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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 19:16

«Le malade, c’est l’État, et non l’économie et la société grecques», réaffirme Georges Contogeorgis, professeur de science politique à Athènes, ancien ministre qui a apporté son soutien aux Indignés de la place Syntagma. Ce qui rend indispensable un réexamen des orientations demandées à la Grèce, et «pourrait être le point de départ d’un approfondissement de l’Europe politique».

  

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puceinvite.jpg1. Au départ crise de l’emprunt, la crise grecque est ensuite devenue crise de la dette, avant d’être considérée finalement comme une crise de la compétitivité. Dès le début, la troïka a fondé son approche de l’économie grecque sur l’idée essentielle que l’État était confronté à une crise de la dette parce que l’économie grecque n’était pas compétitive et que, par conséquent, les Grecs vivaient au-dessus de leurs moyens, sur des emprunts.


Or, si cette idée avait été correcte à la base, les mesures écrasantes – de l’aveu général – imposées à la société grecque auraient dû porter quelque fruit. Cela fait cinq ans déjà que nous vivons une récession sans précédent, qui promet de se poursuivre avec la même intensité. Et pourtant, nul ne saurait dire encore à quel moment le «niveau de vie» du Grec sera conforme à l’état réel de l’économie.


Comme hypothèse de travail, je propose de considérer ici que, dans le cas de la Grèce, la «recette» qui a été choisie pour faire face à la crise est partie d’un diagnostic complètement faux pour ce qui est de la cause, mais aussi du malade. Plus précisément, je soutiens que le malade, c’est l’État, et non l’économie et la société grecques. Le surendettement public n’est pas directement lié au niveau de vie de la société: c’est simplement un indice significatif de la corruption et de l’appropriation de l’État par la classe politique et par ceux qui le possèdent. Le fait que la crise de l’emprunt ait dégénéré en crise de la dette résulte exclusivement du refus général des gouvernements grecs de prendre des mesures élémentaires de réforme de l’État. Ensuite, la gestion de la crise, marquée par les infléchissements par rapport aux prévisions des mémorandums, et, en fin de compte, les ponctions inouïes effectuées aux dépens de la société, va de pair avec l’obstination du personnel politique à conserver intacts ses insolents privilèges ainsi que les piliers de la partitocratie. Le système politique a perdu toute légitimité et se trouve en rivalité continuelle avec la société des citoyens.


En particulier, apprécier le niveau de vie des Grecs en fonction du PIB est en contradiction avec le fait que, dans ce cas précis, le PIB ne correspond manifestement pas à la réalité de l’économie. L’écart devient patent si l’on compare l’économie réelle avec les ressources de l’État, qui sont évidemment inférieures à ce qu’elles devraient être, en raison de l’énormité de la fraude fiscale dans le pays. L’État pauvre et surendetté ne préjuge pas d’une économie pauvre et d’une société qui vit au-dessus de ses moyens. Il est intéressant de remarquer que, contrairement à celui de l’État, l’endettement des particuliers en Grèce était, au début de la crise, parmi les plus faibles d’Europe. Et si l’on ajoute la collusion d’intérêts et la corruption (l’État grec se situe en ce domaine aux derniers rangs des nations), force est de constater que les détenteurs/possesseurs de l’État «pauvre et surendetté» menaient une vie outrageusement luxueuse.


Vu la perte considérable de richesse productive occasionnée par les collusions d’intérêts et par une corruption connues de tous, vu le gaspillage et le pillage des recettes publiques par la classe politique et, bien entendu, les pratiques clientélistes visant à satisfaire des groupes sociaux «amis», il va de soi que la prospérité par habitant (y compris la qualité de vie, comme par exemple les services fournis par l’État) était largement en dessous de celle à laquelle pouvait prétendre la société grecque. On a calculé que si cette richesse – produite par l’économie grecque ou importée de l’UE – avait été investie de manière productive, le niveau de vie du pays aurait égalé celui des pays scandinaves.


Pour apprécier l’ampleur de l’effort déployé par l’ensemble de la société grecque afin d’atteindre ce niveau, il faut tenir compte de l’environnement extrêmement défavorable dans lequel elle était contrainte de fonctionner. L’État dressait et continue de dresser des obstacles insurmontables à toute activité, d’entreprise ou autre, de la société et à la constitution de relations économiques saines et débarrassées de l’entremise des intérêts et de la corruption. Du simple agriculteur au grand entrepreneur, toute transaction avec l’État implique soit l’adhésion au système de la collusion d’intérêts et de la corruption, soit le début de complications sans fins pour soi-même ou son entreprise. Pour profiter des services élémentaires que lui vaut sa qualité de citoyen, ce dernier doit «avoir un piston» ou payer le bakchich nécessaire. Il n’est pas excessif de dire que la société grecque est aux mains d’un État dynastique que s’est approprié une classe politique


transformée en partitocratie. Il suffit de noter la diminution impressionnante du poids du monde grec depuis le XIXe siècle pour comprendre l’ampleur des dégâts provoqués par cet État dynastique ; ou de s’interroger sur la réussite de la diaspora (aux États-Unis, la diaspora grecque occupe l’une des deux places les plus importantes parmi les communautés nationales) ou sur la flotte marchande grecque, la première au monde.


2. Ces constatations montrent à quel point la troïka s’est fourvoyée dans sa manière d’envisager le problème grec. Je considère en l’occurrence comme une erreur l’assimilation de la dite «dévaluation interne» à la dévaluation d’une monnaie nationale, même si l’on oublie un instant que le but poursuivi est de servir l’intérêt des marchés. La dévaluation de la monnaie nationale améliore, sous certaines conditions, la compétitivité de l’économie ; la «dévaluation interne» marque une intervention violente et déstructurante au niveau de la base productive de l’économie elle-même, ce qui hypothèque la consommation et l’État providence.


Dans le cas de la Grèce, c’est la «dévaluation interne» qui a été choisie pour faire face, nous l’avons dit, à la crise de la dette. Mais ainsi, elle a rendu la dette ingérable et a inévitablement imposé son «effacement partiel». La «dévaluation interne» a porté un coup fatal au tissu productif de l’économie et a en fait entraîné la faillite du pays. Faut-il alors penser que seule sa «sinisation» fera que la société grecque cessera de vivre au-dessus de ses moyens ? D’un autre côté, les gouvernants n’ont toujours pas expliqué pourquoi la dette n’était pas gérable quand elle était égale à 120% du PIB au début de la crise et le sera avec le même pourcentage en 2020, c’est-à-dire une fois que la société grecque sera exsangue. Surtout que, dans le premier cas, les créanciers n’auraient pas eu à subir le fameux «effacement partiel».


On entend dire également que la désagrégation de l’économie et la paupérisation forcée de la société amélioreront la compétitivité puisque la dévalorisation du marché du travail et de la richesse privée et publique éveillera l’intérêt des investisseurs et relancera l’économie. Indépendamment de ce que l’on peut penser de cette option, on convient que l’argument qui prétend que les Grecs vivaient au-dessus de leurs moyens était mensonger: il a servi de prétexte à l’objectif véritable du mémorandum, qui n’est manifestement pas de faire face au vrai problème de l’économie grecque, à savoir la dette, mais d’utiliser le pays comme cobaye dans la promotion du nouvel ordre européen. Sinon, la troïka n’aurait pas eu recours à l’effacement partiel. En tout état de cause, cette option renvoie au dogme des marchés, selon lequel l’intérêt de ces derniers prime celui des sociétés ou, dans le meilleur des cas, l’intérêt de la société s’identifie par définition à celui des marchés.


Cependant, dans le cas de la Grèce, le problème est que, de la sorte, la dimension politique de la crise est contournée. En effet, la crise grecque a pour cause première la transmutation partitocratique du système politique, l’appropriation et, au-delà, le pillage de l’État. Il n’est pas lieu d’expliquer ici la spécificité grecque. Contentons-nous de noter que, malgré tout ce qui se dit, ce phénomène est révélateur du déficit démocratique de la modernité et non du retard politique de la société grecque.


Dans ce cadre en tout cas, le mémorandum, prévu au départ comme un programme de sortie de la crise, est devenu une autre cause essentielle de l’impasse grecque. Et même, dans la mesure où il a choisi de transférer de manière univoque la charge de ses choix à la société sans s’attaquer à l’État, la société en déduira que la classe politique grecque sert de «véhicule» à l’instauration dans le pays de son propre despotisme, à côté de celui de la partitocratie grecque. En confondant la société grecque avec l’État, la troïka a perdu l’avantage de la légitimité. Ce n’est pas un hasard si la troïka, alors qu’elle va jusqu’à s’occuper en détail de l’imposition des chômeurs, n’a pas effleuré un seul instant les privilèges de la classe politique, les fondements de l’État dynastique ni, par extension, la fraude fiscale.


La troïka ne voit donc pas que sa politique, qui conjugue la paupérisation forcée de la société et la dissolution de l’État de droit et de l’État providence avec l’humiliation nationale, pourrait mener à l’accumulation d’un mélange détonant, capable de réduire à néant son entreprise. Peut-être ignore-t-elle un paramètre significatif de la société grecque, à savoir son aptitude à déverser son problème dans la cour de ceux qui foulent aux pieds sa liberté. Aptitude émanant de son niveau élevé de développement politique et de sentiment national, qui est sa qualité distinctive. De ce point de vue, si l’entreprise réussit en Grèce, alors elle ne rencontrera pas d’autres obstacles ; mais si elle échoue ou si son enjeu se diffuse dans l’espace européen en général, il est probable qu’elle déclenchera une succession de conséquences considérables au sein de l’Europe politique, et au-delà. Car cet enjeu, quant à son fond, dépasse largement le territoire grec.


3. Sous cet angle, j’estime qu’une réorientation radicale des lignes directrices du mémorandum s’impose, avant qu’il ne soit trop tard. Il faut comprendre que ce n’est pas le coût élevé du travail qui a occasionné la crise de la dette ou qui freine la croissance, et que l’on ne saurait imputer à l’économie grecque en général la cause de la crise. À l’heure actuelle, même si la société grecque offrait gratuitement son travail, nul ne viendrait investir en Grèce. Aucun nouveau «plan Marshall» ne suffirait pour que l’économie grecque renoue avec la croissance. Ce qu’il faut, ici et maintenant, c’est une refonte de l’État. Je veux parler du système politique, de l’administration publique et, substantiellement, de la législation.


Il n’est pas lieu d’énumérer ici les mesures requises pour cette refonte. Mais je peux affirmer que l’ensemble du système est à ce point pourri et a à ce point perdu sa légitimité, que si la troïka venait à l’abandonner, il s’effondrerait sur l’heure. Cela veut dire que la réforme peut et doit se faire très rapidement ; il suffit que ceux qui possèdent la force et soutiennent le régime aient la volonté politique de cette réforme. Mais cela présuppose une connaissance profonde du problème, pour que la réforme prenne la direction voulue et, surtout, produise des effets immédiats.


Citons brièvement les orientations générales d’une telle entreprise: dissolution de la base institutionnelle de la partitocratie et prise de mesures visant à reconnecter le personnel politique avec la collectivité sociale; reconstitution de l’administration publique avec pour point de mire l’efficacité sociale, avec tout ce que cela entraîne dans le domaine de sa structure, de la responsabilité personnelle du fonctionnaire et de l’intérêt légitime du citoyen. Le problème de l’administration grecque ne réside pas dans la qualité de son personnel, qui est élevée, mais dans son appropriation; pas tant dans la taille de l’État que dans son œuvre de pillage. Tout cela suppose, d’abord, une refonte intégrale de la législation. L’appropriation de l’État, la collusion d’intérêts et la corruption, la base clientéliste des politiques publiques et la logique dynastique du personnel politique reposent sur un arsenal juridique sophistiqué qui prend la société en otage et la contraint à agir selon ses prescriptions.


Cela incite à se demander si les options du mémorandum ne révéleraient pas un point de rencontre entre la classe politique grecque et la troïka: la première maintient intact son statut partitocratique et celui de ses partenaires au sein de l’État; la seconde trouve dans la classe politique grecque un allié tout disposé à faire passer ses choix à peu de frais, à savoir le principe de l’intérêt des marchés à l’intérieur de la zone euro, à commencer par la Grèce.


Ce n’est pas un hasard si la classe politique dans son ensemble, tirant profit des choix de la troïka, n’a pas touché jusqu’à présent, si peu soit-il, aux piliers de son statut: le caractère partitocratique du système politique, l’État administratif et la législation. Exemple caractéristique: les émoluments scandaleux du personnel politique et, sous cet angle, la gestion dispendieuse des finances de l’État, ainsi que, en tout état de cause, la question de la fraude fiscale. Celle-ci, bénéficiant de la haute protection des acteurs de la partitocratie, avait lieu au grand jour, sans précautions, à travers le système bancaire, etc. Il aurait suffi de comparer les mouvements des comptes de tout un chacun avec ses déclarations fiscales. Cette simple action aurait eu des résultats surprenants.


En conclusion, je pense qu’il est superflu de revenir sur la question de savoir ce qui a empêché jusqu’à ce jour la troïka d’aborder le problème grec à la lumière de la cause première de la crise. D’autant plus que le système partisan et, dans ce cadre, la classe politique, au-delà de leur caractère craintif et parasite, sont les otages du gouvernement allemand, principalement, qui détient les preuves de leur corruption, à travers les entreprises allemandes avec lesquelles ils ont fabriqué le large tissu de relations de corruption dans le pays. Je répéterai simplement ma remarque, que le dilemme «mémorandum ou faillite» de la Grèce est fausse car il contourne la cause première de la crise et la question de savoir qui va payer les frais. La sortie du pays de la crise et toute entreprise de relance de l’économie présupposent une réorientation complète du mémorandum: que l’on abandonne la «sinisation» forcée de la société et la démolition de la base économique du pays et qu’on libère leur dynamique des cliques oligarchiques. Libération qui ne surgira que d’une restructuration de fond en combles du système politique, de l’État et de la législation. Faute de quoi, je crains qu’il ne faille encore beaucoup de mémorandums jusqu’à la «solution finale». En attendant le dilemme qui réapparaîtra ne sera pas celui de la sortie de la Grèce de l’euro – les conditions géostratégiques s’y opposent radicalement –, mais celui du moment où, avec la complicité des dirigeants de l’Europe politique, la crise grecque ébranlera la stabilité sociale et économique de l’Union européenne. Inversement, je considère que le réexamen des orientations du mémorandum grec pourrait être le point de départ d’un approfondissement de l’Europe politique, face à la perspective d’une évolution vers une Europe allemande. D'une Europe qui servira l'intérêt de ses peuples ou bien l'intérêt des marchés.

 


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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 19:10

 

combats 11/03/2012 à 18h46

Marie Kostrz | Journaliste Rue89

Après Homs, Idlib. L'armée syrienne a pris d'assaut cette ville du nord-ouest du pays samedi matin. Depuis, la répression continue et touche toute la région qui l'entoure.

L'offensive était redoutée : depuis plusieurs jours, des chars avaient pris position autour d'Idlib. Lancée samedi matin vers 10h30, l'attaque a touché les quartiers nord de la ville.

Ils n'ont pas été pris pour cible par hasard. Contacté par Rue89, Ayham Jabal Azzawiyah (prénom modifié), membre de l'Union libre d'Idlib, un mouvement de jeunes révolutionnaires, explique :

« C'est un des points chauds de la contestation. C'est là où il y a le plus de manifestations contre Bachar al-Assad. La place qui s'y trouve a été rebaptisée “Place de la libération”. »

« Trop dangereux de fuir »

L'Armée syrienne libre (ASL) est aussi très présente dans cette partie de la ville où au moins seize personnes ont perdu la vie samedi. De nouvelles pertes humaines sont à redouter puisque l'armée fidèle au régime a ce dimanche étendu son offensive à d'autres quartiers d'Idlib.

Des combats entres l'ASL et l'armée régulière ont lieu dans le sud d'Idlib. L'Ouest a aussi été attaqué par l'armée de Bachar al-Assad, où la rue Dabeet a été bombardée :

Idlib attaquée

Selon Ayham Jabal Azzawiyah, quatre hommes et deux enfants sont décédés. Quinze autres sont blessés. Il explique que les civils sont bloqués dans la ville :

« C'est trop dangereux de fuir pour le moment. Certains sont partis mais avant l'offensive car on savait bien que nous serions les prochains après Homs. »

Proche de la frontière turque : « Plus facile d'acheminer armes et nourriture »

La région d'Idlib revêt en effet une importance stratégique pour le pouvoir. A la fois proche de la frontière turque et éloignée de Damas, elle permet aux Syriens opposés à Bachar al-Assad de mieux s'organiser. Mohammad (prénom modifié), de l'Union d'al-Kalamoun, groupe de révolutionnaires de la banlieue de Damas, précise :

« Les révolutionnaires peuvent aller et venir en Turquie, il est plus facile d'acheminer des armes, de la nourriture ou du matériel de communication.

C'est une situation très différente d'Al-Kalamoun ou Zabadani, qui ont été parmi les premiers foyers de contestation à avoir été attaqués avant Homs : ces villes sont proches de Damas et de la frontière avec le Liban. Or ce pays est allié à la Syrie, l'accès y est donc beaucoup plus dur. »

Beaucoup de désertions

La province d'Idlib, au relief escarpé, permet également à l'ASL de se déplacer plus facilement. Les combattants connaissent bien la géographie du lieu alors que l'armée régulière ne peut avoir accès à la totalité du terrain.

Il s'agit aussi pour le pouvoir de mater une région qui a été l'une des premières à se soulever contre le régime. Les manifestations étaient déjà réprimées l'été dernier. Face à la violence de la répression, les habitants se sont retournés contre le régime, grand pourvoyeur d'emplois dans la province. Policiers, militaires...ils ont été nombreux à rejoindre l'ASL.

Résultat : toute la province d'Idlib, où sont dispersés de nombreux villages et petites villes, subit aujourd'hui l'offensive du pouvoir. Ein Larouz, Ihsim, Ibsamas, Albara, Kafranbil, Kensafra, Iblin KefrAwaid, Mwazrah... tous ont essuyé des tirs d'obus, de mortiers et incursions de l'armée régulière depuis samedi.

Un combat très inégal

Abd Darkoush (prénom modifié) appartient à l'Union de Darkoush, un groupe d'activistes qui couvre les alentours de cette ville proche de la frontière turque. Il souligne la violence de la répression :

« A Al-Janoudia, plusieurs familles ont été attrapées au hasard par l'armée qui s'en est servie comme bouclier humain. L'ASL est en effet présente dans le village, comme dans beaucoup d'autres dans la province d'Idlib. »

Des tirs de mortiers et des bombardements « à l'aveugle » ont aussi causés la mort de civils. Des combats entre l'armée régulière et l'ASL y font toujours rage ce dimanche après-midi. Abd Darkoush ajoute :

« Vingt soldats de l'armée du régime ont été tués, l'ASL a récupéré toutes leurs armes et leurs munitions. »

Il redoute cependant que la répression du régime ne durcisse et qu'Idlib subisse le même châtiment que Baba Amro à Homs. A Idlib ou dans les villages alentours, les activistes ont entièrement conscience de la supériorité matérielle de l'armée fidèle à Bachar al-Assad.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 19:05

 

Le Monde - 10 mars 2012

 

 Faisons un peu le point.

Les prix du pétrole n'en finissent pas d'augmenter, malgré la faiblesse de la croissance mondiale. Le cours du baril de Brent de la mer du Nord frôle les 126 dollars, en hausse de plus de 20 % depuis la mi-décembre. Or les premiers frissons de reprise économique sont en train de relancer la demande de brut, et devraient donc continuer à tirer les prix vers le haut, analyse l'agence Reuters, qui souligne que les tensions en Iran ne sont pas le facteur essentiel de la hausse en cours.

Pour relâcher la pression, de nombreux analystes comptent beaucoup sur les pétroles de schiste et autres « pétroles étroits » (pétroles piégés dans des réservoirs peu poreux), dont l'exploitation se développe à vitesse grand V aux Etats-Unis. Une étude de la banque Citi avance même que « la résurgence de la production de pétrole en Amérique du Nord » va signer l'arrêt de « mort de l'hypothèse du pic pétrolier ».

La production nord-américaine repart, c'est vrai, mais pas de façon miraculeuse

Cette relance va-t-elle pouvoir se poursuivre ? L'administration Obama l'espère (et compte aussi beaucoup sur les nombreux permis de forage récemment accordés dans le golfe du Mexique, y compris à BP, responsable de la marée noire de 2010).

L'Australien Matt Mushalik, l'un des analystes « piquistes » les plus lus aujourd'hui, estime cependant sur son blog que « les Etats-Unis peuvent produire autant de pétrole de schiste qu'ils veulent, ça n'arrêtera pas le déclin de la production iranienne ». De fait, la très prudente Agence internationale de l'énergie table sur un affaissement important des extractions de l'Iran d'ici à 2015, indépendamment des sanctions imposées par les Etats-Unis et l'Europe, qui risquent toutefois « d'accélérer le processus », note Matt Mushalik.

(C'est ballot, d'autant que selon la CIA, l'Iran a arrêté son programme d'armement nucléaire depuis 2003. Aussi, à quoi bon affamer les Iraniens, demande dans les colonnes du New York Times un journaliste expatrié ?)

Le ministre du pétrole de l'Arabie Saoudite a récemment détaillé le montant des capacités de production inutilisées de son royaume, seules capables de faire face à court terme à une poursuite de la hausse de la demande mondiale de brut, tirée par les économies émergentes. Le résultat apparaît décevant, constate un responsable de la banque américaine Citi (encore elle) dans les colonnes du Financial Times :  

« Les capacités [de production inutilisées de l'Arabie Saoudite] immédiatement disponibles représentent un faible 1,5 million de barils par jour (Mb/j), beaucoup moins que la soupape de sécurité nécessaire pour convaincre les marchés que les prix ne vont pas augmenter. »

Tout ça a l'air compliqué mais en réalité, c'est très simple :

la production de pétrole et des autres carburants liquides est sur un plateau depuis 2005 ; à l'échelle de la planète, il faudrait développer l'équivalent de 2 à 4 Arabies Saoudites d'ici dix ans (!), rien que pour maintenir à niveau les extractions, et compenser le déclin de champs anciens, tels que ceux de l'Iran.

La production mondiale de brut est comme un grand balancier. De son équilibre dépend l'avenir de la croissance économique : que s'ajoutent trop de poids d'un côté, trop de champs en déclin, et l'équilibre sera rompu, sonnant le glas, comme le prophétise l'ex-premier ministre Michel Rocard, « de notre modèle de prospérité ».

Nous sommes bel et bien confrontés au « troisième choc pétrolier », juge Olivier Appert, président de l'Institut français du pétrole. Les vols d'essence, qui se font en France de plus en plus fréquents, ne devraient pas s'arrêter de sitôt...


Les émeutes qui ont eu lieu fin février à La Réunion se sont cristallisées sur le prix de l'essence. [AFP]


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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:58

LEMONDE.FR avec AFP | 11.03.12 | 16h19

 
 

 

"Le budget 2012 permet de réduire le déficit budgétaire de notre pays à 2,8 % du PIB. Et les budgets 2013 et 2014 nous permettent d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2015", s'est félicité le chef des négociateurs et premier ministre pressenti, le socialiste francophone Elio Di Rupo.

"Le budget 2012 permet de réduire le déficit budgétaire de notre pays à 2,8 % du PIB. Et les budgets 2013 et 2014 nous permettent d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2015", s'est félicité le chef des négociateurs et premier ministre pressenti, le socialiste francophone Elio Di Rupo.AP/Virginia Mayo


La Belgique a renforcé dimanche son plan de rigueur et s'est posée en bon élève européen à l'heure où de nombreux pays, comme l'Espagne ou les Pays-Bas, connaissent des difficultés à réduire leur déficit budgétaire. Après une semaine de tractations, la coalition gauche-centre-droite au pouvoir s'est mise d'accord pour un nouveau train de mesures d'austérité d'un total de 1,82 milliard d'euros, qui s'ajoutent aux 11,3 milliards d'économies décidés fin 2011.

"Avec ce budget, notre pays est un des meilleurs élèves en Europe", a affirmé le Premier ministre socialiste Elio di Rupo, en saluant un effort sans précédent dans l'histoire du royaume de 11 millions d'habitants. L'objectif est de limiter le déficit budgétaire à 2,8 % du PIB en 2012, contre 3,8 % en 2011, et de respecter ainsi les "engagements à l'égard de l'Union européenne", qui fixe le maximum à 3 %.

La Commission européenne avait exhorté en début d'année la Belgique à trouver encore de nouvelles économies en raison de l'abaissement des prévisions officielles de croissance pour 2012, à +0,1 % contre +0,8 % initialement. Par précaution, le gouvernement a également ajouté dimanche un matelas de 650 millions d'euros en réserve afin de parer tout nouveau recul de la croissance.

M. di Rupo a reconnu que les négociations au sein de la coalition de six partis aux sensibilités très différentes avaient été "difficiles" pour s'entendre sur "des mesures justes et équilibrées". "Malgré un contexte très difficile, le pouvoir d'achat des citoyens est préservé et la compétitivité des entreprises est sauvegardée", a-t-il assuré.

 

TAXES SUR LE TABAC ET LES TRANSACTIONS BOURSIÈRES

Les nouvelles mesures portent essentiellement sur une augmentation des recettes de l'Etat grâce à une hausse des taxes sur les transactions boursières et sur le tabac ainsi que sur une répression accrue de la fraude. Des économies sont également réalisées dans les dépenses (livraisons d'hélicoptères, frais de justice...).

Entré en fonctions le 6 décembre à l'issue d'une longue crise politique, M. di Rupo a insisté sur le fait que les Belges n'étaient pas aussi sévèrement affectés que les autres Européens. "Chez nous, il n'y a pas de baisse du salaire minimum. Il n'y a pas de baisse du montant des pensions. Il n'y a pas de diminution des allocations familiales. Il n'y a pas d'augmentation de la TVA".

Annoncés à la veille d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro lundi à Bruxelles, les efforts belges vont accroître la pression sur l'Espagne et les Pays-Bas, deux pays ayant récemment annoncé qu'ils auraient du mal à respecter les engagements pris vis à vis de l'UE. Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a ainsi prévu que le déficit public serait de 5,8 % du PIB en 2012, soit bien supérieur aux 4,4 % initialement promis. Aux Pays-Bas, les prévisions portent sur un déficit de 4,5 % du PIB en 2013.

En Belgique, l'austérité renforcée est dénoncée par les syndicats, qui avaient organisé le 29 janvier une grève générale, la première depuis près de 20 ans, pour protester en particulier contre le durcissement des conditions de départ à la retraite anticipée. L'organisation patronale, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), a en revanche salué les mesures qui adressent "aux marchés financiers un signal propre à rétablir la confiance".

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:52

LEMONDE.FR avec AFP | 11.03.12 | 12h17   •  Mis à jour le 11.03.12 | 12h51

 

Manifestation de Tamouls devant le siège de l'ONU à Genève en 2009.

Manifestation de Tamouls devant le siège de l'ONU à Genève en 2009.REUTERS/Valentin Flauraud


Les Genevois ont approuvé, dimanche 11 mars, un référendum durcissant la loi sur les manifestations, qui permettra de sanctionner plus sévèrement les organisateurs en cas de débordements, en dépit de critiques à l'ONU.

Ce durcissement, initié par la droite et attaqué par la gauche, les écologistes et de nombreuses associations qui ont dénoncé un texte "liberticide", permet désormais d'imposer une amende pouvant aller jusqu'à 100 000 francs suisses (83 000 euros), contre 10 000 francs précédemment, pour une manifestation sauvage ou qui ne se serait pas déroulée selon l'autorisation obtenue.

La loi permet aussi aux autorités du canton de Genève, où siègent de nombreuses instances et organisations mondiales dont le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), l'Organisation internationale du travail (OIT), d'interdire des manifestations dans certains lieux. Le texte peut aussi "prescrire que la manifestation se tienne en lieu déterminé, sans déplacement".

 

RESTREINDRE LA LIBERTÉ DE RÉUNION

La loi peut aussi imposer aux organisateurs de mettre en place leur propre service d'ordre. En outre, "lorsque le bénéficiaire de l'autorisation de manifester ne respecte pas les conditions et charges posées par l'autorisation, ou lorsque, même sans sa faute, la manifestation donne lieu à des atteintes graves aux personnes ou aux biens", les autorités peuvent "lui refuser toute nouvelle autorisation pendant une période de 1 à 5 ans".

Selon le premier décompte basé sur 90 % des votants, cette modification controversée de loi a été acceptée par 54,9 % des électeurs. Ayant été accepté, le texte entre immédiatement en vigueur.

Le projet de loi avait pourtant été dénoncé par Maina Kiai, Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de réunion et d'association pacifiques, qui estime que des modifications de la loi vont "indûment restreindre les droits à la liberté de réunion pacifique et d'expression, qui sont l'essence de toute démocratie".

Selon ses auteurs, la loi a pour objectif, "suite aux scènes d'émeutes provoquées par quelques centaines de casseurs lors de la manifestation autorisée du 28 novembre 2009 contre l'Organisation mondiale du commerce, de réduire les risques de débordements".

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:47

 

LEMONDE.FR avec AFP | 11.03.12 | 11h53   •  Mis à jour le 11.03.12 | 12h00

 
 

 

La pratique par l'armée de "tests de virginité" sur des manifestantes arrêtées sur la place Tahrir au début du mois de mars avait provoqué un tollé en Egypte.

La pratique par l'armée de "tests de virginité" sur des manifestantes arrêtées sur la place Tahrir au début du mois de mars avait provoqué un tollé en Egypte.AFP/FILIPPO MONTEFORTE


Un médecin de l'armée égyptienne, accusé d'avoir procédé à des "tests de virginité" sur des manifestantes l'an dernier, a été relaxé, dimanche 11 mars, par un tribunal militaire, a annoncé l'agence de presse officielle Mena.

Ahmed Adel était poursuivi pour "atteinte à la pudeur et non-respect des ordres" à la suite de la plainte d'une manifestante, Samira Ibrahim. Mais le tribunal a jugé les témoignages "contradictoires" et a prononcé sa relaxe. La décision repose sur "ce qui a été prouvé dans les documents et a été pris en mon âme et conscience", a déclaré le juge, assurant "ne pas avoir subi de pressions."

FORME DE "TORTURE" ET DE VIOLENCE SEXUELLE

La pratique par l'armée de "tests de virginité" sur des manifestantes arrêtées sur la place Tahrir au début du mois de mars avait provoqué un tollé en Egypte, contribuant à ternir l'image de l'institution militaire au pouvoir depuis la chute du président Hosni Moubarak, en février 2011.

 

>> Lire : Des manifestantes égyptiennes ont subi des tests de virginité forcés

Elle a été dénoncée comme une forme de "torture" et de violence sexuelle par des organisations égyptiennes et internationales de défense des droits de la personne, en particulier Amnesty International et Human Rights Watch (HRW).

Le 31 mai, Amnesty International avait appelé les autorités égyptiennes à traduire en justice les auteurs des "tests" : "Après que des militaires eurent évacué avec violence les manifestants de cette place le 9 mars, au moins dix-huit femmes ont été placées en détention aux mains de l'armée. Amnesty International a été informée par des manifestantes qu'elles avaient été battues, soumises à des décharges électriques, fouillées au corps tandis que des soldats les photographiaient, puis forcées à subir des 'tests de virginité' et menacées de poursuites pour prostitution", écrit l'organisation dans un communiqué.

CNN avait à l'époque recueilli le témoignage d'une manifestante ayant subi un de ces tests :

 

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:41

LEMONDE.FR avec AFP | 11.03.12 | 19h28

 
 

 

Manifestants à Barcelone, le 11 mars.

Manifestants à Barcelone, le 11 mars.REUTERS/GUSTAU NACARINO


Des foules de manifestants ont envahi dimanche les rues de Madrid et de toutes les villes d'Espagne pour protester contre la réforme du travail mise en place par le gouvernement de droite, répétition avant la journée de grève générale annoncée pour le 29 mars. 

"Inutile, inefficace, injuste. Non à la réforme du travail. Grève générale" proclamait une grande banderole accrochée à la Puerta de Alcala, point de ralliement de la manifestation madrilène. Les deux grands syndicats espagnols, UGT et CCOO, avaient convoqué des défilés dans 60 villes, pour dénoncer la réforme du travail visant à lutter contre un chômage de près de 23 %, et pour "la défense des services publics", cibles des mesures d'austérité.

A Madrid comme à Barcelone, la deuxième ville du pays, les manifestations ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes, selon les journalistes sur place. Les syndicats ont chiffré la participation à 500 000 manifestants à Madrid et 450 000 à Barcelone, la police à 30 000 à Madrid, 17 000 à Barcelone. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les autres grandes villes. Elles étaient, selon la police, 15 000 à Séville et autant à Malaga, 9 000 à Grenade, 5 000 à Valence de même qu'à Cordoue, à Almeria et à Cadix.

MINUTE DE SILENCE

"Je suis venu parce que je suis convaincu que le néo-libéralisme nous conduit au désastre", expliquait un manifestant madrilène, Antonio Martinez, professeur retraité de 64 ans, qui portait une pancarte avec les mots "pour que nos petits-enfants ne soient pas des esclaves". Agitant des drapeaux rouges, portant des pancartes avec les mots "non à la régression sociale", criant "nous ne paierons pas leur dette avec la santé et l'éducation", les manifestants ont défilé dans le centre de Madrid derrière les représentants de l'UGT et de CCOO. "Avec ces coupes budgétaires, la consommation baisse et le chômage augmente", résumait une petite pancarte dans la foule.

Rassemblée autour de la Puerta de Alcala, la foule s'est figée dans une minute de silence à la mémoire des victimes des attentats islamistes du 11 mars 2004 à Madrid (191 morts), avant d'écouter les appels à la grève générale. "Nous faisons aujourd'hui un pas de plus vers la grève générale du 29 mars", a lancé le leader de l'UGT, Candido Mendez. "Si le gouvernement ne rectifie pas (la réforme du travail), il y aura un conflit et il ne se terminera pas le 29", a averti Ignacio Fernandez Toxo, secrétaire général de CCOO (Comisiones obreras).

LICENCIEMENTS FACILITÉS

Première cible des syndicats, cette nouvelle réforme adoptée le 11 février par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy pour flexibiliser le marché du travail, incluant la baisse des indemnités de licenciement et des mesures pour stimuler l'emploi des jeunes. L'objectif est de relancer la création d'emplois, dans un pays au taux de chômage de 22,85 %, et de 48,6 % chez les moins de 25 ans. Les syndicats estiment que la mesure va surtout faciliter les licenciements. Le gouvernement lui-même a d'ailleurs déjà prévu une augmentation du chômage, qui atteindrait en 2012 un nouveau sommet à 24,3 %.

"La réforme ne sert qu'à faire baisser le coût des licenciements. Elle ne va pas aider à créer de l'emploi. Elle ne va qu'empirer les choses", remarquait Iker Rodriguez, un fonctionnaire de 35 ans.
Outre cette réforme, les syndicats dénoncent plus généralement la politique de rigueur visant à ramener le déficit public de l'Espagne de 8,51 % du PIB fin 2011 à 5,8 % fin 2012. Pour ce faire, Mariano Rajoy doit présenter le 30 mars le budget 2012 du pays, marqué par de sévères mesures d'austérité. Les régions autonomes, qui pèsent très lourd dans le déficit global de l'Espagne, ont été sommées de redoubler d'efforts et ont déjà mis en place des plans de rigueur visant l'éducation et la santé, leurs deux principaux domaines de compétence.

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:35

LEMONDE.FR | 11.03.12 | 11h55   •  Mis à jour le 11.03.12 | 15h22

 
 

 

Commémoration du premier anniversaire du tsunami, le 11 mars 2012, à Tokyo, en présence de l'empereur.

Commémoration du premier anniversaire du tsunami, le 11 mars 2012, à Tokyo, en présence de l'empereur.AP/Yoshikazu Tsuno

Tokyo, correspondant - C'est un Japon triste et recueilli qui a commémoré le premier anniversaire du tremblement de terre, du tsunami et de l'accident nucléaire du 11 mars 2011. Après une nuit ayant vu la tour de Tokyo afficher un message vantant la force du kizuna" — mot qui signifie "le lien" et qui fut choisit comme mot de l'année 2011 —, l'archipel a observé ce dimanche une minute de silence à la mémoire des 15 854 morts et 3 155 disparus de la catastrophe.

A Tokyo, une cérémonie s'est déroulée en présence du premier ministre Yoshihiko Noda et de l'empereur Akihito, pourtant convalescent après une opération du cœur le 18 février. Sobre, elle n'a duré qu'une heure. Devant 1 200 personnes réunies pour l'occasion et après avoir présenté ses condoléances aux familles des victimes et fait part de son "profond chagrin" à la pensée des vies perdues et des existences brisées, M. Noda a pris trois engagements.

Il s'est engagé à une reconstruction "sans délai" des zones sinistrées, notamment du département de Fukushima, où "la lutte pour résoudre la crise nucléaire se poursuit". M. Noda veut également transmettre aux générations futures "les leçons et réflexions tirées de cette catastrophe". Et puis le premier ministre a promis de ne jamais oublier "l'esprit d'entraide" qui s'est manifesté au moment du drame et qui devrait se poursuivre.

MANIFESTATION CONTRE LE NUCLÉAIRE

 

Une chaîne humaine organisée à Tokyo, le 11 mars 2012

Une chaîne humaine organisée à Tokyo, le 11 mars 2012REUTERS/ISSEI KATO

Dans le parc de Hibiya, au cœur de la capitale, des milliers de personnes ont participé à un grand rassemblement, intitulé "Peace on Earth". Il fut ponctué de débats sur l'avenir du nucléaire et les problèmes d'information, entre plusieurs intervenants comme Ryuichi Sakamoto, musicien du groupe YMO. Le philosophe anthropologue Shinichi Nakazawa a lui officiellement lancé Green Active, un mouvement écologiste destiné à engager une action politique, voire à présenter des candidats à des élections. "Nous voulons réveiller l'intérêt des jeunes pour la politique, a déclaré au Monde M. Nakazawa, engager des réflexions sur la redynamisation des économies locales et lutter contre la volonté du gouvernement Noda de redémarrer les centrales nucléaires."

En marge de cet événement, une importante manifestation contre le nucléaire était organisée près du siège de la Compagnie d'électricité de Tokyo (Tepco), propriétaire et opérateur de la centrale de Fukushima et très critiquée pour sa manière de gérer la crise. Malgré l'important dispositif policier et quelques contre-manifestants de l'extrême-droite, le défilé a réuni des milliers de personnes.

 

Manifestation anti-nucléaire devant le siège de Tepco, le 11 mars 2012.

Manifestation anti-nucléaire devant le siège de Tepco, le 11 mars 2012.REUTERS/STRINGER

Le président de Tepco Toshio Nishizawa était ce 11 mars à la centrale endommagée. Dans un communiqué, il a une nouvelle fois présenté les excuses de son groupe et promis qu'il allait "intensifier les efforts pour le bien des personnes affectées et pour fournir les dédommagements qui leur sont dus dans les meilleurs délais". Une remarque qui rappelle que l'entreprise a conçu un système de dédommagements jugé complexe, avec une grande quantité de documents à remplir par les victimes. Près de la moitié d'entre elles avouent ne pas avoir le courage de le faire en raison de la complexité de la démarche.

L'HIVER S'ÉTERNISE

Dans la région du Tohoku (le nord-est du Japon), où l'hiver s'éternise — ce qui rend plus difficile la vie des quelque 340 000 réfugiés qui vivent dans des logements provisoires — chaque communauté meurtrie a honoré ses disparus. A Ishinomaki, dans le département de Miyagi, comme dans la plupart des villes dévastées, des services de bus ont été organisés pour amener les réfugiés sur le lieux de la cérémonie. Non loin de là, à Kesennuma, une chaîne humaine s'est formée le long de la rivière Okawa et à Rikuzentakata, dans le département d'Iwate, des dizaines de personnes sont venues prier sous une neige légère au pied de l'unique pin, sur 70 000 plantés le long du littoral, ayant résisté au tsunami. Agé de 270 ans, il est aujourd'hui un symbole de la reconstruction.

 

Commémoration du premier anniversaire du tsunami, le 11 mars 2012, à Kesennuma.

Commémoration du premier anniversaire du tsunami, le 11 mars 2012, à Kesennuma.AP/Koji Sasahara

A Minamisoma, dans le département de Fukushima et à une vingtaine de kilomètres au nord de la centrale endommagée, une flamme du souvenir a été allumée devant la mairie. Plus au sud, à Iwaki, les gens se sont rassemblés sur la plage, face à cet océan Pacifique devenu le temps d'un séisme de magnitude rare, une force destructrice d'une ampleur exceptionnelle.

 

 

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Japon : minute de silence pour les victimes du tsunami du 11 mars 2011

LEMONDE.FR avec AFP | 11.03.12 | 07h56   •  Mis à jour le 11.03.12 | 09h11

 
 

 

A 14 h 46 locale, la vie s'est figée dans les villes du Japon, pour une prière collective en hommage aux victimes du 11 mars.

A 14 h 46 locale, la vie s'est figée dans les villes du Japon, pour une prière collective en hommage aux victimes du 11 mars.REUTERS/KYODO

Les Japonais ont observé, dimanche 11 mars, une minute de silence à la mémoire des victimes du séisme et du tsunami qui ont dévasté la côte nord-est de l'archipel il y a un an, faisant plus de 19 000 morts et disparus.

A 14 h 46 locale (6 h 46 à Paris), heure précise à laquelle est survenu le violent tremblement de terre le 11 mars 2011, la vie s'est figée dans les villes du Japon, pour une prière collective en hommage aux personnes emportées ou sinistrées par la catastrophe naturelle doublée d'un grave accident nucléaire à la centrale de Fukushima.

Les transports publics se sont interrompus, pendant que se les quartiers commerçants des principales villes nippones. Dans les régions dévastées par le pire désastre enduré par le Japon depuis la guerre, les survivants ont allumé des milliers de bougies à la mémoire des victimes.

"HOMMAGE À TOUS CEUX QUI Y ONT PERDU LA VIE"

A Tokyo, immédiatement après la minute de silence, le premier ministre, Yoshihiko Noda, a prononcé un discours lors d'une cérémonie au Théâtre national de Tokyo, en présence de l'empereur Akihito et de très nombreuses personnalités. Le chef du gouvernement a promis de tout faire pour reconstruire la région ravagée et transmettre la mémoire de cette tragédie aux générations suivantes.

 

Le premier ministre, Yoshihiko Noda, a prononcé un discours lors d'une cérémonie au Théâtre national de Tokyo.

Le premier ministre, Yoshihiko Noda, a prononcé un discours lors d'une cérémonie au Théâtre national de Tokyo.REUTERS/KYODO

L'empereur Akihito, à peine remis d'un pontage coronarien, s'est ensuite levé, accompagné de l'impératrice Michiko, pour prier à son tour devant un immense monument floral. "Un an s'est écoulé depuis le 'Grand tremblement de terre de l'est', je rends profondément hommage à tous ceux qui y ont perdu la vie", a déclaré le souverain, symbole du peuple, lors d'une brève allocution.

DIFFICULTÉS DE LA RECONSTRUCTION

Outre les 19 000 morts, Akihito a évoqué la douleur les dizaines de milliers de personnes forcées de quitter leur domicile à cause de l'accident nucléaire provoqué par le tsunami à la centrale Fukushima Daiichi. Il a ensuite déploré que la reconstruction rencontre de nombreuses difficultés dans les provinces dévastées et en partie contaminées par la radioactivité.

 

De nombreux résidents ont prié en direction de l'océan Pacifique.

De nombreux résidents ont prié en direction de l'océan Pacifique.REUTERS/CARLOS BARRIA

Ailleurs dans le pays, notamment dans les villes de la côte nord-est, de nombreux résidents ont prié en direction de l'océan Pacifique, accompagnés de membres de leurs familles revenus spécialement sur leurs terres natales en cette journée de recueillement. "Je voudrais que la reconstruction aille vite", a témoigné devant les caméras de télévision un habitant de Rikuzentakata, ville dévastée par l'immense vague qui a submergé le littoral.

Plus de 340 000 personnes vivent depuis un an hors de chez elles, parfois dans des conditions très précaires. Le traitement des quelque 22 millions de tonnes de déchets accumulés en une seule journée dans les trois préfectures les plus dévastées (Miyagi, Iwate, Fukushima) n'avance pas, moins de 10 % ayant un an après été pris en charge, en raison du manque de lieux d'incinération et de la hantise de la radioactivité. Mais pour les familles des quelque 3 200 personnes encore portées disparues, le plus urgent est de retrouver les corps afin qu'ils reposent en paix.

MANIFESTATION DEVANT LE SIÈGE DE TEPCO

Un peu plus tard, des manifestants antinucléaires se sont rassemblés devant le siège tokyoïte de la compagnie d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco), opérateur de la centrale de accidentée de Fukushima.

 

Devant le siège de Tepco, des manifestants ont scandé des slogans réclamant la fermeture de toutes les centrales nucléaires.

Devant le siège de Tepco, des manifestants ont scandé des slogans réclamant la fermeture de toutes les centrales nucléaires. REUTERS/STRINGER


Quelques dizaines de personnes ont scandé des slogans réclamant la fermeture de toutes les centrales nucléaires. "Arrêtez tous les réacteurs maintenant !", ont-ils crié, levant le poing en l'air et frappant sur des tambours, sous le regard de plusieurs dizaines de policiers.

"Nous demandons à Tepco de cesser d'alourdir les charges pesant sur nous", a déclaré un organisateur, Manabu Kurihara, ajoutant "nous ne tolérerons pas que l'entreprise essaie de dédommager le moins possible les victimes". Le groupe Tepco, financièrement aidé par l'Etat, est censé dédommager plus d'un million et demi de personnes dont la vie a été bouleversée par l'accident nucléaire, même si à ce jour le gouvernement ne reconnaît aucun décès dû aux radiations.

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:31

LEMONDE.FR avec AFP | 11.03.12 | 16h56   •  Mis à jour le 11.03.12 | 18h23

 
 

 

Formation d'une chaîne humaine devant la centrale nucléaire de Cruas, le 11 mars.

Formation d'une chaîne humaine devant la centrale nucléaire de Cruas, le 11 mars.AFP/PHILIPPE DESMAZES


Vêtue de gilets fluo, une foule, parmi laquelle deux candidats à l'Elysée, s'est déployée dimanche après-midi le long de la nationale 7, entre Lyon et Avignon, formant une "chaîne humaine pour sortir du nucléaire", à l'occasion de l'anniversaire de la catastrophe de Fukushima.

Plusieurs dizaines de cars venus d'Allemagne, de Suisse, de Belgique et de toute la France ont déferlé sur le site depuis la fin de matinée. Selon les organisateurs, la chaîne a rassemblé 60 000 personnes. Les autorités n'étaient pas en mesure de donner un chiffre global de la participation. Seule la préfecture de la Drôme a dénombré 16 000 manifestants sur la portion dans ce département, soit 129 km de la RN 7.

 

Eva Joly et la direction d'EELV prennent place dans la chaîne humaine.

Eva Joly et la direction d'EELV prennent place dans la chaîne humaine.REUTERS/ROBERT PRATTA

Arrivée peu après 15 heures en Ardèche, Eva Joly, la candidate d'EELV à la présidentielle, s'est mêlée à la chaîne humaine, en face de la centrale nucléaire de Cruas, au côté de ses porte-parole, l'eurodéputé José Bové et Dominique Voynet, et du sénateur Jean-Vincent Placé. Quelques mètres plus loin, Philippe Poutou, candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à l'Elysée, a également pris place.

RÉGION LA PLUS NUCLÉARISÉE D'EUROPE

Portant des gilets fluo jaunes ou oranges et brandissant des drapeaux "Europe Ecologie" ou "Sortir du nucléaire", les militants se sont déployés en se tenant par la main ou en étant reliés par des rubans adhésifs pour occuper tout l'espace sur les 230 km séparant Lyon et Avignon. "Je trouve ça symbolique que la chaîne humaine soit devant cette centrale. C'est une mobilisation citoyenne, pour clairement dire que le peuple de France ne veut pas de l'énergie nucléaire", a déclaré à la presse Eva Joly, au bras de José Bové.

Avec ses 14 réacteurs, la vallée du Rhône est en effet la région la plus nucléarisée d'Europe. "C'est un moment où nous marquons l'anniversaire de l'horrible tragédie de Fukushima, c'est pour ne pas oublier, c'est aussi un geste de solidarité avec le peuple japonais", a ajouté Mme Joly. Pour la candidate à l'Elysée, c'est aussi pour "marquer notre espoir qu'avec le changement programmé de président et de gouvernement, nous allons travailler à la sortie du nucléaire".

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:25

varmatin.com

   Publié le dimanche 11 mars 2012 à 11h34

Hommage Fukushima MSK - 16266267.jpgRappelant la catastrophe de Fukushima, il y a un an, ce groupe de Toulonnais milite pour la sortie du nucléaire.M. Sk.

Femmes et hommes de toutes professions, Karine, Guy, Laurent ou Katia : depuis octobre 2011, les Indignés de Toulon se retrouvent les samedis sur la place de la Liberté, pour attirer l'attention des promeneurs sur les grands problèmes de l'humanité.

Hier, ils rappelaient le triste anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon, le 11 mars 2011, à la suite d'un séisme sur la côte pacifique. Combinaisons blanches revêtues, tour réfrigérante dressée, banderoles d'information et alarmistes déployées, ils invitaient ceux qui leur prêtaient l'oreille à s'indigner avec eux, à réagir pour sortir du nucléaire. Une sirène a émis sa longue plainte, les badauds se sont retournés et les Indignés de Toulon se sont couchés sur le sol, immobiles…

 

Plus d'informations sur Facebook : les Indignés Toulon Var Provence. http://indignesduvar.over-blog.fr

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