Mardi 2 septembre 2014 2 02 /09 /Sep /2014 15:37

 

Source : www.mediapart.fr

 

François Rebsamen veut renforcer le contrôle des chômeurs

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

« Je demande à Pôle emploi de renforcer les contrôles pour vérifier que les gens cherchent bien un emploi », a annoncé le ministre du travail. « Il faut qu’il y ait, à un moment, une sanction. »

Le ministre du travail François Rebsamen a annoncé, mardi 2 septembre sur i-Télé, avoir demandé à Pôle emploi de renforcer les contrôles et de plus sanctionner les chômeurs ne cherchant pas assez activement un emploi.

« Je demande à Pôle emploi de renforcer les contrôles pour vérifier que les gens cherchent bien un emploi », a-t-il déclaré. « Il faut qu’il y ait, à un moment, une sanction. »

Ces propos de François Rebsamen ont suscité de vives réactions, notamment à gauche. Le Parti communiste a ainsi proposé, dans un communiqué, de contrôler le travail du ministre. « Il s'agit aujourd'hui de contrôler l'activité réelle de Monsieur Rebsamen, François, recruté en avril dernier pour s'occuper de l'emploi. Certains chiffres et résultats enregistrés dernièrement nous font douter de sa capacité réelle et de sa détermination. »

Les propos de François Rebsamen sur le site d’i-Télé.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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Source : www.pcf.fr

 

 

« Il faudrait contrôler l'activité réelle de Monsieur Rebsamen, François, recruté en avril dernier pour s'occuper de l'emploi. »

 

 

François Rebsamen, ce ministre du travail qui ne commente plus les chiffres du chômage tant il sont catastrophiques et contredisent, mois après mois, les prophéties présidentielles, vient de trouver les responsables de cet échec : les chômeurs eux-mêmes.

 

Ce matin, il annonce donc le renforcement des contrôles pour vérifier qu'ils sont bien à la recherche d'un travail.

 

En 2012, alors que Nicolas Sarkozy parlait comme le fait aujourd'hui François Rebsamen, François Hollande répondait qu'il ne fallait pas "s'en prendre aux plus fragiles". Mais c'était avant.

 

Au lieu de singer la droite, le ministre du travail ferait mieux de changer de politique. Il serait bien à la peine si les 5 millions de chômeurs décidaient d'installer des comités locaux pour mesurer les dégâts économiques et sociaux des choix gouvernementaux.

 

Si, à l'échelle des départements et des territoires, un suivi des aides publiques aux entreprises, comme pour le CICE, était mis en place par les citoyens, avec, d'un côté, des records de dividendes versés aux actionnaire et, de l'autre, des licenciements, des femmes et des hommes et des familles brisés.

 

La peur doit vite changer de camp.

 

Il s'agit aujourd'hui de contrôler l'activité réelle de Monsieur Rebsamen, François, recruté en avril dernier pour s'occuper de l'emploi. Certains chiffres et résultats enregistrés dernièrement nous font douter de sa capacité réelle et de sa détermination.

 

Le gouvernement et le patronat doivent aujourd'hui rendre des comptes.

 

 

 

Source : www.pcf.fr

 

 


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Lundi 1 septembre 2014 1 01 /09 /Sep /2014 18:56

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Vies alternatives (2/6) : Génération déconnectée

|  Par Sophie Dufau

 

 

 

 

Comment trouver d'autres formes de vie commune afin de résister à l'accélération financière et technologique qui nous conduira à la catastrophe écologique et sociale ? pour Mediapart, Philippe Borrel, réalisateur de L'urgence de ralentir (Arte, 2 septembre, 22h40), a sélectionné dans ses rushes une quinzaine d'exemples. Aujourd'hui, l'éducation et la transmission.

Résister à l'accélération financière et technologique qui nous mène vers des catastrophes écologiques et sociales ; trouver d'autres façon de vivre ensemble pour façonner un autre monde : c'est ce qu'interroge le documentaire L'urgence de ralentir (de Philippe Borrel sur une idée de Noël Manère) diffusé le mardi 2 septembre sur Arte, à 22h40.

Un film qui à partir des critiques et réflexions de philosophes, sociologues et économistes tels Edgar Morin, Pierre Dardot, Douglas Rushkoff, Geneviève Azam, Rob Hopkins, Jeremy Rifkin, Alberto Acosta, Bunker Roy, Tim Jackson, etc. sillonne la planète à la recherche de « ces nouveaux rebelles contemporains vivant à contre temps du modèle dominant, ces précurseurs qui redécouvrent un rapport attentif, patient et fertile au temps », explique le réalisateur.

Pour Mediapart, Philippe Borrel a sélectionné plus d'une quinzaine de séquences, non montrées dans le film, qui donnent chair au propos du documentaire. Alternatives radicales ou plus modestes, embryons d'organisation ou système quasi fermé, nous les diffuserons tout au long de la semaine, accompagnées à chaque fois de l'entretien vidéo avec un des intellectuels rencontrés pour le film.

  • 2e volet : Génération déconnectée

Le temps d'un été, à Ithaca, dans l’état de New York, le Youth farm project entend former un groupe d’adolescents et lycéens aux bases de l’agriculture biologique. Ceci sous l'égide d'un agriculteur retraité qui croit aux vertus de la transmission aux jeunes générations.(4min46)


(*Vidéo visible sur Mediapart)

 

En France, dans le sud de l'Ardèche, Sophie Rabhi, fille de Pierrre Rabhi rêvait d’une éducation différente pour ses quatre enfants, une éducation en pleine nature qui ferait la part belle à la créativité et à la collaboration plutôt qu’à l’accumulation de connaissances ou à la compétition. Avec son mari Laurent Bouquet, elle a créé en 1999 La Ferme des enfants, école alternative qui allait ensuite permettre l’éclosion de l’écovillage du Hameau des Buis, habitat partagé pour permettre de créer un lien intergénérationnel.
(9min24)

 

(*Vidéo visible sur Mediapart)

 

Aux Etats-Unis, dans la Silicon Valley, à deux pas des sièges de Google et de Facebook, une école, la Waldorf School, interdit l’usage des ordinateurs ou des portables aux élèves jusqu’à la classe de seconde... Ce système essentiellement basé sur des apprentissages concrets est très prisée des cadres sup. Ils y voient une possibilité de développer chez leurs enfants les capacités d’innovation et d’adaptation à un monde en mutation accélérée. (4min58)

 

(*Vidéo visible sur Mediapart)

 

Entretien avec Caroline Solzt, ancienne directrice de ressources humaines de 43 ans a fondé à Paris Living school, une école privée alternative où l'enseignement s'articule autour du « savoir être ». (4min35)   

 

(*Vidéo visible sur Mediapart)

 

Séquences inédites du film L'urgence de ralentir écrit, filmé et réalisé par Philippe Borrel d'après une idée originale de Noël Mamère.
Montage Marion Chataing et Morgan Le Pivert. Musique originale Piers Faccini. Assistantes réalisateur Ophélie Thomassin et Carmela Uranga. Archive film Notre Dame des luttes réalisé par Jean-François Castell. Directrice de production Marlène Vanthuyne. Assistants de production Gaëlle Cottais et Timothé Fessy.
Une coproduction Cinétévé / Arte France. Pour Cinétévé, producteur délégué Fabienne Servan Schreiber. Producteur exécutif Estelle Mauriac. Pour ARTE France, unité société et culture Martine Saada. Chargée de programmes Alex Szalat.
© Cinétévé - Arte France  -  Médiapart 2014

 

Voici le sommaire de cette série : 31 août, Objecteurs de croissance. 1er septembre, Génération déconnectée. 2 septembre, Tisser des liens pour agir. 3 septembre, Le temps du partage. 4 septembre, Redonner du sens. 5 septembre, Mobilisations militantes.

 

 

 

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Lundi 1 septembre 2014 1 01 /09 /Sep /2014 18:38

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/patrick-soulier


 

Compromis social, remplacer ce qui ne marche plus.

Le compromis social construit sur l'échange sécurité contre subordination ne fonctionne plus quand un salarié sur cinq vit dans la précarité. La sécurité n'étant plus garantie, la subordination n'est plus supportable.

Il n'y a pas d'organisation de la société idéale. Pour qu'une organisation soit bonne, il suffit que tout le monde y trouve son compte.

Aujourd'hui, l'activité économique est au point mort, les pauvres sont de plus en plus pauvres, les riches de plus en plus riches et tout le monde touche de plus ou moins près la précarité. La politique, au lieu d'inventer de nouvelles solutions, se réduit à la mise en œuvre de solutions qui ont montré leur inanité depuis trente ans.

Le fonctionnement d'une société livrée à la finance est soumise à une démocratie d'alternance entre une droite ouvertement hostile à toute protection sociale et une gauche sans alternative à une politique dite de compétitivité.

Le compromis social du vingtième siècle est mort.

Sur fond de lutte des classes, le vingtième siècle est en fait un long cheminement vers un compromis social qui a produit son plus grand effet dans les années 1970. Ce compromis assurait l'ascension sociale des jeunes fondée sur une formation de plus en plus complète et un marché du travail de plus en plus large fondé sur un appel à l'intelligence de plus en plus important.

En échange de sécurité d'emploi, de sécurité sociale (maladie, vieillesse et chômage) financée par la cotisation sur les revenus primaires de l'entreprise, les salariés ont accepté leur état de subordination envers le propriétaire de l'entreprise sans regarder la légitimité de cette propriété. Le pouvoir du propriétaire était limité par la pratique de la séparation des pouvoirs entre le président qui le représentait et le directeur générale en charge du projet d'entreprise.

Depuis la fin des années 1970, le directeur général qui composait les facteurs de production (capital, travail) au bénéfice du projet d'entreprise a disparu. Le président s'est attribué ses prérogatives pour mettre le projet d'entreprise au service du rendement financier exigé par les propriétaires ; le PDG, homme de main de la société (association de défense des actionnaires) a pris le pouvoir dans l'entreprise en toute soumission envers la société, par la carotte du salaire exorbitant et le bâton du siège éjectable.

Le compromis social fondé sur l'échange sécurité contre subordination aveugle ne fonctionne plus. La subordination imposée au salarié doit donc être remise en cause. Un nouveau compromis social doit être recherché.

La légitimité du poids de la propriété dans l'entreprise doit être revisitée.

Une entreprise est une personne morale non autonome qui dépend de la société, association de défense des actionnaires, au travers d'une propriété totale qui déséquilibre les rapports entre capital et travail et qui ne permet pas de reconnaître le travail à sa juste valeur.

Pour créer une entreprise, le futur chef d'entreprise apporte le capital social et le complète des crédits obtenus auprès des banques pour constituer les actifs nécessaires à l'activité. C'est par son travail et celui qu'il mobilise éventuellement auprès de ses salariés ou de ses associés que le créateur d'entreprise rembourse ces crédits, investit et constitue des réserves. Mais, ce faisant, il diminue la part relative du capital social dans la richesse de l'entreprise. Plus l'entreprise s'enrichit, moins le poids de son capital est important.

Orange est une très ancienne entreprise passée d'un statut d'administration à budget annexe qui se finance sans impôt depuis 1923 à un statut de société anonyme en 1997 [P.Musso, 2008]. Le capital social représente 12 % du bilan actuellement. En 2006, il en représentait 10 %, la société n'ayant augmenté sa part seulement par l'appauvrissement de l'entreprise.

Comme toutes les entreprises, Orange ne fait de publicité que pour son compte d'exploitation à charge contre les salaires sur le thème de la compétitivité. Le bilan met pourtant le doigt sur l'enrichissement des actionnaires à l'encontre de celui de l'entreprise : en sept ans, l'entreprise Orange a perdu plus de 17Md€ pendant que les actionnaires ont touché près de 30Md€. Aucune publicité n'est donnée à ce sujet. C'est pourtant le trésor de guerre de l'entreprise qui disparaît.

Le collectif de travail doit intervenir dans les décisions, le résultat d'un exercice n'est pas légitimement la propriété entière de la société alors que le capital social ne représente qu'une part beaucoup plus restreinte du bilan. La représentation de la société dans le conseil d'administration de l'entreprise doit se limiter à cette part, le reste étant réservé à la représentation salariée.

L'intervention des salariés est le pivot de la réforme nécessaire du statut de l'entreprise.

En devenant mouvement des entreprises de France, le conseil national du patronat français a formalisé le hold-up de la société sur l'entreprise.

Le compromis social qui rendait viable la subordination du travail envers le capital étant tombé, la légitimité du pouvoir de la société dans l'entreprise doit être revisitée.

C'est la contribution du capital social mis à la disposition de l'entreprise qui mesure le pouvoir de la société dans l'entreprise. Les salariés doivent exercer le pouvoir que leur donne leur contribution à la richesse de l'entreprise, c'est à dire le complément du capital social dans le bilan.

Les actionnaires peuvent donner le statut qu'ils souhaitent à leur société. La loi doit légiférer sur le statut de l'entreprise qui donne le pouvoir aux différents facteurs de production selon leur apport à la richesse de l'entreprise : société représentant les actionnaires et représentants élus du collectif de travail.

Cette réforme ne change rien à la valeur de l'entreprise sur le marché des valeurs. La valeur de l'entreprise n'est que l'idée que s'en font les actionnaires lorsqu'ils s'échangent le titre de propriété d'une part du capital social. Par contre, elle sécurise le projet porté par le chef d'entreprise en cas de besoin de financement en limitant le pouvoir obtenu par le repreneur du capital social.

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/patrick-soulier

 

 

 

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Lundi 1 septembre 2014 1 01 /09 /Sep /2014 18:16

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Comment la Cour de justice enterre les affaires

|  Par Michel Deléan

 

 

Depuis trois longues années, la commission d’instruction de la CJR se hâte lentement de traiter les dossiers Lagarde et Woerth, les deux seuls dont elle est saisie. De fait, depuis sa création en 1994, et jusqu’à la mise en examen a minima de Christine Lagarde ce mardi, la CJR a toujours servi à protéger les politiques. Explications.

« La Cour de justice de la République a été conçue pour ne pas fonctionner. » Ce jugement sans appel est émis par un haut magistrat qui a siégé à la Cour de justice de la République (CJR), et il est partagé (en privé) par nombre de ses collègues. Ce n’est pas le dernier événement en date, la mise en examen a minima de Christine Lagarde, ce mardi, dans l’affaire Tapie, malgré un dossier très lourd, qui risquerait de modifier cette analyse. Pas plus que la dernière audition, toujours sous le statut hybride de témoin assisté (et non pas de mis en examen), d’Éric Woerth, ce jeudi, dans l’affaire de l’hippodrome de Compiègne.

 

Christine Lagarde 
Christine Lagarde © Reuters

Depuis trois longues années, la commission d’instruction de la CJR, composée de trois magistrats issus de la Cour de cassation, se hâte lentement de traiter les dossiers Lagarde et Woerth, les deux seuls dont elle est saisie. À la manière d’un juge d’instruction, elle procède à des auditions, mais sur un mode très policé et à un rythme paisible, dans les locaux feutrés et confortable de la CJR, un bel hôtel particulier (818 m2), rue de Constantine, sur l’esplanade des Invalides.

Il s'agit là de discussions entre gens bien élevés – Mediapart a pu en prendre connaissance –, qui n’ont rien à voir avec les interrogatoires serrés de suspects auxquels procèdent les policiers au cours des gardes à vue. Les magistrats de la CJR sont souvent en fin de carrière, et ne passent pas pour être féroces.

En règle générale, la commission d’instruction vérifie et reprend soigneusement tout le dossier qui lui a été soumis, avec un luxe de précautions. Elle peut déléguer des actes d’enquête à la police, mais ses investigations dépendent aussi, pour partie, de l’instruction menée parallèlement sur le volet non-ministériel du même dossier, et qui est confiée à d’autres magistrats. Ceux-ci et ceux-là échangent procès-verbaux et documents…, mais n’en font pas toujours la même lecture.

On peut constater cet hiatus dans l’affaire Tapie-Lagarde : les juges d’instruction Serge Tournaire, Guillaume Daïeff et Claire Thépaut, du pôle financier de Paris – pourtant bien plus surchargés en dossiers que la CJR –, n’ont pas hésité à mettre en examen Bernard Tapie, Stéphane Richard, Maurice Lantourne et Pierre Estoup pour « escroquerie en bande organisée », un délit grave, passible de dix ans de prison et un million d’euros d’amende. Alors que l'ex-ministre de l'économie Christine Lagarde, dont plusieurs éléments factuels (lire nos articles ici, et encore ) attestent qu’elle a favorisé une solution favorable à Tapie au détriment des intérêts de l’État, s’en tire finalement avec une petite mise en examen pour « négligence », un délit non intentionnel, passible d’un an de prison et 15 000 euros d’amende.

 

Eric Woerth 
Eric Woerth © Reuters

Autre souci : ces deux enquêtes parallèles et interdépendantes peuvent se ralentir mutuellement. Ainsi, le peu d‘empressement mis par les juges Roger Le Loire et René Grouman, du pôle financier de Paris, à instruire le volet non ministériel de l’affaire de Compiègne, dans laquelle aucune mise en examen n’a été prononcée à ce jour, explique certainement le sort plutôt favorable réservé jusqu’ici à Éric Woerth à la CJR. Malgré un rapport d’expert en tout point accablant (révélé par Mediapart), qui a prouvé que les terrains forestiers et l’hippodrome de Compiègne ont été bradés par le ministre du budget, et cela au mépris des procédures en vigueur, comme l’ont confirmé les auditions des anciens ministres Hervé Gaymard et Bruno Le Maire.

La triste farce du procès Pasqua

Historiquement, la Cour de justice de la République a été créée en 1993 (et installée début 1994) pour traiter le volet ministériel de l’affaire du sang contaminé. Il s’agit d’une juridiction d’exception, conçue pour épargner aux ministres les rigueurs de la justice ordinaire, celle des simples citoyens. Seule la CJR peut, en effet, instruire et juger les éventuels délits commis par un ministre dans l’exercice de ses fonctions. Dans les faits, elle ne condamne presque jamais personne. 

Il faut dire que l’architecture de la CJR est celle d’une usine à gaz. Un premier filtre très efficace a été conçu pour écarter d’emblée les plaintes considérées comme fantaisistes, insuffisamment fondées, ou uniquement instrumentalisées à des fins politiques : il s'agit de la commission des requêtes, composée de hauts magistrats, qui effectuent un tri draconien. Environ une centaine de plaintes sont déposées chaque année, mais la plupart sont rejetées, et la CJR n’a jugé que quatre affaires depuis 1994.

Une fois passée à travers ce tamis de la commission des requêtes, une plainte sérieuse et argumentée peut, éventuellement, atterrir à la fameuse commission d’instruction. Et si, par extraordinaire, le ministre visé est ensuite mis en examen, il faut encore attendre les réquisitions du parquet général de la Cour de cassation avant un éventuel renvoi devant la juridiction de jugement.

Huit à dix ans de procédure ont parfois passé quand le procès s’annonce, mais c’est pourtant la partie la plus difficile du processus judiciaire : cette formation de jugement de la CJR est en effet composée majoritairement de parlementaires (douze juges sur quinze, contre seulement trois magistrats professionnels) qui ont déjà montré leur réticence à juger leurs pairs lors du procès de Charles Pasqua, en 2010.

 

Charles Pasqua 
Charles Pasqua © Reuters

Le procès de Charles Pasqua a été une véritable parodie, au cours de laquelle la moitié des juges parlementaires a sagement gardé le silence, quand l’autre moitié n'a osé que quelques questions prudentes et ampoulées, voire quelques compliments déplacés. Au bout du compte, Charles Pasqua a été relaxé dans deux dossiers de corruption très lourds – pour lesquels plusieurs personnes avaient écopé de peines de prison ferme devant le tribunal correctionnel de Paris –, et l'ancien ministre n’a été condamné que très symboliquement dans le dossier le moins grave des trois, s'en tirant avec une peine de prison avec sursis, sans aucune mesure d’inéligibilité.

« La CJR est une juridiction faite par des élus pour des élus, constatait alors François Colcombet, ancien magistrat et ex-député PS, interrogé par Mediapart. On puise dans un vivier beaucoup trop petit pour la constituer : les parlementaires connaissent l'homme qu'ils jugent ; ils ne peuvent pas ne pas en tenir compte. C'est le cas dans cette affaire… Je ne veux pas dire que c'est une juridiction de connivence, mais c'est l'équivalent d'un tribunal de commerce de petite ville, où les commerçants se connaissent tous et se jugent entre eux, avec tous les dangers que cela représente, notamment celui d'être exagérément bienveillant. Est-on sûr, dans le cas présent, que personne n'a jamais reçu de médaille du ministère de l'intérieur, du temps de Pasqua (de 1986 à 1988, puis de 1993 à 1995) ? En stricte justice, presque tous les parlementaires de la CJR auraient dû se déporter… »

Autre preuve de cette grande mansuétude, le seul autre ministre à avoir été condamné par la CJR, Michel Gillibert, n’avait, lui aussi, écopé que d’une peine de prison avec sursis, en 2004, pour des détournements de fonds publics. Question exemplarité de la peine, on pourrait imaginer mieux…

 

Edouard Balladur 
Edouard Balladur © Reuters

À cette inégalité de traitement s'ajoute un autre problème, celui du temps passé, qui a pour effet d'adoucir la sanction tout en limitant le sens de la peine prononcée. On le constatera encore avec le prochain dossier qui s'annonce à la CJR, celui de Karachi, dans lequel les ex-ministres Édouard Balladur et François Léotard sont susceptibles d'être poursuivis… pour des faits qui remontent au début des années 1990.

Par ailleurs, la question des finances publiques a parfois été mise en avant pour critiquer la Cour de justice de la République. Or la CJR a « un coût très limité pour le budget de l’État », selon le rapport du parlementaire Christian Eckert, même si son budget annuel est de 866 000 euros en 2014, avec un loyer représentant à lui seul 450 000 euros par an.

Quoi qu'il en soit, la Cour de justice de la République est une anomalie démocratique, dont la survivance ne peut que renforcer chez le citoyen le sentiment d’une justice à plusieurs vitesses, d’une inégalité entre les humbles et les puissants devant la loi, voire d’une immunité organisée des politiques. Sa suppression était une des promesses du candidat Hollande en 2012. Après avoir temporisé, puis semblé renoncer, le président de la République a finalement relancé l'idée de supprimer la CJR en juin dernier, mais sans garantie de calendrier.

 

Lire également sous l'onglet Prolonger

 

 

 

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Lundi 1 septembre 2014 1 01 /09 /Sep /2014 17:13

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/raoul-marc-jennar

 

 

Le GMT/TAFTA : pas amendable !

Le texte du mandat européen adopté par les gouvernements de l’UE doit être lu soigneusement. Car il dément lui-même les affirmations fausses destinées à rassurer. Il faut lire avec une attention toute particulière l’article 43 de ce mandat, comme on le verra ci-dessous.

Secrets et mensonges

Le projet de partenariat transatlantique UE-USA concerne en fait, au nom du libre-échange, des négociations internationales qui se déroulent dans la plus totale opacité parce qu’elles dissimulent des choix de société dont les peuples sont tenus à l’écart. Par la diplomatie dite commerciale, on remet en question la démocratie.

Le mandat de négociation du GMT/TAFTA fut élaboré et adopté (en juin 2013) dans le plus grand secret et les ministres PS et EELV du gouvernement français furent totalement complices de ce secret.

Ce mandat n’a toujours pas été rendu public, ni par le gouvernement français, ni par la Commission européenne. Il est connu parce que le document original, en anglais uniquement, a été divulgué par des gens qui ont un autre sens de la démocratie que ceux qui nous dirigent.

Mais le secret permet le mensonge. Secret et mensonge sont devenus des méthodes de gouvernement qui contribuent à pervertir le débat démocratique. Des méthodes pratiquées aussi bien par la droite décomplexée hier que par la droite complexée aujourd’hui.

Et c’est bien de mensonge dont il s’agit lorsqu’on lit les éléments de langage fournis par le PS à ses élus qui sont amenés à répondre aux questions des citoyens et des collectifs créés pour combattre ce projet.

Le mensonge consiste à faire croire que certaines matières ont été exclues du champ de la négociation et que toutes les garanties figurent dans le mandat de négociation pour éviter l’inacceptable en ce qui concerne d’autres matières.

Les élus PS affirment que la défense, les services audiovisuels et la culture ont été exclus du champ de la négociation grâce à l’intervention du gouvernement français.

Premier mensonge  du PS: la défense n’a jamais fait l’objet du mandat de négociation puisque en vertu de l’article XX du GATT (intégré dans les accords de l’OMC sous la dénomination de GATT 1994), les industries d’armement et les questions de défense d’une manière générale sont exclues du champ d’application de ce genre de traités, ce qui est rappelé à l’article 12 du mandat de négociation. Le gouvernement français s’attribue des mérites qu’il n’a pas.

Deuxième mensonge du PS : seul l’audiovisuel (art. 21 du mandat de négociation) est exclu du champ d’application de l’accord et il l’est provisoirement en vertu  de l’art. 42 du mandat qui permet à la Commission européenne d’introduire ultérieurement devant le Conseil des ministres tout sujet n’ayant pas fait l’objet du mandat ; quant aux théâtres, aux opéras, aux bibliothèques, aux musées, aux archives, ils tombent bien sous le coup de l’accord. On ne peut donc pas affirmer que la culture est extraite de la négociation.

Les élus PS affirment « il ne s’agit nullement de s’aligner sur le moins-disant américain ». Or, ils savent très bien que depuis la création de l’OMC, c’est pourtant la logique nouvelle des accords de libre-échange : pousser à la recherche du plus petit dénominateur commun en matière de normes et de réglementations. Ils le savent d’autant mieux qu’ils ont déjà ratifié de tels accords.

Ils affirment « il n’est pas question d’appliquer les normes environnementales ou agricoles américaines en France ». Mais le mandat de négociation européen, approuvé par la France de Hollande, exige (article 25, § consacré aux mesures sanitaires et phytosanitaires) que « les mesures de chaque côté se fondent sur la science et sur les normes internationales d’évaluation scientifique des risques ». C’est précisément l’argument américain qu’on retrouve dans le mandat européen : il faut des preuves scientifiques pour imposer des interdictions en matière sanitaire ou phytosanitaire (or, les USA considèrent qu’il n’y a pas de justification scientifique pour interdire les OGM, le bœuf aux hormones, le poulet chloré, le porc à la ractopamine…).

Les élus PS alignent une longue liste « d’exigences  qui conditionneront leur vote » :

« - la non-introduction d'un mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et Etats qui permettrait à une entreprise étrangère de contourner les juridictions nationales pour attaquer un pays devant une Cour internationale d'arbitrage si elle estime qu'une loi a lésé ses intérêts. Les multinationales ne doivent pas obtenir plus de garanties que les politiques publiques !

- la non remise en cause de nos choix de société en matière d'éthique, de droit du travail, de santé et de sécurité alimentaire qui constituent nos « préférences collectives » et fondent le modèle social européen ;

- la protection des données personnelles ;

- la préservation des indications géographiques comme les appellations d'origine contrôlée (AOC) ;


- la protection de la propriété industrielle et intellectuelle ;

- la préservation de la qualité des services publics ».

On sait ce que valent les exigences socialistes dans les négociations européennes et internationales. Ces « exigences » sont d’ailleurs contredites par le soutien sans faille du PS aux accords de l’OMC et aux politiques européennes de démembrement des services publics, de démantèlement du droit du travail, de libéralisation des marchés financiers. Sur chacune des exigences énumérées ci-dessus, il y a eu adhésion du PS, à un moment ou un autre, au Parlement européen. Ils sont parmi les artisans les plus actifs de la destruction du « modèle social européen ».

On a vu aussi ce que vaut une exigence PS avec l’engagement formel de Hollande de renégocier le Pacte budgétaire (TSCG).

Les élus PS sont d’autant moins crédibles qu’ils affirment sans rire « nous exercerons notre devoir de vigilance et notre pouvoir d’influence tout au long des négociations ». Or, les parlements nationaux sont exclus de toute information ou association à la négociation et la Commission européenne informe avec énormément de réticence et de parcimonie un nombre limité de parlementaires européens. On le constate chaque jour à l’Assemblée nationale, le « pouvoir d’influence » des parlementaires PS sur le gouvernement ne se manifeste qu’à la marge.

Le PS omet de rappeler que la négociation du GMT/TAFTA prolonge les accords de l’OMC et s’inspire très largement du modèle de l’ALENA, cet accord Canada-Usa-Mexique, vieux de 20 ans et dont le bilan est effrayant pour les peuples, y compris celui des USA. Le PS oublie de préciser que les USA ne reconnaissent ni les conventions sociales de l’OIT, ni les accords internationaux en matière d’environnement, ni la convention sur la protection de la diversité culturelle et linguistique de l’UNESCO. Enfin, les élus du PS oublient de dire que le mandat européen tel qu’il existe a été approuvé par le gouvernement français. Et que ce mandat n’offre aucune garantie que leurs « exigences » soient respectées.

Les élus du PS misent sur l’oubli et le mensonge. Mais nous n’oublions rien et nous ferons connaître la vérité de leurs choix et des textes qu’ils soutiennent.

Tout compromis est un piège

Le discours dominant tend à nous imposer l’idée qu’une authentique démocratie, ce serait une démocratie consensuelle. C’est-à-dire une démocratie qui rejetterait la confrontation des idées et des  projets pour limiter le débat aux nuances à apporter à un système global accepté par tous. Bref, le modèle des USA où finalement, à quelques accents près, ce qui sépare les Démocrates des Républicains, ce sont bien davantage des oppositions de personnes que des choix de société.

La recherche du consensus conduit directement à la recherche du compromis. Toute la culture ambiante tend à nous convaincre que c’est la bonne voie puisque, de toute façon, « il n’y a pas d’alternative ». Tel est bien le discours des libéraux de droite, bien entendu, mais aussi de ceux venus d’une gauche qui a cessé d’être socialiste en se ralliant aux objectifs consensuels des Delors, Rocard, Jospin, Hollande, soutenus par la CFDT. Une recherche du consensus qu’on retrouve également dans d’autres formations politiques qui partagent le credo d’un possible amendement du système. Comme si le capitalisme n’était pas animé par une logique incontournable : la recherche prioritaire du profit qui passe par l’exploitation des humains et de la planète.

Nul ne s’étonnera dès lors que la gangrène du compromis s’étende aujourd’hui et que la réponse aux dangers du GMT/TAFTA consiste, chez beaucoup, en propositions d’amendements au mandat de négociation.

Ainsi des partis politiques et certaines organisations syndicales croient qu’il est possible de retirer de la négociation les normes sociales, environnementales, sanitaires et techniques en vigueur dans un pays comme la France. Ils demandent que les services publics soient enlevés de la négociation. Enfin, ils demandent que soit exclu tout mécanisme de règlement des différends qui se substituerait aux juridictions officielles pour juger d’un conflit entre firmes privées et pouvoirs publics. En fait, ce qu’ils demandent, c’est ce qui fait la spécificité des accords de libre-échange tels que les conçoivent aujourd’hui les firmes multinationales et les gouvernements qui les négocient. Ils demandent de retirer ce qui est la raison d’être même de la négociation. On voit le caractère irréaliste d’une telle proposition.

Accepter d’amender, c’est d’abord accepter d’entrer dans un cadre qu’on n’a pas choisi. C’est se résigner à s’inscrire dans une négociation nécessairement inégale vu le poids politique respectif des parties (il ne faut jamais oublier que derrière les gouvernements il y a les firmes les plus puissantes du monde occidental). C’est fatalement  se soumettre à l’idée de ne pouvoir infléchir qu’à la marge.

Proposer des amendements, c’est aussi tromper l’opinion publique parce que c’est lui faire croire que le projet est améliorable.  Certes, dans le climat consensuel général, il faut du courage pour dire qu’un projet est inacceptable en bloc et qu’il n’y a rien de bon à prendre. C’est généralement assez mal vu par des journalistes employés à conditionner l’opinion publique aux bienfaits du compromis. Et pourtant, s’agissant du GMT/TAFTA, entrer dans la voie des amendements, c’est tomber dans un piège tendu par les gouvernements qui ont négocié et approuvé le mandat européen de négociation.

Depuis un an, je n’ai pas cessé de mettre en garde, à chacune de mes conférences, contre les articles 43 et 45 du mandat européen de négociation. Comme ils figurent parmi les derniers du mandat, je rappelais à mes auditeurs l’adage romain : in cauda venenum (dans la queue le poison).

Le poison, c’est bien entendu le mécanisme de règlement des différends étendus par l’article 45 à toutes les matières couvertes par le projet de négociation, mais c’est aussi le piège de l’article 43 du mandat. Il est rédigé comme suit : « L’Accord mettra en place une structure institutionnelle en vue de garantir un suivi efficace des engagements découlant de l’Accord ainsi que pour promouvoir la réalisation progressive de la compatibilité des régimes réglementaires »

 Cette « structure institutionnelle » qui chapeautera donc UE et USA pour veiller au respect du traité GMT/TAFTA aura également pour tâche de « promouvoir la réalisation progressive de la compatibilité des régimes réglementaires ». En clair, et cette interprétation est confirmée par la Commission européenne, cette « structure institutionnelle » (dont on ignore qui la composera et qui la contrôlera) poursuivra les négociations en matière de compatibilité des réglementations sur les sujets qui n’auront pas fait l’objet d’un accord au terme de la négociation actuellement en cours. Ce qui signifie que toutes les matières qui auront fait l’objet d’amendements pour échapper à l’accord en cours de négociation pourront être réintroduites dans les négociations ultérieures que conduira cette « structure institutionnelle ».

Les négociateurs européens ont donné un nom à cette structure. Ce nom, traduit en français est : « conseil de coopération réglementaire ». On retrouve ici tout le zèle des institutions européennes à désigner des pratiques de déréglementation par leur contraire.

Tel est le piège dans lequel foncent ceux qui essaient de taire les inquiétudes des populations en garantissant que telle ou telle matière ne fera pas l’objet du GMT/TAFTA ou qu’elle pourra être retirée de la négociation.

Tout ce qui ne se trouvera pas dans le texte final de l’accord, y compris le mécanisme de règlement des différends (arbitrage privé) s’il était retiré du texte final, pourra faire l’objet de nouvelles négociations au sein de ce « conseil de coopération réglementaire ».

Si on ajoute le fait que la Commission européenne propose que les résultats de ces négociations ultérieures ne soient plus soumis aux Etats membres, on peut en conclure deux choses : 

- cette structure institutionnelle baptisée « conseil de coopération réglementaire » est en fait une institution supranationale dotée de pouvoirs législatifs contraignants ;

- aucune garantie qu’on ne touchera pas à tel secteur ou à telle matière n’aura de caractère durable et ne peut donc être prise au sérieux.

Ceux qui nous disent « on va retirer l’arbitrage privé » ou « il n’y aura pas atteinte aux normes sociales, alimentaires ou environnementales » nous trompent. Puisque ce qui ne sera pas dans l’accord de 2015 échappera de toute façon à l’avenir à la compétence des Etats. 

Il est donc évident que ce projet n’est pas amendable et qu’il doit être rejeté  en bloc.  C’est la seule attitude réaliste possible.

Raoul Marc JENNAR

01.09.2014

 

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/raoul-marc-jennar

 

 

 

 

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Lundi 1 septembre 2014 1 01 /09 /Sep /2014 16:57

 

 

Source : www.terresacree.org

 

 

 

Cette actualité a été publiée le 28/08/2014 à 11h00 par Jacky.

 

BOYCOTT MONSANTO : ENFIN LA LISTE DES MARQUES COMPLICES ASSASSINES !!!

 

  • EDITEUR de l'actualité : blogs.mediapart.fr

 

 

 

 

Boycott MONSANTO : enfin la liste des marques complices assassines !!!

 

Première parution en mai 2013 par SOS-planete

 

Contre la stérilisation des sols agraires

et pour la préservation des germes naturels,

nous listons ci-dessous les marques complices de MON$ANTO :

 

UNILEVER, LIPTON, KNORR, KELLOGS, COCA-COLA, PEPSI, QUAKER, SHWEEPS, BEN&JERRY, MIKO, AMORA, CARTE D'OR, CORNETTO, MAGNUM, MAILLE, FRUIT D'OR, ALSA, VIENETTA, PLANTA FIN, MAÏZENA, PRO-ACTIV, LIPTON, AXE, MONSAVON, DOVE, TIMOTEI, SIGNAL, REXONA, BRUT, WILLIAMS, TONI&GUY, DOVE MEN+CARE, CIF, CAJOLINE, OMO, SKIP, SUN, PERSIL, BUHLER, DOMESTOS

(...)

 

Les alternatives sont nombreuses et plus éthiques !

 

Source

 

Un article de JJMU, publié par blogs.mediapart.fr et relayé par SOS-planete

 

Agrochimie/Monsanto récupère les OGM d'Unilever

Unilever, unité de vente de semences de Monsanto

 

Marques partenaires de Monsanto

 

Note de Jacques :

Mon$anto poursuit sa course aux milliards sans être inquiété par la justice, porte plainte contre ceux qui les gênent, pollue la planète et ses habitants avec ses poisons en tous genres, s'approprie le vivant.

Les décideurs, souvent corrompus, observent sans sourciller ! Ben oui, c'est la loi du commerce et de la concurrence, c'est comme ça, on n'y peut rien. Faisons comme eux, engageons-nous dans cette lutte du pouvoir, c'est le propre de l'homme, chacun pour sa gueule, le premier qui écrase l'autre a raison, surtout s'il y a une valise de billets à la clé ;o)

Ce ne serait donc que ça, la vie sur cette planète ? Nos hommes politiques n'ont que çà à nous proposer ?

 

Autres firmes multinationales alliées à Monsanto

Marques partenaires de Monsanto© Indignés du monde entier - Source US

Unilever est une multinationale complice de Monsanto

 

Lire notre dossier complet sur les OGM

 

Abeilles : une gigantesque escroquerie est en train de se mettre en place à Bruxelles

Que faire contre Monsanto ?

Pétition pour le démantèlement de Monsanto

 

 

1 robot humanoïde vaut 3 humains. L'ouvrier du futur est là

Notre page officielle Facebook - Nos actualités sur votre mobile via Twitter

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

Auteur : JJMU

Source : blogs.mediapart.fr

 

 

 

Source : www.terresacree.org

 

 


 

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Lundi 1 septembre 2014 1 01 /09 /Sep /2014 16:38

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Centenaire de 14-18

Loin des tranchées : quand les multinationales européennes engrangeaient déjà les profits de la guerre

par Ivan du Roy, Rachel Knaebel 1er septembre 2014

 

 

 

 

Septembre 1914. Alors que les armées allemandes envahissent le Nord de la France, la mobilisation générale sonne aussi pour les industriels. Le gouvernement charge de grands patrons français de réorganiser l’économie, placée au service de la guerre. Mais pas question pour autant de sacrifier les profits ! Des deux côtés du Rhin, les bénéfices explosent pour quelques grandes entreprises. Une situation qui suscite colères et débats alors que des centaines de milliers d’hommes tombent au front. Plusieurs de ces « profiteurs de guerre » d’hier sont devenus les multinationales d’aujourd’hui.

6 septembre 1914. Les avant-gardes allemandes arrivent à Meaux, à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Interrompant trois semaines de retraite, les armées françaises et britanniques font volte-face pour mener la première bataille de la Marne. À l’arrière, la mobilisation industrielle commence. Car la guerre semble devoir durer. Après un mois de conflit, l’armée manque déjà d’artillerie et de munitions. L’état-major réclame 100 000 obus par jour pour ses fameux canons de 75 alors que les ateliers n’en fabriquent que 10 000.

Le 20 septembre, le ministre de la Guerre, le socialiste Alexandre Millerand, organise une réunion à Bordeaux, où le gouvernement s’est réfugié. Y participent des représentants du Comité des forges, la plus puissante organisation patronale française, des membres de l’influente famille Wendel, propriétaire des aciéries de Lorraine, et Louis Renault, fondateur des usines éponymes. Des « groupements industriels régionaux » sont créés. Ils serviront d’intermédiaires entre l’État et l’armée d’un côté, les gros industriels et leurs sous-traitants de l’autre, pour répondre aux commandes. Les grandes entreprises en prennent la direction, comme la Compagnie des forges et aciéries de la marine et d’Homécourt, ou les établissements Schneider (Le Creusot), créés en 1836 et l’un des principaux fournisseurs d’armement français. Ces deux entreprises sont les aïeux de ce qui deviendra beaucoup plus tard Arcelor Mittal et Schneider Electric.

Quant à Louis Renault, il dirige la mobilisation des industriels en région parisienne. Une occasion inespérée alors que la marque au losange connaît de sérieuses difficultés avant la guerre. Côté allemand aussi, on s’organise. Début octobre, une commission destinée à développer des gaz de combat est lancée. Carl Duisberg, le patron de l’entreprise chimique Bayer en prend la tête (voir notre prochain article, publié le 2 septembre).

De grandes épopées industrielles commencent grâce au conflit

En France, cette réorganisation de l’appareil productif porte lentement ses fruits. Entre 1915 et 1917, les usines Renault doublent leur production de camions, et assembleront plus de 2000 chars FT-17, tout en fabriquant 8,5 millions d’obus. D’autres futurs constructeurs automobiles français se lancent à la faveur du conflit, avant même de fabriquer des voitures. La première usine d’André Citroën est construite en 1915 quai de Javel à Paris. Et son premier gros contrat ne concerne pas des voitures, mais des obus. À la fin du conflit, Citroën aura livré plus de 24 millions d’obus. Opportunité similaire pour l’usine sidérurgique des frères Peugeot à Sochaux, qui assemble obus et moteurs d’avions. Elle ne fabriquera sa première voiture qu’en 1921 (Peugeot et Citroën fusionneront en 1976).

 

 

C’est aussi en pleine guerre que naît ce qui deviendra le groupe Dassault. Le jeune ingénieur Marcel Bloch – futur Marcel Dassault – doit répondre à sa première commande en 1916 : fabriquer une cinquantaine d’hélices d’avion d’un nouveau modèle, baptisées Éclair, pour équiper les biplans de l’armée de l’air. « De grandes figures comme Louis Renault, ou Ernest Mattern chez Peugeot, s’imposent dans l’histoire de leurs entreprises, et ces industriels, parfois en accord avec l’État, parfois sans son accord, contribuent aussi puissamment à l’effort de guerre qu’à la croissance de leur propre empire industriel », écrivent les historiens Antoine Prost et Jay Winter [1].

Un capitalisme d’intérêt général ?

Ces entreprises, aujourd’hui devenues de grandes multinationales, s’enorgueillissent de leur contribution à « la victoire finale ». « À l’instar de très nombreux industriels, l’entreprise accentue son activité en faveur de l’effort de guerre national », explique Schneider sur son site, assurant être « l’un des grands acteurs de la victoire ». Michelin, qui fournit pneumatiques, masques à gaz, toiles de tente ou avions de combat Bréguet, affiche son « effort de guerre comme soutien patriotique ». Tout comme Renault : « Pendant la première guerre mondiale, l’entreprise fabrique camions, brancards, ambulances, obus, et même les fameux chars FT17 qui apportent une contribution décisive à la victoire finale » [2]. Dassault aviation et la société Safran, dont l’ancêtre, la Société des moteurs Gnôme et Rhône, produit des moteurs pour l’aviation de combat, sont de leur côté partenaires de la mission du centenaire de la Grande guerre.

À l’époque, ces élites économiques « se proclament mobilisées, non dans les tranchées, bien sûr, dont on laisse l’honneur aux glorieux héros, mais depuis le fauteuil de la direction de l’usine, d’un conseil d’administration ou encore d’une chambre consulaire », écrit l’historien François Bouloc, dans sa thèse sur « Les profiteurs de la Grande Guerre » [3]. « Effort de guerre national », « soutien patriotique », « contribution décisive à la victoire »… « Un capitalisme d’intérêt général verrait alors jour, sous l’effet puissant d’un inébranlable consensus patriotique », ironise l’historien.

Le capitalisme s’est-il mis pendant quatre ans en suspens ? Les industriels se sont-ils totalement mobilisés, sans esprit lucratif, au service de la communauté nationale et des hommes qui meurent en masse au front lors d’aberrantes offensives ? « Sollicités serait peut-être un terme plus approprié pour qualifier le type d’implication attendu de la part des industriels produisant pour la défense nationale. C’est en effet avec beaucoup de prévenance que l’État a recours à l’appareil productif privé, n’usant que marginalement du droit de réquisition prévu par la loi, concédant de larges avances pour permettre les immobilisations de capital nécessaires à l’adaptation ou à la création des outils de production. Certes, un contrôle de plus en plus étroit s’installe progressivement, en amont et en aval de la production, mais sans obérer les importants profits de guerre, réalisés grâce à la combinaison d’une forte demande et des hauts prix consentis », explique François Bouloc. À la différence des 7,9 millions d’hommes mobilisés pendant toute la durée de la guerre, pas question pour les élites économiques de risquer le sacrifice ultime.

« On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels »

Le chiffre d’affaires de Renault a ainsi été multiplié par quatre entre 1914 et 1918, passant de 53,9 millions de francs en 1914 à 249 millions de francs en 1919 [4]. Michelin négocie âprement la hausse de ses prix, prétextant de la volatilité des cours du caoutchouc. L’entreprise d’André Citroën réalise de son côté une marge bénéficiaire de l’ordre de 40 % [5] ! De même que Schneider : « Les bénéfices bruts déclarés de Schneider et Cie atteignent un maximum de 40% à la fin et au lendemain de la guerre et permettent de répartir pour les trois exercices de 1918 à 1920 des dividendes représentant le tiers du capital nominal », pointe l’historien Claude Beaud, spécialiste de la multinationale. Avec l’armistice, le groupe acquiert aussi des actifs en Allemagne et dans l’ancien empire austro-hongrois, notamment les établissements Škoda en République tchèque. Associé à la banque d’affaires l’Union bancaire et parisienne (aujourd’hui absorbé par le Crédit du Nord, filiale de la Société Générale), Schneider fonde en 1920 une puissante holding pour gérer ses participations en Europe de l’Est, « l’Union européenne industrielle et financière »… Cela ne s’invente pas !

 

 

À l’époque, ces importants profits suscitent débats et mécontentements. « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels », lance Anatole France quatre ans après l’armistice, le 18 juillet 1922, dans une lettre publiée en une de L’Humanité, le quotidien fondé par Jaurès. Dès les premiers mois de guerre, les polémiques surgissent. De la Mer du Nord à Mulhouse, les accusations contre les « profiteurs » de l’arrière se propagent sur le front. En mai 1915, un rapport de la Commission des finances de l’Assemblée nationale regrette que le ministre de la Guerre Alexandre Millerand se soit « livré [aux industriels] sans défense le jour où on leur a demandé de fabriquer coûte que coûte ».

Les commandes sont livrées en retard, du matériel est défectueux, nombre d’usines sidérurgiques n’étant pas préparées à fabriquer des armes, et à un tel rendement. Des obus de 75 sont facturés 14 francs au lieu de 10 francs, pointe la Commission des finances. Beau profit quand ils sont fabriqués par millions ! « Le ministère de la guerre est enfin accusé de n’avoir prévu dans les contrats aucune pénalité financière pour retard et inexécutions », écrit Jean-Louis Rizzo, dans sa biographie du socialiste Alexandre Millerand.

Des profits embusqués des deux côtés du Rhin

En juillet 1916, une loi établit une contribution extraordinaire sur les bénéfices exceptionnels réalisés pendant la guerre. Mais l’administration fiscale aura bien du mal à obtenir les documents des entreprises. « La société Michelin ne cessa pas pendant la guerre d’entourer ses résultats comptables du plus grand secret », illustre ainsi Anne Moulin, dans une étude sur l’industrie pneumatique à Clermont-Ferrand [6]. « À la fin de la guerre, avec les réserves et les provisions diverses dont il disposait, ainsi que grâce aux bénéfices des filiales étrangères, Édouard Michelin avait donc à sa disposition un « trésor de guerre » lui laissant une marge de manœuvre considérable », décrit l’historienne, s’appuyant notamment sur le rapport du député radical-socialiste Paul Laffont, rédigé en 1918. Le grand rival de Michelin, les établissements Bergougnan, distribuent, entre 1914 et 1918, 21,6 millions de francs à ses actionnaires… Avant d’être rachetés par Édouard Michelin.

La contribution extraordinaire sur les profits de guerre de 1916 suscitera l’opposition des industriels. « Qu’on parle d’imposer les gains amassés sur les fournitures de guerre et aussitôt, ce prodige qu’est le capitalisme désintéressé s’évanouit, laissant le devant de la scène à la rationalité ordinaire, celle du meilleur écart entre le bénéfice net et le chiffre d’affaires. (…) La comptabilité en partie double prévaut alors, et elle ne comporte en général pas de rubrique « intérêt de la patrie ». La guerre se présente alors pour ce qu’elle est aux yeux des industriels : une conjoncture économique riche de potentialités », commente François Bouloc.

Les profits amassés par l’industrie à la faveur du conflit font débat des deux côtés de la ligne bleue des Vosges. En Allemagne, une commission parlementaire examine aussi à partir de 1916 les gains des entreprises impliquées dans les productions militaires. Les industries coopèrent peu, mais la commission obtient quelques résultats probants. Elle établit que les seize plus grandes entreprises houillères et sidérurgiques allemandes ont multiplié leurs bénéfices par au moins huit entre 1913 et 1917 ! Près de trois-quarts du chiffre d’affaires de Bayer, qui produit notamment le tristement célèbre gaz moutarde, vient de ses productions de guerre. L’Allemagne aussi voit des épopées industrielles naître à la faveur du conflit : le futur constructeur automobile BMW se lance en 1917 en fabriquant des moteurs pour les avions de combats. Après l’armistice, même si les industriels allemands subissent confiscations et obligations de détruire leurs usines d’armement, les grandes entreprises comme Krupp se sont vite relevées.

Des colonies très profitables

Krupp équipe l’armée allemande en artillerie. C’est l’entreprise qui a mis au point le canon géant la « grosse Bertha ». D’une portée de 120 km, la « grosse Bertha » tirera en 1918 plus de 300 obus sur Paris pour faire craquer psychologiquement la population. Krupp – aujourd’hui fusionné avec Thyssen – a alors plus que doublé ses bénéfices. Ceux-ci passent de 31 millions de marks en 1913-1914 à plus de 79 millions en 1916-1917. Le fabricant d’armes allemand Rheinmetall, fondé en 1899, a lui multiplié ses profits par dix grâce à la guerre : de 1,4 million de marks à plus de 15 millions [7].« Celui qui réalise des performances exceptionnelles dans des circonstances exceptionnelles a le droit à une rémunération exceptionnelle », justifie alors le directeur du groupement de l’industrie allemande de l’acier et du fer, Jakob Reichert. Il ne parle évidemment pas de ce qu’endurent les fantassins dans la boue et la mitraille des tranchées… « Pour ces grandes entreprises, la guerre s’est révélée être quelque chose d’indiscutablement très profitable », analyse l’historien allemand Hans-Ulrich Wehler.

 

 

L’économie de guerre et les profits qu’elle génère se globalisent. Au Royaume-Uni, la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise Shell (fondée en 1907) grandit également à la faveur du conflit. Elle approvisionne en essence le Corps expéditionnaire britannique envoyé sur le continent (600 000 soldats en 1916). Shell fournit aussi 80 % du TNT utilisé par l’armée. Tout en continuant à prospecter du pétrole dans des zones à l’abri du conflit, comme le Venezuela, le Mexique ou la Malaisie. À la fin des années 1920, Shell devient la première compagnie pétrolière mondiale. Car les matières premières jouent un rôle crucial.

Dans les mines du Katanga au Congo belge (la République démocratique du Congo aujourd’hui), la production de cuivre s’intensifie. « Les obus britanniques et américains à Passendale, Ypres, Verdun et dans la Somme avaient des douilles en laiton composé à 75% de cuivre katangais. Les pièces de leurs canons étaient faites en cuivre pur durci. Les balles de leurs fusils avaient quant à elles des douilles en cuivre blanc avec une teneur en cuivre de 80%. Les torpilles et les instruments de marine étaient fabriqués en cuivre, en bronze et en laiton », raconte le journaliste belge David Van Reybrook [8]. Plusieurs cultures sont rendues obligatoires, comme le coton pour les uniformes. Résultat : « En pleine guerre, les exportation coloniales passèrent de 52 millions de francs belges en 1914 à 164 millions en 1917. » Pour le plus grand bonheur des actionnaires de l’Union minière du Katanga, dont la banque Société générale de Belgique, aujourd’hui intégrée dans Suez (GDF Suez et Suez Environnement).

L’hyperproductivité, un devoir patriotique

Toute l’industrie ne profite pas au même niveau de la Grande Guerre. Mais globalement, « le vaisseau du capitalisme français ne se trouve donc pas trop malmené par le typhon qui fait rage sur l’Europe et la France entre 1914 et 1918 », souligne l’historien François Bouloc. « Le premier conflit mondial s’avère en effet être une conjoncture économique favorable doublée d’un moment de mutations sociales et organisationnelles très favorables au capital et, a contrario, défavorables au travail ». Pendant que les industriels arrivent à préserver, voire à augmenter, leurs marges, « les travailleurs sont quant à eux sommés d’oublier l’ennemi de classe pendant le conflit », rappelle l’historien.

 

 

Les niveaux de rendement exigés dans les usines sidérurgiques et d’armements imposent des réorganisations. Le taylorisme débarque en France – André Citroën en sera l’un des plus fervents adeptes. Sans que les ouvriers puissent s’y opposer. Car les ouvriers qualifiés – les affectés spéciaux – travaillent dans la menace permanente d’être renvoyés au front. Le discours sur l’Union sacrée, auquel se sont ralliés les syndicats majoritaires, domine. Chacun est sommé de se fondre dans un « esprit de travail », et de laisser pour plus tard ses revendications. « Devenue un devoir patriotique, l’hyperproductivité donnait un argument de poids à la réorganisation taylorienne du travail [...] Le salaire à la tâche, qui indexait directement la paye des ouvriers sur la vitesse et la précision de leur production, fut l’aspect le plus souvent retenu du système de Taylor », décrit l’historienne Laura Lee Downs [9].

Si les grèves se multiplient à partir de 1917, motivées par la hausse des prix ou la revendication du samedi chômé, elles sont principalement menées par les femmes, recrutées en masse pour remplacer les ouvriers partis au front. « Ainsi, ce contre quoi les ouvriers qualifiés avaient lutté pied à pied avant 1914 se trouvait irrémédiablement instauré dans les ateliers, la déconfiture politique de 1914 de l’internationalisme face à la guerre se trouvant par là augmentée d’une défaite sociale » , observe François Bouloc.

Dans l’entre-deux guerres, la question des profits de guerre ne cesse de revenir dans le débat politique. En Italie, où l’on parle de « requins », « le premier programme fasciste – un modèle de démagogie – prévoyait la confiscation de 85% des bénéfices de guerre », rappelle l’historien toulousain Rémy Cazals [10]. En 1938, en France, alors que le second conflit mondial s’approche, une loi sur l’organisation de la nation en temps de guerre interdit aux sociétés qui travaillent directement pour la défense nationale d’engager, à ce titre, des bénéfices. Le 20 septembre 1939, alors que les armées du 3ème Reich envahissent la Pologne, le député Paul Reynaud déclare à l’Assemblée nationale qu’il n’est pas possible, à l’occasion du conflit qui commence, de « tolérer l’enrichissement scandaleux de la guerre de 14-18 » [11]. La défaite éclair de l’armée française en 1940 coupe court à cette inquiétude. Une autre page se tourne, celle de la collaboration avec le régime nazi, y compris économique. Une collaboration à laquelle nombre de patrons français vont participer sans trop de scrupules. Mais là, c’est une autre histoire.

Ivan du Roy et Rachel Knaebel

Photo : CC Wikimedia, CC Bibliothèque nationale de France (visite du général états-unien Persching dans les ateliers d’obus Citroën du quai de Javel, en 1917).

 

Notes

[1Antoine Prost, Jay Winter, Penser la Grande Guerre. Un essai d’historiographie, Paris, Seuil, 2004.

[2Voir ici pour Renault et (en pdf) pour Schneider.

[3Les citations de l’historien François Bouloc sont tirées de son article « Des temps heureux pour le patronat : la mobilisation industrielle en France », disponible sur le site de l’éditeur numérique cairn.info ou d’un article publié par le Collectif de recherche international et de débat sur la guerre de 1914-1918 sur son site.

[4Source : La mobilisation industrielle, « premier front » de la Grande Guerre ?, Rémy Porte, Éditions 14-18, Paris, 2006.

[5Source : Les Échos.

[6Clermont-Ferrand, 1912-1922 : la victoire du pneu, 1997.

[7Sources : Spiegel et Deutsche Gesellschaftsgeschichte Bd. 4 : Vom Beginn des Ersten Weltkrieges bis zur Gründung der beiden deutschen Staaten 1914-1949, Hans-Ulrich Wehler, 2003, C.H. Beck Verlag.

[8Dans son livre Congo, Une histoire, Ed. Actes Sud, juin 2012.

[9L’Inégalité à la chaîne. La division sexuée du travail dans l’industrie métallurgique en France et en Angleterre (1914-1939), Paris, Albin Michel, 2002.

[10Les mots de 14-18, Presse universitaire du Mirail.

[11Source : La mobilisation industrielle, « premier front » de la Grande Guerre ?, Rémy Porte, Éditions 14-18, 2006, p 215.


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Source : www.bastamag.net

 

 

 

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Dimanche 31 août 2014 7 31 /08 /Août /2014 23:55

 

Source : www.ritimo.org

 

 

Politiques de la Pachamama 

Extraction des ressources naturelles vs. droits autochtones et protection de l’environnement

1er juillet 2014

Cet article a été traduit de l’espagnol vers le français par Jessica Pagazani et relu par Annabelle Rochereau, traductrices bénévoles pour Ritimo. Retrouvez l’article original ici : The Politics of Pachamama : Natural Resource Extraction vs. Indigenous Rights and the Environment in Latin America

 

 

De bon matin, il y a de cela plus de dix ans, j’avais interviewé Evo Morales à Cochabamba, en Bolivie. Celui-ci, alors leader des cultivateurs de coca et député dissident, était en train de boire un jus d’orange fraîchement pressé dans les locaux de son syndicat, sans prêter attention aux sonneries incessantes du téléphone. Quelques semaines à peine avant notre entretien, un mouvement social d’ampleur nationale avait réclamé la nationalisation des réserves de gaz naturel de la Bolivie. Tout le monde se demandait comment les richesses du sous-sol pourraient bénéficier à cette majorité sans ressources qui vivait à la surface.

Concernant ses ambitions pour le gaz naturel bolivien, l’intention de Morales était de faire des ressources naturelles « un instrument politique de libération et d’unité en Amérique latine ». Il était à l’époque considéré par beaucoup comme un candidat populaire à l’élection présidentielle et il ne cachait pas que les politiques autochtones qu’il voulait mettre en œuvre en tant que leader étaient intrinsèquement liées à une vision de la Bolivie mettant ses richesses naturelles au service du développement national. « Nous, les autochtones, sommes en train de reprendre le pouvoir, après 500 ans de résistance. Cette reprise de pouvoir est axée sur la récupération de nos propres richesses, de nos propres ressources naturelles. » C’était en 2003. Deux ans plus tard, il était le premier président indigène à être élu en Bolivie.

Revenons au mois de mars de cette année. La scène se passe un samedi matin ensoleillé dans le centre-ville de La Paz, alors que les vendeurs de rue montent leurs stands pour la journée aux côtés d’un groupe de rock qui organise un concert dans une rue piétonne. Je dois rencontrer Mama Nilda Rojas, la leader du groupe amérindien dissident CONAMAQ, une confédération de communautés aymara et quechua du pays. Rojas, tout comme ses collègues et sa famille, a été persécutée par le gouvernement de Morales en raison de sa mobilisation contre les industries extractives. « Les territoires autochtones sont entrés en résistance, explique-t-elle, car les veines ouvertes de l’Amérique latine continuent à saigner, recouvrant la terre de sang. Ce sang est pompé par toutes les industries extractives. »

Tandis qu’Evo Morales considère les richesses du sous-sol comme un outil de libération, Rojas estime que le président n’hésite pas à soutenir les industries extractives - exploitation minière, pétrolière et gazière - sans se préoccuper de la destruction de l’environnement ni du déplacement des communautés auxquels conduisent ces industries.

Comment peut-il exister un tel décalage entre Morales et Rojas ? Cela s’explique en partie par l’ampleur des conflits qui opposent les politiques extractivistes menées par les gouvernements de gauche en Amérique latine et les politiques de la Pachamama (la Terre Mère), et par la manière dont les mouvements autochtones ont mené la résistance contre l’extractivisme pour défendre leurs droits, leurs terres et l’environnement.

Depuis le début des années 2000, une vague de présidents de gauche a remporté les élections en Amérique latine en promettant notamment d’utiliser la richesse des ressources naturelles abondantes pour financer des programmes sociaux, accroître l’accès aux services de santé et d’éducation, redistribuer les richesses, donner des moyens d’action aux travailleurs, lutter contre la pauvreté et bâtir la souveraineté économique nationale.

 

 

Au cours de ce changement, c’est l’État, à la place de la sphère privée, qui a joué le rôle le plus important dans l’industrie extractive. L’objectif était d’en faire bénéficier un large pan de la société plutôt que de simplement remplir les poches d’une poignée de dirigeants de multinationales, comme cela s’était systématiquement produit sous les gouvernements néolibéraux. Les coûts sociaux et environnementaux des opérations d’extraction n’ont pas disparu, seule la vision économique a changé. « Les activités extractives et l’exportation des matières premières continuent comme avant, mais elles s’accompagnent maintenant d’un discours progressiste pour les justifier », explique Carmelo Ruiz-Marrero, journaliste portoricain spécialisé dans les questions environnementales.

Bien que de nombreuses économies et de nombreux citoyens aient pu profiter de l’implication accrue de l’État dans l’extraction des ressources, l’extractivisme, même s’il est mis en œuvre par des gouvernements progressistes, n’a pas cessé d’entraîner le déplacement de communautés rurales, d’empoisonner les sources d’eau, de tuer les sols et de porter atteinte à l’autonomie territoriale amérindienne, comme c’était déjà le cas sous le néolibéralisme. Comme l’écrit la sociologue argentine Maristella Svampa, en Amérique latine, « les politiques progressistes mises en place ces dernières années s’inspirent de la conception conventionnelle et hégémonique d’un développement fondé sur l’idée d’un progrès infini et de ressources naturelles soi-disant inépuisables ». Cette tendance extractiviste, favorisée par le discours et par les mandats progressistes de la gauche latino-américaine, a eu des conséquences préoccupantes dans toute la région.

Suite à la crise de 2001-2002 en Argentine, les gouvernements de Nestor et Cristina Kirchner ont œuvré avec succès pour redresser l’économie du pays et pour donner des moyens d’action aux travailleurs. Ils ont mis en place des politiques économiques progressistes afin de promouvoir la souveraineté de l’Argentine, après des années de néolibéralisme pendant lesquelles les entreprises et services publics avaient été privatisés. Les Kirchner ont placé de nombreuses industries sous le contrôle de l’État et ont utilisé les nouvelles recettes du gouvernement pour financer des programmes sociaux et pour réduire la dette du pays face aux entreprises et aux prêteurs étrangers.

Dans le cadre de cette réorientation politique, en 2012, l’État argentin a obtenu 51 % des parts de la compagnie pétrolière YPF, qui avait été privatisée dans les années 1990. Cependant, l’année dernière, la compagnie argentine YPF a signé un accord avec Chevron pour étendre les zones de fracturation de gaz de schiste dans le pays. Or les opérations doivent se dérouler sur les territoires mapuche. Les communautés autochtones menacées ont répliqué en occupant quatre puits de forage d’YPF. « Il ne s’agit pas seulement de la terre dont ils s’emparent », a expliqué Lautaro Nahuel, de la Confédération mapuche de Neuquén à Earth Island Journal. « Toutes les formes de vie naturelle de la région sont étroitement liées. Ce qu’ils font ici aura des conséquences sur le fleuve Neuquén ; or nous buvons l’eau de ce fleuve. » Des manifestations contre les projets de fracturation hydraulique d’YPF-Chevron se déroulent dans tout le pays.

Le président uruguayen José « Pepe » Mujica, qui a récemment attiré l’attention de la communauté internationale en légalisant la marijuana, l’avortement et le mariage homosexuel et en proposant d’accueillir d’anciens détenus de Guantanamo, est en train de négocier un accord avec la compagnie minière anglo-suisse Zamin Ferrous portant sur un énorme projet d’extraction minière à ciel ouvert. Ce projet impliquerait l’extraction de 18 millions de tonnes de minerai de fer dans tout le pays au cours des 12 à 15 prochaines années. Outre l’exploitation minière en elle-même, le projet prévoit la construction de pipelines afin de transporter le minerai à travers les terres jusqu’à la côte atlantique du pays. Les critiques ont pointé du doigt le fait que le plan allait avoir des conséquences désastreuses pour la biodiversité de la région et allait entraîner le déplacement de ses agriculteurs. En réponse à ces projets, un mouvement national est actuellement en cours pour réclamer l’organisation d’un référendum afin d’interdire l’extraction minière à ciel ouvert en Uruguay.

L’ancien président brésilien Luiz Lula da Silva et sa successeure Dilma Rousseff, tous deux du Parti des travailleurs, ont œuvré pour le développement de la classe moyenne dans le pays et ont mis en place des programmes d’aide sociale visant à éliminer la pauvreté et la faim. Cependant, leurs administrations ont également dirigé un vaste système économique fondé sur l’extractivisme, ne laissant aucune place aux petits paysans ni aux questions environnementales. Le Brésil abrite la plus grande industrie minière de toute la région : en 2011, le volume de l’extraction était supérieur au double du volume de minéraux extraits dans l’ensemble des autres pays d’Amérique du Sud. C’est également le plus grand producteur de soja, une culture OGM qui se propage rapidement sur tout le continent, avec son lot de pesticides mortels qui détruisent les sols et empoisonnent les sources d’eau, forçant les petits paysans à quitter les campagnes pour aller s’agglutiner dans les bidonvilles en périphérie des métropoles latino-américaines.

Le président équatorien Rafael Correa est devenu célèbre en tant que défenseur de l’environnement dans son pays en apportant son soutien à l’adoption, en 2008, d’une constitution donnant des droits à la nature. En 2007, il avait également lancé une initiative pour que le pétrole présent dans le parc national Yasuní ne soit pas exploité. En échange de la non-exploitation du pétrole dans cette zone riche en biodiversité, un appel aux dons de 3,6 milliards de dollars (soit la moitié de la valeur du pétrole) a été lancé auprès de la communauté internationale en faveur du Programme des Nations Unies pour le développement, qui finance des programmes internationaux de santé et d’éducation, entre autres. En août dernier, comme seulement 13 millions de dollars avaient été collectés et 116 millions promis, Correa a annoncé que son initiative avait échoué, et que l’extraction du pétrole aurait bien lieu dans le parc Yasuní. Lors d’une allocution télévisée le président avait déclaré : « Le monde nous a laissés tomber. »

Et pourtant, tandis que Correa soulignait à juste titre que les nations les plus riches ont l’obligation de contribuer à résoudre les problèmes liés à la crise climatique mondiale, dans son pays, il développait l’industrie minière et criminalisait les mouvements indigènes qui protestaient contre les industries extractives sur leurs territoires. Sous son mandat, de nombreux leaders autochtones qui s’organisaient contre les mines, contre les mesures de privatisation de l’eau et contre l’extraction d’hydrocarbures ont été mis en prison du simple fait de leur militantisme.

La criminalisation des militants autochtones luttant contre l’industrie minière au Pérou est également devenue la norme dans ce pays riche en ressources minérales. Sous la présidence d’ Ollanta Humala, l’industrie minière a connu un véritable essor, tout comme les conflits qu’elle a provoqués avec les communautés locales luttant pour défendre leurs droits à la terre et à l’eau.

En Bolivie, le président Evo Morales s’est largement exprimé sur le thème du respect dû à la Pachamama, de la lutte contre le changement climatique dans le monde et de la mise en œuvre des philosophies autochtones telles que le Buen Vivir (vivre bien), permettant de vivre en harmonie avec la planète. Son gouvernement a promulgué certaines politiques progressistes dans l’optique de générer davantage de revenus publics en confiant à l’État la gestion de l’extraction des ressources naturelles pour qu’il utilise ce revenu supplémentaire pour financer une hausse des salaires ainsi que des programmes sociaux à l’échelle nationale en matière de santé, de retraite, d’éducation et de développement des infrastructures. L’administration Morales et son parti, le MAS (Mouvement vers le Socialisme), ont également cherché à promouvoir des changements constitutionnels et des lois pour la protection de l’environnement, l’autonomisation des communautés autochtones et pour faire de l’accessibilité aux services et ressources de base un droit. Pourtant, la plupart des discours et promesses de changement ont été contredits par la façon dont les politiques du MAS se sont traduites sur le terrain.

Le gouvernement a par exemple défendu un projet de construction d’une grande autoroute à travers le territoire amérindien et parc national Isiboro Secure (TIPNIS). Les protestations contre le projet du gouvernement ont renforcé le mouvement pour la défense des droits des autochtones et de l’environnement. En 2011, la réponse du gouvernement a été de brutalement réprimer les familles qui manifestaient contre le projet routier. La violence gouvernementale a fait 70 blessés. Les familles et amis des victimes sont toujours en quête de justice.

Plus récemment, la promesse faite par le MAS de respecter la Terre Mère ainsi que les droits des autochtones et des petits paysans s’est heurtée à un autre de ses projets : la loi sur les mines, qui a été approuvée fin mars par le Congrès, contrôlé par le MAS, et qui devait ensuite être adressée au Sénat. Mais les manifestations contre la loi ont contraint le gouvernement à suspendre son adoption en attendant d’en savoir plus sur les exigences des opposants. Tandis que les coopératives minières privées, célèbres pour leur indifférence à l’égard de l’environnement et des communautés locales affectées par l’industrie minière, protestent contre la loi car elle ne leur octroie pas le droit de vendre les ressources à des entités privées à l’étranger sans être surveillées par le gouvernement, d’autres groupes avec des exigences différentes ont exposé leurs critiques. N’ayant rien à voir avec les mineurs coopérativistes, ces opposants venus des mouvements paysans et autochtones sont davantage préoccupés par les questions d’accès à l’eau et par la défense du droit de manifester.

La loi sur les mines accorde à l’industrie minière le droit d’utiliser l’eau publique pour ses opérations nocives et très gourmandes en eau. Cela sans se préoccuper du droit des communautés rurales et agricoles à avoir accès à cette même eau. De plus, cette loi criminalise les protestations contre les opérations minières ; les communautés les plus affectées par la pollution et par les déplacements forcés n’auraient donc plus aucun recours légal possible pour défendre leurs foyers. En réaction à cette loi, un certain nombre d’organisations amérindiennes et de petits paysans sont descendus dans la rue pour manifester.

J’ai pu échanger avec Mama Nilda Rojas, la leader amérindien du CONAMAQ, à propos de sa vision de la loi sur les mines. « Le gouvernement Morales nous avait dit qu’il dirigerait le pays en écoutant le peuple et que les lois viendraient d’en bas. Mais, cette promesse n’a pas été tenue en ce qui concerne la loi sur les mines, poursuit Rojas. Cette loi a été élaborée sans que les représentants des communautés les plus touchées par les activités extractives aient été suffisamment consultées. C’est une loi qui criminalise le droit à la protestation. Cette loi nous empêchera de bloquer les routes. Nous n’aurons pas le droit de manifester [contre les opérations minières] », explique-t-elle. « Nous n’oublions pas qu’il s’agit de ce même Evo Morales que l’on voyait manifester et bloquer des routes [il y a des années]. Alors, comment se fait-il qu’il soit en train d’abolir ce droit de protester ? ».

Rojas explique : « Ce gouvernement a prononcé de faux discours au niveau international, prétendant défendre la Pachamama, la Terre Mère », or ce qui a lieu en Bolivie est une toute autre histoire. Et pendant ce temps, à l’extérieur de l’Amérique latine, les gouvernements, les militants et les mouvements sociaux voient les pays comme la Bolivie et l’Équateur comme des exemples à suivre pour vaincre le capitalisme et pour lutter contre le changement climatique. Le modèle de Yasuní et le respect des droits de la nature peuvent et doivent avoir un impact au-delà des frontières de ces pays. Les pays les plus riches et leurs consommateurs, et toutes les industries dont les sièges se situent dans les pays du Nord, doivent prendre leurs responsabilités et relever les défis liés à la crise climatique.

À bien des égards, la majorité des partis de gauche en Amérique du Sud constituent un progrès par rapport à leurs prédécesseurs néolibéraux. Ils ont contribué à tracer un chemin formidable vers des modèles alternatifs qui sont une source d’inspiration dans le monde entier. Dans l’ensemble, ils ont permis aux pays de se libérer du joug du Fonds Monétaire International et des dictatures soutenues par les États-Unis, et leur ont donné les moyens d’accéder à l’autodétermination. Dans l’intérêt de ses nouvelles orientations, il est à espérer que la droite néolibérale ne parviendra pas à regagner du terrain dans la région dans un futur proche et que Washington ne pourra plus continuer à s’immiscer dans les affaires d’une Amérique latine toujours plus indépendante.

Néanmoins, alors que cette marche vers le progrès se poursuit sous toutes ses formes et que les périodes d’élections vont et viennent, les perdants de la nouvelle gauche d’Amérique latine sont bien souvent les mêmes qu’avant... les communautés rurales expropriées et les mouvements autochtones qui, pourtant, ont ouvert la voie ayant permis à ces présidents d’accéder au pouvoir. Au nom du progrès, de la Terre Mère, du Buen Vivir et du socialisme du XXIe siècle, ces gouvernements contribuent à empoisonner les rivières et la terre et à déplacer, emprisonner et assassiner les militants anti-extractivistes. Une solidarité qui resterait aveugle à cette contradiction causerait beaucoup de tort aux divers mouvements populaires qui luttent pour un monde meilleur.

Si un modèle alternatif - mettant la qualité de vie et le respect de l’environnement au-dessus de la croissance du produit intérieur brut et de l’expansion de la société de consommation, plaçant la soutenabilité au-dessus de la dépendance face à l’extraction des matières premières finies, mais aussi respectant le droit à une agriculture à petite échelle et le droit à l’autonomie des territoires indigènes plutôt que l’intérêt des compagnies minières et des exploitations de soja - parvient un jour à triompher, ce modèle sera sûrement le fruit des luttes menées par ces mouvements populaires. Pour que ce modèle réussisse à transformer les tendances progressistes de toute la région, il est nécessaire que les espaces de dissidence et de débat au sein des mouvements autochtones, paysans et de défense de l’environnement soient respectés et renforcés, et non pas écrasés et réduits au silence.

« Nous sommes debout, et nous manifestons contre l’extractivisme, conclut Rojas, la Terre Mère est fatiguée. »

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Benjamin Dangl est journaliste en Amérique latine depuis plus de dix ans et réalise des reportages sur les mouvements sociaux et la vie politique de la région. Il est l’auteur des livres suivants : Dancing with Dynamite : Social Movements and States in Latin America et The Price of Fire : Resource Wars and Social Movements in Bolivia

Dangl est actuellement doctorant en Histoire de l’Amérique latine à l’Université McGill et il a créé UpsideDownWorld.org, un site Web sur le militantisme et la vie politique en Amérique latine, ainsi que TowardFreedom.com, qui offre une perspective progressiste sur les événements dans le monde. Email : BenDangl(at)gmail(dot)com.

Twitter : @bendangl

 

Source : www.ritimo.org

 

 

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Dimanche 31 août 2014 7 31 /08 /Août /2014 18:59

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

A Berlin, des milliers de manifestants contre la surveillance

Le Monde.fr | 31.08.2014 à 12h35 • Mis à jour le 31.08.2014 à 14h27 | Par Martin Untersinger (envoyé spécial, à Berlin)

 
 
Les manifestants avant le départ du cortège, près de la porte de Brandebourg.

En se penchant par la fenêtre de leurs bureaux, les employés de l'ambassade américaine à Berlin pouvaient presque voir se masser les participants à la manifestation « Freiheit statt Angst » (« La liberté, pas la peur ») au pied de la porte de Brandebourg toute proche.

Il n'est pas certain qu'ils aient été bien accueillis dans ce rassemblement organisé samedi 30 août dans la capitale allemande pour protester contre les pratiques de la NSA, l'agence de renseignement américaine, et plus largement contre la surveillance des communications.

Cette manifestation se tient chaque année depuis plus de dix ans à Berlin. Mais depuis le début des révélations d'Edward Snowden, il y a plus d'un an, ces rassemblements ont pris une saveur particulière.

« J'ai demandé à mon grand-père pourquoi il n'avait rien fait contre les nazis. Je ne veux pas que ma fille, plus tard, me pose la même question », lance Thomas, qui ne veut pas donner son nom de famille, un développeur informatique de la région de Düsseldorf, pour qui il s'agit de sa première participation.

Sebastian et Thomas, développeurs informatiques de la région de Düsseldorf.

« PAS EU DE VRAIE RÉACTION DU GOUVERNEMENT ALLEMAND »

Les ennemis du jour s'appellent Barack Obama et la NSA d'un côté, Angela Merkel et le BND (le principal service de renseignement allemand) de l'autre. Les premiers sont accusés de mettre, par le biais de leurs tentaculaires programmes de suveillance d'Internet et des communications, une large partie du globe sur écoute, tandis qu'on reproche aux seconds leur complicité et leur apathie dans l'affaire Snowden.

Sous une pancarte sur laquelle est inscrit « 1984 n'était pas censé être un manuel d'instruction », Johannes, étudiant en mathématiques, explique qu'il n'y a « pas eu de vraie réaction du gouvernement allemand ». « Les protestations, au début, c'était un alibi, poursuit-il. Le gouvernement n'a aucun intérêt à ce que cela change : il en bénéficie. »

C'est ce que lance à la foule, depuis la scène installée à quelques encablures de la porte de Brandebourg, le porte-parole de l'ONG Digital Courage, qui organise la manifestation : « Comme le dit Edward Snowden, la NSA et le BND dorment dans le même lit. »

Cette proximité entre l'Allemagne et les Etats-Unis est un constat partagé par Rena Tangens, la cofondatrice de l'ONG, qui explique que son « gouvernement est trop effrayé pour se battre pour nos droits ». Des critiques acerbes qui contrastent avec l'image de l'Allemagne, généralement présentée comme le pays ayant formulé la réponse la plus ferme aux révélations Snowden.

« Les Allemands sont forts pour parler, mais pour faire la révolution, les Français restent les meilleurs ! », plaisante Daniel Domscheit-Berg, porte-voix sous le bras. Cet Allemand, célèbre pour avoir été, lorsqu'il faisait partie de WikiLeaks, le bras droit de Julian Assange, est optimiste : « Venir à cette manifestation, chaque année, c'est un baume au cœur. Cela montre que les gens ne s'en fichent pas ! »

Manifestants devant le Bundestag.

« L'ALLEMAGNE ET BERLIN SONT LE CŒUR DE LA RÉSISTANCE »

Julia Reda, députée européenne fraîchement élue du Parti des pirates, tient également à nuancer la réaction des autorités allemandes à la suite des révélations sur la NSA. « Les politiques allemands ont réussi à orienter le débat de manière à ce qu'Angela Merkel apparaisse comme la victime », laissant de côté, selon elle, les agissements de la NSA contre les habitants d'outre-Rhin. L'hebdomadaire Der Spiegel révélait par exemple à l'été 2013 que la NSA avait collecté une très grande quantité de données relatives à l'activité des Allemands sur Internet.

Toutefois, difficile d'imaginer une autre ville pour cette manifestation. Les pancartes dénonçant une « Stasi 2.0 » fleurissent et le tracé du mur de Berlin croise le chemin emprunté par le cortège. C'est aussi dans la capitale fédérale que le Parti pirate, en pointe contre la surveillance en ligne, fait ses meilleurs scores.

L'Américain Jacob Appelbaum, célèbre activiste des libertés en ligne réfugié à Berlin depuis plusieurs mois, remercie d'ailleurs sur scène les Berlinois et les Allemands, dans leur langue, pour leur « soutien et leur solidarité ». « L'Allemagne et Berlin sont le cœur de la résistance contre la surveillance. Je pense que c'est parce que l'Allemagne sait comment cela peut se finir. Je pense que l'histoire tend à se répéter, avec des petites variations », explique-t-il à sa descente de la tribune, quelques minutes plus tard.

Un sifflet géant en hommage à Edward Snowden, devant la porte de Brandebourg.

MOBILISATION EN DEMI-TEINTE

Pourtant, la mobilisation est en demi-teinte. Si la police n'a pas voulu donner de chiffres, ils ne sont vraisemblablement guère plus de 5 000, les organisateurs évoquant le chiffre de 6 500. C'est trois fois moins que l'année dernière, en plein cœur des révélations Snowden : 15 000 personnes s'étaient rassemblées.

La députée Julia Reda tente d'expliquer ce manque de résonance, malgré le déferlement des révélations sur les pratiques des services de renseignement, par l'isolement politique dont sont parfois victimes ceux qui combattent la surveillance :

« Je pense que ceux qui s'intéressent aux implications politiques d'Internet sont vraiment déconnectés de la politique traditionnelle. Nous devons simplifier le message, de façon à concerner plus de monde. »

Dans le cortège, il y a bien sûr des familles derrière leurs poussettes, des personnes âgées, des membres de groupes antifascistes qui marchent quelques pas devant les jeunes libéraux du FDP, symboles de la variété des organisations ayant signé l'appel à manifester.

Mais le gros des participants appartient au milieu traditionnel du militantisme des libertés sur Internet. On croise ainsi, pêle-mêle, des tee-shirts à l'effigie de Tor, le logiciel anti-censure, des masques d'Anonymous sous des drapeaux du Parti pirate et des afficionados du bitcoin. Un manifestant arbore fièrement un détournement de la célèbre citation (faussement attribuée à Voltaire) : « Je ne suis pas d'accord avec ce que tu dis, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que tu puisses le chiffrer. »

Julia Reda souligne la nécessité de dépasser ce premier cercle de convaincus : « Nous devons amener ces questions dans le champ de la politique traditionnelle. Nous devons nous politiser. Nous devons aussi nous ouvrir à d'autres communautés. »

Pour replacer la société allemande au centre du débat, une poignée de femmes en tailleur et d'hommes en costumes ont fait leur apparition cette année. Ils se serrent derrière une petite banderole où est inscrit : « Des gens normaux contre la surveillance radicale ». Ils promettent de revenir plus nombreux l'année prochaine.

Afin que le message porte, certains tentent d'élargir les revendications. Jacob Appelbaum, par exemple : « Dans cette manifestation, on ne parle pas seulement de la lutte contre la surveillance, mais surtout de la lutte pour les droits de l'homme. »

 Martin Untersinger (envoyé spécial, à Berlin)
Journaliste au Monde

 

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 


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