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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 22:19

 

 

leparisien.fr

 

Publié le 11.03.2012, 17h32 | Mise à jour : 22h51

 

A l'occasion de l'anniversaire de la catastrophe de Fukushima, plus de 60 000 personnes ont formé dimanche après-midi entre Lyon et Avignon, une «chaîne humaine pour sortir du nucléaire».   

A l'occasion de l'anniversaire de la catastrophe de Fukushima, plus de 60 000 personnes ont formé dimanche après-midi entre Lyon et Avignon, une «chaîne humaine pour sortir du nucléaire».    | Twitter (leseb3)


«Plus de personnes sur la chaîne humaine contre le nucléaire qu'à Villepinte». Sur son compte Twitter, Cécile Duflot savoure... Dimanche, une fois achevé le meeting de Nicolas Sarkozy, les écolos ont donné le feu vert pour le déploiement de leur chaîne humaine géante contre le nucléaire.

D'après les premières estimations, plus de 60 000 personnes - pour la plupart des militants écolos - se sont donné la main sur les 230 kilomètres qui séparent Lyon d'Avignon.  

A l'occasion de l'anniversaire de la catastrophe de Fukushima, les écologistes, emmenés par Eva Joly, voulaient marquer le coup. Ce n'est pas par hasard que leur choix s'est porté sur cette région de la vallée du Rhône : avec ses 14 réacteurs, elle reste la plus nucléarisée d'Europe. Arrivée peu après 15 heures en Ardèche, face à la centrale de Cruas, la candidate EEVL à la présidentielle s'est aussi prêtée au jeu. «Je trouve ça symbolique que la chaîne humaine soit devant cette centrale. C'est une mobilisation citoyenne, pour clairement dire que le peuple de France ne veut pas de l'énergie nucléaire», a-t-elle lancé, au bras de José Bové. Quelques mètres plus loin, un autre postulant à l'Elysée, Philippe Poutou, du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), a lui aussi pris part à la chaîne.

Portant des gilets fluo jaunes ou oranges et brandissant des drapeaux «Europe Ecologie» ou «Sortir du nucléaire», les militants sont restés quelques minutes, main dans la main ou reliés par des rubans adhésifs. 


(Face à la centrale de Cruas en Ardèche, Eva Joly forme un maillon de la chaîne humaine avec Dominique Voynet à gauche et José Bové à droite. DR)

 

 

 
VIDEO. D'Avignon à Lyon, une chaîne humaine contre le nucléaire

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 22:05

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*Toutes les photos de l'action se trouvent dans l'album photo sous le même libellé

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 19:43
Médiapart - Edition : Les "Indignés" (Mouvement 15M)

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Les Indignés de Montélimar accueillent la MARCHE DES POSSIBLES le Mercredi 14 Mars à partir de 16h30 au théâtre

Ou à 17h30 à côté du Pont de St James à la Promenade du Petit Nice

 

Au programme de cette journée :
REPAS Solidaire
PROJECTION DEBAT
CONCERTS avec :
- SAM SOUL
- MANBOUSS
- KYRIAKOS
(Baratin de la Joie version acoustique)

Nous comptons vraiment sur votre soutien !

 

Les Indignés de Montélimar, des collectifs et des associations de Aubenas à Die se sont engagés dans l'organisation de l'arrivée des Marcheurs.


Nous avons besoin de vous, pour l'organisation sur place !

Un repas solidaire est prévue, nous recherchons des légumes et fruits de saison (carottes, navets, poix chiches, pommes), pour cuisiner sur place un couscous. Si vous pouvez trouver également de la viande ce sera bienvenu.


Nous pouvons avancer une petite somme pour acheter les denrées qui ne nous seront pas offertes, si vous connaissez des producteurs qui pourraient nous faire des prix intéressants transmettez nous vos prix !

 

Veuillez vous inscrire pour l’organisation !


Précisez nous si vous venez pour donner un coup de main, si vous pouvez amener quelque chose ou simplement pour profiter de la journée et rencontrer les marcheurs !

Nous vous attendons nombreux !!!

 

Pour plus d'infos :

http://www.marche-paris-2012.com/

http://marche-marseille-paris.blogspot.com/

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 19:35

http://reelledemocratiecalvados.wordpress.com/2012/03/11/les-indignes-un-mouvement-contre-le-systeme/

 


Les Indignés, un mouvement contre le système

Pour ceux qui ne sont pas encore capables d’agir en tant que citoyen, Indigné, altermondialiste, anticapitalistes, insoumis :

 

A quel prix vendez vous votre dignité ? Combien coûte le silence et la résignation ? Elle ne coûte pas très cher à l’élite cupide et Immorale qui nous gouverne. Se voiler la face est plus facile mais nous savons pertinemment qu’ils ne nous jettent que les miettes de ce que nous produisons. A cela nous avons appris a dire MERCI et ne pas regarder ceux qui ne peuvent figurer a notre niveau, content que nous sommes du sentiment de réussite et de valorisation que l’on nous a inoculé, la valeur d’un vulgaire bon point au cours préparatoire qui suffit à nous gratifier. Quelle valorisation ! Elle ne leur coûte qu’un salaire d’esclave mais notre assentiment coûte des vies humaines et la survie prochaines de nos enfants sur une Terre qui ne peut plus s’auto-guérir de nos abus.

 

 Ce petit jeu malsain nous coûte stress parfois angoisse quotidienne ? Pourquoi ? Parce que c’est ainsi ? Il faut laisser les plus riches voler ce qui ne leur appartient pas, voler nos vies puisque nous la perdons à essayer de la gagner. Parce qu’ils ne nous laissent plus le temps dans notre esclavage quotidien de songer une seconde a une notion de justice, d’équité, à notre rôle de citoyen, content que nous sommes de retourner épuisés s’anesthésier devant le simple, le vulgaire, le facile, le sensationnel la seule chose que nous ayons encore le courage d’ingurgiter ou qui puisse nous donner la dose d’humanité que nous n’avons pu trouvé dans notre travail aliénant et tyrannique.

 

Nous sommes accoutumés à la violence que nous recevons et que nous sommes obligés de donner puisque nous sommes terrorisés par nos patrons, terrorisés par notre banque, terrorisés pour la réussite sociale de nos enfants, terrorisés de perdre ce que nous possédons et qui finit par nous posséder, terrorisés par un système dont nous acceptons et subissons de plus en plus la violence et l’injustice. Une dictature de la loi du plus fort pour conserver les bons points en papier maché qui ne nous servent qu’a masturber notre amour propre en même temps qu’ils sont un instrument de contrôle des masses par l’élite pécuniaire qui domine nos gouvernements. Nous sommes pillés pour trouver valorisant d’avoir une maison un m2 plus grande que notre collègue, ou une voiture plus récente. La seule chose que nous cultivons est notre image, l’humanité se résume à l’apologie du « plus que toi », Est ce cela que nous nommons réussite sociale ?

 

C’est accepter de plus en plus de libertés bafouées, de dette creusées, de morts, de misères, de pays colonisés à notre porte par des empires de corruptions et de manipulations. Tous ces abus pour des motifs que l’on accepte avant même de connaître le mensonge abrutissant d’énormité qui va nous être annoncé dans nos JT de propagande. Nous ne cherchons jamais plus à savoir si ce que l’on nous dit est vrai , nous ne saurons que dans 20 ans si l’alimentation chimique , édulcorée, hormonée va rallonger ou raccourcir notre durée de vie, pour des raisons uniques de profit.

 

Tout ce qui ne touche pas notre survie générale ou sociale immédiate ne nous concerne pas, parce que nous n’avons pas le temps, nous nous sentons impuissants , est ce cela être humain ? Le sol de nos terres est ruiné par l’industrie agricole chimique, seules les graines d’OGM vendues a prix d’or et stériles seront bientôt capables de survivre à un tel niveau de toxicité, pour le bien être et la survie de Tous ? Non 1% seulement détiennent le fruit du sacrifice de notre temps et de notre sueur, de la survie même de nos enfants que nous troquons pour des produits de consommation à l’obsolescence programmée, pour l’illusion de notre liberté et le réconfort de notre misérable pouvoir d’achat. Est-ce cela que nous nommons réussite sociale ?

 

Nous avons apprécié un système sélectif ludique qui stimulait par l’émulation les esprits les plus fins et les travailleurs les plus assidus . Mais qu’en est il maintenant d’adhérer à un système qui nous interdit de lutter contre le cancer qui nous ronge ? Quand la loi du plus fort s’attaque de plein fouet à ce qui nous reste de morale, de conscience, d’humanité. Notre instinct de survie ne devrait pas nous dicter de baisser la tête mais bien de S’UNIR et SE BATTRE pour récupérer CE QUI NOUS APPARTIENT. Finissons en avec la dictature du profit et la pression incessante et injustifiée de notre système. Ce petit jeu du plus fort est il donc l’unique obnubilation de l’humanité ? Qu’est ce qui nous distingue donc alors des animaux dont nous avons fait nos inférieurs si ce n’est notre gratuite cruauté et nos déviances ? Si cette compétition à outrance nous conduit à notre perte, allons nous être capable de nous en rendre compte et AGIR pour renverser le système qui impose la passivité et l’obtempération .

 

On nous apprend depuis tout petit à passer sans regarder les personnes qui meurent dans la rue, parce l’on ne peut rien y faire ?

 

Nous nous faisons parasités par les banques qui sont responsables de la dette de l’état par leur taux d’intérêt. Qui ne dit mot consent, NOUS SOMMES TOUS RESPONSABLES, NOUS SOMMES TOUS INDIGNéS. REJOIGNEZ NOUS POUR TROUVER VOTRE MISSION , connaître CE QUE L’ON VOUS CACHE (toutes les preuves sont la malgré la censure) ET REDEVENIR HUMAIN CITOYEN ACTIF ET NON plus UN CONSOMMATEUR PLAYMOBIL COMPLAISANT et AVEUGLE .

 

Nos actions sont directes et notre réseau s’étoffe et s’organise afin de faire face aux changements qui nous attendent, AGISSEZ AVEC NOUS . PROVOQUEZ L’AVENIR QUE VOUS VOULEZ CAR PERSONNE NE VOUS LE VENDRA A UN PRIX ABORDABLE, (cela casserait le marché) alors SERVEZ VOUS IL VOUS APPARTIENT!

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 19:27

 

 

 

Ajoutée par awaks51 le 28 févr. 2012

12 mai 2012 (changement global)
depuis maintenant plus d'un an, des mouvements mondiale secouent les gouvernements
(anti-corruption / anonymous / indignés / occupy)

LE PEUPLE UNI NE PEUT ETRE VAINCU

Totalitarisme, injustices, inégalités et "crises"
face aux gouvernements des élites economique qui nous oppriment, le peuple doit s'unir et amplifier les actions de protestation
Mouvement démocratique et non violent.

INFORMEZ VOUS ET EVOLUEZ
LE DEFI EST MONDIAL= LA REPONSE SERA MONDIALE

la convergence des luttes voit enfin le jour.
Tous ensemble nous pouvons dire que nos gouvernement ne nous representent PAS!
Leurs seul interet est de proteger l'oligarchie banquaire qui nous menent par le baton à l'abbatoir ou a l'esclavage

LE 12 MAI 2012 TOUS DANS LA RUE.
FAISONS DE CETTE JOURNEE, UNE JOURNEE HISTORIQUE!

 

http://www.youtube.com/watch?v=8y3zO4bs244&feature=player_embedded#!

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 19:21

cadtm.org

10 mars par Damien Millet


Depuis le début des années 1980, les pays du tiers-monde sont confrontés à la crise de la dette et à ses conséquences. Le FMI et leurs créanciers ont imposé des plans d’ajustement structurel qui ont maintenu ces économies dans la soumission, provoqué des ravages sociaux pour les peuples et ouvert la voie aux profits pour les sociétés transnationales qui pouvaient venir sans entraves rafler des parts de marché face aux entreprises locales.

 

Jusqu’au milieu des années 2000, cette logique a perduré. La hausse des cours des matières premières à partir de 2004-2005 a permis aux pays exportateurs d’engranger des réserves de change qu’ils ont souvent utilisées pour se débarrasser de la tutelle encombrante du FMI : Brésil, Argentine, Uruguay, Philippines, Indonésie, tous l’ont remboursé de manière anticipée. Aucun pays ne s’est engagé en profondeur dans la mise en place d’un modèle économique alternatif au capitalisme actuel qui mène l’humanité dans le mur, tant sur le plan social qu’environnemental, même si l’Argentine et l’Equateur ont donné du fil à retordre aux créanciers. De décembre 2001 à mars 2005, l’Argentine a suspendu le remboursement de 90 milliards de dollars et a tenu tête à ses créanciers privés qui ont dû accepter de perdre 65% de la valeur des créances qu’ils détenaient. En 2008, après un audit commandé par le président Rafael Correa, l’Equateur a refusé de rembourser 70% de sa dette privée jugée illégitime, qu’il a finalement rachetée à 35% de sa valeur : le gouvernement a ainsi économisé 7 milliards de dollars qu’il a pu réinvestir dans les dépenses sociales.

 

Depuis 2007-2008, la crise frappe au Nord, et l’Europe est le continent le plus touché. Les peuples européens doivent tirer les enseignements des souffrances endurées par ceux du Sud depuis trois décennies. Au Nord comme au Sud, le discours dominant culpabilise les peuples qui vivraient au-dessus de leurs moyens. Partant de ce constat, l’unique solution proposée est terrible : l’austérité généralisée, des sacrifices innombrables, une sévère détérioration des conditions de vie, dans le seul but de garantir le remboursement de la dette aux créanciers.

 

Pourtant, dans la vie courante, tous nos paiements sont effectués sur présentation d’une facture qui atteste des marchandises achetées ou des services rendus en échange. Dans le cas de la dette publique, où est la facture ? Si dette il y a, elle provient de trois causes : la hausse des taux d’intérêt au début des années 1980, la contre-réforme fiscale qui a permis de réduire de manière importante la fiscalité portant sur les individus les plus riches et les bénéfices des sociétés, et la crise actuelle provoquée par les banques et autres institutions financières privées. Les peuples n’y sont pour rien, ils ne vivent pas au-dessus de leurs moyens puisque les droits humains fondamentaux ne sont souvent pas totalement garantis, et la facture présentée ne correspond pas à des biens ou des services qui leur ont profité. Ce sont les créanciers qui vivent au-dessus de leurs moyens, pas les peuples. Devons-nous rembourser leur dette ?

 

La seule façon d’apporter une réponse est de questionner en détail l’histoire de cette dette. L’outil adapté est l’audit citoyen : c’est à nous tous de comprendre d’où vient cette dette et de pointer les différentes responsabilités. L’audit permettra de déterminer la part de la dette publique qui est illégitime, que le peuple doit refuser de rembourser et qu’il convient d’abolir. C’est à l’été 2011 que des associations, des syndicats et des partis politiques ont créé en France le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique (CAC, voir www.audit-citoyen.org). Un texte de référence a été rédigé et proposé à la signature. Cet appel pour un audit a été signé par plus de 58 000 personnes six mois plus tard.

 

Lancée au niveau national, cette revendication de l’audit a donc très vite été portée par de nombreux citoyens sur l’ensemble du territoire. Des dizaines de comités locaux se sont spontanément mis en place sans qu’il s’agisse d’une démarche « venue d’en haut ». La volonté de lancer cet audit a rencontré les inquiétudes des citoyens français et leur besoin d’agir au moment où l’Union européenne subit des rafales d’austérité justifiées par la dette. Si on décide de payer, on veut savoir pour quoi. Nous voulons décider ce que nous acceptons de rembourser et ce qu’il n’est pas acceptable de payer. L’audit est le passage obligé dans ce but.

 

En décembre 2011, la double émission « Là-bas si j’y suis » de Daniel Mermet, sur France Inter, intitulée « La dette ou la vie » autour des activités du CADTM, a connu un succès très important. Dans les semaines qui ont suivi, les demandes d’informations et les prises de contacts ont été très nombreuses. L’écho rencontré par la revendication de l’audit et l’illégitimité de la dette se confirmait de manière éclatante.

 

Le 14 janvier 2012, le CAC a organisé sa première journée d’activités à Paris, à destination des comités locaux qui étaient très demandeurs d’informations et de pistes d’actions. Une cinquantaine de personnes étaient attendues, elles furent plus de 120. C’était la confirmation que quelque chose de prometteur se passait. Les sollicitations d’intervenants pour venir lancer tel comité local ou apporter telle expertise ont augmenté de manière exponentielle. Le lendemain, à l’initiative d’Attac et de Médiapart, à l’Espace Reuilly à Paris, plus de 1100 personnes sont venues réfléchir sur le thème « Leur dette, notre démocratie ». Une conférence a même été improvisée sur le trottoir devant l’Espace Reuilly car la salle ne contenait que 700 places… Une nouvelle étape était franchie.

 

Début mars 2012, plus de 110 collectifs locaux sont créés. Souvent, des sous-groupes de travail permettent de développer l’information sur l’analyse globale ou de commencer les travaux pour un audit local des dettes des collectivités territoriales, des hôpitaux et des organismes de logement social. D’autres préparent des actions de rue ou analysent l’impact des politiques d’austérité à l’échelle locale. Les énergies sont mobilisées, la structure se met en place, l’offensive a commencé. Elle est essentielle pour se réapproprier démocratiquement le pouvoir de décision confisqué par les créanciers et les marchés financiers. Pour rompre enfin le tabou sur la question du remboursement de la dette publique.

 

Damien Millet est porte-parole du CADTM France, membre du CAC national et auteur avec Eric Toussaint du livre AAA. Audit Annulation Autre politique, Seuil, 2012.

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 19:16

«Le malade, c’est l’État, et non l’économie et la société grecques», réaffirme Georges Contogeorgis, professeur de science politique à Athènes, ancien ministre qui a apporté son soutien aux Indignés de la place Syntagma. Ce qui rend indispensable un réexamen des orientations demandées à la Grèce, et «pourrait être le point de départ d’un approfondissement de l’Europe politique».

  

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puceinvite.jpg1. Au départ crise de l’emprunt, la crise grecque est ensuite devenue crise de la dette, avant d’être considérée finalement comme une crise de la compétitivité. Dès le début, la troïka a fondé son approche de l’économie grecque sur l’idée essentielle que l’État était confronté à une crise de la dette parce que l’économie grecque n’était pas compétitive et que, par conséquent, les Grecs vivaient au-dessus de leurs moyens, sur des emprunts.


Or, si cette idée avait été correcte à la base, les mesures écrasantes – de l’aveu général – imposées à la société grecque auraient dû porter quelque fruit. Cela fait cinq ans déjà que nous vivons une récession sans précédent, qui promet de se poursuivre avec la même intensité. Et pourtant, nul ne saurait dire encore à quel moment le «niveau de vie» du Grec sera conforme à l’état réel de l’économie.


Comme hypothèse de travail, je propose de considérer ici que, dans le cas de la Grèce, la «recette» qui a été choisie pour faire face à la crise est partie d’un diagnostic complètement faux pour ce qui est de la cause, mais aussi du malade. Plus précisément, je soutiens que le malade, c’est l’État, et non l’économie et la société grecques. Le surendettement public n’est pas directement lié au niveau de vie de la société: c’est simplement un indice significatif de la corruption et de l’appropriation de l’État par la classe politique et par ceux qui le possèdent. Le fait que la crise de l’emprunt ait dégénéré en crise de la dette résulte exclusivement du refus général des gouvernements grecs de prendre des mesures élémentaires de réforme de l’État. Ensuite, la gestion de la crise, marquée par les infléchissements par rapport aux prévisions des mémorandums, et, en fin de compte, les ponctions inouïes effectuées aux dépens de la société, va de pair avec l’obstination du personnel politique à conserver intacts ses insolents privilèges ainsi que les piliers de la partitocratie. Le système politique a perdu toute légitimité et se trouve en rivalité continuelle avec la société des citoyens.


En particulier, apprécier le niveau de vie des Grecs en fonction du PIB est en contradiction avec le fait que, dans ce cas précis, le PIB ne correspond manifestement pas à la réalité de l’économie. L’écart devient patent si l’on compare l’économie réelle avec les ressources de l’État, qui sont évidemment inférieures à ce qu’elles devraient être, en raison de l’énormité de la fraude fiscale dans le pays. L’État pauvre et surendetté ne préjuge pas d’une économie pauvre et d’une société qui vit au-dessus de ses moyens. Il est intéressant de remarquer que, contrairement à celui de l’État, l’endettement des particuliers en Grèce était, au début de la crise, parmi les plus faibles d’Europe. Et si l’on ajoute la collusion d’intérêts et la corruption (l’État grec se situe en ce domaine aux derniers rangs des nations), force est de constater que les détenteurs/possesseurs de l’État «pauvre et surendetté» menaient une vie outrageusement luxueuse.


Vu la perte considérable de richesse productive occasionnée par les collusions d’intérêts et par une corruption connues de tous, vu le gaspillage et le pillage des recettes publiques par la classe politique et, bien entendu, les pratiques clientélistes visant à satisfaire des groupes sociaux «amis», il va de soi que la prospérité par habitant (y compris la qualité de vie, comme par exemple les services fournis par l’État) était largement en dessous de celle à laquelle pouvait prétendre la société grecque. On a calculé que si cette richesse – produite par l’économie grecque ou importée de l’UE – avait été investie de manière productive, le niveau de vie du pays aurait égalé celui des pays scandinaves.


Pour apprécier l’ampleur de l’effort déployé par l’ensemble de la société grecque afin d’atteindre ce niveau, il faut tenir compte de l’environnement extrêmement défavorable dans lequel elle était contrainte de fonctionner. L’État dressait et continue de dresser des obstacles insurmontables à toute activité, d’entreprise ou autre, de la société et à la constitution de relations économiques saines et débarrassées de l’entremise des intérêts et de la corruption. Du simple agriculteur au grand entrepreneur, toute transaction avec l’État implique soit l’adhésion au système de la collusion d’intérêts et de la corruption, soit le début de complications sans fins pour soi-même ou son entreprise. Pour profiter des services élémentaires que lui vaut sa qualité de citoyen, ce dernier doit «avoir un piston» ou payer le bakchich nécessaire. Il n’est pas excessif de dire que la société grecque est aux mains d’un État dynastique que s’est approprié une classe politique


transformée en partitocratie. Il suffit de noter la diminution impressionnante du poids du monde grec depuis le XIXe siècle pour comprendre l’ampleur des dégâts provoqués par cet État dynastique ; ou de s’interroger sur la réussite de la diaspora (aux États-Unis, la diaspora grecque occupe l’une des deux places les plus importantes parmi les communautés nationales) ou sur la flotte marchande grecque, la première au monde.


2. Ces constatations montrent à quel point la troïka s’est fourvoyée dans sa manière d’envisager le problème grec. Je considère en l’occurrence comme une erreur l’assimilation de la dite «dévaluation interne» à la dévaluation d’une monnaie nationale, même si l’on oublie un instant que le but poursuivi est de servir l’intérêt des marchés. La dévaluation de la monnaie nationale améliore, sous certaines conditions, la compétitivité de l’économie ; la «dévaluation interne» marque une intervention violente et déstructurante au niveau de la base productive de l’économie elle-même, ce qui hypothèque la consommation et l’État providence.


Dans le cas de la Grèce, c’est la «dévaluation interne» qui a été choisie pour faire face, nous l’avons dit, à la crise de la dette. Mais ainsi, elle a rendu la dette ingérable et a inévitablement imposé son «effacement partiel». La «dévaluation interne» a porté un coup fatal au tissu productif de l’économie et a en fait entraîné la faillite du pays. Faut-il alors penser que seule sa «sinisation» fera que la société grecque cessera de vivre au-dessus de ses moyens ? D’un autre côté, les gouvernants n’ont toujours pas expliqué pourquoi la dette n’était pas gérable quand elle était égale à 120% du PIB au début de la crise et le sera avec le même pourcentage en 2020, c’est-à-dire une fois que la société grecque sera exsangue. Surtout que, dans le premier cas, les créanciers n’auraient pas eu à subir le fameux «effacement partiel».


On entend dire également que la désagrégation de l’économie et la paupérisation forcée de la société amélioreront la compétitivité puisque la dévalorisation du marché du travail et de la richesse privée et publique éveillera l’intérêt des investisseurs et relancera l’économie. Indépendamment de ce que l’on peut penser de cette option, on convient que l’argument qui prétend que les Grecs vivaient au-dessus de leurs moyens était mensonger: il a servi de prétexte à l’objectif véritable du mémorandum, qui n’est manifestement pas de faire face au vrai problème de l’économie grecque, à savoir la dette, mais d’utiliser le pays comme cobaye dans la promotion du nouvel ordre européen. Sinon, la troïka n’aurait pas eu recours à l’effacement partiel. En tout état de cause, cette option renvoie au dogme des marchés, selon lequel l’intérêt de ces derniers prime celui des sociétés ou, dans le meilleur des cas, l’intérêt de la société s’identifie par définition à celui des marchés.


Cependant, dans le cas de la Grèce, le problème est que, de la sorte, la dimension politique de la crise est contournée. En effet, la crise grecque a pour cause première la transmutation partitocratique du système politique, l’appropriation et, au-delà, le pillage de l’État. Il n’est pas lieu d’expliquer ici la spécificité grecque. Contentons-nous de noter que, malgré tout ce qui se dit, ce phénomène est révélateur du déficit démocratique de la modernité et non du retard politique de la société grecque.


Dans ce cadre en tout cas, le mémorandum, prévu au départ comme un programme de sortie de la crise, est devenu une autre cause essentielle de l’impasse grecque. Et même, dans la mesure où il a choisi de transférer de manière univoque la charge de ses choix à la société sans s’attaquer à l’État, la société en déduira que la classe politique grecque sert de «véhicule» à l’instauration dans le pays de son propre despotisme, à côté de celui de la partitocratie grecque. En confondant la société grecque avec l’État, la troïka a perdu l’avantage de la légitimité. Ce n’est pas un hasard si la troïka, alors qu’elle va jusqu’à s’occuper en détail de l’imposition des chômeurs, n’a pas effleuré un seul instant les privilèges de la classe politique, les fondements de l’État dynastique ni, par extension, la fraude fiscale.


La troïka ne voit donc pas que sa politique, qui conjugue la paupérisation forcée de la société et la dissolution de l’État de droit et de l’État providence avec l’humiliation nationale, pourrait mener à l’accumulation d’un mélange détonant, capable de réduire à néant son entreprise. Peut-être ignore-t-elle un paramètre significatif de la société grecque, à savoir son aptitude à déverser son problème dans la cour de ceux qui foulent aux pieds sa liberté. Aptitude émanant de son niveau élevé de développement politique et de sentiment national, qui est sa qualité distinctive. De ce point de vue, si l’entreprise réussit en Grèce, alors elle ne rencontrera pas d’autres obstacles ; mais si elle échoue ou si son enjeu se diffuse dans l’espace européen en général, il est probable qu’elle déclenchera une succession de conséquences considérables au sein de l’Europe politique, et au-delà. Car cet enjeu, quant à son fond, dépasse largement le territoire grec.


3. Sous cet angle, j’estime qu’une réorientation radicale des lignes directrices du mémorandum s’impose, avant qu’il ne soit trop tard. Il faut comprendre que ce n’est pas le coût élevé du travail qui a occasionné la crise de la dette ou qui freine la croissance, et que l’on ne saurait imputer à l’économie grecque en général la cause de la crise. À l’heure actuelle, même si la société grecque offrait gratuitement son travail, nul ne viendrait investir en Grèce. Aucun nouveau «plan Marshall» ne suffirait pour que l’économie grecque renoue avec la croissance. Ce qu’il faut, ici et maintenant, c’est une refonte de l’État. Je veux parler du système politique, de l’administration publique et, substantiellement, de la législation.


Il n’est pas lieu d’énumérer ici les mesures requises pour cette refonte. Mais je peux affirmer que l’ensemble du système est à ce point pourri et a à ce point perdu sa légitimité, que si la troïka venait à l’abandonner, il s’effondrerait sur l’heure. Cela veut dire que la réforme peut et doit se faire très rapidement ; il suffit que ceux qui possèdent la force et soutiennent le régime aient la volonté politique de cette réforme. Mais cela présuppose une connaissance profonde du problème, pour que la réforme prenne la direction voulue et, surtout, produise des effets immédiats.


Citons brièvement les orientations générales d’une telle entreprise: dissolution de la base institutionnelle de la partitocratie et prise de mesures visant à reconnecter le personnel politique avec la collectivité sociale; reconstitution de l’administration publique avec pour point de mire l’efficacité sociale, avec tout ce que cela entraîne dans le domaine de sa structure, de la responsabilité personnelle du fonctionnaire et de l’intérêt légitime du citoyen. Le problème de l’administration grecque ne réside pas dans la qualité de son personnel, qui est élevée, mais dans son appropriation; pas tant dans la taille de l’État que dans son œuvre de pillage. Tout cela suppose, d’abord, une refonte intégrale de la législation. L’appropriation de l’État, la collusion d’intérêts et la corruption, la base clientéliste des politiques publiques et la logique dynastique du personnel politique reposent sur un arsenal juridique sophistiqué qui prend la société en otage et la contraint à agir selon ses prescriptions.


Cela incite à se demander si les options du mémorandum ne révéleraient pas un point de rencontre entre la classe politique grecque et la troïka: la première maintient intact son statut partitocratique et celui de ses partenaires au sein de l’État; la seconde trouve dans la classe politique grecque un allié tout disposé à faire passer ses choix à peu de frais, à savoir le principe de l’intérêt des marchés à l’intérieur de la zone euro, à commencer par la Grèce.


Ce n’est pas un hasard si la classe politique dans son ensemble, tirant profit des choix de la troïka, n’a pas touché jusqu’à présent, si peu soit-il, aux piliers de son statut: le caractère partitocratique du système politique, l’État administratif et la législation. Exemple caractéristique: les émoluments scandaleux du personnel politique et, sous cet angle, la gestion dispendieuse des finances de l’État, ainsi que, en tout état de cause, la question de la fraude fiscale. Celle-ci, bénéficiant de la haute protection des acteurs de la partitocratie, avait lieu au grand jour, sans précautions, à travers le système bancaire, etc. Il aurait suffi de comparer les mouvements des comptes de tout un chacun avec ses déclarations fiscales. Cette simple action aurait eu des résultats surprenants.


En conclusion, je pense qu’il est superflu de revenir sur la question de savoir ce qui a empêché jusqu’à ce jour la troïka d’aborder le problème grec à la lumière de la cause première de la crise. D’autant plus que le système partisan et, dans ce cadre, la classe politique, au-delà de leur caractère craintif et parasite, sont les otages du gouvernement allemand, principalement, qui détient les preuves de leur corruption, à travers les entreprises allemandes avec lesquelles ils ont fabriqué le large tissu de relations de corruption dans le pays. Je répéterai simplement ma remarque, que le dilemme «mémorandum ou faillite» de la Grèce est fausse car il contourne la cause première de la crise et la question de savoir qui va payer les frais. La sortie du pays de la crise et toute entreprise de relance de l’économie présupposent une réorientation complète du mémorandum: que l’on abandonne la «sinisation» forcée de la société et la démolition de la base économique du pays et qu’on libère leur dynamique des cliques oligarchiques. Libération qui ne surgira que d’une restructuration de fond en combles du système politique, de l’État et de la législation. Faute de quoi, je crains qu’il ne faille encore beaucoup de mémorandums jusqu’à la «solution finale». En attendant le dilemme qui réapparaîtra ne sera pas celui de la sortie de la Grèce de l’euro – les conditions géostratégiques s’y opposent radicalement –, mais celui du moment où, avec la complicité des dirigeants de l’Europe politique, la crise grecque ébranlera la stabilité sociale et économique de l’Union européenne. Inversement, je considère que le réexamen des orientations du mémorandum grec pourrait être le point de départ d’un approfondissement de l’Europe politique, face à la perspective d’une évolution vers une Europe allemande. D'une Europe qui servira l'intérêt de ses peuples ou bien l'intérêt des marchés.

 


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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 19:10

 

combats 11/03/2012 à 18h46

Marie Kostrz | Journaliste Rue89

Après Homs, Idlib. L'armée syrienne a pris d'assaut cette ville du nord-ouest du pays samedi matin. Depuis, la répression continue et touche toute la région qui l'entoure.

L'offensive était redoutée : depuis plusieurs jours, des chars avaient pris position autour d'Idlib. Lancée samedi matin vers 10h30, l'attaque a touché les quartiers nord de la ville.

Ils n'ont pas été pris pour cible par hasard. Contacté par Rue89, Ayham Jabal Azzawiyah (prénom modifié), membre de l'Union libre d'Idlib, un mouvement de jeunes révolutionnaires, explique :

« C'est un des points chauds de la contestation. C'est là où il y a le plus de manifestations contre Bachar al-Assad. La place qui s'y trouve a été rebaptisée “Place de la libération”. »

« Trop dangereux de fuir »

L'Armée syrienne libre (ASL) est aussi très présente dans cette partie de la ville où au moins seize personnes ont perdu la vie samedi. De nouvelles pertes humaines sont à redouter puisque l'armée fidèle au régime a ce dimanche étendu son offensive à d'autres quartiers d'Idlib.

Des combats entres l'ASL et l'armée régulière ont lieu dans le sud d'Idlib. L'Ouest a aussi été attaqué par l'armée de Bachar al-Assad, où la rue Dabeet a été bombardée :

Idlib attaquée

Selon Ayham Jabal Azzawiyah, quatre hommes et deux enfants sont décédés. Quinze autres sont blessés. Il explique que les civils sont bloqués dans la ville :

« C'est trop dangereux de fuir pour le moment. Certains sont partis mais avant l'offensive car on savait bien que nous serions les prochains après Homs. »

Proche de la frontière turque : « Plus facile d'acheminer armes et nourriture »

La région d'Idlib revêt en effet une importance stratégique pour le pouvoir. A la fois proche de la frontière turque et éloignée de Damas, elle permet aux Syriens opposés à Bachar al-Assad de mieux s'organiser. Mohammad (prénom modifié), de l'Union d'al-Kalamoun, groupe de révolutionnaires de la banlieue de Damas, précise :

« Les révolutionnaires peuvent aller et venir en Turquie, il est plus facile d'acheminer des armes, de la nourriture ou du matériel de communication.

C'est une situation très différente d'Al-Kalamoun ou Zabadani, qui ont été parmi les premiers foyers de contestation à avoir été attaqués avant Homs : ces villes sont proches de Damas et de la frontière avec le Liban. Or ce pays est allié à la Syrie, l'accès y est donc beaucoup plus dur. »

Beaucoup de désertions

La province d'Idlib, au relief escarpé, permet également à l'ASL de se déplacer plus facilement. Les combattants connaissent bien la géographie du lieu alors que l'armée régulière ne peut avoir accès à la totalité du terrain.

Il s'agit aussi pour le pouvoir de mater une région qui a été l'une des premières à se soulever contre le régime. Les manifestations étaient déjà réprimées l'été dernier. Face à la violence de la répression, les habitants se sont retournés contre le régime, grand pourvoyeur d'emplois dans la province. Policiers, militaires...ils ont été nombreux à rejoindre l'ASL.

Résultat : toute la province d'Idlib, où sont dispersés de nombreux villages et petites villes, subit aujourd'hui l'offensive du pouvoir. Ein Larouz, Ihsim, Ibsamas, Albara, Kafranbil, Kensafra, Iblin KefrAwaid, Mwazrah... tous ont essuyé des tirs d'obus, de mortiers et incursions de l'armée régulière depuis samedi.

Un combat très inégal

Abd Darkoush (prénom modifié) appartient à l'Union de Darkoush, un groupe d'activistes qui couvre les alentours de cette ville proche de la frontière turque. Il souligne la violence de la répression :

« A Al-Janoudia, plusieurs familles ont été attrapées au hasard par l'armée qui s'en est servie comme bouclier humain. L'ASL est en effet présente dans le village, comme dans beaucoup d'autres dans la province d'Idlib. »

Des tirs de mortiers et des bombardements « à l'aveugle » ont aussi causés la mort de civils. Des combats entre l'armée régulière et l'ASL y font toujours rage ce dimanche après-midi. Abd Darkoush ajoute :

« Vingt soldats de l'armée du régime ont été tués, l'ASL a récupéré toutes leurs armes et leurs munitions. »

Il redoute cependant que la répression du régime ne durcisse et qu'Idlib subisse le même châtiment que Baba Amro à Homs. A Idlib ou dans les villages alentours, les activistes ont entièrement conscience de la supériorité matérielle de l'armée fidèle à Bachar al-Assad.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 19:05

 

Le Monde - 10 mars 2012

 

 Faisons un peu le point.

Les prix du pétrole n'en finissent pas d'augmenter, malgré la faiblesse de la croissance mondiale. Le cours du baril de Brent de la mer du Nord frôle les 126 dollars, en hausse de plus de 20 % depuis la mi-décembre. Or les premiers frissons de reprise économique sont en train de relancer la demande de brut, et devraient donc continuer à tirer les prix vers le haut, analyse l'agence Reuters, qui souligne que les tensions en Iran ne sont pas le facteur essentiel de la hausse en cours.

Pour relâcher la pression, de nombreux analystes comptent beaucoup sur les pétroles de schiste et autres « pétroles étroits » (pétroles piégés dans des réservoirs peu poreux), dont l'exploitation se développe à vitesse grand V aux Etats-Unis. Une étude de la banque Citi avance même que « la résurgence de la production de pétrole en Amérique du Nord » va signer l'arrêt de « mort de l'hypothèse du pic pétrolier ».

La production nord-américaine repart, c'est vrai, mais pas de façon miraculeuse

Cette relance va-t-elle pouvoir se poursuivre ? L'administration Obama l'espère (et compte aussi beaucoup sur les nombreux permis de forage récemment accordés dans le golfe du Mexique, y compris à BP, responsable de la marée noire de 2010).

L'Australien Matt Mushalik, l'un des analystes « piquistes » les plus lus aujourd'hui, estime cependant sur son blog que « les Etats-Unis peuvent produire autant de pétrole de schiste qu'ils veulent, ça n'arrêtera pas le déclin de la production iranienne ». De fait, la très prudente Agence internationale de l'énergie table sur un affaissement important des extractions de l'Iran d'ici à 2015, indépendamment des sanctions imposées par les Etats-Unis et l'Europe, qui risquent toutefois « d'accélérer le processus », note Matt Mushalik.

(C'est ballot, d'autant que selon la CIA, l'Iran a arrêté son programme d'armement nucléaire depuis 2003. Aussi, à quoi bon affamer les Iraniens, demande dans les colonnes du New York Times un journaliste expatrié ?)

Le ministre du pétrole de l'Arabie Saoudite a récemment détaillé le montant des capacités de production inutilisées de son royaume, seules capables de faire face à court terme à une poursuite de la hausse de la demande mondiale de brut, tirée par les économies émergentes. Le résultat apparaît décevant, constate un responsable de la banque américaine Citi (encore elle) dans les colonnes du Financial Times :  

« Les capacités [de production inutilisées de l'Arabie Saoudite] immédiatement disponibles représentent un faible 1,5 million de barils par jour (Mb/j), beaucoup moins que la soupape de sécurité nécessaire pour convaincre les marchés que les prix ne vont pas augmenter. »

Tout ça a l'air compliqué mais en réalité, c'est très simple :

la production de pétrole et des autres carburants liquides est sur un plateau depuis 2005 ; à l'échelle de la planète, il faudrait développer l'équivalent de 2 à 4 Arabies Saoudites d'ici dix ans (!), rien que pour maintenir à niveau les extractions, et compenser le déclin de champs anciens, tels que ceux de l'Iran.

La production mondiale de brut est comme un grand balancier. De son équilibre dépend l'avenir de la croissance économique : que s'ajoutent trop de poids d'un côté, trop de champs en déclin, et l'équilibre sera rompu, sonnant le glas, comme le prophétise l'ex-premier ministre Michel Rocard, « de notre modèle de prospérité ».

Nous sommes bel et bien confrontés au « troisième choc pétrolier », juge Olivier Appert, président de l'Institut français du pétrole. Les vols d'essence, qui se font en France de plus en plus fréquents, ne devraient pas s'arrêter de sitôt...


Les émeutes qui ont eu lieu fin février à La Réunion se sont cristallisées sur le prix de l'essence. [AFP]


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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:58

LEMONDE.FR avec AFP | 11.03.12 | 16h19

 
 

 

"Le budget 2012 permet de réduire le déficit budgétaire de notre pays à 2,8 % du PIB. Et les budgets 2013 et 2014 nous permettent d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2015", s'est félicité le chef des négociateurs et premier ministre pressenti, le socialiste francophone Elio Di Rupo.

"Le budget 2012 permet de réduire le déficit budgétaire de notre pays à 2,8 % du PIB. Et les budgets 2013 et 2014 nous permettent d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2015", s'est félicité le chef des négociateurs et premier ministre pressenti, le socialiste francophone Elio Di Rupo.AP/Virginia Mayo


La Belgique a renforcé dimanche son plan de rigueur et s'est posée en bon élève européen à l'heure où de nombreux pays, comme l'Espagne ou les Pays-Bas, connaissent des difficultés à réduire leur déficit budgétaire. Après une semaine de tractations, la coalition gauche-centre-droite au pouvoir s'est mise d'accord pour un nouveau train de mesures d'austérité d'un total de 1,82 milliard d'euros, qui s'ajoutent aux 11,3 milliards d'économies décidés fin 2011.

"Avec ce budget, notre pays est un des meilleurs élèves en Europe", a affirmé le Premier ministre socialiste Elio di Rupo, en saluant un effort sans précédent dans l'histoire du royaume de 11 millions d'habitants. L'objectif est de limiter le déficit budgétaire à 2,8 % du PIB en 2012, contre 3,8 % en 2011, et de respecter ainsi les "engagements à l'égard de l'Union européenne", qui fixe le maximum à 3 %.

La Commission européenne avait exhorté en début d'année la Belgique à trouver encore de nouvelles économies en raison de l'abaissement des prévisions officielles de croissance pour 2012, à +0,1 % contre +0,8 % initialement. Par précaution, le gouvernement a également ajouté dimanche un matelas de 650 millions d'euros en réserve afin de parer tout nouveau recul de la croissance.

M. di Rupo a reconnu que les négociations au sein de la coalition de six partis aux sensibilités très différentes avaient été "difficiles" pour s'entendre sur "des mesures justes et équilibrées". "Malgré un contexte très difficile, le pouvoir d'achat des citoyens est préservé et la compétitivité des entreprises est sauvegardée", a-t-il assuré.

 

TAXES SUR LE TABAC ET LES TRANSACTIONS BOURSIÈRES

Les nouvelles mesures portent essentiellement sur une augmentation des recettes de l'Etat grâce à une hausse des taxes sur les transactions boursières et sur le tabac ainsi que sur une répression accrue de la fraude. Des économies sont également réalisées dans les dépenses (livraisons d'hélicoptères, frais de justice...).

Entré en fonctions le 6 décembre à l'issue d'une longue crise politique, M. di Rupo a insisté sur le fait que les Belges n'étaient pas aussi sévèrement affectés que les autres Européens. "Chez nous, il n'y a pas de baisse du salaire minimum. Il n'y a pas de baisse du montant des pensions. Il n'y a pas de diminution des allocations familiales. Il n'y a pas d'augmentation de la TVA".

Annoncés à la veille d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro lundi à Bruxelles, les efforts belges vont accroître la pression sur l'Espagne et les Pays-Bas, deux pays ayant récemment annoncé qu'ils auraient du mal à respecter les engagements pris vis à vis de l'UE. Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a ainsi prévu que le déficit public serait de 5,8 % du PIB en 2012, soit bien supérieur aux 4,4 % initialement promis. Aux Pays-Bas, les prévisions portent sur un déficit de 4,5 % du PIB en 2013.

En Belgique, l'austérité renforcée est dénoncée par les syndicats, qui avaient organisé le 29 janvier une grève générale, la première depuis près de 20 ans, pour protester en particulier contre le durcissement des conditions de départ à la retraite anticipée. L'organisation patronale, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), a en revanche salué les mesures qui adressent "aux marchés financiers un signal propre à rétablir la confiance".

 

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