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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 17:13

 

Source ; http://zad.nadir.org

 

Infos du 2 au 9 mars

mardi 3 mars 2015, par zadist

 

 

Si vous voyez des mouvements de police anormaux autour de la zone, contactez-nous ! sur le numéro d’urgence 06 43 92 07 01

Pour la connexion sécurisé de notre site : https://zad.nadir.org
l’empreinte du nouveau certificat c’est D5:67:93:5E:EE:BC:58:ED:F3:FA:07:7B:0F:66:A5:64:0B:B1:7A:2C (depuis le 13/01 jusqu’au 13/02)

Infos sur la répression

Jordan est incarcéré suite à la manif du 22 février ; il avait pris 5 mois ferme (qui devaient être aménagés en autre chose que de la prison).
Pour lui écrire : MAHE Jordan - écrou 60532 - Centre Pénitentiaire de Nantes - B.P. 71636 - 44316 NANTES-CÉDEX

les nouvelles date pour la black plouc kitchen en février sont sur le blog https://blackplouckitchen.wordpress.com

Une semaine sous le signe des résistances à la répression et aux violences policières : tout le programme est là, et bien sur, rdv samedi à 12h au square Daviais pour un pique-nique, une manif, des débats, des concerts ! et à Toulouse pour celleux qui sont plus au Sud !

un récit ici de marche contre les violences policières de samedi dernier à Montreuil, où la manifestation a été bloquée et encerclée pendant 3h : Le droit de manifester aboli par la préfecture ? https://collectif8juillet.wordpress.com/2015/02/16/le-droit-de-manifester-aboli-par-la-prefecture/

 

Mercredi 4 mars

[AntiRep Nantes] Suite à la manif du 21 février 2015 à Nantes,...

[ZAD Testet] Appel à actions décentralisées visant la FNSEA/JA + témoignages
Nous, sympathisant-e-s tarnais de la lutte contre le barrage de Sivens, sommes indignés des méthodes utilisées par la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles) et les JA (Jeunes Agricoles) pour assiéger et tenter d’affamer des militants écologistes légitimes. Nous dénonçons le « deux poids, deux mesures » et la passivité des forces de répression face aux menaces de mort et actes violents commis par les membres de ces syndicats. Nous appelons à des actions décentralisées visant la FNSEA et les JA dans tous les départements du territoire ! https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/2015/03/01/bouilles-hebdo-du-2-au-8-mars/

 

Mardi 3 mars

[ZAD] Proposition de balade sur les plantes sauvages le samedi 7 mars. Départ de la balade à 14h30 à Saint-Jean du tertre

[Nantes] Manifestation 7 mars (pour le 8 mars, journée des femmes)

 

 

[Testet] Marche de la solidarité Toulouse- ZAD du Testet-Albi - Jusqu’à quand allons-nous laisser les marchands de pesticides décider ce qu’on mange ? Jusqu’à quand allons-nous laisser la terre, l’avenir de nos enfants être bradé, bafoué par des décideurs cyniques et corrompus ?

 

Un texte "ZAD nulle part" https://tantquilyauradesbouilles.files.wordpress.com/2014/12/zad-nulle-part.pdf.
"Nous appelons nos ami-e-s ZAD-istes a ne pas se conforter dans le mouvement actuel, a errer de ZAD en ZAD tels des soldats sans armée et sans front. Et à reprendre une analyse politique déterminée et ferme du contexte actuel. Nous avons besoin de rigueur politique, de choix réfléchis et de nous sentir fort-e-s et soutenu-e-s parce que nous étions trop peu depuis une dizaine d’années, mais aujourd’hui, alors que notre nombre est plus appréciable, l’ennemi reste démesuré et semble encore plus fort que jamais. Si pour notre part, nous assumons beaucoup plus le terme d’anarchistes que celui de ZAD-iste, c’est parce qu’il définit une analyse politique des rapports sociaux qu’il implique une critique en acte des rapports de domination, d’oppression et de violence auxquels nous sommes confrontés, même au sein de notre camp. En tant qu’anarchistes, nous ne voulons pas briller par notre « pureté » militante mais donner quelques moyens à nos rêves et percevoir la réalité de ce qui nous habite et de ce qui nous entoure. Nous ne sentons pas cette même ferme volonté sur la ZAD".

 

AVERTISSEMENT DE LA DESTROÏKA aux petits maîtres de ce monde
Inutile de vous le cacher, vous nous avez irrités. Vos manières d’avares nous ont toujours semblé détestables ; vos manœuvres pour perpétuer votre règne feutré nous ont toujours paru infâmes ; l’hypocrisie complète de votre morale économique ne nous a jamais échappé. Lire le texte entier : http://lundi.am/Avertissement-de-la-Destroika

 

Lundi 2 mars

[NANTES ANALYSE]
Les grands médias n’ont insisté que sur la violence des manifestants lors de la mobilisation du 21 février 2015 à Nantes et Toulouse, DOC du réel, présent ce jour-là à Nantes, donne la parole aux manifestants. 26 mins, De Camille Robert (DOC du réel)

 

[ZAD : APPEL à RASSEMBLEMENT] en solidarité avec la famille Herbin. Nous habitants, occupants et paysans de la ZAD et des alentours, réaffirmons que l’aéroport ne se fera pas car notre résistance est plus forte que jamais.

[ZAD Testet] Appel au rassemblement devant la FNSEA en soutien au Testet se soir 19h a Paris parce que nous ne voulons pas de barrage à Sivens, Parce que nous nous opposons aux logiques agricoles productivistes, Parce que nous n’oublierons pas que les gendarmes ont tué Rémi Fraisse, Parce que nous n’acceptons pas que des milices brutales imposent leur vision opportuniste, Parce que nous luttons contre les aménageurs et leur monde,

[ZAD Testet] Pour Sivens, c’est maintenant !!! Semaine déterminante ! Besoin de personnes motivées sur la ZAD du Testet pour résister à la pression policière et milicienne. Ramenez-vous dès que possible ! https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/2015/03/01/pour-sivens-cest-maintenant-semaine-determinante/

Nouvelle mini-ZAD : l’an 01 C’est maintenant Nous, Les Jardiniers Pirates, Artivistes et Extravagant(e)s, avons ouvert le 28 février 2015 au 35 rue du bon pasteur *« Le jardin des pendarts »,*un lieu collectif autogéré et partagé une Zone autonome, un lieu d’expérimentation artistique, social, écologique et économique le point de départ d’une nouvelle commune indépendante.

Fête des enfants à la ZAD le 22 Mars - En 2014, deux enfants sont nés au lieu-dit Saint Antoine, fruits de l’occupation de la ZAD. À l’occasion du premier anniversaire d’une de ces naissances heureuses, retrouvons-nous costumés si le coeur nous en dit, pour un pique-nique suivi d’un après-midi à inventer et à partager joyeusement.

[Toulouse] Soirée de soutien au Mektub - RAP HORS DE FORCE 13 Mars à 19h00

Reçu : Merci de signer et transmettre
Important contre les GPII et pour la protection des terres agricoles
https://www.change.org/p/nice-un-moratoire-sur-la-destruction-des-terres-agricoles-de-la-plaine-du-var-le-maintien-et-la-restructuration-du-min-march%C3%A9-d-int%C3%A9r%C3%AAt-national-%C3%A0-son-emplacement-actuel

 

 

Source ; http://zad.nadir.org

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 17:02

Info reçue par mail

 

 

1. Appel URGENT à se rendre sur la Zone à Défendre du Testet :

Celle-ci est harcelée par des pro-barrage dangereux liés à la FNSEA et aux JA, les organisations syndicales co-responsables de l'effondrement de l'agriculture paysanne et de la biodiversité dans nos champs et nos assiettes. Munissez-vous d'appareils pour prendre un maximum d'images en cas d'exactions de la part des nervis de la FNSEA. Ces images peuvent être envoyées sur le mail à manifeste (a) desobeir.net pour être diffusées dans notre alterJT (www.alterjt.tv)


2. Les Désobéissants au Forum Social Mondial 2015 de Tunis: nous avons besoin de vous !

 

La Boite Militante et Les Désobéissants ont décidé de participer au Forum Social Mondial, qui aura lieu à Tunis du 24 au 28 Mars 2015.

Dans le cadre de cet espace extraordinaire de débat d’idées, nous souhaitons apporter notre contribution, en réalisant deux activités principales:
- un atelier : « réflechir et mobiliser : de la théorie aux pratiques de l’action directe non violente »
- une conférence débat : « don’t hate the media, be the media » : activisme et enjeux d’un média alternatif et des alternatives

Nous sommes ravi-es de pouvoir rejoindre le Forum Social Mondial et échanger nos expériences avec celles de nos frères et sœurs des luttes internationales, pour cela nous avons besoin de l’aide et du soutien de tous nos ami-es.

Si pour l’hébergement nous ferons appui sur les réseaux de militant-es sur place, nous faisons appel à vous tous et toutes pour cofinancer les frais de participation aux Forum Social Mondial et payer les activités proposées. L’organisation du Forum étant totalement autogérée et autofinancée, votre contribution serait un important coup de main pour que ce rendez-vous mondial continue à être le point de rencontre libre de tous les mouvements sociaux.


Vous pouvez nous soutenir en faisant un don ici : Don aux désobéissants

En remerciement de votre soutien, vous recevrez une carte postale militante de notre participation au Forum Social Mondial . Et merci à tous et toutes, d’ores et déjà!


Les Désobéissants et La Boite Militante
Plus d'infos ici


Faites tourner !

www.desobeir.net

 

 

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 16:51

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Edward Snowden, les coulisses de la plus grande fuite de l'histoire

04 mars 2015 | Par Jérôme Hourdeaux

 

 

En juin 2013, la réalisatrice Laura Poitras a filmé durant huit jours sa rencontre avec le lanceur d'alerte, caché à Hong Kong. Son documentaire, « Citizenfour », un huis clos intimiste et angoissant, sort en salle ce mercredi. Le 5 mars, la chaîne Planète+ diffuse « Edward Snowden, ennemi d’État », un film dévoilant un autre épisode : la fuite de l'informaticien vers la Russie avec l'aide de Wikileaks.

 

Edward Snowden n’a pas que dévoilé un dispositif d’espionnage global des citoyens déployé par les États-Unis et leurs alliés. Il a également donné naissance à une nouvelle figure héroïque, le lanceur d'alerte, immortalisée par le documentaire « Citizenfour », sorti en France mercredi 4 mars, de la réalisatrice Laura Poitras. Elle est l’une des premières journalistes à avoir été en contact avec l’ex-employé de la NSA.

Malgré quelques pionniers, ceux que l’on appelle en France les « lanceurs d’alerte » avaient jusqu’à présent généralement tout fait pour rester dans l’ombre, notamment en raison des craintes de représailles. Pour avoir fourni en 2010 au site Wikileaks plusieurs centaines de milliers de documents et câbles diplomatiques, et après avoir été dénoncé par un hacker, le soldat Bradley Manning (devenu Chelsea Manning), a écopé, en 2013, de 35 années de prison. Auparavant, il a été placé durant trois années en isolement par la police militaire. Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, est de son côté toujours reclus dans l'ambassade équatorienne à Londres, assuré d'être extradé à toute tentative de sortie.

Le tour de force d’Edward Snowden est d’avoir réussi à retourner totalement ce statut de paria, de traître à la nation en assumant et revendiquant son rôle de whistleblower. Devançant médias et forces de l’ordre, c’est lui qui décide de dévoiler son identité dans une vidéo diffusée le 8 juin 2013 par le Guardian, quelques jours seulement après la publication des premières révélations. Cette vidéo, tournée dans la chambre de l’hôtel Mira de Hong Kong par Laura Poitras, constitue une des scènes centrales de « Citizenfour ».

 

 

Edward Snowden dans sa chambre d'hôtel

Edward Snowden dans sa chambre d'hôtel

 

Cette interview, devenue historique, a changé la donne. La mystérieuse taupe sortait enfin de l’ombre. Et son visage était celui d’un jeune homme, patriote, élevé dans une famille de militaires, propre sur lui, bien éduqué et expliquant avec calme et aisance comment son gouvernement violait la vie privée de ses citoyens. En revendiquant son « crime » pour accuser le gouvernement américain, il inversait la charge de la preuve et mettait le gouvernement américain sur la défensive.

Depuis, Edward Snowden, qui vit toujours en Russie et à qui les pays européens dont la France ont refusé l'asile, est devenu une véritable icône déclinée en livres, série télé, films, documentaires… Alors que filtrent déjà les premières images de l’adaptation aux écrans de sa vie par Oliver Stone, « Citizenfour » vient d’être récompensé aux Oscars. Honni par Washington, Edward Snowden est encensé par Hollywood.

Cette multiplication des récits permet de peu à peu dévoiler avec une précision sans précédent les détails de l’une des affaires les plus extraordinaires de l’histoire du journalisme. En deux ans, une bonne partie des acteurs ont en effet donné leur version de l’histoire, permettant ainsi de reconstituer peu à peu le puzzle. Le journaliste Glenn Greenwald, l'autre journaliste à avoir été contacté par Edward Snowden, avait déjà publié, au mois de mai 2014, Nulle part où se cacher, un livre balayant l’histoire du whistleblower et les implications de ses révélations. À l’inverse, Laura Poitras a fait le choix de se concentrer sur un épisode bien particulier de son histoire : les huit jours passés avec Edward Snowden dans une chambre de Hong Kong.

Le 2 juin 2013, la réalisatrice débarque dans la province autonome chinoise accompagnée de Glenn Greenwald. Depuis quelques mois, les deux journalistes sont en contact par internet avec une mystérieuse source signant ses messages « Citizenfour ». Celle-ci dit avoir la preuve de multiples violations des droits fondamentaux des citoyens par les services secrets américains pour lesquels il affirme travailler. Pour prouver ses dires, il a déjà fourni aux journalistes une série de documents. Le rendez-vous a été fixé dans une salle de l’hôtel Mira, avec, comme signe de reconnaissance, un Rubik’s Cube. Une fois le contact pris, Edward Snowden emmène dans sa chambre Glenn Greenwald et Laura Poitras. Celle-ci sort immédiatement sa caméra et se met à filmer.

C’est autour de ce huis clos que tourne entièrement « Citizenfour ». Avec une image souvent instable, une mise au point aléatoire, des mouvements de caméra parfois un peu brusques, il s’agit d'un témoignage à la première personne. On y revit, à travers les yeux de Laura Poitras, certaines des scènes décrites dans des articles ou par Glenn Greenwald dans son livre. Le montage particulièrement efficace et la distance prise par Laura Poitras, que l’on entend et qui n’apparaît quasiment jamais, renforcent encore le réalisme, l’impression d’être coincés dans cette chambre avec les deux journalistes, parfois accompagnés de leur collègue du Guardian Ewen MacAskill, et Snowden potentiellement recherché par toutes les agences américaines.

Au fur et à mesure des interviews, la paranoïa de Snowden se fait contagieuse. On rit lorsqu’il se dissimule la tête sous une couverture pour taper son mot de passe, ou quand il débranche le téléphone dès que celui-ci se met à sonner. Mais l’ambiance commence à se faire plus pesante lorsque l’alarme à incendie de l’hôtel se déclenche brièvement à plusieurs reprises, une méthode selon Snowden utilisée pour forcer des cibles à sortir de leur chambre. L’alerte était en fait un test de sécurité.

Mais le film réussit à convaincre le spectateur qu’à tout moment des agents pourraient défoncer la porte et mettre un terme à l’histoire avant même qu’elle ne débute. Dans ce huis clos angoissant, les réactions d’Edward Snowden sont filmées au plus près. Sa peur et ses doutes sont parfois presque palpables, comme lorsqu’il discute en ligne avec sa petite amie qu’il a abandonnée à Hawaï sans donner d’explication.

 

 

Edward Snowden.

Edward Snowden.

 

Ce faisant, « Citizenfour » ne parvient pas à éviter un écueil. À plusieurs reprises, Edward Snowden insiste en effet sur la nécessité de ne pas personnaliser ses révélations, de ne pas être mis en avant afin que le débat porte sur le fond et non sur le messager. Or, le film ne sort pas de ce paradoxe : plus Snowden affiche son désintéressement, son abnégation, plus il apparaît comme un héros, voire un martyr. « Je préfère plutôt risquer l’emprisonnement, ou toute autre conséquence néfaste, plutôt que de risquer toute limitation de ma liberté intellectuelle et de celles et ceux qui m’entourent, qui m’importent au même titre que ma personne », explique-t-il ainsi à Glenn Greenwald. Et, même si finalement Edward Snowden réussira à échapper aux autorités américaines, on conserve l’image d’un homme se sacrifiant littéralement pour le bien de l’humanité.

Au bout du compte, « Citizenfour » ne délivre aucun « scoop » supplémentaire. Laura Poitras livre, en introduction et en conclusion, une mise en perspective des révélations d’Edward Snowden, de leur traitement médiatique et des réactions politiques. Le film apporte également quelques éléments de détails et anecdotes. Il révèle notamment que la petite amie d’Edward Snowden a finalement pu le rejoindre et alimente, tout à la fin, l’hypothèse d’un « second Snowden », un nouveau lanceur d’alerte au sein de la NSA.

Mais « Citizenfour » est surtout un témoignage humain, une rencontre exceptionnelle amenée à changer le cours de l’histoire. Le huis clos se termine d’ailleurs sur l’image d’Edward Snowden, refermant la porte de la chambre d’hôtel pour fuir en compagnie d’un avocat hongkongais, laissant la réalisatrice seule dans la pièce.

 

La fuite interrompue à Moscou

C’est justement à cet instant qu’une autre pièce du puzzle peut se mettre en place. Alors que « Citizenfour » sort mercredi dans les salles françaises, Planète + C&I diffuse, le lendemain à 20 h 45, un documentaire justement consacré à la fuite du whistleblower et basé sur le témoignage d’un autre acteur direct : l'équipe de Wikileaks. Réalisé par les journalistes danois Poul Erik Heilbuth et allemand John Goetz, « Edward Snowden, ennemi d’État » est, sur la forme, très loin des qualités esthétiques et humaines de « Citizenfour ».

Mais ce documentaire contient de nombreuses informations sur un aspect encore assez peu documenté de l’histoire d’Edward Snowden. Celui-ci quitte en effet l’hôtel Mira le 10 juin mais ne s’envole pour la Russie que le 23 juin. Presque deux semaines durant lesquelles celui qui est devenu l’homme le plus recherché du monde n’est plus protégé par les journalistes qui l’accompagnaient.

Hébergé à Hong Kong par des « alliés », Edward Snowden prend alors contact avec Wikileaks. C’est la journaliste Sarah Harrison que l’organisation de Julian Assange envoie à la rescousse. Sa mission est de faire sortir du territoire chinois le jeune homme avant que Pékin ne cède aux pressions diplomatiques, et malgré le risque d’une arrestation dès la frontière franchie. Après plusieurs jours de tractations, un plan se dessine. Edward Snowden est censé prendre un avion pour Cuba, via la Russie, pour ensuite rejoindre soit le Venezuela, soit l’Équateur.

Pour brouiller les pistes, Wikileaks achète une douzaine de billets d’avions différents au nom d’Edward Snowden. Mais, alors qu’il est en route pour Moscou, le ministère des affaires étrangères américain révoque son passeport. À son arrivée sur le sol russe, il se voit refuser l’embarquement pour son vol pour Cuba. Edward Snowden restera un mois bloqué dans la zone de transit de l’aéroport de Sheremetyevo, avec pour seul refuge une pièce sans fenêtre et pour seule aide Sarah Harrison.

Le documentaire diffusé par Planète + C&I apporte plusieurs éclairages sur cet épisode particulièrement sensible de la fuite d’Edward Snowden. Le film confirme par exemple la réticence des autorités chinoises à extrader le jeune homme qui a pu embarquer à bord de son avion malgré les demandes américaines déjà transmises. Sarah Harrison confirme également qu’à son arrivée à Moscou, les autorités russes lui ont proposé un arrangement, sa liberté contre sa collaboration avec les services secrets, mais que celui-ci, jure-t-elle, n’a fourni aucune information.

Le film avance également une autre hypothèse : l’épisode du détournement de l’avion du président bolivien Evo Morales aurait, en fait, fait partie d’une stratégie mise en place par Wikileaks. Le 1er juillet, alors qu’Edward Snowden est toujours confiné, Evo Morales est en visite à Moscou. Lorsque son avion présidentiel redécolle le lendemain, la rumeur circule que l’informaticien serait avec lui. Sous pression des États-Unis, plusieurs pays, dont la France et l’Italie, refusent à l'appareil l’entrée dans leur espace aérien. Celui-ci est contraint d’atterrir en Autriche et se voit infliger une fouille. L’incident provoque un véritable tollé dans le monde entier et conduira à installer l’image d’un homme persécuté par un État prêt à tout. Il jouera un rôle non négligeable dans la décision de la Russie d’accorder un asile temporaire à Edward Snowden.

Or, dans le documentaire, Julian Assange explique avoir volontairement alerté les autorités américaines de la possibilité d’un départ d’Edward Snowden. Wikileaks aurait en effet eu, en connaissance de cause, des discussions téléphoniques sur des lignes surveillées avec certains contacts diplomatiques afin de leurrer les services américains. Interrogé sur cette possible opération de manipulation, l’ancien directeur de la NSA Michael Hayden estime : « Je n’y avais jamais pensé avant votre question. Mais, c’est incroyablement malin, oui. »

 

 

Edward Snowden et Michael Hayden lors d'un gala en 2011

Edward Snowden et Michael Hayden lors d'un gala en 2011

 

Ce commentaire ne vient pas de n’importe qui. Le général Hayden a dirigé la NSA de 1999 à 2005. Il est donc celui qui a piloté la mise en place du dispositif dénoncé par Edward Snowden. Connu pour son franc-parler, ce pilier du renseignement américain est confronté à plusieurs reprises à Edward Snowden via une interview croisée particulièrement révélatrice. « Ce que Snowden a dévoilé, ce n’est pas des informations mais notre manière de recueillir des informations », lâche Michael Hayden dans ce qui semble être un quasi-aveu. « Il n’a pas révélé un seau d’eau, il a révélé la plomberie. Il a révélé comment nous récoltons, traitons et distribuons l’eau. »

Mais les propos de Michael Hayden sont également inquiétants lorsqu’il évoque l’avenir de son ex-employé. « Beaucoup d’Américains comme moi ne peuvent pas envisager une amnistie ni une négociation ou quoi que ce soit pour faire revenir Snowden », prévient-il. « Il y a 100 000 personnes qui travaillent pour le renseignement américain qui n’ont pas violé leur serment. Si mon gouvernement participe à n’importe quel accueil à bras ouverts, ou même à la moindre tentative d’approche, cela provoquera l’hostilité de ces hommes sur qui reposent la sécurité et la liberté de mon pays. » Voilà Edward Snowden, mais également la Maison Blanche, avertis.

 

 

Boîte noire : Mediapart est partenaire en France du film de Laura Poitras, « Citizenfour » (lire ici notre billet). Son directeur, Edwy Plenel, explique pourquoi dans cette vidéo.

 

 

Lire aussi

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 16:41

 

Source : http://cadtm.org

 

CADTM

 

Le chantage de la BCE à l’encontre de la Grèce

3 mars par Antonio Sanabria

 

 

 

 

Pour saisir la situation dans laquelle se trouve actuellement la Grèce et les facteurs qui ont concouru au dénouement des négociations entre le gouvernement grec et l’Eurogroupe la semaine dernière, il est important de mesurer la pression exercée par la Banque centrale européenne. Dans l’article ci-dessous, Antonio Sanabria, économiste au CADTM, décrypte le chantage exercé par l’institution bancaire sur la Grèce.

Le 4 février dernier |1|, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé qu’à partir du 11 février 2015, elle cesserait d’accepter les titres de la dette grecque comme garanties ou « collatéraux » pour accorder des prêts aux banques, dans le cas où le programme d’ajustement ne se poursuivrait pas. L’organisme monétaire brandit l’argument technique suivant : jusqu’à présent, il pouvait faire une exception en acceptant comme garantie des titres de la dette publique grecque, qualifiés « d’obligations à haut risque » (junk bonds), sous réserve que la Grèce observe le programme d’ajustement de l’UE et du FMI, en vue de garantir la solvabilité de ses actifs. Selon la BCE, sans cet accord, ce régime d’exception toucherait à sa fin, de peur de mettre en péril l’ensemble de l’Union européenne.
Sous couvert de cette façade technocratique et derrière l’image d’une entité monétaire résolue à faire appliquer rigoureusement son mandat, la motivation réelle de la BCE est manifestement politique. Celle-ci outrepasse ses prérogatives et exerce un chantage patent en plein cœur du processus de négociations entamé par la Grèce, avec notamment ladite BCE.

Cette annonce laisse supposer que les banques grecques perdraient une source de financement de la BCE, même si cela ne signifie pas que cette dernière leur couperait entièrement les vivres. En effet, les banques pourraient toujours opter pour le mécanisme de déblocage de liquidités d’urgence (ELA, selon ses sigles en anglais) de la part de la banque centrale grecque, qui assumerait le risque. Toutefois, cette deuxième option pourrait également être mise à mal par un vote en ce sens d’au moins deux tiers du Conseil des gouverneurs de la BCE |2|. Même si cette éventualité serait difficile à concrétiser (d’autant plus si Varoufakis et Tsipras recueillent suffisamment de soutien lors de leur tournée européenne), elle reste de toute façon possible dans le cas où la Grèce ne suivrait pas le mémorandum. Quand bien même l’ELA demeurerait fonctionnelle, il serait difficile d’augmenter la fourniture de liquidités d’urgence aux banques grecques |3|. Selon certaines estimations, comme celle de la Deutsche Bank ces banques auraient besoin de prêts en liquidités d’urgence (ELA) à hauteur de 50 milliards d’euros à partir de la semaine prochaine.

Les banques grecques ne dépendent pas tellement de la dette publique comme source de financement ; dès lors, il n’y aurait pas directement de sérieuses répercussions. Ainsi, en décembre 2014, sur un total de 56 milliards d’euros prêtés par la BCE, un peu moins de 8 milliards l’auraient été grâce à l’utilisation des obligations comme garantie |4|.
En réalité, les entités bancaires grecques dépendent bien de l’assistance financière de la BCE mais via un autre mécanisme, bien connu en Irlande ou en Espagne : les obligations des banques garanties par l’État (connues en Grèce sous le nom de titres Pillar II et Pillar III). Cependant, en 2013, la BCE a annoncé |5|qu’elle n’accepterait plus ces titres à partir du 28 février 2015, justement à la date des nouvelles négociations pour le nouveau prêt accordé à la Grèce par l’UE et le FMI. Quelle coïncidence.

Il s’agit donc de mesures déjà annoncées il y a longtemps et connues du gouvernement actuel de Tsipras. Il convient dès lors de se poser la question suivante : pourquoi renchérir avec cette annonce si ce n’est pour renforcer la pression sur un gouvernement élu démocratiquement ?

Mettons en exergue deux éléments qui démontrent que la BCE exerce un chantage et outrepasse les limites de ses prérogatives.

D’une part, elle exerce une pression directe sur le gouvernement grec. Comme nous l’avons souligné, les banques ne dépendent pas tellement de la dette publique, mais l’État grec dépend lui de l’émission de titres (essentiellement des bons du Trésor à 13 ou à 16 mois) que lui achètent les banques grecques. Mais si ces dernières ne peuvent plus les utiliser comme garanties, elles n’ont plus aucun intérêt à en faire l’acquisition et l’État perd son seul acquéreur. Il faut préciser à ce sujet qu’entre janvier et septembre 2014, 42 % des émissions de la dette |6| grecque ont été effectuées par la vente de ces bons du Trésor. La pression est forte, le pays doit, en effet, honorer plusieurs paiements dans les mois qui viennent, comme les 2,5 milliards d’euros au FMI au cours du premier trimestre 2015 et une nouvelle fois cette somme au trimestre suivant. De même, entre juillet et août 2015, les bons à hauteur de 6,7 milliards d’euros acquis par la propre BCE arrivent à échéance.

D’autre part, le deuxième élément de chantage concerne l’effet de cette mesure dans le contexte actuel de tension. Il semble que, depuis décembre 2014, les retraits de dépôts se soient intensifiés dans les banques grecques, ce qui semble toujours d’actualité en janvier de cette année. Ce n’est pas simplement le fait des « riches » ni par ailleurs de la soi-disant panique d’un gouvernement « communiste » de Syriza. Il s’agit plutôt de la crainte que, d’une manière ou d’une autre, l’issue de cette crise se solde par la sortie de la Grèce de la zone euro, ce qui entraînerait par la force des choses une perte d’au moins une partie des épargnes, dévaluées en nouveaux drachmes. C’est ce qui c’était passé lors de l’épisode du « corralito » en Argentine en 2001 lors de la fin de la parité entre le peso et le dollar.

Ce deuxième élément de pression est important dans la mesure où il témoigne d’une attitude contre nature de ce que devrait normalement être le rôle d’une banque centrale. S’il y a bien une raison d’être pour une banque centrale, c’est de s’ériger en tant que prêteur de dernier recours. C’est une fonction qui a déjà été démontrée au moins depuis la publication de Lombard Street par Walter Bagehot dans les années 1873. En d’autres termes c’est son rôle en tant que « banque des banques » de fournir les liquidités nécessaires aux entités financières en cas d’urgence, en vue d’éviter des paniques bancaires dues à la crainte des épargnants de ne pas récupérer l’argent déposé sur leur compte. Mais actuellement, en lieu et place d’envoyer des signaux d’apaisement, la BCE attise de façon irresponsable les craintes du peuple grec. De quel de ses statuts se prévaut-elle pour agir de la sorte ? Nous avons bien peur que ce soit le même que celui qui a permis à Trichet en 2010 d’exiger des réformes structurelles aux gouvernements espagnol et italien, par exemple.

Et Francfort d’invoquer sa volonté d’éviter « l’aléa moral » d’un gouvernement grec qui profiterait de la BCE pour faire ce qu’il veut au détriment du reste de la zone euro. Mais cela n’est pas vrai et, de toute manière, cela ne relève pas de son ressort. Et surtout, cette même logique ne s’est pas appliquée lorsqu’il s’est agi de financer les banques européennes au bord de la faillite technique.

En fin de compte, l’annonce de la BCE ne représente pas de changement radical dans la position de négociation de la Grèce face à l’Eurogroupe. Sa position était déjà délicate auparavant et c’est d’autant plus vrai aujourd’hui. Pour la Grèce, une rupture radicale suppose un coût politique – la sortie de l’euro – et comporte un risque élevé d’entraver la gouvernabilité à court terme de l’exécutif de Tsipras. Mais si le gouvernement se plie sans broncher au chantage, il risque de s’aliéner un électorat qui n’a pas voté en faveur de Syriza pour que ce dernier continue dans le sillage de ses prédécesseurs ; tout cela sans compter la grande probabilité d’un éclatement interne du parti.

La BCE, pour sa part, envoie un sérieux coup de semonce, mais elle se fourvoie si elle pense que la sortie de la Grèce pourrait être une explosion contrôlée. Au contraire, une rupture de l’union monétaire, autoproclamée irrévocable, ne ferait qu’ouvrir les paris sur la prochaine sortie, ce qui engendrerait de fortes tensions financières, en particulier au Portugal et en Espagne. Précisément les deux pays dont les gouvernements actuels s’opposent le plus, de manière tout à fait absurde, aux propositions du nouveau gouvernement grec. Au milieu de tout cela, la possibilité d’autres voies de financement par la Chine ou la Russie (avec le conflit ukrainien en toile de fond) commence à s’entrevoir discrètement.

Il ne faut pas non plus oublier que les propositions d’une nouvelle restructuration proviennent du constat de l’échec des programmes d’ajustement structurel imposés par la Troika |7|, avec une dette impossible à rembourser |8| et une restructuration qui a été reportée de 2010 - quand la crise grecque a éclatée - à 2012, dans le but que les banques, notamment françaises et allemandes, réduisent le risque d’exposition au crédit et que la dette soit socialisée. Le gouvernement allemand affirme ne pas être prêt à faire payer les contribuables pour les excès grecs, mais ce n’est là que mensonge. Berlin ne veut pas reconnaître que la négociation est la facture ouverte du sauvetage de ses propres banques privées. Quels seront les prochains dénouements ?

Traduit par Marion Antonini

 

Notes

|1| Cf. le communiqué de presse de la BCE : http://www.ecb.europa.eu/press/pr/d...

|2| Le financement par le biais de l’ELA coûte de surcroît plus cher : 1,55 % contre 0,05 % pour le financement de la BCE. Concernant la législation de la BCE sur le mécanisme ELA, consulter le lien suivant : https://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/o...

|3| Silvia Merler, « ECB Collateral Damages on Greece », publié par Bruegel le 5 février 2015,
http://www.bruegel.org/nc/blog/deta...

|4| Les données se trouvent dans l’article de Yiannis Mouzkis, « 2014 is not 2012 », publié dans Macropolis le 5 décembre 2014, http://www.macropolis.gr/?i=portal.... Voir à ce sujet l’article plus récent de Karl Whelan, « What’s Going On with Greece and the ECB ? It’s complicated… », publié dans Bull Market, le 1er février 2015, https://medium.com/bull-market/what...

|5| Cf. le communiqué de presse de la BCE du 22 mars : http://www.ecb.europa.eu/press/pr/d...

|6| Source : données officielles de la PDMA (Public Debt Management Agency) de la Grèce : http://www.pdma.gr/index.php/en/pub...

|7| Il existe de surcroît des éléments solides démontrant que ces plans d’ajustement sont en outre illégaux. Voir à ce sujet l’article de Renaud Vivien : « Pourquoi les programmes d’austérité imposés par la Troika sont illégaux ? », publié le 5 janvier, http://cadtm.org/Por-que-los-progra...

|8| Voir à ce sujet l’article de Costas Lapavitsas et Daniel Munevar, « Greece needs a deep debt write off », publié le 6 juin 2014, http://cadtm.org/Greece-needs-a-dee...

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 16:34

 

Source : http://www.gaullistelibre.com

 

mardi 3 mars 2015

Les progrès dérisoires de la taxe Tobin européenne

 

 

The Economist, qui s’est toujours fait le porte-parole de la finance, qui s’oppose dogmatiquement à toute taxation des transactions financières, a conté dans un récent papier les timides progrès de l’initiative des pays européens. Tellement timides qu’ils n’en font pas grand cas…

 

 

La mini-taxe européenne

 

The Economist rapporte que la France et l’Italie ont récemment mis en place des taxes sur les transactions financières. La France s’est inspiré de l’impôt de bourse anglais en 2012 et a mis en place une taxe de 0,2% limitée aux seuls achats d’action. Même le Crédit Suisse a reconnu que l’impact sur les volumes échangés a été très limité. Le cas de l’Italie est plus intéressant car, en 2013, Rome a mis en place une taxe de 0,12% sur les actions et de 0,22% sur les échanges hors cote. Six mois plus tard, les dérivés ont aussi été taxés. En revanche, le volume des transactions a fortement baissé par rapport aux autres pays selon le Crédit Suisse. Londres et Luxembourg s’opposent à toute taxe.

 

Malgré cette opposition, en 2014, onze pays européens ont décidé de lancer une initiative européenne. La position de la France est ambiguë. Si elle pousse le projet, elle s’est longtemps opposée à la taxation des dérivés, dont ses banques échangent un quart des volumes européens. Les débats portent également sur les principes de la taxation : faut-il se baser sur le pays d’émission des titres, le pays de l’acheteur ou celui du vendeur ? Début janvier, la France a changé d’opinion, appuyant une large base de taxation, s’alliant avec l’Autriche et l’Italie. The Economist conclut en notant que les financiers, qui pensaient que la taxe ne verrait jamais le jour, pensent désormais que cela est possible.

 

Ce que révèle ce débat

 

En prenant un peu plus de distance, il faut rappeler ici l’appui apporté par Joseph Stiglitz dès 2001 à une telle taxe, pour la double raison qu’elle permettrait de faire davantage contribuer le secteur de la finance à la collectivité et qu’elle contribuerait sans doute à réduire les phénomènes de bulle, qui se caractérisent en principe par une augmentation des volumes de transaction (et donc une plus forte taxation). Mais il faut noter qu’en l’absence de frontières pour les flux financiers, toute taxation est compliquée, si ce n’est illusoire, les capitaux pouvant chasser les parasites fiscaux pour échapper à toute contribution à la collectivité. Voilà pourquoi il est capital de mettre fin à l’anarchie financière.

 

Il est probable que la montagne accouchera d’une souris, si jamais elle aboutit à quoique ce soit. Mais parce que les efforts sont bloqués par la libre circulation des capitaux, le nom politiquement correct de l’anarchie financière, ils montrent que le rétablissement des frontières est la condition pour la mettre en place.

 

 

 

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 16:28

 

Source : http://www.marianne.net

 

Prime d’activité : quand la gauche s'éloigne de son projet progressiste

Mercredi 04 Mars 2015 à 5:00

 

Emmanuel Lévy

 

 

Manuel Valls a dévoilé ce mardi les contours de la prime d'activité née de la fusion de la Prime pour l’emploi et du RSA. Mais en y regardant de plus près, derrière ce nouveau dispositif pointe un projet que les conservateurs, même d’obédience libérale, ne renieraient pas : concentrer cette aide sur les plus démunis. Du coup, l’effort consenti vers ces plus pauvres se retrouve porté par ceux qui se situent juste au-dessus !

 

SIPA

 

Emmanuel Macron a de la suite dans les idées. Et des idées le ministre de l’économie en a quelques unes. Rapporteur de la Commission Attali pour la Croissance installée par Sarkozy en 2008, il en avait listées 316. Certaines comme le travail du dimanche ont trouvé leur place dans la loi qui porte son nom. D’autres sont sur les rails comme celle qu’a annoncé hier le Premier ministre : la fusion de la Prime pour l’emploi (PPE) et du Revenu de solidarité active (RSA) qui donnera naissance à une prime activité dont le versement sera concentrée sur les moins fortunés des salariés. Cibler la prime pour l'emploi sur les bas salaires ? La proposition figurait, elle aussi, en bonne place dans le rapport Attali, mais avait été abandonnée au profit de la création du revenu de solidarité active (RSA). Voilà donc qui est « corrigé » : le nouveaux dispositif équivaut, dans les faits, à une absorption de la PPE par le RSA.

Avec ce genre d’outil, le diable se niche dans les détails du paramétrage. Ensemble la PPE et le RSA bénéficiaient à près de 8 millions de personnes. Pour un budget identique, la prime d’activité, elle, ne devrait en concerner que la moitié. En plus, le gouvernement se base sur une hypothèse : près de la moitié des personnes éligibles ne se présenteront pas au guichet ! Dans le cas contraire, le coût du dispositif pourrait se monter à 6 milliards d’euros.

Cette prime a tout du « filet garni » de compensation pour les salariés soumis au temps partiel subiQui peut y prétendre ? Ecartés du RSA, les jeunes de 18 à 25 ans pourront désormais en être. Il leur faudra comme tous les autres travailleurs gagner entre 0,5 et 1,2 Smic, soit entre 570 et 1 360 euros net. Le montant de la prime varie en forme de cloche selon le revenu avec un maximum de l’ordre de 215 euros quand on perçoit 0,8 Smic (un peu plus de 800 €). Résultat : si 300 000 jeunes devraient bénéficier du dispositif, des millions de ménages, comme ceux dont les personnes gagnent entre 1,2 et 1,3 Smic, devraient ne plus rien toucher.

L’architecture, comme la philosophie globale du système, diffère peu du RSA. Et comme lui, il porte les mêmes travers, comme l’avait expliqué Thomas Piketty à sa création en 2008 : « L'impact global sur l'offre de travail de cette nouvelle forme de subvention au temps partiel que constitue le RSA - et que ne manqueront pas d'utiliser les employeurs, en proposant davantage d'emplois à temps partiel - serait alors négatif. » L’argument est battu d’un revers de manche par Matignon cité par le Monde : « Il s’agit de ne pas inciter les tout petits contrats à temps partiel. (…) Le dispositif doit fonctionner comme une incitation à travailler davantage. »

On en doute, les chiffres Insee sont cruels. Le paramétrage du dispositif colle quasi point à point à la morphologie du temps partiel : le salaire mensuel net moyen des salariés à temps partiel est de 996 euros (contre 1 997 euros pour des temps complets). Et dans le détail, en moyenne, les salariés à temps partiel « choisi » gagnent l'équivalent d'un Smic mensuel (1 122 €) ; et 746 € pour les salariés à temps partiel « subi ». Ce dernier montant correspond, on l’a vu, au point haut du dispositif. Celui-ci a donc tout du « filet garni » de compensation pour les salariés soumis au temps partiel subi…

Voilà un projet que les conservateurs, même d’obédience libérale, ne renieraient pasRéformes de l’allocation logement, de l’allocation familiale, de l’impôt sur le revenu avec une moindre progressivité, baisse aussi du quotient familial, forfait sécu et autres déremboursements de soin et des médicaments… Et maintenant cette prime d’activité. Tout converge pour que l’essentiel de l’effort consenti vers les plus pauvres soit porté par ceux qui se situent juste au-dessus. C’est donc au travers d’une redistribution au sein des classes populaires et moyennes que se fait le gros de l’ajustement. Mais en concentrant le bénéfice de la redistribution vers le tout bas de l’échelle, la gauche s’éloigne de son projet progressiste et d’Etat providence, pour se rapprocher de celui plus classique de protection des pauvres, que les conservateurs, même d’obédience libérale, ne renieraient pas.

Un des plus proches conseillers du ministre du Budget le concédait : « On n’a pas le choix. Sans recette, c’est la moins pire des décisions ». Problème : le gros des classes populaires se sentant exclues de la redistribution, celles-ci pourraient vite basculer dans la remise en cause du système de protection sociale universelle. Pour son plus grand malheur… La quasi-totalité des études sérieuses montrent en effet que les pauvres gagnent beaucoup grâce aux prestations chômage et aux aides sociales. Mais ce sont les classes populaires qui en retirent plus d’avantages encore via les prestations de santé, d’éducation ou de retraite. Autant de digues de protection qui, toutes, ont été largement ébréchées.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 16:18

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Le salarié de Sanofi, Elise Lucet et le patron aux 508 smic

 

  • Publié le :
    03/03/2015 à 18h48

 

Voici un extrait du magazine « Cash Investigation » diffusé ce mardi 3 mars 2015 sur France 2. Elise Lucet se rend à l’assemblée générale des actionnaires de Sanofi. Elle veut savoir si le patron du groupe pharmaceutique ne juge pas sa rémunération excessive :

« Vous gagnez 508 fois le smic par an [...]. Est-ce que ça n’est pas trop au vu des résultats [de l’entreprise] et du contexte actuel ? »

Juste avant son intervention, un salarié de Sanofi à Montpellier (site où 200 personnes viennent d’être licenciées) saisit un micro. « Sans nous, vous ne seriez rien », lance-t-il aux actionnaires. Choc des cultures. L’homme finit évacué.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 16:07

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

Arrêt sur images 04/03/2015 à 10h21

Safran : l’Etat vend un bijou de famille pour faire de la location ensuite

 

Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

 

 

Le logo de la société Safran, le 6 décembre 2013 à son usine de Fougères (AFP Photo / Frank Perry)

 

 

Vous ne le savez pas pas, tout le monde s’en fiche, et ça ne fera sans doute pas plus de dix posts dans le forum, mais l’Etat vend 3,96% de Safran. Safran, c’est la boîte issue de la fusion en 2005 de Snecma et de Sagem. Moteurs d’avion, trains d’atterrissage, hélicoptères, fusées, civil et militaire, du lourd de chez lourd, du fleuron français, du stratégique. Et donc, l’Etat vend. Pas tout. Il en garde parait-il assez pour rester actionnaire principal et garder le contrôle, mais il vend 3,96%. Ce qu’on appelle un bijou de famille. Rentrées escomptées : un milliard d’euros.

Et c’est une mauvaise affaire. Ce n’est pas moi qui le dis. Vous ne me croiriez pas sur parole et vous auriez raison, je ne me prétends pas expert en politique industrielle. C’est François Lenglet, de France 2. Il est colère. Colère à la Lenglet, bien sûr. Ce n’est pas lui qui va aller interpeller Macron, au milieu de la foule, avec son petit micro, comme Elise Lucet avec le patron de Sanofi dans Cash investigation. Chacun son style. Mais furieux tout de même.

 

Une décision stupide pour complaire à Bruxelles

Habituellement, Lenglet, il est plutôt chèvre chou, thèse antithèse synthèse, il y a du bon et du mauvais partout, très 20 heures fédérateur, en somme. Pas cette fois. Pas sur Safran. Sur Safran, en gros, il trouve stupide de vendre une participation qui rapporte chaque année des dividendes à l’Etat, alors que l’Etat, en ce moment, pourrait s’endetter quasiment à coût zéro.

Mais alors, pourquoi l’Etat prend-il cette décision stupide ? Parce que Bruxelles, dit Lenglet. Il faut adresser un signal à la Commission. Montrer qu’on rentre des sous, qu’on fait tout pour faire baisser le déficit. Il lui en faut, à la Commission. La loi Macron au 49-3, c’est déjà fini, oublié, il faut passer à autre chose, l’Ogre réclame chaque jour sa ration.

Mais Bruxelles ne sait donc pas que c’est stupide, et qu’il vaudrait mieux engranger tranquillement les dividendes de Safran ? Voilà ce que Pujadas pourrait demander à Lenglet. Mais il ne faut pas exagérer, on n’a pas tout le 20 Heures non plus. Lenglet répondrait que oui, bien sûr, Bruxelles sait, mais Bruxelles s’en fout, il faut faire baisser le déficit, point final. Comme la Troïka en Grèce : on sait que ça ne marche pas, que ça ne marchera jamais, mais on continue J’arrête là, j’ai l’impression de me répéter.

 

Hypothèse hasardeuse

Il y a tout de même du nouveau dans l’histoire même si Lenglet, faute de temps, ne le dit pas. Le milliard que l’Etat va ainsi récupérer en vendant ces 3,96% de Safran, il pourrait l’injecter dans une « société de projet » militaire. Une quoi ? Une société de projet. Voilà la nouveauté (ça date de la loi Macron). Ça vient de sortir, j’ai dû relire dix fois avant de comprendre, et je ne suis pas sûr d’avoir compris. Donc, c’est la dernière idée géniale de Hollande et Le Drian, pour maintenir à niveau le budget de la Défense. Parce que c’est bien joli, de pourchasser l’égorgeur au Mali, en Libye, en Syrie, au Nigeria, où on voudra, mais ça coûte. Où trouver l’argent ? Dans les « sociétés de projet », donc.

Je résume ce que j’ai compris. Avec les milliards retirés de la vente des bijoux de famille, l’Etat crée une société, dont le capital sera largement ouvert au privé (si le privé veut bien venir). Cette société achète des avions militaires ou des frégates. Et elle les reloue immédiatement à l’armée, qui paie donc des mensualités de location. Ainsi, l’armée ne sera plus propriétaire de ces avions, de ces frégates. Elle en sera seulement locataire. Car un avion ou une frégate, c’est comme une voiture : dans l’immédiat, moins cher à la location qu’à l’achat. Sauf si on en a besoin à temps plein, pendant dix ans.

Si je poursuis le parallèle, le calcul repose donc sur l’hypothèse suivante : la traque aux égorgeurs islamistes sera de courte durée, ou intermittente. C’est une hypothèse. Hasardeuse. A l’arrivée, après dix ou vingt ans, l’armée fera les comptes, et on se dira qu’on aurait mieux fait d’acheter. Mais c’est dans dix ou vingt ans.

 

Calcul à court terme dont (presque) aucun politique ne parle

C’est bancal ? C’est un calcul à court terme ? Ca risque d’être retoqué par le Conseil constitutionnel ? Sans doute. Même Bercy le redoute. En tout cas, dans l’immédiat, c’est incompréhensible. Mais le déficit. Mais les 3%. Mais Bruxelles.

Une dernière chose. Ces petits tours de passe-passe budgétaires, quels politiques en parlent ? Aucun. Ah si. Une réaction . « Le gouvernement poursuit sa politique folle de désengagement des fleurons français, aussi incompréhensible politiquement qu’économiquement. (...) D’un point de vue économique, il est incompréhensible de se séparer d’entreprises aussi rentables, à l’image de Safran, qui versent chaque année à l’État des dividendes colossaux. » Je vous laisse découvrir qui est le trouble-fête. Alors ? Alors rien, je dis ça comme ça

 

 

Publié initialement sur
Arretsurimages.net

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 15:58

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

De peuple à peuple 04/03/2015 à 13h16

 

Un KissKissBankBank pour le peuple grec et faire la nique à Bruxelles

Claire Richard | Journaliste

 

 

« Puisque le peuple grec souffre toujours des mesures d’austérité imposées par l’Europe, et que les gouvernements ne semblent pas prêts de les aider, organisons nous-même la solidarité, d’un peuple à un autre. »

C’est en substance l’idée du projet « De peuple à peuple » : une collecte de fonds participative pour les initiatives locales grecques, qui pallient depuis plusieurs années les déficiences des services sociaux. Première du genre, cette initiative est, selon ceux qui en sont à l’origine, une idée politique bien plus qu’humanitaire.

 

Lâcher la Grèce « honteux et dangereux »

A l’origine, il y a un collectif de gens, chercheurs, écrivains, documentaristes, qui se connaissent de diverses revues de gauche, comme « Tenons et Mortaises », ou encore de l’Université Populaire du XVIIIe arrondissement, à Paris. Certains sont allés en Grèce, d’autres pas, mais tous partagent la conviction que l’abandon du peuple grec est révoltant.

« La situation nous paraissait politiquement très grave, aussi grave que lorsque le Front populaire a lâché les Espagnols en guerre. Le fait que le gouvernement socialiste lâche la Grèce nous semblait à la fois honteux et dangereux. »

explique l’historienne Sophie Wahnich, qui fait partie du groupe de lancement d’Interdemos.

« On entendait constamment à la radio des discours néo-libéraux disant qu’on n’allait pas payer pour les Grecs. Mais si les peuples préfèrent donner à la Grèce plutôt que de voir une certaine idée de l’Europe disparaître ? »

Naît alors l’idée d’organiser directement la solidarité financière avec la Grèce – via le crowdfunding. Contactée, la plateforme KissKissBankBank accepte d’héberger et de soutenir le projet. Aujourd’hui, le projet Interdemos demande 300 000 euros, pour les verser à une association grecque, Solidarity4all, qui fédère et soutient les initiatives locales qui remplacent en Grèce les services sociaux déficients.

 

Présentation de la campagne, par l’écrivain Marie Cosnay

Solidarity4all

« On sous-estime à quel point la Grèce est dans une situation très différente du Portugal ou de l’Espagne. La Grèce a été touchée beaucoup plus rudement. »

Laure Vermeersch, documentariste, va régulièrement en Grèce depuis plusieurs années. C’est là qu’elle a découvert Solidarity4all, dont la genèse remonte au mouvement des places en 2011 et au « mouvement des pommes de terre » de 2012, une initiative populaire pour court-circuiter les intermédiaires et faire baisser les prix des denrées alimentaires de base.

Partout, les initiatives locales se multiplient pour répondre aux besoins des communautés, en santé, en éducation et en alimentation. Laure Vermeersch en donne un exemple, à Fili, dans l’Attique :

« Des gens se sont organisés autour du magasin qu’un couple avait donné pour qu’y soient organisées des distributions de nourriture. C’est devenu un centre d’approvisionnement. On y trouve des gens qui votent Syriza, d’autres qui avant seraient allés à l’église. Beaucoup n’ont pas de travail, certains ont perdu leur retraite. Il n’y a pas de distinction entre ceux qui aident et ceux qui sont aidés. »

En 2012, les députés du parti Syriza élus au gouvernement européen ont investi entre 10 et 20% de leur indemnité parlementaire dans les actions de Solidarity4all.

 

Du politique, pas de l’humanitaire

La collecte de fonds d’Interdemos vise bien sûr à soutenir les actions de l’association grecque. Chaque projet reçoit en moyenne 150 à 200 euros et les 300 000 euros demandés, versés sur deux ans, pourraient permettre de financer énormément d’actions. Mais les organisateurs de la campagne voient celle-ci avant tout comme une action politique, manifestant l’existence d’un peuple européen capable d’agir indépendamment des décisions prises en son nom à Bruxelles.

« Cette collecte a pour idée de fonder un peuple européen autour d’une question cruciale, ce n’est pas du tout une logique humanitaire.

C’est aussi pour ça qu’on demande 300 000 euros. Si on demande de petites sommes, on reste dans des aides compassionnelles. Le geste politique ne devient pertinent qu’à partir d’une certaine somme. “

Philippe Aigrain, chercheur en informatique, fondateur de la Quadrature du Net et très investi dans le projet, affirme :

‘C’est aussi une question tactique. S’il y a une forte manifestation de solidarité citoyenne, cela peut aussi donner aux Grecs une position plus forte dans la négociation.’

Les collectes de solidarité ne sont pas nouvelles, ajoute-t-il :

‘Il y a une longue tradition de financement solidaire dans la tradition ouvrière, mutualiste, socialiste révolutionnaire. Mais c’est vrai qu’utiliser les outils de financement participatif est pour cela assez nouveau’.

Pour l’instant, la collecte a recueilli un peu plus de 27 000 euros, et se clôt dans 31 jours. Philippe Aigrain relativise, fort de ses expériences de collecte pour la Quadrature du Net :

‘La dernière fois, pour la Quadrature, nous avons recueilli 170 000 euros 60 heures avant la fin.’

Sophie Wahnich essaie de résister au pessimisme :

‘Les tentatives sont encore difficiles à mener, parce qu’elles sont nouvelles. Aujourd’hui, la question de la foi politique a un peu disparu. Les gens n’y croient plus. Nous on a un peu foi en l’impossible. Mais on a besoin d’être un grand nombre pour que ça marche.’

 

 

Aller plus loin

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 19:08

 

Source : http://www.midilibre.fr

 

Elise Lucet au patron de Sanofi : vous gagnez "508 fois le smic, ce n'est pas trop ?"

il y a 2 heures 20 MIDI LIBRE

PHOTO FRANCE 2 / CASH INVESTIGATION

 

 

Elise Lucet au patron de Sanofi : vous gagnez "508 fois le smic, ce n'est pas trop ?"

L 'émission Cash investigation ce mardi 3 mars sur France 2 s'en prend aux "actionnaires qui prennent nos emplois", un extrait montre la journaliste Elise Lucet interpellant le patron de Sanofi sur sa rémunération.

"Quand les actionnaires s'en prennent à nos emplois" c'est le titre de ce nouveau numéro de Cash investigation à 20 h 45 sur France 2 ce mardi 3 mars. Le magazine s'interroge, cette fois-ci, aux rémunérations de plus en plus généreuses de certains très grands patrons et actionnaires alors que des milliers de personnes n'arrivent plus à boucler leurs fins de mois ou se retrouvent sans emploi...

 

 

Des rémunérations qui explosent

"Les actionnaires ne connaissent pas la crise. Leur rémunération explose. 56 milliards d'euros en 2014 en France, uniquement pour les entreprises du CAC40, ce qui en fait un des pays qui distribuent le plus de dividendes. Plus de mille milliards de dollars dans le monde. C'est historique. Mais pour atteindre de tels montants, les grandes entreprises françaises ont recourt à des stratégies et des méthodes difficilement avouables. Plans sociaux, licenciements, pressions sur les salariés au point de les pousser à bout… Certaines de nos grandes entreprises sont prêtes à tout pour dégager toujours plus de cash au profit de leurs actionnaires. Ce sont parfois ces mêmes entreprises qui bénéficient d'aides publiques massives." détaille le descriptif de l'émission de France 2.

+ 15 % d'augmentation en 1 an

Dans un des extraits diffusés pour promouvoir l'émission, on voit d'abord un premier intervenant très remonté, puis la journaliste Elise Lucet prendre le micro en pleine assemblée générale de Sanofi (2e entreprise du CAC40) et questionner Christopher Viehbacher (précédent patron de Sanofi) sur sa rémunération. "Votre augmentation sur un an est de plus de 15%. Vous gagnez 508 fois le smic par an. Dans le même temps, les résultats de Sanofi baissent. Il y a des milliers de suppressions de postes... Est-ce que votre rémunération de plus de 8 millions d'euros, ce n'est pas trop au vu de ces résultats et aussi du contexte actuel ?"

 

 

CASH Investigation
Émission TV · 20 229 J’aime
· Hier, à 16:59 ·

Cash Investigation "Quand les actionnaires s'en prennent à nos emplois" J-1

 

 

Cette prime de 4 M€ qui passe mal...

Cette enquête de Cash investigation s'est déroulée sur plus d'un an, "d'Hénin Beaumont, à Toronto en passant par Londres et Boston" et ces images chez Sanofi ont été tournées en mai 2014 avant la récente nomination du nouveau patron, Olivier Brandicourt, dont la prime d'arrivée de 4 M€ (en plus de sa rémunération approchant les 3 M€/an) a déclenché de vives réactions au sein même du gouvernement pendant que l'ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot, a estimé que le groupe pharmaceutique Sanofi méritait "plutôt" des félicitations pour avoir "réussi à convaincre" Olivier Brandicourt "de revenir en France".

L'émission a interrogé aussi le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron :

 

CASH Investigation
Émission TV · 20 229 J’aime
· 1 mars, 23:30 · Modifié ·

Cash Investigation "Quand les actionnaires s'en prennent à nos emplois" J-2

 

 

Source : http://www.midilibre.fr

 

 

 

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