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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 19:26

 

Source : http://www.lalibre.be

Migrants: voici dix raisons d'ouvrir les frontières

 

 

Contribution externe Publié le - Mis à jour le

 

 

 

Opinions

 

Une opinion de François Gemenne, politologue, chercheur et enseignant à l'Ulg (CEDEM) et à Sciences Po (Paris) et Michel Agier, Anthropologue, directeur de recherches à l’Institut de Recherche pour le Développement et directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS).

 

 

Alors que l’Europe se barricade, pensant que les murs qu’elle dresse la protégeront d’un fantasmatique danger migratoire, voici, au contraire, dix raisons d’ouvrir les frontières.

Entre 2000 et 2014, 40 000 migrants sont morts aux frontières, dont 22 000 en tentant de rejoindre l’Europe, qui est aujourd’hui devenue la destination la plus dangereuse du monde pour les migrants. Depuis le début de l’année 2015, plus de 2 500 sont morts noyés en Méditerranée, alors qu’ils fuyaient violences et oppression en Syrie, en Erythrée ou dans d’autres endroits du monde. Le décompte macabre continue chaque jour, tandis que la répartition de ceux qui ont survécu au voyage fait l’objet de marchandages politiques souvent sordides, jalonnés de déclarations incendiaires. Face à cette faillite de l’Europe, nous affirmons qu’il serait plus rationnel, plus juste, plus sûr, d’ouvrir les frontières.

Contrairement à une idée trop répandue dans les médias et les discours politiques, cette proposition n’a rien d’un fantasme naïf et irréaliste. Au contraire : elle permettrait de sortir enfin d’un engrenage de violences qui a déjà fait des milliers de morts, et de dessiner un horizon pour un véritable projet politique européen en matière d’asile et d’immigration.

Voici dix raisons pour lesquelles il faut ouvrir les frontières.

 

 

1 - Fermer les frontières ne sert à rien

 

 

Notre premier argument est de bon sens. Le fait migratoire est un fait social, une réalité du monde contemporain, auquel il est absurde de vouloir résister. Vouloir empêcher les migrations est aussi vain que de vouloir empêcher la nuit de succéder au jour. Les gens ne choisissent pas de migrer ou de rester parce qu’une frontière est ouverte ou fermée. L’idée que la fermeture des frontières puisse limiter les flux migratoires est irréaliste et criminelle, et méconnaît complètement la réalité des migrations. Elle ne fait que rendre les déplacements plus précaires, plus coûteux et plus dangereux, transformant la Méditerranée en charnier. Ouvrir les frontières, c’est avant tout permettre aux gens de migrer dans des conditions sûres et dignes, c’est arrêter le massacre, mettre un terme à la tragédie qui se joue actuellement aux frontières de l’Europe.

 

 

2 - Coup d’arrêt au business des passeurs

 

 

C’est la fermeture des frontières qui permet le business des passeurs. Au contraire, ouvrir les frontières, légaliser les mobilités de tous, c’est tuer dans l’œuf le business de ceux qui ont fait profession du trafic de cargaisons humaines, en profitant d’une économie de la prohibition. C’est la manière la plus efficace de lutter contre les passeurs.

 

 

3 - Le fantasme de l’invasion

 

 

L’invasion annoncée est un fantasme. Aucune enquête n’a prouvé la véracité des "appels d’air" ou des "invasions" tant annoncées et fantasmées. Faire croire que l’ouverture ou la fermeture des frontières permet la maîtrise des flux migratoires est un mensonge électoraliste. La construction du mur entre le Mexique et les Etats-Unis n’a nullement ralenti les flux migratoires entre les deux pays, pas plus que l’ouverture de la frontière entre l’Inde et le Népal n’a provoqué d’afflux massifs de migrants.

 

 

4 - Faciliter la mobilité

 

 

L’ouverture des frontières permettrait à de nombreux migrants de rentrer au pays et de revoir leur famille. Cela faciliterait la circulation des personnes, c’est-à-dire aussi les mouvements d’allers et retours, d’entrées et de sorties. Beaucoup de migrants sont aujourd’hui coincés dans leur pays de destination, dont ils n’osent pas sortir par peur de ne plus pouvoir y revenir ensuite.

 

 

5 - Effacer les zones d’ombres

 

 

Cela ferait disparaître les zones d’ombres de l’illégalité dans lesquelles les migrants se retrouvent de force, et non par choix. Soyons légalistes : le fait d’autoriser et d’accompagner les libres circulations permettrait de mieux les "voir" et les connaître. Ouvrir les frontières, ce n’est pas supprimer les frontières : c’est simplement permettre la libre circulation, pour mieux accompagner les migrations et s’assurer qu’elles se déroulent dans les meilleures conditions possibles.

 

 

6 - Un droit fondamental

 

 

La liberté de circulation est un droit fondamental. C’est à la fois une question de liberté fondamentale et une question d’égalité. Aujourd’hui, le destin des uns et des autres reste avant tout déterminé par l’endroit où ils/elles sont né-e-s. C’est la fermeture des frontières qui crée cette inégalité insupportable, ce privilège du lieu de naissance. L’ouverture des frontières reconnaît la légitimité de toute migration, et le droit à la mobilité de chacun. Le droit de quitter son pays est inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, mais la fermeture des frontières empêche de le mettre en œuvre.

 

 

7 - Progrès social

 

 

C’est la condition d’un progrès social. La légalisation des migrants permet d’augmenter et de rendre visible la contribution aux prestations sociales des travailleurs immigrés et de leurs employeurs, tout en améliorant leurs conditions de rémunération. La migration ‘illégale’, par nature, ne peut plus exister avec des frontières ouvertes : les situations de précarité administrative disparaissent et les conditions de travail s’améliorent et s’harmonisent.

 

 

8 - Potentiel économique

 

 

Cela permettrait aux migrants de déployer leur plein potentiel économique dans les pays de destination et d’origine. Toutes les études montrent que la contribution économique à leur pays de destination est d’autant plus positive que leur situation y est sûre et légale. Rendre toutes les migrations légales ferait de facto disparaître l’immigration "clandestine", et permettrait aux migrants de déployer leur plein potentiel économique dans le pays d’accueil. Leur contribution économique est aussi dirigée vers leur pays d’origine : l’apport financier des migrants par leurs transferts d’argent au pays est au moins trois fois plus important que "l’aide au développement" officielle des pays industrialisés, trop souvent instrumentalisée dans le but fallacieux et vain de réduire les flux migratoires.

 

 

9 - Cesser la guerre aux migrants

 

 

Pour remettre l’hospitalité au centre de la politique. Partout en Europe, on voit des voisins solidaires et mobilisés, un tissu associatif dense capable d’organiser l’accueil des étrangers et d’aider leur insertion. Ce sont les formes d’une hospitalité sans condition qui existent déjà et qu’un gouvernement aurait la possibilité de mobiliser et d’aider, à l’opposé de la guerre aux migrants qui forme aujourd’hui le régime officiel de pensée et d’action.

 

 

10 - L’humanisme comme valeur politique

 

 

Parce que l’ouverture des frontières permet de réaffirmer l’unité de l’Homme. Contre toutes les formes de déshumanisation que nous ne cessons d’observer dans le monde, contre le retour de l’idée d’indésirabilité d’une partie des humains qui avait déjà marqué les années 1930 à propos des Juifs ou des exilés espagnols, nous avons le choix de redire l’unité de l’Homme et de traduire cette idée en politique. Contre le retour des effets désastreux de l’obscurantisme, il s’agit simplement de relancer l’humanisme comme valeur politique.

Titre, chapeau et intertitres sont de la rédaction.

 

 

Source : http://www.lalibre.be

 

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 19:16

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Ce qui s’est passé en août quand on n’était pas là

31 août 2015 / Camille Martin (Reporterre)
 


 

Accident catastrophique en Chine, action massive des citoyens contre le charbon en Allemagne, mauvais coup du gouvernement contre les alternatives... l’actualité n’a pas chômé durant ce mois d’août. Voici un petit rappel si, comme Reporterre, vous avez bullé sans complexe durant le mois d’août.


Ça y est, c’est la reprise pour Reporterre. Et peut-être pour vous aussi, après une pause bien méritée. Pour retrouver rapidement ses marques, voici un rappel de ce qui s’est passé autour de l’écologie depuis un mois.

D’abord une mauvaise nouvelle, la mort de Michel Tarin, un paysan qui a été, entre autres, un militant de toujours contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une sale maladie, la leucémie, l’a attrapé il y a deux ans, et l’a finalement emporté le 31 juillet.

 

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Michel Tarin, militant infatigable contre l’aéroport de Notre Dame des landes, trépassé le 31 juillet

Reporterre avait souvent rencontré Michel Tarin. Vous pouvez encore l’entendre ici et aussi ici.

Une autre disparition dans le monde de l’écologie, celle de Philippe Germa, disparu le 8 août en plongée en Polynésie française. Il était directeur général du WWF France depuis 2013 et était un proche de Brice Lalonde depuis les années 1980.

 

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Philippe Germa, directeur du WWF France, disparu le 8 août

- Une bonne nouvelle, le 5 août : le Conseil constitutionnel a rejeté l’article de la loi Macron facilitant l’enfouissement des déchets nucléaires dans la Meuse. Dans son communiqué, le Conseil indique que l’article concerné, n° 201, ainsi que d’autres, « avaient été adoptés selon une procédure contraire à la Constitution. [Le Conseil] les a, par suite, censurés. » De quoi répandre la joie dans le Camp d’action climat anticapitaliste qui s’est déroulé à Bure entre le 1 et le 10 août, et que Reporterre, qui y était, vous racontera bientôt.

La politique du climat a été marquée par l’annonce par Barack Obama d’un plan de lutte contre le changement climatique (lien en anglais). Principal engagement : réduire en 2030 de 32 % par rapport au niveau de 2005 les émissions de C02 du secteur de la production d’électricité.

Un pas dans la bonne direction, mais qui reste en retrait sur les engagements pris par l’Europe (40 % de réduction en 2030 par rapport à 1990). Et de surcroît vite contredit par l’autorisation donnée par M. Obama à la compagnie Shell de chercher du pétrole en Arctique, un projet vivement contesté par les écologistes américains.

Une décision qui rappelle qu’en fait, ce sont les puissances d’argent qui ont le pouvoir : l’ancien président des Etats-Unis, Jimmy Carter, a ainsi expliqué que le système politique US est devenu une oligarchie, en raison de son système de financement. Pour être élu, il faut avoir de l’argent, et donc les riches influencent fortement les décisions politiques, comme l’avaient montré des chercheurs états-uniens.

 

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Manifestation à Seattle contre le projet de Shell d’explorer les ressources pétrolières de l’Arctique
 

C’est bien l’action des citoyens qui peut peser sur les décisions globales.

Et du 7 au 17 août, un grand rassemblement s’est déroulé en Allemagne, un Camp Climat visant spécifiquement l’exploitation du charbon à Garzweiler. Une action de masse s’est déroulée le 15 août sur le site de l’immense mine à ciel ouvert, dans la région de Hambach, où des activistes luttent depuis des années. (Autre lien sur cette action et photos).

 

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Action de désobéissance civile contre la mine de charbon de Garzweiler, en Allemagne

Au Danemark, d’ailleurs, où Total s’est heurté à la résistance des citoyens, la compagnie pétrolière française a abandonné le 17 août son projet de production de gaz de schiste. Total a aussi annoncé qu’elle se retirait du charbon.

Mais en Angleterre, le gouvernement a ouvert 3 000 km2 à la fracturation hydraulique.

Au Japon, le gouvernement a lancé le redémarrage d’un réacteur nucléaire à Sendai, le 11 août. Mais, quelques jours plus tard, des défaillances techniques obligeaient à arrêter le réacteur. Le Japon reste... sorti du nucléaire.

Peu après, le 12 août, un énorme accident industriel se produisait en Chine, dans la ville de Tianjin. L’explosion s’est produite dans une usine chimique de la zone industrielle, conduisant à un bilan officiel de 114 morts et plus de 700 blessés.

 

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Une catastrophe industrielle à Tianjin, à 140 km de Pékin

Une actualité vite oubliée quand l’affaissement de la bourse de Shangaï a fait craindre le déclenchement d’une nouvelle dépression économique mondiale. Panique à bord : et si la Chine passait en dessous de 7 % de croissance annuelle ?. En oubliant que ce taux est déjà incroyablement élevé et destructeur de l’environnement. Et qu’un fort ralentissement interviendra de façon inéluctable et qu’il vaudrait mieux s’y préparer.

C’est le 13 août que, cette année, la consommation humaine a dépassé les ressources annuelles de la planète, puisant dans ses stocks. Du moins selon la méthode de « l’empreinte écologique », qui tente d’évaluer ce que représente le poids environnemental de l’activité humaine.

De la planète, revenons à la France, où le gouvernement a fait évacuer le 19 août la ferme des Bouillons, près de Rouen. Depuis des semestres, une belle lutte avait réussi à empêcher que ces terres soient transformées en un nouveau centre commercial d’Auchan, et commençait à mettre en oeuvre un projet d’agriculture alternative. Mais la police a mis un point final à cette belle action collective. Ce nouvel acte anti-écologique du gouvernement Valls nous a paru suffisamment important pour qu’on interrompe notre pause estivale : lire ici ce qui était en jeu.

 

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A la Ferme des Bouillons, la police a tué l’alternative

Le lendemain, c’était l’ouverture des Journées d’été d’EELV (Europe Ecologie Les Verts). On y parlait peu ou pas des Bouillons, toute l’attention étant concentrée sur les départs successifs du parti des parlementaires François de Rugy et Jean-Vincent Placé, partisans de rejoindre le gouvernement socialiste.

A Notre-Dame-des-Landes, un événement assez bizarre se produisait : lors d’une expulsion sur un endroit extérieur à la ZAD, une fourgonnette de gendarmes se voyait attaquée par un groupe d’individus masqués, qui en cassait les vitres et y jetaient une bombe incendiaire.

Pendant tout le mois d’août, aussi, la profession agricole a vécu au rythme de l’effondrement des cours de la viande porcine et bovine. Au coeur de la crise : l’impasse dans laquelle se trouve le système productiviste pris dans une course à la concurrence internationale. La réponse des dominants : continuer dans cette voie. Le 22 août, Xavier Beulin, président de la FNSEA et d’Avril-Sofiproteol, demandait plus de concentrations d’élevages et la suspension des normes environnementales pendant un an...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 19:11

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Les exploitants de la ferme-usine des Mille vaches sont sanctionnés pour avoir concentré trop d’animaux

31 août 2015 / Camille Martin (Reporterre)
 


 

La préfecture de la Somme a annoncé le 28 août que les exploitants de la ferme-usine des Mille vaches devaient payer des amendes : ils ont en effet rassemblé plus d’animaux qu’autorisé, comme l’avait révélé Reporterre au printemps.


La ferme-usine des Mille vaches vient d’être sanctionnée par la préfecture de la Somme en raison de « la persistance du dépassement du nombre de vaches laitières autorisées », soit 763 vaches au lieu de 500. Cette irrégularité avait été révélée par Reporterre en avril dernier.

Le 20 juillet, les inspecteurs des installations classées agricoles et de la santé et de la protection animale (Direction départementale de la protection des populations – DDPP 80) ont conduit une nouvelle visite sur le site, après celle du 9 juin et constaté le dépassement persistant du nombre de vaches autorisées par l’arrêté préfectoral du 1er février 2013.

Après la réponse des exploitants, la préfète de la région Picardie, Nicole Klein, a confirmé les sanctions administratives et les a notifiées le 28 août. Il s’agit d’une amende de 7 800 euros et d’une astreinte journalière de 780 euros en cas de non-respect de l’arrêté.

La préfecture précise qu’elle a « décidé de confier à un vétérinaire indépendant une mission d’audit sur la question du respect du bien-être animal au sein de l’exploitation ».

- Télécharger le communiqué de la préfecture : ici

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Selon le Courrier Picard, qui a joint le responsable de la ferme-usine, Michel Welter, l’exploitant devrait saisir le tribunal administratif, en arguant d’un décret de 2011 autorisant le regroupement d’élevages et le dépassement de l’effectif de 500 vaches.

 

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Immatriculé en Italie, ce camion vient chercher le lait de la ferme-usine, sous l’appareil photo d’un militant de Novissen

 

L’installation industrielle n’en est pas moins en difficulté : comme l’a montré l’association Novissen, la ferme-usine doit expédier son lait jusqu’en Italie, à Bergame, faute de clients en France.

 

 

L’association organise une grande fête des Anti 1000 vaches à Drucat-le-Plessiel, commune de la Somme où est implantée la ferme-usine, le 5 septembre.

 


Lire aussi : Ferme-usine : les autorités confirment le non-respect du nombre d’animaux autorisés

Source : Camille Martin pour Reporterre



Documents disponibles

  Sans titre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 18:44

 

Source : http://blogs.rue89.nouvelobs.com

 

 

Avec la pluie les limaces reviennent, faut-il ou non qu’on les assassine ?

Journaliste
Publié le 30/08/2015 à 10h39

C’est le début de la fin de l’été, les pluies douchent la France et ses jardins. Les limaces jusque là cachées taquinent maintenant les laitues et les choux. Du coup, la majorité des jardiniers du pays se creusent la tête pour essayer de les assassiner.

Il y a les bourrins, qui utilisent nombre de produits chimiques. Les plus bio appliquent des méthodes aussi étonnantes qu’efficaces qu’on surnommera la méthode du piège à bière, la méthode de la planche à retourner (dite aussi méthode de Papy Maurice) ou encore la méthode de la cendre. Les plus geeks rêvent eux de robots capables de détecter les limaces et de les transformer en source d’énergie.

 

Limace dans un jardin (Les Chatfield/Flickr/CC)

 

Meute d’escargots géants et invasion belge

Tout ça rappelle un grand classique du film d’animation écologiste, « Les Escargots » de René Laloux (France, 1965, 11’), où l’on voit un agriculteur lutter en vain contre de petits escargots qui croquent ses salades... jusqu’à attirer une meute d’escargots vengeurs qui détruisent une ville entière :

 

Les escargots, de René Laloux

 

Les plus inquiets d’entre vous peuvent d’ailleurs s’alarmer, puisqu’une invasion de ce type semble avoir commencé dans le nord de la France et chez nos voisins belges où l’on comptait en mai 300 000 limaces par hectare.

 

 

Là aussi, ce reportage se termine en évoquant les méthodes pour zigouiller du gastéropode.

Reste pourtant une alternative, rarement proposée, qui m’intéresse beaucoup puisqu’elle consiste à ne pas faire grand chose et à observer. Résumons-la ainsi : et si on ne butait plus les limaces ?

 

« Si on est obligé d’assassiner quelque chose pour vivre... »

Hervé Coves, ingénieur agronome à la chambre d’agriculture de Corrèze, raconte dans une très belle vidéo comment « gérer » les limaces sans les tuer. Il commence par quelques phrases bien senties, du style :

« Si on est obligé d’assassiner quelque chose pour vivre, c’est qu’il y a un problème. »

 

 

Puis il nous raconte la très intéressante histoire d’un spécialiste de la truffe (si si, c’est très intéressant), Albert Verlhac, qui date des années 80 et je vous résume ici (si vous n’avez pas le temps de regarder cette vidéo un poil longue) :

« [Albert Verlhac] a constaté que sa production (...) payait un très lourd tribut aux limaces. Donc il a mis en place un essai, avec des zones sur lesquelles il a essayé des produits chimiques, d’autres où il a essayé des pièges à la bière, et puis bien sûr des zones témoins dans lesquelles il n’a rien fait. (...) Résultat des opérations : une récolte de truffes extraordinaires dans toutes les zones traitées et dans la zone non traitée une récolte comme d’habitude avec de belles truffes toutes percées, trouées, entamées. (...)

Sauf que l’année d’après, y a plus eu de truffes du tout dans toutes les zones où il n’y avait plus de limaces. Sans limaces, pas de truffes.

L’analyse de ce qui s’est passé, on l’a eue récemment, par un chercheur de Limoges. Les limaces ont une espèce de râpe dans leur bouche, qu’on appelle radula. Avec ça, elles broient la truffe, puis elles l’avalent, les spores des truffes ne sont pas digérées. La limace fait ensuite de gros cacas visqueux à la surface du sol et il se trouve qu’un autre animal est très intéressé par ce caca, ce sont les vers de terre. Ils vont le manger, le mélanger à la terre dans leur système digestif puis ça fait de petits turricules qu’on voit à la surface du sol dans lequel énormément de bactéries arrivent à se développer, et dans lequel les truffes arrivent à naître. »

 

Eloge de la paresse

Supprimer la limace menace à terme l’équilibre d’un écosystème. OK. Mais si on ne fait rien, toutes nos laitues vos être mangées, non ?

Pas forcément, si on l’en croit Gilbert Cardon, ce Belge qui avec sa femme a réussi à faire pousser une forêt comestible dans son jardin. En juin, il nous expliquait :

  • « Un bon jardinier doit être paresseux (...). Si on s’active trop dès qu’on voit un problème, on n’a pas le temps de comprendre le problème et il va toujours revenir. Par exemple, si des pucerons cendrés s’attaquent aux choux, y a des gens qui vont retirer tout de suite le chou malade. Mais le lendemain, ils vont se rendre compte qu’un autre chou est attaqué. Alors que si on ne fait rien, le premier chou sera bouffé en entier, pendant ce temps-là, les autres choux vont se renforcer et les pucerons les boufferont pas. Mais ça, c’est dur à faire comprendre aux gens, qu’il faut rien faire. »

Il faut tout de même préciser que cette théorie fonctionne bien dans un écosystème où règne suffisamment de biodiversité. Pour ce faire, Hervé Coves propose dans la même vidéo d’apporter du bois en décomposition dans son jardin. Ce bois va attirer des champignons et des insectes capables de « digérer » les végétaux, comme les collemboles.

Autant de concurrents pour les limaces qui vont de ce fait être naturellement limitées dans leur expansion. Cet écosystème riche va même, si tout va bien, attirer ensuite les prédateurs des limaces, notamment les oiseaux.

 

Un rouge-gorge à Asnières-sur-Seine, le 25 janvier 2015 (Amélie Lepage)

 

Par grande chance, c’est ce qu’il s’est passé dans notre jardin. Les oiseaux sont venues dès l’automne. Puis, au printemps, j’ai vu par exemple des carabes, ces insectes mangeurs de limaces, sur ma butte pleine de bois en décomposition. Mieux, nous avons découvert pendant l’été un nouveau pensionnaire dans notre jardin, que nous avons surnommé Léon le hérisson. Une belle incitation à ne rien faire, non ?

 

Notre ami Léon a soif, pendant la canicule de juillet 2015, à Asnières-sur-Seine (Amélie Lepage)

 

Impossible de savoir comment il a pu rejoindre nos quelques mètres carrés de verdure coincés entre trois grandes routes et des barres d’immeubles. En tout cas, nous n’avons subi que très peu d’attaques de limaces. Et aucune d’entre elles n’a été massacrée dans la bière pendant l’écriture de ce post de blog. Merci Léon !

N.B : Pour ceux qui n’ont pas la chance de recevoir la visite de hérissons et de carabes, Hervé Coves propose plusieurs astuces au cours de sa vidéo :

  • Créer des zones ombragées et humides où l’on pourra disposer des végétaux fraichement décomposés, qui attireront les limaces et les éloigneront de vos jeunes pousses.
  • Semer des engrais verts, dont raffolent les limaces.
  • Semer vos laitues dans des pots, et attendre qu’ils soient assez résistants pour les repiquer au jardin.

 

 

Source : http://blogs.rue89.nouvelobs.com

 

 

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 17:22

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Entretien avec Yanis Varoufakis : « Notre appareil d’État a été contaminé par la Troïka »

31 août par Christos Tsiolkas , Yanis Varoufakis

 

 

 

 

« Je crois que s’est en train de sécher. Qu’est-ce qu’on fait ? » _ « Serre plus fort ! »

 

L’écrivain Christos Tsiolkas a réalisé un entretien avec Y. Varoufakis, publié dans la revue The Monthly. Il y dévoile le positionnement du FESF (Fonds européen de stabilité financière) qui, à en juger par son attitude, est plus un Fonds d’instabilité financière. Grâce à Varoukakis, nous apprenons ce que la presse, au service de la Troïka, se charge d’occulter : les obscènes conditions et mécanismes avec lesquels ils soumettent la Grèce.

Christos Tsiolkas

“… Il n’y a aucun filet de sécurité, de sécurité sociale, le chômage, le sous-emploi sans rémunération sont devenus la norme. Les pensions étaient trop généreuses. Qu’à cela ne tienne ! Réduisons-les. Mais s’il n’y a aucune allocation, aucun travail, que voulez-vous que la personne de 50 ans fasse ? Mourir de faim ! Laissez-moi vous assurer cela arrive.”

Varoufakis détecte ma fureur. Il dit tranquillement, « La conscience de classe de la Troïka a été ahurissante. »

"Notre appareil d’État a été contaminé par la Troïka, très, très gravement. Laisse moi te donner un exemple. Il y a quelque chose appelé le Fonds hellénique de stabilité financière, qui est une émanation du EFSF (The European Financial Stability Facility). Il s’agit d’un fonds qui comportait initialement 50 milliards d’euros - au moment où je pris mes fonctions il y en avait 11 milliards - et dont l’objectif est de recapitaliser les banques grecques.

C’est de l’argent que les contribuables grecs ont emprunté dans le but de renforcer les banques. Je ne peux pas choisir son PDG et je ne suis pas parvenu à avoir un impact sur la façon dont il a conduit ses affaires vis-à-vis des banques grecques. Le peuple grec qui m’a élu n’a aucun contrôle sur la façon dont l’argent qu’ils avaient emprunté allait être utilisé.

Je découvris à un certain moment que la loi qui constituait le FESF me permettait une seule prérogative, celle de déterminer le salaire de ces personnes. Je me rendis compte que les salaires de ces fonctionnaires étaient monstrueusement élevés, selon les standards grecs. Dans un pays avec tant de famine et où le salaire minimum a chuté à 520 euros par mois, ces gens gagnaient environ 18 000 euros par mois.

Je décidai donc, puisque j’en avais le pouvoir, je voulais l’exercer. J’ai utilisé une règle très simple. Les pensions et les salaires ont baissé en moyenne de 40% depuis le début de la crise. J’ai émis un arrêté ministériel par lequel je réduis les salaires de ces fonctionnaires de 40%. Encore un salaire énorme, encore un énorme salaire. Vous savez ce qui est arrivé ? Je reçus une lettre de la Troïka, en disant que ma décision a été annulée, car elle avait été insuffisamment expliquée.

Ainsi, dans un pays où la Troïka insiste pour que les personnes bénéficiant d’une pension de 300 euros par mois vivent désormais avec 100 euros, ils refusaient mon exercice de réduction des coûts, ma capacité en tant que Ministre des Finances de réduire les salaires de ces personnes. »

 

L’interview originale en anglais se trouve sur le blog de Varoufakis (posté le 3 août 2015).
Version en français ici.

 

 

Auteur

Yanis Varoufakis

Auteur

Christos Tsiolkas

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 17:10

 

Source : http://www.streetpress.com

 

StreetPress met en ligne des notes internes, en attendant le livre

Exclu : Les documents qui déshabillent le système Soral

Soral leaks | Infos StreetPress | par , Mathieu Molard | 28 Août 2015

 

 

Projet d’école primaire, stratégie pour investir Wikipédia, menaces contre ses ennemis… En marge de la sortie de son livre Le système Soral, enquête sur un facho business, StreetPress publie des documents inédits sur Egalité & Réconciliation.

Relevés bancaires de son entreprise Culture pour tous, notes internes à son organisation Egalité & Réconciliation, échanges de mails avec ses subordonnés : Après 6 mois d’enquête, StreetPress publie des documents inédits sur les dessous du « système Soral ».

Le système Soral, enquête sur un facho business, c’est le titre du premier livre publié par StreetPress chez Calmann-Lévy, à retrouver le 2 septembre dans toutes les bonnes librairies. Depuis sa création en décembre 2009, votre site d’information préféré enquête régulièrement sur le fondateur d’Egalité & Réconciliation. Alain Soral est l’homme politique star d’une nouvelle génération biberonnée à Internet. Étudiants, jeunes chômeurs, petits blancs ou Français issus de l’immigration, ils sont des millions à regarder ses vidéos. Des conférences virtuelles qui exposent le petit logiciel d’analyse soralien construit autour de ses obsessions : les bobos, les féministes, « le lobby gay » ou, encore et toujours, les Juifs.

La popularité virale d’Alain Soral ne doit rien au hasard. Dans l’ombre, les cyber-activistes de son organisation Égalité & Réconciliation orchestrent la propagande. Une galaxie de médias « dissidents » relaie ses idées, quand ce n’est pas l’humoriste Dieudonné qui met sa notoriété à son service.

 

Le système Soral, enquête sur un facho business

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StreetPress arrive en librairie avec son premier livre Le système Soral, enquête sur un facho business (ed. Calmann-Lévy, 17 euros, 188 p.) de Robin d’Angelo et Mathieu Molard. A commander ici (link is external), à partir du 2 septembre.

 

En marge de la sortie de notre livre en librairie, StreetPress met en ligne une série de documents internes qui mettent à nu les rouages du système Soral ; un cocktail où se mêlent web-activisme, business et droite radicale.

1Culture pour tous, une petite entreprise qui marche bien

C’est la machine à cash du système Soral : Culture pour tous, l’entreprise aux business en tous genres, détenue par le conférencier d’extrême droite. Si en 2012 elle déclarait au registre du commerce un chiffre d’affaire annuel de 640.400 euros, pour un bénéfice net de 64.300 euros, la SARL n’avait plus rendu ses comptes publics depuis cette année-là.

Mais StreetPress a pu consulter un extrait de relevé bancaire pour l’année 2014. Il détaille ses recettes et ses dépenses sur un mois. Si ce document ne permet pas de donner le chiffre d’affaire précis de Culture pour tous sur les derniers exercices, il atteste de la bonne santé financière de l’entreprise. En octobre 2014, la PME a généré plus de 170.000 euros. Ce qui rapporté sur un an, équivaudrait à plus de 2.000.000 d’euros de chiffre d’affaires. De quoi se payer des déjeuners d’affaire à la Closerie de Lilas, une brasserie très huppée du 6e arrondissement parisien, comme le montrent les notes de frais de la SARL « antisystème ».
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2Quelques salariés et une team d’auto-entrepreneurs

Culture pour tous constitue un débouché professionnel pour les petits soldats de « la dissidence ». Mais les places sont chères et seuls les plus proches lieutenants d’Alain Soral ont droit à leur part du gâteau. La PME emploie 5 salariés, parmi lesquels Julien Limes, son bras droit, rémunéré 2.500 euros net en tant que gérant de l’entreprise auxquels il faut ajouter ses dividendes au titre de son statut d’actionnaire minoritaire (20% des parts). L’équipe est composée d’une secrétaire à mi-temps payée 800 euros, d’un technicien vidéo et de deux personnes en charge de la logistique dont les salaires varient entre 1.500 euros et 2.000 euros net.

Alain Soral, lui, n’oublie pas de se verser des mensualités : 2.500 euros net. Mais il peut compter sur d’autres ressources. D’abord des revenus fonciers qui lui rapportent un peu plus de 12.000 euros par an, selon un document fiscal que nous avons consulté. Puis ses 80% de dividendes sur les bénéfices de Culture pour tous – 24.000 euros en 2012, un chiffre qui a dû augmenter proportionnellement aux résultats – et, bien sûr, ses droits d’auteurs, évalués à 300.000 euros depuis qu’il est édité chez Blanche en 1996.

Derrière, c’est un petit bataillon d’une dizaine de supporters qui multiplie les tâches diverses et variées. Employés au statut précaire d’auto-entrepreneur, Culture pour tous s’exonère de charges sociales pour ces prestataires.

3Kontre Kulture, fleuron du soralisme

Le cœur d’activité d’Alain Soral est la vente de livres sur internet, via sa librairie en ligne Kontre Kulture, surnommée en interne « Koca-Kola » et qui dépend de la SARL Culture pour tous. Le business plan de cette boutique web : regrouper les ouvrages d’une petite trentaine de maisons d’éditions, consacrées à la littérature ésotérique, nationaliste ou conspirationniste. Le marché est porteur car les e-librairies spécialisées ne sont pas légion. Quant à l’investissement, il est minime : Kontre Kulture se charge de proposer les bouquins sur ses étagères numériques et d’encaisser des chèques à hauteur de 40% et 50% du prix de vente, laissant parfois les éditeurs partenaires s’occuper eux-mêmes de l’expédition des bouquins.

Mais le modèle fait grincer des dents chez les autoproclamés « dissidents ». Dans un mail daté du 18 novembre 2014, c’est Salim Laïbi, gérant de la petite maison d’édition Fiat Lux avec qui il s’est brouillé depuis, qui s’offusque des marges pratiquées par Soral :

« Vous vous prenez pour qui en demandant 50% sur les livres, alors que même la FNAC ne demande que 40% avec toutes ses infrastructures nationales et ses centaines de salariés, sans oublier Amazon le leader mondial qui n’en demande que 25% ? »

 

4Un établissement scolaire privé ouvert par des cadres de ER

Culture pour tous a d’autres cordes à son arc, comme une web boutique consacrée à l’univers du survivalisme ou un e-caviste qui propose un vin estampillé « quenelle ». Un autre commerce en ligne fait les beaux jours d’Alain Soral : Au Bon Sens, qui vend sur le web des produits écoresponsables, allant de coupes menstruelles pour se passer de Tampax pendant les règles à des canneberges séchées pour donner des couleurs à son muesli. Et ça marche : Au mois d’octobre 2014, Culture pour tous a passé 42.250 euros de commande à son grossiste, la société Eau Vive.

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Derrière cette entreprise basée dans le Gard, les époux John et Claire Bengtsson. Ces fidèles d’Alain Soral sont les animateurs de la section nîmoise d’Egalité & Réconciliation, comme ce dernier l’explique dans une vidéo (link is external). Et ils ont des projets plein la tête. A la rentrée 2014, le couple a ouvert sa propre école privée hors-contrat dans un ancien studio de danse du quartier de Saint-Césaire à Nîmes. Dans leurs salles de classe, ils revendiquent dispenser des cours à une quarantaine d’élèves de 2 à 10 ans, répartis entre maternelle et primaire. Contactée par StreetPress, Claire Bengtsson affirme que « les parents ne comprennent plus rien aux méthodes de l’Éducation nationale » et regrette « l’amoralité » de l’école. « Dès la maternelle les enfants se battent, s’insultent, sont humiliés. » Dans une autre interview, (link is external) elle dénonce les « ABCD de l’égalité », ce programme du ministère de l’Education qui avait vocation à sensibiliser les enfants aux inégalités homme / femme.

Vidéo Claire Bengtsson présente ses coupes menstruelles

Pour remédier à cela, le port d’une blouse cousue au nom de l’établissement est obligatoire dans son école de l’EHC Gardoise. Les cheveux des garçons doivent « être courts, ni teintés, ni décolorés » et les boucles d’oreilles leurs sont proscrites, tout comme « les vêtements de marque », tandis qu’ils ont interdiction formelle de « venir à l’école avec de l’argent sur eux ». Rassurez-vous, l’établissement scolaire est déclaré auprès du Rectorat de Montpellier et reçoit chaque année la visite d’un inspecteur de l’Académie. C’est en tout cas ce qu’affirment les Bengtsson. Il vous faudra débourser 2.100 euros pour inscrire votre enfant à la rentrée 2015.

5Une stratégie de web-activisme savamment orchestrée

En attendant les écoles, les émules d’Alain Soral comptent sur Wikipédia pour modeler les esprits. Dans un document siglé Egalité et Réconciliation, que StreetPress met en ligne ici, le monsieur internet du groupuscule Stéphane Condillac, donne ses ordres à son équipe de cyber-militants pour infiltrer l’encyclopédie collaborative. Tel un général Patton du web-activisme, il emploie un vocabulaire martial attestant de l’importance qu’il accorde à sa « cellule Wikipédia » :

« Nous devons avancer par petits bataillons de 3 à 6 personnages, progressivement, de manière à ne pas donner l’idée d’une attaque coordonnée. »

 

Objectif des « opérations » : modifier par petites touches le texte de certaines notices de la web-encyclopédie. On le sait, elles sont éditées par des contributeurs bénévoles. Ainsi, à l’article consacré à la série TV Gossip Girl, Stéphane Condillac, sous le pseudo d’Omnisciens, ajoute ce qu’il estime être « une critique sociologique dans la veine ER (Egalité & Réconciliation, ndlr) ». D’autres thèmes « pop » passent entre ses mains : sur la fiche consacrée à Jamel Debbouze, il accole un paragraphe l’accusant d’avoir causé la mort d’un de ses proches dans l’accident à l’origine de son handicap.

Mais l’essentiel de ses contributions se concentre sur des sujets politiques. La page consacrée à « l’antifascisme » se voit ainsi adjoindre un paragraphe intitulé « Critique pasolinienne de l’antifascisme ». La modification effectuée en 2011 a depuis été nuancée par d’autres contributeurs, sans pour autant disparaitre. En effet, 4 ans plus tard, on retrouve toujours la citation suivante, postée par Condillac : « Une bonne partie de l’antifascisme d’aujourd’hui, ou du moins ce qu’on appelle antifascisme, est soit naïf et stupide soit prétextuel et de mauvaise foi. »

6Soral surveille son langage pour ne pas apparaître « antisémite »

Stéphane Condillac, un pseudonyme, est un des plus proches lieutenants d’Alain Soral. Cet informaticien d’une quarantaine d’années, qui a un temps essayé de gagner sa croute en lançant sa marque de boitiers de contrôle parental et qui possède sa petite entreprise de réparation informatique dans le centre de Lyon, est le concepteur de la dernière version du site d’Egalité & Réconciliation. Il est aussi le créateur du site pornographique Telechatte.fr. Dans un mail groupé envoyé à Alain Soral, que les auteurs ont consulté, il lui donne des conseils de sémantique pour lui éviter de tomber sous le coup de la loi et de l’incitation à la haine raciale :

« Nous combattons la religion juive (son idéologie et son projet) et non pas les hypothétiques “Juifs” qui n’existent pas. A mon avis il faut être extrêmement précis sur les termes qu’on utilise. Antisémitisme devrait être banni de notre vocabulaire car ça ne veut rien dire. Ou en tout cas, ça ne veut rien dire d’autre que “judéophobie” car juif est une religion. Or la critique d’une religion n’est pas illégale. Donc on devrait utiliser judéophobe ou, pour adoucir, judéocritique. »

 

Dans un autre courriel, Soral commande, par l’intermédiaire de son bras droit Julien Limes, « un travail de vidéo compil de ses déclarations pro ‘juifs du quotidien’ pour annihiler les accusations d’antisémitisme ». Mais attention ! Le président d’Egalité & Réconciliation met un bémol, soucieux de ne pas se couper de ses supporters anti-juifs :

« Nous n’avons pas à proclamer que nous ne sommes pas antisémites, ça sera mal pris des deux côtés ! »

 

7Soral apeuré par une dissolution d’Egalité & Réconciliation

Si Alain Soral et son staff prennent autant de précautions quant au vocabulaire à employer, c’est qu’ils sont affolés par l’idée d’une dissolution juridique d’Egalité & Réconciliation. Pour y remédier, ils peuvent compter sur l’avocat officiel d’Alain Soral, Me Lahcène Drici, ancien auteur pour l’émission d’Alain Chabat Burger Quizz et ex de Sciences-Pô Paris, mais aussi sur les conseils plus officieux d’Héloïse de Castelnau, inscrite au barreau de Marseille et dont le nom n’apparait dans aucun document public de l’association. Jointe par StreetPress, l’avocate refuse de répondre à nos questions prétextant qu’elle « n’a pas le droit de parler de ses dossiers ». Issue d’une grande famille aristocratique et fille de l’avocat Régis de Castelnau, chevalier de la Légion d’honneur, c’est aussi une admiratrice du maréchal Pétain – elle va décorer sa tombe de l’Île d’Yeu lors de ses vacances, explique-t-elle dans ses mails. Contact privilégié de l’association, c’est avec elle que Julien Limes prend rendez-vous « pour discuter du système à mettre en place en cas de dissolution » d’Egalité & Réconciliation. Ce dernier, qui affirme être en contact avec un « auteur proche des milieux militaires », prétend dans ses mails qu’il existe au sein des services secrets « une cellule qui travaille sur nous ». Parmi les dérapages qui pourraient enclencher une interdiction de l’association, Limes s’inquiète de « l’armement de militants », des « éléments incontrôlés qui prendraient la parole » ou d’ « agressions physiques ».

Une inquiétude qui, selon un ancien cadre de l’association rencontré par StreetPress et qui témoigne sous anonymat, aurait culminé au moment des violences commises en marge des manifestations pro-palestiniennes du boulevard Barbès à l’été 2014. A l’époque, la « Gaza Firm », un éphémère groupuscule dont la figure de proue était Mathias Cardet, un proche d’Alain Soral et ex-ultra du PSG, est soupçonnée de jouer les gros bras en fin de cortège avec l’intention d’en découdre avec des « sionistes ».

8Egalité & Réconciliation enquête et menace

Alain Soral et ses troupes veillent à calmer leurs ardeurs car ils ont la menace facile. D’abord avec leurs ennemis aux mêmes méthodes crapuleuses, comme Ulcan, un hacker proche du mouvement d’extrême droite pro-sioniste la Ligue de Défense Juive. Suite à un reportage de Complément d’Enquête consacré à ce dernier, un fan repère via Google Map sa rue à Ashdod, la ville israélienne où il s’est installé, et s’empresse de l’indiquer au staff d’Egalité & Réconciliation. Puis c’est Stéphane Condillac, le monsieur internet, qui prend le relais :

« On peut donc maintenant remonter à Ulcan (…) Cependant l’hébreu risque de nous aider pour retrouver les noms, adresses, et enquêter un peu. A-t-on des hébréophones ? (qui veuillent bien nous aider) »

 

Trombinoscope avec les photos d’une quarantaine de militants antifascistes, adresse de domicile, numéros de téléphone, noms complets… D’après des documents que StreetPress a consultés, la « sécu » d’Egalité & Réconciliation se rêve en agence de renseignement capable de monter des dossiers sur ses opposants. Alain Soral s’occupe de motiver les troupes en leur envoyant des petits mails, les incitant à passer à l’acte. Florilège : « Il va falloir s’en occuper sérieusement à tous les niveaux » « Il faut qu’on attrape ce fils de pute ! » « L’important c’est de [le] griller au maximum ».

Ou encore :

« Il va falloir s’occuper de ce petit con… Je veux bien me déplacer si une petite équipe m’accompagne et le faire moi-même ! »

 

9Le panier de crabe de « la dissidence »

Et les ennemis d’Alain Soral se multiplient de toute part, même dans son propre camp. L’homme méprise ses compagnons de route. A propos de l’ex-député « dissident », le belge Laurent Louis, il écrit qu’il a « peut-être un avenir politique en Mongolie », deux mois à peine après que les deux hommes ont tenu meeting ensemble. Puis c’est Tepa, l’animateur du site Meta TV, qui en prend pour son grade suite à l’invitation dans son émission de l’éditeur Jean Robin, avec qui Soral s’est brouillé :

« Que tu sois une salope ou un con, dans les deux cas E&R – qui te relayait pour te donner un coup de main – ne le fera plus. Point. »

 

Mais ses piques les plus fréquentes, il les réserve à Noémie Montagne, l’épouse de Dieudonné. On savait, depuis la mise en ligne d’un échange de mail daté de novembre 2013 (link is external), que leurs relations étaient houleuses, suite à des questions de droit d’auteur liées à l’utilisation de l’image de Dieudonné. A l’été 2014, rien n’était réglé. « Pauvre type ! » « Fais pas le kéké ! » « Prends pas la grosse tête Soral ! », peut-on lire sous la plume de Noémie Montagne. « Hystérique », lui répond le chefaillon d’Egalité & Réconciliation qui au passage se charge de lui rappeler de vieilles ardoises :

« Hate-toi de me faire parvenir mon chèque de droits d’auteur 2013 sur la BD, ça c’est de l’argent que tu me dois ! »

 

Car si Dieudonné apporte officiellement un soutien à Soral – on l’a vu témoigner à ses côtés lors du procès de « la quenelle de Berlin » – le conférencier d’extrême droite estime que l’équipe de l’humoriste « se comporte mal avec nous ». Une fois, c’est un stand Egalité & Réconciliation qui est retiré d’une représentation de Dieudonné, puis une prestation de streaming live proposée par le staff vidéo de Soral. « Nous avons acheté du matériel, payé des billets de train… Alors je vais te le dire clairement : vous ne savez pas travailler et vous n’avez aucun respect pour vos partenaires ! », râle le youtuber. Noémie Montagne déplore, elle, que Soral mette « en concurrence » son mouvement avec celui de Dieudonné alors que « en nombre de membres cela n’est pas encore comparable. »

« Le système Soral, enquête sur un facho business », en librairie le 2 septembre. Qui était vraiment Soral avant de se lancer en politique, quel rôle a-t-il joué au Front National, comment fonctionne son organisation ? StreetPress vous emmène dans « la dissidence », dès coulisses de la Main d’Or à la salle de boxe parisienne d’Alain Soral.

 

 

Source : http://www.streetpress.com

 

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 15:27

 

Info reçue par mail

 

 

Formation désobéissante le 11 octobre, pour sauver le climat!


 

 

Chers Désobéissants,

Afin de se préparer aux prochaines actions de Désobéissance civile à l'approche de la COP 21 (conférence de l'ONU sur le climat, à Paris en décembre), nous proposons une journée de formation à l’action directe non-violente le dimanche 11 octobre de 9h45 à 18h30, à l’Ile Saint Denis (93).  

Cette journée peut s'avérer très utile pour mieux appréhender notre rapport à la police, aux médias, à la non-violence, etc.

Pour s’inscrire et recevoir plus d’informations : remi@desobeir.net

Le prix est libre (PAF 20€). L'inscription est obligatoire. A vos agendas!

 


 


Un aperçu des stages des Désobéissants (2mn 50s) :
www.dailymotion.com/video/x3dbs1_desobeir_news

Programme :
1) La préparation d’une action : repérage, scénario, plans A et B, briefing contenu et
message, technique, juridique)
2) Rechercher l’efficacité : objectifs clairs, pédagogie de l’action
3) Déroulement d’une action :
- coordination, sécurité, communication, négociation, évaluation
- répartition des différents rôles dans une action
- les différents types d’action : répertoire et exemples concrets
- techniques de blocage et de résistance à une évacuation
- gérer son stress pendant l’action
- check list (récapitulatif) d’une action type
4) L’action et les médias
5) La répression :
- techniques de protection contre l’éventuelle brutalité des vigiles ou forces de l’ordre
- quels droits quand on est arrêté par la police ?
- la garde-à-vue
- la convocation au commissariat

Exemple d’une des techniques qui sera enseignée dans ce stage :
www.dailymotion.com/video/x8wp15_un-stage-de-resistance-par-les-deso_news#from=embed 

Stage extrêmement concret, alternant théorie et mise en pratique.
Repas sur place à mettre en commun.

A bientôt dans l’action,
Rémi
www.desobeir.net

 

 

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 15:12

 

Source : http://www.lefigaro.fr

 

Le thé des ex-Fralib arrive chez Auchan, Carrefour, Casino, Intermarché et Franprix

Les anciens salariés de Fralib ont relancé la production de l'usine de Géménos, sous la marque 1336, en référence aux 1336 jours de lutte avec leur ancien propriétaire Unilever.

 

Scop-TI, la coopérative de production lancée par les ex-salariés de Fralib à Gémenos, a signé ses premiers contrats avec la grande distribution. La production a repris le 13 août et les premiers sachets de thés et infusions vendus sous sa marque 1336 arriveront en rayons début septembre.

C'est la concrétisation de plusieurs années de lutte. Cinq ans pile après la décision du géant anglo-néerlandais Unilever de fermer son usine de thés et d'infusions (Lipton, Éléphant) Fralib à Gémenos (Bouches-du-Rhône), les premiers sachets de Scop.Ti -qui a repris l'activité de l'usine en 2014- vont rejoindre les rayons de la grande distribution française. La Société Coopérative Ouvrière Provençale de Thés et Infusions a ainsi signé cet été des contrats avec 300 Franprix, 7 Auchan, ainsi qu'avec plusieurs Géant Casino, Casino, Carrefour, Intermarché au niveau national.

Ces centaines de magasins vendront d'ici quelques jours sa gamme «1336», en référence aux 1336 jours de lutte avec Unilever pour empêcher la fermeture et la délocalisation du site en Pologne. Le site fournira aussi Système U pour six variétés de thés à marque de distributeur (MDD), malgré la présence sur le marché d'un gros fournisseur de MDD, Pagès.

Appel d'offres avec Leclerc

Après que la coopérative qui regroupe une soixantaine de salariés (sur les 182 que comptait l'usine au temps d'Unilever) a repris la production le 13 août, ses premiers sachets seront livrés début septembre dans les Auchan de Bouches-du-Rhône et du Vaucluse s'étant engagés à les référencer, puis en octobre dans les autres enseignes. Un appel d'offres est par ailleurs en cours avec Leclerc, toujours pour la marque 1336. En revanche, aucun référencement n'a encore été acté pour la deuxième marque de la coopérative: «Scop-Ti», une gamme bio qui vise les réseaux spécialisés comme Biocoop, Naturalia, Bio C'Bon ou la Vie Claire.

 

La gamme à marque propre «1336» est déclinée en 16 parfums.

 

«On est en train de démontrer la pertinence de notre projet», estime Gérard Cazorla, ex secrétaire CGT de Fralib désormais président de Scop-Ti, même si beaucoup de chemin reste à faire. Après plus de 3 ans et demi de lutte avec Unilever et l'annulation de plusieurs plans de sauvegarde de l'emploi, les ex-Fralib avaient en effet réussi à solder le conflit avec le géant anglo-néerlandais, moyennant 19,3 millions d'euros. Une somme ajoutée à leurs indemnités de licenciements pour lancer leur projet. La coopérative compte désormais étendre le nombre de magasins référençant ses marques. Elle compte produire au terme de sa première année 250 tonnes (à comparer avec 6000 tonnes produites par an du temps d'Unilever) et frôler les 3 millions d'euros de chiffre d'affaires. À plus long terme, Scop Ti vise les bénéfices dès mi-2016 et veut atteindre 9 à 10 millions d'euros de vente d'ici 2019.

 

 

Source : http://www.lefigaro.fr

 

 

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Rappel des mobilisations locales à ce sujet

 

 

Source : http://local.attac.org/attacnimes/?Appel-au-boycott-UNILEVER-soutien

 

 

Appel au boycott UNILEVER/soutien FRALIB

 

8 décembre 2013

Samedi 7 décembre à 11h, dans l’hyper-marché Carrefour Nîmes Ouest, une vingtaine de citoyens ont appelé au boycott des marques de la multinationale UNILEVER et en premier lieu la marque LIPTON, en soutien aux salariés de FRALIB (Thé l’Eléphant, à Géménos proche de Marseille). Contre la fermeture de leur site décidée unilatéralement par la multinationale UNILEVER malgré 3 décisions de justice en leur faveur, les FRALIB voudraient relancer leur activité avec un projet de coopérative s’appuyant sur des productions locales.

Midi-Libre 10 déc 2013Cette action, comme des dizaines d’autres en France, fait suite à l’appel national pour un boycott des produits d’Unilever (Lipton, Amora, Maille, Cif, Omo, Sun, Signal, Dove, Axe, Rexona, Cornetto, Knorr,...et tant d’autres encore, voir ci-après). Cette incitation au boycott a pour but d’exiger de la multinationale Unilever (51 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 5 milliards de profits nets en 2012) :
- la cession du nom de marque « Éléphant » (qu’UNILEVER a pourtant décidé d’abandonner au profit de LIPTON !) - un certain volume de commandes pendant la période de démarrage de l’entreprise en SCOP (Société coopérative et participative).

Cette action, à l’appel local de l’association ATTAC Nîmes [1], s’est déroulée dans le calme et a permis, par la distribution de tracts, d’autocollants et la discussion, de sensibiliser à cette cause de nombreux clients et même le personnel, qui ont généralement réagi très favorablement, certains clients allant même jusqu’à vérifier qu’ils n’avaient pas mis dans leur caddie (par inadvertance certainement !) des produits de cette multinationale. Autant de monde appelé à boycotter UNILEVER, pour que vive FRALIB !

*************APPEL NATIONAL*********************************

http://www.france.attac.org/article... Nous, personnalités représentatives de diverses sensibilités, organisations et réseaux du mouvement social, politique et intellectuel, avons décidé, en accord avec les salariés de Fralib, de lancer un appel à la mobilisation citoyenne le 7 décembre prochain. Nous proposons à toutes celles et ceux qui le veulent d’organiser localement ce jour-là des actions symboliques dans les supermarchés visant à populariser le boycott d’Unilever. Une page Facebook https://www.facebook.com/liberezelephant est mise en place pour faciliter la coordination des actions au plan local. Merci à toutes et tous, et que vive l’Eléphant ! Pour que vive Fralib : boycott d’Unilever !

Une entreprise industrielle ancrée dans son territoire, la Provence. Relançant par ses commandes une production locale et écologique de plantes– tilleul, verveine, menthe...- jusqu’alors en déshérence. Liée à ses fournisseurs et à ses clients par des relations commerciales équitables et durables, avec des prix justes. Fondée sur la démocratie interne et la participation de toutes et tous aux décisions. Tel est le projet des travailleurs de Fralib à Géménos, près de Marseille, qui veulent relancer leur entreprise sous forme de coopérative. Depuis trois ans, elles et ils luttent pour obtenir de leur ancien employeur, la multinationale Unilever, le soutien minimum dont ils ont besoin pour se lancer : la cession du nom de marque « Éléphant », qu’Unilever a décidé de faire disparaitre au profit de LIPTON marque milliardaire du Groupe, et un certain volume de commandes pendant la période de démarrage.

Mais Unilever ne veut rien savoir. Bien que la justice ait refusé à trois reprises un plan social injustifiable et annulé tous les licenciements, Unilever a cessé de payer les salaires depuis le 1er avril 2013 et refuse d’accorder une aide au démarrage de leur projet. Unilever (chiffre d’affaires 2012 : 51 milliards d’euros ; profits nets : 5 milliards) veut détruire leur savoir-faire et leur collectif. Devant cette intransigeance, les Fralib avec leurs syndicats CGT et CFE-CGC ont appelé les consommateurs à boycotter toutes les marques du groupe Unilever, à commencer par LIPTON.

Alors que le chômage, la précarité et les dégâts écologiques ne font qu’empirer, le succès du projet des Fralib serait un signal d’espoir et ouvrirait la voie à d’autres possibles. Les Fralib appellent à une première journée d’action pour le boycott massif des produits Unilever le samedi 7 décembre. Répondant à leur appel, nous nous associons à cette action pour inciter Unilever à accéder aux demandes des Fralib. Leur lutte est la nôtre, celle de toutes celles et ceux qui cherchent à engager dès aujourd’hui la transition vers un autre monde, vivable.

Paul Ariès (politologue, mensuel "Les Zindignés"), Clémentine Autain (Fase-FdG), Geneviève Azam (Attac), Olivier Besancenot (NPA), Martine Billard (PG- FdG), Jean-Marc de Boni (La Nef), Benoît Borrits (Association Autogestion), Fabienne Brugel (Compagnie NAJE), Alain Caillé (sociologue), André Chassaigne (PCF-FdG), Sergio Coronado (EELV), Léo Coutelec (Miramap), Thomas Coutrot (économiste), Txetx Etcheverry (Bizi !), François Longérinas (journaliste), Dominique Méda (sociologue), Laurent Pinatel (Confédération paysanne), Xavier Renou (Les Désobéissants), Patrick Viveret (philosophe) et les salariés de FRALIB en lutte depuis plus de 3 ans.

Toutes les marques du Groupe UNILEVER sont identifiables avec ce logo :

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Notes

[1] ATTAC : Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (contact : nimes@attac.org)

 

 

                                                                 ************************************

 

 

Action soutien FRALIB

Nouvelle action

Communiqué de presse

19 janvier 2014

2e Action d’appel au boycott UNILEVER/soutien FRALIB (samedi 18 janvier à Nîmes).

Après la réussite de laction du samedi 7 décembre dans l’hyper-marché Carrefour Nîmes Ouest, c’est le Géant Casino de Carré Sud à Nîmes qui a été visé par une vingtaine de citoyens pour l’action d’appel au boycott des marques de la multinationale UNILEVER et en premier lieu la marque LIPTON, en soutien aux salariés de FRALIB (Thé l’Eléphant, à Géménos proche de Marseille).

Contre la délocalisation en Pologne et la fermeture de leur site décidée unilatéralement par la multinationale UNILEVER malgré 3 décisions de justice en leur faveur, les salarié-e-s de Fralib ont monté un projet de reprise du site sous la forme juridique de Scop (société coopérative et participative), qui a été reconnu économiquement viable et qui concernera une centaine de personnes. La scop « T.I » (pour Thés et Infusions) pourrait démarrer, mais Unilever refuse toujours de céder la marque « Éléphant » !

Cette action, à l’appel local de l’association ATTAC Nîmes (*), s’est déroulée dans le calme et a permis, par la distribution de tracts, d’autocollants et la discussion, de sensibiliser à cette cause de nombreux clients et même le personnel, qui ont généralement réagi très favorablement, certains clients allant même jusqu’à vérifier qu’ils n’avaient pas mis dans leur caddie des produits de cette multinationale. Autant de monde appelé à boycotter UNILEVER, pour que vive FRALIB !

ATTAC Nîmes a appelé à cette action car le projet des FRALIB représente une véritable occasion de transition écologique et citoyenne ; écologique en s’appuyant sur des productions locales et de qualité, et citoyenne par la réappropriation de l’outil de travail et le fonctionnement en coopérative.

à noter : 31 janvier et 1er février : Première rencontre européenne « L’Économie des travailleurs » chez Fralib Elle se déroulera dans l’usine occupée Fralib, les 31 janvier et 1er février 2014. Cette rencontre est une continuité des Rencontres internationales « L’Économie des travailleurs » organisées depuis 2007 à partir de l’expérience des entreprises récupérées et d’autres mouvements pour l’autogestion du travail en Amérique latine. Cette rencontre s’annonce déjà comme un succès comme en témoignent les nombreuses inscriptions d’acteurs de reprises d’entreprises par les salariés, de militants et sympathisants de ces expériences venant d’Allemagne, de Catalogne, d’Espagne, de France, de Grèce, d’Italie, du Pays Basque, du Royaume-Uni et de Serbie sans compter une présence significative de latino-américains (Argentine, Brésil, Mexique). Vous trouverez ci-joint le dépliant de l’événement. Elle se déroulera dans l’usine occupée Fralib – 500, avenue de Bertagne, 13420 Gémenos. http://www.autogestion.asso.fr/?p=3841 (*) : ATTAC : Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (contact : nimes@attac.org)

 
 

 

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 15:05

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Billet 31/08/2015 à 09h10

Prime du PDG d’Alcatel-Lucent : comment aimer les prédateurs ?

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

BILLET

Une phrase célèbre du dialoguiste Michel Audiard ressurgit régulièrement :

« Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît. »

On pourrait le paraphraser avec l’affaire de la prime de départ du PDG d’Alcatel Lucent, Michel Combes, qui quitte ses fonctions ce lundi :

« Les patrons indécents, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît. »

Michel Combes, le PDG sortant d’Alcatel Lucent, à l’Assemblée nationale en juin 2015 (KENZO TRIBOUILLARD/AFP)

 

Oui, ça ose tout. Car cette affaire passe mal quand on l’observe de près. Michel Combes avait, dans son contrat, à son arrivée à la tête de l’équipementier télécoms franco-américain, des dispositions lui permettant d’empocher 13,7 millions d’euros en trois ans lors de son départ, sous la forme d’une indemnité de départ, d’une clause de non-concurrence et de stock options.

A une réserve près : il devait rester trois ans dans l’entreprise. Or, Michel Combes quitte Alcatel-Lucent après seulement deux ans, après avoir vendu l’équipementier au Finlandais Nokia. Qu’à cela ne tienne, le conseil d’administration de l’ex-géant français a tout simplement changé la règle pour permettre à Michel Combes de toucher le pactole.

Cette volte-face est d’autant plus surprenante que Michel Combes lui-même – et c’est tout à son honneur – avait déclaré, lors de la vente que « les conditions de [son] indemnité de départ n’étaient pas réunies ».

Les défenseurs de la prime au PDG sortant font valoir que Michel Combes, lors de son bref passage, a multiplié par six la valeur d’Alcatel-Lucent.

Et c’est là que le bât blesse : qu’est-ce qui fait la « valeur » d’une entreprise ? Est-ce uniquement le prix de vente de ses actions à un instant T, ou est-ce aussi, à l’heure où le monde économique ne parle que de « RSE » (Responsabilité sociale de l’entreprise), un concept plus large, incluant une dimension sociale ?

Il faut quand même rappeler l’histoire d’Alcatel, qui fut un des fleurons de l’industrie technologique française jusqu’au milieu des années 90.

Nous le rappelions en avril, lors de l’annonce du rachat d’Alcatel Lucent par Nokia : l’entreprise française était parmi les plus performantes de son secteur, introduisant notamment le haut débit internet par le DSL, face à ses concurrents nord-américains ou européens, parmi lesquels... Nokia !

 

Pub vivante pour un mobile d’Alcatel en 2000 en Chine (Pierre Haski/Rue89)

 

La fable du « fabless »

Depuis, le Français a raté quelques marches ; mais surtout, il a cédé à la lubie du tournant du millénaire, avec l’idée du « fabless », c’est-à-dire l’entreprise « sans usine ». C’était sous la houlette de Serge Tchuruk, ancien du pétrolier Total, appelé pour « sauver » le soldat Alcatel qui commençait à avoir des difficultés.

Les effectifs d’Alcatel, devenu par la suite Alcatel-Lucent, ont fondu de deux tiers après un sommet historique de plus de 100 000 salariés à son heure de gloire.

Michel Combes n’est sans doute pour rien dans cette histoire tragique qu’il a prise en route, celle d’un raté monumental d’une entreprise de technologie qui ne voit pas que la technologie et les usages changent. Même si le formidable redressement dont on le crédite, et qui a permis la vente à Nokia, s’est fait, lui aussi, au prix de 10 000 emplois sacrifiés.

Si les dirigeants d’Alcatel-Lucent, qui vont toucher le gros lot dans cette vente à Nokia, se mettaient un seul instant dans la peau d’un ancien ou actuel salarié de leur entreprise, comment regarderaient-ils le tour de passe-passe qui permet d’accorder des millions au PDG sortant quand le parcours de l’entreprise, au cours des deux dernières décennies, n’est fait que de fermetures d’usines et de plans de « restructuration » ?

Difficile d’« aimer » les prédateurs

Il ne s’agit ici ni de contester la valeur personnelle de Michel Combes, ni même de nier le droit à une entreprise privée profitable de distribuer les salaires et les dividendes qu’elle veut à ses dirigeants et actionnaires. Il s’agit de se demander ce qu’est une entreprise moderne au XXIe siècle : est-ce que c’est vraiment celle qui traite ses salariés comme des machines, dont on dispose à merci, tandis que tout est dû aux dirigeants, quel que soit le résultat ?

C’est une question qui ressurgit régulièrement dans le débat public français. Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, a cru devoir aller dire au Medef, la semaine dernière, que la gauche a pensé un temps qu’il ne fallait pas « aimer » les entreprises...

Peut-être que les entreprises, pour être aimées, devraient être plus en phase avec la société, et cesser des pratiques qui accentuent le divorce avec leurs salariés et les citoyens dans leur ensemble. Difficile d’« aimer » les prédateurs.

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 22:18

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

Michel Combes quitte Alcatel-Lucent avec près de 14 millions

Dimanche, 30 Août, 2015
Humanite.fr

 

AFP
 
Après avoir vendu à l'équipementier à Nokia, Michel Combes quitte la direction d'Alcatel-Lucent et devrait toucher près de 14 millions d'euros sur 3 ans grâce à diverses primes. Un scandale d'autant plus grand au vue des 10000 suppressions de postes qu'il a infligé au groupe en deux ans.

C'est le jackpot pour Michel Combes. Il quitte Alcatel-Lucent après l'avoir liquidé, empoche 13,7 millions d'euros, et s'apprêterait à prendre la tête de Numéricâble-SFR à la suite de Patrick Drahi. 
L'attribution de ces 13,7 millions d'euros en actions sur 3 ans a été révélée par le Journal du Dimanche (JDD) qui s'appuie sur des documents officiels publiés sur le site internet du groupe.  Ces informations tombent à deux jours du départ de Michel Combes, directeur général d'Alcatel-Lucent depuis mai 2013, qui doit quitter ses fonctions le 1er septembre.  Cette enveloppe est liée à la fois à une rémunération en actions conditionnée à des critères de performance, à une clause de non concurrence et au versement de "stock options", selon les documents disponibles sur le site du groupe. 

Son départ était prévu dans le cadre du projet de rachat de l'équipementier franco-américain par son concurrent finlandais Nokia.  Selon la presse, M. Combes devrait prendre mardi la présidence du conseil d'administration de l'opérateur Numericable-SFR.
Dans un communiqué publié dimanche, l'équipementier défend le bilan de Michel Combes qui "a permis de multiplier par 6 la valeur de l'entreprise et l'a sauvée de la faillite". Il réfute l'idée qu'il s'agisse d'une "prime liée à son départ", indiquant, pour la partie rémunération en actions, que son versement est soumis à la réussite du mariage avec Nokia. La rémunération en actions était au départ conditionnée à une présence dans l'entreprise trois ans après leur attribution, mais le groupe a décidé mi-avril de supprimer pour l'ensemble des bénéficiaires cette obligation, du fait du projet de rachat par Nokia. Le groupe a ajouté lors d'un conseil d'administration réuni fin juillet un accord de non-concurrence dans la perspective de son départ. Cet accord prévoit le versement en trois ans de près de 1,5 million d'actions, soit 4,5 millions d'euros.

 

« Un plan social d'une violence sans précédent »

Ses « excellents résultats », Patrick Combes les doit au plan "Shift". Ce plan de redressement a un coût social énorme : 10.000 suppressions de postes sur 2013-2015, dont 600 en France. Le groupe compte aujourd'hui 53.000 salariés dans le monde, dont 8.000 dans l'Hexagone. Une annonce qui a séduit les actionnaires, puisque le cours de Bourse de l'entreprise, qui valait autour d'un euro à son arrivée en mai 2013, a triplé de valeur depuis cette date. Les syndicats ont logiquement réagi vivement à la rémunération de Michel Combes. 
Dans une déclaration transmise à l'AFP, la CFE-CGC estime que "Michel Combes devrait avoir l'élégance de renoncer à la majeure partie de ses indemnités", rappelant qu'il "a certes redressé le groupe mais cela s'est fait au prix d'un plan social d'une violence sans précédent". Le syndicat se dit choqué par "le montant disproportionné, le départ anticipé de Michel Combes, la modification a posteriori des conditions d'attribution". De son côté, Stéphane Dubled, coordinateur CGT du groupe, se demande si Michel Combes va rembourser la somme "si jamais la fusion ne se fait pas" avec Nokia.  Il déplore le fait que le directeur général se soit présenté "comme le chevalier blanc en avril", quand il avait annoncé qu'il renonçait au versement de "son parachute doré" de 2,4 millions d'euros et à l'encaissement du produit d'actions qui lui avaient été attribuées.

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

 

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