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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 12:44

 

 

Le Monde.fr

 

Le Monde.fr | 26.05.2013 à 12h25 • Mis à jour le 26.05.2013 à 12h29

Par Hervé Kempf

 
 
Comme dans treize autres régions françaises, des groupes de citoyens lillois ont discuté de l'énergie, samedi 25 mai, suivant une méthode danoise de démocratie participative.

Lille, envoyé spécial. "On est obligé de tout calculer. Avant, on ne réfléchissait pas." Marise confirme : "On n'est plus dans le même contexte économique." Brigitte reprend : "On ne peut plus se laisser vivre, il faut faire attention aux dépenses énergétiques."

Cela discute ferme, ce samedi 25 mai, dans une grande salle du conseil régional du Nord Pas-de-Calais où se déroule, comme dans treize autres régions de France, la "Journée citoyenne du débat sur la transition énergétique". Ce débat a été engagé depuis plusieurs mois par le gouvernement, mais en dehors des entreprises du secteur, des experts et des écologistes, presque personne n'est au courant de son déroulement. Alors cette journée citoyenne permet de faire entendre la voix des "citoyens", alias "vraies gens" ou la "France d'en bas". Et ce que disent les gens est concret et réfléchi.

A une autre table, on discute des travaux d'économie d'énergie. "Le problème, dit Olivier, professeur, c'est qu'on calcule l'investissement à un instant T, mais que le prix de l'énergie change beaucoup et peut le remettre en cause. – Mais si le prix de l'énergie augmente, dit Véronique, cela vaut le coup d'investir. – Le coût de la facture reste le même, après travaux, parce que le prix augmente, résume Patrick, réanimateur cardiaque. – Tes dépenses dérapent moins vite, conclut Olivier, même si les factures d'énergie ne font plus qu'augmenter."


UNE MÉTHODE MISE AU POINT AU DANEMARK

Ces discussions animées n'ont pas lieu par hasard. Le débat est organisé selon une méthode mise au point au Danemark il y a deux décennies, afin de faire participer les citoyens de manière informée aux choix technologiques. La journée du 25 mai a d'ailleurs été supervisée par des membres du Danish Board of Technology (Bureau danois de la technologie), qui a mis au point la méthodologie, afin de s'assurer que son déroulement respecte les règles de cet outil qui a fait ses preuves. Les citoyens ont été choisis au hasard, mais en veillant à ce que les groupes soient à peu près représentatifs de la population : sexe, âge, catégorie sociale, lieu d'habitation (rural ou urbain), etc. Ils sont volontaires et bénévoles.

La méthode de débat a été mise au point au Danemark il y a vingt ans, afin de faire participer les citoyens aux choix technologiques.

Avant la journée de débat, ils ont reçu une formation, sous forme d'un livret pédagogique sur l'énergie, écrit par un comité pluraliste pour veiller à ce que le discours ne soit pas orienté dans un sens ou dans l'autre. La journée de débat suit elle-même des règles précises : les citoyens sont répartis sur diverses tables en groupes de six à huit. Ils vont discuter successivement de quatre thèmes ("pourquoi la transition énergétique", "comment maitriser la consommation d'énergie", "quels choix stratégiques opérer", "comment faire").

A chaque séquence, la composition des tables est redistribuée. A chaque table, un facilitateur anime la discussion, pour faire parler tout le monde et veiller à ce qu'on reste centré sur le thème. Enfin, un questionnaire est distribué à chaque citoyen : à la fin de chaque séquence, un temps est réservé pour le remplir. Tous les questionnaires sont collectés, les réponses sont saisies par les organisateurs, qui les renvoient au centre national, et celui-ci agrège les données et les analyse.

Ainsi, par exemple, se sont retrouvées à Lille Brigitte, mère au foyer, Brigitte, professeur des écoles retraitée, Marise, docteur diabétologue, Christophe, chauffeur-cariste, et Eliane, retraitée. On a surtout parlé du coût de l'énergie. Pour Brigitte, "il faut fabriquer l'énergie d'une autre façon, parce qu'on ne va pas revenir à la bougie ni pédaler dans le garage".

 

"NOUS ON RÉFLÉCHIT, MAIS ON DIRAIT QU'AU-DESSUS, NON"  

L'ambiance n'est pas à se plaindre, mais plutôt à chercher des solutions : par exemple, il serait bien qu'EDF informe clairement sur les heures creuses et pleines pour qu'on puisse mieux répartir la consommation ; Eliane raconte les avantages de sa Toyota hybride, qui lui permet de moins consommer d'essence ; Christophe explique qu'il refait lui-même l'isolation de sa maison – il en est aux combles après avoir changé les fenêtres ; Brigitte observe que les nouvelles maisons sont souvent mal orientées par rapport au soleil.

La discussion s'élargit : "Il y a trop de nucléaire, estime Marise. Le proverbe dit bien qu'il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. La diversification est une nécessité, et il ne faudra pas relancer un seul truc à la place du nucléaire, mais faire plein de petites choses." Il reste que, observe Brigitte, "on n'a pas l'impression d'avoir de l'influence à notre niveau. Nous on réfléchit, mais on dirait qu'au-dessus, non. Il n'y a pas de politique globale, alors que tout devrait aller dans le même sens". Mais la clochette retentit, il faut arrêter de discuter et remplir le questionnaire.

Une rapide pause café, et les tables se reforment. Sur la question des choix stratégiques, par exemple, Michel, Johan, Annie, Caroline et Geneviève rebondissent des risques d'accident technologique à la pollution et au changement climatique. Les points de vue ne concordent pas toujours. Pour Michel, ingénieur du pétrole, l'accident est évitable si les installations sont bien conçues et bien entretenues.

Mais pour Caroline, comptable, la santé et la pollution sont une préoccupation essentielle : "La production d'énergie engendre des déchets qui ont des effets néfastes." Tandis qu'Annie, institutrice retraitée, s'intéresse aux créations d'emplois que pourrait générer la transition énergétique, Geneviève insiste sur le climat : "l'aggravation du changement climatique, ça c'est le gros problème. Pour moi, le rêve serait que la France atteigne son objectif de réduction des émissions de gaz."

Tout s'enchaine sans anicroche, et les citoyens jouent le jeu, engagés et réfléchis. Pourquoi tant de sérieux ? "Parce que je suis content qu'on nous demande notre avis, dit Olivier. Autrement, il y a les élections tous les cinq ans et on n'a rien à dire. Là, on peut s'exprimer."

A Paris, pendant ce temps, dans une salle du ministère de l'écologie, une équipe rassemble les résultats des questionnaires envoyés de toutes les régions. Elle se félicite aussi du succès de l'opération, une première en France : partout, on a joué le jeu, les citoyens sont venus et participent activement.

 

DELPHINE BATHO ACQUIESCE : RÉSULTATS PUBLIÉS LE SOIR-MÊME

La ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, Delphine Batho, arrive dans la salle. Elle se demande s'il ne faudrait pas retenir les résultats jusqu'à lundi, afin de les présenter en conférence de presse. Sans explication, craint-elle, les journalistes pourraient prendre les résultats de la journée comme ceux d'un sondage. Or, ce n'est pas un sondage, puisque les citoyens ont délibéré de manière réfléchie avant de formuler leur analyse. Mais les praticiens de la méthode lui expliquent qu'il faut mettre les résultats en ligne le soir-même, comme annoncé : il ne s'agirait pas de donner aux citoyens le sentiment qu'ils ont été instrumentalisés et qu'on ne respecte pas le plan prévu.

La ministre acquiesce : les résultats seront en ligne dans la soirée, et une présentation détaillée aura lieu lundi 27 mai. Le représentant du Danish Board of Technology approuve : "C'est la bonne méthode." Et cette synthèse, que dit-elle, justement ? Que la transition énergétique est perçue comme une chance, plutôt que comme une contrainte. Elle est nécessaire pour réduire la pollution et protéger l'environnement, ainsi que pour réduire les importations, qui pèsent sur l'économie française. Un fort désir d'économiser l'énergie – pour limiter les dépenses – émerge aussi.

Encore faut-il que les solutions techniques existent et que l'Etat les soutienne par des dispositifs fiscaux appropriés. Enfin, alors que le nucléaire est peu présent dans le débat – un effet de la formulation des questionnaires qui l'évacuaient presque –, l'idée de création d'emplois par la transition énergétique et le souhait de relocaliser la production d'énergie apparaissent nettement.

Tout ceci influencera-t-il le débat global sur l'énergie ? Il aura en tout cas permis de faire entendre d'autres points de vue que celui des lobbies qui pèsent lourdement sur le processus. En tout cas, l'expérience montre que "ceux d'en bas" réfléchissent, ont des choses à dire, et sont ravis de pouvoir l'exprimer.

Hervé Kempf

 

 
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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 20:40

 

 

 

 

LES INDIGNE/E/S -  AG samedi  à 13h et  mercredi à 18h Maison Carrée


Le mardi Repas à l’Assoc Côté Jardins Solidaires 0466845199(9 et 5 euros)


Permanences personne âgées mercredis 13h30 à 17h30 Association AZUR 0466238606


Mercredi 18h RESF Nîmes au local de l’APTI


Agenda Démosphère Gard-Cévennes http://gard.demosphere.eu

 


Dates

Evènement

Lieu

heure

Lundi 27/5

Rassemblement soutien aux Roms

Devant Conseil Général

14h30

Mardi 28/5

 Assemblée Générale comité Nîmes Association  France Palestine Solidarité

Pablo Neruda

18h30

Mardi 28/5

Réunion Pôle Citoyen Rouge et Vert

Local GA

19h

Mercredi 29/5

Collectif Halte au nucléaire Nîmes

Les Ramblas

18h30

Jeudi 30/5

Assemblée Citoyenne Front de Gauche

2 Ter Rue Clérisseau

18h30

Jeudi 30/5

« Oh les belles plantes ! » par Pauline Talon

Instant T

21h

Vendredi 31/5

Fête des Voisins : Valdegour, Mas-de-Mingue, Pissevin,++

Place Galilée Vald

Centre J.Paulhan

 

Vendredi 31/5

Rencontre avec J.Ortiz « Rouges vies, mémoire(s) »

Avec Librairie Diderot

Le Prolé Nîmes

19h

Vendredi 31/5

Soirée défi 5 siècles de musique Chansons du 16ème siècle à nos jours :J.Boucomont,A.laube, J.Trenel

Lavoir du Puits Couchoux

20h

Vendredi 31/5

Réu/débat Climat Energie Citoyenneté avec Collectif Vidourle Vaunage en Transition

Sommières S.Espace L.Durell

20h

Samedi 1er Juin

Marche Citoyenne Contre l’austérité et pour la 6ème République avec le Front de Gauche +++

Place St Charles

15h30

Samedi 1er Juin

Carrefour des Résistances et Rencontres Citoyennes 11 films , débat, collations +++

Mus 272 rue de la Grande Terre

De 12 à 23h

Samedi 1er juin

Fête de l’Amitié :assoc franco Vietnamienne :film ; danses, repas++

St Génies de Malgoires S.Polyv

17h ++

Samedi 1er Juin

Concert de solidarité pour assoc Grecques :Katerina Fotinaki et Orestis Kalabalikis Territoires , voyage musical à travers les siècles /Assoc Les Argonautes

Temple de l’Oratoire

20h

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 17:15

 

Lire aussi

 

 

Au lendemain des deux jours d’audition de Christine Lagarde par les magistrats de la Cour de justice de la République (CJR), les langues se délient et les raisons pour lesquelles la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) n’a pas été mise en examen pour « complicité de faux » et « complicité de détournement de fonds publics », mais placée sous statut de témoin assisté, apparaissent plus clairement.

D’abord, Christine Lagarde aurait infléchi sa stratégie de défense et aurait admis que des instructions ont été données dans ce dossier, venant de l’Elysée.

Et puis surtout, selon de très bonnes sources, la déclaration du ministre des finances, Pierre Moscovici, en défense de la patronne du FMI, a lourdement pesé sur la réfléxion des magistrats qui n’ont pas osé prendre une décision de mise en examen pouvant avoir des répercussions planétaires et, éventuellement, entraîner une éviction de Christine Lagarde de ses fonctions à la tête de l’institution financière.

 

Christine Lagarde et Pierre Moscovici 
Christine Lagarde et Pierre Moscovici© Reuters

Le placement de Christine Lagarde sous statut de témoin assisté ne signifie, certes, en rien que la directrice générale du FMI, contrairement à ce qu’elle a suggéré vendredi soir à la sortie de son deuxième jour d’audition, soit tirée d’affaire. Comme nous l’écrivions à la fin des auditions (Lire Lagarde en sursis, Tapie en danger), la différence de situation entre un placement sous statut de témoin assisté et une mise en examen n’est pas considérable.

Le fait que les magistrats aient placé Christine Lagarde sous le premier statut signifie que la justice dispose d’indices suggérant qu’elle aurait pu être complice d’un faux ou d’un détournement de fonds publics. Et s’ils avaient choisi le second statut, cela aurait signifié qu’ils disposaient d'indices, qu’ils estimaient, selon la formule consacrée, « graves et concordants ».

Le placement sous statut de témoin assisté ne marque donc pas la fin des ennuis judiciaires de Christine Lagarde. C’est même tout le contraire : il révèle que des soupçons pèsent bien sur elle et que les magistrats entendent les vérifier. Car, en parallèle à cette procédure judiciaire, trois juges d’instruction enquêtent également sur le scandale Tapie, et les investigations qu’ils conduisent, émaillées de nombreuses perquisitions, viennent alimenter aussi les dossiers de la CJR – paradoxalement, il n’est pas sûr, soit dit en passant, que les magistrats de la CJR renvoient l’ascenseur à leurs collègues qui conduisent cette instruction et les informent des pièces dont ils disposent. Il ne faut donc pas exclure que dans les prochains mois, si les soupçons des magistrats se confirment, ils décident finalement de mettre Christine Lagarde en examen.

Voici donc la première raison de la décision des magistrats de placer la patronne du FMI seulement sous statut de témoin assisté : ils ont du temps devant eux et ont choisi de poursuivre leurs investigations avant de préciser ou non les charges qu’il retiennent contre l’ancienne ministre des finances.

Divergences de vue au sein de la Commission d'instruction

Mais il y a une deuxième raison qui explique leur choix — et c’est celle-là, selon de très bonnes sources, qui a été déterminante : les magistrats ont définitivement renoncé à mettre Christine Lagarde en examen à la suite des propos de Pierre Moscovici en sa défense.

Concrètement, Christine Lagarde a été interrogé pendant ces deux jours par les trois membres titulaires de la Commission d’instruction de la CJR, le président Michel Arnould, assisté deux autres magistrats, Didier Guérin et Dominique Guirimand  - toute l’organisation de la CJR et sa composition est présentée ici sur le site de la Cour de cassation. Elus à ces fonctions par la Cour de cassation dont ils sont membres, ces trois hauts magistrats sont sans étiquette politique ou syndicale connue et instruisent collégialement, un peu à la manière de juges d’instruction co-désignés.


A la sortie de la CJR, vendredi.  
A la sortie de la CJR, vendredi. © Reuters

Or, selon nos informations, ces trois magistrats n’avaient pas tous le même sentiment sur le sort judiciaire qu’il fallait réserver à Christine Lagarde. Avant que les auditions ne commencent et sous réserve que les réponses de Christine Lagarde ne modifient pas en profondeur leurs premières intuitions sur le dossier, le président de la Commission d’instruction était favorable à ce que l’ex-ministre des finances soit placée sous statut de témoin assisté, alors que les deux autres magistrats pensaient qu’ils disposaient assez d’indices graves et concordants pour la mettre en examen.

Le mercredi 22 mai en milieu de journée, c’est-à-dire la veille du premier jour d’audition de Christine Lagarde devant la CJR, le ministre des finances, Pierre Moscovici, s’est cru autoriser à dire par avance dans Le Monde (daté du lendemain, 23 mai) qu’il apportait son soutien à Christine Lagarde, quoi qu'il arrive (Lire Christine Lagarde, au mépris de la démocratie).

Sans même se soucier de savoir les charges précises que les magistrats pourraient retenir contre la patronne du FMI, sans prendre le temps d’en apprécier la gravité, il a fait la déclaration que l’on sait : « Mme Lagarde garde toute la confiance des autorités françaises dans ses fonctions à la tête du FMI. Je le redirai si nécessaire, par moi-même ou par l'intermédiaire du représentant de la France au board du Fonds. ».

Cette déclaration a eu deux effets. L’un public, l’autre confidentiel. L’effet public est connu : les propos de Pierre Moscovici ont suscité de légitimes politiques car ils ont suggéré que la France n’entendaient en rien défendre les règles éthiques qui codifient le fonctionnement du FMI et qui ont été consignées dans le contrat de travail de Christine Lagarde.

L’effet confidentiel s’est déroulé dans l’enceinte feutrée de la CJR et de sa Commission d’instruction : son président a ainsi été conforté dans sa position et a fait valoir qu’après des propos aussi tranchés du ministre des finances, il était vraiment difficile de prendre le risque de déstabiliser le FMI. En quelque sorte, la sortie inopinée de Pierre Moscovici, à quelques heures du début des auditions, a été interprétée par les magistrats comme un rappel à l’ordre solennel ; et les magistrats n’ont donc pas finalement osé défier l’éxécutif.

Pierre Moscovici va donc s’exposer à une deuxième controverse : pourquoi a-t-il jugé opportun de faire cette déclaration juste avant que les auditions ne commencent ? Et n’était-elle pas faite délibérément pour appeler les magistrats à la modération ? En clair, le ministre des finances n’a-t-il pas tenté, d'une certaine manière, de faire pression sur la justice ?

Claude Guéant dans le collimateur

Et puis, une troisième raison aurait pu peser sur la décision des magistrats. Selon des informations de très bonnes sources — mais que nous ne sommes pas encore parvenus à recouper, un source évoquant une « information sans fondement » —, Christine Lagarde aurait aussi légèrement infléchi sa stratégie de défense.

Jusqu’à ces derniers jours, elle a en effet toujours juré ses grands dieux qu’elle n’avait jamais reçu la moindre instruction dans le dossier Tapie et qu’elle avait toujours pris de son propre chef les décisions qui lui semblaient les plus sages. Or, cette version de l’histoire est contredite par de très nombreux indices – nous en avons fourni de nombreux dans nos propres enquêtes, établissant le rôle joué en particulier par Claude Guéant, à l’époque secrétaire général de l’Elysée (Lire Scandale Tapie: pourquoi Guéant est visé par l'enquête)

 

 
© Reuters

Selon une très bonne source, Christine Lagarde aurait donc fini par admettre que des instructions ont été données dans ce dossier, et pas seulement les siennes. Elle aurait rappelé que ce n’est pas elle, mais son prédécesseur à Bercy, Jean-Louis Borloo, ancien avocat de Bernard Tapie, qui a lancé l’arbitrage, et cela dès le premier jour de son arrivée au ministère. Mais surtout, Christine Lagarde aurait admis que les véritables décisions venaient de l’Elysée, et tout particulièrement du bureau de Claude Guéant.

Or, pour que des charges de complicité de faux ou de complicité de détournement de fonds publics puissent, en droit, être retenues contre Christine Lagarde, il faut que l'intentionnalité du délit soit établie. Ce qui n’est à l’évidence pas le cas si les instructions venaient de plus haut que Bercy. Et ceci aurait donc pesé aussi dans la décision des magistrats de placer Christine Lagarde sous le statut plus clément de témoin assisté.

Ce changement de stratégie de défense de la patronne du FMI, son avocat, Me Yves Repiquet l’a d’ailleurs suggéré d’une phrase révélatrice vendredi soir. Prié de dire, sur BFM-TV si sa cliente agirait aujourd’hui de la même façon qu’en 2007 ou 2008, il a eu cette formule elliptique : « Compte tenu des éléments dont elle disposait à l’époque, oui » ; en revanche, à la lumière des éléments dont elle dispose désormais, « pas forcement maintenant ».

Ce changement de ton de Christine Lagarde pourrait avoir deux explications. D’abord, elle considèrerait qu’il n’y a aucune raison qu’elle endosse des responsabilités prises par d’autres. Et puis aussi, il y a une explication psychologique : selon une personne qui connaît très bien la patronne du FMI, celle-ci a très peu apprécié une déclaration publique passablement cavalière de Claude Guéant voici quelques semaines, assurant qu’il n’avait joué strictement aucun rôle dans l’affaire Tapie et que tout avait été décidé à Bercy.

On peut d’ailleurs observer que Stéphane Richard, l’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde et actuel patron de France Telecom, a lui aussi opté pour une même stratégie de défense. Pourtant longtemps très proche de Nicolas Sarkozy, il n’entend pas endosser d’autres responsabilités que les siennes. En quelque sorte, on devine donc deux camps qui se dessinent : le camps des anciens de Bercy sous le quinquennat précédent ; et le camps de l’Elysée, avec Claude Guéant, et en arrière-fond, Nicolas Sarkozy.

Et cette possible fracture est peut-être prometteuse de révélations futures et d’avancées de la justice.

 

 

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 17:10

 

 

Marianne

 Rédigé par Thomas SCHNEE le Samedi 25 Mai 2013 à 16:00

 

En mars dernier, les Suisses ont voté à 69,7 % en faveur de l’interdiction des primes de bienvenue et des parachutes dorés pour les patrons. Face à ce succès sans précédent, les syndicats, le parti socialiste et les Verts suisses ont décidé d’aller beaucoup plus loin en lançant l’initiative « 1:12 ». Celle-ci propose d’imposer un rapport maximal de 1 à 12 entre les plus hauts et les plus bas salaires d’une même entreprise. Le vote aura lieu en novembre. Les patrons suisses tempêtent et menacent.

 

Daniel Vasella, ex-patron de Novartis, est devenu le symbole des "patrons rapaces" © Tripplar Kristoffer/SIPA
Daniel Vasella, ex-patron de Novartis, est devenu le symbole des "patrons rapaces" © Tripplar Kristoffer/SIPA
Alors que notre ministre de l’économie Pierre Moscovici vient d’annoncer que, contrairement aux promesses du candidat Hollande, il n’y aurait pas de loi sur la gouvernance des entreprises, et donc sur la limitation du salaire des patrons, et que l’Allemagne discute mollement du sujet, nos amis Suisses agissent.

De la possibilité de réduire le salaire des patrons…

Le 3 mars dernier, ils ont tout d’abord plébiscité « l’Initiative contre les rémunérations abusives » aussi appelée Initiative Minder, du nom de son initiateur l’entrepreneur et conseiller aux Etats Thomas Minder. Celle-ci supprime les parachutes dorés des patrons et va désormais permettre aux actionnaires suisses de contrôler le salaire des patrons. Avant la votation, contre laquelle le gouvernement suisse s’était prononcé, les sondages donnaient déjà l’initiative gagnante. Mais personne n’avait prévu son énorme succès qui a non seulement atteint près de 69,7 % de votes positifs, mais aussi obtenu une nette majorité chez les électeurs de tous les partis suisses. Ce formidable résultat a évidemment été amplifié par l’affaire Vasella (Daniel Vasella, ex-patron de Novartis, qui a du renoncer à une prime de départ de 57,7 millions d’euros, suite à la pression de l’opinion publique ). Aussi positive qu’elle soit, l’initiative Minder n’impose cependant pas de mesures de limitation automatique, sauf en ce qui concerne les primes d’arrivée et de départ. « Si les propriétaires des entreprises dorment, les salaires ne changeront pas » précisait Roby Tschopp, directeur de l’association de petits actionnaires pour une économie durable Actares, au lendemain du vote : « Des rémunérations de plusieurs millions resteront sans doute une chose courante. En revanche, les rémunérations de 40, 50 ou 60 millions, c’est très probablement fini », expliquait-il alors.

 

1:12, une initiative radicale pour limiter le salaire des patrons suisses


…. à l’obligation de le faire.

Fort de ce constat, les Jeunes socialistes, le Parti socialiste , le Parti écologiste et la Confédération des syndicats suisses, ont donc décider de « surfer » sur le succès de l’initiative Minder pour aller nettement plus loin. La proposition de la nouvelle initiative 1:12 est quasi révolutionnaire. Elle veut faire inscrire dans la Constitution helvétique un article visant à encadrer sévèrement le niveau de rémunération des managers en fixant le niveau du plus haut salaire de l’entreprise à un maximum de 12 fois le niveau du plus bas salaire de la même entreprise. Ayant largement dépassé le seuil des 100 000 signatures de soutiens, elle donnera lieu à une votation populaire nationale qui se tiendra courant novembre 2013 et dont le résultat sera contraignant pour le gouvernement et le parlement suisses. Les réactions inquiètes et furieuses des patrons suisses se multiplient. Pour leur part, les initiateurs comptent bien bénéficier du succès de « l’initiative Minder » contre les rémunérations abusives.

Réellement inquiets, les patrons suisses menacent

Face à cette initiative radicale, la Confédération des entreprises suisses «economiesuisse », a démarré une campagne de communication exposant les risques que cette initiative fait courir à l’économie helvétique. Plusieurs grands patrons, comme celui du géant des matières premières Glencore-Xstrata Ivan Glasenberg, sont déjà montés au créneau. Ce dernier a expliqué que si l’initiative était adoptée, son groupe quitterait immédiatement la Suisse : « En tant que chef d’entreprise et citoyen suisse, je ne peux pas imaginer que la Suisse puisse saboter de la sorte son économie », a-t-il déclaré. Par ailleurs, le rapport moyen actuel entre salaires plus élevé et plus bas dans les entreprises suisses est actuellement de 1 pour 56. Les initiateurs de 1:12 espèrent donc qu’une victoire conduira non seulement à une baisse des salaires des managers, mais aussi à un relèvement des salaires les plus bas. Face à cela, le patron de Swisscom Carsten Schloter menace. Il estime au contraire que la baisse des hauts salaires obligera les entreprises à réajuster vers le bas les salaires inférieurs, « pour que la gradation entre les hiérarchies salariales puisse être maintenue ».

 


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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 17:01

 

 

Marianne

  Vendredi 24 Mai 2013 à 20:13

 

 

Entre le gouvernement et le patronat, c'est la saisons des mamours. Est-ce une raison pour nous faire prendre des vessies syntaxiques pour des lanternes politiques.

 

WITT/SIPA
WITT/SIPA
Il y a des moments où les politiques trouvent indéniablement la formule. La formule qui vous met en rogne, et qui vous provoque, là, au saut du lit : elle se détache soudain du ronron des infos, retombe avec moult « splash » dans votre café du matin – et voilà, votre journée toute neuve est tâchée. Vous voyez le genre ?

 

Ce fut le cas, par exemple, avec la fameuse «   baisse tendancielle de l’augmentation du chômage »chef d’œuvre ciselé par Nicolas Sarkozy en pleine campagne présidentielle pour tenter de maquiller son bilan catastrophique en matière d’emploi.

La courbe du chômage étant désespérément en hausse, le président candidat avait cru bon d’en référer à la dérivée et à la dérivée seconde pour finalement taper tellement à côté que le résultat oscillait entre ridicule et provocation. Le leader d’extrême gauche Olivier Besancenot avait d’ailleurs riposté  quelques heures plus tard par un très ironique (mais mérité) : « en tout cas, nous n’assistons pas à la baisse tendancielle de l’augmentation du foutage de gueule. »

 

Des petits bijoux comme cette perle sarkozyste, on n’en entend pas tous les quatre matins. Ils sont rares, même. C’est pourquoi il faut aujourd’hui saluer la performance de Pierre Moscovici à sa juste valeur.

Pour justifier l’abandon de tout projet d’encadrement des salaires des grands patrons, notre ministre de l’Economie a en effet expliqué  qu’il préférait « miser sur une autorégulation exigeante » des pratiques du secteur. Il a dit cela aux Echos et, ni une ni deux, la phrase a été relevée sur toutes les antennes – pensez donc, une telle merveille…
 
Après le discours très social-démocrate de François Hollande en Allemagne (lire le papier d’Hervé Nathan du 23/05), Pierre Moscovici confirme donc la volonté gouvernementale de brosser le milieu des affaires dans le sens du poil.

Pour expliquer ce déferlement concerté de mamours, certains, au parti socialiste, expliquent que les grands patrons se sentent tellement harcelés et mal-aimés depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir qu’il était urgent de mettre un peu de pommade sur leurs plaies d’orgueil.

On pourrait rétorquer qu’après l’abandon de la tranche d’impôt à 75% (la faire supporter par les entreprises, vous avouerez, ça ne revient pas du tout au même) et le recul sur la séparation des activités bancaires, ce gouvernement a en définitive beaucoup crié et peu agi à l’égard des milieux patronaux, ce qui est sûrement la pire des stratégies, mais passons.
 
Et revenons à ce trésor sémantique d’« autorégulation exigeante ». Si la phrase a tant fait réagir, c’est d’abord parce que personne ne songe vraiment à miser sur l’émergence miraculeuse d’une autodiscipline patronale en matière de rémunération – notons au passage que selon le sondage que nous publions cette semaine, seulement 31% des Français font confiance aux patrons des grandes entreprises, soit 6 points de moins qu’aux journalistes, c’est dire !

D’ailleurs, il y a une logique : quand vous les interrogez, ces haut dirigeants-là (qui pour la plupart, rappelons-le, ne sont pas des entrepreneurs comme on peut souvent le lire, mais des salariés plutôt très protégés) ne se sentent pas scandaleusement payés.

 

Laurence Parisot, patronne des patrons, à la tête du MEDEF et Pierre Moscovici, ministre de l'Economie - PRM/SIPA
Laurence Parisot, patronne des patrons, à la tête du MEDEF et Pierre Moscovici, ministre de l'Economie - PRM/SIPA
Au fil des années, s’ils ont feint de voir « le problème », c’était pour mieux exiger qu’on leur laisse le régler eux-mêmes : le code de « bonne conduite » Afep-Medef, la création des comités de rémunération, la nomination d’administrateurs indépendants…tout cela était censé, déjà, permettre l’autorégulation. Moralité, les excès ont continué comme en (CAC) 40.
 
Mais il y a mieux. Ces derniers temps, certains représentants du patronat, voyant arriver un encadrement – gauchiste – des retraites chapeau et une interdiction – bolchévique – des parachutes dorés, expliquaient à leurs contradicteurs que le capitalisme, dans sa forme la plus vertueuse, avait bel et bien prévu un formidable mécanisme d’autorégulation : les actionnaires.

Oui, après tous, ces derniers étant les vrais propriétaires, les véritables boss des sociétés cotées, il leur revenait à eux, via l’amélioration des outils de la « démocratie actionnariale », de mettre fin aux primes indécentes de certains dirigeants non méritants, et d’empêcher les parachutes dorés des saboteurs de boîte.

« Améliorer les mécanismes de la démocratie actionnariale », comme le prônent les thuriféraires du capitalisme darwinien, aurait consisté à mettre en œuvre le principe dit du « say on pay », c’est à dire : obliger par la loi les entreprises à soumettre les packs de rémunérations patronaux au vote des assemblées générales des actionnaires.

Voilà qui en effet, n’aurait pas pris trop de temps, et n’aurait pas provoqué de guerre civile (puisque c’est là la logique même, paraît-il, du capitalisme). Eh bien : même à cela, le gouvernement a renoncé.
 
C’est pourquoi il lui faudrait peut-être sérieusement commencer à penser à une autorégulation du foutage de gueule.


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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 16:50

 

 

Rue89

 


Publié le 25/05/2013 à 11h15

(De Nicosie) Face à l’explosion du chômage, les formations professionnelles se développent. Mais il y a dix fois plus de candidats que de places et quasiment pas d’emplois à pourvoir. Visite au Cyprus Productivity Center.

Ils ont le cheveu grisonnant et une certaine expérience du monde du travail. A 42 ans et 50 ans, Stelios et Nikos sont pourtant de retour à l’école. Au Centre chypriote pour l’employabilité et la productivité (Cyprus Productivity Center), les deux hommes planchent depuis 8 heures du matin sur l’installation et la maintenance de systèmes photovoltaïques.

Les soixante heures de formation auxquelles ils se sont inscrits sont théoriques et ne déboucheront pas automatiquement sur une embauche ; mais pour ces chômeurs chypriotes, sans travail depuis deux ans, le programme consacré aux panneaux solaires reste une aubaine.


Nikos (T-shirt rouge) et Stelios (chemise bleue) suivent une formation de 60 heures sur l’industrie photovoltaïque (Agathe Mahuet)

Jusqu’en 2011, Nikos était technicien informatique chez Logicom, mais l’État a rompu depuis son contrat avec le distributeur et le quinquagénaire a été mis à la porte.

Son CV, il l’a envoyé à 250 entreprises ; sans succès. Seule solution pour ce petit homme débrouillard en fin de droits : suivre une nouvelle formation dans cette structure où il est déjà venu deux fois. Sans l’ombre d’une offre d’emploi.

Energies renouvelables

Lorsque Nikos s’est inscrit pour la première fois au Cyprus Productivity Center, les statistiques étaient encore relativement rassurantes : 65% des participants aux formations trouvaient un emploi dans la foulée.

« Mais c’était il y a deux ans ! soupire Maria Mikellides, l’une des responsables du centre. Aujourd’hui, c’est une tout autre histoire… C’est presque un autre pays. »

Ces « formations d’urgence », le gouvernement les a mises en place dès 2009. Public visé : ceux que la crise vient de mettre au chômage. Maria confirme :

« On parlait déjà d’urgence à l’époque. Pourtant ce n’était rien, comparé à aujourd’hui ! »


Maria Mikellides, l’une des responsables du Cyprus Productivity Center (Agathe Mahuet)

La situation économique s’est nettement détériorée après 2009, et l’organisme a développé sa gamme de formations.

Bruxelles ayant fixé des engagements sur les énergies renouvelables et la réduction des gaz à effet de serre, l’industrie photovoltaïque est devenue une nouvelle priorité, explique Andreas Polydorou, le responsable de l’apprentissage.

La structure a mis l’accent sur les compétences « vertes » en général, mais le problème reste toujours le même : le marché n’a que très peu de travail à offrir.

Depuis l’an dernier, c’est Rogiros Tapakis, 31 ans, qui est chargé du cours sur les panneaux solaires. Enseignant à l’Université de Limassol, l’ingénieur finance une partie de son doctorat en partageant ses connaissances avec les chômeurs nicosiens.

« Il y a un an, être au chômage était encore vécu comme une épreuve personnelle. Mais perdre son travail est devenu tellement courant, ces derniers mois, qu’ils ont maintenant le sentiment d’être dans une galère collective. »


Rogiros Tapakis, professeur en génie électrique (Agathe Mahuet)

Cendrier et café frappé

Parmi ses élèves, un seul n’a pas encore été confronté au marché du travail. Vladimirios, un grand brun de 28 ans, sera bientôt diplômé en génie électrique. « Cette formation sur les panneaux solaires est un “plus’, une façon de mettre toutes les chances de mon côté”, confie l’étudiant, inquiet, lui aussi, face aux faibles perspectives d’emploi.

Entre un cendrier et un café frappé trônent sur le bureau de Maria Mikellides des piles entières de fiches d’inscription. “Voilà le profil type, dit-elle les yeux sur l’une d’elles. Une jeune fille de 26 ans, diplômée depuis janvier 2012, mais qui n’a jamais trouvé de travail.”

Son vœu : suivre une formation “d’urgence” en entrepreneuriat. Comme elle, les jeunes Chypriotes en fin d’études sont de plus en plus nombreux à formuler cette demande.


Les formations accueillent de 15 à 30 personnes mais reçoivent souvent près de 300 inscriptions (Agathe Mahuet)

Problème : les requêtes affluent et sont bien plus nombreuses que les places disponibles. Une centaine de personnes souhaitaient assister au cours de Rogiros Tapakis, mais le centre n’en a sélectionné que quinze. Maria s’excuse :

“A Limassol, une formation théorique sur le marché du travail et le management a reçu 370 demandes, mais nous n’avions que 28 places à proposer”.

Car le dispositif a un prix. Chaque programme de formation coûte 50.000 euros au gouvernement, auxquels il faut ajouter un salaire horaire de cinq euros versé à chacun des participants.


Selon Andreas Polydorou, les formations aux énergies renouvelables sont une nouvelle priorité (Agathe Mahuet)

Il y a encore un mois, le gouvernement payait les inscrits huit euros par heure de formation… Mais c’était avant la dernière réunion de l’Eurogroupe sur le cas chypriote.

Les vivres du ministère de l’Emploi se sont raréfiées et le salaire des enseignants du centre a lui aussi été revu à la baisse.

Dans les bureaux débordés du Cyprus Productivity Center, on fait le maximum pour remettre les chômeurs sur le chemin de l’emploi. Mais la situation catastrophique du marché du travail désespère les employés eux-mêmes. Maria Mikellides confie :

“Je dois vous dire que j’ai parfois envie de rentrer me planquer chez moi. La situation est tellement décourageante.”

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 16:28

 

Rue89

 

Publié le 24/05/2013 à 13h06

 

 

*Olivier Berruyer, actuaire et créateur du site "Les-crises.fr", nous explique quelles sont les racines profondes de la crise économique et financière actuelle. Il montre en quoi les dettes publiques ne sont plus soutenables, et pourquoi, au-delà des tentatives de fédéralisation européenne, l'Euro nous mène vers une impasse politique.

 

 

Il y en a qui parlent d’ « agonie du capitalisme » (Paul Jorion). D’autres de « grande perdition » (François Leclerc, moi-même). Olivier Berruyer, actuaire et responsable du blog les-crises.fr, préfère parler de « la fin d’un monde ».

 

Voyez et écoutez jusqu’au bout la démonstration magistrale qu’il donne sur AvantGardeEconomique.fr (site indispensable).

 

 

 

Retour à la Préhistoire économique

Morceaux choisis :

« Cette génération-là aura réussi à nous renvoyer à la préhistoire économique en une vingtaine d’années.

Tous les dix ans, on perd un point de croissance. La croissance de la décennie 2000 a été de 0,8 % par habitant. Il faut toujours regarder par habitant, sinon ça n’a pas de sens de comparer. Depuis fin 2007, la croissance en France par habitant est de -3 %.

On joue à la roulette russe [monétaire, ndlr] en permanence. A la roulette russe, vous gagnez deux fois, mais quand vous perdez, vous ne perdez qu’une fois. C’est assez définitif.

Il faut un équilibre dans la société entre égalité et liberté, entre les droits et les devoirs. En 1989 [année de la chute du mur de Berlin, ndlr] est mort un système qui avait mis la pseudo égalité en premier en tuant toute liberté. Ce qu’on est en train de vivre là, c’est la fin d’une folie où on a mis la [pseudo] liberté par-dessus tout sans aucune égalité. »

La fin du « court-termisme »

« On vit une crise du “court-termisme”, on refuse de voir les problèmes à long terme en disant bof on trouvera des solutions plus tard, le progrès va nous sauver... Ben, y a qu’à voir aujourd’hui ! Vous savez, quand la nature trouve des solutions naturelles, ce n’est jamais très agréable.

Un peu comme si Madoff avait dit : “Je suis un escroc, prêtez-moi votre argent”. Eh bien, il y a des crétins qui auraient continué à lui donner leur argent.

Je ne sais pas si ça [la fin du système] va venir dans trois mois ou dans trois ans. A mon avis, pas beaucoup plus que dans trois ans. Parce que vous voyez très bien à quel point votre système est en train de se véroler de plus en plus. »

Aller plus loin

 

 

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 16:13

 

 

Rue89

 

Publié le :
25/05/2013 à 13h46

 

 

 

 

 

Une délégation du collectif francilien de soutien à Notre-Dame-des-Landes s’est donné rendez-vous ce samedi matin pour une action dans le VIIIe arrondissement de Paris. Sur une petite place, une poignée de militants attendent les retardataires avec de gros sacs et des mines de conspirateurs amusés.

Depuis des mois, les opposants à l’aéroport conservent précieusement dans des bidons et cagettes de la « Zone à défendre » les cadavres de grenades assourdissantes et lacrymogènes lancées par les gendarmes. Ils en ont confié quelques kilos à leurs camarades parisiens.

Pour dénoncer « la domination policière et la violence industrielle qui l’accompagne », ils ont mené une opération de « retour à l’envoyeur », en déversant des dizaines de munitions usagées devant le siège de l’un de leurs fabricants, Nobel Sport. La porte du siège social a été recouverte d’autocollants et des tracts « Guerre aux vendeurs d’armes » laissés sur place. On peut y lire :

« Pour tous les hématomes et les yeux perdus, les crânes et les mâchoires fracturé-e-s, les thorax enfoncés et les ligaments sectionnés, et pour les ami-e-s qui garderont toute leur vie le traumatisme des violences policières, nous ouvrons les hostilités contre le parti de la mort. »

Les militants pouvaient même espérer faire d’une pierre trois coups : dans ce quartier chic de la capitale, l’entreprise Nobel a son siège dans le même immeuble que le fabriquant de lance-grenades Cougar, voisin d’une armurerie Beretta et de l’ambassade du Kazakhstan.

L’action coïncide avec une journée contre la répression policière organisée dans le cadre du Frap (Festival des résistances et des alternatives à Paris).

 

Camille Polloni

 


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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 12:02

 

Midi Libre.fr

 

FRANÇOISE CONDOTTA
24/05/2013, 06 h 00 | Mis à jour le 25/05/2013, 09 h 24
La Tour Eiffel, des châteaux et même les arènes de Nîmes.
La Tour Eiffel, des châteaux et même les arènes de Nîmes. (CCI NÎMES)

La CCI de Nîmes travaille à l’idée d’un site touristique de 16 Md€. Reste à trouver les investisseurs et la zone d'implantation.

"La seule chose que l’on ne pourra jamais délocaliser, c’est le tourisme", explique Jean-Louis Calini, le vice-président de la CCI de Nîmes, élu pilote de la future Frenchvallée, un grand projet à vocation touristique mondiale : 50 000 à 80 000 chambres d’hôtel, une trentaine de casinos géants et un parc du made in France, visant à attirer 30 millions de touristes. Un projet fou, estimé à quelque 16 milliards d’euros, pour lequel le ministère de Redressement productif a manifesté son intérêt. Reste cependant à trouver des investisseurs.

Le "produit France" en vitrine

Renouant avec l’ambition des années 1970 qui virent, notamment, la création de Port-Camargue, la CCI de Nîmes a décidé d’impulser, sur son territoire, un projet pharaonique. Dans le but de répondre à la question cruciale de l’emploi, non délocalisable, en Languedoc-Roussillon. Pour la réalisation de ce projet, la CCI s’appuie sur les atouts français : culture, tourisme et cadre de vie. "Il faut voir grand , quitte à être excessif !", ajoute Jean-Louis Calini qui a imaginé un parc vitrine, une sorte de cité mettant en scène le "produit France" dans toute sa diversité : des quartiers représentants les différentes régions de France avec l’exposition des fleurons du patrimoine (la Tour Eiffel, le Mont Saint-Michel, le paquebot France, les châteaux, les arènes de Nîmes) et de la culture (mode, gastronomie).

Divertissements à souhait

Un deuxième parc sera dédié aux divertissements avec une trentaine d’hôtels-casinos, des salles de spectacles, des annexes des grands musées français (y compris un musée du jeans Denimes), des salles de conférence et d’exposition pour accueillir les plus grands événements mondiaux. Déployée sur 700 hectares, s’appuyant sur les dernières technologies d’écoconstruction, cette Frenchvallée prévoit d’être autonome, tant en ce qui concerne la production d’énergies que la gestion des fluides et des déchets.

Des consultations mondiales

Actuellement, la CCI de Nîmes a engagé des négociations avec les plus grands casinotiers à travers le monde, avec les ministères de l’Intérieur, de l’Industrie, des Finances et de la Culture. Car pour passer du rêve à la réalité, il faudra plus que le nerf de la guerre puisqu’il sera indispensable de revoir une partie de la législation française.

 

 

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 11:48

 

 

 

huffingtonpost.fr

Corinne Lepage

Journée mondiale de mobilisation contre Monsanto

Publication: 25/05/2013 06h00

 

 

OGM - Pour la première fois, à l'initiative d'associations américaines, une journée mondiale de mobilisation contre la société Monsanto est organisée. Cette initiative est non seulement bienvenue, elle est devenue indispensable dans la mesure où seule la société civile, coordonnée au niveau international, est en capacité de s'opposer à la conquête du monde que Monsanto a engagé.

Le poids des lobbys à l'échelle de la planète, et bien évidemment à l'échelle européenne et nationale, est devenu un chancre démocratique. La plupart des décisions ne sont plus prises aujourd'hui dans l'intérêt général, mais sous la pression de lobbys qui ont acquis le pouvoir non seulement d'influencer les décideurs mais encore de se substituer en réalité à eux.

Le combat contre les lobbys est devenu la principale urgence démocratique et économique dans la mesure où non seulement ces multinationales sont devenues plus puissantes que les Etats puisqu'il leur impose la loi, mais encore où les effets à court, moyen et long terme sur les biens publics et la santé humaine sont délétères.

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Or, parmi tous les lobbys, Monsanto est sans doute le pire par sa puissance et par sa capacité de nuire. Quelques exemples permettront d'en juger:

  • Monsanto vient d'obtenir du président Obama la ratification d'une loi dite "Monsanto protection Act", qui prive d'effet juridique toute décision de justice qui annulerait une décision de mise en culture d'OGM. Malgré la mobilisation de 250.000 personnes et même du Tea party, ce texte soit disant temporaire totalement dérogatoire au droit commun a été validé.

  • Après la publication de l'étude de Gilles Éric Séralini sur les rats nourris avec des OGM et du Roundup, Monsanto a cherché à obtenir le retrait de l'étude de la part du directeur de la publication. N'ayant pas atteint son objectif, Monsanto est parvenu à faire partir ce directeur de publication et à le faire remplacer par un de ses anciens collaborateurs, dont un des premiers actes a été de faire retirer une publication critique des OGM en prétendant que ce retrait se faisait à la demande de l'auteur, ce qui est faux.

  • Monsanto influence la science comme l'a fait avant elle l'industrie du tabac. La compagnie cherche à intimider les scientifiques indépendants, voire à les détruire comme elle a cherché le faire pour les professeurs Putzai, Chapella ou Séralini.

  • Monsanto est parvenu à faire adopter par les organismes d'expertise et les gouvernements le cahier des charges qui lui convenait pour imposer lorsqu'elle le pouvait la non traçabilité des OGM, comme aux États-Unis et au Canada, ou pour limiter les évaluations grâce au principe stupide et faux de l'équivalence en substance, au principe de l'effet dose dont il est désormais démontré qu'il ne s'applique pas pour les perturbateurs endocriniens, et à la limitation à 90 jours des études sur les rats, dont il est démontré qu'elle ne permet de mesurer aucun effet clinique. Grace à son pouvoir sur l'EFSA en Europe, et indirectement sur la Commission européenne, Monsanto est parvenu à éviter des études à deux ans au niveau réglementaire. N'ayant pu éviter le lancement d'une étude test, elle est parvenue à faire en sorte que les responsables de l'étude européenne GRACE, chargés de ce travail, soient étroitement liées à l'agrosemence.

  • Pour éviter la publication des données brutes concernant tant les OGM que le Roundup, Monsanto n'a pas hésité à menacer directement l'EFSA pour avoir rendu publiques les données brutes du seul maïs NK603; dans le même temps, Monsanto a obtenu que le Roundup ne soit pas évalué alors que c'est le premier pesticide utilisé au monde. En effet, seul a été évalué le glyphosate, principe actif du Roundup, sur la base d'une étude qui date de la fin des années 90 et qui est totalement secrète. Ceci revient, pour raisonner par analogie avec les cigarettes, à ce que soit évalué pour apprécier la toxicité de la cigarette, la nicotine, à l'exclusion de tous les adjuvants.

  • Monsanto n'hésite pas enfin à non seulement utiliser la diplomatie américaine pour défendre ses intérêts, y compris dans le cadre du traité de libre-échange qui pourrait être discuté avec l'Union européenne et dans lequel la libéralisation des OGM constitue un enjeu majeur. Mais Monsanto utilise également des procédés beaucoup plus contestables. Ainsi, ce n'est pas un hasard si Monsanto a acquis la compagnie de services clandestins d'intelligence Blackwater (aujourd'hui appelée Xe Services) dont la réputation est plus que sulfureuse.

De manière générale, alors que plusieurs études, outre celle de Gilles Eric Séralini, viennent interpeller sur la dangerosité des OGM (voir par exemple une étude récente qui pourrait établir des liens avec la leucémie, Monsanto poursuit sa conquête du monde en voulant imposer, après les plantes, les animaux transgéniques et par voie de conséquence la consommation d'animaux clonés. De même, le développement du Roundup, malgré les condamnations judiciaires pour publicité mensongère, est une menace directe pour la santé des humains et la qualité des eaux. Tout cela au mépris de la santé humaine, du libre choix des consommateurs, de la vie des paysans, de l'autonomie alimentaire et de la biodiversité.

Compte tenu de la complicité des uns et du laxisme des autres, le seul rempart contre ce cancer (au propre et au figuré) est la société civile. C'est la raison pour laquelle, au-delà de la mobilisation planétaire du 25 mai, nous devons trouver les moyens de prolonger dans le temps et de renforcer notre opposition à la menace que les lobbys en général et cette firme en particulier fait peser sur nos vies et celles de nos enfants.

 

 

Suivre Corinne Lepage sur Twitter: www.twitter.com/corinnelepage

 


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