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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 22:15

 

Source : http://syriza-fr.org

 

La Commission Européenne a déclaré la guerre aux pauvres

Stathis Diomidis

Source : avgi.gr

Mis à jour le 27.03.2015

 

 

Le journaliste Paul Mason a fait une révélation effrayante sur le Channel  4. Il a révélé que la Commission Européenne par l’intermédiaire de Declan Costello, le directeur général de la direction des affaires économiques et financières et membre de l’équipe technique en charge de l’observation de la Grèce d’ « ancien » troïka, a envoyé une lettre au ministère grec des Finances en exigeant que le Parlement grec ne vote pas les projets de loi sur la crise humanitaire et sur le règlement des dettes échues envers les autorités fiscales et des fonds d’assurances, un projet de loi afin d’ aider les contribuables à régler leurs dettes en 100 mensualités. Plus précisément M. Costell indique que si les projets de loi n’étaient pas examinés par des équipes techniques de l’UE, on considérait que le gouvernement grec, qui a été élu légalement, adopte des actions unilatérales. « Faire autrement serait agir unilatéralement et de manière fragmentaire, ce qui ne serait pas cohérent avec les engagements pris, notamment à l’Eurogroupe du 20 février et il y aura des conséquences» a-t-il ajouté.

Avec ce «veto – commande – chantage» l’UE totalement soumise au dur expansionnisme allemand, elle déclare officiellement la guerre aux pauvres et aux gouvernements européens qui osent donner toute forme de soulagement aux misérables et persécutés.

Bien que près de 20% des citoyens européens et près de 35% des Grecs vivent en dessous du seuil de pauvreté, la direction de l’Union européenne tente d’interdire toute forme de soulagement aux plus démunis. Et bien sûr, elle interdit la droite d’un gouvernement légalement élu de soutenir les populations pauvres.

Plus tôt, un néerlandaise diplômé de l’économie rurale et président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem avait menacé la Grèce avec le scénario chypriote. Il avait pris le relais de M. Schäuble, qui n’a pas hésité à parler d’une manière  péjorative et insultante pour le gouvernement grec et le Premier ministre. Il ne peut pas accepter que le peuple grec a mis à l’écart ses collaborateurs, comme Samaras, Venizelos et Hardouvelis, et il a voté contrairement à ce qu’il demandait.

Martin Schulz le Président du Parlement européen, donne le bon exemple, en exigeant à chaque occasion par le Premier ministre grec de virer M. Panos Kamenos, chef du parti Grecs Indépendants (ANEL) et ministre de la Défense et de se coaliser avec son élu M. Stavros Theodorakis, interférant crûment dans les affaires intérieures du pays.

L’évolution actuelle montre d’une manière tragique comment la vision de l’Europe des peuples est devenue un cauchemar et comment le bélier politique de l’expansionnisme allemand a imposé une «monarchie démocratique» ayant comme monarque l’élite allemande.

Essayer de démanteler l’Etat-providence en Europe est un choix stratégique de l’élite allemande qui va utiliser tous les moyens, légaux et illégaux de le faire. C’ est pourquoi les peuples européens, solidaires avec le peuple grec, qui en ce moment est menacé et exposé aux attaques préméditées, doivent résister et lutter pour la démocratie et la dignité, car le totalitarisme est maintenant imminent …

 

 

Traduction du grec : Athina Vlachaki

 

 

Source : http://syriza-fr.org

 

 

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 20:50

 

Source : http://www.reporterre.net

 

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Comment le gouvernement a truqué les chiffres électoraux au détriment d’EELV

28 mars 2015 / Barnabé Binctin et Lucas Mascarello (Reporterre)
 


 

La manipulation statistique opérée par le ministère de l’Intérieur n’a pas tenu longtemps : Europe Ecologie Les Verts (EELV) représente bien plus que les 2 % annoncés. Et les alliances avec le Parti de gauche obtiennent de bons résultats. De quoi alimenter le débat stratégique du parti écologiste.

"Aïe aïe aïe…". La stupeur n’aura duré que quelques minutes, dimanche soir 22 mars, au siège d’EELV. Très rapidement, la soupe à la grimace devant les résultats du premier tour diffusés sur grand écran, a laissé place à la colère contre la présentation fallacieuse par le ministère de l’Intérieur des chiffres des différents partis.

Amorcé en début de semaine, le débat a conclu sans ambiguïté : le score officiel d’EELV, annoncé à 2,03 %, n’a rien à voir avec la réalité.

Voici le véritable bilan comptable d’EELV au premier tour des départementales :

On y constate que quand :
- EELV s’est présenté de manière autonome, il a obtenu 9,7 % des suffrages exprimés ;
- EELV s’est allié avec le Front de gauche, ils ont obtenu 13,6 % ;
- EELV s’est allié avec le PS, ils ont obtenu 27 % ;
- EELV s’est allié avec le PS et le PC, ils ont obtenu 30,5 %.

Pourquoi une telle différence entre le résultat officiel et les vrais chiffres ?

L’explication réside dans le changement opéré par la loi du 17 mai 2013, qui transforme les élections cantonales en élections départementales, et modifie leur mode de scrutin, qui est devenu binominal, c’est-à-dire avec deux candidats ensemble et non plus un seul. Comment alors comptabiliser les votes pour les paires de candidats qui ne sont pas du même parti ?

Qu’a fait le ministère de l’Intérieur pour parvenir à 2 % ? Il a rapporté le score des listes autonomes d’EELV à l’ensemble des voix exprimées au niveau national. Ce qui évacue près de deux tiers des candidatures d’EELV qui se sont faites en alliances : sur le millier de canton sur lesquels se présentaient des candidats EELV, seul 337 s’avéraient être des candidatures autonomes. « On utilise un numérateur qui n’a rien à voir avec le dénominateur, cela n’a pas de sens » explique Joël Gombin, chercheur en sciences politique.

Pour lui, la nomenclature du ministère pose problème : « Le nuancier ne permet pas une lecture fine, et majore le score de gros blocs au détriment des sous-ensembles. Il aurait fallu une étiquette par candidats plutôt qu’une étiquette par binôme ».

Car, afin de contourner l’apparente difficulté comptable, le ministère de l’Intérieur a procédé par groupement. Comme l’a pointé Le Monde, près de six désignations différentes ont au total caractérisé les alliances d’EELV, avec les résultats suivants :

L’infographie ci-dessus, réalisée par Reporterre, permet de comprendre le tour de passe-passe opéré par le ministère de l’Intérieur : sur les 395 alliances avec le Front de gauche, 32 seulement ont été in fine comptabilisées sous l’étiquette EELV, soit 8,1%... Cela a permis de « sous-estimer le score du Front de Gauche, effacer le score d’EELV et de rendre invisible les alliances et les rassemblements », selon Éric Coquerel, coordinateur général du Parti de gauche.

Le gouvernement évacue Nouvelle Donne

La manipulation a même été jusqu’à nier l’étiquette à un parti. C’est ce qui est arrivé à Nouvelle Donne, absent de toutes les listes de résultats. Son président, Pierre Larrouturrou, en est scandalisé : « Ces méthodes de voyou ont permis à Manuel Valls de mélanger des chiffres qui n’avaient rien à voir pour dire que tout allait bien. Les électeurs qui ont voté pour Nouvelle Donne n’ont pourtant certainement pas voté pour le Parti socialiste ! ».

Nouvelle Donne, présent dans 31 départements, revendique un score de 5,8 % lorsqu’il est parti sur des listes autonomes, un score qui double presque lorsqu’il s’agit de liste de rassemblement.

Ce parti a décidé de déposer un recours auprès du Tribunal administratif contre le ministère de l’Intérieur : « Nous sommes reconnus comme un parti à parti entière par la Commission des comptes, nous avons une député. Il faut absolument empêcher le même scénario pour les prochaines élections, à savoir les régionales », nous dit Pierre Larrouturrou.

Le PS veut l’éclatement d’EELV

L’intérêt du Parti Socialiste à cette supercherie est double. Elle masque la réalité de son affaiblissement pour le reporter sur ses possibles rivaux : « Balkaniser l’offre alternative au PS permet de faire croire qu’elle n’existe pas, qu’elle n’est pas audible, etc. C’est une condition importante du récit politique qu’essaye de construire Manuel Valls », dit David Cormand, spécialiste des élections à EELV.

Mais il s’agit aussi, dans un contexte de rupture voire de scission au sein d’EELV, de renforcer l’opposition des deux blocs qui semblent s’y dessiner : d’un côté, les partisans de la participation au gouvernement font valoir que les meilleurs résultats des écologistes sont à mettre au crédit des alliances avec le Parti Socialiste. De l’autre, ceux qui tirent vers un rassemblement avec les forces du Front de gauche et de Nouvelle Donne estiment que la dynamique s’est dirigée vers ces listes communes...

 

*Suite de l'article sir reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 23:39

 

Source : http://la-bas.org

 

 

 

Radio France, une grève de civilisation

Le , par L’équipe de Là-bas

 

 

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Mathieu Gallet, le président-directeur général de Radio France (photo : Bestimage)

 

LÀ-BAS Hebdo n°10, seconde partie, accessible à tous grâce aux Abonnés Modestes et Géniaux.

 

Neuvième jour de grève à Radio France. Pas une grève comme une autre : une grève de civilisation. Depuis la fin des années 1970, les grands intérêts privés ont mis en route un énorme rouleau compresseur pour privatiser, délocaliser, et s’attaquer aux grands secteurs publics, lentement ou brutalement. Dans le domaine audiovisuel, il reste une forteresse : Radio France. Un service public admirable, qui connaît un succès quotidien : 12 à 14 millions écoutent chaque jour au moins une des radios du service public.

 

Radio France a une longue histoire, issue du Conseil National de la Résistance, et c’est chaque jour le symbole sonore de l’attachement des Français au bien public. Le succès de Radio France est dû aussi à la publiphobie. Les Français sont majoritairement publiphobes. Une partie d’entre eux supportent la publicité, les autres écoutent Radio France !

 

Radio France est aussi un succès dans son financement original que constitue la redevance. 26 € par an pour sept chaînes de radio, deux orchestres, des chœurs. C’est donc cette réussite, ce symbole, cette forteresse que les partisans de la privatisation cherchent à abattre. Et que les salariés, les syndicats et les auditeurs entendent défendre : l’émancipation contre la consommation.

 

Un reportage de Gaylord VAN WYMEERSCH.

Écouter l'émission

Télécharger le MP3 - (*ou cliquez sur ce lien http://la-bas.org)

 

Et rendez-vous demain, la veille du second tour des élections départementales, pour un nouveau reportage d’Anaëlle Verzaux à Pinon dans l’Aisne : « Y’a tellement personne ». La France s’en va en friche, et les Français s’en fichent : depuis quand l’Aisne rime avec FN ?


Les différentes séquences de l’émission

 

Partie 1ère : Non, Monsieur le président, Radio France n’est pas une marque

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Dans le studio 105 refait à neuf, ils étaient 600 salariés gonflés à bloc, tous métiers confondus, en grève illimitée. Motif ? Cinquante millions de budget en moins dont ils vont faire les frais. Un plan de licenciement de 300 emplois est déjà dans les tuyaux selon les syndicats. Il aurait été demandé à divers petits chefs de fournir discrètement des listes d’employés superflus et tout ça alors même que le chantier de reconstruction de la maison lancé depuis plus de dix ans pour 176 millions d’euros dépasse les 584 millions aujourd’hui. Un gâchis pharaonique dont nul ne peut dire le terme. Le projet de Mathieu Gallet, président-directeur général ? « Garantir la marque Radio France. »

Partie 2 : Grâce à la grève, j’ai découvert que je n’écoutais que Radio France

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Mercredi 25 mars, assemblée générale des salariés de Radio France. Radio France, première entreprise culturelle d’Europe, 4 300 collaborateurs permanents, 12 à 14 millions auditeurs quotidiens. Voilà déjà une semaine que les salariés de Radio France sont en grève, pour lutter contre le projet de démantèlement du service public audiovisuel, qui commencerait par le départ "volontaire" de 300 premiers emplois. Suppressions de postes inacceptables pour les salariés en lutte, alors même que le Canard enchaîné révèle les dépenses dispendieuses du président Mathieu Gallet en rénovation de boiseries et en réfection de son image.

 

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Assemblée générale des salariés de Radio France (photo : Éric Chaverou)

 

Partie 3 : Ce n’est pas aux emplois de payer les murs

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« À tant d’idées, de mots, d’images, de sons, lancés sur des ondes merveilleuses, à toutes ces rafales de suggestions déclenchées vers la foule secrète des esprits, bref à la radio, fallait-il une maison ? Oui ! Car, pour étendues que soient ses limites, dispersées ses sources et variées ses émissions, la radio est une œuvre humaine, autrement dit collective. » Voilà comment De Gaulle inaugurait la Maison de la Radio il y a plus de cinquante ans, le 14 décembre 1963. Cette Maison ronde, ce sont des bureaux, des studios, des techniciens, des journalistes, mais comme une petite ville, c’est aussi un tas d’autres métiers, d’artisans, d’hommes et de femmes de ménage, de serruriers, de cuisiniers, de petites mains et de fines oreilles qui participent à ces sept chaînes de radio.

 

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La tour de la Maison de la Radio pendant les travaux (photo : Christophe Abramowitz)

 

Partie 4 : Des défilés Hermès dans les studios

Télécharger le MP3 (*ou cliquez sur ce lien http://la-bas.org

Ce mercredi 25 mars, c’est Mathieu Gallet qui est convoqué par la Ministre de la Culture, laquelle lui demande un véritable « projet stratégique et financier stable », avant que soient reçus les représentants de l’intersyndicale de Radio France. Les salariés en lutte sont venus sous les fenêtres du Ministère de la Culture manifester leur inquiétude devant la casse de la radio publique française. Une lutte, une grève de civilisation, celle qui défend l’émancipation des auditeurs et des travailleurs de la radio contre celle de la consommation, qui vous invite à un défilé Hermès dans un studio, au fond à droite après la galerie marchand

 

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(photo : Gaylord Van Wymeersch)

 

Merci à toutes et à tous les salarié-es de Radio France en lutte !

 

Et rendez-vous demain, la veille du second tour des élections départementales, pour un nouveau reportage d’Anaëlle Verzaux à Pinon dans l’Aisne : « Y’a tellement personne ». La France s’en va en friche, et les Français s’en fichent : depuis quand l’Aisne rime avec FN ?


Programmation musicale :
- France Inter, par Michèle et Christian
- Femmes qui parlez dans les radios, par Julos Beaucarne
- Comme à la radio, par Brigitte Fontaine


À suivre :
- LeMeilleurDesOndes, le collectif de salariés de Radio France qui lutte contre les attaques nocives menées par la direction, à suivre sur Facebook, Twitter et Soundcloud

À voir :
- La pétition de soutien à la lutte des salariés de Radio France, à signer sur www.convergencedesluttes.fr

Et n’oubliez pas que le répondeur attend toujours vos messages au 01 85 08 37 37.

Reportage : Gaylord VAN WYMEERSCH
Présentation : Daniel MERMET
Montage : Grégory SALOMONOVITCH
Réalisation : Franck HADERER et Guillaume GIRAULT
Préparation : Jonathan DUONG

 

Source : http://la-bas.org

 

 

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 23:20

 

Source : http://cadtm.org

 

CADTM

 

Déclaration de l’Assemblée des mouvements sociaux - Forum social mondial 2015

Tunis 27 mars

28 mars par Assemblée des mouvements sociaux

 

 

 

Les peuples unis ne seront jamais vaincus !

 

Nous, réuni-e-s lors de l’Assemblée des mouvements sociaux du Forum social mondial 2015 à Tunis, avec notre diversité, pour construire un agenda commun de luttes contre le capitalisme, l’impérialisme, le patriarcat, le racisme et toutes les formes de discrimination et d’oppression.

Nous avons construit une histoire et un travail commun qui a permis des avancées, avec l’espoir de réaliser la victoire contre le système dominant et concrétiser plusieurs alternatives pour un développement socialement juste et respectueux de la nature.
 
Les peuples du monde entier subissent aujourd’hui l’aggravation d’une crise profonde du capitalisme dans laquelle les sociétés privées transnationales, les banques, les conglomérats médiatiques, les institutions financières internationales cherchent à accroître leurs profits au prix d’une politique interventionniste et néo-colonialiste, avec la complicité des gouvernements libéraux.

Guerres, occupations militaires, traités néo-libéraux de libre-échange (Transatlantique, transpacifique, ALECA, UE-MERCOSUR, APE, MERCOSUR-Israël et différents traités bilatéraux) et politiques d’austérité se voient traduits en paquets économiques qui privatisent les biens communs et les services publics, baissent les salaires, violent les droits, augmentent le chômage, la précarité et la surcharge des femmes dans le travail de soins et détruisent la nature.
 
Ces politiques néolibérales affectent lourdement à la fois les pays du Sud et les pays du Nord, augmentent les migrations, les déplacements forcés, les délogements, l’endettement et les inégalités sociales. Elles renforcent le conservatisme et le contrôle sur le corps et la vie des femmes. Elles nous imposent « l’économie verte » comme fausse solution à la crise environnementale et alimentaire, ce qui non seulement aggrave le problème, mais débouche sur la marchandisation, la privatisation et la financiarisation de la vie et de la nature. 
 
Nous affirmons que les peuples ne sont pas responsables de cette crise et ne doivent pas en payer le prix, et qu’il n’y a pas d’issue possible au sein du système capitaliste. Ici, à Tunis, nous réaffirmons notre engagement pour la construction d’une stratégie commune de lutte contre le capitalisme. C’est pour ça que, nous, les mouvements sociaux luttons : 

 

Contre les transnationales et le système financier (FMI, BM et OMC), principaux agents du système capitaliste, qui privatisent la vie, les services publics et les biens communs comme l’eau, l’air, la terre, les semences, les ressources minérales, promeuvent les guerres, violent les droits humains et pillent les ressources. Les transnationales reproduisent des pratiques extractivistes nuisibles à la vie, accaparent nos terres et développent des semences et aliments transgéniques qui privent les peuples de leur droit à l’alimentation et détruisent la biodiversité.

Nous luttons pour l’annulation de la dette illégitime et odieuse qui est aujourd’hui un instrument global de domination, de répression et d´asphyxie économique et financière des peuples. Nous refusons les accords de libre-échange que nous imposent les États et les transnationales et nous affirmons qu’il est possible de construire une mondialisation d’un autre type, par les peuples et pour les peuples, fondée sur la solidarité et sur la liberté de circulation pour tous les êtres humains.

 

Nous soutenons l’appel à la journée d’action internationale contre les traités de libre échange prévue le 18 avril 2015.
 
Pour la justice climatique et la souveraineté alimentaire parce que nous savons que le réchauffement global est le résultat du système capitaliste de production, distribution et consommation. Les transnationales, les institutions financières internationales et les gouvernements qui sont à leur service ne veulent pas réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Nous dénonçons « l’économie verte », et refusons les fausses solutions à la crise climatique comme les agrocarburants, les organismes génétiquement modifiés, la géo-ingénierie et les mécanismes de marché de carbone, comme le REDD (Réduction des Émissions liées à la Déforestation et à la Dégradation), qui font miroiter aux populations appauvries des progrès, tout en privatisant et transformant en marchandises les forêts et territoires où ces populations ont vécu pendant des millénaires.
 
Nous défendons la souveraineté alimentaire et l’agriculture paysanne qui sont les solutions réelles à la crise alimentaire et climatique, ce qui signifie aussi l’accès à la terre pour celles et ceux qui la travaillent.

Nous appelons à une grande mobilisation sur le climat au mois de décembre 2015 à Paris en marge de la COP21. Faisons de 2015 l’année des mobilisations des mouvements sociaux partout dans le monde pour la justice climatique.
 
Contre la violence envers les femmes qui est exercée régulièrement dans les territoires occupés militairement, mais aussi contre la violence dont souffrent les femmes quand elles sont criminalisées parce qu’elles participent activement aux luttes sociales. Nous luttons contre la violence domestique et sexuelle qui est exercée sur les femmes quand elles sont considérées comme des objets ou marchandises, quand leur souveraineté sur leur corps et leur spiritualité ne sont pas reconnues. Nous luttons contre la traite des femmes, des filles et garçons.

Nous défendons la diversité sexuelle, le droit à l’autodétermination du genre, et nous luttons contre l’homophobie et les violences sexistes.

Nous appelons à soutenir les actions de la 4e marche mondiale des femmes entre mars et octobre 2015.
 
Pour la paix et contre la guerre, le colonialisme, les occupations et la militarisation de nos territoires. Nous dénonçons le faux discours de défense des droits humains et des combats aux intégrismes, qui sont souvent utilisés pour justifier les interventions militaires. Nous défendons le droit à la souveraineté et à l’auto-détermination des peuples. Nous dénonçons l’installation des bases militaires étrangères pour fomenter des conflits, contrôler et piller les ressources naturelles et promouvoir des dictatures en divers endroits du monde.

Nous exigeons des réparations pour tous les peuples du monde victimes du colonialisme.
 
Pour la démocratisation des médias de masse et la construction de médias alternatifs, qui sont fondamentales pour faire renverser la logique capitaliste.

Pour la résistance et la solidarité : Nous luttons pour la liberté de nous organiser dans des syndicats, des mouvements sociaux, des associations et toutes autres formes de résistance pacifique.

Nous dénonçons l´intensification de la répression contre les peuples rebelles, les arrestations, emprisonnements et assassinats des activistes, des étudiants et des journalistes. Ainsi que la criminalisation de nos luttes.

Inspirés par l’histoire de nos luttes et par la force rénovatrice des peuples dans les rues, l’Assemblée des mouvements sociaux appelle toutes et tous à développer des actions de mobilisation coordonnées au niveau mondial dans une semaine globale de luttes contre le capitalisme du 17 au 25 octobre 2015.

Mouvements sociaux du monde entier, avançons vers une unité globale pour défaire le système capitaliste !

Renforçons notre solidarité avec les peuples du monde qui luttent au quotidien contre l’impérialisme, le colonialisme, l´exploitation, le patriarcat, le racisme et l’injustice, en Tunisie, en Palestine, au Kurdistan, en Syrie, en Irak, en Lybie, en Grèce, en Espagne, au Burkina Faso, au Mali, au Congo (RDC), en Centre Afrique, au Sahara occidental…

Vive la lutte de tous les peuples !

Les peuples unis ne seront jamais vaincus !

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 22:45

 

Source : http://www.reporterre.net

 

Le mensonge nucléaire reste impuni en France

27 mars 2015 / Etienne Ambroselli
 


 
 

Jeudi 26 mars, le tribunal de grande instance de Nanterre a rendu son jugement à propos de Cigeo. Les associations opposées au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure poursuivaient l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), au motif que celle-ci a caché l’existence d’une importante ressource géothermique sur le lieu même du site envisagé. Le tribunal n’a pas contesté les faits, mais jugé que c’était, non pas aux associations de poursuivre, mais à l’Etat... Quant aux associations, elles sont condamnées à payer 3 000 euros à l’Andra !

 

L’avocat des association, Me Ambroselli, réagit.


L’ANDRA peut désinformer depuis quinze ans les Français sans que sa responsabilité puisse être mise en cause. Les associations de protection de l’environnement n’ont pas d’intérêt à agir contre l’ANDRA. Seules, selon le juge de grande instance, les « autorités publiques » peuvent engager la responsabilité de l’ANDRA pour faute dans l’exécution de sa mission.

C’est ce que l’on est contraint conclure des termes du jugement rendu le 26 mars 2015 par le Tribunal de grande instance de Nanterre dans la procédure dont les associations Réseau Sortir du nucléaire, Bure Stop 55, le Cedra, l’l’Asodedra, Les Habitants Vigilants de Gondrecourt et Mirable Lorraine Nature Environnement ont pris l’initiative.

L’objectif de l’action des associations antinucléaires est de mettre fin à cette désinformation qui est un mode de fonctionnement aussi habituel que daté et antidémocratique, malheureusement habituel chez les exploitants nucléaires historiques.

Il s’agit plus particulièrement ici d’obtenir la reconnaissance par le juge civil de la faute de l’ANDRA pour avoir manqué à sa mission d’information du public.

L’ANDRA a divulgué des informations erronées en ce qui concerne l’intérêt particulier de la ressource géothermique du site de Bure sur lequel est envisagée l’implantation du centre d’enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux appelé Cigeo et les risques de perforation des déchets qui en résultent lorsque la mémoire de l’existence de ce centre et de son contenu sera susceptible d’avoir disparu.

Ces déchets radioactifs resteront dangereux pour des centaines de milliers d’années. Pour déterminer un lieu destiné à leur enfouissement, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a mis en place des règles de sûreté : en particulier, ne pas enfouir de déchets à l’aplomb d’une ressource géothermique présentant un intérêt particulier. Une fois le site construit, l’ASN reconnaît le risque d’une perte de mémoire de celui-ci, qu’elle situe « raisonnablement au-delà de 500 ans ». Si la ressource géothermique -aujourd’hui déjà exploitable- venait à être exploitée dans plusieurs siècles, les conséquences de la perforation des alvéoles de stockage et, de ce fait, des conteneurs de déchets seraient gravissimes pour la santé et la sécurité des populations.

Or, le sous-sol de Bure renferme précisément une ressource géothermique conséquente, connue des géologues depuis les années 1980 mais dont l’ANDRA s’est efforcée avec ténacité de cacher l’existence pour y faciliter l’implantation du centre !..

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 20:54

 

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A Grenoble, l’alliance écolo-gauche-citoyens, ça marche !

27 mars 2015 / Barnabé Binctin (Reporterre)
 


 

 

Il y a un an, une équipe écolo-gauche-citoyens remportait la mairie de Grenoble. Mène-t-elle bien la barque ? Pour le savoir, Reporterre est allé voir. Constat : le difficile équilibre entre idéaux et réalité. Le bilan : bon, malgré des erreurs et les finances en berne laissées par l’équipe précédente.

- Grenoble, reportage

Un nouveau concept météo a été inventé pour le micro-climat politique de Grenoble : un nouvel anticyclone baptisé la « radicalité pragmatique » par Eric Piolle, le maire de Grenoble, dans une interview sur France Info. A l’heure de célébrer sa première bougie à la tête de la ville, la formule consacre un premier bilan de la nouvelle équipe : la radicalité pour le maintien de la ligne du projet politique, mais le pragmatisme pour sa nécessaire adaptation… à moins que ce ne soit l’inverse. Une ambiguité qui nourrit le débat : les uns dénoncent des contradictions irréconciliables. Et les autres assument : la radicalité pragmatique, c’est profiter de l’exercice du pouvoir pour tenter d’en changer l’orientation.

 

 

« On ne peut pas réussir un changement tout seul. La vraie exigence, quand on est radical, c’est d’associer tout le monde. La radicalité pragmatique, c’est donc d’être prêt à travailler avec les grands industriels si ça nous permet d’atteindre nos objectifs », explique un conseiller du maire.

Mais pour Le Postillon, journal satirique grenoblois, les masques tombent : « Peut-être que leur courage politique n’est pas à l’endroit attendu. Pas pour combattre les multinationales, pas pour défendre le service public, mais pour aboutir à des résultats éco-techniques », juge-t-il.

 

L’épineuse question de l’éclairage public

En cause, la question de l’éclairage public à Grenoble. Le marché a été mis en concurrence par une procédure d’appel d’offres en 2012 et la commission publique rend son verdict quelques mois seulement après que l’équipe municipale a hérité du dossier : l’offre la plus intéressante était émise par une filiale de Vinci. C’est ainsi que l’éclairage public, jusque-là en Société d’économie publique, doit passer dans les prochains mois dans le giron du privé.

L’adjoint au maire chargé de l’urbanisme, Vincent Fristot, insiste sur l’efficacité : « L’enjeu est d’améliorer la qualité et le coût de l’éclairage public, jusqu’alors délaissé par les précédents gestionnaires. Or, l’offre sélectionnée doit permettre de diviser par deux la consommation d’énergie et de réduire ainsi la facture des grenoblois », explique-t-il à Reporterre.

« L’intention est louable. Mais cette petite ambition (il y a bien plus dispendieux comme gouffre énergétique) doit-elle être plus importante que la lutte contre les grands groupes privés ? », interroge-t-on du côté du Postillon.

La mairie assume sereinement. Et veut y voir l’opportunité d’appliquer sa "pédagogie de la décision" : chaque polémique doit être l’occasion de partager sa réflexion avec l’ensemble des administrés. Et de justifier la nouvelle logique de l’exécutif grenoblois : finies les postures dogmatiques de principe, les oppositions entre idéologies et pragmatismes. Ce qui compte, c’est le résultat.

 

Majorité originale

Un ton qui déroute, à l’image de la majorité originale qui gouverne la seizième ville de France depuis un an. La coalition de responsables politiques EELV et PG avec des mouvements associatifs historiques de la ville – l’ADES et le réseau citoyen – a ouvert une brèche dans un paysage politique sclérosé.

Sous les projecteurs, l’équipe municipale a engagé des premières réformes. Sur la pratique des élus d’abord : baisse de rémunération des élus de 25 %, retransmission en direct sur internet des conseils municipaux, et fin de la voiture avec chauffeur pour un maire qui se déplace à vélo tous les jours.

Puis décision de ne pas reconduire le partenariat avec Decaux pour les panneaux publicitaires, « un moyen de desserrer l’étau de l’intérêt privé et de combattre la commercialisation de l’espace public », selon Elisa Martin, la première adjointe au maire.

 

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Eric Piolle et Elisa Martin (à droite)

Par ailleurs, la ville s’est engagée à un effort supplémentaire de 20 % d’efficacité énergétique par rapport à la règlementation thermique. Elle rend des avis négatifs sur les projets de crèche privée – « pour ne pas faire des politiques de l’enfant un nouveau grand marché », dixit Elisa Martin. Elle a adopté un Plan local d’urbanisme qui plafonne la hauteur maximale de construction en ville à 33 mètres. Elle a annoncé la fin du développement des caméras de vidéosurveillance et un retour à l’armement partiel pour la police municipale. Elle prépare un service public de l’eau qui offrirait la gratuité des premiers mètres cubes.

 

Paquebot municipal dans la tourmente du budget

« Ils sont rentrés dans le noyau dur de la politique locale », analyse Alain Dontaine, compagnon de route du PG. Un baptême parfois délicat pour une équipe surprise par son succès : « Personne n’avait anticipé qu’on se retrouve seul à la barre, avec un Parti socialiste refusant l’alliance au second tour », se souvient Pierre Meriaux, aujourd’hui conseiller municipal délégué au tourisme et à la montagne.

Beaucoup découvrent ce « paquebot municipal », lourd à gérer avec ses inerties administratives - et des secousses inattendues. La plus violente est venue du budget 2015. Tous racontent le traumatisme de cinq jours de séminaire consacré à boucler un budget inférieur à celui de l’année précédente. Avec une équation quasi insoluble : où trouver de la ressource avec un budget annuel de 280 millions d’euros saigné de près de 40 millions sur les trois prochaines années en raison des baisses de dotation de l’Etat, alors que le taux d’endettement de la ville est très élevé et que l’impôt y est déjà l’un des plus chers de France ?

« Si on dérape d’un millimètre, on sera mis sous tutelle du préfet et cela signera la fin de tout volontarisme politique », résume Elisa Martin.

 

 

« Nous n’avions pas mesuré l’ampleur du dégât financier : c’est une gabegie totale, ils ont brûlé de l’argent… », raconte Pierre Meriaux. L’équipe découvre que si l’argent est le nerf de la guerre, l’austérité structure les choix politiques en politique.

Conséquence : baisse des subventions aux associations, report des grandes promesses de campagne comme la construction de nouveaux bâtiments scolaires. Pis encore, l’un des engagements les plus symboliques – la gratuité des transports en commun pour les 18-25 ans – est remis en cause. Le coût de la mesure est estimé à 3 millions d’euros, la baisse de la subvention aux transports du Conseil Général d’Isère s’élève elle à 11 millions d’euros…

 

Déceptions

Candidat aux dernières élections départementales, Alain Dontaine dit ressentir la déception de nombreux concitoyens : « Nos réalisations ne sont pas à la hauteur de ce qu’attendaient les Grenoblois. On s’était présentés sur une démarche anti-austérité, mais on s’est pris l’austérité de plein fouet et on finirait presque par faire nous-mêmes de l’austérité », constate-t-il.

Du côté de l’exécutif grenoblois, on refuse l’auto-flagellation : « Céder à l’austérité, c’est mettre les lunettes d’un comptable sur tous les budgets. Ce n’est pas notre cas, puisque nous assumons des choix et des priorités politiques », explique-t-on du côté du cabinet du maire. Une référence directe à l’épisode des musiciens du Louvre.

 

 

En décembre, la mairie décide de supprimer les 438 000 euros de subvention au célèbre ensemble instrumental de la ville.

Face aux 180 demandes de subvention dans le secteur culturel pour les 3 millions d’euros restant de subvention, l’équipe municipale justifie son choix par une meilleure répartition des aides et la protection des plus petites structures, quand les musiciens du Louvre bénéficient encore d’une trésorerie confortable, avec 400 000 euros de placement selon Corinne Bernard, adjointe à la culture.

Mais l’affaire résonne comme une fausse note. Amateurisme et problèmes psychiatriques, assène le directeur de l’orchestre sur France Musique.

Quelques jours après l’attentat de Charlie Hebdo, le président du Conseil Régional Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, accuse même la mairie de Grenoble de « crime contre l’esprit ».

 

Garder la cohésion malgré tout

« Les nouveaux venus ont parfois été sidérés par la violence des interpellations, dit Pierre Meriaux. Nous n’avions pas mesuré les ressorts d’influence du PS dans le monde de la culture. C’est notre apprentissage des petits codes du métier politique ».

Un apprentissage qui opère collectivement. Si la majorité semble parfois payer un coût médiatique très élevé, les attaques glissent sur eux. L’épisode Raise Partners, qui vise personnellement Eric Piolle, détenteur d’actions dans une société financière ? Chacun dans l’équipe y va de son mot pour relativiser la critique – « de l’optimisation financière, pas fiscale, c’est très différent ».

Ce qui ne tue pas l’équipe municipale la rend plus forte. Pour Elisa Martin, « la bataille est très dure, mais cela renforce la solidarité. Notre rassemblement est un bloc qu’il est difficile de fissurer ». Fruit de l’association de cultures politiques différentes, ce rassemblement tient plus à un « alliage » qu’à une alliance, « trop contractuelle » selon Olivier Bertrand, conseiller municipal : « C’est bien plus qu’un simple accord entre mouvements ».

 

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Une au lendemain de la victoire aux municipales de mars 2014

En témoigne ce choix de ne constituer qu’un seul groupe politique pour représenter la majorité, gardant la bannière sous laquelle elle a été élue : le Rassemblement Citoyen de la Gauche et des Ecologistes (RCGE). « Non seulement c’est un fait assez rare pour avoir puissance de symbole, mais c’est surtout une réalité au quotidien : il n’y a pas de sous-groupes EELV ou PG, la majorité vit comme un ensemble assez homogène. C’est ce qui sous-tend tout le reste », poursuit Olivier Bertrand.

 

Expérience reproductible ?

L’expérience peut-elle en inspirer d’autres ? « Ce qui se passe à Grenoble n’est pas transposable en tant que tel. C’est le fruit de plusieurs années de mobilisation citoyenne sur différents thèmes : c’est en actes sur le terrain et non sur des communiqués de presse de parti que cette victoire s’est construite », dit Raymond Avrillier, fin connaisseur de la politique locale et grand ouvrier de cette construction collective.

Dans cette approche qui remet en cause une logique du tout-parti, Elisa Martin voit cependant une méthode qui peut servir de modèle : « Cela marche parce qu’on s’est choisi humainement et en accord sur des valeurs. La clé reste la mobilisation collective et citoyenne...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 20:10

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr

 

VIDÉO. Dans cette librairie espagnole, le client choisit le prix de ses livres


 |  Par

 

Publication: Mis à jour:

VÍDEO TUUULIBRERIA from TUUULIBRERIA on Vimeo.

 

ECONOMIE - Prenez autant de livres que vous le souhaitez et payez le prix que vous voulez. C’est vous qui choisissez. Voici la philosophie -sans arnaque ni trucage- de Tuuu Librería, la branche la plus culturelle de l’ONG Yooou.

Dans sa boutique de la rue Covarrubias, à Madrid, les livres ont de la valeur, mais pas de prix, et chaque euro déboursé sert à financer des projets de promotion de la lecture en Espagne et en Amérique latine. “Ce que nous voulons c’est que chaque citoyen nous donne ce qu’il veut ou ce qu’il peut, qu’il pense à la valeur des livres et ce que nous pouvons en faire, en toute liberté”, indique Carmen Chato, responsable du projet.

L’initiative a vu le jour en septembre 2012, sous l’inspiration du projet The Book Thing, originaire de Baltimore (Etats-Unis), qui consiste à mettre des livres à la disposition de la communauté. Si les Américains se concentraient sur le monde de l’enseignement et n'ouvraient que le week-end, Tuuu Librería a décidé d’embrasser tous les genres de littérature et d’ouvrir tous les jours, y compris les jours fériés, afin d’atteindre un double objectif: promouvoir la lecture et éviter la destruction des livres.

"Chaque jour, declare Carmen Chato, environ un millier de livres entrent et sortent de la boutique". Impossible de calculer le nombre d’ouvrages ayant franchi ses portes lors de ces deux années et demie, étant donnée l'"immense" participation des donateurs et acheteurs, qui a même obligé l’association à déménager vers un espace plus grand et l'amènera, fin mars début avril, à ouvrir son deuxième magasin, rue Padilla, à Madrid.

On y trouve au choix oeuvres classiques, polars, histoires d’amour, livres de développement personnel, bandes dessinées, contes pour enfants... Les deux seuls genres qui n’y sont pas admis sont les manuels et les encyclopédies, trop rapidement obsolètes par rapport au système d’éducation moderne.

Avec une offre aussi riche, les palettes qui font office d’étagères semblent en permanence sur le point d’exploser. On trouve des livres empilés à chaque recoin, en équilibre précaire, miraculeux. Mais on ne voit pas de prix. Il n’y en a pas. Chacun donne ce qu’il veut. Les seules recommandations concernent les DVD, car il y a aussi des DVD. On demande un euro par film. “Auparavant nous étions un vidéoclub, c’est pourquoi nous demandons cet euro, si possible, afin de pouvoir continuer à survivre”, ajoute la responsable du projet.

Sur un des murs, un patchwork de post-its multicolores indique les demandes de lecteurs pour un livre en particulier, qui arrivera sûrement dans la journée. Et sur le comptoir, un panier avec des "rendez-vous à l’aveuglette", livres cachés sous du papier obscur, “afin que les lecteurs laissent tomber leurs préjugés et se laissent aller à l’aventure de la lecture”, déclare Carmen Chato.

Aucune somme n’est obligatoire. Les 25 volontaires qui travaillent dans le local ne demandent rien. Chacun donne selon sa conscience. Une seule chose, cependant: tous les ouvrages doivent sortir avec un tampon portant le label Yooou, servant à empêcher la revente. Nombre d’entre eux sont dans un état impeccable, comme s’ils venaient juste d’être imprimés.

 

6 bibliothèques et 89 bourses

Grâce à cette initiative, l’ONG est déjà parvenue à offrir des livres à une vingtaine d’institutions espagnoles, collèges, hôpitaux et maisons de retraite à travers le pays. Avec l’argent des ventes, et les dons ponctuels ou les sommes récoltées grâce au reste des projets de l’ONG – à l’origine, Yooou s’appelait Association des professeurs et élèves solidaires-, six bibliothèques ont été construites au Nicaragua, au Pérou, en République Dominicaine et en Bolivie.

89 enfants issus de ces régions ont reçu des bourses qui leur ont permis d’aller à l’école et d’acheter des fournitures essentielles. Par ailleurs, en Espagne, l’association aide à financer des classes extra-scolaires à des enfants ayant besoin d’aide mais qui n’ont pas l’argent pour. 500 élèves en profitent déjà. Ce projet se voit compléter avec la campagne "Professeurs solidaires", qui réinjecte l’argent gagné par l’association lors de cours particuliers vers des projets éducatifs dans des zones défavorisées.

Tuuu Librería est aussi à l’origine de clubs de lecture dans des espaces comme le Café Comercial, l’un des plus connus de Madrid, et met constamment son blog à jour avec des comptes rendus et suggestions de livres. Le modèle de cette "librairie de rotation" a déjà été imité à Barcelone, Málaga, et Torrelodones (région de Madrid).

Cet article, paru à l’origine sur le Huffington Post Espagne, a été traduit de l’espagnol par Matthieu Carlier.

 

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 19:02

 

Source : http://www.culturemobile.net/visions/bernard-stiegler-emploi-est-mort-vive-travail

 

Bernard Stiegler : L’emploi est mort, vive le travail !

 

Réinventer le travail à l’ère de l’automatisation

 

D’ici une vingtaine d’années, l’automatisation va déferler sur tous les secteurs de l’économie mondiale et signer la mort définitive de l’emploi. Et si c’était une vraie bonne nouvelle ? Parce que l’emploi, cette activité privée de sens qui est sanctionnée par un salaire, a détruit le travail, explique le philosophe Bernard Stiegler. Et parce que la fin de l’emploi est l’occasion de réinventer le travail au cœur de nos sociétés du numérique, de construire une économie contributive en lieu et place de cette «économie de l’incurie» qui nous détruit à petit feu.

 

Un bout de colline à monter avec Bernard Stiegler

Bernard Stiegler n’est ni un maître à penser ni un chef de meute. Il ne défend nul dogme, ne prétend détenir aucune vérité. Pourtant il se bat comme personne pour défendre ses convictions et les faire vivre au cœur du monde «réel». Et c’est ainsi qu’il a été avec d’autres en 2005 à l’origine de la création d’Ars Industrialis, «association internationale pour une politique industrielle des technologies de l’esprit».

Ce philosophe a quelque chose de présocratique. À chacune de nos rencontres, depuis près de quinze ans, il m’a éclairé. Il m’a «élevé» au sens propre du terme. L’homme ne cherche pas à vous séduire. Il ne dit pas : prenons ensemble l’ascenseur pour mieux observer l’agitation du commun des mortels, là en bas. Il vous suggère juste de monter avec lui sur la colline, par les chemins les plus escarpés. A l’oral comme à l’écrit, ce sage à l’air foutraque, cheveux en bataille et œil malicieux, ne vous fait pas de cadeau. Il ne travestit pas son langage, volontiers complexe. C’est à vous, si vous en avez l’envie, de grimper à ses côtés vers le sommet qu’il vous pointe du doigt, juste pour partager sa vision et discuter du monde comme il ne va pas… et comme il devrait aller.

 

La société du tout jetable est déprimante

Stiegler n’est pas parfait et ne cherche pas à l’être, loin s’en faut. Au cœur de notre conversation, pas loin parfois du monologue, il se met à parler des gens du commun, auxquels il s’identifie bien plus qu’aux grands manitous du marketing. «Les gens sont malheureux et dépressifs», dit-il doucement, avant d’ajouter comme en aparté :

La dépression, les gens ne l’avouent pas. Je suis moi-même dépressif et accablé par tout cela. Pour se soigner de ce genre de dépression, il n’y a pas d’autre solution que de concevoir et réaliser un avenir au-delà de la jetabilité qui est la négation même de l’avenir – la première période de la destruction créatrice, jusque les années 1970, ne reposait d’ailleurs pas sur le jetable…

 

De la «destruction créatrice» à «l’économie de l’incurie»

Il fait ici référence à ce que l’économiste Joseph Schumpeter appelait, il y a presque un siècle, «la destruction créatrice», soit la capacité du système capitaliste à se renouveler pour augmenter ses gains de productivité, à se réinventer sans cesse grâce à l’innovation et au modèle consumériste. Or, selon Bernard Stiegler, la révolution conservatrice de la fin des années 1970 et du début des années 1980, en séparant le capitalisme financier du capitalisme industriel, a cassé ce mécanisme de renaissance permanente :

La destruction, qui était autrefois créatrice, qui a permis de développer une véritable prospérité, d’abord américaine, puis européenne, puis planétaire, détruit désormais les systèmes sociaux, les structures sociales, les environnements naturels, les environnements mentaux, etc.

La «destruction créatrice» et l’État providence mis en place ensuite par Keynes et Roosevelt autour de 1933, pour répondre à la crise et permettre le partage de la richesse, notamment par la transformation des prolétaires en consommateurs, est donc décédée.

Ce système, conçu au départ pour être solvable, a démontré son insolvabilité avec ladite crise des subprimes en 2008. Il a muté en une «économie de l’incurie», synonyme de «jetabilité et poubellisation généralisées, y compris des emplois et donc du pouvoir d’achat». En d’autres termes, notre économie ne prend plus soin de ses ouailles. Pire : elle les détruit par défaut de soin.

 

L’automatisation, oui ! Mais sans alimenter l’incurie !

Or les nouvelles technologies, laissées à l'incurie, sont elles aussi terriblement toxiques. Qu’elles éliminent l'emploi, l’offrant à des robots bien plus performants en matière d’automatisation ? Là n'est pas le problème. Bien au contraire : lorsqu'en Australie, la mine et le camion automatisés de la société Rio Tinto suppriment les emplois de mineurs de fond pour créer bien moins de postes d'ingénieur ou de développeur informatique, ce serait plutôt une excellente nouvelle !

Que les emplois mécaniques soient occupés par des machines ! Et que les êtres humains «supervisent» et surtout se chargent de briser les cadres et d’outrepasser les routines !

Non, c’est lorsque le saint Graal numérique alimente lui aussi l'incurie généralisée qu’il y a de quoi s’alarmer. Car les nouvelles technologies sont un pharmakon, à la fois poison et remède : sans un système de soin, uniquement utilisées à des fins de marketing et de profit à court terme, elles tuent lentement et sûrement corps et âmes, deviennent de redoutables auxiliaires de notre prolétarisation, c'est-à-dire du dynamitage organisé de nos savoirs, savoir-faire et savoir vivre.

Sans une véritable attention et ce que Stiegler appelle une «thérapeutique politique», ce nouveau monde numérique nous transforme en machines incapables d’improvisation, en «pronétaires» abonnés aux micro-tâches comme «liker» des milliers de fois la même page de marque. Car pour qui sait s’y prendre et bien utiliser leurs vertus, les robots en tous genre peuvent bien au contraire nourrir nos savoirs, savoir-faire et savoir vivre, à l'instar du logiciel libre, d’aréopages contributifs à la mode Wikipédia ou de certains projets d’économie collaborative.

 

Enterrer l’emploi pour mieux faire vivre le travail

Pourquoi, dès lors, se lancer au nom de l’emploi dans une guerre sans lendemain contre les tsunamis de l’automatisation ? Pourquoi faudrait-il créer à tout prix des emplois ineptes pour lutter contre le chômage, dernier credo auquel s’accroche une classe politique agonisante, incapable de changer de braquet pour répondre à une crise totale, qui débute à peine ?

Stiegler, pour le coup, est d’une magistrale radicalité : le décès de l’emploi, c’est aussi le décès du chômage. Que l’emploi meurt pour que vive le travail ! A charge pour nous de bâtir un nouveau modèle économique, dont le salaire ne serait plus le cœur…

Là se situe le talent du philosophe : réussir à ébranler les clichés les mieux implanter en nos têtes et celles de nos décideurs. A la poubelle l’obsession de l’emploi !

Le paysage qu’il nous laisse entrevoir, du haut de sa montagne, donne il est vrai le vertige : il nous effraie et d'un même élan nous enthousiasme. Car c'est toute la société qu'il nous invite à reconstruire sur les ruines de l'ancienne.

Son programme ? Mais il n'y a pas de programme. Juste un état des lieux à faire, un état de l'art à mener avec lesdits partenaires sociaux et autres décideurs, en s'appuyant sur tous ces chercheurs qui, eux, «travaillent» encore le corps de notre économie, de notre société, de notre époque. Puis il y aura des zones franches à créer, pour expérimenter, par exemple la transformation du pouvoir d'achat en savoir d’achat, l'extension à tous du statut des intermittents du spectacle ou encore la création non d'un revenu d'existence mais d 'un «revenu contributif».

C'est tout ça et bien d'autres pistes que nous avons explorés dans notre conversation accessible en podcast son et en cahier feuilletable. Le long des chemins de notre colline, j’ai constaté avec lui ce désastre de l’emploi. Puis du haut du rude sommet où il m’a emmené, j’ai partagé son besoin viscéral, littéralement vital, de remplacer l’emploi, ce faux-nez de l’incurie qui nous ronge, par le travail au sens des artisans et des artistes, qu’ils soient du numérique ou d’ailleurs.

 

Ariel Kyrou

Écouter notre entretien complet avec Bernard Stiegler. http://www.culturemobile.net/visions/bernard-stiegler-emploi-est-mort-vive-travail
 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 18:46

 

Source : http://www.marianne.net

 

Vote blanc et nul : jusqu'à quand fermerons-nous les yeux ?

Jérémie Moualek

 

Jérémie Moualek est chercheur en sociologie politique (Centre Pierre Naville – Université d’Evry). Il poursuit actuellement une thèse sur le vote blanc et nul.

 
Pour l'universitaire Jérémie Moualek, le vote blanc "compté mais non comptabilisé dans les suffrages exprimés, demeure un geste électoral non commenté". A tort : car une nouvelle fois, écrit-il, il "a fait mouche" en séduisant un peu plus de 700 000 électeurs. Ajouté au vote nul, poursuit-il, on dépasse même le million et le score enregistré par "bon nombre de formations politiques"...
 
DAMOURETTE/SIPA
 

Le vote blanc, censé être reconnu depuis le 1er avril 2014, n’attire toujours pas les commentaires post-électoraux. Compté mais non comptabilisé dans les suffrages exprimés, il demeure un geste électoral non commenté. Mais, comment reprocher aux journalistes de ne pas s’atteler à un sujet synonyme souvent d’incompréhensions et obligeant à des calculs électoraux imparfaits ?

Pourtant, de nouveau, le vote blanc a fait mouche : 703 879 voix et 3,29 % des votants. Et, si on lui ajoute - donc - le chiffre du vote nul (en grande partie, des votes blancs « dans l’esprit » ou « à message »), l’ampleur du phénomène ne fait plus aucun doute :

Vote blanc (703 879 ; 3,29%) + Vote nul (343 454 , 1,60%)
= 4,89% des votants (1 047 333).

Un chiffre global dans la lignée des scrutins précédents que sont les européennes et les municipales (1) et qui supplante assez franchement les scores réalisés lors des dernières élections similaires (alors appelées « cantonales »).

 

Et, pendant qu’on disserte sur la fâcheuse tendance au surpoids du Front national et sur les balbutiements de la gauche, on en oublie que le vote blanc (seul) dépasse un bon nombre de formations politiques comme Europe écologie - Les Verts, le Parti communiste, Debout la France ou le MoDem. Ajouté au vote nul, il supplante même le Front de gauche ! Le classement (certes imparfait, au regard de la classification imprécise des étiquettes politiques réalisée par le ministère de l’Intérieur) peut-être alors lu comme ceci :

 

Tout en étant un refus de choisir, le vote blanc et nul est un refus de renoncer à voter. Il s’avère dès lors être un « droit de choisir de ne pas choisir » qui dénote d’une offre politique trop peu différenciée tout comme d’une absence apparente d’alternatives crédibles aux yeux d’électeurs de plus en plus nombreux. Et ce, surtout si l’on y ajoute la majorité des abstentionnistes dont beaucoup, lassés aussi de ne pas voir le vote blanc pris en compte dans les suffrages exprimés, ont fini — par dépit — par déserter les urnes…

D’ailleurs, si l’on regarde les résultats du vote blanc et nul à l’échelle des départements (voir carte ci-dessous), on s’aperçoit que celui-ci obtient ses plus hauts scores lorsque la participation y est bien plus élevée que la moyenne nationale (50,17 %). C’est le cas surtout de l’Aude (57,46 %), l’Aveyron (59,71 %), la Corrèze (59,6 %), la Creuse (58,65 %), le Gers (60,11%) ou le Lot (59,43 %).

 

De même, le vote blanc et nul est fort dans les territoires où le Front national s’avère le moins attractif (25,24 % des votants au niveau national). Ainsi, les chiffres du parti dans le Gers (10,16 %), la Corrèze (7,89 %), le Cantal (7,09 %), l’Aveyron (12,64 %) ou les Hautes-Alpes (8,89 %) illustrent parfaitement cette tendance (à l’exception notable de l’Aude, où le FN recueille 33,66 % des voix).

Bien évidemment, il faudrait analyser plus en profondeur les arcanes du phénomène pour le saisir avec justesse. Malgré tout, il convenait au moins d’en finir avec la mise sous silence de ses résultats (même une dépêche AFP n’a pas été émise !) ainsi qu’avec l’« euphémisation » de ces derniers (puisque le vote blanc, détaché du vote nul à des seules fins statistiques, en vient à voir son nombre réduit par une distinction dont personne ne comprends les usages concrets dans les urnes).

Au premier tour, plus d’un million de personnes se sont donc déplacés jusqu’aux bureaux de vote alors même qu’elles ne trouvaient pas « bulletins à leur urne » : symboles d’une crise de l’offre politique, ces électeurs semblent être aussi le symptôme d’un système qui ne sait plus susciter l’adhésion et aussi les preuves – parfois – d’une exigence démocratique revendiquée. Combien faudrait-il qu’ils soient pour qu’enfin, au lendemain d’une élection, leur nombre daigne être publié et commenté ?

 

(1) Du fait de leur mode de scrutin particulier (grands électeurs), les sénatoriales 2014 ne sont pas prises en compte.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 18:23

 

Source : http://www.gaullistelibre.com

 

jeudi 26 mars 2015

Carlo Ghosn : l’homme qui vaut 400 SMICs

 

Même le très libéral chroniqueur économique d’Europe 1, Axel de Tarlé, s’en est ému dans sa chronique matinale : le patron de Renault, où l’Etat conserve une part, va toucher 7,2 millions d’euros en 2014, un quasi triplement de sa rémunération de 2013 (2,67 millions).

 

 

De 20 à 400 SMICs en 20 ans
 
Il faut se souvenir qu’il y a plus de 20 ans, Raymond Lévy, alors patron de la Régie, touchait environ un million de salaire annuel. Mais ce million était libellé en francs, et représente donc 150 000 euros actuels, inflation non déduite. Mais surtout, ce salaire représentait moins de 20 fois le SMIC de l’époque. Et même si les entreprises publiques étaient sans doute plus modérées, il faut rappeler que Jacques Calvet, patron de PSA, avait défrayé la chronique et fait la une du Canard Enchaîné pour un salaire de plus de 2 millions de francs (et non euros) par an, soit environ 40 SMICs. Ce petit rappel est essentiel pour saisir à quel point les écarts de rémunération se sont envolés depuis plus de vingt ans.
 
Dans le détail, Carlos Ghosn touche 1,23 millions d’euros de fixes. En 2013, il a touché près d’1,4 de part variable. Cette dernière a flambé de 31%, pour atteindre 1,84 millions. Mieux, il a décroché « 100 000 actions de performance d’une valeur de 4,1 millions d’euros, qui viennent remplacer les stock options dont e patron n’avait pas pu bénéficier en 2013 ». Tout ceci représente donc un total de plus de 7,2 millions d’euros. A supposer que l’on parle de rémunération brute, cela réprésente la bagatelle de 400 SMICs ! Et encore, cela ne prend pas en compte la rémunération qu’il touche au titre de Nissan (7,6 millions d’euros). Carlos Ghosn, ou le patron qui pèse la bagatelle de 800 SMICs !
 
L’indécence d’une époque
 
 

Pire encore, il ne faut pas oublier qu’il y a 20 ans, le taux marginal d’imposition était de 56,8%, et non de 45%, comme aujourd’hui, ce qui fait que les très hauts salaires sont doublement gagnants : non seulement leur montant a explosé, mais les impôts sont plus légers (il ne faut pas oublier ici que les très communistes Etats-Unis de Nixon avaient encore un taux d’imposition sur le revenu marginal supérieur à 70%) ! Voici une illustration bien concrète de ce que dénoncent Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Camille Landais dans leurs travaux. Aux Etats-Unis, 95% de la croissance depuis 2009 est allée à 1% de la population alors que les revenus de 99% de la population stagnent depuis 40 ans.

 
Comment les néolibéraux pourraient justifier une seconde une telle explosion des écarts de rémunérations que le libre-jeu du marché a produit ? Bien sûr, la pression sur les dirigeants est sans doute bien plus forte qu’avant. A ce titre, l’explosion des cas d’épuisement professionnel des cadres supérieurs montre qu’ils paient un prix, dur, à l’évolution de nos sociétés. Mais c’est aussi le cas des ouvriers ou des employés. Et tout ceci rend d’autant plus insupportables les injonctions du Medef de baisser le SMIC. Enfin, de toutes les façons, comment justifier qu’un homme puisse gagner 400 ou 800 fois plus qu’un autre ? N’avons-nous pas atteint des sommets d’indécence, sans s’en rendre compte ?
 

 

Le plus effarant dans notre époque, c’est qu’à part le cas isolé de Bill de Blasio à New York, nos sociétés se révèlent pour le moment largement incapables de réagir devant cette envolée des inégalités, qui ne trouve aucune véritable traduction politique, les citoyens semblant soit inconscients soit résignés.

 
 
 
 

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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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