Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 22:41

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Alternatives

Sur l’île de la Réunion, 14 associations proposent d’expérimenter le revenu de base

Mouvement Français pour un Revenu de Base

mercredi 22 octobre 2014

 

 

 

 

Quatorze associations de la Réunion lancent un appel pour expérimenter le revenu de base sur l’île afin d’y combattre le très fort taux de chômage. L’idée fait son chemin dans le monde et pourrait être "l’outil décisif pour transformer un salariat à bout de souffle et redonner une perspective d’émancipation sociale pour chacun d’entre nous”.


Constatant au plus près les méfaits de la crise sur l’île de la Réunion, 30 % de chômage et 60 % chez les jeunes, quatorze associations réunionnaises se sont rassemblées pour lancer un appel : expérimenter un revenu de base sur l’île de la Réunion.

La misère n’est pas une fatalité

Cette déclaration de soutien, intitulée "un revenu de base pour supprimer la pauvreté" (à lire ici), a été envoyée aux médias locaux le 17 octobre.

Une journée symbolique qui, depuis 1993, sensibilise la société sur l’éradication de la misère et fait entendre la voix des plus démunis. “La misère n’est pas une fatalité, mais bien le résultat d’un modèle de développement économique qui a montré ses limites et d’un modèle de société qui creuse les inégalités au profit d’une minorité”, rappellent les signataires de l’appel.

Face à ce constat, ces associations, personnalités et citoyens réunionnais proposent de passer à l’action et appellent à la mise en place d’un revenu de base pendant une durée minimum de deux ans, ainsi que la tenue d’études sur les conséquences de ce changement.

"Nous voulons ouvrir le débat sur ce sujet qui est la seule alternative proposée aujourd’hui pour supprimer la pauvreté", explique Loïc Damey, coordinateur local du Mouvement, lors d’une conférence de presse le samedi 11 octobre à Saint Denis.

Sur un territoire où plus d’un tiers de la population est concerné par la précarité ou la pauvreté, “il est nécessaire de sécuriser le parcours des citoyens afin d’amortir les conséquences de la crise et du chômage massif”, peut-on lire sur l’appel.

Une idée qui fait son chemin

Des expérimentations de revenu de base sont déjà en cours en Namibie et en Inde, avec des effets positifs très visibles (diminution du chômage et des hospitalisations, augmentation de la scolarisation et des études, dynamisation de l’économie locale…). L’idée est également actuellement soutenue et discutée au sein du parlement finlandais....

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 22:38

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Menacé de boycott, Senoble renonce à acheter le lait de la ferme-usine des Mille vaches

Barnabé Binctin (Reporterre)

mercredi 22 octobre 2014

 

 

 

 

Suspecté d’utiliser le lait issu de la ferme-usine des Mille vaches dans ses produits, Senoble jette l’éponge et se dégage de toute responsabilité. Le réseau Biocoop a en effet décidé de dé-réferencer ses produits.


C’est une fin de feuilleton qui ressemble fort à un aveu. En annonçant lundi se retirer de la propriété de Senagral, dont il possédait 49 %, pour les vendre à Agrial, actionnaire majoritaire avec 51 %, Senoble se dégage de toute responsabilité dans l’utilisation du lait de la ferme-usine des Mille vaches, dont il est accusé depuis plus de quatre mois maintenant.

Officiellement, le leader français des produits frais laitiers pour les marques de distributeurs (MDD) justifie ce choix par la volonté de « se consacrer encore plus fortement à son développement international » et d’ « accentuer sa montée en puissance sur les produits à plus forte valeur ajoutée ».

« Cette décision reflète la poursuite de la stratégie du groupe de se désengager progressivement d’une activité déficitaire depuis cinq ans » affirme Senoble dans sa déclaration à l’AFP. Aucune mention officielle d’un quelconque lien avec les suspicions autour de la ferme-usine des Mille vaches.

Pourtant, avant l’été, Reporterre avait enquêté sur les menaces de boycott qu’une campagne de mobilisation citoyenne avait lancées contre Senoble. Nous n’avions pu établir indiscutablement le lien, la joint venture Senagral faisant écran.

Mais en septembre dernier, la pression s’était accrue sur la marque dite haut-de-gamme. Reporterre avait alors démontré que Senoble se chargeait de la collecte des premiers litres de lait produit sur la ferme-usine. Pisté et photographié, le camion chargé de lait des Mille vaches s’était rendu dans un centre de collecte de la marque Senoble.

Biocoop a déférence Senoble

Un courriel que Reporterre a pu se procurer confirme explicitement la décision. Interpellée par une cliente qui s’inquiète de la distribution de la marque par les magasins Biocoop, la responsable des relations clients chez Biocoop ne laisse place à aucun doute dans sa réponse :

« Je tenais à vous informer que Biocoop a décidé de déréférencer Senoble. Biocoop est bien sûr opposé aux dérives de l’agriculture productiviste et ne souhaite en aucun cas cautionner le projet de la ferme des 1000 vaches. Biocoop avait référencé Senoble au moment où notre réseau demandait des yaourts bio bien positionnés en prix, dans le cadre de la Bio Je Peux. Les pratiques de Senoble avaient, à l’époque, été jugées convenables par la commission stratégie produits, notamment l’approche avec notre partenaire Biolait. Toutefois, face aux attentes de notre réseau (exprimées notamment en congrès) et de nos partenaires, nous lançons la procédure de déréférencement de Senoble (durée de six mois), dans le strict respect de nos obligations contractuelles ».

A la Confédération Paysanne, on se félicite d’une « première victoire »...

 

*Suite de l'article sur

 

 

Source : www.reporterre.net

 


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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 22:23

 

Source : www.marianne.net

 

 

Déficit français

Macron et Sapin ont-ils "dealé" en loucedé avec Berlin ?

Mardi 21 Octobre 2014 à 15:15

 

Loïc Le Clerc

 

Comment ne pas se faire taper sur les doigts par la Commission européenne et passer pour des idiots devant ses homologues européens pour cause de budget ne respectant pas le fameux seuil de déficit public à 3 % du PIB ? D'ordinaire prompts à nous faire la morale, nos voisins germains auraient, cette fois, choisi de détourner le regard contre la promesse de futures réformes "structurelles". Comme quoi, ça n'est pas si compliqué d'oublier quelques minutes ce seuil supposé magique...

 

Poree Audrey-POOL/SIPA
Poree Audrey-POOL/SIPA

Comme de par hasard, Emmanuel Macron et Michel Sapin étaient en vadrouille à Berlin, hier, pour rencontrer leurs homologues respectifs et annoncer qu'ils allaient travailler main dans la main pour stimuler l'investissement. Mais chut, soyons discrets et ne disons pas que cet accord intervient parce que les deux gouvernements auraient négocié en loucedé pour que le budget 2015 de la France, malgré un déficit public annuel à 4,3 % du PIB, passe comme une lettre à la poste du côté de Bruxelles.

L'idée est pourtant simple : la France apporterait, avec ses mauvaises nouvelles pour l’année prochaine, un plan de réduction du fameux déficit et des réformes structurelles. En échange de quoi les Allemands s’opposeraient aux sanctions que la Commission européenne voudrait imposer à la France. En résumé, la France, pareille à la comtesse du Barry sur l'échafaud, vient de demander « encore un instant Monsieur le bourreau » !

Bien évidemment, pour l’instant, les deux gouvernements ont démenti être en train de préparer un tel tour de passe-passe, jurant qu'il n'existe aucun « pacte », comme le martèle Michel Sapin, pour faire capoter le véto bruxellois sur le budget 2015. Pourtant, selon Der Spiegel, tout a été négocié en coulisse, entre les deux pays. Le magazine allemand tient de la bouche d’un « haut placé du gouvernement allemand » qu’un rejet du budget français ferait tout aussi mal à la France qu’à l’Allemagne et ainsi « pèserait massivement sur la relation franco-allemande ».

Macron lui-même laisse entendre qu'il y a bien un « deal », du moins sur les investissements« Il y a la volonté de mettre en place ce deal qui est que nous, nous fassions des réformes. (...) En contrepartie, et c'est ça le bon deal, c'est que les Allemands, rassurés par le travail que nous faisons, puissent investir pour eux-mêmes et qu'ils nous aident à porter un vrai plan d'investissement en Europe, les fameux 300 milliards de Juncker, parce que c'est ça la bonne relance. »

De quoi remettre en perspective le ton assuré de Macron, qui déclarait récemment« Je suis totalement sûr qu’il n’y aura pas d’opinion négative de la part de la Commission », à propos du budget 2015. A posteriori, on comprend un peu mieux pourquoi. En revanche, on comprend moins maintenant l'obsession à propos des 3 % dont ont fait preuve, jusqu'à présent, l'exécutif français et nos voisins allemands. Comme quoi, ça n'était pas si douloureux d'oublier quelques minutes ce seuil supposé magique...

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

 

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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 22:16

 

Source : www.marianne.net

 

 

Privatisation : le gouvernement tue l’actionnariat salarié et cède au "tout marché"

Mercredi 22 Octobre 2014 à 12:15 | Lu 6547 fois I 16 commentaire(s)

 

Journaliste économique à Marianne En savoir plus sur cet auteur

 

Au cœur de l’été, François Hollande et Arnaud Montebourg ont signé une ordonnance supprimant l’obligation faite à l’Etat de réserver aux salariés 10 % des actions des sociétés que ce dernier souhaite vendre. Les employés d’Orange viennent d’en faire l’amère expérience, remplacés par de grands fonds d’investissement.


LCHAM/SIPA
LCHAM/SIPA
Edouard Balladur aura sans doute du mal à y croire, mais le gouvernement vient de faire de lui un dangereux gauchiste ! Comment ? Tout simplement en abrogeant une de ses heureuses initiatives lorsqu’il était au ministère de l’Economie : l’obligation faite à l’Etat de réserver aux salariés 10 % des actions des sociétés que ce dernier souhaite vendre. Il s’agissait d’une des minces concessions de ce libéral de Balladur à sa légère fibre gaulliste et à son rêve d’un actionnariat salarié.
 
C’est ce que les administrateurs salariés d’Orange viennent récemment de découvrir, à l’occasion de la cession de 1,3 % de l’ex-France Telecom, pour laquelle rien a été prévue pour les employés. Et ce en toute légalité. François Hollande a en effet signé une ordonnance mettant fin à cette obligation. Un petit texte visé en plein mois d’août dans le cadre du fameux « choc de simplification ». C’est donc dans la torpeur de l’été, le 20 aout 2014 précisément, qu'un gouvernement de gauche a mis à mal une barrière au « tout marché ». Tu parles d’un « choc » !
 
« La gauche donne tout au marché », s’énerve d’ailleurs Sébastien Crozier, administrateur salarié d’Orange. Et de fait les 50 millions d’euros vendues par la Banque publique d’investissement, qui porte une partie des participations de l’Etat, se sont retrouvées dans les mains de grands fonds. L'Etat ne dispose donc plus aujourd'hui que de 25 % d'Orange, les salariés-actionnaires sont quant à eux dans une situation peu avantageuse et, in fine, l'entreprise se retrouve un peu plus à la merci d'une OPA.
 
Il serait facile d’accabler Emmanuel Macron, que l’on imagine volontiers se mettre dans la roue « pro business » de son Premier ministre. Pourtant, non, le texte ne porte pas la signature de l’ex-banquier de chez Rothschild. A côté de celle de François Hollande, Manuel Valls et Michel Sapin figure le nom d’un certain….  Arnaud Montebourg. Le chantre du « made in France » avait-il la tête ailleurs à seulement cinq jours de son éviction ? Possible. Mais la responsabilité politique, c’est aussi de ne pas signer n’importe quel texte. Surtout quand cela concerne potentiellement des entreprises regroupant près d’un million de salariés…

 

Source : www.marianne.net
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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 22:09

 

Source : cadtm.org

 

CADTM

 

De l’indignation au pouvoir (partie 2)

Chaises musicales et corruption

19 octobre par Jérôme Duval

 


Alors que l’Espagne vit une crise humanitaire sans précédent, le mouvement social subit une répression constante d’un régime qui a peur du changement et protège ses intérêts. Le bipartisme PP/PSOE qui s’alterne au pouvoir depuis la fin de la dictature est fort affaibli par une succession de luttes sociales victorieuses et l’irruption d’initiatives populaires qui mettent en pratique de nouvelles façons de faire de la politique. A n’en pas douter, l’Espagne entre dans une phase de mobilisation qui augure de possibles changements politiques importants.

Injustice et corruption

Pour l’année 2013, le Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ) relève 1 661 affaires en cours dans différents tribunaux espagnols pour des crimes liés à la corruption. |1| Dans un contexte d’enchaînement ininterrompu de scandales, le PP croule sous les affaires de corruption. En établir la liste ici serait fastidieux. Mentionnons toutefois le cas de l’ex député du PP, Rafael Blasco, condamné en mai dernier à huit ans de prison pour malversation, délits de corruption, trafic d’influence, contrefaçon et détournement de fonds publics. Entre 6 et 9 millions d’euros de l’Aide publique au développement, initialement destinés à des projets de développement parmi lesquels un hôpital en Haïti après le tremblement de terre de 2010 |2| ou des projets d’extraction d’eau au Nicaragua, ont été détournés. Par exemple, sur 1,8 million d’euros de projets au Nicaragua, seulement 43 000 euros sont arrivés à destination. Le reste, a entre autre servi à l’achat d’appartements à Valencia pour une valeur d’environ 1 million d’euros. Citons, par ailleurs, l’affaire de l’architecte valencien Calatrava qui a surfacturé des projets urbanistiques, tel le projet avorté de trois gratte-ciel pour lequel Calatrava a tout de même reçu 15 millions d’euros. Enfin, on ne peut éviter la macro affaire Gurtel de financement occulte du PP dans laquelle plus de 150 personnes sont accusées et dont seul l’ex trésorier du PP Luis Bárcenas est en prison. L’organisation de la visite du Pape en 2006 à Valence qui a été l’occasion de détournement de fonds publics importants est directement liée à l’affaire Gurtel et l’Opus Dei.

Le 9 septembre, le député PP au Parlement valencien David Serra, accusé dans l’affaire Gurtel, sera le neuvième parlementaire impliqué dans des cas de corruption à quitter son poste. Il en reste encore deux exerçant leur fonction dans les rangs du PP à Valence. |3| Capitale de la corruption, Valence n’est pas seule et sans toutefois atteindre le niveau de délabrement du PP, certes difficile à rivaliser, les autres partis ne sont pas épargnés. Citons par exemple, le cas emblématique de l’ex-président de Catalogne entre 1980 y 2003, Jordi Pujol i Soley du parti Convergencia y Unión (CiU) qui a confessé avoir dissimulé au Trésor Public durant 34 ans ses comptes dans les paradis fiscaux en Andorre et en Suisse. Enfin, l’affaire en cours des cartes bancaires de Caja Madrid devrait occasionner des dégâts importants auprès de banquiers et politiques : 86 administrateurs et dirigeants de Caja Madrid, dont l’ancien dirigeant du FMI Rodrigo Rato, sont sous le coup d’une enquête pour avoir ainsi dépensé plus de 15 millions d’euros non déclarés, à des fins personnelles. Le chef de cabinet du ministère du budget, José María Buenaventura, un des bénéficiaires, a déjà démissionné début octobre après avoir pris connaissance du scandale... à suivre.

Chaises musicales. Les banquiers et PDG sont nos ministres et vice-versa

Partout en Europe, la connivence entre le pouvoir et le secteur bancaire capitaliste est omniprésente. Mario Draghi, ancien responsable de Goldman Sachs et consacré "personnalité de l’année" par le Financial Times en 2012 |4| , préside la Banque centrale européenne (BCE). En France, le nouveau ministre de l’économie et l’un des inspirateurs des coupes budgétaire de 50 milliards d’euros, Emmanuel Macron, est un ancien gérant à la Banque Rotschild. Il était ainsi devenu millionnaire en menant à bien en 2012 le rachat par Nestlé d’une filiale de Pfizer avant de devenir quelques semaines plus tard le Secrétaire général adjoint de l’Élysée et conseiller du président de la République sur les questions économiques et financières. |5|

Dans le même registre en Espagne, avant de devenir ministre de l’économie, De Guindos a été conseiller de Lehman Brothers jusqu’à sa faillite. Miguel Arias Cañete, ancien ministre (PP) de l’agriculture sous les gouvernements d’Aznar et Rajoy, fervent défenseur du fracking et en lien étroit avec l’industrie pétrolière, a été désigné au poste de commissaire européen en charge de l’Action pour le Climat et la Politique énergétique au sein de la Commission européenne pilotée par le très libéral Jean-Claude Juncker. Sous pression et largement soupçonné de conflit d’intérêt, il s’est alors décidé à vendre les actions qu’il détenait de deux entreprises qu’il présidait, Petrolífera Dúcar SL et Petrologis Canaris SL pour une valeur qu’il estimait lui-même en 2011 à plus de 320 000 euros. |6| Mais les affaires restent entre de bonnes mains puisque son fils, Miguel Arias Domecq, siège toujours au Conseil d’administration de Ducar depuis le 7 octobre 2013.

Certains regretteront le décès du réactionnaire Emilio Botín de la banque Santander survenue le 10 septembre sous les hommages larmoyants des médias. Quoi de plus naturel quand on sait, par exemple, que Santander est actionnaire du groupe Prisa, lui-même propriétaire du journal El País – et du quotidien français Le Monde. Mais nous sommes beaucoup plus nombreux à regretter l’arrivée de sa fille Ana Patricia Botín pour lui succéder. Cet épisode constitue un nouvel exemple du travail de désinformation effectué par les médias commerciaux qui, sans le vouloir, alimentent l’audience de médias alternatifs vers lesquels se tournent de plus en plus de citoyens en quête d’impartialité dans le traitement de l’information. Même l’ex président de l’organe de supervision des marchés boursiers (la Comisión Nacional del Mercado de Valores, CNMV) Manuel Conthe, a reconnu une presse aux ordres : « ...la presse espagnole a réalisé une couverture informative et élogieuse sur le banquier décédé tant excessive et servile que cela m’a paru "bananier" et incompatible avec l’idée d’une presse libre ». Il précise : « À quelques honorables exceptions près, la presse est dominée par de grands groupes d’entreprises et leurs bureaux de communication. Je l’avais déjà senti et manifesté quand j’étais président de la CNMV et, alors même que certains professionnels le niaient avec colère, cela reste une vérité incontournable. » |7|

Notes

|1| Radiografía de la corrupción en España : cerca de 1.700 causas, más de 500 imputados y sólo una veintena en prisión, Europa Press, 20 avril 2014. http://www.europapress.es/nacional/...

|2| Voir la vidéo de promotion de l’hôpital : http://vimeo.com/25776663

|3| Ignacio Zafra, Dimite David Serra, diputado autonómico del PP procesado en el ‘caso Gürtel’, El País, 09.09.14. http://ccaa.elpais.com/ccaa/2014/09...

|4| Le président de la BCE encourage les Etats à poursuivre leurs efforts, Le Monde, 14.12.2012. http://www.lemonde.fr/europe/articl...

|5| Grégory Raymond, Emmanuel Macron, l’hémisphère droit de Hollande, nouveau ministre de l’Économie, 26/08/2014. http://www.huffingtonpost.fr/2014/0...

|6| Information about Miguel Arias Cañate, 10 septembre 2014, Ecologistas en Acción. http://www.ecologistasenaccion.org/... ; Déclaration de Cañete, 29 novembre 2011. http://www.congreso.es/docbienes/le...

|7| « ...la prensa española ha hecho un despliegue informativo y encomiástico sobre el banquero fallecido tan desmesurado y servil que me ha parecido "bananero" e incompatible con la idea de una prensa libre. (…) Con honrosas excepciones, la prensa está dominada por los grandes grupos empresariales y sus gabinetes de comunicación. Ya lo percibí y manifesté cuando era presidente de la CNMV y aunque entonces algunos profesionales del sector lo negaron airados, sigue siendo una verdad como un templo. » Blog de Manuel Conthe, Reflexiones a la muerte del Sr.Botín, 17/09/2014. http://www.expansion.com/blogs/cont...

Partie 1

 

Source : cadtm.org

 

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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 21:45

 

 

Source : www.reporterre.net

 

Ecologie

En Charente-Maritime, Vinci veut construire un hyper-incinérateur... hyper inutile

Paul Delègue

mercredi 22 octobre 2014

 

 

 

En Charente-Maritime, Vinci mène un projet d’incinérateur de déchets ménagers. Problème : il est inutile. Une politique volontaire de réduction des déchets permettrait aux incinérateurs actuels d’absorber les besoins. Mme Royal a exprimé son opposition, mais de volte-face politique en renoncement des maires, le projet suit son cours...


La compagnie Vinci a le projet de construire un nouvel incinérateur de déchets ménagers à Echillais, au sud de la Charente, en face de Rochefort-sur-Mer (17). Le porteur de projet est le SIL, Syndicat Intercommunautaire du littoral qui regroupe cinq Communautés d’agglomération (Royan, Marennes, Oléron, Rochefort, Gemozac).

Le projet prévoit donc la destruction des deux incinérateurs actuels, l’un situé à Oléron datant de 1975, l’autre construit en 1990, déjà à Echillais, pour construire une usine plus importante pouvant brûler 75 000 tonnes de déchets par an.

Il est aussi prévu d’associer à ce projet « multi filière » un TMB, Tri Mécano Biologique, procédé de plus en plus controversé et probablement interdit en 2016. Ce projet a été établi dans la plus grande opacité et ce n’est qu’en octobre 2013 qu’il a été dévoilé au grand jour avec la création d’une association d’opposants Pays Rochefortais Alert,qui compte, à ce jour, plus d’un millier d’adhérents.

Un incinérateur inutile

Très vite il est apparu que ce nouvel incinérateur était inutile. Le dimensionnement du projet a été fait sur une base de 356 kg de déchets ménagers par habitant et par an, à l’horizon 2023. Partout dans le monde, les politiques Zéro déchet ont démontré leur efficacité permettant de passer sous les 80 kg/hab/an.

A San Francisco, les déchets ont été réduit de 80 %. A Capannori, ville toscane de la taille de Rochefort, une politique volontaire Zéro déchet a permis d’éviter de construire un incinérateur. En France, une expérience similaire a été menée dans la Communauté de la Porte d’Alsace, permettant de passer en quelques années de 400 kg/an/habitant à moins de 100, tout en réduisant la redevance déchet par deux.

En se situant à un objectif raisonnable de 190 kg/an/habitant l’incinérateur actuel d’Echillais était suffisant pour l’ensemble des cinq communautés. Il a une capacité de 40 000 tonnes par an, ces filtres ont été changés en 2005 pour répondre aux dernières normes et il valorise en chauffant la base militaire aérienne voisine.

Une alternative réalisable

Un projet alternatif documenté et chiffré a été constitué. Les bases de l’alternative sont bien connues : le tri à la source avec une collecte séparée des biodéchets accompagné de mesures incitatives ainsi que le développement de toutes les formes de recyclage, activités créatrices d’emplois.

L’opposition a aussi insisté sur le coût du projet, établi actuellement autour de 85 millions d’euro HT, sur l’image d’une telle construction dans la zone touristique de l’estuaire de la Charente et sur les conséquences écologiques et sanitaires d’une telle usine.

Un texte a été signé par 102 médecins du Pays Rochefortais, reprenant les études sur le risque de cancer autour des incinérateurs, pointant les incertitudes sur l’efficacité des filtres et exprimant leur inquiétude sur l’impact sanitaire du projet.

Politique contradictoire

Ce projet avait été validé par les politiques locaux avant sa révélation publique. Certains élus ont fait un voyage d’étude, avec conjointe, pour visiter l’incinérateur de la Martinique. Lors des dernières élections municipales, tous les candidats, à Echillais comme à Rochefort se sont prononcés contre le projet.

A Rochefort, H. Blanché (UMP) a été élu maire et président de la communauté d’agglomération. Sa position a évolué, d’abord vers une diminution de la taille de l’incinérateur et l’abandon du TMB, puis il a avalisé le projet dans sa totalité, promettant d’y associer une démarche « Zéro déchet ».

L’association nationale Zéro Waste France (anciennement CNIID) s’est inquiétée de la contradiction entre cette démarche « Territoires Zéro gaspillage Zéro déchet » et la construction de nouvelles capacités d’incinération.

« Il n’est pas envisageable de reconnaître l’engagement dans la démarche d’un syndicat qui maintiendrait la construction d’une installation d’incinération qui apparaît inutile au regard des flux de déchets actuels et des marges de progrès du territoire », a déclaré D. Lévi Alvarès, une des responsables de Zero Waste France au sujet d’Echillais.


- Tract d’Hervé Blanché, maire de Rochefort, entre les deux tours des élections municipales, en mars 2014, où il est écrit en gras : "Nous disons NON à l’incinérateur."

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 


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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 16:56

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

Le couple Balkany raconté par ses comptes

Le Monde.fr | 22.10.2014 à 13h52 • Mis à jour le 22.10.2014 à 16h29 | Par Samuel Laurent, Gérard Davet et Fabrice Lhomme

 



 

 

Patrick et Isabelle Balkany, en novembre 2009 à Levallois-Perret.

 

 « Blanchiment de fraude fiscale », « corruption » et « blanchiment de corruption », tels sont les faits pour lesquels le député-maire de Levallois, Patrick Balkany, est mis en examen. L'affaire touche à la fortune du couple qu'il forme avec son épouse Isabelle, et notamment à plusieurs propriétés immobilières qu'ils auraient dissimulées au fisc. 

Le Monde a eu accès à trois notes de Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère des finances, qui a épluché les comptes des deux époux. Ces notes dressent un portrait assez insolite de ce couple emblématique et de son train de vie. 

1. Plus de dépenses de personnel que de revenus déclarés

Les époux Balkany ne sont pas astreints à l'impôt sur la fortune. Leur déclaration d'impôt en ferait presque un couple de la petite bourgeoisie :

Isabelle vit d'une retraite, d'une rente viagère, de quelques produits financiers, et surtout de son indemnité d'élue de Levallois : 50 683 euros au total. Elle a même bénéficié, au titre de « personne isolée », d'un remboursement des impôts, qui lui ont reversé 6 000 euros en 2012.

Patrick, lui, affiche des revenus de député-maire plus confortables : 25 000 euros en tant qu'élu local, plus 53 496 euros en tant que parlementaire en 2012. Il touche en outre 8 679 euros de la SEMARELP, une société qui se charge de gérer le « patrimoine privé » de Levallois.

143 000 euros Notre couple percevait donc, en 2012, environ 143 000 euros par an. Soit 12 000 euros par mois. Pourtant, les deux parviennent à déclarer des dépenses de personnel supérieures : 127 000 euros pour les employés à domicile de monsieur ; 68 733 euros pour madame. Soit un total de 195 733 euros, largement plus que les revenus des Balkany !

Tracfin relève également les comptes très positifs du couple : en 2012, ceux de madame affichaient jusqu'à 325 000 euros, quand monsieur était à 375 000 euros.

Officiellement, à Levallois-Perret, sa ville, Patrick Balkany est… locataire, d'un deux-pièces de 34 mètres carrés, ainsi que d'un garage et d'une « pièce d'agrément ». Un appartement qu'il possédait, mais qu'il a vendu, pour 470 000 euros, tout en continuant à l'occuper.

Il est également officiellement propriétaire, en indivision avec son épouse, du « Moulin de Cossy » à Giverny, dans l'Eure, une propriété décrite comme immense et très luxueuse, où le couple réside en réalité, entre deux voyages à Marrakech ou dans les Antilles.

Ni Isabelle ni Patrick Balkany ne déclarent de compte à l'étranger, et ni l'un ni l'autre ne paient l'impôt sur la fortune.

Pourtant, note Tracfin, les comptes de deux époux montrent des mouvements de fonds largement plus importants. Au total, entre 2007 et 2012, Patrick a enregistré plus de 2 millions d'euros en crédit, quand Isabelle allait jusqu'à 5,2 millions d'euros.

2. Deux globe-trotters dotés de Visa Infinite

Ce n'est là que la première bizarrerie que dévoilent les comptes des époux.

Le couple posséderait, selon les investigations de Tracfin, trois propriétés, l'une à Giverny, dans l'Eure, la deuxième à Marrakech et la troisième sur l'île de Saint-Martin, cachées derrière des sociétés écran.

Lire : Comprendre l'affaire Balkany

A Marrakech, Dar Gyucy est un ryad de 1 600 mètres carrés et un hectare de jardins aménagés, qui a été proposé à la vente pour 5,5 millions d'euros en 2008. A Saint-Martin, la villa Pamplemousse – dont Isabelle a admis qu'elle était bien propriétaire depuis 1997 – vaut au moins 3 millions d'euros.

Les Balkany l'ont parfois louée, entre 5 500 et 8 000 euros la semaine, notamment à Liliane Bettencourt ou à l'un des fils de Mouammar Kadhafi, selon Le Point. Problème : selon Tracfin, le produit de ces locations n'est jamais apparu sur les comptes du couple. Ce qui alimente les soupçons de comptes offshore.

41 Tracfin relève, depuis 2008, au moins 11 déplacements d'Isabelle à Saint-Martin et 20 à Marrakech, parfois pour deux mois consécutifs. M. Balkany, lui, se contente de 14 séjours au Maroc et 13 à Saint-Martin.

Pour prouver qu'ils en sont propriétaires, la cellule d'investigation financière a remonté la « piste de papier » de leurs Cartes bleues. Et donne un tableau de synthèse des paiements en CB effectués par Patrick et Isabelle Balkany, que ce soit avec leurs American Express ou leurs cartes Visa Infinite, la plus luxueuse de la marque.  

On y découvre, en cinq ans, pas moins de 37 périodes où Isabelle a effectué des paiements depuis l'un des deux endroits : 21 fois au Maroc et 16 à Saint-Martin. Plus globe-trotter, Patrick Balkany, outre ces deux destinations, se rend également souvent en Suisse (cinq fois), en Israël (trois fois), au Qatar (deux fois), au Royaume-Uni (trois fois)... 

Plusieurs points étonnent Tracfin. Notamment le fait qu'« aucun paiement par carte bancaire n'a été relevé entre septembre 2010 et août 2012 (soit un an) sur l'île de Saint-Martin ». La cellule émet plusieurs hypothèses, dont celle de comptes offshore qui leur permettraient de payer leurs dépenses sur place.

3. Abonnements Canal + et dépenses de décoration

Les rapports dévoilent aussi de plus petits détails, mais qui sont révélateurs. Comme les dépenses du couple. On apprend ainsi qu'entre le 30 décembre 2008 et le 28 octobre 2009, et en cinq séjours au Maroc, Isabelle Balkany a dépensé 15 000 euros en décoration, prêt-à-porter ou courses.

A Saint-Martin, les factures de supermarché vont de 1 000 à 2 000 euros, quand il ne s'agit pas de décorer la maison, pour 40 000 euros en cinq ans.

De même, en 2008, Mme Balkany signe un chèque de 18 500 euros à « Motor World », concessionnaire automobile de Saint-Martin. Et Patrick est signataire de contrats d'assurance, auprès d'un assureur de l'île, pour deux véhicules : un Nissan X-Trail (un 4 × 4 qui se vend autour de 30.000 euros neuf) et un Infiniti Q56 (autre 4 × 4 de valeur équivalente). Madame, elle, assure un Infiniti FX35 (toujours un 4 × 4 de luxe)  et un Daihatsu Tipper (un camion à benne).

18 265 La décoration est un souci constant du couple, au vu de ces autres factures détaillées dans les rapports : entre mars 2009 et janvier 2010, les Balkany ont dépensé 18 265 euros sur divers sites web dédiés à la décoration.

7 Mais les Cartes bleues des Balkany montrent que ce ne sont là que quelques petites dépenses. Elles affichent des débits qui vont jusqu'à 360 000 euros pour une année. Tout ou presque est excessif chez les Balkany, jusqu'à – détail qui étonne Tracfin – le nombre d'abonnements à Canal + du couple : pas moins de sept !

 

 

*Pour accéder aux tableaux des comptes et dépenses cliquer ici

 

 

 

 

*Pour accéder aux tableaux des comptes et dépenses décryptés par le monde cliquer ici

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Economie et social
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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 16:15

 

 

Source : creatoulouse.squat.net

 

Nouveau lieu d’organisation et d’activités

annabell's

 

Salut, l’AP2P vient d’être refermé, son propriétaire va le détruire pour faire plein de mini studios tres chers… La CREA a ouvert un nouveau lieu d’auto-organisation et d’activités, au 71 bvd de la marquette. (Métro canal du midi, bus 70 arret pont du bearnais) C’est la 75e ouverture ! Y’a de la place, venez nous aider à continuer l’installation, proposer des ateliers, activités… participer. La CREA cherche pour ce nouveau Centre Social Autogéré du mobilier, de la vaisselle, de l’électroménager (frigos, machines à laver…), des draps et grands tissus, des tapis, des jouets pour les enfants (balançoire et trampoline ça serait le rêve) etc… (pas de vêtements! la fripe est déjà pleine!), un gros aspiro de chantier, de la peinture (pots, bombes, rouleaux, toutes les couleurs…) On cherche aussi des graffeu.se.s, (qui bossent pas avec la mairie) et qui déchirent et qui comprennent ce qu’on fait… parce qu’on a des bêtes de murs à transformer…urgemment.

Sinon la plupart des ateliers ont déjà repris (boxe, langues, activités enfants le mercredi après-m…) , et vendredi 24 à 18h, cantine et fête de la solidarité !! Et les ouvertures de bâtiments continuent avec les gens qui en ont besoin.

A bientôt,

tout pour tou.te.s, pouvoir au peuple !

 

 

Source : creatoulouse.squat.net

 

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Consommer et agir autrement
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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 15:28

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com

 

« La fin de la paysannerie ? C’est ça l’avenir, mon gars. Faut pas rêver »

 

Fabien Granier
Blogueur
Publié le 22/10/2014 à 11h41

 

 

 


Un tracteur abandonné dans un champ (Steve Lyon/Flickr/CC)

« Vide ! »

L’orage s’est divisé, comme d’habitude, au-dessus de l’Aumance. Les nuages se sont séparés en râlant, pour se rejoindre plus loin, dans le Cher, ou par dessus la forêt. On peut les voir par la fenêtre. Les entendre gueuler tout leur saoul. Mais sur le bocage : rien. Pas une goutte pour le moment. La pluie partout, mais pas ici. C’est comme ça.

Ici, on dit que les automnes ont leurs favoris.

Vide, vide, vide

Mon interlocuteur se ressert un café. L’aspire du bout des lèvres. Puis reprend son fil. Le chien s’est enfin tu :

« C’est bien simple : on est quatorze à rester. Ou treize, je sais pas. Là haut, chez Moncergis [les noms des domaines ont été modifiés, ndlr], c’est vide ! Le père Michelat : c’est vide ! Les Mauriciers : vide ! Les frères Baudel : vide aussi ! »

C’est un voisin. On n’habite pas sur la même commune, mais sa ferme est tout en bas de la pente qui dégringole de chez moi à la rivière. C’est la route qu’on prend quand on veut éviter les flics. On y roule doucement, surtout quand il fait noir, rapport aux lapins qui surgissent par dix depuis ses fossés.

« Et puis sur le haut, quand tu t’en vas vers la forêt : c’est tout vide là-bas. Tu comptes même plus. Les Ravais : fermé ! Au Montant : vide ! La Chenaie : vide ! Aux Beurdoux : tout vide. Chez Michel, anciennement Bramard : vide pareil.

Et la liste est longue ! Tu veux que je continue ? Simon : parti ! Grimaud : parti ! Les Saules : vide ! Et chez Benoît : y a même plus un carreau sur les vitres. C’est vide, puis ç’a été vidé aussi. »

Quand j’ai commencé à écrire ces chroniques, je m’étais juré de ne pas devenir le réceptacle de la colère des paysans. D’une, parce qu’elle est – bien que légitime – infinie. De deux, parce qu’elle est totalement désespérante. Et de trois, parce que l’objet de ce blog n’est pas de gémir. Au contraire.

Il est de pousser un cri de guerre.

De raconter la vitalité stupéfiante du monde rural, malgré l’acharnement mis de toutes part à le faire disparaître. L’énergie produite par tous ceux que les espaces vides rendent fou d’imagination. Ceux qui ne voient pas l’abandon, mais la place laissée libre.

On a commencé à venir me voir

Seulement voilà : j’ai découvert qu’une partie importante du monde agricole était fidèle à Rue89. Quand ma chronique sur la fin accablante d’une exploitation laitière s’est mis à circuler, on a vite reconnu de qui il s’agissait.

On a commencé à venir me voir.

Ce voisin, je le connaissais de loin en loin. Un ami d’ami. Un révolté, ça je le savais. Qui n’a pas sa langue au fond du puits. Quand il a su que j’étais celui qui tenait ce blog, il il m’a sauté sur le paletot :

« Quand est-ce que tu viens chez moi ? J’ai PLEIN de choses à te dire ! »

C’était la semaine dernière, un soir de beau, dans le bistrot associatif qu’on a ouvert à la hussarde quelques mois plus tôt, et qui ne désemplit jamais. Il m’a serré la main en me cassant tous les petits os. Je n’avais pas le choix. Et c’était très bien comme ça.

« Puis c’est pas fini. De l’autre coté, c’est pareil ! Chassain : vide ! Montaigu : vide ! Pernancier : vide ! Chez les Michauds : c’est vide ! Le père Moussier : vide ! Et chez Giraud : ben c’est fermé. Le fils Barré : il a pas tenu – c’est vide ! La paille moisit dans son hangar. Puis tant qu’à monter, c’est la même, va : partout ça se vide ! Ya que De Villemin, à la rigueur. Mais alors lui c’est simple : il a 2 000 hectares à lui. Ou trois. 3 000 hectares, remplis de fermes vides. »

En martelant du plat de la main, il me récite l’interminable litanie des fermes qu’il a vu se fermer. Se faire avaler par le sol. Rendre les armes face à l’acharnement de tous ceux qui travaillent, jour après jour, à la disparition des exploitations à taille humaine.

La fin de la paysannerie.

La MSA s’est transformée en outil de contrôle

C’est un jeune. Un téméraire. Grand chasseur. Grand gueuleur. Grand militant. Il me reçoit dans son salon où des fusils râtellent au mur, parmi des photos de famille. Les chiens hurlent à mon entrée. La table est pleine de joueurs.

Dimanche après-midi. Orages suspendus. Famille, amis, Scrabble et rami. Ça jase. Il me ressert un café noir. Puis, droit au but : « Je voulais te parler de la MSA. »

Silence chez les joueurs.

Son histoire, ils la connaissent tous. Sa colère, aussi. Les torrents de bile. Ça reprend à mi-bruit. L’orage beurdoule un rien plus fort. « Ah, tiens. Il est plus loin d’ici... »

La MSA, c’est la Mutuelle sociale agricole. La caisse de solidarité du métier. La Sécu des paysans, quoi. A la libération, la corporation a voulu jouer son rôle de corporation. C’était l’époque où la paysannerie représentait 60% de la population active. Ou plus. Payer pour les autres ? Et puis quoi, encore ! 70 ans plus tard, il ne sont plus que 4%. Et à la vitesse où se vident les fermes...

L’économie de marché a pris toute ses aises. A dégouliné sur la campagne. La MSA a joué le jeu, sans faillir, et s’est petit à petit transformée en outil de contrôle et de gestion des modes d’exploitation.

En gros : soit tu rentres dans le rang d’une agriculture spéculative, intensive, concentrée, à forte valeur ajoutée – obèse, en quelques mots –, soit tu jartes. J’y viens.

Lui a repris l’exploitation en 1990. Par là. Militant de la première heure, bagarreur coriace, il monte une cellule locale du Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux), partage ses journées entre la ferme et les actions syndicales. C’était la charnière, à l’époque. Enfin... Il y en a eu de nombreuses, des charnières. Mais celle-ci c’était un peu le sursaut. Voyant venir ce qu’on les poussait à devenir, les paysans bloquaient les rues, les préfectures, les supermarchés. Et lui était juché au premier rang.

Il déglutit.

Le pire, c’est les jeunes

25 ans ont passé. Les syndicats : c’est fini... Les jeunes, putain... Le pire, c’est les jeunes. Pas qu’ils soient mauvais en soi, les pauvres. Mais c’est sans fin. Ils arrivent, tout juste sortis de l’école, la tête fraîchement farcie, et se cognent de la paysannerie. Eux : ils veulent des hectares, du rendement, et un salaire. Le tout, tout de suite. Pour commencer. Ils ont la poitrine en avant, de l’énergie plein les bottes. Ils investissent, massivement, avec la bénédiction des banques et des institutions, dans des équipements qui rutilent.

Et se lancent, tête baissée, pensant faire au mieux, dans une vie de solitude, de travail acharné et de remboursements.

Alors le syndicalisme, tu parles... Quand tu passes ton temps à flipper pour ta propre survie...

Petit à petit, les fermes ferment. Usure. Abandon. Retraite. Dépression. Ou « p’tit marteau » : liquidation. Ça se vide. Les jeunes arrivent. S’installent. Rachètent les terres de deux ou trois. Et ça repart. Pyramide. Jusqu’à ces abominations céréalières de plusieurs milliers d’hectares, qui bouffent allègrement les sols et paysages de Beauce, de Champagne ou du Berry.

Je te mens ?

Tu lis la presse ? La ferme des mille vaches...

MILLE vaches !

C’est ça, l’avenir, mon gars... Faut pas rêver...

Et la MSA, alors ?

Même jeu. Mêmes joueurs.

T’embauches qui pour 20 euros ?

Il y a deux ans, mon interlocuteur se coince dans un accident de tracteur. Un truc sérieux. Il s’en tire avec l’épaule porteuse en moins : broyée. On la retape, mais ça prend du temps. Et les tendons sont foutus. Irréparables. Il peut lever le bras, mais rien porter. Plus de force. On le déclare handicapé à 25%.

Il se tourne vers la MSA pour la première fois de sa vie, après 25 ans d’exercice et dix ou douze jours de vacances. Il sait qu’il existe une aide à l’embauche d’ouvriers pour les périodes de relevaille. Il a besoin de quelqu’un pour veiller à la ferme, le temps qu’il se retape et puisse envisager la suite. Il s’adresse à un conseiller qui le reçoit très poliment.

Et lui plante sa réponse dans le dos.

Il a droit à 20 euros par jour. Pendant trois mois.

20 euros par jour... T’embauches qui pour 20 euros ? Une chèvre ?

Mais c’est comme ça pour tout le monde... Pour pouvoir prétendre à une indemnité digne de ce nom, il aurait dû monter sa ferme en société – dès le début – et se verser des salaires en bonne et due forme.

Dès le début.

Le genre de choses que tu ne fais jamais. Même si tu es au courant. A moins de jouer déjà dans la cour des grands montages agro-industriels. Il en faut du rendement pour se verser un salaire régulier.

Il prend l’indemnité ridicule et fait ce qu’il a à faire : il abat la voilure de son exploitation. Il vend des bêtes. Diminue son travail. Baisse le régime. Gagne moins. S’adapte à son épaule.

Et ça repart.

Deux accidents, ça ne suffit pas

Mais un an plus tard, à peine, son corps réagencé lui tend un piège. Il perd l’équilibre sous une charge. Tombe. Se brise une jambe, et le cheville qui va avec.

A l’hôpital, on le visse. On le boulonne. On l’immobilise pour la deuxième fois en deux ans. En plein vêlages, encore une fois. Le manque à gagner brûle presque autant que la douleur.

Cette nouvelle blessure est déclarée invalidante à 10%. 25+10 = 35%. Il découvre pendant les soins qu’il a passé la barre des 30% de handicap, ce qui, officiellement, peut lui donner droit à une aide à l’embauche d’un ouvrier. 300 euros par mois. Une paille.

Il monte un dossier et l’envoie à la MSA. La MSA le lui renvoie, barré de rouge. Il n’a pas droit à l’aide.

L’indemnité est accordée aux exploitants déclarés handicapés à 30% – ou plus – des suites d’un seul et même accident.

D’un seul et même...

Sinon, il faut cumuler les 30% d’invalidité des suites de trois accidents ou plus. Deux accidents, ça ne suffit pas. Les 20 euros par jour ? Il n’y a pas droit cette fois. Cette nouvelle crise n’est pas assez sérieuse pour qu’il puisse s’en prévaloir.

Pour s’amuser, il a calculé ce qu’il a versé de cotisation à la MSA depuis l’ouverture de son exploitation. Il arrive à près de 36 000 euros.

Puis vient la mauvaise année...

Bien sûr, tout cela ne serait pas arrivé si, suivant la doxa des institutions agricole, il s’était installé en SARL : impératif comptable, fiscalité d’entreprise, obligation de salaires et de bénéfices constants.

Mais ça, tu sais ce que ça veut dire ?

Attends, je te raconte...

Tu achètes des terres. Tu achètes des vaches. Tu doubles. Tu triples. Pour faire face à la taille de ton exploitation, tu investis dans un arsenal technologique de pointe. Tu embauches. Tu construis. Tu empruntes. A la banque, on te fixe un impératif de rendement. Pour t’y tenir, il te faut plus de bêtes.

Tu achètes des terres. Tu grossis. Tu embauches. Tu travailles avec obstination en fixant du regard la ligne d’horizon : le jour où ce que tu gagneras ne se fera plus absorber automatiquement par les remboursements et les intérêts.

Puis vient la mauvaise année. Trop de pluie. Pas assez. Epidémie. Accidents. Incendie. Puis te voilà rendu à courir derrière la trésorerie. Et c’est le cycle.

Tu calcules. Tu stockes. Tu retardes les paiements au maximum. Tu spécules sur des poignées d’euros. Tu fais sauter les frais les plus lourds. Tu répares toi-même ton équipement, déjà obsolescent. Ça te prend tes nuits, tes dimanches.

Puis vient la deuxième année mauvaise. Tu fais plus face. Les fournisseurs te refusent. Les banques te menacent. Tu commences à mégoter sur l’essentiel : le véto, les aliments. Tu es sec. Et éreinté.

Puis un jour, tu peux plus. P’tit marteau. C’est vendu.

Vide.

Et là, tu peux toujours lui courir après, la MSA.

Ce qu’il manque ? Une forme de bon sens

L’orage s’abat enfin. La café fume. Les joueurs ont fini de jouer et commencent à plier leurs gaules. Je tente de délayer l’amertume en le branchant sur son travail. Lui fait du Charolais. AOC. Le top de la viande. Des bêtes au petit soin. Ensilage de mais, luzerne et beaucoup d’engrain.

Tout pousse chez lui. Les mauvaises années, il rajoute quelques tourteaux de soja pour faire le joint. Il privilégie le réensemencement, comme il l’a toujours fait, bien qu’il se rende compte que les céréales, passé deux ou trois saisons, ont maintenant du mal à se reproduire. Il sait que c’est une stratégie commerciale. Encore une autre pierre dans les jardins des petits exploitants. Alors il tente au mieux, de conserver des propres semences.

Il déglutit. Et revient à la charge.

Ce qu’il manque, je vais te dire : c’est une forme de bon sens. Comment dire mieux ? Avec la vache folle, c’était pareil : il devrait y avoir quelque chose de profondément enfoui qui te retienne de donner de la viande à bouffer à tes vaches, non ?

Eh bien les semences, c’est pareil. Quelque chose devrait te retenir de faire confiance à des gars qui te vendent délibérément des graines stériles. Quelque chose devrait te retenir d’entasser 10 000 poulets dans des tunnels au néon farcis d’antibiotiques.

Quelque chose devrait te retenir d’entasser mille vaches dans une stabulation entièrement mécanisée pour faire de l’électricité avec leur merde. Non ?

Le bon sens...

Te voilà à dévaster ce dont tu vis

Toutes ces fermes vides, dans la vallée, elles avaient toutes trois ou quatre tas de fumiers répartis. Quand ça pleuvait, le lisier s’écoulait et fumait les entours. Mais maintenant, y a tellement de vaches dans les étables que ça déborde de fumier. Il faut le stocker dans des cuves, avec des systèmes de rigoles et de flux. Quand ça pleut : ça déborde. Ça part dans la rivière. Et ça dévaste tout.

Et te voilà, paysan, à dévaster ce dont tu vis.

Tu m’étonnes qu’ils raccrochent les gants, tous...

Les invités sont partis. La pluie tombe serrée. Il est tard. Et la conversation commence à prendre une tournure annihilante.

Elle est sans fin, la plainte des paysans. C’est devenu un combat. Tu te bas contre tes institutions. Tu te bas contre les fournisseurs. Tu te bas contre les vétérinaires. Tu te bas contre les idées reçues. Contre ton destin. Contre la fatalité.

Depuis peu, tu te bas contre les consommateurs qui t’accablent de tous les maux, peu importe tes efforts et ta démarche.

Dernière en date, tu te bats même contre les architectes des bâtiments de France, qui t’interdisent de construire une grange pour y stocker le foin afin que les touristes qui profitent de la vue depuis le château en ruine ne soient pas gênés par la présence notoire de la seule ferme encore en activité. Le maire, en lui notifiant le refus de permis de construire, a même qualifié la ferme de « verrue dans le paysage ».

Sans fin.

La nuit tombée, je repars au milieu des aboiements et d’un déluge de gouttes épaisses. Dans ma tête : des poignées de mains, des rires, et des conversations en boucle.

Espoir. Désespoir.

Les fermes sont vides, les terres sont là

Je me redis que faire gaffe à ce qu’on mange, ce qu’on boit, et à quand on le consomme, c’est pas un luxe. C’est pas de la guimauve à hipsters. Pas une mode bobo.

C’est une nécessité urgente et absolue.

Pour le moment, les fermes sont vides, mais les terres sont là. Et puis le savoir faire. Il s’en faut de peu qu’il n’y ait plus que des friches, des serres et des champs sans limites. Regardez l’Espagne, si je mens. Les Pays-Bas. Ou ces régions d’Angleterre où la paysannerie n’est plus qu’un lointain souvenir.

Tu manges mal. Tu dors mal. Tu vis mal. Au milieu de paysages désertés. Les terres se vident et les villes s’empilent.

Partout dans le monde.

Alors tant pis si de temps en temps, je ressasse la complainte des paysans. Ça secoue. Ça réveille. Ça recadre. Et puis, après tout : c’est bon, parfois, d’avoir des ennemis.

Au moins, tu sais contre quoi tu te dresses.

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Ils réagissent
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