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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 18:16

 

Rue89 - Témoignage 14/05/2013 à 12h32

 Mathilde Ramadier | scénariste de bande-dessinée

 

Stage non payé, pas de salaire minimum : expatriée en Allemagne, cette jeune diplômée raconte sa douloureuse expérience du système allemand.

 

 

J’ai 25 ans. Je vis à Berlin depuis la fin de mes études – un master en philosophie obtenu à l’ENS (Ecole normale supérieure) et l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), précédé d’une formation technique de trois ans en graphisme.

 

Making of

C’est en réaction à des articles sur le chômage, les stages et la situation de l’emploi prétendument meilleure en Allemagne que cette jeune française a voulu témoigner sur son expérience du système allemand. « ll faudrait que l’Allemagne cesse d’être un modèle économique parce que le droit du travail est loin d’y être irréprochable », avance-t-elle. Mathilde Ramadier a choisi de signer ce texte de son nom, par engagement. Emilie Brouze

J’ai toujours su que je voulais écrire et travailler avec les images, même si j’ai remis en question mes choix des centaines de fois suite aux embûches rencontrées ces dernières années.

 

J’ai passé mes diplômes tout en accumulant petits boulots (hôtesse d’accueil, vendeuse de journaux, prof de maths, serveuse...) et expériences professionnelles, consciente de la chance d’avoir pu étudier six ans à Paris.

Aujourd’hui, je suis scénariste de bande-dessinée. Après l’obtention de mon master de philo, je me suis installée à Berlin. L’attraction qu’exerce cette ville est justifiée mais ce qui est navrant, c’est que personne ne dit ce qu’il s’y passe vraiment au niveau de l’emploi.

La sécurité sociale à ma charge

Septembre 2011. A Berlin, j’ai commencé par faire quelques heures dans un café. Taux horaire : 6 euros au black. Afin de réveiller mes souvenirs enfouis du lycée, je me suis inscrite à un cours d’allemand intensif, entourée de dizaines d’Espagnols, Italiens, Grecs et Brésiliens – pour la plupart sans travail... Je n’ai pas cherché à fuir la situation de l’emploi en France que je connaissais à peine, j’ai surtout abandonné l’idée de commencer un doctorat de philosophie.

Durant mes années de fac, à Normale Sup et à Paris VIII, tous mes professeurs m’ont pourtant encouragée à poursuivre la recherche. J’avais un sujet de thèse et un directeur prêt à m’encadrer. Mais me lancer dans trois années (minimum) de doctorat à Paris, sans avoir obtenu de bourse et tout en étant serveuse à plein temps, ou graphiste pour des gens qui-ne-paient-pas-les-graphistes, je n’ai pas voulu l’accepter.

La valse des candidatures en allemand commence. Spontanées pour la plupart. A ma grande surprise, j’obtiens une réponse positive à l’une d’entre elles en deux jours. Je suis conviée à un entretien vite expédié. Une grande et belle galerie d’art berlinoise, qui édite une revue de design et organise un festival annuel d’illustration, me propose un poste d’assistante et de graphiste en CDI, pour un salaire de 1 500 euros net, avec une période d’essai d’un mois. On me promet que j’aurai mes matinées libres pour mes cours d’allemand.

Je débute donc, enthousiaste et motivée, passant l’éponge sur le fait que je n’ai en réalité qu’un contrat de freelance d’un mois, pour la dite période d’essai, payée... 400 euros. Un contrat de freelance, cela signifie que l’employeur ne contribue pas aux charges sociales, et que la sécurité sociale revient donc à la charge du travailleur. Celle-ci coûte entre 150 et 600 euros par mois en Allemagne. Quand on est en bonne santé.

Je refuse. Ça déplaît

Dans cette galerie, je me retrouve en fait, pour 400 euros, de 9 heures à 19 heures, à mettre entre autres sur pieds un dossier colossal de plus de cent pages sur le projet de lancement d’un musée du design à Berlin. On me demande d’utiliser ma langue maternelle pour mentir et espionner des galeries concurrentes. Je refuse. Ça déplaît.

On me demande de ne plus aller à mes cours, que j’avais pourtant payés, pour venir faire des heures supplémentaires – appelons ça tout de suite du bénévolat. Je refuse. Ça déplaît.

Tous les autres membres de l’équipe sont stagiaires et se taisent, parce qu’ils sont tributaires d’une bourse pour le retour à l’emploi et qu’ils ne peuvent donc négocier quoi que ce soit. En Allemagne, les entreprises ne sont pas obligées de rémunérer un stage de six mois. Je n’ose rien dire non plus, par crainte de perdre mes misérables 400 euros. Et pour la satisfaction de se dire qu’on est allé jusqu’au bout.

Le contrat que j’ai signé stipule clairement que l’employeur n’est pas tenu de payer le travailleur indépendant, s’il juge subjectivement que le travail n’a pas été fait comme il le désirait. Je serre donc un peu plus les dents.

500 euros par mois pour une grande carrière

Lors de l’entretien de fin de période d’essai, mon séduisant directeur en costume Prada m’explique qu’ils veulent me garder, qu’ils sont très satisfaits de mon travail. Il fait même l’effort de me complimenter en français, mais pour mieux me dire que, malheureusement, ils ne vont pas pouvoir me payer 1 500 euros net comme convenu. Le mieux qu’ils puissent faire avec leur comptabilité, c’est 500. Mais qu’avec ça, une grande carrière s’ouvre à moi à Berlin.

Avec ça, j’ai l’honneur de travailler dans la culture, pour une des galeries les plus renommées de la ville, la chance d’avoir un travail là où d’autres n’en ont pas. Je lui réponds simplement que ce n’est pas acceptable d’accomplir de telles tâches dans ces conditions et pour cette rémunération. Il me demande froidement de préciser :

« Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ? »

Je prends alors conscience qu’il n’y a pas de salaire minimum en Allemagne. Et que cela n’est pas prêt de s’arranger.

Tout en envoyant des dizaines de candidatures par semaine, je travaille ensuite quelques temps, toujours en freelance, dans un call-center, dans lequel les employés sont sur écoute permanente afin de vendre du matériel inutile à des photographes déjà surendettés.

En voyant que je ne pourrai pas décrocher de vrai contrat de travail – avec des droits et un salaire décent – je me lance à la recherche d’un stage rémunéré, dans un secteur qui au moins me passionnera et sera en phase avec mes convictions. Le huitième stage de ma vie. En tant que graphiste et agent pour un collectif d’artistes, je m’occupe d’organiser leurs portfolios, de leur trouver des expositions. Tout se passe à merveille. Alors que je débute mon activité de scénariste de bande-dessinée pour la France, je reprends mon souffle et retrouve un peu d’énergie.

Chercheur sur le marché de l’art : je postule

Mars 2013. Sur un site d’offres d’emploi allemand conçu pour les diplômés en histoire de l’art, je tombe sur une annonce qui retient mon attention. Chercheur sur le marché de l’art, pour une start-up basée à Berlin. Profil recherché : compétences rédactionnelles. Bac+5 dans le domaine de l’art ou des sciences humaines. Expériences professionnelles liées à Internet. Français, anglais et allemand courants. Je postule.

Dix minutes plus tard, je reçois un e-mail de l’un des deux CEO [directeur général]. Il m’invite à un entretien via Skype le lendemain. J’accepte, tout en précisant que j’habite Berlin et qu’on pourrait donc se rencontrer. Non, me dit-il, pas le temps, par Skype c’est plus rapide. Soit. Après tout, c’est comme le cul par webcam interposée, je n’ai encore jamais essayé. Je l’ajoute donc dans ma liste de contacts.

Je passe l’entretien et commence deux semaines plus tard. Le titre de mon poste : « Country manager France ». Ma mission : dresser un rapport détaillé en anglais sur tous les collectionneurs d’art contemporain en France. Leurs pratiques, leur collection, leur psychologie... Cette start-up envisage de lancer prochainement un site internet qui soit l’unique et donc la plus grosse base de données concernant les collectionneurs du monde entier. Le but étant de vendre les informations ainsi collectées aux galeristes, artistes, institutions culturelles, etc.

Mon salaire : 960 euros brut mensuel pour quatre jours par semaine.

Silicon Allée, berceau d’une nouvelle précarité

Dix autres personnes sont embauchées sur le même poste, pour une étude sur leur pays d’origine. J’ai ainsi des collègues venus d’Inde, de Chine, du Japon, d’Espagne, d’Angleterre, des Etats-Unis, d’Israël et d’Allemagne. La plupart viennent d’atterrir à Berlin, quand ils n’ont pas émigré exprès pour ce poste. La langue officielle est l’anglais. Les locaux, à Mitte, sont vastes. Le fondateur et CEO a déjà lancé plusieurs start-up, qu’il a revendues les unes après les autres au bout de six mois. Je laisse deviner ce qu’il en est du sort des employés.

Sa dernière trouvaille ? Un site d’abonnement à des cours de fitness en ligne, avec coach virtuel inclus pour mincir sans mettre un orteil dehors. Ce jeune tout droit sorti de Harvard est présenté, du haut de ses 27 ans et de son titre de docteur, comme un modèle parmi les entrepreneurs les plus innovants de Berlin – rebaptisée, et pour cause, la Silicon Allée. Tout le Web 2.0 l’acclame. On s’imagine que grâce aux gens comme lui, le taux de chômage à Berlin va enfin baisser (il est de 12,3% contre 6,9% pour le reste de l’Allemagne, en avril 2013).

Dès mon arrivée, je remarque que nous travaillons isolés, chacun le nez sur son ordinateur portable – nos propres ordinateurs, puisque l’entreprise n’en fournit pas. Je ne peux pas m’empêcher de penser aux billets d’avion de certaines compagnies aériennes dont le prix n’inclut pas de réservation de siège... Nous travaillons donc chacun de notre côté, et les malheureux qui osent se parler sont immédiatement réprimandés par une humiliante remarque de notre manager, une brillante diplômée de Cambridge qui parle cinq langues mais n’en utilise qu’une seule pour s’adresser à nous : le verbiage.

Il n’embauchera dorénavant que des Chinois

Après quelques jours, ils décident d’instaurer un nouveau système afin de renforcer l’esprit d’équipe : sur un tableau blanc installé au centre de l’open space, nous devons tous reporter, le soir au moment de partir, notre score de la journée. C’est-à-dire le nombre de collectionneurs dont on a dressé un profil complet. Le lendemain matin, la manager le consulte puis vérifie scrupuleusement nos résultats afin de désigner le meilleur d’entre nous, grâce à un savant calcul de notre taux de réussite. Cette tâche, c’est l’essence de son travail de manager. J’ignorais qu’il fallait passer par Cambridge pour comparer des pourcentages.

Lors de la troisième semaine, alors que je commence à me demander quand je vais partir, malgré mon taux de réussite de 87,3%, le processus de « team building » monte encore d’un cran. Le CEO vient faire un tour dans l’open space. Loin de se souvenir de nos prénoms, il concentre son attention sur le tableau et commente nos scores. Il déclare la compétition officielle, ajoutant qu’à partir de maintenant, il offre au meilleur un bon d’achat Amazon d’une valeur de 100 euros.

Nous nous regardons tous d’un œil circonspect... Il annonce que cette semaine, l’heureux gagnant est notre collègue chinoise. Puis il finit par lâcher, après quelques timides applaudissements, que ce n’est pas étonnant : on sait tous que les Chinois travaillent comme des robots et d’ailleurs, il n’embauchera dorénavant que des Chinois. Il vient ensuite nous voir les uns après les autres, pour être sûr qu’on a tous bien compris. Quand vient mon tour, je lui explique que je fais de mon mieux, mais que rentrer en compétition avec mes collègues, ce n’est vraiment pas mon genre. Ce à quoi il me rétorque un « I don’t care » [je m’en fous] qui ne fait qu’un tour dans ma tête. C’est mon dernier jour.

Les caprices d’un patron prépubère

Quand je regarde les annonces des start-up, je lis avec stupeur sur chacune d’elles : « Flat hierarchy » (hiérarchie plate). Effectivement, si aujourd’hui tous les employés sont « country manager » pour moins de 1 200 euros brut par mois, si la tâche principale du manager consiste à les noter, et si tout ce petit monde est manœuvré par les caprices d’un patron prépubère, alors oui, je veux bien croire que la bonne vieille notion de hiérarchie pyramidale est pulvérisée.

Parce que les start-up permettent d’enrichir rapidement leurs fondateurs sans capital de départ en attirant des investisseurs gourmands et pressés, elles matérialisent un modèle économique qui n’a pas fini de se propager. Parce qu’elles concernent Internet et donnent à croire qu’à travers elles souffle le vent de la liberté et de l’accomplissement de soi, elles sont un secteur d’avenir. Elles incarnent tout simplement la réponse au fléchissement du capitalisme par lui-même – soit le cynisme absolu.

Que vont penser les futurs diplômés des écoles de commerce ? Que pour se réaliser, pour être-au-monde au sens où l’entendait Martin Heidegger, il suffit d’un ordinateur portable, d’une connexion internet et d’une bonne idée commerciale. Et accessoirement, d’une poignée de Chinois.

Je ne compte pas généraliser à partir de ma seule expérience. Mais il me semble qu’à mon âge, j’en ai vu assez pour me sentir triste, profondément atteinte, et affirmer que nous vivons une époque désenchantée.

 

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 17:57

 

 Le Monde.fr | 14.05.2013 à 11h51 • Mis à jour le 14.05.2013 à 17h42

 

 

 
Claude Guéant, le 8 février à l'Assemblée nationale.

A chaque jour, sa nouvelle affaire Guéant, ou presque. Après les factures en liquide réglées par l'ancien ministre, après les 500 000 euros retrouvés sur son compte en banque et qui proviendraient selon lui de la vente de deux tableaux d'un artiste pourtant évalués à un prix bien moindre, après que la presse ivorienne a repéré dans son cabinet d'avocats une autre toile, offerte lors d'une visite officielle et qu'il aurait dû restituer en quittant son ministère, l'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy fait face à de nouvelles révélations. Selon L'Express, M. Guéant aurait reçu un autre virement suspect, cette fois de 25 000 euros, en provenance de Jordanie.

Le magazine fait cette révélation dans un long article consacré aux déboires de Claude Guéant. Les enquêteurs venus perquisitionner chez lui le 27 février, dans le cadre de l'enquête sur un financement libyen illégal de la campagne de M. Sarkozy en 2007, ont en effet fait d'autres découvertes que les factures en liquide et le virement de 500 000 euros sur son compte en provenance de Malaisie. M. Guéant aurait également reçu un autre virement suspect, venant du royaume de Jordanie. Contacté par l'AFP, l'ancien ministre de l'intérieur s'est refusé à tout commentaire.

 

DES FACTURES EN LIQUIDE DE PLUS EN PLUS SUSPECTES

Toujours selon L'Express, les factures réglées en espèces par M. Guéant verraient leur montant augmenter significativement après 2007. Une information qui vient encore fragiliser sa défense, déjà bien mal en point. En effet, M. Guéant a justifié ces paiements en espèces en invoquant un "système" de primes occultes, qui aurait perduré au seul ministère de l'intérieur après 2002 et la fin de l'utilisation des fonds spéciaux pour rémunérer les collaborateurs ministériels.

Cette défense, qui fait l'amalgame entre ces primes sur fonds spéciaux et l'existence, au sein de la police, de versements de gratifications en liquide, laisse sceptique. Plusieurs anciens membres de cabinets place Beauvau ont assuré au Monde n'avoir jamais touché un centime en espèces entre 2002 et 2006.

Mais un nouveau détail vient encore diminuer la crédibilité des affirmations de M. Guéant : l'ancien ministre a précisé à plusieurs reprises, notamment sur France 2, le 30 avril, qu'il n'avait pu, avec l'aide de Nicolas Sarkozy, mettre fin à ces versements en espèces qu'en 2006. Or il semble qu'il ait au contraire augmenté les paiements en espèces après cette date.

 

Lire aussi : Fonds en liquide, la défense hasardeuse de Claude Guéant


Le magazine évoque également longuement les nombreux liens de M. Guéant avec des personnalités proches de l'ancien régime libyen présentes dans le répertoire de son téléphone, dont Moussa Koussa, l'ancien chef des services secrets libyens de Mouammar Kadhafi. Des traces écrites confirmeraient également, selon le magazine, des rendez-vous multiples avec Zyad Takieddine, sulfureux intermédiaire libanais des ventes de frégates au Pakistan, au cœur de l'affaire Karachi, ou avec Alexandre Djouhri, autre intermédiaire, notamment avec la Libye. M. Guéant aurait également organisé des rencontres entre ce dernier et Nicolas Sarkozy, à quatre reprises.

 

Lire aussi : Guéant avocats, une affaire familiale et africaine


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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 17:50

 

Le Monde.fr - Blog

A Villeurbanne, un « village vertical » comme une alternative à la crise du logement

De larges plans des appartements ornent toujours les murs qui attendent d’être peints. Le sol n’est que béton brut, les portes n’ont ni poignée ni serrure... Nous sommes alors fin mars, et les futurs habitants ont encore plusieurs semaines à patienter. Mais en juin, enfin, ils pourront emménager dans ces logements imaginés il y a huit ans déjà comme une troisième voie, capable peut-être d’apporter une réponse à la crise du logement. "La coopérative d'habitants, c’est un projet social, écologique, ouvert sur le quartier, un projet où l’on décide au consensus et où il faut travailler", résume Antoine Limouzin, 39 ans, l’un de ceux qui ont lancé l’aventure du "village vertical" en 2005.

 

Dans un des appartements du "Village vertical", encore en travaux. © Antonin Sabot / LeMonde.fr

 

"Avec l’arrivée de notre premier enfant, il nous fallait un logement plus grand. Mais nous voulions sortir du système de compétition qu’impose la course aux agences immobilières. Alors avec trois couples d’amis, on s’est mis en quête d’un bâtiment industriel à rénover", explique-t-il. Trop compliqué, trop cher : plusieurs mois de recherches infructueuses les font renoncer. Vient alors l’idée de sortir des sentiers battus pour inventer un projet plus militant. Ils créent une association et commencent à chercher des partenaires : bailleurs, élus, structures d’insertion...

C’est ainsi que leur route croise celle d’Habicoop qui cherche à promouvoir le modèle des coopératives d’habitants existant en Suisse ou dans les pays scandinaves, mais qui n’ont plus de cadre juridique en France depuis 1971. Dépassant les conceptions classiques de propriétaire et de locataire, la coopérative permet que des personnes mutualisent leurs ressources pour concevoir, construire et gérer collectivement leurs futurs logements.

 

Lutter contre la spéculation

En achetant des parts sociales de la coopérative, les habitants disposent d’un droit de vote sur les décisions importantes selon le principe "une personne, une voix". Ils seront donc propriétaires collectivement de l’immeuble où ils vont vivre. Ils paieront ensuite chacun un loyer à cette même société coopérative en fonction de la taille de leur logement : ils seront donc locataires à titre individuel de leur appartement. Une façon de lutter contre la spéculation. "On ne peut pas revendre son logement, seulement ses parts. Ce qui ne peut donner lieu à aucune plus-value, c’est dans les statuts", explique Jean-Paul Sauzède, secrétaire adjoint de l’association Habicoop. Les habitants sont séduits. "On ne savait pas à quoi on allait arriver, mais on savait qu’on allait se loger mieux qu’en passant par l’agence du coin", confie Antoine Limouzin.

 

L'immeuble, éco-conçu, se dresse au cœur d'un quartier populaire de Villeurbanne. © Antonin Sabot / LeMonde.fr

 

Le village vertical va devenir un projet pilote, et ce à plus d’un titre. Les futurs habitants nouent un partenariat avec les collectivités locales et la coopérative HLM Rhône Saône habitat (RSH) : les premières – le Grand Lyon et la ville de Villeurbanne – vont leur céder un terrain à bâtir en dessous des prix du marché ; RSH va, elle, porter la maîtrise d’ouvrage de la construction. En échange, le projet doit s’étoffer et intégrer des logements destinés à des personnes en insertion. "Construire seulement dix logements serait revenu beaucoup trop cher, indique Benoît Tracol, directeur général de RSH. L’immeuble en compte finalement trente-huit : quatorze constituent le "village vertical", dont quatre sont destinés à l’accueil de jeunes en insertion ; nous gérons les vingt-quatre autres. Eux vont se loger à un prix raisonnable, et cela nous permet à nous de créer de l’accession sociale à la propriété. Le tout, en renouant avec une dimension qu’on avait un peu oubliée de notre travail de coopérative sociale : coopérer, 'travailler avec'".

 

"Vous étiez néophytes, vous ne l’êtes plus du tout !"

Les habitants ont en effet été des acteurs à part entière de la conception du bâtiment, des choix architecturaux à celui des matériaux. "Nous n’étions pas des professionnels : pour se poser en interlocuteurs crédibles face à des experts et leur dire 'on va faire autrement', ça n’a pas toujours été facile !", reprend Antoine Limouzin. Il leur a donc fallu travailler dur pour se former sur le tas et réussir à imposer leurs idées. "Le groupe est devenu costaud", commente l’architecte Marine Morain devant les habitants réunis ce matin-là sur le chantier. "Vous étiez néophytes, vous ne l’êtes plus du tout !", lance-t-elle dans un sourire qui laisse deviner quelques réunions tendues entre les futurs habitants, l’architecte et RSH.

 

Marine Morain, l'architecte du projet, ne cache pas qu'elle même a dû revoir certaines de ses façons de travailler au contact du groupe porteur du "village vertical". © Antonin Sabot / LeMonde.fr

 

Habituée à travailler sur des bâtiments écologiques, l'architecte n'a pas vu de difficultés dans les choix d’une chaufferie à bois collective ou l’installation de panneaux photovoltaïques. La préférence pour une façade mixte bois-béton sur cinq étages posait en revanche problème en termes de normes incendies. Une innovation technique, brevetée à cette occasion, a finalement permis de s’en affranchir. Et que dire du choix des habitants de n’équiper leurs salle de bains que de douche... "Les normes de confort imposent une baignoire à partir du T4. On n’en voulait pas, c’est fini les bains !", assène Antoine Limouzin. Là aussi, ils auront gain de cause. Comme pour la réduction du nombre de places de parking obligatoires.

Certains appartements sont également plus petits que les standards avec des T5 autour de 90 m2. Ceci au profit des parties communes, volontairement plus grandes que dans des immeubles traditionnels. "Là où j’habite actuellement, tout est fait pour qu’on se croise le moins possible. Ici au contraire, l’architecture favorise la rencontre entre voisins", s’enthousiasme Cécile Cubizol, 42 ans, divorcée et mère de deux enfants, la dernière à avoir rejoint le projet il y a un peu plus d’un an.

 

La taille des appartements est légèrement plus petite que celle des standards. En contrepartie, les espaces communs sont plus grands et comportent par exemple des chambres d'amis. © Antonin Sabot / LeMonde.fr

 

"Ça ne sert à rien de rejeter la responsabilité sur Bill Gates, François Hollande ou les fabricants de polystyrène..."

A chaque étage, les paliers, ouverts et exposés plein sud, s’annoncent comme de futures terrasses où partager le soleil. Le jardin, collectif, sera planté en comestibles. Au rez-de-chaussée, la mutualisation de certains espaces permet encore des économies, en frais et en place : une buanderie avec quatre lave-linges alimentés en eau de pluie ; quatre chambres d’amis pour les hôtes de passage ; et une grande salle de réception pour accueillir fêtes ou initiatives, y compris celles lancées par d’autres habitants du quartier. Même aux plus petits détails, on a cherché ici à donner du sens.

"On avait envie de faire passer certaines idées, explique Cécile Cubizol. Exiger de la peinture écologique a par exemple obligé le peintre à s’interroger sur les produits qu’il utilisait, et qui sont d’abord toxiques pour sa santé." Face à la filière du bâtiment habituée aux normes traditionnelles et à la compression des coûts, il a fallu tenir bon. "Si on veut que ça change, il faut que tout le monde s’y mette, estime Antoine Limouzin. Ça ne sert à rien de rejeter la responsabilité sur Bill Gates, François Hollande ou les fabricants de polystyrène et d’attendre les bras croisés qu’ils donnent l’exemple. C’est aussi à nous de donner l’impulsion."

Dans le même esprit, la concrétisation de ce projet de coopérative d’habitants – la première à voir le jour en France depuis 1971 – a permis à l’association Habicoop de plaider auprès du ministère du logement pour que la future loi "Duflot", attendue à l’été, contienne le précieux cadre juridique qui manque au "village vertical", comme aux nombreux projets similaires qui fleurissent partout en France. "Le système que nous avons créé n’est pour l’instant qu’un bricolage qui ne va fonctionner que pour les quarante ans qui viennent, le temps que courra notre prêt", précise Antoine Limouzin.

 

Dans ce projet, l'implication des futurs habitants est allée très loin, jusque dans les négociations avec les artisans pour les pousser à utiliser des matériaux plus écologiques. © Antonin Sabot / LeMonde.fr

 

Valeurs parasites 

Dans les quatorze ménages qui vivront bientôt dans l’immeuble de Villeurbanne, il y a des célibataires, des couples, des familles. Ouvriers, travailleurs sociaux, intermittents du spectacle, masseur... Tous, sauf un, ont des revenus sous les plafonds du logement social. Du groupe originel, seuls Antoine Limouzin et sa femme habiteront l’immeuble. Mobilité professionnelle, divorce, aléas du projet ont fait abandonner les autres. Mais, à l’image de Cécile Cubizol, de nouveaux "villageois" ont pris le train en marche. Pour acheter ses parts, elle va vendre le 102 m2 dont elle est propriétaire non loin de là.

"Jusqu'ici, je ne m’étais pas posé la question : dans ma famille, être propriétaire est le cursus normal", raconte-t-elle. Mais une importante restructuration dans son entreprise, puis son licenciement économique ont provoqué chez elle une profonde remise en question. "Je me suis rendu compte que la société trimbalait plein de valeurs parasites, explique-t-elle. Il faudrait être propriétaire pour transmettre un patrimoine à ses enfants ? A mes yeux, ce n’est plus ce qui compte. Je veux leur transmettre des valeurs, pas des choses matérielles. Ici je vais leur offrir une expérience de vie, de solidarité, une ouverture d’esprit qui représentent beaucoup plus qu’un appartement de 102 mètres carrés !"


"Dans ma famille, être propriétaire est le cursus normal", explique Cécile Cubizol. © Antonin Sabot / LeMonde.fr

 

Enthousiaste, elle dit aussi que dans l’aventure, elle a "l’impression de grandir", d’avoir "chassé le caillou qui avait toujours été dans sa chaussure". "Ce n'est pas toujours facile, parce que nous avons tous été élevés dans une société individualiste, et dans ce projet, nous partageons beaucoup. Mais nous essayons autant que faire se peut de laisser notre égo de côté." "Evidemment qu’il y a des risques, reconnaît Antoine Limouzin. Mais beaucoup sont anticipés, mutualisés, et on aura plus de ressources pour y faire face."

Avant de partir, on lui demande ce qu’il ressent en voyant enfin cet ambitieux projet sur le point d’aboutir : "Ces huit années n’étaient qu’une gestation ! Comme pour la naissance d’un enfant, c’est maintenant que tout démarre vraiment."


Les logements devraient être livrés en juin. © Antonin Sabot / LeMonde.fr

 

Pour plus d'informations sur le "village vertical" et les autres projets de coopératives d'habitants : http://www.village-vertical.org/ et http://www.habicoop.fr/

 

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 17:45

 

 

Le Monde.fr - 14.05.2013 à 17h33 • Mis à jour le 14.05.2013 à 17h42

Par Olivier Mary

 
 
Manifestation, le 7 mai, devant une boutique Mango, à Barcelone. La marque est pointée du doigt pour s'être fournie dans les ateliers de textile de l'immeuble qui s'est effondré au Bangladesh.

Une mannequin lascivement étendue au bord de la mer ; autour de son cou, le nouveau collier de chez Mango... Une campagne de promotion banale, sur le compte Facebook de la société de vêtements et d'accessoires espagnole. Plus de 5 000 personnes "aiment ça" mais le ton des commentaires est inhabituel. "Prenez vos responsabilités, contribuez à stopper l'esclavage moderne. Je veux des vêtements beaux mais éthiques."

Capture d'écran du compte Facebook de Mango.

Une remarque qui est loin d'être isolée. Le compte de l'entreprise de prêt-à-porter croule sous les critiques venues du monde entier, et dans toutes les langues. En anglais, espagnol, français ou allemand, les consommateurs mécontents reprochent à la marque ibérique de s'être fournie dans les ateliers de textile qu'abritait l'immeuble qui s'est effondré le 24 avril près de Dacca, faisant plus de 1 000 morts.

La firme a fait part de ses "regrets", le 27 avril, sur son compte Twitter, mais ne fait pas d'annonce particulière. Et les reproches continuent d'affluer, aucun nouveau post n'y échappe. Certains internautes vont même plus loin que la simple réaction indignée : "Mango ne doit plus avoir recours à l'esclavage au Bangladesh - Pétition à signer en ligne". Un lien renvoie vers cette pétition. Une opération lancée notamment par l'ex-miss France Sonia Rolland et qui a déjà réuni plus de 40 000 signatures. Un peu plus de 8 000 étaient espérées.

Capture d'écran de Twitter.

Beaucoup de visiteurs exigent la signature de l'accord sur la sécurité incendie des immeubles au Bangladesh, initié par IndustriALL Global Union, une fédération syndicale mondiale qui représente plus de 50 millions de travailleurs dans 140 pays. Un pas déjà franchi par des sociétés comme H&M et Primark. La marque britannique, après avoir été conspuée par ses clients, s'est décidée à signer, lundi 13 mai, cette convention qui prévoit le financement par les signataires de programmes de sécurité : inspections des usines, sensibilisation des ouvriers... Le communiqué de presse figure bien en évidence sur son compte Facebook.

 

FILIÈRE LONGUE ET OPAQUE

La marque était pourtant déjà signataire de l'Ethical Trading Initiative, qui "travaille pour améliorer la vie des travaileurs pauvres dans le monde". Des vêtements Primark ont tout de même été trouvés dans les décombres du Rana Plaza. Les entreprises occidentales ont du mal à garantir une production éthique dans un pays comme le Bangladesh. Du ramassage des matières premières en passant par la teinture ou la confection, la filière textile est longue et opaque.

Lire : Bangladesh : après le drame, interrogations sur la présence de sociétés occidentales

D'autres marques se fournissaient d'ailleurs dans les ateliers de Dacca, notamment Joe Fresh et Children's Place (vêtements pour enfants). Cette dernière a depuis promis d'améliorer les conditions de travail des ouvriers bangladais. Quant à Benetton, après avoir reconnu des liens avec cette manufacture, la société a prévu de mettre en place un fonds d'aide pour les victimes. 

Alors, pour éviter scandales et mobilisations sur les réseaux sociaux, certaines marques ont pris les devants. La compagnie Walt Disney avait décidé de ne plus produire au Bangladesh après l'incendie qui avait fait 112 morts dans une usine bangladaise, en novembre 2012. Des tee-shirts Disney avait été trouvés sur place, mais la firme a toujours rejeté la responsabilité sur Walmart, qui produit certains de ses produits sous licence.

Une décision confirmée il y a quelques semaines par la direction du groupe qui ne va pas bouleverser sa production. Moins de 1 % de ses produits dérivés sont fabriqués dans le pays.

Lire aussi le post de blog : Du Bangladesh au bikini de Beyoncé

Olivier Mary

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 18:26

 

 

facebook.com/CauseAnimaleNord

 

 

Victoire ! La corrida n'est PLUS inscrite au patrimoine immatériel de la France ! Information donnée et confirmée lors de la manifestation d'Ales par le CRAC ! Inventaire en France Patrimoine-culturel-immateriel : http://www.culturecommunication.gouv.fr/Disciplines-et-secteurs/Patrimoine-culturel-immateriel/Inventaire-en-France Liste des fiches des choses inscrites au patrimoine immatériel de la France: http://www.culturecommunication.gouv.fr/Disciplines-et-secteurs/Patrimoine-culturel-immateriel/Inventaire-en-France/Inventaire/Fiches-de-l-inventaire-du-patrimoine-culturel-immateriel/%28offset%29/0 LA CORRIDA N'Y EST PLUS ! Lors de la manifestation d'Ales, Jean Pierre Garrigues du CRAC a annoncé au + de 4.000 manifestantes et manifestants qu'il avait un scoop à nous annoncer. Et quel scoop ! La corrida n'est PLUS inscrite au patrimoine immatériel Francais. Frédéric Mitterrand l'en a retiré en catimini 4 mois seulement après son inscription ! Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=vREG7f6frg4
Victoire !
La corrida n'est PLUS inscrite au patrimoine immatériel de la France !
Information donnée et confirmée lors de la manifestation d'Ales par le CRAC !

Inventaire en France

Patrimoine-culturel-immateriel
  :
http:// www.culturecommunication.gouv.f r/Disciplines-et-secteurs/ Patrimoine-culturel-immateriel/ Inventaire-en-France

Liste des fiches des choses inscrites au patrimoine immatériel de la France:

http:// www.culturecommunication.gouv.f r/Disciplines-et-secteurs/ Patrimoine-culturel-immateriel/ Inventaire-en-France/ Inventaire/ Fiches-de-l-inventaire-du-patri moine-culturel-immateriel/ %28offset%29/0

LA CORRIDA N'Y EST PLUS !

Lors de la manifestation d'Ales, Jean Pierre Garrigues du CRAC a annoncé au + de 4.000 manifestantes et manifestants qu'il avait un scoop à nous annoncer.
Et quel scoop ! La corrida n'est PLUS inscrite au patrimoine immatériel Francais.

Frédéric Mitterrand l'en a retiré en catimini 4 mois seulement après son inscription !

Vidéo :
http://www.youtube.com/ watch?v=vREG7f6frg4


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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 18:15

 

 

http://dcroissance.blog4ever.com

 

 


 

lePotiron.fr est le premier site Internet destiné à mettre en relation les particuliers et petits producteurs qui veulent échanger, vendre ou donner leur surplus de production de leur jardin ou ferme avec les personnes qui cherchent à s'approvisionner localement.Ou comment faire des économies, bien manger et rencontrer des gens sympas.



C'est une réponse adaptée aux nouvelles tendances alimentaires françaises

  •  
    • les français sont de plus en plus nombreux à cultiver leurs propres fruits et légumes, dans un soucis de qualité et d'économie: 51% des français désireraient en faire de même en 2010 selon une étude Lightspeed Research. Or la surproduction est fréquente dans les jardins, et il n'existe pas encore de débouchés pratiques pour celle-ci, autre que le don aux proches et la congélation.
    • la tendance du manger local s'accentue pour des raisons écologiques, économiques, gastronomiques et militantes, et s'appuie sur des circuits court de distribution. Mais ces circuits restent peu fédérateurs et prennent la forme de sites marchands avec abonnements très impliquants. ex : Fermier d'à coté ou Régionéo.
    • les producteurs cherchent de leur côté à développer leur distribution en directe.
    • Dans un contexte d'économique en crise et de prise de conscience écologique généralisée, lePotiron.fr est une bonne solution pour valoriser la production locale. En s'approvisionnant localement et en échangeant ses surplus de production du jardin, on évite le gaspillage, on stimule l'économie locale et on crée du lien humain.

 

http://www.lepotiron.fr/presentation

Troc Fruits & Légumes :Le forum ou les fruits et légumes de votre jardin s'échangent ! Pour une vie moins chère !

http://trocfruitsetlegumes.positifforum.com/

 

 

 

TROCALIMENTAIRE : L’avantage du troc de nourriture est profitable aux régions dites rurales car l’accès aux jardins et aux parcelles de terre y est plus facile mais bon nombre de jardins fleurissent aussi dans nos villes. (malgré l’avis souvent défavorable des maires qui y préférent des pôles économiquse générateurs de taxe professionnel)

Des produits de qualités, car les jardiniers petits ou grands ont bien plus souvent le respect pour la production que les producteurs européens et mondiaux car ils cultivent les produits qu’ils veulent trouver dans leurs assiettes, des produits de qualité, ce sont en général des produits ‘BIO’.
Ce mot est mis entre guillemets car il est devenu un terme générique de plus en plus galvaudé. Beaucoup de produits dit bio en n’ont que le nom.

D’autre part, il faut savoir que  le plus grand nombre de produits que nous trouvons dans nos assietes sont issus de culture intensive,  non respectueuse de l’environnement et des personnes qui s’en nourrissent.
99% des petits jardiniers proscrivent les engrais et autres pesticides, ils ont le respect de l’environnement.

Le troc alimentaire est peut être une nouvelle façon de percevoir l’avenir, n’en déplaise aux agences de notations et aux trust agroalimentaire.

 

http://www.trocalimentaire.com/

http://www.trocalimentaire.com/category/troc-fruits-legumes/

 


JARDI-TROC.com : échange de fruits, légumes & herbes aromatiques pour une consommation locale et abordable
https://www.facebook.com/pages/Jardi-Troc/122424841121246
telecomptoir.com : si vous désirez proposer des légumes, fruits ou fleurs
Votre potager donne trop ; que faire des fruits ou légumes dont vous n’avez pas besoin ? Votre jardin produit des fleurs en excédent ?

http://www.telecomptoir.com/potagers-surplus-jardins.php

 

 

Jardi-Troc : est un service gratuit pour les particuliers désireux d'échanger leur production jardinière. Il fonctionne comme un service d'annonces classiques.

Vous déposez une annonce décrivant les fruits, légumes ou herbes aromatiques dont vous disposez en excès et ceux que vous souhaitez en retour et vous n'avez plus qu'à attendre la réponse d'un voisin jardinier !

Si vous n'avez pas de potager, entrez votre code postal et recherchez les produits locaux disponibles près de chez vous. La solution idéale pour manger fruits et légumes frais à petits prix !Avec Jardi-Troc, accédez à une consommation locale et abordable ! 

Vous recherchez un légume particulier, postez une annonce dans la section "Je Recherche" , un jardinier répondra sans doute à votre demande .

http://jardi-troc.kazeo.com/comment-ca-marche/jardi-troc-comment-ca-marche,a1890599.html
Plantercheznous.com est un site d annonces de partage de jardins jardins à prêter et de personne en recherche d un potager à entretenir. Basé sur la convivialité et le partage des récoltes, le site propose des offres de parcelles et des annonce de jardiniers.
Mettre en relation des personnes qui ont un jardin et qui rêvent d'avoir un potager mais qui n'ont pas le temps de s'en occuper, avec des personnes qui ont la passion du jardinage mais qui n’ont pas de jardin ou de parcelle à cultiver : voici le concept de Savez vous planter chez nous ? ...
http://www.plantezcheznous.com/
  Jardins Potagers à Louer : N'hesitez pas si vous avez un bout de terrain inutilisé à le proposer à la location.Parlez-en autour de vous pour aider ceux qui n'ont pas la chance d'avoir un jardin potager...
http://potagerbio.wifeo.com/jardins-a-louer.php
 

troc-aux-plantes.com : vous indique les dates des bourses aux plantes et troc de végétaux présent en France

Ces manifestations sur le thème du jardin et des plantes
permettent à toutes personnes d'échanger ses végétaux.

N'hésitez pas à participer à ces formidables rencontres
riches de partages et d'échanges entre jardinier en herbe
et passionné botaniste, et ce, même si vous n'avez
dans votre jardin que les plantes les plus banales à faire partager.

 

http://www.troc-aux-plantes.com/index.php?page=troc-aux-plantes

http://www.troc-aux-plantes.com/index.php?page=troc-aux-plantes

  Echange de graines et plantes
Aujourd'hui nous avons sur notre site, 8842 listes d'échanges de végétaux, pour vous permettre d'échanger gratuitement
vos graines, plantes et boutures.  

Que vous soyez un jardinier passionné ou aimiez simplement égayer votre jardin avec quelques fleurs; vous devriez trouver sur notre site une plante qui fera votre bonheur ! (Echange de fleurs, fruits, légumes, arbustes, buisson...)

 

http://www.grainesetplantes.com/index.php?echange=graines-et-plantes
http://www.grainesetplantes.com/
Troc de graines entre facebookiens
https://www.facebook.com/groups/199767016728283/

 
 
 Choux-fleurs et Pissenlits  : "Notre association a pour but d'organiser des commandes groupées chez des petits producteurs locaux, pour éliminer tout intermédiaire, et également éviter le coût économique et écologique des transports longues distances. Cela permet de développer une connaissance des produits et des modes de productions, et un rapprochement producteurs/consommateurs."

http://www.chouxfleursetpissenlits.com/
Les Jardins de Cocagne sont des jardins maraîchers biologiques
à vocation d'insertion sociale et professionnelle.
A travers la production et la distribution de légumes biologiques, sous forme de paniers hebdomadaires, à des adhérents-consommateurs, ces Jardins permettent à des adultes en difficulté de retrouver un emploi et de (re)construire un projet personnel.

http://www.reseaucocagne.asso.fr/

 

Trocs Paniers

Les amapiens abonnés à la saison, peuvent échanger leurs paniers et ou leurs pains en écrivant par mail à une liste de diffusion.

Les intermittents du panier, inscrits à cette liste, reçoivent les propositions des trocs de paniers de légumes, de pains et de fromages.

 

http://www.amapdupotager.fr/association/fonctionnement/troc-paniers#

 

 

Les AMAP - Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne - sont destinées à favoriser l'agriculture paysanne et biologique qui a du mal à subsister face à l'agro-industrie.

Le principe est de créer un lien direct entre paysans et consommateurs, qui s'engagent à acheter la production de celui-ci à un prix équitable et en payant par avance.

http://www.reseau-amap.org/recherche-amap.php

Comment tous se nourrir...sans piller

 

 

 

 

Le "troc" les légumes et des fleurs.....

 

 

 

Nourrir sa famille avec son propre potager.

La recommandation habituelle est de réserver une surface de 200 à 250 mètres carrés pour nourrir une famille de 4 à 5 personnes (donc environ 50 mètres carrés par personne)

 

http://www.la-consoude-au-jardin.fr/quelle-surface-pour-un-potager.html

http://www.autarcies.com/index.php/3-lalimentation-le-jardin

http://dcroissance.blog4ever.com/blog/articles-cat-443006-529172-autonomie_alimentaire.html

 

 

Calculez la surface nécessaire pour vos besoins ici

http://www.autarcies.com/index.php/1-la-terre-et-la-pierre/surface-n%C3%A9cessaire

 

 

Autonomie Alimentaire : Il est possible de parvenir à réaliser entre 30 et 50 % de l'alimentation de base sur une période de 8 mois. Le plus difficile sera d'arriver à produire ce même pourcentage sur une période de 12 mois.... Il faudra apprendre à cultiver des précoces ou des plantes tardives avec et sans serres, à faire des conserves, des confitures, des produits séchès , des graines germées et autres..

http://dcroissance.blog4ever.com/blog/lire-article-443006-2142309-autonomie_alimentaire.html#.TuuE_ZLKXIs.facebook

 

 

 

Choix et besoins alimentaires : comment définir les objectifs de votre potager et de votre verger.

http://www.autarcies.com/index.php/3-lalimentation-le-jardin/choix-alimentaires

 

 

Permaculture : Le jardin d'Emilia Hazelip

 

 


 

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 17:17

 

La candidate écologiste à la dernière présidentielle met les points sur les « i » dans un long mail interne adressé à EELV.

À lire sur lejdd.fr (*voir ci-dessous)

 

 

lejdd.fr

 Présidentielle, Mélenchon, congrès : Joly règle ses comptes avec EELV

 

 

INFO JDD - Campagne présidentielle, manif du 5 mai avec Jean-Luc Mélenchon, direction du parti, prochain congrès :  Eva Joly s’explique dans un long mail interne à EELV que nous avons pu lire.


Eva Joly

Dans un long mail interne envoyé à EELV, Eva Joly s'explique. (Reuters)

 

C’est un long mail d’Eva Joly adressé à EELV. Une sorte de coup de gueule et de coup de poing sur la table parsemés d'un zeste d'autocritique et envoyés d’un clic juste avant le week-end du 11 mai. Sa campagne, son défilé du 5 mai avec Mélenchon, la présence des ministres écolos au gouvernement, la situation d’EELV, le prochain congrès : tout y passe. A la moulinette. "Ce texte n’est pas une justification. Pas même une mise au point", commence Joly même si le reste du mail semble crier le contraire. "Eva Joly a voulu faire un bilan de la participation des écologistes au moment des un an du gouvernement Hollande. Désormais, elle entend participer au débat interne. C'est une nouvelle séquence qui s'ouvre", explique-t-on dans son entourage.

En voici de larges extraits. Sur le mouvement d’abord, le constat est sans appel : "EELV marque le pas, comme en panne d’inspiration, comme si le souffle et l’esprit de renouveau des débuts avaient disparu.(…) Il est aujourd’hui faible en adhérent, et je crains qu’il ne soit demain, faible en influence, si la sclérose l’emporte sur l’envie de faire mouvement (…) Je refuse que notre mouvement se normalise et se dissolve dans la participation gouvernementale", note Joly.

"Mon impréparation, mon inexpérience (…) ont pesé lourd"

Alors qu’ EELV n’a jamais vraiment débattu de la dernière campagne présidentielle, Eva Joly dresse elle-même un constat assez franc, reconnaît "un échec" et aborde ses "failles" : "mon impréparation, mon inexpérience, (…) ma naïveté, ma faible connaissance du jeu médiatique ont incontestablement pesé lourd." Et d’aboutir à ce lourd constat : "Mon équation personnelle ne faisait peut être pas de moi la meilleure candidate". Dont acte

De cet échec, Joly ne compte pas porter seule la responsabilité : "il me reste dans la bouche un goût de cendres, et la désagréable sensation que Nicolas Hulot et moi même avons été instrumentalisés pour des jeux internes. (…) Une fois la primaire passée, ma victoire surprise ayant troublé le jeu, la campagne n’était manifestement plus la priorité."

«Aucune dynamique n’est possible quand on devient le punching-ball de sa propre famille»

L’ancienne candidate déplore également "la multiplication des attaques, chausse trappe, pièges et défections venus de nos rangs" qui ont "entamé le crédit de (sa) candidature". Et d’ajouter : "Aucune dynamique n’est possible quand on devient le punching-ball de sa propre famille". Enfin dans le dossier campagne, Joly évoque l’accord passé avec les socialistes : "Reconnaissons quand même que notre image de force politique différente a été écornée et que nous sommes affaiblis dans la société pour quelques temps."

 L’actuel gouvernement? Comme tous les écolos, Joly se montre critique sur son action sans pour autant appeler à en sortir. Parlant des ministres écolos, elle affirme :  "Nous devons donc les soutenir sans réserve". Avant de compléter : "Notre solidarité ne peut pas s’exercer par l’autocensure."

«Certains ont déjà décidé de me le faire payer et de m’écarter pour les prochaines élections européennes»

Sur sa participation à la manifestation du 5 mai, Joly s’explique : "Je peux comprendre qu’on affirme que manifester aux côtés de Mélenchon est une erreur. Je note au passage la grande sollicitude de ceux qui s’inquiètent hypocritement sur le mode 'Eva va se faire bouffer par Mélenchon'. Qu’ils disent les choses plus clairement : 'Eva est nulle' est le fond de leur pensée'". Elle poursuit : "Mélenchon a parlé de coup de balai, choquant les oreilles sensibles? La belle affaire! La vérité, c’est qu’il est en deçà de la réalité : un 'Karcher' ne suffirait pas à décrasser le système actuel".

Ce rapprochement Mélenchon-Joly a d’ailleurs fait naître quelques bruits de couloirs envoyant Joly sur les listes du Front de gauche aux prochaines européennes. Évoquant ces rumeurs qu’elle dément, Joly ajoute à propos des suites du 5 mai : "On me dit même que certains ont déjà décidé de me le faire payer et de m’écarter pour les prochaines élections européennes si d’aventure je décidais de me représenter". Manifestement, Joly a de bonnes sources. Pascal Durand, le chef des écolos, ne fait pas de sa reconduction une priorité, loin de là… Dans sa short list des Eurodéputés qui méritent de repartir pour une session nulle trace d’Eva Joly.

"Europe Ecologie Les Verts? J’y suis, j’y reste"

En direction de l’actuel chef des écolos, Joly adresse un tacle appuyé : "J’ai (…) entendu notre secrétaire national esquisser la possibilité d’un bloc majoritaire allant du Modem au Front de gauche dans une interview au JDD. Cette position ne me semble pas juste au regard de la séquence politique que nous vivons".

Sur le prochain congrès, l’eurodéputée prévient : "L’enjeu de ce congrès ne peut pas être de monter une opération anti-Durand ou anti-Duflot : nous devons par contre avoir un vrai débat politique sur la stratégie à mener pour retrouver la société". Mais elle avertit tout de même : "Je prendrai mes responsabilités, notamment en soutenant une motion". Au regard de la tension inamicale qui règne entre Joly et Durand, il semble évident que cette dernière ne soutiendra l'actuel chef des écolos, également ancien soutien d'Hulot. Un proche de la direction actuelle met en garde : "Le congrès, ça va être le match retour de la primaire [Joly-Hulot]. Ce qu’elle n’a pas vu, c’est qu’on a changé les équipes et qu’elle va se prendre une valise". La logique voudrait que Joly soutienne l’aile gauche du parti dont Karima Delli est l’une des représentantes. Son soutien est également vivement convoité par Pascal Durand. La jeune eurodéputée sortante devra donc faire un choix.

En attendant, Joly conclut : "Europe Ecologie Les Verts? J’y suis, j’y reste". De quoi faire des déçus en interne. "Après la manif de Mélenchon, la blague avec un collègue, c’était que le mot d’ordre 'du balai' devait aussi s’appliquer pour Eva Joly", explique un parlementaire. Commentaire aigre doux de Pascal Durand sur ce texte signé Eva Joly: "D’habitude quand on fait un texte de pré-congrès, il est signé par plusieurs personnes".

Arthur Nazaret - Le Journal du Dimanche


dimanche 12 mai 2013

 

 

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 17:09

 

 

Médiapart - Blog

 

Lyon. Trois morts dans l’incendie d’une ancienne usine occupée par des Roms

Faits divers lundi 13 mai 2013


  • Rue Audibert et Lavirotte, à Lyon

    Rue Audibert et Lavirotte, à Lyon 

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Lyon.-Trois-morts-dans-l-incendie-d-une-ancienne-usine-occupee-par-des-Roms_55257-2191814_actu.Htm

 


J'aurai du mal à écrire ce matin. 

Je vous préviens, mes mots seront maladroits.

Ce squat, je le connais. Ces gens, je les connais.

Ces enfants, je leur ai apporté des petits jouets, j'ai discuté avec certains d'entre eux qui m'ont raconté leur vie d'écoliers pas comme les autres.

Mon mari et mon amie Anaïs étaient encore là, hier, à leur rendre visite pour leur faire la lecture.

Nous avons discuté avec leurs parents, nous avons salué leurs voisins, nous avons rigolé dehors, devant les bâtiments, au soleil, au milieu des poubelles et des meubles éventrés, parlé du beau temps et du retour de la chaleur, comme si nous n'étions pas au milieu de la misère la plus désespérante.

Nous avons discuté et rigolé même au milieu de la misère et des ordures et des meubles éventrés parce que des êtres humains qui se reconnaissent entre eux, et décident de se considérer mutuellement, de se respecter, de se saluer, savent que ce bonheur et ce partage-là valent bien davantage que le confort de celui qui est venu aider, ou que la misère de celui qui a besoin d'aide.

Ce squat qui abritait près de 300 hommes, femmes et enfants roms, disséminés dans plusieurs bâtiments, dont celui de la tragédie de cette nuit, c'était celui où étaient venus se réfugier mes amis "Clara" et "Fabian". Il s'y étaient construit une cabane coquette et étonnamment sophistiquée, que Clara avait pris le temps de décorer. Chaque fois que nous venions les voir, elle avait ajouté une nouvelle touche à la décoration.

Un jour, alors qu'Anaïs et moi, invitées à déguster avec eux de merveilleux cigares au chou roumains, nous extasions sur les fleurs artificielles que Clara avait trouvées et dont elle avait orné toute la petite pièce immaculée, nous nous sommes retrouvées avec chacune une énorme gerbe de fleurs artificielles sur les bras. Clara avait absolument tenu à nous les donner, puisque nous les trouvions jolies.

Après une âpre négociation ("Mais Clara, nous les trouvons belles chez toi, dans ta maison, tu ne vas pas nous les donner! Il faut justement les garder, là, comme ça, parce que c'est si joli!"), nous avons fini par accepter de prendre les fleurs (et les vases avec), à une condition: "vos jours ici, dans ce squat, à Fabian et toi, sont comptés. Vous avez réussi, en si peu de temps, à vous refaire un chez-vous, en y mettant le soin que vous mettez pour toutes les cabanes successives que vous avez été forcés de quitter depuis votre arrivée en France, en 2009, mais nous le savons tous: ça ne durera pas. Alors les fleurs, nous les prenons, nous les gardons quelque part, et le jour où vous aurez enfin votre première vraie maison, nous vous les rapporterons pour la décorer."

Et Fabian qui se met à rêver tout haut, pendant que Clara retient ses larmes: "Oui, Anaïs, Mélikah, juste une pièce, un terrain même, et je construis une petite maison dessus, une petite maison à nous, et j'aurai le droit de travailler, et nous ferons une grande fête, tous ensemble. Une grande fête."

J'ai bien fait de reprendre les fleurs de Clara. L'îmmense entrepôt dans lequel ils avaient construit leurs cabanes, eux et six ou sept autres familles (parmi lesquels le petit S., 9 ans, aux yeux de velours, qui nous servait d'interprète roumain-français lors de conversations plus compliquées ou plus abstraites), n'est pas celui qui a brûlé cette nuit, c'était celui d'à côté (si j'ai bien compris). Mais comme les autres, ils en ont été évacués en catastophe et sans doute n'ont-ils pas pu emporter grand-chose. Tout ce qu'ils ont amassé depuis leur arrivée là-bas fin mars, après la destruction du petit squat villeurbananis où je les ai connus, ils ont dû l'y laisser. Tout est, encore une fois, à recommencer.

Nous le savions, évidemment. Mais chaque fois il y avait ces moments d'amitié dans les cabanes, avec les enfants qui jouaient, les parents qui faisaient la lessive, la cuisine, venaient discuter, offrir une cigarette, dire bonjour... je ne sais pas, je pense que ces moments avaient le pouvoir à la fois magnifique et dangereux de nous faire oublier le reste. La gravité du reste. Ce que ce pays, comme tant d'autres pays d'abondance, fait à ses démunis, sans pitié, sans égard pour leur âge, leur histoire, même leur humanité. Ces pays où le cynisme a remplacé tout le reste, et où l'on préfère considérer ceux que l'on ne comprend pas comme des rats, une vermine dont il faut se débarrasser. Une engeance dont on aime à dire, avec l'arrogance et la fierté irréfléchie du con le plus glorieux, que même en n'ayant rien, elle nous vole quelque chose. 

Il y a des jours où je saisirais certaines personnes par le collet pour les y trainer et les forcer à se mettre à genoux à même la terre battue pour regarder les enfants roms dans les yeux, regarder les efforts que font leurs parents même dans toute cette misère, regarder les cahiers d'école avec les exercices, le café qu'on offre aux visiteurs, les vêtements qui sèchent au soleil sur les cordes à linge de fortune, ces ordures qui traînent partout parce que la ville refuse de les ramasser, ces visages qui ont vu ce que personne, jamais, ne devrait voir, et qui trouvent néanmoins la force de vous offrir le sourire le plus radieusement timide du monde lorsque vous avez la décence de les saluer et de les regarder avec respect, avec bienveillance.

Vous pensez que ces pères, ces mères, ces maris et femmes, ne s'aiment pas comme vous, comme nous? Que ces enfants qui ont vu l'immeuble flamber cette nuit, entendu les cris, appris qu'il y avait des morts, ces enfants qui errent de squat en squat et qui essaient de continuer d'aller à l'école, ces enfants dont les parents n'ont pas le droit de travailler, qui ont fui un pays où ils étaient déjà des parias, pour arriver ici et voir ces choses horribles, que ces enfants sont différents des vôtres?

J'arrête. La colère m'empêche de bien écrire.

Je repense à notre rendez-vous chez le dentiste avec Clara, vendredi dernier. Nous avons passé quatre heures ensemble. Elle souffrait le martyre et en avait par-dessus la tête de cette vie. "Mélikah, je n'ai pas de maison, nous ne pouvons pas travailler, et là-bas c'est pire", me disait-elle, en me tenant la main et en essuyant ses larmes. Et elle trouvait quand même  moyen de me forcer à raconter ce qui n'allait pas de mon côté. J'étais fatiguée ce jour-là, un peu préoccupée. Elle voulait que je lui raconte.

J'arrête. C'est trop dur.

J'arrête avec en tête une image: celle du grand sac que j'avais donné à Philippe pour Clara et qu'il devait lui remettre hier, lorsqu'il est allé avec Anaïs faire la lecture aux enfants. Il y avait plein de vêtements dont certains à revendre et à troquer pour pouvoir se sustenter avec Fabian. Mais il y avait un super beau flacon de parfum que je ne porte jamais. Je sais que Clara aime le maquillage, les longues jupes qui volent, qu'elle aime sentir bon, qu'elle aime se sentir femme. 

C'est plus fort que moi, je vois le flacon de parfum, transparent, longiligne, élégant, avec cette étiquette florale, au fond d'un sac de vêtements et de chaussures, posé dans le coin d'une cabane désormais vide, au milieu des cabanes abandonnées, dans cet immense hangar où la vie a été soudain interrompue, dans l'odeur d'incendie et de mort, dans l'odeur de l'espoir qui part en fumée.

 

 

 

 

* ce texte est également disponible sur mon blog personnel, ici: melikahabdelmoumen.blogspot.fr

 

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 17:03

 

Médiapart

 

 

Matignon lance le dossier des retraites ce lundi. Jean-Marc Ayrault doit recevoir dans la journée les huit organisations syndicales et patronales, chacune séparément, pour préparer une nouvelle conférence sociale prévue les 20 et 21 juin.

Alors que la première conférence sociale en juillet 2012 avait été centrée sur le lancement de la réforme du marché du travail, qui s’est traduite par l’ANI, la seconde sera monopolisée par la réforme des retraites. Un dossier explosif sur lequel la consultation tous azimuts des partenaires sociaux ne sera jamais de trop. « Nous avons avancé la conférence à juin pour se laisser le temps afin de se concerter en juillet », explique-t-on d'ailleurs dans l'entourage du premier ministre.

Les consultations de lundi devraient donner le coup d'envoi à un marathon pour le gouvernement. Bruxelles attend des réponses rapides de l'exécutif sur la manière dont il compte résorber un déficit qui devrait dépasser les 20 milliards en 2017. Le gouvernement promet une réforme ambitieuse.

Le Medef demande une réforme d’ampleur. Il souhaite notamment la remise en cause des différents régimes de retraite, le report de l’âge de la retraite à 65 ans, l’allongement de la durée des cotisations, et une augmentation des cotisations. FO et la CGT ont déjà fait savoir leur opposition à tout allongement de l’âge de la retraite, alors que la dernière réforme datant de 2010 a porté le départ à la retraite de 60 à 62 ans.

Le gouvernement, lui, a fait connaître sa volonté de désindexer l’évolution des pensions payées par rapport à l’inflation. Cette mesure a déjà été adoptée pour les retraites complémentaires. Matignon a aussi fixé le calendrier : il entend que la nouvelle réforme des retraites soit votée d’ici à la fin de l’année.

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 16:57

 

Médiapart - Blog


Mardi 14 mai, pour pousser les députés au courage, rassemblons-nous devant l’Assemblée de 18 h 30 à 20 h 30. Edwy Plenel animera les débats et Médiapart les retransmettra en direct. Vous qui êtes en région parisienne, venez débattre avec Laurent Mauduit, Patrick Pelloux, Susan George, Pierre Larrouturou, Zalie Mansoibou, Olivier Berruyer, Bruno Gaccio, Patrick Doutreligne, Patrick Viveret et Fabien Chevalier.

30.000 chômeurs supplémentaires et 80.000 qui sortent des fichiers de Pôle Emploi mais tombent en fin de droit : tous les mois, ce sont quelques 100.000 personnes qui tombent au chômage ou "un cran plus bas". Comment se résigner à ce scandale ? Quel est le rôle de la gauche européenne : gérer l’effondrement du capitalisme dérégulé ou construire une nouvelle société, un nouveau modèle de développement ?

"Soyez Roosevelt !" demandait Stéphane Hessel à François Hollande en février 2012. Hélas, un an plus tard, le gouvernement n’a repris aucune des propositions du collectif Roosevelt 2012 et semble miser toute sa stratégie de lutte contre le chômage sur le retour de la croissance, alors même que FMI et Commission européenne confirment une nouvelle récession.

En Chine, la bulle immobilière vient d’exploser : même en augmentant de 25% en un an le ratio dette privée/PIB, le gouvernement ne parvient plus à maintenir la croissance. Aux Etats-Unis, malgré une politique ultra-agressive de la Banque centrale qui finance un déficit colossal (7% du PIB), le taux d’emploi est tombé à un plus bas historique : seuls 63% des Américains ont un emploi…

Non seulement la crise n’est pas finie mais elle menace de s’aggraver partout dans le monde. Voilà pourquoi il est urgent d’arrêter les rustines, de penser une alternative et de provoquer un sursaut au niveau national, au niveau européen comme au niveau du G 20.   

A l’Assemblée, un nombre croissant de députés socialistes se posent des questions sur la politique mise en place depuis un an : "certes la Banque Publique d’Investissement, les emplois d’avenir et les contrats de génération auront des effets positifs. Mais nous savons tous que c’est totalement insuffisant" affirmait récemment une députée devant quelques collègues. Vu le malaise des députés, un premier séminaire a été organisé fin avril, juste avant les vacances parlementaires. Mais il ne portait que sur des questions de fonctionnement. Les questions de fond ont été repoussées à plus tard…   

Pour pousser les députés au courage, pour les obliger à prendre 2 jours pour écouter tous les réseaux qui portent une autre vision de l’économie et apportent des solutions concrètes pour sortir de l’austérité et du chômage, 2 jours de débat sans tabou à organiser avant que commence la prochaine grande négociation sociale (les 20 et 21 juin), le collectif Roosevelt invite toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à un échec de la gauche à venir réveiller les députés le mardi 14 mai au soir.

Certes, nous voulons une VIe République mais, même avec la Ve, rien n’oblige les députés à s’incliner toujours devant les "technocrates" qu’ils critiquent en petit comité : en Angleterre, ce sont les députés qui viennent d’obliger le gouvernement à durcir la loi sur les banques. En France, ce sont les députés qui avaient imposé à Alain Juppé la première loi sur la réduction du temps de travail dont il ne voulait pas. Alors, pourquoi, en 2013, nos députés ne seraient-ils pas plus actifs pour préparer l’Acte II du quinquennat ?   

Pour réveiller les députés, pour les pousser à l’audace, nous serons tous les mardis devant l’Assemblée nationale du 14 mai au 15 juin.

Le mardi 14 mai, de 19 heures à 20h30, Edwy PLENEL animera les débats et Médiapart les relaiera en direct sur internet. Vous qui êtes en région parisienne, venez débattre avec Laurent MAUDUIT, Patrick PELLOUX, Susan GEORGE, Pierre LARROUTUROU, Zalie MANSOIBOU, Olivier BERRUYER, Bruno GACCIO, Patrick DOUTRELIGNE, Patrick VIVERET et Fabien CHEVALIER.

Un grand désarroi s’est emparé des députés. Certains sont tétanisés ou ne voient pas où aller. A nous, tous ensemble, de leur prouver qu’il existe une alternative crédible. A nous de les pousser au courage en montrant que nous sommes prêts à agir avec eux pour construire un nouveau contrat social. A nous de les obliger à avancer, "sans violence mais avec beaucoup de fermeté" comme le disait Stéphane HESSEL quand nous avons créé le collectif.

Stéphane n’est plus là, mais nous sommes 100.000. Alors Passons à l’action !

Vous tous qui vivez en Ile de France, rendez-vous à 18h30 place Edouard Herriot, derrière l’Assemblée. Pour tous les autres, diffusion en direct à partir de 19 heures sur Médiapart.

Bien amicalement

Le collectif Roosevelt 2012

 

Roosevelt 2012 ?

Créé en janvier 2012 à l’initiative de Stéphane HESSEL, Edgar MORIN, Cynthia FLEURY, Pierre LARROUTUROU, Susan GEORGE, Bruno GACCIO, Patrick VIVERET, Emmanuel POILANE, Michel ROCARD, Lilian THURAM, Gaël GIRAUD, Dominique MEDA, Curtis ROOSEVELT et bien d’autres, le collectif Roosevelt 2012 propose 15 réformes, concrètes et financées, pour sortir de la crise en posant les bases d’un nouveau modèle de société.

En un an, ce mouvement a réuni plus de 100.000 signataires. 50 groupes locaux sont déjà constitués en France et des antennes ouvrent à présent dans d'autres pays européens (Belgique, Espagne, Grèce...).  www.Roosevelt2012.fr

 

 

 

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