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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 20:18

 

Source : http://www.francebleu.fr

 

 

Des salariés détachés roumains pour préparer l'université du PS à La Rochelle

 

Salariés roumains : le PS fait marche arrière pour son université d'été à la Rochelle

Jeudi 27 août 2015 à 07h29 mis à jour le Jeudi 27 août 2015 à 16h45

 

 

 

C'est une information révélée par France Bleu La Rochelle ce jeudi. Des travailleurs détachés venus de Roumanie avaient été employés par le Parti socialiste pour son université d'été cette année. Ils sont moins chers que des salariés français. Suite à ces révélations, le Parti socialiste a finalement exigé la rupture du contrat.

Le mobilier GL Events en attente à La Rochelle  © Valentine Arama

Salariés low-cost PS La Rochelle : la réaction du secrétaire National du Parti socialiste David Assouline  
 

Une partie de l'organisation de l'université d'été du PS à La Rochelle a été cette année sous-traitée à une entreprise roumaine. Dix salariés roumains avaient été employés depuis mercredi et jusqu'à lundi pour la mise en place du mobilier et le nettoyage. Mais jeudi, suite à la révélation de cette information par France Bleu La Rochelle, le parti a fait marche arrière et demandé la rupture du contrat.

Rien d'illégal

La situation est tout à fait légale, mais le sujet gênant sur le principe : un parti politique peut-il employer indirectement des salariés détachés alors que le taux de chômage en France reste élevé ?

En 2013 les salariés détachés représentaient l'équivalent de 32 000 temps plein en France. Entre 2012 et 2013 leur nombre a augmenté de 12%. En 2013, 6.010 salariés détachés ont été employés en Poitou-Charentes. On les retrouve principalement dans trois secteurs : le BTP, l'emploi temporaire, et l'hôtellerie restauration.

Ils sont chargés d'installer le mobilier puis de le renvoyer, d'assurer le nettoyage. Pas sûr que le PS ait été tenu au courant : le parti a signé un contrat avec une entreprise française GL Events, basée a Lyon. Cette dernière a sous-traité à une entreprise roumaine Trepte events.

Les salariés roumains ont bien été déclarés, comme le prévoit la loi en tant que salariés détachés : leur salaires et leurs conditions de travail sont identiques à celles des Français. Mais pas leurs cotisations sociales qui sont celles de leur pays d'origine, la Roumanie.

Marche arrière du PS

Ces dix roumains coûtent donc moins cher que dix travailleurs français. Dans un premier temps, le PS a affirmé que la nationalité des salariés ne saurait constituer un élément de polémique, dès lors que l'entreprise est immatriculée en France, et que la loi est respectée. Mais suite à la divulgation de cette information jeudi, les cadres du parti ont finalement décidé d'exiger la rupture de ce contrat, comme expliqué dans le communiqué ci-dessous.

Le communiqué du PS sur le contrat faisant appel à des travailleurs détachés capture d'écran © Radio France

 

Source : http://www.francebleu.fr

 

 

 

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 19:06

 

 

Source : http://www.rtbf.be

 

 

 

RTBF

 

 

Dans le domaine du social, une mesure du gouvernement Michel rentre en vigueur à partir du 1er septembre: les jeunes de moins de 21 ans qui n'ont pas obtenu leur diplôme de fin du secondaire ne pourront plus bénéficier des allocations des allocations d’insertion.

Une mesure dans la lignée d’une autre, effective, elle, depuis janvier dernier, et qui fait en sorte que les diplômés au-delà de 25 ans n’auront plus droit non plus à cette aide financière.

 

Les moins de 21 ans sans diplôme privés d'allocations d'insertion

Cette mesure est passée plutôt inaperçue, elle entrera en vigueur le 1er septembre prochain et risque de prendre de cours de très nombreux jeunes.

Le gouvernement Michel impose désormais une condition de réussite pour pouvoir bénéficier des allocations d’insertion (des allocations de chômage sur base des études). Il faut un diplôme de secondaire ou d’une formation en alternance pour y avoir droit. Les jeunes entre 18 et 21 ans qui sortent sans diplôme en seront privés dès ce 1er septembre.

Un public déjà fragilisé, et pour qui décrocher un emploi est pourtant déjà plus compliqué que d’autres demandeurs d’emploi. Supprimer ces allocations d’insertion, c’est supprimer un filet de sécurité. Angela Sciacchitano, responsable des jeunes FGTB estime que "le gouvernement fédéral met en place un dispositif qui va exclure totalement les jeunes de moins de 21 ans sans diplôme de tout dispositif d’accompagnement".

Et c’est bien ce que craignent le Forem et Actiris : "Bloqués par le fait qu’ils n’ont pas droit aux allocations d’insertion, le risque est que ces jeunes ne trouvent plus la motivation de rester auprès des services publics de l’emploi, explique Grégor Chapelle, le directeur d’Actiris, et donc qu’on les perde, qu’ils deviennent malheureusement des 'DENI', des demandeurs d’emploi non identifiés".

Même constat pour Marie-Kristine Vanbockestal, directrice du Forem : "S’ils ne sont pas accompagnés par le Forem, ils risquent de tomber dans une espère d’errance sur le marché de l’emploi, avec des comportements défaitistes, de rejet qui risquent de surgir dans le chef de certains de ces jeunes".

"C’est une mesure injuste, car elle touche les plus fragiles, mais c’est aussi une mesure totalement contre-productive", enchaine Grégor Chapelle. "L’Europe et le gouvernement bruxellois nous demandent de garantir une solution aux jeunes dans les 6 mois de leur inscription, soit un emploi, soit un stage, soit une formation. Et ici le gouvernement fédéral prend une mesure qui cible les plus fragiles d’entre eux, c'est-à-dire ceux qui n’ont pas de diplôme du secondaire, et qui les décourage à rester inscrit à Actiris, à rester dans un parcours d’accompagnement vers l’emploi".

 

Encourager les jeunes à décrocher un diplôme?

Le gouvernement Michel, et le ministre de l’emploi Kris Peeters avancent qu’il s’agit là d’encourager les jeunes à décrocher un diplôme, et donc d’augmenter leur chance de trouver un emploi.

La directrice du Forem nuance : "Il y a un côté un peu pervers. Si l’intention du gouvernement et du législateur est d’inciter voire de forcer les jeunes à entreprendre des études, c’est bien, puisque un des grands constats en Wallonie et à Bruxelles c’est qu’il y a toute une frange de jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi sans détenir les qualifications et les compétences requises". Mais Marie-Kristine Vanbockestal estime que cette mesure entre trop vite en vigueur : "Il aura fallu prendre quelques mois voire une année pour bien informer les jeunes de ce qui les attendait, mais aussi les informer de la nécessité de malgré tout s’inscrire au Forem, où on les prendra en charge, on les accompagnera vers l’insertion."

Grégor Chapelle lui, balaye l’argument du gouvernement. Pour lui c’est avant tout une mesure idéologique et budgétaire : "Il nous semble que c’est bien mal connaître les jeunes. Penser que pour une jeune de 16, 17 ou 18 ans, sa motivation pour terminer ses études secondaire c’est de penser que peut-être dans un an il pourra bénéficier de 300 à 400 euros d’allocation cohabitant, penser que c’est ça sa motivation, il me semble qu’il y a un très grand décalage entre le ministre et la réalité des jeunes."

Le gouvernement table sur une économie de 35 millions d’euros. Ce premier septembre, le couperet tombera pour plusieurs milliers de jeunes sans diplômes, 6900 en Wallonie, 1500 à Bruxelles. Dans les deux régions, les jeunes de moins de 21 ans, sans diplôme représentent en réalité 17% des jeunes qui s’inscrivent pour la première fois comme demandeurs d’emploi.

 

Les plus de 25 ans privés eux aussi d'allocations d'insertion

Cette mesure est effective depuis le mois de janvier dernier. Elle prive les jeunes diplômés de plus de 25 ans des d'allocations d'insertion auxquelles ils avaient droit jusqu’à 30 ans. Une mesure qui pénalise les jeunes restés "trop longtemps aux études" ou qui, dans leur parcours scolaire, ont doublé une fois. "Or on sait qu’un jeune sur deux au sortir du secondaire a doublé au moins une fois", explique Angela Sciacchitano, responsable des jeunes FGTB.

 

FGTB et CSC dénoncent une "injustice"

Les jeunes de la FGTB et de la CSC condamnent mercredi l'entrée en vigueur à partir du 1er septembre de l'exclusion des jeunes en abandon scolaire du droit aux allocations d'insertion. Ces mêmes allocations sont également refusées aux jeunes diplômés du supérieur de plus de 25 ans depuis le 1er janvier.

Selon les jeunes CSC, le chômage des jeunes diplômés du supérieur atteint 12,5% en moyenne, contre 30% pour les jeunes peu ou non qualifiés. "Mais celui qui pense que l'on résout l'épineux problème de l'abandon scolaire précoce en excluant les jeunes du droit à la protection sociale se trompe", déclare Ludovic Voet, responsable national des jeunes CSC.

Son organisation estime que quelque 8000 jeunes francophones feront les frais de cette mesure qui n'est qu'"un argument facile pour faire des économies sur le dos des jeunes précarisés".

De la même manière, le syndicat déplore que les diplômés au-delà de 25 ans ne pourront plus prétendre à ces prestations. Cela exclura de facto tous les titulaires d'un master ayant raté ne fût-ce qu'une seule année d'étude. Ici aussi, quelque 8000 jeunes francophones seraient concernés.

Les Jeunes FGTB fustigent "l'injustice" et "l'absurdité" de ces mesures qui concernent également les apprentis alors que les interlocuteurs sociaux avaient négocié une revalorisation de leur statut en 2014, entrée en vigueur le 1er juillet dernier.

"Le gouvernement s'obstine (...) à démanteler les droits sociaux des travailleurs et à hypothéquer l'avenir des jeunes", estiment les jeunes affiliés du syndicat socialiste.

 

 

Source : http://www.rtbf.be

 

 

 

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 18:43

 

Source : http://blog.mondediplo.net

 

 

Clarté

 

 

mercredi 26 août 2015, par Frédéric Lordon

 

 

 

 

La question de l’euro échappera-t-elle un jour à la malédiction du FN ? Sans doute tout la destinait-elle à y tomber, spécialement en une époque où se mêlent toutes les confusions et toutes les hystéries, au point de rendre presque impossible le moindre débat rationnel. Mais que dire quand ce sont certains des avocats mêmes de la sortie de l’euro qui ajoutent au désordre intellectuel et, identifiés à gauche, en viennent à plaider d’invraisemblables alliances avec l’extrême-droite ?

 

Le FN, ce terrible fléau, cette bénédiction Retour à la table des matières

Sauf à vivre dans le monde des rêves habermassien, l’expérience élémentaire enseigne l’improbabilité du débat ordonné – qui appelle des prérequis institutionnels très particuliers, comme ceux des institutions scientifiques, pour avoir sa chance. Mais les défigurations qu’aura souffertes le débat sur l’euro resteront sans doute dans l’histoire contemporaine comme un cas extrême d’altération, et même d’aberration, offrant le spectacle d’un monde politique que toute rationalité argumentative semble avoir déserté. Il est certain que, prêts à tout pour défendre l’ordre social qui fait leur bonheur, les dominants sont notamment prêts aux travestissements les plus éhontés pour écarter toute alternative, invariablement présentée comme monstruosité. C’est bien pourquoi l’ordre dominant a impérativement besoin de ses monstres s’il veut soutenir – en y renvoyant systématiquement – le caractère monstrueux de tout ce qui n’est pas lui. Ainsi, par exemple, la Corée du nord est-elle moins l’anomalie de la mondialisation qu’elle n’est sa secrète bénédiction, sa monstrueuse, sa nécessaire altérité : comment mieux plaider l’irresponsabilité de la démondialisation qu’en l’enfermant dans l’unique figure possible de la Corée du nord (plaise au Ciel qu’elle dure encore longtemps), pour mieux asséner l’argument supposé rédhibitoire : « c’est ça que vous voulez ? ».

 

Mutatis mutandis le FN est, pour le débat de l’euro, l’équivalent fonctionnel de la Corée du nord pour celui de la démondialisation. Car, bien sûr, on n’aura pas la maladresse de dire qu’il n’y pas d’alternative : on dira qu’il y a celle-là… La suite s’en déduira d’elle-même. Leur opposition « radicale » de surface masque alors la profonde solidarité structurale des deux termes supposément en conflit – le FN et le grand parti unique eurolibéral – qui sont, là encore, une bénédiction l’un à l’autre, au point de les faire vivre dans un parfait rapport de symbiose fonctionnelle : le FN prospère du monopole de singularité que lui abandonne le parti unique d’en-face, lequel, usé jusqu’à la corde, ne se maintient plus qu’en renvoyant au monstre tout projet de faire autrement.

 

Car une chose est certaine, c’est qu’à part le terrorisme au FN, le parti eurolibéral – dans lequel on aura compris que PS et UMP sont deux parfaits substituts – n’a plus rien à dire. Il est rincé, à sec, lyophilisé, de la pensée en granules, du discours en poudre. À la vérité comment pourrait-on trouver quoi que ce soit à dire quand l’accablant spectacle donné depuis 2010 ne peut que réduire à rien, ou bien à un scandale supplémentaire, la défense d’un ordre européen qui s’est rendu haïssable, et sous tous les rapports : la catastrophe économique y est effrayante, les exigences même les plus formelles de la démocratie y sont foulées au pied, plusieurs pays ont été conduits à la crise humanitaire – en Europe ! Par l’Europe !

Par bonheur, quand il n’y a plus rien, il y a encore le FN. Et voilà aussi par quoi l’euro se maintient. Pour que le monstre remplisse son office cependant, il importe de lui faire absorber toute altérité possible, et de confondre toutes les alternatives en une seule, la sienne – monstrueuse. C’est bien pourquoi les idéologues eurolibéraux, journalistes embedded en tête, n’ont jamais rien eu de plus urgent que d’assimiler ainsi toute idée de sortie de l’euro au nationalisme xénophobe du Front National, d’égaliser strictement les deux termes, opportunément soudés dans la même indignité. Qu’importe les projets de gauche en cette matière : s’ils sont rouges, c’est qu’ils sont rouges-bruns – dans une expérience de pensée oulipienne, il faut imaginer le désarroi, peut-être même le sentiment d’impossibilité radicale, de Jean-Marie Colombani et Jean Quatremer invités à objecter à la sortie de l’euro sans dire une seule fois « rouge-brun » (ou « repli nationaliste », ou « tentation xénophobe »).

 

Des signifiants disputés Retour à la table des matières

Le drame politique se noue véritablement quand la confusion n’est plus seulement alimentée par ce qu’on appellera la droite générale – où le PS se trouve évidemment inclus – mais depuis la gauche également, et sous deux formes diamétralement opposées : l’entêtement de la gauche alter-européiste à « changer l’euro », la perdition d’une autre gauche dans la tentation, pour le coup, oui, monstrueuse, de l’alliance avec le Front national.

 

À sa manière à elle, la gauche alter-européiste aura ajouté foi au discours eurolibéral de la droite générale en rabattant, exactement comme cette dernière, tout projet de sortie de l’euro sur le fléau du « nationalisme ». C’est qu’en des temps de vacillation intellectuelle, la catastrophe idéologique était vouée à se nouer autour de deux signifiants disputés : « nation » et « souveraineté ». Disputés en effet puisque, pour chacun de ces termes, l’unicité nominale masque une dualité de lectures possibles qui soutiennent des mondes politiques radicalement antinomiques. Entre la nation substantielle, confite en ses mythes identitaires et éternitaires, et la nation politique, rassemblant les individus dans l’adhésion à des principes, sans égard pour leurs origines, bref entre la nation de Maurras et celle de Robespierre, il n’y a pas qu’un gouffre : il y a une lutte inexpiable. Et de même entre la souveraineté comprise comme apanage exclusif des élites gouvernementales et la souveraineté conçue comme idéal de l’auto-gouvernement du peuple. « Nation » et « souveraineté » ne disent rien par eux-mêmes, ils ne sont que des points de bifurcation. Ils ne parlent que d’avoir été dûment qualifiés, et alors seulement on sait vers quoi ils emmènent.

 

Dans ces conditions, la faute intellectuelle de l’alter-européisme est triple : il a manqué à voir la dualité du signifiant « nation souveraine », abandonné à la droite d’en imposer sa lecture, et par cet abandon même trahi son propre legs historique : car en France la nation souveraine naît en 1789, elle se constitue comme universalité citoyenne, elle exprime le désir de l’autonomie politique, désir d’un peuple en corps de se rendre maître de son destin, bref elle est de gauche.

 

Et par l’effet d’une incompréhensible démission intellectuelle, elle n’est désormais plus que de droite... Il est vrai qu’un internationalisme mal réfléchi n’a pas peu contribué à faire méconnaître [1], en réalité à faire oublier, que la souveraineté comme auto-gouvernement suppose nécessairement la clôture relative – relative, car toujours ouverte à quelque degré sur son dehors – d’une communauté sur un ressort fini. Le genre humain unifié n’existe pas, il ne soutient aucune politique possible, ou bien à un terme (hypothétique) bien fait pour éternellement différer tout retour de la politique – essence du jacquattalisme et de ses rassurants messages : la mondialisation est notre horizon indépassable, certes elle nous a un peu débordés, mais le gouvernement mondial nous permettra d’en reprendre le contrôle… dès qu’il sera advenu ; en attendant : patience… et courage.

 

On dira que l’Europe se présente précisément comme une solution accessible de régulation de la mondialisation néolibérale. Sans même discuter qu’en cette matière l’Union européenne n’est pas faite pour réguler, mais pour relayer et amplifier, il faut avoir l’étroitesse de vue de l’européisme le plus béat, mais aussi bien de l’alter-européisme le plus angoissé, pour ne pas voir ce paradoxe élémentaire que le projet européen est national-souverainiste dans son essence ! Ne se propose-t-il pas de fonder sur un périmètre fini – car « l’Europe » s’arrêtera bien quelque part – une communauté politique souveraine, et par là une citoyenneté d’appartenance – européenne ? Soit, non pas du tout le « dépassement de l’Etat-nation », comme le bredouillent Habermas et ses épigones français, mais le simple redéploiement, éventuellement sous une autre forme, de son principe à une échelle étendue… Et les Etats-Unis d’Europe ne seront que le reflet transatlantique des Etats-Unis d’Amérique, dont on aura du mal à dire qu’ils dépassent quoi que ce soit en cette matière : ne sont-ils pas connus comme l’une des réalisations les plus agressives du souverainisme statonational ? – on mesurera par là le degré de confusion conceptuelle qui, de tous bords, afflige la question européenne.

 

Misère du mono-idéisme Retour à la table des matières

La faute intellectuelle de l’alter-européisme est considérable mais, dans son errance, elle a sa part de dignité, et ce au nom de quoi elle a erré n’a jamais mérité que le respect. Celle de la gauche en perdition est inexcusable. Car, si on ne peut pas excuser la gauche de devenir de droite – à l’image du « parti socialiste » –, on le peut encore moins de dériver vers la droite de la droite, et jusqu’à se rapprocher de l’extrême-droite. Il est inutile de le dissimuler car l’évidence est là : il y a dans certains secteurs de la gauche, et depuis longtemps, une réelle disposition à ce dévoiement-là. L’union des « républicains des deux bords » appelée par Chevènement en 2002 en a été la première manifestation visible dans le champ politique. Logiquement, le durcissement de la crise a accéléré toutes les tendances, desserré toutes les retenues, et poussé au franchissement de tous les seuils.

 

Il y a bien des lignes de pente pour se perdre à l’extrême-droite, mais l’une d’entre elles vaut qu’on s’y arrête qui est moins immédiatement « politique », plus pernicieuse, et par là plus dangereuse : l’aveuglement du mono-idéisme. Le mono-idéisme, c’est l’empire de l’idée unique, le despotisme mental de la Cause au singulier absolu qui, affranchie de toute idée contradictoire, c’est-à-dire de toute régulation intellectuelle, imposera son primat et déploiera sans résistance ses conséquences jusqu’à l’aberration. Tout pour l’Idée unique, et cap au pire s’il le faut, voilà la devise implicite du mono-idéisme.

 

Férocement appliqué sur les bords les plus opposés d’ailleurs. Car il y a évidemment un mono-idéisme européiste. Dont la Cause est l’Europe, quelle qu’en soit la forme et quels qu’en soient les contenus – soit, littéralement, l’Europe à tout prix. Quel que soit le mouvement, il est déclaré bon s’il fait avancer l’Europe, et peu importe absolument dans quelle direction. L’Europe fait régner la concurrence libre et non faussée ? Peu importe puisque le droit de la concurrence est un droit européen, et qu’un droit européen en soi signifie un progrès de l’Europe. L’Europe soumet les économies à l’omnipotence des marchés financiers ? Peu importe puisque c’est le moyen de construire une monnaie européenne qui, par là, se justifie d’elle-même. L’Europe n’est plus qu’un empilement de traités austéritaires ? Mais ça n’est pas la question : l’essentiel est que l’Europe avance – et la direction de l’avancée est tout à fait secondaire. L’Europe intransitive, l’Europe pour l’Europe, sans considération de quelque autre chose, voilà la figure du mono-idéisme européiste. Les socialistes et les écologistes français votent le TSCG : parce qu’« il faut continuer de construire l’Europe ». Et l’on se demande immanquablement jusqu’où il faudrait aller dans l’ignoble pour déclencher enfin un réflexe de reprise, une fissure dans le mono-idéisme, le retour d’une autre idée. Soit l’Europe rétablissant le droit du travail des enfants – formellement une nouvelle avancée du droit européen, donc un progrès de « l’Europe » – : stop ou encore ?

 

En face, le mono-idéisme symétrique : sortir de l’euro quelles qu’en soient les voies. Si la sortie de l’euro a à voir avec la restauration de la souveraineté, peu importe de quelle souveraineté l’on parle. Et en avant pour le front indifférencié de « tous les souverainistes ». Nicolas Dupont-Aignan est « souverainiste » : il est donc des nôtres. Et puis après tout Marine Le Pen aussi, ne le dit-elle pas assez. Alors, logiquement, pourquoi pas ? Car voilà la tare majeure du mono-idéisme : il est conséquent sans entraves. Il suivra sa logique unique jusqu’où elle l’emmènera par déploiement nécessaire des conséquences qui suivent de la prémisse unique. Peu importe où puisque, l’Idée posée, on ne peut qu’avoir confiance dans la logique qui, ancillaire et neutre, vient simplement lui faire rendre tout ce qu’elle porte.

 

On l’a compris puisque la chose entre dans son concept même : le mono-idéisme suppose l’effacement radical de toutes les considérations latérales – de tout ce qui n’appartient pas à son Idée. Que, par exemple, le Front national – ses errances idéologiques en matière de doctrine économique et sociale l’attestent assez – ait pour seul ciment véritable d’être un parti raciste, que la xénophobie soit l’unique ressort de sa vitalité, la chose ne sera pas considérée par le souverainisme de la sortie de l’euro quand il se fait mono-idéisme. Puisque la Cause, c’est la sortie de l’euro, et que rien d’autre n’existe vraiment. On envisagera donc l’âme claire de faire cause commune avec un parti raciste parce que « raciste » est une qualité qui n’est pas perçue, et qui ne compte pas, du point de vue de la Cause. Voilà comment, de l’« union des républicains des deux bords », en passant par « le front de tous les souverainistes », on se retrouve à envisager le compagnonnage avec le Front national : par logique – mais d’une logique qui devient folle quand elle n’a plus à travailler que le matériau de l’Idée unique.

 

Le jugement de l’histoire Retour à la table des matières

Il faut avoir tout cédé à une idée despotique pour que quelqu’un comme Jacques Sapir, qui connaît bien l’histoire, ait à ce point perdu tout sens de l’histoire. Car la période est à coup sûr historique, et l’histoire nous jugera. Si l’on reconnaît les crises historiques à leur puissance de brouillage et à leur pouvoir de déstabilisation – des croyances et des clivages établis –, nul doute que nous y sommes. Nous vivons l’époque de toutes les confusions : celle de la social-démocratie réduite à l’état de débris libéral, celle au moins aussi grave de révoltes de gauche ne se trouvant plus que des voies d’extrême-droite. Or on ne survit au trouble captieux de la confusion qu’en étant sûr de ce qu’on pense, en sachant où on est, et en tenant la ligne avec une rigueur de fer. Car en matière de dévoiement politique comme en toute autre, il n’y a que le premier pas qui coûte – et qui, franchi, appelle irrésistiblement tous les suivants. C’est pourquoi l’« union de tous les souverainistes » mène fatalement à l’alliance avec l’extrême-droite.

 

C’est pourtant une fatalité résistible : il suffit de ne pas y mettre le doigt – car sinon, nous le savons maintenant à de trop nombreux témoignages, c’est le bonhomme entier qui y passe immanquablement. Ici la rigueur de « ne pas mettre le doigt » n’a pas de meilleures armes que la robustesse de quelques réflexes – où en est-on sur la question du racisme –, et le décentrement minimal qui, ne cédant pas complètement au mono-idéisme, permet d’identifier les périls. La fermeté des concepts aussi : en l’occurrence ceux par lesquels on fait sens des signifiants « nation » et « souveraineté », faute desquels on est voué aux sables mouvants de la confusion puisqu’ici ce sont la droite et l’extrême-droite qui tiennent la lecture dominante, à laquelle on succombera nécessairement si l’on n’a pas une autre lecture à leur opposer fermement.

 

Mais on ne tient jamais si bien la ligne qu’en reconvoquant les leçons de l’histoire, notamment les souvenirs de quelques tragiques égarements du passé. C’est qu’on ne surmonte les emprises du présent et la difficulté à savoir ce qu’on y fait vraiment, c’est-à-dire l’absence de recul pour se juger soi-même à l’aune d’un sens de l’histoire qui n’a pas encore été délivré, on ne surmonte tous ces obstacles, donc, qu’en rapportant son action aux dilemmes que d’autres avant nous ont eu à trancher – certains bien, d’autres mal. Non pas que leur situation ait été en tous points semblables à la nôtre – elle ne peut pas l’être –, mais pour y puiser un sens accru du danger, de l’auto-examen, et de l’anticipation d’une histoire qui délivrera ses verdicts.

 

Il faut être inconscient pour ne pas mesurer le péril : si la période actuelle n’est pas l’exacte réplique des années 1930, elle lui emprunte suffisamment pour faire redouter que des causes semblables entraînent des effets semblables. On sait assez que l’extrême-droite profite du pire. Et, à part la nef des fous éditoriale qui, répétant en boucle « la réforme », n’en finit pas de demander plus du même, on sait aussi que la période n’engendre plus que du pire – mais il allait sans dire que, comme bras armé « intellectuel » du parti unique eurolibéral, l’appareil médiatique [2] est décisivement impliqué dans la symbiose fonctionnelle qui fait prospérer le FN. De ce terrible enchaînement, qui ne créé pas d’autre devoir que de s’y opposer – quoiqu’on voie de moins en moins ce qui pourrait venir le contrarier… –, chacun devra savoir ce qu’il y a fait, et quelle place il y a tenue.

 

Il est bien certain que la polémique livre son lot de mises en cause à la truelle : pour l’alter-européisme, en cela confondu avec l’européisme tout court, c’est d’envisager seulement la sortie de l’euro qui soutient un cas d’accusation… On pourrait bien plutôt soutenir que c’est d’en refuser la possibilité qui, abandonnant la question au FN et fixant les peuples dans une catastrophe eurolibérale en réalité inexpiable, livre à l’extrême-droite une ressource politique sans équivalent. La querelle cependant ne souffre plus aucune équivoque lorsqu’il devient explicitement question de faire cause commune, ou bout de chemin, ou n’importe quoi d’autre, avec le FN – et peu importent les codicilles tout à fait secondaires dont on enrobe l’idée : l’essentiel est dit.

 

Egaré pour rien Retour à la table des matières

Mais il y a pire que l’égarement : l’égarement pour rien. Car voici la tragique ironie qui guette les dévoyés : le FN, arrivé au pouvoir, ne fera pas la sortie de l’euro. Il ne la fera pas car, sitôt que la perspective de sa réussite électorale prendra une consistance sérieuse, le capital, qui ne se connaît aucun ennemi à droite et aussi loin qu’on aille à droite, le capital, donc, viendra à sa rencontre. Il ne viendra pas les mains vides – comme toujours quand il a sérieusement quelque chose à réclamer ou à conserver. Aussi, contre quelques financements électoraux futurs et surtout contre sa collaboration de classe – car, comme s’en aperçoit, pour sa déconfiture, le pouvoir actuel avec son pacte de responsabilité en bandoulière, le capital a bel et bien le pouvoir de mettre l’économie en panne par mauvaise volonté [3] – contre tout ceci, donc, le capital exigera le maintien de l’euro, son vrai trésor, sa machine chérie à équarrir le salariat. Croit-on que le FN opposera la moindre résistance ? Il se fout de l’euro comme de sa première doctrine économique – et comme de toutes les suivantes. Le cœur de sa pensée, s’il y en a une, est bien ailleurs : il est dans une sorte de néocorporatisme vaguement ripoliné pour ne pas faire trop visiblement années trente, et s’il est une seule chose à laquelle il croit vraiment, elle est sans doute à situer du côté du droit du petit patron à être « maître chez lui » (éventuellement additionné d’une haine boutiquière pour l’impôt qui nous étrangle).

 

Tragique destin pour tous ceux qui auront cru voir en lui la dernière église des vrais croyants et qui finiront à l’état de recrues scientologues, essorées et refaites, rendus par-là à avoir partagé, quoique depuis le bord opposé, la même croyance que les propagandistes eurolibéraux, la croyance du FN qui chamboule tout, quand il est si clair qu’il ne chamboulera jamais rien (à part les vies des immigrés, ou des fils d’immigrés, qui vivent en paix sur notre sol et qui, elles, seront bel et bien dévastées) : car enfin a-t-on jamais vu le parti de l’ordre perturber l’ordre ? Et croit-on que le parti des hiérarchies ait à cœur de déranger les hiérarchies – en l’occurrence celles du capitalisme ? Au moins les eurolibéraux ont-ils, pour ce qui les concerne, leurs intérêts obliques à entretenir cette effarante bêtise : c’est qu’il faut bien que le FN soit assimilé à une sorte de révolution pour mieux éloigner le spectre de toute révolution – soit encore et toujours le travail de la symbiose fonctionnelle, et l’éditorialisme, empressé d’accorder au FN sa revendication la plus centrale et la plus frauduleuse (« il va tout bousculer ! »), lui rend sans même s’en rendre compte le plus signalé des services.

 

À gauche, et à gauche seulement Retour à la table des matières

Lire aussi Baptiste Dericquebourg, « Syriza et les chausse-trapes du pouvoir », Le Monde diplomatique, septembre 2015.Ceci d’ailleurs de toutes les manières possibles. Car on n’en revient pas du rassemblement parfaitement hétéroclite des visionnaires en peau de lapin occupés à déclarer caduc le clivage de la droite et de la gauche – jamboree de la prophétie foireuse où l’on retrouve aussi bien l’extrême-droite (mais c’est là une de ses scies de toujours) que l’extrême-centre, de Bayrou à Valls, pour qui la raison gestionnaire permet enfin de faire l’économie d’inutiles querelles (« idéologiques » disent les parfaits idéologues de « la fin des idéologies »). Malheureusement pour eux, le déni du réel s’accompagne immanquablement du retour du refoulé. « Ça » revient toujours. C’est même déjà revenu : en Grèce, sous le nom de Syriza – avant qu’un incompréhensible Tsipras ne sombre dans un tragique renoncement. Le tsiprasisme n’est plus qu’un astre mort, mais certainement pas la gauche en Grèce – et partant en Europe.

 

Or cette persévérance suffit à ruiner et les imputations immondes de l’européisme et les dévoiements d’une « gauche » qui croit pouvoir passer par la droite de la droite. Car de même qu’on ne prouve jamais si bien le mouvement qu’en marchant, on ne démontre pas plus irréfutablement la possibilité d’une sortie de gauche de l’euro… qu’au spectacle d’une incontestable gauche qui se propose de sortir de l’euro – drame de l’insuffisance intellectuelle : à certains, il faut le passage au concret pour commencer à croire vraiment à une possibilité que leur esprit ne parvient pas à embrasser tant qu’elle demeure simplement abstraite.

 

Dieu sait qu’il fallait être ou bien de la dernière mauvaise foi ou bien intellectuellement limité pour ne pas concevoir une sortie de gauche de l’euro – c’est-à-dire une vision de gauche de la souveraineté. Mais maintenant elle est là : une grosse minorité de Syriza, défaite par la trahison de Tsipras, mais décidée à continuer de lutter sous les couleurs nouvelles de la Gauche Unie, établit désormais in concreto l’existence de la « sortie de gauche » : une sortie que rien n’entache à droite, ni « repli nationaliste » puisque nous avons là affaire à des gens dont les dispositions internationalistes sont insoupçonnables, ni « dérive xénophobe » puisque pour le coup le seul point d’accord, mais absolu, au sein de Syriza, touche à la question de l’immigration, de son accueil et de sa régularisation. Et seuls les deux neurones de Jean-Marie Colombani, la haine incoercible de Quatremer pour tout ce qui est de gauche, mais aussi les préventions affolées de l’alter-européisme, pourront trouver justifié de s’exclamer au repli identitaire.

 

La gauche est là. Même réduite au dernier degré de la minorité institutionnelle, elle ne mourra pas. Elle vit en Grèce. Elle revivra ailleurs en Europe, et spécialement en France, pour peu qu’on s’y aperçoive, l’échec de Tsipras enfin médité, qu’elle n’a de salut qu’hors de l’euro – et bien sûr qu’en en sortant par son côté à elle. Mais il faut être en proie au fétichisme de la sortie pour ne plus désirer sortir que pour sortir, c’est-à-dire pour se préparer à sortir accompagné n’importe comment. Et avoir sérieusement oublié de se poser la seule question qui vaille, la question de savoir pour quoi faire, et par suite avec qui ? – la seule qui ramène quelque clarté et fasse apercevoir certaines improbables alliances pour ce qu’elles sont : aberrantes, dévoyées, et promises à la perdition, au double sens de l’égarement moral et de l’échec assuré.

 

 

Notes

[1] Voir à ce sujet « Leçons de Grèce à l’usage d’un internationalisme imaginaire (et en vue d’un internationalisme réel) », 6 avril 2015.

[2] Dont, à quelques exceptions minoritaires près, les différenciations internes sont tout à fait secondaires.

[3] Pour un développement un peu plus substantiel à propos de cette question, voir « Les entreprises ne créent pas l’emploi », 26 fevrier 2014.

 

 

Source : http://blog.mondediplo.net

 

 

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 17:23

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 
 
 
 
En Image 26/08/2015 à 13h27

Commerce des armes : qui achète ? Qui vend ? Pas ceux qu’on croit

Rue89 avec Swissinfo.ch

 

Le traité international sur le commerce des armes tient, jusqu’à jeudi 27 août, sa première conférence au Mexique. Mais qui achète et qui vend des armes dans le monde actuel ?

Déjà signé par 130 pays et ratifié par 72 d’entre eux, ce traité est censé encadrer un marché des armes prospère : son commerce international oscille depuis 2009 entre 30 et 40 milliards de dollars par an, alors que les dépenses militaires mondiales tournent autour de 1 700 milliards de dollars annuels depuis 2009, soit 2,6% du produit mondial brut (PMB).

A cette occasion, il est intéressant de regarder, avec nos partenaires de Swissinfo.ch, qui sont les vendeurs, et qui sont les acheteurs de ce commerce pas comme les autres.

 

Les Etats-Unis, premier vendeur planétaire

Premier constat : sur ces statistiques fournies par l’Institut de recherche Sipri de Stockholm, la référence mondiale, on ne trouve qu’un seul pays commun au top 10 des vendeurs et des acheteurs : la Chine, qui achète, notamment à la Russie, mais qui exporte aussi des armements plus classiques.

Deuxième constat : la place prépondérante prise par les Etats-Unis dans ce commerce des armes, quasiment deux fois plus gros que le suivant, la Russie, et dont les exportations sont égales à celles de la Russie, de la France et du Royaume-Uni additionnées...

 

Les principaux pays exportateurs d’armes (Via Swissinfo.ch)

 

Côté importations, la première surprise est la première place, loin devant, de l’Inde, là où on attendrait les pays du Moyen-Orient. La zone Asie-Pacifique est d’ailleurs bien placée dans ce top 10, avec l’Inde en tête, mais aussi la Chine, l’Indonésie, le Vietnam, Taïwan, et l’Australie.

Les autres pays du top 10 sont, de manière prévisible, les pays du Moyen-Orient, l’Arabie saoudite qui arrive deuxième, suivie de la Turquie, des Emirats arabes unis et du Sultanat d’Oman.

 

Les principaux importateurs d’armes dans le monde (Via Swissinfo.ch)

 

L’Asie et le Moyen-Orient, les deux zones de tension de la planète :

  • la première sans conflit déclaré mais avec une course aux armements perceptible depuis des années et des tensions en mer de Chine du Sud entre la Chine et ses voisins, ou le conflit latent, jamais éteint entre l’Inde et le Pakistan ;
  • la seconde est aujourd’hui au cœur des principaux conflits armés de la planète, en Syrie, en Irak, au Yémen, ou encore depuis peu le conflit qui s’est réveillé en Turquie avec la minorité kurde. Pas de surprise donc à ce que les armes prennent la direction d’une zone qui a de surcroit les moyens de les payer...

 

L’enjeu de Cancun

La principale vertu du TCA, souligne un article de Swissinfo.ch, est de vouloir imposer une certaine transparence dans un commerce qui préfère l’ombre, voire l’opacité.

Les Etats-Unis l’ont signé et pas encore ratifié, la Russie et la Chine ne l’ont pas signé ; seuls la France et le Royaume-Uni parmi les grands exportateurs l’ont signé et ratifié.

Encore faut-il que la substance du traité ne se volatilise pas dans les négociations sur sa mise en œuvre et ses règles de fonctionnement.

C’est tout l’enjeu de la première conférence internationale des Etats parties, qui se tient depuis le 24 et jusqu’au 27 août à Cancun (Mexique).

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 16:32

 

 

Sur le terrain 26/08/2015 à 10h59

Saillans fait des petits : une journée participative dans un village perché

Emilie Brouze | Journaliste Rue89

 

A Aucelon, dans la Drôme, élus et habitants planchent sur un projet de gîte pour redynamiser le village. Inspirés par les Saillanssons qui, à 25 km de là, expérimentent la démocratie participative

(D’Aucelon, Drôme) Il ne faut guère avoir le vertige pour se hisser jusqu’à ce minuscule village perché. Pas d’autre choix, d’abord, que d’emprunter la route étroite et tortueuse qui nous arrête à 755 m d’altitude. Tout en haut, les maisons sont suspendues sur un promontoire, en équilibre au milieu des montagnes. 49 citoyens sont inscrits sur les listes électorales de la commune, mais seulement dix-huit habitants vivent là à l’année.

 

Aucelon, le 24 juillet 2015 (Emilie Brouze/Rue89)

 

Aucelon se situe à 25 km de Saillans, la petite ville où au premier tour des municipales, le 23 mars 2014, les 1 199 habitants ont élu une liste collégiale. Pendant la campagne, plusieurs réunions publiques ont permis aux Saillanssons de bâtir le fonctionnement de leur mairie idéale. Voilà aujourd’hui près d’un an et cinq mois que l’équipe municipale expérimente, non sans difficultés, un fonctionnement participatif.

Un maire blasé du pouvoir pyramidal

Ici, on est loin de la démocratie participative promue par certains partis politiques qui lancent des plateformes collaboratives (qui agonisent). On est loin aussi des consultations numériques de l’Assemblée nationale sur des projets de loi. A Saillans, si Internet est utilisé comme un outil de diffusion de l’information et, parfois, de sondage, il est avant tout question de participation physique.

Depuis les élections, les Saillanssons ont reçu plus d’une centaine de sollicitations de médias, d’étudiants en sciences politiques, d’élus ou de citoyens s’intéressant à leurs méthodes. Un scénariste en quête d’inspiration a même récemment logé sur place quelques jours pour se livrer à des observations.

Saillans a résonné aussi autour d’elle, près du Vercors. Joël Boeyaert, le charismatique maire sans étiquette d’Aucelon, blasé du pouvoir pyramidal, a suivi avec attention la campagne saillanssonne et assisté à plusieurs réunions.

« Ça m’a encouragé à le faire », affirme l’homme de 58 ans, éleveur de vaches allaitantes. A l’été 2014, des Saillanssons sont venus l’aider à animer une journée de réunions participatives à Aucelon.

 

Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

Un projet commun

Pendant ce jour de juillet 2014, plusieurs groupes d’habitants ont parlé de leur village et débattu sur ce qu’ils pouvaient faire pour améliorer l’existant. Une soixantaine de personnes étaient présentes d’après le maire, « dont des gens de l’extérieur ». Il en est ressorti au moins trois priorités :

  • lancer une veille économique : à part la bergerie et la présence du boulanger, qui cuit ses pains dans le four communal et redescend les vendre dans la vallée, il n’y a pas d’activités ;
  • créer un lieu commun convivial, type bistrot associatif ;
  • attirer de nouveaux habitants à l’année, en commençant par établir un inventaire des possibles habitations.

L’hiver, le village sommeille. Les résidences secondaires « encombrent » la commune, qui a connu un fort exode rural. Et Aucelon, qui compte un logement social (une maison en bois), a peu de place pour accueillir de nouvelles têtes.

 

 

L’ancienne école d’Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

Si, à Saillans, un noyau d’habitants est à l’origine de la démarche participative, à Aucelon, c’est plutôt le maire qui a poussé ses administrés à tenter l’expérience. Il constate :

« Suite à la première journée participative, on n’a pas réussi à faire en sorte que les gens s’emparent d’un dossier. »

Et puis, au printemps, la commune a eu la possibilité d’acheter une grande maison située en face de la mairie (120 000 euros, subventionnés à hauteur de 66 000 euros par le programme européen de développement rural Leader). Celle de Louis, l’ancien doyen décédé fin 2014, dont la photo est accrochée en mémoire au mur de son atelier. A l’intérieur de la bâtisse, Aucelon aimerait y aménager un gîte, dont les parties communes et la terrasse pourraient profiter aux habitants.

Ce gîte, c’est une aubaine de projet participatif, appuie le maire : il concentre toutes les préoccupations évoquées en juillet par les habitants. Un « copil » – l’abréviation pour « comité de pilotage » – a été mis sur pied pour mener à bien le projet. Huit élus et habitants se sont portés volontaires pour l’intégrer.

 

Tournesols et vaches baladeuses

Ce vendredi 24 juillet 2015, rendez-vous était donné en début d’après-midi dans l’ancien atelier de Louis. Le maire, en chemise à carreaux, s’est réveillé à l’aube la veille : la faute à des vaches baladeuses.

Sur la table, un bouquet de tournesols. Le projet de gîte est explicité en lettres vertes sur un tableau blanc, à la première personne du pluriel :

« Nous souhaitons créer à Aucelon un lieu d’accueil convivial qui favorise une présence durable d’habitants permanents, qui produise de l’activité économique et qui s’intègre dans la vie locale, touristique, culturelle et environnementale du territoire. »

 

Dans l’atelier de Louis (Emilie Brouze/Rue89)

 

Céline Langlois, psychologue et « facilitatrice », anime la réunion et fait office de gardienne du temps. Pour ouvrir la séance, elle fait tinter une cloche.

Première étape, après le tour de présentation mutuelle : retravailler la charte de fonctionnement du copil.

Pour celui qui n’est pas informé du contexte, la réunion, codifiée, a des allures étranges. Les participants peuvent manifester leur approbation en applaudissant par la langue des signes (les deux mains bougent en direction du plafond) et signaler leur fin de prise de parole. Des temps de réflexion en petits groupes sont organisés avec un support papier.

« La cinquième phrase est assez contradictoire avec la deuxième et la troisième », objecte l’un. « Et si on mettait réalisable plutôt que réaliste ? », propose un autre. « On n’écrit pas la Constitution », minimise Céline Langlois.

La maison de Louis grince et le vent s’engouffre par les fenêtres entrouvertes. Ce qui fait virevolter les feuilles disposées sur un fil à linge. Dehors, un arbre abrite une table où sont disposés des verres de cantine scolaire, de l’eau et du sirop.

 

 

Dans l’atelier de Louis (Emilie Brouze/Rue89)

 

Pendant une pause, Margaret Obermeier, 79 ans, me parle de Louis, qu’elle a bien connu :

« Un grand mécanicien, il savait absolument tout faire. »

Elle habite la Suisse et vient depuis des dizaines d’années en vacances à Aucelon, dans la maison familiale. Elle y a tenu trois hivers de suite avec un poêle à charbon.

« A Aucelon, il y a eu beaucoup de tentatives d’installation de personnes qui vivaient en marge, des éclopés de la vie qui fuyaient les astreintes de la vie moderne et n’ont pas tenu le coup. J’en ai vus une vingtaine. »

 

Margaret Obermeier dans une rue d’Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

Comment on prend une décision ?

Dans l’atelier de Louis, seize personnes sont autour de la table, dont onze habitants (d’Aucelon ou d’ailleurs) et cinq invités qui vont être questionnés. L’adjointe de l’Agence de développement touristique de la Drôme éclaire ainsi le petit groupe sur le défi que constitue le lancement d’un gîte dans un endroit aussi reculé. Pour assurer l’équilibre dans les quatre ou cinq ans, il faut prévoir minimum dix-quinze lits.

Dans la salle, il y a un couple qui portera sans doute le projet : ils ont 36 ans, deux enfants, et aimeraient s’installer au village. Lui est graphiste et télétravaille à temps partiel ; elle vient de créer une association de parentalité. Ils aimeraient « faire du tourisme social et solidaire », « valoriser les produits locaux » dans cette zone classée Natura 2000.

 

 

image

 

A l’aide d’un vidéoprojecteur, deux chargés de mission du CAUE (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement) présentent deux scénarios d’aménagement de la bâtisse.

« Ils sont peu nombreux au village mais il y a plus de monde que d’habitude en réunion », fait remarquer Jean-Pierre Allègre, qui a exercé 30 ans comme architecte libéral, au sujet de ce projet « atypique ».

Distribution de Post-it en fin de réunion : un vert chacun pour le positif, un orange pour les aspects négatifs. Suivie d’une tournée de table-bilan. Un participant ose :

« Quand il y aura une décision à prendre, comment on va faire ? »

 

Dans l’atelier de Louis, à Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

« Elle redonne le pouvoir d’agir »

« Qui va décider à la fin ? Nous, on n’a pas tranché », relève aussi Lydia Seyne, 60 ans, maire de 1995 à 2001 :

« La démocratie participative, elle résonne un peu partout. Elle redonne aux citoyens le pouvoir d’agir. Je crois que c’est pour ça que les gens disent “ça nous fait du bien”. Ils ont l’impression d’agir. [...]

Généralement, on laisse faire les élus et on critique. Mais on doit être là, aussi. »

Lydia Seyne explique avoir déjà travaillé dans ce sens, quand elle était maire. Elle fait référence notamment à la création de la bergerie, un bâtiment communal édifié dans les années 90 :

« Le village se désertifiait, tous les habitants s’étaient retrouvés : on avait fait une réunion pour se demander quoi faire. »

 

Lydia Seyne devant chez elle à Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

« C’est une démarche difficile, ça prend du temps », observe Monique Le Coz, 75 ans, enseignante retraitée qui habite Aucelon une partie de l’année.

« Plus de temps que si c’était un gugusse qui décidait seul. En même temps, c’est intéressant et ça anime les gens qui participent. »

 

Monique Le Coz, à Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

Vincent Humbert, 53 ans, longue barbe blanche et sac en peau, habite Pradelle depuis dix ans où sa compagne a une ferme d’alpagas. « Un choix de vie », comme de nombreux néoruraux installés dans la région ces deux dernières décennies.

« Saillans, ça fait poser des questions, ça fait réfléchir. »

Tous dans le salon du maire

Les habitants d’Aucelon tiendraient presque tous dans le salon du maire. Alors pour les sonder, pourquoi Joël Boeyaert a-t-il besoin de formaliser une réunion ? « La technique de réunion participative amène implicitement de la positivité », rétorque-t-il.

« Ça permet de vaincre une inertie. Les gens sont heureux, en réunion. [...] J’entends beaucoup de gens se plaindre de la politique, de la société, du pays : les réunions participatives, ça permet de mettre en action les habitants. Comme ils disent à Saillans, de leur donner le “pouvoir d’agir”. »

 

En réunion, à Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

La participation permet de regrouper des individus aux compétences diverses. Elle demande aussi aux habitants de prendre leur part de responsabilités, souligne le maire.

Le participatif dans une minuscule commune ne signifie pas pour autant que la tâche est plus aisée. Joël Boeyaert :

« Dans un groupe de vingt personnes, il suffit d’en avoir deux qui n’ont pas envie pour interférer et gangréner le groupe. »

Christophe, 40 ans, ancien chef d’orchestre qui a été élu secrétaire du copil, note que, pendant la réunion, un ou deux participants semblaient moins enclins au participatif. « On doit gérer d’anciennes façons de faire », opine-t-il. Au sein même du conseil municipal, la méthode ne fait pas l’unanimité.

Sur la démarche participative, Christophe fait le lien avec l’histoire du lieu – peu d’habitants encore en sont natifs.

« Tout le monde a un lien sentimental avec Aucelon, mais personne n’est “héritier du pays”. On doit se poser la question : qu’est-ce qu’on construit ensemble ? »

 

Christophe à Aucelon (Emilie Brouze/Rue89)

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 16:21

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Un appel historique contre le crime climatique

|  Par Jade Lindgaard

 

 

En finir avec les discussions dilatoires sur le climat et passer, enfin, à l’action en forçant États et industries à laisser les énergies fossiles dans le sol. Tel est le message principal d’un appel « pour en finir avec les crimes climatiques » lancé par cent personnalités internationales que Mediapart publie en avant-première.

 

En finir avec les discussions dilatoires sur le climat et passer, enfin, à l’action en forçant États et industries à laisser les énergies fossiles dans le sol. Tel est le message principal d’un appel «r en finir avec les crimes climatiques » lancé par cent personnalités internationales que Mediapart publie en avant-première.

 

L'appel est à lire en intégralité, et en libre accès, dans le Club.

 

Pour la première fois, de nombreuses figures intellectuelles et militantes de premier rang s’associent pour dénoncer le « crime contre l’humanité » que représente le dérèglement climatique, et le comparer à l’horreur de l’esclavage et de l’apartheid. Parmi elles, on distingue l’archevêque Desmond Tutu, la journaliste Naomi Klein, la physicienne et activiste Vandana Shiva, les climatologues Claude Lorius et Valérie Masson-Delmotte, les écrivains Patrick Chamoiseau et Erri de Luca, l’agro-écologue Pierre Rabhi, le paysagiste Gilles Clément, ou encore Leonardo Boff, l’un des chefs de file de la théologie de la libération.

Sont aussi signataires les sociologues Dominique Méda et Saskia Sassen, les anthropologues Philippe Descola, David Graeber et Eduardo Viveiros de Castro, les philosophes Jean-Pierre Dupuy, Michael Hardt, Clive Hamilton et Catherine Larrère, les économistes Joan Martinez Alier, Jean Gadrey, Gaël Giraud, Susan George et Serge Latouche, la styliste Vivienne Westwood ainsi que Pablo Solon et Yeb Saño, anciens négociateurs sur le climat pour la Bolivie et les Philippines (tous les noms des cent premiers signataires sont publiés sous la tribune ici, également ouverte à la signature). Le texte est né d’une initiative commune de l’historien et éditeur Christophe Bonneuil, et des mouvements Attac et 350.org.

 

Occupation d'une mine de lignite en Allemagne par des activistes pendant l'action  "Ende Gelände", le 14 août 2015 (©350).Occupation d'une mine de lignite en Allemagne par des activistes pendant l'action "Ende Gelände", le 14 août 2015 (©350).


« Pour continuer à agir, penser, aimer, prendre soin, créer, produire, contempler, lutter », écrivent-ils, « pour nous épanouir en tant que sociétés, individus et citoyen.e.s, nous devons tout.e.s agir pour tout changer ». Cela passe par « contraindre » multinationales et gouvernements à « abandonner » les profits qu’ils tirent de l’extraction des réserves de charbon, de gaz, de pétrole ou de l’agriculture industrielle. « Nous affirmons notre détermination à laisser les fossiles dans le sol », martèlent-ils, appelant à « une insurrection » pour le climat.

Ce qui distingue cet appel de celui de « l’épreuve des peuples pour le climat » publié mi-juin par une alliance inédite de mouvements sociaux et de syndicats c’est que, cette fois-ci, le texte cible nommément l’industrie des hydrocarbures (charbon, pétrole, gaz) et qu’il rompt avec la traditionnelle répartition des rôles entre acteurs, qui sépare d’un côté les États et de l’autre des représentants de la société civile.

Face à l’échec annoncé de la conférence de Paris sur le climat, la COP 21, à limiter le réchauffement de la température moyenne à +2 °C, ils appellent à mettre en œuvre eux-mêmes, par leurs propres moyens, les transformations nécessaires de nos modes de production et de consommation. C’est une rupture avec le système économique dominant. C’est aussi le refus de s’en remettre aux élus et hauts fonctionnaires qui échouent à réguler à la hauteur de ce qu’il faudrait. « Nous n’attendrons pas que les États agissent, écrivent les signataires, L’esclavage et l’apartheid n’ont pas disparu parce que les États ont décidé de les abolir, mais par des mobilisations massives qui ne leur ont pas laissé le choix. »

Pourquoi Mediapart s’associe-t-il à cet appel contre le crime climatique ? Parce que nous pensons aussi que la COP 21 ne sera qu’un espace secondaire d’action contre le dérèglement du climat. Les objectifs de réduction des gaz à effet de serre présentés à ce jour par les États (États-Unis, Chine, Europe, Japon, etc.) sont beaucoup trop insuffisants et mettent le monde sur la voie d’un réchauffement bien supérieur à 2°. Ces contributions nationales ne figureront sans doute même pas dans le texte de l’accord de Paris. Au mieux apparaîtront-elles en annexe, sans qu’aucune contrainte ne s’exerce sur les pays pour les obliger à les respecter.

De plus, l’éventuel accord de Paris ne mettra rien en place pour agir sur les causes de ces émissions de gaz à effet de serre : transport, chauffage, extraction fossile, déforestation, agriculture industrielle, mondialisation des échanges. Au mieux prétendra-t-il agir sur leurs effets : les rejets de CO2 et de méthane. Au fil des ans et des échecs, les négociations climatiques se sont désarmées. La bataille pour le climat se déroule en dehors des salles de réunion de l’ONU.

Dans ces conditions, pour agir réellement contre le réchauffement planétaire, il faut plus que jamais percer la bulle de l’indifférence et empêcher l’inertie. Pour y parvenir, il y a besoin de travailler sur les représentations et le cadre d’interprétation. Il faut se décoller de l’agenda institutionnel, se rapprocher du terrain, ne jamais se contenter de discours et de déclarations d’intention. Réintroduire la juste perspective historique. Prêter attention aux voix dissonantes du récit officiel.

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

                                                          ********************************

                                                                           L'APPEL

 

 

Source : http://350.org/climate-crimes-fr/

 

 

 Laissons les fossiles dans le

sol pour en finir avec les

crimes climatiques 

 

 

 

 

Nous sommes à la croisée des chemins. Nous ne voulons pas nous retrouver contraint.e.s à survivre dans un monde devenu à peine vivable. Des îles du Pacifique Sud à la Louisiane, des Maldives au Sahel, du Groenland aux Alpes, la vie quotidienne de millions d’entre nous est déjà perturbée par les conséquences du changement climatique. Par l’acidification des océans, par la submersion des îles du Pacifique Sud, par le déracinement de réfugiés climatiques en Afrique et dans le sous-continent indien, par la recrudescence des tempêtes et ouragans, l’écocide en cours violente l’ensemble des êtres vivants, des écosystèmes et des sociétés, menaçant les droits des générations futures. Ces violences climatiques nous frappent inégalement : les communautés paysannes et indigènes, les pauvres du Sud comme du Nord sont les plus affectés par les conséquences du dérèglement climatique.

 

Nous ne nous faisons pas d’illusions. Depuis plus de vingt ans, les gouvernements négocient mais les émissions de gaz à effet de serre n’ont pas baissé et le climat poursuit sa dérive. Alors que les constats de la communauté scientifique se font plus alarmants, les forces de blocage et de paralysie l’emportent.

 

Ce n’est pas une surprise. Des décennies de libéralisation commerciale et financière ont affaibli la capacité des Etats à faire face à la crise climatique. Partout, des forces puissantes — entreprises du secteur fossile, multinationales de l’agro-business, institutions financières, économistes dogmatiques, climatosceptiques et climatonégationnistes, décideurs politiques prisonniers de ces lobbies — font barrage et promeuvent de fausses solutions. 90 entreprises sont à l’origine des deux tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre. De véritables réponses au changement climatique nuiraient à leurs intérêts et à leur pouvoir, remettraient en cause l’idéologie du libre-échange, et menaceraient les structures et les subventions qui les soutiennent.

 

Nous savons que les multinationales et les gouvernements n’abandonneront pas aisément les profits qu’ils tirent de l’extraction des réserves de charbon, de gaz et de pétrole ou de l’agriculture industrielle globalisée gourmande en énergie fossile. Pour continuer à agir, penser, aimer, prendre soin, créer, produire, contempler, lutter, nous devons donc les y contraindre. Pour nous épanouir en tant que sociétés, individus et citoyen.ne.s nous devons tout.e.s agir pour tout changer. Notre humanité commune et la Terre le demandent.

 

Nous gardons confiance en notre capacité à stopper les crimes climatiques. Par le passé, des femmes et des hommes déterminé.e.s ont mis fin aux crimes de l’esclavage, du totalitarisme, du colonialisme ou de l’apartheid. Elles et ils ont fait le choix de combattre pour la justice et l’égalité et savaient que personne ne se battrait à leur place. Le changement climatique est un enjeu comparable et nous préparons une insurrection similaire.

 

Nous travaillons à tout changer. Nous pouvons ouvrir les chemins vers un futur vivable. Notre pouvoir d’agir est souvent plus important que nous ne l’imaginons.. A travers le monde, nous luttons contre les véritables moteurs de la crise climatique, défendons les territoires, réduisons les émissions, organisons la résilience, développons l’autonomie alimentaire par l’agro-écologie paysanne, etc.

 

A l’approche de la conférence de l’ONU sur le climat à Paris-Le Bourget, nous affirmons notre détermination à laisser les énergies fossiles dans le sol. C’est la seule issue.

 

Concrètement, les gouvernements doivent mettre un terme aux subventions qu’ils versent à l’industrie fossile, et geler leur extraction en renonçant à exploiter 80% de toutes les réserves de carburant fossile.

 

Nous savons que cela implique un changement historique majeur. Nous n’attendrons pas que les Etats agissent. L’esclavage et l’apartheid n’ont pas disparu parce que des Etats ont décidé de les abolir, mais par des mobilisations massives qui ne leur ont pas laissé le choix.

 

L’issue est incertaine. Nous avons toutefois une occasion unique de renouveler la démocratie, de démanteler le pouvoir hégémonique des multinationales et de transformer radicalement nos modes de production et de consommation. Tourner la page des fossiles est une étape décisive vers la société juste et soutenable dont nous avons besoin.

 

Nous ne gâcherons pas cette chance, à Paris comme ailleurs, aujourd’hui comme demain.

 

 

Pour signer la pétition : cliquer ici ou  ici

 

 

 

CET APPEL est soutenu

par :

 

Agnès Sinaï (Institut Momentum), Alberto Acosta (économiste), Alberto Zoratti (Fair Italy), Alex Randall (Climate Outreach), Amy Dahan (Historienne des Sciences), Anabela Lemos (Justica Ambiental, Mozambique), Asad Rehman (Friends of the Earth UK), Bernard Guri (Centre for Indigenous Knowledge & Organisational Development), Bill McKibben (fondateur de 350.org), Boaventura de Sousa Santos (sociologue), Catherine Larrère (philosophe), Christophe Bonneuil (historien), Cindy Wiesner (Coordinator of Grassroots, Global Justice Alliance, USA), Claire Nouvian (Bloom), Claude Lorius (glaciologue), Clive Hamilton (philosophe), David Graeber (anthropologue), Desmond Tutu (archevêque émérite), Dominique Bourg (philosophe), Dominique Méda (sociologue), Edgardo Lander (sociologue), Eduardo Viveiros de Castro (anthropologue), Emem J. Okon (Kebetkache Women Development & Resource Centre, Nigeria), Emilie Hache (philosophe), Erri de Luca (écrivain), Esperanza Martinez (ancienne ministre de la Santé publique du Paraguay), Esther Vivas (chercheure et militante altermondialiste), Faikham Harnnarong (Coordinator, Thai Climate Justice Working Group- Thailand), François Gemenne (politiste), Frank Murazumi (Amis de la Terre Ouganda), Gaël Giraud (économiste), Geneviève Azam (économiste), George Monbiot (journaliste), Gerry Arrances (militant anti-charbon), Gilles Boeuf (président du MNHN), Gilles Clément (paysagiste), Gilles-Éric Séralini Godwin Ojo (Amis de la Terre, Nigeria), Gus Massiah (Cedetim), Guy Aurenche (président du CCFD), Isabelle Frémeaux (Laboratoire des Imaginaires Insurrectionnels), Isabelle Stengers (philosophe), Jacques Testart (biologiste), Jagoda Munic (Amis de la Terre Croatie – Amis de la Terre International), Jean-Baptiste Fressoz (historien), Jean-Pierre Dupuy (philosophe), Jean Gadrey (économiste), Jean Merckaert (Revue Projet), Jeanne Planche (Attac France), John Holloway (sociologue et philosophe), Joan Martinez Alier (économiste), John Jordan (Laboratoire des Imaginaires Insurrectionnels), Jon Palais (Bizi !), Josie Riffaud (Confédération paysanne), Julien Rivoire (FSU), Jutta Kill (militante écologiste), Kaddour Hadadi (musicien et chanteur, HK et les Saltimbanks), Kevin Smith (Liberate Tate), Kumi Naidoo (Greenpeace International), Larry Lohmann (The Corner House), Lech Kowalski (réalisateur), Leonardo Boff (théologien), Lidy Nacpil (Jubilee South), Mamadou Goïta (Institut de recherche et de promotion des alternatives au développement, Mali), Louise Hazan (350.org), Marc Dufumier (agronome), Marc Luyckx Ghisi (écrivain), Marc Robert (chimiste), Marie-Monique Robin (journaliste), Matthieu Orphelin (porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’Homme), Maude Barlow (Food & Water Watch), Maxime Combes (économiste, membre d’Attac), Naomi Klein (essayiste), Michael Hardt (philosophe), Michael Löwy (sociologue), Mike Davis (historien et sociologue), Nicolas Haeringer (350.org), Nicolas Hulot (président de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’Homme), Nnimmo Bassey (Oil Watch International), Noam Chomsky (linguiste et philosophe), Nick Hildyard (The Corner House), Noble Wadzah (Oil Watch Afrique), Olivier Bétourné (éditeur), Olivier de Schutter (juriste), Pablo Servigne (collapsologue), Pablo Solon (ancien ambassadeur de la Bolivie), Pascoe Sabido (Corporate Europe Observatory), Pat Mooney (ETC Group), Patrick Chamoiseau (écrivain), Patrick Viveret (philosophe), Paul Lannoye (ancien député européen), Philippe Bihouix (ingénieur), Philippe Desbrosses (Intelligence Verte), Philippe Descola (anthropologue), Pierre Rabhi (agronome et penseur de l’écologie), Pierre-Henri Gouyon (écologue), Priscilla Achakpa (Water Supply and Sanitation Collaborative Council, Nigéria), Razmig Keucheyan (sociologue), Rebecca Foon (musicienne), Richard Girard (Polaris Institute), Roger Cox (avocat), Saskia Sassen (sociologue), Serge Latouche (économiste), Soumya Dutta (Alliance nationale des mouvements anti-nucléaires, Inde), Stefan C. Aykut (politiste), Susan George (économiste), Swoon (artiste), Thomas Coutrot (économiste, porte-parole d’Attac), Tom Kucharz (Ecologistas en Accion, Espagne), Tony Clarke (International Forum on Globalization), Txetx Etcheverry (Alternatiba), Valérie Cabannes (End Ecocide), Valérie Masson-Delmotte (climatologue), Vandana Shiva (physcienne et écologiste), Vincent Devictor (écologue), Vivienne Westwood (styliste), Yeb Saño (ancien ambassadeur des Philippines pour le climat), Yvonne Yanez (Oil Watch).

 

 

L’appel est paru dans l’ouvrage

“Crime climatique, stop !”

 

Crime Climatique Stop !  L’appel de la société civile est un livre coordonné par Attac France et 350.org, publié aux éditions du Seuil.

Pour le commander, cliquez sur ce lien.

 

Crime climatique STOP !

 

Sommaire :

Préface – Nous avons combattu l’apartheid. Aujourd’hui, le changement climatique est notre ennemi à tous

Archevêque Desmond Tutu, prix Nobel de la paix

Introduction – Il est temps de mettre un terme aux crimes climatiques

Nicolas Haeringer, Maxime Combes, Jeanne Planche et Christophe Bonneuil

1e PARTIE – LE CHAOS CLIMATIQUE, CRIME CONTRE L’HUMANITE

Le changement climatique est le plus grand combat que nous aurons à mener de notre vivant. Et pourtant, nous regardons ailleurs

Naomi Klein

Vers un monde plus chaud et plus dangereux. L’état des connaissances

Jean Jouzel et Valérie Masson-Delmotte

De la violence climatique comme persécution contre les plus vulnérables

François Gemenne et Alex Randall

Nous faisons face à un nouvel apartheid, entre la Terre et les oligarchies

Vandana Shiva

Crime climatique et écocide : réformer le doit international

Valérie Cabanes

L’Afrique et les catastrophes climatiques qui s’annoncent

Nnimmo Bassey

2e PARTIE – LE BAL DES FAUX SEMBLANTS ET DES FAUSSES SOLUTIONS

La folie des COP

Pablo Solòn

Le climat des affaires !

Susan George et Maxime Combes

Géoingénierie : confier notre avenir à des apprentis-sorciers ?

Clive Hamilton

Faut-il financiariser la planète pour la sauver ? 

Tamra Gilbertson and Joanna Cabello

Du mirage de la croissance « verte » à un monde post-croissance

Philippe Bihouix

3e PARTIE – ABANDONNONS LES FOSSILES, PAS LA PLANETE ! 

Rien ne sert d’attendre Paris pour démarrer la bataille. Vive la résistance !

Bill Mc Kibben

Le futur est ouvert ! Quelques leçons du tournant énergétique allemand

Stefan C. Aykut

Bonne nouvelle pour le climat !

Guy Aurenche

Creuser pour survivre, la loi d’airain du capitalisme

Maxime Combes

La malédiction de l’abondance : extractivisme et sous-développement

Alberto Acosta

L’œuvre d’art (et d’activisme) à l’âge de l’Anthropocène

John Jordan

Comment faire plier une multinationale climaticide

Jon Palais

Conclusion – Résister et créer les alternatives pour la transition

Geneviève Azam

Appel de la société civile « Laissons les fossiles dans le sol pour en finir avec les crimes climatiques » et 100 premiers signataires

 

 

Source : http://350.org/climate-crimes-fr/

 

 

 

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 16:07

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Insurrection citoyenne en Irak contre un pouvoir corrompu

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Malgré la guerre qui s’enlise contre l’organisation de l’Etat islamique (OEI), malgré les tensions attisées pour diviser sunnites, chiites et Kurdes, un mouvement citoyen voit le jour en Irak pour en finir avec un pouvoir corrompu et confessionnel. Il exprime, de manière fragile, une volonté de reconstruire une nation irakienne indépendante, loin des ingérences étrangères, y compris celles de l’Iran.

 

« Cette révolution, on pourrait l’appeler la révolution du thermomètre », ironise Faysal, 38 ans, l’un des tout premiers manifestants de la place Tahrir à Bagdad. Faysal aime se présenter comme laïque et libéral, un courant selon lui majoritaire chez les manifestants de la place Tahrir. « Ici, il n’y a que des jeunes qui ne veulent pas du mélange entre la religion et la politique et des personnes plus âgées qui ont milité à gauche durant des années », explique-t-il. « Dans le sud à Nadjaf et à Bassora, c’est différent, ils sont plus à l’écoute des partis religieux, mais ce qui nous rassemble tous, laïques, religieux, apolitiques, c’est non seulement la lutte contre la corruption et contre les défaillances des services publics mais surtout un besoin de changement de système. » « La chaleur a eu du bon en Irak, elle a montré que la société civile irakienne est encore là. On ne parle plus de l’organisation de l’Etat islamique mais du peuple irakien », se réjouit Mazen, 25 ans, lui aussi venu manifester sur la place Tahrir.

Le rassemblement, spontané, a été provoqué par une vague de chaleur insupportable, sans l’électricité que les gouvernements irakiens successifs depuis 2003 avaient promis de rétablir. Or, 12 ans après l’invasion américaine, il n’y a en moyenne que trois heures d’électricité par jour, « sauf chez les ministres », note Mazen. Commerçant dans le quartier central de Karrada, il a fermé boutique pour aller scander des slogans comme « Non aux voleurs, non au gouvernement, oui à l’Irak ».

Sous la pression de la rue, le premier ministre actuel Haïder al-Abadi a proposé des réformes sans précédent. À commencer par la suppression des postes inutiles et de la gabegie de l’Etat. Il s’attelle ainsi à remplacer de hauts fonctionnaires de l’administration centrale et des provinces, tout en « oubliant » volontairement les quotas confessionnels et partisans usuels. La compétence sera désormais mise en avant.

La suite à lire sur Orient XXI

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 15:57

 

Source : http://blogs.mediapart.fr

 

 

 

LE PIÈGE DU SOUVERAINISME DANS LA DÉBÂCLE GRECQUE

 

by Yannis Youlountas · 13/08/2015

 

 

 

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Un contresens répandu sur les causes et les conséquences du troisième mémorandum qui vient d’être signé par Tsipras.

 

LE PIÈGE DU SOUVERAINISME DANS LA DÉBÂCLE GRECQUE

13 août 2015. Athènes est tombée. La chose est entendue depuis un mois exactement. Ceux qui en discutent encore ne s’opposent plus que sur des chiffres situés après la virgule et sur des éléments de langage, notamment l’épineuse question d’utiliser ou pas le mot « trahison » pour qualifier la volte-face de Tsipras et de ses conseillers. Certains m’ont écrit pour me suggérer de ne pas utiliser ce mot. D’autres voulaient, au contraire, que je tire sur l’ambulance.Lassé par ces chamailleries d’apothicaires, j’ai choisi le silence fin juillet. L’essentiel était dit. Le reste devenait fioritures, toilette mortuaire et embaumement. Mais sans messe funèbre : la plupart de mes amis français continuaient à veiller inexorablement et à espérer l’impossible réveil d’un cadavre en décomposition politique. Le Tsipras de la victoire du 25 janvier était momifié amoureusement par ses fans dévastés, mêlant le déni de réalité à la thanatopraxie. Je n’avais plus rien à faire là et je suis sorti du débat anachronique sur la pointe des pieds.Sortie de la zone euro, abracadabra !Depuis, j’observe parfois le délire des analyses et des commentaires, la confusion des causes et des solutions. Et un mot, un seul mot, plus que tout autre, revient sur toutes les lèvres : souverainisme. Autrement dit, la cause principale du problème serait l’hétéronomie politique du gouvernement grec dominé par les institutions supranationales. Et la solution, élevée au rang de formule magique, se résumerait en une seule phrase : « sortie de la zone euro, abracadabra ! »

 

Permettez-moi de sourire. Le problème du souverainisme est l’arbre qui cache la forêt et occulte le vrai débat. Pire encore, appelons un chat un chat : le souverainisme est le principal piège de la débâcle grecque, tant avant qu’après le 13 juillet.

 

Même sous la pression, un choix reste un choix

 

Pourquoi ? Parce que, contrairement à ce que raconte tout le monde, ou presque, personne n’a imposé la capitulation à Tsipras. Il y a eu des débats, certes. Des combats, bien sûr. Un bras de fer, évidemment. Mais il n’y a eu ni épée, ni revolver, ni bombe, ni missile qui ait menacé la vie des protagonistes. Aucun de ces notables, confortablement installés entre fauteuils en cuir et table en chêne, café et croissants, douceurs et jus d’orange, n’a été décapité, affamé, licencié, expulsé de son domicile, privé de soins. Arrêtons de dire n’importe quoi. Il ne s’agissait que de pressions politiques, aussi fortes fussent-elles. Et même sous la pression, un choix reste un choix. Ne pas entendre les propositions de la plateforme de gauche de Syriza, depuis des mois, n’était pas lié à un problème auditif, mais à une volonté politique. Se couper du mouvement social et des chercheurs indépendants en économie et en philosophie politique ne relevait pas d’une panne de téléphone, mais d’une préférence réfléchie pour d’autres conseillers véhiculant des idées modérées et le germe de la renonciation. Ne consacrer qu’une seule après-midi au travail colossal de la commission pour l’audit de la dette grecque pour, ensuite, ne pas en tenir compte et feindre d’oublier la possibilité d’annuler la dette, n’était pas le fait d’une amnésie passagère due au surmenage, mais d’une option politique claire et même d’un choix paradigmatique.

 

Bref, le gouvernement Tsipras a été pleinement souverain dans sa décision, face aux instances supranationales, et prétendre le contraire, c’est oublier un peu vite que la vie politique, comme la vie en général, est l’objet de tensions incessantes, parfois très vives, qui n’éliminent pas pour autant toute capacité à choisir nos pensées et nos actes. Oui, le gouvernement grec a été souverain et, oui, il avait d’autres options possibles que la capitulation. Le nier, c’est contribuer au TINA imaginaire qui altère la volonté et renforce la résignation. Un mois après, il est temps de se réveiller et d’ouvrir les yeux.

 

Les deux débats corollaires, sur les moyens et sur la légitimité de la décision, ont également été tronqués. Je ne reviendrai pas sur les moyens, souvent abordés ici. Tout ce qui est évoqué plus haut suffit à réfuter totalement le discours mensonger qui parle d’absence d’alternative : les propositions de la plateforme de gauche, du mouvement social très créatif, notamment dans l’autogestion, des chercheurs indépendants ou encore de la commission pour l’audit de la dette ont purement et simplement été rejetées.

 

Stopper l’austérité, un point c’est tout

 

L’autre débat occulté concernait la légitimité de sortir ou pas de l’euro. Là encore, plus le stratagème est gros, mieux il passe. Quel était exactement le mandat principal du gouvernement Syriza-Anel, au lendemain de sa formation le 27 janvier ? Plus que jamais, les choses étaient claires, très claires. C’était même le seul sujet de la campagne électorale en janvier : stopper l’austérité, un point c’est tout. Le reste, rarement abordé, n’était que discussion annexe. Le mandat principal de Tsipras n’était pas d’éviter ou d’oser, au contraire, une sortie de l’euro, mais précisément d’éviter un nouveau mémorandum avec son lot de casses sociales, de coupes budgétaires et de dilapidations du bien commun. Ou, pour le dire autrement : s’il n’avait certes pas de mandat explicite pour sortir de la zone euro, il en avait encore moins pour imposer trois ans d’enfer supplémentaire, de surcroît juste après le OXI à 61% au référendum du 5 juillet. Virguler aujourd’hui autour de son mandat concernant l’euro pour justifier son choix, c’est tout simplement se moquer du monde.

 

Tsipras a joué la carte de l’unité nationale

 

Non seulement la décision du gouvernement Tsipras a été souveraine, mais en plus elle est intervenue au terme d’une dérive politique qu’il est indispensable d’évoquer ici. Le salut national — qui nous rappelle de mauvais souvenirs politiques en France — a progressivement remplacé le discours sur les inégalités sociales, au fil des mois. La misère des plus démunis s’est progressivement transformée en nation en péril. Les rapports de classes ont été balayés au profit des rapports en pays, plus ou moins amicaux ou rivaux à l’égard de la Grèce. Tsipras a joué la carte de l’unité nationale et de l’amalgame de l’identité grecque des victimes de « la crise », et, ce faisant, il a gagné son statut de chef en Grèce, aux yeux d’une majorité de la population. Chef du gouvernement en l’occurrence. Et surtout chef d’état parmi ses semblables. L’ancien gendre idéal au regard si doux est devenu l’homme de confiance, mûr, posé et réfléchi, puis le guide inflexible, autoritaire, mais dévoué faisant de son mieux dans l’intérêt du pays tout entier. Un pays uni, selon lui, dans le mélange de situations sociales non seulement hétérogènes, mais surtout antagonistes.

 

A celles et ceux qui, dans l’aile gauche de Syriza ou au-delà dans la gauche et dans le mouvement social, rappelaient que l’Allemagne, c’est douze millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté, que la France, c’est toujours plus de laissés pour compte dans tous les domaines et, surtout, que la Grèce, c’est aussi des patrons rapaces et leur lot de collaborateurs complices dans la hiérarchie des entreprises et des administrations, Tsipras insistait souvent sur la gravité du moment : ne pas se désunir, éviter les conflits sociaux et faire les bons choix dans l’intérêt de tous.

 

L’incroyable pouvoir de décider et de signer au nom de millions de personnes

 

C’est précisément une attitude souverainiste. Oui, vous avez bien lu : à ceux qui vous parlent de souverainisme comme d’une baguette magique qui eut été nécessaire en Grèce, vous pouvez les envoyer jouer aux billes. Car c’est exactement le chemin qu’a malheureusement pris Tsipras, ces derniers mois, en déplaçant la tension nécessaire entre les classes sociales sur le terrain des tensions — d’un autre type — entre gouvernements au prétexte illusoire de régler, par la négociation à l’échelle des états, de profondes inégalités sociales au sein de chacun d’entre eux. Il s’agit tout simplement d’un transfert de compétence depuis les mouvements sociaux des territoires en luttes vers le petit groupe de notables disposant de l’incroyable pouvoir de décider et de signer au nom de millions de personnes. C’est la réunion spectaculaire des puissants au prétexte frauduleux d’améliorer le sort des faibles, avec, fort logiquement, le résultat inverse.

 

Est-ce vraiment cela une politique de gauche ? Est-ce un mode d’action cohérent pour un gouvernement d’inspiration marxiste ?

 

Et c’est là qu’intervient le dernier point. Rappelez-vous qui est au pouvoir, depuis janvier, aux côtés de ministres Syriza : le principal parti souverainiste en Grèce, ANEL, aussi appelé Grecs indépendants. A-t-il critiqué ce mode d’action ? Non, bien sûr, il l’a approuvé, après avoir fait semblant de râler, le temps de reprendre du dessert. Ses députés ont-ils refusé l’accord du 13 juillet, lors des votes du 15 et du 22 juillet au parlement ? Non, ils ont voté la totalité des mille pages organisant le désastre, avant de retourner à la buvette. Le ministre membre des Grecs indépendants a-t-il finalement démissionné et quitté le gouvernement ? Pas du tout. Les Grecs indépendants ont obtenu un deuxième portefeuille ministériel, et hop ! Tout va bien pour eux ! Ça continue !

 

Alors, le souverainisme est-il la solution ? Non, comme on vient de le voir, c’est au contraire l’un des problèmes principaux de ces derniers mois.

 

C’est pourquoi, en France et ailleurs, en dépit des pleurnicheries tous azimuts — qui sont parfois des larmes de crocodiles — et des lamentations sur l’hétéronomie politique du gouvernement Syriza-Anel (désormais sans l’aile gauche de Syriza) sous la dictée des institutions supranationales, il serait bon d’arrêter de rejeter toutes les responsabilités sur les autres et de se cacher derrière son petit doigt. Bien sûr la responsabilité de ces institutions est immense, mais ce n’est pas elles qui ont littéralement décidé de tout ce qui vient de se passer pour les classes populaires en souffrance en Grèce, comme pour les pans entiers de nature mis en vente. Non, au bout du compte, c’est le gouvernement grec qui a refusé toutes les autres options depuis six mois, en allant jusqu’à dire qu’elles n’existaient pas.

 

La baguette magique du souverainisme cache en réalité un sceptre

 

Et la sortie de l’euro ? Ce moyen, parmi d’autres, n’est en rien l’apanage des uns ou des autres. Il n’y a aucun brevet « sortie de l’euro » déposé à l’INPI. Et rien ne prouve qu’un parti se proclamant souverainiste serait plus à même de l’organiser, surtout au vu de l’expérience grecque. En réalité, la sortie de l’euro n’est qu’un outil dans une boite à outils qui en compte des dizaines. Et l’utilisation des uns n’empêche pas celle des autres. Pendant que le souverainisme ressasse, comme un disque rayé, la solution magique de la sortie de l’euro, la vraie gauche et les mouvements révolutionnaires projettent bien au-delà d’innombrables formes d’actions qui caractérisent leurs analyses respectives et objectifs politiques. Et rien ne doit être laissé au hasard. Les rapports de classes et de dominations ne s’effaceront pas au prétexte de l’unité nationale et du pouvoir plein et entier d’élus bonhommes et repus chantant la Marseillaise devant une foule émue. Car la baguette magique du souverainisme cache en réalité un sceptre et le pouvoir ne sert que le pouvoir.

 

Nous unir, classe contre classe, par-delà les frontières

 

Sortir de la zone euro pour sortir de la zone euro ne suffit pas. Crier au loup venu d’ailleurs pour détourner les brebis nationales de la menace des loups nationaux est une vieille recette éculée. Une ficelle, un piège, une potence. C’est lutter contre tous nos prédateurs qui est nécessaire, urgent, vital. C’est nous unir, classe contre classe, par-delà les frontières. C’est, au moins, nous mettre en synergie, attentifs et solidaires, face à l’internationale du capitalisme triomphant. C’est nous rappeler le chemin parcouru, pour en comprendre les échecs et redécouvrir les rêves de celles et ceux qui nous ont précédé, il y a un siècle-et-demi. C’est ouvrir de nouvelles perspectives, décoloniser l’imaginaire, inventer des chemins de traverses, oser au-delà de ce qui paraît possible et, en aucun cas, se replier sur soi.

 

Depuis un mois, ce n’est pas Athènes qui est tombée, en réalité. Ce sont les persécutés et les insoumis de partout qui avaient les yeux rivés sur la Grèce, d’un bout à l’autre du monde, et qui ont été frappés une fois de plus.

 

C’est pourquoi l’heure n’est en aucun cas à l’union des tyrans avec leurs victimes, même au prétexte de la coexistence sur un même bout de territoire, mais au soulèvement simultané et solidaire des damnés de la Terre.

 

TINA ? En effet, mais dans le sens contraire. Oui, il n’y a pas d’alternative. Il n’y a pas d’autre issue possible pour sortir de l’impasse. Il n’y a rien à attendre, mais tout à faire. Il n’y a pas d’alternative : lutter.

 

Yannis Youlountas

 

PS : si vous le souhaitez, nous pourrons en discuter lors des premières projections-débats, en version expérimentale puis définitive, de « Je lutte donc je suis ».

03/09 MARTIGUES (13)
08/09 ALBI (81)
09/09 TARBES (65)
10/09 VIC-EN-BIGORRE (65)
11/09 ANÈRES (65)
12/09 MIRABEL/BLACONS (26)
13/09 REILLANNE (04)
PUIS PORT-DE-BOUC (13)
14/09 CASTELNAUDARY (11)
19/09 GRENOBLE (38)
20/09 GENÈVE (SUISSE)
21/09 ANNECY (74)
22/09 THONON-LES-BAINS (74)
23/09 THORENS-GLIÈRES (74)
24/09 BERRE (13)
26/09 GRAULHET (81)
01/10 AUBAGNE (13)
03/10 MOUHANS-SARTOUX (06)
08/10 TOULON (83)
15/10 TOURNEFEUILLE (31)
17/10 CLUNY (71)
18/10 TOURNUS (71)
21/10 GRAMAT (46)
22/10 ANGERS (49)
23/10 RENNES (35)
24/10 ÉVRAN (22)
25/10 LANNION (22)
PUIS ST-BRIEUC (22)
26/10 BREST (29)
27/10 LORIENT (56)
28/10 VANNES (56)
29/10 OLÉRON (17)
30/10 ROCHEFORT (17)
02/11 TULLE (19)
03/11 ST-OUEN-L’AUMÔNE (95)
04/11 PARIS (75)
06/11 PARIS (75)
09/11 JOIGNY (89)
10/11 MEYMAC (19)
11/11 AUBUSSON (23)
12/11 LIMOGES (87)
13/11 MONTLUÇON (03)
14/11 VÉNISSIEUX (69)
16/11 TOULOUSE (31)
19/11 LE VIGAN (30)
20/11 POUCHARRAMET (31)
21/11 MAS D’AZIL (09)
03/12 AU 09/12 TOURNÉE EN BELGIQUE ET DANS LE NORD

 

Détails : http://jeluttedoncjesuis.net/spip.php?article16
Contact programmation : maud@jeluttedoncjesuis.net
Bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=v3Vc5aWkORY

 

Je présenterai quelques extraits du film aux rencontres nationales des SEL à Digne le 20/08 et au congrès de l’ICEM (pédagogie Freinet) le 21/08 à Aix-en-Provence.

Le film sera mis en ligne en gratuit sur Internet (dans une douzaine de langues) dès que sa version sera finalisée, après avoir pris le temps d’échanger avec vous durant les premières projections-débats.

 

 

Source : http://blogs.mediapart.fr

 

 

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 17:38

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

La Russie condamne le réalisateur ukrainien Oleg Senstov à vingt ans de prison

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

 

 

Oleg Sentsov, le 21 juillet à Rostov-sur-le-Don.

Forcément « coupables ». Mardi 25 août, le tribunal militaire de Rostov-sur-le-Don a condamné le réalisateur ukrainien Oleg Senstov à vingt ans d’emprisonnement, pour « organisation d’un groupe terroriste », et Alexandre Koltchenko à une peine de dix ans pour « participation » à ce même groupe.

A l’énoncé du verdict, les deux hommes, bravaches et sourire ironique aux lèvres, ont entonné l’hymne ukrainien. L’issue de ce procès débuté en juillet, il est vrai, ne constitue en rien une surprise : opposé à l’annexion russe de la Crimée, dont il est originaire, Oleg Sentsov a été arrêté le 10 mai 2014, quelques jours à peine avant le référendum contesté qui devait « légitimer », aux yeux de Moscou, le rattachement de la péninsule ukrainienne au territoire russe.

Alexandre Koltchenko a suivi le même chemin. « Tiens bon Oleg, le temps viendra où ceux qui t’ont condamné se retrouveront sur le banc des accusés ! », a aussitôt réagi Petro Porochenko, le président ukrainien, sur son compte Twitter.

« C’était attendu, un enquêteur du FSB [services spéciaux russes] nous avait prévenus pendant le procès et le tribunal n’a pas eu honte de suivre ces paroles », a commenté pour Le Monde l’avocat du réalisateur ukrainien, Dmitri Dinze.

La justice russe accuse les deux hommes d’avoir tenté d’incendier deux locaux de partis et d’avoir projeté de dynamiter la statue de Lénine à Simféropol. Pour cela, le tribunal militaire de Rostov-sur-le-Don où étaient jugés les deux Ukrainiens, également reconnus coupables de détention d’armes, s’est basé sur les « aveux » de deux complices présumés qui ont déjà été condamnés à sept ans de prison. Ces derniers avaient affirmé que les accusés faisaient partie de Pravyi Sektor (« Secteur droit »), un groupe de nationalistes paramilitaires ukrainien. Depuis, l’organisation a démenti qu’ils en étaient membres et l’un de ces témoins à charge, Guennadi Afanassiev, est revenu lors de son procès sur ses déclarations en affirmant qu’elles lui avaient été extorquées sous la torture. « Il n’y a aucune preuve », insiste Me Dinze, que Le Monde a rencontré avant le verdict. Mais rien n’a ébranlé la détermination des juges.

 

« Menace des forces extérieures »

Le ton avait été donné par Vladimir Poutine lui-même. En visite en Crimée du 17 au 19 août, le président russe avait, lors d’une réunion à Sébastopol, insisté sur la « menace » persistante, selon lui, « des forces extérieures » accusées de vouloir « déstabiliser la situation dans la péninsule, peut-être en jouant sur la carte nationaliste, ou bien en utilisant telle ou telle erreur ou action inefficace du pouvoir ». « Dans certaines capitales, avait poursuivi le chef du Kremlin, on parle ouvertement de la nécessité de former des structures destructives, on recrute des cadres pour des actes de sabotage et de la propagande radicale ». « Tous ces risques, avait-il conclu, il faut les prendre en compte et réagir, au niveau fédéral et local, de façon appropriée ». Ces propos ne laissaient guère de chance aux deux accusés de Rostov-sur-le-Don.

Oleg Sentsov (39 ans, père de deux enfants) et Alexandre Koltchenko (25 ans) n’ont cependant pas été jugés en tant que citoyens ukrainiens – ce qu’ils revendiquent être – mais comme citoyens russes. Depuis l’annexion de la Crimée, tout résident qui n’accomplit pas une démarche spéciale pour refuser devient automatiquement russe, ce que les deux hommes, en prison, n’ont pas fait. Dès lors, le consul général d’Ukraine, qui était présent dans la salle lors du verdict, s’est vu refuser d’exercer son droit de visite. « Nous avons déposé plainte pour cela. Sentsov dit qu’il a été transféré de citoyenneté comme un serf », soupire son avocat. Avant de quitter la salle du tribunal, mardi, le réalisateur ukrainien, pour lequel plusieurs cinéastes de renommée internationale se sont mobilisés (parmi lesquels Wim Wenders et Andreï Zviaguintsev, co-auteur et réalisateur de Léviathan), a levé les doigts en signe de victoire.

Sans illusion face à ses juges lors de la dernière audience publique de son procès, le 19 août, Oleg Sentsov, filmé par Media Zona, le site Internet créé par les Pussy Riots, s’était déjà montré pugnace.

« Cela fait déjà maintenant un an que je suis dans votre pays merveilleux, que je regarde votre télévision (…), votre propagande est magnifique. Je crois que la plus grande partie de la population croit à ce qu’on lui dit, que Poutine est le meilleur, qu’en Ukraine il y a des fascistes et que la Russie est entourée d’ennemis (…). Mais je comprends qu’il y aussi des gens intelligents, comme vous qui êtes au pouvoir. Vous savez très bien qu’il n’y a pas de fascistes en Ukraine, que la Crimée a été prise illégalement et que votre armée est présente dans le Donbass. Moi, étant ici, en prison, je sais que vos forces militaires y sont. La prison est remplie de combattants du Donbass qui ont été envoyés là-bas avec vos tanks, vos armes. Ils combattent là-bas et ils pensent qu’on les attend ici, ils reviennent avec des munitions, ils boivent à la frontière et on les arrête. Et là, ils s’étonnent :Quoi ? Nous sommes des héros ! »

« Troubadours du régime »

Puis, se tournant vers les journalistes présents dans la salle : « Et voilà les troubadours du régime ! Ce ne sont pas des idiots non plus, ils sont bien au courant de tout, mais ils continent de mentir, de faire leur travail en se trouvant des excuses, qu’ils ont des enfants… Mais à quoi bon faire grandir une nouvelle génération d’esclaves ? ».

« A part ceux-là, il existe un autre tiers de la population russe qui ne croit pas aux contes de votre agitprop, qui comprend ce qui se passe, quels crimes horribles est en train de commettre votre pouvoir, mais ces gens-là ont peur. Ils pensent qu’on ne peut rien changer, que tout restera ainsi, que le système est incassable, qu’ils sont seuls et qu’on va tous se retrouver en prison. Pour cela, ils restent calmement au sous-sol comme des souris. Nous aussi, nous avions un pouvoir criminel, et nous sommes sortis [dans la rue] contre lui (…), et en fin de compte, nous avons gagné. »

« Restez dans le cadre du procès, l’avait alors interrompu un juge. « Je termine, avait répliqué Oleg Sentsov. La seule chose que je peux souhaiter à ce tiers de la population, c’est d’apprendre à ne plus avoir peur ».

Autre Ukrainienne célèbre détenue en Russie, la pilote Nadia Savtchenko, accusée d’être responsable de la mort de deux journalistes russes dans le Donbass, dans l’est de l’Ukraine, et qui affirme avoir été enlevée de force, devrait bientôt être jugée à son tour à Donetsk, en Russie, dans une ville éponyme de sa sœur ukrainienne devenue le bastion des séparatistes pro-russes.

 

 Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)
Correspondante à Moscou

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

                                                            *************************

 

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/vincent-presumey

 

 

Ils les ont condamnés à 20 ans et 10 ans de «camp à régime sévère»

 

Retenez ces noms : Sergueï Mikhaïlouk, Viatcheslav Korsakov et Edouard Korobenko, ce sont les « juges ». Sur la première vidéo ci-dessous ils viennent de finir la lecture du verdict. Ils quittent précipitamment la salle dès qu’Oleg Sentsovet Alexandre Koltchenko entonnent l’hymne ukrainien, hymne de liberté, hymne national chanté par l'anarchiste et le cinéaste pour annoncer que la bataille ne fait que commencer.

Car elle ne fait que commencer. 20 ans et 10 ans ? C'est le signe d'un pouvoir qui veut faire le fort parce que monte sa peur. De son propre peuple, du peuple ukrainien, et des habitants de toutes nationalités de Crimée.

Toutes les caractéristiques d'un procés stalinien en mode grotesque - tenter de faire passer un cinéaste reconnu internationalement et un anarchiste antifasciste pour des "nazis ukrainiens", c'est digne du Ku Klux Klan faisant passer ses victimes pour des agents de la conjuration maçonnique ! - ont été réunies du côté de l'accusation. A quoi s'ajoute le caractère de démonstration poussive d'un impérialisme néocolonial et ethnique.

Toutes les caractéristiques de la défense héroïque des accusés populistes, libéraux, anarchistes, bolcheviks, mencheviks, socialistes-révolutionnaires, ukrainiens, juifs, géorgiens ... de l'empire des tsars, dénonçant les mauvais traitements dont ils sont les victimes, faisant du tribunal une tribune, étaient réunies du côté des accusés.

Cette contradiction résume la situation réelle. Elle sera dénouée, et pas en 20 ans, ni en 10 ans.

Oleh Sent'siv et Alexandr Koltchenko seront chaque jour qui passe le symbole vivant de la lutte contre l'Etat, contre l'arbitraire, contre l'absurde. La plaie ne se refermera pas tant qu'ils ne seront pas libres.

 

 

 

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 17:17

 

Source : http://www.metronews.fr

 

 

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Créé : 20-04-2015 17:05
 

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