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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 17:51

 

 

Source : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr

 

Combien de morts dans les chantiers de la future Coupe du monde au Qatar ?

Via Big Browser .

 

 

 
 

"Il aura fallu un scandale de 150 millions de dollars [137 millions d'euros] pour que les Américains s'intéressent au football."

 

C'est ainsi que le Washington Post commence un petit article dans lequel il profite du grand déballage à la FIFA pour informer ses lecteurs du sort des ouvriers qui travaillent à la construction des stades pour la Coupe de monde au Qatar en 2022. Une compétition derrière laquelle on retrouve... Sepp Blatter.

 

Lire tous nos articles sur le scandale qui ébranle la FIFA

 

Une enquête du Guardian révélait, en 2013, la situation d'"esclavagisme" dans laquelle vivaient les dizaines de milliers ouvriers venant du Népal, d'Inde ou du Bangladesh.

 

Lire notre enquête : Qatar : dans les camps du Mondial 2022

 

Le Washington Post a mis bout à bout les statistiques existantes, celles du Guardian (964 décès entre 2012 et 2013), celles de la diplomatie indienne et celles de la Confédération syndicale internationale pour arriver au graphique ci-dessous. Tout en soulignant que le bilan du chantier qatari pourrait être bien plus élevé, le journal précise que les bilans des Jeux olympiques de Sotchi ou de Pékin sont également à examiner avec réserve.

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Source : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr

 

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 17:36

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Contre-rapport

La face cachée des énormes bénéfices financiers générés par Total

par , Olivier Petitjean

 

 

 

 

5,9 milliards d’euros de dividendes seront redistribués par Total à ses actionnaires. Derrière cette belle plus-value financière, se cache une autre réalité : celle des gigantesques coûts sociaux et environnementaux que génère l’activité de la 5ème compagnie pétrolière mondiale. Des coûts qui ne sont pas supportés par les actionnaires, mais par l’ensemble des sociétés. C’est pour lancer ce débat que l’Observatoire des multinationales et Basta !, en partenariat avec les Amis de la Terre, publient un premier contre-rapport annuel sur les activités de Total à l’occasion de son assemblée générale.

Total est le plus gros générateur de bénéfices au sein du CAC 40 avec près de 5,9 milliards d’euros de dividendes redistribués aux actionnaires. De ceci et d’autres informations relatives à la performance financière de l’entreprise, il est abondamment question dans les rapports et documents que la direction de Total remettra, le 29 mai, à ses actionnaires et aux médias lors de son assemblée générale. Y seront joliment présentés de dynamiques courbes ascendantes, des témoignages de « collaborateurs » enthousiastes, des baromètres de « responsabilité sociale » et des initiatives volontaristes en faveur du développement durable. Les questions qui fâchent, les critiques potentielles, les parts d’ombres de l’activité pétrolière et ses lourdes conséquences en seront dûment expurgées.

Ce rapport « alternatif » vise à combler cette lacune. Son objectif est de mettre en lumière d’autres aspects, parfois moins reluisants, des activités de Total en France et dans le monde, de relayer les questionnements et les critiques des travailleurs, des organisations de la société civile et de l’opinion publique. En se plaçant autant que possible du point de vue de ceux – employés, communautés concernées, contribuables, simples citoyens – qui n’ont généralement pas voix au chapitre lorsqu’il s’agit de discuter de la stratégie des entreprises, mais qui en supportent les coûts sociaux et environnementaux.

 

 

De par son activité de compagnie pétrolière et gazière – la 5ème mondiale –, Total affiche, à l’instar de ses concurrents, un lourd bilan en la matière. L’entreprise exploite des sources d’énergies parmi les plus polluantes, le pétrole issu des sables bitumineux au Canada par exemple. Et n’a pas banni des pratiques reconnues depuis longtemps comme néfastes, comme le torchage du gaz au Nigeria. En Europe, en Argentine ou en Algérie, Total fait face à des contestations sociales de plus en plus importantes contre le recours à la fracturation hydraulique, nécessaire à l’extraction du gaz de schiste, mais qui fait peser, entre autres, de gros risques de pollutions sur les ressources en eau. Alors que sa production pétrolière décline depuis dix ans, plutôt que de véritablement développer les énergies renouvelables, Total affiche sa volonté de forer toujours plus loin et plus profond, quitte à fragiliser l’Arctique, à menacer des parcs naturels africains, à multiplier les risques de marée noire en forant les sous-sols océaniques au large de l’Angola ou du Brésil.

Ces activités de plus en plus risquées vont de pair avec des stratégies d’influence, de lobbying et « d’optimisation » fiscale pour le moins critiquables : lobbying intensif, en particulier au sein des institutions européennes à Bruxelles, pour freiner la transition vers les énergies renouvelables ou empêcher des régulations environnementales ; refus de rendre transparent les contrats signés avec des gouvernements marqués par des affaires de corruption massive ; achats de concessions dans des zones de conflits ou occupées par d’autres États ; recours à des filiales situées dans des paradis fiscaux et judiciaires… Et quand la catastrophe survient ou qu’une affaire de corruption éclate, la Justice peine à rompre l’impunité dont bénéficient de fait les gigantesques groupes comme Total.

La compagnie pétrolière française fait aussi partie des 90 entreprises mondiales qui ont le plus contribué historiquement à émettre des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, dont la concentration est en train d’atteindre son ultime limite. Au vu de l’urgence climatique, c’est le cœur même de l’activité de Total qui suscite donc des questions, alors que de plus en plus d’acteurs financiers souhaitent détourner leurs investissements des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon). Les salariés de l’entreprise risquent d’en supporter les conséquences. On le voit bien : les énormes bénéfices financiers générés par Total au profit de ses actionnaires induisent de gigantesques coûts sociaux et environnementaux supportés par tous. Ce rapport vise à ouvrir un débat qui ne peut plus être réservé aux cercles restreints des directions d’entreprise. Lire le contre-rapport « Total, le véritable bilan annuel » :

PDF - 1.4 Molien

Olivier Petitjean et Ivan du Roy

Photo : Raffinerie de Normandie, de Total, près du Havre / CC Luc Poupard

Pour mener leurs enquêtes et investigations, Basta ! et l’Observatoire des multinationales ont besoin de vos dons

- Total, sur l’Observatoire des multinationales

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 17:24

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Surconsommation

Olivier De Schutter : « Nous sommes extrêmement immatures dans notre manière de concevoir l’avenir de nos sociétés »

par , Sophie Chapelle

 

 

 

« Avec quelques décisions courageuses, le problème de la faim pourrait être résolu. » C’est le constat sans appel dressé par Olivier De Schutter, ancien rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, alors que 795 millions de personnes souffrent de sous-alimentation. Fervent défenseur de l’agro-écologie, il revient avec Basta ! sur les lobbys à l’œuvre qui bloquent tout changement, dans le secteur agricole comme énergétique. Partisan d’une nouvelle redistribution des richesses, il appelle à inventer de nouveaux rapports sociaux. « Sans revoir les modes de consommation des sociétés riches, nous n’éviterons pas une catastrophe à l’horizon 2080 », prévient-il. Entretien.

 

Basta ! : Vous avez été pendant six ans rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation. Aujourd’hui 795 millions de personnes dans le monde ont faim, selon la FAO – l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. La situation ne cesse d’empirer. Comment expliquez-vous cet échec ?

Olivier De Schutter  [1] : Près d’un milliard de gens ne mangent pas à leur faim, souffrent de sous-alimentation. Et 2,5 milliards de personnes souffrent de malnutrition : elles mangent à leur faim mais leur régime n’est pas suffisamment diversifié pour éviter qu’elles ne tombent malade, résistent aux épidémies,... La sonnette d’alarme a été tirée il y a 25 ans ! Pourquoi rien ne bouge ? Les gouvernements des pays du Sud dépendent pour leur stabilité des élites des villes. Leur souci premier est donc d’écouler sur les marchés des villes des calories à bon marché pour éviter l’impatience des populations urbaines. Cela se fait au détriment des petits agriculteurs et des campagnes. Le problème n’est pas agronomique ou technique, ni même économique : c’est un problème d’absence de prise en compte des intérêts des petits paysans dans la formulation des politiques publiques.

 

Selon votre prédécesseur aux Nations Unies, Jean Ziegler, laisser mourir de faim un milliard de personnes est un crime contre l’humanité. Qui est responsable de cette malnutrition ?

C’est un paradoxe : nous produisons dans le monde de quoi nourrir plus de 12 milliards de personnes. 4600 kilocalories par jour et par personne sont disponibles. Mais un tiers environ de cette production est gaspillée, perdue, et résoudre ce problème ne semble pas une priorité. Une partie importante des céréales est utilisée pour l’alimentation du bétail. Une autre part, de plus en plus importante, va vers la production d’énergie – biodiesel, éthanol –, une tendance encouragée jusque récemment à coups de subventions par les gouvernements. Il reste tout juste de quoi nourrir un peu plus de 7 milliards de personnes. Les écarts de revenus considérables font qu’un grand nombre de personnes sont trop pauvres pour s’alimenter décemment.

Si Jean Ziegler parle de « crime », c’est parce que ces morts sont évitables. La faim et la malnutrition sont des questions politiques : nous avons toutes les solutions techniques requises, mais nos gouvernements n’en font pas une priorité. Avec quelques décisions courageuses, le problème de la faim pourrait être résolu : en mettant en place des politiques beaucoup plus redistributives, en donnant la priorité à l’alimentation par rapport aux autres demandes adressées au secteur agricole, et en ayant une meilleure représentation des agriculteurs dans les choix politiques. On pourrait très vite résoudre ce problème qui nous hante.

 

Les émeutes de la faim de 2008 ont été en partie causées par la spéculation financière. Quelles actions ont été menées pour mettre un frein à la spéculation sur les matières premières ?

En 2008, rares étaient ceux qui disaient que la spéculation financière – les acteurs financiers, les fonds d’investissements – jouaient un rôle dans l’augmentation des prix des denrées alimentaires et des matières premières agricoles. Aujourd’hui, la FAO, la Banque mondiale ou l’OCDE reconnaissent que cette spéculation a joué un rôle néfaste. Depuis, des mesures ont été prises. A la demande du G20, un système d’information sur l’état des réserves disponibles (Agriculture Market Information System - AMIS) a été mis en place. Cette transparence est importante car au printemps 2008, les rumeurs et informations erronées avaient joué un rôle dans l’explosion des prix du maïs, du blé ou du riz, en incitant les gouvernements à accroitre leurs stocks, et en créant ainsi une rareté artificielle. Mais le secteur privé, les grands céréaliers – Dreyfus, Cargill, Bunge par exemple – qui détiennent des réserves considérables, ne participent pas à cet échange d’informations. Si les gouvernements disposent de réserves alimentaires d’urgence, en cas de catastrophe naturelle, ils sont cependant réticents à en créer d’autres, qui pourraient causer des distorsions sur les marchés. On continue de faire comme si l’évolution erratique des prix était utile aux producteurs, ce qui est une absurdité.

 

Notre modèle agricole est à bout de souffle. Pour sortir de cette impasse, vous défendez l’agro-écologie…

L’agro-écologie, c’est le bon sens. C’est une manière efficiente d’utiliser les ressources, et de réduire l’empreinte écologique de nos modes de production. Mais l’agro-écologie ne se réduit pas à une série de techniques agronomiques. C’est une manière de penser le rapport de l’agriculture à d’autres enjeux de société : développement rural, santé des populations, maintien des fermes familiales qui sont en train de disparaître. Penser l’agriculture sans penser à la santé, à l’environnement, à l’emploi, au développement rural, à l’aménagement du territoire, cela n’a guère de sens. L’agro-écologie échappe en partie à la compétence d’un ministre de l’Agriculture. Il faut une véritable politique alimentaire en France, plus que des politiques agricoles, d’environnement, d’aménagement du territoire ou de santé. Une politique alimentaire intégrée qui fasse de l’agro-écologie un véritable levier de transformation.

 

Comment voyez-vous le rapport de force avec les acteurs économiques – lobbys, défenseurs d’une agriculture productiviste, multinationales ou acteurs bancaires – qui bloquent la transition vers ce modèle agricole ?

De nombreuses formes de pression sur l’agriculture vont dans le sens opposé à l’agro-écologie. Nous restons prisonniers d’une obsession pour les économies d’échelle, les monocultures, la production de larges volumes standardisés de matières premières agricoles. Très souvent l’agriculteur est lui-même « standardisé ». Les raisonnements économiques priment dans les choix de production. Nous sommes incapables de changer de paradigme car toutes les politiques agricoles sont focalisées sur l’augmentation des exportations. L’inverse de l’agriculture paysanne, qui n’est pas en adéquation avec les longues chaines de commercialisation. Mais au fond, ce sont les marchés qui ne sont pas en adéquation avec l’agro-écologie. Si l’on ne travaille pas aussi sur les marchés, l’agro-écologie n’a aucune chance de réussir.

 

Concrètement, comment fait-on pour remettre en cause les règles du commerce international ?

Le commerce international agricole est basé sur une idée très simple : une division internationale du travail toujours plus avancée. Chaque région se spécialise dans les productions sur lesquelles elle a un avantage comparatif, voire ne produit qu’une seule chose et dépend des autres pour le reste de ses besoins. C’est le modèle imposé dans les années 1980-1990, et qui a montré toutes ses limites, écologiques, agronomiques et économiques. Des régions sont extrêmement fragilisées. Quand le prix du riz est passé de 150 à 800 dollars la tonne en l’espace de quelques semaines, en 2008, les pays d’Afrique de l’Ouest ont été véritablement pris au piège, dans l’incapacité de subvenir à leurs besoins, d’importer à ce prix.

Il faut encourager chaque région à satisfaire autant que possible ses propres besoins alimentaires. Malheureusement les règles du commerce international incitent exactement à l’inverse. L’OMC est une créature du 20e siècle. Il faut accepter que nous ayons changé de siècle. Et nous faisons face à une véritable crise de la démocratie avec les accords de commerce, négociés actuellement dans le secret. Une sorte de « Guantanamo de la démocratie » avec des accords qui échappent à tout véritable contrôle démocratique, et qui vont limiter le pouvoir des parlements, mis sous tutelle de ces accords de libre-échange. C’est extrêmement inquiétant.

 

Changer l’agriculture, mettre fin à la faim dans le monde, est une question de choix politique, dites-vous. Faites-vous le même constat sur la question de la transition énergétique ?

Sur le climat, nous nous gargarisons d’illusions. Le mot à la mode, « croissance verte », parie sur le génie de nos ingénieurs pour trouver les innovations technologiques qui vont nous permettre de « décarboniser » notre croissance. C’est une pure utopie. Depuis 1990, le PIB n’a pas cessé de progresser mais l’intensité en carbone de la croissance a diminué de 0,7 % par an environ. Sauf qu’en parallèle, la population augmente de 0,8 % par an, et les revenus de 1,4 % par an à l’échelle mondiale. Le « verdissement » de la croissance est insuffisant pour compenser l’augmentation de la population et des revenus, donc de la consommation. Sans revoir radicalement dans les sociétés riches nos façons de consommer, de produire, de nous déplacer, de nous chauffer, nous ne parviendrons jamais à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les proportions nécessaires pour éviter une catastrophe à l’horizon 2080.

Si certains prétendent aujourd’hui que l’on peut continuer comme si de rien n’était, c’est parce que les objectifs de réduction de gaz à effet de serre ne sont pas liés au commerce international. Nous nous prétendons vertueux pour une raison très simple : pour satisfaire nos besoins, nous faisons produire ailleurs. Nous externalisons toutes les industries polluantes et importons toujours plus. C’est une hypocrisie complète. L’Union européenne ne peut pas s’engager à une réduction des émissions de gaz à effet de serre sans tenir compte des émissions qui résultent de notre consommation, des marchandises que nous importons, et en ne comptabilisant que ce qui est produit dans l’UE.

 

Dans ces conditions, qu’espérez-vous des négociations internationales sur le climat (COP21) qui auront lieu à Paris en décembre ?

Il faut remédier à cette anomalie, à ce système qui conduit à dédouaner les régions qui réduisent leurs émissions tout en important toujours plus et en laissant d’autres polluer à leur place. Ce n’est plus possible. Il faut aussi impérativement reconnaître le rôle des innovations sociales dans la lutte contre le changement climatique. Nous avons beaucoup misé sur les innovations technologiques, et sous-estimé l’importance de l’innovation sociale, comme les chaines courtes en matière d’alimentation, le recyclage des déchets à l’échelle des collectivités locales, l’économie du partage qui permet de s’attacher moins à la possession de biens qu’à l’échange de biens devenus des « biens communs ». Les citoyens sont inquiets et inventent de nouvelles manières de produire et de consommer, mais qui ne sont pas soutenues par les pouvoirs publics, ou rencontrent des obstacles règlementaires. Ces innovations ouvrent pourtant la voie de la transition écologique, à la manière de premiers de cordée en alpinisme.

 

Faut-il produire moins ? Faut-il réduire nos importations ? Est-ce aujourd’hui acceptable pour les plus pauvres d’entre nous ?

Depuis les années 1970, l’augmentation de la consommation matérielle n’a pas augmenté le bonheur. Les gens sont plus malheureux, plus stressés aujourd’hui, alors que le PIB a augmenté de manière considérable, sans doute triplé. La croissance des inégalités a conduit à une augmentation du ressentiment. Les gens se sentent moins bien dans leur peau. Il y a un mieux-vivre à recréer, qui passe par une réduction de la consommation matérielle. Parallèlement, au Sud, les pays très pauvres doivent pouvoir se développer. Décroissance chez nous, croissance au Sud, pour arriver à une convergence progressive vers des modes de vie qui soient soutenables pour la planète tout entière. C’est difficile.

 

La croissance est la base du système capitaliste. Cela veut-il dire qu’il faut changer de système économique ?

Pourquoi a-t-on besoin de croissance ? D’abord parce que les pays sont endettés, et que le coût de remboursement de la dette publique est plus important en l’absence de croissance économique. La solution passe par une restructuration de cette dette, des mécanismes pour se débarrasser de ce fardeau, qui détermine aujourd’hui nos choix de société. Ensuite, la croissance est vue comme nécessaire parce que les technologies ont permis d’augmenter la productivité du travail – c’est-à-dire de détruire de l’emploi. Cela signifie que la croissance économique est nécessaire pour créer de l’emploi – pour ceux qui n’en ont pas et ceux qui ont perdu de leur emploi en raison des innovations technologiques – pour éviter le chômage de masse.

Il nous faut aller vers une société où le travail sera moins central. Où nous attacherons beaucoup plus d’importance aux loisirs, à l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Nous avons dégagé du temps grâce aux gains de productivité du travail, mais ce temps a été utilisé non pas pour la culture, la musique, la conversation entre amis, mais pour travailler encore plus, gagner davantage et consommer toujours plus. C’est une impasse. Et une sorte d’aveu d’impuissance : nous sommes extrêmement immatures dans notre manière de concevoir l’avenir des sociétés.

 

Par où faut-il commencer ?

Nous sommes longtemps partis de l’hypothèse que les hommes et les femmes sont des êtres profondément égoïstes, intéressés uniquement par la maximisation de leur intérêt personnel. Les recherches anthropologiques montrent au contraire que nous sommes des êtres altruistes, qui coopérons les uns avec les autres. Des êtres qui nouent des liens sociaux, qui ont besoin des autres, et sont malades littéralement lorsqu’on encourage un comportement hyper individualiste, égoïste, comme celui des manuels d’économie politique. Il faut miser sur cet altruisme et lui permettre de s’épanouir. Avec des initiatives d’économie du partage, des services rendus entre voisins, des potagers collectifs où chacun peut contribuer ou se servir, des rapports entre producteurs et consommateurs fondés sur la confiance plutôt que sur le souci pour les consommateurs d’avoir les prix les plus bas et pour les producteurs de gagner le plus possible.

Tout cela existe déjà à une échelle relativement embryonnaire. Il faut réfléchir un cadre réglementaire et politique qui permette à ces initiatives de se déployer. Il s’agit au fond de définir un nouveau paradigme des rapports sociaux. La matière première de cette révolution est là. Il existe une série de révolutions tranquilles, qui préparent cet avenir. Mais le politique a du mal à suivre. C’est profondément un problème de gouvernance. Aujourd’hui les gens veulent réfléchir pour eux-mêmes et prendre en main leur destin. Ils veulent que le politique leur donne un espace pour inventer leurs propres solutions.

 

Vous êtes très optimiste sur la nature humaine. Ces alternatives sont le fait aujourd’hui d’un petit nombre de citoyens. On voit aussi beaucoup de repli sur soi, de haine de l’autre... Ce modèle peut-il être désirable pour la majorité de nos concitoyens ?

Le discours dominant depuis le XVIIIe siècle insiste sur le fait que nous sommes des êtres intéressés par l’amélioration de notre profit personnel. Ce discours qui se prétend scientifique – qui vient surtout des économistes – a imprégné les consciences. On a amené les gens à réprimer la meilleure part d’eux-mêmes, la part altruiste, coopérante. Max Weber explique bien dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme comment cette rupture s’est effectuée, lorsque la mentalité pré-capitaliste, traditionaliste, a été marginalisée. Il est très difficile de sortir de cette cage psychologique.

L’augmentation des inégalités depuis le début des années 1980 crée des tensions au sein de la société, une compétition. Il faut des politiques sociales qui renforcent l’égalisation des conditions matérielles, pour éviter que les gens ne se jaugent qu’au regard de la consommation dont ils sont capables par leur pouvoir d’achat. Et les politiques doivent cesser de jouer sur les peurs, et au contraire donner aux gens l’envie de collaborer pour une société meilleure. C’est une rupture culturelle autant qu’économique et politique qui est nécessaire.

 

Propos recueillis par Sophie Chapelle et Agnès Rousseaux
@Sophie_Chapelle et Agnès Rousseaux sur twitter

Photo : CC Diego Sevilla Ruiz

 

- Cet entretien a été réalisé lors du colloque La Bio dans les étoiles, à Annonay (Ardèche), le 17 avril 2015. Un événement organisé par la Fondation Ekibio, qui a pour mission de sensibiliser les citoyens à l’influence de l’alimentation sur la protection de l’environnement, de la santé et la restauration de la biodiversité agricole et du lien de solidarité entre producteurs et consommateurs.

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 17:08

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

Crèches : les bien et les mal-lotis

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

 

 

 

La crèche reste l’un des modes de garde les plus « démocratiques » : les tarifs sont établis à partir d’une grille nationale qui permet à chaque famille de participer financièrement en fonction de ses ressources. Mais tous les parents y ont-ils accès de façon égalitaire ?

 

Les zones rurales, parents pauvres de l’accueil collectif

La carte ci-dessous a été réalisée à partir des données communales 2012 de la Caisse des allocations familiales (CAF), données croisées avec la population des moins de 4 ans par commune (lien Insee. xls).

Voir aussi le moteur de recherche : Combien y a-t-il de places dans votre commune ?

Elle montre les écarts en France quant à la répartition des places dans les établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE). Plus les zones sont foncées, plus il y a de places disponibles par rapport au nombre d’enfants de 0 à 4 ans.

 

Certaines communes font figure d’exceptions : à Giverny (Eure), Garrigues (Tarn) ou La Morte (Isère), il ya 20 places de crèches pour… zéro enfant à garder (au dernier recensement de 2011).

Mais on voit bien qu’en zone rurale, dans les petites communes, ces EAJE (crèches, haltes-garderies, microcrèches, jardins d’enfants…) sont moins nombreuses, notamment à cause de leur coût pour la commune.

« Outre son coût plus difficile à supporter pour les petites communes, l’accueil des jeunes enfants n’est pas forcément une priorité des élus locaux, si bien que de nombreux parents ne disposent pas de crèche à proximité de leur foyer ou de leur lieu de travail en zone rurale », explique l’Institut national d’études démographiques (INED).

Sept communes du Nord-Pas-de-Calais sont dans les 10 premières du classement des moins bien nanties en places de crèches. A l’inverse, quatre villes (Paris, Lyon, Marseille et Toulouse) concentrent 13 % des places disponibles en France.

 

Le bassin méditerrannéen et la région parisienne privilégiés

Paris, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne, les Alpes de Haute Provence et le Var sont les mieux dotés en nombre de places de crèches

 

(Cliquez ici pour accéder à la carte interactive)

 

Taux d'équipement en accueil collectif
 
87
 
139
 
190
 
241
 
Taux d'équipement en accueil collectif (pour 1 000 enfants de moins de 3 ans)

Source: Insee

 

(Cliquez ici pour accéder à la carte interactive)

 

 

Un quart des places en Ile-de-France

Au niveau départemental, on voit que, pour 1 000 enfants de moins de 3 ans en France, l’écart reste important : il peut ainsi varier de 36 à 292 places.

 

Les inégalités décrites plus haut en sortent renforcées. Par exemple, l’Aisne, la Sarthe, le Pas-de-Calais et la Manche ont des taux de couverture les plus faibles du pays.

Au contraire, à Paris, comme la part des enfants de moins de 3 ans est parmi les plus faibles en France, la tension entre l’offre et la demande est d’autant moins forte que la capitale concentre 716 crèches pour plus de 31 000 places, soit plus de 8 % des places en France (chiffres en libre accès dans le document de la CAF en. xls).

Résultat, en Ile-de-France, où vivent 22 % des enfants de moins de 3 ans, c’est un quart de l’ensemble des établissements collectifs métropolitains qui est offert aux parents.

 

Des crèches à moitié vides

Les statistiques les plus intéressantes, mais les plus difficiles à trouver (l’Insee a été dans l’impossibilité de nous les fournir) sont celles des taux d’occupation des crèches au niveau des communes.

D’autant qu’un bon taux d’occupation fait baisser le coût de l’accueil pour la structure et pour les pouvoirs publics qui la subventionnent.

En 2007, on estimait que le taux d’occupation des EAJE au niveau de l’ensemble du territoire était seulement de 65 %. Certaines structures étaient même occupées à peine à 50 % de leur capacité, avec de manière générale une très grande hétérogénéité entre les régions.

Ce taux se serait amélioré : les taux d’occupation moyen et médian sont tous deux très proches de 70 %, affirmait la CAF en 2010. Il devrait avoir encore progressé depuis, grâce à la modification de la loi qui permet une « suroccupation » de 20 %, certains jours de la semaine, pour les crèches ayant plus de 40 places disponibles.

 

Des demandes peu satisfaites

La France est toujours (avec l’Irlande) le pays le plus fécond d’Europe. En 2013, près de 2,4 millions d’enfants avaient moins de 3 ans.

La crèche reste, avec l’assistante maternelle, l’un des modes de garde des plus plébiscités par les parents qui travaillent : 32 % selon le baromètre de la CAF sur la petite enfance.

Ils sont un peu moins nombreux chez les parents d’enfants de 6 mois à 1 an : un quart souhaite y recourir.

 

Mode d'accueil souhaité et recouru lors de la rentrée 2013 (en %)

 

Mais souhaiter n’est pas toujours obtenir, et en dépit de l’augmentation du nombre de places, celles-ci restent insuffisantes et les parents doivent parfois se résigner à garder eux-mêmes leurs enfants.

 

55 000 places nécessaires en 2013

François Hollande s’était engagé, pendant la primaire socialiste précédant la campagne présidentielle, à créer 500 000 places « d’accueil sous toutes ses formes » sur son mandat, soit 100 000 par an.

En 2013, Najat Vallaud-Belkacem annonçait viser 80 000 à 100 000 places de crèches d’ici à la fin du quinquennat, notamment via les fonds dégagés par la réforme du congé parental.

Selon les chiffres de la CAF, le nombre de places de garde à la disposition des parents d’enfants de moins de 6 ans (nounous, accueil collectif, école maternelle) est de l’ordre de 1,3 million.

377 000 sont des places de crèche. Selon un rapport du Haut Conseil de la famille (HCF), seulement 14 000 places ont vu le jour en 2013, au lieu des 55 000 nécessaires.

 

 

 

 Mathilde Damgé

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

 

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 01:45

 

Source : http://www.monde-diplomatique.fr

 

 

Une bonne nouvelle maquillée en catastrophe

Chômage, le mythe des emplois vacants

 

 

A écouter de nombreux discours sur les emplois vacants ou non pourvus, la France serait assise sur d’immenses gisements de travail salarié. De tels propos alimentent une proposition politique : renforcer le contrôle des chômeurs pour que l’aiguillon de la contrainte les tire de l’apathie. Pourtant, les chiffres mis en avant ne signifient pas ce que l’on cherche à leur faire dire, bien au contraire.

par Hadrien Clouet, février 2015
 

Monsieur François Rebsamen, le nouveau ministre du travail, s’est alarmé sur France Inter, le 19 novembre dernier, de l’existence de « quatre cent mille emplois non pourvus et abandonnés parce qu’ils ne trouvent pas de réponse ». Ces propos font écho aux « cinq cent mille offres d’emploi qui ne sont pas satisfaites » qu’évoquait M. Nicolas Sarkozy lors d’un entretien à l’Elysée le 24 août 2008, en ajoutant : « Certains ne veulent pas se mettre au travail. » Les chiffres fluctuent au gré des commentateurs, mais l’argument perdure. « Six cent mille emplois vacants : les chômeurs veulent-ils vraiment travailler ? », se demande ainsi l’animateur Jean-Marc Morandini (1). En mai 2014, le Mouvement des entreprises de France (Medef) a lancé sur France Télévisions une campagne de communication fondée sur la même équation facile. Pourtant, journalistes et hommes politiques brassent des chiffres sans connaître leur origine et leur signification réelle.

Première cible de ces campagnes : les emplois non pourvus, c’est-à-dire les offres retirées sans avoir conduit à une embauche. La façon dont leur nombre est établi est particulièrement édifiante. Comme Pôle emploi accueille un tiers (38 % en 2012) des propositions d’embauche françaises, on triple tout simplement le volume de celles qui ne sont pas pourvues (126 000 en 2012). Le résultat est hasardeux : Pôle emploi recevant les offres les plus difficiles, rien ne permet d’extrapoler à partir de cette source.

De nombreuses annonces échouent sans que l’on puisse incriminer les chômeurs : salaire ridicule par rapport aux compétences exigées, recruteur inexpérimenté, inexistence du poste annoncé, l’offre servant à la constitution par l’employeur d’une base illégale de CV, etc. La problématique des emplois non pourvus gomme l’enjeu de la qualité du travail, en postulant la commensurabilité de toute offre. Regardons plus précisément les offres qui circulent à Pôle emploi. Nombreuses sont les propositions du type « nettoyage industriel, 1 heure par semaine, 9,75 euros l’heure » ou « aide ménager(e), 2 heures par semaine, 11 euros l’heure ». Les chômeurs à la recherche d’un emploi à plein temps ne s’intéressent logiquement pas aux contrats courts… mais ils font monter le nombre d’emplois non pourvus. On leur reproche de ne pas vouloir travailler, alors qu’ils veulent au contraire travailler davantage ! Beaucoup sont aussi piégés par des trappes à pauvreté. Entre 2007 et 2011, environ cinq cent mille personnes ont dû renoncer à un poste en raison de problèmes de logement et du surcoût de la mobilité exigée (2).

 

La France sous la moyenne européenne

L’existence d’offres non pourvues indique que les demandeurs d’emploi ne sont pas tous réduits à travailler dans n’importe quelles conditions. Or, lorsqu’ils recherchent vraiment des salariés, les employeurs disposent toujours de leviers, ceux qu’ils mettent en œuvre en cas de crise d’embauche : hausse du salaire, meilleurs horaires ou meilleures conditions de travail…

Seconde cible, rarement distinguée : les offres vacantes. Il s’agit d’une photographie instantanée des postes nouvellement créés, encore vides ou bientôt vacants, que l’employeur souhaite pourvoir dans un délai donné. Par définition, un emploi doit être vacant avant d’être occupé. On lit trop souvent cet indicateur à l’envers. Chômage et emplois vacants évoluent en sens contraire. Plus le nombre d’emplois vacants est élevé, plus on trouvera d’emplois disponibles ou en voie de création.

La France comprend un nombre d’emplois vacants bien inférieur à la moyenne européenne ; seules l’Italie, la Pologne et la Lettonie affichent un taux moindre (3). Une hausse des emplois vacants constituerait une bonne nouvelle, pour les chômeurs mais aussi pour les salariés. Car la diminution du chômage leur permettrait de retrouver une position de force pour négocier des hausses de salaire.

 

98% des propositions trouvent preneur

Admettons le chiffrage du Medef, avec quatre cent mille offres vacantes. Pour avoir une photographie complète, il faut rapprocher ce chiffre des emplois pourvus dans le même temps. En 2012 par exemple, les employeurs ont déposé auprès des Urssaf vingt et un millions de déclarations préalables à l’embauche (trois millions de contrats à durée indéterminée et dix-huit millions de contrats à durée déterminée, hors intérim). Cela signifie que 98 % des propositions d’embauche émises trouvent preneur…

En outre, les mêmes offres peuvent demeurer vacantes plusieurs années, ce qui réduit leur poids par rapport aux vingt et un millions d’embauches annuelles. Ajoutons aussi que cela suppose qu’il n’y ait pas de doublons. Or la même annonce peut se retrouver à Pôle emploi, en agence d’intérim, à la chambre des métiers… Cela représente statistiquement trois emplois vacants ; mais, en définitive, un seul sera créé, sans qu’aucun chômeur ait jamais refusé les deux autres !

Derrière les discours lénifiants et hors de toute proportion sur les difficultés de recrutement, la question fondamentale de la politique d’emploi demeure l’accroissement du nombre d’offres, et pas leur pourvoi intégral. Ranger les campagnes sur les postes vacants ou non pourvus au rang des discours trompeurs et inoffensifs serait une erreur. Elles ont des conséquences financières pour les intéressés. En réalité, assimiler les bénéficiaires de droits sociaux à des paresseux ou à des fraudeurs en puissance conduit une partie significative d’entre eux à ne pas faire valoir leurs droits. En France, le montant des droits non perçus excède largement la fraude sociale (4) ; la fraude à Pôle emploi, elle, ne constitue que 0,84 % de l’ensemble de la fraude (5). La stigmatisation des chômeurs ouvre la voie à un accroissement du non-recours aux allocations et à une réduction de celles-ci ; doubles économies faites au détriment d’une population qui vote de moins en moins.

 

Hadrien Clouet

Doctorant au Centre de sociologie des organisations (Centre national de la recherche scientifique - Sciences Po).
 
 
Source : http://www.monde-diplomatique.fr
 
 
 

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 00:20

 

Source : http://www.euractiv.fr

 

Les énergies fossiles reçoivent 10 millions d'euros de subvention par minute

 
 
 

  

 

 

 

Les experts du FMI exhortent les gouvernements à cesser leurs subventions aux énergies fossiles, qui s’élèvent à 4,74 mille milliards d’euros par an, selon de nouvelles estimations.

Les entreprises d’extraction d’énergies fossiles bénéficient de subventions à hauteur de 4,74 mille milliards d’euros par an, soit l’équivalent de près de 10 millions d’euros par minute, chaque jour, selon les estimations du Fonds monétaire international.

Une découverte « choquante », selon le Fonds monétaire international (FMI), qui explique que ses estimations s’appuient sur des bases solides et offrent un aperçu des coûts réels des combustibles fossiles. Les 4740 milliards d’euros (5300 milliards de dollars) de subventions estimées pour 2015 dépassent l’ensemble des dépenses liées à la santé publique de tous les gouvernements du monde.

Cette somme impressionnante est notamment due au fait que les pollueurs ne participent pas à tous les coûts de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz. Ces coûts comprennent notamment les dommages causés aux populations locales par la pollution de l’air, ou encore par toutes les personnes dans le monde qui sont affectées par les inondations, les sécheresses et les tempêtes qui résultent du changement climatique.

« Cette analyse très importante fait voler en éclat la croyance selon laquelle les énergies fossiles sont peu chères en montrant l’ampleur de leurs coûts réels », estime Nicholas Stern, éminent économiste climatique à la London School of Economics. « Il n’y a aucune justification possible pour ces subventions faramineuses aux combustibles fossiles, elles faussent les marchés et affaiblissent les économies, surtout dans les pays les plus pauvres. »

Selon ce spécialiste, les chiffres du FMI sont cependant encore optimistes : « une estimation plus complète des coûts engendrés par le changement climatique montrerait que les subsides implicites dont bénéficie l’industrie des énergies fossiles sont plus élevés encore que ce que suggère ce rapport ».

Le FMI, l’une des institutions financières les plus respectées au monde, estime que la suppression des subventions aux énergies fossiles permettrait de réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle planétaire. Une telle réduction constituerait un pas de géant vers une stabilisation du changement climatique, un sujet sur lequel le monde n’a fait que peu de progrès à ce jour.

 

De l’argent mal utilisé

La fin des subventions réduirait également de moitié le nombre de morts prématurées causées par la pollution de l’air. Ce ne sont pas moins de 1,6 million de vies qui seraient ainsi épargnées tous les ans.

 

>> Lire : Les villes allemandes affichent des niveaux de pollution de l'air excessifs

 

En outre, le FMI souligne que la suppression de ces subventions pourrait tout changer pour de nombreux pays, qui pourraient ainsi dynamiser leur croissance et redoubler d’efforts dans la lutte contre la pauvreté en investissant dans des infrastructures, dans la santé et dans l’éducation. Cela leur permettrait également de réduire les taxes, qui freinent la croissance.

Autre avantage : la nécessité de subventionner les énergies renouvelables – qui ne coûtent aujourd’hui que 108 milliards d’euros - disparaîtrait. En effet, si les prix des énergies fossiles reflétaient leur coût réel, les énergies propres seraient automatiquement beaucoup plus séduisantes.

 

« Ces estimations [des subventions aux énergies fossiles] sont choquantes », estime Vitor Gaspar, responsable de la fiscalité au FMI et ancien ministre des Finances du Portugal. « Les prix de l’énergie restent en-deçà de leur coût réel. »

 

David Coady, responsable du rapport du FMI, explique qu’« au départ, quand nous avons obtenu ce chiffre [4,74 mille milliards d’euros], nous nous sommes dit que nous devrions revérifier ! » Mais le tableau des subventions au niveau mondial était « très solide ». « [Ce chiffre] représente le coût réel des subventions aux énergies fossiles », assure-t-il.

 

Pollution de l’air

Le FMI estime que les 4,74 mille milliards d’euros de subventions aux énergies fossiles représentent 6,5 % du PIB mondial. Les dépenses que doivent supporter les gouvernements pour traiter les victimes de la pollution atmosphérique et compenser la perte de revenus causée par une santé fragile ou une mort prématurée représentent un peu plus de la moitié de ce montant. Le chiffre avancé pour 2015 est bien plus élevé que les estimations du FMI pour 2013 parce que de nouvelles données de l’Organisation mondiale de la santé ont depuis démontré l’étendue des dommages causés par la pollution de l’air, jusqu’alors sous-estimée.

 

Le charbon est le combustible le plus polluant, à la fois en termes de pollution atmosphérique locale et en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre. Il bénéficie donc du taux de subvention le plus élevé, juste au-dessus de la moitié du montant total. Le pétrole, utilisé pour la plupart des transports, récolte le tiers des subventions, et le gaz vient compléter le tableau.

 

La plus importante source de pollution atmosphérique sont les centrales électriques au charbon. La Chine, avec son énorme population et sa dépendance vis-à-vis de l’électricité au charbon, est le plus grand bénéficiaire des subventions et fournit plus de 2 mille milliards d’euros de subventions. Suivent les États-Unis (632 milliards), la Russie (303 milliards), l’Inde (250 milliards) et le Japon (142 milliards). Ensemble, les États membres de l’UE dépensent près de 300 milliards d’euros.

 

Estimation optimiste

Un quart environ du montant dévoilé par le FMI constitue les coûts liés aux changements climatiques résultant des émissions des combustibles fossiles. Ce chiffre a été obtenu grâce à une estimation officielle du gouvernement américain, qui chiffre la tonne de CO2 à 38 euros, un prix qui « sous-estime très probablement » le coût réel, selon le groupe d'experts intergouvernemental des Nations unies sur l'évolution du climat (GIEC).

 

La subvention directe du pétrole acheté par les consommateurs, sous la forme de réductions gouvernementales sur le diesel et d’autres carburants, équivaut à seulement 6 % du total du FMI. D’autres facteurs locaux, comme les taxes réduites sur la vente d’énergies fossiles et le coût des encombrements des routes et des accidents, complètent le tableau. Le FMI a inclus les coûts liés au trafic parce qu’une augmentation du prix des carburants aurait un effet très direct sur la réduction du trafic routier.

 

Christiana Figueres est la responsable du changement climatique à l’ONU chargée de proposer un accord pour limiter le réchauffement climatique lors de la conférence de décembre 2015. Selon elle, « le FMI nous donne cinq mille milliards de raisons d’agir sur les subventions des énergies fossiles. La protection des personnes pauvres et vulnérables est essentielle à l’abandon progressif de ces subventions, mais les bénéfices économiques, sociaux et environnementaux sont légion ».

 

Barack Obama et les pays du G20 ont appelé à l’abandon des subventions aux énergies fossiles en 2009, mais, avant la chute des prix du pétrole en 2014, peu de progrès ont été réalisés. En avril, le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a déclaré lors d’un entretien avec le Guardian qu’il était fou que les gouvernements favorisent encore l’utilisation de charbon, de pétrole et de gaz en fournissant de l’argent. « Nous devons nous débarrasser des subventions aux énergies fossiles immédiatement », avait-il affirmé.

 

>> Lire : La Banque mondiale plaide pour des objectifs de long terme à la COP 21

 

Une réforme des subventions engendrerait une hausse des prix de l’énergie, mais Jim Yong Kim et le FMI soulignent tous deux que les subventions existantes profitent surtout aux riches. Les 20 % les plus riches de la planète reçoivent ainsi six fois plus que les 20 % les plus pauvres dans les pays pauvres ou à revenus moyens. Vitor Gaspar estime que les prix actuellement bas du pétrole et du charbon sont une « occasion en or » de commencer à supprimer les subventions et d’utiliser le surplus de revenus ainsi créé pour investir dans la lutte contre la pauvreté et fournir des aides mieux ciblées.

 

Des réformes des subventions ont été entamées dans des dizaines de pays, dont l’Égypte, l’Indonésie, le Mexique, le Maroc et la Thaïlande. En Inde, les subventions au diesel ont été supprimées en octobre 2014, alors que l’on pensait que c’était impossible, souligne David Coady. De la même manière, l’utilisation du charbon a commencé à décliner en Chine, pour la première fois depuis le début du siècle.

 

En ce qui concerne les énergies renouvelables, « si nous parvenons à une tarification juste des énergies fossiles, les arguments en faveur de la subvention des énergies fossiles disparaîtront », assure le responsable du rapport du FMI, puisque « l’énergie verte deviendrait tout à coup une option bien plus séduisante ».

« Le rapport du FMI est un énième rappel que les gouvernements du monde entier utilisent toujours un modèle énergétique vieux d’un siècle. Nos recherches montrent en outre que nombre des subventions mentionnées par le FMI sont investies dans la recherche de nouvelles réserves de pétrole, de gaz et de charbon, alors même que nous savons que pour éviter un changement climatique catastrophique, nous ne pouvons pas utiliser ces réserves », explique Shelagh Whitley, spécialiste des subventions à l’Overseas Development Institute.

 

Le développement d’une coopération internationale nécessaire à la lutte contre le changement climatique est difficile, mais, selon Vitor Gaspar, l’un des messages-clés du travail du FMI est que chaque État bénéficiera directement de la suppression de ses subventions aux énergies fossiles. « La cerise sur le gâteau, c’est que les bénéfices d’une réforme des subventions – la réduction de la pollution, par exemple – profiteraient énormément aux populations locales », assure-t-il.

 

« En menant des actions locales et qui sont dans leur intérêt, [les États] peuvent contribuer de manière significative à la solution à ce défi mondial », estime le spécialiste. « La route à suivre est évidente : agir localement pour résoudre à l’échelle planétaire. »

 

 

Source : http://www.euractiv.fr

 

 

 

 

 

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 00:07

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Débattre Droits humains

Trois prix Nobel appellent à la fin de l’impunité de Chevron et des autres multinationales

par

 

 

 

 

Ce 27 mai se tient l’assemblée générale annuelle du géant pétrolier américain Chevron. Humberto Piaguaije, représentant les communautés de l’Amazonie équatorienne victimes de la pollution pétrolière, y présente un appel signé par trois prix Nobel et d’autres personnalités d’envergure mondiale : ils demandent la fin de l’impunité de Chevron et des autres entreprises extractives en matière de pollutions et de violations des droits humains. Depuis plus de vingt ans, les victimes équatoriennes de ce qui a été qualifié de « Tchernobyl de l’Amazonie » essaient d’obtenir que Chevron reconnaisse sa responsabilité et verse les sommes nécessaires à la réhabilitation environnementale de la région. Basta ! publie une version française de cet appel.

 

Considérant :

- Que le monde a été et est témoin des violations graves des droits humains des populations et des travailleurs par les activités extractives des entreprises multinationales ;

- Que souvent, les affecté(e)s sont des populations dans des conditions de vulnérabilité et qu’ainsi les activités extractives augmentent les risques de pauvreté, de maladie et de mort de ces communautés ;

- Que les lois nationales sont insuffisantes pour faire face à la structure de l’impunité nationale et internationale tissée en faveur des multinationales extractives et qui permettent la violation des droits ;

- Que cette question a fait l’objet d’une analyse approfondie et a abouti à des actions globales contre les activités extractives menées par les entreprises multinationales à travers le monde ; qui, en outre, ont donné lieu à leur tour à des initiatives de la part des organisations internationales à l’échelle mondiale dans le but de démanteler le pouvoir des entreprises multinationales et de les empêcher de continuer à commettre de nouvelles violations des droits humains.

 

Les soussignés, Prix Nobel de la paix, organisations et personnalités de défense des droits humains, de la nature, des peuples autochtones, des paysans, des travailleurs, nous appelons :

a. Les investisseurs des multinationales à exiger la transparence concernant les activités de ces entreprises. Nous vous exhortons à vous opposer aux violations des droits humains et de l’environnement commises par les entreprises où vous déposez votre capital. Ne pas le faire vous rend complices de crimes et d’abus.

b. Les gouvernements des pays où ces entreprises extractives opèrent, à les obliger à remplir, de manière ferme et déterminée, toutes les normes techniques et ordres judicaires de chaque pays, ainsi qu’à appliquer les préceptes fondamentaux des droits humains, à respecter les droits des populations sur leurs terres et à protéger les droits des générations futures.

c. Les gouvernements où siègent les entreprises extractives, à les obliger à assumer leur responsabilité sociale tant à l’intérieur comme à l’extérieur de leur territoire. Dans le cas contraire, offrir les conditions pour que l’administration de la justice opère librement sans ingérence ni pressions.

d. Les organismes internationaux ou régionaux, à assumer leur rôle de protection des populations et des travailleurs affectés par les multinationales extractives, afin de leur garantir le respect de leurs droits et l’accès à une procédure régulière, à la fois dans les États membres et à travers les mécanismes internationaux qui visent à démanteler l’impunité dont jouissent ces entreprises.

e. Les organisations de la société civile, à rester vigilantes et d’exiger le respect des droits humains des populations vivant où ces entreprises opèrent.

f. Les juges, procureurs et avocats à agir de manière à garantir le respect des droits humains et de l’environnement par les multinationales. En cas de dommages, comme c’est le cas de Chevron Corporation en Équateur, il convient de garantir une réparation adéquate.

g. Les juges, les procureurs, les avocats, les États, à garantir le droit des personnes affectées, afin d’empêcher les entreprises de criminaliser la protestation et la lutte sociale.

h. La communauté internationale à créer des instruments et des instances internationales pour juger les crimes environnementaux afin que les victimes aient accès à la justice sans discrimination, c’est à dire qu’elles puissent bénéficier des mêmes conditions que les corporations.

 

Étant donné que la demande des 30 000 paysans et des indigènes à l’encontre de Chevron en Equateur constitue un cas emblématique pour les populations sur le plan mondial, nous exprimons notre soutien à la demande de justice pour les victimes et exhortons :

 

Les investisseurs de Chevron, à exiger la justice pour les paysans et les peuples indigènes de l’Amazonie équatorienne qui ont démontré la culpabilité de la compagnie après 21 années de litiges. Que cette même compagnie, bien qu’ayant été condamnée à payer le coût des réparations pour les dommages causés, utilise tous les moyens pour ne pas le faire et retarde ad infinitum l’exécution de la sentence de 9,5 milliards de dollars pour la mise en œuvre de la réparation environnementale, alors que pendant ce temps, la contamination continue à générer la mort et la destruction.

 

Les systèmes de justice dans le monde, en particulier aux États-Unis, à ne pas permettre des actions en justice abusives et dilatoires favorisant la puissance des multinationales, à ne pas tolérer de telles actions pour réduire au silence les victimes, les personnes et les organisations qui les soutiennent, et à respecter la justice des autres pays et le droit des plaignants à une procédure régulière.

 

Les systèmes de justice des pays dans lesquels se déroulent des procédures d’homologation et d’exécution de la sentence, à agir conformément aux normes juridiques dans le cadre du respect des droits humains, sans obéir aux pressions exercées à tous les niveaux par Chevron.

 

Les organisations sociales à travers le monde, à rester attentives à la résolution de ce cas, qui a dévoilé la structure de l’impunité des multinationales leur permettant de violer des droits humains, tout en mettant également en évidence la possibilité pour les populations victimes d’exercer leurs droits face à l’une des plus grande multinationales du monde, ce qui peut représenter un précédent mondial pour les victimes des multinationales qui se battent pour obtenir justice .

 

De même, étant au fait de la conduite de Chevron dans les pays où elle opère, nous exhortons les gouvernements, les actionnaires de la multinationale, les organisations environnementales et des droits humains, à créer un système d’alerte pour contraindre la multinationale à assumer sa responsabilité sociale et à respecter les règles et les normes qui garantissent le respect des droits humains.

 

Parmi les signataires de cet appel :
Desmond Tutu, Alfredo Perez Esquivel et Jody Williams, prix Nobel de la Paix,
Susan George, Jean Ziegler, Vandana Shiva, Bill McKibben, Angela Davis, Kumi Naidoo, Nnimmo Bassey, Walden Bello, Frei Betto, Yash Tandon, ainsi que les artistes Ken Loach et Roger Waters.
Les organisations Amis de la Terre international, Transnational Institute, Marche mondiale des femmes, World Rainforest Movement, Réseau CADTM Mondial, Association internationale des juristes démocrates, et bien d’autres.

 

Lire les articles de Basta ! et de l’Observatoire des multinationales sur le conflit entre Chevron et l’Équateur :
- Le pétrolier Chevron écope de la plus lourde amende de l’histoire, 10 janvier 2012.
- Des dirigeants d’entreprises pourront-ils bientôt être jugés pour crimes contre l’humanité ?, 18 décembre 2014.
- Injustice sans frontières ? Chevron contre l’Équateur, 27 mai 2015.

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 23:50

 

Source : http://www.monde-diplomatique.fr

 

 

Une asphyxie financière programmée

Grèce, le coup d’Etat silencieux

 

 

 

Semaine après semaine, le nœud coulant des négociations étrangle progressivement le gouvernement grec. De hauts dirigeants européens ont d’ailleurs expliqué au « Financial Times » qu’aucun accord ne serait possible avec le premier ministre Alexis Tsipras avant qu’il ne « se débarrasse de l’aile gauche de son gouvernement ». L’Europe, qui prêche la solidarité, ne la consentirait-elle qu’aux conservateurs ?

par Stelios Kouloglou, juin 2015

 

Aperçu

A Athènes, « tout change et tout reste pareil », comme le dit une chanson traditionnelle grecque. Quatre mois après la victoire électorale de Syriza, les deux partis qui ont gouverné le pays depuis la chute de la dictature, le Mouvement socialiste panhellénique (Pasok) et la Nouvelle Démocratie (droite), sont totalement discrédités. Le premier gouvernement de gauche radical dans l’histoire du pays depuis le « gouvernement des montagnes », au temps de l’occupation allemande, jouit d’une grande popularité.

Mais si personne ne mentionne plus le nom de la « troïka » détestée, car responsable du désastre économique actuel, les trois institutions — Commission européenne, Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI) — poursuivent leur politique. Menaces, chantages, ultimatums : une autre « troïka » impose au gouvernement du nouveau premier ministre Alexis Tsipras l’austérité qu’appliquaient docilement ses prédécesseurs.

Avec une production de richesse amputée d’un quart depuis 2010 et un taux de chômage de 27 % (plus de 50 % pour les moins de 25 ans), la Grèce connaît une crise sociale et humanitaire sans précédent. Mais en dépit du résultat des élections de janvier 2015, qui ont donné à M. Tsipras un mandat clair pour en finir avec l’austérité, l’Union européenne continue à faire endosser au pays le rôle du mauvais élève puni par les sévères maîtres d’école de Bruxelles. L’objectif ? Décourager les électeurs « rêveurs » d’Espagne ou d’ailleurs qui croient encore à la possibilité de gouvernements opposés au dogme germanique.

La situation rappelle le Chili du début des années 1970, lorsque le président américain Richard Nixon s’employa à renverser Salvador Allende pour empêcher des débordements similaires ailleurs dans l’arrière-cour américaine. « Faites hurler l’économie ! », avait ordonné le président américain. Lorsque ce fut fait, les tanks du général Augusto Pinochet prirent la relève...

Le coup d’Etat silencieux qui se déroule en Grèce puise dans une boîte à outils plus moderne — des agences de notation (...)

Taille de l’article complet : 2 430 mots.

 

*Suite de l'article sur monde-diplomatique

 

 

Source : http://www.monde-diplomatique.fr

 

 

 

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 23:44

 

Source : http://news360x.fr

 

 

Le lobby du gaz de schiste dicte sa loi à l’Europe

 

 

 

 

C’est un article très intéressant dont je vous propose la lecture provenant de l’excellent site 2000Watts qui est à la pointe en ce qui concerne les sujets énergétiques.

Le lobby du gaz de schiste dicte sa loi à l’Europe… et vous devez toujours avoir à l’esprit qu’il n’y a pas tant des complots que des intérêts partagés, et ces intérêts partagés se regroupent et s’expriment à travers le lobbying et, disons-le aussi, évidemment une certaine forme de corruption plus ou moins massive prenant aussi bien des airs de pots-de-vin que de carrières. Vous quittez une fonction de fonctionnaire, vous avez été gentil… Bien sûr, un très beau poste vous attend dans une grande entreprise. Bref, actuellement c’est le lobby du gaz de schiste qui tente de s’imposer sur toutes les nations européennes… à travers les institutions européennes qui ont été taillées sur mesure pour les lobbyistes…

 

Charles SANNAT

 

La Commission européenne vient de créer un groupe d’experts sur l’exploitation « propre et non polluante » des huiles et gaz de schiste dans un esprit d’ »échange d’idées équitable et équilibré« . La grande majorité des «experts» est en toute simplicité des employés de l’industrie pétrolière et gazière qui ont pris les commandes de ce dossier.

Au total, 70 % des membres de ces experts ont des liens financiers avec l’industrie pétrolière et gazière dont l’objectif est de convaincre les citoyens que le gaz de schiste est un bienfait.

Ainsi sur 60 « experts » déjà nommés, 40 % travaillent pour des entreprises comme Total, GDF Suez ou Shell, directement impliquées dans le gaz de schiste, ou pour des lobbies du secteur pétrolier et gazier, comme l’Union française des industries pétrolières (UFIP).

 

Convaincre les citoyens que le schiste est sain, bon et pragmatique

Et de l’aveu même d’un de ses membres, ce groupe d’experts, financé par les impôts des européens et non pas par les pétroliers, aura pour but de rendre l’attitude des citoyens européens plus « pragmatique » et « favorable » aux gaz de schiste.

 

Graphique Corporate Europe Observatory : lire le document .pdf  (en anglais)


Malgré l’opposition massive des citoyens européens au gaz de schiste, la Commission européenne persiste dans la direction opposée. Après avoir exempté ces activités d’études d’impact environnemental spécifiques, elle met en place aujourd’hui un « réseau » d’experts largement dominé par les industriels et les gouvernements favorables au gaz de schiste. Les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory, basé à Bruxelles, publient aujourd’hui une étude sur la composition de ce réseau, dont l’intitulé « Carte blanche for fracking » laisse présager le faible niveau d’indépendance de ces « experts ».

 

Les Experts:

Jean-Louis Schilansky, par ailleurs président du « Centre de documentation sur les hydrocarbures non conventionnels », le lobby récemment créé par les entreprises françaises intéressées au développement du gaz de schiste, en fait par exemple partie.

Les représentants de la société civile, en revanche, se comptent sur les doigts d’une main : ils ne sont que cinq !

Le reste est constitué soit de scientifiques dont la majorité est liée financièrement à l’industrie, soit de représentants de bureaux publics de recherche géologique, dont les intérêts sont souvent étroitement liés à ceux des promoteurs du gaz de schiste.

 

Faire croire aux bienfaits des huiles de schiste

Le « réseau européen scientifique et technologique européen sur l’extraction des hydrocarbures non conventionnels » a pour mission officielle de collecter des informations sur les développements du gaz de schiste en Europe et d’évaluer les technologies utilisées pour les extraire. Ces experts seront ainsi chargés d’étudier les méthodes de fracturation hydraulique et ses alternatives éventuelles.

Ce réseau devra travailler, selon la Commission, dans un esprit d’« échange d’idées équitable et équilibré ». L’une des cinq personnes désignées par la Commission pour présider les groupes de travail du « réseau », le Polonais Grzegorz Pie?kowski, se montre plus franc : « La mise en place [de ce réseau] est un pas en vue de renverser l’attitude défavorable ou soupçonneuse envers le gaz de schiste qui prévaut en Europe en une attitude plus pragmatique et, en dernière instance, favorable. »

 

La Commission coutumière du fait

La Commission européenne s’est déjà retrouvée sous le feu des critiques pour avoir mis en place des groupes d’experts dominés par les intérêts industriels, que ce soit dans le domaine des OGM, des perturbateurs endocriniens, de la régulation de la finance, ou de la pollution de l’air.

Ce qui ne l’empêche pas de récidiver aujourd’hui avec les gaz de schiste et la fracturation des sols. Elle a directement sélectionné les cinq présidents des groupes de travail : on y retrouve deux représentants d’entreprises pétrolières et gazières (CoconoPhillips et Cuadrilla), deux représentants de gouvernements pro-gaz de schiste (Royaume-Uni et Pologne) et le Français François Kalaydjian, employé de l’Institut français du pétrole, une organisation de recherche française liée à l’industrie et connue pour ses prises de positions favorables aux énergies fossiles.

 

Passage en force par les lobbies

Au final, une large majorité des membres du réseau, soit en personne soit à travers les entreprises, gouvernements et organisations qu’ils représentent, se sont déjà fait remarquer par leurs prises de position favorables au gaz de schiste ou par leur opposition à des régulations trop strictes de ces activités.

Interpellé par les associations, le Joint Research Center (JRC), dont la mission est de coordonner les groupes d’experts de la Commission européenne, se contente de jouer avec les mots : comme il ne s’agit pas d’un groupe officiellement chargé de « conseiller » la Commission, mais seulement de rassembler des informations, il ne serait pas sujet aux normes d’équilibre et d’indépendance requises pour les autres groupes d’experts. De sorte que le JRC ne voit « aucune raison de modifier les règles ou la structure des groupes de travail ou leurs présidents ».

« Sous couvert de mettre en place un ‘réseau scientifique et technologique’, la Commission utilise des fonds publics pour créer un lobby favorable à l’industrie pétrolière et gazière, dénoncent les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory. Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que malgré l’opposition massive du public, la Commission cherche une nouvelle fois à faire entrer discrètement le gaz de schiste par la porte de derrière, en essayant de faire en sorte que la question ne soit pas ‘si’ l’Europe veut la fracturation hydraulique, mais ‘comment’. »

 

Sources : Olivier Petitjean BastaMag.net

Corporateeurope.org

Document :  Carte blanche for Fracking

LIRE l’article d’origine sur l’excellent site 2000Watts que vous pouvez mettre dans vos favoris et qui est à découvrir ici

 

 

Source : http://news360x.fr

 

 

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 23:36

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

Sivens: un militant se défend d'avoir blessé un gendarme

|  Par Louise Fessard

 

 

 

Jeudi 28 mai 2015, deux militants anti-barrage de Sivens, condamnés en comparution immédiate, sont jugés en appel à Toulouse. L'un d'eux est accusé d'avoir fracturé la main d'un gendarme en septembre 2014. S’appuyant sur une vidéo amateur, ils assurent que le coup à la main a en fait été porté dans le feu de l'action par un autre gendarme.

 

La ZAD de Sivens a été évacuée début mars 2015, mais le conflit se poursuit devant les tribunaux. Jeudi 28 mai aura lieu devant la cour d’appel de Toulouse le procès en appel de deux opposants au barrage. Gaëtan, 34 ans, et Yannick, 42 ans, ont été condamnés le 17 septembre 2014 en comparution immédiate pour violences sur des gendarmes du Psig (peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie) par le tribunal correctionnel d’Albi. L’un à deux mois avec sursis pour avoir donné un coup de pied à un gendarme (sans ITT), l’autre à quatre mois avec sursis pour avoir blessé un autre gendarme à la main (fracture avec 45 jours d’ITT). S’appuyant sur une vidéo amateur versée au dossier, ils assurent que le coup à la main a en fait été porté accidentellement par un autre gendarme.

 

Le 15 septembre 2014, plusieurs gendarmes mobiles, accompagnés du Psig (une unité d’intervention, qui n’est pas spécialisée dans le maintien de l’ordre), refoulent une soixantaine de militants. Ces derniers occupent la vallée pour retarder l’accès des engins de chantier et le début des travaux du barrage. Après les sommations réglementaires et des tirs de grenades lacrymogènes, une « quinzaine » de militants « virulents » font de la résistance et jettent des pierres, selon le capitaine qui commande l’escadron de gendarmerie mobile. D’après cinq témoignages de gendarmes, l’un d’eux, Gaëtan, repoussé à plusieurs reprises par un agent du Psig à coups de bâton, bondit même « pied en avant » sur lui, manquant de le faire tomber en s’agrippant à son gilet de protection. En première instance, le prévenu a nié le coup de pied et assuré n’être intervenu que pour protéger un militant dont la caméra avait été brisée par un gendarme.

 

Le deuxième militant, Yannick, intervient alors pour secourir son copain Gaëtan, en fâcheuse posture. Ce dernier est « amené au sol pour être menotté par deux gendarmes, dont l’un reçoit à la main gauche un violent de coup de pied de Yannick », selon le commandant de l’escadron. Le gendarme blessé dit avoir reçu le coup de pied « alors qu’il se trouvait au sol en train de maîtriser » le premier militant. Il n’a vu que les pieds de son agresseur chaussés de « chaussures de marche ».

 

Yannick, doté ce jour-là de chaussures de randonnée, a nié les faits devant le tribunal. « J’étais avec deux collègues devant un petit groupe de gendarmes agressifs, qui nous filaient des coups de matraque en nous disant de reculer, nous explique cet électricien intérimaire. Mais on ne pouvait plus reculer, on était déjà tout en bas du champ, à quelques mètres du ruisseau du Testet. Le collègue qui filmait a reçu un coup dans la main qui a éclaté sa caméra, Gaëtan s’est mis devant pour le protéger. Je n'ai pas vu le début de l'échauffourée, mais quand je me suis retourné, mon pote était entouré de gendarmes qui le frappaient. J’ai couru vers lui et je me suis fait faucher net par un coup de pied. On m'a relevé et menotté. Puis on nous a notifié notre garde à vue dans le pré, je n’ai pas compris ce qui se passait. Je pensais que c’était pour vérifier notre identité. »

 

Il poursuit : « La garde à vue à Gailhac s’est plutôt bien passée, les gendarmes étaient très corrects. Au bout de 24 heures, le procureur d’Albi est arrivé et a commencé à me dire que j’étais un menteur, que je n'étais pas honnête, que je ferais mieux d’avouer. On a fait 24 heures de garde à vue supplémentaires, puis le procureur nous a dit: “Si vous n’acceptez pas la comparution immédiate, vous allez partir en préventive”, donc nous avons accepté. Et nous avons été condamnés. »

 

Sivens 15 septembre 2014 par Mediapart Vidéo amateur filmée le 15 septembre 2014 à Sivens.

 

La scène, assez confuse, a été en partie filmée par un troisième militant. La vidéo conforte plutôt la version des prévenus. Sur ces images, on ne voit pas le début de la bagarre. Mais au ralenti, on distingue Gaëtan (en sweat à capuche marron, pantalon noir et masque blanc sur le visage) venir au contact des gendarmes du Psig, qui le matraquent allègrement. Puis un gendarme effectuer un magnifique coup de pied sauté sur Yannick (jean bleu, casquette et masque blancs), qui tente de venir à la rescousse de son ami. Le militant est immédiatement projeté par terre et maîtrisé.

 

Un gendarme avec un sac à dos en treillis rattrape alors Gaëtan et le plaque au sol. À ce moment (à partir de 7'10''), on voit un militaire, armé d’un Flashball superpro, envoyer un coup de pied vers le militant, toujours immobilisé par terre. Pile en direction de la main gauche de son collègue, celle qui a été fracturée. En arrière-plan, on aperçoit Yannick également immobilisé au sol. « Sur la vidéo, on voit la protection blanche du gant du gendarme qui tombe sous l’impact du choc, juste après le coup de pied de son collègue, explique Me Claire Dujardin, qui défend les deux militants. Nous pensons que c’est ce gendarme qui a fracturé la main de son collègue, qui cherchait à protéger la tête de Gaëtan des coups de rangers. »

 

L’avocate souligne de plus que Yannick était alors déjà interpellé. « Il ne peut donc avoir causé la blessure à ce moment-là », dit-elle. « Je n’ai jamais jeté une pierre, jamais insulté, j’organise des formations à la non-violence ! proteste de son côté Yannick. En procédure, cinq gendarmes disent m’avoir vu donner le coup de pied et que j’étais chauve avec des lunettes, mais à ce moment-là, mes lunettes étaient dans ma poche et j’avais une casquette. Et on voit bien sur la vidéo que nous n’avons rien dans les mains et que les gendarmes nous tiraient au Flashball comme des lapins. »

 

Un passage de la vidéo, apportée au cours de la garde à vue des deux prévenus par un militant, avait été visionné lors de la première audience. « C’était très rapide, alors les militants, qui ne l’avaient jamais vue, n'étaient pas sûrs de se reconnaître », explique l’avocate. Et le tribunal avait préféré s’appuyer sur les multiples témoignages « très précis quant au déroulement, à l’enchaînement des faits » des gendarmes victimes ainsi que de ceux ayant participé à l’interpellation.

 

La suite de la vidéo est également intéressante puisqu’on y voit le gendarme du Psig qui a donné un coup de pied vers Gaëtan, ensuite armer son Flashball et tirer en direction des manifestants. Sur l’image suivante, un jeune homme avec un keffieh blanc se retrouve au sol, plié de douleur et les mains sur le sexe. Selon Me Claire Dujardin, l’homme en question, nommé Loïc, est un aide médico-psychologique de 31 ans résidant dans une commune voisine du Tarn qui a été atteint aux testicules (zone normalement formellement interdite). « Il a essayé de déposer plainte auprès des services de gendarmerie qui ont refusé d'enregistrer la plainte, en raison de l'absence d'ITT malgré ses douleurs, explique l’avocate. Il a donc déposé plainte par courrier auprès du procureur de la République. »

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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