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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 19:02

 

Source : http://www.culturemobile.net/visions/bernard-stiegler-emploi-est-mort-vive-travail

 

Bernard Stiegler : L’emploi est mort, vive le travail !

 

Réinventer le travail à l’ère de l’automatisation

 

D’ici une vingtaine d’années, l’automatisation va déferler sur tous les secteurs de l’économie mondiale et signer la mort définitive de l’emploi. Et si c’était une vraie bonne nouvelle ? Parce que l’emploi, cette activité privée de sens qui est sanctionnée par un salaire, a détruit le travail, explique le philosophe Bernard Stiegler. Et parce que la fin de l’emploi est l’occasion de réinventer le travail au cœur de nos sociétés du numérique, de construire une économie contributive en lieu et place de cette «économie de l’incurie» qui nous détruit à petit feu.

 

Un bout de colline à monter avec Bernard Stiegler

Bernard Stiegler n’est ni un maître à penser ni un chef de meute. Il ne défend nul dogme, ne prétend détenir aucune vérité. Pourtant il se bat comme personne pour défendre ses convictions et les faire vivre au cœur du monde «réel». Et c’est ainsi qu’il a été avec d’autres en 2005 à l’origine de la création d’Ars Industrialis, «association internationale pour une politique industrielle des technologies de l’esprit».

Ce philosophe a quelque chose de présocratique. À chacune de nos rencontres, depuis près de quinze ans, il m’a éclairé. Il m’a «élevé» au sens propre du terme. L’homme ne cherche pas à vous séduire. Il ne dit pas : prenons ensemble l’ascenseur pour mieux observer l’agitation du commun des mortels, là en bas. Il vous suggère juste de monter avec lui sur la colline, par les chemins les plus escarpés. A l’oral comme à l’écrit, ce sage à l’air foutraque, cheveux en bataille et œil malicieux, ne vous fait pas de cadeau. Il ne travestit pas son langage, volontiers complexe. C’est à vous, si vous en avez l’envie, de grimper à ses côtés vers le sommet qu’il vous pointe du doigt, juste pour partager sa vision et discuter du monde comme il ne va pas… et comme il devrait aller.

 

La société du tout jetable est déprimante

Stiegler n’est pas parfait et ne cherche pas à l’être, loin s’en faut. Au cœur de notre conversation, pas loin parfois du monologue, il se met à parler des gens du commun, auxquels il s’identifie bien plus qu’aux grands manitous du marketing. «Les gens sont malheureux et dépressifs», dit-il doucement, avant d’ajouter comme en aparté :

La dépression, les gens ne l’avouent pas. Je suis moi-même dépressif et accablé par tout cela. Pour se soigner de ce genre de dépression, il n’y a pas d’autre solution que de concevoir et réaliser un avenir au-delà de la jetabilité qui est la négation même de l’avenir – la première période de la destruction créatrice, jusque les années 1970, ne reposait d’ailleurs pas sur le jetable…

 

De la «destruction créatrice» à «l’économie de l’incurie»

Il fait ici référence à ce que l’économiste Joseph Schumpeter appelait, il y a presque un siècle, «la destruction créatrice», soit la capacité du système capitaliste à se renouveler pour augmenter ses gains de productivité, à se réinventer sans cesse grâce à l’innovation et au modèle consumériste. Or, selon Bernard Stiegler, la révolution conservatrice de la fin des années 1970 et du début des années 1980, en séparant le capitalisme financier du capitalisme industriel, a cassé ce mécanisme de renaissance permanente :

La destruction, qui était autrefois créatrice, qui a permis de développer une véritable prospérité, d’abord américaine, puis européenne, puis planétaire, détruit désormais les systèmes sociaux, les structures sociales, les environnements naturels, les environnements mentaux, etc.

La «destruction créatrice» et l’État providence mis en place ensuite par Keynes et Roosevelt autour de 1933, pour répondre à la crise et permettre le partage de la richesse, notamment par la transformation des prolétaires en consommateurs, est donc décédée.

Ce système, conçu au départ pour être solvable, a démontré son insolvabilité avec ladite crise des subprimes en 2008. Il a muté en une «économie de l’incurie», synonyme de «jetabilité et poubellisation généralisées, y compris des emplois et donc du pouvoir d’achat». En d’autres termes, notre économie ne prend plus soin de ses ouailles. Pire : elle les détruit par défaut de soin.

 

L’automatisation, oui ! Mais sans alimenter l’incurie !

Or les nouvelles technologies, laissées à l'incurie, sont elles aussi terriblement toxiques. Qu’elles éliminent l'emploi, l’offrant à des robots bien plus performants en matière d’automatisation ? Là n'est pas le problème. Bien au contraire : lorsqu'en Australie, la mine et le camion automatisés de la société Rio Tinto suppriment les emplois de mineurs de fond pour créer bien moins de postes d'ingénieur ou de développeur informatique, ce serait plutôt une excellente nouvelle !

Que les emplois mécaniques soient occupés par des machines ! Et que les êtres humains «supervisent» et surtout se chargent de briser les cadres et d’outrepasser les routines !

Non, c’est lorsque le saint Graal numérique alimente lui aussi l'incurie généralisée qu’il y a de quoi s’alarmer. Car les nouvelles technologies sont un pharmakon, à la fois poison et remède : sans un système de soin, uniquement utilisées à des fins de marketing et de profit à court terme, elles tuent lentement et sûrement corps et âmes, deviennent de redoutables auxiliaires de notre prolétarisation, c'est-à-dire du dynamitage organisé de nos savoirs, savoir-faire et savoir vivre.

Sans une véritable attention et ce que Stiegler appelle une «thérapeutique politique», ce nouveau monde numérique nous transforme en machines incapables d’improvisation, en «pronétaires» abonnés aux micro-tâches comme «liker» des milliers de fois la même page de marque. Car pour qui sait s’y prendre et bien utiliser leurs vertus, les robots en tous genre peuvent bien au contraire nourrir nos savoirs, savoir-faire et savoir vivre, à l'instar du logiciel libre, d’aréopages contributifs à la mode Wikipédia ou de certains projets d’économie collaborative.

 

Enterrer l’emploi pour mieux faire vivre le travail

Pourquoi, dès lors, se lancer au nom de l’emploi dans une guerre sans lendemain contre les tsunamis de l’automatisation ? Pourquoi faudrait-il créer à tout prix des emplois ineptes pour lutter contre le chômage, dernier credo auquel s’accroche une classe politique agonisante, incapable de changer de braquet pour répondre à une crise totale, qui débute à peine ?

Stiegler, pour le coup, est d’une magistrale radicalité : le décès de l’emploi, c’est aussi le décès du chômage. Que l’emploi meurt pour que vive le travail ! A charge pour nous de bâtir un nouveau modèle économique, dont le salaire ne serait plus le cœur…

Là se situe le talent du philosophe : réussir à ébranler les clichés les mieux implanter en nos têtes et celles de nos décideurs. A la poubelle l’obsession de l’emploi !

Le paysage qu’il nous laisse entrevoir, du haut de sa montagne, donne il est vrai le vertige : il nous effraie et d'un même élan nous enthousiasme. Car c'est toute la société qu'il nous invite à reconstruire sur les ruines de l'ancienne.

Son programme ? Mais il n'y a pas de programme. Juste un état des lieux à faire, un état de l'art à mener avec lesdits partenaires sociaux et autres décideurs, en s'appuyant sur tous ces chercheurs qui, eux, «travaillent» encore le corps de notre économie, de notre société, de notre époque. Puis il y aura des zones franches à créer, pour expérimenter, par exemple la transformation du pouvoir d'achat en savoir d’achat, l'extension à tous du statut des intermittents du spectacle ou encore la création non d'un revenu d'existence mais d 'un «revenu contributif».

C'est tout ça et bien d'autres pistes que nous avons explorés dans notre conversation accessible en podcast son et en cahier feuilletable. Le long des chemins de notre colline, j’ai constaté avec lui ce désastre de l’emploi. Puis du haut du rude sommet où il m’a emmené, j’ai partagé son besoin viscéral, littéralement vital, de remplacer l’emploi, ce faux-nez de l’incurie qui nous ronge, par le travail au sens des artisans et des artistes, qu’ils soient du numérique ou d’ailleurs.

 

Ariel Kyrou

Écouter notre entretien complet avec Bernard Stiegler. http://www.culturemobile.net/visions/bernard-stiegler-emploi-est-mort-vive-travail
 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 18:46

 

Source : http://www.marianne.net

 

Vote blanc et nul : jusqu'à quand fermerons-nous les yeux ?

Jérémie Moualek

 

Jérémie Moualek est chercheur en sociologie politique (Centre Pierre Naville – Université d’Evry). Il poursuit actuellement une thèse sur le vote blanc et nul.

 
Pour l'universitaire Jérémie Moualek, le vote blanc "compté mais non comptabilisé dans les suffrages exprimés, demeure un geste électoral non commenté". A tort : car une nouvelle fois, écrit-il, il "a fait mouche" en séduisant un peu plus de 700 000 électeurs. Ajouté au vote nul, poursuit-il, on dépasse même le million et le score enregistré par "bon nombre de formations politiques"...
 
DAMOURETTE/SIPA
 

Le vote blanc, censé être reconnu depuis le 1er avril 2014, n’attire toujours pas les commentaires post-électoraux. Compté mais non comptabilisé dans les suffrages exprimés, il demeure un geste électoral non commenté. Mais, comment reprocher aux journalistes de ne pas s’atteler à un sujet synonyme souvent d’incompréhensions et obligeant à des calculs électoraux imparfaits ?

Pourtant, de nouveau, le vote blanc a fait mouche : 703 879 voix et 3,29 % des votants. Et, si on lui ajoute - donc - le chiffre du vote nul (en grande partie, des votes blancs « dans l’esprit » ou « à message »), l’ampleur du phénomène ne fait plus aucun doute :

Vote blanc (703 879 ; 3,29%) + Vote nul (343 454 , 1,60%)
= 4,89% des votants (1 047 333).

Un chiffre global dans la lignée des scrutins précédents que sont les européennes et les municipales (1) et qui supplante assez franchement les scores réalisés lors des dernières élections similaires (alors appelées « cantonales »).

 

Et, pendant qu’on disserte sur la fâcheuse tendance au surpoids du Front national et sur les balbutiements de la gauche, on en oublie que le vote blanc (seul) dépasse un bon nombre de formations politiques comme Europe écologie - Les Verts, le Parti communiste, Debout la France ou le MoDem. Ajouté au vote nul, il supplante même le Front de gauche ! Le classement (certes imparfait, au regard de la classification imprécise des étiquettes politiques réalisée par le ministère de l’Intérieur) peut-être alors lu comme ceci :

 

Tout en étant un refus de choisir, le vote blanc et nul est un refus de renoncer à voter. Il s’avère dès lors être un « droit de choisir de ne pas choisir » qui dénote d’une offre politique trop peu différenciée tout comme d’une absence apparente d’alternatives crédibles aux yeux d’électeurs de plus en plus nombreux. Et ce, surtout si l’on y ajoute la majorité des abstentionnistes dont beaucoup, lassés aussi de ne pas voir le vote blanc pris en compte dans les suffrages exprimés, ont fini — par dépit — par déserter les urnes…

D’ailleurs, si l’on regarde les résultats du vote blanc et nul à l’échelle des départements (voir carte ci-dessous), on s’aperçoit que celui-ci obtient ses plus hauts scores lorsque la participation y est bien plus élevée que la moyenne nationale (50,17 %). C’est le cas surtout de l’Aude (57,46 %), l’Aveyron (59,71 %), la Corrèze (59,6 %), la Creuse (58,65 %), le Gers (60,11%) ou le Lot (59,43 %).

 

De même, le vote blanc et nul est fort dans les territoires où le Front national s’avère le moins attractif (25,24 % des votants au niveau national). Ainsi, les chiffres du parti dans le Gers (10,16 %), la Corrèze (7,89 %), le Cantal (7,09 %), l’Aveyron (12,64 %) ou les Hautes-Alpes (8,89 %) illustrent parfaitement cette tendance (à l’exception notable de l’Aude, où le FN recueille 33,66 % des voix).

Bien évidemment, il faudrait analyser plus en profondeur les arcanes du phénomène pour le saisir avec justesse. Malgré tout, il convenait au moins d’en finir avec la mise sous silence de ses résultats (même une dépêche AFP n’a pas été émise !) ainsi qu’avec l’« euphémisation » de ces derniers (puisque le vote blanc, détaché du vote nul à des seules fins statistiques, en vient à voir son nombre réduit par une distinction dont personne ne comprends les usages concrets dans les urnes).

Au premier tour, plus d’un million de personnes se sont donc déplacés jusqu’aux bureaux de vote alors même qu’elles ne trouvaient pas « bulletins à leur urne » : symboles d’une crise de l’offre politique, ces électeurs semblent être aussi le symptôme d’un système qui ne sait plus susciter l’adhésion et aussi les preuves – parfois – d’une exigence démocratique revendiquée. Combien faudrait-il qu’ils soient pour qu’enfin, au lendemain d’une élection, leur nombre daigne être publié et commenté ?

 

(1) Du fait de leur mode de scrutin particulier (grands électeurs), les sénatoriales 2014 ne sont pas prises en compte.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 18:23

 

Source : http://www.gaullistelibre.com

 

jeudi 26 mars 2015

Carlo Ghosn : l’homme qui vaut 400 SMICs

 

Même le très libéral chroniqueur économique d’Europe 1, Axel de Tarlé, s’en est ému dans sa chronique matinale : le patron de Renault, où l’Etat conserve une part, va toucher 7,2 millions d’euros en 2014, un quasi triplement de sa rémunération de 2013 (2,67 millions).

 

 

De 20 à 400 SMICs en 20 ans
 
Il faut se souvenir qu’il y a plus de 20 ans, Raymond Lévy, alors patron de la Régie, touchait environ un million de salaire annuel. Mais ce million était libellé en francs, et représente donc 150 000 euros actuels, inflation non déduite. Mais surtout, ce salaire représentait moins de 20 fois le SMIC de l’époque. Et même si les entreprises publiques étaient sans doute plus modérées, il faut rappeler que Jacques Calvet, patron de PSA, avait défrayé la chronique et fait la une du Canard Enchaîné pour un salaire de plus de 2 millions de francs (et non euros) par an, soit environ 40 SMICs. Ce petit rappel est essentiel pour saisir à quel point les écarts de rémunération se sont envolés depuis plus de vingt ans.
 
Dans le détail, Carlos Ghosn touche 1,23 millions d’euros de fixes. En 2013, il a touché près d’1,4 de part variable. Cette dernière a flambé de 31%, pour atteindre 1,84 millions. Mieux, il a décroché « 100 000 actions de performance d’une valeur de 4,1 millions d’euros, qui viennent remplacer les stock options dont e patron n’avait pas pu bénéficier en 2013 ». Tout ceci représente donc un total de plus de 7,2 millions d’euros. A supposer que l’on parle de rémunération brute, cela réprésente la bagatelle de 400 SMICs ! Et encore, cela ne prend pas en compte la rémunération qu’il touche au titre de Nissan (7,6 millions d’euros). Carlos Ghosn, ou le patron qui pèse la bagatelle de 800 SMICs !
 
L’indécence d’une époque
 
 

Pire encore, il ne faut pas oublier qu’il y a 20 ans, le taux marginal d’imposition était de 56,8%, et non de 45%, comme aujourd’hui, ce qui fait que les très hauts salaires sont doublement gagnants : non seulement leur montant a explosé, mais les impôts sont plus légers (il ne faut pas oublier ici que les très communistes Etats-Unis de Nixon avaient encore un taux d’imposition sur le revenu marginal supérieur à 70%) ! Voici une illustration bien concrète de ce que dénoncent Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Camille Landais dans leurs travaux. Aux Etats-Unis, 95% de la croissance depuis 2009 est allée à 1% de la population alors que les revenus de 99% de la population stagnent depuis 40 ans.

 
Comment les néolibéraux pourraient justifier une seconde une telle explosion des écarts de rémunérations que le libre-jeu du marché a produit ? Bien sûr, la pression sur les dirigeants est sans doute bien plus forte qu’avant. A ce titre, l’explosion des cas d’épuisement professionnel des cadres supérieurs montre qu’ils paient un prix, dur, à l’évolution de nos sociétés. Mais c’est aussi le cas des ouvriers ou des employés. Et tout ceci rend d’autant plus insupportables les injonctions du Medef de baisser le SMIC. Enfin, de toutes les façons, comment justifier qu’un homme puisse gagner 400 ou 800 fois plus qu’un autre ? N’avons-nous pas atteint des sommets d’indécence, sans s’en rendre compte ?
 

 

Le plus effarant dans notre époque, c’est qu’à part le cas isolé de Bill de Blasio à New York, nos sociétés se révèlent pour le moment largement incapables de réagir devant cette envolée des inégalités, qui ne trouve aucune véritable traduction politique, les citoyens semblant soit inconscients soit résignés.

 
 
 
 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 18:01

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Une reprise économique en trompe-l'œil

|  Par Laurent Mauduit et martine orange

 

 

François Hollande veut croire que la reprise est au coin de la rue. La baisse de l'euro, du pétrole et des taux d'intérêt crée effectivement un environnement plus favorable. Mais la destruction de l'appareil économique et industriel pendant la crise, tout comme les politiques d'austérité, empêchent une vraie reprise. Le chômage, qui touche désormais 5,2 millions de personnes (+ 0,4 % en février), et la précarité risquent de durer.

 

C'est un discours qui commence à tourner en boucle dans toute l'Europe. De Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, au premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, en passant par le gouverneur de la banque d'Angleterre ou le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, tous se félicitent de la nouvelle situation en Europe. « La croissance revient », assurent les uns et les autres, s'appuyant sur la flopée d'indices dispensés chaque semaine.

François Hollande n'a pas été le dernier à saluer les chiffres favorables, annonciateurs selon lui d'une embellie. Depuis plusieurs semaines, le chef de l’État a un ton plus enjoué et répète à qui veut l’entendre que cette fois, c’est la bonne : la croissance est de retour. « Même fragile, la reprise économique est bien là », a-t-il professé le 13 mars, à l’occasion d’un déplacement en Isère, reprenant des propos qu’il avait déjà tenus peu avant devant des représentants des frondeurs socialistes, et encore avant à l’occasion d’un déplacement le 6 mars à Luxembourg.

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour deviner ce qu’il fallait penser de ce pronostic dont François Hollande est devenu coutumier (lire Croissance : Hollande, l’extralucide). Publiées mercredi 25 mars, les dernières statistiques des demandeurs d’emploi, arrêtées à la fin du mois de février 2015, attestent que la crise est toujours là. La baisse du chômage en janvier n'a été qu'un feu de paille. Dès février, le nombre de demandeurs d'emploi a de nouveau augmenté de 0,4 % sur un mois, en dépit de tous les assouplissements (intérim, CDD, stages et autres) qui sont devenus la norme sur le marché du travail.

Près de 13 000 personnes nouvelles sont inscrites en février dans la catégorie A (la plus restreinte, celle qui concerne les personnes sans emploi), plus de 26 000 personnes nouvelles pour l’ensemble des catégories de A à E. Au total, le chômage touche désormais 5,2 millions de personnes. En un an, cela représente 300 000 personnes de plus sans emploi. Et depuis l’élection présidentielle de mai 2012, la hausse des demandeurs d’emploi a été de 572 000 inscrits supplémentaires (+ 19,5 %) pour la catégorie A et de 1,29 million de nouveaux inscrits toutes catégories confondues, soit une hausse de 28 %. C'est dire l'ampleur du désastre humain. 

 

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Le chômage en février 2015
Le chômage en février 2015
 

Pour le chef de l’État et le gouvernement, la tentation va être grande de minimiser les derniers chiffres du chômage de février. Ils ne seraient que les dernières traces d'une conjoncture passée. L'embellie serait à l'horizon. L'INSEE aussi note une amélioration du climat des affaires en mars, dans sa dernière étude publiée le 25 mars. Même si les avis des chefs d'entreprise restent encore très en deçà des moyennes sur longue période, écrit l'institut, ceux-ci manifestent une plus grande confiance que les mois précédents, tout au moins quand ils travaillent dans les services ou le commerce.

De fait, l’environnement économique s’est bel et bien modifié. En somme, la reprise est sans doute là ; mais de quelle reprise s’agit-il ? Et contribuera-t-elle à la relance de l’emploi et au recul du chômage, qui sont les premières préoccupations des Français ? Ce sont quelques-unes des questions que soulève la conjoncture économique et sociale.

Conjonction favorable

 

© Reuters
 

Y a-t-il bel et bien des facteurs qui favorisent la reprise ?

Du chef de l’État jusqu’aux ministres de Bercy, c’est depuis quelques semaines le même message qui est diffusé en boucle : pour timide qu’elle soit, la reprise économique se dessine. Ce ne sont peut-être que les premiers frémissements, mais le moteur de la croissance a redémarré. Comme pour conjurer la débâcle politique des élections départementales, il se trouve même des hiérarques socialistes pour prolonger le message sur un registre attendu : sans doute la politique économique et sociale va-t-elle être massivement sanctionnée dans le pays, mais il ne faut surtout pas en changer puisque, tôt ou tard, elle va commencer à porter ses fruits.

Des frémissements économiques sont effectivement perceptibles. La France profite depuis quelques mois d’un environnement qui s’est profondément modifié.

 

Une baisse de 25 % en six mois
Une baisse de 25 % en six mois © Boursorama
 

D’abord, il y a la baisse de l’euro, notamment face au dollar. Alors qu’il caracolait encore à des niveaux très élevés voici un an, aux alentours de 1,40 dollar en mars 2014, il est tombé progressivement aux alentours de 1,05 dollar depuis l’annonce de la BCE de sa politique monétaire « non conventionnelle » (voir la BCE sort son bazooka monétaire). Une parité parfaite entre le dollar et l’euro n’est plus qu’une question de semaines, à en croire les experts. Du premier ministre italien, Matteo Renzi, à François Hollande, la plupart des responsables politiques l’appellent de leurs vœux.

Cet effondrement de la monnaie unique est une très bonne nouvelle pour les économies européennes, et notamment l’économie française. Tous les économistes soulignent l’avantage procuré par un euro faible : celui-ci  va favoriser les exportations et donc contribuer à stimuler la croissance. Étonnant retournement, qui en dit long sur la versatilité doctrinaire des « experts » ! Beaucoup d’entre eux ont applaudi, des années durant, la politique du « franc fort » puis de « l’euro fort » – qui avait pour prolongement mécanique une politique du chômage élevé. Ce sont les mêmes qui se félicitent aujourd’hui d'une politique monétaire strictement inverse.

Mais si l’euro a décroché, ce n’est pas parce que l’Europe a enfin choisi, de manière délibérée, une nouvelle stratégie de croissance, avec à la clef une politique monétaire plus accommodante, combinée à une politique budgétaire moins restrictive. C’est la dynamique même de la crise qui a contraint la BCE à violer les dogmes monétaires qu’elle avait elle-même établis. Pour éviter la stagnation voire la déflation, la Banque centrale n’a plus vu comme solution que l’arme monétaire. Quelles que soient les raisons qui ont poussé à ce changement radical, le fait est là : même si l’effondrement de l’euro n'est qu'un sous-produit de la crise économique historique qui secoue l’Europe, il joue malgré tout dans le bon sens.

Les effets de la baisse de l’euro, surtout pour une économie qui réalise 70 % de ses échanges au sein du marché unique, ne doivent cependant pas être surestimés. Les seuls qui en profitent vraiment actuellement sont les marchés boursiers. Les bourses européennes volent de record en record. Le CAC a dépassé les 5 000 points, son plus haut niveau depuis le printemps 2008, juste avant que la crise financière ne se transforme en tempête planétaire, avec la faillite de Lehman Brothers. De cette euphorie boursière, des économistes tirent argument pour dire qu’il y a là un autre indice du retournement de la conjoncture. D’autres, beaucoup plus prudents, mettent en garde contre la formation de nouvelles bulles financières. Comme cela s’est passé aux États-Unis, le quantitative easing de la BCE risque surtout, selon eux, de créer un déplacement gigantesque de l’argent vers les actions, sans grand effet sur l’économie réelle.

Un deuxième facteur agit favorablement : l’effondrement des prix pétroliers. Là encore, le mouvement est spectaculaire. De 112 dollars le baril (de brent), les cours se sont effondrés à près de 52 dollars en début d’année, avant de remonter ensuite aux alentours de 55 dollars. Cet allègement de la facture énergétique – même s’il est freiné par le renchérissement du dollar – est évidemment un facteur bénéfique pour les entreprises aussi bien que les ménages.

Le troisième facteur favorable est évidemment le niveau historiquement bas des taux d’intérêt. Les taux directeurs de la BCE sont presque nuls (0,05 %). Certains États comme l’Allemagne empruntent même désormais à des taux négatifs. Cette baisse du loyer de l’argent se diffuse dans toute l’économie, jusqu’aux entreprises et même aux ménages. À titre d’illustration, les taux d'intérêt accordés aux particuliers pour des crédits immobiliers ont continué leur baisse en France en début d’année pour se rapprocher de 2,20 % en moyenne en France.

Taux d’intérêt historiquement bas sinon nul, pétrole en chute, euro au plus bas aussi : cela fait donc très longtemps que la France ne bénéficiait pas d’un alignement des astres, si l’on peut dire, aussi favorable.

 

Et pourtant, la reprise ne risque-t-elle pas d’être poussive ?

François Hollande et le gouvernement claironnent que la reprise est au coin de la rue, mais tout laisse à penser que la croissance restera très faible. Les prévisions officielles du ministère français des finances sont en ligne avec ce constat : elles font état d’une croissance possible de seulement + 1 % en 2015 et de + 1,7 % en 2016. Pour la France, la Commission européenne fait un pronostic voisin, avec une croissance de + 1 % cette année et de + 1,8 % en 2016. L’OCDE a des prévisions également quasi identiques pour notre pays : + 1,1 % en 2015 et + 1,7 % en 2016.

Mais compte tenu des évolutions démographiques, la baisse du chômage ne s’enclenche que si le rythme de croissance de l’économie atteint au minimum de + 1,7 à + 1,8 % l’an. En clair, la croissance risque d’être trop faible pour endiguer la vague montante du chômage et de la précarité. Au mieux, le taux de chômage risque de stagner à un niveau historiquement élevé en 2015.

Les raisons de ce surplace sont multiples. En premier lieu, la France porte encore les nombreux stigmates des huit années de crise. Près de 60 000 entreprises ont fait faillite chaque année depuis 2008. Les autres ont diminué leurs investissements de façon drastique, ont réduit parfois dans des proportions spectaculaires leurs capacités de production. Et même si le climat est plus favorable, beaucoup ont encore de grands problèmes de trésorerie. Difficile de se remettre en quelques mois d’une destruction économique et industrielle d’une telle ampleur. L’économie française navigue donc sous toute petite voile et risque de ne pas pouvoir profiter autant qu’espéré des vents porteurs.

D’autant que les vents porteurs sont très circonscrits. Si un environnement plus serein – sauf accident toujours possible en Grèce – s’installe en Europe, dans le reste du monde, les perspectives sont beaucoup plus incertaines. La reprise américaine, soutenue depuis des mois voire des années à coups de centaines de milliards de dollars par la Réserve fédérale, est en train de donner des signes d’affaiblissement. Depuis trois mois, tous les indices – production industrielle, vente au détail, immobilier – stagnent ou baissent. Des économistes redoutent que ce ne soient les signes annonciateurs d’un nouveau retournement.

Dans le reste du monde, ce n’est même plus une crainte mais une certitude : la croissance s'essouffle. En Chine, le ralentissement est désormais avéré. Même si la croissance chinoise reste officiellement autour de 6,3 %, les signaux d’un profond dérèglement se multiplient. Les importations de matières premières ont chuté de près de 17 % depuis le début de l’année. Les exportations sont en baisse de 9 %. Au Japon, la politique de relance décidée par le gouvernement est en train d’échouer. Le pays retombe dans la déflation, avec un endettement encore plus lourd. La dette japonaise dépasse désormais les 220 % du PIB, à peine moins que la Chine avec ses 240 % d’endettement.

Les pays émergents, sur lesquels les économistes misaient tant, sont aussi aux prises avec des difficultés. À l’exception de l’Inde, tous les autres – Brésil, Turquie, Asie du Sud-Est, et on ne parle même pas de la Russie –, accusent de très nets ralentissements, compliqués en plus de l’appréciation du dollar. Même si un euro faible aide les entreprises à exporter, celles-ci risquent donc de ne pas en profiter pleinement, faute de débouchés extérieurs.

Le problème se pose exactement dans les mêmes termes en France et dans la zone euro : la demande fait défaut. Les politiques procycliques d’austérité, menées avec obstination depuis 2009, ont provoqué un asséchement de la consommation. Le gouvernement français peut prendre toutes les mesures de soutien qu’il veut, rien ne change en l’absence de carnet de commandes. 

 

© Reuters
 

L’immense transfert de charges sociales et fiscales organisé en faveur des entreprises, à hauteur de quelque 42 milliards d’euros, sous la forme d’abord du « choc de compétitivité » puis du « pacte de responsabilité », n’a pas modifié la situation d’un iota : toutes les études disponibles attestent que ces sommes apportées sans la moindre contrepartie aux entreprises ont d’abord généré des effets d’aubaine, et très peu d’effets sur l’emploi.

Pour en avoir la confirmation chiffrée, il suffit de se reporter aux notes et simulations économiques très détaillées qu’Arnaud Montebourg, avec l’aide d’une équipe d’économistes, a périodiquement adressées à François Hollande, du temps où il était ministre, d’abord du redressement productif, puis de l’économie : on y trouve des évaluations très détaillées de la croissance en moins et du chômage en plus générés par cette politique fortement restrictive (lire Les notes secrètes de Montebourg à Hollande et Les conditions secrètes de Montebourg pour faire équipe avec Valls).

Loin de tirer les conclusions de l’expérience passée, le gouvernement donne le sentiment de vouloir surenchérir dans l’austérité dans les mois à venir. L’Europe l’y presse, exigeant toujours plus de réformes en contrepartie des délais de grâce qui ont été accordés à Paris. Un jour, c’est Pierre Moscovici – qui a conduit la politique économique de la France au cours des trois dernières années, ce qu’il semble oublier – qui fait la leçon aux Français, accusés de trop tarder dans la remise en cause de son droit social. Un autre, c’est Jean-Claude Juncker – celui qui a organisé depuis vingt ans l’appauvrissement systématique des finances publiques en facilitant l’évasion fiscale au Luxembourg – qui reproche lui aussi aux Français de traîner dans la mise en place des réformes. Un autre encore, c’est le ministre allemand de l’économie, Philipp Rösler, qui proteste contre le traitement de faveur accordé à la France et qui demande, voire exige, que les recettes espagnoles soient imposées à Paris.

Les injonctions européennes créent des remous jusqu'au sein du gouvernement. Ces derniers jours, des fuites font état des débats qui opposent le ministre des finances, Michel Sapin, et le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, sur la meilleure façon d’utiliser les surplus de la reprise. Tandis que le premier souhaite faire quelques réserves de précaution pour les finances publiques, le second recommande au contraire de profiter de la légère embellie pour accélérer les réformes sur le marché de travail, l’assurance chômage, et peut-être même le Smic.

Même si cela risque de compromettre les tentatives d'ouverture du gouvernement en direction des frondeurs et des écologistes, Emmanuel Macron a toutes les chances de l’emporter. Certains pronostiquent qu’une fois les élections départementales passées, l'échec étant déjà assumé, le gouvernement pourrait embrayer sur un nouveau programme de réformes encore plus dures. Au risque de créer encore plus d'inquiétude et de précarité, et finalement de casser la faible reprise de l’économie.

Précarité

 

© Reuters
 

Le chômage va-t-il tout de même finir par reculer ?

Les chiffres de février viennent rappeler les prévisions de l’Unedic, le régime d’assurance chômage, pour l’année 2015 (elles sont ici). Celles-ci ne laissent malheureusement guère d’espoir à ce sujet : « Le chômage BIT poursuivrait sa hausse jusqu’à la fin de l’année 2015. En effet, la faible croissance limiterait la progression de l’emploi total, qui serait alors insuffisante pour compenser la hausse de la population active. Il en résulterait une progression du chômage BIT de +0,3 point sur l’ensemble de l’année 2014, puis à nouveau +0,3 point en 2015. Fin 2015, le taux de chômage s’établirait alors à 10,3 %. Sur les listes de Pôle emploi, cela se traduirait par 182 000 inscriptions supplémentaires en catégorie A en 2014, puis +104 000 en 2015. Parallèlement, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi tout en ayant exercé dans le mois une activité rémunérée courte ou à faible intensité horaire (catégories B et C) progresserait de +97 000 personnes en 2014, puis +78 000 personnes en 2015 », écrit l’organisme.

Plus inquiétante encore est l’évolution même du marché du travail en France ces dernières années, du fait des coups de boutoir contre le code du travail. Le contrat à durée indéterminée (CDI), qui était encore la norme des relations du travail au début des années 1980, est devenu maintenant l’exception (lire Près de 6 millions de chômeurs : l’échec de Hollande).

Une étude récente de l’Institut de recherche économique et social (IRES) (lire ici) pointait la gravité de l’évolution : « La répartition des embauches entre contrats temporaires et CDI est à l’inverse de celle observée pour les effectifs parmi les salariés en emploi. D’après les déclarations uniques d’embauche et les déclarations mensuelles des agences d’intérim, au quatrième trimestre 2012, 49,5 % des intentions d’embauche sont en CDD, 42,3 % sont des missions d’intérim et 8,1 % sont des CDI. Ainsi, dans le secteur concurrentiel, plus de 90 % des embauches s’effectuent en contrat temporaire », écrit l’institution (lire notre enquête travail en pointillé, précarité à temps complet).

Même si la reprise se confirme, elle risque donc de se traduire en emplois précaires, en petits boulots, comme cela s’est passé aux États-Unis et en Grande-Bretagne. La baisse du chômage y a été accompagnée d’une chute de la productivité, d’une chute des salaires, d’une paupérisation des classes moyennes.

En d’autres termes, les emplois de service à faible valeur ont pris le pas sur les emplois qualifiés. Les moins formés ont même renoncé à chercher du travail et sont sortis du marché. Ainsi, alors que la population américaine augmente de 2 millions de personnes par an aux États-Unis, le taux de population active est tombé de 67,5 % en 2000 à 62,8 % aujourd’hui. Ce seul chiffre dit l’ampleur de l’exclusion.

C’est contre ce mur de l’exclusion, de la précarisation qu’est en train de heurter la machine économique américaine. La Banque centrale a beau déverser des tombereaux de dollars, rien n’embraye si ce n’est les marchés financiers. L’Europe et la France se dirigent vers les mêmes écueils. La croissance seule ne suffira pas à vaincre le chômage en Europe, préviennent des économistes, soulignant le risque d'une génération perdue.

« Le plus désolant est que les responsables européens continuent à tolérer un niveau inacceptable et dangereux de chômage », précise Jonathan Portes, directeur de l'Institut britannique de recherche économique et sociale. Alors François Hollande peut bien faire mine de retrouver le moral, et la Bourse avec lui, les Français risquent pourtant de ne pas être aussi enjoués que lui. Rien, finalement, n'est en train de changer. La politique menée continue à faire le choix d'un chômage élevé et d'une précarisation grandissante.

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 23:16

 

Source : http://www.agoravox.fr

 

Vrais chiffres chômage février 2015, 25600 chômeurs de +, malgré 296100 radiations ce mois

par patdu49
jeudi 26 mars 2015

 

 

Janvier + 28 100, Février + 25 600

6 246 000 privés d'emploi et travailleurs occasionnels officieux, toutes catégories confondues, + 3 771 000 invisibles qui n'entrent pas ou plus dans les statistiques officieuses ( chiffres détaillés bas de page ).

total : + de 10 MILLIONS de chômeurs en France. (fourchette basse)

 

Radiations des listes A,B,C,(D,E) de Pôle Emploi par motifs, Février 2015 :

- Défauts d'Actualisation : 197 600, 43 % des sorties des listes. (- 4,7% sur 1 an)

- Radiations Administratives (les punis) : 49 000, 10,7 % des sorties. (- 11,4% sur 1 an)

- Autres Cas ( les morts, suicidés, emprisonnés .. ) : 49 500 et 10,8 % des sorties. (- 7,5% sur 1 an)
 
soit 296 100 radiés des listes (64,5 %) ce mois pour autres motifs que :

- Stages parking : 44 600, 9,7 % des sorties. (+ 9,9% sur 1 an)

- Arrêts maladie, maternité, etc : 36 200, 7,9 % des sorties. (+ 2,5 % sur un an)

- Reprises d'emploi déclarées : 82 600, ne représentent que 18 % des sorties des listes de pôle emploi. ( -13,9% sur 1 an )
 


Demandeurs d'emploi par catégories :

A : 3 494 400 +0,4 % ( + 4,6 % sur 1 an ).

B : 687 000 +1,0 % ( + 6 % sur 1 an ) travailleurs pauvres moins de 78 heures.
C : 1 081 100 +0,8 % ( + 13,5 % sur 1 an ) travailleurs pauvres de + de 78 heures. 

D : 276 500 -1,3 % ( - 0,8 % sur 1 an ) stages parking, occupationnels etc.
E : 379 100 -0,3% ( - 2,9 % sur 1 an ) contrats aidés etc.

TOTAL : 5 918 100 ( données corrigées ), hors DOM TOM, soit + 5,5 % sur 1 an, 25600 chômeurs de plus, par rapport à Janvier.

TOTAL, dom-tom compris : 6 246 000 ( page 15 du rapport de la DARES, lien en bas de page ) et encore, données corrigées, les chiffres bruts sont + alarmants encore.

Quelques chiffres qui parlent :

Chômage Longue durée (entre 2 et 3 ans) : + 8,6 % sur 1 an.
Chômage Très Longue Durée + de 3 ans : + 18,7 % sur 1 an.

Chômage des 50 ans et +, + 9,9 % sur 1 an.

+ d'1 chomeur inscrit à pôle emploi sur 2 (51,7 %) ne perçoit AUCUNE INDEMNITE, ni ARE (allocation retour à l'emploi), ni allocation de solidarité (ASS, AER)

Offres d'emploi disponibles, dernier chiffre connu : 316 576.

Le + scandaleux, LE CHÔMAGE INVISIBLE, complètement en dehors des statistiques :

Ne sont pas comptés dans ces 6 246 000 demandeurs d'emploi et travailleurs pauvres occasionnels :
 
1 271 000 foyers bénéficiaires du RSA, en effet sur 2 300 000 environ de foyers (dernier chiffre connu) , seuls 1 004 000 sont inscrits à Pôle Emploi, les autres bénéficient d'autres suivis (associations, collectivités locales, etc.) en sachant qu'un foyer bénéficiaire, comporte parfois + d'un demandeur d'emploi en son sein, donc si on parle en nombre d'individus c'est pire.

 

+ encore 1 100 000 au bas mot, sur les environs 2 millions de bénéficiaires de l'AAH ou d'une pension d'invalidité, qui ne sont pas inscrits à Pôle emploi, malgré une aptitude et un désir d'accès à emploi adapté.

+ encore 1 400 000 de SANS-DROITS, qui sont principalement :

- des jeunes de moins de 25 ans, primo demandeurs d'emploi, qui comme vous le savez n'ont même pas droit au RSA. (quasi unique en Europe), favorisant délits, crimes, trafics, prostitution, esclavagisme moderne etc.

- des sans droits, pour motif, dépassement des plafonds de ressources dans le foyer, exemple, votre conjoint(e) perçoit 650€ d'allocation chomage, ou 800€ d'allocation adulte handicapé, vous n'aurez même pas droit au RSA, car vous dépasserez le plafond couple qui est de 642€ par mois, si vous êtes NON SDF.

- des bénéficiaires de pensions de reversions ( veufs, veuves ) de 55 ans et +, qui dépassent les plafonds du RSA ( 448€ pour une personne seule ), et qui n'ont pas l'âge pour prendre leur propre retraite ou pour percevoir le minimum vieillesse ( 65 ans ) qui s'appelle aujourd'hui "A-S-P-A" (allocation solidarité aux personnes âgées), qui est récupérable sur le patrimoine, au décès.

- des bénéficiaires de pensions alimentaires qui dépassent les plafonds du RSA (plafonds 2 fois inférieurs aux seuils de pauvreté, une véritable honte)

- des étudiants, boursiers ou non, qui cherchent des petits jobs alimentaires, qui sont donc bien demandeurs d'emploi, en concurrence avec les autres (même si beaucoup sont aussi exploités en stages sous payés, voire gratuits).

- des auto-entrepreneurs, qui ne gagnent rien ou presque, et sont demandeurs d'emploi en parallèle.

 - on peut parler également de retraités qui cherchent un emploi car leur retraite ne couvre pas les charges fixes pour survivre ( loyer, énergie, assurances, voiture, téléphone, eau, nourriture, santé (lunettes, dentiste ..) incalculable.

Faites le calcul vous même, on arrive au total, à + de 10 MILLIONS demandeurs d'emploi en France, et travailleurs pauvres occasionnels.
 
Sources : Rapport complet de la DARES de 20 pages (et non pas le simple communiqué de presse envoyé aux médias) : http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/PI-Mensuelle-V9decB-2.pdf

Rendez-vous le mardi 28 avril 2015, pour avoir les vrais chiffres du chômage de mars 2015.

 


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Vrais chiffres chômage décembre 2014, 38300 chômeurs de + malgré 298100 radiés ce mois
Vrais chiffres chômage septembre 2014, 67900 chômeurs de + malgré 283300 radiés
Vrais chiffres chômage octobre 2014, 21400 chômeurs de plus malgré 295100 radiations ce mois
Retraites en danger et chômeurs âgés

 

 

Source : http://www.agoravox.fr

 

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 23:01

 

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VIDEO. Les milliers de travailleurs au noir du ministère de la Justice

 

Publié le

 

Dans l’imaginaire collectif, le travail au noir est plutôt réservé au monde du bâtiment ou de la restauration. On en trouve pourtant aussi dans les administrations les plus importantes. Sur les 40 000 collaborateurs réguliers des palais de justice, plusieurs milliers travaillent sans être déclarés. Une situation qui dure depuis longtemps, comme a pu le constater l’Oeil du 20h.

 

De l'interprète au délégué du procureur C’est le cas notamment d'un interprète régulièrement employé par le TGI de Paris. Il n'est pas fonctionnaire et est payé en fonction des missions qui lui sont confiées. Premier problème : le ministère de la Justice lui doit 9000 euros au titre de ses missions effectuées… en 2014.

Second problème, l'interprète n'est pas déclaré. Un cas isolé ? Pas vraiment. Nous avons aussi rencontré un délégué du procureur. Cet ancien médiateur social n'est pas magistrat mais un collaborateur extérieur du ministère. Et lui non plus n’est pas déclaré. Plutôt étonnant quand on sait que le rôle d'un délégué du procureur est de faire… des rappels à la loi.

 

 

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 22:43

 

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Grèce : pourquoi Alexis Tsipras pourrait dire "non"

Romaric Godin  | 

 

 

 

Alexis Tsipras est-il prêt à devenir le "Lula grec" comme le souhaiterait certains économistes? (Photo: Alexis Tsipras, à Berlin, le mardi 24 mars, visite le Mémorial de l'Holocauste.)

Alexis Tsipras est-il prêt à devenir le "Lula grec" comme le souhaiterait certains économistes? (Photo: Alexis Tsipras, à Berlin, le mardi 24 mars, visite le Mémorial de l'Holocauste.) (Crédits : Reuters)



Alexis Tsipras prépare sa liste de réformes. Mais cèdera-t-il entièrement aux exigences des Européens ? Ce serait politiquement risqué. D'où, la possibilité d'un scénario de la rupture.

Les apparences semblent ne laisser aucun doute : Alexis Tsipras va céder.

Selon les informations parues dans la presse internationale, le Premier ministre hellénique s'efforcerait actuellement de convaincre son camp d'accepter avant lundi une liste de réformes très proches des vœux de l'Eurogroupe. Une liste révélée lundi 23 mars par l'agence DPA, et comportant une réforme du système des retraites, une hausse de la TVA et des privatisations, donne une idée de quoi il pourrait s'agir.

On notera aussi le silence, assez inaccoutumé, du ministre des Finances Yanis Varoufakis depuis plus d'une semaine. Une preuve de plus que l'heure serait aux concessions. Du reste, le simple fait que le Premier ministre grec ait décidé, à l'issue du « mini-sommet » sur le sujet, jeudi 19 mars, de présenter une nouvelle fois une liste de réformes à l'Eurogroupe ne laisse aucun doute sur la volonté d'Athènes de céder, puisqu'Alexis Tsipras a, en cela, reconnu, l'invalidité des précédentes propositions.

 

Tsipras, futur « Lula grec » ?

Ces concessions signifient-elles - comme le rêvaient dans une note du 25 mars, les économistes de Bank of America-Merrill Lynch - qu'Alexis Tsipras est déterminé à devenir le « Lula grec » par « un fort engagement pour les réformes » (tout en se gardant bien de définir en quoi ces réformes consistent, puisque, contrairement à ce que laisse entendre la note, l'accord du 20 février ne définissait pas ces réformes et c'est précisément le problème actuel) ?

Ce but est évidemment celui que les créanciers suivent avec détermination depuis l'élection du 25 janvier. Et pour cela, il aura suffi de jouer sur le manque de liquidités de l'État grec, tout en maintenant l'incertitude sur le soutien de la BCE au système financier grec pour provoquer une panique bancaire.

Pourtant, cette « victoire » européenne n'est pas certaine. Et adviendrait-elle en cette fin mars, elle ne pourrait être que provisoire. Pour comprendre pourquoi, il faut revenir à la situation en Grèce-même. Et à l'état de l'opinion.

 

L'actuelle popularité du gouvernement repose sur sa fermeté

Quel est-il ? D'abord, si les sondages sont contradictoires sur la question du maintien de la Grèce dans la zone euro, ils sont tous d'accord sur un point : Syriza bénéficie d'un vrai soutien populaire pour l'instant.

Le sondage Metron du 21 mars donne ainsi 47,8 % d'intentions de vote au parti d'Alexis Tsipras. Autrement dit, le Premier ministre grec peut compter sur un net appui populaire.

La question est de savoir sur quoi repose cet appui. Le même sondage donne une partie de la réponse, puisque 60 % des personnes interrogés estiment que ce sont les Européens qui doivent « faire des concessions. » Autrement dit, il est fort possible que la fermeté du Premier ministre ne soit pas étrangère à sa popularité.

Ceci serait, du reste, relativement logique. Car, en effet, comme en mai et juin 2012, les Grecs ont, le 25 janvier, voté pour la sanction de la politique imposée par les Européens et la méthode choisie par ces derniers. Les défenseurs du mémorandum de 2012 -que l'Eurogroupe veut absolument imposer- n'ont obtenu que 33 % des suffrages exprimés, 39% si l'on ajoute le très europhile parti To Potami. Les deux partis de la coalition gouvernementale, Syriza et les Grecs Indépendants, ont, en regard, obtenu 41 % des exprimés.

 

Ce que les Européens proposent à Tsipras : l'impopularité

Autrement dit, il paraît difficile pour le gouvernement Tsipras d'accepter de poursuivre une politique d'abaissement, face aux Européens.

D'autant que, rappelons-le, le gouvernement précédent lui-même avait refusé plusieurs "réformes" que voulait lui imposer la "troïka". En octobre, le budget avait été voté contre l'avis des créanciers. Le conflit avec les Européens était alors bien plus feutré, mais il était déjà bien réel.

Il est donc clair que, si Alexis Tsipras cédait aux exigences de l'Eurogroupe, il prendrait le contre-pied absolu de l'opinion.

L'idée que défendent les économistes de Bank of America Merrill Lynch, c'est évidemment que cette impopularité finira pas payer. C'est un propos très à la mode parmi les économistes modernes (fondé sur l'incapacité populaire à comprendre et reconnaître les « avantages du long terme »).

Bien sûr, il n'est pas à exclure que cette idée ait séduit le Premier ministre grec. Mais, en Grèce, ce serait un pari fort risqué. Pour plusieurs raisons.

 

Des réformes payantes ?

Économiquement d'abord, les « réformes » paieront-elles ? Rien n'est moins sûr. L'affichage de la certitude sur ce point de la part de certains économistes est étonnant. En effet, selon l'OCDE, la Grèce est le pays qui a réalisé l'effort de réformes le plus important de l'organisation entre 2007 et 2014. Sans que l'on puisse cependant mesurer son impact sur le potentiel de croissance du pays.

La Grèce n'est pas devenue, malgré ces réformes, une destination privilégiée des investisseurs internationaux. La réponse classique consiste à dire que ces réformes, fussent-elles les plus importantes de l'OCDE, n'étaient pas suffisantes.

 

Peu d'opportunités d'investissement

Mais il faut aussi s'interroger sur les raisons de cet échec de la politique menée depuis 2010. Première raison : le poids de la dette a cassé l'effet - déjà incertain - de la "neutralité ricardienne". Lorsque l'on a une dette de 177 % du PIB et que l'on s'est engagé à la rembourser, il est logique que les investisseurs hésitent à investir à long terme dans le pays. Ce poids de la dette entretient les épées de Damoclès de nouvelles mesures d'austérité, d'une nouvelle crise de la dette ou d'une sortie de la zone euro. Par ailleurs, la Grèce est désormais un pays sinistré économiquement et, en dehors du secteur touristique, présente fort peu d'opportunités d'investissement. D'autant que l'État ne peut intervenir pour soutenir des projets ambitieux, par exemple, dans les énergies renouvelables.

Bref, les « réformes » sans restructuration de la dette et sans plan de soutien à l'investissement sérieux (donc, en excluant le plan Juncker) risquent de n'être rien d'autre qu'un totem élevé à la gloire des créanciers.

Résultat : Alexis Tsipras prendrait le risque de saper ce qui constitue la base de sa popularité pour une politique dont l'efficacité est hasardeuse. D'autant que, même si les réformes finissaient par « payer », on sait que ces politiques tardent à se faire ressentir dans la population.

Mariano Rajoy, le président du gouvernement espagnol, en sait quelque chose : malgré le retour de la croissance, il a subi une défaite humiliante en Andalousie le 22 mars. L'intérêt pour Alexis Tsipras de jouer le rôle de « Lula grec » sous la forme que souhaitent les Européens est donc faible.

 

Une situation politique plus fragile qu'il n'y paraît

Or, et c'est le deuxième risque, la situation politique grecque est plus fragile qu'il n'y paraît. Syriza est passé en six ans de 4 % à 36 % des voix. Il est donné à plus de 40 % aujourd'hui dans les sondages. Mais sa base reste fragile.

L'austérité a détruit les vieux attachements politiques qui, depuis le retour de la démocratie, fondaient le système politique grec. Dans beaucoup de familles, on votait Pasok ou Nouvelle Démocratie par "attachement".

Ceci n'existe plus aujourd'hui. L'électorat est très mobile, son attachement à Syriza peut donc n'être que passager. L'abandon des promesses, la conversion aux "réformes" imposées par la troïka et l'incapacité de distinguer la politique de Syriza de celle du gouvernement précédent pourraient coûter cher à ce parti.

 

Les plus radicaux renforcés

De plus, si Alexis Tsipras prend le pari de l'impopularité, il devra sans doute changer d'alliés. Les Grecs Indépendants, ne voulant pas partager cette impopularité, se mureront sans doute dans une rhétorique nationaliste qui, hors du gouvernement, sera sans contrôle.

Il s'alliera alors avec To Potami, le parti centriste europhile, ce qui est le rêve des dirigeants européens. Mais alors, l'impopularité et le mécontentement risquent d'emporter Syriza - et To Potami avec.

Quel choix restera-t-il alors aux Grecs ? Le Pasok, le parti de George Papandréou (qui devait lui aussi être un « Lula grec ») et Nouvelle Démocratie ne sont pas des alternatives sérieuses pour la population, puisqu'ils ont tous deux mené la même politique.

Parallèlement, les Grecs Indépendants, le Parti communiste orthodoxe (KKE) et les néo-nazis d'Aube Dorée auront beau jeu de fustiger la nouvelle humiliation des Grecs face aux Européens.

Or, on se souvient que cette question de la "dignité" du peuple grec était centrale dans le programme et le succès de Syriza. La défaite d'Antonis Samaras a été fondée sur son incapacité à incarner cette « dignité », parce que ses reculs devant la troïka l'avaient, de ce point de vue, discrédité. Si Alexis Tsipras cédait sur toute la ligne aux Européens, après avoir déjà fait beaucoup de concessions en février et en mars, il donnerait l'impression de revenir à la logique « Samaras. » Et, on l'a vu, sa popularité actuelle réside précisément dans sa capacité de résistance.

Or, plus sa popularité sera en chute libre, plus l'unité du parti sera difficile à maintenir. L'aile gauche pourrait alors être tentée de rompre. Ce serait l'échec de toute la politique d'Alexis Tsipras depuis sa reprise en main de Syriza en 2009 qui s'effondrerait. Pour Alexis Tsipras, le risque ne serait alors pas seulement personnel, ce serait celui de donner une impulsion politique en Grèce à des partis plus radicaux.

 

S'inspirer du « non » de 1940

On voit donc mal Alexis Tsipras céder. Pour autant, le gouvernement grec ne dispose pas d'un mandat pour sortir de l'euro, donc pour organiser une rupture franche avec les Européens.

La stratégie alternative d'Alexis Tsipras pourrait donc être de céder jusqu'à la limite de l'inacceptable. Cette option est de plus en plus évoquée en Grèce : le gouvernement pourrait faire des concessions, tout en essayant de conserver le « cœur » de son programme, notamment sur la restructuration de la dette.

Puis, devant les exigences des Européens, il organisera la rupture en s'appuyant sur le soutien populaire, éventuellement en ayant recours à des élections ou à un référendum, comme Yanis Varoufakis l'avait évoqué à la mi-mars dans la Corriere della Sera. Dans ce cas, la rupture prendrait la forme d'un « non » à la façon du fameux « non » à l'ultimatum italien prononcé par le dictateur Ioannis Metaxas le 28 octobre 1940. Un jour devenu fête nationale et qui est une référence très importante dans l'esprit des Grecs.

On comprend mieux alors la volonté d'apaisement et de compromis du Premier ministre ces derniers jours. Il s'agira de mettre en exergue le plus possible le "maximalisme" des Européens et faire accepter à terme la rupture.

Car, contrairement à ce que laisse entendre la note citée de Bank of America Merrill Lynch, cette liste de réformes, si elle est acceptée, ne sera pas la panacée. Il n'y aura pas de financement de la part des Européens permettant à la Grèce de respirer à long terme. L'Eurogroupe va vouloir conserver le contrôle du gouvernement Tsipras en délivrant au compte-goutte les financements. D'autant qu'il veut réduire à néant toute tentative de discussion sur la dette. Le précédent de la liste validée le 23 février, puis annulée de fait, est là pour le rappeler.

 

Un défaut sans Grexit, ou le renversement du rapport de force

Or, l'avantage de la stratégie de rupture, c'est qu'elle peut renverser le rapport de force. Le gouvernement grec pourrait en effet non pas sortir de la zone euro, mais faire défaut et organiser un contrôle des capitaux. Une option qui a été évoquée par le think tank Open Europe, repris récemment par un article du Financial Times.

En suspendant ses paiements et en contrôlant les capitaux, Athènes disposera des fonds issus de son faible excédent primaire. En cas de besoin de financement, il pourra émettre des sortes de lettres de créances, qui auront valeur monétaire. Autrement dit, ce sera un substitut à la BCE qui devrait, alors, fermer l'accès des banques au financement.

Dans cette situation, ce sont les Européens qui se trouveront dans l'embarras. D'abord, parce que la possibilité du « Grexit » sera plus proche, car la Grèce n'aura plus qu'un pas à faire pour transformer ces lettres de créances en drachmes.

Ensuite, parce qu'ils seront contraints à négocier ou à subir une perte majeure sur leur exposition à la Grèce. Ce sera particulièrement le cas de la BCE qui doit récupérer cet été 6,7 milliards d'euros (une somme considérable pour ses comptes, sinon pour son bilan).

Bref, Athènes sera de nouveau en position de force, celui, assez classique, du débiteur face à ses créanciers puisque ce n'est que sous cette forme que les Européens veulent négocier. Le tout sans sortir de l'euro, et donc, sans heurter le désir d'une grande partie des Grecs (84 % d'entre eux ne veulent pas sortir de l'UE, selon le sondage déjà cité).

Cette option permettrait alors à Alexis Tsipras de se présenter comme « l'homme du non » et de sauvegarder son capital politique. Il contraindrait alors les Européens à ouvrir une discussion sur la dette et l'économie grecque. Ce serait, pour lui, une option plus payante qu'une conversion pure et simple à la logique de l'Eurogroupe.


 



Source : http://www.latribune.fr

 

 

 

 

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 18:38

 

Source : http://www.ledauphine.com

 

 

JUSTICE Genève attaque EDF à cause de la centrale nucléaire du Bugey

 

Par Sébastien COLSON | Publié le 25/03/2015 à 17:04

 

 

 

Les Genevois craignent la centrale du Bugey qui date du début des années 70...

 

Après les banques, le nucléaire ? La ville de Genève a fait part ce mercredi après-midi de son intention d’attaquer en justice le directeur général et le responsable de la sécurité d’EDF, en raison du danger que représente la centrale nucléaire du Bugey qui se situe dans l’Ain, à 70 kilomètres à vol d’oiseau de la Cité de Calvin. C’est Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l’environnement de la République française et députée européenne, qui représentera la ville de Genève dans cette surprenante voie pénale. «Ces dernières années, la ville et l’Etat de Genève ont intenté diverses procédures à l’encontre de projets prévus par EDF et liés à l’exploitation de la centrale et au stockage de déchets radioactifs produits par neuf réacteurs en cours de démantèlement. Aucune de ces procédures administratives n’a abouti à des résultats probants, le Conseil d’Etat français prenant systématiquement position en faveur de l’énergie nucléaire» explique la ville qui donnera des détails supplémentaires ce jeudi.La constitution genevoise bannit le recours au nucléaire pour son électricité, qui est à 94% d’origine renouvelable...

Par Sébastien COLSON | Publié le 25/03/2015 à 17:04

 

Source : http://www.ledauphine.com

 

 

 

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 16:53

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Quand l’austérité budgétaire menace la richesse de la création culturelle

par

 

 

 

 

Une centaine de festivals qui disparaissent, des théâtres, des conservatoires de musique, des orchestres prestigieux menacés : l’année 2015 s’annonce mortifère pour la culture. En cause, la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales, qui les répercutent sur leurs territoires en supprimant des subventions. Le tout, sur fond de discours populistes contre une « culture élitiste » et de démantèlement d’une politique de décentralisation culturelle de plus d’un demi-siècle. Les artistes se mobilisent pour limiter la casse.

C’est une véritable hécatombe que va connaître la création artistique en 2015. Des festivals, des théâtres, des cinémas, des musées, des conservatoires de musique voient leur existence menacée par la baisse ou la suppression de subventions publiques. Tout le territoire est concerné. D’un côté, les pressions d’artistes et de certains élus locaux se multiplient pour limiter la casse. De l’autre, la très faible mobilisation citoyenne, médiatique et politique, notamment durant la campagne des élections départementales, n’aide pas à inverser la tendance. Une première alerte a été donnée le 10 décembre 2014, au Théâtre national de la Colline, à Paris.

Rassemblés à l’initiative du Syndeac (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles), plusieurs centaines d’artistes et responsables d’institutions ont interpellé la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, dans une « Lettre ouverte » : « Ce que nous voyons, c’est une baisse constante de toutes les aides accordées à la création et à la diffusion artistiques, ce que nous voyons, c’est que les méthodes d’évaluation de nos subventions sont décidément ordonnées par une idéologie du profit commercial. »

 

Une centaine de festivals supprimés

Dans la foulée, des ensembles musicaux prestigieux annonçaient la suppression de la subvention de la ville qui les héberge, parfois depuis plus de vingt ans : les Musiciens du Louvre à Grenoble, les Arts Florissants à Caen, le Concert d’Astrée à Lille. Même Paris s’y met : Jérôme Clément, l’ancien patron d’Arte, a démissionné le 19 février 2015 de la présidence du conseil d’administration du Théâtre du Châtelet, parce qu’il n’avait reçu aucune garantie financière de la municipalité. « Nous n’avons toujours pas d’idée sur le prochain budget, nous ne savons pas s’il permettra de faire de la création », explique-t-il. Une « cartocrise », créée par Emeline Jersol, médiatrice culturelle au Centre national des arts de la Rue de Valenciennes (Nord), recense de son côté plus d’une centaine de festivals dont la fin a été annoncée.

 

Voir en plein écran

 

 

En octobre 2014, un document publié par l’Association des petites villes de France (APVF) laissait pressentir l’ampleur des dégâts : « Enquête sur les coupes budgétaires à venir dans les petites villes. » Il révélait que la part des communes qui prévoyaient de toucher à la culture en 2015 était de… 95 % ! Si les mairies sont à la manœuvre pour décider et pratiquer ces coupes (et dans une moindre mesure les départements et les régions), leur cause est à chercher ailleurs. Dans la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales : 11 milliards d’euros en moins sur trois ans (2015 à 2017).

 

Des milliards pour les entreprises, l’austérité pour les artistes

« Dans l’endettement global du pays, les collectivités locales ne représentent que 10 %, or avec ces baisses de dotations, on leur fait porter 20 % de l’effort, regrette Olivier Dussopt, député-maire (PS) d’Annonay (Ardèche), et président de l’APVF. De plus, les maires doivent faire face à des dépenses supplémentaires, dues, entre autres, à la hausse de la TVA, à la réforme des rythmes scolaires ou à la revalorisation des salaires des fonctionnaires de catégorie C, nombreux dans les communes. Revalorisation justifiée par ailleurs. Dans un tel contexte d’austérité, nous n’avons aucune visibilité sur nos budgets à moyen terme. »

Le mot est lâché : austérité. C’est en son nom que les baisses de dotations ont été décidées. Alors certains élus s’étonnent de voir le gouvernement accorder 50 milliards d’aide aux entreprises, avec le pacte de responsabilité. A l’image d’Olivier Dussopt : « J’aimerais que l’on exige des contreparties aux entreprises, en échange de ces 50 milliards. Et pour nous, que l’on étale les baisses de dotations sur plus de trois ans. »

Malgré cette forte diminution des ressources, certaines villes ont préservé leur budget culture pour 2015. A l’image de Cran Gevrier, 17 500 habitants, commune de tradition populaire et ouvrière de l’agglomération d’Annecy. « On se prépare à la rigueur budgétaire depuis plusieurs années, en réduisant les frais de fonctionnement, explique Fabien Géry, adjoint (PS) à la culture et aux sports. Forcément, c’est plus long et compliqué que de supprimer des subventions, et ce n’est pas toujours populaire, car ça suppose des réorganisations de services et des non remplacements de départs à la retraite. Mais à long terme, c’est plus efficace. »

 

La mort de la décentralisation culturelle

L’État lui-même a annulé sa participation aux conservatoires de musique régionaux et départementaux, soit une centaine d’établissements. Quelques-uns ont dû supprimer des postes d’enseignants. C’est le cas à Orléans, dans les classes de piano, trompette et flûte. « Nous sommes en train de faire une évaluation globale des effets de toutes ces coupes budgétaires en termes d’emploi, explique Hélène Cancel, vice-présidente du Syndeac, et directrice de la scène nationale de Dunkerque, le Bateau feu. Mais nous n’aurons des chiffres précis que dans un an au moins, car les procédures de licenciement peuvent prendre du temps. »

Derrière l’argument budgétaire, c’est aussi la fin d’une politique culturelle ambitieuse, lancée dès 1946, qui s’annonce. Celle qui a permis une vaste décentralisation de la création et de la diffusion. Cette politique, que Jean Vilar appelait « l’élitisme pour tous », a toujours eu des détracteurs. Ils reviennent aujourd’hui en force, sur un large éventail politique. « Il y a une nouvelle génération d’élus qui considère la culture avec des critères comptables, se désole Hélène Cancel. Ils n’ont pas été portés par cet élan né au sein du Conseil national de la Résistance. C’est l’une des explications de la situation désastreuse actuelle. »

 

Subventionner Miss France plutôt qu’un théâtre

A l’extrême-droite, ce sont des critères identitaires plutôt que budgétaires qui s’appliquent. Sur le très mince échantillon de villes dirigées par le FN, petites pour la plupart, les subventions sont réorientées : vers l’identité régionale, nationale, catholique, etc. A l’exemple du maire de Cogolin (Var) qui a récemment interdit un spectacle de danse orientale en expliquant : « On est en Provence, pas en Orient » (lire ici).

A droite, à quelques exceptions près, les élus locaux n’ont jamais vraiment fait de la création artistique une priorité politique. « Durant les dernières municipales à Cran Gevrier, le candidat d’opposition avait promis de supprimer le service culture de la ville s’il était élu », rapporte Fabien Géry. A Tourcoing (Nord), le maire Gérald Darmanin (UMP), qui avait qualifié Christiane Taubira de « tract ambulant pour le FN », a retiré sa subvention de 76 250 euros au Théâtre du Nord. Avant de déclarer qu’il était prêt à accueillir la cérémonie Miss France 2016, pour un coût de 400 000 euros… Le basculement de nombreuses villes à droite lors des dernières élections municipales a d’ailleurs contribué à accentuer les baisses de subventions.

 

« Culture élitiste » contre « culture populaire » ?

Mais la gauche n’est pas à l’écart. A côté de ceux de Grenoble, Lille ou Paris, le maire de Poitiers, Alain Claeys (PS) s’est lui aussi distingué : il a mis en vente le théâtre municipal, qui pourrait devenir un centre commercial... Certains vont même jusqu’à reprendre des couplets néo-poujadistes sur « l’élitisme » des artistes. Sans jamais préciser le sens qu’ils donnent à ce mot.

Dans un entretien accordé au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 23 février 2015, Fleur Pellerin expliquait que sa mission « ne consisterait pas seulement en la promotion d’une culture parfois élitiste » (contactée par Basta !, la ministre n’a pas souhaité répondre à nos questions). Philippe Saurel, proche de Manuel Valls, maire (ex PS) de Montpellier, où de nombreuses structures sont menacées, a déclaré lorsqu’il a été nommé adjoint à la culture en 2011 : « Je ne souhaite une culture ni élitiste ni populiste, mais populaire et de grande qualité. »

 

Fin de l’« expansion formidable de la création artistique » en France ?

A ces discours qui veulent opposer « culture élitiste » et « culture populaire », certains artistes apportent une réponse cinglante par leur parcours. C’est le cas d’une comédienne qui figure parmi les premiers signataires de la « Lettre ouverte » à Fleur Pellerin : Caroline Proust. Populaire, elle l’est sans conteste, en tenant le rôle principal d’une série télévisée lancée il y a dix ans sur Canal +, qui bat des records d’audience saison après saison, et qui a été vendue à plus de 70 pays : Engrenages. Or Caroline Proust est aussi une comédienne de théâtre, formée au conservatoire de Montpellier.

Elle répète actuellement « Vu du pont », d’Arthur Miller, qu’elle jouera en octobre prochain au Théâtre de l’Odéon. Et se sent redevable à tous ces lieux, aujourd’hui menacés, qui ont nourri sa carrière. « La décentralisation a permis une expansion formidable de la création artistique dans chaque ville de France, explique-t-elle. Ces coupes budgétaires rendent impossibles les créations telles qu’on les a vécues ces quarante dernières années. Pour moi qui ai pu apprendre mon métier gratuitement dans des écoles d’État, le sens que portent les réclamations des acteurs de la culture doit être écouté comme un signal d’alerte. Il est impératif que l’État continue de soutenir les théâtres ! Mon premier professeur au conservatoire de Montpellier était un des papes de la décentralisation, Gabriel Monnet. Un « Monsieur » éminemment respectable, qui doit aujourd’hui se retourner dans sa tombe ! »

Martin Brésis

Photo : CC Len Radin

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 16:17

 

Source : http://la-bas.org

 

VIVE L’ENTREPRISE ! Spéciale Gérard FILOCHE

Le , par L’équipe de Là-bas

 

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(dessin : Daniel et Colas Mermet)

« JEAN-CLAUDE JUNCKER, UN CAHUZAC PUISSANCE 10 000 À LA TÊTE DE LA COMMISSION EUROPÉENNE » (Gérard Filoche). Pendant 30 ans, selon Luxleaks, le Luxembourg a blanchi les finances de 340 multinationales, soit 2 400 milliards d’euros. Ainsi ces entreprises n’ont pas payé d’impôts dans leurs pays respectifs. Parmi elles, 58 sont françaises. L’argent détourné est estimé à 100 milliards d’euros. Et tout ça sous l’autorité de Jean-Claude JUNKER, devenu responsable de la Commission européenne. Comment expliquer ça à nos six millions de demandeurs d’emplois ?

 

La vidéo de son attaque contre la loi Macron dans LÀ-BAS Hebdo a touché des centaines de milliers d’entre vous. La loi est passée mais piteusement, par la force de l’article 49.3. Gérard FILOCHE ne baisse pas les bras. Il publie Vive l’entreprise ? Le Code du travail en danger (éditions Hugo & Cie). Une attaque efficace contre la dictature de la finance et ses grands médias bien tenus en laisse. La crise ? Jamais la France n’a été si riche, jamais les richesses n’ont été aussi inégalement réparties, rappelle Filoche. Selon le ministre Cazeneuve, la fraude fiscale s’élève à 80 milliards d’euros. « La République vous rattrapera ! » s’était écrié François Hollande au Bourget en janvier 2012, en direction de la délinquance financière. Mais c’était pour de rire, bien sûr.

Alors que toute une France populaire, si longtemps méprisée et déboussolée, se tourne vers Marine Le Pen, il est important de faire entendre une des voix de cette gauche dont le Front National a usurpé le discours et les valeurs. Un hold-up qui n’est pas sans précédent. À plusieurs tournants de l’Histoire, l’extrême droite a pu instrumentaliser et détourner la colère du peuple pour l’entraîner vers des nuits sans issue. Du coup, depuis quarante ans, la gauche cynique agite régulièrement l’épouvantail du fascisme qui vient et se présente comme le seul bouclier possible. Or c’est à chaque fois que la gauche trahit ses promesses que la marée brune avance.

Avec également, autour de Daniel MERMET : Didier PORTE, Hervé KEMPF, Gérard MORDILLAT, et les improvisations musicales d’Arthur RIBO & Victor BELIN.


Les différentes séquences de l’émission :

Vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis

Quelques messages parmi ceux que vous avez laissés sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37, suivis d’une improvisation musicale d’Arthur Ribo et Victor Belin, qui « débarque au Lieu-Dit, à mille lieues de savoir ce qui va se dire ici. »


Partie 1ère : Que fait Gérard FILOCHE au PS ?

Mais que fait Gérard Filoche encore au Parti Socialiste ? C’est la question qu’on lui pose tout le temps, et c’est la question que vous avez été nombreux à lui poser sur le répondeur de Là-bas si j’y suis. Gérard Filoche, qui a longtemps été aux marges de la gauche et a décidé d’en rejoindre le cœur pour y peser, répond par un mot : « UNITÉ ! » C’est par l’unité de la gauche que doit agir le salariat qui, nous rappelle Gérard Filoche, est le véritable créateur des richesses qui ne lui sont pas redistribuées.



Partie 2 : travailler mieux, moins, tous

Le saviez-vous ?
87 hommes possèdent au total autant que la moitié de l’humanité.
Trois hommes possèdent autant que les 48 pays les plus pauvres.
En France, dix millions de personnes vivent avec moins de 900€ par mois.
En France, Bernard Arnault et Liliane Bettencourt possèdent davantage qu’un tiers des Français.
En France, les aides et exonérations aux entreprises représentaient 220 milliards d’euros en 2013, sans contrepartie puisqu’il y a toujours 6 millions de demandeurs d’emploi.
Le patron de TOTAL gagne chaque mois l’équivalent de 263 SMICS.

Face à ce constat, Gérard FILOCHE cherche la brèche pour qu’en France un mouvement comme Syriza ou Podemos émerge, et détaille ce qu’un tel mouvement devra mettre en place, redistribution des richesses, partage du travail, réduction du temps de travail.



Partie 3 : Filoche face à nos chroniqueurs

Gérard Mordillat persiste et demande à l’homme de gauche qu’est Gérard Filoche ce qu’il fait dans un parti de droite, le Parti Socialiste. Hervé Kempf, lui, s’intéresse au programme écologique de Gérard Filoche : quelles idées, quelles mesures écologiques pour la transition énergétique ? « Pour sauver la banquise, il faut nous protéger des banquiers », lui répond Gérard Filoche.



Gérard MORDILLAT : les noms en disent long

Lamy, Sapin, Trichet, autant de grands financiers qui nous dirigent, et dont les noms imagés inspirent Gérard Mordillat cette semaine.


Hervé KEMPF : le capitalisme contre la planète

« Si le climat était une banque, il serait déjà sauvé. » Cette phrase d’Hugo Chavez rappelle qu’il n’y aura jamais de véritable politique écologique sans changement de modèle économique. C’est donc au capitalisme responsable de la catastrophe écologique que s’attaque Naomi KLEIN dans son prochain livre Tout peut changer : capitalisme et changement climatique (éditions Actes Sud).

Lundi 09 mars dernier, Michel Onfray était sur toutes les radios, France Inter, RMC, Europe 1. Quel message avait-il à délivrer ? Une réponse à Manuel Valls qui avait l’accusé de participer à la perte des repères et à une certaine confusion des idées. Confus, Michel Onfray ? Didier Porte nous aide à comprendre.


Programmation musicale :
- improvisations musicales d’Arthur Ribo et Victor Belin depuis le Lieu-Dit
- J’aime ma boîte, par Manolo, la voix des Gypsies
- Mauvais Ouvrier, par Le Cri de la Turbineuse
- Le Temps des cerises, par Cora Vaucaire
- Valls in Dub, par Dubamix


À lire :
- Vive l’entreprise ? Le code du travail en danger, un livre de Gérard Filoche (2015, éditions Hugo et Cie)

À voir :
- Le concert dont vous êtes l’auteur, par Arthur Ribo et Victor Belin. Le samedi 14 mars à la Nuit du Slam au Marché Gare, à Lyon, le jeudi 26 mars au théâtre de la Mouche à Saint-Genis-Laval, le mercredi 7 avril au Train Théâtre à Porte-lès-Valence, le jeudi 9 avril au château de Grignan, le samedi 11 avril au festival Mythos à Rennes, les 23 et 24 avril à Châlons-en-Champagne, du 28 au 30 avril au Théâtre Paris-Villette à Paris, le vendredi 29 mai à Argenton. Toutes les dates sur www.arthuribo.com.

Merci à Hossein et à l’équipe du Lieu-Dit.
Et n’oubliez pas que le répondeur attend toujours vos messages au 01 85 08 37 37.

Présentation : Daniel MERMET
Réalisation : Franck HADERER et Guillaume GIRAULT
Répondeur : Stéphanie FROMENTIN
Préparation : Jonathan DUONG

 

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Source : http://la-bas.org

 

 

 

 

 

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