Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 21:51
Médiapart

Ouvrière d'une usine textile. 
Ouvrière d'une usine textile.© Ropa Limpia

Si vous regardez où a été fabriqué le vêtement que vous portez, il est tout à fait probable que vous constatiez qu'il vient d'un atelier textile situé à des milliers de kilomètres de chez vous. Il est très possible aussi que ce vêtement ait été confectionné par des ouvriers soumis à des conditions de travail extrêmement précaires et peu sûres. Il se peut aussi que ces ouvriers soient exploités et qu'ils continuent, même s'ils ont un emploi, à faire face à des situations de pauvreté et de grande vulnérabilité sociale.

Telle est la réalité dans nombre de fabriques auxquelles les entreprises de prêt-à-porter occidentales sous-traitent leur production. Et c'est cette situation que la campagne Ropa Limpia (Linge propre) dénonce depuis 1989, depuis qu'une manifestation aux Pays-Bas contre les conditions de travail « déplorables » des ateliers textiles des Philippines a débouché sur un mouvement en faveur de droits du travail dans le secteur. Cette campagne est aujourd'hui menée dans 14 pays européens.

L'effondrement, le 24 avril 2013, d'un complexe textile à Dacca, capitale du Bangladesh, ayant entraîné la mort d'au moins 800 personnes (bilan qui pourrait encore s'alourdir car de nombreuses personnes ont disparu, probablement sous les décombres), a remis un coup de projecteur sur l'exploitation dont sont victimes de nombreux ouvriers fabriquant des vêtements pour des Occidentaux.

Cependant, Ropa Limpia est loin de se limiter à des campagnes ponctuelles, précise Eva Kreisler, sa coordinatrice en Espagne. Il s'agit d'un réseau international de plus de 300 ONG, syndicats et organisations de consommateurs. Il a dénoncé des cas d'exploitation professionnelle ou de violation des droits syndicaux dans des usines du Bangladesh, du Sri Lanka, d'Inde, du Pakistan et du Maroc. Son objectif est d'obtenir que les conditions de travail des ouvriers du textile soient équivalentes à celles qui ont été établies par l'Organisation internationale du travail (OIT) ainsi que de tenter de minimiser l'impact de la production textile sur l'environnement.

«Activisme actionnarial» et autres campagnes

Outre la dénonciation de cas de violation des droits du travail, Ropa Limpia effectue des recherches sur la situation des travailleurs de l'industrie textile, œuvre à la prise de conscience des consommateurs et fait pression sur les entreprises pour qu'elles prennent leurs responsabilités et s'assurent que leurs produits sont fabriqués dans des conditions de travail dignes. Ainsi, lorsque le réseau prend contact avec les entreprises suspectées de porter atteinte aux droits des travailleurs, comme dans le cas de l'effondrement du bâtiment Rana Plaza de Dacca, personne n'est stupéfait. « On ne peut pas les prendre par surprise, c'est sûr. Les entreprises nous connaissent bien », fait remarquer Kreisler.

Garder toute sa crédibilité est un objectif essentiel pour ce mouvement. Raison pour laquelle il effectue tout le travail de vérification nécessaire avant de montrer publiquement du doigt une entreprise. « Nous recueillons des étiquettes, des témoignages d'ouvriers, nous analysons la documentation que l'on peut trouver dans l'atelier ainsi que les bons de commande », explique la coordinatrice en Espagne. « Habituellement, nous prenons contact avec les entreprises avant de rendre les cas publics. Si elles les confirment, nous les encourageons à publier un communiqué et à prendre leurs responsabilités. Si nous avons des preuves, et même si elles nient, nous continuons », précise-t-elle.

Ropa Limpia a par exemple annoncé que des entreprises comme El Corte Inglés (Espagne), Primark (Irlande), Bonmarché (Royaume-Uni) et Loblaw (Canada) se fournissaient dans des ateliers détruits dans l'effondrement du bâtiment de Dacca. Et les quatre ont fini par reconnaître qu'elles produisaient des vêtements dans l'édifice. Le mouvement est en train de recueillir de plus amples informations et il est possible que d'autres marques apparaissent dans les prochains jours.

En Espagne, la campagne Ropa Limpia est soutenue par la Setem, une fédération de dix organisations de solidarité internationale créée en 1968 et qui, à l'origine, était liée à un groupe militant de l'Ordre des frères des écoles pies, même si elle est aujourd'hui « aconfessionnelle » et « apolitique », explique Ana Carrascón, sa responsable pour les réseaux sociaux et la communication en ligne. Cette ONG est née de la volonté de « transformer la réalité au niveau local » par le biais du commerce juste et de la consommation responsable. Il ne s'agit pas d'une organisation humanitaire au sens strict dans la mesure où elle n'a pas de coopérants sur le terrain. Parmi ses activités, on notera son engagement pour un secteur financier plus éthique et ses campagnes pour dénoncer les affaires du secteur bancaire avec les entreprises de l'armement espagnoles.

Parmi d'autres, et en plus de celle de Ropa Limpia, une campagne se démarque, définie comme de « l'activisme actionarial » : une stratégie qui leur permet de s'infiltrer dans les conseils d'administration d'entreprises financières par la cession d'actions. Les derniers conseils auxquels ils ont assisté sont ceux de BBVA, de la banque Santander et de CaixaBank. « Nous n'avons pas les titres, ce sont des actions que des particuliers délèguent à des membres de l'ONG pour s'opposer à des choses précises, comme les investissements dans le secteur de l'armement », fait remarquer Ana Carrascón. « Ce sont de petites choses mais, même si cela peut sembler étrange, il y a beaucoup de personnes prêtes à s'y associer », conclut-elle.

Elena Herrera, de la rédaction d'infoLibre (article du 4 mai)

Traduction : Laurence Rizet, de la rédaction de Mediapart

Leer el artículo original en español : Los vigilantes de la esclavitud textil

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 20:50

 

Médiapart

 

Lire aussi

Le vote s'est déroulé mi-avril, au parlement européen à Strasbourg. Une très large majorité d'eurodéputés (608 sur 754) s'est prononcée en faveur d'une batterie de mesures visant à mieux encadrer les activités bancaires. Elément le plus spectaculaire de cette directive, censée tirer les leçons de la crise : le plafonnement des bonus.

À partir de janvier prochain, la rémunération variable des banquiers ne pourra plus dépasser le montant de leur salaire de base. Ou le double de ce salaire de base, si les actionnaires de la banque donnent leur accord express. Un plafonnement modeste peut-être, mais qui ne figurait pas dans la proposition de directive rédigée par la commission européenne et les services de Michel Barnier, en juillet 2011. Il a été imposé par les parlementaires, au grand dam des milieux d'affaires.

À la manœuvre sur ce point sensible, un eurodéputé belge, Philippe Lamberts. Dans un entretien à Mediapart, cet élu “écolo”, qui effectue son premier mandat européen, revient sur l'élaboration de ce texte et décrit l'influence des lobbies à Bruxelles. Il regrette aussi la réforme bancaire avortée en France. Ce qui ne l'empêche pas de défendre, malgré tout, la participation des écologistes français au gouvernement.

 

 

Certains vous décrivent comme « l’homme le plus détesté de la City ». Est-ce un titre de gloire ?
Tout dépend de quelle City on parle. Récemment, à Londres, j’ai entendu un trader dire : « Si vous payez les gens des cacahuètes, ne vous étonnez pas que vous ayez des singes à l’arrivée. » Ça peut faire sourire, mais en fait pour ces gens-là, ceux qui sont payés des “cacahuètes”, c’est-à-dire une infirmière, un agent de service public, un ingénieur…, ne sont pas des êtres humains. Si je suis détesté de la part de gens qui se considèrent de la race des seigneurs, c’est que je suis sur la bonne voie. Et je compte bien continuer.

Vous allez très loin…
Oui, mais je crois qu’ils le méritent. Ces gens-là croient vraiment qu’ils sont issus d’une autre race. Josef Ackermann, président de la Deutsche Bank jusqu’en mai 2012, considère vraiment que vous ne faites pas partie de la même humanité que lui. Ces gens, comme Lloyd Blankfein, patron de Goldman Sachs, pensent que parce qu’ils sont payés 10, 20 ou 50 millions de dollars par an, ils font le travail de Dieu.

Le parlement européen leur a rappelé, mi-avril, qu'il avait le pouvoir de leur imposer des limites.
Ils s’imaginent qu’il suffit de murmurer à l’oreille de leurs ministres des Finances qu’il n’est pas bon de limiter les bonus pour que, par enchantement, ça ne se fasse pas. Mais nous avons été capables de construire une tenaille. Le premier bras de la tenaille, c’est une volonté politique forte, et le second, une opinion publique qui, sans forcément manifester, est bien remontée. Avec ça, on peut casser les noix les plus dures, y compris celles qui sont constituées de cette coalition malsaine entre la haute banque et les ministères des finances.

Les ministres des finances savaient très bien que s’ils s’opposaient au parlement européen, cela les obligerait à déclarer à leur opinion publique qu’ils bloquaient le plus gros paquet de réformes en matière bancaire depuis la crise financière, parce qu’il n’y avait pas assez de bonus pour les banquiers ou qu’il y avait trop de transparence. Allez expliquer ça à vos électeurs.

Vous avez néanmoins fait de sacrées concessions. Vous prôniez une limitation des bonus à 50 % des salaires, et finalement, ils pourront aller jusqu’à 200 %. Est-ce un échec ?
J’ai travaillé quinze ans dans le privé. Une année de ma vie, mes bonus ont égalé mon salaire, et c’était Byzance. Qu’on ne vienne pas me dire qu’il est impossible de motiver les troupes avec une latitude pareille. Nous avions donc proposé au départ une limite à 50 %. Mais il faut se souvenir qu’au tout début du débat, j’étais le seul à mettre le doigt sur la question des rémunérations. Le rapporteur du texte m'avait même appelé à la « retenue », estimant que je m'exprimais « de manière un peu populiste ». Puis les esprits ont évolué. Et quand nous avons voté au sein de la commission des affaires économiques et monétaires, le sujet a fait l’unanimité.

On a tout de même l’impression qu’à Bruxelles, la règle du compromis finit toujours par affaiblir les décisions…
Il faut bien partir de quelque part, et nous vivons encore en démocratie. Les Verts ne représentent pas 51 % de l’électorat. Avec un groupe qui représente 7 % de l’électorat européen, nous avons boxé au-dessus de notre poids. Nous avons tapé là où ça fait mal, mais ce n’est qu’une étape. Il faudra maintenant s’occuper, par exemple, de l’écart entre rémunérations moyennes et maximums.

 

« Si François Hollande traite ses ennemis comme ça, je veux bien en être un. »

Durant les mois où la directive était discutée au parlement, combien avez-vous vu de lobbyistes ?
En gros, j’en ai vu deux ou trois fois par semaine. Je ne vais pas dire que lorsque vous en avez vu un, vous les avez tous vus, mais il y a quand même un peu de ça. Par exemple, quand Société générale ou BNP Paribas vient dans votre bureau pour vous expliquer qu’il ne faut pas trop restreindre les règles de liquidités parce que ça aura des conséquences sur l’économie réelle, c’est un bullshit sans nom, c’est n’importe quoi !

Il y a quand même des types qui ont eu le prix Nobel d’économie, Modigliani et Miller (en réalité, seul Merton Miller a obtenu ce prix, en 1990, notamment pour le théorème élaboré avec Franco Modigliani – Ndlr), pour avoir établi que le mix de financement entre dette et fonds propre est absolument non déterminant pour déterminer la profitabilité ou l’activité du secteur financier… Quand ils vous disent ça, d’accord, c’est leur travail. Mais quand le lendemain débarque dans votre bureau l’association européenne des banques publiques, qui vous débite exactement les mêmes âneries, mot pour mot, ça me fait rire. Enfin non, parce qu’en tant que citoyen, je suis actionnaire des banques publiques.

Vous est-il arrivé d’être convaincu par un des lobbyistes de l’industrie bancaire ?
Parfois, leurs arguments sont sensés. Par exemple, certaines banques sont capitalisées séparément dans chacun des pays où elles sont implantées. C’est un modèle particulier, et il n’est pas insensé qu’on autorise ce modèle, au nom de la liberté des modèles différents. Les banques défendent des intérêts particuliers, et non l’intérêt général, mais il serait étonnant que l’intérêt général soit systématiquement opposé à tous les intérêts particuliers…

Il est aussi vrai que, comme le disent les lobbyistes, on ne peut pas changer la situation du jour au lendemain. Nous estimons que les banques sont surendettées, car 97-98 % de leur bilan (sont) financé(s) par la dette, et il faut arriver à une situation où elles sont financées par leurs fonds propres. Sauf que si l'on va trop vite, on pourrait casser l’outil. Mais je réponds aussi que le même argument est valable pour les finances publiques : oui, il faut désendetter les États, mais si on va trop vite, on casse l’outil. Curieusement, dans la pensée unique, il n’y a qu’avec les banques qu’il faut y aller mollo.

Philippe Lamberts lors du débat du 16 avril à Strasbourg. 
Philippe Lamberts lors du débat du 16 avril à Strasbourg.

Vous parlez d’intérêt général en matière financière. Quel regard portez-vous sur la réforme bancaire en France ?
Ce n’est un secret pour personne que c’est une toute petite réforme. Je me rappelle du discours de campagne : « Mon ennemi, c’est la finance. » Si François Hollande traite ses ennemis comme ça, je veux bien en être un, c’est confortable.

Comment expliquez-vous cette frilosité ?
C’est Bercy, l’inspection des Finances, ce monde-là. Même pas un monde incestueux, mais consanguin : ce sont les mêmes types. Ils commencent à Bercy et ils continuent dans les banques. Ensuite, ils poursuivent éventuellement leur carrière chez le régulateur, puis retournent à Bercy, avant d’aller de nouveau dans une banque, ou pantoufler ailleurs, dans un conseil d’administration quelconque, pour services rendus à la République. Ces gens-là, en fait, confondent l’intérêt de la France et l’intérêt des grands groupes français.

Est-ce aussi la vision de François Hollande, à vos yeux ?
Évidemment. Il n’a pas fait l’Inspection des Finances, mais il est sensible à ce que ses membres racontent. L’argument fondamental des dirigeants des banques françaises est de dire que si on leur impose des règles de liquidités contraignantes et une séparation des métiers bancaires, les banques vont devenir plus petites et moins profitables. Et ils ont raison !

Nous voulons un monde bancaire diversifié et désendetté. Et des banques réellement opérantes sur un marché compétitif, c’est-à-dire qu’on peut les laisser mourir. Elles font des bêtises, elles meurent. Tous les jours, il y a des faillites de restaurants, ça ne tue personne. Il faut qu’il en soit de même dans le monde bancaire.

François Hollande a tout de même annoncé que les banques devront désormais détailler la liste de leurs filiales établies dans les paradis fiscaux, et leur activité et leurs bénéfices. Cette revendication avait en fait déjà été votée au Sénat et au parlement européen…
Absolument. Et sans les Verts, cette revendication n'aurait pas été là, en France comme au parlement européen. Sur la transparence pays par pays, c'est une victoire verte du début à la fin. Mais dans ses annonces, François Hollande est même allé plus loin que la directive que nous venons d'adopter à Strasbourg : il a défendu l'idée d'un élargissement de ce reporting à toutes les entreprises. Si la France est décidée à mener ce combat, franchement, c'est une très bonne nouvelle.

 

« La question fiscale doit être au cœur des européennes de 2014 »

Pascal Canfin, secrétaire d'État au développement, a prévenu que la France ne s'engagerait pas seule sur cette voie.
Il faudrait que la France suscite une coalition de volontaires du côté du Conseil européen, pour peser sur le projet de directive rédigé par la commission.

Dans ces dossiers, l'action de la France, seule dans son coin, a-t-elle un sens ?
Sur la séparation des métiers bancaires, la réponse est clairement non.

Et sur la transparence des entreprises concernant les paradis fiscaux ?
Là, je crois qu'il faut des pays pionniers, qui tracent la voie.

Ce n'est pas la position du gouvernement français.
On voit la limite des déclarations martiales. De nouveau, on confond l'intérêt de la France et de ses citoyens avec celui de ses grandes entreprises. Le mythe des grands champions nationaux est largement partagé par-delà les frontières politiques en France – même si les Verts, eux, ne s'y retrouvent pas. Il faut trouver la taille optimale pour chaque entreprise. C'est évident que pour faire Airbus, il faut être grand. Mais quand on parle de banques, c'est nettement moins justifié.

Les Verts français doivent-ils rester au gouvernement, dans ce contexte ? Un Pascal Canfin n'était-il pas plus utile au Parlement européen, à batailler à vos côtés ?
C'est une question stratégiquement difficile. Les Verts en Europe souffrent d'un manque de crédibilité politique, dans bon nombre de pays. Sur le plan parlementaire, nous ne sommes pas au niveau. Même si l'on arrivait à former un grand groupe au parlement européen, disons, de 150 eurodéputés [contre 58 aujourd'hui, ndlr], cela ne suffirait pas: on ne pèserait ni au conseil, ni à la commission. Il faut donc investir les gouvernements où l'on peut.

Renforcer la crédibilité des Verts est d'autant plus compliqué qu'on joue avec une social-démocratie déboussolée. L'immense majorité de ces gens-là, y compris la frange au pouvoir en France, ne comprend pas le monde dans lequel on vit. Ils n'ont donc pas de vision à proposer. L'exercice dans lequel sont engagés Pascal (Canfin) et Cécile (Duflot) est extrêmement difficile : ils veulent renforcer la crédibilité des Verts, associés à des gens dont la crédibilité s'avère, disons, limitée.

On vous sent déjà lancé dans la campagne pour les européennes de 2014 : la candidature verte au poste de président de la commission européenne vous intéresse ?
Oui. Mais il y a d'ici là des étapes intermédiaires. Je dois devenir la tête de liste de mon parti en Belgique.

On entend depuis des années parler de la fin du secret bancaire. Cette fois, c'est la bonne ?
Je suis modérément optimiste. C'est vrai de la fin du secret bancaire comme de la taxe sur les transactions financières : les batailles ne sont gagnées qu'une fois les textes de loi votés. La directive sur la limitation des bonus, c'est fait, on ne peut pas revenir dessus. Pour le reste… Ce qui est certain, c'est que les révélations d’« Offshore Leaks » nous aident à gagner la bataille. Toute la question, c'est de garder cette dynamique. La question fiscale doit être au cœur des européennes de 2014.

Mais les projets d'harmonisation fiscale européenne butent sur le fait que l'impôt est considéré comme un élément de souveraineté nationale absolu…
Certes. Mais j'espère que des gens comme Pierre Moscovici ou François Hollande ont compris que ce à quoi les États étaient attachés correspond en fait à l'illusion de la souveraineté économique. Le seul moyen de reconquérir vraiment cette souveraineté, c'est d'agir ensemble.

Ceux qui, par dégoût d'une Europe devenue néolibérale, voient comme seule issue possible le repli sur l'échelon national trompent le peuple. Au contraire, la gauche doit regagner la bataille des idées au sein des institutions européennes. C'est ce que j'appelle l'ascension de la souveraineté par la face nord.

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 20:27

 

 

Médiapart

Lire aussi

Tepco, l’exploitant de la centrale de Fukushima, a indiqué le 7 mai que le niveau de radioactivité autour de l’installation allait dépasser la limite prévue, fixée à 1 millisievert par an, ce qui correspond à la norme admise pour la population. Selon Tepco, la radioactivité autour de la centrale pourrait atteindre en certains points 7,8 millisieverts par an.

Cette hausse est due aux opérations effectuées pour transférer dans une cuve en surface l’eau contaminée qui se trouve dans un réservoir souterrain affecté par une fuite. Début avril, Tepco avait découvert des fuites dans trois réservoirs souterrains destinés à stocker l’eau utilisée pour refroidir les réacteurs. Depuis l'accident, le 26 avril 1986, cette eau radioactive s’accumule sur le site et pose un problème de stockage. Ce sont pas moins de 280 000 tonnes d'eau radioactive que Tepco a stocké dans différents réservoirs depuis le début de la catastrophe. À quoi s'ajoutent les 400 tonnes d'eau qui, chaque jour, servent à refroidir les réacteurs.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Fukushima
commenter cet article
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 18:55

 

 

 

Par Okeanos

8 mai 2013 - 14:58
(dernière modification le 8/05/2013 - 15:10)

 

Les médias grecs ont annoncé le 7 mai 2013 - pendant Pâques - que le ministère de la justice serait en train de préparer une nouvelle loi pour lutter contre le racisme. Le but annoncé ? Punir plus sévèrement les propos et les actes racistes - dont ceux des députés encore protégés par leur immunité. Des peines plus lourdes seraient mises en place : de 3 à 6 ans de prison et des amendes allant jusqu'à 20 000€. Sommes nous en train d'assister à une vraie volonté d'agir contre le racisme - et contre Aube Dorée-  en Grèce ou s'agit-il d'un écran de fumée face aux critiques de plus en plus sévères, notamment celles venant du Conseil de l'Europe ?

En apprenant que le ministère de la justice souhaite proposer une loi pour renforcer la lutte contre le racisme en Grèce, on se dit qu'enfin, les choses vont changer, surtout si les personnalités politiques à l'origine de propos racistes risquent leur carrière. Mais en y regardant de plus près, on se demande si on ne serait pas le dindon de la farce pascale.

Une nouvelle loi pour la lutte contre le racisme...

Les rapports de presse ont indiqué que le projet de loi cible:

- Toute personne qui, intentionnellement, publiquement, oralement ou à travers les médias ou sur internet ou de toute autre manière, incite ou participe à des actes de violence contre des personnes ou des groupes définis par la race, la couleur de peau, la religion, l'origine ethnique ou l'orientation sexuelle.

- Quiconque nie ou minimise la gravité de génocides, crimes contre l'humanité, crimes de guerre et le fascisme et le nazisme en général.

- Les dirigeants politiques des partis qui se livrent à de tels actes - dans ce cas, le projet de loi stipule que le financement de l'Etat au parti politique sera suspendu.

- Les membres du parlement qui, parlant à l'intérieur du parlement, incitent à des actes ou menacent par la violence sur la base de la race, de la couleur de la peau ou de l'origine ethnique, ou qui rendent hommage à des criminels de guerre fascistes ou nazis, utilisent leurs symboles ou saluent comme ils l'ont fait - dans ce cas, le projet de loi aurait stipule que l'immunité parlementaire de ces députés sera automatiquement levée et qu'ils seront responsables devant la justice. Dans le cas où député est reconnu coupable, il perd son siège et est interdit de se présenter aux élections jusqu'à la fin de leur peine.

... qui renforcerait un loi existante ... 

Loi 927/1979

Loi 927/1979

Car une loi existe déjà pour la lutte contre le racisme : c'est la loi 927/1979.  Elle stipule qu'une peine de prison pouvant aller jusqu'à un an ou une amende, ou les deux seront imposées à toute personne qui:

- cherche, par ses paroles ou par ses actes, à provoquer la discrimination, la haine ou la violence contre des personnes ou des groupes sur la base de la race ou de l'origine ethnique, ou

- participe à des organisations qui cherchent à provoquer toute forme de discrimination raciale, ou

- insultes des individus ou des groupes sur la base de la race ou de l'origine ethnique ou

- procède à une discrimination dans la fourniture de biens et de services sur la base de la race ou de l'origine ethnique.

Cette loi 927/1979 a été modifiée pour inclure la discrimination fondée sur la religion (1419/1984) et pour permettre la poursuite d'office au lieu de la restreindre aux cas où la victime dépose une plainte (2910/2001), alors que la loi 3304/2005 intègre  l'égalité de traitement dans l'espace de travail sans distinction de race, d'ethnie, de religion ou d'autres croyances.

En outre, la Constitution grecque stipule (article 5, § 2) que «Toutes les personnes présentes dans l'État de la Grèce bénéficient d'une protection absolue de la vie, de l'honneur et de la liberté, sans aucune discrimination basée sur l'ethnicité, la race, la langue et les croyances religieuses ou politiques ".

... qui n'est pas appliquée

Le pays semble dont être -déjà- bien armé pour lutter contre le racisme. Comment un parti xénophobe, raciste, néonazi et violent peut dont agir en toute impunité dans le pays ? Parce que la loi n'est tout simplement pas appliquée. Aucune peine de prison n'a été prononcée en utilisant cette loi. Un exemple typique est le procès de Konstantinos Plevris pour son livre antisémite "Les juifs : toute la vérité", dont la condamnation en 2007 a ​​été annulée par la cour d'appel en 2009. Plus révélateur encore, les auteurs d'attaques racistes en Grèce l'année dernière, même s'ils sont clairement identifiés, ont joui d'une impunité évidente.

Le Réseau d'enregistrement de la violence raciste a noté dans son rapport annuel 2012 :

Dans la pratique, l'impunité des auteurs est une conséquence du fait que la disposition pertinente de l'article 79 par. 3 du Code Pénal (qui a été ajouté par un amendement législatif en 2008 et stipule que la perpétration d'un acte de haine, racial ou religieux, ou de haine en raison de l'orientation sexuelle constitue une circonstance aggravante) n'est appliquée ni par la police ni par le Procureur durant l'étape des poursuites pénales mais est appliqué seulement au stade de la décision concernant la peine, après donc que la culpabilité ou l'innocence de l'auteur n'ait été prouvée. Il est à noter que cet article n'a jamais été utilisé par les autorités judiciaires à ce jour.

L'année 2012 aura montré que les crimes et les attaques violentes des membres de l'Aube Dorée sont restés impunis. Des vidéos ont même montré des policiers devenir très violents envers des migrants. En 2011, déjà, bien avant que l'Aube Dorée ne rentre au parlement, Le HCR grec avait indiqué :

"Dans la pratique, les incidents de violence raciste font rarement l'objet d'une enquête juste et efficace. Les victimes ne se plaignent généralement pas parce qu'ils sont peur d'être arrêtés (dans le cas où ils n'ont pas de papiers) ou ne voient aucune raison de le faire compte tenu du climat général d'impunité qui semble prévaloir. Les coupables de violentes attaques contre les étrangers ne sont pas détectés dans leur grande majorité (bien que de nombreux actes criminels sont poursuivis de manière automatique) et même si ces cas sont portés devant la justice, la pratique habituelle est que les auteurs sont très vite libérés. Jusqu'à présent, personne n'a jamais été condamné pour des crimes à motivation raciste. L'impunité s'intensifie et perpétue la violence, alors que ce phénomène prend des proportions alarmantes. En parallèle, il y a des rapports qui indiquent que la police tolère ou même dissimule des comportements criminels, en dépit d'être les témoins d'acte délictueux."

Malgré le cadre légal, l'impunité reste la norme. Et la nouvelle loi, aussi "ambitieuse" qu'elle soit, ne changera rien si elle n'est pas appliquée.

La classe politique inattaquable par cette loi sans un amendement constitutionnel

L'autre aspect de cette nouvelle loi concerne la classe politique, qui n'est pas avare de propos racistes, pas seulement dans le parti néonazi Aube Dorée, mais aussi chez la Nouvelle Démocratie du premier ministre A. Samaras ou au PASOK.

La loi propose de lever l'immunité parlementaire de tout personnage politique qui aurait des propos racistes (voir en début d'article) . Seul problème, la constitution grecque protège assez efficacement les députés :

Article 61. Le député n’est ni poursuivi, ni interrogé de quelque manière que ce soit, à l’occasion d’une opinion ou d’un vote émis par lui dans l’exercice de ses fonctions parlementaires.

Article 62:  Durant la législature, aucun député n’est poursuivi, arrêté, emprisonné ou soumis à d’autres contraintes sans l’autorisation de la Chambre des députés. De même, aucun membre de la Chambre dissoute n’est poursuivi pour délits politiques entre la dissolution de la Chambre et la proclamation des députés de la nouvelle Chambre. L’autorisation est considérée comme refusée si la Chambre des députés ne se prononce pas dans les trois mois à compter de la transmission de la demande de poursuite par le procureur au président de la Chambre. Le délai de trois mois est suspendu durant les vacances parlementaires. Aucune autorisation n’est requise en cas de crime flagrant.

Lors de l'annonce de cette loi, l'avocat @xasodikis s'est exprimé sans ambiguïté sur twitter :

"Sans un amendement de la constitution, aucune charge ne peut être retenue contre un député sans que son immunité ne soit levée. Et l'immunité ne peut être levée automatiquement ".

"En clair : ils se foutent de nous"

Cela ressemble fort à un écran de fumée...

A suivre...

sources : twitter et radiobubble

Dans le cas ou vous souhaitez partager cet article, vous devez a minima copier également le texte ci-dessous (en conservant le lien) :
source : OkeaNews

Merci de votre compréhension.

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
commenter cet article
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 14:23

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 08.05.2013 à 14h35 • Mis à jour le 08.05.2013 à 14h38

 

 

 

Hervé Falciani à Madrid devant un tribunal espagnol, chargé d'examiner la demande d'extradition suisse, le 15 avril 2013.

 

La justice espagnole a refusé mercredi 8 mai d'extrader vers la Suisse l'ex-informaticien de la banque HSBC Hervé Falciani, estimant que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas susceptibles de poursuites en Espagne, a annoncé le tribunal de l'Audience nationale à Madrid.

 

Arrêté à Barcelone en 2012, Hervé Falciani est accusé d'avoir dérobé à la banque helvétique des fichiers contenant les noms de 130 000 clients. Transmis à la justice française, ces fichiers avaient permis d'identifier 8 993 évadés fiscaux français et de rapatrier 1,2 milliard d'euros en 2010. L'affaire avait à l'époque sérieusement tendu les relations diplomatiques entre la France et la Suisse.

Lire notre chronologie de l'affaire : Réfugié depuis un an en France, Hervé Falciani provoque une crise diplomatique

La Suisse, qui avait lancé un mandat d'arrêt international contre lui, avait demandé à l'Espagne son extradition pour vol et divulgation de secrets industriels ou commerciaux et du secret bancaire.

 

PAS DE PROTECTION DU SECRET BANCAIRE EN ESPAGNE

Dans son arrêt, l'Audience nationale estime que les faits invoqués par la Suisse ne sont pas susceptibles de poursuites en Espagne, car il n'existe pas dans ce pays "une protection pénale spécifique du secret bancaire comme tel".

Le tribunal a suivi l'avis du procureur, Dolores Delgado, qui s'était dite opposée à une extradition, lors d'une audience le 15 avril, soulignant que les faits qui sont reprochés à Falciani "ne sont pas passibles de poursuites en Espagne", "le secret bancaire y ayant été aboli en 1977".

Lire notre article : Evasion fiscale : le parquet espagnol s'oppose à l'extradition de Falciani, ex-employé de HSBC (édition abonnés)

Hervé Falciani avait été remis en liberté provisoire en décembre sous protection policière. Selon le procureur, les fichiers qu'il est accusé d'avoir volés ont révélé une fraude fiscale portant sur 200 milliards d'euros dans toute l'Europe.

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 14:08

 

Rue89 - « Au secours, à l'aide ! » : l'insoutenable violence des CRS contre des « Manif pour tous »

Publié le :  08/05/2013 à 10h49

 

 

 

 

Les responsables de la « manif pour tous » déplorent deux blessés lors de leur rassemblement à Hérouville-Saint-Clair, dans la banlieue de Caen, le 6 mai lors de la visite de George Pau-Langevin, ministre déléguée à la Réussite éducative, au collège-lycée expérimental de la ville. Malgré l’adoption définitive de la loi Taubira, les anti continuent de manifester et d’accueillir les représentants du gouvernement un peu partout en France.

Voici ce que relate la « Manche Libre » :

« Selon les leaders du mouvement départemental, les manifestants ont d’abord été refoulés par les CRS loin du lieu prévu et déclaré pour la manifestation. Les policiers ont ensuite voulu nous interdire de nous exprimer en menaçant la responsable régionale de l’emmener au poste. Ils ont ensuite tenté de lui arracher son mégaphone. Pour cela, ils ont dû bousculer les manifestants, en venir aux mains avec ceux qui s’interposaient et plaquer une personne à terre. »

Des manœuvres qualifiées de « violences inadmissibles » et qui auraient « occasionné deux blessés » par la « manif pour tous », qui assure qu’elle donnera « des suites judiciaires à ces événements (dépôt de plaintes et lettre au procureur de la République) ».

Jugez par vous-même de la violence insoutenable, et même déplacée de nos pandores : « Arrêtez de me coller comme ça », s’offusque une dame qu’un ventripotent policier écarte poliment.

Merci à @abbegrosjean de nous avoir alertés.

B.G.

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Informations diverses
commenter cet article
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 13:58

 

 

 

Rue89 - Janine E., 72 ans, expulsée à perpétuité

Mouloud Akkouche - Ecrivain

Publié le 06/05/2013 à 15h11

 

 

 

Sur le site de Libération, deux articles traitant de « problèmes de logement ». Le premier révèle le suicide de Janine E., une femme de 72 ans retrouvée morte par le huissier et les flics venus l’expulser de son T2 à Vénissieux. Moins tragique, le second évoque l’achat (sept millions d’euros) par Thomas Fabius d’un appartement de plus de 200 mètres carrés dans un quartier huppé de la capitale.

La septuagénaire, refusant de vivre dans un T1 plus cher et moins spacieux que son deux-pièces, n’était plus autorisée à occuper son logement, tandis que le trentenaire, résident fiscal en France mais ne payant pas d’impôts, est interrogé sur les modalités d’acquisition de son somptueux appartement. Cela dit, le fait d’être fils d’un ministre ne doit pas l’empêcher de bénéficier de sa présomption d’innocence.

Alors que Janine E., malgré le caractère humainement scandaleux de l’expulsion, était coupable – selon la loi – d’occuper illégalement son logement. Sa propriétaire, en droit de récupérer son bien, avait fait appel à la justice, qui avait tranché. Une décision complètement légale.

Flics et huissiers contre une vieille dame

Toutefois, comme le souligne Michèle Picard – maire de Vénissieux –, était-il nécessaire d’envoyer des flics et des huissiers contre une femme « fragile et vulnérable » ? Une autre fragilité et vulnérabilité que celle de Liliane Bettencourt Janine E. avait prévenu qu’elle se suiciderait en cas d’expulsion. Et elle a mis fin à ses jours dans son T2.

Pour le « mariage pour tous », je me suis demandé pourquoi « Un toit pour tous » n’avait jamais vu autant de citoyens battre le pavé. Pourtant, ce sujet concerne une plus grande population, dont de très nombreux cas d’urgence. Etrange hiérarchie des priorités...

Concernant l’appartement de Thomas Fabius, Najat Vallaud-Belkacem déclare à juste titre que « cette affaire concerne M. Fabius, prénom Thomas, qui n’est pas membre du gouvernement. Il est important de ne pas tout mélanger ». Les amis de Claude Guéant – irréprochable – tenteront-ils ce genre d’amalgames ?

Et la porte-parole du gouvernement d’expliquer aussi qu’il faut laisser la justice suivre son cours. Sans doute un cours beaucoup plus lent et moins violent que pour l’expulsion de Mme E., prénom Janine. Une expulsion à perpétuité.

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 13:47

 

Rue89 -Vocabulaire 08/05/2013 à 11h59

Pascal Riché | Cofondateur Rue89


 

Appelez un socialiste « social-libéral », vous le vexerez plus qu’avec « social traître » ou « vipère lubrique », injures en vogue, jadis, à gauche de la gauche.

Ce que conduit Hollande, « c’est une politique sociale-libérale », siffle la sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann. Non, « ce n’est pas une politique sociale-libérale », se récrie le ministre Benoît Hamon, piqué au vif, à son ancienne camarade de la gauche du PS...

Ce mot composé plutôt banal devenu, en quelques années, une véritable insulte. Appelez un socialiste « social-libéral », vous le vexerez plus qu’en le traitant de « social traître », « vipère lubrique », « suppôt du grand capital » ou « hyène dactylographe », pour reprendre quelques injures à la mode il y a quelques décennies à gauche de la gauche (la dernière, colorée, étant réservée à Jean-Paul Sartre).

Et pourtant, « social-libéral » n’a pas toujours été chargé d’anathème. Il fut un temps, pas si lointain, où certains socialistes centristes s’enorgueillissaient d’être des « sociaux-libéraux ». Aujourd’hui, à part quelques exceptions, personne ne se réclame ouvertement du social-libéralisme.

 


Le gouvernement Ayrault à l’Elysée, le 4 juillet 2012 (WITT/SIPA)

 

 

A l’origine : la deuxième gauche et Saint-Simon

 


Le livre de Kolm

 

Le libéralisme est revenu en grâce dans les années 80, lorsque la gauche a abandonné ses utopies marxistes. A l’époque, la réflexion intellectuelle était aiguillonnée par la Fondation Saint-Simon, un club fondé en 1982 par François Furet, historien spécialiste du XIXe siècle, Pierre Rosanvallon, intellectuel de la CFDT, Roger Fauroux, patron de Saint-Gobain, et le vibrionnant inspecteur des finances Alain Minc, qui s’affichait alors ouvertement « libéral de gauche ».

L’emploi du mot « social-libéralisme » est alors quasi nul (sauf par certains érudits évoquant la philosophie politique de Leonard Trelawny Hobhouse, mais ce n’est pas de ce social-libéralisme là dont nous parlons ici).

L’économiste Serge-Christophe Kolm avait écrit en 1985 un livre chez PUF intitulé « Le contrat social libéral », appelant à renouer avec l’idée de contrat et à réconcilier justice sociale et liberté économique. Mais on parlait plutôt de la « deuxième gauche », une gauche rocardienne décentralisatrice et européenne, par opposition à une première gauche jacobine, marxiste et industrialiste.

Même si le mot n’était pas encore très usité, l’idée était là : pour la Fondation Saint-Simon, il fallait en finir avec les fantômes « totalitaires » (ceux du PC, notamment) et réconcilier une fois pour toutes la gauche française avec l’économie de marché. Le libéralisme économique devait être tempéré par des régulations intelligentes, par une redistribution juste de la richesse, une modernisation de l’Etat et une montée en puissance de la concertation sociale.

La Fondation pondait note sur note. Il était question alors d’ouvrir l’université au monde de l’entreprise et vice versa ; de moderniser l’Etat ; de promouvoir l’Europe ; d’introduire de la souplesse dans le marché du travail ; d’imaginer des systèmes de régulation non-étatique, passant par la négociation sociale et par les initiatives de la société civile...

Ce bouillonnement d’idées créé par la rencontre d’intellectuels, de hauts-fonctionnaires et de quelques patrons de gauche a mal tourné dans les années 90. Le club de réflexion est devenu à la fois un club de pouvoir et un club mondain. Lorsque Jean-Marie Messier a frappé à sa porte, il était clair qu’il avait changé de nature.

Comprenant que sa créature lui échappait, Pierre Rosanvallon, en 1999, mettra autoritairement la clé sous la porte.

Tony Blair bouscule les débats au PS

La critique du social-libéralisme est montée dans les années 1990, et a culminé avec l’apparition d’organisations concurrentes à Saint-Simon, comme la fondation Copernic (créée en 1998) ou le mouvement Attac (décembre 1997).

A l’époque, le débat traverse aussi le PS. La naissance du « New Labour » de Tony Blair, dynamique mais ouvertement libéral, pose un défi aux dirigeants du parti. Blair s’inspire des travaux d’Anthony Giddens, brillant sociologue qui théorise la « troisième voie » et impressionne les intellectuels français gravitant autour de la Fondation Saint-Simon et de nombreux socialistes. C’est à cette époque que le mot « social libéral » commence à se répandre.

Au Congrès de Brest du PS, en novembre 1997, le débat est ouvertement posé. Deux motions remettent en cause « l’accompagnement social de la modernité libérale ». Jean-Luc Mélenchon est à l’offensive, dénonçant le pacte de stabilité, qui représente selon lui l’accomplissement du « rêve du libéralisme ».

Lionel Jospin prend garde à ne pas tomber dans le piège du blairisme. Il reste fidèle aux racines sociales-démocrates du parti, tout en soulignant sa volonté de « fonder un réformisme moderne ». Il prend ses distances avec le manifeste Blair-Schröder de 1999, libéral et atlantiste. Il déclare ainsi lors d’un Conseil national du PS :

« Nous ne sommes pas des sociaux-libéraux, parce que les sociaux-libéraux sont ceux qui disent qu’il faut accepter les lois de l’économie dans leur dureté, mais faire de la compensation sociale. Nous sommes des socialistes et des démocrates, des sociaux-démocrates. Nous devons intervenir, organiser et réguler dans la sphère de l’économie, mais en nous tenant à notre place. »

Le PS se déclare donc « social-démocrate » : une façon d’endosser la rupture avec la gauche marxiste, sans embrasser le libéralisme économique. Les sociaux-démocrates acceptent le marché, mais partagent avec les marxistes l’idée de construire une société nouvelle ; les sociaux-libéraux, eux, se contentent de vouloir donner un cadre au libéralisme, afin d’en éviter les effets pervers comme la pauvreté.

Aujourd’hui, une partie du PS a pourtant encore du mal à adopter l’étiquette de « social-démocrate », jugée trop centriste. Dimanche encore, Manuel Valls s’est cru obligé d’appeler ses camarades à l’assumer « pleinement ».

La critique du social-libéralisme

 


Le livre de Copernic, 2001 

 

Le Monde diplomatique publie en 1999 un article sur « Les architectes du social-libéralisme », retraçant les racines idéologiques de ce dernier. La Fondation Copernic, deux ans plus tard, met en vente en 2001 un livre collectif très critique, intitulé « Un social libéralisme à la française ? , regards critiques sur la politique économique de Lionel Jospin ».

Pour les animateurs de Copernic, « social-libéral » est un oxymore : par essence, le libéralisme économique est antisocial. Le discours de la gauche sur la compétitivité et la flexibilité ne peut que conduire au désastre.

Au tournant du siècle, l’expression commence à devenir un gros mot dans le vocabulaire de la gauche.

Combien de divisions ?

Aujourd’hui, à gauche, le mot « social-libéral » est devenu plus dégradant encore que celui de « libéral » tout court. Ainsi, Bertrand Delanoë s’est déclaré « libéral et socialiste » mais a refusé l’étiquette de « social-libéral ». « Je n’adhère pas à ce courant de pensée », a-t-il tranché. Reste trois personnalités fidèles, mais dont les noms ne feraient pas une affiche éblouissante :

  • Alain Minc, consultant. Sur le plateau de « Des paroles et des actes », il invite Arnaud Montebourg à être « social-libéral plutôt que socialiste » ;
  • Jérôme Cahuzac. Face à Mélenchon, sur le plateau de « Mots croisés », il se félicite que ce dernier admette qu’il puisse exister dans la famille de la gauche des sociaux-libéraux ;
  • Jean-Marie Bockel. En 1999, il signe un livre, « La Troisième gauche. Petit manifeste social-libéral ». Puis il fonde la Gauche moderne. Puis il rejoint le gouvernement Fillon. Puis il atterrit chez Borloo. Aujourd’hui, il continue de prêcher le social-libéralisme.
MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato

 

 

www.rue89.com

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 13:33

 

 

 

 

Par Okeanos

8 mai 2013 - 10:23
(dernière modification le 8/05/2013 - 10:35)

 

 

 

Vous vous souvenez d'"Alex, the lazy, cheating greek bastard" ? Le Projet Omikron propose son 2ème épisode sous titré en français : "Alex, le grec paresseux". Cette vidéo revient sur le mythe de la paresse grecque. Car les chiffres d'Eurostat le montrent : en Grèce, on travaille plus, plus longtemps, avec moins de vacances et on est ... moins bien payé.

 

Omikron Project

Omikron Project

La vidéo (si le sous-tire en français n'est pas activé par défaut, vous pouvez le changer ):

 

 

 

Cet article est en accès libre. Vous pouvez vous abonner gratuitement ici ou vous connecter ici pour profiter de la totalité du site OkeaNews, lire et laisser des commentaires !

Dans le cas ou vous souhaitez partager cet article, vous devez a minima copier également le texte ci-dessous (en conservant le lien) :
source : OkeaNews

Merci de votre compréhension.

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
commenter cet article
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 13:21

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 08.05.2013 à 13h55 • Mis à jour le 08.05.2013 à 15h11

 

 

 
 
Les secouristes de l'armée à l'œuvre à Savar pour retrouver des corps dans les décombres du Rana Plaza, qui s'est effondré le 24 avril, alors que 3 000 ouvriers se trouvaient dans le bâtiment.

Le bilan du pire accident industriel au Bangladesh ne cesse de s'alourdir et dépasse désormais les huit cents morts, a annoncé l'armée mercredi 8 mai, après la découverte de dizaines de nouveaux corps au cours de la nuit dans les décombres d'une usine textile qui s'est effondrée voilà quinze jours près de Dacca. Un porte-parole de l'armée, le lieutenant Mir Rabbi, a indiqué que "le bilan s'élève désormais à huit cents trois morts", dont sept cent quatre-vingt-dix personnes retrouvées dans les ruines et treize décès de blessés.

L'immeuble de neuf étages, le Rana Plaza, situé à Savar, à une trentaine de kilomètres de Dacca, abritait cinq ateliers de confection. Ces ateliers travaillaient notamment pour les marques britannique Primark (Associated British Foods) et espagnole Mango. Lorsqu'il s'est effondré comme un château de cartes au matin du 24 avril, plus de 3 000 ouvriers étaient au travail, alors que des fissures avaient été constatées la veille sur le bâtiment.

 CONDITIONS DE TRAVAIL DÉNONCÉES

Des commerçants qui étaient propriétaires de boutiques dans le Rana Plaza, rescapés de la catastrophe du 24 avril, demandent l'aide du gouvernement.

Des centaines de rescapés ont bloqué mardi un accès routier central au Bangladesh pour réclamer des arriérés de salaires et des dédommagements. La plupart des ouvriers travaillant pour des marques occidentales d'habillement étaient payés moins de 30 euros par mois, un niveau de rémunération dénoncé publiquement par les ONG et le pape François.

Une manifestation a également eu lieu en Europe devant un magasin Mango à Barcelone, pour fustiger la marque, qui a reconnu avoir commandé des "échantillons" auprès du Rana Plaza, et dénoncer les conditions de travail des ouvriers du textile. Les mains peintes en rouge sang, des membres du syndicat espagnol UGT ont déployé une banderole sur laquelle était inscrit en lettres rouge : "Death, precarity and fashion work" ("mort, précarité et travail dans la mode").

Manifestation devant un magasin Mango à Barcelone, pour dénoncer les conditions de travail des ouvriers du textile.

 18 USINES FERMÉES

Le Bangladesh est au deuxième rang mondial des pays exportateurs de textile, derrière la Chine. Cette industrie occupe plus de 40 % de la main-d'œuvre du pays et représente 80 % de ses exportations. Mercredi 8 mai, le pays a annoncé avoir fermé dix-huit usines textiles pour des raisons de sécurité, seize à Dacca et deux à Chittagong, la deuxième ville du pays. "Nous avons constaté que ceux qui prétendent avoir les usines les plus aux normes au Bangladesh n'ont pas totalement respecté les règles de construction", a déclaré à la presse le ministre du textile. Craignant que les marques occidentales se détournent de leurs fournisseurs bangladais, le gouvernement a annoncé lundi la mise en place d'une nouvelle commission d'enquête devant inspecter les 4 500 usines textiles du pays, à la recherche d'éventuels défauts de construction.

Le gouvernement avait fait une annonce similaire après un incendie dans une usine textile près de Dacca en novembre, qui avait déjà fait 111 morts. Mais les inspections avaient été jugées nettement insuffisantes pour faire progresser les conditions de sécurité, déplorables dans ce secteur industriel.

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22