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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 17:31

 

 

Le Monde.fr

 27.05.2013 à 05h58 • Mis à jour le 27.05.2013 à 19h26

 

 

Guerre chimique en Syrie - Sur le front de Damas 1/5

 

 

 

Jobar (Damas, Syrie), envoyé spécial. Une attaque chimique sur le front de Jobar, à l'entrée de la capitale syrienne, cela ne ressemble d'abord à rien. A rien de spectaculaire. A rien, surtout, de détectable. Tel est le but recherché : lorsque les combattants de l'Armée syrienne libre (ASL) les plus avancés dans Damas comprennent qu'ils viennent d'être exposés à des produits chimiques par les forces gouvernementales, il est trop tard. Quel que soit le gaz utilisé, il produit déjà ses effets, à quelques centaines de mètres seulement d'habitations de la capitale syrienne.

Au début, il n'y a eu qu'un bruit modeste, un choc métallique, presque un cliquetis. Et dans le fracas des combats du jour dans le secteur "Bahra 1" du quartier de Jobar, cela n'a d'abord pas attiré l'attention des combattants de la brigade Tahrir Al-Sham ("Libération de la Syrie"). "On a pensé à un obus de mortier qui n'avait pas explosé, et personne n'y a vraiment fait attention", explique Omar Haidar, responsable opérationnel de la brigade, qui tient ce secteur avancé, à moins de 500 mètres de la place des Abbassides.

 

PAS D'ODEUR, PAS DE FUMÉE


 

Les combattants de la brigade Tahrir Al-Sham viennent de subir une attaque aux gaz toxiques le 13 avril 2013 à Jobar, à l'entrée de la capitale syrienne.

 

Cherchant ses mots pour décrire ce son incongru, il le compare à "une canette de Pepsi qui tomberait par terre". Pas d'odeur, pas de fumée, pas même un sifflement indiquant l'éjection d'un gaz toxique. Puis sont apparus les symptômes. Les hommes toussent violemment. Les yeux brûlent, les pupilles se rétractent à l'extrême, la vision s'obscurcit. Bientôt, surviennent les difficultés respiratoires, parfois aiguës, les vomissements, les évanouissements. Il faut évacuer les combattants les plus touchés, avant qu'ils n'étouffent.

De cela, les envoyés spéciaux du Monde ont été témoins plusieurs jours d'affilée dans ce quartier à la sortie de Damas, où la rébellion a pénétré en janvier. Depuis, l'enjeu de Jobar est crucial pour l'ASL comme pour le pouvoir. Mais, au cours d'un reportage de deux mois dans les environs de la capitale syrienne, nous avons réuni des éléments comparables dans une couronne beaucoup plus large. La gravité des cas, leur multiplication, la tactique d'emploi de telles armes montrent qu'il ne s'agit pas de simples gaz lacrymogènes utilisés sur les fronts, mais de produits d'une autre classe, bien plus toxiques.

 

"Les gens qui arrivent ont du mal à respirer. Ils ont les pupilles rétractées. Certains vomissent. Ils n'entendent plus rien, ne parlent plus, leurs muscles respiratoires sont inertes. Si on ne traite pas de toute urgence, c'est la mort", témoigne un médecin.

 

Sur le front enchevêtré de Jobar, où les lignes ennemies sont si proches qu'on s'y insulte parfois presque aussi volontiers qu'on s'y entretue, les scènes d'attaque au gaz apparaissent ponctuellement courant avril. Pas de diffusion massive, sur des kilomètres, mais un usage occasionnel et localisé par les forces gouvernementales, visant les points de contact les plus durs avec un ennemi rebelle tout proche. Le secteur est le point d'entrée le plus en profondeur dans l'intérieur de Damas des groupes de l'ASL. Une guerre sans merci s'y déroule.

 

 PREMIÈRE ATTAQUE EN AVRIL

Dans le secteur "Bahra 1", l'un des plus avancés en direction de la grande place stratégique des Abbasides, l'un des verrous de Damas, les hommes d'Abou Djihad, dit "Arguileh" ("narguilé"), ont subi leur première attaque de cette nature le soir du jeudi 11 avril. Tous ont d'abord été pris au dépourvu. Ils avaient entendu parler des "gaz" utilisés sur d'autres fronts, dans d'autres régions de Syrie (notamment à Homs et dans la région d'Alep) au cours des mois écoulés, mais que faire, une fois confronté au phénomène ? Comment se protéger sans abandonner les lieux et offrir une victoire facile à l'ennemi ? "Certains hommes ont évacué, d'autres sont restés paralysés par la panique. Mais la position n'a pas été abandonnée. On ordonnait aux soldats montant au front de se munir de foulards mouillés pour se protéger le visage", explique un combattant.

Lire aussi l'analyse (édition abonnés) : Armes chimiques en Syrie : le débat escamoté

Dans la foulée, une poignée de masques à gaz ont été distribués, destinés en priorité aux hommes qui tiennent des positions fixes, là où un simple mur marque parfois la limite du territoire rebelle. D'autres se contentent de la protection dérisoire de masques chirurgicaux.

 

Dans le quartier de Jobar, le 4 avril 2013, les combattants de la brigade Tahrir Al-Sham (Libération de la Syrie) progressent vers la ligne de front.

 

Les hommes commandés par "Arguileh" ne sont pas les seuls à avoir subi une attaque au gaz dans les parages. Plus près du marché à la viande voisin, où sont stationnés des chars du gouvernement, les "forces spéciales" des rebelles de la Liwa Marawi Al-Ghouta ont été exposées à des concentrations – sans doute plus importantes encore – de composés chimiques, à en juger par les effets produits sur les combattants. Nous les retrouverons dans les heures suivantes dans les hôpitaux, luttant pour survivre.

 

 DES HOMMES REVÊTUS DE COMBINAISONS

A Jobar, les combattants n'ont pas déserté leurs positions, mais ceux qui restent sur les lignes de front, pupilles rétractées, la respiration sifflante, sont "terrorisés et essaient de se calmer par des prières", admet Abou Atal, l'un des combattants de Tahrir Al-Sham. Un homme d'une autre brigade est mort dans un secteur voisin. Il s'appelait Ibrahim Darwish. Il est décédé le 18 avril.

Dans la partie nord de Jobar, également visé par une attaque similaire, le général Abou Mohammad Al-Kurdi, commandant de la 1re division de l'ASL (qui regroupe cinq brigades), affirme que ses hommes ont vu des militaires gouvernementaux quitter leurs positions, avant que ne surgissent des hommes "portant des combinaisons de protection chimique", lesquels auraient ensuite disposé sur le sol "des sortes de petites bombes, comme des mines", qui se seraient mises à diffuser un produit chimique dans l'atmosphère.

Ses hommes, affirme-t-il, auraient tué trois de ces techniciens. Où sont les combinaisons de protection saisies sur les cadavres ? Nul ne le sait... Les soldats exposés ce soir-là parlent d'une forte panique, d'une ruée vers l'arrière. Ce ne sont pas les civils ou les sources indépendantes qui risquent d'infirmer ou de corroborer ces affirmations : plus personne ne vit à Jobar, en dehors des combattants imbriqués dans les différents fronts du quartier.

 

Un combattant de la brigade se faufile, le 3 avril 2013, dans des tranchées entre les maisons situées en face de la place stratégique des Abbasides, l'un des verrous de Damas.

 

Cela n'empêche pas de constater l'effet ravageur des gaz employés par le gouvernement syrien aux portes de sa propre capitale. Un jour d'attaque chimique sur une zone du front de Jobar, le 13 avril, le photographe du Monde a vu les combattants qui font la guerre dans ces maisons en ruine commencer à tousser, puis mettre leurs masques à gaz, sans hâte apparente, mais en réalité déjà exposés. Des hommes s'accroupissent, suffoquent, vomissent. Il faut fuir immédiatement le secteur. Le photographe du Monde souffrira, quatre jours durant, de troubles visuels et respiratoires. Ce jour-là, pourtant, les émanations de gaz avaient été concentrées dans un secteur voisin.

 

 LIGNE ROUGE

Faute de témoignages indépendants, de nombreux doutes ont plané sur la réalité de l'emploi d'armes chimiques, en général, par les forces gouvernementales, qui en possèdent de très importants stocks, notamment de gaz neurotoxiques, comme le sarin. Plusieurs pays : les Etats-Unis, la Turquie et Israël, ont déclaré posséder des éléments matériels indiquant l'utilisation d'armes de ce type, mais n'ont pas communiqué la nature exacte de leurs preuves, ni décidé si, comme l'avait promis le président Obama en août 2012, le recours à de telles armes par le pouvoir de Damas constituerait le franchissement d'une "ligne rouge" susceptible d'entraîner une intervention étrangère en Syrie contre le régime.

Le pouvoir accuse de son côté l'ASL d'utiliser également des armes chimiques, augmentant la confusion. Pour se convaincre de la réalité de l'emploi de ces composés par l'armée syrienne sur certains fronts, il faut alors interroger les médecins qui, sur place, tentent de soigner ou de sauver les combattants exposés à des gaz. Le 8 avril, à l'hôpital Al-Fateh de Kafer Battna, le plus important centre médical de la région de la Ghouta, large poche rebelle à l'est de Damas, les médecins montrent des enregistrements, sur des téléphones, de scènes de suffocation. Un raclement terrible sort de la gorge d'un homme. C'était le 14 mars et, selon le personnel médical, il venait d'être exposé à des gaz à Otaiba, une ville à l'est de la Ghouta, où le gouvernement syrien mène depuis la mi-mars une vaste opération pour encercler les forces rebelles et couper leur principale route d'approvisionnement.

 

Un combattant de la brigade Tahrir Al-Sham est traité après avoir été touché par des gaz chimiques, le 16 avril 2013.

 

L'un de ces médecins, le docteur Hassan O., décrit soigneusement les symptômes de ces patients : "Les gens qui arrivent ont du mal à respirer. Ils ont les pupilles rétractées. Certains vomissent. Ils n'entendent plus rien, ne parlent plus, leurs muscles respiratoires sont inertes. Si on ne traite pas de toute urgence, c'est la mort." Cette description correspond en tous points à celles faites par les autres médecins rencontrés en l'espace de plusieurs semaines dans les alentours de Damas. A quelques variantes près. Selon les endroits, les combattants qui en ont été les victimes affirment que les produits ont été diffusés par de simples obus, par des roquettes, voire par une forme de grenade.

Sur le front de Jobar, à la cinquième attaque de ce type, le 18 avril, les combattants de l'ASL, commandés par Omar Haidar, disent avoir vu tomber, à leurs pieds, un grand cylindre équipé d'un dispositif d'ouverture, d'une longueur d'environ 20 centimètres. S'agissait-il d'armes chimiques, et dans ce cas, diffusant quel type de substances ? Pour répondre avec précision à cette question, il faudrait établir un protocole d'enquête que les conditions du conflit rendent difficiles. Procéder à des prélèvements sur des combattants exposés aux émanations au point de décéder ou d'avoir été obligés d'être hospitalisés, puis les confier à des laboratoires spécialisés à l'étranger. Un certain nombre d'entre eux   ont été réalisés et sont en cours d'étude.

 

 UNE ÉTRANGE ROUTINE

Depuis, à Jobar, des masques à gaz ont été distribués, ainsi que des seringues et des ampoules d'atropine, un produit injectable qui contrecarre les effets des neurotoxiques comme le sarin. Les médecins de la Ghouta suspectent l'utilisation de ce neurotoxique inodore et incolore, dont l'effet coïncide avec les observations faites sur place. Selon une source occidentale bien informée, cela n'empêche pas le pouvoir syrien d'avoir recours à des mélanges de produits, notamment avec des gaz anti-émeutes (lacrymogènes), pour brouiller les pistes et l'observation des symptômes.

Car l'enjeu est de taille, dans le cas où la preuve d'utilisation d'armes chimiques par les troupes de Bachar Al-Assad serait établie. La dissimulation est donc de rigueur. Les gaz utilisés sur les fronts le sont de manière ponctuelle, évitant des épandages massifs qui constitueraient facilement des faisceaux de preuves irréfutables. Il n'en demeure pas moins que le phénomène se répète : jeudi 23 mai, les rebelles affirment qu'une nouvelle attaque aux armes chimiques a eu lieu à Adra, zone d'affrontements très durs entre le pouvoir et les rebelles au nord-est de Damas.

Dans la seconde moitié d'avril, les attaques au gaz sont presque devenues une étrange routine, à Jobar. Sur les lignes de front, les rebelles de l'ASL avaient pris l'habitude de conserver soigneusement leur masque à proximité. On organisait des séances de lavages d'yeux réguliers, avec des seringues remplies de sérum physiologique. L'effet recherché par ces attaques semblait essentiellement tactique, correspondant à ce stade à une tentative de déstabilisation des unités rebelles dans des quartiers où les soldats gouvernementaux ne sont pas parvenus à les déloger, en même temps qu'un test. Si les forces armées syriennes osent ainsi utiliser des armes chimiques dans leur propre capitale, sans déclencher de réaction internationale sérieuse, n'est-ce pas une invitation pour poursuivre l'expérimentation un peu plus largement ?

Jusqu'ici, les cas d'utilisation de gaz n'ont pas été isolés. Le seul ophtalmologue de la région, formé à l'étranger, consulte dans un petit hôpital de Sabha dont il souhaite qu'on dissimule la localisation exacte. A lui seul, il a dénombré 150 personnes touchées en l'espace de deux semaines. Près des zones touchées par les gaz, il a organisé des douches pour que les combattants exposés aux produits chimiques puissent se laver et changer d'habits pour éviter de contaminer ensuite les personnels des centres de soins.

 

 REMÈDE DE CHEVAL

Pour sauver les soldats dont les problèmes respiratoires sont les plus graves, il faut les porter dans le long dédale à l'intérieur de maisons dont les murs ont été percés, franchir les tranchées et tunnels creusés pour éviter les tireurs ennemis, pour arriver à une ambulance de fortune, garée sur une placette un peu en retrait, et foncer dans des rues exposées aux balles et aux obus, pied au plancher, pour atteindre un hôpital du front avant que les combattants ne meurent, étouffés.

A l'hôpital islamique de Hammouriya, installé dans un hangar discret, le docteur assure, le 14 avril, avoir reçu, deux heures auparavant, un combattant du front de Jobar, en grande difficulté respiratoire, avec un rythme cardiaque "devenu fou". Pour le sauver, il dit avoir effectué quinze injections successives d'atropine, ainsi que de l'hydrocortisone. Un remède de cheval, pour un cas désespéré.

La veille, dans la nuit, l'une des ambulances qui tentait d'évacuer des hommes gazés a été touchée par les tirs d'un sniper. Le chauffeur a été blessé. Le lendemain matin, les ambulanciers sont parvenus à passer la route à vitesse maximale, sous le tir d'un tank, et ont atteint cette zone du front, où une nouvelle nappe de produits chimiques venait d'être répandue. "Lorsqu'on est arrivés, on a trouvé tout le monde par terre", témoigne un infirmier d'un autre centre hospitalier de Kaffer Batna, qui ne peut donner son nom de peur des représailles contre sa famille installée en zone gouvernementale.

Au cours de la matinée, dans la cour de cet hôpital installé dans un parking en sous-sol pour se protéger des tirs des Mig ou de l'artillerie gouvernementale, le chaos règne. Les soldats sont allongés aux côtés de cinq aides soignants contaminés à leur tour à leur contact. On n'a pas terminé le décompte des soldats, qui arrivent au fil des transferts depuis le front, et sont déjà quinze au total. On court dans les salles de fortune, pour distribuer l'oxygène, réaliser des injections.

 

 DES MÉDICAMENTS DE PLUS EN PLUS RARES

Le docteur Hassan, responsable de l'hôpital, est allongé dans son minuscule bureau avec un masque à oxygène, tandis qu'on lui administre de l'atropine. Il se consacrait à ces urgences depuis une heure lorsqu'il a perdu connaissance et a commencé à suffoquer. Cet homme lutte depuis des mois pour maintenir en activité son centre de soins, aidé par des volontaires dont certains sont de simples lycéens, alors que le blocus de la région par les forces gouvernementales a pour conséquence de rendre les médicaments de plus en plus rares. Les anesthésiques manquent, les chirurgiens improvisés en sont réduits à utiliser des produits vétérinaires, comme la kétamine. La morphine a disparu. Et les stocks d'atropine ne devraient pas durer très longtemps. Le docteur a réalisé des prélèvements d'échantillons qui ont été, à travers mille difficultés, sortis en contrebande de la région. Il faudra encore quelques semaines pour connaître le résultat de leur analyse.

 

Selon les endroits, les combattants victimes des gaz chimiques affirment que les produits ont été diffusés par de simples obus, par des roquettes, voire par une forme de grenade.

 

En se rendant dans huit centres médicaux de la partie est de la Ghouta, les envoyés spéciaux du Monde n'ont trouvé que deux établissements dont les responsables médicaux déclaraient ne pas avoir reçu de combattants ou de civils touchés par des attaques au gaz. A Nashibiyya, les médecins ont reçu jusqu'à soixante cas en un seul jour, en provenance du front d'Otaiba, le 18 mars. La modeste structure n'avait pas les moyens de faire face à cet afflux, manquant en particulier d'oxygène. Il y a eu cinq morts, par étouffement. Quelques jours plus tard, conscients de la gravité de la situation, les médecins ont fait exhumer les dépouilles de ces victimes en présence d'autorités locales et religieuses, et ont procédé à des prélèvements de tissu qu'ils ont tenté d'expédier vers un pays voisin. Certains de ces échantillons ont été confiés à un petit groupe de combattants qui a tenté de briser l'encerclement de la région par les forces gouvernementales. A ce jour, les médecins de Nashibiyya disent ignorer si les prélèvements sont arrivés à bon port.

 

 "LES MALADES DEVENAIENT COMME FOUS"

A une dizaine de kilomètres, à l'hôpital de Douma, sous contrôle de la brigade Al-Islam, les médecins disent avoir reçu 39 patients après l'attaque chimique du 24 mars sur la ville d'Adra. Deux hommes sont décédés dans les locaux. L'un des médecins note qu'au bout de deux jours, "les malades devenaient comme fous". Marwane, un combattant présent sur les lieux de l'attaque d'Adra, affirme avoir vu "des roquettes arriver sur le front et dégager une lumière orange", et que, lors de son propre transfert à l'hôpital, il a vu "trois hommes mourir dans les véhicules sur la route". Dans le contexte de chaos qui règne dans la région de la Ghouta, civils et militaires meurent souvent avant d'avoir pu atteindre un centre médical.

Adra, Otaiba et Jobar sont les trois points où l'utilisation de gaz est décrite par les sources locales de la région depuis le mois de mars dans la région de Damas. Une différence émerge : à Jobar, les produits ont été utilisés de manière plus prudente et plus localisée. En revanche, sur les fronts plus éloignés, comme Adra et Otaiba, les quantités estimées par rapport au nombre de cas arrivés simultanément dans les hôpitaux sont plus importantes.

Mais les attaques chimiques ne sont pas la seule activité des hôpitaux de la région. Deux heures avant l'arrivée des envoyés spéciaux du Monde, quatre enfants aux corps lacérés, déchiquetés par des bombes de Mig, avaient été amenés en urgence à Douma. A peine stabilisés, ils ont dû quitter l'hôpital, sans espoir d'être évacués de Syrie. Sans doute, comme beaucoup, sont-ils morts en route. Les infirmiers ont filmé ces corps martyrisés, ces hurlements de douleur. "Ça, vous voyez, c'est tous les jours, et pour nous, c'est encore plus grave que les attaques chimiques : on en est arrivés là", commente, avec un regard anéanti, le médecin, qui ne peut, lui non plus, dire son nom.

 Jean-Philippe Rémy
journaliste au Monde.fr

 


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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 17:22

 

 

Le Monde

 

 27.05.2013 à 16h50 • Mis à jour le 27.05.2013 à 17h09

 
 
"Les alertes sur les effets indésirables d'un médicament proviennent à 85 % des hôpitaux et seulement à 15 % des médecins libéraux", car ceux-ci sont mal formés en pharmacologie, a déploré M. Bégaud.

Les effets secondaires des médicaments sont responsables d'au moins 18 000 décès chaque année en France, plus que les suicides et les accidents de la route réunis, a indiqué lundi 27 mai le docteur Bernard Bégaud, entendu comme témoin à Nanterre dans le procès du Mediator.
 

"Il y a chaque année 18 000 morts directement liés à la prise de médicaments. Parmi eux, beaucoup de cas sont inévitables, mais un tiers de ces décès correspondent à des prescriptions qui ne sont pas justifiées", a estimé à la barre le professeur, membre de la commission de pharmacovigilance de 1982 à 2000 et co-auteur d'une étude sur le sujet. Par comparaison, en 2012, 3 645 personnes ont été tuées sur les routes, selon les chiffres de la sécurité routière.

 

 DES MÉDECINS MAL FORMÉS EN PHARMACOLOGIE

 "La France est un pays qui depuis toujours surveille très mal l'usage des médicaments", a déploré M. Bégaud. Ainsi, le Mediator, à l'origine un antidiabétique, a été largement détourné comme coupe-faim et prescrit dans de nombreux cas à des patients qui souhaitaient uniquement perdre quelques kilos. Quelque 5 millions de personnes en auraient consommé avant qu'il ne soit retiré du marché en 2009, accusé de provoquer des hypertensions artérielles pulmonaires, une pathologie incurable, et des valvulopathies (dysfonctionnement des valves cardiaques).
 

Regarder notre chronologie Chronologie de l'affaire du Mediator

"Mourir pour un produit dont vous n'avez pas besoin est quelque chose de très grave", a souligné le professeur. Il a pointé du doigt la mauvaise formation des médecins en pharmacologie, la science des médicaments.  "Les alertes sur les effets indésirables d'un médicament proviennent à 85 % des hôpitaux et seulement à 15 % des médecins libéraux", car ceux-ci sont mal formés en pharmacologie, a déploré M. Bégaud.

Le procès du Mediator, visant Jacques Servier, 91 ans, le fondateur du groupe, et quatre cadres de chez Servier et Biopharma, l'une des filiales des laboratoires Servier, devrait durer jusqu'au 14 juin. Les prévenus sont jugés pour "tromperie aggravée".

Lire nos explications Affaire du Mediator : le point si vous avez raté un épisode

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 17:13

 

 

Le Monde.fr

 

Le Monde.fr avec AFP | 27.05.2013 à 06h36 • Mis à jour le 27.05.2013 à 09h00

L'agence japonaise de l'énergie atomique (JAEA) a annoncé lundi 27 mai que 30 chercheurs avaient été exposés à des radiations lors d'un incident dans un laboratoire nucléaire, qui s'est produit jeudi au laboratoire de physique nucléaire de Tokaimura. Dans un premier temps, l'agence avait seulement évoqué l'exposition de quatre chercheurs aux radiations.
L'incident s'est produit au moment où des scientifiques envoyaient un rayon à proton sur de l'or, dans le cadre d'une expérience d'accélération de particules. Au total, 55 employés travaillaient alors sur le site lorsque le problème s'est déclaré à cause d'une surchauffe.

 

"ERREUR HUMAINE"

D'après la JAEA, deux chercheurs ont été exposés à des radiations de 1,7 millisievert, soit un peu plus que l'équivalent d'un examen radiologique. "Leur état n'inspire aucune inquiétude médicale", a expliqué un porte-parole de l'agence. La Commission internationale de protection radiologique conseille de ne pas recevoir une dose annuelle de plus d'1 millisievert, mais estime qu'une exposition inférieure à 100 millisieverts par an ne représente pas, statistiquement, un risque d'augmentation de cancer.

D'après la JAEA, une substance radioactive a été émise de façon accidentelle pendant l'expérience, "à cause d'une surchauffe provoquée apparemment par des problèmes techniques". Une partie de la radioactivité émise s'est ensuite répandue dans l'atmosphère, après que les employés ont mis en route des ventilateurs pour abaisser les niveaux dans le laboratoire. Le porte-parole de la JAEA a souligné que ces ventilateurs n'auraient pas dû être utilisés, évoquant une "erreur humaine".

La sécurité nucléaire est un sujet particulièrement sensible au Japon depuis l'accident de la centrale Fukushima Daiichi en mars 2011 après un séisme suivi d'un tsunami, la pire catastrophe du secteur depuis celle de Tchernobyl en 1986.

 

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 17:00

 

Le Monde.fr

 27.05.2013 à 18h45

 

 

Par Stéphane Foucart

 
 
Selon l'EFSA, le fipronil peut présenter un risque "élevé" pour les abeilles.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendu publique, lundi 27 mai, son opinion sur les risques posés par le fipronil (un pesticide commercialisé par BASF sous le nom de Régent) pour les abeilles.

Sévère, le résultat fait surtout état de grandes lacunes dans la connaissance sur les effets potentiels de cette molécule sur Apis mellifera. L'agence basée à Parme (Italie) estime, dans un premier temps, que les poussières dégagées par la mise en terre des semences enrobées de fipronil font peser un "risque aigu élevé" sur l'insecte domestique. Ce risque a pu être évalué pour l'utilisation de la molécule sur le maïs, mais "une évaluation complète des risques" n'a pu être réalisée sur les autres cultures, faute de données et d'études, en particulier sur le tournesol.

Quant aux risques liés à l'exposition des butineuses au nectar et au pollen des cultures traitées, les "études disponibles – en champ et semi-champ – ont des faiblesses et sont ainsi insuffisantes pour établir le niveau de risque". Les experts européens notent que le risque est probablement "faible" lorsque le traitement est utilisé sur des cultures non fréquentées par les abeilles. Enfin, ils estiment que "plusieurs lacunes dans les données disponibles sur d'autres voies potentielles d'exposition ont été identifiées".

 

TESTS INCAPABLES DE DÉCELER LES EFFETS POTENTIELS SUR LES ABEILLES

Formulé en termes pesés au trébuchet, l'avis de l'EFSA souligne en creux que les tests réglementaires d'évaluation des risques des nouvelles générations d'insecticides – utilisées, comme le fipronil, en enrobage de semences – sont incapables de déceler les effets potentiels de ces molécules sur les abeilles.

Trois précédents avis, rendus début 2013 par l'EFSA sur le thiaméthoxame, la clothianidine et l'imidaclopride, ont conduit la Commission européenne à proposer aux Etats membres le retrait pour deux ans des trois molécules en question, sur certaines cultures. Après un vote des Etats membres, Bruxelles a confirmé le 24 mai l'entrée en vigueur du moratoire le 1er décembre.

Lire : Abeilles : interdiction de trois pesticides dans l'UE à compter du 1er décembre

En France, le fipronil a été interdit en enrobage de semences dès 2005. Un rapport d'expertise, rendu la même année par le Comité scientifique et technique de l'étude multifactorielle des troubles des abeilles (CST) – un groupe de scientifiques formé sous l'égide du ministère de l'agriculture – avait déjà conclu qu'"en l'état actuel de nos connaissances, selon les scénarios développés pour évaluer l'exposition et en appliquant les facteurs d'incertitude choisis pour évaluer les dangers", l'utilisation de la molécule peut paraître "préoccupante" et "ne permet pas d'exclure des risques inacceptables".

Stéphane Foucart

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 16:51

 

Le Monde.fr

 27.05.2013 à 15h22 • Mis à jour le 27.05.2013 à 17h45

 

Par Angela Bolis

 
 
La plateforme d'exploration pétrolière de Hess oil France à Chartronges, en Seine-et-Marne.

En surface, il n'y a pas grand-chose à voir : un derrick, une pompe à balancier, de longs tuyaux empilés. C'est sous les champs de Chartronges, en Seine-et-Marne, que tout se joue : le forage de cette plateforme d'exploration pétrolière doit s'enfoncer jusqu'à 3 100 mètres de profondeur, traversant au passage la roche mère enfouie dans la couche géologique du Lias (ou Jurassique inférieur), datant de plus de 175 millions d'années.

Dans le bassin parisien, cette roche mère recèle potentiellement du pétrole qui, à l'inverse du pétrole classique, n'a pas encore eu le temps de s'en libérer : c'est le pétrole de schiste. En février 2012, un rapport du ministère de l'économie sur les hydrocarbures de schiste en France avançait une estimation de cette ressource dans cette zone entre 160 000 et 240 000 m3 exploitables par an pendant vingt-cinq ans. C'est bien moins que la production nationale (en France métropolitaine) de pétrole conventionnel, de plus de 1 million de m3 par an – qui représente déjà seulement 1 % de nos besoins en pétrole brut. Et pour l'instant, la seule technique qui en permet véritablement l'exploitation, la fracturation hydraulique, est interdite depuis la loi Jacob de 2011 et la circulaire de septembre 2012.

La Seine-et-Marne n'a pas attendu le récent engouement pour les hydrocarbures de schiste pour s'intéresser à son or noir. La plaine est parsemée de ces pompes d'exploitation conventionnelle – au moins 2 000 puits y ont été forés depuis cinquante ans. Mais, avec la baisse du prix du pétrole et l'épuisement de ces menues ressources, la production est en net déclin. En témoigne la première concession ouverte en France, en 1958 à Coulommes, où seuls 4 des 57 puits sont encore en activité, selon la société pétrolière américaine en pointe sur l'exploration dans le bassin parisien, Hess Oil france.

 

 L'EXPLORATION SE POURSUIT MALGRÉ TOUT

Même si l'estimation des ressources en pétrole de schiste paraissent modestes, même si la loi en interdit l'exploitation, les demandes de permis visant une exploration de pétrole de schiste se sont multipliées ces dernières années dans le bassin parisien – elles étaient déjà une quarantaine il y a deux ans. Tous hydrocarbures confondus, elles couvrent aujourd'hui la quasi-totalité du territoire de la Seine-et-Marne.  

Les permis d'exploration et d'exploitation d'hydrocarbures, demandés ou déjà octroyés, couvrent la quasi-totalité de l'est du bassin parisien.

Ci-dessus, les terrains couverts par des demandes de permis de recherche (gris), des permis de recherche (bleu), des demandes de titres d'exploitation (orange) ou des titres d'exploitation (rouge) de pétrole, dans l'ouest du bassin parisien surtout, d'après le Bureau exploration-production des hydrocarbures.


Ainsi, sur la plateforme de Butheil, la déclaration d'ouverture des travaux de la plateforme d'exploration mentionne clairement que "l'objectif consiste à rechercher dans les formations du Lias des zones contenant des hydrocarbures pouvant satisfaire à la réalisation de forage d'exploitation" – les recherches dans d'autres couches pouvant contenir du pétrole classique étant qualifiées de "secondaire". La roche mère du Lias est aussi visée par plusieurs autres forages de Hess Oil, comme à Chartronges ou encore à Jouarre.

Si le retour sur investissement de cette exploration reste pour le moment si incertain, pourquoi cette entreprise continue-t-elle à investir des millions dans la prospection des sous-sols français ? "Hess Oil France a pour but de cartographier le système pétrolier du bassin parisien", répond la compagnie, qui affirme se positionner dans une stratégie de long terme et, à ce stade, de recherche et de "compréhension".  

Isabelle Levy, dynamique retraitée qui a fait de sa lutte au sein du collectif fertois contre le pétrole de schiste un job à plein temps, la soupçonne toutefois de se préparer, dans l'attente d'une modification de la loi interdisant la fracturation hydraulique, ou de la découverte d'une autre technique d'extraction du pétrole de schiste, viable et légale. Elle pourrait alors exploiter ou bien revendre sa cartographie à une autre société pétrolière. L'entreprise pourrait aussi procéder à un forage avec fracturation hydraulique à titre d'expérimentation – "pour prouver que ce n'est pas dangereux, alors que l'impact se fait de toute façon ressentir plusieurs années plus tard", explique Isabelle Levy.    

 

UNE OPPOSITION À L'UNISSON 

Quoi qu'il en soit, Hess Oil fait preuve d'une certaine détermination. Car, en plus de se heurter à la législation française actuelle, l'entreprise fait face à une opposition locale relativement unanime. A Jouarre notamment, où une nouvelle plateforme d'exploration est en construction, le maire UMP Pierre Goullieux se souvient d'être allé,  dès février 2011, voir la ministre de l'écologie d'alors, Nathalie Kosciusko-Morizet, en compagnie des députés et sénateurs UMP de Seine-et-Marne Franck Riester et Michel Houel, pour lui exprimer leurs inquiétudes vis-à-vis de la fracturation hydraulique. "Je ne peux pas laisser ces terres, cette eau, ces sous-sols risquer d'être pollués par l'exploitation non conventionnelle", dit-il. Et rien, en termes de retombées économiques ou d'emplois créés, ne viendrait, selon lui, contrebalancer ce risque. 

Affiche du collectif du pays fertois contre le pétrole de schiste, à côté de la plateforme d'exploration de Jouarre.

A Doue (puits de Butheil), le maire s'est fendu d'une lettre à la ministre de l'écologie Delphine Batho pour "s'interroger [d'urgence] sur la validité du permis" d'exploration, compte tenu des risques de la fracturation hydraulique et du manque de transparence de Hess Oil sur ses intentions finales. Depuis, la préfecture de Seine-et-Marne a, de son côté, publié des arrêtés interdisant le forage horizontal dans la roche mère dans plusieurs puits de la société.

Quant à la population locale, "une partie est radicalement contre, une autre se pose des questions, les autres s'en fichent", dit le maire de Jouarre. Rien que sur le territoire couvert par le permis de Château-Thierry, deux collectifs locaux d'opposition se sont créés. A la fin de mars, une réunion d'information à l'initiative de Hess oil – qui affiche une démarche de dialogue avec la population (journées portes-ouvertes...) – s'est déroulée de manière houleuse. Le compte rendu qui en a été fait par Fabien Vallée, conseiller municipal divers droite à Jouarre et vice-président de l'association No Fracking France, évoque une "ambiance tendue", une assemblée "sous contrôle d'un dispositif de sécurité (...) très surdimensionné", durant laquelle le "flot de questions" a "perturbé le déroulé de la présentation type prévu par la société". Exemple d'intervention d'un habitant : "Je vois des enfants, ça me pose question, les enfants c'est l'avenir... quand on voit ce que vous avez fait aux Etats-Unis."


Lire l'enquête : Ruée vers le pétrole de schiste dans le Dakota du Nord


Si les bénéfices locaux d'une telle exploitation n'apparaissent pas clairement, nul doute, donc, que les inquiétudes face à ses risques se sont propagées assez largement. Isabelle Levy énumère : la pollution, la détérioration des nappes phréatiques, l'usage de grandes quantités d'eau dans un département régulièrement touché par des sécheresses, la défiguration du paysage, la nécessité de trouver des alternatives aux énergies fossiles pour lutter contre le réchauffement climatique... "Et tout ça pour une production minime", assure la militante. D'après ses calculs, "si on faisait 500 puits dans le bassin parisien, on assurerait seulement huit jours d'indépendance énergétique pour la France".

 

Lire le décryptage : Faut-il avoir peur du gaz de schiste


Angela Bolis

 

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 21:20

 

 

Midi Libre.fr

ÉDITH LEFRANC
26/05/2013, 16 h 05 | Mis à jour le 26/05/2013, 17 h 45

Des messages grandeur nature.
Des messages grandeur nature.
(Photo ALEXIS BETHUNE)
Devant la mairie hier matin, une centaine de manifestants ont remis symboliquement un loyer de fermage.
Devant la mairie hier matin, une centaine de manifestants ont remis symboliquement un loyer de fermage.
(Photo ALEXIS BETHUNE)
Au départ de Saint-Hilaire, avant de rejoindre le lieu de labour.
Au départ de Saint-Hilaire, avant de rejoindre le lieu de labour.
(Photo ALEXIS BETHUNE)

La parcelle a été ensemencée avec des graines de courges.
La parcelle a été ensemencée avec des graines de courges.
(Photo ALEXIS BETHUNE)

Les opposants au projet d'aménagement du golf de Saint-Hilaire-de-Brethmas se sont retrouvés hier matin pour ensemencer une parcelle appartenant à l'Alès Agglo. 

Chapeau vissé sur le crâne et tee-shirt portant l’inscription “Zad golfique : ouste !”, Robert cueille des fleurs des champs. "Avant que les tracteurs ne labourent la parcelle, je fais des bouquets pour les filles !", rigole ce voisin du Mas Cordier.

Les filles ? La première militante anti-zad golfique qui arrive, look baba-cool et revendications en bandoulière, reçoit les fleurs sans trop comprendre. Qu’importe, elle est venue pour dire son opposition à un projet "débile".

La plupart des 150 à 200 personnes qui manifestent en ce samedi matin sur la toute petite route menant du bourg de Saint-Hilaire-de-Brethmas au mas de Trouillas, ont des arguments un peu plus développés.

Les sept agriculteurs qui se sont déplacés en tracteurs savent pourquoi ils sont là, et quelle est la portée symbolique du labour de cette parcelle d’un demi-hectare, appartenant à l’agglo d’Alès. 

"Nous sommes allés remettre au président de l’Agglo ce matin (NDLR hier matin), la somme de 60 € qui correspond au loyer de fermage de cette parcelle", explique Rémy Coulet, président de l’association Saint-Hilaire durable.

 

L'avis rendu en fin de semaine

Alors que le commissaire enquêteur rendra son avis d’ici la fin de la semaine, les opposants au projet de la Zad golfique veulent continuer à mobiliser. "Nous sommes toujours opposés à ce projet d’aménagement de 360 hectares, qui compte deux golfs, mais aussi des habitations, villas de standing et autres logements", poursuit Béatrice Bernard-Chamson, de l’association.

 

"Une hérésie de stériliser des terres pour faire du loisir"

La Confédération paysanne appuie le message, du point de vue uniquement agricole. "Il y a une hérésie à stériliser des terres agricoles fertiles pour un projet de loisirs, qu’on peut très bien faire ailleurs. La doctrine départementale est souvent évoquée sur le maintien de l’agriculture, le développement du bio et des circuits courts. Cela va à l’encontre de ce qui se passe ici", relève Nicolas Duntze qui assure que de nombreux agriculteurs cherchent du foncier, en vain.

"Qu’il s’agisse de jeunes, qui ne sont pas fils d’agriculteurs, ou de personnes en reconversion professionnelle, il y a beaucoup de gens qui ont des projets d’installations, mais n’arrivent pas à monter des dossiers, vis-à-vis des banques ou des instances agricoles", assure le syndicaliste tandis que juste à côté, les sillons se creusent. Des graines de cucurbitacées y seront semées, dans l’idée d’en offrir les fruits, à l’automne à des associations caritatives.

 

 

 

 

 

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 16:59

 

fr.news.yahoo.com

 

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Lisbonne, près du palais présidentiel, pour réclamer la démission du gouvernement dont la politique d'austérité, exigée par les créanciers du pays, a considérablement aggravé la récession et le chômage.

"Changer de politique!", "Le gouvernement dehors!", "Contre l'exploitation et l'appauvrissement!", étaient les principaux mots d'ordre de la manifestation convoquée par la CGTP, le principal syndicat portugais qui avait affrété plusieurs dizaines d'autocars pour amener ses sympathisants jusqu'à la capitale.

"Il faut faire tout ce qui est à notre portée pour nous débarrasser de ce gouvernement", a déclaré le secrétaire général de la CGTP, Armenio Carlos.

La manifestation était soutenue par le mouvement apolitique "Que se lixe a troika" (Que la troïka aille se faire voir) qui en mars a rassemblé contre l'austérité plusieurs centaines de milliers de personnes à travers le Portugal.

"L'austérité punit les pauvres mais profite aux riches", "Voleur, voleur", pouvait-on lire sur de petites affiches ornées du portait du Premier ministre Pedro Passos Coelho, brandies par des manifestants parmi lesquels des fonctionnaires, des chômeurs, et des retraités. Nombre d'entre eux agitaient des drapeaux rouges.

"Le gouvernement doit démissionner tout de suite", déclarait Maria, une Lisboète de 57 ans, au chômage depuis plusieurs mois comme son mari et sa fille. "Ne sommes venus à Lisbonne pour dire +assez+. Le gouvernement coupe tout, même les retraites. Le président doit le renvoyer ", renchérissait Antonio Amoreira, venu de Porto, la grande ville du nord du pays.

Le président Anibal Cavaco Silva, dont le rôle est essentiellement protocolaire, peut dissoudre le Parlement et convoquer des législatives anticipées, comme le souhaitent actuellement 57% des Portugais, selon un sondage, publié samedi par le journal Publico.

Le mécontentement social s'est renforcé après l'annonce, début mai, d'un nouveau plan de rigueur qui inclut le report de 65 à 66 ans de l'âge du départ à la retraite, la suppression de 30.000 fonctionnaires sur près de 700.000 et l'allongement de leur temps de travail de 35 à 40 heures.

Face aux critiques, le gouvernement a récemment avancé des mesures destinées à favoriser la croissance et l'emploi et notamment un "super crédit d'impôts" de 20% pour les sociétés qui investissent.

Mais l'économie du Portugal, qui bénéficie depuis mai 2011 d'un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros, doit reculer de 2,3% d'ici la fin de l'année tandis que le chômage doit atteindre le taux record de 18,2%.

 

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 16:28

 

 

Médiapart

 

 

Lire aussi

 

 

 

Depuis Paris, on ne peut pas comprendre. Des opposants au projet d’enfouissement de déchets radioactifs de Bure refusent d’expliquer tout le mal qu’ils en pensent, au point d’empêcher un débat en partie conçu pour les entendre. Jeudi 23 mai au soir, les zélateurs de la démocratie participative comme exorcisme des controverses environnementales ont perdu un match.

La séance inaugurale du débat public sur le projet de stockage profond des rebuts nucléaires s’est interrompue après un quart d’heures d’invectives, de cris et de jets de boules puantes dans la salle des fêtes de poche, débordante de monde, de la commune de Bure, entre la Meuse et la Haute-Marne. Non, vous nous piétinez, non, le débat ne démarrera pas. Pas ce soir, et pas là.

 


« Qu’on dise au 13e débat que cela ne sert à rien, mais pas à la première séance ! » proteste Christian Leyrit, nouveau président de la commission nationale du débat public (CNDP), ancien préfet et ancien directeur des routes. Un peu plus tôt, il constatait « aujourd’hui plus que jamais une défiance vis-à-vis des institutions. Alors, quand il s’agit de nucléaire… » Mais que pour autant « il est hors de question que le débat ne puisse pas se tenir du tout ».

Pour les dizaines d’opposants rassemblés à l’intérieur et à l’extérieur, c’est un simulacre. « Ce débat sert à faire croire aux gens qu’on discute alors qu’il n'a aucun pouvoir de décision ni d’orientation », affirme Nadine Schneider de Bure Stop 55. Dans ce contexte, Claude Bernet, le président de la commission particulière du débat public (CPDP), n’est « qu’un rouage du lobby nucléaire ». C’est « Monsieur berné, au joli nom ! » raille Michel Marie du Cedra, une association d’opposants. 

Quelques minutes avant l’ouverture des discussions, il tentait de rallier au dialogue des militants partisans du boycott, à l’image de Jocelyn Peyret, activiste du Réseau “Sortir du nucléaire”. En vain.

 

 

Autour de lui, des manifestants sont venus de l’autre côté de la France, des alentours de Cherbourg, siège du centre de traitement des déchets de La Hague, et de Flamanville où se construit l’EPR. « Parisiens, votre poubelle nucléaire, mettez-la à Paris sous la Tour Eiffel  », crie Jean-Luc Bouzon, élu communiste au conseil général de Haute-Marne. Une pétition exigeant la tenue d’un référendum départemental sur le projet de stockage a recueilli près de 40 000 signatures, assure-t-il. « Qu’est-ce qu’on attend pour nous consulter ? On demande la démocratie. » Dans la salle des fêtes, sa voix tonne plus haut que les autres : « Référendum ! On veut un référendum, pas un débat. »

 

Pas de salariés "protégés par des cordons de CRS"

 

500 mètres sous terre, le laboratoire de l'Andra, à Bure (©JL) 
500 mètres sous terre, le laboratoire de l'Andra, à Bure (©JL)

Les parlementaires ont voté en 2006 une loi prévoyant la création d’un centre de stockage en couche géologique profonde de déchets nucléaires « ultimes ». Ce sont les rebuts inexorables des carburants usés dans nos centrales atomiques. Très radioactifs, ces « colis » doivent être enfouis à 500 mètres sous terre, emprisonnés sous une épaisse couche d’argile.

L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) doit déposer une demande d’autorisation de création du site en 2015, en vue d’une ouverture en 2025. Un nouveau texte législatif doit être adopté d’ici là pour préciser  la réversibilité du futur centre, car à la suite d’un premier débat public en 2005 et 2006, les pouvoirs publics ont demandé que le stockage soit réversible pendant au moins cent ans.

La Meuse et la Haute-Marne accueillent le laboratoire de recherche de l’Andra, doté d’un budget annuel d’environ 100 millions d’euros, l’un des plus riches de France. C’est au même endroit que l’agence projette aujourd’hui de construire le centre, baptisé Cigéo. C’est dans cette perspective que se tient aujourd’hui un nouveau débat public car c’est un site de recherche qu’ont accepté les collectivités territoriales, en échange  de considérables subventions (voir ici notre enquête). Et non la livraison de 80 000 m3 de déchets irradiants.

"Colis" de futurs déchets radioactifs (JL) 
"Colis" de futurs déchets radioactifs (JL)

C’est le cœur de la querelle. Car pour les opposants, l’enfouissement sous leurs pieds est déjà programmé. « Les jeux ne sont pas complètement faits, le projet n’est pas si avancé, il y a encore beaucoup d’étapes », assure Christian Leyrit. « Le débat est ouvert, ce n’est pas lui qui dira ce qu’il faut ou ne pas faire, c’est la plus haute autorité de l’État. On aura une photographie de la situation qui servira la décision politique », affirme Claude Bernet. Le débat doit « poser la question de l’opportunité du projet de centre de stockage, et pas seulement de ses modalités », décrit Ariane Métais, la plus jeune membre de la commission.

Sauf que du côté de l’Andra, la vision diffère. « Je ne nous vois pas exploiter un centre de stockage avec des salariés qui vont travailler protégés par des cordons de CRS », explique la directrice générale de l’Andra, Marie-Claude Dupuis. Le hic, c’est qu’après plus de vingt ans de recherche et au moins 1,5 milliard d’euros dépensés pour savoir quoi faire des déchets des installations atomiques, l’Andra ne dispose pas de scénarios alternatifs prêts à l’emploi en cas de refus de Cigéo.

En théorie, deux autres voies sont envisageables : la séparation/transmutation, technique de réduction de la nocivité des déchets, encore expérimentale, et l’entreposage en surface, comme il se pratique déjà à l’usine de La Hague. « On n’a pas le couteau sous la gorge. Si la décision est prise de ne pas faire Cigeo, l’entreposage est toujours faisable », assure Fabrice Boissier, directeur de la maîtrise des risques à l’Andra. « Faisable », mais pas prévu.

D’ailleurs, l’enfouissement en profondeur est « la seule solution durable crédible à long terme », précise Marie-Claude Dupuis. Elle ajoute : « Pour nous, le débat arrive au bon moment. Le projet industriel est suffisamment bien avancé pour bien se présenter au public. Le débat est une formidable occasion de présenter le projet au grand public et d’écouter ses réactions, ses craintes… » À ses yeux, la séquence qui s’ouvre annonce donc un temps d’explication et non de remise en question. Dans ces conditions, l’enjeu des discussions est nécessairement limité, quoi qu’en disent leurs promoteurs. Le maître d’ouvrage du débat public n’est autre que… l’Andra. « C’est dans la seringue », résume Roland Courrier, conseiller général socialiste de la Meuse, et opposant au projet.

 

Manifestation contre l'enfouissement des déchets, Bure, 23 mai (JL) 
Manifestation contre l'enfouissement des déchets, Bure, 23 mai (JL)

Refuser de débattre, c’est risquer l’isolement et se cantonner aux marges de l’espace public. Empêcher les autres de le faire, c’est adopter une position agressive et proche de la censure. Devant l’entrée de la salle des fêtes, Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace, ne condamne pas l’interruption mais souhaite que le débat public puisse se dérouler. À l’intérieur, alors que résonnent les « Casse-toi ! » et « Foutez-nous la paix », un jeune homme secoue la tête, consterné. Il est sous-traitant pour l’Andra et se désole du spectacle. Une femme interpelle les perturbateurs : « Vous auriez dû les laisser parler. » S’extraire du dialogue, cela laisse la voie de l’Andra complètement libre. La stratégie est risquée.

 

« République bananière »

 

Jean-Pierre Remmelé, maire de Bonnet et opposant à Cigéo (JL) 
Jean-Pierre Remmelé, maire de Bonnet et opposant à Cigéo (JL)

Longeant la somptueuse église du XIIIe siècle qui domine le village de Bonnet, Jean-Pierre Remmelé, agriculteur retraité et maire, assume et revendique cette intransigeance. La commune est l’une des quatre à se trouver sur le périmètre du projet. En 2010, son conseil municipal a été le seul à voter contre, au nom du principe de précaution. Le lendemain, il s’est retrouvé convoqué par le préfet. Son projet de centre des énergies renouvelables ? Pas retenu pour toucher d’aide financière, malgré les douze mâts éoliens installés sur le territoire communal. Il raconte les regards en coin de ses interlocuteurs institutionnels, la petite phrase de l’Andra entendue un jour de réunion, sur la population pas en mesure de s« approprier le projet ».

À quelques kilomètres de là, à la manière du maire de la communauté rurale dépeinte dans Promised land, le dernier film de Gus Van Sant, le maire de Mandres-en-Barois a organisé en janvier une consultation populaire pour décider du sort de sa forêt communale, lorgnée par l’Andra. Résultat : 35 pour, 50 contre.

Les propositions de l’agence étaient pourtant alléchantes, selon son maire qui les a consignées par écrit :  libre accès au bois pour s’y approvisionner en combustible, emploi de toute personne désireuse de travailler à Cigéo pendant les 100 à 150 ans que vont durer les travaux, remboursement de l’aménagement foncier, rentrée fiscale annuelle de 500 000 à 1 million d’euros pendant un siècle, prise en charge des dépenses de fonctionnement (entretien de la voierie…), fibre optique pour bénéficier de l’internet à très haut débit. La liste des promesses semble infinie.

Pour Jean-Pierre Remmelé son département devient une « République bananière ». La consultation populaire de Mandres n’a aucune existence légale et ne peut servir officiellement à empêcher le projet.

 

Banderole anti Andra, 23 mai 2013, à Bure (JL). 
Banderole anti Andra, 23 mai 2013, à Bure (JL).

Ce n’est pas la première fois en 2013 qu’un débat public s’occupe de déchets nucléaires. En 2005-2006, une précédente opération proposait que d’ici 2020  le stockage géologique (comme Cigéo)  et l’entreposage pérenne (comme à La Hague) soient considérés à « égalité des chances » (voir ici ses conclusions). Et préconisait qu’un laboratoire de recherche soit créé pour chacune de ces solutions. Mais la loi votée quelques mois plus tard a ignoré ces pistes. Et le choix immédiat de l’enfouissement a été adopté. Une pétition avait déjà recueilli 40 000 signatures pour un référendum.

En septembre 2005, au premier jour du débat public, des opposants avaient déjà perturbé la séance inaugurale du débat. Mais sans l’empêcher. Huit ans plus tard, leur patience a volé en éclats.

 

 

Ce reportage a été réalisé à Bure et dans ses environs les 23 et 24 mai.

 

 

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 13:15

 

Reporterre.net

Marcel Thébault

jeudi 23 mai 2013

 

"Notre réussite, c’est cette union de tous : occupants illégaux, mais légitimes, citoyens, associations et paysans"


Intervention au plateau des Glières le 19 Mai 2013 de Marcel Thébault, paysan, au nom des opposants au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes (44)

Nous sommes heureux d’être là dans un lieu chargé d’histoire, où des hommes se sont engagés et battus pour refuser l’inacceptable et pour construire un autre avenir.

Lors de la grève de la faim, nous nous sommes installés place de la résistance à Nantes, puis quand nous l’avons quittée, nous y avons laissé une couronne de fleurs où était écrit « résister se conjugue au présent ».


Marcel Thébault, lors de la grève de la faim d’avril 2012

Oui, nous nous opposons à un projet de déplacement d’aéroport qui conquerrait 1 650 hectares de terres dont les deux tiers sont de la surface agricole.

En trois mots, ce déplacement n’a rien à voir avec l’aéronautique : l’aéroport actuel fonctionne très bien et n’est pas près d’être saturé, et la DUP est une escroquerie.

Ce plateau de terres humides en tête de deux bassins versants est stratégique sur le plan environnemental. Ce projet serait un gouffre financier, les études ont été bidouillées et le financement public atteint 48%, investis à fonds perdus ; seule la multinationale Vinci est certaine de gagner de l’argent.

Nous ne nous battons pas pour défendre notre jardin et notre tranquillité, mais, nous voulons conserver des terres agricoles avec leur bocage et un potentiel d’emploi agricole par des circuits courts en périphérie de ville.

Nous nous battons pour un avenir meilleur qui ne soit pas une course au bétonnage et laisse une place à la nature.

Les agressions d’octobre-novembre 2012 ont marqué l’actualité.

Les gardes mobiles sont venus vider la zone, raser les maisons et les cabanes alors que le projet n’est pas démarré.

Les jeunes expulsés ont su résister de manière diversifiée, originale, utilisant la course, la ruse, mais aussi l’art et la musique contre la force brutale.

Les associations de lutte, comme elles l’avaient toujours dit, ont participé à la résistance, fournissant un local pour le repos et les repas et ont assuré l’accueil et l’acheminement des soutiens.

La manifestation de réoccupation du 17 novembre a réuni 38 000 citoyens venus pour apporter des matériaux et reconstruire dans les bois.

L’erreur fatale du Préfet fut l’attaque du vendredi suivant pour détruire ce que cette foule avait construit, car la foule est revenue le week end ; Nantes et Saint Nazaire ont été bloquées et le dimanche, cinquante tracteurs sont venus protéger les constructions dans les bois.

Notre réussite, c’est cette union de tous : occupants illégaux, mais légitimes, citoyens, associations et paysans. C’est ce qui a contraint Jean Marc Ayrault à mettre en place des commissions pour calmer le jeu avec quelque chose qui sans le dire fut un moratoire.

Fin janvier, le COPAIN, comité d’organisations paysannes a enlevé ses tracteurs de la châtaigneraie pour occuper le ferme de Bellevue. Ceci afin d’éviter la destruction programmée pour cette ferme qui était devenue libre.

Avec cette nouvelle action forte, les paysans se posent comme un acteur de cette lutte : soutien aux jeunes occupants, sauvegarde des fermes et de leur foncier, c’est à dire, préparation d’un avenir sans aéroport.

Des paysans sont partis en retraite, mais les autres sont restés et ont été expropriés en 2012 ; cinq fermes soit dixpersonnes sont toujours là et comptent bien y rester. Ils sont protégés par l’accord politique dit « de la grève de la faim ».

L’opération Séme ta ZAD a mis en place une vingtaine de projets pour cultiver les terres de Vinci et s’inscrire dans la durée. Cette résistance concrète crée du lien entre tous les opposants et reçoit leur soutien.

La chaîne humaine du 11 mai a montré notre capacité à rester mobilisés, à motiver de nouveaux militants et à innover dans l’action. Que les porteurs du projet ne s’y trompent pas, même le temps ne nous usera pas.

Notre richesse est la diversité de notre lutte : d’un côté les associations, syndicats et partis politiques regroupés en une coordination de quarante membres, de l’autre, les nouveaux habitants installés depuis 2009 en collectifs d’occupation.

Derrière cela deux stratégies se côtoient :

Celle des jeunes met en avant un fonctionnement horizontal, un engagement par l’action directe sur le terrain en surveillant toute action qui irait dans le sens du projet.
Parallèlement à cela, ces jeunes expérimentent un mode de vie basé sur la mise en commun des savoirs et des besoins et qui refuse la société de consommation.

La stratégie des associations est citoyenne, elle se bat par de l’argumentation, de l’expertise et vise des mobilisations ouvertes à tous. Elle est très soucieuse de l’opinion publique. Elle se déploie sur 3 piliers qui sont la mobilisation citoyenne, parce que notre refus est massif et populaire, le politique, car la décision d’arrêt sera une décision politique, et enfin le juridique car du point de vue de la loi sur l’eau, ce projet est illégal. Cette diversité de nos modes d’action est une de nos garanties de succès.
.
Et aujourd’hui

Nous avons su résister de façon efficace cet automne-hiver parce que toutes les composantes de l’opposition se sont soutenues et aidées face aux forces du désordre.
Les porteurs de projet n’ont pas pu vider la zone, ils se sont jetés dans une impasse politique et le soutien citoyen, votre soutien, a été formidable.

Une quinzaine de maisons ont été vidées puis détruites, de même que de nombreuses cabanes, mais aujourd’hui, il y a encore plus d’habitations dans les bois. Des réinstallations sont en cours dans les hameaux détruits.

Parallèlement, il reste toujours des paysans, ils ont été expropriés, mais cultivent toujours leur ferme en attendant la chute du projet. Le mouvement paysan est l’âme de la lutte.

Aujourd’hui, avec le rapport des commissions, les porteurs de projet se donnent deux mois pour répondre, mais ils oublient la condamnation catégorique du dossier loi sur l’eau par les scientifiques et le suivi soupçonneux du dossier par la commission européenne.

Nous avons marqué beaucoup de points, mais le projet n’est pas mort. Nous poursuivons la lutte. Vous nous avez déjà apporté votre soutien, nous vous en remercions, mais nous en aurons encore besoin !

Nous pouvons vous donner deux rendez-vous :

- si reprise des hostilités, nous vous appelons à agir chez vous : c’est de toute la France que les porteurs du projet doivent entendre notre indignation et notre résistance.

- nous vous attendons les 3 et 4 août pour des rencontres-débats et soirées festives.



Source : Reporterre

Photo : Ouest France

Consulter par ailleurs le DOSSIER Notre Dame des Landes

 

 

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 12:57

 

 

Reporterre.net

Thierry Denoël (levif.be)

jeudi 23 mai 2013

 

Le capitaliste Albert Frère investit dans la terre agricole‏

 

Les écologistes ne sont pas seuls à avoir compris que la terre est une richesse essentielle. Dans un esprit tout à fait différent, les capitalistes investissent dans cette valeur d’avenir. Tel Albert Frère, figure centrale de l’oligarchie franco-belge, ami de Nicolas Sarkozy, et dont la fortune dépasse trois milliards d’euros.


Depuis la crise des valeurs boursières, les terres de culture sont plus que jamais une valeur refuge. En dix ans, la plus-value a dépassé les 100 % ! Les investisseurs se bousculent donc au portillon.

Chez les fermiers, l’info n’est pas passée inaperçue. En janvier dernier, L’Echo révélait qu’Albert Frère avait regroupé ses bois et ses terres au sein d’une nouvelle société anonyme, pompeusement baptisée Domaines Frère-Bourgeois. En tout, plus de 1 000 hectares.

La société s’occupe de l’exploitation de culture betteravière, fourragère et céréalière, ainsi que d’élevage de vaches, de chevaux et de moutons. Albert Frère, gentleman farmer ? « On entend pas mal parler de lui, ces derniers temps, dans le milieu agricole », avoue Anne-Sophie Janssens, à la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA).

L’intérêt rural croissant de la famille la plus riche de Belgique est aussi commenté sur les forums d’agriculteurs : on y évoque l’acquisition de dizaines d’hectares, à 50 000 euros l’unité, dans la région de Mettet, proche de Gerpinnes où le baron réside. « Albert encore sur ce coup ? », s’étonnait un internaute, il y a plusieurs semaines.

Si Frère agrandit son patrimoine foncier agricole et le concentre au sein d’une même société, ce n’est sans doute pas un hasard. Cet investisseur au nez fin y voit un bon filon, à l’heure où les valeurs bancaires fluctuent au gré de la crise de la zone euro. Et si Frère le fait…

« Avec la chute boursière, on a assisté à un retour vers des valeurs réelles, comme l’or, les œuvres d’art mais aussi la terre », analyse le patron d’un grand établissement financier qui, lui-même, investit dans les biens agricoles, à la fois par passion et pour diversifier son patrimoine. « La terre agricole est devenue le nouveau lingot d’or », résume Etienne Beguin, notaire à Beauraing et professeur à l’UCL.

Depuis 2008, celui-ci reçoit de plus en plus de requêtes d’investisseurs qui veulent acquérir quelques dizaines d’hectares. Yves Lange, le patron du comptoir foncier de Huy confirme : « Même si cela reste marginal, nous enregistrons, depuis quatre ou cinq ans, une demande d’un nouvel investisseur environ tous les quinze jours. Nous n’avions jamais vécu cela avant 2008. Ce sont des gens qu’on ne voyait pas sur le marché auparavant. »

Le prix moyen d’une terre de culture a grimpé de 11 971 euros l’hectare, en 1997, à 22 549, en 2007 : près de 100 % en dix ans ! Et après ? « A mon avis, ces cinq dernières années, les prix ont augmenté de 60 % en moyenne », soutient Philippe Janssens, patron du bureau d’études immobilières Stadim. La hausse serait donc plus exponentielle que jamais. Quel investisseur censé peut ignorer une telle plus-value ? Seuls l’or et l’argent, dont les cours ont doublé entre 2007 et 2012, peuvent rivaliser avec une si belle courbe.

La terre agricole n’est pas un investissement comme un autre, car on parle ici forcément de long terme, mais elle offre bien des avantages. « C’est une valeur sûre, explique Anne-Sophie Janssens. Non seulement les prix ne cessent de grimper, mais la terre est aussi valorisée par le travail de l’agriculteur qui entretient le bien en bon père de famille. Les charges foncières ne sont pas très élevées. Le risque est quasi nul. Quant au rendement – que le propriétaire soit bailleur ou lui-même exploitant – il n’est pas moins élevé que celui d’un compte épargne actuel... » Les agriculteurs locataires sont, en outre, réputés bons payeurs.

Par ailleurs, si le propriétaire exploite lui-même la terre, ses héritiers ne payeront aucun droit de succession, pour autant qu’il y ait un maintien de l’activité, de l’emploi et des investissements. C’est ce que font généralement les grands propriétaires, comme les familles Frère ou Boël, en ayant recours à des sociétés de service agricole ou en créant une société spécifique. Ils ne doivent même pas en faire leur activité principale.

Ils bénéficient, en fait, du régime des donations d’entreprises qui sont exemptes de droits de succession. Ce privilège, accordé au départ aux agriculteurs pour qu’ils puissent pérenniser leur exploitation via leurs héritiers, intéresse désormais les investisseurs.



Source et photo : LeVif.be

Lire aussi : L’accaparement des terres sévit aussi en Europe

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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