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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 14:17

LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 09.03.12 | 08h20   •  Mis à jour le 09.03.12 | 11h21

 
 

 

Des membres de l'Armée syrienne libre, le 6 mars, à Jussiyeh, à proximité de la frontière libanaise.

Des membres de l'Armée syrienne libre, le 6 mars, à Jussiyeh, à proximité de la frontière libanaise.AFP/-


Quatre généraux ont déserté pour rejoindre l'insurrection qui combat le régime de Bachar Al-Assad, ont annoncé jeudi 8 mars deux groupes rebelles. Ces militaires hauts gradés ont gagné un camp dans le sud de la Turquie qui regroupe des déserteurs, explique le lieutenant Khaled Al-Hamoud, porte-parole de l'Armée libre syrienne (ASL). Leur identité n'a pas été révélée, et ils sont entendus par les autorités turques.

D'après la même source, ce sont sept généraux de brigade qui ont en tout déserté les rangs de l'armée régulière. Le grade de général de brigade est le cinquième plus haut dans la hiérarchie militaire syrienne. "Nous avons six généraux de brigade qui sont désormais en Turquie et un autre, qui est resté en Syrie pour commander des bataillons", a déclaré Hamoud. "Nous allons former un conseil consultatif pour incorporer ces généraux, mais aussi tous les déserteurs de haut rang, et ce groupe va mener des opérations pour le compte de l'ASL", a-t-il poursuivi. Selon Le Figaro, le pouvoir aurait aussi désarmé les unités sunnites de l'armée "la confession des milliers de manifestants anti-Bachar".

L'ASL compterait 20 000 combattants, en majorité des déserteurs de l'armée gouvernementale. L'armée régulière syrienne est composée de 300 000 soldats.

 

 EXODE VERS LA TURQUIE

Près de douze mille Syriens ont traversé la frontière pour se réfugier en Turquie depuis le début du mouvement de contestation du régime de Bachar Al-Assad en mars 2011, a déclaré un responsable du ministère turc des affaires étrangères. Le nombre total des réfugiés syriens en Turquie s'élève désormais à 11 876 contre environ 9 000 il y a un mois et demi. Des centaines de Syriens ont ainsi récemment traversé la frontière avec la Turquie de peur d'une aggravation de la situation sécuritaire dans la province d'Idleb où l'armée a envoyé de nouveaux renforts jeudi.

L'armée a pris vendredi d'assaut Chaghourit, Al-Laj, Hamimat et As-Sahn quatre villages de la province d'Idleb, où les militants craignent une offensive d'envergure, semblable à celle de Homs, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Un nombre important de chars et de soldats sont rassemblés dans le district de Jabal Al-Zaouia, dans la province d'Idleb, selon Milad Fadl, un militant de la Commission générale de la révolution syrienne.

De nombreux habitant de huit villages de Jabal Al-Zaouia ainsi que de la ville d'Idleb ont fui. Comme ils l'avaient fait pour Homs, les médias officiels concentrent leur couverture sur Idleb, "affirmant qu'il y a des gangs terroristes qui terrorisent la population, pour préparer le public" à une éventuelle offensive, a estimé M. Abdel Rahmane.

 

 

Capture d'écran d'un homme courant dans le village de Bab Tadmur, à proximité de Homs, le 7 mars 2012.

Capture d'écran d'un homme courant dans le village de Bab Tadmur, à proximité de Homs, le 7 mars 2012.AFP/-


ÉMISSAIRE CHINOIS, ACCUSATIONS RUSSES

Pékin, très critiqué pour son soutien au régime de Damas, annonce, vendredi, dépêcher Zhang Ming, un nouvel émissaire en Arabie saoudite, en Egypte et en France (14 au 16 mars) pour expliquer la position chinoise sur la Syrie.

La Russie est opposée au nouveau projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie qu'elle juge "déséquilibré", notamment car il ne contient pas d'appel à un cessez-le-feu de toutes les parties impliquées, a indiqué vendredi le vice-ministre des affaires étrangères, Guennadi Gatilov, cité par l'agence Interfax. "Le problème principal est l'absence d'appel simultané à tous les parties [rebelles et forces gouvernementales] afin de prendre des mesures pratiques dans le contexte d'un cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Le président Assad lutte contre des "terroristes" soutenus par Al-Qaida, dont au moins 15 000 combattants étrangers qui n'hésiteront pas à s'emparer des villes si l'armée s'en retire, a déclaré jeudi Mikhaïl Lebedev, représentant adjoint de la Russie à la mission de l'ONU, lors d'un forum humanitaire consacré à la Syrie.

 

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 14:12

LEMONDE.FR avec AFP | 09.03.12 | 13h48

 
 

 

Manifestation contre la réforme du travail en Espagne. Madrid, le 19 février 2012.

Manifestation contre la réforme du travail en Espagne. Madrid, le 19 février 2012. AFP/DANI POZO

Les deux principaux syndicats espagnols, l'Union générale des travailleurs (UGT) et de la Commissions ouvrières (CCOO), ont lancé, vendredi 9 mars, un appel à la grève générale le 29 mars. Ils entendent protester "contre la réforme du travail et en défense des services publics", la veille de la présentation du budget 2012, marqué par l'austérité.

Les syndicats dénoncent "la décision unilatérale" des autorités espagnoles "de mettre en œuvre une réforme du travail et un nouvel et dur effort budgétaire", a indiqué la CCOO. Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a adopté le 11 février une nouvelle réforme pour flexibiliser le marché du travail, incluant la baisse des indemnités de licenciement et des mesures pour stimuler l'emploi des jeunes.

Le 19 février dernier, alors que des manifestations avaient réuni des centaines de milliers de personnes dans toute l'Espagne, les syndicats avaient déjà prévenu le gouvernement qu'ils appeleraient à la grève générale. Vendredi, la CCOO a en outre répété sa "volonté de maintenir la pression sociale après [la grève] pour modifier profondément la réforme si le gouvernement ne la rectifie pas et ne consent pas à négocier".

Les grèves générales sont rares en Espagne : seules cinq ont été convoquées depuis l'avènement de la démocratie en 1978. La dernière a été organisée le 29 septembre 2010 également pour protester contre une précédente réforme du marché du travail introduite par le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero.

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 17:47

 

Publié par Poetes Indignes le 08/03/2012

 

 

 

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 17:43

lavoixdunord.fr - jeudi 08.03.2012, 11:22  - MATTHIEU DELCROIX ET PIERRE ROUANET


 

Les manifestations se sont multipliées en Europe ces derniers mois - PHOTO AFP
Les manifestations se sont multipliées en Europe ces derniers mois - PHOTO AFP

| INTERNATIONAL |

Dix mois que les manifestations d'Indignés se succèdent en Europe. Un film, Indignados, sorti hier, retrace ce combat. Qu'espèrent ces révoltés ? Quelle issue ? Témoignages.

 

« Ce n'est pas une crise, c'est une escroquerie ! » C'est en scandant ce slogan que plusieurs milliers de manifestants défilaient dans les rues des grandes villes espagnoles, le 29 février dernier. Le même jour, à Londres, le mouvement « Occupy London » prévenait : « This is just the beginning. »

Ce n'est que le début. Le mouvement, inspiré de « Occupy Wall Street », revendique de représenter les 99 % de la population « qui ne peuvent tolérer plus longtemps la cupidité et la corruption des 1 % restants », en prenant pour modèle le Printemps arabe et en encourageant la non-violence.

Plus au sud, la Grèce connaît rarement une semaine sans manifestation. Rome, Tokyo ou Hong-Kong ont aussi droit à des mouvements, plus disparates. Pourquoi, depuis bientôt un an et la prise de la Puerta del Sol à Madrid par Los Indignados, ces révoltés continuent-ils à descendre dans la rue ?

Parce que, partout, ils refusent d'être les seules victimes de la crise. De subir des plans d'austérité drastiques comme en Grèce, l'exemple le plus fort avec une baisse du salaire minimum de 22 %, entre autres. Tous s'en prennent à la finance, responsable à leurs yeux de ce marasme. Un secteur financier déjà ciblé par Stéphane Hessel dans Indignez-vous, la « Bible » des Indignés.

Rupture

Désigner de nouveaux gouvernements, grecs, islandais ou espagnols, ne change rien : quelque chose s'est cassé avec la classe politique, accusée de cautionner le système. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, tente une approche avec le mouvement, en octobre : « Je comprends la frustration des Indignés, conséquence, dans une large mesure, de ce qui se passe dans le secteur financier. » Mais la gestion européenne n'est pas épargnée.

Les manifestants veulent croire qu'une autre voie est possible, une autre société. Les Islandais, dont le pays est un candidat sérieux à l'Europe, auraient-ils montré un début de solution ? Deux fois, en 2010 et 2011, ils ont refusé, par referendum, que l'argent public serve à rembourser des investisseurs privés, floués par la faillite des banques. Dans ce petit pays, la pression populaire l'a emporté. Peut-il en être de même ailleurs ?

Grecs, Espagnols, Indignés et révoltés, tous l'espèrent. Ils témoignent. •

 

Des paroles, des actes

APPEL DE RÉSISTANCE

Le pouvoir de l'argent, tellement combattu par la Résistance, n'a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l'État. Les banques désormais privatisées se montrent d'abord soucieuses de leurs dividendes et des très hauts salaires de leurs dirigeants, pas de l'intérêt général.
Stéphane Hessel

ILS L'ONT DIT

« Nous sommes Anonymes. Nous sommes Légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n'oublions pas. Redoutez-nous. »
La devise des activistes online d'Anonymous. Ils ont participé, entre autres, au lancement du mouvement Occupy Wall Street

EN MARCHE
Ils partent de Bayonne, Marseille, Lille... Les Indignés français marchent sur Paris pour « prouver que le mouvement ne s'est pas essoufflé ». Pour un rendez-vous le 21 avril, veille du premier tour de la présidentielle.

LIRE
« Indignez-vous ! », par Stéphane Hessel, 2010. Éditions Indigène. 3 €.
Courrier International , numéros 1089 et 1075, 2011 Année révoltée et L'indignation est-elle une politique ?

SURFER
Dossier
« Indignés de tous les pays... » sur le site www.courrierinternational.com

VOIR
« Indignados », réalisé par Tony Gatlif, sorti en salles hier.

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 17:35

 

 

Poitiers toma la calle

Poitiers toma la calle

ATTENTION les assemblées populaires auront lieu dorénavant tous les vendredis soirs à partir de 18h30 toujours place du marché (sous l’arbre à palabres près du parvis de Notre-Dame)

Agenda

Samedi 3 mars
(journée de formation DAL86 réservée aux adhérents)
11h-12h : permanence du Dal86 MDS
Concert de soutien aux inculpé.e.s de Toulouse au Plan B à partir de 19h
Mercredi 7 mars
18h : Rassemblement de soutien aux sans papiers devant le Palais de justice.
Vendredi 9 mars
18h30 : AP place du marché (sous l’arbre à palabres près du parvis de Notre-Dame).
Samedi 10 mars
11h-12h : permanence du Dal86 MDS
14h30 : La Coordination poitevine pour la sortie du nucléaire appelle à une manifestation place Leclerc à Poitiers, en souvenir des catastrophes nucléaires de Fukushima et Tchernobyl.
16h30 : Journée nationale d’actions DAL : rassemblement rue du marché Notre Dame (devant les Cordeliers côté place du marché)
Dimanche 11 mars
11 h : Journée nationale d’actions DAL : rassemblement marché des Couronneries rue de Marbourg (entre les deux marchés)
Mercredi 14 mars
19h : conseil d’administration du DAL86. Maison de la solidarité.
Jeudi 1er mars

18h00 : réunion du collectif D’ailleurs nous sommes d’ici MDS
Vendredi 2 mars
18h30 : AP place du marché (sous l’arbre à palabres près du parvis de Notre-Dame).
Vendredi 16 mars
18h30 : AP place du marché (sous l’arbre à palabres près du parvis de Notre-Dame).
Samedi 17 mars
11h-12h : permanence du Dal86 MDS
14h30 : Journée de mobilisation anticolonialiste et antiraciste http://www.demosphere.eu/node/26753
16h30 : Second appel de Poitiers
Vendredi 23 mars
18h30 : AP place du marché (sous l’arbre à palabres près du parvis de Notre-Dame).
Samedi 24 mars
11h-12h : permanence du Dal86 MDS
Nantes : Manifestation pour l’arrêt immédiat du projet d’aéroport à Notre Dame des Landes
Vendredi 30 mars
(Arrivée de la marche de Bayonne)

18h30 : AP place du marché (sous l’arbre à palabres près du parvis de Notre-Dame)
Samedi 30 mars
Journée d’actions en présence des marcheurs
.
11h-12h : permanence du Dal86 MDS
Dimanche 31 mars
Départ de la marche de Bayonne vers Paris.

Pour ce vendredi 2 mars :

Une dizaine de personnes présentes. AP qui a duré une heure.

Ordre du jour

- Compte-rendu de l’assemblée populaire Démocratie réelle Poitiers 25-02-12
- DAL86
- Bricolage mutualisé
- Rencontre régionale
- Marche 2012
- Marseille encore

Déroulement

- Compte-rendu de l’assemblée populaire Démocratie réelle Poitiers 25-02-12 : OK

- DAL86 Rassemblements dans le cadre de la journée nationale d’actions – SAMEDI 10 MARS 16h30 rue du marché Notre Dame (devant les Cordeliers côté place du marché) – DIMANCHE 11 MARS, 11 h, marché des Couronneries rue de Marbourg (entre les deux marchés)

- Bricolage mutualisé et Rencontre régionale en stand by vu que le Dal86 nous prend toute notre énergie.

- Marche 2012 : quelques idées d’actions sont proposées. A voir.

- Marseille encore Nous avons reçu une Déclaration de l’Assemblée Populaire des Indigné-e-s de Marseille. L’un d’entre nous est chargé d’y apporter une réponse. Ce qui n’a pas encore été fait.

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 17:31

http://democratiereelledunkerque.wordpress.com/

 On aime le nucléaire à Dunkerque ! 

Comme nous avons une belle centrale nucléaire juste à côté de chez nous, nous nous devons de fêter le premier anniversaire de l’accident de Fukushima! 

Un accident nucléaire tout à fait maîtrisé et sans conséquences ! 

Nous pouvons nous féliciter sur le fait que le nuage radioactif n’ait touché que la planète Terre !

Sachez Mesdames, Messieurs, que le nucléaire est une source d’énergie écologique puisque les déchets radioactifs se recyclent d’eux même en quelques dizaines de milliers d’années. Cela ne concernera que les générations futures…

Seuls nos enfants en payerons le prix avec une augmentation des leucémies … Mais bonne nouvelle : nous ne serons plus là ! Ce n’est donc pas notre problème !

Nous savons également que des énergies plus propres, moins coûteuses et créatrices d’emplois (l’éolien, le solaire, la géothermie…) existent mais ce n’est pas comme si aujourd’hui nous étions en crise et que nous ayons besoin de travail !

Nous disons merci à l’énergie nucléaire qui est également une source d’emploi pour tous ces nigériens qui peuvent trouver leur place dans la société en travaillant des journées entières dans les mines d’uranium.

De plus la sécurité du nucléaire est assurée, Greenpeace nous l’a démontré le 5 décembre dernier en s’introduisant facilement dans deux centrales nucléaires françaises ! Heureusement que ça n’étaient que des écologistes…

En France en 2006 seulement 739 incidents ont eu lieu sur le parc nucléaire. Nous sommes en sécurité !

Et à Dunkerque ? Aucun risque d’accident !…Nous avons juste la présence record de 13 sites SEVESO autour de la centrale de Gravelines (bientôt 14 grâce au méthanier !), ce qui pourrait créer une explosion en chaîne sur plusieurs kilomètres… et offrirait enfin une belle grande plage à Saint Pol sur Mer !

Nous sommes chanceux quand même ! Nous, on remercie le nucléaire ! Et pour vous montrer qu’il n’y a aucun problème avec cette technologie, nous vous offrons une petite dégustation de sushis tout droit importés de Fukushima ! 

Vos papilles vont déguster…

Si vous aussi vous aimez le nucléaire, rejoignez-nous samedi 10 mars à partir de 10h30 devant le café du Milord place Jean Bart !

 


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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 17:28
politis.fr - Résistances
8 mars 2012

 

Les Indignés ont repris la route à l’occasion de la présidentielle. À Marseille, Bayonne, Toulouse, Lille, Strasbourg ou Clermont-Ferrand, le départ de la « Marche des possibles » devait être donné dans les premiers jours du mois de mars, dans l’idée de rallier Paris vendredi 20 avril, deux jours avant le premier tour du scrutin.

À pied ou à vélo, les Indignés sillonneront les routes de France pour une épopée « consultative » à la rencontre des Français. À l’issue de cette marche, une « assemblée constituante » doit se tenir dans les rues de Paris, le 20 ou 21 avril. En septembre 2011, une première marche avait rallié Bruxelles, en provenance de toute l’Europe, pour trois jours de forum. Plusieurs dizaines d’Indignés, notamment espagnols, s’étaient ensuite dirigés vers Nice, où se tenait début novembre le « forum des peuples » en opposition au G20 de Cannes.

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 16:34

| Par Carine Fouteau

Nantes, de notre envoyée spéciale

Poursuivi pour avoir blessé au visage un manifestant avec un LBD40×46, arme de première catégorie à viseur de type flashball, le 27 novembre 2007, le policier jugé par le tribunal correctionnel de Nantes encourt jusqu’à sept ans de prison. Une journée et demie d’audience plus tard, la décision a été mise en délibéré au 3 avril 2012.

Suite à une instruction défaillante, le juge a pris le temps nécessaire au débat. Après avoir consacré la journée du 6 mars aux questionnements (notre article), il a laissé place, le 7, aux plaidoiries : moins de témoignages que la veille sur les pratiques policières en matière d’utilisation du flashball et du «lanceur de balles», mais des argumentaires détaillés des différentes parties, permettant de constater des divergences d’intérêts entre le fonctionnaire de police, prêt à «mouiller» un collègue, et le ministère public, en défense de la hiérarchie.

Pour aboutir à la même conclusion : selon eux, les policiers, dépositaires de l'autorité publique, ne peuvent être dans l'illégalité s'ils obéissent à un ordre de leurs supérieurs.

Prémices du rassemblement contre les violences policières le 7 mars 2012 devant le Palais de justice de Nantes. 
Prémices du rassemblement contre les violences policières le 7 mars 2012 devant le Palais de justice de Nantes.

Accompagné de ses proches, Pierre Douillard, 16 ans au moment du drame, qui a perdu l’usage de l’œil droit, a quitté la salle en signe de protestation lorsque l’avocat du prévenu a recommencé à mettre en cause le fait qu’il ait pu identifier son agresseur après le choc subi.

Peinant à convaincre que son client en a blessé un autre (qui n’a pas porté plainte, ce qui exclut tout risque de poursuite), Laurent-Franck Liénard, dans une stratégie de la terre brûlée, s’en est pris aussi bien à l’accusation qu’à la hiérarchie policière. «Où sont les supérieurs qui ont donné les ordres ?» s’est-il interrogé regrettant leur absence. Même l'agent de la Bac, qui a lui aussi ouvert le feu lors de la manifestation, en a pris pour son grade, l’avocat jugeant «inadmissibles» ses déclarations à propos des «tirs à l'aveugle». S’adressant au juge : «Mon client, vous l’avez vu à l’audience. Il est sobre, net, droit dans ses bottes», comme si cela devait garantir sa probité et son innocence.

Lui-même se fait fort de ne défendre que des «victimes-policiers». Il a sa petite idée sur le cadre légal du LBD40×46. La légitime défense ? Balayée. Alors qu’en 2007, les instructions prévoient de limiter l’usage de cette arme à ce seul motif, il estime que les policiers peuvent s’en dégager en cas d’«attroupement», de manifestation, et, plus généralement, dès qu’ils sont «pris à partie par des jets de projectiles». La question de la proportionnalité de la riposte, il ne la pose même pas, puisque, selon lui, un fonctionnaire qui reçoit un ordre n’a d’autre possibilité que d’y obéir.

Expéditif, l’avocat de la défense paraît isolé lorsqu’il reproche au procureur de ne pas avoir explicitement requis la relaxe. «Moi, j’ai l’honneur de prononcer ce mot !» lance-t-il, car «vous ne pouvez pas dire à un policier de 25 ans qu’il va aller en prison parce qu’il respecte la loi et les ordres.»

« Est-ce l’autorisation de tirer n’importe où et n’importe comment ?»

De fait, Yann Richard, le représentant du ministère public, se contente de demander au juge, à l’issue de son réquisitoire, de tirer les «conséquences légales» de ses propos. Il paraît embarrassé : c'est que, pour parvenir aux mêmes conclusions que l’avocat du policier, il en passe par un argumentaire détruisant en partie sa défense.

Le procureur en est convaincu : Mathieu Léglise a tiré et blessé Pierre. Il affirme même qu'il convient de «s'interroger sur l'usage de ce genre d'arme en maintien de l'ordre», mais que ce n'est pas le moment puisqu'il s'agit d'une question de responsabilité administrative et non pénale. Il souligne aussi l'extrême dangerosité du LBD 40×46 en évoquant des blessures «dramatiques».

Il admet, comme les parties civiles, qu’il n’y a pas eu de sommations, contrairement à ce que prévoit le règlement. Et souligne que le prévenu a échoué à apporter la preuve qu’il a agi en légitime défense. Il n'est toutefois pas prêt à faire condamner un homme, car cela reviendrait à sacrifier la hiérarchie, quand le policier cherche à éviter les sanctions pour lui-même.

Selon l’article 122-4-2 du Code pénal, le fonctionnaire peut refuser d’obéir à un ordre si celui-ci est considéré «manifestement illégal». Saluant le «courage» du commissaire qui «a revendiqué la décision du tir», le parquet livre une vision de la fonction d’agent de l’État laissant peu de place au libre arbitre. «Monsieur Léglise est un gardien de la paix. Il est là pour exécuter, pour aller au contact. Comment aurait-il pu dire que l’acte était illégal alors que toute sa hiérarchie dit le contraire ?»

C’est paradoxalement du côté de l’accusation que le policier est le plus pris au sérieux… de manière qu’il ne puisse pas s’exonérer de sa responsabilité pénale. «Monsieur Léglise est expérimenté, rappelle Catherine Glon, l’avocate de Pierre et ses parents, il a été habilité au tonfa et au flashball» avant de l’être en juin 2007 au LBD40×46.

Pour elle, d’une part le policier à la barre est l’agresseur du jeune Nantais et d’autre part il a commis plusieurs fautes : il n’a pas agi en légitime défense et son geste est disproportionné par rapport au but poursuivi. «Il n’y avait pas de situation de danger (…). Est-il raisonnable d’alléguer la légitime défense quand on tire, à 18 mètres, alors que tout est dégagé devant soi et que vous êtes derrière une grille de fer ?» s’exclame-t-elle, en référence aux circonstances du tir.

Recevoir un caillou sur la tête n’autorise en rien de sortir son LBD, martèle-t-elle ensuite. Peut-il enfin se fonder sur la notion de «commandement de l’autorité légitime» ? Non, selon elle, car sans riposte «nécessaire et proportionnée», cet usage est «manifestement illégal» selon l'expression du Code pénal. Ou alors, demande-t-elle au procureur de la République, «est-ce l’autorisation de tirer n’importe où et n’importe comment ?»

Le représentant de la Ligue des droits de l’homme, qui s’est également constituée partie civile, a rappelé quelques évidences oubliées, comme la liberté de manifester et le risque d'arbitraire lié à l'usage de la violence dite légitime, et s'est élevé contre l’idée d’expérimenter sur des jeunes lors d’une manifestation une arme supposée répondre aux émeutes urbaines. Comme d’autres, Pierre-Henri Marteret a regretté de n’avoir pu entendre à l’audience la hiérarchie policière, si silencieuse aujourd’hui, qui s’en sort sans une éraflure.

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 16:27

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Montsanto vient de faire de nouveau parler de lui, à la suite du recours qu'avaient fait des associations écologistes concernant l'autorisation de mise sur le marché de son herbicide préféré, le Roundup dont il cherchait a imposer l’innocuité. Le Conseil d'État vient de trancher. Son verdict définitif va dans le sens de la première demande des associations dont Générations Futures :  il annule la décision de refus d’abrogation de l’autorisation du Roundup Express pour prise en compte insuffisante par le ministre d’une substance présente dans le produit et inscrite sur la liste communautaire des « substances actives ». Le ministre de l’agriculture devra procéder, après avis de l’AFSSA, à un réexamen de cette demande d’abrogation dans un délai de six mois. En d'autres termes, le ministre de l'agriculture est dans l'obligation de ré-examiner l'autorisation de mise sur le marché du Roundup Express. En plus de cette obligation, l'État devra verser 3000 euros à l'association Générations Futures. Il rejette en revanche les deux autres requêtes portant sur les deux autres produits incriminés.

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Le communiqué de "Générations Futures" permet de mieux se rendre compte de la portée du jugement :

Communiqué de presse : LE CONSEIL D’ETAT ORDONNE LE REEXAMEN DU ROUNDUP EXPRESS DE MONSANTO Communiqué de presse : LE CONSEIL D'ETAT ORDONNE LE REEXAMEN DU ROUNDUP EXPRESS DE MONSANTO7 mars 2012

CONSEIL D’ETAT (06/03/2012) : LE CONSEIL D’ETAT ORDONNE LE REEXAMEN DU ROUNDUP EXPRESS DE MONSANTO, PRODUIT VENDU AUX JARDINIERS AMATEURS, ET OBLIGE L’ETAT A EXAMINER L’EFFET COCKTAIL DES SUBSTANCES DES PHYTOSANITAIRES

Suite à l’action de Générations Futures, association de défense de l’environnement et de la santé publique, et Jacques Maret, agriculteur biologique, le Conseil d’Etat enjoint au Ministre de l’Agriculture d’examiner de nouveau la toxicité du Roundup Express en raison de la présence d’acide pélargonique, substance active marché non prise en compte dans l’évaluation

Cet arrêt pose en outre des principes importants en matière d’évaluation des phytosanitaire :

1. la charge de la preuve repose sur le Ministre de l’Agriculture (et non sur les requérants) lorsqu’il s’agit de retirer une substance de la liste européenne des « substance actives » en application de la définition des ces substances (précisée dans l’arrêt)

2. l’évaluation d’un phytosanitaire doit porter à la fois sur les substances actives ET sur les « effets synergiques entre la substance active et les autres substances entrant dans la composition du produit ».

Rappel des faits Générations Futures et Jacques Maret ont demandé au Ministre de l’Agriculture l’abrogation de l’autorisation de mise sur le marché de trois formulations de désherbant Round Up® de MONSANTO, les RoundUp® Express, Extra 360 et GT Plus, en raison de la présence de substances dans leurs compositions qui n’ont pas été évaluées en tant que "substances actives", ce qui fausse l’évaluation de la toxicité de ces formulations. Cette demande d’abrogation a été refusée par le Ministre, décision qui a été attaquée devant le Conseil d’Etat. Les requérants se sont fondés principalement sur le fait que des substances présentes dans ces formulations de RoundUp® présentant les caractéristiques d’une substance active, n’avaient pas été considérées comme telles au sens de la législation européenne, et donc n’avaient pas été évaluées dans l’évaluation de la toxicité de ces RoundUp®.

Le Conseil d’Etat donne raison à Générations Futures et J Maret sur le Round Up® Express. Au terme d’une procédure complexe, notamment sur le plan scientifique, le Conseil d’Etat a retenu leur argumentation sur le cas du Roundup Express et a annulé de la décision de refus de retrait du Ministre. Il enjoint au Ministre de réexaminer dans un délai de six mois la demande d’abrogation de l’AMM du Round Up® Express et de verser aux requérants la somme de 3.000 € de frais de procédure.

En effet, relevant :

  • que l’acide pélargonique a été inscrit sur la liste des substances actives autorisées à compter du 1er septembre 2009 par la directive 2008/127/CE de la Commission du 18 décembre 2008 modifiant la directive 91/414/CEE du Conseil ;
  • que les avis du 16 avril 2007 26 mars 2009 de l’AFSSA ne font aucune mention de la présence d’acide pélargonique dans la préparation Roundup Express, ni à titre de substance active, ni à titre de coformulant ;

Le Conseil d’Etat en déduit que le ministre n’a pas mis en œuvre une méthode d’évaluation appropriée du Round Up® Express et que dès lors, son refus de retirer ce produit doit être annulée et que le ministre doit réaliser une nouvelle évaluation de cette substance.

« Il s’agit d’un évènement considérable » selon Générations Futures et Jacques Maret, « car pour la première fois la plus haute juridiction administrative se prononce sur la légalité même de l’AMM d’un Round Up® et, partant, sur le contrôle de sa toxicité. Cette décision est d’autant plus importante qu’elle concerne un herbicide, le Roundup Express, qui autorisé à l’emploi dans les jardins. Cette décision concerne tous les consommateurs et leurs enfants. En effet, le Conseil d’Etat considère, comme nous, que sa toxicité n’a pas été correctement évaluée, ce qui est particulièrement regrettable pour un produit vendu au grand public et utilisé dans les jardins des familles » selon F. Veillerette, Générations Futures et Jacques Maret,

Manque de transparence sur les pesticides  : le secret commercial nuit à la santé publique !

Concernant les Roundup EXTRA 360 et GT, le Conseil d’Etat a rappelé l’obligation pour le ministre de procéder à une évaluation des phytosanitaire portant à la fois sur les substances actives ET sur les « effets synergiques entre la substance active et les autres substances entrant dans la composition du produit ». Néanmoins, contrairement à l’avis des requérants, le Conseil d’Etat a considéré que « l’analyse des risques des préparations réalisée par le ministre de l’agriculture n’avait pas omis de prendre en compte les effets « synergiques » du glyphosate et de l’autre composant présent dans ce produit ».

Néanmoins, les requérants ne peuvent que constater l’impossibilité pour les consommateurs et professionnels de l’agriculture de vérifier la véracité de cette analyse, puisque les composants exacts de ces formulation sont tenus secrets !

Tout au long de cette action, les requérants et leurs avocats, dont Me Franz Vasseur, ont été marqués par la difficulté d’accès aux données sur la composition réelle des phytosanitaires, les obligeant à réaliser de coûteuses analyses scientifiques dès 2009. Cette omerta sur la composition des deux autres Round Up® les a empêchés d’obtenir les informations utiles sur leurs composants pour emporter la décision.

« Nous allons continuer notre action de surveillance de la sécurité des processus d’homologation des pesticides et aussi demander aux autorités qu’elles lèvent le secret sur la composition complète de ces produits pesticides car cette omerta empêche ou rend très difficile toute contre expertise indépendante en la matière : ce secret nuit gravement à la santé publique et n’est pas acceptable en démocratie », ajoutent François Veillerette (porte-parole de Générations Futures) et Jacques Maret.

Pour obtenir d’autres informations, merci de contacter : Génération Futures

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 16:21

 

| Par rachida el azzouzi

S. s'est mise aux antidépresseurs : elle en a « besoin pour tenir ». « Au boulot, rien ne va plus. » Elle ne reconnaît plus l'association qui l'emploie depuis plus de trente ans. Ses collègues « tombent comme des mouches ». « En ce moment, la moyenne, c'est deux arrêts de travail par semaine, des arrêts justifiés, pas de complaisance », dénonce-t-elle, la voix tremblante. Et pas n'importe qui : « Des bons, des solides, des responsables de service, craquent sous la pression de la hiérarchie, qui mène, tambour battant, une vaste restructuration à l'opposé des valeurs et de l'éthique de la maison. »
  

S. a peur de témoigner à visage découvert comme la plupart de ses collègues, cités tout au long de cet article. « Peur des représailles, qu'on me mute, me mette au placard ou me licencie » : « C'est arrivé à plusieurs d'entre nous. » S. travaille au sein de l'Afpa, l'association pour la formation professionnelle des adultes. La vénérable institution, un poids lourd né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour couvrir les besoins urgents de la reconstruction de la France, est engagée depuis 2009 dans de vertigineuses réformes qui l'ont plongée dans la crise.

 

Le centre Afpa d'Amiens 
Le centre Afpa d'Amiens© Rachida El Azzouzi

 Le financement de cet organisme indispensable au bon fonctionnement de l'emploi a été radicalement revu. D'outil du service public aux mains de l'Etat, l'Afpa est passée, décentralisation oblige, dans le giron des régions, déjà étranglées. Et surtout, en vertu des règles européennes, elle ne peut plus toucher de subventions et doit répondre aux appels d'offres comme n'importe quel organisme de formation sur le marché du public comme du privé. Ce virage brutal a plongé dans le grand bain de la concurrence ce mammouth, deuxième organisme de formation en France après l'Education nationale.
  

Pour piloter ce changement de « business model », le gouvernement a nommé directeur général de l'Afpa un énarque qui connaît bien « le service public qui change », un quadra normalien formé à l'école « Raymond Soubie » (le conseiller chargé un temps du social à l'Elysée) : Philippe Caila, ancien directeur adjoint du cabinet d'Eric Woerth au budget et ancien directeur de cabinet d'André Santini au secrétariat d'Etat à la fonction publique.

Mais sur le terrain, la réforme et « sa logique ultralibérale », disent les syndicats, ne passent pas. La déclinaison du « plan stratégique » se fait dans la douleur, génère une désorganisation profonde et une grande souffrance au travail dans le rang des salariés, passés de 12.000 à 9.000 en moins de trois ans, soit 3.000 suppressions d'emploi, essentiellement des formateurs.
  

A l'heure où le chômage bat des records et où Nicolas Sarkozy martèle dans ses discours à la Nation qu'il faut former les demandeurs d'emploi, « priorité absolue », les intersyndicales et les représentants du personnel s'unissent pour dénoncer « le démantèlement », « la casse », « la privatisation » de l'Afpa qui forme, de fait, de moins en moins de chômeurs, son cœur de métier. Et pointent du doigt la contradiction du gouvernement : « A chaque élection, on a droit à de grandes déclarations. Cette fois-ci, c'est pire. On a un président candidat qui promet une formation qualifiante à tous les chômeurs alors que depuis cinq ans, c'est tout le contraire de ses déclarations qui est appliqué à l'Afpa », constate, amer, Alain Guillemot, le secrétaire général de la CFDT Afpa.

 


 

Dans tout l'Hexagone, les tracts, les lettres ouvertes, les motions et les grèves se multiplient et se ressemblent. Du Nord-Pas-de-Calais au Languedoc-Roussillon, en passant par la Champagne-Ardenne, la Lorraine, l’Alsace, l’Aquitaine, le Limousin, l’Auvergne, l’Ile-de-France ou encore la région Rhône-Alpes... les mêmes problématiques affectent les campus, illustrent la dégradation de cette école de la deuxième chance, à la pointe de la pédagogie, qui répond depuis 1949 aux deux défis de l'économie française : la lutte contre le chômage et la pénurie de main-d'œuvre.
  

Formations surchargées ou en sous-activité, assèchement de l'alimentation du dispositif à la suite du transfert des 900 psychologues de l'Afpa à Pôle emploi, plateaux techniques et d'hébergement en mauvais état faute d'investissement et d'entretien, transfert de tâches vers un personnel non formé, fermeture de sections, suppression d'effectifs, non-remplacement des départs, pénurie de moyens, pression des objectifs... Les cahiers de doléances s'alourdissent, conséquences directes, selon les syndicats, du fait de passer d'un mode de subvention à une procédure d'appels d'offres, de « vouloir transformer l’Afpa en compagnie “low-cost” de la qualification et en “hard-discounter” du parcours de formation ».

En Picardie où S. est en poste, l'une des plus petites régions Afpa, avec 311 salariés (effectif CDI et CDD en 2010), cinq centres et une direction régionale, le malaise est criant, les salariés en grande détresse. Début janvier, au micro de France Inter (NDLR - à partir de la minute 12), Catherine, une employée, interpellait avec virulence Nadine Morano, la ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle, sur la situation « particulièrement catastrophique » de l'Afpa Picardie. « Le personnel se demande comment il va tenir (...). Est-ce que vous attendez des suicides avant de réagir ? », implorait-elle.
  

S. était en route pour le travail lorsqu'elle a entendu ce cri d'alarme dans son poste. « Ça m'a fait un bien fou d'entendre une collègue courageuse attirer l'attention des pouvoirs publics sur notre sort car on se sent isolés, ignorés », confie-t-elle. « On ne sait plus où on va. Quels que soient le service, notre niveau, on craque devant les ordres et contre-ordres, les dysfonctionnements, les changements stratégiques constants. Toutes les lignes de métier sont impactées », raconte un autre employé, qui a « triplé » sa dose journalière d'antidépresseurs.

«Je ne dormais plus. Je songeais à me foutre en l'air»

 En Picardie, depuis le « plan stratégique », les salariés ont l'impression de « prendre le chemin de France Télécom » et mettent en cause le management de leur direction régionale qui s'est durci avec l'arrivée d'Annie Dole il y a un an et demi. « C'est marche ou crève. Si t'es pas content, tu prends la porte », note R., un cadre, rompu au management, qui vit le premier arrêt de travail de sa carrière à 50 ans, « un coup violent ». Victime du syndrome d'épuisement professionnel, du « burn-out », R. a « pété les plombs » il y a quelques semaines, « pressé comme un citron ». « J'étais obnubilé par l'Afpa. Je ramenais tout à la maison. Je ne dormais plus. Je songeais à me foutre en l'air. »

Au sein de l'Afpa-Picardie, les indicateurs mesurant stress et sécurité au travail ont explosé. Ils sont deux à trois fois plus élevés que la moyenne nationale Afpa, lesquels chiffres sont déjà bien au-dessus de la moyenne des professions parmi lesquelles la caisse d'assurance maladie des travailleurs salariés classe l'association. Entre 2009 et 2010, le nombre d'accidents avec arrêts de travail a bondi de 200 %, le nombre de journées d'arrêts de travail de 647 %. « Les chiffres 2011 seront pires », prédit Marc Normand.
  

Délégué régional CGT, élu au comité d'établissement régional et président de la commission des conditions de travail, ce formateur en chimie industrielle, entré en 1983 à l'Afpa, constate, chaque semaine, les effets néfastes de la réorganisation sur le moral des troupes. Il cite l'exemple du service commercial, à Amiens, où la moitié du service est à l'arrêt, dont plusieurs responsables d'affaires. « On leur demande des objectifs irréalistes. Sur certaines formations, ils doivent faire 400 % de plus par rapport à l'an dernier, une gageure. On leur demande de compenser la perte du marché public en allant chercher le privé sans prendre en compte le contexte économique défavorable. Il faut tout de suite récolter. Or, dans ce milieu, il faut d'abord labourer, semer puis récolter », abonde un cadre qui côtoie au quotidien l'équipe de commerciaux.
  

« Perte de repères, instabilité permanente, réorganisation des métiers et des services, mobilité géographique, on assiste à une transformation du système à marche forcée, très rapide, très brutale. A France Télécom, la restructuration a été beaucoup plus lente dans le temps. Elle a été accompagnée. Nous, nous sommes seuls », note un syndicaliste. Seuls pour conduire une réforme dont l'esprit est en contradiction avec les missions historiques de l'Afpa : « La formation professionnelle, ce n'est pas une industrie mais de l'humain ».

 


 

Un ancien directeur régional avoue avoir été « chanceux » que la réforme tombe en même temps que sa retraite : « J’aurais eu des difficultés à l’accepter car elle est contraire à l’état d’esprit de l’Afpa. Je ne voyais pas l’association rentrer dans des logiques dictées par le marché et se soumettre à des appels d’offres annuellement remis en cause. L’institution ne peut qu’être fragilisée. Les formateurs peuvent se retrouver avec un statut aussi précaire que ceux qu’ils forment. »
  

Stagiaires en baisse et de moins en moins satisfaits, notamment les chômeurs (1.000 demandeurs d'emplois en moins formés entre 2008 et 2010, soit un tiers), salariés déboussolés qui se retrouvent sans activité et contraints à la mobilité géographique pour certains, formateurs en sur ou sous-activité, effectifs passés de 251 CDI à 200 en deux ans... En Picardie, les difficultés sont les mêmes que partout ailleurs et se font sentir dans les résultats financiers.
  

Malgré sa petite taille, la région était l'une des meilleures élèves et offrait des formations de pointe, sans équivalent sur le territoire national comme en chimie industrielle ou en traitement de l’eau. « On venait de toute la France pour y participer. Aujourd’hui, du fait de la régionalisation des financements, ces filières ont du mal à recruter car les stagiaires hors-région ne sont pas financés », pointe Marc Normand de la CGT.

Chaque année, l’Afpa Picardie totalisait entre 3,5 et 5 millions d'euros d'excédents brut d'exploitation. En 2011, dix mois après la déclinaison du plan, elle devrait accuser un déficit de 1,5 million d'euros qui s'explique notamment par une baisse de 25 % de l'activité de formation principalement sur les demandeurs d'emploi. A l’échelon national, le chiffre d’affaires 2011 visait les 950 millions d’euros. Il est en réalité de 847 millions d’euros, soit une perte de 100 millions d’euros.
  

L'un des facteurs aggravants de ces mauvais résultats en Picardie est le refus de la direction régionale de prendre part au SIEG (service d'intérêt économique général), proposé par la région socialiste, dont le statut juridique permet de déroger aux règles de commande publique et de garantir à l’Afpa la continuité de ses « actions de formation d’intérêt général » au travers de conventions pluri-annuelles. « Ce dispositif, nous l'avions pensé pour elle. C'était une façon de lui donner du travail. On créait comme une régie, on sécurisait l'organisme, explique Didier Cardon, vice-président chargé de la formation professionnelle au conseil régional de Picardie depuis 2004, mais la direction régionale n'en a pas voulu avant de se rétracter six mois plus tard, ce qui leur a valu des pertes de marché importantes. »
  

Pour Didier Cardon, « la formation régie par les marchés, c'est un moule destructeur. Il faut revoir la réforme de la formation professionnelle. Ce n'est pas un marché comme les autres surtout lorsqu'il concerne un public esquinté par la vie ». L'élu socialiste contemple la dégradation en Picardie avec impuissance : « Quand on brusque des cultures, on se trompe. On les aiderait bien mais nous ne sommes que partenaires. »

«Avant, tu travaillais pour les stagiaires, aujourd'hui, tu travailles pour le pognon»

 L'association se dégrade à l'image de son patrimoine immobilier au coeur d'un bras de fer juridique avec l'Etat qui lui en a transféré la charge comme le prévoyait la loi du 24 novembre 2009 sur l'orientation et la formation, décision finalement annulée par le Conseil constitutionnel en décembre 2010.

Le centre d'Amiens en zone industrielle, des bâtiments vétustes des années soixante, sur huit hectares, en témoigne. « Pour aller d'un atelier à l'autre, il faut passer par la pelouse boueuse car les escaliers sont défoncés », explique Fabrice Casselman, le délégué régional de la CFDT Afpa. En cette fin février, les rares stagiaires à être hébergés jouent au ballon sur le terrain de jeu obsolète. « Avant, il y avait des animations socio-éducatives et les hébergements étaient pleins. Aujourd'hui, on ne les remplit pas. Ce devrait pourtant être un atout pour vendre de la formation mais on n'y arrive pas », déplore l'élu CFDT.

Fabrice Casselman, CFDT Afpa Picardie 
Fabrice Casselman, CFDT Afpa Picardie© Rachida El Azzouzi

Dégagé à 100 % sur ses heures syndicales, Fabrice Casselman a décalé sa semaine de vacances pour pallier le manque d'effectifs et remplacer son collègue formateur en électricité. « Il nous reste encore la solidarité. » Ingénieur passé par l'automobile et l'agroalimentaire, il travaille à l'Afpa depuis seize ans. Une passion « J'adore ça, transmettre mon savoir, participer à remettre sur le monde du travail des populations en difficulté »   ternie par la réforme. « Avant le transfert aux régions, nous étions des oisillons dans un nid avec le bec ouvert. Aujourd'hui, il faut aller chercher la pitance », résume-t-il.
  

Tous les jours, il boit le café avec ses camarades formateurs. « Il y a dix ans ils avaient tous les yeux qui brillent de travailler à l'Afpa. Aujourd'hui, ils viennent tous à reculons. Artisans efficaces, on veut en faire des monteurs des lignes Peugeot. » Tous se plaignent des lourdeurs administratives, du nouveau logiciel SIHA pour les commandes de matériel, « la croix et la bannière », rage D., 50 ans. Vingt ans que ce spécialiste « froid climatisation » forme des stagiaires. Aujourd'hui, il vient « presque en marche arrière » : « Il n'y a plus de concertation entre le formateur et le manager de formation, plus de remplaçant si on part en congés. On n'a pas la direction régionale qu'il faut. Tout est fait sens dessus dessous au détriment de la qualité. Seule la rentabilité compte. Avant, on parlait HTS (heures travaillées stagiaires), aujourd'hui, on parle CA (chiffres d'affaires). »
  

E., en bleu de travail, formateur depuis vingt ans, fait une pause derrière son ordinateur. « Las ». Depuis deux ans, il « se demande tous les matins s'il va venir bosser » : « On n'a plus les moyens de travailler correctement. A la maintenance, je suis seul et je dois aussi assurer l'électricité alors que je ne suis pas électricien. » Il peste après ses stagiaires qui totalisent pour certains jusqu'à 209 heures d'absence et dont « tout le monde se fout sauf lui», déplore la disparition des psychologues, passés à Pôle emploi : «On n'a plus de suivi psychopédagogique des stagiaires. » « Ces derniers mois, les conditions de travail se sont dégradées, poursuit-il. Les formations sont plus courtes avec des stagiaires en difficulté et on doit arriver aux mêmes résultats. »
  

 

Jean-Luc Madani du pôle Afpa Beauvais 
Jean-Luc Madani du pôle Afpa Beauvais© Rachida El Azzouzi

« Avant, tu travaillais pour les stagiaires, aujourd'hui, tu travailles pour le pognon. » Ancien employé d'une entreprise de chaudronnerie à Toulouse, Jean-Luc Madani a rejoint les rangs des formateurs de l'Afpa Picardie il y a trois ans au moment de la restructuration.

Il ne se doutait pas à son arrivée du « démantèlement qui se tramait », « un PSE (plan de sauvegarde pour l'emploi) déguisé », « la technique de France Télécom », condamne-t-il. Voyant son centre de Beauvais se vider « un centre où la grande problématique était de se garer. Aujourd'hui, il n'y a plus que deux voitures, la moitié des formations ont été supprimées » , il a renoué avec le syndicalisme de sa jeunesse. Défenseur Prud'hommes pour l'Oise, secrétaire du CHSTC, délégué CFDT, il en est à sa sixième saisine de l'Inspection du travail pour délit d'entrave. « Nous sommes de la viande. A Beauvais, un médecin du travail écrit noir sur blanc que les salariés sont en grande détresse. Personne ne bouge. Martyriser, décourager le salarié, c'est la solution qu'ils ont trouvée pour tailler dans les effectifs n’ayant pas les moyens d’un PSE. »
  

Fabrice Casselman renchérit : « La direction régionale joue la carte du pourrissement, de la gangrène. Comme ça, on coupe le membre et on s'en sépare. » Et de citer plusieurs exemples de salariés poussés à la démission ou licenciés, selon eux, pour « des motifs bidon », dont des cadres de direction.

L'un d'entre eux, Patrice Guénard, responsable des ressources humaines à la direction régionale à Amiens, d'abord mis à pied en septembre 2010 puis licencié en juin 2011 après trente ans de maison, et à ce jour toujours pas remplacé, est devenu « un cas emblématique ». Soutenu par les salariés et par les représentants du personnel, il doit prochainement passer devant le conseil des prud'hommes. Son avocate, Marie-Solange Orts, compte démontrer qu'il est victime « de méthodes de management au mépris des personnes, des accords collectifs et de la législation ».
  

« Des cas similaires sont éprouvés dans d’autres régions. Il y a une volonté certaine de faire le ménage », appuie Marc Normand. Comme ses camarades syndicalistes, le délégué régional de la CGT exige « le retrait du plan stratégique en cours et le retour à une Afpa de dimension nationale ». S., elle, en appelle aux candidats à la présidentielle, qu’ils se positionnent clairement sur la formation professionnelle et qu’ils stoppent ce « gâchis ».

 


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