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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 13:21

letelegramme.com -13 novembre 2011


«Les banques au placard», ont scandé des manifestants, rassemblés hier à Francfort devant le siège de la Banque centrale européenne. Photo Epa

Crise de la dette. Le ras-le-bol des Allemands.
«Les banques au placard», ont scandé des manifestants, rassemblés hier à Francfort devant le siège de la Banque centrale européenne. Photo Epa

Depuis le début de la crise grecque, l'opinion publique allemande est réticente à aider ce pays, s'estimant flouée et déjà mise à contribution. La presse d'outre-Rhin a même élevé le ton, réclamant un référendum sur l'Europe. Une idée rejetée par la Chancelière Angela Merkel.



De notre correspondant à Berlin.
Même Berlin la rebelle, où la scène d'extrême-gauche est très organisée, reste atone. Le mouvement d'occupation de l'Alexander Platz, lancé fin août par quelques «indignés», n'a pas survécu aux premières pluies d'automne.

Une grande lassitude du peuple

À Francfort, quelques tentes sont encore plantées dans le quartier des banques mais «pour combien de temps encore ?», s'interroge PeterGrottian. Ce politologue, membre du conseil scientifique d'Attac Allemagne, s'étonne du manque de mobilisation des Allemands depuis le début de la crise de la dette, il y a 18mois. «Les sondages montrent une grande lassitude du peuple. On n'en peut plus de ces sommets et contre-sommets. Et pourtant impossible de faire sortir les gens de leur canapé ! C'est tellement plus simple de tout mettre sur le dos des Grecs. » L'allusion au tabloïd Bild Zeitung est directe. Avec ses titres provocants, qui ciblent les dérives de l'État grec, le manque de civisme de ses contribuables, la paresse de ses travailleurs, le quotidien aux 12 millions de lecteurs a trouvé comment canaliser la colère des Allemands. La semaine dernière encore, il lâchait en une : «Nous aussi, nous voulons un référendum, madame Merkel. Pour jeter les Grecs hors de l'euro ! ». Un dernier sondage indique que 63% des Allemands souhaitent voir Athènes revenir à la drachme. «Pas question de payer pour les autres, surtout pas pour les mauvais élèves qui ne font pas d'efforts», s'insurge Helga, une retraité berlinoise contrainte à faire le ménage dans un immeuble pour compléter ses revenus.

Une décennie d'efforts collectifs

Une étude publiée cette semaine par l'Institut allemand de recherche économique (DIW) dresse un portrait sans appel de la décennie d'efforts collectifs consentis par les Allemands. Entre le gel des retraites, la baisse des prestations sociales et la politique de compression des salaires, chaque mois, les Allemands ont en moyenne 93euros de moins dans leur poche qu'en 2000. Pourtant, l'Allemagne paiera. À l'exception du parti d'extrême-gauche Die Linke, en perte de vitesse, aucune formation politique ne relaie l'euroscepticisme croissant de la population. Pour le principe, au sein de la majorité conservatrice-libérale d'Angela Merkel, quelques irréductibles députés du Bundestag refusent systématiquement de valider les plans d'aide à la Grèce. Mais ceux-ci sont toujours largement approuvés (à80-90 %) avec le soutien des Verts et des sociaux-démocrates. Lentement mais sûrement, se dessine une ligne de rupture entre les élites et le peuple. Si bien que 71% des Allemands souhaiteraient être consultés pour les décisions qui concernent l'Europe ou l'euro.

À quand un grand débat ?

Un référendum sur l'Europe ? Les Allemands en ont toujours été privés, la disposition n'étant pas prévue par la Constitution. Mais tôt ou tard, l'Allemagne ne pourra faire l'économie d'un grand débat sur l'avenir de l'Union européenne, et son rôle à jouer au sein de cette entité. Comme la France l'a eu en 1992 ou 2005. Mais outre-Rhin, cela passera par un cas de conscience. Car les fantômes du passé ressurgissent vite dès que les Allemands s'interrogent sur leur leadership. Une Europe à l'heure allemande : l'idée fait aussi peur ici qu'ailleurs sur le continent.

 

«L'axe Paris-Berlin va se poursuivre»

Dorothea Schäfer, professeur d'économie, est directrice de recherche des marchés financiers à l'institut allemand de recherche économique (DIW).

Les bonnes nouvelles se succèdent en Allemagne depuis quelques semaines : nouveau record d'exportations, 16 milliards d'euros de recettes fiscales en plus... Comment expliquez-vous cette «exception allemande» dans le contexte de morosité européenne?
L'Allemagne profite de la réforme du marché du travail initiée en 2003 et introduite en 2005, qui a entraîné une baisse des revenus réels. Les produits allemands sont devenus plus compétitifs sur le marché mondial et donc plus demandés. Pourtant, ce modèle économique n'est pas durable. Pour acheter tous ces produits, les clients s'endettent. Il faut faire attention à ce que la demande intérieure soit renforcée, par exemple par une politique d'augmentation des revenus, afin que les déséquilibres au sein de l'Europe entre partenaires soient effacés.

Donc, pour vous, l'Allemagne n'est pas une locomotive pour l'économie européenne mais plutôt une profiteuse ?
Enregistrer des excédents, ça veut dire qu'on exporte plus qu'on importe. Or, quand on est une locomotive, on importe beaucoup, on tire la croissance des autres. Et ce n'est pas le cas. Je ne dis pas que l'Allemagne a mené des mauvaises réformes et que les autres n'ont pas besoin d'en faire. Ces réformes étaient correctes et justifiées à l'époque. Maintenant elles vont trop loin. Les États endettés doivent prendre des mesures pour devenir plus compétitifs, mais l'Allemagne, en retour, doit faire des efforts et s'assurer que sa demande intérieure tire plus fortement la croissance du continent.

La crise devrait-elle quand même toucher l'Allemagne ?
Je pense que le niveau d'exportation va baisser. Tout simplement parce que les possibilités de paiement des partenaires sont réduites. La demande est en chute, car les clients dans la zone euro sont endettés. Nous avons donc revu nos prévisions de croissance autour de 1 % pour l'an prochain, voire un peu en dessous.

Quel rôle peut jouer l'Allemagne en Europe? Peut-elle passer d'un statut de leader économique à celui de leader politique ou idéologique ?
On a vu, au cours de ces longs mois de crise, se former un axe Paris-Berlin qui lance des grandes lignes sur la base desquelles les négociations s'articulent. Je pense que cela va rester ainsi. Je ne pense pas que l'Allemagne serait bien inspirée d'essayer seule d'imprimer sa marque à la zone euro.

Parce que les partenaires ne sont pas prêts pour une «Europe à la mode allemande» ?
Oui, c'est ça. Si l'Allemagne se mettait à annoncer unilatéralement des mesures, ce serait considéré comme un «diktat» de la part des autres. C'est pourquoi il est bien de mettre en place un partenariat entre la France et l'Allemagne. Pour autant, cela ne veut pas dire qu'on est prêt à se lancer dans un gouvernement économique commun. Ce n'est pas demain la veille qu'on l'aura ! Mais il faudra bien aller dans cette direction.

  • Propos recueillis par D.P.
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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 13:17

letelegramme.com -12 novembre 2011 à 14h12

 

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Le mouvement s'étend en Bretagne
Sur l'heure de midi, les Indignés ont défilé dans les rues de l'intra-muros, instruments de musique et affiches revendicatrices à la main.


Sur l'heure de midi, les Indignés ont défilé dans les rues de l'intra-muros, instruments de musique et affiches revendicatrices à la main.

image Les Indignés. Une première action qui en appelle d'autres.
Sur l'heure de midi, les Indignés ont défilé dans les rues de l'intra-muros, instruments de musique et affiches revendicatrices à la main.

Parti d'Espagne, le mouvement des Indignés s'étend dans le monde, de Wall Street à La Défense. En passant par l'Ouest. Vendredi, de Brest à Vannes, ils étaient des centaines pour s'exprimer et dénoncer, notamment, le système économique et ses conséquences sur les citoyens.

 

Lire également
>>
Le mouvement des indignés, en Bretagne et dans le monde
>> Printemps arabes, Indignés, Anti-Wall Street : la rue se révolte 

Vendredi 11.11.11, les Indignés avaient rendez-vous un peu partout dans le monde. Et pas seulement dans les hauts lieux de la finance et de l'économie, comme à Wall Street, à New York, ou à La Défense, à Paris.

A Brest, ils s'étaient donné rendez-vous, à 11h11, place de la Liberté. Un post sur le mur des "Indignés brestois" et le bouche à oreille a permis de rassembler 150 sympathisants du mouvement naissant, qui ont chanté puis scandé dans le calme quelques formules peu amènes envers le système capitaliste.
Contact : Les indignés de Brest sur Facebook

A Quimper aussi, les Indignés avaient prévu de se rassembler pour cette journée mondiale. Ils se donnent d'ailleurs rendez-vous tous les samedis à 11 h place Terre-au-Duc.
Contact : http://www.indignonsnous-cornouaille.net

A Vannes, ce vendredi, 120 personnes avaient répondu à l'appel, pour un rassemblement place Maurice-Marchais. Pour l'initiatrice de cette première manifestation, l'idée, à présent, serait d'organiser des assemblées générales une fois par semaine.
Contacts :
Les Indignés de Vannes sur Facebook
Les Indignés du Morbihan
 
Moins axé sur le système économique, mais tout aussi résolu à protester, quelques jour plus tôt, le 3 novembre, à Lorient, un cercle de silence s'était formé place Aristide-Briand, pour dénoncer "une politique d'immigration inhumaine". Citoyens et membres d'associations avaient rejoint le cercle, avant de prendre rendez-vous le premier jeudi de décembre. Et les suivants.  

Dans les Côtes d'Armor aussi le mouvement s'est structuré et se mobilise régulièrement : depuis des semaines, les Indignés se retrouvent chaque lundi entre 11 h et 14 h, place du Chai à Saint-Brieuc. Avec des débats autour des actions à mener. "Mais le plus important c'est de montrer que le peuple est dans la rue", souligne l'instigateur du mouvement briochin.
Contact : assemblée populaire des Indignés de Saint-Brieuc

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 13:13

Bienvenue dans la Zone

 

| Par Jade Lindgaard

 

Ici, c'est La Belichroute. Un campement d'une bonne dizaine de personnes sur un bout de terre où doit se construire l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à 20 kilomètres de Nantes (voir notre enquête). La Belichroute, ça s'écrit comme on veut. L'abolition de l'orthographe n'est pas la moindre des libérations des occupants des 1700 hectares promis au nouvel aérogare. Un panneau pointe vers « le Far ouezt », autre lieu de vie collective. Une affichette célèbre les « pirates de l'ère ». Une pancarte en forme de bouclier annonce un village de « cultivateureuses » d'horizons intergalactiques. Le nom de Vinci, le concessionnaire du projet, s'écrit parfois avec deux lettres « s » en style gothique façon IIIe Reich.

 

La cuisine de la Belichroute, sur la Zad (JL)
La cuisine de la Belichroute, sur la Zad (JL)

Sur cette enclave administrative à l'intitulé abscons de  « zone à aménagement différée » – tout le monde dit « la Zad » –, une centaine de personnes s'apprêtent à passer l'hiver en occupant des terres qu'elles espèrent bien ainsi voler au bitume et aux pelleteuses. « Tritons crété-e-s contre béton armé », proclame une affichette. Sur un champ, dans la forêt, dans un arbre, dans les ronces : chacun choisit son emplacement, son groupe affinitaire : « le Sabot », « les Cent chênes », « le No name »... Tous autonomes et en même temps rassemblés contre le nouvel aéroport nantais et bien d'autres choses encore : le bétonnage des campagnes, le consumérisme, la dépendance à la voiture, le tout pétrole, le salariat, le machisme, la verticalité du pouvoir, l'âgisme, la réduction de la vie à la quête du profit. L'originalité de leur lutte, en ces temps de mouvements d'indignés et d'occupations d'espaces urbains symboliques (Occupy Wall Street, parvis de la cathédrale Saint-Paul à Londres, Occupons la Défense), c'est que pour s'affronter au système qu'ils dénoncent, ils ont décidé d'investir un espace rural et de transformer leurs modes de vie.

Une cabane auto-construite du campement de la Belichroute (JL)  
Une cabane auto-construite du campement de la Belichroute (JL)

Ce sont deux révolutions à mener en même temps, explique Antoine, un grand jeune homme barbu arrivé de Saint-Denis : la lutte contre l'aéroport et le système économique et politique qu'il représente, d'un côté, et la bataille d'une vie collective réfléchie, dans l'autogestion, et la recherche de l'autosuffisance, de l'autre. Repenser le partage des tâches pour éviter les assignations de genre. Se débarrasser des addictions anciennes comme « le café » ou « l'alcool ». Eviter les transactions monétaires en pratiquant le prix libre (celui qui achète donne ce qu'il peut ou veut). S'organiser sans avoir de chef ni de représentant. Et sans trop se spécialiser afin de ne pas devenir irremplaçable. Chercher de l'eau. Trouver de la paille pour isoler les cabanes. Eviter le plus possible l'agglomération nantaise que certains ont rebaptisée « Babylone ». Ici, il faut tout repenser, annonce Antoine. Il vit au campement du « Far ouezt », planté à l'orée d'une forêt. A l'entrée du lieu, une plateforme en bois construite autour d'un arbre vous observe de toute sa hauteur. En bas, du linge sèche et des vélos s'étalent par terre. « Ils nous endorment, crétinisent, aménagent. Ya basta ! » proclame le panneau d'accueil.

 

Vers le Far ouezt, sur la Zad (JL)  
Vers le Far ouezt, sur la Zad (JL)

Le plus grand squat du monde

Sur la Zad, ils viennent vivre au rythme de la nature, de la façon la plus écologique possible, la moins polluante. Autoconstruisent leur habitat : un tipi, une cabane en argile, une yourte. Ou squattent une ferme abandonnée. Recherchent l'autosuffisance alimentaire et énergétique. A la « Belich' », des panneaux solaires permettent de recharger les téléphones portables et les ordinateurs. Un groupe électrogène peut s'allumer pour que fonctionne « la yourte à musique électronique ». Un boulanger fabrique du pain. Pour cultiver leur potager sur ces terres argileuses gorgées d'eau, les néo-agriculteurs du Sabot, un autre collectif, ont dû apprendre à cultiver en butte pour protéger les racines des carottes et des pommes de terre d'un trop-plein d'humidité. Résultat, des dizaines de mètres de rangées de légumes vendus à prix libre pour nourrir la lutte. Il n'y a ni bonne, ni mauvaise terre, il suffit de savoir s'adapter à son environnement, commente JB, chanteur et comédien originaire de Dijon converti aux travaux des champs. Un élevage de chèvres se développe. Un atelier vélo doit s'ouvrir. Pour les outils, chacun apporte ce qu'il possède. Les instruments manquants sont « récupérés » dans les grandes surfaces environnantes, sans toujours d'échange monétaire. Dans les rayons, il arrive que se croisent des occupants de la Zad, un peu raides, avec du matériel dans le pantalon.

 

Le potager du Sabot, sur la Zad (JL)  
Le potager du Sabot, sur la Zad (JL)

Quelques enfants, pas mal de passage. Et des livres. Un client de Damien le boulanger repart avec Dans la dèche à Paris et à Londres de George Orwell. Pour ses nouveaux habitants, la Zad, c'est aussi la « Zone d'expérimentation d'Autres modes De vie », ou la « Zone D'autonomie Définitive », ou encore, tout simplement « la Zone à Défendre ».

Ce qui compte, c'est la réappropriation militante de terres achetées par le conseil général de Loire-Atlantique, explique Rody, 45 ans, venu de Nantes, qui a ouvert la chèvrerie de la Zad avec sa compagne et les enfants de cette famille recomposée, dont un petit d'un an. A ses yeux, la récupération de biens publics, c'est le temps fort de cette lutte. Mais attention aux malentendus. Elever des chèvres ne fait pas de lui « un néo-babacool en pull de laine ». Rody insiste : il est dans ce monde, ni exclu, ni marginal. Il se sent proche des mouvements zapatistes, des luttes dans les pays arabes. Il veut agir « global ». Pas seulement pour lui-même mais pour une alternative au système économique dominant. Michel, proche de la quarantaine, fabricant de décors pour des séries et des pubs télé à Paris il y a encore deux ans, vit aujourd'hui dans un igloo d'argile et de paille qu'il s'est construit en face d'un potager en friche. Il aimerait y pratiquer la permaculture. Il sourit. Pour lui, la Zad, c'est potentiellement le plus grand squat du monde. Le point de bascule du système.

 

L'entrée du campement des Cent chênes (JL)
L'entrée du campement des Cent chênes (JL)

Voyage immobile loin de la crise de la dette

Certaines fermes squattées sont sous le coup de procédures d'expulsion – suspendues par la trêve hivernale. Les autres sont pour l'instant tolérées par les forces de police qui les survolent parfois en hélicoptère. Les occupants ont commencé à s'installer en 2009. A la suite du Camp action climat, un premier village autogéré d'actions et de luttes contre l'aéroport, un appel à l'installation est lancé. Et petit à petit les campements se sont ouverts. Ils viennent d'horizons politiques et sociaux différents, ce qui provoque remous et tensions parfois entre eux, entre nouveaux arrivants et vétérans, squatteurs et riverains. Les rapports avec les élus sont exécrables, y compris les écologistes. En août, une action musclée contre la caravane des primaires du PS (pneus crevés, tags, pare-brise cassés) a achevé de les monter les uns contre les autres.

 

Panneau sur la Zad (JL)
Panneau sur la Zad (JL)

Jacques Auxiette, le président de la région Loire-Atlantique, veut « passer un bon coup de kärcher » pour s'en débarrasser (sur France Bleu Loire Océan, en août dernier). François de Rugy, député d'Europe Ecologie, distingue les associations d'agriculteurs et de riverains, qu'il soutient, des squatteurs, qu'il condamne. Jean-Paul Naud, maire sans étiquette du village de Notre-Dame-des-Landes qui doit donner son nom à l'aéroport, opposé au projet, considère que « la présence sur notre territoire de squatteurs » ne « sert aucunement la lutte historique » (dans sa gazette municipale d'octobre).

Les travaux de l'aéroport n'ont pas encore commencé – ils sont attendus en 2014. Mais des géomètres viennent faire des fouilles archéologiques, protégés désormais par les gendarmes, pour éviter vols et actions de blocage. Même si les squatteurs côtoient les agriculteurs du coin, et manifestent parfois avec eux, ce n'est pas un nouveau Larzac. Certains agriculteurs résistent à l'aménagement du site mais ils restent peu nombreux et semblent perdre courage, s'inquiète Julien Durand, paysan à la retraite et cheville ouvrière de l'Acipa, l'association des populations concernées par le projet. Dans le reportage vidéo ci-dessous, il décrit les pressions subies aujourd'hui par les cultivateurs et éleveurs pour céder leurs biens et outils de travail au concessionnaire.

 

 

Des paysans contre l'aéroport de... par Mediapart Des paysans contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes© Jade Lindgaard

 

Si bien que ce n'est sans doute pas une lutte paysanne qui se déroule aujourd'hui sur la Zad. Mais plutôt une tentative de sortie du capitalisme, qui voudrait ne pas se transformer en exil en dehors du monde. Antoine, du Far Ouezt, explique ainsi qu'il ne veut pas rester enfermé dans la Zad. S'il a refusé de « s'installer en yourte dans les Cévennes », c'est justement pour garder des contacts, avoir du passage, et bouger.

Leur appétit d'un monde nouveau délivré du stress urbain et des structures de domination fait penser à l'An 01, le film de Doillon, Gébé, Resnais et Rouch sur une utopie post-Mai 68. Mais les références au passé les embarrassent et ne leur parlent pas plus que ça. Ils ont entrepris un voyage immobile loin, très loin de la crise des dettes souveraines et de la campagne présidentielle de 2012.

 

Dans la cuisine de la Belichroute (JL)  
Dans la cuisine de la Belichroute (JL)

Marlène, une jeune militante du vélo venue de Lyon, géographe de formation, spécialiste des déplacements, décidée à passer l'hiver ici avant de partir traverser l'Atlantique en voilier, découvre après coup la gravité des turbulences financières européennes. Ça lui fait « un bien fou » de se déconnecter des infos, comme si elle quittait « un monde virtuel ». Son actualité désormais, c'est celle qui les concerne directement : la date d'une réunion publique, la déclaration d'un maire du coin, le lancement de fouilles archéologiques sur telle parcelle. Autour d'elle, cohabitent divers registres de rapport au monde extérieur. Certains possèdent un téléphone portable. D'autres non. Pour assurer un minimum de communication interne, les lendemains de réunion, au matin, quelqu'un vient livrer à vélo à chaque collectif le compte-rendu de l'assemblée et l'agenda de la semaine, le « Zad news ». Un bon vieux service postal à l'ancienne. Plus étonnant, la Zad a aussi sa page sur Facebook et un site internet pour y donner les nouvelles du front.

C'est le groupe « automedia » qui en a la charge, non sans quelques tiraillements internes. Leurs relations aux médias sont d'ailleurs traversées de paradoxes et butent sur des incompréhensions mutuelles, comme souvent avec les mouvements d'inspiration libertaire. La presse locale les a fustigés en « ultras » dotés du défaut supplémentaire de ne pas être du « cru ». En réponse, ils ont organisé une conférence de presse d'« ultra légumes », portant des feuilles de choux accrochés au visage en guise de cagoule. Mais la diffusion d'un reportage de France Culture sur leur mouvement réunit tous les habitants de la Bélich' autour de la table commune et les plonge dans une écoute attentive et silencieuse. Ils semblent toujours partagés entre l'envie de parler de leur engagement et leur méfiance de ce qui en sera rapporté. Pendant que Mediapart était sur place, une lettre de réponse à un article du Monde sur les « enragés » contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes s'élaborait sur un coin de table.

«Rien du tout-iste»

C'est une révolution pragmatique qui se soucie de la quantité d'eau qu'elle consomme pour faire sa vaisselle et sa cuisine, et consacre une énergie follement poétique à inventer des architectures de Robinson des forêts, comme cette tour en bois qui penche comme la tour de Pise au-dessus d'une cahute en matériaux de récupération. Elle dessine la silhouette d'une tourelle de château de conte de fées. Et peut aussi, le cas échéant, servir de poste d'observation d'ennemis casqués en uniformes verts ou bleu marine.

En ces derniers jours d'octobre, alors que le froid arrive et que les jours raccourcissent, il leur faut finir les habitations individuelles et les cabanes collectives encore en chantier. Quête de palettes et de pneus pour surélever les structures dans cet environnement humide et boueux. Découpe de bûches de bois pour chauffer les âtres des tipis. Consommer le moins possible de son écosystème. Un message urgent arrive un matin depuis la forêt de Rohanne : le collectif des cabanes dans les arbres cherche d'urgence de l'aide : un pin vacillant menace de tomber sur leur cabane collective. « Ils vivent dans les bois et ne savent pas couper un arbre ! » sourit un jeune homme. Ces hommes et femmes des cabanes, dont pas mal d'« internationaux » comme on les appelle sur la Zad, sont connus pour leur extrême précaution des espèces végétales. Au point de refuser de planter des clous dans les arbres. Et donc visiblement de ne pas savoir, ou vouloir, couper les arbres.

 

En haut de la tour de la roncière (JL)
En haut de la tour de la roncière (JL)

Pour Marie, habitante d'un village frontalier de la Zad, qui travaille à l'accueil d'une société de contrôle technique de voiture, et qui voyage si peu, c'est « une chance extraordinaire » dans sa vie de rencontrer des gens aussi différents. Sur les routes départementales, les voitures qui filent vers Nantes ont dû s'habituer aux silhouettes noires et encapuchonnées de cyclistes équipés de lampes frontales pour rouler dans cette campagne dépourvue d'éclairage public. Michel se souvient d'une discussion avec un automobiliste qui l'avait pris en stop et l'abreuvait de questions sur cette mystérieuse zone et ses militants. Et au moment où il s'étonnait de n'en avoir jamais vu, trois hommes en noir sortirent d'un bond d'un treillis à la recherche d'un véhicule. De plus en plus, le monde de la Zad et celui des riverains semblent se croiser.

Autour de la table commune de la Belich', discussion avec Arthur, la vingtaine, ancien éducateur dans une association d'aide aux Roms et aux jeunes à la rue, à Paris. La seule limite qu'il voit au mouvement de la Zad, c'est le temps. Et la seule pression, les expulsions par les forces de police. Elles n'ont pour l'heure pas commencé. Il se définit comme « rien du tout-iste ». A perdu ses papiers, n'a pas envie de les refaire. N'est pas inscrit à Pôle Emploi. Il ne veut plus participer, plus cautionner. Etre ici, pour lui, c'est faire un pas de côté. Il n'a plus envie d'être français. Sous les arbres qui abritent la cuisine en pleine air, des gouttelettes de bruine commencent à tomber, il sourit : « Je me désinscris. »

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 13:09

 

 

Ce documentaire est en quelque sorte un "retour sur le futur" pour la plupart des pays endettés d’Europe, car la situation vécue par la Grèce est un scénario qui va se répéter dans tous les pays confrontés à l’impossibilité de rembourser une dette souveraine en croissance exponentielle.

http://www.youtube.com/watch?v=3z8f...

Son echo a attiré de nombreux spectateurs de par le monde, dont certains ont laissé des commentaires regrettant qu’il ne soit pas disponible en d’autres langues que le grec, langue que je maitrise.

Il m’a paru suffisamment édifiant pour valoir la peine d’être traduit et mis à disposition des lecteurs Français. Je retranscris donc ici une première partie du documentaire de Catherine Kitidi et de Harry Hadji-stéphanou.

Cette partie (qui ne correspond cependant pas au début du film) explique le concept de la Dette Odieuse, de son utilisation politique et raconte comment l’Equateur s’est sorti de ce piège en 2006.

Cette histoire commence dans les années 1920 avec Alexandre Sac, ministre du Tsar et spécialiste de droit. Après la révolution de 1917, Sack se retrouve à donner des cours dans les universités Européennes et des USA. En 1927 il présente une trouvaille lumineuse : la notion de Dette Odieuse.

Pour définir une Dette Odieuse, il faut réunir trois conditions :

1) La dette a été contractée par les dirigeants sans l’agrément ni l’approbation des citoyens.

2) Les fonds empruntés sont investis dans des biens qui n’ont pas profité aux citoyens ou au pays.

3) Le prêteur était parfaitement informé de ces faits mais sifflotait en toute indifférence.

La proposition de Sack est perçue comme progressiste voire révolutionnaire. Dans la réalité ils servaient à cette époque les intérêts d’une grande puissance en construction : les USA. Les USA avaient créé un antécédent à la théorie de la Dette Odieuse en 1898, époque où, victorieux de la guerre Hispano-Américaine, ils prennent le contrôle de Cuba. Le problème est qu’en prenant Cuba ils ont également acquis la dette laissé derrière lui par le colon espagnol.

La colonisation espagnole ayant duré 400 ans depuis que Colomb avait posé le pied en Amérique, la dette était assez considérable. Les USA décident que la dette de Cuba répond aux critères de la Dette Odieuse et refusent de la rembourser. Une semblable histoire s’est produite au Mexique quelques années avant. Quand l’armée démocratique détrône l’empereur Maximilien, les révolutionnaires décident que les dettes contractée par le souverain étaient Odieuses.

Maximilien avait emprunté des sommes considérables pour combattre les forces de l’opposition. Comme il devait beaucoup, tant envers ses prêteurs qu’envers le peuple mexicain, on l’a mis à dix pas et on l’a fusillé.

La plupart des exemples de Dette Odieuse du XIXe et XXe siècle concerne des pays d’Amérique du Sud. En réalité, derrière toutes ces cessations de payement, on retrouve une puissance unique : les USA.

C’est cette puissance qui introduira aussi la Dette odieuse dans l’histoire du XXIe siècle. Décembre 2002. La maison blanche met la touche finale aux préparatif d’invasion et d’occupation de l’Irak. Avant même que les armes ne parlent, les officiels préparent le jour suivant la chute de Saddam Hussein. Le département d’état sait qu’il devra gérer l’immense dette souveraine de l’Irak. C’est pourquoi il lui faut démontrer qu’elle constitue une Dette Odieuse. Il réunit donc une équipe de travail secrète qui organise l’avènement de l’équipe gouvernementale qui dès sa prise de pouvoir décrétera que le peuple Irakien ne doit pas rembourser la dette national. Tout est prêt pour l’attaque.

Eric Toussaint, président du CADTM (en français dans le texte) : "Rappelez vous, en 2003 les Etats Unis avec leurs alliés envahissent l’Irak, c’est en mars 2003, et 3 semaines plus tard, le secrétaire au trésor des Etats Unis, convoque ses collègues du G8 a Washington et leur dit « la dette de Saddam Hussein est une Dette Odieuse. Son régime est un régime dictatorial, nous devons renoncer à récupérer cette Dette Odieuse, le nouveau régime qui va venir en Irak doit étre libéré du poids de cette dette. George W Bush demandera à James Baker de persuader la communauté internationale que la dette de Saddam Hussein est Odieuse et que le dictateur gaspillait les sommes qui lui étaient prêtées en palais et en armes. Les expert ont établit que l’Irak devait des milliards de $ à la France et à la Russie, en achat de missiles exocets, mirages F1 et Migs. Dans la réalité, le comportement de Saddam Hussein ne différait guère de celui des autres dirigeants. Les palais sont pour les peuples arabes l’équivalant des jeux olympique : des démonstrations de puissance économique et d’organisation sociale. La diplomatie américaine finira par imposer que la dette de l’Irak et Odieuse et que le peuple Irakien ne doit pas la rembourser. Mais Washington se rend compte alors qu’elle ouvre l’outre d’Eole (donnée à Ulysse et contenant les vents selon l’Odyssée) et décide de cacher l’affaire sous le tapis.

Finalement les autres pays ont dit « Ok on supprime 80% de la dette Irakienne, au sein du Club de Paris », mais ils ont dit « n’utilisez pas officiellement la notion de Dette Odieuse » car si on l’utilise d’autres pays vont faire appel à la jurisprudence, par exemple le Congo va dire « la dette de Mubutu il ne faut pas la rembourser », les Philippines vont dire, « La dette du dictateur Marcos on veux pas la rembourser », l’Afrique du sud (…) donc pour éviter une extension de la notion de Dette Odieuse dans les années 2000 on a pris une solution Ad hoc qui concerne l’Irak. Mais pour nous, c’est clairement la démonstration que la doctrine de la Dette Odieuse s’applique. Les USA continueront à aider l’Irak à se débarrasser de ses anciennes dettes mais personne à Washington ne veux plus entendre les mots « Dette Odieuse ». Ainsi l’Irak est parvenue à annuler une grandes partie des dettes souscrites par la dictature. Un autre pays a choisi de se confronter au FMI et de faire face à ses grands débiteurs par ses propres moyens. Il est parvenu à démontrer que sa dette est non seulement Odieuse mais aussi illégale et anticonstitutionnel."

Raphael Correa, Président de l’Equateur : « Nous mettons nos priorités nationales au dessus des intérêts internationaux. Quand l’heure viendra, si nous pouvons le faire, nous nous occuperons des intérêts internationaux mais la priorité d’abord à la vie et ensuite seulement à la dette. »

L’Equateur pourrait être un des pays les plus riches de l’Amérique Latine. Mais à partir du moment où il a découvert du pétrole, le pays n’a connu que les dictatures, la pauvreté, la dette, et les tueurs économiques.


John Perkins, tueur économique
 :« Mon vrai job consistait à faire souscrire des prêts à des pays étrangers, des prêts considérables, bien au-delà de ce qu’il leur était possible de rembourser. Par exemple, un milliard de $ à l’Indonésie ou l’Equateur, et ce pays aura à redonner 90% du prêt à des entreprises US en contrats publics d’infrastructure. Des sociétés comme Halliburton ou Bechtel, qui construisent des infrastructures électriques ou des ports, ou des autoroutes, et cela ne sert que les quelques familles les plus riches du pays. Les pauvres héritent juste de l’énorme dette qu’ils ne peuvent pas rembourser. »

En 1982, le FMI arrive en Equateur et un groupe d’expert représentant les créanciers du pays. L’Equateur s’engage à emprunter d’avantage pour régler ses dettes antérieures.


Hugo Arias, président de la cours des comptes de l’Equateur
 : "C’était simplement un tribu permanent que l’Equateur devait payer aux pays du nord. Pour prendre un exemple, de la décennies 80 jusqu’en 2005, les intérêts de la dette ont représenté 50% du budget de l’état, atteignant 3 à 4 milliards de $ annuels alors que les dépenses de santé n’en représentait que 4%. 4 milliards pour les intérêts de la dette, 400 millions seulement pour la santé ! 800 millions pour l’éducation. Nous tuions notre propre population."

L’Equateur s’est révolté. La crise semblait sous contrôle quand Lucio Gutierres a pris les choses en main et promet des réformes. Il se présente presque comme socialiste. Mais une fois aux affaires, il passe de nouveaux engagement auprès du FMI et impose une extrême rigueur.

Les citoyens décident qu’il doit partir, par le même moyen que les présidents Argentins : par hélicoptère. Le vice président Palacio, qui prend la succession, commence avec de bonnes intentions, mais se soumet bientôt à Washington. Le peuple se tourne alors vers le seul responsable à s’être opposé aux USA : Raphael Correa.

Corea a étudié l’économie en Europe est aux USA et sait comme on peut faire face au FMI et à la Banque Mondiale quand on a la volonté politique de le faire.

En 2005, quand il était ministre des finances, Raphael Correa a dit « ce n’est pas normal que le supplément de revenu pétrolier qui arrive dans les caisses du pays reparte intégralement au remboursement de la dette. C’est injuste pour la population. 80% des revenus pétroliers doivent être destinés à améliorer les dépenses sociales dans l’éducation, la santé, la création d’emplois. Seuls 20% doit aller dans le remboursement de la dette".
La Banque Mondiale a dit qu’il n’était pas question qu’elle continue à prêter de l’argent à l’Equateur s’il maintient une telle loi. C’était clairement une immixtion de la Banque Mondiale dans les affaires intérieures de l’Equateur, ce que Raphael Correa a refusé. Il a préféré démissionner plutôt que de plier devant la BM. Ca l’a rendu extrêmement populaire. Il a préféré sa dignité à son poste.

Correa finit par devenir président de l’Equateur en 2006. L’une de ses premières décisions fut de limoger le représentant de la Banque Centrale, d’en chasser les représentant du FMI. Parmi eux, Bob Thra, qui viendra ensuite sévir en Grèce, s’était fait particulièrement détester par la population. Six mois plus tard, Corea fit un pas de plus en établissant une commission de contrôle internationale.


Eric Toussaint, président du CADTM
 : "J’ai fait partie des personnes désignées par le président Correa pour faire partie de cette commission, il y a avait 18 membres et 4 organes de l’état. Nous étions chargé d’auditer tous les contrats qui avaient entrainé l’endettement du pays entre 1976 et 2006. Nous avons travaillé 14 mois, nous avons analysé la dette sous forme de bons, les dettes à l’égard du FMI, de la BM et d’autres organismes internationaux et les dettes à l’égard d’autres pays, France, Japon, Allemagne et enfin les dettes publiques intérieures de l’Equateur. La bataille pour accéder aux documents fut terrible. Au ministère des fiances, un de nos collaborateur, Alexandro Olmos et moi même avons été déclarés persona non grata. Les services du ministère des finances ont envoyé au ministre des lettres de plainte disant que Alexandro et moi-même avions fait du mal aux employés du ministère. Ca nous a fait rire, mais nous avons compris à quel point ce serait difficile quand nous avons été désigné comme les méchants de l’affaire. »

En dépit des difficulté la commission a mené à bien sa mission et a constaté qu’une grande part des dettes étaient sous-évaluée. L’état a communiqué ces résultats aux citoyens.

Eric Toussaint, président du CADTM : « En fait ce qui était important au niveau de la commission d’audit des finances de l’Equateur, c’est que tous nos travaux ont été rendus publics. Donc la population Equatorienne a été informé de pourquoi la dette qui avait été contractée par le gouvernement antérieur au cours notamment de l’année 2000 était frappée d’illégitimité. »

Possédant les résultats de la commission, le gouvernement démontra que la dette était infondée et a bloqué 70% de son remboursement.

Hugo Arias : « Les créanciers se mirent à solder leurs parts de la dette à 20% de leur valeur et le gouvernement les a secrètement racheté. Avec 800 millions de $ elle a racheté les 3 milliards de la dette. Ce fut une réduction très significative qui a permis de changer les conditions de vie du peuple. »

Eric Toussaint : « Il faut aussi compter dans l’économie faite par l’Equateur les intérêts qu’il aurait fallu payer jusqu’en 2012 ou 2030. Et si on prend tout en compte c’était une économie de plus de 7 mille millions de dollars pour l’équateur, donc une économie très importante pour le pays, qui a permis au gouvernement d’augmenter de façon très importante les dépenses d’éducations, de santé, de création d’emploi et l’amélioration d’infrastructures. »

En Grèce, les historiens, les économistes et les analystes débattent quotidiennement de la façon avec laquelle nous allons faire face à la dette. Il reste cependant une question que peu se posent. Le peuple grec est-il véritablement redevable de tout ce qu’on lui demande de rembourser ?


Eric Toussaint
 : « La dette plus récente de la Grèce, je dirais que c’est une dette frappée d’illégalité et d’illégitimité. Alors quels sont les signes de ça ? Et bien, quand les autorités d’un pays reçoivent des pots-de-vin de la part de sociétés transnationales, et c’est le cas de Siemens, qui, avec sa filiale Siemens Hellas, a distribué de l’argent, des pots-de-vin, à des responsables, à des ministres, à des hautes fonctionnaires, depuis plus de 10 ans, pour gagner des contrats, là on peut dire qu’il y a une marque d’illégalité et d’illégitimité. Et que ces dettes là doivent être remises en cause, c’est absolument évident pour moi. »

La justice grecque s’est montrée timorée dans l’affaire Siemens et très lente dans d’autres cas de transactions passées dans le dos du peuple grec et qui ont augmenté le poids de la dette qui repose sur ses épaules. Avec les transactions de swaps effectuées en 2001, le gouvernement a hypothéqué l’avenir afin de maquiller le présent avec un bien meilleur bilan factice. Elle a fait artificiellement baisser la dette du pays en convertissant un prêt en Yen en Euro et en se basant sur un taux de change passé. Pour aider à faire cette cuisine, c’est Goldman Sachs qui a mis la main à la pate, empochant au passage des millions dans ce deal.


Mark Kirk, Sénateur US
 : « Je suis particulièrement concerné par le rôle joué par les institutions financières US, en particulier Goldman Sacks, qui, quand la Grèce s’est trouvé droguée au crédits, Goldman a joué le rôle du dealer de Crack. »

L’astuce a fait illusion pendant de nombreuses années, et les élites politiques grecques ont montré qu’elles savaient récompenser leurs partenaires. Ils reprirent de nouveau Goldman Sacks comme conseillers en laissant l’ardoise aux citoyens.


Jean Quatremer, journaliste à Liberation
 : « La Goldman Sack a conseillé le gouvernement grec d’une main et de l’autre main attaquait le gouvernement grec. »

Le scandale est découvert en 2010. Quelques jours avant, un ancien employé de Goldman Sacks avait été nommé à la tête de l’organisme de gestion de la dette nationale grecque.

Jean Quatremer : « Embaucher quelqu’un qui a été chez Goldman Sacks, c’est comme embaucher un criminel pour surveiller votre maison… Quelqu’un qui est un braqueur de banque, vous l’embauchez pour surveiller votre maison. Là c’est la même chose. Effectivement il connaît bien les opérateurs et sait comment empêcher quelqu’un d’entrer dans votre maison, mais objectivement, le risque est bien plus grand qu’un jour il profite de votre absence pour tout piquer. Qu’est-ce qui me garantit que ce personnage qui est passé chez Goldman Sacks va gérer de façon optimale les affaires grecques ? »

Un bon nombre de pays critiquent la Grèce pour ses errements avec Goldman Sacks, mais ce sont les mêmes qui utilisent leurs relations avec le gouvernement grec pour fourguer leur armes et systèmes de défense au pays.

Zara Vangenkecht, porte parole de Die Linke : « Quand l’Allemagne s’est rendue compte de la position de la Grèce, il y a un an de cela, le mot d’ordre a été de ne pas arrêter les exportation d’armements allemands. La Grèce devait économiser sur les retraites, et les services publiques mais pas sur l’armement. Cela montre l’implication de certains intérêts. Le gouvernement allemand se comporte comme le protecteur des fabricants d’armes allemands et de l’industrie de l’exportation. Ils veulent que les exportation continuent en dépit de la crise. »


Daniel Cohn Bendit (Eurodéputé vert)
 :« On est quand même hypocrites ! Ces derniers mois la France a vendu 6 frégates à la Grèce pour 2 milliards et demie d’Euros, des Hélicoptères pour plus de 400 millions, des Rafales à 100 millions l’unité. Mon « espionnage » ne m’a pas permis de dire si c’est 10 ou 20 ou 30 Rafales. Ca fait presque 3 milliards ! L’Allemagne a vendu 6 sous-marins, pour 1 milliard dans les prochaines années. Mais on est complètement hypocrites ! On leur donne de l’argent pour acheter nos armes ! »

Face à l’hypocrisie européenne, des reculades coupables complètent les décisions criminelles. Toujours au prétexte du bien de la nation, cette nouvelle Grande Idée (nom d’un projet nationaliste avorté) a laissé derrière elle des friches immobilières en ruine et des dettes immenses.

George Voulgarakis, ministre des finances : « Nous avons dépensé des sommes considérables, le double de ce qui a été dépensé à Sydney. Le cout final ne sera connu qu’a la fin des jeux Olympiques. »


C-STAN TV
 : « Vous avez parlé de 1,2 milliard de $ pour la sécurité. D’où vient tout cet argent ? »

George Voulgarakis : « Nous avions cet argent. »


C-STAN TV
 :« C’est de l’argent grec ou ce sont des fonds provenant du comité olympique ou bien encore des USA ? »

George Voulgarakis : « Nous parlons d’argent Grec. Sans doute est-ce plus que ce que nous pouvons fournir mais il ne s’agit que de sécurité."


Eric Toussaint
 : « On a fait des dépenses somptueuses, tout à fait exagérées, payées par la population grecque, parce que pour rembourser les dettes contractés pour réaliser ses jeux olympiques, on utilise une grande partie des impôts payés par les citoyens grecs. Il est tout à fait normal que les citoyens grecs demande qu’on fasse une analyse très claire de pourquoi le budget des jeux olympiques a explosé et à quoi les dépenses ont servies. »

Les JO et les rapports avec les entreprises comme Siemens et Goldman Sacks ne représentent que la partie émergée de l’iceberg de dettes qui reposent sur les citoyens. Il existe cependant des malversations bien plus importantes qui ne concernent pas seulement la Grèce, mais tous les pays de la périphérie de l’Europe.

Constantin Lapavitsas professeur d’économie : « Toutes les règles ont elle été respectées dans les procédures aboutissant à la monétisation de la dette souveraine grecque ? Y a-t-il des conflits d’intérêt dans le rôle joué par les banques dans la vente tant sur le premier que le second marché des bons de la dette grecque ? Qui sont ces banques ? Comment et selon quelles conditions ont elles été impliquées dans ces transactions ? »


Zara Vangenkecht, porte parole de Die Linke
 : Une part importante des dettes souveraines de la zone Euro est monétisée. Et cela résulte d’une politique menée à l’encontre de l’intérêts des peuples. C’est pour financer cela que les citoyens payent. »

L’exemple de l’Equateur nous a montré que les circonstances illégales dans lesquelles la dette a été générée peuvent être dévoilées par une commission d’enquête d’économistes.

« Pourquoi ne nous dit-on pas clairement de quoi est constitué cette dette ? Quel est son montant ? Et comment a-t-elle été générée ? Et auprès de qui nous sommes endettés ? C’est pour répondre à ces questions qu’il est urgent et impératif de créer une commission aux comptes chargée de cerner précisément la nature de cette dette. C’est pourquoi je dis que nous ne pouvons nous contenter des mensonges des banques, du gouvernement ou des perroquets qui sont payés pour répéter ces discours creux. »

Mais qui va créer cette commission de contrôle ? Et comment nous assurer qu’il ne s’agira pas encore d’une énième commission parlementaire constituée des mêmes personnes qui ont généré la situation actuelle ?


Constantin Lapavitsas
 : " Ca ne peut pas s’agir une simple commission d’experts. Car si il ne s’agit que d’une commission d’experts nommés par le gouvernement, même il fait venir des experts étrangers, même si il y a des représentants de la société civile, il y a le danger qu’ils soient orientés. »

Hugo Arias : « Il n’y a que le peuple qui soit légitime pour demander une commission des comptes. C’est pourquoi il est primordial de sensibiliser tout le peuple pour qu’il se mobilise afin de demander cet audit. »


Eric Toussaint
 : « Dans la situation grecque, effectivement, comme le parti de la Nouvelle Démocratie (droite) ou le Pasok (socialiste) ont bénéficiés eux-mêmes d’avantages en endettant le pays depuis une quinzaine d’années, il est certain que ces partis voient très mal de faire un audit car leur responsabilité va être démontrée aux yeux du public. Donc ce qu’il doit se passer c’est que l’opinion publique grecque doit se mobiliser, des organisation doivent aussi se mobiliser, des syndicats, la magistrature grecque, des intellectuels, des artistes… Les gens doivent faire connaître leur avis et faire monter la pression sur le pouvoir politique. »

Depuis mars, une équipe de personnes d’horizons politiques et professionnels variés, a lancé une initiative pour la création d’une commission d’enquête chargée d’auditer la dette grecque.

Des professeurs, des journalistes, des artistes ou des syndicaliste du monde entier ont soutenu cette initiative. La commission devra dire quelle part de la dette est illégitime et illégale et établira, en se basant sur le droit grec et international, que le peuple grec n’est pas obligé de rembourser cette part de la dette.

Cependant la décision demeure dans les mains des politiques et no des économistes. Quand bien même la dette serait légitime, aucun gouvernement na le droit d’assassiner sa population pour servir les intérêts des créanciers.

Constantin Lapavitsas  : « Même si il était démontré que l’intégralité des 350 milliards d’Euros de la dette souveraine grecque étaient légitimes, ce qui ne sera pas le cas, la Grèce ne pourrait de toute façons pas l’honorer. Il faudra donc l’effacer. Si le poids de la dette impose le démantèlement des hôpitaux, de l’éducation, des routes, dans ce cas c’est le cout social qui deviendra insupportable. En substance, le gouvernement dit qu’il va se mettre en défaut de payement vis-à-vis des citoyens grecs. Je ne comprends pas comment un gouvernement socialiste, élu démocratiquement, peut décider de faire défaut à ses citoyens plutôt qu’aux institutions financières. Il n’y a pas d’autre choix, dans les décennies qui viennent, que de ne pas honorer la dette car elle est basée sur le néolibéralisme. Et le comportement néolibéral était un crime contre l’humanité. Personne n’a l’obligation de payer cette dette, parce que cette dette a été accumulée à travers un fonctionnement vicieux du marché. »


Constantin Lapavitsas
 : « Il est odieux de payer une Dette Odieuse. »

La création d’une commission d’enquête économique n’est pas une finalité. Ce n’est qu’une arme politique dans une bataille plus vaste d’une guerre où s’affrontent depuis des siècles des forces antagonistes pour la maitrise du système. Même si nous effaçons cette dette, la dette renaitra de ses centres.


Constantin Lapavitsas
 : « Ce sera une arme dans une confrontation idéologique et politique. La dette est une arme également. »

Eric Toussaint : « N’ayez surtout pas peur, en tant que Grecs de revendiquer vos droits dans l’UE, par rapport au gouvernement grec. C’est fondamental, c’est en se battant qu’on fait respecter ses droits. C’est pas en se soumettant au diktat des créanciers. Regardez la Tunisie, regardez l’Egypte. C’est quand une population se met en action qu’elle peur réellement changer une situation. »

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 13:06
Audit citoyen de la dette publique – Eric Toussaint - contre G20 – Nice – 2 novembre 2011 par Thierry-Le-Roy-84

S'engager dans la démarche de l'audit citoyen pour que la dette publique fasse enfin l'objet d'un vrai débat démocratique, au plan local, national et européen. Le Collectif pour un audit citoyen est composé d'organisations syndicales et associatives, et soutenu par plusieurs formations politiques.
Mobilisons nous dans nos villes, nos quartiers, nos villages, nos lieux de travail, en lançant un vaste audit citoyen de la dette publique. Créons au plan national et local des collectifs pour un audit citoyen, avec nos syndicats et associations, avec des experts indépendants, avec nos collègues, nos voisins et concitoyens. Nous allons prendre en main nos affaires, pour que revive la démocratie.

 

 

 

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 13:01

LEMONDE.FR avec AFP | 13.11.11 | 08h54

 
 

 

Un bureau de Pôle emploi.

Un bureau de Pôle emploi.AFP/JEAN-FRANCOIS MONIER

Le principal syndicat de Pôle emploi, le SNU, a appelé à une grève reconductible lundi 14 novembre, pour manifester l'exaspération des personnels du service public de l'emploi face à leur manque de moyens. "Nous appelons à une mobilisation pour infléchir sur les orientations budgétaires", a expliqué Jean-Charles Steyger, délégué syndical.

Aujourd'hui les syndicats se disent alarmés par la hausse du nombre des demandeurs d'emploi qui dépasse les 4 millions en comptabilisant ceux qui ont une activité réduite. Le nombre des chômeurs sans aucune activité a atteint 2,78 millions en septembre, un plus haut depuis janvier 2000. Les syndicats déplorent également un manque de moyens et d'effectifs et une dégradation des services rendus aux demandeurs d'emploi. Une analyse confortée ces derniers mois par une série de rapports peu amènes pour le service public de l'emploi.

CONDITIONS DE TRAVAIL DÉGRADÉES

De ce manque de moyens découlent aussi des conditions de travail dégradées pour les personnels de Pôle emploi, dont la charge de travail a explosé et qui ne bénéficient plus des 1 800 postes supplémentaires en CDD accordés lorsque la crise a éclaté. Dans un projet de budget pour l'emploi globalement en baisse – de 12% selon des économistes – le budget de Pôle emploi est maintenu pour 2012, ce que le SNU assimile à "une baisse de fait", dans le contexte actuel.

Le SNU est cette fois le seul syndicat représentatif à avoir appelé à ce mouvement, même si les autres organisations syndicales se font également régulièrement l'écho du mécontentement des agents de l'entité née, il y a trois ans, de la fusion de l'ANPE (chargée du placement des chômeurs) et des Assedic (indemnisation).
 

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 11:11

 

 

 

Dette : les grecs et la Debtocracy.

13 juillet par Aldous

 

 

Un documentaire intitulé Debtocracy – Chréokratia (Chréos est le mot grec pour "dette") fait fureur en Grèce depuis la mise en coupe réglée du pays sous les fourches caudines du FMI. Voici une traduction de ce film qui explique les mécanismes de l’assujetissement d’un pays par ce que les économistes appellent la Dette Odieuse.

 


Debtocracy International Version par BitsnBytes

Ce documentaire est en quelque sorte un "retour sur le futur" pour la plupart des pays endettés d’Europe, car la situation vécue par la Grèce est un scénario qui va se répéter dans tous les pays confrontés à l’impossibilité de rembourser une dette souveraine en croissance exponentielle.

http://www.youtube.com/watch?v=3z8f...

Son echo a attiré de nombreux spectateurs de par le monde, dont certains ont laissé des commentaires regrettant qu’il ne soit pas disponible en d’autres langues que le grec, langue que je maitrise.

Il m’a paru suffisamment édifiant pour valoir la peine d’être traduit et mis à disposition des lecteurs Français. Je retranscris donc ici une première partie du documentaire de Catherine Kitidi et de Harry Hadji-stéphanou.

Cette partie (qui ne correspond cependant pas au début du film) explique le concept de la Dette Odieuse, de son utilisation politique et raconte comment l’Equateur s’est sorti de ce piège en 2006.

Cette histoire commence dans les années 1920 avec Alexandre Sac, ministre du Tsar et spécialiste de droit. Après la révolution de 1917, Sack se retrouve à donner des cours dans les universités Européennes et des USA. En 1927 il présente une trouvaille lumineuse : la notion de Dette Odieuse.

Pour définir une Dette Odieuse, il faut réunir trois conditions :

1) La dette a été contractée par les dirigeants sans l’agrément ni l’approbation des citoyens.

2) Les fonds empruntés sont investis dans des biens qui n’ont pas profité aux citoyens ou au pays.

3) Le prêteur était parfaitement informé de ces faits mais sifflotait en toute indifférence.

La proposition de Sack est perçue comme progressiste voire révolutionnaire. Dans la réalité ils servaient à cette époque les intérêts d’une grande puissance en construction : les USA. Les USA avaient créé un antécédent à la théorie de la Dette Odieuse en 1898, époque où, victorieux de la guerre Hispano-Américaine, ils prennent le contrôle de Cuba. Le problème est qu’en prenant Cuba ils ont également acquis la dette laissé derrière lui par le colon espagnol.

La colonisation espagnole ayant duré 400 ans depuis que Colomb avait posé le pied en Amérique, la dette était assez considérable. Les USA décident que la dette de Cuba répond aux critères de la Dette Odieuse et refusent de la rembourser. Une semblable histoire s’est produite au Mexique quelques années avant. Quand l’armée démocratique détrône l’empereur Maximilien, les révolutionnaires décident que les dettes contractée par le souverain étaient Odieuses.

Maximilien avait emprunté des sommes considérables pour combattre les forces de l’opposition. Comme il devait beaucoup, tant envers ses prêteurs qu’envers le peuple mexicain, on l’a mis à dix pas et on l’a fusillé.

La plupart des exemples de Dette Odieuse du XIXe et XXe siècle concerne des pays d’Amérique du Sud. En réalité, derrière toutes ces cessations de payement, on retrouve une puissance unique : les USA.

C’est cette puissance qui introduira aussi la Dette odieuse dans l’histoire du XXIe siècle. Décembre 2002. La maison blanche met la touche finale aux préparatif d’invasion et d’occupation de l’Irak. Avant même que les armes ne parlent, les officiels préparent le jour suivant la chute de Saddam Hussein. Le département d’état sait qu’il devra gérer l’immense dette souveraine de l’Irak. C’est pourquoi il lui faut démontrer qu’elle constitue une Dette Odieuse. Il réunit donc une équipe de travail secrète qui organise l’avènement de l’équipe gouvernementale qui dès sa prise de pouvoir décrétera que le peuple Irakien ne doit pas rembourser la dette national. Tout est prêt pour l’attaque.

Eric Toussaint, président du CADTM (en français dans le texte) : "Rappelez vous, en 2003 les Etats Unis avec leurs alliés envahissent l’Irak, c’est en mars 2003, et 3 semaines plus tard, le secrétaire au trésor des Etats Unis, convoque ses collègues du G8 a Washington et leur dit « la dette de Saddam Hussein est une Dette Odieuse. Son régime est un régime dictatorial, nous devons renoncer à récupérer cette Dette Odieuse, le nouveau régime qui va venir en Irak doit étre libéré du poids de cette dette. George W Bush demandera à James Baker de persuader la communauté internationale que la dette de Saddam Hussein est Odieuse et que le dictateur gaspillait les sommes qui lui étaient prêtées en palais et en armes. Les expert ont établit que l’Irak devait des milliards de $ à la France et à la Russie, en achat de missiles exocets, mirages F1 et Migs. Dans la réalité, le comportement de Saddam Hussein ne différait guère de celui des autres dirigeants. Les palais sont pour les peuples arabes l’équivalant des jeux olympique : des démonstrations de puissance économique et d’organisation sociale. La diplomatie américaine finira par imposer que la dette de l’Irak et Odieuse et que le peuple Irakien ne doit pas la rembourser. Mais Washington se rend compte alors qu’elle ouvre l’outre d’Eole (donnée à Ulysse et contenant les vents selon l’Odyssée) et décide de cacher l’affaire sous le tapis.

Finalement les autres pays ont dit « Ok on supprime 80% de la dette Irakienne, au sein du Club de Paris », mais ils ont dit « n’utilisez pas officiellement la notion de Dette Odieuse » car si on l’utilise d’autres pays vont faire appel à la jurisprudence, par exemple le Congo va dire « la dette de Mubutu il ne faut pas la rembourser », les Philippines vont dire, « La dette du dictateur Marcos on veux pas la rembourser », l’Afrique du sud (…) donc pour éviter une extension de la notion de Dette Odieuse dans les années 2000 on a pris une solution Ad hoc qui concerne l’Irak. Mais pour nous, c’est clairement la démonstration que la doctrine de la Dette Odieuse s’applique. Les USA continueront à aider l’Irak à se débarrasser de ses anciennes dettes mais personne à Washington ne veux plus entendre les mots « Dette Odieuse ». Ainsi l’Irak est parvenue à annuler une grandes partie des dettes souscrites par la dictature. Un autre pays a choisi de se confronter au FMI et de faire face à ses grands débiteurs par ses propres moyens. Il est parvenu à démontrer que sa dette est non seulement Odieuse mais aussi illégale et anticonstitutionnel."

Raphael Correa, Président de l’Equateur : « Nous mettons nos priorités nationales au dessus des intérêts internationaux. Quand l’heure viendra, si nous pouvons le faire, nous nous occuperons des intérêts internationaux mais la priorité d’abord à la vie et ensuite seulement à la dette. »

L’Equateur pourrait être un des pays les plus riches de l’Amérique Latine. Mais à partir du moment où il a découvert du pétrole, le pays n’a connu que les dictatures, la pauvreté, la dette, et les tueurs économiques.


John Perkins, tueur économique
 :« Mon vrai job consistait à faire souscrire des prêts à des pays étrangers, des prêts considérables, bien au-delà de ce qu’il leur était possible de rembourser. Par exemple, un milliard de $ à l’Indonésie ou l’Equateur, et ce pays aura à redonner 90% du prêt à des entreprises US en contrats publics d’infrastructure. Des sociétés comme Halliburton ou Bechtel, qui construisent des infrastructures électriques ou des ports, ou des autoroutes, et cela ne sert que les quelques familles les plus riches du pays. Les pauvres héritent juste de l’énorme dette qu’ils ne peuvent pas rembourser. »

En 1982, le FMI arrive en Equateur et un groupe d’expert représentant les créanciers du pays. L’Equateur s’engage à emprunter d’avantage pour régler ses dettes antérieures.


Hugo Arias, président de la cours des comptes de l’Equateur
 : "C’était simplement un tribu permanent que l’Equateur devait payer aux pays du nord. Pour prendre un exemple, de la décennies 80 jusqu’en 2005, les intérêts de la dette ont représenté 50% du budget de l’état, atteignant 3 à 4 milliards de $ annuels alors que les dépenses de santé n’en représentait que 4%. 4 milliards pour les intérêts de la dette, 400 millions seulement pour la santé ! 800 millions pour l’éducation. Nous tuions notre propre population."

L’Equateur s’est révolté. La crise semblait sous contrôle quand Lucio Gutierres a pris les choses en main et promet des réformes. Il se présente presque comme socialiste. Mais une fois aux affaires, il passe de nouveaux engagement auprès du FMI et impose une extrême rigueur.

Les citoyens décident qu’il doit partir, par le même moyen que les présidents Argentins : par hélicoptère. Le vice président Palacio, qui prend la succession, commence avec de bonnes intentions, mais se soumet bientôt à Washington. Le peuple se tourne alors vers le seul responsable à s’être opposé aux USA : Raphael Correa.

Corea a étudié l’économie en Europe est aux USA et sait comme on peut faire face au FMI et à la Banque Mondiale quand on a la volonté politique de le faire.

En 2005, quand il était ministre des finances, Raphael Correa a dit « ce n’est pas normal que le supplément de revenu pétrolier qui arrive dans les caisses du pays reparte intégralement au remboursement de la dette. C’est injuste pour la population. 80% des revenus pétroliers doivent être destinés à améliorer les dépenses sociales dans l’éducation, la santé, la création d’emplois. Seuls 20% doit aller dans le remboursement de la dette".
La Banque Mondiale a dit qu’il n’était pas question qu’elle continue à prêter de l’argent à l’Equateur s’il maintient une telle loi. C’était clairement une immixtion de la Banque Mondiale dans les affaires intérieures de l’Equateur, ce que Raphael Correa a refusé. Il a préféré démissionner plutôt que de plier devant la BM. Ca l’a rendu extrêmement populaire. Il a préféré sa dignité à son poste.

Correa finit par devenir président de l’Equateur en 2006. L’une de ses premières décisions fut de limoger le représentant de la Banque Centrale, d’en chasser les représentant du FMI. Parmi eux, Bob Thra, qui viendra ensuite sévir en Grèce, s’était fait particulièrement détester par la population. Six mois plus tard, Corea fit un pas de plus en établissant une commission de contrôle internationale.


Eric Toussaint, président du CADTM
 : "J’ai fait partie des personnes désignées par le président Correa pour faire partie de cette commission, il y a avait 18 membres et 4 organes de l’état. Nous étions chargé d’auditer tous les contrats qui avaient entrainé l’endettement du pays entre 1976 et 2006. Nous avons travaillé 14 mois, nous avons analysé la dette sous forme de bons, les dettes à l’égard du FMI, de la BM et d’autres organismes internationaux et les dettes à l’égard d’autres pays, France, Japon, Allemagne et enfin les dettes publiques intérieures de l’Equateur. La bataille pour accéder aux documents fut terrible. Au ministère des fiances, un de nos collaborateur, Alexandro Olmos et moi même avons été déclarés persona non grata. Les services du ministère des finances ont envoyé au ministre des lettres de plainte disant que Alexandro et moi-même avions fait du mal aux employés du ministère. Ca nous a fait rire, mais nous avons compris à quel point ce serait difficile quand nous avons été désigné comme les méchants de l’affaire. »

En dépit des difficulté la commission a mené à bien sa mission et a constaté qu’une grande part des dettes étaient sous-évaluée. L’état a communiqué ces résultats aux citoyens.

Eric Toussaint, président du CADTM : « En fait ce qui était important au niveau de la commission d’audit des finances de l’Equateur, c’est que tous nos travaux ont été rendus publics. Donc la population Equatorienne a été informé de pourquoi la dette qui avait été contractée par le gouvernement antérieur au cours notamment de l’année 2000 était frappée d’illégitimité. »

Possédant les résultats de la commission, le gouvernement démontra que la dette était infondée et a bloqué 70% de son remboursement.

Hugo Arias : « Les créanciers se mirent à solder leurs parts de la dette à 20% de leur valeur et le gouvernement les a secrètement racheté. Avec 800 millions de $ elle a racheté les 3 milliards de la dette. Ce fut une réduction très significative qui a permis de changer les conditions de vie du peuple. »

Eric Toussaint : « Il faut aussi compter dans l’économie faite par l’Equateur les intérêts qu’il aurait fallu payer jusqu’en 2012 ou 2030. Et si on prend tout en compte c’était une économie de plus de 7 mille millions de dollars pour l’équateur, donc une économie très importante pour le pays, qui a permis au gouvernement d’augmenter de façon très importante les dépenses d’éducations, de santé, de création d’emploi et l’amélioration d’infrastructures. »

En Grèce, les historiens, les économistes et les analystes débattent quotidiennement de la façon avec laquelle nous allons faire face à la dette. Il reste cependant une question que peu se posent. Le peuple grec est-il véritablement redevable de tout ce qu’on lui demande de rembourser ?


Eric Toussaint
 : « La dette plus récente de la Grèce, je dirais que c’est une dette frappée d’illégalité et d’illégitimité. Alors quels sont les signes de ça ? Et bien, quand les autorités d’un pays reçoivent des pots-de-vin de la part de sociétés transnationales, et c’est le cas de Siemens, qui, avec sa filiale Siemens Hellas, a distribué de l’argent, des pots-de-vin, à des responsables, à des ministres, à des hautes fonctionnaires, depuis plus de 10 ans, pour gagner des contrats, là on peut dire qu’il y a une marque d’illégalité et d’illégitimité. Et que ces dettes là doivent être remises en cause, c’est absolument évident pour moi. »

La justice grecque s’est montrée timorée dans l’affaire Siemens et très lente dans d’autres cas de transactions passées dans le dos du peuple grec et qui ont augmenté le poids de la dette qui repose sur ses épaules. Avec les transactions de swaps effectuées en 2001, le gouvernement a hypothéqué l’avenir afin de maquiller le présent avec un bien meilleur bilan factice. Elle a fait artificiellement baisser la dette du pays en convertissant un prêt en Yen en Euro et en se basant sur un taux de change passé. Pour aider à faire cette cuisine, c’est Goldman Sachs qui a mis la main à la pate, empochant au passage des millions dans ce deal.


Mark Kirk, Sénateur US
 : « Je suis particulièrement concerné par le rôle joué par les institutions financières US, en particulier Goldman Sacks, qui, quand la Grèce s’est trouvé droguée au crédits, Goldman a joué le rôle du dealer de Crack. »

L’astuce a fait illusion pendant de nombreuses années, et les élites politiques grecques ont montré qu’elles savaient récompenser leurs partenaires. Ils reprirent de nouveau Goldman Sacks comme conseillers en laissant l’ardoise aux citoyens.


Jean Quatremer, journaliste à Liberation
 : « La Goldman Sack a conseillé le gouvernement grec d’une main et de l’autre main attaquait le gouvernement grec. »

Le scandale est découvert en 2010. Quelques jours avant, un ancien employé de Goldman Sacks avait été nommé à la tête de l’organisme de gestion de la dette nationale grecque.

Jean Quatremer : « Embaucher quelqu’un qui a été chez Goldman Sacks, c’est comme embaucher un criminel pour surveiller votre maison… Quelqu’un qui est un braqueur de banque, vous l’embauchez pour surveiller votre maison. Là c’est la même chose. Effectivement il connaît bien les opérateurs et sait comment empêcher quelqu’un d’entrer dans votre maison, mais objectivement, le risque est bien plus grand qu’un jour il profite de votre absence pour tout piquer. Qu’est-ce qui me garantit que ce personnage qui est passé chez Goldman Sacks va gérer de façon optimale les affaires grecques ? »

Un bon nombre de pays critiquent la Grèce pour ses errements avec Goldman Sacks, mais ce sont les mêmes qui utilisent leurs relations avec le gouvernement grec pour fourguer leur armes et systèmes de défense au pays.

Zara Vangenkecht, porte parole de Die Linke : « Quand l’Allemagne s’est rendue compte de la position de la Grèce, il y a un an de cela, le mot d’ordre a été de ne pas arrêter les exportation d’armements allemands. La Grèce devait économiser sur les retraites, et les services publiques mais pas sur l’armement. Cela montre l’implication de certains intérêts. Le gouvernement allemand se comporte comme le protecteur des fabricants d’armes allemands et de l’industrie de l’exportation. Ils veulent que les exportation continuent en dépit de la crise. »


Daniel Cohn Bendit (Eurodéputé vert)
 :« On est quand même hypocrites ! Ces derniers mois la France a vendu 6 frégates à la Grèce pour 2 milliards et demie d’Euros, des Hélicoptères pour plus de 400 millions, des Rafales à 100 millions l’unité. Mon « espionnage » ne m’a pas permis de dire si c’est 10 ou 20 ou 30 Rafales. Ca fait presque 3 milliards ! L’Allemagne a vendu 6 sous-marins, pour 1 milliard dans les prochaines années. Mais on est complètement hypocrites ! On leur donne de l’argent pour acheter nos armes ! »

Face à l’hypocrisie européenne, des reculades coupables complètent les décisions criminelles. Toujours au prétexte du bien de la nation, cette nouvelle Grande Idée (nom d’un projet nationaliste avorté) a laissé derrière elle des friches immobilières en ruine et des dettes immenses.

George Voulgarakis, ministre des finances : « Nous avons dépensé des sommes considérables, le double de ce qui a été dépensé à Sydney. Le cout final ne sera connu qu’a la fin des jeux Olympiques. »


C-STAN TV
 : « Vous avez parlé de 1,2 milliard de $ pour la sécurité. D’où vient tout cet argent ? »

George Voulgarakis : « Nous avions cet argent. »


C-STAN TV
 :« C’est de l’argent grec ou ce sont des fonds provenant du comité olympique ou bien encore des USA ? »

George Voulgarakis : « Nous parlons d’argent Grec. Sans doute est-ce plus que ce que nous pouvons fournir mais il ne s’agit que de sécurité."


Eric Toussaint
 : « On a fait des dépenses somptueuses, tout à fait exagérées, payées par la population grecque, parce que pour rembourser les dettes contractés pour réaliser ses jeux olympiques, on utilise une grande partie des impôts payés par les citoyens grecs. Il est tout à fait normal que les citoyens grecs demande qu’on fasse une analyse très claire de pourquoi le budget des jeux olympiques a explosé et à quoi les dépenses ont servies. »

Les JO et les rapports avec les entreprises comme Siemens et Goldman Sacks ne représentent que la partie émergée de l’iceberg de dettes qui reposent sur les citoyens. Il existe cependant des malversations bien plus importantes qui ne concernent pas seulement la Grèce, mais tous les pays de la périphérie de l’Europe.

Constantin Lapavitsas professeur d’économie : « Toutes les règles ont elle été respectées dans les procédures aboutissant à la monétisation de la dette souveraine grecque ? Y a-t-il des conflits d’intérêt dans le rôle joué par les banques dans la vente tant sur le premier que le second marché des bons de la dette grecque ? Qui sont ces banques ? Comment et selon quelles conditions ont elles été impliquées dans ces transactions ? »


Zara Vangenkecht, porte parole de Die Linke
 : Une part importante des dettes souveraines de la zone Euro est monétisée. Et cela résulte d’une politique menée à l’encontre de l’intérêts des peuples. C’est pour financer cela que les citoyens payent. »

L’exemple de l’Equateur nous a montré que les circonstances illégales dans lesquelles la dette a été générée peuvent être dévoilées par une commission d’enquête d’économistes.

« Pourquoi ne nous dit-on pas clairement de quoi est constitué cette dette ? Quel est son montant ? Et comment a-t-elle été générée ? Et auprès de qui nous sommes endettés ? C’est pour répondre à ces questions qu’il est urgent et impératif de créer une commission aux comptes chargée de cerner précisément la nature de cette dette. C’est pourquoi je dis que nous ne pouvons nous contenter des mensonges des banques, du gouvernement ou des perroquets qui sont payés pour répéter ces discours creux. »

Mais qui va créer cette commission de contrôle ? Et comment nous assurer qu’il ne s’agira pas encore d’une énième commission parlementaire constituée des mêmes personnes qui ont généré la situation actuelle ?


Constantin Lapavitsas
 : " Ca ne peut pas s’agir une simple commission d’experts. Car si il ne s’agit que d’une commission d’experts nommés par le gouvernement, même il fait venir des experts étrangers, même si il y a des représentants de la société civile, il y a le danger qu’ils soient orientés. »

Hugo Arias : « Il n’y a que le peuple qui soit légitime pour demander une commission des comptes. C’est pourquoi il est primordial de sensibiliser tout le peuple pour qu’il se mobilise afin de demander cet audit. »


Eric Toussaint
 : « Dans la situation grecque, effectivement, comme le parti de la Nouvelle Démocratie (droite) ou le Pasok (socialiste) ont bénéficiés eux-mêmes d’avantages en endettant le pays depuis une quinzaine d’années, il est certain que ces partis voient très mal de faire un audit car leur responsabilité va être démontrée aux yeux du public. Donc ce qu’il doit se passer c’est que l’opinion publique grecque doit se mobiliser, des organisation doivent aussi se mobiliser, des syndicats, la magistrature grecque, des intellectuels, des artistes… Les gens doivent faire connaître leur avis et faire monter la pression sur le pouvoir politique. »

Depuis mars, une équipe de personnes d’horizons politiques et professionnels variés, a lancé une initiative pour la création d’une commission d’enquête chargée d’auditer la dette grecque.

Des professeurs, des journalistes, des artistes ou des syndicaliste du monde entier ont soutenu cette initiative. La commission devra dire quelle part de la dette est illégitime et illégale et établira, en se basant sur le droit grec et international, que le peuple grec n’est pas obligé de rembourser cette part de la dette.

Cependant la décision demeure dans les mains des politiques et no des économistes. Quand bien même la dette serait légitime, aucun gouvernement na le droit d’assassiner sa population pour servir les intérêts des créanciers.

Constantin Lapavitsas  : « Même si il était démontré que l’intégralité des 350 milliards d’Euros de la dette souveraine grecque étaient légitimes, ce qui ne sera pas le cas, la Grèce ne pourrait de toute façons pas l’honorer. Il faudra donc l’effacer. Si le poids de la dette impose le démantèlement des hôpitaux, de l’éducation, des routes, dans ce cas c’est le cout social qui deviendra insupportable. En substance, le gouvernement dit qu’il va se mettre en défaut de payement vis-à-vis des citoyens grecs. Je ne comprends pas comment un gouvernement socialiste, élu démocratiquement, peut décider de faire défaut à ses citoyens plutôt qu’aux institutions financières. Il n’y a pas d’autre choix, dans les décennies qui viennent, que de ne pas honorer la dette car elle est basée sur le néolibéralisme. Et le comportement néolibéral était un crime contre l’humanité. Personne n’a l’obligation de payer cette dette, parce que cette dette a été accumulée à travers un fonctionnement vicieux du marché. »


Constantin Lapavitsas
 : « Il est odieux de payer une Dette Odieuse. »

La création d’une commission d’enquête économique n’est pas une finalité. Ce n’est qu’une arme politique dans une bataille plus vaste d’une guerre où s’affrontent depuis des siècles des forces antagonistes pour la maitrise du système. Même si nous effaçons cette dette, la dette renaitra de ses centres.


Constantin Lapavitsas
 : « Ce sera une arme dans une confrontation idéologique et politique. La dette est une arme également. »

Eric Toussaint : « N’ayez surtout pas peur, en tant que Grecs de revendiquer vos droits dans l’UE, par rapport au gouvernement grec. C’est fondamental, c’est en se battant qu’on fait respecter ses droits. C’est pas en se soumettant au diktat des créanciers. Regardez la Tunisie, regardez l’Egypte. C’est quand une population se met en action qu’elle peur réellement changer une situation. »

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 20:57

Ajoutée par telelibre le 12 nov. 2011

Le 11.11.11 à La Défense

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 20:51
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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 20:48

franceculture -10.11.2011 - 17:00

Un documentaire d'Alain Lewkowicz et Rafik Zenine

 

A. Lewkowicz©Radio France

Militance : une nouvelle génération arrive ! Qu’on les appelle « les indignés », « les occupants de Wall Street » ou encore les « uncutters », ils sont avant tout citoyens et avec les nouvelles technologies – Internet, Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux – ils ont en main de nouveaux outils pour s’organiser et se rassembler rapidement. Né au lendemain de la nomination de David Cameron au poste de Premier ministre britannique en mai 2010, le mouvement « Uncut », « contre les coupes », ….budgétaires,  se propage.  Après les Etats-Unis, l’Espagne et l’Italie, ses partisans sont désormais en actifs en France. Sur les docks les a rencontrés  à Quimper dans le Finistère.  Leur mode d’action favori : l’occupation non violente de lieux symboliques, notamment les entreprises françaises qu’ils soupçonnent de  pratiquer  l’évasion fiscale.
Après Orange et la BNP,  c’est Total  qui a été  leur  cible. Le petit groupe s’est  préparé  avec application pour occuper une station service de l’enseigne .A force de slogans, de déguisements et jeux, ils espèrent  mieux faire passer leur message auprès des consommateurs. Après les barricades et les  coktails molotov d’hier,  bienvenue dans une ère plus festive.

Avec Cécile, Baptiste, Agnès, Pascal et Ernest

 

 

 

 

 

 

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