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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 13:38

wort.lu -17.11.2011 13:50 Uhr

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Photo: (AP)

En Grèce comme en Italie, alors que les nouvelles équipes s'activent pour échapper aux ennuis financiers, la rue se mobilise contre la rigueur annoncée.

Penser «plus aux gens et moins à sauver les banques», des milliers de lycéens et étudiants sont descendus dans la rue jeudi dans toute l'Italie pour dénoncer les coupes dans le budget de l'école publique, dans le cadre d'un mouvement international.

A Milan, des manifestants ont jeté des oeufs sur le bâtiment de l'université privée catholique du Sacré Coeur, dont était recteur le nouveau ministre de la Culture, Lorenzo Ornaghi qui a fait aussi l'objet de quolibets. «Redonnez-nous notre argent, que l'Eglise paye», scandaient les protestataires en exigeant l'arrêt des soutiens publics au système privé.

Un autre groupe a essayé d'atteindre la prestigieuse faculté privée d'économie Bocconi, dont le nouveau chef du gouvernement Mario Monti était encore tout récemment président. Mais il a été refoulé sans ménagement par la police à coups de matraque.

D'autres ont essayé d'envahir le siège de l'Association des banques italiennes. «Save schools, not banks, de l'argent pour l'instruction publique», avaient-ils écrit sur une grande banderole. Ils ont été stoppés dans le hall d'entrée.

A Rome, les slogans des 2.000 manifestants ironisaient sur le nom du nouveau ministre de l'Education nationale Francesco Profumo (parfum en italien) en dénonçant par avance «un parfum d'austérité. Non au gouvernement des sacrifices». Partis de l'université publique de La Sapienza, ils devaient rejoindre un cortège du syndicat minoritaire mais radical Cobas dont le mot d'ordre de grève dans les transports publics, a coïncidé, par un hasard de calendrier, avec les manifestations estudiantines.

A Palerme (sud), quelque 5.000 protestataires, le plus grand cortège jusqu'à présent, ont scandé des slogans contre l'ultra-libéralisme qui domine, selon eux, en Europe. «Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiciens et banquiers», criaient-ils.

A Turin, la tension est montée en fin de matinée quand un groupe d'étudiants a lancé des bouteilles et des oeufs contre les forces de l'ordre qui voulaient les empêcher d'atteindre l'antenne locale de la Banque d'Italie.

Anniversaire du soulèvement de 1973 contre les colonels...

Des milliers de personnes se préparaient à manifester jeudi à Athènes contre les mesures d'austérité préparées par le gouvernement grec de coalition de Lucas Papadémos, fort d'un confortable vote de confiance obtenu mercredi au parlement mais non exempt de tiraillements.

Les défilés, traditionnels chaque 17 novembre, commémorent le 38e anniversaire de la révolte estudiantine contre la junte des colonels en 1973.

L'an dernier, ils avaient tourné à la protestation contre les réformes d'austérité (hausses des taxes, baisses de salaires etc.) introduites par le gouvernement Papandréou sous la pression des créanciers étrangers de la Grèce.

Cette année, outre la protestation sociale, les manifestations devraient aussi revêtir un aspect très politique, après l'entrée de l'extrême droite dans le gouvernement grec de coalition, pour la première fois depuis la chute de la dictature des colonels. C'est la raison qui a poussé un député Pasok dissident à voter mercredi soir contre la confiance au gouvernement.

Député du département de Xanthi en Thrace (nord-est) où vit la minorité musulmane de Grèce, Tsten Mantazi s'est dit contre la participation au gouvernement de transition du parti d'extrême droite Laos, dont les députés expriment régulièrement des positions xénohobes.

Jeudi, le journal communiste Rizospastis souligne que les communistes placent le défilé sous le signe de la résistance au «retour du fascisme» et, faisant le lien avec la situation immédiate de la Grèce, rappelle que le slogan de novembre 1973 «Pain, éducation, liberté», n'a jamais été autant d'actualité.

Il s'agit aussi de la première marche de ce type depuis le vote d'une loi réformant l'université l'été dernier, modifiant le droit d'asile qui interdisait jusqu'à présent à la police d'entrer dans des locaux universitaires.

La ministre de l'Education socialiste Anna Diamantopoulou a annoncé qu'elle n'irait pas déposer de gerbe sur les lieux du soulèvement comme le veut la tradition. Selon Ta Nea, c'est la première fois que cette tradition ne sera pas respectée.

Vendredi, une nouvelle échéance attend le gouvernement avec la présentation au parlement du budget 2012 qui rappellera au pays l'ampleur des sacrifices à consentir.

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 13:36

Les Grecs toujours en colère contre l’austérité

18/11 01:33 CET

 

La mobilisation des grecs a été forte ce jeudi contre l’austérité prônée par leur nouveau gouvernement.

Plus de 40 000 personnes ont défilé dans les rues d’Athènes hier soir et 15 000 autres aussi à Salonique.

Un premier test social pour Lucas Papademos et son gouvernement d’union nationale au lendemain d’un vote de confiance du parlement.

Les manifestations ont été émaillées d’incidents et d’affrontements parfois violents entre certains protestataires et les forces de l’ordre. En cause : le nouveau tour de vis que doit annoncer le cabinet ce vendredi pour tenter d‘échapper à la faillite sous l’oeil très vigilant de la troïka UE-BCE-FMI.

Ces manifestations contre la dictature de l’austérité et des marchés rappellent celles des étudiants le 17 novembre 1973 contre la “junte des Colonels”. La volonté de ne pas laisser l’espoir céder la place à la résignation et à la fatalité y était la même.

Copyright © 2011 euronews

                                                                             *********************************************

...Près du Parlement, un incident a opposé un groupe de casseurs aux forces de l'ordre: les premiers ont lancé des cailloux et deux cocktails molotov sur la police qui a répondu en tirant des jets de gaz lacrymogène, a-t-on indiqué de source policière.


Les cortèges du 17 novembre défilent traditionnellement du quartier de l'Ecole Polytechnique à l'ambassade américaine, en passant par la place Syntagma où se trouve le Parlement.


Les traditionnels slogans célébrant le soulèvement étudiant ont pris une coloration très actuelle pour dénoncer "la junte des banques, de l'Union européenne, du FMI", comme le proclamait une banderole dans une allusion directe à la politique d'austérité imposée à la Grèce surendettée par ses créanciers.


"La junte ne s'est pas terminée en 1973, soulèvement contre le gouvernement UE-FMI !" pouvait-on également lire dans le cortège.


Efthymios, un lycéen de 18 ans du Pirée, près d'Athènes, est venu manifester pour la première fois pour un 17 novembre, surtout car il s'inquiète pour l'avenir de son pays en crise. "C'est la première fois depuis que je suis né que je vois des gens chercher de la nourriture dans les poubelles", raconte-t-il à l'AFP.


Aristidis, un serveur de 38 ans, est là parce qu'il se sent "trahi" par le gouvernement qui a accepté sans rechigner les sacrifices demandés par les partenaires financiers du pays pour redresser ses finances.


Marita, 23 ans, étudiante à l'Ecole Polytechnique, établit un parallèle entre passé et présent: "le gouvernement actuel (de coalition, NDLR) n'est pas issu des élections. Qu'est ce que c'est sinon une junte ?"


"Nous les ficherons tous dehors !", promet d'ailleurs une banderole.


"Il faudrait que les gens descendent dans la rue tous les jours mais ils ont peur", ajoute Aristidis. "Face à la tyrannie, il faut choisir entre les chaînes et les armes", exhorte de son côté la banderole d'un groupe anarchiste.


Certains manifestants ont aussi déversé leur colère contre la participation de l'extrême droite au nouveau gouvernement de coalition socialiste-conservateur, intronisé la semaine dernière, derrière le mot d'ordre: "à bas le gouvernement fascisant".

 

Les affaires.com
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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 13:32

Indignés - Londres - Manifestation - Royaume-Uni Grande-Bretagne : les Indignés de Saint-Paul sont toujours là

euronews.net -18/11 03:43 CET

 

Au Royaume-Uni comme aux Etats-Unis, les Indignés résistent et continuent à faire entendre leur voix.

Les militants anticapitalistes qui campent dans la “City” de Londres ont refusé de se soumettre à l’ultimatum qui prenait fin hier soir, celui de plier leurs tentes et de quitter la place qu’ils occupent depuis la mi-octobre devant la Cathédrale Saint-Paul

En attendant, l’heure reste à la mobilisation et il n’y a pas d‘âge pour s’indigner face aux ravages de la crise :

“Oui, les jeunes de ce pays sont traités de manière terrible, ils sont sans emploi et sans argent. Et oui, les personnes âgées de ce pays ont été complètement ignorées”, s’insurge cette vieille dame très émue.

Il faut désormais s’attendre à un bras-de-fer judiciaire entre la municipalité londonienne et les Indignés.

Ces derniers ont dénoncé à leur manière le système financier international en le comparant au monopoly où il faut ruiner l’autre pour gagner… Un symbole à méditer !

Copyright © 2011 euronews

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 13:28

telerama.f

Jeudi 17 novembre, trois jours après la dispersion brutale, à New York, du mouvement Occupy Wall Street, les Indignés campent toujours sur le parvis de La Défense. Résistant aux intimidations, aux arrestations, au froid.

 


Le 4 novembre 2011, les Indignés occupent le parvis de la Défense. Photo : Christophe Petit Tesson/MAXPPP.

 

Le froid rougit le nez des policiers. Ça leur donne un air proche des Indignés maquillés en clowns qui sont en face. Sur le parvis de La Défense, devant la grande Arche, dans l'un des endroits de la planète Terre les moins propices à l'épanouissement de l'être humain, les Indignés tiennent depuis douze jours.

Une partie d'échecs fermée se joue chaque jour contre la Préfecture qui tente inlassablement de démotiver les squatteurs : confiscation des tentes, des sacs de couchage, de la nourriture, des cartons qui servent d'abri de fortune, intimidations physiques, arrestations. Rien n'y fait. Les Indignés sont toujours là. Moins nombreux qu'à New York, mais vaillants. Ils se relaient pour tenir.

Nous sommes le mardi 15 novembre 2011, dans la nuit. La veille, Occupy Wall Street a été nettoyé en force. Les Français attendent leur tour. Ils ont installé leur camp dans ce symbole tout en verticalité pour manifester leur désir d'horizontalité : une réelle démocratie et pas « ce simulacre tenu par les marchés financiers ». Partout, des cartons, des palettes en bois forment sous l'éclairage indifférent des tours de la Défense une sorte de radeau de la Méduse anticapitaliste projeté au cœur du système, dans une tempête de flics et d'indifférence. Les armes : des pancartes, des petites fleurs colorées, des cœurs, et aussi des slogans : « Sur nous, souffle le vent du capitalisme » a écrit un Indigné congelé.

“Les CRS ne sont pas non plus
les plus grands profiteurs du système
capitalistique. Un jour, on arrivera
peut-être à fraterniser.”

Les CRS avancent en colonne et convergent vers le camp. Ils sont habillés en Robocop, mais seulement jusqu'au cou. Les visages sont découverts, juste surmontés d'un calot : « On nous a demandé de montrer visage humain », lâche un uniforme. La cohorte policière fond sur le radeau. « J'y suis, j'y reste, je ne partirai pas ! ». Les Indignés résistent, chantent, hurlent, se démènent pour conserver bouffe, sacs, médicaments ; des dizaines de smartphones sont brandis en mode caméra, comme s'il fallait prévenir la bavure en immortalisant ses prémisses. Dans une relative non-violence, les forces de l'ordre mettent la pagaille et détruisent tout, toujours sur le fil. Nous ne sommes pas en Tunisie ou sur la place Tahrir.

 
Le 11 novembre 2011, au pied de la Grande Arche de La Défense.

Fin de séance à l'UGC d'à côté, qui vomit des spectateurs plus ou moins indifférents. Certains se bouchent le nez. Ça sent la pisse sur les marches qui mènent au parvis. Les Indignés luttent, récupèrent des cartons. Bousculade. Chants : « Il était un petit homme, pirouette cacahouète, qui avait une drôle de maison. Sa maison est en carton, pirouette, cacahouète, les escaliers sont en papier ». Les CRS reculent. Quelques-uns sourient, dans une sorte de communion involontaire. « Les CRS ne sont pas non plus les plus grands profiteurs du système capitalistique. Un jour, on arrivera peut-être à fraterniser », rêve un Indigné en se lissant la barbe. En attendant, la plupart des uniformes font la moue réglementaire.

“On est animé par une volonté,
on construit dans le chaos.
Nous n'attendons pas des lendemains
qui chantent, la lutte, c'est maintenant.”

Les Sisyphe de l'abri cartonné reconstruisent déjà leur camp devant l'œil pétrifié des policiers. Manifestement, la stratégie de harcèlement de la Préfecture ne fonctionne pas comme prévu. La petite foule des courageux, deux cents personnes grand maximum, est bigarrée : des hippies, une femme nue, un type à bonnet péruvien qui chante des mantras indiens, des étrangers, Indignés américains, espagnols, et même Suisse, plus une grande majorité de quidams qui travaillent la journée et vient soutenir le mouvement chaque soir, Elsa, 24 ans, intermittente, Daniel, 30 ans, prof et documentaliste, Patrick, cheminot, 47 ans, Ridha, chercheur en sociologie politique, d'origine tunisienne, la cinquantaine, visage coupé à la serpe, petites lunettes : « Nous avons tous quelque chose en nous de Tunisie », plaisante-t-il. Ses traits se renfrognent aussitôt : « On est animé par une volonté, on construit dans le chaos. Nous n'attendons pas des lendemains qui chantent, la lutte, c'est maintenant ».

Combien de temps vont-ils tenir alors que la France encore engourdie ne semble pas prête au grand soir ? « Nous sommes des pionniers, ajoute Daniel, le prof révolutionnaire pilier du mouvement. Nous sommes un mouvement pacifiste. Notre seule arme, c’est le nombre. Pour le moment, notre mobilisation maximale, c'est 3 000 personnes. C'est déjà pas mal et ce n’est que le début. Nous sommes obstinés. »

“C’est la première fois que je me mobilise,
je sens que le peuple est là, c’est
un mouvement sans étiquette politique.”

L'opiniâtreté des révoltés de la crise est frappante. Sur le parvis, dans les congères invisibles, les Indignés essaient encore de récupérer leurs sacs et la nourriture. Nouvelles bousculades. « Je défends tes frères d'Afrique et toi tu m'en empêches, dit une jeune capuche énervée à un policier noir. Tu es un Bounty ! [NDLR, noir à l'extérieur, blanc dedans] » Le flic ne bronche pas. D'autres uniformes discutent en plaisantant avec des Indignés. Ça vanne. Ça fuse. « Pourquoi vous nous piquez notre bouffe, nos médicaments, quel article de loi vous en donne le droit ? », lâche un long type énervé. « Les ordres », répond un calot.

Plus loin, Elsa, Daniel, Patrick et Ridha se demandent quelle suite ils vont donner à leur mouvement. Faut-il changer d'endroit, quitter le symbole pour revenir au cœur de la cité ? A Bastille, où est né le mouvement à la suite de la révolte espagnole l'été dernier, les forces de police les avaient boutés sans difficulté.

« Tout ça est empirique, explique Daniel. On organise des assemblées, des commissions juridiques, un site internet. Ça va se clarifier. Il va nous falloir du temps pour rencontrer les autres mouvements, les syndicats, les gars de PSA, par exemple. Hier, des pompiers en grève sont venus nous voir. On a besoin des médias pour nous relayer, on a parfois l'impression d'être abandonnés ». « Laissez-nous le temps, renchérit Elsa. C’est la première fois que je me mobilise, je sens que le peuple est là, c’est un mouvement sans étiquette politique. Mais on ne nous laisse pas le temps de montrer qu’on existe, qu'on ne veut plus de leur système ».

En attendant la transformation hypothétique du radeau en armada, les pionniers rêvent de lancer une journée de grève générale mondiale contre la dette ou de fêter le 17 décembre le premier anniversaire de la révolution tunisienne, à Paris. Quand le froid devient vraiment trop mordant, les Indignés se réchauffent avec des idées. Autoriser les banques centrales à émettre de la monnaie ; stopper ce système qui permet aux banques privées de se nourrir avec les intérêts des prêts et enclenchent la spirale de la dette... « On devrait tous naître en recevant une somme garantie à vie pour survivre dignement », s'enflamme Daniel. Utopie ? « Le réalisme, c'est ce système qui va dans le mur », répond-il en soufflant de l'air chaud dans ses mains.

Nicolas Delesalle

Le 17 novembre 2011    -    Mis à jour le 18 novembre 2011 à 13h20

e 17 novembre 2011    -    Mis à jour le 18 novembre 2011 à 13h20
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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 13:23

resistanceinventerre -  Ploutopia – 18/11/11


http://ds4.ds.static.rtbf.be/article/big_info/e/f/0/624_341_3b4364ba35d40cb1ae1fc264ca5c3525-1321366380.jpg

Les marchés faisaient déjà les programmes des gouvernements. Ils font maintenant les gouvernements, mieux encore : ils désignent les leurs comme Premiers ministres ! Cela a, au moins, le mérite de la clarté. 

Et quand on dit « les marchés », il faudrait préciser les banques et même, dans les cas qui nous occupent, une banque, la Goldman Sachs, celle-là même qui était au centre de la tourmente financière de 2008. 

Car qu’est-ce qu’il y a de commun entre Mario Draghi, le nouveau président de la Banque centrale européenne, Mario Monti, le nouveau président du Conseil italien, et Lucas Papademos, le néo-Premier ministre grec ? Et bien, Goldman Sachs, pardi ! Le successeur de Jean Claude Trichet a été vice-président de Goldman Sachs International de 2002 à 2005, l’autre Mario, Mario Monti, a été conseiller international de la même banque depuis 2005 et ce, jusqu’à sa nomination à la tête du gouvernement italien. 

Quant à Lucas Papademos, il était gouverneur de la Banque centrale grecque lorsque celle-ci maquillait ses comptes avec l’aide de qui ? Goldman Sachs, évidemment. Cette concentration de pouvoir est totalement inédite dans l’Histoire. 

Et bien entendu, nos ex-banquiers vont mener des politiques d’austérité draconiennes qui vont à la fois étrangler les économies, désespérer les peuples et profiter à leurs anciens employeurs. Et plus généralement, à l’ensemble du système bancaire qui, depuis 2008, ne cesse de passer et repasser à la caisse des États. 

On me dira que c’est l’impuissance ou l’incapacité des dirigeants politiques qui a mis au pouvoir les banquiers, rebaptisés « techniciens » avec la dose de fausse neutralité que ce titre veut suggérer. Certes, ce sont les politiques eux-mêmes qui leur ont offert les clefs des palais. 

Mais la situation que nous connaissons aujourd’hui est d’abord le fruit d’une guerre idéologique sans précédent menée par le capitalisme financier qui réussit à présenter la défense de ses intérêts comme la seule solution de « bon sens ». 

Le paradoxe est énorme : voilà donc ceux qui, depuis 2008, ont plongé le monde dans la crise, à la tête de gouvernements et d’institutions européennes. Je ne sais pas si on mesure bien ce que nous sommes en train de vivre. 

Jamais depuis la crise de 1929, le monde occidental n’a vécu ce double mouvement tragique d’une régression sociale d’une violence inouïe et d’une perversion de la démocratie aussi patentée. Le dérèglement du monde avec son cortège de malheurs et, sans doute un jour, de violences n’en est qu’à ses prémices.

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 13:19
Campement des indignés La Ville de Québec exige le démantèlement de cette structure à la place de l'Université-du-Québec.

radio-canada.ca - Vendredi 18 novembre 2011

 

Les indignés de Québec ont jusqu'à 8 h 30, ce matin, pour démanteler une structure en tôle à leur campement à la place de l'Université-du-Québec. La Ville de Québec a fait parvenir jeudi un avis aux manifestants d'Occupons Québec les sommant de retirer l'abri qui n'a plus rien de temporaire aux yeux des autorités municipales.

Des indignés ont déjà fait savoir qu'ils n'avaient pas l'intention de se plier à la demande de la Ville. Certains manifestants, dont Charles Fleury, menacent de s'enchaîner si la Ville tente de démanteler l'abri. « On pense qu'on pourrait s'enchaîner aux structures qu'ils désirent venir nous chercher », a-t-il affirmé.

La Ville soutient qu'elle demande seulement aux manifestants de respecter les règles. Des inspecteurs municipaux avaient déjà demandé aux indignés de démanteler un abri en toile installé au même endroit, pour des raisons de sécurité. Les manifestants se sont exécutés, mais la toile a finalement été remplacée par de la tôle. La Ville considère maintenant que la structure ressemble davantage à un cabanon qu'à un abri temporaire.

Le porte-parole de la Ville de Québec, Jacques Perron, précise toutefois qu'il n'est pas question de recourir à la force pour évincer les indignés. « Il n'est pas dans les intentions de la Ville de commencer à démonter les tentes. Nous sommes toujours dans un esprit de dialogue avec les indignés pour qu'ils démontent d'eux-mêmes leurs tentes », a-t-il précisé.

La Ville de Québec espère toujours que toutes les tentes et autres structures soient retirées du Jardin de Saint-Roch.

Du côté des indignés, on dit en avoir assez des « tergiversations » de la Ville de Québec. Ils déplorent que des inspecteurs se présentent chaque jour pour trouver un moyen de les déloger.

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 13:14
Agoravox - par Gemmal David jeudi 17 novembre 2011

Réaction indignée aux Indignés

Aux U.S.A. des habitants des quartiers occupés par les Indignés manifestent contre le mouvement.

Depuis mardi dernier, les mouvement des Indignés aux Etats-Unis est entré dans une seconde phase de réactions de la part des milieux critiqués par ces manifestations spontanées. En effet, les municipalités et Etats américains, concernés par ces réunions publiques, se montrent désormais réactifs en communiquant dans les Médias au sujet des problèmes sanitaires, des agressions sexuelles et des morts occasionnées par le désordre qui règne au sein de ces manifestations prolongées.

Des maires réunissent leurs staffs. Sur tout le territoire américain de nombreuses attaques sont menées par les forces de l'ordre pour disperser le mouvement et restituer les places occupées aux passants et aux affaires. Le nouveau slogan est : "Le plus grand mouvement de ces dernières décennies veut-il résoudre les problèmes ou bien en crée-t-il ?" 

La police de New York, armée de boucliers et de matraques, attaque les manifestants et en arrête des centaines. Ces forces de l'ordre ont édifié des barricades autour de Zuccotti Park, qui est le lieu où le mouvement est né aux U.S.A., pour empêcher les manifestants de se réinstaller. La volonté de faire table rase est évidente. Toutefois, à Washington des contacts plus pacifiés sont privilégiés par les Officiels.

On déplore plusieurs morts dans la population insurgée : un homme abattu à Oakland, un sans-abri décédé à Salt Lake City et un suicide dans le Vermont. On compte deux overdoses à downtown Portland et un abus sexuel à Philadelphia. Mais aussi des brutalités policières qui suscitent l'indignation croissante.

L'aspect le plus préoccupant est la crise sanitaire engendrée depuis deux mois par des foules de plusieurs milliers de personnes, qui vivent dehors ou sous la tente sans douches et peu de toilettes. Désormais, les forces municipales agitent cette raison et des présupposées "infections par des rats" pour effectuer des manoeuvres de type militaire, pour "nettoyer la place" selon leurs propos. Il y a 27, 8 tonnes de déchets qui entraînent des surcoûts que les municipalités ne manquent pas de mettre en avant dans les médias, certainement pour justifier leurs coups de force.

Par ailleurs, le mouvement des Indignés a perdu son plus large public. Les sondages montrent que seuls 18 % de la population encouragent encore le mouvement. Lundi, on a vu l'impensable : une manifestation de voisins indignés contre la manifestation des Indignés, qui rassemblait des centaines de résidents, commerçants et hommes d'affaires des quartiers occupés.

Finalement, un juge a décidé que les protestataires n'ont pas le droit d'installer leurs tentes dans les places et parcs publics. La police a donc accepté que les manifestants réintègrent le parc Zuccotti à New York, mais sans leurs tentes. Le but avoué est de mener ces manifestations vers un terme avant la fin de l'hiver.

Les Indignés répondent que : "Plus il y aura de réactions policières et plus d'autres Indignés viendront grossir le mouvement."

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 13:07
| Par Fabrice Arfi et Karl Laske

 

L'ancien directeur général des douanes, et futur directeur du budget, festoyant sur un bateau immatriculé au Luxembourg, puis prenant gentiment la pose à côté du marchand d'armes millionnaire, spécialiste des commissions et de l'évasion fiscale : c'est la dernière surprise de l'affaire Takieddine.

Pierre-Mathieu Duhamel, 55 ans, tout à la fois haut fonctionnaire (il a enchaîné les postes importants), homme politique de droite et «pantouflard» dans le privé, fête, en juillet 2002, sa toute récente Légion d'honneur sur le bateau de Ziad Takieddine, La Diva. Il est en compagnie de Thierry Gaubert, l'ami et l'ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy.

Ancien patron des douanes et secrétaire général de Tracfin, le service anti-blanchiment du ministère des finances (1996-1999), il sera promu cinq mois plus tard à la puissante direction du budget au ministère de l'économie et des finances. L'homme est aujourd'hui président du comité stratégique du géant de l'audit KPMG (lire son CV sous l'onglet «Prolonger»).

« J'ai été imprudent, je veux bien concéder ça, a commenté M. Duhamel, interrogé par Mediapart. Léger aussi, peut-être, mais ces photos sur un bateau ne font pas de moi un intime de M. Takieddine.»

 

M. Duhamel, au centre.  
M. Duhamel, au centre.

L'imprudence s'est pourtant prolongée de 2002 à 2006, quand M. Duhamel, devenu directeur du budget, a accepté d'autres invitations de M. Takieddine, qui dissimulait alors la totalité de ses propriétés au fisc.

Des propriétés fréquentées aussi par le ministre du budget d'alors, Jean-François Copé, et sa famille. Comme nous l'avons expliqué ici, le marchand d'armes, résident fiscal en France, a réussi l'exploit de ne payer aucun impôt durant dix ans, malgré des biens estimés par lui à 100 millions d'euros – acquis grâce à une partie de ses commissions dans la vente des frégates à l'Arabie saoudite et des sous-marins au Pakistan.

 

M. Duhamel
M. Duhamel

C'est l'amitié de Thierry Gaubert qui a conduit l'ancien patron des douanes sur La Diva et, dès juin 2002, au dîner organisé par M. Takieddine dans sa somptueuse résidence parisienne, avenue Georges-Mandel. Nous avons publié ici l'album photo de cette soirée, mais aussi ici les photos de Brice Hortefeux, Jean-François Copé et Thierry Gaubert en croisière sur le yatch du M. Takieddine.

Lors d'un entretien accordé à Mediapart, Pierre-Mathieu Duhamel a tenu à souligner que le directeur du budget n'a « aucune compétence fiscale » et « ne s'occupe pas des impôts des particuliers ».

« Je vous fais observer qu'il connaissait le ministre du budget »

 

MM. Duhamel et Copé
MM. Duhamel et Copé© (dr)

Comme Jean-François Copé avant lui, M. Duhamel prétend, sans convaincre, qu'il ignorait l'activité de son hôte. « Je savais qu'il était à l'abri du besoin, et qu'il avait réussi dans les affaires, mais pas plus, dit-ilJe ne lui ai jamais demandé "de quoi vivez-vous".» Et son absence de curiosité a été partagée par sa compagne venue elle aussi chez M. Takieddine : « Nous n'avons pas parlé de ça », assure-t-il.

Le marchand d'armes a-t-il sollicité l'intervention du directeur du budget sur son dossier ou d'autres ? « Il ne l'a pas fait, répond M. Duhamel. Je vous fais observer qu'il connaissait quand même le ministre du budget. S'il avait eu un sujet de cette nature, ce que j'ignore, il était plus simple de s'adresser à lui. »

Alors qu'il a attiré à plusieurs reprises la curiosité des agents du fisc, M. Takieddine a réussi, semble-t-il, à éloigner les curieux. La force symbolique de son carnet d'adresses ne peut pas tout expliquer. Comme Mediapart en a déjà rendu compte, le marchand d'armes était en possession de dossiers présentant les litiges fiscaux de deux particuliers. Et dans l'un de ces dossiers, l'on a retrouvé, précieusement archivée, une lettre de M. Copé.

Une écoute judiciaire réalisée, le 20 juin 2011, révèle un échange sibyllin entre Thierry Gaubert et Ziad Takieddine à ce sujet.

— M. Takieddine : « Cinq contrôles fiscaux, jusqu'à maintenant. Cinq. »

M. Gaubert : « Ah bon. »

M. Takieddine : « Mais tu es, tu es où là ? »

M. Gaubert : « C'est pas grave, je m'en occupe. Ok. »

M. Takieddine :« Bon ok. D'accord. Ok. Ciao. »

Interrogé sur cet échange, M. Gaubert a déclaré ne « pas voir de quoi il s'agit ». « Je ne me suis pas occupé de la situation fiscale de M. Takieddine », a-t-il dit.

Proche de Gaubert et Bazire

Si ses amitiés lui ont fait traverser les deux courants de la droite, Pierre-Mathieu Duhamel est considéré comme « l'un des hommes de Juppé passés chez Sarkozy ». C'est pourtant dans les Hauts-de-Seine, comme directeur général des services du département alors présidé par Charles Pasqua, qu'il rencontre Thierry Gaubert quand ce dernier « s'occupait de manière personnelle de la communication du maire de Neuilly ».

En 1987 et 1988, il avait été conseiller commun d'Alain Juppé et d'Edouard Balladur (ministre du gouvernement Chirac) et avait sympathisé avec Nicolas Bazire. Nicolas Bazire qu'il retrouvera d'ailleurs en 1999, lors d'un passage éclair comme secrétaire général du groupe LVMH, après avoir quitté la direction des douanes. Il est resté depuis proche de MM. Gaubert et Bazire, tous les deux mis en examen par les juges Van Ruymbeke et Le Loire dans l'affaire Takieddine.

 

M. Duhamel, au fond. MM. Gaubert et Takieddine à droite de l'image.  
M. Duhamel, au fond. MM. Gaubert et Takieddine à droite de l'image.

Directeur adjoint du cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris en 1991 – fonction qui le fera apparaître plus tard dans l'affaire des emplois fictifs –, M. Duhamel est propulsé directeur de la comptabilité publique en 1994-95 par Nicolas Sarkozy, ministre du budget. Mais il rejoint encore Juppé, premier ministre, en 1995, comme directeur adjoint de cabinet, avant d'être nommé patron des douanes en 1996.

« Les douanes conservent de toi le souvenir "d'un chef incontesté et respecté" qui obtint pour la France le siège de l'organisation mondiale des douanes », déclare son ministre Alain Lambert, lors de la remise de la Légion d'honneur à Duhamel, en novembre 2002, qui vante sa « discrétion confinant vite au secret  et « sa fidélité en amitié comme  en politique ». « Tu es un soldat », lui lance-t-il. On apprend au passage que M. Duhamel « n'aime pas le poisson », mais « ne s'interdit pas la pêche au gros sous les tropiques ».

C'est dans les années 2000 que M. Duhamel rejoint le clan Sarkozy. Il retrouve Nicolas Sarkozy aux finances, lorsqu'il devient directeur du budget. En 2006, c'est la galaxie sarkozyste qui le récupère, et l'intègre au groupe des Caisses d'épargne, dont Thierry Gaubert conseille le président d'alors, Charles Milhaud.

En 2007, alors qu'il devient maire UMP de Boulogne-Billancourt – il occupera cette fonction pendant un an, après la démission de Jean-Pierre Fourcade, maire de la ville depuis 1995 –, Pierre-Mathieu Duhamel lance un appel à voter Sarkozy, comme en témoigne cette vidéo :

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 12:55

| Par Laurent Mauduit


Face à la nouvelle vague de licenciements et de suppressions d'emplois qui menace la France, du secteur de l'automobile jusqu'à celui de la banque, en passant par d'innombrables autres activités, Nicolas Sarkozy a choisi une détestable stratégie, celle de la dénégation. Jouant sur les mots, il a ainsi eu le front d'assurer jeudi matin qu'il n'y aurait «pas de plan social» chez PSA. En réalité, il y aura -envers et contre tout- des réductions drastiques d'effectifs, même si ce ne sera pas sous la forme de licenciements secs.

Cette hypocrisie élyséenne est d'autant plus choquante que la puissance publique dispose d'importants moyens d'action: les plus gros plans sociaux sont souvent annoncés par les entreprises qui ont précisément été le plus aidées par la puissance publique, à grand renfort de subventions prélevées sur les deniers publics et qui sont venues creuser l'endettement.

De fait, la vague de suppressions d'emplois qui a enflé depuis quelques jours est impressionnante. Le groupe automobile PSA a annoncé la suppression de 6.000 postes en Europe, dont 5.000 en France et tout particulièrement 2.000 dans le secteur de la recherche et du développement.

Au même moment, le même groupe PSA a annoncé la fermeture de son usine de Dannemarie (Haut-Rhin), spécialisée dans la fabrication de moteurs de scooters Peugeot, et prévoit des reclassements ou des départs anticipés pour les 140 salariés. Selon des documents adressés aux syndicats avant un comité central extraordinaire (CCE) prévu le 25 novembre, une quarantaine de salariés seraient reclassés dans l'autre site des scooters Peugeot à Mandeure (Doubs), selon l'AFP. Des reclassements dans d'autres usines du groupe, à Sochaux (Doubs) et Mulhouse (Haut-Rhin), et des départs anticipés sont prévus pour le reste des salariés, a expliqué le délégué CGT Emmanuel Guillier.

Outre la fermeture de Dannemarie, le groupe devrait annoncer lors de ce CCE la suppression de 60 emplois à Mandeure (environ 650 salariés actuellement), a ajouté le syndicaliste, précisant que l'intersyndicale se réunissait jeudi matin pour débattre de ce plan.

De leur côté, les grandes banques françaises ont annoncé ces derniers jours une cascade de suppressions d'emploi. BNP Paribas va ainsi supprimer 1.396 postes dans ses activités de banque de financement et d'investissement (BFI), soit environ 6,5 % des effectifs du pôle. C'est ce qu'ont révélé, mercredi 16 novembre, des représentants des syndicats SNB et CFDT de la banque, à l'issue d'une réunion avec la direction. Ces suppressions devraient intervenir à hauteur de 1.023 emplois à l'étranger et 373 en France.

La Société générale va faire de même, avec un plan social qui pourrait toucher environ 1.000 personnes, dont la moitié en France. Et ces mesures devraient être complétées par un plan d'austérité salariale.


Des souffrances sociales invisibles

Ces annonces ne donnent qu'une faible idée du séisme social qui est en train de s'enclencher. Ces entreprises sont très connues et leurs plans sociaux sont donc visibles et commentés. Mais au-delà, c'est toute l'économie française qui est actuellement en train de piquer du nez, du fait de la coordination européenne des politiques d'austérité, générant une violente contraction de l'emploi et donc une envolée du chômage, dont on ne connaît pour l'heure que les signes avant-coureurs.

Or, avant même ce nouveau choc, les chiffres récents du marché du travail étaient déjà détestables. Voici les derniers en date, ceux arrêtés à fin septembre :

Le chômage en septembre 2011  *(voir sur le site Médiapart)

Ces chiffres font apparaître que le chômage est en très forte hausse. Le nombre des demandeurs d'emploi de la catégorie A s'élève ainsi à presque 2,8 millions de personnes, et celui des demandeurs d'emploi des catégories A, B et C atteint désormais plus de 4,4 millions, en hausse de 4,7% sur un an. Et dans un marché du travail, qui est maintenant très déréglementé, tout se passe très vite : c'est sous la forme de fins de contrats à durée déterminée (en hausse de 9,7% sur les douze derniers mois se terminant fin septembre), ou de fins de missions d'intérim (+13,6%), que les entreprises réduisent leurs effectifs. En clair, il n'y a pas même besoin de plan social.

Derrière les plans sociaux très visibles de PSA, BNP Paribas ou encore de Société générale, il y a donc des souffrances sociales d'autant plus violentes qu'elles ne sont pas visibles. Pas de plan social, pas d'émotion publique : la société n'est pas même alertée de l'onde de choc de la crise. Tout juste devine-t-on quelques semaines ou quelques mois plus tard les dégâts que cela a occasionné. A cause de signes terribles : le nombre en progression de SDF dans la rue ; le nombre de pauvres ou d'exclus qui fouillent les poubelles...


Deux tiers des créations d'emploi sous forme d'intérim

La violence de « l'ajustement social » auquel la France est en train de procéder – en même temps que son invisibilité, ou du moins sa discrétion –, tout cela est confirmé par le « Portrait social » que l'Insee a publié cette semaine (lire Le triste florilège des inégalités françaises). On y apprenait ceci : « L'intérim a été la principale variable d'ajustement de l'emploi à l'activité entre 2008 et 2010. Entre le 1er trimestre 2008 et le 1er trimestre 2009, les effectifs intérimaires se sont contractés de 35 %. Le taux de recours à l'intérim s'est effondré dans les secteurs marchands, passant de 4,1% au 1er trimestre 2008 à 2,8 % au 1er trimestre 2009. Dès la mi-2009, l'intérim est reparti à la hausse. Ce redémarrage précoce de l'intérim se poursuit tout au long de 2010 (+ 96.000 intérimaires). Au total, sur l'année, l'intérim contribue pour plus des deux tiers aux créations d'emploi. Le dynamisme de l'intérim s'essouffle cependant au 1er semestre 2011 (+ 17.000 créations) et le taux de recours se stabilise à 3,8 %, soit légèrement en deçà de ce qui prévalait avant la crise. »

Le fait que l'intérim contribue pour plus des deux tiers aux créations d'emploi est un phénomène nouveau et spectaculaire. Par contraste, au début des années 1980, près de neuf emplois sur dix créés étaient des contrats à durée indéterminée (CDI). Or désormais, la part des emplois en CDI ne cesse de baisser, comme le détaille l'Insee : « Le taux d'emploi en CDI a ainsi atteint un point haut au 4e trimestre 2008,où il s'établissait à 50,5% de la population, puis il a diminué en 2009. La reprise de l'activité n'enraye pas tout de suite cette diminution: le taux d'emploi en CDI continue de baisser tout au long de 2010 et début 2011 (48,7% au 1er trimestre 2011) pour ne repartir à la hausse qu'au 2e trimestre 2011. »

Toutes ces indications, lourdes de drames sociaux, montrent clairement comment les choses se passent désormais : plus besoin, le plus souvent, de recourir à un plan social en bonne et due forme ! Puisque l'intérim occupe une place aussi importante, il suffit d'y mettre le holà, à chaque fois que la conjoncture se retourne ! Cette tendance est particulièrement à l'œuvre dans le secteur de l'automobile, où souvent les effectifs sont composés à près de 50% d'intérimaires.

Et face à ces politiques sociales iniques qui visent à développer seulement les emplois précaires (intérim, CDD, temps partiel), quelle stratégie a choisi Nicolas Sarkozy ? Celle effectivement de la complicité et du déni. A l'occasion d'une cérémonie à l'Elysée pour commémorer le troisième anniversaire du Fonds stratégique d'intervention (FSI – Lire Les errements du (hedge) Fund stratégique d'investissement), il a joué sur les mots. Evoquant la situation de PSA, il a souligné que son dernier « plan de compétitivité » n'était pas équivalent à un plan social : « Je me suis entretenu hier soir et ce matin avec Philippe Varin (président du directoire de PSA - ndlr) et je peux vous annoncer qu'il n'y aura pas de plan social en France chez PSA. » Voici ce qu'a dit Nicolas Sarkozy (à écouter à partir de 6'10'') :

 

Une pluie de cadeaux pour des entreprises bénéficiaires

Mais évidemment, c'était une galipette. Le chef de l'Etat a voulu suggérer qu'il n'y aurait pas de suppression d'effectifs, alors qu'en réalité, il n'y aura pas de licenciement. En clair, rien n'a changé, strictement rien. Et dans la phrase suivante, Nicolas Sarkozy, presque malgré lui, l'a admis : « En particulier, les 2.000 salariés du groupe les plus directement concernés par ce projet seront tous reclassés, soit à l'intérieur du groupe, soit à l'extérieur du groupe, notamment chez des prestataires. » 

Ce tour de passe-passe est d'autant plus scandaleux que la puissance publique dispose naturellement d'énormes moyens de pression sur toutes les entreprises privées, et notamment les constructeurs automobiles et les banques. Ce sont en effet d'abord ces deux secteurs économiques qui ont été le plus aidés par le gouvernement, notamment en 2008, lors des différents plans de soutien à l'économie.

Les banques ont ainsi profité d'un plan portant sur un apport de 20 milliards d'euros en liquidité et 20 milliards d'euros en fonds propres. De surcroît, elles ont mis la main dans des conditions scandaleuses sur une bonne partie des fortunes qui sont collectées au travers du Livret A et qui ont été partiellement détournées de leur objet, le financement du logement social.

Dans le cas de l'industrie automobile, de l'argent, il en est tombé depuis 2008 comme à Gravelotte. Le portail Internet du gouvernement en dresse une liste (elle est ici) qui est très loin d'être exhaustive : prime à la casse de 1.000 euros par véhicule remplacé ; 1 milliard d'euros en soutien au crédit automobile ; 400 millions d'euros à la recherche développement et 500 millions d'euros d'aide pour les véhicules décarbonés ; 300 millions d'euros d'abondement, notamment par le FSI, pour les restructurations dans l'automobile...

Ce tableau impressionnant des cadeaux faits par le gouvernement aux entreprises, et notamment les plus grandes, n'est toujours pas terminé. A ces aides sectorielles, il faut aussi ajouter les aides générales. Ainsi dans le seul cas de la suppression définitive de la taxe professionnelle, effective depuis deux ans, on sait désormais qu'elle a été la réforme la plus coûteuse du quinquennat, puisque son coût est désormais évalué à 5 milliards d'euros. De même, on peut ajouter l'impôt sur les sociétés : comme l'ont révélé les travaux de la Cour des comptes, le taux légal d'imposition est de 33,3%, mais les grandes entreprises ne paient un taux effectif que de 12%, contre 30% pour les PME. Et le gouvernement tolère cela...


La provocation Pébereau

C'est d'autant plus choquant que, globalement, les entreprises se portent financièrement bien malgré la crise, et tout particulièrement les entreprises les plus grandes, dont celles du CAC40. Selon une étude du cabinet d'audit et de conseil Pricewaterhouse Coopers, publiée par Le Monde (17 novembre), ces entreprises du CAC40 devraient ainsi afficher un bénéfice insolent de 87 milliards d'euros en 2011, soit pas très loin du record historique de 101 milliards d'euros enregistrés en 2007. Ceci explique d'ailleurs cela : si les entreprises, malgré la crise, affichent de tels profits, c'est que l'ajustement social est en France particulièrement violent.

S'il le voulait, le gouvernement disposerait de nombreux moyens pour contraindre les entreprises à mieux partager les richesses qu'elles créent, un peu plus à l'avantage du travail, et un peu moins à l'avantage du capital et des actionnaires : soit en rendant conditionnelles les aides qu'il apporte à ces entreprises ; soit en instaurant une taxation en cas de recours abusif aux formes d'emplois précaires.

Mais visiblement, Nicolas Sarkozy a choisi de faire la sourde oreille. Pourquoi se gênerait-il ? Il se trouve même quelques hiérarques, dans la presse, pour l'applaudir en même temps que Michel Pébereau, la figure emblématique de BNP Paribas. Dans un remarquable esprit d'à-propos, un juré composé par quelques économistes de banque, de grands patrons et des responsables de la rédaction des Echos a eu ainsi l'idée d'attribuer mercredi soir au banquier, qui a souvent conseillé Nicolas Sarkozy, le « Grand prix de l'économie 2011 » (voir l'article ici). Sur son blog, l'éditorialiste Dominique Seux (il est là), applaudit à tout rompre, en faisant cette remarque « C'est un grand banquier », tout juste en l'agrémentant de ce codicille : « même si cela paraît une provocation ».

 

Vraiment ? Une provocation ? Mais puisque, parole de Nicolas Sarkozy, il n'y a pas de plan social...

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 12:50

 

Le Buvard Bavaed -16 novembre 2011

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Ce que la grande majorité des médias et des biens pensants appellent le printemps arabe, mimant aveuglément les discours des oligarches au pouvoir, n'est autre qu'une succession de coups d'état en cascade. Les peuples se sont révoltés, l'insurrection des consciences à commencé, certes, mais le fait est qu'il n'y a eu aucune révolution en 2011, AUCUNE, aucun changement radical de paradigme, AUCUN. 

Ci-dessous, je vous propose de lire le témoignage poignant et éclatant de vérité de Zakaria Bouguira, qui nous relate les atrocités et l'inhumanité dont il a été victime à l'aéroport de Tunis. 

Un pas, une porte qui s’ouvre, une respiration, encore un pas. Non ce n’est pas une seule personne, c’est tout un groupe. La cadence s’accélère et mon cœur s’emporte avec. J’entends encore le bruit sourd de mes pulsations qui résonne dans mes oreilles. Mes pupilles se dilatent et mes poils s’hérissent. Je sens la tension qui monte. Mes boyaux se déchirent et ma gorge se resserre. Signes que mon corps est fin prêt à endurer la nouvelle salve.

Des cris, des pleurs, des hurlements. Ouf, ce n’est pas pour moi cette fois, c’est pour les marocains. Je me sens coupable d’éprouver une satisfaction à être épargné mais ce n’est pas mon être qui est au commande c’est mon corps.

Ca fait déjà 3h que je suis là. 3h qui m’ont paru une éternité. Le temps paraît suspendu pour ne rien me laisser oublier. Chaque pensée, chaque bruit, chaque mouvement, semble figé comme si le destin voulait s’acharner doublement sur moi.
Mais je m’étale. Revenons plus en avant...
Il est 18h, j’embrasse mon amie, elle met son sac sur le dos, fait la bise aux autres et part sans se retourner comme happée par la porte d’embarcation. De là sort un premier policier avec un gars attaché. Il le roue de coups sur la tête et sans que cela ne suffise il se retourne vers l’officier à la porte d’embarcation et lui dit : "frappes, frappes, c’est un marocain" (plutôt pas frappes mais niklou omou)!! Puis tout un groupe de policiers (une vingtaine à peu près) sortent avec d’autres marocains en sang. Ils bousculent les voyageurs sans faire attention à personne pour laisser le hall supérieur libre pour leur jeu macabre. Les marocains sont en sang, c’était des gamins. Leurs pulls étaient déchirés et certains n’avaient plus de chaussures. Un des marocains tombe par terre pensant peut être diminuer la cadence des coups mais au lieu d’avoir trois policiers sur lui, c’est maintenant une dizaine qui se ruent sur son corps à coup de brodcains sur le dos. Ils le relèvent et le trainent avec les autres en bas des escaliers. L’aéroport est sans dessus dessous, les passagers et leurs familles courent dans tout les sens, affolés par le spectacle. J’entends des femmes crier aux policiers d’arrêter. Moi par contre je suis scotché sur place, je n’arrive plus à bouger. Ma mère se retourne vers moi et me dit: "Il faut que ça cesse, quel pays de merde". Elle me dit de filmer ça pour que plus jamais ils ne se croient impunis. J’arrache le téléphone d’un ami et je cours descendre filmer le reste de la scène.
Le téléphone m’énerve, j’arrive pas à trouver le caméscope. Je cherche, je tâtonne, merde, ils sont presque sortis. Ah, c’est bon, voila la vidéo. Je lève mon bras pour commencer à filmer... Putain c’est pas en train d’enregistrer, je... Quelqu’un m’attrape par derrière, Aïe! Une gifle. Je suis fait, un policier en uniforme m’a attrapé. Il arrache mon téléphone et me maîtrise. Il appelle ses amis: « Un traitre Un traitre » qu’il dit, « Il veut nous mettre sur Facebook ». Et commence alors une danse macabre entre moi et les policiers. Une danse faite de va-et-viens, de coups et d’évitements. Leur nombre ne cesse d’augmenter. Je crie dans un dernier espoir que je suis innocent, que je n’ai rien fait, qu’ils n’ont pas le droit (mais comme j’étais dupe). Des souvenirs d’enfance me reviennent à ce moment la. Un traumatisme ressurgi. Je me vois à 5 ans en train de fuir une ruche d’abeilles. Mais les abeilles sont de plus en plus nombreuses. Leur bruit est de plus en plus strident. Les piqûres de leur dars me font de plus en plus mal. Je tombe par terre, un policier m’a fait un croche pied. Une 20aine commencent à me chooter. Je revois les visages éclatés et les lèvres déchiquetés de mes amis Amine Rekik et de bachkouta (Walid Ibn Said) à la fac apres les manifestations de mai. Je les revois me dire « Protèges toi le visage ne penses qu’à ça ». Je tire mon blouson comme bouclier et me recroqueville dans ma carapace de fortune. Les coups n’arrêtent pas. J’ai envie de me tortiller de douleur mais je me maîtrise. Je ne leur laisserai pas mon visage ! Je ne leur laisserai pas mon visage !! Je crie, je hurle, j’attends que quelqu’un vienne cesser tout ça.
Ils me relèvent, me sortent de l’aéroport. Un agent de sécurité leur dit: "Lui aussi c’est un marocain" ."Non", lui répond celui qui m’agrippe par le cou, "Lui c’est un tunisien, il veut nous mettre sur Facebook". Et voilà qu’une autre salve de policiers en civils et en uniforme courent vers moi, sommant leurs amis d’attendre. Ils veulent tous y participer. Ils sont 30 autour de moi chacun voulant sa part du gâteau. Un coup de matraque m’atteint à la jambe gauche. Je tombe de douleur et voila que recommence un autre cycle de coups de bottes sur le corps. Cette fois-ci mes mains ne sont pas libres. Ils peuvent m’avoir à la tête ! J’enfonce ma tête contre le sol et j’encaisse sans broncher. Ils finissent par se lasser et me trainent vers le poste. Ils me poussent dans des escaliers. Je monte en prenant attention de ne plus tomber pourtant ma tête tourne, ma vision est trouble et mon équilibre n’est plus. Chaque policier qui passe à coté donne sa contribution.

Enfin je suis dans la salle !! Les marocains sont tous là !! Je m’assois sur une table. "Non", s’écrit un policier "Toi, ta place est dans le coin  par terre", en me donnant un coup de poing en plein visage. J’obéis (je ne peux faire que ça). Ils sortent et ferment la porte derrière. Je revis !!
"Y’a un tunisien ??", "Il voulait filmer ??". La porte s’ouvre. 4 policiers baraqués me regardent et me disent: "C’est toi le tunisien ?" Naïf comme je suis, je leur réponds oui. "Non, toi tu n’es pas tunisien ! Toi tu es un traître ! Toi tu es un israélien". Ils me relèvent et se liguent contre moi. Un marocains s’écrit  "Non laissez le il a rien fait il n’était pas avec nous". D’un cou de botte à la gueule un des policier le fait taire puis se retourne un sourire à la bouche vers son zémil et lui dit: "Tu vois, quand je te disais qu’ils sont amis".  J’essaye de parer leurs coups, je les bloque avec mes avant bras mais je ne les évite pas. Ma chaire doit encaisser leurs coups plutôt que le mur (les représailles seraient terribles). Ils m’emmènent dans la pièce d’à coté et m’installent sur une chaise. Mon calvaire ne s’arrête pas, voilà qu’un gros bonhomme s’approche sournoisement de moi. Il était trapu, petit de taille, si bien qu’assis il ne me dépassait que d’une tête Il avait la cinquantaine, moustachu et un gros bide de bière. Il me dit tout doucement "N’aie pas peur, je vais rien te faire. Tu es tunisien ??  Tu voulais filmer les policiers ??" Je baisse ma garde et je hoche la tête.

Un coup, deux coups, trois coups. Ma tête raisonne sous les chocs, je ne sens plus mon visage. Un poing percute ma tête au niveau de la bouche, mes lèvres éclatent dans une éclaboussure de sang.  "Rabbek, tu veux bruler le pays ?? Les policier sont devenus des moins que rien a cause de votre Facebook  et de votre révolution !! Les marocains vont sortir et toi tu croupiras ici pour haute trahison !! Seul Béji Caied Sebsi te sortira de là".

Ce nom pourtant me redonna un souffle, un souffle qui m’a permis d’encaisser les autres coups. C’était pour moi le repère. Ma haine pour cet homme me rappela que j’étais là pour une cause. Que ce n’était pas moi le méchant.  Que je n’étais pas le traître qu’ils disaient !!
Je suis resté assis là pendant trois heures encaissant les salves de coups les unes après les autres. 6 équipes en tout sont passées sur mon corps pétrifié de douleur. A chaque ouverture de porte je voyais la faucheuse me sourire. A chaque ouverture de porte je m’en voulais d’être né tunisien car la question "C’est lui le tunisien ?" était devenue synonyme de beigne, de raclée. A chaque ouverture de porte j’espérais que le gars qui frappera (car il frappera) n’éprouve rien, que ce soit des coups automatiques et non des coups sadiques. Dans ce commissariat j’ai compris que les plus humains d’entre eux sont ceux qui sont vraiment cruels car les autres ne sont que machines. Que des engins mécaniques, des appareils de torture, des instruments de mort.
Voila la dernière équipe qui entre ! L’un d’eux se retourne vers moi et me dit "C’est toi le fils de Madame Bouguira ??" J’ai compris qu’il était mon sauveur. Il leur dit "Sa mère est médecin. Je la connais. Elle est très inquiète. Elle est diabétique".  Les larmes ruissellent le long de mon visage. Je ne suis plus. Je pense à l’état de mes proches ne sachant ce qu’il m’arrive. Il leur dit que je fais également médecine, que je suis en 5eme année, que je ne suis pas un gars à problèmes, pensant alléger ma sentence. Un de ceux assis à mon chevet se lève alors et me dit: "Tu fais médecine ?" Je lui réponds que oui. Il se mord la lèvre, hésite, se retourne la langue et me donne un coup de poing en plein estomac. "Ceux qui font médecine ne filment pas les policier ! Tu mens ! Toi tu n’es rien, tu es un moins que rien même! Tu ne peux même pas avoir eu le bac!" L’autre (le gentil) l’arrête, le pousse en dehors de la salle et leur demande de ne plus me frapper. Il revient après avec une bouteille d’eau et mets un policier à coté de moi pour me protéger. Les coups se sont arrêtés à ce moment là. 
Mais certaines choses sont peut être pire que les coups. Leurs mots sont parfois plus dures qu’un coup de poing, leurs ricanements plus dégradant qu’une gifle. Je les entends encore me répéter qu’ils m’enlèveront mon pantalon, que je dormirai en jupe, que sous prétexte que je suis blond, je plairai beaucoup au gars de Bouchoucha…

D’autres choses sont tout aussi pénibles. Savoir qu’on est impuissant quand dans la pièce d’à coté des êtres humains sont en train de se faire torturer, de se faire les jouets de policiers frustrés, qu’on les oblige à dire que Mohamed V est une pédale (oui c’est Mohamed VI le roi mais nos policier sont tellement cultivés qu’ils ignorent cette information). D’ailleurs une scène restera a jamais gravée dans ma mémoire. Alors que j’étais aux toilettes pour me laver le visage, un marocain était en train de vomir. Un policier (le baraqué qui est passé à la télé disant qu’il s’est fait agressé) entre et demande à son collègue "C’est un des marocains ?". Ayant appris son identité, il court vers lui et saute avec ses deux pieds sur le marocains écrasant sa tête sur la cuvette. Il lui écrasa encore la face à plusieurs reprises avec un pied contre la cuvette jusqu'à le laisser dans son sang, corps inanimé et tête dans les toilettes. Il sort ensuite des toilettes et court vers la chambre des marocains où son entrée ne causa que cris de douleurs et hurlements de paniques.
Arriva ensuite le temps de la grande mascarade sous les feux des projecteurs. Ayant appris qu’il se pourrait que des témoins aient filmé la scène à l’aéroport l’équipe de télévision a été dépêchée. Al-Watania a été la première à arriver suivi de prés par Hannibal. Mon choc n’a été que plus grand je ne pouvais croire mes yeux. Ces journalistes n’étaient en fait pas les victimes de Ben Ali ou du Système. Non, ces journalistes sont les complices des bourreaux et des tortionnaires. Ces journalistes demandaient aux flics de nettoyer le sang des marocains, de leur donner des pulls propres pour qu’il n’y ait pas de problème pour les policiers. Ces journalistes ayant su qu’une cargaison de munition a été arrêtée chez un libyen n’ont pas hésité à demander à filmer ces cartouches pour orienter encore plus le téléspectateur…
A 22h enfin, mon avocate arrive. Les policiers commencent à sourire. Loin déjà est le temps où ces même policier me ruaient de coups. Loin déjà est le temps où les insultent fusaient. Loin déjà est le temps où j’étais traité tel un objet sans vie. Elle parle deux minutes au big boss On me fait signer un papier (je sais toujours pas ce qu’il y a d’écrit dedans). On me rend le téléphone et je sors !!

J’ai certes été libéré à ce moment là, mais suis-je pour autant devenu libre ?

Zakaria Bouguira


Voici quelques vers rédigés le 14 janvier dernier : 

Littéralement,
Badi Baltazar
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