Samedi 19 avril 2014 6 19 /04 /Avr /2014 23:58

 

Source : lesmoutonsenrages.fr

 

 

Manipulation du cours des devises : la guerre monétaire mondiale est à un tournant

 

 

5 avril, 2014

Posté par Ender

 

 

Eric Toussaint, du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde, affirme dans Le Monde que 95% des échanges de devises sur le marché des changes sont de type spéculatif. De quoi, par exemple, comprendre la récente chute du Rouble ou encore celles des monnaies des pays émergents, comme le Peso argentin.

Les banques sont les principaux acteurs sur le marché des devises et elles entretiennent une instabilité permanente des taux de change. Plus de 95 % des échanges de devises sont de type spéculatif. Une infime partie des transactions quotidiennes en devises concerne des investissements, du commerce de biens et de services liés à l’économie réelle, des envois de migrants.

Le volume quotidien des transactions sur le marché des devises tournait, en 2013, autour de 5 300 milliards de dollars (3799 milliards d’euros) ! Les banques qui disposent, comme les fonds de placement mutuel, de très importantes liquidités en usent et en abusent en poussant des monnaies à la baisse ou à la hausse afin d’obtenir des gains sur les différentiels de taux de change.

Les banques jouent également de manière déterminante sur des dérivés de change qui peuvent provoquer des pertes considérables, sans compter les méfaits de l’instabilité des monnaies pour l’ensemble de la société. A partir de mai 2013, les monnaies de grands pays dits émergents (Inde, Brésil, Afrique du Sud, Russie, Turquie, Argentine…) ont été soumises à des attaques spéculatives et ont perdu dans certains cas jusqu’à 20% de leur valeur.

Source : Le Monde

Les grands banques mondiales, et principalement anglo-saxonnes, sont donc parfaitement en capacité de livrer une véritable guerre monétaire suivant les intérêts géopolitiques. Guerre malheureusement déjà perdue par l’Europe (mais est-ce vraiment une surprise tant que l’UE reste le cheval de Troie des intérêts états-uniens sur le continent ?) mais qui fait rage actuellement entre le roi dollar et le Yuan, et accessoirement le Rouble.

 

Ce jeu de stratégie militaire financière a pris une intensité particulière du fait qu’il a eu lieu au beau milieu de la panique boursière fin 2008-début 2009. Sans rentrer dans les détails, je dirais juste que l’Equipe Russie a annoncé qu’elle accepterait uniquement de l’or en échange de son pétrole et de son gaz — pas de dollars. Puis l’Equipe Chine a elle aussi tenté de son côté de « resserrer le noeud autour du cou du dollar américain ».

Lors du second et dernier jour du jeu de stratégie, la Russie de Vladimir Poutine a déclaré à propos du dollar, « l’unique monnaie de réserve est devenue un danger pour l’économie mondiale : c’est à présent évident pour tout le monde ».

Selon Rickards, la véritable guerre monétaire présagée par Poutine a commencé début 2010. Il l’a nommée la Guerre monétaire III

Source : La Chronique Agora

C’est dans cette perspective qu’il faut lire certaines décisions récentes d’importance, comme le rachat massif par Pékin d’or physique de manière à asseoir le Yuan comme monnaie de réserve internationale de substitution au dollar.

A ce train-là, la Chine devrait devenir, d’ici 2017, le pays ayant les premières réserves au monde, devant les Etats-Unis. Cela fait sens, affirment plusieurs économistes : les dirigeants chinois sont à la manœuvres pour préparer l’après-règne du dollar. La Chine possède en effet plus de 5.000 milliards de dollars, dont la valeur ne cesse depuis cinq ans, de baisser, suite aux opérations d’émissions massives (le « Quantitative Easing ») lancées par la Réserve fédérale.

Elle remplace donc petit à petit ses réserves de dollars par des réserves d’or, plus stables, et plus aptes, le jour où sa monnaie, le Yuan (appelé aussi Renminbi), sera convertible… et donc en mesure de faire concurrence à la devise de son principal rival économique. Récemment, l’agence de presse officielle Xinhua, appelait d’ailleurs à une « désaméricanisation du monde ». Elle prévoit d’ailleurs que le Yuan remplacera à terme le dollar dans les transactions sur les matières premières.

Source : Challenges

Dans le même temps, l’Allemagne a bien du mal à récupérer le stock d’or qu’elle avait confié à la Fédéral Réserve, comme si le stock annoncé par les autorités US ne correspondait pas à l’état des réserves réelles…

Le dernier round de cette guerre monétaire pourrait se jouer actuellement. Le président Russe Vladimir Poutine vient en effet de déclarer que la Russie pourrait sortir du système monétaire basé sur le dollar en imposant le Rouble pour toutes ses transactions internationales !

La Russie, « contrainte et forcée » par les sanctions internationales, crée un système indépendant du dollar. Moscou annonce qu’elle vendra (et achètera) ses produits et matières premières, comme le pétrole, en roubles et non plus en dollars. Cela fait un certain temps que Poutine prépare cette transition, avec la création d’un système de paiement en roubles complètement indépendant et protégé du dollar et des spéculations meurtrières des grandes institutions financières occidentales.

Source : mondialisation.ca

Pour compléter le tableau, il faut signaler l’accord intervenu la semaine dernière entre la bourse de Francfort et Pékin afin de constituer une chambre de compensation euro/Yuan pour tous les échanges entre la Chine et la zone euro.

Après son séjour en France et avant sa visite à Bruxelles, à partir du dimanche 30 mars, le président chinois, Xi Jinping, s’est rendu durant quarante-huit heures en Allemagne, vendredi et samedi : à Berlin pour des entretiens politiques, puis en Rhénanie-du-Nord – Westphalie, où 800 entreprises chinoises seraient installées.

L’annonce économique la plus importante est sans doute le choix de Francfort pour créer une chambre de compensation de la devise chinoise, le yuan. Deux accords, l’un entre les banques centrales allemande (Bundesbank) et chinoise, l’autre entre la Bourse de Francfort et la Bank of China, ont rendu possible cette création, qui devrait faciliter les transactions en yuans effectuées à partir de la zone euro.

Actuellement, les conversions entre le yuan et l’euro ne peuvent se faire qu’à Shanghaï ou Hongkong. Et nombre de transactions s’effectuent en dollars avec un double taux de change.

Source : Le Monde

Tous ces éléments convergeant montrent que la chute du « roi » dollar pourrait s’accélérer…

 

 

Source : lesmoutonsenrages.fr

 

 

 


Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Economie et social
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 19 avril 2014 6 19 /04 /Avr /2014 23:53

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Accaparement

La moitié des terres en Europe est contrôlée par 3% de gros propriétaires

par Sophie Chapelle 18 avril 2014

 

 

 

 

Les phénomènes de concentration et d’accaparement des terres ne concernent pas que l’Afrique ou l’Asie. Les gros propriétaires terriens sont aussi très actifs au sein de l’Union européenne. C’est ce que montre une infographie publiée le 14 avril par l’organisation Transnational Institute basée à Amsterdam. Les données sont effarantes : 3 % des plus grandes exploitations agricoles contrôlent 50 % des terres dans l’Union européenne ! A l’instar de ce qui se joue en France (voir notre enquête), ces exploitations s’agrandissent au détriment des petites fermes. Entre 2003 et 2010, le nombre de fermes inférieures à 10 hectares (ha) a par exemple diminué d’un quart. Dans le même temps, les exploitations de plus de 50 ha se sont étendues sur 7 millions d’ha, soit la surface de l’Irlande !

 

 

Cette course aux hectares agricoles touche d’abord les pays d’Europe de l’Est. La Hongrie, la Roumanie et la Serbie sont les pays européens les plus convoités par les investisseurs étrangers. 500 000 hectares en Serbie, soit 15 % du foncier agricole, ont ainsi été accaparés par des sociétés commerciales, relève le Transnational Institute (voir également notre article sur la Roumanie). A ces phénomènes de concentration et de financiarisation des terres agricoles, se mêle le problème de l’artificialisation des terres. Entre 2005 et 2010, la surface agricole a perdu 227 200 hectares en France, soit la superficie du Luxembourg récupérée au profit du bétonnage et de zones commerciales. Mais dans ce domaine, c’est l’Allemagne qui caracole en tête.

 

Des subventions qui creusent les inégalités

Le Transnational Institute met aussi l’accent sur le rôle de la Politique agricole commune (PAC) qui incite à l’agrandissement des exploitations et à la concentration des terres. Depuis 1992, les soutiens apportés aux prix des produits agricoles ont été remplacés par des subventions à la production. Autrement dit, plus la surface d’une exploitation est importante, plus l’agriculteur reçoit des aides. Résultat, en 2011, 1,5 % des plus grandes exploitations agricoles ont perçu un tiers des subventions de la PAC. Ces inégalités dans l’attribution des aides sont aussi géographiques : l’Europe de l’Ouest, qui représente 44 % des fermes, a reçu 80 % des subventions – contre 20 % pour l’Europe de l’Est.

 

 

Qui sont les principaux bénéficiaires de ces aides ? Ce ne sont pas des agriculteurs mais des entreprises du secteur agroalimentaire. Depuis 1997, Friesland Campina, une coopérative néerlandaise de produits laitiers, a ainsi perçu 1,6 milliards d’euros de subventions ! L’entreprise française Saint Louis Sucre (filiale de l’allemand Südzucker) a bénéficié de 196 millions de subventions depuis 2004. Et au Royaume-Uni, la multinationale Nestlé à perçu 197 millions d’euros.

Cette infographie s’appuie sur les données d’un rapport de ECVC (Coordination européenne de la Via Campesina) et de l’Alliance Hands-Off The Land [1]. Ces organisations appellent les pouvoirs publics à « réduire la marchandisation de la terre et à promouvoir la gestion publique des territoires ». Elles demandent à ce que la priorité soit donnée aux petits agriculteurs qui promeuvent l’agriculture paysanne et la production alimentaire soutenable. Et proposent la création d’une banque de données permettant de suivre les transactions foncières des gouvernements et entreprises. Avec l’objectif, espèrent-elles, d’endiguer la disparition programmée des petits paysans.

 

Notes


Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : www.bastamag.net

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Alertes- Ce que vous devriez savoir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 19 avril 2014 6 19 /04 /Avr /2014 23:40

 

Source : www.mediapart.fr

 

Un ancien de Mobil Oil: «Le gaz de schiste est pire que le charbon»

|  Par Jade Lindgaard

 

 

 

Un ancien dirigeant du groupe pétrolier américain Mobil Oil explique son opposition radicale aux forages de gaz et d'huile de schiste. Il pointe les pollutions massives, l'impact important sur le climat, les ressources limitées et appelle à sortir des énergies fossiles.

Au temps de la guerre froide, on l’aurait qualifié de transfuge. Ancien vice-président exécutif du groupe pétrolier Mobil Oil, Louis Allstadt est devenu un opposant résolu à l’exploitation des gaz et des pétroles de schiste (voir par exemple ici cette audition publique). Aujourd’hui retraité, il a dirigé des opérations d’exploration et de production de l’entreprise après avoir été en charge de ses activités d’approvisionnement, de commerce et de transport pour le monde. Il a également supervisé, côté Mobil, la fusion de son entreprise avec la société Exxon – Exxon Mobil est aujourd’hui l’un des plus grands groupes mondiaux. Au total, Louis Allstadt a travaillé trente et un ans dans les hydrocarbures.

 

Louis Allstadt, pendant notre entretien par Skype, le 2 avril (OA). 
Louis Allstadt, pendant notre entretien par Skype, le 2 avril (OA).

Mediapart a pu l’interroger pendant près d’une heure, par Skype et en public, dans le cadre d’une discussion qui a suivi la projection du film de Lech Kowalski Holy Field Holy War (voir ici), début avril. Nous publions ci-dessous la retranscription de cette conversation, complétée par un échange par email.

Dans cet entretien, il s'inquiète en particulier des fuites de méthane, un puissant gaz à effet de serre, lors des forages de gaz de schiste. Des chercheurs viennent de mesurer des taux de fuite très supérieurs aux estimations de l'agence américaine de protection de l'environnement (voir ici leur article).

Pourquoi vous opposez-vous à l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste, vous, un ancien cadre dirigeant de l’industrie pétrolière ?  

Louis Allstadt. J’ai pris ma retraite de l’industrie pétrolière et gazière en 2000. Je n’ai aucune intention de travailler de nouveau dans ce secteur. Il y a six ans environ, des amis m’ont demandé s’il était possible de forer en toute sécurité des puits de gaz à seulement 150 mètres du lac qui fournit l’eau potable de notre village. J’ai d’abord trouvé très étrange de vouloir forer aussi près.

Puis je me suis plongé dans les différences technologiques entre la fracturation hydraulique et les méthodes des forages conventionnels. La fracturation hydraulique utilise de 50 à 100 fois plus d’eau et de produits chimiques que les anciens forages conventionnels. Son infrastructure industrielle est aussi beaucoup plus importante. Le problème des déchets est majeur : il faut environ 20 millions de litres d’eau et environ 200 000 litres de produits chimiques pour fracturer. Un tiers environ de ces liquides ressort du puits chargé de métaux lourds. Ce sont des déchets toxiques et pour une part radioactifs. Le lien a été fait entre leur stockage sous pression, dans les puits d’injection, et des tremblements de terre à proximité. La moindre fuite crée un sérieux problème aux réserves d’eau potable.

Les riverains de forages par fracturation hydraulique sont victimes de nuisances importantes. Il existe des procédés de recyclage de l’eau usée qui permettent de consommer 30 % d’eau « fraîche » en moins. Mais il faut quand même énormément d’eau. Des progrès ont aussi été accomplis dans la réalisation des puits, permettant de réduire les fuites de méthane. Mais ces améliorations sont bien faibles au regard de la force brutale de cette technologie.

Au bout de quelques années, je suis arrivé à la conclusion que cette technologie ne peut pas être utilisée sans dommage, en particulier à proximité de là où des gens vivent et travaillent. Or je me suis rendu compte que les réglementations étaient très limitées. La loi américaine autorise par exemple les exploitants à garder secrète la composition des produits chimiques qu’ils utilisent pour forer. Elle autorise également les forages très près des écoles et des bâtiments publics. J’espère donc que vous aurez de bien meilleures lois que nous. 


Puits et stockage de gaz de schiste autour de Battlement Mesa, dans le Colorado (©TC). 
Puits et stockage de gaz de schiste autour de Battlement Mesa, dans le Colorado (©TC).

À quoi servent les gaz et huile de schiste aux États-Unis ?

Le gaz de schiste n’est pas différent du gaz conventionnel. C’est chimiquement la même chose. Pareil pour le pétrole. Le gaz, qu’il provienne d’un forage par fracturation hydraulique ou d’un forage conventionnel, passe par les mêmes tuyaux, les mêmes gazoducs et sert de la même manière au chauffage des logements, à produire de l’électricité, à cuisiner. Aujourd’hui les principales sources d’énergie aux États-Unis sont le pétrole, qui sert principalement dans les transports (essence, diesel, carburant aérien) et un peu pour le chauffage. Le charbon est utilisé pour produire de l’électricité. Les pourcentages des unes et des autres varient en fonction des régions américaines.

L’électricité est beaucoup produite à partir de charbon aux États-Unis, ressource qui émet énormément de gaz à effet de serre, plus que le gaz. Or l’un des arguments des pro-gaz de schiste est d’affirmer que cette méthode réduit l’impact climatique de la production d’énergie. Que leur répondez-vous ? 

Si vous brûlez tout le gaz, vous émettez moins de dioxyde de carbone qu’avec le charbon. Le problème, c’est qu’une grande partie de ce gaz fuit et s’échappe dans l’atmosphère sous forme de méthane, qui est 80 à 100 fois pire, en pouvoir de réchauffement, que le CO2 pendant les vingt ans qui suivent son rejet. Ces fuites sont un gros problème. Et elles rendent en réalité le gaz pire que le charbon. Des études sur les champs de production indiquent un taux de fuite dans l’atmosphère qui peut atteindre 6 %. Sous les rues des grandes villes, les vieux tuyaux qui fournissent le gaz aux logements et aux bâtiments fuient quant à eux de 3 à 5 %. S’y ajoutent les fuites des stations de compression, et celles qui se produisent chaque fois que vous allumez votre gazinière. Or il suffit de 1 à 1,5 % de fuite pour que le recours au gaz soit aussi mauvais que le charbon en matière d’émission de gaz à effet de serre.

Donc, même s’il semble que brûler du gaz soit plus propre que brûler du charbon, c’est faux. On ne le sait que depuis ces dernières années. Je dois dire que cela m’a surpris lorsque je l’ai découvert. Tous les tests réalisés jusqu’ici indiquent que nous avons un très gros problème.

L’exploitation du gaz et des huiles de schiste constitue une activité importante aux États-Unis aujourd’hui. L’Europe peut-elle être un nouvel eldorado ?


Action du collectif "Les dindons" contre le forage de Hess Oil à Jouarre, 22 septembre 2013. 
Action du collectif "Les dindons" contre le forage de Hess Oil à Jouarre, 22 septembre 2013.

Vous pouvez probablement apprendre de ce qui s’est passé aux États-Unis. Au départ, les entreprises gazières prétendaient que là où il y a du gaz de schiste, vous pouvez bâtir un puits et en extraire du gaz. Pendant quelques années, des puits de forage sont effectivement apparus là où se trouvaient des gisements de gaz. Ce qu’on a découvert, c’est que ce gaz n’est pas présent partout dans le sous-sol, mais seulement en quelques endroits d’un potentiel gisement, ce qu’on appelle des « sweet spots », des « parties tendres ». Donc l’exploitant qui tombe sur une « partie tendre » peut très bien s’en sortir. Mais ceux qui ne les ont pas trouvées ne s’en sortent pas si bien.

Par ailleurs, les premières estimations de l’étendue des réserves gazières ont été très surestimées. Au départ, il se disait que les États-Unis pouvaient avoir dans leur sous-sol l’équivalent de cent ans de consommation de gaz. Maintenant, on ne parle plus que de vingt ans ou moins. Je ne connais pas précisément la situation des réserves européennes. Mais je crois qu’il va se passer la même chose que pour le reste des extractions de minerais : le produit est concentré en certains rares endroits, et il ne sera pas rentable d’exploiter le reste. Regardez la décision que vient de prendre Shell, un des plus gros groupes pétroliers au monde : ils réduisent leur engagement financier et en main-d’œuvre aux États-Unis dans le pétrole de schiste. C’est emblématique des difficultés rencontrées par d’autre majors (voir ici à ce sujet, ndlr).

Autre argument des défenseurs des forages de gaz et de pétrole de schiste : permettre l’indépendance énergétique des États-Unis. N’est-ce pas à vos yeux un horizon qui compte ?

C’est ce que disaient les entreprises au départ. Elles le disent toujours parfois. Mais cet argument ne se justifie vraiment pas. Les puits de pétrole et de gaz de schiste s’épuisent très vite. En un an, la rentabilité peut décliner de 60 %, alors que les gisements conventionnels de gaz déclinent lentement et peuvent rester productifs 40 ans après le début du forage.

L’autre aspect, c’est que les forages visent les « parties tendres ». Quand elles sont épuisées, d’autres emplacements moins productifs doivent être forés. Cela ne semble pas promettre des horizons d’indépendance énergétique aux États-Unis. Au contraire, je pense qu’ils vont recommencer à importer du gaz d’ici la fin de la décennie. Les États-Unis ne sont pas indépendants énergétiquement et ne le deviendront pas grâce aux forages de gaz et d’huile de schiste. Même s’ils deviennent le plus gros producteur mondial de pétrole, ils continueront à en importer d’énormes quantités.

Quant aux emplois créés, ils ne bénéficient pas aux riverains des forages, mais profitent à des spécialistes venus du Texas ou d’Oklahoma ou d’ailleurs, qui ne restent que tant que dure le forage, et partent ensuite. Ils sont en général de courte durée. 


Prise de vue depuis le campement d'Occupy Chevron en Pologne. 
Prise de vue depuis le campement d'Occupy Chevron en Pologne.

Si le bilan des gaz et huile de schiste est si mauvais, pourquoi l’exploitation se poursuit-elle aux États-Unis et pourquoi Barack Obama en fait-il une telle promotion, notamment lors de son voyage officiel en Europe le mois dernier ?

Je pense que la position du président Obama est fortement influencée par son nouveau secrétaire à l’énergie, Ernest Moniz, qui est favorable à la fracturation hydraulique. Par ailleurs, l’information sur la quantité des fuites de méthane dans l’atmosphère et leur impact sur le climat est relativement récente. Il faut du temps aux gouvernements pour absorber l’information et changer de stratégie.

C’est aussi une question géopolitique en lien avec ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine. Je serais surpris que les États-Unis exportent de grandes quantités de gaz. Certaines entreprises veulent en exporter, sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL), parce que le prix du gaz est plus élevé en Europe et en Asie. Mais je n’y crois pas. Nous n’avons pas à ce jour de terminal d’exportation gazière. Peut-être un ou deux seront construits un jour, mais ils coûteraient beaucoup d’argent. Le transport par mer de gaz liquéfié coûte aussi très cher. Ce serait donc un investissement très risqué. Il n’y aura pas assez de gaz pour maintenir une activité d’exportation sur le long terme.

En France et en Europe on parle beaucoup de transition énergétique. Les États-Unis pourraient-ils répondre à leurs besoins d’énergie sans les gaz et huiles de schiste ?

La clé à long terme, c’est le passage aux énergies renouvelables : éolien, solaire, hydraulique. C’est la seule solution. Les hydrocarbures faciles et bon marché ont déjà été exploités. Il ne reste plus que les gaz et huile de schiste – mais leur production va décliner – et les gisements non conventionnels, en eau profonde et dans l’Arctique – mais ils coûtent extrêmement cher. Les renouvelables doivent donc très vite commencer à remplacer les fossiles. 

Si vous prenez en compte les externalités des carburants fossiles (le coût de leurs impacts sur l’environnement, ndlr), le coût important de la protection des régions côtières, des inondations, et des autres effets du dérèglement climatique, les énergies renouvelables sont d’ores et déjà compétitives. Car avec les hydrocarbures, il faut payer deux fois : une fois à l’achat, et ensuite en impôts pour rembourser les dommages qu’ils causent.

L’opinion publique américaine est-elle favorable ou opposée aux gaz et huiles de schiste ?

Aux États-Unis, les sondages peuvent dire tout et son contraire. Sur les études les plus crédibles, il semble qu’environ 40 % des personnes interrogées sont opposées à la fracturation hydraulique, environ 40 % y sont favorables et 20 % indécises. Il faut comprendre qu’aux États-Unis, les propriétaires fonciers sont aussi les détenteurs des droits miniers. Si bien que les propriétaires de terres ont tendance à être favorables aux forages des gaz de schiste car ils y peuvent toucher des droits et des recettes grâce à la location de leurs terres. C’est différent dans la plupart des autres pays. Les voisins de forages de gaz de schiste qui ne possèdent pas beaucoup de terrain ont tendance à s’inquiéter du sort des déchets issus de ces forages. Ainsi que du trafic routier intense des camions qui vont et viennent des puits. 

Vous considérez-vous comme un lanceur d’alerte ?

Je ne m’étais pas formulé les choses ainsi. Peut-être. Sauf que je ne dis rien qui ne soit déjà bien connu dans l’industrie des hydrocarbures, ce qui ne correspond donc pas à la définition exacte de ce qu’est un lanceur d’alerte.

Comment l’industrie énergétique a-t-elle réagi à vos déclarations ?

Ils ont été étonnamment silencieux. Ils n’ont rien répondu, en fait.

Vous semblez être passé d’une critique des gaz et huiles de schiste à une critique plus générale de l’utilisation des énergies fossiles en raison de leurs effets néfastes sur le climat.  

Tout à fait. Je me suis d’abord inquiété des effets locaux des exploitations des gaz de schiste là où j’habitais. Puis au fil des ans, je me suis beaucoup moins inquiété pour les forages car les recherches indiquent que les réserves ne sont vraisemblablement pas si importantes. Je suis aujourd’hui beaucoup plus inquiet des effets des gaz et huiles de schiste sur le dérèglement climatique. Peu importe où vous forez, peu importe d’où vous émettez : les gaz rejetés vont dans l’atmosphère et créent un problème pour nous tous, quel que soit votre lieu de vie.

Pensez-vous qu’il faut aujourd’hui sortir du pétrole ?

Ce n’est pas si simple d’en sortir. Cela prendra du temps. Mais nous devons commencer à emprunter cette voie. Les coûts des renouvelables baissent. Leur viabilité augmente assez vite. Notre approvisionnement énergétique doit changer. Nous devons remplacer les énergies fossiles aussi vite que possible par les renouvelables.

 

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Gaz de Schiste
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 19 avril 2014 6 19 /04 /Avr /2014 23:28

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Condamnés et réélus : après Balkany, revoici Bédier !

|  Par Mathilde Mathieu

 

 

Condamné pour corruption passive, Pierre Bédier a fait son retour vendredi à la présidence du conseil général des Yvelines. Un come-back silencieux, après moult tours de passe-passe en coulisse. Le PS dénonce « un sale coup fait à la démocratie ». Son cas repose la question de la réhabilitation en politique.

C’est l’incroyable come-back d’un élu condamné pour corruption à la tête du quatrième département le plus riche de France. Vendredi 11 avril, Pierre Bédier (UMP), ex-secrétaire d’État du gouvernement Raffarin (2002-2004), est redevenu président du conseil général des Yvelines (1,2 milliard d’euros de budget par an), cinq ans après que la justice l’a contraint à lâcher son siège.

 

Pierre Bédier, lors de son discours d'investiture vendredi 11 avril 2014 
Pierre Bédier, lors de son discours d'investiture vendredi 11 avril 2014 © DR

Son cas pose, une fois de plus, la question de la réhabilitation politique d’anciens édiles pris la main dans le sac et de leur « blanchiment » par les urnes – après la réélection d’un Patrick Balkany (UMP) ou d’un Xavier Dugoin aux municipales de mars (voir notre émission vidéo : Corruption, condamnations, réélections).

En 2009, ce chiraquien avait été condamné pour « corruption passive » et « abus de biens sociaux » à 18 mois de prison avec sursis et six ans d’inéligibilité – une peine réduite après une modification du code électoral en 2011. Si Pierre Bédier a toujours crié son innocence, le juge d’instruction de l’époque (Philippe Courroye), le tribunal de grande instance de Paris, puis la cour d’appel de Paris n’avaient exprimé aucun doute : en tant que maire de Mantes-la-Jolie (1995-2005), Pierre Bédier avait touché des pots-de-vin en espèces d’un entrepreneur local spécialisé dans le nettoyage, en échange de marchés municipaux.

« Quelqu’un condamné pour corruption ne devrait plus pouvoir se présenter à aucun scrutin, réagit le président du groupe de gauche au conseil général, André Sylvestre, dépité. Je regrette qu’une telle interdiction n’ait pas été votée avec les lois sur la transparence, au lendemain de l’affaire Cahuzac. » Cette mesure, François Hollande l’avait pourtant annoncée à la télé le 3 avril 2013, sabre au clair. « L’exemplarité des responsables publics sera totale, avait-il insisté. C’est mon engagement, je n’en dévierai pas. » Deux mois plus tard, les députés PS enterraient ses velléités, en agitant une possible « inconstitutionnalité ».

Côté UMP, presque personne n’aura pipé mot, Pierre Bédier arborant le soutien de Jean-François Copé (autre chiraquien de souche). « Je me réjouis de le voir revenir, a ainsi déclaré Henri Guaino, député du cru. J’ai la conviction que c’est quelqu’un d’honnête. » L’honnêteté étant visiblement affaire de conviction, la patronne de la fédération des Yvelines, la filloniste Valérie Pécresse, s’est convaincue qu’il valait mieux se taire – pourquoi se faire des ennemis alors qu’elle vise la tête de liste aux régionales de 2015 ? Jadis surnommé « le patron », Pierre Bédier avait aussi su entretenir une pépinière de jeunes élus qui misent désormais sur lui.

Au fond, seul un "poids-léger" de l’UMP locale, le président de l’agglomération de Mantes-la-Jolie Dominique Braye, s’est dressé publiquement contre le retour du condamné. « Tous les républicains honnêtes auraient dû s’y opposer, gronde ce vieil ami de Gérard Larcher (sénateur des Yvelines). Mais une chape de plomb s’est abattue sur nous, à coups de pressions et menaces. » Dominique Braye a été exclu du parti en février, enfoncé par Jean-François Copé. « Larcher a vaguement essayé de rattraper le coup, mais le courage n’a jamais été sa qualité principale, souffle ce déçu. De toutes façons, un parti qui défend Bédier, Balkany et Dassault, c’est plus mon truc ! »


Gérard Larcher, sénateur UMP des Yvelines et ancien président du Sénat 
Gérard Larcher, sénateur UMP des Yvelines et ancien président du Sénat © Reuters

La voie était libre pour Pierre Bédier, qui a mijoté son couronnement de vendredi pendant des mois, multipliant les arrangements de coulisse, éconduisant les médias nationaux pour mieux prévenir toute polémique. « Il n’a pas dit un mot, s’agace le socialiste André Sylvestre. Je ne sais même pas quel est son programme ! »

Ses manœuvres sont apparues au grand jour en mars 2013. Il lui fallait, avant toute chose, retrouver un simple siège de conseiller général. L’élu de Mantes-la-Jolie, son ami Michel Vialay (UMP), a ainsi décidé, tout à trac, de rendre son tablier. Pour provoquer une élection partielle, encore fallait-il que la suppléante de Michel Vialay accepte, elle aussi, de démissionner. Pas de problème, puisqu’il s’agissait de… Madame Bédier.

À l'issue d'un scrutin déclenché à une date "idéale" , le 7 juillet dernier c'est-à-dire en pleines vacances d’été, Pierre Bédier a ainsi recouvré un mandat (en rassemblant 60,2 % des bulletins, mais à peine 16 % des inscrits). « C’est incroyable, se désespère Françoise Descamps-Crosnier, députée socialiste de Mantes-la-Jolie qui qualifie Pierre Bédier de "voyou clientéliste". Les citoyens réclament des élus exemplaires mais ne mettent pas leurs idées en pratique. »

À l’époque, tous les socialistes n’étaient cependant pas au clair sur l'opportunité de mener campagne sur le thème de la probité. Lors du grand meeting local, Benoît Hamon avait choqué nombre de militants en passant sous silence la condamnation de Pierre Bédier. « J’avais failli quitter la salle ! » se souvient un cadre du PS des Yvelines.

Après son succès dans les urnes, Pierre Bédier devait ensuite trouver le moyen d’« exfiltrer » le président du conseil général en place, Alain Schmitz (UMP). Sa première idée ? Le recaser au Sénat, où une élue des Yvelines, Marie-Annick Duchêne (apparentée UMP), s’est vu suggérer de démissionner. À 73 ans, celle-ci a fait de la résistance. « Je suis contre tous les arrangements de coulisse », confiait-elle à Mediapart en juillet dernier, éreintant Pierre Bédier au passage : « Pour moi, quand un élu a été condamné pour corruption, la politique c’est fini. La dignité qu’on doit aux électeurs, c’est de ne pas se représenter. » Ce jeu de bonneteau ayant échoué, Pierre Bédier en a imaginé un autre.

Jusqu’à vendredi, l’opposition socialiste se demandait ce qu’il avait bien pu promettre à Alain Schmitz pour que celui-ci annonce, le 1er avril, sa démission de la présidence du conseil général. La réponse est tombée dans son discours d’investiture : Pierre Bédier va créer une « Agence départementale de soutien aux communes rurales », avec Alain Schmitz aux manettes (un beau tremplin pour les prochaines sénatoriales). Et avec quelles indemnités ? Ni ce dernier, ni Pierre Bédier n’ont retourné nos appels.

Vendredi, le socialiste André Sylvestre a ainsi dénoncé une « révolution de palais », la fédération PS des Yvelines un « sale coup fait à la démocratie ». Dans l’indifférence générale.

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Economie et social
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 19 avril 2014 6 19 /04 /Avr /2014 23:20

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/jean-louis-legalery

 

 

Royaume-Uni : les écarts continuent

Dans le gouvernement britannique de coalition Tory/LibDem, les semaines se suivent et se ressemblent fâcheusement. A la suite de la démission de la secrétaire d’état à la culture, Maria Miller — voir ici un précédent billet explicatif —, David Cameron a procédé à un mini remaniement, mais le moins que l’on puisse dire est qu’une fois encore il n’a pas brillé par son bon goût et son sens de l’éthique. 

Andrea-Leadsom-011.jpg

Andrea Leadsom, la nouvelle secrétaire d'état au Trésor  © Richard Gardner / Rex

 

En effet, à la fonction de secrétaire d’état au Trésor a été nommée Andrea Leadsom, qui est, depuis 2010, députée de la circonscription de South Northamptonshire, à l’est des Midlands, et membre de la commission parlementaire chargée du budget. Elle était auparavant, et l’information n’est pas sans importance en l’occurrence, cadre supérieur à la banque Barclays, où elle a été directrice des institutions financières.

 

Jusque là tout semblait aller bien, mais, comme le rapporte le Guardian de ce jour, en 2003 Andrea Leadsom et son mari avaient créé une société nommée Bandal et chargée de gérer les biens immobiliers du couple. Or Bandal a été enregistrée à Jersey, et chacun sait que l’île la plus importante de l’archipel anglo-normand fait partie des paradis fiscaux de la planète, havre de paix financier qui n’est qu’à une heure d’avion de Heathrow, l’aéroport de Londres. Le but était bien évidemment, à moins de nourrir une folle passion pour les paysages bucoliques de Jersey, de payer moins d’impôts dans le royaume. Un porte-parole du Trésor Royal a volé au secours de la toute nouvelle secrétaire d’état pour déclarer qu’il s’agit d’une situation claire et que tout ce qui est dû à l’impôt a été payé, ce qui reste à démontrer. Certes elle a pris la précaution — mais quelle précaution révélatrice ! puisqu’elle permet de contourner l’impôt sur les successions voté pendant le mandat de Gordon Brown — de laisser la direction de la société à son fils de 18 ans, lorsqu’elle a été élue à la chambre des communes en 2010. 

 

Hélas pour la nouvelle venue, cette révélation arrive une semaine après une déclaration ferme de George Osborne, chancelier de l’échiquier, donc ministre des finances du royaume, dans laquelle il a affirmé que les mesures pour éviter l’impôt sont moralement inacceptables, tax avoidance measures are morally unacceptable. Et il a conclu on ne peut plus clairement : The message is very simple – if you're hiding your money offshore, we are coming to get you, lisez : le message est simple, si vous cachez votre argent dans un paradis fiscal, nous vous retrouverons. On ne sait pas si Andrea Leadson tremble et évite son ministre de tutelle, mais ce que l’on sait de façon sûre, c’est que depuis l’arrivée au pouvoir des Tories et de leurs fantomatiques alliés, les familles britanniques ont perdu, en moyenne, 1.600 livres sterling par an, soit 1.950 €. Pendant ce temps-là les réformes fiscales ont permis aux millionnaires britanniques d’augmenter leurs revenus annuels de 100.000 livres sterling, soit 122.000 €. Quant à l’impôt non collecté pour cause de fraude fiscale il a représenté 1 milliard de livres sterling en 2013, soit 1 milliard 220 millions d’euros. Décidément « l’exemplarité » n’a pas de frontières…

 

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/jean-louis-legalery

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Economie et social
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 19 avril 2014 6 19 /04 /Avr /2014 23:11

 

Source : www.mediapart.fr

 

Nantes: le chef de la police assume sans réserve les blessés par Flashball

|  Par Louise Fessard

 

 

 

Le bilan des blessés de la manifestation de Nantes contre l'aéroport ne cesse de s'alourdir. Trois hommes ont été grièvement blessés à l’œil par des tirs policiers. Interrogé par Mediapart, le directeur départemental de la sécurité publique assume : « Ceux qui prennent le risque de s’en prendre aux forces de l’ordre s’exposent eux aussi à des dommages corporels. »

Trois jeunes hommes ont été grièvement blessés à l’œil par des tirs policiers, lors de la manifestation du 22 février à Nantes contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. L'un est éborgné et les deux autres ont peu de chances de retrouver la vue. Sur la page Facebook d’appel à témoignages qui a été créée, plusieurs autres manifestants affirment, photos à l’appui, avoir été atteints par des tirs de Flashball au visage : sur le crâne avec neuf points de suture, sur la joue ou encore à la lèvre. Quatre enquêtes pour violences ont déjà été confiées à la délégation rennaise de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

C'est un bilan particulièrement lourd et inédit pour une manifestation en France. Contacté par Mediapart, Jean-Christophe Bertrand, directeur départemental de la sécurité publique de Loire-Atlantique depuis juillet 2013, a accepté de répondre le 15 avril à nos questions par téléphone. Il assume sans sourciller les violences commises et rappelle qu'une enquête de l'IGPN est en cours. « Ceux qui prennent le risque de s’en prendre aux forces de l’ordre s’exposent eux aussi à des dommages corporels », déclare Jean-Christophe Bertrand.

Jeudi 17 avril, deux jours après cet entretien, Jean-Christophe Bertrand a incité, dans une note de service révélée par France-3 Pays de la Loire, les policiers blessés à saisir eux aussi la justice en leur annonçant la création d'une structure dédiée pour recueillir leurs plaintes. Il indique avoir lui-même décidé de déposer plainte en tant que directeur départemental: il veut «marquer tout (son) soutien aux fonctionnaires (...) mais aussi pour prendre en compte le caractère exceptionnel d'une manifestation qui a fortement marqué les esprits». Entretien.

Quel était le cadre d’utilisation du Flashball superpro et du Lanceur de balles de défense 40 × 46 (plus puissant et précis) au cours de cette manifestation ?

Jean-Christophe Bertrand : Le Flashball et le LBD ont effectivement été utilisés dans cette manifestation, dans le cadre légal. À savoir dans des situations de légitime défense, quand des fonctionnaires ont été agressés par des jets de divers projectiles, dont des pavés catapultés, des billes d'acier, des boulons, et des cocktails Molotov. Et à certains moments, dans un autre cadre d’emploi, qui est la dispersion des attroupements après que des sommations ont été effectuées.

Les fonctionnaires ont obligation de faire un rapport après chaque utilisation de ces armes. Combien de tirs ont eu lieu au cours de la manifestation du 22 février ?

Je ne peux pas vous dire. Ce sera à l’IGPN de le déterminer lors de son enquête.

La police française est réputée pour son savoir-faire en matière de maintien de l’ordre. Est-ce normal qu'au cours d'une manifestation, trois personnes soient grièvement blessés au visage par des tirs policiers au point, pour l’un, d’avoir perdu un œil ?

Il y avait 20 000 manifestants (50 000 selon les organisateurs, ndlr). Tout ceux qui ont défilé pacifiquement et n’ont pas cherché l’affrontement avec les forces de l’ordre n’ont rien eu. Mais un petit millier de personnes ont voulu en découdre et se sont exposées à une réplique des forces de l’ordre. On peut considérer que trois blessés au visage c’est beaucoup, mais il faut rapporter ce chiffre au nombre de manifestants. Nous encadrons tous les jours des manifestations à Nantes sans avoir à utiliser ces armes, ce qui prouve l’extrême violence de la manifestation du 22 février. Nous n’avions jamais connu ça à Nantes, et rarement dans le reste de la France. Au total, 130 policiers et gendarmes ont été blessés (dont 27 adressés au CHU et un seul cas grave d'un officier d'une CRS souffrant d'une fracture au bras, ndlr).

Il faut attendre les résultats de l’enquête de l’IGPN pour savoir si ces personnes ont effectivement été blessées par des tirs de Flashball et de LBD, et pour savoir ce que ces personnes faisaient au moment où elles ont été blessées. L’un des manifestants blessés à l’œil (Quentin Torselli, ndlr) se trouvait au milieu de gens qui affrontaient les forces de l’ordre. Je me demande ce qu’il faisait là (le jeune homme affirme qu'il reculait et était pacifique, ndlr).

Doit-on en conclure que les forces de l’ordre françaises sont autorisées à crever les yeux de manifestants qui se retrouvent au milieu d’affrontements ?

Ceux qui prennent le risque de s’en prendre aux forces de l’ordre s’exposent eux aussi à des dommages corporels. La réplique est proportionnée. Si l'on a équipé les forces de l’ordre d’armes non létales, c’est pour éviter que les fonctionnaires n'aient recours à des armes conventionnelles (armes à feu, ndlr).

Mais comment expliquer qu’autant de personnes aient été touchées au visage, alors qu’il est expressément interdit aux fonctionnaires de viser au-dessus des épaules, sauf cas de légitime défense ?

Si la personne bouge entre le moment où le fonctionnaire appuie sur la queue de détente de l’arme et l’impact, il y a toujours un risque que le point d’impact ne soit pas celui initialement visé.

Les policiers et gendarmes ont-ils reçu des instructions particulière quant à l’usage de ces armes avant la manifestation ?

Je rappelle que les fonctionnaires dotés de cette arme, à savoir les CRS, les gendarmes mobiles et les agents de sécurité publique, ont reçu une formation technique et juridique. Donc ils connaissent parfaitement leurs conditions d’usage.

«Je dépose plainte»

 

 

Sur une vidéo filmée par un photographe indépendant, on voit des CRS et un camion à eau poursuivre, gazer et asperger d'eau à haute pression des manifestants qui tentent de secourir Quentin Torselli, blessé quelques instants plus tôt. Y a-t-il eu des entraves aux secours ?

Non, il faut faire attention aux vidéos, car on ne voit pas ce qui se passe derrière les manifestants. La caméra est tournée uniquement vers les fonctionnaires. On ne peut donc pas analyser la scène en toute impartialité. Je ne pense pas que les fonctionnaires dans le camion à eau aient pu entendre ce que criaient les manifestants devant.

 

 

Deux journalistes ont déposé plainte pour violence. L’un d’eux, un photographe, a reçu un tir de Flashball dans le torse après avoir crié « Hé, c’est des journalistes ». Il se trouvait au milieu de plusieurs reporters clairement identifiables par leurs caméras et appareils photo. Pourquoi tirer sur un journaliste ?

Il faut bien analyser les images et le son, parce qu’il n’est pas certain que les fonctionnaires aient entendu ce qu’il criait. Quand des journalistes sont mélangés aux casseurs, c’est assez difficile de séparer le bon grain de l’ivraie. Dans le feu de l'action, il n'est pas facile de trier.

Est-ce normal que des agents du GIPN (Groupe d'intervention de la police nationale) de Rennes soient intervenus en maintien de l’ordre sur la voie publique, cagoulés, sans matricule, ni moyen d’identification ?

Ils étaient identifiés en tant que fonctionnaires de police. De toute façon, personne n’est capable de lire un matricule dans un contexte aussi agité de manifestation. Le GIPN était initialement dédié à la protection de la mairie. En fin d'après-midi, la situation est devenue tellement critique qu’ils ont demandé à venir porter assistance à leurs collègues, qui se trouvaient entre le cours des 50-Otages et le parking de la Petite-Hollande.

Attendiez-vous un milliers de « casseurs », selon le chiffre qui a ensuite été donné par la préfecture de Loire-Atlantique ?

Nous avions des informations de risques d’agrégation de gens violents, ce qui s’est révélé exact. Mais nous n’avions pas de chiffre précis.

Dans une lettre ouverte au ministre de l’intérieur, Françoise Verchère, conseillère générale du Parti de gauche et l'une des responsables du collectif des élus doutant de la pertinence de l'aéroport (le Cédépa), s’est étonnée que la police ne soit pas intervenue plus tôt pour interpeller le petit groupe de personnes qui se livrait à des dégradations en tout début de manifestation. Qu’en est-il ?

Je rappelle à Mme Verchère que lorsqu’on est élu de la République, on respecte les lois de la République. En l’occurrence, les organisateurs d’une manifestation sont censés déclarer son parcours auprès des pouvoirs publics. Ce que se sont obstinément refusé à faire les organisateurs de la manifestation du 22 février (plusieurs réunions se sont tenues entre la préfecture et les organisateurs, sans qu'aucun accord n’ait été trouvé, ndlr).

Face à l’absence de dialogue et à leur volonté de passer par le centre-ville, nous avons dû prendre des mesures de blocage des accès en centre-ville. Nous avions donc des forces mobilisées pour verrouiller le centre-ville et que nous ne pouvions pas déplacer pour aller interpeller des gens qui commettaient des dégradations le long du parcours de la manifestation. Il n’y a aucun manichéisme de notre part !

Vous avez annoncé dans une note de service du 17 avril vouloir vous-même déposer plainte. Pourquoi ?

Il y avait un certain nombre de demandes de la part de fonctionnaires qui avaient l'impression d'avoir été oubliés, au vu de la couverture médiatique offerte aux manifestants blessés. D'où mon souhait d'organiser le recueil de ces plaintes. Et, à titre personnel, je déposerai également plainte à l'appui des personnels agressés, en tant que chef de service, comme les textes m'y autorisent. Il y a eu des blessures physiques, comme des acouphènes, et d'autres moins visibles, psychologiques. Plusieurs fonctionnaires souffrent de troubles liés à la violence inouïe à laquelle ils ont dû faire face.

 

Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Notre Dame des Landes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 19 avril 2014 6 19 /04 /Avr /2014 23:00

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

En images 18/04/2014 à 12h46

« L’austérité en Europe est aussi votre erreur » : un ange passe au meeting PS

Rémi Noyon | Journaliste Rue89

 


Des militants de Marea Granate au Cirque d’hiver à Paris, le 17 avril 2014 (LCHAM/SIPA)

 

Tout ronronnait tranquillement jeudi soir au Cirque d’hiver, à Paris. Le Parti socialiste lançait sa campagne des européennes en présence de Martin Schulz, candidat social-démocrate à la présidence de la Commission européenne.

A la tribune se succèdent des têtes de liste françaises, comme Pervenche Berès, fraîchement investie en Ile-de-France, et des responsables étrangers, comme l’Espagnole Elena Valenciano.

Tous ont grosso modo le même discours, résumé en fin de meeting par Jean-Christophe Cambadélis, le nouveau patron du Parti socialiste :

« Le problème, ce n’est pas l’Europe. Le problème, c’est le Parti populaire européen. »

Bref, l’austérité budgétaire n’est que le fait de la droite européenne. Il suffira de remplacer Barroso par Schulz pour que l’Union européenne retrouve la voie de la croissance.

« Hypocrisie »

En plein milieu de ce gentil raout, des jeunes appartenant au mouvement Marea Granate déploient une banderole assassine :

« L’austérité est aussi votre erreur. »

Marea Granate est constitué d’émigrants espagnols qui dénoncent les politiques économiques imposées à leur pays. « Marée », comme le nom des différents mouvement sociaux en Espagne. « Grenat », parce que c’est la couleur de leur passeport.

Joint par Rue89, Andrea, une membre du mouvement, explique :

« Ce qui nous rassemble, c’est le fait que nous ne puissions pas rentrer en Espagne parce qu’il n’y a pas de travail. »

Pour elle, comme pour ses camarades, le slogan des socialistes européens, « L’austérité en Europe est une erreur », est totalement « hypocrite » :

« Tous les gouvernements de gauche mettent en place des plans d’austérité. Ce que fait Manuel Valls avec le gel des prestations sociales ressemble à ce qui a pu se faire en Espagne en 2010.

En Europe, les sociaux-démocrates et les conservateurs se distinguent sur les droits sociétaux tels que le mariage gay, mais sur l’économie, il n’y a pas de grandes différences. »

Mauvaise conscience

Ils ont été évacués rapidement sous les huées. Quelques minutes plus tard, Martin Schulz, qui ne mentionne pas l’incident, est lyrique. Il insiste sur la nécessité d’instaurer un salaire minimum européen et d’investir dans la jeunesse :

« Sommes-nous encore capable d’entendre le désespoir des 5,6 millions de jeunes qui n’ont pas d’emploi ? [...] Après la Seconde Guerre mondiale, les parents ont accepté les sacrifices parce qu’ils savaient que c’était pour leurs enfants. Aujourd’hui, nous demandons des sacrifices aux parents pour sauver des banques irresponsables. »

Silence gêné parmi les militants.

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Ils réagissent
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 18 avril 2014 5 18 /04 /Avr /2014 20:14

 

 

 

 

La lettre d’ATTAC Nîmes
 
Avril 2014

   

 

Sommaire :
 
1/ Samedi 19 avril à 15h à Nîmes : Stop TAFTA (Non aux accords de libre-échange USA/Europe), besoin de monde pour action d’information !
2/ Mardi 22 avril à 20h30: Suite de Mars ATTAC – projection-débat « la 4e révolution, vers l‘autonomie énergétique » avec Simon COSSUS, Enercoop LR
3/ Mercredi 23 avril à 20h30 à Alès : Les mésaventures de la taxe européenne sur les transactions financières avec Frédéric Lemaire, commission banques-finances, Attac France (par ATTAC Alès) 
4/ Jeudi 24 avril à 19h15 à St Cômes et Maruéjols : réunion publique « TAFTA / accord de libre échange USA/Europe » avec Attac Nîmes et Stop TAFTA 30 (organisée par Abeille et biodiversité)
5/ Vendredi 25 avril à 18h30 à Sommières, réunion publique « TAFTA / accord de libre échange USA/Europe » (organisé par les collectifs : Stop TAFTA, Non au Gaz de Schiste Garrigue Vaunage, Territoires en Transition Vidourle Vaunage, Café repère petite Camargue)
6/ Mardi 6 mai à 19h à St Géniès de Malgoires : Réunion du collectif Stop TAFTA 30
7/ Prochaine réunion mensuelle du groupe ATTAC Nîmes : mardi 20 mai à 19h
8/ Université européenne des mouvements sociaux initiée par le réseau Attac du 19 au 23 août à Paris ! 
9/ Nouveau livre ATTAC/Fondation Copernic : « Que faire de l’Europe ? Désobéir pour reconstruire »
10/ Sur le site d’ATTAC France : « La bonne vie pour tous ? » (Thomas Coutrot) et « La taxe, l’aéroport, les requins : Attac ne lâche rien ! »,… 
11/Et toujours : pour recevoir les infos d’ATTAC France et les meilleurs émissions à la télé, ATTAC pour les Nuls, les lectures ATTAC, pour voir ou revoir le documentaire « Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde », pour changer de banque…
1/ Samedi 19 avril à 15h à Nîmes (Place de l’Horloge) : Stop TAFTA - Non aux accords de libre-échange USA/Europe), besoin de monde pour action d’information !
Action de rue, information et distribution de quizz par le collectif Stop TAFTA 30 auquel participe ATTAC Nîmes.
Besoin de monde, venez vous informer, venez nous aider !
2/ Mardi 22 avril à 20h30: Suite de Mars ATTAC – projection-débat « la 4e révolution, vers l‘autonomie énergétique » avec Simon COSSUS, Enercoop LR
Mars ATTAC se prolonge en avril…les places sont en vente !
Projection-débat au cinéma le Sémaphore.
Plus d’infos sur la soirée : http://gard.demosphere.eu/rv/1381
Sur Enercoop LR (fournisseur éthique d’électricité verte): http://www.enercoop-languedoc.fr/
3/ Mercredi 23 avril à 20h30 à Alès (Bourse du Travail) : Les mésaventures de la taxe européenne sur les transactions financières avec Frédéric Lemaire, commission banques-finances, Attac France (par ATTAC Alès) 
Débat public « LES MESAVENTURES DE LA TTF - Taxe européenne sur les transactions financières »
avec Frédéric LEMAIRE, commission banques-finances, Attac France
(covoiturage possible par ce lien)
4/ Jeudi 24 avril à 19h15 à St Cômes et Maruéjols (foyer culturel) : réunion publique « TAFTA / accord de libre échange USA/Europe »
Débat public animé par avec Attac Nîmes et Stop TAFTA 30, et organisée par Abeille et biodiversité)
(covoiturage possible par ce lien)
5/ Vendredi 25 avril à 18h30 à Sommières, réunion publique « TAFTA / accord de libre échange USA/Europe » (organisé par les collectifs : Stop TAFTA, Non au Gaz de Schiste Garrigue Vaunage, Territoires en Transition Vidourle Vaunage, Café repère petite Camargue)
 
(covoiturage possible par ce lien)
6/ Mardi 6 mai à 19h à St Géniès de Malgoires : Réunion du collectif Stop TAFTA 30
 
Pour rejoindre le collectif et la liste d’échanges : envoyer un message à info@stoptafta30.fr 
 
Le collectif Stop TAFTA 30 :
-          A envoyé une lettre ouverte interpellant le Conseil Général et le Conseil Général pour leur demander de se déclarer « territoire hors TAFTA », comme l’ont déjà fait entre autre l’Ile de France, PACA,…
La lettre au Conseil Régional est signée des différents collectifs Stop TAFTA du Languedoc-Roussillon, et autres organisations ou collectifs soutenant cette initiative.
 
-          Est composé à ce jour de:
Les Alternatifs 30, ATTAC Alès, ATTAC Nîmes, ATTAC Uzège, CADTM 30, Convergence citoyenne pour  la Transition énergétique, EELV 30, Energies citoyennes du Gard, Ensemble 30, FSU 30, Mouvement des Objecteurs de Croissance,  NPA 30, Pacte Civique 30, PCF 30, PG 30, collectif anti gaz de schistes AJC Les Mages, collectif anti gaz de schistes Auzonnet-Cèze-Ganière, collectif anti gaz de schiste Gardonnenque/petite Camargue, collectif anti gaz de schistes Hautes Cévennes, collectif anti gaz de schistes Nîmes Anti-Schistes et d’individus 
 
Pour en savoir plus :
-          L’appel national et les organisations signataires: Le grand marché transatlantique ne se fera pas
-          le « guide de navigation pour affronter le grand marché transatlantique » (ATTAC) : http://france.attac.org/nos-publications/brochures/articles/guide-de-navigation-pour-affronter-le-grand-marche-transatlantique?id_rub=?id_mo=
-          D’autres ressources aussi sur le site d’ATTAC Nîmes : conférences audio, vidéo, diaporama.
-          Autre site d’infos : http://stoptafta.wordpress.com
-          Un article à lire (Le traité transatlantique, un typhon qui menace les Européens de Lori Wallach, le Monde Diplomatique) : http://www.monde-diplomatique.fr/2013/11/WALLACH/49803
7/ Prochaine réunion mensuelle du groupe ATTAC Nîmes : mardi 20 mai à 19h
 
Les réunions mensuelles du groupe ATTAC Nîmes se tiennent le 3e mardi de chaque mois.
 
Réunion du CA (conseil d’administration) d’ATTAC Nîmes : pour participer à la vie de l’association au niveau local et décider des initiatives locales.
Au 6, rue Porte d’Alès (1er étage) à Nîmes.
Réunion qui se finit en une conviviale « auberge espagnole » : chacun amène de quoi grignoter, boire un coup et on partage tout.
Ces réunions sont ouvertes à tout le monde.
 
N’hésitez pas à venir nous rencontrer, l’actualité est chargée,
tous les coups de main sont les bienvenus !
 

8/ Université européenne des mouvements sociaux initiée par le réseau Attac du 19 au 23 août à Paris ! 
 
Réservez ces dates…pas d’université d’ATTAC France cette année, mais une université d’été européenne en France, à Paris !
 
Attac est née il y a maintenant 15 ans pour lutter contre la domination de la finance sur tous les aspects de la vie sociale.
Aujourd’hui, la crise économique, financière et sociale est toujours plus destructrice.
Elle fait quotidiennement de nouvelles victimes. Le chômage, la pauvreté et la précarité explosent, tandis que les services publics et la protection sociale sont démantelés, portant atteinte aux droits humains les plus fondamentaux.
Nos gouvernements en profitent pour refuser de faire face à l’urgence du changement climatique, et avancent main dans la main avec les multinationales dans leur refus de la transition ambitieuse dont nous avons besoin.
Le manque de solidarité en Europe et dans le monde est une impasse. Pourtant, les institutions économiques et financières, relayées par les gouvernements et l’Union européenne continuent à nous faire croire qu’il n’y a pas d’alternative : l’austérité, l’expansion du libre-échange et la compétitivité seraient les seules issues à la crise.
Il y a des alternatives : celles que nous construisons !
 
Plus d’infos : http://www.esu2014.org/
9/ Nouveau livre ATTAC/Fondation Copernic : « Que faire de l’Europe ? Désobéir pour reconstruire »
 
Que faire de l’Europe ? Désobéir pour reconstruire (14€)
L’Europe n’a pas la cote. Pour beaucoup d’européens, l’Union est devenue un monstre hostile. Même dans la gauche critique, l’idéal européen recule, et l’idée se répand que seul reste le niveau national pour changer les choses.
Pourtant, quel pays européen isolé, s’il refusait la loi de la finance, pourrait durablement résister au capital mondialisé ? Ou peser dans les négociations climatiques pour enrayer la catastrophe annoncée ?
Les citoyens européens ont donc raison de demeurer attachés à l’idée d’un destin commun. Pourtant tout indique que l’Union européenne s’achemine vers la dislocation. Comment rompre avec cette Europe sans sacrifier l’idée européenne ? Comment s’appuyer sur des ruptures nationales sans renforcer les replis nationalistes ?
À partir d’une analyse fine des mouvements sociaux et des rapports de force européens, cet ouvrage explore une stratégie de la ligne de crête, en équilibre entre luttes nationales et européennes, entre ruptures par en haut et changements par en bas. Il faudra désobéir à l’Union européenne pour redonner sa chance à l’Europe.
 
Vous pouvez vous le procurer auprès d’ATTAC Nîmes (nimes@attac.org) ou sinon dans toutes les bonnes librairies !
10/ Sur le site d’ATTAC France : « La bonne vie pour tous ? » (Thomas Coutrot) et « La taxe, l’aéroport, les requins : Attac ne lâche rien ! »,… 
 
La bonne vie pour tous ? (Thomas Coutrot) :
C’est l’évidence, la société française étouffe. Mais l’exaspération peut porter le pire ou le meilleur.
 
La taxe, l’aéroport, les requins : Attac ne lâche rien !
Après le pacte budgétaire, ratifié sans en changer un mot malgré les promesses électorales du candidat socialiste. Après la reculade de la non-réforme bancaire, dont les banques françaises se sont félicitées. Après les déclarations d’amour de Pierre Moscovici au Medef (« Bercy est la maison des entreprises »), qui ne sont pas restées platoniques mais ont donné naissance à l’Accord national interprofessionnel (ANI) et la loi « compétitivité-emploi », à la réforme des retraites, au « Crédit d’impôt compétitivité emploi », à la « TVA sociale », et maintenant à l’inepte « Pacte de responsabilité ». Après l’abandon du droit de vote des étrangers... Après tant de renoncements, il ne restait plus vraiment d’espoir…
11/ Et toujours :
 
> Pour recevoir directement la lettre d’ATTAC Nîmes (1 à 2 par mois en général), merci de nous le demander en écrivant à nimes@attac.org
 
> Pour recevoir les infos d’ATTAC France :
Il existe 2 listes auxquelles vous pouvez vous inscrire :
 > La Lettre générale :
Liste de diffusion générale d'Attac France. Vous recevrez directement les communiqués, déclarations et autres informations de l’association (en moyenne 3 à 4 messages par semaine).
 > La revue du Conseil Scientifique :
Nouvelle revue « les possibles » gratuite et trimestrielle à l’initiative du Conseil Scientifique d’Attac France et de ses membres.
 
> Pour recevoir une sélection des meilleurs documentaires et films (pour qui n’a pas encore jeté sa télé…)
Super initiative prise par un copain d’ATTAC Isère - St Marcellin : inscrivez-vous et vous recevrez une sélection des meilleurs documentaires et films programmés à la télé.
Pour s’inscrire, rien de plus simple : https://list.attac.org/wws/subscribe/cinema.attac38
 
 > Les lectures ATTAC :
Les dernières parutions :
-          Que faire de l’Europe ? Désobéir pour reconstruire NOUVEAU !
-          Petit manuel de la transition, pour toutes celles et ceux qui aimeraient mais doutent qu’un autre monde soit possible (ATTAC)
-          Leur dette, notre démocratie (ATTAC)
-          Changer l’Europe ! (les économistes atterrés)
-          Le féminisme pour changer la société (ATTAC – Fondation Copernic)
-          La richesse, la valeur et l'inestimable - fondements d'une critique socio-écologique de l'économie capitaliste (Jean-Marie Harribey)
-          L’Europe mal-traitée (les économistes atterés)
-          La nature n’a pas de prix ! Les méprises de l’économie verte (ATTAC)
-          15 idées reçues sur la fiscalité (ATTAC)
-          Le piège de la dette publique, comment s’en sortir (ATTAC)
Plus d’infos et les autres livres conseillés : http://france.attac.org/nos-publications/livres/
 
 
 > Visitez le site d’ATTAC France !
Régulièrement des nouveautés en ligne, de nouvelles courtes vidéos, interviews, communiqués…sur http://www.france.attac.org/
 
> Le coin vidéo :
- nouvelles vidéos en ligne dont les interviews d’ATTAC TV France à l’Université d’été d’Attac France à Nîmes en juillet 2013 !
Conférences filmées et les toutes dernières courtes interviews d’ATTAC TV France (souvent de 2 à 4 minutes) :
 
- « Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde » (diffusion Arte)
Depuis cinq ans, Goldman Sachs incarne les excès et les dérives de la spéculation financière. Anatomie d’un pouvoir qui ne connaît ni frontières ni limites et menace directement les démocraties.
La suite et le documentaire ici : http://local.attac.org/attac30/spip.php?article914
 
- « Ne vivons plus comme des esclaves » (Grèce) : Un grand bol d’air frais, d’enthousiasme et d’utopies en marche, venu de la mer Égée. A voir ici : http://nevivonspluscommedesesclaves.net/
 
> Changer de banque ?
Les banques françaises au banc d’essai par ATTAC et les Amis de la Terre :
Synthèse du rapport :
 
> « ATTAC pour les Nuls » par notre groupe local.
N’hésitez pas à le faire connaître !
 
> Quelques bonnes sources d’informations :
 
% Deux blogs à suivre de près :
• Blog de Jean-Marie Harribey (ex-co-président d’ATTAC France, membre du Conseil Scientifique d’ATTAC France et co-président des Economistes Atterrés) : http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/
 
• Blog de Jean Gadrey (économiste, membre du Conseil Scientifique d’ATTAC France et auteur de « Adieu à la croissance ») : http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/
 
% BASTA ! sur bastamag.net !
Inscrivez-vous pour recevoir la lettre mensuelle de Basta (inscription gratuite mais soutien possible). De très bons articles sur les questions environnementales et sociales, à découvrir d’urgence si ce n’est déjà fait !
Par exemple, la dernière livraison : http://www.bastamag.net/Loi-d-avenir-agricole-modele
 
% Rezo.net :
Une sélection des meilleurs articles de la presse, des blogs, des dépêches…
 
% Politis :
Hebdomadaire qui est aussi un des membres fondateurs d’ATTAC.
Dans toutes les bonnes librairies ou sur le net sur abonnement.
 
% Emission radio « là-bas si j’y suis » (France inter – Daniel Mermet) :
Toutes les émissions depuis 2002 à retrouver sur ce site : http://www.la-bas.org/
Classement par date, par thème, par popularité,…une mine d’informations !



        
Pour recevoir directement les infos d'attac Nîmes, merci de nous laisser votre adresse à  nimes@attac.org site ATTAC France : http://france.attac.org site ATTAC Gard : http://local.attac.org/attacnimes

 

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Réunions, conférences et débats
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 18 avril 2014 5 18 /04 /Avr /2014 00:53

 

Source : www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

Banques : le salaire des patrons évolue parfois... en sens inverse aux résultats

Le Monde.fr | 17.04.2014 à 18h05 • Mis à jour le 17.04.2014 à 21h04 | Par Mathilde Damgé

 
 

107,3 millions de dollars

Les banques américaines publient ces derniers jours des résultats relativement anémiques pour le premier trimestre. Les patrons de ces établissements sont-ils incités à redresser la barre, comme tout chef d'entreprise ? Pas sûr... Les émoluements des patrons des six plus grosses banques (Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan, Morgan Stanley, Wells Fargo) ont atteint un record en 2013, équivalent à 77,7 millions d'euros (107,3 millions de dollars).

Lire aussi : Arnaud Montebourg veut parler avec les dirigeants des banques de leurs rémunérations « indécentes »

 

Leurs salaires ont augmenté de 24 % en moyenne par rapport à 2012. Problème, cette hausse n'est pas proportionnelle avec le chiffre d'affaires, ni même avec les bénéfices (le résultat net). Loin s'en faut dans certains cas.

Les patrons de JPMorgan (Jamie Dimon, qui était à la manœuvre au moment de l'affaire de la Baleine de Londres) et de Bank of America (Brian Moynihan) ne brillent pas par leur vertu et s'attribuent une augmentation nettement plus forte que leurs performances. M. Moynihan a vu son salaire augmenter de 58 % alors que le chiffre d'affaires de BofA n'augmentait que de 7 %. Chez JPMorgan, le résultat net a reculé de 16 % tandis que le salaire du dirigeant était en hausse, lui, de 74 % !

Quant au nouveau patron de Citigroup Michael Corbat, il a été gratifié d'une amélioration de 42 % de sa fiche de paie, pour un chiffre d'affaires en baisse de 11 %. En fait, seule la Bourse semble y croire encore : le cours des actions des six groupes bancaires a grimpé de 39 % en un an.

 

En montant absolu, c'est Lloyd Blankfein, à la tête de Goldman Sachs, qui empoche la plus grosse enveloppe, avec 23 millions de dollars. Cependant, l'évolution de son salaire est moins éloignée de celle des bénéfices de la « pieuvre » (surnom de la banque) – une mesure prudente, puisque les chiffres du premier trimestre de l'année ont fait état, jeudi 17 avril, d'un effritement des résultats par rapport à l'an passé.

John Stumpf, chez Wells Fargo, suit non loin avec 19,3 millions de dollars, accusant toutefois une sérieuse reculade sur sa fiche de paie par rapport à l'an passé, alors que l'activité du géant bancaire de San Francisco a été fructueuse, tant au niveau du chiffre d'affaires, des bénéfices, que du cours de Bourse.

En matière de rémunération, les actionnaires ont leur mot à dire. Ils peuvent s'opposer à un aspect de la gouvernance de leur entreprise qu'ils désapprouvent. Ce qu'ils ne se sont pas privés de faire chez Citigroup : en 2010, le dirigeant de Citigroup a été rémunéré 1 dollar pour sa mauvaise gestion pendant la crise, alors que ses adjoints touchaient entre 5 et 8 millions d'euros. En 2012, après deux ans de salaire « punitif », le patron de la banque en grande difficulté financière, Vikram Pandit, n'a pas réussi à obtenir les 15 millions de dollars qu'il convoitait et a été remplacé.

Lire :  Les frondes contre les rémunérations des dirigeants se multiplient

Un ratio de 1 à... 473

Le PDG n'est donc pas toujours le mieux payé de son entreprise. A cet égard, le gendarme boursier américain, la Securities and exchange commission (SEC), a proposé l'an dernier que soit rendue publique la différence entre le salaire médian de l'entreprise et celui du dirigeant le mieux payé.

Si l'on regarde le classement réalisé par l'agence Bloomberg, les banques ne sont pas les plus injustes par rapport aux autres entreprises américaines : Wells Fargo est la première banque citée et n'arrive qu'en 33e position, derrière Abercrombie & Fitch, Starbucks ou encore Ralph Lauren.

Au sein de cet établissement bancaire, le ratio entre le salaire médian et celui de son patron atteint 473 ; c'est-à-dire qu'il faut 473 salaires médians pour atteindre l'équivalent de la fiche du paie du mieux payé de l'entreprise.

Des chiffres impressionnants quand on les compare avec d'autres industries, mais encore inférieurs à leurs confrères des fonds spéculatifs (hedge funds). James Levin, jeune patron de 31 ans du fonds Och-Ziff Capital Management, s'est ainsi vu attribuer cette année un salaire de 119 millions de dollars. Soit 2 300 fois le salaire médian de son entreprise.

 Mathilde Damgé
De l'éco, du décryptage et une pincée de data

 

 

Source : www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 


Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Economie et social
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

        

  A partir du 12 Oct 2013

                     RV

    chaque mercredi à 18h

          et samedi à 13h 

toujours devant la maison carrée

         

               Rejoignez-nous  !


  Th-o indign-(1)

55

9b22

Calendrier

Avril 2014
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30        
<< < > >>

Images Aléatoires

  • DSCF1152
  • P1330354
  • 8
  • 51
  • DSC00919
  • DSC00920

Partager

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés