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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 19:33

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Le référendum, c’est interdit dans la zone euro

 
Hervé Nathan
 
 
Avant, quand l'oligarchie européenne n'aimait pas le résultat d'une consultation électorale, elle faisait revoter le peuple. Ou bien, pour le contourner, se tourner vers les élus plus dociles et conciliants. Désormais, quand est proncé le mot "référendum", c'est tout un pays qui est exclu !
 
 
Virginia Mayo/AP/SIPA
 

S’il y a une annonce politique à retenir dans le brouhaha qui entoure la tragédie grecque en représentation sous les yeux des citoyens, c’est celle-ci : dans la zone euro, le référendum, est une pratique « in-ter-dite ». La sentence est tombée samedi de la bouche de Jeroen Dijsselbloem, social-démocrate néerlandais et président de l’Eurogroupe (la réunion des ministres des finances des pays participant à l’euro).

L’annonce par Alexis Tsipras d’une consultation populaire sur le plan de « sauvetage » de la Grèce, a-t-il proclamé, « met fin à a poursuite des négociations ». En conséquence de quoi la date butoir du 30 juin ne sera pas repoussée au-delà du 5 juillet, les banques grecques ne devraient donc plus recevoir d’aide de la BCE pour faire face aux retraits d’argent à leurs guichets, etc.

Dix-huit ministres de pays démocratiques ont donc discuté de mesures concernant le dix-neuvième, mis à la porte…Mais très symboliquement la Grèce a déjà été exclue de la zone euro, puisque l’Eurogroupe s’est réuni ensuite en l’absence du ministre hellène, Yannis Varoufakis, pour évoquer « les suites » de la décision de la Grèce. On a donc assisté à cet événement tout à fait « inédit » dans l’Union européenne : dix-huit ministres de pays démocratiques ont donc discuté de mesures concernant le dix-neuvième, mis à la porte… On notera que Michel Sapin, quoique partisan de ne pas placer la Grèce au ban de la zone euro, est resté dans la salle et qu’il a approuvé le communiqué final.

Le référendum est donc le maudit de l’euro. Quoi d’étonnant : l’oligarchie européenne supporte très mal que les peuples donnent leur avis sur les questions de souveraineté. C’est ainsi qu’on fit revoter deux fois les Irlandais, en 2001 (traité de Nice) et en 2008 et en 2009 (traité de Lisbonne), et qu’en France en 2008, on convoqua en congrès le Parlement français pour que les représentants du peuple approuvent (traité de Lisbonne) ce que le même peuple avait nettement refusé en 2005, lors du vote sur le traité constitutionnel européen…

En 2011, le Premier ministre social-démocrate grec George Papandreou, placé dans une position assez similaire à celle de Alexis Tsipras aujourd’hui, avait aussi voulu vérifier par un vote qu’il avait bien l’assentiment de ces concitoyens. Il fut débarqué par un quasi coup d’Etat fomenté par la BCE, Berlin et Paris, qui obtinrent des députés grecs la nomination d’un homme lige, ex-vice président de la BCE, Loukas Papademos.

Résumons l’incroyable glissement institutionnel :
- Dans les années 2005, lorsqu’un peuple disait « non » par référendum, on le faisait soit revoter, ou on le faisait représenter par des élus censément plus « responsables ».
- En 2011, à l’annonce d’un référendum, on débarque le gouvernement du pays.
- En 2015, à l’annonce d’un référendum, on exclut le pays tout entier !

Quelle sera la prochaine étape ?

 

 

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>>> Retrouvez notre dossier « Les trois crises européennes » et notamment notre article « La zone euro, le coup d'Etat permanent » dans le numéro de Marianne actuellement en kiosques.

Il est également disponible au format numérique en vous abonnant ou via  et Android app on Google Play

 

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 19:20

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Grèce : la croisade d’Arnaud Leparmentier, vice-pape du Monde

29 juin par Frédéric Lemaire , Henri Maler

 

 

 

 

Au moment où nous écrivons, les pressions s’accentuent sur la Grèce pour qu’elle accepte les mesures de rigueur imposées par ses créanciers. Depuis plusieurs mois, Le Monde y contribue à travers, notamment, les chroniques furieuses d’Arnaud Leparmentier contre le gouvernement d’Alexis Tsipras. Les réactions à l’activisme du directeur adjoint des rédactions du Le Monde n’ont pas manqué : dans un article exhaustif, Romaric Godin épingle les arguments fallacieux employés par Arnaud Leparmentier pour accabler les Grecs. Pierre Rimbert a quant à lui signé un petit rappel des précédents accès de fièvre libéraled’un éditocrate qui, depuis vingt ans, fait l’éloge des plans de licenciements et peste contre toutes les formes de protection sociale. Mais les partis pris de Leparmentier posent une autre question : au nom de qui parle-t-il ?

Arnaud Leparmentier a encore frappé. Dans une chronique publiée dans Le Monde du 18 juin, il se prend à rêver d’un « scénario de crise » : défaut de la Grèce, panique bancaire, renversement du gouvernement Tsipras, signature de l’accord des créanciers par un nouveau gouvernement. Il est évident que dans l’esprit du directeur adjoint des rédactions du Monde, il n’y a pas d’alternative à l’orthodoxie budgétaire européenne : la rigueur doit être appliquée de gré ou de force.

L’éditocrate n’en était pas à son coup d’essai. « Nous allons continuer de nous ruiner pour les Grecs  », se lamentait-il dans une autre chronique datée du 21 janvier |1| parue une semaine avant les élections grecques, plaisamment agrémentée de culture classique : « le masque de Solon tombe : les Grecs refusent de payer des impôts. » La métaphore du masque inspire décidemment Leparmentier. Il signe deux semaines plus tard une nouvelle chronique, datée du 4 févier 2015 et intitulée «  Le masque de la tragédie grecque  » |2| – masque à travers lequel il faudrait à nouveau percer les mensonges des Grecs.

En voici un réjouissant pot-pourri : la Grèce « n’aurait pas été victime de l’austérité », d’ailleurs « elle ne verse quasiment aucun intérêt » ; la « tragédie » ne serait pas celle qu’on croit, puisque ce sont les braves États baltes, bons élèves de l’austérité, qui paieraient en vérité les excès des « pays du Club Med  » (sic) ; enfin, les 18 autres pays de la zone euro auraient une légitimité supérieure à celle du nouveau gouvernement grec pour déterminer du sort du pays. Et «  le petit couplet sur la légitimité démocratique du vote des Grecs en faveur de Syriza qui supplanterait les oukases d’une « troïka » (Commission, BCE, FMI) non démocratique est un brin fallacieux » |3|.

La croisade d’Arnaud Leparmentier se poursuit avec une autre chronique publiée le 8 avril |4|, au titre évocateur : « La France, une Grèce qui s’ignore  ». Faisant d’une pierre deux coups, notre croisé châtie la France « plus socialiste que jamais  », qui « étouffe sous l’impôt et la dépense publique », et moque « la complainte des Grecs sacrifiés sur l’autel de l’euro et de la rigueur  » alors qu’ils connaissent « depuis 1990 » (sic) une croissance supérieure à celle de la France |5|.

Jusqu’où ira Leparmentier ? Loin, apparemment. Dans sa dernière chronique, évoquée au début de cet article, il envisage, ni plus ni moins, le renversement du gouvernement d’Alexis Tsipras au nom de l’impérieuse nécessité de l’orthodoxie néolibérale dont il se fait le champion. Les amateurs apprécieront la version « live » de cette chronique, diffusée le lundi 15 juin sur France Inter dans l’émission « Un jour dans le Monde » animée par Nicolas Demorand. En introduction de cette performance bouffie d’importance (« me revoici tel Cassandre  » |6|), l’éditorialiste du Monde se veut provocateur : « auditeurs sensibles, éteignez vos appareils, mélenchonistes de tous bords serrez les poings, chronique scélérate, ce soir  ».

La jubilation d’Arnaud Leparmentier à l’idée de justifier, à une heure de grande écoute, le renversement d’un gouvernement qu’il honnit (« Eurêka, Syriza a déjà capitulé ») est celle d’un bateleur d’estrade, qui mime la transgression et cultive la provocation. Soyons clair : Arnaud Leparmentier est libre d’avoir ses opinions. Ses interventions soulèvent néanmoins cette question : au nom de qui parle-t-il ?

 

Le « nous » majestueux d’un chroniqueur-éditorialiste

Des défenseurs sourcilleux de la liberté d’opinion soutiendront qu’Arnaud Leparmentier ne parle qu’en son propre nom. En son nom certes, mais en qualité de directeur adjoint des rédactions du Monde. Une position dont il use et abuse partout où il s’exprime et quel que soit le sujet, faisant de lui un porte-parole officieux de l’ensemble de la rédaction.

Certes les bouffées de rage d’Arnaud Leparmentier sur la Grèce se présentent dans Le Monde sous la forme d’une « chronique » et non d’un « éditorial » qui engagerait officiellement l’ensemble de la rédaction. Cette nuance permet au directeur adjoint de la rédaction de s’épargner l’anonymat et le ton traditionnellement plus modéré des éditoriaux non signés. Mais il serait naïf de penser qu’un tel artifice permette aux lecteurs de faire la différence (byzantine) entre l’éditorial de la rédaction et la chronique éditorialisée du directeur en chef adjoint des rédactions… disposés côte-à-côte sur la même page du journal.

Sans compter que, sur le fond, les éditoriaux non signés ne se distinguent pas vraiment des « chroniques » de Leparmentier – exaltation mise à part. Il suffit pour s’en convaincre de lire notre article précédent.Qu’on le veuille ou non, sur la Grèce, les partis pris politiques du Monde se confondent avec ceux d’Arnaud Leparmentier.

Certes, il arrive que les articles plus factuels des pages d’information contredisent les grandiloquents anathèmes du vice-pape du Groupe Le Monde, comme ce fut récemment le cas des articles de la correspondante à Athènes Adéa Guillot |7| ou de l’envoyée spéciale Aline Leclerc |8|.

Peut-être les auteures de ces articles et, plus généralement, la majorité des journalistes du Monde sont-ils d’accord avec les commentaires d’Arnaud Leparmentier ? Peut-être pas. Auquel cas, ont-ils les moyens de contester la ligne éditoriale imposée par un vice-pape qui aspire, comme on le murmure dans les couloirs du quotidien, à devenir pape lui-même ? Difficile de le savoir : la démocratie au sein du Monde est aussi transparente que les réunions du Conseil européen.

Quoi qu’il en soit, les journalistes du Monde peuvent apprendre, en lisant le journal pour lequel ils travaillent, qu’Arnaud Leparmentier, non content de parler pour « eux », parle également pour « nous ». Un « nous » prophétique et insistant. Celui du 21 janvier annonçait : « Nous allons continuer de nous ruiner pour les Grecs  ». Celui du 18 juin annonce : « Hébétés, nous marchons droit vers le désastre  ». Quels sont ces hébétés en marche ? Les journalistes du Monde ? Sans doute pas. Le peuple français, dont Arnaud Leparmentier se ferait le porte-parole sans en avoir reçu le mandat ? C’est peu probable, du moins pour cette fois.

Les peuples européens ? C’est possible. Mais ils sont immédiatement englobés dans une entité : l’Europe. Relisons : « Hébétés, nous marchons droit vers le désastre. C’est l’Europe qui est cette fois menacée. » Une « Europe » qui se confond, comme souvent dans la prose de Leparmentier, avec ses gouvernements – dont on sait en quelle estime ils tiennent la démocratie quand elle contrarie leurs projets. Inutile de douter davantage : le « nous » englobe les gouvernements européens et les éditorialistes-choniqueurs qui partagent le point de vue et les angoisses, non du peuple grec, mais d’Arnaud Leparmentier…

… qui pousse son identification avec les gouvernements européens au point d’imaginer, pour eux, de recourir à un coup de force qui s’apparente à un quasi coup d’État :

Imaginons donc un scénario de crise : 30 juin, constat de défaut de la Grèce ; 1er juillet, panique bancaire et instauration d’un contrôle des changes par Tsipras, contraint et forcé ; 2 juillet, mise en minorité du gouvernement Tsipras par les irréductibles de Syriza ; 3 juillet, constitution d’un gouvernement d’union nationale, avec ou sans Tsipras ; 4 juillet : retour des négociateurs à Bruxelles-Canossa. Odieusement antidémocratique ? Les Grecs jouent au poker. Pourquoi pas nous ? |9|

À « nous » de jouer avec le sort du peuple Grec et de la démocratie ! Décidément, Le Monde est bien malade…

 

 
Notes

|1| Version intégrale dans l’édition abonnés.

|2| Version intégrale dans l’édition abonnés.

|3| Nous ne développerons pas davantage cet argumentaire rageur, démonté dans La Tribune par l’article de Romaric Godin précédemment cité.

|4| Version intégrale dans l’édition abonnés.

|5| Voir aussi le commentaire de cette chronique dans l’article de Pierre Rimbert cité précédemment.

|6| http://www.franceinter.fr/player/re...

|7| Par exemple dans un article intitulé « La Grèce intensifie ses tractations avant le sommet crucial de lundi », publié le 21 juin 2015.

|8| Par exemple dans un article intitulé « En Grèce, en euro ou en drachmes : « Nous n’avons rien maintenant, nous n’aurons rien après », publié le 21 juin 2015.

|9| Lire ce commentaire de la chronique de Leparmentier dans Marianne : « Quand « Le Monde » rêve d’un putsch contre Tsipras »

 

Auteurs

 
Henri Maler et Frédéric Lemaire

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 19:12

 

Source : http://cadtm.org

 

Montage sonore sur la Grèce

29 juin par Bendyglu , Eric Toussaint , Fakir , Frédéric Lordon , Renaud Vivien

 

 

 

Montage sonore réalisé par Bendyglu à partir d’archives, en solidarité avec la Grèce qui résiste.

 

 

Les Institutions de la Troïka y subissent un interrogatoire atypique. Plusieurs de leurs représentants y prennent la parole pour défendre la sacro-sainte politique austéritaire. Certains hurluberlus osent même nous rappeler les raisons de la crise (parmi eux, Eric Toussaint, lors de la présentation des résultats préliminaires de l’audit en Grèce), allant jusqu’à mettre sur la table des alternatives. Les fous ! Tant qu’on y est, soumettez à referendum les conditionnalités de ces Institutions illégales et illégitimes...

Avec par ordre d’entrée en scène des archives récentes de Jean-Claude Trichet (ancien président de la BCE), Eric Toussaint (CADTM - Commission pour la vérité sur la dette grecque), Renaud Vivien (CADTM - Commission pour la vérité sur la dette grecque) la chronique radio « les Bruxellois parlent aux Européens », Louis Michel (droite libérale belge), Philippe Maystadt (un des pères de l’euro), le journal Fakir, Frédéric Lordon, Mario Draghi, Angela Merkel, Daniel Cohn-Bendit, Alexis Tsirpas et la bande originale du film Z de Costa-Gavras.

Durée : 59’45’’

A écouter ici

 

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 18:54

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Protection sociale

Comment en finir avec l’image du bénéficiaire du RSA fainéant et fraudeur

par

 

 

 

 

Une ancienne salariée d’une Caisse d’allocation familiale, Leila, s’élève contre les idées reçues sur les bénéficiaires du RSA et les discours culpabilisant chômeurs et travailleurs pauvres. Et en a fait une conférence gesticulée, « Je vais tout CAF’ter ». Cette culpabilisation, ajoutée à la complexité d’un dispositif mal adapté, décourage des dizaines de milliers de bénéficiaires potentiels à faire valoir leur droit à cette protection sociale minimaliste. Leila rappelle aussi que la fraude au RSA, c’est environ 60 millions d’euros, dont la grande majorité est récupérée, « alors que la fraude aux cotisations patronales représente 20 milliards d’euros par an ». Entretien.

Cet article a initialement été publié dans la revue Transrural initiatives.

 

Transrural initiatives : Comment est née l’idée de cette conférence gesticulée sur le thème des politiques sociales ?

Leila  : J’ai travaillé dans une Caisse d’allocations familiales (Caf) où j’ai vu que les politiques sociales comme le Revenu de solidarité active (RSA) n’étaient pas adaptées à leurs publics. Cela provient en partie d’une volonté politique. D’un système qui décourage les bénéficiaires potentiels. J’ai été exaspérée par les discours culpabilisants sur ceux qui n’auraient pas envie de travailler ou qui profiteraient du RSA. La fraude au RSA, c’est environ 60 millions d’euros par an. 80 % à 90 % de ce montant est récupéré par les services de la Caf suite à des contrôles. Alors que le non recours au RSA, c’est 5,3 milliards d’euros non-redistribués ! Cette conférence gesticulée était pour moi l’occasion de déconstruire cette image du bénéficiaire du RSA fainéant et fraudeur [Pour une personne seule sans revenus, le RSA s’élève à 499 €/mois, ndlr].

 

Pourquoi avoir choisi cette forme d’expression et comment avez-vous construit cette conférence ?

Le grand public devrait connaître le fonctionnement de la Caf, du RSA et les raisons du non-recours. L’idée, c’est de mettre à disposition de tous, de manière accessible, les connaissances issues de recherches. Mais on n’a pas le temps de développer une critique construite dans un sujet de trente secondes à la télévision et tous les gens n’aiment pas lire. La conférence gesticulée permet de toucher un public plus large. Il y a aussi l’idée de mélanger un savoir froid et un savoir chaud, avec des situations vécues et des expériences, pour impliquer le public, rendre le sujet amusant. J’ai suivi une formation de douze jours avec la coopérative Vent Debout.

On a fait un travail collectif sur la dimension politique, la mise en scène, le processus de création… Chacun est venu avec son projet mais s’est nourri des idées des autres. J’étais venue parler du RSA. Mais on nous a dit de nous poser la question : « Contre quoi avez-vous envie de vous battre ? ». J’ai donc décidé de parler aussi des violences faites aux femmes et de la protection sociale en général. C’est grâce à des dispositifs comme les crèches que l’on a favorisé l’égalité homme-femme. Cela a aussi permis de replacer le rôle joué par les Caf dans l’histoire, plus globale, des politiques sociales et du combat pour les droits des femmes.

 

Sur quoi se base votre critique du RSA ?

Dans la conférence, j’essaye de donner des éléments de compréhension en partant d’une analyse des politiques publiques. À qui le dispositif est-il destiné, quel problème doit-il résoudre ? Comment cherche-t-il a le résoudre ? Quelle représentation du monde cela véhicule- t-il ? Le RSA est destiné aux personnes qui n’ont pas de revenus et aux travailleurs pauvres. Officiellement, il doit permettre de réduire la pauvreté et inciter ceux qui ne gagnent pas assez d’argent à la reprise d’un emploi. Sauf qu’on sait bien qu’il n’y a pas assez d’emplois pour tout le monde. Avec le RSA, on est dans une politique où le responsable de la situation est le bénéficiaire de l’aide. C’était différent avec le RMI, où l’on considérait l’État responsable, car il n’arrivait pas à proposer un travail à tous.

 

 

Comment le système favorise-t-il, concrètement, le non-recours au RSA ?

Il y a environ 50 % de non-recours, de gens qui auraient le droit au RSA mais ne l’utilisent pas. On peut distinguer trois causes principales. La première, c’est le dispositif du RSA en lui-même : il a été conçu pour aider les travailleurs pauvres qui ont donc presque tous des revenus instables, saisonniers ou précaires. À un certain moment ils ont droit au RSA, à d’autres moments non. Or, après quatre mois où l’on n’est plus éligible au RSA, la Caf efface les dossiers et il faut refaire une demande. Il y a aussi la complexité, les conditions d’éligibilité sont obscures et on ne sait jamais vraiment si on a le droit au RSA, pour quel montant, pendant combien de temps et comment faire pour l’avoir. Tout cela est prévu par la loi qui a créé un système très complexe qui au final est excluant.

La seconde cause de non-recours est liée à la mise en œuvre du RSA par la Caf qui ne facilite pas suffisamment l’accès au droit. Le dispositif est peu connu et la campagne destinée à informer spécifiquement les travailleurs pauvres sur le RSA a été annulée à cause de la « crise » et de la surcharge de travail des Caf. Surtout, la Caf est soumise à un système de management avec des indicateurs de gestion, comme le fait de recevoir 90 % des bénéficiaires en moins de 20 minutes. Si on avait communiqué sur le dispositif, les Caf auraient eu plus de monde et n’auraient pas atteint leurs objectifs. Certains n’auraient pas eu de primes. Le pire, c’est qu’on croise les données pour la lutte contre la fraude mais qu’on ne fait rien contre le non-recours.

 

Une partie du non-recours n’est-elle pas aussi liée à la perception que les gens ont du dispositif ?

Oui. Certains jugent le dispositif trop complexe ; d’autres ont peur de devoir rembourser un trop-perçu ou de perdre du temps pour rien. Dans les milieux ruraux on voit aussi que la distance pour rejoindre une Caf, parfois deux heures aller-retour, ou les horaires d’ouverture dissuadent certaines personnes. Il y a aussi des aspects psychologiques ou politiques. Certains ne se voient pas comme des travailleurs pauvres, d’autres ne veulent pas dépendre de l’État ou alors, estiment que toucher de l’argent sans rien faire rend fainéant. Ce qui me choque, c’est que certains pourraient bénéficier du RSA et ne le demande pas car ils méprisent ceux qui le font. Ils ont intégré ce discours culpabilisant des politiques. Ils n’ont pas de conscience de classe. C’est vraiment dingue d’entendre des travailleurs pauvres expliquer cela alors que la fraude aux cotisations patronales représente 20 milliards d’euros par an. Tout cela provient d’une volonté politique, mais les médias sont aussi responsables.

 

La conclusion, c’est qu’il faut changer le RSA ?

À la fin de la conférence, je propose plusieurs pistes de réflexion. Une solution serait de mettre en place une automatisation des droits sociaux. La deuxième est l’instauration d’une revenu minimum de base qui suppose de changer toute la politique sociale. J’invite aussi le spectateur à se questionner et à suivre ses propres démarches de construction critique. On étudie très peu le fonctionnement de la protection sociale et on peut se demander à qui profite notre ignorance.

Propos recueillis par Fabrice Bugnot (Transrural initiatives)

Photo : CC William Hamon (manifestation pour un revenu d’existence à Marseille).

- Article initialement publié par le magazine Transrural initiatives. Voir sa présentation sur notre page partenaires.

- Dessin issu du « manuel anti-idées reçues » d’ATD Quart-Monde.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 18:48

 

Source : http://www.marianne.net/agora-grece-defense-democratie-100235097.html

 

 

Grèce : défense de la démocratie

Jacques Sapir
 
 
 
Pour l'économiste Jacques Sapir, "les jours qui viennent pourraient s’avérer des jours sombres pour la démocratie en Europe comme en Grèce". Car, explique-t-il, il a d'abord été décidé "d’exclure la Grèce d’une réunion, qualifiée après coup d’informelle, de l’Eurogroupe". Ensuite, il considère que "la décision de la BCE de maintenir l’aide à la liquidité qu’elle fournissait à la Grèce (ce que l’on appelle l’ELA), mais au même niveau, est une décision extrêmement grave et elle pourrait rendre la tenue du référendum sans effet si elle aboutissait, de fait, à acter le défaut et une expulsion hors de la zone euro de la Grèce."
 
 
Daniel Ochoa de Olza/AP/SIPA
 

La décision d’exclure la Grèce d’une réunion, qualifiée après coup d’informelle, de l’Eurogroupe le samedi 27 juin représente l’équivalent d’un coup de force de la part du Président de l’Eurogroupe, M. Jeroen Dijsselbloem. Il s’agit d’un acte inouï qui viole tant l’esprit que la lettre des traités de l’Union européenne. L’absence de réaction des autres participants est tout aussi grave. Ce jour fut un jour très noir pour la démocratie. Ce dimanche 28 juin les pressions sur la Grèce ont reprises. Les jours qui viennent pourraient, eux aussi, s’avérer des jours sombres pour la démocratie en Europe comme en Grèce. Il faut en mesurer la portée et les conséquences.

Lire la suite sur le blog de Jacques Sapir (*ou ci-dessous)

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

Grèce: défense de la démocratie

La décision d’exclure la Grèce d’une réunion qualifiée après coup d’informelle de l’Eurogroupe le samedi 27 juin représente l’équivalent d’un coup de force de la part du Président de l’Eurogroupe, M. Jeroen Dijsselbloem. Il s’agit d’un acte inouï qui viole tant l’esprit que la lettre des traités de l’Union européenne. L’absence de réaction des autres participants est tout aussi grave. Ce jour fut un jour très noir pour la démocratie. Ce dimanche 28 juin les pressions sur la Grèce ont reprises. Les jours qui viennent pourraient, eux aussi, s’avérer des jours sombres pour la démocratie en Europe comme en Grèce. Il faut en mesurer la portée et les conséquences.

 

Les faits

La réalité des faits est que M. Dijsselbloem a demandé, lors de la réunion de samedi 27, au Ministre grec des finances, M. Yanis Varoufakis de sortir de la salle. L’Eurogroupe a publié un communiqué sans l’accord du Ministre grec, que l’on trouvera ici.

 

Communiqué de l’Eurogroupe, publié au Journal Officiel de l’UE

A - Eurogroup Statement

 

Ce communiqué porte en note que le texte représente l’avis de tous les membres sauf la partie grecque. La position de la partie grecque n’est nullement évoquée comme cela se pratique (ce que l’on appelle une « position minoritaire »). On doit ici faire plusieurs remarques :

  1. Si la réunion était, comme l’a dit M. Dijsselbloem une réunion « informelle », pourquoi a-t-elle fait l’objet d’un communiqué ?
  2. Si cette réunion n’était pas informelle, de quel droit le Ministre grec en a-t-il été exclu, et de quel droit sa position n’est pas mentionnée dans le communiqué ?
  3. L’Eurogroupe est un « groupe informelle » dans le cadre des institutions de l’Union européenne. Mais, il agit par délégation du Conseil européen, dont il reprend une partie des attributions. De ce point de vue, il est tenu par les règles, tant explicites que tacites qui sont celles du Conseil.

La décision de M. Dijsselbloem constitue donc un abus de pouvoir caractérisé, un acte qui pourrait être jugé comme illégal, que ce soit devant la Cour Européenne de Justice ou devant la Cour Internationale de La Haye. Il est donc inouï que M. Dijsselbloem ait pris cette décision. Mais, il est tout aussi inouï que les autres Ministres présents n’aient pas réagis. De ce point de vue, la position de Michel Sapin, Ministre français des finances est parfaitement incompréhensible. Il ne peut à la fois prétendre que « la Grèce fait toujours partie de l’Union Economique et Monétaire » et assister, comme il le fit ce samedi 27 juin, à une réunion dont le Ministre grec était exclu. Il y a là une contradiction irrémédiable. Rappelons que, au cas où la décision de M. Dijsselbloem serait condamnée en justice, tous les Ministres qui ont assisté à cette réunion pourraient être poursuivis pour complicité dans un abus de pouvoir.

 

La position de Yanis Varoufakis.

Sur son blog[1], le Ministre des finances grec donne très clairement les raisons pour lesquelles il n’a pas accepté les propositions de l’Eurogroupe ainsi que les raisons qui le conduisent à penser que ces propositions constituaient en réalité un ultimatum. Le texte de sa déclaration, qui n’a pas été contestée par les autres membres de l’Eurogroupe et que l’on peut considérer comme authentique, montre que l’on a été en présence d’un raisonnement économique parfaitement articulé. Les arguments avancés par M. Varoufakis sont des plus sérieux, et il a reçu le soutien de plusieurs économistes de réputation internationale (comme Paul Krugman ou Joseph Stiglitz).

Il est toujours possible de contester des éléments de la logique de Varoufakis. Mais il faut alors se situer au même niveau que lui. Force est de constater que ce n’est pas le cas avec les soi-disant « propositions » formulées par l’Eurogroupe. En réalité, ce dernier n’a nullement abordé la question du développement économique de la Grèce, mais uniquement par quels moyens et quelles procédures continuer d’extorquer de ce pays des paiements qu’il ne peut fournir. L’Eurogroupe a bien poursuivi une logique politique et non une logique économique. Dès lors, la rupture entre la Grèce et l’Eurogroupe prend une toute autre dimension qu’un conflit entre un débiteur et ses créanciers. Ce qui était en cause est la souveraineté du peuple grec. La rupture ne s’est donc pas faite sur des questions économiques mais sur le constat que l’Union européenne applique désormais l’équivalent de la « doctrine Brejnev » de souveraineté limitée, qui avait été exprimée lors de l’intervention des pays du « Pacte de Varsovie » en Tchécoslovaquie en août 1968.

Il est un comble qu’alors que l’Union européenne se drape dans une « défense de la démocratie » par exemple en Ukraine (en oubliant opportunément le rôle des milices fascistes qui aident le gouvernement de Kiev) elle piétine de la manière la plus froide et la plus claire cette dite démocratie en ce qui concerne la Grèce. Cette leçon devra être retenue. Le 27 juin 2015 pourrait bien être dans l’esprit de beaucoup l’équivalent pour l’Union européenne de l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie, qui aida beaucoup à décrédibiliser le régime soviétique et précipita sa chute 20 ans après.

 

Le rôle de la BCE

Dans ce contexte, la décision de la Banque Centrale Européenne de maintenir au même niveau l’aide à la liquidité qu’elle fournissait à la Grèce (ce que l’on appelle l’ELA) a été le déclencheur des événements de dimanche 29 juin au soir. Confrontées à des sorties importantes de capitaux depuis le mois de janvier dernier, les banques grecques sont en effet vitalement dépendantes du programme d’aide de la BCE. Les sorties se sont accélérées depuis ces derniers jours. L’annonce du maintien de l’ELA mais à son même niveau équivalait à menacer les banques d’une pénurie de liquidité à court terme.

 

Déclaration de la BCE sur sa coopération avec la Grèce

A - BCE

 

Le gouvernement grec a donc été contraint contre sa volonté de mettre en place un contrôle des capitaux et de mettre les banques en sommeil pour une semaine. C’est une décision extrêmement grave, et elle pourrait rendre la tenue du référendum sans effet si elle aboutissait, de fait, à acter le défaut et une expulsion hors de la zone Euro de la Grèce. Il semble que le gouvernement grec se soit résigné à cette logique, en dépit des déclarations qu’il a faites tant samedi que dimanche.

Mais, c’est aussi une décision qui révèle la violence du chantage exercé sur la Grèce par les pays créanciers. Il conviendra de s’en souvenir le moment voulu.

[1] http://yanisvaroufakis.eu/2015/06/28/as-it-happened-yanis-varoufakis-intervention-during-the-27th-june-2015-eurogroup-meeting/

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 23:52

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Grèce : la BCE enclenche le plan B

|  Par martine orange

 

 

 

En décidant de maintenir les fonds d’urgence bancaire à leur niveau de vendredi, la Banque centrale européenne savait qu’elle asphyxiait le système bancaire grec et plaçait la Grèce dos au mur. Le gouvernement grec a annoncé la fermeture des banques et des marchés lundi. Elle devrait durer une semaine, jusqu'à la tenue du référendum.

 

Les apparences sont sauves, les traités sont respectés : la Banque centrale européenne ne sera pas l’institution qui prendra la décision politique de pousser la Grèce hors de la zone euro. Réunis dans l’urgence dimanche en début d’après-midi, les membres de l’institution monétaire européenne ont opté pour une solution – en apparence – de compromis. Soulignant, dans un communiqué, qu’elle a pris « note de la décision des autorités grecques de tenir un référendum et de la non-prolongation du programme d’ajustement de la Grèce », la BCE a annoncé sa décision de maintenir son programme d’assistance d’urgence de liquidité (emergency liquidity assistance, ELA), dernier viatique pour les banques grecques, « au niveau de vendredi 26 juin ».

 

Mario Draghi, président de la BCE.
Mario Draghi, président de la BCE. © Reuters
 

Beaucoup redoutaient que la BCE n’adopte l’arme nucléaire et ne retire son soutien aux banques grecques, ce qui aurait eu pour effet (collatéral) d'obliger au remboursement immédiat de tous les titres déposés en garantie et de précipiter la faillite de tout le système bancaire grec. Partisans de la ligne dure, les Allemands semblaient pencher pour cette solution. Jeudi encore, le président de la Bundesbank, Jens Wiedmann, critiquait l’extrême dépendance des banques grecques par rapport au fonds d’urgence de la BCE et demandait qu’il y soit mis fin.

Plusieurs membres de la BCE rejoignaient son analyse. Pour eux, la Grèce met en danger la Banque centrale européenne et la zone euro. La décision de l’Eurogroupe, samedi, de tenir une réunion sans le ministre grec des finances pour étudier un plan B les confortait dans leur position. N’était-ce pas le signal que les politiques avaient de facto exclu la Grèce de la zone euro et qu’il convenait d’en tirer les conséquences ?

Mais les appels se sont multipliés pour demander à la BCE de ne pas employer la dissuasion massive. Dimanche matin, le premier ministre français, Manuel Valls, qui jusqu’alors s’était tenu à l’écart du sujet, intervenait publiquement. « La BCE est indépendante mais je ne pense pas que la BCE puisse couper les vivres des Grecs », déclarait-il.

Mais si les apparences sont sauves, cela ne change rien sur le fond : la décision de la BCE met la Grèce dos au mur, afin de faire pression sur le gouvernement grec et tenter de peser sur les résultats des élections. « La BCE estime qu’un bank holiday [fermeture temporaire des banques] est une nécessité », a déclaré un proche du dossier à l’agence Bloomberg à l’issue de la réunion. Dimanche soir, le gouvernement grec a confirmé la fermeture des banques et des marchés lundi. Ces fermetures, doublées d'un contrôle des capitaux, devraient durer toute la semaine, jusqu'à la tenue du référendum. 

Dimanche soir, Alexis Tsipras annonce la fermeture des banques et des marchés pour le lendemain.

Cette décision était inéluctable. Car en décidant de ne pas augmenter le plafond des fonds de liquidité d’urgence, l’institution monétaire ne pouvait pas ignorer qu’elle asphyxiait tout le système bancaire grec. La panique bancaire – redoutée par certains, suggérée par d’autres – est bien en train de se produire en Grèce. Depuis l’annonce de la fin des négociations européennes et de la tenue d’un référendum, les files s’allongent devant les distributeurs. Selon les chiffres qui nous ont été donnés, les retraits dépasseraient 2 milliards d’euros par jour. Aucune banque, évoluant dans un environnement aussi tendu, ne sait faire face à une telle situation, si la banque centrale de Grèce n’est pas en mesure de lui fournir des liquidités supplémentaires. Lundi elle ne le pouvait plus, ayant quasiment épuisé les 82,5 milliards d’euros des fonds d’urgence.

Dans son communiqué, la BCE souligne qu’elle « travaillera étroitement avec la banque de Grèce afin d’assurer la stabilité financière ». De son côté, le gouverneur de la banque de Grèce, Yannis Strournaras, a publié un communiqué, annonçant que « la banque de Grèce, comme membre de l’eurosystem, prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer la stabilité financière pour les citoyens grecs dans ces circonstances difficiles ».

Dans la foulée de la réunion de la BCE, une autre réunion des responsables de la supervision du système bancaire européen se tenait pour faire le point sur l’état des banques grecques, leur situation de liquidité et les possibles répercussions dans la zone euro. Une autre réunion du comité grec de stabilité financière, rassemblant les autorités monétaires et les membres du gouvernement, se tenait au même moment à Athènes. Tout le monde a compris : lundi, la Grèce va entrer dans un autre monde.

C’est le scénario du plan B, étudié par les Européens depuis un moment, qui se met en place. Ces mesures ont déjà été mises en œuvre à Chypre en avril 2013. Les Grecs avaient déjà anticipé cette possibilité, en retirant plus de 30 milliards d'euros depuis l'annonce des élections anticipées en décembre. Mais comment réagiront-ils malgré tout à cette fermeture ? La peur l'emportera-t-elle, comme semblent le souhaiter nombre de responsables européens, dans l'espoir de ramener les Grecs à la “raison” ? Ou la colère prendra-t-elle le pas, les amenant à juger qu'ils n'ont plus rien à perdre ? Au risque d'emmener avec eux l'ensemble de la zone euro.

Les principaux responsables se veulent rassurants. Dimanche, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, s’est empressée d’apporter son soutien aux responsables européens : « Les prochains jours seront importants. Je salue les annonces de l’Eurogroupe et de la BCE, décidés à faire usage de tous les instruments disponibles pour préserver l’intégrité et la stabilité de la zone euro. Ces annonces soulignent que la zone euro aujourd’hui est dans une position solide pour répondre à temps et de façon efficace à tous les développements, si nécessaire. » Des propos qui ressemblent étrangement à ceux de la BCE dans son communiqué : « Le conseil de la BCE a salué aujourd’hui les engagements des ministres de la zone euro de prendre toutes les mesures nécessaires pour améliorer la résistance des économies européennes et être prêts à adopter les avancées nécessaires pour renforcer l’union économique et monétaire. » En d’autres termes, même si la Grèce sort de l’euro, la monnaie unique reste « irrévocable ». Selon le quotidien belge Le Soir, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, aurait fait parvenir à Alexis Tsipras, dimanche en fin de journée, une nouvelle et dernière proposition d’accord global.

Depuis des mois, un certain nombre de responsables européens, le ministre allemand des finances en tête, soutiennent que la sortie de la Grèce n’aurait aucune conséquence. L’Europe, selon eux, dispose désormais de tous les outils pour faire face à une éventuelle contagion. Cette analyse est vivement contestée par d’autres, dont le ministre américain du Trésor. En fait, personne ne sait ce qu’il peut advenir.

Face à l’incertitude, l’inquiétude s’installe. Les responsables du G7 ont prévu eux aussi de tenir une réunion d’urgence dimanche après-midi pour examiner les développements de la situation grecque, tandis que les banquiers centraux du monde entier se parlent. Signe de l’extrême nervosité : les plateformes de change, qui continuent à échanger les devises même pendant les fermetures des marchés, ont annoncé samedi leur fermeture et la suspension de tous les ordres donnés à partir de vendredi 26 juin minuit. Elles ne rouvriront qu’à partir de lundi matin, afin de laisser le temps aux autorités monétaires de prendre toutes les mesures nécessaires. Pareille disposition ne s’était pas produite depuis la chute de Lehman Brothers en septembre 2008.

Lundi matin, tous les responsables vont avoir les yeux braqués sur les marchés, guettant leurs réactions. Plus que ce que disent les Grecs ou les autres Européens, ce sont eux, une nouvelle fois, qui risquent de servir de guide à l’action européenne.

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 17:52

 

Source : http://syriza-fr.org

 

Allocution du premier ministre A. Tsipras au peuple grec. Le choix au peuple souverain .#Référendum

 

 

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Nous avons livré un combat dans des conditions d’asphyxie financière inouïes pour aboutir à un accord viable qui mènerait à terme le mandat que nous avons reçu du peuple. Or on nous a demandé d’appliquer les politiques mémorandaires comme l’avaient fait nos prédecesseurs. Après cinq mois de négociations, nos partenaires en sont venus à nous poser un ultimatum, ce qui contrevient aux principes de l’UE et sape la relance de la société et de l’économie grecque. Ces propositions violent absolument les acquis européens. Leur but est l’humiliation de tout un peuple, et elles manifestent avant tout l’obsession du FMI pour une politique d’extrême austérité. L’objectif aujourd’hui est de mettre fin à la crise grecque de la dette publique. Notre responsabilité dans l’affirmation de la démocratie et de la souveraineté nationale est historique en ce jour, et cette responsabilité nous oblige à répondre à l’ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple grec. J’ai proposé au conseil des ministres l’organisation d’un référendum, et cette proposition a été adoptée à l’unanimité.
La question qui sera posée au référendum dimanche prochain sera de savoir si nous acceptons ou rejetons la proposition des institutions européennes. Je demanderai une prolongation du programme de quelques jours afin que le peuple grec prenne sa décision.

Je vous invite à prendre cette décision souverainement et avec la fierté que nous enseigne l’histoire de la Grèce. La Grèce, qui a vu naître la démocratie, doit envoyer un message de démocratie retentissant. Je m’engage à en respecter le résultat quel qu’il soit. La Grèce est et restera une partie indissoluble de l’Europe. Mais une Europe sans démocratie est une Europe qui a perdu sa boussole. L’Europe est la maison commune de nos peuples, une maison qui n’a ni propriétaires ni locataires. La Grèce est une partie indissoluble de l’Europe, et je vous invite toutes et tous à prendre, dans un même élan national, les décisions qui concernent notre peuple.

Traduction:Vassiliki Papadaki

 

 

Source : http://syriza-fr.org

 

 

 

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 17:01

 

Source : http://syriza-fr.org

 

Dimanche 28 juin à 17h, Place de la République.Pour la dignité du peuple grec

 

 

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Avec les Grecs
Dimanche 28 juin à 17h, Place de la République.

Le Premier Ministre grec, A. Tsipras, a invité le peuple à décider souverainement de son avenir, par un referendum organisé le 5 juillet.

Le gouvernement grec a livré un rude combat dans des conditions d’asphyxie financière inouïes pour aboutir à un accord viable et mutuellement bénéfique avec ses partenaires.

Après cinq mois de négociations, les institutions en sont venues à poser un ultimatum qui contrevient aux principes de l’UE et sape la relance de la société et de l’économie grecques.

Les créanciers exigent que le gouvernement grec applique les politiques mémorandaires comme l’avaient fait ses prédécesseurs.

Ces propositions violent absolument les acquis européens. Leur but est l’humiliation de tout un peuple, et elles manifestent avant tout l’obsession du FMI et des institutions européennes pour une politique d’extrême austérité.

Nous invitons le peuple français, les partis de la gauche et tous les mouvements à manifester leur solidarité avec le peuple grec et leur rejet des diktats de l’austérité.
NON aux chantages et aux ultimatums

NON à la faillite sociale
NON aux mémorandums et à l’austérité
Pour la dignité et le bien-être des peuples européens
Pour une Europe démocratique et solidaire

Dimanche 28 juin à 17h
Place de la République.

 

Source : http://syriza-fr.org

 

 

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 23:20

 

 

Débattre Appel d’Amiens

« Être paysan, c’est vouloir être libre, travailler au rythme des saisons, travailler avec la nature »

par

 

 

 

 

« Pour beaucoup d’entre nous, l’autonomie du paysan n’est plus qu’un rêve, et la prolétarisation du métier se confirme. » Le texte est lu par des paysans le 17 juin 2015, à Amiens, à l’issue du procès en appel des neuf militants de la Confédération paysanne poursuivis pour des actions menées contre l’usine des 1000 vaches, en Picardie. Dans l’attente du jugement, le 16 septembre, le syndicat dénonce un libéralisme qui « se nourrit aussi de nos utopies, qui les avale et les recrache, pour mieux avancer ». Si les alternatives qui se multiplient partout sur le territoire contribuent à bâtir d’autres mondes, le changement passe aussi par un engagement collectif, énonce l’appel d’Amiens.

Nous sommes paysans… Être paysan, c’est vouloir être libre, travailler au rythme des saisons, travailler avec la nature, les animaux… Être paysan, c’est se voir confier cette noble tâche : produire pour l’alimentation de tous ! Alors, partout dans le monde, des centaines de millions de paysans produisent de la nourriture, en lien avec leurs territoires... et ils en sont fiers !

Ces dernières décennies, nous, paysans des pays riches, avons commencé à perdre quelques fragments de notre métier, à perdre surtout de l’autonomie. La banque permet l’emprunt, mais impose aussi les options de production. Les industriels fournissent matériel, semences et produits de traitement, parfois nécessaires mais qui enchaînent les paysans à une recherche infinie de rendement. Les grandes chaînes de distribution assurent la commercialisation des produits – elles imposent aussi le prix payé aux paysans et obligent à produire du volume pour assurer un revenu. Beaucoup de lois et de réglementations ont accompagné cette mise en dépendance du métier de paysan.

 

« L’autonomie du paysan n’est plus qu’un rêve »

Tout se passe comme si le paysan mettait sa force de travail à disposition d’employeurs puissants, souvent invisibles, et impitoyables. Pour beaucoup d’entre nous, l’autonomie du paysan n’est plus qu’un rêve, et la prolétarisation du métier se confirme. Cette évolution s’accélère aujourd’hui, brutalement : usines à vaches, serres géantes à tomates, énormes surfaces de production de céréales… Avec ces gigantesques entreprises qui créent une pression maximale sur les paysans et qui accaparent les terres, il y a une réelle volonté d’industrialiser l’agriculture !

Les acteurs de l’agro-industrie ont d’abord investi à leur profit les outils d’amont et d’aval, souvent créés et mis en place par les paysans. Ils s’emparent maintenant du cœur même de notre métier : la production. Ils veulent appliquer les mêmes logiques industrielles : concentration, mise en situation de monopole, recherche du coût de production toujours plus bas, à n’importe quel prix, les travailleuses et travailleurs comme variable d’ajustement… Effroyable logique qui pense pouvoir s’affranchir de la moindre considération pour ceux qui en sont victimes !

 

Une nourriture qui n’a plus de lien avec la terre

L’industrialisation de l’agriculture, de la bouffe abondante et bon marché prétend être l’assurance d’une alimentation suffisante pour l’humanité, avec ce qu’elle impose comme coûts sociaux, écologiques et climatiques ! Elle est surtout la réponse cynique à la paupérisation des populations par les politiques libérales, et le meilleur moyen de mieux les ponctionner par les loyers, les transports, ou les marchandises à obsolescence programmée... C’est l’intolérable réalité d’une nourriture qui n’a plus de lien avec la terre, qui n’est que production artificielle imposée par les logiques standardisantes du business et du commerce international, pure destruction du mode alimentaire des peuples, totale négation du principe de souveraineté alimentaire, de la liberté de chacun de choisir son alimentation.

On nous place sous la dépendance alimentaire de quelques grands groupes industriels et financiers, assurant ainsi notre soumission. Car c’est aussi leur domination politique qui est en jeu, telle qu’elle se manifeste déjà dans les accords de libre-échange actuellement négociés par l’UE avec l’Afrique de l’Ouest, les États-Unis ou le Canada. Nous ne pouvons pas laisser faire, nous soumettre à cet ordre des choses, comme si tout cela était l’ordre inéluctable de l’évolution de l’humanité ! En n’agissant pas, nous nous rendrions coupables, nous deviendrions complices de ceux qui régissent le monde à leur unique profit. Nous avons le devoir de nous remettre en question, de tout remettre en question !

 

« Donnons-nous les moyens de l’espoir ! »

Alors oui, il faut agir. Les alternatives se multiplient, partout, elles essaiment sur cette envie qui bouillonne de dire NON, de faire autrement. Elles sont l’image de ce que nous pouvons devenir, elles font vivre l’espoir qu’une autre société est possible. Alors rejoignons-les, agissons chez nous, partout, au quotidien, sans relâche. Donnons-nous les moyens de l’espoir ! Mais cela ne suffira pas… Le libéralisme se nourrit aussi de nos utopies, il les avale et les recrache, pour mieux avancer. Notre engagement doit être collectif, il doit être politique ! Les attaques quotidiennes sur nos espoirs ne doivent pas parvenir à nous faire baisser les bras ! L’histoire récente est pleine de victoires, ne l’oublions pas ! On peut gagner !

Alors attachons-nous à nos causes communes. Nous, paysans, battons-nous pour notre autonomie et nos savoir-faire. Nous paysans, avec vous tous, citoyens, luttons contre l’industrialisation de l’agriculture qui veut nous balayer. Nous tous, citoyens, pas seulement consommateurs, revendiquons le choix de notre alimentation. Nous tous, citoyens, refusons de brader notre démocratie à la surveillance généralisée et au bon vouloir des multinationales. Réinventons notre engagement politique. Prenons conscience que nous avons le pouvoir, exerçons-le ensemble !

Texte de la Confédération paysanne

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 23:09

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Autogestion

1200 salariés, pas de patron et aucune hiérarchie : les secrets de la coopérative Cecosesola au Venezuela

par

 

 

Des supermarchés, un hôpital, des productions agricoles, des services d’épargne… La coopérative vénézuelienne Cecosesola propose ses services à des dizaines de milliers de personnes et des prix très abordables. L’entreprise fonctionne sans hiérarchie ni patron. Son secret : l’autogestion intégrale et un fonctionnement horizontal permanent. Une initiative présentée dans un webdocumentaire, « Poder sin poder, l’autogestion au quotidien », qui nous emmène la rencontre de douze projets radicalement démocratiques, en Espagne, en Argentine et au Venezuela.

Cecocesola est un groupement de coopératives qui propose à la communauté de la ville de Barquisimeto – un bon million d’habitants – plusieurs services à des prix très accessibles. Ils disposent de plusieurs supermarchés (ferias), d’un hôpital, d’un funérarium, d’un service de crédit et d’épargne, d’un réseau de production agricole… Mais leur spécificité est dans leur mode d’organisation. Dans cette entreprise de 1200 travailleurs, il n’y a pas un seul poste hiérarchique. Tout fonctionne en autogestion.

 

Cecosesola : video principale from Collectif Engrenages on Vimeo.

 

La clé de voûte de cette organisation horizontale du travail au sein de la coopérative est les réunions. Sur la semaine, un travailleur de Cecosesola peut participer à quatre, cinq, six réunions. C’est-à-dire en moyenne y consacrer 20 % de son temps de travail. Parmi celles-ci, les plus importantes sont celles de gestion, où tous les travailleurs participent. Il y en a trois par semaine. Chaque travailleur de Cecosesola, quel que son secteur, doit venir à au moins une d’entre elles.

Les réunions de gestion ne servent pas à l’organisation du travail quotidien. Elles ne servent pas non plus principalement à prendre des décisions. Elles servent à partager l’information et à discuter les critères. Grâce aux critères, n’importe quelle décision prise ensuite par un travailleur sera consensuelle, car en accord avec les principes décidés par tous. Ces critères peuvent aller de la qualité des légumes au montant des salaires. Ils sont la base de l’agir en commun de Cecosesola.

 

Un apprentissage constant

La rotation des postes est un autre mécanisme important de la coopérative. Après un an et demi au rayon légumes du supermarché, un travailleur va par exemple aller travailler au centre de santé. Cela permet que les travailleurs connaissent les différents aspects de la coopérative. Mais cela permet aussi un apprentissage constant et une dynamique forte. Même un travailleur qui ne possède pas de diplôme peut arriver en comptabilité s’il le désire, et apprendre cette fonction-là, avec l’aide de ceux qui y sont déjà. Et la rotation concerne aussi les taches quotidiennes. Chacun à son tour fait la cuisine, nettoie les toilettes... Tout le monde est sur le même pied.

Cette dimension de l’apprentissage est centrale dans la coopérative. Elle concerne certes le travail en soi, mais aussi l’apprentissage d’un autre mode de fonctionnement collectif, basé sur la confiance et la responsabilité. Les travailleurs de la coopérative sont conscients que cela ne va pas de soi et que leur fonctionnement va à l’encontre des modes habituels hiérarchiques. C’est pourquoi les nouveaux travailleurs doivent suivre dix après-midi d’ateliers où leur sont transmis les valeurs de la coopérative, où les différents mécanismes et leur sens sont expliqués. Pas de miracle, certains n’y trouvent pas leur compte et s’en vont. Mais Cecosesola ne manque ni de bras ni de cœurs.


« Poder sin poder, l’autogestion au quotidien »

La présentation de cette initiative est extraite du webdocumentaire « Poder sin poder (le pouvoir sans le pouvoir), l’autogestion au quotidien ». Ce webdoc présente douze initiatives qui cherchent à mettre en place un agir radicalement démocratique, un fonctionnement horizontal ou encore qui se revendiquent de l’autogestion, en Espagne, en Argentine et au Venezuela. Réalisé par deux Belges, Johan Verhoeven et Edith Wustefeld, le webdoc se base sur un voyage d’un an en Espagne et en Amérique latine entre 2012 et 2013, à la rencontre de plus d’une vingtaine d’initiatives autogérées. Les lieux présentés sont multiples : entreprises récupérées, coopératives, d’écoles, centres cultures, mouvements sociaux, villages… Mais tous ont en commun de fonctionner sans chefs et sans hiérarchie, en expérimentant d’autres manières de fonctionner ensemble.

L’idée du voyage est née en 2011, au moment des campements des indignés en Espagne. À la Puerta del Sol à Madrid, l’organisation horizontale des milliers de personnes qui participaient au mouvement du 15M achèvent de les convaincre. L’autogestion peut amener des réponses à certaines limites intrinsèques au système actuel. Les hommes et les femmes peuvent se réapproprier leurs vies, participer aux décisions qui les concernent, s’organiser ensemble pour s’attaquer aux problèmes qui les touchent.

Au même moment, ils entendent parler de Marinaleda, un petit village espagnol qui « résiste au capitalisme » (lire notre article). Le chemin est vite fait : s’il existe un lieu comme ça, il en existe certainement d’autres ! Sac au dos et caméra en main, ils partent à la découverte d’autres lieux autogérés afin de s’inspirer de leurs fonctionnements différents et montrer que de tels lieux existent et fonctionnent déjà.

Les facettes de l’autogestion présentées dans le webdocumentaire sont nombreuses. Il n’y a pas une recette, une réponse, mais beaucoup d’inspirations et de potentiel dans ces fonctionnements opposés au système hiérarchique omniprésent. Libre alors au visiteur de suivre le chemin qui l’intéresse dans ce documentaire transmedia organisé en cinq grands thèmes : culture, travail, résistance, éducation et autogestion.

A découvrir ici.

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