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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 23:50

 

Source : https://www.facebook.com/Le4emeSinge

 

 

 
 

Un extrait du documentaire END:CIV, sur les grandes organisations environnementales.
Le documentaire entier: https://vimeo.com/118225132

version YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=hjWStRd_aGw

 

 

 

Vert - La couleur de l'argent!

END:CIV - FIN:CIV (2011) - [VOSTFR]

 

 

END :CIV examine notre culture de dépendance à la violence systémique et à l’exploitation environnementale et enquête sur l’épidémie résultant des sites contaminés et des nations en état de choc. Basé en partie sur Endgame, le livre au succès retentissant écrit par Derrick Jensen, END :CIV questionne : «Si ton pays se faisait envahir par des extraterrestres qui coupent des forêts, qui empoisonnent l’eau et l’air et contaminent les réserves de nourriture, résisterais-tu?»

Les vraies causes de l’effondrement de la civilisation sont habituellement dues à la surutilisation des ressources. Pendant que ces mots sont écrits, le monde est en train d’agoniser sous le chaos économique, le pic pétrolier, le changement climatique, la dégradation de l’environnement et l’agitation politique. Tous les jours, les manchettes remanient les histoires de scandales et de trahison de la confiance du peuple. Nous n’avons pas à faire des demandes indignées pour la fin de ce système mondial actuel : il semble déjà se désagréger.

Par contre, des actes de courage, de compassion et d’altruisme abondent, même dans les endroits les plus affectés. En documentant d’une part, la résistance de ceux et celles qui sont le plus touché-e-s par la guerre et la répression, et d’autre part, l’héroïsme de ceux et celles qui vont de l’avant pour confronter la crise la tête haute, END :CIV offre une avenue pour sortir de cette folie dévorante et aller vers un avenir plus sain.

Soutenu par la narration de Jensen, le film nous appelle à agir comme si nous aimions vraiment cette terre. Le film offre un rythme soutenu en utilisant de la musique, des images d’archives, des courts-métrages, de l’animation, de la comédie et des satires pour déconstruire le système économique mondial, même s’il implose autour de nous. END :CIV illustre des histoires à la première personne, leurs sacrifices et leur héroïsme, des images intenses et chargées émotionnellement qui s’accordent harmonieusement à l’approche poétique et intuitive de Jensen. Des scènes tournées dans l’arrière-pays fournissent des intermèdes d’une beauté naturelle à couper le souffle au côté des évidences prononcées de destruction horrible, mais commune.

END :CIV présente des entrevues avec Paul Watson, Waziyatawin, Gord Hill, Michael Becker, Peter Gelderloos, Lierre Keith, James Howard Kunstler, Stephanie McMillan, Qwatsinas, Rod Coronado, John Zerzan et plus encore.

 

 

 

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 23:31

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Le chômage tue

Jacques Sapir
 
 
Sur son blog, Jacques Sapir revient sur deux informations disparues des écrans radars médiatiques et politiques durant l'entre-deux tours : la hausse du chômage au mois de février et les résultats d'une étude qui estime que le chômage tuerait entre 10 000 et 20 000 personnes par an. Une hécatombe silencieuse...
 
 
SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA
 

Dans l’entre-deux tours des élections, deux nouvelles importantes n’ont pas reçu la couverture médiatique qui s’imposait.

Pour la première, la hausse du nombre des demandeurs d’emplois en février 2015, cela peut se comprendre. Le Premier ministre, plus que gêné aux entournures, a refusé de commenter ce qui apparaît comme une dénonciation de sa politique. On comprend le silence médiatique intéressé sur cette nouvelle.

Mais la seconde est encore plus importante. Selon une estimation de l’INSERM, corroborée par une étude dont les résultats ont été publiés en décembre dans la revue International Archives of Occupational and Environmental Health, le chômage pourrait « tuer » entre 10 000 et 20 000 personnes par an. Ce fait, brut, nos rappelle que, derrière les chiffres, il y a des souffrances, des drames.

 

 

Le chômage tue

Dans l’entre-deux tours des élections, deux nouvelles importantes n’ont pas reçu la couverture médiatique qui s’imposait. Pour la première, la hausse du nombre des demandeurs d’emplois en février 2015, cela peut se comprendre. Le Premier ministre, plus que gêné aux entournures, a refusé de commenter ce qui apparaît comme une dénonciation de sa politique. On comprend le silence médiatique intéressé sur cette nouvelle. Mais la seconde est encore plus importante. Selon une estimation de l’INSERM, corroborée par une étude dont les résultats ont été publiés en décembre dans la revue International Archives of Occupational and Environmental Health, le chômage pourrait « tuer » entre 10 000 et 20 000 personnes par an[1]. Ce fait, brut, nos rappelle que, derrière les chiffres, il y a des souffrances, des drames.

 

Le chômage tue.

Mon collègue Alberto Bagnai avait publié, à la fin de 2013, un remarquable article où il attaquait tous les hypocrites défenseurs de l’Euro et qui s’intitulait « L’eau mouille et le chômage tue »[2]. C’est ce que nous vérifions aujourd’hui.

Bagnai, dans son texte rappelait que : « On peut faire du mal à autrui pour plusieurs raisons : pour en tirer un avantage personnel, et dans ce cas on est un bandit ; sans avantage personnel, ou même avec un dommage pour soi, et dans ce cas on est un imbécile. Il s’ensuit que l’imbécile, au point de vue macroéconomique, est plus dangereux du bandit. Appauvrir sans s’enrichir, voire en appauvrissant soi-même, ne saurait pas être vu comme une bonne politique. » Cela revient à cette phrase de Gogol sur la Russie dont les deux plaies étaient les routes et les imbéciles. En France, les routes sont plutôt bonnes, mais nos imbéciles sont redoutables. Ils sont même meurtriers.

En fait, le chômage tue à la fois par les conséquences directes, souvent psychosomatiques qu’il induit, mais aussi parce que les chômeurs, privés de revenus décents, ne peuvent se soigner décemment. Il faut donc distinguer une surmortalité qui arrive rapidement (dans les 6 premiers mois) et qui est largement induite par le stress engendré par le chômage, d’une surmortalité de plus long terme induite par le décrochage social des chômeurs par rapport au système de santé. Mais, il faut aussi dire que l’état de santé des chômeurs est un “véritable ‘trou noir’ de la connaissance scientifique et médicale”, comme le déplore le psychiatre Michel Debout. En fait, ceci ne fait que conforter des analyses qui datent de plusieurs années.

 

Le rempart de l’ignorance.

Cette ignorance dans laquelle se complaisent les dirigeants français au sujet de a santé publique, car une sur-mortalité des 10000 à 20000 personnes par an EST un problème de santé publique, vient de loin. Il n’y a toujours pas en France d’évaluation des conséquences de l’échec des politiques économiques menées tant par la gauche que la droite parlementaire depuis le tournant eurolibéral de 1984 réside dans la montée des coûts économiques du stress au travail. Ce dernier, il faut le rappeler, se définit par une situation de « travail surchargé », telle qu’elle est définie par le modèle de Karasek. Ce modèle définit le « stress » comme résultant d’une situation ou d’un environnement de travail où une forte pression psychologique sur l’individu (par exemple accroître sans cesse l’intensité de son travail) s’associe à une faible latitude décisionnelle. C’est cette combinaison qui engendre une tension psychologique au travail (job strain) anormale, conduisant à l’émergence de maladies plus ou moins graves, mais toutes douloureuses et incapacitantes pour les individus[3].

Le stress au travail, comme le montrent les études empiriques, est en général directement induit par les politiques de flexibilisation et d’ouverture à la concurrence internationale ainsi que par leurs traductions dans des politiques nationales, comme la calamiteuse « Loi Macron » qui va renforcer largement ces pathologies. Elles conduisent à pousser les employeurs à demander toujours plus à des salariés qui sont, dans le même moment mis dans des situations grandissantes d’incertitude quant à leur emploi. Ses répercussions touchent toutes les catégories de personnel. De nombreux travaux scientifiques ont montré que le stress au travail est à l’origine de pathologies telles que troubles musculo-squelettiques (TMS), maladies cardio-vasculaires (MCV), dépressions…

D’autres pathologies doivent être prises en compte, telles les colopathies intestinales, les migraines chroniques et persistantes, les troubles de la vue et du comportement. L’étude épidémiologique des maladies dites psychosomatiques reste dans un état balbutiant et le corps médical est peu formé à leur identification[4]. Cependant, même dans ces conditions, les données empiriques montrent leur progression alarmante depuis le milieu des années 1980.

Enfin, il faut ajouter qu’une proportion importante des accidents du travail provient de troubles antérieurs mais qui sont eux-mêmes issus du stress au travail (vertiges, perte d’acuité visuelle, etc.). On peut considérer que plus de 50 % de ces accidents sont « stress-induits ». Une partie importante de leurs coûts devrait donc, en réalité, être imputée au facteur stress. Les médecins qui se sont intéressés aux maladies psychosomatiques d’origine professionnelle le savent depuis les années 1960[5].

 

Un coût humain et économique exorbitant

Les estimations les plus crédibles indiquent que ce phénomène pourrait avoir un impact considérable qu’on le mesure sur son coût humain (les morts et les personnes en grande souffrance) ou qu’on le mesure par son coût économique pour les systèmes de sécurité sociale.

L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail a publié en 1999 une évaluation du coût, pour la société, de tous les problèmes de santé liés au travail. Les estimations qui ont été faites dans un certain nombre d’États membres de l’Union européenne varient de 2,6 % à 3,8 % de leur PIB, soit de 185 à 269 milliards d’euros par an pour l’ensemble des quinze États membres de l’époque[6]. Ces sommes annuelles sont à mettre en regard des sommes que l’on a dépensées pour gérer la crise des dettes souveraines dans la zone Euro. A cela, il faut aussi ajouter que le stress serait à l’origine de 50 à 60 % de l’ensemble des journées de travail perdues. Une étude menée en Suisse en 2001, l’un des rares pays à avoir lancé une étude épidémiologique complète du phénomène, situe le coût du stress d’origine professionnelle dans une fourchette comprise entre 2,9 et 9,5 milliards d’euros[7]. Le chiffre très élevé de l’estimation haute de la fourchette s’explique par la méthodologie retenue dans cette étude. Elle intègre l’ensemble des coûts tangibles et intangibles liés au stress. Ainsi, il est demandé à l’individu d’attribuer une valeur, exprimée en unités monétaires, aux souffrances et pertes de bien-être que le stress lui occasionne. On peut considérer le procédé comme excessif[8]. Mais il faut préciser à ce moment que l’estimation « haute » de la fourchette n’inclut ni la production perdue lors des absences des travailleurs (l’équivalent d’un « coût d’opportunité » du stress au travail), ni les effets du stress sur la fréquence des accidents au travail et les coûts que ces derniers induisent. À ce titre, l’estimation « basse » de la fourchette apparaît largement sous-évaluée. Il en va de même des études de l’agence européenne European Foundation for the Improvement of Living and Working Conditions, qui, elle aussi, ne tient compte ni du coût des pertes de production liées aux absences, ni de celui des accidents induits par le stress. Les médecins du travail et médecins généralistes ont du mal à repérer efficacement les troubles fonctionnels induits par le stress. Les études cliniques réalisées en France comme dans plusieurs pays européens montrent cependant que, dans des conditions de bonne formation au dépistage de l’origine de ces pathologies, leur fréquence monte rapidement et peut représenter de 25 % à 35 % des cas traités par les médecins concernés. Dans ces conditions, les estimations chiffrant à 2,5 %-3 % du PIB le coût du stress au travail doivent être prises comme des valeurs raisonnables, en particulier en raison de la non-intégration en leur sein du « coût d’opportunité ». Il est possible qu’en réalité elles soient sous-évaluées. Transposée à l’échelle de la France, l’évaluation suisse donnerait entre 50  et 75 milliards d’euros par an. Il faut alors comparer ce chiffre au déficit de la sécurité sociale…

 

Les conséquences sociales de la stagnation économique.

La situation de l’économie française telle que nous la connaissons depuis le début des années 2000 montre tous les signes d’une inquiétante dégradation. Ceci résulte d’une concentration et d’une accumulation d’effets négatifs : ils sont issus de l’ensemble du cadre institutionnel qui s’est mis progressivement en place depuis le milieu des années 1980 et de son interaction avec l’environnement économique extérieur. Ces effets négatifs se manifestent aujourd’hui par plusieurs symptômes, dont les plus visibles sont :

  • Une croissance faible, inférieure à celle de nombreux autres pays, et marquée par un processus de désindustrialisation.
  • Un déficit extérieur croissant, indiquant une perte de compétitivité de l’appareil productif.
  • Un déficit budgétaire et des comptes sociaux montrant que les besoins à financer ne sont plus couverts par les modes actuels de prélèvements et entraînant un endettement dont le coût devient préoccupant.
  • Une allocation des dépenses publiques inefficace, qui sacrifie la recherche, l’enseignement et l’ensemble des infrastructures à fortes externalités productives.
  • Une détérioration du tissu social et une montée des coûts de la flexibilité qui – calculés à partir des effets du stress au travail tel qu’il est défini au niveau européen – pourraient représenter entre 2,5 % et 3 % du PIB, non compris les coûts d’opportunité (la production qui aurait pu être réalisée pendant les arrêts maladie et l’absentéisme induits par le stress au travail).

Ces symptômes confirment que la stratégie globale adoptée dans les années 1980 touche aujourd’hui à ses limites. Cette stratégie a été en réalité renforcée et accentuée par l’institution de l’Euro, et par les stratégies d’Euro-Austérité qui en découlent. L’épuisement du modèle économique mis en place sous la présidence de François Mitterrand, en 1983, semble patent et profond. Les conséquences de son renforcement avec l’Euro ont été désastreuses. Il ne s’agit pas, on le voit, d’un simple désajustement local. On ne pourra trouver de solution cohérente que par une remise en cause des institutions financières (et de l’Euro), ainsi que celles qui gèrent le degré d’ouverture de notre économie.

De cela, il convient de se souvenir avant de voter, que ce soit demain dimanche ou dans d’autres occasions.

 

[1] http://www.lexpress.fr/emploi/le-chomage-tuerait-entre-10-000-et-20-000-personnes-par-an_1664330.html

[2] http://goofynomics.blogspot.fr/2013/12/leau-mouille-et-le-chomage-tue.html

[3]. Dans une bibliographie aujourd’hui en pleine expansion, voir S. Bejean, H. Sultan-Taieb et C. Trontin, « Conditions de travail et coût du stress : une évaluation économique », Revue française des affaires sociales, n° 2, 2004 ; P. Legeron, Le Stress au travail, op. cit. ; Coll., « Expositions aux contraintes et nuisances dans le travail. SUMER 1994 », Les Dossiers de la DARES, n° 5-6, Paris, La Documentation française, 1998 ; I. Niedhammer, M. Goldberg et al., « Psychosocial factors at work and subsequent depressive symptoms in the Gazel cohort », art. cité.

[4]. Voir M. Sapir, La Formation psychologique du médecin, Paris, Payot, 1972 ; M. Sapir (éd.), Formation à la relation soignant-soigné, Grenoble, La Pensée sauvage, 1989.

[5]. L. Chertok et M. Sapir (éd.) La Fatigue, Toulouse, Privat, 1967 ; P. Aboulker, L. Chertok et M. Sapir, Psychologie des accidents, Paris, Expansion scientifique française, 1961.

[6]. P. Lunde-Jensen et I. Levy, « A model for assessing the costs of stressors at national level : socio-economic costs of work stress in two EU member states », European Foundation for the Improvement of Living and Working Conditions, Bruxelles, 1996.

[7]. D. Ramaciotti et J. Perriard, « Les coûts du stress en Suisse », Genève, Groupe de psychologie appliquée (GPA) de l’université de Neuchâtel et ERGOrama, 2001.

[8]. Il faut cependant remarquer que cette approche est parfaitement cohérente avec la doctrine néolibérale et ses fondements néoclassiques. La valeur correspond à l’utilité subjective perçue par les individus. Si l’on récuse cette approche dans l’évaluation des coûts du « stress au travail », alors, pour être cohérent, il faut la récuser quant à l’identification des prix de marché comme des prix « vrais »…

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 23:02

 

Source : http://www.latribune.fr

 

Marché du travail : le Medef, adepte du "toujours plus"

Jean-Christophe Chanut  | 

 

 

L'organisation de Pierre Gattaz veut aller beaucoup plus loin dans la flexibilisation du marché du travail

L'organisation de Pierre Gattaz veut aller beaucoup plus loin dans la flexibilisation du marché du travail (Crédits : reuters.com)

 

Le Medef a transmis un document de travail aux organisations syndicales dans lequel il présente ses suggestions pour davantage flexibiliser le marché du travail: instauration d'un contrat de projet, possibilité de conclure des accords dérogeant aux règles légales de la durée du travail, réforme de la procédure prud'homale, etc.

Durée du travail, contrat de travail, organisation du travail.... Autant de sujets, où, selon le Medef « il faut aller beaucoup plus loin », selon les propres termes de son document de travail envoyé aux organisations syndicales dans le but de préparer la rencontre du 3 avril avec le gouvernement afin de tirer le bilan de la loi sur la sécurisation de l'emploi de 2013, elle-même issue de l'accord national interprofessionnel (ANI) du 11 janvier 2013 sur le marché du travail.

Dans son rapport, le Medef n'y va pas par quatre chemins et égrène, une fois encore, toutes les réformes qu'il conviendrait de mener en France pour restaurer la « confiance » des chefs d'entreprise et les inciter à embaucher : instauration d'un contrat de projet, possibilité de déroger simplement aux règles régissant le temps de travail, plafonnement des dommages et intérêts accordés par les Prud'hommes, etc. De très vieilles antiennes sans cesse remises au goût du jour.

Mais, tactiquement, l'organisation de Pierre Gattaz est totalement dans son rôle. Face à un gouvernement en plein désarroi devants les chiffres catastrophiques du chômage, le Medef n'a aucune gêne à avoir. Il pousse méthodiquement ses pions. Et ce d'autant plus qu'il sait avoir une oreille favorable, avec la présence au ministère de l'Economie d'Emmanuel Macron, plutôt bienveillant à l'égard des demandes patronale.

Intelligemment, de surcroît, le Medef met de l'eau dans son vin en ôtant la critique systématique et en évitant l'éternel procès en « immobilisme » fait au gouvernement. Au contraire, il reconnaît « que la France a engagé une mutation en profondeur de son modèle social », notamment à travers l'ANI de 2008 sur la modernisation du marché du travail et celui de 2013 sur la sécurisation de l'emploi.

 

Le Medef reconnaît des avancées dans la flexibilité du marché du travail

Le Medef se félicite que la transformation du marché du travail vers la « flexisécurité » soit engagée. Il salue l'instauration de la rupture conventionnelle du contrat de travail qui permet une séparation à l'amiable. Tout comme il applaudit la refonte totale des règles du licenciement collectif intervenue dans la loi de 2014 qui a permis « de diviser par quatre le taux de recours contentieux devant les tribunaux »... Pour une fois que le Medef le reconnaît ! La simplification des règles sur le chômage partiel trouve également grâce aux yeux du Medef. Pour autant, le Medef n'est pas satisfait. Pour lui, " il faut aller beaucoup plus loin, et sans attendre". Ses propositions ont le mérite de la clarté.

 

Pouvoir contourner les Prud'ommes et instaurer un contrat de projet


Pour réduire "l'excessive rigidité française du contrat de travail qui entraîne une peur de l'embauche", le Medef propose d'insérer dans le contrat de travail en CDI des "motifs incontestables" de rupture. Ainsi, le salarié acceptant ces motifs en signant son contrat n'aurait plus la possibilité de contester aux prud'hommes son licenciement pour les raisons préfixées, comme "une baisse du chiffre d'affaires" ou "la perte d'un marché".

Le Medef remet aussi sur la table sa proposition de "contrat de projet", un CDI à durée déterminée qui prend fin quand un projet est achevé, à l'image de ce qui est déjà possible dans le BTP. Une vielle idée patronale qui trouve son origine dans le fameux rapport « de Virville », du nom de Michel de Virville, secrétaire général du groupe Renault, qui avait émis en 2004 des propositions pour assouplir le marché du travail. Ce contrat de projet permettrait de se séparer « automatiquement » et sans contentieux possible d'un salarié une fois la mission achevée. Autre avantage pour les entreprises : à la différence du CDD, il n'y aurait aucun versement d'une prime de précarité à l'issue du contrat de projet.

 

Des accords pour déroger aux règles sur la durée du travail est les rémunérations

Le Medef plaide également pour une plus grande sécurisation de la procédure prud'homale avec la fixation de plafonds pour les éventuels dommages et intérêt, ainsi qu'un recours plus facile à la « transaction » entre employeurs et salariés pour éviter les prud'hommes. Sur ce terrain-là, l'actuel projet de loi Macron sur la croissance lui donne en grande partie satisfaction en prévoyant des règles assez identiques.

L'organisation de Pierre Gattaz souhaite aussi (et surtout) revenir sur le dispositif des  "accords de maintien de l'emploi" prévu par l'ANI du 11 janvier 2013. Elle sait pouvoir trouver l'appui d'Emmanuel Macron sur ce point puisque le ministre voulait l'insérer initialement dans son projet de loi sur la croissance. Ces accords - qui doivent être signés par des syndicats représentant au moins 50% des salariés - permettent de diminuer ou augmenter la durée du travail et/ou baisser la rémunération dans les entreprises rencontrant de grandes difficultés. Ces accords sont conclus pour une durée maximale de 2 ans.

Le Medef estime que ces accords n'ont pas pu se développer - seule une petite dizaine ont été conclus - du fait de l'existence de trop de contraintes. Il demande donc de supprimer la condition de « graves difficultés conjoncturelles ». Pour le Medef cela « permettrait de développer les accords de compétitivité dits offensifs pour permettre à des entreprises de dynamiser la compétitivité afin de conquérir de nouveaux marchés ». Autrement dit, de tels accords permettraient subtilement de totalement contourner la législation sur les 35 heures légales qui ne constitueraient plus le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Un salarié pourrait donc être contraint de travailler plus sans gagner plus, voire même de subir une baisse de salaire. De surcroît, le Medef souhaite que le simple fait de refuser cette règle puisse justifier le licenciement individuel économique du salarié. L'entreprise n'aurait aucune autre justification à apporter pour expliquer le licenciement, ce qui n'est pas le cas actuellement.Reste à savoir s'il y aura des syndicats pour signer ce type d'accord dans une entreprise qui n'est pas en difficulté.

Mais le Medef, qui n'est jamais à court d'imagination, émet aussi beaucoup d'autres propositions qui touchent à tous les aspects du droit du travail : la mobilité « volontaire » des salariés entre entreprises, le contrat de travail intermittent, le temps partiel, etc. A défaut de proposer du neuf, il faut reconnaître que l'organisation patronale a de la constance dans ses idées...

 

Jean-Christophe Chanut

Jean-Christophe Chanut

@jcchanut

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 22:46

 

Source : http://www.info-contre-info.fr

 

Pour ce Sénateur : Pour éviter leurs réflexions "idiotes", il faut cacher aux Français les dépenses faramineuses du Sénat

 
Pour ce Sénateur : Pour éviter leurs réflexions "idiotes", il faut cacher aux Français les dépenses faramineuses du Sénat
Politique
Vidéo

écran YT

Youtube 29/03/2015

"Pour éviter leurs réflexions "idiotes", il faut cacher aux Français les dépenses faramineuses du Sénat"

Les Français ne sont pas "capables" de comprendre, il faut donc leur cacher les dépenses du Sénat pour éviter leurs réflexions "idiotes".
Le Sénat, une institution dont le détail du budget est tenu secret et échappe entièrement au contrôle de l’Etat

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 22:25

 

Source : http://www.lavenir.net

 

 

« On prenait des pseudos musulmans pour insulter les Français »

En France, les groupuscules d’extrême-droite manifestent de plus en plus régulièrement. Reporters/Starface

En France, les groupuscules d’extrême-droite manifestent de plus en plus régulièrement. Reporters/Starface

-Reporters/Starface

Un ancien militant d’un groupuscule français d’extrême-droite raconte les techniques utilisées pour influencer l’opinion, accuser les étrangers de tous les maux et «réveiller les consciences nationales».

Damien (prénom d’emprunt car sinon «il est évident qu’il y aurait des représailles contre moi») a été un membre actif d’Unité Radicale (UR), un mouvement d’extrême-droite français, dans le département de l’Aude.

Dans une interview édifiante accordée au quotidien régional Midi Libre (à lire intégralement ici), il raconte comment il s’est rapproché de ce milieu clairement raciste et les moyens qu’il utilisait pour rallier une large opinion publique aux idées nationalistes extrêmes.

«On partait du principe que notre rôle était de “réveiller les consciences nationales”, de dire la vérité aux Français, qui étaient anesthésiés par les politiques et les médias. Nous considérions que les médias mentaient tous, que nous vivions dans un État “ripoublicain”, corrompu par des élites mondialistes, que la race blanche était en danger, tout ça. Et comme on était peu nombreux, on a surtout utilisé internet. C’était pratique pour faire passer nos messages, et ça ne coûtait pas d’argent.»

 

Inspiré par les fascicules de formation du FN

Une des techniques de propagande utilisée consistait à coloniser les forums des sites d’information généraliste et d’y instiller la haine des étrangers.

«Tout était assez codifié. Il fallait en priorité “squatter” les sites d’information générale à la recherche de toutes les informations «raciales» possibles. Monter en épingle les fais divers lorsqu’ils concernaient des étrangers, quitte à les faire “mousser” sur Facebook ou sur les forums. Les réseaux sociaux et les commentaires dans les articles de presse étaient l’idéal pour ça.»

Des grosses ficelles mais tirées avec un minimum de subtilité afin de ne pas faire fuir ceux qui n’adhèrent pas pleinement à ces idées ou ne pas se faire censurer : «[…]. Ne jamais parler des Arabes et des Blancs en tant que tel, mais reprendre des thèmes “humanistes” en parlant par exemple des “nantis antiracistes et mondialistes qui cherchent à écraser les pauvres qui supportent le racisme antiblanc”

Des techniques usitées par d’autres groupes d’extrême-droite et même par le FN, assure le jeune homme repenti : « Je sais qu’au Bloc identitaire et au FN ils ont des méthodes analogues, l’essentiel de celles que nous utilisions venait d’ailleurs de leurs fascicules de formation des militants.»

 

Il suffit de prendre un pseudo musulman et lancer des insultes aux Français

Une autre technique régulièrement utilisée par les membres du groupuscule consistait à utiliser un pseudonyme musulman sur les forums et à lancer des insultes aux Français.

«En prônant une République islamiste à Paris ou ce genre de choses. C’est très gros mais ça marche à chaque fois.»

Outre alimenter la haine de l’autre, l’objectif de ces plans com’était aussi de recruter de nouveaux adhérents.

«Comme les gens répètent le même discours que nous, mais sans précautions oratoires, leurs commentaires sont censurés par les journaux “sérieux”. Il est alors extrêmement facile de les épauler en critiquant la scandaleuse censure dont font l’objet ceux qui pensent comme nous, et à parler d’une collusion entre les médias et les “antifrançais”

Aujourd’hui, le jeune homme qui termine un master à Montpellier porte un regard lucide sur cette époque et son attitude : «Moi et les autres on s’est laissé avoir. Il n’y avait pas de travail dans le village, on était désœuvré, on avait l’impression d’être inutile et rejetés par la société. D’ailleurs il ne se passait jamais rien chez nous en terme de délinquance, et les seuls étrangers étaient les fils de réfugiés espagnols.»

Son regard sur la société et les étrangers a changé aussi : «pendant des années, j’ai contribué à créer l’écran de fumée qui protège ceux contre lesquels je me battais vraiment au fond de mon cœur : les profiteurs.»

 

 

 

Source : http://www.lavenir.net

 

 

 

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 19:55

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

Le gouvernement accélère le «déverrouillage» du CDI

|  Par Mathilde Goanec

 

 

Valls l'a annoncé quelques heures seulement après la défaite de son parti au élections départementales. Pour redonner de l'espoir, il veut favoriser « l'emploi, l'emploi, l'emploi ». La recette est toujours la même : rogner le droit du travail, pour accroître la compétitivité des entreprises. Des mesures proches de celles proposées par le Medef et tout récemment par Jean Tirole, prix Nobel d'économie. Elles seront débattues vendredi prochain à la conférence sociale pour l'emploi.

 

 

Manuel Valls a une idée des raisons de sa défaite : le chômage, qui continue de crever les espoirs des français. Au lendemain des départementales, il a logiquement placé l’emploi au cœur de son discours. Le premier ministre a notamment relancé l'idée d'un CDI plus souple pour les petites et moyennes entreprises. Ce contrat spécifique pourrait être conditionné aux résultats économiques, ce qui permettrait de licencier plus facilement. « Il faut que les patrons ne se sentent pas pieds et poings liés », a déclaré Manuel Valls.

 

© Reuters
 

La mise en œuvre de ces nouvelles réformes sera au menu d’une loi Macron, deuxième tranche, cet été. « Le gouvernement écoute qui ? », s’interrogeait Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, lors d’un entretien accordé à Médiapart lundi. Car si Matignon a complété cette annonce par la promesse de nouvelles mesures pour favoriser l’investissement, pas un mot sur la protection des salariés. 

 

Cette proposition pour moins de « rigidité » rappelle par contre le texte du Medef envoyé la semaine dernière aux syndicats en vue de la conférence sociale, qui se tiendra vendredi au ministère du travail. L’organisation patronale, outre le fait de se réjouir des mutations profondes qui seraient à l’œuvre depuis 2008, aspire à encore plus de souplesse. D’abord, donner la possibilité de signer des accords de maintien dans l’emploi (qui permet de réduire le temps de travail et de baisser les salaires), pour gagner en compétitivité et pas seulement lorsque le carnet de commande est à la baisse. Le Medef accentue aussi son travail de lobbying sur un CDI « sécurisé », qui prévoirait dès sa signature de licencier si la situation économique de l’entreprise se dégrade. 

Jean Tirole, nobelisé l'an dernier, en a rajouté une couche en établissant, à moins de quatre jours de la conférence sociale, une vraie feuille de route pour un "jobs act" à la française.  L'économiste, ainsi qu’une quinzaine de ses collègues, a opportunément dévoilé dans les Echos lundi sa vision des réformes à mener, essentiellement une amélioration de la formation professionnelle, une réforme de l’assurance-chômage, une baisse du coût du travail, et une réforme du licenciement économique.

Le texte, dans le détail, est explosif. Pour faire baisser le chiffre du chômage, il faudrait transformer profondément le marché du travail et favoriser les créations d'emplois « en sécurisant les conditions de rupture du contrat de travail ». Alors que la loi Macron prévoyait déjà d’encadrer l’indemnisation du salarié en cas de licenciement non justifié et de limiter à la France l'obligation de reclassement des salariés, ces économistes veulent « aller beaucoup plus loin ». L’entreprise peut pour le moment licencier pour sauvegarder sa compétitivité. Elle doit pouvoir le faire pour « l ’améliorer ». Pour y arriver, un contrat de travail simplifié, dont la rupture se ferait non pas en fonction de la situation économique mais au regard de l’organisation de l’entreprise. Plus loin, Jean Tirole et ses collègues souhaitent également que l’obligation de reclassement n’incombe non pas aux entreprises, mais au « service public de l'emploi ». Le coût du travail doit de son côté baisser, et les aides se concentrer autour du SMIC, un niveau de salaires davantage créateur d’emploi.

Plus que des ballons d’essai, il s'agit bien d'une véritable convergence idéologique qui se fait jour entre ces économistes, le patronat et le gouvernement français. La pièce maîtresse du dispositif est ce CDI rénové, devenu un attribut incontournable de la doctrine de la «flexisécurité » à l'échelle européenne. Ses promoteurs oublient de préciser que son succès repose, dans les pays du nord souvent présentés comme modèle, sur une politique ambitieuse et coûteuse sur l’emploi et la formation, un niveau de pauvreté faible et un rapport de force bien plus équilibré entre patrons et salariés.

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 23:22

 

Source : http://www.conseiller.ca

 

L’Islande envoie ses banquiers véreux réfléchir en prison

16 février 2015 | La rédaction

 

 

 

 

Alors que les responsables de la crise financière américaine de 2008-2009 n’ont, à ce jour, toujours pas vu l’ombre d’une prison, la Cour suprême d’Islande vient de condamner quatre ex-dirigeants de la banque Kaupthing à des sentences allant de quatre à cinq années et demie d’emprisonnement. La démarche inspirera-t-elle d’autres pays?

 

Le quatuor, principalement responsable de l’effondrement du système financier islandais, devra également défrayer ses coûts en matière de défense, qui avoisinent les 670 000 $ américains. Cette décision met fin au processus d’appel.

Les condamnés sont accusés d’avoir caché qu’un investisseur du Qatar, Sheikh Mohammed Bin Khalifa Bin Hamad al-Thani, avait acheté 5,1 % de la banque lors de la crise financière de 2008, au moyen d’un prêt consenti par la même institution.

L’ancien directeur général, Hreidar Mar Sigurdsson, écope ainsi de cinq ans et demi de prison, et l’ancien président, Sigurdur Einarsson, de cinq ans. L’ancien directeur de la filiale luxembourgeoise, Magnus Gumundsson, qui a joué un rôle important dans l’octroi du prêt, a été condamné à 42 mois de détention. Pour sa part, l’important actionnaire Olafur Olafsson a reçu une peine de 36 mois pour avoir donné son aval à l’opération.

 

Mais l’affaire n’est pas pour autant terminée. Sigurdsson et Einarsson devront se présenter de nouveau devant les tribunaux, plus précisément le 21 avril 2015, pour répondre à des accusations de manipulation de marché. Cette fois, les neuf ex-employés de la banque Kaupthing pourraient être condamnés s’ils sont trouvés coupables.

 

Une performance qui manque de sobriété…

L’ex-président de la banque, Sigurdur Einarsson, a fait une intervention remarquée, à défaut d’être remarquable, le 12 février dernier, lors d’une entrevue téléphonique diffusée en direct à la télévision. Visiblement en état d’ébriété avancée, l’ex-président du conseil administration de la Kaupthing a répondu aux questions de la chaîne nationale RÚV. Son état général n’a pu être constaté par l’équipe qu’une fois l’entrevue entamée.

Selon le journal The Reykjavik Grapevine, M. Einarsson aurait accepté l’invitation d’un journaliste à commenter le verdict de sentence de manière impromptue, et ce, quelques minutes seulement avant l’annonce officielle prévue par la chaîne, affairée à rejoindre, sans succès, les trois autres condamnés.

 

 

Source : http://www.conseiller.ca

 

 

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 23:06

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr

 

Le vote blanc, une arme contre l'abstention et la montée des extrêmes

Publication: Mis à jour:
 

POLITIQUE - Savez-vous que Google a récemment déclaré que la question "Comment voter blanc" faisait partie des questions les plus posées par les Français sur ce moteur de recherche en 2014?

Savez-vous que selon un récent sondage IFOP, 85% des Français se disent favorables au vote blanc reconnu comme un suffrage exprimé? 26% d'entre eux seraient alors prêts à voter blanc en 2017.

Selon l'universitaire Jérémie Moualek réagissant au 1er tour de ces départementales, le vote blanc souffre d'une désaffection de la part des médias malgré un score supérieur à celui des Verts, du Modem, de Debout la France ainsi qu'à celui du Front de Gauche si on l'ajoute aux votes nuls. 

La tranche de la population qui vote blanc semble de toute évidence minimisée voire tout bonnement niée dans le discours ambiant tout comme le droit d'exprimer pleinement un désaccord avec l'offre politique en présence.

Notre association Les Citoyens du Vote Blanc est le premier mouvement à se présenter à des élections afin de faire valoir le droit de dire "non" aux choix politiques que l'on nous propose à travers un vote blanc qui serait enfin considéré comme un suffrage exprimé (ce qui n'est pas encore le cas). En outre, pour le moment, les votes blancs sont comptés mais pas comptabilisés, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas considérés comme une "voix" à part entière et n'impactent pas le résultat des élections comme pourrait le faire un score pour un parti politique. Objectivement, le vote blanc compte actuellement comme un vote nul ce qui pousse certains citoyens à ne pas se déplacer pour exprimer leur vote, grossissant ainsi l'abstention.

Notre mouvement ne pousse pas à voter blanc mais lutte pour que ce principe démocratique soit enfin pleinement reconnu.

En quoi le vote blanc considéré comme un suffrage exprimé pourrait-il diminuer l'abstention et infléchir la montée des extrêmes?

Le message d'un vote blanc pourrait se résumer à ceci: "Je ne me reconnais pas dans l'offre politique, je ne veux donc pas voter pour un de ces partis." Le fait que ce droit de dire "Non, nous voulons autre chose" ne soit pas encore reconnu par un vote blanc qui compte vraiment ne fait que grossir le sentiment d'impuissance, de colère et de résignation de bon nombre de citoyens. Certains, excédés de ne pas être entendus peuvent alors soit :

- ne plus voter (d'où l'abstention record).
- se tourner vers les extrêmes. Dans ce cas de figure, ce vote aux extrêmes peut signifier une tentative d'expression désespérée visant à « donner une leçon » aux autres partis en présence. Il peut aussi viser à tenter ce qui n'a tout bonnement pas encore été essayé. D'un côté, nous aurions ce qu'on appelle "Le vote sanction", de l'autre "le vote par défaut".

Le vote blanc pleinement reconnu comme un suffrage exprimé pourrait rétablir "le vote d'adhésion". Aussi étrange que cela puisse paraître de prime abord, c'est bien par ce droit d'exprimer notre désaccord que le dialogue entre les citoyens et les politiques pourraient s'établir. Le vote blanc incarne la démocratie participative. En effet, face à l'expression critique du peuple, les gouvernants devraient alors s'efforcer de modifier leur offre politique en fonction de la demande de la population.

Ici, le vote blanc serait l'expression d'un contre-pouvoir démocratique ainsi qu'un moyen de pression constructif puisqu'obligeant les gouvernants à entendre les citoyens.

Le vote blanc porte ainsi en lui les germes d'une participation citoyenne à la vie politique totalement inédite. Mais il se voit de surcroît détenteur d'une vertu toute aussi essentielle: le vote blanc est, en effet, un garde-fou démocratique. Réalisez-vous que depuis la Seconde Guerre-Mondiale, rien n'a été mis en place dans notre système électoral afin d'éviter qu'un gouvernant (qu'il soit dangereux ou non) soit élu sur la base d'une minorité de participation aux élections ? Dit très clairement, un gouvernant peut être aujourd'hui élu avec quelques pourcents de participation. Les taux d'abstention « records» que notre pays expérimente malheureusement toujours plus, font craindre un scénario catastrophe sur ce point.

Le vote blanc reconnu comme un suffrage exprimé (en cas de votes majoritaires) invaliderait purement et simplement ce scrutin tout en poussant les autres partis politiques en présence à modifier leur offre politique jusqu'à l'adhésion de la majorité des électeurs.

Notre pays vit une véritable crise d'éthique et de confiance politique. Il faut réagir vite. C'est pour cela que, suite aux attentats du 11 janvier 2015, nous avons souhaité nous entretenir sur ce point à l'Elysée. En effet, ces attentats entraînent le risque de grossir encore le vote sanction ainsi que la poussée des extrêmes. Nous attendons, à ce jour, une issue constructive sur la base de l'évocation de notre travail associatif.

 

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr

 

 

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 23:06

 

Source : http://www.moreforsmesthanttip.eu

 

 

Cinq questions que les petites et moyennes entreprises doivent se poser sur le traité transatlantique TAFTA

 

 

[Télécharger PDF: Cinq questions que les petites et moyennes entreprises doivent se poser sur le traité transatlantique TAFTA]

 

 

Sommaire : Dans ce document, élaboré par MORE (Movement for Responsibility in Trade Agreements), l’auteur invite les PME à se pencher sur cinq questions relatives au Transatlantic Free Trade Area, TAFTA, l’accord en cours de négociation entre l’Union Européenne et les États-Unis. Le TAFTA sera-t-il favorable à l’économie européenne dans son ensemble ? Le TAFTA sera-t-il positif pour les PME européennes ? Répondra-t-il davantage aux intérêts des grandes entreprises qu’à ceux des PME ? La revue à la baisse des réglementations européennes, l’un des objectifs affichés du gouvernement américain, sera-t-elle positive pour les PME européennes ? Le TAFTA va-t-il réduire l’influence des PME sur les processus d’élaboration des réglementations ? Les faits et commentaires exposés par l’auteur en réponse à ces questions devraient conduire les PME à réexaminer les affirmations qui prônent les bienfaits du TAFTA et à douter de la sagesse dont fait preuve l’UE en concluant cet accord.

Selon ses promoteurs, le « Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement » (Transatlantic Trade and Investment Partnership, TTIP ou Transatlantic Free Trade Area, TAFTA) profitera à toutes les entreprises, mais est-ce réellement le cas ? La Commission Européenne et les Etats-Unis affirment que l’accord aidera tout particulièrement les PME (Petites et Moyennes Entreprises) et pas seulement les multinationales. Peut-on les croire ? Une fois approuvé, il sera impossible de revenir en arrière. Depuis l’automne 2014, la Commission Européenne répète à loisir que les PME devraient profiter davantage du TAFTA que les grandes entreprises, notamment grâce à la suppression des formalités administratives et des fastidieuses procédures bureaucratiques nécessaires pour exporter vers les États-Unis. Curieusement, les PME n’étaient pratiquement pas mentionnées dans la première campagne de promotion du TAFTA. Les PME européennes doivent sérieusement se pencher sur le TAFTA avant de considérer qu’il va défendre leurs intérêts.

Le TAFTA est actuellement en cours de négociation entre les États-Unis et l’Union Européenne (UE). Les principaux défenseurs du TAFTA sont les grandes multinationales de part et d’autre de l’Atlantique qui constituent le TABC (Transatlantic Business Council) et qui travaillent en coulisses depuis des décennies pour faire en sorte qu’il aboutisse. À Bruxelles, des sociétés de lobbying engagées à grand frais pour vendre le TAFTA aux parlementaires et aux médias prônent ses bienfaits pour les 20 millions de PME européennes, qui représentent 99,8 % des entreprises répertoriées, 57 % de la valeur ajoutée au PIB du continent et emploient 66,5 % de tous les salariés(1). Pourtant, les PME ne disposent pas des ressources pour profiter du TAFTA au même titre que les grandes entreprises. MORE(2) considère que les entreprises doivent être beaucoup mieux informées sur le TAFTA et ses conséquences sur leuravenir en Europe. Ce court document répertorie les cinq principales questions qui concernent tout particulièrement les PME. Elles méritent de recevoir de meilleures réponses de la Commission Européenne et des défenseurs du TAFTA que celles obtenues jusqu’à aujourd’hui.

 

1: De manière générale, l’impact du TAFTA sera-t-il positif pour l’économie européenne ?

Les rapports commandés par la Commission Européenne (CE) suggèrent que le TAFTA améliorera le PIB annuel de l’Europe de 0,05 % en moyenne, soit un gain de 0,5 % cumulé sur dix ans. Les économistes ont qualifié ce gain de « dérisoire » et une croissance de 0,05 % supplémentaire par an comme une « erreur d’arrondi ». Même si ces prévisions se réalisaient, cela voudrait dire qu’une économie qui enregistre une croissance de 2 % par an, passerait à 2,05 % par an avec le TAFTA. Pensez à vos propres prévisions de ventes et de dépenses. Un changement positif ou négatif de 0,05 % par an permet-il de vous rassurer ?

Pourtant, ces modestes bénéfices pourraient coûter cher. Les rapports de la CE prévoient également qu’au moins 1,3 million de travailleurs européens devraient perdre leur emploi en raison des déplacements de main-d’œuvre qui se produiront dans le cadre du scénario « ambitieux » du TAFTA, prôné par la Commission Européenne ; et plus de 680 000 travailleurs européens perdraient leur emploi dans le cadre d’un scénario « moins ambitieux »(3). Dans le jargon des économistes, le « déplacement de main d’œuvre » signifie que des personnes vont perdre leur emploi. Il est raisonnable de penser qu’un grand nombre de ces pertes d’emploi toucheront les PME.

Les déclarations de la CE ont fait l’objet de critiques de toutes parts. Un excellent rapport de l’OFSE (Österreichische Forschungsstiftung für Internationale Entwicklung – Fondation autrichienne pour le développement international, à Vienne) (4,5) souligne qu’elles ne tiennent pas compte des coûts de l’ajustement social et macro-économique que le TAFTA entraînerait. Ceux-ci pourraient réduire les bénéfices de 40 %. À la fin de l’année 2014, des fonctionnaires de la Commission Européenne et des gouvernements européens ont commencé à remettre en cause les chiffres figurants dans les rapports qu’ils avaient demandés, alors qu’ils avaient fondé leur défense du TAFTA sur ces derniers. En décembre 2014, l’université de Tufts aux États-Unis (6) a publié les résultats d’une étude sur les conséquences économiques du TAFTA, dans laquelle les chercheurs utilisent une méthode des Nations Unies pour évaluer l’impact de l’accord. L’étude dresse un tableau bien moins encourageant que celui annoncé par la Commission Européenne. Elle prévoit une perte nette pour l’UE aussi bien en termes d’exportations que de PIB, après une décennie d’application du TAFTA, et une réduction des salaires nets. Les chercheurs de l’université de Tufts prévoient également une perte de 600 000 emplois.

De ce fait, les fondements macro-économiques du TAFTA sont, dans le meilleur des cas, contestables.

Au vu de ces incertitudes, est-il sage que les petites entreprises européennes acceptent le TAFTA ?

 

2: L’impact du TAFTA sera-t-il positif pour les PME européennes ?

La Commission Européenne affirme que le TAFTA « sera tout particulièrement intéressant pour les PME, puisque les barrières douanières tendent à peser de manière disproportionnée sur les petites entreprises qui ont moins de ressources pour y faire face que les entreprises de plus grande taille » (7). Dans son rapport de novembre 2014, le Conseil de l’Atlantique Nord (8) avance que « étant donné l’impact économique majeur du TAFTA (ces bénéfices dérisoires cités dans la réponse à la Questions 1 ci-dessus), même les PME qui n’exportent pas profiteront du partenariat », sans pour autant fournir de chiffres ou une analyse pour étayer cette affirmation. Est-ce vrai ? Où sont les preuves ?

Cela peut sembler difficile à croire, pourtant il semble qu’au-delà de la simple affirmation que le TAFTA doit être bon pour les PME, il n’existe aucune preuve pour le confirmer. En revanche, il y a bien des preuves démontrant l’impact d’autres accords de libre échange sur les PME. L’exemple le plus pertinent est celui de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) entre le gigantesque marché des États-Unis et de plus petites économies, celles du Canada et du Mexique.

Les États-Unis, le Canada et le Mexique ont signé l’ALENA en 1994. Nous disposons désormais de 20 ans d’informations sur son impact sur les PME. Dans leur rapport sur l’ALENA, l’OFSE (9) et le CEPR- DC (10) concluent que l’impact de l’ALENA sur les petites exploitations agricoles au Mexique a été dévastateur. Le CEPR écrit : « L’ALENA… a eu un impact considérable sur l’emploi en milieu agricole puisque les subventions du maïs et d’autres produits ont entraîné la disparition de fermes familiales au Mexique. Entre 1991 et 2007, 4,9 millions de petits agriculteurs mexicains ont disparu alors que les travailleurs saisonniers dans les industries agro- exportatrices ont augmenté d’environ 3 millions. Cela signifie une perte nette de 1,9 millions d’emplois ».

Comme pour le TAFTA, les gouvernements avaient promis que les petites entreprises seraient les grands gagnants de l’ALENA. Cette promesse n’a pas été tenue. D’après un rapport récent de Public Citizen qui reprend des sources officielles du gouvernement américain : « la croissance des exportations des petites entreprises américaines vers les pays non-ALENA a dépassé de plus de 50 % la croissance des exportations vers les partenaires ALENA, le Canda et le Mexique, entre 1996 et 2012… Les exportations des petites entreprises vers le Mexique et le Canada dans le cadre de l’ALENA ont augmenté de moins de la moitié que celles des grandes entreprises vers les partenaires de l’ALENA (47 % contre 97 % au cours de la même période). Il en résulte que la part des petites entreprises américaines sur le total des exportations des États-Unis vers le Mexique et le Canada a baissé dans le cadre de l’ALENA »(11). Un autre point bien documenté est le niveau élevé d’investissements étrangers faits au Mexique, en grande partie provenant d’entreprises américaines (notamment dans l’industrie automobile) qui ont délocalisé leurs activités vers le Mexique pour profiter d’une main d’œuvre moins chère, contribuant ainsi à la perte d’environ 700 000 emplois aux États-Unis, d’après le Congrès américain (12).

Il n’y a actuellement pas d’informations disponibles sur l’impact économique potentiel du TAFTA sur les PME européennes, secteur par secteur, en considérant l’impact combiné des exportations vers les États-Unis et des importations vers leurs marchés nationaux à partir des États-Unis. En revanche, nous avons une montagne d’affirmations infondées selon lesquelles le « TAFTA sera bénéfique pour les PME ».

La question est donc la suivante : étant donné que les PME représentent au moins 50 % du PIB européen et 60 % de tous les emplois, et si l’on pense aux bouleversements à grande échelle qu’entraînera le TAFTA, est-il sage de mettre en péril une partie aussi importante de nos économies ?

 

3: Le TAFTA répondra-t-il davantage aux intérêts des grandes entreprises que des PME ?

Le TAFTA souhaite encourager les investissements directs étrangers des entreprises américaines en Europe et des entreprises européennes aux États-Unis, en partant de l’hypothèse attrayante mais non prouvée que ces investissements génèreront emplois et croissance. Pour pousser les entreprises à investir, il est proposé que le TAFTA prévoie un mécanisme d’arbitrage connus sous le nom de « mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États» (Investor-state dispute settlement, ISDS) auquel les entreprises américaines investissant en Europe pourraient avoir recours pour obtenir une réparation financière si elles peuvent prouver que la réglementation d’un État a réduit leurs profits passés, présents ou à venir. Concrètement, ce système place les pratiques des entreprises en dehors des processus législatifs normaux et de la démocratie. Il est de ce fait très controversé.

Dans ces tribunaux, qui existent déjà dans le cadre d’autres accords commerciaux, trois avocats du secteur privé siègent (souvent à huis-clos) et prononcent un jugement, généralement sans appel. Le risque de se retrouver devant un tel tribunal peut conduire un gouvernement à reconsidérer la législation actuelle ou proposée. La grande majorité des environ 600 affaires enregistrées qui ont été portées devant ces tribunaux l’ont été par de grandes entreprises(13). Elles ont souvent réussi à obtenir des compensations financières importantes. Par exemple, le Canada a été condamné à payer 13 millions de dollars à l’entreprise americaine Ethyl suite à l’interdiction par le Parlement canadien d’un additif à l’essence pour des raisons de protection de l’environnement. La société Ethyl l’avait poursuivi devant un tribunal arbitral dans le cadre des accords ALENA.

Est-il probable que les PME utilisent l’ISDS ? Bien que la Commission Européenne et les États- Unis argumentent que rien n’empêchera les PME d’avoir recours à ces tribunaux, est-ce réaliste ? Y-a-t-il des chances qu’un petit boulanger allemand, un petit agriculteur français ou une petite société de chauffage et de plomberie au Royaume-Uni saisissent les tribunaux arbitraux ? Étant donné que les frais juridiques à la charge des plaignants se sont élevés en moyenne à 8 millions de dollars par cas et que les arbitres sont rémunérés entre 600 et 700 US$ de l’heure (14), cela semble bien improbable. Puisque rares sont les PME qui pourraient se le permettre, il semble que l’ISDS soit réservé aux grandes entreprises et non aux PME. À cet égard, il est intéressant de noter que la principale association indépendante de PME allemande, la BVMW (Bundesverband Mittelständische Wirtschaft), qui compte 270 000 PME membres, a condamné publiquement l’ISDS (15), car trop onéreux et compliqué à utiliser pour ses membres, représentant donc un privilège de fait pour les multinationales.Un autre aspect pourrait aller à l’encontre des intérêts des PME. La protection que le TAFTA offre aux investisseurs (par l’intermédiaire de l’ISDS), pourrait encourager les entreprises européennes à délocaliser leurs installations de production aux États-Unis pour profiter d’une main d’œuvre moins chère. Cela peut représenter un risque pour les PME qui fabriquent des composants et qui se sont installés à proximité de leur principal client, comme c’est souvent le cas dans le secteur automobile. Si leur client délocalise ses usines aux États-Unis, elles pourraient alors perdre leur principale activité. Cela peut également affecter d’autres PME qui fournissent des marchandises ou des services à de grandes entreprises. De nombreuses entreprises américaines ont profité de l’ALENA pour délocaliser leur production au Mexique, comme cela est indiqué plus haut. De ce fait, les dispositions de protection des investissements prévues dans le TAFTA s’avèrent plus avantageuses pour les grandes entreprises que pour les PME.

Un « chapitre » PME (16), actuellement en cours de négociation, va être ajouté au TAFTA. Les détails sur la manière dont le TAFTA devrait aider les PME ne sont pas encore connus, mais les premiers textes suggèrent que le chapitre devrait inclure des échanges d’information, des sites Web et la création de bases de données. Cela pourrait apporter une certaine aide aux PME européennes qui souhaitent exporter vers les États-Unis, mais est-ce suffisant pour pousser les PME qui n’exportent pas actuellement à le faire ?

D’après le Conseil de l’Atlantique-Nord «seul 25% des plus de vingt millions de PME européennes exportent en dehors de leurs frontières nationales, et seulement 13 % exportent à l’extérieur de l’Europe. » Les exportations vers les États-Unis constituent seulement une petite partie de la contribution des PME au PIB de l’Europe. Si le TAFTA multipliait par deux cette contribution (en restant très optimistes), l’augmentation nette du PIB européen que cela représenterait serait toutefois négligeable. En outre, beaucoup de PME ont passé des années, voire des générations, à construire des relations, fondées sur les bonnes pratiques, avec des clients locaux, régionaux, nationaux et européens. Alors que certaines PME exportent hors des frontières européennes, beaucoup d’entre elles ne disposent pas des ressources internes ou du capital risque pour investir dans le personnel nécessaire à l’exportation vers les États-Unis, ou n’ont pas besoin de le faire. La plupart de leurs marchandises et de leurs services sont également destinés aux marchés européens. L’hypothèse en matière de modélisation économique selon laquelle le marché américain et les marchés locaux européens sont équivalents à tous égards peut s’appliquer aux fabricants de marchandises, comme les voitures, qui sont vendues à l’échelle internationale, mais n’est probablement pas applicable à des produits comme la nourriture qui sont influencés par les cultures locales, nationales et régionales. Cela n’a pas été pris en compte dans les modèles économiques simples du TAFTA.

La question est donc : pourquoi la Commission européenne a décidé de ne pas indiquer quelles sont les entreprises pour lesquelles le TAFTA a été conçu ? S’agit-il d’entreprises comme la vôtre ?

 

4: La revue à la baisse des réglementations européennes sera-t-elle positive pour les PME européennes ?

Le TAFTA n’est pas comme d’autres accords commerciaux dont vous avez entendu parler. Réduire les barrières douanières (frais de douane) n’est en réalité qu’une mesure secondaire et non sa principale fonction. Son objectif premier est d’éliminer, ou « d’harmoniser » (en fait, réduire) la réglementation dans des domaines tels que la qualité alimentaire, la santé, la sécurité, la nutrition et l’environnement aux États-Unis et en Europe, ce qui constitue, dans le langage des documents officiels de la Commission européenne, des « barrières » ou des « entraves » au commerce. Alors que supprimer les procédures inefficaces et redondantes est un objectif louable, que les PME soutiendraient sans aucun doute vivement, la question qui intéresserait vraiment ces dernières est : quel sera l’impact de cette suppression des « barrières aux échanges » sur mon entreprise ?

Considérons que des entreprises américaines, qui produisent des produits ou des services conformément à des réglementations moins exigeantes (et donc moins coûteuses à respecter), seront en mesure de proposer des produits de manière rentable à un prix inférieur à celui des entreprises européennes devant se conformer à des réglementations plus contraignantes. Si tel est le cas, alors les entreprises américaines devraient être en mesure de conquérir des parts de marché importantes des PME dans de nombreux secteurs. Les PME seraient alors confrontées à deux options tout aussi difficiles l’une que autre : soit réduire leurs coûts de base de 30 %-40 % (la différence moyenne entre les salaires américains et européens) pour rester compétitifs, soit complètement transformer leur offre et leurs systèmes de production en très peu de temps. Après quelques années de lutte infructueuse, de nombreuses PME européennes finiraient probablement par faire faillite, contribuant à augmenter le chômage et la désolation de beaucoup de communautés qui vivent grâce aux petites et moyennes entreprises. Il convient de rappeler que plus de 60 % des travailleurs en Europe sont employés par des PME. Ce qui est sûr, c’est que même si ce qui précède ne devait se réaliser que partiellement, les PME devraient se sentir concernées par la réduction ou l’élimination des réglementations prévues par le TAFTA. Il est intéressant de souligner que les organismes officiels qui représentent les PME dans plusieurs grands pays d’Europe (le FSB au Royaume-Uni, la CGPME en France et le DIHK en Allemagne) soutiennent ouvertement le TAFTA. Pourtant, ils n’ont pas réussi à convaincre des avantages économiques du TAFTA, surtout pour les PME.

La question est donc : pourquoi aucune autorité ne semble être consciente des conséquences potentiellement désastreuses du TAFTA pour les PME et, si c’est le cas, pourquoi ne sont-elles pas honnêtes quant à l’impact que le TAFTA pourrait avoir sur les PME ? 

 

5: Le TAFTA va-t-il réduire l’influence des PME sur les processus réglementaires ?

L’une des principales mesures envisagées dans le cadre du TAFTA consistera à établir un processus de « coopération réglementaire », où les régulateurs de part et d’autre se réuniront régulièrement et décideront quelles réglementations et normes doivent être modifiées ou introduites à l’avenir. D’après les propositions publiées en janvier 2015 par la Commission européenne (17), plusieurs « acteurs » comprenant de grandes entreprises et vraisemblablement des PME (ou plus probablement uniquement leurs associations professionnelles), seront consultés à différentes étapes de ce processus avant que de nouvelles réglementations soient autorisées. Si nous reprenons les mots de l’ancien Commissaire chargé du commerce extérieur de la Commission européenne, Karel de Gucht, l’objectif est que le TAFTA devienne un « accord vivant », qui adapte constamment la réglementation pour favoriser le commerce.

Cette invitation qui propose aux entreprises d’avoir une voix, ou peut-être même un véto, dans le processus d’élaboration des réglementations est un écart considérable par rapport au processus démocratique existant en Europe. D’après le rapport (18) du très respecté Corporate Europe Observatory basé à Bruxelles, ce processus de « coopération réglementaire » est un danger pour la démocratie en Europe et creuse l’écart entre les citoyens les moins bien protégés, ce qui inclut les PME, et ceux qui ont le pouvoir d’introduire des lois et réglementions.

La plupart des PME ne jouent pas un rôle important dans leurs associations professionnelles, même lorsqu’elles en ont un. Beaucoup de directeurs ou de propriétaires de PME sont trop occupés à assurer le fonctionnement de leur petite entreprise pour pouvoir se consacrer à ces activités. Certaines font partie de groupements d’entreprises qui incluent également des entreprises bien plus grandes. En fait, les PME sont peut-être même moins impliquées dans les décisions relatives au TAFTA que les citoyens ordinaires et dépendent des représentants politiques pour défendre leurs intérêts.

La question que nous nous posons est la suivante : pourquoi les gouvernements européens et leurs parlements voudraient soutenir une telle atteinte à leur pouvoir et est-ce que cela va dans l’intérêt des citoyens européens ?

 

Richard Elsner MORE

E-mail : richard.elsner172@gmail.com

 

MORE (Movement for Responsibility in Trade Agreements, Mouvement pour la responsabilité dans les accords commerciaux), est une association de PME et de citoyens européens créée pour veiller à ce que les accords commerciaux tels que le TAFTA répondent équitablement aux intérêts des entreprises et de la société ainsi que pour protéger les PME en Europe et aux États-Unis. MORE a établi de solides relations de collaboration avec des associations de PME indépendantes en Europe. L’initiative est apolitique et financée par des fondations européennes, notamment la Schöpflin Stiftung en Allemagne qui en est le membre fondateur.

3.3.15

Références

(1) Rapport annuel de la Commission européenne sur les PME européennes 2012-2013

(2) MORE. Ce court document a été rédigé par MORE (Movement for Responsibility in Trade Agreements, Mouvement pour la responsabilité dans les accords commerciaux), une association de citoyens européens créée pour veiller à ce que les accords commerciaux tels que le TTIP répondent équitablement aux intérêts des entreprises et de la société ainsi que pour protéger les PME en Europe et aux États-Unis. Son site Web sera bientôt disponible.

(3) Reducing Transatlantic Barriers to Trade and Investment: Center for Economic Policy Research. Mars 2013

(4) TTIP – A GOOD DEAL? Werner Raza, Fondation de la recherche autrichienne pour le développement international (ÖFSE) ; Lance Taylor, The New School for Social Research ; Bernhard Tröster, (ÖFSE) et Rudi von Arnim, Université d’Utah à Salt Lake City, Schwartz Center for Economic policy Analysis, Policy Note, Décembre 2014 – étude qui passe en revue les quatre principaux exercices de modélisation économique utilisés pour défendre le TTIP. http://www.economicpolicyresearch.org/images/docs/research/globalization_trade/Taylor _Policy_Note_1.9.15_FINAL.pdf

(5) Assess TTIP: Assessing the Claimed Benefits of the Transatlantic Trade and Investment Partnership, W Raza, J Grumiller, L taylor, B Tröster, R v Arnim, OFSE 2014

(6) The Transatlantic Trade and Investment Partnership: European Disintegration, Unemployment and Instability, Jeronim Capaldo, TUFTS University. Octobre 2014

(7) TTIP: The Opportunities for small and medium-sized enterprises. Office des publications de l’Union européenne, ISBN 978-92-79-36461

(8) TTIP: Big Opportunities for Small Business, The Atlantic Council, Novembre 2014

(9) Ex-ante versus ex-post assessment of the economic benefits of Free Trade Agreements: Lessons from NAFTA, J-A Grumiller. Mai 2014

(10) Did NAFTA help Mexico? An assessment after 20 years; M Weisbrot, S Lefebvre et J Sammut, CEPR, Washington DC

(11) Raw Deals for Small Businesses: US Small Firms have endured slow and decling Exports under “Free Trade” Deals: Public Citizen. Février 2015

(12) NAFTA at 20: Overview and Trade Effects : Congressional Research Service: Villareal & Fergusson. Avril 2014

(13) http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21623756-governments-are- souring-treaties-protect-foreign-investors-arbitration

(14) For instance using ISDS in the Hong Kong – Australia trade agreement, tobacco company Philip Morris challenged the introduction of plain packaging on cigarettes in Australia, http://insidestory.org.au/philip-morris-australia-and-the-fate-of-europes-trade-talks/

(15) BVMW (Bundesverband Mittelständische Wirtschaft). Communiqués de presse d’août à décembre 2014

(16) SMEs Chapter X: Proposal from the EU to the US, publié en janvier 2015

(17) Initial Provisions for Regulatory Cooperation. Publiées par la Commission européenne le 30 janvier 2015

(18) « The crusade against red tape » Rachel Tansey, CEO. Octobre 2014

 

 

Source : http://www.moreforsmesthanttip.eu

 

 

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 22:57

 

Source : Les Verts de Rage

 

Pour le lobbyiste Patrick Moore pro OGM et pro Monsanto, on peut boire du roundup, c'est sécuritaire...jusqu'au moment ou le journaliste lui en propose un verre...surréaliste...
Cela démontre bien la mauvaise foi, les mensonges, l'avidité et le "jusquauboutisme" des ces industrielles vendeurs de mort et d'écocide...

 

Lien : https://www.youtube.com/watch?v=ovKw6YjqSfM#action=share

 

Ajoutée le 27 mars 2015

SM Gibson
March 26, 2015
(ANTIMEDIA) French television station Canal+ recently sat down with Dr. Patrick Moore for an upcoming documentary. Dr Moore, who claims to be an ecological expert and is currently the frontman for Ecosense Environmental, stated to the interviewer that Monsanto’s weed killer Roundup was not responsible for skyrocketing cancer rates in Argentina.


This is where the interview took a turn for the surreal.
Dr. Moore insisted that Roundup is safe to drink, at which point the interviewer did the only logical thing one could do in that situation. He offered the doctor a glass of the weed killer to allow him an opportunity to back up his statement. The following is the text from that exchange.
Dr. Patrick Moore: “You can drink a whole quart of (Roundup) and it won’t hurt you.”
Canal+: “You want to drink some? We have some here.”
Moore: “I’d be happy to, actually…. Uhh…Not.. Not really. But I know it wouldn’t hurt me.”
Canal+: “If you say so, I have some glyphosate, have some.”
Moore: “No. I’m not stupid.”
Canal+: “So, it’s dangerous, right?
Moore: “No, People try to commit suicide with it and fail; fail regularly.”
Canal+: “Tell the truth, it’s dangerous.”
Moore: “It’s not dangerous to humans.”
Canal+: “So, are you ready to drink one glass?”
Moore: “No, I’m not an idiot. Interview me about golden rice, that’s what I’m talking about.”
Canal+: “We did.”
Moore then abruptly ends the interview by calling the host a “complete jerk” and storms off.
Greenpeace, an organization to which the doctor turned lobbyist belonged in the 1970’s, issued this statement in part in 2008 regarding Dr. Patrick Moore.
Patrick Moore often misrepresents himself in the media as an environmental “expert” or even an “environmentalist,” while offering anti-environmental opinions on a wide range of issues and taking a distinctly anti-environmental stance. He also exploits long-gone ties with Greenpeace to sell himself as a speaker and pro-corporate spokesperson, usually taking positions that Greenpeace opposes.




While it is true that Patrick Moore was a member of Greenpeace in the 1970s, in 1986 he abruptly turned his back on the very issues he once passionately defended. He claims he “saw the light” but what Moore really saw was an opportunity for financial gain. Since then he has gone from defender of the planet to a paid representative of corporate polluters.




Patrick Moore promotes such anti-environmental positions as clearcut logging, nuclear power, farmed salmon, PVC (vinyl) production, genetically engineered crops, and mining. Clients for his consulting services are a veritable Who’s Who of companies that Greenpeace has exposed for environmental misdeeds, including Monsanto, Weyerhaeuser, and BHP Minerals.
Watch the video from Canal+

Original Video:
http://theantimedia.org/lobbyist-clai...

This article (Lobbyist Claims Monsanto’s Roundup Is Safe To Drink, Freaks Out When Offered A Glass) is free and open source. You have permission to republish this article under a Creative Commons license with attribution to the author and TheAntiMedia.org. Tune in to the Anti-Media radio show Monday through Friday @ 11pm Eastern/8pm Pacific. Help us fix our typos: edits@theantimedia.org.

 

 

 

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