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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 18:45

 

 

 

Survie 26/06/2015 à 17h30

Hutte primitive et four solaire : les vidéos à voir avant la fin du monde

Thibaut Schepman | Journaliste Rue89

 

 

 

S’abriter, se nourrir, se chauffer ou même produire son électricité... Rue89 a sélectionné dix tutoriels YouTube, partagés par des survivalistes ou des adeptes des « low-tech ». A regarder juste au cas où.

Tout commence avec une vidéo publiée début mai sur une formidable chaîne YouTube australienne : Primitive technology. On y voit un jeune homme recourir à nombre de savoir-faire datant du néolithique pour fabriquer en quelques minutes une hutte en torchis à partir de végétaux et de boue collectés dans une forêt. Le tout sans commentaire et en un temps réduit. C’est fascinant et relaxant.

Construction d’une hutte en torchis de type néolithique

 

En quelques semaines, cette vidéo a été visionnée plus de 2 millions de fois. Dans les commentaires, beaucoup d’internautes échangent sur les meilleurs moyens de reproduire ou d’améliorer les techniques utilisées.

Quand il a été question de présenter cette pépite aux lecteurs de Rue89, pendant notre conférence de rédaction matinale, une réaction renversante a surgi :

Making-of
Ce titre est bien sûr une boutade, pas besoin d’attendre la fin du monde pour s’approprier certaines techniques voire même viser une forme d’autonomie. N’empêche, si vous lisez cet article parce qu’une rupture de la normalité se présente, nous vous souhaitons beaucoup de courage. Et vous invitons à bâtir un monde meilleur.

« Si on a besoin un jour de recourir à ces méthodes de survie, on n’aura probablement déjà plus accès à Internet et à ces vidéos. »

Si vous partagez les craintes des survivalistes, si vous aimez l’idée de vous approprier les low-tech ou si vous avez simplement toujours rêvé de faire du feu en tournant un bout de bois entre vos mains, nous vous avons préparé une liste de vidéos à regarder tant qu’il en est encore temps.

 

1 S’abriter

 

Vous êtes seul dans les bois, le froid et la pluie vous menacent. Vous vous félicitez d’avoir visionné quelques mois plus tôt les vidéos de la chaîne Primitive technology. Vous avez le choix. Tailler une pierre pour découper du bois qui fera l’ossature de votre maison puis tisser des végétaux pour couvrir votre abri et enfin fabriquer un pot en terre cuite pour transporter de l’eau et mouiller la terre argileuse qui formera votre torchis. C’est l’option de la première vidéo postée par cette chaîne australienne.

Vous pouvez aussi, si vous êtes dans un climat plus tropical, vous servir de feuilles de palmier pour concevoir une chaumière primitive.

 

 

Fabrication d’une hutte à toit de chaume

 

2 Se nourrir

 

Vous avez dépensé une quantité hallucinante de calories pour fabriquer votre abri. Vous êtes sur le point de tomber d’inanition.

Ne cherchez pas tout de suite à chasser un daim ou un sanglier. Mieux vaut commencer par une salade sauvage. Pour ce faire, les deux youtubeuses survivalistes françaises de la chaîne Les mamas prévoyantes ont tourné deux vidéos très bien faites sur les plantes comestibles de l’Hexagone.

Les plantes sauvages comestibles Partie 1

Les plantes sauvages comestibles Partie 2

 

Manger des herbes crues ne suffira pas à vous sustenter des mois durant. Pour cuire vos aliments dans un monde post-apocalyptique, rien de tel qu’un four solaire. Ce tutoriel vous permettra d’arriver à un résultat quasi professionnel en recyclant notamment une antenne parabolique.

 

 

Comment fabriquer un four solaire

 

 

3 Se chauffer

Il y a quelques mois, Corentin de Chatelperron, jeune ingénieur et aventurier, a vécu plusieurs semaines sur un bateau en fibre de jute où il a expérimenté des low-tech. Il nous avait expliqué comment il avait fabriqué un « rocket stove », sorte de poêle en système D :

« On récupère deux boîtes de conserve de tailles différentes. On perce la plus petite de plusieurs trous et on emboîte l’autre par-dessus.

On brûle un peu de bois dans la petite boîte et, au bout d’un moment, du gaz s’échappe par les trous, remonte la paroi et entre en combustion dans la grande boîte.

C’est impressionnant à quel point c’est efficace, on consomme jusqu’à sept fois moins de bois. Tous les jours, des gens utilisent du bois pour la cuisson, c’est très simple ça pourrait être utilisé partout dans le monde. »

Il a depuis publié sur son site Nomade des mers – où l’on trouve une série de tutoriels dans une « biblilowtech » de très bonne facture – une vidéo expliquant comment fabriquer un « néostove », version améliorée de ce premier exemplair

Comment fabriquer un « Néostove »

 

Les plus motivés pourront aller encore plus loin, en regardant les tutoriels du bricoleur Barnabé Chaillot qui nous apprend à fabriquer trois types de poêles maison.

 

 

Fabriquer trois types de « rocket stove »

 

Et bien sûr, l’indispensable méthode Jean Pain permet de transformer un tas de compost (immense) en système de chauffage.

Présentation de la méthode Jean Pain

 

 

4 Se déplacer

 

Le meilleur moyen de déplacement en cas de rupture de la normalité est de loin le vélo, rappelle ici Vol West, star française du survivalisme installé aux Etats-Unis.

 

 

Vol West parle du vélo

 

 

5 Produire de l’électricité

 

En cas d’urgence, le site Nomade des mers recommande un tutoriel espagnol indiquant comment transformer un vélo en un pédalier générateur électrique.

Si vous êtes nombreux et avez le temps de démarrer un chantier de plusieurs jours, on vous invite de notre côté à vous pencher sur les ateliers d’autoconstruction d’éoliennes Piggott.

Cette invention est l’œuvre d’un Ecossais, Hugh Piggott. Ce « hippie désireux de revenir à la terre » s’est installé au milieu des années 70 sur la presqu’île de Scoraig, en Ecosse, un endroit quasi désert et totalement coupé du réseau électrique.

Le jeune homme a ensuite mis au point, pendant vingt ans, une méthode permettant de construire une mini-éolienne à partir de matériaux de récupération. Depuis, sa technique se répand dans le monde entier via des stages et ateliers participatifs. La vidéo qui suit retrace le déroulé d’une de ces initiations, et permet de comprendre comment reproduire cette prouesse.

 

Stage de construction d’une éolienne Piggott de 3,60 m

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 23:57

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Régression

En Espagne, austérité et privatisations détruisent le système de santé publique et nuisent à la qualité des soins

par

 

 

 

En Espagne, la politique d’austérité s’est traduite par des coupes budgétaires et des suppressions de postes massives dans les hôpitaux et les dispensaires publics. Aux dépens du personnel soignant, maltraité par une organisation du travail dégradé, et des patients, victimes de délais d’attente à rallonge et de négligences médicales en hausse. Le secteur privé profite, lui, d’une hausse des deniers publics, et de la privatisation rampante des hôpitaux. Les fortes mobilisations syndicales et citoyennes, ainsi que la victoire du nouveau parti de gauche Podemos à Madrid, ont pour l’instant mis un coup d’arrêt à cette destruction programmée du système de soins publics et universels. Enquête.

 

Le spectacle n’est pas très flatteur pour la direction de l’établissement hospitalier. Des lits sont entassés en quinconce dans les couloirs et dans les chambres individuelles. Les issues de secours sont bloquées et le travail du personnel soignant entravé. Avec l’augmentation des maladies hivernales, le service est rapidement saturé. La plupart des patients sont des personnes âgées, demandant une attention particuliers. L’exiguïté interdit toute intimité. Pendant que l’on vide les flacons d’urine de certains, on sert le repas à d’autres. L’odeur ambiante est désagréable. La tension entre le personnel soignant est palpable. Le service des urgences l’Hôpital 12 de Octubre, au sud de Madrid, semble au bord du burn out.

 

« Je n’en peux plus ! », soupire une infirmière tout en réalisant une prise de sang sur une vieille dame. L’infirmière est aphone, malade elle aussi, mais dans l’impossibilité de prendre un congé. Si elle le fait, sa charge de travail se répercutera immédiatement sur l’une de ses collègues. « Le personnel absent n’est pas remplacé », nous explique sa collègue. « Et puis il y a aussi de nouvelles sanctions économiques. »

 

« La saturation des urgences est devenue permanente »

En 2012, le gouvernement de Mariano Rajoy (Parti populaire, droite), a modifié le régime des indemnités journalières versées aux fonctionnaires de l’État en cas d’arrêt de travail pour les maladies et les accidents non-professionnels. Une infirmière voit ainsi ses indemnités réduites de 75% à partir du quatrième jour d’absence et jusqu’à 100% à compter du vingt-et-unième. L’infirmière enrouée ne décolère pas : « Comment voulez-vous que je récupère en étant constamment en contact avec des gens malades ? Sans compter que je dois à mon tour faire attention de ne contaminer personne. »

Ces scènes inquiétantes se banalisent. Dans un autre hôpital public de Madrid, le Clínico San Carlos, la saturation des urgences a forcé l’hôpital à annuler des interventions chirurgicales programmées de longue date afin de libérer des lits et du personnel. Quelques mois plus tôt, le personnel des urgences de l’hôpital madrilène La Paz dénonçait les graves carences de leur unité de soins : « 22 lits pour 45 malades ». La presse espagnole s’est faite l’écho du cri d’alarme généralisé des personnels soignants, mais aussi de l’indignation citoyenne face à plusieurs cas de personnes décédées. Elles avaient passé jusqu’à quatre jours aux urgences, après neuf mois sur liste d’attente !

 

Hausse des cas de négligences médicales

La Defensora del Pueblo – l’équivalent espagnol du Défenseur des droits –, Soledad Becerril, a publié début 2015 un rapport très critique sur la situation des services d’urgence dans les établissements hospitaliers publics [1]. Elle y signale, entre autres, que « la saturation des urgences est devenue permanente » et « augmente les cas de négligences médicales ». Reyes Gallego, infirmière à l’hôpital 12 de Octubre et membre du syndicat Syndicat unique de santé et d’hygiène (SUSH), confirme ces risques : « Quand il y trois patients dans un box prévu pour deux, les couloirs envahis par les lits et qu’un patient à besoin d’une intervention urgente, la possibilité de commettre des erreurs est exponentielle ». De leur côté, les directions des hôpitaux et les autorités sanitaires évoquent invariablement des « situations ponctuelles ».

 

Difficile de quantifier l’ampleur des négligences médicales. Il n’existe pas de statistiques officielles publiques. En 2005, l’Institut de statistiques espagnol a cessé de publier les indicateurs de la qualité de soins dans les hôpitaux. Seule l’association Defensor del Paciente (défenseur du patient), créée en 1987 pour venir en aide aux victimes de négligences médicales, publie chaque année un rapport sur la base des plaintes déposées contre les services d’urgences. D’après leurs données, le nombre de cas d’erreurs médicales présumées n’a cessé d’augmenter depuis 2010, passant de 12 162 cas (dont 554 décès) à 14 749 (dont 835 décès). Soit une hausse de 21% en quatre ans.

 

Délai d’attente moyen pour une opération : 98 jours

C’est aux experts médicaux et éventuellement aux juges de déterminer s’il y a faute professionnelle, et si ces fautes sont directement responsables des décès. « En moyenne, d’année en année, 40% des cas qui parviennent à l’association sont confirmés comme étant des négligences médicales », souligne Carmen Flores, la présidente de l’Association. Qu’en est-il des 60% restants ? Les données disponibles ne permettent pas de distinguer les plaintes rejetées de celles qui sont demeurées sans suite, les frais d’expertise juridiques à la charge du patient étant un frein pour que ces recours aboutissent.

 

L’association d’usagers est confrontée à un autre phénomène : les plaintes face à la longueur des listes d’attente. « Ces plaintes concernent les délais pour obtenir un traitement spécifique, pour être redirigé vers un spécialiste ou simplement avoir un diagnostic. Du total des plaintes que nous recevons, les deux tiers sont relatives aux listes d’attente », explique Carmen Flores. Et elles aussi augmentent depuis trois ans. D’après les propres statistiques du Système national de santé, entre juin 2012 et décembre 2013, l’attente moyenne pour une intervention chirurgicale est passée de 76 jours à 98 jours. Près d’un patient sur six est sur liste d’attente depuis au moins six mois, sur l’ensemble du territoire espagnol. Pour Carmen Flores, la cause de ces négligences et de ces délais ne fait aucun doute, ce sont les coupes budgétaires pratiquées par le gouvernement.

 

19 000 postes supprimés en deux ans

Pour les qualifier, le gouvernement espagnol a choisi un euphémisme : des « mesures urgentes pour garantir la durabilité du système national de santé et améliorer la sécurité des prestations ». Ces mesures se sont traduites par la suppression de 19 000 postes sur tout le territoire entre janvier 2012 et janvier 2014, soit 7% des effectifs de la santé publique (272 000 médecins et personnel infirmier). Le budget alloué au système de santé publique a chuté de 11 % entre 2010 et 2014. Outre la dégradation des conditions de travail et de la qualité des soins dispensée aux patients, cette politique d’austérité provoque un début d’exode du personnel soignant hors d’Espagne.

 

« Ces trois dernières années, 7 378 médecins [sur un total de 232 816 médecins inscrits à l’Ordre des Médecins en 2013] ont sollicité le certificat d’aptitude pour partir travailler hors de nos frontières », comptabilise l’Organisation médicale collégiale, qui chapeaute la profession. « Ce chiffre montre bien la crise qu’est en train de traverser la profession médicale en Espagne ». Le nombre de certificat octroyé a presque triplé depuis 2010. En parallèle, le nombre d’infirmiers au chômage a été multiplié par cinq, avec 20 000 personnels soignants sans emploi fin 2013.

 

« La Santé Publique est clairement maltraitée »

« La Santé Publique est clairement maltraitée en Espagne », s’insurge Reyes Gallego, du syndicat minoritaire SUSH. « Nous sommes surchargés de travail, et nos efforts ne sont valorisés ni par la hiérarchie ni même par la société. Comment se sentir motivés dans ces conditions ? ». Très souvent, les personnels sont directement la cible de l’énervement des usagers, qui leur attribuent la responsabilité de leur trop longue attente de soins. « Nous subissons un stress énorme. Parfois, au plus fort de l’activité des urgences, un médecin arrive et exige que nous interrompions ce que nous sommes en train de faire pour effectuer un électrocardiogramme à un patient… assis sur une chaise ! On est loin des conditions optimales enseignées à l’école d’infirmières pour faire ce genre d’interventions ! », témoigne Mar Coloma, infirmière à l’hôpital public Ramón y Cajal de Madrid. « Cette pression fait que les infirmières vivent dans la peur constante de commettre des erreurs, sans compter les lésions que cela induit ». Elle se souvient de cette infirmière surmenée dont le doigt, quelques mois auparavant, a été sectionné par une porte d’ascenseur.

 

Partout, l’évaluation quantitative, via la gestion des budgets, a pris le pas sur l’évaluation de la qualité des soins et de la prise en charge des patients (lire aussi notre article). « En tant que responsable d’un service, si l’on montre à la direction qu’on est capable de bien gérer le budget qu’elle nous a confiée, et mieux encore si l’on arrive à économiser sur ce budget, nous sommes récompensés », témoigne Luis Fernández, du service de cardiologie infantile de l’hôpital Ramón y Cajal. « Dans le cas contraire, nous sommes sanctionnés par une réduction de budget pour l’année suivante. »

 

La situation dans les dispensaires n’est guère meilleure. « L’organisation du travail a empiré ces dernières années. Avant nous avions un système d’évaluation, une plus grande participation dans la prise de décisions et un dialogue régulier avec nos supérieur. Tout cela a disparu avec le gouvernement actuel », décrit Rosa Bajo qui travaille dans le dispensaire de Campo Real, à une trentaine de kilomètres de la capitale. « Désormais, nous avons l’impression que la hiérarchie valorise davantage notre capacité à diminuer les coûts et à bien gérer le budget plutôt que d’améliorer les conditions de vie et de santé de nos patients. C’est très démotivant. »

 

L’austérité, prologue à la privatisation des hôpitaux

Plutôt que de « garantir la durabilité du système national de santé », le gouvernement espagnol est accusé de l’affaiblir, au profit des cliniques privées. Le processus de privatisation du secteur de la santé a commencé en 1991, sous le mandat du Premier ministre socialiste Felipe González. A l’époque, un rapport parlementaire pointe déjà « une certaine fatigue du système sanitaire ». « Depuis, les gouvernements successifs ont délibérément laissé se dégrader le système de santé publique. Ils ont sans cesse réduit ses budgets et ses effectifs et externalisé des services, de façon à orienter le public vers les opérateurs privés », accuse Juan Antonio Recio, ancien infirmier et membre de la Coordination anti-privatisation de la santé publique (CAS), qui regroupe des professionnels de santé, des usagers et des syndicats opposés aux mesures d’austérité.

 

C’est ce qui est arrivé à Juan José Martín. Ce patient doit subir une opération pour ôter des varices. Au préalable, il doit procéder à des examens cardiologiques et prendre rendez-vous avec un spécialiste. Or, le système public de santé madrilène est désormais équipé d’un service informatisé, géré par une société privée, qui centralise toutes les prises de rendez-vous et les redirige directement vers des médecins spécialistes en fonction de leur agenda. Initialement orienté vers un établissement privé, Juan José Martín refuse par principe, au nom du maintien des services publics. Réponse du service madrilène de santé : son rendez-vous sollicité en janvier 2015 ne lui sera accordé qu’en octobre prochain. « C’est une tactique pour décourager les patients et les diriger vers le privé où ils n’auront pas à attendre des mois pour obtenir leur rendez-vous », interprète-t-il.

 

Les budgets publics accordés au privé en forte hausse

Manuel Rengel, médecin néphrologue à l’hôpital universitaire Princesa confirme cette stratégie. Les patients qu’il reçoit ont initialement été systématiquement orientés vers les cliniques privées, sous contrat avec l’État, pour les premiers examens. Ce qui pose également des problèmes en matière de suivi de ces patients. Car si les prises de rendez-vous sont centralisés, la transmission des dossiers médicaux semble faire défaut. « Il n’y a aucune communication avec les médecins privés qui se sont chargés des premiers examens », déplore le spécialiste. « Donc, s’il y a un problème, je ne sais pas à qui m’adresser. Même si je le savais, je devrais demander l’autorisation à la direction de l’hôpital pour entrer en contact avec un médecin de l’extérieur au sujet d’un patient. » Le néphrologue exige donc que tous les examens aient lieu dans son service afin que le suivi de ses patients ne soit pas fragmenté.

 

Un rapport de la confédération syndicale CCOO (Comisiones Obreras), publié en septembre 2014, analyse en détail l’évolution des budgets octroyés au système public et aux partenariats public-privé en matière de santé [2]. Si celui destiné aux structures de soins publics diminue, l’enveloppe consacrée aux partenariats public-privé augmente. En dix ans, de 2002 à 2012, elle est passée de 3,6 milliards d’euros à 5,7 milliards en 2012. Soit une augmentation de 63 % en faveur du privé.

 

Huit nouveaux hôpitaux gérés par le secteur privé dans le cadre d’un partenariat avec l’État ont ainsi ouvert leurs portes dans la région de Madrid. Des personnels soignants venus du public y ont été transférés. Les conditions de travail et le niveau de qualité des soins dispensés sont-ils pour autant satisfaisants ? Une étude réalisée par la Coordination anti-privatisation il y a cinq ans ans tend à montrer le contraire, en recueillant des dizaines de témoignages [3].

 

« J’ai vu des médecins craquer et rentrer chez eux en pleurant »

« J’ai vécu le transfert au nouvel hôpital comme la pire année de ma vie, avec des relations entre professionnels néfastes, une qualité des soins qui se détériore. Dès que nous avons commencé à protester, nous avons eu de gros problèmes avec la direction. Certaines de nos déclarations sont sorties dans la presse et nous avons été menacés directement », décrit un médecin urgentiste de l’hôpital privatisé de Majadahonda. « Bien que l’équipe soit plutôt jeune, entre 30 et 40 ans, les arrêts de travail sont de plus en plus longs, avec carrément des dépressions. J’ai vu des médecins craquer et rentrer chez eux en pleurant », détaille une infirmière du même hôpital.

 

La conception même de ces nouveaux hôpitaux est mise en cause par le personnel qui y travaille. « Il y a des fuites d’eau partout, les canalisations gouttent. Quand il pleut, l’eau passe sous les portes des sorties de secours des blocs opératoires alors qu’elles devraient être obligatoirement étanches ! La seule chose que propose la direction est de placer des seaux », raconte une infirmière auxiliaire de l’hôpital Infanta Leonor. Cette privatisation rampante n’a pas non plus amélioré l’accès aux soins : d’après un rapport de Médecins du Monde publié en février 2015, 40 000 personnes se sont ainsi retrouvé privées du droit aux soins médicaux gratuits – sauf cas d’interventions vitales [4].

 

Premières victoires des mobilisations sociales

La réaction face à cette dégradation du système de santé espagnol est d’abord venue des mouvements anti-austérité, nés dans le sillage du mouvement des indignés. Suite à l’annonce en avril 2012 par le ministre régional de la Santé, Javier Fernández Lasquetty (Parti populaire) de plusieurs mesures – baisse du budget de la santé publique de 7%, privatisation total de plusieurs hôpitaux et dispensaires –, de nombreux collectifs de citoyens se sont créés pour protester contre ces coupes budgétaires et privatisations.

 

Depuis des “marées blanches”, rassemblant des professionnels de santé, des syndicats, des associations de patients, des activistes anti-austérité se succèdent dans les rues de Madrid, en faveur d’un « système de santé de gestion publique, universel et de qualité ». Une première victoire est remportée en janvier 2014 lorsque le Tribunal Supérieur de Justice de Madrid décide de suspendre de façon préventive le processus de privatisation des six hôpitaux, alléguant que les « dimensions extraordinaires » de la mesure pourraient « porter un préjudice irréparable » aux usagers et personnels médicaux de Madrid [5]. Et en mai 2015, la gauche, emmenée par le nouveau parti Podemos, a ravi la ville de Madrid aux conservateurs néo-libéraux.

 

Nathalie Pédestarres, à Madrid

Photo : Marches blanches à Madrid en février 2013 / © Hugo Atman


- Article publié en partenariat avec Hesamag, magazine consacré à la santé et à la sécurité au travail, publié en français et en anglais par l’Institut syndical européen. Pour se procurer la revue, cliquez ici.

- Lire aussi :Pays riche et vieillissant, adepte de l’austérité, cherche infirmier européen pauvre pour emploi au rabais

Notes

[1« Las urgencias hospitalarias en el Sistema Nacional de Salud : derechos y garantías de los pacientes », Defensor del Pueblo, Janvier 2015.

[2« Analisis del presupuesto sanitario 2014 », Fédération de la santé et des secteurs sociaux et sanitaires, CCOO, septembre 2014.

[3« Dando voz a las profesionales, percepciones sobre los nuevos modelos de gestion de la sanidad », Consuelo Alvarez Plaza (anthropologue), Juan Antonio Gomez Liebana (Sociologue), CAS Madrid, juin 2010.

[4« Derribando el Muro de la Exclusion Sanitaria », Médecins du Monde, février 2015.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 23:41

 

Source : http://www.marianne.net

 

Je suis un Athénien

Edmond Harlé
 
 
 
Pour le Mariannaute Edmond Harlé, "si nous ne faisons rien pour les Grecs, notre lâcheté signera la défaite du progrès social" et "après les Espagnols et les Italiens viendra le tour des Français et même des Allemands". Et puisqu'il n'y a plus "hélas, aujourd’hui, ni un Kennedy ni un de Gaulle pour dire non", "il appartient aux peuples européens de se lever pour dire ensemble au monde : “Nous sommes tous des Athéniens”".
 
La déesse grecque de la guerre, Athéna - Petros Karadjias/AP/SIPA
 

Il y a cinquante-deux ans, le 26 juin 1963, face au mur de Berlin, il y eut un Kennedy pour lancer au monde « Ich bine ein Berliner » marquant ainsi la solidarité du monde dit « libre » face à la volonté soviétique d’enfermer les peuples d’Europe de l’Est derrière un mur visant à maintenir leur asservissement. Ce jour-là, la chute du Mur, accélérée par les politiques d’ouvertures de Charles de Gaulle et de Willy Brandt et le charisme de Jean Paul II, était inscrite dans l’histoire.

Hélas, depuis l'effondrement du bloc communiste, les capitalistes se sont dit qu’ils peuvent maintenant, librement, asservir tous les peuples du monde. Pour cela, il leur faut d’abord détruire les systèmes de justice et de solidarité sociale édifiés en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Ils ont choisi aujourd'hui de faire un exemple en mettant les Grecs à genoux, en leur imposant de se mutiler eux-mêmes. Hélas, aujourd’hui, il n’y a plus ni un Kennedy ni un de Gaulle pour dire nonComme le peuple grec a courageusement décidé de dire non, malgré la trahison de la classe politique traditionnelle, il va être puni afin de montrer aux autres peuples qu’ils sont obligés de se soumettre à cette régression sociale sans précédent dans l’histoire en dehors des périodes de guerre.

Hélas, aujourd’hui, il n’y a plus ni un Kennedy ni un de Gaulle pour dire non. Aucun chef d’Etat n’a le courage de dire « Je suis un Athénien ! » à cette ville berceau de la démocratie. Tous les gouvernants européens, derrière Merkel, ont trahi le peuple, l’histoire et les valeurs de l’Europe. Puisqu’aucun chef d’Etat ne le dit, il appartient aux peuples européens de se lever pour dire ensemble au monde : « Nous sommes tous des Athéniens », nous sommes tous pour la justice et la protection sociale. Si nous le voulons, cela est possible. Car ne nous y trompons pas, si nous ne faisons rien pour les Grecs, notre lâcheté signera la défaite du progrès social. Après les Espagnols et les Italiens viendra le tour des Français et même des Allemands et tout espoir de progrès social sera anéanti dans le reste du monde. Face à la lâcheté et à la trahison de nos dirigeants, seul le courage des peuples peut sauver le monde d’un chaos inégalitaire sans précédent dans l’histoire ! Puisque c’est difficile alors, ensemble, faisons-le ! Oui, je suis un Athénien !

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 23:05

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

TISA: les nouvelles révélations de WikiLeaks sur l'accord sur les services

|  Par martine orange

 

 

L’accord sur les services (TISA) est le complément du traité transatlantique. Sans WikiLeaks, il serait encore secret. Son objet : démanteler toutes les barrières, mettre à terre tous les services publics. WikiLeaks publie un avant-projet discuté en avril 2015.

 

Entre eux, ils s’appellent les « très bons amis des services ». Depuis plus de deux ans, des responsables d’une vingtaine de pays, emmenés par les États-Unis, l’Europe, l’Australie et le Canada, se retrouvent dans la plus grande discrétion, souvent à l’ambassade d’Australie à Genève, pour négocier un nouvel accord commercial. Son nom de code : TISA pour Trade in services agreement (accord sur les services).

Ces négociations s’inscrivent dans le prolongement de celles du traité commercial transatlantique (TAFTA), complétées par le dispositif sur le secret des affaires. Car même s’il est divisé en plusieurs volets, il s’agit bien du même projet visant à laisser le champ libre aux multinationales, à abaisser les dernières défenses des États. Et ces accords parallèles se discutent toujours dans les mêmes conditions : la plus totale opacité.

TISA serait resté totalement inconnu, si WikiLeaks n’avait commencé à dévoiler les premiers projets d’accord en avril 2014. Depuis, le site dévoile régulièrement les différentes étapes des discussions, portant sur les services financiers, les services informatiques, les transports maritimes, les télécommunications (voir ici). Aujourd’hui, il publie un nouvel état des compromis et des divergences entre les différentes parties établi dans un projet en date du 24 avril 2015.

Cliquer ici pour télécharger le document principal. Rendez-vous sur le site de Wikileaks pour accéder aux annexes.

Considérant qu’il n’y a plus rien à attendre des grands accords internationaux depuis l’échec du cycle de Doha, « les très bons amis des services » ont décidé de bâtir ensemble un nouvel accord cadre visant à organiser entre eux la libéralisation totale des services. Ces domaines, selon eux, sont encore bien trop protégés par les lois et les règlements nationaux. Des études de think tank – totalement indépendants comme il se doit – viennent opportunément appuyer leurs propos : la libéralisation des services se traduirait par une hausse de la croissance, de plusieurs points par an, assurent-ils, comme ils l’avaient déjà assuré lors de la libéralisation des marchés financiers, des capitaux, des échanges commerciaux, de l’énergie...

Le premier secteur visé est le secteur financier. Les négociateurs veulent mettre en place un accord permettant une totale libéralisation des finances, l’abaissement des normes et des règles prudentielles. « Les lobbies financiers veulent ce traité, afin d’avoir les moyens de contrer une nouvelle régulation financière. Un accord sur les services financiers, adopté au niveau international, serait pour eux la meilleure garantie pour l’avenir. Cela poserait les principes d’une dérégulation globale et empêcherait par effet de cliquet tout retour en arrière, toute tentative de contrôle de la finance. TISA se veut une plateforme qui impose un cadre à tous les accords futurs. C’est le but de ce projet d’accord : interdire par traité toute régulation financière », avait analysé dans Mediapart Dominique Plihon, professeur d’économie à Paris XIII, économiste atterré et membre d’Attac, lors des premières révélations de WikiLeaks l’an dernier.

En février 2015, d’autres révélations, portant sur les services informatiques, avaient montré les intentions des multinationales de se comporter en toute puissance. Nulle contrainte ne devrait leur être opposée. Les États n’auraient pas le droit de leur demander ne serait-ce que les codes sources de certains équipements, même au nom de la sécurité. Les droits imprescriptibles des groupes doivent passer au-dessus des États.

Les nouveaux documents de WikiLeaks dévoilent le cadre plus général de ces négociations. Il ne s’agit pas seulement de la finance ou des télécommunications, mais de tous les services : le transport maritime, le e-commerce, le courrier. Avec un objectif : en finir avec tous les services publics, les normes de protection, les encadrements.

Tous les services publics en situation de monopole seraient ainsi placés sous surveillance afin de s’assurer qu’ils ne bénéficient pas d’une rente indue. Des groupes concurrents pourraient les attaquer en justice pour concurrence déloyale. Même si cela n’est pas dit explicitement, autant dire qu’ils seraient à terme condamnés, le projet d’accord visant à les dynamiter de l’intérieur. Même les services universels, comme l’obligation faite aux opérateurs de téléphonie mobile d’assurer la desserte du territoire par exemple, seraient soumis à examen, pour voir s’ils ne contiennent pas des clauses abusives, et pourraient être revus.

Les normes techniques et spécifications pour les marchés devraient être établies « selon des critères transparents et objectifs ». Quand des autorisations pour la fourniture d’un service sont requises, des contrôles devraient mis en place à intervalles réguliers pour voir si elles sont appropriées. Et « toute personne intéressée pourrait demander un contrôle ».

Toutes les règles de marchés publics, telles qu’elles sont appliquées en France, par exemple, seraient aussi vouées à disparaître. Le projet d’accord précise qu’il ne pourrait plus y avoir de préférence nationale, de clause imposant des emplois sur le territoire, de normes particulières, ou même d’y travailler ou d’y payer ses impôts. C’est le pillage généralisé des finances publiques qui s’esquisse, sans que les États puissent même espérer en avoir quelques retombées.

Impossible de se dérober à cet accord, est-il précisé dans cet avant-projet. Les États s’engagent à transposer le plus rapidement possible dans leur législation les dispositions du traité et supprimer les lois contraires.

Comme dans le cadre du traité transatlantique, ce projet organise le démantèlement de toutes les règles, de tous les pouvoirs des États, pour le seul profit des multinationales. Et tout cela se négocie dans le plus grand secret, comme d’habitude. Qui a pris l’initiative en France, en Europe d’engager de telles discussions ? Qui les mène ? Et à qui en est-il rendu compte ? Va-t-on découvrir, comme dans le secret des affaires, qu’une poignée de personnes est en train de tout brader, sans le moindre contrôle ?

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 22:23

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Le « non » de la démocratie

 

 

Daniel Ochoa de Olza/AP/SIPA
 

Constatant l’impossibilité d’arriver à un compromis acceptable avec les institutions de l’ex-Troïka, Alexis Tsipras et le gouvernement grec ont annoncé l’organisation d’un référendum le 5 juillet prochain.

 

Jusqu’au bout les négociateurs grecs auront tenté de trouver un accord, acceptant de faire de douloureuses concessions sur les objectifs d’excédent budgétaire, les privatisations, la TVA, les retraites… Mais ils ont dû faire face à l’intransigeance des créanciers, qui n’auront rien cédé durant les cinq derniers mois, à tel point qu’il est difficile de parler de négociation pour ce qui fut en réalité un processus à sens unique. Les créanciers ont prétendu imposer ligne à ligne la politique que devait suivre la Grèce ; ils ont refusé de s’engager à négocier un plan de restructuration de la dette grecque ; ils ont refusé de tenir compte de l’échec des politiques qu’ils avaient imposées aux gouvernements grecs précédents.

 

Il est dorénavant clair que, depuis le début, le but des créanciers n’était pas de trouver un accord bénéfique pour la Grèce et le reste de la zone euro, mais plutôt de contraindre Alexis Tsipras et Syriza à la capitulation, afin de tuer toute possibilité d’une politique économique alternative en Europe. C’était sans compter sur la résistance du gouvernement grec, qui a refusé jusqu’au bout de renier le mandat qu’il avait reçu des urnes. Les institutions de la Troïka, dans un ultime coup de force, ont alors décidé mercredi 24 juin de lui lancer un ultimatum : la dernière proposition des créanciers devait être acceptée sous 48 heures.

 

C’est dans ces circonstances qu’Alexis Tsipras a décidé de convoquer un référendum, demandant au peuple de se prononcer sur la proposition des créanciers. Cette décision n’a rien d’un coup de force : le gouvernement n’a fait que constater qu’il n’avait pas reçu mandat pour signer un accord guère différent des mémorandums antérieurs, que les Grecs avaient rejetés par leur vote de janvier dernier. Il faut saluer cette décision courageuse, qui est à la hauteur des exigences démocratiques dont l’Union européenne se targue d’être la dépositaire.

 

Pourtant, les institutions européennes ont tout tenté pour éviter que le référendum se tienne dans de bonnes conditions. L’Eurogroupe, réuni le 27 juin, a ainsi refusé d’accorder une extension de quelques jours du programme d’ajustement. Avec l’expiration du programme mardi 30 juin, la dernière proposition des créanciers devient caduque, rendant le référendum en apparence sans objet. Cette manœuvre a cependant fait long feu puisque Jean-Claude Juncker, après avoir dénigré le référendum comme portant sur une question devenue obsolète, a changé son fusil d’épaule et appelle maintenant à voter « oui ».

La Banque centrale européenne (BCE) n’est pas en reste : en refusant le 28 juin d’augmenter le plafond des liquidités d’urgence fournies aux banques grecques, elle savait qu’elle allait précipiter une crise bancaire, étant donné le niveau des sorties de liquidités observées les jours précédents. L’objectif inavoué de la BCE est politique : il s’agit de créer des conditions de peur au sein de la population grecque, pour que celle-ci se rebelle contre un gouvernement perçu comme aventurier et irresponsable. Les autorités grecques ont réagi en prenant la décision qui s’imposait : un contrôle des capitaux, c’est-à-dire une limitation des virements vers l’étranger et des retraits en liquide. Ceci aggravera cependant les difficultés économiques de la Grèce. La responsabilité en incombe pleinement à la BCE qui, une fois de plus, s’écarte de son rôle de garant de la stabilité de la zone euro et préfère intervenir sur le terrain politique.

 

En dépit de ces tentatives d’entrave à l’exercice de la démocratie, le peuple grec va maintenant s’exprimer. Il faut espérer que le « non » l’emporte. L’accord proposé par les créanciers ne résoudra en effet aucun problème, bien au contraire. Le plus sûr est qu’il n’assurera même pas pas le remboursement de la dette par la Grèce. Le cœur du projet d’accord est constitué de nouvelles mesures d’austérité, qui ne pourront que conduire à une nouvelle dégradation de la situation économique et sociale, comme l’ont fait les précédents mémorandums. La Grèce devrait encore effectuer 3,5 points de PIB de mesures d’austérité, ce qui réduirait celui-ci et demanderait d’autres mesures restrictives. Les mesures proposées affaiblissent notamment la compétitivité du tourisme. Pire, l’ex-Troïka a refusé « l’austérité redistributrice » que le gouvernement grec était prêt à concéder afin de faire reposer les efforts sur les épaules de ceux qui en ont les moyens ; tout à son dogmatisme idéologique, elle préfère des coupes dans les petites retraites et des augmentations de taxes sur les produits de base, plutôt qu’une imposition des riches et des entreprises les plus profitables que n’ont cessé pourtant de proposer les négociateurs grecs.

 

Contrairement à ce qui est avancé par les créanciers, un vote « oui » ne garantit donc aucunement le sauvetage du pays ni même son maintien dans la zone euro. Les milliards prétendument versés seront immédiatement engloutis dans le remboursement des échéances de dette et, dans six mois, le pays se retrouvera dans la même situation qu’aujourd’hui mais avec une économie encore plus dégradée. Seule une restructuration de la dette grecque et un plan de relance et d’investissement permettraient de sortir de cette spirale infernale.

 

À l’inverse, un vote pour le « non » permettrait de signifier démocratiquement aux institutions européennes qu’elles ne peuvent pas s’entêter ainsi dans une logique économiquement et socialement destructrice. Ce vote n’aurait pas pour conséquence immédiate la sortie de la Grèce de la zone euro : ceux qui affirment le contraire avouent implicitement qu’ils n’envisagent pas que la zone euro puisse être autre chose qu’un espace économique où l’ordre néolibéral prime sur la démocratie et les besoins sociaux.

 

Un vote « non » permettrait au contraire de rouvrir les négociations entre partenaires européens, sur la base d’une légitimité renouvelée pour le gouvernement grec. Ce dernier verrait sa position de négociation renforcée, face à des créanciers qui sont moins en position de force qu’il n’y paraît : ils ne souhaitent probablement pas prendre le risque d’une sortie de la Grèce qui aurait des conséquences économiques et politiques potentiellement désastreuses pour l’union monétaire.

 

On ne peut toutefois pas exclure que, poussées par leur aveuglement idéologique et faisant fi de toute rationalité économique, les institutions européennes persistent à refuser tout compromis. Le gouvernement grec aurait alors toute légitimité pour maintenir son refus des logiques d’austérité destructrices et, si besoin, pour tirer les conséquences de la rupture, ce qui serait en tout état de cause préférable pour la Grèce à une capitulation face aux diktats libéraux.

 

Quoi qu’il en soit, il est clair que le vote « non » est le seul à même d’ouvrir des possibilités et de recréer l’espoir en Grèce, après cinq années d’austérité qui ont engendré une crise économique, sociale et humanitaire sans précédent. Et, dix ans après les « non » français et néerlandais au Traité constitutionnel européen qui furent honteusement piétinés, c’est aussi un vote qui ouvrirait une nouvelle brèche dans la chape de plomb austéritaire qui étouffe notre continent, redonnant de l’espoir à l’ensemble des peuples européens.

 

Contre l’austérité et l’idéologie libérale, pour une Europe démocratique et sociale, soutenons le peuple grec ! « Oxi ! »

 

Sébastien Villemot

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 20:21

 

Source : http://www.marianne.net

 

Grèce : les vertus de la banqueroute

 
 
 
Faute d’accord avec ses créanciers, la Grèce est aujourd'hui en défaut de paiement. Son système bancaire pourrait s’effondrer dans les jours à venir. C’est peut-être une sacrée occasion à saisir. Déprivatisation des banques, sortie de l’euro, à ce stade, toutes les options, toutes les ruptures sont possibles. Formidable ?
 
Petros Giannakouris/AP/SIPA
 

Jusqu'ici, c'était un scénario fiction. Mais la banqueroute grecque est advenue. Mardi 30 juin à minuit, la Grèce a fait défaut, en outrepassant le délai de paiement de sa dette vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI). Tout le système bancaire grec est désormais suspendu au guichet d'urgence du Emergency Liquidity Assistance (ELA), un robinet de liquidités que la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir, mais sans en augmenter le volume, et qui pourrait fermer dans les jours à venir.

Rien ne dit, toutefois, que la banqueroute grecque est vouée à la catastrophe.

 

La banqueroute, une tradition française

« Une faillite d’Etat est finalement assez banale et l’on sait comment gérer le problème de restructuration », témoigne un ancien chief economist du FMI, dans l’essai Vive la banqueroute (2013), copiloté par François Ruffin. « Entre 1500 et 1800, la France a répudié ses dettes en huit occasions », renchérit-il. Depuis le XIXe siècle l’histoire bancaire recense pas moins de… 250 défauts sur la dette ! Et d’ordinaire, après une forte houle, les économies finissent par s'en remettre. Suivant les cas, le recul du PIB s’effacerait trois ans après. Et la période d'austérité, elle, termine froissée, en boule, dans les poubelles de l’histoire économique nationale.

En France, l’histoire regorge d’exemples allant en ce sens. « La banqueroute est nécessaire une fois tous les siècles, afin de mettre l’État au pair », déclarait par exemple l’abbé Terray, qui n’était pas un fou furieux mais le contrôleur général des finances de Louis XV. Sully, le conseiller d’Henri IV, envoya valser les « dettes illégitimes », en opérant une banqueroute pour assainir les finances du royaume. Mirabeau, à l’Assemblée nationale, choisit de combler le « gouffre effroyable » de la dette publique en « confisquant le patrimoine de l’Eglise ». Et Philippe le Bel, qui ne versait pas dans la demi-mesure, « chassa d’abord ses créanciers du royaume avant de saisir, de condamner, de brûler “les banquiers de l’Occident”… plus radical dans ses actes que Jean-Luc Mélenchon dans ses discours ! », écrit Ruffin. 

La banqueroute, l’impensé des néolibéraux

La banqueroute, en règle générale, ce n'est pas une faillite. « C’est la défaillance d’un Etat qui n’exécute pas les contrats d’emprunts qu’il a conclu. » Au moins, c’est limpide. Elle est toujours partielle, ne concerne qu'un type d’actif ou de créanciers, comme le FMI. Mais quelle que soit sa forme, la banqueroute horripile de façon congénitale les tenants de la doxa néolibérale, pour laquelle la répudiation de la dette est en fait un tabou, un mot introuvable dans leur dictionnaire, un non-scénario, un impensé.

Il faut tout l’œil affuté des économistes hétérodoxes, comme Frédéric Lordon ou Jacques Sapir, pour scruter en profondeur les angles morts de la myopie néolibérale, et envisager les vertus d’un défaut de paiement. Le tout assorti, si possible, à une certaine forme de pugnacité. Car ce sont de sacrés vents contraires qu’il s’agit d’affronter. L’ouragan des éditocrates de tout poil d’abord, dont l’écume matinale s’évanouit avec indifférence et incompréhension sur des options économiques comme la « banqueroute ». Le typhon des créanciers ensuite, qui, derrière le verbiage fait de « solidarité internationale » et de « respect des engagements », masque la misère des peuples et la violence des rapports économiques. Et bien entendu, la bise matinale des toutous économistes, qui répètent à longueur d’émissions qu’il n’y a « pas d’alternative au désendettement », que « la rigueur n’est pas un choix ».

Comment, face à tant d'épreuves, laisser les écoutilles de son entendement ouvertes au scénario du défaut ? « Doit-on respecter nos “engagements à l’égard des créanciers” ? Ou avons-nous des engagements plus sacrés, à l’égard des trois millions de chômeurs, par exemple, avec le “droit d’obtenir un emploi” inscrit dans le préambule de notre Constitution ? », questionne François Ruffin.

Dans la configuration européenne, où le système monétaire et économique est gravé, voire fossilisé, dans le marbre des traités, la banqueroute présente de sacrées vertus. Bizarrement, Vive la banqueroute est l’un des rares à se faire l’écho de cette joyeuse nouvelle. « Le défaut, c’est une bonne idée », y lâche Frédéric Lordon, qui aime bien lancer des pavés subversifs dans la platitude de la mare. « Elle a même d’excellentes propriétés si elle s’inscrit dans une stratégie économique globale. » Machiavel est à l’œuvre : après un défaut de paiement, le système bancaire et financier est par terre. L’heure, pour l’Etat, de ramasser les débris de ces institutions en ruine, par la nationalisation complète du système bancaire. Une manœuvre facile, puisqu’en chutant, la valeur financière des banques est tombée à zéro. Avec cette reprise en main, la porte est ouverte à la dévaluation, la refonte du système de crédit…

 

Scénario fictif : la banqueroute grecque et le crash bancaire

Quid de la Grèce ? Lordon s’est livré ce lundi, sur son blog « La Pompe à phynances », hébergé sur le site du Monde diplomatique, à un petit exercice d'économie fiction. Qu’advient-il à l’issue de la banqueroute grecque, si la BCE ferme, comme c’est prévu, ses robinets de prêts d’urgence, les seuls à même de refinancer les banques grecques ? « La fermeture du refinancement auprès de la BCE (via le guichet de l’ELA, ndlr), effondrera le système bancaire grec dans la journée, et forcera, de fait, au réarmement de la Banque centrale grecque », écrit-il. Après la déconfiture du crash bancaire, c’est la Banque de Grèce qui prend le relai du robinet monétaire. Celle-ci émettra ainsi une drachme, non reconnue par la nomenclature européenne, ayant l’apparence de l’euro mais qui n’en sera pas. Voilà qui actera physiquement la sortie de la Grèce de la zone euro, « vouée à s’opérer dans les plus mauvaises conditions », reconnaît l'économiste. 

Dans cette situation d’urgence, il est possible de limiter les dégâts. De s’épargner la capilotade, à condition de se saisir des leviers économiques. Déjà, la Grèce a mis en place un contrôle draconien des capitaux, en imposant depuis dimanche un bank holiday, qui limite les retraits aux guichets. Le contrôle des mouvements de capitaux devrait être très vite consolidé. Par la suite, « avec la dévaluation carabinée de la drachme qui suivra sa réintroduction, les Grecs y perdront du pouvoir d’achat international. » Devraient s’ensuivre des mesures protectionnistes ciblées, tout en laissant les entreprises grecques avoir accès aux équipements étrangers. Inutile de se voiler la face : les premiers temps devraient « être une épreuve ».

Le crash consécutif à la banqueroute installera un monde bizarre, où un vrai euro cohabitera avec un euro-drachme, et dont personne ne saura faire la différence. Tout un tas d’ajustements seront à faire, et la période sera rude. Mais, libérée de l’étau institutionnel européen, la Grèce pourra recouvrir immédiatement des marges de manœuvre sur le plan monétaire et économique. Soulagée des 26 milliards d’euros dus d’ici la fin 2015 à ses créanciers, la Grèce en termine avec la cure d’austérité. Elle envoie aussi bouler sa dette publique qui, grâce aux remèdes miraculeux de la Troïka, était passée de 100 % à 176 % du PIB entre 2008 et 2014… Voilà pour la théorie. Dans quelques jours, les Grecs goûteront peut-être à la pratique.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 20:04

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

Sivens : le militant accusé d'avoir fracturé la main d'un gendarme est finalement relaxé

|  Par Louise Fessard

 

 

Yannick, un militant de 42 ans, accusé d'avoir grièvement blessé un gendarme (45 jours d'ITT) en septembre 2014 à Sivens a été relaxé ce mercredi 1er juillet 2015 par la cour d'appel de Toulouse. Une vidéo montre que c'est en fait un autre gendarme qui a donné un coup de ranger dans la main de son collègue...

 

Mis en cause après la mort le 26 octobre 2014 du jeune militant écologiste Rémi Fraisse, le ministère de l'intérieur avait à plusieurs reprises cité cette affaire de coups sur un gendarme pour prouver la violence des opposants au barrage de Sivens. Yannick, un habitant du Tarn, venu soutenir les zadistes, avait été accusé d’avoir le 15 septembre 2014 fracturé la main d’un gendarme du PSIG (45 jours d’ITT) lors d’une opération de refoulement sur le chantier du barrage. À l'issue d'une garde à vue de 48 heures, l'ouvrier en bâtiment de 42 ans avait été condamné en comparution immédiate par le tribunal correctionnel d’Albi. Il avait écopé de quatre mois avec sursis pour violences.

Mais une vidéo amateur, passée inaperçue dans la précipitation de la première audience, dément la version gendarmesque. On s’aperçoit que c’est sans doute un gendarme qui a involontairement donné un coup de rangers dans la main de son collègue accroupi, alors que ce dernier cherchait à maîtriser un manifestant au sol. Lors de l’audience en appel du 28 mai, l'avocat général a donc demandé la relaxe de Yannick en invoquant des « doutes » après le visionnage de la vidéo.

Selon le militant et une avocate, la cour d’appel de Toulouse l'a relaxé, ce mercredi 1er juillet, des faits de violence. Yannick a en revanche été condamné à une peine de 30 jours d'amende à dix euros pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN lors de sa garde à vue. « Je suis soulagé car ça fait presque un an que je dis que je n’avais rien fait et que je suis un militant non-violent, réagit Yannick, joint par téléphone. Mais que le simple fait que le refus du fichage ADN soit considéré comme un délit, même si je suis innocent, montre bien une volonté de fichage généralisée. »

 

Sivens 15 septembre 2014 par Mediapart

 

Contacté pour vérifier l’information, le secrétariat de la présidence de la cour d’appel de Toulouse nous a répondu mercredi après-midi ne pas être au courant. Son avocat Me Éric Soulans, retenu par une autre audience, confirme « a priori » la relaxe. « Alors qu'en première instance, Yannick avait été condamné sur la foi de deux témoignages de gendarmes, nous avons pu démontrer par l'image qu'il n'avait pas porté ce coup de pied et que la blessure provenait d'un autre gendarme, se réjouit l'avocat. Ce qui interroge fortement dans ce dossier est que nous ayons deux gendarmes ayant témoigné avoir vu de leurs yeux Yannick porter le coup de pied ! »

La cour d’appel de Toulouse aurait par contre confirmé la condamnation d’un autre militant, Gaëtan, un charpentier de 35 ans, accusé par les mêmes gendarmes de leur avoir donné un coup de pied (cette fois sans ITT). Sa peine a été diminuée « passant de trois mois avec sursis à 60 jours amende à 15 euros », dit son avocate Me Claire Dujardin.

«Pour Yannick, la cour a reconnu la validité de la vidéo qui contredit les procès-verbaux des gendarmes, explique l’avocate. Mais la condamnation de Gaëtan repose uniquement sur les déclarations de ces mêmes gendarmes, qui ont menti. » Me Dujardin, qui défend depuis plus d’un an les militants écologistes de Sivens, note qu’il s'agit pour eux d’une « belle victoire » sur « le ministère public » et « le discours étatique » qui ont « voulu faire croire à l'opinion que les opposants étaient des personnes violentes ».

Suite à la mort de Rémi Fraisse, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve (PS) avait quelque peu gonflé le nombre de policiers et gendarmes blessés à Sivens. « Je veux rappeler qu’à Sivens, depuis le début du mois de septembre, 56 policiers et gendarmes ont été blessés », avait-il ainsi déclaré au micro d’Europe 1, le 29 octobre 2014. Comme l'avait finalement reconnu le service de communication de la police nationale, parmi 56 fonctionnaires cités, 41 étaient en fait des policiers, pour beaucoup blessés non à Sivens, mais lors des manifestations en hommage à Rémi Fraisse notamment à Albi et Nantes.

Le décompte exact, effectué à partir du rapport de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) du 2 décembre 2014 et des informations communiquées à l’époque par la préfecture du Tarn et la police nationale, semble beaucoup plus bas. Entre fin août et le week-end fatal des 25-26 octobre 2014, 13 fonctionnaires ont été blessés : 7 gendarmes (en comptant celui à la main fracturée) avant le 25 octobre et 6 CRS (dont une ITT de 30 jours pour une blessure à la main) durant la soirée du 25 octobre. « Le seul blessé grave côté forces de l’ordre a en fait été blessé par un autre gendarme du PSIG, alors que côté opposants, il y a eu de nombreux cas dont beaucoup non relayés dans les médias surtout les victimes de milices », souligne Ben Lefetey, le porte-parole du collectif pour la zone humide du Testet.

Il rappelle que « la justice continue tout de même à condamner des opposants, alors que les pro-barrages agresseurs ne sont pas inquiétés sans parler des forces de l’ordre dont les vidéos montrent la violence illégale ». Le militant EELV estime que ce n’est pas la première fois que des gendarmes sont pris en flagrant délit de mensonge. Comme l’avait raconté Reporterre, le rapport de l’IGGN du 2 décembre 2014 affirmait ainsi que Ben Lefetey avait « été contacté par l’IGGN pour lui proposer de recueillir ses commentaires sur les événements de Sivens, sans réponse de sa part à ce jour ». Alors que le militant avait au contraire dès le lendemain tenté à cinq reprises de joindre le général qui lui avait laissé le message en question.

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 19:51

 

Source : https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com

 

 

 

Bouilles Hebdo du 29 juin au 5 juillet

Merci aux Ami-e-s des Bouilles pour la belle journée d’hier à la Chapelle, pleine de bonnes énergies, merci aux intervenants divers (témoins, artistes, militant-e-s, etc…). Un article de Reporterre donne un aperçu de ce qui s’y est passé…

On pense bien fort aux copains et copines de Roybon : Appel à soutien pour empêcher l’expulsion de la ZAD de Roybon… et  un lien vers  une interview d’opposant-e-s au projet de Center Parcs, sur Canal Sud.

Lundi 29 juin :

Mardi 30 juin

Mercredi 1 juillet

Jeudi 2 juillet

 

CG 81 - 25 juin

CG 81 – 25 juin :

« Devant le Conseil Général, pendant l’assemblée plénière du re-nouveau conseil de Thierry CARCENAC! Après que nos 2 lurons aient entonné un chant subversif pour rappeler que des citoyen-ne-s s’opposent à la destruction de la Métaierie et au projet de barrage: petit ou grand! En réponse: les élus, PS en tête, se sont levés et ont entonné la Marseillaise, faisant « front national et répudiquain » face à notre provocation de moins que rien menaçant la démocratrique avec notre refus de nous plier à leur business public-privé! »

 

 

Source : https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com

 

 

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 19:19

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Grand projets inutiles

L’Europe accorde 800 millions d’euros au projet Lyon-Turin malgré les suspicions de fraude

par

 

 

La Commission européenne l’a annoncé ce mardi 29 juin. Elle compte verser 813 millions d’euros de subventions à la France pour le Lyon-Turin, ce grand projet de nouvelle ligne ferroviaire qui doit relier Paris et Milan en quatre heures en passant sous les Alpes via un tunnel – à creuser – de 57 kilomètres.

Entre les conséquences écologiques, les conflits d’intérêts (Voir notre article et le cas révélé par Politis en févier), les soupçons de fraudes, d’implication de la mafia, l’explosion des coûts et la répression des opposants au projet, le Lyon-Turin fait rarement parler de lui en bien.

Dans ce climat, l’annonce de la subvention conséquente de la Commission européenne pourrait apparaître comme une bonne nouvelle pour Tunnel Euralpin Lyon Turin, le promoteur public chargé du projet [1]. Pourtant, le montant promis par la Commission est en fait bien en deçà de ce que Paris avait demandé à Bruxelles. La France réclamait 1,28 milliard d’euros de subventions européennes pour sa part des dépenses sur la période 2014-2020, sur un montant prévisionnel évalué à 3,06 milliards d’euros [2]. La somme est donc loin de ce qui était attendu.

 

Deux fois le déficit de la sécurité sociale

Le coût global du projet n’est de toute façon pas encore fixé. Le montant avancé est de 8,5 milliards d’euros. Un chiffre largement « sous-évalué », selon Daniel Ibanez, de la Coordination des opposants au projet Lyon-Turin. Dans une évaluation de 2012, la Cour des comptes tablait en effet plutôt sur 26 milliards d’euros, soit plus de trois fois plus.

Pour un projet qui pourrait donc engloutir deux fois le déficit de la Sécurité sociale, la nouvelle subvention européenne fait pâle figure. « Ces 813 millions, ce n’est qu’une opération de communication pour tenter de rendre le projet irréversible, malgré l’indisponibilité du financement et les conflits d’intérêts », juge Daniel Ibanez.

Par ailleurs, la Commission européenne promet cette somme alors même que le projet fait l’objet d’une enquête de l’Office européen de lutte contre la fraude, l’Olaf. L’organisme a lancé une investigation en février suite à sa saisie par deux députées européennes d’EELV, Michèle Rivasi et Karima Delli. Elles avaient transmis à l’Olaf les documents réunis par les opposants au projet. Au 30 juin 2015, l’enquête était toujours en cours.

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 18:51
 

 

Photo de Marleen Camille Content.

 

RV MARDI 7 JUILLET à 19h


au London Tavern en haut du Bd A Courbet à Nîmes.


Objet: όχι !


Première réunion Comité de soutien au peuple grec :

 

7 juillet 2015

 

Chers amis,

A l'appel des collectifs "ATTAC Nîmes, CADTM, Ensemble!, LDH Nîmes,

Les Indignés de Nîmes, Nouvelle Donne, PCF 30, Parti de Gauche,

Union Syndicale de la Psychiatrie, Citoyen­ne­s..." ,

la réunion de solidarité avec le peuple grec avec Patrick Saurin, membre de la commission

d'audit de la dette grecque, et Constant Kaimakis,

a rassemblé près de 200 personnes vendredi 26 juin.


Comme annoncé, cette soirée sera suivie de la création d'un Comité de soutien au peuple grec,

dont la première réunion se tiendra le MARDI 7 JUILLET à 19h
au London Tavern en haut du Bd A Courbet à Nîmes.
Souhaitant vous retrouver nombreux, vu la gravité et l'urgence de la situation.
Pour le collectif d'animation,
Joël D.
όχι !

 

 

 

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                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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