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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 15:21

 

France Inter.fr

 

par Daniel Mermet
du lundi au vendredi de 15h à 16h

 

 

visuel Là-bas si j'y suis
émission précédente
l'émission du mardi 21 mai 2013

A bas la dette, vive la banqueroute !

Crise, chômage, récession, c'est à cause de la dette


Nous sommes d'accord, il faut réduire la dette et pour cela il faut faire des économies, réduire les dépenses publiques, limiter les salaires, privatiser, bref, il faut de la solidarité dans l'austérité.

Voila la chanson reprise du matin au soir par nos experts, nos économistes et nos brillants journalistes. Mais il y a une petite voix dissidente qui tâche de se faire entendre, pas aux heures de grande écoute bien sûr, une voix qui dit non, la dette ne provient pas des dépenses publiques, la dette provient des énormes cadeaux fiscaux faits aux riches et aux grandes entreprises depuis des années, la dette provient des banques privées en faillite que l'Etat a renflouées, changeant une dette privée en dette publique, la dette provient de l'évasion fiscale et des paradis fiscaux où se retrouvent riches particuliers, grandes banques, entreprises du CAC 40 qui ne paient guère plus de 8% d'impôts. Voila d'où vient la dette.

Alors faut-il la rembourser ? C'est la question que se pose ATTAC dans leur livre « LEUR DETTE, NOTRE DEMOCRATIE », et aussi François RUFFIN qui hurle « VIVE LA BANQUEROUTE ! », le premier livre des éditions Fakir.

Entretien Daniel Mermet avec Thomas Coutrot, Yohan Dubigeon et François Ruffin

 


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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 21:44

 

 

 

 

 

LES INDIGNE/E/S -  AG samedi  à 13h et  mercredi à 18h Maison Carrée


Chaque mardi Repas à l’Assoc Côté Jardins Solidaires 0466845199(9 et 5 euros)


Permanences personne âgées mercredis 13h30 à 17h30 Association AZUR 0466238606


Vendredis soirs de 19 à 22h au Carrefour des Résistances.

272 Rue de la Grande Terre. 30121 MUS


Mercredi 18h RESF Nîmes au local de l’APTI


Agenda Démosphère Gard-Cévennes http://gard.demosphere.eu

 


Dates

Evènement

Lieu

heure

Mardi 21/5

Réunion des Alternatifs

Ramblas

18h

21/5

Collectif soutien à S.Migliore et aux syndicalistes

Solidaires

19h

22/5

 Conférence de presse Manif du 1er juin anti austérité et pour 6ème République

Prolé

11h30

23/5

Chants Danielle morales et diaporama Bidie Peignard

Bar de la Cité 0637446874 résa

20h

25/5

Journée Anti Golf St Hilaire de Brethmas :manif mairie d’Alès + pique nique+Labour +++

Al7s + St Hilaire ++

Dès 10h30

25/5

50ème anniv Grande grève MINEURS de 1963

La Grand Combe

19h ++

25/5

 Fête CGT  et manif soutien à Sébastien Migliore

Cendras

 

25/5

AG Artisans du Monde

 

9h30

25/5

Conférence P.Bouveret « le désarmement nucléaire »

Artisans du monde

16h

27/5

Rassemblement soutien aux Roms

Devant Conseil Général

14h30

28/5

 Assemblée Générale comité Nîmes AFPS

Pablo Neruda

18h30

28/5

Réunion Pôle Citoyen Rouge et Vert

Local GA

19h

30/5

Assemblée Citoyenne Front de Gauche

2 Ter Rue Clérisseau

18h30

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 17:38

 

Slovar.blogspot.fr

 16 mai 2013

 


Le projet ANI a peine validé par le parlement, les candidats à la présidence du Medef envisagent déjà un acte II de ce qu'ils qualifient de « flexisécurité ». La course au toujours plus de précarité pour les salariés continue !



La campagne pour l'élection à la tête du Medef bat son plein. le plus prolixe dans les média, est Geoffroy Roux de Bézieux qui vient de présenter son programme, repris par Le Figaro. On y trouve pêle mèle : « (...) un moratoire de trois mois sur les charges sociales (...) la fixation dans l'entreprise de la durée de travail (...) l'allégement du coût du travail, la baisse de la fiscalité des entreprises, la simplification administrative ou la limitation des délais de procédure (...) »
Sur les retraites et l'indemnisation chômage, pas de quartier puisqu'il propose : « (...) le recul de l'âge de départ à la retraite, l'allongement de la durée de cotisation ou encore la désindexation des pensions (...) » Et en ce qui concerne les chômeurs : « une profonde remise à plat du dispositif d'indemnisation: retour à la dégressivité des allocations, division par trois du plafond, réduction du délai (...)
Au delà de l'outrance de ces propositions destinées à rallier les patrons/électeurs les plus durs, on notera cette petite phrase : « (...) il faut aller plus loin que ce qui a été décidé dans l'accord national interprofessionnel du 11 janvier »
Donc, l'accord ANI que Laurence Parisot qualifiait, il y a quelques jours : « d'événement dans l'histoire économique et sociale de notre pays » et ajoutait que le texte donnera aux entreprises des outils pour une « adaptation rapide et sécurisée aux évolutions de leurs carnets de commande et de la conjoncture tout en renforçant la protection des salariés ». serait déja dans l'esprit de ses possibles successeurs, périmé ?
On est en droit de le penser en lisant le dernier billet publié par Patrick Bernasconi, l'ancien bras droit de Laurence Parisot, et autre candidat à sa succession.
Qu'écrit-il ?
« (...) Premièrement, il faut un acte II de la flexisécurité, après l’accord du 11 janvier. Ce nouvel accord devra traiter notamment de trois sujets :

- le temps de travail, qui doit être fixé dans l’entreprise en faisant disparaître la norme générale des 35 heures ;

- des accords compétitivité emploi offensifs – pour aller à la conquête d’un nouveau marché par exemple – et pas seulement défensifs ;

- et l’instauration du « contrat de projet », nouveau contrat dont la durée sera liée à l’accomplissement d’un projet (sur le modèle du « contrat de chantier » dans le BTP)
.
(...) Le gouvernement a annoncé son intention de donner toute sa place au dialogue social : je demande au Président de la République de s’engager clairement à laisser les partenaires sociaux prendre la main dans ces trois domaines. Nous aurons, alors, une véritable obligation de résultats »
Les moins avertis d'entre nous auront remarqué qu'aucune des propositions émises par MM Roux de Bézieux ou Bernasconi ne fait référence à la « sécurité » des salariés prévu dans l'ANI pourtant signé par le Medef.Et compte tenu des dates hypothétiques d'application des droits rechargeables des chômeurs et de la complémentaire santé pour tous les salariés, il est assez probable que c'est la partie « flexibilité » an I et an II que le nouveau boss du Medef essayera d'imposer le plus rapidement possible aux syndicats et au gouvernement !    
Gesticulations et surenchères de candidats ? Certainement. Néanmoins, ces écrits démontrent, si cela était nécessaire, que la vigilance des salariés ne doit surtout pas se relâcher !
Crédit et copyright photo
La Croix

 


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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 17:21

 

 

Libération.fr

19 mai 2013 à 15:53
La grande majorité des miels concernés par la fraude sont les produits très bon marché vendus en grandes surfaces.
La grande majorité des miels concernés par la fraude sont les produits très bon marché vendus en grandes surfaces. (Photo Jacky Naegelen. Reuters)

 

 

 

Par AFP

Faux étiquetage, trafic sur l’origine, ajouts de sirop de sucre: environ 10% du miel contrôlé et commercialisé en France est frauduleux, selon le Centre d’études techniques apicoles de Moselle (Cetam), seul laboratoire français indépendant de contrôle du miel.

«La grande majorité des miels concernés sont les produits très bon marché vendus en grandes surfaces. Jusqu’à 10% des échantillons qui nous sont envoyés chaque année pour analyses sont douteux», déclare Paul Schweitzer, directeur du Cetam et spécialiste des pollens.

A l’origine de la fraude, du miel importé de Chine, mais aussi d’Europe de l’Est, ré-étiqueté entre autres «origine France», à son entrée sur le territoire. «Les miels qui ont subi des adultérations et de qualité douteuse viennent essentiellement d’Asie, de Chine en particulier. Le phénomène concerne aussi les miels d’acacia de Hongrie, Bulgarie, Roumanie ou encore de Pologne», précise le porte-parole de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), Henri Clément.

Avec 300.000 tonnes produites par an, la Chine est aujourd’hui le premier producteur de miel au monde.

Selon l’Unaf, la hausse des importations de miel, encouragée par une baisse forcée de la production hexagonale, en grande partie due à l’utilisation d’insecticides entraînant la mort de plus de 300.000 colonies d’abeilles par an, favorise la fraude.

«En quinze ans, la production de miel en France a été divisée par deux, notamment à cause des pesticides, tandis que les importations, elles, ont été multipliées par trois», souligne Henri Clément.

En 1995, la France produisait 33.000 tonnes de miel par an contre 16.000 en 2012, et elle importait 7.000 tonnes contre 26.000 tonnes l’année dernière.

«L’Allemagne est "la plaque tournante" du miel. Certains produits chinois arrivent par le port de Hambourg, qui centralise le négoce du miel, et en repartent étiquetés français ou espagnols !» regrette Henri Clément. Pour les spécialistes, la supercherie est détectable grâce aux traces de pollens présents dans le miel.

«Ce pot par exemple est étiqueté "origine UE", or on y trouve des traces de pollen de théier: ce produit a donc très certainement été produit en Asie», affirme Paul Schweitzer, après analyse pollinique au microscope.

Du sirop de sucre à la place du miel

La fraude ne concerne pas seulement l’origine du miel, mais aussi sa composition. Selon les analystes du Cetam, certains produits vendus comme du miel sont en fait fabriqués grâce à des ajouts de sirop de sucre.

«La législation limite la quantité de sucre dans le miel, mais elle se base sur la quantité de saccharose contenu dans le produit alors qu’aujourd’hui, la plupart des sucres sont composés de maltose», explique Paul Schweitzer.

Un décret de 2003 prévoit en effet qu’un miel commercialisé ne doit pas contenir plus de 5% de saccharose, glucose ou fructose, du sucre naturel tiré de la canne à sucre ou de la betterave. Or, cette mesure ne limite pas les quantités de sucres industriels, fabriqués à base d’amidon de céréales et principalement du maïs (maltose).

«Au kilo, le miel peut être vendu entre 1,50 euros et jusqu’à 10 euros, selon que c’est du miel toutes fleurs ou, par exemple, d’oranger. Cela peut donc devenir très avantageux de transformer son origine ou d’en remplacer une partie par un mélange d’eau et de sucre», conclut Paul Schweitzer.

Selon l’Unaf, les Français consomment en moyenne 40.000 tonnes de miel par an, soit 600 grammes par an et par habitant, plus que la production annuelle des apiculteurs français.

Le Centre d’études techniques apicoles de Moselle, conventionné par FranceAgriMer (ministère de l’Agriculture), analyse environ 3.000 types de miels différents par an.

 

 

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 17:07

 

 

Midi libre.fr

 

ARNAUD BOUCOMONT
20/05/2013, 06 h 00 | Mis à jour le 20/05/2013, 08 h 25
Pour l’éleveur Dominique Fayel, l’interdiction de la culture OGM et l’autorisation pour le bétail est "un grand paradoxe".
Pour l’éleveur Dominique Fayel, l’interdiction de la culture OGM et l’autorisation pour le bétail est "un grand paradoxe". (YVES ESTIVALS)

La France s’est protégée par un moratoire, mais le bétail n’y est pas toujours soumis. Viande, lait et fromage ont le goût discret de l’OGM. Histoire d’une aberration mondialisée.

Drôle de monde ! Celui qui interdit la production d’OGM sur son sol, qui en limite la présence dans les produits commercialisés à moins de 0,9 %... Mais qui permet allègrement que les vaches ou les brebis, dont on consomme la viande ou le lait, soient gavées d’OGM avant d’atterrir dans nos assiettes ou dans nos bols...

 

La nourriture du bétail peut contenir des OGM

"Le grand paradoxe, en France, c’est qu’on interdit la culture mais qu’on autorise l’alimentation du bétail, s’agace Dominique Fayel, le président de la FDSEA de l’Aveyron. Soit c’est mauvais et il faut interdire les importations. Soit ça ne pose pas problème et pourquoi à ce moment-là interdirait-on les exportations ?"

Dominique Fayel, éleveur de broutards, est à l’image de beaucoup de ses confrères : "J’achète du tourteau de soja conventionnel, non garanti sans OGM. Ça ne veut pas dire qu’il y en ait. On ne va pas s’imposer un coût supplémentaire, on a déjà beaucoup de difficultés financières. C’est un surcoût assez significatif. Si le circuit commercial ne le valorise pas, je comprends que les éleveurs fassent le choix de ne pas l’assumer."

 

Les labels pas forcément une garantie sans OGM

Bon nombre de filières garantissent dans leurs cahiers des charges une alimentation non OGM. C’est le cas des brebis du rayon Roquefort. Ou, en Label rouge, du veau de l’Aveyron et du Ségala, du bœuf fermier de l’Aubrac. Mais le label rouge ne garantit rien : Salers, bœuf charolais ou porc fermier du Sud-Ouest, par exemple, n’ont pas de garantie sans OGM.

Dominique Fayel relativise : la part de tourteaux qu’il achète ne pèse que pour "neuf tonnes sur les 500" annuelles de matière sèche que ses bêtes engloutissent. Et le soja "ne représente que 40 %" de ses neuf tonnes... "Environ 90 % de la consommation des ruminants vient du fourrage. Sur les 540 000 hectares de surface agricole utile en Aveyron, 98 % est destinée à l’alimentation du bétail. Mais la luzerne autochtone n’est pas suffisante. La ressource en protéine, il faut bien la faire venir d’ailleurs."

 

Des protéines végétales importées d'Amérique

Elle vient souvent de très loin. D’Amérique du Sud et des USA. Et c’est là que le bât blesse. "L’Europe a perdu son autonomie, diagnostique le député européen écologiste José Bové. On importe 85 % des protéines végétales. La reconquête de cette autonomie, c’est le grand débat européen des années à venir." L’Aveyronnais José Bové reconnaît "l’absurdité" d’une situation qui voit les OGM rationnés quand l’alimentation du bétail les offre à volonté. "On n’est pas arrivé à l’interdire", explique Bové, fer de lance de la lutte anti-OGM, longtemps sous sa casquette syndicale avec la Confédération paysanne et aujourd’hui avec une casquette politique EELV.

La France s’est protégée des OGM en 2008 par un moratoire - Bové l’avait d’ailleurs réclamé en faisant une grève de la faim -, contre vents et marées judiciaires depuis.

Bové se contente aujourd’hui d’exiger un étiquetage concernant l’alimentation du bétail. Afin que chacun sache s’il consomme ou non des produits en partie nourris aux OGM.

 

Pas d'alternatives à ces importations pour l'instant

Mais pourquoi ne pas demander tout bonnement une limitation générale à 0,9 % de toute origine OGM ? "Il n’y a pas d’alternative pour l’instant en termes de production et de quantité", rétorque Bové. Il prêche avec d’autres pour des substituts au soja, via le colza, la luzerne et les légumineuses, "en fonctionnant avec ce qu’on appelle le verdissement, c’est-à-dire l’introduction des protéines végétales dans la rotation des cultures".

 

Si en Languedoc-Roussillon et en Midi-Pyrénées, la proportion des compléments dans l’alimentation des vaches et brebis avoisine les 10 %, ils sont utilisés massivement pour les porcs et les volailles sur l’arc Atlantique... L’élevage en batterie y a prospéré, près des ports. Les importations américaines arrivent à moindre coût, le budget transport routier en moins.

 

Mais les habitants de la région ne sont pas protégés pour autant... Faute de circuits courts généralisés, les sudistes consomment abondamment cochons et poulets arrivés tout droit des bords de l’Atlantique. Quand le cheval ne vient pas de Roumanie...

 

 

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 16:44

 

Médiapart - Blog

 

Réveillons l'Assemblée: le 21 mai, refuser l'austérité!

 

 
© Collectif Roosevelt

« La République, c’est la confiance et l’audace, affirmait Edwy PLENEL mardi dernier devant l’Assemblée nationale en citant le grand JAURÈS. Mesdames et messieurs les parlementaires, vous n’êtes pas prisonniers d’un parti. Emparez-vous des solutions que propose le collectif Roosevelt depuis un an. Vous avez déjà trop attendu. S’il y a de la défiance en ce moment, c’est parce qu’il y a eu trop de prudence, trop d’attente, trop de temps perdu. S’il y avait eu l’audace, il y aurait plus de confiance aujourd’hui dans le pays. »

Comme tous les mardis jusqu’au 15 juin, le collectif Roosevelt sera mardi 21 mai devant l’Assemblée nationale, de 18h30 à 20h30, pour pousser les députés à l’audace, les réveiller, les mettre face à leurs responsabilités. En présence de Pierre LARROUTUROU, Emmanuel POILANE, Bruno GACCIO, Claude POSTERNAK, Christian CAUVIN (professeur d’économie à HEC), Olivier BERRUYER et d’autres intervenants, il sera cette fois question de refuser l’austérité et de prouver aux députés qu’il est possible de réduire les déficits sans austérité


Même le FMI l’admet aujourd’hui, l’austérité ne fait qu’aggraver les problèmes. Pourtant, les gouvernements semblent s’y résigner et beaucoup pensent qu’il n’y a pas d’alternative crédible. Nous pensons au contraire qu’il est tout à fait possible de sortir de l’impasse sans pour autant laisser filer les déficits : il est possible de donner de l’oxygène à nos finances publiques sans provoquer une crise européenne et une crise financière. Comment ? Le Collectif Roosevelt apporte 3 solutions concrètes.


1. Court-circuiter les banques privées pour financer les dettes publiques

Est-il normal que les États payent 6 à 7 fois plus cher que les banques privées ? La Banque Centrale Européenne a prêté 1.000 milliards d’euros aux banques au taux de 1 %. Au même moment, les peuples d’Europe subissent des plans d’austérité car les marchés prêtent à certains États à des taux de 6, 7 à 11 %. Est-il normal qu’en cas de crise, les banques privées puissent bénéficier de taux à 1% mais qu’en cas de crise, les États soient obligés de payer des taux bien plus élevés ? Non ! Ce « deux poids deux mesures » est économiquement dramatique et inacceptable socialement !

Faire payer des taux d’intérêt colossaux pour des dettes accumulées il y a cinq ou dix ans n’aide pas à responsabiliser les gouvernements mais ne fait qu’asphyxier nos économies au profit de quelques banques privées ! En nous inspirant de ce qu’ont fait les Banques centrales pour sauver le système financier, nous proposons que la « vieille dette » de nos États puisse être refinancée à des taux proches de 0 %.

Il n’est pas besoin de modifier les traités européens pour mettre en œuvre cette idée : la BCE peut prêter aux organismes publics de crédit (article 21.3 du statut du système européen des Banques centrales), elle peut donc prêter à 1 % à la Banque Européenne d’Investissement ou à une banque publique nationale qui, en retour, peuvent prêter à 1,1 % aux États. Rien n’empêche de mettre en place de tels financements dès le mois prochain ! Cela changerait radicalement la situation pour la Grèce, l’Italie et l’Espagne et cela ferait gagner plus de 10 milliards chaque année à la France comme à l’Allemagne.

2. Pour mettre fin au dumping fiscal, créer un impôt européen sur les dividendes

Depuis l’adhésion de l’Irlande et de la Grande-Bretagne, en 1973, tous les Etats sont poussés au moins-disant fiscal par les États qui baissent leur impôt sur les bénéfices pour attirer les entreprises. L’Irlande a baissé son taux à 12 % et tous les États membres ont dû baisser leur impôt sur les bénéfices…


Evolution de l'impôt sur les bénéfices en Zone Euro 
Evolution de l'impôt sur les bénéfices en Zone Euro© Collectif Roosevelt



Le taux d’impôt sur les bénéfices des entreprises n’est que de 25 % en moyenne en Europe contre 40 % aux États-Unis. C’est le monde à l’envers !

Ce dumping fiscal est l’une des causes de l’endettement public. Jamais il n’y a eu autant de bénéfices mais jamais l’impôt sur les bénéfices n’a été aussi faible !

La dernière fois qu’on a connu un tel dumping fiscal, c’était aux États-Unis dans les années 1920 : le Texas baissait ses impôts pour attirer les entreprises. Puis la Floride baissait ses impôts… Dès qu’il arrive au pouvoir, Roosevelt met fin au cercle vicieux en créant un impôt fédéral sur les bénéfices. Il rend ainsi impossible le dumping entre États voisins. En 2013, il faut faire la même chose au niveau européen en créant un impôt européen sur les bénéfices.

On peut créer un impôt sur les dividendes, puisque c’est l’impôt sur les bénéfices qui a fortement diminué depuis vingt ans. Une écotaxe permettrait également de renforcer les ressources propres de l’Europe, tout en incitant les entreprises à diminuer leur consommation d’énergie. L’idée de créer un impôt européen avait déjà été avancée par Jacques Delors dans les années 1980. Après presque trente ans de réflexion, n’est-il pas urgent de passer à l’action ?

De plus, si le budget européen était financé par un impôt européen, les 21 milliards que la France paie chaque année pour financer le budget européen resteraient dans les caisses de Bercy. C’est 21 milliards de marge de manœuvre de plus pour notre pays par an !

3. Lutter radicalement contre les paradis fiscaux

La fuite vers les paradis fiscaux provoque chaque année un manque à gagner de 40 milliards –au moins- pour le budget de notre pays. Plutôt que d’imposer aux peuples des plans d’austérité qui aggravent la crise, nous devons déclarer la guerre aux paradis fiscaux :

  • En boycottant les entreprises ayant des filiales dans ces paradis fiscaux : plus aucune commande publique à une entreprise (banques, entreprise de travaux publics, fournisseurs de systèmes informatiques…) qui utilise les paradis fiscaux pour échapper aux impôts qui financent l’école, la santé, la police ou les retraites. Cette règle doit être inscrite sans tarder dans le code des marchés publics.
  • En votant une loi semblable à la loi FATCA votée aux USA à la demande de Barack OBAMA. Cette loi oblige les banques à être totalement transparentes sur tous les flux financiers concernant leurs clients sous peine de très lourdes sanctions. Si les Etats-Unis l’ont fait, pourquoi pas nous ?

Bonne nouvelle donc, il n’y a pas besoin d’austérité pour retrouver l’équilibre des finances publiques.

« Il n’y a pas de fatalité à la crise pour peu qu’on ait l’énergie pour trouver des solutions afin de la surmonter », expliquait Laurent MAUDUIT mardi soir. Venez nombreux devant l’Assemblée nationale donner aux députés de l’énergie et du courage ! Rendez-vous tous les mardis de 18h30 à 20h30 place Edouard Herriot, juste derrière l’Assemblée.

 


Roosevelt 2012 : 15 solutions concrètes et déjà plus de 100 000 citoyens engagés

Créé en janvier 2012 à l’initiative de Stéphane HESSEL, Edgar MORIN, Cynthia FLEURY, Pierre LARROUTUROU, Susan GEORGE, Bruno GACCIO, Patrick VIVERET, Emmanuel POILANE, Michel ROCARD, Gaël GIRAUD, Olivier BERRUYER, Dominique MEDA, Curtis ROOSEVELT et bien d’autres, le collectif Roosevelt 2012 propose 15 réformes, concrètes et financées, pour sortir de la crise en posant les bases d’un nouveau modèle de société.

En un an, ce mouvement a réuni plus de 100.000 signataires. 50 groupes locaux sont déjà constitués en France et des antennes ouvrent à présent dans d'autres pays européens (Belgique, Espagne, Grèce...).  www.Roosevelt2012.fr

 

 

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 17:19

 

Médiapart - Blog

La Cour des comptes, dans son étude sur Les Coûts de la filière électronucléaire, a recensé les coûts d’investissement des réacteurs du parc nucléaire français. On  trouve dans cette étude les coûts 2010 (hors frais d’ingénierie et de pré-exploitation) par paires de réacteurs des différents paliers (réacteurs de 900 MW CP0, CP1 CP2, réacteurs de 1300 MW P4 et P’4, réacteurs N4) et leurs dates de leur mise en route.

La Cour indique d’autre part que l’ensemble des coûts d’ingénierie et de pré-exploitation du parc actuel s’élève à  10,37 milliards d’euros, soit 170 euros (2010) par kW. Sur ces bases, il est possible de reconstituer (en euros de décembre 2012) l’évolution des coûts « overnight » des réacteurs, y compris l’EPR de Flamanville, dont le coût d’investissement  « overnight »  prévisionnel a été indiqué fin 2012 par EDF : 8,5 milliards d'euros. On donne le nom de coût overnight au coût total de construction, en faisant l’hypothèse qu’aucun délai de réalisation de l’investissement n’intervient dans ce coût (comme si la construction s’était faite en une nuit). Le coût réel est toujours plus élevé car les délais de construction se traduisant par des frais financiers. Dans le cas des réacteurs nucléaires dont les délais de construction s’étalent selon les cas de 6 à 12 ans, ces frais finaciers sont importants : il peuvent atteindre 15 à 20% du coût « overnight ». 

Evolution historique des coûts d’investissement des réacteurs nucléaires du parc français existant

La figure 1 montre l’évolution des coûts d’investissement des réacteurs année après année. On observe, tous types de réacteurs confondus, une augmentation des coûts de l’ordre de 50% en 24 ans, de 1200 à 1800 € /kW.

On peut affiner cette analyse en considérant les évolutions par paliers, en distinguant les coûts des têtes de série des coûts moyens observés pour chaque palier.

C’est l’objet de la figure 2 ci-dessous.

 

 

On observe aussi dans tous les cas (à l’exception du palier P’4) une augmentation du coût des têtes de série et des coûts moyens des réacteurs de l’ordre de 150€/kW (10%) à chaque nouveau palier. Par contre, on n’observe pas de loi claire d’évolution du coût de série par rapport au coût des têtes de série. Pour les paliers 900 MW CP0, CP1 et CP2, un coût moyen légèrement supérieur au coût de tête de série, pour le 1300 P4 une chute de 16% , pour le P’4 une chute de 7% et pour le 1450 N4 une chute de 12%.

Les figure 3  et 4 sont obtenues en plaçant l’EPR, qu’on suppose mis en route en 2016, à un coût overnight de 8,5 milliards d’euros sur les graphiques précédents.

 

 

Ces figures mettent en évidence une rupture majeure par rapport à la tendance antérieure qui aurait logiquement conduit à un coût de tête de série de l’ordre de 2400 /kW au maximum, soit moins de la moitié du coût prévisionnel de l’EPR. On voit mal dans ces conditions comment le coût d’investissement d’un EPR de petite série pourrait atteindre des valeurs qui le rendent compétitif avec les autres filières de production d’électricité dans un avenir prévisible.

Le commentaire le plus recommandé

File:Chrono-parc-nucleaire-francais.svg

comment les responsables, ont-ils osé une promesse de construction d'une tete de série epr de 1650 mw en moins de 5 ans (La coulée du 1er béton a eu lieu en juillet 2005. La mise en service, initialement prévue en 2009, ) ? comment se fait il que TVO , qui ne sont pas des ignorants, ont-ils signé un contrat avec ce délai de 5 ans, en connaissant la réalité de l'impossibilité technique à le réaliser , et comment expliquer ce qui suit :

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Siemens devra verser 648 millions à Areva

 

·         Le Figaro.fr

    • Par Mathilde Golla
    • Mis à jour le 20/05/2011 à 09:06
    • Publié le 20/05/2011 à 09:05

En 2009, le groupe allemand n'a pas respecté un pacte d'actionnaires passé avec le français. Il écope de la sanction maximale.

AREVA va pouvoir souffler. Son ancien allié Siemens devra lui verser la somme de 648 millions d'euros plus des intérêts d'ici à quinze jours, suite à la rupture d'un accord passé entre les deux groupes. La Chambre de commerce internationale (CCI) a en effet rendu public hier soir la sanction infligée au groupe allemand pour une affaire qui remonte au mois de mars 2009.

Deux ans plus tôt, Siemens a décidé de se désengager de leur coentreprise Areva NP détenue à hauteur de 34%, après avoir échoué à prendre une part plus importante. Le groupe allemand n'a ensuite pas attendu de trouver un accord de sortie avec Areva pour former une nouvelle alliance nucléaire avec le russe Rosatom.

Siemens n'a ainsi pas respecté les conditions de séparation préétablies entre les deux groupes. Le français a décidé de lancer une procédure d'arbitrage contre Siemens, passible d'une pénalité de 40% de la valeur de la participation au capital d'Areva NP.

La CCI a ainsi donné raison à Areva et estime que Siemens a bien rompu le pacte d'actionnaires. Le groupe allemand écope de la peine maximale, une sanction de 40% de la valeur de sa participation dans Areva NP. La part de 34% de Siemens au capital d'Areva NP ayant été valorisée 1,6 milliard d'euros en mars, au moment où Areva a repris la part de Siemens dans Areva NP.

--------------------------de plus

 

EPR finlandais - Areva-Siemens remporte une manche judiciaire

(Actualisé avec porte-parole d'Areva et précisions)

PARIS, 5 juillet (Reuters) - Un tribunal arbitral a rendu une première décision favorable au consortium constitué d'Areva et Siemens dans le litige qui les oppose à l'opérateur finlandais TVO dans le cadre de la construction d'un réacteur nucléaire EPR.

Les partenaires français et allemand ont engagé depuis 2008 une procédure arbitrale à l'encontre du finlandais en raison de retards et de dépassements de facture pour la construction du réacteur nucléaire EPR d'Olkiluoto 3 (OL3) en Finlande.

Le tribunal arbitral de la chambre de commerce internationale a rendu une "sentence partielle" demandant à TVO de "débloquer 100 millions d'euros dus au consortium et retenus en contravention des dispositions contractuelles", a indiqué Areva dans un communiqué.

"Avec les intérêts échus, TVO devra payer une somme totale de 125 millions d'euros ainsi que les frais de procédure supportés par le consortium", précise le communiqué.

Le tribunal doit encore se prononcer sur la plus grosse partie du litige qui représente un montant de 1,94 milliard d'euros, a précisé une porte-parole du spécialiste français du nucléaire.

Le réacteur Olkiluoto 3 devait initialement démarrer ses opérations en 2009 mais des retards et des dépassements de facture ont contraint TVO à repousser à plusieurs reprises sa date de mise en service. (Gwénaëlle Barzic et Lionel Laurent, édité par Benoît Van Overstraeten)

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Et pour quelle raison, la COFACE démarche jusqu'aux plus petites PME pour d'hypothètique chantier à l'export ... !

3 milliards vendus, 8 à 9 milliards de cout réel !... 1/10 du remboursement de la dette ( nous dit on) , pour ce scandale qui ne dit pas son nom

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et qui sait une raison de plus, à imaginer les arrangements interdit d'information classée secret défense depuis sarkozi et cie, la caisse chuuuuuuuuut on à tout piqué des contribuables payeurs , et  de persister à vouloir construire une CCCG 450 MW à Landivisiau, par le consortium Powéo-Direct Energie  de Courbit, dont le premier bénéficiare sera SIEMENS co actionnaire pour ce chantier de  400 millions d'euros ... ! ou ?

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en gros, siemens à préféré quitter le pot pourri financier, combien mm ses 36% de part d'actions valaient 1.6 milliards d'euros à une date précise, et que les 650 millions versé à areva , compensé d'une commande 400 millions d'euros, (courbit est sans le sou pour s'offrir ce luxe à gaz) , fait que pour le groupe allemand,  cette opération est neutre et au passage récupère un minimum de transfert de technologie nucléaire, qu'il pourra usiter dans future proche ou lointain, plutot que de devoir payer son ratio de perte sur cette opération à 6 milliards d'euros !

6 milliards qui seront payés par nos contributions, ou les apports des fonds que la coface espère pouvoir grignoter depuis sa promo envers ces pme

une idée comme ça !




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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 17:15

 

Marianne+

 Dimanche 19 Mai 2013 à 05:00

 

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

 

 

 

L'impact du Web sur nos façons de réfléchir et d'apprendre n'est pas sans risques. Beaucoup d'intellectuels et de spécialistes redoutent de voir poindre une ère de la paresse, une véritable "amnésie collective" par l'abus du recours aux moteurs de recherche, voire de sérieuses menaces pour la démocratie.

 

Penser ? Il y a une application pour ça !
Essentiellement manuscrit dans les monastères, le livre fut longtemps le véhicule de la seule pensée religieuse avant que les laïcs ne s'en emparent bien plus tard. «Avant l'imprimerie, la Réforme n'eût été qu'un schisme, l'imprimerie l'a faite révolution», constatera Victor Hugo. Ainsi le livre installa-t-il pour certains une nouvelle manière de communiquer, mais aussi un schéma de pensée linéaire propice à la pensée argumentative et au retour critique. Selon cette thèse, une partie substantielle de l'expérience humaine fut ainsi façonnée par l'imprimé. Comme la pensée elle-même l'est par les mots qui ne se limitent pas à la fonction d'«exprimer».

Nombreux sont les écrivains qui soulignent aujourd'hui les différences - subtiles mais bien réelles - entre les textes «écrits» et ceux «pensés à la machine». C'est une évidence assez souvent méconnue que nos outils nous façonnent autant que nous les façonnons nous-mêmes. Loin de rejeter les inventions modernes qui ont modelé le XXe siècle, Marcel Proust marquait ainsi un vif intérêt pour le téléphone et les incidences sur l'imaginaire de cette parole humaine changée en électricité afin d'être transportée. «Un miracle fécond de communication dans la solitude» : c'est ainsi que l'auteur d'A la recherche du temps perdu qualifiait la lecture. La définition vaudrait-elle encore pour notre présent connecté ?

Chez Proust, c'est d'abord la jouissance de la «puissance intellectuelle dans la solitude» qui donne à l'esprit la force de rester «en plein travail fécond sur lui-même» quand la «conversation la dissipe immédiatement».

Internet réussirait-il le coup de génie qui résout l'insoluble contradiction ? Le mariage de la puissance intellectuelle dans la solitude et de l'éparpillement de la conversation tous azimuts ? Grand technophile, l'essayiste américain Nicholas Carr, auteur d'Internet rend-il bête ? (1), doute du bien-fondé de ce mariage de raison numérique : «En échange des richesses du Net, nous renonçons à notre bon vieux processus de pensée linéaire. Le plongeur qui, jadis, explorait l'océan des mots en rase désormais la surface à la vitesse de l'éclair comme un adepte du jet-ski.»

Plus d'information que de réflexion

Dans le même ordre d'idées, quelle signification donner à l'irruption brutale de cette «modernité liquide», plus soucieuse d'information que de savoir ou de réflexion ? Selon l'humeur, on pourra y voir un tournant majeur de notre histoire intellectuelle et culturelle, une nouvelle avancée de la démocratie par le «participatif», ou un énième cheval de Troie capitaliste, bien loin du mythe de la neutralité technologique, et un coup de génie diabolique.

Dans son dernier livre, Pris dans la Toile, le linguiste et philosophe italien Raffaele Simone insiste sur les conséquences inquiétantes de la médiasphère sur le mode de formation des connaissances et le développement de l'intelligence humaine (lire l'interview ci dessous), ses effets sur les rapports sociaux et les processus d'acquisition des savoirs. Les métamorphoses induites par le Web favorisent en effet la lecture superficielle, l'absence de mémorisation, le zapping, la fuite en avant permanente par l'hypertexte où le cheminement de la pensée n'est plus contrôlé par l'auteur mais très «démocratiquement» par les pulsions du lecteur, le tout dans un état d'excitation constant. Ouvert à tout, versatile, perpétuellement insatisfait, l'individu est en même temps atomisé, comme hypnotisé par le spectacle «unlimited» et sans cesse renouvelé de la médiasphère.

Le processus d'individualisation qui travaille nos sociétés trouve une concrétisation particulièrement puissante et paradoxale à travers les traits de cet internaute «déréalisé», en hypersollicitation permanente et incapable de la moindre intériorité. Un cybernomade «distrait de la distraction par la distraction» selon l'expression du poète britannique T.S. Eliot.

Indépendamment même du contenu, c'est la manière dont on accède au contenu qui est déterminante. Pour l'homme connecté tel que décrit par Raffaele Simone, «l'acquisition du savoir doit se débarrasser de la part de peine, de pénitence et d'ennui qui l'a caractérisée pendant des siècles». Ludique, le monde juvénile de l'homme occidental voué à un présent permanent s'inscrit dans un «mépris du passé et de l'histoire» favorisé par «la diffusion capillaire d'une sorte d'inexorable "américanisme" vulgaire et l'hégémonie de modèles de savoir génériquement "techniques" et "technologiques"».

Pessimisme excessif ? Internet se sert de nous autant que nous nous servons de lui. Le Web est une prolongation de notre cerveau, contraint de s'adapter à ce nouveau système d'information et de renoncer aux fonctions que ce système réalise pour lui et, parfois, mieux que lui. Anti-institution, média absolu abolissant toutes les médiations, espace présumé de liberté et de démocratie hors sol, Internet n'a pas seulement la puissance d'une technique, il possède également la force de l'utopie technicienne optimiste dont il est issu : la «culture Internet», qui s'enracine dans un refus de l'opacité et du secret, un désir de transparence absolue par la communication universelle et une foi inébranlable dans la technologie à offrir une solution à tous les problèmes.

Exactement ce que le jeune penseur Evgeny Morozov, chercheur à Stanford, pourfendeur du cyberoptimisme appelle le «solutionnisme» : «Une pathologie intellectuelle qui identifie les problèmes en fonction d'un seul critère, à savoir s'il y a une solution technologique clean et sympa.» Traduit dans la novlangue de la Silicon Valley : «La faim dans le monde ? Il y a une application pour ça !» Et le chercheur d'ironiser dans le New York Times (2) : «Jean-Paul Sartre, qui a célébré l'angoisse de la décision comme une caractéristique de la responsabilité, n'aurait pas eu sa place dans la Silicon Valley.»

Les idéaux technicistes, qui peuvent s'accommoder du pouvoir le plus absolu (preuve par le fameux panoptique du philosophe anglais Jeremy Bentham ), ont rencontré d'autres exigences plus anciennes et authentiquement démocratiques : celles de l'accès pour tous au savoir et à la culture, institués, eux aussi, comme droits. Pour Michel Serres, dont la bienveillance à l'égard du progrès technique frise «l'angélisme 2.0», la révolution numérique représente ainsi bien plus qu'une simple évolution technologique. Elle signerait l'avènement d'un nouvel humain.

Avec son mobile, ce nouvel humain que le philosophe baptise «Petite Poucette» (3) déploie «un champ cognitif». Il n'est plus besoin de réfléchir. La vérité est révélée par un moteur de recherche : «Je google donc je sais» (4).

Et pourtant, cela n'empêche pas Michel Serres de constater : «Nous, adultes, avons doublé notre société du spectacle d'une société pédagogique dont la concurrence écrasante, vaniteusement inculte, éclipse l'école et l'université. Pour le temps d'écoute et de vision, la séduction et l'importance, les médias se sont saisis depuis longtemps de la fonction d'enseignement. Les enseignants sont devenus les moins entendus de ces instituteurs.» Le constat est accablant, mais le philosophe n'en tire aucune conclusion alarmiste. Au risque de passer pour le ravi de la crèche techno ?

Sur fond de blogs et de réseaux sociaux où «tout le monde communique avec tout le monde», Serres voit apparaître «une démocratie en formation qui, demain, s'imposera» dans la multitude. Dans l'Etat-monde, la voix de ces réseaux innombrables remplacera ainsi le vote de notre vieille démocratie devenue obsolète. «Le monde est une Suisse», va jusqu'à s'enthousiasmer le philosophe. On rêve !

L'absence de filtres

D'autres partagent ses vues, bien sûr. Pour eux, la démocratie représentative et les partis politiques ont fait leur temps et seront remplacés par des groupes de citoyens connectés et concernés. C'est le mythe de la «démocratie en réseau». Si celle-ci possède les aspects de dynamisme incroyable d'une «démocratie d'en bas», l'absence de filtres et la participation de tous sans exclusive, elle manifeste aussi une extraordinaire ambiguïté par la décentralisation sans limites et la foi dans le miracle technophile ignorant de la fracture numérique. Qui «gouverne» dans la démocratie numérique ? Pour Marshall Mc Luhan (5) sociologue et prophète des temps modernes, si l'imprimé a un rôle profondément centralisateur qui induit automatiquement une société structurée autour d'un centre donneur d'ordres, la vitesse de l'électricité crée «des centres partout, des marges nulle part».

Le pouvoir opère dans un espace incontrôlé. Dans l'agora en connexion permanente, le débat s'épuise dans la multitude. La contestation ne procède plus de l'idéologie mais de la technologie elle-même. Et le caractère schématique des propositions va de pair avec le caractère volatil des mouvements : un recueil de slogans, même percutants, ne constitue pas un programme politique élaboré. On l'a bien vu avec Indignez-vous !

A peine audible dans le barnum de la mondialisation «heureuse», une question se pose au siècle qui commence : nos héritiers, «politiquement» incultes et retranchés du réel - IRL, «in real life», comme on dit sur le Web -, seront-ils à même d'assurer un avenir à la démocratie ?

L'Homo numericus tant fantasmé n'est pas encore parmi nous et nous ne saurons pas avant longtemps comment la révolution numérique procédera au «recâblage» de nos cerveaux. Mais, si l'intelligence collective doit avoir un avenir, encore faudrait-il se donner les moyens de le penser de manière critique plutôt que de succomber béatement aux mirages du participatif et d'autres gadgets socialisants, largement confisqués par les industriels dont les rêves ne sont guère égalitaires. Norbert Wiener (6), l'inventeur de la cybernétique, avait anticipé l'ampleur de la tâche : «Le monde de l'avenir sera une lutte de plus en plus serrée contre les limites de notre intelligence, et non un hamac confortable dans lequel, paresseusement étendus, nous serons servis par nos esclaves mécaniques.»

Prenons toutefois un pari : avec ses 100 milliards de neurones dont les mystères de la connexion n'ont pas encore livré tous leurs secrets, notre cerveau d'avant Internet finira bien par nous manquer. 

 

Raffaele Simone
Raffaele Simone

LE COÛT MENTAL DU NUMÉRIQUE
Par Raffaele Simone


Marianne : Vous écrivez que l'entrée dans l'ère de la médiasphère est «une des plus extraordinaires manifestations de folie collective». Iriez-vous jusqu'à parler de régression au sujet du numérique ?

Raffaele Simone : La média-sphère est une révolution indiscutable, mais ses effets sur la manière de fonctionner de notre cerveau sont profonds, encore inconnus et pas toujours enthousiasmants. La connaissance au temps du Web se fait plus superficielle et de qualité plus médiocre. Une chose consiste à chercher un horaire de chemins de fer en ligne, une autre est d'apprendre l'algèbre. Mais il faut bien que des spécialistes soient là pour faire marcher les choses, à commencer par les gadgets de la médiasphère ! Donc, je prophétise une société bientôt partagée non pas seulement pour des raisons économiques, mais pour des raisons cognitives : les internautes rendus de plus en plus «bêtes» par l'abus de la médiasphère et les têtes d'œuf, qui continueront de commander la planète.

En quoi la «révolution numérique» impacterait-elle plus les modes de pensée que les autres mutations technologiques ?

R.S. : Du point de vue de la connaissance, la médiasphère comporte surtout la rapidité de l'accès, le manque de toute garantie sur la qualité, la source et la nature de ce à quoi l'on accède, le caractère de bricolage, plutôt que de structure ordonnée, de ce que l'on «apprend». En plus, elle modifie le comportement : la vision et l'écoute prennent le dessus, l'accélération des opérations frôle la hâte, qui est l'ennemie première de la connaissance.

L'intrusion de ces technologies dans les écoles en est un exemple. L'idée que les médias sont la solution des problèmes de l'école est une idéologie élaborée par les industries de l'électronique avec le consensus des décideurs. L'idée de la tablette comme deus ex machina dans les écoles modernes s'est imposée. Cela, sans même se demander si ces «trucs» ont un prix mental, social ou d'intelligence.

Comment imaginez-vous l'évolution de la pratique politique aux temps du Web ?

R.S. : Observons l'inquiétant et intriguant phénomène Grillo en Italie et nous le saurons. Je crois que, pour l'instant, la démocratie numérique n'existe pas, qu'elle n'est qu'une imposture dominée par un chef qui, tout en se prétendant le plus démocratique du monde, gouverne en tyran, invisible et intouchable. 


Propos recueillis par Régis Soubrouillard.


Pris dans la Toile. L'esprit aux temps du Web, de Raffaele Simone, Gallimard (2012).

 

(1) Internet rend-il bête ? Réapprendre à lire et à penser dans un monde fragmenté, de Nicholas Carr, Robert Laffont (2011).
(2) "The Perils Of Perfection", New York Times (mars 2013).
(3) Petite Poucette, de Michel Serres, éd. Le Pommier (2012).
(4) Voir www.laviemoderne.net  
(5) Pour comprendre les médias, de Marshall Mc Luhan, Seuil (1977).
(6) Cybernétique et société, de Norbert Wiener, éd. des Deux Rives (1952).

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 17:08

 

Marianne+

 Dimanche 19 Mai 2013 à 10:00

 

Jacques Julliard

 

La question animale sera l'une des interrogations majeures de notre siècle. C'est en puisant dans les ressources profondes de l'humanisme, athée ou religieux, que nous trouverons les ressources pour en finir avec la barbarie qui fait de l'homme moderne, du grand beauf carnivore, l'exterminateur aveugle de toutes les autres créatures.

 

Pourquoi mange-t-on les animaux ?

Oui, au fait, pourquoi ? Depuis un certain temps nous ne nous mangeons plus entre nous. L'anthropophagie est considérée aujourd'hui comme un crime, à l'égal de l'inceste. Quant aux animaux susceptibles de nous manger, nous ne manquons pas de les qualifier de «féroces». Alors pourquoi trouvons-nous normal et sain de manger les autres espèces ?

Il y a à cela trois raisons :

- D'abord, la raison du plus fort. Depuis l'invention des armes à feu, le combat entre l'homme et l'animal est devenu inégal, et la planète s'est muée en un gigantesque camp d'extermination menée au nom de l'espèce supérieure.

- Parce que nous continuons de nous considérer comme la seule espèce douée de raison ou, mieux, de conscience de soi. Or, les études éthologiques les plus récentes montrent que des espèces supérieures sont douées de formes assez élaborées de cette conscience. Du reste, à supposer que nous soyons la seule espèce consciente, on ne voit pas en quoi cela nous conférerait le droit de faire souffrir, de tuer et de manger d'autres espèces, dont nul ne doute aujourd'hui que, à défaut de raison, elles soient douées de sensibilité.

- Parce que, dans la théologie chrétienne, l'homme est la seule espèce créée à l'image de Dieu. Jésus est mort sur la croix pour tous les hommes, pas pour les bonobos ou pour les autruches. «Dieu se soucie-t-il des bœufs ?» demande saint Paul. Cette exception humaine faite par le christianisme a fondé des origines jusqu'à nos jours, en passant par Descartes et Kant, le refus de considérer l'animal comme une fin ; ce ne serait qu'un instrument, une «machine». C'est pourquoi il faut se réjouir que le nouveau pape ait pris symboliquement le nom de François, en souvenir de saint François d'Assise, la plus grande figure chrétienne favorable aux animaux.

La France, pays de chasseurs, de gastronomes et de catholiques, accuse aujourd'hui un retard considérable par rapport aux pays anglo-saxons, où l'on ne chasse plus guère que le renard, où l'on mange assez mal, et où l'on est plutôt protestant. C'est pourquoi il faut marquer d'une pierre blanche la parution en français d'un livre de haute tenue* sur la question animale, sous la forme d'entretiens avec trois des principaux défenseurs de cette cause, Boris Cyrulnik, éthologue, Elisabeth de Fontenay, philosophe, et Peter Singer, fondateur du Mouvement de libération animale.

De l'un à l'autre, les différences sont sensibles. Singer se réclame de l'utilitarisme anglais de Jeremy Bentham (1748-1832) ; il ne considère pas en priorité la raison, mais la sensibilité, c'est-à-dire en l'occurrence la capacité de souffrir, sans distinction d'espèce. Il n'a pas de mots assez durs contre l'espécisme, c'est-à-dire la théorie de l'exception humaine, que rien à ses yeux ne justifie. Tout être sentant a droit à ce que l'on minimise sa souffrance. Comme première étape, Singer a proposé en 1993, avec la philosophe Paola Cavalieri, le «Projet grands singes», qui étend aux chimpanzés, aux gorilles et aux orangs-outans un certain nombre de droits comme le droit à la vie, à la liberté individuelle, à l'intégrité corporelle.

Boris Cyrulnik n'est pas loin de partager ce point de vue. Le grand mérite de sa contribution est d'établir la continuité, au sein du vivant, entre l'homme et le reste des créatures. Vision optimiste qui montre les progrès faits dans l'esprit humain par la prise de conscience de cette solidarité et dans la lutte contre les préjugés.

Le point de vue d'Elisabeth de Fontenay est le plus nuancé, parfois le plus embarrassé. Tout en luttant contre la philosophie du «propre de l'homme», cette disciple de Diderot n'insiste pas moins sur la parole et le projet qui font à chaque instant de l'homme une créature au-delà de sa propre espèce. A la fois, elle maintient l'exception humaine, tout en considérant la continuité dans l'échelle du vivant et la nécessité de procéder par étapes.

Pourquoi donc poser la question animale provoque-t-il un tel malaise dans la conversation, comme s'il s'agissait d'une incongruité ? Car on ne saurait discuter des droits des animaux sans soulever la question de l'identité humaine. Or, c'est un fait : depuis que l'homme européen ne croit plus en Dieu, il ne sait plus très bien ce que c'est que l'homme. Il ne sait plus qui il est ; et, comme le petit Blanc sudiste américain, il insiste d'autant plus sur la barrière raciale qui le sépare du Noir qu'il n'est plus tout à fait sûr d'être vraiment différent de lui. Paradoxalement, l'espécisme révèle une incertitude radicale sur l'espèce elle-même, avec l'inquiétude profonde qu'elle génère.

Or, c'est un fait : désormais la question animale est posée ; elle sera centrale dans le siècle que nous vivons. A ceux qui s'inquiètent de ce prélèvement sur la compassion envers nos semblables au profit de l'animal, on répondra que la plupart des défenseurs des droits de l'homme furent des tenants de la cause animale. Pour la France, Voltaire, Victor Schœlcher, Hugo, Jaurès, Clemenceau, Zola, Anatole France. Pour beaucoup d'entre nous, les abattages massifs, lors de la peur de la vache folle, les bûchers, les brasiers où l'on jeta en masse ces monceaux de cadavres, tirés par des grues, ont servi de révélateur. Elisabeth de Fontenay le dit très bien. Ce n'étaient pas les vaches qui étaient folles, ce sont les hommes qui l'étaient devenus. Et à ceux qu'inquiète un rapprochement sacrilège de l'holocauste animal avec l'holocauste nazi, on rappellera que ce sont souvent aux victimes de la Shoah que la compassion est venue spontanément. Citons encore des écrivains juifs, par exemple Isaac Bashevis Singer, Elias Canetti ou Romain Gary.

C'est en puisant dans les ressources profondes de l'humanisme, athée ou religieux, que nous trouverons les ressources pour en finir avec la barbarie qui fait de l'homme moderne, de l'homme industriel, du grand beauf carnivore, le tortionnaire imbécile et l'exterminateur aveugle de toutes les autres créatures.

* Les animaux aussi ont des droits, de Boris Cyrulnik, Elisabeth de Fontenay, Peter Singer. Entretiens réalisés par Karine Lou Matignon, avec la collaboration de David Rosane, éditions du Seuil.

 

 

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 16:57

 

Rue89

« Terreur d’extrême droite » 19/05/2013 à 18h42
Elsa Fayner | Journaliste Rue89

 

 

 


Un migrant soigné par Médecins du monde en Grèce. (Médecins du monde)

Ismaël a 14 ans. Il vient d’Afghanistan, vit à Athènes, et il témoigne dans une vidéo diffusée par l’ONG Médecins du monde :

« Je suis descendu du métro à la station Attiki, et j’allais chez moi. Trois hommes sont venus derrière moi, ils m’ont tapé sur l’épaule et m’ont demandé d’où je suis.

Quand j’ai dit que je venais d’Afghanistan, ils ont commencé à me frapper. L’un d’eux m’a frappé au visage avec une bouteille de bière. Je me suis évanoui. [...]

Je n’ai pas pu les voir très bien [...]. Ils portaient tous les mêmes vêtements noirs, avec le même symbole. Je ne connais pas vraiment ce symbole. Il y a deux branches de laurier qui se rejoignent en bas et au milieu un symbole, mais je n’ai pas bien compris ce que c’est. »

Ismaël raconte qu’un passant l’a trouvé et emmené à l’hôpital. Après avoir été soigné, l’adolescent a été placé sous la protection du procureur et de Médecins du monde, qui gère un centre d’accueil pour les mineurs réfugiés. Sur le visage du garçon, l’ONG a compté 30 points de suture.

Tandis que le Réseau de recensement de la violence raciste dénombre, en 2012, 154 « incidents de violence raciste contre des réfugiés et des migrants » (sachant que de nombreux incidents ne sont pas déclarés). Plus précisément, commente Nathalie Simonnot, de la direction de Médecins du monde :

« Le plus courant, ce sont les attaques au couteau, au bâton ou à la matraque électrifiée, la nuit, sur des gens isolés, jamais des groupes. »

« Vous ne deviendrez jamais grecs ! »

Pour Yannis Androulidakis, journaliste à To Vima (l’un des journaux les plus vendus du pays), ces attaques ne sont pas nouvelles, mais elles sont devenues plus fréquentes, et plus violentes.

En 2010 déjà, un interprète afghan de Médecins du monde avait été « massacré par une bande de dix types avec des battes, et laissé pour mort par terre », poursuit Nathalie Simmonot. Il a passé un mois à l’hôpital et, depuis, poursuit l’humanitaire, il a peur de se déplacer seul dans la rue.

En mai 2012, lors d’un meeting, une quinzaine de militants du parti d’extrême-droite l’Aube dorée – dont le symbole rappelle la croix gammée entourée de lauriers – avaient agressé un jeune homme pakistanais dans une station de métro d’Athènes.

La bande a pénétré dans la station en criant : « Vous ne deviendrez jamais grecs ! », raconte Global Voices : « Ils ont repéré l’homme, qu’ils ont jeté au sol et roué de coups, sous les regards des voyageurs choqués. »

Peu après, six activistes d’extrême droite avaient été arrêtés, soupçonnés d’avoir attaqué le domicile de quatre immigrés égyptiens dans la banlieue portuaire d’Athènes.

Plus récemment, en janvier, un jeune Pakistanais n’a pas survécu aux coups de poignards de ses deux agresseurs. Chez l’un d’eux, un pompier grec de 29 ans, la police a retrouvé des dizaines de tracts d’Aube dorée, relate La Libre Belgique.

Il y a moins d’un mois, enfin, dans la région de Manolada, des exploitants agricoles ont ouvert le feu sur les travailleurs migrants venus réclamer leur paie. Trente d’entre eux ont été blessés, comme le raconte le reporter du site Myeurop.com.

Les violences à la campagne, « ce n’est pas spécialement politique »

La violence des villes n’est cependant pas à mélanger avec celles des champs, prévient Yannis Androulidakis.

Dans les campagnes, tout d’abord, des agriculteurs qui font travailler des ouvriers agricoles sans-papiers ont toujours utilisé la menace pour ne pas les payer, raconte le journaliste. « Là, ça n’est pas spécialement politique, ni organisé, il n’y a pas toujours Aube dorée derrière. » Sauf que « d’habitude, les contremaîtres appellent la police pour dénoncer des sans-papiers, et ne tirent pas 60 coups de feu... »

Katia Zagoritou, du Mouvement de défense des droits des immigrés et des réfugiés, à Patras, confirme :

« Il y a vingt ans, c’était contre les Albanais. Mais aujourd’hui, ça devient plus dur, les agriculteurs utilisent des armes à feu. C’est la grande nouveauté : les armes, les bouteilles. A la campagne comme en ville. »

Dans les villes, Aube dorée aux manettes

A Athènes, constate Yannis Androulidakis, les agressions sont « plutôt organisées par Aube dorée », le parti politique né en 1992 et qui a obtenu plus de 5% des voix à Athènes en 2010.

Ces attaques-là se sont multipliées depuis trois ou quatre ans, selon le journaliste, connaissant leur apogée durant les années 2011 et 2012, avant les élections qui ont mené Aube dorée au Parlement :

« Avant, des gens défilaient avec des drapeaux d’Aube dorée et tabassaient des immigrés. Depuis qu’il est au gouvernement, le parti se prétend fréquentable, et soutient moins ouvertement de tels actes. »

Pour Katia Zagoritou, qui s’appuie sur le rapport du Réseau de recensement de la violence raciste, l’élection n’a rien changé :

« Depuis trois ans, nous constatons une très forte augmentation des attaques racistes. »

La crise n’est pas la seule responsable

Quand les premiers immigrés sont arrivés au début des années 90, à la chute des pays des l’Est, ils ont effectué « le travail que les Grecs ne voulaient pas faire, aux champs, pour une bouchée de pain, sans sécurité sociale, du matin au soir », rappelle l’avocat Georgios Athanassakis. Mais ensuite, les flux se sont énormément intensifiés et, aujourd’hui, 80% des migrants passent par la Grèce, dans l’espoir de gagner l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou la France.

Or, avec la procédure européenne de Dublin II, quand un migrant est arrêté en Europe, il est renvoyé dans le pays par lequel il y est entré. La Grèce donc, majoritairement. Alors que le système de demande d’asile grec fonctionne mal (il est repensé actuellement).

Au même moment, la crise économique frappe la Grèce. Le chômage passe de 9% fin 2010 à plus de 27% début 2013. La pauvreté explose. Les acquis sociaux, pour ceux qui travaillent, sont dynamités. Et le tissu social se délite.

Les immigrés ne sont pas tant désignés comme étant ceux qui prendraient le travail des Grecs. Ils sont plutôt dénoncés comme étant ceux qui « polluent la ville, commettent des crimes, plongent le pays dans le Tiers-monde », racontent les personnes interrogées.

Bref, « la crise et les politiques d’austérité sont l’étincelle qui ont mis le feu aux poudres », analyse Fabien Perrier, journaliste à L’Humanité et spécialiste de la Grèce. « La crise n’explique pas à elle seule ces violences racistes. C’est une rencontre de plusieurs facteurs : une politique migratoire européenne, une évolution politique grecque vers l’extrême droite, et des mesures d’austérité drastiques. »

Un climat de « terreur d’extrême droite »

Pour preuve : les étrangers ne sont pas les seuls visés par Aube dorée. Les homosexuels sont également attaqués, ainsi que des militants d’extrême gauche.

Autre signe inquiétant : les agressions contre les immigrés sont parfois perpétrées par des policiers, comme le constate le Réseau de recensement de la violence raciste.

Ce que redoutent les personnes interrogées, d’ailleurs, c’est d’être les prochaines victimes, sentant leur Etat s’éloigner un peu plus d’une démocratie qui protège ses citoyens. Elles citent de récentes décisions du gouvernement pour appuyer leurs craintes :

  • l’interdiction de grèves ;
  • la présence de policiers pour casser les manifestations, raconte Georgios Athanassakis, avocat ;
  • la décision du gouvernement de placer dans des camps militaires les citoyens condamnés pour « crimes financiers » et « infractions mineures ».

Ils ne sont pas les seuls à s’inquiéter. Réagissant au recensement des agressions racistes, Nils Muiznieks, commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, s’est déclaré préoccupé. Pour lui, la Grèce en est au premier stade d’une « terreur d’extrême droite ».

 

 

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