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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 19:05

 

rts.ch

 

21.05.2013 13:00

 


L'initiative sur le revenu de base inconditionnel connaît un franc succès. En une année, les initiants ont déjà récolté plus de 103'000 signatures, ce qui devrait conduire le texte devant le peuple.
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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 18:51

 

 zad.nadir.org

 lundi 20 mai 2013, par zadist

 


Tant que la situation est calme, on continue les infos régulières, mais sur un rythme plus détendu d’un article par semaine, mis à jour tous les jours. Si quelque chose s’accélère, on donnera de nouveau les nouvelles en temps réel

Le streaming de radio klaxon est revenu : http://stream.zad.nadir.org:8000/radio-klaxon.ogg.m3u

Infos de mardi

Vers 11h, l’hélicoptère a survolé la zad pendant un bon moment ! Il nous semble qu’ils veulent participer au covoiturage direction St. Nazaire pour soutenir notre camarade. Ou pas. En tout cas, ennuyant leur bruit !

Bon courage a C. pour le procès, bon rassemblement a tout le monde !

20:30 : Retour du rassemblement : Une bonne ambiance, beau temps et une batucada nombreuse qui donne la pêche ! Ce qui n’a pas empêché la justice d’effectuer sa sale besogne. Verdict : 4oo euros d’amende et 10 mois de suspension de permis.

France 3 parle du rassemblement d’aujourd’hui ici : http://pays-de-la-loire.france3.fr/2013/05/21/saint-nazaire-lentree-de-la-ville-bloquee-par-les-opposants-notre-dame-des-landes-255075.html

Infos de lundi

Ce matin, un chien est mort percuté par une bagnole sur la D81 au niveau de la Rolandière. Un texte a été écrit à ce sujet : Adresse à nos ami-e-s paysan-ne-s et aux utilisateur/rices de la D81. On parle d’un chantier de construction de dos d’âne.

Les camarades du collectif parisien victimes de la répression recherchent des lettres de soutien avant leur conférence de presse qui aura lieu vraisemblablement le 31 mai.

Des journalistes de France 3 Limousin se plaignent de la censure des flics

Les Naturalistes en lutte publient la première partie de leur travail contre le projet d’aéroport

Infos générales

Infos utiles pour venir ici

- Accueil : le week-end, l’ACIPA ouvre un local à Notre Dame des Landes, de 10h à 17h où les informations sur la lutte sont disponibles
- Contact presse de la ZAD : 06 32 98 78 36
- Équipe légale : 06 75 30 95 45 : à contacter uniquement si vous êtes témoins d’arrestation, si vous êtes arrêté-e-s, et après votre libération IMPORTANT : s’il vous plait lisez le texte "en cas d’interpellation" Et surtout, refusez les comparutions immédiates !
- Équipe médicale : contactable par mail : equipemediczad at riseup.net pour toute communication non-urgente. La street médic est joignable par téléphone uniquement lors de journées d’interventions militaires/policières sur la zone ou autres "moments chauds" au 07 60 26 42 14.
- Liste du matos à ramener (mise à jour le 02/01) : disponible ici

Si jamais le Site ne fonctionne pas, on continuera la-bas : http://lazad.noblogs.org/

Radio Klaxon

La radio émet à nouveau sur la ZAD.

Le streaming de radio klaxon est revenu : http://stream.zad.nadir.org:8000/radio-klaxon.ogg.m3u

 

 

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 17:28

 

le journal du siècle

 

 

Un projet européen veut s’attaquer aux dépôts bancaires pour sauver les banques

Un projet de législation européenne approuvé lundi par la commission des affaires économiques du Parlement européen prévoit que l’épargne des titulaires de comptes disposant de soldes supérieurs à 100.000€ risqueront de devoir supporter une partie des pertes en cas de faillite bancaire. Les dépôts de moins de 100.000€ seraient épargnés.

 

 


 

Ce projet fait écho à la solution retenue dans le dossier chypriote dans le cadre duquel les déposants les plus fortunés avaient été contraints d’accepter de passer des pertes pour éviter un naufrage du système bancaire local.

Au mois de Mars 2013, le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem avait annoncé que le plan de "sauvetage" élaboré pour Chypre pourrait servir de modèle pour résoudre les difficultés bancaires au sein de la zone euro. Tout comme Jacques Attali, qui avait affirmé sur Europe 1 que Chypre n’était qu’un laboratoire de ce qui allait suivre en Europe.

Ce projet doit encore être approuvé par les 27 ministres des Finances de l’Union européenne et par les Parlementaires européens.

Sources : CNBC / Le Journal du Siècle

 

 

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 17:17

 

 

 

Le Monde.fr

Le Monde.fr | 21.05.2013 à 17h48 • Mis à jour le 21.05.2013 à 17h48

Par Olivier Mary

 
 

Ils sont toujours plus de 3 000 "nettoyeurs" à se relayer sans cesse sur la centrale détruite de Fukushima. Deux ans après la catastrophe nucléaire, les polémiques n'en finissent pas sur les conditions de travail de ces liquidateurs qui, loin de s'améliorer, sont toujours plus alarmantes. Le 22 avril, l'Asia-Pacific Journal a publié une tribune de Sumi Hasegawa, chercheuse à l'université McGill de Montréal, qui met en évidence la pénibilité des taches confiées aux ouvriers de la centrale.

 

Protégés par une combinaison et un masque, des travailleurs tentent de décontaminer un bassin de rétention de fuel dans la centrale de Fukushima, en mars.

 

Cette lettre ouverte est adressée au premier ministre et au ministre de la santé japonais, ainsi qu'à la direction de Tepco. La compagnie d'électricité est mise en cause dans des reportages diffusés récemment au Japon et qui mettent en évidence la détérioration de la situation des employés de la centrale.

Ils reçoivent des doses de radioactivités très élevées. En trois mois, ils peuvent accumuler jusqu'à 50 mSv (millisievert). Mais c'est bien pire pour ceux qui sont embauchés pour ramasser les débris. En quelques jours, certains auraient reçu jusqu'à 100 mSv, le seuil limite en France pour cinq années consécutives. Beaucoup ne passent jamais de tests ou sont autorisés à continuer leur travail alors qu'ils ont dépassé les taux réglementaires. Face aux critiques qui s'accumulent depuis deux ans, la firme s'est décidée à réagir.

 

DES OUVRIERS SOUMIS À DES TAUX DE RADIOACTIVITÉ INQUIÉTANTS

Elle a transmis un sondage à ses ouvriers en novembre 2012, afin d'avoir une idée plus précise de leurs conditions de travail. Ils sont 3 186 à avoir répondu, mais ce questionnaire est loin de faire l'unanimité. Dans un article publié dans le mensuel japonais Sekai, on apprend que certains ouvriers ont subi des pressions pour "ne rien écrire qui sorte de l'ordinaire". L'émission de radio "Hôdô suru rajio" affirme même que d'autres ont dû  remplir le questionnaire devant leur patron ou qu'on l'a complété à leur place...

Malgré ces tentatives de dissimulations, les résultats sont alarmants. La moitié des travailleurs présents sur la centrale ne seraient pas employés légalement : la compagnie pour laquelle ils travaillent et celle qui verse leur salaire sont en fait différentes. Tepco profite de ce flou juridique et dément toute responsabilité dans la dégradation des conditions de travail et dans la baisse des salaires. Pour les dirigeants de la compagnie, "ces ouvriers sont engagés par des sous-traitants et nous n'avons donc pas connaissance de leur rémunération. Nous ne pouvons pas parler du fonctionnement des compagnies avec lesquelles nous n'avons pas de contrat".

Si le volume de travail a augmenté, les salaires, eux, ont baissé. Peu après la catastrophe, Tepco avait annoncé une baisse de 20 % des rémunérations et la suppression des primes de risque pour faire face aux coûts exorbitants de la catastrophe. Dans le sondage commandé par l'entreprise, 5 % des employés ont déclaré gagner moins de 837 yens de l'heure (un peu plus de 6 euros), une somme inférieure au salaire minimum en vigueur à Tokyo. La grande majorité aurait un salaire à peine supérieur pour des taches à hauts risques.

 

UNE MAIN-D'ŒUVRE SERVILE ET BON MARCHÉ


Une vue de la centrale de Fukushima, après la catastrophe du 11 mars 2011.

Déjà en 2002, Paul Jobin, sociologue spécialiste du Japon qui a travaillé sur le employés du nucléaire, avait constaté des fraudes caractérisées. Il avait rencontré le chef d'une petite entreprise qui embauchait des travailleurs en sous-traitance pour des fabricants de réacteurs comme General Electric ou Hitachi. Il utilisait un faux tampon "aucune anomalies détectées" pour falsifier les livrets médicaux des travailleurs sous sa responsabilité. Ces pratiques se sont multipliées depuis mars 2011.

Pour éviter d'avoir à faire face à des travailleurs organisés, Tepco recrute parmi les couches les plus défavorisées et les moins averties de la société japonaise. Les jeunes sont pour la plupart engagés par le biais d'annonces postées par des agences d'intérim. Ces freeters – néologisme qui désigne les employés à temps partiel ou chômeurs âgés de 15 à 34 ans – sont de jeunes précaires qui gagnent de l'argent en exerçant des emplois qui demandent peu de compétences et sont mal payés. Les ouvriers plus âgés sont souvent embauchés par la pègre dans les yosebas, des communautés de travailleurs journaliers. Ce sont couramment des sans-abri prêts à prendre n'importe quel emploi.

 

DES JOURNALIERS IGNORÉS PAR LES POUVOIRS PUBLICS

Pour attirer les plus jeunes, les petites annonces de "nettoyeur" sont souvent très vagues. En général, le texte n'indique que le lieu de travail, les horaires et les salaires, rien de plus. Pas d'informations sur les risques, les intérimaires ignorent en général les dangers encourus, d'autant qu'ils n'ont, dans la majorité des cas, aucune expérience dans la filière. "Une ignorance dont on peut se demander si elle n'est pas volontairement entretenue par Tepco et l'Etat [le ministère de la santé et du travail et le ministère de l'environnement, qui abrite la nouvelle agence de sûreté nucléaire]", dénonce M. Jobin.

Pas syndiqués, sans statut officiel, exploités par des entreprises douteuses, ces travailleurs journaliers sont ignorés par les pouvoirs publics et la Rengo, la principale confédération syndicale du pays. Les associations indépendantes Citizens Nuclear Information Center et Japan Occupational Safety and Health Resource Center sont un peu seules pour défendre cette main-d'œuvre invisible.

Olivier Mary

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 17:07

 

 

Bastamag

Mouvement social

Par Emmanuelle Walter (20 mai 2013)

 


« L’inertie, c’est fini ! ». Tel est le slogan qui marque le réveil des Premières nations canadiennes. Frappés par de graves inégalités et discriminations, menacés par la folie extractive de l’industrie pétrolière et minière, ignorés du gouvernement ultra-conservateur, peuples autochtones, métis et inuits du Canada sonnent la révolte sociale et écologique. Mené par des femmes, leur mouvement multiforme, Idle No More, s’étend des lointaines plaines glacées aux métropoles, en passant par les réseaux sociaux.

 

 

Des cérémonies traditionnelles indiennes et des danses rituelles au coeur des centres commerciaux, pour sensibiliser le passant. Des petites silhouettes vêtues de gilets phosphorescents qui marchent le long des routes, avec quelques banderoles, dans le blanc de l’hiver canadien, puis dans la lumière du printemps. Ou des manifs toniques, au rythme des tambours, où l’on arbore plumes rouges et pattes d’ours. Et aussi des blocages d’autoroute et des grèves de la faim. Du folklore ? Non, un vaste mouvement social qui commence à fédérer les Premières nations canadiennes. Soit un million de personnes (près de 4% de la population se déclarent autochtones ou amérindiennes) [1]. Idle No More, « L’inertie, c’est fini », c’est tout cela, d’un océan à l’autre : un mouvement multiforme, non structuré, sans formulaires d’adhésion, ni salariés, ni assemblées générales. Son objectif : empêcher le gouvernement ultra-conservateur canadien de détruire ressources et environnement, et combattre inégalités et discriminations. Le défi est d’ampleur.

Le mouvement a été fondé à l’automne 2012 par quatre femmes, dont deux autochtones, dans la province de la Saskatchewan, à l’ouest du Canada. C’est encore une femme qui permet sa médiatisation et son entrée sur la scène publique : Theresa Spence, une cheffe de la réserve d’Attawapiskat (Ontario), qui mène un jeûne de six semaines dans un tipi à deux pas du Parlement d’Ottawa [2]. Theresa Spence s’était déjà illustrée, en 2011, en décrétant l’état d’urgence dans sa réserve devant l’insalubrité des abris, sans eau ni électricité, où des familles entières vivaient dans le froid.

 

Quand le Canada voulait « tuer l’indien en eux »

Une lutte en forme de revanche pour ces femmes des Premières nations, touchées de plein fouet par les inégalités. Celles qui n’ont pas pu terminer leurs études subissent deux fois plus le chômage que les Canadiennes non autochtones (un taux de chômage respectif de 20,5 % contre 9,2 %). Les femmes se déclarant des Premières nations, « Métisses » ou « Inuites » perçoivent des revenus 25% inférieurs à leurs concitoyennes [3]. Tout en ayant plus souvent à charge leur famille. Beaucoup sont victimes de violences domestiques dans les réserves, et d’assassinats dans les grandes villes de l’ouest du pays, où les plus défavorisées se prostituent. En matière sociale, la liste de leurs revendications est donc longue : communautés vivant dans la misère malgré les subventions, alcoolisme extrême, dépressions, suicides au moins trois fois plus nombreux que dans le reste de la population...

Sans oublier le « syndrome des pensionnats », du nom de la politique d’État qui en 150 ans a enlevé plus de 150 000 enfants autochtones à leurs parents pour les placer dans des pensionnats où régnait la maltraitance. Le but : « Tuer l’Indien en eux ». Le gouvernement canadien s’en était excusé en 2008. L’ancien Premier ministre Paul Martin vient de qualifier cette politique de « génocide culturel » [4].

 

Dernière barrière humaine

C’est par ses mobilisations écologistes que le mouvement s’illustre. Sa priorité est de lutter contre les lois anti-environnementales du gouvernement de Stephen Harper, le Premier ministre canadien. Fin 2012, sous la pression avérée de l’industrie des oléoducs (l’Association canadienne de pipelines d’énergie), et indirectement des grandes compagnies pétrolières présentes en Alberta – dont Total, qui y exploite les sables bitumineux –, le gouvernement a réduit comme peau de chagrin la protection des milliers de lacs et rivières du pays. Il a également limité les processus d’évaluation environnementale préalables à l’exploitation de ressources naturelles, et diminué la possibilité pour les Premières nations d’être consultées sur ces questions.

 

 

Les réserves indiennes, souvent situées dans de vastes espaces naturels au nord du pays, sont particulièrement menacées par ces nouvelles règles du jeu. Elles risquent de voir augmenter les ravages des industries pétrolières et minières. « En Alberta, où sont exploités les sables bitumineux, les Premières nations font venir de l’eau en bouteilles alors qu’elles vivent au bord des fleuves. Les poissons ont trois yeux, la bouche déformée, les canards sont englués dans les bassins de contention.... », s’insurge Melissa Mollen-Dupuis, la représentante du mouvement au Québec. Elle fait référence aux témoignages des habitants de la communauté autochtone de Chipewyan, confortés par l’étude du biologiste David Schindler, qui fait état d’une concentration exceptionnelle de plomb et de mercure dans la rivière Athabasca. Une étude contestée par le gouvernement fédéral et le lobby pétrolier. « Nous protestons contre la fracturation hydraulique (pour l’extraction du gaz de schiste, ndlr), contre les coupes abusives dans les forêts, contre l’exploitation des sables bitumineux. Nous sommes la dernière barrière humaine entre le gouvernement et les ressources naturelles ! », poursuit-elle.

 

Colossale dette écologique

Intégrer la dette environnementale qu’accumule le gouvernement et les compagnies pétrolières et minières auprès des Premières nations, pour faire baisser la bonne note du Canada, attribuée par des agences de notation, sur les marchés financiers. Telle est l’idée suggérée par un leader autochtone d’Idle No More en Colombie-Britannique, Arthur Manuel. Puisque les ressources naturelles sont extraites de territoires dont certains sont légalement protégés par des traités, autant en tenir la comptabilité. Et cette dette est colossale. En 2012, épaulée par l’étude de l’économiste Fred Lazar, les 49 communautés de la « Nation Nishnawbe Aski », dans le nord de l’Ontario, ont adressé symboliquement au gouvernement de la province une facture de 127 millions de dollars canadiens (97 millions d’euros). « Soit une annuité correspondant à une infime partie de la dette totale sur un siècle » !

 

 

Autre spécificité d’Idle No More : son fonctionnement. « Chaque matin, les quatre fondatrices et les leaders dans chaque province (le Canada en compte dix, ndlr) utilisent Facebook pour échanger sur les actions à venir. Elles sont répercutées sur le site officiel d’Idle No More », explique Widia Larivière, cofondatrice du mouvement au Québec. Rien n’est imposé, et au sein même de chaque Province, des communautés ou des individus prennent des initiatives au nom du mouvement, sans forcément nous consulter. Toute l’information passe par les réseaux sociaux. Les gens se mobilisent au cas par cas. »

Au Québec, on a ainsi pu assister à des « teach-in » (inspiré du mot « sit-in »), ateliers d’apprentissage ou mini-conférences sur le mouvement, et à des manifestations dans les rues de Montréal tout autant que dans des communautés très éloignées. Une marche de 1600 kilomètres a été menée par de jeunes Autochtones du Nunavik (grand Nord du Québec) baptisée le « Chemin des êtres humains » (« The Journey of Nishiyuu »), en cri, la langue amérindienne la plus parlée au Canada. Le périple entamé mi-janvier et en raquettes par sept jeunes de 17 à 21 ans, par un froid polaire, s’est achevé avec près de 300 marcheurs à Ottawa, la capitale fédérale, deux mois plus tard. Ils n’ont pas été reçus par le Premier ministre – Stephen Harper était parti à l’aéroport accueillir des pandas venus de Chine... – mais par des centaines de supporters, des sympathisants du mouvement Occupy, des écologistes, et par la gauche parlementaire.

 

« Ce mouvement me décolonise moi-même »

Idle No More est plus qu’un mouvement. C’est également une forme de thérapie collective, charriant une fierté identitaire qui relève de la survie, tant la culture des Premières nations a été méthodiquement annihilée. Les marcheurs du « Chemin des êtres humains », dont certains étaient dépressifs et toxicomanes, comme de nombreux jeunes Autochtones, ont dit combien la marche, inspirée par les longs trajets à pied que leurs ancêtres accomplissaient pour commercer, avait eu un rôle thérapeutique et identitaire. « Ce mouvement me décolonise moi-même », commente Widia Larivière, qui a ressorti pour les manifestations un petit tambourin offert par sa mère qu’elle n’avait jamais utilisé.

Au plan politique, Idle No More a permis aux représentants autochtones – rassemblés au sein de l’assemblée des Premières nations – de rencontrer Stephen Harper au plus fort de la contestation, en janvier dernier, sans que leurs revendications soient satisfaites pour le moment. Mais le mouvement se poursuit, même s’il a disparu des médias canadiens depuis que Theresa Spence a cessé sa grève de la faim... Idle No More vient d’ailleurs de s’allier avec une autre organisation autochtone, Defenders of the Land (« Défenseurs de la terre ») pour concocter un « été de la souveraineté » qui promet d’être agité. Au menu des revendications : la révocation de la nouvelle loi qui laisse le champ libre à l’exploitation des ressources naturelles, l’adoption d’un système électoral à la proportionnelle au niveau fédéral, la mise en œuvre au niveau canadien de la déclaration onusienne des droits des peuples autochtones... et une enquête nationale sur les meurtres et disparitions des femmes autochtones. L’été sera rouge, avec une plume.

Emmanuelle Walter

Vidéo et photo : Emmanuelle Walter

Photo de Une : © Blaire Russel via Global Voices

 

Notes

[1Au Canada, le mot « amérindien » est moins utilisé qu’aux Etats-Unis. On parle également de « Premières nations » pour désigner les peuples autochtones, et on utilise les mots « autochtones » (au Québec), « natives », « indigenous people » ou « aborigenal people » (dans les provinces anglophones).

[2Elle a pris la décision de cesser sa grève de la faim suite à l’adoption d’une déclaration par des organisations autochtones et les deux principaux partis canadiens d’opposition – le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral. Le Premier ministre Stephen Harper n’a pas accepté de la rencontrer.

[4Depuis 2008, une « Commission Vérité et Réconciliation » parcourt le pays pour recueillir les témoignages et faire connaître ce pan d’histoire.

 

 

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 16:45

 

Marianne

 

Mardi 21 Mai 2013 à 05:00

 

 

 

Claude Guéant, ancien ministre de l'Intérieur, à l'Elysée - BISSON/DESSONS/JDD/SIPA
Claude Guéant, ancien ministre de l'Intérieur, à l'Elysée - BISSON/DESSONS/JDD/SIPA
Dans les mois qui viennent, l’UMP risque d’aggraver sérieusement l’engorgement des tribunaux français ou, en tout cas, de remplir à elle seule les pages de faits divers des journaux.

En à peine quelques jours, on a appris en effet que Bernard Squarcini, l’ancien patron de la DCRI (le renseignement français), un tout proche de Nicolas Sarkozy, serait bien renvoyé devant un tribunal dans l’affaire dite des « fadettes ».

On a surtout découvert que Claude Guéant, ancien secrétaire général de l’Elysée et ex-ministre de l’Intérieur, avait indûment perçu de l’argent en liquide sous forme de primes quand il était place Beauveau, qu’il a aussi reçu sur son compte 500.000 euros en provenance d’un avocat malaisien et 25.000 euros en provenance de Jordanie.

Le voilà même soupçonné d’avoir imposé à Mme Christine Boutin, alors ministre du Logement, un emploi fictif à 5500 euros par mois pour M. Philippe Pemezec, maire UMP du Plessis-Robinson, déclaré inéligible après l’invalidation de son élection comme député en novembre 2007.

Et ce n’est pas tout : aux termes de l’enquête confiée aux juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire dans l’affaire dite « Karachi », on vient d’apprendre, grâce aux révélations de France-Info, que l’associé de Ziad Takieddine, M.Adbul Rahman El-Assir, intermédiaire en ventes d’armes, aurait payé des sondages à Edouard Balladur lors de sa campagne présidentielle de 1995. El-Assir était intervenu aux côtés de Takieddine dans la signature des contrats Agosta (vente de trois sous-marins au Pakistan) et Sawari II (vente de frégates à l’Arabie Saoudite).

Or, les deux magistrats ont reçu copie d’un chèque de 52.000 dollars, émis du compte suisse d’El-Assir et rédigé à l’ordre de Paul Manafort, un des spin doctors de Reagan et de Bush père, pour deux enquêtes d’opinion sur les chances d’Edouard Balladur à l’élection présidentielle de 1995.

Au même moment, on découvre grâce, cette fois, aux révélations de nos confrères du Parisien, comment la célèbre famille de marchands d’art Wildenstein, une des plus grosse donatrice de l’UMP, a truandé le fisc français pendant des années – au point de lui devoir aujourd’hui plus de 600 millions d’euros.

 

Christine Lagarde et Christine Boutin, à la sortie du Conseil des ministres, 2009 - HADJ/SIPA
Christine Lagarde et Christine Boutin, à la sortie du Conseil des ministres, 2009 - HADJ/SIPA

Pour couronner le tout, dans quelques jours, Mme Christine Lagarde, ex-ministre de l’Economie et aujourd’hui directrice générale du FMI, doit être entendue par la cour de justice de la République dans le cadre de l’affaire… Tapie.

Rappelons, comme il est d’usage, que tout ce beau monde bénéficie bien sûr de la présomption d’innocence. Avouons néanmoins que ça commence à faire beaucoup pour un ancien président de la République qui, en 2007, promettait une « république irréprochable ».

Etonnez-vous, après cela, que les Français perdent confiance dans la politique, que les abstentionnistes soient devenus le premier parti de France et que les bataillons d’électeurs de Marine Le Pen, grande théoricienne du « tous pourris », soient légions. Mais laissons faire la justice avant de commenter plus avant l’accumulation de toutes ces affaires…

 

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 16:31

 

 

Le Yéti
voyageur à domicile


Publié le 21/05/2013 à 11h32

Il y avait une nouvelle série de stress-tests bancaires dont les résultats devaient être rendus public par les officines intéressées en 2013. Or voilà que la BCE vient précipitamment d’en reporter la publication à 2014. C’est, comme on va le voir, que le feu brûle à nouveau dans la maison financière.

Et pas seulement à Chypre, pas seulement bientôt en Slovénie. En témoignent la teneur fébrile des conclaves officiels et les cris d’alarmes étouffés (par les lamentables médias du microcosme) de nos technocrates européens alarmés.

La BCE perd le contrôle de la situation

Lors de leur dernier G7, le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble a sérieusement douché le déjà très relatif enthousiasme de façade de ses collègues en leur annonçant que la BCE était en train de perdre le contrôle de la situation.

En cause, l’effrayante quantité d’argent injectée par la banque centrale européenne pour inciter les banques à acheter en contrepartie des actifs risqués de pays en difficultés. Moyennant quoi, les banques sont encore un peu plus gavées d’actifs toxiques. Et la BCE devient de fait la plus pourrie des bad banks, avec des chances infinitésimales de récupérer ses mises.

Notons en passant, et comme circonstances aggravantes, que la situation est équivalente, sinon pire, aux Etats-Unis et au Japon où les robinets à milliards sont encore plus largement ouverts sans que cela n’ait d’ailleurs la moindre conséquence sur la reprise ou l’emploi.

C’est donc une nouvelle bombe à retardement qui pèse sur le monstre financier globalisé... et sur les épargnants ! Car dans nos conclaves feutrés, même en termes fleuris, on parle de plus en plus ouvertement de... comment dire... « participation » des épargnants au renflouement des trous abyssaux des banques. Comme à Chypre, comme très bientôt en Slovénie...

Une bonne manière de mesurer ces trous béants auraient été les fameux stress-tests en question. Mais supposez que ceux-ci soient faits (et publiés !) avec plus de sérieux que les précédents fantaisistes, imaginez la tête de l’épargnant-lambda en constatant l’étendue des dégâts et les périls qui menacent ses petites économies.

Alors zou, les stress-tests, reportés comme un vulgaire équilibre budgétaire à la sauce hollandaise !

Les diagnostics cruels du professeur Berruyer

Encore que, je parle de l’épargnant-lambda, mais l’épargnant-lambda, le pauvre, il est dans les choux jusqu’au cou. Parce que sinon, il irait les consulter, les vrais stress-tests de ses banques. Et le journaliste spécialisé aussi, il irait les analyser pour informer son lecteur (non, je rigole !)

Parce que ces stress-tests, ils existent, du moins chez nous ! Ils ont été réalisés par Olivier Berruyer sur son site les-crises.fr. Une analyse sourcilleuse de chacune des trois mégabanques françaises : Société générale, BNP, Crédit agricole (dit aussi « Débit agricole »), suivie d’une synthèse cinglante et d’un sombre bilan en forme d’autopsie prémonitoire :

Principaux et cruels diagnostics du professeur Berruyer :

  • les banques françaises sont engagées à hauteur de quatre fois la production de richesses en France (PIB) ;
  • le total de leurs produits dérivés (des saloperies spéculatives sur les matières premières, par exemple) représente cinquante fois le PIB français ( ! ! !) ;
  • malgré cela, leur rentabilité baisse dangereusement, jusqu’à plonger dans le rouge (Débit agricole) ;
  • et surtout la part de leurs fonds propres destinés à faire face à leurs difficultés chroniques ou accidentelles a fondu comme peau de chagrin.

Bref, en cas d’accident systémique plus que probable (sans cela la BCE ne distribuerait pas ses milliards à la pelle), les actifs plus pourris les uns que les autres dont se parent nos banquiers pour se gonfler d’importance ne leur seront d’aucun secours. Et plus un Etat (sont tous rincés, ceux-là), plus une bad banque centrale pour les tirer plus longtemps du bourbier.

Mais rassurez-vous, du moment que l’épargnant-lambda pense que ses économies sont à l’abri, que le journaliste spécialisé du microcosme ânonne l’évangile selon saint-Système unique, et que les boursicoteurs allumés croient au Père Noël jusqu’à l’overdose, tout va pour le moins pire du pire dans le plus désolant des mondes possibles...

 

 

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 16:20

 

Rue89

Témoignage 21/05/2013 à 11h51
Geremy M. | Catholique et gay

 

 

 

Catholique et gay, Gérémy M. se faisait une joie d’aller à la messe dimanche. Il est tombé sur une distribution de tracts contre le mariage homosexuel.

 

 


Les portes d’une église (Miss Steel/Geograph/CC)

 

Dimanche de Pentecôte. Jour important du calendrier catholique. Nous nous rendons en famille à l’église pour la communion de mon neveu. L’église au sein de laquelle j’ai moi-même fait ma première communion. Mon église, berceau de ce qui a forgé ma vie chrétienne.

A quelques minutes de l’office, la place est en pleine effervescence. Chacun se presse, de nombreuses familles sont présentes. Malaise à l’entrée : une distribution de tracts « Manif pour tous » est en cours.

Des affiches placardées à la porte de l’église

Ma mère m’entraîne à l’intérieur, me protégeant de ce qu’elle sait être pour moi un véritable affront. Elle connaît en effet mon amertume depuis les premières manifestations. Ces démonstrations de force qui ont créé, bien que s’en défende la « Manif pour tous », un climat d’homophobie généralisé.

MAKING OF
Gérémy M. a choisi de témoigner, pour la première fois, afin d’exprimer son « désarroi de catho gay et pro mariage » et parce que selon lui , « bon nombre de catholiques sont aujourd’hui choqués par ces méthodes, mais peu osent le dire et laissent la place aux intégristes ».

Rue89

Ma mère m’aime, parce qu’elle est ma mère, et parce que rien n’est plus important pour elle que l’accueil de l’autre, quel qu’il soit. Elle a donc accepté mon homosexualité. Elle prend régulièrement des nouvelles de mon copain, ils se voient souvent, il a d’ailleurs été convié à cette communion.

Elle se souvient que j’ai déjà souffert d’avoir vu une affiche pour la manif du 13 janvier placardée à même la porte de l’église. Elle sait qu’à ce moment, je me suis senti exclu. Rejeté. Excommunié d’office.

Ce dimanche, arrivés à nos places, nous sommes assis à côté d’un jeune couple souriant, tract dans une main, feuille de chant dans l’autre.

Pendant 1h30, il sera question de respect de l’autre, d’amour, de tolérance. Les jeunes communiants viennent donner lecture des mots préparés. Ils parlent d’un monde meilleur, d’une paix universelle idéalement retrouvée, et remercient leurs parents de les élever dans les valeurs chrétiennes. 1h30 à l’opposé de l’image que l’Eglise donne d’elle-même dans le débat public.

Le diacre dans l’embarras

N’y tenant plus, je sollicite le diacre afin de m’exprimer quelques instants devant l’assemblée à propos de cet appel à manifester. Ma mère se décompose, craignant que cela ne vienne gâcher ce dimanche de fête. Je suis stoppé dans mon élan et me ravise.

Fin de l’office, je vais à la rencontre du diacre. Il me reconnaît : ma mère et moi étions partis en pèlerinage à Lourdes avec lui il y a quelques années. Je lui fais part de mon désarroi. Le sien fait écho.

Lui aussi doit faire avec cette distribution de tracts. Il comprend ce que j’endure depuis des mois. Je ne suis apparemment pas le seul à lui en avoir parlé, un « ami concerné » s’est déjà confié à lui.

L’homme regrette l’absence de débat à l’intérieur de l’Eglise. Je me rends compte qu’il est mal à l’aise depuis déjà quelque temps. Il voit à quel point ces mots peuvent blesser, ces mots qui sont devenus la position officielle de l’Eglise, laissant des fidèles dans l’incompréhension.

L’Eglise ne voulait pas que je sois père

Ce tractage n’intervient pas un dimanche comme les autres. C’est un dimanche de fête, un dimanche d’accueil : un baptême, des premières communions, des professions de foi. Des actes fondateurs d’une vie chrétienne maintenant pollués, liés à un message d’exclusion. L’Eglise, ou au moins certains de ses fidèles, a choisi ce jour-là d’accueillir ces jeunes dans un esprit de rejet !

Comment accueillir ces adultes en devenir avec ce visage de haine ? Comment mon Eglise a-t-elle pu se fourvoyer au point de nier ce qui était le plus beau des messages, l’amour du prochain ? Et si demain ces jeunes se découvraient eux-mêmes homosexuels ?

J’ai grandi dans cette église. J’y ai appris le respect. Des valeurs dont je suis fier mon été transmises ici. C’est là que j’ai vécu la plus belle des messes de Noël. Ce soir-là, le curé rappela en toute simplicité ce que beaucoup ont oublié : Jésus, fils de Dieu, fût élevé par un homme qui n’était pas son père. Ce bon vieux Joseph donna tout son amour à un enfant qui n’était pas de lui.

Je garde en mémoire cet héritage-là. Je préfère penser que le message actuel de l’Eglise n’est le fait que de quelques-uns. Peut-être naïvement, j’ose garder l’espoir que la majorité des catholiques ne s’est pas éloignée du message originel du Christ.

Fort de ses valeurs, je vais tâcher d’être le meilleur parrain qui soit. Vous ne vouliez pas que j’élève un enfant ; la République me reconnaît aujourd’hui ce droit. Ce que représentait pour moi l’Eglise, si loin de votre haine, je le transmettrai à mon filleul. Ainsi qu’à mes enfants.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 15:53

 

 

Rue89

 

« A la Woerth » 21/05/2013 à 17h32
Elsa Fayner | Journaliste Rue89

 

 

Avec l’évasion et la fraude fiscales, l’Etat perd chaque année 60 à 80 milliards d’euros. Pour les faire rentrer, si on s’inspirait de ce qui a été fait aux Etats-Unis ?

Mais comment les faire rentrer à la maison ? Il a fallu attendre la crise et la détérioration du déficit public pour que la France fasse le calcul – entre 60 et 80 milliards d’euros d’impôts échappent à l’Etat à cause de l’évasion et de la fraude fiscales – et réfléchisse au filet à papillons le plus adapté.

  • Faut-il épingler les fraudeurs et afficher le tableau de chasse ?
  • Pour les motiver, faut-il au contraire leur promettre de les relâcher dans la nature sans poursuites judiciaires ?
  • Ou aller encore plus loin, avec une amnistie : s’ils rapatrient leurs sous, ils ne payeront même pas ce qu’ils doivent en impôts et intérêts ?

Le ministre du Budget Bernard Cazeneuve a clairement écarté cette dernière possibilité. Bercy réfléchit à un « processus transparent, de droit commun, leur permettant de se mettre en conformité avec la loi », a-t-il répondu au Parisien mardi 21 mai. Sans donner plus de précisions pour le moment.

Pourquoi ne pas s’inspirer de ce qui a été fait aux Etats-Unis, et qui a permis d’identifier 27 000 fraudeurs ? En écoutant l’ancien banquier Bradley Birkenfeld raconter comment son entreprise – UBS – récupérait les avoirs de particuliers du monde entier, les Américains ont eu une idée, raconte Christian Chavagneux, auteur d’un livre sur les paradis fiscaux.

Etats-Unis : des « fenêtres de régularisation »

Bradley Birkenfeld avait quitté l’entreprise avec des tonnes de dossiers sous le bras. Plus de 4 000 clients y étaient mentionnés. Les autorités ont donc signalé qu’elles allaient divulguer les noms. Dans le même temps, elles ont ouvert « une fenêtre de régularisation » : les Américains qui se dénonceraient spontanément ne seraient pas poursuivis au pénal. Ils paieraient en revanche les impôts dus, les intérêts, et une amende.

A une condition : qu’ils racontent le montage et le circuit emprunté. C’était en 2009 et, finalement, ce ne sont pas 4 000 mais 15 000 noms qui ont été récupérés. « L’administration fiscale a ainsi obtenu une cartographie précise et mondiale des flux d’évasion fiscale », admire Christian Chavagneux.

Mais il manquait des maillons, et des fonds. Alors les Américains ont ouvert, en 2011, une deuxième « fenêtre ». A nouveau, ils ont fait savoir qu’ils avaient le noms de fraudeurs dans d’autres banques suisses. Là encore, ça a marché, et 12 000 noms ont été récoltés.

Pour achever de convaincre les récalcitrants, les Américains ont utilisé leur vieille méthode du « naming and shaming » (donner des noms et faire honte). Les particuliers qui ne s’étaient pas dénoncés, qui ont été poursuivis et condamnés, ont vu leur cas affiché sur le site de l’administration fiscale américaine, avec toutes sortes de détails. Ça donne par exemple :

« Sean et Nadia Roberts, de Tehachapi, Californie, ont été condamnés à 12 mois et un jour de prison pour avoir caché des millions de dollars sur des comptes secrets en Suisse et dans d’autres banques du monde. Ils ont également été condamnés à payer 709 675 dollars aux impôts et plus de 2,5 millions de dollars d’amende pour ne pas avoir déclaré cet argent. »

Au total donc, 27 000 fraudeurs ont été identifiés. Sachant que la moitié de la fortune offshore (estimée à 26 milliards de dollars) serait détenue par 91 000 personnes, selon un ancien économiste en chef chez le consultant McKinsey cité par Alternatives économiques. Surtout, les montages permettant l’évasion sont désormais bien mieux connus.

 


Un plateau de Monopoly (Bernard Walker/Flickr/CC)

 

Woerth l’a fait, « à la Woerth »

En France, un tel système a déjà été adopté par le passé. « On peut dire que c’est ce que Woerth a fait, quand il était ministre du Budget », estime Christian Chavagneux. « Il l’a fait à la Woerth » : en août 2009, Eric Woerth avait annoncé détenir une liste de 3 000 noms de contribuables français ayant des comptes non déclarés en Suisse.

Il leur donnait jusqu’au 31 décembre pour se régulariser auprès du fisc sans sanction pénale. Faute de quoi ils s’exposaient à des contrôles fiscaux et à la justice. Finalement, 4 700 contribuables se sont dénoncés. Ce qui a permis de récupérer 1,2 milliard d’euros de droits et de pénalités.

Alors, quand aujourd’hui Bernard Cazeneuve déclare que « les fraudeurs ont intérêt à se signaler », parce que « sinon, ils risqueront jusqu’à sept ans de prison pour les cas les plus graves », veut-il dire qu’un dispositif à l’américaine est à nouveau envisagé (le naming and shaming en moins, on reste français) ?

Pour l’instant, on sait que le projet de loi prévoit notamment :

  • d’étendre le champ de compétence de la brigade nationale de répression de la délinquance fiscale au blanchiment de la fraude fiscale complexe ;
  • de considérer comme circonstance aggravante de fraude fiscale le fait de la commettre en bande organisée. La fraude fiscale aggravée sera passible de sept années d’emprisonnement et d’une amende pénale de deux millions d’euros ;
  • d’augmenter les capacités d’intervention de la police fiscale, lui permettant de procéder à des écoutes, à des infiltrations et des gardes à vue allant jusqu’à quatre jours, etc.

La fin du secret bancaire en Europe ?

La France aurait intérêt à s’inspirer d’une autre disposition américaine. Le Congrès américain a en effet adopté en 2010 un dispositif obligeant les établissements étrangers à révéler au fisc américain les comptes ouverts par ses ressortissants.

Concrètement, si un établissement financier étranger refuse de donner les noms de ses clients américains, il sera surtaxé, à hauteur de 30%, via une retenue à la source. Et s’il fait le mort mais se fait prendre, il peut perdre sa licence aux Etats-Unis. Dissuasif. Ce système de levée du secret bancaire, le FATCA, doit entrer en vigueur le 1er janvier 2014. Il est signé pays par pays.

La France, elle, « est entrée dans un processus européen compliqué », déplore Xavier Harel, auteur de « La Grande Evasion ». Quinze pays membres, dont la France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et le Royaume-Uni, se sont toutefois prononcés en faveur d’un FATCA européen.

Les chefs d’Etats et de gouvernement de l’Union européenne doivent trancher mercredi 22 mai lors de leur sommet. La Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires, qui réunit 18 organisations de la société civile française, les enjoint à « franchir des étapes concrètes au-delà des slogans ».

Comme le rappelle Bernard Cazeneuve, le manque à gagner de la fraude fiscale s’élève à 1 000 milliards d’euros dans l’Union Européenne, dont 60 à 80 milliards d’euros pour la France. Il s’agit de ce que devraient payer les particuliers et les entreprises qui dissimuleraient 600 milliards d’euros dans les paradis fiscaux, selon l’enquête réalisée par le journaliste Antoine Peillon.

 

 

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 15:47

 

 

Rue89 - Blog

Corinne Lepage
Présidente de Cap21
Publié le 21/05/2013 à 15h35

 

 

Arte diffuse ce mardi soir le documentaire « Centrales nucléaires, démantèlement impossible ? » (dans lequel je suis interrogée), alors que le débat public sur le stockage des déchets sur le site de Bure dans la Meuse démarre. Un débat vain puisque tout est déjà décidé.

 

 

Extrait de « Centrales nucléaires, démantèlement impossible ? »

Cigeo : retenez le sigle du Centre industriel de stockage géologique – et notez que le mot radioactivité en est aussi absent que les rayonnements sont invisibles. De la même manière, l’Andra, l’Agence nationale des déchets radioactifs, tient absolument à persuader l’opinion et les politiques de la réversibilité du stockage sous la commune de Bure.

Mais dans 1 000 ans, on aura encore 100 000 TBq de produits radiotoxiques à vie longue, très longue et très, très longue sous ce qui ne sera peut-être plus la commune de Bure.

Un débat vain

Les déchets

Au bout de 100 ans, il restera dans les matrices vitrifiées du site de Bure :

  • 20 TBq (térabecquerels) de Samarium151 (demie-vie : 90 ans)
  • 0,5 TBq de Tc99 (demie-vie : 210 000 ans)
  • 2 TBq d’Americium241 (demie-vie : 458 ans) et deux fois plus d’Americium243 (demie-vie : 7 600 ans)
  • 1 TBq de Plutonium239 (demie-vie : 24 000 ans) et le double de Plutonium240 (demie-vie : 6 800 ans)
  • 28,5 TBq de Neptunium237 (demie-vie : 2,1 millions d’années…).

Ajoutons que l’activité de ce Neptunium237 augmentera encore longtemps car il est le descendant de l’Americium241 — petit exemple de l’alchimie à l’œuvre dans un déchet de combustible atomique — et atteindra notamment 30 TBq au bout de 1 000 ans !

Certains parlent de cadeau empoisonné laissé à nos enfants. Quelle courte vue ! Quelle faiblesse de leur pensée ! On voit des technocrates bien lisses fiers d’éviter que cet « héritage » soit caché sous 500 mètres de roche grâce à leurs soins.

Ils se payent de mots et aimeraient sans doute qu’on les remercie pour leurs efforts. Et on entend des opposants ergoter sur les risques d’accident de transport, de pépin lors des manipulations de surface ou durant la descente des « colis » vers leur dernière demeure, de fuites futures vers les nappes phréatiques, etc.

Le débat sombre dans des considérations techniques probabilistes où les uns vous accablent de certitudes modélisées, que les autres rejettent pour la raison que le pire n’est pas modélisable.

Comme en réalité la décision est prise depuis le début et que l’on a évidemment dépassé tout point de non-retour eu égard aux seules sommes dépensées pour cette unique solution, tout cela semble assez vain.

Qui va payer ?

Une certaine technocratie française se sait hors d’atteinte et ne craint donc rien du simulacre de concertation que les politiques organisent sans vergogne. Le seul débat est en réalité celui engagé entre les payeurs potentiels et fictifs – car en dernier ressort, c’est le contribuable qui paiera – et les demandeurs. EDF ne dispose pas d’une once des 35 milliards d’euros nécessaires à un projet qui au départ ne devait coûter que 15 milliards !

Nous ne vivons pas une démocratie à l’américaine où un projet équivalent — celui de Yucca Mountain, immense installation souterraine commencée en 1978, qui a englouti des dizaines de milliards de dollars, a été récemment abandonné. Les universitaires indépendants, alliés à des édiles et associations des villes, comtés et Etats environnants, n’avaient pas reçu de réponses satisfaisantes du porteur du projet (le très puissant DoE, Department of Energy, une institution mille fois plus forte que l’Andra).

Une question posée à l’humanité

Tentons de prendre le recul historique nécessaire pour aborder ce sujet dans toutes ces dimensions.

L’unité de temps à considérer est 1 000 siècles, soit environ deux fois la durée d’existence de notre espèce homo sapiens sapiens.

Nos sociétés et organisations politiques se comptent au maximum en dizaines de siècles (la Chine est une exception où tous les textes anciens – parce que idéographiques – restent compréhensibles aux Chinois d’aujourd’hui). Mais, même en Chine, ces quelque quarante siècles de profondeur historique sont jalonnés de périodes troublées par des guerres internes ou des invasions. L’« Armée enterrée » de Xian (220 avant J.-C.) n’a été découverte qu’en 1976 par un paysan qui labourait son champ…

Il est totalement impossible de prévoir ce que les hommes seront conduits à faire dans le sous-sol à l’horizon ne serait-ce que d’un siècle. Raisonner à partir des exploitations actuelles est évidemment illusoire.

Le stockage de déchets radioactifs à Bure, à Yucca Mountain ou à Onkalo en Finlande n’est pas un problème national : c’est une question qui est posée à l’espèce humaine. En effet, aucun « décideur » national ne peut prétendre que l’autorité territoriale dont il tire sa responsabilité soit légitime pour décider dans des affaires qui concernent une ère future… qui n’a pas encore de nom ! Il faut une dose d’arrogance hallucinante pour défendre de tels dossiers.

Un traité international, le seul horizon

Aucune instance internationale existante n’est crédible pour la prise en charge du problème. Car on verrait bien les « Ponce Pilate » qui nous tiennent lieu de dirigeants dans ces affaires se défausser en confiant le bébé radioactif à l’ONU et ses agences adoratrices et promotrices de l’énergie atomique et des radiations. Car le déni des conséquences sanitaires des essais et des catastrophes atomiques ne plaide décidément pas en leur faveur.

Conclusion : la situation est bloquée et sans issue dans les conditions actuelles. Il vaut mieux que chacun assume sa responsabilité à court terme, celle dont il peut rendre compte tangiblement, en conservant ses déchets en surface chez lui. Mettre la poussière radioactive sous le tapis est aujourd’hui la pire des solutions. L’interdiction d’exportation devrait faire l’objet d’un traité international : c’est aujourd’hui le seul objectif réaliste bien que très difficile à atteindre. Quelle responsable aura la lucidité de la porter ?

Avec Yves Lenoir, membre du GT-OT en 1974-75 (Groupe de travail - options techniques pour les déchets radioactifs, sous-groupe du Groupe interministériel d’évaluation de l’environnement).

 

 

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