Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 19:37

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Arduino 03/05/2015 à 19h33

« Les gens nous disent : “On peut imprimer une maison.” Mais non »

Rémi Noyon | Journaliste Rue89

 

 

Ces bidouilleurs du numérique ambitionnent de changer le monde. Politiques et entreprises sentent la bonne affaire. Mais c’est un peu plus compliqué. Reportage.

 

Un exposant à côté d’un robot présenté à la Maker Faire Paris, le 3 mai 2015 (Rémi Noyon/Rue89)

A première vue, cela ressemble à un rassemblement hétéroclite d’artistes allumés (), d’ingénieurs et de passionnés de robotique (« Les tendons, ce sont des ressorts d’essuie-glace ? »).

Il y a l’anecdotique – un bâtonnet équipé de capteurs qui permet de ne pas rater ses cocktails – et le plus sérieux – un concentrateur solaire pour produire de l’électricité.

Dans les coins, des barbus jargonnent allègrement. Un étudiant en informatique s’enthousiasme devant un bras robotique construit avec des pièces récupérées : « C’est magnifique, épique, dément. »

Ce sont des « makers », des bidouilleurs du numérique. Ils aiment l’« Open Hardware », les imprimantes 3D et le tutoiement. Ce dimanche, je suis allé faire un tour à la « Maker Faire », dans un coin de la foire de Paris. Ce mouvement, très vivace aux Etats-Unis, est le prolongement « numérique » du « Do It Yourself » (DIY).

A la Maker Faire, à Paris, le 3 mai 2015 (Rémi Noyon/Rue89)

Il paraît que se joue là une nouvelle révolution industrielle. La secrétaire d’Etat au Numérique, Axelle Lemaire, est passée dire bonjour et a pris quelques photos. En plaisantant, elle a redit qu’il faudrait organiser une « Maker Faire » à l’Elysée. Certains parlent de se réconcilier avec la technologie, d’autres n’ont à la bouche que les mots « relocalisation » et « rematérialisation ». Et le cabinet Deloitte fait des études économiques aux titres grandiloquents : « Le futur de la production ».

« Personnalisation de masse »

A deux pas d’une sculpture qui s’allume lorsque des visiteurs tweetent avec le hashtag de l’évènement (#mfp15), je tombe sur Pierre-Emmanuel, un sympathique gaillard, qui commence à fatiguer, derrière ses deux imprimantes 3D. Derrière lui, une bannière l’identifie comme donnant dans l’« artisanat numérique ».

Pierre-Emmanuel, derrière son stand, à la Maker Faire, le 3 mai 2015 (Rémi Noyon/Rue89)

Le jeune homme a écrit un mémoire [PDF] quasi philosophique sur le mouvement Maker – « De l’artifice du besoin à la réappropriation nécessaire de nos désirs » (et pourtant, il n’avait « pas pris de drogue ce jour-là »)  :

« Les années 2000 ont vu de vastes mouvements de délocalisation. Les imprimantes 3D peuvent favoriser une localisation de proximité. Des micro-unités de production, sur le modèle des Fablabs. »

C’est (presque) un vieux thème. L’idée que l’imprimante 3D permettra des productions localisées et personnalisées. C’est à la fois la « fabrication distribuée » et la « personnalisation de masse ». On retrouve là des visions utopistes du futur (de petites unités de production décentralisées, la fin du gaspillage, etc.), mais aussi une modalité de l’économie, qui n’est pas sans rappeler la fameuse maxime de Confucius :

« Il vaut mieux proposer à un pauvre de lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. »

Il est d’usage de citer le philosophe André Gorz et son texte « La sortie du capitalisme a déjà commencé » [PDF] :

« Les outils high-tech existants ou en cours de développement (...) pointent vers un avenir où pratiquement tout le nécessaire et le désirable pourra être produit dans des ateliers coopératifs et communaux ; où les activités de production pourront être combinées avec l’apprentissage et l’enseignement, avec l’expérimentation et la recherche. »

Le kit pour fonder une civilisation

Pile dans cette veine « utopiste », voici le stand du projet Open Source Ecologie. Venu des Etats-Unis, il a pour but de développer un « global village construction set » (GVCS) : 50 machines en kits dont les plans sont en ligne, réutilisables et améliorables par tout le monde, pour « répondre aux besoins primaires d’un village soutenable et autonome ». Une sorte de meccano pour fonder une nouvelle civilisation.

 

Oriane, 28 ans, fait la liste des avantages immédiats : « Cela limite le gaspillage, l’obsolescence programmée. »

Je me dis qu’on n’est parfois pas très loin du « solutionnisme technologique », l’idée que la technologie peut résoudre « facilement » des problèmes sociaux.

Je tombe ainsi sur un designer sympathique, fraîchement sorti d’école, qui tripote des cactus dans des prototypes en plastique. La brochure qui traîne sur la table fait frissonner :

« Nous travaillons sur les cyborgs végétaux destinés à augmenter les plantes et leur donner de nouveaux usages et de nouveaux comportements. »

 

Pierre-Louis et le prototype de « plante connectée », le 3 mai 2015 (Rémi Noyon/Rue89)

 

Des plantes connectées... Le gentil designer (il s’appelle Pierre-Louis) me renseigne :

« La base robotique est équipée de capteurs – humidité, luminosité, richesse du sol. La plante est montée sur des roues. La base va traduire les besoins de la plante et la plante va se déplacer. On peut imaginer que le système repère les zones les plus polluées de la ville et que les plantes convergent vers cette zone pour en absorber le CO2. »

Dans le même genre de réponse simple à un problème complexe, il y a les Balloons, dont l’idée semble altruiste, mais dont on voit vite les dérives : des ballons qui s’allument chez vos grands-parents, d’une simple pression sur votre smartphone, pour montrer que vous pensez à eux. Plus besoin de téléphoner !

 

On n’imprime pas encore des maisons

Comme beaucoup, ces designers espèrent suivre la trajectoire suivante : un prototype (en open source) est facilement réalisé grâce à la démocratisation des outils. Il est présenté dans des salons, puis ces promoteurs lancent une campagne de cofinancement sur des plateformes comme Kickstarter ou Ulule. S’ils réunissent les fonds nécessaires, la production peut commencer. C’est le mouvement que suit le PancakeBot, une imprimante à crêpes...

Mais en dix ans d’existence (surtout aux Etats-Unis), le mouvement « maker » a eu le temps de décanter et de séparer l’utopique du réalisable. Ainsi, l’idée que chacun pourra produire de chez soi (ou près de chez soi) est pour l’instant un fantasme. L’utilisation d’une imprimante 3D demande des compétences de modélisation 3D et l’on reste dans de petits objets en plastique usiné. On peut aller plus loin en se servant de machines « traditionnelles » (perceuse à colonne, découpe laser, etc.), mais cela demande de l’appétit et du temps.

 

La statue lumineuse à l’entrée de la Maker Faire, le 3 mai 2015 (Rémi Noyon/Rue89)

 

Guilhem Peres, cofondateur d’eMotion Tech, une start-up toulousaine qui commercialise de petites imprimantes 3D, surtout pour les profs de technologie, pense que ce mythe ne perdure que dans le grand public :

« Les gens viennent nous voir pour nous dire : “On peut imprimer une maison comme en Chine.” Mais non. »

Le porte-parole non officiel du mouvement « maker » en France est un certain Bertier Luyt, qui a fondé le FabShop en Bretagne. C’est un grand type mince, à la voix cassée par les interviews. Je m’attendais à un bonhomme persuadé qu’il allait tout bousculer, mais il est plutôt mesuré :

« Les imprimantes 3D sont avant tout des machines de prototypage. »

Pierre-Emmanuel nuance de même :

« Nous sommes encore un peu tôt en terme de maitrise de la technologie pour tout faire et pour que des assiettes produites dans un FabLab à côté de chez vous soient compétitives par rapport à celles de Monoprix. »

Sus à la boîte noire

L’essentiel est peut-être ailleurs. Dans une ambition plus modeste : détricoter la technologie, la démystifier. C’est pour cela que Guilhem Peres tient à vendre ses imprimantes 3D en kit :

« La vendre assemblée serait une hérésie. »

Cet « esprit bidouilleur », qui passe aussi par le partage de plans et de « trucs » en ligne, permettrait de réconcilier le grand public avec la technologie. De rentrer plus finement dans les enjeux posés par le numérique qu’avec une attitude purement « technosceptique » ou « technoenchantée ». Il faut apprendre à coder pour décoder.

 

Le stand des fers à souder, à la Maker Faire, le 3 mai 2015 (Rémi Noyon/Rue89)

Casquette sur la tête, manettes dans les mains, Gaël Langevin s’emploie à développer un robot en open source. La carcasse est fabriquée grâce à une imprimante 3D, le programme est aussi librement disponible sur Internet :

« Le but est de changer l’état d’esprit sur la robotique. S’assurer que les gens ne vont pas voir débarquer des robots de grandes entreprises et ne pas comprendre ce qui est derrière. Cela pourrait aussi permettre d’éviter certaines dérives. »

Mais n’est-ce pas à destination des « happy few » ?

« Pas forcément. Un prof de technologie peut s’emparer d’un petit module – le doigt, par exemple – et le faire fabriquer à ses élèves. »

Hugo est biologiste de formation. Il s’occupe du BioHackLab, à Brest :

« Dans la biologie, on rencontre la même problématique : l’appropriation du savoir avec le brevetage du vivant. A terme, des entreprises bidouilleront des humains. Il va y avoir de l’eugénisme. Mon but est que les gens ne soient pas démunis, comprennent les implications. Cela passe, par exemple, par la démonstration de l’extraction de gènes. »

Une imprimante 3D à la Maker Faire, le 3 mai 2015 (Rémi Noyon/Rue89)

Eloge du fer à souder

L’autre tendance qui semble animer les gens présents, c’est la joie de mettre la main dans la matière, de souder, de découper, de manipuler. Cela n’est pas sans faire écho à l « Eloge du carburateur », de Matthew Crawford, que certains connaissent bien sur le salon (et que des riverains de Rue89 citent régulièrement).

Ce « philosophe col bleu » remet à l’honneur le travail manuel face aux « services » dématérialisés. Les « Makers » redonnent ainsi de la matérialité à du virtuel.

Hugo :

« On a fait un aller-retour. Du virtuel, on repasse au matériel, au hardware. Et avec le biohack, nous allons encore plus loin, nous repartons carrément vers le vivant. »

La cofondatrice des « Maker Faire », Sherry Huss, jette un oeil à des hordes de gamins qui se disputent des fers à souder.

« Je pense que le monde manque d’ingénieurs. C’est aussi un moyen de donner envie. »

Où sont les babas ?

A regarder les exposants, je ne peux pas m’empêcher de penser à la fameuse mythologie des « garages ». Ces endroits de créativité qui ont donné forme à des groupes comme Apple ou Google, bien éloignés des valeurs baba cools.

D’abord, il n’y a rien de nouveau. C’est le repackaging d’un plaisir, d’un hobby qui existe depuis des années : bricoler. Surtout, même si les bidouilleurs affichent souvent un esprit « non commercial », les grandes entreprises ne sont jamais loin.

 

La « robotic hand » de Vladimir Kadir, à la Maker Faire, le 3 mai 2015 (Rémi Noyon/Rue89)

 

Ainsi, Microsoft fait la promotion de ses initiatives « ouvertes » annoncées le 29 avril et Leroy Merlin du « TechShop » qu’il compte ouvrir à la fin de l’année, en région parisienne.

Simon, l’un des membres de Leroy Merlin, explique :

« L’idée est de donner l’accès à un parc avec beaucoup d’outillage. Un peu comme un club de gym. On pourra dire aux clients de Leroy Merlin : plutôt que d’acheter votre mobilier, achetez les matériaux et venez le faire vous-même. C’est quand même plus satisfaisant. »

Il est plutôt amusant de voir Leroy Merlin vanter la production quasi artisanale de meubles...

Ce sera comme le bio ou le développement durable, pense Gaël Langevin : tout le monde va se réclamer de l’« open source » – gouvernements et entreprises.

Pour certains, ce ne sera que du vernis. Pour d’autres, une nouvelle manière de travailler. Et il y aura les puristes, qui crieront à la dénaturation.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 19:23

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

L'audit de la dette grecque, une idée qui a fini par percer

|  Par Amélie Poinssot

 

 

L'idée a mis du temps à faire son chemin au sein de Syriza. Elle a finalement été portée par la présidente du parlement, Zoi Konstantopoulou : pour négocier une restructuration de la dette grecque avec les créanciers, il faut d'abord déterminer dans quelles proportions elle est légale, légitime, et soutenable. Début avril, une « commission pour la vérité sur la dette grecque » a été mise sur pied ; elle commence ses travaux en ce début mai.

 

Athènes, de notre envoyée spéciale.- Quand il rencontre pour la première fois les responsables économiques de Syriza, en 2010, pour leur parler audit de la dette, l'accueil est plutôt froid. Yorgos Mitralias, militant depuis toujours, membre grec du CADTM (« Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde ») se trouve alors à Berlin, pour la préparation du forum social européen. Cet ancien journaliste économique en est convaincu : la totalité de la dette grecque n'est pas légitime, et elle est insoutenable à long terme. Yannis Dragasakis – aujourd'hui n° 2 du gouvernement – et Gabriel Sakellaridis – porte-parole de l'exécutif – l'écoutent poliment. Sa proposition ne sera pas retenue par le parti, qui siège alors à Athènes sur les bancs de l'opposition.

« À ce moment-là, je découvre l'ampleur de la dette grecque et le problème que cela pose à l'économie du pays, se souvient Yorgos Mitralias. Alors que le CADTM se concentrait par définition sur les dettes du tiers-monde, pour la première fois il s'agissait de restructurer la dette d'un pays de l'hémisphère Nord. Pour moi, l'instrument de l'audit s'avérait en outre pédagogique : il pouvait conduire, s'il était bien géré, à la question de la décision politique. »

À cette époque-là, la dette pèse 125 % du PIB grec. Il n'y a pas encore eu les deux opérations d'effacement partiel, le « haircut » de février 2012, et le « buying-back » de novembre de la même année : dans chaque cas, une décote déguisée sous la forme d'un vaste échange d'obligations de moindre valeur réalisé avec la bonne volonté des créanciers, alors en majorité privés. Depuis, la dette grecque est passée dans les mains des États européens, qui se sont révélés beaucoup plus frileux devant l'idée d'une nouvelle restructuration. Comble de l'histoire, la dette grecque n'a cessé depuis de poursuivre une pente ascendante : elle frôle aujourd'hui les 180 % du PIB…

Pendant longtemps, l'idée d'un audit de la dette publique reste confinée à des cercles assez restreints de l'extrême gauche grecque. En 2010, Yorgos Mitralias monte son site « Contre la dette ». L'année suivante, il participe avec d'autres à la création d'un collectif citoyen, afin de mobiliser l'opinion publique sur la question de l'audit. Un séminaire est organisé avec de nombreux invités du monde entier, l'amphithéâtre de la fac de droit d'Athènes qui accueille l'événement ne désemplit pas pendant deux jours… et un mois plus tard, pendant le mouvement des « Indignés », le stand du collectif installé au pied du parlement d'Athènes est assailli par les curieux de tous bords. Mais le souffle retombe assez vite et, côté politique, très peu de responsables osent se frotter au sujet. Une seule députée s'empare réellement du dossier : Sofia Sakorafa, une ancienne socialiste qui a pris ses distances avec le Pasok un an auparavant, quand le parti a fait voter le premier mémorandum d'austérité, et qui rejoindra plus tard Syriza – sous l'étiquette duquel elle se fait élire au parlement européen en mai 2014.

« À l'époque, personne ne voulait parler de la dette en tant que telle, confirme l'intéressée, qui ne cache pas sa joie de voir enfin son thème de prédilection sur le devant de la scène. Faire l'audit de la dette, comprendre comment elle s'est créée, c'est nous permettre de ne pas reproduire les erreurs qui nous ont conduits jusqu'ici. »

C'est à la fin de l'année 2013 que le parti de Tsipras se convertit à l'idée d'un audit. La direction de Syriza reçoit alors Yorgos Mitralias, puis le président du CADTM, Éric Toussaint. « L'idée avait enfin pénétré les cercles proches de Tsipras. Je pense que jusque-là ils étaient tout simplement ignorants sur la question de la dette », lâche Yorgos Mitralias. De fait, à partir de ce moment-là, le parti de la gauche radicale construit sa stratégie de conquête de pouvoir. Le discours devient plus précis, le programme plus concret, la présence dans les médias plus offensive. La question d'une restructuration de la dette, et surtout l'organisation d'une conférence internationale à ce sujet, à l'image de la conférence de Londres de 1953 qui avait permis d'effacer une grande partie des dettes allemandes, deviennent l'axe central des discours d'Alexis Tsipras. C'est précisément ce qu'il défend, dans l'entretien qu'il accorde à Mediapart en avril 2014.

Arrivé au pouvoir, en janvier, Syriza tente tant bien que mal d'appliquer une partie de son programme. Il est surtout embarqué dans des négociations interminables avec les partenaires de la Grèce pour boucler les programmes d'austérité décidés sous les gouvernements précédents, et la question de la renégociation de la dette est repoussée à plus tard. C'est finalement la conviction et l'obstination de la présidente de l'assemblée, Zoi Konstantopoulou, qui permettent de ne pas enterrer le sujet. Début avril elle annonce, au cours d'une conférence de presse, la création de la « commission pour la vérité sur la dette grecque ». Composée d'une trentaine d'experts bénévoles, grecs et étrangers, cette commission va s'atteler dans un premier temps à décrypter les dettes contractées par le pays depuis 2010, qui représentent aujourd'hui environ 4/5e du poids total de la dette publique grecque. Elle rendra ses premiers résultats fin juin, avant de poursuivre l'audit sur le reste de la dette, d'ici à la fin de l'année.

 

La Commission de vérité sur la dette publique... par Mediapart La conférence de presse au parlement du 7 avril 2015, qui annonce la création de la "commission pour la vérité sur la dette" © Vouli

 

 La plupart des membres de la commission sont des juristes, spécialistes en droit commercial, droit constitutionnel, droit des traités ou encore experts sur les questions relatives aux droits de l'homme. La commission compte aussi des spécialistes des finances publiques et de l'endettement. Côté français, on y trouve Patrick Saurin, spécialiste des dettes locales et syndicaliste SUD des employés de banque, le juriste Renaud Vivien, ou encore l'économiste Michel Husson de l’Institut français pour la recherche économique et sociale. D'autres experts viennent de Belgique, d'Espagne ou de Grande-Bretagne, sont passés par la prestigieuse London School of Economics ou par des postes aux Nations unies, au Conseil de l'Europe…

 

L'exemple équatorien

L'ensemble de la commission est placée sous la houlette d'Éric Toussaint, le porte-parole du CADTM. Cet analyste économique, auteur de nombreux ouvrages sur la problématique de la dette, ne veut pas conclure avant l'heure, d'autant que « différentes expertises doivent pouvoir s'exprimer au cours de ce travail » mais il rappelle que déjà en 2011, avec le collectif citoyen formé à Athènes, il avait conclu à « une très large illégitimité de la dette réclamée à la Grèce par la Troïka ». Le porte-parole du CADTM voit loin : le rapport de la commission est destiné tout autant aux Grecs qu'aux autorités européennes, lesquelles seront conviées à la présentation des travaux. « Nous inviterons les responsables qui ont été à la tête de la Troïka, comme Dominique Strauss-Kahn, Jean-Claude Trichet et Christine Lagarde, prévoit-il. Les banques françaises et allemandes, en 2010, ont cherché à limiter au maximum leurs pertes. Nous allons montrer comment la Troïka a privilégié les intérêts des banques au détriment de la viabilité de la dette grecque en décidant des mémorandums d'austérité. » Pour ce faire, la « commission de vérité sur la dette grecque » va s'appuyer sur l'article 472 du règlement du parlement européen, lequel stipule que les autorités d'un pays sous ajustement structurel doivent réaliser un audit intégral de leurs dettes. « Cet article nous permettra d'exiger des autorités européennes des réponses à nos questions », précise Éric Toussaint.

La commission, toutefois, n'a aucune fonction décisionnaire. Son mandat est de fournir une analyse objective de la dette publique. Libre à l'exécutif, ensuite, de s'en servir comme d'un argument massue pour négocier un effacement…

C'est précisément ce qu'a fait l'Équateur, en 2009. Une commission – dont faisait partie, déjà, le porte-parole du CADTM – avait planché pendant quinze mois sur la dette publique du pays, travaux dont s'était saisi le pouvoir équatorien pour négocier ensuite avec ses créanciers. Opération réussie : après sept mois de discussions, quelque 40 % de l'ardoise équatorienne avaient été effacés. Diego Borja était alors ministre de l'économie à Quito et se trouvait en première ligne des discussions. Aujourd'hui membre de la « commission pour la vérité sur la dette publique », il voit deux points communs importants entre son pays d'Amérique latine et la péninsule hellène. « Le premier, c'est que tous deux fonctionnent avec une monnaie émise hors du pays – le dollar dans le cas de l'Équateur, l'euro dans le cas de la Grèce –, ce qui a un impact sur l'économie réelle et les marges de manœuvre politiques. Le deuxième, c'est le ratio entre la dette et la capacité économique du pays. Pour l’Équateur, le poids de la dette, avant l'effacement, s'élevait à 35 % du PIB. Certes, ce chiffre est largement inférieur à celui de la Grèce. Mais si l'on tient compte de la puissance économique équatorienne, beaucoup plus modeste, cela revient au même : la dette était si lourde qu'elle était insoutenable pour le pays. »

L'opération d'effacement a pris la forme d'un échange d'obligations auprès des créanciers privés, moyennant une baisse de 70 % de leur valeur. Cela a représenté une économie de 8 milliards d'euros pour le gouvernement équatorien, et une baisse de quinze points de PIB. « Une opération parfaitement légale et légitime, réalisée avec les instruments que permet le marché, souligne l'ancien négociateur, joint par téléphone. Le pays s'était acquitté au préalable de ses dettes auprès du FMI, d'un montant de 80 millions de dollars, ce qui lui a permis de rester irréprochable au regard des institutions internationales. »

L'exemple équatorien est assez parlant pour le cas grec : l'effacement partiel de sa dette avait permis à Quito de dégager de l'argent public pour lancer une politique de grands investissements, dans les secteurs de l'éducation, des transports et de la santé notamment. Mais l'opération financière n'avait pas complètement résolu la question de l'endettement public, et les dettes sont revenues à la hausse ces dernières années en raison de la conjoncture économique et de la baisse du prix du pétrole, principale ressource du pays. De plus, les sommes en jeu à l'époque dans le cas de l'endettement équatorien n'ont rien à voir avec les sommes que l’État grec doit rembourser aujourd'hui. Les mois de juillet et août à eux seuls attendent Athènes au tournant : la péninsule hellène devra alors rembourser 6,7 milliards d'euros à la Banque centrale européenne. D'ici là, plusieurs échéances se présentent vis-à-vis du FMI, dont une le 12 mai qui s'annonce déjà problématique : d'après une source gouvernementale à Athènes, l'État n'a pas la trésorerie nécessaire pour régler les 750 millions d'euros dus à cette date à l'institution de Washington. Au total, la Grèce cumule actuellement une ardoise de plus de 320 milliards d'euros…

Pour Sofia Sakorafa, porteuse du projet d'audit depuis 2011 et désormais responsable des relations de la « commission vérité » avec le parlement européen et les parlements nationaux, l'intérêt de ce travail n'est pas seulement de fournir des arguments à une future restructuration du fardeau de la dette. Il est aussi de modifier le rapport des Grecs à leur administration : « Poser la question de la dette, c'est faire œuvre de transparence sur la gestion de l'argent public », estime la députée européenne qui rappelle combien les jeux Olympiques, en 2004, avaient déjà sacrément alourdi les dépenses de l'État. « Le budget des JO annoncé au départ était de 2,5 milliards d'euros… Il a été de 10,5 milliards au final ! » Décortiquer la dette, explique-t-elle, va permettre de mettre en évidence les nombreux dessous-de-table partis à l'occasion de ces JO, ou encore les juteux contrats signés avec l'entreprise allemande Siemens dans les années 2000. Il va aussi permettre de déterminer la part du budget militaire dans l'envolée des dépenses publiques. En 2010, rappelle l'élue Syriza, lorsque le gouvernement grec signe le premier mémorandum d'austérité, deux pays s'assurent que leurs contrats seront bien honorés malgré le tournant de la rigueur : la France (vente d'hélicoptères) et l'Allemagne (vente de sous-marins).

Autant d'éléments qui, s'ils ressortent clairement des travaux de la commission d'audit, permettront de regarder d'un autre œil l'histoire de ces cinq dernières années… « Il ne s'agit pas seulement de se dire la vérité à nous, les Grecs. Il s'agit de dire la vérité aussi aux Européens sur la réalité de ce qui s'est passé. Sous quelles conditions avons-nous signé les mémorandums d'austérité, que demandaient alors précisément les institutions européennes et le FMI quand ils nous prêtaient de l'argent… ? Personne ne nous a prêté des millions par altruisme. Tous les créanciers en ont tiré profit. » L'Allemagne a ainsi déjà tiré des sommes colossales de l'argent prêté à la Grèce. Les estimations varient, mais d'après le Rheinische Post qui reprenait en mars une déclaration du ministre allemand des finances à ce sujet, Berlin aurait déjà touché 360 millions d'euros en taux d'intérêt depuis 2010.

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
commenter cet article
2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 19:12

 

Source : http://www.reporterre.net

 

Une nouvelle ZAD s’est installée à Oléron. Enjeu : un projet ostréicole industriel

2 mai 2015 / Isabelle Rimbert (Reporterre)
 


 

Sur l’île d’Oléron, en Charente-Maritime, une Zad s’est installée contre le projet dit « de la Malconche » : un champ de production industrielle d’huîtres et de moules en eau profonde. Cette toute jeune Zone Aquacole à Défendre renforce un combat porté par la population locale. Reportage.


- Oléron, reportage

Presque deux semaines après la naissance de la Zad de Boyardville à Oléron, la vie reprend ses droits dans la bien nommée « Maison Heureuse », en dépit de l’avis d’expulsion fraîchement placardé sur la porte. Séparé de la plage par une allée de pins, l’ancien lycée expérimental et ses nombreuses dépendances (réfectoire, buanderie, dortoirs et même une piscine massivement squattée par des crapauds), ont conservé un charme unique. Quelque chose de l’esprit anticonformiste abrité ici semble avoir imprégné le lieu, à l’abandon depuis 2012.

On y entre par une fenêtre avec une chaise d’écolier en guise de marche-pied, les portes étant barricadées depuis une vaine tentative d’expulsion par les gendarmes peu après l’ouverture le 11 avril. L’intérieur, superbe et délabré, abrite aussi bien une fresque classée que des tags et des productions bariolées, vestiges d’expérimentations artistiques passées.

 

 

Une partie du bâtiment a été investie par les zadistes, et la vie collective s’organise à travers un dédale de couloirs, de salles de cours changées en chambres, de bibliothèque transformée en pièce commune et salle de réunion. Sur des tables alignées, des livrets sur la garde à vue ou le prélèvement ADN, assez répandus chez les opposants de tout poil, et des documents relatifs à l’épineux projet « de la Malconche ».

Porté par le Comité Régional de la Conchyliculture (CRC) Poitou-Charentes et validé par la préfecture de Charentes-Maritime fin 2011, il prévoyait l’installation de 347 filières conchylicoles (des câbles de 100 mètres garnis de poches d’huîtres et de moules maintenues à flot par des bouées et arrimés au fond) sur près de 400 hectares dans l’anse de la Malconche, à quelques encablures de la Maison Heureuse. 42 filières sont installées durant l’été 2012. Suspendu par le tribunal administratif de Poitiers fin 2012, le projet est finalement annulé en janvier 2014 en raison de l’absence d’études d’impact.

 

77 % d’opinions défavorables, mais pourtant accepté par le commissaire enquêteur

Revoyant sa copie, le CRC en propose alors une deuxième version redimensionnée : 313 filières réparties sur 250 hectares, mais toujours sans étude d’impact complète. Soumis à enquête publique fin 2014, le projet récolte 77 % d’opinions défavorables. Il est pourtant validé par le commissaire enquêteur, puis autorisé via un arrêté préfectoral en mars 2015.

Un procédé peu apprécié des opposants, et qui apporte toujours plus d’eau au moulin de celles et ceux qui s’interrogent sur les limites de la légalité. Et tentent d’imaginer, en actions, une définition possible de la légitimité.

Ils sont une petite quinzaine à avoir fait le choix de défendre leurs idées en occupant les lieux et en décrétant une « Zone Aquacole à Défendre ». Des jeunes qui pour la plupart ont participé à d’autres luttes, mais aussi des nouveaux militants dont c’est le premier combat comme Jess, rouquine de 19 ans, originaire de la région, mais qui « découvre seulement maintenant l’ampleur du projet. »

 

 

La plupart sont passé-e-s par d’autres Zad : NDDL, Roybon, Sivens, ou Echillais (près de la Rochelle). Guillaume, 25 ans, explique : « Suite à un appel, on a ouvert le lieu le 11 avril et finalement, j’ai décidé de rester. Le gouvernement français s’éloignant de plus en plus de la démocratie, on dispose de moyens légitimes au nom de la désobéissance civile pour nous faire entendre, comme, entre autres, l’occupation d’espaces publics ».

Cet ex-militant de Greenpeace trouve ici un terrain à la mesure de ses convictions : « La problématique de l’océan touche tout le monde. On porte ici des idées de respect du vivant, de décroissance, d’auto-organisation, et d’une certaine forme de démocratie directe. Et depuis notre arrivée, on a le soutien actif d’une partie de la population locale ».

 

Des habitants d’accord avec les zadistes

En effet, les visiteurs - sympathisants, voisins, curieux - n’hésitent pas à braver les prédications alarmistes des gendarmes, pour apporter des victuailles ou discuter autour d’un café. Comme Marie, accompagnée de ses petits-fils adolescents, venue partager un moment avec les zadistes. Proche de l’APLIMAP, association pour la préservation du littoral de la Malconche et des Pertuis charentais (une des associations « historiques » qui se bat au côté d’autres acteurs locaux, élus, plaisanciers...), cette « sympathisante de 70 ans » comme elle se nomme elle-même, s’investit dans la lutte depuis quatre ans.

« Je viens prendre des nouvelles, après l’ordre d’expulsion. Les gendarmes ont tenté d’empêcher ma visite en disant que les gens ici sont dangereux et agressifs », lance-t-elle dans un grand sourire. « Moi ce que je trouve dangereux, c’est ce projet aberrant et le déni de démocratie dont il fait l’objet ». Pour Marie, « l’idée est de se battre ensemble, sur tous les fronts ». Sur le plan juridique, notamment : « Nous allons déposer un nouveau référé en suspension, comme pour le premier projet. On n’a pas l’intention de laisser faire : il s’agit ni plus ni moins d’une partie du domaine public maritime mis à la disposition d’intérêts privés ».

 

 

Privatisation de l’océan

Hugo, 25 ans, remonte avec une corde le bac de vaisselle nettoyée au point d’eau accessible dehors. Natif d’Oléron, il est un trait d’union avec les insulaires : « Ce projet n’est que les prémices de bien d’autres, facilités par la loi Macron et bientôt le traité transatlantique à venir. Au-delà d’une forme de privatisation de l’océan, ce projet à 4 millions d’euros dont 70 % d’aides publiques est imposé sans concertation ni étude dimpact sérieuse. Tout ça pour qui ? Entre 50 et 60 exploitants sur les 900 que compte le bassin Marenne Oléron ».

Un petit groupe s’affaire à consolider les barricades, et les coups de marteau qui résonnent dans les couloirs couvrent à peine les cris stridents des goélands qui tournoient autour du bâtiment. Au milieu de la salle baignée de lumière, le café fume dans des bocaux en verre. Marie et ses hôtes discutent des dégâts que pourrait occasionner le projet : « La modification de l’écosystème marin et des courants, l’envasement des plages, les quantites énormes de rejets organiques produits par des millions d’huîtres et de moules, la captation massive de phytoplancton… »

Hugo estime que « la surproduction liée au projet aura des conséquences sur le milieu, alors que dans le même temps il y a une mortalité de près de 80 % des huîtres actuellement, ce qui entraine le versement de subventions pour les pertes, favorisant la production, etc. » Un cercle vicieux emblématique de l’état calamiteux de la filière ostréicole sur l’ensemble des bassins français, victime de taux de mortaliés records depuis 2008. Alors que quelque années plus tôt, l’IFREMER démarrait la diffusion à grande échelle de l’huître triploïde, une variété prétendument stérile, à croissance rapide, obtenue par croisement génétique. « Une grande partie des huîtres prévues pour grandir là sont issues d’écloseries, détaille Hugo. Peu ou pas contrôlées, celles-ci sont dans une logique de production industrielle et utilisent notamment des antibiotiques qui finiront en mer. »

 

 

Politique du fait accompli, projet d’aménagement du territoire imposé sans réelle concertation, ignorance volontaire des conséquences écologiques et sociales, privatisation du vivant au profit de l’agrobusiness… Des pratiques que dénoncent les zadistes, d’Oléron comme d’ailleurs.

Joint par téléphone, Gérald Viaud, président du CNC et du CRC Poitou-Charentes, voit la situation d’un autre oeil : « Les personnes qui ont signé contre le projet lors de l’enquête publique n’y connaissent rien. Les filières, véritables réserves à poissons, ne sont pas nocives pour l’environnement, d’ailleurs les filières déjà installées n’ont pas eu d’impact sur le milieu. Quant aux zadistes, ils ne sont pas à leur place. Pour moi, ils se sont trompés de combat ».

 

Lanceurs d’alerte

La salle de réunion se remplit de nouveaux visiteurs. Comme Jean-Claude, 58 ans, mytiliculteur sur la zone. Il rentre tout juste du congrès de la Confédération Paysanne, qui a eu lieu fin avril dans les Pyrénées-Atlantiques. Pour lui qui a « installé les trois premières filières sur l’île pour faire de l’algue en 1992 puis des moules », le projet de la Malconche n’est « que le début d’une dérive productiviste. Si je n’ai jamais eu de souci avec trois filières depuis 25 ans, c’est parce qu’il s’agit d’une petite surface. Le problème, c’est la taille du projet et de ceux qui y ont des intérêts : les grou, comme on les appelle ici, gros producteurs ayant grandi sur trois générations, qui vont, ensemble, asphyxier les conchyliculteurs plus modestes. Mais les vrais gagnants sont les écloseurs qui fournissent les naissains d’huîtres, et dont sont dépendants les grous qui finiront par se faire absorber. On s’achemine vers un monopole des écloseurs, et une disparition des petits producteurs. On peut s’attendre à des conséquences socio-économiques particulièrement sévères pour la profession. »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : http://www.reporterre.net

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 19:04

 

Source : http://www.reporterre.net

 

« Produire autrement et partager le travail pour en finir avec le chômage »

2 mai 2014 / Entretien avec Dominique Méda
 


 

Le 1er mai était le jour de la fête du Travail, que Reporterre a célébré en se mettant en pause. On en a profité pour réfléchir sur ce que représente le travail aujourd’hui, lors d’une rencontre avec la philosophe et sociologue Dominique Méda, notamment auteure de Réinventer le travail.


Reporterre - La Fête du Travail a-t-elle encore un sens pour vous qui avez écrit en 1995 Le travail. Une valeur en voie de disparition ?

Dominique Méda - Dans cet ouvrage, je ne décrivais pas une situation objective. J’exprimais le souhait que le travail prenne moins de place dans nos vies et soit mieux réparti entre les membres de la société, pour que chacun assume ses rôles de travailleur, parent, citoyen, ami…

Continuer à faire du partage du travail une cause commune aux travailleurs de tous les pays – puisque je rappelle qu’il s’agit d’une Fête internationale des travailleurs ! – et conserver un jour férié pour formuler des propositions destinées à améliorer leur situation me paraît non seulement une excellente chose, mais aussi une absolue nécessité.

 

 

Les chiffres du chômage sont parus la semaine dernière : 3 349 300 demandeurs d’emploi. De quoi le marché du travail souffre-t-il aujourd’hui ?

On peut aussi évoquer trois autres chiffres : plus de six millions de personnes sont désormais, en France, inscrites à Pôle emploi dans l’une des cinq catégories ; plus de 42 % des demandeurs d’emploi en catégorie A, B et C sont inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an ; moins de 50 % des demandeurs d’emploi sont indemnisés.

Les causes du chômage tiennent à la conjugaison de trois éléments : un étouffement de l’activité par les politiques d’austérité et plus généralement par le détournement des financements vers l’économie spéculative, une compétition intra-européenne et internationale non régulée dont la principale variable d’ajustement est le travail, et une réduction du temps de travail non proportionnelle aux gains de productivité réalisés durant le dernier quart de siècle.

Les diagnostics qui mettent en avant les prétendues rigidités et le coût du travail français sont partiels car ils se focalisent sur un élément unique alors que l’on pourrait tout autant incriminer la faiblesse de la recherche française, les erreurs de management, les stratégies à courte vue, l’insuffisante qualité des produits français, etc.

 

Quelles solutions l’écologie apporte-t-elle pour sortir de ces impasses ?

D’abord, un message crucial : non, la croissance ne constitue pas la réponse au chômage. Cela fait trente ans qu’on entend cette idée que le retour de la croissance va nous sauver. Or, non seulement la croissance ne revient pas, non seulement elle risque de ne pas revenir, mais surtout, il n’est pas souhaitable qu’elle revienne aux rythmes antérieurs.

Car il est désormais clair qu’elle s’accompagne de maux, de dégâts, de dégradations inestimables sur le patrimoine naturel et sur la cohésion sociale. L’écologie est donc porteuse de cette prise de conscience qu’il nous faut inventer autre chose, c’est-à-dire un modèle de développement capable de répondre à la diversité des besoins sociaux tout en respectant des normes strictes, sur les plans social et environnemental.

Ma thèse est que nous pouvons sortir par le haut de la grave crise écologique à laquelle nous sommes confrontés en mettant la résolution de celle-ci au service de l’emploi et du travail.

 

Comment ?

Par un changement de la production. Produire autrement, enserrer la production dans des contraintes sociales et environnementales peut nous permettre à la fois de mieux partager l’emploi et de changer le travail. Jean Gadrey a montré dans ses travaux qu’une production plus propre, écologiquement et socialement, exige plus de travail. Cette plus grande quantité de travail, il nous faut la répartir autrement sur l’ensemble de la population active.

 

Cela passe-t-il également par une réduction légale du temps de travail ? Quid des fameuses « 32 heures » que les écologistes évoquent parfois ?

Les 32 heures ne sont pas la seule manière d’y arriver. L’enjeu me semble plutôt être de partager autrement le travail. Car cela passe, certes, pour les uns par une réduction, et pour d’autres – tous ceux qui sont à temps partiel subi notamment – par une augmentation du temps de travail. Il faut substituer au partage actuel du travail, sauvage, un partage civilisé.

Ce partage devrait surtout selon moi s’accompagner d’une désintensification du travail, avec de nouveaux rythmes. Et ce d’autant plus qu’il nous faut désormais rechercher, dans un grand nombre de secteurs, des gains de qualité et de durabilité plutôt que des gains de productivité.

 

 

Vous expliquez dans vos recherches que les problèmes de l’emploi sont aussi liés à la façon que l’on a de mesurer les richesses économiques aujourd’hui. Que pensez-vous de la proposition de loi portée par la députée écologiste Eva Sas sur de nouveaux indicateurs de richesse ?

Le plus grand bien ! L’association que je copréside avec Florence Jany-Catrice et Célina Whitaker, le Forum pour d’autres indicateurs de richesse (FAIR), va d’ailleurs exprimer officiellement son soutien.

Cela fait plus de dix ans que nous prônons la prise en compte, à côté du PIB, d’autres indicateurs capables de mettre en évidence les évolutions des patrimoines et des collectifs qui nous importent : patrimoine naturel, santé sociale. C’est exactement cela que propose Eva Sas puisqu’il s’agit d’adopter quatre indicateurs, l’empreinte écologique, l’empreinte carbone, l’espérance de vie en bonne santé et l’indice de santé sociale, et de consacrer à l’analyse de leur évolution un temps déterminé de débat parlementaire.

C’est non seulement un excellent projet mais aussi la première étape, indispensable, d’un changement de modèle.

 

Le revenu minimum ou revenu inconditionnel d’existence peut-il être un outil dans la redéfinition de la valeur travail ?

Je mesure les avantages attachés à un tel revenu, notamment dans ce qu’il permet aux individus de refuser les travaux ou les conditions de travail indécentes, ce qui est essentiel. Il est aussi la marque du caractère collectif de la production.

Enfin, quand on sait à quels tourments bureaucratiques sont soumis les demandeurs du RSA (Revenu de solidarité active), on a évidemment envie de plaider pour le caractère inconditionnel d’un tel revenu.

Pourtant, je n’arrive pas à être convaincue que c’est « LA » solution. D’abord je pense que notre société n’est pas prête à délier à ce point travail et revenu, et surtout à abandonner à ce point le mythe de l’incitation individuelle au travail. Je crains aussi que cette solution ne soit l’occasion de se donner bonne conscience : on donnerait un tout petit revenu à un ensemble de personnes exclues du système productif, devenu de plus en plus sélectif, et tout serait réglé.

Je préfère de loin une solution qui me paraît plus exigeante et qui conjuguerait le partage du travail, un revenu maximum empêchant un petit groupe d’accaparer et de privatiser des ressources collectives, et une protection sociale généreuse, qui serait largement déconnectée du travail et détachée du mythe de la productivité individuelle du travail.

 

De manière générale, tout ce que vous défendez constituerait une véritable révolution pour nos sociétés. Pensez-vous qu’elles soient prêtes ?

Nos sociétés sont tellement tétanisées et désorientées qu’elles sont certainement prêtes à des changements. Pas nécessairement ceux que je propose, mais je crois que nos concitoyens sont désormais en attente de solutions radicales, tant on leur a raconté d’histoires...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

 

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 20:22

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

La politique d'austérité britannique a mis les plus fragiles à genoux

|  Par Thomas Cantaloube

 

 

La « bedroom tax » et le durcissement du « Work capability assessment » sont les deux mesures les plus critiquées du mandat de David Cameron, car elles ont frappé de plein fouet les personnes vulnérables, et particulièrement les handicapés. Reportage à Londres, à une semaine des élections.

 

De notre envoyé spécial à Londres (Grande-Bretagne).- Paula Peters est assise par terre, les fesses sur le trottoir, et elle écrit des slogans au feutre sur des caleçons. À côté d’elle, son fauteuil roulant, avec lequel elle est venue jusqu’ici, dans la grande banlieue du nord-est londonien. Nous sommes un samedi d’avril, dix jours avant l’élection britannique du 7 mai, dans la circonscription de Iain Duncan Smith, le ministre conservateur du travail et des pensions, qui est sans conteste l’un des hommes les moins populaires du Royaume, en dehors de son clan des Tories, dont il fut le leader au début des années 2000. Une vingtaine de manifestants se sont rassemblés devant le siège de sa permanence pour dénoncer l’homme qu’ils appellent, au choix, « le maître du désastre » ou « le boucher des allocations ».

Iain Duncan Smith est le ministre qui a été chargé, dès 2010, de mettre en place les coupes budgétaires dans les allocations sociales. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas fait de quartier… Si la plupart des commentateurs politiques britanniques, y compris ceux qui se situent à gauche, s’accordent pour dire que le premier ministre David Cameron n’est pas la réincarnation de Margaret Thatcher, certaines politiques sociales de son gouvernement rappellent furieusement l’approche de la « Dame de fer » vis-à-vis de l’État providence : à la hache !

 

Paula PetersPaula Peters © Thomas Cantaloube
 

La réforme la plus haïe, fréquemment qualifiée de « vicieuse », est la « bedroom tax », un impôt qui frappe tous les bénéficiaires d’un logement social ou d’une aide au logement possédant, dans leur habitation, une « chambre supplémentaire » par rapport au nombre de personnes dans le foyer. Autrement dit, une personne seule ou un couple ne peut avoir qu’une chambre, une famille avec un enfant, deux chambres, avec deux enfants, trois chambres, etc. Si un foyer possède une chambre supplémentaire par rapport à ce qu’il est censé avoir, il se retrouve donc sous le coup d’un impôt qui peut vite atteindre plus de 500 euros par an.

L’argument des conservateurs était que certaines familles louaient leur chambre supplémentaire, ou disposaient d’un logement trop grand qui aurait pu profiter à un foyer plus nombreux. Mais c’était surtout un argument moral – toujours le même – selon lequel les « assistés sociaux » doivent sempiternellement se justifier des allocations qu’ils reçoivent, et surtout se montrer irréprochables dans l’utilisation des deniers publics.

Mais quand la « bedroom tax » a commencé à être appliquée, elle a touché les plus fragiles : des personnes âgées dont les enfants avaient quitté le foyer, laissant leur chambre libre ; des handicapés qui stockaient leur matériel médical ou qui avaient un ascenseur dans une pièce supplémentaire ; des parents dont un enfant est mort d’une maladie et qui ont soudain été frappés par cet impôt parce qu’il y avait désormais une personne de moins dans le foyer…

Malgré le tollé suscité par certaines de ces histoires poignantes, malgré le fait que seulement 6,5 % des personnes concernées ont déménagé dans des habitations « à leur taille » au bout de plusieurs années, le gouvernement conservateur n’est jamais revenu sur cette mesure. Même quand un rapport publié l’an passé a démontré que la « bedroom tax » coûtait finalement plus qu’elle ne rapportait étant donné toutes les procédures judiciaires qu’elle entraînait, la nécessité de reloger les gens, l’absence d’habitations comportant un nombre de pièces en adéquation avec les familles…

Surtout, ce nouvel impôt a frappé de manière disproportionnée les personnes invalides (en Grande-Bretagne, les personnes handicapées et celles en congés de longue maladie sont regroupées dans la même catégorie : « disabled » ou invalides) : sur 660 000 individus concernés par la « bedroom tax », 440 000 sont invalides. De surcroît, parmi les réformes libérales initiées par David Cameron et Iain Duncan Smith, l’une d’entre elles a consisté à réévaluer la « capacité à travailler » des 2,5 millions de Britanniques qui touchaient jusqu’ici une pension d’invalidité (le Work capability assessment, ou WCA). Et comme l’administration ad hoc ne saurait faire cela, selon la philosophie conservatrice, il a été demandé à un cabinet privé, Atos, de s’en charger. Atos, dirigé par nul autre que le Français Thierry Breton, ancien ministre de l’économie et des finances de Jacques Chirac, s’est donc acquitté de cette sale besogne – payée 500 millions de livres sterling tout de même !

 

Des manifestants contre les coupes sociales à Chingford, la circonscription de Iain Duncan Smith (IDS)Des manifestants contre les coupes sociales à Chingford, la circonscription de Iain Duncan Smith (IDS) © Thomas Cantaloube
 

Ce qui nous amène à la manifestation dans la circonscription de Iain Duncan Smith. Paula Peters a perdu vingt de ses amis proches, qui se sont suicidés, selon elle, à cause de la « bedroom tax » (ils ne pouvaient pas la payer), ou du test visant à évaluer leur capacité à travailler (ils ont échoué aux tests). « Quand j’ai appris que j’allais devoir passer le WCA, j’ai commencé à stresser », explique Paula, qui souffre depuis une vingtaine d’années d’une forme particulièrement sévère d’arthrose rhumatismale qui la cloue dans un fauteuil roulant une grande partie de la journée. « Du coup, ma maladie s’est accélérée. Face à la détérioration de ma santé et la crainte que j’avais de me voir considérée apte à travailler, j’ai tenté deux fois de me suicider… »

 

«Ils veulent nous renvoyer au XIXe siècle, dans des foyers ou dans la rue»

Les craintes de Paula n’étaient pas infondées puisque Atos a certifié « aptes à travailler » (et donc susceptibles de perdre leur pension) un homme dans le coma, des personnes atteintes d’un cancer en phase terminale, de sclérose en plaques ou de pathologies mentales graves… Au début de l’année 2015, Atos a préféré renoncer à son contrat et payer des pénalités, plutôt que de continuer à subir la mauvaise publicité générée par son travail catastrophique. Ainsi, après avoir passé son test fin 2013, Paula a dû attendre neuf mois les résultats en raison d’un « engorgement des dossiers » : neuf mois durant lesquels elle ne savait pas si elle allait perdre son allocation ou devoir déménager, car son logement social, spécialement aménagé pour elle en rez-de-chaussée, comportait une chambre de plus… Neuf mois de stress durant lesquels son arthrose s’est aggravée.

Kay Eason, elle, estime « avoir eu de la chance ». Atteinte d’une sclérose en plaques depuis l’âge de 13 ans (elle en a 28 aujourd’hui), elle a passé son test de capacité à travailler assez facilement : « Les gens qui me l’ont fait passer étaient sympas, mais c’est une loterie. Ils disent qu’ils n’ont pas de quotas, mais tout le monde sait qu’on a plus de chances quand on passe le matin où ils sont plus laxistes, qu’en fin de journée, quand ils doivent remplir leurs objectifs… » Car le but du gouvernement n’a jamais été de mieux évaluer les invalides, mais bien de réduire les allocations d’invalidité.

 

Des manifestants contre les coupes sociales à Chingford, la circonscription de Iain Duncan Smith (IDS)
Des manifestants contre les coupes sociales à Chingford, la circonscription de Iain Duncan Smith (IDS) © Thomas Cantaloube
 

« Il s’agit en fait de diaboliser les bénéficiaires d’aides sociales », explique Anita Bellows, une militante de l’association Disabled people against cuts (DPAC), qui se bat en faveur des invalides injustement affectés par les coupes budgétaires. « Ils stigmatisent les chômeurs qui n’ouvrent pas leurs volets le matin quand les "honnêtes gens" partent travailler, et ils s’en prennent aux handicapés en estimant que la plupart devraient travailler, d’une manière ou d’une autre, pour mériter leurs allocations. C’est la philosophie des conservateurs, mais aussi, à un degré moindre, celle des travaillistes. En faisant passer les handicapés ou les gens qui ont une pièce en plus dans leurs logements sociaux pour des prédateurs de l’argent public, ils montent les gens les uns contre les autres. Et les plus faibles sont toujours ceux qui ont le plus à perdre… »

Kay Eason, dans sa chaise roulante, garde le sourire aux lèvres. Il lui a fallu se reposer pendant plusieurs jours pour avoir la force de venir manifester ce samedi. Elle essaie de ne pas trop s’en faire : « Comme j’ai une maladie évolutive, il est possible que d’ici quelques mois ou quelques années, j’aille mieux. C’est bien pour moi, mais serai-je en position de travailler ? Ce n’est pas sûr : le pire serait que l’on me déclare apte, mais que je sois néanmoins trop faible pour pouvoir trouver un travail. Alors, je perdrais mon allocation et mes parents perdraient probablement le logement social qu’ils ont obtenu – avec une pièce supplémentaire – "grâce" à ma maladie… »

« Ils veulent nous renvoyer au XIXe siècle, dans des foyers ou dans la rue », conclut Paula Peters, amère. Elle est toujours assise sur le trottoir, en train d’écrire sur des caleçons. Pourquoi ? En fait, Iain Duncan Smith a été pris dans un scandale de notes de frais il y a une douzaine d’années, au cours duquel les Britanniques avaient découvert que le député avait demandé au Parlement le remboursement de diverses dépenses personnelles, dont ses achats de sous-vêtements… Apparemment peu échaudé par cette histoire, il a réédité la chose en tant que ministre en tentant de se faire rembourser d’autres « menues dépenses », comme un petit déjeuner à 54 euros ou un cocktail à 13 euros. Ce, au moment même où il avait déclaré à la presse que « s’il me fallait vivre avec les allocations invalidités de 75 euros par semaine, je n’aurais aucun problème à le faire ». Pris au mot, plus de 450 000 pétitionnaires lui ont proposé de relever le défi… Il s'est défilé, bien entendu.

Malgré ces différentes casseroles et le passage de ces mesures impopulaires ciblant les plus faibles, David Cameron a maintenu Iain Duncan Smith à son poste. Surtout, les conservateurs ont annoncé que, s’ils étaient réélus le 7 mai, ils avaient l’intention de couper 16 milliards d’euros supplémentaires dans les budgets sociaux. Une somme qui reviendrait à se débarrasser purement et simplement d’une grande partie du filet social mis en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Pour Simon Wren-Lewis, professeur d’économie à Oxford, cette perspective signifie que les mesures telles que la « bedroom tax » ou la réévaluation de la capacité à travailler des invalides ne sont « rien à côté de ce que préparent les Tories s’ils restent au pouvoir… ».

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 20:16

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

Gérard Filoche : « Tôt ou tard vous aurez une explosion sociale »

|  Par Hubert Huertas

 

 

« Les 1er Mai, ils ont toujours eu des hauts et des bas depuis un siècle, mais le 1er Mai sera toujours là et vous verrez, tôt ou tard vous aurez une explosion sociale. » Gérard Filoche est l’invité d’Objections cette semaine. À un mois du congrès du PS, il pense que son parti fait face à « un enjeu historique ».

 

On ne refait pas Gérard Filoche. Il est entier. On le prend ou on le jette, et le PS n’arrive pas à choisir. Depuis trois ans, cet ancien inspecteur du travail, membre du bureau national du PS, tonne contre « les dérives du quinquennat » avec des accents proches du Front de gauche. Face à lui, Solférino hésite entre agacement et silence, et se contente le plus souvent de le qualifier d’archétype de la « vieille gauche ».

Filoche réplique à sa manière. La meilleure des défenses, c’est l’attaque : « L'ancien, le représentant du XIXe, c'est Macron… Le libéralisme, “Enrichissez-vous”, plus de règles, plus de code du travail, c'est Macron. Moi je suis moderne, moi je défend le droit du travail. Le droit du travail, c'est l'indice le plus développé de la civilisation. »

À propos du 1er Mai, qui n’est pas unitaire en 2015, et qui fait pâle figure en regard des mobilisations passées, Filoche relativise : « Les 1er Mai, ils ont eu des hauts et des bas depuis un siècle, il y a eu les grands, les géants, les petits, les unitaires et les divisés, mais le 1er Mai est toujours là, et il y en aura d’autres, de grands 1er Mai. La force du mouvement social resurgira tôt ou tard… Tôt ou tard, vous aurez une explosion sociale. C'est comme un tremblement de terre, vous aurez beau entasser les sédiments, vous aurez beau rogner le code du travail, vous aurez beau faire une loi Macron qui est une vraie rupture culturelle, vous ne l'empêcherez pas… »

N’assiste-t-on pas, dans toutes les élections, et dans le débat public, à une droitisation de la société ? « C'est pas que la société se droitise, c'est que la gauche fait pas son boulot. C'est que 70 % de la gauche s’abstient aux élections parce que la politique de Valls est en contradiction avec les attentes de millions et de millions de gens… »

Dans ce cas, pourquoi ceux qui sont à la gauche du PS ne profitent-ils pas électoralement d’un transfert de voix ? « L'électorat socialiste est fidèle au parti socialiste. Il pourrait être attiré par un autre secteur de la gauche, mais il faudrait que l'autre secteur de la gauche soit unitaire. Si l'autre secteur de la gauche tape à tour de bras sur le parti socialiste, il ne peut pas récupérer son électorat. Pour l'instant tout est figé parce que la division l’emporte sur l'unité. » 

Qui est responsable de la division, demande Mediapart ?

Réponse immédiate de Gérard Filoche : « Ah ça ! La politique de Valls et Macron sans aucun doute. On peut pas faire l'unité avec eux sur cette ligne. »

Pourquoi reste-t-il au PS ? « C’est mon parti, je suis légitime. 95 % des socialistes n’ont pas voté pour Manuel Valls. 95 % ne voteront jamais Macron. On n’a pas voté pour ce qui se fait en ce moment. Contrairement à ce qu’on entend, le congrès n’est pas plié. Il y a une incertitude, et du côté de Cambadélis on est fébrile aujourd’hui, car l’enjeu est historique. C’est maintenant qu’on peut changer les choses. On a une chance de sauver le quinquennat. »

Croit-il encore à la lutte des classes ? « La lutte des classes, c'est démodé ? Demandez au Medef s’il ne croit pas à la lutte des classes ! Tous les jours ils essaient de gratter quelque chose. Contre le SMIC, contre le contrat, contre les comités d'entreprise, contre les seuils sociaux. Tous les jours, le patronat mène la lutte des classes. La lutte des classes, c'est comme l'air qu’on respire. On ne peut pas l'éviter. »

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 23:51

 

 

Le silence de la mer : pour les Migrants de Méditerranée,

1er mai 11h30 devant la préfecture Nîmes

 


Le silence de la mer *
L'Europe forteresse tue par non assistance les migrants sur l'ensemble de ses frontières.
La Méditerranée s’est transformée ces quinze dernières années en cimetière pour près de 20 000 migrants et réfugiés, en quête de protection et d’une vie meilleure en Europe. Au moins 1 650 personnes ont péri depuis le début de l'année en tentant de franchir la Méditerranée. Nous vivons une des pages les plus sombres de l’Europe. Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas, qu’il ne connaissait pas l’existence de ce cimetière marin. Refusant d’infléchir ses politiques migratoires, l’Union Européenne se déshonore dans cette guerre aux migrants. Il est impératif d’agir.
Pour montrer notre refus de cet égoïsme, nous manifesterons allongés sur le sol, simulant leur mort (Die in).
Parce que le 1er mai est la fête de la solidarité internationale, nous serons avec ceux qui échouent chaque jour sur la grève Méditerranéenne.
Parce que continuer dans la voix de la Méditerranée barrière ne pourra qu'aggraver la situation de tous, exigeons la Méditerranée trait d'union, facteur d'espoir et de respect de chacun.
Parce que selon Braudel**, «La Méditerranée est une mosaïque de toutes les couleurs… Le Méditerranéen aime la vie en communauté et en partenariat, l’entraide. Sans doute l’héritage gréco-romain, autant que l’arabo- et le turco-musulman, y contribue-t-il. Les villes et les villages méditerranéens sont des lieux de voisinage, de convivialité, d’hospitalité… »
Rendez-vous devant la préfecture du Gard
vendredi 1er mai de 11h30 à 12h,
avenue Feuchères à Nîmes.
*Le silence de la mer est une nouvelle de Vercors (pseudonyme de Jean Bruller), publiée clandestinement aux Éditions de Minuit en février 1942.
** Fernand Braudel est un historien français, l'un des représentants les plus populaires de « l'École des Annales » qui étudie entre autres les civilisations et les mouvements de longue durée en opposition à l'histoire événementielle. Il est considéré comme l'un des plus grands historiens du XXe siècle.
A diffuser sans modération

 

 

 

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Appels et pétitions
commenter cet article
30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 22:04

 

Source : https://www.facebook.com/Labasijysuis?fref=photo

 

 

LOI SUR LE RENSEIGNEMENT, DES SONDAGES COUSUS DE FILS BLANCS

 

Une loi liberticide, un "Patriot act" à la française, une surveillance de masse sans précédent... Non, la "loi pour le Renseignement" qui doit être votée le 5 mai ne fait pas vraiment l’unanimité.

Pourtant, selon les médias, cette loi a le soutien de l’opinion. D’après un sondage de l’institut CSA de la mi-avril, 63% des Français y sont favorables. Le chiffre est repris partout. Un excellent argument pour le gouvernement face à ses contestataires : les Verts, la gauche, la droite, la droite extrême, les militants politiques et syndicaux, les défenseurs des droits, y compris la CNIL...

Alors ?

Alors regardons d’un peu plus près ces sondages. C’est facile ils sont publiés sur le site de l’Institut CSA :

Question : Avez-vous entendu parlé de ce projet de loi ?

Réponse 1 - Non, je n’en ai pas entendu parlé : 27 %
Réponse 2 - Oui, mais je ne vois pas de quoi il s’agit : 40%
Donc, total des personnes qui n’y comprennent rien : 67%

À quoi s’ajoutent 5% qui sont sans opinion : 5%

Soit au total, ignorants, indifférents, incompétents : 72% !

Restent les « Oui, je vois bien de quoi il s’agit » : 28%

Question : Combien parmi ceux là sont favorables à la loi ?

Réponse : On ne sait pas

Question : D’où vient l’affirmation "63% des Français sont favorables à une limitation des libertés individuelles pour lutter contre le terrorisme" ?

Réponse : C’est un gros bobard.

Pas besoin d’être un grand de l’investigation pour le débusquer.

Abuser de la confiance, jouer sur les mots et sur les émotions avec autorité. Manipuler l’opinion est une vieille coutume. Ça ne marche pas toujours, heureusement. La preuve ce reportage d’Anaëlle VERZAUX et de Gaylord VAN WYMEERSCH dans les rues de Paris : SOURIEZ VOUS ÊTES SURVEILLÉS

À écouter en accès libre (grâce aux Abonnés Modestes et Géniaux) sur http://la-bas.org/…/loi-sur-le-renseignement-des-sondages-c…

 

 

Source : https://www.facebook.com/Labasijysuis?fref=photo

 

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 21:57

 

Source : http://www.20minutes.fr

 

Environ 2 millions d'Allemands forcés de cumuler au moins deux emplois

 

 

En 2014, 5% de la population active allemande a occupé au moins un autre emploi à côté de son activité principale

En 2014, 5% de la population active allemande a occupé au moins un autre emploi à côté de son activité principale - Christof Stache AFP

© 2015 AFP

Environ 2 millions d'Allemands, soit 5% de la population active, sont forcés de cumuler au moins deux emplois pour vivre, un chiffre en nette augmentation ces dernières années, selon des données officielles publiées mercredi.

En 2014, 5% de la population active allemande a occupé au moins un autre emploi à côté de son activité principale, a annoncé l'Office fédéral des statistiques Destatis dans un communiqué. Cette proportion a augmenté de 13% par rapport à 2011.

Les chiffres esquissent un portrait robot de ces travailleurs: en majorité des femmes salariées, âgées de 35 à 55 ans.

Le cumul d'emplois touche en effet 5,4% des femmes actives, contre 4,6% des hommes. Par tranche d'âge, 35-44 ans (5,8%) et les 45-54 ans (5,5%) sont ceux qui occupent le plus fréquemment plusieurs activités.

Destatis explique que les femmes sont plus concernées que les hommes, car ce sont aussi elles qui occupent le plus d'emplois à temps partiel en Allemagne, un facteur déterminant qui pousse à la recherche d'une activité complémentaire.

Le deuxième emploi est la plupart du temps un travail salarié pour les Allemands concernés (60,5%), même si un peu plus d'un tiers (34,5%) d'entre eux s'établissent comme travailleurs indépendants.

En moyenne, l'emploi annexe correspond à 8,5 heures de travail par semaine.

Ces chiffres nuancent la réalité du marché de l'emploi en Allemagne, un pays souvent cité en exemple en Europe et qui jouit d'un quasi plein-emploi dans certaines régions. L'Allemagne connaît actuellement le plus faible taux de chômage (6,4% en mars, en données corrigées des variations saisonnières) depuis sa Réunification en 1990.

L'Allemagne a entrepris une importante libéralisation de son marché du travail entre 2003 et 2005, grâce aux réformes voulues par l'ancien chancelier Gerard Schröder. Le pays est actuellement le moteur économique du Vieux continent, mais diverses études rappellent régulièrement que les inégalités s'y accroissent depuis plusieurs années.

 

 

Source : http://www.20minutes.fr

 

 

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 18:43

 

 

Source :http://cadtm.org

 

Matteo Renzi : « le démolisseur » !

30 avril par Chiara Filoni

 

 

 

En Italie l’offensive néolibérale continue avec force et frappe de plein fouet la population, à commencer par les plus précaires (jeunes, immigrés et femmes).
Le nouveau gouvernement de Matteo Renzi pousse à l’extrême ces politiques dites « structurelles » déjà entamées par les exécutifs antérieurs (Letta, Monti et Berlusconi) dans le but déclaré de rendre le pays plus compétitif et de promouvoir cette sacro-sainte croissance qui est surtout synonyme de bénéfices exclusifs pour les détenteurs de capitaux et les entreprises.

En février 2014, le premier ministre Renzi (le plus jeune de l’histoire de la République italienne) est arrivé au gouvernement suite à la crise interne du parti démocrate (PD) et à la démission de son prédécesseur Enrico Letta. Désigné pour prendre le secrétariat du PD (parti majoritaire à la chambre des députés depuis les élections du mois de février), Renzi est pour la plupart des Italiens celui qui les a sauvés de l’instabilité typiquement italienne des gouvernements de gauche. C’est pourquoi il est considéré comme le sauveur, l’homme de la grande coalition gouvernementale alliant gauche, centre et droite, qui met tout le monde d’accord.

Bien que surnommé « Il Rottamatore » (« Le démolisseur »), en référence à sa volonté d’envoyer la vieille classe dirigeante italienne à la casse, le premier ministre ne sait pas vraiment illustrer en la matière...Il a plutôt contribué activement à la démolition des droits sociaux conquis par la population italienne depuis les années 60. Dans certains domaines, comme le droit du travail et les privatisations, ses politiques vont même bien plus loin que celles de ses prédécesseurs.

 

« Jobs act » ou « jobs destruction » ?

Le taux de chômage en 2015 atteint le niveau record de 13 % de la population active. Chez les jeunes le taux atteint 44,2 % |1| (dans le Sud deux jeunes sur trois n’ont pas de travail). Les “Neet”(Not in Education, Employment or Training), c’est-à-dire les jeunes inscrits ni à l’école, ni à l’université et qui ne cherchent plus de travail sont plus de 2 millions, soit 24% des jeunes entre 15 et 29 ans . Le précariat atteint aussi les plus de 50 ans : sur les 24,5 millions des Italiens de plus de 50 ans, seul un sur quatre est actif . |2|

Face à cette situation difficile, les différents gouvernements qui se sont succédé ont toujours déclaré vouloir lutter contre le chômage et pour l’emploi mais avec des résultats désastreux.

Par exemple, le « Jobs act », la dernière réforme du marché du travail créée par l’exécutif de Renzi, parachève deux décennies de réformes visant à libéraliser le secteur du travail et à le rendre toujours plus précaire.
Dans la propagande gouvernementale, le Jobs act passe comme la recette infaillible pour la réduction du chômage, l’embauche des jeunes et la relance économique.
Alors qu’en réalité, il se relève être l’instrument privilégié de la précarisation des rapports de travail.
De fait, il est vrai que d’un côté la loi semble éliminer ou simplifier certains types de contrats précaires (qui ont été uniquement réduits en nombre mais pas améliorés du point de vue des conditions de travail). D’un autre côte, elle légalise une période d’essai excessivement longue où il y a très peu de protections pour les travailleurs et rend précaire même le bon vieux contrat à durée indéterminée.

La nouveauté la plus importante de la réforme est « le contrat à protections croissantes », un type de contrat à durée indéterminée qui s’applique à tous les nouveaux embauchés à partir de l’entrée en vigueur de la réforme (le 7 mars 2015) . |3| Ce type de contrat prévoit que le travailleur ne bénéficie plus du droit aux prestations sociales qui sont normalement appliquées aux contrats de travail normaux (CDD et CDI). Ce droit est certes prévu mais sera appliqué après une certaine durée qui sera établie par des décrets d’application. En revanche, les gains pour les entreprises sont bien réels car celles-ci ne doivent verser aucune cotisation patronale pendant ce laps de temps.
Mais les avantages pour les entreprises ne s’arrêtent pas là ! En effet, tout change aussi en matière de licenciement. Pour les nouveaux embauchés, la règle d’application de l’article 18 qui concerne le licenciement sans juste cause |4| se restreint. Le nouveau contrat en effet introduit la possibilité pour l’entreprise de payer une indemnité aux travailleurs au lieu de les réintégrer dans le lieu de travail (comme prévu par l’article 18 avant ces réformes) même en cas de licenciement injuste (la réintégration est acceptée seulement dans le cas d’ « inexistence du fait matériel contesté »). |5|

L’autre belle nouveauté du Jobs Act concerne la loi Poletti (du nom du ministre du travail) relative aux régime des contrats à durée déterminée (qui vont de plus en plus remplacer des anciens CDI). Si avec l’ancienne loi (2001), un CDD devait être motivé par l’entreprise pour des « raisons à caractère productif, technique, d’organisation ou de substitution », le nouveau décret prévoit que l’entreprise ne doit plus aucune explication aux travailleurs. La seule limite établie concerne le nombre de ces contrats : pour les entreprises avec plus de 5 salariés les CDD ne peuvent pas dépasser 20% du total des contrats signés. Par contre, en dessous des 5 salariés il n’y aucune limitation (il faut rappeler que 94,4 % des entreprises en Italie sont des micro-entreprises). |6| De plus, avec cette réforme, un CDD peut être renouvelé au maximum 8 fois dans un délai de 36 mois.

Il serait bon de remémorer aux politiciens qu’en Italie en seulement cinq ans (de 2008 à 2013) 1 million d’emplois se sont évaporés, avec un effondrement du nombre de CDI (- 46,4%) qui ont laissé la place aux CDD (+19,7%). |7| Cela montre comment la précarité et la flexibilisation du travail, favorisée par les différentes réformes, ne créent pas de l’emploi mais au contraire en détruit. Et la nouvelle réforme va encore un peu plus contribuer à cette destruction.
Enfin, le gouvernement a dédié tout un chapitre de sa réforme aux plus jeunes, qui s’appelle « Buona scuola » (la « bonne école »). Le type d’école promu par le gouvernement prend comme modèle celui de l’Allemagne : les programmes scolaires doivent s’aligner aux exigences du marché du travail. Cela signifie que les formations doivent être orientées afin que les élèves coopèrent et participent aux projets des entreprises, ce qui remet en question non seulement le caractère public des écoles mais surtout leur objectif d’éducation et d’émancipation.

 

« Sblocca Italia » et privatisations

Renzi et son gouvernement ne sont pas seulement responsables de la précarisation galopante, véritable fardeau de la péninsule, mais aussi du processus de privatisation du secteur public déjà entrepris dans les années 90. Dans un contexte de liquidation de tous les secteurs (santé, éducation, énergie, poste), le premier ministre déclare vouloir reprendre la privatisation du service de l’eau (que les Italiens avaient refusée avec un référendum en 2011), vouloir opérer une fusion des entreprises (de 8000 à 1000), mais aussi poursuivre avec la privatisation de l’ENEL (la plus grande entreprise énergétique du pays, déjà fortement privatisée), des postes italiennes et des chemins de fer (pour 40 % du capital). [http://it.ibtimes.com/poste-enel-fe...]]
La privatisation de l’eau, la soi-disant nécessité de grands travaux publics (très coûteux et qui se font même parfois contre l’avis des mairies) et la réutilisation des incinérateurs font partie du « Sblocca Italia » (débloquer l’Italie), un autre décret- loi voté fin 2014.

 

Quelles mobilisations ?

Le 5 mai tous les travailleurs et les travailleuses de l’éducation descendront dans la rue pour lutter contre le décret-loi la « Bonne école ». Il s’agit d’une grève générale du secteur éducatif organisée par la délégation syndicale unitaire (RSU) pour protester contre un projet d’école élitiste, ne prévoyant pas de plan d’embauche pour les enseignants qui attendent depuis 7 ans le renouvellement de leurs contrats et qui plus est proposé fait sans consultation des syndicats. Presque sept ans après la manifestation unitaire contre les politiques du gouvernement Berlusconi concernant l’éducation, tout le secteur de l’éducation est prêt à se mobiliser à nouveau !

En Italie, l’automne et l’hiver passés ont été marqués par les protestations contre le Jobs Act et le « Sblocca Italia ».
Plusieurs mobilisations ont eu lieu dans les villes et les provinces concernées par la construction de projets inutiles. Un réseau s’est aussi mis en place entre plusieurs mairies se déclarant « anti décret-loi ». Concernant le Jobs Acts, des étudiants, des syndicats de base, des activistes des centres sociaux et des associations ont commencé à se ressembler dans les plus grandes villes du pays à partir du 14 novembre. Le cri est le même partout : « Grève sociale ! » . Ce mot d’ordre n’a pas été choisi par hasard : cette grève a été pensée surtout pour ceux et celles qui ne sont pas représenté.e.s par un syndicat à cause de la précarité de leur contrat de travail, de leurs conditions de chômage ou de leur travail indépendant sans protection, mais qui manifestent contre ces lois qui protègent uniquement les entreprises. Parmi les autres revendications, parallèlement à l’élimination du Jobs Act et au rétablissement de l’article 18, il y a le salaire minimum européen, un revenu de base universel, la fin du travail non rémunéré, la gratuité de la formation et la stabilisation des précaires. Qu’importe si le chemin est long, nous gagnerons !

 

 
Notes

|1| http://www.ilsole24ore.com/art/noti...

|2| http://www.huffingtonpost.it/luigi-...

|3| Pour les travailleurs embauchés avant l’application de la réforme, l’ancien contrat à durée indéterminée (et toutes les règles qui en relèvent) continue de s’appliquer.

|4| L’article 18, une des lois les plus piétinées par les gouvernements néo-libéraux, concerne les licenciements discriminatoires et a été modifiée à plusieurs reprises (sous le gouvernement Monti : voir aussi http://cadtm.org/Italie-L-imposture...). Cette loi concerne toutes les entreprises avec au moins 15 travailleurs et tous les travailleurs avec un CDI, soit un total de 57,6% des travailleurs.

|5| http://tg24.sky.it/tg24/politica/20...

|6| http://ec.europa.eu/enterprise/poli...

|7| http://www.ilsole24ore.com/art/noti...

Auteur

Chiara Filoni

Partager cet article

Published by democratie-reelle-nimes - dans Italie
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie réelle et maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie réelle et maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22