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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 16:47

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Chronique d’une Grèce qui résiste

1er juillet par Emilie Paumard

 

 

 

 

Parce qu’il n’est pas facile de s’y retrouver dans le flot d’informations qui circulent sur ce feuilleton grec aux mille et un rebondissements, voici une tentative de résumé d’une semaine qui nous a fait passer par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et qui s’est conclue sur la note de l’espoir. La décision d’Alexis Tsipras de convoquer un référendum sur la question de l’accord avec les créanciers de la Grèce ne peut être que soutenu par tous les mouvements sociaux qui se battent pour plus de justice sociale et de démocratie.

 

Lundi 22 juin : la gueule de bois

Certains débuts de semaine sont difficiles. Ce lundi 22 juin l’était pour toutes les personnes qui, depuis janvier au moins, mettent de l’espoir dans l’expérience grecque. Des déclarations du Premier ministre Alexis Tsipras sur la « responsabilité criminelle du FMI », à celles du ministre des Finances Varoufakis sur la priorité qui sera donnée aux salaires et pensions plutôt qu’aux créances, à la non-conclusion d’un accord lors de l’Eurogroupe du 18 juin, en passant par la demande de 49 député.e.s de Syriza d’un débat parlementaire sur le rapport de la Commission d’audit |1|, de nombreux éléments donnaient à croire en une non-capitulation du gouvernement grec.
Aussi lorsqu’on apprend que, suite à des négociations au sein de son gouvernement, Tsipras arrive avec une nouvelle proposition sur la table on s’interroge. Et le questionnement cède vite le pas à l’inquiétude lorsque l’on découvre comment ce nouveau projet est accueilli par les « dieux marchés » |2| et par leurs dévoués serviteurs, nos dirigeant.e.s politiques. À la vue des encouragements qui se succèdent de la part des responsables des Institutions, qualifiant la proposition de « bonnes bases » et de « pas en avant », il ne fait plus aucun doute que les craintes sont légitimes.

 

Mardi 23 juin : Constats amers et réactions à chaud

 

 

Le lendemain matin, à la lecture du détail de cette proposition révélée par le quotidien Grec Kathimerini |3|, cette crainte se vérifie. S’il ne restait déjà malheureusement plus grand-chose des fameuses « lignes rouges » |4| fixées par Syriza, les voilà à peu près toutes franchies et bien piétinées. Le gouvernement s’engage ainsi à poursuivre l’austérité via un plan d’économie de 8 milliards d’euros étalé sur 2 ans. S’ajoute donc à la liste des concessions déjà faites par le gouvernement, l’augmentation de la TVA |5|, le remplacement du supplément de pension pour les plus pauvres, la suppression de la prépension d’ici à 2025, et la poursuite des privatisations. L’équipe de négociation peut s’échiner à mettre en avant leurs propositions d’augmentation de l’impôt sur les entreprises et d’un impôt exceptionnel sur les profits des entreprises supérieures à 500 000 euros par an |6|, ce que le peuple grec retient c’est que la promesse d’en finir avec l’austérité n’est pas tenue !

Et les réactions ne se font d’ailleurs pas attendre, à commencer par celles de la rue. Autant pour critiquer la trahison du gouvernement que pour le soutenir dans ce bras de fer qui, jusqu’à maintenant, s’est exercé « à froid », sans réelle pression de la population.

Évidemment ce sentiment ne se limite pas aux citoyen.ne.s mais traverse toute la scène politique grecque et en particulier le premier parti du pays, Syriza. Car si cette coalition de gauche a été largement plébiscitée lors des dernières élections et qu’elle dispose encore, quatre mois après son arrivée au pouvoir, d’un soutien très large dans la population, il n’en reste pas moins qu’elle se compose d’une myriade de tendances dont l’union ne tient qu’à un accord politique fragile. Ainsi, on se rappelle qu’à la dernière réunion du Comité central du parti à la fin du mois de mai, la « plateforme de gauche », l’aile la plus radicale de Syriza, n’a pas été loin de faire adopter une motion |7| qui proposait la suspension du paiement de la dette, la nationalisation du secteur bancaire et l’arrêt des négociations en cas de poursuite du chantage des Institutions.

Conscients qu’un éventuel accord avec celles-ci doit être soumis à l’approbation du Parlement, les tenants de la ligne gouvernementale n’hésitent pas à mettre la pression sur d’éventuels réfractaires, à l’image de Dimitris Papadimoulis, élu Syriza au parlement européen : « Je ne crois pas que des parlementaires Syriza influents voudront prendre la responsabilité de faire tomber un gouvernement en place depuis cinq mois et un Premier ministre qui bénéficie d’un soutien populaire d’environ 70%. » |8|. Cela n’a pas empêché une série de député.e.s Syriza d’affirmer d’ores et déjà leur refus d’adopter un tel accord, à commencer par Alexis Mitropoulos, député Syriza et vice-président de la Vouli : « le Premier ministre doit d’abord informer notre peuple des raisons pour lesquelles nous avons échoué dans ces négociations et abouti à ce résultat. Je crois que (ces projets) ne sont pas conformes aux principes de la gauche. Ce carnage social, (...) on ne peut pas l’accepter. » |9| Bien conscient de l’importance du mandat qui a été confié aux élu.e.s de la majorité, Costas Lapavitsas confiait également au quotidien allemand Die Zeit |10| : « comment pourrons-nous retourner dans nos circonscriptions et l’expliquer à nos électeurs si nous signons un tel accord ? ».

Mais la bataille contre un tel accord ne pourra pas uniquement venir des frondeurs de Syriza, et cela beaucoup l’ont déjà compris. Aussi, dès le début de soirée Stathis Kouvelakis, membre du comité central de Syriza lance un Appel à tou-te-s les ami-e-s du peuple grec qui invite à la mobilisation : « Il est évident que le gouvernement ne doit pas céder. C’est indispensable mais ça n’est pas suffisant. Il faut aller de l’avant. Il faut retrouver un élan. Et cet élan ne peut venir que si la mobilisation populaire s’y met également. Il faut que la population s’empare de ce qui est en train de se passer, mette en avant ses demandes, et fasse comprendre que la Troïka, a en face d’elle non pas simplement un gouvernement mais un peuple qui sait mener des batailles. |11| »

Aux antipodes de cette invitation à la résistance, les partis de l’opposition accueillent ce potentiel accord avec bienveillance. Du Pasok à Nouvelle Démocratie en passant par le nouveau parti de centre-droit Potami, tous affirment qu’ils sont prêts à voter pour ce qu’ils considèrent comme l’unique voie à suivre. Mais au-delà de la conviction politique c’est bien l’opportunisme qu’il faut lire dans cette position, car ces différents partis espèrent bien retrouver les manettes du pouvoir dans cette opération. En effet, si l’accord était rejeté par l’aile gauche de Syriza mais aussi par les députés d’Anel, comme leurs déclarations laissent à penser, on assisterait à une reconfiguration de la majorité qui pourrait bien devoir compter avec ces partis autrefois combattus.

 

 

Mercredi 24 juin : pourquoi se contenter d’une victoire quand on peut obtenir l’humiliation ?

On aurait pu imaginer que les créanciers, rassasiés par leurs victoires successives sur le gouvernement grec, se seraient « contentés » de profiter de la fin de semaine pour peaufiner les détails et procédures entourant le fameux accord. C’est sans compter l’enjeu majeur que représente la Grèce pour les gouvernements européens et les dirigeants de la Troïka au service des propriétaires des plus grandes banques privées. Il ne s’agit pas seulement de poursuivre dans la voie de l’austérité, mais bien de traîner dans la boue, celles et ceux qui osent croire qu’il y a une alternative à cette Europe néolibérale.

Aussi, on apprend ce mercredi 24 juin que le FMI, après avoir corrigé au stylo rouge |12| les propositions grecques qui touchent encore trop aux riches à son goût |13|, a renvoyé la copie à l’expéditeur avec la mention recalé. Le motif officiel du rejet : les mesures sont trop axées sur les hausses d’impôts et pas assez sur des baisses de dépenses ! Le peuple grec a voté contre la saignée, qu’à cela ne tienne, ouvrons-lui un peu plus les veines semble nous dire Mme Lagarde.

Dans la foulée, le gouvernement grec annonce son désaccord avec la copie revue et corrigée. Le bras de fer est donc relancé : rendez-vous jeudi et vendredi à Bruxelles au sein de l’Eurogroupe pour la énième tentative d’un compromis.

 

Vendredi 26 juin : les jeux sont-ils faits ?

Mais ce vendredi 26 juin, les médias annoncent que le Sommet européen de la veille n’est pas parvenu à un accord et que les grands trésoriers de l’Europe sont de nouveau convoqués ce samedi 27 juin pour une réunion jugée « cruciale ». Dans la perspective de ce nouveau rendez-vous la Grèce remet un nouveau projet (oui, encore un) à ces créanciers |14|.

Alors que le sort de la Grèce se joue à peu de choses, la fuite de cette conversation entre Alexis Tsipras et Donald Tusk, président du conseil européen, résume assez bien la teneur de l’enjeu et l’état d’esprit des différents protagonistes à la veille de cette nouvelle rencontre. L’homme politique polonais affirmant au Premier ministre grec en marge du Sommet, que « la partie est finie » (the game is over) s’est vu répliqué par ce dernier « Il y a actuellement en Grèce 1,5 million de chômeurs, 3 millions de pauvres et des milliers de familles qui vivent sans revenus, et dépendent de la pension de leur grands-parents. Ce n’est pas un jeu ! Il ne faut pas sous-estimer le point qu’une nation peut atteindre lorsqu’elle est humiliée » |15|.

 

Samedi 27 juin : de la gueule de bois au referendum

Et dans la nuit de vendredi à samedi Tsipras prouve en acte qu’il est bien décidé à donner à son peuple les moyens de retrouver sa dignité. Dans une allocution sur la télévision publique ERT |16|, il déclare la tenue d’un referendum le 5 juillet sur les exigences des créanciers : « Oui ou non acceptez-vous la proposition d’accord formulée par les institutions ? » Chacun tire très rapidement ses propres conclusions à une telle question, à l’image du ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble : « La Grèce a mis fin aux discussions de manière unilatérale ». Il n’est heureusement pas le seul à réagir. Quelques heures seulement après le discours du Premier ministre grec, de nombreuses vagues de solidarité se lèvent aux quatre coins de l’Europe pour soutenir le « NON » face aux créanciers et à leurs conditions favorisant le capital, à n’importe quel prix. Le peuple reste souverain, et ce n’est en effet pas à ces technocrates de leur dicter leur avenir. L’enjeu est clair pour tout le monde : ce referendum est de portée européenne, ce sont tous les citoyen.ne.s victimes de l’austérité aujourd’hui, bien au-delà des frontières grecques, qui se sentent concerné.e.s.

Mais tandis que le référendum est sur toutes les lèvres une série de questions restent en suspens : est-ce que les Institutions vont accepter de prolonger le programme d’assistance à la Grèce jusqu’à la tenue du référendum, afin que celui-ci se déroule dans des conditions sereines ? Les créanciers vont-ils comme en 2011 mettre une pression telle, que la légitime initiative de référendum sera retirée ?

Effectivement, la fin de journée nous montre à quel point les dirigeants européens sont fâchés avec la démocratie. Après plusieurs heures de réunion, les ministres des finances européens réunis à Bruxelles demandent à leur homologue grec de se retirer et signent un communiqué de presse cinglant sans Yannis Varoufakis. Ils y annoncent notamment qu’aucun délai ne sera accordé à la Grèce au-delà du 30 juin. Quant au commentaire de monsieur M. Dijsselbloem qui accompagne cette déclaration, il témoigne à quel point les ministres européens n’endossent plus aujourd’hui que le costume de créanciers : « si le gouvernement grec n’est pas prêt à accepter (les propositions qui lui sont faites) alors il y a un problème de crédibilité », a-t-il expliqué, oubliant que les peuples ne sont pas des marchés boursiers.

 

Dimanche 29 juin : Des créanciers intransigeants encore et toujours...

À l’annonce de l’Eurogroupe, qui ferme clairement la porte au débat démocratique, s’ajoute la décision de la BCE réunie en urgence en ce début d’après-midi du 29 juin. Certes la BCE choisit de ne pas utiliser « l’arme nucléaire » que représente la fermeture totale du robinet à liquidités. Il n’en reste pas moins qu’en refusant d’augmenter le plafond des fonds de liquidités d’urgence : « l’institution monétaire ne pouvait pas ignorer qu’elle asphyxie tout le système bancaire grec » |17| nous explique Martine Orange, journaliste et observatrice de la politique monétaire européenne.

Face à cette situation le Premier ministre grec prend ses responsabilités et annonce en début de soirée que les choix de l’Eurogroupe et de la BCE ont contraint la banque de Grèce et le gouvernement à fermer les banques et à mettre en place le contrôle des capitaux. On apprend donc qu’afin d’éviter la panique bancaire incitée par les créanciers, la Bourse d’Athènes sera fermée au moins le lundi 29 juin, les banques seront fermées et les retraits limités à 60 euros par jour au moins jusqu’au référendum. La population grecque prend donc ses précautions et se rend aux guichets pour prendre les devants et se fournir en cash avant la mise en place de la limitation. Point de scène de panique mais une inquiétude légitime, à l’image de cette femme employée dans une entreprise de camion allemande : « durant la semaine la réaction des gens vis-à-vis des retraits me semblait exagérée. Mais au vu de cette nouvelle annonce il faut bien qu’on retire l’argent nécessaire pour passer la semaine ».

 

Lundi 29 juin : en route pour la bataille démocratique !

Ce début de semaine annonce la couleur, la bagarre est ouverte !

Une bataille médiatique tout d’abord. Comme on pouvait s’y attendre, les grands organes de presse européens ont choisi leur camp et la recette éculée est de nouveau de mise : une bonne dose de gros titres effrayants, une quantité non négligeable d’adjectifs qui décrédibilisent le gouvernement Tsipras, un zeste de qualificatifs insultants à l’égard du peuple grec |18|.

Par ailleurs, le camp des créanciers ne ménage pas ses efforts pour déplacer l’objet du débat. Michel Sapin, Matteo Renzi, Angela Merkel et bien d’autres acceptent certes, à contrecœurs, le choix du référendum, mais ils souhaitent en changer les termes : « Le référendum grec ne sera pas un derby Commission européenne contre Tsipras, mais euro contre drachme. C’est ça, le choix » affirme ainsi de manière très clair le Premier ministre italien. Yannis Varoufakis n’a pas tardé à répliquer à ces tentatives de vol du débat : « Nous prenons conseil et examinerons certainement l’éventualité d’une injonction devant la Cour de justice de l’Union européenne. Les traités européens ne prévoient pas de sortie de l’euro et nous ne l’acceptons pas. Notre appartenance (à la zone) n’est pas négociable », a-t-il affirmé au Daily Telegraph. Le message est donc très clair, le « non » au référendum ne s’apparente pas à un « oui » à la sortie de l’union européenne. Le gouvernement grec entend respecter son mandat : en finir avec l’austérité. Si cela semble inconcevable pour les autorités européennes, à elles de trouver le moyen, s’il existe, d’éjecter la Grèce.

Face à cette pluie d’attaques, les mouvements sociaux sont bien décidés à mettre toute l’énergie nécessaire pour mener campagne et déconstruire un maximum d’idées reçues distillées depuis maintenant plus de cinq ans dans tous les grands médias et toutes les bouches de nos prétendu.e.s représentant.e.s. Partout en Europe et dans le monde, les initiatives se multiplient pour soutenir le peuple grec. Parmi elles et sans chercher l’exhaustivité, « l’appel pour soutenir la Grèce qui résiste et sa Commission pour la Vérité sur la Dette publique » |19| qui réunit près de 20 000 signatures, l’appel à briser les chaines de la dette grecque |20| via l’organisation « d’une conférence européenne pour fixer une annulation de la dette pour la Grèce et pour les autres pays où cela est nécessaire, sur la base d’audits de la dette » ou encore l’appel lancé à un maximum de forces européennes à soutenir le peuple grec dans son combat pour la démocratie par toute forme d’action ce vendredi .
Le peuple Grec, quant à lui, a pris les rues d’assaut dès ce lundi. Entre Thessalonique et Athènes, ils étaient près de 25 000 à affirmer leur refus de se voir coloniser par les créanciers et leur détermination à glisser un bulletin « OXI » dans les urnes ce dimanche.
On savait que la semaine écoulée serait intense et on l’annonçait décisive, mais le respect de la démocratie nous a fait mentir, et tant mieux ! Gageons que celle à venir soit l’occasion pour les peuples d’Europe d’étendre leur palette linguistique : OXI, NEIN, NO, NON, NEJ, NEE, NIE !

 

 

 
Notes

|1| Rapport qui conclut à l’aspect illégal, illégitime, odieux et insoutenable de la dette publique grecque. Voir : http://cadtm.org/Synthese-du-rapport-de-la

|2| + 7% à Athènes, + 2,70 % à Paris, +2,65% à Berlin, etc.

|3| Voir : http://s.kathimerini.gr/reso.../article-files/protasi—2.pdf

|4| Voir : http://www.okeanews.fr/20150105-tsipras-presente-le-plan-de-syriza-en-cas-de-victoire-electorale

|5| Notamment le passage de la TVA de 13% à 23% pour les services.

|6| La proposition est d’augmenter l’impôt sur les sociétés de 26% à 29% et de mettre en place un impôt exceptionnel de 12% sur les entreprises ayant réalisées un profit supérieur à 500 000 euros.

|7| La motion avait obtenu 75 votes pour et 95 votes contre. Pour voir la motion en français : https://www.ensemble-fdg.org/content/au-comite-central-de-syriza-la-plate-forme-de-gauche

|8| Voir : http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/debut-de-fronde-parmi-les-elus-de-syriza-en-grece-1049948

|9| Voir : http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/debut-de-fronde-parmi-les-elus-de-syriza-en-grece-1049948

|10| Voir : http://www.zeit.de/politik/ausland/2015-06/griechenland-costas-lapavitsas-interview

|11| Voir : https://www.youtube.com/watch?v=ltDxYhepSWE&feature=youtu.be ainsi que http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=13507

|12| Voir : http://blogs.ft.com/brus.../files/2015/06/Greek-crediors.pdf

|13| Pour le détail de la correction de la copie voir : http://www.humanite.fr/les-creanciers-disent-tsipras-pas-touche-aux-riches-578062

|14| Voir : http://www.capital.gr/Content/RelatedFiles/be/bedd02a7bec64cc488ba3dba5d58d5c2.pdf

|15| Voir : http://greece.greekreporter.com/2015/06/25/greek-pm-tsipras-dont-underestimate-the-point-a-nation-can-reach-when-humiliated/

|16| Voir son discours (en grec) retransmis par la télévision publique ERT : https://www.youtube.com/watch?v=t2jZc8cicoA traduit ici en français : http://blogs.mediapart.fr/blog/dimitris-alexakis/270615/pour-la-souverainete-et-la-dignite-du-peuple-grec-alexis-tsipras-athenes-samedi-27-juin-2015

|17| Voir : http://www.mediapart.fr/journal/economie/280615/grece-la-bce-enclenche-le-plan-b

|18| Voir : http://www.marianne.net/choeur-editorialistes-ordonne-grece-se-soumettre-100235100.html

|19| Voir : http://cadtm.org/Appel-pour-soutenir-la-Grece-qui

|20| Voir : http://cadtm.org/Brisons-les-chaines-de-la-dette,11797

Auteur

Emilie Paumard

 

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 16:36

 

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Mille vaches et pas mal d'hypocrites

 

 

Il aurait dû y avoir un débat sur les "règles" permettant la naissance dans notre pays de la fameuse "ferme des 1 000 vaches". Car cela marque un tournant dans l'histoire de l'agriculture française. Mais voilà, l'hypocrisie sur le sujet est générale. Quand ce n'est pas l'absurdité...
 
La ferme de Fair Oaks est un des plus gros élevages de vaches laitières des Etats-Unis - Michael Conroy/AP/SIPAMichael Conroy/AP/SIPA
 

On ne sait ce qui doit le plus inquiéter avec les dernières nouvelles de la « ferme des 1 000 vaches ». Ce qu'elles nous apprennent. La manière dont elles nous parviennent. Ou le peu d'écho qu'elles provoquent. Cette « innovation », symbole d'un tournant de l'histoire de l'agriculture française, continue de baigner dans l'hypocrisie générale. Hypocrisie commençant avec le terme de « ferme », premier mensonge pour désigner cette usine à vaches laitières qui s'installe dans la Somme.

 

C'est un site environnementaliste (Reporterre.net), créé par un journaliste viré d'un grand quotidien, qui nous apprend que ce projet mélange déjà sordide et illégalité. Un employé témoigne de l'état physique et sanitaire pitoyable des animaux qui, ne voyant jamais un brin d'herbe, pataugent dans leurs excréments. Et il révèle que s'entassent près de 800 vaches, contre les 500 autorisées, l'usine ne disposant pas encore d'assez de terrains pour répandre les tonnes de résidus de 1 000 bêtes.

 

« Votre article a éveillé l'intérêt des services de l'Etat », a réagi la préfecture. Les autorités, qui avaient la tête ailleurs, ont vérifié et remercié Reporterre.net d'avoir fait leur propre travail. « Il y a là un manquement, il sera sanctionné », a renchéri Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement. Sachant le dossier sensible, il a ajouté : « J'applique toutes les règles et toute la loi, et rien que les règles et rien que la loi. » Justement, plus que le laxisme de ses services de contrôle, voilà le vrai problème. Les « règles ». Des règles permettant ces « 1 000 vaches » auraient dû faire débat en France. Pour empêcher une entreprise si contraire à tous les beaux discours officiels.

 

Contraire à la politique en matière de souffrance animale. La loi votée le 16 février prescrit que les bêtes, « êtres vivants doués de sensibilité », doivent être protégées contre les « mauvais traitements ». Or, les éthologues qualifient tel le sort de ces vaches entassées dans un hangar, nourries au maïs ensilé et auxquelles des robots imposent trois traites par jour pour maximiser la production.

 

Contraire à la politique énergétique et écologique. EDF rachète à prix majoré l'électricité issue de la méthanisation des bouses, mais de telles usines consomment plus de calories que l'élevage à l'herbe et rejettent en masse nitrates et résidus médicamenteux dont on voit la Bretagne inondée par ses élevages industriels porcins.

 

Contraire à « l'agroécologie » prônée par le ministre de l'Agriculture. Il récompense de « trophées de l'agriculture durable » des fermes modèles employant du personnel et dans lesquelles les bêtes sont nourries avec les céréales produites sur place. Mais il laisse se créer des usines folles. Tout en précisant, gêné, qu'il n'y est pas « favorable ». Et en plaidant la « cohabitation ». Autre hypocrisie. Il n'y a pas de synthèse possible en la matière. Avec ces « règles » favorisant l'industrialisation, ce sous-lait à prix cassé va sinistrer les fermiers déjà fragilisés par la fin des quotas laitiers. C'est achever la soumission de l'agriculture aux réflexes financiers du lobby agroalimentaire. Lequel ne se demande pas ce qu'il produit, mais comment le faire au plus bas coût et avec le plus de marge. Modèle : l'Allemagne, où il va déjà acheter du lait dans ces milliers d'ex-kolkhozes de l'Est reconvertis avec les méthodes américaines et les salaires d'Europe centrale à 3 € l'heure.

 

L'investisseur de la « ferme des 1 000 vaches », grande fortune française, est un géant du BTP. D'autres annoncent 2 000 vaches et chèvres laitières en Touraine, 200 000 poules pondeuses dans la Somme. Avec ces nouveaux acteurs, visant le profit plutôt que la qualité, l'élevage bovin, encore peu industrialisé, basculera dans un autre monde que celui des paysans. Ces paysans que Montesquieu aimait parce qu'« ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers ».

 

Car l'hypocrisie couvre l'absurdité. Outre le scandale écologique qu'elle constitue, cette industrialisation heurte d'abord le bon sens économique. Le créneau commercial français est celui des terroirs, des appellations et de leurs savoir-faire. La valorisation d'un héritage et d'une géographie culturelle. Mais à l'absurdité s'ajoute le mépris pour un monde paysan dont on ne reconnaît plus la valeur ajoutée, comme le résume Elisabeth de Fontenay : « Voilà près de cinquante ans que le Crédit agricole et la FNSEA montent les fils contre les pères, qu'on piétine la prudence des traditions, pour faire triompher la démesure du productivisme et la pollution qui toujours l'accompagne. » La philosophe ajoute que personne n'ose dire aux paysans qu'« ils sont des hommes de trop sur la Terre ».

 

Mercredi 17 juin, quelques-uns de ces vrais paysans, condamnés pour une tentative de « démontage » de la « ferme des 1 000 vaches », se sentaient bien seuls devant la cour d'appel d'Amiens. A part José Bové et Jean-Luc Mélenchon, pas un leader des Verts pour les soutenir. En revanche, l'ancien rapporteur de l'ONU pour le droit à l'alimentation était là. Olivier De Schutter s'était déplacé pour les défendre, expliquant que, acculés dans « une impasse complète », ils n'avaient « pas d'autre choix ». Avant de conclure que « la question est de savoir pourquoi les canaux politiques sont autant asservis aux intérêts de l'agro-industrie ».

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 16:09

 

 

 
 

lundi 29 juin 2015

Grèce : le grand concours des âneries apocalyptiques commence !

 

 

Nombreux sont les commentateurs de la "crise grecque" - en vérité crise de la construction européenne dans son ensemble - à avoir laissé leur déconomètre en charge toute la nuit. Ce lundi, les machines sont donc au taquet, et la projection dans l'atmosphère de prophéties terrorisantes visant à discréditer le gouvernement grec et son projet de référendum, risque d'atteindre un niveau inégalé.
 
On va tenter de ici de recenser quelques billevesées, histoire de se marrer un peu. Sans doute cet article sera-t-il évolutif car ça promet de pleuvoir toute la semaine. Sortez les parapluies !

 

****


Choses entendues et commentaires attenants :

 

1/ En cas de Grexit, la Grèce deviendra comme le Zimbabwé, comme la Zambie, ou comme Cuba
=> Ah bon ? Et même pas comme la Corée du Nord ? Quelle déception ! Mais que fait Jacques Attali ?
 
 
 2/ si la Grèce fait défaut sur sa dette, chaque français devra payer 600 €. Correctif : chaque Français devra payer 750 €. Correctif : chaque Français devra payer 1000 €....
 => Quine ! Carton plein ! NB : à la fin de la journée, si ça continue, chaque Français devra donner sa voiture et tous ses vêtements à la Grèce, de sorte que nous déambulerons nus et à pied dans tout le pays, le regard vide et l'air hagard. Nos enfants mourront de faim et ils perdront leurs dents à cause du scorbut.
=> Et sinon, si la Grèce ne fait pas défaut, est-ce que chaque Français aura le droit de toucher 600, ou 750, ou 1000 € ? Et surtout, est-ce votre dernier mot Jean-Pierre ?
 
 
 3/ Tsipras a décidé d'un référendum sans avoir prévenu personne, et alors qu'on était, selon Pierre Moscovici, "à quelques centimètres d'un accord".
=> Ben oui, on était vraiment à deux doigts. Ca fait d'ailleurs 5 mois qu'on est à deux doigts. Quel ahuri, ce Tsipras. C'est les jeunes, ça : fougueux, impatients, incontrôlables. Mieux vaudrait négocier "entre adultes", comme dit Christine Lagarde !
 
 
4/ En 2011, Tsipras était vent debout contre le projet de référendum de Papandréou. Quelle girouette cet homme !

=> C'est pas en France qu'un truc pareil arriverait, hein ? Pendant la campagne présidentielle de 2012, François Hollande avait promis de renégocier le Pacte budgétaire et c'est exactement ce qu'il a fait ! Comment ça non ?....

5/ Il est impensable qu'un gouvernement convoque un référendum et fasse campagne pour le "non"
=> Euh.... la question de savoir si on fait campagne pour le "oui" ou pour le "non" dépend quand même un petit peu de la question posée, non ?

6/ Ah ben non, même pas.  Lundi matin en conférence de presse, Jean-Claude Junker "demande au peuple grec de voter oui, indépendamment de la question qui sera posée";
=> Hummmm. C'est beau, un homme qui sait vivre dangereusement.

7/ Le gouvernement grec fait de l'idéologie !
=> Bien sûr. Attention d'ailleurs à ne pas confondre l'idéologie (celle des autres par définition) avec l'objectivité chimiquement pure (celle des gens qui partagent vos opinions).

8/ La Grèce exerce un insupportable chantage sur ses partenaires. Son premier ministre est irresponsable. Ca, c'est Nicolas Sarkozy qui le dit.
=> Sarkozy n'a rien compris. Tsipras ne fait pas de chantage, il négocie. Autre exemple possible de négociation : "si tu reviens, j'annule tout".

9/ Si la Grèce s'autonomise trop, elle pourrait devenir un Empire. Oui : parfaitement. Selon Olivier Mazerolle par exemple, "un peuple dont l'honneur est bafoué bascule souvent du patriotisme au nationalisme", surtout si une frange non négligeable de sa population nourrit secrètement "le vieux rêve de la Grande Grèce, celle qui dominerait les Balkans".
=> Ben oui, c'est connu, du patriotisme au nationalisme il n'y a qu'un pas, et du nationalisme à l’impérialisme, à peine plus. Moi, je serais la Bulgarie, j'envisagerais dès à présent la levée en masse. On n'est jamais trop prudent.

10/ Vous partez en Grèce cet été ? C'est une mauvaise idée. Si toutefois vous persistez, attention à ne pas vous faire détrousser. Quelques conseils :

=> Ben oui : comme tous les métèques, les Grecs sont brutaux et avides. Comme l'a récemment rappelé le journal allemand Die Welt , les Hellènes modernes ne sont plus ceux de l'Antiquité. Ils ne sont plus très purs, racialement parlant. Leur européanité est douteuse, mâtinés qu'ils sont de sang turc et slave. C'est notamment pour ça qu'ils peuvent vous voler. Évitez donc de les tenter.                                                                                                                       


                                                                                                        To be coninued....
 
 
 
 
 

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 15:49

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Il a osé le dire

Piketty : "Entre 2009 et 2014, la Grèce est le pays qui a le plus réduit son déficit"

 
 
 
 
Thomas Piketty était face à Jean-Jacques Bourdin ce matin. Il est revenu sur le traité transatlantique, le cas Snowden mais aussi sur la question de la dette grecque. Sur ce dernier sujet, l'économiste est venu apporter un peu de dissonance dans le concert anti-Tsipras entonné par une grosse partie des médias français.
 
FREDERIC SIERAKOWSKI/ISOP/SIPA

Invité ce matin de Jean-Jacques Bourdin, l’économiste Thomas Piketty qui a vendu pratiquement deux millions d’exemplaires de son livre Le Capital au XXIe siècle à travers le monde, n’a pas mâché ses mots sur les actuelles négociations sur le traité transatlantique. Interrogé sur le fait de savoir si, après les révélations des écoutes de la NSA, il fallait suspendre les discussions avec les « alliés » américains, Piketty a pointé le manque de réactions des dirigeants politiques et des institutions européennes : « C’est clair que les Etats-Unis abusent de leur pouvoir, de leur position hégémonique, je pense donc qu’il faudrait une réaction européenne beaucoup plus forte. Par exemple, la France et l’Allemagne et d’autres pays de l’Union européenne auraient dû accueillir Snowden. (…) Tout le monde se rend compte maintenant que Snowden a quand même joué un rôle essentiel dans la révélation aux Européens et aussi aux Américains de ce qui se passait. »

Ce pragmatisme ne quitte pas l’économiste quant il s’agit de parler du cœur même du Tafta : « Je pense qu’il y a des choses très dangereuses potentiellement dans ce traité. Il y a beaucoup de mesures de transparence financière, de transparence démocratique qui devraient figurer dans ce traité alors qu’au contraire on va plutôt avoir tendance à donner plus de pouvoirs à des instances relativement opaques comme les cours d’arbitrage. » Ces fameux tribunaux privés supranationaux qui permettraient à des multinationales d’attaquer des Etats si les réglementations en vigueur viennent gêner leurs petits affaires. Et Piketty, pour conclure sur le sujet, de rappeler une cruelle évidence : « Il faut que l’Europe s’affirme comme une puissance et comme ayant une vision du monde (…) et arrête de se faire piétiner en permanence sans réagir. »

 

Questionné sur ce qu’il voterait au référendum grec, notre économiste n’a pas fait de mystère : « Si la question posée est : “Est-ce que le plan des créanciers est bon ou pas”, si c’est ça la question posée, pour moi la réponse est claire : c’est un mauvais plan »Et de rétablir un peu de vérité sur la situation grecque et le soi-disant manque de volonté de Tsipras de participer aux discussions avec les européens : « La Grèce est le pays qui, entre 2009 et 2014, a le plus réduit son déficit (...) et c’est là qu’on en vient à la situation actuelle et au mensonge des Européens vis-à-vis de la Grèce. Depuis 2014, la Grèce est en léger excédent primaire, ce qui veut dire que les Grecs payent un peu plus d’impôts que ce qu’ils reçoivent en dépenses publiques. Les Européens, en 2012, avaient promis que quand les Grecs seraient en excédant primaire, alors il y aurait une négociation pour la restructuration de la dette. Et là, les Européens au cours de l’année 2014, on en fait dit : “On en parlera plus tard”. Depuis six mois, les gouvernements européens continuent de dire ça. (…) Il faut que les dirigeants européens, en commençant par Hollande et Merkel, prennent leurs responsabilités et disent clairement que la restructuration de la dette, ce n’est pas pour après demain, c’est pour maintenant. »

 

 

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 15:35

 

 

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L'Europe est morte, vive l'Europe !

 

Périco Légasse

 

Ayant viré au cauchemar voici que le rêve part en fumée. On a beau le prendre dans tous les sens, et même si l’on colmate la brèche grecque cette fois-ci, personne n’est dupe, c’est fini. Le moment est donc venu de se détourner des soins palliatifs qui prolongent artificiellement Eurokenstein pour envisager autre chose. Les perdants laisseront-ils la place ou vont-t-ils s’enfermer un peu plus dans la Bastille de leurs échecs cumulés ?
 
Giannis Papanikos/AP/SIPA
 

Un simple instant de recul et deux doses de hauteur, au vu et au su des causes de la crise grecque, indiquent manifestement que cette Europe-là est morte. Cette Europe des marchés, si chère à Jacques Delors, à José Manuel Barroso, à Jean-Claude Junker (spécialiste de l’évasion fiscale des multinationales installées au Luxembourg), et à tous ceux qui ont affirmé que le dogme monétarisme devait apporter l’équilibre économique à une opération aussi complexe que l’union de près de 20 Etats européens soumis aux aléas d’une devise unique, n’est plus.

Malgré les colmatages, les rafistolages, les bas de contention et autres extincteurs imaginés par la Commission européenne pour convaincre les opinions publiques que l’UE est un processus irréversible et infaillible, la grande idée de Jean Monnet et Robert Schumann fait penser à ces fusées saturées de technologies dernier cri dont le lancement en grandes pompes finit par un feu d’artifice retentissant sous les applaudissements d’une foule ne pouvant imaginer que le bijou interstellaire vient en fait d’exploser.

Et les gesticulations pathétiques de nos leaders politiques, répétant à satiété que le drame grec n’est qu’un accident de parcours provoqué par une mauvaise application de la doxa bruxelloise, nous rappelle ces marxistes sincères expliquant, la main sur le cœur, que le goulag était un dévoiement du système soviétique mais en aucun cas sa finalité objective. Pas de mauvais outils, que de mauvais ouvriers…

Il sera toujours temps de se demander, dans vingt ou trente ans, comment des esprits lucides ont seulement pu y croire, et comment, lorsque des peuples ont pu manifester un doute sur l’efficacité du projet, comme les Français en mai 2005, le camp du bien leur répondait : « Circulez y a rien à voir, la subtilité des enjeux vous dépasse ». Toute interrogation relève de la dérive populiste puisque la bête immonde s’appelle désormais Syriza.

A ce propos, Madame Lagarde et Monsieur Moscovici peuvent-ils prendre le temps de nous expliquer, avec leurs mots justes et précis, pourquoi la masse des économistes géniaux et des gouvernants visionnaires qui, depuis 40 ans, nous annoncent, à grands renforts de démonstrations scientifiques, que cette Europe-là est la seule issue viable pour notre continent, n’arrive pas à avoir raison ? C’est fâcheux, à la fin, cette obstination des faits. Chaque année qui passe confirme un peu plus l’effarante faillite du concept mais plus le roi est nu et plus on explique à la petite fille qu’elle est devenue folle…

Certains en riront, d’autres en pleureront, sur le cadavre de tous ceux qui auront payé la facture finale, c’est-à-dire les plus défavorisés. Qu’importe, le bien-être de la plèbe n’est pas la priorité de la Banque centrale européenne et encore moins celle du Fond monétaire international, dont la seule mission n’aura été, finalement, que la protection d’un système bancaire vicié venu se refaire une santé sur le dos du contribuable après une partie de poker menteur perdue.

L’urgence n’est donc plus de savoir si l’on prolonge les soins de cette Europe en pré phase terminale, on devrait dire « vincent lambertisée », mais à quel moment les élites qui nous ont conduit dans ce mur accepteront de reconnaître leurs torts ? Auront-ils l’élégance de laisser la place aux bâtisseurs d’une vraie Europe où règneront enfin les valeurs de l’entreprise et du savoir dans une cohérence politique ayant l’humanité pour ambition première ou leur faudra-t-il une rupture ? S’il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, leur échec nous encourage plus que jamais à persévérer.

 

 

Source : http://www.marianne.net/pericolegasse

 

 

 

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 14:48

 

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Géopolitique

Ces pays vendeurs d’armes qui profitent bien de l’instabilité du monde et du regain des tensions

par , Rachel Knaebel

 

 

 

Les exportations d’armes tricolores se portent au mieux. La France est le cinquième pays vendeur d’armes au monde et l’un des principaux fournisseurs des émirats et dictatures du Moyen-Orient. Un état de fait qui suscite à peine le débat, alors que le Parlement est censé contrôler le respect d’un minimum de critères encadrant ces exportations sensibles. Pire, le gouvernement français se féliciterait presque du regain des « tensions internationales », qui dynamise le complexe militaro-industriel. La France n’est pas une exception en Europe où plusieurs fabricants d’armes sont sous le feu des critiques, comme en Allemagne qui, malgré l’austérité, a allègrement vendu ses équipements à la Grèce. Un premier Traité international sur le commerce des armes doit cependant entrer en vigueur sous l’égide de l’Onu. Enquête et cartes interactives.

Un secteur ne connaît pas la crise : celui des exportations d’armes de guerre. Avec plus de huit milliards d’euros de commandes en 2014, l’industrie française de l’armement a réalisé l’année dernière le résultat « le meilleur jamais enregistré », se félicite le gouvernement [1].

Blindés, missiles, frégates, avions et hélicoptères de combat de fabrication tricolore se vendent bien et un peu partout : en Europe, en Asie, dans les pays du Golfe, et quelle que soit la nature des régimes en place. La France a ainsi livré missiles et frégates au Maroc, des blindés, canons d’artillerie et missiles à l’Indonésie, à l’Arabie Saoudite, aux Émirats arabes unis… Elle a aussi signé des contrats pour des blindés au Gabon et des avions de combat, les Rafale de Dassault, à l’Égypte et au Qatar. Sans oublier un contrat à plus de deux milliards d’euros pour livrer divers équipements au Liban. Le tout financé par l’Arabie Saoudite.

 

Merci les Saoudiens !

L’Arabie Saoudite est le plus gros client des fabricants d’armes français en terme de volume financier des contrats. À lui seul, le royaume saoudien a passé plus de 3 milliards d’euros de commandes en 2014. C’est aussi le deuxième plus gros importateur d’armements au monde [2]. Rappelons que depuis le printemps, le royaume saoudien mène une intervention militaire au Yémen, pour soutenir le président en exil et contrer la rébellion houthiste. Le Yémen n’est pas l’Ukraine. Si la livraison des porte-hélicoptères Mistral à la Russie a été annulée pour cause d’interventionnisme russe contre Kiev, pas question de s’interroger en France sur ce qui se passe à la pointe de la péninsule arabique.


Infographie interactive : Qui sont les 10 premiers pays vendeurs d’armes et les 10 pays qui en achètent le plus ? En cliquant sur « exportateurs », vous aurez la réponse à la première question. La France, par exemple, est en 5ème position, derrière les États-Unis, la Russie, la Chine et l’Allemagne. En passant votre souris sur l’icône, le montant des exportations s’affiche : la France a exporté 7,3 milliards de matériel militaire sur la période 2010-2014. En cliquant sur l’icône, vous visualiserez ses plus gros clients sur la période : Maroc, Chine et Émirats Arabes Unis. Notez que la Grèce a été l’un des principaux clients de l’Allemagne, qui lui a imposé l’austérité... Pour savoir qui sont les plus gros importateurs d’armement et leurs trois principaux fournisseurs, faites de même en cliquant sur « les importateurs ».

En Allemagne, quatrième exportateur d’armes au monde et l’un des cinq principaux fournisseurs de l’Arabie Saoudite, les Verts et le parti de gauche Die Linke n’ont pourtant pas tardé à s’interroger : des armes allemandes sont-elles impliquées dans l’intervention au Yémen ? « L’aviation militaire saoudienne est équipée d’avions de combat de type Tornado et Eurofighter qui ont été livrés par le Royaume Uni mais contiennent des composantes venues d’Allemagne », souligne le député Die Linke Jan van Aken dans une question posée à son gouvernement le mois dernier. Et de poursuivre : « L’aviation militaire saoudienne reçoit directement d’Allemagne des missiles Iris. Le fusils d’assaut G36 du fabricant allemand Heckler & Koch est aussi produit dans le royaume. » Le député a demandé au gouvernement allemand si les exports avaient continué depuis le début de l’intervention militaire saoudienne au Yémen. La réponse est claire : oui. En avril 2015, Berlin a autorisé la vente à l’Arabie Saoudite de diverses composantes d’équipements militaires, pour un montant de plus de 12 millions d’euros.

 

Vive l’instabilité génératrice d’exportations d’armes !

L’inquiétude de l’opposition allemande est légitimée par les alertes lancée par Amnesty International sur les nombreuses victimes civiles du conflit, touchées à la fois par des tirs de la coalition menée par l’Arabie Saoudite et par ceux des insurgés houthistes. « Jusqu’ici, les deux côtés ont manifesté une indifférence effrayante face aux effets létaux de leurs actions sur les civils », signale l’ONG. Les exportations d’armes allemandes vers les pays du Golfe font débat depuis déjà plusieurs années outre-Rhin. Le ministre de l’économie Sigmar Gabriel avait d’ailleurs freiné la vente de centaines de chars allemands au royaume saoudien l’année dernière. Rien de tel n’est à attendre de Paris.

« Les tensions internationales poussent de nombreux États à renforcer leurs capacités militaires, en particulier dans les zones les plus instables (Moyen-Orient) ou les espaces sur lesquels la souveraineté est disputée (mer de Chine), et des contrats importants ont été conclus en 2014. Dans cet environnement incertain, la France est parvenue à augmenter de façon très nette ses exportations de défense », se félicite le gouvernement dans son dernier rapport au Parlement sur les exports d’armes, rendu public le 2 juin. Pour Patrice Bouveret, président de l’Observatoire des armements, une association qui milite et informe depuis plus de 30 ans sur ces questions, « ce nouveau rapport est dans la ligne des précédents : il met en avant les bienfaits des exportations d’armes ». Le militant déplore le manque de précision des informations, notamment sur le type de matériel livré. « Et pourtant, ces ventes se font au nom de la France. En tant que telles, elles impliquent les Français. »

 

« Ces ventes se font au nom de la France »

Ces exportations d’armes se font sous le contrôle du gouvernement. Les industriels de la défense ne peuvent pas vendre ce qu’ils veulent à qui ils veulent. Les décisions d’exporter sont prises par le Premier ministre, sur avis de la commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériels de guerre, composée des ministères des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Économie. Le commerce des armes doit respecter une série de règles internationales. Des pays comme la Côte d’Ivoire, la Libye, l’Iran ou la République centrafricaine sont par exemple sous embargos décidés par le Conseil de sécurité des Nations unies. Le Soudan, le Soudan du Sud, la Syrie, la Chine sont sous embargo de l’Union européenne.

Mais ceux-ci n’ont pas empêché la France de fournir des armes aux rebelles syriens en 2013, ni l’Allemagne aux kurdes combattant contre l’EI (le groupe Etat islamique). Pas plus que l’embargo européen sur les ventes d’armes à la Chine n’a bloqué Paris dans ses livraisons de plus de 500 millions d’euros d’armements à Pékin entre 2010 et 2014 [3]. Il est vrai que cet embargo, décidé en 1989 après la répression de Tiananmen, est remis en question régulièrement depuis plus de dix ans en Europe. Mais il n’a officiellement pas été levé.

 

Des critères de prudence bafouées

La position commune des pays de l’UE, adoptée en 2008, soumet aussi les autorisations à des critères comme le respect par le pays destinataire des droits de l’homme et du droit humanitaire international, la situation interne dans le pays de destination, la préservation de la paix, de la sécurité et de la stabilité régionale, l’attitude du pays acheteur envers le terrorisme, l’existence d’un risque de détournement du matériel et la compatibilité des exportations d’armes avec la capacité économique du pays bénéficiaire.

L’interprétation de ces critères est laissée à la liberté des États exportateurs. Manifestement, la majorité d’entre eux jugent qu’ils ne concernent pas l’Arabie Saoudite (avec la France, le Royaume Uni, l’Allemagne et l’Espagne sont de gros fournisseurs d’armes au royaume saoudien), ni Israël. La France semble estimer que ces règles sont compatibles avec la vente d’avions de combat à l’Égypte du président Al Sissi. La position commune stipule pourtant que les États « refusent l’autorisation d’exportation s’il existe un risque manifeste que la technologie ou les équipements militaires dont l’exportation est envisagée servent à la répression interne » (voir notre article).

« Depuis son arrivée au pouvoir en juin 2014, le président Abdel Fattah al-Sissi a laissé s’instaurer une situation d’impunité qui a permis aux forces de sécurité de commettre des meurtres de masse sans être inquiétées et d’emprisonner des centaines de manifestants pacifiques », signalait Human Rights Watch en janvier. Qu’importe : en 2014, la France a livré plus de 100 millions d’euros de matériel militaire à l’Égypte, et accepté des commandes de plus de 830 millions d’euros. En février 2015, Paris et Le Caire signent un nouveau contrat pour la fourniture de 24 avions de combat Rafale.

 

Armes légères allemandes pour cartels mexicains et colombiens ?

Le critère de « compatibilité des exportations avec la capacité économique du pays bénéficiaire » passe aussi parfois à la trappe. « Le mépris du critère a été manifeste lors des exports massifs d’armes allemandes et de biens militaires à la Grèce, encore en 2010, alors qu’il était connu depuis longtemps que la Grèce n’aurait pas les moyens de les payer », soulignaient des députés verts en mai [4] En 2010, l’Allemagne a exporté pour 403 millions d’euros de biens militaires vers la Grèce. Et 812 millions vers le Portugal [5]. Avant de leur imposer de brutales politiques d’austérité... Plusieurs enquêtes pour faits de corruption dans les ventes d’armes à la Grèce ont été engagées en Allemagne. L’entreprise Rheinmetall a ainsi accepté de payer une lourde amende – 37 millions d’euros ! – pour des faits de corruption dans les ventes grecques.


Infographie interactive : Qui vend quoi ? En faisant passer votre souris sur l’un des dix plus gros marchands d’armes, vous visualiserez quels types de matériels militaires ils commercialisent et les entreprises qui les fabriquent. Vous pouvez aussi procéder de la même manière par type d’armes. Bon marché (de la mort) !

Pire, il est même possible que des producteurs d’armes exportent malgré les interdictions de leur propre gouvernement. Le fabricant allemand d’armes légères Heckler & Koch, qui écoule des pistolets automatiques, des fusils d’assaut et leurs munitions vers le monde entier [6] est ainsi sous le coup d’une enquête pour des ventes illégales vers certains États particulièrement instables du Mexique. Parmi eux, le Guerrero, là où 43 étudiants ont été assassinés l’année dernière avec la complicité de la police locale.

C’est un militant pacifiste, Jürgen Grässlin, qui a déposé plainte contre l’entreprise en 2010. Un autre fabricant allemand d’armes légères, Sig Sauer, fait lui aussi l’objet d’une enquête pour des exportations illégales de pistolets vers la Colombie notamment. En attendant les résultats de l’enquête, l’entreprise s’est déjà vu interdire tout contrat.

 

Un nouveau traité pour « limiter la corruption »

Les régulations existantes en Europe semblent totalement inefficaces. Le commerce global des armements a d’ailleurs encore augmenté ces dernières années. Le nouveau traité international, en vigueur depuis décembre, va-t-il y changer quelque chose [7] ? « Ce traité est une grande avancée au plan universel », estime Aymeric Elluin, chargé de campagne à Amnesty France. C’est le premier traité international visant à réglementer les transferts d’armes classiques : chars, blindés, hélicoptères et avions de combat, navires de guerre, missiles, systèmes d’artillerie, armes légères… Il vise à obliger les États à évaluer les risques des ventes d’armes avant d’en autoriser l’exportation.

Le texte impose par exemple de tenir compte des risques de corruption, pour la paix et la sécurité, mais aussi de violations graves des droits de l’homme ou du droit international humanitaire. Les États devront aussi communiquer les informations sur leurs ventes d’armes. « Le traité vise à introduire, à côté des intérêts légitimes des États en terme de sécurité, d’économie ou de géopolitique, le nécessaire respect des droits des populations civiles, qui souffrent des armes et de leurs mauvaise utilisation », analyse Aymeric Elluin.

130 États ont signé le traité pour l’instant. 69 l’ont ratifié, dont la France et quasiment toute l’Union européenne [8]. Une première conférence des États parties se tient cet été pour décider de ses modalités de mise en œuvre. « Il faudra un peu de temps pour évaluer les effets du traité. Mais nous sommes sceptiques sur son efficacité, explique Patrice Bouveret, de l’Observatoire des armements. Il va limiter certains trafics, mais pas les transferts d’armes dans leur ensemble. Ce n’est pas un traité de réduction du commerce. Il s’agit ici simplement de mieux réguler. Et de limiter la corruption, qui favorise les plus gros. Pour que le traité soit réellement contraignant, il faudrait une instance supranationale chargée de vieller au respect des règles établies. »

 

« Pour réguler, la France ne se presse pas »

Reste à transposer rapidement le traité dans les législations nationales. La France va-t-elle montrer l’exemple ? Il est permis d’en douter. « La France a pris son temps pour signer, puis pour ratifier le traité sur le commerce des armes », estime Corinne Bouchoux, sénatrice écologiste. Elle fait partie des rares parlementaires français à s’intéresser à la régulation de ce commerce très particulier. « Nous sommes très pro-actifs pour soutenir les ventes d’armes, mais pour la régulation, la France ne se presse pas. »

Le pays n’a par exemple toujours pas transposé une recommandation du Conseil de sécurité pour punir la violation des embargos sur les armes. La résolution de l’ONU date pourtant de 1998 ! Un projet de loi [9] est dans les cartons depuis des années. Le gouvernement promet l’adoption prochaine de ce texte. Faut-il le croire, alors qu’il annonçait la même chose en 2012 ? Rien ne s’est passé depuis. « La France a adopté un projet de loi pour être en règle avec ses obligations internationales, mais ne le soumet pas au vote pour pouvoir rester dans une zone grise », analyse Patrice Bouveret.

Paris est plutôt dans une logique de soutien aux exportations [10]. C’est que « les exportations de défense sont nécessaires à la préservation de notre base industrielle et technologique de défense », écrit le gouvernement [11]. Et l’État actionnaire en demeure l’un des principaux bénéficiaires via ses participations dans le groupe Airbus (ex EADS), Safran ou Thales « Certes, l’industrie de défense française existe aussi parce que les exportations permettent de réduire les coûts et d’entretenir un savoir faire technologique, concède Aymeric Elluin. Mais il y a une logique de pousser à l’extrême ces exportations, avec des risques de dérapages complets, et de voir ces armes associées à des crimes de guerre. »

 

Qu’en pensent les salariés des usines d’armement ?

Autre argument incontournable : l’emploi. 27 500 emplois « directs et indirects » sont liés aux exports d’armements français, selon les chiffres du gouvernement. Qu’en pensent les salariés du secteur ? « Les armes ne sont pas des marchandises », dit Jean-Pierre Brat, électromécanicien et délégué central CGT à Nexter, une filiale du Groupement industriel des armements terrestres (GIAT), qui fabrique blindés et artillerie.

Cette ancienne entreprise d’État va très prochainement être privatisée, ainsi que ses filiales. Le gouvernement l’a décidée cette année dans l’article 47 de la loi Macron, en cours d’adoption. À terme, le rapprochement avec le fabriquant allemand de chars Krauss-Maffei Wegmann (KMW) est prévu. « Ce projet n’a pas d’autres buts que l’exportation. L’objectif, c’est de se positionner sur les marchés de l’autre. Chacun veut faire grandir son réseau commercial pour vendre plus. Et tout ça va passer par une rationalisation. » Le futur siège de l’entreprise prendra par exemple place aux Pays-Bas, un pays qui offre des conditions fiscales avantageuses. « Et avec un siège en Hollande, nous n’aurons plus de représentant du personnel au conseil d’administration », déplore Jean-Pierre Brat. « Cette opération peut aussi avoir des conséquences sur l’emploi. » Face aux réductions des budgets militaires en France et en Europe, le militant CGT revendique plutôt une diversification des productions plutôt qu’une course aux exportations.

« Nous ne sommes pas opposés à toutes les exportations, parce qu’il y a des pays qui ont fait le choix de ne pas avoir d’industrie d’armement et qui doivent bien avoir une défense nationale. Mais ces contrats d’armement doivent se faire sous le contrôle de la représentation nationale », estime Jean-Pierre Brat. Un contrôle accru du Parlement que la sénatrice communiste Cécile Cukierman appelle de ses vœux : « Mais il y a évidemment des parlementaires qui se satisfont de l’entre-soi… » Il est vrai que le Sénat compte parmi ses élus l’ancien patron de l’une des plus grandes entreprises d’armements françaises, Dassault.

Rachel Knaebel

En photo : Un char Leclerc, fabriqué par Nexter (ex Giat), entreprise publique en cours de privatisation / CC marcovdz

- Infographies : Germain Lefebvre

- Méthodologie
Les visualisations sont réalisées à partir des données de l’organisation non gouvernementale suédoise Sipti. Pour cette raison, le classement des principaux clients de la France n’est pas le même que celui indiqué dans le rapport sur les exportations d’armements français remis par le gouvernement au Parlement. Les chercheurs de Sipri utilisent leur propre indicateur pour apprécier la valeur d’un armement, qui ne correspond pas uniquement à la valeur affichée dans le contrat (qui peut inclure d’autres prestations que la livraison de matériels militaires), mais à une estimation de la valeur réelle des matériels transférés. Par ailleurs, l’ONG ne comptabilise que les livraisons, alors que le rapport français couvre aussi les commandes. Ces données ne prennent pas en compte les armes légères et de petit calibre, ainsi que de nombreux composants.

Notes

[1Dans son dernier rapport annuel au Parlement sur les exportations d’armements de la France.

[2Voir le rapport annuel de l’ONG de référence sur la question du commerce des armes, le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI).

[3Source : Rapport 2015 au Parlement sur les exportations d’armes.

[4Source.

[5Source : Rüstungsexportbericht

[6Depuis 2006 par exemple, vers l’Arabie Saoudite, l’Égypte, l’Inde, le Liban, la Turquie, le Kosovo, la Serbie, le Mexique, le Pérou, l’Indonésie, les Émirats arabes unis, Oman, le Qatar. Source.

[7Voir ici.

[8De gros exportateurs comme la Russie et la Chine, et des gros importateurs comme l’Arabie Saoudite, ne l’ont pas signé.

[9Voir ici.

[10Voir par exemple ce rapport d’information de l’Assemblée national, de 2014, sur « Le dispositif de soutien aux exportations d’armement »

[11Source : Rapport 2015 au Parlement sur les exportations d’armements de la France.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 23:51

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Les contribuables belges n’ont pas risqué 1 000€ dans le « sauvetage » de la Grèce

30 juin par Frédéric Lordon , Jérémie Cravatte

 

 

 

Nos médias (publics comme privés) et nos prétendus dirigeants n’hésitent pas à monter les peuples européens les uns contre les autres, à l’heure où il faudrait faire le bilan de la crise provoquée par les banques...

A écouter ici

Auteur

Jérémie Cravatte

Permanent au CADTM

Auteur

Frédéric Lordon

est un économiste et sociologue français. Il est directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne. Il est membre du collectif « Les Économistes atterrés »

Autres articles en français de Frédéric Lordon (3)

 

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 22:27

 

Source : https://oulaviesauvage.wordpress.com

 

Au regard de la situation en Grèce, et à la suite de la rupture des négociations par l’Eurogroupe, Podemos souhaite communiquer ce qui suit

 

 

« Au regard de la situation en Grèce, et à la suite de la rupture des négociations par l’Eurogroupe, Podemos souhaite communiquer ce qui suit:

 

1. Lundi dernier, le gouvernement grec a présenté à l’Eurogroupe une proposition d’accord qui comprenait un grand nombre de concessions et a été saluée par l’ensemble des prêteurs comme une proposition raisonnable et viable. Dans les jours qui ont suivi, cependant, les créanciers internationaux, emmenés par le FMI, ont finalement rejeté la proposition du gouvernement grec de taxer les secteurs les plus riches de la société, de restructurer la dette et de mettre en œuvre un programme d’investissement pour relancer l’économie. Au lieu de cela, ils lui ont demandé d’augmenter la TVA sur les services de base et la nourriture et ont exigé des coupes supplémentaires sur les retraites et les salaires. Dans leur effort visant à démontrer qu’il n’existe pas d’alternative aux politiques d’austérité, les créanciers ne semblent accepter que l’argent des pauvres et s’évertuent à imposer la même logique et les mêmes mesures que celles qui ont conduit le pays à une catastrophe humanitaire. L’économie grecque est asphyxiée. Continuer de l’asphyxier est l’exact opposé de ce qui doit être fait.

 

2. Face à une telle extorsion et un tel chantage, le gouvernement grec a réagi à l’ultimatum de manière exemplaire: en appelant le peuple à se prononcer démocratiquement et souverainement sur son avenir. Contrairement aux gouvernements espagnols de 2011 et de 2012, le gouvernement hellénique a refusé de violer le mandat populaire issu des élections de janvier. Les tentatives visant à contraindre, intimider et influencer ce vote de la part de pouvoirs non élus et en particulier de la Banque Centrale Européenne ― qui s’emploie à étouffer le système financier grec afin d’influencer le résultat de la consultation ― constituent une violation flagrante et inacceptable du principe démocratique. Ce que nous disons, c’est que l’Europe sans démocratie n’est pas l’Europe: tous les démocrates doivent aujourd’hui unir leurs voix pour dénoncer cette ingérence et ces pressions insupportables. La démocratie ne peut aller de pair avec le fait de laisser des pouvoirs non élus gouverner et décider pour nous. Il en va de la démocratie même.

 

3. Par leur intransigeance, les créanciers ont démontré qu’ils ne se préoccupaient nullement de résoudre la crise de la dette grecque ; leur but est bien plutôt de soumettre et de renverser un gouvernement démocratiquement élu afin de démontrer qu’il n’existe pas d’alternative aux politiques d’austérité. Leur aveuglement est tel qu’ils s’apprêtent à mettre en péril l’intégrité et la stabilité du système financier et le projet européen lui-même en exposant celui-ci à des attaques spéculatives dont le prix sera également payé par les citoyens d’autres pays. Nous le disons une fois de plus: c’est eux qui seront à blâmer, eux qui porteront la responsabilité des conséquences de ce désastre.

 

4. Syriza n’a pas créé l’énorme crise économique qui affecte la Grèce. Ce sont les gouvernements de la Nouvelle Démocratie et du PASOK, les amis de notre Parti Populaire et de notre PSOE, qui ont falsifié les données et les comptes, remis la souveraineté du pays entre les mains de la Troïka et laissé à Syriza un désastre économique et social qu’il est impératif et urgent d’inverser.

 

5. De nombreuses personnalités internationales ont d’ores et déjà pris leurs distances avec le dogmatisme des créanciers. Des centaines de milliers de personnes à travers le monde ont exprimé leur solidarité avec le peuple grec dans sa défense du principe démocratique. Nous exigeons que le gouvernement espagnol et les institutions européennes respectent la souveraineté et la dignité du peuple grec et garantissent en conséquence que le référendum se déroule dans des conditions de liberté et de pleine régularité. La volonté démocratique et les droits fondamentaux du peuple grec, qui ont été systématiquement bafoués durant les longues années d’austérité, doivent être respectés.

 

Il y a en Europe deux camps opposés: celui de l’austérité et celui de la démocratie, celui du gouvernement du peuple et celui du gouvernement des marchés et de leurs pouvoirs non élus. Nous nous tenons fermement du côté de la démocratie. Nous nous tenons fermement aux côtés du peuple grec. »

 

Source :

http://podemos.info/in-view-of-the-situation-in-greece-and-following-the-breakdown-in-the-negotiations-by-the-eurogroup-podemos-wishes-to-communicate-the-following/

Traduit de l’anglais par Dimitris Alexakis

 

 

Source : https://oulaviesauvage.wordpress.com

 

 

*Images ajoutées le 1er juillet 2015 issues de l'article de Bastamag http://www.bastamag.net/Podemos-Nous-nous-tenons-fermement-aux-cotes-du-peuple-grec 

 

 

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 22:16

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/dimitris-alexakis

 

 

«Nous n’avons peur que de la peur» (Alexis Tsipras au peuple grec, 28 juin 2015)

 

Après l'annonce par le Premier ministre grec de la tenue, le 5 juillet prochain, d'un référendum sur les propositions des "Institutions" (FMI, BCE, Commission), le refus de l'Eurogroupe de prolonger pour quelques jours le programme d'aide à la Grèce, la décision de la Banque Centrale Européenne de ne pas relever le plafond de liquidités d'urgence octroyées aux banques helléniques et la tenue à Athènes d'un Conseil de stabilité financière, Alexis Tsipras a annoncé, dimanche 28 juin, que les banques seraient temporairement fermées à partir de lundi. Traduction de son adresse au peuple grec, retransmise par la première chaîne de télévision publique (ERT1).

 

 

« La décision prise hier par l’Eurogroupe de ne pas accéder à la requête du gouvernement grec, qui lui demandait de prolonger de quelques jours le programme d'assistance de façon à ce que le peuple ait la possibilité de se prononcer par référendum sur l’ultimatum des créanciers, constitue un acte ― sans précédent dans les annales européennes ― remettant directement en cause le droit d’un peuple souverain à effectuer un choix démocratique, le droit suprême et sacré de tout peuple à exprimer son opinion.

Cette décision a conduit aujourd’hui la Banque Centrale Européenne à ne pas relever le plafond de liquidités d'urgence octroyées aux banques grecques et a contraint la Banque de Grèce à proposer l’activation de mesures de fermeture temporaire des banques et de limitation des retraits bancaires.

Il ne fait désormais plus aucun doute que cette décision a pour seul et unique objectif de forcer la volonté du peuple grec et d’entraver le déroulement régulier du processus de consultation démocratique.

Ils ne parviendront pas à leurs fins. Ces actes produiront un résultat exactement inverse à celui qui est escompté.

Ils affermiront davantage encore le peuple grec dans sa volonté de rejeter ces propositions inacceptables, induites par la logique des mémorandums, et les mises en demeure des créanciers.

Mais une chose est sûre: le refus de ce prolongement de quelques jours et la tentative d'invalidation d’un processus démocratique d'une importance majeure constituent, au regard de la tradition démocratique européenne, une offense et une honte immense.

Pour cette raison, j’ai de nouveau envoyé aujourd’hui la demande de prolongement de courte durée en l’adressant cette fois au Président du Conseil Européen et aux dirigeants des 18 autres États de la zone euro, ainsi qu’aux responsables de la Banque Centrale Européenne, de la Commission et du Parlement Européen. J’attends de connaître leur réaction immédiate à ce qui constitue une exigence élémentaire de démocratie.

Eux seuls peuvent toutes affaires cessantes, peut-être dès ce soir, inverser la décision de l’Eurogroupe et donner à la BCE la possibilité de rétablir l’alimentation des banques grecques en liquidité.

Les jours qui viennent, quoi qu’il arrive, exigeront de nous lucidité et patience.                     

Les dépôts des citoyens dans les banques grecques sont absolument garantis. Le versement des retraites et des salaires est de même assuré.

Nous devrons faire face à toute éventualité avec sang-froid et détermination. Nous viendrons d'autant plus vite à bout de ces difficultés et en limiterons d'autant mieux les conséquences que nous saurons faire preuve de calme.

Nous avons aujourd’hui l’occasion de nous prouver à nous-mêmes et de prouver au monde entier que la justice peut l’emporter. Nous avons une fois de plus l’occasion historique d’adresser à l’Europe et au monde un message d’espoir et de dignité.

Et rappelez-vous : en ces heures cruciales, où nous sommes tous appelés à nous hisser à la hauteur de notre histoire, nous n’avons peur que de la peur. Et nous ne la laisserons pas nous gagner.

Nous réussirons.

La dignité opposée par les Grecs au chantage et à l’injustice portera dimanche prochain un message d’espoir et de dignité à l’Europe entière. »

 

28/06/2015, 21:00

Source : https://www.youtube.com/watch?v=LEf9dp8HzLM

 

 

Traduit du grec par Dimitris Alexakis

 

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/dimitris-alexakis

 

 

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 21:33

 

Source : http://cadtm.org/Petition-Non-a-l-austerite-Oui-a*

 

 

Pétition : Non à l’austérité, Oui à la démocratie !

30 juin par Altersummit

 

 

 

En juin 2015, la Grèce se trouve à un carrefour. Elle doit choisir entre la poursuite des programmes d’ajustement macroéconomique imposés par ses créanciers ou briser les chaînes de sa dette. Cinq ans après le début des programmes d’ajustement, le pays reste plongé dans une grave crise économique, sociale, démocratique et écologique. La boîte noire de la dette n’a pas été ouverte.

À ce jour, aucune autorité, grecque ou internationale, n’a cherché à faire la lumière sur les causes et les modalités d’assujettissement de la Grèce au régime de la Troïka. La dette, au nom de laquelle rien n’a été épargné à la population, reste le dogme au nom duquel est imposé un programme d’ajustement néolibéral qui s’accompagne de la plus profonde et la plus longue récession jamais connue en Europe en temps de paix.

Dans la continuité de la semaine d’action européenne en soutien avec la Grèce, nous appelons, d’ici au 5 juillet, à « voter » symboliquement contre l’ultimatum des créanciers, en signant et en faisant signer l’appel ci-dessous, et en organisant des votations citoyennes symboliques et rassemblements ou manifestations.

À Bruxelles, une grande manifestation est prévue vendredi 3 juillet 18 h 30 à la gare centrale ! Soyons nombreux et nombreuses !

La pétition lancée par Altersummit

 

 

Non à l'austérité! Oui à la démocratie!

 

L’Europe est à la croisée des chemins. La Troïka ne cherche pas seulement à détruire la Grèce, elle s’en prend à nous tou.te.s. Il est grand temps de nous dresser contre le chantage des élites européennes.

Dimanche prochain, le peuple grec a la possibilité de refuser l’austérité, et de choisir la voie de la dignité, dans l’espoir d’une autre Europe. En ce moment historique, chacun de nous doit prendre position.

Pour nous : C’est NON à l’austérité, à la réduction des pensions de retraites et à l’augmentation de la TVA, C’est NON à la pauvreté et aux privilèges C’est NON au chantage et au démantèlement des droits sociaux
C’est NON à la peur et à la destruction de la démocratie.

Pour nous, c’est OUI à la dignité, à la souveraineté, à la démocratie, et à la solidarité avec les citoyen.ne.s grecs.

Il ne s’agit pas d’une histoire entre la Grèce et l’Europe, mais de deux visions de l’Europe : la nôtre, celle de la démocratie et de la solidarité, une Europe des peuples , sans frontières. Et la leur : celle du refus de la justice sociale et climatique, qui piétine la démocratie, qui s’attaque à la protection des plus vulnérables, et s’oppose à la taxation des riches.

Basta, Y’en a marre ! Une autre Europe est possible !

 

Pour signer la pétition, cliquer ici

 

 

Source : http://cadtm.org/Petition-Non-a-l-austerite-Oui-a

 

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