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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 19:26

 

 

Source : http://www.millebabords.org

 

Marche mondiale contre Monsanto

March against Monsanto

Article mis en ligne le lundi 27 avril 2015

Pour une agriculture durable et une alimentation saine pour tous & pour toutes !

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Marche mondiale contre Monsanto le 23 mai 2015

Le 23 mai 2015, les citoyens du monde entier, dans une cinquantaine de pays et une vingtaine de villes françaises, marcheront à nouveau contre Monsanto et consorts (Bayer, Syngenta, les multinationales des OGM et des pesticides). Toutes et tous dans la rue pour condamner ce modèle agricole accro à la chimie et aux manipulations du vivant, imposé au détriment des peuples et des paysans qui les nourrissent !

OGM et TAFTA, même combat De même, nous affirmerons notre opposition au projet de Grand marché transatlantique (TAFTA ou TTIP), cheval de Troie des multinationales de l’agrobusiness pour imposer les OGM et réduire toujours plus les normes sanitaires supposées protéger la santé des consommateurs.

Avec le nouveau règlement européen sur la nationalisation des autorisations de mises en culture des OGM voté en janvier 2015, nous devons nous mobiliser pour montrer que les Français ne veulent toujours pas d’OGM, ni dans nos champs, ni dans nos assiettes.

Réclamer une alimentation saine pour tous Nous manifesterons notre volonté d’une agriculture respectueuse des travailleurs agricoles comme des écosystèmes, et d’une alimentation capable de garantir notre santé et celle de nos enfants.

Nous défendrons une agriculture relocalisée et écologique permettant d’assurer aux producteurs un revenu juste et aux consommateurs des produits sains. L’agriculture biologique, sans OGM ni pesticide toxique, ne doit pas devenir une niche commerciale, mais bien la solution pour offrir une alimentation saine pour TOUS.

20 marches organisées en France, besoin de soutien Nous invitons toutes les organisations, associations, collectifs, coopératives ou Amaps, à se joindre à l’organisation de l’une des vingt marches qui auront lieu dans toutes les régions de France. Lancées de façon autogérée par des citoyens soucieux de s’engager, ou par des militants associatifs locaux, ces marches sont des événements ouverts, sur un positionnement 100% citoyen, sans étiquette politique.

 

Toutes et tous dans la RUE le 23 Mai 2015

PENSEZ À INVITER VOS AMI(E)S A L’EVENT sur Facebook pour retrouver la liste de toutes les marches ! #MaM2015 : https://www.facebook.com/events/333023593561520

Voici une première liste des marches régionales pour la ‪#‎MaM2015‬ !!!

- Paris : https://www.facebook.com/events/996899193657121/
- Brest : https://www.facebook.com/events/663061860468975/
- Lille : https://www.facebook.com/events/1542680492652211/
- Strasbourg : https://www.facebook.com/events/1540787802832413/
- Tours : https://www.facebook.com/events/773730486044457/
- Bordeaux : https://www.facebook.com/events/433120260190336/
- Lyon : https://www.facebook.com/events/652392381555877/
- Nice : https://www.facebook.com/events/991536840873684/
- Cherbourg : https://www.facebook.com/events/625997460862465/
- Clermont-Ferrand : https://www.facebook.com/events/1611872439032444
- Caen : https://www.facebook.com/events/850962354970901
- Peyrehorade (où il y a une usine de Monsanto) :
https://www.facebook.com/events/637272466418738
- Bayonne : https://www.facebook.com/events/1446511682254117
- Nantes : https://www.facebook.com/events/420568914773141
- Marseille : https://www.facebook.com/events/912268158804334
- Carhaix : https://www.facebook.com/events/643366982435444
- Rennes : https://www.facebook.com/events/1617007215185992
- Montpellier : https://www.facebook.com/events/360112537512276
- Toulouse :
https://www.facebook.com/events/1562576807362400/1577807852505962/
- La Réunion, au Marché Forain De Saint-Pierre :
https://www.facebook.com/events/456583424495447/
- Amiens, https://www.facebook.com/events/1430595230589707/
- Nimes : https://www.facebook.com/events/1555220608094067/

Combat Monsanto et le Collectif citoyen les Engraineurs

P.-S.

Source : http://www.combat-monsanto.org/
Le 10 mai, préparation de la marche contre Monsanto à Marseille :

http://www.millebabords.org/spip.php?article27863

Initiateurs de la Journée mondiale :
http://www.march-against-monsanto.com/

 

 

Source : http://www.millebabords.org

 

 

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 19:09

 

Source : http://www.reporterre.net

 

Impunité policière : le droit de manifester est en danger

27 avril 2015 / Nicolas de La Casinière (Reporterre)
 


 

Accentuée après la mort de Rémi Fraisse et les manifestations qui ont suivi, la répression se banalise, offre l’impunité aux policiers et menace dangereusement le droit de manifester.


- Nantes, correspondance

La procureure de Nantes, Brigitte Lamy, n’apprécie pas d’être désignée publiquement. Dire que son classement sans suite des plaintes de manifestants équivaut à protéger la police relève, selon elle, de l’injure publique. Elle vient de porter plainte personnellement contre une affichette publiée notamment par un compte Facebook « Nantes révoltée », présentant son nom et sa photo et portant ce commentaire éclaboussé de gouttes de sang : « Brigitte Lamy, procureure de la République à Nantes protège les policiers qui blessent et mutilent. »

Cette controverse fait suite à l’impunité apparente de policiers auteurs de tirs qui ont éborgné trois manifestants le 22 février 2014, quand 525 tracteurs défilaient dans Nantes aux côtés de 40 à 60 000 personnes, avant que de violents affrontements éclatent avec la police.

Outre trois victimes, dont deux journalistes, atteints aux jambes par des tirs de balles de caoutchouc dur, trois personnes ont donc perdu l’usage d’un œil après un choc violent vraisemblablement dû à des tirs de LBD 40 (Lanceurs de balle de défense, tirant des projectiles de 40 mm de diamètre). Personne n’ayant témoigné pour décrire des scènes où les manifestants se seraient blessés entre eux, la violence est à l’évidence d’origine policière.

Malgré une enquête confiée à l’IGPN, l’Inspection générale de la police nationale, et de nombreuses vidéos et témoignages, la procureure a donc décidé de classer en bloc les six plaintes contre X pour violences volontaires.

 

Circulez, il n’y a rien à voir

Explication de Brigitte Lamy pour opposer une fin de non recevoir à une de ces plaintes, celle de Quentin Torselli, le plus gravement atteint, puisque cet ancien charpentier obligé d’abandonner son métier vit désormais avec une prothèse de globe oculaire : « L’examen de cette procédure ne justifie pas de poursuite pénale au motif que : les faits ou les circonstances des faits dont vous vous êtes plaint n’ont pu être clairement établis par l’enquête. Les preuves ne sont donc pas suffisantes pour que l’affaire soit jugée par un tribunal. » Et : « Selon les cas, la nature exacte du projectile n’a pu être déterminée et, ou nous n’avons pas d’auteur identifié. »

Nathalie Torselli, la mère de Quentin, s’insurge : « Plus d’un an d’enquête, menée par l’IGPN de Rennes, pour aboutir au fait que Quentin s’est sans doute tiré un coup de flashball dans l’œil tout seul, comme un grand. Quid des vidéos et des témoignages accablants pour la police ? »

 

 

Le classement sans suite ne provoque pas irrémédiablement l’arrêt des procédures, mais il complique les démarches : les victimes doivent se constituer partie civile auprès du doyen des juges d’instruction pour relancer la machine. Et ce après un an de perdu à faire confiance à la justice pour suivre des pistes évidentes qui auraient mérité d’être menées à bout, même si l’identité des auteurs n’est pas flagrante en début d’enquête. Après tout, c’est le quotidien banal de toutes les instructions judiciaires : resserrer les présomptions sur les auteurs présumés quand un groupe est suspect et traduire devant un tribunal ceux qui paraissent les plus impliqués.

L’IGPN a visionné les images d’hélicoptère qui permettent de savoir de quel groupe policier chaque tir est parti. Dans chacune de ces unités, les policiers à qui l’on confie un LBD ne sont pas légion. On aurait pu aller jusqu’à cette phase de « recherche de la vérité » comme disent les juristes. Ces policiers n’ont pas eu à répondre devant des enquêteurs ou un juge de leur éventuelle responsabilité dans les mutilations avérées. Si on ne peut pas dire qu’il ont été « protégés », quel terme choisir ? Qu’ils ont « bénéficié de l’impunité » ?

Comme la procureure porte plainte en son nom propre, la procédure sera « dépaysée », menée par une autre juridiction que le tribunal de grande instance de Nantes.

 

Classements et non-lieux

Le 2 avril dernier, à Montbéliard, le juge d’instruction a rendu « une ordonnance de non-lieu à l’égard du fonctionnaire de police mis en examen pour avoir blessé (...) par un tir de flash-ball, le jeune Ayoub Bouthara ». Ce non-lieu blanchit le policier qui en février 2011 a tiré au flashball sur Ayoub, alors âgé de 17 ans, visé alors qu’il attendait un bus et que la police intervenait pour séparer deux bandes de jeunes qui s’affrontaient.

Selon le communiqué de la procureure Thérèse Brunisso, « l’information judiciaire n’a pas permis d’établir à l’encontre du policier d’infraction pénale, qu’il s’agisse de violences volontaires, la décision de tirer étant justifiée au regard des circonstances, aucune faute pénale d’imprudence, de négligence, d’inattention ou d’inobservation des règlements n’étant caractérisée ».

 

À

Toulouse, classement sans suite le 26 janvier 2015 pour Yann Zoldan, touché par un tir de flashball lors d’une évacuation d’un squat, avec une conclusion stupéfiante de l’IGPN : « Sur la base des témoignages extérieurs, du profil de la victime et des autres manifestants, M. Zoldan étant effectivement membre de la mouvance écologique radicale susceptible de se livrer à des actions violentes sur le territoire national, l’emploi du lanceur de balles de défense par le brigadier Benoît Kieffer, au demeurant excellent fonctionnaire, très apprécié de sa hiérarchie, doit s’envisager dans le cadre d’une riposte et relève de la légitime défense des personnes et des biens visée à l’article 122-5 du Code pénal, la blessure au visage de M. Zoldan ne se révélant en outre aucunement intentionnelle. »

 

 

Il faudrait savoir, c’est un accident ou de la légitime défense ? A moins que la réputation suffise : car après le fantasme policier de mouvance anarcho-autonome pour justifier l’opération de Tarnac, en 2009, voilà une nouvelle catégorie justifiant tout, la « mouvance écologique radicale susceptible de se livrer à des actions violentes ».

Après le tir policier, Yann a été évacué en sang aux urgences où il a entendu cette phrase terrible : « Rassurez-vous : vous avez la chance d’être encore en vie. À quelques centimètres près, vous étiez mort... » L’arme dite « sub-létale » ou « non-létale » a donc ce pouvoir de mort.

Pour Yann, « nous avons été désigné.e.s comme tuables, éliminables, comme d’autres personnes marginales ou opposant.e.s de l’histoire, des individu.e.s qui ne représentaient plus une valeur humaine (…) Chaque résistance vient dire j’existe et c’est bien cette existence que la police attaque ».

 

Criminalisation manifeste

À Toulouse toujours, Gaëtan Demay, étudiant en histoire de l’art et archéologie a été condamné à de la prison ferme pour le simple délit d’avoir manifesté. C’était le 8 novembre 2014 en hommage à Rémi Fraisse tué par les gendarmes à Sivens. Toutes les hypothèses de parcours de la manif ayant été refusées par la préfecture de Haute-Garonne, elle se trouve de fait interdite. Résultat : Gaétan a été condamné le premier avril en appel à deux mois de prison ferme, quatre avec sursis et 1100 euros d’amende.

La version de la police l’accuse de violence et outrage à agent, ce que l’étudiant nie, affirmant avoir été matraqué et jeté au sol alors qu’il envoyait un texto via son téléphone, un peu à l’écart de la foule. « Depuis vingt ans, le nombre de poursuites pour outrage et rébellion ne cesse d’augmenter. Ce délit est devenu une menace permanente que les policiers peuvent utiliser à tout moment. C’est un outil d’intimidation et de répression qui permet de justifier a posteriori l’usage de la violence et la mise en garde à vue lors d’interpellations musclées », notait déjà en 2012 la Ligue des Droits de l’Homme.

L’utilisation abusive de ces délits d’outrage et de rébellion peut même être d’un bon rapport pour les policiers qui bénéficient systématiquement d’un avocat rémunéré par l’administration et encaissent personnellement les montants des dommages et intérêts. En décembre 2013, un rapport officiel de l’Inspection générale de l’administration publié par le ministère de l’Intérieur « reconnaît l’existence de fonctionnaires habitués de démarches chez le juge mais n’est pas en mesure de quantifier précisément le phénomène ».

 

Rares policiers condamnés

Dans cet ensemble de procédures où la justice décide de ne pas donner suite, une seule décision inverse, la condamnation le 2 avril 2015 du policier Jean-Yves Césaire, pour violences volontaires aggravées et faux et usage de faux par le tribunal correctionnel de Bobigny à un an de prison avec sursis, deux ans d’interdiction de port d’arme et surtout un an d’interdiction d’exercer. Ce policier avait tiré sur Geoffrey Tidjani à Montreuil en 2010 alors qui participait à un simple blocus devant un lycée.

Seuls deux autres policiers ont été condamnés pour des faits similaires, l’un pour avoir éborgné Séjou en 2005 (il a reconnu les faits) et un autre condamné à deux ans avec sursis pour avoir tiré sur Steeve, 9 ans, à Mayotte…

 

 

Droit de manifester en danger

L’impunité qui très majoritairement solde les poursuites pour violences policières traduit un climat qui pourrait bien avoir pour but de rendre les manifestations dangereuses pour les participants et donc porter atteinte, par la peur, au droit constitutionnel de manifester...

 

*Suite de l'article sur reporterre.net

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 18:12

 

Source : http://www.reporterre.net

 

Au Mexique, la population manque d’eau potable mais Coca-Cola prospère

27 avril 2015 / Alain Sousa (Silence)

 

 


 

 

Comment dit-on « eau potable » en mexicain ? Réponse : Coca-cola... Cette blague est malheureusement loin d’être une boutade : dans tout le pays, il est plus facile — et souvent moins cher — d’acheter une bouteille de boisson gazeuse que de se procurer de l’eau. Pollution, réseau vétuste, surexploitation des nappes... Etat des lieux.


- Mexico, reportage

Le Mexique compte 119 millions d’habitants... dont 12 millions n’ont pas d’accès à l’eau potable. La ville de Mexico est l’exemple le plus frappant de cette situation dramatique : l’agglomération compte 19 millions de personnes, dont 35 % ne sont pas connectées au réseau d’eau, et 1,3 million de personnes n’ont aucun accès a une source d’eau potable...

Pourtant, un réseau d’eau existe. Mais il est extrêmement vétuste et peu entretenu, avec des fuites importantes. Selon les estimations, le réseau accuse ainsi 40 % de pertes. Cela correspondrait à environ mille litres par seconde.

 

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Autre problème majeur au Mexique, les eaux usées, ou agua negra, sont souvent rejetées sans aucun système de retraitement.

Ajoutez a cela le réseau des eaux usées qui lui aussi fuit, contaminant le réseau d’eau potable et rendant impropre à la consommation le peu d’eau qui parvient jusqu’aux différents foyers. Et vous vous retrouvez avec des mesures d’urgence qui deviennent la norme, tel le district d’Iztapalapa, où mille camions-citernes distribuent chaque jour de l’eau pour deux millions d’habitants.

Conséquence de ce manque d’eau potable, le pays détient le record mondial de consommation d’eau en bouteille, avec 234 litres par an et par habitant. Dans les bouteilles que vous trouvez en magasin, pas d’eau de source ou d’eau minérale. Il s’agit simplement d’eau filtrée et traitée... Bref de l’eau du robinet. Si Danone et Coca-cola sont leaders sur ce marché de l’or bleu, ce sont surtout les milliers d’entreprises de microfiltration qui fournissent cette eau en bouteille aux populations.

 

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Certaines régions du Mexique connaissent d’importantes précipitations, comme ici dans la ville de Merida. Une richesse insuffisamment exploitée.

Cette consommation d’eau a des conséquences catastrophiques sur l’environnement. Selon l’organisation Food and Water Watch, 21 millions de bouteilles plastiques sont ainsi jetées chaque année au Mexique. 20 % sont recyclées, le reste terminant dans des décharges, ou simplement dans la nature

Récolter la pluie

Cela a aussi un coût. Dans certaines familles, l’eau représente jusqu’à 20 % des dépenses. Des solutions émergent aujourd’hui pour aider les plus pauvres, notamment les populations indigènes. Ces actions sont souvent menées par des associations ou des structures locales. L’une des solutions les plus simples et les plus avantageuses, c’est la récolte d’eau de pluie.

C’est la mission que s’est fixée une petite organisation, Isla Urbana, créée en 2009 par de jeunes Mexicains. Leur constat était simple : certaines zones telles Tlalpa ou Xochimilco enregistrent mille millimètres de pluies chaque année... et pourtant près de 130 000 habitants n’ont pas accès à l’eau. Ils ont donc décidé d’équiper les populations de systèmes de collecte d’eau de pluie, en réduisant les coûts au maximum et avec l’aide de mécènes.

 

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De telles installations, ici réalisée par l’organisation Isla Urbana, permettent de récupérer jusqu’à 50 000 litres par an.

Le système, avec séparation des premières pluies et filtration, permet de fournir 50 000 litres d’eau sur l’année, soit six mois de consommation pour une famille entière. L’installation de ces systèmes de captation est accompagnée de programmes d’éducation et de sensibilisation a l’environnement.

Ces initiatives locales, certes importantes, restent une goutte d’eau face au problème auquel sont confrontés plusieurs millions d’habitants de Mexico. Sans mesures drastiques pour améliorer l’accès à l’eau au Mexique, la situation déjà dramatique pourrait se transformer en crise majeure. A moins que Tlaloc, le dieu Maya de l’eau, ne vienne en aide au peuple mexicain...


COCA-COLA, MON AMOUR...

 

 

Corollaire de ce manque d’eau, ou phénomène indépendant, la consommation de boissons gazeuses a explosé au Mexique. Ce pays est ainsi le premier consommateur au monde de cette boisson sucrée avec l’équivalent de 728 bouteilles de 25 cl par an et par habitant, contre 406 pour les Etats-Unis ou 149 pour la France (chiffres Coca-Cola 2012). Le Mexique consomme a lui seul 42 % de tout le Coca-Cola bu en Amérique Latine...

Il faut dire que la compagnie pratique une politique commerciale très agressive. Outre les publicités omniprésentes, la compagnie propose des demi canettes ou des minis bouteilles à des prix ridicules, pour s’assurer que les populations les plus pauvres ou les enfants avec trois pesos en poche consomment la boisson gazeuse.

Bien sûr cette consommation de Coca-Cola est l’un des facteurs de l’épidémie de surpoids et d’obésité qui frappe le Mexique : 70 % de la population sont en surpoids, dont 33 % d’obèses et 13 % de diabétiques.

Outre ces conséquences sur la santé, cette consommation du soda a un impact dramatique sur les ressources en eau, car fabriquer un litre de Coca-cola nécessite au moins deux litres d’eau. La compagnie a choisi d’implanter ses usines d’embouteillage dans des endroits stratégiques.

Elle a ainsi négocié 27 concessions sur tout le territoire pour pomper de l’eau et 8 concessions pour rejeter ses eaux usées. L’une de principales usines se situe ainsi au cœur d’une des régions emblématiques du Mexique : le Chiapas. La compagnie y pompe plus de 100 millions de litres d’eau chaque année...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 17:39

 

 

vendredi 24 avril 2015

Gabriel Colletis : «Les Grecs préféreront vivre libres et pauvres qu'asservis par la dette »

 
 
 
 
 
Gabriel Colletis est économiste. Il est l'auteur de plusieurs livres sur l'industrie dont L'urgence industrielle (Éditions Le Bord de l'eau, 2012). D'origine grecque, il a également publié à Athènes, en mai 2014, un livre sur la crise et ses issues « Exo apo tin Krisi : gia mia chora pou mas axizei ! » (Editions Livanis). Gabriel Colletis est sollicité par Syriza depuis 2012.
 
 
***
 
Il a beaucoup été dit, dans la presse française, que le gouvernement grec avait "capitulé". Pourtant, on en est très loin. Au contraire, il semble bien qu'il soit le premier gouvernement depuis longtemps à prendre des mesures visant à faire face à "l'urgence humanitaire" d'une part, à lutter contre la fraude fiscale et contre la corruption d'autre part. Quelles sont, concrètement, les mesures prises par le gouvernement Tsipras ?
 
Le programme de la Syriza prévoyait un paquet de mesures humanitaires d'urgence d'un montant d'environ 2 milliards d'euros en faveur des ménages les plus touchés par la crise. Une fois arrivé au pouvoir, le nouveau gouvernement a déclaré vouloir mettre en œuvre les mesures prévues.  Ces mesures ont, d’emblée, été vues d'un œil sceptique par les créanciers (UE, BCE, FMI) de la Grèce qui ont déclaré craindre qu'elles ne fassent dérailler le fragile budget de l'État…que leur politique avait, elle-même, mis à mal.
 
En dépit des difficultés financières qu’il savait qu’il aurait à affronter, le gouvernement de la gauche radicale, élu sur son programme anti-austérité, a ainsi voulu répondre aux besoins liés à la progression de la grande pauvreté. Parmi les mesures annoncées peu de jours après les élections figurent la fourniture de l'électricité gratuite à 300.000 familles dans le besoin, l'accès gratuit aux services de soins, la distribution de coupons d'aides alimentaires et de transport pour les plus modestes ainsi qu'un soutien financier spécifique aux retraités touchant de faibles pensions.
 
Ces mesures ont évidemment un coût. Comment sont-elles financées ?
 
Il faut savoir que ces politiques seront menées, d’après le gouvernement, « en veillant à ce qu’elles n’aient pas d’impact budgétaire négatif ». D’après un accord conclu le 20 février dernier au terme duquel la Grèce accepte de demander une extension de l’assistance financière auprès de ses créanciers en échange de la mise en œuvre d’un programme de réformes que ceux-ci auraient validé, il a été, en effet, prévu que, non seulement le gouvernement grec ne prenne aucune mesure unilatérale, mais encore qu’il n’engage aucune dépense nouvelle sans contrepartie en termes de recettes, ce afin de préserver un excédent budgétaire le plus élevé possible.
 
Le gouvernement semble compter sur de nouvelles rentrées fiscales...
 
Oui. Les mesures humanitaires annoncées seront en effet financées par de nouvelles recettes liées à la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales ainsi qu’au début de réforme de la fiscalité.
 
Gabriel Colletis
La lutte contre le trafic d'essence et de cigarettes doit permettre à l’État grec d'engranger respectivement 1,5 milliard et 800 millions d'euros. Près de 2,5 milliards supplémentaires pourraient être encaissés au travers du recouvrement des dettes fiscales des particuliers et des entreprises. Le cumul des arriérés d'impôts des contribuables grecs s'élève, en effet, à... 76 milliards d'euros et continue d'augmenter tous les mois, en raison des difficultés économiques des ménages. Le gouvernement estime ne pas pouvoir récupérer plus de 9 milliards d'euros, soit 11,6% du total de cette somme, en raison notamment des faillites d'entreprises ou des contribuables dont il a perdu la trace.
 
Enfin et peut-être surtout, l'exécutif de gauche radicale prévoit aussi de tirer 2,5 milliards d'euros de l'imposition des fortunes grecques et des oligarques.
 
Du coup, cela redonne-t-il au pays une petite marge de manœuvre ?
 
Un peu, oui. Mais la Grèce reste « plombée » par l’énormité de la dette et des intérêts. En 2015, l’État grec doit rembourser près de 17 milliards de prêts qui arrivent à échéance. Quant aux intérêts, ceux-ci représentent plus de 20% des dépenses de l’État.
 
Rappelons que depuis août 2014 et jusqu’à ce jour, l’État grec n’a rien reçu du programme dit « d’assistance financière », programme dont le nouveau gouvernement a pourtant demandé l’extension le 20 février dernier…
 
Au bout du compte, loin d'être révolutionnaires, les mesures envisagées par les Grecs semblent fort raisonnables. Toute l'Europe (Allemagne, Eurogroupe, BCE ) semble pourtant s'être mise d'accord pour ne pas leur accorder le temps nécessaire à leur mise en œuvre. Quel est, selon vous, l'enjeu de cette "guerre du temps" ? Pourquoi "les Européens" semblent-il à ce point désireux d'étrangler la Grèce ?
 
Décider d’un programme d’urgence pour venir en aides aux plus démunis dans un pays où sévit une véritable crise humanitaire ne me semble pas être, en effet, la marque d’un gouvernement extrémiste ! De même, vouloir réformer la fiscalité pour assurer le financement des mesures prévues dans le cadre ce programme et, au-delà, constituer un socle solide de financement des services publics comme l’envisage le programme de Syriza, ne paraît pas non plus être une orientation révolutionnaire....
 
On ne peut donc qu’être étonné que ces mesures, que le peuple grec a approuvées, puissent ne pas entraîner l’adhésion des partenaires institutionnels de la Grèce et des pays créanciers.
 
Comment comprendre une telle posture, réaffirmée ad nauseam depuis l’accord du 20 février ? Une explication réside dans la nature de l’orientation choisie : aider les démunis, reconnaître l’existence d’une crise humanitaire et la considérer comme inacceptable, vouloir financer des services publics, sont l’expression de choix qui s’opposent à la doxa libérale promue par les institutions internationales et les gouvernements des pays créanciers. D’après cette doxa, si les pauvres existent, c’est qu’ils n’ont pas su faire les bons choix, ne disposent pas des talents nécessaires (pour reprendre les termes d’Adam Smith). Si une aide doit être envisagée, c’est par la charité publique et non par l’impôt qu’elle doit être concédée. Quant aux services publics…
 
On est donc dans l'idéologie, pas seulement dans la rationalité économique...
 
Tout à fait. Tenter de faire échouer le nouveau gouvernement, c’est avoir pour objectif de montrer qu’il est utopiste ou insensé de penser et vouloir agir autrement que selon les dogmes de la pensée libérale. C’est vouloir prouver que les élections et les mouvements citoyens ne peuvent « changer les traités » et, surtout, l’ordre du monde établi, lequel aujourd’hui est synonyme partout d’une montée très forte des inégalités et des injustices.
 
Alexis Tsipras n'a pas cédé aux vœux des institutions et des pays créanciers, qui, à maintes reprises, ont déclaré qu’ils n'étaient guère satisfaits des réformes proposées par le gouvernement grec, réformes jugées « incomplètes et trop imprécises ».
 
Le refus par les créanciers de la Grèce des réformes proposées par le gouvernement grec repose sur l'absence de deux réformes qu’ils exigent de lui : celle des retraites et celle du marché du travail. 
 
Pourquoi spécifiquement ces deux réformes ?
 
La réponse nous est clairement donnée par le journal La Tribune : les dirigeants européens et leurs administrations sont persuadés que ces «réformes structurelles » sont des leviers de croissance potentielle qui, en favorisant la compétitivité coût du pays, lui permettront de mieux rembourser ses dettes. Sur le marché du travail, ce que veulent les Européens, c'est réduire encore la capacité de négociations collectives salariales des syndicats, déconstruire le droit du travail ou ce qui en reste.
 
Quant au système des retraites, l’objectif est le même que celui recherché partout : reporter l’âge légal du départ à la retraite. Mais, comme le rappelle aussi La Tribune, dans un pays comme la Grèce, prôner un tel allongement signifie refuser de voir le développement de la pauvreté dans le pays et l'importance qu'ont ces retraites pour soutenir le niveau de vie des plus jeunes. C'est aussi refuser de reconnaître que dans un pays où le taux de chômage est de 26 %, il n'y a pas de sens à reporter l'âge légal de départ à la retraite à 67 ans.
 
Plus haut, nous avons indiqué que la Grèce n’avait reçu aucun soutien financier depuis l’été 2014. Mieux ou pire, en dépit de l’accord du 20 février, aucun euro n’est entré dans les caisses de l’État grec alors que celui-ci a eu à faire face à de nombreux et importants débours tant sur le principal de sa dette que sur ses intérêts. On ne compte plus depuis le fameux accord de février les listes de réformes envoyées par le gouvernement grec à ses créanciers. A chaque fois, la réponse est identique : la liste ne convient pas…ce qui justifie que la dernière tranche du programme d’assistance financière ne soit toujours pas versée.
 
L’accord du 20 février apparaît désormais pour ce qu’il est : un marché de dupes. Alors que c’est l’état dégradé du système financier grec qui a poussé le gouvernement à se résigner à demander l’extension du programme d’assistance financière, à l’issue de moult réunions de l’Eurogroupe, toujours marquées par de grandes tensions, la Grèce n’aura rien touché et le gouvernement aura retardé ou édulcoré la mise en œuvre de son programme, voire accepté de poursuivre sur une voie qu’il condamnait au départ (les privatisations, notamment).
 
Ne pensez-vous pas que Tsipras, au départ, ait sous-estimé la rigidité de ses "partenaires" ?
 
La principale erreur de Tsipras aura été de ne pas décider d’un moratoire sur le paiement de la dette et des intérêts. Ayant accepté de les honorer, le nouveau gouvernement s’est mis lui-même dans une situation financière très difficile, bien sûr aggravée par les décisions de la Banque centrale européenne. Rappelons que celle-ci, le 4 février, a coupé un des canaux de financement du Trésor grec : les obligations émises par celui-ci ne seraient plus acceptées par la BCE comme garanties en échange de liquidités prêtées aux banques grecques par la même BCE. Dans le même temps un mouvement massif de retraits de liquidités s’opérait en Grèce. Calculé à environ 2 milliards d’euros par semaine, il aurait atteint 1,5 milliard par jour dans la dernière période (seconde moitié de février), chiffres confirmés par le président du conseil des gouverneurs de la BCE, M. Draghi, qui a indiqué que sur janvier et février environ 50 milliards d’euros avaient été transférés de Grèce vers d’autres pays de la zone euro.
 
Le 25 mars, enfin, jour de la fête nationale grecque, la même BCE enjoignait aux banques grecques de ne plus acheter des bons du Trésor grec afin de ne pas dégrader leurs structures de bilan.Bref, une véritable opération de strangulation financière dont les motifs et certaines illustrations ont été exposés plus haut.
 
Oui, la BCE joue un rôle très politique dans cette affaire. Mais l'Allemagne est aussi en première ligne. Les Allemands n'ont-ils pas, pour raisons de politique intérieure (montée de l'euroscepticisme notamment) intérêt à voir la Grèce quitter la zone euro ?
 
Il est possible en effet que certains Allemands voient d’un bon œil la sortie de la Grèce de la zone euro et, pour d’aucuns, d’après des motifs de politique intérieure. La position globale de l’Allemagne quant au devenir de la zone euro paraît ambiguë. On peut penser que certains milieux allemands ne seraient pas hostiles à une sortie de l’Allemagne de l’actuelle zone euro et à une reconfiguration de cette dernière qui serait alors composée d’un nombre restreint de pays dans la sphère d’influence directe de l’Allemagne. Ces milieux pourraient, dans cette perspective, rechercher un bouc émissaire à l’éclatement de l’actuelle zone euro. La Grèce serait toute désignée pour jouer ce rôle. La boîte de Pandore serait cependant alors ouverte…
 
Vous dites donc que le gouvernement grec aurait dû annoncer un moratoire sur le paiement de sa dette et des intérêts. Comment se scénario aurait-il pu se dérouler ? Est-il encore jouable ?
 
Le défaut sur la dette ou l’annulation partielle de celle-ci est une hypothèse que l’on ne doit surtout pas exclure. Avec, à la clé, une nationalisation vraisemblable du secteur bancaire. De solides arguments plaident en ce sens :
1/ la dette grecque est insoutenable, dépassant 120% du PIB (limite au-delà de laquelle même les économistes du FMI considèrent qu’une dette ne peut plus être remboursée),
2/ elle est en grande partie illégitime pour des raisons économiques selon l’audit réalisé récemment en Grèce et comme le montrera vraisemblablement la commission installée par le Parlement hellène,
3/ elle est illégitime en référence à la crise sociale et humanitaire au regard de laquelle le gouvernement grec serait parfaitement en droit d'invoquer l'argument juridique de l'"état de nécessité" pour suspendre les paiements.
 
Illégitime... mais cet argent a bien été emprunté par la Grèce...
 
Ce n'est pas si simple. Comme le rappellent régulièrement les membres du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde (CADTM), la possibilité de suspendre unilatéralement les paiements s'appuie également sur l'obligation de tous les États à faire primer le respect des droits humains sur tout autre engagement, comme ceux à l'égard des créanciers. Ce devoir est notamment rappelé par le Comité européen des droits sociaux. Dans sa décision du 7 décembre 2012, ce comité saisi d'une plainte de la Fédération des pensionnés grecs a condamné l'État grec pour avoir violé la Charte sociale européenne en appliquant les mesures contenues dans l'accord avec la Troïka. Affirmant que tous les États sont tenus de respecter la Charte sociale européenne en toute circonstance, le comité a rejeté l'argument du gouvernement grec selon lequel il ne faisait que mettre en œuvre l'accord avec la Troïka.
 
Les gouvernements sont donc tenus, rappelle le CADTM, de privilégier le respect des droits humains et de ne pas appliquer des accords qui conduisent à leur violation. Cette obligation est également inscrite à l'article 103 de la Charte de l'ONU. Le droit européen et international légitimerait ainsi des actes unilatéraux de la Grèce.
 
Rappelons enfin au cas où cela serait nécessaire que :
1/ l’Allemagne a obtenu en 1953 un allègement substantiel de sa dette (conférence de Londres)
2/ ce pays ne s’est acquitté que de manière très marginale de sa dette envers la Grèce.
 
Est-ce qu’un moratoire sur le paiement de la dette et/ou un défaut partiel sur celle-ci impliquent ipso facto l'expulsion de la zone euro ? Rappelons que la décision de sortie de la zone euro est une décision souveraine. En d’autres termes, seul un gouvernement peut prendre une telle décision. Ce qui signifie qu’aucun autre gouvernement, aucune institution internationale ne peut contraindre un gouvernement à quitter la zone euro.
 
Vous semblez défavorable à ce Grexit. Pourquoi ? 
 
La réponse est simple. Les importations de la Grèce sont très importantes, y compris sur des produits de première nécessité. La sortie de la Grèce de la zone euro serait donc un désastre pour les plus vulnérables.
 
Ceci étant, et même s’il n’y a aucune relation d’équivalence entre une annulation partielle de la dette et une sortie de la zone euro, il se peut que l’intransigeance et le manque absolu de coopération des institutions européennes finissent par exaspérer une majorité de Grecs, qui pourraient alors considérer qu’il vaut mieux vivre libres et pauvres que ployant sous le poids de la dette et la servitude.

La sortie de la zone euro serait un choc assourdissant pour la Grèce et son peuple. Mais ce choc toucherait tous les pays de la zone euro et sans doute bien au-delà.
 
Avec François Morin, nous avons, malgré tout, envisagé ce cas de figure. Le voici en résumé, sur la base d’une hypothèse qui n’est malheureusement pas improbable. Si la BCE, poursuivant son entreprise de strangulation, ne maintient pas ouvert le robinet des aides d'urgence (ELA) aux banques grecques, celles-ci n’auront plus la possibilité de recourir à la monnaie centrale de la BCE (billets). Le besoin de liquidité pour éviter un bankrun entraînera ipso facto le gouvernement grec à imprimer ses propres billets (drachme). Une dépréciation très forte et un moratoire sur tous les paiements d'intérêt et de remboursements des dettes arrivant à échéance s’en suivront. Ceci déclenchera instantanément une bataille juridique qui durera des années.
 
Mais ce scénario, très dur pour la Grèce, est aussi un scénario catastrophe pour l'Europe : déconstruction rapide de la zone euro, effet de domino de la faillite grecque et déclenchement de CDS (Credit Default Swap) sur plusieurs dettes européennes. Bref, la catastrophe deviendra assez vite mondiale et des systèmes bancaires entiers s’effondreront. Le risque majeur d’un échec total des négociations est bien là : un nouveau cataclysme financier planétaire et des populations entières plongées une nouvelle fois dans une crise redoutable. Beaucoup plus redoutable que la précédente, car cette fois-ci les États sont exsangues.
 
L’intérêt de tous et d’abord des peuples est d’éviter ce scénario et c’est l’honneur du gouvernement grec de refuser de toutes ses forces de s’y adonner, ce, contre les apprentis sorciers de tous bords.
 
Une chose est sûre cependant, que la Grèce sorte de la zone euro ou y reste : la dette grecque doit être allégée. Nous avons proposé une solution favorable à toutes les parties dans cette perspective : transformer une partie de la dette grecque en certificats d’investissements.

 


 
 

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 17:22


Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Egypte 27/04/2015 à 16h09

Tahrir Academy, l’école virtuelle des jeunes Egyptiens

 

 
 

Former « une génération de penseurs critiques, de chercheurs de connaissance et de futurs dirigeants », tel est l’objectif de la plateforme égyptienne de cours en ligne Tahrir Academy. Inspiré par le succès du site Khan Academy, le cyberactiviste Wael Ghonim, rendu célèbre par les mouvements qui ont agité l’Egypte en 2011, a fait part de son idée à Seif Abou Zaid, qui a mis en place le projet en en devenant le PDG. Le site, fondé en février 2012, propose des leçons prodiguées en arabe sous forme de vidéos.

 

Page d’accueil du site Tahrir Academy (capture d’écran)

 

Tout comme Wikipédia, le service est basé sur le crowdsourcing. De nombreux bénévoles, hommes et femmes, élaborent des cours destinés aux jeunes de 13 à 18 ans. Le site, dépendant de l’organisation à but non lucratif Nabadat, a gagné lundi 20 avril le prix de la meilleure start-up d’entreprenariat social dans le monde arabe du MIT (Massachusetts Institute of Technology), avec à la clé un chèque de 10 000 dollars, soit un peu plus de 9 300 euros.

 

Un site ludique et interactif

Tahrir Academy est la preuve que les cyberactivistes ne se sont pas découragés, successivement face au régime islamiste de Mohamed Morsi et à celui, militaire, d’Abdel Fattah Al-Sissi. Ils s’attachent ici aux fondements de la démocratie par le biais de sa pierre angulaire : l’éducation. Le site explicite ses valeurs :

« Il n’y a pas qu’une source de connaissance. Il n’y a pas de condition à l’apprentissage ; tout être humain a le droit d’apprendre peu importe son âge ou sa classe sociale. Apprendre l’esprit critique est crucial pour qu’une personne puisse penser choisir et décider. »

Même si le site propose de pallier les défaillances du système éducatif égyptien essentiellement basé sur la mémorisation, il ne se considère pas comme une alternative à ce dernier. Lorsque nous demandons à Hala Hamouda, spécialiste marketing de Tahrir Academy, si elle n’a pas peur du gouvernement, elle répond :

« Nous n’avons aucune crainte, au contraire. En fait, nous tentons d’approcher le ministère de l’Education pour établir un partenariat. [...] Mais bien sûr cela demandera beaucoup de temps et d’efforts. »

 

Un cours sur les météorites (capture d’écran)

 

L’organisation a tenté de joindre le gouvernement a plusieurs reprises mais n’a pour le moment obtenu aucune réponse.

Les vidéos couvrent une large gamme de disciplines, allant de la chimie à l’histoire en passant par la grammaire et l’informatique. Hala Hamouda constate que les élèves apprécient le caractère ludique et interactif du site :

« Les élèves réagissent très bien aux cours et aux différents outils d’apprentissage que nous proposons (tels que des quiz, des documents audio, des infographies) [...] chaque élève dispose d’un score et il obtient des points lorsqu’il apprend une leçon, répond à un quiz, pose une question ou écrit une réponse sur le forum de discussion, ou quand ils font un retour sur la leçon et qu’ils la partagent sur les réseaux sociaux. »

Même si la tranche d’âge visée par le site est celle des 13-18, des adultes n’hésitent pas à consulter les vidéos :

« Même des étudiants plus âgés [...] peuvent bénéficier des leçons de Tahrir Academy s’ils veulent connaître quelque chose qu’ils n’ont pas eu la chance d’apprendre par le passé. Nous avons aussi des leçons supplémentaires dans la section “général” dont tout le monde peut bénéficier [...] présentant des sujets tels que l’entreprenariat, la santé, l’utilisation d’Internet. »

 

Des enseignements contrôlés

N’importe qui peut se porter volontaire pour donner des cours mais les vidéos ne sont jamais postées avant d’avoir été préalablement vérifiées par des experts. Hala Hamouda précise :

« Ce n’est pas une obligation pour le candidat d’être un vrai professeur, mais nous prenons en compte ses antécédents scolaires. Par exemple le présentateur de nos nouvelles leçons de génétique est un physicien, et celui de la dernière vidéo d’algèbre, un ingénieur. Leur présentation se base sur un script révisé en interne par une équipe de chercheurs et par des experts réputés détenteurs de l’équivalent d’un doctorat, garantissant ainsi la pertinence de l’information. »

L’objectif est élevé. Comment mettre en place des cours qui donneraient à leurs spectateurs le moyen de poser un autre regard sur la connaissance et d’acquérir un esprit critique ?

 

 

 

Exemple de cours de Tahrir Academy (en arabe) Merci à Majed Khreim

 

L’exemple fourni par la vidéo ci-dessus est frappant. La jeune professeure ne parle ni tout à fait d’histoire, ni tout à fait de science. Elle explique comment la science, surtout depuis la maîtrise de l’ADN et les découvertes sur le génome, peut servir les recherches archéologiques :

« D’où viennent nos connaissances en Histoire ? Des peintures sur les murs [...], des os que l’on a retrouvés ? »

En somme, il s’agit d’un « méta-cours » sur l’intérêt de comprendre comment la recherche fonctionne et évolue.

 

Un succès à nuancer

Fin 2012, Tahrir Academy comptabilisait déjà plus de 3 millions de vues sur sa chaîne YouTube et 600 000 fans sur Facebook. Ces chiffres ont cependant stagné jusqu’à aujourd’hui.

Les élèves semblent satisfaits de ces cours. Le professeur Abdullah Fawsy s’enthousiasme :

 

Page Facebook de Tahrir Academy (capture d’écran)

 

« Après avoir appliqué le modèle d’apprentissage mixte en utilisant les cours de Tahrir Academy, un de mes élèves m’a dit qu’il ne voulait pas prendre de pause. »

Omar, un élève, affirme dans les commentaires du groupe Facebook :

« J’ai enfin compris la physique, merci mille fois ! »

Bien que l’initiative soit louable, il ne faut pas oublier qu’en 2013 en Egypte, seulement la moitié de la population (49,6%) avait accès à Internet soit à peu près 41 millions d’habitants sur une population totale de 82 millions d’habitants. Parmi eux, seulement 3,26 millions avaient accès en 2013 à l’Internet haut débit. Ainsi seules les classes moyenne et aisée ont la possibilité d’accéder à Tahrir Academy.

Mais Hala Hamouda nuance ce constat plutôt pessimiste. Elle précise :

« Certains élèves ont toujours un accès limité à Internet. Mais tout ce qu’ils veulent est un accès juste une fois par semaine et il peut être fourni par les salles d’informatiques dans certaines écoles, les cybercafés et les ONG. [...] De plus, notre projet “Go teach” [ndlr : “Va enseigner‘] résout le problème. C’est un projet d’enseignement commun où des éducateurs volontaires appliquent le modèle d’enseignement mixte en utilisant les cours en ligne de Tahrir Academy [...] et en organisant des activités d’accompagnement en dehors d’Internet.’

Pour que l’ensemble des jeunes Egyptiens puisse faire l’apprentissage de l’esprit critique, il faudrait une réforme complète du système éducatif égyptien. Une perspective peu probable tant que l’ex-maréchal Al-Sissi sera au pouvoir.

 


Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

 

 

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 17:05

 

Source : http://www.slate.fr

 

 

Je co-worke, tu co-voitures, elle co-robe: la journée-type d’un nouveau consommateur

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 16:01

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Bien commun

Comment Paris a repris le contrôle de son service public de l’eau

par

 

 

 

Un service public de l’eau plus démocratique, plus innovant, plus attentif aux enjeux sociaux et environnementaux, et moins coûteux pour le consommateur. Tel est le bilan de la remunicipalisation de l’eau par la ville de Paris, un service délégué jusqu’en 2010 aux entreprises Suez et Veolia. Comment cette reprise en main a-t-elle été possible ? Quelles leçons en tirer ? Entretien avec Anne Le Strat, adjointe au maire de Paris et ancienne présidente d’Eau de Paris, cheville ouvrière de cette remunicipalisation dans la capitale.

Basta ! : Qui était favorable à la remunicipalisation de l’eau à Paris ? Était-ce avant tout une décision politique de la nouvelle municipalité arrivée aux commandes de la ville en 2001 ?

Anne Le Strat : C’était clairement une décision politique. Initialement, nous étions très seuls. La plupart des nouveaux élus socialistes n’étaient pas convaincus. Les services administratifs de la Ville de Paris n’étaient pas favorables à un retour en régie publique. Les employés de l’ancienne société d’économie mixte ont été convaincus quand nous avons mené avec eux une démarche de concertation sur l’avenir de la gestion de l’eau à Paris. En revanche, les syndicats des groupes privés étaient globalement défavorables à un retour en régie publique. La CGT Veolia, en particulier, s’est opposée activement à la remunicipalisation, et continue dans une certaine mesure de le faire aujourd’hui. Quant à la société civile, elle était très peu mobilisée à l’époque sur la question de l’eau.

Comment expliquer, dans ces conditions, que le maire de Paris Bertrand Delanoë ait persisté dans la décision de remunicipaliser le service de l’eau ?

Bertrand Delanoë et son cabinet ont d’abord été convaincus sur le plan technique et économique : ils ont vu qu’un opérateur public unique était la meilleure option. Ensuite, Bertrand Delanoë a vu le coup politique : la remunicipalisation de l’eau était un marqueur à gauche et une rupture avec l’époque des maires de droite, Jacques Chirac et Jean Tiberi. Elle s’inscrivait dans une politique municipale plus large de renforcement des services publics. Il y a aussi eu des facteurs personnels, comme la relation de confiance que nous avions, Bertrand Delanoë et moi, et le fait que contrairement à d’autres élus, il n’a jamais été lié aux grands groupes.

Quel a été le rôle des autres expériences de remunicipalisation de l’eau en France, notamment à Grenoble, dans cette démarche ?

Nous avons effectué des visites d’étude à Grenoble et à Cherbourg. Mais les exemples antérieurs n’ont joué qu’un rôle limité, parce que les remunicipalisations étaient encore très peu nombreuses à l’époque, et que la situation à Paris est très spécifique. Avant la création d’Eau de Paris, nous avions trois contrats de délégation de service public : deux contrats distincts pour la distribution avec Suez et Veolia pour la rive gauche et la rive droite respectivement, et un contrat pour la production avec une société d’économie mixte où la Ville était administratrice majoritaire et où Suez et Veolia étaient aussi administrateurs. C’était une situation très complexe, et il n’y avait pas réellement de précédent sur lequel s’appuyer.

A-t-il été facile d’intégrer les anciens personnels de Suez et Veolia ?

L’application du code du travail a permis le transfert des techniciens qui travaillaient sur le réseau de distribution, mais la plupart des cadres de Suez et Veolia ont été mutés au sein des groupes juste avant le retour en régie publique. Des négociations sociales ont permis une harmonisation des conditions salariales vers le haut pour l’ensemble du personnel. Mais la remunicipalisation a parfois été vécue comme une absorption des deux distributeurs (filiales de Suez et Veolia) par la société d’économie mixte de production, d’où une difficulté ressentie par certains salariés du privé au sein de la régie. Ce sont des problèmes que l’on retrouve à chaque fois qu’il y a fusion de personnels de sociétés différentes. La construction d’une culture commune prend du temps.

Veolia et Suez ont-ils mis des bâtons dans les roues ?

C’est clair. C’est raconté en détail dans l’ouvrage d’Agnès Sinaï, L’eau à Paris, retour vers le public (à télécharger ici). Cela dit, il y a eu une nette différence de ce point de vue entre Suez, qui a été relativement constructive, et Veolia, qui a vraiment cherché à nous rendre la tâche la plus difficile possible.

Le service de l’eau est-il aujourd’hui assuré dans son intégralité par la régie publique Eau de Paris, ou bien y a-t-il encore des délégations sur certains aspects du service ?

Il n’y a plus aucune délégation au secteur privé. Nous avons passé des marchés transitoires pendant deux ans pour les systèmes d’informations, le temps qu’Eau de Paris mette en place son propre système. L’enjeu des systèmes d’informations est aussi important que méconnu. Cela concerne aussi bien la facturation, les données relevées sur les compteurs, que les travaux d’intervention sur les infrastructures. Aujourd’hui, Eau de Paris est totalement maître d’ouvrage sur ce domaine, mais elle dépend encore pour partie de Suez et Veolia pour des questions de propriété de logiciels, dans le traitement de l’information.

Une réflexion est en cours au sein d’Eau de Paris pour se dégager totalement de cette relation. Aujourd’hui encore, lorsque nous demandons une information purement technique à Veolia par exemple, c’est difficile de l’avoir. Il reste également un autre marché avec Veolia sur la gestion des compteurs (pose et entretien). Là encore, Eau de Paris se pose la question de reprendre à son compte cette gestion.

Les rapports de la Chambre des comptes adressent un large satisfecit à la politique parisienne de l’eau. Est-ce une validation implicite du retour en régie ?

Le rapport de la Chambre ne cherche pas directement à comparer la gestion publique actuelle avec celle des anciens prestataires privés. Pour faire cette comparaison, il faut aller voir les précédents rapports de la Chambre sur la gestion de l’eau à Paris du temps de Suez et Veolia, notamment celui de 2000. C’est le jour et la nuit. De manière générale, les rapports des Chambres régionales des comptes ou de la Cour des comptes sont souvent extrêmement critiques, parce qu’ils sont là pour identifier des problèmes et inciter les collectivités à s’améliorer. En ce sens, les deux récents rapports sur la politique de l’eau à Paris sont en effet très positifs.

Le deuxième rapport de la Chambre sur la politique de l’eau de Paris déclare explicitement que le retour en gestion publique a permis à Paris de baisser le prix de l’eau tout en maintenant un niveau élevé d’investissement...

Ce constat est juste et c’est gratifiant que ce soit la Chambre qui l’admette. Le rapport qui porte sur la politique de l’eau de Paris en général est encore plus positif, car il valide les grandes orientations de cette politique. Des orientations stratégiques pour lesquelles je me suis parfois heurtée au scepticisme d’une partie des services administratifs parisiens, comme le fait de maintenir et valoriser le réseau d’eau non potable de Paris. Le rapport donne crédit également à la municipalité d’avoir mis en œuvre une politique de l’eau qui dépasse la seule dimension du petit cycle de l’eau, et d’avoir pris en compte des enjeux de préservation, de durabilité et de démocratie.

Au final, le bilan d’Eau de Paris est donc très largement positif ?

Eau de Paris jouit plutôt d’une bonne notoriété, à juste titre. Cela fonctionne, nous avons baissé le prix de l’eau tout en maintenant un programme d’investissement ambitieux sur le long terme, et la régie est très innovante sur de nombreux domaines. Je constate même que certaines de nos innovations sont reprises par les grands groupes.

Pourtant les entreprises privées n’arrêtent pas de dire que ce sont elles qui « innovent »…

Eau de Paris est le seul opérateur à permettre une participation du personnel et de représentants d’usagers et d’associations (avec voix délibérative). C’est une avancée démocratique qui inspire d’autres services et même les grands groupes. Eau de Paris a aussi été pionnière dans le domaine de l’égalité hommes/femmes au travail, sur les enjeux de préservation de la ressource en eau avec des partenariats avec les agriculteurs pour protéger la qualité de l’eau à la source, dans le domaine des économies d’eau, à travers les kits économiseurs d’eau que nous avons généralisé dans le cadre d’une charte signée avec tous les bailleurs sociaux parisiens. Sur le plan technique, nous avons été innovants en matière de services aux abonnés et aux usagers (centre d’appels, suivi des fuites, gestion des courriers et des réclamations etc.). Cette amélioration de la relation avec l’abonné/usager a été reconnue car Eau de Paris est récompensée depuis trois ans par le prix du « meilleur service clients » pour la distribution de l’eau.

Malgré le jugement extrêmement favorable de la Chambre régionale des comptes sur la gestion de l’eau à Paris, tout ce que la presse en a retenu lors de sa publication a été la perspective d’une future hausse du prix de l’eau. Qu’en est-il ?

Eau de Paris est confronté, comme tous les autres services de France et même d’Europe, à un « effet ciseau » entre des recettes (facturation de la consommation) qui diminuent en raison de la baisse de la consommation d’eau et des dépenses qui augmentent à cause notamment de nouvelles normes de traitement de l’eau. Cela n’a rien à voir avec le débat sur la gestion publique ou privée de l’eau, et cela n’est pas lié à un problème dans le fonctionnement d’Eau de Paris. Au contraire, Eau de Paris est plutôt en bonne situation financière. C’est l’un des rares acteurs du secteur à ne pas avoir besoin de recourir à l’emprunt, bien que les tarifs de l’eau n’aient pas augmenté depuis la remunicipalisation. Mais il est vrai qu’à terme Eau de Paris devra probablement, comme les autres, augmenter ses tarifs pour assurer l’équilibre de la régie. Pour moi, la question fondamentale est celle du mode de financement : on ne peut plus assurer le service uniquement sur la base d’une tarification à la consommation, au prix du mètre cube consommé. Et encore moins lorsque, comme Eau de Paris, on a une politique d’incitation des usagers à réduire leur consommation d’eau.

Quelle est la solution ?

Il faudrait réussir à différencier les usages de l’eau à Paris, pour distinguer entre usages commerciaux et usages domestiques, et faire payer davantage les premiers. Aujourd’hui, les acteurs économiques – cafés et restaurants, coiffeurs, pressings, dentistes,...– paient leur eau moins cher que les ménages parce qu’ils ont la possibilité de défiscaliser leurs charges. C’est un sujet politiquement sensible et ce ne sera pas simple techniquement mais je pense que cela serait plus juste.

Pensez-vous qu’il y ait un risque de voir la gestion de l’eau de Paris retourner au privé dans le futur ?

La question de la métropole parisienne est très complexe sur le plan institutionnel. Je constate que la droite parisienne n’a pas demandé le retour à la gestion privée sur Paris. Les tendances électorales récentes ne sont pas forcément favorables à la cause de la gestion publique, mais l’argument économique est clairement en faveur d’Eau de Paris. Et s’il y avait réellement une menace, il y aurait des levées de boucliers importantes. Eau de Paris a suffisamment fait preuve de sa solidité pour être soutenue, et il y a maintenant des forces prêtes à se mobiliser dans la société civile parisienne. Paradoxalement, le retour en régie et la création de l’Observatoire parisien de l’eau ont redynamisé la société civile.

Qu’est-ce que l’Observatoire parisien de l’eau ?

L’objectif était de mettre en place un espace citoyen de vigilance et d’information, auquel les élus de la Ville de Paris, les services administratifs et les agents d’Eau de Paris soient tenus de rendre des comptes. Tous les actes, tous les rapports, toutes les délibérations relatives à la gestion de l’eau doivent être présentées à l’Observatoire avant d’être examinées par le Conseil de Paris. Initialement, beaucoup de gens étaient sceptiques, mais maintenant ils en voient l’intérêt. Ce n’est pas une simple chambre d’enregistrement, informée a posteriori, comme il en existe beaucoup. Certes, c’est toujours le Conseil de Paris qui prend les décisions. Mais on tient compte de leur avis et, plus important encore, on doit leur présenter les informations de manière accessible. Cela n’enchante pas toujours l’administration, parce que globalement cela prend plus de temps pour expliquer les dossiers ou les rendre accessibles… Mais au final, cela conduit à une plus grande démocratie de l’eau, et c’est favorable à la gestion publique.

Existe-t-il des équivalents ailleurs ?

Très peu d’opérateurs publics de l’eau ont mis en place des espaces citoyens de ce type. Grenoble a créé un conseil des usagers, que l’on consulte sur le prix de l’eau. S’inspirant de l’expérience parisienne, la régie de Viry a également une gouvernance ouverte à la société civile. Mais l’Observatoire mis en place à Paris n’a pas véritablement d’équivalent. La plupart des opérateurs publics sont réticents à ouvrir leur gouvernance aux usagers et aux associations car cela implique des délais d’instruction et plus de moyens. Je pense pourtant que c’est indispensable pour la qualité du service public. Ce sont d’ailleurs ces innovations démocratiques qui intéressent le plus les observateurs étrangers.

Est-ce que l’Observatoire parisien touche réellement beaucoup de monde ?

L’Observatoire a permis à un certain nombre de personnes de se former aux enjeux de l’eau. Elles ne sont pas forcément extrêmement nombreuses, mais ce sont des gens issus de conseils de quartier, de bailleurs sociaux, d’associations qui tiennent à l’Observatoire et qui constituent des relais importants vis-à-vis du reste de la population parisienne. De même pour les associations qui siègent au conseil d’administration d’Eau de Paris, Que Choisir et France Nature Environnement : il s’agit de grosses structures d’envergure nationale.

Eau de Paris a rapidement acquis une très grande importance symbolique et politique au niveau français, européen et mondial. Vous avez été sollicitée pour vous rendre dans de nombreux pays pour soutenir des luttes contre la privatisation de l’eau...

J’ai été sollicitée pour témoigner de l’expérience parisienne, en Colombie au moment de la campagne pour le référendum sur le droit à l’eau de 2009, en Italie, à Berlin, etc. Ma spécificité était d’avoir des responsabilités à la fois politiques, en tant que militante et élue locale, et opérationnelles, en tant que présidente de la société d’économie mixte, puis de la régie Eau de Paris. Je suis aussi l’une des rares personnes à avoir suivi tout le processus de retour en régie à Paris depuis 2001. Pendant ce temps, les directeurs ont changé, d’autres élus sont partis. Et bien sûr, il s’agit de Paris, de la capitale de la France avec sa force symbolique. Tout cela confère une position très singulière.

Il y a aussi eu la création de structures plus institutionnelles, comme Aqua Publica Europea et France Eau Publique.

Aqua Publica Europea a été fondé par un petit groupe de personnes, pour défendre la gestion publique au niveau européen face au lobbying du secteur privé. En France, il existait déjà une sorte de club de régies, mais nous avons voulu créer une branche française d’Aqua Publica Europea – France Eau Publique – pour pouvoir nous renforcer et mutualiser davantage nos compétences. L’atout d’une multinationale, c’est la capacité de mutualisation au sein d’un même groupe : c’est l’objectif du réseau France Eau Publique de tenter de mettre en place des mutualisations, y compris des achats groupés, entre une multitude de régies.

Comment jugez-vous l’évolution de la situation en France depuis 2001 en ce qui concerne la gestion publique de l’eau ?

Il y a clairement une tendance favorable au retour en gestion publique, mais on ne peut pas dire que ce soit massif. Certes, il y a eu des remunicipalisations importantes, y compris dans des villes gouvernées par une majorité de droite, comme Nice, ce qui est très important. La cause des services publics peut dépasser certains clivages politiques. Quand Eau de Paris est revenue en gestion publique, de nombreuses régies en France ont sabré le champagne, parce qu’ils savaient qu’ils ne seraient plus considérés comme des sortes d’exceptions bizarres et détestables. Beaucoup de collectivités se sont servis des retours en régie publiques pour négocier des conditions plus favorables avec leurs prestataires. Suez et Veolia ont dû changer leurs contrats, ils gagnent moins d’argent. Au-delà des remunicipalisations proprement dites, la charge de la preuve s’est en quelque sorte inversée : maintenant, ce sont les prestataires privés qui doivent convaincre les collectivités de l’intérêt de passer par une délégation de service public plutôt que par une régie. Ce n’est pas rien.

Propos recueillis par Olivier Petitjean (février 2015)

- Entretien publié (dans sa version intégrale) dans l’ouvrage collectif Our public water future : The global experience with remunicipalisation (« Un avenir public pour notre eau : L’expérience mondiale de la remunicipalisation »). A télécharger ici.

Cet ouvrage est co-écrit par notre Observatoire des multinationales, avec deux think-tanks, le Transnational Institute (TNI) et Municipal Services Project (MSP), une organisation académique liée au monde syndical, la Public Services International Research Unit (PSIRU), et une organisation syndicale, la Fédération syndicale européenne des services publics (FSESP/EPSU).

La version française sera publiée dans quelques mois. Voir la synthèse des conclusions en français.

Plus de 180 villes dans le monde ont choisi de tourner la page de la privatisation de l’eau. Des métropoles comme Paris, Berlin, Buenos Airs, La Paz, Johannesburg, Atlanta, Kuala Lumpur ou Jakarta ont renoué avec une gestion publique. A lire : Les services publics sont-ils en train de gagner la bataille de l’eau face au secteur privé ?
— 
Photo : CC Claudio Saavedra

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

 

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 19:48

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Allez, la gauche, sors de la croissance !

24 avril 2015 / Giorgos Kallis
 


 

 

Nous nous sommes endettés pour croître, nous voici désormais contraints de croître pour rembourser nos dettes : c’est l’absurde impasse où nous enferme l’idéologie de la croissance. Il faut en sortir et affirmer qu’il est possible d’atteindre la prospérité sans croissance économique. C’est l’alternative concrète à saisir pour la nouvelle gauche européenne.

Dans notre livre récent Décroissance : Un vocabulaire pour une ère nouvelle (maintenant disponible en anglais, mais qui sera bientôt publié en français par Le Passager Clandestin), nous soutenons que la croissance économique s’avère non seulement de plus en plus difficile dans les pays avancés mais qu’elle est, de surcroît, non viable du point de vue social et écologique. Le climat global, l’État providence ou les liens sociaux qui ont existé des siècles durant sont sacrifiés un à un sur l’autel du dieu croissance.

Telles des files de patients en phase terminale, des populations entières sont appelées à souffrir indéfiniment pour que leurs économies puissent grappiller quelques misérables décimales sur l’échelle du PIB, et ce au bénéfice de 1% de la population mondiale.

En théorie, la croissance est requise pour rembourser les dettes, créer de l’emploi ou augmenter les revenus des pauvres. Dans la pratique, toutefois, malgré des décennies de croissance, nous sommes toujours endettés, nos jeunes sont au chômage et la pauvreté est toujours aussi élevée. Nous nous sommes endettés pour croître, or nous voici désormais contraints de croître pour rembourser nos dettes.

 

Ne pas confondre décroissance et récession

La décroissance est un appel à la décolonisation de l’imaginaire social par l’idéologie d’un avenir à sens unique n’admettant que la croissance. Il ne faut pas confondre décroissance et récession. La décroissance part de l’hypothèse qu’il est possible d’atteindre la prospérité en l’absence de croissance économique.

 

 

Autrement dit : qu’il est possible d’avoir un travail enrichissant sans avoir besoin d’une croissance éternelle ; de soutenir un État providence efficace sans que l’économie ne croisse incessamment, année après année ; et qu’il est possible aussi d’accroître l’égalité et d’éliminer la pauvreté sans avoir à accumuler de plus en plus d’argent chaque année.

La décroissance remet en cause non seulement les résultats mais l’esprit-même du capitalisme. Le capitalisme ne connait pas de limites, il sait uniquement comment croître, créer en détruisant. Le capitalisme est incapable de se poser et ignore comment le faire. Le capitalisme sait tout vendre ; mais il ne sait pas vendre « moins ».

 

Une alternative à saisir pour le nouvelle gauche européenne

La décroissance propose une logique novatrice à une gauche radicale qui veut aller au-delà du capitalisme sans, toutefois, reproduire les expériences autoritaires et productivistes des modèles socialistes réels (parfois nommés « capitalisme d’État »).

On assiste à l’avènement en Europe, de l’Espagne à la Catalogne, de la Grèce à la Slovénie et à la Croatie, d’une Gauche nouvelle dont la nouveauté tient non seulement aux idées mais aussi au jeune âge de ses membres. Cette Gauche sera-t-elle aussi une gauche verte et proposera-t-elle un modèle coopératif alternatif pour l’économie inspirée des idées de la décroissance ?

Ou à l’instar de la nouvelle gauche d’Amérique latine conditionnée par les exigences du capitalisme global, cette nouvelle Gauche reproduira-t-elle la logique expansionniste du capitalisme en se bornant à substituer les sociétés multinationales par des sociétés nationales, répartissant un peu mieux les miettes entre la populace ?

Beaucoup de gens qui sympathisent avec les idées et la critique exposées dans notre livre « Décroissance : Un vocabulaire pour une ère nouvelle » nous disent que quand bien même les arguments avancés par les défenseurs de la décroissance paraissent raisonnables, leurs propositions sont vagues et ne pourraient, de toute façon, jamais être mises en pratique. Il semble qu’il soit plus facile d’imaginer la fin du monde, voire la fin du capitalisme, que d’imaginer la fin de la croissance.

 

Concrétisation politique

Même les partis politiques les plus radicaux n’osent pas prononcer le mot qui commence par D, ou pour le moins remettre en cause l’opportunité-même de la croissance. Pour briser ce sortilège de la croissance, nous avons décidé, au sein de l’équipe Research & Degrowth à Barcelone, de codifier une partie des propositions politiques qui découlent de la théorie de la décroissance, politiques qui sont abordées plus en détail dans notre récent livre.

Récemment Libération les a publiées. Au lieu de cela, nous proposons ici de réfléchir sur les programmes de parties proéminentes de la nouvelle gauche : Podemos et Syriza, même si nous reconnaissons que d’autres, comme le parti vert au Royaume-Uni mérite aussi attention.

 

 

Ces propositions sont complémentaires et doivent être mises en œuvre de façon concertée. À titre d’exemple, la fixation de plafonds environnementaux pourrait réduire la croissance et générer de l’emploi, cependant que le partage du travail avec un revenu de base garanti aura pour effet de découpler la création d’emplois et la sécurité sociale de la croissance économique.

La réaffectation des investissements des activités conventionnelles vers des activités vertes et la réforme du système de taxation permettront de garantir l’émergence d’une économie plus respectueuse de l’environnement. Par ailleurs, le fait de cesser d’évaluer l’économie en termes de PIB et de recourir aux indices de prospérité assurera que cette transition soit comptée comme un succès plutôt qu’un échec.

Enfin, la réforme de la taxation et la réglementation publicitaire contribueront à un relâchement de la concurrence positionnelle et réduiront le sentiment de frustration que peut engendrer l’absence de croissance. L’investissement dans les biens publics et les infrastructures partagées contribuera à accroître la prospérité sans croissance.

Nous espérons voir les partis de la Gauche authentique éviter de faire de la relance de la croissance économique leur objectif. Et nous espérons les voir préparés, avec des idées en place sur ce qu’ils feront, dans le cas où l’économie refuse de croître. Est-ce une attente raisonnable au vu de la conjoncture politique actuelle du Sud de l’Europe, par exemple ? Oui et non.

 

Le projet de Podemos

Le projet de politique économique de Podemos, publié en novembre 2014, contient de nombreux éléments qui s’accordent avec l’agenda décrit ci-dessus. Le document n’établit pas la croissance comme son objectif stratégique. Il omet toute référence au PIB. Il propose de réduire la durée de travail à 35 heures, prévoit un revenu minimum garanti pour les sans-emploi, appelle à des remises de dettes pour une partie des dettes ménagères et publiques et préconise une réallocation des investissements vers les soins, l’éducation et l’économie verte, posant la satisfaction des besoins essentiels à travers une « consommation écologiquement viable » comme son principal objectif.

La politique pourrait aller plus loin en transférant les taxes du salariat vers les ressources, en établissant des limites environnementales, en régulant la publicité, en généralisant le revenu de base et en procédant à une réforme de l’État providence en ouvrant une réflexion sur les possibilités d’universalisation de l’économie solidaire, qui connait actuellement un important essor en Espagne, de même qu’en prévoyant des solutions viables et à bas prix en matière de santé, de soins et d’éducation.

 

Les choix de Syriza

En Grèce, en revanche, ignorer la croissance relève d’un exercice beaucoup plus difficile en raison de la dette colossale qui pèse sur le pays et le besoin d’échapper à la politique d’austérité socialement désastreuse imposée par la Troïka.

C’est avec raison que Syriza s’attaque à l’austérité avec une proposition visant à l’annulation d’une partie de la dette publique grecque. Malheureusement, toutefois, l’objectif de l’annulation de la dette serait dans ce cas vraisemblablement de relancer la croissance, avec l’adoption par Syriza de la « clause de croissance » proposée par Joseph Stiglitz, en vertu de laquelle le solde de la dette serait financé par la croissance.

 

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Alexis Tsipras, leader de Syriza, en Grèce, et Pablo Iglesias, leader de Podemos, en Espagne

 

Syriza propose un New Deal (Nouvelle donne) européen et soutient des investissements publics qui doperont la croissance en Grèce. Toutefois, à la différence de Podemos, il n’est pas question d’une Nouvelle donne « verte » ni d’une transition des industries conventionnelles vers des industries propres, ni même d’une transition des secteurs à ressources intensives vers les soins et l’éducation.

Dans la conjoncture actuelle des pouvoirs en Europe, de la dictature des marchés et de la fixation que fait l’Allemagne sur l’austérité, même la proposition stiglitzienne de Syriza passerait pour « radicale » et a peu de chances d’être réalisée, à moins de bouleversements sociopolitiques majeurs en Grèce et d’agitations politiques dans le reste de l’UE...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 19:36

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

En Espagne, un collectif citoyen a participé à la chute de l'ancien chef du FMI Rodrigo Rato

|  Par Ludovic Lamant

 

 

Il était le gourou de la droite espagnole depuis les années 1990. L'ancien directeur général du FMI Rodrigo Rato a été interpellé la semaine dernière, accusé de blanchiment de capitaux. Depuis 2012, un collectif issu du mouvement « indigné » travaille à poursuivre en justice les responsables du sauvetage contesté du géant bancaire Bankia. La chute de Rato est son premier grand succès.

 

À un mois d'élections municipales et régionales, l'Espagne est secouée par un spectaculaire feuilleton judiciaire : la chute de Rodrigo Rato, ex-ministre vedette de José María Aznar (1996-2004), aspirant à la présidence du Parti populaire au début des années 2000 (le PP, aujourd'hui dirigé par Mariano Rajoy, au pouvoir), et ancien patron du Fonds monétaire international (2004-2007, avant Dominique Strauss-Kahn).

 

 

Rato, 66 ans, fut surtout l'un des architectes de ce modèle économique fondé sur le développement à outrance de l'immobilier et de l'endettement des ménages, qui a permis à l'Espagne d'intégrer la zone euro et, pour un temps, de compter parmi les économies les plus dynamiques en Europe. Avant que la bulle n'éclate… Rentré de Washington, il a été embauché comme conseiller par plusieurs banques (Lazard, Santander) avant d'en diriger une (Bankia). Rodrigo Rato a été interpellé la semaine dernière à son domicile de Madrid pour fraude et blanchiment de capitaux. Il pourrait aller en prison dans les jours à venir.

À l'origine de l'affaire : une loi d'amnistie fiscale (de « régularisation à des conditions différentes », selon l'exécutif) promulguée en 2012, qui visait à régulariser la situation d'évadés fiscaux aux yeux du fisc espagnol. À l'époque, 32 000 citoyens décident de profiter de cette mesure, dont l'ex-icône de la droite espagnole. Mais le dossier de Rodrigo Rato va attirer plus particulièrement l'attention des autorités, en raison de mouvements de capitaux suspects. Il fait désormais partie des 705 contribuables soupçonnés d'avoir profité de cette amnistie pour blanchir des fonds. L'enquête, dont Mariano Rajoy avait connaissance depuis plus d'un an, selon El País, est sur le point d'aboutir.

 

 

Cette affaire n'est que l'un des très nombreux scandales de corruption qui entachent l'image du PP, le parti conservateur au pouvoir : voir, par exemple, le scandale qui avait déstabilisé le PP madrilène en octobre 2014, ou encore les soupçons de corruption interne au PP nés des carnets Barcenas. Depuis l'arrestation de Rato, les socialistes du PSOE sont vent debout contre le ministre de l'économie, Cristobal Montoro, l'artisan de cette loi d'amnistie fiscale. Sa démission est évoquée. La pression monte également pour publier la liste des 715 noms des personnes, parmi les 32 000 évadés fiscaux, qui ont été – ou sont encore – élues, fonctionnaires ou membres de leur famille, selon les chiffres du fisc (lire la pétition sur le site de notre partenaire, InfoLibre).

Les déboires judiciaires de l'ex-patron du FMI ne datent pas d'hier. Ils ne se résument pas, loin de là, à ces seules accusations de blanchiment de capitaux, sur la gestion de son argent personnel. D'autres affaires le visent depuis 2012, liées en particulier à sa présidence de Bankia, un mastodonte bancaire dont le sauvetage tumultueux par l’État, après l'effondrement de la bulle immobilière, a choqué nombre d'Espagnols soumis, au même moment, à une cure d'austérité. C'est ici qu'intervient le travail de fond d'un collectif « indigné », souterrain, peu connu du grand public, souvent très technique, qui vient d'obtenir, avec l'interpellation de Rato, l'un de ses premiers grands succès.

Cette plateforme activiste s'est baptisée 15MpaRato, un jeu de mots en référence au « 15-M », le 15 mai 2011, date des premiers campements sur la Puerta del Sol à Madrid et d'autres places en Espagne. Alors que Podemos occupe tout l'espace médiatique, faisant le pari d'un « recyclage » de la culture du 15-M dans le jeu institutionnel traditionnel, d'autres collectifs nés dans le sillage du mouvement indigné ont choisi de faire autrement. Certains se concentrent sur un travail de terrain, comme la PAH, ce réseau d'activistes anti-expulsions qui s'est tissé à travers tout le pays, ou encore ces « marées » anti-austérité, notamment dans le secteur de la santé. Le 15MpaRato s'inscrit dans cette vague-là.

 

Une affiche du « 15MpaRato »
Une affiche du « 15MpaRato »
 

Tout a commencé, pour eux, en mai 2012, lors de l'anniversaire des campements « indignés » du printemps 2011. Certains activistes, qui travaillaient sur un projet d'audit de la dette espagnole, ont décidé de franchir un pas supplémentaire. « Notre raisonnement était simple », se souvient Simona Levi, l'une des cofondatrices du collectif, et porte-parole d'un mouvement qui, à l'origine, fonctionnait de manière anonyme. « La crise espagnole n'est pas une crise, mais une arnaque. Et puisque c'est une arnaque, il y a des responsables de cette situation, qui ont un prénom et un nom, dans les sphères politique et économique, que l'on veut envoyer en prison pour ce qu'ils ont fait. Nous allons donc les passer en revue un par un, en commençant par monsieur Rato. »

Quasiment inaudible, dans les grands médias, au printemps 2012, ce discours trouve aujourd'hui un écho spectaculaire. « Nous suivons exactement le calendrier que l'on s'était fixé à l'époque du lancement », assure Simona Levi qui, comme nombre de fondateurs de la plateforme, a fait ses armes d'activiste dans les batailles pour un Internet libre (Xnet) ou pour le droit au logement (V de Vivienda) au cours des années 2000.

Une plainte financée par crowdfunding

 

Une affiche du « 15MpaRato », sur les « complices » de Rodrigo Rato.Une affiche du « 15MpaRato », sur les « complices » de Rodrigo Rato.
 

Le collectif 15MpaRato s'est donné pour objectif de juger les responsables du sauvetage de Bankia, ce conglomérat bancaire né de la fusion de sept caisses d'épargne qui s'étaient trouvées au bord de la faillite, après l'éclatement de la bulle immobilière en 2008. Le gouvernement de Mariano Rajoy avait fini par injecter 24 milliards d'euros d'aides publiques, pour éloigner le spectre de la faillite. À cette époque, c'est Rodrigo Rato, revenu de Washington, qui est placé aux commandes de l'établissement.

Rato est ainsi l'instigateur de l'entrée en Bourse de Bankia, entachée de nombreuses irrégularités. Il est notamment accusé d'avoir, avec les membres du conseil d'administration de la banque, maquillé les comptes du géant bancaire, pour doper les appétits d'éventuels actionnaires. Il est accusé, en particulier, d'escroquerie et de faux et usage de faux dans ce dossier. Bankia est aussi accusé d'avoir piégé de petits épargnants en leur proposant des participations « préférentielles », présentées comme un placement sûr, alors qu'il était en fait extrêmement risqué : des milliers d'Espagnols ont ainsi perdu toutes leurs économies.

En juin 2012, le collectif 15MpaRato lance un appel au financement citoyen sur Internet – « le premier crowdfunding politique jamais réalisé en Europe », assurent-ils aujourd'hui –, pour financer les frais d'instruction d'une plainte contre Rato et d'autres dirigeants de la banque Bankia. L'opération est un succès. En 24 heures, grâce au pouvoir des réseaux sociaux, ils récupèrent 19 000 euros. Une plainte sera déposée auprès de l'Audience nationale, la plus haute instance pénale du pays. La dynamique est en marche.

Fin 2014, des experts indépendants de la banque d'Espagne publient un rapport dont les conclusions valident l'essentiel des accusations contre les dirigeants de Bankia. Au même moment, la presse espagnole publie les « courriers de Blesa », que le 15MpaRato dit avoir transmis aux journalistes, via des citoyens lanceurs d'alerte. Ce sont des centaines de mails envoyés par Miguel Blesa, patron de Caja Madrid (plus tard avalé par Bankia), qui vont révéler, entre autres réseaux de complicité, l'utilisation de « tarjetas black » au sein des conseils d'administration de Caja Madrid et de Bankia. Ces cartes de crédit de complaisance étaient distribuées aux membres du conseil d'administration des caisses d'épargne, élus et syndicalistes compris, qui pouvaient les utiliser à leur guise. En l'échange de quoi ces responsables validaient sans ciller les décisions du président, aussi contestables soient-elles. En tout, ils sont 86 à en avoir profité.  

Le collectif citoyen 15MpaRato n'est pas le seul à être monté au créneau, dès 2012, contre Rato et ses collègues. Le parti centriste UPyD, emmené par Rosa Diez, a lui aussi déposé une plainte. Les écolo-communistes d'IU y sont à leur tour allés de leur plainte, plus tardivement (avril 2014), ce qui leur a valu des critiques d'opportunisme politique (d'autant que des élus d'IU à Madrid sont accusés d'avoir, eux aussi, profité de ces « cartes de crédit de complaisance » pendant des années).

Ces derniers jours, 15MpaRato a pris ses distances avec « le lynchage d'une seule personne, qui permet au gouvernement de fuir ses responsabilités ». « Grâce au travail de simples citoyens, nous avons démontré qu'il est possible d'en finir avec l'impunité, avec ces pratiques de "portes tournantes" du privé vers le public, et inversement [Rato fut banquier, puis ministre, puis président du FMI, puis à nouveau banquier - ndlr], d'en finir avec le pillage des biens communs d'un pays », s'enthousiasme Simona Levi.

Mais le collectif citoyen voit plus loin. « Rato n'est qu'un membre d'une organisation de type mafieuse, que l'on peut aussi appeler, si l'on veut, le PP », expliquait mercredi Simona Levi lors d'une conférence de presse. D'autres cibles sont dans leur viseur : toute une batterie de fonctionnaires, au sein des ministères des finances ou de l'économie, ou encore de la banque d'Espagne, de l'Autorité des marchés financiers ou du fonds de sauvetage bancaire qui, à leurs yeux, ne se sont pas ménagés pour « couvrir » Rato et ses collègues depuis le sauvetage de Bankia. « Ce n'est pas une question personnelle, on veut démanteler un système », tranche Simona Levi.

 
 
Boîte noire : J'ai réalisé un entretien avec Simona Levi en décembre 2014. Certains de ses propos dans l'article sont issus d'une conférence de presse, qu'elle a tenue, avec d'autres activistes du collectif et deux avocates, cette semaine (et que l'on peut regarder ici).
 
 
 
 
 
 
 
 

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 23:44

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Espionnage de salariés : le « deal » à 4 millions d'euros proposé à la CGT

|  Par Mathilde Goanec et Mathilde Mathieu

 

 

Le groupe Orpea, l'un des leaders mondiaux du secteur de la santé privée, a fait espionner ses salariés, en particulier des représentants syndicaux. Cet hiver, alors que la CGT portait l'affaire devant la justice, l'entreprise lui a proposé un « deal » secret à 4 millions d'euros en échange du retrait de sa plainte. Refusé.

 

Au départ, le groupe Orpea a recruté de simples « observateurs participants semi-dirigés ». Ça, c’était sur le papier. Mais derrière ce jargon, l'entreprise franco-canadienne, l’un des plus gros opérateurs mondiaux de maisons de retraite et de cliniques privées, a en fait injecté trois « taupes » parmi ses salariés, chargées d'espionner en particulier les syndiqués. Coût mensuel : quelque 14 000 euros par « implant ».

 

L'une des cliniques du groupe Orpea-Clinea à L'Haÿ-les-RosesL'une des cliniques du groupe Orpea-Clinea à L'Haÿ-les-Roses © Orpea
 

Au fil de l’année 2010, depuis des cliniques à Lyon, L’Haÿ-les-Roses et Andilly, ces agents ont tuyauté la direction avec plus ou moins de pertinence, comme en attestent des rapports hebdomadaires que Mediapart a pu consulter : « X a été aperçu avec un membre de la CGT » ; « Y consommait de la drogue, marijuana et résine de cannabis » ; « Grand sportif, [le délégué syndical] W semble endurant et motivé » ; « Certains salariés annoncent [pour la grève] qu'ils ne se mobiliseront que quelques heures car au regard des salaires, ils ne peuvent pas se permettre » ; « Z a confié avoir des difficultés avec certaines personnes qui se serviraient de leur mandat [syndical] pour servir des intérêts personnels » ; « La rumeur court que l'infirmière est proche du directeur, tous deux originaires du même village corse ». Etc.

Ci-dessous, quelques rapports rédigés par les“ implants ” :

 

 

Les vrais employés n’ont découvert le pot aux roses qu’en 2012, au détour d’une enquête de L'Expansion sur le nouveau business de l’infiltration. Interrogés par la CGT, les dirigeants d’Orpea avaient alors démenti toute volonté d'espionnage. À en croire un courrier interne, les informations récoltées n’avaient « d’autres fins que l’amélioration des conditions de travail » et l’opération ne visait qu'« à éclairer la direction du groupe sur la nature et l'ampleur des risques pyschosociaux ». Sans rire. L’argument a tenu deux ans.

Mais en décembre dernier, la fédération « Santé et action sociale » de la CGT s'est finalement décidée à porter plainte pour « délit d’entrave », « atteinte à la vie privée » et « collecte frauduleuse de données à caractère personnel », afin de dénoncer « un système pensé d’infiltration des syndicats et d’espionnage des salariés ».

« L’une des missions principales des “implants” étaient de porter atteinte au droit syndical », insiste la plainte, qui souligne les efforts des infiltrés pour « être élus ou désignés sous [la] bannière [de la CGT] ». Cette pratique serait « illicite » faute d’avoir « soumis le procédé devant les institutions représentatives du personnel », assène Me Sofiane Hakiki, l'avocat qui a entre-temps récupéré les rapports écrits des “ implants ”, les factures et les contrats. En trois semaines à peine, le parquet de Paris ouvrait une enquête préliminaire, déclenchant la panique chez Orpea.

La plainte est d'autant plus inflammable médiatiquement que la société chargée de fournir les trois espions, Groupe Synergie Globale (GSG), est connue des journalistes depuis qu’elle a été mise en cause pour des faits similaires dans « l’affaire Ikea », toujours en cours d'instruction à Versailles, mais d'ores et déjà à l'origine de la mise en examen du PDG d'Ikea France et de l’éviction d’une pléiade de directeurs (voir nos révélations ici ou ). Se sentant probablement acculé, le groupe Orpea a mis alors des millions d’euros sur la table, dans le plus grand secret, pour tenter de faire taire le syndicat.

D'après nos informations, en février, la direction du groupe a proposé le « deal » suivant aux élus CGT (minoritaires face à l'organisation « maison » Arc-en-Ciel) : en échange du retrait de la plainte, elle promettait de satisfaire plusieurs de leurs revendications historiques, représentant un coût global de plus de quatre millions d’euros pour l'entreprise. L'offre court-circuitait les négociations officielles en cours, mais tombait à pic pour la CGT, à quelques mois d'élections professionnelles compliquées.

Si la transaction a finalement été rejetée par le syndicat, son existence en dit long sur les coulisses du « dialogue social » à la française. La liste des concessions avancées par Orpea en contrepartie d’un renoncement à toute action judiciaire était longue comme le bras :

– instauration d'une prime d’entreprise pour tous les salariés disposant de plus de trois mois d’ancienneté (pour un coût d’environ 2 millions d'euros en 2015) ;

– allocation d'un budget de fonctionnement à chaque organisation syndicale représentative (200 000 euros par an) ;

– rédaction d’une charte des droits syndicaux ;

– et surtout, création d’au moins seize comités d'établissement régionaux, doublés d’autant de comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), avec désignation de nouveaux délégués syndicaux. Ce volet-là pesait potentiellement très lourd pour Orpea, qui a toujours fait le minimum légal en matière de représentation du personnel. Malgré ses 345 établissements en France, le groupe se considère en effet comme une seule entité économique et sociale, se contentant d’un seul comité d’entreprise et d’un unique CHSCT. Coût estimé de cette avancée : deux millions d’euros.

Au passage, Orpea acceptait de « régler » une poignée de situations individuelles, rendues délicates en raison des responsabilités syndicales des intéressés. Bien entendu, ce protocole d’accord stipulait que toutes ces concessions ne valaient pas reconnaissance de culpabilité dans l’affaire d’espionnage.

Si elle acceptait de signer, la CGT devait s’engager à conserver le secret le plus absolu sur le contenu du « pacte », comme sur son existence même. Un article du contrat lui interdisait explicitement d’en faire état dans les médias. 

À l'issue d'échanges entre avocats des deux parties, la fédération Santé de la CGT a finalement refusé la transaction en bloc en février dernier, après avoir consulté un collectif d'employés d'Orpea. « Signer l'accord pouvait entraîner des gains pour les salariés, certains ont donc manifesté leur intérêt, précise une source interne à la fédération. Mais la négociation n’était pas possible avec un employeur aussi pourri. Accepter, c’est donner l’image d’une entreprise qui peut tout acheter. Par ailleurs, on n’aurait pas pu capitaliser sur cette négociation pour gagner des voix, puisque l’accord était censé rester confidentiel. »

 

Libertés fondamentales

Au siège central de la CGT, à Montreuil, un cadre haut placé se montre moins catégorique et juge que la fédération Santé aurait très bien pu signer. « Il est fréquent que des patrons essaient d’acheter des militants syndicaux, regrette-t-il. Mais il n’était pas question de cela ici, pas question de verser de l’argent à la fédération pour qu’elle ferme sa gueule ! On parlait d’améliorer les droits syndicaux et le sort des salariés. Passer du contentieux juridique à la négociation, ça se fait régulièrement. »

De fait, il arrive que des organisations syndicales renoncent à des actions judiciaires après avoir négocié des contreparties au bénéfice des salariés – en cas de discriminations syndicales (comme chez Renault où des centaines de délégués ont obtenu des indemnités et des salaires revalorisés) ou encore d’infractions à la législation sur le travail du dimanche, par exemple. Ces accords sont parfois rendus publics, parfois gardés sous clef. Mais les plaintes retirées visent plutôt des infractions de faible gravité (de niveau contraventionnel), ou de « classiques » délits d’entrave à l’action syndicale. 

Le chantage proposé par Orpea sort de cet ordinaire-là. D'abord parce que les sommes en jeu paraissent exceptionnelles. Surtout, des avocats spécialistes du droit du travail interrogés par Mediapart (et complètement étrangers au dossier) soulignent qu'il ne s’agissait plus « seulement » de traiter des atteintes aux droits syndicaux et sociaux, mais des atteintes aux droits et libertés fondamentales, a priori non négociables. 

Sollicitée à plusieurs reprises par Mediapart, la direction d’Orpea est restée muette. L'avocat du groupe, Me Louis de Gaulle, a refusé de confirmer ne serait-ce que l'existence même d’une telle proposition et s'est contenté, menaçant, de rappeler que ce genre de négociations entre avocats, « quand elles existent », sont couvertes par le secret professionnel. L'avocat qui défend le syndicat, lui aussi, a catégoriquement exclu de nous répondre.

Orpea aura décidément tout tenté, ces derniers mois, pour amadouer la CGT. D’après des sources syndicales, l’entreprise aurait même soufflé qu'elle avait d'autres taupes à l'intérieur de l’entreprise et de la fédération Santé, allant jusqu'à balancer deux noms, comme gage de ses « bonnes intentions ». Manipulation ? L’une des deux personnes citées, fortement déprimée, ne veut plus rien avoir à faire « ni avec Orpea, ni avec la CGT », selon sa fille interrogée par téléphone. La seconde s’est adjointe les conseils d’un avocat et refuse de commenter l’affaire. 

À vrai dire, pour manœuvrer, l’entreprise a pu s'appuyer sur les dissensions qui déchirent la « fédé » (deuxième de la CGT en nombre d'adhérents), devenue au fil des années un véritable panier de crabes. Divisée sur les orientations stratégiques, gangrenée par des enjeux de pouvoir, celle-ci vient d’ailleurs de mettre la quasi-totalité de son bureau exécutif dehors, lors de son dernier congrès. « Ce qui avantage Orpea dans cette affaire, c’est que la CGT Santé est un gruyère à cause de ses problèmes internes, confie l’un de ses membres. L'entreprise n’a même pas besoin de mettre des observateurs puisque les gens s’espionnent et balancent d’eux-mêmes. Clairement, ça nous pose des questions sur l’état de notre organisation... » Le chantage d’Orpea a malgré tout échoué, pour cette fois.

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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