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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 22:32

 

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Le , par L’équipe de Là-bas

 

 

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Mais surtout, n’oubliez pas d’y mettre l’intonation et la force de conviction !

 

 

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 22:03

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

Alexis Tsipras : « L’austérité est une impasse »

Entretien réalisé par 
Kostas Arvanitis (STO kokkino) traduction Théo Koutsaftis
Vendredi, 31 Juillet, 2015
L'Humanité

 

 

DR
 
Mercredi, Sto Kokkino, radio proche de Syriza, diffusait un long entretien avec le premier ministre grec. 
Avec l’autorisation de nos confrères, nous en publions ici de larges extraits. Un éclairage inédit sur les rudes négociations entre Athènes et créanciers et sur le coup d’État financier dirigé contre le gouvernement de gauche.

Parlons de ces six mois de négociations. Quel bilan en tirez-vous ?

Alexis Tsipras Il faudra en tirer les conclusions de façon objective, sans s’avilir ni s’autoflageller, car ce semestre a été un semestre de grandes tensions et de fortes émotions. Nous avons vu remonter à la surface des sentiments de joie, de fierté, de dynamisme, de détermination et de tristesse, tous les sentiments. Mais je crois qu’au bout du compte si nous essayons de regarder objectivement ce parcours, nous ne pouvons qu’être fiers, parce que nous avons mené ce combat. Nous avons tenté, dans des conditions défavorables, avec un rapport de forces difficile en Europe et dans le monde, de faire valoir la raison d’un peuple et la possibilité d’une voie alternative. Au bout du compte, même si les puissants ont imposé leur volonté, ce qui reste c’est l’absolue confirmation, au niveau international, de l’impasse qu’est l’austérité. Cette évolution façonne un tout nouveau paysage en Europe.

Qu’en est-il aujourd’hui du mandat populaire donné à Syriza ? Les memoranda n’ont pas été déchirés. L’accord est particulièrement dur…

Alexis Tsipras Le mandat que nous avons reçu du peuple grec était de faire tout notre possible afin de créer les conditions, quel qu’en soit le coût politique, pour que le peuple grec cesse d’être saigné.

Vous aviez dit que les memoranda seraient supprimés avec une seule loi.

Alexis Tsipras Ne vous référez pas à l’un de mes discours de 2012. Avant les élections, je n’ai pas dit que les memoranda pouvaient être supprimés avec une seule loi. Personne ne disait cela. Nous n’avons jamais promis au peuple grec une balade de santé. C’est pour cela que le peuple grec a conscience et connaissance des difficultés que nous avons rencontrées, auxquelles lui-même fait face, avec beaucoup de sang-froid. Nous avons dit que nous mènerions le combat pour sortir de ce cadre d’asphyxie imposé au pays à cause de décisions politiques prises avant 2008 générant déficits et dettes, et après 2008, nous liant les mains. Nous avions un programme et nous avons demandé au peuple de nous soutenir afin de négocier dans des conditions difficiles pour pouvoir le réaliser. Nous avons négocié durement, dans des conditions d’asphyxie financière jamais vues auparavant. Pendant six mois, nous avons négocié et en même temps réalisé une grande partie de notre programme électoral. Pendant six mois, avec l’angoisse constante de savoir si à la fin du mois nous pourrions payer les salaires et les retraites, faire face à nos obligations à l’intérieur du pays, envers ceux qui travaillent. C’était cela notre angoisse constante. Et, dans ce cadre, nous avons réussi à voter une loi sur la crise humanitaire. Des milliers de nos concitoyens, en ce moment, bénéficient de cette loi. Nous avons réussi à réparer de grandes injustices, comme celles faites aux femmes de ménage du ministère des Finances, aux gardiens d’école, aux employés de la radiotélévision publique ERT, qui a rouvert. Sans essayer d’enjoliver les choses, n’assombrissons pas tout. Si quelqu’un a le sentiment que la lutte des classes est une évolution linéaire, qu’elle se remporte en une élection et que ce n’est pas un combat constant, qu’on soit au gouvernement ou dans l’opposition, qu’il vienne nous l’expliquer et qu’il nous donne des exemples. Nous sommes devant l’expérience inédite d’un gouvernement de gauche radicale dans les conditions de l’Europe néolibérale. Mais nous avons aussi, à gauche, d’autres expériences de gouvernement et nous savons que gagner les élections ne signifie pas, du jour au lendemain, disposer des leviers du pouvoir. Mener le combat au niveau gouvernemental ne suffit pas. Il faut le mener, aussi, sur le terrain des luttes sociales.

Pourquoi avez-vous pris cette décision de convoquer un référendum ?

Alexis Tsipras Je n’avais pas d’autre choix. Il faut garder en tête ce que j’avais avec le gouvernement grec entre les mains le 25 juin, quel accord on nous proposait. Je dois admettre que c’était un choix à haut risque. La volonté du gouvernement grec n’était pas seulement contraire aux exigences des créanciers, elle se heurtait au système financier international, au système politique et médiatique grec. Ils étaient tous contre nous. La probabilité que nous perdions le référendum était d’autant plus élevée que nos partenaires européens ont poussé cette logique jusqu’au bout en décidant de fermer les banques. Mais c’était pour nous la seule voie, puisqu’ils nous proposaient un accord avec des mesures très difficiles, un peu comme celles que nous avons dans l’accord actuel, voire légèrement pires, mais dans tous les cas des mesures difficiles et à mon avis inefficaces. En même temps, ils n’offraient aucune possibilité de survie. Car, pour ces mesures, ils offraient 10,6 milliards sur cinq mois. Ils voulaient que la Grèce prenne, une fois ses engagements tenus, ce qui restait du programme précédent en termes de financements, sans un euro en plus, parce que telle était l’exigence des Néerlandais, des Finlandais, des Allemands. Le problème politique principal des gouvernements du Nord était qu’ils ne voulaient absolument pas aller devant leurs Parlements pour donner ne serait-ce qu’un euro d’argent « frais » à la Grèce, car ils s’étaient eux-mêmes enfermés dans un climat populiste selon lequel leurs peuples payaient pour ces paresseux de Grecs. Tout ceci est bien sûr faux, puisqu’ils paient pour les banques, pas pour les Grecs. Qu’a apporté la position forte tenue contre vents et marées par le peuple grec au référendum ? Elle a réussi à internationaliser le problème, à le faire sortir des frontières, à dévoiler le dur visage des partenaires européens et des créanciers. Elle a réussi à donner à l’opinion internationale l’image, non pas d’un peuple de fainéants, mais d’un peuple qui résiste et qui demande justice et perspective. Nous avons testé les limites de résistance de la zone euro. Nous avons fait bouger les rapports de forces. La France, l’Italie, les pays du Nord avaient tous des positions très différentes. Le résultat, bien sûr, est très difficile mais, d’un autre côté, la zone euro est arrivée aux limites de sa résistance et de sa cohésion. Les six prochains mois seront critiques et les rapports de forces qui vont se construire durant cette période seront tout aussi cruciaux. En ce moment, le destin et la stratégie de la zone euro sont remis en question. Il y a plusieurs versions. Ceux qui disaient « pas un euro d’argent frais » ont finalement décidé non pas seulement un euro mais 83 milliards. Donc de 10,6 milliards sur cinq mois on est passé à 83 milliards sur trois ans, en plus du point crucial qu’est l’engagement sur la dépréciation de la dette, à discuter en novembre. C’est un point clé pour que la Grèce puisse, ou non, entrer dans une trajectoire de sortie de la crise. Il faut cesser avec les contes de messieurs Samaras et Venizelos, qui prétendaient sortir des memoranda. La réalité est que ce conte avait un loup, ce loup c’est la dette. Avec une dette à 180-200 % du PIB, on ne peut pas avoir une économie stable. Le seul chemin que nous pouvons suivre est celui de la dépréciation, de l’annulation, de l’allégement de la dette. La condition pour que le pays puisse retrouver une marge financière, c’est qu’il ne soit plus obligé de dégager des excédents budgétaires monstrueux, destinés au remboursement d’une dette impossible à rembourser.

Le non au référendum était un non à l’austérité…

Alexis Tsipras Il y avait deux parties dans la question posée au référendum. Il y avait la partie A qui concernait les mesures prérequises et la partie B qui concernait le calendrier de financement. Si nous voulons être tout à fait honnêtes et ne pas enjoliver les choses, par rapport à la partie A, l’accord qui a suivi le référendum est similaire à celui que le peuple grec a rejeté. En ce qui concerne la partie B par contre, et là nous devons être honnêtes, c’est le jour et la nuit. Nous avions cinq mois, 10,6 milliards, cinq « revues ». Nous avons 83 milliards – c’est-à-dire une couverture totale des besoins financiers sur le moyen terme (2015-2018), dont 47 milliards pour les paiements externes, 4,5 milliards pour les arriérés du secteur public et 20 milliards pour la recapitalisation des banques et, enfin, l’engagement crucial sur la question de la dette. Il y a donc un recul sur la partie A de la part du gouvernement grec, mais sur la partie B il y a une amélioration : le référendum a joué son rôle. Le mercredi soir précédent le scrutin, certains avaient créé les conditions d’un coup d’État dans le pays, en proclamant qu’il fallait envahir Maximou (le Matignon grec – NDLR), que le gouvernement emmenait le pays vers une terrible catastrophe économique, en parlant de files d’attente devant les banques. Je dois dire que le peuple grec a su garder son sang-froid, au point que les télévisions avaient du mal à trouver du monde pour se plaindre de la situation, ce sang-froid était incroyable. Ce soir-là, je me suis adressé au peuple grec et j’ai dit la vérité. Je n’ai pas dit : « Je fais un référendum pour vous sortir de l’euro. » J’ai dit : « Je fais un référendum pour gagner une dynamique de négociation. » Le non au mauvais accord n’était pas un non à l’euro, un oui à la drachme. On peut m’accuser d’avoir fait de mauvais calculs, d’avoir eu des illusions, mais à chaque moment, j’ai dit les choses clairement, j’ai informé deux fois le Parlement, j’ai dit la vérité au peuple grec.

Avec dans vos mains, les 61,2 % que vous a donnés le peuple grec, quel aurait été l’accord qui vous aurait satisfait lors de votre retour de Bruxelles ?

Alexis Tsipras Le référendum a été décidé le jour de l’ultimatum, le 25 juin, vendredi matin, lors d’une réunion que nous avons tenue à Bruxelles, avec, devant nous, la perspective d’une humiliation sans sortie possible. C’était, pour eux, à prendre ou à laisser. « The game is over », répétait le président du Conseil européen, Donald Tusk. Ils ne s’en cachaient pas, ils voulaient des changements politiques en Grèce. Nous n’avions pas d’autre choix, nous avons choisi la voie démocratique, nous avons donné la parole au peuple. Le soir même en rentrant d’Athènes, j’ai réuni le Conseil gouvernemental où nous avons pris la décision. J’ai interrompu la séance pour communiquer avec Angela Merkel et François Hollande. Je leur ai fait part de ma décision ; le matin même, je leur avais expliqué que ce qu’ils proposaient n’était pas une solution honnête. Ils m’ont demandé ce que j’allais conseiller au peuple grec et je leur ai répondu que je conseillerai le non, pas dans le sens d’une confrontation mais comme un choix de renforcement de la position de négociation grecque. Et je leur ai demandé de m’aider à mener à bien ce processus, calmement, de m’aider afin que soit accordé par l’Eurogroupe, qui devait se réunir quarante-huit heures plus tard, une extension d’une semaine du programme afin que le référendum ait lieu dans des conditions de sécurité et non pas dans des conditions d’asphyxie, avec les banques fermées. Ils m’ont tous les deux assuré à ce moment-là, qu’ils feraient tout leur possible dans cette direction. Seule la chancelière m’a prévenu qu’elle s’exprimerait publiquement sur le référendum, en présentant son enjeu comme celui du maintien ou non dans l’euro. Je lui ai répondu que j’étais en absolu désaccord, que la question n’était pas euro ou drachme, mais qu’elle était libre de dire ce qu’elle voulait. Là, la conversation s’est arrêtée. Cette promesse n’a pas été tenue. Quarante-huit heures plus tard, l’Eurogroupe a pris une décision très différente. Cette décision a été prise au moment où le Parlement grec votait le référendum. La décision de l’Eurogroupe a mené en vingt-quatre heures à la décision de la BCE de ne pas augmenter le plafond ELA (mécanisme de liquidités d’urgence dont dépendent les banques grecques – NDLR) ce qui nous a obligés à instaurer un contrôle de capitaux pour éviter l’effondrement du système bancaire. La décision de fermer les banques, était, je le pense, une décision revancharde, contre le choix d’un gouvernement de s’en remettre au peuple.

Vous attendiez-vous à ce résultat ?

Alexis Tsipras J’avoue que jusqu’au mercredi (précédent le scrutin – NDLR) j’avais l’impression que ce serait un combat indécis. À partir du jeudi, j’ai commencé à réaliser que le non allait l’emporter, et le vendredi j’en étais convaincu. Dans cette victoire, la promesse que j’ai faite au peuple grec de ne pas jouer à pile ou face la catastrophe humanitaire a pesé. Je ne jouais pas à pile ou face la survie du pays et des couches populaires. À Bruxelles, par la suite, sont tombés sur la table plusieurs scénarios terrifiants. Je savais durant les dix-sept heures où j’ai mené ce combat, seul, dans des conditions difficiles, que si je faisais ce que me dictait mon cœur – me lever, taper du poing sur la table et partir – le jour même, les succursales des banques grecques à l’étranger allaient s’effondrer. En quarante-huit heures, les liquidités qui permettaient le retrait de 60 euros par jour se seraient taries et pis, la BCE aurait décidé d’une décote des collatéraux des banques grecques, voire aurait exigé des remboursements qui auraient conduit à l’effondrement de l’ensemble du système bancaire. Or un effondrement se serait traduit non pas par une décote des épargnes mais par leur disparition. Malgré tout j’ai mené ce combat en essayant de concilier logique et volonté. Je savais que si je partais j’aurais probablement dû revenir, dans des conditions plus défavorables encore. J’étais devant un dilemme. L’opinion publique mondiale clamait « #ThisIsACoup », au point que c’est devenu cette nuit-là sur Twitter le premier hashtag au niveau mondial. D’un côté, il y a avait la logique, de l’autre la sensibilité politique. Après réflexion, je reste convaincu que le choix le plus juste était de faire prévaloir la protection des couches populaires. Dans le cas contraire, de dures représailles auraient pu détruire le pays. J’ai fait un choix de responsabilité.

Vous ne croyez pas à cet accord et pourtant vous avez appelé les députés à le voter. Qu’avez-vous en tête ?

Alexis Tsipras Je considère, et je l’ai dit au Parlement, que c’est une victoire à la Pyrrhus de nos partenaires européens et de nos créanciers, en même temps qu’une grande victoire morale pour la Grèce et son gouvernement de gauche. C’est un compromis douloureux, sur le terrain économique comme sur le plan politique. Vous savez, le compromis est un élément de la réalité politique et un élément de la tactique révolutionnaire. Lénine est le premier à parler de compromis dans son livre la Maladie infantile du communisme (le « gauchisme ») et il y consacre plusieurs pages pour expliquer que les compromis font partie des tactiques révolutionnaires. Il prend dans un passage l’exemple d’un bandit pointant sur vous son arme en vous demandant l’argent ou la vie. Qu’est censé faire un révolutionnaire ? Lui donner sa vie ? Non, il doit lui donner l’argent, afin de revendiquer le droit de vivre et de continuer la lutte. Nous nous sommes retrouvés devant un dilemme coercitif. Aujourd’hui, les partis de l’opposition et les médias du système font un boucan impressionnant, allant jusqu’à demander des procédures pénales contre Yanis Varoufakis. Nous sommes tout à fait conscients que nous menons un combat, en mettant en jeu notre tête, à un niveau politique. Mais nous menons ce combat en ayant à nos côtés la grande majorité du peuple grec. C’est ce qui nous donne de la force.

Lire aussi :
 
 
 
 
 

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 20:25

 

Source : http://reseauinternational.net

 

Quand Michel Rocard dévoile le pot aux roses…

Quand Michel Rocard dévoile le pot aux roses…


La dette est une construction artificielle créée par les banques avec le consentement des états pour dépouiller les peuples et en faire des esclaves à leur solde.
Les gouvernants sont au courant… et ils laissent faire!!! honte à eux!!!
Honte à nous aussi ! nous les laissons faire…..

 

 

 

Source : http://reseauinternational.net

 

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 23:33

 

Source : http://www.humanite.fr

 

Des paysans cambodgiens attaquent le groupe Bolloré en justice

Gérard Le Puill
Jeudi, 30 Juillet, 2015
Humanite.fr

 

Des paysans cambodgiens privés de leurs terres viennent d’intenter une action en justice contre le groupe que préside Vincent Bolloré devant le tribunal de grande instance de Nanterre.

 

Outre ses activités chez Vivendi et le groupe Canal + dans lequel il tente de peser sur la ligne éditoriale, Vincent Bolloré a constitué sa fortune dans les activités portuaires en Afrique avec le groupe « Bolloré Africa Logistics » et, depuis quelques années, dans l’exploitation à grande échelle des terres agricoles en Afrique et en Asie  via le groupe  Socfin.

Une cinquantaine de paysans cambodgiens  estime que leurs droits  ont été piétinés par Bolloré qui développe la culture de l’hévéa sur la commune de Bousra  à l’est du pays. Cette plante sert à produire du caoutchouc. Pour développer cette production agro-industrielle,  une co-entreprise franco-cambodgienne a été créée et porte le nom de « Socfin-KCD ». Elle est née  avec l’accord du gouvernement cambodgien. Outre l’hévéa, cette entreprise produits aussi de l’huile de palme, une  des activités en plein développement dans le groupe Bolloré au Cambodge, en Indonésie  et dans plusieurs pays africains dont le Cameroun.   D’où les «expropriations » et les « déplacements de populations » dont sont victimes les paysans  cambodgiens  qui demandent des « restitutions de terres » et des « indemnisations », selon leur  avocat maître Fiodor Rilov.

Le 5 juin 2015, une manifestation de protestation s’était déjà déroulée devant le siège du groupe Bolloré à la Défense. Il s’agissait cette fois  de dénoncer les saccages de la « Socapalm » dont le groupe Bolloré est un des actionnaires  et qui exploite au Cameroun 26.000 hectares de palmiers à huile. « Socapalm » est aussi une filiale de « Socfin», firme luxembourgeoise dont Bolloré déteint 39% des parts . En avril dernier le travail avait été bloqué dans les plantations de Dibombari au Cameroun par des ONG et des paysans privés de terres qui demandaient qu’on leur rétrocède une partie des superficies que l’Etat camerounais a attribué à la « Socapalm ».

Neuvième fortune de France avec plus de 11 milliards d’euros, Vincent  Bolloré développe à travers le monde  une activité prédatrice qui consiste à accaparer des terres agricoles et à défricher des forêts primaires pour y développer des cultures de rente comme l’hévéa et le palmier à huile. Outre la spoliation des populations privées de leurs terres nourricière et souvent contraintes à l’immigration vers des bidonvilles, les activités du groupe Bolloré sont aussi fortement émettrices de gaz à effet de serre. On peut donc dire que la fortune de Vincent Bolloré  se constitue en  accélérant le réchauffement climatique dont les populations pauvres sont aussi les premières victimes. Voilà de quoi développer un excellent plaidoyer devant le tribunal de grande instance de Nanterre.   

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 23:27

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

De la Finlande à l'Aquitaine, le « revenu de base » en débat

|  Par Ludovic Lamant

 

 

 

Une somme fixe d'argent, versée à chaque citoyen, salarié ou pas, de manière automatique, pour mieux accompagner les mutations du monde du travail ? Des expérimentations – encore floues – sont annoncées en Finlande ou aux Pays-Bas. L'Aquitaine veut y réfléchir. Le vieux débat sur le revenu de base reprend de plus belle.

Si les élections législatives d'avril, en Finlande, ont attiré l'attention des médias étrangers, c'est d'abord en raison de leur dénouement : le parti centriste, vainqueur du scrutin, a choisi de s'allier avec l'extrême droite des Vrais Finlandais pour former un exécutif inédit dans l'histoire du pays. Mais ce n'est pas le seul fait à retenir. Lors des semaines précédant la consultation, le parti centriste de Juha Sipilä (devenu, entretemps, premier ministre) s'était aussi prononcé pour une mesure originale : l'expérimentation d'un revenu de base.

 

Le premier ministre finlandais Juha Sipilä, à Bruxelles le 7 juillet 2015.Le premier ministre finlandais Juha Sipilä, à Bruxelles le 7 juillet 2015. © François Lenoir / Reuters

À Helsinki, une majorité de députés semble aujourd'hui prête à défendre cette promesse. Rien ne dit pour autant que le chef du gouvernement la mettra en œuvre, en particulier parce que ses partenaires de coalition n'y paraissent pas tous très favorables. Mais le débat sur les vertus d'un revenu de base, et ses modalités très controversées, a été relancé.

En Suisse, un référendum est censé avoir lieu sur le sujet, sans doute en 2016, après le dépôt à Berne de 126 000 signatures exigeant la tenue de cette consultation. En Espagne, la promesse figure, parfois, parmi les revendications du mouvement anti-austérité Podemos. Aux Pays-Bas, la ville d'Utrecht va lancer une expérimentation à partir de janvier 2016, sur un groupe d'environ 300 personnes (on parle d'un forfait de 900 euros par mois pour un adulte, 1 300 pour un couple).

En France, une association, lancée en 2013, le Mouvement français pour le revenu de base (MFRB), qui revendique 600 adhérents, organise ses journées d'été du 21 au 23 août près d'Annecy. Avec d'autres, elle a lancé fin 2014 un journal gratuit, L'Inconditionnel, qui propose de répondre à cette question aguicheuse : « Et vous, que feriez-vous si vous n'aviez plus à gagner votre vie ? » Dans Liber, un revenu de liberté pour tous (L'Onde, 2014), l'ingénieur Marc de Basquiat (membre du MFRB) et l'essayiste étiqueté libéral Gaspard Koenig militent pour un revenu minimum baptisé Liber (450 euros pour un adulte), financé par un impôt sur les revenus et censé se substituer « au maquis des allocations spécifiques » (en l'occurrence, avant tout, le RSA et la prime pour l'emploi).

Les défenseurs du revenu de base avaient déjà fait parler d'eux en janvier 2014. Ils avaient alors récolté, à travers toute l'Europe, 285 000 signatures de citoyens qui s'étaient déclarés favorables à un « revenu de base inconditionnel ». L'opération n'avait pas suffi à enclencher une dynamique au sein de l'Union. Il aurait fallu beaucoup plus – rassembler un million de noms en l'espace d'un an – pour contraindre la commission de Bruxelles à s'emparer de ce dossier, souvent qualifié de totalement utopique par ses adversaires.

 

Ces initiatives désordonnées prouvent que le débat sur le revenu de base (« RDB »), vieille idée surgie à la fin du XVIIIe siècle (avec les travaux du Britannique Thomas Paine), s'intensifie. « Pourquoi cette idée retrouve-t-elle de l'audience aujourd'hui ? Sans doute parce qu'elle répond à une double préoccupation de notre époque, marquée par la persistance du chômage de masse et du sous-emploi et la montée des inégalités », écrit la journaliste Sandra Moatti dans l'éditorial du dernier numéro de L'Économie politique, qui y consacre un dossier très stimulant (juillet 2015, éditions Alternatives Économiques).

De quoi parle-t-on ? Voilà l'idée générale, qui a rarement dépassé le stade de la micro-expérimentation à travers le monde (sauf quelques exceptions comme l'Alaska) : un revenu fixe, versé à n'importe quel citoyen jusqu'à sa mort, sans aucune condition ou contrepartie (« inconditionnel, universel et forfaitaire », disent les économistes). Qu'on soit riche ou pauvre, avec ou sans emploi, seul ou en ménage, tout le monde touche la même somme. Dans la pratique, il existe des dizaines de manières d'imaginer et de financer cette garantie, théorisée par des économistes de droite (Milton Friedman et son « impôt négatif ») comme des penseurs de gauche (André Gorz et son « revenu d'existence »), des néolibéraux comme des anticapitalistes, et défendue, chez les politiques français, tout à la fois par José Bové et Christine Boutin.

Pour des esprits façonnés par des décennies d'un État redistributif à la française, l'initiative peut troubler. Tout simplement parce qu'elle revient à découpler la question du travail de celle du versement de prestations sociales. C'est ce qu'explique très bien Julien Dourgnon, ancien conseiller de l'ex-ministre Arnaud Montebourg dans L'Économie politique : « Le RDB, par ses caractéristiques (universalité, inconditionnalité, égalité) entend défaire le monopole et l'emprise de l'emploi sur la construction de la protection sociale. Il se fonde sur une logique où le sous-emploi permanent devient une norme acceptable et acceptée au nom d'un principe de réalité et d'un principe de justice. […] C'est pourquoi le RDB n'est pas un revenu d'exception mais un revenu permanent. »

Une « étude de faisabilité » lancée en Aquitaine

L'horizon du plein emploi s'est éloigné. Le travail « en miettes » et les emplois de mauvaise qualité se sont généralisés. Il faudrait donc adapter la protection sociale aux mutations de l'emploi à l'âge du capitalisme financier. Certains se risquent même à imaginer le remplacement à grande échelle des travailleurs par des robots. Dans cette optique, le revenu de base permettrait « le passage d'un modèle de précarité subie à un modèle de mobilité choisie », prédit Carlo Vercellone, maître de conférences à Paris-1 et théoricien, avec d'autres, du « capitalisme cognitif ».

L'avènement du revenu de base permettrait de mieux prendre en compte ce travail non marchand, difficile à quantifier exactement, mais de plus en plus décisif, sur fond d'essor du numérique et de culture des « communs » (lire, en écho, l'entretien avec Michel Bauwens sur Mediapart). Ce revenu aurait aussi l'avantage de régler les problèmes d'« incitation » redoutés par certains économistes (lorsqu'un chômeur, dit-on, rechigne à prendre un emploi mal payé, pour conserver ses indemnités chômage) : le « revenu plancher » resterait fixe, même si les revenus complémentaires, tirés de l'activité, eux, progressent.

Au fond, les ambitions des uns et des autres, autour d'un même projet, sont très variables. Pour les libéraux, un revenu de base fixé à des niveaux plutôt faibles, permettrait surtout de simplifier les rouages de l'État social, pour le rendre plus efficace – quitte à rendre plus acceptables les inégalités de la société, sans s'y attaquer pour de bon. Pour les défenseurs d'un modèle alternatif à l'hégémonie néolibérale, le RDB doit être une option plus ample, dans le sillage des travaux, par exemple, d'André Gorz (dès Adieux au prolétariat, 1980) : ce serait « l'un des instruments d'une transformation sociale radicale et émancipatrice », à condition de le combiner avec la réduction du temps de travail et l'essor d'« activités autonomes », explique la sociologue Françoise Gollain, toujours dans L'Économie politique.

L'extrême variété des approches saute aux yeux dès lors que l'on entre dans la pratique. Les pistes de financement de ce revenu de base sont pléthoriques. Ses avocats en répertorient une petite dizaine (lire ici), de la fiscalité (impôt sur le revenu, taxe sur le capital ou les transactions financières, etc.) à la création monétaire (via des monnaies locales ou une réforme des mandats des banques centrales, par exemple, une piste préférée par de nombreux écologistes). La question du montant exact de ce revenu donne lieu à des réflexions très complexes. Et tout le monde n'est pas d'accord, non plus, sur un autre point décisif : ce RDB vient-il compléter l'existant ou remplace-t-il la plupart des prestations sociales ?

Dans son éditorial, Sandra Moatti cite les mises en garde du sociologue Robert Castel, qui voit dans ce revenu de base l'exemple même de la « mauvaise utopie » : « D'un montant trop faible pour se passer de travailler, il offrirait au capitalisme une “armée de réserve” où puiser à moindre coût des travailleurs déjà partiellement rémunérés par un médiocre revenu de subsistance. » Le RDB comme un outil d'exploitation d'un nouveau genre ?

« C'est une crainte exagérée, réagit Jean-Éric Hyafil, un économiste membre du MFRB joint par Mediapart. Dans les années 80 et 90, c'était une idée qui était très associée à l'impôt négatif théorisé par l'économiste américain Milton Friedman. Dans cette configuration, il est prévu de supprimer le SMIC. Mais ce n'est pas du tout ce que l'on défend au sein du Mouvement : il n'est pas question de toucher au SMIC, pour mettre en place ce revenu de base. Puisque le SMIC ne disparaîtrait pas, la crainte exprimée par Robert Castel n'est pas fondée. »

À l'initiative du groupe EELV, le conseil régional d'Aquitaine a donné son feu vert, début juillet (grâce à une très forte abstention), à la réalisation d'une étude de faisabilité d'un « RSA inconditionnel ». Il s'agirait d'une « première étape vers un revenu de base universel ». Le projet, encore vague, reste modeste : les règles de calcul du RSA ne seraient pas modifiées, mais les ayants droit n'auraient plus aucune démarche à effectuer, en particulier pour prouver qu'ils recherchent « activement » un emploi, pour toucher cette aide.

« La plupart des travailleurs pauvres qui ont droit au RSA ne le demandent pas, notamment parce que c'est stigmatisant de le demander. De ce point de vue, cette mesure aurait un impact important, assure Jean-Éric Hyafil. Mais il y aurait bien sûr, ensuite, un autre chemin à parcourir pour passer d'un RSA inconditionnel à un RSA inconditionnel, universel et individuel. » En clair, un RSA forfaitaire, versé à tous les citoyens.

C'est, semble-t-il, la stratégie du Mouvement français pour le revenu de base : ne pas plaider pour un big-bang fiscal du jour au lendemain, mais bien plutôt réformer les prestations sociales existantes et les tirer, au terme d'expérimentations locales, vers un revenu de base plus ambitieux. Pour y parvenir, il faudra encore faire taire les très nombreux sceptiques.

> Faut-il défendre le revenu de base ?,dossier L'Économie politique, numéro 67, juillet 2015, éditions Alternatives Économiques.

 

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 23:12

 

Source : http://www.20minutes.fr

 

Quand un jeune coiffeur vendéen offre ses services aux sans-abris parisiens

 

Lison Lagroy

 

 

Dati, coiffeur vendéen qui vient en aide aux sans-abri
Dati, coiffeur vendéen qui vient en aide aux sans-abri - LL

 

« Monter » à Paris pour venir en aide à ceux qui en ont le plus besoin. C’est le projet que vient de concrétiser Dati Kouch, 26 ans, coiffeur au grand cœur. Mais le jeune homme ne veut pas apparaître en héros, loin de là : « Je le fais naturellement et j’aimerai que l’on parle plus du message que de moi ». Message reçu.

 

Les SDF font partie du décor

Quand 20 Minutes le retrouve devant le Sacré-Cœur, on le reconnaît à son grand sourire communicatif. Il regarde partout autour de lui, cherchant un sans-abri qui aurait besoin, ou envie, d’une petite coupe. Le rejoigne très vite son « équipe », Davy, son frère, et Thai, un ami, tous deux coiffeurs.

Les trois Vendéens arpentent depuis ce lundi les rues de Paris, à la recherche d’un coup de pouce à donner, toujours avec plaisir. Mais pourquoi avoir choisi la capitale ? « Pour avoir un écho plus grand à mon message, confie Dati. Ici, je trouve que c’est encore plus flagrant qu’ailleurs, les SDF sont compris dans le décor, ce n’est pas normal ».

La petite bande a commencé par la Tour Eiffel, « symbole important de la France », mais ne compte pas s’arrêter là. Jusqu’à la fin de la semaine, elle compte bien coiffer d’autres SDF dans différents quartiers.

 

Aider sans réfléchir

L’idée lui est venue en voyant un reportage sur un New-Yorkais qui faisait ça tous les week-ends : spontanément, Dati décide de faire de même. « Je ne pousse pas les gens à aller contre leur nature, mais aider l’autre n’a jamais été négatif. On devrait tous le faire sans réfléchir ».

Si le jeune homme est si serviable, c’est qu’il a reçu une éducation « qui a forcément dû jouer » et qu’il a lui-même connu les galères. Aujourd’hui, son salon à La Roche-sur-Yon marche si bien qu’il va l'agrandir, avec pour employés les deux garçons de cette aventure parisienne. « J’ai commencé il y a dix ans sans une "thune", en taillant les cheveux des gens de mon quartier. Je profite que ça marche bien aujourd’hui pour aider les autres », confie-t-il.

 

S’intéresser aux oubliés

Au détour d’une rue, nous tombons sur Moumoune, 65 ans, d’origine allemande. Dati s’approche et lui propose ses services avec tact et bienveillance. « Je vais droit au but et parle de mon projet caritatif directement », ce qui surprend parfois les SDF. « Ils n’ont pas l’habitude qu’on leur parle, ils peuvent malheureusement rester des journées entières sans parler à personne. Ça leur fait plaisir qu’on s’intéresse à eux ».

Tous ne sont pas méfiants ou inquiets, beaucoup acceptent d’emblée. A Moumoune, il faut expliquer le projet plusieurs fois, la faute à la langue. Mais quand il entend le mot « gratuit », son visage se transforme. « En Allemagne ça coûte 35 francs, alors qu’ici, en France, c’est 100 francs ! C’est beaucoup trop cher » explique-t-il. Il lève son chapeau de fortune pour montrer le peu de cheveux qu’il reste à couper, sourit, et accepte.

Davy, le frère de Dati, s’est occupé de Moumoune - LL

 

Pour cette fois, ce sera Davy qui coupera, sous le regard protecteur de son petit frère Dati. A la fin de la coupe dégradée, Moumoune se regarde dans la glace et semble conquis.

« Ça vous plaît ? » lui demande Dati. S’il ne semble pas tout comprendre, Moumoune opine de la tête et assène : « Coupez tout ! » avec un grand sourire. Pour Dati, cette confiance est une victoire : « Quand ces personnes marquées par la vie semblent heureuses, il n'y a pas de mot ». Et Moumoune de confirmer : « Merci… parce que c’est gratuit ! ».

 

 

Source : http://www.20minutes.fr

 

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 23:03

 

Source : http://www.greekcrisis.fr

 

 

 
 

mardi 28 juillet 2015

Gauche... hackeuse

 

 
 
greek crisis
 
 

 

 


La Grèce s’enfonce dans son été comme dans du sable mouvant. Entre deux canicules et trois mémoranda, les Troïkans sont d’ailleurs de grand retour à Athènes, après six mois de... défection. Le gouvernement fait alors tout son possible pour que leur présence passe inaperçue, ce n’est guère facile.

Place Omónia. Athènes, juillet 2015


Désabusés, les Athéniens quittent enfin progressivement leur ville pour une plage proche, le plus souvent ils sont hébergés chez leurs proches. Très petites vacances devant une énième rentrée prochaine au sens autant introuvable. “Les cinq prochains mois seront diaboliques”, telle est la prévision de la presse grecque en ce juillet finissant, les passants ne s’attardent même plus sur ces trop gros titres, basta.

Place Omónia, devant l’édifice de la banque... suffisamment historique et désormais à moitié seulement ouverte depuis la mise en place en Grèce des contrôles des capitaux, la vie quotidienne traîne inlassablement son lot de difficultés. Visages graves, errances et autres traversées du désert économique aux milles et une... apparences parfois trompeuses.

Passants et passantes, mendiants... “suraccablés” par la chaleur, à l’instar des retraités... massivement convertis en vendeurs ambulants de billets de la loterie ex-nationale, telles sont alors nos images du jour et de chaque jour que nos très nombreux visiteurs du pays peuvent ne pas remarquer.
 

Les cinq prochains mois diaboliques. Presse grecque, juillet 2015


Sur cette place aux établissements jadis très fréquentés par les gens des lettres, le glissement... usuel et finalement usant est perceptible surtout pour les plus âgés. Certains hôtels classés monuments historiques sont fermés depuis plus de vingt ans, d’autres par contre, moins nombreux ont su résister. La crise a également redistribué certaines cartes du commerce forcément non-équitable, les grandes chaînes de restauration et de pâtisserie - boulangerie méta-traditionnelles, en ont ainsi largement profité.

Cette alimentation, en partie inspirée par la cuisine traditionnelle “en combinant des recettes classiques, les approches contemporaines, de la créativité et un zeste des arômes”, suit cette grande mode mercatique du moment, invitant ses clients à une supposée immersion mémorielle et historique propre déjà à l’Europe vendeuse, sauf que dans la Grèce du mémorandum, cette pratique se généralise.
 

Café Néon, rénové. Place Omónia, Athènes, juillet 2015

 

Café Néon vers 1930-1940.

 

Café Néon, rénové. Immersion mémorielle. Athènes, juillet 2015

 

Café Néon, la presse en parle. Athènes, juillet 2015


Exemple assez réussi il faut dire, le café Néon place Omónia, ouvert en 1920 et fermé depuis plusieurs années, il vient d’être rénové par une grande chaîne de restauration et de pâtisserie - boulangerie. Ses murs sont décorés avec des photos anciennes, l’immersion mémorielle participe du concept... de vente.

La Grèce aime contempler ses anciens clichés car l’époque semble bloquée... au point mort, l’avenir demeure obscur, à l’instar de celui... des Tsipriotes signataires du mémorandum III. Cette semaine en tout cas, les nouveaux habitués du café, n’ont pas manqué de sujets de conversation. Il y a de quoi... bavarder, entre le présumé hacking de Varoufákis, la nouvelle parousie de la Troïka, ou les déchirements au sein de SYRIZA, toute la presse en parle.

D’après le grand quotidien... mémorandiste “Kathimeriní” (repris aussitôt par la presse française), Yannis Varoufákis avait œuvré... “pour la conception d’un système de paiement parallèle qui permettrait au pays, si d’aventure la BCE devait lui couper les vivres, de continuer à créer de l’argent sans planche à billets. ‘J’avais réuni une équipe très compétente, une équipe réduite qui devait rester secrète pour des raisons évidentes’, explique Varoufákis, qui s'est donc mis au travail dès l'arrivée de SYRIZA au pouvoir. Concrètement, il se serait agi d'utiliser le site de l’administration fiscale grecque (leur impots.gouv.fr), où tous les particuliers et toutes les entreprises ont renseigné leurs coordonnées bancaires, pour le transformer en une banque virtuelle où chacun aurait vu son compte crédité d’un certain montant. Les échanges monétaires auraient eu lieu via cette plateforme”.

Problème: pour mettre en place ce système, il fallait récupérer les données du site des impôts grecs. Or, celui-ci était placé sous l’œil de la troïka - autre information non négligeable issue de ces révélations. Varoufákis a donc autorisé un de ses proches amis, spécialiste en technologies de l’université de Columbia, à hacker le système informatique de (son) propre ministère afin de pouvoir copier le code du site des impôts sur un ordinateur dans son bureau”.
 

L'Eurogroupe. “Quotidien des Rédacteurs”, juillet 2015


Par la suite, un enregistrement sonore a été publié sur Internet par un institut de recherche dont l'un des membres participait à la discussion du 16 juillet (en anglais) avec l'accord de Yanis Varoufákis, ce qui tient à prouver la véracité de ses propos. Les mémorandistes... sépulcraux, réclament depuis... la tête de l’ex-ministre, des poursuites ont été engagées. Au Royaume de la pourriture, les... parasites d’Athènes ont constamment l’habitude du dernier mot (après celui bien évidemment de leurs maîtres-fous, troïkans).

Le problème n’est pas Varoufákis, ce qui ne veut pas dire que son rôle dans les affaires courantes de la Grèce de l’Apocalypse vers... la fin de l’Euro, soit claire, ou en tout cas décryptable, hormis pour les historiens du futur, sauf que le grand embarras résulte alors de cette prise du contrôle... clés en main, du logiciel fiscal grec par la Troïka. C’est donc le hacking officiel (ou officieux) qui devient condamnable aux yeux des mémorandistes, et non pas, l’usurpation de la souveraineté restante au profit de Bruxelles et de Berlin. L’histoire ne se répète pas, ou alors comme une farce, sauf que Marx n’avait pas connu la... dématérialisation de la farce désormais numérisée.

Cependant, même la presse mainstream rapporte finalement les faits, sans trop s’attarder pour autant sur les conséquences à en déduire: “Au cours de son entretien téléphonique, Yánis Varoufákis a également évoqué le rôle joué par le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, dans les négociations. Fermement opposé à une réduction de la dette grecque, Schäuble s’est en revanche prononcé pour un Grexit provisoire qui pourrait se révéler bien plus coûteux pour ses créanciers. Comment expliquer alors une telle position ? Pour Varoufákis, c’est clair: le plan de Schäuble, ‘tel qu’il me l’a décrit’, est d’éviter une union monétaire fonctionnant avec un Parlement (comme le suggérait encore récemment François Hollande).

Dans cette optique, affirme Varoufákis, Schäuble lui a ‘dit explicitement qu’un Grexit lui donnerait assez de pouvoir de terreur pour imposer à la France ce que Paris refuse. De quoi s’agit-il ? Transférer une partie de la souveraineté budgétaire de Paris à Bruxelles’. Et d’ajouter, dans The Telegraph, que le ministre allemand des Finances sait parfaitement que le troisième plan d’aide, dont les discussions viennent de commencer à Athènes, ‘est voué à l’échec’, mais que son objectif demeure de faire sortir la Grèce de la zone euro. ‘Il n’y aura pas d’accord le 20 août’, parie Varoufákis.” Sable mouvant.
 

Façade à Athènes, juillet 2015

 

L'Assemblée des femmes d’Aristophane. Théâtre National, Épidaure, 2015

 

Hôtel refait. Athènes, juillet 2015


Signe des temps, le Théâtre National présente cet été à Épidaure, “L'Assemblée des femmes”, comédie grecque antique d’Aristophane écrite vers 392 av. J.-C. Il était encore question de sauver la cité. Les Athéniennes, à l'instigation de l'une des leurs, Praxagora, se rassemblent à l'aube sur l'agora pour prendre à la place des hommes les mesures qui s'imposent pour sauver la cité. Le lendemain matin, les hommes découvrent alors avec stupéfaction les réformes que les femmes entendent adopter: mise en commun des biens, droit pour les femmes les plus laides et les plus âgées de choisir un compagnon. Vieux problèmes... tout comme le monde.

Et comme la cité n’est toujours pas sauvée, nos stigmates du quotidien se mélangent, le plus souvent en s’ignorant. Tandis que sur la Place de la Mairie, les agents du service municipal en charge des animaux... adespotes (sans maîtres) proposent des adoptions aux familles en balade, trois cent mètres plus loin, il y a grande cohue devant l’entrée de l’unique pharmacie publique, autrement-dit, directement gérée par le... fantôme de la Sécurité Sociale grecque. Ultime espoir pour se procurer un médicament devenu rare et souvent inaccessible pour cause de coût. Il n’y aura pas pour tout le monde, c’est... déjà compréhensible. Les gens deviennent agressifs, c’est la guerre des (pauvres) malades. Athènes, 2015.
 

Animaux adespotes à adopter. Athènes, juillet 2015

 

Devant l’entrée de l’unique pharmacie publique. Athènes, juillet 2015

 

Athènes du moment, juillet 2015


Le drame de la Gauche... adespote ou despotisée demeure pour l’instant entier. Lundi 27 juillet, la Plateforme de Gauche célébrait le cinquième anniversaire de son site Internet iskra.gr. Pour Panagiótis Lafazánis comme pour ses camarades, la seule voie possible hors mémorandum est celle qui conduira à l’abandon de la zone euro.

Nous restons fidèles au programme de SYRIZA, celui pour lequel nous avons été élus et nous nous battrons jusqu'au bout pour la victoire du NON”, voilà pour l’essentiel du programme. Tout le monde aura noté la présence de Manólis Glézos, lequel a pris la parole pour se différencier de Panagiótis Lafazánis quant à l’urgence de rompre ou pas avec l’euro. Cependant, Manólis résistant en 1941 déjà et alors grande personnalité de la Gauche grecque (et européenne), a aussi lancé un appel solennel à la “Résistance contre cette nouvelle occupation allemande, réaffirmée par le mémorandum III”.

Manólis Glézos, visiblement en colère, a affirmé “que SYRIZA n'a pas de propriétaires” avant de se demander: “Quel rapport existe-t-il, entre SYRIZA, et le gouvernement de l'Hôtel du Premier ministre ? Ce troisième mémorandum est le pire de tous les autres, rien que parce qu'il a été signé par ce gouvernement-là (SYRIZA)”. L’événement de la soirée était de taille, pourtant, la radio 105,5 (SYRIZA), n’a pas jugé utile de le retransmettre en direct, contrairement à ses habitudes.
 

Rassemblement de la plateforme de Gauche (Manólis Glézos et Panagiótis Lafazánis). Athènes, le 27 juillet

 

Panagiótis Lafazánis, Athènes, le 27 juillet

 

Manólis Glézos, Athènes, le 27 juillet


Pour Státhis Kouvelákis, philosophe francophone, membre du Comité central de SYRIZA et figure de la Plateforme de Gauche, “La seule chose qui reste sous contrôle de l’État grec est l’appareil répressif. Et on voit bien qu’il commence à être utilisé comme avant, c’est-à-dire pour réprimer des mobilisations sociales. Les gaz lacrymogènes déversés sur la place Sýntagma du 15 juillet, suivis d’arrestations de militants, de passages à tabac et maintenant de procès devant les tribunaux de syndicalistes, ne sont qu’un avant-goût de ce qui nous attend lorsque la situation sociale se durcira, lorsque les saisies des résidences principales se multiplieront, lorsque les retraités subiront de nouvelles coupes dans leur retraite, lorsque les salariés seront dépossédés du peu de droits qu’ils leur restent. Le maintien du très autoritaire Yannis Panoússis comme ministre responsable de l’ordre public, et qui se voit également confier le portefeuille de l’immigration, est un signal clair du tournant répressif qui s’annonce”.

Du côté des proches de Tsipras, le ton devient extrêmement agressif envers ceux qui sont en désaccord avec les choix qui ont été faits. Il est très choquant de voir que certains membres du parti reprennent mot pour mot les arguments propagés par les médias, jusqu’aux calomnies qui présentent les défenseurs de plans alternatifs, comme Varoufákis ou Lafazánis, comme des putschistes, des comploteurs de la drachme, des alignés sur le Grexit, façon Schäuble.

Ce débat (sortie de l’euro) n’a jamais véritablement eu lieu — ou, plutôt, il n’a eu lieu que de façon limitée, au sein de SYRIZA, pendant les cinq dernières années. Et ce fut toujours contre la volonté de la majorité de la direction du parti, par une sorte d’état de fait créé par le positionnement d’une minorité substantielle en faveur d’une sortie de l’euro, comme condition nécessaire pour la rupture avec les politiques d’austérité et le néolibéralisme. La majorité de la direction du parti n’a jamais vraiment accepté la légitimité de ce débat. La sortie de l’euro n’était pas présentée comme une option politique critiquable avec des inconvénients qui justifiaient un désaccord. Elle était purement et simplement identifiée à une catastrophe absolue. Systématiquement, il nous était reproché que si nous défendions la sortie de l’euro, nous étions des crypto-nationalistes ou que la sortie de l’euro entraînerait un effondrement du pouvoir d’achat des classes populaires et de l’économie du pays. En réalité, c’étaient les arguments du discours dominant qui était repris par nos camarades.”
 

La cartographie en exposition. Athènes, juillet 2015

 

Touristes à Athènes, juillet 2015

 

Touristes à Athènes, juillet 2015


En ce moment même à Athènes, la Fondation pour la Culture d’une grande banque, propose son exposition sur le regard des cartographes et la Grèce. Les cartes du monde changent, celle de SYRIZA est plutôt déchirée. La bataille fait alors rage pour le contrôle du parti, entre Tsipriotes... et Lafazanistes.

Alexis Tsipras laisse entendre qu’un congrès extraordinaire pourrait se tenir très rapidement, peut-être même en ce mois d’août. Je suppose, que cette volonté si urgente, veut tenir compte du calendrier éventuel de Wolfgang Schäuble, car personne n’est en mesure de prévoir quelle sera la situation de la Grèce, déjà vers le 20 août, date où arrive à échéance une certaine créance. La Troïka, c’est à dire Berlin, exige de nouvelles mesures (non incluses) au préaccord de juin, rien de très rassurant en effet... pour l’été Tsipriote.
 

Bois pour l'hiver. Thessalie, juillet 2015


L’Europe s’assombrit. Comme nous le rappelle dans son excellent papier Vladimir Caller depuis la Belgique et (depuis) sa Gauche, “vers la fin du processus de réunification allemande, le chancelier Kohl se trouva confronté à un dossier colossal. Il s’agissait d’absorber l’économie de l’Allemagne de l’Est et ses presque 15 000 entreprises d’État et coopératives et ses, grosso-modo, 5 millions de salariés. A quoi il fallait ajouter des millions d’hectares de terres agricoles et, plus généralement, le patrimoine d’État de l’ancienne RDA. Pour assumer cette tâche, le chancelier trouva la perle rare: un certain Wolfgang Schäuble, lequel s’engagea avec passion dans la création et la gestion du Treuhandanstalt (dit, par facilité, ‘Treuhand’), un fonds public destiné à récolter le produit des privatisations et financer ainsi la dette du pays.

L’ensemble de l’opération fut jugé par les uns comme une réussite magistrale de capitalisation d’actifs et par les autres comme le pillage du siècle. Sur le plan social, environ 2,8 millions de travailleurs est-allemands perdirent leur emploi.
 

Friche commerciale. Thessalien, Trikala, juillet 2015


Un quart de siècle plus tard, le même Wolfgang Schäuble se propose de récidiver mais cette fois en délocalisant son savoir-faire en Grèce. C’est en effet lui qui obtint qu’une clause créant un fonds similaire soit ajoutée à l’accord signé ce 12 juillet. Il souhaitait même que ce fonds, destiné à accueillir les montants des privatisations des ports, chemins de fer, aéroports, etc., soit placé dans une société publique située au Luxembourg et dont il est lui-même membre du conseil d’administration. Manière de s’assurer que ces fonds soient bel et bien destinés à rembourser les créanciers, parmi lesquels l’Allemagne figure en toute première place.

J'ajouterais cependant ceci: après l'annexion de la RDA, l’élite de l'Allemagne a mis en exécution ouverte, son vieux projet colonial... européen et depuis un certain temps, européiste. Et c'est précisément cet européisme partagé et ingurgité par SYRIZA Tsipriote (comme par Pierre Laurent) qu’a fait basculer SYRIZA en seulement six mois, au lieu de trois à quatre décennies nécessaires pour les effrayants sociaux-démocrates, mais c’était durant un autre siècle.

L'histoire s’accélère... sauf que cet été, les figues grecques ont bien eu du retard ! Nous laisserait-elle loin derrière ? Les derniers événements ont été vécus comme un immense choc en Grèce et bien au-delà. D'abord, il y a eu l'immense joie populaire aussitôt après le référendum, ensuite, cette colère sombre et qui depuis hante tous les esprits.
 

Le retard de figuiers. Thessalie, juillet 2015


Certains amis, cadres de la Plateforme de Gauche, et pour l’instant membres au Comité central SYRIZA, estiment que le... label même SYRIZA serait “grillé”, et peut-être autant, celui de la Gauche tout court, si les intéressés ne bougent pas assez et cela, très rapidement.
 

Construction à vendre. Trikala, juillet 2015

 

Les beaux objets de la vielle Allemagne. Athènes, juillet 2015


Sable mouvant alors entre deux canicules et trois mémoranda. À Athènes on vend toujours les beaux objets de la vielle Allemagne et ailleurs en Grèce... on prend encore le temps d’une petite sieste... sur les châssis des camions qui ne bougent plus vraiment. Bel été !
 

On prend le temps d’une petite sieste. Grèce, juillet 2015

 




* Photo de couverture: Retraité... converti en vendeur ambulant de billets de loterie. Athènes, juillet 2015
 
 
 
 
 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 22:54

 

Source : http://arretsurinfo.ch

 

 

Aujourd’hui, Yanis Varoufakis a besoin du soutien de nous tous

Crises/guerres Dissidence Hégémonie UE
 
 
 

Arrêt sur Info a diffusé nombre de textes touchant la crise qui frappe la Grèce. Après la glaçante volte-face d’Alexis Tsipras nous avons publié les prises de positions de l’ancien ministre des Finances Yanis Varoufakis qui nous paraissaient permettre aux lecteurs de se faire leur propre opinion. Il n’est pas dans notre intention de placer Yanis Varoufakis sur un piédestal. Toutefois, à l’heure où, au sein de l’Eurogroupe notamment, ses adversaires s’emploient à le diaboliser, il nous parait important de donner la parole à ceux qui  prenne sa défense.[ASI]

 

eurogroupe

 

Nous sommes tous Varoufakis

Il ne m’était jamais venu à l’esprit qu’un jour il me faudrait rédiger un texte de soutien à Yanis Varoufakis. Dans les débats auxquels nous avons participé concernant l’euro et la drachme ou dans les interviews radiophoniques, j’ai toujours considéré qu’il était dangereux pour les visions et les objectifs poursuivis par la gauche.

J’ai du mal à me souvenir de quelque autre économiste (de son envergure) plaidant avec autant de passion pour la nécessité qu’il y aurait pour la Grèce de rester dans la zone euro. Qui plus est, il était le premier à avoir introduit en Grèce la théorie de l’Hotel California pour ce qui est des possibilités de sortie (You can check-out any time you like, But you can never leave ! – Vous pouvez payer la note quand vous voulez, mais vous ne pouvez jamais partir). Pour lui, entrer dans l’Union monétaire était une erreur, mais, en sortir serait catastrophique.

Il était également le premier à avoir attaqué l’initiative de constitution d’une Commission d’audit de la dette. Il le fit, qui plus est, par l’intermédiaire des pages du site Protagon en utilisant des arguments qui renvoyaient aux scénarios de terreur déployés dans les journaux télévisés du soir.

Puis sont venues les erreurs impardonnables commises au poste de ministre des Finances. En payant les tranches de prêts illégaux et odieux, il a permis que les caisses soient vidées et a annihilé les espoirs d’une négociation sérieuse. Ses anciennes idées obsessionnelles concernant la nécessité de rester dans l’euro et son refus de tout débat concernant une annulation sérieuse de la dette n’ont fait qu’empirer dramatiquement les choses.

Pour toutes ces raisons, info-war a dès le départ exercé une dure critique sur le fait qu’il ait été choisi pour le poste de ministre des Finances. En effet, c’est tragicomique : certains qui, actuellement, le pourchassent au sein de SYRIZA, se déclaraient troublés par notre attitude envers le « ministre star » du gouvernement Tsipras.

Et pourtant, aujourd’hui, Yanis Varoufakis a besoin du soutien de nous tous. Car, ce qui est poursuivi en sa personne, ce n’est pas simplement un ancien ministre des finances ou un économiste. C’est toute personne qui ose se dresser contre la dictature de l’UE qui est poursuivie.

Peu importe s’il portait le col relevé et s’il a haussé le ton contre les commissaires européens pour des raisons idéologiques au titre de quelque agenda personnel ou, simplement, parce qu’il dispose d’un ego énorme qu’il ne peut pas cacher sous sa veste. Ce qui importe c’est que des millions de personnes, dans toute l’Europe, l’ont identifié à un petit pays qui ose s’en prendre aux fauves.

Et, ça, ni Berlin, ni les kollabo-serviteurs grecs des banques ni certains mollusques du groupe dirigeant de SYRIZA ne pouvaient le tolérer, même s’ils tentent de dissimuler la capitulation totale du pays derrière des drapeaux rouges et des photos du Che.

Yanis Varoufakis n’est pas poursuivi pour avoir préparé des plans alternatifs de lutte contre la crise (c’était son devoir et, malheureusement, il s’y est appliqué avec beaucoup de retard et à la va-vite). Il est poursuivi parce que, dans le fameux entretien enregistré, il a révélé à quel point la troïka contrôle intégralement l’appareil d’Etat et, en particulier, les mécanismes du ministère des Finances.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’enquête administrative ordonnée contre lui l’a été par Katerina Savvaïdou, ancien cadre supérieur de PriceWaterhouseCooopers et actuelle Secrétaire générale aux recettes publiques, c’est-à-dire, du service qui, comme il ressort de l’entretien de Varoufakis, est le cheval de Troie déployé par la troïka contre l’économie grecque.

Si les poursuites contre Varoufakis avancent, le coup d’État aura été achevé. Tout plan de sortie de la crise sera pénalisé, directement ou indirectement. À ce jour, tous ceux qui parlaient de sortie de l’euro étaient licenciés (si, par exemple, c’était des journalistes) ou bien étaient marginalisés (s’ils étaient universitaires ou politiques). Dorénavant, ils seront confrontés à une « justice » autoproclamée.

Une telle chose peut-elle se produire avec SYRIZA au gouvernement et Tsipras au poste de Premier ministre, se demandera-t-on. La réponse a été récemment donnée par Manolis Glezos : le gouvernement à Maximou (résidence officielle du Premier ministre), est une chose, SYRIZA en est une autre.

Aris Chatzistefanou | 29/07/2015

Article original : http://bit.ly/1JRa5D3

Traduit par Christine Cooreman

Source : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=15436

 

 

Source : http://arretsurinfo.ch

 

 

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 22:38

 

Source : http://www.franceculture.fr

 

 

Tout comprendre sur la dette grecque en six étapes

 

 

 

Alors que les négociations vont reprendre entre la Grèce et ses créanciers (BCE, pays de la zone euro, FMI) pour un troisième plan d'aide, 6 étapes et une série de graphiques pour comprendre pourquoi la dette grecque est devenue l’une des clefs de l’avenir de la zone euro et de l’Union Européenne. 

 

"Réduisez la dette. Dehors le FMI !". Slogan à Athènes. Alkis Konstantinidis © Reuters

 

La dette grecque n'en finit pas d'être à la une de l'actualité. Pourquoi fallait-il trouver un nouvel accord fin juin? Comment tout cela a commencé ? Pourquoi a-t-on prêté à la Grèce, combien cela nous a-t-il rapporté, combien peut-on perdre ? Réponses à ces questions cruciales pour l'avenir de l'euro et de l'Europe en six étapes et une série de graphiques.

 

>>> Les "Matins" de France Culture étaient en direct d'Athènes ce mardi 30 juin

 

1. Pourquoi la Grèce a besoin d'argent en ce moment ?

 

Trois raisons à cela : 

- Méthode et calendrier. L’aide versée à la Grèce l’est tranche par tranche, et à chaque tranche, les créanciers (BCE, FMI, Etats de la zone euro = feu la troïka), conditionnent  le versement de chaque nouvelle tranche à la mise en place en Grèce de réformes. Vous trouverez ici un exemple (en anglais) de l'évaluation des réformes menées ouvrant droit à un nouveau versement. La dernière tranche du 2ème plan d’aide (7.2 milliards d’euros) devait être versée en septembre 2014. Cela n’a pas été le cas. Les créanciers ont préféré ensuite laisser passer les soubresauts politiques en Grèce, ainsi que les élections de janvier, pour discuter du déblocage de la tranche. Or, le programme d'aide avait une date de fin. En février, cette date a été repoussé au 30 juin 2015. Voilà pourquoi il fallait que les négociations aboutissent avant le 30 juin. Cela n'a pas été le cas. Après l'accord du 13 juillet, un troisième plan d'aide va être négocié, avec à la clef une nouvelle échéance, le 20 août, date à laquelle la Grèce doit rembourser 3.5 milliards d'euros à la BCE.   

 

- Les plans irréalistes. A chaque plan d’aide, les créanciers et la Grèce se mettent d’accord sur des hypothèses qui ne se réalisent jamais. Croissance, rentrée des impôts, recettes de privatisations : les prévisions sont toujours trop optimistes. Arrive donc le jour où la Grèce manque d’argent, et fatalement il faut renégocier (toujours dans la douleur). En 2012, il était prévu que le ratio dette/PIB soit de 153% en 2015. La réalité d’aujourd’hui s'élève à 175%. De fait, les plans d’austérité, corollaires des plans d’aide, ont fait chuter le PIB grec de 25% depuis 2009. Résultat, malgré l’annulation de 107 milliards d’euros de dette sur les créanciers privés (aussi appelé haircut - "coupe de cheveux" ), le ratio dette/PIB a explosé. 

 

L'explosion de la dette grecque (versus France & Allemagne) depuis 2007 

 

- Troisième raison, c’était prévu. En 2012, les créanciers de la Grèce s’étaient engagés à rediscuter de la dette grecque en profondeur dès que le pays aurait un budget en excédent primaire (c'est-à-dire que ses recettes seraient supérieures à ses dépenses, frais financiers mis à part). La Grèce a passé ce cap là en janvier 2014, mais aucune discussion n’a eu lieu. Dès sa victoire aux élections de janvier, Alexis Tsipras a remis le sujet sur la table. Ce fut d'ailleurs un des points d’achoppement de la négociation. A part le FMI, aucun des autres créanciers de la Grèce ne voulait aborder cette question de fond. Aucun responsable politique européen ne l'avoue, mais tous savent que la dette grecque est insoutenable, autrement dit impossible à rembourser, tous les analystes et économistes qui suivent ce dossier le disent aussi, à l’instar de 300 économistes internationaux qui ont publié une tribune intitulée « Nous sommes avec la Grèce et avec l’Europe ». Autre éclairage sur ce thème, le rapport rendu par la commission pour la vérité sur la dette grecque, qui a été rendu en juin par Eric Toussaint (un belge animant depuis des années le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde) à la demande de la présidente du parlement grec, Zoé Konstantopoulou.

 

2. Pourquoi avoir prêté de l'argent à la Grèce ? 

 

Avant la première crise grecque (2009-2010), l’Etat émettait des bons du trésor (on dit aussi "titres de dette" ou "obligations souveraines"). Tous les Etats qui n’arrivent pas à équilibrer leur budget font cela, Etats-Unis en tête. Ces bons du trésor sont achetés sur les marchés financiers. Par qui ? Par des fonds d'investissement, des assureurs plaçant l’assurance-vie des petits épargnants, des gérants de fonds ou de fortunes privées, des fonds de pension gérant des retraites, ou encore des banques. L’agence grecque de gestion de la dette donne plus de précisions ici. Ces investisseurs peuvent ensuite conserver ces titres, et toucher les taux d’intérêt afférents, ou les vendre sur ce qu’on appelle le marché secondaire, qui est comme un marché de l'occasion des titres de dette.

 

En octobre 2009, peu après les élections, le nouveau premier ministre Georges Papandréou (PASOK) fait la vérité sur les chiffres du déficit grec. Il n’est pas de 6% comme annoncé par le précédent gouvernement, mais de 12.7% du PIB pour 2009. Pourquoi un tel déficit ? Les avis divergent sur la question. En résumé, pour certains, c'est la faute des Grecs qui ont dépensé sans compter, pour d'autres, c'est l'entrée dans la zone euro qui a déstabilisé l'économie du pays. On ne connait toujours pas bien les tenants et aboutissants de cette opération vérité. Une procédure judiciaire est d'ailleurs en cours contre Andréa Georgiou, un statisticien grec, procédure dont seul le Wall Street Journal s'est fait l'écho.  En 2011, il y avait eu quelques articles intéressants sur ce début de procédure.

 

Quoi qu'il en soit, ces nouveaux chiffres obligent les agences de notation à revoir la note qu’elles attribuent à la Grèce. De A, la note de la Grèce dégringole de mois en mois, ce qui veut dire que le risque que la Grèce ne rembourse pas sa dette, lui, grandit. Certains acteurs sur les marchés financiers se mettent à paniquer, d’autres en profitent pour parier financièrement sur la faillite de la Grèce via des produits financiers complexes (et depuis interdits par l’UE) : les CDS à nu. Les détenteurs de titres de dette, eux, cherchent à les revendre. Les prix de ces bons s’effondrent, montrant le peu de confiance qu’inspire la Grèce. Bien sûr, quand elle vient demander de l’argent sur les marchés financiers pour boucler son budget, comme elle le faisait sans problème auparavant, plus personne ne veut lui prêter, sauf à des taux exorbitants (les taux d’intérêt grandissent avec le risque que l’emprunteur ne rembourse pas). Le 23 avril 2010, la Grèce reconnaît qu’elle n’a plus les moyens de subvenir à ses besoins et fait appel à une aide internationale. 

 

3. L'Europe à l'aide : la dette grecque passe du secteur privé au public

 

En 2010, les banques européennes ne sont pas tout à fait remises de la faillite de Lehman Brothers. Les potentielles pertes que représente le non remboursement par la Grèce d’une partie de sa dette font craindre de nouvelles faillites bancaires dans la zone euro, en Grèce mais aussi en France et en Allemagne. Fin 2009, selon la Banque des règlements internationaux, les banques françaises étaient celles qui détenaient le plus de dette grecque dans leur portefeuille (57 milliards d’euros), devant les banques allemandes (34 milliards d’euros). La crise grecque fait paniquer les marchés financiers qui rechignent aussi à prêter à l'Espagne, l'Italie, le Portugal, l'Irlande… les taux d'intérêt auxquels ces pays empruntent bondissent. 

 

Le premier plan d’aide a donc consisté en une chose très simple : faire passer la dette grecque des mains, ou plutôt des tiroirs caisses, du privé à ceux du public. Le FMI et les Etats de la zone euro prêtent 110 milliards d’euros à la Grèce et la BCE se met à racheter des titres de dette grecque pour éviter que leur prix ne s’effondre. Ce premier plan prévoyait que la Grèce reviendrait se financer sur les marchés au premier trimestre 2012. Mais dès 2011, tout le monde voit que c’est impossible, et qu’il faut de nouveau prêter à la Grèce. 

 

Le deuxième plan d’aide est scellé le 27 octobre 2011. Il prévoit une nouvelle aide de 130 milliards d’euros, une annulation de 107 milliards d’euros de ce que doit la Grèce aux créanciers privés (banques, fonds, etc.), et une recapitalisation des banques grecques, c'est à dire un don en capital. 

 

En deux plans d’aide, la dette grecque a donc changé de structure. Elle était constituée à 80% par des bons du trésor échangeables sur les marchés financiers. Aujourd'hui, ils représentent 29% de la dette (soit 91.6 milliards d'euros, dont 27 milliards détenus par la BCE) ; le reste (221,05 milliards d'euros) est constitué de prêts. Par cette transformation, ce sont des entités publiques (FMI, BCE, FESF, États de la zone euro) qui ont remplacé les investisseurs privés, puisqu’ils détiennent maintenant 75% de la dette grecque, contre 0 avant la première crise. Ainsi, la dette grecque a été collectivisée, et le marché des obligations souveraines grecques « exfiltrés » des marchés financiers classiques. Aujourd’hui c’est un marché à part, où seuls s'aventurent les fonds qui sont prêts à prendre beaucoup de risque en échange d'une forte rémunération. Voilà pourquoi, un potentiel défaut de la dette grecque n'a pas provoqué de panique sur les marchés financiers. En revanche c’est devenu le problème commun des citoyens-contribuables de la zone euro. Au total, la dette de la Grèce s'élève à 312.65 milliards d'euros.


 

4. A qui la Grèce doit-elle de l'argent ? 

 

Côté privé, il reste 49.7 milliards d’obligations grecques en circulation. Elles sont détenues par les investisseurs qui ont gardé leurs vieilles obligations après la restructuration de 2012, et des fonds financiers adeptes du risque (les hedge funds).

Mi privé-mi public. Pour ses besoins de trésorerie, la Grèce fait appel aux marchés financiers en leur vendant ce qu’on appelle des T-Bills : des titres de dette, à très court terme (pas plus de 6 mois). Seules les banques grecques lui achètent ces titres, or elles le font justement grâce aux liquidités que leur octroi la BCE dans le cadre du programme ELA (Emergency Liquidity Assistance). D’où l’importance cruciale de ce programme pour la Grèce à la fin juin et le pouvoir colossal de la BCE dans les semaines qui ont précédé l'accord du 13 juillet. 

Côté public, le FMI a prêté 17,543 milliards de DTS (Droit de Tirage spéciaux), le panier de monnaie avec lequel il travaille. Au taux de change de la fin juin, cela représentait 21.25 milliards d’euros. La BCE détenait 27 milliards d’euros d’obligations grecques à la fin juin, mais la Grèce doit lui en rembourser plus de 7 milliards cet été. Les Etats de la zone euro ont prêté le reste : 183,8 milliards (soit 60% du total), mais par deux canaux différents :

 

- Le premier canal est le prêt bilatéral simple. Avec 11,4 milliards d'euros, la France est le deuxième prêteur après l'Allemagne, selon les derniers chiffres de la Commission Européenne.

 

Prêts bilatéraux à la Grèce: principaux pays concernés ©

 

- le second canal de prêt est un fonds spécialement créé pour l'occasion, le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Aujourd'hui, ce fonds - qui a aussi prêté à l'Irlande et au Portugal - détient 130.9 milliards d'euros de dette grecque. Au sein du FESF, chaque pays de la zone euro participe à hauteur de son poids économique.

 

FESF:principaux pays exposés via le Fonds européen de solidarité financière © RADIO FRANCE

 

 

Quand le prêteur emprunte. Mais pour prêter cet argent, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a lui-même dû emprunter. La France n'a donc pas vraiment prêté à la Grèce 31 milliards d'euros via ce fonds, mais elle a garanti cette somme sur les 130.9 milliards empruntés par le Fonds européen de stabilité. Si la Grèce ne remboursait pas cet argent, la France devrait le faire à sa place. Mais il n’y a pas encore urgence de ce côté-là. La Grèce ne commence à rembourser son emprunt au FESF qu’à partir de 2023.

Au total, si on ajoute le prêt bilatéral et la garantie pour le fonds européen de stabilité, on peut considérer que la France s’est engagée à hauteur de 42 milliards d’euros envers la Grèce. Un engagement qui court jusqu’en 2045. 

 

5. Qui va payer si la Grèce ne peut pas payer sa dette ? 

 

Impossible de savoir exactement car cette question fera sans doute l'objet d'une nouvelle négociation. Au niveau des principes, on peut dire que quand un pays fait défaut , il fait rarement défaut sur la totalité de sa dette, et continue à en rembourser une partie. Or il y a des créanciers prioritaires. Généralement le FMI est un créancier prioritaire, mais cela pourrait ne pas être le cas cette fois. La BCE se considère également comme un créancier prioritaire - elle l'a montré en 2012, en refusant de se voir appliqué le "hair cut", (abandon de créances) pour les bons du trésor grecs qu'elle détenait. De fait, les Etats de la zone euro risquent, eux, de ne pas être prioritaires. Comme ils ont emprunté l'argent prêté à la Grèce, ou garanti les prêts du FESF, ils auraient à les rembourser à la place de la Grèce.

 

Si c'est le cas, si une restructuration de la dette grecque est négociée et comporte une annulation d'une partie de la dette (ce que l'Allemagne pour le moment exclut) cela aura des conséquences sur leur budget à partir de 2020, car c'est à ce moment là que la Grèce était censée rembourser le capital emprunté. Mais d'ici là, il peut se passer beaucoup de choses, et en 2020 il y a toujours la possibilité d'emprunter à nouveau. C'est ce que font quasiment tous les Etats à qui les marchés financiers accordent leur confiance : ils empruntent pour rembourser les précédents emprunts. Cela fonctionne tant que les marchés financiers font confiance en l'Etat en question, mais cela n'est pas éternel comme on le voit avec la Grèce. 

 

6. Pour le moment la Grèce a rapporté de l’argent à ses créanciers publics

 

Les 226,9 milliards d’euros prêtés par les pays de la zone euro à la Grèce ne l’ont pas été à taux zéro. Initialement, le taux consenti était celui de l'Euribor (un taux d'intérêt moyen européen) + 300 point de base. A cette époque l'Euribor était 1.6%, la Grèce a donc emprunté à 4.6% a calculé la commission pour la vérité sur la dette grecque dans son analyse de la dette par créanciers. "Conséquence de ce choix politique, écrit la commission sur la vérité de la dette grecque, 2.614 milliards d'euros d'intérêts ont été remboursé par la Grèce aux Etats membres en mars 2012". 

Lucratif, voire abusif, si bien que par la suite, ces taux ont été revus à la baisse. La transparence n’est cependant pas de mise. Seul, le Fonds européen de stabilité financière dit prêter à un taux de 1,5%, et assure que ce taux ne lui assure pas de revenu, juste de quoi couvrir l’emprunt qu’il fait pour prêter à la Grèce, ainsi que ses frais de fonctionnement. 

 

Concernant les prêts bilatéraux, les taux varient en fonction des pays. Pour la France, Bercy préfère donner un chiffre global. Depuis 2010 les prêts à la Grèce lui ont rapporté 729 millions d’euros, qui sont rentrés comme des recettes dans le budget de l’Etat. Cependant, c’est un chiffre brut, qui ne tient pas compte des intérêts que la France a dû payer pour l’emprunt qu’elle-même a dû faire pour prêter ensuite à la Grèce.

 

Quant à la BCE, depuis 2010, elle achète des bons du trésor grecs qui rapportent aussi des intérêts. Difficile de savoir combien exactement. De source proche de la BCE, on estime que ces bons du trésor grecs ont rapporté plus de 2 milliards d’euros par an en intérêt depuis 2010. Un montant colossal. En 2010, 2011 et 2012, ce sont les banques centrales de la zone euro (Bundesbank, Banque de France etc… ) qui ont encaissé cet argent (car la BCE passe par elles pour acheter les bons du trésor grecs, ce sont donc elles qui reçoivent les intérêts liés à ces titres). Pendant trois ans, la crise grecque a donc été lucrative pour ses créanciers européens.

 

Le 27 novembre 2012, l’Eurogroupe a décidé que ces intérêts seraient reversés à la banque centrale grecque à partir de 2013 (voir le document ci-dessous). Cette décision faisait partie d’un ensemble plus large de mesures destinées (déjà) à rendre la dette grecque soutenable. 2 milliards 98 millions d'euros ont ainsi été versé à la Grèce pour les intérêts de 2013, dont 450 millions par la France à lire la page 9 du Bleu budgétaire de la mission: Participation de la France au désendettement de la Grèce

En revanche, pour 2014, la Grèce attend toujours que les banques centrales de la zone euro lui reversent les intérêts touchés sur sa dette. D'après le bleu budgétaire français, 1 milliard 981 millions d'euros doivent être versés à la Grèce au titre des intérêts perçus l'an dernier. Dès son arrivée au pouvoir le gouvernement d'Alexis Tsipras a demandé le déblocage de cette somme, mais les créanciers en ont fait un objet de la négociation. C’est un des multiples exemples d’incompréhension dans l’interprétation des accords passés. 

 

Déclaration de l'Eurogroupe sur la Grèce du 27 novembre 2012

 

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 23:58

 

Source : http://www.franceculture.fr

 

 

Le revenu universel de base est-il une mesure réaliste? 

28.07.2015 - 18:15

 
 
Ecouter l'émission ici

 

Juha Sipilä le Premier ministre finlandais (de centre-droit) l’a annoncé il y a quelques jours lors de son discours de politique générale : il veut expérimenter dans son pays le revenu de base, le revenu universel. Une allocation pour tous, qui remplacerait tous les aides par ailleurs, allocations chômage, aides au logements, pensions de retraite mêmeLa Finlande imagine ainsi lutter contre la pauvreté et contre le chômage de masse.

 

Un manifestant appelle à une loi nationale pour un salaire minimum de 15 dollars (Washington) © Radio France

 

1000 € par mois pour tous et pour chacun, sans contrepartie. Libre ensuite à tout le monde de compléter en travaillant.

Le travail deviendrait alors un choix. Ou tout du moins, tendrait à devenir un choix.

 La Finlande franchit le pas, d’une possible concrétisation de cette idée économique ancienne et qui bouscule les clivages politiques. Par ailleurs, la Suisse va lancer un référendum d’initiative populaire sur le sujet l’année prochaine, le partie d’extrême-gauche Podemos l’a inscrit à son programme, et c’était une idée portée initialement par le mouvement des Indignés,

la ville d’Utrecht va tenter l’expérience à une petite échelle en janvier 2016… 

 

Le revenu de base en question…

Christophe Fourel, Anne Eydoux et Marc De Basquat MV © Radio France

 

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