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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 23:33

 

Source : http://www.humanite.fr

 

Des paysans cambodgiens attaquent le groupe Bolloré en justice

Gérard Le Puill
Jeudi, 30 Juillet, 2015
Humanite.fr

 

Des paysans cambodgiens privés de leurs terres viennent d’intenter une action en justice contre le groupe que préside Vincent Bolloré devant le tribunal de grande instance de Nanterre.

 

Outre ses activités chez Vivendi et le groupe Canal + dans lequel il tente de peser sur la ligne éditoriale, Vincent Bolloré a constitué sa fortune dans les activités portuaires en Afrique avec le groupe « Bolloré Africa Logistics » et, depuis quelques années, dans l’exploitation à grande échelle des terres agricoles en Afrique et en Asie  via le groupe  Socfin.

Une cinquantaine de paysans cambodgiens  estime que leurs droits  ont été piétinés par Bolloré qui développe la culture de l’hévéa sur la commune de Bousra  à l’est du pays. Cette plante sert à produire du caoutchouc. Pour développer cette production agro-industrielle,  une co-entreprise franco-cambodgienne a été créée et porte le nom de « Socfin-KCD ». Elle est née  avec l’accord du gouvernement cambodgien. Outre l’hévéa, cette entreprise produits aussi de l’huile de palme, une  des activités en plein développement dans le groupe Bolloré au Cambodge, en Indonésie  et dans plusieurs pays africains dont le Cameroun.   D’où les «expropriations » et les « déplacements de populations » dont sont victimes les paysans  cambodgiens  qui demandent des « restitutions de terres » et des « indemnisations », selon leur  avocat maître Fiodor Rilov.

Le 5 juin 2015, une manifestation de protestation s’était déjà déroulée devant le siège du groupe Bolloré à la Défense. Il s’agissait cette fois  de dénoncer les saccages de la « Socapalm » dont le groupe Bolloré est un des actionnaires  et qui exploite au Cameroun 26.000 hectares de palmiers à huile. « Socapalm » est aussi une filiale de « Socfin», firme luxembourgeoise dont Bolloré déteint 39% des parts . En avril dernier le travail avait été bloqué dans les plantations de Dibombari au Cameroun par des ONG et des paysans privés de terres qui demandaient qu’on leur rétrocède une partie des superficies que l’Etat camerounais a attribué à la « Socapalm ».

Neuvième fortune de France avec plus de 11 milliards d’euros, Vincent  Bolloré développe à travers le monde  une activité prédatrice qui consiste à accaparer des terres agricoles et à défricher des forêts primaires pour y développer des cultures de rente comme l’hévéa et le palmier à huile. Outre la spoliation des populations privées de leurs terres nourricière et souvent contraintes à l’immigration vers des bidonvilles, les activités du groupe Bolloré sont aussi fortement émettrices de gaz à effet de serre. On peut donc dire que la fortune de Vincent Bolloré  se constitue en  accélérant le réchauffement climatique dont les populations pauvres sont aussi les premières victimes. Voilà de quoi développer un excellent plaidoyer devant le tribunal de grande instance de Nanterre.   

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 23:27

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

De la Finlande à l'Aquitaine, le « revenu de base » en débat

|  Par Ludovic Lamant

 

 

 

Une somme fixe d'argent, versée à chaque citoyen, salarié ou pas, de manière automatique, pour mieux accompagner les mutations du monde du travail ? Des expérimentations – encore floues – sont annoncées en Finlande ou aux Pays-Bas. L'Aquitaine veut y réfléchir. Le vieux débat sur le revenu de base reprend de plus belle.

Si les élections législatives d'avril, en Finlande, ont attiré l'attention des médias étrangers, c'est d'abord en raison de leur dénouement : le parti centriste, vainqueur du scrutin, a choisi de s'allier avec l'extrême droite des Vrais Finlandais pour former un exécutif inédit dans l'histoire du pays. Mais ce n'est pas le seul fait à retenir. Lors des semaines précédant la consultation, le parti centriste de Juha Sipilä (devenu, entretemps, premier ministre) s'était aussi prononcé pour une mesure originale : l'expérimentation d'un revenu de base.

 

Le premier ministre finlandais Juha Sipilä, à Bruxelles le 7 juillet 2015.Le premier ministre finlandais Juha Sipilä, à Bruxelles le 7 juillet 2015. © François Lenoir / Reuters

À Helsinki, une majorité de députés semble aujourd'hui prête à défendre cette promesse. Rien ne dit pour autant que le chef du gouvernement la mettra en œuvre, en particulier parce que ses partenaires de coalition n'y paraissent pas tous très favorables. Mais le débat sur les vertus d'un revenu de base, et ses modalités très controversées, a été relancé.

En Suisse, un référendum est censé avoir lieu sur le sujet, sans doute en 2016, après le dépôt à Berne de 126 000 signatures exigeant la tenue de cette consultation. En Espagne, la promesse figure, parfois, parmi les revendications du mouvement anti-austérité Podemos. Aux Pays-Bas, la ville d'Utrecht va lancer une expérimentation à partir de janvier 2016, sur un groupe d'environ 300 personnes (on parle d'un forfait de 900 euros par mois pour un adulte, 1 300 pour un couple).

En France, une association, lancée en 2013, le Mouvement français pour le revenu de base (MFRB), qui revendique 600 adhérents, organise ses journées d'été du 21 au 23 août près d'Annecy. Avec d'autres, elle a lancé fin 2014 un journal gratuit, L'Inconditionnel, qui propose de répondre à cette question aguicheuse : « Et vous, que feriez-vous si vous n'aviez plus à gagner votre vie ? » Dans Liber, un revenu de liberté pour tous (L'Onde, 2014), l'ingénieur Marc de Basquiat (membre du MFRB) et l'essayiste étiqueté libéral Gaspard Koenig militent pour un revenu minimum baptisé Liber (450 euros pour un adulte), financé par un impôt sur les revenus et censé se substituer « au maquis des allocations spécifiques » (en l'occurrence, avant tout, le RSA et la prime pour l'emploi).

Les défenseurs du revenu de base avaient déjà fait parler d'eux en janvier 2014. Ils avaient alors récolté, à travers toute l'Europe, 285 000 signatures de citoyens qui s'étaient déclarés favorables à un « revenu de base inconditionnel ». L'opération n'avait pas suffi à enclencher une dynamique au sein de l'Union. Il aurait fallu beaucoup plus – rassembler un million de noms en l'espace d'un an – pour contraindre la commission de Bruxelles à s'emparer de ce dossier, souvent qualifié de totalement utopique par ses adversaires.

 

Ces initiatives désordonnées prouvent que le débat sur le revenu de base (« RDB »), vieille idée surgie à la fin du XVIIIe siècle (avec les travaux du Britannique Thomas Paine), s'intensifie. « Pourquoi cette idée retrouve-t-elle de l'audience aujourd'hui ? Sans doute parce qu'elle répond à une double préoccupation de notre époque, marquée par la persistance du chômage de masse et du sous-emploi et la montée des inégalités », écrit la journaliste Sandra Moatti dans l'éditorial du dernier numéro de L'Économie politique, qui y consacre un dossier très stimulant (juillet 2015, éditions Alternatives Économiques).

De quoi parle-t-on ? Voilà l'idée générale, qui a rarement dépassé le stade de la micro-expérimentation à travers le monde (sauf quelques exceptions comme l'Alaska) : un revenu fixe, versé à n'importe quel citoyen jusqu'à sa mort, sans aucune condition ou contrepartie (« inconditionnel, universel et forfaitaire », disent les économistes). Qu'on soit riche ou pauvre, avec ou sans emploi, seul ou en ménage, tout le monde touche la même somme. Dans la pratique, il existe des dizaines de manières d'imaginer et de financer cette garantie, théorisée par des économistes de droite (Milton Friedman et son « impôt négatif ») comme des penseurs de gauche (André Gorz et son « revenu d'existence »), des néolibéraux comme des anticapitalistes, et défendue, chez les politiques français, tout à la fois par José Bové et Christine Boutin.

Pour des esprits façonnés par des décennies d'un État redistributif à la française, l'initiative peut troubler. Tout simplement parce qu'elle revient à découpler la question du travail de celle du versement de prestations sociales. C'est ce qu'explique très bien Julien Dourgnon, ancien conseiller de l'ex-ministre Arnaud Montebourg dans L'Économie politique : « Le RDB, par ses caractéristiques (universalité, inconditionnalité, égalité) entend défaire le monopole et l'emprise de l'emploi sur la construction de la protection sociale. Il se fonde sur une logique où le sous-emploi permanent devient une norme acceptable et acceptée au nom d'un principe de réalité et d'un principe de justice. […] C'est pourquoi le RDB n'est pas un revenu d'exception mais un revenu permanent. »

Une « étude de faisabilité » lancée en Aquitaine

L'horizon du plein emploi s'est éloigné. Le travail « en miettes » et les emplois de mauvaise qualité se sont généralisés. Il faudrait donc adapter la protection sociale aux mutations de l'emploi à l'âge du capitalisme financier. Certains se risquent même à imaginer le remplacement à grande échelle des travailleurs par des robots. Dans cette optique, le revenu de base permettrait « le passage d'un modèle de précarité subie à un modèle de mobilité choisie », prédit Carlo Vercellone, maître de conférences à Paris-1 et théoricien, avec d'autres, du « capitalisme cognitif ».

L'avènement du revenu de base permettrait de mieux prendre en compte ce travail non marchand, difficile à quantifier exactement, mais de plus en plus décisif, sur fond d'essor du numérique et de culture des « communs » (lire, en écho, l'entretien avec Michel Bauwens sur Mediapart). Ce revenu aurait aussi l'avantage de régler les problèmes d'« incitation » redoutés par certains économistes (lorsqu'un chômeur, dit-on, rechigne à prendre un emploi mal payé, pour conserver ses indemnités chômage) : le « revenu plancher » resterait fixe, même si les revenus complémentaires, tirés de l'activité, eux, progressent.

Au fond, les ambitions des uns et des autres, autour d'un même projet, sont très variables. Pour les libéraux, un revenu de base fixé à des niveaux plutôt faibles, permettrait surtout de simplifier les rouages de l'État social, pour le rendre plus efficace – quitte à rendre plus acceptables les inégalités de la société, sans s'y attaquer pour de bon. Pour les défenseurs d'un modèle alternatif à l'hégémonie néolibérale, le RDB doit être une option plus ample, dans le sillage des travaux, par exemple, d'André Gorz (dès Adieux au prolétariat, 1980) : ce serait « l'un des instruments d'une transformation sociale radicale et émancipatrice », à condition de le combiner avec la réduction du temps de travail et l'essor d'« activités autonomes », explique la sociologue Françoise Gollain, toujours dans L'Économie politique.

L'extrême variété des approches saute aux yeux dès lors que l'on entre dans la pratique. Les pistes de financement de ce revenu de base sont pléthoriques. Ses avocats en répertorient une petite dizaine (lire ici), de la fiscalité (impôt sur le revenu, taxe sur le capital ou les transactions financières, etc.) à la création monétaire (via des monnaies locales ou une réforme des mandats des banques centrales, par exemple, une piste préférée par de nombreux écologistes). La question du montant exact de ce revenu donne lieu à des réflexions très complexes. Et tout le monde n'est pas d'accord, non plus, sur un autre point décisif : ce RDB vient-il compléter l'existant ou remplace-t-il la plupart des prestations sociales ?

Dans son éditorial, Sandra Moatti cite les mises en garde du sociologue Robert Castel, qui voit dans ce revenu de base l'exemple même de la « mauvaise utopie » : « D'un montant trop faible pour se passer de travailler, il offrirait au capitalisme une “armée de réserve” où puiser à moindre coût des travailleurs déjà partiellement rémunérés par un médiocre revenu de subsistance. » Le RDB comme un outil d'exploitation d'un nouveau genre ?

« C'est une crainte exagérée, réagit Jean-Éric Hyafil, un économiste membre du MFRB joint par Mediapart. Dans les années 80 et 90, c'était une idée qui était très associée à l'impôt négatif théorisé par l'économiste américain Milton Friedman. Dans cette configuration, il est prévu de supprimer le SMIC. Mais ce n'est pas du tout ce que l'on défend au sein du Mouvement : il n'est pas question de toucher au SMIC, pour mettre en place ce revenu de base. Puisque le SMIC ne disparaîtrait pas, la crainte exprimée par Robert Castel n'est pas fondée. »

À l'initiative du groupe EELV, le conseil régional d'Aquitaine a donné son feu vert, début juillet (grâce à une très forte abstention), à la réalisation d'une étude de faisabilité d'un « RSA inconditionnel ». Il s'agirait d'une « première étape vers un revenu de base universel ». Le projet, encore vague, reste modeste : les règles de calcul du RSA ne seraient pas modifiées, mais les ayants droit n'auraient plus aucune démarche à effectuer, en particulier pour prouver qu'ils recherchent « activement » un emploi, pour toucher cette aide.

« La plupart des travailleurs pauvres qui ont droit au RSA ne le demandent pas, notamment parce que c'est stigmatisant de le demander. De ce point de vue, cette mesure aurait un impact important, assure Jean-Éric Hyafil. Mais il y aurait bien sûr, ensuite, un autre chemin à parcourir pour passer d'un RSA inconditionnel à un RSA inconditionnel, universel et individuel. » En clair, un RSA forfaitaire, versé à tous les citoyens.

C'est, semble-t-il, la stratégie du Mouvement français pour le revenu de base : ne pas plaider pour un big-bang fiscal du jour au lendemain, mais bien plutôt réformer les prestations sociales existantes et les tirer, au terme d'expérimentations locales, vers un revenu de base plus ambitieux. Pour y parvenir, il faudra encore faire taire les très nombreux sceptiques.

> Faut-il défendre le revenu de base ?,dossier L'Économie politique, numéro 67, juillet 2015, éditions Alternatives Économiques.

 

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 23:12

 

Source : http://www.20minutes.fr

 

Quand un jeune coiffeur vendéen offre ses services aux sans-abris parisiens

 

Lison Lagroy

 

 

Dati, coiffeur vendéen qui vient en aide aux sans-abri
Dati, coiffeur vendéen qui vient en aide aux sans-abri - LL

 

« Monter » à Paris pour venir en aide à ceux qui en ont le plus besoin. C’est le projet que vient de concrétiser Dati Kouch, 26 ans, coiffeur au grand cœur. Mais le jeune homme ne veut pas apparaître en héros, loin de là : « Je le fais naturellement et j’aimerai que l’on parle plus du message que de moi ». Message reçu.

 

Les SDF font partie du décor

Quand 20 Minutes le retrouve devant le Sacré-Cœur, on le reconnaît à son grand sourire communicatif. Il regarde partout autour de lui, cherchant un sans-abri qui aurait besoin, ou envie, d’une petite coupe. Le rejoigne très vite son « équipe », Davy, son frère, et Thai, un ami, tous deux coiffeurs.

Les trois Vendéens arpentent depuis ce lundi les rues de Paris, à la recherche d’un coup de pouce à donner, toujours avec plaisir. Mais pourquoi avoir choisi la capitale ? « Pour avoir un écho plus grand à mon message, confie Dati. Ici, je trouve que c’est encore plus flagrant qu’ailleurs, les SDF sont compris dans le décor, ce n’est pas normal ».

La petite bande a commencé par la Tour Eiffel, « symbole important de la France », mais ne compte pas s’arrêter là. Jusqu’à la fin de la semaine, elle compte bien coiffer d’autres SDF dans différents quartiers.

 

Aider sans réfléchir

L’idée lui est venue en voyant un reportage sur un New-Yorkais qui faisait ça tous les week-ends : spontanément, Dati décide de faire de même. « Je ne pousse pas les gens à aller contre leur nature, mais aider l’autre n’a jamais été négatif. On devrait tous le faire sans réfléchir ».

Si le jeune homme est si serviable, c’est qu’il a reçu une éducation « qui a forcément dû jouer » et qu’il a lui-même connu les galères. Aujourd’hui, son salon à La Roche-sur-Yon marche si bien qu’il va l'agrandir, avec pour employés les deux garçons de cette aventure parisienne. « J’ai commencé il y a dix ans sans une "thune", en taillant les cheveux des gens de mon quartier. Je profite que ça marche bien aujourd’hui pour aider les autres », confie-t-il.

 

S’intéresser aux oubliés

Au détour d’une rue, nous tombons sur Moumoune, 65 ans, d’origine allemande. Dati s’approche et lui propose ses services avec tact et bienveillance. « Je vais droit au but et parle de mon projet caritatif directement », ce qui surprend parfois les SDF. « Ils n’ont pas l’habitude qu’on leur parle, ils peuvent malheureusement rester des journées entières sans parler à personne. Ça leur fait plaisir qu’on s’intéresse à eux ».

Tous ne sont pas méfiants ou inquiets, beaucoup acceptent d’emblée. A Moumoune, il faut expliquer le projet plusieurs fois, la faute à la langue. Mais quand il entend le mot « gratuit », son visage se transforme. « En Allemagne ça coûte 35 francs, alors qu’ici, en France, c’est 100 francs ! C’est beaucoup trop cher » explique-t-il. Il lève son chapeau de fortune pour montrer le peu de cheveux qu’il reste à couper, sourit, et accepte.

Davy, le frère de Dati, s’est occupé de Moumoune - LL

 

Pour cette fois, ce sera Davy qui coupera, sous le regard protecteur de son petit frère Dati. A la fin de la coupe dégradée, Moumoune se regarde dans la glace et semble conquis.

« Ça vous plaît ? » lui demande Dati. S’il ne semble pas tout comprendre, Moumoune opine de la tête et assène : « Coupez tout ! » avec un grand sourire. Pour Dati, cette confiance est une victoire : « Quand ces personnes marquées par la vie semblent heureuses, il n'y a pas de mot ». Et Moumoune de confirmer : « Merci… parce que c’est gratuit ! ».

 

 

Source : http://www.20minutes.fr

 

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 23:03

 

Source : http://www.greekcrisis.fr

 

 

 
 

mardi 28 juillet 2015

Gauche... hackeuse

 

 
 
greek crisis
 
 

 

 


La Grèce s’enfonce dans son été comme dans du sable mouvant. Entre deux canicules et trois mémoranda, les Troïkans sont d’ailleurs de grand retour à Athènes, après six mois de... défection. Le gouvernement fait alors tout son possible pour que leur présence passe inaperçue, ce n’est guère facile.

Place Omónia. Athènes, juillet 2015


Désabusés, les Athéniens quittent enfin progressivement leur ville pour une plage proche, le plus souvent ils sont hébergés chez leurs proches. Très petites vacances devant une énième rentrée prochaine au sens autant introuvable. “Les cinq prochains mois seront diaboliques”, telle est la prévision de la presse grecque en ce juillet finissant, les passants ne s’attardent même plus sur ces trop gros titres, basta.

Place Omónia, devant l’édifice de la banque... suffisamment historique et désormais à moitié seulement ouverte depuis la mise en place en Grèce des contrôles des capitaux, la vie quotidienne traîne inlassablement son lot de difficultés. Visages graves, errances et autres traversées du désert économique aux milles et une... apparences parfois trompeuses.

Passants et passantes, mendiants... “suraccablés” par la chaleur, à l’instar des retraités... massivement convertis en vendeurs ambulants de billets de la loterie ex-nationale, telles sont alors nos images du jour et de chaque jour que nos très nombreux visiteurs du pays peuvent ne pas remarquer.
 

Les cinq prochains mois diaboliques. Presse grecque, juillet 2015


Sur cette place aux établissements jadis très fréquentés par les gens des lettres, le glissement... usuel et finalement usant est perceptible surtout pour les plus âgés. Certains hôtels classés monuments historiques sont fermés depuis plus de vingt ans, d’autres par contre, moins nombreux ont su résister. La crise a également redistribué certaines cartes du commerce forcément non-équitable, les grandes chaînes de restauration et de pâtisserie - boulangerie méta-traditionnelles, en ont ainsi largement profité.

Cette alimentation, en partie inspirée par la cuisine traditionnelle “en combinant des recettes classiques, les approches contemporaines, de la créativité et un zeste des arômes”, suit cette grande mode mercatique du moment, invitant ses clients à une supposée immersion mémorielle et historique propre déjà à l’Europe vendeuse, sauf que dans la Grèce du mémorandum, cette pratique se généralise.
 

Café Néon, rénové. Place Omónia, Athènes, juillet 2015

 

Café Néon vers 1930-1940.

 

Café Néon, rénové. Immersion mémorielle. Athènes, juillet 2015

 

Café Néon, la presse en parle. Athènes, juillet 2015


Exemple assez réussi il faut dire, le café Néon place Omónia, ouvert en 1920 et fermé depuis plusieurs années, il vient d’être rénové par une grande chaîne de restauration et de pâtisserie - boulangerie. Ses murs sont décorés avec des photos anciennes, l’immersion mémorielle participe du concept... de vente.

La Grèce aime contempler ses anciens clichés car l’époque semble bloquée... au point mort, l’avenir demeure obscur, à l’instar de celui... des Tsipriotes signataires du mémorandum III. Cette semaine en tout cas, les nouveaux habitués du café, n’ont pas manqué de sujets de conversation. Il y a de quoi... bavarder, entre le présumé hacking de Varoufákis, la nouvelle parousie de la Troïka, ou les déchirements au sein de SYRIZA, toute la presse en parle.

D’après le grand quotidien... mémorandiste “Kathimeriní” (repris aussitôt par la presse française), Yannis Varoufákis avait œuvré... “pour la conception d’un système de paiement parallèle qui permettrait au pays, si d’aventure la BCE devait lui couper les vivres, de continuer à créer de l’argent sans planche à billets. ‘J’avais réuni une équipe très compétente, une équipe réduite qui devait rester secrète pour des raisons évidentes’, explique Varoufákis, qui s'est donc mis au travail dès l'arrivée de SYRIZA au pouvoir. Concrètement, il se serait agi d'utiliser le site de l’administration fiscale grecque (leur impots.gouv.fr), où tous les particuliers et toutes les entreprises ont renseigné leurs coordonnées bancaires, pour le transformer en une banque virtuelle où chacun aurait vu son compte crédité d’un certain montant. Les échanges monétaires auraient eu lieu via cette plateforme”.

Problème: pour mettre en place ce système, il fallait récupérer les données du site des impôts grecs. Or, celui-ci était placé sous l’œil de la troïka - autre information non négligeable issue de ces révélations. Varoufákis a donc autorisé un de ses proches amis, spécialiste en technologies de l’université de Columbia, à hacker le système informatique de (son) propre ministère afin de pouvoir copier le code du site des impôts sur un ordinateur dans son bureau”.
 

L'Eurogroupe. “Quotidien des Rédacteurs”, juillet 2015


Par la suite, un enregistrement sonore a été publié sur Internet par un institut de recherche dont l'un des membres participait à la discussion du 16 juillet (en anglais) avec l'accord de Yanis Varoufákis, ce qui tient à prouver la véracité de ses propos. Les mémorandistes... sépulcraux, réclament depuis... la tête de l’ex-ministre, des poursuites ont été engagées. Au Royaume de la pourriture, les... parasites d’Athènes ont constamment l’habitude du dernier mot (après celui bien évidemment de leurs maîtres-fous, troïkans).

Le problème n’est pas Varoufákis, ce qui ne veut pas dire que son rôle dans les affaires courantes de la Grèce de l’Apocalypse vers... la fin de l’Euro, soit claire, ou en tout cas décryptable, hormis pour les historiens du futur, sauf que le grand embarras résulte alors de cette prise du contrôle... clés en main, du logiciel fiscal grec par la Troïka. C’est donc le hacking officiel (ou officieux) qui devient condamnable aux yeux des mémorandistes, et non pas, l’usurpation de la souveraineté restante au profit de Bruxelles et de Berlin. L’histoire ne se répète pas, ou alors comme une farce, sauf que Marx n’avait pas connu la... dématérialisation de la farce désormais numérisée.

Cependant, même la presse mainstream rapporte finalement les faits, sans trop s’attarder pour autant sur les conséquences à en déduire: “Au cours de son entretien téléphonique, Yánis Varoufákis a également évoqué le rôle joué par le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, dans les négociations. Fermement opposé à une réduction de la dette grecque, Schäuble s’est en revanche prononcé pour un Grexit provisoire qui pourrait se révéler bien plus coûteux pour ses créanciers. Comment expliquer alors une telle position ? Pour Varoufákis, c’est clair: le plan de Schäuble, ‘tel qu’il me l’a décrit’, est d’éviter une union monétaire fonctionnant avec un Parlement (comme le suggérait encore récemment François Hollande).

Dans cette optique, affirme Varoufákis, Schäuble lui a ‘dit explicitement qu’un Grexit lui donnerait assez de pouvoir de terreur pour imposer à la France ce que Paris refuse. De quoi s’agit-il ? Transférer une partie de la souveraineté budgétaire de Paris à Bruxelles’. Et d’ajouter, dans The Telegraph, que le ministre allemand des Finances sait parfaitement que le troisième plan d’aide, dont les discussions viennent de commencer à Athènes, ‘est voué à l’échec’, mais que son objectif demeure de faire sortir la Grèce de la zone euro. ‘Il n’y aura pas d’accord le 20 août’, parie Varoufákis.” Sable mouvant.
 

Façade à Athènes, juillet 2015

 

L'Assemblée des femmes d’Aristophane. Théâtre National, Épidaure, 2015

 

Hôtel refait. Athènes, juillet 2015


Signe des temps, le Théâtre National présente cet été à Épidaure, “L'Assemblée des femmes”, comédie grecque antique d’Aristophane écrite vers 392 av. J.-C. Il était encore question de sauver la cité. Les Athéniennes, à l'instigation de l'une des leurs, Praxagora, se rassemblent à l'aube sur l'agora pour prendre à la place des hommes les mesures qui s'imposent pour sauver la cité. Le lendemain matin, les hommes découvrent alors avec stupéfaction les réformes que les femmes entendent adopter: mise en commun des biens, droit pour les femmes les plus laides et les plus âgées de choisir un compagnon. Vieux problèmes... tout comme le monde.

Et comme la cité n’est toujours pas sauvée, nos stigmates du quotidien se mélangent, le plus souvent en s’ignorant. Tandis que sur la Place de la Mairie, les agents du service municipal en charge des animaux... adespotes (sans maîtres) proposent des adoptions aux familles en balade, trois cent mètres plus loin, il y a grande cohue devant l’entrée de l’unique pharmacie publique, autrement-dit, directement gérée par le... fantôme de la Sécurité Sociale grecque. Ultime espoir pour se procurer un médicament devenu rare et souvent inaccessible pour cause de coût. Il n’y aura pas pour tout le monde, c’est... déjà compréhensible. Les gens deviennent agressifs, c’est la guerre des (pauvres) malades. Athènes, 2015.
 

Animaux adespotes à adopter. Athènes, juillet 2015

 

Devant l’entrée de l’unique pharmacie publique. Athènes, juillet 2015

 

Athènes du moment, juillet 2015


Le drame de la Gauche... adespote ou despotisée demeure pour l’instant entier. Lundi 27 juillet, la Plateforme de Gauche célébrait le cinquième anniversaire de son site Internet iskra.gr. Pour Panagiótis Lafazánis comme pour ses camarades, la seule voie possible hors mémorandum est celle qui conduira à l’abandon de la zone euro.

Nous restons fidèles au programme de SYRIZA, celui pour lequel nous avons été élus et nous nous battrons jusqu'au bout pour la victoire du NON”, voilà pour l’essentiel du programme. Tout le monde aura noté la présence de Manólis Glézos, lequel a pris la parole pour se différencier de Panagiótis Lafazánis quant à l’urgence de rompre ou pas avec l’euro. Cependant, Manólis résistant en 1941 déjà et alors grande personnalité de la Gauche grecque (et européenne), a aussi lancé un appel solennel à la “Résistance contre cette nouvelle occupation allemande, réaffirmée par le mémorandum III”.

Manólis Glézos, visiblement en colère, a affirmé “que SYRIZA n'a pas de propriétaires” avant de se demander: “Quel rapport existe-t-il, entre SYRIZA, et le gouvernement de l'Hôtel du Premier ministre ? Ce troisième mémorandum est le pire de tous les autres, rien que parce qu'il a été signé par ce gouvernement-là (SYRIZA)”. L’événement de la soirée était de taille, pourtant, la radio 105,5 (SYRIZA), n’a pas jugé utile de le retransmettre en direct, contrairement à ses habitudes.
 

Rassemblement de la plateforme de Gauche (Manólis Glézos et Panagiótis Lafazánis). Athènes, le 27 juillet

 

Panagiótis Lafazánis, Athènes, le 27 juillet

 

Manólis Glézos, Athènes, le 27 juillet


Pour Státhis Kouvelákis, philosophe francophone, membre du Comité central de SYRIZA et figure de la Plateforme de Gauche, “La seule chose qui reste sous contrôle de l’État grec est l’appareil répressif. Et on voit bien qu’il commence à être utilisé comme avant, c’est-à-dire pour réprimer des mobilisations sociales. Les gaz lacrymogènes déversés sur la place Sýntagma du 15 juillet, suivis d’arrestations de militants, de passages à tabac et maintenant de procès devant les tribunaux de syndicalistes, ne sont qu’un avant-goût de ce qui nous attend lorsque la situation sociale se durcira, lorsque les saisies des résidences principales se multiplieront, lorsque les retraités subiront de nouvelles coupes dans leur retraite, lorsque les salariés seront dépossédés du peu de droits qu’ils leur restent. Le maintien du très autoritaire Yannis Panoússis comme ministre responsable de l’ordre public, et qui se voit également confier le portefeuille de l’immigration, est un signal clair du tournant répressif qui s’annonce”.

Du côté des proches de Tsipras, le ton devient extrêmement agressif envers ceux qui sont en désaccord avec les choix qui ont été faits. Il est très choquant de voir que certains membres du parti reprennent mot pour mot les arguments propagés par les médias, jusqu’aux calomnies qui présentent les défenseurs de plans alternatifs, comme Varoufákis ou Lafazánis, comme des putschistes, des comploteurs de la drachme, des alignés sur le Grexit, façon Schäuble.

Ce débat (sortie de l’euro) n’a jamais véritablement eu lieu — ou, plutôt, il n’a eu lieu que de façon limitée, au sein de SYRIZA, pendant les cinq dernières années. Et ce fut toujours contre la volonté de la majorité de la direction du parti, par une sorte d’état de fait créé par le positionnement d’une minorité substantielle en faveur d’une sortie de l’euro, comme condition nécessaire pour la rupture avec les politiques d’austérité et le néolibéralisme. La majorité de la direction du parti n’a jamais vraiment accepté la légitimité de ce débat. La sortie de l’euro n’était pas présentée comme une option politique critiquable avec des inconvénients qui justifiaient un désaccord. Elle était purement et simplement identifiée à une catastrophe absolue. Systématiquement, il nous était reproché que si nous défendions la sortie de l’euro, nous étions des crypto-nationalistes ou que la sortie de l’euro entraînerait un effondrement du pouvoir d’achat des classes populaires et de l’économie du pays. En réalité, c’étaient les arguments du discours dominant qui était repris par nos camarades.”
 

La cartographie en exposition. Athènes, juillet 2015

 

Touristes à Athènes, juillet 2015

 

Touristes à Athènes, juillet 2015


En ce moment même à Athènes, la Fondation pour la Culture d’une grande banque, propose son exposition sur le regard des cartographes et la Grèce. Les cartes du monde changent, celle de SYRIZA est plutôt déchirée. La bataille fait alors rage pour le contrôle du parti, entre Tsipriotes... et Lafazanistes.

Alexis Tsipras laisse entendre qu’un congrès extraordinaire pourrait se tenir très rapidement, peut-être même en ce mois d’août. Je suppose, que cette volonté si urgente, veut tenir compte du calendrier éventuel de Wolfgang Schäuble, car personne n’est en mesure de prévoir quelle sera la situation de la Grèce, déjà vers le 20 août, date où arrive à échéance une certaine créance. La Troïka, c’est à dire Berlin, exige de nouvelles mesures (non incluses) au préaccord de juin, rien de très rassurant en effet... pour l’été Tsipriote.
 

Bois pour l'hiver. Thessalie, juillet 2015


L’Europe s’assombrit. Comme nous le rappelle dans son excellent papier Vladimir Caller depuis la Belgique et (depuis) sa Gauche, “vers la fin du processus de réunification allemande, le chancelier Kohl se trouva confronté à un dossier colossal. Il s’agissait d’absorber l’économie de l’Allemagne de l’Est et ses presque 15 000 entreprises d’État et coopératives et ses, grosso-modo, 5 millions de salariés. A quoi il fallait ajouter des millions d’hectares de terres agricoles et, plus généralement, le patrimoine d’État de l’ancienne RDA. Pour assumer cette tâche, le chancelier trouva la perle rare: un certain Wolfgang Schäuble, lequel s’engagea avec passion dans la création et la gestion du Treuhandanstalt (dit, par facilité, ‘Treuhand’), un fonds public destiné à récolter le produit des privatisations et financer ainsi la dette du pays.

L’ensemble de l’opération fut jugé par les uns comme une réussite magistrale de capitalisation d’actifs et par les autres comme le pillage du siècle. Sur le plan social, environ 2,8 millions de travailleurs est-allemands perdirent leur emploi.
 

Friche commerciale. Thessalien, Trikala, juillet 2015


Un quart de siècle plus tard, le même Wolfgang Schäuble se propose de récidiver mais cette fois en délocalisant son savoir-faire en Grèce. C’est en effet lui qui obtint qu’une clause créant un fonds similaire soit ajoutée à l’accord signé ce 12 juillet. Il souhaitait même que ce fonds, destiné à accueillir les montants des privatisations des ports, chemins de fer, aéroports, etc., soit placé dans une société publique située au Luxembourg et dont il est lui-même membre du conseil d’administration. Manière de s’assurer que ces fonds soient bel et bien destinés à rembourser les créanciers, parmi lesquels l’Allemagne figure en toute première place.

J'ajouterais cependant ceci: après l'annexion de la RDA, l’élite de l'Allemagne a mis en exécution ouverte, son vieux projet colonial... européen et depuis un certain temps, européiste. Et c'est précisément cet européisme partagé et ingurgité par SYRIZA Tsipriote (comme par Pierre Laurent) qu’a fait basculer SYRIZA en seulement six mois, au lieu de trois à quatre décennies nécessaires pour les effrayants sociaux-démocrates, mais c’était durant un autre siècle.

L'histoire s’accélère... sauf que cet été, les figues grecques ont bien eu du retard ! Nous laisserait-elle loin derrière ? Les derniers événements ont été vécus comme un immense choc en Grèce et bien au-delà. D'abord, il y a eu l'immense joie populaire aussitôt après le référendum, ensuite, cette colère sombre et qui depuis hante tous les esprits.
 

Le retard de figuiers. Thessalie, juillet 2015


Certains amis, cadres de la Plateforme de Gauche, et pour l’instant membres au Comité central SYRIZA, estiment que le... label même SYRIZA serait “grillé”, et peut-être autant, celui de la Gauche tout court, si les intéressés ne bougent pas assez et cela, très rapidement.
 

Construction à vendre. Trikala, juillet 2015

 

Les beaux objets de la vielle Allemagne. Athènes, juillet 2015


Sable mouvant alors entre deux canicules et trois mémoranda. À Athènes on vend toujours les beaux objets de la vielle Allemagne et ailleurs en Grèce... on prend encore le temps d’une petite sieste... sur les châssis des camions qui ne bougent plus vraiment. Bel été !
 

On prend le temps d’une petite sieste. Grèce, juillet 2015

 




* Photo de couverture: Retraité... converti en vendeur ambulant de billets de loterie. Athènes, juillet 2015
 
 
 
 
 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 22:54

 

Source : http://arretsurinfo.ch

 

 

Aujourd’hui, Yanis Varoufakis a besoin du soutien de nous tous

Crises/guerres Dissidence Hégémonie UE
 
 
 

Arrêt sur Info a diffusé nombre de textes touchant la crise qui frappe la Grèce. Après la glaçante volte-face d’Alexis Tsipras nous avons publié les prises de positions de l’ancien ministre des Finances Yanis Varoufakis qui nous paraissaient permettre aux lecteurs de se faire leur propre opinion. Il n’est pas dans notre intention de placer Yanis Varoufakis sur un piédestal. Toutefois, à l’heure où, au sein de l’Eurogroupe notamment, ses adversaires s’emploient à le diaboliser, il nous parait important de donner la parole à ceux qui  prenne sa défense.[ASI]

 

eurogroupe

 

Nous sommes tous Varoufakis

Il ne m’était jamais venu à l’esprit qu’un jour il me faudrait rédiger un texte de soutien à Yanis Varoufakis. Dans les débats auxquels nous avons participé concernant l’euro et la drachme ou dans les interviews radiophoniques, j’ai toujours considéré qu’il était dangereux pour les visions et les objectifs poursuivis par la gauche.

J’ai du mal à me souvenir de quelque autre économiste (de son envergure) plaidant avec autant de passion pour la nécessité qu’il y aurait pour la Grèce de rester dans la zone euro. Qui plus est, il était le premier à avoir introduit en Grèce la théorie de l’Hotel California pour ce qui est des possibilités de sortie (You can check-out any time you like, But you can never leave ! – Vous pouvez payer la note quand vous voulez, mais vous ne pouvez jamais partir). Pour lui, entrer dans l’Union monétaire était une erreur, mais, en sortir serait catastrophique.

Il était également le premier à avoir attaqué l’initiative de constitution d’une Commission d’audit de la dette. Il le fit, qui plus est, par l’intermédiaire des pages du site Protagon en utilisant des arguments qui renvoyaient aux scénarios de terreur déployés dans les journaux télévisés du soir.

Puis sont venues les erreurs impardonnables commises au poste de ministre des Finances. En payant les tranches de prêts illégaux et odieux, il a permis que les caisses soient vidées et a annihilé les espoirs d’une négociation sérieuse. Ses anciennes idées obsessionnelles concernant la nécessité de rester dans l’euro et son refus de tout débat concernant une annulation sérieuse de la dette n’ont fait qu’empirer dramatiquement les choses.

Pour toutes ces raisons, info-war a dès le départ exercé une dure critique sur le fait qu’il ait été choisi pour le poste de ministre des Finances. En effet, c’est tragicomique : certains qui, actuellement, le pourchassent au sein de SYRIZA, se déclaraient troublés par notre attitude envers le « ministre star » du gouvernement Tsipras.

Et pourtant, aujourd’hui, Yanis Varoufakis a besoin du soutien de nous tous. Car, ce qui est poursuivi en sa personne, ce n’est pas simplement un ancien ministre des finances ou un économiste. C’est toute personne qui ose se dresser contre la dictature de l’UE qui est poursuivie.

Peu importe s’il portait le col relevé et s’il a haussé le ton contre les commissaires européens pour des raisons idéologiques au titre de quelque agenda personnel ou, simplement, parce qu’il dispose d’un ego énorme qu’il ne peut pas cacher sous sa veste. Ce qui importe c’est que des millions de personnes, dans toute l’Europe, l’ont identifié à un petit pays qui ose s’en prendre aux fauves.

Et, ça, ni Berlin, ni les kollabo-serviteurs grecs des banques ni certains mollusques du groupe dirigeant de SYRIZA ne pouvaient le tolérer, même s’ils tentent de dissimuler la capitulation totale du pays derrière des drapeaux rouges et des photos du Che.

Yanis Varoufakis n’est pas poursuivi pour avoir préparé des plans alternatifs de lutte contre la crise (c’était son devoir et, malheureusement, il s’y est appliqué avec beaucoup de retard et à la va-vite). Il est poursuivi parce que, dans le fameux entretien enregistré, il a révélé à quel point la troïka contrôle intégralement l’appareil d’Etat et, en particulier, les mécanismes du ministère des Finances.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’enquête administrative ordonnée contre lui l’a été par Katerina Savvaïdou, ancien cadre supérieur de PriceWaterhouseCooopers et actuelle Secrétaire générale aux recettes publiques, c’est-à-dire, du service qui, comme il ressort de l’entretien de Varoufakis, est le cheval de Troie déployé par la troïka contre l’économie grecque.

Si les poursuites contre Varoufakis avancent, le coup d’État aura été achevé. Tout plan de sortie de la crise sera pénalisé, directement ou indirectement. À ce jour, tous ceux qui parlaient de sortie de l’euro étaient licenciés (si, par exemple, c’était des journalistes) ou bien étaient marginalisés (s’ils étaient universitaires ou politiques). Dorénavant, ils seront confrontés à une « justice » autoproclamée.

Une telle chose peut-elle se produire avec SYRIZA au gouvernement et Tsipras au poste de Premier ministre, se demandera-t-on. La réponse a été récemment donnée par Manolis Glezos : le gouvernement à Maximou (résidence officielle du Premier ministre), est une chose, SYRIZA en est une autre.

Aris Chatzistefanou | 29/07/2015

Article original : http://bit.ly/1JRa5D3

Traduit par Christine Cooreman

Source : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=15436

 

 

Source : http://arretsurinfo.ch

 

 

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 22:38

 

Source : http://www.franceculture.fr

 

 

Tout comprendre sur la dette grecque en six étapes

 

 

 

Alors que les négociations vont reprendre entre la Grèce et ses créanciers (BCE, pays de la zone euro, FMI) pour un troisième plan d'aide, 6 étapes et une série de graphiques pour comprendre pourquoi la dette grecque est devenue l’une des clefs de l’avenir de la zone euro et de l’Union Européenne. 

 

"Réduisez la dette. Dehors le FMI !". Slogan à Athènes. Alkis Konstantinidis © Reuters

 

La dette grecque n'en finit pas d'être à la une de l'actualité. Pourquoi fallait-il trouver un nouvel accord fin juin? Comment tout cela a commencé ? Pourquoi a-t-on prêté à la Grèce, combien cela nous a-t-il rapporté, combien peut-on perdre ? Réponses à ces questions cruciales pour l'avenir de l'euro et de l'Europe en six étapes et une série de graphiques.

 

>>> Les "Matins" de France Culture étaient en direct d'Athènes ce mardi 30 juin

 

1. Pourquoi la Grèce a besoin d'argent en ce moment ?

 

Trois raisons à cela : 

- Méthode et calendrier. L’aide versée à la Grèce l’est tranche par tranche, et à chaque tranche, les créanciers (BCE, FMI, Etats de la zone euro = feu la troïka), conditionnent  le versement de chaque nouvelle tranche à la mise en place en Grèce de réformes. Vous trouverez ici un exemple (en anglais) de l'évaluation des réformes menées ouvrant droit à un nouveau versement. La dernière tranche du 2ème plan d’aide (7.2 milliards d’euros) devait être versée en septembre 2014. Cela n’a pas été le cas. Les créanciers ont préféré ensuite laisser passer les soubresauts politiques en Grèce, ainsi que les élections de janvier, pour discuter du déblocage de la tranche. Or, le programme d'aide avait une date de fin. En février, cette date a été repoussé au 30 juin 2015. Voilà pourquoi il fallait que les négociations aboutissent avant le 30 juin. Cela n'a pas été le cas. Après l'accord du 13 juillet, un troisième plan d'aide va être négocié, avec à la clef une nouvelle échéance, le 20 août, date à laquelle la Grèce doit rembourser 3.5 milliards d'euros à la BCE.   

 

- Les plans irréalistes. A chaque plan d’aide, les créanciers et la Grèce se mettent d’accord sur des hypothèses qui ne se réalisent jamais. Croissance, rentrée des impôts, recettes de privatisations : les prévisions sont toujours trop optimistes. Arrive donc le jour où la Grèce manque d’argent, et fatalement il faut renégocier (toujours dans la douleur). En 2012, il était prévu que le ratio dette/PIB soit de 153% en 2015. La réalité d’aujourd’hui s'élève à 175%. De fait, les plans d’austérité, corollaires des plans d’aide, ont fait chuter le PIB grec de 25% depuis 2009. Résultat, malgré l’annulation de 107 milliards d’euros de dette sur les créanciers privés (aussi appelé haircut - "coupe de cheveux" ), le ratio dette/PIB a explosé. 

 

L'explosion de la dette grecque (versus France & Allemagne) depuis 2007 

 

- Troisième raison, c’était prévu. En 2012, les créanciers de la Grèce s’étaient engagés à rediscuter de la dette grecque en profondeur dès que le pays aurait un budget en excédent primaire (c'est-à-dire que ses recettes seraient supérieures à ses dépenses, frais financiers mis à part). La Grèce a passé ce cap là en janvier 2014, mais aucune discussion n’a eu lieu. Dès sa victoire aux élections de janvier, Alexis Tsipras a remis le sujet sur la table. Ce fut d'ailleurs un des points d’achoppement de la négociation. A part le FMI, aucun des autres créanciers de la Grèce ne voulait aborder cette question de fond. Aucun responsable politique européen ne l'avoue, mais tous savent que la dette grecque est insoutenable, autrement dit impossible à rembourser, tous les analystes et économistes qui suivent ce dossier le disent aussi, à l’instar de 300 économistes internationaux qui ont publié une tribune intitulée « Nous sommes avec la Grèce et avec l’Europe ». Autre éclairage sur ce thème, le rapport rendu par la commission pour la vérité sur la dette grecque, qui a été rendu en juin par Eric Toussaint (un belge animant depuis des années le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde) à la demande de la présidente du parlement grec, Zoé Konstantopoulou.

 

2. Pourquoi avoir prêté de l'argent à la Grèce ? 

 

Avant la première crise grecque (2009-2010), l’Etat émettait des bons du trésor (on dit aussi "titres de dette" ou "obligations souveraines"). Tous les Etats qui n’arrivent pas à équilibrer leur budget font cela, Etats-Unis en tête. Ces bons du trésor sont achetés sur les marchés financiers. Par qui ? Par des fonds d'investissement, des assureurs plaçant l’assurance-vie des petits épargnants, des gérants de fonds ou de fortunes privées, des fonds de pension gérant des retraites, ou encore des banques. L’agence grecque de gestion de la dette donne plus de précisions ici. Ces investisseurs peuvent ensuite conserver ces titres, et toucher les taux d’intérêt afférents, ou les vendre sur ce qu’on appelle le marché secondaire, qui est comme un marché de l'occasion des titres de dette.

 

En octobre 2009, peu après les élections, le nouveau premier ministre Georges Papandréou (PASOK) fait la vérité sur les chiffres du déficit grec. Il n’est pas de 6% comme annoncé par le précédent gouvernement, mais de 12.7% du PIB pour 2009. Pourquoi un tel déficit ? Les avis divergent sur la question. En résumé, pour certains, c'est la faute des Grecs qui ont dépensé sans compter, pour d'autres, c'est l'entrée dans la zone euro qui a déstabilisé l'économie du pays. On ne connait toujours pas bien les tenants et aboutissants de cette opération vérité. Une procédure judiciaire est d'ailleurs en cours contre Andréa Georgiou, un statisticien grec, procédure dont seul le Wall Street Journal s'est fait l'écho.  En 2011, il y avait eu quelques articles intéressants sur ce début de procédure.

 

Quoi qu'il en soit, ces nouveaux chiffres obligent les agences de notation à revoir la note qu’elles attribuent à la Grèce. De A, la note de la Grèce dégringole de mois en mois, ce qui veut dire que le risque que la Grèce ne rembourse pas sa dette, lui, grandit. Certains acteurs sur les marchés financiers se mettent à paniquer, d’autres en profitent pour parier financièrement sur la faillite de la Grèce via des produits financiers complexes (et depuis interdits par l’UE) : les CDS à nu. Les détenteurs de titres de dette, eux, cherchent à les revendre. Les prix de ces bons s’effondrent, montrant le peu de confiance qu’inspire la Grèce. Bien sûr, quand elle vient demander de l’argent sur les marchés financiers pour boucler son budget, comme elle le faisait sans problème auparavant, plus personne ne veut lui prêter, sauf à des taux exorbitants (les taux d’intérêt grandissent avec le risque que l’emprunteur ne rembourse pas). Le 23 avril 2010, la Grèce reconnaît qu’elle n’a plus les moyens de subvenir à ses besoins et fait appel à une aide internationale. 

 

3. L'Europe à l'aide : la dette grecque passe du secteur privé au public

 

En 2010, les banques européennes ne sont pas tout à fait remises de la faillite de Lehman Brothers. Les potentielles pertes que représente le non remboursement par la Grèce d’une partie de sa dette font craindre de nouvelles faillites bancaires dans la zone euro, en Grèce mais aussi en France et en Allemagne. Fin 2009, selon la Banque des règlements internationaux, les banques françaises étaient celles qui détenaient le plus de dette grecque dans leur portefeuille (57 milliards d’euros), devant les banques allemandes (34 milliards d’euros). La crise grecque fait paniquer les marchés financiers qui rechignent aussi à prêter à l'Espagne, l'Italie, le Portugal, l'Irlande… les taux d'intérêt auxquels ces pays empruntent bondissent. 

 

Le premier plan d’aide a donc consisté en une chose très simple : faire passer la dette grecque des mains, ou plutôt des tiroirs caisses, du privé à ceux du public. Le FMI et les Etats de la zone euro prêtent 110 milliards d’euros à la Grèce et la BCE se met à racheter des titres de dette grecque pour éviter que leur prix ne s’effondre. Ce premier plan prévoyait que la Grèce reviendrait se financer sur les marchés au premier trimestre 2012. Mais dès 2011, tout le monde voit que c’est impossible, et qu’il faut de nouveau prêter à la Grèce. 

 

Le deuxième plan d’aide est scellé le 27 octobre 2011. Il prévoit une nouvelle aide de 130 milliards d’euros, une annulation de 107 milliards d’euros de ce que doit la Grèce aux créanciers privés (banques, fonds, etc.), et une recapitalisation des banques grecques, c'est à dire un don en capital. 

 

En deux plans d’aide, la dette grecque a donc changé de structure. Elle était constituée à 80% par des bons du trésor échangeables sur les marchés financiers. Aujourd'hui, ils représentent 29% de la dette (soit 91.6 milliards d'euros, dont 27 milliards détenus par la BCE) ; le reste (221,05 milliards d'euros) est constitué de prêts. Par cette transformation, ce sont des entités publiques (FMI, BCE, FESF, États de la zone euro) qui ont remplacé les investisseurs privés, puisqu’ils détiennent maintenant 75% de la dette grecque, contre 0 avant la première crise. Ainsi, la dette grecque a été collectivisée, et le marché des obligations souveraines grecques « exfiltrés » des marchés financiers classiques. Aujourd’hui c’est un marché à part, où seuls s'aventurent les fonds qui sont prêts à prendre beaucoup de risque en échange d'une forte rémunération. Voilà pourquoi, un potentiel défaut de la dette grecque n'a pas provoqué de panique sur les marchés financiers. En revanche c’est devenu le problème commun des citoyens-contribuables de la zone euro. Au total, la dette de la Grèce s'élève à 312.65 milliards d'euros.


 

4. A qui la Grèce doit-elle de l'argent ? 

 

Côté privé, il reste 49.7 milliards d’obligations grecques en circulation. Elles sont détenues par les investisseurs qui ont gardé leurs vieilles obligations après la restructuration de 2012, et des fonds financiers adeptes du risque (les hedge funds).

Mi privé-mi public. Pour ses besoins de trésorerie, la Grèce fait appel aux marchés financiers en leur vendant ce qu’on appelle des T-Bills : des titres de dette, à très court terme (pas plus de 6 mois). Seules les banques grecques lui achètent ces titres, or elles le font justement grâce aux liquidités que leur octroi la BCE dans le cadre du programme ELA (Emergency Liquidity Assistance). D’où l’importance cruciale de ce programme pour la Grèce à la fin juin et le pouvoir colossal de la BCE dans les semaines qui ont précédé l'accord du 13 juillet. 

Côté public, le FMI a prêté 17,543 milliards de DTS (Droit de Tirage spéciaux), le panier de monnaie avec lequel il travaille. Au taux de change de la fin juin, cela représentait 21.25 milliards d’euros. La BCE détenait 27 milliards d’euros d’obligations grecques à la fin juin, mais la Grèce doit lui en rembourser plus de 7 milliards cet été. Les Etats de la zone euro ont prêté le reste : 183,8 milliards (soit 60% du total), mais par deux canaux différents :

 

- Le premier canal est le prêt bilatéral simple. Avec 11,4 milliards d'euros, la France est le deuxième prêteur après l'Allemagne, selon les derniers chiffres de la Commission Européenne.

 

Prêts bilatéraux à la Grèce: principaux pays concernés ©

 

- le second canal de prêt est un fonds spécialement créé pour l'occasion, le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Aujourd'hui, ce fonds - qui a aussi prêté à l'Irlande et au Portugal - détient 130.9 milliards d'euros de dette grecque. Au sein du FESF, chaque pays de la zone euro participe à hauteur de son poids économique.

 

FESF:principaux pays exposés via le Fonds européen de solidarité financière © RADIO FRANCE

 

 

Quand le prêteur emprunte. Mais pour prêter cet argent, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a lui-même dû emprunter. La France n'a donc pas vraiment prêté à la Grèce 31 milliards d'euros via ce fonds, mais elle a garanti cette somme sur les 130.9 milliards empruntés par le Fonds européen de stabilité. Si la Grèce ne remboursait pas cet argent, la France devrait le faire à sa place. Mais il n’y a pas encore urgence de ce côté-là. La Grèce ne commence à rembourser son emprunt au FESF qu’à partir de 2023.

Au total, si on ajoute le prêt bilatéral et la garantie pour le fonds européen de stabilité, on peut considérer que la France s’est engagée à hauteur de 42 milliards d’euros envers la Grèce. Un engagement qui court jusqu’en 2045. 

 

5. Qui va payer si la Grèce ne peut pas payer sa dette ? 

 

Impossible de savoir exactement car cette question fera sans doute l'objet d'une nouvelle négociation. Au niveau des principes, on peut dire que quand un pays fait défaut , il fait rarement défaut sur la totalité de sa dette, et continue à en rembourser une partie. Or il y a des créanciers prioritaires. Généralement le FMI est un créancier prioritaire, mais cela pourrait ne pas être le cas cette fois. La BCE se considère également comme un créancier prioritaire - elle l'a montré en 2012, en refusant de se voir appliqué le "hair cut", (abandon de créances) pour les bons du trésor grecs qu'elle détenait. De fait, les Etats de la zone euro risquent, eux, de ne pas être prioritaires. Comme ils ont emprunté l'argent prêté à la Grèce, ou garanti les prêts du FESF, ils auraient à les rembourser à la place de la Grèce.

 

Si c'est le cas, si une restructuration de la dette grecque est négociée et comporte une annulation d'une partie de la dette (ce que l'Allemagne pour le moment exclut) cela aura des conséquences sur leur budget à partir de 2020, car c'est à ce moment là que la Grèce était censée rembourser le capital emprunté. Mais d'ici là, il peut se passer beaucoup de choses, et en 2020 il y a toujours la possibilité d'emprunter à nouveau. C'est ce que font quasiment tous les Etats à qui les marchés financiers accordent leur confiance : ils empruntent pour rembourser les précédents emprunts. Cela fonctionne tant que les marchés financiers font confiance en l'Etat en question, mais cela n'est pas éternel comme on le voit avec la Grèce. 

 

6. Pour le moment la Grèce a rapporté de l’argent à ses créanciers publics

 

Les 226,9 milliards d’euros prêtés par les pays de la zone euro à la Grèce ne l’ont pas été à taux zéro. Initialement, le taux consenti était celui de l'Euribor (un taux d'intérêt moyen européen) + 300 point de base. A cette époque l'Euribor était 1.6%, la Grèce a donc emprunté à 4.6% a calculé la commission pour la vérité sur la dette grecque dans son analyse de la dette par créanciers. "Conséquence de ce choix politique, écrit la commission sur la vérité de la dette grecque, 2.614 milliards d'euros d'intérêts ont été remboursé par la Grèce aux Etats membres en mars 2012". 

Lucratif, voire abusif, si bien que par la suite, ces taux ont été revus à la baisse. La transparence n’est cependant pas de mise. Seul, le Fonds européen de stabilité financière dit prêter à un taux de 1,5%, et assure que ce taux ne lui assure pas de revenu, juste de quoi couvrir l’emprunt qu’il fait pour prêter à la Grèce, ainsi que ses frais de fonctionnement. 

 

Concernant les prêts bilatéraux, les taux varient en fonction des pays. Pour la France, Bercy préfère donner un chiffre global. Depuis 2010 les prêts à la Grèce lui ont rapporté 729 millions d’euros, qui sont rentrés comme des recettes dans le budget de l’Etat. Cependant, c’est un chiffre brut, qui ne tient pas compte des intérêts que la France a dû payer pour l’emprunt qu’elle-même a dû faire pour prêter ensuite à la Grèce.

 

Quant à la BCE, depuis 2010, elle achète des bons du trésor grecs qui rapportent aussi des intérêts. Difficile de savoir combien exactement. De source proche de la BCE, on estime que ces bons du trésor grecs ont rapporté plus de 2 milliards d’euros par an en intérêt depuis 2010. Un montant colossal. En 2010, 2011 et 2012, ce sont les banques centrales de la zone euro (Bundesbank, Banque de France etc… ) qui ont encaissé cet argent (car la BCE passe par elles pour acheter les bons du trésor grecs, ce sont donc elles qui reçoivent les intérêts liés à ces titres). Pendant trois ans, la crise grecque a donc été lucrative pour ses créanciers européens.

 

Le 27 novembre 2012, l’Eurogroupe a décidé que ces intérêts seraient reversés à la banque centrale grecque à partir de 2013 (voir le document ci-dessous). Cette décision faisait partie d’un ensemble plus large de mesures destinées (déjà) à rendre la dette grecque soutenable. 2 milliards 98 millions d'euros ont ainsi été versé à la Grèce pour les intérêts de 2013, dont 450 millions par la France à lire la page 9 du Bleu budgétaire de la mission: Participation de la France au désendettement de la Grèce

En revanche, pour 2014, la Grèce attend toujours que les banques centrales de la zone euro lui reversent les intérêts touchés sur sa dette. D'après le bleu budgétaire français, 1 milliard 981 millions d'euros doivent être versés à la Grèce au titre des intérêts perçus l'an dernier. Dès son arrivée au pouvoir le gouvernement d'Alexis Tsipras a demandé le déblocage de cette somme, mais les créanciers en ont fait un objet de la négociation. C’est un des multiples exemples d’incompréhension dans l’interprétation des accords passés. 

 

Déclaration de l'Eurogroupe sur la Grèce du 27 novembre 2012

 

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 23:58

 

Source : http://www.franceculture.fr

 

 

Le revenu universel de base est-il une mesure réaliste? 

28.07.2015 - 18:15

 
 
Ecouter l'émission ici

 

Juha Sipilä le Premier ministre finlandais (de centre-droit) l’a annoncé il y a quelques jours lors de son discours de politique générale : il veut expérimenter dans son pays le revenu de base, le revenu universel. Une allocation pour tous, qui remplacerait tous les aides par ailleurs, allocations chômage, aides au logements, pensions de retraite mêmeLa Finlande imagine ainsi lutter contre la pauvreté et contre le chômage de masse.

 

Un manifestant appelle à une loi nationale pour un salaire minimum de 15 dollars (Washington) © Radio France

 

1000 € par mois pour tous et pour chacun, sans contrepartie. Libre ensuite à tout le monde de compléter en travaillant.

Le travail deviendrait alors un choix. Ou tout du moins, tendrait à devenir un choix.

 La Finlande franchit le pas, d’une possible concrétisation de cette idée économique ancienne et qui bouscule les clivages politiques. Par ailleurs, la Suisse va lancer un référendum d’initiative populaire sur le sujet l’année prochaine, le partie d’extrême-gauche Podemos l’a inscrit à son programme, et c’était une idée portée initialement par le mouvement des Indignés,

la ville d’Utrecht va tenter l’expérience à une petite échelle en janvier 2016… 

 

Le revenu de base en question…

Christophe Fourel, Anne Eydoux et Marc De Basquat MV © Radio France

 

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Invité(s) :
Anne Eydoux, économiste, membre des "Economistes Atterrés" et chercheuse au Centre d'études de l'emploi et maître de conférences à l'Université Rennes 2
Marc de Basquiat, ingénieur et économiste, au débat sur le concept d'allocation universelle
Christophe Fourel, chef de la Mission Analyse Stratégique, Synthèses et Prospective à la Direction Générale de la Cohésion Sociale
Jean-Baptiste Myondo, enseignant en économie et philosophie politique

Thème(s) : Information| Politique| Société

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LIBER, un revenu de liberté pour tous (Génération libre)S’il y a bien une fonction qui revient à l’Etat régalien et qui n’est pas assurée aujourd’hui, c’est de garantir à tous un revenu minimum -Marc de Basquiat et Gaspard Kœnig (22/05/2014)

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 23:40

 

Source : https://www.laquadrature.net

 

 

Défendons la Neutralité du Net en Europe : sauvons Internet !

Surveillance de tous les citoyens : le gouvernement a désormais carte blanche

 

 

 

Paris, 29 juillet 2015 — Le Conseil constitutionnel a rendu, jeudi 23 juillet, une décision historique par son mépris des libertés individuelles, du respect de la vie privée et de la liberté d'expression. Les «  sages » ont choisi de faire l'économie d'une analyse réelle de la proportionnalité des lois de surveillance et démontré ainsi leur volonté de ne pas enrayer le jeu politique, pour finalement endosser le rôle de chambre d'enregistrement.

Communiqué commun de l'Observatoire des Libertés et du Numérique (OLN)1

Pourtant, le Conseil constitutionnel avait reçu de nombreuses contributions des organisations citoyennes, via la procédure de la porte étroite, appelant à une analyse en profondeur de la loi et une censure de nombreuses dispositions, à commencer par les trop nombreuses et trop larges finalités. Bien sûr, le Conseil constitutionnel donne les limites de chacune des finalités, en renvoyant aux différents articles des différents codes (pénal et de procédure pénale, de la défense et de la sécurité intérieure). Toutefois ces finalités restent si larges que toute « atteinte à l'ordre public », comme la participation à une manifestation, peut faire l'objet d'une technique de renseignement. Ainsi, il reviendra aux services de renseignement puis à la CNCTR de définir dans l'urgence ce qui entre dans le champ des finalités, sans aucun contrôle judiciaire.

Par ailleurs, la validation de la mise à l'écart du juge affaiblit profondément le principe de séparation des pouvoirs, qui constitue pourtant une garantie démocratique fondamentale. Le juge judiciaire, garant des libertés individuelles, est totalement écarté. Quant au Conseil d'État, il pourra en principe être saisi de plaintes par les citoyens, concernant des procédures qui leur sont inconnues, puisque secrètes par nature. C'est dire si l'on est loin d'un droit de recours effectif !

Sur les techniques de renseignement, le Conseil constitutionnel choisit la démonstration par la tautologie : pur écho au gouvernement, il affirme que « ces dispositions ne portent pas une atteinte manifestement disproportionnée au droit au respect de la vie privée ». Quant aux risques liés au fonctionnement des algorithmes et aux faux-positifs, il se garde bien d'en mesurer les effets.

Le Conseil constitutionnel ne s'inquiète pas davantage du secret professionnel des avocats et parlementaires ou du secret des sources des journalistes. Il ne craint pas d'écrire que la collecte des métadonnées, dès lors qu'il ne s'agit pas du contenu des correspondances, ne porte pas atteinte au droit au secret des correspondances et à la liberté d'expression. Ainsi, il fait fi de la quasi-impossibilité de déterminer, par avance, si les données interceptées relèvent d'échanges professionnels ou personnels.

Ce n'est pourtant pas faute d'arguments juridiques étayés, ni de décryptages techniques mis à sa disposition par de nombreux mémoires 2. Pour n'avoir pas voulu voir la réalité concrète d'une terminologie nébuleuse — ce que sont, et ce que produisent un IMSI catcher ou une « boîte noire » — et pour n'avoir pas voulu la confronter, dans une analyse systématique, avec les articles de la Constitution qui consacrent pourtant la séparation des pouvoirs, le secret des correspondances et le droit au respect de la vie privée, le Conseil constitutionnel signe ici une double démission.

Ce ne sont finalement que les quelques dispositions qui crient à l'inconstitutionnalité — dont la surveillance internationale sans aucun contrôle de la CNCTR — ou qui heurtent des principes purement formels — une disposition budgétaire que l'on devra ranger dans la loi de finance plutôt que dans une loi ordinaire — qui ont retenu l'attention de la plus haute juridiction française. Le message est clair : le Conseil constitutionnel n'est pas un frein au « progrès décisif » (selon l'expression de Manuel Valls) que constitue la surveillance généralisée de la population.

L'Observatoire des libertés et du numérique condamne fortement cette dérive vers une société panoptique où tous les citoyens seront susceptibles d'être surveillés, et qui témoigne du naufrage d'un pouvoir aux abois prêt à bafouer les valeurs fondamentales de la République et œuvrant contre l'intérêt de tous en manipulant les peurs. Cette défaite doit résonner comme un appel pour tous les citoyens : mobilisons-nous toujours plus pour défendre nos libertés !

 

Source : https://www.laquadrature.net

 

 

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 23:21

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/pascal-gerin-roze

 

 

VAROUFAKIS REPOND AUX ACCUSATIONS DE HAUTE TRAHISON

 

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Accusations de trahison: ce qui se cache derrière les allégations bizarres

 

Posté le 29 juillet 2015 par yanis varoufakis

http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/29/treason-charges-what-lurks-behind-the-bizarre-allegations/

 

La tentative bizarre de me faire  inculper pour trahison, pour avoir prétendument conspiré pour pousser la Grèce hors de la zone euro, reflète quelque chose de beaucoup plus large.

Il reflète un effort déterminé pour délégitimer notre longue  négociation de cinq mois (25 e Janvier au 5 Juillet 2015)  avec une troïka irritée que nous avons eu l'audace et d'en contester la sagesse et l'efficacité du programme voué à l'échec.

Le but de mes accusateurs est de soi-disant caractériser notre position de défiance dans la négociation comme une aberration, une erreur ou, mieux encore vu de  l'établissement oligarchique de la troïka dans l'environnement grec, comme un «crime» contre l'intérêt national de la Grèce.

Mon ignoble «crime» était que, j'incarne l'expression de la volonté collective de notre gouvernement, :

  • D'abord le refus de me considérer comme un égal à l'ensemble des autres négociateurs, pouvant dire "non" et capable de présenter les raisons analytiques consistantes pour repousser l'illogisme catastrophique des énormes prêts consentis à un état en faillite à condition qu'il mette en oeuvre une austérité autodestructrice
  • Ce qui démontre que l'on peut être un européiste engagé, s'efforcer de garder sa nation dans la zone euro, et, en même temps, rejeter les politiques de l'Eurogroupe qui endommagent l'Europe, déconstruisent l'euro et, surtout, le piège qui entraîne le pays dans une austérité à perpétuité et à la servitude pour  des dettes
  • Planifier des plans de secours face aux menaces que brandissaient mes collègues de l’Eurogroup, et les officiels haut placés de la Troïka lors de nos discussions en face à face.
  • Dévoilement de la façon dont les gouvernements grecs précédents ont transformé la fonction de ministères cruciaux, tels que le Secrétariat général des recettes publiques et l'Office statistique hellénique, en départements efficacement contrôlés par la troïka et considérés comme en mesure de faire pression et de miner le gouvernement élu.

Il est amplement évident que le gouvernement grec a le devoir de récupérer la souveraineté nationale et démocratique sur tous les départements de l'Etat, et en particulier ceux du ministère des Finances. Si elle ne le fait pas, il continuera à être dépossédé des instruments d'élaboration des politiques que les électeurs attendent,  utiles dans la poursuite du mandat qui lui est dévolu.

Dans mes efforts ministériels, mon équipe et moi avons imaginé des méthodes innovantes pour développer les outils du ministère des Finances pour faire face efficacement à la crise de liquidité induite par la troïka-tout en récupérant des pouvoirs exécutifs précédemment usurpés par la troïka avec le consentement des gouvernements précédents.

Au lieu d'inculper et persécuter ceux qui, à ce jour, sont en fonction dans le secteur public comme serviteurs et  lieutenants de la troïka (tout en recevant leur salaire substantiel de la part  des contribuables grecs), les politiciens et les partis dont l'électorat battus pour avoir travailler à transformer la Grèce en un protectorat sont maintenant ceux qui me persécute, aidé et encouragé par les médias des oligarques. je suis accusé par eux. 

La négociation fière et honnête que le gouvernement SYRIZA a menée dès le premier jour où nous avons été élus a déjà changé les débats publics en mieux. Le débat sur le déficit démocratique qui afflige la zone euro est désormais imparable. Hélas, les chers leaders nationaux à la solde de la Troïka ne semblent pas en mesure de supporter ce succès historique. Leurs efforts pour me criminaliser  échoueront sur les mêmes écueils que les campagnes de propagandes contre le vote «non» du référendum du 5 Juillet : la grande majorité intrépide du peuple grec. 

 

 

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/pascal-gerin-roze

 

 

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 23:09

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/jipe-tournebride

 

 

A qui profite la révolte des paysans ?

|  Par Jipé Tournebride

 

 

Voici un peu plus de deux semaines que les journaux télévisés ou radio ouvrent sur la révolte des agriculteurs, et pas un jour ne passe sans que l'on voie un agriculteur exhaler sa colère et son désespoir. Un agriculteur ? Sans doute mais surtout un agriculteur affilié à la FNSEA, ce grand syndicat qui est entièrement dévoué à l'agriculture productiviste. L'un des plus emblématiques de ses dirigeants Michel Debatisse, venu comme la plupart des adhérents de la JAC (jeunesse agricole catholique) au syndicalisme dans les années  60 avait déjà annoncé la couleur en se démarquant de ses collègues paysans en soutenant l'extension du camp du Larzac contre l'avis de la plupart des agriculteurs du Causse. Président de la Sodial (Yoplait, Candia) le pouvoir politique sut le récompenser en le nommant secrétaire d'Etat sous le gouvernement Barre. S'éloignant du monde paysan il finit sa carrière comme parlementaire européen où il fut un activiste du lobby agro-alimentaire.

Ses successeurs ? François Guillaume : après avoir été Président de Saint-Hubert Industrie Laitière (700 salariés) de 1981 à 1990, il deviendra ministre de l'agriculture du gouvernement Chirac (celui qui aimait tâter le cul des vaches) et finit sa carrière politique comme député de Meurthe et Moselle après avoir siégé au Parlement européen. Depuis il fait dans l'aide alimentaire et milite au sein de "Debout la France".

Raymond Lacombe eut une carrière plus modeste, il ne fut que vice-président de la chambre d'agriculture de l'Aveyron et membre du conseil économique et social...

Luc Guyau est d'abord passé par le CDJA, la FDSEA avant de parvenir à la présidence de la FNSEA, puis , membre de la FIPA (Fédération internationale des producteurs agricoles), il est délégué du CESE au Comité pour la sécurité alimentaire mondiale au sein de la FAO  (l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture). Curieux ce penchant pour oeuvrer dans les organisations qui viennent en aide (pour mieux les tuer ? ) aux pays sous développés (non ce n'est pas un gros mot): en 2009 il deviendra président de la FAO... et en 2011 il est nommé inspecteur général de l'agriculture par le gouvernement sous la présidence de Sarkozy, et c'est sans doute un hasard s'il est vice-président départemental de l'UMP.

Jean Michel Lemétayer, s'il fut enlevé prématurément à l'affection des siens fut Président du Copa, lobby européen des agriculteurs, à Bruxelles, président de Sopexa (Sopexa est une agence de communication et de marketing spécialisée dans l'agroalimentaire, les vins et l'art de vivre) et enfin vice-président du Conseil économique et social....

Xavier Beulin, ah celui-là, c'est une autre échelle ... Céréalier, (ferme de 500 ha) et producteur de lait il est aussi président de Sofiprotéol, groupe agro-industriel aux multiples ramifications dont  le monopole pratiquement de la production du biodiésel.

En 2011, Xavier Beulin soutient une proposition de loi UMP  transposant un règlement européen de 1994 sur la protection des obtentions végétales, qui a pour conséquence que les agriculteurs, s'ils veulent ressemer leur propre récolte, doivent verser une « rémunération aux titulaires des certificats d'obtention végétale » que sont les semenciers . Le syndicat Coordination rurale rappelle qu'il est non seulement à la tête de la FNSEA, mais dirige également le groupe Sofiprotéol, « qui détient des participations dans plusieurs grands groupes semenciers français (Euralis Semences, Limagrain, RAGT Génétique, Serasem - groupe InVivo)

Gageons que M Beulin finira sa carrière au Parlement européen ou au conseil économique et social.

A la place des agriculteurs qui depuis des années se font du mouron pour l'avenir de leur métier , j'aurais tendance à me méfier de ces gens de la FNSEA dont l'activisme consiste surtout à promouvoir un modèle productiviste, suicidaire, mais qui permet à nombre d'entre eux de faire fortune sur les dépouilles de ceux qui veulent encore croire en l'avenir d'une agriculture soucieuse de l'Humain. La solution n'est pas le suicide (facile pour moi de le dire, bien entendu) mais la lutte et d'abord gagner à leur cause l'opinion publique  qui ne sait plus vers qui se tourner. Le diabète, l'hypertension, le cancer et combien d'autres maladies sont dues pour la plupart à cette malbouffe que défend la FNSEA (elle défend le modèle "ferme des mille vaches") . Avant de penser à exporter pour mieux ruiner les agricultures des pays sous-développés, les agriculteurs doivent porter leurs efforts vers une production raisonnée axée sur la qualité, et non plus sur la quantité. Il faut en finir avec ces rendements obtenus à coups d'engrais (importés) de traitements multiples et ruineux  et d'une addiction au machinisme qui fait de l'agriculteur un simple exécutant malade dans son corps, mais aussi dans sa tête car souvent il sait bien que ses immenses efforts et ses heures de travail interminables sont voués à la faillite.

Il est sans doute encore temps de se ressaisir !

 

 

 

Tous les commentaires

 

29/07/2015, 20:55 | Par ROBPROV

100% d'accord !!

Il ne faut pas etre dupe de la jacquerie FNSEA !

 

29/07/2015, 23:19 | Par Jean-Etienne Delerue en réponse au commentaire de ROBPROV le 29/07/2015 à 20:55

Oui, mais il faut défendre le droit des petits agriculteurs à un revenu décent et lutter contre le modèle de l'agriculture productiviste antiécologiste et donnant des produits de qualité médiocre. C'est l'approche de la Confédération Paysanne : http://www.confederationpaysanne.fr/

 

29/07/2015, 23:30 | Par Jipé Tournebride en réponse au commentaire de Jean-Etienne Delerue le 29/07/2015 à 23:19

la confédération paysanne est sans doute dans le vrai, mais actuellement on n'entend que la FNSEA, et c'est ce que je dénonce dans mon billet. La FNSEA n'est pas représentative du monde paysan, loin s'en faut, mais on n'entend qu'elle dans les medias, preuve s'il en était besoin de la collusion entre le monde politique et le modèle productiviste, gauche et droite confondues. Il est urgent de réagir !

 

29/07/2015, 18:28 | Par Gérard BARD

Détruire pour le plaisirs, est-ce vraiement du syndicalisme. J'ai été militant syndical et je m'opposais a détruire quoi que ce soit. Les personnes non concernées par un mouvement ne doivent pas subir par leur impôts des destructions de bâtiments ou bien public. S'attaquer aux grandes surfaces est un peut facile. Quand celles ci n'existaient pas, les paysans d'alors et leurs coopératives exercercaient une pression sur les grossites et marché d'intérêt national. Si les grandes surfaces ne sont pas des anges, tous les maux ne viennent pas d'eux. L'agroalimentaire, bien souvent détenu par patron agricole dont xavier Beulin est le digne représentant, puisque dans les Pujet, Lesieur, les oeufs matines etc. Le carburant agricole en fait parti. Les laiteries dont l'ancien de la FNSEA eétait le président de ST HUBERT, qui achetait son lait dans les pays de l'est. Je voudrais déjà que l'on regarde les comptes bancaires de bons nombres d'agriculteurs et je voudrais connaître leur vrai revenu, par ceux qu'il déclare hélas. Les COFFRES BANCAIRES OUVERTS? SONT POUR LA PLUPART AU NOM D'AGRICULTEUR ou de leur femme (nom de jeune fille) OU DE COMMERCANT QUI cache leur revenus (Confidence d'un banquier) Beaucoup ne paye pas d'impôts, mais sont propiétaire de leur maison, touche systématique les bourses pour les études. Enfin , si la situation est si mauvaise depuis 20 ans, pourquoi reprendre l'affaire de Papa? pour agrandir le cheptel, obtenir des prêts de 400 à 500 millions€ ? Regarder dans le journal ouest france, l'ouverture ou l'agrandissment de porcherie, dont depuis 50 ans on nous bassine qu'il vive au smic? après avoir tout payé? il ne me reste pas un smic après avoir tout payé. Depuis 50 ans des rapports sur les vrais revenus des agriculteurs sont fiat pour BERCY, tous reconnaissent que les revenus sont minorés de 30à 50%. Les rapports sont enterrés. Il ne faut pas froisser le monde agricole qui votent à 90% a droite. Quand à Hollande, nous sommes avec les agriculteurs, lui peut être pour sa réélection, mais les consommateurs? Les salaires et les retraites sont bloques, donc l'on cherche le moins cher, l'on mange moins de viande dont il est prouvé qu'en grande quantité elle est néfaste pour la santé. A titre d'exemple le kilo de pommes de terre en 2000 était à 0,34frs? Aujourd'hui 1,20€ le kilo soit 7,87frs ET C4EST SENSIBLEMENT LE MEME PRIX CHEZ L AGRICULTEUR DU COIN. J 'aurais bien voulu que ma retraite subisse la maême inflation.

 

29/07/2015, 23:38 | Par Jipé Tournebride en réponse au commentaire de Gérard BARD le 29/07/2015 à 18:28

contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, manger sainement coûte très cher.  Si nous avions des produits locaux, de saison, les effets sur la santé seraient bénéfiques, et nous permettrions à des agriculteurs de gagner leur vie correctement. L'Europe a modifié  les règles, la PAC a permis à certains de bâtir des fortunes tandis que de petites exploitations, tout à fait viables ont été  condamnées à disparaître au profit des plus grosses qui les ont absorbées. Ce modèle nous conduit  droit dans  le mur, tue tous les jours des dizaines de paysans et nous empoisonne. A qui profite le crime ?

 

29/07/2015, 20:57 | Par juan23

N'oubliez pas Christian Jacob député UMP, exploitant agricoleen Brie, ancien du CDJA et de tant d'autres choses...

 

29/07/2015, 21:58 | Par seth

Merci pour cette galerie de portraits.

Mais je ne sais pas si la fnsea arrive vraiment en ce moment à contrôler les croquants...

 

29/07/2015, 22:48 | Par Charles-Hubert de Girondiac

Merci pour votre texte. Le corps médical alerte depuis au moins dix ans sur l'explosion des cas de maladies neuro-dégénératives, de cancers etc dans les campagnes, liés à la combinaison de pesticides, parfois dix ou plus en arboriculture etc. Toutes les personnes qui travaillent la terre sont concernées, mais également les riverains et, à trrme, ceux qui se nourrissent de ces aliments contaminés.

Mais le mal est systémique. Tant que des dizaines de millions de "consommateurs" abrutis de "réclame", estimeront plus désirable de s'acheter une bagnole et gaspiller les ressources plutôt que rémunérer dignement le travail digne, aucun changement n'aura lieu. La propagande sur les "prix", le nihilisme ambiant d'un pays qui ne vit plus qu'à la sortie d'un puits de pétrole modèlent les comportements, très loin du point de fonctionnement stable d'une dynamique durable. 

En attendant que ce même pétrole ne détruise les terres elles-mêmes alors que la priorité devrait d'urgence être donnée à rechercher les moyens les plus intelligents pour maintenir la sécurité alimentaire par une meilleurs connaissance de la nutrition et de nouvelles méthodes de culture.

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