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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:15

LEMONDE | 20.11.11 | 18h07   •  Mis à jour le 20.11.11 | 18h23

 

Un dormeur au pied d'un arbre dans le New Jersey.

Un dormeur au pied d'un arbre dans le New Jersey.AFP/Hunter Martin


Donnez-moi un arbre et je sauverai le monde, nous dit le botaniste Francis Hallé, qui vient de publier Du bon usage des arbres. Un plaidoyer à l'attention des élus et des énarques (Actes Sud). Prenons-le au mot. Par quel arbre commencer ? Le platane que planta Buffon en 1785, à l'entrée du Jardin des plantes, à Paris. Les visiteurs peuvent constater sa grande forme 226 années après, alors qu'il n'a jamais été taillé.

Car le platane vit très longtemps, comme beaucoup d'arbres. Il est même "potentiellement immortel", précise Francis Hallé : "Un homme est sénescent, c'est-à-dire programmé pour mourir. Pas un platane." Après la chute des feuilles, la vie repart au printemps et l'arbre retrouve son génome juvénile. S'il n'était pas agressé par les accidents, les maladies ou les humains, le platane vivrait des siècles. "Quand on dit un platane centenaire, on parle d'un gamin en culotte courte", s'amuse le botaniste, qui connaît un olivier âgé de 2000 ans à Roquebrune-Cap-Martin (Côte d'Azur).

Ajoutons que l'arbre crée des colonies. Sexué, il distribue des graines alentour, mais il étend aussi des racines à partir desquelles des descendants poussent. Voilà pourquoi on trouve des platanes centenaires entourés de vieux frères, des peupliers se renouvelant depuis 10 000 ans dans l'Utah, des crésotiers (Larrea) de 13 000 ans dans le désert de Mojave (sud de la Californie), et un houx royal de 43 000 ans s'étalant sur un kilomètre, en Tasmanie. "L'histoire de notre espèce zoologique tient dans la vie d'un arbre. Cela devrait nous ramener à l'humilité", philosophe Francis Hallé. C'est sans doute le premier service que nous rend l'arbre.

L'autre prodige de l'arbre est de résoudre ses problèmes sans bouger. C'est un bon citoyen, décoratif, taiseux, économe, calme et courageux. Il se contente de peu - lumière, eau, oligoéléments - et déjoue ses ennemis sans bruit, en développant un arsenal chimique. Un if produit des molécules qui éloignent souris et insectes et, ce faisant, il fournit le taxol à l'homme, un anticancéreux efficace. Et chacun sait que le tilleul ou le bouleau, le noisetier ou le citronnier donnent des médicaments.

UN ÉPURATEUR D'ATMOSPHÈRE

Nous, humains, avec nos 2mètres carrés de peau, sous-estimons la surface de l'arbre. Pour la calculer, il faut mesurer chaque feuille recto verso, ajouter la surface du tronc, des branches et rameaux, des racines longues et fines et des poils absorbants, sans oublier les poches dans l'écorce. Un arbre feuillu de 15 mètres occupe au total 200 hectares, l'équivalent de Monaco. Il double de poids quand il est mouillé. Toute cette surface respire, nous fait respirer.

"Grâce à la photosynthèse, l'arbre est notre meilleur allié dans la lutte contre le réchauffement climatique ", estime Francis Hallé. Le platane de Buffon, comme tout arbre, absorbe quantité de dioxyde de carbone (CO2), responsable de l'effet de serre. 20 % à 50 % de la matière produite par l'arbre - bois, racines, feuillages, fruits... - est constituée de CO2. Ainsi, en respirant, l'arbre épure l'atmosphère. Il séquestre le dioxyde de carbone et les polluants urbains tels que les métaux lourds, le plomb, le manganèse, les suies industrielles, les oxydes d'azote et de soufre, l'ozone... Ceux-ci sont dissous par l'eau intérieure, puis stockés dans le bois. C'est pourquoi il faut couper les vieux arbres le moins possible. Plus ils sont grands, plus ils purifient l'air.

En même temps, l'arbre libère l'oxygène qui nous fait vivre, l'O2. Un humain adulte consomme environ 700 grammes d'O2 par jour, soit 255 kg par an. Pendant ce temps, un arbre moyen en produit 15 à 30 kg. Il faut donc une dizaine d'arbres pour oxygéner un homme. En plus, l'arbre humidifie et rafraîchit l'atmosphère par évaporation et transpiration. Une zone boisée de 50 m2 fait baisser la température de 3,5 °C et augmente le taux d'humidité de 50 %. L'agitation des feuillages, surtout des conifères, libère des ions négatifs qui auraient un effet bénéfique sur la santé et l'humeur. Et l'arbre accueille nombre d'espèces utiles.

Pascal Cribier, jardinier talentueux, habite au-dessus du jardin du Luxembourg, à Paris. Il désigne la cime rougeoyante des arbres : "Nous ne voyons que la moitié d'un arbre. Nous n'imaginons pas l'activité souterraine, la taille et la force de ses racines, les espèces qui vivent en symbiose avec lui. Nous oublions que, sans les arbres, le sol se dégrade vite, et pour toujours." C'est cette part secrète, souterraine, qui a décidé de la vocation de Pascal Cribier, à 18 ans. Il voulait comprendre, planter, mettre les mains dans la terre.

Devenu un artiste du jardin, il a exposé dans des galeries des blocs de racines noueuses. Il faut savoir que sous-bois, racines et sous-sols font vivre champignons, lichens, fougères, plantes épiphytes, insectes, vers et mammifères. Sous terre, les racines font circuler des tonnes d'eau pour abreuver les feuilles. Souvent, elles dépassent en longueur les branchages. Ainsi, le jujubier de Libye, haut de 2 mètres, possède des racines de 60 mètres.

"L'homme ne saurait vivre sans l'arbre, et il le menace partout, s'étonne Francis Hallé. Pourtant, la réciproque n'est pas vraie..." Les Nations unies ont déclaré 2011 Année internationale de la forêt. Les arbres abritent 50 % de la biodiversité terrestre et apportent la subsistance à 1,6 milliard d'humains.

Les enquêtes de l'ONU et du REDD - programme des Nations unies qui vise à réduire les émissions de CO2 causées par la déforestation et la dégradation des forêts - montrent que la moitié des forêts de la planète a été détruite au XXe siècle. Ainsi, 7,3 millions d'hectares de forêts tropicales ont disparu chaque année entre 2000 et 2005, soit 20 000 hectares par jour. Résultat, la déforestation et la dégradation des forêts tropicales contribuent pour 15 % à 20 % aux émissions de CO2 : brûlés, abattus, les arbres libèrent leur carbone.

A l'inverse, l'ONU estime que des plantations d'arbres pourraient compenser 15 % des émissions de carbone dans la première moitié du XXIe siècle. "J'ai plaqué mon chêne/Comme un saligaud", chantait Georges Brassens...

De l'aspirine au papier

Prenons un citadin qui déguste en terrasse une salade à l'huile d'olive et au citron avec des pignons, puis commande une omelette aux truffes et un verre de chablis. Au dessert, poire belle-Hélène accompagnée d'un café à la cannelle. En digestif, une goutte de vieux gin. Ensuite, après une aspirine, il prend quelques notes avec un stylo jetable sur un carnet. Cet homme vient de mettre quinze arbres à contribution. Un frêne pour sa chaise, un orme pour la table, un olivier, un pin parasol, un citronnier, un chêne pour la truffe, un robinier (faux acacia) pour le fût du vin blanc, un poirier et un cacaoyer, un caféier, un cannelier, un genévrier, un saule pour l'aspirine, du ricin pour le plastique, un pin sylvestre pour le papier. Nous ne saurions vivre sans les arbres.

La ville non plus. Octobre 2011 était le Mois international de l'arbre et de la forêt des villes. Ainsi en a décidé la FAO. Pourquoi protéger l'arbre citadin ? En 2030, 70 % de la population de la Terre vivra en ville. Il faudra la nourrir. Le monde rural n'y suffira pas. Déjà, l'agriculture urbaine et périurbaine existe dans les friches et bidonvilles. Les citadins pauvres plantent des arbres et des légumes pour se nourrir. Depuis des années, la FAO leur procure assistance et crédits.

En Europe, Bruxelles protège les 5 000 hectares de la forêt de Soignes, en pleine ville ; Zurich fait de même, Barcelone a classé sa forêt riveraine, Nantes prévoit de planter 1 400 hectares d'arbres à ses portes. Julien Custot, expert à la FAO, explique : "L'arbre urbain est fondamental pour préserver les sols, contenir les inondations, apporter de l'énergie, pourvoir des aliments sains. Il rend les villes plus agréables, plus fraîches. Il nous faut une vraie politique de foresterie urbaine." Le jardinier écologiste Gilles Clément ajoute : "L'urbanisme jouit d'un grand prestige dans un monde assujetti au principe économique "quand le bâtiment va, tout va". Un jardinier penserait plutôt : "Quand le jardin va, tout va". Il faut nourrir le monde avant même de le loger."

L'économiste indien Pavan Sukhdev, codirecteur de la Deutsche Bank de Bombay, est une des têtes chercheuses des TEEB, The Economics of Ecosystems and Biodiversity. C'est lui qui, en octobre 2010, a chiffré les services rendus par les écosystèmes à la conférence de Nagoya sur la biodiversité, dont la France vient de signer le protocole. Il calcule la valeur économique de la nature et ses dégradations. Après trois ans d'enquêtes menées par cent experts, "les gros chiffres impressionnent", affirme-t-il. Si nous divisions par deux le rythme de la déforestation d'ici à 2030, les réductions d'émission de CO2 allégeraient de 2 600 milliards d'euros le coût du réchauffement. L'érosion de tous les écosystèmes terrestres - forêts, sols ou encore zones maritimes - nous fait perdre entre 1 350 et 3 100 milliards d'euros chaque année. "Cette invisibilité économique des écosystèmes, explique Pavan Sukhdev, a mené à la crise écologique."

En jardinier, Pascal Cribier s'inquiète de ces chiffres : "Un arbre est inestimable, ce qu'il nous apporte n'a pas de prix..."

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:11

LEMONDE.FR avec AFP | 21.11.11 | 14h08

 
 

 

Un requin dans un aquarium à Istanbul. 25/08/11

Un requin dans un aquarium à Istanbul. AFP/MUSTAFA OZER

La Commission européenne a proposé lundi 21 novembre d'interdire la coupe des ailerons des requins à bord des navires de pêche et le rejet à la mer les animaux encore vivants. Cette mesure vise ainsi à protéger les stocks de requins, dont une trentaine d'espèces sont menacées d'extinction dans le monde, essentiellement en raison de la forte demande d'ailerons qui, mijotés en soupe, sont un mets raffiné en Chine et dans d'autres pays asiatiques.

"En comblant le vide juridique dans notre législation, nous souhaitons éradiquer la pratique effroyable de l'enlèvement des nageoires de requin et assurer une protection nettement meilleure des requins", a déclaré Maria Damanaki, commissaire chargée de la pêche.

La nouvelle législation prévoit que les navires pêchant dans les eaux de l'Union européenne et les navires de l'UE pêchant dans le monde auront "l'obligation de débarquer les requins avec les nageoires attachées au corps". Les pêcheurs avaient jusqu'à présent la possibilité de débarquer les carcasses et les nageoires dans des ports différents, ce qui rendait les fraudes aisées.

73 MILLIONS DE REQUINS DISPARAISSENT CHAQUE ANNÉE

"Les contrôles seront désormais facilités, et il deviendra plus difficile de dissimuler l'enlèvement des nageoires", a spécifié Mme Damanaki. L'interdiction vise les flottes espagnoles et portugaises, qui pêchent dans tous les océans, a souligné la Commission. Les pêcheurs français, allemands et britanniques sont également concernés. Ils bénéficiaient d'exemptions pour la capture de requins, à condition de tout garder à bord à des fins de transformation. La mesure ne s'applique pas à la pêche artisanale, a-t-on précisé à la Commission.
 

"La proposition de la Commission est une étape positive pour la protection des requins", notamment dans l'Atlantique, a réagi la fédération d'ONG Shark Alliance. "L'UE, en particulier l'Espagne, est l'un des principaux fournisseurs d'ailerons à l'Asie", selon elle. La surpêche est responsable de la disparition de 73 millions de requins chaque année, selon l'association Environment Group (PEG), qui estime qu'une trentaine d'espèces sont directement menacées d'extinction.

A la différence des autres poissons, les squales sont fragilisés par leur cycle biologique car ils n'atteignent leur maturité sexuelle qu'après une dizaine d'années et n'ont que peu de petits à la fois. En Asie, les campagnes lancées par des ONG commencent à faire évoluer les traditions. Les hôtels de luxe Peninsula ont ainsi annoncé lundi le retrait de la soupe aux ailerons de ses restaurants.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:07

LEMONDE.FR avec AFP | 21.11.11 | 13h20   •  Mis à jour le 21.11.11 | 13h31

 
 

 

La concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère a atteint des niveaux record en 2010.

La concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère a atteint des niveaux record en 2010.AFP/ERMAL META

Les principaux gaz à effet de serre à l'origine du réchauffement climatique ont franchi de nouveaux records de concentration dans l'atmosphère en 2010, a dénoncé lundi 21 novembre l'Organisation météorologique mondiale (OMM). "Même si nous parvenions à stopper aujourd'hui nos émissions, ce qui est loin d'être le cas, les gaz déjà présents dans l'atmosphère y subsisteraient encore pendant des dizaines d'années et continueraient de perturber le fragile équilibre de la Terre, planète vivante, et du climat", a précisé le secrétaire général de l'OMM.

Parce qu'ils captent une partie du rayonnement solaire, les gaz à effet de serre favorisent le réchauffement de la planète. Entre 1990 et 2010, le forçage radiatif de l'atmosphère par les gaz à effet de serre – indicateur qui mesure l'impact des facteurs modifiant l'équilibre entre le rayonnement solaire entrant et les émissions de rayonnements infrarouges sortant de l'atmosphère – a augmenté de 29 %, et à lui seul le dioxyde de carbone (CO2) est responsable de 80 % de cette augmentation. Le CO2 contribue à hauteur de 64 % au forçage dans l'atmosphère. Sa concentration dans l'atmosphère a augmenté entre 2009 et 2010 de 2,3 ‰ (ppm), soit plus que la moyenne des années 1990 (1,15 ppm), et que celle des dix dernières années (2 ppm).

L'OMM relève également qu'après "une période de stabilisation temporaire relative (1999-2006), la concentration de méthane dans l'atmosphère est repartie à la hausse, et les scientifiques s'efforcent d'en découvrir les causes". Le protoxyde d'azote (N2O), autre gaz de serre, a aussi contribué au réchauffement de la planète. En 2010, la teneur de l'atmosphère en N2O était supérieure de 20 % par rapport à l'époque préindustrielle selon l'OMM. Le taux d'accroissement est de 0,75 ppb (partie par milliard de molécules d'air sec), par an sur les dix dernières années, ce qui est dû surtout à l'utilisation d'engrais azotés, comme le fumier, qui "a profondément perturbé le cycle mondial de l'azote".

L'OMM, par le biais de son programme de la veille de l'atmosphère globale, coordonne les observations des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, via un réseau de stations réparties dans plus de cinquante pays. Son rapport sur les gaz à effet de serre, publié lundi, est le septième depuis 2004.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:02

 

Photos d'une action du 5 novembre à Caen  
Photos d'une action du 5 novembre à Caen

Appel du Comité Anti-Castor de Tarnac

Fukushima, c'était il y a huit mois. Il n'y a pas de « retour à la normale » après une catastrophe nucléaire. Il y a un nouvel état du monde, une nouvelle géographie du ravage dont l'information régnante voudrait que l'on s'accommode, par la force des choses. Le spectacle des explosions de Fukushima offert en live streaming à la planète entière, les dépêches sans queue ni tête livrées d'heure en heure à l'avidité des peuples obéissent à la même logique qui commande aujourd'hui le plus complet silence sur les conséquences de la catastrophe. Qui sait que le Japon a mis à l'arrêt à ce jour 44 de ses réacteurs, que seuls dix fonctionnent encore et qu'à Tokyo on préfère désormais les coupures d'électricité aux merveilles de l'atome ? Qui se soucie que 90 % des enfants naissant actuellement dans la zone contaminée autour de Tchernobyl soient frappés de tares génétiques ? La vie est assez dure comme ça pour s'épargner d'avoir, de surcroît, conscience de son horreur. Les pays les plus nucléarisés sont ceux où l'on se rebelle le moins contre le nucléaire. Les prisonniers finissent généralement par aimer leur geôlier, pour peu qu'on les résigne assez à leur sort. Dans l'ambiance de fin du monde, d'apocalypse symbolique, d'effondrement généralisé où nous baignons présentement, le nucléaire fonctionne comme un verrou sur la situation politique. C'est un ciel bas et lourd qui pèse comme un couvercle sur toute idée de bouleversement. Ce qui est en jeu là, ce n'est évidemment pas la révolution, tout juste sa possibilité. D'autant plus cette société épuise le peu de crédit qu'il lui reste, d'autant plus le réseau de centrales qui enserre le territoire nous fait l'effet d'un corset, d'une camisole. Comment un régime qui ne s'aventure plus à faire de promesse pour l'année suivante ? ose-t-il produire des déchets radioactifs pour encore cent mille ans ? Comment ignorer que la dépendance énergétique où l'on nous tient, et la sorte de chantage qui l'accompagne, réduisent à l'insignifiant toutes nos prétentions à la liberté ? Il y a quelque chose de morbide dans l'investissement libidinal dont l'État français a couvert ses centrales et ses bombes à neutrons. À mesure que gouvernements étrangers et capitalistes éclairés font savoir l'un après l'autre leur intention de renoncer au nucléaire, la France préfère se dire que si elle est de plus en plus seule dans son impasse, c'est simplement qu'elle est la meilleure. Alors que l'EPR est en bonne voie pour égaler Superphénix dans la catégorie des folies furieuses, EDF dévoile à présent son intention de relancer la surgénération. C'est un spectacle atterrant qu'un tel déni du réel, une telle imperméabilité à l'expérience, une telle façon d'exposer au monde entier ses verrues comme un titre de gloire.

Trois ans se sont écoulés depuis ce 11 novembre où la Sous-Direction Antiterroriste a trouvé bon d'investir le village de Tarnac et quelques autres domiciles en France, afin d'y arrêter une dizaine de personnes. Renseignements pris, nous avons fini par acquérir une idée assez précise de l'étonnante convergence d'intérêts qui a amené à ces arrestations. On arrive, selon le fil que l'on tire dans cette bobine, à d'obscures barbouzes grenouillant dans la « sécurité », à des services secrets agissant « informellement » à l'échelle européenne, à des conseillers du prince en veine de reconnaissance, à de vieux fachos ayant accédé aux ministères dans le sillage de Sarkozy et jugeant que l'heure était enfin venue de prendre leur revanche sur les gauchistes. On y trouve aussi les intérêts bureaucratiques bien compris d'ex-RG mis à mal par la fusion avec la DST au sein de la DCRI et les éternelles ambitions ministérielles de Michèle Alliot-Marie. Pour faire bonne mesure, on n'oubliera pas le rôle joué par l'infiltré britannique Mark Kennedy-Stone et l'effet des habituelles rivalités dont les milieux radicaux sont, au même titre que n'importe quel autre milieu, le siège détestable. Mais si l'on s'en tient aux faits, et non à leur cause, ce qui a fini par nous sauter aux yeux, c'est ceci : l'affaire de Tarnac fut d'abord une tentative forcenée, et à ce jour réussie, pour contenir aux frontières l'extension du mouvement anti-nucléaire allemand. Toute l'opération aura consisté à travestir une action de blocage de trains revendiquée par un groupe anti-nucléaire allemand et exécutée par une méthode assez usuelle et assez sûre - les fameux « crochets » - pour avoir été employée jusqu'à une centaine de fois en une seule année de l'autre côté du Rhin sans jamais blesser quiconque, en un « acte terroriste » immotivé visant à faire dérailler des trains. Il aura suffi pour cela, d'un côté, d'occulter la revendication allemande transmise dès le 9 novembre 2008 par Interpol, et de l'autre de faire le plus de bruit possible autour de l'arrestation d'un groupe que l'on avait depuis longtemps dans le viseur. Comme l'assassinat de Vital Michalon lors de la manifestation de Malville en 1977, comme les tendons tranchés volontairement, l'année dernière, aux militants du Groupe d'Action Non-Violent Antinucléaire (GANVA) qui s'étaient enchaînés sur la route du train de transport de déchets ultra-radioactifs CASTOR (CAsk for Storage and Transport Of Radioactive material), l'affaire de Tarnac témoigne de la nervosité pathologique qui atteint l'État français dès que l'on touche à la question nucléaire. Il est vrai qu'il a sur ce point des décennies de mensonges et des milliers de morts à faire oublier.

Cette année que se prépare, pour la première fois peut-être, une action de masse pour bloquer à son point de départ, le 24 novembre prochain à Valognes (Manche), le train CASTOR, nous ne pouvons décemment manquer le rendez-vous. Nous devons bien cela à l'État français, et à ses nucléocrates. Et il serait malséant, après Fukushima, qu'il y ait 50 000 Allemands pour le bloquer à son arrivée à Gorleben, et personne pour l'entraver en France. Alors que huit nouveaux trains de déchets provenant de Hollande doivent bientôt traverser les gares de RER franciliennes pour rallier La Hague, nous devons donner raison au collectif Valognes Stop Castor (http://valognesstopcastor.noblogs.org / *) : « La question des déchets constitue le maillon faible de l'industrie nucléaire, et l'illustration la plus frappante du scandale qu'elle est dans son ensemble ». C'est donc là qu'il faut l'attaquer. C'est là qu'il faut, à quelques milliers, lui porter un coup décisif. Polluer, c'est toujours s'approprier. En polluant pour les cent mille ans qui viennent, l'État nucléaire s'approprie tout futur pensable et toute vie possible. Nous sommes le futur. Nous sommes la vie. Nous arrêterons les centrales. Tous à Valognes !

Comité anti-CASTOR de Tarnac

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 12:55

Marianne - Laurent Pinsolle - Blogueur associé | Lundi 21 Novembre 2011 à 12:01


La victoire de la droite espagnole ne doit pas faire illusion. « Il ne s’agit que d’un mouvement de balancier classique où le parti au pouvoir en est éjecté du fait de la crise économique », souligne Laurent Pinsolle, soutien de Nicolas Dupont-Aignan. Notre blogueur associé relève notamment que la remise en cause de la monnaie unique, qui fait pourtant mal au pays, n’existe pratiquement pas en Espagne.



Hier, les Espagnols ont décidé de congédier le PSOE pour confier le pouvoir au Parti Populaire de Mariano Rajoy, pour qui la troisième candidature aura été la bonne. L’orthodoxie européenne signe une troisième victoire après celles déjà gagnées en Grèce et en Italie.

Relecture de l’histoire économique espagnole récente

Si le parti de Zapatero, qui avait renoncé à se représenter, a été balayé, c’est à cause de la très grave crise économique que traverse le pays. Le taux de chômage dépasse 22% et pire, les 40% pour les jeunes. Après des années de croissance et de rattrapage, l’Espagne va mal, même si elle n’est pas dans la situation de la Grèce. Mais cette campagne a malheureusement été extrêmement mal couverte en France, où les responsabilités de la crise sont très mal établies.

Une partie des médias attribue la crise espagnole à des dépenses inconsidérées de l’Etat et des collectivités locales. Bien sûr, on constate aujourd’hui que cela est en partie vrai : il suffit de prendre l’exemple d’aéroports ou de gares de TGV désertes. Mais cette interprétation est partielle et partiale. On oublie un peu vite que l’Espagne avait un excédent budgétaire solide avant la crise (pendant trois années consécutives) et la dette la plus faible de la zone euro (moins de 40% du PIB).

Bref, il est totalement abusif de dire que c’est l’excès de dépenses publiques qui a plongé l’Espagne dans la crise. La bulle ibérique ne vient pas de l’Etat mais beaucoup plus de l’euro, qui a imposé des taux d’intérêt beaucoup trop bas pour l’économie espagnole, ce qui a permis de financer des projets qui n’auraient du être rentables. Si l’Espagne avait conservé une politique monétaire nationale indépendante, alors, elle aurait pu monter ses taux d’intérêt et éviter le désastre actuel.

Une défaite du PSOE plus qu’une victoire du PP

Espagne : l’alternance, pas l’alternative
La victoire de la droite espagnole ne doit pas faire illusion. Il ne s’agit que d’un mouvement de balancier classique où le parti au pouvoir en est éjecté du fait de la crise économique. Mariano Rajoy a été extrêmement peu disert pendant la campagne, n’ayant pas besoin de révéler les détails de son programme pour gagner. Malheureusement, la vraie responsabilité de la crise (le passage à la monnaie unique) a été totalement absente des débats en Espagne.

Malgré tout, cela est assez logique : pour l’Espagne, tout ce qui vient d’Europe est forcément bon. L’adhésion à la CEE a suivi de près le processus de démocratisation. Et pendant vingt ans, les subsides européennes ont permis à l’économie ibérique de rattraper une partie de son retard et de se développer à marche forcée. L’accession à la monnaie unique a également une dimension statutaire, à savoir que les absents font un peu partie d’une seconde division européenne.

Bref, il est malheureusement logique que la remise en cause de la monnaie unique n’existe pratiquement pas en Espagne. Même en Grèce, une grande partie des élites et de la population ne veulent pas encore sacrifier ce symbole qui leur fait pourtant tant de mal. Pourtant, il est assez paradoxal que le pays qui a lancé le mouvement des indignés finisse par élire une majorité de droite au pouvoir, qui ne va pas vraiment répondre au malaise de la jeunesse espagnole…

Les espagnols n’avaient pas forcément envie de remettre la droite au pouvoir, mais ils ont surtout sanctionné la gauche qui les a menés vers une crise terrible. Cela ne changera pas grand chose pour eux et l’Europe car Rajoy devrait suivre une ligne économique proche de Zapatero.

Retrouvez Laurent Pinsolle sur son blog.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 12:51

| Par Ludovic Lamant

 

De notre envoyé spécial à Valence

Eux, au moins, ont été consultés. A l'inverse de leurs voisins italiens et grecs, les Espagnols se sont prononcés, dimanche, sur la gestion de la crise, lors d'élections législatives suivies de très près par Bruxelles. Et leur message est sans appel: ils ont massivement sanctionné le Parti socialiste (PSOE) de José Luis Rodriguez Zapatero, au pouvoir depuis 2004. La formation, créditée de 28% des voix, a perdu près de 4,5 millions d'électeurs par rapport au scrutin de 2008.

Le candidat de la droite, Mariano Rajoy, 56 ans, a profité de la débâcle socialiste. Il obtient 44% des voix, soit une majorité absolue en sièges, à l'Assemblée (186 sur 350). Après deux échecs consécutifs, en 2004 et 2008, celui que la presse espagnole nomme le «survivant» est appelé à diriger une Espagne exsangue et inquiète, qui compte près de cinq millions de chômeurs. Rajoy réalise la meilleure performance de l'histoire du Parti populaire (PP), puisqu'il améliore encore le score de José María Aznar, qui avait obtenu, lors de sa réélection en 2000, 185 sièges. 

Le scrutin de dimanche (lire l'intégralité des résultats ici) confirme cette règle en vigueur en Europe, selon laquelle les exécutifs sortants, de droite comme de gauche, se trouvent systématiquement sanctionnés dans les urnes depuis l'éclatement de la crise. Il marque aussi un nouveau revers de taille, pour le camp social-démocrate sur le continent, après les défaites de Gordon Brown en Grande-Bretagne (en mai 2010), de José Socrates au Portugal (en juin 2011) et la démission de Georges Papandréou en Grèce. Décryptage.

 

Le discours de Mariano Rajoy dimanche soir, au siège du PP.


1. Un PP hégémonique

Depuis son confortable succès aux élections locales de mai, le PP contrôlait déjà la moitié des mairies du pays, et 11 des 17 communautés autonomes. Il vient de s'assurer la mainmise sur le parlement national, et de prendre les rênes du gouvernement. La droite domine désormais l'ensemble des institutions politiques du pays.

Deux communautés autonomes, et pas des moindres, illustrent l'effondrement du PSOE. L'Andalousie, d'abord, l'un de ses bastions historiques, où le PP règne désormais partout, sauf dans la province de Séville (où le «sage» Alfonso Guerra continue à faire de la résistance). La région pourrait donc basculer à droite, elle aussi, lors de ses prochaines élections locales, l'an prochain.

La Catalogne, ensuite, où les socialistes, emmenés par la ministre de la défense de Zapatero, Carme Chacón, qui lorgne la direction du PSOE, se sont fait dépasser par les nationalistes de CiU (16 sièges), mais restent devant le Parti populaire. 

2. Vers la fin du bipartisme en Espagne?

La tendance s'était confirmée à chaque scrutin depuis 1989: les voix des Espagnols ne cessaient de se reporter, tous les quatre ans plus massivement, sur les deux principaux partis du paysage politique, PSOE et PP. En 2008, ces formations ont totalisé plus de 83% des voix, s'assurant ainsi 323 des 350 sièges de l'Assemblée. Mais le scrutin de dimanche marque un tournant. Les «indignés», qui appellent, depuis le printemps, à en finir avec le bipartisme, semblent avoir été entendus par une partie de l'électorat. Cette fois, PSOE et PP ne rassemblent «plus que» 72% des voix, soit un total de 296 sièges. Du jamais vu depuis 1989.

Le nouveau Parlement s'annonce donc moins homogène. La dispersion des voix a surtout joué à gauche, contre le PSOE. Izquierda Unida («IU», pour gauche unie), qui rassemble communistes et écologistes, est l'autre grand gagnant de la journée. Le parti de Cayo Lara double quasiment son score, à 6,8%, et gagne neuf sièges par rapport à 2008 (11 contre 2 auparavant). Il formera un groupe parlementaire indépendant. L'ex-socialiste Rosa Diez, et son parti UPyD (centre), ont également progressé (cinq sièges contre un). A chaque fois, les transferts de voix socialistes ont joué à fond.

EQUO, un nouveau parti vert, dirigé par un ancien de Greenpeace, a profité d'une coalition, à Valence, pour arracher un siège. Par contre, le parti anticapitaliste peine à décoller, même à Barcelone, où il paraît être le mieux implanté. Quant à la gauche indépendantiste basque, autorisée à se présenter pour la première fois depuis 2003, alors que l'ETA a renoncé à l'usage de la violence, elle totalise pas moins de six députés. Un succès qui fait de l'ombre au Parti nationaliste basque, comme aux socialistes.

3. Les inconnues du programme de Rajoy

 

Mariano Rajoy vote le 20 novembre. © PP. Mariano Rajoy vote le 20 novembre. © PP.

L'intensité de la crise de la dette en Europe pourrait bousculer le calendrier officiel. En l'état, le nouveau parlement doit se réunir pour une séance inaugurale le 13 décembre. Rajoy devrait être investi le 20 décembre, et nommer son gouvernement le lendemain. Soit dans un mois: une éternité à l'échelle des marchés. Le nouvel homme fort de l'Espagne pourrait donc décider d'accélérer les choses, surtout si le taux auquel Madrid emprunte de l'argent sur les marchés continue de grimper, comme ce fut le cas ces derniers jours.

Rajoy prépare en fait la transition depuis l'été, lors de discussions régulières avec Zapatero. Il devrait désigner dès cette semaine un comité pour piloter la transition. Objectif principal: effectuer au plus vite de nouvelles coupes dans le budget 2012. Comment s'y prendra-t-il? C'est la grande question, à laquelle Rajoy, aussi prudent que peu charismatique, a soigneusement refusé de répondre pendant toute la campagne électorale. Pas question de prendre des risques inutiles. Dimanche soir, après les résultats, Rajoy a parlé d'un «effort commun (et) solidaire», sans en dire davantage (lire l'intégralité de son discours ici).

Pourtant, la tâche s'annonce démesurée. Madrid s'est engagé auprès de Bruxelles à ramener son déficit à 4,4% à la fin de l'année 2012. Rubalcaba (PSOE) avait prévenu qu'il comptait renégocier ce calendrier auprès des partenaires européens. Pour Rajoy, il en est hors de question, et l'Espagne, promet-il, s'y tiendra.

Pour y parvenir, il faudra économiser environ 20 milliards d'euros supplémentaires, par rapport au budget actuel. Dans le meilleur des cas. Car, si les prévisions de croissance pour l'an prochain s'annonçaient trop optimistes (un scénario probable vu la récession qui s'annonce en Europe), ou s'il fallait voler au secours d'une banque mal en point, il faudrait encore réviser à la hausse le volume des coupes.

Saut dans l'inconnu

A titre de comparaison, le premier plan de rigueur de Zapatero, annoncé en mai 2010, se chiffrait à 15 milliards d'euros d'économies... Seules certitudes: Rajoy s'est engagé à ne pas toucher aux retraites, et prévoit de baisser la fiscalité pesant sur les entreprises qui se mettent à embaucher. Pour le reste, c'est le saut dans l'inconnu. La numéro deux du PP, Maria Dolores de Cospedal, a déjà prévenu qu'il fallait s'attendre à des mouvements sociaux dans les semaines à venir.

Les doutes pèsent également sur l'avenir des grandes réformes de société, conclues durant le premier mandat de Zapatero. A commencer par la légalisation de l'avortement et la reconnaissance du mariage homosexuel. Interrogé sur ses intentions pendant la campagne, Rajoy a toujours esquivé, estimant qu'il ne s'agissait pas là de priorités, en pleine crise économique. Il n'a donc jamais exclu de revenir sur ces textes, et les conservateurs les plus durs au sein du PP l'attendent au tournant. Dimanche soir à Madrid, une grande banderole d'opposants à l'avortement flottait dans la foule, réunie devant le siège du parti populaire, pour fêter la victoire.

4. L'Espagne, en terrain glissant

La fin de campagne espagnole a été occultée par une actualité économique chargée – le pays a révisé en baisse sa prévision de croissance pour l'année en cours, tandis que ses taux pour emprunter sur les marchés touchaient de nouveaux sommets, sur fond de crise de l'euro. A tout moment, le «spread» espagnol peut atteindre les plafonds qui avaient déclenché, pour l'Irlande ou le Portugal, une intervention conjointe du FMI et de Bruxelles. A la télévision ou à la radio, les journalistes ne parlent plus que de cela, des bonds et des retraits de la «prime de risque». Comme s'il s'agissait du principal enjeu de la campagne.  

C'est toute la stratégie de Rajoy: provoquer, grâce à son élection à une majorité écrasante, un choc de confiance sur les marchés. Il se dit persuadé que, dès lundi, les taux espagnols baisseront. Pourtant, les marchés ont intégré depuis des semaines déjà qu'il allait gagner l'élection, et rien n'a changé. Surtout, les grands journaux financiers, du Wall Street Journal au Financial Times, ont critiqué, eux aussi, le manque de précisions du programme de Rajoy. L'alternance politique, en soi, ne garantit rien.

D'autant que Rajoy, à l'inverse du «technocrate» Mario Monti en Italie, est un inconnu en Europe. Il dit avoir suivi cet été des cours d'anglais, pour combler ses lacunes... Alors que l'Espagne de Zapatero a profité de la comparaison avec l'Italie d'un Berlusconi totalement discrédité, pour apparaître comme le pays le plus «sérieux» des deux, le match entre Rajoy et Monti s'annonce nettement plus délicat pour Madrid. Encore une fois, ce seront les marchés financiers qui l'arbitreront.

 

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 12:48

LEMONDE.FR avec AFP | 21.11.11 | 11h21   •  Mis à jour le 21.11.11 | 11h22

 
 

 

Manifestation lors de l'enterrement d'une victime des forces de sécurité syriennes à Kafr Zetan, non loin de Hama, le 20 novembre 2011.

Manifestation lors de l'enterrement d'une victime des forces de sécurité syriennes à Kafr Zetan, non loin de Hama, le 20 novembre 2011.AFP/-


Quatre personnes ont été tuées, lundi 21 novembre au matin, par des tirs des forces de sécurité syriennes lors de perquisitions menées dans la province de Homs, indique l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). "Deux personnes ont été tuées et sept autres ont été blessées à Homs alors que deux autres ont péri à Qousseir et huit ont été blessées par balle lors de perquisitions menées lundi matin par l'armée et les forces de sécurité", indiqué l'OSDH.

Par ailleurs, dans la province de Hama, l'armée a investi les localités de Karnaz, Lataminah et Kafar Naboudé où elle s'est déployée massivement. Dans la province d'Idleb, dans le Nord-Ouest, des dizaines de véhicules militaires sont présents et des tirs de mitrailleuses lourdes étaient entendus dans le village d'Ehseen, où le courant et les lignes téléphoniques ont été coupés.

DES PÈLERINS TURCS BLESSÉS PAR DES TIRS

Deux passagers d'un autocar transportant des pèlerins turcs revenant de La Mecque ont été blessés, tard dimanche, par des tirs de soldats, rapportent des chaînes de télévisions turques. Le bus, qui se serait égaré et aurait pris une mauvaise route près de la ville de Homs, aurait été arrêté par des soldats qui ont tiré des coups de feu contre le véhicule, selon la chaîne d'information CNN-Türk.

Le conducteur ainsi qu'un pèlerin turc ont été blessés, selon cette chaîne, qui a précisé qu'ils avaient été hospitalisés en Turquie, dans la ville d'Antakya, située à la frontière syrienne. De nombreux pèlerins turcs empruntent la voie routière via la Syrie pour rentrer en Turquie après avoir effectué le rituel du hadj en Arabie saoudite.

La Turquie a coupé les ponts avec Damas, son ancien allié, pour protester contre la répression opérée par le régime et qui a fait depuis mars plus de 3 500 morts, selon l'ONU. Des missions diplomatiques turques en Syrie ont été la cible récemment d'attaques de la part de manifestants favorables  au gouvernement, provoquant la colère d'Ankara, qui a déconseillé aux ressortissants turcs tout voyage non essentiel en Syrie.

PRESSION CONJOINTES AVEC LA LIGUE ARABE

William Hague, chef de la diplomatie britannique, a exhorté, lundi 21 novembre, la communauté internationale à faire le nécessaire pour faire plier le président Bachar Al-Assad. "J'en ai parlé hier avec le secrétaire général de la Ligue arabe et je pense qu'ils [les Etats membres] vont souhaiter le faire lors de leur prochaine rencontre", a-t-il déclaré au micro de la BBC. William Hague devait rencontrer dans la journée les représentants de divers groupes d'opposition, intensifiant ainsi les contacts avec eux. "Nous ne sommes pas sur le point de les reconnaître formellement (...) notamment parce qu'il existe différents groupes", a toutefois indiqué M. Hague. "Il n'y a pas un conseil national unique comme en Libye (...) et la communauté internationale n'en est pas encore arrivée à ce stade." "Nous prévoyons de travailler cette semaine sur un nouveau train de sanctions et j'espère que nous pourrons conclure un accord", a-t-il ajouté.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 12:43
| Par La rédaction de Mediapart

Plusieurs milliers d'Egyptiens occupent la place Tahrir au Caire pour exiger la fin de la tutelle militaire sur le pouvoir, à une semaine des premières législatives depuis le départ de Moubarak. L'AFP rapporte qu'ils scandent notamment «Le peuple veut l'exécution du maréchal» Hussein Tantaoui, qui dirige l'Egypte dans les faits sinon sur le papier. Les violences entre la police et les manifestants – tirs de fusil contre cocktails Molotov – ont fait vingt-deux morts à Tahrir et dans d'autres provinces, a annoncé ce lundi 21 novembre le ministère de la Santé, cité par l'agence officielle Mena. Les affrontements se poursuivent autour de la place.

L'agence officielle Mena évoque également des défilés de protestation à El-Arich, dans le Sinaï et à Ismaïlia près d'Alexandrie. D'autres ont eu lieu à Qena, dans le centre du pays, à Assiout ainsi qu'à Suez, près de la mer Rouge où les militaires ont dispersé le cortège en tirant en l'air. Dimanche, plus de cinquante personnes ont été arrêtées.

Le site du Nouvel Observateur diffuse des vidéos transmises par le journaliste Amr Moussa:

 

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 12:39

 

Des dispensaires de fortune ont accueilli de nombreux manifestants en proie à des malaises ou suffocants en raison des tirs intensifs de grenades lacrymogènes par la police anti-émeutes.

 La place Tahrir, encore et toujours

Si le cinéaste Youssef Chahine était encore de ce monde et qu'il avait filmé son pays depuis le 25 janvier, date du début de la révolution égyptienne, peut être aurait-il appelé son film "La place Tahrir, encore et toujours", en guise de clin d'oeil à l'un de ces précédents long métrages "Iskanderya, kamen wa kamen" traduit en français par "Alexandrie, encore et toujours".

Car l'immense esplanade du centre du Caire, vitrine du soulèvement de janvier dernier, est redevenu le coeur battant de la révolte. Samedi et dimanche, au prix de combats acharnés contre les unités anti-émeutes de la police, les sans-culottes égyptiens ont récupéré leur quartier général.

 

 

A vrai dire, ils ne s'en étaient jamais beaucoup éloignés. A plusieurs reprises, ils avaient réinvesti Tahrir, pour donner un coup d'accélérateur à leur revendications. Mais depuis vendredi, date d'une manifestation de masse contre le CSFA (conseil suprême des forces armeés), l'assemblée de hauts gradés qui pilotent la transition et qui est accusée de trahir la révolution, un parfum de déjà-vu flotte sur la place.

Il y a le service d'ordre qui filtre les entrées, les rues dépavées pour alimenter les shebabs (jeunes)  en projectiles, les effluves de gaz lacrymogène qui irritent la gorge en permanence, les tentes des irréductibles qui passent la nuit sur le bitume. Il y a les tribuns d'un jour qui haranguent la place, juchés sur une estrade de fortune et qui transforment la place en une gigantesque agora, et puis aussi la mosquée du coin transformée en hôpital de campagne, les petites mains dévouées qui balaient les trottoirs et d'autres qui distribuent des bouteilles d'eau... Autant d'images emblématiques du soulèvement de janvier-février, qui repassent devant les yeux, avec une force d'incarnation intacte. On ré-entend même le slogan fondateur de la fronde anti-Moubarak ("le peuple veut la chute du régime"), comme si après l'avoir décliné de multiples manières ("le peuple veut la fin des procès militaires"/"le peuple veut la fin des privatisations"...), les manifestants étaient parvenus à la conclusion que la version originale reste la meilleure et la plus pertinente. Tant il est vrai que le régime d'avant le 25 janvier - ses hommes, ses pratiques et son état d'esprit - est loin d'avoir disparu. Frappés par cette sensation de remake, certains manifestants parlent désormais des journées de samedi et de dimanche comme des 19ème et 20ème jours de la révolution, qui en comptait jusque là 18...

La dynamique révolutionnaire va-t-elle repartir de plus belle et forcer le CSFA à reporter la tenue de la première phase des élections, prévue lundi prochain ? On le saura dans les prochains jours. Une chose est sûre : si le volcan égyptien se réveille, Tahrir sera son cratère.

Benjamin Barthe

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 12:36

LEMONDE.FR avec AFP | 21.11.11 | 07h36

 
 

 

Aung San Suu Kyi, chef de file de l'opposition birmane.

Aung San Suu Kyi, chef de file de l'opposition birmane.REUTERS/Soe Zeya Tun

Ce serait une première pour elle. Aung San Suu Kyi, la chef de file de l'opposition birmane "a l'intention" de briguer personnellement un siège au Parlement lors d'une prochaine élection législative partielle. C'est un porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) qui l'a indiqué lundi 21 novembre à l'AFP, confirmant ainsi des déclarations faites vendredi par la lauréate du prix Nobel de la paix en 1991.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) avait décidé vendredi de revenir dans la légalité et de présenter des candidats dans quarante-huit élections partielles, un an et demi après sa dissolution à la suite de l'annonce du boycott du scrutin de novembre 2010. La dissidente, véritable icône de la lutte pour la démocratie dans son pays et dans le monde, avait alors appelé ses camarades à disputer les sièges dans "toutes les circonscriptions". "Si je pense que je dois participer aux élections, je le ferai", avait-elle déclaré. "Certaines personnes s'inquiètent du fait que participer pourrait faire du tort à ma dignité. Franchement, si vous faites de la politique, vous ne devez pas penser à votre dignité."

Aung San Suu Kyi, qui a fait toute sa carrière politique sous la bannière de la LND, s'est lancée en 1988 lors d'un discours prononcé à Rangoun, avant de fonder la LND. Mais elle ne s'est jamais présentée elle-même dans une élection. Elle était déjà en résidence surveillée en 1990, lorsque le parti avait remporté haut la main le scrutin sans jamais être autorisé à exercer le pouvoir. Et elle était toujours privée de liberté lors des élections de l'an passé, qu'elle et ses compagnons de route avaient boycottées.

 ROMPRE L'ISOLEMENT INTERNATIONAL

Depuis, le paysage politique s'est transformé. La junte a cédé la place à un régime dit "civil", certes contrôlé par l'armée mais à la tête duquel le président Thein Sein a multiplié les réformes, espérant sortir de l'isolement international qui épuise le pays. Le président a salué ce week-end le retour d'Aung San Suu Kyi sur l'échiquier politique national. "Nous travaillerons ensemble pour le développement futur de notre pays et l'intérêt du peuple, c'est ce que j'ai dit à Aung San Suu Kyi", a-t-il déclaré, selon l'hebdomadaire anglophone Myanmar Times, en précisant que les dates des élections partielles n'avaient pas encore été fixées.

Le week-end a été fructueux pour le régime birman, qui souhaitait rompre son isolement international et a pu constater que les réformes commençaient à porter leurs fruits.
Vendredi, le président américain, Barack Obama, a indiqué que la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, se rendrait en Birmanie le 1er décembre, pour la première visite d'un chef de la diplomatie américaine en cinquante ans. Il a précisé s'y être engagé après avoir parlé au téléphone avec l'opposante elle-même.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé le lendemain qu'il se rendrait "le plus tôt possible" en Birmanie, exhortant le pays à poursuivre les réformes "sans attendre".

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