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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 17:22

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Justice

Affaire Cahuzac : les faucheurs de chaises réclament un procès de l’évasion fiscale

par , Thomas Clerget

 

 

 

Mais que peuvent bien redouter ces forces de l’ordre d’un sit-in de chaises vides ? Alors que s’ouvre le procès de Jérôme Cahuzac ce 8 février pour fraude fiscale et blanchiment, les faucheurs de chaises se sont donnés rendez-vous dans la matinée, à quelques mètres du palais de justice de Paris. « Juger un homme ne suffit pas, c’est le procès de l’évasion fiscale qu’il faut faire », martèlent les associations Attac, Les Amis de la Terre et « Action non violente COP21 ». Les militants profitent du procès de l’ancien ministre pour remettre à la justice les 196 chaises saisies dans des agences de banques ces derniers mois. Des chaises réquisitionnées au sein de banques qui possèdent des filiales dans les paradis fiscaux (nos précédents articles).

« Malgré les révélations des lanceurs d’alerte comme Hervé Falciani (HSBC), Stéphanie Gibaud (UBS) ou Antoine Deltour (LuxLeaks), banques et paradis fiscaux continuent à prospérer en toute impunité », déplore Thomas Coutrot, porte-parole d’Attac France. « L’État brandit la récupération de 2,5 milliards d’euros en 2015 auprès de contribuables repentis, quand le montant de la fraude fiscale s’élève entre 60 et 80 milliards d’euros par an, on est très loin du compte ! »

 

 

 

Destruction d’emplois dans les administrations fiscales

Christian Sautter, ancien ministre des Finances du gouvernement Jospin, figure parmi les personnes portant les chaises en direction du palais de Justice. « La fraude fiscale est une faute contre l’égalité, confie t-il à Basta !. Il faut payer les services publics, assumer la solidarité. On sait où sont les paradis fiscaux, lutter contre eux est une question de volonté politique. » Cette lutte passe notamment par un renforcement considérable des services fiscaux. Plus de 3100 emplois ont ainsi été supprimés dans les services du contrôle fiscal de la DGFiP depuis 2010. Même scénario à l’échelle européenne : la fédération syndicale européenne des services publics a calculé qu’entre 2008 et 2012, 13,6 % des effectifs ont été supprimés dans les administrations fiscales de 30 pays européens.

Les forces de police ont finalement décidé de bloquer les faucheurs de chaises avant l’arrivée au palais de Justice. Difficile de connaitre la destinée de ces 196 chaises laissées sur ce pont... Elles ont été récupérées à la fin de l’action par la police. Iront-elles décorer les cellules des commissariats ? Plusieurs faucheurs de chaises ayant participé ces derniers mois à des actions de réquisition citoyenne ont été placés en garde à vue ou convoqués aux commissariats pour des interrogatoires. Un procès en correctionnelle d’un faucheur est même annoncé à Marseille. Quant à ceux qui rendent possible l’évasion fiscale, ils courent toujours. Cherchez l’erreur.

 

Texte : Sophie Chapelle
Photos : © Thomas Clerget (sauf photo de Une : © Grégory Devivier)

Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 17:04

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Services publics

La direction de la Poste remplace illégalement des grévistes par des intérimaires

par

  •  

C’est un des multiples conflits qui touchent les centres de distribution de la Poste. Une douzaine de facteurs du centre de courrier de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, sont en grève depuis le 30 novembre pour contester un nouveau plan de restructuration. Celui-ci se traduirait par la disparition de trois emplois sur le site, ce qui augmenterait la charge de travail des autres. Or, dès début en décembre, la grève à peine commencée, la Poste a fait appel à dix-neuf des travailleurs intérimaires pour remplacer les grévistes du centre de Rivesaltes.

Si la Poste fait régulièrement appel à d’autres salariés du groupe, en particulier des cadres, pour assurer la distribution du courrier même en cas de conflit social, embaucher des intérimaires pour le faire est illégal. « Il est interdit de recourir au travail temporaire pour remplacer un salarié dont le contrat de travail est suspendu à la suite d’un conflit collectif de travail », stipule le Code du travail. Un inspecteur du travail est venu constater l’infraction le 4 décembre dernier. « L’absence au travail de salariés grévistes a créé un accroissement d’activité ; cet accroissement d’activité a été réglé par l’embauche de salariés intérimaires. Ces faits sont réprimés d’une amende de 3750 euros », signale un inspecteur du travail de Perpignan au directeur du site dans un courrier daté du 4 janvier 2016, que Basta ! s’est procuré.

 

« Sur tous les sites, c’est la même souffrance »

Qu’importe l’illégalité pour la direction de l’entreprise publique. Un délégué syndical de l’entreprise d’intérim Start People, qui avait tenté d’alerter la Poste et ses collègues intérimaires sur l’illégalité de la procédure, se retrouve aujourd’hui menacé de licenciement pour faute lourde. La Poste l’accuse d’agression et d’entrave au travail des non grévistes. Ce que conteste les représentants syndicaux du site des Pyrénées-Orientales, qui ont décidé de poursuivre leur grève vendredi 5 février, suite à l’échec d’une nouvelle rencontre avec la direction. « La poste ne propose que des renforts en CDD ponctuels pour laisser souffler les collègues, explique Jean-Michel Sol, délégué Sud-PTT dans le département. C’est vrai qu’il y a une baisse du volume de courrier comme le dit la direction, mais pas au niveau des suppressions de postes. Les conséquences pour les postiers, ce sont des souffrances physiques et mentales, et des risques pris sur la route pour pouvoir finir les tournées. Sur tous les sites, c’est la même souffrance. Les conflits sont très durs et très longs sur la distribution du courrier. »

Un autre conflit touche le site postal voisin de Cabestany depuis deux mois. Le mouvement s’est propagé au centre de Mouzillon en Loire-Atlantique, fin janvier. À Creil, dans l’Oise, une grève de plus d’un mois s’est terminée début janvier. À Neuilly, dans les Hauts-de-Seine, les postiers ont fait grève pendant près de trois mois fin 2015. Au printemps dernier, un conflit avait duré 98 jours à Thuir, près de Perpignan. Un mouvement vient d’être lancé en Dordogne.

À chaque fois, ce sont les restructurations des services de tri qui sont en causes. « Il y a une recrudescence des conflits liés au problèmes d’organisation. La poste dit qu’il faut supprimer des emplois sur certains sites, et donne à côté aux postiers des taches en plus de communication sur les nouveaux services proposés, rapporte Pascal Panozzo, responsable fédéral Sud PTT. Il y a des restructurations des sites tous les deux ans. Mais c’est en fait une réorganisation permanente. » C’est le prix à payer pour réaliser le « plan stratégique » de l’entreprise qui vise à « conquérir l’avenir » tout en supprimant des milliers d’emplois chaque année.

 

Lire aussi :
Sanctionnés pour engagement syndical : quand la Poste entrave les libertés fondamentales
L’écologie selon La Poste : suppressions d’emplois, malaise social et greenwashing

Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 16:49

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Les curieux calculs de l’Etat pour justifier l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

8 février 2016 | Par Jade Lindgaard
 
 
 

Selon l’aviation civile, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ferait économiser 911 millions d’euros à ses passagers. Selon les élus opposés au projet, cette estimation est une imposture.

La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) est à l’origine du plus improbable des feuilletons, conjuguant opacité administrative et élucubrations arithmétiques. Il concerne le calcul des coûts et des avantages générés par le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Depuis dix ans, l’État affirme que la construction d’un aéroport dans la campagne périphérique de Nantes rapporterait bien plus d’argent qu’il n’en coûterait.

A priori surprenante, cette affirmation est quantifiée dans le dossier d’enquête publique datant de 2006, sur la base notamment d’une estimation réalisée par le bureau d’études JLR Conseils. Selon cette étude socioéconomique, le gain de temps de trajet pour les usagers qui voyageraient à partir de Notre-Dame-des-Landes équivaut à un bénéfice de 911 millions d’euros. La somme est si importante qu’elle écrase la contestation et est brandie depuis des années par les partisans du projet pour en justifier la pertinence.

 

Les calculs de la DGAC sur Notre-Dame-des-Landes selon les opposants au projet. Les calculs de la DGAC sur Notre-Dame-des-Landes selon les opposants au projet.

 

Le problème, c’est que jusqu’à présent, personne n’avait réussi à savoir comment le bureau d’études s’y était pris pour obtenir ce chiffre. Le collectif des élus contre l’aéroport, le CéDpa, a saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) pour obtenir les détails du calcul. La CADA lui a donné raison, le 30 juillet 2015. Après des mois d’attente, plusieurs échanges de lettres avec le cabinet de Ségolène Royal, le dépôt d’un recours devant le tribunal administratif et deux envois du ministère de l’écologie, les requérants ont fini par recevoir plusieurs documents relatifs au calcul.

Selon le CéDpa, ils sont truffés d’incohérences, d’erreurs et de contradictions, à tel point que pour Françoise Verchère, sa présidente, il s’agit d’un « magnifique montage » et de « science-fiction aéronautique ». Selon la DGAC, le trafic sur Nantes sera plafonné pour réduire les nuisances sonores (56 000 mouvements commerciaux en 2019, un chiffre très sous-estimé selon l’atelier citoyen qui a contre-expertisé le dossier de déclaration d’utilité publique). Les passagers qui ne pourront plus décoller de Nantes se reporteront sur les autres aéroports de la région. Cette perte de temps a un coût, calculé en temps aérien virtuel supplémentaire.

À l’inverse, si l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes se construit, le passager qui aurait dû sinon prendre l’avion par exemple à La Rochelle, économisera 2 h 30 d’avion, soit l’équivalent de 150 euros. Chaque aérogare se trouve ainsi affectée d’un coefficient de handicap. « Comment ont-ils calculé ces handicaps ? D’où viennent-ils ? La DGAC ne l’a jamais expliqué et cela ne figure pas dans l’enquête publique. C’est très choquant », réagit Françoise Verchère.

En multipliant le nombre de passagers estimés dans les décennies à venir (jusqu’en 2042) par l’argent ainsi « économisé », on obtient 911 millions d’euros. Une logique soutient ce raisonnement, mais sur la base de chiffres hypothétiques et donc contestables. Pour le CéDpa, c’est tout simplement « une imposture »

« Le report vers des aéroports régionaux est totalement théorique et le mode de calcul du gain aérien très étonnant, analyse Françoise Verchère. On comprend mieux que, depuis le début, la DGAC n'ait pas clairement expliqué cette  hypothèse. Elle relève de la science-fiction, ne sert qu’à obtenir au final un "gain de temps de trajet" suffisamment élevé pour justifier le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. On nage en plein délire ! »

Le mystère des 911 millions d’euros n’est pas pour autant résolu. Selon la DGAC, le total des bénéfices du gain de temps « air » atteint 700 millions d’euros. L’économie en temps de train pour aller et partir de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes se chiffrerait en sus à 200 millions d’euros. Pourquoi ? Sur la base de quel calcul ? Rien ne l’explique dans les documents communiqués par l’administration. Contactée par Mediapart, la DGAC n’a pas réagi à ces critiques.

 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 16:30

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Pour la République, un «ex» n'a pas de prix

8 février 2016 | Par Mathilde Mathieu
 
 
 

Mediapart publie le détail des moyens alloués aux anciens présidents pour 6,2 millions d’euros par an. D’après nos informations, un rapport confidentiel recommande à François Hollande de revoir ce régime de faveur pour les prochains sortants. Nous révélons aussi que les anciens premiers ministres ont coûté, de leur côté, plus de 3 millions d’euros à l’État entre 2011 et 2014.

Avant de sortir la calculette et d’évaluer la masse d’argent public bazardé, quelques détails suffisent à démontrer le gâchis. Est-il normal que Matignon ait dépensé 89 000 euros en 2014 pour renouveler les berlines de François Fillon, Édouard Balladur et Michel Rocard ? Que la République rémunère sans relâche une collaboratrice d’Édith Cresson (35 000 euros par an) ? Que le contribuable paye le chauffeur de Dominique de Villepin alors que celui-ci voyage aux quatre coins du monde pour son business (40 000 euros en 2014) ? Que l’État fournisse vingt-six lignes de téléphone portable à Nicolas Sarkozy et son cabinet, bien qu’il préside un parti d’opposition ? Que Valéry Giscard d’Estaing, un tiers de siècle après avoir quitté l’Élysée à pied, n’assume toujours pas son carburant (5 000 euros annuels) ? Additionnés, ces chiffres inédits donnent le tournis. 

 

Les trois anciens présidents coûtent environ 6,2 millions d'euros chaque année à l'Etat © Reuters Les trois anciens présidents coûtent environ 6,2 millions d'euros chaque année à l'Etat © Reuters

 

Grâce aux travaux du député René Dosière (PS), les citoyens savaient déjà que Valéry Giscard d’Estaing coûtait environ 2,5 millions d’euros par an à l’État français, Nicolas Sarkozy 2,2 millions, Jacques Chirac 1,5 million. Il est ainsi loisible d'affirmer que la mise sous perfusion des anciens présidents a mobilisé des dizaines et des dizaines de millions d’euros d’argent public depuis les années 1980. Accablant.

Aujourd'hui, Mediapart dévoile la nature exacte de leurs frais sur les années 2011 à 2014, bénéficiaire par bénéficiaire. Car non seulement les trois « ex » touchent environ 6 000 euros par mois d’allocation (à laquelle s’ajoutent 12 000 euros du Conseil constitutionnel pour VGE), mais ils sont littéralement « entretenus » par la République, qui paye timbres, conseillers ou blanchisserie.

En actionnant le droit d’accès aux documents administratifs (garanti à tous les citoyens par une loi de 1978), Mediapart a obtenu les données du secrétariat général du gouvernement, ce service de Matignon qui gère les moyens dévolus par la République à tous ses « ex » – à l’exception des salaires de certains fonctionnaires mis à disposition par les ministères de l’intérieur ou de la défense. Alors que nous avions demandé ces pièces dès janvier 2015, il aura fallu attendre qu’une commission indépendante (la Cada) nous donne raison pour que les services de Matignon s’exécutent, un an plus tard. Dans d’autres démocraties, ces chiffres feraient l’objet d’un rapport annuel.

Au nom de la transparence, nous publions ainsi le détail des crédits engagés par l’État, ligne par ligne, afin que les citoyens puissent s’y plonger, depuis la location des bureaux (276 683 euros pour VGE contre 226 290 pour Sarkozy en 2014) jusqu’à l’achat de journaux (10 571 euros pour VGE contre zéro pour Sarkozy), en passant par les rémunérations de certains personnels, et même la liste des tableaux fournis par le Mobilier national (Sarkozy a emprunté une seule œuvre contre dix-neuf pour Chirac, dont une estampe de Poliakoff et une gravure de Max Ernst).

 

 

Nous révélons également le montant des dépenses liées aux anciens premiers ministres, moins lourdes, mais qui ont tout de même dépassé 2,9 millions d’euros entre 2011 et 2014 (hors leurs frais de sécurité difficilement discutables), et 860 000 euros rien qu’en 2014.

Tous les ex-locataires de Matignon ont en effet droit à une voiture (avec essence), un chauffeur et un assistant, que la plupart utilisent bien qu’ils aient repris un mandat électif ou une activité privée (voire les deux, à l’image de Jean-Pierre Raffarin et François Fillon). Seul Laurent Fabius, jusqu’à son retour au gouvernement en 2012, semblait se passer de chauffeur comme de collaborateur – tout en usant de « sa » voiture, acquise pour 39 000 euros en 2006. Économe ? N’oublions pas qu’il a aussi bénéficié plusieurs années durant des moyens matériels mis à sa disposition par l’Assemblée nationale, en tant qu’ancien patron du Palais-Bourbon…

 

 

 

On découvre ici que Matignon a encore déboursé 102 000 euros en 2014 pour rémunérer le personnel affecté à Alain Juppé (maire de Bordeaux désormais candidat à la primaire des Républicains), 97 000 pour Dominique de Villepin (dont la société réalisait cette année-là 1,8 millions d’euros de chiffre d’affaires), 89 000 euros pour Jean-Pierre Raffarin (sénateur avec toutes les indemnités afférentes), 82 000 euros pour Lionel Jospin (retraité jusqu’à sa nomination au Conseil constitutionnel en 2015), 79 000 euros pour Michel Rocard (ambassadeur « chargé de la négociation internationale pour les pôles Arctique et Antarctique »), 75 000 euros pour Jean-Marc Ayrault (député), 66 000 euros pour François Fillon (député aujourd’hui candidat à la primaire), 45 000 euros pour Édouard Balladur (retraité) et 33 000 euros pour Édith Cresson (retraitée). Il est permis de douter que ce bataillon d’assistants serve exclusivement à traiter des courriers d’admirateurs.

 

 

Anciens premiers ministres :
leurs dépenses en chauffeurs et assistants, de 2011 à 2014 (en euros)
 
Jean-Marc AyraultEdith CressonFrançois FillonDominique de VillepinAlain JuppéLionel JospinJean-Pierre RaffarinEdouard BalladurMichel Rocard050,000100,000150,000200,000250,000300,000
2014. Conducteur
2014. Assistants
2013. Conducteur
2013. Assistants
2012. Conducteur
2012. Assistants
2011. Conducteur
2011. Assistants
 
 

À ce stade, seul un débat sur les moyens des anciens présidents s’est engagé. Dès la fin 2014, à propos de Nicolas Sarkozy, plusieurs députés PS ont dénoncé une « utilisation à des fins personnelles » et un conflit d'intérêts en ces termes : « Au nom de quoi le contribuable français doit-il être le complice du retour caricatural du chef [Sarkozy] ? » De son côté, François Hollande a commandé un rapport sur le sujet à deux des plus hautes figures de l’État, Didier Migaud et Jean-Marc Sauvé, respectivement premier président de la Cour des comptes et vice-président du conseil d’État, qui ont rendu leurs conclusions il y a déjà des mois, gardées sous clef depuis dans un tiroir de l’Élysée.

 

Le 13 janvier dernier, lors de ses vœux aux corps constitués, François Hollande a évoqué l’existence de ce rapport pour la première fois, d’une petite phrase, promettant soudain de le rendre public « dans les prochains jours ». Trois semaines ont passé depuis. Sollicité, le « château » n’a pas répondu à nos questions, mais des annonces pourraient être dans les tuyaux.

Nous avons pu reconstituer le sens des propositions formulées dans ce rapport, qui porterait sur les prochains sortants de l'Élysée. Que suggère-t-il ? À la fois de rehausser l’allocation de 6 000 euros, d’imposer une réfaction en cas de reprise d’activités, et une dégressivité dans le temps des moyens matériels.

Pour travailler, Didier Migaud et Jean-Marc Sauvé sont d’abord partis du principe que les futurs « ex » ne siégeraient pas au Conseil constitutionnel. Le projet de loi de 2013, qui prévoyait de modifier en ce sens la Constitution, est certes coincé à l’Assemblée nationale (faute de majorité pour le voter), mais François Hollande s’est personnellement engagé à ne jamais endosser le rôle de « Sage ». Côté « rémunération », une fois l’indemnité du Conseil constitutionnel oubliée, resteraient donc 6 000 euros mensuels.

Après avoir examiné la situation dans les autres grandes démocraties, Didier Migaud et Jean-Marc Sauvé ont estimé que ce montant, fixé par une loi du 3 avril 1955 et correspondant au traitement d’un simple conseiller d’État hors primes, pouvait être insuffisant. Ils proposent donc de le réviser. Rappelons tout de même que François Hollande, le jour où il liquidera l’ensemble de ses droits de retraite (d’ancien haut fonctionnaire, d’ancien élu local, d’ancien parlementaire, etc.), cumulera déjà 10 000 euros net de pensions diverses. Les auteurs du rapport recommandent surtout une diminution en cas de reprise d’activités (façon Tony Blair ou Gerhard Schröder).

S’agissant des moyens matériels pris en charge par la République, ils préconisent, d’après nos informations, d’appliquer un principe de dégressivité au bout d’un certain nombre d’années. Au passage, il s’agirait surtout de donner une véritable base juridique à ce régime, car il ne tient pour l’instant qu’à un fil, plus précisément un courrier adressé en 1985 à VGE par Laurent Fabius (alors à Matignon), sur simple demande de François Mitterrand. Tant d’argent public à cause d’un courrier.

 

Boîte noire : Mediapart a reçu l’ensemble des documents sur les moyens alloués aux anciens présidents et premiers ministres le 6 février, adressés par le secrétariat général du gouvernement.

Nous avions demandé communication de toutes ces pièces en janvier 2015, sur la base de la loi de 1978 qui garantit à tout citoyen l’accès aux documents reçus et produits par les administrations – à quelques exceptions près liées au secret défense par exemple, au secret en matière industrielle et commerciale, ou à la vie privée.

Sans réponse de Matignon dans un premier temps, nous avons saisi la Cada (la Commission d’accès aux documents administratifs) pour faire respecter la loi. Elle a rendu un avis favorable à Mediapart le 22 octobre 2015 (à condition que certaines informations soient anonymisées), décision finalement communiquée à la rédaction le 31 décembre 2015. Nous nous sommes donc retournés vers Matignon, qui a ensuite transmis rapidement ces documents. Un long cheminement, tout de même, pour faire respecter le droit de savoir.

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 20:11

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

zapnet

Ahurissant : un drone montre ce qu’il reste de Homs, en Syrie

 

 

 

 

« La prochaine de fois que quelqu’un se demande pourquoi les réfugiés risquent tout pour venir en Europe, montrez lui ceci » écrit The Independent sur sa page Facebook. Le journal britannique publie sur son site une vidéo ahurissante (à voir ici).

Il s’agit d’un survol par un drone de la ville de Homs, en Syrie, dont nous publions la version originale, postée sur YouTube par la chaîne russe RT.

Tout n’est plus que ruines et désolation. Bastion du soulèvement contre le régime de Bachar al Assad, Homs, qui était la troisième ville du pays avec près d’un million d’habitants, a été complètement dévastée par les bombardements. Le siège de la ville a officiellement pris fin le 1er décembre 2015, à la signature d’un accord de capitulation signé par les rebelles de Waer, le dernier quartier de la ville aux mains de l’opposition, sous la supervision des Nations unies.

La vidéo a été vue 7,4 millions de fois sur Facebook. Les images sont signées de la société Russia Works, qui avait déjà publié en octobre dernier une vidéo ambiance « Call of Duty » d’un drone survolant un quartier de Jobar, à l’est de Damas. Il s’agit là encore évidemment d’une vidéo de propagande en faveur de l’intervention russe en Syrie. Mais elle rappelle l’ampleur des dévastations de cette guerre qui dure depuis cinq ans.

Dans un contraste saisissant, circule depuis quelques heures ce cliché de mariés posant dans Homs dévastée.

 

L’amour plus fort que tout, un retour à la normale ? Une autre forme de propagande.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Published by democratie-reelle-nimes - dans Syrie
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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 19:52

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Des briques

Erreur 53 : quand Apple bousille volontairement vos téléphones

 

 

Au nom de la sécurité de ses clients, la marque américaine déclenche une erreur qui paralyse les derniers iPhone, si une réparation extérieure est détectée. Vrai service ou atteinte aux consommateurs ?

 
 

C’est la capsule de cyanure des iPhone. Ce qui les rend complètement inutilisables, à l’insu de leurs propriétaires. Le tout sur simple décision d’Apple, des mois parfois après leur acquisition.

 

Ok ok donc askip mon iphone a une erreur 53 ça veut dire que rien qu'en faisait la maj mon bouton home c'est bloque tt seul ouai ouai ouai

 

Ce poison, intitulé « erreur 53 », fait frémir des consommateurs du monde entier depuis des semaines – une simple recherche sur Twitter ou les forums spécialisés permet de s’en assurer. Jusque là néanmoins, seules les victimes de ce sabotage intentionnel et les amateurs de bidouilles high-tech étaient au courant.

En révélant l’histoire ce 5 février, le journal britannique The Guardian a inquiété des millions de possesseurs du dernier téléphone d’Apple, l’iPhone 6 – qui s’est vendu comme des petits pains : 10 millions d’exemplaires rien que les trois premiers jours de sa sortie.

 

Quand le téléphone se transforme en brique

Dans la majorité des cas, la mésaventure débute après une mise à jour. L’installation, sur le dernier-né de la gamme d’iPhone, de la version récente du système d’exploitation de la marque : iOS 9. S’en suit la réception du message fatal : « error 53 ».

Impossible alors d’utiliser le téléphone. Sur les forums d’experts, l’appareil est dit « bricked » : aussi utile qu’une brique pour appeler, envoyer des messages ou aller sur Internet. Bref, un poids mort.

 

Erreur 53

Erreur 53 - Capture iCracked
 

A en croire le Guardian, qui a collecté de nombreux témoignages, la paralysie intervient avant tout sur des téléphones dont le bouton principal (en bas au centre de l’appareil) a été réparé dans une boutique non agréée par Apple. Y compris des mois après avoir été tripatouillé, le téléphone s’arrête net une fois iOS 9 installé. Témoignage d’Antonio Olmos, un photographe s’avouant « Apple addict », sur le site du journal britannique :

« J’étais dans les Balkans pour suivre la crise des réfugiés en septembre, quand j’ai fait tomber mon portable. J’en avais vraiment besoin pour le boulot donc je l’ai fait réparer par une boutique locale, vu qu’il n’y a pas d’Apple Store en Macédoine. Ils ont réparé l’écran et le bouton principal, et ça marchait très bien. »

Jusqu’à la mise à jour logicielle. Et l’erreur 53.

 

« Raisons de sécurité »

Peu loquace sur ce problème (comme souvent), Apple a été obligé de sortir du bois après les révélations du Guardian. La firme ne nie pas être à l’origine de cette panne volontaire, et affirme même l’activer pour des raisons de sécurité.

 

Pommes empoisonnées

Pommes empoisonnées - torange.us/CC
 

La faute au système d’identification des empreintes (fonction « touch ID ») qui est associé, depuis l’iPhone 5S, au bouton principal des iPhone. Plus besoin de code secret pour déverrouiller les appareils récents : il suffit d’apposer son pouce, et laisser le bouton vous identifier.

Critiquée pour sa capacité à ficher les empreintes de millions de personnes, la fonctionnalité a également été très vite piratée. Du coup, Apple joue la carte de la sécurité dans sa réponse officielle au Guardian :

« Nous protégeons les empreintes digitales par une enclave sécurisée, qui est couplée avec un unique capteur touch ID. Quand un fournisseur Apple autorisé, ou un magasin de la marque est chargé d’effectuer des modifications sur ce capteur touche ID, le couplage est une nouvelle fois validé.

Sans cette combinaison unique, un capteur malveillant pourrait être placé et avoir ainsi accès à l’enclave sécurisée. Quand iOS détecte l’échec du couplage, touchID, y compris pour Apple Pay, est désactivé afin que l’appareil demeure sûr. »

 

Atteinte aux droits des consommateurs ?

A en croire les victimes pourtant (ici un rédacteur de The DailyDot, là un blogueur de d’iCracked), les conséquences sont autrement plus simples. Et radicales : l’appareil demeure bloqué et la seule solution préconisée est... d’en racheter un ! Or difficile de trouver un iPhone neuf en dessous de 600 euros. Quant à l’occasion, comment savoir si des revendeurs autres qu’Apple ont retouché l’appareil dans sa vie antérieure ?

La facture est donc très salée pour un produit déjà onéreux. Apple, très critiquée pour sa propension à enfermer sa clientèle dans un univers cher et limité (passage obligatoire sur iTunes, chargeurs spécifiques, voire obligation de télécharger le dernier U2 ! ), se voit une nouvelle fois taclé. Le Guardian s’interroge carrément : ne s’agit-il pas ici d’une pratique anti-concurrentielle ?

Le journal brandit l’exemple des équipementiers automobiles qui n’ont pas le droit, au Royaume-Uni, de forcer leurs clients à faire réparer leurs véhicules chez eux. En France, si l’Autorité de la concurrence s’est penchée sur le sujet en 2012, en appelant à une ouverture du marché de la réparation, la situation est loin d’être aussi claire.

Néanmoins, des règles existent, ici et en Europe, pour empêcher les marques de garder un contrôle absolu sur leurs produits après achat. Le principe de vente liée, notamment, interdit de forcer un client à acheter un produit avec un autre produit ou service, pour peu que la pratique soit considérée comme déloyale. Le cas de l’erreur 53, qui force à aller quérir les services de réparation d’Apple, peut-il entrer dans cette catégorie ?

On attend avec impatience l’éclairage de la DGCCRF, ainsi que des conseillers juridiques spécialisés dans le droit de la concurrence, contactés pour l’occasion - pour le moment, sans succès.

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 19:10

 

Source : http://television.telerama.fr/television/sur-france-2-impunite-pour-le-nucleaire-prison-meritee-pour-les-salaries-de-goodyear,136877.php

 

 

Sur France 2, impunité pour le nucléaire, prison méritée pour les salariés de Goodyear

 
 

« La relance du débat sur le nucléaire », proclame David Pujadas. Les écolos réclament encore la fermeture des centrales ? Pas du tout. Quand David Pujadas relance « le débat sur le nucléaire », c’est seulement celui sur la prolongation ad nauseam de la durée de vie des réacteurs. « En France, elle est fixée théoriquement à 40 ans. Certaines centrales sont déjà programmées pour 50 ans. » On n’arrête pas le progrès. « Eh bien, les Etats-Unis, premier parc du monde, viennent d’ouvrir la porte à une durée de vie de 80 ans. » C’est prometteur. Comme le titre, qui laisse penser qu’un réacteur se bonifie avec le temps :

 


Pour du calva, on appelle ça du « hors-d’âge »… « C’est le plus grand parc nucléaire au monde, commence le reportage. Les Etats-Unis comptent 99 réacteurs qui fournissent 20 % de l’énergie du pays. » Et voilà, ça recommence. France 2 confond « énergie » avec « électricité ». Sur Wikipedia (chiffres de 2013), je vérifie que la part de l’énergie nucléaire représente 19,1 % de l’électricité produite, laquelle représente 12,3 % de l’énergie produite. J’en déduis que le nucléaire représente seulement 2,5 % de l’énergie produite aux Etats-Unis, presque dix fois moins que les « 20 % » assénés par le reporter ! Il reproduit fidèlement une erreur déjà commise dans un reportage tout ébahi par la formidable performance de la Nouvelle-Zélande, où 100 % de « l’énergie » est d’origine renouvelable ! Cette fois, David Pujadas se permet même d’enchaîner avec un reportage sur « le dernier vol du 747 »… qui vole à l’électricité, peut-être ? Ou au kérosène ?

 

20 % ou 2,5 %, l’enjeu diffère un chouïa. Le surestimer permet de légitimer que « 81 réacteurs ont déjà obtenu le droit de poursuivre leur exploitation au-delà des 60 ans requis ». Requis ? Par qui ? Depuis quand les réacteurs possèdent-ils une durée de vie obligatoire ? « Cela signifie que certaines de ces centrales construites dans les années 70 seront encore en exploitation en 2050. » Fesseinheim, Bugey… (conçues pour 25 ans de fonctionnement).

« Je pense que certaines de ces centrales ne devraient pas être prolongées », pinaille pour la forme un « spécialiste nucléaire à la “Brookings Institution” » avant de s’enthousiasmer : « Mais la vaste majorité d’entre elles, 90 %, peuvent être reconduites sans aucun doute. » Ce qui, en France, nous assurerait le fonctionnement d'une bonne cinquantaine de réacteurs octogénaires. Mais j’ai sûrement tort d’extrapoler.

Le reporter rappelle « l’incident » de Three Miles Island en 1979 (fonte du cœur du réacteur) et révèle que « la question de l’extension de la durée est une vieille envie des autorités américaines… » Ou des exploitants (privés) des centrales ? « … Notamment par souci économique mais aussi parce qu’aujourd’hui la technologie le permet. » Ah bon, on a inventé un nouveau sparadrad pour soigner les fissures – pardon, les rayures – des cuves des réacteurs ? Stephen Burns, rien moins que responsable de la sûreté nucléaire aux Etats-Unis, doté à ce titre d’un fier écusson, précise que les avancées sont moins technologiques que réglementaires : « Les choses changent et nous devons nous adapter, être flexibles, plus souples sur les conditions d’autorisation, être efficaces en s’appuyant sur les moyens existants. » Le nouveau sparadrad, donc. Flexible, si j'ai bien compris. Imperméable, j’espère.

 

 

« En matière de nucléaire, les Etats-Unis ont plutôt bonne réputation, reprend le reporter. Tout comme la France. » Une coïncidence. « Cette première mondiale pourrait donc donner des idées à d’autres pays et pourquoi pas aux Français. » Non, pas possible ? Par « Français », ne faudrait-il pas entendre EDF (et Areva, et le CEA…) ? « Car prolonger la vie d’une centrale coûtera de toute façon toujours moins cher qu’une construction nouvelle. » Et même, elle se bonifie. Puisqu’on vous le dit… Trente ans après, la chanson de Castelhemis est toujours d’actualité ! (Musicalement, c’est plus discutable.)

Si le JT de France 2 est jusque dans ses omissions un fidèle porte-parole de l’industrie nucléaire (comme celui de TF1), il n’en est pas moins épris de justice (de classe ?). En témoigne le sujet consacré à une « décision de justice inédite : les huit ex-salariés de Goodyear jugés pour la séquestration de cadres dirigeants de l’usine en 2014 ont donc été condamnés à neuf mois de prison ferme », annonce David Pujadas.

 

 

Un reportage rappelle la prise d’otage des « cadres dirigeants », images d’« humiliation » incluses, recueille la réaction indignée des condamnés, passe bien vite sur la décision du ministère public de poursuivre seul la procédure (la direction a retiré sa plainte comme prévu dans un « accord de sortie de crise » signé avec les représentants des salariés). Et mentionne pour la forme les « 1 143  postes supprimés », sans s’attarder sur le sort des licenciés.

Ça se gâte forcément quand David Pujadas prononce la formule rituelle. « Et on va un peu plus loin avec vous, Jean-Paul Chapel. » Plus loin que la raison, en général. « Y a-t-il un durcissement des sanctions judiciaires dans ce type d'affaires ? » « Oui, ça s’est durci. Jusqu’à présent, les sanctions ont été très rares », déplore le spécialiste, en relevant tout de même « une, en 1997, deux mois de prison » mais c’était du sursis donc ça ne compte pas. En revanche, quand une dizaine de postiers « retiennent en otage » des cadres de la Poste en 2010, cela leur vaut d’être relaxés, « Olivier Besancenot en tête », seulement deux kidnappeurs étant condamnées à 1 500 euros d’amende mais ça ne compte toujours pas puisque c'est « avec sursis ».

 

 

« Avec la crise, à partir de 2009, les séquestrations se multiplient. Caterpillar, 3M, Mole… A chaque fois c’est la RELAXE », s’indigne Jean-Paul Chapel, rappelant à l’aide d’images accablantes les pires exactions des militants de la CGT. « Quand il y a saccage, la peine n’est guère plus lourde. » Rappelons au spécialiste que la relaxe ne constitue pas une peine. « Quand les salariés de l’usine Continental s’en prennent à la sous-préfecture de Compiègne, ici avec Xavier Mathieu, ils sont condamnés à 1 280 euros de dommages et intérêts, une amende partagée à six. » Des clopinettes !

 

 

Quelle écœurante impunité ! Etrangement, Jean-Paul Chapel ne mentionne pas les « bonnets rouges » relaxés pour avoir détruit des portiques écotaxe. Ni l’absence de poursuites contre les agriculteurs, les pêcheurs ou les chasseurs qui « saccagent » les préfectures (voire les ministères) quand ils n’incendient pas un monument historique.

« Il y a un cas emblématique qui n’est pas encore jugé, conclut Jean-Paul Chapel, la chemise arrachée du DRH d’Air France. » Quand le JT avait loyalement servi d’auxiliaire de police. « Cinq salariés sont poursuivis pour violence en réunion, verdict le 27 mai prochain. » En attendant, inutile d’indiquer qu’ils ont été licenciés. De toute façon, ils n’ont pas à s’inquiéter : France 2 leur garantit une reconversion comme chaudronniers, robinetiers ou décontamineurs afin d’assurer les soins palliatifs de nos vieilles centrales.

 

 

Source : http://television.telerama.fr/television/sur-france-2-impunite-pour-le-nucleaire-prison-meritee-pour-les-salaries-de-goodyear,136877.php

 

 

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 18:56

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Nucléaire

L’éventualité d’un « Tchernobyl » belge inquiète de plus en plus

par

 

L’inquiétude progresse en Europe suite à une série d’incidents – début d’incendie, fuite d’eau, problème d’alternateur – dans les centrales nucléaires belges. Elles sont situées à Dœl (15 kilomètres du grand port d’Anvers) et à Tihange (sud-est de la Belgique, à environ 70 kilomètres de la frontière avec l’Allemagne), et ont – pour certains de leurs réacteurs – dépassé les 40 ans. Elles devaient s’arrêter définitivement dans le courant de l’année 2015. Le gouvernement belge a finalement décidé de prolonger de dix ans la durée de vie de ces réacteurs. Leur redémarrage est en cours. Deux autres réacteurs, arrêtés pendant plus de vingt mois après la découverte de fissures dans la paroi de leurs cuves, ont aussi été récemment relancés par leur exploitant, Electrabel, une filiale de GDF-Suez. L’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) avait annoncé en novembre dernier, après divers contrôles, que ces micro-fissures ne présentaient pas de risques. Mais les gouvernements des pays limitrophes – Allemagne, Luxembourg et Pays-Bas – n’en sont pas convaincus. Les ministres de l’Environnement de ces trois pays ont été reçus à tour de rôle par les autorités belges.

Accueillie ce lundi 1er février par le ministre belge de l’Intérieur Jan Jambon, la ministre allemande Barbara Hendricks, s’est dite rassurée « pour le moment ». La Belgique s’est engagée à répondre à toutes les questions de l’Allemagne. Des inspections croisées entre pays frontaliers devraient avoir lieu. Au Parlement européen, les Verts demandent l’organisation de missions de contrôles indépendantes pour faire le point sur la dangerosité des centrales nucléaires belges. « La France, comme l’ensemble des voisins de la Belgique, serait directement touchée par un tel désastre », s’inquiètent de leur côté 750 000 signataires d’une pétition en ligne. Intitulée « Quelques heures pour éviter un nouveau Tchernobyl ? », la pétition invite les citoyens à se mobiliser massivement « pour obtenir de l’Union européenne ce que les Belges cherchent à éviter : une évaluation indépendante des risques ». Ailleurs, et notamment à Aix-la-Chapelle en Allemagne, les autorités envisagent de se porter en justice pour obtenir la fermeture de la centrale de Tihange.

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 18:40

 

Source : http://www.franceinter.fr

 

 

l'émission du vendredi 5 février 2016

Nucléaire : la facture cachée du démantèlement

 
 
 
 

Une enquête de Jacques Monin avec la collaboration de Cyril Sauvageot

 

Il est loin le temps de l’électricité pas chère ! EDF va devoir augmenter ses tarifs de 30 à 50% à cause du vieillissement de ces centrales, du sauvetage d’AREVA, de la construction de deux EPR (Réacteur pressurisé européen) en Grande-Bretagne. Mais un autre nuage risque de plomber un peu plus ses comptes : le démantèlement des centrales nucléaires françaises.  

 

Un chantier qui risque de coûter très cher car lors de la construction des premières centrales dans les années 50 et 60, on ne s’est posé la question ni de leur démantèlement ni du coût. Le démarrage du démantèlement est assez récent et les mauvaises surprises s’accumulent : surcoût et méconnaissance des méthodes à employer.

Le cas de la centrale de Brennilis

C’est l’une des plus vieilles centrales françaises située en Bretagne, dans le Finistère. Sa construction au cœur des Monts d’Arrée s’est achevée en 1966. Elle produira de l’électricité jusqu’en 1985, soit durant 19 ans. Puis la décision est pris de la mettre à l’arrêt : le combustible est enlevé. Débute ensuite une première phase hallucinante de démantèlement : les « Pieds Nickelés à Brennilis », si l’on en croit Michel Marzin, un ancien technicien de la centrale présent lors des opérations de démantèlement :

 

Michel Marzin © DR@M.Marzin - 2016

 

Au début c’était carrément les ferrailleurs qui venaient : ils emportaient des moteurs électriques, des armoires, comme si c’était le démantèlement d’une laiterie ou d’un lycée, d’un vieux bâtiment en somme. Le matériel n’était pas contaminé car c’était dans les auxiliaires. Mais alors on ne sentait pas le poids de la centrale nucléaire à côté.

Des négligences, il y en aura d’autres : en 2007, un rapport de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) dénonce la présence de futs corrodés et mal répertoriés présents sur le site. On retrouvera aussi des traces de plutonium dans un chenal. Des incidents inquiétants qui se poursuivent comme en septembre 2015 : alors que les ouvriers découpent du métal à quelques mètres de l’ancien réacteur, certains laissent tomber par terre des lingettes imbibées de solvant qui s’enflamment. Sans conséquences graves certes, mais la façon dont ces ouvriers travaillent choque à nouveau Michel Marzin :

Ils faisaient sécher les lingettes par terre, tout en découpant, juste à côté, de l'inox  à la tronçonneuse qui faisait des étincelles, ce qui a mis le feu dans les vapeurs d’évaporation. L’incendie a pris et aurait pu atteindre la cuve du réacteur qui était à quelques dizaines de mètres de là. Et ça c’est grave !

A EDF, on ne cherche pas à nier ces  négligences.  Sylvain Granger, le directeur chargé des projets de déconstruction au sein du groupe, admet que l’entreprise, en charge des travaux, a été dépassée par les événements :

 

Sylvain Granger © @EDF - 2016

 

Le solvant ne devait pas être volatile ; l’environnement était confinant et a donc accumulé un certain nombre de vapeurs. Les protections  prises,  entre l’opération des coupes et l’endroit où se situait le solvant, n’ont pas été suffisantes. D’un autre côté, l’expérience acquise sur les chantiers actuels, y compris les essais-erreurs que nous avons eus, nous ont permis de progresser et de clarifier la manière de nous y prendre

Et le plus étonnant est que Brennilis a été fermée il y a trente ans et que son démantèlement n’est toujours pas terminé, même s’il faut préciser, qu’à ce jour, une seule centrale nucléaire au monde a été entièrement démantelée : dans le Maine, aux Etats-Unis.

Hier : la mise en hibernation des centrales

Pourquoi un démantèlement si long ? C’est un choix, comme nous l’explique Fabien Schilz, qui s’occupe des questions de déconstruction à l’ASN, l’Autorité française de sureté nucléaire :

 

Fabien Schilz © V.Bourdon@ASN - 2016

 

EDF a choisi - lorsque la première filière de centrales nucléaires a été arrêtée  - de faire du démantèlement différé : ce qu’on peut faire dans l’immédiat, on le fait tout de suite – comme l’évacuation des déchets d’exploitation -  ensuite on ferme l’installation, on la surveille et on y reviendra plusieurs décennies après pour profiter notamment de la décroissance radioactive. Un choix qui a été remis en cause par l’ASN à la fin des années 90 en demandant à l’ensemble des exploitants nucléaires de passer sur une stratégie dite de démantèlement immédiat. Résultat : aujourd’hui, même si on continue à travailler sur certaines d’entre elles plus de trente ans après leur arrêt, en fait on commence seulement le démantèlement car durant plusieurs décennies il ne s’est pas opéré.

 

Aujourd’hui : le démantèlement immédiat

Dorénavant, le démantèlement intervient juste après l’arrêt de la centrale, mais les tâtonnements restent nombreux. En effet, il existe deux cas de figure :

  1. les centrales de première génération qui représentent à chaque fois un casse-tête
  2. les centrales actuelles pour lesquelles les choses devraient être plus simples

Dans le premier cas,  aucune des vieilles centrales n’est identique à l’autre, et il est impossible de tenir un devis. Un exemple significatif : le super générateur de Creys-Malville arrêté en 1998 et dont le démantèlement a immédiatement débuté avec notamment le découpage délicat des locaux radioactifs.

 

la centrale de Creys-Malville (Isère) © Yann Forget @Wikicommons - 2016

 

Mais la situation s’est compliquée à la suite d’une très mauvaise surprise, comme l’explique Sylvain Granger à EDF :

Nous nous sommes aperçus qu’il y avait de l’amiante, ce qui a conduit à une complexification du chantier jamais identifié car tant qu’on n’avait pas la possibilité d’aller faire des tests pour vérifier s’il y avait ou pas de l’amiante, on ne le savait pas. C’est dû au fait que sur des réacteurs anciens ou pour lesquels les opérations de démantèlement n’avaient pas été nécessairement pensées de manière anticipée, forcément les opérations à mener, présentent un certain niveau d’incertitude. Admettons-le.

De même, à Grenoble, dans un des centres de recherche du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), il a fallu extraire de la terre contaminée qui n’aurait pas dû l’être, provoquant un surcoût. Dans d’autres locaux nucléaires, on a même découvert, cachés derrière des cloisons, des compartiments radioactifs qu’on ne connaissait pas. On avait tout simplement perdu les plans des sites !

 

Des enjeux financiers énormes

En revanche, pour les centrales plus récentes, la méthode est différente : cinquante-huit réacteurs sont actuellement en service, quasiment tous identiques, et il devient possible d’industrialiser le processus de déconstruction. Alain Vandercruyssen, qui dirige une unité spécialisée chez le géant du nucléaire Areva, propose déjà des nouveaux outils adaptés pour le faire :

 

Alain Vandercruyssen © JM Taillat@AREVA - 2016

 

L’idée est de développer et d’adapter des technologies utilisées dans l’industrie conventionnelle, comme l’outil nommé MANUELA : l’utilisation de scanner 3D où on a ajouté une mesure radiologique et grâce auquel on arrive à avoir une représentation en trois dimensions d’un local avec l’ensemble des points présentant un niveau radiologique plus important. Cela permet de faire des mesures et des essais sans être dans l’installation.

Et ce n’est pas un hasard si Areva développe ce type d’outils : d’ici quinze ans, on estime qu’il y aura trois cents réacteurs à démanteler dans le monde : un marché potentiel de 200 milliards $ !

Un autre défi : le stockage des déchets

Un stockage qui intervient une fois les bâtiments démolis. Il existe aujourd’hui deux sites de stockage dans l’Aube, gérés par  l’Andra, l’agence chargée de la gestion des déchets radioactifs en France. Or on estime que, dans les années à venir, le volume de ces déchets va tripler ! Il va donc falloir accroître la capacité des sites existants, et sans doute en construire un troisième. 

Mais cela ne suffira pas, et l’Andra a donc une autre idée : le recyclage d’une partie des déchets nucléaires.  Une opération actuellement impossible du fait de la législation française très stricte : tout déchet provenant d’une centrale doit aller dans une décharge spécialisée. Patrice Torres, le directeur des centres de l’Andra, voudrait donc qu’on assouplisse cette règlementation :

 

Patrice Torres © V.Duterme@Andra - 2016

 

En France, au plan réglementaire, il n’existe pas de seuil de libération : même lorsque vous mesurez un niveau zéro de radioactivité, sur une poutre en métal par exemple, vous n'êtes pas autorisé à la fondre pour en fabriquer autre chose. En effet, le législateur considère qu’il y a toujours une limite en deçà de laquelle l’appareil ne mesure pas.

On n'a donc pas voulu prendre le risque, comme d’autres pays le font pour recycler ces matériaux. Pour autant, de nombreuses personnes – les producteurs de déchets, l’ANDRA - travaillent à des pistes qui permettraient de valoriser et de réutiliser une partie de ces déchets qui sont, pourrait-on dire, des déchets radioactifs plus « administratifs » que réellement radioactifs. Ils seraient peut-être réutilisables dans la filière nucléaire pour construire des colis de stockages ou des ouvrages de stockage.

 

Que faire des déchets les plus radioactifs ?

Mais il faudra aussi trouver des aires de stockage pour les combustibles des centrales : ils restent extrêmement radioactifs durant des centaines de milliers d’années. Actuellement, la plupart sont entreposés à l’usine de retraitement de la Hague, vitrifiés pour éviter les risques d’incendie. Mais il y a aussi là-bas quelques vieux déchets qu’on a laissés à l’abandon dans des conteneurs. Et selon Fabien Schilz, de l’Autorité de sureté nucléaire, il faut maintenant les récupérer :

Jusque-là, ces conteneurs étaient mis dans un bac en vrac dans des fosses ou silos en attendant que des solutions de conditionnement correct soient trouvées. Mais actuellement, l’un des enjeux majeurs pour l’ASN est la reprise de ces déchets anciens et leurs conditionnements. Les reprendre, les conditionner et les entreposer en toute sûreté, avant un jour de les envoyer en centre de stockage en couche géologique profonde.

Autrement dit : envoyer tous ces combustibles dangereux très profondément sous terre.

 
Cigéo : un souterrain à hauts risques

 

Le laboratoire de recherche souterrain de l'ANDRA à Bure © Rémi Wafflart@MaxPPP - 2016

 

Cigéo est le nom du centre de stockage que L’Andra souhaite construire d’ici dix ans à 450 mètres de profondeur, à Bure près de Nancy. L’agence conduit des expérimentations dans un laboratoire souterrain qu’elle a déjà sur place.

Un type d’équipement qui nécessite de grosses précautions. Les allemands ont déjà des soucis avec un site du même type, construit dans une ancienne mine de sel, où le terrain bouge et où l’eau s’infiltre. Et les Américains ont récemment fait face à un incendie dans un centre comparable qui n’était pas équipé de système de ventilation de secours. Et la France n’est pas en reste : à Bure même, le 26 janvier 2016, un homme est mort et un autre blessé dans un éboulement sur le site de l’Andra.

Ce qui fait dire à Jacques Repussard, le directeur général de l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN), qu’il vaut mieux faire des essais avant de lancer un tel centre grandeur nature :

 

Jacques Repussard - O.Seignette M.Lafontan@IRSN - 2016

 

L’IRSN s’est prononcé en faveur de la construction d’un site pilote avec une quantité limitée de déchets nucléaires dangereux. Nous devons vérifier sur le long terme – plusieurs décennies – que cette solution est effectivement satisfaisante aussi sur le plan de la sécurité industrielle au quotidien. Il y a des risques d’incendie, d’effondrements, de perturbations du sol et tout cela doit être vérifié in situ et non pas dans un laboratoire qu’on a aujourd’hui à côté de Bure.

 

Un coût incertain et sans doute prohibitif

Au-delà du défi technologique représenté par un tel centre souterrain, il ne faut pas oublier le coût financier qui reste incertain. L’ASN, l’Autorité de sureté nucléaire où travaille Fabien Schilz, a demandé à l’Andra de revoir sa copie :

 

Le coût d’un déchet envoyé à CIGEO est aujourd’hui basé sur une estimation ancienne et obsolète. L’ASN a rendu son avis début 2015 – il n’est pas public – et appelé à ce que le coût de CIGEO soit rapidement mis à jour et ensuite régulièrement réévalué car il y a un impact majeur sur le coût de démantèlement et sur les charges que doivent mettre de côté les exploitants. La dernière estimation du coût de CIGEO faite par l’ANDRA il y a plus de dix ans, était de 15 milliards €…

Et en effet,  ce n’est pas 15, mais 32 milliards € que pourrait finalement coûter Cigéo !

Théoriquement, tous ces coûts et ces charges futures ont été anticipés. Depuis 2006, les opérateurs des centrales doivent provisionner les charges liées au démantèlement. EDF fait donc des estimations, et chaque année, met de l’argent de côté. Mais la Cour des comptes estime que ces provisions sont sous évaluées. Et Yves Marignac, un expert qui dirige en France l’ONG Wise, une agence indépendante d’information proche des anti-nucléaires, partage cette analyse :

 

Yves Marignac, directeur de Wise © Wostok@MaxPPP - 2016

 

Si l’on compare  au niveau international, on observe que les estimations des opérateurs et gouvernements étrangers sont partout plus élevées qu’en France – de 10% jusqu’à 250% plus élevé – un facteur 3 voire davantage sur les estimations. Il est donc très probable que les coûts actuellement provisionnés par EDF s’avèreront insuffisants lorsqu’il faudra démanteler.

 

Mais Sylvain Granger, le Monsieur déconstruction à EDF défend ces estimations. EDF, dit-il, a justement fait faire un audit pour en avoir le cœur net :

Il a été réalisé par deux cabinets indépendants. Les conclusions ne sont pas publiques mais nous ont été rendues durant l’été. Les auditeurs ont confirmé ce qui avait été observé par la Cour des comptes. Pour eux il y avait une légère sous-évaluation sur l’assainissement des sols : un surcoût que nous prendrons en considération car nous avons les moyens de l’évaluer de manière plus précise. En revanche, ils ont considéré que certaines opérations de démantèlement chiffrées par nos soins, étaient surévaluées. Et au global, on a une confirmation du chiffrage qui est évalué aujourd’hui dans nos provisions.

 

Mais alors qui a raison ? Impossible de le savoir. On navigue en plein brouillard : qu’il y ait recyclage ou non et selon le coût réel de Cigéo, la différence peut être énorme…

 
En Allemagne les mêmes incertitudes

On y a fermé sept centrales après Fukushima et neuf autres devraient suivre d’ici 2022. Alors, comme en France, les opérateurs provisionnent, et on s’interroge aussi sur la fiabilité de ces prévisions. C’est ce qu’affirme Dimitri Pescia, chercheur spécialisé dans le nucléaire, basé à Berlin :

On est dans une incertitude totale concernant les montants et les prix à venir. Ni en Allemagne ni nulle part ailleurs dans le monde, il n’existe d’expérience très développée des démantèlements. Les doutes sont aussi nombreux sur le coût du stockage définitif. Actuellement en Allemagne, aucune filière de stockage n’a été arrêtée. Si les montants provisionnés ne sont pas suffisants pour couvrir les coûts, il faudra un jour ou l’autre investir de l’argent public  avec pour conséquence une répercussion sur le contribuable.

Les consommateurs allemands pourraient donc au final payer la facture. 

Vers une explosion des prix de l’électricité en France ?

Car ce qui vaut en Allemagne pourrait aussi valoir en France. Un package, dont les Français paieront la facture, et qui contient : 

  1. -         la rénovation du parc des centrales actuelles : 55 milliards €
  2. -         la prise de participation d’EDF dans Areva : près de 3 milliards €  
  3. -         la construction des deux EPR au Royaume-Uni : près de 18 milliards €
  4. -         le démantèlement  : officiellement une trentaine de milliards €, mais sans doute plus

Au total, une facture explosive !

 

Des chiffres pas vraiment contredits par le PDG d’EDF en personne. Récemment sur I Télé, Jean-Bernard Levy, reconnaissait – certes en des termes feutrés - que notre facture allait grimper :

 

Jean-Bernard Levy © Medef - 2016

 

Grâce au nucléaire, nous avons eu durant des années, l’électricité la meilleure marché d’Europe.

Le parc nucléaire français est encore jeune, mais avec le temps qui passe, il va falloir un peu plus d’argent pour le rénover, pour le maintenir. Ca veut dire qu’il y aura régulièrement des augmentations acceptables

 

Acceptables car pour l’instant, l’Etat fait pression sur EDF pour ne pas augmenter les prix de façon trop brutale : politiquement, ce type de mesures est impopulaire. Mais au final, ces augmentations devront être massives. Elles ont d’ailleurs été chiffrées si l’on en croit Yves Marignac, le directeur de Wise :

Dans les années à venir, on verra une augmentation du tarif de l’électricité d’environ 30 à 50%. Le tarif actuel en France – sensiblement moins cher que dans reste de l’Europe - ne peut pas durer sauf à laisser totalement dépérir le système électrique français avec des conséquences bien plus graves qu’une simple augmentation des prix.

 

Le scénario catastrophe : une possible faillite d’EDF

Une hypothèse alarmiste, mais qui est évoquée pour une raison simple : 80% des cinquante-huit réacteurs français ont été mis en service sur une période de dix ans. Pour l’instant, EDF parie sur le report de leur fermeture. Mais à terme, on risque d’avoir à mener en cascade de très nombreux démantèlements : autrement dit un effet de falaise. Si on a sous-estimé ce qu’il fallait provisionner, EDF risque de se trouver devant un mur financier. Selon Yves Marignac, l’entreprise joue sa survie dans cette affaire :

Si on continue à repousser la durée de vie de tout le parc, on se retrouvera dans un scénario à la britannique, ou encore plus à l’allemande : le passif devra être directement repris par l’Etat, pendant que les actifs – pour générer du cash – vont être davantage privatisés. Le mur financier et industriel du démantèlement met en péril la survie de l’entreprise

 

Une hypothèse encore incertaine, en revanche, le consommateur n’échappera pas à la forte augmentation du prix de l’électricité. Une solution : réduire sa consommation, en utilisant des équipements moins énergivores, et en isolant mieux les logements. Sans doute la seule façon d’adoucir cette potion amère qu’il nous faudra avaler.

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 18:30

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Notre-Dame-des-Landes: bienvenue chez les dingues

6 février 2016 | Par Jade Lindgaard
 
 
 

Les contradictions permanentes du gouvernement sur la construction de l’aéroport du Grand Ouest ont un effet délétère sur la vie politique locale. En rendant impossible l’échange d’arguments rationnels, elles détruisent les conditions du débat démocratique.

Il était une fois une peuplade étrange. Ils étaient parlementaires, ministres, chef du gouvernement et président de la République. Ils exerçaient le pouvoir au plus haut niveau et prenaient des décisions graves et historiques pour leur pays : partir en guerre contre des groupes armés dans des pays étrangers, instaurer l’état d’urgence, exonérer d’une partie de leurs impôts les grands groupes industriels en échange de créations d’emplois.

Mais ils n’arrivaient pas à savoir s’ils voulaient ou non construire un aéroport de province.

Bienvenue dans la France de 2016.

Huit ans après la déclaration d’utilité publique du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à une trentaine de kilomètres de Nantes, en Loire-Atlantique ; 42 ans après la création d’une zone d’aménagement différé par arrêté préfectoral, on ne sait toujours pas si la plateforme aéroportuaire sortira du sol. Quelques semaines après la clôture de la COP21, le sommet sur le climat, le gouvernement de Manuel Valls se contredit à un rythme ahurissant sur le sujet.

 

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Dimanche 31 janvier, Ségolène Royal, ministre de l’écologie et des transports, doublement en charge du dossier, déclare lors de l’émission C Politique : « C’est un projet qui remonte à plus de 15 ans. Entretemps des choses ont changé. Il y a des légitimités qu’il faut peut-être revisiter. Il y avait beaucoup de confrontations, de tensions, de violences au motif qu’il y avait des solutions alternatives qui n’avaient pas été vues. C’est maintenant devenu un grand principe démocratique depuis les conférences environnementales, j’ai demandé à mon inspection générale de mettre à plat, de voir s’il y avait des projets alternatifs ou complémentaires. De toute façon la situation est bloquée. On ne fera pas d’évacuation par la force, ça je peux vous le dire. C’est impossible. Il n’y aura pas d’évacuation par la force. Ce n’est pas possible. On ne va pas finir dans une guerre civile à Notre-Dame-des-Landes. Il va falloir reconstruire intelligemment des solutions. Quelles sont les grandes stratégies aéroportuaires dans l’ouest de la France ? Est-ce qu’il y a des choses qu’on peut faire ? Des aéroports qu’on peut mettre en réseau ? De toute façon, il n’y aura pas de travaux tant que les contentieux ne sont pas terminés. Il y a un contentieux européen. Les réponses ne sont pas totalement apportées par les collectivités locales qui doivent reprendre les schémas locaux. »

Le verbatim de cette déclaration est instructif. Les propos de Ségolène Royal sont complets, précis et déroulent un raisonnement logique. Ils diagnostiquent un blocage du dossier : impossible de construire l’aéroport tant que la ZAD est occupée par 200 à 300 personnes et que localement les manifestations réunissent plusieurs dizaines de milliers de personnes. Ils formulent aussi une piste de sortie de crise : réexaminer les alternatives au chantier. L’expression de la ministre présente donc les apparences d’une position officielle du gouvernement.

En fait, pas du tout.

Interrogé dans la foulée sur la portée des annonces de Ségolène Royal, l’Élysée renvoie vers Matignon, qui refuse de « commenter » les déclarations de la ministre de l’écologie. Pourquoi ? La réponse arrive mardi 2 février, par l’intermédiaire de Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, qui déclare devant le Sénat lors des questions au gouvernement – un lieu où la parole de l’exécutif l’engage : « Je peux vous le dire. L’automne prochain sera le moment décisif pour l’engagement effectif des travaux. Je suis heureux de vous apporter cette information, ou plus exactement, de vous la confirmer. Toutes les procédures nécessaires auront été mises en œuvre et l’ensemble des conditions seront satisfaites. »

 

De son côté, le ministère de l’écologie confirme le lancement de sa mission d’inspection, mais ne précise pas s’il compte réaliser de nouvelles auditions ou synthétiser les nombreux rapports existants. Un rapport doit être rendu d’ici deux mois. Mercredi 3 février, Ségolène Royal confirme ses propos lors de la matinale de France Inter. Qui croire ?

À Nantes et aux alentours, partisans et opposants du projet d’aéroport en sont réduits à regarder tourner la girouette gouvernementale, épuisés et de plus en plus exaspérés. La Région des Pays de la Loire, présidée par le Républicain Bruno Retailleau qui a conduit une partie de sa campagne électorale contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, lance une pétition pour l’expulsion immédiate de la zone (10 000 signatures affichées samedi midi). Manifestement, le dialogue institutionnel avec les représentants de l’État ne fonctionne plus.
 

Publicité publiée dans les journaux du groupe Ouest France. Publicité publiée dans les journaux du groupe Ouest France.
 

La maire PS de Nantes, Johanna Rolland, héritière politique de Jean-Marc Ayrault, ancien premier ministre de François Hollande, cosigne une lettre à l’Élysée avec Bruno Retailleau (LR) et le président socialiste du département, Philippe Grosvalet, le suppliant de « trancher le débat dans la clarté » en faveur de la construction de l’aéroport, pour en finir avec « les exactions » subies par les riverains de la ZAD – sous-entendu, du fait des militants anti-aéroports. À leurs yeux, l’aérogare est « un équipement essentiel, reconnu d’utilité publique, dont la réalisation vise à améliorer l’attractivité et la connexion européenne et internationale des territoires de l’Ouest de la France ».

La confusion politique est à son comble puisque droite et gauche en viennent à tenir le même discours, tandis que l’agressivité des échanges croît. Dans les journaux du groupe Ouest France, vendredi 5 février, la Région s’est offert un encart publicitaire proclamant : « Exigeons l’évacuation de la ZAD », et appelant à signer la pétition initiée par Bruno Retailleau. Résultat : l’intersyndicale des journaux de la Loire (CFDT Ouest France, SNJ/Ouest France, Le Courrier de l’Ouest, Le Maine Libre et Sud/Presse Océan) proteste publiquement contre ce « message clivant et provoquant sur le sujet délicat du projet d’aéroport ». Et dénonce « la confusion des genres, la mise en cause de l’indépendance des journalistes et le danger qu’elle leur fait désormais courir physiquement ». Selon eux, « l’amalgame et la confusion que provoque cette publication payante du conseil régional se confirment dès ce jour sur les réseaux sociaux et lors des appels téléphoniques dans les rédactions ». Petite victoire des journalistes : ils ont obtenu que le message du conseil régional soit présenté comme une « publicité » et non un « publi-communiqué ».

 

Sur place, l’affaire fait grand bruit et suscite des réactions en dehors des rédactions directement concernées. Le Club de la presse Nantes Atlantique a lui aussi pris la parole pour « réaffirmer son soutien aux journalistes des médias concernés » et dénoncer « les multiples pressions que ces journalistes subissent depuis beaucoup trop longtemps sur ce sujet, pressions qui ne font que montrer le peu d’attachement aux principes démocratiques de ceux qui en sont à l’origine ».

Bilan des courses : les relations entre élus locaux, médias et État sont exécrables, les occupants de la ZAD deviennent un point de fixation obsessionnelle des discours sécuritaires instrumentalisés par la droite et la gauche locale. Les familles dont la justice vient de décider l’expulsion de la ZAD vivent une catastrophe personnelle.

Et plus personne ne s’interroge sur le bien-fondé du projet d’aéroport, alors que c’était le sujet rêvé pour la France de l’après-COP21 : comment repenser un projet de développement local et d’attractivité territoriale, sans saccager une des plus grandes zones humides du pays avec une machine à émettre des gaz à effet de serre. Les atermoiements de la puissance publique ont un effet délétère sur la vie politique et militante locale. En rendant impossible l’échange serein d’arguments rationnels et contradictoires, ils détruisent les conditions du débat démocratique.

 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
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