130 mètres carrés.

Pour construire une maison de 100 mètres carrés de surface habitable, il faut désormais obtenir un permis de construire de 110, 120 voire 130 mètres carrés.AFP


Séduisante sur le papier, la proposition de M. Sarkozy d'augmenter de 30 % le coefficient d'occupation des sols (COS) voit sa portée limitée par un décret portant sur le calcul des surfaces habitables, paru le 29 décembre 2011 et qui doit entrer en vigueur le 1er mars.

Concrètement, ce décret modifie le calcul de l'emprise au sol des maisons individuelles : il faut désormais inclure tout ce qui dépasse du bâtiment, c'est-à-dire les garages sous abri, les débords de toiture (quatre-vingts centimètres en montagne contre vingt centimètres à Paris), les pergolas, les terrasses couvertes, etc. "Autant de mètres carrés qu'on n'était pas obligés de déclarer auparavant et qui viennent réduire la surface réellement dévolue au logement de nos clients", se désole Patrick Vandromme, PDG de Maisons France Confort, le premier constructeur français de maisons individuelles (570 millions d'euros de chiffre d'affaires).

Autrement dit, pour construire une maison de 100 mètres carrés de surface habitable, il faut désormais obtenir un permis de construire de 110, 120 voire 130 mètres carrés, selon la configuration du projet. Augmenter le COS de 30 %, comme le préconise M. Sarkozy, permettra donc peu ou prou de revenir à la situation antérieure pour les maisons individuelles, mais aucunement de booster l'offre de logement.

Cédric Pietralunga

 


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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 14:33

Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes | LEMONDE.FR | 31.01.12 | 10h44  

 
 

 

Didier Migaud, explique que les magistrats n'ont relevé aucun coût caché, mais que de "nombreuses incertitudes" demeurent sur le démantèlement, la gestion des déchets et la prolongation de la durée de vie des 58 réacteurs d'EDF.

Didier Migaud, explique que les magistrats n'ont relevé aucun coût caché, mais que de "nombreuses incertitudes" demeurent sur le démantèlement, la gestion des déchets et la prolongation de la durée de vie des 58 réacteurs d'EDF.AFP/MEHDI FEDOUACH


Le rapport de la Cour des comptes sur "les coûts de la filière électronucléaire", commandé par le gouvernement en mai 2011, a été publié mardi 31 janvier. Dans un entretien au Monde, son premier président, Didier Migaud, explique que les magistrats n'ont relevé aucun coût caché, mais que de "nombreuses incertitudes" demeurent sur le démantèlement, la gestion des déchets et la prolongation de la durée de vie des 58 réacteurs d'EDF.

Quel est le principal enseignement de votre rapport ?

Le rapport de la Cour rassemble l'essentiel des données disponibles sur les éléments constituant les coûts passés, présents et futurs de la production d'électricité nucléaire en France. J'ajoute que si ce rapport a pu être réalisé dans un temps très court (huit mois), alors qu'il s'agit d'un travail exhaustif et innovant sur les coûts de la filière, c'est parce que la Cour a su se mobiliser, et que tous les acteurs concernés ont "joué le jeu".

Il conclut que tous les coûts futurs sont bien identifiés par les exploitants, mais qu'ils ne sont pas évalués avec un égal degré de précision. De nombreuses incertitudes pèsent, par nature, sur ces estimations et les risques d'augmentation de ces charges futures sont probables. Mais plus que les paramètres de démantèlement ou de stockage ultime, la Cour montre que c'est la durée de fonctionnement des centrales actuelles qui est une donnée majeure, dont l'effet sur le coût de la filière est le plus important.

De lourds investissements sont donc à prévoir ?

Quels que soient les choix retenus, oui, des investissements importants sont à prévoir pour maintenir la production actuelle, représentant a minima un doublement du rythme actuel d'investissements de maintenance. Ce qui fera augmenter le coût moyen de production de l'ordre de 10 %. La Cour souhaite que les choix d'investissements futurs ne soient pas effectués de manière implicite, mais qu'une stratégie énergétique soit formulée et adoptée par le gouvernement, de manière explicite, publique et transparente.

D'ici à la fin de 2022, 22 réacteurs sur 58 atteindront quarante ans de fonctionnement. Dans l'hypothèse d'une durée de vie de quarante ans et d'un maintien de la production électronucléaire à son niveau actuel [74 % de la production d'électricité], il faudrait donc un effort considérable d'investissement à court terme, qui paraît très peu probable, voire impossible, y compris pour des considérations industrielles. Cela signifie qu'à travers l'absence de décision d'investissement, une décision implicite a été prise qui nous engage déjà: prolonger nos centrales au-delà de quarante ans, ou faire évoluer significativement et rapidement le mix énergétique vers d'autres sources d'énergie, ce qui suppose des investissements complémentaires.

Y a-t-il des "coûts cachés", comme l'affirment les mouvements antinucléaires ?

La Cour a vérifié que les charges futures (démantèlement, gestion des combustibles usés et des déchets) sont bien intégrées dans les comptes des exploitants et dans les calculs de coûts. Mais, comme le montant de ces charges n'est pas connu avec certitude, elle a aussi vérifié les conséquences d'une éventuelle sous-estimation de ces coûts : les tests montrent une faible sensibilité du coût global de production de l'électricité nucléaire à l'évolution, même importante, de ces charges.

Enfin, j'insiste sur les éléments qui doivent être pris en compte dans l'analyse de la politique énergétique et la comparaison entre les différentes formes d'énergie. Il peut s'agir d'effets a priori positifs, comme la contribution à l'indépendance énergétique ou les moindres émissions de gaz à effet de serre; ou négatifs, comme l'impact de l'électricité nucléaire sur la santé et le réchauffement des rivières.

Comment expliquer qu'il y ait autant d'incertitudes sur le coût du démantèlement des installations nucléaires ?

Les charges futures sont incertaines "par nature". Les dépenses de démantèlement, c'est-à-dire les dépenses de fin de vie des centrales, sont estimées à 18,4 milliards (valeur 2010) en charges brutes, pour le démantèlement des 58 réacteurs, mais la Cour n'est pas en mesure de valider ce montant en l'absence d'études approfondies. Il n'y a pas d'expériences de démantèlement d'un parc cohérent comme le parc français. Les chiffrages d'EDF sont au bas de la fourchette des comparaisons internationales, qui doivent être prises avec prudence.

En est-il de même pour la gestion des déchets radioactifs ?

Le coût de leur gestion à long terme est estimé à 28,4milliards d'euros. L'estimation est fragile, car le projet envisagé pour l'enfouissement en grande profondeur des déchets à vie longue n'est pas définitif. Le devis établi en 2005 par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a été revu en 2009 et a quasi doublé [à plus de 30 milliards d'euros]. Dans ce domaine, il n'y a aucune référence internationale possible.

Doit-on faire évaluer ces coûts par des experts indépendants ?

La Cour recommande que son rapport, que je considère comme une "base de données" des coûts du nucléaire, soit régulièrement actualisé, de manière transparente et en toute indépendance.

Les coûts de maintenance et les surcoûts de sûreté post-Fukushima vont-ils entraîner une forte hausse des prix de l'électricité ?

Le rythme annuel des investissements de maintenance d'EDF, y compris la prise en compte des prescriptions post-Fukushima de l'Autorité de sûreté nucléaire telles qu'on les connaît, devrait doubler dans les quinze ans qui viennent, ce qui représente une augmentation de l'ordre de 10% du coût moyen de production. Mais ce coût ne représente que 40 % du prix payé par le consommateur. D'autres composantes (investissements sur les réseaux, taxes) ont un effet sur le prix.

Les dépenses de recherche pourront-elles continuer à ce rythme ?

Ces 55milliards d'euros calculés, pour la première fois, par la Cour, ne mesurent que les dépenses de recherche nucléaire civile depuis 1957, soit environ un milliard par an. Sur l'ensemble de la période, elles ont été financées à 70 % par des crédits publics, mais cette part diminue. Plus de la moitié de ces dépenses de recherche est financée par les exploitants. La charge en 2010 pour les fonds publics était de 414 millions.

Jugez-vous suffisantes les garanties de responsabilité civile plafonnées à 92 millions par centrale pour EDF ?

La Cour recommande que l'on applique le plus rapidement possible les protocoles d'amendements aux conventions internationales qui relèvent ce plafond à 700 millions d'euros, somme qui reste très limitée en cas d'accidents graves.

Propos recueillis par Jean-Michel Bezat et Pierre Le Hir


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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 12:47

 

LEMONDE | 31.01.12 | 11h25   •  Mis à jour le 31.01.12 | 11h52

 
 

 

En France, le groupe Anonymous revendique le blocage de plusieurs sites officiels : il s'oppose à toute régulation d'internet - ici, le 10 décembre 2011 à Paris.

En France, le groupe Anonymous revendique le blocage de plusieurs sites officiels : il s'oppose à toute régulation d'internet - ici, le 10 décembre 2011 à Paris.AFP/FRED DUFOUR


Blocages de sites institutionnels, divulgation de données concernant des policiers, mais aussi manifestations à visage couvert dans les rues de grandes villes françaises, samedi 28 et dimanche 29 janvier. Ces dernières semaines, les "hacktivistes" – contraction des mots "hackers" et "activistes" – d'Anonymous multiplient les actions d'éclat, particulièrement en France. Dimanche, ils revendiquaient le blocage du site du ministère de l'intérieur consacré à l'immigration. Mardi 31 janvier, c'est le site de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) qu'ils ont piraté.

Qui sont les Anonymous? Derrière le masque qui est l'un de leurs symboles, c'est un mouvement aux multiples visages. Décentralisé, sans hiérarchie établie, Anonymous ne ressemble à aucun autre collectif de militants. Il n'est pas organisé en parti ou association, ni même en groupe se réunissant régulièrement. Tout un chacun peut se déclarer Anonymous, participer à une opération ponctuelle, parler en son nom – sans que ses propos n'engagent les autres internautes manifestant sous la même bannière.

 

"NOUS SOMMES LÉGION"

Les Anonymous défendent la liberté d'expression et la transparence, celle des entreprises et des Etats. Ils revendiquent le droit à la vie privée, le droit de s'exprimer sans entraves, et sont opposés à toute régulation du Web, vu comme le dernier espace de liberté réelle. Apparus pour la première fois en 2008, dans le cadre d'un mouvement de contestation contre l'Eglise de scientologie, ils ont adopté certains codes : le masque du révolutionnaire anglais Guy Fawkes, popularisé par le film V pour vendetta, mais aussi une rhétorique insistant sur le caractère mouvant et insaisissable du mouvement, comme le "Nous sommes légion" emprunté à la Bible.

Informel, le mouvement regroupe tous types de militants. En France, plusieurs personnes soupçonnées d'avoir participé à des actions d'Anonymous ont été arrêtées ces derniers mois: un adolescent de 15 ans, il y a un an, et, jeudi 26 janvier, un militant de la décroissance, soupçonné d'avoir participé au blocage du site Internet d'EDF en avril et juin 2011. Mis en examen pour "entente en vue de l'entrave au fonctionnement d'un système de traitement automatisé des données" et placé sous contrôle judiciaire, il nie toute participation aux fait qui lui sont reprochés.

Décidées collectivement sur des canaux de discussion en ligne, les actions d'Anonymous revêtent le plus souvent la forme d'"attaques par déni de service", une technique consistant à saturer un site Web en multipliant les requêtes. Après la fermeture du site de téléchargement direct Megaupload, le 19 janvier, le collectif a lancé des attaques de ce type contre le FBI, ou les sites d'artistes et de maisons de disques. Autant d'attaques ciblées très efficaces car tout un chacun peut y prendre part, en téléchargeant le logiciel, baptisé "LOIC" (pour "Low Orbit Ion Cannon"), sans grande connaissance technique. Anonymous a également utilisé récemment un nouvel outil tirant parti de la viralité des réseaux sociaux comme Twitter.

En France, le site de l'Elysée a aussi été détourné. Dans la barre d'adresse du site apparaissaient des messages comme "We are legion!"; "Sarkozy le peuple aura ta peau" ou "Megaupload". Le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait été l'un des premiers à se féliciter de la fermeture du site de téléchargement.

DONNÉES PERSONNELLES

Mais si les Anonymous sont, pour la première fois en France, descendus dans la rue dans plusieurs villes ce week-end, c'est surtout pour protester contre la signature par l'Union européenne de l'accord commercial anti-contrefaçon (ACTA), qui vise les marchandises mais aussi le téléchargement illégal– un texte qu'ils jugent liberticide.

La contestation contre ce texte a également justifié, pour un ou des membres d'Anonymous, une attaque contre le site du syndicat Unité SGP-police FO (premier syndicat de gardiens de la paix). "Actuellement, Internet est une plate-forme mondiale pour le peuple et la liberté d'expression: il est inconcevable que cet outil soit muselé. Internet est aujourd'hui un support d'expression pour toute la planète", explique le collectif dans un communiqué. "Pour que vous compreniez l'importance de la vie privée et de la liberté, en représailles aux basses méthodes de l'Etat, nous vous divulguons les informations confidentielles de 541 policiers", poursuit-il. Une liste contenant les coordonnées et des informations personnelles de 500 délégués syndicaux circule depuis sur Internet. Violer la vie privée pour mieux la défendre?

Laurent Checola et Damien Leloup

 


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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 12:41

 

actu.orange.fr - 28/01/2012 à 23:30

En pleine crise de l'euro et de la dette, Jean-François Marques, bistrotier et éditeur du mensuel gratuit "blablablah" à Pézenas (Hérault) bat une monnaie, qu'il a dénommée "occitan" et qu'il définit comme un acte militant et de solidarité.


Photographe : Pascal Guyot :: Jean-François Marques pose avec des occitans devant son café, le 25 janvier 2012 à Pézenas dans l'Hérault.  
photo : Pascal Guyot, AFP

Barbichette poivre et sel, M. Marques, 46 ans, présente avec fierté son bébé, un billet or et pourpre, imaginé il y a deux ans alors qu'il était président des commerçants de cette ville de 8.737 habitants. L'idée de celui qui se définit comme un "Vert militant" était "de promouvoir le marché bio" qu'il avait créé, de "favoriser l'économie locale" voire de s'affranchir du pouvoir des banques.

"L'argent, c'est comme la vigne dans un écosystème. Si un plant tombe malade, c'est toute la vigne qui meurt", image ce natif de Saint-Nazaire, passé par Londres puis, pendant huit ans, par TriBeCa, un quartier de New York sur l'île de Manhattan où il s'est enrichi dans l'immobilier.

Son rêve: s'affranchir de l'euro pour "récupérer l'argent et par conséquent le pouvoir". "La création de monnaie, c'est la clef de nos emmerdes", poursuit M. Marques, assurant que la valeur de l'argent est "totalement virtuelle" depuis qu'elle ne repose plus sur l'or.

Et de rêver à haute voix de monnaies différentes selon l'utilisation: "Il faudrait une monnaie pour spéculer, une autre pour échanger et une troisième juste pour la nourriture".

Utopistes Jean-François Marques et ses deux copains avec lesquels il a mis sur pied ce projet? Idéalistes, répond-il avant de préciser: "Un idéaliste est un réaliste qui s'ignore". Et de s'enflammer sur ces "banques qui prêtent de l'argent qui n'existe pas" et "exigent des intérêts qui n'ont aucune raison d'être". D'ailleurs, estime-t-il, "jamais la France ne pourra payer sa dette".

1 occitan = 1 euro

"L'occitan", en référence à la langue parlée jusqu'au début du 19e siècle dans la région, a d'abord été accueilli fraîchement par les commerçants locaux. Il est vrai que M. Marques leur demandait de payer une commission pour acheter de l'occitan. Une erreur corrigée dès la deuxième année.

En 2011, quelque 250 adhérents-consommateurs ont fait circuler 6.000 occitans, dont la valeur est égale à celle de l'euro.

La troisième campagne, qui débute, peut d'ores et déjà s'appuyer sur quarante-huit commerces, restaurants... (sur 230) et vingt producteurs du marché bio du samedi. Des billets de 1, 2, 5 et 10 occitans, valables un an, ont été tirés pour une valeur de 3.500 "occitans". D'autres devraient être imprimés dans les prochaines semaines.

"Ce n'est pas un palliatif à l'Euro, c'est complémentaire. J'ai une trentaine de clients", note Eric Mouleux, patron du tabac-journaux, qui utilise aussi, comme beaucoup de ses confères, cette monnaie comme une forme de carte de fidélité. A nos meilleurs clients, on donne des occitans", confirme la vendeuse de la pâtisserie voisine Julia Fuentes.

Pour respecter la loi, l'association TAT (terre à terre) a été créée pour cet "occitan", dont le billet a tout d'un vrai: numéro, date de validité, devise "Liberté, Parité, Communauté" et graphisme avec Molière sous fond de croix occitane. "Jean-Baptiste Poquelin est né à Paris, Molière à Pézenas", explique M. Marques, reprenant une phrase de Marcel Pagnol.

Parmi les numismates inconditionnels, Jonathan Miller, ex-reporter au Sunday Times. "Ce n'est pas un défi à l'Euro ou à la Livre. Cette monnaie montre l'indépendance vis-à-vis des grands Etats et rassemble les gens", affirme ce Britannique, admettant avec une pointe humour que si son pays a toujours refusé l'euro, il y a Outre-manche "plein de communes où il existe des monnaies locales".

 

http://actu.orange.fr/insolite/pezenas-l-occitan-une-monnaie-militante-pour-s-affranchir-de-l-euro-afp_455100.html
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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 22:03

 

http://marseille.indigne-e-s.net/2012/01/assemblee-populaire-cours-ju-28-01-2012-15h-18h/

ASSEMBLEE POPULAIRE COURS JU- 28-01-2012 (15h-18h)

Rappel : L’assemblée est divisée en un temps de libre expression particulièrement pour les nouveaux venus et sur la démocratie, suivi d’un temps technique consacrés aux consensus
a) des propositions des groupes de travail

ou

b) des commissions, ou des propositions de la première partie de l’Assemblée

A] Libre expression

Présentation par les Anonymous de la loi récente qui limite la liberté d’expression par informatique, au niveau US américain et au niveau européen.

Affirmation par un Indigné non seulement de la solidarité avec les Anonymous, mais du fait qu’ils sont eux-mêmes concernés, puisque les journaux, la radio et la télévision ne font que reproduire les information de l’AFP , et que les informations et les communications des Indignés sont directement visées.

Déjà, en milieu professionnel, des entreprises comme mac affee, se permettent de fermer des sites ne pensant pas bien.

les Anonymous proposent d’utiliser leur page sur face book « Anonymous officiel francophone »

exposition par un Indigné du traitement des Palestiniens par l’Etat d’israël. rappel du rôle bénéfique de certaines associations israeliennes défendant les droit des Palestiniens, par exemple le détournement des sources.

présentation par un Indigné de Nimes des usages des Indignés de Nimes:

Lundi: réunion avec Attac

Mercredi Assemblée populaire

samedi, pique nique

recommandation

a) de faire des actions sur les pôles emploi

b) des villages autogérés dans les campagnes

proposition de slogans par un Indigné

« Si la Grèce était une banque, elle serait sauvée », « Je me lave, chaque jour, le cerveau, avec TF1″

Exposition par un marcheur des objectifs de la marche Marseille-Paris. Annonce du départ au 3 mars 2012, et de son souhait

d’un évènemlent fort avant la Marche.

Déclaration par une Indignée du fait qu’elle a élaboré une Constitution autogestionnaire

Exposé par la Belle de Mai, de la fête projetée du 24 Mars 2012, avec musique, ateliers artistiques,banque alimentaire avec présence des cultures et des personnes Commoriennes, Roms et Tsiganes

B] Consensus tacite sans procédure de consensus

Mardi 31/01/2012
18 heures Passerelle, groupe de travail Marche Marseille-Paris, et préparation évènement fort à Marseille demandé par les marcheurs.
19 heures Trois louches, Groupe de Travail Décors spectacle de rue

Mercredi 01/02/2012 18 heures Passerelle Groupe de travail « Marseille Indigne-e-s;net »
Jeudi 02/02/2012 18 heures Groupe de travail Convergence des Luttes et Groupe de travail Constituante
Vendredi 03/02/2012 19 heures Trois louches groupe de coordination

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 21:56

 

 

http://nantes.indymedia.org/article/25061

categorylocal | resistances | agenda author lundi 30 janvier 2012 - 19:13author par Maison de la grève Notifier cet article/commentaire aux moderateur-ice-s

 

 

mardi 07 février 07 2012 - 20:30 - [Rennes] Les indignés de Barcelone

20h30 : BARCELONE
Discussion autour du mouvement des indignés à Barcelone et de sa mutation vers les comités de quartiers en présence de camarades barcelonais.
Dans les locaux du 37 rue Legraverend (Métro Anatole France) où la maison de la grève est hébergée.

15 mai 2011, des dizaines de milliers de personnes investissent des places dans toute l’Espagne. Un sentiment les rassemble, l’indignation. Ce sentiment est un aveu d’impuissance ; il a fallu le transformer en colère et en révolte. « Personne ne nous représente ! », clament-ils : ni les gouvernements, ni les partis, ni les syndicats. Cette phrase qui au début pouvait être entendue comme une plainte est peu à peu devenue une affirmation joyeuse : « organisons-nous par nous-mêmes ! » .

15 juin, le gouvernement catalan vote les plans de rigueur. Le mouvement ne sait plus trop comment continuer. Il se saisit de cette occasion et appelle à bloquer toutes les entrées du parlement. Les députés sont obligés de s’y rendre sous les escortes des camions anti-émeutes ou en hélicoptère. Mais malgré son apparente réussite cette action est ressentie comme un échec. Ce qu’on y apprend pourtant c’est que le pouvoir ne se situe plus que de façon symbolique dans les institutions.

C’est ainsi qu’un peu partout la décision a été prise de quitter les places. Mais pour mieux rejoindre les quartiers ; parce que c’est là où on l’on vit, où l’on a directement prise sur les choses. A Madrid, à Barcelone, des comités de quartier sont créés, d’autres, déjà existants, sont rejoints par des centaines de personnes. Ils sont un point de départ d’où s’organiser. Contre les expulsions de logement par exemple, il y a le réflexe de former des listes d’appel et de tous s’opposer quand les flics et les huissiers veulent virer une famille ou un squat.

15 octobre, journée mondiale d’action pour les indignés. Le mouvement barcelonais en fait une occasion pour se retrouver à nombreux dans la rue. Au-delà de tout ce qu’il pouvait attendre, c’est 250 000 personnes qui défilent. Sur la banderole des comités de quartier est inscrit « De l’indignation à l’action ! ». A la fin de la manifestation, trois drapeaux se déploient. Chacun mène à une action : rejoindre un hôpital en grève, occupé et partiellement autogéré ; occuper l’unversité du Raval ; s’emparer d’un immeuble pour s’organiser et loger des familles. Les jours qui suivent, une dizaine d’autres immeubles sont pris dans la même idée.

Comment a muté le mouvement des indignés ? Qu’en est-il de la réalité des comités de quartier ? Comment se coordonnent-ils ? A quelles limites et à quels écueils le mouvement barcelonais fait face ? Comment atteindre le point de non-retour ? C’est entre autres ce dont on pourra parler ce mardi 7 avec quelques camarades de Barcelone.

- 7h00 - 10h00 : petits déjeuners
- 12h00 : cantine
- 14h00 : atelier informatique (comme tous les mardis)
- 19h00 : cantine

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PRÉSENTATION
Lors du dernier mouvement contre la réforme des retraites, à l’automne 2010, nous avons réquisitionné les anciens locaux de la CFDT pour y installer la Maison de la Grève. Ça allait de soi : se doter d’un lieu pour s’organiser de manière déterminée par-delà les corporatismes et identités sociales (étudiants, travailleurs, chômeurs, travaillant dans le public ou le privé...). Un lieu pour partager nos analyses de la situation et coordonner nos actions, faire une caisse de grève pour s’entraider financièrement, organiser des cantines de grévistes alimentées en partie par des paysans nous soutenant, se retrouver dans des fêtes. Et imaginer comment faire durer la grève.

Au bout d’un mois et demi, la mairie de Rennes nous a expulsés, comme d’autres socialistes et toutes sortes de dirigeants organisent l’austérité ailleurs en Europe, et répriment ceux qui ne veulent pas plier. Après cette expérience, retrouver un lieu, cette fois pérenne, était une évidence. Pour construire, au fil des temps, une force locale déterminée à vivre autre chose que le capitalisme. Nous avons fini par nous installer dans les locaux d’une association au 37 rue Legraverend.

La Maison de la Grève est un lieu politique mais pas celui de professionnels de la politique. Ici, vous ne trouverez pas la clef pour sortir de l’impasse. La Maison de la Grève n’est qu’une ébauche, un commencement ici et maintenant d’autres possibilités. Avec son lot de difficultés et de joies.

Il est impossible de dire ce que la Maison de la Grève recouvre exactement et ceci pour une bonne raison : elle est plus que la somme des activités qui s’y passent, des événements qu’elle provoque ou auxquels elle prend part. Elle a la prétention de réussir à être en même temps plusieurs réalités, positions politiques, initiatives parfois même contradictoires sans se perdre dans l’éparpillement des luttes et le cloisonnement dans les manières de s’organiser.

Nous ne voulons plus laisser notre quotidien au hasard de ce monde. Nous voulons nous en ressaisir collectivement, partager et étendre des pratiques offensives. S’organiser contre le réaménagement de nos espaces, soutenir les grèves, imaginer des actions en dehors des mouvements sociaux, tout en se liant avec des initiatives d’ailleurs. Être un lieu d’où partir et où revenir, un lieu pour se projeter collectivement. Un lieu pour une mise en échec pratique et politique du pouvoir.

A la Maison de la Grève, vous trouverez une cantine, une université populaire, un atelier informatique, un magasin gratuit, une imprimerie (photocopieurs, sérigraphie), pour apprendre, manger, échanger, avancer. Vous pourrez aussi vous y rendre sans raison, pour prendre un café, trainer avec un ami, trouver un livre. Parce que la constitution d’une force tient autant dans sa capacité matérielle, à ses savoirs-faires, qu’à sa façon d’être et de marcher ensemble.

Ces dix jours ne sont qu’un debut ! Vous êtes les bienvenus !

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 15:52

ladepeche.fr

Publié le 30/01/2012 09:01 | J.-L. D.-C.

 

Stands d'informations et prises de paroles pour une convergence des luttes, hier, salle Joë-Bousquet. / Photo DDM, Sylvie Leclercq.

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Les motifs d'indignation ne manquent pas plus dans l'Aude qu'ailleurs. Mais les luttes sont souvent isolées. Le premier forum « Résister… c'est créer ! », qui s'est tenu hier après-midi dans la salle Joë-Bousquet, a cette vertu d'avoir rassemblé en un même lieu associations, collectifs et réseaux. Une journée pour compter les forces indignées, et peut-être les fédérer en vue des luttes à venir.

« Tous au Larzac », une lutte exemplaire

Divers stands étaient présents - du collectif No Palme qui s'oppose à l'installation d'une usine d'huile de palme à Port-la-Nouvelle au Réseau éducation sans frontières dont le combat pour les étrangers sans papiers continue inlassablement, en passant par une information sur les dangers des nanotechnologies, la communication non-violente ou encore l'opposition à la création d'un golf dans la montagne Noire.

À l'autre bout de la salle, plusieurs dizaines de personnes participaient à un forum ouvert où chacun a pu dire, témoigner d'une action de résistance, avant la projection, en fin d'après-midi, du film Tous au Larzac, suivie le soir d'un débat. « Tous au Larzac, souligne Éole Bonneault, de Nature & Progrès, l'association organisatrice de cette journée, témoigne d'une forme de résistance qui est née, a grossi, a réussi ». De quoi donner des idées.

 

Stands d'informations et prises de paroles pour une convergence des luttes, hier, salle Joë-Bousquet. / Photo DDM, Sylvie Leclercq.

Stands d'informations et prises de paroles pour une convergence des luttes, hier, salle Joë-Bousquet. / Photo DDM, Sylvie Leclercq

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 15:45
| Par Mathieu Magnaudeix

Nicolas Sarkozy a abattu ses cartes. Dans une émission spéciale diffusée sur huit chaînes de télévision  et plusieurs radios, à 20 heures ce dimanche 29 janvier, le chef de l'Etat a annoncé une série de mesures économiques, du jamais vu à quelques semaines seulement d'un scrutin présidentiel. Alors qu'il n'est toujours pas officiellement candidat, Nicolas Sarkozy, multipliant les références à l'Allemagne, s'est posé en président du « courage », réformateur jusqu'au bout… et même jusqu'après, puisque les mesures annoncées entreront en vigueur après la présidentielle...

 

 

L'annonce la plus marquante est une hausse de la TVA de 1,6 point, afin de compenser la réduction de 13 milliards d'euros de charges sociales patronales. Après des années de débat — l'idée avait déjà été évoquée juste avant les législatives de 2007, faisant sans doute perdre à l'UMP près d'une centaine de sièges de députés —, l'Elysée qui n'en avait pas voulu jusqu'ici s'est décidé à mettre en place in extremis la fameuse “TVA sociale”, censée provoquer un « choc de compétitivité » en baissant le coût du travail.

Deuxième mesure : la promotion au sein des entreprises d'« accords de compétitivité » permettant aux chefs d'entreprise de négocier avec les représentants du personnel une réduction du temps de travail et/ou une baisse de salaires. Il s'agit ni plus ni moins d'un enterrement définitif des 35 heures. Une telle mesure sur le temps de travail juste avant une présidentielle : là encore, c'est du jamais vu. Lors du sommet social, les syndicats avaient signifié leur refus de voir s'ouvrir de tels chantiers si près de l'élection.

Mais Nicolas Sarkozy passe en force : « Le premier ministre François Fillon écrira aux partenaires sociaux dès demain matin pour leur demander de les négocier dans les deux mois qui viennent », a-t-il annoncé. En cas d'échec de la discussion — ou de « blocage idéologique », a insisté le chef de l'Etat, conscient d'avoir les grands syndicats contre lui —, le gouvernement reprendrait la main.

Nicolas Sarkozy a aussi annoncé une hausse de 2 % de la CSG (contribution sociale généralisée) sur les produits financiers, confirmé la mise en place d'une taxe sur les produits financiers, promu la déréglementation de la loi sur l'urbanisme pour doper la construction de logements et booster l'emploi dans le BTP. Décryptage des principales mesures.

TVA : + 1,6 % en octobre 2012 ?
Comme s'il évacuait l'échéance présidentielle, Nicolas Sarkozy souhaite augmenter le 1er octobre le taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée, qui pèse sur l'écrasante majorité des biens et services vendus en France, de 19,6 % à 21,2 %. Un tel taux ferait grimper la France dans le peloton de tête de la TVA (consulter ici les différents taux dans l'Union européenne). La taxe sur la consommation n'est en effet que de 18 % en Espagne, 19 % en Allemagne, 21 % en Belgique et en Italie (même si le président du Conseil, Mario Monti, envisage un taux de 23 %).

La mesure, combinée à une hausse de 2 points de la CSG sur le patrimoine (2 petits milliards), est censée rapporter 13 milliards d'euros, pour compenser la baisse des charges patronales. Il s'agit donc d'un transfert fiscal des entreprises vers les particuliers. A entendre le président, rien à craindre : « Je ne crois en rien à une augmentation des prix parce que ces produits sont extrêmement concurrentiels. La concurrence maintiendra les prix. » Et le président de citer l'exemple de la hausse de la TVA en Allemagne : « Ils n'ont eu aucune augmentation des prix, la concurrence est telle que le risque d'inflation n'existe pas. »

En réalité, il y a bien eu alors une hausse temporaire des prix en Allemagne, comme le montrent des chiffres d'Eurostat cités par le Journal du Dimanche. Le 27 octobre 2011, dans l'émission "Face à la crise", le même Nicolas Sarkozy rejetait d'ailleurs toute augmentation «généralisée» de la TVA: «En aucun cas. Pour une raison assez simple M. Pernaut. Ca peserait sur le pouvoir d'achat des Français, ça péserait sur la consommation des Français et ça serait injuste. Et j'ai le devoir de veiller à la justice. Ce serait facile mais injuste.» Voir l'extrait ci-dessous :

 

 

Cette fois, il n'a pas souhaité commenter la remarque du journaliste François Lenglet qui rappelait cette formule d'Alain Madelin : « La TVA sociale est un hold-up patronal sur le pouvoir d'achat.»

Le chef de l'Etat reconnaît indirectement ce risque. « Cette mesure ne rentrera en application qu'au 1er octobre, nous espérons que ça va déclencher des achats par anticipation », a-t-il dit. Autrement dit, le gouvernement s'attend à ce que les Français consomment plus dans les mois qui viennent pour profiter de prix moindres avant la hausse. C'est du reste ce qui s'était passé outre-Rhin.

Mais la comparaison avec l'Allemagne qui obsède Nicolas Sarkozy a ses limites : la TVA allemande était très basse (16 %) et avait été portée à 19 %, non de 19,6 à 21,2 %. Par ailleurs, l'échéance présidentielle va créer chez les consommateurs une très grande incertitude quant à l'effectivité de la mesure, le candidat socialiste François Hollande y étant opposé. Du coup, il y a fort à parier que ce soit plutôt l'attentisme qui prévale.

Il y a surtout un obstacle de taille : la France est aujourd'hui au bord de la récession. Le pouvoir d'achat des ménages est en baisse. La hausse de la TVA risque de peser sur la consommation, et d'accroître la récession tout en pesant sur les ménages les plus modestes. Selon la Cour des comptes, la TVA est un des impôts les plus inégalitaires, car il s'applique à tous de la même façon, et pénalise d'abord les plus pauvres, qui épargnent peu et consomment beaucoup. D'autant que cette hausse fait suite à une série d'augmentations pesant sur la consommation : la hausse du taux réduit de TVA de 5,5% à 7 % début 2012 — sur l'hôtellerie-restauration, mais aussi l'alimentation hors produits de « première nécessité », les transports, les services à la personne, les livres, etc. ; la majoration des prix des sodas, du tabac et de l'alcool...

Tout ce week-end, l'opposition a dénoncé cette hausse de la TVA. « Un mauvais principe et un mauvais instrument », « tout à fait inopportun », d'après le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande. « Une triple faute, selon l'ancien premier ministre Laurent Fabius, interrogé dimanche sur Radio J. Une faute économique parce que cela va peser sur la consommation, augmenter les prix ; une faute sociale parce que ce sont l'ensemble des couches populaires et moyennes qui vont payer ; une faute démocratique parce que ce n'est pas à moins de cent jours d'une élection qu'on annonce cela. »  

« C'est une très mauvaise idée. Augmenter la TVA, ça veut dire baisse du pouvoir d'achat, ça pèse sur tout le monde et notamment les plus vulnérables », a expliqué Eva Joly, candidate écologiste à la présidentielle. Quant à François Bayrou, lui aussi partisan d'une hausse de la TVA de deux points, mais dans le cadre d'une remise à plat des finances publiques, il a dénoncé une « augmentation de près de deux points qui sera sans aucun effet ». 

A l'UMP, certains n'hésitent pas à qualifier la hausse de la TVA de « suicidaire ».

13 milliards d'exonérations de cotisations patronales 

« Ce mot n'a aucun sens. » Nicolas Sarkozy n'aime pas qu'on lui parle de la “TVA sociale” — il affirme même n'avoir « jamais prononcé le mot », ce qui est faux. Et c'est bien cette mesure qu'il a annoncée ce soir. Car la hausse de la TVA va bel et bien compenser… la baisse des charges sociales patronales sur les salaires entre 1,6 et 2,1 Smic — ce qui représente selon l'Elysée « 97 % des effectifs de l'agriculture, 82 % des effectifs de l'automobile et les deux tiers des effectifs de l'industrie ».

Un « cadeau aux entreprises » qui « ressemble à une utilisation des deniers du contribuable pour satisfaire un électorat » avant la présidentielle, selon le banquier d'affaires Georges Ugeux, qui tient un blog sur lemonde.fr. « Il s’agit d’une réponse positive aux demandes du Medef. On aurait pu au moins réduire les cotisations sociales pour les nouvelles et petites, voire moyennes entreprises. Le montant aurait diminué drastiquement », poursuit-il.

Alors que leur pouvoir d'achat va être rogné par la hausse de la TVA, les salariés ne seront pas soutenus par un coup de pouce de leurs salaires net, puisque leurs cotisations salariales, elles, restent inchangées. Nicolas Sarkozy a martelé un unique argument : le coût du travail en France est trop élevé et il faut « arrêter de plomber les salaires par des charges qui pénalisent l'emploi ».

En réalité, le coût du travail en France et en Allemagne est relativement proche, comme l'a montré la Cour des comptes, mais les cotisations patronales sont en effet plus importantes en France, car elles financent largement la protection sociale (en l'occurrence la branche famille de la Sécurité sociale). Cela ne date pas d'hier, mais Nicolas Sarkozy semble le découvrir. En introduisant la TVA sociale, le chef de l'Etat lance donc à quelques semaines de la présidentielle et de façon désordonnée un très vaste chantier, celui du financement de la Sécu…

La TVA sociale est « la seule réponse crédible à l'arrêt des délocalisations, la France se vide de son sang industriel », assure Nicolas Sarkozy. En fait, pour être sûr de créer le « choc de compétitivité» que souhaitent les défenseurs de la TVA sociale, il aurait sans doute fallu une baisse plus importante des cotisations employeurs.

Par ailleurs, rien ne garantit que les employeurs vont répercuter la baisse des charges dans leur prix, s'inquiète Eric Heyer, économiste à l'OFCE : « Il faudrait que les entreprises jouent le jeu et répercutent l'ensemble de la baisse des cotisations dans leurs prix hors taxe, ce qui est loin d'être évident. » Enfin, il est probable que nos voisins européens « ne se laissent pas faire ». « C'est une stratégie qui peut porter ses fruits à court terme, mais n'est en réalité ni coopérative ni viable. »

S'érigeant à nouveau en protecteur de l'emploi industriel, Nicolas Sarkozy a promis la création rapide d'une banque de l'industrie dotée d'« un milliard de fonds propres » — mais cette banque existe déjà, sous le nom d'Oséo. Une manière de répondre à François Hollande qui a annoncé au Bourget la création d'une banque publique d'aide aux PME. Le chef de l'Etat a également repris à son compte le « produire en France » de François Bayrou. « Je n'accepte pas la fatalité, je ne serai pas M. Jospin qui disait : "face à Vilvorde on n'y peut rien". »

Au risque de faire des promesses qu'il ne tiendra pas, Nicolas Sarkozy a surtout fait une promesse aux salariés de l'usine Lejaby d'Yssingeaux (Haute-Loire), menacée de fermeture : « Je leur dis qu'on a travaillé sur leur situation. Le site d'Yssingeaux, nous ne le laisserons pas tomber. Je ne laisserai pas tomber les gens de Lejaby. J'espère que dans quelques jours on aura trouvé la solution. » En février 2008, Nicolas Sarkozy avait dit la même chose aux ouvriers de l'usine Arcelor Mittal de Gandrange. Une promesse vite oubliée.

Négocier l'emploi et la durée de travail dans l'entreprise

Nicolas Sarkozy n'y est pas allé par quatre chemins. « Le premier ministre écrira aux partenaires sociaux dès demain matin pour leur demander de négocier dans les deux mois qui viennent » sur la question des accords compétitivité-emplois. En cas d'échec de la discussion, le gouvernement entend bien se saisir de la question — on serait alors… à un petit mois de la présidentielle !

L'idée de ces accords : rendre possible dans une entreprise une baisse de salaires et/ou du temps de travail. Jusqu'à présent, ces modifications substantielles du contrat de travail doivent être obtenues avec l'accord de chaque salarié. Une fois de plus, Nicolas Sarkozy dit s'inspirer de l'Allemagne et de la fameuse cogestion des relations sociales entre syndicats et patrons. Mais il omet de dire qu'outre-Rhin, « ce type d'accords prévoit un droit de regard relativement important des syndicats sur la situation économique comme la stratégie d'investissement de l'entreprise » comme l'explique dans Les Echos Adelhaid Hege, chercheuse à l'Ires.

En toute logique, les syndicats devraient dénoncer dès lundi une provocation. « Toute négociation en la matière sera particulièrement dure », a prévenu dès dimanche soir Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière. A croire que Nicolas Sarkozy entrerait volontiers en campagne à la faveur d'un bras de fer avec les syndicats.

 

 

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 15:34
Marianne - L'Hérétique - Blogueur associé | Lundi 30 Janvier 2012 à 15:01

 

Dans le champ de bataille de la présidentielle manque à l'appel un régiment : celui des enseignants. L'Hérétique se montre étonné du silence du corps professoral, alors qu'il est globalement victime d'une dépréciation salariale. Le blogueur favorable au candidat socialiste condamne les réformes de Luc Châtel, notamment la dernière en date qui fait l'objet d'un appel à la grève pour le 31 janvier.



(Sortie d'école - Wikimedia - cc)
(Sortie d'école - Wikimedia - cc)
Je suis très frappé par l'atonie du monde enseignant dans cette campagne présidentielle. Les partis politiques ne sont sans doute pas étrangers à la mort du débat pédagogique, s'étant tous mis d'accord sur les mesures à appliquer et se différenciant seulement par les montants à attribuer à l'éducation. Je crois très profondément que cette élection ne se jouera pas sur l'école, même si bien sûr l'éducation est présente dans les esprits, particulièrement ceux des familles.

Je suis également étonné de l'inactivité des blogueurs enseignants. Oh, on en trouve bien quelques uns de temps à autre pour faire entendre leur voix. Mais quand ils s'expriment sur l'éducation, on constate qu'ils ont totalement embrassé le point de vue dominant au sein de leur formation politique, abjurant toute forme d'esprit critique.
S'il y a bien une profession que sa hiérarchie s'ingénie à faire ch*** par tous les moyens possibles et imaginables, c'est pourtant bien celle-ci.

Réformes incessantes, faits du prince, interventions inutiles mais imposées dans les séances de cours, formulaires aussi crétins qu'abscons à remplir pour évaluer les élèves, méthodes kafkaïennes, circulaires au jargon incompréhensible et aux nomenclatures improbables...

Le « consensus mou de l'opinion »

Ce qui m'impressionne, avec les profs, c'est qu'ils n'ont jamais de revendications salariales. Alors que depuis quarante ans, leur salaire — en valeur absolue — n'a cessé de baisser.
En règle générale, ils se contentent simplement de demander qu'on leur foute la paix. En vain.

Le 31 janvier prochain, quelques uns de leurs syndicats appellent à la grève : la dernière trouvaille des « Châtel Cie », c'est d'attribuer aux chefs d'établissement le pouvoir de juger de la qualité pédagogique ou non de ses enseignants et de les noter donc en conséquence. Ainsi, un chef d'établissement ayant été formé en fabrication de macramé pourra désormais donner son avis sur les transgressions des règles de bienséance dans la Phèdre de Racine. Riche idée, non ?

En attendant, un grand consensus mou se dessine au sein de l'opinion : l'école telle qu'elle fonctionne semble satisfaire tout le monde. Enfin...presque...
 
Retrouvez l'Hérétique sur son blog.

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