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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 23:27

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

De la Finlande à l'Aquitaine, le « revenu de base » en débat

|  Par Ludovic Lamant

 

 

 

Une somme fixe d'argent, versée à chaque citoyen, salarié ou pas, de manière automatique, pour mieux accompagner les mutations du monde du travail ? Des expérimentations – encore floues – sont annoncées en Finlande ou aux Pays-Bas. L'Aquitaine veut y réfléchir. Le vieux débat sur le revenu de base reprend de plus belle.

Si les élections législatives d'avril, en Finlande, ont attiré l'attention des médias étrangers, c'est d'abord en raison de leur dénouement : le parti centriste, vainqueur du scrutin, a choisi de s'allier avec l'extrême droite des Vrais Finlandais pour former un exécutif inédit dans l'histoire du pays. Mais ce n'est pas le seul fait à retenir. Lors des semaines précédant la consultation, le parti centriste de Juha Sipilä (devenu, entretemps, premier ministre) s'était aussi prononcé pour une mesure originale : l'expérimentation d'un revenu de base.

 

Le premier ministre finlandais Juha Sipilä, à Bruxelles le 7 juillet 2015.Le premier ministre finlandais Juha Sipilä, à Bruxelles le 7 juillet 2015. © François Lenoir / Reuters

À Helsinki, une majorité de députés semble aujourd'hui prête à défendre cette promesse. Rien ne dit pour autant que le chef du gouvernement la mettra en œuvre, en particulier parce que ses partenaires de coalition n'y paraissent pas tous très favorables. Mais le débat sur les vertus d'un revenu de base, et ses modalités très controversées, a été relancé.

En Suisse, un référendum est censé avoir lieu sur le sujet, sans doute en 2016, après le dépôt à Berne de 126 000 signatures exigeant la tenue de cette consultation. En Espagne, la promesse figure, parfois, parmi les revendications du mouvement anti-austérité Podemos. Aux Pays-Bas, la ville d'Utrecht va lancer une expérimentation à partir de janvier 2016, sur un groupe d'environ 300 personnes (on parle d'un forfait de 900 euros par mois pour un adulte, 1 300 pour un couple).

En France, une association, lancée en 2013, le Mouvement français pour le revenu de base (MFRB), qui revendique 600 adhérents, organise ses journées d'été du 21 au 23 août près d'Annecy. Avec d'autres, elle a lancé fin 2014 un journal gratuit, L'Inconditionnel, qui propose de répondre à cette question aguicheuse : « Et vous, que feriez-vous si vous n'aviez plus à gagner votre vie ? » Dans Liber, un revenu de liberté pour tous (L'Onde, 2014), l'ingénieur Marc de Basquiat (membre du MFRB) et l'essayiste étiqueté libéral Gaspard Koenig militent pour un revenu minimum baptisé Liber (450 euros pour un adulte), financé par un impôt sur les revenus et censé se substituer « au maquis des allocations spécifiques » (en l'occurrence, avant tout, le RSA et la prime pour l'emploi).

Les défenseurs du revenu de base avaient déjà fait parler d'eux en janvier 2014. Ils avaient alors récolté, à travers toute l'Europe, 285 000 signatures de citoyens qui s'étaient déclarés favorables à un « revenu de base inconditionnel ». L'opération n'avait pas suffi à enclencher une dynamique au sein de l'Union. Il aurait fallu beaucoup plus – rassembler un million de noms en l'espace d'un an – pour contraindre la commission de Bruxelles à s'emparer de ce dossier, souvent qualifié de totalement utopique par ses adversaires.

 

Ces initiatives désordonnées prouvent que le débat sur le revenu de base (« RDB »), vieille idée surgie à la fin du XVIIIe siècle (avec les travaux du Britannique Thomas Paine), s'intensifie. « Pourquoi cette idée retrouve-t-elle de l'audience aujourd'hui ? Sans doute parce qu'elle répond à une double préoccupation de notre époque, marquée par la persistance du chômage de masse et du sous-emploi et la montée des inégalités », écrit la journaliste Sandra Moatti dans l'éditorial du dernier numéro de L'Économie politique, qui y consacre un dossier très stimulant (juillet 2015, éditions Alternatives Économiques).

De quoi parle-t-on ? Voilà l'idée générale, qui a rarement dépassé le stade de la micro-expérimentation à travers le monde (sauf quelques exceptions comme l'Alaska) : un revenu fixe, versé à n'importe quel citoyen jusqu'à sa mort, sans aucune condition ou contrepartie (« inconditionnel, universel et forfaitaire », disent les économistes). Qu'on soit riche ou pauvre, avec ou sans emploi, seul ou en ménage, tout le monde touche la même somme. Dans la pratique, il existe des dizaines de manières d'imaginer et de financer cette garantie, théorisée par des économistes de droite (Milton Friedman et son « impôt négatif ») comme des penseurs de gauche (André Gorz et son « revenu d'existence »), des néolibéraux comme des anticapitalistes, et défendue, chez les politiques français, tout à la fois par José Bové et Christine Boutin.

Pour des esprits façonnés par des décennies d'un État redistributif à la française, l'initiative peut troubler. Tout simplement parce qu'elle revient à découpler la question du travail de celle du versement de prestations sociales. C'est ce qu'explique très bien Julien Dourgnon, ancien conseiller de l'ex-ministre Arnaud Montebourg dans L'Économie politique : « Le RDB, par ses caractéristiques (universalité, inconditionnalité, égalité) entend défaire le monopole et l'emprise de l'emploi sur la construction de la protection sociale. Il se fonde sur une logique où le sous-emploi permanent devient une norme acceptable et acceptée au nom d'un principe de réalité et d'un principe de justice. […] C'est pourquoi le RDB n'est pas un revenu d'exception mais un revenu permanent. »

Une « étude de faisabilité » lancée en Aquitaine

L'horizon du plein emploi s'est éloigné. Le travail « en miettes » et les emplois de mauvaise qualité se sont généralisés. Il faudrait donc adapter la protection sociale aux mutations de l'emploi à l'âge du capitalisme financier. Certains se risquent même à imaginer le remplacement à grande échelle des travailleurs par des robots. Dans cette optique, le revenu de base permettrait « le passage d'un modèle de précarité subie à un modèle de mobilité choisie », prédit Carlo Vercellone, maître de conférences à Paris-1 et théoricien, avec d'autres, du « capitalisme cognitif ».

L'avènement du revenu de base permettrait de mieux prendre en compte ce travail non marchand, difficile à quantifier exactement, mais de plus en plus décisif, sur fond d'essor du numérique et de culture des « communs » (lire, en écho, l'entretien avec Michel Bauwens sur Mediapart). Ce revenu aurait aussi l'avantage de régler les problèmes d'« incitation » redoutés par certains économistes (lorsqu'un chômeur, dit-on, rechigne à prendre un emploi mal payé, pour conserver ses indemnités chômage) : le « revenu plancher » resterait fixe, même si les revenus complémentaires, tirés de l'activité, eux, progressent.

Au fond, les ambitions des uns et des autres, autour d'un même projet, sont très variables. Pour les libéraux, un revenu de base fixé à des niveaux plutôt faibles, permettrait surtout de simplifier les rouages de l'État social, pour le rendre plus efficace – quitte à rendre plus acceptables les inégalités de la société, sans s'y attaquer pour de bon. Pour les défenseurs d'un modèle alternatif à l'hégémonie néolibérale, le RDB doit être une option plus ample, dans le sillage des travaux, par exemple, d'André Gorz (dès Adieux au prolétariat, 1980) : ce serait « l'un des instruments d'une transformation sociale radicale et émancipatrice », à condition de le combiner avec la réduction du temps de travail et l'essor d'« activités autonomes », explique la sociologue Françoise Gollain, toujours dans L'Économie politique.

L'extrême variété des approches saute aux yeux dès lors que l'on entre dans la pratique. Les pistes de financement de ce revenu de base sont pléthoriques. Ses avocats en répertorient une petite dizaine (lire ici), de la fiscalité (impôt sur le revenu, taxe sur le capital ou les transactions financières, etc.) à la création monétaire (via des monnaies locales ou une réforme des mandats des banques centrales, par exemple, une piste préférée par de nombreux écologistes). La question du montant exact de ce revenu donne lieu à des réflexions très complexes. Et tout le monde n'est pas d'accord, non plus, sur un autre point décisif : ce RDB vient-il compléter l'existant ou remplace-t-il la plupart des prestations sociales ?

Dans son éditorial, Sandra Moatti cite les mises en garde du sociologue Robert Castel, qui voit dans ce revenu de base l'exemple même de la « mauvaise utopie » : « D'un montant trop faible pour se passer de travailler, il offrirait au capitalisme une “armée de réserve” où puiser à moindre coût des travailleurs déjà partiellement rémunérés par un médiocre revenu de subsistance. » Le RDB comme un outil d'exploitation d'un nouveau genre ?

« C'est une crainte exagérée, réagit Jean-Éric Hyafil, un économiste membre du MFRB joint par Mediapart. Dans les années 80 et 90, c'était une idée qui était très associée à l'impôt négatif théorisé par l'économiste américain Milton Friedman. Dans cette configuration, il est prévu de supprimer le SMIC. Mais ce n'est pas du tout ce que l'on défend au sein du Mouvement : il n'est pas question de toucher au SMIC, pour mettre en place ce revenu de base. Puisque le SMIC ne disparaîtrait pas, la crainte exprimée par Robert Castel n'est pas fondée. »

À l'initiative du groupe EELV, le conseil régional d'Aquitaine a donné son feu vert, début juillet (grâce à une très forte abstention), à la réalisation d'une étude de faisabilité d'un « RSA inconditionnel ». Il s'agirait d'une « première étape vers un revenu de base universel ». Le projet, encore vague, reste modeste : les règles de calcul du RSA ne seraient pas modifiées, mais les ayants droit n'auraient plus aucune démarche à effectuer, en particulier pour prouver qu'ils recherchent « activement » un emploi, pour toucher cette aide.

« La plupart des travailleurs pauvres qui ont droit au RSA ne le demandent pas, notamment parce que c'est stigmatisant de le demander. De ce point de vue, cette mesure aurait un impact important, assure Jean-Éric Hyafil. Mais il y aurait bien sûr, ensuite, un autre chemin à parcourir pour passer d'un RSA inconditionnel à un RSA inconditionnel, universel et individuel. » En clair, un RSA forfaitaire, versé à tous les citoyens.

C'est, semble-t-il, la stratégie du Mouvement français pour le revenu de base : ne pas plaider pour un big-bang fiscal du jour au lendemain, mais bien plutôt réformer les prestations sociales existantes et les tirer, au terme d'expérimentations locales, vers un revenu de base plus ambitieux. Pour y parvenir, il faudra encore faire taire les très nombreux sceptiques.

> Faut-il défendre le revenu de base ?,dossier L'Économie politique, numéro 67, juillet 2015, éditions Alternatives Économiques.

 

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 23:12

 

Source : http://www.20minutes.fr

 

Quand un jeune coiffeur vendéen offre ses services aux sans-abris parisiens

 

Lison Lagroy

 

 

Dati, coiffeur vendéen qui vient en aide aux sans-abri
Dati, coiffeur vendéen qui vient en aide aux sans-abri - LL

 

« Monter » à Paris pour venir en aide à ceux qui en ont le plus besoin. C’est le projet que vient de concrétiser Dati Kouch, 26 ans, coiffeur au grand cœur. Mais le jeune homme ne veut pas apparaître en héros, loin de là : « Je le fais naturellement et j’aimerai que l’on parle plus du message que de moi ». Message reçu.

 

Les SDF font partie du décor

Quand 20 Minutes le retrouve devant le Sacré-Cœur, on le reconnaît à son grand sourire communicatif. Il regarde partout autour de lui, cherchant un sans-abri qui aurait besoin, ou envie, d’une petite coupe. Le rejoigne très vite son « équipe », Davy, son frère, et Thai, un ami, tous deux coiffeurs.

Les trois Vendéens arpentent depuis ce lundi les rues de Paris, à la recherche d’un coup de pouce à donner, toujours avec plaisir. Mais pourquoi avoir choisi la capitale ? « Pour avoir un écho plus grand à mon message, confie Dati. Ici, je trouve que c’est encore plus flagrant qu’ailleurs, les SDF sont compris dans le décor, ce n’est pas normal ».

La petite bande a commencé par la Tour Eiffel, « symbole important de la France », mais ne compte pas s’arrêter là. Jusqu’à la fin de la semaine, elle compte bien coiffer d’autres SDF dans différents quartiers.

 

Aider sans réfléchir

L’idée lui est venue en voyant un reportage sur un New-Yorkais qui faisait ça tous les week-ends : spontanément, Dati décide de faire de même. « Je ne pousse pas les gens à aller contre leur nature, mais aider l’autre n’a jamais été négatif. On devrait tous le faire sans réfléchir ».

Si le jeune homme est si serviable, c’est qu’il a reçu une éducation « qui a forcément dû jouer » et qu’il a lui-même connu les galères. Aujourd’hui, son salon à La Roche-sur-Yon marche si bien qu’il va l'agrandir, avec pour employés les deux garçons de cette aventure parisienne. « J’ai commencé il y a dix ans sans une "thune", en taillant les cheveux des gens de mon quartier. Je profite que ça marche bien aujourd’hui pour aider les autres », confie-t-il.

 

S’intéresser aux oubliés

Au détour d’une rue, nous tombons sur Moumoune, 65 ans, d’origine allemande. Dati s’approche et lui propose ses services avec tact et bienveillance. « Je vais droit au but et parle de mon projet caritatif directement », ce qui surprend parfois les SDF. « Ils n’ont pas l’habitude qu’on leur parle, ils peuvent malheureusement rester des journées entières sans parler à personne. Ça leur fait plaisir qu’on s’intéresse à eux ».

Tous ne sont pas méfiants ou inquiets, beaucoup acceptent d’emblée. A Moumoune, il faut expliquer le projet plusieurs fois, la faute à la langue. Mais quand il entend le mot « gratuit », son visage se transforme. « En Allemagne ça coûte 35 francs, alors qu’ici, en France, c’est 100 francs ! C’est beaucoup trop cher » explique-t-il. Il lève son chapeau de fortune pour montrer le peu de cheveux qu’il reste à couper, sourit, et accepte.

Davy, le frère de Dati, s’est occupé de Moumoune - LL

 

Pour cette fois, ce sera Davy qui coupera, sous le regard protecteur de son petit frère Dati. A la fin de la coupe dégradée, Moumoune se regarde dans la glace et semble conquis.

« Ça vous plaît ? » lui demande Dati. S’il ne semble pas tout comprendre, Moumoune opine de la tête et assène : « Coupez tout ! » avec un grand sourire. Pour Dati, cette confiance est une victoire : « Quand ces personnes marquées par la vie semblent heureuses, il n'y a pas de mot ». Et Moumoune de confirmer : « Merci… parce que c’est gratuit ! ».

 

 

Source : http://www.20minutes.fr

 

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 23:03

 

Source : http://www.greekcrisis.fr

 

 

 
 

mardi 28 juillet 2015

Gauche... hackeuse

 

 
 
greek crisis
 
 

 

 


La Grèce s’enfonce dans son été comme dans du sable mouvant. Entre deux canicules et trois mémoranda, les Troïkans sont d’ailleurs de grand retour à Athènes, après six mois de... défection. Le gouvernement fait alors tout son possible pour que leur présence passe inaperçue, ce n’est guère facile.

Place Omónia. Athènes, juillet 2015


Désabusés, les Athéniens quittent enfin progressivement leur ville pour une plage proche, le plus souvent ils sont hébergés chez leurs proches. Très petites vacances devant une énième rentrée prochaine au sens autant introuvable. “Les cinq prochains mois seront diaboliques”, telle est la prévision de la presse grecque en ce juillet finissant, les passants ne s’attardent même plus sur ces trop gros titres, basta.

Place Omónia, devant l’édifice de la banque... suffisamment historique et désormais à moitié seulement ouverte depuis la mise en place en Grèce des contrôles des capitaux, la vie quotidienne traîne inlassablement son lot de difficultés. Visages graves, errances et autres traversées du désert économique aux milles et une... apparences parfois trompeuses.

Passants et passantes, mendiants... “suraccablés” par la chaleur, à l’instar des retraités... massivement convertis en vendeurs ambulants de billets de la loterie ex-nationale, telles sont alors nos images du jour et de chaque jour que nos très nombreux visiteurs du pays peuvent ne pas remarquer.
 

Les cinq prochains mois diaboliques. Presse grecque, juillet 2015


Sur cette place aux établissements jadis très fréquentés par les gens des lettres, le glissement... usuel et finalement usant est perceptible surtout pour les plus âgés. Certains hôtels classés monuments historiques sont fermés depuis plus de vingt ans, d’autres par contre, moins nombreux ont su résister. La crise a également redistribué certaines cartes du commerce forcément non-équitable, les grandes chaînes de restauration et de pâtisserie - boulangerie méta-traditionnelles, en ont ainsi largement profité.

Cette alimentation, en partie inspirée par la cuisine traditionnelle “en combinant des recettes classiques, les approches contemporaines, de la créativité et un zeste des arômes”, suit cette grande mode mercatique du moment, invitant ses clients à une supposée immersion mémorielle et historique propre déjà à l’Europe vendeuse, sauf que dans la Grèce du mémorandum, cette pratique se généralise.
 

Café Néon, rénové. Place Omónia, Athènes, juillet 2015

 

Café Néon vers 1930-1940.

 

Café Néon, rénové. Immersion mémorielle. Athènes, juillet 2015

 

Café Néon, la presse en parle. Athènes, juillet 2015


Exemple assez réussi il faut dire, le café Néon place Omónia, ouvert en 1920 et fermé depuis plusieurs années, il vient d’être rénové par une grande chaîne de restauration et de pâtisserie - boulangerie. Ses murs sont décorés avec des photos anciennes, l’immersion mémorielle participe du concept... de vente.

La Grèce aime contempler ses anciens clichés car l’époque semble bloquée... au point mort, l’avenir demeure obscur, à l’instar de celui... des Tsipriotes signataires du mémorandum III. Cette semaine en tout cas, les nouveaux habitués du café, n’ont pas manqué de sujets de conversation. Il y a de quoi... bavarder, entre le présumé hacking de Varoufákis, la nouvelle parousie de la Troïka, ou les déchirements au sein de SYRIZA, toute la presse en parle.

D’après le grand quotidien... mémorandiste “Kathimeriní” (repris aussitôt par la presse française), Yannis Varoufákis avait œuvré... “pour la conception d’un système de paiement parallèle qui permettrait au pays, si d’aventure la BCE devait lui couper les vivres, de continuer à créer de l’argent sans planche à billets. ‘J’avais réuni une équipe très compétente, une équipe réduite qui devait rester secrète pour des raisons évidentes’, explique Varoufákis, qui s'est donc mis au travail dès l'arrivée de SYRIZA au pouvoir. Concrètement, il se serait agi d'utiliser le site de l’administration fiscale grecque (leur impots.gouv.fr), où tous les particuliers et toutes les entreprises ont renseigné leurs coordonnées bancaires, pour le transformer en une banque virtuelle où chacun aurait vu son compte crédité d’un certain montant. Les échanges monétaires auraient eu lieu via cette plateforme”.

Problème: pour mettre en place ce système, il fallait récupérer les données du site des impôts grecs. Or, celui-ci était placé sous l’œil de la troïka - autre information non négligeable issue de ces révélations. Varoufákis a donc autorisé un de ses proches amis, spécialiste en technologies de l’université de Columbia, à hacker le système informatique de (son) propre ministère afin de pouvoir copier le code du site des impôts sur un ordinateur dans son bureau”.
 

L'Eurogroupe. “Quotidien des Rédacteurs”, juillet 2015


Par la suite, un enregistrement sonore a été publié sur Internet par un institut de recherche dont l'un des membres participait à la discussion du 16 juillet (en anglais) avec l'accord de Yanis Varoufákis, ce qui tient à prouver la véracité de ses propos. Les mémorandistes... sépulcraux, réclament depuis... la tête de l’ex-ministre, des poursuites ont été engagées. Au Royaume de la pourriture, les... parasites d’Athènes ont constamment l’habitude du dernier mot (après celui bien évidemment de leurs maîtres-fous, troïkans).

Le problème n’est pas Varoufákis, ce qui ne veut pas dire que son rôle dans les affaires courantes de la Grèce de l’Apocalypse vers... la fin de l’Euro, soit claire, ou en tout cas décryptable, hormis pour les historiens du futur, sauf que le grand embarras résulte alors de cette prise du contrôle... clés en main, du logiciel fiscal grec par la Troïka. C’est donc le hacking officiel (ou officieux) qui devient condamnable aux yeux des mémorandistes, et non pas, l’usurpation de la souveraineté restante au profit de Bruxelles et de Berlin. L’histoire ne se répète pas, ou alors comme une farce, sauf que Marx n’avait pas connu la... dématérialisation de la farce désormais numérisée.

Cependant, même la presse mainstream rapporte finalement les faits, sans trop s’attarder pour autant sur les conséquences à en déduire: “Au cours de son entretien téléphonique, Yánis Varoufákis a également évoqué le rôle joué par le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, dans les négociations. Fermement opposé à une réduction de la dette grecque, Schäuble s’est en revanche prononcé pour un Grexit provisoire qui pourrait se révéler bien plus coûteux pour ses créanciers. Comment expliquer alors une telle position ? Pour Varoufákis, c’est clair: le plan de Schäuble, ‘tel qu’il me l’a décrit’, est d’éviter une union monétaire fonctionnant avec un Parlement (comme le suggérait encore récemment François Hollande).

Dans cette optique, affirme Varoufákis, Schäuble lui a ‘dit explicitement qu’un Grexit lui donnerait assez de pouvoir de terreur pour imposer à la France ce que Paris refuse. De quoi s’agit-il ? Transférer une partie de la souveraineté budgétaire de Paris à Bruxelles’. Et d’ajouter, dans The Telegraph, que le ministre allemand des Finances sait parfaitement que le troisième plan d’aide, dont les discussions viennent de commencer à Athènes, ‘est voué à l’échec’, mais que son objectif demeure de faire sortir la Grèce de la zone euro. ‘Il n’y aura pas d’accord le 20 août’, parie Varoufákis.” Sable mouvant.
 

Façade à Athènes, juillet 2015

 

L'Assemblée des femmes d’Aristophane. Théâtre National, Épidaure, 2015

 

Hôtel refait. Athènes, juillet 2015


Signe des temps, le Théâtre National présente cet été à Épidaure, “L'Assemblée des femmes”, comédie grecque antique d’Aristophane écrite vers 392 av. J.-C. Il était encore question de sauver la cité. Les Athéniennes, à l'instigation de l'une des leurs, Praxagora, se rassemblent à l'aube sur l'agora pour prendre à la place des hommes les mesures qui s'imposent pour sauver la cité. Le lendemain matin, les hommes découvrent alors avec stupéfaction les réformes que les femmes entendent adopter: mise en commun des biens, droit pour les femmes les plus laides et les plus âgées de choisir un compagnon. Vieux problèmes... tout comme le monde.

Et comme la cité n’est toujours pas sauvée, nos stigmates du quotidien se mélangent, le plus souvent en s’ignorant. Tandis que sur la Place de la Mairie, les agents du service municipal en charge des animaux... adespotes (sans maîtres) proposent des adoptions aux familles en balade, trois cent mètres plus loin, il y a grande cohue devant l’entrée de l’unique pharmacie publique, autrement-dit, directement gérée par le... fantôme de la Sécurité Sociale grecque. Ultime espoir pour se procurer un médicament devenu rare et souvent inaccessible pour cause de coût. Il n’y aura pas pour tout le monde, c’est... déjà compréhensible. Les gens deviennent agressifs, c’est la guerre des (pauvres) malades. Athènes, 2015.
 

Animaux adespotes à adopter. Athènes, juillet 2015

 

Devant l’entrée de l’unique pharmacie publique. Athènes, juillet 2015

 

Athènes du moment, juillet 2015


Le drame de la Gauche... adespote ou despotisée demeure pour l’instant entier. Lundi 27 juillet, la Plateforme de Gauche célébrait le cinquième anniversaire de son site Internet iskra.gr. Pour Panagiótis Lafazánis comme pour ses camarades, la seule voie possible hors mémorandum est celle qui conduira à l’abandon de la zone euro.

Nous restons fidèles au programme de SYRIZA, celui pour lequel nous avons été élus et nous nous battrons jusqu'au bout pour la victoire du NON”, voilà pour l’essentiel du programme. Tout le monde aura noté la présence de Manólis Glézos, lequel a pris la parole pour se différencier de Panagiótis Lafazánis quant à l’urgence de rompre ou pas avec l’euro. Cependant, Manólis résistant en 1941 déjà et alors grande personnalité de la Gauche grecque (et européenne), a aussi lancé un appel solennel à la “Résistance contre cette nouvelle occupation allemande, réaffirmée par le mémorandum III”.

Manólis Glézos, visiblement en colère, a affirmé “que SYRIZA n'a pas de propriétaires” avant de se demander: “Quel rapport existe-t-il, entre SYRIZA, et le gouvernement de l'Hôtel du Premier ministre ? Ce troisième mémorandum est le pire de tous les autres, rien que parce qu'il a été signé par ce gouvernement-là (SYRIZA)”. L’événement de la soirée était de taille, pourtant, la radio 105,5 (SYRIZA), n’a pas jugé utile de le retransmettre en direct, contrairement à ses habitudes.
 

Rassemblement de la plateforme de Gauche (Manólis Glézos et Panagiótis Lafazánis). Athènes, le 27 juillet

 

Panagiótis Lafazánis, Athènes, le 27 juillet

 

Manólis Glézos, Athènes, le 27 juillet


Pour Státhis Kouvelákis, philosophe francophone, membre du Comité central de SYRIZA et figure de la Plateforme de Gauche, “La seule chose qui reste sous contrôle de l’État grec est l’appareil répressif. Et on voit bien qu’il commence à être utilisé comme avant, c’est-à-dire pour réprimer des mobilisations sociales. Les gaz lacrymogènes déversés sur la place Sýntagma du 15 juillet, suivis d’arrestations de militants, de passages à tabac et maintenant de procès devant les tribunaux de syndicalistes, ne sont qu’un avant-goût de ce qui nous attend lorsque la situation sociale se durcira, lorsque les saisies des résidences principales se multiplieront, lorsque les retraités subiront de nouvelles coupes dans leur retraite, lorsque les salariés seront dépossédés du peu de droits qu’ils leur restent. Le maintien du très autoritaire Yannis Panoússis comme ministre responsable de l’ordre public, et qui se voit également confier le portefeuille de l’immigration, est un signal clair du tournant répressif qui s’annonce”.

Du côté des proches de Tsipras, le ton devient extrêmement agressif envers ceux qui sont en désaccord avec les choix qui ont été faits. Il est très choquant de voir que certains membres du parti reprennent mot pour mot les arguments propagés par les médias, jusqu’aux calomnies qui présentent les défenseurs de plans alternatifs, comme Varoufákis ou Lafazánis, comme des putschistes, des comploteurs de la drachme, des alignés sur le Grexit, façon Schäuble.

Ce débat (sortie de l’euro) n’a jamais véritablement eu lieu — ou, plutôt, il n’a eu lieu que de façon limitée, au sein de SYRIZA, pendant les cinq dernières années. Et ce fut toujours contre la volonté de la majorité de la direction du parti, par une sorte d’état de fait créé par le positionnement d’une minorité substantielle en faveur d’une sortie de l’euro, comme condition nécessaire pour la rupture avec les politiques d’austérité et le néolibéralisme. La majorité de la direction du parti n’a jamais vraiment accepté la légitimité de ce débat. La sortie de l’euro n’était pas présentée comme une option politique critiquable avec des inconvénients qui justifiaient un désaccord. Elle était purement et simplement identifiée à une catastrophe absolue. Systématiquement, il nous était reproché que si nous défendions la sortie de l’euro, nous étions des crypto-nationalistes ou que la sortie de l’euro entraînerait un effondrement du pouvoir d’achat des classes populaires et de l’économie du pays. En réalité, c’étaient les arguments du discours dominant qui était repris par nos camarades.”
 

La cartographie en exposition. Athènes, juillet 2015

 

Touristes à Athènes, juillet 2015

 

Touristes à Athènes, juillet 2015


En ce moment même à Athènes, la Fondation pour la Culture d’une grande banque, propose son exposition sur le regard des cartographes et la Grèce. Les cartes du monde changent, celle de SYRIZA est plutôt déchirée. La bataille fait alors rage pour le contrôle du parti, entre Tsipriotes... et Lafazanistes.

Alexis Tsipras laisse entendre qu’un congrès extraordinaire pourrait se tenir très rapidement, peut-être même en ce mois d’août. Je suppose, que cette volonté si urgente, veut tenir compte du calendrier éventuel de Wolfgang Schäuble, car personne n’est en mesure de prévoir quelle sera la situation de la Grèce, déjà vers le 20 août, date où arrive à échéance une certaine créance. La Troïka, c’est à dire Berlin, exige de nouvelles mesures (non incluses) au préaccord de juin, rien de très rassurant en effet... pour l’été Tsipriote.
 

Bois pour l'hiver. Thessalie, juillet 2015


L’Europe s’assombrit. Comme nous le rappelle dans son excellent papier Vladimir Caller depuis la Belgique et (depuis) sa Gauche, “vers la fin du processus de réunification allemande, le chancelier Kohl se trouva confronté à un dossier colossal. Il s’agissait d’absorber l’économie de l’Allemagne de l’Est et ses presque 15 000 entreprises d’État et coopératives et ses, grosso-modo, 5 millions de salariés. A quoi il fallait ajouter des millions d’hectares de terres agricoles et, plus généralement, le patrimoine d’État de l’ancienne RDA. Pour assumer cette tâche, le chancelier trouva la perle rare: un certain Wolfgang Schäuble, lequel s’engagea avec passion dans la création et la gestion du Treuhandanstalt (dit, par facilité, ‘Treuhand’), un fonds public destiné à récolter le produit des privatisations et financer ainsi la dette du pays.

L’ensemble de l’opération fut jugé par les uns comme une réussite magistrale de capitalisation d’actifs et par les autres comme le pillage du siècle. Sur le plan social, environ 2,8 millions de travailleurs est-allemands perdirent leur emploi.
 

Friche commerciale. Thessalien, Trikala, juillet 2015


Un quart de siècle plus tard, le même Wolfgang Schäuble se propose de récidiver mais cette fois en délocalisant son savoir-faire en Grèce. C’est en effet lui qui obtint qu’une clause créant un fonds similaire soit ajoutée à l’accord signé ce 12 juillet. Il souhaitait même que ce fonds, destiné à accueillir les montants des privatisations des ports, chemins de fer, aéroports, etc., soit placé dans une société publique située au Luxembourg et dont il est lui-même membre du conseil d’administration. Manière de s’assurer que ces fonds soient bel et bien destinés à rembourser les créanciers, parmi lesquels l’Allemagne figure en toute première place.

J'ajouterais cependant ceci: après l'annexion de la RDA, l’élite de l'Allemagne a mis en exécution ouverte, son vieux projet colonial... européen et depuis un certain temps, européiste. Et c'est précisément cet européisme partagé et ingurgité par SYRIZA Tsipriote (comme par Pierre Laurent) qu’a fait basculer SYRIZA en seulement six mois, au lieu de trois à quatre décennies nécessaires pour les effrayants sociaux-démocrates, mais c’était durant un autre siècle.

L'histoire s’accélère... sauf que cet été, les figues grecques ont bien eu du retard ! Nous laisserait-elle loin derrière ? Les derniers événements ont été vécus comme un immense choc en Grèce et bien au-delà. D'abord, il y a eu l'immense joie populaire aussitôt après le référendum, ensuite, cette colère sombre et qui depuis hante tous les esprits.
 

Le retard de figuiers. Thessalie, juillet 2015


Certains amis, cadres de la Plateforme de Gauche, et pour l’instant membres au Comité central SYRIZA, estiment que le... label même SYRIZA serait “grillé”, et peut-être autant, celui de la Gauche tout court, si les intéressés ne bougent pas assez et cela, très rapidement.
 

Construction à vendre. Trikala, juillet 2015

 

Les beaux objets de la vielle Allemagne. Athènes, juillet 2015


Sable mouvant alors entre deux canicules et trois mémoranda. À Athènes on vend toujours les beaux objets de la vielle Allemagne et ailleurs en Grèce... on prend encore le temps d’une petite sieste... sur les châssis des camions qui ne bougent plus vraiment. Bel été !
 

On prend le temps d’une petite sieste. Grèce, juillet 2015

 




* Photo de couverture: Retraité... converti en vendeur ambulant de billets de loterie. Athènes, juillet 2015
 
 
 
 
 

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 23:58

 

Source : http://www.franceculture.fr

 

 

Le revenu universel de base est-il une mesure réaliste? 

28.07.2015 - 18:15

 
 
Ecouter l'émission ici

 

Juha Sipilä le Premier ministre finlandais (de centre-droit) l’a annoncé il y a quelques jours lors de son discours de politique générale : il veut expérimenter dans son pays le revenu de base, le revenu universel. Une allocation pour tous, qui remplacerait tous les aides par ailleurs, allocations chômage, aides au logements, pensions de retraite mêmeLa Finlande imagine ainsi lutter contre la pauvreté et contre le chômage de masse.

 

Un manifestant appelle à une loi nationale pour un salaire minimum de 15 dollars (Washington) © Radio France

 

1000 € par mois pour tous et pour chacun, sans contrepartie. Libre ensuite à tout le monde de compléter en travaillant.

Le travail deviendrait alors un choix. Ou tout du moins, tendrait à devenir un choix.

 La Finlande franchit le pas, d’une possible concrétisation de cette idée économique ancienne et qui bouscule les clivages politiques. Par ailleurs, la Suisse va lancer un référendum d’initiative populaire sur le sujet l’année prochaine, le partie d’extrême-gauche Podemos l’a inscrit à son programme, et c’était une idée portée initialement par le mouvement des Indignés,

la ville d’Utrecht va tenter l’expérience à une petite échelle en janvier 2016… 

 

Le revenu de base en question…

Christophe Fourel, Anne Eydoux et Marc De Basquat MV © Radio France

 

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Invité(s) :
Anne Eydoux, économiste, membre des "Economistes Atterrés" et chercheuse au Centre d'études de l'emploi et maître de conférences à l'Université Rennes 2
Marc de Basquiat, ingénieur et économiste, au débat sur le concept d'allocation universelle
Christophe Fourel, chef de la Mission Analyse Stratégique, Synthèses et Prospective à la Direction Générale de la Cohésion Sociale
Jean-Baptiste Myondo, enseignant en économie et philosophie politique

Thème(s) : Information| Politique| Société

Lien(s)

LIBER, un revenu de liberté pour tous (Génération libre)S’il y a bien une fonction qui revient à l’Etat régalien et qui n’est pas assurée aujourd’hui, c’est de garantir à tous un revenu minimum -Marc de Basquiat et Gaspard Kœnig (22/05/2014)

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 23:40

 

Source : https://www.laquadrature.net

 

 

Défendons la Neutralité du Net en Europe : sauvons Internet !

Surveillance de tous les citoyens : le gouvernement a désormais carte blanche

 

 

 

Paris, 29 juillet 2015 — Le Conseil constitutionnel a rendu, jeudi 23 juillet, une décision historique par son mépris des libertés individuelles, du respect de la vie privée et de la liberté d'expression. Les «  sages » ont choisi de faire l'économie d'une analyse réelle de la proportionnalité des lois de surveillance et démontré ainsi leur volonté de ne pas enrayer le jeu politique, pour finalement endosser le rôle de chambre d'enregistrement.

Communiqué commun de l'Observatoire des Libertés et du Numérique (OLN)1

Pourtant, le Conseil constitutionnel avait reçu de nombreuses contributions des organisations citoyennes, via la procédure de la porte étroite, appelant à une analyse en profondeur de la loi et une censure de nombreuses dispositions, à commencer par les trop nombreuses et trop larges finalités. Bien sûr, le Conseil constitutionnel donne les limites de chacune des finalités, en renvoyant aux différents articles des différents codes (pénal et de procédure pénale, de la défense et de la sécurité intérieure). Toutefois ces finalités restent si larges que toute « atteinte à l'ordre public », comme la participation à une manifestation, peut faire l'objet d'une technique de renseignement. Ainsi, il reviendra aux services de renseignement puis à la CNCTR de définir dans l'urgence ce qui entre dans le champ des finalités, sans aucun contrôle judiciaire.

Par ailleurs, la validation de la mise à l'écart du juge affaiblit profondément le principe de séparation des pouvoirs, qui constitue pourtant une garantie démocratique fondamentale. Le juge judiciaire, garant des libertés individuelles, est totalement écarté. Quant au Conseil d'État, il pourra en principe être saisi de plaintes par les citoyens, concernant des procédures qui leur sont inconnues, puisque secrètes par nature. C'est dire si l'on est loin d'un droit de recours effectif !

Sur les techniques de renseignement, le Conseil constitutionnel choisit la démonstration par la tautologie : pur écho au gouvernement, il affirme que « ces dispositions ne portent pas une atteinte manifestement disproportionnée au droit au respect de la vie privée ». Quant aux risques liés au fonctionnement des algorithmes et aux faux-positifs, il se garde bien d'en mesurer les effets.

Le Conseil constitutionnel ne s'inquiète pas davantage du secret professionnel des avocats et parlementaires ou du secret des sources des journalistes. Il ne craint pas d'écrire que la collecte des métadonnées, dès lors qu'il ne s'agit pas du contenu des correspondances, ne porte pas atteinte au droit au secret des correspondances et à la liberté d'expression. Ainsi, il fait fi de la quasi-impossibilité de déterminer, par avance, si les données interceptées relèvent d'échanges professionnels ou personnels.

Ce n'est pourtant pas faute d'arguments juridiques étayés, ni de décryptages techniques mis à sa disposition par de nombreux mémoires 2. Pour n'avoir pas voulu voir la réalité concrète d'une terminologie nébuleuse — ce que sont, et ce que produisent un IMSI catcher ou une « boîte noire » — et pour n'avoir pas voulu la confronter, dans une analyse systématique, avec les articles de la Constitution qui consacrent pourtant la séparation des pouvoirs, le secret des correspondances et le droit au respect de la vie privée, le Conseil constitutionnel signe ici une double démission.

Ce ne sont finalement que les quelques dispositions qui crient à l'inconstitutionnalité — dont la surveillance internationale sans aucun contrôle de la CNCTR — ou qui heurtent des principes purement formels — une disposition budgétaire que l'on devra ranger dans la loi de finance plutôt que dans une loi ordinaire — qui ont retenu l'attention de la plus haute juridiction française. Le message est clair : le Conseil constitutionnel n'est pas un frein au « progrès décisif » (selon l'expression de Manuel Valls) que constitue la surveillance généralisée de la population.

L'Observatoire des libertés et du numérique condamne fortement cette dérive vers une société panoptique où tous les citoyens seront susceptibles d'être surveillés, et qui témoigne du naufrage d'un pouvoir aux abois prêt à bafouer les valeurs fondamentales de la République et œuvrant contre l'intérêt de tous en manipulant les peurs. Cette défaite doit résonner comme un appel pour tous les citoyens : mobilisons-nous toujours plus pour défendre nos libertés !

 

Source : https://www.laquadrature.net

 

 

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 23:21

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/pascal-gerin-roze

 

 

VAROUFAKIS REPOND AUX ACCUSATIONS DE HAUTE TRAHISON

 

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Accusations de trahison: ce qui se cache derrière les allégations bizarres

 

Posté le 29 juillet 2015 par yanis varoufakis

http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/29/treason-charges-what-lurks-behind-the-bizarre-allegations/

 

La tentative bizarre de me faire  inculper pour trahison, pour avoir prétendument conspiré pour pousser la Grèce hors de la zone euro, reflète quelque chose de beaucoup plus large.

Il reflète un effort déterminé pour délégitimer notre longue  négociation de cinq mois (25 e Janvier au 5 Juillet 2015)  avec une troïka irritée que nous avons eu l'audace et d'en contester la sagesse et l'efficacité du programme voué à l'échec.

Le but de mes accusateurs est de soi-disant caractériser notre position de défiance dans la négociation comme une aberration, une erreur ou, mieux encore vu de  l'établissement oligarchique de la troïka dans l'environnement grec, comme un «crime» contre l'intérêt national de la Grèce.

Mon ignoble «crime» était que, j'incarne l'expression de la volonté collective de notre gouvernement, :

  • D'abord le refus de me considérer comme un égal à l'ensemble des autres négociateurs, pouvant dire "non" et capable de présenter les raisons analytiques consistantes pour repousser l'illogisme catastrophique des énormes prêts consentis à un état en faillite à condition qu'il mette en oeuvre une austérité autodestructrice
  • Ce qui démontre que l'on peut être un européiste engagé, s'efforcer de garder sa nation dans la zone euro, et, en même temps, rejeter les politiques de l'Eurogroupe qui endommagent l'Europe, déconstruisent l'euro et, surtout, le piège qui entraîne le pays dans une austérité à perpétuité et à la servitude pour  des dettes
  • Planifier des plans de secours face aux menaces que brandissaient mes collègues de l’Eurogroup, et les officiels haut placés de la Troïka lors de nos discussions en face à face.
  • Dévoilement de la façon dont les gouvernements grecs précédents ont transformé la fonction de ministères cruciaux, tels que le Secrétariat général des recettes publiques et l'Office statistique hellénique, en départements efficacement contrôlés par la troïka et considérés comme en mesure de faire pression et de miner le gouvernement élu.

Il est amplement évident que le gouvernement grec a le devoir de récupérer la souveraineté nationale et démocratique sur tous les départements de l'Etat, et en particulier ceux du ministère des Finances. Si elle ne le fait pas, il continuera à être dépossédé des instruments d'élaboration des politiques que les électeurs attendent,  utiles dans la poursuite du mandat qui lui est dévolu.

Dans mes efforts ministériels, mon équipe et moi avons imaginé des méthodes innovantes pour développer les outils du ministère des Finances pour faire face efficacement à la crise de liquidité induite par la troïka-tout en récupérant des pouvoirs exécutifs précédemment usurpés par la troïka avec le consentement des gouvernements précédents.

Au lieu d'inculper et persécuter ceux qui, à ce jour, sont en fonction dans le secteur public comme serviteurs et  lieutenants de la troïka (tout en recevant leur salaire substantiel de la part  des contribuables grecs), les politiciens et les partis dont l'électorat battus pour avoir travailler à transformer la Grèce en un protectorat sont maintenant ceux qui me persécute, aidé et encouragé par les médias des oligarques. je suis accusé par eux. 

La négociation fière et honnête que le gouvernement SYRIZA a menée dès le premier jour où nous avons été élus a déjà changé les débats publics en mieux. Le débat sur le déficit démocratique qui afflige la zone euro est désormais imparable. Hélas, les chers leaders nationaux à la solde de la Troïka ne semblent pas en mesure de supporter ce succès historique. Leurs efforts pour me criminaliser  échoueront sur les mêmes écueils que les campagnes de propagandes contre le vote «non» du référendum du 5 Juillet : la grande majorité intrépide du peuple grec. 

 

 

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/pascal-gerin-roze

 

 

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 23:09

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/jipe-tournebride

 

 

A qui profite la révolte des paysans ?

|  Par Jipé Tournebride

 

 

Voici un peu plus de deux semaines que les journaux télévisés ou radio ouvrent sur la révolte des agriculteurs, et pas un jour ne passe sans que l'on voie un agriculteur exhaler sa colère et son désespoir. Un agriculteur ? Sans doute mais surtout un agriculteur affilié à la FNSEA, ce grand syndicat qui est entièrement dévoué à l'agriculture productiviste. L'un des plus emblématiques de ses dirigeants Michel Debatisse, venu comme la plupart des adhérents de la JAC (jeunesse agricole catholique) au syndicalisme dans les années  60 avait déjà annoncé la couleur en se démarquant de ses collègues paysans en soutenant l'extension du camp du Larzac contre l'avis de la plupart des agriculteurs du Causse. Président de la Sodial (Yoplait, Candia) le pouvoir politique sut le récompenser en le nommant secrétaire d'Etat sous le gouvernement Barre. S'éloignant du monde paysan il finit sa carrière comme parlementaire européen où il fut un activiste du lobby agro-alimentaire.

Ses successeurs ? François Guillaume : après avoir été Président de Saint-Hubert Industrie Laitière (700 salariés) de 1981 à 1990, il deviendra ministre de l'agriculture du gouvernement Chirac (celui qui aimait tâter le cul des vaches) et finit sa carrière politique comme député de Meurthe et Moselle après avoir siégé au Parlement européen. Depuis il fait dans l'aide alimentaire et milite au sein de "Debout la France".

Raymond Lacombe eut une carrière plus modeste, il ne fut que vice-président de la chambre d'agriculture de l'Aveyron et membre du conseil économique et social...

Luc Guyau est d'abord passé par le CDJA, la FDSEA avant de parvenir à la présidence de la FNSEA, puis , membre de la FIPA (Fédération internationale des producteurs agricoles), il est délégué du CESE au Comité pour la sécurité alimentaire mondiale au sein de la FAO  (l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture). Curieux ce penchant pour oeuvrer dans les organisations qui viennent en aide (pour mieux les tuer ? ) aux pays sous développés (non ce n'est pas un gros mot): en 2009 il deviendra président de la FAO... et en 2011 il est nommé inspecteur général de l'agriculture par le gouvernement sous la présidence de Sarkozy, et c'est sans doute un hasard s'il est vice-président départemental de l'UMP.

Jean Michel Lemétayer, s'il fut enlevé prématurément à l'affection des siens fut Président du Copa, lobby européen des agriculteurs, à Bruxelles, président de Sopexa (Sopexa est une agence de communication et de marketing spécialisée dans l'agroalimentaire, les vins et l'art de vivre) et enfin vice-président du Conseil économique et social....

Xavier Beulin, ah celui-là, c'est une autre échelle ... Céréalier, (ferme de 500 ha) et producteur de lait il est aussi président de Sofiprotéol, groupe agro-industriel aux multiples ramifications dont  le monopole pratiquement de la production du biodiésel.

En 2011, Xavier Beulin soutient une proposition de loi UMP  transposant un règlement européen de 1994 sur la protection des obtentions végétales, qui a pour conséquence que les agriculteurs, s'ils veulent ressemer leur propre récolte, doivent verser une « rémunération aux titulaires des certificats d'obtention végétale » que sont les semenciers . Le syndicat Coordination rurale rappelle qu'il est non seulement à la tête de la FNSEA, mais dirige également le groupe Sofiprotéol, « qui détient des participations dans plusieurs grands groupes semenciers français (Euralis Semences, Limagrain, RAGT Génétique, Serasem - groupe InVivo)

Gageons que M Beulin finira sa carrière au Parlement européen ou au conseil économique et social.

A la place des agriculteurs qui depuis des années se font du mouron pour l'avenir de leur métier , j'aurais tendance à me méfier de ces gens de la FNSEA dont l'activisme consiste surtout à promouvoir un modèle productiviste, suicidaire, mais qui permet à nombre d'entre eux de faire fortune sur les dépouilles de ceux qui veulent encore croire en l'avenir d'une agriculture soucieuse de l'Humain. La solution n'est pas le suicide (facile pour moi de le dire, bien entendu) mais la lutte et d'abord gagner à leur cause l'opinion publique  qui ne sait plus vers qui se tourner. Le diabète, l'hypertension, le cancer et combien d'autres maladies sont dues pour la plupart à cette malbouffe que défend la FNSEA (elle défend le modèle "ferme des mille vaches") . Avant de penser à exporter pour mieux ruiner les agricultures des pays sous-développés, les agriculteurs doivent porter leurs efforts vers une production raisonnée axée sur la qualité, et non plus sur la quantité. Il faut en finir avec ces rendements obtenus à coups d'engrais (importés) de traitements multiples et ruineux  et d'une addiction au machinisme qui fait de l'agriculteur un simple exécutant malade dans son corps, mais aussi dans sa tête car souvent il sait bien que ses immenses efforts et ses heures de travail interminables sont voués à la faillite.

Il est sans doute encore temps de se ressaisir !

 

 

 

Tous les commentaires

 

29/07/2015, 20:55 | Par ROBPROV

100% d'accord !!

Il ne faut pas etre dupe de la jacquerie FNSEA !

 

29/07/2015, 23:19 | Par Jean-Etienne Delerue en réponse au commentaire de ROBPROV le 29/07/2015 à 20:55

Oui, mais il faut défendre le droit des petits agriculteurs à un revenu décent et lutter contre le modèle de l'agriculture productiviste antiécologiste et donnant des produits de qualité médiocre. C'est l'approche de la Confédération Paysanne : http://www.confederationpaysanne.fr/

 

29/07/2015, 23:30 | Par Jipé Tournebride en réponse au commentaire de Jean-Etienne Delerue le 29/07/2015 à 23:19

la confédération paysanne est sans doute dans le vrai, mais actuellement on n'entend que la FNSEA, et c'est ce que je dénonce dans mon billet. La FNSEA n'est pas représentative du monde paysan, loin s'en faut, mais on n'entend qu'elle dans les medias, preuve s'il en était besoin de la collusion entre le monde politique et le modèle productiviste, gauche et droite confondues. Il est urgent de réagir !

 

29/07/2015, 18:28 | Par Gérard BARD

Détruire pour le plaisirs, est-ce vraiement du syndicalisme. J'ai été militant syndical et je m'opposais a détruire quoi que ce soit. Les personnes non concernées par un mouvement ne doivent pas subir par leur impôts des destructions de bâtiments ou bien public. S'attaquer aux grandes surfaces est un peut facile. Quand celles ci n'existaient pas, les paysans d'alors et leurs coopératives exercercaient une pression sur les grossites et marché d'intérêt national. Si les grandes surfaces ne sont pas des anges, tous les maux ne viennent pas d'eux. L'agroalimentaire, bien souvent détenu par patron agricole dont xavier Beulin est le digne représentant, puisque dans les Pujet, Lesieur, les oeufs matines etc. Le carburant agricole en fait parti. Les laiteries dont l'ancien de la FNSEA eétait le président de ST HUBERT, qui achetait son lait dans les pays de l'est. Je voudrais déjà que l'on regarde les comptes bancaires de bons nombres d'agriculteurs et je voudrais connaître leur vrai revenu, par ceux qu'il déclare hélas. Les COFFRES BANCAIRES OUVERTS? SONT POUR LA PLUPART AU NOM D'AGRICULTEUR ou de leur femme (nom de jeune fille) OU DE COMMERCANT QUI cache leur revenus (Confidence d'un banquier) Beaucoup ne paye pas d'impôts, mais sont propiétaire de leur maison, touche systématique les bourses pour les études. Enfin , si la situation est si mauvaise depuis 20 ans, pourquoi reprendre l'affaire de Papa? pour agrandir le cheptel, obtenir des prêts de 400 à 500 millions€ ? Regarder dans le journal ouest france, l'ouverture ou l'agrandissment de porcherie, dont depuis 50 ans on nous bassine qu'il vive au smic? après avoir tout payé? il ne me reste pas un smic après avoir tout payé. Depuis 50 ans des rapports sur les vrais revenus des agriculteurs sont fiat pour BERCY, tous reconnaissent que les revenus sont minorés de 30à 50%. Les rapports sont enterrés. Il ne faut pas froisser le monde agricole qui votent à 90% a droite. Quand à Hollande, nous sommes avec les agriculteurs, lui peut être pour sa réélection, mais les consommateurs? Les salaires et les retraites sont bloques, donc l'on cherche le moins cher, l'on mange moins de viande dont il est prouvé qu'en grande quantité elle est néfaste pour la santé. A titre d'exemple le kilo de pommes de terre en 2000 était à 0,34frs? Aujourd'hui 1,20€ le kilo soit 7,87frs ET C4EST SENSIBLEMENT LE MEME PRIX CHEZ L AGRICULTEUR DU COIN. J 'aurais bien voulu que ma retraite subisse la maême inflation.

 

29/07/2015, 23:38 | Par Jipé Tournebride en réponse au commentaire de Gérard BARD le 29/07/2015 à 18:28

contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, manger sainement coûte très cher.  Si nous avions des produits locaux, de saison, les effets sur la santé seraient bénéfiques, et nous permettrions à des agriculteurs de gagner leur vie correctement. L'Europe a modifié  les règles, la PAC a permis à certains de bâtir des fortunes tandis que de petites exploitations, tout à fait viables ont été  condamnées à disparaître au profit des plus grosses qui les ont absorbées. Ce modèle nous conduit  droit dans  le mur, tue tous les jours des dizaines de paysans et nous empoisonne. A qui profite le crime ?

 

29/07/2015, 20:57 | Par juan23

N'oubliez pas Christian Jacob député UMP, exploitant agricoleen Brie, ancien du CDJA et de tant d'autres choses...

 

29/07/2015, 21:58 | Par seth

Merci pour cette galerie de portraits.

Mais je ne sais pas si la fnsea arrive vraiment en ce moment à contrôler les croquants...

 

29/07/2015, 22:48 | Par Charles-Hubert de Girondiac

Merci pour votre texte. Le corps médical alerte depuis au moins dix ans sur l'explosion des cas de maladies neuro-dégénératives, de cancers etc dans les campagnes, liés à la combinaison de pesticides, parfois dix ou plus en arboriculture etc. Toutes les personnes qui travaillent la terre sont concernées, mais également les riverains et, à trrme, ceux qui se nourrissent de ces aliments contaminés.

Mais le mal est systémique. Tant que des dizaines de millions de "consommateurs" abrutis de "réclame", estimeront plus désirable de s'acheter une bagnole et gaspiller les ressources plutôt que rémunérer dignement le travail digne, aucun changement n'aura lieu. La propagande sur les "prix", le nihilisme ambiant d'un pays qui ne vit plus qu'à la sortie d'un puits de pétrole modèlent les comportements, très loin du point de fonctionnement stable d'une dynamique durable. 

En attendant que ce même pétrole ne détruise les terres elles-mêmes alors que la priorité devrait d'urgence être donnée à rechercher les moyens les plus intelligents pour maintenir la sécurité alimentaire par une meilleurs connaissance de la nutrition et de nouvelles méthodes de culture.

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 22:56

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

A Canal+, Vincent Bolloré censure un documentaire sur sa banque préférée

|  Par Fabrice Arfi

 

 

Vincent Bolloré, tout-puissant patron du groupe Vivendi, la maison mère de Canal+, a personnellement censuré d’un simple coup de téléphone un documentaire sur le Crédit mutuel et la fraude fiscale, qui devait être diffusé sur la chaîne cryptée. Bolloré et le Crédit mutuel ont de nombreux liens d’intérêt. Révélations.

 

Vincent Bolloré n’aime peut-être pas Les Guignols de l’info, mais cela ne l’empêche pas de considérer les journalistes comme des marionnettes. Le milliardaire, tout-puissant patron du groupe Vivendi, la maison mère de Canal+, a personnellement censuré au printemps dernier un documentaire sur le Crédit mutuel et la fraude fiscale, qui devait être diffusé dans l’émission d’enquête de la chaîne, Spécial Investigation.

Alors que le film (qui contient plusieurs révélations embarrassantes pour la banque mutualiste) avait été validé par la direction des programmes et le service juridique de la chaîne, c’est par un simple coup de fil à Canal+ que Vincent Bolloré a signé l’acte de décès du documentaire, selon plusieurs sources internes. La raison est simple : le Crédit mutuel est l’un des principaux partenaires financiers des activités du groupe Bolloré ; Michel Lucas, son patron, est par ailleurs un intime de l’actionnaire majoritaire de la chaîne cryptée.

 

Vincent Bolloré, en avril 2015, un mois avant la censure...Vincent Bolloré, en avril 2015, un mois avant la censure... © Reuters
 

Mediapart, qui se trouvait être partenaire de cette enquête, signée par Geoffrey Livolsi et Nicolas Vescovacci (avec Raphaël Tresanini), connaît bien les dessous de cette triste histoire, très brièvement évoquée dans le magazine Society cette semaine. Bien avant la marginalisation des Guignols et l’éviction de ses auteurs, cette censure à l’ancienne apparaît désormais comme la première preuve de la reprise en main féroce de la chaîne par Bolloré. Elle est aussi le signal de futurs jours sombres pour l’indépendance de la politique éditoriale que Canal+ aime pourtant à revendiquer sur son antenne. L'affaire, inédite dans l'histoire de Canal+, a laissé des traces profondes au sein de la chaîne.

« En quinze ans, je n’avais encore jamais vécu une censure aussi franche et brutale », confirme aujourd’hui Jean-Pierre Canet, rédacteur en chef et producteur du documentaire. « Aucune concertation ni aucune négociation n’a été possible avec la direction ou l’actionnaire principal de Canal+ », poursuit-il.

Soupçonnée, à l’instar de ses consœurs étrangères UBS ou HSBC, d’avoir organisé un vaste système occulte d’évasion fiscale via ses filiales suisse et monégasque, le Crédit mutuel est depuis plusieurs mois dans le viseur de la justice financière. Une enquête judiciaire a été ouverte contre le groupe bancaire français, par ailleurs propriétaire de nombreux quotidiens régionaux (Le Progrès, Le Dauphiné libéré, L’Est républicain…), en décembre 2014. Une affaire largement chroniquée par Mediapart (voir ici, ici ou ).

Après plusieurs semaines d’investigation, qui ont conduit les journalistes à obtenir des documents inédits sur ce scandale, le film Évasion fiscale, une affaire française avait été programmé pour une première diffusion le 18 mai. Un communiqué de presse avait même été envoyé par Canal+ et l’émission annoncée tout début mai dans plusieurs programmes télé, comme en témoigne cette capture d’écran :

Seulement voilà, dans les quinze jours qui ont précédé la diffusion du film, produit par la société KM Production (également productrice du défunt Grand Journal), un vent mauvais a commencé à souffler sur le programme. Le 5 mai, KM Production apprend de manière officieuse que le film est menacé alors que la rédaction en chef de Spécial Investigation est, selon le récit de plusieurs sources, tout simplement tenue à l’écart des discussions en haut lieu – une première. Autour du 8 mai, les visionnages s’enchaînent pourtant. Le film est validé par tous, y compris par la directrice juridique, Christine Nguyen, qui réclame des interventions purement cosmétiques sur le contenu, sans plus.

« Je n'en revenais pas »

Contre toute attente, le documentaire sur le Crédit mutuel, dont Mediapart devait accompagner la diffusion par la publication d’une enquête sur le site, est finalement déprogrammé. D’autres dates de diffusion sont malgré tout envisagées, pour le mois de juin. Sans certitude.

Mais le flou qui règne alors sur le destin du film sera vite éclairci par un appel sans ambiguïté, à la mi-mai, de Vincent Bolloré en personne au directeur général de Canal+ d’alors, Rodolphe Belmer (évincé depuis). Le contenu de la conversation fait le tour de la direction de la chaîne et au-delà, avant d’arriver aux oreilles de Mediapart. Vincent Bolloré fait valoir ses liens d’amitié avec Michel Lucas, le patron du Crédit mutuel, et il fait aussi comprendre qu’il doit lui renvoyer l’ascenseur. L’affaire est entendue : le film ne sera pas diffusé.

 

Michel Lucas, patron du Crédit mutuel et partenaire financier de BolloréMichel Lucas, patron du Crédit mutuel et partenaire financier de Bolloré © Reuters
 

Les nouvelles vont manifestement très vite. Exactement à la même période, mi-mai, l’avocate des lanceurs d’alerte à l’origine de l’affaire du Crédit mutuel apprend la censure de la bouche d’un ami, qui se trouve être un cadre supérieur travaillant pour la banque mutualiste. « Il me dit de manière très claire et sans détour que le film ne sera pas diffusé et que Bolloré avait fait droit aux demandes de Michel Lucas. Je n’en revenais pas », confie l’avocate, Me Sophie Jonquet.

Le carambolage des dates parle de lui-même. Au moment même où Vincent Bolloré sortait les ciseaux d’Anastasie pour la plus grande satisfaction du Crédit mutuel, son groupe Vivendi annonçait (c’était le 12 mai) le lancement d’une OPA amicale pour prendre le contrôle total de Canal+ – Vivendi était jusque-là actionnaire majoritaire, mais pas à 100 %. Or, d’après les documents déposés devant l’Autorité des marchés financiers (AMF), l’opération est pilotée et garantie par… le Crédit mutuel.

Le fait est que le groupe Bolloré et le Crédit mutuel cultivent depuis des années d’importants liens d’intérêt, comme le montre une abondante littérature disponible publiquement. En mai 2011, c’est ainsi la société d’investissement du Crédit mutuel, CM-CIC Securities, qui s’affichait comme « le chef de file » d’une émission obligataire de Bolloré, ce qui faisait déjà du groupe de Michel Lucas l’un des principaux banquiers des activités de la multinationale. Le même mois, Michel Lucas, breton comme Vincent Bolloré, était le lauréat du 50e prix de Bretagne, financé par… Bolloré, et organisé en grande pompe à la tour… Bolloré, à Puteaux (Hauts-de-Seine). Les deux hommes ont également été membres de la même assemblée confidentielle de grands patrons bretons, le Club des Trente.

Contacté, Vincent Bolloré, par la voix de son porte-parole, n'a souhaité émettre « aucune réaction, aucun commentaire » sur cette affaire.

Mais tout n’est pas perdu : les responsables de KM Production, Renaud Le Van Kim et Jean-Pierre Canet, se sont battus comme de beaux diables pour obtenir la “libération” par Canal+ du documentaire censuré, c’est-à-dire que ses producteurs puissent le récupérer pour le vendre ailleurs. Le film, in fine, sera diffusé à l’automne prochain sur France 3, dans l’émission Pièces à conviction. C’est la morale de cette censure : non seulement sa révélation risque de provoquer une vive controverse, mais le film concerné sera vu sur le service public et en clair par une audience beaucoup plus large que s’il avait été diffusé sur Canal+ et en crypté. Une mauvaise nouvelle pour le Crédit mutuel. Et pour Bolloré.

 

 

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 22:39

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

La politique européenne échoue à stopper la destruction des forêts tropicales

29 juillet 2015 / Samuel Nguiffo
 


 

En 2010, le Cameroun a signé un Accord de partenariat volontaire (APV) avec l’Union européenne, censé mettre fin au commerce de bois tropical illégal. C’est l’échec : il est urgent de refonder la politique européenne sur les forêts tropicales.


En 2010, le Cameroun a signé un Accord de partenariat volontaire (APV) avec l’Union européenne (UE). Cet accord commercial est censé mettre fin au commerce de bois tropical illégal à travers différents outils techniques. Avec cet accord, le Cameroun s’est engagé à ne commercialiser que du bois légal vers l’UE. En contrepartie, l’UE a promis de faciliter l’accès de son bois à son marché et de l’autoriser à émettre des « autorisations FLEGT », jouant le rôle de certificat de légalité.

Mais le mécanisme ne semble pas fonctionner au Cameroun, ainsi que dans les autres pays du bassin du Congo signataires d’un APV. Samuel Nguiffo, secrétaire général du Centre pour l’environnement et le développement (CED), une ONG camerounaise, fait ici une analyse de la situation, alors que l’UE est en pleine évaluation du mécanisme lancé il y a dix ans.

 

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Samuel Nguiffo

J’ai commencé à m’intéresser à l’exploitation forestière au Cameroun il y a une vingtaine d’années. A l’époque, je ne comprenais pas pourquoi des décisions semblant relever du bon sens pour gérer efficacement les forêts et préserver leurs fonctions et usages primordiaux n’étaient pas prises. Ainsi, le modèle de gestion proposé par la loi de 1994 pour les forêts au Cameroun [1], intéressant sur le papier, n’a pas été testé avant d’être appliqué à l’ensemble des forêts du pays. Alors qu’il montrait des limites inquiétantes liées à la qualité de la gouvernance, il a été étendu aux autres pays du bassin du Congo, marqués par le même déficit chronique de gouvernance.

On a fini par se retrouver avec un système de gestion des forêts déplaçant le centre de décision des autorités politiques compétentes vers les bailleurs de fonds, au mépris des principes d’appropriation et de durabilité. Les efforts déployés par plusieurs agences de coopération pour une gestion durable des forêts ont été par conséquent vains : leurs propositions et innovations techniques, telle l’institution de la fiscalité décentralisée ou de la foresterie communautaire, n’ont pas été appliquées, faute de volonté politique.

Mise en œuvre des APV en panne

Le contexte général n’ayant pas changé, on ne peut guère s’étonner que la mise en œuvre des APV soit en panne dans plusieurs pays d’Afrique centrale. Faut-il pour autant abandonner l’initiative ? Au moins trois considérations sont à prendre en compte.

Il faut d’abord souligner que l’UE garde la question de la gouvernance forestière sur son agenda politique, avec un dispositif qui impose une obligation de rendre compte liant les deux partenaires. C’est un point positif important alors que de nombreuses agences de développement ont renoncé à s’investir dans ce secteur ou ont perdu de leur influence.

 

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FLEGT : Application des réglementations forestières, gouvernance et échanges commerciaux

Moins positif, on constate que les APV n’ont pas résolu le problème de l’exploitation forestière illégale - sans parler de la durabilité qui n’apparaît qu’en filigrane dans les textes : les opérations illégales se poursuivent, parfois avec la complicité des autorités nationales ou locales.

Le diagnostic ayant précédé la mise en place des APV aurait dû en réalité être affiné. Cela aurait permis de distinguer au moins deux cas de figure. Premier cas : celui des Etats ayant la volonté de faire des réformes. Dans ces pays, les mesures techniques proposées par les APV peuvent aider à pallier les carences de l’administration. Le système de traçabilité ou la « grille de légalité » peuvent lui permettre de renforcer son efficacité et son objectivité dans le contrôle forestier.

Second cas : celui des Etats sans volonté politique. Dans ces derniers, il aurait fallu construire cette volonté politique qui fait défaut avant de passer à la phase technique : il est difficile de résoudre des questions politiques avec des solutions techniques... On pourrait imaginer un dialogue entre l’UE et le pays producteur concerné : un ancien chef d’Etat européen pourrait être mandaté auprès du chef d’Etat du pays partenaire, pour le sensibiliser et obtenir de sa part des engagements, dont le respect serait vérifié via des indicateurs politiques. Une telle démarche est évidemment délicate : jusqu’où l’UE peut aller sans être accusée d’ingérence ? A partir de quand doit-elle suspendre le dialogue avec un pays peu enclin à améliorer sa gouvernance pour ne pas être accusée de complicité ? [2]

Nouvelles menaces

Aujourd’hui, les forêts sont confrontées à de nouvelles menaces, comme celle du bois dit « de conversion », non prises en compte par les APV, ces derniers ayant été conçus avant l’actuelle ruée sur les terres forestières à des fins agricoles, minières ou pour la construction de grandes infrastructures. Ces problématiques nouvelles constituent un test de flexibilité pour les APV et leurs signataires : parviendront-ils à adapter l’outil, en gardant les objectifs de respect de la légalité et d’amélioration de la gouvernance ?

 

 

Les décideurs politiques dans les pays producteurs font souvent comme si les demandes pour une gestion durable visaient l’arrêt de l’exploitation forestière, et donc desservaient le développement. Mais l’exploitation illégale ne profite ni à l’Etat ni aux communautés, et la redistribution au niveau local des retombées financières de l’exploitation du bois n’a jamais fonctionné. Les revenus de l’Etat sont loin de ce qui était annoncé. La ressource est détruite sans que le développement suive.

Il y a donc urgence à agir et à prendre enfin en compte la question de la volonté politique dans la définition des stratégies pour une gestion durable des forêts. L’UE doit agir d’autant plus rapidement que sa marge de manœuvre baisse. Le marché européen n’a accueilli en 2014 qu’environ 20 000 m3 de grumes camerounaises, contre 500 000 m3 pour la Chine, sur un total de 780 000 m3 exportés. [3] Cette tendance rend encore plus nécessaire une réforme de la gestion des forêts dans les pays producteurs afin qu’elles soient mieux protégées...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 22:18

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

ZAD ou pas ZAD, les luttes se fédèrent à Bure contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires

29 juillet 2015 / Barnabé Binctin (Reporterre)
 


 

A Bure (Meuse), divers rassemblements se succèdent pour soutenir la lutte contre le centre d’enfouissement de déchets nucléaires Cigeo. Notamment un Camp estival autogéré, qui inquiète passablement les autorités. Les associations locales voient, elles, d’un très bon œil ces dynamiques de solidarité et imaginent des nouvelles formes de mobilisation.


La tension serait montée d’un cran, ces derniers jours, autour de Bure (Meuse), lieu d’emplacement prévu pour Cigéo, projet d’enfouissement de déchets nucléaire. Le 18 juillet, l’Altertour lançait son édition 2015 en faisant étape à la maison de résistance de Bure... accompagné d’un déploiement de forces de l’ordre impressionnant. « C’était un véritable bataillon, avec cinq ou six véhicules de policiers, équipés de gilets pare-balles, avec un hélicoptère survolant la zone pendant plusieurs heures… », raconte Michel Marie, porte-parole du CEDRA (collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs), présent pour l’événement.

Forces de l’ordre et affolement médiatique

En fin de semaine dernière, des contrôles policiers auraient été menés aux abords de Bure, menant à deux interpellations – dont l’une a débouché, depuis, sur une interdiction de territoire. Un dispositif dont le préfet de la Meuse s’est d’ailleurs justifié, lundi, dans la presse locale, jugeant « logique de renforcer les forces de sécurité »...

Motif de l’inquiétude ? La succession des manifestations venues marquer leur opposition au projet Cigéo, ces dernières semaines. Outre l’Altertour, Les Amis de la Terre y ont tenu leur Assemblée Générale en mai, tandis que les Amis de Silence, la revue écologiste, organisent jusqu’à lundi prochain leur rencontre annuelle, à quelques kilomètres de Bure, « en soutien à celles et ceux qui luttent sur place ». « C’est la première fois que ces groupes s’approprient cette lutte et viennent à notre rencontre. C’est un baromètre intéressant, cela montre que la mayonnaise prend », analyse Michel Marie.

Mais c’est bel et bien l’organisation d’un autre événement qui attire tant l’attention des autorités publiques. A partir de samedi, et jusqu’au 10 août, un grand rassemblement sous forme de campement autogéré s’est donné rendez-vous à Bure. « Leur vocabulaire, "anti-capitaliste" et "anti-autoritaire", n’est pas neutre », veut craindre le préfet.

 

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Le terrain prévu pour le Camp VMC

Suffisant pour déclencher la machine médiatique : la semaine dernière, plusieurs médias s’inquiétaient de « l’ampleur » que prenait la mobilisation autour de Cigéo, se demandant si Bure, « prochain épicentre de la contestation anticapitaliste », pouvait devenir « le nouveau Sivens ».

Surinteprétation

Le ton est donné : attisée par l’incroyable passage en force du gouvernement sur ce dossier, la lutte contre Cigéo pourrait bien devenir le nouveau cauchemar des pouvoirs en charge du maintien de l’ordre. « On agite le spectre des hordes zadistes qui déferleraient cet été pour occuper les terres comme à Notre-Dame-des-Landes », écrit le comité organisateur dans un communiqué.

 

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Maison de la résistance à la poubelle nucléaire dans Bure

Problème, cette interprétation semble largement erronée. D’abord parce que sur place, les premiers concernés ne paraissent pas du tout inquiets. « Il n’y a aucune tension particulière. Nous avons avec les premiers manifestants sur place une relation parfaitement normale. Quand on leur demande de retirer une pancarte parce qu’on la juge injurieuse, il la retire », raconte Jean-Paul Baillet, le directeur du Cigéo.

Contacté par Reporterre, il reconnaît que l’Andra a porté plainte suite à des dégradations volontaires sur les installations scientifiques, opérées lors de la manifestation des « cent mille pas ». Mais il veut faire la distinction avec ceux qui manifestent, « qui apportent un peu de folklore et rien d’antipathique ».

"Des pointures qui mènent une vraie réflexion"

Ensuite parce que ce camp estival est bel et bien déconnecté de toute actualité législative et politique : « L’idée est née, il y a plus d’un an, de faire une réunion de bilan des luttes anti-nucléaires des dernières années. D’où le lieu, Cigéo étant un étendard de l’opposition au nucléaire », explique Ian, un membre sous pseudonyme du collectif VMC.

 

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Chantier collectif du Collectif VMC

Né spécialement pour l’occasion, ce groupe a fini par s’ouvrir à d’autres réseaux de luttes. « Il y a ceux qui viennent de Valognes et ceux qui se sont connus sur des contre-sommets anticapitalistes, il y a les réseaux des Camps Climat et les militants anti-THT, il y a les militants urbains qui luttent contre la chasse aux pauvres en centre-ville et il y a les No Tav… Ce qui nous rassemble, c’est la dénonciation de ces grosses logiques économiques qui nous écrasent – ce qui peut être résumé sous le terme de GPII », décrit Ian.

Sur le terrain, l’arrivée de ces nouveaux opposants semble s’être très bien effectuée avec les nombreuses associations locales déjà engagées contre ce projet, telle que l’EODRA, Bure Zone Libre, Bure-Stop 55, etc. « Ils ont tout de suite demandé à nous rencontrer, et cela fait plus de deux mois que l’on discute tous ensemble, témoigne Michel Marie. Ce sont loin d’être les hurluberlus que l’on veut décrire, au contraire : ce sont des pointures qui mènent une vraie réflexion à partir de leurs expériences vécues à Notre-Dame-des-landes, sur le Lyon-Turin ou encore à Roybon… »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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