Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 23:05

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

TISA: les nouvelles révélations de WikiLeaks sur l'accord sur les services

|  Par martine orange

 

 

L’accord sur les services (TISA) est le complément du traité transatlantique. Sans WikiLeaks, il serait encore secret. Son objet : démanteler toutes les barrières, mettre à terre tous les services publics. WikiLeaks publie un avant-projet discuté en avril 2015.

 

Entre eux, ils s’appellent les « très bons amis des services ». Depuis plus de deux ans, des responsables d’une vingtaine de pays, emmenés par les États-Unis, l’Europe, l’Australie et le Canada, se retrouvent dans la plus grande discrétion, souvent à l’ambassade d’Australie à Genève, pour négocier un nouvel accord commercial. Son nom de code : TISA pour Trade in services agreement (accord sur les services).

Ces négociations s’inscrivent dans le prolongement de celles du traité commercial transatlantique (TAFTA), complétées par le dispositif sur le secret des affaires. Car même s’il est divisé en plusieurs volets, il s’agit bien du même projet visant à laisser le champ libre aux multinationales, à abaisser les dernières défenses des États. Et ces accords parallèles se discutent toujours dans les mêmes conditions : la plus totale opacité.

TISA serait resté totalement inconnu, si WikiLeaks n’avait commencé à dévoiler les premiers projets d’accord en avril 2014. Depuis, le site dévoile régulièrement les différentes étapes des discussions, portant sur les services financiers, les services informatiques, les transports maritimes, les télécommunications (voir ici). Aujourd’hui, il publie un nouvel état des compromis et des divergences entre les différentes parties établi dans un projet en date du 24 avril 2015.

Cliquer ici pour télécharger le document principal. Rendez-vous sur le site de Wikileaks pour accéder aux annexes.

Considérant qu’il n’y a plus rien à attendre des grands accords internationaux depuis l’échec du cycle de Doha, « les très bons amis des services » ont décidé de bâtir ensemble un nouvel accord cadre visant à organiser entre eux la libéralisation totale des services. Ces domaines, selon eux, sont encore bien trop protégés par les lois et les règlements nationaux. Des études de think tank – totalement indépendants comme il se doit – viennent opportunément appuyer leurs propos : la libéralisation des services se traduirait par une hausse de la croissance, de plusieurs points par an, assurent-ils, comme ils l’avaient déjà assuré lors de la libéralisation des marchés financiers, des capitaux, des échanges commerciaux, de l’énergie...

Le premier secteur visé est le secteur financier. Les négociateurs veulent mettre en place un accord permettant une totale libéralisation des finances, l’abaissement des normes et des règles prudentielles. « Les lobbies financiers veulent ce traité, afin d’avoir les moyens de contrer une nouvelle régulation financière. Un accord sur les services financiers, adopté au niveau international, serait pour eux la meilleure garantie pour l’avenir. Cela poserait les principes d’une dérégulation globale et empêcherait par effet de cliquet tout retour en arrière, toute tentative de contrôle de la finance. TISA se veut une plateforme qui impose un cadre à tous les accords futurs. C’est le but de ce projet d’accord : interdire par traité toute régulation financière », avait analysé dans Mediapart Dominique Plihon, professeur d’économie à Paris XIII, économiste atterré et membre d’Attac, lors des premières révélations de WikiLeaks l’an dernier.

En février 2015, d’autres révélations, portant sur les services informatiques, avaient montré les intentions des multinationales de se comporter en toute puissance. Nulle contrainte ne devrait leur être opposée. Les États n’auraient pas le droit de leur demander ne serait-ce que les codes sources de certains équipements, même au nom de la sécurité. Les droits imprescriptibles des groupes doivent passer au-dessus des États.

Les nouveaux documents de WikiLeaks dévoilent le cadre plus général de ces négociations. Il ne s’agit pas seulement de la finance ou des télécommunications, mais de tous les services : le transport maritime, le e-commerce, le courrier. Avec un objectif : en finir avec tous les services publics, les normes de protection, les encadrements.

Tous les services publics en situation de monopole seraient ainsi placés sous surveillance afin de s’assurer qu’ils ne bénéficient pas d’une rente indue. Des groupes concurrents pourraient les attaquer en justice pour concurrence déloyale. Même si cela n’est pas dit explicitement, autant dire qu’ils seraient à terme condamnés, le projet d’accord visant à les dynamiter de l’intérieur. Même les services universels, comme l’obligation faite aux opérateurs de téléphonie mobile d’assurer la desserte du territoire par exemple, seraient soumis à examen, pour voir s’ils ne contiennent pas des clauses abusives, et pourraient être revus.

Les normes techniques et spécifications pour les marchés devraient être établies « selon des critères transparents et objectifs ». Quand des autorisations pour la fourniture d’un service sont requises, des contrôles devraient mis en place à intervalles réguliers pour voir si elles sont appropriées. Et « toute personne intéressée pourrait demander un contrôle ».

Toutes les règles de marchés publics, telles qu’elles sont appliquées en France, par exemple, seraient aussi vouées à disparaître. Le projet d’accord précise qu’il ne pourrait plus y avoir de préférence nationale, de clause imposant des emplois sur le territoire, de normes particulières, ou même d’y travailler ou d’y payer ses impôts. C’est le pillage généralisé des finances publiques qui s’esquisse, sans que les États puissent même espérer en avoir quelques retombées.

Impossible de se dérober à cet accord, est-il précisé dans cet avant-projet. Les États s’engagent à transposer le plus rapidement possible dans leur législation les dispositions du traité et supprimer les lois contraires.

Comme dans le cadre du traité transatlantique, ce projet organise le démantèlement de toutes les règles, de tous les pouvoirs des États, pour le seul profit des multinationales. Et tout cela se négocie dans le plus grand secret, comme d’habitude. Qui a pris l’initiative en France, en Europe d’engager de telles discussions ? Qui les mène ? Et à qui en est-il rendu compte ? Va-t-on découvrir, comme dans le secret des affaires, qu’une poignée de personnes est en train de tout brader, sans le moindre contrôle ?

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Partager cet article

2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 20:21

 

Source : http://www.marianne.net

 

Grèce : les vertus de la banqueroute

 
 
 
Faute d’accord avec ses créanciers, la Grèce est aujourd'hui en défaut de paiement. Son système bancaire pourrait s’effondrer dans les jours à venir. C’est peut-être une sacrée occasion à saisir. Déprivatisation des banques, sortie de l’euro, à ce stade, toutes les options, toutes les ruptures sont possibles. Formidable ?
 
Petros Giannakouris/AP/SIPA
 

Jusqu'ici, c'était un scénario fiction. Mais la banqueroute grecque est advenue. Mardi 30 juin à minuit, la Grèce a fait défaut, en outrepassant le délai de paiement de sa dette vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI). Tout le système bancaire grec est désormais suspendu au guichet d'urgence du Emergency Liquidity Assistance (ELA), un robinet de liquidités que la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir, mais sans en augmenter le volume, et qui pourrait fermer dans les jours à venir.

Rien ne dit, toutefois, que la banqueroute grecque est vouée à la catastrophe.

 

La banqueroute, une tradition française

« Une faillite d’Etat est finalement assez banale et l’on sait comment gérer le problème de restructuration », témoigne un ancien chief economist du FMI, dans l’essai Vive la banqueroute (2013), copiloté par François Ruffin. « Entre 1500 et 1800, la France a répudié ses dettes en huit occasions », renchérit-il. Depuis le XIXe siècle l’histoire bancaire recense pas moins de… 250 défauts sur la dette ! Et d’ordinaire, après une forte houle, les économies finissent par s'en remettre. Suivant les cas, le recul du PIB s’effacerait trois ans après. Et la période d'austérité, elle, termine froissée, en boule, dans les poubelles de l’histoire économique nationale.

En France, l’histoire regorge d’exemples allant en ce sens. « La banqueroute est nécessaire une fois tous les siècles, afin de mettre l’État au pair », déclarait par exemple l’abbé Terray, qui n’était pas un fou furieux mais le contrôleur général des finances de Louis XV. Sully, le conseiller d’Henri IV, envoya valser les « dettes illégitimes », en opérant une banqueroute pour assainir les finances du royaume. Mirabeau, à l’Assemblée nationale, choisit de combler le « gouffre effroyable » de la dette publique en « confisquant le patrimoine de l’Eglise ». Et Philippe le Bel, qui ne versait pas dans la demi-mesure, « chassa d’abord ses créanciers du royaume avant de saisir, de condamner, de brûler “les banquiers de l’Occident”… plus radical dans ses actes que Jean-Luc Mélenchon dans ses discours ! », écrit Ruffin. 

La banqueroute, l’impensé des néolibéraux

La banqueroute, en règle générale, ce n'est pas une faillite. « C’est la défaillance d’un Etat qui n’exécute pas les contrats d’emprunts qu’il a conclu. » Au moins, c’est limpide. Elle est toujours partielle, ne concerne qu'un type d’actif ou de créanciers, comme le FMI. Mais quelle que soit sa forme, la banqueroute horripile de façon congénitale les tenants de la doxa néolibérale, pour laquelle la répudiation de la dette est en fait un tabou, un mot introuvable dans leur dictionnaire, un non-scénario, un impensé.

Il faut tout l’œil affuté des économistes hétérodoxes, comme Frédéric Lordon ou Jacques Sapir, pour scruter en profondeur les angles morts de la myopie néolibérale, et envisager les vertus d’un défaut de paiement. Le tout assorti, si possible, à une certaine forme de pugnacité. Car ce sont de sacrés vents contraires qu’il s’agit d’affronter. L’ouragan des éditocrates de tout poil d’abord, dont l’écume matinale s’évanouit avec indifférence et incompréhension sur des options économiques comme la « banqueroute ». Le typhon des créanciers ensuite, qui, derrière le verbiage fait de « solidarité internationale » et de « respect des engagements », masque la misère des peuples et la violence des rapports économiques. Et bien entendu, la bise matinale des toutous économistes, qui répètent à longueur d’émissions qu’il n’y a « pas d’alternative au désendettement », que « la rigueur n’est pas un choix ».

Comment, face à tant d'épreuves, laisser les écoutilles de son entendement ouvertes au scénario du défaut ? « Doit-on respecter nos “engagements à l’égard des créanciers” ? Ou avons-nous des engagements plus sacrés, à l’égard des trois millions de chômeurs, par exemple, avec le “droit d’obtenir un emploi” inscrit dans le préambule de notre Constitution ? », questionne François Ruffin.

Dans la configuration européenne, où le système monétaire et économique est gravé, voire fossilisé, dans le marbre des traités, la banqueroute présente de sacrées vertus. Bizarrement, Vive la banqueroute est l’un des rares à se faire l’écho de cette joyeuse nouvelle. « Le défaut, c’est une bonne idée », y lâche Frédéric Lordon, qui aime bien lancer des pavés subversifs dans la platitude de la mare. « Elle a même d’excellentes propriétés si elle s’inscrit dans une stratégie économique globale. » Machiavel est à l’œuvre : après un défaut de paiement, le système bancaire et financier est par terre. L’heure, pour l’Etat, de ramasser les débris de ces institutions en ruine, par la nationalisation complète du système bancaire. Une manœuvre facile, puisqu’en chutant, la valeur financière des banques est tombée à zéro. Avec cette reprise en main, la porte est ouverte à la dévaluation, la refonte du système de crédit…

 

Scénario fictif : la banqueroute grecque et le crash bancaire

Quid de la Grèce ? Lordon s’est livré ce lundi, sur son blog « La Pompe à phynances », hébergé sur le site du Monde diplomatique, à un petit exercice d'économie fiction. Qu’advient-il à l’issue de la banqueroute grecque, si la BCE ferme, comme c’est prévu, ses robinets de prêts d’urgence, les seuls à même de refinancer les banques grecques ? « La fermeture du refinancement auprès de la BCE (via le guichet de l’ELA, ndlr), effondrera le système bancaire grec dans la journée, et forcera, de fait, au réarmement de la Banque centrale grecque », écrit-il. Après la déconfiture du crash bancaire, c’est la Banque de Grèce qui prend le relai du robinet monétaire. Celle-ci émettra ainsi une drachme, non reconnue par la nomenclature européenne, ayant l’apparence de l’euro mais qui n’en sera pas. Voilà qui actera physiquement la sortie de la Grèce de la zone euro, « vouée à s’opérer dans les plus mauvaises conditions », reconnaît l'économiste. 

Dans cette situation d’urgence, il est possible de limiter les dégâts. De s’épargner la capilotade, à condition de se saisir des leviers économiques. Déjà, la Grèce a mis en place un contrôle draconien des capitaux, en imposant depuis dimanche un bank holiday, qui limite les retraits aux guichets. Le contrôle des mouvements de capitaux devrait être très vite consolidé. Par la suite, « avec la dévaluation carabinée de la drachme qui suivra sa réintroduction, les Grecs y perdront du pouvoir d’achat international. » Devraient s’ensuivre des mesures protectionnistes ciblées, tout en laissant les entreprises grecques avoir accès aux équipements étrangers. Inutile de se voiler la face : les premiers temps devraient « être une épreuve ».

Le crash consécutif à la banqueroute installera un monde bizarre, où un vrai euro cohabitera avec un euro-drachme, et dont personne ne saura faire la différence. Tout un tas d’ajustements seront à faire, et la période sera rude. Mais, libérée de l’étau institutionnel européen, la Grèce pourra recouvrir immédiatement des marges de manœuvre sur le plan monétaire et économique. Soulagée des 26 milliards d’euros dus d’ici la fin 2015 à ses créanciers, la Grèce en termine avec la cure d’austérité. Elle envoie aussi bouler sa dette publique qui, grâce aux remèdes miraculeux de la Troïka, était passée de 100 % à 176 % du PIB entre 2008 et 2014… Voilà pour la théorie. Dans quelques jours, les Grecs goûteront peut-être à la pratique.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
commenter cet article
2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 20:04

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

Sivens : le militant accusé d'avoir fracturé la main d'un gendarme est finalement relaxé

|  Par Louise Fessard

 

 

Yannick, un militant de 42 ans, accusé d'avoir grièvement blessé un gendarme (45 jours d'ITT) en septembre 2014 à Sivens a été relaxé ce mercredi 1er juillet 2015 par la cour d'appel de Toulouse. Une vidéo montre que c'est en fait un autre gendarme qui a donné un coup de ranger dans la main de son collègue...

 

Mis en cause après la mort le 26 octobre 2014 du jeune militant écologiste Rémi Fraisse, le ministère de l'intérieur avait à plusieurs reprises cité cette affaire de coups sur un gendarme pour prouver la violence des opposants au barrage de Sivens. Yannick, un habitant du Tarn, venu soutenir les zadistes, avait été accusé d’avoir le 15 septembre 2014 fracturé la main d’un gendarme du PSIG (45 jours d’ITT) lors d’une opération de refoulement sur le chantier du barrage. À l'issue d'une garde à vue de 48 heures, l'ouvrier en bâtiment de 42 ans avait été condamné en comparution immédiate par le tribunal correctionnel d’Albi. Il avait écopé de quatre mois avec sursis pour violences.

Mais une vidéo amateur, passée inaperçue dans la précipitation de la première audience, dément la version gendarmesque. On s’aperçoit que c’est sans doute un gendarme qui a involontairement donné un coup de rangers dans la main de son collègue accroupi, alors que ce dernier cherchait à maîtriser un manifestant au sol. Lors de l’audience en appel du 28 mai, l'avocat général a donc demandé la relaxe de Yannick en invoquant des « doutes » après le visionnage de la vidéo.

Selon le militant et une avocate, la cour d’appel de Toulouse l'a relaxé, ce mercredi 1er juillet, des faits de violence. Yannick a en revanche été condamné à une peine de 30 jours d'amende à dix euros pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN lors de sa garde à vue. « Je suis soulagé car ça fait presque un an que je dis que je n’avais rien fait et que je suis un militant non-violent, réagit Yannick, joint par téléphone. Mais que le simple fait que le refus du fichage ADN soit considéré comme un délit, même si je suis innocent, montre bien une volonté de fichage généralisée. »

 

Sivens 15 septembre 2014 par Mediapart

 

Contacté pour vérifier l’information, le secrétariat de la présidence de la cour d’appel de Toulouse nous a répondu mercredi après-midi ne pas être au courant. Son avocat Me Éric Soulans, retenu par une autre audience, confirme « a priori » la relaxe. « Alors qu'en première instance, Yannick avait été condamné sur la foi de deux témoignages de gendarmes, nous avons pu démontrer par l'image qu'il n'avait pas porté ce coup de pied et que la blessure provenait d'un autre gendarme, se réjouit l'avocat. Ce qui interroge fortement dans ce dossier est que nous ayons deux gendarmes ayant témoigné avoir vu de leurs yeux Yannick porter le coup de pied ! »

La cour d’appel de Toulouse aurait par contre confirmé la condamnation d’un autre militant, Gaëtan, un charpentier de 35 ans, accusé par les mêmes gendarmes de leur avoir donné un coup de pied (cette fois sans ITT). Sa peine a été diminuée « passant de trois mois avec sursis à 60 jours amende à 15 euros », dit son avocate Me Claire Dujardin.

«Pour Yannick, la cour a reconnu la validité de la vidéo qui contredit les procès-verbaux des gendarmes, explique l’avocate. Mais la condamnation de Gaëtan repose uniquement sur les déclarations de ces mêmes gendarmes, qui ont menti. » Me Dujardin, qui défend depuis plus d’un an les militants écologistes de Sivens, note qu’il s'agit pour eux d’une « belle victoire » sur « le ministère public » et « le discours étatique » qui ont « voulu faire croire à l'opinion que les opposants étaient des personnes violentes ».

Suite à la mort de Rémi Fraisse, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve (PS) avait quelque peu gonflé le nombre de policiers et gendarmes blessés à Sivens. « Je veux rappeler qu’à Sivens, depuis le début du mois de septembre, 56 policiers et gendarmes ont été blessés », avait-il ainsi déclaré au micro d’Europe 1, le 29 octobre 2014. Comme l'avait finalement reconnu le service de communication de la police nationale, parmi 56 fonctionnaires cités, 41 étaient en fait des policiers, pour beaucoup blessés non à Sivens, mais lors des manifestations en hommage à Rémi Fraisse notamment à Albi et Nantes.

Le décompte exact, effectué à partir du rapport de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) du 2 décembre 2014 et des informations communiquées à l’époque par la préfecture du Tarn et la police nationale, semble beaucoup plus bas. Entre fin août et le week-end fatal des 25-26 octobre 2014, 13 fonctionnaires ont été blessés : 7 gendarmes (en comptant celui à la main fracturée) avant le 25 octobre et 6 CRS (dont une ITT de 30 jours pour une blessure à la main) durant la soirée du 25 octobre. « Le seul blessé grave côté forces de l’ordre a en fait été blessé par un autre gendarme du PSIG, alors que côté opposants, il y a eu de nombreux cas dont beaucoup non relayés dans les médias surtout les victimes de milices », souligne Ben Lefetey, le porte-parole du collectif pour la zone humide du Testet.

Il rappelle que « la justice continue tout de même à condamner des opposants, alors que les pro-barrages agresseurs ne sont pas inquiétés sans parler des forces de l’ordre dont les vidéos montrent la violence illégale ». Le militant EELV estime que ce n’est pas la première fois que des gendarmes sont pris en flagrant délit de mensonge. Comme l’avait raconté Reporterre, le rapport de l’IGGN du 2 décembre 2014 affirmait ainsi que Ben Lefetey avait « été contacté par l’IGGN pour lui proposer de recueillir ses commentaires sur les événements de Sivens, sans réponse de sa part à ce jour ». Alors que le militant avait au contraire dès le lendemain tenté à cinq reprises de joindre le général qui lui avait laissé le message en question.

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans ZAD du Testet - Barrage de Sivens
commenter cet article
2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 19:19

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Grand projets inutiles

L’Europe accorde 800 millions d’euros au projet Lyon-Turin malgré les suspicions de fraude

par

 

 

La Commission européenne l’a annoncé ce mardi 29 juin. Elle compte verser 813 millions d’euros de subventions à la France pour le Lyon-Turin, ce grand projet de nouvelle ligne ferroviaire qui doit relier Paris et Milan en quatre heures en passant sous les Alpes via un tunnel – à creuser – de 57 kilomètres.

Entre les conséquences écologiques, les conflits d’intérêts (Voir notre article et le cas révélé par Politis en févier), les soupçons de fraudes, d’implication de la mafia, l’explosion des coûts et la répression des opposants au projet, le Lyon-Turin fait rarement parler de lui en bien.

Dans ce climat, l’annonce de la subvention conséquente de la Commission européenne pourrait apparaître comme une bonne nouvelle pour Tunnel Euralpin Lyon Turin, le promoteur public chargé du projet [1]. Pourtant, le montant promis par la Commission est en fait bien en deçà de ce que Paris avait demandé à Bruxelles. La France réclamait 1,28 milliard d’euros de subventions européennes pour sa part des dépenses sur la période 2014-2020, sur un montant prévisionnel évalué à 3,06 milliards d’euros [2]. La somme est donc loin de ce qui était attendu.

 

Deux fois le déficit de la sécurité sociale

Le coût global du projet n’est de toute façon pas encore fixé. Le montant avancé est de 8,5 milliards d’euros. Un chiffre largement « sous-évalué », selon Daniel Ibanez, de la Coordination des opposants au projet Lyon-Turin. Dans une évaluation de 2012, la Cour des comptes tablait en effet plutôt sur 26 milliards d’euros, soit plus de trois fois plus.

Pour un projet qui pourrait donc engloutir deux fois le déficit de la Sécurité sociale, la nouvelle subvention européenne fait pâle figure. « Ces 813 millions, ce n’est qu’une opération de communication pour tenter de rendre le projet irréversible, malgré l’indisponibilité du financement et les conflits d’intérêts », juge Daniel Ibanez.

Par ailleurs, la Commission européenne promet cette somme alors même que le projet fait l’objet d’une enquête de l’Office européen de lutte contre la fraude, l’Olaf. L’organisme a lancé une investigation en février suite à sa saisie par deux députées européennes d’EELV, Michèle Rivasi et Karima Delli. Elles avaient transmis à l’Olaf les documents réunis par les opposants au projet. Au 30 juin 2015, l’enquête était toujours en cours.

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 18:51
 

 

Photo de Marleen Camille Content.

 

RV MARDI 7 JUILLET à 19h


au London Tavern en haut du Bd A Courbet à Nîmes.


Objet: όχι !


Première réunion Comité de soutien au peuple grec :

 

7 juillet 2015

 

Chers amis,

A l'appel des collectifs "ATTAC Nîmes, CADTM, Ensemble!, LDH Nîmes,

Les Indignés de Nîmes, Nouvelle Donne, PCF 30, Parti de Gauche,

Union Syndicale de la Psychiatrie, Citoyen­ne­s..." ,

la réunion de solidarité avec le peuple grec avec Patrick Saurin, membre de la commission

d'audit de la dette grecque, et Constant Kaimakis,

a rassemblé près de 200 personnes vendredi 26 juin.


Comme annoncé, cette soirée sera suivie de la création d'un Comité de soutien au peuple grec,

dont la première réunion se tiendra le MARDI 7 JUILLET à 19h
au London Tavern en haut du Bd A Courbet à Nîmes.
Souhaitant vous retrouver nombreux, vu la gravité et l'urgence de la situation.
Pour le collectif d'animation,
Joël D.
όχι !

 

 

 

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
commenter cet article
2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 18:37

 

Info reçue par mail

 

Salut camarades

 

Pour info (et en comptant sur votre indulgence) petit montage vidéo (très amateur je le conçois) sur notre semaine militante gardoise placée sous le signe de l'antifascisme :
 

 
Jérém (Solidaires 30)

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 16:47

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Chronique d’une Grèce qui résiste

1er juillet par Emilie Paumard

 

 

 

 

Parce qu’il n’est pas facile de s’y retrouver dans le flot d’informations qui circulent sur ce feuilleton grec aux mille et un rebondissements, voici une tentative de résumé d’une semaine qui nous a fait passer par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et qui s’est conclue sur la note de l’espoir. La décision d’Alexis Tsipras de convoquer un référendum sur la question de l’accord avec les créanciers de la Grèce ne peut être que soutenu par tous les mouvements sociaux qui se battent pour plus de justice sociale et de démocratie.

 

Lundi 22 juin : la gueule de bois

Certains débuts de semaine sont difficiles. Ce lundi 22 juin l’était pour toutes les personnes qui, depuis janvier au moins, mettent de l’espoir dans l’expérience grecque. Des déclarations du Premier ministre Alexis Tsipras sur la « responsabilité criminelle du FMI », à celles du ministre des Finances Varoufakis sur la priorité qui sera donnée aux salaires et pensions plutôt qu’aux créances, à la non-conclusion d’un accord lors de l’Eurogroupe du 18 juin, en passant par la demande de 49 député.e.s de Syriza d’un débat parlementaire sur le rapport de la Commission d’audit |1|, de nombreux éléments donnaient à croire en une non-capitulation du gouvernement grec.
Aussi lorsqu’on apprend que, suite à des négociations au sein de son gouvernement, Tsipras arrive avec une nouvelle proposition sur la table on s’interroge. Et le questionnement cède vite le pas à l’inquiétude lorsque l’on découvre comment ce nouveau projet est accueilli par les « dieux marchés » |2| et par leurs dévoués serviteurs, nos dirigeant.e.s politiques. À la vue des encouragements qui se succèdent de la part des responsables des Institutions, qualifiant la proposition de « bonnes bases » et de « pas en avant », il ne fait plus aucun doute que les craintes sont légitimes.

 

Mardi 23 juin : Constats amers et réactions à chaud

 

 

Le lendemain matin, à la lecture du détail de cette proposition révélée par le quotidien Grec Kathimerini |3|, cette crainte se vérifie. S’il ne restait déjà malheureusement plus grand-chose des fameuses « lignes rouges » |4| fixées par Syriza, les voilà à peu près toutes franchies et bien piétinées. Le gouvernement s’engage ainsi à poursuivre l’austérité via un plan d’économie de 8 milliards d’euros étalé sur 2 ans. S’ajoute donc à la liste des concessions déjà faites par le gouvernement, l’augmentation de la TVA |5|, le remplacement du supplément de pension pour les plus pauvres, la suppression de la prépension d’ici à 2025, et la poursuite des privatisations. L’équipe de négociation peut s’échiner à mettre en avant leurs propositions d’augmentation de l’impôt sur les entreprises et d’un impôt exceptionnel sur les profits des entreprises supérieures à 500 000 euros par an |6|, ce que le peuple grec retient c’est que la promesse d’en finir avec l’austérité n’est pas tenue !

Et les réactions ne se font d’ailleurs pas attendre, à commencer par celles de la rue. Autant pour critiquer la trahison du gouvernement que pour le soutenir dans ce bras de fer qui, jusqu’à maintenant, s’est exercé « à froid », sans réelle pression de la population.

Évidemment ce sentiment ne se limite pas aux citoyen.ne.s mais traverse toute la scène politique grecque et en particulier le premier parti du pays, Syriza. Car si cette coalition de gauche a été largement plébiscitée lors des dernières élections et qu’elle dispose encore, quatre mois après son arrivée au pouvoir, d’un soutien très large dans la population, il n’en reste pas moins qu’elle se compose d’une myriade de tendances dont l’union ne tient qu’à un accord politique fragile. Ainsi, on se rappelle qu’à la dernière réunion du Comité central du parti à la fin du mois de mai, la « plateforme de gauche », l’aile la plus radicale de Syriza, n’a pas été loin de faire adopter une motion |7| qui proposait la suspension du paiement de la dette, la nationalisation du secteur bancaire et l’arrêt des négociations en cas de poursuite du chantage des Institutions.

Conscients qu’un éventuel accord avec celles-ci doit être soumis à l’approbation du Parlement, les tenants de la ligne gouvernementale n’hésitent pas à mettre la pression sur d’éventuels réfractaires, à l’image de Dimitris Papadimoulis, élu Syriza au parlement européen : « Je ne crois pas que des parlementaires Syriza influents voudront prendre la responsabilité de faire tomber un gouvernement en place depuis cinq mois et un Premier ministre qui bénéficie d’un soutien populaire d’environ 70%. » |8|. Cela n’a pas empêché une série de député.e.s Syriza d’affirmer d’ores et déjà leur refus d’adopter un tel accord, à commencer par Alexis Mitropoulos, député Syriza et vice-président de la Vouli : « le Premier ministre doit d’abord informer notre peuple des raisons pour lesquelles nous avons échoué dans ces négociations et abouti à ce résultat. Je crois que (ces projets) ne sont pas conformes aux principes de la gauche. Ce carnage social, (...) on ne peut pas l’accepter. » |9| Bien conscient de l’importance du mandat qui a été confié aux élu.e.s de la majorité, Costas Lapavitsas confiait également au quotidien allemand Die Zeit |10| : « comment pourrons-nous retourner dans nos circonscriptions et l’expliquer à nos électeurs si nous signons un tel accord ? ».

Mais la bataille contre un tel accord ne pourra pas uniquement venir des frondeurs de Syriza, et cela beaucoup l’ont déjà compris. Aussi, dès le début de soirée Stathis Kouvelakis, membre du comité central de Syriza lance un Appel à tou-te-s les ami-e-s du peuple grec qui invite à la mobilisation : « Il est évident que le gouvernement ne doit pas céder. C’est indispensable mais ça n’est pas suffisant. Il faut aller de l’avant. Il faut retrouver un élan. Et cet élan ne peut venir que si la mobilisation populaire s’y met également. Il faut que la population s’empare de ce qui est en train de se passer, mette en avant ses demandes, et fasse comprendre que la Troïka, a en face d’elle non pas simplement un gouvernement mais un peuple qui sait mener des batailles. |11| »

Aux antipodes de cette invitation à la résistance, les partis de l’opposition accueillent ce potentiel accord avec bienveillance. Du Pasok à Nouvelle Démocratie en passant par le nouveau parti de centre-droit Potami, tous affirment qu’ils sont prêts à voter pour ce qu’ils considèrent comme l’unique voie à suivre. Mais au-delà de la conviction politique c’est bien l’opportunisme qu’il faut lire dans cette position, car ces différents partis espèrent bien retrouver les manettes du pouvoir dans cette opération. En effet, si l’accord était rejeté par l’aile gauche de Syriza mais aussi par les députés d’Anel, comme leurs déclarations laissent à penser, on assisterait à une reconfiguration de la majorité qui pourrait bien devoir compter avec ces partis autrefois combattus.

 

 

Mercredi 24 juin : pourquoi se contenter d’une victoire quand on peut obtenir l’humiliation ?

On aurait pu imaginer que les créanciers, rassasiés par leurs victoires successives sur le gouvernement grec, se seraient « contentés » de profiter de la fin de semaine pour peaufiner les détails et procédures entourant le fameux accord. C’est sans compter l’enjeu majeur que représente la Grèce pour les gouvernements européens et les dirigeants de la Troïka au service des propriétaires des plus grandes banques privées. Il ne s’agit pas seulement de poursuivre dans la voie de l’austérité, mais bien de traîner dans la boue, celles et ceux qui osent croire qu’il y a une alternative à cette Europe néolibérale.

Aussi, on apprend ce mercredi 24 juin que le FMI, après avoir corrigé au stylo rouge |12| les propositions grecques qui touchent encore trop aux riches à son goût |13|, a renvoyé la copie à l’expéditeur avec la mention recalé. Le motif officiel du rejet : les mesures sont trop axées sur les hausses d’impôts et pas assez sur des baisses de dépenses ! Le peuple grec a voté contre la saignée, qu’à cela ne tienne, ouvrons-lui un peu plus les veines semble nous dire Mme Lagarde.

Dans la foulée, le gouvernement grec annonce son désaccord avec la copie revue et corrigée. Le bras de fer est donc relancé : rendez-vous jeudi et vendredi à Bruxelles au sein de l’Eurogroupe pour la énième tentative d’un compromis.

 

Vendredi 26 juin : les jeux sont-ils faits ?

Mais ce vendredi 26 juin, les médias annoncent que le Sommet européen de la veille n’est pas parvenu à un accord et que les grands trésoriers de l’Europe sont de nouveau convoqués ce samedi 27 juin pour une réunion jugée « cruciale ». Dans la perspective de ce nouveau rendez-vous la Grèce remet un nouveau projet (oui, encore un) à ces créanciers |14|.

Alors que le sort de la Grèce se joue à peu de choses, la fuite de cette conversation entre Alexis Tsipras et Donald Tusk, président du conseil européen, résume assez bien la teneur de l’enjeu et l’état d’esprit des différents protagonistes à la veille de cette nouvelle rencontre. L’homme politique polonais affirmant au Premier ministre grec en marge du Sommet, que « la partie est finie » (the game is over) s’est vu répliqué par ce dernier « Il y a actuellement en Grèce 1,5 million de chômeurs, 3 millions de pauvres et des milliers de familles qui vivent sans revenus, et dépendent de la pension de leur grands-parents. Ce n’est pas un jeu ! Il ne faut pas sous-estimer le point qu’une nation peut atteindre lorsqu’elle est humiliée » |15|.

 

Samedi 27 juin : de la gueule de bois au referendum

Et dans la nuit de vendredi à samedi Tsipras prouve en acte qu’il est bien décidé à donner à son peuple les moyens de retrouver sa dignité. Dans une allocution sur la télévision publique ERT |16|, il déclare la tenue d’un referendum le 5 juillet sur les exigences des créanciers : « Oui ou non acceptez-vous la proposition d’accord formulée par les institutions ? » Chacun tire très rapidement ses propres conclusions à une telle question, à l’image du ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble : « La Grèce a mis fin aux discussions de manière unilatérale ». Il n’est heureusement pas le seul à réagir. Quelques heures seulement après le discours du Premier ministre grec, de nombreuses vagues de solidarité se lèvent aux quatre coins de l’Europe pour soutenir le « NON » face aux créanciers et à leurs conditions favorisant le capital, à n’importe quel prix. Le peuple reste souverain, et ce n’est en effet pas à ces technocrates de leur dicter leur avenir. L’enjeu est clair pour tout le monde : ce referendum est de portée européenne, ce sont tous les citoyen.ne.s victimes de l’austérité aujourd’hui, bien au-delà des frontières grecques, qui se sentent concerné.e.s.

Mais tandis que le référendum est sur toutes les lèvres une série de questions restent en suspens : est-ce que les Institutions vont accepter de prolonger le programme d’assistance à la Grèce jusqu’à la tenue du référendum, afin que celui-ci se déroule dans des conditions sereines ? Les créanciers vont-ils comme en 2011 mettre une pression telle, que la légitime initiative de référendum sera retirée ?

Effectivement, la fin de journée nous montre à quel point les dirigeants européens sont fâchés avec la démocratie. Après plusieurs heures de réunion, les ministres des finances européens réunis à Bruxelles demandent à leur homologue grec de se retirer et signent un communiqué de presse cinglant sans Yannis Varoufakis. Ils y annoncent notamment qu’aucun délai ne sera accordé à la Grèce au-delà du 30 juin. Quant au commentaire de monsieur M. Dijsselbloem qui accompagne cette déclaration, il témoigne à quel point les ministres européens n’endossent plus aujourd’hui que le costume de créanciers : « si le gouvernement grec n’est pas prêt à accepter (les propositions qui lui sont faites) alors il y a un problème de crédibilité », a-t-il expliqué, oubliant que les peuples ne sont pas des marchés boursiers.

 

Dimanche 29 juin : Des créanciers intransigeants encore et toujours...

À l’annonce de l’Eurogroupe, qui ferme clairement la porte au débat démocratique, s’ajoute la décision de la BCE réunie en urgence en ce début d’après-midi du 29 juin. Certes la BCE choisit de ne pas utiliser « l’arme nucléaire » que représente la fermeture totale du robinet à liquidités. Il n’en reste pas moins qu’en refusant d’augmenter le plafond des fonds de liquidités d’urgence : « l’institution monétaire ne pouvait pas ignorer qu’elle asphyxie tout le système bancaire grec » |17| nous explique Martine Orange, journaliste et observatrice de la politique monétaire européenne.

Face à cette situation le Premier ministre grec prend ses responsabilités et annonce en début de soirée que les choix de l’Eurogroupe et de la BCE ont contraint la banque de Grèce et le gouvernement à fermer les banques et à mettre en place le contrôle des capitaux. On apprend donc qu’afin d’éviter la panique bancaire incitée par les créanciers, la Bourse d’Athènes sera fermée au moins le lundi 29 juin, les banques seront fermées et les retraits limités à 60 euros par jour au moins jusqu’au référendum. La population grecque prend donc ses précautions et se rend aux guichets pour prendre les devants et se fournir en cash avant la mise en place de la limitation. Point de scène de panique mais une inquiétude légitime, à l’image de cette femme employée dans une entreprise de camion allemande : « durant la semaine la réaction des gens vis-à-vis des retraits me semblait exagérée. Mais au vu de cette nouvelle annonce il faut bien qu’on retire l’argent nécessaire pour passer la semaine ».

 

Lundi 29 juin : en route pour la bataille démocratique !

Ce début de semaine annonce la couleur, la bagarre est ouverte !

Une bataille médiatique tout d’abord. Comme on pouvait s’y attendre, les grands organes de presse européens ont choisi leur camp et la recette éculée est de nouveau de mise : une bonne dose de gros titres effrayants, une quantité non négligeable d’adjectifs qui décrédibilisent le gouvernement Tsipras, un zeste de qualificatifs insultants à l’égard du peuple grec |18|.

Par ailleurs, le camp des créanciers ne ménage pas ses efforts pour déplacer l’objet du débat. Michel Sapin, Matteo Renzi, Angela Merkel et bien d’autres acceptent certes, à contrecœurs, le choix du référendum, mais ils souhaitent en changer les termes : « Le référendum grec ne sera pas un derby Commission européenne contre Tsipras, mais euro contre drachme. C’est ça, le choix » affirme ainsi de manière très clair le Premier ministre italien. Yannis Varoufakis n’a pas tardé à répliquer à ces tentatives de vol du débat : « Nous prenons conseil et examinerons certainement l’éventualité d’une injonction devant la Cour de justice de l’Union européenne. Les traités européens ne prévoient pas de sortie de l’euro et nous ne l’acceptons pas. Notre appartenance (à la zone) n’est pas négociable », a-t-il affirmé au Daily Telegraph. Le message est donc très clair, le « non » au référendum ne s’apparente pas à un « oui » à la sortie de l’union européenne. Le gouvernement grec entend respecter son mandat : en finir avec l’austérité. Si cela semble inconcevable pour les autorités européennes, à elles de trouver le moyen, s’il existe, d’éjecter la Grèce.

Face à cette pluie d’attaques, les mouvements sociaux sont bien décidés à mettre toute l’énergie nécessaire pour mener campagne et déconstruire un maximum d’idées reçues distillées depuis maintenant plus de cinq ans dans tous les grands médias et toutes les bouches de nos prétendu.e.s représentant.e.s. Partout en Europe et dans le monde, les initiatives se multiplient pour soutenir le peuple grec. Parmi elles et sans chercher l’exhaustivité, « l’appel pour soutenir la Grèce qui résiste et sa Commission pour la Vérité sur la Dette publique » |19| qui réunit près de 20 000 signatures, l’appel à briser les chaines de la dette grecque |20| via l’organisation « d’une conférence européenne pour fixer une annulation de la dette pour la Grèce et pour les autres pays où cela est nécessaire, sur la base d’audits de la dette » ou encore l’appel lancé à un maximum de forces européennes à soutenir le peuple grec dans son combat pour la démocratie par toute forme d’action ce vendredi .
Le peuple Grec, quant à lui, a pris les rues d’assaut dès ce lundi. Entre Thessalonique et Athènes, ils étaient près de 25 000 à affirmer leur refus de se voir coloniser par les créanciers et leur détermination à glisser un bulletin « OXI » dans les urnes ce dimanche.
On savait que la semaine écoulée serait intense et on l’annonçait décisive, mais le respect de la démocratie nous a fait mentir, et tant mieux ! Gageons que celle à venir soit l’occasion pour les peuples d’Europe d’étendre leur palette linguistique : OXI, NEIN, NO, NON, NEJ, NEE, NIE !

 

 

 
Notes

|1| Rapport qui conclut à l’aspect illégal, illégitime, odieux et insoutenable de la dette publique grecque. Voir : http://cadtm.org/Synthese-du-rapport-de-la

|2| + 7% à Athènes, + 2,70 % à Paris, +2,65% à Berlin, etc.

|3| Voir : http://s.kathimerini.gr/reso.../article-files/protasi—2.pdf

|4| Voir : http://www.okeanews.fr/20150105-tsipras-presente-le-plan-de-syriza-en-cas-de-victoire-electorale

|5| Notamment le passage de la TVA de 13% à 23% pour les services.

|6| La proposition est d’augmenter l’impôt sur les sociétés de 26% à 29% et de mettre en place un impôt exceptionnel de 12% sur les entreprises ayant réalisées un profit supérieur à 500 000 euros.

|7| La motion avait obtenu 75 votes pour et 95 votes contre. Pour voir la motion en français : https://www.ensemble-fdg.org/content/au-comite-central-de-syriza-la-plate-forme-de-gauche

|8| Voir : http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/debut-de-fronde-parmi-les-elus-de-syriza-en-grece-1049948

|9| Voir : http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/debut-de-fronde-parmi-les-elus-de-syriza-en-grece-1049948

|10| Voir : http://www.zeit.de/politik/ausland/2015-06/griechenland-costas-lapavitsas-interview

|11| Voir : https://www.youtube.com/watch?v=ltDxYhepSWE&feature=youtu.be ainsi que http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=13507

|12| Voir : http://blogs.ft.com/brus.../files/2015/06/Greek-crediors.pdf

|13| Pour le détail de la correction de la copie voir : http://www.humanite.fr/les-creanciers-disent-tsipras-pas-touche-aux-riches-578062

|14| Voir : http://www.capital.gr/Content/RelatedFiles/be/bedd02a7bec64cc488ba3dba5d58d5c2.pdf

|15| Voir : http://greece.greekreporter.com/2015/06/25/greek-pm-tsipras-dont-underestimate-the-point-a-nation-can-reach-when-humiliated/

|16| Voir son discours (en grec) retransmis par la télévision publique ERT : https://www.youtube.com/watch?v=t2jZc8cicoA traduit ici en français : http://blogs.mediapart.fr/blog/dimitris-alexakis/270615/pour-la-souverainete-et-la-dignite-du-peuple-grec-alexis-tsipras-athenes-samedi-27-juin-2015

|17| Voir : http://www.mediapart.fr/journal/economie/280615/grece-la-bce-enclenche-le-plan-b

|18| Voir : http://www.marianne.net/choeur-editorialistes-ordonne-grece-se-soumettre-100235100.html

|19| Voir : http://cadtm.org/Appel-pour-soutenir-la-Grece-qui

|20| Voir : http://cadtm.org/Brisons-les-chaines-de-la-dette,11797

Auteur

Emilie Paumard

 

Autres articles en français de Emilie Paumard (22)

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
commenter cet article
1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 16:36

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Mille vaches et pas mal d'hypocrites

 

 

Il aurait dû y avoir un débat sur les "règles" permettant la naissance dans notre pays de la fameuse "ferme des 1 000 vaches". Car cela marque un tournant dans l'histoire de l'agriculture française. Mais voilà, l'hypocrisie sur le sujet est générale. Quand ce n'est pas l'absurdité...
 
La ferme de Fair Oaks est un des plus gros élevages de vaches laitières des Etats-Unis - Michael Conroy/AP/SIPAMichael Conroy/AP/SIPA
 

On ne sait ce qui doit le plus inquiéter avec les dernières nouvelles de la « ferme des 1 000 vaches ». Ce qu'elles nous apprennent. La manière dont elles nous parviennent. Ou le peu d'écho qu'elles provoquent. Cette « innovation », symbole d'un tournant de l'histoire de l'agriculture française, continue de baigner dans l'hypocrisie générale. Hypocrisie commençant avec le terme de « ferme », premier mensonge pour désigner cette usine à vaches laitières qui s'installe dans la Somme.

 

C'est un site environnementaliste (Reporterre.net), créé par un journaliste viré d'un grand quotidien, qui nous apprend que ce projet mélange déjà sordide et illégalité. Un employé témoigne de l'état physique et sanitaire pitoyable des animaux qui, ne voyant jamais un brin d'herbe, pataugent dans leurs excréments. Et il révèle que s'entassent près de 800 vaches, contre les 500 autorisées, l'usine ne disposant pas encore d'assez de terrains pour répandre les tonnes de résidus de 1 000 bêtes.

 

« Votre article a éveillé l'intérêt des services de l'Etat », a réagi la préfecture. Les autorités, qui avaient la tête ailleurs, ont vérifié et remercié Reporterre.net d'avoir fait leur propre travail. « Il y a là un manquement, il sera sanctionné », a renchéri Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement. Sachant le dossier sensible, il a ajouté : « J'applique toutes les règles et toute la loi, et rien que les règles et rien que la loi. » Justement, plus que le laxisme de ses services de contrôle, voilà le vrai problème. Les « règles ». Des règles permettant ces « 1 000 vaches » auraient dû faire débat en France. Pour empêcher une entreprise si contraire à tous les beaux discours officiels.

 

Contraire à la politique en matière de souffrance animale. La loi votée le 16 février prescrit que les bêtes, « êtres vivants doués de sensibilité », doivent être protégées contre les « mauvais traitements ». Or, les éthologues qualifient tel le sort de ces vaches entassées dans un hangar, nourries au maïs ensilé et auxquelles des robots imposent trois traites par jour pour maximiser la production.

 

Contraire à la politique énergétique et écologique. EDF rachète à prix majoré l'électricité issue de la méthanisation des bouses, mais de telles usines consomment plus de calories que l'élevage à l'herbe et rejettent en masse nitrates et résidus médicamenteux dont on voit la Bretagne inondée par ses élevages industriels porcins.

 

Contraire à « l'agroécologie » prônée par le ministre de l'Agriculture. Il récompense de « trophées de l'agriculture durable » des fermes modèles employant du personnel et dans lesquelles les bêtes sont nourries avec les céréales produites sur place. Mais il laisse se créer des usines folles. Tout en précisant, gêné, qu'il n'y est pas « favorable ». Et en plaidant la « cohabitation ». Autre hypocrisie. Il n'y a pas de synthèse possible en la matière. Avec ces « règles » favorisant l'industrialisation, ce sous-lait à prix cassé va sinistrer les fermiers déjà fragilisés par la fin des quotas laitiers. C'est achever la soumission de l'agriculture aux réflexes financiers du lobby agroalimentaire. Lequel ne se demande pas ce qu'il produit, mais comment le faire au plus bas coût et avec le plus de marge. Modèle : l'Allemagne, où il va déjà acheter du lait dans ces milliers d'ex-kolkhozes de l'Est reconvertis avec les méthodes américaines et les salaires d'Europe centrale à 3 € l'heure.

 

L'investisseur de la « ferme des 1 000 vaches », grande fortune française, est un géant du BTP. D'autres annoncent 2 000 vaches et chèvres laitières en Touraine, 200 000 poules pondeuses dans la Somme. Avec ces nouveaux acteurs, visant le profit plutôt que la qualité, l'élevage bovin, encore peu industrialisé, basculera dans un autre monde que celui des paysans. Ces paysans que Montesquieu aimait parce qu'« ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers ».

 

Car l'hypocrisie couvre l'absurdité. Outre le scandale écologique qu'elle constitue, cette industrialisation heurte d'abord le bon sens économique. Le créneau commercial français est celui des terroirs, des appellations et de leurs savoir-faire. La valorisation d'un héritage et d'une géographie culturelle. Mais à l'absurdité s'ajoute le mépris pour un monde paysan dont on ne reconnaît plus la valeur ajoutée, comme le résume Elisabeth de Fontenay : « Voilà près de cinquante ans que le Crédit agricole et la FNSEA montent les fils contre les pères, qu'on piétine la prudence des traditions, pour faire triompher la démesure du productivisme et la pollution qui toujours l'accompagne. » La philosophe ajoute que personne n'ose dire aux paysans qu'« ils sont des hommes de trop sur la Terre ».

 

Mercredi 17 juin, quelques-uns de ces vrais paysans, condamnés pour une tentative de « démontage » de la « ferme des 1 000 vaches », se sentaient bien seuls devant la cour d'appel d'Amiens. A part José Bové et Jean-Luc Mélenchon, pas un leader des Verts pour les soutenir. En revanche, l'ancien rapporteur de l'ONU pour le droit à l'alimentation était là. Olivier De Schutter s'était déplacé pour les défendre, expliquant que, acculés dans « une impasse complète », ils n'avaient « pas d'autre choix ». Avant de conclure que « la question est de savoir pourquoi les canaux politiques sont autant asservis aux intérêts de l'agro-industrie ».

-------------------------

 

>>> Retrouvez cet éditorial dans le numéro de Marianne actuellement en kiosques.

Il est également disponible au format numérique en vous abonnant

 

 

 

 

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

 

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 16:09

 

 

 
 

lundi 29 juin 2015

Grèce : le grand concours des âneries apocalyptiques commence !

 

 

Nombreux sont les commentateurs de la "crise grecque" - en vérité crise de la construction européenne dans son ensemble - à avoir laissé leur déconomètre en charge toute la nuit. Ce lundi, les machines sont donc au taquet, et la projection dans l'atmosphère de prophéties terrorisantes visant à discréditer le gouvernement grec et son projet de référendum, risque d'atteindre un niveau inégalé.
 
On va tenter de ici de recenser quelques billevesées, histoire de se marrer un peu. Sans doute cet article sera-t-il évolutif car ça promet de pleuvoir toute la semaine. Sortez les parapluies !

 

****


Choses entendues et commentaires attenants :

 

1/ En cas de Grexit, la Grèce deviendra comme le Zimbabwé, comme la Zambie, ou comme Cuba
=> Ah bon ? Et même pas comme la Corée du Nord ? Quelle déception ! Mais que fait Jacques Attali ?
 
 
 2/ si la Grèce fait défaut sur sa dette, chaque français devra payer 600 €. Correctif : chaque Français devra payer 750 €. Correctif : chaque Français devra payer 1000 €....
 => Quine ! Carton plein ! NB : à la fin de la journée, si ça continue, chaque Français devra donner sa voiture et tous ses vêtements à la Grèce, de sorte que nous déambulerons nus et à pied dans tout le pays, le regard vide et l'air hagard. Nos enfants mourront de faim et ils perdront leurs dents à cause du scorbut.
=> Et sinon, si la Grèce ne fait pas défaut, est-ce que chaque Français aura le droit de toucher 600, ou 750, ou 1000 € ? Et surtout, est-ce votre dernier mot Jean-Pierre ?
 
 
 3/ Tsipras a décidé d'un référendum sans avoir prévenu personne, et alors qu'on était, selon Pierre Moscovici, "à quelques centimètres d'un accord".
=> Ben oui, on était vraiment à deux doigts. Ca fait d'ailleurs 5 mois qu'on est à deux doigts. Quel ahuri, ce Tsipras. C'est les jeunes, ça : fougueux, impatients, incontrôlables. Mieux vaudrait négocier "entre adultes", comme dit Christine Lagarde !
 
 
4/ En 2011, Tsipras était vent debout contre le projet de référendum de Papandréou. Quelle girouette cet homme !

=> C'est pas en France qu'un truc pareil arriverait, hein ? Pendant la campagne présidentielle de 2012, François Hollande avait promis de renégocier le Pacte budgétaire et c'est exactement ce qu'il a fait ! Comment ça non ?....

5/ Il est impensable qu'un gouvernement convoque un référendum et fasse campagne pour le "non"
=> Euh.... la question de savoir si on fait campagne pour le "oui" ou pour le "non" dépend quand même un petit peu de la question posée, non ?

6/ Ah ben non, même pas.  Lundi matin en conférence de presse, Jean-Claude Junker "demande au peuple grec de voter oui, indépendamment de la question qui sera posée";
=> Hummmm. C'est beau, un homme qui sait vivre dangereusement.

7/ Le gouvernement grec fait de l'idéologie !
=> Bien sûr. Attention d'ailleurs à ne pas confondre l'idéologie (celle des autres par définition) avec l'objectivité chimiquement pure (celle des gens qui partagent vos opinions).

8/ La Grèce exerce un insupportable chantage sur ses partenaires. Son premier ministre est irresponsable. Ca, c'est Nicolas Sarkozy qui le dit.
=> Sarkozy n'a rien compris. Tsipras ne fait pas de chantage, il négocie. Autre exemple possible de négociation : "si tu reviens, j'annule tout".

9/ Si la Grèce s'autonomise trop, elle pourrait devenir un Empire. Oui : parfaitement. Selon Olivier Mazerolle par exemple, "un peuple dont l'honneur est bafoué bascule souvent du patriotisme au nationalisme", surtout si une frange non négligeable de sa population nourrit secrètement "le vieux rêve de la Grande Grèce, celle qui dominerait les Balkans".
=> Ben oui, c'est connu, du patriotisme au nationalisme il n'y a qu'un pas, et du nationalisme à l’impérialisme, à peine plus. Moi, je serais la Bulgarie, j'envisagerais dès à présent la levée en masse. On n'est jamais trop prudent.

10/ Vous partez en Grèce cet été ? C'est une mauvaise idée. Si toutefois vous persistez, attention à ne pas vous faire détrousser. Quelques conseils :

=> Ben oui : comme tous les métèques, les Grecs sont brutaux et avides. Comme l'a récemment rappelé le journal allemand Die Welt , les Hellènes modernes ne sont plus ceux de l'Antiquité. Ils ne sont plus très purs, racialement parlant. Leur européanité est douteuse, mâtinés qu'ils sont de sang turc et slave. C'est notamment pour ça qu'ils peuvent vous voler. Évitez donc de les tenter.                                                                                                                       


                                                                                                        To be coninued....
 
 
 
 
 

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
commenter cet article
1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 15:49

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Il a osé le dire

Piketty : "Entre 2009 et 2014, la Grèce est le pays qui a le plus réduit son déficit"

 
 
 
 
Thomas Piketty était face à Jean-Jacques Bourdin ce matin. Il est revenu sur le traité transatlantique, le cas Snowden mais aussi sur la question de la dette grecque. Sur ce dernier sujet, l'économiste est venu apporter un peu de dissonance dans le concert anti-Tsipras entonné par une grosse partie des médias français.
 
FREDERIC SIERAKOWSKI/ISOP/SIPA

Invité ce matin de Jean-Jacques Bourdin, l’économiste Thomas Piketty qui a vendu pratiquement deux millions d’exemplaires de son livre Le Capital au XXIe siècle à travers le monde, n’a pas mâché ses mots sur les actuelles négociations sur le traité transatlantique. Interrogé sur le fait de savoir si, après les révélations des écoutes de la NSA, il fallait suspendre les discussions avec les « alliés » américains, Piketty a pointé le manque de réactions des dirigeants politiques et des institutions européennes : « C’est clair que les Etats-Unis abusent de leur pouvoir, de leur position hégémonique, je pense donc qu’il faudrait une réaction européenne beaucoup plus forte. Par exemple, la France et l’Allemagne et d’autres pays de l’Union européenne auraient dû accueillir Snowden. (…) Tout le monde se rend compte maintenant que Snowden a quand même joué un rôle essentiel dans la révélation aux Européens et aussi aux Américains de ce qui se passait. »

Ce pragmatisme ne quitte pas l’économiste quant il s’agit de parler du cœur même du Tafta : « Je pense qu’il y a des choses très dangereuses potentiellement dans ce traité. Il y a beaucoup de mesures de transparence financière, de transparence démocratique qui devraient figurer dans ce traité alors qu’au contraire on va plutôt avoir tendance à donner plus de pouvoirs à des instances relativement opaques comme les cours d’arbitrage. » Ces fameux tribunaux privés supranationaux qui permettraient à des multinationales d’attaquer des Etats si les réglementations en vigueur viennent gêner leurs petits affaires. Et Piketty, pour conclure sur le sujet, de rappeler une cruelle évidence : « Il faut que l’Europe s’affirme comme une puissance et comme ayant une vision du monde (…) et arrête de se faire piétiner en permanence sans réagir. »

 

Questionné sur ce qu’il voterait au référendum grec, notre économiste n’a pas fait de mystère : « Si la question posée est : “Est-ce que le plan des créanciers est bon ou pas”, si c’est ça la question posée, pour moi la réponse est claire : c’est un mauvais plan »Et de rétablir un peu de vérité sur la situation grecque et le soi-disant manque de volonté de Tsipras de participer aux discussions avec les européens : « La Grèce est le pays qui, entre 2009 et 2014, a le plus réduit son déficit (...) et c’est là qu’on en vient à la situation actuelle et au mensonge des Européens vis-à-vis de la Grèce. Depuis 2014, la Grèce est en léger excédent primaire, ce qui veut dire que les Grecs payent un peu plus d’impôts que ce qu’ils reçoivent en dépenses publiques. Les Européens, en 2012, avaient promis que quand les Grecs seraient en excédant primaire, alors il y aurait une négociation pour la restructuration de la dette. Et là, les Européens au cours de l’année 2014, on en fait dit : “On en parlera plus tard”. Depuis six mois, les gouvernements européens continuent de dire ça. (…) Il faut que les dirigeants européens, en commençant par Hollande et Merkel, prennent leurs responsabilités et disent clairement que la restructuration de la dette, ce n’est pas pour après demain, c’est pour maintenant. »

 

 

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie réelle et maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie réelle et maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22