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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 23:50

 

Source : http://www.monde-diplomatique.fr

 

 

Une asphyxie financière programmée

Grèce, le coup d’Etat silencieux

 

 

 

Semaine après semaine, le nœud coulant des négociations étrangle progressivement le gouvernement grec. De hauts dirigeants européens ont d’ailleurs expliqué au « Financial Times » qu’aucun accord ne serait possible avec le premier ministre Alexis Tsipras avant qu’il ne « se débarrasse de l’aile gauche de son gouvernement ». L’Europe, qui prêche la solidarité, ne la consentirait-elle qu’aux conservateurs ?

par Stelios Kouloglou, juin 2015

 

Aperçu

A Athènes, « tout change et tout reste pareil », comme le dit une chanson traditionnelle grecque. Quatre mois après la victoire électorale de Syriza, les deux partis qui ont gouverné le pays depuis la chute de la dictature, le Mouvement socialiste panhellénique (Pasok) et la Nouvelle Démocratie (droite), sont totalement discrédités. Le premier gouvernement de gauche radical dans l’histoire du pays depuis le « gouvernement des montagnes », au temps de l’occupation allemande, jouit d’une grande popularité.

Mais si personne ne mentionne plus le nom de la « troïka » détestée, car responsable du désastre économique actuel, les trois institutions — Commission européenne, Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI) — poursuivent leur politique. Menaces, chantages, ultimatums : une autre « troïka » impose au gouvernement du nouveau premier ministre Alexis Tsipras l’austérité qu’appliquaient docilement ses prédécesseurs.

Avec une production de richesse amputée d’un quart depuis 2010 et un taux de chômage de 27 % (plus de 50 % pour les moins de 25 ans), la Grèce connaît une crise sociale et humanitaire sans précédent. Mais en dépit du résultat des élections de janvier 2015, qui ont donné à M. Tsipras un mandat clair pour en finir avec l’austérité, l’Union européenne continue à faire endosser au pays le rôle du mauvais élève puni par les sévères maîtres d’école de Bruxelles. L’objectif ? Décourager les électeurs « rêveurs » d’Espagne ou d’ailleurs qui croient encore à la possibilité de gouvernements opposés au dogme germanique.

La situation rappelle le Chili du début des années 1970, lorsque le président américain Richard Nixon s’employa à renverser Salvador Allende pour empêcher des débordements similaires ailleurs dans l’arrière-cour américaine. « Faites hurler l’économie ! », avait ordonné le président américain. Lorsque ce fut fait, les tanks du général Augusto Pinochet prirent la relève...

Le coup d’Etat silencieux qui se déroule en Grèce puise dans une boîte à outils plus moderne — des agences de notation (...)

Taille de l’article complet : 2 430 mots.

 

*Suite de l'article sur monde-diplomatique

 

 

Source : http://www.monde-diplomatique.fr

 

 

 

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 23:44

 

Source : http://news360x.fr

 

 

Le lobby du gaz de schiste dicte sa loi à l’Europe

 

 

 

 

C’est un article très intéressant dont je vous propose la lecture provenant de l’excellent site 2000Watts qui est à la pointe en ce qui concerne les sujets énergétiques.

Le lobby du gaz de schiste dicte sa loi à l’Europe… et vous devez toujours avoir à l’esprit qu’il n’y a pas tant des complots que des intérêts partagés, et ces intérêts partagés se regroupent et s’expriment à travers le lobbying et, disons-le aussi, évidemment une certaine forme de corruption plus ou moins massive prenant aussi bien des airs de pots-de-vin que de carrières. Vous quittez une fonction de fonctionnaire, vous avez été gentil… Bien sûr, un très beau poste vous attend dans une grande entreprise. Bref, actuellement c’est le lobby du gaz de schiste qui tente de s’imposer sur toutes les nations européennes… à travers les institutions européennes qui ont été taillées sur mesure pour les lobbyistes…

 

Charles SANNAT

 

La Commission européenne vient de créer un groupe d’experts sur l’exploitation « propre et non polluante » des huiles et gaz de schiste dans un esprit d’ »échange d’idées équitable et équilibré« . La grande majorité des «experts» est en toute simplicité des employés de l’industrie pétrolière et gazière qui ont pris les commandes de ce dossier.

Au total, 70 % des membres de ces experts ont des liens financiers avec l’industrie pétrolière et gazière dont l’objectif est de convaincre les citoyens que le gaz de schiste est un bienfait.

Ainsi sur 60 « experts » déjà nommés, 40 % travaillent pour des entreprises comme Total, GDF Suez ou Shell, directement impliquées dans le gaz de schiste, ou pour des lobbies du secteur pétrolier et gazier, comme l’Union française des industries pétrolières (UFIP).

 

Convaincre les citoyens que le schiste est sain, bon et pragmatique

Et de l’aveu même d’un de ses membres, ce groupe d’experts, financé par les impôts des européens et non pas par les pétroliers, aura pour but de rendre l’attitude des citoyens européens plus « pragmatique » et « favorable » aux gaz de schiste.

 

Graphique Corporate Europe Observatory : lire le document .pdf  (en anglais)


Malgré l’opposition massive des citoyens européens au gaz de schiste, la Commission européenne persiste dans la direction opposée. Après avoir exempté ces activités d’études d’impact environnemental spécifiques, elle met en place aujourd’hui un « réseau » d’experts largement dominé par les industriels et les gouvernements favorables au gaz de schiste. Les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory, basé à Bruxelles, publient aujourd’hui une étude sur la composition de ce réseau, dont l’intitulé « Carte blanche for fracking » laisse présager le faible niveau d’indépendance de ces « experts ».

 

Les Experts:

Jean-Louis Schilansky, par ailleurs président du « Centre de documentation sur les hydrocarbures non conventionnels », le lobby récemment créé par les entreprises françaises intéressées au développement du gaz de schiste, en fait par exemple partie.

Les représentants de la société civile, en revanche, se comptent sur les doigts d’une main : ils ne sont que cinq !

Le reste est constitué soit de scientifiques dont la majorité est liée financièrement à l’industrie, soit de représentants de bureaux publics de recherche géologique, dont les intérêts sont souvent étroitement liés à ceux des promoteurs du gaz de schiste.

 

Faire croire aux bienfaits des huiles de schiste

Le « réseau européen scientifique et technologique européen sur l’extraction des hydrocarbures non conventionnels » a pour mission officielle de collecter des informations sur les développements du gaz de schiste en Europe et d’évaluer les technologies utilisées pour les extraire. Ces experts seront ainsi chargés d’étudier les méthodes de fracturation hydraulique et ses alternatives éventuelles.

Ce réseau devra travailler, selon la Commission, dans un esprit d’« échange d’idées équitable et équilibré ». L’une des cinq personnes désignées par la Commission pour présider les groupes de travail du « réseau », le Polonais Grzegorz Pie?kowski, se montre plus franc : « La mise en place [de ce réseau] est un pas en vue de renverser l’attitude défavorable ou soupçonneuse envers le gaz de schiste qui prévaut en Europe en une attitude plus pragmatique et, en dernière instance, favorable. »

 

La Commission coutumière du fait

La Commission européenne s’est déjà retrouvée sous le feu des critiques pour avoir mis en place des groupes d’experts dominés par les intérêts industriels, que ce soit dans le domaine des OGM, des perturbateurs endocriniens, de la régulation de la finance, ou de la pollution de l’air.

Ce qui ne l’empêche pas de récidiver aujourd’hui avec les gaz de schiste et la fracturation des sols. Elle a directement sélectionné les cinq présidents des groupes de travail : on y retrouve deux représentants d’entreprises pétrolières et gazières (CoconoPhillips et Cuadrilla), deux représentants de gouvernements pro-gaz de schiste (Royaume-Uni et Pologne) et le Français François Kalaydjian, employé de l’Institut français du pétrole, une organisation de recherche française liée à l’industrie et connue pour ses prises de positions favorables aux énergies fossiles.

 

Passage en force par les lobbies

Au final, une large majorité des membres du réseau, soit en personne soit à travers les entreprises, gouvernements et organisations qu’ils représentent, se sont déjà fait remarquer par leurs prises de position favorables au gaz de schiste ou par leur opposition à des régulations trop strictes de ces activités.

Interpellé par les associations, le Joint Research Center (JRC), dont la mission est de coordonner les groupes d’experts de la Commission européenne, se contente de jouer avec les mots : comme il ne s’agit pas d’un groupe officiellement chargé de « conseiller » la Commission, mais seulement de rassembler des informations, il ne serait pas sujet aux normes d’équilibre et d’indépendance requises pour les autres groupes d’experts. De sorte que le JRC ne voit « aucune raison de modifier les règles ou la structure des groupes de travail ou leurs présidents ».

« Sous couvert de mettre en place un ‘réseau scientifique et technologique’, la Commission utilise des fonds publics pour créer un lobby favorable à l’industrie pétrolière et gazière, dénoncent les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory. Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que malgré l’opposition massive du public, la Commission cherche une nouvelle fois à faire entrer discrètement le gaz de schiste par la porte de derrière, en essayant de faire en sorte que la question ne soit pas ‘si’ l’Europe veut la fracturation hydraulique, mais ‘comment’. »

 

Sources : Olivier Petitjean BastaMag.net

Corporateeurope.org

Document :  Carte blanche for Fracking

LIRE l’article d’origine sur l’excellent site 2000Watts que vous pouvez mettre dans vos favoris et qui est à découvrir ici

 

 

Source : http://news360x.fr

 

 

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 23:36

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

Sivens: un militant se défend d'avoir blessé un gendarme

|  Par Louise Fessard

 

 

 

Jeudi 28 mai 2015, deux militants anti-barrage de Sivens, condamnés en comparution immédiate, sont jugés en appel à Toulouse. L'un d'eux est accusé d'avoir fracturé la main d'un gendarme en septembre 2014. S’appuyant sur une vidéo amateur, ils assurent que le coup à la main a en fait été porté dans le feu de l'action par un autre gendarme.

 

La ZAD de Sivens a été évacuée début mars 2015, mais le conflit se poursuit devant les tribunaux. Jeudi 28 mai aura lieu devant la cour d’appel de Toulouse le procès en appel de deux opposants au barrage. Gaëtan, 34 ans, et Yannick, 42 ans, ont été condamnés le 17 septembre 2014 en comparution immédiate pour violences sur des gendarmes du Psig (peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie) par le tribunal correctionnel d’Albi. L’un à deux mois avec sursis pour avoir donné un coup de pied à un gendarme (sans ITT), l’autre à quatre mois avec sursis pour avoir blessé un autre gendarme à la main (fracture avec 45 jours d’ITT). S’appuyant sur une vidéo amateur versée au dossier, ils assurent que le coup à la main a en fait été porté accidentellement par un autre gendarme.

 

Le 15 septembre 2014, plusieurs gendarmes mobiles, accompagnés du Psig (une unité d’intervention, qui n’est pas spécialisée dans le maintien de l’ordre), refoulent une soixantaine de militants. Ces derniers occupent la vallée pour retarder l’accès des engins de chantier et le début des travaux du barrage. Après les sommations réglementaires et des tirs de grenades lacrymogènes, une « quinzaine » de militants « virulents » font de la résistance et jettent des pierres, selon le capitaine qui commande l’escadron de gendarmerie mobile. D’après cinq témoignages de gendarmes, l’un d’eux, Gaëtan, repoussé à plusieurs reprises par un agent du Psig à coups de bâton, bondit même « pied en avant » sur lui, manquant de le faire tomber en s’agrippant à son gilet de protection. En première instance, le prévenu a nié le coup de pied et assuré n’être intervenu que pour protéger un militant dont la caméra avait été brisée par un gendarme.

 

Le deuxième militant, Yannick, intervient alors pour secourir son copain Gaëtan, en fâcheuse posture. Ce dernier est « amené au sol pour être menotté par deux gendarmes, dont l’un reçoit à la main gauche un violent de coup de pied de Yannick », selon le commandant de l’escadron. Le gendarme blessé dit avoir reçu le coup de pied « alors qu’il se trouvait au sol en train de maîtriser » le premier militant. Il n’a vu que les pieds de son agresseur chaussés de « chaussures de marche ».

 

Yannick, doté ce jour-là de chaussures de randonnée, a nié les faits devant le tribunal. « J’étais avec deux collègues devant un petit groupe de gendarmes agressifs, qui nous filaient des coups de matraque en nous disant de reculer, nous explique cet électricien intérimaire. Mais on ne pouvait plus reculer, on était déjà tout en bas du champ, à quelques mètres du ruisseau du Testet. Le collègue qui filmait a reçu un coup dans la main qui a éclaté sa caméra, Gaëtan s’est mis devant pour le protéger. Je n'ai pas vu le début de l'échauffourée, mais quand je me suis retourné, mon pote était entouré de gendarmes qui le frappaient. J’ai couru vers lui et je me suis fait faucher net par un coup de pied. On m'a relevé et menotté. Puis on nous a notifié notre garde à vue dans le pré, je n’ai pas compris ce qui se passait. Je pensais que c’était pour vérifier notre identité. »

 

Il poursuit : « La garde à vue à Gailhac s’est plutôt bien passée, les gendarmes étaient très corrects. Au bout de 24 heures, le procureur d’Albi est arrivé et a commencé à me dire que j’étais un menteur, que je n'étais pas honnête, que je ferais mieux d’avouer. On a fait 24 heures de garde à vue supplémentaires, puis le procureur nous a dit: “Si vous n’acceptez pas la comparution immédiate, vous allez partir en préventive”, donc nous avons accepté. Et nous avons été condamnés. »

 

Sivens 15 septembre 2014 par Mediapart Vidéo amateur filmée le 15 septembre 2014 à Sivens.

 

La scène, assez confuse, a été en partie filmée par un troisième militant. La vidéo conforte plutôt la version des prévenus. Sur ces images, on ne voit pas le début de la bagarre. Mais au ralenti, on distingue Gaëtan (en sweat à capuche marron, pantalon noir et masque blanc sur le visage) venir au contact des gendarmes du Psig, qui le matraquent allègrement. Puis un gendarme effectuer un magnifique coup de pied sauté sur Yannick (jean bleu, casquette et masque blancs), qui tente de venir à la rescousse de son ami. Le militant est immédiatement projeté par terre et maîtrisé.

 

Un gendarme avec un sac à dos en treillis rattrape alors Gaëtan et le plaque au sol. À ce moment (à partir de 7'10''), on voit un militaire, armé d’un Flashball superpro, envoyer un coup de pied vers le militant, toujours immobilisé par terre. Pile en direction de la main gauche de son collègue, celle qui a été fracturée. En arrière-plan, on aperçoit Yannick également immobilisé au sol. « Sur la vidéo, on voit la protection blanche du gant du gendarme qui tombe sous l’impact du choc, juste après le coup de pied de son collègue, explique Me Claire Dujardin, qui défend les deux militants. Nous pensons que c’est ce gendarme qui a fracturé la main de son collègue, qui cherchait à protéger la tête de Gaëtan des coups de rangers. »

 

L’avocate souligne de plus que Yannick était alors déjà interpellé. « Il ne peut donc avoir causé la blessure à ce moment-là », dit-elle. « Je n’ai jamais jeté une pierre, jamais insulté, j’organise des formations à la non-violence ! proteste de son côté Yannick. En procédure, cinq gendarmes disent m’avoir vu donner le coup de pied et que j’étais chauve avec des lunettes, mais à ce moment-là, mes lunettes étaient dans ma poche et j’avais une casquette. Et on voit bien sur la vidéo que nous n’avons rien dans les mains et que les gendarmes nous tiraient au Flashball comme des lapins. »

 

Un passage de la vidéo, apportée au cours de la garde à vue des deux prévenus par un militant, avait été visionné lors de la première audience. « C’était très rapide, alors les militants, qui ne l’avaient jamais vue, n'étaient pas sûrs de se reconnaître », explique l’avocate. Et le tribunal avait préféré s’appuyer sur les multiples témoignages « très précis quant au déroulement, à l’enchaînement des faits » des gendarmes victimes ainsi que de ceux ayant participé à l’interpellation.

 

La suite de la vidéo est également intéressante puisqu’on y voit le gendarme du Psig qui a donné un coup de pied vers Gaëtan, ensuite armer son Flashball et tirer en direction des manifestants. Sur l’image suivante, un jeune homme avec un keffieh blanc se retrouve au sol, plié de douleur et les mains sur le sexe. Selon Me Claire Dujardin, l’homme en question, nommé Loïc, est un aide médico-psychologique de 31 ans résidant dans une commune voisine du Tarn qui a été atteint aux testicules (zone normalement formellement interdite). « Il a essayé de déposer plainte auprès des services de gendarmerie qui ont refusé d'enregistrer la plainte, en raison de l'absence d'ITT malgré ses douleurs, explique l’avocate. Il a donc déposé plainte par courrier auprès du procureur de la République. »

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 23:23

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Espagne: «C'est une vague de soulèvements qui commence»

|  Par Ludovic Lamant

 

 

 

Dans un entretien à Mediapart, le philosophe Paul B. Preciado revient sur le succès des candidatures citoyennes en Espagne. Il fait le lien avec une longue tradition d'un « communisme libertaire » mêlé d'utopie, vivace en Catalogne. Et imagine, après Madrid et Barcelone, « un réseau d'alliances de micropolitiques révolutionnaires en Europe ».

Le philosophe Paul B. Preciado, figure des queer studies, est un observateur enthousiaste des mutations politiques de l'Espagne. Après la victoire de plusieurs candidatures citoyennes et « indignées » aux municipales, en particulier à Barcelone, l'un de ses lieux d'attache, l'auteur de Testo Junkie (Grasset, 2008) revient sur la genèse de ces mouvements inédits, qui « repolitisent les classes moyennes appauvries par la crise » et rompent avec une culture politique née de la transition post-franquiste.
 


Qu'est-ce qui vous séduit le plus, dans la plate-forme citoyenne qui a remporté les élections dimanche à Barcelone ?
Je trouve tout excitant. Ce sont des partis politiques nouveaux, qui ne reproduisent pas la structure des professionnels de la politique, qui n'ont ni l'argent, ni les réseaux des partis « installés ». Dans la victoire d'Ada Colau, il y a plusieurs choses qui ont compté, et qui sont assez extraordinaires. D'abord, la mobilisation des classes moyennes appauvries, précarisées par la crise après 2008. Cette politisation est le résultat d'un travail extraordinaire, mené par Ada Colau et la PAH [la plateforme anti-expulsions immobilières lancée en 2009 en Catalogne – ndlr] qui a su élargir cette expérience et sa force de transformation au-delà de ce réseau d’activistes.

Avec la PAH, on touche à la question du logement, de l'habitat, de la survie, de la vulnérabilité du corps. La PAH a su organiser la vulnérabilité pour la transformer en action politique. La comparaison est trop forte, mais pour moi, il s'est passé un tout petit peu quelque chose comme les luttes pour les malades du sida dans les années 80. Cela a servi de levier pour repolitiser toute une classe qui traversait une énorme dépression politique. La capture des désirs par le capitalisme néolibéral produit une déprime collective, qui s'exprime sous la forme d'une dépolitisation totale. En inventant des techniques politiques nouvelles, comme le scratche, Ada Colau et d'autres ont réenchanté le domaine de la politique. C'est sans doute ce qu'il y a de plus beau dans leur victoire. Les corps sont sortis dans les rues, et la ville entière a été repolitisée par leur présence.

 

Quizá no es la mejor foto de Ada Colau pero seguramente es de las que más orgullosa estará la futura alcaldesa de BCN

Ada Colau pendant ses années de militantisme au sein de la PAH à Barcelone.

 

Vous parlez des scratches, ces actions menées par Ada Colau et les activistes de la PAH pour dénoncer, un à un, devant leur domicile, les députés « complices » des expulsions immobilières. Ce sont des actions radicales, qui ont divisé les Espagnols. À l'époque, il était difficile de prévoir qu'Ada Colau allait trouver une majorité sur son nom dans les urnes (voir la vidéo ci-dessous)
Oui, ce sont des techniques radicales, mais elles ont surgi à un moment où la corruption politique était très forte, et la faillite du système démocratique, considérable. C'est pour cela que la Grèce et l'Espagne constituent deux pôles intéressants à suivre, engagés dans des processus de transition démocratique récents. En Espagne, on a eu 40 ans de dictature, puis 40 ans de démocratie. Nos institutions démocratiques sont quasi inexistantes. Elles sont de simples décors morts. La démocratie se cherche encore, on pourrait dire qu'elle est très expérimentale. Il y a une fragilité démocratique que la France ne connaît pas, où tout est plus installé. Mais cela offre une possibilité d'expérimentation institutionnelle plus grande – ce que l'on appelle des “nouvelles institutionnalités”.

 

En 2013, l'activiste Ada Colau se justifie sur le recours aux « scratches » contre les élus du PP.

 

Tout cela s'inscrit aussi dans une tradition politique très forte, en Espagne et en Catalogne, depuis le XIXe siècle : celle d'un communisme libertaire, d'un anarchisme, toujours marqués par une dimension très utopique. On le voit très bien avec Ada Colau, qui en même temps, est la plus pragmatique de toutes. C'est aussi très net chez Teresa Forcades, avec une dimension supplémentaire, un peu mystique [Teresa Forcades est une religieuse hypermédiatisée, connue du grand public pour avoir dénoncé les profits de l'industrie pharmaceutique pendant l'épidémie de grippe aviaire, et qui a soutenu la campagne d'Ada Colau – voir vidéo ci-dessous].

Et l'on en retrouve des traces dans toute une tradition espagnole, je pense à des femmes comme Clara Campoamor [féministe qui a contribué à la rédaction de la Constitution espagnole, en 1931  ndlr], Federica Montseny [la première femme ministre de la République, en 1936, anarchiste, féministe – ndlr] ou encore Dolores Ibárruri, la Pasionaria [secrétaire du parti communiste espagnol entre 1942 et 1960 – ndlr]. Cette juxtaposition improbable de l'anarchisme, du communisme libertaire et d'un mysticisme utopique, totalement extraordinaire, est souvent incarnée, il est vrai, par des femmes, mais pas seulement.

 

© Javi Txuela.

 

On a lu ici ou là des articles sur le « protagonisme féminin » de ces mouvements citoyens, incarnés par Manuela Carmena à Madrid et Ada Colau à Barcelone. Vous êtes d'accord ?
Non. Il y a beaucoup de femmes en politique, c'est tout ce que cela veut dire… Sinon, on pourrait dire la même chose en France avec Marine Le Pen. À bien y réfléchir, je trouve même cette question scandaleuse. C'est comme si l'on continuait de définir la politique comme un domaine réservé aux hommes, et dès lors qu'une femme obtient un peu de protagonisme politique, on décrète que c'est exceptionnel. Je rappelle qu'il y a beaucoup de femmes puissantes à droite, au sein du PP, comme Esperanza Aguirre [à Madrid – ndlr] ou Rita Barbera [à Valence – ndlr], ces énormes « dames » de la politique. Donc je ne pense pas qu'on puisse faire une analyse genrée de ce qu'il survient en Espagne.

C'est aussi lié au fait qu'à Podemos, on voit, presque exclusivement, des hommes au premier plan. C'est un problème ?
Je ne crois pas. À Podemos, il y aussi beaucoup de femmes, de lesbiennes, de gens venus du féminisme et du queer… Je ne crois pas que Podemos soit plus masculin, ou masculiniste, que d'autres. Ce qui continue de me choquer, en revanche, ce sont des articles de la presse espagnole sans aucun intérêt, dès le lendemain de la victoire d'Ada Colau, qui présentent son enfant et son mari, qui expliquent qu'Ada Colau cuisine très bien… Cela revient à naturaliser, encore une fois, sa dimension politique.

 

© En août 2013, la religieuse Teresa Forcades dénonce le sauvetage des banques espagnoles.

 

Vous parliez de la transition démocratique espagnole. Les élections du 24 mai marquent-elles enfin une rupture avec le régime de 1982, né de la transition avec le franquisme ?
Ce qu'il se passe est très, très important. Nous en étions arrivés à un moment de crise démocratique majeure. Les mouvements du 15-M [référence au 15 mai 2011, lorsque les « indignés » s'emparent des places du pays – ndlr], que les soit-disant grands intellectuels de gauche avaient dédaignés, jugeant qu'il n'y avait pas une seule idée politique derrière, ont permis de repolitiser des classes moyennes précarisées. Cela a déclenché une prise de conscience, une sorte d'émancipation cognitive, face à deux dictatures simultanées : d'une part, sur le front politique, la continuité de pratiques dictatoriales dans le système démocratique – c'est la faillite du système démocratique dont on parlait. Et de l'autre, une faillite économique, en lien avec la dictature du monde financier. Et ce qui fait le lien entre ces deux dictatures, c'est la corruption. Ce que les gens font avec l'argent public, comment il est géré.

Pendant longtemps, en Espagne, la dénonciation de la corruption s'accompagnait d'une forme de désaffection générale : “ce sont tous des voleurs, on s'en fout”. Grâce au 15-M, on est passé de ce constat désabusé à l'invention de nouvelles pratiques de contrôle démocratique. Je pense à la PAH, mais aussi au parti X ou encore à des gens comme Itziar González Virós et le parlement citoyen – le Parlament Ciutadà, un appareil citoyen de contre-pouvoir qui rassemble des mouvements hétérogènes pour former un contre-parlement. La question n'est plus : qui sont les voleurs?, mais bien : quels sont les mécanismes de contrôle démocratique? C'est un changement très important.

 

« La politisation en France par la politique de la peur »

 

Ada Colau après l'annonce des résultats à Barcelone.
Ada Colau après l'annonce des résultats à Barcelone. © Reuters.

 

Mais vous citez là des structures héritières du 15-M, qui sont toutes des contre-pouvoirs. Ada Colau vient de s'emparer du pouvoir. C'est différent…
On ne peut pas comprendre les uns sans les autres. Les victoires d'Ada Colau ou de Manuela Carmena sont les symétriques de l'action des contre-pouvoirs, d'un ensemble de micropolitiques qui ont réinventé la politique. Ils ont inventé de nouvelles manières de contrôler la démocratie, à un moment où cette démocratie espagnole s'était effondrée. Le problème, c'est que le système démocratique reste très dégradé en Espagne, avec des institutions qui fonctionnent de manière non démocratique. C'est toute l'architecture du pouvoir, régi par la Constitution, qui contourne la démocratie. Et du coup, même si tu travailles à l'intérieur de ces institutions et que tu veux faire autrement, tu te rends compte que ce n'est pas possible.

 

C'est le même débat qui se pose pour l'Union européenne…
Oui. C'est la question des transformations démocratiques. Ou, on va dire, des pratiques révolutionnaires. Quand j'entends Ada Colau ou Manuela Carmena parler, j'entends des discours révolutionnaires. Comment les mettre en place, depuis des institutions qui ne sont pas démocratiques ? Il faut penser la révolution comme processus permanent, constituant. Il va falloir changer radicalement l'architecture du pouvoir – le système électoral, la Constitution et d'autres choses. Ça ne va pas être facile. Mais l'on vit un moment extraordinaire.


Vous avez parlé du terreau anarchiste en Catalogne. Pour Madrid, c'est plus surprenant, non ?
La tradition catalane est effectivement plus libertaire. Il y avait eu des jornadas libertarias dans les années 1970 en Catalogne. Et l'on parle toujours de la movida madrilène, mais c'est à Barcelone qu'a eu lieu la vraie movida démocratique. À Madrid, tout a été davantage lié au parti communiste. Manuela Carmena renoue avec la tradition anti-franquiste, preuve que l'on a encore besoin de cela en 2015. De ce point de vue, le dialogue Carmena-Colau permet de faire ce lien entre une tradition anti-franquiste et les nouveaux mouvements apparus après la crise de 2008, les « indignés », le 15-M, etc. Parfois, je me dis que la droite ne va pas permettre que cela se passe comme ainsi, parce que c'est trop beau. J'espère que le PP les laissera faire les politiques qu'elles veulent mener, qu'il ne les tuera pas.


Vous connaissez bien la France, où le paysage politique semble davantage gelé. Il n'y a pas eu un moment fondateur comme le 15-M en 2011. Y-a-t-il tout de même des éléments à copier de l'Espagne, des leçons à tirer ?
J'aimerais bien que l'effervescence prenne aussi en France, que l'extrême droite ne soit pas la seule à profiter de la crise. L'appareil de gouvernement néolibéral opère au niveau européen, et mondial. Il faut donc un grand réseau d'alliances de micropolitiques révolutionnaires en Europe. Ce ne sont pas simplement des révoltes éparses, mais une vague de soulèvements qui commence. Il ne s'agit pas tant de copier des techniques – des scratches ou des primaires ouvertes sur Internet, etc –, que de réussir à repolitiser le tissu social en France. Comment faire, pour repolitiser autrement que par une politique ultra-identitaire ? Car la politisation en France passe par un langage nationaliste, par la question de l'identité française, par la politique de la peur. La question, c'est donc de modifier ces variables, de trouver un autre langage, d'autres pratiques capables de transformer le désir collectif.

 

 

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 23:09

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Luttes sociales

Les anciens de Fralib et leur coopérative lancent le thé de la transformation sociale et écologique

par , Jean de Peña

 

 

 

 

Après quatre années d’un rude combat, la soixantaine de coopérateurs de la Société coopérative ouvrière provençale thé et infusions, les ex-Fralib, lancent 1336 et ScopTI, leurs nouvelles marques. Exit les actionnaires d’Unilever, l’ancienne multinationale propriétaire, les arômes artificiels et le management néolibéral. Bienvenue à la politique salariale décidée au consensus, au tilleul bio et au thé centenaire. A Carcassonne, les anciens employés de la Fabrique du Sud se sont engagés dans le même type d’aventure, pour la fabrication de crèmes glacées. Reportage auprès de ces coopératives en quête d’une nouvelle éthique, de véritable progrès social et environnemental.

 

Rien que le bureau de la direction a de quoi provoquer des sueurs froides chez un adhérent du Medef. Il y a la plaque déjà. En la lisant, un représentant patronal manquerait probablement de s’étouffer en ces temps de remise en cause du dialogue social : « Direction. Comité d’entreprise. Syndicat ». Puis la décoration du bureau de la direction, où trône un portrait du Che, et où traine non pas un audit pour réduire le coût du travail mais une attestation syndicale reçue lors d’un récent voyage à Cuba. Malaise assuré pour un PDG traditionnel.

 

Nous ne sommes pas, justement, dans une entreprise traditionnelle. Bienvenue dans l’usine de fabrication de thé et infusion de Gémenos (Bouches-du-Rhône), autrefois propriété du géant alimentaire Unilever, aujourd’hui coopérative reprise par une grande partie des salariés après quatre dans de lutte contre la liquidation. Pour dévoiler leur nouvelle marque, les ex-Fralib ont choisi le 26 mai, date à laquelle le protocole d’accord de fin de conflit a été signé en 2014 avec la direction d’Unilever. La marque phare sera désormais "1336", référence au nombre de jours de lutte qu’il a fallu aux salariés pour faire plier la multinationale anglo-néerlandaise. L’annonce publique, faite hier mardi sur le site à 13h36, en présence de nombreux médias et soutiens, a donné lieu à quelques larmes. Émotion non feinte : la naissance de ces deux nouvelles marques "1336" (« éveille les consciences, réveille les papilles ») et "ScopTI" (« engagé sur l’humain, engagé sur le goût ») symbolise bien le début d’une nouvelle aventure pour ces salariés devenus leurs propres patrons.

 


 

La coopérative ouvrière provençale est désormais dirigée par un trio de syndicalistes, désignés par le Conseil d’administration issu de l’assemblée générale des coopérateurs. Gérard Cazorla, ex-secrétaire CGT du comité d’entreprise de Fralib, en est le président, Olivier Leberquier, ancien délégué syndical CGT, le directeur général délégué et Marc Decugis, le directeur général. Gérard Affagard, ancien délégué CFE-CGC, désormais à la retraite après avoir participé à la lutte de bout en bout, présidera lui l’association Force et bon thé dont l’objet sera de soutenir et de faire connaître la coopérative. Prix de la cotisation annuelle : 13,36 euros. Forcément.

 

1336 jours de lutte et une année de transition

Quelques jours avant l’annonce, à l’extérieur, le parfum de lutte s’est estompé. Les barricades ont été remisées, les tags et graffitis nettoyés. Dans l’Algeco à l’entrée, un salarié en tenue verte distribue les badges aux visiteurs. L’usine est clairsemée mais ceux qui s’y trouvent ont déjà la tête et les mains au travail, testant méthodiquement les nouveaux sachets plastiques sur les chaînes où défilent des emballages Lipton et Eléphant - la marque emblématique qu’Unilever n’a pas voulu céder. « On utilise les stocks restant pour faire nos essais », confient Fred et Yves, responsables du bureau planning logistique et achat. « Dans les semaines qui viennent, 22 coopérateurs de plus vont entrer en tant que salariés, assure Gérard Cazorla. On devrait être prêts pour une reprise de la production fin juin. »

 


 

Après, donc, 1336 jours de lutte et une année de transition, les sept premiers contrats de travail ont été signés le 11 mai. Sur les 76 femmes et hommes concernés par l’accord de fin de conflit, ils sont au final 57 coopérateurs. Et 51 sont promis à être salariés de la coopérative [1]. Au bout de quatre ans de lutte, certains ont préféré partir avec les indemnités. D’autres, qui n’étaient pas loin de la retraite au moment de l’annonce de la fermeture en 2010, ont décidé de la prendre. Les treize élus syndicaux de Fralib, licenciés seulement en janvier dernier, lors du dernier « plan social » d’Unilever, iront au bout de leur congé de reclassement avant de se faire embaucher par la coopérative.

 

« L’écart des salaires allait de 1 à 210, chez nous ce sera de 1 à 1,3 »

L’année passée a été consacrée à préparer l’avenir : mise en place de la structure coopérative, réorganisation des équipes, prise en main des enjeux commerciaux, finalisation des partenariats, établissement d’un business plan... Les 2,85 millions d’euros « fongibles », arrachés au cours des négociations ont permis, entre autres, d’embaucher des prestataires extérieurs [2], comme « l’ équipe de jeunes » spécialistes du marketing avec qui les nouveaux logos et marques ont été façonnés.

 


 

Résolument tournés vers les enjeux à venir, ces salariés-patrons sont désormais débarrassés d’ « actionnaires à payer ». Ce qui ne garantit en rien l’absence de problèmes ! « Après des mois de discussions et de débats, nous avons réussi à décider collectivement de la politique salariale, soupire Gérard Cazorla. Chez Unilever, l’écart entre les salaires allait de 1 à 210, chez nous ce sera de 1 à 1,3. » Un salaire par catégorie. Le plus faible devrait tourner autour de 1480 euros net et le plus élevé, autour de 1880 euros, payé sur 13 mois et sans compter les aides aux chômeurs créant ou reprenant une entreprise (Accres).

 

Partenariat avec les enseignes spécialisées Biocoop

Côté production, 250 tonnes de thé et d’infusions doivent être produites la première année. Avec l’objectif d’arriver, d’ici 2019, à en fabriquer 1000 tonnes par an [3]. Au début, la majeure partie de la production (environ 60 %) devrait être vendue et conditionnée pour des marques distributeurs. L’autre partie sera commercialisée sous les marques 1336 dans la grande distribution et ScopTI sur les rayons des enseignes spécialisées Biocoop. Les deux marques reviennent à une « aromatisation 100 % naturelle ». ScopTI ne proposera que du bio, produit en France – sauf le thé, bien entendu. 1336, se contentera, elle, de « privilégier » le bio et la production française.

 

C’est la grande nouveauté : cégétistes et salariés en lutte se sont mis au bio. « C’est une démarche commerciale, bien sûr, mais cela répond aussi à une volonté ancienne de proposer des produits de qualité à nos clients », explique Bernard, 52 ans, opérateur sur la chaîne de production. « Dès janvier 2011, abonde Gérard Cazorla, nous avions défendu le principe d’un retour à l’aromatisation naturelle. » La certification Ecocert est déjà acquise pour l’usine.

 

Cette volonté de rehausser la qualité du produit fait écho à la lutte menée par leurs homologues de la Fabrique du Sud (ex-Pilpa), qui produisent des crèmes glacés du côté de Carcassonne. Abandonnés par les propriétaires de l’entreprise,19 salariés ont repris, en société coopérative, l’activité de cette fabrique de crème glacée en avril 2014. Et créé leur propre marque, La Belle Aude. « Nous sommes revenus à de la matière première noble : pas d’arôme, pas de colorant. Et dans la mesure du possible on prend les fruits dans une coopérative fruitière à 40 km d’ici, explique Christophe Barbier, président du Conseil d’Administration. Lorsque c’était Pilpa, peu de gens savaient que des glaces étaient fabriquées ici. Du coup, on a aussi voulu revaloriser nos savoir-faire sur le territoire pour les partager désormais avec les habitants et non plus avec des actionnaires. »

 

Une coopérative de crèmes glacées

En 2014, pour sa première année d’exercice, La Fabrique du Sud a dépassé ses prévisions : 750 000 d’euros de chiffre d’affaires, 22% supérieur aux prévisions. La concurrence est sévère et il va désormais falloir durer. Mais les débuts de La Belle Aude, plébiscitée par les consommateurs de la région, apportent la preuve que les initiatives en rupture avec les canons dominants de l’économie libérale ne sont pas vouées à l’échec. Même l’Élysée, rarement surpris en train d’admonester les multinationales, en convient. Mardi 19 mai, François Hollande rendait visite à la Fabrique du Sud où il a décelé « un signe d’espoir et de fierté » [4].

 


 

Du côté de la Scop TI aussi on pense « circuits courts » et participation à la « reconstruction des filières nationales ». La coopérative de Gémenos, de qui les glaciers de Carcassonne « se sont nourris » et avec qui ils « ont mené des combats communs », a passé un accord avec le Syndicat des producteurs de tilleul voisins. Une quarantaine de producteurs installés dans la Drôme approvisionneront désormais la coopérative en tilleul sec, malgré un prix (entre 16 et 18 euros/kg) deux fois plus cher que celui produit en Chine ou en Europe de l’Est. « Le tilleul qu’Unilever va chercher à l’Est coûte certes moins cher à l’achat, mais il passe par le port d’Hambourg, repart à Katowice en Pologne pour être conditionné et revient en France pour être vendu... Nous, entre son lieu de production et l’usine, il fera 180 km », explique Gérard Cazorla. En terme d’empreinte carbone, la démonstration est imparable...

 

Création d’emplois indirects en France

La qualité joue aussi un rôle : « En Chine ou en Europe de l’Est, ils mettent des additifs et allongent les délais de cueillette quitte à laisser la fleur tourner, ce qui leur permet de vendre à 8 euros le kilo... », déplore Nicolas Chauvet, président du syndicat des producteurs de tilleul des Baronnies, au sud de la Drôme. L’accord ouvre des perspectives, modestes mais réelles, de revivification d’une production locale et d’emplois indirects. « Si le projet de la Scop marche, des personnes qui ne cueillent plus s’y remettront peut-être : ce qui signifie de la taille, de l’entretien, une plus-value paysagère. Et pourquoi pas la création d’un emploi au sein du syndicat, un peu d’investissement dans des cellules de froid ? On peut imaginer la relance d’une petite activité autour de ça dans la région », s’enthousiasme Nicolas Chauvet.

 

Reste que le cœur de métier historique des ouvriers de Gémenos est bien le thé. Qu’il faut aller chercher en Asie, en particulier au Vietnam. Une filière y est débusquée en 2012, avec le concours de la Fédération agroalimentaire (FNAF) de la CGT et du Conseil général du Val-de-Marne. Olivier Leberquier était sur place courant mai, dans la province du Yen Baie, pour revoir les produits et discuter de leurs prix avec les producteurs de ces « thés vert et noir centenaires de très grande qualité », et pour certains desquels « des processus de certification bio sont en cours » et très avancés.

 

Commerce équitable en Asie ?

Quid de la dimension sociale à l’autre bout du globe, à l’heure où de nombreuses marques occidentales, dans le textile ou l’agroalimentaire, sont critiquées pour leur recours à du travail indigne ? « On en a tenu compte, assure Olivier Leberquier. En passant un accord avec eux, on assure du travail et donc une certaine autonomie à des ethnies minoritaires vivant dans cette partie du pays où elles cherchent des débouchés économiques. Ensuite, il s’agit d’acheter à un prix qui assure des revenus décents aux producteurs tout en restant à un seuil qui nous permette de proposer un thé accessible à nos clients en France. On ne veut pas vendre un thé réservé aux classes aisées. On tient à ce que ceux qui n’ont pas les moyens de payer 5 euros les 50 grammes puissent eux aussi accéder à des thés de qualité. »

 

Les discussions en cours ont déjà permis de réduire les prix. Dans la même zone, d’autres thés « d’excellente qualité » mais plus abordables sont en lice. Et la coopérative ne se fournira pas qu’au Vietnam : la Chine, le Laos, le Kenya ou Madagascar sont évoqués. Bienvenue dans le grand bain de la globalisation… Cette quête d’un équilibre idéal entre qualité des produits, prix abordable et rétribution décente, présage encore de longues heures de réflexions et de débats au sein de la coopérative de Gémenos. Cela tombe bien, dans le cadre de leur congé de reclassement, Olivier et Gérard se sont inscrits à Montpellier dans une formation longue de gestion d’entreprise de l’économie sociale et solidaire. « C’est une formation diplômante, se félicite Gérard Cazorla. Et on n’a vraiment pas fait exprès mais les cours débutent le 28 septembre ! » Soit cinq ans, jour pour jour, après l’annonce de la fermeture de l’usine par le géant Unilever. A Gémenos, le goût du thé a celui des anniversaires.

Emmanuel Riondé

 

Photos : Jean de Peña / Collectif à-vif(s)

 

Notes

[1Les Fralib étaient 182 salariés au moment de l’annonce de la fermeture de l’usine de Gémenos par Unilever le 28 septembre 2010.

[2Cette somme fait partie des quelques 20 millions d’euros cédés au final par Unilever aux ex-salariés de Fralib. Il faut y ajouter les indemnités légales et supra-légales des salariés (autour de 10 millions) et la valeur comptable de l’outil industriel - en l’occurrence le site, l’usine et l’outillage, récupérés par la Communauté urbaine de Marseille Provence métropole en septembre 2012 (estimés à 7 millions).

[3L’usine qui compte six lignes de production distinctes avec des technologies différentes est en capacité de produire 6000 tonnes par an. Au moment de la fermeture en 2010, elle en faisait encore 3000.

[4Compte-rendu de cette visite à voir sur France 3.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 22:57

 

Source : https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com

 

Bouilles Hebdo du 25 au 31 mai

Mis en avant

Toujours à diffuser : un document de 16 pages émanant du collectif :

Dans le Tarn, des milices fascisantes au service des notables locaux et de l’ordre dominant. Témoignage collectif d’occupant-e-s et de sympathisant-e-s de la ZAD du Testet.

milices

Mardi 26 mai :

Lundi 25 mai :

Sur les ouvertures murées de la Métairie...

Sur les ouvertures murées de la Métairie…

P1110843

Sur les ouvertures murées de la Métairie…

 

 

Source : https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com

 

 

 

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 22:52

 

Source : https://france.attac.org

 

 

                                                               

 

 

La commission commerce du Parlement européen prête à donner un grand feu vert au TAFTA ? Point sur la situation et mode d’emploi pour agir.

mardi 26 mai 2015, par Lucile Falgueyrac

 

Le 28 mai, la commission Commerce International du Parlement européen (INTA) votera le texte de la résolution Lange, portant sur le traité transatlantique TAFTA. Après le vote en Commission, le texte sera voté par le Parlement européen en plénière le 10 juin.

Une résolution du Parlement européen est un texte non contraignant qui énonce la position du Parlement sur un sujet de compétence communautaire. La Commission Européenne - institution non-élue qui négocie le traité transatlantique - n’a pas obligation de suivre les recommandations qui y sont énoncées.

Elle représente néanmoins la position de la seule instance élue au plan communautaire, et, dans cette mesure, fait référence politique, sur laquelle nous pouvons nous appuyer.

 

La commission INTA, prête à donner un grand feu vert au TAFTA ?

Les dernières informations sur la résolution qui nous sont parvenues nous inquiètent au plus haut point. Alors que six autres commissions ont exprimé de fortes réserves, celles-ci paraissent ne pas être repris par le texte actuellement discuté en commission commerce international (INTA).

La plusieurs eurodéputés français sont membres de la commission INTA. Ils devront se prononcer le 28 mai.

Vous trouverez ci-dessous une suggestion de texte à leur envoyer, mais l’interpellation sera plus efficace si vous utilisez vos propres mots. Que voudriez-vous voir dans une résolution sur le TAFTA ? Quels sont vos arguments ?


Avant le vote, contactez les eurodéputés français membres d’INTA

 

Tokia Saifi

 

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UMP. Circonscription : Nord ouest - régions Basse-Normandie, Haute-Normandie, Nord-Pas-de-Calais et Picardie. Pro TAFTA.

Contactez Tokia Saïfi par email tokia.saifi@europarl.europa.eu
Contactez Tokia Saïfi par téléphone : +32(0)2 28 45562 / +33(0)3 88 1 75562
Contactez Tokia Saïfi via twitter : @TokiaSaifi
Contactez Tokia Saïfi via Facebook.

 

 

Marielle de Sarnez

 

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MoDEM. Circonscription : Île-de-France. Pro TAFTA.

Contactez Marielle de Sarnez par email marielle.desarnez@europarl.europa.eu
Contactez Marielle de Sarnez par téléphone : +32(0)2 28 45297
Contactez Marielle de Sarnez via Twitter : @desarnez
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Franck Proust

 

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UMP - Circonscription sud ouest, Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Pro TAFTA.

Contactez Franck Proust par email : franck.proust@europarl.europa.eu
Contactez Franck Proust par téléphone : +32(0)2 28 45841
Contactez Franck Proust via Twitter : @franckproust
Contactez Franck Proust via Facebook

 

 

Emmanuel Maurel

 

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PS - Circonscription ouest, régions Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes. Plutôt anti TAFTA.

Contactez Emmanuel Maurel par email emmanuel.maurel@europarl.europa.eu
Contactez Emmanuel Maurel par téléphone +32(0)2 28 45747 +33(0)3 88 1 75747
Contactez Emmanuel Maurel via Twitter @emmanuelmaurel
Contactez Emmanuel Maurel par Facebook

 

 

Yannick Jadot

 

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EELV - Circonscription ouest, régions Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes. Anti TAFTA.

 

 

Exemple d’interpellation

Madame, Monsieur,

Nous vous écrivons dans le cadre des travaux du Parlement européen sur la résolution Lange, portant sur l’accord transatlantique TAFTA (aussi appelé TTIP).

Nous saluons le fait que le Parlement européen puisse élaborer une opinion sur le TTIP, ainsi que le rôle qu’il a déjà joué dans l’organisation de débats publics sur ce sujet.

Pourtant, les dernières informations sur la résolution qui nous sont parvenues nous inquiètent au plus haut point. Alors que six commissions ont exprimé de fortes réserves, en particulier sur l’inclusion du mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE ou ISDS en anglais), sur l’ampleur des secteurs à exclure des négociations, sur sur l’impact sur les pays du sud, entre autres aspects du futur traité, ces messages paraissent ne pas être repris par le texte actuellement discuté en commission commerce international (INTA) dont vous êtes membre.

 

Il nous semble donc indispensable de vous rappeler nos demandes clés sur les négociations du TTIP :

 

1. Une vraie transparence maintenant : tous les documents relatifs aux négociations du TTIP, y compris les projets de textes d’accord, doivent être rendus publics afin de permettre un débat public ouvert et critique sur le TTIP. Les négociations ne doivent plus se tenir à huis clos

 

2. Pas de RDIE (ISDS en anglais), sous aucune forme. Aucun autre mécanisme doit être introduit s’il donne également des droits privilégiés et l’accès à une justice dérogatoire aux investisseurs étrangers. La loi et l’accès à la justice doivent rester les mêmes pour tous.

 

3. Pas d’organe transatlantique de coopération réglementaire. Tous les processus de réglementation doivent entièrement s’opérer dans le cadre d’instances et de méthodes transparentes et démocratiques.

 

4. Pas de suppression de normes qui préservent et servent l’intérêt général. Les normes de l’UE doivent être respectées, voire renforcées quand nécessaire, et en aucun cas “harmonisées” vers le bas. La reconnaissance mutuelle des normes n’est pas acceptable car elle ignore les choix collectifs effectués démocratiquement, et les différences qualitatives d’approches existant entre UE et USA en matière de protection sanitaire, sociale, environnementale.... Le principe de précaution doit être largement appliqué.

 

5. Pas de libéralisation des services publics. Le droit de choisir des marchés publics qui favorisent des emplois et l’économie locale, soutiennent les entreprises sociales, l’économie durable et servent l’intérêt général doit en outre être préservé.

 

6. Priorité doit être donnée à la promotion de pratiques agricoles humaines et soutenables pour l’environnement et la protection de l’agriculture familiale à petite échelle, respectueuses des paysans, du bien-être animal, de l’environnement et du climat.

 

7. Il ne doit y avoir aucune restriction aux normes internationales et européennes des droits humains.

 

8. L’impératif climatique doit être mentionné. Les traités de libre échange ne peuvent pas primer sur la lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre. Dans la perspective de la COP21, les aspects les plus dangereux pour le climat – accroissement des échanges transatlantiques d’énergies fossiles, ISDS et coopération réglementaire - n’ont pas leur place dans la politique de l’UE. L’impact de l’augmentation des flux commerciaux transatlantiques sur les émissions de gaz à effet de serre mondiales doit être calculé et mentionné.

 

Nous vous demandons de prendre en compte tous ces points dans la résolution et d’envoyer un signal clair et fort aux négociateurs.

 

Loin de résoudre tous les problèmes que pose le projet d’accord transatlantique aux citoyens et à la société civile, une bonne résolution au Parlement européen serait un premier pas important.

 

Reconstruire la crédibilité, déjà bien amoindrie, du processus européen et de ses institutions auprès des citoyens exige que la politique de commerce et d’investissement de l’UE, aux antipodes de son obsession libre-échangiste, se reconstruise autour d’objectifs de respect et de mise en œuvre des droits économiques, sociaux, environnementaux et culturels de tous.

 

Pour aller plus loin

De la mi-février à la mi-avril, les quatorze commissions du Parlement européen ont rédigé, amendé et voté leur opinion sur le TAFTA. Cinq d’entre elles sont plutôt bonnes (Commission Affaires Constitutionnelles (AFCO), Emploi et affaires sociales (EMPL), Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire (ENVI), Affaires Juridiques (JURI) et la Commission des pétitions (PETI)), trois sont très mauvaises (Commission des Affaires Étrangères ( AFET), Agriculture (AGRI), et Industrie, Recherche et Énergie (ITRE) cinq sont moyennes (Culture (CULT), Développement (DEVE), Affaires économique et monétaire (ECON), Marché intérieur et Protection des consommateurs (IMCO), et Libertés et Droits fondamentaux (LIBE)) et un des textes a été rejeté au moment du vote (Commission transport (TRANS)).

 

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Le Parlement européen a une majorité à droite et est dominé par le Parti Populaire Européen (PPE), dont fait partie l’UMP : ce résultat est donc plutôt encourageant. Six commissions ont appelé au rejet du mécanisme de règlement des différents entre investisseurs et États (ISDS) dans leur opinion, plusieurs ont exprimé de fortes réserves sur le Conseil de Coopération Réglementaire, ou ont mentionné les risques pour l’environnement, la santé, ont exprimé des doutes sur les créations d’emploi liées à l’accord.

La commission commerce international (INTA) devait incorporer l’opinion de toutes les autres commissions dans un unique texte.

 

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Le Président allemand du Comité INTA, Bernd Lange, a préparé un texte préliminaire, qui est actuellement en négociation entre les groupes politiques. A notre connaissance, la dernière version du texte considéré par INTA est extrêmement faible et ne parait pas reprendre toutes les fortes réserves exprimé par les autres Commissions. Mais le processus n’est pas fini, des négociations sont prévues jusqu’à la veille du vote.

Si les groupes politiques arrivent à s’entendre, un texte de compromis sera présenté au vote le 28 mai, avec toutefois des amendements possibles de la part des groupes politiques qui ne seront pas satisfaits du compromis final. S’il est voté par les membres d’INTA, il sera présenté à la plénière du Parlement. Les différents groupes politiques peuvent à nouveau proposer des amendements. Le texte final devrait être voté par l’ensemble des eurodéputés le 10 juin.

 

Pourquoi se mobiliser pour un texte non contraignant ?

Même si elle ne peut pas forcer les négociateurs à changer de cap, la résolution Lange est un test important, particulièrement en perspective de la ratification de l’accord EU-Canada (CETA) qui pourrait commencer dès l’automne 2015.

Les positions des partis, des groupes politiques et les positions individuelles des eurodéputés sur des sujets clés tels que l’arbitrage d’investissement, la coopération réglementaire, l’énergie ou les droits de douane agricoles se sont formées et continuent de se former à l’occasion des débats de cette résolution.

Les lobbies d’affaire pro-TAFTA ainsi que la Commission européenne et les États membres font pression sur les eurodéputés afin qu’ils votent un texte soutenant le TAFTA. La voix des citoyens doit également résonner avec un message clair : TAFTA et CETA sont de mauvais accords pour les peuples et la planète. Les électeurs demanderont des comptes si leurs représentants soutiennent ces traités.

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 22:34

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

Commerce extérieur : malgré la baisse du coût du travail, les exportations reculent

Conjoncture

Fabien Piliu  | 

 

 

La France ne compte que 121.000 entreprises exportatrices selon les Douanes et l'Allemagne 310.000.

La France ne compte que 121.000 entreprises exportatrices selon les Douanes et l'Allemagne 310.000.

 

 

Pour quelques économistes et une partie du patronat, le niveau élevé du coût du travail en France a longtemps expliqué la perte de compétitivité du "made in France" sur les marchés étrangers. Depuis, bien que le coût du travail ait reculé, les exportations continuent de sombrer.

La solution était là, sous nos yeux ! Pour expliquer la perte de compétitivité-prix des produits français, certains économistes, bien relayés par une partie du patronat, Medef en tête, ont longtemps expliqué qu'elle trouvait son origine dans le niveau trop élevé du coût du travail. Un coût  qui a sans conteste augmenté rapidement au cours des années 2000, progressant bien plus vite qu'en Allemagne, le principal partenaire et concurrent de la France.

Selon les données d'Eurostat compilées par COE-Rexecode, le coût du travail horaire dans l'industrie et les services marchands s'élevait à 24,42 euros en France et à 26,34 euros en Allemagne en 2000. En 2004, il est passé à 28,67 euros en France et a reculé à 27,76 euros en Allemagne. Les efforts de modération salariale réclamés aux salariés allemands depuis le début 2003 commençaient à produire leurs effets, renforçant la compétitivité prix des produits allemands, produits qui bénéficiaient depuis longtemps d'une compétitivité hors-prix redoutable. Depuis, le coût du travail horaire en France a toujours dépassé celui observé en Allemagne. C'est toujours le cas, sauf dans l'industrie manufacturière. A la fin 2014, il s'élevait à 37,10 euros en France contre 38,43 euros  outre-Rhin !

Avec l'entrée en vigueur du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), la France a donc résolu en partie son désavantage concurrentiel avec son principal rival sur les marchés étrangers. Après l'Allemagne et sa stratégie de désinflation compétitive, c'est au tour de la France de mettre en place une politique permettant à ses entreprises de tailler des croupières à leurs voisines, notamment européennes et allemandes en particulier. La solidarité économique au sein de l'Union européenne est encore à construire...

 

Un avantage très récent

Certes, l'avantage pris par les entreprises françaises est très récent. Il faudra donc attendre quelques semestres, voire quelques années avant qu'elles regagnent les parts de marché perdus depuis 2000. Néanmoins, au regard des commentaires de certains économistes et du patronat sur le niveau du coût du travail en France, on aurait pu s'attendre à une petite augmentation des exportations tricolores, d'autant plus que le coût du travail s'est à nouveau réduit depuis le 1er janvier avec l'entrée en vigueur d'allégements de cotisations patronales et la passage de 4% à 6% du taux du CICE.

Et pourtant. Au premier trimestre, les exportations ont reculé de 0,9%, en dépit de l'avantage compétitif hors zone offert par la dépréciation de l'euro face au dollar et le repli des cours du brut. En 2014, les exportations ont certes augmenté de 2,4%. Mais cette progression est inférieure à celle du commerce mondial qui, selon l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a avancé de 2,8%. La France a donc encore perdu des parts de marché l'année dernière. Son déficit commercial s'est élevé à 53,8 milliards d'euros quand l'Allemagne affichait un excédent de 217 milliards d'euros, en hausse de 11%.

 

Pas une seule explication

Comment ? Le niveau jugé trop élevé du coût du travail ne serait donc pas la seule explication aux résultats catastrophiques du commerce extérieur français, en déficit chronique depuis 2003 ? Il n'expliquerait pourquoi la part de marché de l'Allemagne dans le commerce mondial s'est stabilisée aux alentours de 10% quand celle de la France n'a cessé de reculer pour passer sous les 3% !

Sans nul doute, les déboires du commerce extérieur français trouvent en partie leur explication dans le niveau du coût du travail mais ce n'est pas la seule cause. Ils trouvent en effet leurs origines dans un ensemble de facteurs. La structure du tissu productif et exportateur doit être évoquée. La France ne compte que 121.000 entreprises exportatrices selon les Douanes et l'Allemagne 310.000.

Sachant que la France compte 3,6 millions d'entreprises, ce sont donc seulement 4% d'entre elles qui ont exporté l'année dernière. Sur ce nombre, une sur deux exporte régulièrement... En Allemagne, 80% des entreprises exportatrices sont des PME, des ETI et des grands groupes. En France, 95% des exportateurs sont des microentreprises et des PME.

La taille moyenne des entreprises est également un élément à prendre en compte. Si le nombre d'entreprises est à peu près égal - un peu moins de 3,6 millions en France, un peu plus en Allemagne - 94,3% des entreprises tricolores ont moins de 10 salariés, contre 80,3% en Allemagne. Cette différence est visible quelque soit la taille des entreprises, comme en témoigne les données compilées par Natixis.

 

Taille des entreprises

 

La France, un nain industriel

La puissance allemande repose également sur la structure de son appareil exportateur. En 2014, la valeur des exportations allemandes s'est élevée à 1.133,6 milliards d'euros, dont 60% ont pris la direction de l'Union européenne. C'est également le cas des exportations françaises. Mais la valeur de celles-ci s'est élevée à 437 milliards d'euros seulement l'année dernière. Autre symbole de la puissance industrielle allemande, notre voisin est l'un des rares pays industrialisés à avoir réussi à augmenter la part de la valeur ajoutée de son industrie par rapport au PIB. Selon la Banque mondiale, elle s'élevait à 30,7% en 2013, contre 30% en 2001. Elle atteignait 22,9% en 2001 en France et 19,8% en 2013. Les errements de la stratégie industrielle de la France - le ministère de l'Industrie a un temps été supprimé lors du quinquennat précédent - laisse notamment des traces.

 

Repenser le soutien public à l'export

Le soutien public à l'export doit-il être repensé ? Sans nul doute. En attendant que Business France, produit de la fusion entre Ubifrance et l'Agence française des investissements internationaux (AFII) monte en puissance, l'efficacité des dispositifs publics est largement sujette à caution. Publiée en 2013, un sondage réalisé par l'IFOP pour les opérateurs spécialisés du commerce international (OSCI) est particulièrement éclairant. Seuls 39% des dirigeants d'entreprises considéraient alors le système comme efficace, un tiers seulement le jugeait clair, compréhensible et adapté au contexte économique actuel. Ils étaient 42% à le juger mal articulé entre opérateurs publics et privés. Résultat, 78% des chefs d'entreprise se chargaient eux même de la commercialisation de leurs produits à l'exportation. " La construction d'un système français qui a mobilisé des moyens publics importants par tous les gouvernements successifs n'a pas répondu à l'attente des entreprises ", notait alors l'OSCI qui constatait le paradoxe suivant: plus l'entreprise a de l'ancienneté à l'export et plus sa taille augmente, plus elle recourt à des prestations d'appui. " Ce sont donc les entreprises les plus expérimentées et les plus performantes à l'export qui font le plus appel aux dispositifs de soutien, par opposition aux primo-exportateurs et exportateurs irréguliers ", observait l'OSCI. La situation s'est-elle améliorée depuis ? Personne n'a la réponse.

Dans ce contexte, quelles sont les solutions pour que le commerce extérieur se redresse ? Un jour - mais quand ? - les réformes, les dispositifs et les programmes régulièrement annoncés et lancés par le gouvernement produiront probablement leurs effets. Citons le Grand emprunt, le crédit impôt-recherche, le CICE, les pôles de la compétitivité, la création de Bpifrance et de Business France, la Nouvelle France industrielle dont Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie lancera la seconde phase lundi à Nantes... La liste est longue. En attendant, réduire le coût du travail reste la seule solution...

 

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 22:10

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Kamel Daoud : "La France a une collection de tabous extraordinaires"

 
Régis Soubrouillard

Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales

Invité sur France Inter, l'écrivain algérien Kamel Daoud a décrit avec autant de lucidité que de férocité la capacité des élites, intellectuels et médias français à s'autocensurer sur des questions comme celles de l'islamisme. L'auteur de "Meursault, contre-enquête" est même allé jusqu'à dire qu'il se sentait "plus libre" en tant qu'intellectuel en Algérie qu'en France.
 
Ulf Andersen/SIPA
 

L’écrivain algérien Kamel Daoud était ce matin l’invité de France Inter. Interrogé par un auditeur sur l’autocensure de certains intellectuels ou pratiquée dans les médias français sur la question de l’islamisme par peur de représailles ou lâcheté intellectuelle, l’auteur  de "Meursault contre-enquête", qui fait l'objet d'une fatwa, porte un regard éclairant, décentré sur les dénis de réalité dont se nourrit peu à peu la société française : « L’islamisme est le nouveau totalitarisme de notre siècle donc il pèse par la peur, par l’oppression, par la violence, par le meurtre. En Algérie, la dernière polémique visait une étudiante exclue parce qu’elle portait une jupe trop courte. En France, on a le contraire, une jupe trop longue. C’est assez symptomatique du siècle et de ces “maladies”. En France, j’ai été frappé du fait que vous n’arrivez pas à redéfinir facilement les choses : qu’est-ce que la liberté, qu’est-ce que dessiner, qu’est-ce que la laïcité. Vous avez une élite qui jacasse beaucoup mais qui est incapable de définir la liberté pour un écolier de 15 ans. Je pense que vous avez besoin d’un dictionnaire. Vous avez une collection de tabous extraordinaires. Je me sens beaucoup plus libre paradoxalement quand j’exerce mon droit d’intellectuel en Algérie qu’ici ».

 

Et c’est avec la même férocité et peut-être plus d’amusement encore que l’écrivain regarde la cérémonie de panthéonisation de ce mercredi : « En France, vous avez un art très rare qui est de fabriquer des religions sans dieu . Vous n’avez pas de roi mais un président qui ressemble à un roi, vous n’avez pas de religion d’Etat mais vous avez le Panthéon ».

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

 

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 21:53

 

Source : http://zad.nadir.org

 

 

Infos du 25 au 31 mai

lundi 25 mai 2015, par zadist

 

 

Merci de nous signaler toute information sur d’éventuelles présences de flics ou d’engins de travaux autour de la ZAD au numéro d’urgence : 06 43 92 07 01. Avant de faire tourner une info, de la recouper en regardant sur ce site web ou en appelant le numéro d’urgence si elle n’est pas encore publiée sur le site.

Les infos d’urgence qui tournent sur les réseaux sociaux ne sont pas toujours confirmées. Restons vigilants, mais évitons de crier au loup ! Ca nous permettra de réagir rapidement et évitera de faire tourner des rumeurs.

Merci d’avance !


Pour la connexion sécurisé de notre site : https://zad.nadir.org l’empreinte du certificat c’est (du 12/05/2015 au 11/06/2015)
0C:4B:35:33:7B:49:29:79:1B:15:A7:91:0F:10:D1:18:A3:67:58:E2


- La saison d’étude du "Suivi scientifique du dispositif de compensation en faveur du Triton marbré" ayant repris, ouvrons l’oeil pour repérer les étudiant-e-s, les dispositifs de prélèvements, ... (de mi mars à fin juillet). Contre l’aéroport et son monde de compensation !


mercredi 27 mai

des nouvelles de médiapart « Les élections locales espagnoles du dimanche 24 mai signent […] l’échec de la stratégie des Européens depuis le coup de tonnerre de la victoire de Syriza le 25 janvier dernier », analyse Romaric Godin dans *La Tribune*. Les tenants de l’austérité à perpétuité ne parviennent ni à mettre le gouvernement grec à genoux ni à contenir la poussée de politiques alternatives en Europe. sur leur site

des nouvelles de NoTav sur ce lien, les présentation de la marche à Grenoble et à Lyon

des nouvelles de Calais, une vidéo montrant les CRS en action violentes sur les migrants qui tentent de passer la frontière pour l’angleterre video

des nouvelles d’Israël

mardi 26 mai

Des nouvelles de l’état espagnol Nouvelle vague de perquisitions dans le mouvement squat, ainsi qu’une peine tombée de 3 ans de prison pour des personnes qui avaient été relaxées en première instance ; cf. article La répression s’abat dans l’État espagnol sur le mouvement anarchiste et anti-autoritaire

lundi 25 mai

"Quelques nouvelles de Sivens ! Pour ceux qui sont loin, difficile de suivre la situation qui se joue en ce moment dans les arcanes du pouvoir politiques (négociation Etat-Département sur le devenir du projet de barrage). Le dernier communiqué de presse du Collectif Testet fait le point sur cet aspect

Le collectif Tant qu’il y aura des Bouilles reste mobilisé et suit de près les différents points chauds : destruction programmée de la Métairie Neuve, restauration de la zone humide à entreprendre, etc... Tout cela est sur le site, qui reste régulièrement mis à jour. Nous vous tiendrons bien sûr informés des mobilisations à venir.

A noter également, le texte sur Témoignage collectif d’occupant-e-s et de sympathisant-e-s de la ZAD du Testet sur les évènements de ce début d’année 2015 (’Des milices fascisantes au service des notables locaux et de l’ordre dominant"). A lire sur le site, diffuser et commenter !"

- Suit a l’arrestation du 30 (que vous trouvver ici) avril un des occupantes de la zad est convoquer au tribunal correctionnel de Nancy le 9 juin, on relai l’appel a rassemblement et soutiens contre la répression.

- Des nouvelles de Belgique, à Haren,la zad d’occupation contre la construction d’une prison : Appel aux énergies pour en parler *(un peu)*, s’organiser *(beaucoup)*, semer, biner, désherber … *(passionnément)* et récolter *(amitié, amour, fruits & légumes … à la folie)* le week end du 30-31 mai
- plus d’infos sur leur site

- Terrain Vague une émission de radio de Dijon nous invite à écouter une émission entière sur le rap révolutionnaire qui a accompagné les révolutions arabes depuis 2011, Pour écouter et télécharger

 

 

Source : http://zad.nadir.org

 

 

 

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