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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 23:29

 

| Par La rédaction de Mediapart

 

Une délégation de mouvements sociaux européens s'est rendue en Grèce du 28 février au 1er mars pour « dénoncer l'escroquerie des “sauvetages” de la Troïka, et rencontrer les mouvements sociaux grecs ». Parmi les Français : des représentants syndicaux, des membres d'Attac ou du collectif Droit au logement. De retour d'Athènes, Sophie Zafari, chargée du secteur international de la Fédération syndicale unitaire, première organisation de la fonction publique d'Etat, nous livre ses impressions.

Vous avez rencontré, à Athènes, des membres des deux principaux syndicats, des ouvriers en grève et des représentants de la gauche
nouvelle. Qu'est-ce qui vous a marqué dans leurs discours ?

 

Sophie Zafari, FSU 
Sophie Zafari, FSU© Claire Le Nestour

Ils nous ont posé beaucoup de questions sur la situation dans nos pays respectifs. En Grèce, on leur dit à longueur de journée, qu'ils sont fainéants, corrompus et privilégiés, pour faire passer les réformes d'austérité. Les syndicalistes ont été surpris d'apprendre que nous avions le 1 % patronal, par exemple, alors qu'on vient d'annoncer la fermeture de l'équivalent grec de l'office public des HLM.
Des mesures d'austérité supplémentaires sont votées tous les jours par les dirigeants. Cela devient tellement anxiogène pour eux que les mobilisations faiblissent. Pour les syndicalistes que nous avons rencontrés, il ne s'agit plus d'essayer de perdre 100 au lieu de perdre 200 : la seule issue, c'est le changement total de paradigme.

Comment ont-ils accueilli la venue d'une délégation de sept pays européens ?

Ils ont été soulagés de voir qu'on ne les prenait pas pour les mauvais élèves de la zone euro. Les deux grandes centrales syndicales grecques font la distinction entre syndicats du Sud de l'Europe et syndicats du Nord. Pour eux, la coopération va jusqu'à la France. Au-delà, ils ont fait une croix sur la capacité des pays, notamment l'Allemagne, à jouer la carte de la solidarité.
Pourtant, l'endettement de la Grèce a aussi servi à ces pays. 70 % des produits alimentaires vendus en Grèce sont importés. Si la Grèce tombe, les pays d'Europe du Nord seront aussi affectés. Un Etat ne peut pas maintenir sa croissance à côté d'un pays en récession. Mais les syndicalistes allemands ne s'en sont pas encore vraiment rendu compte.

Concrètement, qu'est-ce que les mouvements sociaux peuvent faire ?

L'erreur de la zone euro, c'est d'avoir adossé une union que l'on savait fragile à un monde financiarisé qui ne tient pas debout. On l'a vu au G20, il est impossible de moraliser ou régulariser la finance. Nous n'avons pas une alternative à proposer. Certains veulent la sortie de l'euro, d'autres non. Il n'y a pas non plus de position tranchée concernant l'annulation de la dette.
Pour nous, la première étape, c'est de fédérer les mouvements sociaux européens pour montrer que nous sommes contre la libre concurrence et la logique punitive de la Troïka (FMI, Commission européenne, BCE). Nous ne serons pas crédibles sans une large mobilisation. Les dirigeants sont conscients que le peuple peut faire basculer les choses. Il suffit de voir le déploiement de forces de police dans les rues d'Athènes pour le comprendre.

N'est-il pas un peu utopique de vouloir créer un mouvement social européen quand en France déjà, les partis de gauche se divisent sur le vote du Mécanisme européen de stabilité ?

Je ne dis pas qu'on arrivera tous à un accord, mais on sait au moins ce que nous ne voulons pas. Ce n'est pas au peuple de payer la crise. En période pré-électorale, nous avons tendance à nous replier sur notre situation nationale et attendre l'élection. C'est un tort car, quand on regarde chez nos voisins, on se rend compte qu'ils ont vécu les mêmes réformes que nous à quelques mois d'écart. Nous assistons à un nivellement par le bas, d'où notre intérêt de créer des rendez-vous thématiques de mouvements sociaux européens sur la santé, l'éducation ou les retraites.
Quant au Mécanisme européen de stabilité, les autorités l'ont rendu compliqué, ce qui ne facilite pas la compréhension par le public, et donc la mobilisation. En Grèce, la division ne se fait plus en termes de gauche ou droite. Il y a une ligne de partage entre ceux qui votent « oui » et ceux qui votent « non » aux mémorandums. En France, le point rassembleur des mouvements sociaux, c'est de vouloir chasser Nicolas Sarkozy.

Chasser Nicolas Sarkozy, pour le remplacer par qui ?

Je ne m'engage pas là-dessus au nom du syndicat, chacun choisira. Mais nous avons établi une liste de critères : la défense des services publics, le refus des politiques d'austérité, le financement direct des Etats par la Banque centrale européenne sans passer par les banques, la taxation réelle des flux financiers, l'audit de la dette, le retour sur la réforme des retraites ou la fin de l'opacité au sein de l'Union européenne. Si on accepte le traité souverain, nous connaîtrons à notre tour la fin de la liberté souveraine.

Propos recueillis par Claire Le Nestour


Calendrier prévisionnel du collectif

29-31 mars : conférence sociale jointe à Bruxelles
19 mai : manifestation devant la BCE
Mai : séminaire des mouvements sociaux européens à Milan
Septembre : manifestation commune à Athènes

 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 23:23

 

Rue89 - Rédigé par Stephane Trano le Samedi 3 Mars 2012 à 20:57

 

Quant il s'agit de parler "money", les Américains sont on ne peut plus exigeants et décomplexés. C'est pourquoi chaque contribuable peut connaitre à tout moment la destination exacte de ses impôts, en quelques clics sur le site de la Maison Blanche. A quand la transparence sur le site de l’Élysée?

 

Et si les Français pouvaient traquer où vont leurs impôts, comme les Américains?
Soit un couple marié avec un enfant et un revenu annuel de 50 000 dollars (37 861 Euros au 3 Mars 2012). Chaque année, ce couple doit déclarer ses revenus, avant le 1er Avril. Aux Etats-Unis, on appelle ceci du nom étrangement rassurant de "Tax Return" (ou "Retour d'Impôts). L'explication? Dans un pays où les impôts sont retenus à la source sur chaque bulletin de salaire, chaque contribuable peut également choisir de verser un supplément de son choix - 10, 20, 40 dollars - afin d'éviter toute mauvaise surprise à l'heure des comptes et d'anticiper si nécessaire un changement de situation tel qu'une augmentation de salaire. Ainsi, Avril marque le moment où, quelques jours à peine après l'envoi de sa déclaration au service des impôts (IRS), de nombreux contribuables reçoivent un chèque du Trésor américain qui leur rembourse le trop perçu. Dans ce système, tout est souple: c'est à la fin de l'année que le Congres vote les différentes mesures fiscales telles que les exemptions, les réductions, les niches fiscales, souvent au cours d'un sprint final qui sort de ring de boxe entre Démocrates et Républicains et durant lequel chaque jour amene une modification à la hausse ou à la baisse jusqu'à ce que les belligérants déclarent forfait et votent la loi fiscale. 

 

S'il est donc assez difficile pour les personnes imposées de faire des prévisions précises, d'autant que leurs impôts combinent à la fois ceux de l'Etat fédéral et de l'Etat dans lequel ils vivent, la possibilité de provisionner offre une sécurité non négligeable, même si le montant éventuellement rembourse en Avril ne sera pas assorti d'intérêts. 

Mais là où le système se montre le plus démonstratif, c'est dans la qualité de sa présentation: les impôts sont en effet adosses aux dépenses prévisionnelles du pays pour l'année suivante, et chacun peut ainsi visualiser en quelques instants sur Internet la répartition de l'argent qui sort de sa poche sur chaque feuille de paie.

Prenons ici l'exemple de 2010. Ce couple avec un enfant qui a gagné alors 50 000 dollars a pu suivre à la réception de ses salaires l'accumulation des montants verses à titre d'impôts, et cela en quelques lignes bien identifiées. Dans son cas, ce couple aura paye:
  • 3100 dollars pour la Sécurité Sociale (attention, il s'agit-là de la cotisation retraite), les "Survivors" (pensions) et l'assurance handicap
  • 725 dollars pour Medicare (la couverture sociale du pays pour les plus de 65 ans et les jeunes handicapés)
  • 260 dollars d'impôts sur le revenu
Au total, l'impôt fédéral pour ce couple au cours de l'année 2010 aura été de 4085 dollars, auxquels vient s'ajouter l'impôt de l'Etat dans lequel il réside. Cet impôt est constitué de différentes taxes dont le montant est variable et concerne les postes suivants: TVA, essence, tabac, revenu, foncier, comte, succession. Cet impôt est bien sur assujetti aux différentes exemptions et déductions. Sa fourchette est variable et se situe entre 3,87% du revenu pour le New Hampshire et 11,67% pour l'Alaska. 

 

Pour cet eemple de l'annee 2010, ce couple de contribuable va pouvoir renseigner en ligne les donnees relatives a son impot federal. Pour l'impot percu par l'Etat dans lequel il reside, chaque Etat publie la meme grille sur son propre site. Ainsi, concernant l'Etat federal, le contribuable peut d'abord consulter le detail du budget federal:



Au menu des Impôts

Et voici en détail la répartition des impôts payés par ce couple de contribuables:

DEFENSE NATIONALE
26.3%
$68.38


  • Salaires et avantages des personnels militaires

6.0% $15.60


  • Operations en cours, équipements et fournitures

10.5% $27.30


  • Recherche, développement, armes et construction

8.8% $22.88


  • Energie atomique militaire

0.7% $1.82

  • Activités du FBI et de la Défense Nationale

0.3% $0.78
 
SANTE
24.3%

$63.18



  • Medicaid et Programme d'Aide à l'Enfance (CHIP)

10.7% $27.82

  • Paiement des docteurs et médicaments du Programme Medicare

10.3% $26.78


  • Recherche sur la Sante et la Sécurité Alimentaire

1.5% $3.90


  • Contrôle des maladies et Sante Publique

1.0% $2.60


  • Crédit d’impôts du système COBRA et autres dépenses de Sante

0.9% $2.34
 
EMPLOI-FAMILLE
21.9%

$56.94


  • Assurance Chômage

4.4% $11.44


  • Aide  alimentaire et nutritionnelle

3.6% $9.36


  • Aide au Logement

2.2% $5.72


  • Salaire perçu, Création d’activité et Education

3.5% $9.10


  • Bénéfices Supplémentaires de la Sécurité Sociale

1.8% $4.68


  • Retraite et Handicap des employés civils et militaires du Gouvernement

4.6% $11.96


  • Aide à l’Enfance, Maisons d’Accueil, Adoption

0.6% $1.56


  • Assistance Temporaire pour les Familles en difficulté

0.8% $2.08


  • Retraites des Chemins de Fer et bénéfices supplémentaires

0.5% $1.30
 
EDUCATION-FORMATION
4.8%

$12.48


  • Education élémentaire, secondaire et vocation

2.8% $7.28


  • Aide financière aux étudiants du Secondaire

0.8% $2.08


  • Formation et services de placement à l’emploi

0.4% $1.04


  • Formation pour l’emploi des handicapés et autres mesures d’assistance

0.9% $2.34
 
VETERANS
4.1%
$10.66


  • Aide au revenu et au logement

1.9% $4.94


  • Sante

1.7% $4.42


  • Education, formation et autres bénéfices aux vétérans

0.5% $1.30
 
RESSOURCES NATURELLES ET ENVIRONNEMENT
2.1%
$5.46


  • Gestion de l’Eau et des Terres

0.9% $2.34


  • Fourniture d’énergie et distribution

0.4% $1.04


  • Contrôle de la pollution et des ressources naturelles, de l’énergie et de l’environnement

0.8% $2.08
 
AFFAIRES INTERNATIONALES
1.7%
$4.42


  • Assistance et aide au développement humanitaires

0.7% $1.82


  • Aide extérieure à la Sécurité

0.4% $1.04


  • Affaires étrangères, Ambassades et autres affaires internationales

0.6% $1.56
 
SCIENCE, ESPACE ET TECHNOLOGIES
1.2%
$3.12


  • NASA

0.7% $1.82


  • Fondation Nationale des Sciences, recherches additionnelles scientifiques et laboratoires

0.5% $1.30
 
IMMIGRATION, MAINTIEN DE l’ORDRE ET JUSTICE
2.0%
$5.20


Agriculture
0.8%
$2.08


Communauté, Territoire et Développement régional
0.5%
$1.30


Désastres Naturels
0.4%
$1.04


Programmes Gouvernementaux Additionnels
2.4%
$6.24


INTERETS NETS
7.4%
$19.24

 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 23:16

 

Guéanterie du jour 03/03/2012 à 12h50Pierre Haski | Cofondateur Rue89 

Mis à jour le samedi 3 mars 2012 à 17h07


 

 

Ça faisait plusieurs jours qu'on n'avait entendu parler de Claude Guéant et de ses saillies sur le terrain de l'islamophobie. C'est fait : vendredi soir, le ministre de l'Intérieur a lié le vote des étrangers à la distribution de nourriture halal dans les cantines scolaires, suscitant une nouvelle levée de protestations.

Il n'y avait que 300 personnes pour l'écouter lors d'une réunion électorale à Velaine-en-Haye, près de Nancy, mais ses propos ont vite débordé ce cadre limité :

« Accepter le vote des étrangers, c'est la porte ouverte au communautarisme. Nous ne voulons pas que des conseillers municipaux étrangers rendent obligatoire la nourriture halal dans les repas des cantines, ou réglementent les piscines à l'encontre des principes de mixité.

Si on reçoit moins d'immigrés, les choses se passeront mieux. Les étrangers doivent accepter nos règles, c'est à eux de s'adapter. Chacun comprend que si on reçoit moins d'immigrés, les choses se passeront mieux. »

François Hollande lui a indirectement répondu, samedi après-midi à Dijon, en déclarant :

« les étrangers peuvent voter aux élections municipales sans qu'on ait rien à craindre ».

Dès samedi matin, sur Europe 1, Manuel Valls, le directeur de campagne de François Hollande, a qualifié ces propos de Claude Guéant de « nauséabonds [...] à l'image de la campagne de Nicolas Sarkozy ». « Il ferait mieux de s'occuper de lutter contre l'insécurité et la délinquance », a-t-il ajouté.

Meme réaction de Cécile Duflot, la dirigeante d'Europe Ecologie Les Verts, qui parle sur Twitter d'« idées dégoûtantes ».

Sur Twitter également, les commentaires ironiques vont bon train, pour faire observer que « si les Alsaciens votaient », il y aurait choucroute obligatoire dans les cantines, « si les Antillais votaient », il y aurait du rhum dans les écoles, ou que si les Bretons votaient, on aurait du chouchen et des galettes saucisse à chaque repas.

Au-delà de l'ironie, cette sortie montre la persistance du ministre de l'Intérieur à aller labourer sur les terres du FN, deux semaines après sa sortie sur les « civilisations qui ne se valent pas ». Pas question de renoncer à ce créneau au moment où Nicolas Sarkozy est en difficultés dans les sondages.

Le vote islamophobe vaut bien quelques outrances, semble-t-il. On réparera les dégâts après.

 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 23:12

 

Rue89 - Témoignage 02/03/2012 à 17h47

TitiEB | Démocrate, Musicien, Étudiant.



Nicolas Sarkozy dans la foule à Bayonne, le 1er mars 2012 (Philippe Wojazer/Reuters)

(De Bayonne) Quelle belle journée à Bayonne ce jeudi 1er mars. Je finis mon gâteau basque dans un restaurant des halles avec un ami et collègue d'infortune en attendant d'apercevoir le président de la République, Nicolas Sarkozy, qui doit nous rendre visite.

Une fois cette sale cigarette fumée, nous nous dirigeons à 50 mètres de là, où des centaines de personnes attendent le Président. Je trouvais qu'il y avait beaucoup de monde, comme s'il était remonté dans les sondages. L'ambiance est relativement détendue alors qu'il est 14h30 et que Nicolas Sarkozy devrait déjà être là.

Il n'y a pas que des sarkozystes ici

Beaucoup de perches et de caméras se bousculent au bord de la rue dégagée par les CRS, mais les spectateurs attendent sagement. Je retrouve des collègues de la faculté de droit bayonnaise dont les orientations politiques, pour certains proches des miennes, ne sont pas vraiment à droite.

Ainsi, je commence à comprendre qu'il n'y a pas que des sarkozystes ici. Nous avons eu le temps de refaire le monde pendant plus d'une heure, jusqu'à ce que le bruit d'un moteur se fasse entendre parmi le brouhaha de la foule.

Arrive, en bas de la rue piétonne qui constitue l'essentiel du trajet prévu, la 508 présidentielle. C'est au moment où le bruit de la portière a résonné que tout s'est transformé. Il y a d'abord eu un vol de papiers appelant à la création d'une collectivité basque, et alors que le premier d'entre eux touchait le sol, la masse si calme bien qu'impatiente a relevé la tête et s'est mise à scander des slogans houleux en le sifflant.

En une fraction de seconde, la mer si calme s'est déchaînée, comme lorsque l'on se jette à l'eau et qu'apparaissent de grandes vagues...

 

 

Je l'avoue, j'ai moi-même sifflé pour exprimer mon mécontentement. Mais comme les autres, je n'ai pas été violent à un seul moment, a fortiori parce que je suis handicapé et que je ne peux marcher sans canne. On sent beaucoup de tension dans l'air, comme un courant électrique, une fissure entre un peuple et son premier représentant.

On se croirait aux fêtes de Bayonne

Nicolas Sarkozy avance vite, entouré d'une armée de journalistes et d'un service de sécurité conséquent. Il ne faut pas espérer traverser la rue, ne serait-ce qu'en largeur. Elle est bondée, les manifestants, écrasant numériquement les sympathisants, sont serrés. On se croirait presque au moment des fêtes de Bayonne, mais sans uniformes rouges et blancs.

Pour savoir où se situe le Président, il suffit de lever la tête et de chercher les perchmans. Ainsi, on peut se faire une idée approximative de sa position, mais il est inutile d'imaginer pouvoir l'approcher. Soit il vous passe à côté et vous vous faites bousculer, soit vous montez sur des marches pour l'apercevoir. Malgré le spectacle d'une intensité assez inattendue, mon ami travaille bientôt et je dois le ramener chez moi afin qu'il récupère sa voiture.

A mon retour en centre-ville, je me gare encore plus près de l'épicentre du séisme, mais je ne vois presque plus personne et sûrement pas Nicolas Sarkozy. D'ailleurs, sa voiture non plus n'est plus stationnée en bas de la rue piétonne. En revanche, il reste des CRS, et sur le trajet nous avons l'occasion de croiser une dizaine de camions.

J'opte alors pour une nouvelle stratégie : l'ouïe. En effet, suivre l'écho des formules houleuses, des sifflets et autre txistu m'a permis, en remontant la rue jusqu'à la cathédrale, de retrouver le président de la République, mais surtout la foule.

Les CRS agissent comme s'il y avait eu un attentat

Toutefois, parler de retrouvailles n'est en fait pas vraiment exact au vu des circonstances. C'est une scène de quasi-guerre civile que je trouve. Avec leurs uniformes imposants, on aurait cru qu'il y avait autant de CRS que de manifestants. Je m'approche pour tenter d'apercevoir à nouveau Nicolas Sarkozy, mais il est à ce moment-là dans une boutique de la rue d'Espagne. Alors, j'attends et je me tais.

Tandis que la plupart des manifestants, bien que comprimés, scandent des « Sarko casse-toi » (sans insulte à la fin, n'est-ce pas ? ), je vois les CRS charger de l'autre côté de la place. Sans aucune délicatesse, ils poussent avec leurs boucliers voire frappent à coups de poing les gens afin de les faire reculer. La violence est policière. J'entraperçois encore des papiers voler, des œufs...

Rien de bien méchant, rien ne justifiant cette violence de la part de ceux censés appuyer la justice, faire respecter la loi. Il s'agit tout simplement d'une manifestation, et pourtant les CRS agissent comme s'il y avait eu un attentat. Cliché sur le Pays basque ?

Désormais le bar le plus connu de Bayonne

La pression créée par les apparents soucis de logistique de l'impressionnant dispositif de sécurité font que les CRS improvisent en cognant pour faire un passage pendant que Sarkozy sort de la boutique où il est pour se réfugier dans le café qui sera désormais le plus connu de Bayonne, le bar du Palais.

Quand je me rends compte que les boucliers se rapprochent dangereusement, j'essaye d'avancer mais ce n'est pas évident. Finalement, je manque de tomber et je répète deux ou trois fois à un CRS que je suis handicapé.

A un moment, histoire de varier les décors, la BAC s'installe sous mon nez. Moi qui pensait être tranquille contre mon mur... J'étais entouré de flics, cinq ou six. Lorsqu'un type balance un briquet en visant volontairement le bouclier d'un CRS qui venait de se comporter stupidement, deux des policiers en civil qui squattaient mon coin tentent de l'interpeller.

La violence a été engagée par les CRS, les manifestants n'ont fait que scander des slogans et certains ont jeté de l'eau avant de se faire tabasser.

Alors quand je vois l'usage qu'en fait Sarkozy en nous expliquant qu'il n'y avait que « des gens du Parti socialiste qui s'allient à des gens de l'ETA », je me dis qu'il devrait revenir à Bayonne afin de vérifier ses dires. Il les a aussi qualifiés de voyous, mais les vrais voyous ce sont ses amis mouillés dans des affaires louches et pas seulement ses amis. Des citoyens qui s'expriment sans violence sont dans leur plein droit.

Le PS n'était pas absent

Contrairement à ce que l'UMP et la presse disent, la foule était mixte, apolitique, gauche, extrême ou centriste. Il n'y avait pas « beaucoup de collégiens et de lycéens » et il y avait des socialistes, oui... Mais peut-être une dizaine sur des centaines de personnes.

Manuel Valls ferait mieux de l'assumer d'ailleurs plutôt que de nous mentir en disant que le PS était absent. Sauf qu'il n'y a pas que les abertzale et les socialistes qui souhaiteraient remplir les cahiers de doléances.

 

 

Qui plus est, Nicolas Sarkozy qui parle d'indépendantistes puis, dans une seconde intervention, d'ETA, s'est permis un terrible amalgame en assimilant l'amour d'une culture au terrorisme.

Par ailleurs, utiliser la colère de tout un pays pour se victimiser, stigmatiser les Basques et assimiler tous ces adversaires aux socialistes est irresponsable et indigne. Fort de ce constat, tout le monde l'a vu, le vrai Sarko est de retour, et la République continue de couler.

 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 23:06

 

C'est l'hiver 03/03/2012 à 10h30

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

Avec la hausse du prix du fuel, les Grecs coupent le chauffage central et rallument leur cheminée. Le bois devient une denrée précieuse, et des entreprises en profitent.

(D'Athènes) Lorsque l'on arrive dans ce quartier de la banlieue nord d'Athènes, un quartier plutôt bourgeois, de grandes maisons individuelles et d'appartements confortables, la jeune femme qui nous a alerté sort en trombe de chez elle.

Elle déborde de colère, écourte les salutations, traverse la rue, poursuit ses explications rageuses, s'arrête enfin.

Nous sommes à une vingtaine de mètres de chez elle, sur une sorte de terrain vague autrefois destiné à être transformé en parc de jeux. Mais voilà, la crise est passée par là, les herbes folles vont paisiblement pouvoir poursuivre leur pousse, et les enfants patienteront.

La jeune femme blonde s'arrête. Elle désigne deux troncs coupés, là voyez-vous même, sur cette ligne régulière sur laquelle se dressent de rares et minces arbres.

Les Athéniens rallument les cheminées


Un arbre coupé dans un champ près d'Athènes (Zineb Dryef/Rue89)

Je suis un peu embêtée, là où mon interlocutrice voit un crime je constate un « menu larcin » – seule cette expression un peu passée me vient à l'esprit.

Je ne dis rien, je prends quelques photos pour ne pas la vexer. Elle est profondément indignée par cet acte : des hommes sont venus couper du bois en bas de chez elle !

Son voisin ne s'est pas démonté, il a relevé la plaque minéralogique des voleurs et les a dénoncé à la police . Laquelle a ricané : « Vous voudriez qu'on s'occupe de types qui coupent du bois alors que la criminalité galope ? »

On reste quelques minutes de plus à la quête de quelque autre tronc qui aurait échappé à notre vigilance ; on en repère plusieurs. La jeune femme explique que ce qui ressemble à de l'incivilité révèle une catastrophe : certains Athéniens se chauffent au bois parce qu'ils ne peuvent plus payer leurs factures de fuel.

Ses voisins ont rallumé les cheminées et éteint les chauffage centraux. Parce qu'elle vient d'avoir un bébé, elle a fait le choix de continuer à payer, même si 400 euros mensuels pour chauffer sa maison de 120 mètres carrés, c'est quand même beaucoup d'argent.

Dans ce quartier, construit ces dernières décennies, il était du dernier chic d'avoir une cheminée dans son salon. Désormais, elle est vitale. « Le soir, ça ressemble à un village. Toutes les cheminées fument, l'odeur du bois n'est pas désagréable mais enfin, ça rappelle que les temps sont durs », intervient Vassilis, l'interprète avec qui je parcours Athènes.

Les prix du fuel ayant explosé, l'hiver étant anormalement froid - ou du moins est-il vécu ainsi cette année – ce sont les entreprises de vente directe de bois qui se multiplient. Allez voir quelques rues plus loin, conseille la mère de famille, elles poussent comme des champignons.

La Grèce doit importer du bois

Quelques rues plus loin, je rencontre Kostas Sallis. Il consent à nous parler de son métier :

« J'espère quand même que ce n'est pas une nouvelle astuce du fisc pour nous faire avouer notre chiffre d'affaire. »


Du bois de chauffage rangé dans une grange (Zineb Dryef/Rue89)

La succursale qu'il dirige n'est installée dans le quartier que depuis quatre mois – des panneaux viennent rappeler qu'il succède à une entreprise de BTP – mais dans son bureau en préfabriqué, il évoque le métier en briscard du bois – voilà sept ans qu'il en est, rien à voir avec toutes ces petites entreprises qui naissent ces derniers mois et meurent tout aussi rapidement. Il ne craint pas leur concurrence :

« La demande est énorme, il y en aura pour tout le monde. Mais le problème pour ces petites entreprises, c'est que les fournisseurs sont déjà en rupture de stocks. On importe du bois désormais, et les taxes sont énormes.

Il ne faut pas oublier que l'économie du bois est fondée sur celle du pétrole. On en a besoin pour le transport. Or, les taxes sont là aussi de plus en plus élevées. Les commandes augmentent mais les taxes aussi... Seuls les grands vont survivre. »

Il ne s'étend pas sur ses propres difficultés, laissant entendre qu'il est du côté des « grands », de ceux qui peuvent « réserver le stock existant en payant en avance ». Il est fier de son bois, du bois grec (du chêne et de l'olivier) pas celui que font venir certains de Bulgarie et qui est inapproprié pour une combustion de cheminée. Au-dessus de son bureau, une affiche indique ses prix :

« Un kilo : 20 centimes
Un sac : 10 euros
Un sac de charbon : 10 euros »

C'est évidemment meilleur marché que le fuel, dont le prix a été multiplié par deux cette année, et dans un rayon de 10 kilomètres, le fameux quartier des cheminées, ils n'arrêtent pas de livrer. Son entreprise connaît une augmentation de 60% de la demande par rapport à la même période l'année précédente.

Le chauffage collectif est désormais éteint

Et ceux qui n'ont pas de cheminée ? Ils s'achètent un poêle à bois ou arrêtent de se chauffer. Au centre d'Athènes, il n'y a pas d'estimation, mais nombreux sont les immeubles qui ont fait le choix de couper le chauffage collectif. Trop de charges pour les habitants. A chacun de se trouver sa solution : sortir le soir, s'habiller chaudement pour dormir, investir dans un poêle à bois... Vassilis blague :

« Avant, on disait “viens ma belle dans ma Porsche Cayenne”, c'était les années fric. Maintenant, c'est “viens chez moi, j'ai allumé le chauffage”. »

Kostas, pour que l'on prenne conscience de la paupérisation de la population, assure que de plus en plus souvent, les quantités commandées sont ridicules ; parfois « 4 ou 6 euros ». Il n'a pas le cœur à refuser.

Quand je l'interroge sur les arbres coupés dans le quartier, il confirme que le phénomène existe, mais que l'abattage sauvage est surtout le fait d'entreprises :

« Les fournisseurs coupent plus d'arbres qu'ils n'ont droit de le faire. C'est d'autant plus courant que les services forestiers ont été démantelés. »

Une dépêche de l'AFP nous apprend qu'« après constatation d'abattages illégaux, les services forestiers ont émis 1 500 plaintes en 2011, soit deux fois plus que l'année précédente, dans un pays où 70% des forêts sont publiques ».

« La cheminée, c'est du chauffage psychologique »

Le plus triste, laisse tomber Kostas, c'est qu'on se chauffe mal au bois.

« La cheminée, c'est du chauffage psychologique. Ça ne chauffe qu'une pièce, pas une maison ni même un appartement ! »

ll regrette une période lointaine. C'était avant 2010 :

« Le véritable usage de la cheminée, c'est celui d'antan. On avait le chauffage central et on allumait la cheminée pour le plaisir de boire un whisky devant. »

Les yeux rivés sur sa télé, il commente maintenant les cours de la Bourse :

« J'ai acheté des actions autrefois. Je voulais doubler mon patrimoine, alors j'ai acheté dans le BTP. »

Il rit d'avoir eu si peu de flair :

« J'aurais dû le dépenser cet argent. En profiter. »

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 22:59

LEMONDE.FR avec AFP | 02.03.12 | 22h05

 
 

Les Restos du cœur vont "malheureusement" battre leur record de fréquentation dans leurs 2 000 centres d'aide alimentaire, a annoncé vendredi 2 mars Olivier Berthe, président de l'association créée par Coluche. Selon lui, 900 000 personnes devraient être reçues lors de la campagne 2011-2012. Lors de la campagne d'hiver précédente, les Restos du cœur avaient reçu 860 000 personnes.

"Est-ce qu'on va attendre 2017, les prochaines élections, pour dire 'ça y est, on a atteint le million' ? Est-ce qu'on va rester dans cette situation absurde ? J'espère qu'un certain nombre de nos candidats nous répondront, mais dans les actes et dans les faits", a par ailleurs déclaré à RTL le président des Restos du cœur.

L'association a adressé mercredi 29 février une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle, les invitant à s'intéresser aux Français "vivant en dessous du seuil de pauvreté".

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 22:56

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 03.03.12 | 08h36   •  Mis à jour le 03.03.12 | 14h02

 
 

 

La plateforme de forage Deepwater Horizon en feu, le 21 avril 2010.

La plateforme de forage Deepwater Horizon en feu, le 21 avril 2010.Reuters/HANDOUT


Le géant pétrolier BP est parvenu à un accord partiel avec des plaignants privés – pêcheurs ou entreprises de la région sinistrée, notamment – au procès aux Etats-Unis de la marée noire engendrée par le naufrage de la plateforme Deepwater Horizon en 2010 dans le golfe du Mexique, annonce la justice américaine.

Les termes de cet accord seront remis prochainement au tribunal chargé de l'affaire pour approbation, a fait savoir le juge Carl Barbier, qui a en outre ajourné le procès, dont l'ouverture était prévue le 5 mars. La compagnie est toujours poursuivie par les pouvoirs publics et ses partenaires industriels.

Dans un communiqué, BP a indiqué de son côté que l'accord avec des plaignants privés – pêcheurs ou entreprises de la région sinistrée, notamment – porte sur 7,8 milliards de dollars. "L'accord proposé n'inclut pas les plaintes contre BP déposées par le ministère américain de la justice, ou par d'autres agences fédérales, ou par des Etats ou des collectivités locales", ajoute le texte.

Mardi, le Wall Street Journal avait assuré que les discussions en vue d'un accord entre BP et les avocats des personnes et entreprises estimant avoir subi des torts à cause de la marée noire portaient au total sur 14 milliards de dollars. Ces 14 milliards de dollars sont des fonds restant sur un total de 20 milliards de dollars qui avaient été mis de côté par BP en 2010 pour indemniser les victimes de la plus grande marée noire jamais connue aux Etats-Unis, selon le quotidien financier.

 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 22:51

LEMONDE.FR avec AFP | 02.03.12 | 16h24

 
 

 

Une usine à Yutian, à 100 km à l'est de Pékin.

Une usine à Yutian, à 100 km à l'est de Pékin.AFP/PETER PARKS

La Chine a admis, vendredi 2 mars, que deux tiers des villes de son territoire dépassent le seuil maximum de pollution atmosphérique prévu par les nouvelles normes qui comptabilisent les particules fines, les plus dangereuses pour la santé.

Cédant à la pression populaire, le gouvernement chinois a ordonné mercredi la mise en place d'ici à la fin de l'année de mesures de pollution de l'air prenant en compte les particules d'un diamètre inférieur ou égal à 2,5 microns, qui pénètrent plus profondément dans les poumons. L'obligation de nouvelles mesures de la contamination atmosphérique s'appliquera cette année à toutes les capitales de province et de région ainsi qu'à Shanghai et à Pékin, soit trente et une agglomérations.

"Après la mise en place des nouvelles normes, deux tiers des villes de notre nation n'atteindront pas le seuil requis de qualité de l'air", a admis Wu Xiaoqing, vice-ministre chargé de la défense de l'environnement. "Cela prouve l'ampleur du défi auquel nous faisons face", a-t-il ajouté.

PREMIER ÉMETTEUR DE GAZ À EFFET DE SERRE

Les nouvelles normes chinoises sont censées répondre aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour lutter contre la pollution atmosphérique dans les pays en voie de développement, mais les limites choisies restent trois fois plus élevées que les objectifs conseillés par l'OMS.

Les autorités ont été fréquemment accusées ces derniers mois de sous-estimer la gravité de la pollution atmosphérique dans les zones urbaines, notamment dans la capitale, Pékin. La Chine, deuxième économie de la planète et premier marché automobile mondial, voit son environnement menacé par ses très nombreuses industries polluantes, son trafic routier en constante expansion et son laxisme pour protéger les écosystèmes. En outre le pays tire plus de 70 % de son énergie de la combustion du charbon, ce qui en fait le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre.

 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 22:45

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 03.03.12 | 09h23   •  Mis à jour le 03.03.12 | 19h13

 
 

 

Manifestation à Homs après la prière du vendredi. "Nous demandons la protection de la communauté internationale et de l'aide humanitaire", peut-on lire sur cette banderole tenue par un enfant.

Manifestation à Homs après la prière du vendredi. "Nous demandons la protection de la communauté internationale et de l'aide humanitaire", peut-on lire sur cette banderole tenue par un enfant.REUTERS/HANDOUT

La Chine demande au gouvernement et aux rebelles syriens de mettre immédiatement fin à tous les actes de violences, en particulier contre les civils, a fait savoir samedi 3 mars le ministère des affaires étrangères dans un communiqué cité par l'agence Chine nouvelle.

"Le gouvernement syrien et toutes les parties concernées devraient immédiatement, totalement et inconditionnellement mettre fin à tous les actes de violence, en particulier la violence contre des civils innocents", écrit le ministère. Le communiqué appelle également à l'ouverture d'un dialogue "sans condition préalable" sous la médiation de l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe, l'ancien secrétaire général de l'Onu Kofi Annan.
 

HOMS SOUS LES BOMBES

Les forces du président Bachar Al-Assad ont bombardé samedi le quartier résidentiel de Djobar, dans les faubourgs de Homs, où des milliers de civils ont trouvé refuge, indique, un communiqué diffusé par le Réseau syrien pour les droits de l'homme. Djobar jouxte le quartier de Bab Amro. Toujours selon des sources de l'opposition, des tirs de mitrailleuse ont été entendus dans les quartiers de Al Khalidiya et Al Koussor, toujours à Homs. Les images satellite révèlent l'ampleur de la répression :

Image suivante
Vue satellite du quartier de Baba Amro, à Homs, le 25 février 2012. En rouge, des immeubles détruits ou endommagés. HRW affirme avoir dénombré 640 bâtiments endommagés. En jaune, des impacts sur des zones à découvert. HRW affirme en avoir décompté 950.
Crédits : DigitalGlobe, Analysis provided by Human Rights Watch / DigitalGlobe, Analysis provided by Human Rights Watch
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Les équipes du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Croissant rouge arabe syrien (CRAS) ne sont pas entrées vendredi à Baba Amro, quartier rebelle de Homs repris par l'armée syrienne, a indiqué samedi le porte-parole du CICR à Damas, Saleh Dabbakeh. "Aucune équipe n'est entrée vendredi à Baba Amro et [les autorités] n'ont pas autorisé l'entrée de l'aide. Nous sommes toujours en négociation", a-t-il affirmé. Vendredi, le président du CICR Jakob Kellenberger avait jugé "inacceptable que des gens qui attendent de l'aide d'urgence depuis des semaines n'aient toujours reçu aucun soutien". Il avait ajouté que le convoi allait "rester cette nuit à Homs dans l'espoir de pouvoir entrer très prochainement à Baba Amro".

MASSACRE ET EXÉCUTIONS SOMMAIRES

Le ministre des affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, accuse le régime de Bachar Al-Assad de commettre des crimes de guerre et contre l'humanité dans la répression du soulèvement qui dure depuis près d'un an en Syrie. "Le régime syrien commet chaque jour un crime contre l'humanité", a-t-il dit, samedi, lors d'une conférence de presse à Istanbul avec son homologue italien Giulio Terzi. "Je le dis clairement : après tous ces massacres et ces crimes, qui présentent les caractéristiques de crimes de guerre, le régime syrien ferme toutes les portes au dialogue", a ajouté le chef de la diplomatie turque.

Le photographe britannique Paul Conroy, évacué cette semaine de Baba Amro, a dénoncé sur Sky News "un massacre aveugle". "C'était presque une attaque psychologique. J'ai travaillé dans plusieurs zones de guerre. Je n'ai jamais vu ou vécu des bombardements comme ceux-là. C'était systématique", a-t-il dit, évoquant "des munitions utilisées sur les champs de bataille".

 

 

Signe de l'intensité de ce pilonnage, l'organisation Human Rights Watch a annoncé vendredi avoir analysé une photo satellite de Baba Amro prise le 25 février et avoir dénombré au moins 950 cratères dans les rues et les champs, ainsi que 640 bâtiments dont les dommages étaient visibles d'au-dessus. HRW fournit aussi la vidéo d'habitants de Baba Amro montrant des projectiles de 120,  122 et 240 mm utilisés pour bombarder le quartier.

 

 

 

 

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé Damas à laisser entrer l'aide humanitaire "sans condition" et le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme s'est inquiété d'éventuelles "représailles" à Baba Amr, après avoir reçu des informations non confirmées de 17 exécutions sommaires.

Vendredi, 10 personnes ont encore été tuées à Baba Amro et 37 autres dans le reste du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Une roquette tirée par l'armée sur une manifestation à Rastane, dans la province de Homs, a ainsi fait au moins 12 morts, dont cinq enfants, selon l'OSDH. Dans une vidéo diffusée par des militants, on entend une forte explosion, puis on voit les manifestants se précipiter vers des corps déchiquetés en criant "Venez voir les crimes de Bachar Al-Assad".

LE RÉCIT D'EDITH BOUVIER ET WILLIAM DANIELS

Edith Bouvier et William Daniels, bloqués à Baba Amro depuis un bombardement qui a tué deux de leurs confrères le 22 février, sont arrivés en France après avoir été exfiltrés par l'ASL, et ont été accueillis par le président Nicolas Sarkozy. Dans des déclarations publiées samedi par Le Figaro, les deuxs journalistes font part de leur sentiment d'avoir été "directement visés" par les bombardements de l'armée syrienne. "Il y a eu au moins cinq explosions successives, très proches. On avait vraiment l'impression que nous étions directement visés", ont expliqué les deux journalistes à propos du bombardement de la maison de Baba Amro qui servait de centre de presse.

Dans la soirée de vendredi, les dépouilles de l'Américaine Marie Colvin et du Français Rémi Ochlick ont été identifiées à Damas. Elles doivent désormais être remises à leurs pays.

 

Edith Bouvier, le 2 mars 2012.

Edith Bouvier, le 2 mars 2012.AFP/JACQUES DEMARTHON

 MANŒUVRES DIPLOMATIQUES

Réunis à Bruxelles, les dirigeants européens ont haussé le ton, souhaitant "que les responsables des atrocités syriennes répondent de leurs actes" devant la justice internationale. Cela nécessite cependant un feu vert du Conseil de sécurité de l'ONU, où Damas bénéficie du soutien de la Russie et de la Chine. Moscou a toutefois pris ses distances vendredi, les Etats-Unis saluant un "mieux". "Les réformes proposées [par le régime] auraient évidemment dû être menées depuis longtemps", a estimé le premier ministre Vladimir Poutine.

La Maison Blanche a qualifié les violences à Homs de "scandaleuses" et "horribles", estimant que "quiconque a vu une seule minute de vidéo de l'attaque brutale perpétrée par le régime Assad comprend qu'il n'y a que d'un côté que l'on a la gâchette facile".

 

 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 22:37

LEMONDE.FR avec AFP | 03.03.12 | 12h14

 
 

 

Vue de la centrale de Fukushima, le 28 février 2012.

Vue de la centrale de Fukushima, le 28 février 2012.AP/Kimimasa Mayama


Le premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, a estimé, samedi 3 mars, que personne en particulier ne pouvait être tenu pour responsable de l'accident nucléaire de Fukushima, mais que chacun devait "partager cette douleur".

Lors d'un entretien accordé à des journalistes étrangers à Tokyo, M. Noda a reconnu que les autorités nippones avaient été flouées par "le mythe de la sûreté" de l'énergie nucléaire et n'étaient pas préparées à une catastrophe de l'envergure de celle survenue le 11 mars 2011.

Il a toutefois écarté toute responsabilité individuelle dans l'accident provoqué par un tsunami géant qui a noyé les circuits d'alimentation électrique et provoqué la fusion du combustible nucléaire dans les réacteurs de la centrale Fukushima. Des dizaines de milliers de riverains ont été forcés d'évacuer leur domicile pour échapper aux rejets radioactifs qui ont contaminé le sol et la mer dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres.
 

"Evidemment, la responsabilité première au regard de la loi japonaise incombe à l'opérateur" de la centrale nucléaire accidentée, Tokyo Electric Power (Tepco), a dit M. Noda. "Mais le gouvernement, tout comme les opérateurs et les spécialistes experts, étaient trop profondément imprégnés du mythe de la sûreté et je pense que c'est la conclusion que l'on peut en tirer." "Plutôt que de blâmer quelqu'un en particulier, je crois que chacun doit partager cette douleur et en tirer des enseignements."

Les commentaires du premier ministre surviennent quelques jours après qu'une commission d'enquête indépendante a révélé que le président de Tepco avait voulu au pire de la crise faire évacuer le site où ses employés tentaient de maîtriser l'accident. Il a finalement renoncé uniquement après que le premier ministre de l'époque, Naoto Kan, eut menacé de briser Tepco si l'opérateur abandonnait la centrale à son sort.

 

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