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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 19:02

 

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Austérité

L’Allemagne compte dix fois plus de nouveaux pauvres que la France

par Ivan du Roy 5 mars 2015

 

 

La Commission s’était engagée à faire sortir de la pauvreté 20 millions d’Européens d’ici 2020. Tel était l’une des ambitions sociales de sa stratégie « pour une croissance intelligente, durable et inclusive » définie en 2010. Concrètement, le nombre de personnes pauvres ou en situation d’exclusion sociale devait passer sous la barre des 100 millions en 2020. Cinq ans plus tard, à mi-parcours, on en est très loin ! Plus de 120 millions de personnes sont toujours considérées comme pauvres au sein des 28 États membres. Ce tableau de la pauvreté révèle quelques surprises [1].

« Étonnamment, l’incapacité de l’UE à respecter l’objectif fixé par l’initiative Europe 2020 sera principalement le fait des pays de l’UE-15, soit pour l’essentiel des pays dit « avancés » au regard de leur développement économique », pointe Sandrine Levasseur, économiste de l’OFCE (lire son analyse). Si la pauvreté recule en Europe de l’Est, principalement en Pologne, elle grimpe à l’Ouest. C’est là que se trouvent les nouveaux pauvres : 8,5 millions de personnes supplémentaires ont sombré dans la précarité, d’abord en Grèce, mais surtout en Italie, en Espagne et… en Allemagne, où, depuis 2005, le nombre de personnes devenues pauvres est dix fois plus importants qu’en France !

 

Qui est pauvre en Europe ?

Qui est « pauvre » au sens de l’Union européenne ? Il y a d’abord les ménages sous « le seuil de risque de pauvreté », fixé à 60% du revenu médian. En France, une personne gagnant moins de 12 569 euros par an – 1047 euros par mois – sera considérée comme menacée de pauvreté. À l’autre extrémité de l’Europe, un Roumain gagnant moins de 1242 euros par an – 103 euros par mois – entrera dans cette catégorie. C’est dire l’ampleur des disparités qui séparent encore les nouveaux États adhérents des pays fondateurs de l’Union.

Il y a ensuite les personnes « en privation matérielle sévère », celles « dont les conditions de vie sont contraintes par un manque de ressources et font face à au moins quatre privations matérielles », explique Sandrine Levasseur. Ces privations vont de l’incapacité à payer son loyer, ses factures d’eau ou d’énergie, à l’impossibilité de manger chaque jour des protéines en quantité suffisante, de s’offrir une semaine de vacances hors de son domicile, d’acquérir une voiture ou un téléphone. Enfin, sont aussi comptées les personnes au chômage ou ne travaillant que très partiellement (un cinquième de temps plein). Un Européen sur quatre entre dans au moins une de ces trois catégories. Comme il y a cinq ans.

 

Italie, Espagne et Allemagne, champions en nombre de nouveaux pauvres

Pourquoi un tel échec ? Un taux de croissance correct – 3,2% entre 2004 et 2013 – favorise encore un relatif progrès social en Europe de l’Est. Cette croissance s’est effondrée en Europe de l’Ouest. Surtout, les « consolidations budgétaires » – comprenez les politiques de rigueur ou d’austérité – ont affaibli les mécanismes de redistribution des richesses et accru les inégalités. Si la Bulgarie et la Roumanie sont les pays qui comptent proportionnellement le plus de pauvres, la Grèce, symbole de la brutalité de ces « consolidations budgétaires », figure désormais en 3ème position, avec plus de 35% de sa population en situation de pauvreté (contre 20% en Allemagne et 17% en France).

C’est en Italie, en Espagne, en Allemagne et au Royaume-Uni que la pauvreté a le plus augmenté entre 2005 et 2013. 2,7 millions d’Italiens sont ainsi passés sous le « seuil à risque ». Plus d’un million d’Allemands et de Britanniques. Dix fois plus qu’en France, où 102 000 personnes sont devenues pauvres en huit ans. L’austérité budgétaire imposée par Angela Merkel, au pouvoir depuis 2005, ne fait pas des malheureux que dans le Sud de l’Europe. En Allemagne, les femmes sont particulièrement touchées par la précarité suite aux réformes « assouplissant » le marché du travail au nom de la compétitivité (lire notre article). Seules la Belgique, la Finlande et les Pays-Bas sont arrivés, à l’Ouest, à faire reculer la pauvreté. Pour l’instant.

 

Lire aussi : Pauvreté et exclusion sociale en Europe : où en est-on ?, sur le site de l’OFCE

 

Notes

[1] Toutes les données chiffrées sont issues d’Eurostats, certains calculs ont été réalisés par l’économiste Sandrine Levasseur.

 

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 18:47

 

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Lobbying

Ces communicants qui redorent l’image des dictatures et des régimes répressifs auprès des Européens

par Simon Gouin 4 mars 2015

 

 

 

 

 

Une manifestation a été violemment réprimée, des opposants ont été torturés et des journalistes assassinés ? Pas de panique : des cabinets de relations publiques sont là pour défendre la réputation de tout régime répressif auprès des investisseurs et des opinions publiques européennes. Leurs prestations ? Placer interviews et tribunes dans les médias, changer les pages Wikipedia, ou recruter d’anciens premiers ministres européens pour vanter les mérites d’un président à vie ou d’un régime à poigne. La Russie, le Kazakhstan, le Bahreïn ou le Rwanda ont déjà fait appel, avec succès, à ces conseillers très spéciaux. Voici comment rendre une dictature presque sympathique, en dix leçons.

« Nous pouvons protéger votre réputation pour que vous puissiez exploiter les principaux marchés européens ». Tel est l’un des slogans promotionnels d’un cabinet de conseil, Gplus Europe, situé à Bruxelles, entre deux immeubles de la Commission européenne. En matière de protection de réputation, Gplus a du boulot. Le cabinet a été embauché par le Kremlin pour améliorer l’image de la Russie, en ces temps difficiles pour Vladimir Poutine, entre guerre civile ukrainienne et assassinat trouble de l’opposant Boris Nemtsov. Le cabinet a orchestré en avril 2014 l’envoi d’une lettre de Vladimir Poutine à la presse et aux gouvernements européens les menaçant d’interrompre son approvisionnement en gaz. La sécurité énergétique de l’Europe devrait-elle être sacrifiée au nom de la souveraineté territoriale de l’Ukraine ? « La Russie paie un énorme prix pour stabiliser l’économie de l’Ukraine et l’Union Européenne doit aussi prendre sa part », explique Gplus Europe.

La Russie n’est pas la seule à recourir à des cabinets de conseils pour redorer son image. C’est ce que décrypte un rapport très documenté de l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO), publié fin janvier [1]. Il détaille l’activité de ces conseillers spéciaux en relations publiques. Leurs clients ? Des dictateurs et des gouvernements autoritaires accusés de bafouer la liberté d’expression, de réprimer les opposants, de truquer les élections ou de favoriser la corruption. Des autocrates qui cherchent à regagner une crédibilité perdue après avoir fait tirer sur la foule, soutenu des crimes de guerre ou emprisonné des journalistes. Une sale réputation qu’il s’agit de faire oublier pour pouvoir accéder aux « principaux marchés européens », à ses investissements, à ses accords commerciaux et à ses contrats.

Fini le rôle autrefois essentiel des ambassades : désormais, la diplomatie s’externalise aux cabinets de conseil. Ce sont d’honorables sociétés de relations publiques françaises [2], britanniques, belges ou allemandes. Ces spécialistes de la « com » acceptent d’arranger l’image souvent bien laide de ces États. « Ces régimes peuvent largement dépenser dix à cinquante fois plus que les organisations des droits de l’homme, sur chacune de leur campagne, Andrew Stroehlein, d’Human Rights Watch. Ironiquement, cela coûterait en fait moins cher à ces régimes et ce serait plus efficace de seulement relâcher les prisonniers politiques plutôt que de payer des entreprises à travers l’Europe afin d’obtenir des rencontres, des couvertures médiatiques et de l’influence, de tenter de blanchir les réputations des dictateurs. Mais c’est le propre de l’autoritarisme. » Ils offrent une palette de services, de quelques dizaines de milliers d’euros à plusieurs millions. Voici, en dix leçons, comment un régime répressif peut redorer son image auprès de la communauté européenne

 

Leçon n°1 : Créer un groupe d’amis influents

Comment éviter d’être taxé d’autoritarisme et garder le soutien financier et politique de la communauté internationale ? Vingt ans après le génocide (qui a fait au moins 800 000 morts, en 1994), le Rwanda fait régulièrement l’objet de critiques sur le non-respect des droits de l’homme. Répression et assassinats d’opposants, restriction de la liberté d’expression, soutien à la milice M23 qui sévit en République démocratique du Congo, accusée de viols et d’exécutions sommaires : le président du Rwanda, Paul Kagamé, est désormais en première en ligne. Autrefois auréolé de sa lutte contre l’ancien pouvoir rwandais génocidaire, Paul Kagamé cherche à faire oublier le présent.

 

 

Kagamé serait un « visionnaire » et le Rwanda un « pôle de stabilité » dans la région des grands lacs si tourmentée. « Des sanctions seraient contre-productives ». Ces arguments sont mis en avant par Louis Michel, un ancien commissaire européen, fondateur des Amis du Rwanda. Ce groupe de députés européens a été lancé en 2010, deux mois après la publication d’un rapport de l’ONU accusant le Rwanda de crimes de guerre [3]. Les Amis du Rwanda ne s’en cachent pas : leur objectif est de « soutenir, renforcer et promouvoir les intérêts du Rwanda auprès des nombreuses institutions de l’Union européenne ». Les moyens semblent traditionnels : distiller des éléments de langages, montrer les progrès plutôt que les problèmes. Mais certains déploient des techniques moins classiques.

 

Leçon n°2 : Se payer des trolls pour pourrir blogs et articles critiques

Un « site d’attaque » pour défendre l’État rwandais. Telle est l’initiative du cabinet anglais BTP Advisers. Son directeur, Mark Pursey, enregistré à son insu, a ainsi expliqué en 2012 le principe de ce site que sa société a conçu [4]. Il s’agit d’une page Internet qui dénonce les opposants au président Kagamé. Autre possibilité mise en avant par les spins doctors aux journalistes se faisant passer pour des clients potentiels : proposer à des contributeurs rémunérés de commenter négativement tous les articles un peu critiques publiés sur les clients du cabinet de conseil. En langue d’internautes et d’aficionados des forums, on appelle cela des trolls. Dans cet entretien, Pursey reconnaît avoir été rémunéré pour améliorer l’image du gouvernement rwandais, dont il admet qu’il est controversé. Un travail essentiel pour que le Rwanda continue à bénéficier largement des bailleurs de fonds internationaux. En septembre 2014, l’Union européenne a annoncé avoir versé 460 millions d’euros au Rwanda pour améliorer son agriculture et son secteur de l’énergie [5].

 

Leçon n°3 : « Corriger les mauvaises les informations » des ONG

Que ces organisations non gouvernementales sont ennuyeuses ! Avec leurs missions de terrains, leurs rapports, les déloyaux témoignages de citoyens plaintifs qu’elles relaient ! Quand la pression de la société civile devient trop forte, les cabinets de conseils suggèrent un changement d’angle. Il faut mettre en avant une autre facette du client, plus glorieuse. Le britannique Racepoint a organisé un événement à l’ambassade du Rwanda, à Londres, avec un faux village de cabanes traditionnelles, où les journalistes étaient invités à s’asseoir. On y présentait un Rwanda idyllique, le pays des mille collines avec ses gorilles, ses cultures de café et de thé, ses vallées propices au tourisme et à l’investissement.

Racepoint a aussi aidé le Rwanda en « plaçant » des interviews de Kagamé et de ses ministres dans de grands médias internationaux, sur le sujet des droits de l’homme. « Éduquer et corriger les mauvaises sources et les informations incorrectes perpétrées par certains groupes d’expatriés et d’ONG » : tel est le but recherché, selon Racepoint. Peu importe que les témoignages d’expatriés, approchés par le régime afin d’assassiner des opposants, se multiplient [6], que les émissions de la BBC y ont été censurées et qu’un journaliste vient d’être condamné à 25 ans de prison.

 

Leçon n°4 : Valoriser sa mansuétude envers les opposants réprimés

Tous ces services ont un coût. Que les États n’hésitent pas à payer. A une condition : obtenir un retour sur investissement. C’est le pari fait par le Bahreïn. Depuis 2011, cette île du Golfe persique aurait dépensé 32,5 millions d’euros pour améliorer son image. Le royaume en a besoin. Ses forces de l’ordre sont accusées d’avoir tué au moins une centaine de manifestants lors du printemps arabe local en 2011. D’après le journal Orient XXI, des grenades lacrymogènes d’origine française auraient été utilisées. Quatre ans après les soulèvements, la répression se poursuivrait. Dans ces conditions, comment rester un territoire attractif pour les investisseurs ? Confrontée au soulèvement pacifique, la monarchie décide de faire appel à Bell Pottinger, une entreprise basée à Londres. Face aux critiques, la firme affirme qu’elle se concentre uniquement sur le « développement économique ». Uniquement ?

 

 

Alors que les manifestations se multiplient, au printemps 2011, Bell Pottinger met en place un centre de médias au Bahreïn, pour aider les journalistes qui couvrent la révolte et la répression. Il envoie même régulièrement des courriels à la presse pour relayer... la position du gouvernement. L’un de ces communiqués met en avant l’empressement des autorités à accueillir les blessés dans les hôpitaux. En réalité, les médecins et les infirmiers qui viennent en aide aux manifestants blessés sont arrêtés. Certains sont torturés. Mais cet aspect ne fait pas partie de la prestation de communication.

 

Leçon n°5 : Acheter des services de surveillance

Au Bahreïn, une autre entreprise entre en jeu, britannique elle aussi. Pour 104 000 euros, Protection Group International a mis en place un système d’analyse des médias internationaux. A priori, c’est cher payé. Mais c’est sans compter sur une option, moins avouable, que l’on découvre sur la description de la technologie développée par l’entreprise : « Les agences de sécurité peuvent appliquer cette capacité [de collecte des informations sur Internet] à leurs efforts de détection et de suivi des activités des insurgés (…). » Comme un air de ressemblance avec le système de surveillance vendu par l’entreprise française Amesys, à la Libye de Kadhafi [7].

 

Leçon n°6 : Modifier les pages Wikipedia de son beau pays

L’image du pays véhiculée sur Internet est scrutée... et modelée. Le Kazakhstan, un État d’Asie centrale riche en pétrole, réprime et torture ses opposants, interdit des partis politiques, ferme des médias, écrase des mobilisations sociales ? Les entreprises Portland, à Londres, et Media Consulta, à Berlin, modifient à plusieurs reprises les pages Wikipedia du Kazakhstan et de son président à vie, Nursultan Nazarbayev. Car l’encyclopédie en ligne est l’un des dix sites Internet les plus fréquentés au monde. Ses pages sont bien plus stratégiques que tous les sites de promotion possibles. Manque de chance, Wikipedia enregistre l’adresse IP (la trace que laisse chaque ordinateur lors d’une visite en ligne) de l’auteur de chaque modification. Les deux firmes sont vite repérées par les journalistes du site d’information EurasiaNet.org.

 

 

Autre action : pour le 20ème anniversaire de son indépendance de l’URSS, en 2011, Portland réalise pour le Kazakhstan une belle infographie. On peut y admirer l’incroyable trajectoire de ce pays, son développement économique, ses élections (son président est réélu depuis 1991 avec plus de 90% des votes !), ses années de paix et de création. Le jour où l’infographie est publiée, quinze manifestants non armés sont tués par les militaires.

 

Leçon n°7 : Se payer les services de Tony Blair ou de Gerhard Schröder

Si tout cela ne suffit pas, une dictature qui en a les moyens peut toujours se payer les services d’anciens premiers ministres européens, avec une image de réformateur si possible. Pour réussir ses opérations de séduction, l’État d’Asie centrale engage les services de Tony Blair, à partir de 2011 et jusqu’en 2013. Son objectif officieux, contre un chèque de plusieurs millions d’euros : « Polir l’image internationale de Nazarbayev ». Parmi ses actions, l’ancien premier ministre britannique fournit des conseils pour séduire les médias occidentaux, et offre des éléments de discours pour une conférence du président kazakh devant l’Université de Cambridge [8]. Ses services ont-ils été à la hauteur ? Malgré ses piètres résultats en matière de droits de l’homme, le Kazakhstan a signé un accord de partenariat et de coopération avec l’Union Européenne, en octobre 2014. Il a aussi intégré le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en 2012.

Autour de Tony Blair, qui est également très proche du président rwandais, s’est aussi constitué un Groupe de conseil international. Un « véritable club d’anciens premiers ministres », note le CEO. On retrouve notamment l’italien Romano Prodi, l’allemand Gerhard Schröder, l’ex-président polonais Aleksander Kwasniewsky, l’ancien ministre espagnol des Affaires étrangères Marcelino Oreja Aguirre. Ces personnalités se rencontrent à plusieurs reprises dans la capitale, Astana. Dans la foulée, des contrats sont signés comme la construction d’une ligne de train à grande vitesse pour une entreprise espagnole ou encore de nouveaux forages pétroliers pour des italiens.

 

Leçon n°8 : Créer un think tank soi-disant indépendant

Quand il n’invite pas d’éminentes personnalités politiques, le Kazakhstan s’installe à Bruxelles. En novembre 2014, il crée le Conseil eurasien sur les affaires étrangères (Eurasian Council on Foreign Affairs). Officiellement, le think tank est indépendant. Dans la pratique, c’est le ministère des Affaires étrangères kazakh qui le finance [9]. Ce qui explique certainement la place occupée par le Kazakhstan sur le site Internet du think tank, par rapport aux quatre autres États d’Asie centrale censés en faire partie. A l’intérieur du Conseil eurasien sur les affaires étrangères, on retrouve des membres du parlement européen, l’ancien secrétaire d’état aux affaires étrangères britannique Peter Lilley – et accessoirement actionnaire de l’entreprise pétrolière Tethys Petroleum présente au Kazakhstan –, l’ancien Premier ministre espagnol José Maria Aznar ou d’anciens présidents d’Europe centrale.

La Russie de Vladimir Poutine fait aussi appel à cette pratique. A Paris, c’est l’Institut pour la démocratie et la coopération qui est chargé de relayer la voix du Kremlin. Un think tank situé à deux pas de Matignon, créé en 2008 par l’administration de Poutine et critiqué pour ses liens avec l’extrême droite française. Sa vocation est notamment de « participer au débat sur la relation entre la souveraineté des États et les droits de l’homme ». Ses statuts déposés en préfecture entendent « promouvoir les études visant à lutter contre la xénophobie, le racisme et le terrorisme »... « Il s’agissait de répondre aux critiques faites par l’Occident contre la Russie pour son respect des droits de l’homme, explique au journal Slate Tatiana Kastoueva-Jean, chercheuse à l’Institut français des relations internationales (Ifri). L’institut cherche en retour à pointer les entorses aux droits de l’homme pratiquées par les Occidentaux [10] ». Un relaie bien utile aujourd’hui alors que les troupes russes sont impliquées la guerre civile ukrainienne.

 

Leçon n°9 : Abreuver les médias internationaux de tribunes présidentielles

En cas d’obstacles toujours insurmontables, le Kazakhstan fait aussi appel au cabinet BGR Gabara, basé à Bruxelles. Un mois de travail en 2010, facturé 45 000 dollars. Son rôle, c’est Ivo Ilic Gabara, le fondateur du cabinet, qui l’explique lui-même. Piégé par le Bureau du journalisme d’investigation, il affirme que son entreprise est parvenue à une exposition médiatique phénoménale du Kazakhstan pendant sa présidence de l’OSCE (Organisation européenne de la sécurité et de la coopération), en fournissant au média « un flux constant d’informations sur ce que le pays était en train de faire pour s’améliorer ».

 

 

Il ajoute : « Toutes les tribunes que vous lisez (dans les médias internationaux) sur le Kazakhstan, signées par Nazarbayev, par le ministre des affaires étrangères, l’ambassadeur auprès de l’Union européenne, l’ambassadeur à Washington, c’est de notre fait, notre travail. » [11]

 

Leçon n°10 : Faire confiance aux dirigeants européens pour tout pardonner

Le gaz, le pétrole, l’uranium et l’or du sous-sol kazakh attirent. Tandis que les liens commerciaux se tissent, les droits humains passent au second plan. L’Union européenne est le principal partenaire commerciale du Kazakhstan. Après avoir signé un accord de libre-échange, en octobre 2014, elle le soutient dans son accession à l’Organisation mondiale du commerce. « La situation des droits de l’homme dans mon pays s’est significativement détériorée depuis que les négociations pour un partenariat renforcé ont commencé en 2011, explique Yevgeniy Zhovtis, président du Bureau international kazakh pour les droits de l’homme. Pendant ce temps, l’Union européenne semble avoir oublié ses promesses de lier des relations renforcées au respect des droits de l’homme. » Les cabinets de relations publiques auraient-ils atteint leurs objectifs [12] ?

Simon Gouin

Photos :
Une / CC Alexandre Prévot
Mobilisation contre président rwandais, à New York, le 20 septembre 2010- CC Sampol, Carrero
Bahreïn, février 2011, CC Mahmood Al-Yousif

A lire sur l’Observatoire des multinationales : Rachida Dati, GDF Suez et l’Azerbaïdjan : quand le Parlement européen se penche sur les conflits d’intérêt en en sein

 

Notes

[1] Lire le rapport.

[2] Des entreprises, des structures ou des personnalités françaises apparaissent dans ce rapport. On trouve par exemple Rachida Dati et l’Azerbaijan, l’Institut pour la démocratie et la coopération, un think tank russe proche de l’extrême droite française ; Eurofuture qui travaille sur l’image de l’Éthiopie ; Image sept et la Côte d’Ivoire, 35° Nord et la RDC et le Bénin, et Marston-Nicholson Group et le Kazakhstan.

[3] Lire l’interview du journaliste Charles Onana

[4] Lire l’article et voir la vidéo

[5] Source

[6] Lire l’article

[7] Lire l’article

[8] Lire l’article

[9] Lire l’article d’Intelligence Online

[10] Lire l’article

[11] Lire l’article

[12] A lire également sur le sujet : L’Union de l’énergie tend la main à des régimes autoritaires

 

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 20:11

 

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Action de Greenpeace devant le ministère de l’Ecologie contre le bois illégal

Barnabé Binctin et Lorène Lavocat (Reporterre)

mercredi 4 mars 2015

 

 

Greenpeace France a déposé ce matin une grume de bois tropical devant le ministère de l’Ecologie. L’organisation dénonce l’inaction de la France face aux importations de bois illégal. Reporterre était présent et raconte.

Paris, reportage

07 h 15, un drôle de camion se gare boulevard Saint Germain, à Paris, devant le ministère de l’Ecologie. La circulation automobile est déjà intense. Une dizaine de membres de la "Brigade de vérification du bois" bloque la voie de bus. Ils ont une vingtaine d’années

Qu’est-ce que la Brigade ? Une militante nous explique (*voir lien ci-dessous)

http://www.reporterre.net/Action-de-Greenpeace-devant-le

 

 

La grue du camion se met en action et dépose un tronc de 8 mètres de long sur la voie de bus. Casques de chantier de chantier sur la tête et portant une combinaison verte estampillée Greenpeace, les activistes veulent dénoncer l’inaction des pouvoirs français quant au trafic de bois illégal.

 

 

Les banderoles sont déployées. "Nous avons acheté cette grume à La Rochelle, tout simplement, mais ce bois provient en fait d’une exploitation illégale en république démocratique du Congo", nous explique Frédéric Amiel, chargé de campagne Forêts pour Greenpeace. L’ONG vient de porter plainte contre x pour importation de bois illégal .

 

 

Que veut Greenpeace ? Frédéric Amiel l’explique : (*voir lien ci-dessous)

http://www.reporterre.net/Action-de-Greenpeace-devant-le

 

 


- Frédéric Amiel -

L’action est réussie, tout s’est déroulé sans anicroche et suivant l’horaire prévu. Outre Reporterre, l’AFP et France Info sont présents. La police arrive trop tard, la grume de bois git devant le ministère. Une vingtaine de policiers encercle à 07 h 50 les activistes. Dans la matinée, Frédéric Amiel rencontre des membres du cabinet de Mme Royal.

 

 

En jeu, la lutte contre le bois illégal

Quatre tonnes de bois déversées en pleine rue devant le ministère de l’écologie : Greenpeace accuse ainsi le manque de responsabilité de la France dans la lutte contre le bois illégal, une cause importante de la déforestation dans le monde. Surexploitation des massifs forestiers, coupes non-autorisées ou arbres taillés trop jeunes, l’illégalité du bois a aussi des aspects plus socio-politiques par le non-paiement des taxes ou le non-respect des accords sociaux avec les communautés en charge de la gestion des forêts.

 

 

Selon Interpol, l’exploitation forestière illégale représente entre 15 et 30% du bois commercialisé dans le monde. Si les scieries et le bois récolté sur le territoire français sous le contrôle du ministère de l’Agriculture ne sont pas sujets à suspicion, les 140 000 tonnes de bois tropical importées chaque année en France d’Afrique ou d’Amazonie restent affranchies de toute régulation.

 

 

Or, la présence de bois illégal ne fait pas de doutes pour l’ONG écologiste. Preuve en est avec les grumes déposées ce matin, boulevard Saint-Germain. Acheté dans le port de la Rochelle, premier port français d’importation et de stockage de bois –un port dont le Conseil de surveillance est présidé par… Xavier Beulin – ce bois provient de la République Démocratique du Congo, où près de 90% de la récolte du bois serait illégale, selon les résultats d’une enquête anglaise menée l’année dernière :

Télécharger le rapport Lawson sur le Congo : (*voir lien ci-dessous)

http://www.reporterre.net/Action-de-Greenpeace-devant-le

 

Les grumes n’ont fait l’objet d’aucune vérification à leur entrée sur le territoire, selon Greenpeace, alors même qu’elles ont été achetées à la société Cotrefor, dont les irrégularités ont plusieurs fois été signalées. C’est précisément ce manque de contrôle que dénonce l’ONG française : en l’absence de régulation du commerce de bois tropical, du bois illégal s’écoule sur le marché français...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 20:05

 

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Autour de Sivens, la solidarité s’organise face au blocage des pro-barrages

Grégoire Souchay (Reporterre)

mercredi 4 mars 2015

 

 

 

A deux jours du vote du Conseil général du Tarn sur l’avenir du projet de barrage, le blocage de la zone du Testet continue. Les zadistes endurent et font face tant bien que mal aux provocations des pro-barrages. La solidarité extérieure s’organise.

Saint Affrique (Aveyron), correspondance

"Pro-barrages en bas de chez nous, les mensonges fusent. Impossibilité d’aller chercher notre fils à l’arrêt de bus qui se situe sur la D999 qui est une route a grande circulation. Les pro-barrages refusent catégoriquement que l’on sorte de chez nous. Menace de mort, de dégradation de véhicule, coup de téléphone de pro barrages qui se trouvent en bas de chez nous, etc." Tel est le témoignage que livre Nadine Lacoste.

Habitante de Barat, confinée chez elle à cause du blocus des pro-barrages, venus nombreux depuis lundi matin pour bloquer les accès à la zone. Le tort de cette famille : ne pas suivre une supposée "volonté des habitants de vallée" de faire le barrage de Sivens. Sauf si l’on est riverain (favorable au projet) ou journaliste disposant de la carte de presse, il est presque impossible d’accéder à l’intérieur de la zone du Testet, soit sous la pression des pro-barrages, soit de celle des gendarmes.

"Il faut savoir si on est dans un Etat de droit". La tirade de Philippe Jougla, responsable de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) du Tarn, pourrait faire sourire en d’autres circonstances. Car de fait, c’est bien son syndicat agricole qui organise des opérations d’entrave manifeste aux libertés de circulation sur la zone. Pourtant, son propos vise les occupants, réduits à une petite cinquantaine sur place depuis le début de l’hiver, qui "menacent la démocratie" par le seul fait d’être présents sur la ZAD du Testet.

Blocus 24h sur 24

Jour et nuit, venus de tous les coins des départements voisins, les agriculteurs en colère campent et barrent l’accès à la zone du Testet. Sur les route adjacentes et les sentiers forestiers, d’autres groupes patrouillent, menaçants. Et quand la voie n’est pas barrée par les agriculteurs, elle l’est par les gendarmes. Des forces de l’ordre passives face à ces actions qui "troublent l’ordre public" selon les définitions légales.

 


- A Albi -

 

Mais pour l’heure, le préfet tente d’empêcher les affrontements directs. Les gendarmes appliquent cette consigne avec une ardeur mesurée, selon leur tempérament personnel. Philippe Jougla, conscient de l’existence de ces tentatives violentes, explique : "Ce blocus c’est aussi un moyen de gestion" de ses propres affiliés. Sans condamner directement les excès de certains, il précise que "l’objectif est de dénoncer l’inaction des pouvoirs publics qui ne mettent pas en oeuvre les décisions de justice" en ayant "pour ligne de conduite d’éviter la violence".

Ce qui n’empêche pas des débordements. Ainsi, en fin de matinée, ce mardi, aux abords de la D999, un groupe très décidé, armé de barres de fer et de bâtons, décide de franchir les bois séparant la route du premier campement zadiste. Un face à face s’engage, un cordon de gardes mobiles bloque les zadistes, un autre retient les pro-barrages, sans les empêcher de se rapprocher. Et forcément, à un moment donné, la tension monte. Des coups sont échangés au milieu des bois. Après des pierres et des insultes, c’est un engin incendiaire qui est jeté par un pro-barrage sur une yourte plantée à côté.

Le temps est humide et les opposants parviennent à éteindre l’incendie naissant sur l’habitation, mais l’acte délictueux est bien là, filmé et avec des témoins. Sauf que les gendarmes, plutôt que de s’en prendre aux assaillants, demandent fermement aux zadistes de reculer car "leur présence fait monter la tension".

Les délits des pro-barrages restent impunis par la police

Comme si la faute de la montée de violence des pro-barrages revenait aux militants écologistes. A ce jour, aucune arrestation de pro-barrage n’a été jusqu’ici recensée depuis le déclenchement de cette stratégie de la tension permanente, orchestrée par le syndicat agricole majoritaire. Bilan de la journée : "Des coups sur la tête, dans les côtes et coup de poing sur un jeune de 22 ans ainsi qu’un autre blessé par des coups de bâton sur la tête", rapporte Camille (pseudonyme). Ces blessés seront finalement évacués à l’hôpital.

"Ils nous empêchent de travailler et d’accéder à nos terres", expliquent en réponse les pro-barrages. Pourtant, dans une lettre d’apaisement, les occupants de la zone avaient fait part il y a déjà plusieurs semaines de leur accord pour dégager les terres que les riverains souhaitaient cultiver, situées aux alentours de la zone.

Quant à Mme Maurel, habitante de la zone qui, selon les pro-barrages, "ne pouvait pas accéder à son domicile" [information démentie par l’intéressée dans le Canard Enchainé], Camille raconte avoir vu "ce matin les barricades à l’intérieur de la zone être ouvertes pour laisser passer le fils Maurel qui est allé récupérer des meubles de sa mère" et repartir de la zone sans avoir aucunement être menacé.

La solidarité se réveille

Face à ce statu quo où les zadistes sont face à deux groupes peu amènes, gendarmes et pro-barrages, le soutien s’organise. "Des soutiens locaux et autres personnes motivé-e-s sont rassemblé-e-s dans les locaux de la FDSEA à la chambre d’agriculture d’Albi". Après l’action parisienne devant le siège de la FNSEA, c’est dans les locaux de la Chambre départementale, soutien fervent du projet, que des opposants au projet de la région se sont retrouvés mardi 3 mars après midi.

 

 

Selon l’AFP, ils étaient une trentaine à avoir envahi les locaux de la Chambre d’Agriculture. La directrice, Maire-Lise Housseau, raconte : "Il y a eu une grosse bousculade. La police a mis tout le monde dehors à coups de lacrymogène". Selon Helios (pseudonyme), présent dans cette action et joint par Reporterre, "les choses avaient démarré calmement, avec un affichage de messages comme l’agriculture toxine’ ou ’que vont devenir les paysans’ sur des papiers".

Le ton monte, des agriculteurs s’invitent dans les discussions lançant des "Je vais t’écraser, t’es pas chez toi ici" à des personnes habitant pourtant sur les communes voisines. Quelques coups sont échangés, conduisant les gendarmes, observateurs jusqu’ici, à faire sortir tout le monde à coup de lacrymogènes. La suite, raconte Helios, c’est "l’arrivée de la Brigade anti criminalité, beaucoup plus énervée, qui nous menaçait ’Vas-y, donne nous une raison de te frapper, viens, viens’. Le directeur de cabinet du Préfet est enfin arrivé sur place pour clore l’accrochage, disant ’on ne peut pas être partout à la fois’ ".

 

 

Dans la foulée, à Toulouse, on s’organise à la hâte pour réagir au blocage continu de la zone. Issu de l’association Les amis des bouilles, un petit groupe décide d’organiser une marche "sur le modèle de celle de Nice à Notre-Dame-des-Landes". La "Marche de la solidarité avec les zadistes assiégés" a pris le départ ce mercredi matin à 8 heures de la mairie de Toulouse...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 17:13

 

Source ; http://zad.nadir.org

 

Infos du 2 au 9 mars

mardi 3 mars 2015, par zadist

 

 

Si vous voyez des mouvements de police anormaux autour de la zone, contactez-nous ! sur le numéro d’urgence 06 43 92 07 01

Pour la connexion sécurisé de notre site : https://zad.nadir.org
l’empreinte du nouveau certificat c’est D5:67:93:5E:EE:BC:58:ED:F3:FA:07:7B:0F:66:A5:64:0B:B1:7A:2C (depuis le 13/01 jusqu’au 13/02)

Infos sur la répression

Jordan est incarcéré suite à la manif du 22 février ; il avait pris 5 mois ferme (qui devaient être aménagés en autre chose que de la prison).
Pour lui écrire : MAHE Jordan - écrou 60532 - Centre Pénitentiaire de Nantes - B.P. 71636 - 44316 NANTES-CÉDEX

les nouvelles date pour la black plouc kitchen en février sont sur le blog https://blackplouckitchen.wordpress.com

Une semaine sous le signe des résistances à la répression et aux violences policières : tout le programme est là, et bien sur, rdv samedi à 12h au square Daviais pour un pique-nique, une manif, des débats, des concerts ! et à Toulouse pour celleux qui sont plus au Sud !

un récit ici de marche contre les violences policières de samedi dernier à Montreuil, où la manifestation a été bloquée et encerclée pendant 3h : Le droit de manifester aboli par la préfecture ? https://collectif8juillet.wordpress.com/2015/02/16/le-droit-de-manifester-aboli-par-la-prefecture/

 

Mercredi 4 mars

[AntiRep Nantes] Suite à la manif du 21 février 2015 à Nantes,...

[ZAD Testet] Appel à actions décentralisées visant la FNSEA/JA + témoignages
Nous, sympathisant-e-s tarnais de la lutte contre le barrage de Sivens, sommes indignés des méthodes utilisées par la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles) et les JA (Jeunes Agricoles) pour assiéger et tenter d’affamer des militants écologistes légitimes. Nous dénonçons le « deux poids, deux mesures » et la passivité des forces de répression face aux menaces de mort et actes violents commis par les membres de ces syndicats. Nous appelons à des actions décentralisées visant la FNSEA et les JA dans tous les départements du territoire ! https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/2015/03/01/bouilles-hebdo-du-2-au-8-mars/

 

Mardi 3 mars

[ZAD] Proposition de balade sur les plantes sauvages le samedi 7 mars. Départ de la balade à 14h30 à Saint-Jean du tertre

[Nantes] Manifestation 7 mars (pour le 8 mars, journée des femmes)

 

 

[Testet] Marche de la solidarité Toulouse- ZAD du Testet-Albi - Jusqu’à quand allons-nous laisser les marchands de pesticides décider ce qu’on mange ? Jusqu’à quand allons-nous laisser la terre, l’avenir de nos enfants être bradé, bafoué par des décideurs cyniques et corrompus ?

 

Un texte "ZAD nulle part" https://tantquilyauradesbouilles.files.wordpress.com/2014/12/zad-nulle-part.pdf.
"Nous appelons nos ami-e-s ZAD-istes a ne pas se conforter dans le mouvement actuel, a errer de ZAD en ZAD tels des soldats sans armée et sans front. Et à reprendre une analyse politique déterminée et ferme du contexte actuel. Nous avons besoin de rigueur politique, de choix réfléchis et de nous sentir fort-e-s et soutenu-e-s parce que nous étions trop peu depuis une dizaine d’années, mais aujourd’hui, alors que notre nombre est plus appréciable, l’ennemi reste démesuré et semble encore plus fort que jamais. Si pour notre part, nous assumons beaucoup plus le terme d’anarchistes que celui de ZAD-iste, c’est parce qu’il définit une analyse politique des rapports sociaux qu’il implique une critique en acte des rapports de domination, d’oppression et de violence auxquels nous sommes confrontés, même au sein de notre camp. En tant qu’anarchistes, nous ne voulons pas briller par notre « pureté » militante mais donner quelques moyens à nos rêves et percevoir la réalité de ce qui nous habite et de ce qui nous entoure. Nous ne sentons pas cette même ferme volonté sur la ZAD".

 

AVERTISSEMENT DE LA DESTROÏKA aux petits maîtres de ce monde
Inutile de vous le cacher, vous nous avez irrités. Vos manières d’avares nous ont toujours semblé détestables ; vos manœuvres pour perpétuer votre règne feutré nous ont toujours paru infâmes ; l’hypocrisie complète de votre morale économique ne nous a jamais échappé. Lire le texte entier : http://lundi.am/Avertissement-de-la-Destroika

 

Lundi 2 mars

[NANTES ANALYSE]
Les grands médias n’ont insisté que sur la violence des manifestants lors de la mobilisation du 21 février 2015 à Nantes et Toulouse, DOC du réel, présent ce jour-là à Nantes, donne la parole aux manifestants. 26 mins, De Camille Robert (DOC du réel)

 

[ZAD : APPEL à RASSEMBLEMENT] en solidarité avec la famille Herbin. Nous habitants, occupants et paysans de la ZAD et des alentours, réaffirmons que l’aéroport ne se fera pas car notre résistance est plus forte que jamais.

[ZAD Testet] Appel au rassemblement devant la FNSEA en soutien au Testet se soir 19h a Paris parce que nous ne voulons pas de barrage à Sivens, Parce que nous nous opposons aux logiques agricoles productivistes, Parce que nous n’oublierons pas que les gendarmes ont tué Rémi Fraisse, Parce que nous n’acceptons pas que des milices brutales imposent leur vision opportuniste, Parce que nous luttons contre les aménageurs et leur monde,

[ZAD Testet] Pour Sivens, c’est maintenant !!! Semaine déterminante ! Besoin de personnes motivées sur la ZAD du Testet pour résister à la pression policière et milicienne. Ramenez-vous dès que possible ! https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/2015/03/01/pour-sivens-cest-maintenant-semaine-determinante/

Nouvelle mini-ZAD : l’an 01 C’est maintenant Nous, Les Jardiniers Pirates, Artivistes et Extravagant(e)s, avons ouvert le 28 février 2015 au 35 rue du bon pasteur *« Le jardin des pendarts »,*un lieu collectif autogéré et partagé une Zone autonome, un lieu d’expérimentation artistique, social, écologique et économique le point de départ d’une nouvelle commune indépendante.

Fête des enfants à la ZAD le 22 Mars - En 2014, deux enfants sont nés au lieu-dit Saint Antoine, fruits de l’occupation de la ZAD. À l’occasion du premier anniversaire d’une de ces naissances heureuses, retrouvons-nous costumés si le coeur nous en dit, pour un pique-nique suivi d’un après-midi à inventer et à partager joyeusement.

[Toulouse] Soirée de soutien au Mektub - RAP HORS DE FORCE 13 Mars à 19h00

Reçu : Merci de signer et transmettre
Important contre les GPII et pour la protection des terres agricoles
https://www.change.org/p/nice-un-moratoire-sur-la-destruction-des-terres-agricoles-de-la-plaine-du-var-le-maintien-et-la-restructuration-du-min-march%C3%A9-d-int%C3%A9r%C3%AAt-national-%C3%A0-son-emplacement-actuel

 

 

Source ; http://zad.nadir.org

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 17:02

Info reçue par mail

 

 

1. Appel URGENT à se rendre sur la Zone à Défendre du Testet :

Celle-ci est harcelée par des pro-barrage dangereux liés à la FNSEA et aux JA, les organisations syndicales co-responsables de l'effondrement de l'agriculture paysanne et de la biodiversité dans nos champs et nos assiettes. Munissez-vous d'appareils pour prendre un maximum d'images en cas d'exactions de la part des nervis de la FNSEA. Ces images peuvent être envoyées sur le mail à manifeste (a) desobeir.net pour être diffusées dans notre alterJT (www.alterjt.tv)


2. Les Désobéissants au Forum Social Mondial 2015 de Tunis: nous avons besoin de vous !

 

La Boite Militante et Les Désobéissants ont décidé de participer au Forum Social Mondial, qui aura lieu à Tunis du 24 au 28 Mars 2015.

Dans le cadre de cet espace extraordinaire de débat d’idées, nous souhaitons apporter notre contribution, en réalisant deux activités principales:
- un atelier : « réflechir et mobiliser : de la théorie aux pratiques de l’action directe non violente »
- une conférence débat : « don’t hate the media, be the media » : activisme et enjeux d’un média alternatif et des alternatives

Nous sommes ravi-es de pouvoir rejoindre le Forum Social Mondial et échanger nos expériences avec celles de nos frères et sœurs des luttes internationales, pour cela nous avons besoin de l’aide et du soutien de tous nos ami-es.

Si pour l’hébergement nous ferons appui sur les réseaux de militant-es sur place, nous faisons appel à vous tous et toutes pour cofinancer les frais de participation aux Forum Social Mondial et payer les activités proposées. L’organisation du Forum étant totalement autogérée et autofinancée, votre contribution serait un important coup de main pour que ce rendez-vous mondial continue à être le point de rencontre libre de tous les mouvements sociaux.


Vous pouvez nous soutenir en faisant un don ici : Don aux désobéissants

En remerciement de votre soutien, vous recevrez une carte postale militante de notre participation au Forum Social Mondial . Et merci à tous et toutes, d’ores et déjà!


Les Désobéissants et La Boite Militante
Plus d'infos ici


Faites tourner !

www.desobeir.net

 

 

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 16:51

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Edward Snowden, les coulisses de la plus grande fuite de l'histoire

04 mars 2015 | Par Jérôme Hourdeaux

 

 

En juin 2013, la réalisatrice Laura Poitras a filmé durant huit jours sa rencontre avec le lanceur d'alerte, caché à Hong Kong. Son documentaire, « Citizenfour », un huis clos intimiste et angoissant, sort en salle ce mercredi. Le 5 mars, la chaîne Planète+ diffuse « Edward Snowden, ennemi d’État », un film dévoilant un autre épisode : la fuite de l'informaticien vers la Russie avec l'aide de Wikileaks.

 

Edward Snowden n’a pas que dévoilé un dispositif d’espionnage global des citoyens déployé par les États-Unis et leurs alliés. Il a également donné naissance à une nouvelle figure héroïque, le lanceur d'alerte, immortalisée par le documentaire « Citizenfour », sorti en France mercredi 4 mars, de la réalisatrice Laura Poitras. Elle est l’une des premières journalistes à avoir été en contact avec l’ex-employé de la NSA.

Malgré quelques pionniers, ceux que l’on appelle en France les « lanceurs d’alerte » avaient jusqu’à présent généralement tout fait pour rester dans l’ombre, notamment en raison des craintes de représailles. Pour avoir fourni en 2010 au site Wikileaks plusieurs centaines de milliers de documents et câbles diplomatiques, et après avoir été dénoncé par un hacker, le soldat Bradley Manning (devenu Chelsea Manning), a écopé, en 2013, de 35 années de prison. Auparavant, il a été placé durant trois années en isolement par la police militaire. Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, est de son côté toujours reclus dans l'ambassade équatorienne à Londres, assuré d'être extradé à toute tentative de sortie.

Le tour de force d’Edward Snowden est d’avoir réussi à retourner totalement ce statut de paria, de traître à la nation en assumant et revendiquant son rôle de whistleblower. Devançant médias et forces de l’ordre, c’est lui qui décide de dévoiler son identité dans une vidéo diffusée le 8 juin 2013 par le Guardian, quelques jours seulement après la publication des premières révélations. Cette vidéo, tournée dans la chambre de l’hôtel Mira de Hong Kong par Laura Poitras, constitue une des scènes centrales de « Citizenfour ».

 

 

Edward Snowden dans sa chambre d'hôtel

Edward Snowden dans sa chambre d'hôtel

 

Cette interview, devenue historique, a changé la donne. La mystérieuse taupe sortait enfin de l’ombre. Et son visage était celui d’un jeune homme, patriote, élevé dans une famille de militaires, propre sur lui, bien éduqué et expliquant avec calme et aisance comment son gouvernement violait la vie privée de ses citoyens. En revendiquant son « crime » pour accuser le gouvernement américain, il inversait la charge de la preuve et mettait le gouvernement américain sur la défensive.

Depuis, Edward Snowden, qui vit toujours en Russie et à qui les pays européens dont la France ont refusé l'asile, est devenu une véritable icône déclinée en livres, série télé, films, documentaires… Alors que filtrent déjà les premières images de l’adaptation aux écrans de sa vie par Oliver Stone, « Citizenfour » vient d’être récompensé aux Oscars. Honni par Washington, Edward Snowden est encensé par Hollywood.

Cette multiplication des récits permet de peu à peu dévoiler avec une précision sans précédent les détails de l’une des affaires les plus extraordinaires de l’histoire du journalisme. En deux ans, une bonne partie des acteurs ont en effet donné leur version de l’histoire, permettant ainsi de reconstituer peu à peu le puzzle. Le journaliste Glenn Greenwald, l'autre journaliste à avoir été contacté par Edward Snowden, avait déjà publié, au mois de mai 2014, Nulle part où se cacher, un livre balayant l’histoire du whistleblower et les implications de ses révélations. À l’inverse, Laura Poitras a fait le choix de se concentrer sur un épisode bien particulier de son histoire : les huit jours passés avec Edward Snowden dans une chambre de Hong Kong.

Le 2 juin 2013, la réalisatrice débarque dans la province autonome chinoise accompagnée de Glenn Greenwald. Depuis quelques mois, les deux journalistes sont en contact par internet avec une mystérieuse source signant ses messages « Citizenfour ». Celle-ci dit avoir la preuve de multiples violations des droits fondamentaux des citoyens par les services secrets américains pour lesquels il affirme travailler. Pour prouver ses dires, il a déjà fourni aux journalistes une série de documents. Le rendez-vous a été fixé dans une salle de l’hôtel Mira, avec, comme signe de reconnaissance, un Rubik’s Cube. Une fois le contact pris, Edward Snowden emmène dans sa chambre Glenn Greenwald et Laura Poitras. Celle-ci sort immédiatement sa caméra et se met à filmer.

C’est autour de ce huis clos que tourne entièrement « Citizenfour ». Avec une image souvent instable, une mise au point aléatoire, des mouvements de caméra parfois un peu brusques, il s’agit d'un témoignage à la première personne. On y revit, à travers les yeux de Laura Poitras, certaines des scènes décrites dans des articles ou par Glenn Greenwald dans son livre. Le montage particulièrement efficace et la distance prise par Laura Poitras, que l’on entend et qui n’apparaît quasiment jamais, renforcent encore le réalisme, l’impression d’être coincés dans cette chambre avec les deux journalistes, parfois accompagnés de leur collègue du Guardian Ewen MacAskill, et Snowden potentiellement recherché par toutes les agences américaines.

Au fur et à mesure des interviews, la paranoïa de Snowden se fait contagieuse. On rit lorsqu’il se dissimule la tête sous une couverture pour taper son mot de passe, ou quand il débranche le téléphone dès que celui-ci se met à sonner. Mais l’ambiance commence à se faire plus pesante lorsque l’alarme à incendie de l’hôtel se déclenche brièvement à plusieurs reprises, une méthode selon Snowden utilisée pour forcer des cibles à sortir de leur chambre. L’alerte était en fait un test de sécurité.

Mais le film réussit à convaincre le spectateur qu’à tout moment des agents pourraient défoncer la porte et mettre un terme à l’histoire avant même qu’elle ne débute. Dans ce huis clos angoissant, les réactions d’Edward Snowden sont filmées au plus près. Sa peur et ses doutes sont parfois presque palpables, comme lorsqu’il discute en ligne avec sa petite amie qu’il a abandonnée à Hawaï sans donner d’explication.

 

 

Edward Snowden.

Edward Snowden.

 

Ce faisant, « Citizenfour » ne parvient pas à éviter un écueil. À plusieurs reprises, Edward Snowden insiste en effet sur la nécessité de ne pas personnaliser ses révélations, de ne pas être mis en avant afin que le débat porte sur le fond et non sur le messager. Or, le film ne sort pas de ce paradoxe : plus Snowden affiche son désintéressement, son abnégation, plus il apparaît comme un héros, voire un martyr. « Je préfère plutôt risquer l’emprisonnement, ou toute autre conséquence néfaste, plutôt que de risquer toute limitation de ma liberté intellectuelle et de celles et ceux qui m’entourent, qui m’importent au même titre que ma personne », explique-t-il ainsi à Glenn Greenwald. Et, même si finalement Edward Snowden réussira à échapper aux autorités américaines, on conserve l’image d’un homme se sacrifiant littéralement pour le bien de l’humanité.

Au bout du compte, « Citizenfour » ne délivre aucun « scoop » supplémentaire. Laura Poitras livre, en introduction et en conclusion, une mise en perspective des révélations d’Edward Snowden, de leur traitement médiatique et des réactions politiques. Le film apporte également quelques éléments de détails et anecdotes. Il révèle notamment que la petite amie d’Edward Snowden a finalement pu le rejoindre et alimente, tout à la fin, l’hypothèse d’un « second Snowden », un nouveau lanceur d’alerte au sein de la NSA.

Mais « Citizenfour » est surtout un témoignage humain, une rencontre exceptionnelle amenée à changer le cours de l’histoire. Le huis clos se termine d’ailleurs sur l’image d’Edward Snowden, refermant la porte de la chambre d’hôtel pour fuir en compagnie d’un avocat hongkongais, laissant la réalisatrice seule dans la pièce.

 

La fuite interrompue à Moscou

C’est justement à cet instant qu’une autre pièce du puzzle peut se mettre en place. Alors que « Citizenfour » sort mercredi dans les salles françaises, Planète + C&I diffuse, le lendemain à 20 h 45, un documentaire justement consacré à la fuite du whistleblower et basé sur le témoignage d’un autre acteur direct : l'équipe de Wikileaks. Réalisé par les journalistes danois Poul Erik Heilbuth et allemand John Goetz, « Edward Snowden, ennemi d’État » est, sur la forme, très loin des qualités esthétiques et humaines de « Citizenfour ».

Mais ce documentaire contient de nombreuses informations sur un aspect encore assez peu documenté de l’histoire d’Edward Snowden. Celui-ci quitte en effet l’hôtel Mira le 10 juin mais ne s’envole pour la Russie que le 23 juin. Presque deux semaines durant lesquelles celui qui est devenu l’homme le plus recherché du monde n’est plus protégé par les journalistes qui l’accompagnaient.

Hébergé à Hong Kong par des « alliés », Edward Snowden prend alors contact avec Wikileaks. C’est la journaliste Sarah Harrison que l’organisation de Julian Assange envoie à la rescousse. Sa mission est de faire sortir du territoire chinois le jeune homme avant que Pékin ne cède aux pressions diplomatiques, et malgré le risque d’une arrestation dès la frontière franchie. Après plusieurs jours de tractations, un plan se dessine. Edward Snowden est censé prendre un avion pour Cuba, via la Russie, pour ensuite rejoindre soit le Venezuela, soit l’Équateur.

Pour brouiller les pistes, Wikileaks achète une douzaine de billets d’avions différents au nom d’Edward Snowden. Mais, alors qu’il est en route pour Moscou, le ministère des affaires étrangères américain révoque son passeport. À son arrivée sur le sol russe, il se voit refuser l’embarquement pour son vol pour Cuba. Edward Snowden restera un mois bloqué dans la zone de transit de l’aéroport de Sheremetyevo, avec pour seul refuge une pièce sans fenêtre et pour seule aide Sarah Harrison.

Le documentaire diffusé par Planète + C&I apporte plusieurs éclairages sur cet épisode particulièrement sensible de la fuite d’Edward Snowden. Le film confirme par exemple la réticence des autorités chinoises à extrader le jeune homme qui a pu embarquer à bord de son avion malgré les demandes américaines déjà transmises. Sarah Harrison confirme également qu’à son arrivée à Moscou, les autorités russes lui ont proposé un arrangement, sa liberté contre sa collaboration avec les services secrets, mais que celui-ci, jure-t-elle, n’a fourni aucune information.

Le film avance également une autre hypothèse : l’épisode du détournement de l’avion du président bolivien Evo Morales aurait, en fait, fait partie d’une stratégie mise en place par Wikileaks. Le 1er juillet, alors qu’Edward Snowden est toujours confiné, Evo Morales est en visite à Moscou. Lorsque son avion présidentiel redécolle le lendemain, la rumeur circule que l’informaticien serait avec lui. Sous pression des États-Unis, plusieurs pays, dont la France et l’Italie, refusent à l'appareil l’entrée dans leur espace aérien. Celui-ci est contraint d’atterrir en Autriche et se voit infliger une fouille. L’incident provoque un véritable tollé dans le monde entier et conduira à installer l’image d’un homme persécuté par un État prêt à tout. Il jouera un rôle non négligeable dans la décision de la Russie d’accorder un asile temporaire à Edward Snowden.

Or, dans le documentaire, Julian Assange explique avoir volontairement alerté les autorités américaines de la possibilité d’un départ d’Edward Snowden. Wikileaks aurait en effet eu, en connaissance de cause, des discussions téléphoniques sur des lignes surveillées avec certains contacts diplomatiques afin de leurrer les services américains. Interrogé sur cette possible opération de manipulation, l’ancien directeur de la NSA Michael Hayden estime : « Je n’y avais jamais pensé avant votre question. Mais, c’est incroyablement malin, oui. »

 

 

Edward Snowden et Michael Hayden lors d'un gala en 2011

Edward Snowden et Michael Hayden lors d'un gala en 2011

 

Ce commentaire ne vient pas de n’importe qui. Le général Hayden a dirigé la NSA de 1999 à 2005. Il est donc celui qui a piloté la mise en place du dispositif dénoncé par Edward Snowden. Connu pour son franc-parler, ce pilier du renseignement américain est confronté à plusieurs reprises à Edward Snowden via une interview croisée particulièrement révélatrice. « Ce que Snowden a dévoilé, ce n’est pas des informations mais notre manière de recueillir des informations », lâche Michael Hayden dans ce qui semble être un quasi-aveu. « Il n’a pas révélé un seau d’eau, il a révélé la plomberie. Il a révélé comment nous récoltons, traitons et distribuons l’eau. »

Mais les propos de Michael Hayden sont également inquiétants lorsqu’il évoque l’avenir de son ex-employé. « Beaucoup d’Américains comme moi ne peuvent pas envisager une amnistie ni une négociation ou quoi que ce soit pour faire revenir Snowden », prévient-il. « Il y a 100 000 personnes qui travaillent pour le renseignement américain qui n’ont pas violé leur serment. Si mon gouvernement participe à n’importe quel accueil à bras ouverts, ou même à la moindre tentative d’approche, cela provoquera l’hostilité de ces hommes sur qui reposent la sécurité et la liberté de mon pays. » Voilà Edward Snowden, mais également la Maison Blanche, avertis.

 

 

Boîte noire : Mediapart est partenaire en France du film de Laura Poitras, « Citizenfour » (lire ici notre billet). Son directeur, Edwy Plenel, explique pourquoi dans cette vidéo.

 

 

Lire aussi

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 16:41

 

Source : http://cadtm.org

 

CADTM

 

Le chantage de la BCE à l’encontre de la Grèce

3 mars par Antonio Sanabria

 

 

 

 

Pour saisir la situation dans laquelle se trouve actuellement la Grèce et les facteurs qui ont concouru au dénouement des négociations entre le gouvernement grec et l’Eurogroupe la semaine dernière, il est important de mesurer la pression exercée par la Banque centrale européenne. Dans l’article ci-dessous, Antonio Sanabria, économiste au CADTM, décrypte le chantage exercé par l’institution bancaire sur la Grèce.

Le 4 février dernier |1|, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé qu’à partir du 11 février 2015, elle cesserait d’accepter les titres de la dette grecque comme garanties ou « collatéraux » pour accorder des prêts aux banques, dans le cas où le programme d’ajustement ne se poursuivrait pas. L’organisme monétaire brandit l’argument technique suivant : jusqu’à présent, il pouvait faire une exception en acceptant comme garantie des titres de la dette publique grecque, qualifiés « d’obligations à haut risque » (junk bonds), sous réserve que la Grèce observe le programme d’ajustement de l’UE et du FMI, en vue de garantir la solvabilité de ses actifs. Selon la BCE, sans cet accord, ce régime d’exception toucherait à sa fin, de peur de mettre en péril l’ensemble de l’Union européenne.
Sous couvert de cette façade technocratique et derrière l’image d’une entité monétaire résolue à faire appliquer rigoureusement son mandat, la motivation réelle de la BCE est manifestement politique. Celle-ci outrepasse ses prérogatives et exerce un chantage patent en plein cœur du processus de négociations entamé par la Grèce, avec notamment ladite BCE.

Cette annonce laisse supposer que les banques grecques perdraient une source de financement de la BCE, même si cela ne signifie pas que cette dernière leur couperait entièrement les vivres. En effet, les banques pourraient toujours opter pour le mécanisme de déblocage de liquidités d’urgence (ELA, selon ses sigles en anglais) de la part de la banque centrale grecque, qui assumerait le risque. Toutefois, cette deuxième option pourrait également être mise à mal par un vote en ce sens d’au moins deux tiers du Conseil des gouverneurs de la BCE |2|. Même si cette éventualité serait difficile à concrétiser (d’autant plus si Varoufakis et Tsipras recueillent suffisamment de soutien lors de leur tournée européenne), elle reste de toute façon possible dans le cas où la Grèce ne suivrait pas le mémorandum. Quand bien même l’ELA demeurerait fonctionnelle, il serait difficile d’augmenter la fourniture de liquidités d’urgence aux banques grecques |3|. Selon certaines estimations, comme celle de la Deutsche Bank ces banques auraient besoin de prêts en liquidités d’urgence (ELA) à hauteur de 50 milliards d’euros à partir de la semaine prochaine.

Les banques grecques ne dépendent pas tellement de la dette publique comme source de financement ; dès lors, il n’y aurait pas directement de sérieuses répercussions. Ainsi, en décembre 2014, sur un total de 56 milliards d’euros prêtés par la BCE, un peu moins de 8 milliards l’auraient été grâce à l’utilisation des obligations comme garantie |4|.
En réalité, les entités bancaires grecques dépendent bien de l’assistance financière de la BCE mais via un autre mécanisme, bien connu en Irlande ou en Espagne : les obligations des banques garanties par l’État (connues en Grèce sous le nom de titres Pillar II et Pillar III). Cependant, en 2013, la BCE a annoncé |5|qu’elle n’accepterait plus ces titres à partir du 28 février 2015, justement à la date des nouvelles négociations pour le nouveau prêt accordé à la Grèce par l’UE et le FMI. Quelle coïncidence.

Il s’agit donc de mesures déjà annoncées il y a longtemps et connues du gouvernement actuel de Tsipras. Il convient dès lors de se poser la question suivante : pourquoi renchérir avec cette annonce si ce n’est pour renforcer la pression sur un gouvernement élu démocratiquement ?

Mettons en exergue deux éléments qui démontrent que la BCE exerce un chantage et outrepasse les limites de ses prérogatives.

D’une part, elle exerce une pression directe sur le gouvernement grec. Comme nous l’avons souligné, les banques ne dépendent pas tellement de la dette publique, mais l’État grec dépend lui de l’émission de titres (essentiellement des bons du Trésor à 13 ou à 16 mois) que lui achètent les banques grecques. Mais si ces dernières ne peuvent plus les utiliser comme garanties, elles n’ont plus aucun intérêt à en faire l’acquisition et l’État perd son seul acquéreur. Il faut préciser à ce sujet qu’entre janvier et septembre 2014, 42 % des émissions de la dette |6| grecque ont été effectuées par la vente de ces bons du Trésor. La pression est forte, le pays doit, en effet, honorer plusieurs paiements dans les mois qui viennent, comme les 2,5 milliards d’euros au FMI au cours du premier trimestre 2015 et une nouvelle fois cette somme au trimestre suivant. De même, entre juillet et août 2015, les bons à hauteur de 6,7 milliards d’euros acquis par la propre BCE arrivent à échéance.

D’autre part, le deuxième élément de chantage concerne l’effet de cette mesure dans le contexte actuel de tension. Il semble que, depuis décembre 2014, les retraits de dépôts se soient intensifiés dans les banques grecques, ce qui semble toujours d’actualité en janvier de cette année. Ce n’est pas simplement le fait des « riches » ni par ailleurs de la soi-disant panique d’un gouvernement « communiste » de Syriza. Il s’agit plutôt de la crainte que, d’une manière ou d’une autre, l’issue de cette crise se solde par la sortie de la Grèce de la zone euro, ce qui entraînerait par la force des choses une perte d’au moins une partie des épargnes, dévaluées en nouveaux drachmes. C’est ce qui c’était passé lors de l’épisode du « corralito » en Argentine en 2001 lors de la fin de la parité entre le peso et le dollar.

Ce deuxième élément de pression est important dans la mesure où il témoigne d’une attitude contre nature de ce que devrait normalement être le rôle d’une banque centrale. S’il y a bien une raison d’être pour une banque centrale, c’est de s’ériger en tant que prêteur de dernier recours. C’est une fonction qui a déjà été démontrée au moins depuis la publication de Lombard Street par Walter Bagehot dans les années 1873. En d’autres termes c’est son rôle en tant que « banque des banques » de fournir les liquidités nécessaires aux entités financières en cas d’urgence, en vue d’éviter des paniques bancaires dues à la crainte des épargnants de ne pas récupérer l’argent déposé sur leur compte. Mais actuellement, en lieu et place d’envoyer des signaux d’apaisement, la BCE attise de façon irresponsable les craintes du peuple grec. De quel de ses statuts se prévaut-elle pour agir de la sorte ? Nous avons bien peur que ce soit le même que celui qui a permis à Trichet en 2010 d’exiger des réformes structurelles aux gouvernements espagnol et italien, par exemple.

Et Francfort d’invoquer sa volonté d’éviter « l’aléa moral » d’un gouvernement grec qui profiterait de la BCE pour faire ce qu’il veut au détriment du reste de la zone euro. Mais cela n’est pas vrai et, de toute manière, cela ne relève pas de son ressort. Et surtout, cette même logique ne s’est pas appliquée lorsqu’il s’est agi de financer les banques européennes au bord de la faillite technique.

En fin de compte, l’annonce de la BCE ne représente pas de changement radical dans la position de négociation de la Grèce face à l’Eurogroupe. Sa position était déjà délicate auparavant et c’est d’autant plus vrai aujourd’hui. Pour la Grèce, une rupture radicale suppose un coût politique – la sortie de l’euro – et comporte un risque élevé d’entraver la gouvernabilité à court terme de l’exécutif de Tsipras. Mais si le gouvernement se plie sans broncher au chantage, il risque de s’aliéner un électorat qui n’a pas voté en faveur de Syriza pour que ce dernier continue dans le sillage de ses prédécesseurs ; tout cela sans compter la grande probabilité d’un éclatement interne du parti.

La BCE, pour sa part, envoie un sérieux coup de semonce, mais elle se fourvoie si elle pense que la sortie de la Grèce pourrait être une explosion contrôlée. Au contraire, une rupture de l’union monétaire, autoproclamée irrévocable, ne ferait qu’ouvrir les paris sur la prochaine sortie, ce qui engendrerait de fortes tensions financières, en particulier au Portugal et en Espagne. Précisément les deux pays dont les gouvernements actuels s’opposent le plus, de manière tout à fait absurde, aux propositions du nouveau gouvernement grec. Au milieu de tout cela, la possibilité d’autres voies de financement par la Chine ou la Russie (avec le conflit ukrainien en toile de fond) commence à s’entrevoir discrètement.

Il ne faut pas non plus oublier que les propositions d’une nouvelle restructuration proviennent du constat de l’échec des programmes d’ajustement structurel imposés par la Troika |7|, avec une dette impossible à rembourser |8| et une restructuration qui a été reportée de 2010 - quand la crise grecque a éclatée - à 2012, dans le but que les banques, notamment françaises et allemandes, réduisent le risque d’exposition au crédit et que la dette soit socialisée. Le gouvernement allemand affirme ne pas être prêt à faire payer les contribuables pour les excès grecs, mais ce n’est là que mensonge. Berlin ne veut pas reconnaître que la négociation est la facture ouverte du sauvetage de ses propres banques privées. Quels seront les prochains dénouements ?

Traduit par Marion Antonini

 

Notes

|1| Cf. le communiqué de presse de la BCE : http://www.ecb.europa.eu/press/pr/d...

|2| Le financement par le biais de l’ELA coûte de surcroît plus cher : 1,55 % contre 0,05 % pour le financement de la BCE. Concernant la législation de la BCE sur le mécanisme ELA, consulter le lien suivant : https://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/o...

|3| Silvia Merler, « ECB Collateral Damages on Greece », publié par Bruegel le 5 février 2015,
http://www.bruegel.org/nc/blog/deta...

|4| Les données se trouvent dans l’article de Yiannis Mouzkis, « 2014 is not 2012 », publié dans Macropolis le 5 décembre 2014, http://www.macropolis.gr/?i=portal.... Voir à ce sujet l’article plus récent de Karl Whelan, « What’s Going On with Greece and the ECB ? It’s complicated… », publié dans Bull Market, le 1er février 2015, https://medium.com/bull-market/what...

|5| Cf. le communiqué de presse de la BCE du 22 mars : http://www.ecb.europa.eu/press/pr/d...

|6| Source : données officielles de la PDMA (Public Debt Management Agency) de la Grèce : http://www.pdma.gr/index.php/en/pub...

|7| Il existe de surcroît des éléments solides démontrant que ces plans d’ajustement sont en outre illégaux. Voir à ce sujet l’article de Renaud Vivien : « Pourquoi les programmes d’austérité imposés par la Troika sont illégaux ? », publié le 5 janvier, http://cadtm.org/Por-que-los-progra...

|8| Voir à ce sujet l’article de Costas Lapavitsas et Daniel Munevar, « Greece needs a deep debt write off », publié le 6 juin 2014, http://cadtm.org/Greece-needs-a-dee...

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 16:34

 

Source : http://www.gaullistelibre.com

 

mardi 3 mars 2015

Les progrès dérisoires de la taxe Tobin européenne

 

 

The Economist, qui s’est toujours fait le porte-parole de la finance, qui s’oppose dogmatiquement à toute taxation des transactions financières, a conté dans un récent papier les timides progrès de l’initiative des pays européens. Tellement timides qu’ils n’en font pas grand cas…

 

 

La mini-taxe européenne

 

The Economist rapporte que la France et l’Italie ont récemment mis en place des taxes sur les transactions financières. La France s’est inspiré de l’impôt de bourse anglais en 2012 et a mis en place une taxe de 0,2% limitée aux seuls achats d’action. Même le Crédit Suisse a reconnu que l’impact sur les volumes échangés a été très limité. Le cas de l’Italie est plus intéressant car, en 2013, Rome a mis en place une taxe de 0,12% sur les actions et de 0,22% sur les échanges hors cote. Six mois plus tard, les dérivés ont aussi été taxés. En revanche, le volume des transactions a fortement baissé par rapport aux autres pays selon le Crédit Suisse. Londres et Luxembourg s’opposent à toute taxe.

 

Malgré cette opposition, en 2014, onze pays européens ont décidé de lancer une initiative européenne. La position de la France est ambiguë. Si elle pousse le projet, elle s’est longtemps opposée à la taxation des dérivés, dont ses banques échangent un quart des volumes européens. Les débats portent également sur les principes de la taxation : faut-il se baser sur le pays d’émission des titres, le pays de l’acheteur ou celui du vendeur ? Début janvier, la France a changé d’opinion, appuyant une large base de taxation, s’alliant avec l’Autriche et l’Italie. The Economist conclut en notant que les financiers, qui pensaient que la taxe ne verrait jamais le jour, pensent désormais que cela est possible.

 

Ce que révèle ce débat

 

En prenant un peu plus de distance, il faut rappeler ici l’appui apporté par Joseph Stiglitz dès 2001 à une telle taxe, pour la double raison qu’elle permettrait de faire davantage contribuer le secteur de la finance à la collectivité et qu’elle contribuerait sans doute à réduire les phénomènes de bulle, qui se caractérisent en principe par une augmentation des volumes de transaction (et donc une plus forte taxation). Mais il faut noter qu’en l’absence de frontières pour les flux financiers, toute taxation est compliquée, si ce n’est illusoire, les capitaux pouvant chasser les parasites fiscaux pour échapper à toute contribution à la collectivité. Voilà pourquoi il est capital de mettre fin à l’anarchie financière.

 

Il est probable que la montagne accouchera d’une souris, si jamais elle aboutit à quoique ce soit. Mais parce que les efforts sont bloqués par la libre circulation des capitaux, le nom politiquement correct de l’anarchie financière, ils montrent que le rétablissement des frontières est la condition pour la mettre en place.

 

 

 

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 16:28

 

Source : http://www.marianne.net

 

Prime d’activité : quand la gauche s'éloigne de son projet progressiste

Mercredi 04 Mars 2015 à 5:00

 

Emmanuel Lévy

 

 

Manuel Valls a dévoilé ce mardi les contours de la prime d'activité née de la fusion de la Prime pour l’emploi et du RSA. Mais en y regardant de plus près, derrière ce nouveau dispositif pointe un projet que les conservateurs, même d’obédience libérale, ne renieraient pas : concentrer cette aide sur les plus démunis. Du coup, l’effort consenti vers ces plus pauvres se retrouve porté par ceux qui se situent juste au-dessus !

 

SIPA

 

Emmanuel Macron a de la suite dans les idées. Et des idées le ministre de l’économie en a quelques unes. Rapporteur de la Commission Attali pour la Croissance installée par Sarkozy en 2008, il en avait listées 316. Certaines comme le travail du dimanche ont trouvé leur place dans la loi qui porte son nom. D’autres sont sur les rails comme celle qu’a annoncé hier le Premier ministre : la fusion de la Prime pour l’emploi (PPE) et du Revenu de solidarité active (RSA) qui donnera naissance à une prime activité dont le versement sera concentrée sur les moins fortunés des salariés. Cibler la prime pour l'emploi sur les bas salaires ? La proposition figurait, elle aussi, en bonne place dans le rapport Attali, mais avait été abandonnée au profit de la création du revenu de solidarité active (RSA). Voilà donc qui est « corrigé » : le nouveaux dispositif équivaut, dans les faits, à une absorption de la PPE par le RSA.

Avec ce genre d’outil, le diable se niche dans les détails du paramétrage. Ensemble la PPE et le RSA bénéficiaient à près de 8 millions de personnes. Pour un budget identique, la prime d’activité, elle, ne devrait en concerner que la moitié. En plus, le gouvernement se base sur une hypothèse : près de la moitié des personnes éligibles ne se présenteront pas au guichet ! Dans le cas contraire, le coût du dispositif pourrait se monter à 6 milliards d’euros.

Cette prime a tout du « filet garni » de compensation pour les salariés soumis au temps partiel subiQui peut y prétendre ? Ecartés du RSA, les jeunes de 18 à 25 ans pourront désormais en être. Il leur faudra comme tous les autres travailleurs gagner entre 0,5 et 1,2 Smic, soit entre 570 et 1 360 euros net. Le montant de la prime varie en forme de cloche selon le revenu avec un maximum de l’ordre de 215 euros quand on perçoit 0,8 Smic (un peu plus de 800 €). Résultat : si 300 000 jeunes devraient bénéficier du dispositif, des millions de ménages, comme ceux dont les personnes gagnent entre 1,2 et 1,3 Smic, devraient ne plus rien toucher.

L’architecture, comme la philosophie globale du système, diffère peu du RSA. Et comme lui, il porte les mêmes travers, comme l’avait expliqué Thomas Piketty à sa création en 2008 : « L'impact global sur l'offre de travail de cette nouvelle forme de subvention au temps partiel que constitue le RSA - et que ne manqueront pas d'utiliser les employeurs, en proposant davantage d'emplois à temps partiel - serait alors négatif. » L’argument est battu d’un revers de manche par Matignon cité par le Monde : « Il s’agit de ne pas inciter les tout petits contrats à temps partiel. (…) Le dispositif doit fonctionner comme une incitation à travailler davantage. »

On en doute, les chiffres Insee sont cruels. Le paramétrage du dispositif colle quasi point à point à la morphologie du temps partiel : le salaire mensuel net moyen des salariés à temps partiel est de 996 euros (contre 1 997 euros pour des temps complets). Et dans le détail, en moyenne, les salariés à temps partiel « choisi » gagnent l'équivalent d'un Smic mensuel (1 122 €) ; et 746 € pour les salariés à temps partiel « subi ». Ce dernier montant correspond, on l’a vu, au point haut du dispositif. Celui-ci a donc tout du « filet garni » de compensation pour les salariés soumis au temps partiel subi…

Voilà un projet que les conservateurs, même d’obédience libérale, ne renieraient pasRéformes de l’allocation logement, de l’allocation familiale, de l’impôt sur le revenu avec une moindre progressivité, baisse aussi du quotient familial, forfait sécu et autres déremboursements de soin et des médicaments… Et maintenant cette prime d’activité. Tout converge pour que l’essentiel de l’effort consenti vers les plus pauvres soit porté par ceux qui se situent juste au-dessus. C’est donc au travers d’une redistribution au sein des classes populaires et moyennes que se fait le gros de l’ajustement. Mais en concentrant le bénéfice de la redistribution vers le tout bas de l’échelle, la gauche s’éloigne de son projet progressiste et d’Etat providence, pour se rapprocher de celui plus classique de protection des pauvres, que les conservateurs, même d’obédience libérale, ne renieraient pas.

Un des plus proches conseillers du ministre du Budget le concédait : « On n’a pas le choix. Sans recette, c’est la moins pire des décisions ». Problème : le gros des classes populaires se sentant exclues de la redistribution, celles-ci pourraient vite basculer dans la remise en cause du système de protection sociale universelle. Pour son plus grand malheur… La quasi-totalité des études sérieuses montrent en effet que les pauvres gagnent beaucoup grâce aux prestations chômage et aux aides sociales. Mais ce sont les classes populaires qui en retirent plus d’avantages encore via les prestations de santé, d’éducation ou de retraite. Autant de digues de protection qui, toutes, ont été largement ébréchées.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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