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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 02:53

 

 
 

 

Windows 10, un système de surveillance globale?

© REUTERS/ Thomas Mukoya

International

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Windows 10 récolte des informations sur les sites visités, aussi bien que sur les achats effectués par les utilisateurs. De nombreux pays, dont la Russie, l'Allemagne et la Suisse, le soupçonnent d'espionner ses clients, et ont lancé une enquête pour savoir si ce système d'exploitation américain n'est pas un moyen de surveillance.

 

Malgré le fait que les paramètres du système sont bien transparents, il existe des détails qui ont attiré l'œil vigilant des services de protection des informations. Ainsi, l'Allemagne est en train de remettre en question la neutralité du système d'exploitation auprès de Microsoft Corporation, rapporte le journal Süddeutsche Zeitung. La date où Microsoft devra présenter ses explications à ce sujet est déjà fixée, selon le chef du service de protection de l'information allemand Thomas Kranig.

Windows 10 est disponible aux utilisateurs partout dans le monde depuis quatre semaines. Le nouveau système est déjà installé dans un ordinateur sur deux, selon les dernières estimations.

Pourtant, Windows 10 fournit non seulement des améliorations et modifications, mais collecte aussi des informations sur ses utilisateurs telles que le nom, le sexe, l'âge, les achats effectués en ligne et les sites visités. On ignore pour quelles raisons ces informations sont collectées et s'il est possible de l'éviter.

 

Quant à ceux qui ne voudraient pas conférer à Microsoft des droits étendus, on leur conseille de ne pas installer Windows 10, en acceptant tous les paramètres préétablis. On peut également renoncer à un compte Microsoft qui enregistre toute modification et tout document, mais dans ce cas, il faudrait aussi renoncer à certaines mises à jour.

Actuellement, la Suisse et la Russie, suivant l'exemple de l'Allemagne, essaient d'examiner l'activité de Microsoft. Leur objectif principal est de savoir quels types de données collecte Microsoft et dans quel but celles-ci seront utilisées, et si l'entreprise le fera avec l'accord de ces clients. Il est néanmoins possible que cette enquête ait des racines politiques et vise à protéger l'état de l'éventuel espionnage, observe Süddeutsche Zeitung.

 
 
 
 
 
 

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 23:14

 

Source : http://www.la-croix.com

 

 

Première victoire judiciaire pour les « électrosensibles »

 

Le tribunal des contentieux de l’incapacité de Toulouse a accordé une allocation adule handicapé (AHH) à une femme souffrant du « syndrome d’hypersensibilité aux ondes électroniques ».

 

26/8/15 - 18 H 18

 

 

 

12 juillet 2001 une antenne de transmission et de relai de téléphone mobile et portable fixée sur...

/AFP PHOTO JACK GUEZ

 

12 juillet 2001 une antenne de transmission et de relai de téléphone mobile et portable fixée sur le toit d'un immeuble à Paris.
 

Les associations espèrent que cette décision permettra la reconnaissance de ces troubles qui ne sont toujours pas considérés comme une maladie en France

 

C’est de chez elle, via un téléphone fixe, que Marine Richard raconte son histoire. « Pour installer ma ligne, il a fallu creuser dans la montagne », confie cette femme de 40 qui, depuis trois ans, vit en Ariège dans une bergerie totalement isolée.

« Sans électricité et coupée de la route », précise cet écrivain, ancienne réalisatrice de documentaires, qui pourrait bien devenir la figure de proue des « électrosensibles », ces personnes souffrent de problèmes de santé liés selon elles aux ondes électromagnétiques, émises notamment par le wi-fi et à la téléphonie sans fil.

 

Reconnaissance d’un handicap

En juillet, Marine Richard a obtenu la reconnaissance de son handicap par le tribunal du contentieux de l’incapacité de Toulouse. Cette instance a estimé que son « syndrome d’hypersensibilité aux ondes électroniques » lui donnait le droit à une allocation d’adulte handicapé (AHH) de 800 € par mois.

Une « première importante » pour Étienne Cendrier, porte-parole de l’association Robin des Toits, qui a rendu publique la décision du tribunal ce mardi. « On espère bien que cela permettra d’aboutir à la reconnaissance en France du syndrome d’electro-hypersensibilité », souligne-t-il.

 

« Des céphalées, des troubles cardiaques, digestifs et neurologiques »

Les problèmes de santé de Marine Richard ont débuté en 2010. « Lorsque j’ai installé le wi-fi chez moi à Marseille. Rapidement, j’ai été touchée par de gros problèmes de concentration qui ont cessé quand j’ai retiré le wi-fi, raconte-elle. Mais ensuite, j’ai développé des troubles liés au wi-fi de mes voisins ou à des antennes-relais proches de mon domicile. J’ai donc été obligée d’aller vivre ailleurs, dans des endroits sans ondes. Pendant plusieurs mois, j’ai vécu dans ma voiture, dans une roulotte ou dans des bois ».

Aujourd’hui, Marine Richard voit revenir ses symptômes dès qu’elle passe plusieurs heures « exposée à des champs électromagnétiques » en dehors de chez elle. « Je développe alors des céphalées souvent très intenses, des troubles cardiaques, digestifs et surtout neurologiques, avec des pertes de mémoire », détaille-t-elle.

 

Un premier échec en Ariège

En 2013, Marine Richard s’est adressée à la maison départementale du handicap (MDPH) de l’Ariège pour obtenir une allocation adulte handicapé. « Ces dernières années, plusieurs MDPH en France ont accordé cette allocation à des personnes électrosensibles », explique Manuel Hervouet, fondateur du Collectif des électrosensibles. L’an passé, la MDPH de l’Essonne a aussi octroyé une aide financière à un homme de 22 ans pour qu’il puisse protéger des ondes son logement.

En Ariège, Marine Richard s’est heurtée à un refus de la MDPH, ce qui l’a conduit à saisir le tribunal de Toulouse. Celui-ci a nommé un expert médical, qui a constaté l’existence d’un « syndrome d’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques ». « La description des signes cliniques est irréfutable. La symptomatologie disparaît dès que les causes sont éliminées. Mais cette élimination impose un mode de vie qui ne permet pas la moindre suspicion de simulation. En milieu protégé, le handicap est en nul, en milieu hostile, il peut atteindre 100 % », souligne l’expert, cité dans le jugement.

 

Une première qui engendre de l’espoir

Les associations espèrent que cette décision incitera la médecine à reconnaître ces troubles. Pour l’instant, l’Organisation mondiale de la santé reste prudente. L’hypersensibilité électromagnétique (HSEM) « est caractérisée par divers symptômes non spécifiques qui diffèrent d’un individu à l’autre », estime-t-elle.

« Ces symptômes ont une réalité certaine et peuvent être de gravité très variable. Il n’existe ni critères diagnostiques clairs pour ce problème sanitaire, ni base scientifique permettant de relier les symptômes de la HSEM à une exposition » aux champs électromagnétiques, souligne l’instance internationale dans un avis de 2005. « En outre, la HSEM ne constitue pas un diagnostic médical », ajoute l’OMS.

En France, l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement (Asnes) estimait en 2009 qu’« aucune preuve scientifique d’une relation de causalité entre l’exposition aux radiofréquences et l’hypersensibilité électromagnétique n’a [vait] pu être apportée jusqu’à présent ». Cette agence, où aucun expert ne pouvait être joint hier, doit rendre un nouveau rapport sur le sujet début 2016.

 

 

 

26/8/15 - 18 H 18

 

 

Avec cet article

 

 

Source : http://www.la-croix.com

 

 

 

 

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 23:02

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Les « engagements volontaires » de la grande distribution contre le gaspillage alimentaire

Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le | Par

 

 

Les distributeurs ont signé jeudi 27 août une convention interdisant la destruction d’invendus consommables.

 

A la contrainte d’une loi qu’elle redoutait, la grande distribution a donc préféré le volontariat. Convoquées, jeudi 27 août, par la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, les principales enseignes ont accepté de signer une « convention d’engagement volontaire en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire ».

 

Depuis que le Conseil constitutionnel avait, le 13 août, censuré pour des raisons de procédure les dispositions « antigaspi » inscrites dans la loi de transition énergétique, Mme Royal avait décidé de « mettre la pression » sur la filière, pour la pousser à s’impliquer davantage. La convention n’a pas encore été signée, mais toutes les enseignes présentes (Système U, Auchan, Intermarché, Lidl, Picard, Carrefour, Simply Market, Monoprix, Casino, Cora, Leclerc et ALDI), soit la quasi-totalité du secteur de la grande distribution, ont annoncé leur intention de la ratifier. Ces derniers jours, les responsables de plusieurs marques, notamment Leclerc et Système U, s’étaient pourtant irrités d’être montrés du doigt par la ministre. Ils ont finalement choisi d’enterrer la hache de guerre.

L’accord reprend les principales dispositions qui avaient été censurées par le Conseil constitutionnel. Priorité sera donnée à la prévention du gaspillage. Toutes les surfaces de vente de plus de 400 m2 devront signer des conventions de don de denrées alimentaires avec des associations caritatives habilitées. En outre, la destruction d’invendus encore consommables, notamment par javellisation, sera interdite.

 

Lire la synthèse : La France fait la chasse au gaspillage alimentaire

La date limite d’utilisation optimale supprimée sur certains produits

En contrepartie de cet engagement des professionnels, la ministre a mis de côté les sanctions initialement prévues par la loi, soit une amende de 3 750 euros en cas de destruction délibérée de stocks alimentaires encore consommables. Toutefois, a-t-elle prévenu, « il faudra vérifier que les engagements sont tenus ». Un « point d’étape » sera fait dans trois mois et, si le dispositif retenu n’est pas appliqué, la ministre aura recours à « une disposition législative ».

« Cet engagement est pour nous doublement positif, s’est félicité, au sortir de la réunion, Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD). D’une part, la ministre a reconnu le caractère exemplaire de la grande distribution, qui donne chaque année l’équivalent de 120 millions de repas et qui ne contribue que pour 5 à 10 % au gaspillage alimentaire. D’autre part, nous avons décidé de travailler dans un cadre contractuel, qui permet de ne pas passer par la loi. »

Mme Royal a par ailleurs promis « l’application immédiate » de deux mesures de la loi de transition énergétique qui ont échappé à la censure du Conseil constitutionnel. D’une part, la mise en place, avant le 1er septembre 2016, d’une « démarche de lutte contre le gaspillage » au sein des services de restauration collective gérés par l’Etat et les établissements publics (écoles, collèges, lycées, hôpitaux, maisons de retraite…), qui représentent « des millions de repas » quotidiens.

D’autre part, la suppression de la date limite d’utilisation optimale (DLUO) sur certains produits non périssables, comme le sucre ou le vinaigre. Cette date, explique la ministre, « est souvent source de confusion pour le consommateur qui l’apparente à une date limite de consommation (DLC) ».

Mme Royal, qui a indiqué que cinquante-huit « territoires zéro déchet, zéro gaspillage » sont déjà en place — un nouvel appel à projets aura lieu en octobre —, a aussi annoncé le lancement d’une « campagne nationale de mobilisation de tous les acteurs contre le gaspillage alimentaire ».

 

Regarder notre grand format : Les glaneurs des villes

 

 

 Pierre Le Hir
Journaliste au Monde


 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 22:48

 

Source : http://lesmoutonsenrages.fr

 

 

[Made in Lux] Une ferme pas comme les autres à Rollingen…

Visite d’une ferme biodynamique en direct du Luxembourg. Merci Itsmie.

Rien à voir avec les images de poules décharnées des grandes exploitations, marchant dans les excréments et les cadavres : ici, les poules ont l’air en pleine santé. Tom Kass (photo) en a près de 200, qui peuvent accéder à un vaste verger derrière le poulailler. (Photo : Alain Rischard)

À Rollingen, des vaches, veaux, cochons et autres poules ont des goûts de luxe : ils vivent dans la ferme biodynamique de Tom Kass. Une ferme qui entend rompre avec l’agriculture conventionnelle.

Cet éleveur militant veut montrer que l’agriculture, une des mamelles de l’identité luxembourgeoise, peut être réalisée «autrement», entre tradition et modernité, mais surtout dans le respect des animaux. Qui bénéficient de visiteurs aux petits soins!

Un bon paysan, dit-on, se lève avec les poules et se couche après elles. Pas de tout repos. Alors, imaginez celle de fermier militant! «Parfois, on a 60 visiteurs d’un coup. Avec toutes ces visites pédagogiques, cela fait trois mois que je suis à fond», souffle Tom Kass. Ce matin, j’ai eu un groupe de 8 jeunes qui sont venus apprendre à nourrir les animaux. Cet après-midi, j’aurai un anniversaire avec des enfants.» Avec, comme chaque jour, une ferme à faire tourner.

Tom Kass trouve néanmoins le temps de nous présenter son rêve devenu réalité : une ferme biodynamique. Biodynamique? «L’agriculture biodynamique, c’est l’agriculture la plus simple, car on se contente de faire ce qui est logique. Par exemple, lorsqu’un veau naît, on ne le sépare pas de sa mère, au contraire, elle le nourrit jusqu’à ce qu’il puisse ruminer et manger des végétaux. On laisse l’animal comme il a été créé. Par exemple, on n’enlève pas les cornes des vaches. Et la reproduction est naturelle, avec des taureaux.»

 

Le menu est bien plus sain que dans d’autres fermes…

 

Autre exigence : redonner aux animaux un menu plus naturel. «À l’école, j’ai appris qu’une vache mange 15 kilos de matière sèche, comme le foin. Mais dans la plupart des fermes, ils donnent presque 7,8 kilos de graines, pour augmenter la productivité. Mais cela donne des vaches plus faibles. Chez nous, la grande partie de leur alimentation, c’est du foin.»Les vaches vivent aussi plus longtemps que dans une exploitation conventionnelle, où une laitière vit en moyenne 5 ans. Lui vise au moins le double. De race Montbéliarde, ses vaches ne peuvent pas produire 80 litres de lait par jour comme certaines, mais «au moins, elles sont en bonne santé», dit-il.

Tom Kass n’était pourtant pas prédestiné à devenir militant. Ses parents pratiquaient une agriculture conventionnelle – «mais pas trop intensive». Mais lors de sa formation universitaire, et aussi grâce à sa femme, Tom a découvert l’agriculture biodynamique. Et une conviction : «Je veux montrer qu’on peut faire l’agriculture autrement.»

En octobre 2011, le couple Tom Kass et Anja Staudenmayer obtient un crédit d’investissement de 2 millions d’euros pour la construction de ce complexe biodynamique. Un projet de loin le plus important du secteur depuis plusieurs années.

La ferme où les enfants nourrissent les animaux…/…

Lire l’article complet

Article de Romain Van Dyck pour Le Quotidien.lu

Voir aussi sur:

actu-environnement

Les abeilles sauvages, sujet d’un plan ministériel

Les abeilles sauvages font l’objet d’un nouveau plan d’action ministériel, présenté par la ministre de l’Ecologie. Au menu : lobbying européen pour un moratoire sur tous les insecticides néonicotinoïdes et déploiement de bonnes pratiques. …/…

Les jardiniers peuvent désormais utiliser le vinaigre blanc pour nettoyer leurs outils.

Le vinaigre est désormais autorisé pour nettoyer les outils, conformément au règlement européen n°2015/1108 du 8 juillet 2015. Il peut également servir pour éliminer les bactéries et champignons présents dans les graines. Cette autorisation fait suite à une demande de l’Institut technique de l’agriculture biologique (Itab) datant du 24 avril 2013 ainsi que de la mairie de Paris du 17 mars 2014. …/

 

 

Source : http://lesmoutonsenrages.fr

 

 

 

 

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 22:27

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

 

Attac secouée, mais pas démobilisée

Grèce
Cécile Rousseau
Jeudi, 27 Août, 2015
L'Humanité

 

 

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AFP
 
L’université d’été d’Attac a débuté mardi soir à Marseille par un constat amer de la situation politique grecque, mais déjà des mobilisations européennes se profilent à la rentrée.

Marseille (Bouches-du-Rhône), envoyée spéciale.  Un parfum de déception flotte sur Marseille. Alors que s’ouvrait, mardi soir, l’université d’été d’Attac dans la cité phocéenne, sur le thème : « Climat, dette, austérité : ça va chauffer ! », l’attention était focalisée vers d’autres rivages de la Méditerranée. Depuis l’annonce de la démission du premier ministre grec, Alexis Tsipras, et la tenue de nouvelles élections en septembre, c’est un peu la douche froide dans les milieux militants et altermondialistes.

Dans le grand amphithéâtre du campus de l’université Saint-Charles, lors de la séance plénière intitulée « Quelle Europe possible ? », Aurélie Trouvé, coprésidente du conseil scientifique d’Attac, ne mâche pas ses mots. « Cet espoir de rupture (la victoire de Syriza aux élections – NDLR) s’est soldé par un échec, faute d’avoir préparé une alternative politique ou de l’avoir portée suffisamment, mais aussi faute d’une solidarité européenne pour appuyer ce qui se passe en Grèce… »

 

Il ne faut pas non plus tomber dans le piège de la division politique

Pour Thanos Contargyris, économiste et membre fondateur d’Attac Grèce, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain : « Malgré toutes ces déceptions, l’espoir n’est pas mort en Grèce. »

En juillet, la tenue du référendum dans la péninsule hellénique, son résultat triomphant en faveur de Tsipras, avait suscité un grand enthousiasme. Bien vite retombé avec l’acceptation, le couteau sous la gorge, par le gouvernement des mesures d’austérité dictées par la troïka.

Comme le raconte l’économiste grec : « L’asphyxie financière était totale, il n’y avait plus qu’un jour d’argent dans les banques, il était trop tard. Merkel et les autres ont réussi à renverser ce gouvernement en lui faisant signer quelque chose d’inacceptable. Il ne faut pas non plus tomber dans le piège de la division politique qui fait partie du même plan. »

 

Cela ne suffit pas de gagner 
les élections, il faut aller au-delà

Mais pour Éric Toussaint, président du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM) Belgique, membre de la Commission pour la vérité sur la dette grecque, si les créanciers sont les premiers responsables de cette bérézina, certaines erreurs stratégiques auraient pu être évitées par l’exécutif grec. « On ne peut pas rester dans une négociation sans créer un rapport de force clair et net », tranche-t-il. Cela ne suffit pas de gagner les élections, il faut aller au-delà. Le 20 février dernier, après trois semaines de négociations, le ministre de l’Économie grec était arrivé à un accord avec l’Eurogroupe, en s’engageant sur des 
réformes drastiques en échange d’une extension du plan d’aide financière. Selon Éric Toussaint, plutôt que de s’aventurer sur cette pente dangereuse, « à ce moment, il aurait fallu faire jouer le règlement européen n° 472 qui dit qu’un État sous ajustement structurel peut réaliser un audit de sa dette. La Grèce aurait dû suspendre le paiement le temps de l’audit ! ».

L’échec de Tsipras acté, le problème de la dette demeure entier pour tous les pays européens. Comme le souligne un des économistes de Podemos, Juan Laborda, en six ans, « en Espagne, la dette publique aura été multipliée par quatre ».

Inverser la vapeur, faire basculer la pression du côté des banques et non plus de celui du peuple demeure une nécessité impérieuse. Pour tous, cela passe par une action à l’échelle européenne. Le 15 octobre, jour du sommet des chefs d’État de l’Union européenne, des marches militantes convergeront d’un peu partout vers Bruxelles. Le lendemain, une conférence citoyenne sur la dette 
et la démocratie prolongera la mobilisation.

« Nous sommes dans des temps de crise et de douleurs, mais ce sont des douleurs d’accouchement !, exulte Pedro Arrojo, d’Attac Espagne. Cette crise nous a permis de voir quelle Europe était vraiment en train de se construire, et le remède, c’est la solidarité, la cohésion sociale ! Ni le peuple grec ni le peuple ibérique ne peuvent réussir si nous ne parvenons pas à penser cette Europe. Vous avez raison, ça va chauffer ! » s’exclame-t-il en reprenant le mot d’ordre de l’université d’été.

 

L’université d’été bat son plein  Les échanges se poursuivent jusqu’au 28 août. Aujourd’hui, un débat sur 
« la financiarisation de la société et 
de la nature », un autre sur « comment neutraliser les lobbies industriels et combattre l’impunité des multinationales » ou sur « l’instauration d’un revenu 
de base » sont au menu. Demain, les discussions tourneront autour « des ressources énergétiques et des enjeux géopolitiques » ou de la réforme du système financier, avec, notamment, 
une intervention d’Éric Toussaint sur 
la dette publique. La plénière de clôture de l’université se penchera sur le climat 
dans la perspective de la COP21.
 
 
 
 

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 20:18

 

Source : http://www.francebleu.fr

 

 

Des salariés détachés roumains pour préparer l'université du PS à La Rochelle

 

Salariés roumains : le PS fait marche arrière pour son université d'été à la Rochelle

Jeudi 27 août 2015 à 07h29 mis à jour le Jeudi 27 août 2015 à 16h45

 

 

 

C'est une information révélée par France Bleu La Rochelle ce jeudi. Des travailleurs détachés venus de Roumanie avaient été employés par le Parti socialiste pour son université d'été cette année. Ils sont moins chers que des salariés français. Suite à ces révélations, le Parti socialiste a finalement exigé la rupture du contrat.

Le mobilier GL Events en attente à La Rochelle  © Valentine Arama

Salariés low-cost PS La Rochelle : la réaction du secrétaire National du Parti socialiste David Assouline  
 

Une partie de l'organisation de l'université d'été du PS à La Rochelle a été cette année sous-traitée à une entreprise roumaine. Dix salariés roumains avaient été employés depuis mercredi et jusqu'à lundi pour la mise en place du mobilier et le nettoyage. Mais jeudi, suite à la révélation de cette information par France Bleu La Rochelle, le parti a fait marche arrière et demandé la rupture du contrat.

Rien d'illégal

La situation est tout à fait légale, mais le sujet gênant sur le principe : un parti politique peut-il employer indirectement des salariés détachés alors que le taux de chômage en France reste élevé ?

En 2013 les salariés détachés représentaient l'équivalent de 32 000 temps plein en France. Entre 2012 et 2013 leur nombre a augmenté de 12%. En 2013, 6.010 salariés détachés ont été employés en Poitou-Charentes. On les retrouve principalement dans trois secteurs : le BTP, l'emploi temporaire, et l'hôtellerie restauration.

Ils sont chargés d'installer le mobilier puis de le renvoyer, d'assurer le nettoyage. Pas sûr que le PS ait été tenu au courant : le parti a signé un contrat avec une entreprise française GL Events, basée a Lyon. Cette dernière a sous-traité à une entreprise roumaine Trepte events.

Les salariés roumains ont bien été déclarés, comme le prévoit la loi en tant que salariés détachés : leur salaires et leurs conditions de travail sont identiques à celles des Français. Mais pas leurs cotisations sociales qui sont celles de leur pays d'origine, la Roumanie.

Marche arrière du PS

Ces dix roumains coûtent donc moins cher que dix travailleurs français. Dans un premier temps, le PS a affirmé que la nationalité des salariés ne saurait constituer un élément de polémique, dès lors que l'entreprise est immatriculée en France, et que la loi est respectée. Mais suite à la divulgation de cette information jeudi, les cadres du parti ont finalement décidé d'exiger la rupture de ce contrat, comme expliqué dans le communiqué ci-dessous.

Le communiqué du PS sur le contrat faisant appel à des travailleurs détachés capture d'écran © Radio France

 

Source : http://www.francebleu.fr

 

 

 

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 19:06

 

 

Source : http://www.rtbf.be

 

 

 

RTBF

 

 

Dans le domaine du social, une mesure du gouvernement Michel rentre en vigueur à partir du 1er septembre: les jeunes de moins de 21 ans qui n'ont pas obtenu leur diplôme de fin du secondaire ne pourront plus bénéficier des allocations des allocations d’insertion.

Une mesure dans la lignée d’une autre, effective, elle, depuis janvier dernier, et qui fait en sorte que les diplômés au-delà de 25 ans n’auront plus droit non plus à cette aide financière.

 

Les moins de 21 ans sans diplôme privés d'allocations d'insertion

Cette mesure est passée plutôt inaperçue, elle entrera en vigueur le 1er septembre prochain et risque de prendre de cours de très nombreux jeunes.

Le gouvernement Michel impose désormais une condition de réussite pour pouvoir bénéficier des allocations d’insertion (des allocations de chômage sur base des études). Il faut un diplôme de secondaire ou d’une formation en alternance pour y avoir droit. Les jeunes entre 18 et 21 ans qui sortent sans diplôme en seront privés dès ce 1er septembre.

Un public déjà fragilisé, et pour qui décrocher un emploi est pourtant déjà plus compliqué que d’autres demandeurs d’emploi. Supprimer ces allocations d’insertion, c’est supprimer un filet de sécurité. Angela Sciacchitano, responsable des jeunes FGTB estime que "le gouvernement fédéral met en place un dispositif qui va exclure totalement les jeunes de moins de 21 ans sans diplôme de tout dispositif d’accompagnement".

Et c’est bien ce que craignent le Forem et Actiris : "Bloqués par le fait qu’ils n’ont pas droit aux allocations d’insertion, le risque est que ces jeunes ne trouvent plus la motivation de rester auprès des services publics de l’emploi, explique Grégor Chapelle, le directeur d’Actiris, et donc qu’on les perde, qu’ils deviennent malheureusement des 'DENI', des demandeurs d’emploi non identifiés".

Même constat pour Marie-Kristine Vanbockestal, directrice du Forem : "S’ils ne sont pas accompagnés par le Forem, ils risquent de tomber dans une espère d’errance sur le marché de l’emploi, avec des comportements défaitistes, de rejet qui risquent de surgir dans le chef de certains de ces jeunes".

"C’est une mesure injuste, car elle touche les plus fragiles, mais c’est aussi une mesure totalement contre-productive", enchaine Grégor Chapelle. "L’Europe et le gouvernement bruxellois nous demandent de garantir une solution aux jeunes dans les 6 mois de leur inscription, soit un emploi, soit un stage, soit une formation. Et ici le gouvernement fédéral prend une mesure qui cible les plus fragiles d’entre eux, c'est-à-dire ceux qui n’ont pas de diplôme du secondaire, et qui les décourage à rester inscrit à Actiris, à rester dans un parcours d’accompagnement vers l’emploi".

 

Encourager les jeunes à décrocher un diplôme?

Le gouvernement Michel, et le ministre de l’emploi Kris Peeters avancent qu’il s’agit là d’encourager les jeunes à décrocher un diplôme, et donc d’augmenter leur chance de trouver un emploi.

La directrice du Forem nuance : "Il y a un côté un peu pervers. Si l’intention du gouvernement et du législateur est d’inciter voire de forcer les jeunes à entreprendre des études, c’est bien, puisque un des grands constats en Wallonie et à Bruxelles c’est qu’il y a toute une frange de jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi sans détenir les qualifications et les compétences requises". Mais Marie-Kristine Vanbockestal estime que cette mesure entre trop vite en vigueur : "Il aura fallu prendre quelques mois voire une année pour bien informer les jeunes de ce qui les attendait, mais aussi les informer de la nécessité de malgré tout s’inscrire au Forem, où on les prendra en charge, on les accompagnera vers l’insertion."

Grégor Chapelle lui, balaye l’argument du gouvernement. Pour lui c’est avant tout une mesure idéologique et budgétaire : "Il nous semble que c’est bien mal connaître les jeunes. Penser que pour une jeune de 16, 17 ou 18 ans, sa motivation pour terminer ses études secondaire c’est de penser que peut-être dans un an il pourra bénéficier de 300 à 400 euros d’allocation cohabitant, penser que c’est ça sa motivation, il me semble qu’il y a un très grand décalage entre le ministre et la réalité des jeunes."

Le gouvernement table sur une économie de 35 millions d’euros. Ce premier septembre, le couperet tombera pour plusieurs milliers de jeunes sans diplômes, 6900 en Wallonie, 1500 à Bruxelles. Dans les deux régions, les jeunes de moins de 21 ans, sans diplôme représentent en réalité 17% des jeunes qui s’inscrivent pour la première fois comme demandeurs d’emploi.

 

Les plus de 25 ans privés eux aussi d'allocations d'insertion

Cette mesure est effective depuis le mois de janvier dernier. Elle prive les jeunes diplômés de plus de 25 ans des d'allocations d'insertion auxquelles ils avaient droit jusqu’à 30 ans. Une mesure qui pénalise les jeunes restés "trop longtemps aux études" ou qui, dans leur parcours scolaire, ont doublé une fois. "Or on sait qu’un jeune sur deux au sortir du secondaire a doublé au moins une fois", explique Angela Sciacchitano, responsable des jeunes FGTB.

 

FGTB et CSC dénoncent une "injustice"

Les jeunes de la FGTB et de la CSC condamnent mercredi l'entrée en vigueur à partir du 1er septembre de l'exclusion des jeunes en abandon scolaire du droit aux allocations d'insertion. Ces mêmes allocations sont également refusées aux jeunes diplômés du supérieur de plus de 25 ans depuis le 1er janvier.

Selon les jeunes CSC, le chômage des jeunes diplômés du supérieur atteint 12,5% en moyenne, contre 30% pour les jeunes peu ou non qualifiés. "Mais celui qui pense que l'on résout l'épineux problème de l'abandon scolaire précoce en excluant les jeunes du droit à la protection sociale se trompe", déclare Ludovic Voet, responsable national des jeunes CSC.

Son organisation estime que quelque 8000 jeunes francophones feront les frais de cette mesure qui n'est qu'"un argument facile pour faire des économies sur le dos des jeunes précarisés".

De la même manière, le syndicat déplore que les diplômés au-delà de 25 ans ne pourront plus prétendre à ces prestations. Cela exclura de facto tous les titulaires d'un master ayant raté ne fût-ce qu'une seule année d'étude. Ici aussi, quelque 8000 jeunes francophones seraient concernés.

Les Jeunes FGTB fustigent "l'injustice" et "l'absurdité" de ces mesures qui concernent également les apprentis alors que les interlocuteurs sociaux avaient négocié une revalorisation de leur statut en 2014, entrée en vigueur le 1er juillet dernier.

"Le gouvernement s'obstine (...) à démanteler les droits sociaux des travailleurs et à hypothéquer l'avenir des jeunes", estiment les jeunes affiliés du syndicat socialiste.

 

 

Source : http://www.rtbf.be

 

 

 

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 18:43

 

Source : http://blog.mondediplo.net

 

 

Clarté

 

 

mercredi 26 août 2015, par Frédéric Lordon

 

 

 

 

La question de l’euro échappera-t-elle un jour à la malédiction du FN ? Sans doute tout la destinait-elle à y tomber, spécialement en une époque où se mêlent toutes les confusions et toutes les hystéries, au point de rendre presque impossible le moindre débat rationnel. Mais que dire quand ce sont certains des avocats mêmes de la sortie de l’euro qui ajoutent au désordre intellectuel et, identifiés à gauche, en viennent à plaider d’invraisemblables alliances avec l’extrême-droite ?

 

Le FN, ce terrible fléau, cette bénédiction Retour à la table des matières

Sauf à vivre dans le monde des rêves habermassien, l’expérience élémentaire enseigne l’improbabilité du débat ordonné – qui appelle des prérequis institutionnels très particuliers, comme ceux des institutions scientifiques, pour avoir sa chance. Mais les défigurations qu’aura souffertes le débat sur l’euro resteront sans doute dans l’histoire contemporaine comme un cas extrême d’altération, et même d’aberration, offrant le spectacle d’un monde politique que toute rationalité argumentative semble avoir déserté. Il est certain que, prêts à tout pour défendre l’ordre social qui fait leur bonheur, les dominants sont notamment prêts aux travestissements les plus éhontés pour écarter toute alternative, invariablement présentée comme monstruosité. C’est bien pourquoi l’ordre dominant a impérativement besoin de ses monstres s’il veut soutenir – en y renvoyant systématiquement – le caractère monstrueux de tout ce qui n’est pas lui. Ainsi, par exemple, la Corée du nord est-elle moins l’anomalie de la mondialisation qu’elle n’est sa secrète bénédiction, sa monstrueuse, sa nécessaire altérité : comment mieux plaider l’irresponsabilité de la démondialisation qu’en l’enfermant dans l’unique figure possible de la Corée du nord (plaise au Ciel qu’elle dure encore longtemps), pour mieux asséner l’argument supposé rédhibitoire : « c’est ça que vous voulez ? ».

 

Mutatis mutandis le FN est, pour le débat de l’euro, l’équivalent fonctionnel de la Corée du nord pour celui de la démondialisation. Car, bien sûr, on n’aura pas la maladresse de dire qu’il n’y pas d’alternative : on dira qu’il y a celle-là… La suite s’en déduira d’elle-même. Leur opposition « radicale » de surface masque alors la profonde solidarité structurale des deux termes supposément en conflit – le FN et le grand parti unique eurolibéral – qui sont, là encore, une bénédiction l’un à l’autre, au point de les faire vivre dans un parfait rapport de symbiose fonctionnelle : le FN prospère du monopole de singularité que lui abandonne le parti unique d’en-face, lequel, usé jusqu’à la corde, ne se maintient plus qu’en renvoyant au monstre tout projet de faire autrement.

 

Car une chose est certaine, c’est qu’à part le terrorisme au FN, le parti eurolibéral – dans lequel on aura compris que PS et UMP sont deux parfaits substituts – n’a plus rien à dire. Il est rincé, à sec, lyophilisé, de la pensée en granules, du discours en poudre. À la vérité comment pourrait-on trouver quoi que ce soit à dire quand l’accablant spectacle donné depuis 2010 ne peut que réduire à rien, ou bien à un scandale supplémentaire, la défense d’un ordre européen qui s’est rendu haïssable, et sous tous les rapports : la catastrophe économique y est effrayante, les exigences même les plus formelles de la démocratie y sont foulées au pied, plusieurs pays ont été conduits à la crise humanitaire – en Europe ! Par l’Europe !

Par bonheur, quand il n’y a plus rien, il y a encore le FN. Et voilà aussi par quoi l’euro se maintient. Pour que le monstre remplisse son office cependant, il importe de lui faire absorber toute altérité possible, et de confondre toutes les alternatives en une seule, la sienne – monstrueuse. C’est bien pourquoi les idéologues eurolibéraux, journalistes embedded en tête, n’ont jamais rien eu de plus urgent que d’assimiler ainsi toute idée de sortie de l’euro au nationalisme xénophobe du Front National, d’égaliser strictement les deux termes, opportunément soudés dans la même indignité. Qu’importe les projets de gauche en cette matière : s’ils sont rouges, c’est qu’ils sont rouges-bruns – dans une expérience de pensée oulipienne, il faut imaginer le désarroi, peut-être même le sentiment d’impossibilité radicale, de Jean-Marie Colombani et Jean Quatremer invités à objecter à la sortie de l’euro sans dire une seule fois « rouge-brun » (ou « repli nationaliste », ou « tentation xénophobe »).

 

Des signifiants disputés Retour à la table des matières

Le drame politique se noue véritablement quand la confusion n’est plus seulement alimentée par ce qu’on appellera la droite générale – où le PS se trouve évidemment inclus – mais depuis la gauche également, et sous deux formes diamétralement opposées : l’entêtement de la gauche alter-européiste à « changer l’euro », la perdition d’une autre gauche dans la tentation, pour le coup, oui, monstrueuse, de l’alliance avec le Front national.

 

À sa manière à elle, la gauche alter-européiste aura ajouté foi au discours eurolibéral de la droite générale en rabattant, exactement comme cette dernière, tout projet de sortie de l’euro sur le fléau du « nationalisme ». C’est qu’en des temps de vacillation intellectuelle, la catastrophe idéologique était vouée à se nouer autour de deux signifiants disputés : « nation » et « souveraineté ». Disputés en effet puisque, pour chacun de ces termes, l’unicité nominale masque une dualité de lectures possibles qui soutiennent des mondes politiques radicalement antinomiques. Entre la nation substantielle, confite en ses mythes identitaires et éternitaires, et la nation politique, rassemblant les individus dans l’adhésion à des principes, sans égard pour leurs origines, bref entre la nation de Maurras et celle de Robespierre, il n’y a pas qu’un gouffre : il y a une lutte inexpiable. Et de même entre la souveraineté comprise comme apanage exclusif des élites gouvernementales et la souveraineté conçue comme idéal de l’auto-gouvernement du peuple. « Nation » et « souveraineté » ne disent rien par eux-mêmes, ils ne sont que des points de bifurcation. Ils ne parlent que d’avoir été dûment qualifiés, et alors seulement on sait vers quoi ils emmènent.

 

Dans ces conditions, la faute intellectuelle de l’alter-européisme est triple : il a manqué à voir la dualité du signifiant « nation souveraine », abandonné à la droite d’en imposer sa lecture, et par cet abandon même trahi son propre legs historique : car en France la nation souveraine naît en 1789, elle se constitue comme universalité citoyenne, elle exprime le désir de l’autonomie politique, désir d’un peuple en corps de se rendre maître de son destin, bref elle est de gauche.

 

Et par l’effet d’une incompréhensible démission intellectuelle, elle n’est désormais plus que de droite... Il est vrai qu’un internationalisme mal réfléchi n’a pas peu contribué à faire méconnaître [1], en réalité à faire oublier, que la souveraineté comme auto-gouvernement suppose nécessairement la clôture relative – relative, car toujours ouverte à quelque degré sur son dehors – d’une communauté sur un ressort fini. Le genre humain unifié n’existe pas, il ne soutient aucune politique possible, ou bien à un terme (hypothétique) bien fait pour éternellement différer tout retour de la politique – essence du jacquattalisme et de ses rassurants messages : la mondialisation est notre horizon indépassable, certes elle nous a un peu débordés, mais le gouvernement mondial nous permettra d’en reprendre le contrôle… dès qu’il sera advenu ; en attendant : patience… et courage.

 

On dira que l’Europe se présente précisément comme une solution accessible de régulation de la mondialisation néolibérale. Sans même discuter qu’en cette matière l’Union européenne n’est pas faite pour réguler, mais pour relayer et amplifier, il faut avoir l’étroitesse de vue de l’européisme le plus béat, mais aussi bien de l’alter-européisme le plus angoissé, pour ne pas voir ce paradoxe élémentaire que le projet européen est national-souverainiste dans son essence ! Ne se propose-t-il pas de fonder sur un périmètre fini – car « l’Europe » s’arrêtera bien quelque part – une communauté politique souveraine, et par là une citoyenneté d’appartenance – européenne ? Soit, non pas du tout le « dépassement de l’Etat-nation », comme le bredouillent Habermas et ses épigones français, mais le simple redéploiement, éventuellement sous une autre forme, de son principe à une échelle étendue… Et les Etats-Unis d’Europe ne seront que le reflet transatlantique des Etats-Unis d’Amérique, dont on aura du mal à dire qu’ils dépassent quoi que ce soit en cette matière : ne sont-ils pas connus comme l’une des réalisations les plus agressives du souverainisme statonational ? – on mesurera par là le degré de confusion conceptuelle qui, de tous bords, afflige la question européenne.

 

Misère du mono-idéisme Retour à la table des matières

La faute intellectuelle de l’alter-européisme est considérable mais, dans son errance, elle a sa part de dignité, et ce au nom de quoi elle a erré n’a jamais mérité que le respect. Celle de la gauche en perdition est inexcusable. Car, si on ne peut pas excuser la gauche de devenir de droite – à l’image du « parti socialiste » –, on le peut encore moins de dériver vers la droite de la droite, et jusqu’à se rapprocher de l’extrême-droite. Il est inutile de le dissimuler car l’évidence est là : il y a dans certains secteurs de la gauche, et depuis longtemps, une réelle disposition à ce dévoiement-là. L’union des « républicains des deux bords » appelée par Chevènement en 2002 en a été la première manifestation visible dans le champ politique. Logiquement, le durcissement de la crise a accéléré toutes les tendances, desserré toutes les retenues, et poussé au franchissement de tous les seuils.

 

Il y a bien des lignes de pente pour se perdre à l’extrême-droite, mais l’une d’entre elles vaut qu’on s’y arrête qui est moins immédiatement « politique », plus pernicieuse, et par là plus dangereuse : l’aveuglement du mono-idéisme. Le mono-idéisme, c’est l’empire de l’idée unique, le despotisme mental de la Cause au singulier absolu qui, affranchie de toute idée contradictoire, c’est-à-dire de toute régulation intellectuelle, imposera son primat et déploiera sans résistance ses conséquences jusqu’à l’aberration. Tout pour l’Idée unique, et cap au pire s’il le faut, voilà la devise implicite du mono-idéisme.

 

Férocement appliqué sur les bords les plus opposés d’ailleurs. Car il y a évidemment un mono-idéisme européiste. Dont la Cause est l’Europe, quelle qu’en soit la forme et quels qu’en soient les contenus – soit, littéralement, l’Europe à tout prix. Quel que soit le mouvement, il est déclaré bon s’il fait avancer l’Europe, et peu importe absolument dans quelle direction. L’Europe fait régner la concurrence libre et non faussée ? Peu importe puisque le droit de la concurrence est un droit européen, et qu’un droit européen en soi signifie un progrès de l’Europe. L’Europe soumet les économies à l’omnipotence des marchés financiers ? Peu importe puisque c’est le moyen de construire une monnaie européenne qui, par là, se justifie d’elle-même. L’Europe n’est plus qu’un empilement de traités austéritaires ? Mais ça n’est pas la question : l’essentiel est que l’Europe avance – et la direction de l’avancée est tout à fait secondaire. L’Europe intransitive, l’Europe pour l’Europe, sans considération de quelque autre chose, voilà la figure du mono-idéisme européiste. Les socialistes et les écologistes français votent le TSCG : parce qu’« il faut continuer de construire l’Europe ». Et l’on se demande immanquablement jusqu’où il faudrait aller dans l’ignoble pour déclencher enfin un réflexe de reprise, une fissure dans le mono-idéisme, le retour d’une autre idée. Soit l’Europe rétablissant le droit du travail des enfants – formellement une nouvelle avancée du droit européen, donc un progrès de « l’Europe » – : stop ou encore ?

 

En face, le mono-idéisme symétrique : sortir de l’euro quelles qu’en soient les voies. Si la sortie de l’euro a à voir avec la restauration de la souveraineté, peu importe de quelle souveraineté l’on parle. Et en avant pour le front indifférencié de « tous les souverainistes ». Nicolas Dupont-Aignan est « souverainiste » : il est donc des nôtres. Et puis après tout Marine Le Pen aussi, ne le dit-elle pas assez. Alors, logiquement, pourquoi pas ? Car voilà la tare majeure du mono-idéisme : il est conséquent sans entraves. Il suivra sa logique unique jusqu’où elle l’emmènera par déploiement nécessaire des conséquences qui suivent de la prémisse unique. Peu importe où puisque, l’Idée posée, on ne peut qu’avoir confiance dans la logique qui, ancillaire et neutre, vient simplement lui faire rendre tout ce qu’elle porte.

 

On l’a compris puisque la chose entre dans son concept même : le mono-idéisme suppose l’effacement radical de toutes les considérations latérales – de tout ce qui n’appartient pas à son Idée. Que, par exemple, le Front national – ses errances idéologiques en matière de doctrine économique et sociale l’attestent assez – ait pour seul ciment véritable d’être un parti raciste, que la xénophobie soit l’unique ressort de sa vitalité, la chose ne sera pas considérée par le souverainisme de la sortie de l’euro quand il se fait mono-idéisme. Puisque la Cause, c’est la sortie de l’euro, et que rien d’autre n’existe vraiment. On envisagera donc l’âme claire de faire cause commune avec un parti raciste parce que « raciste » est une qualité qui n’est pas perçue, et qui ne compte pas, du point de vue de la Cause. Voilà comment, de l’« union des républicains des deux bords », en passant par « le front de tous les souverainistes », on se retrouve à envisager le compagnonnage avec le Front national : par logique – mais d’une logique qui devient folle quand elle n’a plus à travailler que le matériau de l’Idée unique.

 

Le jugement de l’histoire Retour à la table des matières

Il faut avoir tout cédé à une idée despotique pour que quelqu’un comme Jacques Sapir, qui connaît bien l’histoire, ait à ce point perdu tout sens de l’histoire. Car la période est à coup sûr historique, et l’histoire nous jugera. Si l’on reconnaît les crises historiques à leur puissance de brouillage et à leur pouvoir de déstabilisation – des croyances et des clivages établis –, nul doute que nous y sommes. Nous vivons l’époque de toutes les confusions : celle de la social-démocratie réduite à l’état de débris libéral, celle au moins aussi grave de révoltes de gauche ne se trouvant plus que des voies d’extrême-droite. Or on ne survit au trouble captieux de la confusion qu’en étant sûr de ce qu’on pense, en sachant où on est, et en tenant la ligne avec une rigueur de fer. Car en matière de dévoiement politique comme en toute autre, il n’y a que le premier pas qui coûte – et qui, franchi, appelle irrésistiblement tous les suivants. C’est pourquoi l’« union de tous les souverainistes » mène fatalement à l’alliance avec l’extrême-droite.

 

C’est pourtant une fatalité résistible : il suffit de ne pas y mettre le doigt – car sinon, nous le savons maintenant à de trop nombreux témoignages, c’est le bonhomme entier qui y passe immanquablement. Ici la rigueur de « ne pas mettre le doigt » n’a pas de meilleures armes que la robustesse de quelques réflexes – où en est-on sur la question du racisme –, et le décentrement minimal qui, ne cédant pas complètement au mono-idéisme, permet d’identifier les périls. La fermeté des concepts aussi : en l’occurrence ceux par lesquels on fait sens des signifiants « nation » et « souveraineté », faute desquels on est voué aux sables mouvants de la confusion puisqu’ici ce sont la droite et l’extrême-droite qui tiennent la lecture dominante, à laquelle on succombera nécessairement si l’on n’a pas une autre lecture à leur opposer fermement.

 

Mais on ne tient jamais si bien la ligne qu’en reconvoquant les leçons de l’histoire, notamment les souvenirs de quelques tragiques égarements du passé. C’est qu’on ne surmonte les emprises du présent et la difficulté à savoir ce qu’on y fait vraiment, c’est-à-dire l’absence de recul pour se juger soi-même à l’aune d’un sens de l’histoire qui n’a pas encore été délivré, on ne surmonte tous ces obstacles, donc, qu’en rapportant son action aux dilemmes que d’autres avant nous ont eu à trancher – certains bien, d’autres mal. Non pas que leur situation ait été en tous points semblables à la nôtre – elle ne peut pas l’être –, mais pour y puiser un sens accru du danger, de l’auto-examen, et de l’anticipation d’une histoire qui délivrera ses verdicts.

 

Il faut être inconscient pour ne pas mesurer le péril : si la période actuelle n’est pas l’exacte réplique des années 1930, elle lui emprunte suffisamment pour faire redouter que des causes semblables entraînent des effets semblables. On sait assez que l’extrême-droite profite du pire. Et, à part la nef des fous éditoriale qui, répétant en boucle « la réforme », n’en finit pas de demander plus du même, on sait aussi que la période n’engendre plus que du pire – mais il allait sans dire que, comme bras armé « intellectuel » du parti unique eurolibéral, l’appareil médiatique [2] est décisivement impliqué dans la symbiose fonctionnelle qui fait prospérer le FN. De ce terrible enchaînement, qui ne créé pas d’autre devoir que de s’y opposer – quoiqu’on voie de moins en moins ce qui pourrait venir le contrarier… –, chacun devra savoir ce qu’il y a fait, et quelle place il y a tenue.

 

Il est bien certain que la polémique livre son lot de mises en cause à la truelle : pour l’alter-européisme, en cela confondu avec l’européisme tout court, c’est d’envisager seulement la sortie de l’euro qui soutient un cas d’accusation… On pourrait bien plutôt soutenir que c’est d’en refuser la possibilité qui, abandonnant la question au FN et fixant les peuples dans une catastrophe eurolibérale en réalité inexpiable, livre à l’extrême-droite une ressource politique sans équivalent. La querelle cependant ne souffre plus aucune équivoque lorsqu’il devient explicitement question de faire cause commune, ou bout de chemin, ou n’importe quoi d’autre, avec le FN – et peu importent les codicilles tout à fait secondaires dont on enrobe l’idée : l’essentiel est dit.

 

Egaré pour rien Retour à la table des matières

Mais il y a pire que l’égarement : l’égarement pour rien. Car voici la tragique ironie qui guette les dévoyés : le FN, arrivé au pouvoir, ne fera pas la sortie de l’euro. Il ne la fera pas car, sitôt que la perspective de sa réussite électorale prendra une consistance sérieuse, le capital, qui ne se connaît aucun ennemi à droite et aussi loin qu’on aille à droite, le capital, donc, viendra à sa rencontre. Il ne viendra pas les mains vides – comme toujours quand il a sérieusement quelque chose à réclamer ou à conserver. Aussi, contre quelques financements électoraux futurs et surtout contre sa collaboration de classe – car, comme s’en aperçoit, pour sa déconfiture, le pouvoir actuel avec son pacte de responsabilité en bandoulière, le capital a bel et bien le pouvoir de mettre l’économie en panne par mauvaise volonté [3] – contre tout ceci, donc, le capital exigera le maintien de l’euro, son vrai trésor, sa machine chérie à équarrir le salariat. Croit-on que le FN opposera la moindre résistance ? Il se fout de l’euro comme de sa première doctrine économique – et comme de toutes les suivantes. Le cœur de sa pensée, s’il y en a une, est bien ailleurs : il est dans une sorte de néocorporatisme vaguement ripoliné pour ne pas faire trop visiblement années trente, et s’il est une seule chose à laquelle il croit vraiment, elle est sans doute à situer du côté du droit du petit patron à être « maître chez lui » (éventuellement additionné d’une haine boutiquière pour l’impôt qui nous étrangle).

 

Tragique destin pour tous ceux qui auront cru voir en lui la dernière église des vrais croyants et qui finiront à l’état de recrues scientologues, essorées et refaites, rendus par-là à avoir partagé, quoique depuis le bord opposé, la même croyance que les propagandistes eurolibéraux, la croyance du FN qui chamboule tout, quand il est si clair qu’il ne chamboulera jamais rien (à part les vies des immigrés, ou des fils d’immigrés, qui vivent en paix sur notre sol et qui, elles, seront bel et bien dévastées) : car enfin a-t-on jamais vu le parti de l’ordre perturber l’ordre ? Et croit-on que le parti des hiérarchies ait à cœur de déranger les hiérarchies – en l’occurrence celles du capitalisme ? Au moins les eurolibéraux ont-ils, pour ce qui les concerne, leurs intérêts obliques à entretenir cette effarante bêtise : c’est qu’il faut bien que le FN soit assimilé à une sorte de révolution pour mieux éloigner le spectre de toute révolution – soit encore et toujours le travail de la symbiose fonctionnelle, et l’éditorialisme, empressé d’accorder au FN sa revendication la plus centrale et la plus frauduleuse (« il va tout bousculer ! »), lui rend sans même s’en rendre compte le plus signalé des services.

 

À gauche, et à gauche seulement Retour à la table des matières

Lire aussi Baptiste Dericquebourg, « Syriza et les chausse-trapes du pouvoir », Le Monde diplomatique, septembre 2015.Ceci d’ailleurs de toutes les manières possibles. Car on n’en revient pas du rassemblement parfaitement hétéroclite des visionnaires en peau de lapin occupés à déclarer caduc le clivage de la droite et de la gauche – jamboree de la prophétie foireuse où l’on retrouve aussi bien l’extrême-droite (mais c’est là une de ses scies de toujours) que l’extrême-centre, de Bayrou à Valls, pour qui la raison gestionnaire permet enfin de faire l’économie d’inutiles querelles (« idéologiques » disent les parfaits idéologues de « la fin des idéologies »). Malheureusement pour eux, le déni du réel s’accompagne immanquablement du retour du refoulé. « Ça » revient toujours. C’est même déjà revenu : en Grèce, sous le nom de Syriza – avant qu’un incompréhensible Tsipras ne sombre dans un tragique renoncement. Le tsiprasisme n’est plus qu’un astre mort, mais certainement pas la gauche en Grèce – et partant en Europe.

 

Or cette persévérance suffit à ruiner et les imputations immondes de l’européisme et les dévoiements d’une « gauche » qui croit pouvoir passer par la droite de la droite. Car de même qu’on ne prouve jamais si bien le mouvement qu’en marchant, on ne démontre pas plus irréfutablement la possibilité d’une sortie de gauche de l’euro… qu’au spectacle d’une incontestable gauche qui se propose de sortir de l’euro – drame de l’insuffisance intellectuelle : à certains, il faut le passage au concret pour commencer à croire vraiment à une possibilité que leur esprit ne parvient pas à embrasser tant qu’elle demeure simplement abstraite.

 

Dieu sait qu’il fallait être ou bien de la dernière mauvaise foi ou bien intellectuellement limité pour ne pas concevoir une sortie de gauche de l’euro – c’est-à-dire une vision de gauche de la souveraineté. Mais maintenant elle est là : une grosse minorité de Syriza, défaite par la trahison de Tsipras, mais décidée à continuer de lutter sous les couleurs nouvelles de la Gauche Unie, établit désormais in concreto l’existence de la « sortie de gauche » : une sortie que rien n’entache à droite, ni « repli nationaliste » puisque nous avons là affaire à des gens dont les dispositions internationalistes sont insoupçonnables, ni « dérive xénophobe » puisque pour le coup le seul point d’accord, mais absolu, au sein de Syriza, touche à la question de l’immigration, de son accueil et de sa régularisation. Et seuls les deux neurones de Jean-Marie Colombani, la haine incoercible de Quatremer pour tout ce qui est de gauche, mais aussi les préventions affolées de l’alter-européisme, pourront trouver justifié de s’exclamer au repli identitaire.

 

La gauche est là. Même réduite au dernier degré de la minorité institutionnelle, elle ne mourra pas. Elle vit en Grèce. Elle revivra ailleurs en Europe, et spécialement en France, pour peu qu’on s’y aperçoive, l’échec de Tsipras enfin médité, qu’elle n’a de salut qu’hors de l’euro – et bien sûr qu’en en sortant par son côté à elle. Mais il faut être en proie au fétichisme de la sortie pour ne plus désirer sortir que pour sortir, c’est-à-dire pour se préparer à sortir accompagné n’importe comment. Et avoir sérieusement oublié de se poser la seule question qui vaille, la question de savoir pour quoi faire, et par suite avec qui ? – la seule qui ramène quelque clarté et fasse apercevoir certaines improbables alliances pour ce qu’elles sont : aberrantes, dévoyées, et promises à la perdition, au double sens de l’égarement moral et de l’échec assuré.

 

 

Notes

[1] Voir à ce sujet « Leçons de Grèce à l’usage d’un internationalisme imaginaire (et en vue d’un internationalisme réel) », 6 avril 2015.

[2] Dont, à quelques exceptions minoritaires près, les différenciations internes sont tout à fait secondaires.

[3] Pour un développement un peu plus substantiel à propos de cette question, voir « Les entreprises ne créent pas l’emploi », 26 fevrier 2014.

 

 

Source : http://blog.mondediplo.net

 

 

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 17:23

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 
 
 
 
En Image 26/08/2015 à 13h27

Commerce des armes : qui achète ? Qui vend ? Pas ceux qu’on croit

Rue89 avec Swissinfo.ch

 

Le traité international sur le commerce des armes tient, jusqu’à jeudi 27 août, sa première conférence au Mexique. Mais qui achète et qui vend des armes dans le monde actuel ?

Déjà signé par 130 pays et ratifié par 72 d’entre eux, ce traité est censé encadrer un marché des armes prospère : son commerce international oscille depuis 2009 entre 30 et 40 milliards de dollars par an, alors que les dépenses militaires mondiales tournent autour de 1 700 milliards de dollars annuels depuis 2009, soit 2,6% du produit mondial brut (PMB).

A cette occasion, il est intéressant de regarder, avec nos partenaires de Swissinfo.ch, qui sont les vendeurs, et qui sont les acheteurs de ce commerce pas comme les autres.

 

Les Etats-Unis, premier vendeur planétaire

Premier constat : sur ces statistiques fournies par l’Institut de recherche Sipri de Stockholm, la référence mondiale, on ne trouve qu’un seul pays commun au top 10 des vendeurs et des acheteurs : la Chine, qui achète, notamment à la Russie, mais qui exporte aussi des armements plus classiques.

Deuxième constat : la place prépondérante prise par les Etats-Unis dans ce commerce des armes, quasiment deux fois plus gros que le suivant, la Russie, et dont les exportations sont égales à celles de la Russie, de la France et du Royaume-Uni additionnées...

 

Les principaux pays exportateurs d’armes (Via Swissinfo.ch)

 

Côté importations, la première surprise est la première place, loin devant, de l’Inde, là où on attendrait les pays du Moyen-Orient. La zone Asie-Pacifique est d’ailleurs bien placée dans ce top 10, avec l’Inde en tête, mais aussi la Chine, l’Indonésie, le Vietnam, Taïwan, et l’Australie.

Les autres pays du top 10 sont, de manière prévisible, les pays du Moyen-Orient, l’Arabie saoudite qui arrive deuxième, suivie de la Turquie, des Emirats arabes unis et du Sultanat d’Oman.

 

Les principaux importateurs d’armes dans le monde (Via Swissinfo.ch)

 

L’Asie et le Moyen-Orient, les deux zones de tension de la planète :

  • la première sans conflit déclaré mais avec une course aux armements perceptible depuis des années et des tensions en mer de Chine du Sud entre la Chine et ses voisins, ou le conflit latent, jamais éteint entre l’Inde et le Pakistan ;
  • la seconde est aujourd’hui au cœur des principaux conflits armés de la planète, en Syrie, en Irak, au Yémen, ou encore depuis peu le conflit qui s’est réveillé en Turquie avec la minorité kurde. Pas de surprise donc à ce que les armes prennent la direction d’une zone qui a de surcroit les moyens de les payer...

 

L’enjeu de Cancun

La principale vertu du TCA, souligne un article de Swissinfo.ch, est de vouloir imposer une certaine transparence dans un commerce qui préfère l’ombre, voire l’opacité.

Les Etats-Unis l’ont signé et pas encore ratifié, la Russie et la Chine ne l’ont pas signé ; seuls la France et le Royaume-Uni parmi les grands exportateurs l’ont signé et ratifié.

Encore faut-il que la substance du traité ne se volatilise pas dans les négociations sur sa mise en œuvre et ses règles de fonctionnement.

C’est tout l’enjeu de la première conférence internationale des Etats parties, qui se tient depuis le 24 et jusqu’au 27 août à Cancun (Mexique).

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 16:32

 

 

Sur le terrain 26/08/2015 à 10h59

Saillans fait des petits : une journée participative dans un village perché

Emilie Brouze | Journaliste Rue89

 

A Aucelon, dans la Drôme, élus et habitants planchent sur un projet de gîte pour redynamiser le village. Inspirés par les Saillanssons qui, à 25 km de là, expérimentent la démocratie participative

(D’Aucelon, Drôme) Il ne faut guère avoir le vertige pour se hisser jusqu’à ce minuscule village perché. Pas d’autre choix, d’abord, que d’emprunter la route étroite et tortueuse qui nous arrête à 755 m d’altitude. Tout en haut, les maisons sont suspendues sur un promontoire, en équilibre au milieu des montagnes. 49 citoyens sont inscrits sur les listes électorales de la commune, mais seulement dix-huit habitants vivent là à l’année.

 

Aucelon, le 24 juillet 2015 (Emilie Brouze/Rue89)

 

Aucelon se situe à 25 km de Saillans, la petite ville où au premier tour des municipales, le 23 mars 2014, les 1 199 habitants ont élu une liste collégiale. Pendant la campagne, plusieurs réunions publiques ont permis aux Saillanssons de bâtir le fonctionnement de leur mairie idéale. Voilà aujourd’hui près d’un an et cinq mois que l’équipe municipale expérimente, non sans difficultés, un fonctionnement participatif.

Un maire blasé du pouvoir pyramidal

Ici, on est loin de la démocratie participative promue par certains partis politiques qui lancent des plateformes collaboratives (qui agonisent). On est loin aussi des consultations numériques de l’Assemblée nationale sur des projets de loi. A Saillans, si Internet est utilisé comme un outil de diffusion de l’information et, parfois, de sondage, il est avant tout question de participation physique.

Depuis les élections, les Saillanssons ont reçu plus d’une centaine de sollicitations de médias, d’étudiants en sciences politiques, d’élus ou de citoyens s’intéressant à leurs méthodes. Un scénariste en quête d’inspiration a même récemment logé sur place quelques jours pour se livrer à des observations.

Saillans a résonné aussi autour d’elle, près du Vercors. Joël Boeyaert, le charismatique maire sans étiquette d’Aucelon, blasé du pouvoir pyramidal, a suivi avec attention la campagne saillanssonne et assisté à plusieurs réunions.

« Ça m’a encouragé à le faire », affirme l’homme de 58 ans, éleveur de vaches allaitantes. A l’été 2014, des Saillanssons sont venus l’aider à animer une journée de réunions participatives à Aucelon.

 

Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

Un projet commun

Pendant ce jour de juillet 2014, plusieurs groupes d’habitants ont parlé de leur village et débattu sur ce qu’ils pouvaient faire pour améliorer l’existant. Une soixantaine de personnes étaient présentes d’après le maire, « dont des gens de l’extérieur ». Il en est ressorti au moins trois priorités :

  • lancer une veille économique : à part la bergerie et la présence du boulanger, qui cuit ses pains dans le four communal et redescend les vendre dans la vallée, il n’y a pas d’activités ;
  • créer un lieu commun convivial, type bistrot associatif ;
  • attirer de nouveaux habitants à l’année, en commençant par établir un inventaire des possibles habitations.

L’hiver, le village sommeille. Les résidences secondaires « encombrent » la commune, qui a connu un fort exode rural. Et Aucelon, qui compte un logement social (une maison en bois), a peu de place pour accueillir de nouvelles têtes.

 

 

L’ancienne école d’Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

Si, à Saillans, un noyau d’habitants est à l’origine de la démarche participative, à Aucelon, c’est plutôt le maire qui a poussé ses administrés à tenter l’expérience. Il constate :

« Suite à la première journée participative, on n’a pas réussi à faire en sorte que les gens s’emparent d’un dossier. »

Et puis, au printemps, la commune a eu la possibilité d’acheter une grande maison située en face de la mairie (120 000 euros, subventionnés à hauteur de 66 000 euros par le programme européen de développement rural Leader). Celle de Louis, l’ancien doyen décédé fin 2014, dont la photo est accrochée en mémoire au mur de son atelier. A l’intérieur de la bâtisse, Aucelon aimerait y aménager un gîte, dont les parties communes et la terrasse pourraient profiter aux habitants.

Ce gîte, c’est une aubaine de projet participatif, appuie le maire : il concentre toutes les préoccupations évoquées en juillet par les habitants. Un « copil » – l’abréviation pour « comité de pilotage » – a été mis sur pied pour mener à bien le projet. Huit élus et habitants se sont portés volontaires pour l’intégrer.

 

Tournesols et vaches baladeuses

Ce vendredi 24 juillet 2015, rendez-vous était donné en début d’après-midi dans l’ancien atelier de Louis. Le maire, en chemise à carreaux, s’est réveillé à l’aube la veille : la faute à des vaches baladeuses.

Sur la table, un bouquet de tournesols. Le projet de gîte est explicité en lettres vertes sur un tableau blanc, à la première personne du pluriel :

« Nous souhaitons créer à Aucelon un lieu d’accueil convivial qui favorise une présence durable d’habitants permanents, qui produise de l’activité économique et qui s’intègre dans la vie locale, touristique, culturelle et environnementale du territoire. »

 

Dans l’atelier de Louis (Emilie Brouze/Rue89)

 

Céline Langlois, psychologue et « facilitatrice », anime la réunion et fait office de gardienne du temps. Pour ouvrir la séance, elle fait tinter une cloche.

Première étape, après le tour de présentation mutuelle : retravailler la charte de fonctionnement du copil.

Pour celui qui n’est pas informé du contexte, la réunion, codifiée, a des allures étranges. Les participants peuvent manifester leur approbation en applaudissant par la langue des signes (les deux mains bougent en direction du plafond) et signaler leur fin de prise de parole. Des temps de réflexion en petits groupes sont organisés avec un support papier.

« La cinquième phrase est assez contradictoire avec la deuxième et la troisième », objecte l’un. « Et si on mettait réalisable plutôt que réaliste ? », propose un autre. « On n’écrit pas la Constitution », minimise Céline Langlois.

La maison de Louis grince et le vent s’engouffre par les fenêtres entrouvertes. Ce qui fait virevolter les feuilles disposées sur un fil à linge. Dehors, un arbre abrite une table où sont disposés des verres de cantine scolaire, de l’eau et du sirop.

 

 

Dans l’atelier de Louis (Emilie Brouze/Rue89)

 

Pendant une pause, Margaret Obermeier, 79 ans, me parle de Louis, qu’elle a bien connu :

« Un grand mécanicien, il savait absolument tout faire. »

Elle habite la Suisse et vient depuis des dizaines d’années en vacances à Aucelon, dans la maison familiale. Elle y a tenu trois hivers de suite avec un poêle à charbon.

« A Aucelon, il y a eu beaucoup de tentatives d’installation de personnes qui vivaient en marge, des éclopés de la vie qui fuyaient les astreintes de la vie moderne et n’ont pas tenu le coup. J’en ai vus une vingtaine. »

 

Margaret Obermeier dans une rue d’Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

Comment on prend une décision ?

Dans l’atelier de Louis, seize personnes sont autour de la table, dont onze habitants (d’Aucelon ou d’ailleurs) et cinq invités qui vont être questionnés. L’adjointe de l’Agence de développement touristique de la Drôme éclaire ainsi le petit groupe sur le défi que constitue le lancement d’un gîte dans un endroit aussi reculé. Pour assurer l’équilibre dans les quatre ou cinq ans, il faut prévoir minimum dix-quinze lits.

Dans la salle, il y a un couple qui portera sans doute le projet : ils ont 36 ans, deux enfants, et aimeraient s’installer au village. Lui est graphiste et télétravaille à temps partiel ; elle vient de créer une association de parentalité. Ils aimeraient « faire du tourisme social et solidaire », « valoriser les produits locaux » dans cette zone classée Natura 2000.

 

 

image

 

A l’aide d’un vidéoprojecteur, deux chargés de mission du CAUE (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement) présentent deux scénarios d’aménagement de la bâtisse.

« Ils sont peu nombreux au village mais il y a plus de monde que d’habitude en réunion », fait remarquer Jean-Pierre Allègre, qui a exercé 30 ans comme architecte libéral, au sujet de ce projet « atypique ».

Distribution de Post-it en fin de réunion : un vert chacun pour le positif, un orange pour les aspects négatifs. Suivie d’une tournée de table-bilan. Un participant ose :

« Quand il y aura une décision à prendre, comment on va faire ? »

 

Dans l’atelier de Louis, à Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

« Elle redonne le pouvoir d’agir »

« Qui va décider à la fin ? Nous, on n’a pas tranché », relève aussi Lydia Seyne, 60 ans, maire de 1995 à 2001 :

« La démocratie participative, elle résonne un peu partout. Elle redonne aux citoyens le pouvoir d’agir. Je crois que c’est pour ça que les gens disent “ça nous fait du bien”. Ils ont l’impression d’agir. [...]

Généralement, on laisse faire les élus et on critique. Mais on doit être là, aussi. »

Lydia Seyne explique avoir déjà travaillé dans ce sens, quand elle était maire. Elle fait référence notamment à la création de la bergerie, un bâtiment communal édifié dans les années 90 :

« Le village se désertifiait, tous les habitants s’étaient retrouvés : on avait fait une réunion pour se demander quoi faire. »

 

Lydia Seyne devant chez elle à Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

« C’est une démarche difficile, ça prend du temps », observe Monique Le Coz, 75 ans, enseignante retraitée qui habite Aucelon une partie de l’année.

« Plus de temps que si c’était un gugusse qui décidait seul. En même temps, c’est intéressant et ça anime les gens qui participent. »

 

Monique Le Coz, à Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

Vincent Humbert, 53 ans, longue barbe blanche et sac en peau, habite Pradelle depuis dix ans où sa compagne a une ferme d’alpagas. « Un choix de vie », comme de nombreux néoruraux installés dans la région ces deux dernières décennies.

« Saillans, ça fait poser des questions, ça fait réfléchir. »

Tous dans le salon du maire

Les habitants d’Aucelon tiendraient presque tous dans le salon du maire. Alors pour les sonder, pourquoi Joël Boeyaert a-t-il besoin de formaliser une réunion ? « La technique de réunion participative amène implicitement de la positivité », rétorque-t-il.

« Ça permet de vaincre une inertie. Les gens sont heureux, en réunion. [...] J’entends beaucoup de gens se plaindre de la politique, de la société, du pays : les réunions participatives, ça permet de mettre en action les habitants. Comme ils disent à Saillans, de leur donner le “pouvoir d’agir”. »

 

En réunion, à Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

La participation permet de regrouper des individus aux compétences diverses. Elle demande aussi aux habitants de prendre leur part de responsabilités, souligne le maire.

Le participatif dans une minuscule commune ne signifie pas pour autant que la tâche est plus aisée. Joël Boeyaert :

« Dans un groupe de vingt personnes, il suffit d’en avoir deux qui n’ont pas envie pour interférer et gangréner le groupe. »

Christophe, 40 ans, ancien chef d’orchestre qui a été élu secrétaire du copil, note que, pendant la réunion, un ou deux participants semblaient moins enclins au participatif. « On doit gérer d’anciennes façons de faire », opine-t-il. Au sein même du conseil municipal, la méthode ne fait pas l’unanimité.

Sur la démarche participative, Christophe fait le lien avec l’histoire du lieu – peu d’habitants encore en sont natifs.

« Tout le monde a un lien sentimental avec Aucelon, mais personne n’est “héritier du pays”. On doit se poser la question : qu’est-ce qu’on construit ensemble ? »

 

Christophe à Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

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