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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 17:10

 

 

Marianne

 Rédigé par Thomas SCHNEE le Samedi 25 Mai 2013 à 16:00

 

En mars dernier, les Suisses ont voté à 69,7 % en faveur de l’interdiction des primes de bienvenue et des parachutes dorés pour les patrons. Face à ce succès sans précédent, les syndicats, le parti socialiste et les Verts suisses ont décidé d’aller beaucoup plus loin en lançant l’initiative « 1:12 ». Celle-ci propose d’imposer un rapport maximal de 1 à 12 entre les plus hauts et les plus bas salaires d’une même entreprise. Le vote aura lieu en novembre. Les patrons suisses tempêtent et menacent.

 

Daniel Vasella, ex-patron de Novartis, est devenu le symbole des "patrons rapaces" © Tripplar Kristoffer/SIPA
Daniel Vasella, ex-patron de Novartis, est devenu le symbole des "patrons rapaces" © Tripplar Kristoffer/SIPA
Alors que notre ministre de l’économie Pierre Moscovici vient d’annoncer que, contrairement aux promesses du candidat Hollande, il n’y aurait pas de loi sur la gouvernance des entreprises, et donc sur la limitation du salaire des patrons, et que l’Allemagne discute mollement du sujet, nos amis Suisses agissent.

De la possibilité de réduire le salaire des patrons…

Le 3 mars dernier, ils ont tout d’abord plébiscité « l’Initiative contre les rémunérations abusives » aussi appelée Initiative Minder, du nom de son initiateur l’entrepreneur et conseiller aux Etats Thomas Minder. Celle-ci supprime les parachutes dorés des patrons et va désormais permettre aux actionnaires suisses de contrôler le salaire des patrons. Avant la votation, contre laquelle le gouvernement suisse s’était prononcé, les sondages donnaient déjà l’initiative gagnante. Mais personne n’avait prévu son énorme succès qui a non seulement atteint près de 69,7 % de votes positifs, mais aussi obtenu une nette majorité chez les électeurs de tous les partis suisses. Ce formidable résultat a évidemment été amplifié par l’affaire Vasella (Daniel Vasella, ex-patron de Novartis, qui a du renoncer à une prime de départ de 57,7 millions d’euros, suite à la pression de l’opinion publique ). Aussi positive qu’elle soit, l’initiative Minder n’impose cependant pas de mesures de limitation automatique, sauf en ce qui concerne les primes d’arrivée et de départ. « Si les propriétaires des entreprises dorment, les salaires ne changeront pas » précisait Roby Tschopp, directeur de l’association de petits actionnaires pour une économie durable Actares, au lendemain du vote : « Des rémunérations de plusieurs millions resteront sans doute une chose courante. En revanche, les rémunérations de 40, 50 ou 60 millions, c’est très probablement fini », expliquait-il alors.

 

1:12, une initiative radicale pour limiter le salaire des patrons suisses


…. à l’obligation de le faire.

Fort de ce constat, les Jeunes socialistes, le Parti socialiste , le Parti écologiste et la Confédération des syndicats suisses, ont donc décider de « surfer » sur le succès de l’initiative Minder pour aller nettement plus loin. La proposition de la nouvelle initiative 1:12 est quasi révolutionnaire. Elle veut faire inscrire dans la Constitution helvétique un article visant à encadrer sévèrement le niveau de rémunération des managers en fixant le niveau du plus haut salaire de l’entreprise à un maximum de 12 fois le niveau du plus bas salaire de la même entreprise. Ayant largement dépassé le seuil des 100 000 signatures de soutiens, elle donnera lieu à une votation populaire nationale qui se tiendra courant novembre 2013 et dont le résultat sera contraignant pour le gouvernement et le parlement suisses. Les réactions inquiètes et furieuses des patrons suisses se multiplient. Pour leur part, les initiateurs comptent bien bénéficier du succès de « l’initiative Minder » contre les rémunérations abusives.

Réellement inquiets, les patrons suisses menacent

Face à cette initiative radicale, la Confédération des entreprises suisses «economiesuisse », a démarré une campagne de communication exposant les risques que cette initiative fait courir à l’économie helvétique. Plusieurs grands patrons, comme celui du géant des matières premières Glencore-Xstrata Ivan Glasenberg, sont déjà montés au créneau. Ce dernier a expliqué que si l’initiative était adoptée, son groupe quitterait immédiatement la Suisse : « En tant que chef d’entreprise et citoyen suisse, je ne peux pas imaginer que la Suisse puisse saboter de la sorte son économie », a-t-il déclaré. Par ailleurs, le rapport moyen actuel entre salaires plus élevé et plus bas dans les entreprises suisses est actuellement de 1 pour 56. Les initiateurs de 1:12 espèrent donc qu’une victoire conduira non seulement à une baisse des salaires des managers, mais aussi à un relèvement des salaires les plus bas. Face à cela, le patron de Swisscom Carsten Schloter menace. Il estime au contraire que la baisse des hauts salaires obligera les entreprises à réajuster vers le bas les salaires inférieurs, « pour que la gradation entre les hiérarchies salariales puisse être maintenue ».

 


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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 17:01

 

 

Marianne

  Vendredi 24 Mai 2013 à 20:13

 

 

Entre le gouvernement et le patronat, c'est la saisons des mamours. Est-ce une raison pour nous faire prendre des vessies syntaxiques pour des lanternes politiques.

 

WITT/SIPA
WITT/SIPA
Il y a des moments où les politiques trouvent indéniablement la formule. La formule qui vous met en rogne, et qui vous provoque, là, au saut du lit : elle se détache soudain du ronron des infos, retombe avec moult « splash » dans votre café du matin – et voilà, votre journée toute neuve est tâchée. Vous voyez le genre ?

 

Ce fut le cas, par exemple, avec la fameuse «   baisse tendancielle de l’augmentation du chômage »chef d’œuvre ciselé par Nicolas Sarkozy en pleine campagne présidentielle pour tenter de maquiller son bilan catastrophique en matière d’emploi.

La courbe du chômage étant désespérément en hausse, le président candidat avait cru bon d’en référer à la dérivée et à la dérivée seconde pour finalement taper tellement à côté que le résultat oscillait entre ridicule et provocation. Le leader d’extrême gauche Olivier Besancenot avait d’ailleurs riposté  quelques heures plus tard par un très ironique (mais mérité) : « en tout cas, nous n’assistons pas à la baisse tendancielle de l’augmentation du foutage de gueule. »

 

Des petits bijoux comme cette perle sarkozyste, on n’en entend pas tous les quatre matins. Ils sont rares, même. C’est pourquoi il faut aujourd’hui saluer la performance de Pierre Moscovici à sa juste valeur.

Pour justifier l’abandon de tout projet d’encadrement des salaires des grands patrons, notre ministre de l’Economie a en effet expliqué  qu’il préférait « miser sur une autorégulation exigeante » des pratiques du secteur. Il a dit cela aux Echos et, ni une ni deux, la phrase a été relevée sur toutes les antennes – pensez donc, une telle merveille…
 
Après le discours très social-démocrate de François Hollande en Allemagne (lire le papier d’Hervé Nathan du 23/05), Pierre Moscovici confirme donc la volonté gouvernementale de brosser le milieu des affaires dans le sens du poil.

Pour expliquer ce déferlement concerté de mamours, certains, au parti socialiste, expliquent que les grands patrons se sentent tellement harcelés et mal-aimés depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir qu’il était urgent de mettre un peu de pommade sur leurs plaies d’orgueil.

On pourrait rétorquer qu’après l’abandon de la tranche d’impôt à 75% (la faire supporter par les entreprises, vous avouerez, ça ne revient pas du tout au même) et le recul sur la séparation des activités bancaires, ce gouvernement a en définitive beaucoup crié et peu agi à l’égard des milieux patronaux, ce qui est sûrement la pire des stratégies, mais passons.
 
Et revenons à ce trésor sémantique d’« autorégulation exigeante ». Si la phrase a tant fait réagir, c’est d’abord parce que personne ne songe vraiment à miser sur l’émergence miraculeuse d’une autodiscipline patronale en matière de rémunération – notons au passage que selon le sondage que nous publions cette semaine, seulement 31% des Français font confiance aux patrons des grandes entreprises, soit 6 points de moins qu’aux journalistes, c’est dire !

D’ailleurs, il y a une logique : quand vous les interrogez, ces haut dirigeants-là (qui pour la plupart, rappelons-le, ne sont pas des entrepreneurs comme on peut souvent le lire, mais des salariés plutôt très protégés) ne se sentent pas scandaleusement payés.

 

Laurence Parisot, patronne des patrons, à la tête du MEDEF et Pierre Moscovici, ministre de l'Economie - PRM/SIPA
Laurence Parisot, patronne des patrons, à la tête du MEDEF et Pierre Moscovici, ministre de l'Economie - PRM/SIPA
Au fil des années, s’ils ont feint de voir « le problème », c’était pour mieux exiger qu’on leur laisse le régler eux-mêmes : le code de « bonne conduite » Afep-Medef, la création des comités de rémunération, la nomination d’administrateurs indépendants…tout cela était censé, déjà, permettre l’autorégulation. Moralité, les excès ont continué comme en (CAC) 40.
 
Mais il y a mieux. Ces derniers temps, certains représentants du patronat, voyant arriver un encadrement – gauchiste – des retraites chapeau et une interdiction – bolchévique – des parachutes dorés, expliquaient à leurs contradicteurs que le capitalisme, dans sa forme la plus vertueuse, avait bel et bien prévu un formidable mécanisme d’autorégulation : les actionnaires.

Oui, après tous, ces derniers étant les vrais propriétaires, les véritables boss des sociétés cotées, il leur revenait à eux, via l’amélioration des outils de la « démocratie actionnariale », de mettre fin aux primes indécentes de certains dirigeants non méritants, et d’empêcher les parachutes dorés des saboteurs de boîte.

« Améliorer les mécanismes de la démocratie actionnariale », comme le prônent les thuriféraires du capitalisme darwinien, aurait consisté à mettre en œuvre le principe dit du « say on pay », c’est à dire : obliger par la loi les entreprises à soumettre les packs de rémunérations patronaux au vote des assemblées générales des actionnaires.

Voilà qui en effet, n’aurait pas pris trop de temps, et n’aurait pas provoqué de guerre civile (puisque c’est là la logique même, paraît-il, du capitalisme). Eh bien : même à cela, le gouvernement a renoncé.
 
C’est pourquoi il lui faudrait peut-être sérieusement commencer à penser à une autorégulation du foutage de gueule.


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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 16:50

 

 

Rue89

 


Publié le 25/05/2013 à 11h15

(De Nicosie) Face à l’explosion du chômage, les formations professionnelles se développent. Mais il y a dix fois plus de candidats que de places et quasiment pas d’emplois à pourvoir. Visite au Cyprus Productivity Center.

Ils ont le cheveu grisonnant et une certaine expérience du monde du travail. A 42 ans et 50 ans, Stelios et Nikos sont pourtant de retour à l’école. Au Centre chypriote pour l’employabilité et la productivité (Cyprus Productivity Center), les deux hommes planchent depuis 8 heures du matin sur l’installation et la maintenance de systèmes photovoltaïques.

Les soixante heures de formation auxquelles ils se sont inscrits sont théoriques et ne déboucheront pas automatiquement sur une embauche ; mais pour ces chômeurs chypriotes, sans travail depuis deux ans, le programme consacré aux panneaux solaires reste une aubaine.


Nikos (T-shirt rouge) et Stelios (chemise bleue) suivent une formation de 60 heures sur l’industrie photovoltaïque (Agathe Mahuet)

Jusqu’en 2011, Nikos était technicien informatique chez Logicom, mais l’État a rompu depuis son contrat avec le distributeur et le quinquagénaire a été mis à la porte.

Son CV, il l’a envoyé à 250 entreprises ; sans succès. Seule solution pour ce petit homme débrouillard en fin de droits : suivre une nouvelle formation dans cette structure où il est déjà venu deux fois. Sans l’ombre d’une offre d’emploi.

Energies renouvelables

Lorsque Nikos s’est inscrit pour la première fois au Cyprus Productivity Center, les statistiques étaient encore relativement rassurantes : 65% des participants aux formations trouvaient un emploi dans la foulée.

« Mais c’était il y a deux ans ! soupire Maria Mikellides, l’une des responsables du centre. Aujourd’hui, c’est une tout autre histoire… C’est presque un autre pays. »

Ces « formations d’urgence », le gouvernement les a mises en place dès 2009. Public visé : ceux que la crise vient de mettre au chômage. Maria confirme :

« On parlait déjà d’urgence à l’époque. Pourtant ce n’était rien, comparé à aujourd’hui ! »


Maria Mikellides, l’une des responsables du Cyprus Productivity Center (Agathe Mahuet)

La situation économique s’est nettement détériorée après 2009, et l’organisme a développé sa gamme de formations.

Bruxelles ayant fixé des engagements sur les énergies renouvelables et la réduction des gaz à effet de serre, l’industrie photovoltaïque est devenue une nouvelle priorité, explique Andreas Polydorou, le responsable de l’apprentissage.

La structure a mis l’accent sur les compétences « vertes » en général, mais le problème reste toujours le même : le marché n’a que très peu de travail à offrir.

Depuis l’an dernier, c’est Rogiros Tapakis, 31 ans, qui est chargé du cours sur les panneaux solaires. Enseignant à l’Université de Limassol, l’ingénieur finance une partie de son doctorat en partageant ses connaissances avec les chômeurs nicosiens.

« Il y a un an, être au chômage était encore vécu comme une épreuve personnelle. Mais perdre son travail est devenu tellement courant, ces derniers mois, qu’ils ont maintenant le sentiment d’être dans une galère collective. »


Rogiros Tapakis, professeur en génie électrique (Agathe Mahuet)

Cendrier et café frappé

Parmi ses élèves, un seul n’a pas encore été confronté au marché du travail. Vladimirios, un grand brun de 28 ans, sera bientôt diplômé en génie électrique. « Cette formation sur les panneaux solaires est un “plus’, une façon de mettre toutes les chances de mon côté”, confie l’étudiant, inquiet, lui aussi, face aux faibles perspectives d’emploi.

Entre un cendrier et un café frappé trônent sur le bureau de Maria Mikellides des piles entières de fiches d’inscription. “Voilà le profil type, dit-elle les yeux sur l’une d’elles. Une jeune fille de 26 ans, diplômée depuis janvier 2012, mais qui n’a jamais trouvé de travail.”

Son vœu : suivre une formation “d’urgence” en entrepreneuriat. Comme elle, les jeunes Chypriotes en fin d’études sont de plus en plus nombreux à formuler cette demande.


Les formations accueillent de 15 à 30 personnes mais reçoivent souvent près de 300 inscriptions (Agathe Mahuet)

Problème : les requêtes affluent et sont bien plus nombreuses que les places disponibles. Une centaine de personnes souhaitaient assister au cours de Rogiros Tapakis, mais le centre n’en a sélectionné que quinze. Maria s’excuse :

“A Limassol, une formation théorique sur le marché du travail et le management a reçu 370 demandes, mais nous n’avions que 28 places à proposer”.

Car le dispositif a un prix. Chaque programme de formation coûte 50.000 euros au gouvernement, auxquels il faut ajouter un salaire horaire de cinq euros versé à chacun des participants.


Selon Andreas Polydorou, les formations aux énergies renouvelables sont une nouvelle priorité (Agathe Mahuet)

Il y a encore un mois, le gouvernement payait les inscrits huit euros par heure de formation… Mais c’était avant la dernière réunion de l’Eurogroupe sur le cas chypriote.

Les vivres du ministère de l’Emploi se sont raréfiées et le salaire des enseignants du centre a lui aussi été revu à la baisse.

Dans les bureaux débordés du Cyprus Productivity Center, on fait le maximum pour remettre les chômeurs sur le chemin de l’emploi. Mais la situation catastrophique du marché du travail désespère les employés eux-mêmes. Maria Mikellides confie :

“Je dois vous dire que j’ai parfois envie de rentrer me planquer chez moi. La situation est tellement décourageante.”

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 16:28

 

Rue89

 

Publié le 24/05/2013 à 13h06

 

 

*Olivier Berruyer, actuaire et créateur du site "Les-crises.fr", nous explique quelles sont les racines profondes de la crise économique et financière actuelle. Il montre en quoi les dettes publiques ne sont plus soutenables, et pourquoi, au-delà des tentatives de fédéralisation européenne, l'Euro nous mène vers une impasse politique.

 

 

Il y en a qui parlent d’ « agonie du capitalisme » (Paul Jorion). D’autres de « grande perdition » (François Leclerc, moi-même). Olivier Berruyer, actuaire et responsable du blog les-crises.fr, préfère parler de « la fin d’un monde ».

 

Voyez et écoutez jusqu’au bout la démonstration magistrale qu’il donne sur AvantGardeEconomique.fr (site indispensable).

 

 

 

Retour à la Préhistoire économique

Morceaux choisis :

« Cette génération-là aura réussi à nous renvoyer à la préhistoire économique en une vingtaine d’années.

Tous les dix ans, on perd un point de croissance. La croissance de la décennie 2000 a été de 0,8 % par habitant. Il faut toujours regarder par habitant, sinon ça n’a pas de sens de comparer. Depuis fin 2007, la croissance en France par habitant est de -3 %.

On joue à la roulette russe [monétaire, ndlr] en permanence. A la roulette russe, vous gagnez deux fois, mais quand vous perdez, vous ne perdez qu’une fois. C’est assez définitif.

Il faut un équilibre dans la société entre égalité et liberté, entre les droits et les devoirs. En 1989 [année de la chute du mur de Berlin, ndlr] est mort un système qui avait mis la pseudo égalité en premier en tuant toute liberté. Ce qu’on est en train de vivre là, c’est la fin d’une folie où on a mis la [pseudo] liberté par-dessus tout sans aucune égalité. »

La fin du « court-termisme »

« On vit une crise du “court-termisme”, on refuse de voir les problèmes à long terme en disant bof on trouvera des solutions plus tard, le progrès va nous sauver... Ben, y a qu’à voir aujourd’hui ! Vous savez, quand la nature trouve des solutions naturelles, ce n’est jamais très agréable.

Un peu comme si Madoff avait dit : “Je suis un escroc, prêtez-moi votre argent”. Eh bien, il y a des crétins qui auraient continué à lui donner leur argent.

Je ne sais pas si ça [la fin du système] va venir dans trois mois ou dans trois ans. A mon avis, pas beaucoup plus que dans trois ans. Parce que vous voyez très bien à quel point votre système est en train de se véroler de plus en plus. »

Aller plus loin

 

 

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 16:13

 

 

Rue89

 

Publié le :
25/05/2013 à 13h46

 

 

 

 

 

Une délégation du collectif francilien de soutien à Notre-Dame-des-Landes s’est donné rendez-vous ce samedi matin pour une action dans le VIIIe arrondissement de Paris. Sur une petite place, une poignée de militants attendent les retardataires avec de gros sacs et des mines de conspirateurs amusés.

Depuis des mois, les opposants à l’aéroport conservent précieusement dans des bidons et cagettes de la « Zone à défendre » les cadavres de grenades assourdissantes et lacrymogènes lancées par les gendarmes. Ils en ont confié quelques kilos à leurs camarades parisiens.

Pour dénoncer « la domination policière et la violence industrielle qui l’accompagne », ils ont mené une opération de « retour à l’envoyeur », en déversant des dizaines de munitions usagées devant le siège de l’un de leurs fabricants, Nobel Sport. La porte du siège social a été recouverte d’autocollants et des tracts « Guerre aux vendeurs d’armes » laissés sur place. On peut y lire :

« Pour tous les hématomes et les yeux perdus, les crânes et les mâchoires fracturé-e-s, les thorax enfoncés et les ligaments sectionnés, et pour les ami-e-s qui garderont toute leur vie le traumatisme des violences policières, nous ouvrons les hostilités contre le parti de la mort. »

Les militants pouvaient même espérer faire d’une pierre trois coups : dans ce quartier chic de la capitale, l’entreprise Nobel a son siège dans le même immeuble que le fabriquant de lance-grenades Cougar, voisin d’une armurerie Beretta et de l’ambassade du Kazakhstan.

L’action coïncide avec une journée contre la répression policière organisée dans le cadre du Frap (Festival des résistances et des alternatives à Paris).

 

Camille Polloni

 


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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 12:02

 

Midi Libre.fr

 

FRANÇOISE CONDOTTA
24/05/2013, 06 h 00 | Mis à jour le 25/05/2013, 09 h 24
La Tour Eiffel, des châteaux et même les arènes de Nîmes.
La Tour Eiffel, des châteaux et même les arènes de Nîmes. (CCI NÎMES)

La CCI de Nîmes travaille à l’idée d’un site touristique de 16 Md€. Reste à trouver les investisseurs et la zone d'implantation.

"La seule chose que l’on ne pourra jamais délocaliser, c’est le tourisme", explique Jean-Louis Calini, le vice-président de la CCI de Nîmes, élu pilote de la future Frenchvallée, un grand projet à vocation touristique mondiale : 50 000 à 80 000 chambres d’hôtel, une trentaine de casinos géants et un parc du made in France, visant à attirer 30 millions de touristes. Un projet fou, estimé à quelque 16 milliards d’euros, pour lequel le ministère de Redressement productif a manifesté son intérêt. Reste cependant à trouver des investisseurs.

Le "produit France" en vitrine

Renouant avec l’ambition des années 1970 qui virent, notamment, la création de Port-Camargue, la CCI de Nîmes a décidé d’impulser, sur son territoire, un projet pharaonique. Dans le but de répondre à la question cruciale de l’emploi, non délocalisable, en Languedoc-Roussillon. Pour la réalisation de ce projet, la CCI s’appuie sur les atouts français : culture, tourisme et cadre de vie. "Il faut voir grand , quitte à être excessif !", ajoute Jean-Louis Calini qui a imaginé un parc vitrine, une sorte de cité mettant en scène le "produit France" dans toute sa diversité : des quartiers représentants les différentes régions de France avec l’exposition des fleurons du patrimoine (la Tour Eiffel, le Mont Saint-Michel, le paquebot France, les châteaux, les arènes de Nîmes) et de la culture (mode, gastronomie).

Divertissements à souhait

Un deuxième parc sera dédié aux divertissements avec une trentaine d’hôtels-casinos, des salles de spectacles, des annexes des grands musées français (y compris un musée du jeans Denimes), des salles de conférence et d’exposition pour accueillir les plus grands événements mondiaux. Déployée sur 700 hectares, s’appuyant sur les dernières technologies d’écoconstruction, cette Frenchvallée prévoit d’être autonome, tant en ce qui concerne la production d’énergies que la gestion des fluides et des déchets.

Des consultations mondiales

Actuellement, la CCI de Nîmes a engagé des négociations avec les plus grands casinotiers à travers le monde, avec les ministères de l’Intérieur, de l’Industrie, des Finances et de la Culture. Car pour passer du rêve à la réalité, il faudra plus que le nerf de la guerre puisqu’il sera indispensable de revoir une partie de la législation française.

 

 

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 11:48

 

 

 

huffingtonpost.fr

Corinne Lepage

Journée mondiale de mobilisation contre Monsanto

Publication: 25/05/2013 06h00

 

 

OGM - Pour la première fois, à l'initiative d'associations américaines, une journée mondiale de mobilisation contre la société Monsanto est organisée. Cette initiative est non seulement bienvenue, elle est devenue indispensable dans la mesure où seule la société civile, coordonnée au niveau international, est en capacité de s'opposer à la conquête du monde que Monsanto a engagé.

Le poids des lobbys à l'échelle de la planète, et bien évidemment à l'échelle européenne et nationale, est devenu un chancre démocratique. La plupart des décisions ne sont plus prises aujourd'hui dans l'intérêt général, mais sous la pression de lobbys qui ont acquis le pouvoir non seulement d'influencer les décideurs mais encore de se substituer en réalité à eux.

Le combat contre les lobbys est devenu la principale urgence démocratique et économique dans la mesure où non seulement ces multinationales sont devenues plus puissantes que les Etats puisqu'il leur impose la loi, mais encore où les effets à court, moyen et long terme sur les biens publics et la santé humaine sont délétères.

LIRE AUSSI:

Or, parmi tous les lobbys, Monsanto est sans doute le pire par sa puissance et par sa capacité de nuire. Quelques exemples permettront d'en juger:

  • Monsanto vient d'obtenir du président Obama la ratification d'une loi dite "Monsanto protection Act", qui prive d'effet juridique toute décision de justice qui annulerait une décision de mise en culture d'OGM. Malgré la mobilisation de 250.000 personnes et même du Tea party, ce texte soit disant temporaire totalement dérogatoire au droit commun a été validé.

  • Après la publication de l'étude de Gilles Éric Séralini sur les rats nourris avec des OGM et du Roundup, Monsanto a cherché à obtenir le retrait de l'étude de la part du directeur de la publication. N'ayant pas atteint son objectif, Monsanto est parvenu à faire partir ce directeur de publication et à le faire remplacer par un de ses anciens collaborateurs, dont un des premiers actes a été de faire retirer une publication critique des OGM en prétendant que ce retrait se faisait à la demande de l'auteur, ce qui est faux.

  • Monsanto influence la science comme l'a fait avant elle l'industrie du tabac. La compagnie cherche à intimider les scientifiques indépendants, voire à les détruire comme elle a cherché le faire pour les professeurs Putzai, Chapella ou Séralini.

  • Monsanto est parvenu à faire adopter par les organismes d'expertise et les gouvernements le cahier des charges qui lui convenait pour imposer lorsqu'elle le pouvait la non traçabilité des OGM, comme aux États-Unis et au Canada, ou pour limiter les évaluations grâce au principe stupide et faux de l'équivalence en substance, au principe de l'effet dose dont il est désormais démontré qu'il ne s'applique pas pour les perturbateurs endocriniens, et à la limitation à 90 jours des études sur les rats, dont il est démontré qu'elle ne permet de mesurer aucun effet clinique. Grace à son pouvoir sur l'EFSA en Europe, et indirectement sur la Commission européenne, Monsanto est parvenu à éviter des études à deux ans au niveau réglementaire. N'ayant pu éviter le lancement d'une étude test, elle est parvenue à faire en sorte que les responsables de l'étude européenne GRACE, chargés de ce travail, soient étroitement liées à l'agrosemence.

  • Pour éviter la publication des données brutes concernant tant les OGM que le Roundup, Monsanto n'a pas hésité à menacer directement l'EFSA pour avoir rendu publiques les données brutes du seul maïs NK603; dans le même temps, Monsanto a obtenu que le Roundup ne soit pas évalué alors que c'est le premier pesticide utilisé au monde. En effet, seul a été évalué le glyphosate, principe actif du Roundup, sur la base d'une étude qui date de la fin des années 90 et qui est totalement secrète. Ceci revient, pour raisonner par analogie avec les cigarettes, à ce que soit évalué pour apprécier la toxicité de la cigarette, la nicotine, à l'exclusion de tous les adjuvants.

  • Monsanto n'hésite pas enfin à non seulement utiliser la diplomatie américaine pour défendre ses intérêts, y compris dans le cadre du traité de libre-échange qui pourrait être discuté avec l'Union européenne et dans lequel la libéralisation des OGM constitue un enjeu majeur. Mais Monsanto utilise également des procédés beaucoup plus contestables. Ainsi, ce n'est pas un hasard si Monsanto a acquis la compagnie de services clandestins d'intelligence Blackwater (aujourd'hui appelée Xe Services) dont la réputation est plus que sulfureuse.

De manière générale, alors que plusieurs études, outre celle de Gilles Eric Séralini, viennent interpeller sur la dangerosité des OGM (voir par exemple une étude récente qui pourrait établir des liens avec la leucémie, Monsanto poursuit sa conquête du monde en voulant imposer, après les plantes, les animaux transgéniques et par voie de conséquence la consommation d'animaux clonés. De même, le développement du Roundup, malgré les condamnations judiciaires pour publicité mensongère, est une menace directe pour la santé des humains et la qualité des eaux. Tout cela au mépris de la santé humaine, du libre choix des consommateurs, de la vie des paysans, de l'autonomie alimentaire et de la biodiversité.

Compte tenu de la complicité des uns et du laxisme des autres, le seul rempart contre ce cancer (au propre et au figuré) est la société civile. C'est la raison pour laquelle, au-delà de la mobilisation planétaire du 25 mai, nous devons trouver les moyens de prolonger dans le temps et de renforcer notre opposition à la menace que les lobbys en général et cette firme en particulier fait peser sur nos vies et celles de nos enfants.

 

 

Suivre Corinne Lepage sur Twitter: www.twitter.com/corinnelepage

 


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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 21:55

 

 

Carrefour des résistances

Changer ici et maintenant

 

 

Photo : C'est pour le premier Juin!

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 21:08

 

 

 

 

Le 25 mai, venez semer sur la ZAD golfique !  


10h30 à Alès : manif devant la mairie.

Remise du loyer de fermage à l’Agglo.


10h30 à St Hilaire : regroupement de tracteurs devant la mairie et cortège vers le champ. Labour d'un champ de l'Agglo au profit d'associations caritatives.


12h30 : repas tiré du sac près du champ. 


Restauration sur place : sandwichs, boissons, gâteaux, pélardons, café etc, vendus au profit de l’'association Saint-Hilaire-Durable.


Après-midi: semons des courges avec et au profit d'associations solidaires! 


Interventions de paysans recherchant des terres à cultiver


(Rappel : ZAD golfique = disparition de 260 hectares agricoles + pompage dans la nappe d’eau du Gardon + expropriations au profit de promoteurs).

  

       Promenade découverte de la ZAD. 

Fléchage vers lieu de rassemblement dans la ZAD  golfique assuré à partir des routes de Nîmes et d’Uzès.


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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 18:53

 

 

 

Le Monde.fr 

 24.05.2013 à 16h37 • Mis à jour le 24.05.2013 à 19h30

 
 
Le rapporteur public du tribunal administratif de Paris a recommandé vendredi 24 mai l'annulation de la vente controversée, intervenue en 2010, de l'hippodrome de Compiègne.

La vente controversée par l'Etat de l'hippodrome de Compiègne, dans l'Oise, au centre de deux instructions impliquant l'ancien ministre du budget Eric Woerth, pourrait prochainement être annulée si le tribunal administratif de Paris suivait l'avis de son rapporteur public.

Pendant près d'une heure celui-ci a en effet défendu, vendredi 24 mai, à l'audience le principe d'une annulation de l'arrêt du 16 mars 2010, par lequel M. Woerth avait validé la cession amiable de ces parcelles forestières pour 2,5 millions d'euros à la Société des courses de Compiègne (SCC).

Le tribunal administratif de Paris rendra sa décision le 7 juin, ce qui pourrait avoir des conséquences sur les deux enquêtes judiciaires en cours, lesquelles doivent déterminer d'éventuelles responsabilités pénales dans cette affaire. La première, ouverte pour "prise illégale d'intérêt" par la Cour de justice de la République (CJR), s'intéresse spécifiquement au rôle de M. Woerth, qui avait été entendu sous le statut de témoin assisté. La seconde, instruite au pôle financier, couvre le volet non ministériel de l'affaire.

 

Lire aussi : Eric Woerth reste sous la menace de la Cour de justice de la République


Sans attendre l'issue de ces procédures, qui avaient été lancées à partir de 2010 après une plainte d'élus socialistes, un syndicat de l'Office national des forêts (ONF) a ouvert en août 2012 un nouveau front, en demandant l'annulation de la vente à la justice administrative, compétente pour juger les décisions de l'Etat.

 

  36 PAGES DE REQUÊTE

Dans sa requête de 36 pages, le Syndicat national unifié des personnels des forêts et de l'espace naturel (Snupfen) avait dressé une longue liste de raisons justifiant à ses yeux l'annulation de la transaction. Des arguments en partie repris vendredi 24 mai devant le tribunal administratif par le rapporteur public.

Revenant longuement sur les textes adoptés depuis la Révolution française pour encadrer l'aliénation des bois et forêts du domaine de l'Etat, il a notamment considéré que cette cession de gré à gré n'avait pas respecté le Code général de la propriété des personnes publiques (CGPPP). "L'aliénation litigieuse ne pouvait intervenir sans être autorisée par une loi. Nous concluons à l'annulation de la décision", a déclaré le rapporteur public.

 

Lire : Hippodrome de Compiègne : la vente est-elle illégale ?


Le syndicat s'était aussi élevé contre l'absence de publicité de la vente et de mise en concurrence, le non-respect du droit de priorité sur la vente du conseil de la communauté de communes de Compiègne et, surtout, son prix de vente "dérisoire". "Ce bien est tellement exceptionnel que seul le marché aurait pu lui donner sa vraie valeur", a estimé le rapporteur public.

Les deux avocats du Snupfen, Mes Frédéric Mengès et Edmond-Claude Frety, ont confié attendre "avec impatience le délibéré du tribunal après les conclusions particulièrement construites et de qualité du rapporteur public qui montrent que les motifs d'annulation sont solides".
 

 UNE PROCÉDURE "BRICOLÉE"

Dans un rapport au Sénat en 2011, la socialiste Nicole Bricq avait estimé que la procédure de cession avait été "bricolée" et posait "de nombreuses questions de droit administratif".

Si la justice administrative prononce l'annulation de l'arrêté ayant autorisé la vente, il reviendra à un autre juge d'organiser l'annulation de cette transaction, processus qui pourrait se révéler coûteux pour l'Etat.

Un tel constat judiciaire de l'illégalité de la vente viendrait donner des arguments aux parties civiles dans la procédure en cours au pôle financier.

En attendant la décision du tribunal administratif, Laurence Rossignol, une des élus PS qui avaient porté plainte au pénal, a estimé vendredi dans un communiqué que la position du rapporteur public "confirme déjà, pour le moins, que ceux qui comme [elle], ont mis en cause la légalité de cette vente, étaient fondés à le faire".

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