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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 16:11

 

| Par Fabrice Arfi et Karl Laske


Mouammar Kadhafi a-t-il financé Nicolas Sarkozy ? La question, soulevée peu avant la guerre en Libye, vient d’apparaître en toutes lettres dans l’affaire Takieddine. Selon un document consulté par Mediapart, le marchand d’armes Ziad Takieddine, organisateur en 2005 des visites du ministre de l’intérieur et de ses proches en Libye, puis en 2007 du président élu, aurait mis en place les « modalités de financement » de sa campagne présidentielle par le régime de Kadhafi, en lien avec Brice Hortefeux, alors ministre des collectivités locales.

Le 18 octobre 2011, les policiers ont versé au dossier d’instruction une note de synthèse sur laquelle figure une référence à un document baptisé « GEN/ NS V. MEMO DG », qui contient sans les expliciter les initiales du président de la République. Cette note de synthèse a été rédigée et remise aux enquêteurs par un témoin du dossier, Jean-Charles Brisard, ancien membre de l’équipe de campagne d’Edouard Balladur, en 1995, aujourd’hui dirigeant d’une société de renseignements privée. Le document contient aussi les références du compte suisse de la sœur de Jean-François Copé, le patron de l’UMP, dont M. Brisard est un proche.

 

MM. Kadhafi et Sarkozy 
MM. Kadhafi et Sarkozy© Reuters

Mediapart s’est procuré l’intégralité du document « GEN/ NS V. MEMO DG », dont seul le titre apparaît dans la note de synthèse et qui n’a pas été communiqué aux enquêteurs par M. Brisard. Son contenu est explosif. Il s’agit des confessions de Didier Grosskopf, « DG », l’ancien médecin personnel de Ziad Takieddine, qui l’a accompagné à plusieurs reprises en Libye, pour y soigner des membres de la famille Kadhafi. Ces confessions ont été recueillies le 20 décembre 2006, à Lausanne, en Suisse, par M. Brisard.

Ci dessous, le verbatim du document « GEN/ NS V. MEMO DG », en respectant sa graphie :

---------------------------------

MEMO DG
SUISSE
20.12.2006

CAMP07
MODALITES FIN CAMPAGNE NS REGLEES LORS DE LA VISITE LIBYE NS + BH 06.10.2005
PLUSIEURS ENTRETIENS PREALABLES ENTRE ZT ET SAIF AL ISLAM
ZT CHARGE DU MONTAGE
ZT INTERV CONTRATS COMM SEC ARMEES ET CARTES ID A PUCES

FIN LIB 50 ME
MONTAGE INCLUT SOC BH PAN + BANQUE SUISSE (ND)
FIN CAMPAGNE TOTALEMENT REGLE

--------------------------------

Le premier volet du document est intitulé « CAMP07 » et concerne la campagne présidentielle de 2007. D’après la note, les « modalités de financement de la campagne » de « NS» ont été « réglées lors de la visite Libye NS + BH » le 6 octobre 2005. Cette visite officielle avait été activement préparée par Ziad Takieddine, comme en attestent ses notes à Claude Guéant, qui figurent au dossier d’instruction.

Contacté lundi 12 mars, M. Hortefeux, actuel vice-président de l’UMP chargé de la cellule « riposte » du parti, a confirmé à Mediapart sa présence en Libye lors de la visite de Nicolas Sarkozy du 6 octobre 2005. Mais il a souligné qu’« il n’a jamais été question de financement politique, ni de près de loin ». 

La note « CAMP07 » évoque « plusieurs entretiens préalables » entre « ZT et Saïf Al Islam », l’un des fils du colonel Kadhafi. « ZT » apparaît comme étant « chargé du montage », en marge de ses « interventions » sur des contrats de sécurisation des communications des armées et de fabrication de cartes d’identité à puces. Comme Mediapart l’a déjà souligné, ce premier marché, confié à la société Amesys, a effectivement été signé grâce aux bons offices rémunérés de M. Takieddine.

Selon la note, le financement libyen prévu s’élevait au total à 50 millions d’euros. Et les opérations financières faisaient intervenir personnellement Brice Hortefeux. Le « montage » inclut ainsi une société « BH » au Panama, plus une banque suisse non déterminée. Ce passage se clôt par une phrase sans ambiguïté : « Financement campagne totalement réglé ». Questionné par Mediapart sur cette mystérieuse société panaméenne, M. Hortefeux a déclaré : « Je ne sais même pas ce que c’est. »

« Plus à l’aise pour évoquer l’autre sujet important »

Les soupçons soulevés par cette note sont aujourd’hui confortés par les notes personnelles de Ziad Takieddine, remises par son ex-épouse à la justice, et qui ne sont pas contestées par leur auteur. « Les notes que j’ai établies sur mon ordinateur sur les différents pays, la Syrie, l’Arabie saoudite, la Libye et le Liban, sont réelles et ont été remises par moi-même à M. Guéant, qui en avait besoin pour les remettre au ministre (ndlr, Nicolas Sarkozy), qu’il appelait le patron », a témoigné M. Takieddine, le 12 octobre 2011, devant le juge Renaud Van Ruymbeke.

Le relevé des voyages du marchand d’armes fait apparaître qu’il a effectué onze voyages à Tripoli pour la seule année 2005. Au même moment, il a rédigé une dizaine de notes consacrées à la Libye pour le cabinet de M. Sarkozy, au ministère de l’intérieur. M. Takieddine a notamment préparé la visite officielle du ministre le 6 octobre 2005, celle qui est précisément au cœur de la note « GEN/ NS V. MEMO DG ». Et, selon nos documents, il était présent à Tripoli pour les visites de MM. Guéant, Hortefeux et Sarkozy. 

 

 
© Reuters

Dans une première note, datée du 6 septembre 2005, et consacrée à un rendez-vous préparatoire de Claude Guéant, l’exposé de M. Takieddine est lourd de sous-entendus : « La visite préparatoire est inhabituelle, écrit-il. Elle doit revêtir un caractère secret. Il sera préférable que CG se déplace seul et que le déplacement s’effectue sans fanfare. L’autre avantage : plus à l’aise pour évoquer l’autre sujet important, de la manière la plus directe…»  

Une autre note du 22 septembre 2005, évoque un « tête-à-tête » de Nicolas Sarkozy « avec le Leader », la remise des « CV de NS et BH » à Kadhafi et la négociation de plusieurs marchés de sécurité et d’armement. Ce document contient lui aussi une phrase énigmatique : « Avec le ministre de l’intérieur : jusqu’où ? »

Les policiers ont aussi trouvé parmi les documents de M.Takieddine des lettres de MM. Sarkozy (10 septembre 2005), Guéant (23 septembre 2005), Hortefeux (15 novembre 2005) adressées aux autorités libyennes.

L’homme à l’origine des révélations du mémo « GEN/ NS V. MEMO DG », le neurochirurgien Didier Grosskopf, est un proche de Jean-François Copé. C’est d’ailleurs ce qui l’a conduit au chevet de Ziad Takieddine, grièvement blessé à la tête lors d’un séjour sur l’île Moustique, en avril 2004.

« J’ai reçu un appel sur mon téléphone portable du porte-parole du gouvernement qui était M. Jean-François Copé, a déclaré aux policiers le Dr Grosskopf, en octobre dernier. C’est au titre de médecin et d’ami que M. Copé m’a demandé de m’occuper d’un personnage important, qui avait un problème de santé, à savoir Ziad Takieddine. J’ai accepté cette mission par amitié pour M. Copé. Un personnel de la préfecture m’a conduit à l’aéroport. »

Didier Grosskopf : « Je veux protéger mes intérêts »

Arrivé après l’intervention chirurgicale, M. Grosskopf a organisé « le rapatriement de M. Takieddine » à l’hôpital de la Salpêtrière, puis il s’est chargé de sa convalescence. Par la suite, le neurochirurgien affirme avoir été « sollicité par M. Takieddine pour soigner d’autres malades que lui dans ses relations personnelles ». Il confirme « être allé en Libye pour donner des conseils à des malades », « à la demande de M. Takieddine ».

Ci-dessous, deux billets d'avion d'un déplacement commun à Tripoli de MM. Takieddine et Grosskopf, en juin 2006 :

 

© dr

C’est à l’occasion de ses multiples déplacements à Tripoli, que M. Grosskopf aurait été mis dans la confidence de ce qu’il n’aurait pas dû apprendre.

Questionné le 29 février par Mediapart, M. Grosskopf n’a pas contesté la substance des informations contenues dans le mémo rédigé par M. Brisard. « M. Brisard est un ami, je me suis entretenu plusieurs fois avec lui de ce sujet, il m’a aidé, a-t-il indiqué. Mais ce qu’il dit n’engage que lui. Je ne veux pas être un acteur de cette affaire. Je veux protéger mes intérêts, c’est-à-dire ma femme et mes enfants. A un moment donné, j’ai été suivi. J’ai eu très peur.»

A l’automne 2006, M. Takieddine a brutalement coupé les ponts avec son médecin et a engagé une procédure à son encontre devant le conseil de l’Ordre, pour obtenir un remboursement des honoraires qu’il lui avait versés. C’est au milieu de ce conflit que M. Brisard recueille les confessions du médecin, le 20 décembre 2006. Il l’a revu plusieurs fois. Au moins un autre mémo aurait été rédigé.

« C’est une affaire qui dépasse l’imagination la plus féconde, poursuit le Dr Grosskopf. Je suis désolé comme citoyen par cette affaire. Mais je ne pouvais pas imaginer, en organisant le rapatriement sanitaire de ce monsieur, qu’il s’agissait du plus grand corrupteur de la République. » Le docteur dit en vouloir « au pouvoir » qui l’a entraîné là, mais pas à Jean-François Copé « qui reste un ami ».

Alors qu’il vient de publier un livre, L’Ami encombrant (Editions du Moment), dans lequel il conteste l’existence d’une corruption, M. Takieddine avait déclaré le 11 octobre, à l’émission Complément d’enquête, qui l’enregistrait en caméra cachée : « Je les tiens tous dans ma main ! Je peux tous les faire tomber !». Et à la question de savoir « qui ? », le marchand d’armes avait murmuré « tous ! ».

 

Saïf al-Islam 
Saïf al-Islam© Reuters

Le soupçon d’une participation libyenne au financement de Nicolas Sarkozy avait été alimenté par les autorités de Tripoli elles-mêmes il y a un an par les déclarations spectaculaires de Kadhafi et de son fils, Saïf al-Islam. Dès le mois de mars 2011, deux jours avant l’intervention militaire occidentale, ce dernier avait accusé le pouvoir français dans un entretien donné à la chaîne Euronews : « Il faut que Sarkozy rende l'argent qu'il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. C'est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler. »

« La première chose que l'on demande à ce clown, c'est de rendre l'argent au peuple libyen, avait-il ajouté. Nous lui avons accordé une aide afin qu'il œuvre pour le peuple libyen, mais il nous a déçus. Nous avons tous les détails, les comptes bancaires, les documents, et les opérations de transfert. Nous révélerons tout prochainement. »

Les espèces de Takieddine

Ces déclarations, dans le contexte d’unité nationale d’avant guerre, n’avaient pas provoqué d’interpellations politiques. Pourtant, à elles seules, elles auraient déjà mérité l’ouverture d’une enquête, parlementaire ou judiciaire. L’enquête des juges sur Ziad Takieddine alimente, elle aussi, les mêmes soupçons. L’examen du fonctionnement des sociétés offshore du marchand d’armes faisant apparaître l’existence de commissions occultes d’origine libyenne.

En mars 2011, Ziad Takieddine avait également été interpellé de retour de Tripoli à l’aéroport du Bourget, avec 1,5 million d’euros en espèces sur lui. « J’y étais allé porteur d’un message de Claude Guéant et je l’ai d’ailleurs appelé de là-bas, a-t-il expliqué le 9 novembre au juge Van Ruymbeke. Croyant bien faire, je suis revenu porteur d’une réponse de Kadhafi que, compte tenu des circonstances de mon “accueil à l’arrivée, je n’ai pas pu livrer. » Lors de son interpellation le 5 mars, il a déclaré sur procès-verbal aux agents des douanes que « c’est le gouvernement libyen » qui lui a « remis les billets de banque». Il avait précisé que cet argent couvrait ses propres honoraires.

 

MM. Hortefeux et Takieddine, en 2005 
MM. Hortefeux et Takieddine, en 2005© dr

L’apparition de Brice Hortefeux dans la note « GEN/ NS V. MEMO DG » renvoie aux missions officieuses qu’il a effectuées avant 2007 pour le ministre de l’intérieur. Il a en particulier assuré le contact avec l’intermédiaire Ziad Takieddine, qui se faisait fort d’ouvrir les portes de plusieurs pays arabes au ministre de l’intérieur. Le marchand d’armes avait d’ailleurs conduit, fin 2003, Brice Hortefeux en Arabie saoudite pour y négocier un important contrat de surveillance des frontières (nom de code : Miksa).

A l'été 2007, Ziad Takieddine a également été l'un des acteurs principaux de la libération des infirmières bulgares par le régime libyen, ouvrant une « nouvelle page » – c'est son expression – des relations franco-libyennes. Mais permettant surtout à la France de dérouler le tapis rouge sous les pas du dictateur, dont on a monté la tente, en décembre 2007, dans les jardins de l'hôtel Marigny, résidence officielle des hôtes de l'Etat.

Plusieurs photos publiées par Mediapart attestent par ailleurs des relations amicales nouées avec M. Takieddine et des visites mutuelles qu’ils se rendaient dans le sud de la France. Des relations favorisées par Thierry Gaubert, un autre ami de Nicolas Sarkozy, impliqué dans la campagne Balladur de 1995. Les policiers avaient intercepté, en septembre dernier, des conversations téléphoniques entre MM. Gaubert et Hortefeux, s’inquiétant de la progression de l’enquête sur M. Takieddine.

De fait, en décembre 2011, Nicola Johnson, l'ex-épouse de M. Takieddine, mettra aussi en cause Brice Hortefeux. Selon son témoignage, l’ancien ministre était venu chercher en 2005 une somme en espèces auprès du marchand d'armes lors d'une visite à son domicile avenue Georges-Mandel, à Paris, en compagnie de Thierry Gaubert. Un témoignage vivement contesté par M. Hortefeux, qui n’a toutefois pas déposé plainte, contrairement à ce qu’il avait annoncé.

Contactés par Mediapart, l’Elysée et Ziad Takieddine n’ont pas donné suite à nos sollicitations.

 


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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 16:07
Lundi 12 Mars 2012 à 12:00

 

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

 

Népotisme, collusion, aveuglement, un an après la catastrophe de Fukushima, le premier rapport rédigé par une commission indépendante présidée par l'ancien rédacteur en chef du plus grand quotidien de l'archipel met en lumière les failles et l'opacité du système de gouvernement japonais. En un mot, son immaturité. La défiance qui frappe depuis longtemps les politiques, désormais les grands groupes industriels et les médias sera longue à résorber. Il y faudra un long processus de reconstruction démocratique.

 

(Fukushima - CHINE NOUVELLE/SIPA)
(Fukushima - CHINE NOUVELLE/SIPA)
« Il est temps de dire adieu à l’énergie nucléaire ! ». C’est un cri du cœur poussé par le  Mainichi Daily News, l’un des quotidiens japonais les plus diffusés (plus de 5 millions d’exemplaires).
Un an après Fukushima, seuls 2 réacteurs continuent de tourner sur les 54 que compte l’archipel. Ils devraient, eux aussi, être arrêtés sous peu pour des tests. Tout l’enjeu pour les opposants au nucléaire est de profiter de cette «fenêtre de tir» pour s’opposer localement  au redémarrage des réacteurs. 
 
« Les préoccupations économiques ont cependant commencé à « user » la crainte du nucléaire » écrit l’éditorialiste du journaliste, « si le gouvernement a en effet commencé à établir des plans pour réduire la dépendance du pays vis-à-vis du nucléaire, il n'y a pas d’informations quant à un arrêt du nucléaire. D'autre part, nous n'avons pas de vision globale sur la façon dont le gouvernement va désormais évaluer les risques associés à l'énergie nucléaire et de quelle manière le gouvernement envisage de  découpler notre économie de cette énergie ». Beaucoup d’inconnues. 
 
Pendant ce temps, le premier Ministre Yoshihiko Noda a appelé à redémarrer les centrales dès que possible, s’engageant néanmoins prudemment pour une sortie progressive du nucléaire. Face à l’hostilité du public, il a promis qu’aucun réacteur stoppé pour maintenance ne redémarrerait sans l’autorisation des autorités locales. Or, d’après un sondage, 79% des autorités locales sont hostiles au redémarrage des réacteurs atomiques. 
Même les maires de certaines municipalités qui accueillent des centrales nucléaires et reçoivent en retour des subventions du gouvernement sont majoritairement favorables à une diminution de la dépendance du pays à l'égard des installations nucléaires.
 
Bref, la peur du nucléaire l’emporte largement. Plus de 50% des résidents des zones sinistrées se disent inquiets pour leur santé et 70% sont convaincus que le gouvernement et la société Tepco ont caché des informations au moment de la crise. D’autant plus que les causes exactes de l’effondrement du réacteur n°1 ne sont toujours pas connues. 

L'absence d'un chef

Le choc provoqué par Fukushima a bouleversé bien des mœurs politiques dans l’archipel. Le gouvernement japonais s'apprête ainsi à mettre en place un plan de renflouement public de près de 10 milliards d'euros pour Tepco. L’objectif du gouvernement est d’obtenir deux tiers des actions du groupe avec droit de vote au conseil d’administration. Malgré les résistances affichées par le groupe, les sommes qu’envisage d’injecter l’Etat lui permettrait d’obtenir plus de 70% de Tepco ce qui reviendrait à une nationalisation de fait de la société. Par ailleurs, les actionnaires de Tepco réclament 51 milliards d'euros d’indemnités aux dirigeants du groupe. 
 
Sur les quatre rapports qui doivent être rendus sur la catastrophe nucléaire de Fukushima, seule la commission indépendante présidé par un ancien rédacteur en chef du Asahi Shimbun, le quotidien japonais le plus diffusé (12 millions d’exemplaires), a rendu ses conclusions.
 
Si la commission n’épargne pas l’ancien premier Ministre, elle estime néanmoins que Naoto Kan « a fait le job » et salue notamment sa décision d’empêcher le retrait total des travailleurs de   la centrale, ce qui aurait encore aggravé la situation. Paradoxalement la commission met néanmoins en avant « l’absence d’un chef » politique capable de s’adresser à la population pour la tenir informée en temps réel de l’étendue des dégâts.    
Car le rapport met en lumière les défauts d’information du public et estime que dans les premiers jours le public n’a tout simplement pas été prévenu de ce qu’il se passait. 
Un document officiel, publié vendredi, indique qu'au cours d'une réunion en présence des principaux ministres organisée le 11 mars environ quatre heures après le déferlement de vagues géantes contre le site atomique, un participant non identifié a pour la première fois évoqué le risque de fusion mais le gouvernement n'en a pas informé le public.
 

Les failles de la gouvernance japonaise

Le rapport pointe aussi le mauvais fonctionnement de l’alliance Etats-Unis/ Japon dans ce moment de crise : 
« Les Etats-Unis ont émis un avis recommandant de ne pas entrer dans la zone dans un rayon de 80 kilomètres de l'usine de Fukushima n °1 lorsque le gouvernement japonais a mis en place une zone de 20 kilomètres de rayon d'évacuation. Le Japon n'a pas non plus donné suffisamment de renseignements aux États-Unis, même s’il faut reconnaître que certaines informations était impossible à obtenir ». 
 
Les autorités japonaises ont été embarrassées et n’ont pas souhaité montrer aux américains l’étendue des dégâts, préférant faire valoir qu’elles étaient capables de gérer la crise elles-mêmes.

« La crise de Fukushima a surtout révélé l’immaturité de la démocratie japonaise et les failles du système de gouvernement » tranche sèchement Yoichi Funabashi, l’ancien directeur du puissant Asahi Shimbun. Ciblant la collusion entre les experts, les lobbys du nucléaire, les médias et les politiques, l'ancien journaliste espère que Fukushima servira de sonnette d’alarme pour briser « les liens confortables qui unissent nos gouvernants et nos industriels, qui sont un héritage de la ruée vers le développement qu’a connu le Japon après la seconde guerre mondiale. Le Japon est une société fortement « emboîtée » où les liens de népotisme prévalent partout. Tout le monde est connecté à quelqu'un, les gens ne veulent pas dire la vérité parce que cela peut causer des ennuis aux autres. Donc, tout le monde reste silencieux, même s’il sait quelque chose et il n'y a pas de discussion. Cela s’est souvent  répété dans le passé ».  
 
Pas sûr que des élites aussi délégitimées endosseront « l'irresponsabilité » politique d'amorcer le redémarrage des réacteurs nucléaires après les stress-tests prévus dans les semaines qui viennent au risque de se couper toujours de populations qui ne leur accordent plus aucune confiance.  C’est tout un travail de reconstruction démocratique qui attend le Japon.
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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 15:26

 

Rue89 - Global Voices Online 12/03/2012 à 09h49
Global Voices"

Pauline Ratzé

 

La Suisse a beau être souvent présentée comme un exemple de cohabitation, puisque cet étrange pays multilingue et multiculturel réussit à maintenir une identité nationale qui unit les citoyens et fait généralement leur fierté, il n'est pas rare que les Suisses allemands (germanophones) et les Suisse romands (francophones) se moquent les uns des autres.

Si les différences qui caractérisent les habitants de chaque côté du Röstigraben se font souvent sentir en politique et particulièrement au moment des votations, il arrive de temps en temps que des blagues de plus ou moins bon goût fusent sur les voisins.

La dernière provocation en date provient d'un article publié le 1er mars par le journal suisse allemand Weltwoche. Son auteur se moque des Romands considérés comme les « Grecs de Suisse », fainéants, amateurs d'alcools et de bonne chère.


La photo du journal suisse « Weltwoche » qui a piqué les Romands au vif (Groupe Facebook Welschwoching)

 

Sur la photo accompagnant l'article, un travailleur pose, les pieds sur son bureau, un verre de vin à la main et de la lingerie dépassant des classeurs.

Les Romands n'ont pas tardé à riposter. Le politicien genevois Antonio Hodgers a donné le ton.

Comme le rapporte 20min.ch, il s'est photographié dans la même pose que la photo illustrant l'article et commente pour contredire ces allégations :

« A l'adresse des Weltwocho-udécistes, nous précisons que l'évolution du PIB romand est supérieure à la moyenne suisse depuis des années, que l'Arc lémanique est l'une des régions économiques les plus dynamiques et que des cantons comme Genève et Vaud sont des contributeurs nets à la péréquation inter-cantonale. Tout cela en glandant… pas mal, non ? »

Il n'en fallait pas plus pour créer un effet de mode. Sur Facebook, le groupe Welschwoching publie les photos des internautes romands prenant la pose, pieds sur le bureau et bouteilles bien en évidence, pour rendre hommage au style de vie dont les accuse la Weltwoche.

De nombreux clichés et commentaires sont également visibles sur Twitter. Le compte Twitter @welschwoching créé pour cette nouvelle cause lance à 17h précises l'appel aux choses sérieuses :

« Grecs de Suisse, c'est l'heure de l'apéro ! »

L'atelier de sérigraphie Graphein propose déjà un t-shirt imprimé pour l'occasion arborant le slogan Tuschur rigol, shamè travaï (Toujours rigole, jamais travaille, avec l'accent allemand)

Mais quelques jours plus tard, les administrateurs du groupe Welschwoching sur Facebook se sont plaints de multiples attaques, et des signalements à Facebook pour « atteintes aux droits d'auteurs » seraient parvenus à faire retirer certaines photos.

Toutefois, l'unité nationale n'est peut-être pas totalement mise en péril puisque certains Suisses-allemands se montrent solidaires de leurs voisins romands dans cette vidéo :

 

 

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 14:38

 

Passage à l'acte 12/03/2012 à 10h44

Reporters d'Espoirs | Agence de presse 


 

Un chat boit de l'eau au robinet (Dave Dugsdale/Flickr/CC)

Plus des trois-quarts des gens affirment restreindre leur consommation d'eau. Le volume par Français est estimé à 151 litres d'eau jour :

  • 1% en boisson,
  • 6% en repas,
  • 9% en vaisselle,
  • 10% en linge,
  • 12% en divers,
  • 25% en sanitaire
  • 37% en toilette.

Pour une facture moyenne de 181 euros par an et par personne. Mais selon les régions, la note peut être plus ou moins salée : 157 euros en Franche-Comté contre 229 euros en Bretagne. Et quels que soient les revenus, ces charges sont fixes.

Bilan : certains foyers ne réussissent plus à payer leurs factures d'eau, alors qu'aucune aide n'existe actuellement au niveau national, contrairement à l'électricité, au gaz ou au téléphone.

L'idée

La Banque mondiale et l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) préconisent que le montant de la facture d'eau n'excède pas 4 à 5% du revenu moyen du ménage. Au-delà de ce seuil, une politique de tarification sociale doit prendre le relais.

Le professeur Henri Smets, membre de l'Académie de l'eau, propose de retenir 3% comme seuil à ne pas dépasser en France.

Ensuite, plusieurs options sont possibles :

  • la tarification progressive : c'est-à-dire une grille de tarifs par tranche de volumes consommés. La solution est encouragée [PDF] par ATD Quart-Monde comme l'explique Bruno Tardieu, son délégué général :

« Nous voulons que les premiers litres, correspondant aux besoins vitaux (alimentation et hygiène), soient facturés à un prix très attractif. Au-delà, le tarif augmenterait progressivement. »

Selon l'ONG, le bénéfice est double : la réponse est adaptée aux plus démunis et elle conduit les autres, de facto, à moins consommer. Des avantages dont l'organisation a discuté avec l'ancien ministre du Développement durable, Jean-Louis Borloo, en 2010… sans qu'aucun engagement de l'Etat n'ait été pris, depuis, en ce sens ;

  • la tarification sociale : elle est plus difficile à mettre en œuvre, car elle suppose, au préalable, d'identifier les « usagers sociaux ». Mais dans le cas où l'option serait retenue, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) souligne [PDF] la nécessité d'un dispositif complet : exonération de tout ou partie de l'abonnement, versement d'aides personnalisées pour l'accès à l'eau et création d'aides directes pour le paiement de l'eau, sans que celles-ci soient subordonnées à l'existence préalable de dettes d'eau, contrairement à aujourd'hui.

Comment la mettre en pratique ?

Plusieurs communes appliquent déjà une tarification spécifique, proportionnelle à la consommation des ménages : Niort, Rouen, Arras ou Bordeaux... et, plus récemment, Libourne (33).

Fin 2010, la ville a mis en place une tarification dite « sociale et progressive » de l'eau, à l'occasion de la reconduction de son contrat de délégation de service publique, qui la lie à la Lyonnaise des eaux. Désormais, chacun des 11 000 abonnés a droit à 40 litres d'eau par jour, au prix de 1,50 euro : ce qui revient à 10 cents le m3, soit sept fois moins que le prix pratiqué sur la commune auparavant.

Puis le tarif augmente par tranches. De 16 à 120 m3, l'équivalent de la consommation moyenne des Libournais, le coût est de 0,70 euro le m3. Jusqu'à 150 m3, il est de 0,75 euro et au-delà, de 0,83 euro.

Au final, la majoration appliquée aux gros utilisateurs compense entièrement le tarif préférentiel accordé aux plus économes sans pénaliser les familles nombreuses (soit 20% des familles en difficulté), contrairement à ce que craignent certains conseils municipaux.

En janvier 2009, Gérard Poujade, maire du Séquestre, village tarnais de 1 500 habitants, a mis en place une tarification progressive. Il se tenait prêt à prendre en charge les éventuels dépassements au sein des familles de plus de quatre personne :

« Mais finalement, la consommation s'est révélée proportionnelle aux moyens, pas au nombre d'individus présents. »

Une analyse qu'a confirmée l'étude [PDF] effectuée par Henri Smets. Et en Flandres, le système va même plus loin : depuis 2002, la première tranche, soit 15 m3, est complètement gratuite à condition que l'eau soit destinée à une utilisation « humaine ».

Ce qu'il reste à faire

Dans l'Hexagone, le nombre d'habitants concerné reste cependant marginal, même s'il est en croissance constante, met en garde Henri Smets :

« Nous avons beaucoup de retard par rapport à nos voisins belges ou espagnols. Aujourd'hui, il n'y a que 5 à 10% des villes qui appliquent le tarif progressif. »

Pour accélérer la mise en place d'un droit à l'eau (sur le même modèle que le droit au logement), l'Observatoire des usagers de l'assainissement en Ile-de-France (Obusass) souhaite ainsi qu'une « allocation eau » soit créée. Sa distribution serait assurée par les Caisses d'allocations familiales (CAF).

Andrea Paracchini

 


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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 14:33

LEMONDE.FR avec AFP | 12.03.12 | 10h12   •  Mis à jour le 12.03.12 | 15h48

 
 

 

Des employés de la Poste s'entretiennent, le 12 mars 2012 devant l'entrée de la plate-forme de distribution de courrier à Trégunc.

Des employés de la Poste s'entretiennent, le 12 mars 2012 devant l'entrée de la plate-forme de distribution de courrier à Trégunc.AFP/FRED TANNEAU


Un cadre de La Poste en arrêt maladie a été retrouvé pendu dimanche à la plate-forme courrier de Trégunc, dans le Finistère, dix jours après le suicide d'un autre cadre qui s'était défenestré à Rennes, a-t-on appris de sources syndicales, lundi 12 mars.

Selon un communiqué du syndicat des cadres CGC, le postier, "ancien directeur d'établissement à la direction du courrier Ouest Bretagne, était en arrêt longue maladie depuis le mois de novembre dernier", mais est revenu dans un établissement de l'entreprise "pour accomplir son terrible geste".

Le syndicat s'alarme "une nouvelle fois de la situation de 'mal être' qui existe dans l'entreprise et appelle la direction de La Poste à prendre en toute urgence toutes les mesures nécessaires pour empêcher que de nouveaux drames se produisent".

 

DIALOGUE SUR LE "BIEN-ÊTRE AU TRAVAIL"

La direction de La Poste a fait part, lundi, de sa "vive émotion" après ce nouveau suicide. Dans un communiqué, elle confirme la mort d'un de ses collaborateurs dimanche "au centre de courrier de Trégunc, dans le Finistère" et se dit "bouleversée par ce drame".

La direction annonce qu'une "cellule de soutien psychologique a été immédiatement mise en place" pour les collègues du cadre retrouvé pendu dans son centre de courrier. Elle ajoute que le PDG du groupe, Jean-Paul Bailly, va engager mardi, comme annoncé après la mort du postier à Rennes, "un cycle d'écoute sur la santé au travail".

"Dans ce cadre, l'ensemble des organisations syndicales sera entendu cette semaine", indique La Poste, qui ajoute qu'"à l'issue de cette première étape, la direction générale fera une première série de propositions".

Dans un deuxième temps, poursuit la direction, "l'ensemble des parties prenantes" seront entendues : "groupes d'agents et de managers de La Poste, experts dans le domaine de la santé et spécialistes externes", et de nouvelles propositions seront faites "avant l'été".

Le 15 septembre 2011, une salariée de 52 ans s'était suicidée à Paris après un congé longue maladie pour dépression. L'inspection du travail avait conclu à "une faute caractérisée" de l'entreprise et avait mis en cause pour "homicide involontaire" le PDG de La Poste et le chef d'établissement du centre financier.

 

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 14:26

LEMONDE.FR avec AFP | 12.03.12 | 10h41   •  Mis à jour le 12.03.12 | 11h11

 
 

 

Défilé en mémoire des victimes des catastrophes du 11 mars 2011 à Koriyama, dans la préfecture de Fukushima, le 11 mars 2012. Un panneau indique le taux de radioactivité : 0,434 microsievert/heure.

Défilé en mémoire des victimes des catastrophes du 11 mars 2011 à Koriyama, dans la préfecture de Fukushima, le 11 mars 2012. Un panneau indique le taux de radioactivité : 0,434 microsievert/heure.REUTERS/YURIKO NAKAO


Des militants écologistes japonais ont annoncé avoir déposé plainte, lundi 12 mars, pour empêcher le redémarrage d'une centrale nucléaire dans le centre du Japon, au lendemain du premier anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

La plainte, qui émane d'un groupe de 259 militants, demande à un tribunal d'Osaka d'ordonner le maintien à l'arrêt des deux réacteurs 3 et 4 de la centrale Oi, située dans la préfecture de Fukui, dans le centre. Les écologistes affirment que cette centrale est située à proximité de failles sismiques et n'est pas suffisamment résistante.

Dimanche, des dizaines de milliers d'opposants au nucléaire ont manifesté dans la région de la centrale de Fukushima pour exiger la fermeture définitive des sites atomiques, un an après qu'un séisme et un tsunami géants eurent provoqué la plus grave catastrophe nucléaire au monde depuis vingt-cinq ans.

 

2 RÉACTEURS SUR 54 ACTUELLEMENT EN MARCHE

Dans un communiqué, l'opérateur de la centrale Oi, Kansai Electric, a déclaré : "Bien que nous nous refusions à commenter une plainte dont nous ne connaissons pas les détails, nous allons faire des efforts pour expliquer au public que nous avons pris toutes les mesures pour exploiter les réacteurs nucléaires de façon sûre."

Seuls deux réacteurs sur les 54 construits au Japon sont actuellement opérationnels, les autorités exigeant des "tests de résistance" avant d'autoriser le redémarrage des tranches arrêtées pour maintenance. Le gouvernement japonais pourrait approuver la relance des deux réacteurs d'Oi dès ce mois-ci. Le premier ministre, Yoshihiko Noda, s'est engagé dimanche à "faire tous les efforts" pour obtenir l'approbation des autorités et de la population locales avant le redémarrage de réacteurs.

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 14:18

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 12.03.12 | 08h35   •  Mis à jour le 12.03.12 | 15h23

 
 

 

Image fournie par l'opposition syrienne, le 12 mars, montrant les corps d'une partie des femmes et enfants assassinés dans la ville d'Homs en Syrie, un "massacre" commis par le régime selon l'opposition, qui a appelé lundi à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.

Image fournie par l'opposition syrienne, le 12 mars, montrant les corps d'une partie des femmes et enfants assassinés dans la ville d'Homs en Syrie, un "massacre" commis par le régime selon l'opposition, qui a appelé lundi à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.AFP/-


Quarante-sept corps de civils, au moins, ont été retrouvés dans la ville d'Homs, un "massacre" attribué par l'opposition aux forces du régime et par les médias officiels à des "gangs terroristes". Par ailleurs, l'explosion d'une voiture piégée a tué lundi une adolescente et en a blessé vingt-cinq autres dans un établissement scolaire à Deraa, a rapporté l'opposition. L'armée syrienne bombardait également de nouveau lundi la ville rebelle d'Idleb et sa province, où les habitants manquent d'eau et d'électricité, ont rapporté des militants et une ONG syrienne.  

L'armée contrôle une partie des quartiers d'Idleb qu'elle a pris d'assaut samedi, mais d'autres sont défendus encore par les rebelles. Au moins deux civils ont été tués par des tirs des forces de sécurité dans la province de cette ville lundi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Enfin, selon l'agence d'information officielle SANA, un "groupe terroriste armé" a fait exploser un oléoduc acheminant du mazout de la ville d'Homs à Hama, plus au nord. L'agence n'a pas donné d'autres précisions.

Le Conseil national syrien (CNS), principale formation de l'opposition, a appelé à une "réunion d'urgence" du Conseil de sécurité de l'ONU après ces informations, précisant que le "massacre" à Homs avait été perpétré dimanche. Le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a confirmé un "massacre" de femmes et d'enfants dans le quartier de Karm Al-Zeitoun, sans toutefois pouvoir préciser le nombre des victimes.

INFORMATIONS INVÉRIFIABLES

 

Un immeuble endommagé dans le quartier d'Inshaat à Homs, le 7 mars.

Un immeuble endommagé dans le quartier d'Inshaat à Homs, le 7 mars.REUTERS/HANDOUT


La télévision d'Etat a accusé des "gangs terroristes armés" d'avoir "kidnappé des citoyens dans des quartiers d'Homs et de les avoir tués et filmés pour susciter des réactions internationales contre la Syrie". Ces informations sont invérifiables en raison des restrictions draconiennes imposées aux médias pour la couverture de la crise en Syrie, où le régime de Bachar Al-Assad réprime depuis un an dans le sang une contestation populaire qu'il assimile à du "terrorisme".

Selon l'opposition, "des membres de l'Armée syrienne libre sont parvenus à transporter les corps au quartier de Bab Sebaa [à Homs], plus sûr". C'est ainsi que les militants ont pu filmer les corps. "Certaines victimes ont été égorgées avec des couteaux, d'autres poignardées. D'autres, notamment des enfants, ont été frappés à la tête par des objets tranchants. Une fillette a été mutilée et certaines femmes ont été violées avant d'être tuées", a encore indiqué l'opposition.

 

"COMPLICES"

Le CNS a réagi en affirmant qu'il menait "les contacts nécessaires avec l'ensemble des organisations et des pays amis du peuple syrien en vue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité". "Les Etats qui soutiennent le régime sont complices de ses actes et de ses crimes", a ajouté le CNS dans un communiqué, en référence à la Russie et la Chine, qui appuient le régime de Bachar Al-Assad et ont bloqué jusqu'à présent deux résolutions de l'ONU condamnant la répression.

"De nouveaux massacres pourront être encore perpétrés à l'avenir si la communauté internationale reste silencieuse, a affirmé l'opposition. Nous appelons sans détour à une intervention militaire étrangère, à des frappes contre le régime et à armer l'ASL. […] Nous ne voulons plus de paroles, cela fait des mois que les Etats-Unis et les autres appellent Bachar à cesser les violences, mais il continue de tuer les gens. Ça suffit, s'ils n'ont rien d'autre à dire, qu'ils se taisent."


POURSUITE DE LA DIPLOMATIE

Cette annonce intervient après la fin de la visite de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan. Avant de quitter Damas, et après deux entrevues avec le chef de l'Etat syrien, samedi et dimanche, l'ancien secrétaire général des Nations unies s'est déclaré "optimiste". "La situation est si mauvaise et si dangereuse qu'aucun de nous ne peut se permettre d'échouer", a-t-il estimé. Cette mission de bons offices n'a toutefois pas répondu aux espoirs qui étaient placés en elle, M. Annan n'ayant pas reçu de réponse du président syrien sur les "mesures concrètes" présentées lors des discussions.

L'émissaire souhaitait l'instauration d'un cessez-le-feu, l'ouverture d'un accès humanitaire, la libération des prisonniers et l'ouverture d'un dialogue politique. Pour Assad, ces demandes ne peuvent être acceptées car, selon lui, l'opposition à son régime est le fait de "terroristes" avec lesquels aucune solution politique n'est possible. Les efforts diplomatiques se poursuivaient lundi avec la rencontre prévue à New York entre la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, alors que le Conseil de sécurité de l'ONU doit entendre une communication sur le "printemps arabe".

Chinois et Russes souhaitent que la condamnation soit répartie équitablement entre les deux camps, a expliqué le vice-ministre des affaires étrangères chinois, Zhang Ming, dimanche à Riyad. M. Zhang a également mis en garde contre la tentation de certains Etats "d'interférer" dans les affaires intérieures de la Syrie. La Chine a salué lundi la "pertinence" d'un plan en cinq points prôné par la Russie et les Arabes pour trouver une solution à la crise syrienne, en estimant que ces propositions pouvaient déboucher sur une avancée "positive". L'Iran a de son côté réaffirmé son "soutien total" au gouvernement syrien. Téhéran a également rejeté sur les pays occidentaux et arabes la responsabilité de l'aggravation de la crise.

ÉQUIPER LES COMBATTANTS EN ARMES

 

"Nous ne pouvons pas accepter la poursuite complètement déraisonnable d'atrocités perpétrées par le régime d'Assad contre son peuple", a déclaré le ministre des affaires étrangères allemand, Guido Westerwelle.

"Nous ne pouvons pas accepter la poursuite complètement déraisonnable d'atrocités perpétrées par le régime d'Assad contre son peuple", a déclaré le ministre des affaires étrangères allemand, Guido Westerwelle.AFP/FAYEZ NURELDINE


Le prince Saud Al-Fayçal, ministre des affaires étrangères saoudien, a répété pour sa part son souhait de voir les combattants de l'opposition syrienne équipés en armes. Cet engagement logistique est le seul moyen, selon lui, de mettre fin au conflit. "Le régime syrien est engagé dans le massacre de ses propres citoyens", a-t-il affirmé après des entretiens avec Guido Westerwelle, chef de la diplomatie allemande.

Malgré la visite de Kofi Annan, le régime a poursuivi son offensive militaire contre des bastions de l'opposition dans le nord-ouest du pays. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, trente-neuf civils, dont vingt-cinq dans la province d'Idleb, ont été tués samedi, ainsi que trente-neuf rebelles et vingt militaires.

 

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 14:11

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 12.03.12 | 07h27   •  Mis à jour le 12.03.12 | 14h20

 
 

 

Fin 2010, 89 % de la population mondiale, soit 6,1 milliards de personnes, avaient accès à des "sources améliorées d'eau potable", soit plus que l'objectif du millénaire (88 %) fixé pour 2015. En revanche 2,5 milliards de terriens ne disposaient pas encore de toilettes.

Fin 2010, 89 % de la population mondiale, soit 6,1 milliards de personnes, avaient accès à des "sources améliorées d'eau potable", soit plus que l'objectif du millénaire (88 %) fixé pour 2015. En revanche 2,5 milliards de terriens ne disposaient pas encore de toilettes.AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT


Le 6e Forum mondial de l'eau, réuni pour une semaine à Marseille, veut trouver les solutions pour assurer l'accès de l'humanité à l'eau potable et à des sanitaires décents alors que les ressources diminuent et sont menacées par le changement climatique et les pollutions.

Quelque 20 000 participants de 140 pays sont annoncés, institutions, entreprises, associations, élus locaux mais aussi, pour l'inauguration lundi, plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement, notamment le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, et quatre commissaires européens.

"Ce n'est rien moins que le futur de l'eau qui se décide à Marseille", déclare Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l'eau, organisateur de ce forum qui se tient tous les trois ans. La population mondiale est passée de 1,7 milliard d'individus en 1900 à plus de six en 2000. Alors que la population triplait, la consommation d'eau a été multipliée par plus de six. Dans un rapport publié mercredi, l'Organisation de coopération et de développement économiques souligne l'urgence de réformer la gestion de l'eau pour éviter une grave détérioration des ressources. L'ouverture sera assurée par le premier ministre, François Fillon, le président Nicolas Sarkozy ayant finalement renoncé à se rendre dans la cité phocéenne.

Les précédents forums, réunis tous les trois ans depuis 1997 à l'initiative du Conseil mondial de l'eau, une instance de coopération entre ONG, gouvernements et organisations multilatérales, étaient essentiellement consacrés à établir un diagnostic sur l'accès à l'eau dans le monde. Celui de Marseille s'intitule "Le temps des solutions" et a ouvert une plate-forme de solutions en ligne. "Il faut trouver les moyens de mettre en application le droit à l'accès à l'eau et l'assainissement pour tous reconnu en 2010 par l'ONU", a rappelé Gérard Payen, conseiller du secrétaire général de l'ONU pour les questions liées à l'eau.

Fin 2010, 89 % de la population mondiale, soit 6,1 milliards de personnes, avaient accès à des "sources améliorées d'eau potable", soit plus que l'objectif du millénaire (88 %) fixé pour 2015. En revanche 2,5 milliards de terriens ne disposaient pas encore de toilettes. Reste à savoir comment assurer de l'eau saine et une alimentation suffisante aux plus de 9 milliards d'habitants prévus en 2050.

Autre sujet d'inquiétude, le partage des ressources d'eau, enjeu de souveraineté des Etats, alors que 15 % des pays dépendent à 50 % d'une eau venue de l'extérieur. Les ministres réunis mardi devaient adopter une déclaration commune appelant à accélérer les efforts sur l'ensemble de ces problèmes.

Pour les ONG écologistes et de solidarité avec les pays pauvres, le forum de Marseille est l'occasion de rappeler que "l'or bleu n'a pas de prix". Leur Forum alternatif mondial de l'eau, qui se tiendra du 14 au 17 mars avec plus de 2 000 représentants, vise à dénoncer la tendance à la marchandisation de l'eau par les multinationales et plaide pour une distribution équitable.

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 14:05

 

 

La catastrophe de Fukushima entre dans sa première année, et le peuple japonais continue de souffrir dans sa chair de la contamination radioactive. Partout dans le monde, ce cataclysme a été un électrochoc, mais la classe politique française est jusqu’ici restée sourde à la nécessité de sortir du nucléaire en France. À quelques semaines des élections présidentielles, c’est un signal d’une puissance exceptionnelle qui vient de lui être envoyé.
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Ce dimanche 11 mars 2012, un an jour pour jour après le début de la catastrophe de Fukushima, plus de 60 000 personnes ont déferlé dans la vallée du Rhône, de Lyon à Avignon, en formant une gigantesque chaîne humaine.
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En même temps que cette chaîne humaine, d’autres chaînes ont eu lieu dans d’autres régions de France (dont une à Bayonne, une à Bordeaux, une dans le Finistère...), pour la sortie du nucléaire et en solidarité avec le Japon durablement meurtri. Dans le monde entier, de l’Allemagne au Brésil en passant par la Mongolie, de nombreuses actions ont prouvés la volonté des peuples de protéger leurs enfants et les générations futures en bannissant le nucléaire de notre avenir commun.
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Traquer les gaspillages énergétiques, isoler les bâtiments, améliorer l’efficacité énergétique, développer des énergies alternatives propres, sûres, créatrices d’emploi : les solutions techniques pour mettre fin à l’atome sont à notre portée ! Il ne manque plus qu’une décision politique, que plusieurs de nos voisins européens ont d’ores et déjà adoptée. Seul le gouvernement français, sous l’emprise du lobby nucléaire, persiste dans le déni et la fuite en avant.
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La participation massive à cette chaîne humaine le confirme : face à la surdité des politiques, les Français sont prêts à se mobiliser par dizaines de milliers pour sortir de cette énergie du siècle dernier. À quelques semaines de l'élection présidentielle, les futurs candidats n'ont plus le droit d’ignorer les demandes des citoyens : mettre au point un calendrier de sortie du nucléaire civil et militaire, fermer dès maintenant l’ensemble des réacteurs vieillissants, mettre fin au programme EPR, et s’engager résolument dans la transition énergétique. Il est temps pour eux de le comprendre et d'en tirer les leçons qui s'imposent !
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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 00:22

 

Un agent d'ErdF/CGT refuse de limiter le courant, il risque de perdre son emploi


Il se nomme Jef Duval, il a 23 ans et est sur le point de se faire licencier par son employeur ErdF/CGT car il a refusé de limiter la consommation d'énergie chez une dizaine d'usagers en situation d'impayés à Arcueil (Val-de-Marne).


Ce dernier est mis en cause pour ne pas avoir posé de système de service minimum (SMI), qui limite la consommation d'énergie à 1.000 watts avant la coupure en cas de non paiement, dans une dizaine de foyers sujets à des impayés à l'été 2011. Le jeune homme, qui se souvient d'une intervention à Malakoff,  a confié à France Info jeudi matin : "Quand cette personne m'a ouvert, il y avait des cafards sur sa porte, deux enfants dans ses bras, trois autres assis par terre, je ne pouvais pas couper, je ne pouvais pas...".

Frédéric Probel, secrétaire général du syndicat CGT-énergies de Bagneux (Hauts-de-Seine), a déclaré : "En théorie, quand les usagers ne sont pas présents, on doit systématiquement poser un SMI qui est suivi d'une coupure totale quinze jours plus tard. Là, Jef a simplement laissé un avis officiel informant les usagers qu'ils risquaient une coupure imminente". L'agent a bien entendu été convoqué à un conseil de discipline interne le 17 février qui a voté son licenciement. La mesure devrait être effective "d'ici un mois" a ajouté le syndicat.

Des entorses à la règle constatées par la direction

La direction a relevé ces entorses à la règle lors d'un contrôle et a également noté que ce technicien s'était abstenu de pratiquer cinq coupures de gaz sur la même période, selon la CGT. "On pratique des coupures à la chaîne mais ce qui est arrivé à Jef pourrait arriver à n'importe quel agent technique. Ce sont les aléas du métier" a affirmé Frédéric Probel.

Une pétition, lancée par le syndicat, est actuellement en ligne et elle avait recueilli près de 1.300 signatures en fin de matinée.

Source lci.tf1.fr

http://www.fnme-cgt.fr/pages/signe_petition.php?mess=ok&id_pet=26

 

Lundi 12 mars 2012
  

NON au licenciement de Jef

 

Pétition de soutien NON au licenciement de Jef

 

 

Comme tous les agents techniques clientèle, il effectue régulièrement des tournées de coupure non paiement (1245 coupures non paiement ont été programmées entre le 1er Juin et le 31 Août 2011 sur la seule Agence d'Arcueil).

En Août 2011, les services de l'UCF IDF Ouest effectuent (au hasard, bien entendu...) un contrôle sur sa tournée et constatent qu'il n'aurait pas fait de SMI comme il l'avait indiqué lors de son passage...

 

Apportez votre soutien à Jef dès à présent en signant la pétition


*Pour signer la pétition, appuyer sur la touche "Ctrl" de votre clavier + cliquer gauche sur le lien ci-dessous

 

Signez la pétition !

 


> Téléchargez aussi :

Tract du Syndicat CGT Energie Bagneux

 

 

 

http://www.frontsyndical-classe.org/article-solidaire-avec-jef-non-au-licenciement-de-jef-100880854.html

« …Les faits reprochés à l’agent sont les suivants :

  • Suite à un contrôle hiérarchique réalisé le 16 septembre, vous n’avez pas réalisé des interventions programmées lors de votre tournée du 23 août 2011 ;

  • Suite à des contrôles hiérarchiques réalisés entre le 10 et 26 octobre 2011, vous n’avez pas réalisé les interventions programmées dans vos tournées des 6 juin, 16 juin, 30 juin, 7 juillet, 15 juillet, 18 juillet, 23 août et 29 août 2011 ;

  • Lors de certaines de ces tournées (16 juin, 7 juillet, 15 juillet et 29 août2011), vous n’avez pas réalisé les coupures gaz programmées ce qui aurait pu avoir comme conséquences graves la mise en danger de la vie d’autrui et l’atteinte à la sécurité des biens et des personnes ;

  • Vous avez volontairement dissimulé le fait que vous n’aviez pas réalisé ces tournées et que les gestes techniques demandés n’avaient pas été effectués ;

  • Il en résulte que vous n’avez pas exécuté les missions confiées dans le cadre de votre contrat de travail, portant ainsi également atteinte à l’image de marque de l’entreprise… »

 

Pour plus d’infos :

Syndicat CGT Energie Bagneux, tel : 01 49 86 02 36 fax : 01 47 35 07 89

email : cgt-egd-bagneux@erdf-grdf.fr ou sur le site fnme-cgt.fr

Bagneux, le lundi 05 mars 2012.

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