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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 20:13

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Des députés veulent limiter la liberté de manifester

|  Par Louise Fessard

 

 

 

La commission d'enquête parlementaire sur le maintien de l'ordre, créée après la mort de Rémi Fraisse, propose de créer une interdiction administrative de manifester pour les personnes signalées par les services de renseignement. Un droit constitutionnel est directement menacé.

Après la mort de Rémi Fraisse à Sivens tué par une grenade offensive lancée par un gendarme, les écologistes avaient obtenu la création d’une commission d’enquête parlementaire sur le maintien de l’ordre présidée par le député Noël Mamère (groupe écologiste). Mais au vu de son rapport, présenté ce jeudi 21 mai 2015, son objet même semble leur avoir échappé au profit de la vision beaucoup plus sécuritaire du rapporteur PS Pascal Popelin.

À défaut de pouvoir enquêter sur les choix tactiques qui ont précédé la mort du jeune botaniste, en raison de l’information judiciaire toujours en cours, les parlementaires se sont focalisés sur les défis posés par les nouvelles formes de mobilisation, comme les ZAD, et l’« apparition récurrente des collectifs violents ». Des erreurs commises à Sivens, il n'est question qu'en creux, par exemple quand les députés proposent une meilleure formation au maintien de l'ordre des préfets ou leur présence physique sur les lieux afin de « pouvoir mesurer et adapter » leurs propres décisions.

 

Exercice au centre national d'entraînement des forces de gendarmerie à Saint-AstierExercice au centre national d'entraînement des forces de gendarmerie à Saint-Astier © LF

 

Après s’être félicité de « la nature particulière de l’action de maintien de l’ordre dans la tradition française, compte tenu de la valeur qui s’attache à la liberté de manifester », le rapport propose la création d’une... interdiction administrative de manifester pour les personnes susceptibles d’être violentes. Lors de son audition le 3 février 2015, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve avait déjà évoqué cette « possibilité d’interdire à des manifestants violents multirécidivistes de manifester sur la voie publique, où leur comportement pourrait créer de nouvelles difficultés ».

 

Extrait du rapportExtrait du rapport
 

Selon la commission parlementaire (voir sa composition), il s’agit de régulariser une pratique existante – ce dont prenait déjà prétexte le projet de loi sur le renseignement – qui consiste à détourner les contrôles d’identité pour empêcher certains indésirables, signalés par les services de renseignements, de manifester. « Les dispositions permettant aux procureurs de requérir des contrôles d’identité en marge des manifestations servent d’ores et déjà aujourd’hui de fondement à des formes d’interdiction de manifester », écrit l'auteur, le député Pascal Popelin. Sur réquisitions écrites, le procureur de la République peut autoriser les policiers à contrôler n’importe qui, dans un périmètre et un horaire limités, afin de rechercher une ou plusieurs infractions précises.

Dans les faits, a expliqué le procureur de Paris François Molins, ce sont bien souvent les services de police qui sollicitent la justice « pour délivrer des réquisitions de contrôles d’identité qui correspondent aux heures et au parcours de la manifestation ainsi qu’à ses abords ». Lors de son audition par la commission, le préfet de police de Paris Bernard Boucault ajoutait qu’il suffisait d’attendre les personnes signalées par les services comme susceptibles de troubler l’ordre public « à la gare où elles arrivent de province et de les interpeller sur réquisition du procureur de la République ».

 

Extrait du rapportExtrait du rapport
 

La commission paraît s’inspirer des interdictions administratives de stade, créées par la loi antiterroriste de janvier 2006 et très contestées par les supporters. À ce détail près, s’étrangle Noël Mamère dans une contribution séparée, que « le droit d’assister à un match n’est pas une liberté fondamentale, contrairement à celui de manifester ». Sans compter qu’il existe déjà dans la loi française une peine complémentaire d’interdiction de manifester, prononcée, elle, par un juge (et non préventivement par une autorité administrative). Selon le ministère de la justice, cette peine complémentaire est très rarement prononcée : une fois 2008 et une autre fois en 2011... Dans une contribution séparée, le président écologiste de la commission marque donc assez vertement son désaccord avec plusieurs des mesures proposées par son acolyte socialiste. Notamment avec la « systématisation d’un local de permanence pour les contrôles collectifs d’identité » et la « présentation groupée à un officier de police judiciaire » pour accélérer les interpellations en marge de rassemblement...

Le rapport propose par ailleurs de ne confier les opérations de maintien de l’ordre qu’aux unités spécialisées (soit les quelque 12 900 gendarmes mobiles, 13 000 CRS, plus les compagnies d’intervention parisiennes). « Nombre de difficultés de gestion des manifestations ou de blessures irréversibles infligées lors de manifestations résultent spécifiquement de l’intervention d’unités non spécialisées en maintien de l’ordre », pointe le rapport. Sont notamment visés les cow-boys en civil des brigades anticriminalité (Bac), parfois chargés d’interpeller des « casseurs » parmi les cortèges, ce qui perturbe « le schéma tactique d’ensemble dont la finalité première est la gestion apaisée de foules » et crée « de la confusion aux yeux de l’opinion publique », regrettent les députés. La logique des Bacs, où priment l’initiative individuelle et le saute-dessus, paraît en effet opposée à celle du maintien de l’ordre qui repose « sur des unités constituées organisées selon un mode militaire, où prévaut le principe de la discipline à travers une chaîne de commandement », selon le chercheur Fabien Jobard.

Dans la même logique, la commission propose, à la suite du Défenseur des droits, de « proscrire ou limiter très strictement l’usage du Flashball super-pro dans le cadre de manifestations ». Ce qui ne mange pas trop de pain, puisque le ministère de l’intérieur prévoit déjà à terme de remplacer cette arme vieillissante par le lanceur de balles de défense 40 (LBD 40), plus puissant et précis. Selon nos inforamtions, un marché public a même été lancé pour trouver des projectiles courte portée, pour les LBD 40. Mais c’est la première fois qu’un rapport parlementaire souligne que « ces armes peuvent occasionner des blessures dramatiques […] avec des risques non négligeables d’énucléation » alors que « la sanction d’un individu même extrêmement violent ou coupable de dégradations ne saurait être que de nature pénale, sans être doublée d’une mutilation physique irréversible ».

« Compte tenu de ce défaut de précision, le Flashball n’est manifestement pas adapté lorsque les forces de l’ordre interviennent lors de manifestations […] qui sont l’occasion de rassemblements compacts d’individus et qui peuvent, en outre, dégénérer », poursuit le rapport qui recense « 36 cas connus de blessures graves ou de mutilations » causés par des Flashball ou LBD 40 (pas loin de notre propre estimation). Fait inédit, quatre personnes ayant été blessées au visage par des tirs ainsi que deux de leurs proches avaient été auditionnés en mars par la commission d'enquête.

Seuls les gendarmes mobiles et CRS – qui n’ont jamais été dotés de Flashball – pourraient continuer à utiliser les LBD 40 en maintien de l'ordre. Ce, même si « le LBD n’est pas, par essence, une arme dont la mise en œuvre est totalement conforme avec la doctrine traditionnelle du maintien de l’ordre » puisqu’il « individualise à la fois les comportements des manifestants et la réponse des forces de l’ordre ». La commission n’a cependant pas suivi la position de Noël Mamère, qui prônait l’interdiction de l'ensemble des lanceurs de balles de défense en maintien de l'ordre. « Le LBD constitue parfois le seul recours possible pour permettre […] le maintien à distance entre manifestants et forces de l’ordre », justifie le rapporteur, reprenant un argument souvent entendu dans la bouche de gendarmes ou CRS.

Un rapide tour d’horizon des pratiques de nos voisins montre que seules la France et l’Espagne utilisent ces lanceurs lors de manifestation. Et encore, en Espagne, « les deux forces de police d’État se préparent à l’interdiction des balles de défense de 54 et 44 mm ». «En fait d’interdiction générale des flash-balls et autres lanceurs de balle de défense, la commission se borne à proposer l’abandon d’un modèle déjà périmé sur le plan technique, a réagi dans un communiqué le syndicat de la magistrature.  Le nombre des mutilés, de Montreuil à Mayotte, en passant par Nantes et Toulouse ne pèse décidemment pas lourd face à la détermination des élus au maintien de l’ordre sécuritaire.»

Le rapport a été adopté jeudi matin par 13 voix (PS, UMP, centristes...) contre deux, Noël Mamère (groupe écologiste) et Marie-George Buffet (groupe gauche démocrate et républicaine). «L'idée, après la tragédie de Sivens, était de formuler des propositions pour que l'ordre public s'adapte au droit de manifester et c'est l'inverse qui se produit»,a dénoncé selon l'AFP Noël Mamère lors de la conférence de presse.

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 19:01

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Un premier bilan de la campagne de soutien international à la Commission de la vérité sur la dette grecque

22 mai par CADTM

 

 

 

 

En un peu plus de 15 jours, l’appel de soutien au travail de la Commission d’audit de la dette en Grèce – qui avait été lancé par plus de 300 personnalités (dont Noam Chomsky, Ken Loach, Susan Georges, etc.) - a déjà récolté plus de 6000 signatures venant de l’Europe et du monde entier. A relever le soutien important des États-Unis, en particulier du monde académique, mais aussi du monde associatif et militant.

L’appel a déjà été traduit en 15 langues (français, anglais, italien, portugais,espagnol, catalan, allemand, arabe, serbo-croate, grec, berbère, russe, basque, turc et persan) et est disponible ici : http://greekdebttruthcommission.org/

Cette initiative est historique en Europe et on sait que le moment est crucial pour la Grèce, un pays mis à genoux par les politiques imposées par la Troika, où droits sociaux et économiques les plus élémentaires sont bafoués au nom du remboursement d’une dette qui n’a pas été contractée au bénéfice de sa population. Aujourd’hui, les créanciers maintiennent une pression maximale pour empêcher tout pas de côté de la Grèce. En effet, cela entraînerait une vague d’espoir dans toute l’Europe et pourrait inspirer de nombreux peuples soumis aux diktats de la dette et de l’austérité.

C’est pour ces raisons que le soutien au travail de cette Commission d’audit est fondamental, car le but de celle-ci est de fournir une étude minutieuse sur laquelle le gouvernement grec pourra s’appuyer afin d’annuler en tout ou en partie sa dette sur base de critères d’illégalité, illégitimité, d’odieuseté et d’insoutenabilité.

Il est crucial que les mouvements sociaux en Europe et au-delà accompagnent et soutiennent une telle initiative de nature à renverser le discours dominant sur la dette et à accélérer la rupture avec l’austérité. Il est important que le travail de la Commission soit diffusé et popularisé auprès de larges couches de la population, qui sera en définitive la seule capable d’infléchir le rapport de force. Il s’agit également de soutenir les campagnes d’audit citoyen de la dette actifs dans d’autres pays (France, Espagne, Belgique, etc.) et de reproduire l’expérience dans nos propres pays !

L’audit et la remise en cause de la dette est un exercice démocratique qu’il est temps de multiplier.

C’est pour cela que nous faisons appel à tous les mouvements sociaux, les associations de la société civile, les syndicats, les militant.e.s et les collectifs pour un soutien massif et une mise en valeur de cette initiative dans leur réseaux respectifs.

La lutte du peuple grec est notre lutte !

 

 

Auteur

 

Autres articles en français de CADTM (173)

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 18:54

 

Source : http://cadtm.org

 

Grèce

Les dirigeants européens veulent isoler le « virus » Syriza-Podemos avant qu’il ne se propage en Europe

23 mai par Antonis Natvanellos

 

 

 

Photothèque Rouge / MILO
 

Entretien. Présent à la récente fête du NPA 75, Antonis Ntavanellos est un des dirigeants de l’organisation grecque DEA (Gauche ouvrière internationaliste), une des composantes de la gauche de Syriza.

 

En ce moment se discute un nouvel accord entre l’Eurogroupe et la Grèce. Où en sont ces discussions  ?

L’Union européenne, la BCE et le FMI mettent la pression sur le gouvernement grec, en utilisant le problème du besoin urgent de «  liquidité  » qu’ils ont eux-mêmes créé, pour imposer des contre-réformes du «  mémorandum  » qu’ils avaient précédemment négocié avec le gouvernement de Samaras-Venizelos. Les raisons de cette attitude rigide sont financières  : une politique anti-austérité est incompatible avec les choix prépondérants dans l’Union européenne pendant la crise. Mais ce sont aussi des raisons politiques  : les dirigeants européens veulent isoler le «  virus  » Syriza-Podemos avant qu’il ne se propage en Europe.
Face à cela, le gouvernement Tsipras se défend par des demi-mesures. Il se contente de définir des «  lignes rouges  » pour les négociations  : sur les privatisations, les lois sur les relations de travail, les hausses de taxes payées par les classes populaires, les nouvelles réductions des pensions...

 

Tsipras se dit optimiste sur la possibilité d’un accord, mais l’Europe met la pression pour la mise en œuvre de nouvelles mesures d’austérité. Comment résister à cette pression  ?

Si l’Union européenne arrive à imposer une nouvelle politique d’austérité, elle ne se limitera pas à celle-ci. Elle en fera aussi payer à Syriza le coût politique, au départ par l’ouverture du gouvernement au parti néolibéral Potami, et ensuite par la pression pour un gouvernement d’union nationale, avec ou sans Tsipras comme Premier ministre... Une vraie stratégie pour effacer le résultat des élections du 25 janvier.
Nous, au sein de Syriza, nous soutenons un projet de rupture  : arrêt du paiement des intérêts, perspective d’annulation de la majeure partie de la dette, nationalisation des banques, abolition de la «  liberté  » de circulation des capitaux qui permet leur fuite, lourdes taxes sur le capital pour financer les programmes anti-austérité... Cette politique est inévitablement liée à une politique de confrontation avec l’Union européenne et le FMI, et donc clairement pas la recherche d’un compromis.

 

La Commission pour la vérité sur la dette grecque présentera le 18 juin une évaluation préliminaire sur la légalité de la dette grecque. En quoi cette question est-elle centrale  ?

La question de la dette est absolument centrale pour l’affaire grecque. Le rapport de la Commission, dont nous savons tous qu’il délégitimera une grande partie de la dette, sera extrêmement utile. Nous sommes reconnaissants envers ceux qui, comme Éric Toussaint, travaillent dans ce sens.
Mais il y a des conditions importantes pour que tout cela nous soit pleinement utile  : que le travail de la Commission soit lié à une stratégie de résistance, avec donc aucun compromis avec les créanciers  ; qu’ensuite on avance rapidement parce que les décisions les plus importantes ne peuvent plus être reportées.
En ce sens, le travail de la Commission est soutenu par la partie la plus radicale de Syriza, ainsi que par une partie des cadres d’Antarsya.

 

Comment apprécier les mesures mises en œuvre par le gouvernement Tsipras, 100 jours après son arrivée au pouvoir  ?

Au cours des 100 premiers jours, le gouvernement a pris des mesures contre la pauvreté extrême, ainsi que certaines mesures de démocratisation, mais il a aussi suspendu l’application du programme minimum (le programme dit de Thessalonique) pour chercher une solution par la négociation avec l’Union européenne. Tout cela a rafraîchi les relations du peuple avec Syriza. Ce problème, ainsi que la réduction extrême des réserves financières du gouvernement grec (suite au paiement régulier des tranches de la dette) sont les conséquences les plus négatives de l’accord du 20 février, un piège dangereux pour Syriza.

 

Quels sont les rapports entre Syriza et le gouvernement  ?

On peut dire que la conscience moyenne de Syriza se situe nettement sur la gauche de ce gouvernement. Ainsi l’exigence d’un changement de politique à l’égard des prêteurs et de la classe dirigeante grecque bénéficie d’un large soutien. De plus au sein de Syriza s’est développé un fonctionnement démocratique qui permet un large débat politique.

 

Qu’en est-il des conflits sociaux et de la mobilisation populaire depuis l’arrivée au pouvoir de Syriza  ? Que penser du 1er mai dans ce contexte  ?

Nous espérions que la victoire politique de Syriza conduirait à une explosion des luttes, des exigences et des revendications. Cela n’a pas été le cas. Un état de passivité s’est installé en Grèce, aujourd’hui dans l’attente de l’issue des négociations. Tout le monde discute de politique, mais rares sont celles et ceux qui sont mobilisés.
Pour relancer cette mobilisation populaire, il y a bien entendu la responsabilité de Syriza, des dirigeants syndicaux, des dirigeants et organisations de «  l’autre gauche  »... Mais il y a aussi un facteur général, plus «  objectif  »  : le monde est confronté à des problèmes stratégiques et tactiques sans précédent, et on n’a pas encore trouvé les moyens d’y remédier. C’est aussi dans ce cadre que la mobilisation du 1er mai a été un échec.
Néanmoins, nous devons continuer à nous battre, même dans des conditions qui ne nous sont pas favorables et que bien entendu nous aurions aimé différentes. Personnellement, je pense que la signature ou le rejet du futur accord avec les créanciers sera un tournant qui va également changer l’attitude – positive ou négative – du monde du travail envers le gouvernement... Ce jeudi 20 mai, nous aurons une première grève dans les hôpitaux. Elle est décisive, nous la soutenons et nous allons regarder de très près le succès potentiel.

 

 

Le procès des principaux dirigeants d’Aube dorée s’est ouvert mardi 12 mai. Est-ce à dire que l’extrême droite est durablement affaiblie en Grèce  ?

Nous souhaitons et faisons tout pour la plus lourde condamnation des dirigeants et cadres d’Aube dorée. La poursuite en justice, la perspective de ce procès, a considérablement réduit l’activité des «  escadrons d’assaut  », ces groupes violents que Aube dorée non seulement ne cachait pas mais utilisait comme base pour son développement. Aube dorée, ce n’est pas un parti quelconque de l’extrême droite grecque, mais c’est une organisation nazie fondée sur l’action de rue. En ce sens, ils ont subi un coup important. Ils ont maintenu une influence électorale, mais moins que prévu.
Aujourd’hui, c’est donc le moment de faire monter en puissance la mobilisation antifasciste  : une pression venue du mouvement ouvrier, de la gauche, pour leur interdire leurs activités nazies et une présence dans la rue, dans les écoles, dans les quartiers. C’est le seul moyen de mettre un terme à leur croissance et les mettre durablement sur la touche.

Propos recueillis par Jacques Babel

 
 
 
 
 
 

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 23:42

 

 

Dépêches > société du vendredi 22 Mai à 07H16
 

Les grandes surfaces ne pourront plus jeter la nourriture

 

 

 

Un plan gouvernemental contre le gaspillage alimentaire © reuters - 2015

Les députés ont adopté jeudi à l'unanimité des amendements visant à lutter contre le gaspillage alimentaire. Les distributeurs du secteur alimentaire ne pourront désormais plus rendre délibérément leurs invendus impropres à la consommation.

 

 

Les grandes surfaces devront prévenir tout gaspillage, utiliser les invendus propres à la consommation humaine à travers le don ou la transformation, ou favoriser l'utilisation de ceux propres à la consommation animale, à l'agriculture ou à la valorisation énergétique.

 

75.000 euros d'amende à la clé

Les commerces de détail de moyennes et grandes surfaces de plus de 400 mètres carrés devront conclure d'ici juillet 2016 une convention avec une ou plusieurs associations caritatives, le manquement à cette mesure pouvant être passible d'une peine de deux ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende.

 

"C'est un grand pas", estime Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement

 

 

A écouter ici

 

 

Selon le ministère de l'Écologie, le gaspillage alimentaire dans la consommation des ménages représente 20 kilogrammes de déchets par an et par personne, dont 7 kilogrammes de déchets encore emballés.

 

► ► ► ALLER PLUS LOIN | Le gouvernement lance la chasse au gaspillage alimenaire

 

Les députés doivent achever dans la nuit de jeudi à vendredi l'examen en nouvelle lecture du projet de loi sur la transition énergétique, visant à responsabiliser les producteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs et associations. Ils se prononceront le 26 mai par un vote solennel sur l'ensemble du texte.

 

Le gaspillage alimentaire dans le monde

 

Par France Inter avec Reuters, | 22 Mai 2015 à 07:16

 

Source : http://www.franceinter.fr

 

 

 

 

 

 

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 23:36

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/benjamin-sourice

 

 

Lanceurs d'alertes et e-réputation : révélations sur la stratégie de diffamation du lobby OGM

 
Le corbeau sous tous ses profils
Le corbeau sous tous ses profils
 
 

Nous publions ici une enquête inédite sur le blog Imposteurs.org et ses auteurs anonymes, Anton Suwalki et Wackes Seppi, qui depuis 2007 dénigrent méthodiquement journalistes, lanceurs d'alertes, et autres « ayatollah de l'écologisme », au point de porter atteinte à l' e-réputation de ses cibles sur le web. [Cet article est une version éditée après mise à jour d'informations intervenues après la première publication, le 14 mai 2015]

 

En vitrine, le site Imposteurs.org et ses deux auteurs sous pseudo, Anton Suwalki et Wackes Seppi, aiment se voir comme les gardiens de la « Science, contre tous les charlatanismes et toutes les impostures ». Pourtant, sous la plume de ses rédacteurs anonymes, la page web est devenue une référence en matière de diatribe contre les « anti-OGM » et « le lobby bio », dont les porte-paroles sont systématiquement associés aux « pires des obscurantistes », tous ces « ayatollah de l'écologisme » et autres « fous du bio ». Des termes qui rappellent les attaques récentes de Xavier Beulin, patron du syndicat agricole FNSEA, contre les « djihadistes verts ».

Dès son lancement, la ligne éditoriale de nos blogueurs est claire et assumée : dénoncer le « génie de la com' » des « Anti-OGM » et s'en prendre à la crédibilité de « scientifiques de renom engagés contre les cultures d'OGM », tel Jacques Testart, Gilles-Eric Séralini, Vandana Shiva... Maître de conférence en génétique moléculaire, et grand pédagogue sur la vulgarisation des biotechnologies, Christian Vélot fait l'objet d'un acharnement tout particulier. Érigé en « porte-parole de l’obscurantisme », Anton Suwalki brocarde son « éthique de toc du lanceur d’alerte » et décerne régulièrement le prix du « Vélot d'or » à tous ceux dont les propos auraient tendance à critiquer la science sauce industrielle. En novembre 2010, un nouvel acolyte anonyme, Wackes Seppi, présenté comme « un ingénieur agronome à la retraite » et « contributeur de blogs » rejoint Imposteurs.org, inclinant un peu plus encore la ligne éditoriale dans un anti-écologisme outrancier.

Les deux portes flingues aiment aussi tirer sur tous ces « journalistes militants » qui « pérorent » et viennent « alimenter le fond de commerce des prêcheurs d'apocalypse », accusés de tartuferies « écolo bobo ». Leurs cibles préférées ? Marie-Monique Robin, qui est devenue leur bête noire depuis Le Monde selon Monsanto, prise à partie jusque sur ses pages personnelles par les blogueurs. Plus récemment, Paul Moreira a fait l'objet d'un article injurieux après la diffusion de son documentaire OGM, bientôt dans nos assiettes en septembre 2014. La traque se poursuit jusque dans les pages de Sciences & Avenir accusé de « propagande pour le bio » ou contre Stéphane Foucart, journaliste scientifique au Monde qui servirait du « militantisme en guise d'information ».

 

De l'artisanat à l'opération de propagande

Si lors de son lancement en 2007, le site relevait d'une entreprise artisanale dont les saillies laissaient de marbre les personnes ciblées, au fil des années il a pris une tournure plus inquiétante. A force d'acharnement répété dans de nombreux articles, ce blog en arrive à porter préjudice à l'« e-réputation » de lanceurs d'alerte et de journalistes qui s'inquiètent désormais de cette nuisance.

En effet, une mauvaise réputation en ligne peut constituer une atteinte grave à la crédibilité d'une personne en déstabilisant son « image publique ». Plus prosaïquement, par divers stratagèmes informatiques (google bombing, site miroir, dissémination d'hyperliens...), les auteurs du blog parviennent à hisser les articles d'Imposteurs.org parmi les premiers du classement des moteurs de recherche sur des requêtes concernant des lanceurs d'alertes, orientant ainsi le lecteur vers des contenus dénigrants. Ces stratagèmes informatiques demandent une certaine connaissance des mécanismes de référencement et quelques notions d' « e-réputation », une discipline généralement associée aux cabinets de communication et de lobbying.

En 2011, une étape est franchie quand le site d'information en ligne Contrepoints.org, d'obédience néolibérale et libertarienne (façon Tea Party américain), invite nos deux blogueurs à s’épancher dans ses colonnes. Nouvelle maquette et audience élargie, mais dans la ligne rien ne change : on retrouve les mêmes attaques ad-hominem ! Par la suite, tous les articles d'Imposteurs.org seront publiés en double sur le site de Contrepoints. Là encore, l'utilisation d'un site miroir est en réalité une technique de référencement internet, permettant notamment de multiplier les sources et de contourner la censure.

 

Wikipédia, l'encyclopédie du greenwashing ?

Enfin, la dernière étape pour porter atteinte à l'e-réputation consiste à altérer les biographies de personnalités sur l’encyclopédie participative Wikipédia, en usant de ces blogs comme autant de « sources d'informations » reprise dans la fiche. Le procédé est redoutable car il transforme une simple note de blog, anecdotique et biaisée, en vérité encyclopédique à laquelle le grand public s'arrêtera s'il ne prend pas soin d'analyser la source indiquée.

Karg Sé, un autre « ingénieur agronome-halieutique » anonyme et habitué des blogs écolophobes comme alerte-environnement.fr, où il échange régulièrement avec Wackes Seppi et Anton Suwalki, s'est fait une spécialité des « guerres d'édition » sur les sujets touchant à l'écologie sur Wikipédia. Se vantant de « faire la chasse aux perturbateurs endocriniens », il encourage ses camarades à « être présent sur Wikipedia, très utilisé par les élèves et les étudiants, et très important pour contrer la propagande médiatique » - comprendre les alertes environnementales -, sourçant régulièrement ses propos à partir du blog Imposteurs.org.

Mais comment donc, une poignée d'auteurs, couverts par l'anonymat, ont-ils réussi à monter durant sept longues années une telle campagne de dénigrement utilisant des techniques modernes de lobbying viral ?

 

L'imposture d'Imposteurs.org

Notre enquête a permis de reconstituer une véritable cartographie du lobby OGM, allant d'acteurs associatifs à des professionnels du secteur agricole, soutenus par des lobbyistes professionnels et aguerris impliqués de longue date dans la « querelle des OGM ».

Intéressons nous d'abord à l'initiateur du blog, le ci-nommé Anton Suwalki qui a toujours fait preuve d'un certain enthousiasme pour les écrits de l'Association Française pour une Information Scientifique (AFIS). Or si l'AFIS a toujours gardé une distance sanitaire avec les propos outranciers d'Imposteurs.org, le site a bien été lancé par un administrateur de cette association. Notre investigation a permis de découvrir qu'Anton Suwalki se nomme en réalité Stéphane Adrover. Statisticien à l'INSEE, son Cv ne révèle aucune qualification particulière en matière de biologie, d'agriculture ou de journalisme malgré ce que l'anonymat lui permettait de sous-entendre sur ses compétences.

Loin de n'être qu'un sympathisant, Stéphane Adrover est adoubé par les membres de l'AFIS après le lancement du blog en rejoignant le Conseil d'administration de l'association en 2008, poste qu'il occupera jusqu'en 2012.

Selon lui, suite à la publication de notre enquête, il ne s'agissait là que d'un « nom de plume au même titre que des journalistes », il nie avoir « cherché une quelconque immunité derrière l’anonymat », mais nous noterons cependant que c'est la première fois que Stéphane Adrover adossait publiquement son costume d'Anton Suwalki sur son blog comme ailleurs sur la toile.

 

Wackes Seppi : « spécialiste des semences », héros « solitaire de l'écriture »

Poursuivons nos révélations avec le cas du second comparse, le sulfureux Wackes Seppi, dont nous avions pensé un temps qu'il s'agissait de M. Guy Waksman, ingénieur agronome retraité, mais de nouveaux éléments apparus suite à la publication de l'enquête nous ont contraint d'admettre que nous avions fait fausse route et d'éditer ce papier à la lumière de nouvelles recherches. C'est d'ailleurs, M. Waksman, en se défendant qui nous a mis sur la piste de l'identité réelle de Wackes Seppi dans la gazette de l'AFIA du 14 mai 2015. Il y écrit : « je n'ai absolument pas les qualités scientifiques de biologiste de Wackes Seppi, très bon spécialiste des semences, et je serais bien incapable d'écrire les articles de haut niveau qu'il écrit. »

Contacté par nos soins, celui-ci nie être l'auteur d'Imposteurs, mais dit « connaître Wackes Seppi ». Il précisera dans sa gazette du 18 mai 2015 : « je n'ai jamais écrit sous un pseudonyme, bien que dans certains cas, j'aurais mieux fait… Ceci dit, je comprends bien les personnes, tel Wackes Seppi, qui le font : besoin de préserver leur vie privée ou professionnelle, astreinte au devoir de réserve des fonctionnaires qu'ils soient nationaux ou internationaux notamment. » Notre fonctionnaire national, il s'appelle Stéphane Adrover aka Anton Suwalki, mais Wackes Seppi serait aussi lié à un « devoir de réserve » au niveau international ? Intéressant point commun entre ces auteurs si discrets sur leur identité…

Cessons là le suspense ! Wackes Seppi est effectivement un fonctionnaire onusien retraité du nom de André Heitz, comme nous le démontre cette fiche de l'Agence Science Presse (Canada) où les deux noms apparaissent associés. On le retrouve par ailleurs sur le même site dans un trilogue avec Anton Suwalki et Marcel Kuntz, ex-président de l'AFIS, échangeant sur « l'absence de problème sanitaire lié à la consommation à long terme de nourriture dérivée d’OGM. ».

M. Heitz a fait la plupart de sa carrière (1975-2000) au sein de l'Union internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV), une organisation intergouvernementale, sous contrôle de l'ONU, qui a été fondée en 1961 pour coordonner la mise en œuvre au niveau international des droits de propriétés intellectuels des obtenteurs végétaux et des grands semenciers. Après la révision de 1991 dont Heitz a été l'un des acteur comme directeur-conseil de l'agence, l'UPOV se donne notamment pour mission « d'examiner diverses possibilités de protection juridique des innovations dans les domaines du génie génétique et de la biotechnologie » au moment où les premières plantes génétiquement modifiées, et brevetés à ce titre, apparaissent sur le marché vers 1996. Notons cependant que l'UPOV est avant tout un organisme inter-étatique, et qu'à ce titre ses politiques sont le résultat de négociations et de consensus entre Etats.

L’UPOV œuvre en contact étroit avec l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) que M. Heitz rejoint en 2000. Il finit sa carrière au poste taillé sur mesure de directeur de coordination du nouveau bureau de l'OMPI ouvert à Bruxelles en 2004, avant d'être fermé en 2008, après « les résultats d'une évaluation et d'un processus de rationalisation des bureaux extérieurs ». Sa mission est détaillée dans une feuille de route de l'OMPI : « renforcer ses contacts et ses liens de réseau avec la communauté internationale de la propriété intellectuelle,[...], les grandes entreprises et les ONG. Ils contribuent à la réalisation des objectifs de programme, notamment en ciblant les principaux décideurs du secteur public et du secteur privé, les personnalités influentes et les commentateurs, ainsi que le grand public. » Bref, un travail de relations publiques à la hauteur des stratégies mises en place par les cabinets de lobbying qui pullulent à Bruxelles.

A la retraite après la fermeture de son bureau, à partir de 2010 M. André Joseph Léon Heitz peut désormais enfiler à loisir son costume de Wackes Seppi, ou « Joseph le garnement » en alsacien, sa région d'origine. Interrogé sur sa double identité et ses motivations personnelles, M. Heitz n'a pas donné suite à nos questions. Offusqué par notre enquête, mais gardant son masque, Wackes Seppi nous répond dans les colonnes de Guy Waksman, et se décrit comme « un solitaire de l'écriture […] propulsé par l'auteur du billet en discussion [NDLR moi même] dans un vaste complot ».Cependant,Wackes Seppi par la profusion de ses prises de paroles, ses échanges avec d'autres auteurs évoqués ici, est tout sauf isolé. Sa langue verte et son verbe fleuri d'OGM, ont propulsé la figure de Wackes Seppi au rang de personnage emblématique de cette galaxie d'amateurs de l' « écolo-bashing » et pourfendeurs des « obscurantistes anti-progrès ». Point n'est ici question d'un « grand complot », mais bien de l’œuvre d'une poignée de militants pro-biotechnologie, petites mains du lobby OGM, qui ont séquestré le rationalisme et la parole scientifique.

 

Ultra-libéraux et lobbyistes aux manettes ?

Enfin, c'est en cherchant à définir les liens qui unissent les deux principales vitrines de cette entreprises de dénigrement, Imposteurs et Contrepoints, qu’apparaît un nouveau personnage jusqu'alors discret sur la scène des promoteurs des biotechnologie en France, mais dont l'implication semble avoir été stratégique. Il s'agit de Jean Paul Oury : docteur en histoire des sciences, il est également l'auteur d'une publication au Presse Universitaire de France sur « La querelle des OGM » (PUF, 2006) et participe à de nombreuses reprises aux publications de l'AFIS, notamment en 2007 au moment du lancement du blog Imposteurs.org. Selon lui, l'opposition au OGM « dans sa forme la plus violente, est une action “terroriste” qui se manifeste par la destruction des expériences, aussi bien en laboratoire que dans les champs : c’est la stratégie [...]barbare” des fauchages. » Nous retrouvons donc à nouveau la rhétorique de l' « écoterrorisme », cet élément de langage à répéter à outrance par les communicants jusqu'à le banaliser dans l'opinion.

Non seulement, M. Oury est un fin connaisseur du débat sur les OGM, mais il est dès 2008 un lobbyiste chevronné, spécialiste en « stratégie digitale » et e-réputation au sein du cabinet Image et stratégie où il est employé jusqu'en 2013. L'agence se nommait précédemment Ligne 42 avant son rachat fin 2008, or à l'époque où le cabinet recrute Jean Paul Oury comme consultant, il a pour « directeur conseil » une certaine Armelle de Kerros, ancienne directrice de communication de Monsanto France, comme le confirme un ancien Cv que nous avons pu nous procurer. Ces deux là ont donc travaillé dans le même cabinet de lobbying, mais impossible de savoir s'ils ont monté des opérations contre les anti-OGM, ni le degré de leur collaboration.

Il semblerait que M. Oury ait également fait profiter les auteurs d'Imposteurs.org de son réseau personnel pour intégrer les pages de Contrepoints.org. En effet, il a été Vice-président du micro-parti politique « Alternative Libérale », un courant libertarien français dissout en 2011. Or, le site Contrepoints, vitrine des ultra-libéraux français, est aussi dirigé par un ancien de AL qui a fait liste commune avec M. Oury, Guillaume Kalfon, qui fut jusqu'en 2014 directeur de publication de Contrepoints.org et président de l'association Libéraux.org qui détient le journal libéral en ligne. C'est donc probablement par ces appuis que les deux comparses Anton Suwalki et Wackes Seppi sont devenus membres de la grande confrérie des pourfendeurs d'écologie dans les cercles ultra-libéraux français.

 

Riposte juridique

« Les chiens aboient, la caravane passe » dit un proverbe arabe. Longtemps ignorés par les personnes qu'ils ciblaient, ne souhaitant pas leur offrir le luxe d'une publicité à bon compte, Stéphane Adrover et André Heitz ont pu continuer sans entrave leur travail d'atteinte à la réputation de lanceurs d'alerte et de journalistes pendant toutes ces années.

La situation vient pourtant de changer avec le dépôt successif de deux plaintes en diffamation ces derniers mois. En septembre 2014, le généticien Christian Vélot déposait une plainte contre « Anton Suwalki » et le site Contrepoints.org pour un article intitulé « Faucheurs de porte-vigne transgéniques de Colmar : Christian Vélot, porte-parole de l’obscurantisme » depuis retiré du site libéral. Contacté par un « officier de police judiciaire », Stéphane Adrover n'a pu que confirmer être l'auteur de ce billet, ajoutant « assumer intégralement ses propos sur le plaignant [i.e C. Vélot] » et les maintenir en ligne sur son propre site Imposteurs.org.

Le journaliste et réalisateur de documentaire Paul Moreira (Canal Investigation et Cash Investigation) a lui aussi déposer une plainte contre X pour diffamation contre Imposteurs.org suite à un billet attaquant violemment son reportage OGM, bientôt dans vos assiettes (Canal +, sept 2014). Rédigé par Wackes Seppi, également visé par la plainte, le titre du post était « Patrick Moore dit de Paul Moreira : « un c... fini », démontrant s'il en était encore besoin la ligne éditoriale insultante de ce blog.

Maintenant que les véritables imposteurs ont été démasqués, c'est donc à la justice de s'emparer de l'affaire afin de juger des responsabilités de chacun.

 

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/benjamin-sourice

 

 

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 23:27

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

Agirc-Arrco : la baisse des pensions est quasi actée

Jean-Christophe Chanut  | 

Retraites

 

A compter de 2017, des abattements dégressifs vont être pratiqués sur les pensions de retraites complémentaires

A compter de 2017, des abattements dégressifs vont être pratiqués sur les pensions de retraites complémentaires (Crédits : Reuters)

 

 

Pour faire face à la dégradation de la situation financière des régimes de retraites Arrco/Agirc, le Medef préconise de minorer les pensions servies aux nouveaux retraités, à compter de 2017.

 

Cette fois, il y a vraiment le feu au lac sur le front de l'avenir des retraites complémentaires Agirc (cadres) et Arrco (ensemble des salariés). Les deux régimes couvrent plus de 18 millions de salariés et près de 12 millions de retraités. Ils versent chaque année plus de 70 milliards d'euros de pensions.

Or, les perspectives financières ne cessent de se dégrader. Les deux régimes sont en déficit depuis 5 ans. En 2013, le déséquilibre a atteint 4,4 milliards d'euros, soit plus de 6% des dépenses.

 

Les réserves financières des régimes asséchées dès 2018 ?

Résultat, pour assurer la continuité du versement des pensions, il a fallu faire appel aux réserves financières, c'est notamment le cas de l'Agirc, régime où la situation est la plus dégradée.

Nombreux sont les opérateurs financiers à signaler que le régime des cadres retire ses fonds investis afin de faire face à ses obligations dans le versement des pensions. En 2013, l'Agirc avait ainsi près de 9 milliards d'euros de réserves financières... En 2014, ce montant est tombé à 6,7 milliards d'euros.

A ce rythme, l'Agirc pourrait avoir épuisé ses réserves financières dès 2018... mais avec déjà moins de trois mois d'allocations de réserve dès 2016.

 

Pire, le besoin de financement augmente

Pis, avec la très faible inflation, les mesures d'urgence de sous-indexation des pensions par rapport à l'évolution des prix, prises en 2013, ont un rendement inférieur aux prévisions. Ainsi, le besoin de financement des deux régimes est maintenant estimé à 6,7 milliards d'euros en 2017 contre 5,5 milliards d'euro jusqu'ici.

Aussi, les organisations patronales et syndicales, gestionnaires de des deux régimes, ont débuté en février un round de négociations pour trouver des solutions. Une prochaine réunion importante va se tenir le 27 mai. Le scénario d'un abattement sur les pensions servies par les deux régimes à compter de 2017 est plus que jamais sur la table.

C'est, en tous cas, la piste privilégiée par le Medef qui a rencontré l'ensemble des organisations syndicales ces dernières semaines dans des séances bilatérale pour préparer l'échéance du 27 mai. Et des syndicats comme la CFE-CGC, la CFDT, et la CFTC sont prêts à y consentir, dans certaines conditions.

 

L'idée du Medef: un abattement dégressif

L'idée du Medef qui est en passe de devenir réalité serait la suivante. A compter de 2017, à partir de la génération née en 1957, un salarié de 62 ou 63 ans, qui déciderait de liquider sa retraite, percevrait sa retraite de base à taux plein (s'il a acquis tous ses droits) mais connaîtrait un abattement dégressif sur ses pensions de retraite complémentaire jusqu'à l'âge de 67 ans. De fait, légalement, pensions de base et pensions complémentaires ne sont pas liées.

Selon le quotidien « L'Opinion » l'abattement atteindrait 22 % du montant des complémentaires servies la première année, puis ce pourcentage baisserait chaque année pour totalement disparaître à 67 ans : 17% à 63 ans, 12% à 64 ans, 8% à 65 ans, 4% à 66 ans. Cependant, selon nos informations, le taux d'abattement de 22% proposé par le Medef n'est pas encore complètement acté.

 

Les petites pensions ne seraient peut-être pas minorées

Par ailleurs, les syndicats voudraient que les petites retraites soient épargnées par cette nouvelle mesure. L'idée de ne pas appliquer d'abattement sur les pensionnés exonérés de CSG est ainsi sur la table.

Actuellement, sont exonérés de CSG les retraités dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 10.633 euros pour une part et 16.311 euros pour deux parts en 2015. Au-dessus de ces plafonds, les retraités sont soumis à une CSG de 3,8% ou de 6,6% selon l'importance de leurs revenus.

Mais cette idée d'exonération n'est pas encore actée. Cela va faire partie des discussions entre organisations patronales et syndicales.

C'est exactement la même chose concernant une éventuelle hausse de cotisations pour les retraites complémentaires. Officiellement, le camp patronal ne veut pas en entendre parler. Alors que la CGC propose d'augmenter de 1,25 point la cotisation Agirc (mais qui ne génèrerait des droits supplémentaires qu'à hauteur de un point) et que FO propose une hausse des cotisations Arrco et Agirc de 0,4%.

 

Fusion des régimes: Medef et CFDT d'accord. La CGT pas du tout

Autre point important, selon « l'Opinion », le camp patronal préconise que la pension de réversion versée aux veufs et aux veuves ne soit plus accordée à compter de 55 ans mais de 60 ans.

Enfin, le Medef et la CFDT se retrouvent pour demander une fusion des régimes Agirc et Arrco. La CGC est totalement contre.

Au total, beaucoup de questions restent donc encore à trancher. Mais un point semble acquis : il y aura des minorations de pensions des retraites complémentaires dans les années à venir.

 

L'auteur

Jean-Christophe Chanut

Jean-Christophe Chanut

@jcchanut

 

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 23:17

 

Source : http://www.reporterre.net

 

Du grain au pain, les paysans-boulangers sèment leurs graines de résistance

22 mai 2015 / Anaïs Cramm et Lorène Lavocat (Reporterre)

 

 

 

Les pieds dans la terre et les mains dans le pétrin, ils vont à contre-courant de l’industrialisation de la boulangerie et de la culture du blé. Les paysans boulangers réinventent le métier en remettant au goût du jour les semences paysannes. Ils s’émancipent des industries semencières afin de ne plus dépendre du système agricole industriel.


Les pieds dans la terre et les mains dans le pétrin, ils vont à contre-courant de l’industrialisation de la boulangerie et de la culture du blé. Paysans boulangers, ce sont des passionnés qui courent du four au moulin et sillonnent champs et marchés. "Le métier de paysan boulanger, c’est aller du grain au pain", explique Charles Poilly, installé dans le Lot-et-Garonne. "C’est élaborer le goût de ton pain dès le semis, comme les vignerons qui façonnent leur vin par le travail de la vigne."

A trente ans à peine, il a choisi de poser sa yourte et de construire son fournil à la ferme du Petit Béron. Deux fois par semaine, il fait chauffer le four puis distribue ses pains dans les marchés et les Amap alentour. Comme lui, de plus en plus de jeunes agriculteurs se lancent dans l’aventure. La raison de ce succès ? "La surface nécessaire à l’activité est beaucoup moins importante que pour un céréalier « classique », la transformation en pain permettant une très bonne valorisation du blé", précise l’Adear du Tarn, une association qui accompagne l’installation des paysans.

Un constat confirmé par Simon Coyard, établi depuis deux ans en Ariège : "Avec 40 hectares cultivés en bio, impossible de me contenter de produire du blé, je ne pourrais pas en vivre. Par contre, en étant paysan et boulanger, je sors un salaire confortable tous les mois." Et à l’autre bout de la chaîne, les consommateurs plébiscitent. "Les gens aiment savoir que le blé produit à côté de chez eux est celui qui les nourrit", note Charles Poilly.

 

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La collection de blés du Cetab compte plus de 200 variétés.

Signe de cet engouement, une nouvelle formation, intitulée "Paysans du grain au pain", vient d’ouvrir dans le Tarn. Un cursus qui met notamment l’accent sur la culture d’anciennes variétés de blé. Variétés de populations, de pays ou semences paysannes… autant de termes pour désigner des plantes délaissées depuis près de cinquante ans par l’agriculture conventionnelle, car pas adaptées au système agricole intensif. Des semences remises au goût du jour par une poignée d’irréductibles rêveurs, paysans et chercheurs.

Parmi eux, Jean-François Berthellot fait figure de pionnier. Il y a une vingtaine d’années, il récupère quelques unes de ces semences paysannes, gardées précieusement par une communauté du Larzac, et les cultive sur sa ferme, dans le Lot-et-Garonne. Et le résultat l’éblouit : "C’est un monde qui s’ouvrait à moi, j’ai découvert une diversité que je n’aurais jamais soupçonnée."

 

Un atout gustatif et écologique

Rue Saint-Front, à Périgueux, une vitrine attire les regards gourmands. Petites miches dorées, gros campagnards ou ficelles parsemées de lin et de sésame. Derrière son comptoir, Laurent Cattoire fabrique tous ses pains à la main, à partir de farines de blés paysans. Une évidence d’après lui. "Avec les variétés commerciales, le pain est standard, sans saveur particulière, on ne peut pas mettre toute notre personnalité", explique-t-il. "Par contre, une farine de blés anciens, ça sent les champs, et ça a du goût."

Petit rouge du Morvan, touselle, pétanielle noire. Ces blés aux noms, aux formes et aux couleurs variés confèrent au pain des saveurs complexes et subtiles. Autre intérêt, le gluten qu’ils comportent est moins modifié et plus digeste que celui des variétés commerciales. "Beaucoup de personnes intolérantes au gluten peuvent manger des céréales anciennes", constate Laurent Cattoire.

 

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Dans la boulangerie de Laurent Cattoire, des pains de toutes les formes et de toutes les couleurs.

Encouragés par les consommateurs, de plus en plus de boulangers et de paysans s’intéressent aux variétés de pays. D’autant plus que ces blés, sélectionnés pendant des siècles par des paysans travaillant sans produits phytosanitaires, sont plus adaptés à l’agriculture biologique. "Les paysans bio ne trouvaient pas leur bonheur avec les variétés commerciales, qui sont faites pour être cultivées en intensif", explique Julien Lacanette, animateur au Centre Terre d’accueil des blés (Cetab), une association de promotion des semences paysannes. "Dans des conditions environnementales difficiles et sans intrants, certaines variétés paysannes ont de meilleurs rendements."

 

Toute une philosophie...

Dans la chaleur parfumée de son fournil, Jean-François Berthellot enfourne habilement des pâtons. Pour lui, être paysan boulanger n’est pas qu’un métier. "On a vraiment l’impression de faire partie de la création, d’être une main qui accompagne ce processus naturel". Lui qualifie son travail de "voyage" : "J’ai voyagé à l’intérieur du blé, avec le blé, j’ai pu comprendre que certaines variétés ont un goût particulier, une manière de les aborder, d’être pétries". Travailler sur les semences paysannes est indissociable de sa pratique : il s’agit d’une démarche globale et hollistique, en amont du champ et jusqu’à l’assiette.

- "Paysan boulanger, bien plus qu’un métier". Ecouter Jean-François Berthellot :

"Le pain, c’est quand même un symbole… depuis des millénaires, il nourrit l’humanité", ajoute Laurent Cattoire. "Faire du pain n’est pas un acte anodin." A l’instar des paysans boulangers, il rejète donc les méthodes de culture et de panification industrielles, "où l’on fait du pain sans même toucher la pâte." Lui se qualifie de "résistant boulanger". Une résistance qui passe aussi par la défense des variétés anciennes. "Il s’agit pour nous paysans de s’émanciper des industries semencières et de ne plus dépendre du système agricole conventionnel", précise Charles Poilly...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 22:50

 

Source : http://www.reporterre.net

 

Si Rémi Fraisse n’avait pas manifesté, il ne serait pas mort : la nouvelle logique de la répression étatique

22 mai 2015 / Hervé Kempf (Reporterre)
 


 

La commission parlementaire sur le maintien de l’ordre aboutit à des propositions faisant reculer le droit de manifester et couvrant les pratiques dangereuses des forces de police.


La dégradation continue de l’esprit démocratique se poursuit avec un cynisme ahurissant. Après l’émoi qu’avait causé l’homicide d’un manifestant écologiste, Rémi Fraisse, en octobre 2014, par une grenade lancée par un gendarme, une commission d’enquête parlementaire a été créée en décembre. Son titre : « Commission d’enquête sur les missions et modalités du maintien de l’ordre républicain dans un contexte de respect des libertés publiques et du droit de manifestation ». La motivation en était de comprendre comment les forces de l’ordre avaient pu tuer un manifestant et comment changer les modalités de leur action pour éviter de tels drames - que complète, hélas, le nombre croissant de manifestants blessés gravement par les projectiles policiers.

Ce rapport a été présenté le 21 mai (il ne sera publié que dans quelques jours sur le site de l’Assemblée nationale). Mais que dit-il ? Par un stupéfiant retournement de raisonnement, les députés qui l’ont adopté ont ciblé essentiellement les manifestants. Et leur principale proposition est de créer une interdiction de manifester pour les personnes signalées par les services de renseignement comme « individus connus en tant que casseurs violents ».

Sans jugement, les policiers seraient ainsi autorisés, avant tout acte donc tout délit, à empêcher telle ou telle personne de participer à une manifestation - un droit pourtant inscrit dans la Constitution et constitutif des libertés publiques. Par exemple, comme l’a indiqué le préfet de police de Paris, Bernard Boucault, lors de son audition, « de les attendre à la gare et de les interpeller ». Croisées avec la loi sur le renseignement récemment adoptée, ces méthodes ouvrent la voie à une interdiction de manifester pour toute personne qui sera jugée indésirable, sur des critères incertains, par les services de police.

Une autre proposition vise à rendre obligatoire une concertation préalable sur les manifestations. Comme le souligne le député écologiste Noël Mamère, président de la Commission - et qui a dû s’opposer au rapport de celle-ci -, « il y aurait dès lors un contrôle a priori et systématique de toutes les manifestations, ce qui entraînerait une restriction manifestement disproportionnée du droit de manifester. »

La Commission a paru faire un progrès en préconisant l’abandon des Flasballs. Mais c’est pour proposer de les remplacer par des LBD 40 (Lanceurs de balles de défense) plus puissants et plus précis...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

 

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 22:36

 

 

 

#TAFTA L'Union européenne aurait renoncé à interdire 31 pesticides pour faciliter les négociations de l'accord commercial transatlantique

 

 

 

(Virginia Mayo/SIPA)

 

Sous la pression américaine, l’Union européenne aurait renoncé à interdire des dizaines de pesticides liés à des cancers et des perturbations hormonales pour faciliter les négociations du Traité d’échange commercial transatlantique (appelé TTIP ou TAFTA). C’est en tout cas ce que révèle outre-Manche le site du "Guardian" ce vendredi.

Des travaux législatifs prévoyaient la prohibition de 31 pesticides contenant des perturbateurs endocriniens, mais ont été remisés au placard à la suite d’une campagne intensive de lobbying américain et de menaces de "conséquences d’ampleur", comme le révèlent des documents auxquels a eu accès l’ONG Corporate Europe Observatory.

La décision aurait été prise en juillet 2013, avance le quotidien britannique, sous l’influence d’une délégation de l’AmCham (Chambre de commerce des Etats-Unis) en déplacement à Bruxelles. Le compte-rendu de la réunion montre que cette dernière y dénonce "l’inutilité de créer ce genre de catégories" avant toute étude d’impact.

Le soir même, la Secrétaire générale de la Commission Catherine Day ordonnait l’abandon des travaux législatifs. Prévus pour une application dès 2014, ceux-ci se sont ainsi vus repoussés à au moins fin 2016, détaille le "Guardian".

+ d'infos

 

 

 

 

 

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 18:51

 

Source : http://www.mieux-vivre-autrement.com

 

Ils osent monétiser le monde du vivant

koala vendu

Le règne des animaux et de végétaux est aujourd’hui transformé en produit bancaire coté en bourse. Monétiser le monde du vivant est un marché à part entière qui se développe sous nos yeux, ou plutôt dans notre dos…

 

Peut-être avez vous manqué ce reportage d’une importance capitale diffusé sur ARTE. Le film documentaire « Nature, le nouvel eldorado de la finance » expose comment les banques et la finance arrivent à détenir les ressources du monde du vivant. Un accaparement « légal » qui ne se fait pas sans conséquence.

 

Ils osent monétiser le monde du vivant. Les règnes des animaux et des végétaux sont aujourd’hui transformés en produits bancaires cotés en bourse. C’est un marché à part entière qui se développe sous nos yeux, ou plutôt dans notre dos…

 

L’ignominie est totale

Les politiques de productivisme et de croissance sans limite provoquent la disparition des espèces, qui de fait gagnent en rareté et donc en valeur marchande. L’environnement et ce qu’il contient devient un capital spéculatif. Le moins que l’on puisse dire c’est que cette situation est contre-nature. Les conséquences pour l’humanité comme pour la faune et la flore sont à redouter. Une autre question vient à l’esprit:

à qui appartient le monde du vivant ?

 

Les « sauveurs » autoproclamés de la biodiversité

Si vous n’avez pas la réponse, d’autres se sont chargés d’en trouver une « légale »… Les mêmes acteurs financiers qui ont provoqué la crise mondiale de 2008 par cupidité,  prétendent aujourd’hui sauver les espèces en leur donnant une valeur marchande. Leur logique pour monétiser le monde du vivant? Un bien qui est rare est protégé afin de préserver sa valeur et… la voir se développer pour générer un profit.

 

monétiser le monde du vivant

Cette baleine vaut-elle plus morte que vivante?

 

Libre aux imbéciles de croire que l’argent – ce qui est le plus sale-  peut protéger la nature – ce qui est de plus pur. On peut par contre facilement se projeter dans des scénarios catastrophiques où pour augmenter la valeur d’une espèce on organise sa rareté.

 

Combien vaut la nature ?

Et… combien peut-elle rapporter surtout ? À l’heure où l’on craint le pire pour la biodiversité, ce documentaire d’ARTE révèle la financiarisation croissante des ressources naturelles par les banques et les investisseurs privés.

Émerge alors un nouveau business, celui de la protection environnementale. Prometteur en termes de profits, c’est ce nouveau marché édifiant qui est décrypté dans ce documentaire exceptionnel.

Le principe est simple pour monétiser le monde du vivant, on attribue un coût à la nature, Arte apporte une explication :

des banques et des fonds d’investissements, pourtant responsables de la dernière crise financière en date, achètent d’immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales menacées. Monétarisées et financiarisées, ces réserves sont ensuite transformées en produits boursiers possiblement spéculatifs.

Sur le marché, on peut ainsi acheter et vendre des titres sur « la mouche » ou « l’orang-outan » et d’autres. Les entreprises qui polluent peuvent acheter ces titres pour se donner bonne figure. Ainsi on peut imaginer Nutella acheter des titres « arbre centenaire d’Amazonie » pour continuer d’autre part à déboiser l’Amazonie. Comme le dénoncent des économistes objecteurs de croissance, alors que tout indique la nécessité de ralentir, le choix est fait d’accélérer dans la même logique qui est à l’origine d’un problème systémique.

 

Peut-on donc tout vendre ?

Il apparaît que monétiser le monde du vivant est bien un choix de société plus qu’un état de fait. Un lobbying surpuissant s’acharne déjà à tirer la couverture du coté des multinationales. Les conséquence ne devraient pas tarder à se faire ressentir.

Ce qui est triste, c’est que la raison ne l’emporte pas sur l’appât du gain. Ce qui est dommage c’est que les gens sains d’esprit ne se fassent pas plus entendre.

 

 

Présentation du film d’ARTE: 

 

 

Source : http://www.arte.tv/guide/fr/050583-000/nature-le-nouvel-eldorado-de-la-finance

 

La course au profit généralisé et le marché global ont largement contribué à la crise écologique actuelle. Pourtant, les mondes de l'économie et de la finance prétendent renverser la tendance et sauver la planète en la protégeant à leur façon, c'est-à-dire avec de l'argent. C'est bien l'émergence d'un nouveau marché, celui de la protection environnementale, que décrypte le documentaire de Sandrine Feydel et Denis Delestrac  - l'auteur du Sable, enquête sur une disparition, récemment diffusé par ARTE. Encore embryonnaire il y a quelques années, ce marché est aujourd'hui l'un des plus prometteurs en terme de profit. Son mode de fonctionnement est simple. De plus en plus de sociétés financières ou d'assurances, parfois précédées par les économistes, attribuent un coût à la nature. Combien vaut la forêt d'Amazonie ? Quelle est la valeur marchande de l'incessant labeur de pollinisation accompli par les abeilles ? Jusqu'ici, l'"invisibilité économique" de la nature ne jouait pas en sa faveur : les marchés n'aiment ni l'abondance ni la gratuité. Mais avec la raréfaction des ressources et la disparition programmée de certaines espèces, l'équation a changé. La loi de l'offre et de la demande peut maintenant s'appliquer aux richesses naturelles. Ainsi, des banques et des fonds d'investissements, pourtant responsables de la dernière crise financière en date, achètent d'immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales menacées. Monétarisées et financiarisées, ces réserves sont ensuite transformées en produits boursiers possiblement spéculatifs. On peut donc acheter des actions "mouche", "orang-outan" ou "saumon". En investissant dans ces titres, les entreprises polluantes obtiennent des "certificats de bonne conduite" qui les dispensent de suspendre leurs activités les plus néfastes...

La nature de l'argent

Fruit d'un patient et minutieux travail d'investigation, Nature, le nouvel eldorado de la finance met en relief les mécanismes d'un système naissant qui pourrait se révéler une entreprise de tartufferie mondiale. Interrogeant financiers, experts et penseurs, le film confronte les points de vue antagonistes et multiplie les exemples concrets de populations et milieux naturels menacés par ces nouvelles pratiques. L'enquête dresse un vaste panorama des intérêts en jeu et des lobbies en action autour de ce "nouveau" capital naturel, se demandant au final quelles valeurs défendent réellement ceux qui attribuent un coût à la nature. Une nouvelle crise financière pourrait en effet résulter de la spéculation et de l'effondrement de ces nouveaux marchés...

 

 

 

Source : http://www.arte.tv/guide/fr/050583-000/nature-le-nouvel-eldorado-de-la-finance

 

 

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