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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 15:12

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Energie

Nucléaire : comment s’assurer que les citoyens ne payeront pas une nouvelle fois pour les déchets radioactifs ?

 

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EDF ne mettrait pas suffisamment d’argent de côté pour financer le démantèlement des centrales nucléaires vieillissantes et pour correctement gérer les déchets radioactifs qu’elles produiront. C’est ce que constate un rapport parlementaire, qui va dans le sens d’une étude commandée par Greenpeace publiée en novembre. En Allemagne, qui a décidé de ne plus recourir à l’atome d’ici 2022, un fonds géré par l’État et abondé par les exploitants des centrales a été créé, à l’issue de longs mois de négociations. Objectif : s’assurer que l’argent sera bel et bien là pour traiter les déchets et éviter que les citoyens ne paient cette impéritie.

 

Qui va payer, et combien, pour la gestion des déchets nucléaires ? Étrangement, la question se pose avec davantage d’acuité dans les pays qui ont décidé d’abandonner progressivement le nucléaire que dans ceux, comme la France, qui continuent pour l’instant à produire des déchets radioactifs pour plusieurs dizaines d’années.

 

Mi-décembre, le Parlement allemand a approuvé la création d’un fonds d’État pour financer le traitement de ces déchets nucléaires. Celui-ci sera géré par les autorités, mais abondé par les groupes énergétiques gestionnaires des centrales nucléaires du pays. Les dernières arrêteront leurs réacteurs en 2022. La loi votée avec le soutien des conservateurs, des sociaux-démocrates et des écologistes, obligent ces groupes – au nombre de quatre, trois Allemands et un Suédois – à verser 23,5 milliards d’euros à partir de juillet 2017. Les députés du Bundestag seront par ailleurs partie prenante de l’administration de ce fonds.

 

Sa mise en place marque une première pacification des relations entre les autorités allemandes et les groupes exploitants des centrales nucléaires du pays. La décision de sortir définitivement du nucléaire a été prise en mars 2011 par Angela Merkel, et entérinée par le Parlement. Depuis, les groupes privés exploitant les centrales ont déposé une série de plaintes en justice contre cette sortie anticipée de l’énergie atomique. Merkel leur avait auparavant promis d’allonger la durée de vie des centrales, avant de revenir sur sa position après Fukushima.

 

L’Allemagne s’assure que l’argent sera bel et bien là, pas la France

Le compromis adopté a finalement conduit à ce que les quatre groupes exploitants retirent 20 des 22 plaintes qu’ils ont déposées auprès de différentes juridictions. Il reste toujours deux actions judiciaires en cours : l’une contre un impôt sur le combustible nucléaire mis en place fin 2010 ; l’autre, du groupe énergétique suédois Vattenfall, qui n’a pas abandonné son action auprès du tribunal arbitral international de Washington [1], une juridiction privée censée régler les conflits commerciaux entre multinationales et États. Le groupe suédois réclame 4,7 milliards d’euros de dédommagement à l’État allemand pour avoir décidé de sortir du nucléaire dès 2022 [2].

 

Pourquoi obliger les exploitants des centrales à verser directement à un fonds géré par les autorités une partie des sommes provisionnées pour traiter les déchets nucléaires ? Cela permet à l’Allemagne de s’assurer qu’une fois tous les réacteurs arrêtés, l’argent sera bel et bien là. La Suisse et la Suède ont déjà mis en place de tels fonds [3]. Et en France ? « La loi exige que les exploitants nucléaires évaluent, de manière prudente, les charges de démantèlement de leurs installations et de gestion de leurs combustibles usés et déchets radioactifs », indique l’Autorité de sûreté nucléaire. Ainsi, le prix du kilowattheure d’électricité intègre normalement le coût de gestion des déchets et celui de déconstruction des centrales. EDF provisionne cet argent « sous le contrôle direct de l’État, qui analyse la situation des exploitants et peut prescrire les mesures nécessaires en cas de constat d’insuffisance ou d’inadéquation. Mais ce sont toujours « les exploitants nucléaires qui restent responsables du bon financement de leurs charges de long terme ». Problème : peut-on faire confiance à leurs évaluations ? Peut-on être sûr qu’ils provisionnent suffisamment d’argent pour éviter, qu’une fois de plus, les finances publiques soient sollicitées pour couvrir ces coûts ?

 

EDF accusée de ne pas mettre assez d’argent de côté

Une étude des comptes d’EDF réalisée par le cabinet d’analyses financières AlphaValue à la demande de Greenpeace, conclut en novembre que le groupe énergétique français « sous-provisionne drastiquement » les coûts de démantèlement des centrales et de traitement des déchets nucléaires [4]. En clair, EDF ne mettrait pas assez d’argent de côté pour gérer la fin des centrales et la gestion des déchets. Le cabinet a comparé les pratiques d’EDF à celles de ses voisins allemands et du français Engie. « Il en ressort qu’Engie, RWE ou Eon ont correctement provisionné leurs dépenses de déconstruction par rapport au coût moyen. En revanche, d’après ces calculs, les provisions passées pour sécuriser la charge de financement de la déconstruction des réacteurs français est loin d’être suffisante », écrit le cabinet d’audit. Selon lui, il faudrait ajouter dès cette année entre 33 et 52 milliards d’euros pour couvrir correctement le coût de la gestion des déchets. L’écart est donc énorme. Et les provisions réalisées par EDF potentiellement inférieures aux besoins.

 

« EDF conteste vigoureusement les prétendues analyses comptables et financières du cabinet AlphaValue réalisées à la demande de Greenpeace et relatives à la situation d’EDF. EDF rappelle que ses comptes sont audités et certifiés par ses commissaires aux comptes et que les coûts de démantèlement du parc nucléaire en exploitation d’EDF ont par ailleurs fait l’objet d’un audit du ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, dont la synthèse, rendue publique le 15 janvier 2016, conforte les estimations d’EDF », a immédiatement réagi l’entreprise dans un communiqué.

 

Où est placé l’argent destiné à gérer les déchets radioactifs ?

Suite à cette étude, Greenpeace a déposé plainte contre EDF et son PDG auprès du parquet financier, pour délits boursiers. L’ONG les accuse de présenter un bilan inexact et de diffuser des informations trompeuses sur les comptes. « Le 16 décembre, nous avons appris que le parquet national financier avait ouvert une enquête préliminaire », précise aujourd’hui Greenpeace. Le 1er février, un rapport parlementaire sur la « faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires de base » pointait, lui aussi, qu’il était vraisemblable qu’EDF ne prévoit pas assez d’argent pour assurer le démantèlement des centrales. « Les hypothèses optimistes sur lesquelles EDF a bâti ses prévisions, de même qu’un certain nombre de dépenses lourdes négligées, conduisent à s’interroger sur la validité des prévisions, d’autant que dans le même temps, certaines charges semblent sous-évaluées », soulignent les deux auteurs du rapport, les députés Barbara Romagnan (PS) et Julien Aubert (LR).

Autre problème : EDF place les sommes provisionnés à cet effet dans des actifs, sur les marchés. L’entreprise les investit, à travers une société dédiée, EDF Invest, dans des infrastructures, de l’immobilier et même des fonds d’investissement… Ce qui pose la question de la sécurité de ces placements à l’aune des risques d’instabilité financière. En outre, les choix d’EDF pour faire fructifier ces sommes sont parfois surprenants. L’entreprise qui, rappelons-le, appartient à 85 % à l’État français, vient ainsi il y a quelques mois, d’acheter avec ces provisions destinées aux démantèlement et au traitement des déchets, une part dans l’aéroport de Nice, que l’État avait décidé de privatiser.

Rachel Knaebel

Photo de une : CC FlickR

 

Lire aussi :
 À Bure, habitants et paysans refusent que leur territoire devienne une « grande poubelle nucléaire »
 Comment le lobby nucléaire entrave toute transition énergétique

 

 

Notes

[1L’International Centre for Settlement of Investment Disputes, ICSID.

[2En décembre, la cour constitutionnelle allemande a reconnu à Vattenfall un droit à compensation pour les pertes engendrées par la sortie anticipée du nucléaire, mais a priori à une échelle bien moindre que le montant réclamé à Washington.

[3Voir ici et .

[4Voir l’étude ici.

 

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 14:58

 

 

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Innovation politique

Le tirage au sort de citoyens, vrai progrès démocratique ou hasardeuse réforme ?

 

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Utilisé dans la Grèce antique, le tirage au sort pour désigner les responsables politiques a quasiment été abandonné dans les démocraties modernes. L’idée refait cependant surface pour lutter contre la concentration oligarchique des pouvoirs et impliquer les citoyens dans la vie politique. En France, une loi instaure des conseils de citoyens tirés au sort dans les communes. Des mouvements politiques, comme La France insoumise, y recourt pour élaborer leurs programmes. En Islande, un projet de Constitution a été élaboré par des personnes tirées au sort. S’en remettre au hasard pour refonder nos démocraties est-elle une bonne idée ? Quels en sont les avantages et les inconvénients ? Enquête.

 

« Je propose l’entrée des citoyens, par tirage au sort de cent sénateurs, dans le contrôle politique du gouvernement et de l’exécutif français. » C’était l’une des propositions d’Arnaud Montebourg dans sa campagne pour la primaire socialiste. Introduire une dose de tirage au sort dans les rouages de nos institutions, afin d’ouvrir la représentation à de plus larges parties de la population : le débat revient régulièrement. La France insoumise, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, l’a utilisé dans le processus d’élaboration de son programme. Lorsqu’elle était candidate en 2007, Ségolène Royal avait également avancé l’idée de jurys citoyens tirés au sort, pour évaluer l’action des élus.

 

En France, l’un des fervents défenseurs du tirage au sort, suivi en particulier sur Internet, est l’idéologue blogueur et conférencier Étienne Chouard. L’homme s’était fait connaître pour son opposition au traité constitutionnel européen en 2005. Il ne cesse depuis de promouvoir la nomination d’une assemblée constituante par tirage au sort. Mais aussi pour la désignation d’une partie des élus du Parlement. Pour Étienne Chouard, le tirage au sort constituerait un remède décisif pour lutter contre les dérives oligarchiques – autrement dit, contre l’accaparement du pouvoir par une minorité de la population.

 

Venant d’un homme qui anime son réseau de partisans de manière très verticale et quasi évangélique, avec des relais fidèles baptisés « gentils virus », cette idée fixe peut susciter la méfiance. D’autant plus qu’Étienne Chouard affiche régulièrement sa proximité avec des personnages de la mouvance conspirationniste d’extrême droite, tel Alain Soral, qu’il a défendu avant de découvrir tardivement – en 2014 – les positions racistes, antisémites, sexistes et violentes du fondateur d’Égalité et réconciliation [1].

 

De la Grèce antique aux Jurés d’assises

Au-delà des positionnements sulfureux de ce défenseur parmi les plus visibles du tirage au sort, l’idée de remplacer l’élection par une sélection aléatoire de citoyens est-elle pertinente ? D’où vient-elle ? Est-elle déjà mise en pratique ? En France, le tirage au sort est utilisé pour désigner les jurés des tribunaux d’assises qui jugent les accusés de crimes. Le tirage se fait alors parmi les personnes inscrites sur les listes électorales et âgées de plus de 23 ans [2]. Ce principe du tirage au sort des jurés d’assises a été adopté dès 1791, juste après la Révolution. A l’époque, seuls les citoyens masculins qui payaient suffisamment d’impôts pour obtenir le statut de grands électeurs pouvaient être sélectionnés [3].

 

Dans l’Athènes antique, la plus grande partie – 86 % – des postes de magistrats étaient tenus par des citoyens tirés au sort. Les femmes, les esclaves, les enfants, et les hommes de moins de 30 ans en étaient exclus. Par ailleurs, seuls les noms de ceux qui le souhaitaient étaient introduits dans l’urne de tirage au sort, rappelle le professeur de sciences politiques Bernard Manin. Ensuite, les sélectionnés « étaient soumis à la surveillance constante de l’Assemblée et des tribunaux ». « Pendant la durée de leur mandat, n’importe quel citoyen pouvait à tout moment déposer une accusation contre eux et demander leur suspension » [4]. Cette combinaison de deux critères, « du volontariat et de l’anticipation des risques encourus devait (…) entraîner une sélection spontanée des magistrats potentiels ». Le tirage au sort n’excluait donc pas toute forme de sélection sur la compétence.

 

En France, des conseils citoyens désignés par tirage

La désignation des gouvernants par tirage au sort a aussi été pratiquée au Moyen-Âge dans plusieurs cités italiennes et dans des villes d’Espagne [5]. Plus près de nous, le tirage au sort a été réintroduit en Europe et aux États-Unis dans les années 1970 via des jurys citoyens. Ils étaient choisis de manière aléatoire pour émettre un avis sur les politiques publiques, ou pour contribuer à gérer un budget participatif, comme très récemment en Allemagne ou en Espagne. Il est désormais utilisé en France pour désigner les membres des nouveaux « conseils citoyens », mis en place dans les quartiers prioritaires avec la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine de 2014.

 

Une partie des membres de ces nouveaux conseils citoyens sont choisis parmi les acteurs de la vie du quartier : associations, commerçants, médecins... Les autres participants sont tirés au sort, avec autant de femmes que d’hommes. À la charge des villes de définir les modalités de cette sélection aléatoire. « Les municipalités peuvent choisir de tirer au sort sur les listes électorales, ce qui pose le problème des étrangers extra-européens et des non-inscrits, qui sont éliminés d’office, explique Bénédicte Madelin, de la coordination citoyenne Pas sans nous, qui a accompagné la mise en place de ces conseils. Nous savons pourtant que la mal-inscription sur les listes électorales est un phénomène important dans les quartiers populaires. D’autres villes ont opté pour un tirage au sort à partir de listes croisées, en mélangeant listes électorales, celles des organismes HLM, des abonnés EDF ou à l’eau. »

 

Quand les tirés au sort s’auto-éliminent

Reste que les habitants sélectionnés ne savent pas forcément qu’un tel conseil citoyen existe, à quoi il sert, quel y serait leur rôle ou l’utilité de s’y rendre. « Certaines villes tirent au sort sur des listes de volontaires. Dans ce cas, les gens savent mieux de quoi il s’agit. Mais en tirant au sort seulement sur des listes de volontaires, le risque est de retrouver encore les militants associatifs. » Dans certaines municipalités, des élus ont fait du porte à porte pour informer sur la mise en place du conseil citoyen et les procédures de tirage. « Ce sont les endroits où la mobilisation a le mieux fonctionné, signale Bénédicte Madelin. Sinon, les gens ne viennent pas. À Marseille, sur 4 000 tirés au sort, seules 80 personnes ont répondu positivement. En général, sur les listes totalement aléatoires, 10% des gens répondent positivement. »

 

Il est aussi plus difficile de demander à des habitants choisis au hasard de s’impliquer dans des assemblées n’ayant qu’un rôle consultatif. « Normalement, les conseils citoyens ont la compétence de copiloter la politique de la ville et d’évaluer ce qui est fait dans le quartier, précise la responsable associative. Mais il n’y a pas de codécision. Majoritairement, les conseils citoyens sont encore cantonnés à des questions de convivialité. Pour nous, ils ont cependant entrouvert la porte à une nouvelle participation des habitants. Cela peut créer un mouvement. Certains tirés au sort sur listes aléatoires s’impliquent vraiment. » L’engagement serait aussi facilité si la participation était indemnisée. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. « Nous avons réfléchi à une indemnisation des membres, sur un système similaire aux journées de délégation syndicale par exemple. Aujourd’hui, si un membre de conseil citoyen doit faire garder ses enfants, il doit le payer de sa poche. »

 

En Islande, un Forum pour une nouvelle constitution

L’Islande – qui ne compte toutefois qu’un peu plus de 300 000 habitants – s’est aussi tournée vers le tirage au sort lors d’une grande réforme politique engagée après la crise de 2008. Dès l’année suivante, une assemblée citoyenne de 1 500 personnes, dont 1 200 tirées au sort, s’est mise en place à l’initiative d’associations pour travailler à une réforme de la constitution. L’expérience est renouvelée un an plus tard, avec le soutien de l’État : 950 personnes sont tirées au sort au sein d’un Forum national. Ensuite, les 25 citoyens qui ont réécrit la constitution ont, eux, été élus, mais en tant qu’individus, sans lien à aucun parti ou institution. Leur mission était de finaliser un texte dans le respect des travaux de l’assemblée préalablement tirée au sort.

 

Résultat : la nouvelle constitution a été approuvée par deux tiers des votants lors d’un référendum consultatif. « Mais elle n’a toujours pas été adoptée à ce jour », regrette Katrín Oddsdóttir, l’un des 25 membres élus du conseil chargé de réécrire la constitution islandaise. De tels processus démocratiques seraient-ils voués à l’échec, faute d’une volonté des partis politiques traditionnels de s’y conformer, même dans un pays à population restreinte ?

 

Des expérimentations au sein des partis

La méthode est pourtant utilisée au sein même de certains partis. En France, en 2010 pour les cantonales, puis en 2011 pour les législatives, la section messine d’Europe écologie - Les Verts choisit de tirer au sort ses candidats parmi ses listes de militants. La pratique a toutefois créé des tensions avec les instances nationales du parti et ne devrait pas être renouvelée cette année.

 

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise, a lui aussi misé sur le tirage au sort pour enrichir son programme. « Nous ne pouvions pas nous permettre d’organiser un processus arithmétique de représentation par l’intermédiaire de délégués. Ce n’était pas la vocation des gens qui s’étaient engagés dans le mouvement, rapporte Charlotte Girard, coordinatrice du programme. Nous ne voulions pas d’un système rigide, ni nous retrouver dans une captation des groupes d’appui locaux par une orientation politique. »

 

Une technique pour rebattre les cartes

La convention de la France insoumise s’est déroulée sur deux jours, en octobre dernier. Le tirage au sort s’est déroulé trois semaines avant, en deux étapes, pour faire face aux éventuels désistements. Finalement, 600 militants du mouvement ont été choisis au hasard, soit les deux tiers des membres de la convention, avec une obligation de parité. Le dernier tiers était constitué de représentants des luttes et des organisations membres.

 

Plus de jeunes, plus de diversité sociale, la pratique du tirage au sort aurait eu un effet radical sur la composition de la convention, assure Charlotte Girard. « Beaucoup de jeunes, à partir de 16 ans, étaient présents. Avec un système classique de délégués, nous ne les aurions pas vus. Nous nous sommes rendu compte que cela permettait à des gens d’être là, qui autrement ne se seraient jamais retrouvés au sein d’une convention de parti. Et les participants étaient très engagés. »

 

Le tirage au sort contre la délibération politique ?

La France insoumise compte maintenir la pratique du tirage au sort dans son fonctionnement. Le comité national censé étudier les candidatures aux élections législatives sera en partie composé selon cette technique. La France insoumise voit-elle dans le hasard un outil à utiliser à grande échelle ? « Nous ne sommes pas pour le tirage au sort tout le temps, répond Charlotte Girard. Les offres politiques construites sont aussi nécessaires. Mais pour l’assemblée constituante, nous avons imaginé un système de panachage, avec une partie des membres tiré au sort, et une partie élue. Tout en laissant aux électeurs la responsabilité d’un recours plus ou moins important au tirage au sort, en donnant leur voix soit à une orientation politique affirmée, soit à la catégorie des "tirés au sort". »

 

Mais le tirage au sort suscite aussi des critiques. Pour le philosophe Daniel Bensaïd, celui-ci ne peut remplacer l’élaboration d’un véritable projet politique [6] : « Le remplacement pur et simple de la représentation par le tirage au sort signifie non seulement l’abolition de l’État, mais de la politique en tant que délibération d’où peuvent surgir des propositions et des projets à accomplir » [7]. Pour lui, « la délégation et la représentation sont inévitables. C’est vrai dans une cité, c’est vrai dans une grève, c’est vrai dans un parti. Plutôt que de nier le problème, mieux vaut donc le prendre à bras-le-corps et chercher les modes de représentation garantissant le meilleur contrôle des mandants sur les mandataires et limitant la professionnalisation du pouvoir. »

 

S’attaquer aux causes de la non-représentation

Le dispositif du tirage au sort n’est d’ailleurs pas forcément apprécié par ceux qui auraient peut-être le plus à y gagner, telles les populations – femmes, personnes victimes du racisme, milieux populaires – sous-représentées dans les instances politiques élues. « Nous réfléchissons à la représentation des femmes dans les assemblées politiques. À ce titre, le tirage au sort peut être perçu comme un dispositif plus juste et moins discriminant que l’élection. Mais cela ne constitue pas une solution au problème culturel de fond qui fait qu’il y a si peu de femmes élues aux postes de pouvoir, estime Marie Allibert, porte-parole d’Osez le féminisme. Pourquoi le paysage politique est-il presque sans femmes ? Le tirage au sort ne s’attaque pas aux causes de la non-représentation des femmes. »

 

« Il existe de meilleures solutions que le tirage au sort pour une meilleure représentation de la population », estime pour sa part Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires. Il milite pour l’instauration de statistiques ethniques afin, notamment, de mieux mesurer les discriminations. « Mettre en place, par exemple, des règles de parité pour la population dans toute sa diversité, c’est à dire des quotas dans les listes et dans les postes politiques », propose-t-il. « Le vote obligatoire, avec une reconnaissance du vote blanc, serait aussi un autre outil. Quantités de gens qui ne votent pas iraient alors voter, et pour des gens qui les représentent mieux. Cela permettrait de faire évoluer le corps électoral. » Et par conséquent le corps des élus ? Le débat est ouvert.

 

Notes

[1Voir par exemple ici et sur Reflets.

[2Voir ici.

[3Voir Yves Sintomer, Petite histoire de l’expérimentation démocratique, La découverte, 2011, pages 104-110.

[4Bernard Manin, Principes du Gouvernement Représentatif, Calmann-Lévy, 1995, p 25.

[5Voir Yves Sintomer, Petite histoire de l’expérimentation démocratique, chapitre 2.

[6Membre historique et théoricien de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) puis du NPA, Daniel Bensaïd est décédé le 12 janvier 2010.

[7Citation tirée de l’ouvrage Démocratie, dans quel état ?, La Fabrique, 2009.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 14:37

 

 

Source : https://start.lesechos.fr

 

 

Halte aux clichés

Les immigrés souvent plus diplômés que la population française

Par Clémence Boyer | mis à jour le 15/02/2017
 
 
 

Certains groupes d'immigrés sont plus diplômés que l'ensemble de la population française... @Shutterstock
 

Illettrés les immigrés ? Une récente étude s’est penchée sur les niveaux de diplôme des migrants et dégomme certains clichés au passage.

Les stéréotypes négatifs associés aux immigrés sont nombreux en France (et souvent encouragés par certains hommes et femmes politiques… suivez mon regard). On représente ainsi régulièrement les migrants comme des personnes faiblement éduquées venues chercher en Europe un eldorado économique. Mais cette représentation ne tient pas lorsqu’on regarde les statistiques.

L’institut national d’études démographiques (Ined) a en effet publié mardi 14 février une étude dans laquelle le chercheur Mathieu Ichou compare le niveau de diplôme des immigrés dans notre pays avec celui des personnes nées en France. Premier constat : les situations sont très contrastées selon les pays d’origine des immigrés.

 

37% des immigrés roumains sont diplômés du supérieur

Ainsi, seuls 7% des personnes venues du Portugal et 9% de celles nées en Turquie et vivant en France sont diplômées du supérieur. C’est nettement moins que pour l’ensemble des personnes nées en France qui sont 27% à être diplômées de l’enseignement supérieur. Les Marocains, Algériens et Tunisiens sont aussi relativement moins diplômés (aux alentours de 20%).

Par contre, les immigrés originaires du Sénégal sont aussi diplômés que la population française (27%). Mieux encore, 37% des Roumains, 43% des Chinois, 35% des Vietnamiens et 32% des Polonais installés en France sont diplômés du supérieur ! C’est bien plus que pour les natifs de l’Hexagone et à contre-courant des clichés sur les Roms ou le “plombier polonais”. 

L’analyse du chercheur ne s’arrête pas là. Il a aussi comparé le niveau de diplôme des immigrés vivant en France avec celui de la population dans leur pays d’origine. Et là, le constat est sans appel. “Pour la plupart des pays, les immigrés en France sont plus instruits que la majorité de la population de leur pays de naissance”, écrit Mathieu Ichou. Seules exceptions : la Serbie, la Turquie et le Portugal.

“Pour certains pays comme le Vietnam ou le Sénégal, les individus qui émigrent et s’installent en France font même presque tous partie des groupes les plus instruits de leur pays d’origine”, ajoute-il. Bref, le cliché du migrant illettré ne tient pas du tout.

 

Les réfugiés arrivés en Europe sont aussi très diplômés

Pour compléter cette analyse, l’Ined cite les résultats de l’enquête DiPAS menée en Autriche auprès de réfugiés syriens, irakiens et afghans arrivés en 2015. On pourrait s’attendre à ce que les réfugiés soient moins diplômés que les migrants - ils n’ont pas fait le choix de partir pour saisir des opportunités scolaires ou professionnelles, mais y ont été contraints par des facteurs externes (guerre, etc).

Mais il n’en est rien, comme l’explique la chercheuse Anne Goujon. “ situation économique joue un rôle important dans la distance qu’elles parcourent car elle détermine leur capacité à financer le voyage et notamment la rétribution de nombreux passeurs nécessaire à la traversée de multiples frontières. Or, en général, la situation économique et le niveau d’instruction sont fortement liés”.

Traduction : les Syriens, Irakiens et Afghans capables de rassembler suffisamment d’argent pour atteindre l’Autriche sont souvent ceux qui sont les plus diplômés. Les chiffres le prouvent : la proportion de personnes ayant suivi des études supérieures est plus élevée chez les déplacés que dans la population du même âge dans leur pays d’origine. 27% des Syriens réfugiés en Autriche ont poursuivi leurs études après le lycée contre 10% des Syriens en général (11% VS 3% pour les Afghans).

Les Irakiens interrogés sont 31% à avoir fait des études supérieures mais on manque de données récentes pour comparer ce chiffre avec la population irakienne dans son ensemble. C’est toutefois une proportion plus importante que pour l’ensemble des résidents autrichiens qui sont seulement 28% à avoir un diplôme du supérieur.

Par Clémence Boyer

 

 

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Source : https://start.lesechos.fr

 

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 14:20

 

 

Source : http://communessolidairesgard.collectif-citoyen.fr

 

 

Délit de solidarité : un bénévole français encourt jusqu’à 15 ans de prison en Italie

 

 

Posted by on 15 février 2017

 
 

Après la France, c’est au tour de la justice italienne de poursuivre un habitant des Alpes-Maritimes pour son aide apportée aux migrants. Félix Croft, 28 ans, doit comparaitre le 16 février au Tribunal d’Imperia en Italie. Il encourt jusqu’à 15 ans de prison pour avoir véhiculé bénévolement cinq membres d’une même famille, originaire du Darfour au Soudan, le 22 juillet 2016. Son action humanitaire tombe sous le coup d’un texte de loi prévu pour les passeurs qui se font payer. Basta ! relaie le témoignage de Félix dans lequel il revient sur les raisons qui l’ont amenées à apporter son aide aux migrants. « J’assume entièrement mes actes à Vintimille », dit-il. Voici pourquoi.

Je viens d’une famille qui a migré dans son histoire, comme la plupart des êtres humains sur cette planète. Mon père est de nationalité américaine, d’origine écossaise ; ses aïeux fermiers ont émigré aux États-Unis au 18ème siècle. Ma mère française est d’origine italienne, sa famille est venue en France au début du 20ème siècle depuis le Piémont et la Toscane.

J’ai été élevé dans le respect de la mémoire de mes aïeux, des efforts qu’ils ont dû fournir pour construire une vie meilleure dans un pays qui n’était pas le leur. S’installer sur un territoire hostile à des milliers de kilomètres de l’Europe « civilisée » et devoir apprendre à vivre au contact de toutes ces cultures différentes ne devait pas être aisé. Tout aussi difficile que de débarquer dans le pays voisin avec une poignée d’argent et quelques meubles, fuyant un régime fascisant (Mussolini accède alors au pouvoir en Italie, ndlr) et une pauvreté grandissante.

Ils ont dû prouver par leur travail et leur intégrité qu’ils méritaient une place dans leur nouvelle société, supportant tant bien que mal les préjugés, voire l’hostilité, des populations déjà établies sur le territoire. Ne partant de rien, ils ont fini par s’établir et enrichir leur pays d’accueil, c’est le but de tout migrant.

Tout commence par un pique-nique de soutien

Par le biais d’amis à « Nuit Debout Nice » j’apprends qu’ils vont apporter de la nourriture aux migrants et réfugiés qui sont à Vintimille. C’est en discutant avec eux que j’apprends la situation révoltante dans laquelle se trouvaient des Sud-soudanais, des Érythréens, des Syriens et même des Afghans. Des pays qui sont en tête de liste des endroits les plus dangereux de la planète !

Le maire de Vintimille venait d’éditer un arrêté municipal interdisant à quiconque d’apporter un quelconque soutien logistique aux personnes cherchant refuge en Europe (nourriture, eau, vêtements, couvertures, enseignements ou soins). La décision fût donc prise en coordination avec plusieurs associations françaises d’aller organiser un pique-nique de soutien avec les réfugiés pour réfléchir ensemble aux problèmes et aux solutions envisageables. Cette journée m’a permis d’appréhender une situation alarmante au sein-même du lieu de vie pourtant si idyllique que sont nos magnifiques côtes et nos montagnes.

Par la suite j’ai commencé à me déplacer quand je le pouvais à quelques kilomètres de chez moi pour aider les associations qui ont mis en place des centres d’accueil de fortune dans les églises de Vintimille. Église Catholique que je tiens à saluer ici, n’étant moi-même d’aucune confession, pour sa mobilisation sous l’impulsion du Pape François et sa défense inconditionnelle du droit d’asile et des droits fondamentaux de tout être humain.

Climat xénophobe

J’ai observé des associations non-gouvernementales et des instances religieuses qui se sont senties le devoir de déployer une aide d’urgence dans nos pays dits « riches ». Cette urgence qui n’en est plus une puisque la situation stagne depuis des mois et empire même depuis que la France a décidé de fermer ses frontières en mars 2016. La France (comme tant d’autres pays de l’Union) déroge à ses engagements vis-à-vis des accords européens d’accueil des réfugiés signés en septembre 2015. Elle semble suivre ainsi la ligne de conduite protectionniste de certains pays d’Europe de l’Est notamment la Hongrie. C’est une attitude dangereuse à mes yeux, qui attise la peur et provoque le rejet de l’autre, créant par là un climat xénophobe.

En mai 2016 je me suis rendu à Grande-Synthe, près de Dunkerque dans le nord de la France avec une amie parisienne pour être bénévole dans le camp de réfugiés de l’association Utopia 56. C’est là que j’ai appris la différence entre « migrant » et « réfugié ». Ce dernier, selon la définition de l’article 1(A)(2) de la Convention de Genève, est une personne « qui craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays (…) ».

Quand le migrant cherche à améliorer son avenir et celui de ses enfants ou à fuir un changement politique à venir, le réfugié a quitté contre son gré une situation parfois très confortable pour sauver sa vie et celle de sa famille, s’il lui en restait une.

« Tous n’avaient qu’un seul but : trouver un sol hospitalier »

A Grande-Synthe le camp était composé à 90 % de réfugiés kurdes venant des quatre différents pays qui divisent le Kurdistan : l’Irak, l’Iran, la Syrie et la Turquie. Ils parlaient quatre langues différentes mais partageaient les mêmes cuisines, le même préau, la même tente à thé et les mêmes incertitudes. Toutes les classes sociales s’y trouvaient représentées, du médecin au fermier, les mécaniciens, les infirmiers… Tous avaient des histoires différentes mais un fil conducteur les reliait : la violence, la mort et la perte d’êtres chers. Et tous n’avaient qu’un seul but : trouver un sol hospitalier où s’installer pour panser les blessures de leur corps et de leur âme et reconstruire leur vie perdue en espérant, mais sans trop y croire, un jour retourner dans leur pays d’origine pour le reconstruire lui aussi.

Pendant l’été, je me rendais quand je le pouvais au camp dit « informel » de la Croix Rouge italienne à Vintimille, c’était somme toute un quai de gare désaffecté accolé au camp officiel très largement débordé par le millier de réfugiés qui transitaient en permanence sur la frontière. Je dis bien « en transit » et non pas « bloqués », car si j’ai appris quelque chose à Dunkerque c’est que là où il y a du désespoir il y a des gens pour en tirer profit. Les réseaux criminels organisent depuis déjà longtemps le passage de la frontière, les tarifs varient entre 100 et 150 euros (à l’époque) et les victimes sont parfois abandonnées sur l’autoroute, voire même un peu plus loin dans Vintimille !

Certains soudanais parlent couramment l’anglais et j’engageais la conversation avec eux, les classiques… « D’où viens-tu ? » « Où vas-tu ? » « Pourquoi ? Tu as de la famille là-bas ? »

Parfois on aborde des sujets moins classiques : « Tu as perdu quelqu’un ? » « Ton voyage a duré longtemps ? » « Comment tu as fait ? »

Des dizaines d’histoires, toutes différentes mais tellement similaires dans les épreuves parcourues. Depuis la fuite d’un pays en guerre ou d’une dictature meurtrière, le danger et la fatigue de la route en essayant de ne pas tomber dans les griffes des réseaux de traite, sans oublier les trop funestes traversées de la Méditerranée. Ou encore les traitements inhumains subis en Libye où ils sont exploités ou torturés, en Turquie où on les enferme dans des camps où ils servent de moyen de pression politique et économique sur l’Europe… Jusqu’à une attente interminable devant les frontières d’un pays qui a de tout temps défendu le droit d’asile.

« Il ne m’apparait qu’une chose à faire »

Le 22 juillet, en discutant avec les réfugiés et les bénévoles au camp informel, j’apprends l’existence d’une famille de 5 soudanais qui vivent dans une église et qui ne viennent pas jusqu’au camp. Avec ma copine nous décidons d’aller voir si on peut leur apporter quoi que ce soit. Arrivés à la petite église nous rencontrons trois jeunes gens d’environ 20-25 ans dont un couple avec deux enfants de 5 et 2 ans, tous originaires du Sud-Soudan, une région appelée le Darfour. La mère qui parle particulièrement bien anglais raconte à ma copine (qui vient là en tant que psychologue) leur histoire violente et marquante, comme j’en ai déjà trop entendues et dont vous me permettrez d’en taire les détails sordides.

Ils étaient incapables de marcher avec leurs enfants sur l’autoroute où ils risquent la mort à chaque minute. Sur la voie ferrée, les piétons sont souvent pourchassés par les brigades cynophiles de la Police aux frontières. Ils n’avaient absolument pas l’argent pour payer les passeurs afin de retrouver des parents en Allemagne. Pour des raisons évidentes de confort, les personnes qui voyagent à pied ou en train préfèrent passer par la France plutôt que par la Suisse… À plusieurs reprises, la femme me demande de les emmener avec moi et quand elle me montre les blessures de son petit de 5 ans (brûlé sur tout le flan droit par l’incendie de sa cabane lors du massacre dans leur village) il ne m’apparait qu’une chose à faire.

Jugé « comme ceux-là même qui s’enrichissent sur la misère »

La suite on a pu la lire dans les journaux italiens ou sur la toile, je me suis fait arrêter au péage de l’autoroute, les « migrants » ont été récupérés par la Caritas (le Secours catholique italien) et le procureur italien a décidé de me juger comme ceux-là même qui s’enrichissent sur la misère… Après trois jours de prison, le juge a décidé de ma mise en liberté provisoire en attendant l’audience au 16 février.

D’après la loi italienne en vigueur, j’encours entre 5 et 15 ans de prison et 15 000 euros d’amende par personne transportée… Sous prétexte qu’ils étaient 5 et qu’il y avait deux Opinels dans la voiture (et un morceau de Lonzo Corse…). Ces deux faits comptent comme des circonstances aggravantes, au même titre dans la loi italienne que de transporter des personnes au péril de leurs vies ou dans des conditions inhumaines.

Rien n’a changé depuis à Vintimille, ça a même empiré ! La police organise de véritables rafles dans les rues et achemine des centaines de réfugiés dans les Centres d’identification et expulsion (CIE) au Sud du pays, 2 à 3 bus pleins chaque jour !

J’assume entièrement mes actes à Vintimille, avec la certitude d’agir dans le cadre d’une des plus anciennes conventions internationales encore en vigueur :

Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 : :
 Article 13 : 1) Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. 2) Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.
 Article 14 : 1) Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays.

Je m’appuie également sur quelque chose de moins juridique, une conviction personnelle. La conviction que l’Europe est à nouveau à l’aube d’une période clé de son histoire et les répercussions de la façon qu’elle aura de gérer l’afflux de ces migrants et réfugiés seront, quoi qu’il arrive, très importantes. La « crise migratoire » qui dure depuis 2015 est la plus importante que l’Union européenne ait connue depuis sa création, il est évident que les solutions sont à créer et je crois que mon devoir en tant que citoyen est d’apporter une aide et un soutien à ceux qui attendent que l’on décide en hauts-lieux d’une issue favorable à cette crise.

Lire la publication originale de Félix Croft sur Basta! Mag ici.

Ce témoignage a été publié le 29 janvier 2017 sur le site de l’association Citoyens solidaires 06

 
 
 
 
 
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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 14:05

 

 

ILS ONT COUPE LES ARBRES

     Ils vont  continuer !

             …empêchons les !

 

PROTESTATION :

  

  GRATIFERIA  

   (Marché   Gratuit)

 

    Samedi 18 février   

 

Chacun apporte ce dont il n’a plus besoin,

                                                 …et repart avec ce qui lui est nécessaire.

     Avec, soupe bio, boissons chaudes,   et animations pour les enfants.

 

 

    Place Saint Charles    

    (à côté de la poste Gambetta)

    de 14 à 19 h.

 

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      COUPE DES ARBRES  :          

La politique du béton

            …et des gros sous !

 

La Mairie de Nîmes n’arrête pas couper les magnifiques arbres

centenaires de nos places   publiques.

 

                    Aucune raison ne justifie ce choix.

 

Certes, nous dit-on : « Ils sont malades, il faut en replanter de nouveaux,  

car ces gros arbres sont un danger ».

Cet argument est fallacieux, car même malade, un arbre se soigne.

Mais surtout , pour qu’il ne soit pas malade

ou dangereux, il faut d’abord entretenir ce patrimoine vert, par des soins réguliers.

Non, le choix de la Mairie est politique : Comme dans beaucoup de villes,

on préfère le béton aux espaces verts,

car le béton rapporte beaucoup de profits, alors que la verdure engendre des dépenses.

Ainsi les milliardaires du Bâtiment et Travaux Publics (Bouygues et consorts amassent

de gigantesques sommes d’argent,

au dépend de la nature …avec la complicité  des hommes politiques locaux.

 

 

Site : www.nuitdeboutnimes.fr

 

Mail : nuitdeboutnimes@gmail.com

 

Facebook : Nuit   Debout – Nîmes

 

Instagram : nuitdeboutnimes

 

Tél : 06 11 41 34 40

 

 
 
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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 21:55

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

Les fortunes des ultrariches démultiplient les inégalités

patrimoine
Clotilde Mathieu
Vendredi, 10 Février, 2017
L'Humanité

 

 

Entre 2012 et 2016, la richissime Liliane Bettencourt a vu ses milliards se multiplier par deux et a ainsi accumulé un patrimoine de 31,2 milliards d’euros. Photo : AFP

Entre 2012 et 2016, la richissime Liliane Bettencourt a vu ses milliards se multiplier par deux et a ainsi accumulé un patrimoine de 31,2 milliards d’euros. Photo : AFP

Déjà la plus riche de France, Liliane Bettencourt a doublé sa fortune en cinq ans, à l’instar d’une poignée de milliardaires, tandis que les inégalités de patrimoine progressent, témoignant de l’existence d’une France à deux vitesses.

Les candidats des riches n’ont pas oublié que les fortunes de France et du monde se constituent à coups de biens financiers. Il n’y a d’ailleurs qu’à analyser le patrimoine des milliardaires français pour observer qu’il flambe au rythme des marchés financiers. Car leur capital ne se compte pas seulement en nombre de châteaux ou autres propriétés immobilières, mais en actifs détenus dans les groupes qu’ils possèdent et qui ont bénéficié, après le krach de 2008, de confortables valorisations, déconnectées de toute réalité économique. Selon l’économiste Thomas Piketty, les hauts patrimoines ont ainsi progressé de 7 à 8 % par an en moyenne, contre 1 à 2 % pour le PIB.

 

Bettencourt a vu ses milliards se multiplier par deux

Une envolée financière due à la politique monétaire des banques centrales qui, depuis la crise, ont fait tourner leur planche à billets et submergé l’économie de milliards qui ont été investis de préférence sur les actifs réels, comme les participations dans les sociétés, cotées ou non. De telle sorte que le patrimoine global des 500 Français les plus riches a atteint, en 2016, 460 milliards d’euros. Entre 2012 et 2016, la richissime Liliane Bettencourt, héritière de l’empire L’Oréal, a vu ses milliards se multiplier par deux et a ainsi accumulé un patrimoine de 31,2 milliards d’euros, grâce aux 33 % du groupe que la première fortune de France détient via sa holding, Téthys. Une société écran qui lui permet d’échapper totalement à l’ISF en 2015. Idem pour le deuxième du podium, Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH, qui a amassé une fortune de 30,3 milliards d’euros, en hausse de 43 % depuis 2012. Il ne s’acquitte que de 2 millions d’euros d’ISF, « économisant » ainsi 5 millions d’euros. Et ce, grâce au mécanisme de plafonnement imposé par le Conseil constitutionnel (voir page 5). En tout, selon la liste des services de Bercy que s’est procurée l’an dernier le Canard enchaîné, 50 contribuables ultrariches se sont acquittés de seulement 21,2 millions d’euros d’ISF en 2015, alors que le montant initial était de 219,6 millions, précise le Canard.

De quoi écœurer n’importe quel salarié, retraité, dans un pays où le pouvoir d’achat de l’immense majorité stagne ou régresse, qui voit dans cette abondance le résultat de choix politiques des gouvernements qui se sont succédé pour bâtir une économie au service des 1 % les plus riches. Avec, pour résultat, une explosion des inégalités, à commencer par celles sur le patrimoine qui, dixit l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), « sont beaucoup plus marquées que celles des revenus ». En effet, rappelle l’Insee, les 10 % des ménages les mieux dotés détiennent 47 % de la masse du patrimoine brut. Alors que les 10 % des ménages aux revenus les plus importants captent 26 % de l’ensemble des revenus.

 

L’étude de l’Insee démontre l’explosion des inégalités sociales

L’accroissement du patrimoine s’accélère tout en haut de l’échelle. Les 5 % les mieux lotis détiennent ainsi un tiers de la richesse totale. Et les 1 % les plus riches en possèdent à eux seuls 16 %, soit deux fois plus que l’ensemble du patrimoine cumulé des 50 % les moins fortunés des ménages. Le patrimoine moyen des 10 % des foyers les plus riches culmine ainsi à 1 953 000 euros. Celui des 10 % les plus pauvres atteint péniblement 2 000 euros en moyenne, soit 79 fois de moins que le patrimoine médian (158 000 euros). Entre milieux sociaux, les inégalités sont tout aussi révoltantes. Le patrimoine des ouvriers non qualifiés s’élève à 16 400 euros, soit 4 fois moins que le patrimoine médian des cadres supérieurs (204 000 euros).

L’étude de l’Insee montre également que celui qui n’a que son salaire pour s’enrichir se retrouve dans une situation très défavorable par rapport à celui qui hérite. « Les ménages bénéficiaires de ces transmissions (héritage ou donation – NDLR) disposent généralement d’un patrimoine de 242 900 euros contre 72 100 euros pour la moitié de ceux qui n’en ont pas bénéficié », relève l’Insee. À gauche, beaucoup souhaitent régler ces déséquilibres insoutenables par l’impôt en taxant le capital.

 
Grâce à son «verrou», Bercy dépénalise la fraude fiscale
Le « verrou » ou monopole de Bercy est une spécificité française des plus scandaleuses. Puisqu’il permet au ministère des Finances publiques d’interdire à la Justice, et plus particulièrement au Parquet, de mettre son nez dans  les dossiers de fraude fiscale, et de pouvoir engager  des poursuites. Comme cela aurait dû être le cas après  les révélations des Panama Papers ou HSBC.  Sans compter que cette disposition pose un vrai problème de séparation des pouvoirs. C’était notamment le cas avec l’affaire Jérôme Cahuzac. Mais pour Bercy,  il s’agit d’un outil d’incitation permettant de « convaincr » les exilés fiscaux de rapatrier leurs avoirs cachés  à l’étranger et de payer  les pénalités en échange d’une promesse tacite d’absence de poursuite pénale... Des magistrats ont tenté de saisir le Conseil constitutionnel. Des députés ont déposés plusieurs amendements. Mais quand  il s’agit de protéger les riches, le verrou reste.
 
Journaliste à la rubrique social-économie

 

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 18:50

 

 

Source : http://www.lexpress.fr

 

Violences policières: "Les citoyens doivent avoir le réflexe de filmer"

Par , publié le , mis à jour à

 

 

 

A Aulnay-sous-Bois, l'interpellation de Théo -ayant abouti à la mise en examen d'un policier pour viol et de trois autres pour violences- a été filmée par un témoin de la scène à l'aide d'un smartphone.

afp.com/Martin BERTRAND

 

L'interpellation violente de Théo s'est en partie jouée sous l'oeil de la vidéosurveillance et d'une caméra amateur. De plus en plus, les images jouent un rôle clé dans les affaires de violences policières.

 

Pas moins de 2600 caméras embarquées. Jeudi, Bruno Le Roux a annoncé la mise en place de ces "caméras-piétons", déjà expérimentées, auprès des policiers et gendarmes. Le ministre de l'Intérieur voit dans ce dispositif un moyen de rapprocher policiers et citoyens et "d'apaiser les tensions", quelques jours après la mise en examen, dimanche, d'un policier pour viol et de trois autres pour violences volontaires à l'issue de l'arrestation de Théo, Aulnaysien de 22 ans. Une interpellation filmée en partie par des caméras de surveillance et un témoin éloigné de la scène.  

 

  • Filmer, être filmé pour se protéger

Certes, dans le cas de l'affaire Théo, la vidéo n'est pas l'élément le plus intangible pour prouver le viol présumé. A l'hôpital, les médecins ont en effet prescrit 60 jours d'incapacité totale de travail au jeune homme de 22 ans après avoir constaté qu'il souffrait d'une "plaie longitudinale du canal anal" et d'une "section du muscle sphinctérien". 

 
 

LIRE AUSSI >> Violences policières: "Pour des pans de la population, la police n'est pas légitime" 

Néanmoins, le jeune homme a raconté s'être déplacé volontairement sous l'oeil des caméras lors de son interpellation pour tenter de se protéger. "Je savais très bien que dans le coin où on était, il n'y avait pas de caméras. Je me suis dit 'faut que je me débatte du mieux que je peux' pour que j'aille devant les caméras. J'ai réussi à y aller", a-t-il témoigné auprès de BFMTV

 

  • Une pratique venue des Etats-Unis
 

D'où vient ce réflexe, à présent adopté par de nombreux jeunes issus des quartiers dits "sensibles"? Il trouve son origine dans l'"affaire Rodney King", qui a secoué les Etats-Unis. Le 3 mars 1991 à Los Angeles, quatre policiers interpellent un automobiliste noir, avant de le passer à tabac face à son comportement quelque peu erratique. Testant son caméscope tout neuf depuis son balcon, un riverain décide de filmer la scène. 

 

LIRE AUSSI >> Copwatch, site anti-police, renaît de la censure 

 

A l'ère des smartphones le geste paraît banal, "mais à l'époque, c'était la première fois qu'une brutalité policière était filmée et diffusée sur toutes les télévisions américaines et mondiales", souligne Mathieu Zagrodzki, chercheur associé au Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales. "C'est le début du mouvement Copwatch" ["cop" pour "flic" et "watch" pour surveiller, avoir à l'oeil], qui consiste à lutter contre les violences policières en filmant les actions des forces de l'ordre. 

 

  • Donner du crédit à la parole de la victime

Aujourd'hui le fait de filmer les altercations avec les forces de l'ordre fait partie des consignes données par les associations luttant contre les violences policières. D'autant plus que les réseaux sociaux offrent aux images une caisse de résonance considérable. "Le cas du lycéen frappé devant l'établissement Henri-Bergson, en mars dernier est l'exemple même d'une affaire qui n'en aurait pas été une s'il n'y avait pas eu de vidéo des faits", indique à L'Express Aline Daillère, responsable des programmes France de l'Association chrétienne contre la torture (ACAT). 

Ces images, filmées en marge d'une manifestation contre la loi Travail, avaient fait le tour des réseaux sociaux et déclenché une intense polémique. Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Bernard Cazeneuve, s'était dit "choqué" et avait saisi immédiatement l'IGPN, la police des polices.  

 

LIRE AUSSI >> Violences policières au lycée Bergson: le fonctionnaire face à la justice 

 

"Sans cette vidéo, le lycéen n'aurait jamais été entendu", analyse Aline Daillère. Interrogé au moment des faits par L'Obs, un parent d'élève élu au conseil d'administration du lycée Bergson avait d'ailleurs déclaré: "Personnellement, s'il n'y avait pas eu les vidéos, je les aurais crus à moitié".  

L'image permet en effet de s'extraire du "parole contre parole". Dans l'imaginaire collectif, "la parole d'un citoyen interpellé ou contrôlé vaut moins que celle d'un policier, qui est assermenté", explique la membre de l'ACAT. "Si on ajoute en plus les éléments 'jeune de cité avec un casier judiciaire', alors là, la balance de la crédibilité penche encore plus vers la police". 

 

  • Un réflexe pour "prévenir les risques"

"Les vidéos tournées par les victimes elles-mêmes ou les témoins sont les seuls éléments de preuve intangibles permettant de renverser la version de la police", insiste Aline Daillère.  

Violences policières : si vous êtes témoin, please, filmez. Le seul espoir pour une victime de voir sa plainte aboutir

"Pour nous, il est important que les citoyens aient le réflexe de filmer, par exemple lors des contrôles, de façon à prévenir les risques", abonde auprès de L'Express Amal Bentounsi, dont le frère Amine a été tué d'une balle dans le dos par un policier en 2012. 

 

LIRE AUSSI >> "Légitime défense ou bavure: un policier jugé pour la mort d'un braqueur" 

 

Cette grande soeur endeuillée, qui a fondé l'Observatoire national des violences policières, rappelle aussi que la vidéo peut permettre de réaliser l'inconcevable: "Quand on voit celle de l'interpellation de Théo, on ne peut pas y croire, cela dépasse l'entendement: comment des policiers peuvent se comporter comme des voyous?" 

 

Caméras-piétons dissuasives?

Côté policier, la vidéo est aussi en train de prendre. "Les caméras-piétons peuvent permettre de constituer des éléments de preuve", affirme Mathieu Zagrodzki. "Car face aux jeunes qui racontent être surcontrôlés, faire l'objet de violences, les forces de l'ordre, elles, se plaignent de ne pas être respectées, de faire l'objet d'attaques ou d'insultes. Les deux ont une part de vérité", poursuit le chercheur spécialiste des questions de sécurité publique.  

Avec la généralisation des caméras embarquées, le ministère de l'Intérieur entend créer "une garantie pour les uns comme pour les autres". Même s'il ne faut pas oublier que "les images elles-mêmes, par le jeu du montage ou d'angles différents, peuvent faire l'objet d'un conflit de récits entre la victime et le policier", précise Mathieu Zagrodzki. 

 

LIRE AUSSI >> Les policiers bientôt tous équipés de "caméras-piétons"? La Cnil dit stop 

 

Ce nouveau dispositif pourra-t-il jouer un rôle dissuasif dans les violences policières? Après un an d'expérimentation en Californie, en 2012, une étude a constaté que l'usage de la force par les policiers avaient diminué de 60% et qu'il y avait 88% de plaintes en moins pour des brutalités policières, indique le chercheur.  

Avec toutefois deux bémols: la caméra ne tourne pas en boucle, c'est le policier qui décide de la déclencher lors d'un contrôle. "Et celle-ci, fixée sur l'épaule ou le thorax n'offre pas un angle de vue total", ajoute Mathieu Zagrodzki. Si Amal Bentounsi juge la proposition "plutôt bonne", elle estime que celle-ci ne vaut qu'à la condition d'aller "jusqu'au bout". Autrement dit, que "la caméra soit activée 24h/24, dès que le policier commence son service et jusqu'à la fin". 

 

 

Source : http://www.lexpress.fr

 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 17:29

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=G-BzxXZMthQ

 

 

"Avec l'ouverture du CETA, le loup risque d'être dans la bergerie", le billet de Nicole Ferroni

 

 

 

Ajoutée le 15 févr. 2017

"Les citoyens à qui on dit « Enlevons les clôtures pour libérer les moutons » voient que les clôtures qui enferment les moutons sont aussi celles qui les protègent des loups et qu'avec l'ouverture du CETA le loup risque d'être dans la bergerie, dans un accord tellement déclôturé que les loups seront peut-être les bergers"
Le billet d'humeur de Nicole Ferroni dans le 7/9 (8h55 - 15 Février 2017)
Retrouvez tous les billets de Nicole Ferroni sur https://www.franceinter.fr/emissions/...

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=G-BzxXZMthQ

 

 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 16:25

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

En France, des forêts classées sous la menace d’une exploitation minière

 

Un projet de décret ouvre la voie à la recherche de minerais dans les forêts de protection françaises.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

Verra-t-on renaître demain, en forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne) ou de Rambouillet (Yvelines), des carrières de meulières ou de grès comme il en existait par le passé ? Leur sous-sol va-t-il être grignoté par des activités minières ? C’est ce que craignent des associations environnementales. Un projet de décret, mis en consultation jusqu’au 20 février sur le site internet du ministère de l’agriculture, prévoit en effet d’autoriser l’exploitation de ressources minérales dans les forêts dites de protection.

 

Cette appellation recouvre 154 000 hectares de massifs boisés métropolitains (1 % de la superficie forestière hexagonale), dont 61 000 hectares en Ile-de-France (Fontainebleau, Rambouillet, Sénart, Arc boisé et Fausses-Reposes). Ces domaines, publics ou privés, sont classés et protégés par l’Etat, en raison de la protection qu’ils assurent contre les risques naturels dans les régions de montagne - érosion des sols, glissements de terrains ou avalanches -, et de la qualité de vie qu’ils apportent dans les zones urbanisées. A ce titre, le code forestier y proscrit défrichements, fouilles et extraction de matériaux, seule la recherche d’eau étant permise.

Or, le projet de décret, soumis à la signature du premier ministre, Bernard Cazeneuve, ainsi que des ministres de l’agriculture, Stéphane Le Foll, de l’environnement, Ségolène Royal, de l’économie, Michel Sapin, de la culture, Audrey Azoulay, et du secrétaire d’Etat à l’industrie, Christophe Sirugue, met fin à ces interdits. Par dérogation au code forestier, il rend possible d’une part les « fouilles et sondages archéologiques », d’autre part « les travaux nécessaires à la recherche et l’exploitation souterraine des ressources minérales revêtant un intérêt national ou régional, telles que les substances de mines et certaines substances de carrières ».

 

Pétition en ligne

Interrogé par Le Monde, le ministère de l’agriculture assure que l’objectif n’est pas de remettre en cause le régime des forêts de protection, mais de l’étendre, « pour les protéger elles aussi », à des zones forestières périurbaines qui ne peuvent actuellement bénéficier de ce classement, du fait des chantiers qui y sont menés. Il s’agit de la forêt de Haye, près de Nancy (Meurthe-et-Moselle), qui s’étend sur 11 000 hectares et où sont conduites des campagnes archéologiques. Et de la forêt de Montmorency (Val-d’Oise), qui couvre 2 200 hectares et où sont exploitées des carrières de gypse.

« Une modification du code forestier est nécessaire pour créer une base juridique permettant le classement de ces deux massifs », explique le ministère. Mais, ajoute-t-il, « il n’est pas question de faire de l’exploitation minière dans des forêts où il n’y en a pas aujourd’hui. »

Les associations n’en sont pas moins sur leurs gardes. Une pétition en ligne, lancée par l’ONG allemande Sauvons la forêt, a déjà recueilli près de 30 000 signatures. « Offrir la possibilité de mener des travaux de recherche ou d’exploitation souterraine de ressources minérales est une régression vis-à-vis des réglementations environnementales en vigueur », dénoncent les protestataires. « Il faut traiter les cas particuliers mis en avant par le ministère. Mais cela ne doit pas conduire à ouvrir une plaie béante dans le statut des forêts de protection, estime également Julie Marsaud, coordinatrice du réseau forêts de France Nature Environnement. Le décret doit être encadré pour garantir que ce statut ne sera pas mis à mal. »

 

Nouvelle rédaction du décret

La Fédération nationale des communes forestières a elle aussi réagi à un projet qu’elle juge « préoccupant ». Cette association, qui fédère plus de 6 000 collectivités, considère que la dérogation prévue au code forestier « peut s’exercer dans le cadre de fouilles archéologiques mais en aucun cas pour toute extraction de matériau au sein d’un massif classé ».

De son côté, la Fédération des parcs naturels régionaux de France a publié en ligne un communiqué intitulé : « Non à l’exploitation minière dans les forêts de protection ! » Son président, Michaël Weber, y faisait part de son opposition à « ce nouveau détricotage des dispositifs de protection de notre nature ». Le texte a ensuite été retiré du site internet de la Fédération. « Nous avons exprimé une inquiétude, explique un porte-parole. Puis, le ministère ayant annoncé une réunion de concertation, nous avons décidé d’en attendre le résultat, sans faire de bisbilles. »

Dans l’urgence, le ministère de l’agriculture a en effet convoqué une « réunion technique », jeudi 16 février - à quelques jours de la fin de la consultation publique -, avec les différentes parties prenantes. « Nous avons entendu les inquiétudes, affirme le ministère. Nous allons travailler à une nouvelle rédaction du décret pour les dissiper. » Responsables forestiers et associations jugeront sur pièces.

 
 

 

 

 

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 19:07

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

La face sombre de l’aquaculture

 

La surexploitation des petits poissons, réduits en farine, menace la sécurité alimentaire des pays du sud.

 

LE MONDE | | Par

 

 

 

Sur les côtes du Sénégal, depuis quelques années, des fabricants de farine de poissons coréens, russes, chinois, installés sur place, raflent toute la petite pêche.

 

Près du marché au poisson de Joal, sur les côtes du Sénégal, les femmes qui traditionnellement achetaient chinchards, anchois, maquereaux et sardinelles pour les fumer, se sont retrouvées au chômage. Ces petits pélagiques, moins nobles que le thon ou la daurade, fondent la base de la cuisine jusque dans l’arrière-pays. Mais voilà que depuis quelques années des fabricants de farine de poissons coréens, russes, chinois se sont installés sur place et raflent tout en offrant quelques centimes de plus par caisse débarquée des pirogues de pêche artisanale.

 

C’est l’un des effets du boum de l’aquaculture mondiale. La population mondiale qui croît est de plus en plus gourmande de protéines animales. Il lui faut de plus en plus de farines et d’huile de poisson. Voilà pourquoi les sardinelles africaines réduites au rôle de fourrage vont nourrir des saumons norvégiens, des truites polonaises, des anguilles chinoises, des crevettes thaïlandaises, mais aussi des carpes a priori herbivores, des volailles, ou encore des visons, des chiens, des chats

L’ONG Bloom sonne l’alerte sur cette façon de livrer « de la confiture aux cochons », selon sa formule. En effet la pêche minotière, largement pratiquée par les grandes flottilles asiatiques dans les eaux des pays du sud, contribue à mettre en péril la ressource alimentaire des populations littorales, déjà mise à mal par la surexploitation des grands poissons prédateurs au large.

Mardi 14 février, l’association a rendu publique son analyse sur ce secteur, mettant à plat les ressorts et les conséquences de ce qu’elle appelle « l’envers du décor de l’aquaculture ».

 

Un quart des poissons réduit en farine

Le même jour paraissait dans la revue Fish and Fisheries une publication scientifique cosignée par Frédéric Le Manach, directeur scientifique de Bloom, Tim Cashion, Daniel Pauly et Dirk Zeller de l’université de Colombie britannique. Cette étude souligne qu’en moyenne, entre 1950 et 2010, 27 % du total des captures débarquées autour du globe (soit environ vingt millions de tonnes par an) a été réduit et transformé, servant à autre chose qu’à nourrir directement les humains. Selon Bloom, les farines de poisson alimentent certes l’aquaculture mondiale (elle en consomme environ 57 %), mais elles fournissent aussi largement l’élevage de porcs (22 %) et de volailles (14 %).

Or les auteurs estiment que 90 % des poissons devenus farine étaient parfaitement comestibles, ce qui va à l’encontre du code de conduite pour une pêche responsable établi par l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Celle-ci préconise au contraire de ne transformer que les poissons qui ne sont pas consommés par les humains (comme les lançons ou les tacauds), afin de ne pas menacer la sécurité alimentaire de tous.

Comment élève-t-on les produits de la mer ? La question mérite d’être soulevée alors que ce mode de production est fréquemment présenté comme une alternative à l’épuisement de l’océan : les stocks de poissons sauvages sont surexploités à 90 % selon la FAO. Aussi depuis 2012 l’aquaculture fait-elle à peu près part égale avec la pêche en mer et en eau douce sur les étals de poissonniers. Nous en mangeons au moins autant. La Chine, une fois encore, apparaît comme le géant du marché : elle fournit à peu près la moitié des poissons, des crustacés et des mollusques d’élevage.

 

Le krill, objet de convoitise

Pour alimenter ce secteur prometteur, l’attrait des navires industriels ne se limite pas aux anchois du Pérou – premier producteur mondial de farine de poisson –, aux maquereaux du Chili ni aux sardines africaines. Désormais, ces derniers ciblent aussi de nouvelles espèces comme les poissons sanglier et lanterne.

Pire, le krill de l’Antarctique, très prisé sous forme d’huile, est désormais objet de leur convoitise, notamment des flottes venues du Danemark. Or il constitue la base même de la chaîne trophique. Ces tout petits crustacés, comme les poissons fourrage, nourrissent les gros prédateurs : thons, marlins, cabillauds, ainsi, évidemment, que de nombreux oiseaux et mammifères marins.

« C’est dans la pêche minotière que les pêcheries sont le moins suivies, note pour sa part Arnaud Gauffier, chargé de programme au WWF, le Fonds mondial pour la nature. C’est là qu’il y a le plus de pêche illégale et de captures de poissons d’eaux profondes. On est en train de déstabiliser les grands fonds pour faire de la farine et de l’huile ! » L’ONG partage le même point de vue que Bloom sur le secteur, sans en tirer les mêmes conclusions.

L’association de Claire Nouvian, Bloom, s’insurge, elle, contre l’attribution de labels de gestion durable du type Marine Stewardship Council (MSC, créé par le WWF) à des pêcheries minotières alors que par nature ces pratiques déstabilisent les écosystèmes et grèvent le possible rétablissement des stocks de poissons.

 

Insectes et déchets alimentaires

Comme elle l’avait déjà fait avec obstination et finalement avec succès sur le sujet de la pêche en eaux profondes, l’association se tourne vers l’Union européenne. Certes celle-ci n’est pas la championne de la pêche minotière, qui n’y représente que 12 % du total des captures, mais une fois encore les militants aimeraient la voir jouer un rôle exemplaire. Ils demandent à la Commission de commencer par interdire la fourniture de farines de poissons à des élevages d’animaux non-carnivores.

Frédéric Le Manach suggère par ailleurs de développer une forme d’économie circulaire à base de récupération de sous-produits de conserveries de poissons – ce qui existe déjà –, mais aussi de récupération de déchets alimentaires, de sang d’abattoirs et d’élevages d’insectes. Un modèle de fermes aquacoles où déjections de poissons et plantes aquatiques ou algues se nourrissent mutuellement intéresse de plus en plus. Bloom conseille en outre aux consommateurs de privilégier la viande de porcs et de volailles nourris entièrement de végétaux et préconise surtout de diminuer l’achat de protéines animales.

Mardi 14 février, la Banque mondiale publiait de son côté une évaluation remise à jour du manque à gagner qui découle de la mauvaise gestion de la ressource halieutique. Selon les calculs de ses experts, « pêcher moins et mieux » pourrait générer des gains supplémentaires de 83 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Mettre fin à la surexploitation permettrait non seulement aux populations de poissons de se reconstituer, mais aussi d’accroître la valeur des prises.

 
 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

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