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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 23:54

 

Source : http://www.marianne.net

 

Autoroutes : ce week-end encore, les Français seront rackettés !

Nicolas Dupont-Aignan

Député de l'Essonne et président de Debout la France.

 

 

 

Pour le député de l'Essonne et président de Debout la France, "il faut réclamer la renationalisation immédiate du réseau autoroutier". "Le prix de rachat par l’Etat des sociétés d’autoroutes, écrit-il, doit être au prix exact auquel elles ont été vendues, diminué des recettes perçues depuis cette date."
 
FRANCK LODI/SIPA
 

Lors de ce week-end de Pentecôte, ce sont bien des millions d'automobilistes qui vont être rackettés par les sociétés d'autoroute, une nouvelle fois. Depuis leur privatisation en 2006, ces sociétés profitent de leur situation de monopole, avec la bénédiction des gouvernements, pour augmenter sans cesse les tarifs au détriment des usagers.

J’avais dénoncé à l’époque le prix de vente en 2006 de 14,8 milliards d’euros, sous-évalué au minimum de 10 milliards selon la Cour des comptes, pour une opération qualifiée même « d’absurde » par le Financial Times.

Aujourd’hui, les autoroutes rapportent deux milliards d’euros de profits annuels (jusqu’à 25% de rentabilité !), spoliant le porte-monnaie des Français pour renflouer celui des actionnaires.

Comble du comble, le rapport de l’Autorité de la concurrence de septembre 2014 démontre que l’État a privatisé les autoroutes au moment même où leur rentabilité a commencé à croître fortement jusqu’à atteindre les niveaux actuels !

Ce rapport montre également que les bénéfices de ces sociétés ont doublé depuis 2004 et que la politique de distribution des dividendes a radicalement changé après la privatisation.

Alors que ces sociétés d’autoroutes distribuaient en moyenne 56 % de leurs bénéfices à leurs actionnaires entre 2003 et 2005, cette part a atteint 136 % en moyenne les huit années suivantes. Elles ont donc, globalement, distribué à leurs actionnaires plus que la totalité de leurs bénéfices ! Elles privilégient ainsi l'endettement à l'autofinancement pour leurs nouveaux investissements, endettement scandaleusement financé par les Français !

Or, il est nécessaire de rappeler qu’à l'instar de tous les moyens de transport, ceux-ci devraient être au service de l’intérêt général et non au service de quelques intérêts particuliers.

Le gel des tarifs des péages des autoroutes en 2015 n’est qu’un pansement provisoire qui maintient un système insupportableBref, les sociétés concessionnaires privées exploitant les autoroutes (construites depuis soxiante ans avec l’argent du contribuable) s’inquiètent prioritairement de leur profitabilité tout en cherchant à oublier les servitudes de service public liées à leur activité. Tout pour l’actionnaire, rien ou le moins possible pour le consommateur !

Le Parti socialiste joue d’ailleurs un double jeu sur ce sujet. Opposé à cette privatisation en 2006, il a depuis capitulé en rase campagne.

La vraie question était de savoir si le gouvernement socialiste oserait s'opposer aux grands groupes détenant les concessions d'autoroutes. Comme sur beaucoup d’autres sujets, il a renoncé. Le gel des tarifs des péages des autoroutes en 2015 n’est qu’un pansement provisoire de plus qui maintient un système insupportable, car la hausse reprendra en 2016.

Exiger de ces sociétés un tarif juste est insuffisant tant elles affichent une rentabilité exceptionnelle qui ne se justifie ni par leurs coûts ni par les risques auxquels elles sont exposées.

Et le résultat est toujours là : la hausse continue des prix des péages incite beaucoup d’automobilistes à privilégier les routes nationales avec les conséquences que l’on connaît : davantage d’insécurité, allongement de la durée des trajets, pénibilité accrue, temps de vacances perdu, stress plus grand.

Tout ceci ne peut plus durer. Si le scandale du racket autoroutier est insupportable en soi, il dépasse toutes les bornes en période de crise, à l’heure où chacun (surtout les moins favorisés) est appelé à se serrer la ceinture.

Il faut réclamer la renationalisation immédiate du réseau autoroutier. Le prix de rachat par l’Etat des sociétés d’autoroutes doit être au prix exact auquel elles ont été vendues, diminué des recettes perçues depuis cette date.

Ces autoroutes renationalisées, l’Etat pourra en fonction de l’amortissement des différents tronçons rendre aux Français soit par la gratuité des autoroutes le week-end, soit par la baisse des tarifs, une grande partie de la rente.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

 

 

 

 

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 23:45

 

 

 
 
Photo de Albert Gome.
 

 

CPAM FAIRE SUIVRE ET VITE !!!

Faites circuler ce message, que la France entière le sache on nous prend pour des gogos ! Pour une fois qu'un haut dirigeant nous dit la vérité.
Evelyne DUBIN est passée sur France Bleue mais pas sur une chaine de télé nationale, pourquoi ?
La sécu n'est pas en déficit mais en excédent.... 50 secondes pour comprendre pourquoi. Depuis le temps qu'on bouche le trou de la sécu ..... Il faut à Evelyne DUBIN, la signataire de ce document une bonne dose de courage pour avoir écrit ce texte en se nommant (voir la fin du texte).

> > > > > > > > > > > > > A TRANSFERER AUTANT DE FOIS QUE VOUS POUVEZ !!!!!!!> > > > > > > > > > > > > L'ASSURANCE MALADIE 50 secondes de lecture à couper le souffle.

Pour combler le déficit de la sécu, nos chers gouvernants ont trouvé que le mieux, c'était encore de nous faire payer...
1 - Dorénavant, sur une consultation médicale, nous versons 1 euro.
2 - Nous sommes restreints lors de nos arrêts maladie ...
3 - Nous devons consulter un généraliste avant de voir un spécialiste ...
4 - Pour tout traitement de plus de 91 euros. , nous en sommes de 18 euros.de notre poche.
5 - Taxe de 0,50 â¬. sur chaque boiteâ¦
6 â etc... !!!Toutes ces mesures sont destinées à combler le fameux trou qui est à ce jour de 11 milliards.

Or, savez-vous que :
1) Une partie des taxes sur le tabac destinée à la Sécu, n'est pas reversée: 7,8 milliards.
2) Une partie des taxes sur l'alcool, destinée à la Sécu, n'est pas reversée : 3,5 milliards.
3) Une partie des primes d'assurances automobiles destinée à la Sécu, n'est pas reversée : 1,6 milliard .
4) La taxe sur les industries polluantes destinée à la Sécu, n'est pas reversée : 1,2 milliard.
5) La part de TVA destinée à la Sécu n'est pas reversée 2 milliards.
6) Retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés : 2,1 milliards.
7) Retard de paiement par les entreprises : 1,9 milliard.

En faisant une bête addition, on arrive au chiffre de 20 milliards d'€uros.

Conclusion : si les responsables de la Sécu et nos gouvernants faisaient leur boulot efficacement et honnêtement, si chacune des institutions reversait ce qu'elle doit chaque année, les prétendus 11 milliards de trou seraient aujourd'hui 9 milliards d'excédent !!!!

Ces chiffres ne sont pas inventés ; vous pouvez les consulter sur le site de la sécu ; ils sont issus du rapport des comptes de la Sécu. Si les pouvoirs publics, qui nous harcèlent au quotidien de messages publicitaires afin de consommer des fruits et légumes, étaient vraiment convaincus qu'il nous faut consommer 5 fruits et légumes par jour pour sauver notre santé et donc l'assurance maladie. Ils supprimeraient la TVA sur ces produits !

N'oubliez pas d'avoir une petite pensée sur l'achat, à la hâte, des 90 Millions de doses de Tamiflu par le ministère de la santé publique, quand on sait que la grippe A n'est pas plus mortelle et dangereuse pour vous et moi que la grippe saisonnière classique. Hélas on ne peut en dire autant des dommages collatéraux potentiels qui existent réellement dans les adjuvants que contiennent les vaccins !!! Quel sera le coût de cette opération, que la sécu va supporter une nouvelle fois, lorsque le gouvernement sera décidé à dédramatiser la situation !!!

Cordialement.

@ Evelyne Dubin
Secrétaire Générale
Adjointe au Directeur Général
Institut National du Développement Local
Avenue Michel Serres BP 32
47901 AGEN Cedex 9
Tél : 05.53.48.06. 74
Fax : 05.53.48.06.71
Mobile: 06.72.19.53.50
e-mail: e.dubin@indl.fr


VOUS AUSSI, SOYEZ RESPONSABLE : TRANSFÉREZ CE MESSAGE A TOUS VOS CONTACTS,
A force de tourner, il s'affichera peut- être un jour sur l'écran d'ordinateur d'une tête pensante, d'un député, d'un ministre sensé passer son temps à gérer l'argent des contribuables et à le dépenser de manière responsable, sans créer de déficit. Alors, avec courage, il pourra (pourquoi pas ne pas rêver...) dénoncer au parlement ces débordements connus, aujourd'hui, de toutes et tous !!!

 

Source : Albert Gomeregroupement des groupes FO sur facebookk

 

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 23:34

Revenu de base

 

Ajoutée le 26 janv. 2014

Mr Bernard Friot, sociologue et économiste français nous expose son travail sur le "salaire à vie" qui nous sortirait du système capitaliste actuel, mortifère.
C'est peut être utopique mais ne croyez-vous pas que mr Maurice Kriegel-Valrimont quand il disait « Ils nous ont dit :
Vous êtes fous ! » et que mr Ambroise Croizat dans son application à œuvrer à l'installation de la Sécurité Sociale, n'ont pas été traité d'utopique, voyez actuellement comme c'était révolutionnaire et ouvrait la voie à l'émancipation.
A comparer cette utopie à ce système capitaliste nocif que aucun pouvoir politique n'arrive à juguler ou réguler, mon choix est clair,
"le salaire à vie".

à voir: http://www.ies-salariat.org/ http://www.reseau-salariat.info/

 

 

 

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 23:21

 

Source : http://cadtm.org

 

Affaire Kerviel - Société générale - Les banques et la nouvelle doctrine « Too Big to Jail »

24 mai par Eric Toussaint

 

 

 

Rebondissement dans l’affaire Kerviel, l’ancien trader qui avait fait perdre près de 5 milliards d’euros à sa banque, la Société générale. Selon le témoignage d’ une ancienne enquêtrice, la hiérarchie de Jérôme Kerviel ne pouvait ignorer les positions qu’il avait prises. Or, l’ancien trader a été condamné à cinq ans de prison dont trois ans ferme en étant tenu comme seul responsable. Dans une série d’articles publiée il y a un an, Eric Toussaint témoignait de l’impunité dont bénéficient les grandes banques devant les autorités judiciaires. En effet, les nouvelles révélations dans cette affaire montrent comment la justice a pris parti en faveur de la banque. L’enquêtrice qui a témoigné à découvert a notamment confié son « sentiment d’avoir été instrumentalisée par la Société Générale ».


Suite à ces nouveaux éléments, nous republions le premier article de cette série Too big to jail.

 

On connaît la maxime : « Trop grandes pour faire faillite » (’Too Big To Fail’). La manière dont les gouvernants ont géré la crise provoquée par les banques a débouché sur une nouvelle doctrine qui peut être résumée par : « Trop grandes pour être condamnées » |1|. Ou « Trop grandes pour être emprisonnées » si on traduit littéralement le nouvel adage qui fait florès aux États-Unis et au Royaume-Uni : « Too Big to Jail » |2| qui rime avec « Too Big to Fail ». En effet, alors que le gouvernement des États-Unis a laissé Lehman Brothers faire faillite en septembre 2008, aucune banque n’a été fermée |3| ou démantelée par décision de justice, aucun dirigeant de banque n’a été condamné à une peine de prison. L’unique exception dans le monde occidental concerne l’Islande où la justice a condamné à des peines de prison ferme trois dirigeants de banque. Larus Welding, principal dirigeant de la banque Glitnir, qui a fait faillite en 2008 quand elle était encore la troisième banque du pays, a été condamné fin décembre 2012 à 9 mois de prison. Sigurdur Einarsson et Hreidar Mar Sigurdsson les deux principaux dirigeants de la banque Kaupthing |4| ont été condamnés respectivement à cinq ans et cinq ans et demi de prison en décembre 2013 |5|.

 

Pourtant, la justice des États-Unis et d’Europe est confrontée à de très graves délits commis par les plus grandes banques : escroquerie en bande organisée à l’encontre des clients, des (petits) actionnaires et des actionnaires publics, blanchiment d’argent du crime organisé, organisation systématique de la fraude fiscale à très grande échelle, manipulation en bande organisée des taux d’intérêts (Libor, Euribor…), manipulation en bande organisée des marchés de change, faux et usage de faux, délits d’initiés, destructions de preuves, enrichissement abusif, manipulation en bande organisée du marché des CDS, manipulation du marché physique des commodities, complicité dans des crimes de guerre |6|… La liste n’est pas exhaustive.

 

Eric Holder, procureur général des États-Unis, interrogé en juin 2013 par une commission du Sénat de son pays, a résumé clairement le fond de la doctrine « Trop grandes pour être condamnées ». Il a déclaré en substance à propos des grandes banques que « ces institutions sont si grandes qu’il est difficile de les poursuivre en justice, et si on le faisait, on se rendrait compte qu’effectivement, les inculper pour activités criminelles pourrait avoir des répercussions négatives pour l’économie nationale, voire mondiale » |7|.

 

Les retombées de cette position sont claires. Le fait que la spéculation et les crimes financiers ont causé la pire crise économique depuis le siècle dernier pèse fort peu dans la balance de la justice. Bien que de tels excès soient associés à une épidémie de fraudes |8|, à tous les niveaux des opérations des banques des États-Unis, ces institutions sont autorisées à poursuivre leurs opérations. Il leur suffit de passer un accord avec la justice afin de payer une amende pour éviter une condamnation. Imaginez la situation suivante : après un mois d’enquête, la police retrouve une personne qui a commis un vol d’un million d’euros. Au moment d’être appréhendée, la personne en question déclare au juge d’instruction et à la police : « Je propose de payer deux mille euros d’amende, vous me laissez en liberté et vous n’entamez pas de poursuite. D’accord ? ». Le juge et la police lui disent : « Ok, pas de problème, excusez du dérangement. Bonne continuation. Essayez de ne pas vous faire prendre une prochaine fois, ce serait dommage ». Le traitement de faveur auquel ont droit les banques responsables de délits et de crimes financiers n’est pas très différent de cette situation imaginaire et Bertold Brecht avait pleinement raison de poser la question : « Qui est le plus grand criminel : celui qui vole une banque ou celui qui en fonde une ? » |9|.

 

Les conséquences directes des méfaits des banques sont particulièrement graves : 14 millions de familles aux États-Unis ont été expulsées de leur logement entre 2007 et 2013 (voir tableau ci-dessous), parmi elles, il est avéré qu’au moins 495 000 familles l’ont été de manière parfaitement illégale |10|, des millions de personnes ont perdu leur emploi, une partie d’entre elles sont tombées sous le seuil de pauvreté, le taux de suicides a augmenté parmi les personnes affectées, la dette publique a explosé et les fonds de pensions des pays développés ont perdu près de 5 400 milliards de dollars |11|.

 

Saisies immobilières aux États-Unis et en Espagne
Année États-Unis Espagne
2005 532 833  
2006 717 522  
2007 1 285 873  
2008 2 330 483 49 848
2009 2 824 674 59 632
2010 2 871 891 81 747
2011 1 887 777 94 825
2012 1 836 634 76 724
Total 14 287 687 362 776

Source : États-Unis, Espagne

 

Le rôle des banques privées est manifestement si important et indispensable au système capitaliste que leur fonctionnement transcende les contraintes légales et constitutionnelles des sociétés modernes. Dès lors, la justice se voile la face devant les délits et crimes commis par les banques et leurs dirigeants afin de leur éviter de passer ne serait-ce qu’un jour en prison. En fin de compte, on ne peut tout de même pas poursuivre en justice un dirigeant d’une institution bancaire qui « ne fait que le travail de Dieu » |12| , pour citer Lloyd Blankfein, patron de Goldman Sachs.

 

La déclaration ci-dessus pourrait prêter à sourire si des transactions entre banques et autorités judiciaires ou de contrôle ne venaient pas régulièrement confirmer l’application de la doctrine « trop grandes pour être condamnées » des deux côtés de l’Océan Atlantique. Les affaires se suivent et la justice se borne à des amendes qui représentent bien souvent une maigre fraction des bénéfices issus d’activités illégales, sans qu’aucun dirigeant ne soit inquiété. Tout au plus comparaissent devant des tribunaux et sont condamnés des lampistes comme Jérôme Kerviel, jamais les patrons qui les ont poussés à augmenter les bénéfices de l’entreprise en utilisant toutes les entourloupes possibles et imaginables.

 

Six exemples suffisent pour témoigner de la situation actuelle :

 

  • 1. les accords passés entre les banques des États-Unis et différentes autorités du pays afin d’éviter une condamnation en justice dans l’affaire des prêts hypothécaires abusifs et des expulsions illégales de logement (foreclosures) ;
  • 2. HSBC (1e banque britannique) mise à l’amende aux États-Unis pour blanchiment d’argent des cartels mexicains et colombiens de la drogue ;
  • 3. la manipulation des taux d’intérêt interbancaire et des taux sur les dérivés connue comme l’affaire du LIBOR ;
  • 4. le scandale des « prêts toxiques » en France ;
  • 5. les activités illégales de Dexia en Israël ;
  • 6. l’évasion fiscale internationale organisée par la principale banque suisse UBS.
  •  

Dans cette série ces 6 exemples seront analysés.

 

Conclusion

Il apparaît clairement que les banques et autres grandes institutions financières de dimension mondiale, agissant souvent en bande organisée (en cartel), font montre d’un niveau rarement observé à ce jour de cynisme et d’abus de pouvoir. Aujourd’hui, après que les États aient mis l’argent public à disposition des entités financières dont les paris spéculatifs ont mal tourné, les magistrats en charge de faire appliquer la loi s’emploient à protéger les responsables de ces entités et banalisent ainsi, voire justifient a posteriori la conduite illégale ou criminelle dont ils se sont rendus coupables.

 

Un tel contexte, où règne l’impunité, encourage les dirigeants des firmes financières à davantage d’abus et de prises de risque. Les banques en tant qu’institutions ne sont pas condamnées, et le plus souvent ne sont même pas convoquées devant un tribunal.

 

Ces banques font porter l’entière responsabilité à des traders comme Jérôme Kerviel et quelques dizaines d’autres et obtiennent que la justice les condamne pour leur avoir porté préjudice.

 

La situation des principaux dirigeants des banques est bien différente : le montant de leurs bonus croît suite à l’augmentation des revenus de la banque (il n’est pas rare de voir que le bonus augmente même en cas de baisse de la rentabilité de la banque), indépendamment de l’origine illégale des ressources ou du fait qu’elles soient issues d’activités financières spéculatives extrêmement risquées. Dans le pire des cas, s’ils sont découverts, ils n’ont qu’à quitter l’institution (souvent avec un parachute doré), ils ne seront pas poursuivis par la justice et conserveront sur leurs comptes bancaires l’entièreté des bénéfices obtenus.

 

Tant que ce genre de dispositif pervers est maintenu, les abus et le pillage des ressources publiques de la part du système financier ne peuvent que se prolonger au fil du temps.

 

Au-delà des hauts dirigeants, il faut souligner l’impunité des banques elles-mêmes à qui les autorités appliquent la doctrine « Too Big To Jail ». Il s’agit surtout de la démonstration de l’imbrication étroite entre les directions des banques, leurs grands actionnaires, les gouvernants et les différents organes vitaux des États.

 

En cas de graves manquements, il faut mettre en pratique une solution radicale : retirer la licence bancaire aux banques coupables de crimes, bannir définitivement certaines de leurs activités, poursuivre en justice les dirigeants et les grands actionnaires. Il faut aussi obtenir des réparations de la part des dirigeants et des grands actionnaires.

Enfin, il est urgent de diviser chaque grande banque en plusieurs entités afin de limiter les risques, de socialiser ces banques en les plaçant sous contrôle citoyen, et de créer ainsi un service public bancaire qui donnera la priorité à la satisfaction des besoins sociaux et à la protection de la nature.

 

Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4
Partie 5
Partie 6
Partie 7
Partie 8
Partie 9

 

 

 
 
Notes

|1| L’auteur remercie Daniel Munevar, économiste du CADTM, qui a produit une première synthèse concise très utile sur le sujet et l’a autorisé à s’en inspirer librement. L’auteur a ensuite largement complété la recherche. Voir l’article original de Daniel Munevar, « La doctrine « trop grandes pour être condamnées » ou comment les banques sont au-dessus des lois », 20 septembre 2013, www.cadtm.org/La-doctrine-trop-grandes-pour-etre

|2| Les médias anglo-saxons utilisent régulièrement cette expression depuis 2 ans : voir par exemple : Abcnews, « Once Again, Is JPMorgan Chase Too Big to Jail ? », 7 Janvier 2014, http://abcnews.go.com/Blotter/madoff-ponzi-scheme-prosecutors-find-jpmorgan-chase-big/story?id=21448264 ou Forbes, « Why DOJ Deemed Bank Execs Too Big To Jail », 29 juillet 2013, http://www.forbes.com/sites/tedkaufman/2013/07/29/why-doj-deemed-bank-execs-too-big-to-jail/

|3| Autre manière d’écrire qu’aucune banque ne s’est vu retirer la licence bancaire. En effet, pour mener les opérations bancaires, une institution financière doit obtenir une licence bancaire.

|4| La faillite de sa filiale nommée Icesave au Royaume-Uni et aux Pays-Bas a provoqué une crise internationale entre ces deux pays et l’Islande. Cette crise se poursuit encore en 2014 car le R-U et les Pays Bas vont en appel contre la sentence de la cours d’arbitrage qui a donné raison à l’Islande en janvier 2013. Voir Financial Times, « Iceland premier repels Icesave lawsuit », 12 février 2014.

|5| Comme l’écrit le Financial Times : “Iceland, almost uniquely in the western world, has launched criminal cases against the men who used to lead its three main banks that collapsed after the global financial crisis in 2008 after collectively becoming 10 times the size of the island’s economy.” 13 décembre 2013. Voir : http://www.ft.com/intl/cms/s/0/eab58f7e-6345-11e3-a87d-00144feabdc0.html#axzz2thdbsViQ

|6| Voir plus loin l’action de Dexia dans les territoires palestiniens occupés par Israël.

|7| Huffingtonpost, “Holder admits some Banks too big to jail”, disponible sur : http://www.huffingtonpost.com/2013/03/06/eric-holder-banks-too-big_n_2821741.html Sur ce site, on peut voir et écouter la partie du témoignage du procureur général des États-Unis où il déclare : « I am concerned that the size of some of these institutions becomes so large that it does become difficult for us to prosecute them when we are hit with indications that if you do prosecute, if you do bring a criminal charge, it will have a negative impact on the national economy, perhaps even the world economy… ». Durée de la vidéo : 57 secondes. Cela vaut la peine.

|8| Une étude récente sur les pratiques de crédits des banques aux États-Unis signale qu’en dépit de leur hétérogénéité, les irrégularités et les faux sont présents à divers degrés dans toutes les institutions financières analysées. Voir “Asset Quality Misrepresentation by Financial Intermediaries : Evidence from RMBS Market”, disponible sur : http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2215422

|9| Bertold Brecht, L’Opéra de quat’sous. L’Opéra de quat’sous est une comédie musicale de Bertolt Brecht (musique de Kurt Weil), présentée pour la première fois le 31 août 1928 au Theater am Schiffbauerdamm de Berlin, puis en version française le 14 octobre 1930 au théâtre Montparnasse.

|10| The New York Times, “Banks to pay $8,5 billion to speed up housing relief”, 7 janvier 2013, http://dealbook.nytimes.com/2013/01/07/banks-to-pay-8-5-billion-to-speed-up-housing-relief/?_php=true&_type=blogs&_php=true&_type=blogs&_r=1

|11| OECD (2010) “The Impact of the Financial Crisis on Defined Benefit Plans and the Need for Counter-Cyclical Funding Regulations”, http://www.oecd.org/pensions/private-pensions/45694491.pdf

|12| The Wall Street Journal, “Goldman Sachs Blankfein : Doing Gods work”, 9 novembre 2009, http://blogs.wsj.com/marketbeat/2009/11/09/goldman-sachs-blankfein-on-banking-doing-gods-work/

Auteur

Eric Toussaint

est maître de conférence à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique et est membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège Dernier livre : Bancocratie ADEN, Brussels, 2014.

 

Autres articles en français de Eric Toussaint (511)

 

Source : http://cadtm.org

 

 

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 22:55

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Sur le terrain 23/05/2015 à 11h32

Mon ordi était bon pour la poubelle. Puis j’ai découvert les « Repair cafés »

Perrine Signoret, journaliste

Dans les Repair cafés, les bénévoles tentent de donner une deuxième vie aux amplis, housses de guitare, vêtements ou ordinateurs abîmés. Pour lutter contre le gaspillage et l’obsolescence programmée.

 

L’atelier électronique au Repair café d’Ixelles, en avril 2015 (Perrine Signoret)

 

(De Bruxelles) Le mois dernier, mon ordinateur portable a décidé qu’il était temps pour lui de rendre l’âme. Quand je l’ai ouvert, le cadran qui entoure l’écran s’est fissuré, des vis sorties de nulle part se sont répandues un peu partout, et je n’ai plus jamais pu le refermer.

Après avoir tapé « charnière cassée » sur Google, j’ai envoyé un e-mail au fabricant. Un certain Anchev m’a répondu. Il m’a transmis « toutes ses excuses » et m’a annoncé que l’appareil n’était plus couvert par la « garantie standard ».

 

On me conseille d’en acheter un neuf

Sur ses conseils, j’ai fait une demande de devis, par téléphone. Une conseillère m’a demandé quel était mon problème, une fois, deux, trois fois.

« Alors ça fera 186 euros. Je prépare la commande ? »

Je lui ai dit que j’allais réfléchir encore un peu. Elle a alors évoqué des « promotions » que l’on m’accorderait si je rachetais un ordinateur de la marque au lieu de faire réparer le mien.

J’ai alors contacté le magasin où j’avais acheté mon ordinateur, pour obtenir un second devis.

« Ah mademoiselle, le problème c’est que ça va prendre du temps, et que ça va vous coûter cher… 200, 300 euros, en général c’est ce qu’on facture pour des charnières cassées. »

C’est plus de la moitié du prix de mon appareil neuf. On m’a conseillé là encore, d’en acheter un neuf.

Fidèle à mon vieux PC, je suis allée chez l’opticien du coin, qui m’a gentiment donné quelques vis, et j’ai fixé la charnière comme je le pouvais. Mais mon ordinateur, malgré ce bricolage bancal et quelques bouts de scotch, ne fermait toujours pas.

 

Imprimante, étui à guitare : tout y passe

C’est alors que j’ai entendu parler des Repair cafés. Des endroits où des bénévoles peuvent redonner vie à vos objets gratuitement, et où l’on pouvait manger des tartes et boire du thé. J’ai patienté, et le jour de la session est arrivé.

Devant moi, dans le hall du Repair café d’Ixelles, tout près de Bruxelles, il y a un homme d’une quarantaine d’années, puis une jeune femme, foulard noué dans les cheveux. Elle ne tarde pas à être rejointe par son copain et leur imprimante.

 

Frédux, Olivier et Clara (Perrine Signoret)

 

Clara et Olivier viennent ici régulièrement. La fermeture (en Belgique, on dit « tirette ») d’un blouson, un étui à guitare, un lecteur CD, une ampli, tout y passe.

Souvent, c’est une réussite, mais il arrive aussi qu’on ne puisse plus réparer l’objet qu’ils amènent. « Ils ne peuvent pas non plus faire de miracles », me dit Clara. « En général, quand ce sont des échecs, c’est parce que le matériel de base est de mauvaise qualité ». Dans ce cas, même les recettes de grand-mère ne peuvent plus grand-chose.

Ce que ces deux comédiens trentenaires aiment par dessus tout, c’est regarder les bénévoles tenter de résoudre le problème. Olivier explique :

« C’est comme une enquête policière, tu vois vraiment tout le processus qui est fait pour trouver d’où vient la panne. »

En tentant de comprendre comment fonctionnent les objets de son quotidien, le jeune homme se sent « dans un nouveau rapport à l’objet, qui est beaucoup moins dans la consommation ».

 

On attend André, un « vrai magicien »

Aujourd’hui, Clara et lui sont venus avec un ordinateur qui est devenu un peu trop lent au fil des années et, donc, une imprimante. Pour cette dernière, ils espèrent qu’André, qu’on me décrit comme un « vrai magicien », sera là. On me dit qu’il connaît un code pour remettre la machine à zéro, et faire en sorte qu’elle fonctionne même quand un logiciel lui demande de s’arrêter.

« On nous a expliqué qu’il ne serait pas là avant 16 heures mais on va attendre. »

On me glisse dans la main un petit papier bleu. Je suis le numéro 207.

 

Le planning de Post-it (Perrine Signoret)

 

Mon ordinateur passe d’abord entre les mains de Bernard Fox, cogestionnaire du lieu, qui pose un premier diagnostic. Il soulève l’appareil, le scrute, m’interroge sur les circonstances du drame :

« Quand on voit arriver un fer à repasser avec le fil effiloché, on sait tout de suite qu’il y a de fortes chances pour qu’on puisse le réparer. Là, c’est plus compliqué, je ne suis pas tranquille, je ne vous promets rien. »

Je passe alors entre les mains d’une autre bénévole, qui me fait remplir un formulaire, signer le règlement, qui stipule, entre autres, que la réussite n’est pas garantie, et me tend un Post-it de couleur, avec, cette fois, mon prénom.

 

Des pâtisseries revendues à prix doux

 

La salle d’attente du Repair café (Perrine Signoret)

 

Avec son parquet qui grince, ses moulures d’époque et ses grandes baies vitrées, la salle d’attente où je patiente ensuite (car on se presse au stand informatique) ressemble aux salons de nos grands-mères.

D’un côté, il y a des fauteuils depuis lesquels on peut regarder de petits reportages, de l’autre, une grande table où traînent différents magazines traitant de l’économie collaborative ou des modes de consommation alternatifs. Et puis il y a le coin café, avec Cristilla. Les gourmands s’y agglutinent, autour des gâteaux à la noix de coco, quiche lorraine et autres tartes aux canneberges.

Cristilla est là « depuis le début », et elle ne manque jamais une session, « sauf en cas de force majeure ». Ancienne animatrice cuisine, le Repair café, c’est son « action citoyenne » du mois. Ce qu’elle cuisine est revendu à prix doux, tout juste assez pour acheter un peu de matériel et renouveler les outils de l’association.

 

Cristilla et ses pâtisseries (Perrine Signoret)

 

Bernard se souvient de ses débuts au Repair café d’Ixelles. Il se déroulait alors dans la même rue, mais dans une salle bien plus petite.

« Il y avait tellement de monde autour de moi quand je réparais que je ne pouvais même plus me lever. »

 

Chacun peut lancer son propre Repair café

En quelques années, les Repair cafés ont connu, ici et partout dans le monde, une forte expansion. Martine Postma, la Néerlandaise à l’origine du concept, ne s’attendait pas à un tel succès. Ancienne journaliste, elle a toujours tenté, à travers ses articles, de sensibiliser les autres à la réduction des déchets :

« Je trouvais ça honteux que l’on jette autant d’objets alors que certains pourraient être réparés. Le neuf, c’est devenu tellement bon marché... Les gens, eux, sont constamment incités à céder, à cause de la publicité, des magazines aussi. »

Pour ceux qui lui demandent comment ouvrir leur propre Repair café, elle crée un manuel, un kit de démarrage, et bientôt une fondation. Aujourd’hui, il existe aux Pays-Bas environ 275 de ces lieux. Dans le monde, on en compterait plus de 700, répartis en Europe mais aussi au Canada, au Brésil, au Chili, au Japon, aux Etats-Unis...

En Belgique, celui d’Ixelles fut le premier. Bernard s’est lui aussi laissé surprendre par le succès.

« C’était amusant, parce que dès le début, des gens sont venus en disant : “On veut faire la même chose dans notre quartier.” »

 

« Je sais réparer, je peux vous aider ? »

Les bénévoles affluent également. Ce sont d’abord « les amis des amis », puis des personnes attirées là par le bouche-à-oreille, qui viennent un jour armées de leurs outils, et disent à Bernard : « Je sais réparer, je peux vous aider ? ».

Une voix appelle :

« Perrine ? C’est vous ? C’est votre tour. Là-bas, côté informatique, la table tout au fond. »

J’y retrouve Django, cheveux grisonnants et sweat-shirt à moustache. Sur sa table, il a étalé ses quelques tournevis, il n’attend plus que mon ordinateur, qu’il regarde d’un coin de l’œil. Non sans inquiétude. J’ai à peine le temps de lui expliquer les raisons de ma venue qu’il a déjà démonté le cadran :

« Oh là là ! Ben oui, tout est sorti là, et puis ça, c’est tordu. Là, vous voyez, ça s’est désolidarisé de l’arrière. Ah ! Mais c’est cassé aussi. Bon sang, ça va être la merde, parce que ça veut dire qu’on va devoir tout démonter. »

A la vue des minuscules vis qu’il va falloir manipuler, Django s’exclame :

« Non mais attends, tu as vu mes doigts, tu as vu les écrous ? Non seulement j’ai une mauvaise vue, mais j’ai aussi de trop grosses mains ! Bonjour les dégâts... »

 

« Ils méritent une deuxième chance »

Il aura fallu très exactement 3 minutes et 32 secondes pour que l’on se tutoie. Une bénévole vient proposer une part de tarte au réparateur. « T’aurais pas plutôt un calmant très fort ? », lui demande ce dernier.

Il continue de démonter mon ordinateur, pièce par pièce. L’appareil, son constructeur, les tournevis, chacun en prend un peu pour son grade. Qu’à cela ne tienne, Django part s’équiper. Rien ne lui résiste. Une loupe lumineuse et une petite pause cigarette plus tard, il revient s’asseoir plus déterminé que jamais. Je tiens les charnières, il visse. J’attrape les écrous, il se charge de les remettre à leur place.

 

Django (Perrine Signoret)

 

Entre deux pièces assemblées, Django, ancien professeur de droit et d’économie, m’explique que la réparation, chez lui, c’est une affaire de famille.

« Je tiens ça de mon père, quand il bricolait, il récupérait tout, comme les clous : il les arrachait, les redressait au marteau, puis il les réemployait sur autre chose. »

Sa sœur, qui n’est qu’à quelques mètres de nous, et son frère, gérant de plusieurs Repair cafés en France, ont été piqués par la même fièvre. Django dit :

« Ça me paraît évident de faire ça, parce que je trouve qu’il y a beaucoup de choses qui méritent une deuxième chance. »

Cela fait dix ans, depuis sa retraite, qu’il s’est mis à ouvrir des ordinateurs. Son constat sur ces appareils est sans appel :

« Au bout de quatre ans, ou avant si vous avez des animaux domestiques, ils s’encrassent. Comme la ventilation ne fonctionne plus correctement à cause de la poussière accumulée, le processeur se protège et diminue sa vitesse : ils se mettent alors à fonctionner au ralenti. »

 

Des appareils durs à réparer

Il me désigne d’un signe de la tête Clara et Olivier. C’est exactement le problème qu’ils rencontrent avec leur ordinateur. Apparemment, ce serait l’un des plus courants au Repair café. Django m’explique qu’il suffit pourtant de souffler sur la poussière pour régler le problème :

« Mais pour aller là où se trouve le ventilateur, il faut démonter toute la machine. Ça, c’est un truc qui est fait pour t’emmerder. »

 

Bernard observe une réparation (Perrine Signoret)

 

Il constate le même problème avec les fiches d’alimentation, qui se cassent souvent à l’intérieur de l’ordinateur en cas de chute. La pièce détachée pour remédier à cela ne coûterait que quelques dizaines de centimes. Mais le plus souvent, la fiche est soudée à la carte mère. Une soudure si précise qu’elle est impossible à réaliser à la main. Django explique :

« Il existe bien quelques solutions alternatives, mais la plupart du temps, tu es obligé de racheter une carte mère. »

Dans la série des appareils difficiles voire impossibles à réparer, il y a un nom qui revient souvent : Apple.

A l’image de l’iPod Shuffle, ou de « leur dernier ordinateur ultra-plat », certains produits de la marque n’ont pas de vis apparentes. « Les techniciens sont unanimes », me dit-on, « on ne peut pas les ouvrir, c’est impossible ».

D’après Django, les entreprises ne sont pas les seules à devoir être blamées. Ce serait aussi un peu de la faute du consommateur, celui qui veut des produits toujours plus petits, toujours plus plats, mais toujours plus performants.

Bernard vient d’ailleurs nous demander comment se porte mon treize pouces : « Eh bien, pour l’instant, ça va, on espère que ça puisse durer », répond mon sauveur.

A défaut de trouver une tirelire en forme de cochon sur la table, je glisse toute ma monnaie dans le faux lingot d’or qui y trône.

 

Bernard et Philippe Van Nieuwerburgh, cogestionnaires du Repair café d’Ixelles (Perrine Signoret)

 

Lutter contre l’obsolescence programmée

A la table d’à côté, je trouve un autre bénévole, qui se fait appeler Frédux, et Yannick, dont l’ordinateur affiche ses premiers signes de faiblesse.

« Vous interrompez un moment très intime », me dit Yannick en souriant. Lui et le réparateur en sont persuadés : le fait que les objets sont promis à une mort certaine et précoce, ce n’est pas une invention, mais une réalité. C’est ce qu’on appelle l’obsolescence programmée, l’hypothèse selon laquelle les fabricants cherchent à réduire la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement.

Frédux me parle notamment de ce fameux « code » contenu dans les imprimantes :

« Il y a un programme, un logiciel dans ces appareils qui va comptabiliser le nombre de copies qui sont faites. Quand tu vas arriver à un certain nombre de copies, il va dire stop à la machine. Certains ont trouvé ça abusif, et ont mis au point des parades, au point de développer qui programmes qui peuvent discuter avec la partie logiciel de l’imprimante, et la remettre à zéro. »

Près de chez vous ?
Sur le site RepairCafe.org, vous pouvez localiser les Repair cafés près de chez vous, et trouver toutes les infos pour ouvrir le vôtre.

Au Repair café d’Ixelles, on ne s’inquiète pas que de la fabrication du matériel high-tech. Marie-Odette, la sœur de Django, me confie ses craintes à l’atelier couture. Cela fait 53 ans qu’elle redonne vie aux tissus de ses petits doigts de fée.

Parmi les vêtements qu’on lui apporte, elle voit toujours un peu les mêmes problèmes, des poches cassées, ou des fermetures qui se rebellent. A chaque session, elle répare celles de quatre ou cinq personnes, parfois un peu plus. Entre deux explications sur les machines à coudre, elle m’avoue trouver les vêtements actuels « très mal faits ».

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 22:36

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Manifestation au Burkina Faso contre les OGM de Monsanto

 

Ouagadougou, envoyée spéciale

 

Au Burkina Faso, préparation de la manifestation contre les OGM.

« Les OGM n’élimineront pas la faim, mais nous les élimineront. » Samedi 23 mai, journée mondiale de résistance aux organismes génétiquement modifiés (OGM), qui devait donner lieu à quatre cent quatre manifestations dans cent quarante-neuf pays, la société civile burkinabée a elle aussi décidé d’organiser une marche à Ouagadougou pour défendre sa souveraineté alimentaire. Réunis depuis le 4 mars au sein du Collectif citoyen pour l’agroécologie, les organisations non gouvernementales et groupements agricoles à l’origine de cette mobilisation espéraient quelques milliers de manifestants venant du Burkina, mais aussi du Togo, du Sénégal, du Bénin…, pays voisins qui craignent que le Burkina ne soit la terre d’entrée des OMG en Afrique de l’Ouest.

C’est en 2003 que la firme américaine Monsanto a conclu un accord avec la recherche publique du Burkina Faso pour transformer génétiquement les semences locales de coton et les rendre résistantes aux insectes. Et en 2008, les premières distributions importantes de semences de coton dites « BT » (Bacillus thuringiensis), dans lesquelles un gène insecticide a été introduit, ont eu lieu. Lors de la campagne de 2012, les surfaces ainsi cultivées ont atteint jusqu’à 70 % du total des cultures de coton du pays.

Depuis, celles-ci sont en recul et ne devraient pas dépasser les 50 % cette année. Face à la grogne montante des producteurs cotonniers, l’Etat et la société Monsanto, copropriétaire de la semence de coton BT, ont en effet levé le pied, limitant la quantité de semences transgéniques distribuées. Car les résultats obtenus lors des premières campagnes sont loin d’être à la hauteur des promesses.

 

Perte de qualité

 

Un producteur burkinabé de coton qui a arrêté l'utilisation des OGM

« Lorsqu’on nous a proposé des nouvelles semences, nous ne savions pas ce que voulait dire “OGM”. Il nous a juste été expliqué que nous allions produire beaucoup, beaucoup plus : au moins 30 % de plus qu’avec le coton conventionnel », se souvient Mathieu Tinsoaba Basbila, 40 ans, cotonnier comme son père et ses aïeuls, qui a consacré ses 10 hectares au coton BT. Dès la première année, celui-ci a vu ses rendements passer de 700 kg à 800 kg par hectare. Cependant, « à la troisième campagne, nous avons commencé à nous poser des questions, car la rémunération de notre récolte avait brutalement chuté », raconte Mathieu Tinsoaba Basbila, qui, avec l’ensemble des dix-neuf autres membres de son groupement de producteurs de Fada, dans la province de Gourma, dans l’est du pays, a alors finalement décidé de revenir au coton conventionnel. De fait, avec le coton BT, leur bénéfice annuel à l’hectare était tombé de 245 000 francs CFA (372 euros) à 225 000 francs CFA (342 euros), alors que le coût des intrants (semences, engrais, pesticides) était « au moins » multiplié par trois.

En cause, la moindre qualité des variétés transgéniques sélectionnées, dont les fibres se sont révélées plus abondantes mais plus courtes, et les graines plus petites et plus légères que celles du coton conventionnel cultivé dans le pays. Ce qui a conduit à un déclassement de la production nationale sur le marché international, et à une perte pour les producteurs, un même poids exigeant plus de fleurs de coton.

Sans compter qu’au bout de la troisième année, la variété transgénique a commencé à perdre sa résistance aux insectes. « Et la substance chimique que sécrète en permanence le BT n’est pas sans conséquence sur les sols, les appauvrissant », souligne Christian Legay, de l’ONG belge Autre Terre, présente au Burkina.

 

Glyphosate

En janvier 2015, Monsanto constate le mécontentement des cultivateurs de coton burkinabés. La firme, dont les représentants au Burkina ont pour consigne de ne pas répondre aux médias, annonce alors l’introduction d’un gène supplémentaire qui permettra au cotonnier de supporter un herbicide « total », le glyphosate. Ce désherbant, le plus vendu dans le monde et présent dans le fameux Roundup, vient d’être classé cancérigène « probable » en mars 2015 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS)…

Monsanto n’entend pas s’arrêter là. La firme américaine aurait déjà versé 1,5 milliard de francs CFA à la recherche nationale pour travailler sur une semence de maïs transgénique notamment. Une incursion dans les cultures vivrières qui ne fait qu’accroître les inquiétudes. « Déjà, la première huile de consommation humaine au Burkina est l’huile de coton produite nationalement. Sur les étiquettes de ces bidons d’huile, le consommateur n’est pas informé qu’elle est faite avec du coton OGM », fait observer Hervé Le Gal, de l’association agroécologique bretonne Ingalañ, impliquée au Burkina depuis 2007 et qui organise une marche à Rennes, parallèlement à celle de Ouagadougou.

 

Tourner la page des OGM

« Il est très important de sensibiliser les producteurs burkinabés et de leur donner du courage de dire non aux OGM. Y renoncer est difficile pour eux, car ils se demandent ce qui va leur arriver », insiste Mathieu Tinsoaba Basbila, qui sait la contrainte que représente le système de préfinancement spécifique à la filière coton : la société cotonnière avance tous les intrants aux groupements locaux de producteurs, qui la remboursent quand la récolte leur est payée.

« L’Etat doit dire la vérité », soutient Ousmane Tiendre Beogo, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de l’agro-pastoral (Syntap), seul syndicat paysan burkinabé à résister aux OGM, devenu député du Conseil national de transition. Celui-ci se félicite néanmoins que le travail de préparation de la marche de samedi ait ouvert le débat : le deuxième vice-président de ce Conseil de transition, Ibrahima Kone, s’est engagé à informer tous les députés, « dont peu, souligne-t-il, sont au fait du sujet », et à rendre compte des inquiétudes exprimées au président Michel Kafando. « En octobre, la société s’est levée et a tourné une page. La page des OGM, qui ont été imposés par l’ancien régime, doit elle aussi être tournée. La priorité doit être de renforcer les systèmes de production locaux existants. Si l’on perd le contrôle de l’agriculture, c’est une catastrophe pour le pays », s’alarme celui-ci, rappelant que 80 % des Burkinabés vivent de l’agriculture.


Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 20:13

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Des députés veulent limiter la liberté de manifester

|  Par Louise Fessard

 

 

 

La commission d'enquête parlementaire sur le maintien de l'ordre, créée après la mort de Rémi Fraisse, propose de créer une interdiction administrative de manifester pour les personnes signalées par les services de renseignement. Un droit constitutionnel est directement menacé.

Après la mort de Rémi Fraisse à Sivens tué par une grenade offensive lancée par un gendarme, les écologistes avaient obtenu la création d’une commission d’enquête parlementaire sur le maintien de l’ordre présidée par le député Noël Mamère (groupe écologiste). Mais au vu de son rapport, présenté ce jeudi 21 mai 2015, son objet même semble leur avoir échappé au profit de la vision beaucoup plus sécuritaire du rapporteur PS Pascal Popelin.

À défaut de pouvoir enquêter sur les choix tactiques qui ont précédé la mort du jeune botaniste, en raison de l’information judiciaire toujours en cours, les parlementaires se sont focalisés sur les défis posés par les nouvelles formes de mobilisation, comme les ZAD, et l’« apparition récurrente des collectifs violents ». Des erreurs commises à Sivens, il n'est question qu'en creux, par exemple quand les députés proposent une meilleure formation au maintien de l'ordre des préfets ou leur présence physique sur les lieux afin de « pouvoir mesurer et adapter » leurs propres décisions.

 

Exercice au centre national d'entraînement des forces de gendarmerie à Saint-AstierExercice au centre national d'entraînement des forces de gendarmerie à Saint-Astier © LF

 

Après s’être félicité de « la nature particulière de l’action de maintien de l’ordre dans la tradition française, compte tenu de la valeur qui s’attache à la liberté de manifester », le rapport propose la création d’une... interdiction administrative de manifester pour les personnes susceptibles d’être violentes. Lors de son audition le 3 février 2015, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve avait déjà évoqué cette « possibilité d’interdire à des manifestants violents multirécidivistes de manifester sur la voie publique, où leur comportement pourrait créer de nouvelles difficultés ».

 

Extrait du rapportExtrait du rapport
 

Selon la commission parlementaire (voir sa composition), il s’agit de régulariser une pratique existante – ce dont prenait déjà prétexte le projet de loi sur le renseignement – qui consiste à détourner les contrôles d’identité pour empêcher certains indésirables, signalés par les services de renseignements, de manifester. « Les dispositions permettant aux procureurs de requérir des contrôles d’identité en marge des manifestations servent d’ores et déjà aujourd’hui de fondement à des formes d’interdiction de manifester », écrit l'auteur, le député Pascal Popelin. Sur réquisitions écrites, le procureur de la République peut autoriser les policiers à contrôler n’importe qui, dans un périmètre et un horaire limités, afin de rechercher une ou plusieurs infractions précises.

Dans les faits, a expliqué le procureur de Paris François Molins, ce sont bien souvent les services de police qui sollicitent la justice « pour délivrer des réquisitions de contrôles d’identité qui correspondent aux heures et au parcours de la manifestation ainsi qu’à ses abords ». Lors de son audition par la commission, le préfet de police de Paris Bernard Boucault ajoutait qu’il suffisait d’attendre les personnes signalées par les services comme susceptibles de troubler l’ordre public « à la gare où elles arrivent de province et de les interpeller sur réquisition du procureur de la République ».

 

Extrait du rapportExtrait du rapport
 

La commission paraît s’inspirer des interdictions administratives de stade, créées par la loi antiterroriste de janvier 2006 et très contestées par les supporters. À ce détail près, s’étrangle Noël Mamère dans une contribution séparée, que « le droit d’assister à un match n’est pas une liberté fondamentale, contrairement à celui de manifester ». Sans compter qu’il existe déjà dans la loi française une peine complémentaire d’interdiction de manifester, prononcée, elle, par un juge (et non préventivement par une autorité administrative). Selon le ministère de la justice, cette peine complémentaire est très rarement prononcée : une fois 2008 et une autre fois en 2011... Dans une contribution séparée, le président écologiste de la commission marque donc assez vertement son désaccord avec plusieurs des mesures proposées par son acolyte socialiste. Notamment avec la « systématisation d’un local de permanence pour les contrôles collectifs d’identité » et la « présentation groupée à un officier de police judiciaire » pour accélérer les interpellations en marge de rassemblement...

Le rapport propose par ailleurs de ne confier les opérations de maintien de l’ordre qu’aux unités spécialisées (soit les quelque 12 900 gendarmes mobiles, 13 000 CRS, plus les compagnies d’intervention parisiennes). « Nombre de difficultés de gestion des manifestations ou de blessures irréversibles infligées lors de manifestations résultent spécifiquement de l’intervention d’unités non spécialisées en maintien de l’ordre », pointe le rapport. Sont notamment visés les cow-boys en civil des brigades anticriminalité (Bac), parfois chargés d’interpeller des « casseurs » parmi les cortèges, ce qui perturbe « le schéma tactique d’ensemble dont la finalité première est la gestion apaisée de foules » et crée « de la confusion aux yeux de l’opinion publique », regrettent les députés. La logique des Bacs, où priment l’initiative individuelle et le saute-dessus, paraît en effet opposée à celle du maintien de l’ordre qui repose « sur des unités constituées organisées selon un mode militaire, où prévaut le principe de la discipline à travers une chaîne de commandement », selon le chercheur Fabien Jobard.

Dans la même logique, la commission propose, à la suite du Défenseur des droits, de « proscrire ou limiter très strictement l’usage du Flashball super-pro dans le cadre de manifestations ». Ce qui ne mange pas trop de pain, puisque le ministère de l’intérieur prévoit déjà à terme de remplacer cette arme vieillissante par le lanceur de balles de défense 40 (LBD 40), plus puissant et précis. Selon nos inforamtions, un marché public a même été lancé pour trouver des projectiles courte portée, pour les LBD 40. Mais c’est la première fois qu’un rapport parlementaire souligne que « ces armes peuvent occasionner des blessures dramatiques […] avec des risques non négligeables d’énucléation » alors que « la sanction d’un individu même extrêmement violent ou coupable de dégradations ne saurait être que de nature pénale, sans être doublée d’une mutilation physique irréversible ».

« Compte tenu de ce défaut de précision, le Flashball n’est manifestement pas adapté lorsque les forces de l’ordre interviennent lors de manifestations […] qui sont l’occasion de rassemblements compacts d’individus et qui peuvent, en outre, dégénérer », poursuit le rapport qui recense « 36 cas connus de blessures graves ou de mutilations » causés par des Flashball ou LBD 40 (pas loin de notre propre estimation). Fait inédit, quatre personnes ayant été blessées au visage par des tirs ainsi que deux de leurs proches avaient été auditionnés en mars par la commission d'enquête.

Seuls les gendarmes mobiles et CRS – qui n’ont jamais été dotés de Flashball – pourraient continuer à utiliser les LBD 40 en maintien de l'ordre. Ce, même si « le LBD n’est pas, par essence, une arme dont la mise en œuvre est totalement conforme avec la doctrine traditionnelle du maintien de l’ordre » puisqu’il « individualise à la fois les comportements des manifestants et la réponse des forces de l’ordre ». La commission n’a cependant pas suivi la position de Noël Mamère, qui prônait l’interdiction de l'ensemble des lanceurs de balles de défense en maintien de l'ordre. « Le LBD constitue parfois le seul recours possible pour permettre […] le maintien à distance entre manifestants et forces de l’ordre », justifie le rapporteur, reprenant un argument souvent entendu dans la bouche de gendarmes ou CRS.

Un rapide tour d’horizon des pratiques de nos voisins montre que seules la France et l’Espagne utilisent ces lanceurs lors de manifestation. Et encore, en Espagne, « les deux forces de police d’État se préparent à l’interdiction des balles de défense de 54 et 44 mm ». «En fait d’interdiction générale des flash-balls et autres lanceurs de balle de défense, la commission se borne à proposer l’abandon d’un modèle déjà périmé sur le plan technique, a réagi dans un communiqué le syndicat de la magistrature.  Le nombre des mutilés, de Montreuil à Mayotte, en passant par Nantes et Toulouse ne pèse décidemment pas lourd face à la détermination des élus au maintien de l’ordre sécuritaire.»

Le rapport a été adopté jeudi matin par 13 voix (PS, UMP, centristes...) contre deux, Noël Mamère (groupe écologiste) et Marie-George Buffet (groupe gauche démocrate et républicaine). «L'idée, après la tragédie de Sivens, était de formuler des propositions pour que l'ordre public s'adapte au droit de manifester et c'est l'inverse qui se produit»,a dénoncé selon l'AFP Noël Mamère lors de la conférence de presse.

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 22:13

 

Source : http://www.reporterre.net

 

Dans 430 villes à travers le monde, on a marché contre Monsanto

23 mai 2015 / Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre)
 


 

Samedi 23 mai, dans 430 villes aux quatre coins du monde, des citoyens seront dans les rues « contre Monsanto, pour la souveraineté alimentaire ». Tous unis contre la multinationale, ils se sont organisés à travers les réseaux sociaux et grâce à un fonctionnement laissant la place aux initiatives locales et à l’autogestion.


- Rennes, correspondance

Les villes de Dhaka (Bangladesh), San Francisco (USA), San Juan (Puerto Rico), Taipei (Taiwan), Accra (Ghana), Ouagadougou (Burkina Faso) ou encore Rennes (France) auront toutes, samedi, un même mot d’ordre : « Contre Monsanto, pour la souveraineté alimentaire. » Une quarantaine de pays participent à des marches contre le géant états-unien des organismes génétiquement modifiés (OGM), la firme Monsanto. Et en France, aussi, dans toutes les régions

Derrière ce slogan se trouvent des revendications multiples que Monsanto parvient à réunir. Benjamin, militant parisien, énumère : « Comportement criminel dans les pays où elle est implantée, pollutions massives, usage de pesticides, OGM et donc brevetage du vivant, faillite de la paysannerie. »

 

Chaque lieu de manifestations a ses propres enjeux, au Burkina Faso c’est le coton OGM (voir encadré ci-dessous), au Bangladesh l’aubergine et le coton, en Inde le coton. En Argentine et au Brésil, où le soja transgénique règne en maître, on parle plutôt de résistance de la population face à la multinationale, voire de victoires.

 

Autogestion et initiatives multipliées

Mais quelle est l’histoire de cette étonnante mobilisation internationale ?

Pour réussir à s’unir autour d’une même cible, les militants ont utilisé les réseaux sociaux et une organisation issue de la mouvance Occupy Wall Street, une « démocratie horizontale ».

La première marche a vu le jour aux États-Unis en 2013, celle de Paris au mois de mai de la même année. « On a organisé la marche en trois semaines avec les réseaux sociaux », se souvient Louise, du collectif des Engraineurs. Elle avait réuni à l’époque près de 1 500 personnes. La recette du succès ? « Je crois que la réussite s’explique par le fait qu’il n’y ait pas de tête au sommet du mouvement et des petites mains en bas », explique Louise. Comme de nombreux militants, elle a frappé à la porte d’associations, de partis politiques, sans y trouver son compte : « Trop hiérarchisés. Pour les nouveaux, il n’y a pas d’autonomie, on est juste bons à coller des affiches et à tracter. » A l’inverse, l’organisation de ces marches contre Monsanto répondent aux principes de l’autogestion : chacun fait soi-même en autonomie mais pas en solitaire. « Chacun peut prendre l’initiative, se lancer, c’est ça qui est formidable », pour Louise.

 

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Marche contre Monsanto à Paris en mai 2013

Valérie vit au Bangladesh. Elle a décidé avec Sarah il y a dix jours de mettre en place une marche dan la capitale, Dhaka. « C’est exaltant de se lancer dans l’organisation de cette marche, à notre échelle, de sentir qu’on fait partie d’un mouvement global. » Après en avoir discuté avec les ONG locales, toutes affirment leur volonté d’y participer. « J’ai alors contacté la plate-forme « March against Monsanto », j’ai discuté avec une personne du réseau qui m’a ensuite envoyé un document pour me donner des repères sur la logistique. » De l’autre côté de l’écran se trouvent des personnes comme Benjamin à Paris.

Pour éviter que des manifestations soient annoncées et non préparées, il pose quelques conditions comme s’identifier et se mettre en relation avec les associations locales. « Le but c’est que tout le monde puisse se saisir du sujet, entrer dans la boucle ; mais pas seul afin d’être efficace et ne pas tourner en rond. »

Côté coordination internationale, il n’y a pas de liens étroits entre États-Unis, Europe ou Amérique latine, pas de réunions trimestrielles avec un ordre du jour. Les liens inter-continentaux se font surtout via les associations. Par exemple, c’est l’association Ingalan qui est à l’initiative de la marche de Rennes. Elle travaille avec les paysans du Burkina Faso, ce qui explique que la mobilisation dans la capitale bretonne s’intitule « Rennes marche pour Ouaga » (voir encadré).

 

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Plantation d’arbres au Burkina Faso dans le cadre de l’association Ingalan
 

Internet et organisations traditionnelles

Cette nouvelle manière de militer, de s’organiser semble être caractéristique des jeunes générations. Emmanuel est enseignant à Rennes, il a plutôt l’habitude de travailler avec les organisations traditionnelles et est réfractaire aux réseaux sociaux. « Il est clair qu’avec internet, l’information circule bien, les gens sont au courant avant que l’on colle des affiches. Mais je crois que les deux systèmes, internet et traditionnel, doivent cohabiter pour toucher un maximum de personnes. »

Benjamin renchérit. Pour lui, il ne s’agit pas d’opposer deux modèles mais bien de travailler ensemble. « Il y a une transmission de savoir-faire, les associations sont habituées aux mobilisations, elles ont des réflexes : déclaration en préfecture, sonorisation, etc. » Louise amène un bémol : « Certains nous rient au nez quand on leur parle des réseaux sociaux, et pourtant ça fonctionne. »

Mais ça ne marche pas pour autant à tous les coups. La mobilisation contre le Tafta à Paris en novembre 2014 n’avait pas été un franc succès. Louise l’explique par l’absence d’une dynamique forte au niveau national et international sur le sujet. Selon elle, la clef c’est l’autogestion, qui permet à chaque individu de prendre l’initiative, et la dynamique générale, qui impulse le mouvement.


A RENNES, LA VILLE MARCHE POUR OUAGADOUGOU

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Le collectif qui organise la marche contre Monsanto à Rennes.

Rennes connaît bien le Burkina Faso, surtout l’association Ingalan qui collabore avec les paysans de ce pays africain pour un partage de savoir sur l’agro-écologie. C’est du fait de l’implication de cette association que la marche de samedi est baptisée « Rennes marche pour Ouaga ».

Monsanto aussi connaît bien le Burkina Faso, il y a implanté son coton OGM, il y a sept ans, avec de belles promesses de rendements. Le succès n’est pas au rendez-vous. A l’image du fiasco en Inde : rendements en berne, endettement des paysans. Le prix des semences conventionnelles est à 814 francs CFA (1,24 €) pour un hectare contre 27 000 francs CFA (41 €) pour le coton transgénique...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 19:01

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Un premier bilan de la campagne de soutien international à la Commission de la vérité sur la dette grecque

22 mai par CADTM

 

 

 

 

En un peu plus de 15 jours, l’appel de soutien au travail de la Commission d’audit de la dette en Grèce – qui avait été lancé par plus de 300 personnalités (dont Noam Chomsky, Ken Loach, Susan Georges, etc.) - a déjà récolté plus de 6000 signatures venant de l’Europe et du monde entier. A relever le soutien important des États-Unis, en particulier du monde académique, mais aussi du monde associatif et militant.

L’appel a déjà été traduit en 15 langues (français, anglais, italien, portugais,espagnol, catalan, allemand, arabe, serbo-croate, grec, berbère, russe, basque, turc et persan) et est disponible ici : http://greekdebttruthcommission.org/

Cette initiative est historique en Europe et on sait que le moment est crucial pour la Grèce, un pays mis à genoux par les politiques imposées par la Troika, où droits sociaux et économiques les plus élémentaires sont bafoués au nom du remboursement d’une dette qui n’a pas été contractée au bénéfice de sa population. Aujourd’hui, les créanciers maintiennent une pression maximale pour empêcher tout pas de côté de la Grèce. En effet, cela entraînerait une vague d’espoir dans toute l’Europe et pourrait inspirer de nombreux peuples soumis aux diktats de la dette et de l’austérité.

C’est pour ces raisons que le soutien au travail de cette Commission d’audit est fondamental, car le but de celle-ci est de fournir une étude minutieuse sur laquelle le gouvernement grec pourra s’appuyer afin d’annuler en tout ou en partie sa dette sur base de critères d’illégalité, illégitimité, d’odieuseté et d’insoutenabilité.

Il est crucial que les mouvements sociaux en Europe et au-delà accompagnent et soutiennent une telle initiative de nature à renverser le discours dominant sur la dette et à accélérer la rupture avec l’austérité. Il est important que le travail de la Commission soit diffusé et popularisé auprès de larges couches de la population, qui sera en définitive la seule capable d’infléchir le rapport de force. Il s’agit également de soutenir les campagnes d’audit citoyen de la dette actifs dans d’autres pays (France, Espagne, Belgique, etc.) et de reproduire l’expérience dans nos propres pays !

L’audit et la remise en cause de la dette est un exercice démocratique qu’il est temps de multiplier.

C’est pour cela que nous faisons appel à tous les mouvements sociaux, les associations de la société civile, les syndicats, les militant.e.s et les collectifs pour un soutien massif et une mise en valeur de cette initiative dans leur réseaux respectifs.

La lutte du peuple grec est notre lutte !

 

 

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 18:54

 

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Grèce

Les dirigeants européens veulent isoler le « virus » Syriza-Podemos avant qu’il ne se propage en Europe

23 mai par Antonis Natvanellos

 

 

 

Photothèque Rouge / MILO
 

Entretien. Présent à la récente fête du NPA 75, Antonis Ntavanellos est un des dirigeants de l’organisation grecque DEA (Gauche ouvrière internationaliste), une des composantes de la gauche de Syriza.

 

En ce moment se discute un nouvel accord entre l’Eurogroupe et la Grèce. Où en sont ces discussions  ?

L’Union européenne, la BCE et le FMI mettent la pression sur le gouvernement grec, en utilisant le problème du besoin urgent de «  liquidité  » qu’ils ont eux-mêmes créé, pour imposer des contre-réformes du «  mémorandum  » qu’ils avaient précédemment négocié avec le gouvernement de Samaras-Venizelos. Les raisons de cette attitude rigide sont financières  : une politique anti-austérité est incompatible avec les choix prépondérants dans l’Union européenne pendant la crise. Mais ce sont aussi des raisons politiques  : les dirigeants européens veulent isoler le «  virus  » Syriza-Podemos avant qu’il ne se propage en Europe.
Face à cela, le gouvernement Tsipras se défend par des demi-mesures. Il se contente de définir des «  lignes rouges  » pour les négociations  : sur les privatisations, les lois sur les relations de travail, les hausses de taxes payées par les classes populaires, les nouvelles réductions des pensions...

 

Tsipras se dit optimiste sur la possibilité d’un accord, mais l’Europe met la pression pour la mise en œuvre de nouvelles mesures d’austérité. Comment résister à cette pression  ?

Si l’Union européenne arrive à imposer une nouvelle politique d’austérité, elle ne se limitera pas à celle-ci. Elle en fera aussi payer à Syriza le coût politique, au départ par l’ouverture du gouvernement au parti néolibéral Potami, et ensuite par la pression pour un gouvernement d’union nationale, avec ou sans Tsipras comme Premier ministre... Une vraie stratégie pour effacer le résultat des élections du 25 janvier.
Nous, au sein de Syriza, nous soutenons un projet de rupture  : arrêt du paiement des intérêts, perspective d’annulation de la majeure partie de la dette, nationalisation des banques, abolition de la «  liberté  » de circulation des capitaux qui permet leur fuite, lourdes taxes sur le capital pour financer les programmes anti-austérité... Cette politique est inévitablement liée à une politique de confrontation avec l’Union européenne et le FMI, et donc clairement pas la recherche d’un compromis.

 

La Commission pour la vérité sur la dette grecque présentera le 18 juin une évaluation préliminaire sur la légalité de la dette grecque. En quoi cette question est-elle centrale  ?

La question de la dette est absolument centrale pour l’affaire grecque. Le rapport de la Commission, dont nous savons tous qu’il délégitimera une grande partie de la dette, sera extrêmement utile. Nous sommes reconnaissants envers ceux qui, comme Éric Toussaint, travaillent dans ce sens.
Mais il y a des conditions importantes pour que tout cela nous soit pleinement utile  : que le travail de la Commission soit lié à une stratégie de résistance, avec donc aucun compromis avec les créanciers  ; qu’ensuite on avance rapidement parce que les décisions les plus importantes ne peuvent plus être reportées.
En ce sens, le travail de la Commission est soutenu par la partie la plus radicale de Syriza, ainsi que par une partie des cadres d’Antarsya.

 

Comment apprécier les mesures mises en œuvre par le gouvernement Tsipras, 100 jours après son arrivée au pouvoir  ?

Au cours des 100 premiers jours, le gouvernement a pris des mesures contre la pauvreté extrême, ainsi que certaines mesures de démocratisation, mais il a aussi suspendu l’application du programme minimum (le programme dit de Thessalonique) pour chercher une solution par la négociation avec l’Union européenne. Tout cela a rafraîchi les relations du peuple avec Syriza. Ce problème, ainsi que la réduction extrême des réserves financières du gouvernement grec (suite au paiement régulier des tranches de la dette) sont les conséquences les plus négatives de l’accord du 20 février, un piège dangereux pour Syriza.

 

Quels sont les rapports entre Syriza et le gouvernement  ?

On peut dire que la conscience moyenne de Syriza se situe nettement sur la gauche de ce gouvernement. Ainsi l’exigence d’un changement de politique à l’égard des prêteurs et de la classe dirigeante grecque bénéficie d’un large soutien. De plus au sein de Syriza s’est développé un fonctionnement démocratique qui permet un large débat politique.

 

Qu’en est-il des conflits sociaux et de la mobilisation populaire depuis l’arrivée au pouvoir de Syriza  ? Que penser du 1er mai dans ce contexte  ?

Nous espérions que la victoire politique de Syriza conduirait à une explosion des luttes, des exigences et des revendications. Cela n’a pas été le cas. Un état de passivité s’est installé en Grèce, aujourd’hui dans l’attente de l’issue des négociations. Tout le monde discute de politique, mais rares sont celles et ceux qui sont mobilisés.
Pour relancer cette mobilisation populaire, il y a bien entendu la responsabilité de Syriza, des dirigeants syndicaux, des dirigeants et organisations de «  l’autre gauche  »... Mais il y a aussi un facteur général, plus «  objectif  »  : le monde est confronté à des problèmes stratégiques et tactiques sans précédent, et on n’a pas encore trouvé les moyens d’y remédier. C’est aussi dans ce cadre que la mobilisation du 1er mai a été un échec.
Néanmoins, nous devons continuer à nous battre, même dans des conditions qui ne nous sont pas favorables et que bien entendu nous aurions aimé différentes. Personnellement, je pense que la signature ou le rejet du futur accord avec les créanciers sera un tournant qui va également changer l’attitude – positive ou négative – du monde du travail envers le gouvernement... Ce jeudi 20 mai, nous aurons une première grève dans les hôpitaux. Elle est décisive, nous la soutenons et nous allons regarder de très près le succès potentiel.

 

 

Le procès des principaux dirigeants d’Aube dorée s’est ouvert mardi 12 mai. Est-ce à dire que l’extrême droite est durablement affaiblie en Grèce  ?

Nous souhaitons et faisons tout pour la plus lourde condamnation des dirigeants et cadres d’Aube dorée. La poursuite en justice, la perspective de ce procès, a considérablement réduit l’activité des «  escadrons d’assaut  », ces groupes violents que Aube dorée non seulement ne cachait pas mais utilisait comme base pour son développement. Aube dorée, ce n’est pas un parti quelconque de l’extrême droite grecque, mais c’est une organisation nazie fondée sur l’action de rue. En ce sens, ils ont subi un coup important. Ils ont maintenu une influence électorale, mais moins que prévu.
Aujourd’hui, c’est donc le moment de faire monter en puissance la mobilisation antifasciste  : une pression venue du mouvement ouvrier, de la gauche, pour leur interdire leurs activités nazies et une présence dans la rue, dans les écoles, dans les quartiers. C’est le seul moyen de mettre un terme à leur croissance et les mettre durablement sur la touche.

Propos recueillis par Jacques Babel

 
 
 
 
 
 

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