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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 17:41

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/c-est-nabum/blog/140617/la-dissolution-du-peuple

 

 

La dissolution du peuple

 

 

L’entre-soi des nouveaux privilégiés.

 

En Marche à R'cule !

 

 

cdn-well-v-17252

Le grand coup de balai promis aura lieu. Je reste sans voix d’ailleurs tant je pensais que les positions des vieux barons arrogants demeureraient inébranlables. C’était sans compter sur la désespérance d’un peuple qui ne se sent plus concerné par la chose publique. Il faut bien reconnaître, à sa décharge, que les politicards professionnels, les grands partis mafieux avaient tout fait au préalable pour confisquer la démocratie à leur seul profit. Qu’ils soient à leur tour poussés vers la sortie à grands coups de pieds au C... n’est qu’un juste retour de bâton !

Mais en attendant, la représentation nationale va atteindre encore à la caricature. La nouvelle vague amplifiant plus encore le phénomène d’évincement du peuple réel des instances décisionnaires. À la place des vieilles badernes adipeuses et prétentieuses, nous allons avoir des jeunes loups aux dents acérées, des ambitieuses issues d’une classe sociale qui n’a jamais mis les mains dans le cambouis. La belle opération que voilà, les vieux, les retraités, les ouvriers, les paysans, les pauvres, les chômeurs n’auront plus la parole ni même le moindre porte-voix dans cet hémicycle qui va prendre des allures de sauterie à paillettes.

La moitié des électeurs ne s’est pas déplacée et il en ira plus mal encore lors du prochain tour. La Démocratie s’est vidée de sa signification par la faute même d’un système qui amplifie à la déraison une petite supériorité numérique. Rayer le peuple de la carte électorale pour se permettre des réformes qui vont toutes contre ses intérêts, anéantir les droits et les protections, c’est transformer le pays en une jungle libérale absolue.

Le risque est immense de la désespérance. La colère prendra le relais de l’indifférence et de la déception sourde. À ainsi mépriser puis effacer les souffrances et les difficultés, les nantis se sont assuré un triomphe facile, une ascension aisée, un couronnement sans résistance. Mais que faire d’une chambre qui n’est que la copie conforme des privilèges et des réussites ? Les autres doivent-ils être éliminés ? L'eugénisme est en marche et la ségrégation par la réussite une certitude. Malheur aux exclus de la galette !

Celui qui ne peut plus se faire entendre finit par hurler avant que de se mettre à mordre et pire encore. C’est la terrible réalité de la nature et le gentil banquier lisse et ses sbires ont bien tort de se réjouir d'une victoire éclatante trompeuse et factice. Les éclats justement seront pour bientôt, quand ceux qu’ils vont harceler sans cesse par des ordonnances honteuses, des mesures injustes, des décisions iniques finiront par avoir la rage.

Balayer les sortants pour mettre en place une cohorte qui ne fera qu’endosser les mêmes habits, prendre les mêmes travers, se fondre dans les déplorables habitudes passées n’a aucune utilité. Le peuple a renoncé à se faire entendre car il a compris qu’il n’est jamais représenté. Ce n’est pas en changeant les têtes d’affiche qu’il a la moindre chance d’être compris. Celles-là sont certes nouvelles mais tout autant éloignées de ses préoccupations et de sa réalité.

Ce système est entièrement à changer car il donne tous les pouvoirs à une caste qui ne représente qu’une infime partie de la société. C’est un accaparement scandaleux du pouvoir, un complot médiatique fomenté par des valets d’un libéralisme sans état d’âme, par des serviteurs de groupes de pression souterrains qui font ramasser la mise au profit d’un tiers état qui va retourner à sa situation d’avant 1789.

Le banquier lisse vient de réaliser un coup d’éclat sans précédent dans l’histoire qui n’est en réalité qu’un habile et insidieux coup d’état inodore et incolore. Pourtant déjà nous arrivent les remugles de ce qu’il va mettre en place. Les coupes honteuses dans nos droits, le racket fiscal pour les plus faibles, les avantages pour les plus riches. Nous changeons de régime, le pouvoir est aux mains d’un pion de la banque et de la finance internationale.

Le peuple s’abstient de tout commentaire tout autant que de participer à cette farce. Il sait qu’il va être harcelé, martyrisé, nié par la secte de l’argent roi. Une période noire s’ouvre à ceux qui n’ont pas l’heur d’être dans le rang des élus de la prospérité, des princes de la réussite, des champions de la jeunesse triomphante et privilégiée. Prosternons-nous devant sa majesté Emmanuel premier et sa nouvelle cour. Nous ne sommes rien qui vaille pour ces dignes représentants de l’iniquité.

Dépitement sien

 

 

124

 

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/c-est-nabum/blog/140617/la-dissolution-du-peuple

 

 

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 21:48

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

 

Tribune

Non au procès des militants de L214 !

Par Un collectif de chercheurs

 

 

 

 

Lors de la manifestation de l'association L214 qui dénonce le traitement des animaux dans les abattoirs français, à Paris, le 19 septembre 2016.

Lors de la manifestation de l'association L214 qui dénonce le traitement des animaux dans les abattoirs français, à Paris, le 19 septembre 2016. Photo Albert Facelly pour Libération

Deux militants de l'association L214, qui lutte contre la maltraitance animale et la consommation de viande, sont jugés ce lundi pour avoir pénétré dans un abattoir. Des chercheurs soutiennent leur travail légitime.

Dans la nuit du 12 au 13 décembre 2016, deux militants de l’association L214 sont interpellés par la gendarmerie à l’entrée de l’abattoir Guy Harang (à Houdan, Yvelines). Ils viennent récupérer la caméra placée dans l’établissement. Ce lundi, ils sont jugés au tribunal correctionnel de Versailles pour «violation de domicile» et «tentative d’atteinte à la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l’image».

 

Cet établissement n’est pas n’importe lequel : il est l’un des rares abattoirs à s’être équipé d’un système de vidéosurveillance. En réaction aux premières enquêtes réalisées par l’association L214, 13 caméras filmant l’intérieur et l’extérieur du bâtiment avaient été installées par la direction, qui se réserve l’accès aux images. Cet abattoir a en outre fait l’objet d’un contrôle par la direction départementale de la protection des populations (DDPP) des Yvelines en avril 2016, à l’issue duquel seuls «quelques gestes inappropriés» avaient été relevés, l’abattoir étant globalement évalué «B – non-conformité mineure». «La maîtrise de la protection animale est en grande partie satisfaisante malgré le constat de points de fragilité» constatés (1). Ces éléments peuvent donner à penser qu’il s’agit d’un établissement soucieux d’appliquer une réglementation qui proscrit les «souffrances inutiles» à l’acte de mise à mort.

 

Ce que la direction de l’abattoir ignorait, c’est que d’autres caméras – non placées par elle-même – ouvraient l’œil sur le traitement des cochons au cœur de l’enceinte. Contredisant le constat lénifiant de la DDPP et la mansuétude de la direction de l’abattoir, les mauvais traitements subis par les animaux étaient dévoilés au public dans l’émission de télévision Envoyé Spécial, le 17 février, soit deux mois après la garde à vue des militants. Des images bouleversantes révèlent l’entassement des animaux dans la bouverie, les coups de pied et les décharges à répétition à l’aide d’aiguillons électriques par les salariés pour faire avancer, vers la tuerie, des animaux qui regimbent. La peur, patente dans leur résistance, ne doit pas être omise dans la considération de la situation des animaux à l’abattoir.

 

Lorsque les militants ont été arrêtés, ils venaient récupérer la caméra qui aurait permis de montrer la réalité de la narcose par CO2, une méthode «d’étourdissement» qui porte mal son nom. En effet, loin de sombrer paisiblement dans l’inconscience, les cochons crient, se débattent dans la cuve de dioxyde de carbone pour échapper à l’asphyxie. Aucun journaliste n’a qualifié d’étourdissement le calvaire des cochons à l’abattoir d’Alès en octobre 2015 : les images, insupportables, forçaient à reconnaître l’extrême souffrance des animaux.

 

L’association L214 a porté plainte pour «mauvais traitements sur animaux» contre l’abattoir Guy Harang auprès du tribunal de grande instance de Versailles. Gageons que le jugement donnera raison à L214, comme cela a été le cas pour l’abattoir du Vigan (le plus petit abattoir public de France), où des peines inédites ont été prononcées à l’encontre de l’employé mais aussi à l’encontre de l’exploitant (prison avec sursis et amendes, interdiction d’exercer durant cinq ans dans un abattoir).

 

Il n’est que trop clair que sans le travail des militants, rien de ce qui se déroule dans les abattoirs n’aurait été mis au jour, alors que cette réalité nous concerne tous, mangeurs ou non mangeurs de chair animale. Cette action est légitime. Selon la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), les discussions relatives à la protection des animaux relèvent d’un «intérêt général légitime» (2) ; «les associations de protection des animaux jouent un rôle de chien de garde public semblable à celui de la presse» (3). Enfin, comme le proclame un troisième arrêt, la «collecte d’informations d’intérêt général aux fins de constituer un débat public» (4) fait partie de la mission des militants. C’est bien dans ce cadre que l’association L214 agit : dans l’intérêt général des animaux et des humains (consommateurs, citoyens et salariés), et ce, sans but lucratif. C’est à cette fin que, en quelques mois, de nombreuses images filmées dans plusieurs abattoirs de France (Le Vigan, Alès, Pézenas, Mauléon-Licharre, Limoges…) ont été diffusées grâce à l’aide de salariés indignés par le traitement des animaux. Ce sont ces images qui, incontestablement, nous ont permis de prendre conscience de ce qu’endurent ces animaux destinés à nous nourrir et d’ouvrir un débat de fond sur la place des animaux dans notre société.

 

Indispensables, ces enquêtes pallient une carence de l’Etat qui, à l’évidence, par le biais de ses services vétérinaires (DDPP), ferme les yeux sur des infractions majeures et répétées à la loi dans les abattoirs. Combien de preuves faudra-t-il encore pour que l’Etat se donne véritablement les moyens de faire appliquer une réglementation pourtant minimale : éviter les souffrances inutiles ? La condition des animaux dans ces lieux singuliers où ils sont rassemblés pour être tués doit être connue de tous pour que les choix soient éclairés. C’est pourquoi nous soutenons le travail légitime des deux militants de l’association L214 qui sont jugés ce lundi, saluons leur courage et reconnaissons leur rôle de lanceurs d’alerte.

 

Signataires : Eric Baratay, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Lyon Jean Moulin. Renaud Barbaras, philosophe, professeur à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne. Donato Bergandi, philosophe, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle. Christian Berner, philosophe, professeur à l’université de Lille 3. Etienne Bimbenet, philosophe, professeur à l’université Bordeaux Montaigne. Céline Borello, historienne, professeur à l’université du Maine. Florence Burgat, philosophe, directeur de recherche, INRA/ Ecole Normale Supérieure. Anne-Blandine Caire, professeur de droit privé à l’université Clermont Auvergne. Belinda Cannone, maître de conférences en littérature comparée à l’université de Caen Basse-Normandie. Emilie Hache, philosophe, maître de conférences à l’université de Paris Nanterre. Maren Köpp, maître de conférences au Département d’Arts plastiques à l’université de Paris 8. Geoffroy de Lagasnerie, philosophe, Professeur à l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy. Catherine Larrère, philosophe, professeur émérite à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne. Philippe Léna, géographe, directeur de recherche émérite, IRD/MNHN. Véronique Le Ru, philosophe, professeure à l’université de Reims. Ninon Maillard, maître de conférences en Histoire du droit à l’université de Nantes. Christine Marcandier, maître de conférences en littérature classique à l’université Aix-Marseille. Fabien Marchadier, professeur de droit privé à l’université de Poitiers. Vincent Message, maître de conférences en littérature générale et comparée à l’université de Paris 8. Joël Minet, zoologiste, professeur au MNHN. Laurent Mucchielli, sociologue, directeur de recherche au CNRS. Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue à l’EHESS. François Noudelmann, philosophe, Professeur à l’université de Paris 8. Sylvie Perceau, helléniste, maîtresse de conférences à l’université d’Amiens. Xavier Perrot, maître de conférences en Histoire du droit à l’université de Limoges. Dominique Pradelle, philosophe, professeur à l’université de Paris-Sorbonne. Joëlle Proust, philosophe, directeur de recherche, Institut Jean Nicod, Ecole Normale Supérieure. Pierre-Yves Quiviger, philosophe, professeur à l’université de Nice Sophia Antipolis. Philippe Reigné, professeur de droit privé au Conservatoire national des arts et métiers. Pierre Serna, professeur d’histoire de la Révolution française à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne. Céline Spector, philosophe, professeur à l’université Paris-Sorbonne. Lorenzo Vinciguerra, philosophe, professeur à l’université de Picardie. Gabrièle Wersinger-Taylor, philosophe, professeure à l’université de Reims.

(1) https://www.l214.com/communiques/2017/02/17-enquete-abattoir-Houdan/imgs/78_GUY_HARANG_ABATTOIR.pdf

(2) Arrêt Bladet Tromso / Norvège du 20 mai 1999.

(3) Animal Defenders International / Royaume-Uni du 22 avril 2013.

(4) Guseva / Bulgarie du 17 février 2015.

 

Un collectif de chercheurs

 

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

 

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 21:35

 

 

Source : http://m.20minutes.fr/sante

 

 

SANTE

Agriculture bio: L'Europe veut autoriser les pesticides et réduire les contrôles qualité dans la filière

 

 

 

 

 

Du fromage bio, portant le label AB (agriculture biologique).

Du fromage bio, portant le label AB (agriculture biologique). — SIMON ISABELLE/SIPA

 

Le Conseil européen agricole envisage d'assouplir les normes et même d'autoriser, dans certains cas, la présence de pesticides dans les productions issues de l'agriculture biologique...

L’inquiétude monte parmi les producteurs, transformateurs et distributeurs de la filière bio en France. Le Conseil européen agricole, qui se tient ce lundi à Bruxelles (Belgique), examine un projet de modification du règlement européen sur l’agriculture biologique, lancé en 2014 par la Commission européenne.

 

La qualité du label bio en danger

Le texte, présenté ce jour aux ministres de l’agriculture européens, doit « définir les modes de production, de transformation, de conservation et de commercialisation dans toute l’Europe », précise Le Parisien.

Mais les professionnels du bio estiment que ce nouveau texte menace sérieusement les standards de qualité de l’agriculture biologique. Ils ont lancé vendredi un cri d’alarme, en demandant au gouvernement d’abandonner les négociations sur le nouveau projet de règlement bio européen.

Révision du règlement européen
Contaminations par les pesticides et "mesures de déclassement nationales" : une boîte de pandore ouverte

 

Des pesticides bientôt autorisés dans le bio ?

Ce nouveau projet de règlement prévoit notamment que les productions contaminées par des pesticides ne seront plus forcément déclassées du label bio, contrairement à ce qui se passe aujourd’hui.

« Chaque Etat pourra décider de ce seuil. En conséquence, certains produits contenant des pesticides pourront être vendus en présentant le label bio, en vertu du principe de la libre circulation des marchandises en Europe », détaille Le Parisien.

 

>> A lire aussi : Perturbateurs endocriniens: Des traces détectées dans des cheveux de tous les enfants

 

Un espacement des contrôles qualité

Il prévoit également un assouplissement des contrôles qualité dans les exploitations bio. Des contrôles qui ont pourtant pour objectif de vérifier le cahier des charges exigé pour bénéficier du label.

Actuellement, ils ont lieu deux fois par an : une fois de manière inopinée, et une seconde fois sur rendez-vous. Le nouveau règlement prévoit que ces contrôles n’auront lieu qu’une fois tous les 24 mois. Le secteur bio craint « des dérapages ».

 

Révision règlement européen
"Nous refusons également les dérogations au contrôle annuel promues par les législateurs européens"

 

La filière craint une baisse de confiance

« Une baisse des contrôles abîmerait la confiance des consommateurs », prédit le syndicat des distributeurs de produits bio (Synadis Bio).

Une confiance pourtant indispensable dans cette filière en plein boom. Porté par une croissance de plus de 22 % en 2016, le marché du bio représente aujourd’hui plus de 7 milliards d’euros.

 

 

Source : http://m.20minutes.fr/sante

 

 

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 21:15

 

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr/gerard-filoche

 

 

LES BLOGS

Macron et sa majorité préparent la plus terrible attaque contre nos salaires de toute notre histoire

Ce n’est pas une politique "du centre" c’est une politique à la Margaret Thatcher qui menace.

 

13/06/2017 07:00 CEST | Actualisé il y a 16 heures

 

Gérard Filoche Membre du bureau national du Parti socialiste 

 

 

 

POOL New / Reuters
Macron et sa majorité préparent la plus terrible attaque contre nos salaires de toute notre histoire.

En plus des ordonnances pour la casse d'un siècle de droit du travail, Macron, confirmant sa majorité, prépare la plus terrible attaque contre nos salaires de toute l'histoire de notre pays.

 

 

Du jamais vu.

 

Il va supprimer le salaire brut.

 

Ce n'est pas une politique "du centre" c'est une politique à la Margaret Thatcher qui menace.

 

Les grands médias des 9 milliardaires font mine de nier ou déforment la réalité : comme si seul comptait le salaire net en bas de la feuille de paie.

 

 

Mais non, c'est le salaire brut qui compte!

 

Réexpliquons le à nos concitoyens car le pouvoir cherche à supprimer les feuilles de paie papier et à les "simplifier" pour ne pas qu'on voit la manœuvre.

 

 

Le salaire net c'est pour payer la force de travail.

 

Le salaire brut c'est pour payer la reproduction de la force de travail.

 

Le salaire net on vit avec au mois le mois

 

Le salaire brut on vit avec tout au long de la vie.

 

 

Le salaire net vous permet de consommer et de vivre quotidiennement.

 

Le salaire brut vous permet de faire face à tous les aléas de la vie, quand vous avez besoin de logement, quand vous êtes en charge de famille, quand vous êtes malades, quand vous avez un accident du travail ou une maladie professionnelle, quand vous êtes au chômage, et quand vous êtes en retraite.

 

Les cotisations ne sont pas des impôts, elles sont obligatoirement pré affectées à ce pourquoi elles sont collectées, elles ne vont pas aux caisses publiques, car les différentes caisses de Sécurité sociale sont de droit privé (et devraient être gérées par les cotisants, les représentants des salariés normalement élus comme cela l'était à l'origine de la "Sécu". Allez revoir le film "La sociale" de Gilles Perret).

 

Le salaire brut ce n'est pas une "charge" comme ils le disent, c'est un bonheur.

 

C'est une partie du salaire mutualisée et redistribuée à chacun selon ses besoins, c'est ce qu'il y a de plus beau dans notre pays.

 

Le salaire brut vous est redonné en "temps différé" quand vous êtes malades, en "temps indirect" pour le logement, mais aussi en "temps réel" quand vous êtes en retraite (car dans ce cas il va en direct, de ceux qui travaillent à ceux qui sont en retraite, la retraite par répartition n'est pas une épargne !).

 

C'est le capital, l'actionnaire, l'employeur qui paient votre protection sociale, le salaire brut, chaque mois, en même temps que votre salaire.

 

Macron a déjà supprimé les cotisations familiales, il a baissé les cotisations parfois jusqu'à 1,6 ou 1,9 fois le smic. Là, il supprime et remplace tout par l'impôt.

 

C'est nous, par nos impôts, qui paieront dorénavant à la place de notre patron. Un hold up de 470 milliards contre nous! Un cadeau géant de 470 milliards pour le Medef.

 

Pour tenter de masquer ça, ils vont augmenter de quelques euros votre salaire net mais baisser de centaines d'euros votre salaire brut.

 

Ils baissent le haut de la feuille de paie en faisant croire qu'ils augmentent le bas de celle-ci. C'est un coup de bonneteau.

 

Et c'est pourquoi Macron diffère le prélèvement de l'impôt à la source prévu fin janvier 2018, purement pour manipuler, cacher cette énorme arnaque.

 

Et voilà pourquoi, sur le fond, il faut résister aux effets des scrutins de mai et juin 2017, on le peut, on le doit car il s'agit pour "En marche", d'une majorité artificielle et très dangereuse:

 

1) Les abstentions du 11 juin ont une immense portée, la moitié du pays s'est détournée du résultat final. Même s'il obtient un groupe "godillot" déraisonnablement gonflé, Macron n'obtient que 31% de 50% des exprimés, ce président a été élu avec environ 14 à 16 % d'adhésion à sa personne, les autres voix il les a eues par défaut, à cause du mécanisme institutionnel en cascade anti-démocratique de la V° République. Et là, en dépit de toutes les apparences, c'est une perte sèche de plus de 30 % des voix en chiffre absolu. Ce record historique des abstentions signifie un pouvoir contesté et contestable. Quand on étudiera en détail on verra que la gauche est là mais qu'elle s'est massivement abstenue, parce que ses électeurs sont sur la défensive depuis le terrible désastre du 23 avril provoqué par l'échec tragique du quinquennat Hollande-Macron-Valls puis par la division Mélenchon-Hamon.

 

2) Le 18 juin, on peut et on doit sauver tout ce qui peut l'être des députés de gauche au deuxième tour. Si on veut additionner des voix pour ça, ce sont celles de toute la gauche, rose, rouge, verte, il faut faire tout ce qu'on peut pour un désistement systématique et réciproque FI, PCF, EELV. Sauver tout ce qu'on peut de ce camp-là c'est résister et reconstruire l'avenir avec une gauche authentique et unitaire.

 

Pour avoir un groupe parlementaire rose rouge vert indépendant capable de combattre Macron-Thatcher, j'appelle au désistement systématique et réciproque pour FI, EELV, PCF, et le PS anti Macron. J'appelle encore et toujours à l'unité à gauche décisive qui a fait si cruellement défaut. Mais que ce soit clair: pas une voix de gauche pour celles et ceux qui ont soutenu Macron où se sont réclamés de sa "majorité présidentielle".

 

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr/gerard-filoche

 

 

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 21:35

 

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr

 

 

Résultats législatives 2017: L'autre façon de voir les scores du 1er tour, c'est celle qui inclut le taux de participation

 

Avec 51,29%, l'abstention est à un niveau jamais vu dans l'histoire de la Ve République.

 

12/06/2017 00:36 CEST | Actualisé il y a 2 heures

 

AFP / Yoann Ferret
Résultats législatives 2017: L'autre façon de voir les scores du 1er tour, c'est celle qui inclut le taux de participation

LÉGISLATIVES 2017 - S'il fallait retenir un chiffre de ces élections législatives, c'est le pourcentage de l'abstention. Selon les résultats définitifs du ministère de l'Intérieur, 51,29% des électeurs ne sont pas allés voter.

 

Face à ce chiffre record sous la Ve République, un internaute, Yoann Ferret, a eu l'idée de représenter l'abstention dans un camembert. Un graphique qui met en perspective le raz-de-marée du mouvement La République en Marche (LREM) qui décrocherait entre 390 et 460 sièges à l'Assemblée nationale, avec 32,32% des suffrages.

 

Voir l'image sur Twitter

Je me suis permis de faire le graphique des vrais résultats, en % inscrits (via résultats temporaires du minist. de l'Intérieur)

 

Avec ce graphique, partagé et aimé près de 3000 fois en trois heures sur Twitter, son auteur a en fait placé les scores des partis en fonction des pourcentages d'inscrits, et non pas des pourcentages exprimés.

 

Le suffrage exprimé correspond à un vote enregistré qui n'est ni nul ni blanc. Le nombre de votes exprimés, ou nombre de voix, détermine le résultat final de l'élection qui seront pris en compte par les candidats et les médias.

 

Le nombre d'inscrits en revanche constitue le nombre total d'électeurs inscrits sur les listes électorales. Lors de cette élection législative, si 44.442.823 Français sont inscrits, ils n'ont été que 21.577.033 à s'exprimer dans l'urne. 48,71% des inscrits ont voté.

Avec ce camembert, les scores des partis politiques présents lors de ces législatives sont représentés comme si l'abstention était comptabilisée dans ce scrutin. Ainsi, LREM d'Emmanuel Macron ne décroche que 13,43% des voix chez les inscrits, contre 28,21% en suffrages exprimés (32,32% avec ses alliés du MoDem). De la même manière que les Républicains, arrivés second du 1er tour avec 15,77% des voix des suffrages exprimés (21,56% avec ses alliés UDI/DVD) qui n'ont été plébiscités que par 7,51% des inscrits.

 

 

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr

 

 

 

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 21:22

 

 

Source : https://lundi.am/Situation

 

 

Situation - Par Frédéric Lordon

 

paru dans lundimatin#108, le 12 juin 2017
 
 
 

Logiquement, tout avance de concert. Au moment où Macron est élu, nous découvrons que La Poste enrichit sa gamme de services d’une offre « Veiller sur mes parents » à partir de 19.90€ par mois (plusieurs formules : 1, 2, 4, 6 passages par semaine). Le missionné, qu’on n’appellera sans doute plus « l’agent » (tellement impersonnel-bureaucratique – old), mais dont on verra si la Poste va jusqu’à l’appeler l’« ami de la famille », passe en voisin, boit le café, fait un petit sms pour tenir au courant les descendants, bref – dixit le prospectus lui-même – « maintient le lien social ». Résumons : Pour maintenir le lien social tout court, c’est 19.90€. Et pour un lien social béton (6 visites par semaines), c’est 139.90€. Tout de même. Mais enfin il y va du vivre ensemble.

 

En 1999, des lignards d’EDF en vacances et même en retraite avaient spontanément repris du service pour rétablir le courant après la tempête. Ils l’avaient fait parce qu’ils estimaient que, dans cette circonstance exceptionnelle, il se jouait quelque chose entre eux, le service public dont ils étaient ou avaient été les agents, et la société dans son ensemble, quelque chose qui n’était pas de l’ordre d’un lien contractuel-marchand et procédait de mobiles autres que pécuniaires. Maintenant que nous en sommes à l’étape de la forfaitisation du lien social, nous percevons combien cette réaction qui fut la leur a été une tragique erreur. Puisqu’il est décidé que tout, absolument tout, est monnayable, la prochaine fois que les lignes sont à terre, on espère bien que toute demande de reprise de service obtiendra pour réponse, au mieux la renégociation en position de force du tarif des prestations extraordinaires, et plutôt d’aller se carrer les pylônes.

 

Le contresens anthropologique du lien social tarifé semble ne pas apercevoir que, précisément, la transaction contractuelle-marchande n’est au principe d’aucun lien, entendons autre que le lien temporaire stipulé dans ses clauses, dont l’échéance est fixée par le paiement qui, dit très justement l’expression, permet de s’acquitter – c’est-à-dire de quitter. Après quoi les co-contractants redeviennent parfaitement étrangers l’un à l’autre. C’est pourtant ce modèle « relationnel » que la société néolibérale, La Poste en tête, se propose de généraliser à tous les rapports humains, désastre civilisationnel dont le désastre électoral de ce printemps n’est que l’épiphénomène. Mais aussi l’accélérateur. Avec peut-être toutes les vertus des accélérations à contresens : déchirer les voiles résiduels, clarifier la situation, rapprocher des points critiques. Si l’on peut placer un espoir raisonnable dans la présidence Macron, c’est celui que tout va devenir très, très, voyant. C’est-à-dire odieux comme jamais.

 

Car il ne faut pas s’y tromper, la France n’est nullement macronisée. Les effets de levier composés du vote utile font à l’aise un président avec une base d’adhésion réelle de 10% des inscrits. Quant aux législatives, le réflexe légitimiste se joint à la pulvérisation des candidatures d’opposition pour assurer de rafler la mise. Par l’effet de cette combinaison fatale, le 19e arrondissement de Paris, par exemple, qui a donné Mélenchon en tête au premier tour avec plus de 30% est ainsi bien parti pour se donner un député macronien – on aurait tort d’en tirer des conclusions définitives. Mais en réalité, au point où nous en sommes, tout ça n’a plus aucune importance. La vérité, c’est que « la France de Macron » n’est qu’une petite chose racornie, quoique persuadée de porter beau : c’est la classe nuisible.

 

La classe nuisible est l’une des composantes de la classe éduquée, dont la croissance en longue période est sans doute l’un des phénomènes sociaux les plus puissamment structurants. Pas loin de 30% de la population disposent d’un niveau d’étude Bac+2 ou davantage. Beaucoup en tirent la conclusion que, affranchis des autorités, aptes à « penser par eux-mêmes », leur avis compte, et mérite d’être entendu. Ils sont la fortune des réseaux sociaux et des rubriques « commentaires » de la presse en ligne. La chance de l’Europe et de la mondialisation également. Car la classe éduquée n’est pas avare en demi-habiles qui sont les plus susceptibles de se laisser transporter par les abstractions vides de « l’ouverture » (à désirer), du « repli » (à fuir), de « l’Europe de la paix », de « la dette qu’on ne peut pas laisser à nos enfants » ou du monde-mondialisé-dans-lequel-il-va-bien-falloir-peser-face-à-la-Russie-et-aux-Etats-Unis. La classe demi-habile, c’est Madame de Guermantes à la portée d’un L3 : « la Chine m’inquiète ».

 

La propension à la griserie par les idées générales, qui donnent à leur auteur le sentiment de s’être élevé à hauteur du monde, c’est-à-dire à hauteur de gouvernant, a pour effet, ou pour corrélat, un solide égoïsme. Car la demi-habileté ne va pas plus loin que les abstractions creuses, et ignore tout des conséquences réelles de ses ostentations abstraites. En réalité, elle ne veut pas les connaître. Que le gros de la société en soit dévasté, ça lui est indifférent. Les inégalités ou la précarité ne lui arrachent dans le meilleur des cas que des bonnes paroles de chaisière, en tout cas aucune réaction politique. L’essentiel réside dans les bénéfices de la hauteur de vue, et par suite d’ailleurs la possibilité de faire la leçon universaliste aux récalcitrants. En son fond elle est un moralisme – comme souvent bercé de satisfactions matérielles. Sans surprise, elle résiste à la barbarie en continuant de boire des bières en terrasse – ou, plus crânement encore, en brassant elle-même sa propre bière.

 

Demi-habile et parfaitement égoïste, donc : c’est la classe nuisible, le cœur battant du macronisme. Elle est le fer de lance de la « vie Macron » – ou du vivre ensemble La Poste. Partagée entre les déjà parvenus et ceux qui continuent de nourrir le fantasme, parfois contre l’évidence, qu’ils parviendront, elle est la classe du capital humain : enfin un capital qui puisse être le leur, et leur permettre d’en être  ! Ceux-là sont habités par le jeu, ils y adhèrent de toute leur âme, en ont épousé avec délice la langue dégénérée, faite signe d’appartenance, bref : ils en vivent la vie. Ils sont tellement homogènes en pensée que c’est presque une classe-parti, le parti du « moderne », du « réalisme », de la « French Tech », du « projet personnel » – et l’on dresserait très facilement la liste des lieux communs d’époque qui organisent leur contact avec le monde. Ils parlent comme un journal télévisé. Leurs bouches sont pleines de mots qui ne sont pas les leurs, mais qui les ont imbibés si longtemps qu’ils ont fini par devenir les leurs – et c’est encore pire.

 

Cependant, l’égoïsme forcené joint à l’intensité des investissements existentiels a pour propriété paradoxale de faire de la classe de « l’ouverture » une classe séparée et claquemurée, sociologiquement minoritaire en dépit des expressions politiques majoritaires que lui donnent les institutions électorales – qui disent là comme jamais la confiance qu’elles méritent. La seule chose qui soit réellement majoritaire, c’est son pouvoir social – mais comme on sait, à ce moment, il convient de parler non plus de majorité mais d’hégémonie. Sans surprise, la sous-sous-classe journalistique en est le joyau, et le porte-voix naturel. L’élection de Macron a été pour elle l’occasion d’un flash orgasmique sans précédent, ses grandes eaux. Au moment où nous parlons d’ailleurs, on n’a toujours pas fini d’écoper. En tout cas la classe nuisible est capable de faire du bruit comme quinze. Elle sait ne faire entendre qu’elle et réduire tout le reste – ouvriers, employés, des masses elles bien réelles – à l’inexistence. Au prix, évidemment, de la sourde accumulation de quelques « malentendus », voués un de ces quatre à faire résurgence un peu bruyamment.

 

Il pourrait y avoir là de quoi désespérer absolument si le « progrès intellectuel » de la population ne fabriquait plus que des possédés, et se faisait le parfait verrou de l’ordre social capitaliste. Mais la classe nuisible n’est qu’une fraction de la classe éduquée. C’est qu’en principe, on peut aussi se servir de capacités intellectuelles étendues pour autre chose. Bien sûr on ne pense pas dans le vide, mais déterminé par toutes sortes d’intérêts, y compris matériels, à penser. De ce point de vue les effets du néolibéralisme sont des plus ambivalents. S’il fabrique de l’assujetti heureux et de l’entrepreneur de lui-même, il produit également, et à tour de bras, du diplômé débouté de l’emploi, de l’intellectuel précaire, du startuper revenu de son esclavage. La plateforme OnVautMieuxQueCa, qui a beaucoup plus fait que les directions confédérales dans le lancement du mouvement du printemps 2016 – qui a même fait contre elles… –, cette plateforme, véritable anthologie en ligne de la violence patronale, dit assez où en est, expérience à l’appui, une large partie de la jeunesse diplômée dans son rapport au salariat. Et, sous une détermination exactement inverse, dans ses propensions à penser. On peut donc ne pas tomber dans l’exaltation « générationnelle » sans manquer non plus de voir qu’il se passe quelque chose dans ces tranches d’âge. Si d’ailleurs, plutôt que de revoir pour la dixième fois The social network et de se rêver en Zuckerberg français, toute une fraction de cette génération commence à se dire « ingouvernable », c’est sans doute parce qu’elle a un peu réfléchi à propos de ce que veut dire être gouverné, suffisamment même pour apercevoir qu’il n’y a va pas seulement de l’Etat mais de l’ensemble des manières de façonner les conduites, auxquelles les institutions formelles et informelles du capitalisme prennent toute leur part.

 

Sur ce versant-là de la classe éduquée, donc, ça ne macronise pas trop fort – sans compter d’ailleurs tous ceux à qui l’expérience prolongée a donné l’envie de changer de bord : les cadres écœurés de ce qu’on leur fait faire, les dégoûtés de la vie managériale, les maltraités, les mis au rebut, à qui la nécessité fait venir la vertu, mais pour de bon, qui ont décidé que « rebondir » était une affaire pour baballe exclusivement, ne veulent plus se battre pour revenir dans le jeu, et prennent maintenant la tangente. Or ce contingent de têtes raides ne cesse de croître, car voilà le paradoxe du macronisme : en même temps qu’il cristallise la classe nuisible, son effet de radicalisation, qui donne à l’époque une clarté inédite, ouvre d’intéressantes perspectives démographiques à la fraction rétive de la classe éduquée.

 

Cependant le privilège social de visibilité de la classe éduquée, toutes fractions confondues, n’ôte pas qu’on ne fait pas les grands nombres, spécialement dans la rue, sans la classe ouvrière mobilisée. En l’occurrence affranchie des directions confédérales, ou du moins décidée à ne plus les attendre. Mais ayant par suite à venir à bout seule de l’atomisation et de la peur. Pas le choix : il faut qu’elle s’organise – se -organise... Et puis s’organiser avec elle. Caisses de solidarité, points de rencontre : dans les cortèges, dans de nouveaux groupements où l’on pense l’action en commun, tout est bon. En tout cas, comme dans la jeunesse, il se passe quelque chose dans la classe ouvrière : de nombreux syndicalistes très combatifs, durcis au chaud de plans sociaux spécialement violents, virtuellement en rupture de centrale, font maintenant primer leurs solidarités de lutte sur leurs appartenances de boutique, laissent leurs étiquettes au vestiaire et ébauchent un front uni. Si quelque jonction de la jeunesse décidée à rompre le ban ne se fait pas avec eux, rien ne se fera. Mais la détestation de l’entreprise, promise par le macronisme à de gigantesques progrès, offre d’excellentes raisons d’espérer que ça se fera.

 

Il n’est pas certain que le macronisme triomphant réalise bien la victoire à la Pyrrhus qui lui est échue. C’est que jusqu’ici, l’indifférenciation patentée des partis de gouvernement censément de bords opposés parvenait encore vaille que vaille à s’abriter avec succès derrière l’illusion nominale des étiquettes de « l’alternance ». Evidemment, l’alternance n’alternait rien du tout, mais il restait suffisamment d’éditorialistes abrutis pour certifier que la « gauche » succédait à la « droite, ou l’inverse, et suffisamment de monde, à des degrés variés de cécité volontaire, pour y croire. Le problème du macronisme, c’est précisément… qu’il a réussi : sa disqualification des termes de l’alternance prive le système de son dernier degré de liberté, assurément factice mais encore doté de quelque efficacité résiduelle. Quand il aura bien mis en œuvre son programme, poussé tous les feux, par conséquent rendu folle de rage une fraction encore plus grande de la population, où trouvera-t-il son faux alternandum et vrai semblable, l’entité faussement opposée et parfaitement jumelle qui, dans le régime antérieur, avait pour double fonction de soulager momentanément la colère par un simulacre de changement tout en assurant la continuité, quoique sous une étiquette différente ?

 

Résumons-nous : bataille terminale au lieu du noyau dur – le rapport salarial, via le code du travail –, intégration ouverte de l’Etat et du capital, presse « en plateau », extase de la classe nuisible et radicalisation antagoniste des défecteurs, colère grondante des classes populaires promises à l’équarrissage, fin des possibilités théâtrales de l’alternance, disparition définitive de toute possibilité de régulation interne, de toute force de rappel institutionnalisée, de tout mécanisme de correction de trajectoire : à l’évidence il est en train de se former une situation. À quelque degré, ce gouvernement-du-barrage-contre-le-pire doit en avoir conscience puisqu’il approfondit le mouvement, déjà bien engagé, de proto-fascisation du régime : avec les ordonnances du code du travail, la normalisation de l’état d’urgence en droit ordinaire a été logiquement sa première préoccupation. Ultime moyen de contrôle de la situation, lui semble-t-il, mais qui contribue plutôt à l’enrichissement de la situation. Et confirme que la question de la police va se porter en tête d’agenda, comme il est d’usage dans tous les régimes où l’état d’illégitimité n’est plus remédiable et où ne reste que la force armée, la seule chose opposable à la seule opposition consistante : la rue. Car il est bien clair qu’il n’y a plus que la rue. Si « crise » désigne le moment résolutoire où les trajectoires bifurquent, nous y sommes. Quand tout est verrouillé et que la pression n’en finit pas de monter, il doit se passer quelque chose. Ce dont les forces instituées sont incapables, seul l’événement peut l’accomplir.

 

 

 

Source : https://lundi.am/Situation

 

 

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 17:20

 

 

Centrale Biomasse de Gardanne : la justice annule l'autorisation d'exploiter

 

 

Le tribunal administratif de Marseille a annulé l'autorisation d'exploitation de la centrale biomasse de Gardanne. En cause, l'absence de prise en compte des impacts indirects de son approvisionnement, et en particulier les défrichements fragmentés.

 

 

Energie  |    |  Philippe Collet

 

 

 

 

 

Centrale Biomasse de Gardanne : la justice annule l'autorisation d'exploiter

Site de stockage de la biomasse d'une capacité de 3.500 tonnes, soit un à deux jours de consommation

 

Jeudi 8 juin, le tribunal administratif de Marseille (Bouches-du-Rhône) a annulé l'autorisation d'exploitation de la centrale biomasse de Gardanne. Le tribunal estime que l'étude d'impact est insuffisante compte tenu de l'ampleur du projet. "L'étude d'impact n'est pas proportionnée à l'importance et à la nature du projet", expliquent les juges, après avoir rappelé que la centrale biomasse consommera "au moins 25%" des ressources forestières locales disponibles. L'exploitant aurait notamment dû analyser les effets environnementaux indirects de l'installation. L'évaluation de l'impact cumulé des défrichements nécessaires à l'approvisionnement de l'unité est l'un des principaux oublis de l'étude d'impact présenté par l'exploitant. Il s'agit là d'une insuffisance substantielle, estime le tribunal.

La centrale de Gardanne avait été retenue dans le cadre du quatrième appel à projets biomasse de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) pour convertir son unité 4 du charbon à la biomasse. Début 2016, l'unité de 150 mégawatts est quasiment prête à fonctionner. Après plus de deux ans de travaux, Uniper (anciennement E.On), espérait lancer la production au cours du second semestre 2016. A pleine puissance, elle devait consommer 850.000 tonnes de bois pour fournir 6% de la production d'électricité de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. La moitié de l'alimentation de la centrale devait être constituée de bois issu de coupes forestières, l'autre moitié devait provenir de résidus d'élagage et de déchets de bois. L'autorisation d'exploiter avait été délivrée par le préfet des Bouches-du- Rhône le 29 novembre 2012. Elle faisait l'objet d'un recours déposé par les parcs naturels régionaux du Verdon et du Lubéron, deux communautés de communes des Alpes-de-Haute-Provence et plusieurs associations de défense de l'environnement qui estimaient notamment que l'étude d'impact et de l'évaluation Natura 2000 était insuffisante, car elles portent sur un périmètre de trois kilomètres autour de l'installation sans tenir compte des sites de prélèvement en bois forestier.

 

Défrichements fragmentés

Le tribunal rappelle que la réglementation impose que l'étude d'impact analyse "toutes les incidences prévisibles sur l'environnement qu'un projet (…) est susceptible d'avoir", y compris "les « effets indirects » de l'installation classée sur les sites et les paysages et sur les milieux naturels et les équilibres biologiques". Dans son étude d'impact, Uniper estime que la centrale consommera 25% du gisement disponible dans un rayon de 250 kilomètres. En février 2015, cette part est portée à 37% de la ressource forestière locale disponible à l'horizon 2024. "Contrairement aux allégations de la société pétitionnaire, le prélèvement en ressources forestières locales ne peut être regardé comme ayant un impact « très mesuré et non significatif sur le gisement disponible »", juge le tribunal. Pour preuve, expliquent les juges, Uniper devra, dans un premier temps, importer des plaquettes forestières depuis le continent américain et, dans un second temps, s'approvisionner en Bourgogne et dans les Pyrénées.

Le débat porte en particulier sur l'impact des défrichements. Uniper juge qu'elle n'est pas tenue d'évaluer ces impacts indirects, car elle n'exploite pas elle-même directement les activités de production et de fourniture de bois. Le tribunal admet, qu'il n'y a pas de lien fonctionnel entre l'exploitation forestière et la centrale. Par ailleurs, les défrichements font l'objet d'autorisations préfectorales spécifiques. Mais, il rappelle aussi que les défrichements portant sur une superficie totale, même fragmentée, égale ou supérieure à 25 hectares, sont soumis à étude d'impact. "L'absence de prise en considération de l'effet cumulatif de plusieurs projets ne doit pas avoir pour effet de les soustraire dans leur totalité à l'obligation d'évaluation alors que, pris ensemble, ils sont susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement", explique-t-il.

Début 2016, Uniper expliquait que l'unité devait se fournir dans un rayon de 250 km pour couvrir 85% de son approvisionnement local. Cet approvisionnement local représentait près de 385.000 de tonnes, soit 45% de l'ensemble des besoins de l'unité. Il était composé à 43% de bois d'origine forestière (165.000 tonnes) et à 57% de bois d'élagage (220.000 tonnes). Parmi le "bois d'élagage" figuraient des déchets verts, mais aussi 10.000 tonnes de déchets de classe A (bois non traité) et 7.500 tonnes de déchets de classe B (bois faiblement traité). Les 55% restant (approximativement 465.000 tonnes) devaient être importés.

 

Centrale biomasse de Gardanne : Uniper fait appel

Energie  |    |  Florence Roussel

 

 

Suite à l'annulation de l'autorisation d'exploiter sa centrale biomasse de Gardanne (Bouches-du-Rhône) par le tribunal administratif, l'exploitant Uniper a annoncé avoir fait appel de la décision qu'il qualifie de "très pénalisante". Le TA de Marseille a estimé que l'étude d'impact était insuffisante compte tenu de l'ampleur du projet. "L'étude d'impact n'est pas proportionnée à l'importance et à la nature du projet", ont expliqué les juges, après avoir rappelé que la centrale biomasse consommera "au moins 25%" des ressources forestières locales disponibles.

L'énergéticien se défend : "S'agissant de l'étude d'impact, celle-ci a été réalisée conformément aux textes applicables et comporte bien une analyse de l'état initial et des effets indirects du projet sur le site et de son environnement". L'entreprise se dit "surprise" de la décision mais reste "[convaincue] du bien-fondé de ce projet, de sa contribution à la coopération franco-allemande dans le domaine de l'énergie et [espére] qu'il sera riche d'enseignements", selon Luc Poyer, président d'Uniper France. Uniper précise d'ailleurs que le préfet de la Région Provence Alpes Côte d'Azur a délivré vendredi 9 juin une autorisation provisoire d'exploiter l'unité biomasse.

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Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr

 

 

Gardanne :annulation de l'autorisation d'exploitation de la plus grande centrale biomasse de France

 

Par Marc Civallero

 

 

Le tribunal administratif de Marseille qui vient de prendre cette décision a estimé que l'exploitant, le groupe allemand Uniper, n'avait pas suffisamment évalué son impact sur les forêts du Sud-Est.

 

La centrale de Gardanne. / © Photo Maxppp

La centrale de Gardanne. / © Photo Maxppp

Le tribunal administratif de Marseille a annulé hier, mercredi 7 juin, l'autorisation d'exploitation de la plus grande centrale biomasse de France, à Gardanne dans les Bouches-du-Rhône. Le tribunal administratif a estimé que son exploitant, le groupe allemand Uniper, n'avait pas suffisamment évalué son impact sur les forêts du Sud-Est.

Dans un communiqué le tribunal écrit : " le tribunal a prononcé l'annulation de l'autorisation d'exploiter compte tenu du caractère insuffisant de l'étude d'impact"...un tribunal qui a également relevé que "L'étude d'impact et l'évaluation Natura 2000 n'ont porté que sur un périmètre de trois kilomètres autour de l'installation, alors que la centrale prévoit de brûler du bois coupé dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres... L'impact des rotations de camions qui alimenteront la centrale et la pollution atmosphérique, particules fines, dioxines, CO2, ont également été insuffisamment pris en compte".

La centrale de Gardanne comporte deux unités, l'une au charbon et l'autre fonctionnant en brûlant du bois. L'ensemble n'est pas encore en service, mais a déjà tourné à plein régime pour des tests et a déjà injecté de l'électricité dans le réseau. D'une puissance de 150 mégawatts, la centrale biomasse de Gardanne représente un investissement de 250 millions d'euros et génère selon son exploitant 80 emplois directs. Elle doit fournir à terme 6% de la production d'électricité de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, en consommant 850.000 tonnes de bois par an, pour moitié des déchets, pour moitié du bois issu de coupes forestières.

La biomasse est une énergie renouvelable qui doit contribuer à la transition énergétique, mais le projet de Gardanne est critiqué par des associations écologistes pour son gigantisme. Délivrée en novembre 2012 par le préfet des Bouches-du-Rhône, l'autorisation d'exploitation était attaquée par les parcs naturels régionaux du Verdon et du Lubéron, des communes des Alpes-de-Haute-Provence et des associations, dont France Nature Environnement.

Le reportage de Ghislaine Milliet-Bouquet et Matthias Julian :

La centrale de Gardanne perd son autorisation d'exploitation
La centrale biomasse de Gardanne perd son autorisation d'exploitation. D'un côté les écologistes, satisfaits, rappellent qu'il ne faut pas opposer nature et emploi. De l'autre, syndicalistes et certains élus, estime qu'un pan de l'économie régionale est en péril.

 

 

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr

 

 

 

 

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 18:09

 

 

Source : http://webtv.ac-versailles.fr/spip.php?article1181

 

 

Enseigner l’empathie à l’école pour apprendre le sens de l’autre

 

 

Producteur(s)
Dane de l’académie de Versailles

 

Notions

 

 

 

Date : 30 juin 2015

 

 

L’empathie : travailler sur les émotions, les nommer, les définir et les ressentir en soi et chez les autres apporte une autre perception de la difficulté scolaire, des difficultés de comportement et apaise le climat de la classe.

Les élèves sont solidaires les uns des autres, le regard de chacun change et la difficulté du travail s’amenuise grâce à la collaboration spontanée de chaque élève, des bons comme ceux en échec scolaire.
Ce projet a été mené à l’école élémentaire Henri Wallon de Trappes sous la responsabilité scientifique de Omar Zanna, enseignant-chercheur à l’Université du Maine.

À propos de la vidéo

  • Professeurs : Valérie Licha, Gaëlle Bours, Kristelle Bianchi, Anne Lemaitre, Virginie Hubert, Marion Puech
  • Inspectrices : Florence Allora / IEN de la circonscription et Sophie Fournier-Gassie IA- IPR
  • Formateur - Accompagnateur REP+ : Bertrand Jarry / CPE
  • Directeur : Patrice Asnar / école élémentaire Henri Wallon
  • Coordinatrice REP+ Gagarine : Céline Cagnol
  • Chargée de mission académique éducation prioritaire : Sophie Briand

 

 

 

Source : http://webtv.ac-versailles.fr/spip.php?article1181

 

 

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Source : http://positivr.fr/ecole-trappes-pedagogie-fondee-sur-empathie/

 

 

Cette école de Trappes a fondé sa pédagogie sur l’empathie

 

 

Des élèves qui se parlent, se comprennent et s'écoutent, ce sont des enfants mieux disposés à apprendre et à grandir dans le respect mutuel. Un bel exemple.

 

 

 

 

Et si chaque école fondait sa pédagogie sur l’empathie et l’écoute réciproque ? C’est l’expérience qu’a tentée une école de Trappes et, depuis, les résultats sont pour le moins spectaculaires. Les élèves s’y montrent désormais plus concentrés, plus calmes et plus solidaires et le nombre d’incivilités a considérablement chuté. Lumière sur une initiative exemplaire, inspirante et réussie.

Dans cette école classée en zone d’éducation prioritaire (ZEP), la direction a mis en place toute une série de mesures encourageant les élèves à exprimer leurs émotions, à échanger entre eux et à régler leurs conflits par eux-mêmes. L’objectif ? Que chacun puisse se mettre à la place de l’autre et comprendre ce qu’il ressent. On appelle ça l’empathie… et ça a tendance à porter de très jolis fruits… Jugez-en par vous-même grâce ce reportage signé France 3 :

 

 

Valérie Licha, professeur des écoles :

« Comme ils changent de rôle, celui qui regarde ne va jamais laisser tomber celui qui écrit parce que après, c’est lui qui va écrire. Ils agissent de façon à ce que tout le monde soit traité de la même manière. Ils vont donner le meilleur pour chacun et pour eux-mêmes. »

« Quand on parle et qu’on dit ce qui ne va pas, du coup ce n’est pas le corps qui parle, ce n’est pas le coup de pied qui arrive parce qu’on n’est pas content. »

Des enfants plus calmes et plus concentrés, ce sont aussi des enfants plus à même d’écouter ce qu’on leur enseigne et de grandir dans le respect des autres. Autant d’atouts favorisant un épanouissement personnel présent et à venir.

 

Pourvu que ce type de pédagogie fasse des émules, dans les ZEP, mais aussi partout ailleurs !

 

Lire aussi : Les écoles danoises enseignent l’empathie. Et si c’était ça le secret du pays le plus heureux ?

 

 

Source : http://positivr.fr/ecole-trappes-pedagogie-fondee-sur-empathie/

 

 

 

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 17:03

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

Il faut arrêter d'utiliser l'état d'urgence contre des manifestants, tranche le Conseil constitutionnel

 

 

 

 

Le Conseil avait été saisi d'une QPC par un individu empêché de manifester.

 

Le Conseil constitutionnel a censuré ce vendredi 9 juin une disposition de l'état d'urgence utilisée l'an dernier notamment pour empêcher des centaines de personnes de manifester contre la loi Travail.

Des abus de l'état d'urgence. Le conseil constitutionnel a censuré ce vendredi 9 juin une des dispositions de ce régime censément d'exception, utilisée l'an dernier pour empêcher des centaines de personnes de manifester contre la loi Travail.
 

C'est l'article 5-3 du texte de 1955, prévoyant les mesures d'exception et les conditions d'exercice de l'état d'urgence, qui a été scruté par les Sages. Donnant pouvoir au préfet "d’interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics", il a été massivement invoqué pour empêcher des militants jugés "radicaux "de battre le pavé. Et ce, sans aucun rapport avec la menace terroriste. C'est sur cette base que l'individu qui a saisi le Conseil d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), a été empêché de "séjourner dans certaines rues et arrondissements de Paris" lors d'une grande manifestation contre la loi Travail, le 28 juin 2016.

Des atteintes aux libertés soulignées par un rapport d'Amnesty International publié fin mai. L'ONG souligne que l'administration, par le biais des préfets, s'est servie de ces mesures d'exception, au moment de la loi Travail mais aussi à l'automne 2015 lors des mobilisations liées à la COP21., "pour servir des objectifs plus larges, notamment pour maintenir l’ordre public". Selon ce rapport, "639 interdictions individuelles de manifester ont été ordonnées par les préfectures en France, sous l’argument de prévenir les violences lors des manifestations, alors que le plus souvent il n’existait que peu ou pas d’éléments démontrant que ces personnes auraient participé à des violences".

 

 

Considérant que la disposition est textuellement trop vague pour être interprétée à bon escient, les membres du Conseil constitutionnel ont donc donné raison aux détracteurs de l'état d'urgence qui dénoncent l'utilisation politique de ce texte. Ils pointent l'absence de "conciliation équilibrée entre, d’une part, l’objectif constitutionnel de sauvegarde de l’ordre public et, d’autre part, la liberté d’aller et de venir et le droit de mener une vie familiale normale".

Dans l'avant-projet de loi sur la lutte contre le terrorisme voulu par Macron, qui a fuité dans les médias cette semaine et qui permettrait de faire basculer les mesures de l'état d'urgence dans le droit commun, le cadre de cette disposition controversée a été précisé et se limitera à "la prévention des actes de terrorisme".

 

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 15:51

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

Jupiterré

Législatives : Macron, la stratégie du planqué

Avare de sa parole, Emmanuel Macron prend garde à ne pas aborder les sujets qui fâchent avant les législatives.

Réforme du droit du travail, nouvelle loi anti-terroriste, enquêtes judiciaires sur ses ministres... Emmanuel Macron s'est employé à glisser sous le tapis les dossiers brûlants qui auraient pu perturber sa dynamique avant les élections législatives. Analyse.
 

Le premier tour des élections législatives, ce dimanche 11 juin, s’annonce comme un rêve éveillé pour Emmanuel Macron. Si l’on en croit les sondages, les candidats de La République en marche (LREM) devraient en sortir largement en tête, avant de rafler une majorité absolue à l’Assemblée nationale au second tour. Pour préserver cette configuration très favorable, le chef de l’Etat a sans aucun doute suivi cette préconisation dispensée par Machiavel aux gouvernants de son temps dans Le Prince : « Ceux qui ont su le mieux agir en renard sont ceux qui ont le plus prospéré. Mais pour cela, ce qui est absolument nécessaire, c’est de savoir bien déguiser cette nature de renard, et de posséder parfaitement l’art et de simuler et de dissimuler. »

 

Dissimuler ses intentions, en tout cas sur les dossiers délicats : voilà une technique dans laquelle Emmanuel Macron est passé maître depuis son élection. Rien de surprenant à ce que le chef de l’Etat n’avance pas encore ses pions sur les sujets qui fâchent : la prudence s’impose tant qu'il n'aura pas une majorité à sa botte et la gaffe de Jean-Louis Borloo sur la TVA sociale, entre les deux tours des législatives de 2007, en est la meilleure illustration. Mais Macron n'hésite pas à pousser la logique au maximum. Contrairement à ses prédécesseurs, il n’a pas accordé une seule interview entre la présidentielle et les législatives. Pourtant, les dossiers brûlants sur lesquels les Français attendent des clarifications ne manquent pas...

 

Noyer le poisson sur la réforme du code du travail

En haut de la pile, on trouve bien sûr la réforme du code du travail programmée pour cet été. Des fuites dans Le Parisien et Libération ont permis de jauger l’état d’esprit gouvernemental. Sans surprise, les mesures qu’Emmanuel Macron veut faire passer par ordonnances avant la fin de l’été s’annoncent comme un parachèvement de la libérale - et très controversée - loi El Khomri. Mais pas question pour l’exécutif d’abattre clairement ses cartes tant que les législatives ne seront pas passées. Emmanuel Macron a donc envoyé son Premier ministre Edouard Philippe et sa ministre du Travail Muriel Pénicaud noyer le poisson en assurant qu’il n’y avait pas de « plan caché » - sans pour autant dévoiler ce qui se trame - et en brandissant un calendrier long comme le bras de rendez-vous programmés avec les syndicats. Inquiets des pistes dévoilées par la presse, ceux-ci n’ont reçu en tout et pour tout qu’un vague « programme de travail » qui ne dit rien des changements précis que le gouvernement compte mettre en œuvre.

 

 

Un autre sujet annonciateur de tensions s’est invité ces derniers jours : la future loi anti-terroriste qui sera présentée le 21 juin - là encore, après les législatives. Selon un avant-projet révélé par le Monde, le gouvernement entend pérenniser dans le droit commun des mesures propres à l’état d’urgence, en donnant plus de pouvoir aux préfets aux dépens de l’ordre judiciaire. Là aussi, l’exécutif démine mais se garde bien d’entrer dans le détail. Vendredi sur Europe 1, Edouard Philippe a refusé de « commenter les documents qui sortent avant d'être présentés au Conseil des ministres »... Circulez, y a rien à voir !

 

Le seul projet que le gouvernement ait daigné dévoiler est la fameuse "moralisation" de la vie politique, ce qui revient à caresser l'opinion dans le sens du poil...

 

En fait, le seul projet que le gouvernement ait daigné dévoiler pour l'instant, c’est sa future loi « pour la confiance dans notre vie démocratique » - la fameuse « moralisation » chère à François Bayrou - qui sera sur la table du conseil des ministres entre les deux tours des législatives. Mais la prise de risque est minimale : à l’heure où les trois quarts des Français estiment que la plupart des politiques font passer leur intérêt personnel avant l’intérêt général (sondage Elabe/BFMTV réalisé fin mai), annoncer une limitation des mandats dans le temps ou un contrôle renforcé des dépenses des parlementaires revient à caresser l’opinion dans le sens du poil.

 

Certes, la révélation d’affaires qui touchent des membres du gouvernement - les arrangements immobiliers de Richard Ferrand puis les soupçons sur les assistants parlementaires du MoDem - a quelque peu télescopé l’opération moralisation. Mais pour se préserver, Emmanuel Macron a trouvé la parade : il refuse absolument de s'exprimer sur le sujet, laissant son Premier ministre et le porte-parole du gouvernement aller au front. De manière générale, le président boude la presse et lui préfère les opérations de communication léchées, entre journée d’investiture réglée au millimètre, poignée de main musclée avec Donald Trump ou allocution en anglais sur l’accord climat. Pour le fond, on repassera après les législatives... D’ici-là, le renard Macron se planque. Et Machiavel doit se prélasser dans sa tombe.

 

par Louis Hausalter

Journaliste politique

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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