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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 16:34

| Par Carine Fouteau

Nantes, de notre envoyée spéciale

Poursuivi pour avoir blessé au visage un manifestant avec un LBD40×46, arme de première catégorie à viseur de type flashball, le 27 novembre 2007, le policier jugé par le tribunal correctionnel de Nantes encourt jusqu’à sept ans de prison. Une journée et demie d’audience plus tard, la décision a été mise en délibéré au 3 avril 2012.

Suite à une instruction défaillante, le juge a pris le temps nécessaire au débat. Après avoir consacré la journée du 6 mars aux questionnements (notre article), il a laissé place, le 7, aux plaidoiries : moins de témoignages que la veille sur les pratiques policières en matière d’utilisation du flashball et du «lanceur de balles», mais des argumentaires détaillés des différentes parties, permettant de constater des divergences d’intérêts entre le fonctionnaire de police, prêt à «mouiller» un collègue, et le ministère public, en défense de la hiérarchie.

Pour aboutir à la même conclusion : selon eux, les policiers, dépositaires de l'autorité publique, ne peuvent être dans l'illégalité s'ils obéissent à un ordre de leurs supérieurs.

Prémices du rassemblement contre les violences policières le 7 mars 2012 devant le Palais de justice de Nantes. 
Prémices du rassemblement contre les violences policières le 7 mars 2012 devant le Palais de justice de Nantes.

Accompagné de ses proches, Pierre Douillard, 16 ans au moment du drame, qui a perdu l’usage de l’œil droit, a quitté la salle en signe de protestation lorsque l’avocat du prévenu a recommencé à mettre en cause le fait qu’il ait pu identifier son agresseur après le choc subi.

Peinant à convaincre que son client en a blessé un autre (qui n’a pas porté plainte, ce qui exclut tout risque de poursuite), Laurent-Franck Liénard, dans une stratégie de la terre brûlée, s’en est pris aussi bien à l’accusation qu’à la hiérarchie policière. «Où sont les supérieurs qui ont donné les ordres ?» s’est-il interrogé regrettant leur absence. Même l'agent de la Bac, qui a lui aussi ouvert le feu lors de la manifestation, en a pris pour son grade, l’avocat jugeant «inadmissibles» ses déclarations à propos des «tirs à l'aveugle». S’adressant au juge : «Mon client, vous l’avez vu à l’audience. Il est sobre, net, droit dans ses bottes», comme si cela devait garantir sa probité et son innocence.

Lui-même se fait fort de ne défendre que des «victimes-policiers». Il a sa petite idée sur le cadre légal du LBD40×46. La légitime défense ? Balayée. Alors qu’en 2007, les instructions prévoient de limiter l’usage de cette arme à ce seul motif, il estime que les policiers peuvent s’en dégager en cas d’«attroupement», de manifestation, et, plus généralement, dès qu’ils sont «pris à partie par des jets de projectiles». La question de la proportionnalité de la riposte, il ne la pose même pas, puisque, selon lui, un fonctionnaire qui reçoit un ordre n’a d’autre possibilité que d’y obéir.

Expéditif, l’avocat de la défense paraît isolé lorsqu’il reproche au procureur de ne pas avoir explicitement requis la relaxe. «Moi, j’ai l’honneur de prononcer ce mot !» lance-t-il, car «vous ne pouvez pas dire à un policier de 25 ans qu’il va aller en prison parce qu’il respecte la loi et les ordres.»

« Est-ce l’autorisation de tirer n’importe où et n’importe comment ?»

De fait, Yann Richard, le représentant du ministère public, se contente de demander au juge, à l’issue de son réquisitoire, de tirer les «conséquences légales» de ses propos. Il paraît embarrassé : c'est que, pour parvenir aux mêmes conclusions que l’avocat du policier, il en passe par un argumentaire détruisant en partie sa défense.

Le procureur en est convaincu : Mathieu Léglise a tiré et blessé Pierre. Il affirme même qu'il convient de «s'interroger sur l'usage de ce genre d'arme en maintien de l'ordre», mais que ce n'est pas le moment puisqu'il s'agit d'une question de responsabilité administrative et non pénale. Il souligne aussi l'extrême dangerosité du LBD 40×46 en évoquant des blessures «dramatiques».

Il admet, comme les parties civiles, qu’il n’y a pas eu de sommations, contrairement à ce que prévoit le règlement. Et souligne que le prévenu a échoué à apporter la preuve qu’il a agi en légitime défense. Il n'est toutefois pas prêt à faire condamner un homme, car cela reviendrait à sacrifier la hiérarchie, quand le policier cherche à éviter les sanctions pour lui-même.

Selon l’article 122-4-2 du Code pénal, le fonctionnaire peut refuser d’obéir à un ordre si celui-ci est considéré «manifestement illégal». Saluant le «courage» du commissaire qui «a revendiqué la décision du tir», le parquet livre une vision de la fonction d’agent de l’État laissant peu de place au libre arbitre. «Monsieur Léglise est un gardien de la paix. Il est là pour exécuter, pour aller au contact. Comment aurait-il pu dire que l’acte était illégal alors que toute sa hiérarchie dit le contraire ?»

C’est paradoxalement du côté de l’accusation que le policier est le plus pris au sérieux… de manière qu’il ne puisse pas s’exonérer de sa responsabilité pénale. «Monsieur Léglise est expérimenté, rappelle Catherine Glon, l’avocate de Pierre et ses parents, il a été habilité au tonfa et au flashball» avant de l’être en juin 2007 au LBD40×46.

Pour elle, d’une part le policier à la barre est l’agresseur du jeune Nantais et d’autre part il a commis plusieurs fautes : il n’a pas agi en légitime défense et son geste est disproportionné par rapport au but poursuivi. «Il n’y avait pas de situation de danger (…). Est-il raisonnable d’alléguer la légitime défense quand on tire, à 18 mètres, alors que tout est dégagé devant soi et que vous êtes derrière une grille de fer ?» s’exclame-t-elle, en référence aux circonstances du tir.

Recevoir un caillou sur la tête n’autorise en rien de sortir son LBD, martèle-t-elle ensuite. Peut-il enfin se fonder sur la notion de «commandement de l’autorité légitime» ? Non, selon elle, car sans riposte «nécessaire et proportionnée», cet usage est «manifestement illégal» selon l'expression du Code pénal. Ou alors, demande-t-elle au procureur de la République, «est-ce l’autorisation de tirer n’importe où et n’importe comment ?»

Le représentant de la Ligue des droits de l’homme, qui s’est également constituée partie civile, a rappelé quelques évidences oubliées, comme la liberté de manifester et le risque d'arbitraire lié à l'usage de la violence dite légitime, et s'est élevé contre l’idée d’expérimenter sur des jeunes lors d’une manifestation une arme supposée répondre aux émeutes urbaines. Comme d’autres, Pierre-Henri Marteret a regretté de n’avoir pu entendre à l’audience la hiérarchie policière, si silencieuse aujourd’hui, qui s’en sort sans une éraflure.

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 16:27

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Montsanto vient de faire de nouveau parler de lui, à la suite du recours qu'avaient fait des associations écologistes concernant l'autorisation de mise sur le marché de son herbicide préféré, le Roundup dont il cherchait a imposer l’innocuité. Le Conseil d'État vient de trancher. Son verdict définitif va dans le sens de la première demande des associations dont Générations Futures :  il annule la décision de refus d’abrogation de l’autorisation du Roundup Express pour prise en compte insuffisante par le ministre d’une substance présente dans le produit et inscrite sur la liste communautaire des « substances actives ». Le ministre de l’agriculture devra procéder, après avis de l’AFSSA, à un réexamen de cette demande d’abrogation dans un délai de six mois. En d'autres termes, le ministre de l'agriculture est dans l'obligation de ré-examiner l'autorisation de mise sur le marché du Roundup Express. En plus de cette obligation, l'État devra verser 3000 euros à l'association Générations Futures. Il rejette en revanche les deux autres requêtes portant sur les deux autres produits incriminés.

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Le communiqué de "Générations Futures" permet de mieux se rendre compte de la portée du jugement :

Communiqué de presse : LE CONSEIL D’ETAT ORDONNE LE REEXAMEN DU ROUNDUP EXPRESS DE MONSANTO Communiqué de presse : LE CONSEIL D'ETAT ORDONNE LE REEXAMEN DU ROUNDUP EXPRESS DE MONSANTO7 mars 2012

CONSEIL D’ETAT (06/03/2012) : LE CONSEIL D’ETAT ORDONNE LE REEXAMEN DU ROUNDUP EXPRESS DE MONSANTO, PRODUIT VENDU AUX JARDINIERS AMATEURS, ET OBLIGE L’ETAT A EXAMINER L’EFFET COCKTAIL DES SUBSTANCES DES PHYTOSANITAIRES

Suite à l’action de Générations Futures, association de défense de l’environnement et de la santé publique, et Jacques Maret, agriculteur biologique, le Conseil d’Etat enjoint au Ministre de l’Agriculture d’examiner de nouveau la toxicité du Roundup Express en raison de la présence d’acide pélargonique, substance active marché non prise en compte dans l’évaluation

Cet arrêt pose en outre des principes importants en matière d’évaluation des phytosanitaire :

1. la charge de la preuve repose sur le Ministre de l’Agriculture (et non sur les requérants) lorsqu’il s’agit de retirer une substance de la liste européenne des « substance actives » en application de la définition des ces substances (précisée dans l’arrêt)

2. l’évaluation d’un phytosanitaire doit porter à la fois sur les substances actives ET sur les « effets synergiques entre la substance active et les autres substances entrant dans la composition du produit ».

Rappel des faits Générations Futures et Jacques Maret ont demandé au Ministre de l’Agriculture l’abrogation de l’autorisation de mise sur le marché de trois formulations de désherbant Round Up® de MONSANTO, les RoundUp® Express, Extra 360 et GT Plus, en raison de la présence de substances dans leurs compositions qui n’ont pas été évaluées en tant que "substances actives", ce qui fausse l’évaluation de la toxicité de ces formulations. Cette demande d’abrogation a été refusée par le Ministre, décision qui a été attaquée devant le Conseil d’Etat. Les requérants se sont fondés principalement sur le fait que des substances présentes dans ces formulations de RoundUp® présentant les caractéristiques d’une substance active, n’avaient pas été considérées comme telles au sens de la législation européenne, et donc n’avaient pas été évaluées dans l’évaluation de la toxicité de ces RoundUp®.

Le Conseil d’Etat donne raison à Générations Futures et J Maret sur le Round Up® Express. Au terme d’une procédure complexe, notamment sur le plan scientifique, le Conseil d’Etat a retenu leur argumentation sur le cas du Roundup Express et a annulé de la décision de refus de retrait du Ministre. Il enjoint au Ministre de réexaminer dans un délai de six mois la demande d’abrogation de l’AMM du Round Up® Express et de verser aux requérants la somme de 3.000 € de frais de procédure.

En effet, relevant :

  • que l’acide pélargonique a été inscrit sur la liste des substances actives autorisées à compter du 1er septembre 2009 par la directive 2008/127/CE de la Commission du 18 décembre 2008 modifiant la directive 91/414/CEE du Conseil ;
  • que les avis du 16 avril 2007 26 mars 2009 de l’AFSSA ne font aucune mention de la présence d’acide pélargonique dans la préparation Roundup Express, ni à titre de substance active, ni à titre de coformulant ;

Le Conseil d’Etat en déduit que le ministre n’a pas mis en œuvre une méthode d’évaluation appropriée du Round Up® Express et que dès lors, son refus de retirer ce produit doit être annulée et que le ministre doit réaliser une nouvelle évaluation de cette substance.

« Il s’agit d’un évènement considérable » selon Générations Futures et Jacques Maret, « car pour la première fois la plus haute juridiction administrative se prononce sur la légalité même de l’AMM d’un Round Up® et, partant, sur le contrôle de sa toxicité. Cette décision est d’autant plus importante qu’elle concerne un herbicide, le Roundup Express, qui autorisé à l’emploi dans les jardins. Cette décision concerne tous les consommateurs et leurs enfants. En effet, le Conseil d’Etat considère, comme nous, que sa toxicité n’a pas été correctement évaluée, ce qui est particulièrement regrettable pour un produit vendu au grand public et utilisé dans les jardins des familles » selon F. Veillerette, Générations Futures et Jacques Maret,

Manque de transparence sur les pesticides  : le secret commercial nuit à la santé publique !

Concernant les Roundup EXTRA 360 et GT, le Conseil d’Etat a rappelé l’obligation pour le ministre de procéder à une évaluation des phytosanitaire portant à la fois sur les substances actives ET sur les « effets synergiques entre la substance active et les autres substances entrant dans la composition du produit ». Néanmoins, contrairement à l’avis des requérants, le Conseil d’Etat a considéré que « l’analyse des risques des préparations réalisée par le ministre de l’agriculture n’avait pas omis de prendre en compte les effets « synergiques » du glyphosate et de l’autre composant présent dans ce produit ».

Néanmoins, les requérants ne peuvent que constater l’impossibilité pour les consommateurs et professionnels de l’agriculture de vérifier la véracité de cette analyse, puisque les composants exacts de ces formulation sont tenus secrets !

Tout au long de cette action, les requérants et leurs avocats, dont Me Franz Vasseur, ont été marqués par la difficulté d’accès aux données sur la composition réelle des phytosanitaires, les obligeant à réaliser de coûteuses analyses scientifiques dès 2009. Cette omerta sur la composition des deux autres Round Up® les a empêchés d’obtenir les informations utiles sur leurs composants pour emporter la décision.

« Nous allons continuer notre action de surveillance de la sécurité des processus d’homologation des pesticides et aussi demander aux autorités qu’elles lèvent le secret sur la composition complète de ces produits pesticides car cette omerta empêche ou rend très difficile toute contre expertise indépendante en la matière : ce secret nuit gravement à la santé publique et n’est pas acceptable en démocratie », ajoutent François Veillerette (porte-parole de Générations Futures) et Jacques Maret.

Pour obtenir d’autres informations, merci de contacter : Génération Futures

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 16:21

 

| Par rachida el azzouzi

S. s'est mise aux antidépresseurs : elle en a « besoin pour tenir ». « Au boulot, rien ne va plus. » Elle ne reconnaît plus l'association qui l'emploie depuis plus de trente ans. Ses collègues « tombent comme des mouches ». « En ce moment, la moyenne, c'est deux arrêts de travail par semaine, des arrêts justifiés, pas de complaisance », dénonce-t-elle, la voix tremblante. Et pas n'importe qui : « Des bons, des solides, des responsables de service, craquent sous la pression de la hiérarchie, qui mène, tambour battant, une vaste restructuration à l'opposé des valeurs et de l'éthique de la maison. »
  

S. a peur de témoigner à visage découvert comme la plupart de ses collègues, cités tout au long de cet article. « Peur des représailles, qu'on me mute, me mette au placard ou me licencie » : « C'est arrivé à plusieurs d'entre nous. » S. travaille au sein de l'Afpa, l'association pour la formation professionnelle des adultes. La vénérable institution, un poids lourd né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour couvrir les besoins urgents de la reconstruction de la France, est engagée depuis 2009 dans de vertigineuses réformes qui l'ont plongée dans la crise.

 

Le centre Afpa d'Amiens 
Le centre Afpa d'Amiens© Rachida El Azzouzi

 Le financement de cet organisme indispensable au bon fonctionnement de l'emploi a été radicalement revu. D'outil du service public aux mains de l'Etat, l'Afpa est passée, décentralisation oblige, dans le giron des régions, déjà étranglées. Et surtout, en vertu des règles européennes, elle ne peut plus toucher de subventions et doit répondre aux appels d'offres comme n'importe quel organisme de formation sur le marché du public comme du privé. Ce virage brutal a plongé dans le grand bain de la concurrence ce mammouth, deuxième organisme de formation en France après l'Education nationale.
  

Pour piloter ce changement de « business model », le gouvernement a nommé directeur général de l'Afpa un énarque qui connaît bien « le service public qui change », un quadra normalien formé à l'école « Raymond Soubie » (le conseiller chargé un temps du social à l'Elysée) : Philippe Caila, ancien directeur adjoint du cabinet d'Eric Woerth au budget et ancien directeur de cabinet d'André Santini au secrétariat d'Etat à la fonction publique.

Mais sur le terrain, la réforme et « sa logique ultralibérale », disent les syndicats, ne passent pas. La déclinaison du « plan stratégique » se fait dans la douleur, génère une désorganisation profonde et une grande souffrance au travail dans le rang des salariés, passés de 12.000 à 9.000 en moins de trois ans, soit 3.000 suppressions d'emploi, essentiellement des formateurs.
  

A l'heure où le chômage bat des records et où Nicolas Sarkozy martèle dans ses discours à la Nation qu'il faut former les demandeurs d'emploi, « priorité absolue », les intersyndicales et les représentants du personnel s'unissent pour dénoncer « le démantèlement », « la casse », « la privatisation » de l'Afpa qui forme, de fait, de moins en moins de chômeurs, son cœur de métier. Et pointent du doigt la contradiction du gouvernement : « A chaque élection, on a droit à de grandes déclarations. Cette fois-ci, c'est pire. On a un président candidat qui promet une formation qualifiante à tous les chômeurs alors que depuis cinq ans, c'est tout le contraire de ses déclarations qui est appliqué à l'Afpa », constate, amer, Alain Guillemot, le secrétaire général de la CFDT Afpa.

 


 

Dans tout l'Hexagone, les tracts, les lettres ouvertes, les motions et les grèves se multiplient et se ressemblent. Du Nord-Pas-de-Calais au Languedoc-Roussillon, en passant par la Champagne-Ardenne, la Lorraine, l’Alsace, l’Aquitaine, le Limousin, l’Auvergne, l’Ile-de-France ou encore la région Rhône-Alpes... les mêmes problématiques affectent les campus, illustrent la dégradation de cette école de la deuxième chance, à la pointe de la pédagogie, qui répond depuis 1949 aux deux défis de l'économie française : la lutte contre le chômage et la pénurie de main-d'œuvre.
  

Formations surchargées ou en sous-activité, assèchement de l'alimentation du dispositif à la suite du transfert des 900 psychologues de l'Afpa à Pôle emploi, plateaux techniques et d'hébergement en mauvais état faute d'investissement et d'entretien, transfert de tâches vers un personnel non formé, fermeture de sections, suppression d'effectifs, non-remplacement des départs, pénurie de moyens, pression des objectifs... Les cahiers de doléances s'alourdissent, conséquences directes, selon les syndicats, du fait de passer d'un mode de subvention à une procédure d'appels d'offres, de « vouloir transformer l’Afpa en compagnie “low-cost” de la qualification et en “hard-discounter” du parcours de formation ».

En Picardie où S. est en poste, l'une des plus petites régions Afpa, avec 311 salariés (effectif CDI et CDD en 2010), cinq centres et une direction régionale, le malaise est criant, les salariés en grande détresse. Début janvier, au micro de France Inter (NDLR - à partir de la minute 12), Catherine, une employée, interpellait avec virulence Nadine Morano, la ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle, sur la situation « particulièrement catastrophique » de l'Afpa Picardie. « Le personnel se demande comment il va tenir (...). Est-ce que vous attendez des suicides avant de réagir ? », implorait-elle.
  

S. était en route pour le travail lorsqu'elle a entendu ce cri d'alarme dans son poste. « Ça m'a fait un bien fou d'entendre une collègue courageuse attirer l'attention des pouvoirs publics sur notre sort car on se sent isolés, ignorés », confie-t-elle. « On ne sait plus où on va. Quels que soient le service, notre niveau, on craque devant les ordres et contre-ordres, les dysfonctionnements, les changements stratégiques constants. Toutes les lignes de métier sont impactées », raconte un autre employé, qui a « triplé » sa dose journalière d'antidépresseurs.

«Je ne dormais plus. Je songeais à me foutre en l'air»

 En Picardie, depuis le « plan stratégique », les salariés ont l'impression de « prendre le chemin de France Télécom » et mettent en cause le management de leur direction régionale qui s'est durci avec l'arrivée d'Annie Dole il y a un an et demi. « C'est marche ou crève. Si t'es pas content, tu prends la porte », note R., un cadre, rompu au management, qui vit le premier arrêt de travail de sa carrière à 50 ans, « un coup violent ». Victime du syndrome d'épuisement professionnel, du « burn-out », R. a « pété les plombs » il y a quelques semaines, « pressé comme un citron ». « J'étais obnubilé par l'Afpa. Je ramenais tout à la maison. Je ne dormais plus. Je songeais à me foutre en l'air. »

Au sein de l'Afpa-Picardie, les indicateurs mesurant stress et sécurité au travail ont explosé. Ils sont deux à trois fois plus élevés que la moyenne nationale Afpa, lesquels chiffres sont déjà bien au-dessus de la moyenne des professions parmi lesquelles la caisse d'assurance maladie des travailleurs salariés classe l'association. Entre 2009 et 2010, le nombre d'accidents avec arrêts de travail a bondi de 200 %, le nombre de journées d'arrêts de travail de 647 %. « Les chiffres 2011 seront pires », prédit Marc Normand.
  

Délégué régional CGT, élu au comité d'établissement régional et président de la commission des conditions de travail, ce formateur en chimie industrielle, entré en 1983 à l'Afpa, constate, chaque semaine, les effets néfastes de la réorganisation sur le moral des troupes. Il cite l'exemple du service commercial, à Amiens, où la moitié du service est à l'arrêt, dont plusieurs responsables d'affaires. « On leur demande des objectifs irréalistes. Sur certaines formations, ils doivent faire 400 % de plus par rapport à l'an dernier, une gageure. On leur demande de compenser la perte du marché public en allant chercher le privé sans prendre en compte le contexte économique défavorable. Il faut tout de suite récolter. Or, dans ce milieu, il faut d'abord labourer, semer puis récolter », abonde un cadre qui côtoie au quotidien l'équipe de commerciaux.
  

« Perte de repères, instabilité permanente, réorganisation des métiers et des services, mobilité géographique, on assiste à une transformation du système à marche forcée, très rapide, très brutale. A France Télécom, la restructuration a été beaucoup plus lente dans le temps. Elle a été accompagnée. Nous, nous sommes seuls », note un syndicaliste. Seuls pour conduire une réforme dont l'esprit est en contradiction avec les missions historiques de l'Afpa : « La formation professionnelle, ce n'est pas une industrie mais de l'humain ».

 


 

Un ancien directeur régional avoue avoir été « chanceux » que la réforme tombe en même temps que sa retraite : « J’aurais eu des difficultés à l’accepter car elle est contraire à l’état d’esprit de l’Afpa. Je ne voyais pas l’association rentrer dans des logiques dictées par le marché et se soumettre à des appels d’offres annuellement remis en cause. L’institution ne peut qu’être fragilisée. Les formateurs peuvent se retrouver avec un statut aussi précaire que ceux qu’ils forment. »
  

Stagiaires en baisse et de moins en moins satisfaits, notamment les chômeurs (1.000 demandeurs d'emplois en moins formés entre 2008 et 2010, soit un tiers), salariés déboussolés qui se retrouvent sans activité et contraints à la mobilité géographique pour certains, formateurs en sur ou sous-activité, effectifs passés de 251 CDI à 200 en deux ans... En Picardie, les difficultés sont les mêmes que partout ailleurs et se font sentir dans les résultats financiers.
  

Malgré sa petite taille, la région était l'une des meilleures élèves et offrait des formations de pointe, sans équivalent sur le territoire national comme en chimie industrielle ou en traitement de l’eau. « On venait de toute la France pour y participer. Aujourd’hui, du fait de la régionalisation des financements, ces filières ont du mal à recruter car les stagiaires hors-région ne sont pas financés », pointe Marc Normand de la CGT.

Chaque année, l’Afpa Picardie totalisait entre 3,5 et 5 millions d'euros d'excédents brut d'exploitation. En 2011, dix mois après la déclinaison du plan, elle devrait accuser un déficit de 1,5 million d'euros qui s'explique notamment par une baisse de 25 % de l'activité de formation principalement sur les demandeurs d'emploi. A l’échelon national, le chiffre d’affaires 2011 visait les 950 millions d’euros. Il est en réalité de 847 millions d’euros, soit une perte de 100 millions d’euros.
  

L'un des facteurs aggravants de ces mauvais résultats en Picardie est le refus de la direction régionale de prendre part au SIEG (service d'intérêt économique général), proposé par la région socialiste, dont le statut juridique permet de déroger aux règles de commande publique et de garantir à l’Afpa la continuité de ses « actions de formation d’intérêt général » au travers de conventions pluri-annuelles. « Ce dispositif, nous l'avions pensé pour elle. C'était une façon de lui donner du travail. On créait comme une régie, on sécurisait l'organisme, explique Didier Cardon, vice-président chargé de la formation professionnelle au conseil régional de Picardie depuis 2004, mais la direction régionale n'en a pas voulu avant de se rétracter six mois plus tard, ce qui leur a valu des pertes de marché importantes. »
  

Pour Didier Cardon, « la formation régie par les marchés, c'est un moule destructeur. Il faut revoir la réforme de la formation professionnelle. Ce n'est pas un marché comme les autres surtout lorsqu'il concerne un public esquinté par la vie ». L'élu socialiste contemple la dégradation en Picardie avec impuissance : « Quand on brusque des cultures, on se trompe. On les aiderait bien mais nous ne sommes que partenaires. »

«Avant, tu travaillais pour les stagiaires, aujourd'hui, tu travailles pour le pognon»

 L'association se dégrade à l'image de son patrimoine immobilier au coeur d'un bras de fer juridique avec l'Etat qui lui en a transféré la charge comme le prévoyait la loi du 24 novembre 2009 sur l'orientation et la formation, décision finalement annulée par le Conseil constitutionnel en décembre 2010.

Le centre d'Amiens en zone industrielle, des bâtiments vétustes des années soixante, sur huit hectares, en témoigne. « Pour aller d'un atelier à l'autre, il faut passer par la pelouse boueuse car les escaliers sont défoncés », explique Fabrice Casselman, le délégué régional de la CFDT Afpa. En cette fin février, les rares stagiaires à être hébergés jouent au ballon sur le terrain de jeu obsolète. « Avant, il y avait des animations socio-éducatives et les hébergements étaient pleins. Aujourd'hui, on ne les remplit pas. Ce devrait pourtant être un atout pour vendre de la formation mais on n'y arrive pas », déplore l'élu CFDT.

Fabrice Casselman, CFDT Afpa Picardie 
Fabrice Casselman, CFDT Afpa Picardie© Rachida El Azzouzi

Dégagé à 100 % sur ses heures syndicales, Fabrice Casselman a décalé sa semaine de vacances pour pallier le manque d'effectifs et remplacer son collègue formateur en électricité. « Il nous reste encore la solidarité. » Ingénieur passé par l'automobile et l'agroalimentaire, il travaille à l'Afpa depuis seize ans. Une passion « J'adore ça, transmettre mon savoir, participer à remettre sur le monde du travail des populations en difficulté »   ternie par la réforme. « Avant le transfert aux régions, nous étions des oisillons dans un nid avec le bec ouvert. Aujourd'hui, il faut aller chercher la pitance », résume-t-il.
  

Tous les jours, il boit le café avec ses camarades formateurs. « Il y a dix ans ils avaient tous les yeux qui brillent de travailler à l'Afpa. Aujourd'hui, ils viennent tous à reculons. Artisans efficaces, on veut en faire des monteurs des lignes Peugeot. » Tous se plaignent des lourdeurs administratives, du nouveau logiciel SIHA pour les commandes de matériel, « la croix et la bannière », rage D., 50 ans. Vingt ans que ce spécialiste « froid climatisation » forme des stagiaires. Aujourd'hui, il vient « presque en marche arrière » : « Il n'y a plus de concertation entre le formateur et le manager de formation, plus de remplaçant si on part en congés. On n'a pas la direction régionale qu'il faut. Tout est fait sens dessus dessous au détriment de la qualité. Seule la rentabilité compte. Avant, on parlait HTS (heures travaillées stagiaires), aujourd'hui, on parle CA (chiffres d'affaires). »
  

E., en bleu de travail, formateur depuis vingt ans, fait une pause derrière son ordinateur. « Las ». Depuis deux ans, il « se demande tous les matins s'il va venir bosser » : « On n'a plus les moyens de travailler correctement. A la maintenance, je suis seul et je dois aussi assurer l'électricité alors que je ne suis pas électricien. » Il peste après ses stagiaires qui totalisent pour certains jusqu'à 209 heures d'absence et dont « tout le monde se fout sauf lui», déplore la disparition des psychologues, passés à Pôle emploi : «On n'a plus de suivi psychopédagogique des stagiaires. » « Ces derniers mois, les conditions de travail se sont dégradées, poursuit-il. Les formations sont plus courtes avec des stagiaires en difficulté et on doit arriver aux mêmes résultats. »
  

 

Jean-Luc Madani du pôle Afpa Beauvais 
Jean-Luc Madani du pôle Afpa Beauvais© Rachida El Azzouzi

« Avant, tu travaillais pour les stagiaires, aujourd'hui, tu travailles pour le pognon. » Ancien employé d'une entreprise de chaudronnerie à Toulouse, Jean-Luc Madani a rejoint les rangs des formateurs de l'Afpa Picardie il y a trois ans au moment de la restructuration.

Il ne se doutait pas à son arrivée du « démantèlement qui se tramait », « un PSE (plan de sauvegarde pour l'emploi) déguisé », « la technique de France Télécom », condamne-t-il. Voyant son centre de Beauvais se vider « un centre où la grande problématique était de se garer. Aujourd'hui, il n'y a plus que deux voitures, la moitié des formations ont été supprimées » , il a renoué avec le syndicalisme de sa jeunesse. Défenseur Prud'hommes pour l'Oise, secrétaire du CHSTC, délégué CFDT, il en est à sa sixième saisine de l'Inspection du travail pour délit d'entrave. « Nous sommes de la viande. A Beauvais, un médecin du travail écrit noir sur blanc que les salariés sont en grande détresse. Personne ne bouge. Martyriser, décourager le salarié, c'est la solution qu'ils ont trouvée pour tailler dans les effectifs n’ayant pas les moyens d’un PSE. »
  

Fabrice Casselman renchérit : « La direction régionale joue la carte du pourrissement, de la gangrène. Comme ça, on coupe le membre et on s'en sépare. » Et de citer plusieurs exemples de salariés poussés à la démission ou licenciés, selon eux, pour « des motifs bidon », dont des cadres de direction.

L'un d'entre eux, Patrice Guénard, responsable des ressources humaines à la direction régionale à Amiens, d'abord mis à pied en septembre 2010 puis licencié en juin 2011 après trente ans de maison, et à ce jour toujours pas remplacé, est devenu « un cas emblématique ». Soutenu par les salariés et par les représentants du personnel, il doit prochainement passer devant le conseil des prud'hommes. Son avocate, Marie-Solange Orts, compte démontrer qu'il est victime « de méthodes de management au mépris des personnes, des accords collectifs et de la législation ».
  

« Des cas similaires sont éprouvés dans d’autres régions. Il y a une volonté certaine de faire le ménage », appuie Marc Normand. Comme ses camarades syndicalistes, le délégué régional de la CGT exige « le retrait du plan stratégique en cours et le retour à une Afpa de dimension nationale ». S., elle, en appelle aux candidats à la présidentielle, qu’ils se positionnent clairement sur la formation professionnelle et qu’ils stoppent ce « gâchis ».

 


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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 16:15
Jeudi 8 Mars 2012 à 05:00

 

Philippe Cohen
Journaliste à Marianne, rédacteur en chef de Marianne2.fr et co-responsable du service politique...

La crise a disparu des radars électoraux, comme si elle s'était brusquement évanouie. Le brusque recul du CAC 40 montre que le feu couve sous la braise. Tandis que la BCE refinance les banques qui réalisent des plus-values sur les dettes souveraines, les plans d'austérité, comme prévu par les économistes raisonnables, engendrent une récession qui ne peut qu'accentuer les déficits publics.

 

(Michael Probst/AP/SIPA)
(Michael Probst/AP/SIPA)
La plupart des acteurs de notre campagne présidentielle font comme si la double crise de l'euro et de la dette était derrière nous. Or, plusieurs nouvelles rappellent utilement que le feu continue de brûler sous la braise.

Le premier signe est, en apparence, une bonne nouvelle, tombée durant le week-end et peu évoquée par les médias : en deux mois, la Banque centrale européenne vient de prêter la bagatelle de 1 000 milliards aux établissements bancaires  à un taux qui fait rêver tout acheteur de logement : 1%. Officiellement, ces liquidités octroyés à quelques 800 banques pour une durée de trois ans, leur permettent de répercuter ces largesses sur les prêts consentis aux états pour refinancer leur dette : ainsi les taux d’emprunts à dix ans consentis à l’Espagne et l’Italie sont ainsi passés de 7 ou 8 % à respectivement 3,9 et 4,9%. Tant mieux. Mais il s’agit encore une fois d’un cadeau aux banques privées : un enfant de trois ans comprend que lorsqu’on peut emprunter à 1% et prêter à 3,9%, on réalise des bénéfices considérables.

Parallèlement, l’anxiété grandit en Allemagne : on a découvert à travers Target 2, un système de transactions automatiques interbancaires d’une remarquable opacité, que la Bundesbank allemande avait 500 milliards de créances possiblement douteuses dans les autres pays européens. En réalité, ces créances ne sont que le reflet de l’excédent commercial allemand et des déséquilibres qu’il engendre. Ces créances résultent, comme l'explique très clairement François Leclerc, de « la substitution de l'Eurosystème au marché interbancaire qui ne fonctionne plus » :  « Les banques commerciales d’un pays donné de la zone euro se finançant sans limites auprès de leur banque centrale nationale, celle-ci enregistre ses créances auprès de sa consœur du pays d’où sont importés des biens et des services grâce à ses crédits. Le cumul net de ces créances a abouti aux montants évoqués dans les livres de la Bundesbank, soit 20 % de son PIB, tout simplement parce que l’Allemagne est le principal exportateur net au sein du marché européen. » Pour rétablir l'équilibre, il faudrait donc que l'Allemagne augmente sa consommation et ses importations. Mais comme Angela Merkel refuse toute relance de la consommation intérieure allemande, cette créance de 500 milliards commence à semer l’inquiétude sur les marchés.

Enfin, les signaux sur les marchés sont d'autant plus alarmants - cf. la dégringolade du CAC 40 de 3,58% mardi 6 mars - que la politique d’austérité imposée un peu partout en Europe ralentit les recettes des états et … accentue leurs déficits publics. Même les Pays-Bas, l'un des bons élèves de l'euro, est à présent touché, avec un déficit public de 4,5%, alors que ses dirigeants multipliaient les admonestations contre les PIG'S. En Espagne, le gouvernement Rajoy a annoncé que le déficit public serait de 5,8 et non de 4,4 comme le stipulait la feuille de route Merkozy. Au Portugal, les fuites sur une rencontre informelle entre le ministre des finances portugais, Victor Gaspar, et son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, ont alimenté la rumeur sur une possible renégociation de la dette portugaise. Avant même d’être adopté, le fameux mécanisme européen de stabilité est ainsi piétiné. Il ne reste plus qu'à attendre le retour de bâtons en Allemagne même de la récession qu'a imposé son gouvernement aux autres pays d'Europe. Le seul suspens de la campagne est de savoir s'il aura lieu avant ou après l'élection présidentielle.

Article corrigé le 8 mars à 11h30

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 16:07
Marianne - Jeudi 8 Mars 2012 à 12:00

Eugène - Blogueur associé

Eugène publie sur le Blog économique et social des articles de fond sur la société et... En savoir plus sur cet auteur

 

Lors de l'émission du mardi 6 mars 2012 sur France 2 « Des paroles et des actes », la femme du président, spectatrice sur le plateau, réagit sur une question relative au Fouquet's : « Nous sommes des gens modestes ». Retour avec notre blogueur associé Eugène sur une émission haute en couleurs.

 

(N. Sarkozy et C. Bruni, coulisses de l'émission Des paroles et des actes - WITT/SIPA)
(N. Sarkozy et C. Bruni, coulisses de l'émission Des paroles et des actes - WITT/SIPA)
Si l'émission était chargée sur le plateau de télévision entre regrets des erreurs commises (sic!) et attaques en dessous de la ceinture (DSK et autres), du côté des spectateurs sur le plateau ce n'était pas mieux. Pour commenter, nous avons eu droit au pire : de basses attaques qui finalement ne sont pas dignes d'un candidat et encore moins d'un président en exercice. Le président qui cite d'anciennes phrases de Fabius montrant qu'il n'aimait pas Hollande («Je crois qu'il a accusé le coup lorsque je lui ai rappelé qu'il avait traité Hollande de "fraise des bois" a dit le président hors micro en fin d'émission), puis qui attaque sur DSK et ses conseillers français qui viennent jusqu'à New York (attaque sur les parties fines de DSK), enfin indique sans détour que le point faible de Hollande est qu'il n'a pas d'expérience du pouvoir et qui ne sait pas dire non. Autant dire tout de suite que le débat a mal commencé pour le président. Je dirais que lorsque l'on voit ce que font les politiciens qui ont de l'expérience du pouvoir, nous sommes très tentés de le remplacer par une personne novice en la matière, cela ne pourra pas être pire. Entre quelqu'un qui est soupçonné de dire tout le temps « oui » et un président sortant qui disait tout le temps « non », les Français choisirons qui est le pire et qui a le potentiel de leur redonner espoir et de leur changer les idées. Quant à DSK, certes, mais pourquoi ne pas parler de Woerth et consorts dans ce cas ? Simplement parce que ce n'était pas le sujet de l'émission. Les Français attendaient un débat d'idées et non pas une bataille sur un ring...

Même s'il s'en défend, « Je me sens bien ! » indique-t-il avant l'émission, il est apparu tendu, grave et fatigué, comme l'on également remarqué les journalistes en fin d'émission, son sourire avait disparu et il était prêt à tout pour contrecarrer Fabius. Je ne pense pas que ce débat ait tourné, de ce fait, à son avantage, les Français jugeront. Pourtant, s'il y a fort a dire des maladresses et de l'attitude défensive et peu présidentielle choisie par les conseillers en communication du président, le plus intéressant vient des spectateurs. D'une spectatrice, plus précisément. Sa femme.

Cela a commencé fort. A peine arrivée, elle lance « Il fait un froid de gueux ». Je ne sais pas pour vous, mais le terme de « gueux » me fait la plus mauvaise impression. En effet, cela fait inexorablement penser à la noblesse et leur opposer : les gueux. Cela fait penser également à la révolte des gueux en 1566 dans les Pays-Bas espagnols, ou à la marche des Gueux des paysans d'Inde en 2008 pour exiger des droits pour les femmes et le droit de la terre. Réjouissant ! Aujourd'hui, le terme « gueux » est vieilli ou, du moins, ironique, et désigne les indigents ou les nécessiteux, brefs, les mendiant ! Cette phrase prend une résonnance particulière lorsque l'on sait que la femme du président est issue d'une riche famille d'industriels italiens. Le ton, par une simple phrase est donnée, la noblesse et la bourgeoisie sont là...

Évidemment, si la phrase est étonnante, nous ne pouvons rien en conclure isolément. Néanmoins, ce n'est pas la seule « sortie » étonnante de la femme du président ce soir-là... Juste avant le début de l'émission, la femme du président indique en riant à Pflimlin et ses journalistes : « Les journalistes sont tous des Pinocchio ». Pas mal non plus. La référence est également désuète (Pinocchio) et surtout donne le ton pour l'émission qui commence. Comme si dans l'entourage présidentiel personne ne mentait... Mais il s'agit surtout d'une sortie ironique pour la suite de l'émission, comme nous allons le voir.

Occupée à envoyer des SMS en pagaille, elle indique « Il a une belle voix » en parlant de son mari. C'est vrai, c'est exactement ce qu'attendent les Français en période de crise : un candidat qui a une belle voix... Bref. Le clou du spectacle arrive lorsque les journalistes interrogent le président sur son gout prononcé pour le Bling-Bling avec pour départ l'épisode du Fouquet's : la femme du président n'hésite pas à lancer à haute voix « Nous sommes des gens modestes »... Avant de demander à Guaino : « De temps en temps, ils donnent la parole à des journalistes de droite ? » qui ignora la question. Faut-il rappeler ce que c'est une famille modeste en franc ? Certainement pas, une famille de riches industriels français côté Bruni ou d'avocats d'affaires associés (et président de la République), (côté Sarkozy. Selon L'Express   qui a interrogé l'UMP sur le patrimoine du président, il s'est légèrement enrichi entre 2007 et 2012 (157 000 euros) malgré un divorce couteux. Merci à l'augmentation autodécidée de 172% de son propre salaire ! Quand on pense que le Général de Gaulle payait lui-même ses timbres, son eau et son électricité à l'Élysée.

Avec un patrimoine estimé à « 2,3 millions d'euros » le président est assujetti à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) qui se déclenche à 1,3 million d'euros. Par comparaison, le patrimoine de Hollande est estimé à 800 000 euros environ (déjà pas mal !) mais n'est pas soumis à l'ISF, du coup. Voila, selon la femme du président ce que signifie des gens modestes. Nous comprenons mieux l'expression des « gueux » du début de l'émission...

Incontrôlable, la femme du président ? Si l'on pensait que jusqu'à présent le bilan du quinquennat de Sarkozy était sa plus grande faiblesse, finalement les coulisses de l'émission nous font penser que ce serait plutôt sa femme.

L'émission se termine, je suis médusé : je ne m'attendais pas à cela. Je voyais un débat plus haut, plus factuel, plus sur les idées et le bilan que des coups bas et les annonces de dernière minute du président. Son programme n'est-il pas encore « sec » ? Pourtant, il est expérimenté, il devrait connaitre ses dossiers, son programme devrait être en continuité de ce qu'il a fait pendant 5 ans... Pourquoi cette attitude tendue et sur la défensive ? Pourtant, le président est très heureux de sa prestation : « Je me suis senti très à l'aise, car c'est vraiment une très bonne émission. J'attendais ce genre de débat depuis cinq ans, car il y a une réelle liberté pour dire les choses », indique-t-il de manière surréaliste… Si la « liberté » pour lui était celle de multiplier les coups bas, c'est réussi... Quel étonnement que la femme du président émaille l'émission de commentaires plus que discutables, au lieu d'une attitude digne et sobre ! Carla véritable talon d’Achille du Président comme l’était Cécilia ?

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 14:18

journée de la femme

 

 

http://vidberg.blog.lemonde.fr/2011/03/08/journee-de-la-femme-noffrez-pas-de-fleur/

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 12:54

Après une hausse continue observée depuis fin 2009, le nombre de salariés en emploi dans les secteurs marchands a diminué au troisième trimestre 2011 (- 31. 500) et au quatrième (- 22.600). Sur un an, le ralentissement des créations nettes d'emploi dans les secteurs principalement marchands est marqué : + 67.300 en 2011, après + 124.600 en 2010 ( +0,8%), selon les statistiques publiées jeudi 8 mars par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

L'emploi industriel accuse une légère baisse au quatrième trimestre (- 1.700) et sur l'ensemble de l'année (- 2.100), mais c'est surtout la construction qui souffre (- 4.600 postes au quatrième trimestre après - 6.300), ses effectifs salariés ayant diminué de 11.900 en 2011.

L'emploi tertiaire marchand recule sous l'effet  de la baisse de l'intérim qui s'accentue (- 21.800 postes en 2011). Fait préoccupant, les pertes d'emploi dans le travail temporaire se sont accélérées, passant de - 12.900 au troisième trimestre à - 21.100 au quatrième. Cette accélération n'augure rien de bon dans la mesure où l'intérim est généralement considéré comme un indicateur avancé de l'emploi.

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 12:48

LEMONDE.FR avec AFP | 07.03.12 | 18h24

 
 

 

Des enfants évacués de la zone interdite autour de la centrale de Fukushima sont examinés, le 13 mars 2011.

Des enfants évacués de la zone interdite autour de la centrale de Fukushima sont examinés, le 13 mars 2011. REUTERS/© Kim Kyung Hoon / Reuters


Des enfants sont toujours contaminés à 220 km de la centrale de Fukushima près d'un an après la catastrophe nucléaire japonaise, a affirmé mercredi 7 mars l'Association pour le contrôle de la radioactivité de l'Ouest (ACRO), un laboratoire français indépendant, dans un communiqué.

Sur les 22 enfants japonais dont l'ACRO a analysé les urines, 14 sont encore contaminés au césium 134 et césium 137, selon le site Internet du laboratoire. Les prélèvements ont eu lieu entre décembre 2011 et février 2012.
 

"Ces résultats mettent en évidence une contamination des urines jusqu'à Oshu [province d'Iwaté] située à environ 220 km de la centrale", souligne l'association, un des deux laboratoires indépendants créés en France après la catastrophe de Tchernobyl. "Les valeurs ne sont pas extrêmement élevées comparées à celles que nous avions relevées en Biélorussie mais elles montrent que la contamination s'installe dans le temps", a estimé le président de l'ACRO, David Boilley.

 

RÉPERCUSSIONS SUR LA SANTÉ À LONG TERME

Cette persistance "montre aussi que la contamination des enfants vient de l'alimentation et non du panache. Cela pose la question des répercussions sur la santé des contaminations à faible dose mais sur le long terme", un phénomène sur lequel la science s'interroge, a ajouté M. Boilley.

L'ACRO a cependant relevé une "baisse significative de la contamination d'une petite fille d'Ichinoseki", âgée de quatre ans, depuis qu'elle a arrêté de manger les légumes du jardin de ses grand-parents "sans se douter que ceux-ci puissent être contaminés", souligne le laboratoire.

Les césiums 134 et 137 sont des éléments radioactifs que l'on peut trouver après un accident nucléaire. Ils ont une durée de vie considérée comme moyenne. La quantité de césium dans le corps diminue de moitié en un mois chez un enfant qui mange sain, contre huit jours pour, par exemple, l'iode radioactif. Un individu qui n'est plus contaminé a cependant toujours davantage de risque de développer un cancer que celui qui ne l'a pas été, rappelle l'ACRO.

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 12:42

LEMONDE | 08.03.12 | 13h00

 
 

Tripoli (Liban), Envoyée spéciale - "Il n'y a plus de Baba Amro. Le quartier est à terre, détruit par le régime. Il n'y a plus ni eau, ni électricité, ni même un peu de riz", déclare Abou Bakr, 25 ans. Le jeune homme est originaire du bastion rebelle d'Homs, comme la plupart des blessés arrivés au Liban depuis la fin février.

Appuyé contre un épais oreiller, dans la chambre d'un hôpital de Tripoli (dans le nord du Liban), Abou Bakr, à la barbe soigneusement entretenue, écrit "ses pensées", tout en regardant une émission religieuse diffusée par la chaîne privée saoudienne Al-Majd Al-Ilmiya. A le voir si posé, on en oublierait presque qu'il a été blessé au genou droit par des éclats d'obus, fin février. Soigné sommairement à Baba Amro, il est arrivé au Liban lundi 5 mars, après des jours à progresser lentement vers la frontière, en se cachant des forces régulières.

"UNE VASTE MAISON OÙ LA MORT SÉVIT"

"Homs est comme une vaste maison où la mort sévit. La plupart des habitants de Baba Amro ont fui vers les quartiers voisins", raconte Abou Bakr. Le jeune homme n'est pas un civil, comme il l'a d'abord avancé, sur les conseils de Syriens qui coordonnent l'aide aux blessés et assisteront aux différents entretiens. Sa robustesse et sa détermination le trahissent, avant qu'il ne l'admette : il est un combattant de la brigade Al-Farouk. Le plus puissant groupe à Homs, relié à l'Armée syrienne libre (ASL), était présent à Baba Amro jusqu'à son "retrait tactique", le 1er mars, et la prise du quartier par le régime. Une grande partie des patients de l'hôpital sont d'ailleurs des combattants.

Hussein, 20 ans, est un civil. Et un survivant, à l'esprit hanté par les images terribles collectées sur le terrain, durant plus de vingt jours de bombardements intensifs. Originaire de Baba Amro, il faisait partie des volontaires qui évacuaient les blessés dans les rues du quartier insurgé vers les maisons, lors des frappes. Fin février, un couple et leur nourrisson montent dans une voiture. Quelques minutes plus tard, un obus tombe. Les trois passagers sont tués. Hussein, qui s'avance vers le véhicule, est touché par une nouvelle déflagration, au dos, au bras droit et aux poumons.

Cette scène, tel un guet-apens, est rapportée par de nombreux Syriens soignés au Liban : un premier obus ou tir de mortier s'abat. Quelques minutes passent. Quand s'approche une silhouette pour porter secours, une deuxième salve est alors tirée. Arrivé à Tripoli le 1er mars, Hussein continue de sourire malgré ses graves blessures. "Je veux retourner en Syrie pour aider les autres. Après la révolution, je reprendrai ma vie d'avant : étudiant et employé dans la boutique familiale", explique-t-il.

 

"VOUS NOUS LAISSEZ MOURIR"

Abou Bakr, lui, ne cache pas sa ferveur religieuse : "Mais si vous nous voyez comme des islamistes parce que nous portons la barbe, voyez notre humanité ! Nous aimons la paix. Nous avons tout fait pour les journalistes étrangers. Nous refusons de rentrer dans une logique confessionnelle. Moi, je ne veux pas d'un régime religieux en Syrie, mais d'un pouvoir qui respecte la liberté de culte." "Les courants islamistes émergeront peut-être après la chute du régime. Mais ce pour quoi nous nous battons, ce n'est pas ça, c'est la liberté !", ajoute un autre combattant de l'ASL originaire de Qusair (bourgade à la frontière libanaise), blessé à la jambe et soigné dans un autre hôpital de Tripoli.

Abou Khaled, 40 ans, n'a plus qu'une idée : "Donnez-nous des armes lourdes, pour que nous attaquions la famille Assad ! Je veux venger ma fille !" Originaire des environs de Qusair, ce civil a perdu deux doigts de la main gauche, et son tympan gauche a été percé par un tir de mortier. Sa fille, âgée de 7 ans, est morte sur le coup. "Nous étions sortis acheter du pain, à l'aube, rien d'autre !, dit-il en tremblant. Pourquoi avez-vous aidé les Libyens, et vous nous laissez mourir ?" "Nous aussi, on a du pétrole et du gaz !", renchérit son voisin de chambre, Abou Mohammed, civil de 39 ans. Son oeil droit, perdu, est recouvert d'un pansement.

Il n'y a ni femmes ni enfants, dans ces hôpitaux. A l'exception de Khaled, 15 ans. L'adolescent a le regard triste, lucide, de celui qui sait qu'une partie de sa vie est derrière lui. Il a été amputé, à hauteur du genou droit, après avoir sauté sur une mine en tentant d'évacuer un blessé vers le Liban. Khaled ne parle pas, il tourne la tête vers le mur, dans cette chambre où il y a trop de lits, trop de patients, faute de place, où l'on fume, pour tuer le temps. Nul n'a pu parler à ses proches, ni parmi les réfugiés de Baba Amro, ni à Qusair, car les lignes téléphoniques ne fonctionnent pas.

Pour ces quelque 2 000 Syriens, arrivés au Liban depuis le 2 mars, la trêve au Liban prendra fin dès que les blessures seront cicatrisées. Si leurs opérations sont prises en charge par Beyrouth, c'est en effet dans la plus grande discrétion. Le retour, les jeunes hommes disent l'attendre. Même s'ils redoutent de découvrir les exactions à l'encontre de civils, dans la région d'Homs, dont les rumeurs bruissent dans les couloirs des hôpitaux. Ils ne croient plus aux initiatives politiques. "Il faut armer l'ASL !", répètent-ils, unanimes.

Laure Stephan

 


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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 12:37

LEMONDE.FR | 08.03.12 | 07h50   •  Mis à jour le 08.03.12 | 10h51

 
 

 

Une femme, enroulée dans le drapeau tunisien, manifeste dans une rue de Tunis, le 20 janvier 2011.

Une femme, enroulée dans le drapeau tunisien, manifeste dans une rue de Tunis, le 20 janvier 2011.AFP/MARTIN BUREAU


Nous, femmes arabes impliquées dans les luttes pour la démocratie, la dignité et l'égalité, nous, actrices au premier plan des changements exceptionnels que connaît le monde arabe, tenons à rappeler à l'opinion publique que les femmes sont en droit de bénéficier au même titre que les hommes du souffle de liberté et de dignité qui gagne cette région du monde.

Depuis toujours, les femmes mènent des luttes pour obtenir des acquis, plus ou moins importants selon les pays. Mais ces acquis demeurent en deçà de leurs aspirations et font de leur statut un des plus reculés dans le monde.

Les violences demeurent répandues tant dans l'espace public que privé et très peu de mesures sont prises pour mettre fin à ce fléau.

Les codes de la famille ne sont dans la plupart des pays arabes que des textes instituant l'exclusion et la discrimination.

Les autres lois que sont le code de la nationalité, certains codes civils et les lois pénales ne font que renforcer ces discriminations. Ces lois violent les droits les plus élémentaires et les libertés fondamentales des femmes et des fillettes par l'usage de la polygamie, le mariage des mineures, les inégalités en matière de mariage, de divorce, de tutelle sur les enfants ou encore l'accès à la propriété et à l'héritage.

Certaines lois permettent même à la parentèle masculine de tuer des femmes et des filles avec le bénéfice de circonstances atténuantes dans le cadre des crimes d'honneur.

Si la majorité des pays arabes (à l'exception du Soudan, et de la Somalie) a ratifié avec plus ou moins d'empressement la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (Cedaw), adoptée par l'ONU en 1979, ces ratifications sont restées sans impact réel sur le statut et la condition des femmes.

Aujourd'hui que le monde arabe est en phase de construction démocratique pour la consolidation de l'Etat de droit et des droits humains, nous considérons que si l'égalité ne peut se réaliser sans la démocratie, la pleine jouissance de cette démocratie ne peut se réaliser sans une égalité totale entre les hommes et les femmes.

C'est pourquoi nous appelons les Etats, les partis politiques et la société civile dans ces pays à tout faire pour que la dignité des femmes et leur égalité avec les hommes ne soient pas une fois de plus sacrifiées au nom de prétendues priorités.

Aucune démocratie en effet ne peut se construire au détriment de la moitié de la société. Ensemble nous avons fait notre présent, ensemble nous construirons un avenir meilleur.

Nous exigeons :
- la préservation des acquis, l'égalité totale et effective et l'inscription des droits des femmes dans les constitutions ;
- les mesures législatives et administratives afin d'éradiquer les violences faites aux femmes ;
- la ratification et le respect de la Cedaw sans réserve dans son esprit et dans toutes ses implications concrètes ;
- l'adoption de lois qui protègent les femmes des inégalités sociales et économiques, des discriminations, en particulier familiale ;
- les mesures d'action positive afin d'assurer l'accès des femmes aux postes de décision et à leur pleine participation à la vie politique et associative ;
- la dénonciation des voix qui s'élèvent ici et là pour discriminer les femmes au nom d'une lecture rétrograde des préceptes religieux ainsi que celles qui voudraient leur interdire une participation pleine et entière à une vie digne et respectueuse des droits humains ;

 

Les huit signataires de l'appel :

- Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), tunisienne ;

- Bochra Belhadj Hmida, avocate, cofondatrice et ex-présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates, tunisienne ;

- Shahinaz Abdel Salam, blogueuse et activiste, égyptienne ;

- Nawal El Saadawi, médecin psychiatre, écrivain et féministe historique, égyptienne ;

- Tahani Rached, réalisatrice, égyptienne ;

- Samar Yazbek, écrivain, syrienne ;

- Azza Kamel Maghur, avocate internationale et membre du Conseil Libyen des Droits de l'Homme, libyenne ;

- Wassyla Tamzali, féministe et essayiste, algérienne.

 

Soutenues par :

Sylviane Agacinski, philosophe ; Keren Ann, chanteuse ; Elisabeth Badinter, philosophe ; Josiane Balasko, comédienne ; Juliette Binoche, comédienne ; Dominique Blanc, comédienne ; Louis Chedid, chanteur ; Umberto Eco, écrivain ; Marianne Faithfull, chanteuse ; René Frydman, obstétricien ; Juliette Gréco, chanteuse ; Claudie Haigneré, astronaute et femme politique ; Françoise Héritier, anthropologue ; Isabelle Huppert, comédienne ; Axel Kahn, généticien ; La Grande Sophie, chanteuse ; Talisma Nasreen, écrivain ; Olivia Ruiz, chanteuse ; Rayhana, auteure et comédienne ; Annette Wieviorka, historienne ; Mazarine Pingeot, professeure de philosophie et écrivain ; Catherine Deneuve, comédienne.

L'appel peut être signé par tout citoyen. La pétition sera remise au Président du Conseil Européen à l'occasion du Sommet des chefs d'état et de gouvernement de l'Union Européenne à Bruxelles, le 25 mai 2012. Signez cette pétition en ligne.

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Suivez sur l'antenne de France Inter, co-initiateur, en partenariat avec Le Monde, de l'"Appel des femmes arabes pour la dignité et l'égalité", les rendez-vous de la journée du 8 mars sur le thème : "Révolutions arabes, révolutions des femmes ? 8 mars, 8 femmes".

 

*Pour accéder à la pétition, appuyer sur la touche "Ctrl" de votre clavier + cliquer gauche sur la ligne du lien

 

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                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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