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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 02:29

 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 19:17

 

 

 

Bastamag - Services publics

 Quand François Hollande encourage la privatisation de l’eau en Grèce

Par Rédaction (14 mars 2013)

 


Lors de son déplacement en Grèce en février, François Hollande a appelé les entreprises françaises à investir dans la terre et l’eau. Dans une lettre ouverte, Save Greek Water rappelle que ces biens communs n’appartiennent à personne. « L’eau n’est pas seulement un bien commun, c’est le symbole de la justice et de la liberté », écrit ce mouvement, qui considère que l’Europe se comporte en « oligarchie anti-démocratique ».

 

 

 

« Les tyrans ont toujours quelque ombre de vertu. Ils soutiennent les lois avant de les abattre. » Voltaire, Catilina, acte I, scène 5.

 

Français, nos frères !

Le 19 février 2013, votre président, François Hollande, s’est rendu dans notre capitale Athènes. « Notre message envers la Grèce est un message d’amitié profonde, de soutien, de confiance et de croissance » : voilà ce qu’a dit votre président. Avant d’appeler les entreprises françaises à investir… dans la terre et l’eau.

François Hollande et Antonis Samaras (Premier ministre grec) parlent « d’investissements » dans la gestion des ressources en eau, ressources naturelles protégées par la Constitution grecque, qui n’appartiennent à personne d’entre nous, ni même au Premier ministre qui veut en faire commerce.

Nous connaissons bien votre combat pour la protection des biens publics et sociaux et votre sensibilisation au sujet de la gestion de l’eau. Après des dizaines d’années de gestion privée de l’eau, et bien que Suez et Veolia, les deux grandes multinationales de l’eau, aient des intérêts français, les villes de Paris, Brest, Varages, Durance-Lubéron, Castres, Cherbourg, Toulouse et d’autres, se sont battues et ont obtenu que la gestion de l’eau redevienne publique. Ces villes ont agi ainsi après avoir vécu les conséquences de la marchandisation de l’eau, la montée vertigineuse des prix, l’accès inégal aux services hydrauliques, la baisse des investissements dans l’entretien du réseau, et les pratiques monopolistiques.

Même si en Grèce les citoyens ont oublié les temps lointains de 1925, quand l’eau d’Athènes était aux mains de l’entreprise américaine Ulen, nous les plus jeunes avons étudié et réfléchi à cette question, et nous avons des inquiétudes similaires aux vôtres concernant la privatisation à venir des Compagnies des eaux ΕΥΑΘ et ΕΥΔΑΠ (compagnies de gestion de l’eau à Athènes et à Thessalonique), et de nombreux autres services municipaux selon les bruits qui courent.

Notre inquiétude grandit et se transforme en colère quand nous lisons la réponse du commissaire européen Olli Rhen aux organisations de la société civile, qui confirme que la Commission européenne promeut à dessein la privatisation dans tous les pays qui bénéficient de plans de sauvetage. Bien que cela soit totalement contraire à la Directive de neutralité concernant la propriété ou la gestion privée ou publique des services de l’eau [1], mais aussi contraire au Protocole concernant les Services publics du Traité. Dans le même temps, la Commission et le gouvernement grec font semblant d’ignorer que la Commission elle-même effectue une recherche sur les pratiques monopolistiques de Suez, Veolia et Saur.

Dans notre pays qui se trouve au bord de la faillite et qui jour après jour perd une partie de sa souveraineté et de son indépendance, où les protestations des citoyens contre le bradage colonialiste de ses ressources naturelles sont noyées sous le dogme de la « tolérance zéro », le gouvernement grec – qui a escamoté le vote des Grecs pour « renégocier » le mémorandum – considère qu’il est urgent de remplir les caisses du pays avec tout ce qui peut se vendre. Il semble qu’il vende non seulement son héritage, mais aussi une partie de son âme. Nous, les citoyens grecs, nous retournons, humiliés, aux temps du protectorat, obligés de privatiser notre eau – ce qui la rend chère et peu sûre.

Après l’impressionnant référendum italien pour l’eau, en 2011, le retour à la gestion publique dans de nombreuses villes françaises, la réglementation aux Pays-Bas en 2004 qui impose une gestion publique des services de l’eau, et la protection de l’eau par la Constitution allemande, nous ne pouvons que nous demander : l’Union européenne nous considère-t-elle encore comme des Européens ? Et nous sommes tristes, justement parce que nous sommes Européens, non seulement pour nous, mais parce que nous allons devenir contre notre volonté le cheval de Troie de la marchandisation de l’eau partout en Europe. Nous savons que le peuple français ne s’enrichira pas de l’activité des multinationales françaises de l’eau, même si elle devait s’étendre jusqu’à la dernière de nos îles. C’est pourquoi nous vous invitons à vous tenir à nos côtés. Nous ne voulons pas de ces « investissements », qui signifient privatisation des gains et socialisation des coûts. Et qui conduiront notre pays à s’endetter jusqu’à la nuit des temps.

Nous voulons vous crier du fond de notre âme que la privatisation de l’eau, en Grèce, est une question qui concerne tous les Européens qui depuis des années résistent vigoureusement à toute marchandisation des services de l’eau. C’est un pas en arrière dans notre combat pour les biens publics et pour la vie humaine. Pour nous tous, l’eau est plus qu’un bien commun, c’est le symbole de la justice et de la liberté, un héritage collectif que nous avons le devoir de protéger, pour le transmettre libre et sûr à la génération future.

En conclusion, le destin de la Grèce est aussi le destin de l’Europe. Une Europe qui se comporte en oligarchie anti-démocratique, installant une féodalité du XXIe siècle d’un nouveau genre, où la prise de décision est réservée aux lobbies.

Français, nos frères, nous les citoyens grecs, nous vous demandons d’être à nos côtés dans le combat que nous menons pour une gestion démocratique de nos ressources en eau, face à une troïka (FMI, Banque mondiale, Commission européenne, ndlr), qui décide et ordonne, et un gouvernement grec qui n’est qu’aliéné, parfois de bon gré, aux directives du mémorandum. L’heure est venue que nous donnions ensemble un nouveau souffle à la devise liberté-égalité-fraternité.

Το εναντιούμενον τω δυναστεύοντι δήμος ωνόμασται. « On appelle démos (le peuple), ceux qui s’opposent au tyran. » Thucydide (460-394 av. J.-C.).

Save Greek Water

Voir leur site

Source (en anglais) : European Water Movement

Notes

[1] Article 345 TFEU et article 171 de la Directive 2006/123/EC, en rapport avec les services de marché intérieur

 

 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 18:51

 

 

http://zad.nadir.org

jeudi 14 mars 2013, par zadist

 


 [1] 14 mars l’occupation militaire dure depuis 111 jours (pour une opération débutée il y a 149 jours). Un camarade est emprisonné depuis 106 jours


Info Chat Teigne : Info Chat Teigne : Le procès de la Chat Teigne a eu lieu à St Nazaire, le rendu du procès se fera le mardi 26 mars (On est donc tranquille jusque là). Lire l’appel à rassemblement


Info Bellevue : Un nouveau procès pour Bellevue. l’huissier est encore passe le 8 mars avec un papier pour un nouveau proces, le 20 mars a Saint-Nazaire. Jusqu’à le rendu de ce procès, la ferme ne sera pas expulsable. AGO demande des amandes de 1000€ par jour, 20 000€ pour dommage et intérêt et 2000€ de frais de justice.

Sur place, ça s’organise pour défendre Bellevue comme les autres lieux de la ZAD, et les appels à réagir partout en cas d’intervention policière sont remis au goût du jour !

Contre l’aéroport et son monde, s’ils attaquent on riposte,

Appel à actions au moment des expulsions de la ZAD et
Contre l’aéroport et son monde : s’ils détruisent notre lieu d’organisation, nous occuperons les leurs !


Un camarade est en ce moment en prison, un a été libéré et un troisième a été condamné à 6 mois avec mise à l’épreuve, c’est-à-dire qu’il risque d’être enfermé à un moment ou un autre.

Tout acte de solidarité est le bienvenu. Participer à la lutte contre l’aéroport et son monde en est un. Puis rester en contact avec les personnes incarcérées pour leur montrer notre soutien en est un autre, bien nécessaire pour rendre leur temps d’incarcération plus vivable et pour qu’ils n’oublient pas qu’ils ne sont pas tous seuls face à ce monde répressif. N’hésitez donc pas à leur écrire des LETTRES ou des cartes postales. Lire ici pour toutes les infos sur Comment soutenir les personnes incarcérées et autres inculpé-e-s

- Pour écrire à Cyril, enfermé depuis le 28 novembre, vous pouvez lui adresser vos courriers directement : Centre Pénitentiaire Quartier Maison d’Arrêt Cyril n° d’écrou 57360 rue de la Mainguais 44300 Nantes

Info procès La décision du procès en appel sera rendue le 3 Avril. Solidarité avec Cyril, qui sera libéré avant le rendu du procès...

Des nouvelles d’un camarade qui est passé par la Zad : Lutin est en prison à Rennes depuis 2 mois. Il ne reçoit pas de courrier et sa maman a eu récemment le droit d’aller le voir. Il venait souvent sur la ZAD, et demande que les copains et copines lui écrivent

Voici son adresse Lutin ecrou 3610 MA1 CELLULE 03 Centre pénitencier des hommes Rennes Vezin CS 14605 rue du petit pré 35746 Vezin le coquet cedex

Il est aussi possible de passer des messages pour les prisonniers à Rennes via l’émission de radio du dimanche midi qui passe sur canal b (94°fm) ! en laissant des messages entre 9h00 et 11h30 ! http://www.canalb.fr/genepi


Suite aux nombreux blessés de la ZAD, le collectif « Face aux armes de la Police » propose de lancer une procédure juridique devant le tribunal administratif. plus d’infos ici


Infos utiles pour venir ici

Point d’info de 10h à 20h sur le campement "Hors Contrôle" établi le long de la D81 entre le lieu dit Les Domaines (la Vache-Rit) et la Rolandière. Si vous nous rejoignez sur la zone, voyez ici. Il est aussi possible de venir directement sur la zone, par ex par la D281, et d’y croiser du monde !

- Accueil "hors contrôle" : 06 32 98 78 36
- Contact presse de la Zad : 06 38 17 36 19
- Équipe légale  : 06 75 30 95 45 : à contacter uniquement si vous êtes témoins d’arrestation, si vous êtes arrêté-e-s, et après votre libération IMPORTANT : s’il vous plait lisez le texte "en cas d’interpellation" Et surtout, refusez les comparutions immédiates !
- Équipe médicale : contactable par mail : equipemediczad at riseup.net pour toute communication non-urgente. La street médic est joignable par téléphone uniquement lors de journées d’interventions militaires/policières sur la zone ou autres "moments chauds" au 07 60 26 42 14.
- Liste du matos à ramener (mise à jour le 02/01) : disponible ici

Si jamais le Site ne fonctionne pas, on continuera la-bas : http://lazad.noblogs.org/


Les arrêtés préfectoraux

le transport de carburants, de tous produits inflammables ou explosifs et de matériaux de construction sont interdits jusqu’au 2 avril 2013 à 23h


RADIO KLAXON :

On a un streaming qui marche (même si la qualité serait mieux avec une radio qui aurait une vraie antenne) :

EXPOSITION itinérante de la ZAD

Un Territoire se défend avec tout-e-s ses habitant-e-s, Notre mémoire commune nous nous l’approprions, nous la faisons vivre. C’est notre résistance que l’on vous invite à partager ici et ailleurs - a travers cette exposition itinérante !

Pour une organisation simple, voici un Planning qui vous permette de réserver l’exposition ( une seule personne référent pour simplifier la communication ). Pour tout les gestions concernant l’expo, mail a zad@riseup.net avec le sujet "EXPO" svp !


On est pas tou-t-e-s francophones, (les claviers non plus), ni bien réveillé-e-s, ni toujours en top forme d’activité cérébrale, ni doué-e-s en orthographe ou grammaire ou syntaxe ou... bref, merci de votre indulgence quant à la lecture de ce site internet

Infos du jour

19h19 INFO : Le camarade qui est passé en procès à Nantes aujourd’hui aura son rendu le 28 mars, pour l’instant le proc demande 4 mois de sursis pour violence et menace et 300 euros d’amendes pour le refus d’ADN.

Reçu :

MIOM enfouis dans les tranchées d’assainissement de Coat Pin à Riec sur Belon (29) au mépris des règlements en vigueur (au regard de la nature hydromorphe des sols de ce secteur.)

Eurovia a comblé une partie des tranchées d’assainissement avec du Machefer d’Incinération d’Ordure Ménagère (MIOM)

Motifs : ça leur coûte moins cher que des gravillons de carrière (pas très écologique non plus d’ailleurs tout cela ...) gratuit (la collectivité cherche a s’en débarrasser à moindre frais) et subventionné par l’ADAME pour la prise en charge du transport.

Au point où ils en sont ils se dégoteraient bien des zones imperméabilisées pour en planquer un maximum dessous : la zone bocagère de NOtre Dame serait ainsi transformée en décharge de classe XXX

A Coat Pin nous venons d’en faire les frais. Nous nous battons contre la municipalité pour qu’elle fasse retirer les MIOM par EUROVIA/VINCI.

Et ce n’est pas gagné ! Parce qu’entre les intérêts politiques et financiers, la préservation de l’environnement et la santé des personnes ne valent pas grand chose ...

Veiller au grain. Les enfouissements de MIOM feront partie des scandales à venir et peut-être avant ceux du nucléaires ...

Leur blog : http://miomacoatpin.blogspot.fr/

Reçu : Article sur un syndicat de flic qui propose des solutions pour faire des économies, on y apprend le coup des CRS à NDDL de 1.4M d’euros (par jour ?) ! ICI

Reçu 15h12 Quelques articles qui piquent...

Article publié dans presse océan ( Attention ça fait mal aux yeux..) Auxiette se lâche... ICI

Article sur : Pourquoi est-ce que les gens ne se mobilisent pas ? » Entretien avec le sociologue Franck Poupeau ICI

Article de libération : "Début des travaux du barreau routier : fin Mars - Début Avril" , plus d’infos et d’actions en venant se balader par ici...

PDF - 348.6 ko

14h15 : Incroyable le Muséum National d’Histoire Naturelle semble en pleine de reconversion... Il embauche et voila ce qu’il propose :
- un poste pour faire la promotion des bienfaits écologiques de VINCI "qui multiplie les actions en matière de développement durable et de prise en compte de la biodiversité." Lien ici
- un poste pour EDF"qui multiplie les actions en matière de biodiversité." liens ici On vous invite grandement a leur dire ce que vous pensez de leur vision de l’écologie.

14h00 : Demande de soutien à Lyon à l’Université Populaire Autogérée Expulsion prévue le lundi 18 mars. Au programme résistance créative et cabanes dans les arbres. Expulsion et Résistance prévues Lundi 18/03/2013 Nous étions en train d’attendre, c’est arrivé : L’huissier est passé aujourd’hui le 13/03/2013. Nous sommes prévenus : L’expulsion aura lieu Lundi 18/03/2013. www.lyon-alternatif.fr

Au programme Réunion exceptionnelle jeudi 14/03/2013 à 20h au chateau pour organiser la résistance. Déménagement final Samedi 16/03/2013 à partir de 10h (Camions, Bras, et Voitures bienvenue !) Occupation créative et chantier collectif tout ce week-end Manifestive Samedi 16/03/2013 jusqu’à la Mairie de Villeurbanne avec dépôt de la pétition. Soutien Résistant Lundi 18 heures dès 6h !

12h00 : Tout est calme sur la Zone, aujourd’hui un camarades passe au tribunal, on publiera le rendu dans la journée si il n’est pas reporté. Il fait beau, ca construit comme d’habitude..


 

pour trouver les RDV à venir des différents collectifs



 

pour trouver les RDV quotidiens ou réguliers des collectifs,

Documents joints

Notes

[1] Aujourd’hui

 

 

 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 18:45

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=e18Cbya_aA8

 

 

Keny Arkana - Indignados Street Clip

 

Publiée le 11 déc. 2012

Keny Arkana - Indignados
Streetclip: Mescalito

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 18:39

 

http://www.autrefutur.net/Pourquoi-est-ce-que-les-gens-ne-se

 

autrefutur.net

11 mars 2013 par Fabien D


Franck Poupeau a publié récemment Les mésaventures de la critique aux éditions Raisons d’agir, dont il s’occupe depuis le milieu des années 2000. Ce livre porte un regard sans complaisance sur les écueils d’une militance anticapitaliste qu’il considère actuellement peu en prise, trop souvent, avec le monde social et peu à même, en conséquence, de le transformer. Proche de Bourdieu dans les années 1990 alors qu’il était encore en thèse de sociologie, Franck Poupeau exprime par ailleurs un intérêt pour les luttes syndicales dans une perspective anticapitaliste et une critique des logiques de délégation politique qui ne pouvaient qu’intéresser AutreFutur. Cet entretien fait le point sur ses préoccupations, dont une caractéristique est de ne pas hésiter à trancher avec l’air du temps.

Autre Futur : Bourdieu considérait qu’une forme de pseudo-neutralité idéologique pouvait servir d’alibi au désengagement des sciences sociales, retranchées dans « les facilités vertueuses de l’enfermement dans leur tour d’ivoire ». Es-tu d’accord avec cette idée ? Comment situes-tu ta démarche par rapport à l’engagement politique et aux exigences des sciences sociales ? Comment considères-tu, de ce point de vue, le contexte actuel ?

Franck Poupeau : C’est une discussion très compliquée. Cette tension entre science et engagement ne peut pas vraiment être supprimée. Il faut défendre, d’une part, ce qu’on peut appeler l’autonomie des champs scientifiques, surtout dans le contexte actuel, où depuis une dizaine d’années, il y a une montée très forte des recherches appliquées, des recherches financées par les décideurs politiques et les services administratifs des ministères (Emploi, Éducation, etc.). Il faut maintenir une autonomie de la recherche, c’est-à-dire cette capacité de la recherche à se fixer elle-même ses problématiques, ses méthodes, ses modes d’évaluation (les jugements par les pairs, etc.). Même si ce n’est pas parfait et qu’il peut y avoir des dysfonctionnements. C’est une partie du problème.

En même temps, l’effet pervers des logiques actuelles de professionnalisation et de spécialisation des recherches dans des sous-disciplines, c’est de perdre de vue l’idée que, comme disait Durkheim, « la sociologie ne vaudrait pas une heure de peine » si elle ne servait à rien, si elle n’avait aucune répercussion. C’est une tension qui n’est pas facile à tenir. Je vois une façon de la tenir en réaffirmant le fait que plus on est scientifique, plus on est politique, au fond : plus on arrive à démonter certains mécanismes de domination - puisqu’il s’agit de ça en sciences sociales, sinon je n’en vois pas l’intérêt si c’est pour étudier des choses dans le vide ou sans intérêt politique -, plus on a des effets politiques. Une sociologie qui fixe de manière autonome ses problématiques et qui, par le même coup, arrive à démonter des structures de domination, structures symboliques, structures de domination au travail, etc., ne serait pas seulement un vœu pieux ou une figure de rhétorique : ce serait une façon de tenir ensemble cette dualité.

Le contexte actuel rend la tension encore plus difficile à supporter. Il y a aujourd’hui une pression très forte des financements de la recherche appliquée, en particulier des financements européens. Ces financements orientent totalement la recherche dans un sens d’ingénierie sociale, applicabilité pour les « décideurs ». Il faudrait étudier davantage les structures politiques, académiques de la recherche pour pouvoir répondre complétement. Il y a finalement une situation de double bind : contre la spécialisation de la discipline, il faut maintenir une exigence d’intérêt politique global, mais contre les demandes politiques extérieures, il faut maintenir une exigence d’autonomie. Il faut naviguer entre les deux, ce qui rend désormais la réponse compliquée...

AF : Tu as fréquenté Bourdieu à l’époque de sa plus grande exposition publique et politique. Je me souviens qu’on pouvait lire au début des années 2000 des textes de toi sur les luttes, le syndicalisme dans des revues comme Agone, Alternative libertaire, de même qu’aujourd’hui dans Autrefutur... Penses-tu qu’il y ait toujours quelque chose de pertinent, de façon générale, dans la tradition syndicaliste révolutionnaire, anarchosyndicaliste ou certains courants sociaux "libertaires" ? Est-ce que tu trouves dans le travail de Bourdieu (voire dans vos échanges de l’époque) quelque chose allant dans ce sens ?

FP : Pour faire le lien avec la question précédente : il faut se rappeler que Bourdieu s’est engagé politiquement dans les années 1990 de façon très publique, puisqu’il était professeur au Collège de France, avait publié la Misère du monde, puis est intervenu dans les grèves de décembre 95 - en fait, il a toujours fait des textes politiques depuis l’Algérie, il a pas arrêté d’en faire dans les années 1970-80 avec moins de notoriété, c’était moins visible. A partir de 1995, c’était un contexte où il y avait un matraquage médiatique, via les journaux, la télé, en faveur des politiques néolibérales menées par des intellectuels, journalistes... Au sommet de sa notoriété scientifique et sociale, Bourdieu les critiquait beaucoup car il considérait qu’ils détruisaient l’autonomie du champ scientifique, en particulier les « experts » et les économistes contre lesquels il se battait beaucoup. C’est pour ça qu’il investissait son capital scientifique dans la lutte. Il voulait rompre avec le schème suivant : l’économie, ce n’est pas la science contre les passions populaires, et donc il faut que les mouvements sociaux s’arment des acquis des sciences sociales en particulier pour pouvoir gagner la lutte face à cette expertise, qui s’imposait avec une violence symbolique extrême. Une partie des Les mésaventures de la critique est axée sur l’analyse de la violence symbolique qui est une notion fondamentale pour comprendre les enjeux de l’engagement de Bourdieu : sans sa perception de la violence symbolique du discours d’expertise économique par exemple, il n’aurait pas autant engagé sa notoriété scientifique, destinée à appuyer la dimension de « connaissance » des mouvements sociaux. S’il s’est engagé comme savant en faisant valoir les outils des sciences sociales, c’est pas du tout pour dire « c’est moi qui ai la vérité » (comme le prétend Rancière, qui plaque une critique un peu grossière façonnée sur Althusser au cas Bourdieu), c’est pour dire qu’il y a des modes de domination parfois invisibles qui sont très délicats à cerner, pas faciles à vaincre, que les sciences sociales permettent de dévoiler et de combattre. Il n’y a pas de privilège des sciences sociales, il y a juste des outils qui peuvent être utilisés dans les luttes sociales, si les mouvements daignent se les approprier... Quand Bourdieu disait ça, les gens qui étaient les plus proches de ces positions-là, qui le comprenaient le plus étaient souvent les fractions les plus cultivées, les plus savantes et les plus « intellos » du mouvement social : il y avait des gens de SUD, des gens de l’anarcho-syndicalisme, qui avaient une culture politique, qui faisaient de la socio, etc. Quand Bourdieu avait lancé le mouvement social européen, il y avait toute la gauche qui était présente, depuis les Verts jusqu’au PCF et tous les syndicats. A la fin de l’initiative, on a terminé juste avec les gens de SUD, quelques associations comme Droits Devants, etc. Ceux qui étaient les plus disposés à entrer dans une lutte non purement « organisationnelle ».

Un thème présent chez Bourdieu est celui des effets de la représentation politique que l’on retrouve dans sa critique, à partir des années 70, des organisations politiques et aussi des syndicats. Dans les textes, dès 82/83, on trouve une critique du PC et de la CGT. C’est aussi une déception sur l’évolution de la CFDT à l’époque. On trouve dans Interventions. 1961-2001 (Agone), un texte de cette période intitulé « Retrouver la tradition libertaire de la gauche ». Il a toujours dit être plus sensible à ces formes de luttes syndicales au mode organisationnel anti-hiérarchique qu’à l’idée de retrouver la figure de l’intellectuel « compagnon de route », associé à un parti, etc. En 2010, un texte a été publié dans Agone, à propos de la Pologne dans les années 1980. On le voit intervenir aux côtés de la CFDT sur ce sujet, tout en s’en distançant, voyant déjà son évolution dans le sens d’un syndicat non plus de lutte, mais d’accompagnement des évolutions du capitalisme. J’applique cette lecture, dans le premier chapitre de mon livre, à un certains nombres de dérives de l’« altermondialisme », où la spécialisation de certains porte-paroles ont des effets néfastes sur les orientations même du mouvement anti-capitaliste.

AF : N’est-ce pas une limite que de constater que cette critique, dont tu donnes un exemple avec le mouvement social européen, ne va toucher que des gens qui sont plus cultivés, etc ?

FP : Oui, c’est une limite évidente. Elle tient à des lois sociologiques, le lien direct entre la possession de capital scolaire et la propension à entrer en politique. Si des grosses organisations politiques font du travail militant de diffusion sans faire du travail d’éducation populaire, d’éducation politique, les gens ne peuvent pas accéder à ce discours non plus. Ce n’est pas un discours très facile à tenir et à soutenir concrètement, il ne faut pas se voiler la face. Bourdieu critiquait beaucoup le PC et la CGT pour avoir cassé le mouvement ouvrier notamment par anti-intellectualisme. Par rapport à ça, quelques organisations, quelques associations, quelques syndicats n’ont pas développé cet anti-intellectualisme ouvriériste qui a traversé le mouvement ouvrier français au vingtième siècle, dont on trouve l’écho jusque chez Rancière aujourd’hui ou chez d’autres intellos qui reprennent les vieux arguments de l’anti-intellectualisme pour conforter leur position intellectuelle. Cela peut séduire ceux des intellectuels qui sont souvent intellectuellement dominés. C’est sans doute un peu simple de dire ça (Rancière a une vraie œuvre à côté), mais ce n’est pas faux... Ce type de position « anti-intellectuelle » est en revanche très « esthétique », car la façon de dépasser tout ça, c’est l’esthétique. T’es contre l’intello académique, contre le savant, mais t’es un intello, alors qu’est-ce que tu fais, t’écris sur le cinéma. Tu n’as plus que ça à faire. C’est vite dit mais voilà... Je vois ça souvent, chez des gens à prétention intellectuelle (tout à fait légitime) mais qui n’ont pas accès à des postes académiques ou à des consécrations académiques : le refuge dans des formes de contestation culturelle.

AF : Pour revenir aux questions de positionnement politique à partir de Bourdieu, on pourrait aussi aborder la question de l’État...

FP : La question de l’État a été reposée par un camarade anarchiste, Thierry Renard, d’Alternative libertaire et de Sud. Il disait « les libertaires n’ont jamais affronté véritablement la question de l’État ». Récemment, j’ai eu une très bonne critique de mes Mésaventures dans je ne sais plus quelle revue libertaire. Mais je n’avais effectivement pas mis « mort à l’État, mort aux vaches », donc même si le livre était très bien lu et le critique d’accord avec plein de trucs, il disait quand même que j’avais une vision « léniniste » des choses... Je n’invente pas, c’est le mot employé… Cela renvoie de toute façon au fait que la question de l’État est compliquée à poser, même dans le cadre de la sociologie de la domination de Bourdieu. Il montre du reste dans son cours Sur l’État, que l’on a publié l’an passé, que l’État est une réalité ambivalente. C’est un vecteur d’universalisation, donc, à certains égards, de libération mais, en même temps, un vecteur de domination ; il unifie et en même temps produit une division du travail de domination : l’envers de cette libération, c’est la colonisation de tout ce qui est non-universel - aussi bien la réalité béarnaise que la réalité kabyle. L’État écrase tout ça au nom de l’universalité, et en même temps l’universalité contribue à produire de l’émancipation, paradoxalement. C’est ce qui est compliqué à comprendre : ce n’est pas parce que, dans les années 70, Bourdieu critique la reproduction des inégalités scolaires, via le système d’enseignement, en tant que c’est une institution d’État, qu’il ne va pas dire que l’État peut être la garantie d’un certain nombre de libertés, d’accès à des processus plus universels, et défendre l’État social en décembre 1995. Ce n’est pas parce qu’il faut critiquer le démantèlement de l’État social depuis les années 90 qu’il faut prôner le retour à l’État tel qu’il fonctionnait auparavant non plus, ce même État dont on critiquait la fonction de reproduction des inégalités. Le problème, c’est d’inventer des formes de garantie du « public », du service public, de l’espace public, de la protection sociale universelle, etc., sans retomber dans le même type d’État qu’auparavant. C’est une question que Bourdieu posait. C’est une question, je le note dans mon introduction, que la gauche n’arrive pas à se poser. Une des grosses erreurs des mouvements sociaux depuis les années 90, c’est d’avoir défendu les services publics en ne posant pas la question de la forme d’État qui doit accompagner les services publics. Si c’est pour revenir à l’État social précédent, que les mêmes militants critiquaient fortement dix ans plus tôt, on peut effectivement se demander si cela en vaut la peine. Les réformes de l’État ont précédé la réflexion des gens de gauche (il y a eu des numéros récents des Actes de la recherche sur « Le conseil de l’État ») et ont produit une transformation interne de l’État qui prend le contre-pied des solutions qu’on pourrait proposer : dans un sens managérial, complétement évaluateur, d’une destruction de l’État social, au profit de l’État pénal, de l’État fiscal, etc.

AF : Ton livre Les mésaventures de la critique remet en question les discours de critique sociale pratiquant l’idéalisation, en quelque sorte, des résistances populaires spontanées, qui empêchent, à ton avis, de poser clairement la question de la construction de mobilisations collectives. Peux-tu préciser cette idée ? Comment conçois-tu, en conséquence, la possibilité d’une mobilisation collective émancipatrice ?

FP : Ces idées sont liées à mon expérience bolivienne, où j’ai vécu ces dernières années. Il faudrait mettre cela en perspective en France avec l’histoire du mouvement ouvrier, des structures d’encadrement, des comités locaux d’entreprise, des cellules locales du PC... Je partirai plutôt de choses que je connais plus directement. Je suis en train de finir un livre sur les guerres de l’eau en Bolivie, souvent présentées comme une sorte de rébellion anticapitaliste : l’image du brave bolivien, plus ou moins d’origine indienne, donc spontanément rebelle, spontanément anticapitaliste parce que, soit disant, il a une relation plus proche avec la Terre Mère... On trouve ça aussi bien dans le discours indianiste local bolivien que dans l’idéalisation, depuis l’Europe ou les USA, de ces conflits environnementaux. J’ai vu ça par exemple chez les anthropologues étasuniens. Or, la guerre de l’eau n’a rien à voir avec une mobilisation spontanée. Pendant des décennies, les agriculteurs se sont organisés, notamment par rapport aux problèmes de sécheresse et aux politiques publiques promises mais qui n’étaient pas menées. Quand la privatisation est survenue et que, en plus, elle les empêchait de récolter l’eau de pluie, ça a été, si je puis dire, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Tous les groupements qui étaient prêts sur place, y compris en liaison avec des travailleurs de la ville, se sont mobilisés rapidement – d’autant que c’est une zone où il y avait déjà eu la révolution nationale dans les années 50, il y avait une vieille tradition militante, renforcée par l’arrivée des militants mineurs expulsés des mines dans les années 80. Tout cela a généré un ensemble explosif qui a produit une mobilisation sans précédent et expulsé une grosse entreprise anglaise. Cela n’a rien à voir avec une sorte de mobilisation spontanée, dont le très beau film, du reste, Même la pluie, donne une image très idéalisée. Tout d’un coup les gens se dressent contre l’entreprise parce qu’il n’y a plus d’eau dans le robinet... Ce n’est pas du tout comme ça que ça se passe... La preuve, qu’est-ce qui a fait que, au même moment, dans d’autres endroits où l’eau était privatisée et où les conditions étaient peut-être plus dures, les gens ne se rebellaient pas ?

Les sciences sociales n’ont pas pour vocation d’exalter les mouvements sociaux. Or beaucoup d’intellectuels s’engagent de façon non armée sociologiquement. Il ne s’agit pas de faire l’éloge des dominés qui se révoltent, c’est-à-dire de faire des papiers super spécialisés d’un côté, et, ensuite, des interventions dithyrambiques sur les dominés, que ce soit les femmes, les homos, les indiens ou n’importe qui d’autre. Le problème est de se demander, au contraire, pourquoi est-ce que, dans la plupart des cas, les gens ne se mobilisent pas, lorsqu’ils auraient tout intérêt à se mobiliser... C’est un peu l’équivalent de la question que posait Thomas Franck à propos des États-Unis quand il se demandait pourquoi les milieux populaires votent à droite. Bourdieu apporte des éléments de réponse qui ne sont jamais discutés, ni par les sciences politiques ni par les militants, notamment avec le lien qu’il établit entre capital scolaire et politisation. Dans quelle mesure est-ce que ce lien fonctionne, comment se fait-il que des gens qui n’ont pas de capital scolaire se politisent ? Comment expliquer les exceptions ? D’où l’idée de « capital militant », qui se réfère à des formes de capital scolaire qui sont acquis à l’intérieur des organisations. Quelles sont les conditions de possibilité de cette mobilisation ? On est sur une relation précise, observable, discutable, réfutable. Il y a une relation statistique qui est établie dans des contextes sociaux donnés, étudiés par Bourdieu. Est-ce que c’est vrai, quelles en sont les limites ? Quand la « loi sociologique » est rompue, arrive-t-on à en rendre compte ? C’est ça qu’il faudrait poser comme question au lieu de lancer des anathèmes politiques. Ce n’est jamais discuté alors que c’est un des points les plus importants de l’œuvre de Bourdieu, je trouve. Cela se trouve dans La distinction, qui est aujourd’hui l’œuvre de sciences sociales la plus citée au monde.

AF : L’intérêt de ton bouquin est d’inciter à faire un bilan "militant" de ces dix dernières années. Tu portes ton analyse critique sur, par exemple, l’orientation socio-libérale d’une certaine "gauche", les mouvements épisodiques ne vivant que de leur médiatisation, les grèves défensives sans soutien populaire d’ampleur, le retrait des logiques d’implantation militante syndicale au profit d’activités plus culturelles de contestation, l’absence de jonction entre différentes luttes "minoritaires" et des mouvements sociaux liés au travail, les logiques de construction de petite communauté utopique au détriment des logiques collectives de construction de mobilisations plus massives. Peux-tu revenir sur ces différentes questions ? En quoi cette conjoncture te parait-elle problématique et quels en sont les enjeux importants ?

FP : Pour faire le lien avec la question précédente, la gauche critique, la gauche radicale, en général, ne voulant pas poser ce genre de question, reste dans le présupposé de l’autonomie des dominés. Elle occulte donc la question des conditions sociales d’accès à la politisation. C’est la critique que je porte et cela rapproche, selon moi, des courants aussi disparates que le postcolonialisme (surtout dans sa forme militante française), ce que j’ai appelé le « populo-ouvrièrisme » à la Rancière, le postmodernisme, etc. Cela amène un autre constat. Ne se posant pas cette question-là, qu’est-ce qu’ils font ? Il n’y a pas d’analyse précise des conditions actuelles de la politisation. Qu’est-ce qui avait fait la force du mouvement ouvrier, parmi les luttes les plus dures et les plus intéressantes, aussi les plus réprimées, aux alentours du XIXème-XXème siècle aux Etats-Unis, comme en France et en Europe ? C’étaient des luttes sur le lieu du travail. La critique que fait quelqu’un comme Ben Michaels, auteur de La diversité contre l’égalité, même si elle est un peu raide, qui dit que « voilà, maintenant vous privilégiez les luttes culturelles, les luttes pour la diversité, les luttes de défense des minorités sur les luttes du travail et en ça vous faites le jeu des dominants », demeure un impensé très fort, elle rend les gauchistes complètement dingues. La question qu’il faut se poser, ce serait alors la suivante : à partir du moment où une des conditions principales de la politisation était que les luttes, parce qu’elles étaient menées sur le lieu de travail, fournissaient le plus d’encadrement direct possible, que ce soit un syndicat, un parti, etc., comment les remplacer ? Comment fournir des formes d’encadrement à la fois efficaces et émancipatrices ? Bien sûr, je sais que plein de gens n’aiment pas le mot « encadrement », je ne dis pas de « contrôle ». Je parle d’éducation politique, d’éducation populaire, de formation militante. Ce dernier terme évoque plutôt le côté intellectuel, mais la politique c’est aussi des routines, des techniques, c’est aussi savoir être membre d’une assemblée, parler en public, rédiger un tract, etc. Quelles sont les forces sociales qui pourraient permettre de retrouver des conditions de politisation, sinon équivalentes à ce qui a existé dans le passé dans le milieu du travail, en tout cas mobilisatrices par rapport à des milieux populaires en déshérence ?

Je ne l’ai pas écrit comme ça dans le livre car je ne le voyais pas aussi clairement. Mais de ce côté-là, les gauches critiques et radicales se réfugient dans des pis-aller. On va dans des associations pour les immigrés : c’est très bien, il faut le faire, mais c’est pas avec ça qu’on va mobiliser plus largement. On fait des petites communautés utopiques, c’est très bien aussi, mais c’est pas ça qui va mobiliser plus largement puisque ces petites communautés n’existent que par opposition avec le reste. C’est un des grands désaccords avec des amis libertaires par exemple. En gros, c’est bien beau d’agiter le panier de légumes bio, etc., mais ça résout pas le problème de la grande distribution, à partir du moment où 98% des gens n’ont pas accès à ces formes de panier bio... Je caricature peut-être un peu... Je ne dis pas qu’il ne faut pas mener de luttes culturelles, de luttes identitaires, et je pense qu’elles sont tout à fait compatibles avec les luttes du travail. Mais il faut faire en sorte que, dans tous les sens, ce soit compatible. Le mouvement ouvrier ne les a pas forcément rendues compatibles auparavant. Mais, inversement, les mouvements gays, pour les immigrés, pour les femmes, etc., se présentent un peu sans faire le lien avec le reste ou en ne faisant que des liens rhétoriques. On a de la conscience mais on n’a pas plus d’efficacité politique. Après c’est un peu vite dit et je ne suis pas le mieux placé pour parler de tout ça, loin de là. C’est ça qui est dur, parler de ces questions là sans donner l’impression de faire la leçon à tout le monde ! Je livre une analyse, après ce que font les gens dans les luttes pour les sans-papiers, etc., je serais incapable de mener le même niveau d’engagement et elles sont nécessaires. Mais il faut mener une réflexion globale, se demander comment créer du global à partir du particulier. Par contre, ce qui est difficilement supportable et qui nuit à ces luttes c’est la bonne conscience qui va avec tout ça.

 

Propos recueillis par Fabien Delmotte

 


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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 18:09

 

 

Médiapart

 

 

C’est un camouflet pour la justice française, et une piqûre de rappel contre les années Sarkozy et leur présidentialisme hystérique. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a, ce 14 mars, condamné la France pour violation de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme sur la liberté d’expression.

C’est une des suites de l’affaire du « Casse toi pov’con ! » lancé à un citoyen par Nicolas Sarkozy, au salon de l’agriculture, en février 2008, qui a motivé cette décision spectaculaire.

 

 

Lors d’un déplacement du chef de l’Etat à Laval (Mayenne), le 28 août suivant, le citoyen Hervé Eon avait brandi un petit écriteau reprenant la fameuse mention « Casse toi pov’con ».

Le 6 novembre 2008, le tribunal de grande instance de Laval déclarait Hervé Eon coupable du délit d’offense au président de la République, et le condamnait à une amende symbolique de 30 euros avec sursis. Un jugement confirmé par la cour d’appel d’Angers le 24 mars 2009.

La cour d’appel estimait notamment que le prévenu ne pouvait invoquer la bonne foi, dans la mesure où il était militant socialiste, et avait exprimé sa colère après l’expulsion d’une famille turque en situation irrégulière en faveur de laquelle il s’était mobilisé.

Le pourvoi d’Hervé Eon ne fut pas admis par la Cour de cassation. Il s’est donc tourné vers la CEDH.

 

 

Ce 14 mars, la juridiction européenne a reconnu que sa pancarte était offensante à l’égard du chef de l’Etat, mais a estimé que le principe de la liberté d’expression devait l’emporter. En l’espèce, ses propos ne visaient pas tant la personne du chef de l’Etat que son statut, sa politique et ses propos publics.

La CEDH a donc jugé que la condamnation du citoyen Eon constituait une « ingérence des autorités publiques » dans son droit à s’exprimer.

« La cour rappelle en effet qu’un homme politique s’expose inévitablement et consciemment à un contrôle attentif de ses faits et gestes par les citoyens et doit, par conséquent, montrer une plus grande tolérance vis-à-vis des critiques à son égard », écrit la CEDH.

« De plus, en reprenant à son compte une formule abrupte utilisée par le président de la République lui-même et largement diffusée par les médias, puis reprise et commentée par une vaste audience de façon fréquemment humoristique, M. Eon a choisi le registre satirique », lit-on encore.

« Ce mode d’expression était une forme de commentaire visant naturellement à provoquer et à agiter, toute ingérence dans le droit de s’exprimer par ce biais doit être examinée avec une attention particulière. »

« Ainsi, le recours à une sanction pénale à l’encontre de M. Eon était disproportionné au but visé et n’était donc pas nécessaire dans une société démocratique », tranche la Cour. La France peut, éventuellement, faire appel de la décision de la CEDH.

 

On peut lire l’arrêt de la CEDH ici

 

 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 18:03

 

Rue89 - Big Brother 13/03/2013 à 22h17

 

 

La police pourra-t-elle bientôt, avec l’accord d’un juge, écouter (et regarder) les conversations téléphoniques sur Skype ? C’est une des conséquences envisageables si le service Skype, propriété de Microsoft, se déclare comme opérateur téléphonique.

L’Arcep a saisi le Procureur de la République de Paris mardi matin pour y contraindre le service de téléphonie en ligne, qui compte plusieurs centaines de millions d’utilisateurs dans le monde.

D’autres pressions sur Skype

Depuis plusieurs mois, la Fédération française des télécoms exerce un lobbying intensif en faveur d’une nouvelle fiscalité des acteurs d’Internet et notamment sur les services dits « Over the top », dont Skype est un bon exemple.

Plusieurs fois par le passé, l’autorité des télécoms a formulé cette demande sans pour autant recevoir une réponse favorable de la part de Skype, qui considère ne pas rentrer dans les critères fixés par la loi française.

Le service permet de passer des appels téléphoniques mais également « visiophoniques », en utilisant les infrastructures des télécoms français, sans pour autant leur reverser une contrepartie ou participer au fonds de service universel (financement d’une partie des abonnements du RSA, contreparties pour France Télécom...) que les opérateurs alimentent.

Internet, le nouvel éden des grandes oreilles

Si Skype devenait opérateur, il serait soumis à la législation qui s’applique aux grands du secteur (Orange, Free, etc...) :

  • il serait taxé d’avantage (pas de quoi redresser le déficit public, on vous rassure) ;
  • il serait assujetti aux contraintes des télécoms, et devrait notamment collaborer au système des écoutes téléphoniques, qu’elles soient judiciaires ou administratives (organisées par les services de renseignement, sous la responsabilité du Premier ministre). Un paragraphe du communiqué de l’Arcep l’indique :

    « Le fait de fournir un service téléphonique au public implique également le respect de certaines obligations, parmi lesquelles figurent notamment l’acheminement des appels d’urgence et la mise en œuvre des moyens nécessaires à la réalisation des interceptions judiciaires. »

Les raisons des mises sur écoutes sont diverses. Elles peuvent être demandées à la justice par les forces de police. Elles peuvent également être décidées par le gouvernement dans le cadre d’une enquête sur des activités terroristes par exemple, mais une Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS) s’assure alors de la légalité des autorisations d’interception.

Le triple play facilite la vie de ceux qui nous écoutent

Internet est un environnement qui augmente considérablement les moyens des services de renseignement. La CNCIS avait certes observé une décroissance des demandes visant Internet (-4,97%) dans son rapport de 2010, mais avait apporté une précision qui ôte toute valeur à ce chiffre :

« Ces évolutions sont à rapprocher du succès croissant des offres commerciales “Triple Play” et bientôt “Quadruple Play” grâce auxquelles les particuliers ont désormais accès sous un même numéro d’abonnement à la téléphonie fixe, à Internet et à de la téléphonie mobile ainsi qu’à la télévision numérique. »

Comprenez que si l’offre triple play vous facilite la vie, c’est également le cas pour ceux qui nous écoutent. Avec « un même numéro d’abonnement », plus besoin de formuler une demande pour chaque service.

Comme la CNCIS l’a écrit dans son dernier rapport d’activité (p 50), une interception de sécurité vise une « cible » et non pas une ou plusieurs « lignes » téléphoniques. Les écoutes visent bien les communications, et non pas des contenus dépourvus de conversations.

Des nouvelles fadettes à exploiter

Pourtant, s’il est plus facile de surveiller quelqu’un grâce au regroupement des services, il restait impossible de consulter l’équivalent des factures détaillées des opérateurs téléphoniques. Elle comprennent la liste des appels entrants et sortants, les durées des conversations, la géolocalisation des terminaux, etc... S’il devient opérateur téléphonique, les règles du jeu changeront.

Le service sera contraint de collaborer avec la justice, et sera également soumis au principe pas toujours très clair de « sécurité nationale ». Selon la CNCIS, en 2010, 26% du total des interceptions administratives étaient réalisées sous couvert de ce principe, souvent présenté comme un outil de la lutte contre le terrorisme.

En 2010, moins normal, la révélation par le Canard enchaîné de différents documents classifiés avait mis en évidence la possibilité pour les ministères de l’Intérieur, de la Défense ainsi que les services de police d’accéder aux données techniques des abonnées et leurs factures détaillées (listes les appels entrants en sortants, leurs durées, géolocalisations, etc...), sans autorisation de la part des opérateurs.

L’affaire des fadettes du Monde, au cours de laquelle le renseignement intérieur s’était procuré sans mal les factures détaillées du journaliste Gérard Davet pour identifier l’une de ses sources est un exemple dans le genre.

 

 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 17:57

 

  • Rue89 - Publié le :
    14/03/2013 à 18h14

 

 

 

Isabelle Hay, 56 ans qui vit à Vouthon (Charente), a menacé de s’immoler, jeudi 7 mars, devant une conseillère Pôle emploi. Les cadres de l’antenne du Champ-de-Mars à Angoulême ont paniqué, probablement à cause de l’immolation d’un chômeur le 13 février à Nantes.

Isabelle Hay s’est retrouvée internée pendant trois jours en soins psychiatriques et placée en garde à vue.

Elle a contacté un journaliste de La Charente libre, Kevin Cadioch, qui a écrit un article et tourné cette vidéo mardi. Isabelle y reprend l’histoire depuis le début :

« [J’ai dit à la conseillère que] si je n’avais pas un rendez-vous avec le directeur de Pôle emploi auquel j’ai écrit trois semaines auparavant, et qui ne m’a pas répondu, je viendrai avec une jerricane et des allumettes, tout simplement. »

« Mieux vaut prendre plus de précautions que pas assez »

Puis elle raconte qu’elle a été internée, de façon abusive.

« J’ai eu une violation de domicile par huit policiers [...]. J’ai eu huit personnes chez moi, qui ont envahi ma maison et là je n’ai pas compris. Parce que dans l’après-midi, enfin à 12h15, le directeur de Pôle emploi m’avait donné un rendez-vous vendredi à 15 heures et donc j’étais satisfaite[...]. Et donc on m’a emmené de force évidemment, on m’a emmené à Girac [l’hôpital de Girac, ndlr], pour faire un suivi psychologique.

On m’a déshabillée, mise au lit comme si j’étais malade. Je ne suis pas malade, ni suicidaire d’ailleurs. Comme ils n’ont pas trouvé de solution, ils m’ont emmenée de force à Camille-Claudel [centre hospitalier Camille-Claudel, ndlr] toujours, on m’a internée, c’est internement abusif parce que j’avais dit de simples mots, alors que je n’avais aucune intention de faire quoi que ce soit. J’ai été reçue par un psychiatre qui voulait absolument me donner un traitement de gré ou de force.

A la fin des 72 heures de garde à vue, j’ai été réexaminée par un psy et qui a peut-être conclu que cela ne servait à rien de me garder plus longtemps ici. Ces gens-là ont dû porter plainte, et moi aussi je vais peut-être porter plainte.

Ce n’est pas normal, quelqu’un qui veut travailler, quelqu’un qui a besoin de travailler, on l’agresse sans arrêt avec des courriers, avec des menaces, de l’humiliation. »

Joint par La Charente libre, Laurent Coppin, directeur territorial de Pôle Emploi, justifie son appel à la police :

« La dame a réitéré ses menaces. Nous avons donc pris la décision de prévenir les services compétents. Mieux vaut prendre plus de précautions que pas assez. »

Le journaliste a pu vérifier toutes les informations, nous dit-il, et il est en train d’écrire un article pour l’édition de vendredi.

 

 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 17:47

 

Marianne - Jeudi 14 Mars 2013 à 12:00

 

Clotilde Cadu - Marianne

 

Entre la Sécu qui se désengage, les mutuelles qui augmentent et les toubibs qui multiplient les dépassements d'honoraires, certains patients ont appris la leçon et n'hésitent plus à négocier le prix des soins.


Marchander chez son médecin, c'est possible !
Une ristourne de 150 € sur une prothèse de hanche, - 50 % sur une opération de l'épaule. Bientôt, pourquoi pas, une cataracte offerte pour une achetée... La santé n'a pas de prix, dit-on, mais elle se négocie ! Puisque les patients sont aujourd'hui pris pour des clients par leur toubib, ils n'hésitent plus à discuter, voire à marchander. Dans les cabinets médicaux, entre la description des symptômes et le plan de traitement, on parle gros sous. «Ça fait moche de réclamer, reconnaît Patricia, une retraitée bordelaise. Mais...» Fin 2012, son époux subit une opération de la prostate. Le chirurgien lui facture un dépassement d'honoraires, ainsi qu'une très subjective «prime de notoriété», estimant que son simple nom vaut bien 300 € de plus.

Parce que «ça tombait mal à ce moment-là», et parce qu'elle en voulait à son mari de ne pas avoir refusé en amont, Patricia écrit un mail au chirurgien pour lui détailler sa situation financière et lui demander de surseoir à son dépassement. Commencent alors des pourparlers que ne renierait pas un marchand de tapis. Patricia conteste une première fois. Le toubib propose un paiement échelonné. Patricia conteste une seconde fois. Le toubib annule ses compléments d'honoraires. «Ça vaut le coup de discuter, glisse la retraitée. Les médecins sont des êtres humains, ils peuvent comprendre.»

Il y a quelques années déjà, la même Patricia avait obtenu, au culot, un tarif moindre chez un médecin, en faisant remarquer que le patient précédent, avec qui elle discutait dans la salle d'attente, avait payé moins cher. «Les patients savent maintenant que les tarifs des médecins qui exercent en secteur 2 ne sont pas figés. Ils comparent les prix de plusieurs médecins, osent négocier, note Marc Paris, du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss). Chez les dentistes, ils négociaient déjà depuis quelque temps. Il semble que, désormais, avant une opération chirurgicale, quand la somme est importante, les patients discutent aussi.»

La crise est passée par là. Entre une Sécu qui se désengage toujours plus, des franchises qui se multiplient et des médecins «dépasseurs» qui ont eux-mêmes fait de la santé une marchandise en tirant sur la corde des honoraires, les Français sont à la peine pour se soigner. En 2010, un médecin sur quatre facturait un complément d'honoraires. La grande majorité des chirurgiens (85 %) et la moitié des ORL, ophtalmos et gynécos pratiquent des tarifs libres. Leur dépassement moyen est passé de 25 % du tarif de la Sécurité sociale en 1990 à 54 % en 2010, sous le regard bienveillant des pouvoirs publics qui n'ont pas revalorisé certains actes médicaux depuis trente ans, préférant se décharger sur les ménages. De quoi peser lourdement sur le budget santé des Français et les pousser à adopter une approche consumériste. Selon une étude de l'UFC-Que choisir, «quand une personne consacrait 407 €€ à se soigner en 2001, elle en consacrera 618 € sept ans plus tard».

«En trente ans d'exercice, c'est la première fois que la crise économique a un retentissement sur mon activité, assure le Dr Jacques Caton, chirurgien orthopédique à Lyon. Les patients retardent leurs soins, hésitent à se faire opérer, voire annulent leur opération. Ils demandent à payer en plusieurs fois, nous disent qu'ils n'ont pas les moyens. C'est devenu une pratique courante et relativement nouvelle. On s'adapte à leur situation, sinon ils renoncent à se soigner.»

«Il y a un changement dans le comportement des patients. Depuis quatre ou cinq ans, quand j'envoie un malade chez un confrère, il me demande combien ça va lui coûter, quel sera son reste à charge», confirme le Dr Jean-François Rey, gastro-entérologue et président de l'Union nationale des médecins spécialistes confédérés (Umespe). Longtemps taboue, la question de l'argent fait désormais partie intégrante de la consultation médicale. Les malades n'ont plus peur d'être moins bien soignés s'ils protestent. Ils osent rappeler à leur toubib qu'il s'est engagé, une fois paré du stéthoscope, à prodiguer son art avec «tact et mesure», en fonction des moyens de chacun.

«Des négociations sur les tarifs d'un médecin de secteur 2, ça a toujours existé. Mais le phénomène se renforce, il y a un vrai mouvement», note le Dr Michel Chassang, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). Des médecins qui exercent en secteur 1 incitent désormais les malades à refuser les suppléments. «Les dépassements d'honoraires ne sont pas un gage d'excellence», rappelle le Dr Bernard Coadou, généraliste à la retraite et instigateur d'un mouvement de résistance à Bordeaux.

En ville, dans les cliniques, et même à l'hôpital public, où le secteur privé peut atteindre des sommets d'indécence, les patients discutent donc. Chacun sa technique. Un petit arrangement pour faire passer un acte non pris en charge par la Sécu et la mutuelle pour un autre mieux remboursé, un prix moindre en payant une partie en dessous-de-table, une opération au tarif secteur public pour une au tarif secteur privé, une remise fidélité... Pour cinq séances d'ostéopathie payées, à 80 € l'unité, Norbert* a ainsi négocié la gratuité de la sixième. «L'ostéopathe m'a dit : "Vous êtes gonflé !" quand j'ai commencé à discuter. Mais, quand les honoraires sont libres, ça veut dire qu'on peut, non ?» Chez le psy qui suit son fils, Norbert se flatte d'avoir obtenu un rabais de 25 % sur le prix de la séance, en faisant valoir la régularité des visites. «Les médecins ne sont pas si choqués quand on ose demander», remarque-t-il.

Comme chez le garagiste

Autre nouveauté préopératoire : les patients exigent désormais un devis avant d'engager des soins. Comme chez le garagiste ! Ils fouillent sur le site de la Sécu, ameli.fr (389 267 visites en septembre 2012), pour trouver un médecin moins cher, font le tour des cabinets avant de passer sur le billard du moins-disant, demandent une analyse de leur(s) devis à leur mutuelle. Lle service dédié de Santéclair, société spécialisée dans la gestion du risque santé, a ainsi explosé. En 2012, 9 000 devis papier et 55 000 en version numérique lui ont été transmis, contre respectivement 5 000 et 45 000 en 2011. Des devis pour des travaux dentaires et, de plus en plus, pour des opérations chirurgicales. A l'issue de l'analyse, le patient se voit remettre une fiche de conseil, avec calcul du reste à charge, afin de renégocier le devis auprès du médecin. «Votre reste à charge est très élevé, nous vous invitons à en informer vos professionnels de santé, ils pourront, s'ils le souhaitent, revoir à la baisse leur dépassement», peut-on ainsi lire au bas d'une analyse.

«Les gens font attention à leurs budgets, y compris à celui de la santé. Ils sont plus décontractés et ont compris qu'ils ne seraient pas moins bien soignés s'ils négocient. Dans deux cas sur trois, le prix baisse quand on discute», assure Marianne Binst, directrice générale de Santéclair. L'accès aux données de santé que garde jalousement l'assurance maladie pourrait permettre une plus grande transparence sur les tarifs des médecins et les inciter à s'aligner sur leurs confrères voisins. Pour l'instant, la Sécu fait de la résistance (lire l'encadré), afin de ne pas se fâcher avec des médecins peu enclins à une mise en concurrence et à une médecine consumériste... qu'ils ont pourtant contribué à instituer.

* Le prénom a été changé.

 
"OPEN DATA" EN SANTÉ

La Sécurité sociale dispose d'une manne de données sur la santé (tarifs, qualité de la prescription, consommation de soins...). Mais elle refuse de partager. Pour «libérer» ces données et permettre aux citoyens d'accéder à une information plus transparente, une pétition* a été lancée, entre autres, par des associations de consommateurs et Fourmi Santé, un site comparant les tarifs des médecins... mis en demeure par la Sécu de ne plus utiliser ces fameuses données.

* www.opendatasante.com

 

 

 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 16:47

CADTM

 

Communiqué de presse

Il est urgent d’avoir un printemps européen

14 mars

 

 

Cette semaine à Bruxelles et dans différentes capitales européennes, les peuples d’Europe se rassemblent pour rejeter les politiques d’austérité de l’Union européenne et leurs attaques contre la démocratie. La police a entravé ces efforts à Bruxelles en interdisant la manifestation et en niant le droit de se rassembler.

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Communiqué

Quand le sommet européen se tiendra à Bruxelles le 14 mars, ce sera au milieu de protestations à travers l’Europe et dans la capitale belge. “For a European Spring”, une coalition de mouvements de 13 pays, appelle à des actions dénonçant la gestion de la crise de l’Union européenne.

Une manifestation européenne devait se tenir mais la police l’a interdite sous prétexte de “manque de ressources”.

“C’est scandaleux. Nous avons le droit de nous rassembler et d’exprimer notre opposition aux attaques de l’UE sur nos emplois, nos services publics. Nous étudions les possibilités de faire un recours car cette décision représente un démonstration criante du mépris des droits des européens “ordinaires” s’insurge Pascoe Sabido (Corporate Europe Observatory) du groupe de coordination de Bruxelles.

Ce qui s’est passé à Bruxelles reflète ce qui se passe à travers l’Europe, où des voix contre l’austérité sont marginalisées et réprimées. Pour cette raison et malgré l’interdiction de la police, la coalition organisera différents événements pour faire entendre ces voix à Bruxelles, où les leaders discuteront de comment renforcer l’austérité en érodant la démocratie et en ignorant l’opposition de la population.

Le 13 mars, un ”tour de l’austérité” guidé déambulera à travers le quartier européen passant par les institutions européennes, financières et les lobbys industriels. Le 14 mars, des mouvements de toute l’Europe se joindront aux côtés des travailleurs belges qui luttent déjà contre les conséquences des politiques de l’austérité en Europe. Ensemble nous marcherons à Bruxelles au sein de la manifestation syndicale contre l’austérité en formant un bloc critique international. A 15h00, une assemblée-action se tiendra en marge du rassemblement de la CES (Confédération européenne des syndicats) au Parc Cinquantenaire.

La coalition “For a European Spring” s’est mise en place pour dénoncer l’austérité de l’UE : les coupes dans les dépenses sociales, les coupes dans les salaires, les attaques contre les droits sociaux dont les droits des travailleurs – et d’autres aspects que le Président de la Commission José Manuel Barroso a appelé “la révolution silencieuse”. Les actions, manifestations et les différents événements se tiendront sous le slogan “Notre démocratie contre leur austérité”.

Sol Trumbo Vila du groupe de coordination “For a European Spring” dit “Depuis 3 ans maintenant, l’UE a répondu à la crise en attaquant le niveau de vie des populations et avec des politiques d’austérité qui démantèlent l’État social à travers l’Europe. Comme le chômage et la misère se répand à travers le continent, le soutien à l’austérité disparaît, les résistances se renforcent et nous continuerons à résister dans les prochains mois et années”.

“Pendant que l’Union Européenne est en train d’attaquer sérieusement le bien être de ses citoyens, les états membres soutiennent une grande partie du secteur financier à hauteur de 1,6 trillion € depuis 2008. C’est honteux et complètement inacceptable. Pourquoi devrions nous payer pour les abus du secteur financier ?” dit Myriam Bourgy (CADTM) du groupe de coordination de Liège.

Les actions de la coalition sont maintenant prêtes. Mercredi 13 mars, des manifestations, actions se tiendront en Autriche, Belgique (Bruxelles), Danemark, France, Allemagne, Pays-Bas, Espagne et Grande Bretagne. Déjà les peuples d’Europe coordonnent leurs luttes contre le même ennemi, partageant et apprenant de chacun, construisant un mouvement européen “du bas” pour défendre des alternatives à l’austérité qui soient démocratiques et dans l’intérêt des peuples.

 

Contacts
Pascoe Sabido, pascoe@corporateeurope.org, 0032 (0) 486 85 74 16
Sol Trumbo Vila, soltrumbovila@tni.org, 0031 (0) 610172065
Myriam Bourgy, myriam@cadtm.org, 0032 (0) 498 35 36 66

 

Remarques

Pour plus d’informations sur les actions du 13 et 14 mars, voir le site www.foraeuropeanspring.org, où les activités de toute l’Europe sont listées.
Ont déjà confirmé leur participation à la manifestation du 14, des participants des mouvements sociaux de toutes sortes dont des groupes d’ATTAC, des infignés (15M), des groupes environementaux, des réseaux sur la dette, des partis de gauche, syndicats et d’autres des pays suivants : Espagne, Grèce, Italie, France, Belgique, Pays-Bas, Pologne, Danemark et Allemagne.

Cette coalition est une initiative qui a été mise en place en décembre et qui a été créée suite à Firenze10+10 avec les revendications suivantes : Abolition de tous les traités européens mettant en place l’austérité ; Pour une transition écologique ! ; Désarmer les marchés financiers ; Dette, nous ne devons riens, nous ne payerons pas ! ; Licencier la troïka pas les gens !”

 

Les signataires de l’appel sont :

Action from Ireland (AFRI) , Alternative Trade Mandate, ATTAC-Austria, ATTAC-Germany, ATTAC-Poland, ATTAC-Spain, ATTAC-Hungary, ATTAC-Greece, Afrika Kontakt (Denmark), CADTM Europe, Collectif Artiviste, Commission for Filipino Migrant Workers (NL), Die Linke.Bruxelles, Ecologistas en Acción (Spain), FairFin (Belgium), Fairwatch (Italy), RESPECT Network in Europe (Amsterdam), Reforma del Sistema Electoral 15M, ReINFORM group (NL), European Alternatives, Hungarian Social Forum, Internationale Socialisten (NL), Center for Encounter and Active Non-Violence (Germany), Debt Justice Action Ireland, Vredesactie (Belgium), Precarious United (Belgium), 15M Amsterdam, 15M Bruxelles, Internationale Sozialistische Linke, Pacto Ciudadano Barcelona, Blockupy Frankfurt, PRC (Italy), Corporate Europe Observatory, Social Network Unionism (NL), transform ! Europe, Transform Italy, Transnational Institute, Comités contre l’Austerité en Europe (Belgium), Jeuneusse Ouvrière Chrétiene Bruxelles (Belgium), Initiative de Solidarité à la Grèce – Bruxelles, Partito dei Comunisti Italiani Europe, TRUSTED Migrant (NL), Transnational MDW (NL), Jeunesse Syndicales FGTB (BE), Brussels popular teams, Agir pou la Paix (Belgium), Action pour la paix (Belgium), Arbeitskreis für kritische Europaforschung (AKE), verdi Landesfrauenrat, 15M Asamblea Popular Moncloa (District), Madrid Working group politica internacional 15M, Madrid Comisión Comunicación Asamblea Moncloa (15M Madrid), Economía Sol - 15M (Spain), Jubilee Debt Campaign UK, Ligue Communiste Révolutionnaire Jeunes anticapitalistes (JAC), Critical Political EconomyLa Asamblea Popular de Moratalaz 15M (Spain), Asamblea San Blas Canillejas (Spain), Grupo de Trabajo Transversal RE-ACCIÓN CIUDADANA (Spain)

 

 

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